• Gareth Joswig / X – l’Alsace-Moselle membre d’un peuple allemand rassemblé…
    ▻https://x.com/garethmetik/status/2106343627353899029

    Der Vorstand der AfD-Jugend, Luca Maurice Strauf, mit völkischem Revisionismus zum Tag der deutschen Einheit. Der 3. Oktober für ihn nur ein „Etappen-Sieg“ vor der „großdeutschen Lösung“. Mittlerweile wieder gelöscht, aber das lässt tief blicken.

    le tweet original a été effacé depuis, son texte :

    Deutsche Einheit bedeutet ein Deutschland das das gesamte deutsche Volk in einem Staat vereint. Heute gedenken wir einen Etappen-Sieg auf dem Weg dorthin.

  • L’État-racketteur : Comment le berceau de la démocratie libérale devient son tombeau, par Ernst Lohoff - Palim Psao
    ▻https://www.palim-psao.fr/2026/09/l-etat-racketteur-comment-le-berceau-de-la-democratie-liberale-devient-so

    Voir dans les États-Unis un pays en train de revenir à l’isolationnisme, ou s’attendre à un retour de l’impérialisme et du fascisme, revient à manquer ce qu’il y a de nouveau dans l’évolution actuelle. Pour en saisir la spécificité, telle est ma thèse, il faut comprendre le trumpisme comme un produit de décomposition de la démocratie libérale elle-même, désormais en voie de dissolution.

    […]

    Ces évolutions ont des conséquences considérables sur la sphère politique. Dans la constellation fordiste, l’État parvenait relativement bien à concilier sa fonction de « capitaliste en idée » avec son rôle de garant des services d’intérêt général pour les larges masses. À l’ère du capitalisme inversé, ces fonctions s’éloignent cependant toujours davantage l’une de l’autre. Dans les démocraties libérales, face à ce conflit d’objectifs, l’État opte pour le primat de l’économie. D’« État-Père », il devient finalement, pour des couches toujours plus larges de la population, une sorte de « beau-père ». La démocratie libérale échoue de plus en plus dans sa capacité à concilier les intérêts — sa discipline reine d’autrefois. Cette évolution est encore aggravée par l’extrême différenciation des situations d’intérêt qui résulte du néolibéralisme et de l’individualisation. Les milieux sociaux relativement homogènes et les trajectoires de vie balisées qui existaient encore à l’époque du travail de masse se sont dissous. Plus le paysage des intérêts est fragmenté, plus l’État libéral est désespérément dépassé lorsqu’il s’agit d’en faire la synthèse.

    […]

    Depuis le XIXe siècle, trois liens ont maintenu la cohésion des sociétés occidentales : la religion du travail, l’adhésion à l’« identité nationale » respective et l’identité de genre patriarcale moderne. Les démocraties libérales de l’après-guerre en Europe et en Amérique du Nord reprirent ces trois éléments de cohésion et y ajoutèrent l’anticommunisme.

    […]

    La construction d’identités collectives passe toujours par des délimitations claires entre ceux qui appartiennent au « Nous » et les « Autres ». Dans la phase fordiste, le capital comme l’État libéral participaient activement à la privatisation des privilèges en faveur de l’homme blanc, travailleur et national, au maintien d’un « nous » national et de l’ordre patriarcal des sexes. Dans les conditions du capitalisme post-fordiste, cela est toutefois devenu dysfonctionnel pour le capital. Il est dans l’intérêt du capital transnational de s’assurer un accès libre à toutes les ressources. En ce qui concerne la force de travail, cela inclut également les femmes et les détenteurs d’un passeport étranger. Cela n’a évidemment pas fait du capital, ni des agents étatiques qui le servent, des avant-gardes de la lutte contre le racisme et le sexisme. Cette indolence a toutefois laissé une marge de manœuvre aux aspirations émancipatrices et contribué à la désagrégation de l’ordre traditionnel de la politique identitaire. Tant que le nouveau type de capitalisme fonctionna de manière à peu près fluide, l’érosion de la démocratie libérale resta un processus insidieux. Mais dans le sillage de la succession de crises qui secoue depuis quelques années l’organisation de la société mondiale, elle est devenue manifeste et l’on assiste à un puissant retour de bâton autoritaire.

    […]

    Lorsque ces schémas d’interprétation autoritaires de droite déterminent l’action politique, le rôle de la politique se transforme fondamentalement. Depuis le tournant du millénaire, son activité principale consistait à gérer les crises et à tenter désespérément de maintenir les contradictions sociales sous le couvercle. Elle apparaissait donc, non sans raison, comme une force ballottée par les événements et réduite à la réaction. L’autoritarisme de droite simule une capacité d’action en personnalisant la crise structurelle et en divisant activement la société sous le signe de la politique identitaire. Dès lors que ces courants s’emparent des commandes, la politique devient elle-même un facteur de crise supplémentaire et autonome.

    […]

    Le mouvement MAGA et Trump ont renoncé à la Pax Americana et se réfèrent volontiers, pour légitimer leur politique, à des concepts idéologiques qui avaient façonné la politique du pays avant cette époque. Cela ne signifie toutefois nullement que la politique américaine actuelle obéisse à une logique comparable à celle du « long XIXe siècle », c’est-à-dire à l’époque allant de 1789 à 1914. Le cadre de référence du capitalisme mondial s’est transformé si radicalement que des slogans similaires peuvent recouvrir, avant et après la Pax Americana, des contenus diamétralement opposés.

    […]

    Pour donner quelques chiffres : en 1986, les États-Unis sont devenus pour la première fois depuis 1914 une nation débitrice nette. À cette époque, le pays avait une dette extérieure de 107,4 milliards de dollars. En 2023, celle-ci atteignait près de 20 000 milliards de dollars, et dès l’année suivante, près de 27 000 milliards. Un démondialisateur devrait évidemment chercher à inverser cette tendance. Le gouvernement Trump fait cependant exactement le contraire. Sa politique de baisse des impôts a encore accru la dette publique et renforcé la dépendance à l’égard de l’étranger. Grâce à la bulle de l’IA, les capitaux continuent d’affluer. L’État américain, lourdement endetté, est toutefois considéré sur les marchés financiers comme un enfant à problèmes et ne peut placer de nouveaux titres de dette publique qu’en consentant d’importantes primes de taux d’intérêt. Lorsque Trump a pris ses fonctions, les États-Unis devaient payer 4,6 % d’intérêts sur leurs obligations à dix ans, contre seulement 2,5 % pour l’Allemagne. Dans l’entourage de Trump, on commence donc déjà à réfléchir à ce qu’il faudra faire lorsque le refinancement de la dette publique deviendra impayable. Stephen Miran, le principal conseiller économique de Trump, a élaboré un plan en ce sens sous le nom d’« accord de Mar-a-Lago ». Celui-ci prévoit que les banques centrales étrangères échangent leurs réserves de change libellées en dollars — soit pas moins de 7 700 milliards de dollars — contre des obligations sans intérêts d’une durée de cent ans. En clair : les banques centrales des autres États devraient servir de bad banks aux États-Unis pour leurs dettes publiques américaines en difficulté. Afin d’inciter les États concernés à jouer le jeu, les bonnes volontés seraient récompensées par des droits de douane plus avantageux. Si les Européens et les alliés d’Extrême-Orient ne se laissent pas convaincre malgré cette carotte, le bâton est prévu. Le bouclier nucléaire américain leur serait retiré. Il s’agit ni plus ni moins que d’une affaire de racket en échange d’une protection.

    Si l’on garde à l’esprit ces relations, nous sommes confrontés à une logique tout autre que celle d’un retour des États-Unis à l’isolationnisme historique ou d’un démantèlement des relations économiques mondiales. L’antimondialisme des trumpistes n’en est pas un. Il représente plutôt la tentative d’externaliser les coûts consécutifs d’un capitalisme mondialisé, tout en permettant au pays de continuer à en profiter. Un tel programme est voué, en définitive, à l’échec. Les États-Unis démantèlent l’ordre qu’ils ont eux-mêmes contribué à instaurer sous leur propre direction et plongent le capitalisme mondial dans le chaos.

    #Ernst_Lohoff #histoire #capitalisme #États-Unis

  • La nuit des longs couteaux | Documentaire
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=S1X3VCwsMvA

    En archives et éclairages d’historiens, un décryptage de cette « Nuit » de trois jours qui vit les nazis commettre une vague d’assassinats politiques à l’été 1934, aspirant l’Allemagne dans la barbarie.

    (pas encore regardé mais je le ferais pour mieux me souvenir que la denrée exotique aujourd’hui, c’est le parti de masse, et son épuration, dont on vit d’’autres manifestations en URSS)

    #Histoire #nazisme #parti_de_masse #SA #Nuit_des_longs_couteaux

  • Ne rien admettre tant qu’on n’est pas touché personnellement [LettrInfo 26-XVII] - Éditions Agone
    ▻https://agone.org/ne-rien-dadmettre-tant-quon-nest-pas-touche-personnellement-lettrinfo-26-xvii

    Ne pas admettre les choses tant qu’elles ne nous touchent pas personnellement. C’est ainsi que le président du Pen Club autrichien, lui-même juif, déclare qu’il n’a rien à reprocher (personnellement) aux nazis et qu’on ne lui a jamais rien demandé sur sa judéité, répétant qu’il n’a jamais été importuné par les nazis et que c’est leur faire un bien mauvais procès d’intention que de les suspecter de visées aussi horribles que les interdictions professionnelles, les camps de concentration et les tortures.

    Ce qui semble avoir initialement profité au nazisme est moins le fait que la population ait été tenue à l’écart qu’elle ait été intégrée dans une orchestration du mensonge ; elle a favorisé son installation au pouvoir avant de refouler et de dénier sa participation.

    #Karl_Kraus #nazisme #fascisme #histoire

    • Le président du PEN club autrichien est alors Felix Salten. Il aurait dit ça dans le contexte du congrès international du PEN de Dubrovnik (alors Raguse) de 1933.
      C’est d’autant plus triste que son Bambi de 1923 est aujourd’hui lu comme un livre sur l’antisémitisme (où les cerfs sont les juifs, les scènes de chasse des pogroms, etc.) et que ses livres ont été interdits et brûlés par les nazis quelques années plus tard, lui-même devant fuir l’Autriche en 1938.
      À ce congrès de 1933 se pose la question aux clubs des différents pays de condamner le régime nazi, qui envoie 3 écrivains sympathisants. Salten s’y serait distingué par son soutien au club allemand :

      In 1933, the Vienna Club was irreconcilably split between its liberal authors and those that subscribed to the völkisch ideology, who in addition to Urbanitzky also included Felix Salten. It is more than likely (though I have not been able to find any information to this effect in any article or report) that the two delegations that voted against PEN’s Constitutive Resolution were the Germans and the Austrians, something that was particularly serious in the latter case, as this was still five years prior to the country’s annexation by the Third Reich. Following this unexpected capitulation to Nazi principles by its president, the Vienna Centre convened a meeting on 28 June 1933, at which it approved a declaration in protest against the “subjugation of individual spirit” and fiercely condemned the events of the German Spring. The declaration was signed by 25 members in favor, while 15 members voted against. The people who signed this “anti-German” manifesto in Vienna could be directly said to make up the list of 25 authors that the National Socialist newspaper Deutschösterreichische Tages-Zeitung called “ninety per cent Jews”, which can be read as a “shortlist of authors forced into exile in 1938” (Bores and Hanuschek, 2014: 492). Nevertheless, it was the Austrian PEN in exile that, thanks to the efforts of Paul Frischauer, who was also present in Dubrovnik in 1933, succeeded in converting PEN International into a “relief organization” that coordinated assistance for writers in danger.

      ▻https://www.taylorfrancis.com/chapters/oa-edit/10.4324/9780429299407-7/1933-dubrovnik-pen-congress-deal-present-already-history-simona-%C5%A
      Les propos de Salten rapportés par Kraus sont assez proches de ceux de l’écrivaine Hollandaise Jo van Ammers-Küller rapportés dans le même article sur ce congrès de 1933 :

      "[...] I am Jewish. But it has never been held against me. I have tried with all my might for a reconciliation, because the future of the PEN Club lies in its non-political character. I have done it although I am a Jew. This is the end of the Pen Club” ( Matan, 1993 : 130–131). After the war, Ammers-Küller’s work was banned because of her support for the Nazi occupation, but she was nevertheless not pursued by the authorities and soon returned to the commercial market, though she never regained the fame she had enjoyed before the war.

      En lisant sa notice Wikipedia, Salten n’a semble-t-il jamais eu de ligne politique très claire :

      Il ne savait pas s’il devait se retirer dans la culture de salon ou choisir l’engagement public.

      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Felix_Salten
      C’était un ami de jeunesse de Kraus.

  • #anthropologie de la grande #ville
    ▻https://laviedesidees.fr/Anthropologie-de-la-grande-ville

    Berlin est devenue, à partir du XIXe siècle, une très grande ville, qui a modifié en profondeur l’expérience de ses habitants et les manières de vivre, et que les Nazis, une fois au pouvoir, se sont efforcés de soumettre.

    #Histoire #nazisme

  • Johann Chapoutot - Une histoire bien connue - Bertolt Brecht : La résistible ascension d’Arturo Ui
    13 mai 2026 - librairie mollat
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=PQEGh_nVZd8

    L’accession au pouvoir n’est pas une fatalité démocratique, mais le résultat d’une compromission des élites.

    Johann Chapoutot présente « Une histoire bien connue », qui précède la nouvelle édition de « La résistible ascension d’Arturo Ui » de Bertolt Brecht, traduite par Alexandre Plateau, aux éditions de l’Arche. Entretien avec Nicolas Patin.

    • #théâtre #fascisme #nazisme #Allemagne #histoire #révue

      2026-05-13 — 55 min.

      l’intro chez youtube :

      Retrouvez le #livre : www.mollat.com

      L’historien Johann Chapoutot présente son essai accompagnant une nouvelle édition de l’œuvre de Bertolt Brecht. Cet entretien explore les mécanismes réels de l’arrivée du nazisme au pouvoir en Allemagne dans les années 1930, loin de la légende d’une victoire purement électorale.

      Johann Chapoutot déconstruit le mythe d’une ascension démocratique inéluctable. Il souligne que le pouvoir a été offert par une clique de dirigeants conservateurs — tels que Paul von Hindenburg ou Franz von Papen — mus par des intérêts personnels et financiers triviaux. La discussion met en lumière la clairvoyance de Bertolt Brecht qui, dès 1941, transposait cette tragédie dans le milieu du #banditisme, révélant la médiocrité des acteurs politiques de l’époque.

      L’échange aborde également la #sociologie du vote. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les classes ouvrières qui ont porté ce mouvement, mais une #bourgeoisie patrimoniale hantée par la peur du déclassement et du communisme. Johann Chapoutot fait le lien avec ses travaux sur l’irresponsabilité des élites et justifie l’usage de l’analogie historique pour éclairer les fragilités des #démocraties contemporaines face aux tentations du #libéralisme_autoritaire.

      0:00 Introduction
      1:13 L’œuvre de Bertolt Brecht : une parabole du banditisme politique
      3:04 Dialogue entre recherche historique et création théâtrale
      4:45 Les racines de Bertolt Brecht et son rapport au politique
      8:09 Le mythe de l’accession « légale » au pouvoir en 1933
      10:52 L’alliance entre l’extrême centre et l’extrême droite
      15:34 Médiocrité et intérêts privés des élites conservatrices
      26:40 Du présidentialisme à l’état d’urgence permanent
      31:35 La chute électorale des radicaux avant janvier 1933
      41:15 Sociologie du vote et basculement des secteurs sociaux
      48:42 L’analogie historique comme outil de compréhension du présent

    • Justement vendredi Chapoutot était attendu ici en dédicace à la Comédie du livre, le salon du livre de #Montpellier. Je suis passé plusieurs fois devant son stand, mais il n’est jamais venu (du coup par déception tout son fan club de l’Hérault a viré nazi). En revanche il était bien le soir en « table ronde » au Gazette café.

      Initialement j’ai convaincu mes gamins d’y aller ensemble, parce que Chapoutot tout de même (« c’est qui ? », apparemment mes enfants et moi on n’a pas le même internet). Mais quand j’ai vu le sujet – Brecht (« c’est qui ? ») –, finalement on n’y pas allés parce que pour eux c’est un peu costaud. La libraire le lendemain m’a confirmé que oui, c’était très bien, mais vraiment c’était costaud.

      Sinon le lendemain au stand d’à côté, avec Mecton on a discuté avec Olivier Mannoni, l’auteur de Traduire Hitler, et ça tombait bien vues nos nouvelles opinions politiques de déçus du chapoutisme.

    • Lois de Nuremberg

      ►https://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_de_Nuremberg

      Les lois de Nuremberg[a] sont trois textes adoptés par le Reichstag à l’initiative d’Adolf Hitler, lors d’une session du parlement tenue à Nuremberg à l’occasion du septième congrès annuel du Parti nazi, le 15 septembre 1935 :

      – la Reichsflaggengesetz (loi sur le drapeau du Reich) ;
      – la Reichsbürgergesetz (loi sur la citoyenneté du Reich) ;
      - la Gesetz zum Schutze des deutschen Blutes und der deutschen Ehre (loi sur la protection du sang allemand et de l’honneur allemand).

    • Nürnberger Gesetze [Rassengesetz]

      ▻https://de.wikipedia.org/wiki/N%C3%BCrnberger_Gesetze

      [...]

      Am 12. September, dem dritten Tag des Parteitags, kündigte Reichsärzteführer Gerhard Wagner überraschend an, der nationalsozialistische Staat werde in Kürze durch ein „Gesetz zum Schutze des deutschen Blutes“ die weitere Vermischung von Juden und „Ariern“ verhindern.[6] Adolf Hitler erweiterte den Auftrag und ließ umgehend über den Reichsinnenminister Wilhelm Frick den Abteilungsleiter Wilhelm Stuckart und den Leiter des „Staatsangehörigkeitsreferates“ im Reichsinnenministerium, Bernhard Lösener, und andere Verwaltungsfachleute entsprechende Gesetzesentwürfe ausarbeiten.[7] Da einige von ihnen aus Berlin anreisen mussten, konnte sich die Arbeitsgruppe erst am folgenden Abend in Nürnberg konstituieren. Wegen des Zeitdrucks verzichteten die zuständigen Minister auf Vorgaben und überließen es den Ministerialbeamten, Gesetzentwürfe auszuarbeiten.

      Wagner, der sich in Nürnberg ständig bei Hitler aufhielt, wollte eine Zwangsscheidung von „Mischehen“ und Heiratsverbot auch für „Vierteljuden“ einführen, während die Ministerialbürokraten auf Schwierigkeiten bei der praktischen Umsetzung hinwiesen. Hitler selbst entschied sich schließlich für den milderen Gesetzentwurf; er konnte sich damit als gemäßigter Staatsmann darstellen, der seine Partei im Griff habe, und er vermied voraussehbare Konflikte mit der katholischen Kirche.

      [...]

  • Derrière les fichiers nazis
    ▻https://laviedesidees.fr/Derriere-les-fichiers-nazis

    En Allemagne, un moteur de recherche permet d’explorer les registres du Parti nazi. Au-delà des secrets de famille, cette initiative ravive des débats. Quelle différence entre la connaissance et la mémoire ? Que faire du #nazisme à l’heure où l’extrême droite s’efforce de le réhabiliter ?

    #Histoire #Shoah #internet #guerre_mondiale
    ▻https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250512_nazisfiches.pdf

  • Comment les irresponsables ont mis les nazis au pouvoir ? - L’Abécédaire avec Johann Chapoutot || - 2026-02-28

    via ▻https://diaspora.psyco.fr/p/12377038

    ▻https://www.blast-info.fr/emissions/2026/comment-les-irresponsables-ont-mis-les-nazis-au-pouvoir-flZMnEw2TgOgOckIK

    #Nazisme #Chapoutot #blast

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=wQP5UwkIPfE


    65 min.

    «  Ces crétins de bourgeois vont nous donner le pouvoir, on ne leur rendra jamais ; ce sont nos cadavres qu’ils devront sortir de là, et ça il faut vraiment vous le mettre dans le crâne  » : cette citation de Joseph Goebbels exhumée par Johann Chapoutot remonte à 1932. Goebbels y apparait dans toute sa puissance, sa vision de l’avenir et son influence sur Adolf Hitler. C’est une des perles de ce troisième épisode de l’abécédaire qui comprend 4 lettres : I comme irresponsables (le titre du dernier ouvrage de Johann Chapoutout), J comme Jeux olympiques où l’on découvre que les nazis inventent le show planétaire, K comme Kamf, le combat permanent qui aurait du aboutir à une victoire totale et à une paix ultime et L comme Langage où l’historien démontre à quel point le langage et sa distorsion ont permis aux nazis leur endoctrinement et l’acceptation de l’inacceptable. Les internautes attentifs auront remarqué qu’il manque une lettre : le H d’histoire. Johann Chapoutot nous a demandé de chuter l’abécédaire avec ce mot qui constitue, plus que d’autres, le sens de son travail. Nouvel épisode de l’Abécédaire, de Johann Chapoutot.

    #irresponsables #nazis #pouvoir  ?❞

    • « Les nazis ont hélas, beaucoup de choses à nous dire sur nous » - L’Abécédaire avec Johann Chapoutot || 2026-04-11

      ▻https://www.blast-info.fr/emissions/2026/les-nazis-ont-helas-beaucoup-de-choses-a-nous-dire-sur-nous-v-w-x-y-z-wCb

      ►https://www.youtube.com/watch?v=Ygu_9eUofew


      2026-04-11 — 1 h

      Avant dernier épisode de notre abécédaire avec Johann Chapoutot où nous allons naviguer dans ce monde nazi qui n’a pas forcément perdu la guerre tant ses supporters reviennent par différents chemins sinueux aujourd’hui. Jamais les nazis n’ont eu autant de place dans les médias contemporains, comme si Hitler et Von Papen le centriste dégénéré avaient fait des petits. On revient au testament politique d’Hitler (V comme Victoire) pour nous replonger dans la République de Weimar qui enfantera, malgré ses tentatives démocratiques et socialistes avortées, sur un libéralisme autoritaire massacreur de juifs et de communistes. Dans classé X, Johann Chapoutot revient sur sexualité sous les nazis  : la chasse aux homosexuels, la vitalité du sexe hors mariage et l’avilissement des femmes. La vie amoureuse d’Hitler apparait fantomatique, sans doute en raison d’atrophies qui lui feront préférer les très jeunes femmes, dont sa cousine qui se suicidera. Eva Braun reste un mystère. Y comme Yougoslavie nous permet d’appréhender le dernier génocide avant celui des juifs  : celui perpétré par les Oustachis en Yougoslavie contre les juifs, les serbes orthodoxes et les tsiganes  : 900 000 morts oubliés. Tous ces malheurs sont marqués par l’avènement d’un Zentrum complètement dévoyé dont le leader Franz von Papen, sorte de Macron à moustache placé là par les grands bourgeois allemands, va penser pouvoir dominer un parti nazi alors en perte de vitesse. C’était compter sans la puissance de feu d’Adolf Hitler et de son âme damnée Joseph Goebbels. Il nous reste un épisode. Une seule lettre H comme Histoire. L’historien a voulu finir en beauté. Deux semaines à patienter.

  • Voilà Nemesis, Ricardo Parreira
    ▻https://bsky.app/profile/ricardoparreira.com/post/3mhgjuotdfk26

    Voilà les fameuses militantes de Némésis, soi-disant non violentes, qui fréquentent des néonazis et des individus armés et violents.

    Ici Alice Cordier et Alice Georgeault.

    Un fil sur leurs t-shirts #fascistes 🧵⏬⏬


    Alice Cordier pose dans un espace de tir avec une arme et une t-shirt de Reliqua (une sainte à cheval armée)

    Alice Georgeault pose dans un espace de tir avec une arme et une t-shirt "defend europa", au centre il y a une arme : AK"

    2 - Le t-shirt qu’Alice Cordier porte est de la marque Reliqua, créée par Emma K. Dans l’une des premières publications d’Emma K., on voit un t-shirt frappé de l’icône de Sainte Geneviève, accompagnée de deux baïonnettes #Wehrmacht K98 utilisées pendant le IIIe Reich. Ambiance...


    photo avec une t-shirt de reliqua ou on voit la vierge (?) armée avec deux baïonnettes #Wehrmacht K98 utilisées pendant le IIIe Reich

    3 - Reliqua est devenue populaire parmi les #identitaires, les #nationalistes_révolutionnaires et les #néonazis français les plus violents. Entre eux on trouve le hooligan monarchiste et #néonazi Maxime Bellamy, également connu sous le nom d’Orsu Corsu.

    Post insta Orsu corsu : on voit le hooligan #néonazi Maxime Bellamy et un texte : Orsu corsu X reliqua 10% sur tout sur le site

    4 - Dans une photo, on le voit poser à côté de Sarah M. militante de l’association Solidarité-Arménie, créée par le raciste Jean-Eudes Gannat, ancien chef d’Alvarium. Cette association est soutenue par plusieurs groupes fascistes français tels que Tenesoun.

    Dans une photo, on le voit Maxime B. poser à côté de Sarah M. militante de l’association Solidarité-Arménie, avec sweats reliqua

    5 - Reliqua possède un site où elle vend des articles utilisés principalement par l’#extrême_droite radicale lors de leurs manifestations haineuses, comme celles du C9M à Paris.

    Sur ce site, il n’y a pas de mentions légales, pourtant obligatoires.

    photo du cortege du c9m à paris, on voit des militants néonazis avec des croix celtiques et le logo du c9m

    6 - Sur le t-shirt d’Alice Georgeault, militante virulente de #Némésis, on peut lire « Defend Europe » avec une AK. Ce slogan remonte au #fascisme et au #nazisme, mais c’est avec la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist que ce concept ethnodifférentialiste va se développer.

    dans le dessin " dieu benit les familles nombreuses" on voit des "les juifs les gaullistes et les maçons atraper la France (femme) et en face, des femmes qui representent des pays avec un bebe qui s’appel Europa

    7 - L’idée d’une Europe "blanche" est véhiculé dans les publications d’extrême droite, tels que la revue “Défense de l’Occident” fondée en 1952, Europa-Action en 1963, ou dans le concept nazi “Ordre nouveau”, mouvement créé par d’anciens membres d’Occident.

    Une de Defense de l’occident.

    Une d’Europe Action, on voit le casque spartiate et deux personnes à faire de l’escalade. texte : Directeur politique Dominique Venner et Jean Mabire redacteur chef

    8 - Si le concept de « défendre l’Europe » ou de « résistance européenne », ainsi que d’autres variations, est surtout utilisé à partir des années 2000 par les NR nazillons du GUD, Dissidence française, etc.

    contre l’europe de bruxelles (un rat attrape un banquier) resistance europeenne - GUD

    9 - C’est à partir de 2012, sous la bannière des identitaires, que ce slogan se diffuse, notamment lors de leur campagne en Méditerranée en 2017, où ils ont été accusés de mettre en danger des 10aines de personnes.


    Leur action « Defend Europe » dans les Alpes acte leur dissolution.

    logo : Defend europe mission alpes, on voit des montagnes et un drapeau avec le lambda

    10 - Ainsi, sous la consigne « Defend », des néofascistes et néonazis portent des t-shirts « Defend : Europe, Nissa, Paris, Montpellier, etc. », floqués d’une Kalachnikov, diffusant un message de haine et de #suprémacisme_blanc visant à unifier les militants les plus agressifs.

    Bande de mecs hools, un porte une t-shirt defend europe
    ALT

    11 - Pour des femmes qui se disent pacifiques, s’afficher avec des armes et porter ces symboles démontre que leur discours bien rodé n’est qu’une vitrine : l’arrière-boutique est beaucoup plus machiste et violente, à l’image des mecs qu’elles fréquentent.

    Némésis : pourquoi la #dissolution est une impasse contre l’extrême droite
    ▻https://www.revolutionpermanente.fr/Nemesis-pourquoi-la-dissolution-est-une-impasse-contre-l-extrem

    Le collectif Némésis revendique environ 300 militantes, 110 000 abonnés sur Instagram et 120 000 sur X où il construit un discours qui fait des hommes racisés la principale menace pesant sur les femmes blanches, réclamant leur expulsion massive.

    #racisme #ethno-différentialisme #masculinisme

  • Exécution en Grèce : quand les photos prises par les bourreaux nazis refont surface - France 24
    ▻https://www.france24.com/fr/europe/20260218-execution-grece-kaisariani-nazi-photographies

    Des photographies d’une exécution de résistants grecs par des soldats allemands en mai 1944 ont été mises récemment aux enchères sur Internet. La découverte de ces documents a suscité une vive émotion dans le pays, entraînant l’arrêt de la vente par les autorités grecques, qui les a déclaré patrimoine national.

    #seconde_guerre_mondiale #nazisme #photographies #Grèce #histoire

  • Les irresponsables de Johann Chapoutot | Gallimard
    ▻https://www.gallimard.fr/catalogue/les-irresponsables/9782073061195

    Un consortium libéral-autoritaire, tissé de solidarités d’affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d’élites traditionnelles, perd tout soutien populaire : au fil des élections, il passe de presque 50 % à moins de 10 % des voix et se demande comment garder le pouvoir sans majorité, sans parlement, voire sans démocratie. Cet extrême centre se pense destiné à gouverner par nature : sa politique est la meilleure et portera bientôt ses fruits. Quand les forces de répression avertissent qu’elles ne pourront faire face à un soulèvement généralisé, le pouvoir, qui ne repose sur aucune base électorale, décide de faire alliance avec l’extrême droite, avec laquelle il partage, au fond, à peu près tout, et de l’installer au sommet.
    Cette histoire se déroule en Allemagne, entre mars 1930 et janvier 1933. Elle repose sur une lecture des archives politiques, des journaux intimes, correspondances, discours, articles de presse et Mémoires des acteurs et témoins majeurs. Elle révèle non pas la progression irrésistible de la marée brune, mais une stratégie pour capter son énergie au profit d’un libéralisme autoritaire imbu de lui-même, dilettante et, in fine, parfaitement irresponsable.

  • Eugenics
    ▻https://en.wikipedia.org/wiki/Eugenics

    Voilà pourquoi l’apprentissage des textes classiques latins au « Gymnasium » prussien mèna droit au fascisme. L’esprit des classes supérieures de l’ancienne Rome couplé avec le biologisme et l’eugénisme des temps modernes y donna naissance à des créatures abominables.

    According to Tacitus (c. 56 – c. 120), a Roman of the Imperial Period, the Germanic tribes of his day killed any member of their community they deemed cowardly, unwarlike or “stained with abominable vices”, usually by drowning them in swamps. Modern historians see Tacitus’ ethnographic writing as unreliable in such details.

    L’idéologie eugéniste fut appréciée par les assassins coloniaux impérialistes. Les administrateurs et militaires britanniques n’avaient rien à envier aux génocidaires nazis et vice versa.

    L’eugénisme scientifique justifia leurs pires crimes génocidaires et économiques.

    In its moral dimension, eugenics rejected the doctrine that all human beings are born equal and redefined moral worth purely in terms of genetic fitness. Its racist elements included pursuit of a pure “Nordic race” or “Aryan” genetic pool and the eventual elimination of “unfit” races.

    Many leading British politicians subscribed to the theories of eugenics. Winston Churchill supported the British Eugenics Society and was an honorary vice president for the organization. Churchill believed that eugenics could solve “race deterioration” and reduce crime and poverty.

    En ce moment on observe un calme relatif autour des questions génétiques car toute l’attention publique a été orientée vers l’intelligence artificielle. Pourtant son rôle n’a pas fiminué. Il est certain que l’idéologie eugéniste constituera un élément important dans l’utilisation de l’IA pour la recherche génétique et le développement de nouveaux produits pharmaceutiques.

    #idéologie #fascisme #nazisme #eugénisme #antiquité #impérialisme

  • Le #Tribunal_de_Nuremberg est-il encore une référence pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC ?

    En 1945, à Nuremberg, de hauts responsables nazis étaient jugés pour crime de guerre et crime contre l’humanité… 80 ans après ce procès historique, comment s’inspirer de ce tribunal fondateur de la justice internationale pour en finir avec l’impunité dans les conflits armés en #Ukraine, à #Gaza ou encore en #RDC ?
    Le 20 novembre 1945 s’ouvrait à Nuremberg, en Allemagne, le plus grand procès de l’histoire. D’un commun accord, la France, les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni affirmaient leur volonté de juger vingt-deux dignitaires nazis, chefs militaires ou hauts fonctionnaires, tous accusés de crimes de guerre ou de #crimes_contre_l'humanité.

    Mais pourquoi invoquer Nuremberg lorsque l’on réclame la fin de l’impunité ? Le président ukrainien Volodymyr Zelensky l’a fait pour son pays l’Ukraine en interpellant le peuple russe dès le 4 avril 2022, suite à l’invasion russe du 24 Février :

    « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Qui a donné des ordres. Qui a fermé les yeux sur ces meurtres. Nous allons établir tout cela. Et le faire connaitre dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. »

    Et le docteur #Mukwege, prix Nobel de la paix a explicitement fait référence à Nuremberg, en octobre 2024, lors d’un passage à l’Université de Strasbourg en France :

    « Les Congolaises et les Congolais ont aussi droit à leur Nuremberg. Telle est la raison pour laquelle nous plaidons aux côtés des victimes et des survivant.es pour l’établissement d’un Tribunal international pénal pour le Congo et/ou des chambres spécialisées mixtes. »

    Un Nuremberg pour l’Ukraine, Gaza ou la RDC est-il possible ?

    Une enquête signée Clémentine Méténier avec #William_Schabbas, professeur de droit pénal international et des droits de l’homme à Londres, Université de Middlesex, Leyden et Sciences Po ; Christian Delage, historien et cinéaste, réalisateur du film historique « Nuremberg, les nazis face à leur crime » ; Thierry Cruvellier, rédacteur en chef du site Justice Info ; Rafaëlle, professeure de droit international à l’Université Paris Saclay et travaille sur la justice pénale internationale, précisément sur la notion de génocide. Reagan Miviri, avocat au Barreau de Goma dans le Nord-Kivu, il travaille au sein de Ebuteli l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.

    Le 20 novembre 2025 marque le 80è anniversaire de l’ouverture, à Nuremberg, du procès des grands criminels #nazis, où, pour la première fois, des responsables politiques et militaires de haut niveau – accusés des crimes de conspiracy (complot), crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité – étaient traduits devant une cour internationale, composée des principales forces alliées victorieuses de l’Allemagne nazie. Pour le procureur général Robert H. Jackson, il s’agissait de construire un « procès documentaire », où, en raison des crimes considérables commis par les nazis, notamment leur politique d’extermination des Juifs d’Europe, il était nécessaire de faire reposer l’accusation sur des preuves irréfutables, pour éviter qu’à l’avenir leur réalité fasse l’objet d’une négation. Contre toute attente, les images allaient jouer un rôle majeur pour confronter les nazis à leurs propres crimes.

    La journée de colloque s’interrogera sur l’héritage des « principes de Nuremberg » depuis les années 1990, grâce au développement d’une justice internationale fondée sur des tribunaux ad hoc (du Rwanda à la Centrafrique) et des cours permanentes (Cour pénale internationale, Cour internationale de justice), appelées à statuer en particulier sur le risque potentiel ou la commission de génocides. Or, la collecte de preuves qui s’inspire de la jurisprudence de Nuremberg est forte des nouveaux outils mis en place par les autorités judiciaires, en collaboration avec des ONG et des applications en open source qui en garantissent la fiabilité. Pour la première fois dans l’histoire, en Europe comme au Proche-Orient, la fabrique du dossier probatoire se déroule en co‑construction avec la société civile, en flux tendu et en temps réel.

    ▻https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-marche-du-monde/20251122-le-tribunal-de-nuremberg-est-il-encore-une-r%C3%A9f%C3%A9rence-pour-l-u
    #nazisme

    #justice #guerres #seconde_guerre_mondiale #WWII #justice_internationale #procès #crime_d'agression #crime_contre_la_paix #images #images_comme_preuve #preuves #protocole_de_preuves #justice_pénale_internationale #impunité #vérité #esprit_de_justice #Eyal_Weizman #architecture_forensique
    #podcast #audio

    • #Dan_Kiley

      Daniel Urban Kiley (2 septembre 1912 – 21 février 2004) est un important paysagiste américain du style moderne.

      C’est lui qui a conçu l’aménagement des salles du palais de justice de Nuremberg, pour le Procès de l’après-guerre.

      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Dan_Kiley
      #architecture #tribunal

    • Le procès de Nuremberg, les nazis face à leurs crimes. Un #film de #Christian_Delage
      ▻https://www.youtube.com/watch?v=uK7JvNFCJTI

      Nuremberg, 20 novembre 1945. Dans une ville encore en ruine, s’ouvre le procès des criminels nazis. États-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique sont réunis pour rendre une justice exemplaire aux motifs de crimes contre la paix et, pour la première fois dans l’histoire, de « crimes contre l’humanité ».

      Nuremberg, 20 novembre 1945. Dans une ville encore en ruine, six mois à peine après la capitulation allemande, s’ouvre le procès des criminels nazis. États-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique sont réunis pour rendre une justice exemplaire aux motifs de crimes contre la paix et, pour la première fois dans l’histoire, de « crimes contre l’humanité ».

      Sur le banc des accusés, 21 des plus hauts dignitaires nazis, parmi lesquels Hermann Göring, Rudolph Hess, Joachim von Ribbentrop et Wilhelm Keitel. Tous plaident non coupable. Pourtant, les « atrocités » commises sont immenses. Pour preuve, les films tournés à la libération des camps et qui, fait inédit, seront projetées au tribunal. Présentation des preuves à charge, confrontations, témoignages des bourreaux et des victimes se succèdent.

      Après dix mois d’audiences, le verdict est rendu : 12 condamnation à mort dont une par contumace, 7 peines d’emprisonnement et 3 acquittements. Ainsi s’achève le procès qui a ouvert la voie à la création d’une justice internationale.

      Le documentaire de Christian Delage évoque autant le procès lui-même que ses enjeux, la manière dont il est perçu par l’opinion ou encore la recherche des archives filmées de la guerre. Des témoignages d’acteurs de l’époque viennent enrichir le montage d’archives restaurées qui offre un point de vue inédit sur ce procès fondateur pour le droit international.

      ▻https://www.fondationshoah.org/memoire/le-proces-de-nuremberg-les-nazis-face-leurs-crimes-un-film-de-christ

    • Nuremberg : « Les juges ne sont plus au centre, car c’est l’écran qui s’y trouve »

      Il y a 80 ans, le 20 novembre 1945, s’ouvrait le procès de Nuremberg. L’historien et réalisateur français Christian Delage revient sur un héritage spécifique de ce premier grand tribunal international : la double innovation du filmage du procès et de l’image comme preuve au procès. Et comment les Ukrainiens déclarent s’inspirer de sa jurisprudence en la matière.

      JUSTICE INFO : Qu’est-ce qui a poussé l’historien et cinéaste que vous êtes à vous intéresser à l’usage de l’image au tribunal de Nuremberg ?

      CHRISTIAN DELAGE : Je savais que des images avaient été montrées au procès des dignitaires nazis, mais je ne m’étais pas engagé dans une recherche documentée sur ce sujet. J’ai commencé à le faire au début des années 2000, en me rendant aux archives nationales à Washington DC. J’en ai tiré un premier article, « L’image comme preuve : l’expérience du procès de Nuremberg », ce qui m’a aidé à obtenir une bourse de recherche Fulbright pour pouvoir séjourner longuement aux États-Unis. J’ai alors enquêté sur la manière dont les Alliés, pendant l’été 1945, ont rassemblé un ensemble de documents, majoritairement scripturaires, pour fonder l’accusation contre les dignitaires nazis, sur des qualifications pénales de crime contre la paix/crime d’agression, crime de guerre, crime contre l’humanité et plan concerté pour commettre ces crimes. La masse des archives rassemblées en Europe par l’équipe du procureur général, Robert H. Jackson, est d’autant plus impressionnante quand on mesure le temps dont les envoyés spéciaux ont disposé pour nourrir les chefs d’accusation en pièces à conviction. C’est dans un tel contexte documentaire que Jackson prend deux initiatives inattendues : présenter des images comme preuve à l’audience, et filmer les sessions du procès pour le constituer en archive historique.

      Est-ce la première fois que l’image entre dans le prétoire et en quoi cela a-t-il affecté la procédure judiciaire ?

      Aux États-Unis, il y avait déjà eu des procès au civil qui avaient recouru à la photographie puis à l’image animée comme preuve. Les Alliés considéraient également que l’image pouvait jouer un rôle dans la confrontation des Allemands aux crimes commis par les nazis, pour ceux et celles qui n’étaient pas dans le voisinage des camps de concentration. Seront ainsi montrées pendant le procès des images d’actualités provenant des nazis eux-mêmes, sous la forme d’un montage de plusieurs heures réalisé par l’équipe de John Ford et intitulé The Nazi Plan, ainsi que quelques images-trophées des persécutions contre les juifs, ainsi que les documentaires américain et soviétique sur la libération des camps.

      Afin de projeter ces images dans le prétoire, il a fallu modifier, lors du réaménagement du tribunal de Nuremberg par l’architecte américain Dan Kiley, la scénographie coutumière d’un procès. Les juges ne sont plus au centre, car c’est l’écran qui s’y trouve, lui donnant ainsi symboliquement un rôle de tiers. Il s’agissait de confronter les nazis à leurs propres crimes et de surprendre leurs réactions pendant la projection, par l’Accusation américaine, du film Les Camps de concentration nazis, le 29 novembre 1945, en disposant une rampe de néons au-dessus de leurs bancs pour voir leurs visages.

      Qui est en charge de filmer le procès ?

      Dans l’un de mes films, De Hollywood à Nuremberg. John Ford, Samuel Fuller, George Stevens, je fais lire la lettre qu’envoie Ray Kellogg à Ford, dont il était le bras droit. Il lui raconte que « c’est la bonne vieille armée » (le Signal Corps, en charge des transmissions) qui s’occupe – et mal – des préparatifs du filmage. Mais c’est bien la Field Photographic Branch, l’équipe spéciale pilotée par Ford pour filmer la guerre depuis 1942, qui a été chargée en juin 1945 de réaliser un court-métrage présentant l’enjeu du procès (That Justice Be Done, Que justice soit faite), le montage du documentaire sur les camps et la préparation du filmage des audiences. Kellogg a participé à la construction de la cabine de projection. Les opérateurs avaient pour consigne de rendre les emplacements de caméras discrets pour ne pas perturber la sérénité des débats, une contrainte que l’on retrouvera plus tard pour le procès Eichmann [en Israël, en 1961] et les procès de Klaus Barbie et Paul Touvier [en France, en 1987 et 1994]. Il faut préciser que les Soviétiques ont également participé au filmage, en présence de Roman Karmen.

      Vous dites que le tournage du procès a commencé dès le début mais il semble qu’il a été très peu filmé, puisque l’on ne dispose aujourd’hui que d’une trentaine d’heures d’enregistrement. Pourquoi si peu ?

      Comme ce ne sont pas les professionnels formés par Ford qui ont été chargés du filmage, les cameramen étaient peu expérimentés. D’une part, les caméras 35 mm utilisées étaient chargées avec des bobines qui n’excédaient pas 13 minutes. D’autre part, il n’est pas facile de rendre par l’image la dynamique de la confrontation des parties aux procès. Ce ne sont donc que certains moments qui ont été tournés. Malheureusement, parfois, une phrase est coupée au milieu. Lorsque, avec ma collègue Caroline Moine, nous avons préparé mon film « Nuremberg, les nazis face à leur crime », nous avons bénéficié du transfert numérique que venait de faire le Musée de l’Holocauste, à Washington. Mais il a fallu mettre bout à bout et dans l’ordre chronologique l’ensemble des rushes, en les légendant. Ce travail a pris deux mois mais nous avons ainsi créé une archive d’ensemble du procès que nous avons déposée au Mémorial de la Shoah, à Paris, et au Musée de l’Holocauste, à Washington.

      Est-ce que l’héritage de ce travail a marqué les expériences suivantes, pour le procès Eichmann tout d’abord, puis pour les tribunaux internationaux contemporains dans les années 90 ?

      De tous les procès qui ont été filmés depuis Nuremberg, le procès Eichmann est celui qui l’a été le mieux. La captation était d’ailleurs retransmise dans une salle de 500 places, proche du tribunal, et des extraits étaient cédés chaque semaine pour être exploités par les télévisions du monde entier. L’avocat d’Eichmann, Robert Servatius, a tenté de s’opposer au filmage, sans succès, en avançant deux arguments : « Le fait de savoir que les délibérations sont enregistrées pour la télévision et le cinéma peut conduire les témoins à ne pas fournir leurs preuves de manière sincère, d’une part parce qu’ils peuvent ressentir la crainte que leur déposition télévisée est regardée en dehors de la salle d’audience, et d’autre part à cause d’un désir de composer devant un public mondial » ; « Les enregistrements télévisés sont susceptibles de conduire à une présentation déformée des audiences, par exemple en omettant les arguments de la défense ». Les juges y ont opposé une fin de non-recevoir, argumentant à leur tour sur la pertinence du dispositif et son absence d’effet négatif sur les témoins ou sur l’audience.

      Concernant les tribunaux internationaux mis en place pour juger les crimes commis en ex-Yougoslavie et au Rwanda [TPIY, à partir de 1993 et TPIR à partir de 1994], ils ont été filmés mais avec cette nouveauté qu’il n’y a plus de réalisateur, seulement un régisseur employé par le service audiovisuel du tribunal qui pilote des caméras automatisées.

      Quant aux images présentées comme preuves, le TPIR n’en a disposé que de très peu, le génocide s’étant déroulé loin des caméras. En revanche, pour l’ex-Yougoslavie, il y beaucoup d’images, en particulier celles tournées par un groupe paramilitaire serbe, actuellement analysées par Ninon Maillard, qui pilote un groupe de recherche, ProFil, « La Fabrique du procès filmé », et enquête depuis plusieurs années sur cette vidéo dite des « Scorpions », une vidéo-trophée qui a fait l’objet d’intenses débats à l’audience.

      En France, le seul procès bien filmé a été celui de Paul Touvier, ancien milicien de Vichy, accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour l’exécution de sept juifs en représailles à l’assassinat d’un propagandiste. Ce procès a contribué à la réflexion sur la responsabilité de l’État français sous l’Occupation. C’est le dernier qui est filmé en présence d’opérateurs dans la salle, sous contrôle d’un réalisateur expérimenté et conscient des enjeux mémoriaux et historiques, Guy Saguez. À partir du procès Papon [en 1997] les caméras sont déjà installées dans les prétoires et pilotées par un joystick dans un studio. Le plus souvent, les captations filmées servent pour la retransmission externe des audiences, quand la salle du tribunal n’est pas assez grande pour accueillir ceux et celles qui veulent venir y assister.

      Plus récemment, concernant les grands procès contemporains comme ceux des attentats de janvier et novembre 2015 [attentats terroristes en France], c’est un peu différent. Les parties civiles ont pu écouter à distance les débats, dont la captation filmée était retransmise dans des salles réservées à la presse et aux chercheurs. L’enjeu sociétal était très important, comme Martine Sin Blima-Barru et moi-même l’avons souligné dans l’exposition Filmer les procès.

      Cette exigence de filmer n’est cependant jamais première pour les magistrats. Ce n’est pas leur culture ni leur préoccupation, car ils ont d’abord à juger des accusés, mais c’est aussi une question de génération. Les jeunes magistrats et avocats sont mieux préparés et plus informés des attendus du filmage des audiences, et de l’importance de l’image-preuve.

      Les procès qui ont été filmés constituent une archive de grande ampleur, dont l’accès paraît cependant très limité.

      Pour l’instant, en France, ce sont des chercheurs et bientôt des réalisateurs – sous réserve d’en avoir l’autorisation – qui peuvent consulter ces images, parce que le grand public ne peut pas y accéder avant 50 ans, mais cette contrainte est la même pour toutes les archives. Cependant, il y a bien une contradiction entre l’enjeu que j’ai souligné, celui de garder une trace intégrale d’un procès à caractère historique, et la norme de conservation et de communication des archives nationales. La publicité des débats se heurte ici au respect de l’intimité des personnes.
      Le 4 avril 2022, cinq semaines après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le président Zelensky fait allusion à un « Nuremberg pour l’Ukraine » et déclare : « Le moment viendra où chaque Russe apprendra toute la vérité sur ceux de ses concitoyens qui ont tué. Et le faire connaître dans le monde entier. Nous sommes maintenant en 2022. Et nous avons beaucoup plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale. » De quels nouveaux outils parle-t-il ?

      Il parle essentiellement d’outils visuels. Comment les Ukrainiens ont-ils pu se convaincre matériellement, concrètement, de l’invasion dont ils allaient être victimes ? Par les premières images américaines du satellite Maxar, qui montraient cet incroyable convoi qui avançait extrêmement lentement, depuis la Biélorussie, et dont on a compris qu’il avançait vers Kyiv. Les images satellites, ce sont aussi celles qu’Elon Musk a permis aux Ukrainiens d’utiliser.

      Ensuite, il y a les drones. Je crois que tout le monde aujourd’hui a compris qu’ils avaient plusieurs fonctions. Une fonction de surveillance : dans une tranchée, les Ukrainiens utilisent des drones pour anticiper les mouvements et les opérations de l’ennemi en surface. Une fonction criminelle, puisque ce sont des armes utilisées au quotidien et visant parfois précisément des personnes civiles. Une véritable course aux drones s’est mise en place dans cette guerre.

      Enfin, il y a bien sûr les téléphones portables, massivement utilisés par les citoyens. 20 millions d’Ukrainiens utilisent ainsi une application multifonctions, DIIA, sur laquelle ils peuvent faire des démarches administratives, mais aussi alerter une instance proche de l’État-major ukrainien de l’approche d’un soldat ennemi sur le territoire, d’un bombardement, d’un crime qui vient d’être commis, ou d’une nécessité d’envoyer immédiatement des secours sur place.

      Sur le plan judiciaire, le procureur général ukrainien a ouvert des enquêtes très rapidement, en parallèle de celles de la Cour pénale internationale, et avec le concours d’ONG, comme le Centre pour les libertés civiles, prix Nobel de la paix en 2022, ou de plateformes numériques d’enquête, comme Bellingcat, Eyewitness, Truepic. Ces structures ont déjà travaillé sur d’autres terrains de conflits, en Syrie, en Irak, en Tchétchénie. Bellingcat, en particulier, a une très forte expertise et sait réagir très vite : sa première enquête arrive tout de suite après la découverte des massacres de Boutcha [près de Kyiv], et c’est une enquête extrêmement solide.

      Dans votre livre Filmer, juger. De la Seconde Guerre mondiale à l’invasion de l’Ukraine, vous parlez justement d’un « protocole de preuves » qui a commencé dès le début de la guerre en Ukraine. Ces images pourraient-elles servir de preuves si demain un grand procès international s’ouvrait contre l’envahisseur russe ?

      Ce qui est très étonnant en Ukraine est la rapidité et la qualité du travail d’enquête mené. La difficulté maintenant repose sur le fait de croiser toutes ces sources pour que ce soit plus lisible et plus facile à conserver et à utiliser, le moment venu, dans un dossier judiciaire. Les applications dont j’ai parlé permettent d’authentifier les images envoyées par les citoyens, de vérifier leur légendage – le lieu, l’heure, la personne présente, la nature de l’événement, etc. – mais aussi de les conserver de manière pérenne et de les classer pour que ce soit utilisable. Donc tous ces travaux sont faits à plusieurs échelles, nationale et internationale.

      La valeur probatoire de l’image ne se construit que dans le cadre de la confrontation judiciaire. À Nuremberg, à Jérusalem, les images des violences extrêmes perpétrées par les nazis provoquaient surtout un effet de sidération. Aujourd’hui, leur viralité se déploie en amont du procès, dont le rôle est alors de les mettre à distance, de les contextualiser. C’est une responsabilité majeure.

      ▻https://www.justiceinfo.net/fr/152468-nuremberg-les-juges-ne-sont-plus-au-centre-car-cest-lecran-qui-s

    • Filmer, juger. De la Seconde Guerre mondiale à l’invasion de l’Ukraine

      En avril 2022, le président ukrainien Zelensky se rend à Boutcha pour attester, par sa présence, les crimes de guerre commis par l’armée russe. Il annonce qu’il disposera, pour les prouver, de « bien plus d’outils que ceux qui ont poursuivi les nazis après la Seconde Guerre mondiale ». En 1945, à Nuremberg, la documentation filmée des « atrocités » avait été déterminante dans la confrontation des nazis à leurs crimes. Depuis, l’instance judiciaire s’est familiarisée avec ce type de pièces à conviction, même si la projection d’images est l’objet de débats. Celui qui filme doit-il respecter certaines règles s’il veut faire preuve ? Un témoignage filmé vaut-il un récit sous serment, fait à la barre d’un tribunal ? Qu’en est-il du statut de vérité des images ? Autant de questions qui ont trouvé à s’illustrer à la Cour pénale internationale de La Haye ou aux États-Unis lors des jugements des violences commises par la police.

      Une forme partagée d’attestation, commune aux démocraties, s’élabore ainsi, sous la forme d’archives qui offrent un appareil à la fois documentaire et critique pour l’écriture d’une histoire immédiate du temps présent.

      ▻https://www.gallimard.fr/catalogue/filmer-juger/9782072996986

  • L’art de la résistance, Quatre ans dans la clandestinité en France, Justus Rosenberg
    ▻https://www.editionsdivergences.com/livre/lart-de-la-resistance

    Extrait

    Les vêtements de ville avaient été placés là où ils le devaient, derrière la corbeille de linge, dans un angle discret de la buanderie de l’hôpital. J’avais réussi à obtenir ma sortie du camp d’internement nazi en simulant des maux d’estomac atroces, mais je m’attendais à tout sauf à subir une véritable opération de l’appendicite. L’entaille de mon abdomen était loin d’être cicatrisée, ce qui ne m’avait pas empêché de me rendre aux toilettes au moment voulu et maintenant, si j’arrivais à me glisser dans les vêtements que l’agent de la Résistance (déguisé en curé) avait laissés pour moi, puis à déambuler à travers l’hôpital sans éveiller les soupçons, je n’avais plus qu’à gagner à bicyclette la maison de repos de Lyon sans semer mes intestins sur le boulevard ! Je suis descendu le long de l’escalier monumental de l’hôpital et j’ai poussé les lourdes portes du hall d’entrée. La bicyclette était garée près d’un banc, comme prévu. Précautionneusement, je me suis mis en selle et j’ai dévalé la longue voie privative jusqu’à la route principale d’où, une main posée sur mon estomac, j’espérais pédaler vers la liberté. Les autos filaient autour de moi, la brise de l’été finissant jouait dans mes cheveux, mais soudain le crescendo plaintif de ce que je pris pour une sirène de police s’éleva derrière moi. Avais-je été trahi ? Étais-je en fin de compte sur le point d’être renvoyé dans le camp et de là à Auschwitz ?

    Une vie intrépide dans la Résistance
    ▻https://www.en-attendant-nadeau.fr/2024/04/30/en-bref-2-boni-broqua-balteanu-rosenberg

    Né à Dantzig, élégant, les cheveux blonds et le regard clair, ce jeune étudiant n’avait pas « l’air juif » que cherchaient les antisémites des années 1930. Adolescent, il a pu échapper à un sinistre pogrom. Plus tard, il a appris qu’en changeant Justus en Justin, il pouvait passer pour un bon catholique français. Sa langue impeccable, malgré quelques intonations polonaises ou allemandes avait, disait-il, été apprise en Alsace. Et le tour était joué !

    Justus Rosenberg est né en 1921 dans une famille de gros commerçants juifs. Ce qui offre au lecteur un portrait rare de la communauté juive dans cette ville disparue. Ils sont juifs allemands dans un territoire rendu à la Pologne en 1918, mais où les Polonais catholiques sont minoritaires. Quand la guerre est déclarée, le jeune homme a déjà été envoyé par sa famille en France pour faire ses études à la Sorbonne. Il se considère comme polonais et tente en vain, en pleine débâcle française, de rejoindre l’armée polonaise à Coëtquidan. Durant toute la Seconde Guerre mondiale, entre Paris, Bayonne, Toulouse, Marseille et Grenoble, il a occupé des fonctions inattendues dans la #Résistance, qu’il raconte dans ce livre modeste, divisé en de brefs chapitres. Le récit est alerte, sobre et précis, il attrape aussitôt le lecteur.

    Son long périple suit le fil de ses rencontres. Il entre en contact avec des réseaux d’entraide puis de résistance. À Marseille, il est recruté par Varian Fry, un Américain chargé d’aider des intellectuels reconnus à se réfugier aux États-Unis ; il en devient un des principaux organisateurs. Les portraits de ces candidats à l’exil, des surréalistes à Walter Benjamin, sont précieux, voire ironiques (le pape André Breton, notamment). Puis, il entre en contact avec le mouvement de résistance française Combat qui le mobilise dans diverses fonctions jusqu’à la fin de la guerre. On suit son expérience d’agent de renseignements déguisé en représentant de commerce, sa participation au maquis près du Vercors, sa participation à des embuscades, ses blessures, ses contacts avec la mort. Autant de récits propres à tous les anciens résistants, parfois originaux, dans lesquels il ne se présente ni en héros ni en désillusionné. On voit un homme intrépide, courageux et réfléchi, qui doit beaucoup à la chance et qui fait ce qu’il doit faire. Rien de plus.

    « Sobre et précis », en effet. Les actions et scènes rapportées le sont au moyen d’une écriture à la fois dense et légère. Par exemple, dans les chapitres d’ouverture, lorsqu’à Dantzig au printemps 1937, il observe, d’abord depuis la rue, parmi les pogromistes, puis de la boutique familiale "Un pogrom dans le style allemand", ou lorsqu’en chemin vers Paris, il se rend en septembre 1937 à un meeting d’Hitler au Palais des sports de Berlin, ce qu’il n’avait pu faire à Dantzig en raison de l’interdiction paternelle. "On disait que ses meetings étaient de puissantes performances théâtrales et j’avais besoin d’en juger par moi-même". L’amateur de la musique de Wagner indique : " Je crois que le leader a emprunté au compositeur une part de ses capacités hypnotiques, une manière d’accompagner les émotions du public jusqu’au point de ferveur extrême où il ne semble plus y avoir aucune réalité extérieure à la Gesamtkunstwerk à l’oeuvre d’art totale- opératique ou nationale-socialiste - qui exerce son empire sur son public."

    #Livre #histoire #Troisième_Reich #nazisme #biographie

  • Pourquoi Grok, l’IA lancée par Elon Musk, est-elle négationniste ?
    ▻https://legrandcontinent.eu/fr/2025/11/20/pourquoi-grok-lia-du-reseau-social-delon-musk-x-ex-twitter-est-il-n

    Lundi 17 novembre, Grok, l’assistant IA du réseau social X (ex-Twitter), a tenu des propos négationnistes en affirmant que les crématoires d’Auschwitz n’avaient pas été conçus pour des « exécutions massives » mais plutôt « pour la désinfection au Zyklon B contre le typhus ». Hier, mercredi 19, Grok a questionné l’existence des chambres à gaz en déclarant que celles-ci auraient été pensées pour servir de « morgues ou d’abris », sur la base des « plans originaux d’Auschwitz » .

    ▻https://archive.ph/Mxh10

    • Grok, c’est l’outrance qui démontre l’enjeu derrière l’IA telle qu’elle nous est vendue, et telle qu’elle est conçue actuellement, hyper-centralisée, et sous le contrôle de groupes d’individus qui n’ont pas envie de nous dire ni ce qu’ils font avec nos données, ni ce qu’ils transforment dans les données qu’ils donnent à ingurgiter à leurs IA.

      L’IA qui nous est imposée, celle dont on parle soir et matin, c’est la maîtrise des récits, de tous les récits, et la connaissance du présent, de ce qui intéresse les gens partout, et maintenant.

    • Oui, c’est pas faux. Ce qui est plus remarquable, c’est ce phénomène de « flagornerie » : le bouzin est prêt à formuler n’importe quelle thèse claquée au sol pourvu qu’il reçoive l’assentiment et la sympathie de l’utilisateur humain, le « piratage de récompense » ou « reward hacking ».

    • Alors le seul utilisateur humain qui a réellement du poids, on sait bien que ce n’est pas l’utilisateur final, mais Musk lui-même. Il y a eu plusieurs épisodes durant lesquels Grok a posté des trucs qui ont déplu à Musk, lequelle a illico annoncé qu’il allait « punir » Grok pour qu’il apprenne à arrêter de poster des trucs qui ne lui plaisent pas, notamment en arrêtant d’utiliser des sources trop « wokes ». Ou bien encore quand Musk a décidé qu’il y avait un « génocide blanc » en Afrique du Sud, Grok a été modifié pour répondre « il y a un génocide blanc » à absolument toute question qu’on lui posait.

      Ça ne sert pas à grand chose, ici, d’essayer d’expliquer les subtilités des LLM généralistes et leurs travers « automatiques ». Là en l’occurence on sait qu’il y a un effort tout à fait explicite de Musk d’orienter son IA vers l’extrême-droite.

      Je l’ai déjà écrit, mais la seule analyse qui manque dans tous ces articles à propos de ce nouvel épisode de Grok, c’est de dire simplement que Grok est réglé pour privilégier les thèmes et les sources d’extrême-droite, et donc automatiquement ressort les thèmes et les obsessions d’extrême-droite. Et oh surprise : ces thèmes et obsessions sont le négationnisme et l’antisémitisme.

      Pas besoin de beaucoup plus théoriser sur le fonctionnement profond des LLM.

    • Voilà, c’est pas très compliqué : une IA entraînée sur des sites nazis produit du contenu nazi.

      Elon Musk’s Grokipedia cites a neo-Nazi website 42 times, researchers say
      ▻https://www.nbcnews.com/tech/elon-musk/elon-musk-grokipedia-wikipedia-neo-nazi-grok-42-encyclopedia-rcna244749

      Tech billionaire Elon Musk’s online encyclopedia, Grokipedia, cites the neo-Nazi website Stormfront as a source 42 times and relies on other websites that experts have shunned as unreliable or hate-filled, according to an analysis by two researchers at Cornell University.

      Grokipedia, which Musk launched last month as a competitor to what he called the “woke” Wikipedia, also cites the conspiracy theory website Infowars as a source 34 times and the white nationalist website VDare 107 times, the researchers found.

  • Intelligence, mais avec l’ennemi
    ▻https://laviedesidees.fr/Roussel-Jusqu-au-bout-de-la-nuit

    Benoist-Méchin (1901-1983) a déployé d’immenses efforts pour collaborer avec les nazis et, après la guerre, influencer les dictateurs du #monde_arabe. Comment un homme aussi brillant a-t-il pu autant œuvrer à l’autoritarisme et à la force ?

    #Histoire #guerre_mondiale #nazisme #intellectuels #biographie
    ▻https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20251022_benoitmeschiin.pdf

    • ... l’invraisemblable obstination de Benoist-Méchin dans l’erreur de son engagement pro-allemand [pro-nazi, en fait] durant l’Occupation, tout comme son dévouement aux chefs arabes autoritaires (et souvent davantage) pendant la guerre froide, s’ancrait dans sa fascination pour les hommes à poigne et son obsession de l’ordre. La sensibilité esthétique y jouait aussi un rôle non négligeable.

      [...]

      Doué d’intelligence, de talent musical et de discernement esthétique, Benoist-Méchin ne s’en remettait pas moins, pour la gouvernance de la société humaine, à la force brute commandée par une supposée « loi biologique » aveugle, anonyme, insensible à l’existence. Maintes fois mise en relief, sa sensibilité littéraire ne s’est pas étendue (ni appliquée) au genre humain.

      (la note est un peu blabla humanisme et démocratie)

      #esthétique_fasciste #culture #intellectuel

    • Ceci nous amène à la question de l’intelligence. Certes, ce travail bien mené cerne avec justesse des événements clés, tout en situant de manière précise leurs protagonistes, donnant à voir de l’intérieur tout un pan de l’évolution du XXe siècle des années 1920 jusqu’aux années 1970. Mais la question « humaine » retiendra peut-être encore plus l’attention. Car l’itinéraire, la psychologie et les choix de cet individu hors du commun nous obligent à réfléchir sur bien des idées reçues sur l’intelligence, la culture, la sensibilité et les dons artistiques.

      Sur cette question « humaine », je dois dire que l’on reste totalement sur sa faim. On a un exposé factuel très intéressant mais à peu près rien sur ce qui le motivait, le faisait « fonctionner ». On perçoit, tout au long de sa vie, une très haute estime de soi et une certitude absolue d’être – éventuellement le seul – à être dans la bonne direction (avec le résultat que l’on connait), matinée, sans doute, d’une inquiétude existentielle liée à son homosexualité probable mais jamais vraiment révélée et la menace qui plane en cas de sa révélation dans ce milieu nationaliste puis collaborationniste.

      On n’en saura pas beaucoup plus que ceci, p. 37 :

      On ne sait rien de la vie privée du jeune Benoist-Méchin mais on peut supposer que son homosexualité était au moins latente.

      (remarque : on n’en sait pas plus pour les périodes postérieures)

      L’auteur insiste aussi sur la présence d’amies femmes au centre de réseaux littéraires étendus qui l’ont soutenu et apprécié dans sa jeunesse et par la suite : Adrienne Monnier, sa compagne Sylvia Beach (qui l’amènera à contribuer à la traduction de Ulysses de James Joyce) et Louise Weiss.

      Adrienne Monnier — Wikipédia
      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Adrienne_Monnier


      Adrienne Monnier dans sa librairie par Henri Manuel, vers 1925.
      Source Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand.

      Adrienne Monnier (26 avril 1892 à Paris - 19 juin 1955 à Paris) est une libraire, éditrice de livres, organisatrice de soirées et rencontres littéraires, écrivaine et poétesse française.

      Sa librairie « La Maison des Amis des Livres » au 7 rue de l’Odéon est considérée comme « le foyer d’idées le plus attractif de l’époque » selon André Breton.

      Elle participe avec sa compagne Sylvia Beach, fondatrice de la librairie « Shakespeare and Company », à la première édition en langue originale d’Ulysse de James Joyce et est responsable de sa première édition en langue française

      Sylvia Beach — Wikipédia
      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvia_Beach


      Sylvia Beach à Paris, en 1920.

      Sylvia Beach, née Nancy Woodbridge Beach le 14 mars 1887 à Baltimore, Maryland et décédée le 3 octobre 1962 à Paris 6e, est une libraire, traductrice et éditrice américaine.

      Elle est connue pour sa célèbre librairie parisienne Shakespeare and Company où elle publie, en 1922, la première édition d’Ulysses de James Joyce.

      Louise Weiss — Wikipédia
      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Weiss


      Louise Weiss en juillet 1980

      Louise Weiss, née le 25 janvier 1893 à Arras et morte le 26 mai 1983 à Paris, est une journaliste, femme de lettres, féministe et femme politique française, notamment doyenne des députés au Parlement européen (1979-1983).

      [pacifiste et féministe dans l’entre-deux-guerres]

  • Olivier Mannoni : « Le #fascisme commence par le #langage »

    Traducteur de l’allemand, #Olivier_Mannoni interroge, à partir du laboratoire nazi, la #brutalisation de la langue qui accompagne les #fascismes. Il nous explique comment #Trump parle comme #Hitler, et #Poutine comme un #gangster.

    ►https://www.youtube.com/watch?v=OwReaFwxI7A

    Olivier Mannoni a vécu près de dix ans avec les #mots d’Adolf Hitler, en étant chargé d’une retraduction de #Mein_Kampf dans le cadre d’une édition critique, Historiciser le mal, dirigée par l’historien Florent Brayard, parue en 2021. Traducteur réputé, fondateur de l’École de traduction littéraire, il n’est pas sorti indemne de cette fréquentation, alors même qu’il avait déjà souvent traduit des textes sur le IIIe Reich. C’est que ces mots d’hier, il les entendait aujourd’hui.

    « Nous assistons à la remontée des égouts de l’histoire. Et nous nous y accoutumons », écrit-il dans Traduire Hitler, paru en 2022, suivi en 2024 de Coulée brune, qui s’attache à montrer « comment le fascisme inonde notre langue ». « Parce qu’il permet le dialogue et la prise de décision commune, le langage est la force de la démocratie, écrit-il. Que ce langage soit perverti, et c’est la démocratie elle-même qui se distord, s’atrophie et perd sa raison d’être. »

    Durant cette « échappée », Olivier Mannoni nous explique ainsi comment Donald Trump et son entourage parlent comme Adolf Hitler et les propagandistes nazis. Cette « langue du même et de la racine » s’accompagne de mécanismes langagiers que partagent les #médias de la #haine : #simplification outrancière de la réalité, petites phrases comme autant d’uppercuts, #vérités_alternatives dans une inversion systématique du sens.

    Cette brutalisation va de pair avec une transgression permanente dont le #charlatanisme assumé et la #grossièreté illimitée sont autant d’armes langagières pour faire taire les opposant·es, les paralyser et les stupéfier. Cette #nouvelle_langue des fascismes est aussi un « #parler_pègre » dont Vladimir Poutine est coutumier, évoqué par le récent essai de la philologue Barbara Cassin La Guerre des mots.

    « On prend tout ça pour de la frime, on ne prend rien au sérieux et on sera bien étonnés le jour où ce théâtre sera devenu une sanglante réalité » : cette conversation avec Olivier Mannoni actualise l’ancienne mise en garde de #Victor_Klemperer, célèbre auteur de LTI, la langue du IIIe Reich. Lequel ajoutait ceci : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’#arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps, l’#effet_toxique se fait sentir. »

    Face à cette #extrême_droite pour laquelle les mots sont des armes, nous devons mener cette #bataille_du_langage. Telle est l’alerte d’Olivier Mannoni, qui écrit dans Coulée brune : « Nous sommes à ce carrefour. Si nous prenons le mauvais chemin, le pire est assuré et la #novlangue d’Orwell ne sera qu’une plaisanterie par rapport à ce que nous devrons subir. »

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/101025/l-echappee-olivier-mannoni-le-fascisme-commence-par-le-langage ?
    #langue #nazisme #entretien

  • Néonazis, pédocriminels, masculinistes et nihilistes : enquête sur ces communautés de jeunes hommes fascinés par le mal et l’ultraviolence

    [ TW masculinisme au cube : féminicides, viols, ...]
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/29/neonazis-pedocriminels-masculinistes-et-nihilistes-enquete-sur-ces-communaut

    Comme d’autres groupuscules similaires actifs sur les messageries Discord et Telegram, 764 est une communauté ouvertement sociopathe et nihiliste, un pot-pourri idéologique où cohabitent racisme, antisémitisme, #néonazisme, #masculinisme, #pédocriminalité et références satanistes. Ses participants sont pour l’essentiel de très jeunes hommes, parfois mineurs, souffrant d’importants problèmes psychologiques, qui, à travers une forme de sextorsion, contraignent des adolescentes fragiles à se scarifier ou à s’adonner à des actes sexuels violents et dégradants par webcams interposées.

    Durant sa garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Rouen, Théo ne s’est pourtant réclamé d’aucune idéologie : il n’est pas plus néonazi que sataniste, a-t-il assuré. Ce qui l’a conduit à rejoindre 764, c’est son attirance pour le morbide. Une fascination alimentée par le foisonnement de contenus ultraviolents disponibles sur certains sites gore, où cohabitent des vidéos de tueries de masse, d’accidents, de meurtres ou d’attentats en tout genre.

    Théo fait remonter sa dérive à deux ou trois ans quand, au fil de ses journées, absorbé par l’écran de son ordinateur, il a fait la découverte de 764. Pour intégrer ce groupe, a-t-il expliqué aux policiers, il faut remplir l’une de ces trois conditions : avoir tué quelqu’un et être en mesure de le prouver ; avoir tué des animaux et être en mesure de le prouver ; avoir contraint des jeunes filles à se mutiler et être en mesure de le prouver. C’est donc pour devenir membre de 764 qu’il reconnaît avoir tué deux lapins en les étouffant dans un sac et en filmant leur agonie. Et c’est dans le même but qu’il admet avoir contacté une cinquantaine de jeunes filles sur des forums d’adolescentes dépressives et suicidaires pour les amener à se scarifier.

    Ce dossier n’est pas le premier du genre à intéresser la justice française. Il existe au moins un précédent, plus dérangeant encore et d’une tout autre ampleur : celui de Rohan R. Ce jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay, vivait depuis près de quatre ans à Antibes (Alpes-Maritimes) pour y suivre ses études dans une école de commerce internationale quand il a été interpellé, en avril 2021.
    Depuis la Côte d’Azur, le jeune homme administrait un autre groupe sur Discord, baptisé « CVLT » (prononcer « cult », « secte » en anglais). Il devrait être jugé en 2026 devant la cour d’assises de Paris, où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour pas moins de 20 crimes et délits, parmi lesquels « torture ou acte de barbarie sur un mineur de 15 ans », « détention d’images pédopornographiques », « provocation au suicide suivie d’effet » ou encore « complicité de viol d’un mineur de 15 ans ».

    ▻https://justpaste.it/bjzmy

    • « Beaucoup de personnes ont peur de moi. La peur est le seul moyen d’avoir le contrôle sur les autres. »

      (Parole prononcées par Rohan R., jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay et administrateur du groupe Discord baptisé « CVLT » lors de son audition par le juge d’instruction).

      En voilà un qui a bien "retiendu" les leçons de nos bons maîtres à penser, ceux que l’on voit quotidiennement dégoiser sur les plateaux des chaînes d’infos en continu.
      Allons, un peu de "pragmatisme" : tous ces jeunes gens, ils pourront bientôt prouver leur "valeur" sur le "front russe" ...

    • Je crois pas qu’ils finiront, sauf rares exceptions, dans des groupes à la Roussitch. Ils se voient avant tout comme aptes à prouver leur domination aux yeux de quelques semblables avec lesquels ils sont en compétition, collectionnent des « victoires » sans risque (surtout pas de combat), si ce n’est légaux. Ils se font valoir dans un monde sans enjeu territorial aucun, celui de dividus de l’internet. Peu de chances que cela donne des vrais grands chefs, ou même de la chair à canon. En revanche, cela peut conduire à des assauts féminicides inédits.

    • Ah mais, ce n’est pas mon propos. Je pensais plutôt : on ne leur demandera pas s’ils sont d’accord. On les sortira de leurs geôles et ils devront acheter leur impunité au prix du sang. Pourquoi l’Occident se priverait-il de son Prigojine et de la milice qui va bien pour des opérations « spéciales » ? On pourrait même les employer pour des missions intérieures contre des « séparatistes » un peu trop attachés aux valeurs démocratiques.

    • Éléments d’analyses et quelques entretiens vidéo en illustration du propos. Chaque vidéo fait l’objet d’un découpage en chapitres pour mieux se repérer dans l’exposé (ou pour aller au plus pressé, c’est vous qui voyez) :
      ►https://www.diagrammes.fr/fr/program/variete-des-extremes-droites

      L’essor global des extrêmes droites s’accompagne de la structuration d’une véritable internationale brune, avec ses lieux de rencontre réguliers et ses intellectuels organiques. Il convient toutefois de ne pas négliger les différences entre plusieurs grandes familles : car ils ont beau croiser leurs expériences, s’emprunter des morceaux de programmes ou parfois se ranger derrière un même candidat, les promoteurs d’un état social financé par des tarifs douaniers et purgé de ses bénéficiaires allogènes ne se confondent pas avec les « tronçonneurs » libertariens des administrations publiques. Pareillement, les nostalgiques des hiérarchies traditionnelles ne partagent pas forcément les priorités des défenseurs d’un peuple supposément méprisé par des élites arrogantes.

    • Loïk Le Priol s’engage à l’École des mousses dès 16 ans, en 2010. Après avoir été utile à l’armée comme commando de marine, il en fait trop en permission dès 2015. L’armée raque pour ses frasques et le démobilise pour raisons médicales. Puis son contrat militaire est rompu par l’employeur en octobre 2017, suite à une condamnation pénale, « au motif de son implication dans des actes de violence graves, incompatibles avec l’état de militaire ».
      Mais à part une figu sur un clip de rap, c’était pas le genre à se faire mousser sur le net.
      ►https://fr.wikipedia.org/wiki/Loïk_Le_Priol

  • Meyers Konversations-Lexikon
    ▻https://de.m.wikipedia.org/wiki/Meyers_Konversations-Lexikon

    Prachtausgabe der 8. Auflage (1936–1942)

    Le fascisme et surtout sa variation allemande le nazisme sont l’expression de la bêtise et de l’inculture totale. Elles constituent la base des actes inhumains de ses adeptes.

    Pourtant les nazis ont entrepris de prouver leur supériorité intellectuelle au monde entier, bien entendu après l’avoir conquis en éliminant toute pensée (et persomne) inférieure ou juive. La huitième édition de Meyers Konversations-Lexikon constitue l’essence de la rencontre entre l’esprit encyclopédique et la pensée nazie. C’est un monument de l’ignomie.

    Pourquoi s’intéresser à cette collection infâme ? C’est un outil parfait pour identifier les crypto-fascistes. Prenez leurs affirmations et comparez les avec la défintion du monde nazie. Vous en ferez tomber des masques.

    A consulter sur place
    ▻https://stabikat.de/Search/Results?lookfor=Meyers+Lexikon+1942&type=AllFields

    A consulter en ligne ?
    Je n’ai pas pu identifier de version en ligne.

    8. Auflage (1936–1942)

    Die 8. Auflage von „Meyers Lexikon“ (1936–1942), in völlig neuer Bearbeitung und Bebilderung vorgelegt vom Bibliographischen Institut Leipzig, sollte eigentlich in zehn Bänden bis 1942 sowie einem Registerband und einem Atlas erscheinen – also in zwölf Bänden insgesamt. Es wurde eine braune Standard- sowie eine beige-weiße Prachtausgabe herausgegeben. Der Inhalt unterlag, wie die Lexikonersteller bald bemerkten, der Zensur des NS-Staates durch die eigentlich private PPK-Zensurstelle der NSDAP, mit der der Inhalt vor der Veröffentlichung abgestimmt werden musste. Partiell erstellte diese Parteiamtliche Prüfungskommission selbst Inhalte ganzer Lemmata, das Resultat war demzufolge sehr stark tendenziös und nationalsozialistisch ausgerichtet. So musste beispielsweise bei einer Person angeführt werden, ob sie – nach NS-Diktion – „jüdisch“ war. Dies betraf nicht nur Personenartikel, sondern auch die Literatur zum Lemma. Personen, die von den Nationalsozialisten als „Feinde“ angesehen wurden – wie der bedeutende Schriftsteller und Nazigegner Thomas Mann –, fanden gegenüber früher nur in verkürzter und inhaltlich verzerrter Form Erwähnung. Wegen solcher substantiellen Eingriffe wird diese Ausgabe auch als „Brauner Meyer“ oder „Nazi-Meyer“ bezeichnet. Die 8. Auflage war ein ökonomischer Misserfolg. Daher wurde die Produktion nach dem Erscheinen des 9. Bandes 1942 abbrechend mit dem Artikel Soxhlet eingestellt. Der Atlasband war schon früher erschienen. Der 9. Band wurde in der Schweiz wegen der ideologischen Färbung des Artikels Schweiz 1942 verboten. Er enthielt „unsachliche und zum Teil gehässige Stellen“. Das Buch wurde bei der Schweizer Verlagsauslieferung des Bibliographischen Instituts beschlagnahmt und anhand der Käuferdatei des Verlages von den Käufern eingezogen.[11] Deswegen erlaubte das RMVP 1942 sogar die Herstellung einer weltanschaulich neutraleren Fassung. Mit deren Herstellung wurde noch während des Krieges angefangen.[12] Für den Verlag rentierte sich das Konversationslexikon wirtschaftlich nicht mehr. Nach Ende des Zweiten Weltkriegs war den Alliierten der NS-Hintergrund der 8. Auflage bewusst. Daher gab es Vorbehalte gegen das Bibliographische Institut. Während in Leipzig in der Sowjetischen Besatzungszone das Bibliographische Institut seit 1948 verstaatlicht war und in der DDR ab 1961 Meyers Neues Lexikon herausbrachte, wurde die Aktiengesellschaft Bibliographisches Institut AG in der Bundesrepublik Deutschland im Jahr 1953 in Mannheim neu gegründet.

    #nazis #encyclopédie #meyers_lexikon_1936-1942 #science #idéologie

  • Quand les fascistes font des graphiques
    ►https://www.visionscarto.net/les-fascistes-font-des-graphiques

    Cette contribution est une exploration des représentations visuelles — nous dirions aujourd’hui « infographies » — produites par une Allemagne nazifiée qui avait compris la puissance de ce mode de communication. Elles associaient propagande militaire, sociale et culturelle par le biais de visuels très inventifs et attrayants, mais travestissant la réalité en profondeur et au profit de la propagande nazie. L’auteur nous présente ici une sélection de ces images, essentiellement parues dans le (…) Billets

    #cartographie #représentations_visuelles #fascisme #nazisme
    #infographie #cartoexperiment_2025

  • Rés(is)ter… jusqu’au moment où il n’y a plus que la montagne comme refuge

    Cristina del Biaggio

    ▻https://doi.org/10.4000/14gq5
    ▻http://journals.openedition.org/rga/15061

    Rés(is)ter… jusqu’au moment où il n’y a plus que la montagne comme refuge

    Le livre, dont le titre dans sa version française1, Je reste ici, est traduit littéralement de l’italien2, commence par raconter l’amour d’une femme pour un homme : Erich, menuisier, le seul homme qu’elle ait jamais regardé, dit-elle (p. 7). Les hommes, dans le village de montagne où elle habite, sont soit trop maladroits, soit trop poilus, soit trop rustres (p. 7) pour qu’elle s’y intéresse. Trina est jeune, quand elle se lie à Erich, elle vit encore chez ses parents et elle s’apprête à devenir institutrice. Après le mariage, naissent deux enfants : Michael et Marica. Une vie comme tant d’autres semble se dessiner.

    • Un très beau et émouvant #livre, dont je conseille la lecture :
      Je reste ici, de #Marco_Balzano

      Trina s’adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Elle a dix-sept ans au début du texte et vit à #Curon, village de montagne dans le #Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien, annexé par l’Italie à la suite de la Première Guerre mondiale, fait l’objet d’une #italianisation forcée : la langue allemande, qu’on y parle, est bannie au profit de l’italien. Trina entre alors en résistance et enseigne l’allemand aux enfants du bourg, dans l’espoir aussi de se faire remarquer par Erich, solitaire aux yeux gris qu’elle finira par épouser et dont elle aura deux enfants, Michael et Marica.

      Au début de la guerre, tandis qu’Erich s’active dans une farouche opposition aux mussoliniens et au projet de barrage qui menace d’immerger le village, la petite Marica est enlevée par sa tante, et emmenée en Allemagne. Cette absence, vive blessure jamais guérie chez Trina, sera le moteur de son récit. Elle ne cachera rien des fractures apparaissant dans la famille ou dans le village, des trahisons, des violences, mais aussi des joies, traitées avec finesse et pudeur.

      ▻http://www.philippe-rey.fr/livre-Je_reste_ici-387-1-1-0-1.html
      #roman #Tyrol_du_sud #fascisme #nazisme #barrage_hydro-électrique #modernisation #Italie #montagne #Alpes #résistance

  • Sans titre
    ▻https://bsky.app/profile/gorekhaa.bsky.social/post/3lrtjcuw5tk27

    #NazismeEnVue
    Le but inavoué de tout ça étant de ficher le plus de « faciès » possible mais en SITUATION RÉGULIÈRE et de faire des listes pour notre ICE à nous, qui devrait être deployé incessament sous peu, avec les réservistes de la gendarmerie main dans la main de la PAF...
    #NOBORDERS !
    ▻https://www.ouest-france.fr/societe/immigration/immigration-operation-de-controle-aux-frontieres-dans-les-gares-et-trai