• Lecture critique sur Babelio - Le souffle de la liberté
    https://www.babelio.com/livres/Benies-Le-souffle-de-la-liberte--1944-le-jazz-debarque/1677812/critiques/4006452

    Merci à Babelio et à son opération Masse critique. Opération qui me permet d’aller découvrir des lectures vers lesquelles je n’irais pas seul.
    Alors, le livre :
    Je précise que j’aime le jazz, des origines à aujourd’hui et de tout lieu.
    Lors de cette lecture, j’ai tout découvert. Je ne connaissais que les noms de certains musiciens et leur musique.
    Nicolas Beniès apporte un éclairage surprenant dans cet écrit sur les jazz américain et français (et pas que !). Pas seulement en 1944, mais également avant et après.
    Où j’ai découvert que le jazz, même pendant l’occupation allemande n’était pas « verboten », mais bien plus que toléré.
    Où j’ai découvert que les soldats américains ont débarqué avec armes et musique. Cette dernière étant bien plus présente dans la majorité des foyers d’outre-Atlantique que dans les familles françaises. Absolument rien à voir !
    C’est une lecture très intéressante et enrichissante.
    J’ai apprécié moyennement le style d’écriture de l’auteur. Pour moi, il y manque ce qui rend captivant un texte fictionnel ou non : est-ce le plaisir des mots qui naissent pour être partagés, la vie des phrases qui invitent à découvrir les suivantes ? Je ne sais pas vraiment.
    Petit bonus non négligeable, il y a la possibilité d’écouter la playlist en lien avec les musiciens cités dans le livre.

    #Nicolas_Beniès #Souffle_Liberté #Jazz

  • Un (très) bel ouvrage. Critique du livre Le Souffle de la liberté | Babelio
    https://www.babelio.com/livres/Benies-Le-souffle-de-la-liberte--1944-le-jazz-debarque/1677812/critiques/3995416

    ErodianWaves
    26 juin 2024

    Un (très) bel ouvrage,

    Merci aux éditions C&F ainsi qu’à Babelio pour cette belle découverte, dans le cadre de la masse critique.

    Comment la guerre et les chocs générationnels ont impacté le Jazz et la culture, ou comment le jazz s’est étoffé à travers le temps, et pourquoi..

    Quelques unes des questions éclairées de réponses dans ce petit ouvrage, pourtant si complet.

    En 160 pages, on soulève une critique sociale objective de ces périodes historiques, on voyage dans le temps et au fil des continents, on parle de l’appartenance culturelle d’un genre musical qui petit à petit se popularise, on déconstruit les fausses rumeurs (au temps de la prohibition, l’interdiction de passer du jazz…), on parle de racisme et d’autres inégalités qui m’ont, personnellement, révoltée, mais on apprends aussi beaucoup de choses sur la manière dont la musique donnait espoir, dont elle était diffusée, comment elle était interprétée, comment la musique a été utilisée, parfois, comme outil de propagande..
    En parallèle, on nous dresse le portrait esquissé de grands noms du Jazz, certains moins connus, de toutes nationalités. On nous rappelle les dates importantes, et comment elles ont créer des tournants importants,

    J’ai beaucoup apprécié également la playlist à écouter pour rendre la lecture encore plus immersive, ainsi que la liste complète d’ouvrages annexes sur lequel Mr Beniès s’est appuyé pour écrire ce livre.

    En conclusion : Je m’attendais à un petit ouvrage qui se lit vite, qui passe en surface sur le rapport entre la guerre et le jazz, mais au final j’ai été bluffée par la fluidité de lecture qui, pourtant couvre bien plus de sujets, et va plus loin dans le détail que juste la surface.
    Il est bien entendu court, mais encore une fois, on est renvoyé à la liste des ouvrages cités, et il ne tient qu’à nous d’approfondir la lecture.
    La plume est simple : le bon mot au bon endroit, la bonne tournure de phrase pour ne pas laisser entendre de sous-entendus, et j’ai personnellement apprécié lorsque l’auteur donnait son avis à lui, après avoir évoqué un sujet.
    J’ai aussi apprécié la police d’écriture des titres de chapitres, et les petites photos annotées glissées ici et là.
    Je crois que je m’attendais à plus de musique, plus de guerre, et ça n’en ai que meilleur d’avoir, au fil des pages découvert ce côté analyse, critique et contextuelle, complètement informatif.

    #Nicolas_Beniès #Souffle_Liberté #Babelio

  • VRAI/FAUX. Expo « L’Aube du siècle américain ». Le jazz, bande-son de l’Amérique - Caen.maville.com
    https://caen.maville.com/sortir/infos_-vrai-faux.-expo-l-aube-du-siecle-americain.-le-jazz-bande-son-d

    Nicolas Béniès, expert de l’histoire du jazz. © Ouest-France
    Jazz et blues sont-ils liés ? Le jazz a-t-il contribué à l’évolution des mentalités ? Y avait-il des jazz women ? Journaliste, critique de jazz, conférencier à l’université populaire de Caen, Nicolas Béniès lève le voile sur cette musique qui prend son envol pendant la première moitié du XXe siècle, aux États-Unis.

    Pour le 80e anniversaire du Débarquement, le Mémorial de Caen propose une exposition « L’Aube du siècle américain 1919-1944 ». Elle revient sur la vie des soldats avant qu’ils ne débarquent sur les plages normandes. Pour l’occasion, Ouest-France vous propose d’explorer ce qui faisait les États-Unis lors de l’entre-deux-guerres tout en se plongeant dans les coulisses de cette exposition événement.

    Impossible de parler des années 20 en Amérique sans évoquer le jazz. Nicolas Beniès, spécialiste de l’histoire du jazz, revient sur sa popularité aux États-Unis. Ce thème sera largement consacré dans l’exposition L’Aube du siècle américain 1919-1944 au Mémorial de Caen.

    Le blues et le jazz ont les mêmes origines

    VRAI

    Ces deux musiques sont issues de la déculturation des populations africaines déportées en Amérique. « Afin d’empêcher la révolte des esclaves, on les a dépossédés de leurs pratiques culturelles, résume Nicolas Béniès, expert normand du jazz. Une culture nouvelle apparaît autour du son des tambours et des pratiques vaudou ». Ainsi né le blues au milieu du XIXe siècle. « Si le blues était rural, le jazz, lui, est urbain ». Métissé de blues, de ragtime, mais aussi de musique créole, « le jazz s’est développé dans les ghettos des grandes villes américaines. Parti de La Nouvelle-Orléans, il a rapidement migré vers Chicago où il a pris son essor ».

    Le jazz a échappé à la ségrégation

    FAUX

    « Pour la société américaine bien-pensante des années 1920, 1930 et 1940, le jazz était une musique de sauvages jouées dans les bas-fonds », confirme Nicolas Béniès. « Il y avait les orchestres de musiciens noirs qui jouaient pour les noirs et des orchestres de musiciens blancs qui jouaient pour les blancs ». Il faudra attendre 1936 pour voir sur scène un orchestre mixte : celui de Benny Goodman. « Ce fut un scandale absolu ».

    Harlem fut un creuset important pour le jazz

    VRAI

    Confrontés au racisme et rejeté du centre-ville de New-York par les blancs, les Africains américains se regroupent dans le quartier de Harlem, au début du XXe siècle. Dans les années 1920, des universités ouvrent leurs portes et une élite artistique s’y développe. Le Cotton Club ou le Savoy Ballroom deviennent des hauts lieux du jazz ; Louis Armstrong et Duke Ellington en sont les piliers. L’impact de ce que l’on a appelé plus tard « la renaissance de Harlem », ne s’est d’ailleurs pas limité à la musique : la littérature, la peinture, ou la photographie ont également connu un essor considérable dans ce quartier. « Le foisonnement artistique de Harlem des années 1920 a eu un impact dans le monde entier », confirme Nicolas Béniès.

    Le premier disque de jazz a été enregistré par un orchestre blanc

    VRAI

    Le 26 janvier 1917, l’Original Dixieland Jazz Band, un quintet de musicien blancs, enregistre un 78 tours composé de deux titres : Livery Stable Blues et Dixie Jass Band One Step. C’est le premier disque commercialisé de l’histoire du jazz. Loin d’atteindre la virtuosité des jazzmen afro-américains dont ils copient peu ou prou le style, ce groupe va vendre plus d’un million de disques et se produire dans le monde entier. C’est lui qui animera le bal de la Victoire à Londres en 1919, en présence du roi George V, est des maréchaux français Foch et Pétain.

    Jazz et comédie musicale : deux mondes qui s’ignorent

    FAUX

    S’il apprécie de danser au son des musiques jazz, le public américain raffole également des comédies musicales, ces spectacles qui combinent musique, danse et chant. Inspirés par les opérettes qui fleurissent à la fin du XXe siècle en Europe, les compositeurs de comédies musicales américains vont rapidement intégrer dans leur musique les influences des musiciens de jazz. « Cole Porter était un grand admirateur de Louis Armstrong ; Gershwin était fou de jazz », rappelle Nicolas Béniès. Cette fusion des deux styles va créer un genre musical « qui incarne profondément la culture américaine » .

    Les femmes n’ont eu aucune influence dans l’essor du jazz

    FAUX

    « Bien au contraire », rectifie Nicolas Béniès. « Même si elles n’ont pas bénéficié de la popularité de leurs homologues masculins, les femmes ont joué un rôle très important dans l’histoire du jazz ». Lil Hardin, la seconde femme de Louis Armstrong, par exemple, était une pianiste accomplie qui possédait son propre orchestre. « Blanche Calloway, la sœur de Cab, était une cheffe d’orchestre remarquable », poursuit Nicolas Béniès. Véritable icône de la scène de Chicago, « c’est elle qui a donné les premières leçons de musique à son jeune frère ». Avant que celui-ci ne l’éclipse de sa notoriété… Quant à Mary Lou Williams, pianiste, arrangeuse et compositrice, « elle fut le mentor de Thelonius Monk ou Dizzie Gillespie… » L’histoire retiendra plus facilement le nom d’interprètes comme Billie Holiday, Bessie Smith et bien sûr, Ella Fitzgerald.

    Lire aussi : Exposition « L’aube du siècle américain 1919-1944 » au Mémorial : ces personnalités ont marqué l’époque

    Le jazz est indéfinissable

    VRAI et FAUX.

    Difficile de réduire le jazz à une seule définition tant son univers est vaste et continue d’évoluer. Nicolas Béniès a trouvé sa propre définition : « Écoutez les 12 premières secondes de « West End Blues », de Louis Armstrong. Le jazz, c’est ça ».

    En 1944, la chanson « In the Mood » marque un nouveau tournant dans le répertoire jazz

    FAUX

    Interprétée par les Andrew Sisters, la chanson swing-jazz In the Mood débarque en Europe dans les paquetages des soldats américains et devient l’hymne de la Libération. « Or, c’est un courant de jazz déjà passé de mode aux USA », indique Nicolas Béniès. Outre-Atlantique, les oreilles sont déjà tournées vers un nouveau style : le be-bop dont les pionniers ont pour nom Thelonious Monk, Charlie Parker ou Dizzy Gillespie.

    Du 8 mai 2024 au 5 janvier 2025, exposition L’aube du siècle américain 1919-1944. Under the Red, White and Blue, au Mémorial de Caen. De mai à septembre : 9 h - 19 h, d’octobre à janvier : 9 h 30 - 18 h (fermé les mercredis de novembre et décembre).

    La playlist chronologique de l’exposition « L’aube du siècle américain, 1919-1944 »

    1. Jim Europe’s 369 th Us Infantry Band : Saint-Louis Blues (1914).

    2. Original Dixieland Jazz Band : Livery Stable Blues (1917)

    3. James P. Johnson : Carolina Shout (1921)

    4. Fletcher Henderson : Shanghaï Shuffle (1924)

    5. Bix Beiderbecke and The Frankie Trumbauer Orchestra : Singin’The Blues (1927)

    6. Louis Armstrong : West End Blues (1928)

    7. Mary Lou Williams : Night Life (1930)

    8. Duke Ellington : Clouds in my Heart (1932)

    9. Blanche Calloway - I Gotta Swing (1935)

    10. Billie Holiday : Summertime, composée par Gorge Gershwin (1936)

    11 Jimmie Lunceford : For Dancers Only (1936)

    12. Benny Goodman Quartet : I Got A Heartful Of Music (1937)

    13. Glenn Miller : In The Mood (1939)

    14 Tommy Dorsey Band & Frank Sinatra : How About You ? (1941)

    15. Bing Crosby : Miss You (1942)

    16. Tiny Grimes & Charlie Parker : Red Cross (1944)
    Jean-Philippe GAUTIER. Ouest-France

    #Nicolas_Beniès #Jazz

  • Analyse des printemps de la contestation | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/12/07/analyse-des-printemps-de-la-contestation

    par Nicolas Beniès

    Zeynep Tufekci, professeur à l’université de Caroline du Nord, propose dans « Twitter & les gaz lacrymogènes, forces et fragilités de la contestation connectée », d’analyser ces nouvelles formes de résistance et de mobilisation. Elle emmêle récits des révoltes et outils technologiques faisant sienne la réflexion que « les technologies ne sont ni bonnes ni mauvaises, ni neutres non plus », elles structurent pourtant et en partie la manière de prendre conscience. Un mouvement dialectique d’appropriation de ces technologies qui se sont imposées dans nos vies de tous les jours sans savoir de quoi sont constitués les algorithmes, s’effectue. Elles ont servi en Tunisie d’abord pour être utilisées par Trump dans sa campagne pour en faire une usine de « fake news » suscitant de nouvelles créations pour lutter contre cette invasion. L’adaptation est permanente de chaque côté des barricades, des murs qui ne sont pas seulement virtuels.

    Ces outils, dit-elle dans l’épilogue, doivent être vus dans le mouvement, un processus d’« ascension incertaine ». Tufekci invite à continuer de marcher en se posant des questions qu’il faudra résoudre pour continuer à marcher. Il ne s’agit plus seulement d’utilisation des technologies de l’information mais d’un contexte différent qui oblige à s’interroger sur une autre dimension de notre monde, un projet alternatif au capitalisme.

    #Zeynep_Tufekci #C&F_éditions #Nicolas_Beniès

  • Le Souffle de la Révolte, 1917-1936 : Quand le Jazz est là… | Couleurs JAZZ
    https://couleursjazz.fr/le-souffle-de-la-revolte-1917-1936-quand-le-jazz-est-la/?lang=fr

    L’originalité de cette approche, chronologiquement à rebours, est de proposer, non pas une histoire du jazz telle que l’on pourrait la lire dans une encyclopédie, mais d’inscrire le jazz dans l’histoire.
    Cette association du jazz et de l’histoire prend corps avec le choix, comme point de départ du livre, de l’année 1917 marquée à la fois par l’enregistrement du premier disque de jazz par l’Original Dixieland Jass Band, la révolution russe qui bouleversera l’échiquier politique européen et l’arrivée en France, dans les fourgons du 369ème régiment d’infanterie du lieutenant noir James Reese Europe, du jazz.

    L’auteur montre comment cette « catastrophe apprivoisée », pour reprendre l’expression de Jean Cocteau, présidera, en France et en Europe, à l’émergence de musiciens de jazz de valeur : (Alix Combelle, André Ekyan), trouvera un terreau fertile dans la chanson française avec Charles Trenet et Jean Sablon et inspirera des intellectuels comme l’ethnologue Michel Leiris, le poète Philippe Soupault et le compositeur du Groupe des Six, Darius Milhaud qui fera le voyage aux États-Unis pour prendre la mesure de ces sons nouveaux.
    Sans donner à son argumentation un tour exhaustif, Nicolas Beniès examine les origines et la maturation du blues et du jazz en tant qu’art à part entière au travers des réalisations les plus abouties de chefs de file comme Louis Armstrong, Sidney Bechet, Bix Beiderbecke, Bessie Smith, Jelly Roll Morton, Coleman Hawkins, Benny Carter, Duke Ellington, Count Basie, Billie Holiday, Lester Young, Django Reinhardt…
    Ce phénomène est rendu possible par les progrès des techniques d’enregistrement et de reproduction sonore. En découlera une reproduction à l’identique incarnée par le disque qui, en saisissant l’instant présent, jouera un rôle évident de transmission du patrimoine avec comme conséquence inévitable de conférer au jazz, selon les critères de l’économie capitaliste, la double identité d’objet d’art et d’objet de marchandise (Walter Benjamin). De là viendra la vogue des orchestres de danse : ceux de Paul Whiteman et Guy Lombardo aux États-Unis et, en France, ceux regroupés sous l’appellation Jazz de scène (Ray Ventura, Fred Adison). En positionnant avec de nombreuses références, la place du jazz dans la littérature et le cinéma, l’auteur, et c’est là son mérite, en fait une référence artistique incontournable de la culture américaine.

    #Nicolas_Beniès #Jazz #Souffle_révolte #C&F_éditions

  • [livre] Nicolas BENIÈS : « Le souffle de la révolte (1917-1936)... (...) - CultureJazz.fr
    http://www.culturejazz.fr/spip.php?article3384

    Il en connaît forcément un rayon : longtemps animateur d’une émission de jazz pour TSF 98 et auteur de conférences dans le cadre de l’Université populaire de Michel Onfray (qui annonce publiquement à la date de ce 28 septembre qu’il quitte ses fonctions) sans oublier -ce qui lui vaut de figurer dans cette rubrique- auteur de deux précédents volumes [1] d’une histoire du jazz dont le dernier opus en date vient de paraître. C’est peut-être pour cette raison que notre auteur caennais ose, ce qu’aucune rivière ne saurait faire, remonter à la source. Non pas ici en faisant l’histoire du jazz à partir de ses origines mais en l’achevant par ses débuts. info document - voir en grand cette imageCe dernier volume porte en effet sur la naissance du jazz. Qu’on se rassure, l’ordre chronologique reprend vite ses droits dans cette histoire des commencements. On la connaît ou l’on croit la connaître. Cela est vrai dans les grandes lignes. Le chant de la révolte des esclaves, la naissance du blues, Louis Amstrong, Sidney Bechet, les orchestres blancs dansants, Al Johnson et Le Chanteur de jazz, le jazz aux Etats-Unis, le jazz en France, Ray Ventura, Charles Trenet, Django, Boris Vian, Jean-Paul Sartre et son célèbre air attribué faussement à une chanteuse noire (La Nausée), Jean Cocteau jouant de la guitare, Pierre Boulez détestant le jazz (qui peine en effet à lui rendre hommage en retour !) et tutti quanti. On révise, on découvre et cela est déjà un exercice plaisant. L’ouvrage n’est pas pour autant réductible à cette fonction vulgarisatrice. Frappe en effet la masse de documentation convoquée par l’auteur, tous domaines confondus. Il suffit de regarder les notes en bas de page qui livrent les sources pour s’en convaincre. Donc, on apprend beaucoup.

    #Nicolas_Beniès #Souffle_révolte #Jazz #C&F_éditions

  • [livre] Nicolas BENIÈS : « Le souffle de la révolte (1917-1936)... (...) - CultureJazz.fr
    http://www.culturejazz.fr/spip.php?article3384

    Il en connaît forcément un rayon : longtemps animateur d’une émission de jazz pour TSF 98 et auteur de conférences dans le cadre de l’Université populaire de Michel Onfray (qui annonce publiquement à la date de ce 28 septembre qu’il quitte ses fonctions) sans oublier -ce qui lui vaut de figurer dans cette rubrique- auteur de deux précédents volumes [1] d’une histoire du jazz dont le dernier opus en date vient de paraître. C’est peut-être pour cette raison que notre auteur caennais ose, ce qu’aucune rivière ne saurait faire, remonter à la source. Non pas ici en faisant l’histoire du jazz à partir de ses origines mais en l’achevant par ses débuts. info document - voir en grand cette imageCe dernier volume porte en effet sur la naissance du jazz. Qu’on se rassure, l’ordre chronologique reprend vite ses droits dans cette histoire des commencements. On la connaît ou l’on croit la connaître. Cela est vrai dans les grandes lignes. Le chant de la révolte des esclaves, la naissance du blues, Louis Amstrong, Sidney Bechet, les orchestres blancs dansants, Al Johnson et Le Chanteur de jazz, le jazz aux Etats-Unis, le jazz en France, Ray Ventura, Charles Trenet, Django, Boris Vian, Jean-Paul Sartre et son célèbre air attribué faussement à une chanteuse noire (La Nausée), Jean Cocteau jouant de la guitare, Pierre Boulez détestant le jazz (qui peine en effet à lui rendre hommage en retour !) et tutti quanti. On révise, on découvre et cela est déjà un exercice plaisant. L’ouvrage n’est pas pour autant réductible à cette fonction vulgarisatrice. Frappe en effet la masse de documentation convoquée par l’auteur, tous domaines confondus. Il suffit de regarder les notes en bas de page qui livrent les sources pour s’en convaincre. Donc, on apprend beaucoup.
    Qui connaît, en effet, le destin du lieutenant noir au nom de James Europe chargé en 1916 de recruter des soldats-musiciens afin de construire un grand orchestre qui tournera en France réunissant des milliers de spectateurs et popularisant déjà le jazz avant la lettre …. et son destin tragique( poignardé par l’un de ses musiciens à Boston en 1919) ? Ou bien l’existence du premier musicien de jazz, le cornettiste Buddy Bolden (né à La Nouvelle Orléans en1877) et son groupe (1900-1906) qui mourra dans un asile d’aliénés (cette musique l’ayant rendu fou ?) sans avoir apparemment rien enregistré ? Nicolas Beniès consacre de nombreuses pages à ces figures méconnues et mythiques en faisant partager à ses lecteurs les hypothèses déjà émises par des historiens voire par les romanciers américains eux-mêmes.
    Sans oublier l’histoire des instruments (de leur apparition dans les formations), l’histoire des enregistrements, des lieux de concerts….

    Histoire du jazz, histoire culturelle, histoire tout court. L’ambition est légitime mais non sans risque ; celui des raccourcis spatio-temporels. Par exemple, 1917 premier disque de jazz signé par l’ODJB (Original Dixieland Jazz Band) et révolution russe : comment lier un mouvement de révolte et d’émancipation que porte le jazz aux États-Unis et celui d’une révolution qui marque le début de la fin des libertés en URSS où le jazz sera interdit pour cause de décadence (comme il le sera deux décennies plus tard sous le joug des nazis comme musique dégénéré) ? Avec un peu de dialectique, à l’inverse tout s’éclaire. Condamner le succès de jazz sous sa double forme discographique et spectaculaire au nom de la loi du marché relèverait par exemple de la cécité idéologique si l’auteur ne prenait soin de préciser avec raison que « le jazz fait donc partie de la sphère de la marchandise, tout en constituant un objet artistique, donc en dehors de la marchandise. » CQFD.

    Alors certes il y a bien quelques redites (la forme « conférence » oblige ?), des gimmicks comme en musique. Ainsi nos vieilles connaissances Adorno (et son anti-art) Walter Benjamin (et la reproduction), le capitalisme bien sûr toujours là (qui doit se sentir bien seul, soit dit en passant)… mais la morale de l’histoire demeure : quand le jazz est là… tout va.

    Last but not least : le CD joint au livre par les soins de l’auteur évoquant la naissance du jazz en 25 titres.

    #C&F_éditions #Nicolas_Beniès #Souffle_révolte

  • J’ai besoin de toi pour accéder à notre avenir | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/08/24/jai-besoin-de-toi-pour-acceder-a-notre-avenir

    Laisser reposer. Mettre le cd sur la platine. Suivant les goûts, écouter pour (re)connaître et savourer. Ou lire les vint-cinq petites notices autour de ces plages de l’ordre de trois minutes chacune. Bien des surprises…

    Reprendre le Parcours. N’oublier ni la grande boucherie ni la révolution russe. « Le jazz, musique des opprimés, des laissés pour compte de la société américaine a été reçu comme un saut dans l’inconnu. Les instruments pleuraient, riaient. D’un seul coup c’est la vie qui entrait, un scandale pour les biens-pensants, pour faire exploser tous les codes. Une musique du corps, du sexe, tout autant que de l’esprit ». Des disques – l’auteur s’attarde sur le rôle des galettes des moments où les créations rencontrent le public. Si le souffle qui s’élève ne peut être réduit à ses conditions socio-économiques, l’ignorance de celles-ci ne permet pas de saisir ce qui à permis l’émergence de cette « musique noire », de ces nouvelles configurations imaginatives.

    Nicolas Béniès aborde, entre autres, les réactions et les impacts de cette musique, les réceptions et les effets des écoutes, « Il s’agit ici non pas d’une histoire du jazz, mais de la place du jazz dans l’histoire, d’une pierre dans le chantier culturel ».

    Une remarque avant de poursuivre, l’auteur fait de multiples écarts, retours en arrière, projections au futur. Il mêle les temps, les lieux. Certain·es, trop habitué·es aux chemins balisés contre l’errance, pourraient en perdre le fil. Un conseil donc, laissez-vous porter par la musique, le surgissement des instruments, la présence de musicien·nes, les contrastes ou les analyses socio-politiques. Entendez chaque passage, chaque proposition comme autant de reprises ou d’arrangements d’un standard, « L’arrangement, cette manière de transformer le thème, est un travail obscur qui permet de se servir de la tradition pour construire une nouvelle tradition ».

    #Souffle_révolte #Nicolas_Beniès #C&F_éditions

  • visuelimage.com l’art en train de se faire - Chroniques d’un bibliomane mélancolique
    http://www.visuelimage.com/hebdo/index.php?ad=0&id_news=8902

    `Chronique par Gérard-Georges Lemaire

    Le Souffle de la révolte, Nicolas Bénies, « livre musical », C & F Editions, 236 p., 29 euros

    Il n’est pas aisé de trouver en librairie des ouvrages sur l’histoire du jazz par les temps qui courent. Celui-ci vient donc à point nommer combler un vide. L’histoire du jazz n’est pas tout fait simple à raconter car on ne sait même pas quand il est né. D’aucuns disent les premières années du XXe siècle à La Nouvelle Orléans. Possible, mais pas sûr. L’auteur songe qu’il est apparu simultanément dans plusieurs villes des Etats-Unis. A l’époque, il n’avait pas de nom. C’était ma musique sauvage, la musique du diable, qui plongeait ses racines dans le Negro Spiritual, le Blues et le ragtime, mais aussi était influencé par le duende espagnol, la musique klemzer, et par bien d’autres musiques d’origine européennes. Cet ouvrage est une vraie mine d’informations ; on découvre l’histoire du jazz depuis ses origines jusqu’à la fin des années 1930. Et pas seulement : l’auteur explique comment cette musique s’est diffusée par le disque, puis par la radio, comment elle a eu rapidement du succès après la Grande guerre (c’est d’ailleurs cette guerre que les Français l’on découverte grâce à l’orchestre que Jim Europe avait constitué pour partir sur le front et qui a conquis déjà le coeur des Français qui ont pu l’entendre alors. Nicolas Béniès nous fait rencontrer les grands créateurs dans ce domaine, les orchestres les plus célèbres, comment divers instruments ont été introduits dans les ensembles, quelle est leur histoire spécifique et quels ont été les musiciens qui leur ont donné leur lettre de noblesse. Et il nous présente aussi les grandes chanteuses, comme Billy Holiday, mais aussi les orchestres féminins, plus nombreux qu’on le pense. Il explique l’histoire des Minstrels qui interprétaient des parodies des Noirs comme spectacle d’amusement et aussi l’apparition d’orchestre de jazz avec des musiciens blancs (il était impossible alors de créer des orchestres mixtes). Il évoque trop rapidement à mon goût les danseurs de claquette, comme le génial Billy Robinson, qui a été le maître de Fred Astaire, qui lui a rendu un hommage vibrant dans un de ses films. De plus, il nous montre quels rapports ont eu les écrivains avec cette nouvelle musique, comme Francis Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, mais aussi E. Cadwell et Philippe Soupault, jusqu’à Michel Leiris et Jean-Paul Sartre. Il explique de quelle façon ces grands noms qui ont fait évoluer le jazz ont connu le succès à l’étranger, à Paris, à Londres, mais aussi en Russie. Bref, on découvre cet univers complexe, car on ignore pas mal de choses faute de documents, d’enregistrements, et témoignages crédibles (la légende, bien entendu, s’est vite imposée). Qu’aime ou non le jazz, ce livre (accompagné d’un CD avec certains des premiers disques diffusés aux Etats-Unis) est indispensable pour comprendre comment le monde afro-américain a fait entendre sa voix dans son propre vite, et très presque dans le monde entier et engendrer à l’échelle planétaire le Swing Time.

    #Nicolas_Beniès #Souffle_révolte #C&F_editions

  • Parution : Le souffle de la révolte, 1917-1936 : quand le jazz est là
    https://cfeditions.com/souffle_revolte

    J’ai le plaisir de vous annoncer la parution du troisième volet de la trilogie de Nicolas Beniès sur la place du jazz dans l’histoire du XXe siècle.

    Dans la collection « musique en livre », Nicolas Beniès a précédemment étudié la période de bascule de 1959 dans Le Souffle bleu (épuisé, en ré-édition, parution cet automne). Puis il a livré son regard sur le jazz durant l’occupation et à la libération dans Le souffle de la liberté (https://cfeditions.com/souffle1944).

    Le présent ouvrage, Le souffle de la révolte (https://cfeditions.com/souffle_revolte) parle des « débuts » du jazz et de sa relation avec les mouvements sociaux, artistiques, littéraires qui ont secoués les années vingt et trente.

    Le jazz arrive en France en 1917 dans les bagages de l’armée américaine, et connait immédiatement un grand succès populaire. Entre les deux guerres, pour tous les jazzmen et jazzwomen, Paris reste la capitale mondiale de l’accueil des artistes. Le jazz s’infiltre dans les autres arts, notamment la littérature. Durant ces années, le jazz, qui se transmet via l’explosion industrielle du gramophone, demeure un authentique travail artistique, chaque performance étant unique et dotée de l’aura d’oeuvre d’art que lui offre l’improvisation. Ses interprètes réinventent tous les instruments pour les faire sonner différemment. Et le jazz construit le melting-pot culturel, au point de devenir la musique spécifique des États-Unis, par delà le racisme qui perdure.

    Le jazz est un anti-art qui rythme l’esprit de l’époque et libère les corps. C’est la musique de cette révolte qui agite le monde depuis la révolution en Russie jusqu’au Front populaire.

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    Bonne lecture

    #Souffle_revolte #Jazz #Musique #Nicolas_Beniès

  • Sur les engagements antimilitaristes et anti-ségrégation de Jon Hendricks, chanteur de jazz qui vient de décéder. par Nicolas Beniès.

    Extraits du livre de Nicolas Béniès Le souffle de la liberté : 1944, le jazz débarque.
    https://cfeditions.com/souffle1944

    Les plages du débarquement sont encore pleines du sang de ces jeunes gens. De temps en temps le sable s’en souvient, avec horreur, et raconte des exploits pour cacher ce sang que les commémorations ne sauraient voir. Les cimetières sont trop abstraits pour pouvoir parler. Ils occultent cette abominable réalité.

    Fortement marquée par la ségrégation, l’armée américaine laisse peu de noirs débarquer. Ils seront 1770 à Omaha Beach (sur 29.714 Américains) et 1200 à Utah Beach (sur 31.912). On raconte que la hiérarchie avait peur de voir les soldats afro-américains armés prendre conscience de la possibilité de tuer les officiers. Ils furent souvent ceux qui maniaient les ballons explosifs tenus au bout de câbles d’acier destinés à bloquer les interventions aériennes. Il faudra attendre 2009, soit après l’élection de Barack Obama, pour que William Dabney, dernier survivant du 320e bataillon, entièrement composé d’Afro-Américains, ne soit décoré par la France de la Légion d’Honneur. Comme environ quatre-vingts pour cent des soldats, les Afro-Américains participèrent principalement aux opérations d’intendance, notamment à Cherbourg.

    Le vocaliste/poète/parolier Jon Hendricks, revenu sur les lieux cinquante ans après, et une dernière fois au festival Jazz sous les Pommiers de Coutances en mai 2013, s’en souvient avec acuité.

    Il ne trouvera son salut, comme beaucoup d’autres, que dans la fuite. Il racontera en mai 1994, à Pascal Vannier et à moi-même, son débarquement.

    Jon dénonce les conditions dans lesquelles il a fait son service militaire dans le Sud des États-Unis. Dans l’armée, les Noirs « étaient traités comme des esclaves », avec l’interdiction d’aller et de venir. « L’émancipation n’a pas apporté la liberté. Nous sommes passés de l’esclavage physique à l’esclavage économique. Comment aller et venir dans une société où le droit à un travail vous est refusé faute d’éducation ? »

    Il se retrouve dans une armée ségrégationniste qui le conduit à s’interroger sur la notion de démocratie, cette démocratie américaine qui dit combattre le nazisme « ressemble à une farce ». Comment dire, s’interroge-t-il, l’indicible, l’inexplicable ? Quels mots faut-il employer ? De quelle logique se servir quand on se trouve au-delà de toute logique ? « Finalement », dit-il avec ironie, « l’armée l’a compris et a intégré les Noirs... au moment où c’était le plus dangereux. »

    Dans l’armée « je me sentais complètement en porte à faux. Qu’est-ce que je fichais là ? Je venais tuer des gens alors que mon but était que les gens se sentent bien ». C’est le sens qu’il donne à son travail d’artiste. Sait-il qu’il rejoint Jacques Prévert lorsqu’il dénonce la stupidité de la guerre ? Ne pas regarder les Blancs dans les yeux, descendre du trottoir lorsqu’on croisait un Blanc, ces humiliations quotidiennes sont aussi le lot de tous les Noirs à cette époque. « J’ai fait mes classes dans le Sud. C’était laid et brutal. On ne pouvait pas descendre en ville sans se faire rosser... ou tuer. » Il ajoutera : « Tous les officiers étaient Blancs et racistes. “Bonjour” de notre part était, pour eux, une insulte. Tout se ramenait à la haine. »

    Jon Hendricks n’en rajoute pas. Les grands écrivains du Sud des États-Unis, à commencer par William Faulkner avec sa saga des Snopes, ont décrit toutes ces situations, ces lynchages, la bêtise raciste meurtrière. Faulkner disait que les Snopes lui faisaient peur... Erskine Caldwell enquêtera sur ce Sud pour retrouver son ami d’enfance Bisco, et ce récit est celui du racisme quotidien enraciné dans la « culture » de ces Blancs qui vivent pourtant dans des conditions similaires à celles des Noirs. Pour les écrivains récents, James Lee Burke, et son double Dave Robicheaux, savent rendre compte des permanences de cette société américaine, sans manichéisme.

    Cette non-intégration, ce mépris expliqueront en partie la conversion de beaucoup d’entre eux à la religion musulmane. Ainsi, ils changeront de nom pour rompre avec le passé esclavagiste – leur nom provient souvent du maître blanc – et avoir sur leur carte d’identité la mention « M » pour Muslim au lieu de « Black ».

    Jon Hendricks dit avoir rencontré un paysan normand « qui nous a sortis de la boue pour nous abriter dans sa grange. L’amour est fait de petites choses. Il nous a offert à manger. Il est allé déterrer le calvados. Cette attitude simple du paysan en France, comme celle du reste de la population, fut le premier signe d’humanité que nous avions rencontré. »

    Ce débarquement, pour Jon, est à l’origine de deux événements importants : « Ma relation d’amour avec la France a commencé à ce moment- là » et le « début d’une folie en moi s’est déclenchée [...] comme la haine de la guerre » et le rejet des politiciens. « Il faudrait peut-être se débarrasser des politiciens et donner le pouvoir aux artistes » conclut-il de sa référence à Platon, avec un sourire qui n’appartient qu’à lui.

    Rentré aux États-Unis, Jon fera des études de Droit, mettra ses compétences au service de la NAACP, la grande association qui défend les droits des Noirs. « Des prisonniers allemands comme Von Braun qui nous a bombardé de V1 et de V2 jouissait de plus de liberté que nous. »

    Plein d’autres anecdotes et analyses dans le livre de Nicolas Beniès Le souffle de la liberté.
    https://cfeditions.com/souffle1944

    #Jazz #Jon_Hendricks #Antiracisme #Débarquement #Nicolas_Beniès

  • Avant première du « Souffle de la révolte » à paraître en octobre 2017, pour fêter le centenaire de la révolution russe, du premier disque de jazz et l’arrivée de James Europe en France -
    http://soufflebleu.fr/2017/08/20/avant-premiere/#more-5116

    Nicolas Beniès commence à faire du teasing sur son prochain livre du « jazz dans l’histoire ».

    #C&Féditions #Nicolas_Beniès #Le_souffle_de_la_révolte