• Comment la littérature change votre cerveau (et votre rapport aux autres)
    http://theconversation.com/comment-la-litterature-change-votre-cerveau-et-votre-rapport-aux-au

    Nos motivations à lire sont diverses. Nous lisons des fictions populaires pour nous distraire, des fictions littéraires pour l’esthétique de leurs tournures, des textes documentaires pour enrichir nos connaissances, qu’elles soient académiques ou techniques, ou des ouvrages de développement personnel, dans un but explicitement énoncé par leur désignation même…

    Il a toutefois été clairement démontré que la lecture procure des bienfaits considérables, en particulier sur la pensée, même si à ce titre, toutes les catégories d’ouvrages ne se valent pas. Retour sur quelques enseignements marquants des rares études existantes.
    Mieux « lire » les autres grâce à la littérature

    Le résultat le plus stupéfiant est celui obtenu par David Comer Kidd et Emanuele Castano, publié dans la prestigieuse revue Science en 2013, puis reproduit par une autre équipe en 2018.

    Kidd et Castano ont montré que le simple fait de lire un extrait d’une fiction littéraire (autrement dit, un ouvrage récompensé par un prix et/ou écrit par un auteur de référence, comme Patrick Modiano ou Jean‑Marie Gustave Le Clézio), permet d’obtenir par la suite de meilleures performances en « théorie de l’esprit » que le fait de lire un passage tiré d’une fiction populaire (tel qu’un ouvrage faisant partie des meilleures ventes).

    La théorie de l’esprit se définit comme la capacité à attribuer à autrui des pensées, des intentions, des émotions, et être ainsi à même de comprendre et de prédire le comportement des autres. Durant leurs travaux, Kidd et Castano ont évalué cette aptitude grâce au test d’interprétation du regard qui consiste à sélectionner le mot qui correspond à la pensée, à l’intention ou à l’émotion exprimée par le regard d’un individu.

    #Lecture #Empathie #Neurosciences


  • Neurosciences : comment Blanquer veut entrer dans la tête de vos enfants (L’Obs)
    https://www.nouvelobs.com/education/20190121.OBS10418/neurosciences-comment-blanquer-veut-entrer-dans-la-tete-de-vos-enfants.ht

    Les évaluations de CP et CE1, dont la deuxième session démarre cette semaine, sont la partie visible d’une révolution qui n’ose pas dire son nom.

    La lecture de cet article au titre effrayant est édifiante. Quelques extraits, à mon sens, significatifs :

    1. Les neurosciences de Stanislas Dehaene, cette nouvelle phrénologie

    Ces images, ce sont celles de l’activité cérébrale de nos enfants : rouge vif quand les synapses s’affolent, bleu profond quand elles sont au repos. Elles nourrissent les travaux du chercheur sur les différentes régions du cortex dévolues aux apprentissages – « bosse des maths » ou « boîte aux lettres » de la lecture.

    La « bosse des maths » est une expression qu’on doit à la phrénologie, une pseudo-science du XIXème siècle qui associait capacités cognitives et formes du crâne (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Phr%C3%A9nologie). « La Bosse des Maths » est d’ailleurs le titre d’un livre de Stanislas Dehaene qui semble revendiquer lui-même une forme de filiation (cf. https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/mathematiques/bosse-des-maths_9782738125248.php).
    Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique, qualifié par ses détracteurs le « Raspoutine de Blanquer », est le Président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_scientifique_de_l%27%C3%89ducation_nationale).

    2. Une vision mécaniste des apprentissages

    Pour le scientifique, cela justifie d’adopter une méthode d’apprentissage explicite, répétitive et progressive : décoder des syllabes (ba, bo, bu), puis des pseudo-mots (tarba, rabata), puis des mots et des phrases entièrement décryptables – « la banane du bébé est belle ».

    3. Une idéologie et non une pédagogie

    Deux des membres du CSEN, Dehaene lui-même et le Marseillais Jo Ziegler développent des logiciels qui permettent aux élèves à besoin de s’entraîner « en fond de classe sans accaparer leurs enseignants ».

    Accaparer … tout est dit. Dehaene et Blanquer sont les meilleurs élèves du macronisme. Sous des propos consensuels (« aider les élèves les plus fragiles ») et des argumentaires scientistes, il s’agit bien de construire une école efficace qui ne perd pas de temps avec les derniers de cordée à besoin .

    #éducation #neurosciences #apprentissage

    NB : L’article est sous #paywall, mais… on peut en retrouver l’intégralité dans la revue de presse (à la gloire) du Ministère qui gère moyennement le respect du droit d’auteur (ou de propriété ?), ici : https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/public/Presse/Panorama_presse/Janvier_2019/Panoramanational_20190122.pdf


  • Le club des Têtes au Carré
    https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-15-fevrier-2019

    Sébastien Bolher viendra nous expliquer pourquoi notre cerveau risque aujourd’hui de causer notre perte. Dans son essai, le #Bug_humain, publié chez Robert Laffont, il explique que les neurones en charge d’assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir. Ainsi, nous sommes 8 milliards d’êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. Pour ce faire, notre espèce hyper-consommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril. Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ?

    Dans les tests abordés, les femmes sont plus aptes au partage.

    #collapsologie #neurosciences



  • Nouvelles évaluations : l’enfant chargé de chiffres (Stella Baruk, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/stella-baruk/blog/280918/nouvelles-evaluations-l-enfant-charge-de-chiffres

    Ce que ces évaluations semblent laisser prévoir, c’est qu’avec les meilleures intentions du monde, le petit sujet connaissant qui entre en classe aujourd’hui a toute chance d’être regardé par l’institution scolaire comme un « sujet neurocognitif » qui, plutôt qu’un apprentissage, subira un entraînement, sur le mode sportif de la recherche de performance.
    […]
    L’engouement actuel autour du cerveau semble faire monter à la tête de nombre de neuroscientifiques un sentiment de puissance démesuré. Qui pourra jamais rendre compte de « toutes les dimensions cognitives » d’un enfant, de leur infinies combinatoire et métamorphoses présentes et à venir ?
    […]
    Deux questions de fond apparaissent alors.
    Celle de la pratique de QCM pour de jeunes enfants. Faut-il avoir recours aux « sciences cognitives » pour comprendre que ‘choisir’ une réponse n’a rien d’équivalent à en proposer une de son cru ? Au lieu de solliciter l’attention d’un enfant face à une tâche précise, on la détourne en multipliant de supposées tentations, la diminuant d’autant.
    Celle d’une culture de la vitesse, du rendement. Rapidement, la fatigue face à des pages noires de signes, et le stress dû à la nécessité d’aller vite, éprouveront nombre d’élèves qu’on supposera alors ‘fragiles’.

    #éducation #évaluations #neurosciences #défaite_de_la_pédagogie


  • Neurocapitalism | openDemocracy
    https://www.opendemocracy.net/ewa-hess-hennric-jokeit/neurocapitalism

    There is good reason to assert the existence, or at least the emergence, of a new type of capitalism: neurocapitalism. After all, the capitalist economy, as the foundation of modern liberal societies, has shown itself to be not only exceptionally adaptable and crisis-resistant, but also, in every phase of its dominance, capable of producing the scientific and technological wherewithal to analyse and mitigate the self-generated “malfunctioning” to which its constituent subjects are prone. In doing so – and this too is one of capitalism’s algorithms – it involves them in the inexorably effective cycle of supply and demand.

    Just as globalisation is a consequence of optimising the means of production and paths of communication (as Karl Marx and Friedrich Engels predicted), so the brain, as the command centre of the modern human being, finally appears to be within reach of the humanities, a field closely associated with capitalism. It may seem uncanny just how closely the narrow path to scientific supremacy over the brain runs to the broad highway along which capitalism has been speeding for over 150 years. The relationship remains dynamic, yet what links capitalism with neuroscience is not so much strict regulation as a complex syndrome of systemic flaws.

    At this point, if not before, the unequal duo of capitalism and neuroscience was joined by a third partner. From now on, the blossoming pharmaceutical industry was to function as a kind of transmission belt connecting the two wheels and making them turn faster. In the first half of the twentieth century, mental disorders were treated mainly with sedative barbiturates, electric shock therapy and psychosurgery. But by the 1930s, neuro-psychopharmacology was already winning the day, as Freud had predicted it would.

    Is it a paradox, or one of those things that are so obvious they remain unobserved, that the success of Freud’s psychoanalysis and that of modern neuroscience are based on similar premises? Psychoanalysis was successful because it wove together medically relevant disciplines like psychiatry and psychology with art, culture, education, economics and politics, allowing it to penetrate important areas of social life. At the beginning of the twenty-first century, the neurosciences seem to be in a position to take on a comparable role in the future.

    The ten top-selling psychotropic substances in the USA include anti-depressants, neuroleptics (antipsychotics), stimulants and drugs for treating dementia. In 2007 one hundred million prescriptions were issued for these drugs with sales worth more than sixteen billion dollars. These figures illustrate how, in an environment that is regulated but difficult to control, supply and subjectively perceived need can create a market turning over billions of dollars. What is more, it is a market that is likely to expand into those areas in which a performance-driven society confronts the post-postmodern self with its own shortcomings: in others words in schools and further education, at work, in relationships, and in old age. Among the best-selling neuro-psychotropic drugs are those that modulate the way people experience emotions and those that improve their capacity to pay attention and to concentrate, in most cases regardless of whether there is a clinically definable impairment of these functions.

    openDemocracy
    About
    NorthAfricaWestAsia
    openGlobalRights
    Human rights and the internet
    CanEuropeMakeIt?
    BeyondSlavery
    oDR
    oD-UK
    oD 50.50
    democraciaAbierta
    Shine A Light
    Transformation
    More

    Neurocapitalism
    Ewa Hess and Hennric Jokeit 3 March 2010
    Despite the immense costs for healthcare systems, the fear of depression, dementia and attention deficit disorder legitimises the boom in neuro-psychotropic drugs. In a performance-driven society that confronts the self with its own shortcomings, neuroscience serves an expanding market

    Today, the phenomenology of the mind is stepping indignantly aside for a host of hyphenated disciplines such as neuro-anthropology, neuro-pedagogy, neuro-theology, neuro-aesthetics and neuro-economics. Their self-assurance reveals the neurosciences’ usurpatory tendency to become not only the humanities of science, but the leading science of the twenty-first century. The legitimacy, impetus and promise of this claim derive from the maxim that all human behaviour is determined by the laws governing neuronal activity and the way it is organised in the brain.

    Whether or not one accepts the universal validity of this maxim, it is fair to assume that a science that aggressively seeks to establish hermeneutic supremacy will change everyday capitalist reality via its discoveries and products. Or, to put it more cautiously, that its triumph is legitimated, if not enabled, by a significant shift in the capitalist world order.

    There is good reason to assert the existence, or at least the emergence, of a new type of capitalism: neurocapitalism. After all, the capitalist economy, as the foundation of modern liberal societies, has shown itself to be not only exceptionally adaptable and crisis-resistant, but also, in every phase of its dominance, capable of producing the scientific and technological wherewithal to analyse and mitigate the self-generated “malfunctioning” to which its constituent subjects are prone. In doing so – and this too is one of capitalism’s algorithms – it involves them in the inexorably effective cycle of supply and demand.

    Just as globalisation is a consequence of optimising the means of production and paths of communication (as Karl Marx and Friedrich Engels predicted), so the brain, as the command centre of the modern human being, finally appears to be within reach of the humanities, a field closely associated with capitalism. It may seem uncanny just how closely the narrow path to scientific supremacy over the brain runs to the broad highway along which capitalism has been speeding for over 150 years. The relationship remains dynamic, yet what links capitalism with neuroscience is not so much strict regulation as a complex syndrome of systemic flaws.

    Repressive late nineteenth-century capitalism, with its exploitative moral dictates, proscriptions and social injustices, was a breeding ground for the neurosis diagnosed by scientists in the early twentieth century as a spiritual epidemic. This mysterious scourge of the bourgeoisie, a class which according to Marx, “through the rapid improvement of all instruments of production [...] draws all, even the most barbarian nations, into civilisation”, expressed the silent rebellion of the abused creature in human beings. It was, in other words, the expression of resistance – as defiant as it was futile – of people’s inner “barbarian nation” to forceful modernisation and civilisation.

    To introduce here the inventor of psychoanalysis and neurosis researcher Sigmund Freud as the first neurocapitalist practitioner and thinker might be thought to be overstepping the mark. Yet people tend to forget that Freud was a neuro-anatomist and neurologist by training, and saw himself primarily as a neuroscientist. What distinguished him from his colleagues was that he was more aware of the limitations of the methods available for studying the brain at the end of the nineteenth century. Having identified neurosis as an acquired pathology of the nervous system for which there was no known treatment or way to localise, he decided instead to take an indirect route. The means he invented in order both to research and to cure this mysterious illness was psychoanalysis. Fellow researchers like Oskar Vogt, who continued to search for the key to psychopathology and genius in the anatomy of the brain, were doomed to fail. From then on, psychology served the requirements of everyday life in a constantly changing capitalist reality. As a method based on communication, psychoanalysis penetrated all spheres of social interaction, from the intimate and private to the economic and cultural. In doing so, it created new markets: a repair market for mental illness and a coaching market for those seeking to optimise capitalist production and reproduction.

    Delayed by the Second World War, the repressive capitalism of the nineteenth century was eventually replaced by libertarian, affluent capitalism. Conformity, discipline and feelings of guilt – the symptoms of failure to cope with a system of moral dictates and proscriptions – gave way to the new imperative of self-realisation. The psychic ideal of the successful individual was characterised by dynamically renewable readiness for self-expansion, which for the subject meant having a capacity for self-motivation that could be activated at any time and that was immune to frustration. Failure now meant not being able to exhaust the full potential of one’s options. This development brought a diametric change in the character of mental illness. Neurosis, a disorder born of guilt, powerlessness and lack of discipline, lost its significance. Attention shifted to the self’s failure to realise itself. Depression, the syndrome described by Alain Ehrenberg in The Weariness of the Self: Diagnosing the History of Depression in the Contemporary Age, began its triumphal march.

    Depression, however, was also the first widespread mental illness for which modern neuroscience promptly found a remedy. Depression and anxiety were located in the gaps between the synapses, which is precisely where they were treated. Where previously there had only been reflexive psychotherapy, an interface had now been identified where suffering induced by the self and the world could now be alleviated directly and pre-reflexively.

    At this point, if not before, the unequal duo of capitalism and neuroscience was joined by a third partner. From now on, the blossoming pharmaceutical industry was to function as a kind of transmission belt connecting the two wheels and making them turn faster. In the first half of the twentieth century, mental disorders were treated mainly with sedative barbiturates, electric shock therapy and psychosurgery. But by the 1930s, neuro-psychopharmacology was already winning the day, as Freud had predicted it would.

    Is it a paradox, or one of those things that are so obvious they remain unobserved, that the success of Freud’s psychoanalysis and that of modern neuroscience are based on similar premises? Psychoanalysis was successful because it wove together medically relevant disciplines like psychiatry and psychology with art, culture, education, economics and politics, allowing it to penetrate important areas of social life. At the beginning of the twenty-first century, the neurosciences seem to be in a position to take on a comparable role in the future.

    What cannot be overlooked is that the methodological anchoring of the neurosciences in pure science, combined with the ethical legitimacy ascribed to them as a branch of medicine, gives them a privileged position similar to that enjoyed by psychoanalysis in the early twentieth century. Unlike the latter, however, the neurosciences are extremely well funded by the state and even more so by private investment from the pharmaceutical industry. Their prominent status can be explained both by the number and significance of the problems they are attempting to solve, as well as the broad public recognition of these problems, and by the respectable profits to be made should they succeed. In other words, they are driven by economic and epistemic forces that emanate from the capitalism of today, and that will shape the capitalism of tomorrow – whatever that might look like.
    II

    In Germany, the USA and many western European countries, it is neither painkillers nor cardiovascular drugs that now put the greatest strain on health budgets, but rather neuro-psychotropic drugs. The huge market for this group of drugs will grow rapidly as life expectancy continues to rise, since age is the biggest risk factor for neurological and psychiatric illness. All over the world, whole armies of neuroscientists are engaged in research in universities, in projects often funded by the pharmaceuticals industry, and to an even greater extent in the industry’s own facilities, to find more effective and more profitable drugs to bring onto the market. The engine driving the huge advances being made in the neurosciences is capital, while the market seems both to unleash and to constrain the potential of this development.

    Depression, anxiety or attention deficit disorders are now regarded by researchers and clinical practitioners alike as products of neuro-chemical dysregulation in interconnected systems of neurotransmitters. They are therefore treated with substances that intervene either directly or indirectly in the regulation of neurotransmitters. Given that the body’s neuro-chemical systems are highly sensitive and inter-reactive, the art of successful treatment resides in a process of fine-tuning. New and more expensive drugs are able to do this increasingly effectively and selectively, thus reducing undesirable side effects. Despite the immense costs for healthcare systems, the high incidence of mental disorders and the fear of anxiety, depression and dementia make the development of ever better neuro-psychotropic drugs desirable and legitimate.

    However, the development and approval of drugs designed to alleviate the symptoms of mental disorders also open the gates to substances that can be used to deliberately alter non-pathological brain functions or mental states. The rigid ethical conventions in the USA and the European Union – today the most profitable markets for neuro-psychotropic drugs – mean that drug development, whether funded by the state or by the pharmaceuticals industry, is strictly geared towards the prevention and treatment of illness. Few pharmaceutical companies are therefore willing to make public their interest in studying and developing substances designed to increase the cognitive performance or psychological wellbeing of healthy people. The reason is simple: there is no legal market for these so-called “neuro-enhancers”. Taking such drugs to perform better in examinations, for example, is a punishable offence in the USA. Yet sales figures for certain neuro-psychotropic drugs are considerably higher than the incidence of the illnesses for which they are indicated would lead one to expect. This apparent paradox applies above all to neuropsychotropic drugs that have neuro-enhancement properties. The most likely explanation is that neuro-enhancers are currently undergoing millions of self-trials, including in universities – albeit probably not in their laboratories.

    The ten top-selling psychotropic substances in the USA include anti-depressants, neuroleptics (antipsychotics), stimulants and drugs for treating dementia. In 2007 one hundred million prescriptions were issued for these drugs with sales worth more than sixteen billion dollars. These figures illustrate how, in an environment that is regulated but difficult to control, supply and subjectively perceived need can create a market turning over billions of dollars. What is more, it is a market that is likely to expand into those areas in which a performance-driven society confronts the post-postmodern self with its own shortcomings: in others words in schools and further education, at work, in relationships, and in old age. Among the best-selling neuro-psychotropic drugs are those that modulate the way people experience emotions and those that improve their capacity to pay attention and to concentrate, in most cases regardless of whether there is a clinically definable impairment of these functions.

    Attempts to offset naturally occurring, non-pathological deviations from the norm are referred to as “compensatory” or “moderate enhancement” – in the same way that glasses are worn to correct the eyes’ decreasing ability to focus. The term describes a gradual improvement in function to a degree that is still physiologically natural. By contrast, “progressive” or “radical enhancement” denotes a qualitative improvement in function that exceeds natural boundaries. To return to the optical metaphor, we could say that the difference between these forms of performance enhancement is like that between wearing spectacles and night-vision glasses.

    In all ages and cultures, producers and purveyors of drugs and potions purported to enhance the individual’s cognitive state have been able to do a tidy trade, as the many references to magic potions and fountains of youth in literature and the fine arts testify. Nowadays, one substance with this kind of mythical status is ginkgo. Billions of dollars worth of ginkgo-biloba preparations are sold in the USA every year; and if ginkgo really did have any significant effect on cognition or memory, it would be a classic case of the widespread, unchecked use of a compensatory neuro-enhancer. As it is, however, the myth and commercial success of ginkgo are more a testament to the perhaps universal human need for a better attention span, memory and mental powers, and to the willingness to pay good money to preserve and enhance them.

    For the attainment of happiness as the aim of a good life, Aristotle recommended cultivating a virtuous mind and virtuous character. This is precisely what some neuro-psychotropic drugs are designed to do. The virtues of the mind are generally understood to be instrumental traits like memory and attention span. The extent to which these traits are innate or acquired varies from person to person. After adolescence, their efficiency gradually goes into decline at individually varying rates. Inequality and the threat of loss are strong motivations for action. The current consensus on the ethics of neuro-enhancement seems to be that as long as the fundamental medical principles of self-determination, non-harm (nil nocere) and benefit (salus aegroti) are adhered to, rejecting pharmacological intervention in the instrumental traits of the brain would be at odds with a liberal understanding of democracy.

    A more complex ethical problem would seem to be the improvement of so-called character virtues, which we shall refer to here as socio-affective traits. Unlike instrumental traits such as attention span and memory, traits like temperament, self-confidence, trust, willingness to take risks, authenticity and so on are considered to be crucial to the personality. Pharmacological intervention that alters these traits therefore affects a person’s psychological integrity. While such interventions may facilitate and accelerate self-discovery and self-realisation (see the large body of literature on experience with Prozac, e.g. Peter D. Kramer, Listening to Prozac: Psychiatrist Explores Antidepressant Drugs and the Remaking of the Self , they may also do the exact opposite. We will never be able to predict with any certainty how altering instrumental and socio-affective traits will ultimately affect the reflexively structured human personality as a whole. Today’s tacit assumption that neuro-psychotropic interventions are reversible is leading individuals to experiment on themselves. Yet even if certain mental states are indeed reversible, the memory of them may not be.

    The barriers to neuro-enhancement actually fell some time ago, albeit in ways that for a long time went unnoticed. Jet-lag-free short breaks to Bali, working for global companies with a twenty-four hour information flow from headquarters in Tokyo, Brussels and San Francisco, exams and assessments, medical emergency services – in all of these situations it has become routine for people with no medical knowledge to use chemical substances to influence their ability to pay attention. The technologies that have sped up our lives in the era of globalisation – the Internet, mobile phones, aeroplanes – are already a daily reality for large numbers of people and are interfering with their biologically and culturally determined cycles of activity and rest.

    That is not to say that the popularisation of these findings has had no effect at all. Reconceptualising joy as dopamine activity in the brain’s reward centres, melancholy as serotonin deficiency, attention as the noradrenalin-induced modulation of stimulus-processing, and, not least, love as a consequence of the secretion of centrally acting bonding hormones, changes not only our perspective on emotional and mental states, but also our subjective experience of self. That does not mean that we experience the physiological side of feelings like love or guilt any differently, but it does make us think about them differently. This, in turn, changes the way we perceive, interpret and order them, and hence the effect they have on our behaviour. By viewing emotions in general terms rather than as singular events taking place in a unique temporal and spatial context, the neurosciences have created a rational justification for trying to influence them in ways other than by individual and mutual care.

    The possibility of pharmacological intervention thus expands the subjective autonomy of people to act in their own best interests or to their own detriment. This in turn is accompanied by a new form of self-reflection, which encompasses both structural images of the brain and the ability to imagine the neuro-chemical activity that goes on there. What is alarming is that many of the neuroscientific findings that have triggered a transformation in our perception of ourselves are linked with commercial interests.

    It is already clear that global capitalism will make excessive demands on our material, and even more so on our human-mental resources. This is evident from the oft-used term “information society”, since information can only function as a commodity if it changes human behaviour, and it can only do this if we accord it our attention and engage with it emotionally.

    #Neurocapitalisme #Neurosciences


  • Crise au sein du projet européen sur le cerveau coordonné par l’EPFL Lucia Sillig/oang - 21 Aout 2018 - RTS

    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/9789362-crise-au-sein-du-projet-europeen-sur-le-cerveau-coordonne-par-l-epfl.htm

    Le directeur exécutif du Human Brain Project, le vaste projet européen de recherche sur le cerveau, démissionne. La décision de Chris Ebell est liée à des divergences de point de vue avec l’EPFL.
    Le scientifique avait été nommé à la tête du Human Brain Project (HBP) en 2015, après une précédente crise de gouvernance au sein de ce projet visant à simuler le cerveau humain par ordinateur et doté d’un milliard d’euros sur dix ans. Sa démission a été annoncée via un communiqué de quelques lignes sur le site du HBP. https://www.humanbrainproject.eu/en/follow-hbp/news/information-concerning-the-human-brain-projects-coordination-offic

    Chris Ebell et l’EPFL disent se séparer d’un commun accord, à la suite d’un changement de leadership universitaire - vraisemblablement le changement de direction à la tête de l’EPFL - et compte tenu de divergences d’opinion sur la gouvernance et sur les orientations stratégiques du projet.

    L’intérim sera assuré par l’actuel vice-directeur Christian Fauteux. L’EPFL se refuse à tout commentaire supplémentaire.

    De précédentes turbulences
    Gigantesque projet de recherche scientifique, le Human Brain Project réunit une centaine d’universités, avec l’EPFL comme institution de coordination. Il a déjà vécu diverses turbulences avec notamment le déménagement d’une grosse partie du projet de Lausanne à Genève en 2014. Son installation sur le Campus Biotech avait fait grincer quelques dents.

    La même année, des centaines de scientifiques avaient signé une lettre ouverte pour dénoncer une structure trop compliquée, trop centralisée et pas assez transparente. Ils reprochaient aussi à la direction de trop se concentrer sur le volet informatique et de négliger les neurosciences.

    Après un processus de médiation, le comité directeur de trois personnes avait été dissous. Il avait été remplacé par un conseil de 22 personnes, dirigé par Chris Ebell.

    Intérêt scientifique incertain
    Sur le plan purement scientifique, il est encore difficile de dire aujourd’hui si HBP tient ses promesses. Les intérêts en jeu sont nombreux et les avis très tranchés. Une partie de la communauté scientifique estime que c’est un gros soufflé qui va finir par retomber, tandis que d’autres y croient dur comme fer.

    Pour l’instant, les chercheurs ont réussi à simuler une partie du cerveau d’un rat - un échantillon de 30’000 neurones. Or c’est un cerveau humain, avec ses 87 milliards de neurones, qu’ils ambitionnent de mettre en boîte d’ici à 2024. Le pari est immense.

    #Human_Brain_Project #cerveau #recherche #neurosciences #brain #transhumanisme #intelligence_artificielle


  • Insouciances du cerveau - Emmanuel Fournier par-delà la matière grise, Par Jean-Paul Thomas (Collaborateur du « Monde des livres »)
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2018/04/26/emmanuel-fournier-par-dela-la-matiere-grise_5290859_3260.html

    Dans « Insouciances du cerveau », le philosophe conteste aux neurosciences le pouvoir de tout dire du moi et de la pensée.

    Insouciances du cerveau, précédé de Lettre aux écervelés, d’Emmanuel Fournier, L’Eclat, « Philosophie imaginaire », 176 p., 18 €.

    Le prestige des neurosciences et des sciences cognitives porte au conformisme. Il est téméraire de se montrer irrévérencieux à leur égard, tant la moindre réserve est tenue pour de l’insolence et fait courir le risque d’une marginalisation. Aussi est-ce sur les doigts d’une main que se comptent les impertinents qui entendent ne pas céder à l’intimidation. Emmanuel ­Fournier est l’un d’eux. Précédé d’une Lettre aux écervelés, Insouciances du cerveau présente un duel : l’auteur affronte les neurosciences et l’imagerie cérébrale en un combat à fleurets mouchetés.

    Il est vrai que l’ambition théorique – et pratique – des neurosciences est immense. Leur projet fondateur est de comprendre comment le cerveau fonctionne, d’examiner les processus qui sont à la source de nos connaissances. En somme, penser la pensée, avoir la connaissance de la connaissance, en posant qu’elle s’explique par l’organisation d’un système matériel, notre cerveau. Physiologiste et philosophe, Emmanuel Fournier est informé des recherches en cours, mais juge leur prétention exorbitante, et leur sérieux pesant. Sa préférence va à la pensée capricieuse, légère, attentive aux rencontres. A Roscoff, à Ouessant – le livre fait état de ces séjours –, les pensées lui viennent en marchant. Il les note sur un carnet, tenu de juin à décembre 2015. Comme un peintre qui reprend ses croquis à l’atelier, il élucide ensuite ses intuitions et ses questions.

    Comment me comprendre ? Que faire de mon cerveau, cet organe de contrôle que les appareils d’imagerie exhibent ? Un dialogue familier se noue entre lui-même et son double, ce cerveau qui, selon les neurosciences, « décide de tout pour moi » et fait de moi « cet écervelé qui dit “je” sans savoir de quoi il retourne ». A mille lieues de l’ordinaire jargon neuro­scientifique, ce dialogue met en scène une distance instaurée entre le « je » et son double, le cerveau, dans lequel les neurosciences nous enjoignent de trouver notre identité. Par elle cette identité se diffracte et se trouble, puisque le « je » affiche qu’il l’excède.

    Ne pas céder au vertige techniciste

    Plaisant, car talentueusement mis en œuvre, ce dispositif atteindrait vite ses limites s’il n’était relayé par l’analyse des cadres normatifs que proposent les neurosciences. En décrivant ce que nous sommes, elles nous prescrivent ce que nous devons être : « Le risque, c’est que je sois définitivement étiqueté selon mes caractéristiques cérébrales, stigmatisé d’après elles, jugé selon cette nouvelle norme et que je ne puisse plus y échapper. » Crainte injustifiée, répond un « éminent spécialiste des neurosciences », car le cerveau est malléable, ses performances seront améliorées par l’implantation d’essaims de neurones et le recours à des annexes cérébrales. L’homme augmenté est à l’ordre du jour. Il sera plus compétitif. Ceux qui rateront le coche seront exclus à juste titre de l’émouvante aventure technologique qui se profile…

    Sans chercher à préserver l’illusoire pouvoir du « je », Emmanuel Fournier refuse de céder au vertige techniciste comme d’admettre que le cerveau, condition physiologique d’une activité mentale, nous dicte nos pensées. Ce « neuroscepticisme » n’écarte pas les neurosciences, mais conteste le choix – qu’elles favorisent – d’orienter la pédagogie, l’économie et l’éthique en prenant en compte leurs seuls enseignements, dans la pure méconnaissance de la construction sociale de nos pensées et de nos conduites. Tel est le pendant politique de notre modernité intellectuelle.

    Overdose de neurosciences cognitives et comportementales, Elisabeth Roudinesco
    Dans « La Mécanique des passions », Alain Ehrenberg corrèle l’engouement pour la mythologie cérébrale à l’individualisme contemporain, sans parvenir à étayer sa thèse.

    La Mécanique des passions. Cerveau, comportement, société, d’Alain Ehrenberg, Odile Jacob, 336 p., 23,90 €.

    Sociologue, directeur de recherches au CNRS, Alain Ehrenberg étudie dans ce nouveau livre les raisons pour lesquelles les neurosciences cognitives et comportementales (NSCC) suscitent un tel engouement qu’elles ont supplanté la psychanalyse et la psychiatrie dans l’approche des maladies de l’âme et des comportements humains normaux, depuis l’observation des enfants scolarisés jusqu’à celle des adultes en bonne santé.
    L’affirmation d’une efficacité thérapeutique quantifiée par des évaluations ne suffit pas, selon lui, à expliquer cette fascination qui a conduit de nombreux chercheurs à ajouter le préfixe « neuro » à leur discipline : neuro-économie, neuro-histoire, neuro-psychologie, neuro-ceci ou cela. Tout se passe comme si l’on ne pouvait plus penser la condition humaine sans une référence obligée à une plasticité cérébrale censée expliquer à elle seule nos manières de vivre, de boire, de manger, de faire l’amour, de réussir ou d’échouer. Plus besoin de parler, il suffirait de regarder des flux synaptiques pour connaître le « potentiel caché » de chaque individu. Tel serait, selon l’auteur, le programme de cette « tribu » NSCC : étendre son pouvoir bien au-delà du domaine de la science et du traitement des pathologies.
    Lame de fond
    A travers une enquête menée avec les instruments d’une sociologie non encore neuronale, Alain Ehrenberg relate les modalités d’implantation de ce nouveau récit, né dans les universités de la Côte ouest des Etats-Unis et qui a envahi nos sociétés depuis une trentaine d’années. Cette lame de fond, qu’il considère comme le principal « baromètre » de l’individualisme contemporain, serait liée à la transformation de la subjectivité, paradigme des angoisses infantiles et généalogiques.

    Plus besoin de savoir qui l’on est ni d’où l’on vient, il suffirait, pour vivre bien, d’obéir à des exercices visant à évacuer de soi les souffrances, les désirs, les souvenirs, afin d’accéder à une sagesse cérébralement correcte, centrée sur la compétence et la performance. Mais pour cela, note curieusement Alain Ehrenberg, de même que les cas choisis par Freud ont pu, parce qu’ils confirmaient ses hypothèses, assurer la domination de la psychanalyse, les NSCC doivent encore découvrir les patients dont les « cerveaux pourraient incarner [leurs] ambitions ». Mais comment trouver un sujet dont l’histoire se résumerait à celle de ses neurones ? Difficile…
    Catéchisme neuronal
    En achevant La Mécanique des passions, on est pris de vertige. On imagine qu’un jour on parlera de neuro-management, neuro-politique ou neuro-journalisme, et qu’on installera partout des scanners afin de mesurer en direct la mécanique passionnelle de tous les cerveaux humains. Cependant, on continue de se demander pourquoi l’auteur suppose que ce catéchisme neuronal, dont il souligne qu’il est en passe de réduire à néant les composantes sociales, psychiques et historiques de la subjectivité humaine, serait le reflet de l’individualisme contemporain.
    Ehrenberg ne parvient jamais à le démontrer, parce que, chose étrange pour un sociologue, son enquête ne s’intéresse pas aux pratiques réelles des individus. L’engouement pour cette mythologie cérébrale est incontestable dans le champ des savoirs, où les résultats objectifs des sciences du cerveau suffisent à expliquer leur position prépondérante. Mais ce n’est pas une croyance aussi universellement partagée qu’il semble le penser. En témoigne le fait que les individus contemporains – des milliers de patients – ne se tournent pas, pour assurer leur bien-être, vers les NSCC, mais vers les médecines ou les thérapies alternatives (homéopathie, kinésiologie, etc.), répondant ainsi, spontanément, aux excès du scientisme par le recours à l’obscurantisme.

    Gérard Pommier : « Les neurosciences sont utilisées par certains en contradiction avec leurs résultats les plus assurés »
    Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste juge que les difficultés dans l’acquisition des savoirs sont bien davantage liées à des questions sociales et familiales que neurobiologiques.

    [Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté en début d’année sur les fonts baptismaux un nouvel organisme : le conseil scientifique de l’éducation nationale, dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France. Objectif de ce scientifique : « Tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants. » Même si les chercheurs en sciences cognitives n’occupent que six des vingt et un sièges dudit conseil, cette nouvelle orientation du ministère de l’éducation nationale suscite de vives polémiques. Tant les syndicats que des chercheurs renommés craignent que les sciences cognitives prennent le pas sur les sciences de l’éducation. Pour eux, enseigner est un art et non une science. De plus, les sciences cognitives sous-estimeraient l’influence de l’environnement social de l’élève dans ses performances. Au contraire, les partisans des neurosciences affirment que leurs thèses sont trop souvent caricaturées et qu’ils sont tout à fait conscients de cette influence.]

    Tribune. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, vient donc d’installer un conseil scientifique dominé par des neuroscientifiques. Dans une récente interview, il a déclaré que « l’école est la petite-fille des Lumières »… et qu’il fallait donc se conformer aux résultats les plus avancés de la science. Quelle bonne idée ! Qu’il le fasse surtout ! Ce serait si bien s’il se conformait aux travaux des plus grands neuroscientifiques !
    Jean-Pierre Changeux, dans son livre phare, L’Homme neuronal (Fayard, 2012), a donné les résultats d’une expérimentation majeure : les neurones de l’aire du langage ne se développent que s’ils sont stimulés par les sons de la voix maternelle. Les neurones qui ne correspondent pas meurent. Ces expériences corroborent la fameuse tentative de Louis II, roi de Sicile (1377-1417) : celui-ci fit isoler dix enfants avec interdiction de leur parler, pour savoir en quelle langue ils parleraient spontanément, en hébreu, en latin ou en grec. Ils moururent tous. L’organisme ne grandirait pas sans la boussole de ses parents et de la culture dans laquelle il est né. Les observations des neuroscientifiques ne font qu’enregistrer des conséquences, qui ne sont pas des preuves.
    En 2010, j’ai eu l’occasion d’exposer au cours d’un congrès qui s’est tenu à Berlin mes propres travaux sur la reconstitution de zones du cerveau lésées après un accident. Si le cerveau fonctionnait seulement en circuit fermé, appuyé sur sa mémoire et sur ses gènes, cette reconstitution serait incompréhensible. La renaissance d’une zone lésée ne s’effectue que grâce à une rééducation relationnelle et la présence des proches : ce sont les souvenirs emmagasinés dans d’autres zones qui reconstituent la lésion. Le centre du cerveau n’est pas dans le cerveau – mais depuis la naissance – dans la parole qui est, elle aussi, une réalité matérielle.
    Aucune preuve génétique des difficultés d’apprentissage
    A Toulouse et à Ivry, j’ai participé à des débats publics avec le neurophysiologiste Jean-Didier Vincent. A chaque fois, ses considérations ont glissé vers des arguments franchement psychologiques. Lors d’un colloque qui s’est tenu à Paris en octobre 2017 sur l’autisme, les neuroscientifiques Richard Delorme et Bertrand Jordan ont d’abord dit qu’il n’existait aucune preuve génétique de l’autisme, pour ensuite raisonner comme si c’était prouvé. Est-ce bien scientifique ? En septembre 2018 viendra à Paris le professeur Eric Kandel, Prix Nobel de médecine en 2000 et auteur du livre A la recherche de la mémoire, une nouvelle théorie de l’esprit (Sciences, 2017). Il répond à l’invitation de psychanalystes, car le débat doit se poursuivre.
    Lire aussi : Ecole : l’utilisation des neurosciences interroge des enseignants

    Il faut le dire : il n’existe à ce jour aucune preuve génétique, neurodéveloppementale ou héréditaire de la souffrance psychique et des difficultés d’apprentissage. En revanche, il existe des preuves surabondantes des déterminations familiales et socioculturelles comme facteurs majeurs des difficultés scolaires. C’est aux sociologues, aux spécialistes de la souffrance psychique… et surtout aux enseignants qu’un « conseil de l’éducation nationale » devrait donner priorité ! Ils en sont largement absents.
    A cette sorte de position en porte-à-faux s’en ajoute une seconde : les neurosciences sont utilisées par certains neuroscientifiques en contradiction avec leurs résultats les plus assurés. On peut trouver sur le site de l’éducation nationale un document qui recommande aux enseignants comment faire le diagnostic TDA/H (trouble déficit de l’attention/hyperactivité) qui est annoncé comme une « maladie neurodéveloppementale ». Il n’en existe aucune preuve, et ce diagnostic n’est même pas reconnu dans les nomenclatures françaises.
    Les laboratoires pharmaceutiques à l’affûtique
    Ce diagnostic inventé a comme conséquence la plus fréquente l’administration de Ritaline [un psycho-stimulant], qui est une drogue provoquant une accoutumance. L’association Hypersupers TDA/H France, qui se veut « une interface entre les patients, les familles et les différentes institutions médicales et scolaires », est subventionnée par quatre laboratoires pharmaceutiques. Une de ses récentes manifestations a été parrainée par Emmanuel Macron et Mme Buzyn, ministre de la santé, au mépris de l’extrême réserve sur ce diagnostic d’experts internationaux reconnus.
    Lire aussi : Stanislas Dehaene, des neurosciences aux sciences de l’éducation

    Ce serait une facilité de dire que ce dévoiement des neurosciences bénéficiera aux laboratoires pharmaceutiques (six millions d’enfants sont sous Ritaline aux USA). Car le passage en force du 10 janvier, date de la première réunion du conseil scientifique, répond à un devenir plus subtil de notre société.
    Si vous avez des enfants d’âge scolaire, et si leurs enseignants répondent déjà aux directives qui leur sont recommandées, vous comprendrez quelles souffrances supplémentaires cela leur inflige. Des méthodes éducatives pénibles ont presque toujours été infligées aux enfants, au nom de la morale ou de la religion. Mais c’est la première fois que cela se fait au nom d’une « science » – de plus dévoyée. Ce révélateur d’une volonté ségrégative est encore plus brutal que dans le passé, puisqu’il s’appliquera au nom de neurones, de gènes, d’hormones, qui n’en feraient qu’à leur tête. C’est une dépersonnalisation jamais vue.
    Ce choix est politique : il sélectionne à l’avance son marché de l’emploi. Il n’est pas fait pour aider, mais pour cautionner. Et plus profondément, il semble bien révéler l’esprit d’une époque qui a perdu espoir en son humanité.

    #neurosciences #cerveau #cognitivisme #école


  • Calcul et lecture : le ministre de l’Éducation fait la leçon aux instituteurs (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/calcul-et-lecture-le-ministre-de-l-education-fait-la-lecon-aux-instituteu

    [À l’intention des enseignant·e·s], le ministre de l’Éducation nationale publie au « Bulletin officiel » quatre circulaires, qui détaillent avec une minutie rare, sinon inédite, des « recommandations » sur la meilleure manière d’inculquer aux écoliers les bases du calcul, de la résolution de problèmes mathématiques, de la lecture et de la grammaire. Des milliers de livrets sur « l’apprentissage de la lecture au CP », de 130 pages chacun, sont aussi partis du ministère. Destination de ce petit livre orange : le casier des maîtres et maîtresses, dans toutes les écoles de France.

    Les documents sont téléchargeables sur le site du Ministère :
    “4 priorités pour renforcer la maîtrise des fondamentaux”
    http://www.education.gouv.fr/cid129644/4-priorites-pour-renforcer-la-maitrise-des-fondamentaux.html

    De nouvelles recommandations pédagogiques viennent en appui des programmes scolaires pour faciliter l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui. Quatre recommandations pédagogiques et un guide « Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP » ont été transmis, le 26 avril 2018, aux professeurs des écoles et des collèges afin d’amener tous les élèves à la réussite scolaire.

    Cette démarche interroge :
    – Le contenu de ces documents est plus idéologique que pédagogique, sa médiatisation a été orchestrée autour du concept fantasmé du #retour (de la dictée, du calcul mental, de la grammaire). Le fondement scientifique de ces documents est adossé au nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale, créé à sa main par le Ministre, très orienté "#neurosciences" et dont les partis pris idéologiques et scientifiques sont contestés [1].
    – La démarche est maltraitante pour les enseignant·e·s qui semblent rappelé·e·s à l’ordre, être incompétent·e·s et ignorant·e·s sur leur cœur de métier. Une fois encore le Ministère semble considérer que rien ne se fait dans les classes et que tout est à remettre en ordre de marche : enseignant·e·s, pratiques, méthodes. C’est une spécificité récurrente du Ministère de l’Éducation.
    – La démarche est profondément macronnienne : démagogique, idéologique, verticale. Démagogique car il s’agit de jouer les usagers contre les enseignant·e·s en laissant croire que la méthode globale a encore cours, ou que la dictée ou la calcul mental ont disparu, ce qui est faux. Idéologique car ces textes participent d’une standardisation des méthodes sur le modèle anglo-saxon : taylorisation des apprentissages dans les écoles publiques, innovation dans les écoles (alternatives ou différentes) privées. Verticale : le retour de Jean-Michel Blanquer au Ministère a sonné le retour des années Darcos, de la caporalisation, de la verticalité du management et de l’extrême personnalisation puisque fait rarissime le ministre signe lui-même ces textes, circulaires et livre.
    – Cette agitation fait l’impasse sur l’essentiel. Tous les rapports de ces dernières années, issus du ministère (y compris ceux commandés récemment par ce ministre) ou d’une expertise internationale, pointent la faiblesse de la formation, initiale et continue, des enseignant·e·s français·e·s. Or la divulgation de la Vérité Révélée du Grand Timonier de l’éducation via son petit livre orange semble être la seule ambition gouvernementale en terme de formation des enseignant·e·s, là où un plan ambitieux de formation en lien avec la recherche, appuyé sur l’échange de pratiques et nourri d’expérimentations et d’innovations serait l’urgence.

    Les réactions n’ont donc pas tardé :

    Les circulaires Blanquer, « une négation totale de l’expertise des professeurs » (Francette Popineau - SNUipp/FSU, Libération)
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/26/les-circulaires-blanquer-une-negation-totale-de-l-expertise-des-professeu

    Ce qui nous inquiète aussi est que, depuis le début, ce ministre laisse croire que la question de la réussite scolaire est attachée à une méthode. Ce discours extrêmement simpliste ne dit rien de toute la complexité du métier. […] Il y a surtout une négation totale de l’expertise des professeurs. On recrute des gens à bac + 5 et on leur donne une notice de montage. […] M. Blanquer sert à l’opinion publique des discours extrêmement simplistes, des leurres, qui mettent en difficulté les enseignants et les familles. […] Il fait l’inverse de ce que font les pays qui réussissent, qui mettent beaucoup de confiance dans le travail enseignant.

    De la « liberté pédagogique » à la sauce Blanquer… (Alain Refalo, blog)
    https://alainrefalo.blog/2018/04/27/de-la-liberte-pedagogique-a-la-sauce-blanquer

    J’ajoute que sans confiance et sans preuve de confiance vis-à-vis des enseignants du primaire, le ministre ne peut que susciter à nouveau découragement et désarroi. Las de tous ces changements au gré des ministres qui passent, épuisés par des conditions de travail de plus en plus stressantes, les enseignants du primaire n’accepteront pas que la nation continue à les mépriser et les déconsidérer éternellement. Ils ne le méritent pas. Ils demandent aujourd’hui tout simplement le respect et la considération, ce qui passe aussi par la revalorisation de leur métier, de leur formation comme de leur salaire.

    L’école est en danger d’implosion. Alors on attend du ministre, non pas des phrases démagogiques et assassines, mais de l’écoute et des décisions qui donnent du sens et des perspectives novatrices et positives pour construire une école plus juste, plus coopérative et si possible plus efficace.

    Jean-Michel Blanquer : plus que jamais, populiste et autoritariste (Paul Devin, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/paul-devin/blog/260418/jean-michel-blanquer-plus-que-jamais-populiste-et-autoritariste

    L’idéologie simplificatrice, le discours populiste, l’autoritarisme … tous les ingrédients d’une politique qui tente désespérément de cacher son incapacité à faire preuve de la détermination budgétaire nécessaire pour améliorer l’école et lui permettre d’atteindre ses objectifs de démocratisation de la réussite scolaire.

    Orange is the new populisme Monsieur le Ministre (800 000 Feignasses)
    https://800000feignasses.com/orange-is-the-new-populisme-monsieur-le-ministre

    Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. […] Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

    Un témoignage assez représentatif d’une enseignante (Charivari, Facebook)
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2062803910711349&id=1610357745955970

    Les profs en ont assez de ces changements de cap, de ces ministres tonitruants qui ferment nos classes, alourdissent les programmes, suppriment les RASED, diminuent les heures/jours de classe tout en réclamant de meilleurs résultats. […]
    Or les programmes 2008, ils ont été appliqués de 2008 à 2015. Des bons programmes de droite, avec beaucoup de calcul, beaucoup de lecture, et la même aversion pour la vilaine méthode globale-beurk.
    À l’époque, comme aujourd’hui, on nous avait promis que grâce à ces bonnes vieilles recettes qui avaient fait leurs preuves, le niveau allait monter.
    Cela n’a pas été le cas du tout. Au contraire, tout le monde s’affole aujourd’hui à cause d’une dégringolade jamais vue jusque-là dans les classements internationaux.
    […]
    En attendant, les profs ne seront pas mieux formés, pas mieux encadrés… et une classe ferme dans mon école rurale alors que les effectifs n’y baissent pas.

    Enfin pour une lecture critique des conceptions du ministre sur la lecture et l’étude de la langue, on pourra jeter un œil sur :
    La liberté pédagogique n’est plus ? (Catherine Chabrun, blog)
    http://www.catchabrun.com/2018/04/la-liberte-pedagogique-n-est-plus.html

    #éducation #école #primaire #apprentissages_fondamentaux #MEN #injonctions #agitation_médiatique #polémiques_stériles

    [1] cf. http://seenthis.net/messages/658626, http://seenthis.net/messages/659075, http://seenthis.net/messages/670344


  • How Your Brain Is Wired to Just Say ’Yes’ to Opioids | Alternet
    https://www.alternet.org/drugs/how-your-brain-wired-just-say-yes-opioids-opiates-heroin-fentanyl

    Brain scientists have known for decades that opioids are complex and difficult substances to manage when it comes to addiction. The National Institute on Drug Abuse reports that more than 20 percent of the patients prescribed opioids for chronic pain misuse them, and between 8 and 12 percent of those who use prescription opioids develop a use disorder.

    Given how addictive these drugs are, doctors should have foreseen the looming danger of prescription opioids long before their use was liberalized for non-cancer related pain in the 1990s. Opioid abuse has instead ballooned over the last decade. In 2014, federal officials estimated nearly 2 million people in the United States suffer from substance use disorders related to prescription opioid pain medicines. Each day, more than 1,000 people are treated in emergency rooms for misusing prescription opioids, the CDC reports.

    Brain science is only one part of an addiction problem, but, I believe an important one deserving of more consideration than we’ve shown in past drug abuse crises. NIH Director Francis S. Collins has recognized this in his leadership of the medical and scientific response to the opioid use epidemic.

    The NIH is taking important steps in building a public-private partnership that will seek scientific solutions to the opioid crisis, including the development of non-opioid painkillers. Collins has committed his agency’s resources in this quest, including implementing the Fast Track and Breakthrough Therapy designations that exist to facilitate development and expedite review of products that address an unmet medical need. The agency is calling for more emphasis on non-drug alternatives for pain, such as medical devices that can deliver more localized analgesia.

    #Opioides #Neurosciences


  • Lost Ego - De Smet François - Perspectives critiques - Format Physique et Numérique | PUF
    https://www.puf.com/content/Lost_Ego

    Résumé

    Pourquoi donc sommes-nous si accrochés à notre maigre « je » ? Pourquoi refusons-nous d’accepter les leçons les plus radicales des #neurosciences ou de la #psychologie_cognitive à propos de notre « identité » ou de ce que nous aimons à considérer comme notre « #libre_arbitre » ? Quel mal y aurait-il à accepter que nous soyons le résultat de déterminations qui nous dépassent – et que nos choix ne soient que des coli-fichets ayant pour seule fonction de nous rassurer ?

    Dans Lost Ego, #François_De_Smet répond à toutes ces questions de la meilleure manière qui soit : en mettant le doigt sur les peurs qui continuent à nous voir nous accrocher aux reliques de notre « moi » en miettes et que nous refusons de regarder en face. Non, nous n’existons pas – mais c’est précisément parce que nous n’existons pas que nous pouvons trouver le moyen de vivre. Seuls, et surtout ensemble.

    #livre


  • Double imposture du «  conseil scientifique de l’#éducation nationale  » | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/double-imposture-du-conseil-scientifique-de-leducation-nationale-650215

    La deuxième imposture détourne cette science nouvelle au profit d’un #formatage et d’une #ségrégation des enfants pour les besoins du marché  : il lui faut de la main-d’œuvre à bas prix, et une élite. De plus, cette politique ségrégative rapportera des bénéfices énormes à l’industrie pharmaceutique. Car la solution de problèmes «  organiques  » sera les médicaments (six millions d’enfants aux États-Unis sont sous Ritaline, qui est une drogue dangereuse).Heureusement, les enfants sont des rebelles et ils diront non à ces traitements dépersonnalisants, en réalité sadiques. Ils diront non, ne serait-ce qu’en tombant malades, dans cette société qui leur laisse si peu de chances.

    • Réduire les neurosciences à la Ritaline me désespère. En outre, l’auteur de l’article, G. Pommier n’était pas contre les neurosciences en 2005 (bon, c’est vrai, ça fait un bail mais quand même).

      La psychanalyse ne s’inscrit pas en opposition à la science, mais dans un rapport de réciprocité : les découvertes du champ freudien s’enrichissent des découvertes du champ des neurosciences, et vice-versa. Telle est la thèse inhabituelle qu’introduit le dernier livre de G. Pommier.

      Che vuoi ? 2005/1 (N° 23)
      https://www.cairn.info/revue-che-vuoi-2005-1-page-215.htm
      Après, M. Pommier est un psychiatre et psychanalyste français d’où un problème avec les neurosciences... Même si je suis d’accord avec le sous-titre de l’article :

      Les difficultés touchent d’abord les écoliers défavorisés.

      #neurosciences #Ritaline #psychanalise


  • Dehaene, Monsanto (Bernard Collot)
    http://education3.canalblog.com/archives/2018/01/11/36037125.html

    […] le nouveau pape scientifique, Stanislas Dehaene, nous dit que le cerveau fonctionne comme ceci et pas comme cela qu’il faut lui donner tant de syllabique dans tels manuels, etc… et que ça marche. Il l’a vu dans l’imagerie cérébrale des enfants qui apprennent à lire… avec un manuel, une méthode et tous ensemble.

    […]

    L’imagerie cérébrale de notre gourou de laboratoire n’a pas cherché à savoir comment le cerveau apprend à écrire, ça n’a pas d’importance, il n’y a pas de manuel, s’il sait lire et réciter de la grammaire ça doit bien suffire. L’imagerie cérébrale ne peut pas non plus nous dire comment les enfants apprennent à comprendre et à parler. Oui, mais ce n’est pas pareil, et de toute façon on ne peut pas les mettre tous ensemble dans un labo école avec des électrodes pendant un an ou deux avec une méthode !

    #éducation #neurosciences #standardisation_pédagogique #Conseil_scientifique_de_l’éducation_nationale


  • #neurosciences contre les sciences de l’éducation : les enjeux du #conseil_scientifique de Blanquer
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110118/neurosciences-contre-les-sciences-de-l-education-les-enjeux-du-conseil-sci

    Le ministre de l’éducation a installé un comité scientifique le 10 janvier. Présidé par le spécialiste des neurosciences, #Stanislas_Dehaene, il fait la part belle aux sciences cognitives. Des spécialistes craignent que la vision de l’école du ministre ne soit que mécaniste et que les autres disciplines soient, de fait, évincées.

    #France #jean-Michel_Blanquer #Michel_Lussault #Philippe_Meirieu


  • Qui sont les membres du conseil scientifique nommés par Jean-Michel Blanquer (LeFigaro)
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/01/10/01016-20180110ARTFIG00131-qui-sont-les-membres-du-conseil-scientifique-nomm

    Installé ce mercredi, ce Conseil comptera vingt et un membres dont un tiers issu des sciences cognitives. On compte notamment deux philosophes, deux sociologues, deux chercheurs en sciences de l’éducation et une linguiste.

    #éducation #institution #pilotage #neurosciences

    • En réalité, ce conseil est pluridisciplinaire. Seul un tiers des vingt et un membres sont issus des sciences cognitives.

      Si je compte bien, je trouve 9 membres du conseil dont la spécialité contient le mot « cognitive » plus 1 pour la « métacognition » (peut-être compté comme philosophe).

      Pour les philosophes, il y a 2 enseignants ou chercheur en « philosophie » (dont 1 en « philosophie et sciences cognitives » plus 1 « philosophe », oui le spécialiste en métacognition.

    • Un Conseil scientifique pluridisciplinaire pour l’école
      http://www.lemonde.fr/education/article/2018/01/09/un-conseil-scientifique-pluridisciplinaire-pour-l-ecole_5239234_1473685.html

      A sa tête, Stanislas Dehaene, spécialiste du cerveau et des sciences cognitives. Sur les 21 membres, on compte six chercheurs en sciences cognitives, trois philosophes, une linguiste, trois spécialistes du développement de l’enfant, deux économistes, deux sociologues, deux spécialistes des sciences de l’éducation, un mathématicien et un informaticien.

      Sur la liste du monde, les compétences et titres sont légèrement différentes, mais on a toujours un problème de comptage : si je compte bien 3 philosophes (mais la précision « en métacognition » a disparu), je trouve 8 fois, le mot « cognitive » (au lieu des 6 annoncés)…

    • La plupart des noms ne me disent rien. Y’en a 2-3 dont j’ai vu passé les noms autour d’articles sur les inégalités pas inintéressants (Duflo ou la linguiste), mais sans préjuger de leur orientation idéologique et de l’expertise en terme d’éducation des autres.
      Par contre, les missions paraissent très redondantes avec d’autres conseils/commissions/directions existantes. Donc…


  • L’Institut Montaigne et l’éducation : une influence hissée au sommet (La lettre de l’éducation n°920)
    http://www.lalettredeleducation.fr/-921-no921-.html

    Association loi de 1901 financée exclusivement par des contributions privées, l’Institut Montaigne affiche un budget annuel de 3,8 millions d’euros.
    […]
    En fait, l’orientation de l’Institut Montaigne, comme celle de l’association Agir pour l’école, dont il est un des « partenaires », se définit aussi par ses silences. A l’exception de Maria Montessori, aucune mention dans sa production - même pour les réfuter - des courants pédagogiques. La sociologie de l’éducation, à de rares exceptions près, y est supplantée par les études de l’OCDE. Seule la psychologie cognitive et une référence constante aux neuro­sciences y ont droit de cité.
    […]
    En termes de méthodes, même tendance à la monoculture , avec la promotion des programmes « Parler » et « Parler bambin », […] une approche tout à fait respectée, mettant l’accent simultanément sur le déchiffrage, la phonologie et la compréhension des textes, mais qui est présentée en ignorant toutes les autres et en assurant qu’elle permettrait de « réduire l’échec scolaire par deux par rapport aux classes témoins », un résultat autoévalué par ses promoteurs et fortement relativisée depuis par une étude indépendante.

    #éducation #think_tank #lobby #Institut_Montaigne #Laurent_Bigorgne #Agir_pour_l'école #Montessori #OCDE #neurosciences #psychologie_cognitive


  • Sociologie : le danger de la (pseudo) neutralité | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/071017/sociologie-le-danger-de-la-pseudo-neutralite?onglet=full

    Par Joseph Confavreux

    Gérald Bronner prétend, dans son dernier livre, Le Danger sociologique, vouloir sauver la sociologie, au nom de la (neuro)science et de la neutralité idéologique. Son refus d’en faire un « sport de combat » cache plutôt une volonté de la transformer en exercice de soumission à l’ordre existant.

    Dans ce nouveau livre, abondamment relayé dans les médias, les auteurs développent une stratégie pernicieuse consistant, sous couvert de défendre la sociologie, prétendûment menacée par l’idéologie et le manque de scientificité, à tout faire pour lui couper les ailes, en la sommant de renoncer à sa dimension critique et de se soumettre au nouvel impérialisme neuronal.

    La charge politique est d’autant plus forte que les auteurs accusent « le récit sociologique déterministe » de « déresponsabiliser les individus qui acceptent d’en être les accueillants destinataires » et de les « condamner à une forme de prophétie auto-réalisatrice ». Par un étrange retournement, les sociologues qui s’attachent à mettre en lumière les ressorts de l’ordre existant se trouvent ainsi accusés d’aggraver les inégalités ! Mais les auteurs ne s’arrêtent pas en si bon chemin, puisqu’ils jugent la sociologie de Bourdieu responsable de la montée du complotisme, en estimant qu’il « existe un continuum cognitif ou, si l’on veut, une pente glissante, entre la convocation inconséquente d’entités collectives, le biais d’agentivité, le finalisme, les arguments du cui prodest (à qui profite le crime) et les théories du complot ».

    Mais sous la plume de Bronner et Géhin, cette volonté de transformer la sociologie, jugée défaillante, grâce à l’apport des neurosciences pose au moins deux problèmes majeurs. En premier lieu, cette volonté de solliciter la biologie pour comprendre la vie sociale de l’homme est tout sauf nouvelle, alors qu’elle se présente comme un parangon de modernité ; ensuite, elle est aussi tout sauf neutre, contrairement à ce qu’elle prétend. Les neurosciences sociales ne sont en effet que l’ultime avatar d’une longue lignée de travaux visant à étudier le comportement humain et, en particulier, sa vie en société, comme celui d’un animal biologique, dont l’histoire est problématique.

    Si l’on s’interdit ainsi de comprendre que le tout n’est pas que la somme des parties, et que le social n’est pas la simple juxtaposition d’interactions bilatérales entre individus, on plonge dans un réductionnisme où les notions d’institutions, d’agencement collectif, de contrats ou de structures sociales n’entrent pas en ligne de compte. À ce titre, Gérald Bronner et Étienne Géhin s’apparentent à des Margaret Thatcher des sciences sociales, convaincus, comme la Dame de fer, que « there is no such thing as society ». Un paradoxe, pour des chercheurs qui revendiquent encore le titre de sociologues…

    #Sociologie

    • oui et merci @bug_in d’avoir souligné ce texte, j’étais passé à coté.
      Les #neurosciences sont en pleine action de nuisance tout azimutes en ce moment (transhumanisme, sexisme, classisme). Cette tendance réactive le naturalisme sociale du XIX et c’est impressionnant mais malheureusement pas étonnant de voire à quel point ceci est promu partout dans les médias dominants.

      L’aspect scientifique de ces études dites neuroscientifique est bien plus discutable que les études sociologiques. La sociologie étudie de grands ensembles pour en faire des statistiques et voire apparaître les systèmes (ce que les #neuroscientistes appellent « complot »), alors que les neuroscientistes scannent deux abrutis chopé à la sortie d’une fac et font de ces résultats des lois sois disant biologiques indiscutables lorsque ca valide l’ordre sociale de leur agenda politique.

    • Je ne partage pas la critique de cette manière. Je pense juste que les études en neurosciences mises en avant sont surtout extrapolés dans un contexte d’analyse libérale, au lieu d’en rester stricto-sensu a un cadre descriptif qui révélerai par ailleurs surtout que nous savons peu de chose sur le fonctionnement du cerveau.

    • Oui mais celleux qui n’extrapolent pas et disent qu’ils ne savent rien sur le cerveau et refusent que leur travail servent à de la politique, c’est pas celleux qui s’attaquent à la sociologie et dont on parle ici. Par rapport aux pseudo neurosciences sur le genre que je connais mieux vu le décryptage fait par Odile Fillod sur le sujet cf http://allodoxia.blog.lemonde.fr , c’est pas de l’extrapolation des medias vulgarisateurs ou des politiques, c’est vraiment des pseudoscientifiques misogynes et homophobes qui veulent prouvé biologiquement la hiérarchie sociale.

    • Gérald Bronner dans une interview au Figaro :

      Le titre est à double sens. La sociologie est une science en danger. Certains discours qui émanent de la sociologie, qui ne sont pas représentatifs des avancées scientifiques, sont devenus envahissants dans l’espace public. Mais la sociologie est aussi un danger, lorsqu’elle devient une idéologie et qu’elle produit des effets de déresponsabilisation dans la société. Ce que nous voulons dire dans notre livre, c’est tout simplement que la sociologie ne doit pas être « un sport de combat » (selon le titre d’un documentaire dédié à Bourdieu), mais une science. La vocation de la sociologie doit être modeste. Elle ne doit pas se donner une mission politique. Par exemple, elle n’a pas pour ambition de réduire les inégalités, mais de démontrer qu’il existe des inégalités. La science démontre que la terre est ronde et pas plate, elle n’a pas à dire si c’est bien ou mal ! En tant que citoyens, nous sommes porteurs de valeurs, mais ce n’est pas le rôle de la sociologie de les porter ! La neutralité axiologique, c’est la liberté par rapport aux valeurs.

      Le point de vue de Frédérique Lordon :

      En plus d’être celle des marrons, l’automne serait-il également la saison des petits pâtés éradicateurs-scientistes ? 2016 nous avait gratifiés du « négationnisme économique » de Cahuc et Zylberberg qui entrait incontestablement dans la catégorie, avec même, disons-le, une légère tendance à la déjection. Sans aller jusque-là, 2017 sera-t-elle, avec Bronner et Géhin, l’année de la sociologie — ou disons de la sociologie du Point ?

      Économistes nettoyeurs ou sociologues de régime, dans les deux cas les épistémologues du dimanche sont lâchés. Pour l’économie, ça n’avait rien d’une nouvelle. Nous savons maintenant que ça « gagne ». En réalité c’est moins une affaire de disciplines différentes que d’inclinations communes à déclarer, au nom de la science, toute contestation de l’ordre social égarée, et ce dernier, partant, irréprochable. Avec bien sûr tout ce que cette folle prise de risque emporte de justes rétributions matérielles et symboliques — jusqu’à toucher la main du roi.

      On voit sur Internet des montages mettant en vis-à-vis des portraits de Bourdieu et de Gérald Bronner, énorme blague suggérant qu’il pourrait y avoir le moindre plain-pied, même polémique, entre celui qui fut peut-être le plus grand sociologue du XXe siècle et l’ambianceur sociologique du macronisme et de la presse de droite. Car c’est là toute l’ironie d’une opération qui, finalement semblable à celle des économistes de 2016, et identiquement compromise avec tous les pouvoirs temporels, n’hésite pourtant pas à donner des leçons de « neutralité axiologique », ce lieu commun épistémologique dont la date de péremption ne peut normalement pas excéder la fin d’un L2, et qui veut faire croire que les sciences sociales ont pour règle quasiment morale de demeurer dans une parfaite virginité politique. Cette façon particulièrement indigente de poser le problème — lui réel et profond — des rapports de la science sociale et de la politique n’a en réalité pour fonction que d’orchestrer la dénonciation du « biais » des autres — « idéologique » bien sûr. Quant à la neutralité, de Cahuc-Zylberberg à Bronner, qui pourrait avoir à l’idée de poser la moindre question ? : toute leur trajectoire parle pour eux…

      On notera au passage, et peut-être sans surprise, la remarquable convergence en cette matière de la sociologie médiatique et du discours médiatique lui-même, l’antinomie des « sociologues scientifiques » et des « sociologues militants » faisant parfaitement écho à celle, signée du chef Décodeur, des « journalistes neutres » et des journalistes… « militants ». Quand un sociologue se met à avoir l’épistémologie spontanée du Decodex, il est normalement temps de commencer à se poser quelques questions...

      http://blog.mondediplo.net/2017-10-13-Le-Nobel-l-economie-et-les-neurosciences
      #sociologie_du_Point #sociologues_de_régime

    • Un article sur Acrimed :
      http://www.acrimed.org/Le-Point-et-Pour-la-science-mettent-de-l-ordre

      La thèse des auteurs est simple : la sociologie est une discipline gangrenée par des courants de pensée qui feraient prévaloir des a priori idéologiques sur toute considération scientifique. Principalement visés, et boutés hors-la-science : Bourdieu et ceux qui s’en inspirent, ainsi que tous les tenants d’une sociologie critique. Mais emportés par leur élan, les auteurs disqualifient aussi Durkheim – considéré pourtant comme l’un des « pères fondateurs » de la sociologie – et plus largement tous les chercheurs – soit l’essentiel d’entre eux – proposant des explications proprement sociales aux phénomènes sociaux – c’est l’hydre « déterministe » –, plutôt que d’en faire des produits des conduites individuelles. De leur côté, Bronner et Géhin entendent (re)fonder empiriquement la sociologie autour des neurosciences et de la psychologie expérimentale. Un diagnostic et un positionnement scientifique qui les placent à la marge du débat académique et de la communauté des sociologues.


  • #Sociologie : le danger de la (pseudo) neutralité
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/071017/sociologie-le-danger-de-la-pseudo-neutralite

    Gérald Bronner prétend, dans son dernier livre, Le Danger sociologique, vouloir sauver la sociologie, au nom de la (neuro)science et de la neutralité idéologique. Son refus d’en faire un « sport de combat » cache plutôt une volonté de la transformer en exercice de soumission à l’ordre existant.

    #Culture-Idées #complotisme #Etienne_Géhin #Gérald_Bronner #idéologie #neurosciences #sciences_cognitives #sociologie_critique


  • L’utile en tête
    http://www.laviedesidees.fr/L-utile-en-tete.html

    L’humanité est composée de « tribus » qui ont chacune leur conception du bien et leurs valeurs. Comment les réconcilier ? Certainement pas en cherchant une illusoire vérité #morale, d’après J. Greene, mais en s’appuyant, à l’aide des #neurosciences, sur les intuitions qui peuvent nous être communes.

    Livres & études

    / morale, #utilitarisme, neurosciences

    #Livres_&_études


  • Le versant sombre des bons sentiments - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/2015/12/10/versant-sombre-bons-sentiments

    Quels sont les griefs ? « L’#empathie est biaisée ; nous sommes enclins à en ressentir davantage pour des personne séduisantes, qui nous ressemblent, ou avec qui nous partageons des racines ethniques ou nationales. Et l’empathie est bornée ; elle nous relie à des personnes individuelles, réelles ou imaginaires, mais elle est insensible au nombre » ; une seule souffrance proche compte plus que toutes les souffrances lointaines. De plus, la « détresse empathique » peut se révéler destructrice pour la personne qui l’éprouve, comparée à des formes de compassion émotionnellement moins chargées (comme le suggèrent notamment les expériences conduites par les neuroscientifiques Tania Singer et Olga Klimecki avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard).


  • Capsule expérience : Pannes d’émotions, pannes de décisions
    http://lecerveau.mcgill.ca/flash/capsules/experience_bleu04.htm

    Annotations :

    chez l’animal, la fonction essentielle de cette structure cérébrale est d’attribuer une signification émotionnelle aux stimulus sensoriels qui lui parviennent du monde extérieur. Lorsque l’amygdale reçoit un ou plusieurs de ces stimulus, elle en fait une rapide évaluation et présente au #cerveau une sorte de « rapport » sur ce que l’organisme doit en attendre. L’amygdale évalue le contenu du stimulus comme quelque chose de prometteur et de désirable, dont il convient de s’approcher, ou bien elle le classe comme un objet dangereux qu’il faut fuir. Pour procéder à cette évaluation rapide, l’amygdale fait appel à une information préprogrammée assez rigide, « engrammée » dans les circuits cérébraux de manière innée. Elle dispose (...)

    #neurosciences #_Antonio_Damasio #émotion #Science


  • Color Is a Dance Between Your Brain and the World - Facts So Romantic
    http://nautil.us/blog/color-is-a-dance-between-your-brain-and-the-world

    Since our experience of color is mediated by neurobiological processes, there’s been a tendency in the philosophy of color to argue that color—rather than being a property or feature of an object—is actually an illusion.Photograph by Nick Quaranto / FlickrWhen Robbert Dijkgraaf was a little boy, growing up in the Netherlands, he’d play in his home attic after school, often with a friend. It was dark inside except for the light streaming in from one window. One time, they closed the shades so only a sliver of photons could pass through. Robbert, holding a prism to the beam, found that it was like “holding a rainbow in your hand.” The prism, as Newton had observed centuries before, divided the white light, by refraction, into its constituent colors. The magic of that moment inspired him to (...)


  • par Hervé platelL’étude du #cerveau nous aide-t-elle à mieux comprendre l’impact de l’art sur nos vies ?
    http://www.nectart-revue.fr/nectart-4-herve-platel

    L’étude scientifique du cerveau et l’intérêt pour les activités artistiques en neurosciences sont tout à fait récents, et sont issus en particulier de la possibilité de visualiser le fonctionnement cérébral chez des sujets sains par les techniques de #neuro-imagerie au cours des années 1990. Dans un premier temps, les artistes ont fait preuve d’une grande méfiance vis-à-vis de ce que pouvaient dire ou essayer d’expliciter les neurosciences concernant les processus de créativité ou de jugement esthétique. Aujourd’hui, un mouvement d’intérêt, voire un engouement parfois immodéré s’opèrent de la part des pédagogues et enseignants en #art et des intervenants en art-thérapie, ce phénomène étant particulièrement remarquable en ce qui concerne la #musique. Ainsi, les résultats des #neurosciences_cognitives sont fortement (...)

    #Nectart_#4 #Révolution_technologique #pédagogie #soin


  • A propos de #post-vérité, un autre angle, les études de #neurosciences sur la #mémoire :

    La fabrique du #souvenir
    Kheira Bettayeb, Le Journal du CNRS, le 9 décembre 2016
    https://seenthis.net/messages/549854

    Pourquoi s’offusquer de la post-vérité ? C’est le mode par défaut de notre #cerveau
    Peggy Sastre, Slate, le 4 janvier 2017
    http://www.slate.fr/story/133049/post-verite-mode-defaut-cerveau

    #Dormir pour se souvenir
    Marine Corniou, Québec Science, le 2 janvier 2017
    http://www.quebecscience.qc.ca/10-decouvertes-2016/5-Neurosciences-Dormir-pour-se-souvenir