#ndiaye

  • Aide aux agriculteurs : « Nous n’entendons pas demander à un enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas de traverser toute la #France pour aller récolter des #fraises », précise Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement

    https://twitter.com/BFMTV/status/1242810900387631106
    #agriculture #main-d'oeuvre #fermeture_des_frontières #aide #solidarité

    Et cette belle petite phrase...

    « Il va s’en dire que nous nous entendons pas demander à un #enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles de traverser la France entière pour aller récolter des fraises »...

    –-> on dirait que #Sibeth_Ndiaye n’a pas entendu parler du #plan_de_continuité_pédagogique #continuité_pédagogique

    • Pour Sibeth Ndiaye, les enseignants ne travaillent pas actuellement

      Oups.

      La déclaration passe mal. Alors que la porte-parole du gouvernement Sibeth #Ndiaye précisait en sortie de Conseil des ministres l’appel aux personnes sans activité à venir « rejoindre la #grande_armée_de_l'agriculture_française », un des exemples utilisés a provoqué l’ire des enseignants. « Nous n’entendons pas demander à un enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles de traverser toute la France pour aller récolter des fraises », a-t-elle lancé avec aplomb.

      Petit bémol, comme le martèle le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer depuis le début de la crise sanitaire, les élèves et par conséquent leurs enseignants ne sont pas en vacances. Ces derniers rivalisent d’ailleurs d’ingéniosité pour assurer la fameuse « continuité pédagogique » à distance, la plupart du temps via des outils numériques plus ou moins saturés. D’autres sont également encore dans les locaux pour assurer la garde des enfants des personnels soignants.

      Les profs n’ont pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux. Certains se demandent avec une pointe d’ironie s’ils doivent cesser leurs efforts, tandis que d’autres réclament des excuses. Des parents d’élèves n’ont pas hésité non plus à apporter leur soutien. Deux heures après sa fameuse déclaration, Sibeth Ndiaye a fait son « mea culpa » sur Twitter : « Mea culpa. Mon exemple n’était vraiment pas le bon. Je suis la première à mesurer combien l’engagement quotidien des professeurs est exceptionnel. »

      https://www.liberation.fr/direct/element/sibeth-ndiaye-declare-que-les-enseignants-ne-travaillent-pas-actuellement

    • Tu voudrais aller cueillir des fraises quand :

      tu te fais engueuler par une mère de famille parce que tu as appelé sur le portable de Monsieur, alors que son portable à elle ne fonctionne plus, que le fixe ne fonctionne plus, que le numéro de portable écrit sur Pronote pour monsieur ne fonctionne plus, que tu avais un deuxième numéro de fixe (et que tu en étais déjà au 4e numéro essayé) mais que la dame t’explique être la grand-mère de l’élève que tu désespères pouvoir un jour joindre parce qu’en fait, « vous gardez ça pour vous », Monsieur est revenu vivre un temps ici, donc c’est son numéro qu’il avait écrit, et donc elle te file le nouveau numéro de portable de Monsieur, mais que ça ne plaît pas à Madame que tu aies appelé Monsieur alors que tu t’en fous royalement de leurs histoires...

      tu appelles une famille qui vient d’apprendre que la maman et le fiston sont malades (Covid 19) et que tu te retrouves complètement démunie face à l’injonction d’appeler les familles une fois par semaine, sans savoir si tu ne vas pas être intrusive à un moment où, franchement, l’exercice d’histoire non fait, on s’en fout...

      tu viens d’écrire un mail pour expliquer un exercice de technologie alors que tu es prof d’histoire-géo

      tu te lèves avec 50 mails en attente parce que les mômes galèrent à déposer sur Pronote avec une fonction que tu n’as jamais pu leur montrer puisque tu n’y as eu accès qu’après la fermeture du collège

      tu viens de signer un mail à une maman d’élève « Bénée » comme tu le fais quand c’est un mail pour tes collègues

      tu n’as aucune idée du jour qu’il est, mais tu es devant ton ordinateur à répondre à des mails alors que tu as quitté l’université pour ne pas vivre à courir après les mails

      * tu commences tous tes pots Facebook avec une histoire de fraises

      texte de @ville_en posté sur Facebook :
      https://www.facebook.com/benedicte.tratnjek.2/posts/229925068373116

  • Du racisme bonasse

    « La racialisation très forte dont les Noirs ont été victimes ne se corrèle pas mécaniquement avec les traitements racistes dont ils sont l’objet en France. Les comportements racistes peuvent en particulier s’exprimer sous la forme d’un #paternalisme bon enfant, assez condescendant, qui considère les Noirs comme des grands enfants immatures plutôt que des personnes dangereuses, par contraste avec le #racisme antiarabe qui est généralement plus agressif.

    La question doit être historicisée. On dit fréquemment, et à juste titre, que c’est à partir de la Première Guerre mondiale, dans le contexte de la mobilisation des troupes coloniales, que l’image des Noirs évolua, des "sauvages" cannibales des descriptions de voyageurs ou des romans de Pierre Loti aux tirailleurs "y a bon Banania", frustes mais braves et utiles pour peu qu’ils fussent bien encadrés. Cela est vrai, mais il convient de considérer que la représentation précédente ne disparut pas : elle subsista comme "mythe secondaire", comme un réservoir référentiel mobilisable le cas échéant et susceptible de se substituer au "y a bon Banania". Le racisme antinoir puise donc dans deux répertoires racistes : celui du brave tirailleur (enfantin) et celui du sauvage (dangereux), dans des combinaisons qui varient selon les circonstances.

    Le "répertoire du tirailleur", à forte tonalité paternaliste, est le plus usité, et il arrive de l’entendre régulièrement dans la bouche d’un commentateur de matchs de football, par exemple, ou même dans celle d’un président de la République qui s’extasiait, au retour d’un voyage en Afrique, sur le caractère "joyeux" de l’Africain. À partir de la Grande Guerre, les stéréotypes racistes français faisaient des Noirs des personnes à l’intellect inférieur, comparables à des grands enfants. Un auteur colonialiste de l’entre-deux-guerres, Jean Charbonneau, écrivait ainsi : "Il est cependant un point commun à tous les Noirs : c’est leur mentalité de grands enfants. De l’enfant, ils ont tous les défauts : la crédulité, l’orgueil, la vantardise, l’esprit de moquerie, l’amour du jeu, le bavardage, l’entêtement, la gourmandise, l’inconstance, l’imprévoyance. Ils en ont aussi toutes les qualités habituelles : la gaieté, l’entrain, l’ardeur aux exercices du corps, le sentiment très net de l’équité, l’attachement naïf et confiant à celui qui s’occupe de lui, et le traite à la fois avec bonté et sans faiblesse. Cet amour de la vie entretient dans l’âme africaine un merveilleux jaillissement d’affectivité. Les sentiments du Noir ne sont peut-être pas très profonds, ni très durables, mais ils sont généralement vifs, bondissants, tumultueux : ils décèlent un cœur frémissant, avide de se donner, capable de délicatesses inattendues, et d’une jeunesse impérissable ... Jeunesse impérissable des grands enfants noirs !"... »

    [#Pap #Ndiaye, La condition noire ]