Mégabassines : « Une parodie de procès », selon les opposants
Par Laury-Anne Cholez et Yoan Jäger (photographies) 29 novembre 2022
▻https://reporterre.net/Mega-bassines-une-parodie-de-proces-selon-les-opposants
▻https://reporterre.net/local/cache-gd2/0d/b2d0a41310ed9d36ca31de4a3b7389.jpg?1669707887
Cinq militants interpelés lors de la manifestation contre la bassine de Sainte-Soline ont été condamnés le 28 novembre à entre deux et trois mois de prison avec sursis. Ils ont déserté leur procès dès le début de l’audience.
Niort (Deux-Sèvres), reportage
C’est un procès déserté par ses prévenus qui s’est tenu lundi 28 novembre au tribunal de Niort. François B., David et Jean H. ainsi que Julien M. comparaissaient pour avoir pris part à la manifestation contre la bassine de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, le 29 octobre dernier. Ils étaient accusés de « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations de biens ». Cette mobilisation contre ces gigantesques réserves d’eau dédiées à l’agriculture industrielle avait été fortement réprimée, avec près de soixante blessés parmi les manifestants et six gardes à vue. (...)
COMMUNIQUÉ SUITE AU JUGEMENT D’AUJOURD’HUI
Les Soulèvements de la Terre | 28 nov. 2022
▻https://twitter.com/lessoulevements/status/1597291762632232961
Après un refus injustifiable de renvoi, en leur absence et celle de leurs avocat•es, cinq militants anti-bassines viennent d’être condamnés lourdement en première instance pour une simple participation à la manifestation de Sainte-soline.
Le collectif Bassines Non Merci, Les Soulèvements de la terre, les cinq prévenus ainsi que leurs avocat•es, dénoncent un nouveau déni de justice dans le cadre de la répression exceptionnelle visant les militants anti-bassine.
Ils mettent en cause les lourdes pressions d’un gouvernement dont l’inaction climatique est devenue flagrante et qui fait face à un mouvement populaire croissant pour la défense de l’eau.
Il y a un mois 5 personnes se voyaient chargées du chef d’inculpation de « participation à un groupement en vu de commettre des violences ou dégradations de biens » pour avoir été simplement présentes à la manifestation de Sainte-Soline tout comme 8000 autres personnes.
On voit bien là qu’il s’agit d’un glissement inquiétant de la répression politique en france : juger une intention présumée plutôt qu’un acte, et cela sans qu’aucune preuve ne vienne appuyer ces allégations.
Parmi les inculpés, Robin grièvement blessé à la tête par un tir de LBD à la tête avait été interpellé sur son lit d’hôpital après 6 jours de soins et placé directement en garde à vue, là encore sans qu’on ait rien à lui reprocher qu’une banale participation à la manifestation.
A la suite de cette garde à vue, les 5 inculpés ont refusé de comparaître immédiatement afin de préparer leur défense. Malgré cela, une date avait été fixée à peine un mois plus tard au 28 novembre.
Dans l’intérêt des inculpés faisant face à la préfecture qui prépare un dossier depuis plus d’un an comme le dévoileront les réquisitions, un report de ce procès avait été demandé cet après-midi lors de l’audience.
Au vu du contexte et des faits reprochés, ce procès représentait en effet celui de tout un mouvement qui s’oppose à la privatisation de l’eau et revendique le droit de s’y opposer.
Nous souhaitions voir témoigner à cette barre des hydrologues, des paysans, toutes celles et ceux qui seront privés de cette eau qui remplit les bassines. Cette défense ne pouvait être préparée en trois semaines.
Robin était par ailleurs encore en arrêt suite à sa blessure et ne pouvait être présent aujourd’hui au tribunal, ainsi que l’avocate de 3 des prévenus.
Pour l’avocat de deux des inculpés « les renvois sont choses courantes, dans l’intérêt des droits de la défense, aujourd’hui ces droits ont été violés, la justice ici cède aux pressions du politique ».
Ce refus de renvoyer le procès quitte à ne pas entendre la défense et mal juger s’inscrit dans un contexte de pressions politiques où le garde des sceaux a demandé par circulaire « une réponse pénale systématique et réactive » à l’encontre des militant•es anti-bassines.
Refusant pour leur part un jugement expéditif concernant la protection des ressources pour les décennies à venir, l’avocat, les inculpés et les militant•es présent•es ont choisi de quitter l’audience, quitte à aller en appel.
Ils ont refuser d’accorder le moindre crédit à une cour prête à juger un absent blessé et des prévenus dont tous les avocats n’étaient pas présents.
Face à une cour vide, le procureur a demandé des peines qualifiées « d’avertissement » : 4 mois de prison avec sursis et une interdiction de séjour sur le territoire des Deux-Sèvres de 5 ans.
Il s’agit bien là d’empêcher les militant•es d’exercer leur simple droit de manifester pendant une longue durée et de tenter d’asphyxier l’opposition aux bassines.
À audience expéditive, jugement expéditif, le juge a décidé de rendre sa décision dans la foulée de l’audience, en suivant les réquisistions du procureur.
Les 5 prévenus ont été condamnés à 2 ou 3 mois de sursis en fonction des personnes et sont effectivement interdites de séjour dans les Deux Sèvres pour trois ans. Fait relativement inédit sur ce type d’affaires, ces peines sont même appuyées d’une exécution provisoire.
Comme suggéré par @E_DupondM dans sa circulaire, il y a là de toute évidence un empressement à faire des « exemples » afin de décourager tout un chacun.e de se rendre à des manifestations, pourtant suivies à chaque fois plus massivement.
Ce refus de renvoi, cette condamnation sont les signes d’un gouvernement aux abois, et d’une justice aux ordres. Nous appelons à des réactions politiques rapides et protestations contre ce jugement inique qui met en péril le droit de manifester.
Les prévenus feront appel de cette décision et nous serons là pour leur apporter tout le soutien que le mouvement de défense de l’eau leur doit. Ils auront aussi besoin de votre soutien !
Merci à toutes celles et ceux qui se sont rassemblé•es aujourd’hui, merci pour la bonne humeur malgré la pluie (qu’au fond on est ravi de voir tomber), merci pour la générosité de celles et ceux qui apportent leur soutien au mouvement !
#NoBassaran
La caméra militaire qui espionnait les militants écologistes a été installée par la Police.
Ce matériel de surveillance était installé à l’abri des regards. | CO – MARIE DELAGE
Le Courrier de l’Ouest Modifié le 22/03/2022
▻https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/pres-de-niort-le-materiel-pour-surveiller-bassines-non-merci-pose-par-l
La préfecture des Deux-Sèvres explique dans un communiqué que le dispositif de surveillance découvert près de Niort à proximité de l’habitation du père du leader du collectif « Bassines, non merci ! » a été posé par la Police nationale « dans le strict respect du cadre légal. » Le collectif « Bassines, non merci ! » s’oppose depuis plusieurs années, au nom de l’environnement, à la créations de grandes réserves d’eau pour les agriculteurs du département.
Une manifestation anti-bassines sans tracteur près de Niort ?
Le Courrier de l’Ouest Publié le 23/03/2022
▻https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation-anti-bassines-a-la-rochenard-un-printemps-maraichin-sans-
▻https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMjAzOGYxMTZjYzIwYzRhY2M3YTAzNTQyY2I4Y2IwMzY5ZjI?width=1260&fo
Le Printemps maraîchin, la manifestation des anti-bassines, débutera vendredi 25 mars à La Rochénard, au sud de Niort en Deux-Sèvres. De nombreux agriculteurs, hostiles à l’implantation de réserves de substitution, entendent s’associer au mouvement et rejoindre, en tracteur, le lieu du rassemblement. Sauf que la préfecture en a décidé autrement.
Informés par mes soins dès samedi, Le Canard, Libé, Le Monde, Médiapart et tutti frutti n’ont pas bougé un cil :-)
Julien Le Guet, leader du mouvement Bassines Non Merci, espionné par une caméra de surveillance
Publié le 18/03/2022 | Mis à jour le 23/03/2022
Écrit par Sophie Goux
▻https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/julien-le-guet-leader-du-mouvement-bassines-non-merci-e
▻https://www.youtube.com/watch?v=YC5zPl0Buoc&t=17s
Dans les Deux-Sèvres, confrontation entre les opposants et les défenseurs des « mégabassines » d’irrigation
Par Rémi Barroux(Mauzé-sur-le-Mignon, Deux-Sèvres, envoyé spécial)
Publié le 7 novembre 2021
▻https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/07/dans-les-deux-sevres-confrontation-entre-les-opposants-et-les-defenseurs-des
Plusieurs milliers de personnes – 3 000 selon les organisateurs, « un peu plus de 1 500 » d’après la préfecture – ont manifesté à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres), samedi 6 novembre, contre un projet de construction de seize « mégabassines » destinées à l’irrigation. Au début de septembre, les travaux pour creuser la première d’entre elles, à proximité du village, ont mis le feu aux poudres, les opposants jugeant le chantier illégal. Ces réserves sont destinées à permettre, selon les mots de Thierry Boudaud, président de la Coop de l’eau, maître d’œuvre du projet, l’alimentation en eau de « 450 irrigants ». Avec un objectif de fin des travaux en 2026.
L’imposant cratère de ce qui s’appelle une « réserve de substitution » est déjà terminé, alors que le tribunal administratif de Poitiers a rejeté, le 27 mai, neuf des seize bassines, arguant de leur taille excessive. Une décision insuffisante pour une dizaine d’associations qui ont fait appel du jugement, dénonçant une « mauvaise information du public », le « surdimensionnement » de l’ensemble des ouvrages prévus, les « impacts sur les milieux terrestres, en particulier les habitats et les espèces protégées, voire menacées, comme l’outarde canepetière »…
Manifestation anti-bassines près de Niort : trois gendarmes blessés et une retenue d’eau saccagée
Le Courrier de l’Ouest Modifié le 06/11/2021
▻https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/niort-79000/pres-de-niort-un-rassemblement-des-anti-bassines-tres-encadre-et-sous-h
Plus de 2 000 anti-bassines ont manifesté samedi 6 novembre près de Niort. Des fumigènes ont été allumés sur le toit de la mairie de Mauzé-sur-le-Mignon et une immense banderole a été déployée. En fin de journée, la manifestation a dégénéré : trois gendarmes ont été blessés et une retenue d’eau a été saccagée en Charente-Maritime.
Les projets de méga-bassines, accusées d’assécher les rivières, alimentent la guerre de l’eau dans les campagnes
Agro-industrie
7 octobre 2021 par Guy Pichard
▻https://basta.media/mega-bassines-marais-poitevin-irrigation-riviere-assechee-agriculture-inten
Un chantier de seize réservoirs d’eau géants destinés à l’agriculture a débuté fin septembre près du marais poitevin. Symboles de l’agro-industrie, asséchant les sols, ces méga-bassines déclenchent une forte contestation.
Depuis que j’ai lu ►https://www.acrimed.org/Police-partout-medias-nulle-part je me demande à chaque fois si les flics sont victimes d’acouphènes.
Deux-Sèvres. Retenues de substitution : la bassine démantelée « était illégale », selon les Verts
Le Courrier de l’Ouest Publié le 08/11/2021
▻https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/retenues-de-substitution-la-bassine-demantelee-etait-illegale-assurent-
Dans un mail adressé à la rédaction, Benoit Biteau, député européen Les Verts/ALE, revient sur la manifestation organisée samedi 6 novembre 2021 par Bassines Non Merci.