• En #Algérie, près de 11000 #migrants_subsahariens expulsés en #2019

    L’Algérie poursuit les expulsions de migrants subsahariens vers le nord du Niger, comme tout au long de l’année 2019. Après des #arrestations au cours de la semaine dernière, un convoi de plusieurs centaines de personnes était en route ce mercredi pour la frontière.

    Transmise le 13 janvier aux responsables de 30 régions du pays par le ministère des Affaires étrangères, une circulaire publiée dans la presse explique le déroulement d’une opération d’expulsion de migrants subsahariens vers la frontière avec le Niger.

    Des bus ont convergé des régions du nord et du centre du pays vers la ville de Ghardaïa, à 600 kilomètres au sud d’Alger. Le 13 janvier au soir, selon un témoin, plusieurs dizaines de bus transportant des migrants étaient arrivés dans la ville. Ces personnes ont été arrêtées par les forces de sécurité dans les jours précédents.

    Réseaux de mendicité

    La plupart sont originaires du Niger. Alger s’appuie sur un accord passé avec Niamey en 2014 (http://www.rfi.fr/hebdo/20151016-niger-algerie-reprise-expulsions-departs-volontaires-agadez-tamanrasset) pour rapatrier ces personnes, impliquées dans des réseaux de #mendicité, que l’Algérie considère comme des réseaux criminels. Mais au cours des arrestations, les forces de l’ordre arrêtent aussi des ressortissants d’autres nationalités.

    En 2019, des expulsions ont eu lieu chaque mois. Selon les données de l’Organisation internationale des migrations qui enregistre les migrants qui le souhaitent à leur arrivée dans le nord du Niger, presque 11 000 personnes ont été expulsées de janvier à novembre, dont 358 qui n’étaient pas nigériennes.


    www.rfi.fr/afrique/20200115-algerie-reprise-expulsions-migrants-niger ##migrants_sub-sahariens
    #Niger #renvois #expulsions #statistiques #chiffres #migrants_nigériens #déportation #refoulement #refoulements

    ping @karine4 @_kg_
    signalé par @pascaline via la mailing-list Migreurop

    Ajouté à la métaliste sur les expulsions de l’Algérie vers le Niger :
    https://seenthis.net/messages/748397

  • Fermeture des frontières du #Nigeria : un émissaire de la Cédéao au Bénin

    Depuis le 20 août 2019, le Nigeria a décidé de fermer toutes ses frontières. Une situation qui pèse sur les commerçants béninois. Le président de la Task Force de la Cédéao pour la #libre_circulation, le général Salou Djibo, s’est rendu à la frontière entre les deux pays.

    Depuis le 20 août, le Nigeria, pays membre de la Cédéao qui promeut la libre circulation des personnes et des biens, a décidé de fermer toutes ses frontières, officiellement pour lutter contre l’entrée sur son territoire des produits interdits comme le riz, l’essence de la #contrebande, les voitures d’occasion. Une mesure qui devrait être prolongée jusqu’au 31 janvier 2020 sur décision du chef de l’État nigérian.

    La Cédéao est venue s’informer des conséquences de cette fermeture. Salou Djibo a réuni dans la salle de conférence du poste-frontalier Sèmè-Kraké toute l’administration qui gère le flux des passagers des véhicules : douane, police et les représentants des camionneurs bloqués ici depuis deux mois et demi.

    Salou Djibo et ses accompagnateurs ont posé des questions précises au receveur de la douane et au commissaire de Kraké. Des questions qui avaient l’air d’une petite enquête pour confirmer ou infirmer tout ce que le Nigeria reproche au Bénin.

    Plus qu’un avocat, le receveur de la douane a laissé entendre que le Bénin était irréprochable en matière de respect des réglementations. Salou Djibo a écouté, pris des notes. Puis, il a confié à RFI qu’il allait maintenant faire un rapport et rendre compte à qui de droit.

    Plus de 1 000 camions bloqués

    L’impact sur les recettes de cette fermeture n’a pas encore été officiellement chiffré. Le Bénin n’a publié aucun chiffre. Mais le volume des échanges avec le Nigeria est si important que chacun devine le manque à gagner. La douane à #Kraké, par exemple, n’a prélevé aucune recette depuis deux mois et demi, alors que les recettes mensuelles avoisinent les 300 millions de francs CFA d’habitude.

    Quant aux produits qui viennent du Nigeria et qui sont mis en consommation sur le marché béninois, ces produits augmentent. Pusieurs camionneurs ont d’ailleurs déclaré au président Salou Djibo que la situation n’était plus tenable. Ils n’ont plus de réserves pour se nourrir et se soigner. Certains de leurs apprentis sont en prison pour avoir commis de petits vols pour survivre. « Ça ne va pas, sauvez-nous ! », ont-ils demandé aux émissaires. Salou Djibo leur a répondu de faire preuve d’un peu de patience. Actuellement, plus d’un milliern de camions sont bloqués et immobilisés sur les parcs à la frontière Sèmè-Kraké.

    Comme si son pays subissait une injustice, le ministre béninois des affaires étrangères, Aurélien Agbenonci espère aussi un dénouement rapide. « Notre pays n’a pas changé de posture. Nous n’avons pris aucune mesure qui puisse constituer une entrave à la circulation des personnes, des biens. La main des Béninois reste tendue pour explorer les voies et moyens pour surmonter rapidement cette crise. »

    Les conséquences au Nigeria

    En fermant ses frontières, le Nigeria voulait notamment stimuler la production locale de #riz et réduire ses importations. Mais deux mois plus tard, ces objectifs n’ont pas réellement été atteints. Il faut beaucoup plus qu’une fermeture de frontière pour dynamiser un secteur qui n’est pas très compétitif, estime le professeur de géopolitique et consultant en développement Emmanuel Igah, qui explique que pour le moment, la mesure n’a pas encore produit les effets escomptés.

    Résultat de cette mesure, le prix du riz a augmenté de près de 10% entre début aout et fin septembre. Ainsi que le prix de nombreux autres produits alimentaires, qui ne peuvent plus être importés, explique l’économiste Leopold Ghins.

    « Le #Ghana exporte beaucoup au Nigeria, de l’huile de palme, du café, du cacao, de la bière, du beurre. Au niveau du Bénin, il y a aussi d’autres céréales exportées au Nigeria, le manioc par exemple. Et au niveau du Niger, ça va plutôt être du bétail, les vaches, les produits laitiers, etc. Tous ces produits vont devenir plus chers sur le marché nigérian. »

    Selon ces chercheurs, le marché nigérian n’était pas préparé à cette fermeture soudaine de la frontière et n’était pas suffisamment approvisionné ce qui a provoqué une forte inflation. Le problème, ajoutent-ils, c’est qu’il faudra beaucoup plus que trois mois supplémentaires pour développer une production locale.

    http://www.rfi.fr/afrique/20191104-fermeture-frontieres-nigeria-emissaire-cedeao-benin-seme-krake
    #frontières #fermeture_des_frontières #Benin

    • Sommet de la Cédéao, 21.12.2019

      La libre circulation des biens et des personnes en panne

      Toujours sur le plan économique, la conférence des Chefs d’Etat de la #CEDEAO s’est penchée sur la situation des échanges commerciaux au niveau de la sous-région. Malgré les efforts, la situation reste encore peu reluisante et la question de la fermeture des frontières terrestres nigérianes s’est invitée à l’ordre du jour de cette 56e session. Les Chefs d’Etat ont appelé au respect des règles et des normes communautaires et, afin de solutionner le problème, un comité composé du Burkina, de la Côte d’ivoire et du Togo, en plus des pays membres concernés (Nigeria, Bénin et Niger), a été chargé d’assurer une sorte de médiation pour permettre la libre circulation des biens et des services dans l’espace communautaire. Il travaillera pour ce faire, avec la Task Force de la Cédéao sur la question, laquelle est dirigée par l’ancien chef d’Etat nigérien Salou Djibo.

      https://www.actuniger.com/politique/15716-sommet-de-la-cedeao-2-milliards-de-dollars-contre-le-terrorisme-une

  • Le #développement en #Afrique à l’aune des #bassins_de_migrations

    Sur le continent africain, les migrations sont organisées autour de #pôles_d’attraction_régionale qui constituent des bassins de migrations. Une réalité qu’il convient de prendre davantage en compte dans les politiques de développement.

    Quelques chiffres pour commencer. La planète compte 272 millions de migrants internationaux en 2019, soit 3,5 % de la population mondiale. En 2017, 36,3 millions d’Africains vivaient hors de leur pays de résidence habituelle, représentant environ 15 % des migrants internationaux. Alors que les migrations africaines vers l’Europe captent régulièrement l’attention médiatique, il faut rappeler que les mouvements de populations ont majoritairement lieu à l’intérieur même du continent africain (https://unctad.org/fr/pages/PublicationWebflyer.aspx?publicationid=2118). Ainsi, 7 migrants subsahariens sur 10 demeurent en Afrique. Seules les migrations nord-africaines sont majoritairement extracontinentales : 9 migrants nord-africains sur 10 résident en effet hors du continent. Des mobilités avant tout sur le continent Pour l’essentiel intracontinentales, les migrations subsahariennes sont organisées autour de pôles d’attraction régionale. Les principaux pays d’immigration en Afrique sont l’Afrique du Sud (4 millions d’immigrants sur une population de 56,7 millions), la Côte d’Ivoire (2,3 sur 24,3 millions), l’Ouganda (1,7 sur 42,9 millions), le Nigeria (1,5 sur 191 millions), le Kenya (1,3 sur 49,7 millions) et l’Éthiopie (1,2 sur 105 millions). Ces États voient converger en leur sein des migrants issus de pays limitrophes, pour des durées plus ou moins longues.

    Le Kenya, par exemple, héberge une majorité de migrants ougandais et somaliens. L’Éthiopie accueille essentiellement des ressortissants érythréens, somaliens et sud-soudanais. En Afrique du Sud, les migrants sont principalement issus du Mozambique, du Zimbabwe, du Lesotho et de Namibie, etc. Ces sous-ensembles migratoires régionaux, regroupant à chaque fois plusieurs pays d’émission autour d’un même pôle d’attraction, constituent ce que l’on appelle des « bassins de migrations ». Les migrations s’effectuent généralement à l’intérieur d’une même région car migrer loin implique de posséder un capital économique, social et culturel. Dans certaines régions, la porosité des frontières, l’existence de dynamiques migratoires traditionnelles et la mise en place progressive d’espaces de libre circulation des personnes tendent à renforcer ce phénomène. À rebours des discours alarmistes qui prédisent une « ruée » de la jeune Afrique vers le Vieux Continent, le caractère intrarégional des migrations subsahariennes est un état de fait, un schéma dominant et structurel des mobilités humaines en Afrique. Les déterminants des mobilités intrarégionales : des bassins de migrations diversifiés Le phénomène des bassins de migrations est récurrent, mais les motivations des personnes qui se déplacent et les contextes migratoires sont divers. Bien que la décision de migrer soit toujours multifactorielle et inscrite dans un contexte spécifique, la recherche de sécurité et la quête d’emploi sont les deux déterminants principaux des migrations vers ces pôles d’attraction régionale. Ainsi, l’Ouganda, troisième pays d’accueil des réfugiés après la Turquie et le Pakistan, héberge 1,2 million de réfugiés sur une population immigrée de 1,7 million : il s’agit principalement de personnes ayant fui les conflits voisins au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. Ces migrants ont cherché refuge en Ouganda et se sont établis, généralement pour de longues durées, dans les camps du nord et de l’ouest du pays. Les migrations intrarégionales vers la Côte d’Ivoire sont, quant à elles, fortement déterminées par la demande en main-d’œuvre peu qualifiée dans plusieurs secteurs tels que l’agriculture, la construction et les industries extractives. Le dynamisme économique relatif du pays et ses salaires plus avantageux expliquent que de nombreux Burkinabès, Maliens, Guinéens, Libériens et Nigériens s’y rendent pour travailler, à plus de 90 % dans le secteur informel (soit 10 % de plus que les nationaux). Sur ces territoires, différentes temporalités migratoires peuvent se côtoyer : ainsi, certains Burkinabès cultivent le cacao dans les forêts ivoiriennes depuis plusieurs décennies, d’autres s’y rendent de manière saisonnière en fonction du calendrier agricole. Les migrants, potentiels facteurs de développement économique Jeunes (31 ans en moyenne), les migrants africains, dont 47 % sont des femmes, sont autant de potentiels contributeurs au développement des pays de départ et d’installation. Dans ces bassins de migrations, les mobilités humaines contribuent au tissage de réseaux et à l’établissement de relations entre les territoires.

    En Côte d’Ivoire, par exemple, l’activité économique de la population immigrée contribue à 19 % du PIB. Les migrants représentent donc un facteur de développement économique pour le pays d’installation. En outre, ils soutiennent le développement de leur pays d’origine, notamment via leurs transferts de fonds, qui peuvent être des sources d’épargne, d’investissement productif ou de complément de revenus pour les ménages restés sur place. En 2017, la Côte d’Ivoire a ainsi reçu 307 millions de dollars de la part de sa diaspora, tandis que les immigrés sur son sol ont envoyé 845 millions de dollars vers leurs pays d’origine. Intégrer davantage les migrations intrarégionales dans les politiques de développement Facteur de développement, les migrations sont un enjeu à part entière pour les pays africains, autant que le changement climatique, le développement socio-économique et territorial, la gouvernance, l’urbanisation, l’accès aux services de santé et d’éducation, etc. L’approche par les bassins de migrations implique une analyse intersectorielle et multipays, et une prise en compte des mobilités intrarégionales. Au niveau opérationnel, il s’agit d’adopter une démarche décloisonnée et d’intégrer davantage les migrations dans les projets sectoriels. Des exemples d’une telle démarche existent déjà. En matière de santé, citons le projet Réseau de surveillance et d’investigation épidémiologique (RSIE), initié par la Commission de l’océan Indien. Ce réseau regroupe les Comores, Madagascar, Maurice, la France au titre de la Réunion (y associant Mayotte) et les Seychelles. Financé par l’AFD, il permet une veille régionale et un système d’alerte aux épidémies dans les îles de l’ouest de l’océan Indien (Réseau Sega One Health), espace caractérisé par des migrations intrarégionales fortes. Basé sur le paradigme One Health qui associe la santé à un bien-être global partagé par les humains, les animaux et les écosystèmes, le projet RSIE illustre bien cet intérêt d’intégrer les mobilités humaines et animales intrarégionales à un projet sectoriel. C’est une logique qu’il s’agit désormais d’élargir à d’autres régions et domaines d’action. La migration est inhérente à la dynamique des sociétés et les populations continueront de migrer, comme elles l’ont toujours fait. La question, finalement, est de savoir dans quelles conditions.

    https://ideas4development.org/developpement-africain-bassins-de-migrations

    #migrations #asile #réfugiés #migrations_intra-africaines #visualisation #cartographie #chiffres #statistiques #migrations_subsahariennes #Afrique_du_Sud #Ouganda #Nigeria #Kenya #Ethiopie #capital_économique #capital_social #capital_culturel #préjugés #invasion #afflux #développement_économique #ressources_pédagogiques #remittances #diaspora

    signalé par @fil

  • Sudanese refugees in Niger protest, demand relocation

    December 17, 2019 (KHARTOUM) - Sudanese refugees in Niger have staged a sit-in outside the UNHCR office #Agadez town in central Niger to protest their tough conditions and to demand their relocation from the Sahel country.

    For years Agadez on the edge of the Sahara, has been a key stop for refugees and travellers mostly young men in search of better opportunities abroad heading north Africa countries and Europe.

    In a report released in May 2019, the UNHCR estimated that 1,584 persons, mostly Sudanese, are currently registered by UNHCR in Agadez. 23.8% are minors and 126 are unaccompanied or separated children.

    Rights activists from Agadez told Sudan Tribune that all the Sudanese refugees in the refugees camp 15 km outside Agadez decided to leave their camps and to stage a sit-in at the UNHCR office in the area on Monday, December 16, 2019.

    Since Monday, the refugees say resolved to continue their peaceful protest until the UN refugees agency settle their situation.

    Some of the refugees say they can even accept a return to their areas of origin in Darfur but they would not regain the camp.

    Activists pointed out to their poor living conditions and lack of basic health service and education for the children of the refugees who are in the camp since 2017.

    “There is an increase of chronic and serious diseases, there is racism, corruption, and discrimination against Sudanese refugees and other nationalities from other countries and the delay in the legal procedures for asylum,” wrote in an email sent to the Sudan Tribune on Tuesday.

    Many of the Sudanese refugees fled Libya following the increase of attacks on refugees and foreigners by the various militias and armed gunmen who demand ransom for their release.

    https://www.sudantribune.com/spip.php?article68720
    #asile #migrations #réfugiés #Niger #réinstallation #manifestation #résistance #réfugiés_soudanais

    ping @isskein @pascaline @karine4

    • Niger : des migrants incendient un centre d’hébergement en signe de protestation

      Des demandeurs d’asile de retour de Libye ont incendié leur centre d’hébergement près d’#Agadez, où vivent un millier de personnes dans l’attente de la délivrance d’une carte de réfugiés.

      Amenés de force après un #sit-in de #protestation de plusieurs jours devant les locaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les refugiés (HCR) d’Agadez, des demandeurs d’asile ont mis le feu à leur #centre_d’hébergement, un camp situé à 15 km d’Agadez et où vivent un millier de personnes dans l’attente d’une éventuelle #carte_de_réfugiés.

      « 80% du #centre_d'accueil détruit par une minorité de réfugiés du Darfour à Agadez qui ne veulent entendre parler que de #réinstallation en Europe. Détruire l’espace d’asile au Niger ou ailleurs est plus facile que de le construire et de le protéger. C’est un triste jour pour la protection des réfugiés au Niger », écrit sur son compte Twitter Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée centrale.


      https://twitter.com/cochetel/status/1213519641563320322?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12
      http://www.rfi.fr/afrique/20200104-niger-migrants-incendie-camp-hebergement-agadez

      Selon plusieurs sources, les demandeurs d’asile exigent, entre autres, un statut de réfugiés avec délivrance immédiate de leur carte, des soins de qualité et une meilleure collaboration avec le HCR et les autres partenaires humanitaires.

      Le gouverneur d’Agadez estime que les migrants ont posé de « faux problèmes ». Le centre dispose d’eau, de nourriture, d’un médecin. Toujours selon le gouverneur, plus de 160 cartes de réfugiés ont récemment été délivrées. « Le processus de détermination est très avancé », indique le #HCR. D’autres cartes seront bientôt distribuées par les autorités nigériennes, apprend-on.

      Après l’#incendie de ce camp, le gouverneur de la région a dénoncé « l’ingratitude des réfugiés ». Une enquête est en cours pour déterminer l’ampleur des dégâts. Les auteurs de cet acte seront poursuivis. Malgré cet incident, précise une source du HCR, plusieurs centaines de réfugiés à la merci de l’harmattan seront relogés. Il a fait cinq degrés à Agadez ce samedi.

      http://www.rfi.fr/afrique/20200104-niger-migrants-incendie-camp-hebergement-agadez
      #feu

    • Commentaire de #Sophia_Bisio sur FB :

      Non, Monsieur Cochetel, un camp qui brûle n’est pas un jour triste plus triste que les autres pour la protection des réfugiés.

      Comme tout système de camp où l’on trie et isole les indésirables, le camp HCR d’Agadez était une prison à ciel ouvert pour le millier de réfugié.e.s soudanais.es qui y vivaient, ou plutôt y survivaient.

      Car ces camps ne sont pas des lieux de vie mais bien des lieux de survie.

      Lorsque j’avais visité ce camp en décembre 2018, plusieurs centaines de personnes y survivaient péniblement, après avoir fui la guerre dans leur pays et le chaos libyen pour la plupart d’entre elles. Installé en plein désert, isolé de tout, à 15 km de la ville, le camp était exposé au vent et aux tempêtes de sable, déclenchant chez de nombreuses personnes des troubles respiratoires. Les conditions sanitaires étaient épouvantables. Des familles entières s’entassaient sous des tentes en plastiques inadaptées au climat désertique, dans lesquelles, l’été, la température pouvait atteindre 70 degrés. Pas d’eau courante. Pas de travail. Pas d’école pour les enfants. Pas de perspectives d’avenir.

      Déjà en 2018, des résidents du camp se joignaient aux manifestations devant les bureaux du HCR dans la ville d’Agadez pour protester contre leurs conditions de vie et la lenteur de la procédure de réinstallation. En décembre 2019, après un an de plus d’attente dans la poussière du désert, ce sont plusieurs centaines de résident.e.s du camp qui se sont rassemblés pour une grande marche jusqu’au centre-ville afin d’organiser à nouveau un sit-in devant les bureaux du HCR, avant d’être une fois de plus renvoyé.e.s à la poussière.

      Hier, le camp brûlait, incendié, selon la version relayée par le HCR, par une minorité énervée de Soudanais du Darfour. Représentant spécial du Haut Commissariat aux réfugiés pour la Méditerranée centrale, Monsieur Cochetel s’indignait alors contre ces personnes qui « détruisent l’espace d’asile », ajoutant : « c’est un triste jour pour la protection des réfugiés au Niger ».

      Non, Monsieur Cochetel, un camp qui brûle n’est pas un jour triste plus triste que les autres pour la protection des réfugiés.

      C’est un signal.

      Le signal que ces hommes et ces femmes qu’on tente d’invisibiliser et de réduire au silence peuvent encore se rendre visibles.

      Le signal que ces politiques migratoires, par lesquelles l’humanitaire tend à devenir le cheval Troie des pires politiques sécuritaires, doivent être dénoncées et combattues avec celles et ceux qui les subissent.

      https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2538844326358556&set=a.1562653620644303&type=3&theater
      #Vincent_Cochetel #Cochetel

    • More than a thousand asylum seekers take part in mass sit-in in Niger

      More than a thousand asylum seekers have been taking part in a mass sit-in in front of the offices of the United Nations High Commissioner for Refugees in Agadez in northern Niger since December 16. They are protesting the terrible living conditions that they are forced to endure while waiting for the UNHCR to examine their cases, and are calling for better conditions and an acceleration to the entire process.

      A majority of the residents of the UN camp for asylum seekers in Agadez in northern Niger walked the 15 kilometres into town to take part in a protest on December 16.

      Nearly 1,600 asylum seekers are still waiting for refugee status. The large majority of them — more than 1,400 — are Sudanese. Others hail from the Central African Republic, Chad and Pakistan. Most of them arrived in 2017 and they blame both the UNHCR and Nigerien authorities for the extremely difficult conditions in the camp.

      https://observers.france24.com/en/20191224-niger-asylum-seekers-take-part-mass-sit-protest

    • Thread de Eric Reidy sur twitter, 05.01.2019

      Security forces forcefully dispersed a peaceful sit-in in front of #UNHCR's office in Agadez, Niger yesterday (Jan. 4). Many people were injured & 100s of people’s phones & belongings were confiscated.
      2/ Sudanese asylum seekers, many from Darfur, have staged a sit-in in front of the #UNHCR office in since Dec. 16 when they walked out en masse from a UNHCR administered camp 15km outside of #Agadez.
      3/ In a statement the asylum seekers said they had been completely neglected. Many suffered from psychological conditions & chronic diseases worsened by the harsh desert environment & that treatment by UNHCR staff & the handling of their asylum claims led to a total loss of trust

      4/ The Sudanese asylum seekers started arriving in Agadez in late 2017, seeking safe-haven from war & exploitation in #Libya. The population peeked at around 2,000. Tensions arose w the host population & the Nigerien gov viewed the Sudanese w suspicion & as a security threat.

      5/ In May 2018, the Nigerien gov deported 135 ppl back to Libya in violation of int law. UNHCR lobbied hard to prevent any further deportations & reached an agreement w authorities in #Niger to establish the camp outside of Agadez to reduce tensions

      https://www.thenewhumanitarian.org/special-report/2018/07/05/destination-europe-deportation

      6/ At some point, the relationship between the asylum seekers & UNHCR appears to have broken down leading to the recent protests, which have now ended with security forces using violence & the camp outside of #Agadez being burned down.

      7/ I’m still piecing everything together, but it’s important to keep in mind that this is a vulnerable population. Many have been displaced multiple times & experienced violence & tragedy in the past. They have been seeking safety for yrs & still haven’t found it. (Will update)

      https://twitter.com/Eric_Reidy/status/1213802520490831872

    • Niger breaks up Sudanese refugees sit-in as fire destroys their camp

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      Niger’s authorities forcibly broke up a sit-in of Sudanese refugees outside UNHCR office in the arid area of Agadez, while some of them reportedly set ablaze the camp once returned by the police.

      Hundreds of Sudanese refugees in Niger had staged a sit-in outside the office of the UN agency for refugees in Agadez on 16 December to protest the bad conditions in the camp. Also, they blamed the UNHCR officials for neglecting them pointing to the long delay in the processing of asylum requests.

      For their part, the international officials asked the refugees to end the protest and return to their camps first before to deal with their demands. However, the Sudanese who had fled the insecurity in Libya refused to regain the camp.

      On Saturday morning, local officials and police and security officers surrounded the sit-inners and asked them to take the vehicles they brought with them to return to their camp 15 km from Agadez.

      Refugees who requested anonymity told Sudan Tribune that the security forces beat the refugees and shoved them to the vehicles when they refused the orders to evacuate the site.

      Photos and videos of the raid showed protesters severely injured on the head and legs.

      Aid workers in the area said the local authorities three days ago had informed the UNHRC of their plan to disperse the sit-in.

      Tragic development

      Once the authority forcibly moved the first batch of protesters back to the camp, a huge fire tore through the refugee camp and reduced it to ashes.

      When asked about the authors of the blaze some refugees said “irresponsible” refugees were desperate and set fire on the camp to protest the forced return to the camp.

      The tents were highly flammable, aid workers said.

      For his part, Vincent Cochetel, UNHCR Special Envoy for the Central Mediterranean Situation, said in a tweet on Saturday that the Sudanese refugees destroyed the camp because they demand to be resettled in Europe.

      “80% of the reception centre destroyed by a minority of refugees from Darfur in Agadez who only want to hear about resettlement to Europe,” said Cochetel.

      “Destroying the asylum space in Niger or elsewhere is easier than building and protecting it. It is a sad day for refugee protection in Niger,” he added.

      The authorities arrested many refugees while others fled in the desert and their whereabouts are unknown.

      Also, it is not clear what the Nigerien authorities will do for the over 200 refugees who were waiting outside the UNHCR office to be transported to the camp.

      Refugees say they fear that they would be transported to Madama on the border between Niger and Libya.

      On 7 May 2018, Nigerien police deported 135 Sudanese refugees to Madama and expelled to Libya as they had already protested the bad conditions in Agadez camp. The move had been denounced by critics as a violation of international law.

      https://www.sudantribune.com/spip.php?article68808

    • Niger: Sudan refugee sit-in violently dispersed

      Niger security forces broke up the sit-in set up by Sudanese refugees in front of the offices of the United Nations Refugee Agency (UNHCR) in Agadez on Saturday, reportedly using excessive violence.

      Speaking to Radio Dabanga from Agadez, a refugee reported that 453 refugees were detained. 230 refugees suffered various injuries. Army officers and policemen stole 670 mobile phones from them.

      Their camp reportedly burned down completely. Hundreds of refugees, among them children, women, disabled, and seniors, spent Sunday night in the arid desert in the freezing cold. There are shortages of water, food, and medicines.

      The refugees called on the international community to intervene urgently and save them from the conditions in which they live. They also demand their resettlement procedures be completed.

      Three weeks ago, thousands of refugees left the refugee camp in Agadez in protest against the failure to complete their resettlement procedures and the deteriorating conditions in the camp.

      The Sudanese refugees in Niger have been a topic in the peace talks in Juba during the past weeks.

      Last year, Niger’s authorities sent Sudanese refugees back to Libya, the country they fled from to Niger.

      https://www.dabangasudan.org/en/all-news/article/niger-sudan-refugee-sit-in-violently-dispersed

    • Agadez/Incendie #centre_humanitaire : 335 demandeurs d’asile interpellés

      Après l’incendie du centre d’hébergement survenu hier matin et attribué à un groupe de demandeurs d’asile, M.Seini, Procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Agadez a tenu un point de presse auquel la presse privée n’était pas conviée.

      Dans le souci d’informer nos lecteurs, nous vous livrons son contenu.

       » le 16 décembre 2019, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile ont entrepris une marche de protestation qui les a conduit devant le bureau local du HCR Agadez. Ils avaient décidé d’occuper illégalement les espaces publics aux abords dudit bureau et maintenu un sit-in qui a perduré jusqu’au 4 janvier 2020.
      Vu qu’ils occupaient ces espaces en violation de la loi, la question a été inscrite au menu de la réunion du conseil de sécurité régional du 2 janvier 2020. Au cours de cette réunion, il a été décidé de faire respecter la loi notamment de les faire déguerpir. Et au besoin de les ramener sur leur site d’hébergement. C’est ainsi que le 4 janvier 2020, les autorités régionales et municipales se sont déplacées sur les lieux accompagnées des forces de sécurité. Après sommation donnée par le maire, les agents de sécurité ayant constaté que ces gens n’ont pas obtempéré, ont alors intervenu pour les embarquer et ramener sur leur site d’hébergement. Une fois là-bas, dès qu’ils étaient descendus des bus et camions qui les transportaient, ils ont mis le feu au centre et en même temps s’en sont pris aux forces de l’ordre en leur jetant des projectiles. Il ressort des constatations faites par les services que sur les 331 habitations qu’ils appellent RHU, 290 sont complétement calcinées. Ainsi que l’infirmerie. Des pare-brises de bus ont été cassés et deux personnes légèrement blessées. 162 téléphones portables, 31 couteaux et 12 barres de fer ont été pris sur les manifestants. Parmi eux, 335 identifiés comme meneurs de l’incendie ont été interpellés et mis à la disposition des enquêteurs de la police.
      Voyez-vous ! Ces gens qui sont sensés être là pour avoir la protection se comportent ainsi jusqu’à commetre des infractions graves à la loi pénale notamment attroupement non armé sur la voie publique, la rébellion, la destruction volontaire des biens meubles et immeubles, publics, et l’incendie volontaire de lieu servant d’habitation.
      Donc, malgré leur nombre très élevé, et au vu de la gravité des faits qui leur sont reprochés, nous avons décidé de les poursuivre pour qu’ils répondent de leurs actes. Compte tenu du fait qu’ils sont des étrangers, des avis de poursuite seront notifiées aux autorités compétentes ».

      A Agadez, beaucoup de gens s’inquiètent du sort de centaines d’autres demandeurs d’asile qui n’ont plus de toit et parmi eux des femmes et des enfants.

      Pour Athan, un de ces demandeurs d’asile : » le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) d’Agadez est l’unique responsable de ce qui nous arrive à Agadez ».

      La visite prévue demain mardi 7 janvier 2020 à Agadez de Mme Alexandra Morelli, représentante du HCR au Niger apportera t-elle une solution à ce problème ? Attendons de voir.


      https://airinfoagadez.com/2020/01/07/agadez-incendie-centre-humanitaire-335-demandeurs-dasile-interpelles

    • Demandeurs d’asile soudanais à Agadez : La grande désillusion

      L’installation d’une antenne du Haut Commissariat pour les Réfugiés à Agadez en Mai 2016 a contribué fortement à l’afflux de demandeurs d’asile de plusieurs nationalités. La majorité d’entre eux, après avoir fui leur pays en guerre, cas du Darfour au Soudan, se sont retrouvés piégés dans l’imbroglio libyen. C’est ainsi que près de 3000 soudanais ont cherché refuge à Agadez, une ville du nord Niger.
      Sur place, l’espoir d’une vie meilleure s’est peu à peu transformé en un véritable cauchemar. D’aucuns parmi ces prétendants à l’asile, las d’attendre, posent des actes désespérés sous forme des signaux.
      Le 14 avril dernier, un jeune soudanais a tenté de mettre fin à ses jours en se tailladant le cou. D’autres s’attaquent aux biens d’autrui pour se nourrir. Des actes contraires à la loi et au bon sens. Pourquoi et comment en est-on arrivé à ce stade ?
      APAC–Niger a mené l’enquête sur un drame que tente vaille que vaille de minimiser à l’opinion et les autorités en charge de la question et les ONG concernées.

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      Depuis la dégradation de la situation sécuritaire en Libye les ressortissants soudanais ont connu des difficultés à mener une vie tranquille, ils ont alors choisi d’immigrer vers le Niger. « Notons que la première grande vague est arrivée à Agadez en 2017. Tous ces migrants ont transité par la frontière du sud libyen, Sebha et Mourzouk en passant par Madama et Dirkou à la frontière avec le Niger », selon M. Soukeyrajou Yacouba, responsable à la Direction régionale d’état civil.
      Dès leur arrivée à Agadez ils ont été pris en charge par l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) et le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) appuyés par des ONG comme l’APBE (Action pour le Bien-être) et COOPI une ONG Italienne.
      Après l’enregistrement et l’enrôlement biométrique, dénommé BIMS, les migrants qui le désirent font une demande d’asile au niveau de la Direction de l’état-civil. « L’asile est octroyé par l’état du Niger seul habilité à le faire car le Niger reste souverain sur cette question, les migrants ayant fui la guerre pour des raisons sécuritaires sont priorisés par rapport à ceux qui ont fui pour des raisons économiques, d’autre part les mineurs non accompagnés très vulnérables bénéficient d’un traitement particulier vu leur situation, on trouve très souvent des cas de tortures sur les migrants venant de la Libye », a expliqué à APAC M. Soukeyrajou Yacouba. « C’est un long processus qui demande de la patience », explique un commis du service de l’état-civil. Une patience que n’ont plus aujourd’hui les Soudanais présents à Agadez.

      Déception et désolation au quotidien

      Malgré tous les efforts des ONG pour leur venir en aide, leurs cris de détresse s’amplifient. Ils crient leur ras-le-bol à qui veut les écouter. Dans le camp ou dans les rues d’Agadez. Ils ne s’en cachent point. « Si j’avais su que je me retrouverai dans une telle situation à Agadez, j’aurais préféré rester d’où je viens. Au moins là bas, j’étais dans une communauté humaine, j’avais le moral. A Agadez, nous sommes loin de la ville. Comme si nous sommes des animaux. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes ici. On n’a pas accès aux soins les plus élémentaires. On n’a pas une ambulance qui peut rapidement évacuer un malade vers la ville. Chaque soir, nous sommes dans la hantise que Boko Haram nous attaque. », nous a confié Mahmoud H, un jeune soudanais de 22 ans.

      Venus d’abord par petits groupes à Agadez, le nombre de demandeurs d’asile soudanais n’a fait que croitre au fil de mois jusqu’à atteindre presque 3000 personnes. Toutes sont en quête de protection et d’un mieux-être au Niger après avoir fui la guerre au Darfour et les sévices en Libye. Mais hélas, pour beaucoup, c’est la grande désillusion : « nous avons quitté l’enfer libyen pour tomber dans l’enfer d’Agadez. Ici aussi nous sommes mal vus ! C’est la suspicion et la haine dans tous les regards », disent-ils.

      Assis à même le sol d’un des hangars du centre d’accueil pour les réfugiés inauguré en mars 2017, Aly, est démoralisé. Il ne parle pas. Il observe. Dans ses yeux, aucune lueur. Ni de joie, ni d’espoir. Il refuse de regarder ses “ cochambriers”.
      Il nous confie en aparté. “ Ma place n’est pas ici. Pas sous ce hangar. Pas avec ces gens-là. On se bagarre tous les temps. Je ne suis pas comme eux et personne ne veut me comprendre. J’ai un statut que je n’ai pas choisi et qui fait que bien qu’étant homme, ma place n’est pas avec les hommes”.

      L’aveu d’Aly est clair mais non encore avoué. Un de ceux avec qui il partage le hangar balance le secret d’Aly : “ C’est un pédé ! C’est haram ! On ne veut pas de lui sous le même toit que nous”, dit-il rageur. Comble de cynisme ! Summum de l’intolérance, il dit menaçant à notre adresse : “On ne mange pas avec lui ! Il est malade. C’est un fils de Sheitan ! ”.

      Comment se fait-il que Aly, bien qu’ayant un statut particulier soit mis avec des hommes qui n’ont aucun respect pour son choix de vie ? “ Où voulez-vous qu’il soit ? Avec les femmes ? ”, nous répond calmement un agent du centre. “ Est-ce qu’il a même avoué au HCR son statut ! Je ne crois pas ! », a fait remarquer l’agent.
      Joint par le reporter de APAC Niger, le service du HCR Agadez dit ceci : « nous n’avons pas eu de cas pareil ! »

      Assiatou, est elle aussi une jeune femme du Darfour. Sa vie est un drame grandeur nature. Elle a tout perdu au Soudan du sud. Parents et conjoint.
      En Libye, elle a souffert vingt-sept mois les affres de violences sexuelles. “Les hommes sont cruels. Le sexe, partout et toujours le sexe. Comment puis-je me protéger quand on ne te demande aucune permission avant d’abuser de ton propre corps ? Dites-moi comment dire non à un homme drogué et violent qui a le droit de vie et de mort sur toi ? Mon corps de femme m’a permis de survivre jusqu’à aujourd’hui mais au prix de maints viols et supplices. De 2012 à aujourd’hui, j’ai porté trois grossesses que je n’ai jamais désirées. Deux sont mortes en Libye et j’ai le dernier ici avec moi ! Ne me demandez pas qui en est le père, je vous jure que je l’ignore !”.
      Son statut de femme éprouvée et allaitante fait qu’elle est mieux traitée que les autres. « Elle a beaucoup besoin de soutien surtout moral », fait remarquer une volontaire humanitaire trouvée sur place.

      À Agadez, Aly et Assiatou ont trouvé plusieurs centaines d’autres demandeurs d’asile. Tout comme eux, ils ont fui dans la douleur. Le Soudan d’abord, et la Libye ensuite. Hélas, leur rêve de liberté, leur espoir d’un lendemain meilleur se meurt aujourd’hui à Agadez.
      Au contact de dures réalités, Aly et Assiatou ne croient plus aux organisations internationales d’Agadez. « Elles font de la discrimination entre nous et les Erythréens ! Ce n’est pas normal », a fait le jeune soudanais Aly.

      « Ces soudanais ne sont pas reconnaissants…. »

      Ces demandeurs d’asile ignorent-ils que depuis la fin d’année 2017, 1.450 réfugiés, dont 1.292 Soudanais, sont arrivés dans la cité du nord du Niger jusqu’à atteindre le chiffre record de 3000 aujourd’hui ? Bien-sûr que non ! Devant leur afflux, et prises au dépourvu, les organisations humanitaires présentes à Agadez ne savent plus où donner de la tête. « On ne peut que s’occuper des personnes considérées comme « les plus vulnérables ». C’est-à-dire les femmes, les enfants et les malades », explique un agent du HCR en poste à Agadez.

      Et pourtant de l’avis d’un agent de la Direction de l’Etat-civil, « Leur situation s’améliore de plus en plus. Tenez bien ! Au début, les hommes vivaient en pleine rue, juste en face de nos locaux, des fois sous 42° de chaleur. Ils n’avaient même pas accès aux toilettes et faisaient leurs besoins à l’air libre ou dans des parcelles vides. Mais aujourd’hui, ils mangent bien, dorment bien et se promènent sans problème dans la ville d’Agadez ».

      Mais bon nombre de soudanais joints par APAC réfutent ces dires. Ils soulignent « qu’ils manquent de tout : nourriture, soins de santé, espaces sanitaires adéquats et même qu’ils n’ont droit à aucune intimité ».
      « C’est un site temporaire », nous a répondu à ce sujet Davies Kameau, chef de bureau UNHCR Agadez. « Nous attendons que les soudanais soient d’abord reconnus comme demandeurs d’asile par le Niger », a t-il poursuivi.

      Pour beaucoup de ces soudanais, le droit à l’asile leur est refusé au Niger et : « ce n’est pas normal. C’est un déni de droit clair et simple ! On fait des faveurs aux autres mais pas nous ! », a dénoncé lui aussi Hadji, un soudanais trentenaire.

      Le statut de réfugié peine à leur être accordé

      « Vous n’êtes pas sans savoir qu’il n’y a pas encore eu de session de la Commission nationale d’éligibilité (CNE) pour le cas d’Agadez mais il y a eu une commission d’éligibilité délocalisée à Tahoua pour statuer sur le cas de demandes jugées urgentes. Six ont été accordées et une rejetée. (…). C’est vrai que les gens ont l’impression que ça traîne mais en vérité c’est le souci de bien faire qui fait que le processus prend du temps », affirme. Soukeyrajou Yacouba à APAC.

      D’après nos sources jusqu’à à cette date, le Niger refuse de se prononcer sur la finalité de ces demandes d’asile.
      Pourquoi alors ? Joint par le reporter de APAC, Lawali Oudou, acteur de la société civile d’Agadez a expliqué : « Cela fait plusieurs mois que les négociations concernant le statut à accorder aux soudanais peinent à aboutir. C’est parce que les autorités du Niger ont peur de prendre cette lourde responsabilité surtout au sujet d’Agadez, une région instable et qui a connu deux rébellions armées ».
      En effet, le prétexte de la sécurité explique le refus de l’Etat du Niger d’accorder le droit d’asile à ces soudanais. « Ils sont en lien avec des pays en guerre : la Libye, le Tchad, le Soudan. Ils sont arabophones, tout comme la majorité des terroristes. On a peur qu’ils installent des bases terroristes ici », a affirmé à notre confrère Le Point le député Mano Aghali. « Les populations d’Agadez commencent à manifester contre la présence de ces gens dans la ville d’Agadez. C’est pourquoi nous prions le HCR d’accélérer le processus pour trouver une solution », s’est alarmé quant à lui Rhissa Feltou, alors maire d’Agadez.
      Mansour B. un jeune nigérien qui habite non loin du centre pour les réfugiés fait partie de ceux qui ne veulent plus des soudanais à Agadez. Et il le dit sans ambages : « ces soudanais ne sont pas reconnaissants vis-à-vis du Niger ». Il explique qu’ : « ils doivent remercier le Niger car aucun pays ne peut accepter ce qu’ils font ici à Agadez. Ils draguent nos femmes et nos filles souvent devant nos yeux ; ils coupent nos arbres et partent vendre le bois au marché pour acheter de l’alcool et de la drogue. Trop, c’est trop ! ».

      Des griefs infondés selon les soudanais

      Pour les soudanais, tous ces griefs sont infondés. « Nous sommes des civils et non des militaires. Nous n’avons aucun contact avec des groupes mafieux. Les autorités et même les populations locales nous comparent à des rebelles soudanais, pas comme des réfugiés. Si nous étions des combattants, on allait rester au pays pour nous défendre mais pas fuir comme des lâches », explique Al-Hassan.
      En attendant que leur cas soit clair, les soudanais se rongent les ongles à une quinzaine de kilomètres d’Agadez. Des couacs surviennent des fois entre eux mais aussi avec les populations riveraines du centre.

      Jusqu’à quand cette situation peut-elle tenir ? Un vent nouveau souffle au Soudan avec le changement de régime survenu. Peut-il augurer un lendemain meilleur pour tous ces jeunes soudanais bloqués aujourd’hui à Agadez ? L’Europe leur ouvrira t-elle un jour les bras ? Seront-ils laissés à Agadez pour qu’au fil du temps ils puissent se fondre à la population ?
      Telles sont les questions qui taraudent les esprits à Agadez et auxquelles des réponses doivent être données.


      https://airinfoagadez.com/2019/08/29/demandeurs-dasile-soudanais-a-agadez-la-grande-desillusion

    • Refugees in Niger Protest Against Delay of Resettlement and Dire Conditions

      Almost 1000 people have protested in front of the office of the UN Refugee Agency (UNHCR) in Agadez, Niger, against the poor conditions in the UNHCR-run facility and the delay of resettlement procedures. The systemic isolation in the centre is considered a model for “outsourcing of the asylum system outside Europe”.

      Hundreds of people, among them many refugees from Sudan, marched 18 km from the humanitarian centre where they are accommodated to the UNHCR headquarters to submit a memorandum bearing their demands to expedite their resettlement procedures and denounce the deteriorating humanitarian conditions in the facility. The march turned into a sit-in and is part of on-going series of refugee protests in Niger since early 2019.

      According to one of the protesters the facility is located in the middle of the desert lacking “the simplest means of life” as well as adequate education. Chronic disease is spreading among the refugees, many of which are unaccompanied who have been waiting in the facility for over two years, he added.

      In 2017, UNHCR established an Emergency Transit Mechanism (ETM) in Niger for the evacuation of vulnerable people from Libya identified for resettlement to Europe and elsewhere. As of November 2019, 2,143 out of 2,913 of those evacuated by UNHCR have been resettled.

      An increasing number of self-evacuated refugees have also arrived in Agadez from Libya with the hope of being resettled. Niger agreed to the ETM under the condition that all refugees would be resettled in Europe. However, as stated in a MEDAM police brief, for the self-evacuees, resettlement becomes increasingly unlikely and they were moved to a refugee camp outside the capital, which hampers local integration and their economic autonomy.

      The network Alarm Phone Sahara commented. “This situation occurs in a context where European states are seeking to outsource the processing of cases of refugees, who have fled wars and persecution in countries like in East Africa, to countries far from the borders of Europe. The state of Niger is currently serving as a model for the outsourcing of the asylum system towards outside Europe, receiving considerable amounts of money from EU member states.”

      Since 2017, a total of 4,252 persons have been evacuated from Libya: 2,913 to Niger, 808 to Italy and 531 to through the Emergency Transit Centre to Romania.

      https://www.ecre.org/refugees-in-niger-protest-against-delay-of-resettlement-and-dire-conditions

    • Agadez/Incendie centre humanitaire : » Je me suis sentie trahie… », affirme #Alexandra_Morelli, représentante du HCR au Niger

      En visite ce matin à Agadez, Mme Alexandra Morelli, représentante du HCR au Niger a répondu aux questions de Aïr Info :

      Extrait :


       » Je suis ici à Agadez pour apporter toute ma solidarité aux autorités locales et pour gérer ensemble cette crise. Pour comprendre profondément la nature et s’assurer qu’on continue à s’assurer qu’on continue à protéger et à donner de l’assistance aux victimes même parmi les soudanais de cet acte de vandalisme qui n’a pas de commentaires. Après l’incendie du site humanitaire ma réaction est celle d’une femme, d’une mère qui a cru en ses enfants, qui a tout fait avec le gouvernement du Niger pour leur garantir un espace de paix et de protection. Je me suis sentie trahie. C’est la première émotion humaine que j’ai eue, une émotion de douleur. Mais aujourd’hui, nous mettons les émotions de côté et on travaille avec le pragmatisme et la lucidité guidés par la solidarité et la loi du Niger ».

      Interview réalisée par
      Anicet Karim

      https://airinfoagadez.com/2020/01/07/agadez-incendie-centre-humanitaire-je-me-suis-sentie-trahie-affirme-a

  • Europe spends billions stopping migration. Good luck figuring out where the money actually goes

    How much money exactly does Europe spend trying to curb migration from Nigeria? And what’s it used for? We tried to find out, but Europe certainly doesn’t make it easy. These flashy graphics show you just how complicated the funding is.
    In a shiny new factory in the Benin forest, a woman named Blessing slices pineapples into rings. Hundreds of miles away, at a remote border post in the Sahara, Abubakar scans travellers’ fingerprints. And in village squares across Nigeria, Usman performs his theatre show about the dangers of travelling to Europe.

    What do all these people have in common?

    All their lives are touched by the billions of euros European governments spend in an effort to curb migration from Africa.

    Since the summer of 2015,
    Read more about the influx of refugees to Europe in 2015 on the UNHCR website.
    when countless boats full of migrants began arriving on the shores of Greece and Italy, Europe has increased migration spending by billions.
    Read my guide to EU migration policy here.
    And much of this money is being spent in Africa.

    Within Europe, the political left and right have very different ways of framing the potential benefits of that funding. Those on the left say migration spending not only provides Africans with better opportunities in their home countries but also reduces migrant deaths in the Mediterranean. Those on the right say migration spending discourages Africans from making the perilous journey to Europe.

    However they spin it, the end result is the same: both left and right have embraced funding designed to reduce migration from Africa. In fact, the European Union (EU) plans to double migration spending under the new 2021-2027 budget, while quadrupling spending on border control.

    The three of us – journalists from Nigeria, Italy and the Netherlands – began asking ourselves: just how much money are we talking here?

    At first glance, it seems like a perfectly straightforward question. Just add up the migration budgets of the EU and the individual member states and you’ve got your answer, right? But after months of research, it turns out that things are nowhere near that simple.

    In fact, we discovered that European migration spending resembles nothing so much as a gigantic plate of spaghetti.

    If you try to tease out a single strand, at least three more will cling to it. Try to find where one strand begins, and you’ll find yourself tangled up in dozens of others.

    This is deeply concerning. Though Europe maintains a pretence of transparency, in practice it’s virtually impossible to hold the EU and its member states accountable for their migration expenditures, let alone assess how effective they are. If a team of journalists who have devoted months to the issue can’t manage it, then how could EU parliament members juggling multiple portfolios ever hope to?

    This lack of oversight is particularly problematic in the case of migration, an issue that ranks high on European political agendas. The subject of migration fuels a great deal of political grandstanding, populist opportunism, and social unrest. And the debate surrounding the issue is rife with misinformation.

    For an issue of this magnitude, it’s crucial to have a clear view of existing policies and to examine whether these policies make sense. But to be able to do that, we need to understand the funding streams: how much money is being spent and what is it being spent on?

    While working on this article, we spoke to researchers and officials who characterised EU migration spending as “opaque”, “unclear” and “chaotic”. We combed through countless websites, official documents, annual reports and budgets, and we submitted freedom of information requests
    in a number of European countries, in Nigeria, and to the European commission. And we discovered that the subject of migration, while not exactly cloak-and-dagger stuff, is apparently sensitive enough that most people preferred to speak off the record.

    Above all, we were troubled by the fact that no one seems to have a clear overview of European migration budgets – and by how painfully characteristic this is of European migration policy as a whole.
    Nigeria – ‘a tough cookie’

    It wasn’t long before we realised that mapping out all European cash flows to all African countries would take us years. Instead, we decided to focus on Nigeria, Africa’s most populous country and the continent’s strongest economy, as well as the country of origin of the largest group of African asylum seekers in the EU. “A tough cookie” in the words of one senior EU official, but also “our most important migration partner in the coming years”.

    But Nigeria wasn’t exactly eager to embrace the role of “most important migration partner”. After all, migration has been a lifeline for Nigeria’s economy: last year, Nigerian migrants living abroad sent home $25bn – roughly 6% of the country’s GNP.

    It took a major European charm offensive to get Nigeria on board – a “long saga” with “more than one tense meeting”, according to a high-ranking EU diplomat we spoke to.

    The European parliament invited Muhammadu Buhari, the Nigerian president, to Strasbourg in 2016. Over the next several years, one European dignitary after another visited Nigeria: from Angela Merkel,
    the German chancellor, to Matteo Renzi,
    the Italian prime minister, to Emmanuel Macron,
    the French president, to Mark Rutte,

    the Dutch prime minister.

    Three guesses as to what they all wanted to talk about.
    ‘No data available’

    But let’s get back to those funding streams.

    The EU would have you believe that everything fits neatly into a flowchart. When asked to respond to this article, the European commission told us: “We take transparency very seriously.” One spokesperson after another, all from various EU agencies, informed us that the information was “freely available online”.

    But as Wilma Haan, director of the Open State Foundation, notes: “Just throwing a bunch of stuff online doesn’t make you transparent. People have to be able to find the information and verify it.”

    Yet that’s exactly what the EU did. The EU foundations and agencies we contacted referred us to dozens of different websites. In some cases, the information was relatively easy to find,
    but in others the data was fragmented or missing entirely. All too often, our searches turned up results such as “data soon available”
    or “no data available”.

    The website of the Asylum, Migration and Integration Fund (AMIF) – worth around €3.1bn – is typical of the problems we faced. While we were able to find a list of projects funded by AMIF online,

    the list only contains the names of the projects – not the countries in which they’re carried out. As a result, there’s only one way to find out what’s going on where: by Googling each of the project names individually.

    This lack of a clear overview has major consequences for the democratic process, says Tineke Strik, member of the European parliament (Green party). Under the guise of “flexibility”, the European parliament has “no oversight over the funds whatsoever”. Strik says: “In the best-case scenario, we’ll discover them listed on the European commission’s website.”

    At the EU’s Nigerian headquarters, one official explained that she does try to keep track of European countries’ migration-related projects to identify “gaps and overlaps”. When asked why this information wasn’t published online, she responded: “It’s something I do alongside my daily work.”
    Getting a feel for Europe’s migration spaghetti

    “There’s no way you’re going to get anywhere with this.”

    This was the response from a Correspondent member who researches government funding when we announced this project several months ago. Not exactly the most encouraging words to start our journey. Still, over the past few months, we’ve done our best to make as much progress as we could.

    Let’s start in the Netherlands, Maite’s home country. When we tried to find out how much Dutch tax money is spent in Nigeria on migration-related issues, we soon found ourselves down yet another rabbit hole.

    The Dutch ministry of foreign affairs, which controls all funding for Dutch foreign policy, seemed like a good starting point. The ministry divides its budget into centralised and decentralised funds. The centralised funds are managed in the Netherlands administrative capital, The Hague, while the decentralised funds are distributed by Dutch embassies abroad.

    Exactly how much money goes to the Dutch embassy in the Nigerian capital Abuja is unclear – no information is available online. When we contacted the embassy, they weren’t able to provide us with any figures, either. According to their press officer, these budgets are “fragmented”, and the total can only be determined at the end of the year.

    The ministry of foreign affairs distributes centralised funds through its departments. But migration is a topic that spans a number of different departments: the department for stabilisation and humanitarian aid (DSH), the security policy department (DVB), the sub-Saharan Africa department (DAF), and the migration policy bureau (BMB), to name just a few. There’s no way of knowing whether each department spends money on migration, let alone how much of it goes to Nigeria.

    Not to mention the fact that other ministries, such as the ministry of economic affairs and the ministry of justice and security, also deal with migration-related issues.

    Next, we decided to check out the Dutch development aid budget
    in the hope it would clear things up a bit. Unfortunately, the budget isn’t organised by country, but by theme. And since migration isn’t one of the main themes, it’s scattered over several different sections. Luckily, the document does contain an annex (https://www.rijksoverheid.nl/documenten/begrotingen/2019/09/17/hgis---nota-homogene-groep-internationale-samenwerking-rijksbegroting-) that goes into more detail about migration.

    In this annex, we found that the Netherlands spends a substantial chunk of money on “migration cooperation”, “reception in the region” and humanitarian aid for refugees.

    And then there’s the ministry of foreign affairs’ Stability Fund,
    the ministry of justice and security’s budget for the processing and repatriation of asylum seekers, and the ministry of education, culture and science’s budget for providing asylum seekers with an education.

    But again, it’s impossible to determine just how much of this funding finds its way to Nigeria. This is partly due to the fact that many migration projects operate in multiple countries simultaneously (in Nigeria, Chad and Cameroon, for example). Regional projects such as this generally don’t share details of how funding is divided up among the participating countries.

    Using data from the Dutch embassy and an NGO that monitors Dutch projects in Nigeria, we found that €6m in aid goes specifically to Nigeria, with another €19m for the region as a whole. Dutch law enforcement also provides in-kind support to help strengthen Nigeria’s border control.

    But hold on, there’s more. We need to factor in the money that the Netherlands spends on migration through its contributions to the EU.

    The Netherlands pays hundreds of millions into the European Development Fund (EDF), which is partly used to finance migration projects. Part of that money also gets transferred to another EU migration fund: the EUTF for Africa.
    The Netherlands also contributes directly to this fund.

    But that’s not all. The Netherlands also gives (either directly or through the EU) to a variety of other EU funds and agencies that finance migration projects in Nigeria. And just as in the Netherlands, these EU funds and agencies are scattered over many different offices. There’s no single “EU ministry of migration”.

    To give you a taste of just how convoluted things can get: the AMIF falls under the EU’s home affairs “ministry”

    (DG HOME), the Development Cooperation Instrument (DCI) falls under the “ministry” for international cooperation and development (DG DEVCO), and the Instrument contributing to Stability and Peace (IcSP) falls under the European External Action Service (EEAS). The EU border agency, Frontex, is its own separate entity, and there’s also a “ministry” for humanitarian aid (DG ECHO).

    Still with me?

    Because this was just the Netherlands.

    Now let’s take a look at Giacomo’s country of origin, Italy, which is also home to one of Europe’s largest Nigerian communities (surpassed only by the UK).

    Italy’s ministry of foreign affairs funds the Italian Agency for Development Cooperation (AICS), which provides humanitarian aid in north-eastern Nigeria, where tens of thousands of people have been displaced by the Boko Haram insurgency. AICS also finances a wide range of projects aimed at raising awareness of the risks of illegal migration. It’s impossible to say how much of this money ends up in Nigeria, though, since the awareness campaigns target multiple countries at once.

    This data is all available online – though you’ll have to do some digging to find it. But when it comes to the funds managed by Italy’s ministry of the interior, things start to get a bit murkier. Despite the ministry having signed numerous agreements on migration with African countries in recent years, there’s little trace of the money online. Reference to a €92,000 donation for new computers for Nigeria’s law enforcement and immigration services was all we could find.

    Things get even more complicated when we look at Italy’s “Africa Fund”, which was launched in 2017 to foster cooperation with “priority countries along major migration routes”. The fund is jointly managed by the ministry of foreign affairs and the ministry of the interior.

    Part of the money goes to the EUTF for Africa, but the fund also contributes to United Nations (UN) organisations, such as the UN Refugee Agency (UNHCR) and the International Organization for Migration (IOM), as well as to the Italian ministry of defence and the ministry of economy and finance.

    Like most European governments, Italy also contributes to EU funds and agencies concerned with migration, such as Frontex, Europol, and the European Asylum Support Office (EASO).

    And then there are the contributions to UN agencies that deal with migration: UNHCR, the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA), IOM, the UN Development Programme (UNDP), and the UN Office on Drugs and Crime (UNODC), to name just a few.

    Now multiply all of this by the number of European countries currently active in Nigeria. Oh, and let’s not forget the World Bank,

    which has only recently waded into the waters of the migration industry.

    And then there are the European development banks. And the EU’s External Investment Plan, which was launched in 2016 with the ambitious goal of generating €44bn in private investments in developing countries, with a particular focus on migrants’ countries of origin. Not to mention the regional “migration dialogues”
    organised in west Africa under the Rabat Process and the Cotonou Agreement.

    This is the European migration spaghetti.
    How we managed to compile a list nonetheless

    By now, one thing should be clear: there are a staggering number of ministries, funds and departments involved in European migration spending. It’s no wonder that no one in Europe seems to have a clear overview of the situation. But we thought that maybe, just maybe, there was one party that might have the overview we seek: Nigeria. After all, the Nigerian government has to be involved in all the projects that take place there, right?

    We decided to ask around in Nigeria’s corridors of power. Was anyone keeping track of European migration funding? The Ministry of Finance? Or maybe the Ministry of the Interior, or the Ministry of Labour and Employment?

    Nope.

    We then tried asking Nigeria’s anti-trafficking agency (NAPTIP), the Nigeria Immigration Service (NIS), the Nigerians in Diaspora Commission, and the National Commission for Refugees, Migrants and Internally Displaced Persons (NCFRMI).

    No luck there, either. When it comes to migration, things are just as fragmented under the Nigerian government as they are in Europe.

    In the meantime, we contacted each of the European embassies in Nigeria.
    This proved to be the most fruitful approach and yielded the most complete lists of projects. The database of the International Aid Transparency Initiative (IATI)
    was particularly useful in fleshing out our overview.

    So does that mean our list is now complete? Probably not.

    More to the point: the whole undertaking is highly subjective, since there’s no official definition of what qualifies as a migration project and what doesn’t.

    For example, consider initiatives to create jobs for young people in Nigeria. Would those be development projects or trade projects? Or are they actually migration projects (the idea being that young people wouldn’t migrate if they could find work)?

    What about efforts to improve border control in northern Nigeria? Would they fall under counterterrorism? Security? Institutional development? Or is this actually a migration-related issue?

    Each country has its own way of categorising projects.

    There’s no single, unified standard within the EU.

    When choosing what to include in our own overview, we limited ourselves to projects that European countries themselves designated as being migration related.

    While it’s certainly not perfect, this overview allows us to draw at least some meaningful conclusions about three key issues: where the money is going, where it isn’t going, and what this means for Nigeria.
    1) Where is the money going?

    In Nigeria, we found

    If you’d like to work with the data yourself, feel free to download the full overview here.
    50 migration projects being funded by 11 different European countries, as well as 32 migration projects that rely on EU funding. Together, they amount to more than €770m in funding.

    Most of the money from Brussels is spent on improving Nigerian border control:
    more than €378m. For example, the European Investment Bank has launched a €250m initiative

    to provide all Nigerians with biometric identity cards.

    The funding provided by individual countries largely goes to projects aimed at creating employment opportunities

    in Nigeria: at least €92m.

    Significantly, only €300,000 is spent on creating more legal opportunities to migrate – less than 0.09% of all funding.

    We also found 47 “regional” projects that are not limited to Nigeria, but also include other countries.
    Together, they amount to more than €775m in funding.
    Regional migration spending is mainly focused on migrants who have become stranded in transit and is used to return them home and help them to reintegrate when they get there. Campaigns designed to raise awareness of the dangers of travelling to Europe also receive a relatively large proportion of funding in the region.

    2) Where isn’t the money going?

    When we look at the list of institutions – or “implementing agencies”, as they’re known in policy speak – that receive money from Europe, one thing immediately stands out: virtually none of them are Nigerian organisations.

    “The EU funds projects in Nigeria, but that money doesn’t go directly to Nigerian organisations,” says Charles Nwanelo, head of migration at the NCFRMI.

    See their website here.
    “Instead, it goes to international organisations, such as the IOM, which use the money to carry out projects here. This means we actually have no idea how much money the EU is spending in Nigeria.”

    We hear the same story again and again from Nigerian government officials: they never see a cent of European funding, as it’s controlled by EU and UN organisations. This is partially a response to corruption within Nigerian institutions – Europe feels it can keep closer tabs on its money by channelling it through international organisations. As a result, these organisations are growing rapidly in Nigeria. To get an idea of just how rapidly: the number of people working for the IOM in Nigeria has more than quadrupled over the past two years.

    Of course, this doesn’t mean that Nigerian organisations are going unfunded. Implementing agencies are free to pass funding along to Nigerian groups. For example, the IOM hires Nigerian NGOs to provide training for returning migrants and sponsors a project that provides training and new software to the Nigerian immigration service.

    Nevertheless, the system has inevitably led to the emergence of a parallel aid universe in which the Nigerian government plays only a supporting role. “The Nigerian parliament should demand to see an overview of all current and upcoming projects being carried out in their country every three months,” says Bob van Dillen, migration expert at development organisation Cordaid.

    But that would be “difficult”, according to one German official we spoke to, because “this isn’t a priority for the Nigerian government. This is at the top of Europe’s agenda, not Nigeria’s.”

    Most Nigerian migrants to Europe come from Edo state, where the governor has been doing his absolute best to compile an overview of all migration projects. He set up a task force that aims to coordinate migration activities in his state. The task force has been largely unsuccessful because the EU doesn’t provide it with any direct funding and doesn’t require member states to cooperate with it.

    3) What are the real-world consequences for Nigeria?

    We’ve established that the Nigerian government isn’t involved in allocating migration spending and that local officials are struggling to keep tabs on things. So who is coordinating all those billions in funding?

    Each month, the European donors and implementing agencies mentioned above meet at the EU delegation to discuss their migration projects. However, diplomats from multiple European countries have told us that no real coordination takes place at these meetings. No one checks to see whether projects conflict or overlap. Instead, the meetings are “more on the basis of letting each other know”, as one diplomat put it.

    One German official noted: “What we should do is look together at what works, what doesn’t, and which lessons we can learn from each other. Not to mention how to prevent people from shopping around from project to project.”

    Other diplomats consider this too utopian and feel that there are far too many players to make that level of coordination feasible. In practice, then, it seems that chaotic funding streams inevitably lead to one thing: more chaos.
    And we’ve only looked at one country ...

    That giant plate of spaghetti we just sifted through only represents a single serving – other countries have their own versions of Nigeria’s migration spaghetti. Alongside Nigeria, the EU has also designated Mali, Senegal, Ethiopia and Niger as “priority countries”. The EU’s largest migration fund, the EUTF, finances projects in 26 different African countries. And the sums of money involved are only going to increase.

    When we first started this project, our aim was to chart a path through the new European zeal for funding. We wanted to track the flow of migration money to find answers to some crucial questions: will this funding help Nigerians make better lives for themselves in their own country? Will it help reduce the trafficking of women? Will it provide more safe, legal ways for Nigerians to travel to Europe?

    Or will it primarily go towards maintaining the international aid industry? Does it encourage corruption? Does it make migrants even more vulnerable to exploitation along the way?

    But we’re still far from answering these questions. Recently, a new study by the UNDP

    called into question “the notion that migration can be prevented or significantly reduced through programmatic and policy responses”.

    Nevertheless, European programming and policy responses will only increase in scope in the coming years.

    But the more Europe spends on migration, the more tangled the spaghetti becomes and the harder it gets to check whether funds are being spent wisely. With the erosion of transparency comes the erosion of democratic oversight.

    So to anyone who can figure out how to untangle the spaghetti, we say: be our guest.

    https://thecorrespondent.com/154/europe-spends-billions-stopping-migration-good-luck-figuring-out-where-the-money-actually-goes/171168048128-fac42704
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Nigeria #EU #EU #Union_européenne #externalisation #frontières #contrôles_frontaliers #Frontex #Trust_fund #Pays-Bas #argent #transparence (manque de - ) #budget #remittances #AMIF #développement #aide_au_développement #European_Development_Fund (#EDF) #EUTF_for_Africa #European_Neighbourhood_Instrument (#ENI) #Development_Cooperation_Instrument (#DCI) #Italie #Banque_mondiale #External_Investment_Plan #processus_de_rabat #accords_de_Cotonou #biométrie #carte_d'identité_biométrique #travail #développement #aide_au_développement #coopération_au_développement #emploi #réintégration #campagnes #IOM #OIM

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749
    Et ajouté à la métaliste développement/migrations :
    https://seenthis.net/messages/733358

    ping @isskein @isskein @pascaline @_kg_

    • Résumé en français par Jasmine Caye (@forumasile) :

      Pour freiner la migration en provenance d’Afrique les dépenses européennes explosent

      Maite Vermeulen est une journaliste hollandaise, cofondatrice du site d’information The Correspondent et spécialisée dans les questions migratoires. Avec deux autres journalistes, l’italien Giacomo Zandonini (Italie) et le nigérian Ajibola Amzat, elle a tenté de comprendre les raisons derrières la flambée des dépenses européennes sensées freiner la migration en provenance du continent africain.

      Depuis le Nigéria, Maite Vermeulen s’est intéressée aux causes de la migration nigériane vers l’Europe et sur les milliards d’euros déversés dans les programmes humanitaires et sécuritaires dans ce pays. Selon elle, la politique sécuritaire européenne n’empêchera pas les personnes motivées de tenter leur chance pour rejoindre l’Europe. Elle constate que les fonds destinés à freiner la migration sont toujours attribués aux mêmes grandes organisations gouvernementales ou non-gouvernementales. Les financements européens échappent aussi aux évaluations d’impact permettant de mesurer les effets des aides sur le terrain.

      Le travail de recherche des journalistes a duré six mois et se poursuit. Il est financé par Money Trail un projet qui soutient des journalistes africains, asiatiques et européens pour enquêter en réseau sur les flux financiers illicites et la corruption en Afrique, en Asie et en Europe.

      Les Nigérians ne viennent pas en Europe pour obtenir l’asile

      L’équipe a d’abord tenté d’élucider cette énigme : pourquoi tant de nigérians choisissent de migrer vers l’Europe alors qu’ils n’obtiennent quasiment jamais l’asile. Le Nigéria est un pays de plus de 190 millions d’habitants et l’économie la plus riche d’Afrique. Sa population représente le plus grand groupe de migrants africains qui arrivent en Europe de manière irrégulière. Sur les 180 000 migrants qui ont atteint les côtes italiennes en 2016, 21% étaient nigérians. Le Nigéria figure aussi régulièrement parmi les cinq premiers pays d’origine des demandeurs d’asile de l’Union européenne. Près de 60% des requérants nigérians proviennent de l’Etat d’Edo dont la capitale est Bénin City. Pourtant leurs chance d’obtenir un statut de protection sont minimes. En effet, seuls 9% des demandeurs d’asile nigérians reçoivent l’asile dans l’UE. Les 91% restants sont renvoyés chez eux ou disparaissent dans la nature.

      Dans l’article Want to make sense of migration ? Ask the people who stayed behind, Maite Vermeulen explique que Bénin City a été construite grâce aux nigérians travaillant illégalement en Italie. Et les femmes sont peut-être bien à l’origine d’un immense trafic de prostituées. Elle nous explique ceci :

      “Pour comprendre le présent, il faut revenir aux années 80. À cette époque, des entreprises italiennes étaient établies dans l’État d’Edo. Certains hommes d’affaires italiens ont épousé des femmes de Benin City, qui sont retournées en Italie avec leur conjoint. Ils ont commencé à exercer des activités commerciales, à commercialiser des textiles, de la dentelle et du cuir, de l’or et des bijoux. Ces femmes ont été les premières à faire venir d’autres femmes de leur famille en Italie – souvent légalement, car l’agriculture italienne avait cruellement besoin de travailleurs pour cueillir des tomates et des raisins. Mais lorsque, à la fin des années 80, la chute des prix du pétrole a plongé l’économie nigériane à l’arrêt, beaucoup de ces femmes d’affaires ont fait faillite. Les femmes travaillant dans l’agriculture ont également connu une période difficile : leur emploi est allé à des ouvriers d’Europe de l’Est. Ainsi, de nombreuses femmes Edo en Italie n’avaient qu’une seule alternative : la prostitution. Ce dernier recours s’est avéré être lucratif. En peu de temps, les femmes ont gagné plus que jamais auparavant. Elles sont donc retournées à Benin City dans les années 1990 avec beaucoup de devises européennes – avec plus d’argent, en fait, que beaucoup de gens de leur ville n’en avaient jamais vu. Elles ont construit des appartements pour gagner des revenus locatifs. Ces femmes étaient appelées « talos », ou mammas italiennes. Tout le monde les admirait. Les jeunes femmes les considéraient comme des modèles et voulaient également aller en Europe. Certains chercheurs appellent ce phénomène la « théorie de la causalité cumulative » : chaque migrant qui réussit entraîne plus de personnes de sa communauté à vouloir migrer. A cette époque, presque personne à Benin City ne savait d’où venait exactement l’argent. Les talos ont commencé à prêter de l’argent aux filles de leur famille afin qu’elles puissent également se rendre en Italie. Ce n’est que lorsque ces femmes sont arrivées qu’on leur a dit comment elles devaient rembourser le prêt. Certaines ont accepté, d’autres ont été forcées. Toutes gagnaient de l’argent. Dans les premières années, le secret des mammas italiennes était gardé au sein de la famille. Mais de plus en plus de femmes ont payé leurs dettes – à cette époque, cela prenait environ un an ou deux – et elles ont ensuite décidé d’aller chercher de l’argent elles-mêmes. En tant que « Mamas », elles ont commencé à recruter d’autres femmes dans leur ville natale. Puis, lentement, l’argent a commencé à manquer à Benin City : un grand nombre de leurs femmes travaillaient dans l’industrie du sexe en Italie.”

      Aujourd’hui, l’Union européenne considère le Nigéria comme son plus important “partenaire migratoire”et depuis quelques années les euros s’y déversent à flots afin de financer des programmes des sécurisation des frontières, de création d’emploi, de lutte contre la traite d’être humains et des programmes de sensibilisation sur les dangers de la migration vers l’Europe.
      Le “cartel migratoire” ou comment peu d’organisation monopolisent les projets sur le terrain

      Dans un autre article intitulé A breakdown of Europe’s € 1.5 billion migration spending in Nigeria, les journalistes se demandent comment les fonds européens sont alloués au Nigéria. Encore une fois on parle ici des projets destinés à freiner la migration. En tout ce sont 770 millions d’euros investis dans ces “projets migration”. En plus, le Nigéria bénéficie d’autres fonds supplémentaires à travers les “projets régionaux” qui s’élèvent à 775 millions d’euros destinés principalement à coordonner et organiser les retours vers les pays d’origines. Mais contrairement aux engagements de l’Union européenne les fonds alloués aux projets en faveur de la migration légale sont très inférieurs aux promesses et représentent 0.09% des aides allouées au Nigéria.

      A qui profitent ces fonds ? Au “cartel migratoire” constitué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de l’Organisation internationale des migrations (OIM), de l’UNICEF, de l’Organisation internationale du travail (OIL), de l’Organisation internationale des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC). Ces organisations récoltent près de 60% des fonds alloués par l’Union européenne aux “projets migration” au Nigéria et dans la région. Les ONG et les consultants privés récupèrent 13% du total des fonds alloués, soit 89 millions d’euros, le double de ce qu’elles reçoivent en Europe.
      Les montants explosent, la transparence diminue

      Où va vraiment l’argent et comment mesurer les effets réels sur les populations ciblées. Quels sont les impacts de ces projets ? Depuis 2015, l’Europe a augmenté ses dépenses allouées à la migration qui s’élèvent désormais à plusieurs milliards.

      La plus grande partie de ces fonds est attribuée à l’Afrique. Dans l’article Europe spends billions stopping migration. Good luck figuring out where the money actually goes, Maite Vermeulen, Ajibola Amzat et Giacomo Zandonini expliquent que l’UE prévoit de doubler ces dépenses dans le budget 2021-2027 et quadrupler les dépenses sur le contrôle des frontières.

      Des mois de recherche n’ont pas permis de comprendre comment étaient alloués les fonds pour la migration. Les sites internet sont flous et de nombreux bureaucrates européens se disent incapables concilier les dépenses car la transparence fait défaut. Difficile de comprendre l’allocation précise des fonds de l’Union européenne et celle des fonds des Etats européens. Le tout ressemble, selon les chercheurs, à un immense plat de spaghettis. Ils se posent une question importante : si eux n’y arrivent pas après des mois de recherche comment les députés européens pourraient s’y retrouver ? D’autres chercheurs et fonctionnaires européens qualifient les dépenses de migration de l’UE d’opaques. La consultation de nombreux sites internet, documents officiels, rapports annuels et budgets, et les nombreuses demandes d’accès à l’information auprès de plusieurs pays européens actifs au Nigéria ainsi que les demandes d’explications adressées à la Commission européenne n’ont pas permis d’arriver à une vision globale et précise des budgets attribués à la politique migratoire européenne. Selon Tineke Strik, député vert au parlement européen, ce manque de clarté a des conséquences importantes sur le processus démocratique, car sans vision globale précise, il n’y a pas vraiment de surveillance possible sur les dépenses réelles ni sur l’impact réel des programmes sur le terrain.

      https://thecorrespondent.com/154/europe-spends-billions-stopping-migration-good-luck-figuring-out-where-the-money-actually-goes/102663569008-2e2c2159

  • À #Lagos, les pauvres n’ont plus droit de cité

    En se développant à un rythme effrené, la mégalopole nigériane exclut les plus pauvres. Le quotidien britannique a suivi une famille de pêcheurs qui a été expulsée de son quartier. Nous publions ce reportage à l’occasion de l’opération “10 jours pour signer”, organisée par Amnesty International, dont Courrier international est partenaire.


    https://www.courrierinternational.com/article/droits-humains-lagos-les-pauvres-nont-plus-droit-de-cite
    #exclusion #pauvres #pauvreté #droit_à_la_ville #Nigeria #urban_matter #villes #géographie_urbaine #expulsion #destruction #logement

    https://www.courrierinternational.com/article/droits-humains-lagos-les-pauvres-nont-plus-droit-de-cite

  • Africa: povertà e denutrizione in aumento nonostante la crescita economica e l’aumento dell’import di prodotti agro-industriali

    L’Africa nel suo insieme, nonostante i progressi intrapresi a partire dall’inizio del nuovo millennio, si presenta tutt’oggi, sia dal punto di vista economico che sociale, come il continente meno sviluppato.

    Sotto il primo aspetto, benché la ricchezza prodotta dall’intero continente, secondo l’Ocse, sia triplicata fra il 2000 e il 2016,[1], il pil pro capite medio africano risulta ancora di soli 2.000 $ annui[2]. Un valore che uniforma differenze anche marcate, non solo macroregionali fra la parte Mediterranea, più sviluppata, e quella sub-sahariana, più arretrata in assoluto su scala globale, ma anche fra i vari stati all’interno delle stesse, dove, ad esempio, entro quest’ultima, nel 2017[3], troviamo il Burundi con un pil pro capite di soli 312 $ a fronte della Guinea Equatoriale che invece raggiunge i 12.727 $. Avallando la definizione di alcuni analisti che preferiscono utilizzare il termine Afriche per indicare appunto una situazione di relativa differenziazione interna al continente.

    Il quadro sociale

    Anche sotto l’aspetto dello sviluppo sociale complessivamente l’Africa evidenzia una marcata arretratezza: nonostante la speranza di vita media alla nascita sia cresciuta fra il 2015 e il 2018 di ben 3 anni (da 50,8 a 53,9)[4], risulta ancora inferiore rispetto agli altri continenti e la mortalità infantile, benché scesa solo negli ultimi anni al di sotto della soglia del 100 per 1.000, vede gli stati della parte sub-sahariana situati in blocco nelle ultime posizioni nell’apposita graduatoria dell’Unicef relativa al 2018 (tab. 1).

    Tabella 1: mortalità infantile nel primo anno di vita. Fonte (Unicef 2018)[5]

    Un quadro sociale generale ancora indubbiamente critico come certificato dai valori della povertà assoluta dichiarati dalla presidente della Banca africana di sviluppo Celestine Monga[1], con addirittura oltre il 40% della popolazione continentale, a fronte di una media mondiale dell’10%, che cerca di sopravvivere con meno di 1,90 $ al giorno e la sottoalimentazione che nel 2018, secondo la Fao[2], colpiva il 20% degli africani. Una drammatica situazione che vede concentrarsi, nel continente che accoglie solo il 17% della popolazione mondiale, circa un terzo del totale dei denutriti sulla Terra (con meno di 2.000 calorie al giorno), confermando che il binomio fame-povertà, lungi dall’essere sradicato, presenta addirittura un inquietante trend in fase di aggravamento.

    [1] studio americano del Brookings Institution (classifica dei paesi più poveri al mondo)

    [2] http://www.fao.org/news/story/it/item/1180461/icode

    A fronte di un tendenza globale di lungo periodo di riduzione della povertà estrema dai 1,850 miliardi (35%) del 1990 ai 735 milioni (10%) del 2015, nel periodo compreso fra il 2013 e il 2015, al cospetto di una contrazione mondiale di 68 milioni di unità, in Africa sub-sahariana, secondo la Banca Mondiale si è registrato invece un aumento di 8 milioni e addirittura 9 milioni in Nord Africa e Medio Oriente (Tab. 2). In quest’ultima area la situazione è risultata peggiore visto che i poveri sono quasi raddoppiati da 9,5 a 18,6 milioni a causa delle cosiddette Primavere arabe in Tunisia ed Egitto e delle guerre in Libia e in Siria che hanno destabilizzato dal punto di vista politico ed economico la macroregione.

    Tabella 2: povertà assoluta in percentuale e in valore assoluto 2013-2015. Fonte: Banca Mondiale[8]

    La gravità della situazione è testimoniata dallo studio realizzato dai ricercatori del World Poverty Clock con il sostegno delle Nazioni Unite e del governo tedesco concluso nel 2018 dal quale emerge che si trovano in Africa sub-shariana 12 dei 14 paesi dove la povertà estrema risulta in aumento in valore assoluto: Nigeria, Niger, Ciad, Repubblica Centrafricana, Somalia, Repubblica Democratica del Congo, Repubblica del Congo, Angola, Zambia, Madagascar, Burundi e Sud Sudan, sul quale ci soffermeremo in seguito.

    Caso paradigmatico è rappresentato, ad esempio, dalla Nigeria, stato più popoloso del continente con circa 195 milioni di abitanti, che in base alle proiezioni del World Poverty Clock 2018 del World Data Lab di Vienna[10], ad inizio 2018, risultava, nonostante le ingenti riserve petrolifere, il paese con il più elevato numero di persone in condizione di povertà assoluta, stimate a fine maggio 2018 in ben 87 milioni scalzando l’India (73 milioni) dal vertice della poco gratificante graduatoria mondiale (grafico 1). La reale gravità della situazione tuttavia emerge dal rapporto fra la consistenza demografica dei due paesi che nel 2018 risultava di ben 7:1 a favore del colosso asiatico.

    Grafico 1: stati per numero di persone in povertà assoluta. Fonte: World Poverty Clock

    Una situazione molto critica in Nigeria, al cui interno convive il 44,2%[11] della popolazione in situazione di estrema povertà (tab. 3) e al contempo è il Paese d’origine del miliardario più ricco del continente, l’uomo d’affari Aliko Dangote, e quello dove cresce un’elite di benestanti sempre più abbienti. Povertà e disuguaglianza, fenomeno che in Europa dopo la crisi del 2008 è andato sempre consolidandosi.

    Tabella 3: primi 4 paesi africani per numero di abitanti in povertà assoluta. Fonte: World Poverty Clock

    Riguardo alla sottoalimentazione rileviamo una situazione ancora più critica rispetto a quella della povertà: infatti, in base al report dell’Unicef 2018[12], dopo aver toccato, a livello mondiale, il minimo storico nel 2015 a 785 milioni di persone è risalita nel 2017 a 821, dato confermato anche nel 2018[13], con l’Africa che assorbe la quasi totalità dell’aumento: ben 34,5 su 36 milioni di aumento globale. Il numero di persone sottoalimentate in Africa sale così nel 2017 a 257 milioni di unità, suddivise fra i 20 milioni nella parte Mediterranea ed i 237 in quella sub-sahariana. Quasi la metà dell‘incremento è dovuta all’aumento del numero di persone denutrite nell’Africa occidentale, mentre un altro terzo proviene dall’Africa orientale.

    L’ampia porzione di Africa posta sud del Sahara si conferma così come la macroregione in stato di maggior sofferenza a livello mondiale, con la speranza di vita media più bassa, la più elevata mortalità infantile e con le maggior percentuali di persone sottoalimentate e in condizioni di povertà assoluta.

    Le previsioni

    Dal rapporto del World Poverty Clock pubblicato il 7 settembre 2018[14] fuoriesce, del continente africano, una situazione a luci e ombre: se da un lato, nell’Africa sub-sahariana, la povertà assoluta è prevista in riduzione dal 39% del 2018 al 27% del 2030, lo stesso problema sta invece assumendo, per alcuni paesi, i connotati di una piaga sociale endemica per la quale non si intravedono prospettive di risoluzione nemmeno a medio termine. Infatti, in base alle stime dello stesso report del World Poverty Clock pubblicato il 5 maggio 2018, è previsto che nel Continente Nero nel 2030 si troveranno sia i 13 dei 15 paesi in cui la povertà avrà registrato un aumento in valore assoluto che i primi 4, fra i soli 5, che vedranno aumentare il tasso di povertà assoluta a livello mondiale (tab. 4). Per il 2018 invece è stato calcolato un ulteriore aumento di 3 milioni di unità a livello continentale.

    Tabella 4: stati africani col più elevato tasso di povertà assoluta in percentuale: stime 2018-previsioni 2030. Fonte: World Poverty Clock

    Sud Sudan: l’ultimo nato in peggiori condizioni

    Particolarmente drammatica risulta, dal report del Word Poverty Clock pubblicato il 1 agosto 2018[15], la situazione del Sud Sudan, paese di più recente formazione della Terra (2011), che vedrà aumentare il numero di poveri assoluti dagli 11,5 milioni del 2018 ai 14 del 2030, con una incidenza sulla popolazione che passerà dall’85,1% al 95,8% (tab. 4). Il conflitto per la leadership politica fra il presidente, Salva Kiir di etnia Dinka, e il suo vice, Riek Machar leader dei Nuer, il secondo gruppo etnico nazionale, ha insanguinato e destabilizzato il Paese per quasi 5 anni sino al luglio 2018 minandone lo sviluppo e la diversificazione economica: ancora oggi circa l’85% della popolazione attiva risulta impegnata in attività non salariate, principalmente agricoltura di sussistenza e allevamento (circa il 78% degli attivi)[16]. La sostanziale assenza dell’industria manifatturiera costringe all’importazione di quasi tutti i beni sia di consumo che intermedi; l’unico settore industriale moderno risulta quello petrolifero, nel quale dominano gli investimenti stranieri, in particolare cinesi, indiani e malesi[17]. Ricco di risorse del sottosuolo, il Sud Sudan, detiene, oltre ai pozzi petroliferi, giacimenti di oro, argento, ferro e rame.

    Ricoprendo il 99% dell’export e il 60% della ricchezza nazionale, il settore petrolifero risulta di gran lunga dominante, causando tuttavia fragilità alla struttura economica nazionale a seguito della dipendenza della stessa dall’andamento delle quotazioni borsistiche: il pil pro capite secondo la Banca Mondiale è infatti crollato, insieme al valore del petrolio, dai 1.111 $ del 2014 ai meno di 228 $ del 2017[18]. Il conseguente deficit fiscale ha causato un’ondata inflazionistica e gravissime carenze alimentari: nel Paese ben 7 milioni di persone (pari al 63%) sono stati colpiti da carestia e vengono assistite tramite gli aiuti umanitari del World Food Programme (Wfp), mentre quasi 2 milioni sono gli sfollati interni e altri 2,5 milioni sono fuggiti dal Paese, dando vita alla più grave crisi dei rifugiati in Africa dopo quella del Ruanda di metà anni ’90.

    A prescindere dalla grave crisi alimentare in atto, nel complesso il Sud Sudan presenta un quadro strutturale disastroso caratterizzato dall’83% di popolazione rurale, da un elevato analfabetismo (73% maschile e l’84% femminile), da una carenza di servizi pubblici che esclude il 75% della popolazione dall’assistenza sanitaria e dalla maggior percentuale di popolazione in povertà assoluta (85%) a livello mondiale, ai quali si aggiungono carenze infrastrutturali, debolezza delle istituzioni politiche, corruzione al pari del resto del continente, frammentazione etnica (ben 64 gruppi) e dispute di confine[19].

    Fame in aumento e boom dell’import di prodotti agricoli: un’apparente contraddizione

    Dal report del Dipartimento dell’Agricoltura degli Stati Uniti (Usda) del 2 novembre 2015[20] emerge che nel ventennio 1995-2014 le importazioni di cibo e prodotti agricoli intermedi e primari ha subito in Africa sub-sahariana un incremento medio del 13% annuo come effetto combinato della sostenuta crescita economica (60% di incremento del pil totale nei 10 anni precedenti) e del consistente incremento demografico (dai 720 del 1995 ai 1.156 milioni del 2014)[21]. Le importazioni agricole totali hanno raggiunto nel 2014 un controvalore pari a 48,5 miliardi $, secondo solo al 2013, ripartito fra i 11,7 miliardi proveniente da altri Paesi della macroregione e i 36,8 da fuori del continente. Emerge tuttavia un aspetto incoraggiante per il progetto di integrazione panafricano riconducibile alla crescita del commercio agricolo intra-africano, che fra il 2009 e il 2014, ha superato quello proveniente dall’esterno: 100% contro 60% (grafico 2).

    Grafico 2: importazioni agricole in Africa sub-sahariana in miliardi $ 1994-2014

    Per individuare le cause della contraddizione sottoalimentazione/aumento dell’import agroalimentare è opportuno sovrapporre alla dinamica demografica quella sociale: in Africa sub-sahariana infatti nel decennio 2005-2014 si è registrata un’espansione della classe media addirittura del 90%, ceto sociale che, al pari di quello di altre aree emergenti del Sud del mondo, persegue consumi di tipologia e livello occidentale, alimentando una sensibile crescita della domanda di tali prodotti. Infatti, dall’analisi merceologica del comparto rileviamo come le principali importazioni agroalimentari dell’Africa sub-sahariana siano prodotti orientati al consumatore: alimenti preparati, latticini, pollame, vino/birra e verdure. Tali prodotti diretti al consumo finale hanno registrato nel quinquennio 2010-2014 addirittura un incremento del 70% arrivando, in quell’anno, a rappresentare oltre il 40% delle importazioni totali della macroregione.

    Al pari le importazioni di prodotti intermedi, principalmente olio di palma e zucchero, utilizzati come materie prime dall’industria agroalimentare, sono cresciute anch’esse rapidamente, mentre quelle di merci sfuse, prodotti primari destinati all’alimentazione di base, sono state invece più contenute, tant’è che l’import di cereali, in un sub-continente “affamato” rappresentavano solo il 21% nel 2014: grano 9% e riso 12% (grafico 3).

    Grafico 3: paniere merceologico dell’import agroalimentare in Africa sub-sahariana 2014

    Lo stesso report prospetta un futuro addirittura prosperoso per l’export agricolo statunitense verso l’Africa sub-sahariana teso al recupero delle quote perse, scese nel ventennio 1994-2005 dal 15 al 5%, in quanto la classe media della macroregione dovrebbe crescere di un ulteriore 90% nel successivo decennio 2014-2024 (grafico 4) determinando un incremento della domanda di prodotti orientati al consumatore di un altro 60%. Un business plan che, tuttavia, non mostra particolare attenzione alle fasce sociali in sofferenza.

    Grafico 4: crescita in % della classe media nelle principali macroregioni terrestri 2014 – 2024

    Un modello agroalimentare contraddittorio

    La critica situazione alimentare del Continente Nero, e in particolare della parte sub-sahariana, è riconducibile alle distorsioni del modello agroalimentare mondiale, sempre più caratterizzato dall’Agrobusiness e dalle sue perverse dinamiche. Un settore, definito dal dizionario curato da Aldo Gabrielli come “il complesso di attività e mezzi connessi allo sviluppo capitalistico dell’agricoltura”, nel quale le finalità esulano dalla funzione primaria di soddisfacimento del fabbisogno alimentare per perseguire invece la massimizzazione del profitto in linea con le logiche capitalistiche.

    Basato sull’integrazione fra agricoltura e industria, al suo interno operano poche grandi imprese multinazionali che controllano l’intera filiera: dalla produzione alla trasformazione industriale sino alla commercializzazione dei prodotti finiti. Le produzioni agricole avvengono in ogni area del pianeta, sia del Nord che del Sud, mentre i prodotti finiti vengono indirizzati dove esiste facoltà di spesa, la famosa domanda, quindi principalmente nei paesi sviluppati e verso i ceti sociali emergenti (nuovi ricchi e classi medie) di quelli in via di sviluppo (Cina, India ecc.) e addirittura di quelli ad economia meno sviluppata, come nel caso africano.

    L’agricoltura costituisce l’asse portante del sistema in quanto produttrice delle indispensabili materie prime ma l’attività industriale economicamente ha la preminenza poiché gran parte del valore aggiunto deriva dalla trasformazione dei prodotti agricoli. Negli Stati Uniti, ad esempio, il sistema agroalimentare industriale assorbe il 20% della popolazione attiva ma soltanto l’1% è impiegato nel settore primario. A rimanere schiacciati da questo sistema sono i produttori locali, soprattutto quelli piccoli, del Sud del mondo ai quali vengono dettate le scelte colturali, a discapito della sovranità alimentare quindi dei prodotti di sussistenza, e imposto prezzi di acquisto molto bassi, a causa dell’asimmetria contrattuale fra le parti contraenti. Emblematico risulta a tal proposito il caso del caffè che, contrariamente ad altri prodotti di piantagione, è coltivato da una moltitudine di piccoli contadini che si trovano in condizione di subalternità rispetto alle multinazionali che acquistano la materia prima per la trasformazione e la commercializzazione.

    In base al rapporto “Scopri il marchio“ di Oxfan le 10 più grandi aziende agroalimentari vale a dire Associated British Foods (Abf), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg’s, Mars, Mondelez International (ex Kraft Foods), Nestlé, PepsiCo e Unilever generano collettivamente entrate superiori a 1,1 miliardi di dollari al giorno[22] 1 con un volume d’affari stimato intorno ai 7.000 miliardi annui, addirittura 18 volte superiore al settore dell’energia, rappresentando circa il 10% dell’economia globale. Nei vari comparti in cui operano tendono a crearsi oligopoli egemonizzati da queste imprese di enormi proporzioni, come nel comparto del cacao in cui tre aziende controllano il 30% del mercato mondiale[23] o quello della frutta tropicale dove cinque multinazionali ne coprono addirittura l’80%[24] .

    Le dimensioni economiche di queste macroaziende superano talvolta quelle di stati del Sud del mondo consentendo loro di esercitare pressioni sui governi tese ad influenzarne le scelte politiche a proprio vantaggio, ma che finiscono per concretizzarsi in dinamiche vessatorie per le popolazioni locali quali: l’espansione dei latifondi, delle monocolture da esportazione e del land grabbing (l’accaparramento delle terre). Quest’ultimo fenomeno, attuato sia da imprese che da stati, affligge Sud America, Sud-est asiatico, Asia centrale e, soprattutto, l’Africa, nella quale quasi 30 milioni di ettari di terreni coltivabili, di cui ben il 64% per colture non alimentari (carta 1), sono controllati attraverso due forme contrattualistiche: acquisizioni e leasing. In particolare, principali vittime risultano i piccoli contadini che vengono schiacciati dal potere soverchiante delle grandi aziende che ne provoca un impoverimento sino a costringerli a vendere loro i terreni; in altri casi vengono addirittura espulsi con la violenza, da eserciti o paramilitari, dalle proprie terre trasformandoli in profughi, spesso costretto a fuggire all’estero. Il Centro Studi Internazionali, riporta alcuni casi emblematici relativi all’Africa come quello della regione di Gambella in Etiopia dove, dal 2010 l’esercito ha costretto molti abitanti ad abbandonare le terre e a spostarsi in altre aree a vantaggio delle imprese straniere fra le quali spicca l’impresa Saudi Star (Arabia Saudita) che è riuscita ad impossessarsi di ben 15.000 ettari di territorio per la coltivazione di canna da zucchero e riso[25]

    Carta tematica 1: i principali attori attivi e passivi del land grabbing. Fonte: land matrix 2018[26]

    Crescita senza redistribuzione

    Un continente che, dopo la lunga recessione del ventennio 1980-2000, causata dalla contrazione delle quotazioni delle commodities, ha finalmente imboccato col nuovo millennio il percorso di sviluppo economico, triplicando, in base ai dati Ocse[27], la ricchezza prodotta tra il 2000 e il 2016 con una crescita media annua del 4,6% (tab. 5), la seconda più elevata a livello mondiale dopo i paesi asiatici in via di sviluppo

    Tabella 5: crescita economica media annua nelle principali macroregioni del Sud del mondo fra 2.000 e 2016 in base ai dati Ocse 2018[28]

    Parallelamente, l’Africa nel suo complesso è risultato l’unico continente a registrare un aumento della povertà assoluta da 405 a 413 milioni fra il 2013 e il 2015 (tab. 2) ed ha assorbito nel 2017 la quasi totalità dell’incremento mondiale della sottoalimentazione, 34,5 su 36 milioni, facendo salire il numero di coloro che soffrono la fame a 257 milioni, paradossalmente in contemporanea all’aumento dell’import di prodotti agroalimentari che, fra il 1995 e il 2014, si è attestato su un valore medio annuo del +13%. Indubbiamente la rapida crescita demografica che sta interessando il continente, quasi 60 milioni fra il 2013 e il 2015 (tab. 6), ha creato problemi sociali aggiuntivi ma non è stata determinante visto che la povertà al contempo ha registrato un incremento di 8 milioni nella parte sub-sahariana e altrettanti in Nord Africa e Medio Oriente.

    Tabella 6: crescita della popolazione in Africa fra il 2013 e il 2010. Fonte: population pyramid [29]

    Causa principale della situazione è un modello economico non inclusivo che evidentemente va a beneficio dei ricchi e del ceto medio, quest’ultimo in espansione nell’Africa sub-sahariana fra il 2005 e il 2015 addirittura del 90%, al quale vanno aggiunti problemi economici strutturali quali un’eccessiva dipendenza dall’export di prodotti primari grezzi e una massiccia penetrazione delle multinazionali, tipica dei rapporti di subordinazione neocoloniale, che fanno incetta delle abbondanti risorse minerarie, energetiche, agricole e naturali drenando ingenti profitti.

    Conclusioni

    Sullo sfondo di questo quadro economico e sociale resta la questione delle disparità sociali, che seppur ridottesi a livello continentale fra il 1998 e il 2013, nella parte sub-sahariana rimangono ancora le più elevate a livello mondiale dopo l’America Latina (tab. 7).

    Tabella 7: riduzione dell’indice Gini nelle principali macroregioni nel breve periodo 2008-2013

    La situazione risulta critica soprattutto nell’Africa australe, dove si trovano, a parte Haiti, 4 fra i 5 paesi con il più alto livello di disuguaglianza nella graduatoria mondiale nella distribuzione del reddito fra le fasce sociali, calcolata in base all’Indice Gini: Sudafrica, Botswana, Namibia e Zambia, seguiti dalla Repubblica Centrafricana nell’area equatoriale (tab. 8).

    Tabella 8: stati per indice indice Gini più elevato. Fonte: World Population Rewiew 24/10/2019[30]

    Ed è lo stesso Ocse a confermare il rapporto disparità sociali/povertà: “Se l’Africa abbassasse ulteriormente il proprio coefficiente di Gini, da 41 a 35 (il livello dei Paesi asiatici in via di sviluppo), ciascun punto percentuale di crescita del PIL ridurrebbe i dati sulla povertà di un altro mezzo punto percentuale l’anno. Un tale calo nelle disuguaglianze diminuirebbe il numero di persone che vivono in povertà di 130 milioni. I progressi compiuti per ridurre la povertà estrema sono troppo lenti: nel periodo 2009-16, il 36% della popolazione africana (circa 400 milioni di persone) viveva con 1,90 dollari USA al giorno o meno, rispetto al 49% degli anni ‘90. Per una più rapida lotta alla povertà, la crescita deve diventare più inclusiva e le disuguaglianze devono essere ridotte“[31].

    Rileviamo, a conforto della nostra analisi, la coincidenza di conclusioni con il Rapporto regionale 2018 sulla sicurezza alimentare e la nutrizionedella Fao[32], il quale testualmente riporta che “È interessante notare come le economie africane siano cresciute a ritmi impressionanti, spesso superiori al 5% negli ultimi dieci anni, dal 2004 al 2014. Tuttavia, la povertà e la fame sono ancora in sospeso poiché una crescita economica significativa non è risultata né integrata e né inclusiva“ aggiungendo che “L’insicurezza alimentare in alcuni paesi dell’Africa è stata aggravata dai conflitti, spesso in combinazione con condizioni meteorologiche avverse (riconducibili ai cambiamenti climatici ndr.)” e che è necessario “Orientare le politiche nazionali di sicurezza alimentare verso una maggiore autosufficienza alimentare interna“, vale a dire eliminare il land grabbing, ridurre i latifondi ed estromettere le monocolture da esportazione e riacquisire la sovranità alimentare.

    Una sfida impegnativa per il Continente nero quella dello sviluppo autonomo, integrato ed inclusivo che passa attraverso un processo di integrazione continentale (un passo significativo in tal senso è rappresentato dall’entrata in vigore dell’Area di Libero Scambio dell’Africa – Afcfta – il 30 maggio 2019 che secondo la Commissione economica Onu per l’Africa potrebbe incrementare del 53% il commercio intra-africano[33]) e per il superamento della subordinazione neocoloniale, imposta dalle potenze Occidentali e in forme diverse, recentemente, anche dalla Cina.

    Un percorso, come tutti i processi emancipatori, che non può prescindere da una rottura della storica subalternità politica dei Paesi africani e la riscrittura di un nuovo ordine economico, commerciale e finanziario che può essere implementato solo da una nuova classe dirigente preparata, non corrotta e con un efficace progetto panafricano. In pratica l’effettiva indipendenza, 60 anni dopo quella formale.

    http://www.pisorno.it/africa-poverta-e-denutrizione-in-aumento-nonostante-la-crescita-economica-e-

    #Afrique #pauvreté #économie #croissance_économique #exportation #importation #industrie_agro-alimentaire #sous-alimentation #alimentation #mortalité_enfantile #pauvreté_absolue #Nigeria #RDC #République_démocratique_du_congo #statistiques #chiffres #Sud_Soudan #Soudan_du_Sud #land_grabbing #accaparement_des_terrres

  • Maroc : Les refoulements des Subsahariens vers la frontière avec l’Algérie reprennent

    Cette semaine, les autorités marocaines ont mené à nouveau des raids sur des camps de migrants à #Nador, procédant par la même occasion au #déplacement_forcé d’un groupe de 90 Subsahariens vers la frontière avec l’#Algérie. Une action qui indigne les associatifs et militants des droits humains, dont l’AMDH et le GADEM.

    Les conditions météorologiques difficiles en ce début d’hiver ne semblent pas empêcher les autorités marocaines à Nador de poursuivre les campagnes de #déplacements_forcés de migrants subsahariens loin des côtes méditerranéennes.

    Jeudi, la section Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a affirmé avoir « constaté deux bus devant le centre d’enfermement d’Arekmane à Nador, au bord desquels 90 #migrants_subsahariens viennent d’être éloignés de nuit et dans un #froid glacial vers la région désertique de la frontière algéro-marocain ».

    « Ces bus ne s’arrêtent qu’une fois à l’extrême sud de #Jerada ou #Oujda, dans une désertique où il #neige des fois et où il fait très froid actuellement », compète Omar Naji, président de l’AMDH-Nador, joint ce vendredi par Yabiladi.


    https://twitter.com/NadorAmdh/status/1197587135072747522?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    Conditions difficiles et risques sécuritaires sur une frontière théoriquement fermée

    Pour le militant, « ce ne sont plus des déplacements vers le Sud, et notamment Tiznit et nous n’avons pas encore d’explications ». Il rappelle que c’était déjà le cas en 2013 et 2014 lorsque ces migrants étaient plutôt renvoyés vers les frontières Est du royaume. « Ces déplacements avaient pourtant cessé pour une période. Si ces migrants ne sont pas interpellés par l’armée algérienne, ils retournent à Nador et dans le nord », déplore-t-il.

    Cette campagne de déplacements forcés depuis les villes du nord semble reprendre. Mercredi, l’AMDH a dénoncé un assaut mené par les autorités marocaines sur des maisons louées par des migrants dans l’optique de les déplacer aussi. Il risquent tout autant un déplacement forcé vers le Sud ou éventuellement vers la frontière avec l’Algérie. Le même jour, des attaques nocturnes contre les campements des migrants à Nador ont été dénoncées par l’ONG via sa page Facebook.

    Contactée par Yabiladi, la coordinatrice général du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), Camille Denis, précise ne pas avoir plus d’informations sur cette nouvelle campagne. Mais elle rappelle que ces déplacements forcés vers la frontière avec l’Algérie ne sont pas une pratique nouvelle. « Déjà l’année dernière, le GADEM avait soulevé cette question pour le cas d’un groupe de migrants et en 2016 aussi. La pratique avait diminué depuis l’annonce de la politique migratoire du royaume mais n’a jamais cessé », nous rappelle-t-elle.

    « Au-delà des conditions météorologiques difficiles actuellement, ces déplacements forcés soulèvent de sérieuses questions sur les risques sécuritaires pour ces migrants qui, pour certains qui passent du côté algérien, peuvent être renvoyés vers le Niger », déplore-t-elle.

    Des migrants déplacés de Nador qui finissent au Mali ?

    Et c’est d’ailleurs le cas. Jointe par notre rédaction, Aimée Lokaké, présidente de la Communauté congolaise au Maroc et membre du Conseil des migrants subsahariens au Maroc rapporte le cas d’une migrante subsaharienne. « J’ai l’appelée et elle m’a indiqué qu’elle était à Nador avant d’être déplacée avec d’autres migrants vers l’Algérie, qui les a à son tour expulsés vers le #Niger. Elle se retrouve actuellement au Mali », informe-t-elle. « Ce qui se passe en route et ce qu’ils subissent, on ne le sait pas. Mais nous sommes dans le devoir de protéger les humains », ajoute-t-elle.

    « J’ai appelé des ressortissants à Oujda qui m’ont indiqué qu’il s’agit de migrants en situation administrative irrégulière qui voulaient faire la traversée », informe-t-elle encore. Aimée Lokaké insiste aussi sur la nécessité d’encadrer ces personnes et les sensibiliser « au lieu de les déplacer comme ça, surtout qu’un drame peut leur arriver alors que leurs familles croient qu’ils se trouvent ici au Maroc ».

    Président ODT-I (syndicat pour les travailleurs migrants), Amadou Sadio Baldé dénonce aussi ces déplacements. « A l’état où nous sommes, soit une phase de l’intégration de migrants, nous déplorons ces déplacements et la précarité qu’ils occasionnent. Nous ne pouvons pas cautionner ces actes », affirme-t-il.

    Pour lui, « l’intégration étant un processus long, le Maroc doit prendre en considération la situation de ces migrants et leurs conditions ».

    https://www.yabiladi.com/articles/details/85882/maroc-refoulements-subsahariens-vers-frontiere.html

    #Algérie #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #asile #abandon #désert #frontières #refoulements #push-back #refoulement

    ping @isskein @karine4

    Voir aussi le fil de discussion commencé en 2017, qui relate des mêmes refoulements jusqu’en 2018 :
    https://seenthis.net/messages/627118

  • Femmes nigérianes prostituées à #Lyon : « payer l’enfer pour rester en enfer »

    Lors du procès d’un vaste réseau de prostitution de femmes Nigérianes qui a pris fin vendredi 15 novembre à Lyon, aucune des dix-sept victimes n’a témoigné à la barre. Mais lors de leurs plaidoiries, les avocats des parties civiles ont levé le voile sur le parcours de vie de ces femmes. Des récits glaçants, qui les mènent de #Benin_City à la traversée de la Libye et de la Méditerranée, jusqu’aux trottoirs de Lyon.

    Pas une n’aura témoigné à la barre, ou dans la presse. Les dix-sept femmes Nigérianes victimes d’un vaste #réseau_de_prostitution ont été les grandes absentes du procès qui s’est ouvert au tribunal correctionnel de Lyon mercredi 6 novembre et qui doit se terminer vendredi.

    « On préfère qu’elles ne soient pas là, pour les protéger », explique à Infomigrants, Anne Portier, avocate d’Équipes d’action contre le #proxénétisme (EACP), l’une des deux associations qui s’est constituée partie civile aux côtés des victimes. L’avocate évoque ainsi « la #peur » de ces jeunes femmes dont certaines ont d’ailleurs retiré leur #plainte et « les risques de pressions » dans une petite communauté « où l’information circule vite ». De fait, 23 des 24 prévenus poursuivis pour aide au séjour irrégulier, proxénétisme aggravé, traite d’êtres humains, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent en bande organisée sont, comme les victimes, originaires du Nigéria.

    Les avocats des parties civiles se sont donc succédé, mercredi 13 novembre, pour retracer par fragments la trajectoire de vie de chacune de ces femmes aujourd’hui âgées de 17 à 38 ans et qui tentent de reconstruire leur vie à l’étranger, en région parisienne ou encore en Isère.

    De Benin City à Lyon, le même piège pour toutes

    De prime abord, leurs parcours se ressemblent jusqu’à se confondre : une jeune femme, originaire de Benin City dans l’État nigérian d’Edo, peu éduquée et parfois en rupture avec ses parents, à qui une connaissance fait miroiter le rêve d’une vie meilleure en Europe. S’ensuit, avant le départ, le rite #vaudou du « #juju » au cours duquel la jeune femme s’engage à rembourser une #dette de plusieurs dizaines de milliers d’euros au titre de sa migration. Un montant dont il est difficile de prendre la mesure, 30.000 nairas nigérians équivalant à environ 80 euros.

    Vient ensuite la traversée de la Libye puis de la Méditerranée et l’arrivée en Europe, souvent en Italie, avant le passage en France et « la prise en charge » par une « mama » proxénète (10 des prévenus sont des femmes). La routine infernale s’enclenche alors avec les passes à 10 ou 30 euros dans une camionnette stationnée dans les quartiers lyonnais de Perrache ou Gerland. Au-delà de la dette de 30.000 ou 50.000 euros à rembourser, les femmes prostituées doivent encore payer un loyer de plusieurs centaines d’euros par mois. Tout est d’ailleurs prétexte pour leur facturer davantage, même la clé perdue de leur camionnette. « Payer l’enfer pour rester en enfer », résumera un des avocats des parties civiles.

    Détails de vie terribles

    Au fil des plaidoiries, la singularité des histoires, des parcours et des personnalités apparaît et des détails terribles surgissent. Il y a E. et M., aujourd’hui âgées de 23 ans, et compagnes de voyage et d’infortune dans leur périple jusqu’en France. L’une travaillait dans un salon de coiffure, l’autre rêvait de devenir couturière en Europe lorsqu’on leur propose de quitter le Nigeria. L’espoir tournera vite au cauchemar en Libye lorsque E. sera violée par trois gardiens sous les yeux de M., après s’être interposée pour défendre cette dernière. « Quand on les rencontre aujourd’hui, elles ont une attitude forte. Mais dès que l’on gratte, ça s’effondre », résume leur avocate.

    Il y a E., 17 ans et demi, la plus jeune victime de cette affaire. Son avocat la décrit comme une jeune fille « sous la coupe de la sorcellerie auquel s’ajoute un lien de famille (la jeune fille a été prostituée par sa propre mère NDLR) qui vient sceller un quasi silence ». Et l’avocat d’insister sur le serment quasi sacré qui la liait du fait du ‘juju’ : « Même longtemps après, dans un lieu de confiance, devant des associatifs, elle n’en parlait jamais. Cela dit bien le poids que cela peut représenter ».

    Il y a C. qui a contracté une dette de 70.000 euros, « à 30 euros la passe, cela représente 2.300 passes », relève son avocate. Frappée lorsqu’elle ose s’opposer à son proxénète, sa situation irrégulière la retiendra longtemps de se présenter aux services de police.

    Il y a J., vierge à son arrivée en France, et violée par son proxénète avant d’être prostituée.

    Il y a E. dont l’avocate raconte qu’un de ses clients lui a, un jour, posé un mouchoir sur le nez et qu’elle ne se souvient pas de ce qui s’est passé ensuite. « Elle a été dépossédée de son corps pendant 5 heures », dit l’avocate.

    Il y aussi Cynthia. Son statut dans cette affaire est particulier : à la fois prévenue et victime, elle a témoigné à la barre vendredi dernier. "Cynthia a été un an la prostituée d’Helen (une des « mamas » proxénètes NDLR) et un an son affranchie", a expliqué son avocate. Alors que les écoutes téléphoniques indiquent qu’une fois « affranchie » après avoir honoré sa dette en 14 mois en « travaillant tous les jours », Cynthia a fait venir, à son tour, une jeune Nigériane pour l’exploiter. « Monter en grade », est souvent la seule issue pour ces femmes qui ne parlent pas français, selon les associations de lutte contre la prostitution.

    « Qui est le propriétaire de X ? »

    « On se passe ces femmes comme des objets, on parle d’elles comme de choses », dénoncera une des avocates des parties civiles en appelant à condamner les passeurs. L’avocate d’Équipes d’action contre le proxénétisme (EACP) citera, elle, dans sa plaidoirie les expressions révélatrices utilisée par les proxénètes sur écoute téléphonique : « qui est le propriétaire de X ? », « dans le lot »…

    Alors que des prévenus sont poursuivis pour « traite d’êtres humains », Anne Portier dénoncera dans sa plaidoirie un #esclavage du 21ème siècle où les bateaux pneumatiques traversant la Méditerranée ont remplacé les navires négriers traversant l’Atlantique et où les champs de coton sont désormais des camionnettes où se succèdent les clients.

    Le ministère public a requis dix ans de prison pour les deux chefs du réseau et diverses peines allant de six à dix ans pour les maillons.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/20877/femmes-nigerianes-prostituees-a-lyon-payer-l-enfer-pour-rester-en-enfe
    #prostitution #France #migrations #Nigeria #traite_d'êtres_humains #néo-esclavage #exploitation #esclavage_moderne

  • Évacués au #Rwanda, les #réfugiés de #Libye continuent de rêver d’#Europe - RFI

    Par Laure Broulard

    Un jeune réfugié dans le centre de transit de Gashora au Rwanda.
    © FFI/Laure Broulard

    Publié le 03-11-2019 Modifié le 03-11-2019 à 07:25

    Le Rwanda accueille depuis quelques semaines des #demandeurs_d’asile évacués de Libye, dans le cadre d’un accord avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l’#Union_africaine signé le mois dernier. Un programme d’urgence présenté comme une réponse à la crise des quelque 4 700 réfugiés et migrants bloqués dans ce pays en guerre. Reportage.

    Le centre de #Gashora est en pleine effervescence. Situé dans la région du #Bugesera, au sud de #Kigali, il accueillait auparavant des réfugiés venus du #Burundi. Aujourd’hui, des équipes s’affairent pour rénover et agrandir les structures afin d’héberger les quelque 500 réfugiés évacués de Libye que le Rwanda a promis d’accueillir dans un premier temps.

    Les 189 demandeurs d’asile déjà arrivés sont logés dans de petites maisons de briques disséminées dans les bois alentour. Un groupe de jeunes en jogging et baskets se passent la balle sur un terrain de volley. D’autres, le regard fuyant, parfois égaré, sont assis sur des bancs à l’ombre.

    « Je n’ai pas encore réalisé mon rêve »

    #Rodouane_Abdallah accepte de parler aux journalistes, arrivés en groupe dans un bus acheminé par le gouvernement rwandais. Originaire du Darfour, ce jeune homme de 18 ans au regard doux a posé le pied en Libye en 2017. Il a tenté sept fois de traverser la #Méditerranée. Il a survécu par miracle.

    Aujourd’hui, il se souvient encore de toutes les dates avec précision : le nombre de jours et d’heures passées en mer, les mois en détention. Deux ans entre les mains de geôliers ou de passeurs. « Là bas, vous êtes nourris seulement une fois par jour, vous buvez l’eau des toilettes, vous ne pouvez pas vous doucher et vous devez travailler gratuitement sinon vous êtes battus », se souvient-il.

    Rodouane est aujourd’hui logé et nourri à Gashora. Il bénéficie également de soins médicaux et psychologiques. Cependant, il voit le Rwanda comme une simple étape : « Je suis heureux d’avoir eu la chance de pouvoir venir ici. C’est mieux qu’en Libye. Mais je ne suis pas arrivé à la fin de mon voyage, car je n’ai pas encore réalisé mon rêve. Je veux aller en Europe et devenir ingénieur en informatique », assure-t-il. Ce rêve, cette idée fixe, tous la martèlent aux journalistes. Pourtant les places en Europe risquent d’être limitées.

    « #Emergency_Transit_Mechanism »

    Dans le cadre de l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), le nom donné à ce programme d’évacuation d’urgence, les réfugiés de Gashora ont aujourd’hui plusieurs possibilités. Ils peuvent soit faire une demande d’asile dans un pays occidental, soit rentrer chez eux si les conditions sécuritaires sont réunies, soit bénéficier d’un processus de #réinstallation dans un pays tiers sur le continent africain. Les mineurs non accompagnés pourraient ainsi rejoindre leur famille et les étudiants s’inscrire dans des universités de la région selon le #HCR.

    « Ils ont beaucoup souffert pour atteindre l’Europe, c’est donc un objectif qui est encore très cher à leur cœur. Mais maintenant qu’ils sont au Rwanda, nous essayons d’identifier avec eux toute une palette de solutions », explique #Élise_Villechalane, chargée des relations extérieures du HCR au Rwanda.

    Mais la démarche inquiète déjà certains réfugiés : « Les pays européens dépensent beaucoup d’argent pour nous éloigner de la mer Méditerranée. Et si c’est pour cela qu’on a été amenés ici, ce serait honteux. La seule chose que je pourrais faire serait de retourner en Libye et de tenter de traverser la Méditerranée », explique un jeune Érythréen, qui préfère garder l’anonymat.

    Une solution viable ?

    Le Rwanda n’est pas le premier pays à mettre en place ce type de mécanisme. Le Niger a lui aussi lancé un ETM en 2017. Depuis, environ 2 900 réfugiés y ont été évacués de Libye. Environ 1 700 d’entre eux ont été réinstallés dans des pays occidentaux à ce jour. Aujourd’hui, l’Union africaine et le HCR appellent d’autres pays africains à suivre l’exemple. Mais certaines ONG sont sceptiques quant à la viabilité du système.

    Au #Niger, le traitement des dossiers est long, ce qui crée des tensions. Le Mixed Migration Center, un centre de recherche indépendant, rapporte que des réfugiés auraient ainsi attaqué un véhicule du HCR en signe de protestation dans le centre de transit d’Hamdallaye en juin dernier.

    Plus généralement, #Johannes_Claes, chef de projet Afrique de l’Ouest au MMC, dénonce une externalisation des obligations des pays occidentaux en matière de droit d’asile : « Avec ce type schéma, l’UE délègue une part de sa responsabilité au continent africain. C’est d’autant plus cynique quand on sait que l’Union européenne finance les garde-côtes libyens qui interceptent les migrants avant de les envoyer en centre de #détention », explique-t-il.

    Du côté des signataires de l’accord, on présente le projet sous un jour différent : « Ce qui compte aujourd’hui, c’est que ces personnes sont en sécurité le temps que leurs dossiers soient traités. Et je suis fière que le Rwanda se soit porté volontaire », indique Hope Tumukunde, représentante permanente du Rwanda à l’Union africaine.

    Début septembre, au moment de la signature de l’accord, #Vincent_Cochetel, l’envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée, assurait à Reuters que la plus grande partie du financement de ce mécanisme d’évacuation d’urgence viendrait de l’Union européenne. Il est depuis revenu sur ces déclarations. Pour le moment, c’est le HCR qui assure la totalité du financement de l’opération.

    http://www.rfi.fr/afrique/20191103-rwanda-refugies-libye-hcr-ua

    ping @cdb_77 —> je me demande encore comment organiser les messages seenthis. En fait, j’aime bien tes métalistes et je me demande si je peux ajouter direct par commenaire ? Mais pas sûre que je connais assez bien ton système. Sinon je te marque et t’ajoutes toi même ? Ou bien je fais mes métalistes à moi...mais peut-être moins efficace qu’essayer de faire ensemble ? ...voilà, j’aime vraiment bien le seenthis et je suis toujours en train d’essayer de comprendre comment faire. En tout cas j’ai du temps maintenant pour m’en investir plus ;)

    • Tout à fait d’accord, j’ai voulu dire cela, c’est parce que je connais pas encore très bien le vocabulaire SeenThis. Alors les métalistes (=liste avec fils de discussion) c’est très bien si tu organises cela, je ne veux pas m’impliquer. Ma question était si je peux ajouter des infos aux fils de discussion (= liste regroupé avec articles autour du même sujet) ? Parce que pour les fils, peut-être possible que je ne choissis pas le bien et j’ai peur de faire de désordre dans ton système. T’es d’accord que j’essaie ? Si cela te dérange tu me le dis ? Et pour l’article là-haut, si tu l’as déjà mis, pourquoi le triangle n’est pas rempli (y a-t-il un autre indice, si oui, je te marque plus ;) ) ?

    • ...oh lala impossible que c’est rempli, j’ai passé trop de temps devant mon ordi alors, n’importe quoi, mieux que je pars checker les structures autonomes...

      Allez, je commence à ajouter alors !

  • ’Sex For Grades’: How The BBC Exposed A Scandal In West Africa : Goats and Soda : NPR
    https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2019/10/25/771427782/how-undercover-journalists-exposed-west-africas-sex-for-grades-scandal

    “I’m a 28-year-old who never got to finish school because of one thing,” says Kiki Mordi. “It wasn’t because I wasn’t brilliant or anything — I was a high flyer when I was growing up. But I didn’t even finish. All because of sexual harassment.”

    According to Mordi, one of her professors withheld her exam results for two semesters because she refused his sexual advances, leading her to drop out of school and give up her dream of becoming a doctor. Mordi tried to report her sexual harassment at the time but says, “It was clear nothing was going to be done.”

    “That’s robbery,” she says. “If there’s any one place in the world girls should feel safe, it’s school.”

    Mordi pursued journalism instead, and her most recent project — the BBC Africa Eye documentary Sex for Grades — tackles sexual harassment at West African universities. Mordi and her team interviewed dozens of current and former students about their experiences with sexual harassment.

    Their research culminated in an hourlong film that shows Mordi and three other undercover reporters using hidden cameras over the course of three months to film lecturers at the regionally prominent University of Lagos and University of Ghana. In the footage, lecturers harass, proposition and attempt to blackmail Mordi and her fellow reporters in closed-door meetings.

    The documentary aims to open the door for conversation about a topic that Olabukunola Williams, executive director of the Nigerian nonprofit Education as a Vaccine, says is “pervasive in Nigeria.”

    Sexual harassment at universities, she says, “is like an open secret, it’s crazy. Everybody has a story.”

    ON peut voir le documentaire de Kiki Mordi publié par la BBC à : https://www.youtube.com/watch?v=we-F0Gi0Lqs&feature=youtu.be

    #Prédation_sexuelle #Ghana #Nigeria #Université #Diplomes_contre_sexe #Documentaire #BBC

  • IOM Organizes First Humanitarian #Charter Flight from Algeria to Niger

    This week (15/10), the International Organization for Migration (IOM) organized its first flight for voluntary return from the southern Algerian city of #Tamanrasset to Niger’s capital, #Niamey, carrying 166 Nigerien nationals, in close collaboration with the Governments of Algeria and Niger.

    This is the first movement of its kind for vulnerable Nigerien migrants through IOM voluntary return activities facilitated by the governments of Algeria and Niger and in close cooperation with Air Algérie. This flight was organized to avoid a long tiring journey for migrants in transit by using a shorter way to go home.

    For the first flight, 18 per cent of the returnees, including women and children were selected for their vulnerabilities, including medical needs.

    “The successful return of over 160 vulnerable Nigerien migrants through this inaugural voluntary return flight ensures, safe and humane return of migrants who are in need of assistance to get to their country of origin,” said Paolo Caputo, IOM’s Chief of Mission in Algeria. “This movement is the result of the combined efforts of both IOM missions and the Governments of Algeria and Niger.”

    IOM staff in Algeria provided medical assistance to more than 10 migrants prior to their flight and ensured that all their health needs were addressed during their travel and upon arrival in Niger.

    IOM also provides technical support to the Government of Niger in registering the returned Nigeriens upon arrival in Niger and deliver basic humanitarian assistance before they travel to their communities of origin.

    Since 2016, IOM missions in Niger and Libya have assisted over 7,500 Nigerien migrants with their return from Libya through voluntary humanitarian return operations.

    Upon arrival, the groups of Nigerien migrants returning with IOM-organized flights from both Algeria and Libya receive assistance, such as food and pocket money, to cover their immediate needs, including in-country onward transportation.

    After the migrants have returned to their communities of origin, IOM offers different reintegration support depending on their needs, skills and aspirations. This can include medical assistance, psychosocial support, education, vocational training, setting up an income generating activity, or support for housing and other basic needs.

    “This movement today represents a big step in the right direction for the dignified return of migrants in the region,” said Barbara Rijks, IOM’s Chief of Mission in Niger. “We are grateful for the financial support of the Governments of the United Kingdom and Italy who have made this possible,” she added.


    https://www.iom.int/news/iom-organizes-first-humanitarian-charter-flight-algeria-niger
    #IOM #OIM #Algérie #Niger #renvois #expulsions #retour_volontaire #retours_volontaires #migrations #asile #réfugiés #réfugiés_nigérians #Nigeria #Italie #UK #Angleterre #externalisation #frontières #charters_humanitaires

    Ajouté à cette métaliste sur les refoulements d’Algérie au Niger
    https://seenthis.net/messages/748397
    Ici il s’agit plutôt de migrants abandonnés dans le désert, alors que l’OIM parle de « dignified return », mais je me demande jusqu’à quel point c’est vraiment différent...

    signalé par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

  • #Libre_circulation des personnes et des biens dans l’espace #CEDEAO : analyse sur la longue fermeture des frontières du Nigeria

    Depuis le 20 août le puissant Nigéria, membre de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a fermé ses frontières pénalisant ainsi les peuples voisins qui vivent des échanges.

    Comment comprendre une telle décision alors que depuis 1975 la CEDEAO a été créée, justement pour briser les barrières et réunir les peuples ?

    https://www.studiokalangou.org/index.php/magazines/11986-libre-circulation-personnes-biens-espace-cedeao-analyse-longue
    #Nigeria #fermeture_des_frontières #frontières #Afrique_de_l'Ouest
    ping @karine4 @isskein

  • Nigerian migrants struggle to reintegrate after Libya ordeal

    Emerging from her ordeal, Gloria considers herself “privileged”. Last year, the 26-year-old left Nigeria with four other women, dreaming of a better life in Europe.

    On a tortuous journey, three of the five friends died before reaching Libya, where the two survivors were stranded for almost a year. Now only Gloria is back home in Nigeria.

    She dreamed of being a fashion designer but now sews synthetic tracksuits in a shabby workshop in Benin City, southern Nigeria, for 15,000 naira a month ($41.50, 38 euros).

    “After transport, the money is almost finished”, she says.

    Still, she adds quickly, she “thanks God for having a job”.

    Her employment is part of a training programme, set up by southern Edo State, the departure point for most Nigerian migrants.

    Gloria is one of nearly 14,000 young Nigerians to have returned from Libya since 2017 under a United Nations voluntary repatriation programme.

    She and the other returnees quoted in this story asked not to be identified by their real names.

    She is “not asking for too much”, just a roof over her head and to be able to eat, Gloria tells AFP.

    But she blames herself for daring to dream that life could be better elsewhere and believing the smugglers’ promises that they would reach Europe within two weeks.

    – Broke and broken -

    In Libya, prospects of crossing the Mediterranean vanished, after a tightening of European Union immigration policies.

    Many spend months, even years stranded in Libya, sold as slaves by their smugglers.

    But once back home in Nigeria, life is even more difficult than before: saddled with debt, struggling to find work, broken by their treatment at the hands of the traffickers and by their failed dreams.

    Human Rights Watch highlighted the “continuing anguish” that returnees face.

    Many suffer long-term mental and physical health problems as well as social stigma on returning to Nigeria, the report released last month said.

    Government-run centres tasked with looking after them are poorly funded and “unable to meet survivors’ multiple needs for long-term comprehensive assistance”, it added.

    Edo State has set up a support programme which is rare in Nigeria.

    The state hosts some 4,800 of the nearly 14,000 returnees — most aged 17 to 35 and with no diploma or formal qualifications.

    Under the scheme, they can travel for free to Benin City, Edo’s capital, stay two nights in a hotel, receive an hour of psychological support and an about 1,000-euro allowance.

    It barely moves the needle for those starting again but is enough to stoke envy in a country where state aid is scarce and 83 million people live in extreme poverty.

    – Stigma -

    Showing potential students around, Ukinebo Dare, of the Edo Innovates vocational training programme, says many youngsters grumble that returnees get “preferential treatment”.

    In modern classrooms in Benin City, a few hundred students learn to “code”, do photography, start a small business and learn marketing in courses open to all.

    “Classes are both for the youth and returnees, (be)cause we don’t want the stigma to affect them,” Dare said.

    “It’s a priority for us to give youth, who are potential migrants, opportunities in jobs they can be interested in.”

    According to Nigeria’s National Bureau of Statistics, 55 percent of the under-35s were unemployed at the end of last year.

    Tike had a low paying job before leaving Nigeria in February 2017 but since returning from Libya says his life is “more, more, more harder than before”.

    Although he returned “physically” in December 2017 he says his “mindset was fully corrupted”.

    “I got paranoid. I couldn’t think straight. I couldn’t sleep, always looking out if there is any danger,” he said, at the tiny flat he shares with his girlfriend, also back from Libya, and their four-month-old daughter.

    – Crime -

    A few months after returning, and with no psychological support, Tike decided to train to be a butcher.

    But, more than a year since he registered for help with reintegration programmes, including one run by the International Organization for Migration, he has not found a job and has no money to start his own business.

    “We, the youth, we have no job. What we have is cultism (occult gangs),” Tike says.

    “People see it as a way of getting money, an excuse for getting into crime.”

    Since last year, when Nigeria was still in its longest economic recession in decades, crime has increased in the state of Edo, according to official data.

    “Returnees are seen as people who are coming to cause problems in the community,” laments Lilian Garuba, of the Special Force against Illegal Migration.

    “They see them as failure, and not for what they are: victims.”

    – Debt spiral -

    Peter, 24, was arrested a few days after his return.

    His mother had borrowed money from a neighbourhood lender to raise the 1,000 euros needed to pay his smuggler.

    “As soon as he heard I was back, he came to see her. She couldn’t pay (the debt), so I was arrested by the police,” he told AFP, still shaking.

    Financially crippled, his mother had to borrow more money from another lender to pay off her debts.

    Peter’s last trip was already his second attempt.

    “When I first came back from Libya, I thought I was going to try another country. I tried, but in Morocco it was even worse and thank God I was able to return to Nigeria,” he said, three weeks after getting back.

    “Now I have nothing, nothing,” he said, his voice breaking.

    “All I think about is ’kill yourself’, but what would I gain from it? I can’t do that to my mother.”

    https://www.dailymail.co.uk/wires/afp/article-7471729/Nigerian-migrants-struggle-reintegrate-Libya-ordeal.html
    #réintégration #Nigeria #asile #Libye #retour_volontaire #retour_au_pays #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #Assisted_Return_and_Reintegration_Programmes
    ping @isskein @_kg_

    • Au Nigeria, la difficile réintégration des migrants rapatriés au lendemain du cauchemar libyen

      Après avoir été la proie des passeurs dans l’espoir d’une traversée pour l’Europe, 14 000 Nigérians sont revenus au pays, où ils sont souvent stigmatisés et rejetés.

      Gloria se considère comme une « privilégiée ». Elle est partie avec quatre autres filles vers l’Europe, mais, après avoir vécu l’enfer pendant près d’un an bloquée en Libye, elle est la seule à avoir été rapatriée au Nigeria. Trois de ses amies sont mortes pendant le voyage.

      La jeune femme de 26 ans a même trouvé un petit boulot de retour à Benin City, grâce à un programme de formation mis en place par l’Etat d’Edo, une région du sud du Nigeria d’où partent encore la majorité des candidats nigérians à l’exil.

      Gloria rêvait de devenir styliste. A la place, elle coud des survêtements synthétiques à la chaîne dans un atelier miteux pour 15 000 nairas par mois (40 euros), mais « remercie Dieu d’avoir un travail ».

      « Après avoir payé le transport pour rentrer à la maison, il ne reste presque rien, assure Gloria, dans un joli tee-shirt jaune. Mais je ne me plains pas. Je ne veux pas en demander trop. J’ai juste besoin d’un toit et de quoi manger », confie-t-elle.
      « Ne pas en demander trop »

      Comme beaucoup parmi les 14 000 jeunes Nigérians rentrés de Libye depuis 2017, Gloria « ne “veut” pas en demander trop ». Elle s’en veut encore d’avoir un jour osé rêver que la vie pouvait être meilleure ailleurs, et d’avoir cru naïvement des passeurs promettant de rejoindre l’Europe en moins de deux semaines.

      La plupart des Nigérians rapatriés via le programme de retour volontaire des Nations unies ont entre 17 et 35 ans et sont sans diplôme. Pendant des mois, et pour certains des années, ils sont restés bloqués en Libye, vendus, maltraités, extorqués par leurs passeurs, et incapables de traverser la Méditerranée avec le durcissement des politiques d’immigration de l’Union européenne.

      De retour dans leur pays d’origine, ils se retrouvent souvent confrontés à une vie encore plus difficile que lorsqu’ils sont partis : criblés de dettes, sans emploi, brisés par les tortures de leurs trafiquants et par leurs rêves échoués.

      Un rapport de Human Rights Watch publié le 27 août dénonce l’état terrible des « survivants de la traite » à leur retour. Beaucoup souffrent notamment de « troubles psychologiques graves », de « problèmes de santé et sont stigmatisés ». Les quelques centres ou associations qui existent pour s’occuper d’eux disposent de très peu d’aide financière et « sont incapables de répondre aux besoins des survivants sur le long terme ».

      L’Etat d’Edo, qui a dû accueillir à lui seul 4 800 des 14 000 rapatriés nigérians depuis 2017, a mis en place un rare programme de soutien pour ces populations extrêmement vulnérables : un transport gratuit à leur descente de l’avion de l’aéroport de Lagos jusqu’à Benin City, deux nuits d’hôtel, une heure de soutien psychologique et une allocation d’une centaine d’euros environ. C’est une goutte d’eau pour affronter une nouvelle vie, mais assez pour alimenter les jalousies dans un pays où les aides d’Etat sont quasiment inexistantes et où 83 millions de personnes vivent sous le seuil de l’extrême pauvreté (1,90 dollar par jour et par personne).
      « Retrouver la vie »

      La société les montre du doigt et les surnomme avec dédain les « retournés » ou les « déportés ». « Les gens disent que les “retournés” ont des traitements préférentiels », explique Ukinebo Dare, responsable du programme Edo Innovates de formation professionnelle ouvert à tous à Benin City. Il en fait la visite guidée : des salles de classe ultra modernes où des étudiants apprennent à « coder », à faire de la photographie, à monter une petite entreprise ou le B.A. ba du marketing.

      « Nous veillons à les mélanger avec d’autres jeunes. Nous ne voulons pas qu’ils soient stigmatisés, explique la jeune femme. C’est une priorité d’offrir des formations pour tous les jeunes, car ce sont autant de potentiels migrants. »

      Selon le Bureau national des statistiques, 55 % des moins de 35 ans n’avaient pas d’emploi au Nigeria fin 2018. Des chiffres particulièrement inquiétants dans ce pays qui a l’une des croissances démographiques les plus élevées au monde.

      Tike, lui, avait un petit boulot avant de tenter de gagner l’Europe en février 2017. « Quand je pense au passé, j’ai envie de pleurer », lâche-t-il dans son minuscule appartement où il vit avec sa petite amie, elle aussi de retour de Libye, et leur fille de 4 mois. Tike est rentré « physiquement » en décembre 2017. Son esprit, lui, était encore « là-haut », paralysé dans la « paranoïa » et les « traumas », confie-t-il.

      Mais quelques mois plus tard, sans aucun soutien psychologique, il a « retrouvé la vie », comme il dit, et a décidé de suivre une formation en boucherie. Cela fait plus d’un an qu’il a monté des dossiers auprès de diverses organisations d’aide à la réintégration, dont l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), mais il n’a pas trouvé d’emploi et n’a aucun argent pour démarrer sa propre société. « Beaucoup de jeunes se tournent vers les “cultes”, les gangs locaux, reconnaît Tike. Ils sont facilement recrutés par les mafias qui leur promettent un peu d’argent. »
      Spirale de pauvreté

      Depuis l’année 2018, une période très difficile économiquement pour le pays, la criminalité a augmenté dans l’Etat d’Edo, selon les données officielles. « Les “retournés” sont tenus pour responsables, regrette Lilian Garuba, de la Force spéciale contre la migration illégale, une antenne contre le trafic des êtres humains mise en place par l’Etat d’Edo. La société les perçoit comme des problèmes et non pour ce qu’ils sont : des victimes. »

      Peter, 24 ans, a été arrêté quelques jours après son retour. Sa mère avait emprunté de l’argent à un créancier du quartier pour réunir le millier d’euros nécessaire afin de payer les passeurs. « Dès qu’il a entendu dire que j’étais revenu, il a menacé ma famille. La police est venue m’arrêter », raconte-t-il à l’AFP, encore tremblant.

      Sa mère a dû réemprunter de l’argent à un autre créancier pour éponger ses dettes. Une spirale de pauvreté dont Peter ne sait comment s’extraire, sauf peut-être en rêvant, encore et toujours de l’Europe. Il en est déjà à deux tentatives infructueuses.
      « Quand je suis rentré la première fois de Libye, je me suis dit que j’allais essayer en passant par un autre pays. Mais au Maroc, c’était encore pire et, grâce à Dieu j’ai pu rentrer au Nigeria. » C’était il y a quelques semaines. « Depuis je n’ai plus rien, rien, lâche-t-il la gorge nouée. Une voix à l’intérieur de moi me dit “Tue-toi, finis-en !” Mais bon… Ça servirait à quoi ? Je ne peux pas faire ça à ma mère. »

      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/09/20/au-nigeria-la-reintegration-difficile-des-migrants-rapatries-au-lendemain-du

      #pauvreté #OIM #IOM

  • L’accueil de réfugiés « réinstallés » dans les communes rurales de #Dordogne

    La campagne serait-elle le meilleur endroit pour accueillir les réfugiés les plus vulnérables ? Dans le cadre des « réinstallations » en France — par le #HCR — de réfugiés venus de pays moins sûrs, des communes rurales se sont portées volontaires pour les accueillir. Récit en Dordogne où la volonté des bénévoles et des élus tente de compenser les manquements de l’État dans l’accompagnement de ces personnes fragilisées par les violences de la guerre ou de leur histoire migratoire.

    Quand, à l’automne 2015, Pascal Bourdeau, maire d’une petite commune de Dordogne, entend l’appel de Bernard Cazeneuve aux édiles de France pour accueillir des réfugiés (« votre mobilisation est déterminante », leur écrit-il), il n’hésite pas une seconde. La France vient de s’engager à recevoir 22 000 réfugiés « relocalisés » depuis les hotspots de Grèce et d’Italie (dont elle n’accueillera finalement que 5 030 personnes). La photo d’Alan Kurdî, enfant syrien trouvé mort sur une plage, plane encore dans les esprits. La ville de Nontron, 3 500 habitants, ouvre donc ses portes à deux familles syriennes. Deux familles soudanaises et une autre centre-africaine les rejoindront deux ans plus tard. Elles sont arrivées dans le cadre d’un programme d’évacuation d’urgence de Libye vers le Niger sous mandat du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, le HCR (voir notre article à ce sujet).

    « Je considère que c’est un devoir d’accueillir ces gens, déclare le maire devenu également vice-président du conseil départemental. Je suis issu d’une famille de résistants et #Nontron a accueilli des Lorrains et des Alsaciens juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. La Dordogne est une terre d’asile : accueillir ces cinq familles allait de soi ». En 2015, Pascal Bourdeau contacte donc le préfet et prépare l’arrivée de la première famille syrienne avec son conseil municipal. Les conditions sont réunies : les écoles sont mobilisées, des navettes mises en place vers Périgueux et Angoulême (pas Limoges, l’autre grande ville de la zone). Plusieurs associations se disent prêtes à accompagner ces nouveaux venus que la guerre et la vie dans les camps a « un peu cabossés physiquement et mentalement », constate le maire de Nontron.

    Ces réfugiés ont bénéficié du programme de réinstallation du HCR, qui existe depuis longtemps et indépendamment de l’épisode des hotspots de la crise de l’accueil en Europe. La France n’avait jusqu’alors pas participé à ce programme qui permet de réinstaller dans des pays sûrs des réfugiés présents dans les camps de l’organisation humanitaire. C’est le cas au Liban, en Turquie, en Guinée, au Tchad ou encore au Niger. Cette réinstallation s’exerce selon le critère humanitaire de la plus grande vulnérabilité.

    En France, l’accueil des réfugiés passe par les territoires

    L’État français, qui pour la première fois a accepté de participer à un programme de réinstallation, délègue l’accueil de ces familles et personnes réfugiées à des associations nationales ou locales. En octobre 2017, la France annonçait l’accueil de 10 000 réfugiés d’ici octobre 2019, dont 3 000 venant du Tchad et du Niger, dans le cadre des programmes de réinstallation de migrants. Ce chiffre n’est pas encore atteint 1, mais la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (#Dihal) a mandaté pas moins de 24 opérateurs pour accompagner ces réfugiés particulièrement vulnérables sur l’ensemble du territoire.

    À Périgueux, en Dordogne, l’association Aurore s’est occupée des Syriens, tandis que France terre d’asile (FTdA) a pris en charge les Subsahariens évacués de #Libye via le #Niger. Accueillis dans un premier temps dans la #Cité_de_Clairvivre, un important établissement public médico-social à #Salagnac, ils ont été relogés ensuite dans les communes du département qui se portaient volontaires.

    Pour Claire Courtecuisse, historienne du droit à l’Université Grenoble-Alpes, la volonté politique d’installer les migrants à la campagne remonte à la fin du XIXe siècle, quand se consolide l’idée d’une communauté nationale soucieuse d’identifier les étrangers sans les mêler au reste de la population. « On pense alors que le migrant étranger s’installera de façon durable dans des campagnes, vidées par les Français, grâce aux valeurs attachées à la terre, gage de stabilité et d’ancrage ». Les forts besoins en main-d’œuvre, notamment saisonnière, permettent au secteur agricole de déroger aux lois qui protègent la main-d’œuvre nationale, comme celle du 10 août 1932 qui ne s’appliquera pas au secteur primaire.

    Sur les naturalisations, là encore, les zones rurales font exception. À la Libération, instruction est donnée par le général de Gaulle à son ministre de la Justice de « limiter strictement les naturalisations dans les villes, notamment à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable », quitte à les favoriser en milieu rural. L’idée d’une répartition équitable des étrangers accueillis sur le territoire français a ressurgi avec la loi Asile et Immigration du 10 septembre 2018, qui confie à chaque préfet de région un #schéma_régional_d'accueil_des_demandeurs_d’asile_et_des_réfugiés (#SRADAR) en lien avec le schéma national.

    « Avec la politique de #répartition_territoriale, la question de l’accueil par les petites villes et les villages se pose de plus en plus », affirmait Matthieu Tardis, chercheur à l’Ifri, devant les maires de France invités à l’atelier de la Dihal sur le « Relogement des réfugiés : un enjeu pour la cohésion des territoires ». Selon le chercheur, les #territoires_ruraux sont une « terre d’asile (...), le citoyen [étant] l’accélérateur de l’intégration des réfugiés. À la fois parce qu’il les aide à s’approprier la langue, et parce qu’il peut être facteur d’insertion professionnelle ».

    Avec sa « Stratégie nationale pour l’accueil et l’intégration des personnes réfugiées », lancée en juin 2018, l’État en appelle — à nouveau — aux maires pour reloger durablement les réinstallés, réfugiés ou demandeurs d’asile présents dans les #Cada (Centres d’Accueil des demandeurs d’asile) ou #CAO (Centres d’accueil et d’orientation).

    Les premiers CAO, ouverts à la hâte à l’automne 2015 pour « mettre à l’abri » les occupants de la lande de Calais (appelée « la jungle ») et de la place Stalingrad à Paris, n’ont pas toujours été bien accueillis par les populations, se souvient Olivier Clochard, directeur de Migrinter. Installé à Poitiers, ce laboratoire héberge le programme de recherche « Campagnes françaises dans la dynamique des migrations internationales ». Camigri réunit une dizaine de géographes sur trois terrains en Aquitaine (Périgord vert, Vienne et Pyrénées ariégeoises) et s’intéresse à l’installation de nouveaux habitants dans les campagnes, qu’ils soient réfugiés, demandeurs d’asile, néo-ruraux ou agriculteurs. Pendant 5 ans (2016-2021), les chercheurs observeront les changements que ces arrivées provoquent en termes démographiques, économiques et politiques dans ces lieux peu peuplés.

    « La mise en place de dispositifs établis sans concertation inquiète les acteurs, explique Olivier Clochard, on doit entendre ces mécontentements, voire comprendre les raisons qui conduisent les personnes à ces réticences. » Le chercheur retient aussi l’expérience positive des tables rondes menées dans les communes rurales des #Deux-Sèvres : « Ces rencontres permettent de saisir une multitude d’initiatives. Écoutant les protagonistes, effectuant des enquêtes (...), j’observe que les politiques migratoires ne se font plus uniquement dans les ministères ou les préfectures aujourd’hui ; elles se construisent également dans les campagnes avec ces diverses mobilisations. »

    Le rôle important des #bénévoles

    Les bénévoles jouent un rôle central dans l’accueil des réfugiés en zone rurale. À Nontron, Brigitte, l’ancienne directrice d’école, était à la retraite l’année de l’arrivée de la première famille syrienne. « Je suis entrée en lien avec l’association prestataire. On devait rencontrer la famille ensemble, mais la personne de l’association m’a fait faux bond ; alors, je me suis débrouillée, et c’est ce que je fais depuis ! » Brigitte met en place un accompagnement scolaire. Avec les nouvelles arrivées, elle mobilise son frère, Christophe, également à la retraite, puis la femme de Christophe, Marie-Noëlle, retraitée du conseil départemental, qui garde les petits quand les parents suivent des cours de français deux fois par semaine.

    Ces réfugiés particulièrement vulnérables ont besoin de soins médicaux. Les rendez-vous se multiplient, particulièrement pour la famille soudanaise arrivée avec une petite fille handicapée qui demande beaucoup de soins et de déplacements. « J’ai fini par lancer un appel par le Collectif de transition citoyenne en Périgord vert (Gco) qui fonctionne par email, raconte Brigitte. Nous sommes aujourd’hui une trentaine de bénévoles, dont quinze très actifs, et ça marche plutôt pas mal. »

    L’installation de ces familles nombreuses bénéficie aussi aux communes. « Nos cinq familles de réfugiés nous ont apporté 20 enfants et ont sauvé nos écoles », se réjouit Erwan Carabin, l’adjoint au maire de Nontron. « Les plus jeunes ont appris le français en un temps éclair. Pour les adultes, c’est plus compliqué. » Pour raconter son histoire, Issam 2 et sa femme, des Syriens arrivés en 2018 d’un camp du HCR au Liban, demandent à leur fils Mansour, 16 ans, de traduire leurs propos.

    Issam a reçu un éclat d’obus au pied et attend la reconnaissance de son handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour pouvoir trouver un travail adapté. Il ne peut pas se déplacer à Périgueux pour suivre les cours de français langue étrangère proposés par le Greta. L’association mandatée localement par l’État pour la prise en charge des « réinstallés » a achevé son mandat après un an pour des raisons budgétaires (c’est la norme). Les cours, et tout le reste, se sont arrêtés du jour au lendemain. « Ils devaient aller deux fois par semaine à Périgueux, explique Brigitte, c’était impossible pour lui, alors nous avons mis en place un cours localement, d’abord financé par une association périgourdine puis, quand ça s’est arrêté, grâce à une bénévole... jusqu’à ce qu’elle trouve du travail ! » Aujourd’hui, il n’y a plus d’enseignement du français pour les réfugiés à Nontron.

    La maîtrise du français est pourtant une des priorités des dispositifs mis en place par les associations prestataires de l’État. France terre d’asile finance également 200 heures de cours de français pendant sa prise en charge. Lorsque le mandat prend fin pour des raisons budgétaires, les communes doivent prendre le relais. Ce n’est pas toujours possible dans une petite ville comme Nontron.

    Dans son HLM, bercé par le chant des canaris en cage, Issam sort son téléphone pour lancer l’application qui lui permet de communiquer en français grâce à une traduction immédiate à l’écrit et à l’oral. Le résultat est plutôt satisfaisant, mais ne convient pas à toutes les situations. Pendant les rendez-vous médicaux, les réfugiés de Nontron peuvent appeler une association d’interprètes à Paris, à laquelle la mairie souscrit par tranches de 15 minutes. « On a bien un habitant qui parle arabe et accepte de venir quand on l’appelle, explique Erwan Carabin, mais on ne peut pas le solliciter tout le temps. Il faut aussi savoir ménager nos bénévoles ! »

    « On ne peut pas s’habituer
    à une souffrance, physique
    ou mentale comme ça,
    surtout quand on ne peut rien faire
    pour la soulager. »

    Marie-Noëlle, bénévole

    Entre les cours de soutien scolaire, deux fois par semaine, et l’accompagnement aux rendez-vous médicaux ou administratifs dans les grandes villes avoisinantes, Brigitte trouve le temps de monter le dossier MDPH de la petite Soudanaise de 8 ans, lourdement handicapée, afin qu’elle soit scolarisée avec des horaires aménagés. Elle a aussi repris le dossier d’Issam, ouvert par l’association prestataire qui a dû renoncer à accompagner cette famille depuis que sa salariée est en congé de longue durée. Les bénévoles ne reçoivent aucune formation et apprennent « sur le tas ». En mai dernier, Brigitte craque ; elle doit s’arrêter quelque temps. « L’histoire de ces gens est douloureuse, explique Marie-Noëlle, sa belle-sœur. Lorsque nous les accompagnons aux rendez-vous médicaux, nous entrons dans leur intimité. On ne peut pas s’habituer à une souffrance, physique ou mentale comme ça, surtout quand on ne peut rien faire pour la soulager. »

    La décision de l’État de placer ces réfugiés particulièrement vulnérables dans des zones qui souffrent de désertification médicale surprend. « Nous avons eu un problème à propos d’une famille qui avait une urgence, se souvient Pascal Bourdeau. Un médecin de Nontron a refusé de les prendre, même entre deux rendez-vous, alors qu’ils ne pouvaient pas se déplacer. Nous avons réglé le problème grâce aux bénévoles et je n’ai pas voulu polémiquer avec lui. La précarité de la médecine en milieu rural est une réalité et sa présence est une aubaine pour l’ensemble de notre communauté. »

    « On a des gens en difficulté dans notre propre population, ajoute Erwan Carabin, on ne peut pas créer de fossé entre les migrants et les autres. Il faut que l’action de la mairie soit pareille pour tous. »
    Les limites de l’installation en milieu rural

    La Dihal a évalué les relogements pour la première fois en avril 2018 à l’échelle des villes et villages de moins de 5 000 habitants. Ils sont opérés depuis 2015 pour « soulager l’effort de certains territoires par la mobilisation de logements vacants dans des territoires moins tendus ». 6 % des relogements de familles ou d’individus réfugiés ont eu lieu dans ces communes.

    Dans son évaluation, le Pôle Migrants de la Dihal fait plusieurs recommandations : ne pas envoyer à la campagne « les personnes nécessitant un suivi médical régulier ou présentant des fragilités psychologiques » ; s’assurer du consentement des réfugiés pour une installation en milieu rural ; vérifier qu’ils ont les moyens de communiquer et se déplacer par eux-mêmes pour prendre rapidement un emploi dans les filières qui recrutent. Et la Dihal de conclure à la nécessité d’un suivi régulier pour « assurer les besoins à court terme des réfugiés relogés dans les territoires ruraux ». Cependant, une fois relogés, les réfugiés ont d’autres besoins, notamment l’aide à l’emploi qui n’est pas prévue dans la mission des associations prestataires.

    L’assistante sociale du département, qui prend le relais quand l’accompagnement spécifique d’un an arrive à son terme, peut intervenir comme elle le fait pour tout autre public « fragile ». En Dordogne, il y a besoin de main-d’œuvre, notamment dans l’agriculture. Les deux pères soudanais de Nontron qui souhaitaient travailler se sont vus proposer un travail à 40 kilomètres. Faute de voiture, ils ont dû décliner.

    « Que faire sans capacité à être mobile
    et tant que les gens ne maîtrisent pas la langue ? »

    Pascal Bourdeau, maire de Nontron en Dordogne

    « On a besoin de gens pour ramasser les pommes, confirme Pascal Bourdeau, et l’économie de Nontron est florissante, notamment dans le luxe avec l’usine Hermès et le sellier CWD de l’équipe de France d’équitation. Certaines entreprises me disent qu’elles manquent de bras, mais que faire sans capacité à être mobile et tant que les gens ne maîtrisent pas la langue ? » Les réfugiés vivent pour l’instant du RSA, des aides de la Caf et de la solidarité du voisinage. « On ne peut pas dire que rien n’a été fait par l’État, reconnaît le maire de Nontron. Un comité de pilotage a été mis en place pendant un an et demi par la préfecture avec les associations prestataires et les assistantes sociales du département, mais le dispositif spécifique s’éteint parfois trop tôt. Il faudrait pouvoir le prolonger pour des cas difficiles. »

    L’intervenante sociale qui suit Aman, un jeune Érythréen désormais installé dans la banlieue de Périgueux (après plusieurs mois à la Cité de Clairvivre), sait qu’il aurait besoin d’être accompagné plus longtemps. Il attend toujours le début d’une formation d’électricien mais, comme les autres réfugiés suivis par les associations prestataires, sa maîtrise du français est très faible, insuffisante pour qu’il soit autonome après un an de prise en charge.

    « Tout cet accompagnement n’est pas assez structuré pour permettre aux réfugiés de s’intégrer », s’emporte Liliane Gonthier, maire de Boulazac, dont la commune a aussi dû accueillir des demandeurs d’asile dans un hôtel proche de la mairie. « Si on veut être une terre d’accueil, il faut une volonté politique. Quand on voit les demandeurs d’asile entassés dans le Formule 1, sans cuisine ou même frigo, ce n’est pas un accueil digne. On sait que, dans certaines communes, les migrants sont repartis vers les grandes villes, peut-être vers la jungle de Calais. Ce n’est pas une politique aboutie et ça manque d’humanité ! » « J’aurais pu continuer à accueillir des personnes », se désole Pascal Bourdeau qui ne souhaite pas recevoir plus de 5 familles dans sa commune, pourtant convaincu que « l’intégration est plus facile dans les campagnes et que les mélanges sont une richesse ». Mais il n’y a aucune coordination entre les différents acteurs institutionnels et peu ou pas de suivi. « Quand on arrive au bout du dispositif prévu par les associations prestataires, on nous laisse tomber ! »

    Certaines familles désirent déjà rejoindre les grandes villes où elles ont des proches. Si Issam, enfant de paysans en Syrie, a choisi la campagne quand le HCR au Liban lui a demandé de choisir, Aman, évacué de Libye via un camp du HCR au Niger, ne savait pas où il arriverait en France quand l’intervenante sociale de FTdA l’a accueilli à Bordeaux.

    « Les territoires ruraux peuvent être des laboratoires de dispositifs innovants en matière d’accueil. »

    Olivier Clochard, directeur de Migrinter

    Comment relever les défis d’une installation dans des petites communes, volontaires mais impuissantes à retenir ces familles et surtout ces hommes en âge de travailler ?

    « Si les lois sont faites principalement par des sédentaires, et des sédentaires qui ne connaissent pas toujours les spécificités de ces territoires ruraux, regrette Olivier Clochard, il me semble important de s’intéresser aux questions politiques relatives à la circulation, voire à l’accueil des personnes dans ces communes rurales — quel que soit le niveau : institutionnel, associatif voire informel — car dans certains cas, elles peuvent être vues à bien des égards comme des laboratoires de dispositifs innovants, rompant avec cette petite musique lancinante des discours présentant généralement l’immigration comme un problème... »

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-11
    #réinstallation #asile #migrations #réfugiés #France #rural #vulnérabilité #campagne
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  • Article sur le #réseau de #prostitution de #femmes nigérianes en #France (publié en mai 2015)
    Trahies, battues, violées: l’enfer des prostituées nigérianes en France

    « Je croyais qu’une fois en France, j’allais étudier, que l’enfer allait s’arrêter », raconte Joy, forcée à se prostituer pour payer son exil. Comme elle, des centaines de jeunes Nigérianes en quête d’une vie meilleure, finissent, après un voyage traumatisant, sous la coupe d’un réseau de prostitution.

    Dans les rues des grandes villes de France, elles sont aujourd’hui les plus nombreuses, devant les filles de l’Est ou les Chinoises, selon les autorités, et pratiquent les tarifs les plus bas, à partir de 10 euros la passe.

    La plupart arrivent d’Italie, où elles ont passé jusqu’à plusieurs années. « Les réseaux nigérians se déplacent vers la France en provenance d’Italie », confirme Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii). La lutte contre les mafias nigérianes engagée par le gouvernement italien a forcé ces réseaux à se déplacer vers le Sud-Est de l’Hexagone.

    A Marseille, où la part des prostituées nigérianes a nettement augmenté ces dernières années, Michel Martinez, chef de la brigade de répression du proxénétisme (BRP), a appris à connaître ces réseaux « très organisés » : « Au pays, les filles sont recrutées par une +madame+, souvent une ancienne prostituée, qui les surveille et les met au travail, tandis que les hommes s’occupent du passage, de la logistique, de récupérer l’argent ».
    « Des invisibles »

    Leur parcours —Niger, Libye puis Italie en général— dure 2-3 mois « pendant lesquels elles sont privées de nourriture, violées, et elles commencent à travailler car elles n’ont pas d’argent pour payer le voyage ». Le prix de l’exode : 50.000 euros en moyenne, qu’elles doivent rembourser en se prostituant.

    Happy, qui a aujourd’hui refait sa vie à Marseille, a par exemple laissé derrière elle deux enfants au Nigeria pour fuir un mari violent. Forcée à se prostituer par ses passeurs pour payer son voyage vers l’Europe, elle finit par fuir l’Italie, où elle était « persécutée par la police, les hommes », raconte-t-elle à l’AFP, et traverse les Alpes, enceinte de 8 mois. « C’était terrible », décrit-elle en anglais, « j’ai dû grimper, sauter, courir avec mon gros ventre, mais j’y suis arrivée et j’ai sauvé mon bébé ».

    Les proxénètes sont très difficiles à « coincer », pointe aussi Michel Martinez : « Ce sont des personnes très peu visibles : elles n’utilisent pas le téléphone, sont très mobiles, changent de perruque, d’adresse, de numéro... Parfois les +madames+ s’échangent même les filles pour brouiller les pistes ».

    Pour faire tomber les réseaux, la police s’appuie sur les associations, qui peuvent convaincre les filles de porter plainte. Une démarche « extrêmement délicate » selon Lionel Arsiquaud, éducateur spécialisé de l’Amicale du Nid à Marseille, qui a vu « exploser » les arrivées de Nigérianes, qui représentent maintenant 80 % de son public. « C’est d’autant plus difficile qu’elles ne se sentent pas victimes de traite humaine », développe ce travailleur social.

    « Elles ont peur de tout, ce sont des invisibles », renchérit Elisabeth Moiron-Braud, secrétaire générale de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof). « Quand elles arrivent en France, elles ont un lourd passif, elles ont été traitées comme du bétail en Libye ».

    Joy, à qui on avait fait miroiter des études en France, a été recrutée à Benin City, plaque tournante de trafics en tous genres. « Dans mon pays, on ne parle pas de prostitution, on dit qu’on va +se faire sponsoriser le voyage+ », souligne-t-elle. Il y a 10 ans, cette coiffeuse « très pauvre », qui peine à manger chaque jour, fait confiance à un homme qui dit vouloir l’aider.

    Dans ses bagages, elle emmène tous les livres qu’elle possède pour ses futures études. Le voyage dure un an, durant lequel son « sponsor », qui l’avait recrutée, la force à se prostituer. « Je couchais avec des hommes arabes, souvent armés, j’étais tellement battue et violée que je ne pouvais plus marcher ni m’asseoir, mais j’étais sûre qu’en France tout s’arrangerait », raconte la jeune femme aux longs cheveux bouclés. Quand elle raconte à ses compagnes d’infortune qu’elle va étudier, « elles se moquent » d’elle.
    Rituel vaudou

    Arrivée en France, elle comprend que son calvaire ne fait que commencer : « La +madame+ du réseau m’a dit que je lui devais 40.000 euros et que pour ça je devais aller sur le trottoir ».

    Pour Lionel Arsiquaud, les réseaux ont d’autant moins de mal à tenir les filles sous leur coupe qu’il s’agit de personnes « conditionnées, dans leur pays, à être esclaves de maison ou dans les champs, à ne pas toujours être payées pour leur travail ».

    Des jeunes filles, parfois mineures, issues de familles « malveillantes et maltraitantes, qui parfois les vendent aux passeurs et à la +madame+ ». En général, explique Célia Mistre, directrice de l’Amicale du Nid 13, « elles souhaitent arrêter parce qu’elles sont enceintes ou à cause des violences, pas tant à cause de la prostitution qu’elles ont intégrée psychologiquement comme un poids à porter ».

    Un fardeau sanctuarisé par le rituel du « juju », un rituel vaudou qui lie les filles jusqu’à la mort à leur « madame ». Joy se souvient d’une cérémonie « effrayante, où je devais donner du sang, des cheveux, une dent même ». Quand elle trouve la force de quitter le réseau en 2015, sa « madame » appelle ses parents au Nigeria pour les menacer d’activer le « juju » contre eux.

    Aujourd’hui maman de deux petites filles nées à Marseille, Joy tente d’obtenir des papiers pour travailler légalement en France. Depuis qu’elle a porté plainte contre ses proxénètes, la trentenaire se sent « comme entre parenthèses », dans l’attente d’une nouvelle vie.

    https://www.lepoint.fr/societe/trahies-battues-violees-l-enfer-des-prostituees-nigerianes-en-france-03-05-2
    #migrations #asile #réfugiés #traite_d'êtres_humains #Nigeria

  • Les violences xénophobes en #Afrique du Sud choquent le reste du continent
    https://www.mediapart.fr/journal/international/130919/les-violences-xenophobes-en-afrique-du-sud-choquent-le-reste-du-continent

    Depuis début septembre, les attaques xénophobes se multiplient dans le « pays de Nelson Mandela ». Ces violences ont commencé avec une grève lancée par des chauffeurs routiers affirmant que les étrangers volent les emplois des Sud-Africains. Dans le reste du continent, les réactions sont vives, en particulier au Nigeria.

    #Nigeria,_violences,_Madagascar,_Tanzanie,_Afrique_du_Sud,_Zambie

  • #Charlie_Yaxley, porte-parole du HCR, se félicite sur twitter que l’avion a atterri en Italie avec 98 réfugiés vulnérable à son bord. Réfugiés qui se trouvaient en #Libye :

    https://twitter.com/yaxle/status/1172182248659062786

    Voici le communiqué de presse du #HCR :

    New UNHCR evacuation of refugees from Libya to Italy, as Tripoli fighting continues

    A group of 98 vulnerable refugees have been today evacuated out of Libya to Italy, the third direct humanitarian evacuation to the country this year.

    With Libya continuing to suffer under conflict, such evacuations are a lifeline for the most vulnerable refugees living in detention centres and urban areas, who are in dire need of safety and protection,

    The evacuees are from Eritrea, Ethiopia, Somalia and Sudan, and include 52 unaccompanied children. The youngest is Yousef, a seven-month-old baby from Somalia, born in detention and traveling with his parents. Many of the refugees had been held in detention in Libya for long periods, some for more than eight months.

    “Today we have taken 98 people to safety, but this is still only a small number of the thousands who need such help. There are still some 3,600 refugees in detention centres. We urgently need to find solutions for them, as well as thousands more vulnerable refugees living in urban areas,” said Jean-Paul Cavalieri, UNHCR Chief of Mission for Libya.

    UNHCR is grateful for the co-operation of the Libyan Ministry of Interior, and for the support of our partner LibAid, for their assistance with securing their release and transfer out of the detention centres.

    “Today’s evacuation is an example of solidarity, and we thank the Italian authorities for making this possible. We hope that other countries will heed this example and provide similar, life-saving humanitarian evacuations,” said Roland Schilling, UNHCR Regional Representative for Southern Europe.

    Prior to the evacuation, the refugees were being hosted in the Gathering and Departure Facility (GDF) in Tripoli, after UNHCR had secured their transfer from detention. In the GDF, they were provided with food, shelter, medical assistance including psycho-social support, as well as clothes and hygiene kits.

    Following this evacuation, UNHCR has assisted 1,474 vulnerable refugees with leaving Libya in 2019, including 710 to Niger, 393 to Italy, and 371 who have been resettled to other countries in Europe and Canada.


    https://www.unhcr.org/news/press/2019/9/5d7a30584/new-unhcr-evacuation-refugees-libya-italy-tripoli-fighting-continues.html

    ... ou on découvre qu’effectivement 98 personnes ont été acheminées vers l’Italie... mais...

    Following this evacuation, UNHCR has assisted 1,474 vulnerable refugees with leaving Libya in 2019, including 710 to Niger, 393 to Italy, and 371 who have been resettled to other countries in Europe and Canada.

    ... 710 ont été évacués vers le #Niger... où sont-ielles ? Quel est leur futur ? Qui suivra leur situation ? Que se passera-t-il avec ielles ?

    sur les évacuations vers le Niger voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/737065

    #évacuation #réfugiés #asile #migrations #réinstallation

    ping @karine4 @pascaline @_kg_ @isskein @reka

  • Niger : Has Securitisation Stopped Traffickers ?

    In the past five years there has been an increase in border controls and foreign military presence in Niger; paradoxically this has only diversified and professionalised the criminal networks operating there. In fact, this development was to be expected. Sustained law enforcement against smugglers removes the weaker players while allowing those with greater means and connexions to adapt, evolve and in some cases even monopolise criminal markets. As such, although Western-supported goals of curtailing irregular migration in Niger have been reached in the short term, criminal networks continue to thrive with devastating consequences for the wider Sahel region. Recorded migrant deaths in northern Niger have hit record highs and illicit flows of drugs and arms through the country continue to fuel conflicts. To address the country’s chronic lack of security and underdevelopment, innovative approaches that prioritise the fight against criminal networks while considering the negative socio-economic impacts of interventions must be developed.

    The economic, social and security landscape of Niger has undergone four milestone events, which have all led to changes in the country’s criminal networks. These included the criminalisation of the migration industry in May 2015; the clampdown on the Djado goldfield in February 2017; the ensuing multiplication of armed actors and growing banditry, which had already increased after the outbreak of the conflicts in Libya in 2011 and northern Mali in 2012; and the militarisation of Niger since 2014.

    The EU-backed enforcement of law 2015-036 criminalising migrant smuggling in mid-2016 delivered a first, considerable blow to northern Niger’s informal economy. Transporting foreign migrants to Libya, a practice that had become a source of livelihood for thousands of people in northern Niger, was outlawed overnight. Dozens of passeurs (migrant smugglers) and coxeurs (middlemen who gather migrants for passeurs) were arrested and hundreds of vehicles were seized in a crackdown that shocked the system.

    The second blow, which was closely linked to the first, was the closure of the Djado goldfield in February 2017. Up until its closure, the gold economy had been a vital back-up for ex-passeurs. Many had repurposed their activities towards the transport of artisanal miners to and from northern Niger’s gold mines to compensate for lost revenue from the outlawing of migrant smuggling. Many passeurs also invested in artisanal gold extraction. The goldfield was officially shut down for security reasons, as it had become a key hub for the operations of armed bandits. However, the fact that it was also a key stopover location for migrants travelling north was perhaps more influential in the government’s decision-making.

    Many analysts have attributed the rise in banditry and convoy hijackings over the past two years to these two economic blows. While it is difficult to determine whether the actors involved in these attacks are the same as those previously involved in the migration industry, it is clear that the lack of economic opportunities have pushed some to seek alternative sources of revenue.

    Although the migration industry initially shrank, it has now partially recovered (albeit still very far from 2015/2016 levels) with the transport of Nigerien migrants who are increasingly seeking seasonal work in Libya. But although a majority of passeurs have repurposed their activities towards the tolerated practice of transporting Nigeriens to Libya, many passeurs are still ready to transport foreign migrants, who pay up to eight times what local Nigeriens pay. To do so, smuggling networks have become both more professional and clandestine. Passeurs also take more dangerous and remote routes through the desert that avoid security forces. This has posed a significant risk to migrants, who are increasingly vulnerable to death from unexpected breakdowns in the desert. The number of recorded migrant deaths increased from 71 in 2015 to 427 in 2017.

    Currently, the number of active drivers is close to that before the peak of migration in 2015/2016. But the number of migrants who can afford the journey has lessened. In some reported cases, the price for the Agadez-Sebha journey has increased five-fold since 2016. Passeurs incur higher costs primarily as a result of longer, more clandestine routes that require more fuel. They must also pay higher fees to coxeurs, whose role in gathering migrants for passeurs has become central since migrants have been more difficult to find in Agadez. Prior to 2016, migrants could easily reach the town with commercial bus companies. Today, these undergo stringent checks by Nigerien police. Even migrants from the Economic Community of West African States (ECOWAS), who have the right to visa-free travel to Niger with valid documentation, are having to pay higher bribes to security forces to reach Agadez through commercial transportation.

    To compensate for this lack of more lucrative foreign migrants, many passeurs have turned to the smuggling of synthetic opioids (especially Tramadol), the demand for which has boomed across the Sahel-Sahara in recent years.[1] Smugglers can sell Tramadol purchased from Nigeria for up to 15 times the price in Libya, transporting the drugs along the Chadian border through Niger.

    These developments have mostly been undeterred by the increased militarisation of Niger since 2014, which saw the posting of French and American security forces in key strategic locations in the north (with bases in Madama, Dirkou, Agadez, Aguelal) and south (in the Tillabéri and Diffa regions). While their primary concern has been the fight against terrorist networks in the Sahel, French security forces in Madama have also specifically targeted arms and high-value narcotics trafficking (albeit prioritising those suspected of having links to terrorist networks). The increased scrutiny of French troops on key trafficking crossroads is seen as a key factor in making the trans-Sahelian cocaine route less attractive for conveying drugs from Latin America to destination markets in Europe and the Middle East, with traffickers increasingly favouring maritime routes instead.

    The increased targeting of drug convoys by armed groups is also a key factor behind the reduced use of the trans-Sahel cocaine route. These groups, which have multiplied in northern Mali, southern Libya and north-western Chad since the Libyan revolution in 2011 and Malian rebellion in 2012, have increasingly shifted their business model towards armed robbery and the hijacking of convoys that transit northern Niger. One such group includes armed men mostly composed of Chadian military defectors, who have used the Djado area (600 km north-east of Agadez) as a base to target convoys trafficking drugs, arms and goods but also artisanal miners traveling to and from gold mines (such as the Tchibarakaten goldfield).[2] The Forces Armées Nigériennes, whose capacity is limited in northern Niger’s difficult terrain, have so far failed to overrun the group.

    Nevertheless, recent cocaine seizures, including a record seizure of 789 kilograms of cocaine in March 2019 in Guinea-Bissau, suggest that the route is still being used, boosted by increasing cocaine production in Colombia in recent years. In fact, trafficking routes seem to have simply pushed outwards to areas bordering Algeria and Chad, avoiding the patrolling and surveillance activity taking place out of the French outpost of Madama.[3] However, this route shift may be temporary. France’s withdrawal from its temporary base in Madama since May (although officially announced in July) has reduced its oversight over the Toummo crossing and Salvador Pass, both key trafficking gateways to Libya. In reaction to France’s withdrawal from Madama, one passeur interviewed by phone boasted: ‘maintenant on opère comme des rois [now we operate like kings]’.[4]

    Niger’s stability relies on a fragile economic, political and social equilibrium that is threatened by the current approaches to achieving Western priorities of reduced terrorism and irregular migration. The EU and its member states successfully addressed the latter by disrupting the business model of passeurs and raising the costs of migration. But while the EU must be commended for initiating projects to compensate for passeurs’ lost income, these have not yielded the results that had been hoped for. Many passeurs accuse the local non-governmental organisation in charge of dispensing funds of having been nepotistic in its fund allocation. Only a fraction of passeurs received EU support, leaving many to be forced back into their old activities.

    If support is not effectively delivered in the long term, current approaches to reducing irregular migration and terrorism may be undermined: poverty and unemployment fuel the very elements that securitisation hopes to tackle.

    Currently, strategies to tackle smuggling and illicit flows have targeted easily-replaceable low-level actors in criminal economies. Yet to have a longer-lasting impact, actors higher up in the value chain would need to be targeted. Criminal culture in Niger is as much a top-down issue as it is a bottom-up one. The participation of the Nigerien political elite in trans-Sahelian illicit economies is strong. Their business interests are as much a catalyst of flows as the widespread poverty and lack of economic opportunities that push so many into criminal endeavours. This involvement is well-known and recognised by international partners behind the scenes, yet it is not prioritised, perhaps for fear of impeding on strategic counterterrorism and anti-irregular migration goals. Meanwhile, the illicit flows of arms, drugs, goods, and people continue to foster instability in the wider region.

    References

    [1] Micallef, M. Horsley R. & Bish, A. (2019) The Human Conveyor Belt Broken – assessing the collapse of the human-smuggling industry in Libya and the central Sahel, The Global Initiative Against Transnational Organized Crime, March 2019.

    [2] Micallef, M., Farrah, R. & Bish, A. (forthcoming) After the Storm, Organized Crime across the Sahel-Sahara following the Libyan Revolution and Malian Rebellion, Global Initiative against Transnational Organized Crime.

    [3] Micallef, M., Farrah, R. & Bish, A. (forthcoming) After the Storm, Organized crime across the Sahel-Sahara following the Libyan Revolution and Malian rebellion, Global Initiative against Transnational Organized Crime.

    [4] Telephone interview with Tebu passeur based in Dirkou, July 2019.

    https://www.ispionline.it/it/pubblicazione/niger-has-securitisation-stopped-traffickers-23838
    #Niger #trafiquants #frontières #fermeture_des_frontières #smugglers #smuggling #migrations #réseaux_criminels #asile #réfugiés #criminalisation #économie #économie_informelle #passeurs #saisonniers_nigériens #prix #Sebha #Agadez #pauvreté #chômage #travail #Tramadol #drogue #trafic_de_drogue
    ping @karine4 @pascaline

  • Niger : à Agadez, un voisin américain aussi discret qu’encombrant
    https://www.mediapart.fr/journal/international/060919/niger-agadez-un-voisin-americain-aussi-discret-qu-encombrant

    Dans le nord du Niger, une base militaire américaine vient de sortir de terre. Elle sert de port d’attache pour des engins armés destinés à opérer dans le ciel sahélien afin de recueillir du renseignement, de suivre et bombarder d’éventuelles cibles. La population locale, qui vit dans la misère, voit d’un mauvais œil cette base à laquelle elle n’a été ni préparée ni associée.

    #Reportage #Niger,_base_militaire_américaine,_Agadez,_drones,_Etats-Unis

    • Behind the #Johannesburg riots: How did they happen?

      The latest outbreak of mob violence and xenophobia was allegedly orchestrated by members of the All Truck Drivers Forum (ATDF), which held mass meetings that went into last weekend in different parts of Gauteng.

      The Mail & Guardian has reliably learned that intelligence agencies — which sent a briefing note last week Friday to the Justice, Crime Prevention and Security cluster (JCPS), chaired by Defence Minister Nosiviwe Mapisa-Nqakula — have been investigating the forum’s involvement.

      The cluster consists of the ministries of police, home affairs, state security, justice and constitutional development, as well as the National Prosecuting Authority.

      High-ranking security officials have also discussed the political motivations behind the flare-up in violence, with theories that the violence was part of a campaign to embarrass and ultimately destabilise the presidency of Cyril Ramaphosa.

      Despite the intelligence and warnings, these parts of the cluster failed to prevent the violent attacks and the burning and looting of shops in Jeppestown on Sunday night and into Monday morning.

      On Monday, the violence spread to parts of central Johannesburg and Alexandra, as well as Boksburg and Thokoza on the East Rand. Shops, cars and other buildings were set on fire. More than 400 arrests have been made since.

      In parts of KwaZulu-Natal, freight trucks were attacked and set alight.
      Drivers found to be foreign nationals were also assaulted.

      ATDF, which purports to represent only South African truck drivers, has dismissed the intelligence, saying that its organisation is anti-violence. Its spokesperson, Sipho Zungu, said on Thursday: “When this latest violence started on Monday we were in court, so there is no way this was us. ATDF has never even had a strike, let alone [engaged in] violence [and] looting. The nation is being misled here.

      “What needs to be clarified is that ATDF is fighting for all truck drivers in the country, no matter if they work or not.” He went on to add: “The reality is that South African truck drivers no longer have jobs, and we have been engaging truck owners and government that they must get rid of foreign truck drivers.”

      This kind of sentiment, and existing tensions, were worsened by political rhetoric around access to healthcare and unemployment before the elections. It reached boiling point last month, when police operations in Johannesburg to find fake goods were thwarted by shopkeepers, who pelted law-enforcement authorities with rocks, forcing a retreat.

      Public reaction to this took on a xenophobic tinge, with some South Africans blaming foreign nationals for a host of problems — from the proliferation of drugs and fake goods, to crime and filth in inner-city Johannesburg.

      Information shared with the JCPS cluster last Friday indicated that meetings to discuss strategy and co-ordinate attacks on foreign nationals were to scheduled to take place this past weekend. The meetings were to be held at venues in different parts of Gauteng, including the Mzimhlophe grounds in Soweto, Alexandra at Pan taxi rank, Randburg taxi rank, Ezibayeni in Hillbrow and Part Two, Diepsloot.

      Foreign nationals also held their own meetings over the weekend, and discussed how to protect themselves against potential attacks.

      The M&G understands that the government was concerned that foreign nationals could retaliate violently, which might escalate matters. A source in the JCPS cluster said: “If action was taken and those meetings disrupted, what happened on Sunday evening would not have happened.”

      Now, Police Minister Bheki Cele has been forced to react after the fact. He has focused on the hostels this week and has had several meetings with iinduna to try to quell the unrest.

      Cele’s office announced he would also be hosting imbizo, to be attended by residents, as well as local, provincial and national politicians, at the Jeppe hostel on Sunday.

      Cele’s spokesperson, Lirandzu Themba, said: “Izinduna who met with Minister Cele have assured the Gauteng Saps [South African Police Service] management that hostel dwellers have been urged to refrain from acts of violence leading up to the imbizo, planned for Sunday.”

      Themba also said Cele had briefed Ramaphosa on the latest situation in Johannesburg on Monday, after a visit to Jeppe hostel. “There was a Cabinet meeting where this issue was discussed and brought to the attention of all ministers, including those in the JCPS cluster.”

      “The JCPS cluster and various operational structures have been meeting and engaging continuously during the past weeks — and in some instances on a daily basis,” she said.

      News of the imbizo has not been well received by all in the hostel. Nduna Manyathela Mvelase, who met with Cele during his visit, said: “It’s almost as if they are saying ‘It’s the hostels and the Zulu people that are responsible for this.’”

      “It was unfortunate that a fire started not too far from here on Sunday and people died. At the same time, some criminals took advantage of that fire, and now it looks as if this started here,” he said. “This started in Pretoria and there are no hostels there … All our children are unemployed and on drugs.”

      The government and the presidency’s slowness to get a handle on the situation has prompted severe criticism from observers, as well as heads of state across the continent.

      Two former government officials expressed surprise that the JCPS had not met by Wednesday or made any public statements.

      One said: “By now you should have been seeing all the different ministers visible on the ground … The fact that Nigeria’s president [Muhammadu Buhari] was even tweeting disinformation [that Nigerians were killed in the violence] means there could have been no information from our government to affected embassies.

      “When government is this silent it becomes easy for the situation to escalate,” he added.

      Department of international relations and co-operation (Dirco) spokesperson Clayson Monyela said on Wednesday that the department would try and secure meetings with consulates and high commissions of affected nationalities by today.

      “Dirco has not received any official complaint or inquiry from an embassy. However, we are maintaining regular contact with the diplomatic corps to update them on government’s measures and interventions to deal with the spate of violence,” he said.

      Johan Burger, a senior research er at the Institute for Security Studies, said he was extremely disappointed that Ramaphosa had remained silent about the attacks until Wednesday.

      “I say, very reluctantly, that South Africa is at fault in terms of how it handled this issue from the top. I’m extremely disappointed that it took so long to say something,” Burger said. “He should have spoken to his security cluster ministers and asked what was happening and given instruction and direction.”

      A senior government official suggested Ramaphosa was being let down by his Cabinet, particularly in the JCPS cluster, which met for the first time on Wednesday. “Not once in the former president’s tenure would so much time pass before security cluster ministers meet and strategise. Not once.”

      The Nigerian government took a harsh tone this week, saying it would not tolerate any more attacks on its citizens, and deployed envoys to meet Ramaphosa, whose public statement condemning the attacks was issued only on Tuesday, to discuss the situation.

      On Wednesday the Nigerian presidency announced that Nigerian airline Air Peace airlines would send an aircraft today to evacuate any of its citizens who wished to leave South Africa. Yesterday, South Africa shut down its embassy in Lagos and several South African businesses in that country were attacked and looted.

      https://mg.co.za/article/2019-09-06-00-behind-the-johannesburg-riots-how-did-they-happen

    • South African Riots Over ‘Xenophobia’ Prompt Backlash Across Africa

      Pop stars have announced a #boycott. Air Tanzania has suspended flights to Johannesburg. #Madagascar and Zambia are refusing to send their soccer teams. Nigeria has recalled its ambassador and pulled out of a major economic forum.

      South Africa is facing a backlash after rioters in and around Johannesburg targeted immigrants from other African countries this week, torching their shops and leading to at least 10 deaths. Now, angry citizens and governments across the continent are lashing out at South Africa and its businesses, denouncing what they call “xenophobia.”

      Africans across the continent once rallied behind South Africans in their struggle to defeat the apartheid government, which was finally replaced in elections held 25 years ago. Now, some Africans find themselves in the unfamiliar position of protesting the actions of the same communities in South Africa that they once stood with in solidarity.

      “The only time we’ve seen this type of cooperation of African countries in terms of backlash,” said Tunde Leye, a partner at the Nigerian political research firm SBM Intelligence, “was in terms of support of the anti-apartheid movement.”
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      The current level of political solidarity on the continent, he said, was “almost unprecedented.”

      The riots, and the retaliatory measures, could not come at a more inopportune time for regional cooperation. This week, African leaders are meeting in Cape Town, South Africa, to discuss the African Continental Free Trade Area, an agreement made this year that sets the stage for the creation of the largest free-trade area in the world. It would join Africa’s more than one billion consumers into a single market.

      The conflict, while not likely to imperil the free trade agreement, could at least slow its implementation, which is expected to take years, African analysts said.

      Nigeria’s government, angry that its citizens have been victimized in the South African riots, has pulled out of the Cape Town meeting.

      Nigeria is the continent’s largest economy, and South Africa is the second-largest. Both countries were already reluctant participants in the accord, which is supposed to help knock down the many barriers to trade among African countries.

      Anti-immigrant sentiment is a longstanding issue in South Africa, where the legacies of colonialism and apartheid run deep, and a political shift has not delivered meaningful change to many poor South Africans. Immigrants from countries like Nigeria, Mozambique, Somalia and Zimbabwe are often regarded by South Africans as competitors for jobs and social services.

      In South Africa, attacks on foreigners have become common, and they surged beginning Sunday when rioters stormed neighborhoods in and around Johannesburg, lighting fires and breaking into shops.

      At least 10 people have died in the riots, President Cyril Ramaphosa said in a video address on Thursday, in which he also condemned the violence.

      “There can be no excuse for the attacks on the homes and businesses of foreign nationals,” he said. “Equally, there is no justification for the looting and destruction of businesses owned by South Africans.”

      In Gauteng, the province that includes Johannesburg, authorities have arrested at least 423 people, said Colonel Lungelo Dlamini, a police spokesman. On Thursday, he said that many shops owned by foreigners remained closed and that more shopping centers in the eastern part of the province “are being targeted.”

      Police seized guns, he said, not just from South Africans, but also from at least two foreign nationals.
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      The rolling backlash has united broad swaths of the continent. Two popular Nigerian musicians, Burna Boy and Tiwa Savage, said they were boycotting South Africa. Burna Boy was set to headline the Afropunk festival in Johannesburg in December, alongside artists like Solange Knowles. Tiwa Savage had an appearance in South Africa scheduled for mid-September.

      On Tuesday and Wednesday, protesters rushed and sometimes looted South African-owned businesses in Nigeria and Zambia, including Shoprite supermarkets. The company closed stores. The South African telecommunications giant MTN did the same.

      On Thursday, the protests spread to the Democratic Republic of Congo, where demonstrators outside of the South African Embassy in Kinshasa held signs that read “Don’t kill our brothers” and “No xenophobia.” In Lubumbashi, they broke windows at the South African Consulate.

      Nigeria recalled its ambassador to South Africa. South Africa has shuttered its diplomatic missions in Nigeria, citing threats.

      The clashes cast a cloud over the World Economic Forum in Africa, which began in Cape Town on Wednesday. Leaders were set to discuss the free trade pact, an agreement signed by 54 countries that supporters have said could reshape economic relationships on the continent.

      The accord has the potential to bolster intra-African trade by 52 percent by 2022, according to the United Nations. Right now, intra-African trade accounts for just 16 percent of the continent’s trade volume. It can be cheaper to ship something from Nigeria to Europe, and then to Senegal, rather than directly from Nigeria to Senegal. This is a major barrier to regional development, economists say.

      Still, a host of challenges await before the pact is put in place.

      African analysts differed on whether Nigeria’s decision to skip the Cape Town meeting would have any effect in the long term.

      Gilbert Khadiagala, a Kenyan professor of international relations at the University of Witwatersrand in Johannesburg, said Nigeria’s move was little more than “grandstanding,” and that would not impede the trade agreement.

      But Mr. Leye, of SBM Intelligence in Nigeria, said that in his view, Nigeria’s boycott of the Forum “will have an impact in terms of the pace of implementation.”

      https://www.nytimes.com/2019/09/05/world/africa/south-africa-xenophobia-riots.html
      #Zambie

    • Refugees and police clash at Cape Town protest against xenophobia

      Around 100 people were arrested on October 30 as part of an operation to disperse a group of refugees and asylum seekers who had staged a prolonged sit-in near the United Nations refugee agency in Cape Town, South African police said.

      Local media showed footage of police firing water cannon into the crowd of protesters and arresting some of them. The South African Police Service (SAPS) said in a statement that they evicted around 300 people from the area in accordance with a court order.

      The refugees and asylum seekers have been camping outside the offices of the UN High Commissioner for Refugees for weeks, asking to be moved out of South Africa, where they say they do not feel safe after a wave of xenophobic violence.

      The refugees want to be repatriated to their home countries or moved elsewhere after a spate of deadly riots and attacks in September, which killed at least 10 people and left many foreigners afraid to live in the country.

      https://www.euronews.com/2019/10/30/refugees-and-police-clash-at-cape-town-protest-against-xenophobia