• La « ville sûre » ou la gouvernance par les algorithmes, par Félix Tréguer (Le Monde diplomatique, juin 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/06/TREGUER/59986

    « Résister à la mise sous surveillance totale de nos villes et de nos vies » : c’est l’ambition de la plate-forme Technopolice, lancée par plusieurs associations de défense des droits humains afin de documenter les projets de villes dites « intelligentes ». Pour mieux s’y opposer collectivement. En juin dernier, Félix Tréguer, membre de La Quadrature du Net, décrivait quelques-unes de ces « villes sûres », pointant la « privatisation sans précédent des politiques de sécurité » qu’elles favorisent, et fustigeant le « laisser-faire indolent » de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

  • #Reconnaissance_faciale : la #CNIL tique sur le bilan de l’expérience niçoise

    Pour la mairie de Nice, le test de la reconnaissance faciale mené en février est très satisfaisant. Mais le gendarme de la vie privée dit manquer de détails pour un véritable diagnostic.


    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/08/28/reconnaissance-faciale-la-cnil-tique-sur-le-bilan-de-l-experience-nicoise_55
    #Nice #surveillance #France
    ping @etraces

  • Boycottez AnyVision : société israélienne de surveillance par une reconnaissance visuelle « testée sur le terrain »
    Palestinian BDS National Committee (BNC), le 30 août 2019
    https://www.aurdip.org/boycottez-anyvision-societe.html

    AnyVision tire profit des violations, par Israël, des droits humains des Palestiniens et elle exporte sa technologie de surveillance répressive dans le monde entier.

    (...)

    Telefónica, société transnationale espagnole de télécommunications, et G4S, utilisent également la technologie d’AnyVision. La ville de #Nice, en #France, surveille les citoyens avec AnyVision et l’été dernier, l’entrée du stade de Londres était surveillée par AnyVision.

    Réaction à :
    https://seenthis.net/messages/687604
    https://seenthis.net/messages/745558
    https://seenthis.net/messages/761518
    https://seenthis.net/messages/792939
    https://seenthis.net/messages/793050
    https://seenthis.net/messages/793759
    https://seenthis.net/messages/796013
    https://seenthis.net/messages/798296
    https://seenthis.net/messages/798560

    #Anyvision #Anyvision_Interactive_Technologies #Microsoft #Qualcomm #Identité #Biométrie #Face-recognition #facial #vidéo-surveillance #sécuritaire #surveillance #Palestine #israel #Mossad #Armée #Cisjordanie #Occupation #BDS #Boycott

  • La promotion « gilets jaunes » de Christophe Castaner : les médailles de la honte

    Christophe Castaner vient de médailler, le 16 juin, un certain nombre de ses agents, parmi lesquels au moins cinq sont impliqués dans des enquêtes concernant des #violences_policières. Chargé des opérations le soir où #Steve a disparu à #Nantes, le commissaire Grégoire Chassaing y figure aux côtés de Rabah Souchi, à la tête de la charge de police ayant provoqué les blessures de #Geneviève_Legay à #Nice. Sont aussi concernés des agents impliqués dans le décès de #Zineb_Redouane à #Marseille et dans l’affaire du Burger King à #Paris...

    #paywall : https://www.mediapart.fr/journal/france/170719/la-promotion-gilets-jaunes-de-christophe-castaner-les-medailles-de-la-hont

    Créée en 2012, la médaille de la sécurité intérieure est « destinée à récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel (...), et à récompenser des actions revêtant un éclat particulier » ainsi que le précise le décret du 28 mars 2012. Pour l’année 2018-2019, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a pourtant choisi d’honorer des policiers ayant commis des violences policières.

    Parmi les médaillés de la « promotion exceptionnelle médaille de la sécurité intérieure « gilets jaunes » », récompensés le 16 juin, figurent Grégoire Chassaing, le commissaire qui a donné l’ordre d’utiliser les gaz lacrymogènes à Nantes le soir de la disparition de Steve Maia Caniço, mais aussi Rabah Souchi et sa compagne Hélène Pedoya, qui se sont distingués lors des opérations de maintien de l’ordre causant les blessures de Geneviève Legay.

    La médaille de la sécurité intérieure récompense le personnel du ministère qui, comme le précise le texte officiel, intervient dans les domaines suivants : « La défense des institutions et des intérêts nationaux, le respect des lois, le maintien de la paix et de l’ordre public, la protection des personnes et des biens et la prévention, la médiation, la lutte contre l’exclusion, l’aide aux victimes. »

    Cette distinction comporte trois échelons : bronze, argent et or. Un policier nous a expliqué qu’habituellement elle ne concerne que quelques centaines de personnes, les échelons or ou argent étant le plus souvent réservés aux blessés ou aux agents ayant déjà reçu une médaille de bronze.

    Par exemple, ont été récompensés des gendarmes étant intervenus lors du crash de l’avion Germanwings, causant la mort de 149 passagers, dans les Alpes en mars 2015. Ou des policiers ayant secouru un Anglais agressé par des supporters russes à Marseille durant l’euro 2016.
    Le ministère récompense ces actes de bravoure traditionnellement le 1er janvier et le 14 juillet. C’est donc une « promotion exceptionnelle », celle du 16 juin, officiellement nommée « gilets jaunes » qui vient d’être sélectionnée par Christophe Castaner. Mais elle ne l’est pas seulement pour le choix du calendrier.

    Elle l’est dans le procédé même de sélection auquel Mediapart a pu avoir accès. Le 16 avril, un courriel de la direction des ressources humaines des CRS à destination des commandants d’unité lance un premier appel aux candidatures pour la promotion 2018-2019. Le texte est le suivant : « En prévision d’une éventuelle promotion exceptionnelle [MSI] Médaille de la sécurité intérieure « Gilets Jaunes », vous voudrez bien nous transmettre en retour 15 fonctionnaires blessés dans le cadre du mouvement des « Gilets jaunes ». Ils devront avoir fait l’objet d’un arrêt de travail en privilégiant les ITT [incapacité totale de travail]. »
    Faute d’avoir suffisamment de candidats, un deuxième courriel de relance est envoyé, le jour même, élargissant les critères. Il y est noté : « Vu les nombreux retours néants, je vous sollicite de nouveau en élargissant les critères d’attribution ». Peuvent être désormais médaillés : « Des policiers méritants blessés dans le cadre des gilets jaunes », « en second lieu, des policiers blessés non méritants », et « en troisième lieu, ceux qui n’ont pas été blessés, mais qui ont réalisé une action remarquée durant cette période ».

    Lors du mouvement des gilets jaunes, Christophe Castaner a souvent communiqué sur les policiers blessés, sans jamais donner trop de précisions.

    Faute de « blessés » en nombre suffisant, les « non méritants » peuvent donc être promus. Dix jours plus tard, la Direction générale de la police nationale complète de nouveau le recensement, en l’ouvrant désormais à l’ensemble des officiers ayant participé aux opérations de maintien de l’ordre ainsi qu’aux majors des compagnies. Mieux, le tableau de candidature dans lequel doivent figurer les faits justifiant l’attribution de la médaille, est déjà pré-rempli par le ministère et « ne sera pas modifié ». Il est le suivant : « Gilets jaunes : engagement exceptionnel dans le cadre des gilets jaunes. » Les candidats auront d’office le bronze.

    Seuls sont exclus les agents absents durant toute la période des manifestations, et ceux ayant reçu un blâme ou étant passés en conseil de discipline. Mais ne le sont pas : les auteurs de violences policières, poursuivis dans le cadre d’enquêtes administratives menées par l’IGPN ou judiciaires.
    Le palmarès est terrifiant. Grégoire Chassaing, commissaire divisionnaire à Nantes, qui, le 21 juin, lors de la fête de la musique, a ordonné de gazer les jeunes rassemblés près d’une berge de la Loire, parmi lesquels Steve, porté disparu depuis ce jour.

    Le capitaine Bruno Félix reçoit lui aussi les félicitations de Christophe Castaner. Pourtant, il fait partie des policiers auditionnés dans le cadre de l’enquête sur le décès de Zineb Redouane, survenu à Marseille après avoir été touchée au visage par des éclats de grenades lacrymogènes lancées dans son appartement le 1er décembre. Ce CRS commandait ce jour-là les auteurs des tirs.
    Autre médaillé : le commissaire Rabah Souchi, en charge, le samedi 23 mars, à Nice, des opérations de maintien de l’ordre, ayant causé de graves blessures à la militante pacifiste Geneviève Legay. À cette charge, un capitaine de gendarmerie avait refusé de participer, la jugeant « disproportionnée » (à lire ici).

    Sa compagne, Hélène Pedoya, présente aux côtés de son conjoint le jour des opérations et chargée de l’enquête sur les violences policières commises ce jour-là est elle aussi félicitée par le ministre.

    Et enfin, le commandant divisionnaire Dominique Caffin reçoit une médaille. Il fait partie des CRS qui, le 1er décembre, ont matraqué plusieurs manifestants dans un Burger King, à Paris. De sources policières, il est connu pour être « particulièrement violent ». Le 8 avril, sur un plateau de BFM-TV, un commandant de gendarmerie, le colonel Michaël Di Meo avait lui-même ainsi commenté les images : « C’est de la violence policière. »

    Ils ont tous les cinq reçu la médaille de bronze et font partie de l’« exceptionnelle promotion gilets jaunes » 2018-2019 qui compte près de 9 000 médaillés, majoritairement en bronze.
    Normalement, il n’y a que quelques centaines de promus, nous confie un policier qui estime que cette sélection est affligeante. « Cela ressemble à la prime au résultat exceptionnel. » Quel résultat, celui de mettre en pratique des directives de plus en plus violentes en matière de #maintien_de_l’ordre ?"

  • This Israeli Face-recognition Startup Is Secretly Tracking Palestinians
    Amitai Ziv, Haaretz, le 15 juillet 2019
    https://www.haaretz.com/israel-news/business/.premium-this-israeli-face-recognition-startup-is-secretly-tracking-palesti

    Anyvision Interactive Technologies is one of Israel’s most curious startups. It has shown extraordinary growth, and its technology is being used by the army to monitor West Bank Palestinians at checkpoints on the way into Israel — while using a network of cameras deep inside the West Bank. The company’s co-founder and chief executive, Eylon Etshtein, told TheMarker that his company is sensitive to racial and gender bias and only sells to democracies.

    Anyvision is Israel’s most high-profile biometric recognition firm, particularly in facial recognition. The company notes that its software can be hooked up to cameras of all kinds and be installed and used immediately, requiring little computing capacity.

    TheMarker has learned that Anyvision is taking part in two special projects in assisting the Israeli army in the West Bank. One involves a system that it has installed at army checkpoints that thousands of Palestinians pass through each day on their way to work from the West Bank. The product lets the army quickly identify whether the person passing through has an Israeli work permit, thereby shortening the wait at the border.

    The army said in a statement in February: “As part of a wide-ranging program to upgrade the crossings in Judea and Samaria [the West Bank] through the addition of technology, 27 biometric crossings have been established and new identification and inspection stations have been added. The inspection procedure at the crossings has become more efficient and significantly faster.”

    Anyvision’s second project is much more confidential and includes facial recognition technology elsewhere in the West Bank, not just at border crossings. Cameras deep inside the West Bank try to spot and monitor potential Palestinian assailants.

    At TheMarker’s most recent Technovation conference in June, Yaniv Cohen, Anyvision’s accountant, described how the facial recognition firm built its first prototype in 2014 and launched its initial product commercially three years later, working with government clients, security agencies and foreign corporations. In 2018, Anyvision raised $28 million (led by the German company Bosch) and increased revenues sixfold.
    “The company operates in the field of picture processing, and its power is in its technology,” Cohen said. “Its people have developed new generations of the product at an extraordinary pace, which has let them attract customers and enter new markets, helping them quickly raise funds and race ahead.”

    Anyvision’s president, Amir Kain, is the former head of Malmab, the Defense Ministry’s security department. One of Anyvision’s advisers is Tamir Pardo, the former head of the Mossad intelligence service.

    Pinpoint accuracy

    According to a presentation on its website, Anyvision has a staff of 240 including 30 Ph.D.s and is based in Belfast, Northern Ireland. It says the company operates in 43 countries and at more than 350 locations such as stadiums, airports and casinos.

    It says its products are being used at some of the most well-protected airports in the world and claims a 99.9% accuracy rate for its facial recognition technology compared with 70% among competing systems. It says that on average, it suffers less than one false reading a day. Anyvision was recently named a Cool Vendor by Gartner, the research and consulting firm that honors breakthrough technology developed by startups.

    In the middle of last month, Anyvision raised $31 million from Microsoft’s M12 venture capital fund as well as investment fund DFJ Growth and Israeli investor Eyal Ofer’s O.G. Tech. The startup has raised $74 million in first-round funding at an estimated company valuation of $500 million. Firms that have already invested include Qualcomm and Lightspeed Venture Partners.

    The company sells three products based on its technology. The first, Better Tomorrow, identifies suspicious behavior; it’s the kind used at airports and casinos. Its SesaMe product uses facial recognition technology on smartphones; for example, Bank Hapoalim employs the system to let users open bank accounts through its app. The third product, Insights, can tell supermarket chains what shoppers are looking at in the aisles.

    “On a commercial level, industry has been trying for 15 years to develop facial and body recognition and computerized vision, but it didn’t come to fruition,” Etshtein, the co-founder and chief executive, told TheMarker. “We have the technology to make this leap, so we’re attracting the market’s attention.”

    The controversy over facial recognition

    Anyvision’s involvement in the West Bank is being revealed amid a lively debate around the world on the use of biometric technology, especially facial recognition. About a month ago, San Francisco became the first American city to outlaw facial recognition technology. And camera maker Axon recently decided to eliminate its products’ facial recognition capacity, based on the recommendations of an ethics committee that it had formed.

    “Regarding the global trend, I can say that a few newspapers have adopted a very left-wing approach. I wouldn’t say that it’s representative. We did a market study about the American population and found that the rate of support for facial recognition technology for use in security is off the charts,” Etshtein said.

    “We support regulating the field so that the technology won’t be biased based on gender or race, and also due to privacy issues. We’re very sensitive to such matters, so of all the companies in the world, Microsoft decided to go with us. We’re also working in the [U.S.] Senate, through lobbyists, to explain why artificial intelligence is a good thing,” he added.

    “No one in the world does mass surveillance other than China, and I don’t operate in China. I also don’t sell in Africa or Russia. We only sell systems to democratic countries with proper governments. For example, you’ll find statements by the mayor of Nice [France], who says he can finally locate a child who has gotten lost, an old person with dementia or someone with malicious intentions.”

    Presented with the argument that the West Bank isn’t governed democratically and that mass surveillance is being carried out there, Etshtein responded: “It’s really a huge dilemma, but I’m not the guy to ask this. Ultimately we’re a technology company that does the maximum so that its technology isn’t misused.”

    The American Civil Liberties Union recently published a major study — “The Dawn of Robot Surveillance” — on crowd monitoring using video technology and its impact on civil rights.

    Also, a high-profile information security researcher, Bruce Schneir, wrote: “It used to be that surveillance cameras were passive. Maybe they just recorded, and no one looked at the video unless they needed to. Maybe a bored guard watched a dozen different screens, scanning for something interesting. In either case, the video was only stored for a few days because storage was expensive.”

    “Increasingly, none of that is true,” he added. “Recent developments in video analytics — fueled by artificial intelligence techniques like machine learning — enable computers to watch and understand surveillance videos with human-like discernment. Identification technologies make it easier to automatically figure out who is in the videos. And finally, the cameras themselves have become cheaper, more ubiquitous, and much better; cameras mounted on drones can effectively watch an entire city. Computers can watch all the video without human issues like distraction, fatigue, training, or needing to be paid. The result is a level of surveillance that was impossible just a few years ago.”

    Quoting from the ACLU report, Schneir noted that they “won’t just record us, but will also make judgments about us based on their understanding of our actions, emotions, skin color, clothing, voice, and more.”

    Last month a number of civil rights groups including the ACLU sent a letter to Google, Amazon and Microsoft asking that they not provide such technology to the U.S. government. “We are at a crossroads with face surveillance, and the choices made by these companies now will determine whether the next generation will have to fear being tracked by the government for attending a protest, going to their place of worship, or simply living their lives,” Nicole Ozer, technology and civil liberties director for the ACLU of California, wrote in the letter.

    In October, Google announced that it was withdrawing from bidding on a $10 billion contract to develop facial recognition technology for U.S. military drones. The company dropped out following protests by its employees over the use of the technology. Google then said it had found that the technology could be used in ways that violate its ethics guidelines.

    A tool for good?

    Among Anyvision’s investors, Microsoft has attracted particular attention. According to Bloomberg, the U.S. company’s investment had been delayed so that Anyvision could ensure that its technology met Microsoft’s ethics standards.

    Bloomberg quoted Anyvision’s chief commercial officer, Max Constant, as saying: “They’re asking the question now of how do we leverage this in a way so that we can actually make sure that this is a tool for good.”

    What are Microsoft’s guidelines regarding tools for good? Israel’s military control over the West Bank, parts of which are under the jurisdiction of the Palestinian Authority, is opposed by the international community and is seen by many people around the world as a violation of human rights. The U.S. group Freedom House describes the West Bank as “not free,” with a rating of 25 out of 100 points.

    The Israeli surveillance operation in the West Bank is undoubtedly among the largest of its kind in the world. It includes monitoring the media, social media and the population as a whole — and now it turns out also the biometric signature of West Bank Palestinians. This monitoring op is now competing with the Chinese regime, that intensively uses facial recognition and monitors its civilians’ activity on social networks.

    Voir aussi :

    Israel secretly tracking Palestinians with FRT
    DM Chan, Asia Times, le 15 juillet 2019
    https://seenthis.net/messages/792939

    Et en #France, à #Nice (#Reporty) :
    https://seenthis.net/messages/745558
    https://seenthis.net/messages/761518

    La CNIL défavorable à l’utilisation de l’application de sécurité Reporty à Nice
    Claire Legros, Le Monde, le 22 mars 2018
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/03/22/la-cnil-defavorable-a-l-utilisation-de-l-application-de-securite-reporty-a-n

    A ces questions, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) vient d’apporter une première réponse, claire et motivée, à propos du dispositif d’origine israélienne Reporty, que la ville de Nice avait commencé à déployer.

    #Anyvision_Interactive_Technologies #Palestine #israel #surveillance #vidéo-surveillance #Face-recognition

  • Israel secretly tracking Palestinians with FRT
    https://www.asiatimes.com/2019/07/article/israel-secretly-tracking-palestinians-with-frt

    Israel’s most high-profile facial recognition technology (FRT) startup, Anyvision Interactive Technologies, is being used by the army to monitor West Bank Palestinians at checkpoints on the way into Israel — while using a network of cameras deep inside the West Bank, Haaretz reported. Anyvision is taking part in two special projects. One involves a system that it has installed at army checkpoints that thousands of Palestinians pass through each day on their way to work from the West Bank. (...)

    #surveillance #vidéo-surveillance #biométrie #CCTV #facial #discrimination #Anyvision

  • Affaire Legay : la gendarmerie a refusé d’obéir au commissaire de Nice
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240619/affaire-legay-la-gendarmerie-refuse-d-obeir-au-commissaire-de-nice

    La charge au cours de laquelle Geneviève Legay a été blessée était « disproportionnée ». Ce constat est celui de gendarmes dans un rapport du 25 mars qui ont refusé de participer aux opérations le 23 mars à Nice. Mediapart publie des extraits de ce document, preuve de violences policières.

    #Enquête #Nice,_Geneviève_Legay,_violences_policières,_gilets_jaunes,_A_la_Une

  • #violences_policieres
    Manifestante blessée à #Nice : la version de Macron et du procureur contredite par des #policiers - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280319/des-temoignages-accablants-dans-l-enquete-sur-les-blessures-de-genevieve-l

    D’autres témoignages que nous avons recueillis confirment que #Geneviève_Legay a été touchée par « un homme qui portait un bouclier ». Thibault Huart, #street_medic, secouriste auprès des personnes blessées lors des manifestations, précise : « Geneviève Legay a reçu un coup de bouclier au visage et s’est effondrée à ce moment-là. J’étais à un ou deux mètres d’elle avant et pendant la charge des policiers. Elle a bien reçu un coup des forces de police au visage, ce qui l’a fait tomber. Ensuite j’ai dû m’occuper d’un journaliste et je ne l’ai retrouvée que lorsqu’elle était à terre. J’ai voulu l’aider mais des policiers m’ont empêché de le faire. »
    Un autre street medic, René Paysant, a publié une vidéo dans laquelle il dénonce les interdictions faites par les policiers aux street medics de venir en aide à la victime. Thibault Huart et d’autres secouristes s’apprêtent à engager des poursuites pour non-assistance à personne en danger. 

    Joint par Mediapart, Bernard M. affirme lui aussi avoir vu Geneviève Legay « poussée par un policier et son bouclier pendant la charge. Une fois à terre, un policier l’a traînée. Elle a reçu des coups de pied. Et elle a été déplacée à deux mètres de sa chute, près d’un plot, d’un pylône ». Ce chef d’entreprise à la retraite a alerté les policiers sur les agissements de leurs collègues. « On m’a demandé de me taire. C’était effrayant. Je ne peux pas passer sous silence ce dont j’ai été témoin. » Le récit de Bernard soulève de grandes interrogations quant à la version du procureur selon laquelle Geneviève Legay aurait heurté un pylône. Ces coups pourraient-ils être à l’origine des côtes fêlées ?

    Une chose est sûre, qui ressort de toutes les auditions : le commissaire #Rabah_Souchi a donné l’ordre de charger. Comme le signale l’un des policiers auditionnés, « à un moment, je me retourne et j’entends Monsieur Souchi dire “#Chargez, chargez !” Suite à ces ordres, nous avons chargé les trois sections en même temps. »

  • Manifestante blessée à Nice : la version de Macron et du procureur contredite par des policiers - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280319/des-temoignages-accablants-dans-l-enquete-sur-les-blessures-de-genevieve-l

    La militante Geneviève Legay a été gravement blessée lors des manifestations du samedi 23 mars à Nice. Le président de la République et le procureur ont depuis affirmé que les forces de l’ordre ne l’avaient pas touchée. Or, le jour même de la manifestation, un rapport policier, consulté par Mediapart, attestait du contraire. Nous avons également recueilli d’autres témoignages qui renforcent l’idée d’un mensonge orchestré.

  • Macron à propos de la septuagénaire blessée : « Quand on est fragile, on ne se met pas dans des situations comme celle-ci » - Le Soir
    https://www.lesoir.be/214335/article/2019-03-25/macron-propos-de-la-septuagenaire-blessee-quand-est-fragile-ne-se-met-pas-dan

    Une enquête a été ouverte à Nice sur les circonstances dans lesquelles une manifestante septuagénaire, dont la famille va porter plainte, a été grièvement blessée samedi lors d’une charge de la police contre des manifestations de gilets jaunes.

    #Geneviève_Legay #Nice
    #benvoyons

  • A #Nice, une charge de la police contre les #GiletsJaunes entraine la blessure grave d’une porte parole de ATTAC, à la veille de la visite du président chinois #Xi_Jinping.


    [photo de Eric Gaillard (à confirmer) pour Reuters]

    Les « forces de l’ordre » ont tout fait pour empêcher le rassemblement #Acte19. #Emmanuel_Macron, président, #Christophe_Castaner, ministre, #Georges-François_Leclerc, préfet et #Christian_Estrosi, maire, s’étaient accordés pour transformer la ville en château-fort tout le week-end en prévision de l’appel régional des Gilets Jaunes qui coïncidait avec la rencontre présidentielle :

    Nice sous tension entre la visite ultra sécurisée du président chinois et les interdictions de manifestations
    https://www.20minutes.fr/nice/2479195-20190322-nice-sous-tension-entre-visite-ultra-securisee-president-
    Un important dispositif de sécurité est prévu pour encadrer la visite du président chinois dimanche à Nice.
    La préfecture a également décidé de sanctuariser certains quartiers de la ville, où les « gilets jaunes » ont lancé un appel à manifester samedi.
    Les Niçois s’apprêtent à passer un week-end dans une « ville morte ».

    Le préfet des Alpes-Maritimes détaille l’interdiction de manifester et de circuler à Nice
    https://www.francebleu.fr/infos/societe/quelle-partie-de-la-ville-sera-bloquee-reponse-en-detail-avec-le-prefet-d
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/03/eb605d4d-120c-401f-a003-134046ac4b57/870x489_plan-page-001_1.webp

    Vers 11h / 11h30, alors que moins d’une centaine de manifestant-e-s signifiaient très calmement leur opposition à cette cette interdiction de manifestation, plusieurs nasses ont été mises en place, dont une exclusivement pour une équipe d’une douzaine de médics présents. Vu que ça ne suffisait visiblement pas pour la hiérarchie, et malgré le ridicule de la disproportion, celle-ci a donné l’ordre de faire évacuer la zone. Les policiers ont alors procédé à leurs sommations, celles qui semblent les transformer immédiatement en machine, et ... ils ont avancé tel un rouleau compresseur. Piétinant toute personne sur leur chemin. Juste devant eux se tenait un groupe de 3 femmes, particulièrement et pacifiquement déterminées dans la démonstration de leur attachement au droit à manifester. L’une d’entre elles brandi un grand drapeau arc-en-ciel orné du mot PAIX.


    [Photo Sébastien Botella / nice matin]

    A plusieurs reprise des policiers avaient tenté de les dégager manu-militari, provoquant les sifflements indignés des gens autour. Lorsque la charge est lancée, les policier foncent dans le petit groupe, bousculant et piétinant tout le monde. Une des femmes tombe, ainsi qu’une caméra-woman. La femme la plus âgée reste au sol, inconsciente pendant un moment : sa tête a heurté un plot, elle est grièvement blessée. Mais un policier refusera sèchement qu’un des médics puisse sortir de la nasse pour lui porter secours. On peut voir l’ensemble de la scène sur cette vidéo de « Live Motard 06 » à partir de la 35è minute : https://www.facebook.com/2041691205878010/videos/2240183109532286 , vidéo libérée et sauvegardée par @BlackDjai là : https://archive.org/details/LiveMotard06LiveMotard06WasLive.SD

    On y voit distinctement et successivement le calme des manifestant-e-s, des médics qui se font contrôler et nasser, les sommations et la charge policière, la femme tombée au sol et le refus du policier de faire passer des médics...

    Ce qui est assez hallucinant c’est les tweets de France 3 Côte d’Azur :

    #GiletsJaunes Une femme a été blessée à #Nice dans le mouvement de foule provoqué par l’évacuation de la Place Garibaldi par les CRS. Elle a été évacuée par les pompiers. Il reste une dizaine de « gilets jaunes » Place Garibaldi. IMAGES
    https://twitter.com/F3cotedazur/status/1109417127512076288

    et leur article https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/19e-samedi-mobilisation-gilets-jaunes-malgre-interdicti
    Ça démontre une fois de plus le décalage incroyable entre le vécu de ce que rapportent les journalistes de terrain et la « neutralisation » de l’information par la production. On voit pourtant très bien sur leurs live :
    – combien c’était calme et que c’est l’intervention des policiers qui fait monter la tension : https://www.facebook.com/watch/?v=321468795179544
    – combien la charge a été violente et sans égards : https://www.facebook.com/watch/?v=309666656390396
    Les deux vidéos ont été libérées et sauvegardées par @ZiggyWorldA ici https://archive.org/details/GiletsJaunesUneFemmeAtBlesseNiceDansLeMouvementDeFouleProvoquParLvac

    Les médecins disent avoir eut très peur pour la vie de la femme blessée en l’examinant. Ils lèvent l’engagement du pronostique vital dans l’après-midi mais la gardent au moins 48h sous surveillance : elle est dans un état « extrêmement grave », souffrant de plusieurs fractures : au crâne, au rocher (oreille interne), et d’hématomes sous-duraux : elle aura surement, comme beaucoup, des séquelles à vie. Pour l’heure « Elle est consciente, sous perfusion de morphine, car elle a de violents maux de tête »
    Un article un peu complet de France Info : https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-ce-que-l-on-sait-de-la-septuagenaire-grievement-blessee-a

    Cette femme, âgée de 74 ans, est connue pour ses engagements comme porte-parole de Attac mais aussi dans d’autres associations, elle est très active, très entourée, elle n’était pas seule au moments des faits et de nombreuses vidéos et photos témoignent des violences qui lui ont été faites. Même si elle est sur un espace où la manifestation était interdite, la scène a choqué l’opinion publique. Il y a quelques crétins qui trouvent quand même malin de dire « gnagnagna elle avait qu’à pas être là », mais globalement, ça se tient. Pour l’instant. Peut être aussi que la mort de Zineb Redouane commence à être présente dans quelques esprits... Elle sera le 559ème signalement de @davduf : https://twitter.com/davduf/status/1109561600942501893
    Mais nous savons déjà tou-te-s que pour elle comme pour tous les autres, blessé-e-s, interpelé-e-s, c’est le début d’un long combat pour faire reconnaitre leurs droits.
    //edit : c’est l’avocat Arié Alimi qui la defendra.

    Le reste du week-end, Nice continuera d’être paralysée pour la rencontre entre les chefs Emmanuel Macron et Xi Jinping. Peut-être ce dernier donnera-t-il des conseils sur comment maitriser la communication, lui qui tente depuis 3 jours de contenir les informations sur le drame de l’explosion d’une usine chimique au Jiangsu. A ce jour, il y aurait plus de 60 morts et 90 blessés graves, « les autorités font tout pour dissimuler les informations » allant « jusqu’à recourir à des techniques inédites en perturbant un drone utilisé par un média » : https://seenthis.net/messages/769393

    #violences_policières #communication #mainstream

    • Gilets jaunes : la famille de la septuagénaire blessée à Nice va porter plainte, le parquet ouvre une enquête https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-la-famille-de-la-septuagenaire-blessee-a-nice-et-dans-le-

      La famille de la femme de 73 ans, blessée à Nice samedi, lors d’un rassemblement de « gilets jaunes » va porter plainte va porter plainte pour « violence volontaire en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique et sur personne vulnérable », a déclaré son avocat, Me Arié Alimi, sur franceinfo dimanche 24 mars.

      La septuagénaire est tombée après une charge des forces de l’ordre. Le procureur de Nice confirme à France Bleu Azur qu’une enquête a été ouverte samedi après-midi pour « recherche des causes des blessures subies ». Son pronostic vital était à ce moment-là réservé. Les images de vidéosurveillance de la place Garibaldi ont été saisies et « sont de très bonne qualité » dit le procureur. Un médecin légiste est allé s’entretenir samedi soir au chevet de la militante d’Attac à l’hopital Pasteur.

      La septuagénaire est « aujourd’hui dans un état extrêmement grave », dénonce Arié Alimi, avocat et membre de la Ligue des droits de l’Homme, sur franceinfo.

      Et aussi, troublant :

      « Ce qui nous inquiète, c’est que le préfet a donné à l’hôpital des instructions extrêmement fermes de ne pas communiquer à l’extérieur, y compris avec la famille qui a beaucoup de mal à obtenir des informations », a précisé l’avocat.

    • Soutien et analyse pertinente de Yannis Youlountas :

      Soutien à notre sœur de lutte, Geneviève, manifestante gravement blessée par la police, samedi à Nice. Mais attention cependant à ne pas tomber dans un piège !

      BLESSURE DE GENEVIÈVE LEGAY : COMMENT LE POUVOIR ET LES MÉDIAS À SA BOTTE CHERCHENT, UNE FOIS DE PLUS, À NOUS DIVISER

      Les photos et vidéos de la charge policière qui a renversé la manifestante niçoise sont actuellement en train de faire le tour du monde et de marquer les esprits. Cela, en raison de la charge symbolique de ces images : une militante septuagénaire immobile, avec un drapeau PAIX pour seul objet dans la main, se voit malgré tout violentée par les Robocops suréquipés du pouvoir.

      Oui, mais... Prenons garde ! Tout est dans ce « malgré tout » et d’autres termes similaires utilisés un peu partout aujourd’hui.

      Autrement dit, si Geneviève avait eu 40 ans de moins, s’était masquée le visage comme le font les émeutiers ou avait hissé un drapeau rouge ou noir, cela aurait-il été acceptable ?

      Non, bien sûr. La violence de l’État n’est jamais acceptable, qu’elle soit économique, sociale, écologique, militaire ou policière. Au prétexte des quelques miettes qu’il redistribue, l’État s’arroge le droit de contrôler totalement nos vies au service de la classe dominante qui, elle-même, contrôle l’État à tous les postes clés. L’État est l’outil par excellence de la classe dominante. Sans lui, les plus riches ne pourraient pas continuer à accumuler les titres de propriété, de créances et le profit tiré du travail des plus pauvres. Sans lui, notamment sa bureaucratie et ses forces du « maintien de l’ordre », cet ordre social totalement injuste s’effondrerait en quelques heures.

      C’est pourquoi, même quand les policiers blessent des émeutiers, il est toujours bon de rappeler quel est notre camp, quelle que soit notre façon personnelle de lutter.

      Nous devrions avoir le même respect et la même peine pour Geneviève qu’elle soit non-violente ou émeutière, et le même dégoût des méfaits de la police en service commandé par le pouvoir qui détruit nos vies et la Terre toute entière — pouvoir économique et politique qui n’en font qu’un puisque c’est le premier qui détermine le second en monopolisant les moyens de fabriquer l’opinion.

      Soutien à notre sœur de lutte Geneviève, non violente, membre des Gilets jaunes, d’Attac et d’Ensemble.

      Soutien également à tou-tes nos autres sœurs et frères de lutte, quelles que soient leurs façons de lutter contre le pouvoir mortifère pour faire advenir l’émancipation sociale.

      Rappelons deux choses, pour finir :
      – être pacifiste ne signifie pas forcément être non-violent, la plus grande partie du mouvement ouvrier à son origine était contre la guerre entre les peuples, mais bien décidée à en découdre avec les possédants et les briseurs de grève ;
      – être anarchiste et anticapitaliste, quelle que soit sa façon personnelle de lutter, c’est par conséquent désirer une société dépourvue de rapport de domination et d’exploitation donc non-violente, alors que ne pas résister, c’est permettre que perdure cette société violente, donc participer à cette violence, même sans rien faire.

      Prenons garde aux pièges que nous tendent ceux qui cherchent à nous diviser et n’oublions pas notre objectif commun : la liberté authentique, l’égalité réelle et la fraternité universelle.

      source : http://blogyy.net/2019/03/24/blessure-de-genevieve-legay-comment-le-pouvoir-et-les-medias-a-sa-botte-cher

  • Reconnaissance faciale au lycée : l’expérimentation avant la généralisation
    https://www.laquadrature.net/2018/12/19/reconnaissance-faciale-au-lycee-lexperimentation-avant-la-generalisati

    Le 14 décembre dernier, le Conseil Régional de PACA a voté une mesure visant à faire installer, à partir de 2019, des dispositifs de reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées de Nice et de…

    #Surveillance

  • Arrêté pour vol par des vigiles chez Auchan La Trinité, il décède le soir même Gregory Leclerc - 20 Octobre 2018 - Nice Matin
    https://www.nicematin.com/faits-divers/arrete-pour-vol-par-des-vigiles-chez-auchan-la-trinite-il-decede-le-soir-

    Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, a tenu une conférence de presse ce samedi midi au palais de justice de Nice. Un jeune homme de 21 ans est décédé vendredi soir à l’hôpital Pasteur 2 après avoir été arrêté pour vol par des vigiles privés du supermarché Auchan de la Trinité dans l’après-midi.

    Vendredi, un jeune homme de 21 ans originaire de Drap a été interpellé au supermarché Auchan La Trinité. Il venait de transvaser de l’alcool d’une bouteille dans une autre. Les vigiles, qui ont aperçu la scène sur la vidéo surveillance l’interpellent à 16h46.

    A l’arrivée des gendarmes, quinze minutes plus tard, le jeune homme est à terre, entouré de quatre vigiles, "dans un état de santé très dégradé" selon le procureur de la République. Les gendarmes appelleront les pompiers.

    Il décédera le soir même vers 21 heures aux urgences de l’hôpital Pasteur 2 de Nice. Une enquête a été ouverte pour "crime flagrant, homicide flagrant permettant de mettre en oeuvre tous les moyens possibles et imaginables", selon le procureur de la République de Nice.

    Il laisse ouverte toutes les hypothèses, mais « exige toute la vérité sur cette affaire ».

    "Une fois les faits de vol observés, la sécurité du magasin a été alertée. L’individu a été appréhendé par deux vigiles au passage des caisses dans des circonstances absolument normales", indique le procureur, se référant aux images de vidéo surveillance analysées depuis.

    Via les caméras, également installées dans les locaux de sécurité de l’hypermarché, les enquêteurs ont constaté que le jeune homme a soudain eu "un comportement particulièrement violent dont il sera recherché s’il résulte d’une crise d’épilepsie ou des circonstances liées à l’interpellation".

    Selon le procureur de la République, le jeune homme avait connu des précédents épileptiques.

    Le décès
    Après avoir été admis, le jeune homme a fait un premier arrêt cardio respiratoire à son arrivée aux urgences.

    Il a pu être réanimé mais un deuxième arrêt lui a été fatal vers 21 heures. Sa famille était présente hier soir à l’hôpital.

    La victime
    Selon le procureur de la République, il s’agit d’un jeune de 21 ans originaire de Drap, mais ayant déménagé à Saint-André-de-la-Roche. Il est "défavorablement connu des services de gendarmerie pour des faits de vol, de violences et de consommation de stupéfiants".

    Les premiers examens
    Selon le procureur de la République, le corps de la victime a été examiné ce matin mais sera autopsié dans les jours qui viennent. "Ce que j’ai de la part du médecin légiste, c’est que le corps présente des traces d’appréhension, peut-être même de fractures et sans doute un oedème cérébral."

    Toujours selon le procureur qui a interrogé les médecins, l’oedème pourrait résulter d’une crise d’épilepsie. Pas plus d’explications en revanche pour l’instant sur les fractures. Seul un examen plus approfondi - l’autopsie - permettra d’en connaître les causes.

    L’enquête
    Elle est confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Nice. "Une dizaine d’enquêteurs sont engagés, avec une montée en puissance si nécessaire. La police technique et scientifique est mise à contribution. Aucune hypothèse n’est écartée de façon à ce que la lumière soit faite", commente le colonel Boualam, de la compagnie de gendarmerie des Alpes-Maritimes.

    Il dit être en contact "étroit et transparent" avec la famille depuis vendredi soir. Le procureur insiste sur le fait que toutes les pistes sont étudiées.

    La vidéo surveillance est toujours en cours d’exploitation et les vigiles sont actuellement entendus.

    Le procureur rappelle que le jeune homme n’est pas mort dans le supermarché mais à l’hôpital et indique donc que tout son parcours sera étudié depuis l’hypermarché jusqu’à son admission.

    "Cela va être une enquête très difficile", prévient le procureur de la République.

    #auchan #décès #violence #mort #Nice #Décathlon, #Oosterdam-Pimkie, #Acadie #Maison-Familiale #Kiabi #Happychic ( #Jules, #Brice ), HTM Group ( #Boulanger etc ...), #Agapes ( #Flunch ...), #Cultura , #Mobivia ( #Norauto ), #Mulliez 

  • Ces droits communs pris dans les filets antiterroristes : « Mon client me dit toujours : "Ce costume est trop grand pour moi !" » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/31/ces-droits-communs-pris-dans-les-filets-antiterroristes-mon-client-me-dit

    Dans les dossiers terroristes, combien de mis en cause ont une implication secondaire ? Si l’approche chiffrée est délicate, « Libé » a recensé quelques cas emblématiques dans les affaires les plus récentes, de Charlie à l’attentat de Nice.

    Dans les dossiers terroristes, combien de mis en cause relèvent en réalité du simple droit commun, et se voient appliquer des règles réservées aux détenus les plus dangereux ? L’approche chiffrée est délicate, tant l’appréciation relève du contenu même des investigations. Et évidemment de l’avis des magistrats instructeurs. Toutefois, Libération a pu recenser quelques cas emblématiques, ressemblant en tout point à la sombre destinée carcérale d’Aleksander H. : absence de radicalisation, implication très périphérique dans les projets terroristes, mais traitement tout aussi sévère que les auteurs directs, tant au plan des poursuites pénales que du régime de détention. « Effectivement, la justice antiterroriste semble souvent peu encline à distinguer les profils, observe l’avocate Clémence Witt. A fortiori dans les dossiers médiatiques, où sortir un client de prison, même quand il présente des garanties, tient du sacerdoce. La plupart du temps, la détention provisoire est prolongée artificiellement pour satisfaire le besoin de fermeté insatiable de l’opinion publique. »

    « Justice irrationnelle »

    En ceci, l’instruction sur l’attentat de #Nice – 86 morts et 458 blessés le 14 Juillet 2016 sur la promenade des Anglais – est éloquente. Les investigations distinguent en effet nettement deux cercles parmi les complices présumés du tueur, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Celui des proches radicalisés et celui de ceux ayant contribué à la fourniture des armes. Parmi ces derniers, plusieurs membres de la diaspora albanaise des Alpes-Maritimes, ainsi que des petits délinquants. Brahim T. en fait partie. Comme Aleksander H. (Libé du 1er août), il a été incarcéré lors du coup de filet de décembre 2016 pour des faits mineurs. Et comme Aleksander H., il n’a rien à voir, de près ou de loin, avec l’Etat islamique. Concrètement, la justice lui reproche à lui aussi d’avoir participé indirectement à la fourniture d’un pistolet, en mettant en relation deux maillons de la chaîne de revente via ses réseaux de cocaïne.

    Pourtant, un an et demi après son arrestation, Brahim T. est toujours en détention, à la maison d’arrêt de Nanterre. Son état psychologique se dégrade et son corps est couvert par les piqûres d’insectes. « Dans ces dossiers, on a parfois l’impression de faire face à une justice irrationnelle. On attend d’un système aussi élaboré que le nôtre qu’il individualise et fasse bien la part des choses entre les personnes poursuivies. Au lieu de ça, on se heurte à des décisions de maintien en détention quasi automatiques, à revers du contenu des enquêtes, invoquant invariablement les risques de fuite et le trouble à l’ordre public. C’est au mieux décourageant, au pire révoltant », regrette l’avocate de Brahim T., Margot Pugliese.

    Le dossier des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher comporte la même équation. Les terroristes étant tous morts – les frères Kouachi pour le journal satirique, Amedy Coulibaly pour le magasin situé à la porte de Vincennes –, une quinzaine de complices présumés demeurent poursuivis. Comme pour l’attentat de Nice, les enquêteurs se sont essentiellement concentrés sur la chaîne d’approvisionnement des armes, les commanditaires demeurant mystérieux. Si certains mis en cause sont très impliqués dans cette logistique, d’autres le sont à l’évidence moins, et ne connaissaient pas les terroristes. Pourtant, la majeure partie est toujours en détention provisoire, plus de trois ans et demi après les faits. Leurs différents conseils craignent qu’ils y restent jusqu’au procès, au nom d’un principe de précaution qui ne dit pas son nom.

    « Petit voyou »

    « On se heurte à une question de politique pénale. Le sort de ces individus-là entre en opposition avec le principe fondamental de la personnalisation », abonde l’avocate Léa Dordilly, dont l’un des clients, Mohamed A., est soupçonné d’avoir fourni un pistolet à grenaille à l’auteur de l’attaque d’une militaire à Orly, le 18 mars 2017. Plus précisément, l’homme de 32 ans a conservé à son domicile, durant quelques jours, l’arme de Ziyed Ben Belgacem avec lequel il avait été mis en relation via un ami. Depuis, Mohamed A. est toujours en détention provisoire – une mesure qui, en matière criminelle, ne peut excéder un an, sans être réexaminée tous les six mois. Si le trentenaire possède à son casier judiciaire moult mentions, du délit routier aux stups, celui que ses proches décrivent comme un « petit voyou » totalement désintéressé de la religion n’a rien d’un terroriste. Les premiers éléments de l’instruction ont montré que le mis en cause n’était pas radicalisé, n’avait ni de lien avec l’Etat islamique ni de contact fiché S. Et encore moins de connaissance préalable du projet terroriste de Ziyed Ben Belgacem, ancien braqueur au profil trouble dont l’attaque a été qualifiée de « fuite en avant » par François Molins.

    « Mon client me dit toujours : "Ce costume est trop grand pour moi !" » poursuit Me Dordilly, qui a demandé en mars dernier un placement sous surveillance électronique assorti d’une assignation à résidence. Invoquant le risque de troubles à l’ordre public et de réitération des faits, la chambre de l’instruction a refusé cette libération conditionnelle. « On m’oppose aussi les nécessités de l’instruction, alors même qu’il n’a pas été entendu pendant une année entière », déplore le conseil. Depuis la prolongation de sa détention, Mohamed A. a maigri et peine à se projeter vers l’avenir… Dans son rapport 2015-2016, la commission de suivi de la détention provisoire, s’interrogeant sur les conséquences du contexte des attentats et de l’état d’urgence sur les pratiques judiciaires, notait : « L’idéologie du principe de précaution, de l’aversion au risque et du "zéro défaut" vient forcément colorer l’exercice du juge, de plus en plus tétanisé par les dénonciations en laxisme et en irresponsabilité : on ne saurait dès lors s’étonner de la raréfaction des mesures de remise en liberté et de la répugnance à recourir aux mesures alternatives à la détention. »

    « Démarches d’insertion »

    Sur cette question, le cas d’Adel #Kermiche est sans doute le plus emblématique. L’homme de 19 ans était sous contrôle judiciaire lorsqu’il a tué, avec Abdel-Malik Petitjean, le père Jacques Hamel en pleine messe dominicale à l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le 26 juillet 2016. Incarcéré à Fleury-Mérogis au printemps 2015 après une deuxième tentative de départ en Syrie, il faisait l’objet depuis quelques mois d’une libération conditionnelle assortie d’un placement sous bracelet électronique. Dans son ordonnance, dont le Monde avait dévoilé des extraits, la juge d’instruction motivait sa décision par le fait qu’Adel Kermiche disait avoir « pris conscience de ses erreurs » et se montrait « déterminé à entamer des démarches d’insertion ». Loin d’être convaincu, le parquet antiterroriste avait alors fait appel, mais la chambre de l’instruction n’avait pas suivi.

    A posteriori, la décision n’avait pas manqué de susciter l’ire de l’opinion publique et de certains politiques. « Question : que ressent la juge qui a ordonné – contre l’avis du parquet – la remise en liberté d’Adel Kermiche, le bourreau du père Jacques ? » avait tweeté Roselyne Bachelot, parmi d’autres. L’événement a-t-il suscité une certaine réticence chez les magistrats quant à remettre en liberté des profils impliqués, même à des niveaux périphériques, dans des dossiers terroristes ? Ou incité à jouer la carte de la prudence, en allongeant plus systématiquement la détention provisoire ? Si le cas Kermiche « a secoué » la galerie Saint-Eloi, « on essaie toujours d’individualiser les problématiques », assure un juge antiterroriste, qui précise : « Nous passons notre vie avec eux ! Nous menons des heures d’interrogatoires, qui donnent lieu à des échanges très aboutis. Ce sont des indications qui nous permettent d’apprécier chaque cas. Sur des faits d’attentats, d’une gravité particulière, il est absolument essentiel que tout l’environnement des auteurs présumés soit mis en évidence. Cette problématique du personnage périphérique va être remise en question au gré des investigations. C’est le principe même de l’instruction : on cherche. A charge ou à décharge. Si on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’élément objectif, on peut retomber dans une qualification de droit commun. »

    Sorte de Jawad Bendaoud

    « Le prévenu se trouve pris dans les mailles d’un filet global qui ne recherche pas la responsabilité pénale individuelle », considère à l’inverse l’avocat Patrick Baudouin, pour qui la logique pénale actuelle, forte d’un puissant arsenal législatif antiterroriste, ne permet que très peu d’échapper à un traitement judiciaire indifférencié. Mais l’affaire ne serait pas nouvelle. Le président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) juge que « le vers est dans le fruit » depuis l’introduction dans le code pénal, en 1996, de la notion d’« association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », l’AMT. « Une incrimination fourre-tout permettant d’emblée de mettre en examen très facilement et en bloc. »

    En 2004, le conseil avait défendu Samir Korchi, un Marocain soupçonné d’avoir apporté un soutien logistique indirect à des terroristes : il avait hébergé dans sa chambre de bonne des Algériens et des Tchétchènes fomentant un projet d’attentat (déjoué) contre la cathédrale de Strasbourg. L’homme de 30 ans avait été condamné à quatre ans de prison. « En terme intentionnel, c’était extrêmement discutable », se souvient Patrick Baudouin (FIDH). Une sorte de Jawad Bendaoud anté-13 Novembre ? « La logique est similaire, le tort est le même : celui d’avoir hébergé des terroristes. » Mais le médiatique « logeur de Daech » a été relaxé, lui. « C’est très rare, surtout dans une affaire de cette importance », souligne Patrick Baudouin. Le trentenaire ayant d’abord fait l’objet d’une mise en examen pour « AMT », avait vu celle-ci requalifiée en « recel de malfaiteurs ».

    Traitement rude

    Toujours est-il qu’en attendant d’être jugés, les mis en examen pour « AMT » font l’objet d’un traitement particulièrement rude en détention. Fouilles à corps abusives, fouilles de cellule fréquentes, absence d’activités ou de promenade… « On constate que les détenus impliqués dans des affaires de terrorisme ou suspectés de radicalisation font souvent l’objet d’une restriction de l’accès au travail ou à une formation professionnelle », rapporte la contrôleure générale des lieux de privation et de liberté (CGPL), Adeline Hazan, qui a d’ailleurs saisi le directeur de l’administration pénitentiaire en décembre 2017 après que des « consignes générales » visant ce type de détenus ont été émises à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Or, rappelle Adeline Hazan, « tous les détenus qui le demandent devraient avoir accès à un travail ». Mais dans les faits, c’est plus compliqué : la décision revient à une commission pluridisciplinaire unique. « Il y a forcément une forme d’arbitraire », s’inquiète la CGPL qui dit rester « hypervigilante » : « Il faut veiller à respecter un équilibre entre les droits fondamentaux et les impératifs de sécurité. Encore plus dans ces dossiers. »
    Chloé Pilorget-Rezzouk

    #terrorisme #prison #justice

  • Attentat de Nice : accusé à tort de terrorisme, retrouvé pendu à Fleury - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/31/attentat-de-nice-accuse-a-tort-de-terrorisme-retrouve-pendu-a-fleury_1670

    Arrêté en 2016 dans le cadre de l’enquête sur l’origine des armes de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Aleksander H. n’a eu de cesse de réfuter les accusations de #terrorisme. Il s’est suicidé début juin alors que la justice s’apprêtait à le reconnaître comme un prévenu ordinaire.

    Un corbeau ombrageux pour dernier visiteur. Mirage de son esprit fragile, le volatile se posait de temps à autre sur la fenêtre de sa cellule. Les jours mauvais, le diable en personne s’invitait dans son petit réduit de la maison d’arrêt de #Fleury-Mérogis (Essonne), lui faisant humer la mort. Le 8 juin, las de ses divagations hallucinées, Aleksander H., 38 ans, s’est suicidé peu après l’heure du déjeuner. Il s’est pendu avec un lacet aux barreaux de sa fenêtre, les mêmes qui servaient de perchoir à l’oiseau de mauvais augure. Lorsqu’un surveillant et des détenus auxiliaires l’ont découvert, Aleksander H. était à genoux, comme assoupi. Une heure de massage cardiaque n’y fera rien.

    Mis en examen pour son implication dans l’attentat de Nice (86 morts et 458 blessés le 14 juillet 2016), le quasi quadragénaire ne supportait plus la suspicion qui pesait sur ses épaules. Non pas que le golgoth, né le 24 mars 1980 à Gjocaj, en Albanie, soit un enfant de chœur : la prison, il connaissait, après plusieurs séjours effectués pour divers trafics. Mais cette fois-ci, les soupçons de terrorisme étaient trop lourds à porter pour celui qui disait vomir l’acte de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel : un camion de 19 tonnes lancé à pleine vitesse sur la promenade des Anglais. Ironie de l’histoire, Aleksander H. se trouvait ce soir-là place Masséna, à quelques centaines de mètres du camion sanguinaire, avec sa femme, Liljana, et leur fils de 17 mois, Ludovik. Avant d’être complice présumé, il aurait pu être victime.

    Ce n’est que six mois après la tuerie, en ayant savamment remonté la piste des armes achetées par Lahouaiej-Bouhlel, que les policiers arrivent jusqu’à Aleksander H.. A cette époque, le jeune père de famille travaille au noir sur des chantiers et perçoit un salaire d’environ 800 euros par mois. En situation irrégulière, il sous-loue avec sa famille un petit appartement à « Diu », une connaissance. Happé par la faune locale, notamment la diaspora albanaise, Aleksander H. verse parfois dans divers trafics. Le 12 décembre 2016, lorsque la sous-direction antiterroriste de la PJ (Sdat) l’interpelle, elle s’intéresse au cheminement d’un pistolet et d’une kalachnikov tombés entre les mains de #Lahouaiej-Bouhlel. Le temps de cerner l’implication d’Aleksander H., sur le plan logistique ou idéologique, les juges le placent en détention provisoire. « Quand je l’ai rencontré, il était confiant, certain que la justice comprendrait vite qu’il n’avait aucun lien avec le terrorisme », se souvient son avocate, Olivia Ronen. Il lui clame : « Si tu crois en Dieu, tu fais jamais ça [les actes terroristes, ndlr]. » Aleksander H. se revendique d’ailleurs chrétien, à mille lieux de la doctrine jihadiste.

    « Je suis contre eux »

    Enfant, dans sa petite école nichée au cœur des montagnes albanaises, le garçonnet apprend le français. Sa maîtrise de la langue de Molière est si bonne que l’interprète qui l’assiste n’ouvre jamais la bouche lors des interrogatoires devant le juge. Après une scolarité classique, Aleksander H. décroche un diplôme de mécanicien. Mais il quitte subitement l’#Albanie, à 14 ans, pour s’établir en Grèce. Deux de ses quatre frères et une de ses quatre sœurs y sont alors installés. Est-ce par pression familiale ou quête d’un avenir meilleur qu’il fait le mur ? Nul ne le sait. Toujours est-il qu’Aleksander H. passe onze ans de sa vie en Grèce. Comme de nombreux citoyens albanais, il y subit un racisme débridé et vit dans des conditions précaires. C’est à cette époque, qu’il tombe peu à peu dans la délinquance. En 2012, après des passages éclairs en Italie, Aleksander H. tente sa chance à Paris. La France lui plaît tant qu’il envisage de s’y poser pour toujours. Mais sa faible qualification et son passé judiciaire ne plaident pas en sa faveur. Dans la roue d’un ami, vivotant de travaux dans la maçonnerie, il finit par gagner #Nice, où Liljana le rejoint en 2014. Signe de leur attirance pour les Alpes-Maritimes, la jeune femme dépose une demande d’asile et Ludovik naît quelques mois plus tard, à l’hôpital de l’Archet. Lorsqu’a lieu la tuerie de la promenade des Anglais, Aleksander H. semble enfin en voie de sédentarisation. Dès sa garde à vue, l’Albanais est très irrité d’être assimilé à un jihadiste :

    – « Avez-vous déjà côtoyé des musulmans radicaux ? interroge le policier.

    – « Non, cela ne m’intéresse pas, je suis contre eux.

    – « Que pensez-vous de l’organisation terroriste Daech ou Etat islamique ?

    – « Je ne suis pas d’accord avec eux, je les déteste. Ils pourraient tuer mon fils. »

    Puis, interrogé sur son ressenti à la suite de l’attentat de Charlie Hebdo, Aleksander H. laisse poindre un certain racisme : « C’est la faute de l’Etat français car vous donnez tout aux Arabes. »

    En prison, cette colère ne le quittera jamais. Au printemps, après plus d’un an de détention, son état se détériore gravement. Il parle seul, crie, ne dort presque plus. Surtout, il s’indigne que la direction de la maison d’arrêt lui interdise de travailler (une règle fréquente pour les détenus poursuivis pour terrorisme). Seul dans sa cellule, Aleksander H. désespère. Les matchs de foot dans la cour de promenade sont ses seuls moments de joie. Après son arrestation, Liljana et Ludovik sont retournés au pays. Au parloir, plus personne ne l’attend. Un soir de mélancolie tenace, l’Albanais avale une petite boulette de shit, qu’il a chapardé les jours précédents. Et décompense violemment. Inquiet, le personnel pénitentiaire le place d’urgence en service médico-psychologique régional, une unité de soins en santé mentale. Il y restera deux semaines. A son retour à Fleury, sa fragilité est telle que les surveillants ont ordre de passer le voir toutes les heures.

    « J’ai senti la mort »

    Rien n’y fait. Aleksander H. veut sortir ou mourir. Le 5 juin, un débat sur la prolongation de sa détention a lieu une nouvelle fois au palais de justice. Tentant le tout pour le tout, le jeune homme déclame sa détresse : « En détention, j’ai senti la mort. J’ai vu le diable en train de m’égorger. Je ne peux plus vivre comme ça, j’ai jamais pleuré mais là je suis mal, je veux me suicider. […] C’est la première fois que je pleure, j’aime bien la France. Les médicaments me mettent plus mal. J’ai un enfant de 3 ans, ma femme en Albanie et ma mère. Je pense qu’à me suicider, j’en ai marre. […] Je peux dormir au commissariat s’il le faut. »

    Maintenu à l’ombre, Aleksander H. se pend quatre jours plus tard, à 14 h 52. Cruelle confidence d’une source judiciaire à Libération : l’accusation et la juge chargées du dossier étaient à deux doigts de revoir les poursuites le visant. Ils comptaient épargner à l’Albanais les crimes terroristes, pour ne retenir que les délits connexes liés à la fourniture des armes. Dans les jours qui ont suivi son décès, son avocate, Olivia Ronen, s’est démenée pour que l’ambassade d’Albanie avance les frais de rapatriement du corps. Et éviter à Aleksander H. de sombrer dans l’anonymat de la fosse commune de Fleury-Mérogis.
    Willy Le Devin

    #prison #suicide #Aleksander_H

  • [RussEurope-en-Exil] La catastrophe de Gènes, l’Union européennes et la crise de sous-investissement que connaît l’Italie, par Jacques Sapir
    https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-catastrophe-de-genes-lunion-europeennes-et-la-crise

    La catastrophe de Gènes, l’effondrement du pont Morandi, a bouleversé l’Italie et, au-delà, a choqué profondément la population française. L’écroulement d’une infrastructure de cette sorte pose d’innombrables questions. Tout d’abord, comment une telle catastrophe est-elle possible ? Des dizaines de millions d’automobilistes empruntent tous les ans ces grands ouvrages d’art. Comment se fait-il que l’entretien […]

    • . . . . .
      La concession de l’autoroute Milan-Gènes a été accordée en 2007 au groupe #Benetton soit sous le gouvernement de #Silvio_Berlusconi. Cette privatisation s’est faite dans des conditions discutables. Ainsi, le contrat de concession ne fut jamais rendu public et il est même couvert par le secret d’Etat[2].

      Symbole donc de cette mise en concession des infrastructures autoroutières, la situation du #pont_Morandi est complexe. La société concessionnaire (jusqu’en 2038) est #Autostrade Per l’Italia une société qui est la propriété à 88% du consortium Atlantia[3]. Ce consortium détient près de 50% du réseau autoroutier de l’Italie, et de nombreuses autres #infrastructures (dont les aéroports de #Nice et de #Cannes en France). Ce consortium a lui-même une structure de propriété assez complexe.

      Graphique 1

      Près de 45,5% des actions sont sur les marchés financiers. Sur les 54,5% restant, le principal actionnaire est #Sintonia (Edizione) qui appartient à la famille Benetton. Cette dernière est donc bien la responsable en dernier ressort.
      Par ailleurs, Atlantia a acquis des sociétés en #France, en #Pologne, au #Brésil et en #Inde, ainsi que, récemment, en #Espagne. Elle a ainsi acquise le groupe espagnol #Abertis qui a nommé comme l’un de ses directeurs en novembre 2016 M. Enrico Letta, qui fut le Président du Conseil italien en 2013-2014[4].

      La confusion des genres est ainsi évidente entre le monde des affaires (la famille Benetton), les banques et l’élite politique italienne. Mais, au-delà de cette collusion, on voit apparaître la responsabilité de l’#UE qui a fait de multiples pressions, directes (au nom de la sacro-sainte #concurrence) ou indirecte (en pressant l’Italie de réduire son déficit) pour que l’on arrive à cette situation où les #autoroutes sont, de fait, en gestion privée, et cela dans des conditions d’#opacité peu communes.
       
      2 – La place d’Autostrade Per l’Italia dans le « système » Atlantia
      Si l’on regarde de plus près les comptes d’Autostrade Per l’Italia on constate que cette société a fait des #profits très importants. Des profits que l’on peut même trouver excessifs. Que l’on en juge :

      Graphique 2
      Bilan d’Autostrade Per l’Italia
      Années 2016 et 2017


      Source : https://www.autostrade.it/documents/10279/4408513/Relazione_finanziaria_annual_ASPI_2017_completa.pdf

      On constate que ce que l’on appelle l’EBIT (soit Earnings Before Interest and Taxes) ou Revenus avant le paiement des intérêts et des impôts représente, en % de recettes pour 2016 pas moins de 49,3% et pour 2017 environ 48,5%. Autrement dit, cette société dégageait une somme d’#argent extrêmement importante qui, une fois les impôts et les intérêts payés, pouvait être supérieur au milliard d’euros, soit près de 25% du chiffre d’affaires d’environ 4 milliards en 2017. Autrement dit, Autostrade Per L’Italia était ce que l’on appelle vulgairement la « machine à #cash » du consortium Atlantia.

      Comment pouvait elle jouer ce rôle ? Quand on regarde le bilan d’API on constate qu’elle dépensait très peu pour l’entretien des autoroutes : en 2017 seulement 85 millions d’euros[5]. Il semble bien, de plus, que les coûts d’entretien soient beaucoup plus élevés dans le secteur privé que dans le secteur public.

      On en arrive à une première conclusion : API a sous-entretenu le réseau dont elle avait la responsabilité, afin de pouvoir payer grassement ses « propriétaires », soit la société Atlantia qui utilisait cet argent pour se livrer à de nouvelles acquisitions à l’international. Compte tenu du fait qu’API appartenait à 88% à Atlantia, la responsabilité de cette politique, qu’il faut bien appeler de catastrophique au vue de la tragédie du pont Morandi, repose en réalité sur Atlantia. Et, cette société appartenant de fait à la famille Benetton, via l’actionnaire majoritaire d’Atlantia qui est la société Sintonia, c’est sur les propriétaires de #Sintonia que doit retomber le blame.
      . . . . . . .

      [2] https://www.ilfattoquotidiano.it/2018/08/16/ponte-morandi-costi-benefici-e-modalita-della-revoca-ad-autostrade-ma-gli-accordi-siglati-con-i-concessionari-sono-top-secret/4561884

      [3] http://www.atlantia.it/en/operations/italian-motorway-operations

  • Économie | Gênes : 1 milliard d’euros de dividendes versé en 2017 aux actionnaires du viaduc autoroutier effondré | La Provence
    https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5110516/genes-1-milliard-deuros-de-dividendes-verse-en-2017-aux-actionnaires-du-


    La cupidité tue

    Le groupe Atlantia qui possède le gestionnaire d’autoroute italien Autostrada per l’Italia dont une portion de viaduc s’est effondrée ce mardi à Gênes plonge de 20% en bourse actuellement. Sous le feu de vives critiques, le groupe Atlantia est menacé par le gouvernement italien de perdre la concession octroyée à Autostrada per l’Italia sur le tronçon où se trouve le pont effondré.

    Sur les 6 premiers mois de l’année 2018, le groupe Atlantia a déjà versé 654 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires, et 994 millions d’euros en 2017 (source investing.com).

    • Benetton
      https://seenthis.net/messages/715776

      . . . . .
      La concession de l’autoroute Milan-Gènes a été accordée en 2007 au groupe #Benetton soit sous le gouvernement de #Silvio_Berlusconi. Cette privatisation s’est faite dans des conditions discutables. Ainsi, le contrat de concession ne fut jamais rendu public et il est même couvert par le secret d’Etat[2].

      Symbole donc de cette mise en concession des infrastructures autoroutières, la situation du #pont_Morandi est complexe. La société concessionnaire (jusqu’en 2038) est #Autostrade Per l’Italia une société qui est la propriété à 88% du consortium Atlantia[3]. Ce consortium détient près de 50% du réseau autoroutier de l’Italie, et de nombreuses autres #infrastructures (dont les aéroports de #Nice et de #Cannes en France). Ce consortium a lui-même une structure de propriété assez complexe.
      Graphique 1

      Près de 45,5% des actions sont sur les marchés financiers. Sur les 54,5% restant, le principal actionnaire est #Sintonia (Edizione) qui appartient à la famille Benetton. Cette dernière est donc bien la responsable en dernier ressort.
      Par ailleurs, Atlantia a acquis des sociétés en #France, en #Pologne, au #Brésil et en #Inde, ainsi que, récemment, en #Espagne. Elle a ainsi acquise le groupe espagnol #Abertis qui a nommé comme l’un de ses directeurs en novembre 2016 M. Enrico Letta, qui fut le Président du Conseil italien en 2013-2014[4].

      La confusion des genres est ainsi évidente entre le monde des affaires (la famille Benetton), les banques et l’élite politique italienne. Mais, au-delà de cette collusion, on voit apparaître la responsabilité de l’#UE qui a fait de multiples pressions, directes (au nom de la sacro-sainte #concurrence) ou indirecte (en pressant l’Italie de réduire son déficit) pour que l’on arrive à cette situation où les #autoroutes sont, de fait, en gestion privée, et cela dans des conditions d’#opacité peu communes.
      . . . . .

    • #mafia
      En france, les potes qui ont une grosse entreprise d’élagage ont perdu l’entretien des autoroutes ASF au profit de « gars qui bossent pour moins cher mais dans des conditions de sécurité inacceptable en utilisant des sous traitants qui n’hésitent pas à recourir au travail au noir »
      #it_has_begun

  • Duc de Saint-Frippon‏ @MFrippon
    il y a 1 heure

    Dans sa place forte de Nice le Duc d’Estropier installait mille cameras et chassait par mille moyens les pauvres au nom de La Défense des valeurs chrétiennes qui édictait d’aimer son prochain comme soi même. Il avait déduit que ses prochains étaient les riches qu’il fréquentait.

    Source : https://twitter.com/MFrippon/status/1017648451654479872

    #Nice #guerre_aux_pauvres # #solidarité #christian_estrosi #LR

    Duc de Saint-Frippon‏ @MFrippon
    il y a 1 heure
    Emmanuel 1er le humble confessa à ses proches courtisans qu’il lui avait certes fallu concéder à son impopularité d’entendre les remontrances des assommants députés du Tiers État lors du prochain congrès. Mais il prévoyait de leur imposer sa gloire dans l’organisation.

    #manu #versailles

    Source : https://twitter.com/MFrippon/status/1017642068930383877

  • Nous les Tsiganes, ou les Roms comme vous dites, vous
    Catégorisations ethniques et frontières sociales en Europe
    Swanie Potot, Presses universitaires de Rennes, 2018
    http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4594

    Présentation :

    La présence et la visibilité des « Roms » dans les villes françaises sont devenues des questions politiques de premier plan depuis une dizaine d’années. Sans bien savoir qui l’on désigne par ce terme, on leur attribue la résurrection des bidonvilles et la responsabilité de la délinquance de rue. Dans les medias comme dans les discours politiques, ces pratiques sont moins renvoyées à une pauvreté extrême qu’il conviendrait de combattre qu’à la nature même des Roms : ce seraient leurs mœurs et leurs préférences culturelles qui feraient d’eux des marginaux inassimilables.

    A partir d’un travail ethnographique auprès de migrants roumains dits roms, dans des squats et bidonvilles de la région niçoise, ainsi que d’une analyse du mouvement rom et de son histoire, l’auteure montre que la mise en exergue de l’appartenance ethnique par des acteurs aux motivations diverses tend à naturaliser et figer une frontière sociale. L’ethnicisation de ces descendants d’esclaves justifie ainsi leur traitement différentiel sur le long terme, ouvrant simultanément la voie aux discriminations positives et aux pratiques xénophobes. Empruntant à la sociologie des migrations et à celle des relations interethniques, c’est le débat entre anti-racismes universaliste et différentialiste qui compose la toile de fond de cette enquête.

    Préface de Cécile Canut.

    Sommaire :
    -Des Tsiganes aux Roms, une ascension sociale continue ?
    -Les « Roms » de Nice, au-delà de la lentille ethnique
    -Ethnicité et frontières sociales
    -La République et l’ethnie

    #Tziganes #Roms #Sociologie #Ethnographie #France #Roumanie #Migrations #Racisme #Nice #Swanie_Potot