• Le #Nobel de #chimie [français] 2016 avait tout faux (!)

    L‘attribution du prix Nobel de chimie 2016 à un trio comprenant Jean-Pierre Sauvage a déclenché l’habituel flot de félicitations des responsables politiques. Président de la République, ou espérant l’être un jour, ministres en activité, ou espérant l’être un jour… tous y vont de leur cocorico. Mais la bonne question est : faut-il les féliciter, eux ? Conduisent-ils, aujourd’hui, des politiques pour l’enseignement supérieur et la recherche permettant d’espérer de futurs Nobel ?

    La carrière de Jean-Pierre Sauvage permet de répondre. Par la négative. En résumé, pour avoir le Nobel, il faut faire le contraire de tout ce que préconisent les gouvernants : instabilité professionnelle, précarité sociale, bougeotte disciplinaire et géographique, recherche des sujets à la mode qui donnent rapidement des résultats prévus à l’avance dans des demandes de financements auprès d’Agences qui mettent en compétition les chercheurs. Une politique de gribouille, où l’emphase permanente du discours (le mot « excellence » mis à toutes les sauces) cache mal une décision politique majeure : ne plus augmenter l’effort de recherche public, le réorienter en diminuant les efforts de la recherche de base, précariser le plus possible les personnels (chercheurs, ingénieurs, techniciens). Si cette politique s’est heurtée à de nombreuses actions depuis 2007 (mouvements sociaux, associations SLR, SLU, cris d’alarme de scientifiques de renom…) et a donc été freinée, ses dégâts sont patents.

    Thèse brillante, il entre donc directement au CNRS l’année de sa thèse, en 1971 (un truc dont plus personne ne rêve dans les labos où passer sa thèse signifie démarrer une phase de CDD) et y reste jusqu’en 2009 (retraite, mais il continue de travailler comme « émérite »). Il représente donc le type même du chercheur « fonctionnaire » (en fait seulement depuis 1982) qui, selon Nicolas Sarkozy lors d’un discours célèbre le 22 janvier 2009, viendrait au labo parce que « c’est chauffé et il y a de la lumière ». Or, c’est justement ce statut qui permet aux scientifiques recrutés sur concours, largement ouvert à l’international aujourd’hui, de se consacrer entièrement à leur sujet de recherche. Tout en tissant des liens avec leurs pairs-concurrents-collaborateurs dans le monde et avec les universitaires, doctorants et autres personnels des laboratoires (aujourd’hui tous « mixtes » entre organismes de #recherche et #universités).

    C’est donc en ayant « tout faux » au regard des responsables politiques tous formés à Sciences-Po – Ena et complètement étrangers au monde de la science et des #laboratoires, que Jean-Pierre Sauvage construit une carrière qui, en creusant profond un même sillon, débouche sur des #avancées #scientifiques majeures.

    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2016/10/07/le-nobel-de-chimie-2016-avait-tout-faux

  • À propos de #Piketty et de la réforme des retraites, je retranscris ici une analyse faite par #Réseau_Salariat qui contextualise ses prises de positions.

    https://twitter.com/ReseauSalariat/status/1201132220909531136

    « Attendez on a raté un truc là, pourquoi tout le monde se met à partager la tribune nulle de Piketty dans Libé là ? Tout le monde a oublié qu’il a directement inspiré la réforme actuelle ?

    Son bouquin « pour un nouveau système de retraites » (2008) plaide pour « des comptes individuels », garantissant plus de « justice », au motif que le système actuel est trop « complexe ».

    Eh oui, c’est à 100 % l’argumentation du gouvernement actuel pour défendre sa réforme. Ben voilà, Piketty plaide depuis longtemps pour la casse de la retraite conçue comme une continuation du salaire, pour la remplacer par un système de comptes individuels…

    Lisez-le si vous aimez vous faire du mal, on croirait du Delevoye :
    http://piketty.pse.ens.fr/files/BozioPiketty2008.pdf
    Tout y est : la « crise actuelle du système de retraites », le besoin d’un système plus « simple » et plus « juste » parce que les gens n’ont plus « confiance » dans le système actuel…

    Et on retrouve le principe central de la réforme : « Les travailleurs accumulent tout au long de leur carrière professionnelle des cotisations de retraite sur un compte individuel » (p. 17)
    Garanti 100 % idéologie du « j’ai cotisé j’ai droit »

    Et même la bipartition du système de retraite, que Macron comme ses prédécesseurs veut accentuer (c’est p. 54) :
    -- une partie « solidaire » : le minimum vieillesse pour les pauvres qui n’ont pas assez cotisé ;
    -- une partie « contributive » pour les bons élèves qui ont bien cotisé

    Alors Piketty aurait changé d’avis ? Pas du tout : il critique la réforme, mais jamais la retraite à points. Comme maintenant sa part de marché c’est « économiste de gauche », il critique Macron pour la forme, dit que la réforme est inégalitaire…

    Et déplore que les riches ne paient pas plus d’impôt. Mais rien sur le principe même de la réforme : en gros, si Macron n’avait pas supprimé l’ISF, il aurait été favorable à la réforme (lol). Bizarrement tout le monde a oublié de l’interroger là-dessus…

    Il est complètement en accord avec cette vision de la retraite comme un différé de cotisation, comme le fruit de l’accumulation sur un compte individuel de la part non consommée de son revenu.

    C’est cette vision qu’il faut combattre : défendons la retraite telle que Piketty & co veulent la combattre, en revendiquant une ce principe du salaire continué : suppression des conditions de cotisation pour avoir droit à une retraite au niveau de son meilleur salaire, à 50 ans !

    Bonus : on a fouillé nos archives, et on est retombé⋅es sur pages délicieuses du journal de l’internationale sardonique, Pour lire pas lu (PLPL), qui constituent d’utile rappel sur le sujet Piketty & les retraites…

    L’ascension sociale d’Élie faisait trépigner de jalousie un autre économiste : #Thomas_Piketty.

    Les journalistes l’appellent « le petit prodige » (PP). En effet, à l’âge ou l’éditorialiste de Libération #Jean-Michel_Helvig interrompait sa croissance intellectuelle (neuf ans et demi), Piketty était déjà néolibéral. Associée à un attirail de diplômes américains, cette précocité lui vaut d’être recruté par tous ceux qu’ensorcelle le conformisme plaqué or : la #Fondation_Saint-Simon (lire #PLPL n°16) lui confie la rédaction de « notes » ; #Serge_July l’embauche comme chroniqueur économique à #Libération ; le #CAE l’intègre dans ses rangs ; l’École des hautes études en sciences sociales de Paris l’élit directeur de recherches.

    Enfin, il devient la coqueluche du #Parti_de_la_presse_et_de_l'Argent (#PPA). La célébration de la baisse des charges sociales et l’exigence d’une mise en concurrence des universités l’amènent tout naturellement à défendre la réforme des #retraites de #Raffarin et à qualifier de « combat injustifiable » la revendication de trente-sept années et demi de cotisation pour tous. Comme la plupart des éditorialistes économiques de Libération, Piketty se cabre quand on parle de taxer le capital : « Les riches sont-ils effectivement assez riches pour payer les retraites ? La réponse à cette question est malheureusement négative. » Et comme tous les économistes qui œuvrent depuis trente ans au désarmement idéologique de la gauche, Thomas s’emploie à « se construire une image progressiste et simultanément [à] maintenir l’essentiel du credo libéral. »

    En effet, l’humanité doit à Piketty une découverte inouïe : l’impôt progressif a des effets redistributifs. Cette conclusion a suscité l’ébahissement intéressé des journalistes qui cherchent à se reclasser dans le courant « altermondialiste ». Au Nouvel Observateur, Laurent Mouchard ne se vante plus comme en 1993 d’avoir été l’un des « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche »(France 2, 02.06.93) ; il interroge Piketty sur les bienfaits de l’impôt et le couvre de caresses (30.08.01). Puis vient le tour d’un autre opportuniste, #Sylvain_Bourmeau, qui interviewe Piketty dans Les Inrockuptibles (17.08.02). Piketty le rassure : « L’affrontement capital/travail est obsolète ». Entre-temps, #Edwy_Plenel a consacré au Petit Prodige une séance de téléachat débridée sur LCI. Le 8 septembre 2001, « Le Monde des idées » s’achève et le RTA se dandine comme un dément. Il agite le gros ouvrage de son invité : « Retenez son nom ! Thomas Piketty, je ne sais pas s’il sera prix #Nobel un jour, mais en tout cas, à trente ans, il fait le livre de la rentrée ! Le livre événement ! Le livre qui est débattu aujourd’hui par tous les politiques !! Une somme, un scoop derrière cette somme ! » À ce stade, les quelques cameramen de LCI pour qui l’effet redistributif de l’impôt progressif sur le revenu n’est plus « un scoop » depuis 1914, hésitent à requérir les services d’un infirmier. Mais le directeur des rédactions du Monde est déchaîné : « C’est un livre savant, stimulant !! Ce n’est pas un livre ardu même s’il est savant ! C’est un livre pédagogique ! Il faut absolument le lire ! Thomas Piketty j’ai fait la publicité pour votre livre mais c’est sincère [...] Pour préparer les débats à venir de la campagne électorale, achetez ce livre, lisez-le, discutez-le, travaillez-le stylo en main !! » (Notre stock de points d’exclamation est quasi épuisé).

    Léché par les simples d’esprit, #Piketty est certain de son génie. Ses travaux s’en ressentent. Le document explosif que publie PLPL montre qu’il aurait dû apprendre à lire avant de soutenir son doctorat. Le 26 novembre 2001, Thomas Le Prodige consacre sa chronique de Libération à la dénonciation de

  • Nobel d’économie 2019 : une approche très gestionnaire de la lutte contre la pauvreté | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2019/11/17/nobel-deconomie-2019-une-approche-tres-gestionnaire-de-la-lutte-contre-la-pau

    En octobre fut décerné le Prix #Nobel d’#économie à #Esther_Duflo, #Abhijit_Banerjee et leur collègue #Michael_Kremer, afin de récompenser l’approche expérimentale de la lutte contre la pauvreté qu’ils ont élaborée depuis la fin des années 90 – une distinction qualifiée de radicale, voire révolutionnaire, par la presse française. Cette caractérisation ne peut manquer d’interroger : en quelle mesure les évaluations des randomistas, destinées à orienter les financements des bailleurs de fonds, sont-elles véritablement subversives ?

  • Les 10 Limite De La Méthode #Duflo
    https://www.researchgate.net/profile/Agnes_Labrousse/publication/336686279_Les_10_Limites_de_la_methode_Duflo/links/5db02b87299bf111d4bff4fc/Les-10-Limites-de-la-methode-Duflo.pdf?origin=publication_detail

    De fait, les travaux des trois lauréats portent sur des domaines hautement divers (nutrition, éducation, accès au crédit etc.)1. Mais ils ont en partage une méthode qu’ils ont largement contribué à populariser et qui est saluée par le comité de la Banque de Suède : les #expérimentations_aléatoires. Le terme n’est d’ailleurs pas stabilisé en français2 ; il l’est plus en anglais où il est fait référence aux « randomized controlled trials ». De quoi s’agit- il ? À l’instar des essais cliniques randomisés, il s’agit de diviser une population-cible en deux groupes, déterminés à l’aide d’un tirage au sort. Ce dernier vise à assurer la comparabilité des groupes. En effet, pour peu que les individus composant l’échantillon soient suffisamment nombreux, on a toutes les chances d’avoir des groupes qui se ressemblent. Dès lors, pour mesurer l’effet d’un « traitement », il suffit de le donner à un seul des deux groupes (qu’on appellera le groupe test), en s’abstenant de donner quoi que ce soit à l’autre groupe (nommé groupe témoin). Au bout d’un certain temps, la comparaison entre les deux groupes à l’aide d’indicateurs permet très simplement de déterminer l’effet du traitement. Par exemple, si l’on souhaite mesurer l’impact de la distribution gratuite de manuels scolaires, comme cela a été fait au Kenya3, on divise aléatoirement un groupe d’écoliers en deux groupes. A l’un, on distribue les manuels, et pas à l’autre. Il suffit à l’issue d’une année scolaire de leur faire passer des tests de niveau et de comparer les moyennes de chaque groupe pour capturer l’effet de ce traitement.

    Pour ses partisans, les « randomistes », cette méthode serait donc le #gold_standard qui permettrait de révolutionner les sciences économiques comme les politiques sociales, de les sortir des carcans idéologiques pour les faire entrer dans le pragmatisme et l’efficacité. En testant « ce qui marche » avec une rigueur inégalée, l’#économie du développement entrerait dans l’âge de la #science.

    #nobel

  • Prix Nobel d’économie 2019 : les limites de la méthode des essais cliniques
    http://theconversation.com/prix-nobel-deconomie-2019-les-limites-de-la-methode-des-essais-clin

    Le prix Nobel d’économie vient d’être attribué à Esther Duflo, Abijit Banerjee et Michael Kremer pour leur travail consistant à adapter la méthode des essais cliniques aux interventions en matière de développement. Le jury Nobel a jugé que ce nouveau type d’expérimentation a « considérablement amélioré notre capacité à lutter contre la pauvreté globale » et « à transformer l’économie du développement ». S’il y a des raisons de s’en réjouir (l’une des trois nominé·e·s est une femme, jeune et française de surcroît ; le prix rend ses lettres de noblesse à l’économie du développement et à des travaux empiriques proches du terrain), il faut néanmoins questionner la validité et les conséquences de l’usage croissant de cette méthode.

    Depuis une quinzaine d’années, ces essais cliniques (qu’on désigne couramment par leur acronyme anglais RCT, pour randomized control trials) se sont ouverts à un champ nouveau : celui des politiques et de l’aide au développement. Une vaste panoplie d’interventions est ainsi passée au crible de la « randomisation », notamment en matière d’éducation (incitations visant à réduire l’absentéisme des enseignants, vermifuges destinés à diminuer l’absence des élèves), de santé (filtres à eau, moustiquaires, formations ou systèmes de primes pour le personnel soignant, consultations gratuites, conseils médicaux par SMS, etc.), de finance (microcrédit, microassurance, épargne, éducation financière) ou encore de « gouvernance ».

    Les RCT appliquées au développement pourraient être une avancée scientifique, à condition d’en reconnaître les limites (nombreuses) et le champ d’application (étroit). Prétendre résoudre la pauvreté avec ce type de méthode, comme le revendiquent certain·es de ses promoteurs, et au premier chef les trois lauréats du prix Nobel, est une double régression : épistémologique d’abord, puisque cette prétention illustre une conception positiviste de la science, aujourd’hui surannée ; politique ensuite, puisque des questions pourtant centrales pour la compréhension et la lutte contre la pauvreté et les inégalités sont laissées de côté.

    La consécration va-t-elle conduire les randomisateurs du développement à plus de mesure quant aux bienfaits des différentes méthodes, ou au contraire à en profiter pour consolider leur position déjà quasi hégémonique ? Il y a de bonnes raisons d’être inquiets.

    #Nobel_économie #Essais_aléatoires #Politique_développement

    • Arguments scientifiques... et arguments politiques.

      Comment justifier un tel succès ? Ce n’est pas toujours la supériorité scientifique de certaines méthodes ou théories qui explique leur réussite, mais la capacité de leurs promoteurs à convaincre à un moment donné un nombre suffisant d’acteurs. En d’autres termes, le succès vient à la fois d’une offre et d’une demande. Du côté de la demande, le succès des RCT illustre l’évolution de la discipline économique (priorité est donnée à la quantification, aux fondements micro de processus macro, et, au sein des fondements micro, aux ressorts psychologiques et cognitifs des comportements individuels).

      Le succès des RCT illustre également les transformations du secteur de l’aide au développement, où se multiplient les petits projets s’efforçant de corriger les comportements individuels plutôt que de mettre en place ou de maintenir des infrastructures et des politiques nationales de développement.

      Ou comment essayer d’améliorer le sort des gens dans un contexte néo-libéral.
      #individualisation #néolibéralisme

  • The controversial winners of the #Nobel Prize in Economics.

    The poverty of poor economics
    https://africasacountry.com/2019/10/the-poverty-of-poor-economics

    Banerjee and Duflo teach at MIT while Kremer is at Harvard. The trio have been at the forefront of pushing the use of randomized control trials (RCTs) in the sub-discipline of economics known as development economics. And partly as the result of their efforts, an ecosystem has developed in which the vampire squids with tentacles of influence across the globe are the “poverty action lab” JPAL, 3ie, and the World Bank’s development impact evaluation group (DIME). The main idea behind their work is that RCTs allow us to know what works and doesn’t work in development because of its “experimental” approach. RCTs are most well-known for their use in medicine and involve the random assignment of interventions into “treatment” and “control” groups. And just like in medicine, so the argument goes, RCTs allow us to know which development pill to swallow because of the rigor associated with the experimental approach. Banerjee and Duflo popularized their work in a 2011 book Poor Economics: A Radical Rethinking of the Way to Fight Global Poverty.

    Even though other Nobel prize awards often attract public controversy (peace and literature come to mind), the economics prize has largely flown under the radar with prize announcements often met with the same shrugging of the shoulders as, for example, the chemistry prize. This year has however been different (and so was the year that Milton Friedman, that high priest of neoliberalism, won).

    A broad section of commentary, particularly from the Global South, has puzzled over the Committee’s decision to not only reward an approach that many consider as suffering from serious ethical and methodological problems, but also extol its virtues and supposed benefits for poor people.

  • Abiy Ahmed, artisan de la réconciliation entre l’Ethiopie et l’Erythrée, reçoit le prix Nobel de la paix
    11 octobre 2019 Par René Backmann
    https://www.mediapart.fr/journal/international/111019/artisan-de-la-reconciliation-avec-l-erythree-le-premier-ministre-ethiopien

    Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Isaias Afwerki en juillet 2018. © Reuters

    Le premier ministre éthiopien a conclu en juillet 2018 une déclaration de paix historique avec le président érythréen Isaias Afwerki. Mais celle-ci n’a pas que des partisans à Addis-Abeba, où ceux qui ont confisqué pouvoir et richesse pendant des décennies ne rendent pas les armes. Au risque de réveiller les fantômes de la guerre civile. (...)

    #Nobel #Ethiopie #Erythrée,

    • Bien que les attaques contre Greta Thunberg me l’aient rendue sympathique, même si son Nobel n’aurait pas été plus ridicule que celui de Barack Obama, et même si je ne connais pas du tout ce dossier, je trouve que ce choix a de la gueule. C’est moins la bourgeoisie occidentale qui se regarde le nombril.
      #Afrique

    • Opinion: Abiy Ahmed’s Nobel Peace Prize win is a flawed decision

      When the Norwegian Nobel Committee gives the 2019 Nobel Peace Prize medal to Ethiopian Prime Minister Abiy Ahmed on Tuesday, celebrations will be undercut by many expressions of disappointment and outrage. Local and international voices criticizing his domestic record attracted considerable media attention, while some took to opinion pages to develop their arguments further.
      But Abiy’s domestic record was not why he was awarded the prestigious prize. According to the committee, he was chosen for “his decisive initiative to resolve the border conflict with neighboring Eritrea,” resulting in a peace deal they hope “will help to bring about positive change for the entire populations of Ethiopia and Eritrea.”

      Yet the impact of this “peace” in Eritrea has had little coverage. One needs to only look a little more deeply at the relationship between the Ethiopian leader and Eritrea to understand why the decision to award him the Nobel Peace Prize was wrong and makes a mockery of the Eritrean people’s suffering.
      The mainstream narrative around the peace agreement has been that the two countries had long been locked in “no peace-no-war” hostilities until Ethiopia got a fresh-faced and courageous leader who began the peace process expected to lead to positive change for the Horn of Africa. However, Abiy’s decision to initiate peace talks with Eritrea was neither novel nor brave — and he had no interest in improving the lot of the Eritrean population.

      The 17-year conflict has been portrayed as one between Eritrea and Ethiopia when it instead should be viewed as one between the Tigray People’s Liberation Front (TPLF), the then leader of the Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front (EFRDF) coalition Abiy now leads, and the Eritrean dictator Isaias Afwerki.
      No-peace-no-war stalemate
      After Eritrea gained independence from Ethiopia in the early 90s, a failure to resolve a border dispute resulted in a deadly two-year war, beginning in 1998, costing more than 80,000 lives across the two countries.
      Although the Algiers agreement in 2000 formally ended active hostilities, TPLF refused to demarcate the border in accordance with the deal, which put the two governments in a no-peace-no-war stalemate. Diplomatic relations were severed and the border and air routes between the neighbors closed.

      This negatively affected both countries, as all trade stopped, while Ethiopia lost access to the coast and used its powerful position on the international scene to diplomatically isolate Eritrea. Afwerki’s regime compounded the impact on the Eritrean people. It argued that the failure to demarcate the border was a threat to Eritrea’s national security, as it put the country at constant risk of war.
      And it used this threat as an excuse to refuse to implement the Eritrean constitution, conscript to indefinite national service, imprison countless people without trial in poor conditions, and shut down the free press and other democratic institutions.
      Occupying Eritrean land
      More than a year after the lauded peace agreement was signed, the Algiers accord from 2000 has still not been implemented. Ethiopian soldiers remain at the border and continue to occupy Eritrean land. Neither country has made the details of the latest pact public.
      The terms from the Algiers accord was demarcation and that has still not happened. How did Abiy manage to get Afwerki to agree to a peace deal without fulfilling any of Eritrea’s prior demands? It might sound like Abiy performed a miracle, but the reality is far different.

      Abiy currently leads the Oromo Democratic Party, which succeeded the TPLF in its leadership of the EPRDF Coalition, and consequently, the Ethiopian state. His party has historically had disagreements with the ruling TPLF elite.
      When young people in Oromia began to organize massive protests against TPLF-backed policies, Abiy and his party were selected to lead Ethiopia in the hopes of alleviating Oromo protests and other problems in that region.
      Afwerki had spent the last ten years backing Ethiopian opposition groups and cultivating a relationship with key Oromo ones, among others.
      An uncomfortable reality
      The uncomfortable reality is that, in addition to the obvious financial benefits a peace agreement would lead to, Abiy and Afwerki came together under the guise of peace to isolate the TPLF, which scored political points for the both of them. The TPLF and Eritrean government remain enemies and the Eritrean-Ethiopian border is not demarcated. There is still no peace between the groups who initiated the original border conflict.

      Many Ethiopians have asked me why I criticize the decision to award Abiy the Nobel Peace Prize from an Eritrean perspective, arguing that he has no responsibility to fix our internal problems. I do it for two reasons. Firstly, because awarding him the prize for the potential this deal might have is wrong when it never had the potential nor intention to benefit the Eritrean people.
      The Nobel Committee hopes that it still can, and relies on the assumption that the conflict was the main obstacle to peace in Eritrea. However, it has not been the root of the extreme human rights abuses in Eritrea that has caused hundreds of thousands to flee. The internal actions taken following the border dispute were disproportionate to the threats posed by the conflict and were never formally sanctioned by any Eritrean legal process. The war was simply used as an excuse by the regime.
      A flawed decision
      There have not been any reforms or improvements in Eritrea following the peace agreement. The borders that were briefly opened were quickly closed. The constitution has still not been implemented, national service is still indefinite and dissidence is still strictly forbidden. In October last year, three months after the peace agreement, a former finance minister was imprisoned for writing a critical book about the Eritrean regime.
      Secondly, and most importantly, I criticize the Nobel Committee’s flawed decision because, in addition to the lack of domestic prospects for change, Abiy has actively supported and legitimized Afwerki’s regime, thus hindering efforts to bring peace to Eritrea.
      In combination with Europe’s desperation to stifle migration from Eritrea, Abiy’s constant appearances alongside Afwerki and his rallying of Ethiopia’s allies have softened the international pressure on the dictator. I was invited to speak at the United Nations earlier this year and was shocked by the overwhelming support for Eritrea.

      Abiy reportedly also recently told Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, who for years has tried multiple ways to deport Eritrean refugees, that his friendship with Eritrea can help him come up with “innovative projects to deport them back.”
      That is despite the fact that returned refugees face an imminent threat of torture and that their deportation would constitute a violation of international human rights principles.
      This peace agreement was not about resolving the border dispute or bringing peace to Eritrea. Instead, it was a strategic political move by Abiy that has benefited both leaders financially and diplomatically, whilst uniting them against their common political enemy.
      Political opportunism
      One Twitter user joked that Abiy was given the wrong prize and that he and Afwerki instead should have received an Oscar for their performances. They went from strangers to best friends in the span of a few days, dressed up in wedding clothes, cut cake, exchanged rings, drank champagne, and constantly spoke lovingly about each other — all to send a strong message to their audience, the TPLF.
      This is political opportunism, not an effort to create peace in the lives of the Eritrean people.

      What hurts me, and many more Eritreans, is that none of this is hard to understand for a competent and well-resourced body like the Nobel Committee. Disregarding the Eritrean people and their suffering was not a lazy oversight but an informed and deliberate decision.
      I hope that the rest of the world does not follow their lead and instead supports the Eritrean people’s efforts for peace and justice.

      https://edition.cnn.com/2019/12/10/opinions/abiy-ahmed-ethiopia-nobel-prize-2019-opinion/index.html
      #prix_Nobel

  • Karim Emile Bitar sur Twitter : "Aung San Suu Kyi and Viktor Orban agree ‘continuously growing Muslim populations’ is great challenge. She’s a #Nobel Peace Prize! As #Orwell said : “Saints should always be judged guilty until they are proved innocent...” via Le_Dornien_ via @SabrinaBennoui https://t.co/goNpTZ4v8p" / Twitter
    https://twitter.com/karimbitar/status/1137277238792118273

    #paix #air_du_temps

  • Aux Etats-Unis aussi, la question de la justice fiscale revient en force - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/300119/aux-etats-unis-aussi-la-question-de-la-justice-fiscale-revient-en-force

    #WEF

    Jusqu’à ce que le directeur du département de recherche sur l’économie numérique au #MIT, Erik Brynjolfsson, vienne jouer le gâcheur d’ambiance : les années 1960 et 1970, époque où la #fiscalité pouvait atteindre jusqu’à 90 %, furent les meilleures décennies économiques pour les États-Unis, a-t-il rappelé.

    « Qui peut penser qu’une telle proposition est sensée ? Seulement les ignorants comme… Peter #Diamond, prix #Nobel d’économie et considéré comme un expert de renommée mondiale des finances publiques. […] Et c’est une politique qui n’a jamais été mise en œuvre, à l’exception… des États-Unis, pendant 35 ans après la Deuxième Guerre – comprenant la période économique la plus prospère de notre histoire », ironise également Paul #Krugman, prix Nobel d’économie, dans un éditorial du New York Times.

    Parmi les obstacles les plus importants, soulignent certains #économistes, il y a le fait que l’augmentation du taux marginal d’imposition permet moins qu’auparavant de lutter contre les inégalités, compte tenu de l’évolution des grandes fortunes : celles-ci étant essentiellement concentrées dans des actifs financiers ou des structures d’entreprise qui leur permettent de bénéficier d’une fiscalité allégée.

    http://www.ericzwick.com/capitalists/capitalists.pdf

    Reprendre les formules du passé, comme augmenter la fiscalité et élargir les dispositifs de sécurité sociale, ne suffira pas, préviennent-ils. La redistribution permet certes de corriger les inégalités, mais il faut trouver un moyen de les prévenir, insiste Stephen Vogel, politologue, dans une tribune du New York Times.
    L’économiste turc Dani #Rodrik, professeur à Harvard, partage l’analyse. À ses yeux, il est plus que temps pour la gauche de se réapproprier son propre cadre de pensée, si elle veut arrêter de se faire imposer celui du néolibéralisme.

  • William Nordhaus et Paul Romer reçoivent le 50e Prix Nobel d’économie - Le Temps
    https://www.letemps.ch/economie/william-nordhaus-paul-romer-recoivent-50e-prix-nobel-deconomie

    Laureate William Nordhaus’ research shows that the most efficient remedy for problems caused by greenhouse gas emissions is a global scheme of carbon taxes uniformly imposed on all countries. The diagram shows CO2 emissions for four climate policies according to his simulations.

    #carbone #climat « #nobel_d'économie »

  • A Nobel Prize-winning physicist sold his medal for $765,000 to pay ...
    https://diasp.eu/p/7807944

    A Nobel Prize-winning physicist sold his medal for $765,000 to pay medical bills

    Only in America. Article word count: 307

    HN Discussion: https://news.ycombinator.com/item?id=18142147 Posted by pseudolus (karma: 1229) Post stats: Points: 116 - Comments: 108 - 2018-10-04T18:05:04Z

    #HackerNews #765000 #bills #for #his #medal #medical #nobel #pay #physicist #prize-winning #sold

    Article content:

    Physicist Leon Lederman sold his 2012 Nobel Prize medal to pay mounting health care bills. Amy Sussman/Getty Images for World Science Festival

    Leon Lederman won a Nobel Prize in 1988 for his pioneering physics research.

    But in 2015, the physicist, who passed away Wednesday, sold his Nobel Prize medal for $765,000 to pay his mounting medical bills. The University of Chicago professor (...)

  • La yézidie Nadia Murad, Prix Nobel de la Paix 2018 : « Les Juifs sont un exemple pour nous » - Le Monde Juif
    https://www.lemondejuif.info/2018/10/la-yezidie-nadia-murad-prix-nobel-de-la-paix-2018-les-juifs-sont-un-ex

    En 2017, lors d’une visite en Israël, la jeune yézidie avait appelé son peuple à “s’inspirer” du peuple juif pour “se reconstruire”. “J’ai toujours voulu venir ici en Israël. Beaucoup de victimes de mon peuple voulaient venir demander l’aide du gouvernement et du peuple d’Israël”, avait-elle expliqué au Jérusalem Post. “Les Juifs sont un exemple pour nous. Nous devons nous inspirer d’eux pour nous reconstruire”, avait-elle ajouté.

    #nobel

    http://french.almanar.com.lb/1069928

  • Nadia Murad, ancienne esclave sexuelle de DAESH, se livre dans un entretien exclusif | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/actualites/nadia-murad-ancienne-esclave-sexuelle-de-daesh-se-livre-dans-un-e
    http://www.nationalgeographic.fr/sites/france/files/styles/desktop/public/30801848484_1f163fbc20_b.jpg?itok=J-l7Ms0X

    Nadia Murad, ancienne esclave sexuelle de DAESH, se livre dans un entretien exclusif
    Nadia Murad a passé 11 mois aux mains de DAESH, à Mossoul, en Iraq. Comme de nombreuses femmes yézidies, elle a été réduite en esclavage sexuel, avant de pouvoir s’échapper. Elle vient de recevoir le Prix Nobel de la Paix 2018.

    #Nadia_Murad #Nobel #daesh #ei #Yézidies

  • Denis Mukwege, l’homme qui réparait les femmes
    https://www.franceculture.fr/emissions/trait-pour-trait-14-15/denis-mukwege-lhomme-qui-reparait-les-femmes


    Ce serait tellement bien mérité, j’en ai les larmes aux yeux

    #Denis_Mukwege fait partie de ces noms trop peu connus, tout comme la réalité qu’il porte à travers son action. Ce médecin congolais avait été cité comme possible prix #Nobel_de_la_paix cette année.

  • Pourquoi Donna Strickland n’était pas sur Wikipédia avant d’avoir son Nobel de physique

    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/10/03/pourquoi-donna-strickland-n-etait-pas-sur-wikipedia-avant-d-avoir-son-nobel-

    Lorsque #Donna_Strickland a obtenu le prix #Nobel de physique mardi 2 octobre, collectivement avec deux autres scientifiques, pour ses travaux sur les lasers, la chercheuse canadienne n’avait pas de page #Wikipédia, contrairement à ses deux confrères. Pourtant, au mois de mai, un brouillon de page à son nom avait été soumis pour création – avant d’être rejeté par un éditeur de l’encyclopédie en ligne.

    Ce rejet a, depuis mardi, valu de nombreuses critiques à l’encyclopédie, sur laquelle les scientifiques femmes sont nettement moins bien représentées que leurs homologues masculins. Plus de 80 % des notices biographiques du site sont en effet consacrées à des hommes, et la disproportion est encore plus importante pour les scientifiques.

    #Jimmy_Wales, le fondateur de Wikipédia, a réagi à la polémique, soulignant qu’il s’agissait d’un sujet « important ». « C’est l’une des choses qui doit changer sur Wikipédia », a-t-il déclaré dans un message publié sur Twitter.

    [...]

    L’encyclopédie a-t-elle failli ou non dans ce dossier ? « Journalistes, si vous vous apprêtez à reprocher à Wikipédia sa couverture des femmes, commencez par balayer devant votre porte », s’est agacée #Katherine_Muahahar, directrice de la fondation Wikimédia, consacrée à promouvoir l’encyclopédie. « Nous sommes un miroir des discriminations du monde, nous n’en sommes pas la source. Nous ne pouvons pas écrire d’articles sur ce que vous ne couvrez pas. »

    Elle a également égratigné le monde de la recherche : « Quand vous ne reconnaissez pas, n’écrivez pas, ne publiez pas ou ne favorisez pas les femmes, les queers, les personnes de couleur et les autres, vous les effacez, eux et leurs contributions. »

    La faute est-elle du côté de Wikipédia, des médias, de la recherche ? « Nous vivons dans un monde où une femme a remporté un prix Nobel sans même avoir été promue professeure, et vous vous demandez pourquoi les femmes quittent le monde universitaire », déplore ainsi une jeune chercheuse sur Twitter. « Entre son statut et la débâcle de la page Wikipédia, ce qui est sûr, c’est que son travail n’est (ou du moins, n’était) pas considéré comme il aurait dû. Ce qui semble récurrent chez les femmes dans le monde universitaire. »

    #page_à_supprimer

  • L’effet Matilda, ou les découvertes oubliées des femmes scientifiques
    https://www.franceculture.fr/sciences/leffet-matilda-ou-les-decouvertes-oubliees-des-femmes-scientifiques

    Nombreuses sont les #femmes qui se voient évincées des remises de #prix, quand il ne s’agit pas carrément d’un prix #Nobel. De la physicienne #Lise_Meitner à la biologiste #Rosalind_Franklin en passant par l’astronome #Jocelyn_Bell, beaucoup de ces #scientifiques n’ont accédé à la #reconnaissance qui leur était due que des années après leurs #découvertes. La minimisation, quand il ne s’agit pas de déni, de la contribution des femmes scientifiques à la recherche n’est pas un phénomène nouveau : l’historienne des #sciences #Margaret_Rossiter l’a théorisé sous le nom d’#effet_Matilda.

  • Les #gaz_lacrymogènes : dangereux pour la #santé, mais... silence d’#État !
    https://reporterre.net/Les-gaz-lacrymogenes-dangereux-pour-la-sante-mais-silence-d-Etat

    L’usage de ces gaz lacrymogènes a été interdit en temps de guerre par la Convention internationale sur les armes chimiques de #Genève, en 1993. Quoique bannie des conflits militaires, cette arme reste curieusement autorisée contre les manifestants #civils, pour mater des #conflits intérieurs, en situation de guerre sociale « domestique ». En France, en avril 2015, le Défenseur des droit relevait dans un rapport que « la police allemande n’utilise pas de gaz lacrymogène, considérant que des personnes non agressives ou non violentes pourraient en subir les effets indûment ».

    Un article paru en 2016 dans les Annales de la New York Academy of Sciences explique que des études prouvent que le gaz lacrymogène peut « occasionner des dégâts durables, pulmonaires, cutanés et oculaires, avec des risques élevés de complications pour les individus affectés par des morbidités chroniques ». L’étude souligne que par manque de financement public, très peu de recherches épidémiologiques ont été menées sur le spectre des effets sanitaires occasionnés par cette arme antiémeute. Ce qui « handicape la connaissance médicale des effets à long terme et le développement de traitements et contre-mesures ». L’article qui s’attache principalement aux lacrymogènes utilisés aux États-Unis fait état de grenades type composées de 45 % d’agent CS, de 30 % de chlorate de potassium, de 14 % de résine époxy, de 7 % anhydride maléique, 3 % d’anhydride méthylnadique, et de 0,03 % de mélange résiduel. Rien ne dit que les fabricants français Nobel Spsrt et Alsetex livrent le même cocktail, mais on serait en droit de la savoir.

    • Le collectif Désarmons-les fait un point très précis sur l’armement employé contre la ZAD, notamment pour répondre à la crainte que la composition ou le gaz lui-même aient été changés récemment pour obtenir des effets plus graves (crainte par exemple exprimée ici -> https://twitter.com/alertogaz/status/978361627283279873).

      "Les grenades utilisées dans l’opération militaire de Notre Dame des Landes"
      https://desarmons.net/index.php/2018/04/17/les-grenades-utilisees-dans-loperation-militaire-de-notre-dame-des-landes

      Sur la ZAD de Notre Dame des Landes, une large panoplie de grenades a été utilisée depuis le lundi 9 avril :

      – Les grenades #lacrymogènes #PLMP 7B et 7C (56mm), produites par #Nobel_Sport. Elles sont reconnaissables à leur capsule en polyéthylène (plastique) gris sertie d’un adhésif orange et munie de l’inscription verte « Nobel Sécurité ». Leur fumée est blanche.
      – Les grenades lacrymogènes #MP7 (56mm), produites par Nobel Sport. Elles contiennent Elles sont identiques dans leur aspect aux grenades PLMP 7, mais leur fumée est orange.
      – Les grenades lacrymogènes #CM6 (56mm), produites par SAE #Alsetex. Elles contiennent 6 capsules actives de 10g de poudre CS à 15%, produisant un nuage de 800m2 pendant 30 secondes. Elles sont reconnaissables à leur capsule en polyéthylène gris sertie d’un adhésif rouge.
      – La nouvelle génération de grenades fumigènes lacrymogènes #CM6 produites par SAE Alsetex. Elles sont identiques à la génération précédente, mais la capsule contenant les palets lacrymogènes est sertie d’un adhésif bleu ciel.
      – Les grenades #fumigènes à retardement #FAR, produites par SAE Alsetex. Uniquement lancées à la main, elles sont en aluminium et munies d’un bouchon d’allumage jaune. Elles produisent un écran de fumée blanche durant 30 secondes, utilisé dans un cadre tactique, pour couvrir des déplacements de troupes notamment.
      – Les grenades à effet combiné #GLI_F4, produites par SAE Alsetex (lire notre article publié suite à la manifestation du 15 août 2017 près de Bure). Elles contiennent 10g de CS pur et 25g de tolite (TNT). Elles sont reconnaissables à leur tête en polystyrène jaune et rouge, ainsi qu’à leur bouchon jaune. Lors de l’explosion, elles dégagent une fumée noire et blanche et produisent une très forte déflagration (165 décibels à 5m).
      – La nouvelle génération de grenades à effet combiné #GM2L, produites par SAE Alsetex. Elles sont reconnaissables à leur couvercle marron, aplatie sur le bout et sertie d’un adhésif bleu ciel ou rouge. Elles dégagent une fumée blanche lors de l’explosion. Elles contiennent 10g de CS pur et un dispositif pyrotechnique deflagrante de 7g nécessaire à la mise en œuvre de la grenade, et notamment à son effet sonore (160 décibels à 5m).

      (...)

      Pour répondre aux interrogations et défaire les rumeurs qui courent depuis le début des opérations sur la ZAD, il est nécessaire de clarifier quelques informations :

      – Les forces de l’ordre N’ONT PAS RECOURS A DES GRENADES “INCAPACITANTES”. L’organisme réagit différemment aux attaques qui lui sont faites selon les personnes et les conditions atmosphériques modifient également les effets du gaz et sa concentration dans l’air. Le GAZ CS PUR (non modifié et volatile sous la forme de poudre dans l’air) présent dans la tête des grenades GLI F4 peut expliquer que nombre de personnes aient eu la sensation d’avoir affaire à un gaz spécial plus agressif et occasionnant des vomissements ou des nausées.

      – Les grenades diffusant une FUMEE JAUNE-ORANGE sont les grenades lacrymogènes MP7. Elles ne contiennent QUE DU GAZ CS à une concentration de 7% (inférieure aux autres grenades lacrymogènes).

      – Les grenades contenant du gaz CN et de l’adamsite (dérivé de l’arsenic) NE SONT PLUS UTILISÉES par les forces de l’ordre françaises.

      « #armes_non_létales » #grenades #gaz_CS

    • https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/FEIGENBAUM/58627
      "Dispersion et démoralisation
      Une demande similaire émane en 1935 de la Sierra Leone, où les administrateurs coloniaux sont confrontés à des grèves pour des augmentations de salaire. Puis c’est au tour de Ceylan, le futur Sri Lanka. Instruction est donnée au nouveau secrétaire d’État aux colonies britannique, Malcolm MacDonald, d’élaborer une politique globale du gaz lacrymogène. À cette fin, il dispose d’une liste recensant les lieux où cette arme a fait la preuve de son efficacité : en Allemagne, où elle a servi contre les grévistes de Hambourg en 1933 ; en Autriche, où elle a excellé contre les communistes en 1929 ; en Italie, où elle vient d’être incorporée à l’équipement de base des forces de l’ordre ; ou encore en France, où son usage est déjà banalisé.

      Durant cette période, le gaz lacrymogène devient pour les États un moyen privilégié de faire obstacle aux demandes de changement. Sa fonction bifide, à la fois physique (dispersion) et psychologique (démoralisation), paraît idéale pour contenir les tentatives de résistance aux mesures impopulaires. Comme, de surcroît, on peut désormais gazer en toute légalité des manifestants pacifiques ou passifs, les autorités n’ont plus à s’inquiéter des luttes collectives non violentes. Le « lacrymo » s’est imposé comme une arme multifonction capable non seulement de stopper une manifestation, mais aussi de saper toute forme de désobéissance civile.

      Cette fonction politique a perduré jusqu’à aujourd’hui. Alors que l’usage de toutes les armes chimiques est interdit par les traités internationaux dans le cadre des guerres, les forces de l’ordre restent, au niveau national, plus que jamais autorisées à déployer du gaz toxique sur les individus ou les cortèges de leur choix. Un policier peut ainsi arborer un atomiseur de gaz lacrymogène à sa ceinture, tandis qu’un militaire n’en a pas le droit. L’acceptation quasi unanime de cette incohérence contribue pour beaucoup à la florissante prospérité de l’industrie du maintien de l’ordre — et aux larmes des contestataires du monde entier."

  • Le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens nominé au Prix #Nobel de la Paix | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/register/blog/030218/le-mouvement-bds-pour-les-droits-des-palestiniens-nomine-au-prix-nob

    Décerner le Prix Nobel de la #Paix au mouvement #BDS serait un signe puissant montrant que la communauté internationale est engagée à soutenir une paix juste au #Moyen_Orient et à utiliser des moyens pacifiques pour mettre fin à l’#occupation, à l’#apartheid et aux violations du #droit_international. C’est un espoir nouveau pour les Palestiniens et les Israéliens que propose ce parlementaire norvégien !

    #Israel #Bjornar_Moxnes

  • Armes nucléaires : l’#ICAN, prix #Nobel de la #paix 2017, critique la France
    http://www.europe1.fr/international/armes-nucleaires-lican-prix-nobel-de-la-paix-2017-critique-la-france-3507140

    Le prix Nobel de la paix 2017 tance la France. L’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), lauréate du Nobel de la paix 2017, a accusé mercredi les #États-Unis, la #France et le #Royaume-Uni d’ignorer son travail en faveur du désarmement en n’envoyant que des diplomates de second rang à la cérémonie de remise du prix le 10 décembre. 

    « C’est une sorte de protestation contre le prix Nobel de la paix », a déclaré à Reuters Beatrice Fihn, directrice de l’ICAN, à propos de la décision des trois pays d’envoyer seulement des chefs de mission adjoints. "Ils aiment tellement leurs armes nucléaires et n’aiment pas ceux qui essaient de les interdire", a ajouté Beatrice Fihn.

    • Evocation de François Poullain de la barre, un des premier homme féministe français qui ecrivit un traité sur l’égalité.
      https://en.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Poullain_de_la_Barre

      De l’Égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés, Paris, Chez Jean du Puis, 1673 ; Fayard, 1984.

      4:30 - Hypatie d’Alexandrie.

      Hélène Merle-Béral manque cruellement de culture féministe c’est dommage vu son sujet. A un moment elle dit qu’il y a peu de femmes en physique car l’infiniment petit et ’infiniment grand c’est difficile à imaginé.... #WTF
      Plus loin elle dit le contraire et se sert des recherches sur la plasticité neuronale de Catherine Vidal sans la cité.

      Les femmes prix Nobel n’ont pas beaucoup eu de retombés de ces prix. mais l’exemple donné est une scientifique modeste. Et du coup la modestie des femmes scientifique est vanté et mise en avant par Hélène Merle-Béral.

      C’est surtout des portraits. Le fait que les nobels soient occidentales est souligné. L’exception est
      Le niveau de Youyou Tu prix nobel chinoise de l’année dernière qui a trouvé un traitement contre le paludisme. Hélène Merle-Béral dit etre surprise car elle est inconnue.

      enfin l’effet Mathilda et l’effet Mathieu sont évoqués.

    • "En 1673, le philosophe François Poullain de la Barre, cartésien, féministe, qui fut un temps prêtre de l’Eglise catholique, puis un temps protestant, fit paraître anonymement un traité intitulé De l’égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés. Il y démontrait que l’inégalité de traitement que subissent les femmes n’a pas de fondement naturel, mais procède d’un préjugé culturel. En conséquence de sa démonstration, il préconisait qu’on donne aux femmes une véritable éducation, mais aussi qu’on leur ouvre toutes les carrières, y compris les carrières scientifiques. Il écrivit notamment : « Les femmes sont aussi nobles, aussi parfaites et aussi capables que les hommes, mais cela ne peut être établi qu’en refusant deux sortes d’adversaires : le vulgaire, et presque tous les savants » C’est également à François Poullain de la Barre que l’on doit la célèbre formule : « l’esprit n’a pas de sexe »."

  • Le sexisme perdure (aussi) chez les économistes
    http://abonnes.lemonde.fr/entreprises/article/2017/10/12/le-sexime-perdure-aussi-chez-les-economistes_5200047_1656994.html

    En France comme aux Etats-unis, les femmes sont sous-représentées au sein de la profession. En cause : le poids du conservatisme et des représentations mais aussi le fonctionnement des carrières dans la filière…

    Depuis sa création, en 1969, une seule femme a reçu la prestigieuse récompense : l’Américaine Elinor Ostrom, en 2009. « Tout un symbole, estime Alexandre Delaigue, économiste à l’université Lille-I. Il y a un problème de sexisme en économie, et le faible nombre de femmes nobélisées n’en est qu’une illustration. »

    Depuis quelques mois, le sujet déchire la communauté des économistes aux Etats-Unis. Alice H. Wu, étudiante à Berkeley (Californie), a jeté un pavé dans la mare : son mémoire de master, publié en août, passe en revue les milliers de conversations tenues sur un forum professionnel célèbre parmi les économistes américains, Econjobrumors.com. Elle a ainsi isolé les trente mots les plus utilisés pour évoquer les femmes du secteur. Le résultat est glaçant : « chaude », « salope », « vagin », « anal », « sexy », « seins », « prostituée »…

    #Sexisme #Feminisme

    • Une occasion ratée ? Mardi 10 octobre, l’Académie royale des sciences de Suède a décerné le prix Nobel d’économie à l’Américain Richard Thaler. Une déception pour ceux qui rêvaient de voir la Française Esther Duflo, professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT), décrocher le Graal. Las ! Elle figurait certes parmi les favoris, mais les statistiques jouaient contre elle.

      Depuis sa création, en 1969, une seule femme a reçu la prestigieuse récompense : l’Américaine Elinor Ostrom, en 2009. « Tout un symbole, estime Alexandre Delaigue, économiste à l’université Lille-I. Il y a un problème de sexisme en économie, et le faible nombre de femmes nobélisées n’en est qu’une illustration. »

      Depuis quelques mois, le sujet déchire la communauté des économistes aux Etats-Unis. Alice H. Wu, étudiante à Berkeley (Californie), a jeté un pavé dans la mare : son mémoire de master, publié en août, passe en revue les milliers de conversations tenues sur un forum professionnel célèbre parmi les économistes américains, Econjobrumors.com. Elle a ainsi isolé les trente mots les plus utilisés pour évoquer les femmes du secteur. Le résultat est glaçant : « chaude », « salope », « vagin », « anal », « sexy », « seins », « prostituée »…

      « Un cul trop bandant pour qu’on l’écoute »

      Le scandale s’est répandu comme une traînée de poudre, soulevant une série de réactions dans le milieu universitaire. « C’est très choquant, mais ce n’est malheureusement pas une surprise, commente Shelly Lundberg, présidente du comité consacré au statut des femmes au sein de l’American Economic Association (AEA). Lorsque l’on creuse un peu, les témoignages ne manquent pas. »

      Nathalie – elle préfère garder l’anonymat –, économiste belge expatriée outre-Atlantique, garde ainsi un mauvais souvenir de la conférence qu’elle a donnée il y a quelques mois, à Londres. A la sortie, elle surprend un échange entre deux collègues à son propos : « Elle a un cul trop bandant pour qu’on l’écoute. » « J’étais trop choquée pour réagir : je pensais que ces remarques étaient d’une autre époque ! », témoigne-t-elle.

      Un exemple de plus du sexisme ordinaire ? Certainement. « Mais derrière ce sujet se cache celui, plus grave, de la sous-représentation des femmes parmi les économistes », souligne Paul Seabright, de l’Ecole d’économie de Toulouse, auteur de l’ouvrage Sexonomics (Alma Editeur, 2012).

      « Silence assourdissant »

      Aux Etats-Unis, elles pèsent ainsi 31 % des doctorants en économie, 23 % des enseignants-chercheurs et seulement 2 % des professeurs dans les 42 principaux départements du pays, selon l’AEA. Soit aussi peu que dans les sciences dures, à l’instar de l’ingénierie ou de l’informatique.

      Dans une note sur le sujet, Soledad Zignago, économiste à la Banque de France, passe en revue les données de Research Papers in Economics (RePEc), le plus grand répertoire mondial d’économistes, où sont enregistrés 50 000 auteurs. Bilan : la part des femmes n’est que de 19 %. « Elles sont également moins présentes dans les médias et sur les réseaux sociaux, sans parler des écarts de salaires », remarque Mme Zignago.

      Et en France ? « Le silence sur le sujet est assourdissant, et il y a moins de données disponibles qu’aux Etats-Unis pour mesurer l’ampleur du phénomène », note Béatrice Cherrier, historienne de l’économie, qui vient d’être recrutée par le CNRS précisément pour étudier la question. Peut-être parce que les premières concernées sont souvent réticentes à en parler, de peur d’être marginalisées. Voire d’être cataloguées comme les féministes hystériques de service.

      « Lorsqu’on pense expert, on pense homme »

      Un coup d’œil aux programmes des nombreux forums et conférences économiques tenus toute l’année en France confirme pourtant que la situation tricolore n’est pas très éloignée de celle des Etats-Unis : les panels sont souvent presque exclusivement masculins. Et les rares chiffres tout de même disponibles en disent long : les femmes représentent 26 % des économistes français enregistrés sur RePEc.

      Si elles pèsent 50 % des effectifs en premier cycle universitaire, leur proportion tombe à 40 % pour les maîtres de conférence et 20 % pour les professeurs. « C’est là que se situe le plafond de verre, estime Anne Boring, chercheuse affiliée à Sciences Po. Plus on monte, moins il y a de femmes. » Et ce n’est bien sûr pas une question de compétences. Alors, où est le problème ?

      « Cette sous-représentation est le fruit d’un cocktail de causes complexes, relevant parfois de la misogynie, du poids du conservatisme, des biais inconscients et des obstacles institutionnels », détaille Emmanuelle Auriol, du comité « Women in Economics » au sein de la European Economic Association (EEA), une association d’économistes européens.

      Longtemps, les jurys d’agrégation ont été 100 % masculins. Les réseaux féminins d’influence sont moins nombreux. Et les idées reçues ont la vie dure – y compris chez les femmes elles-mêmes. « Cela relève encore du réflexe : lorsqu’on pense expert, on pense homme », résume Mme Lundberg.

      Milieu ultra-compétitif

      S’ajoute à cela l’autocensure, qui joue à plus d’un niveau. « Je l’ai clairement observé lorsque je vice-présidais l’université d’Orléans : les femmes sont moins nombreuses à postuler que les hommes, de peur de ne pas avoir les compétences, narre Anne Lavigne, aujourd’hui au Conseil d’orientation des retraites. Mais celles qui osent le faire ont de meilleurs résultats. »

      De même, nombre d’entre elles refusent de prendre la parole dans les médias ou en conférence lorsqu’elles ont le sentiment de ne pas maîtriser un sujet à 100 %. Des scrupules dont s’encombrent beaucoup moins leurs homologues masculins.

      Pour ne rien arranger, les journalistes se reposent un peu trop – autant par facilité que manque de temps – sur les « bons clients », ces économistes systématiquement appelés car disponibles à toute heure. Presque toujours des hommes.

      Pour Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférence à Paris-I-Panthéon-Sorbonne et coauteur de L’Economie pour toutes (Ed. La Découverte, 2014), les femmes sont surtout pénalisées par le fonctionnement même du milieu des économistes, ultra-compétitif. « Ce n’est pas un cliché de souligner qu’elles y sont moins à l’aise : ses codes et son langage sont très masculins, tout comme l’importance démesurée accordée au nombre de publications pour l’avancement des carrières universitaires », détaille-t-elle.

      Construire un réseau efficace

      En la matière, les femmes se heurtent au problème du manque de temps. A la maison, l’organisation de la vie de famille reste souvent à leur charge. « Entre les cours, la paperasse, la recherche, la gestion des enfants, surtout lorsqu’ils étaient en bas âge, dégager des heures pour publier relevait de l’exploit, se rappelle Nathalie Coutinet, économiste à Paris-XIII. Dans ces conditions, on ne part pas sur un pied d’égalité. »

      Certes, les mœurs évoluent : les tâches familiales sont un peu mieux réparties au sein des jeunes générations. « Mais on ne peut pas compter uniquement sur cela pour changer les choses », prévient Mme Auriol. Son association a pris les devants. Tous les ans, l’EEA organise une « retraite » destinée aux jeunes diplômées en économie. Au menu : formations et échanges avec des mentors, afin de les aider à publier et à se construire un réseau efficace.

      En France, le site Expertes.fr offre un annuaire gratuit rassemblant près de 3 000 spécialistes femmes, dont des économistes, afin d’aider les médias à ne plus se contenter uniquement des « bons clients » masculins. « Tout ce qui augmente la visibilité des femmes aidera à changer peu à peu la culture et les représentations, conclut Agnès Bénassy-Quéré, présidente déléguée du Conseil d’analyse économique. Mais le chemin sera très long. »

  • Prix Nobel de la paix : « L’idée est de rendre la possession de l’arme nucléaire honteuse »
    http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2017/10/06/prix-nobel-de-la-paix-le-comite-d-oslo-a-surtout-voulu-rappeler-une-

    Tricotons : La dénucléarisation est-elle un objectif réaliste ?

    Marc Semo : L’idée des promoteurs de la campagne d’interdiction est de rendre la possession de l’arme nucléaire honteuse pour les pays qui en sont dotés et qui, ne signant ni ne ratifiant le traité d’interdiction décidé en juillet par 122 pays, ne sont pas tenus d’en appliquer les clauses. C’est la même stratégie de la stigmatisation qui a été utilisée dans les conventions pour l’interdiction des mines antipersonnelles.

    Mais il est peu probable que cela fonctionne pour le nucléaire, considéré comme un élément central dans la stratégie des pays qui possèdent l’arme nucléaire (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU) ou illégalement (Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord), mais aussi pour les pays qui bénéficient du parapluie nucléaire américain, ceux de l’OTAN, mais aussi le Japon, qui s’est refusé à signer le traité.

    Face aux dangers de la prolifération rappelés par la Corée du Nord, la possession de l’arme nucléaire ou la garantie d’être protégé par celle de Washington reste essentielle.

    Marc Semo : Le comité Nobel a surtout, je crois, voulu rappeler une urgence. C’est d’ailleurs ce que dit la présidente du comité : « Nous vivons dans un monde où le risque d’une utilisation des armes nucléaires est plus grand qu’il ne l’a jamais été depuis longtemps. » Et on ne peut leur donner tort quand on voit la fuite en avant du régime de Pyongyang défiant Washington, qui menace de les anéantir mais aussi de remettre en cause l’accord de 2015 avec Téhéran mettant sous contrôle pour dix ans son programme nucléaire.

    Pax questionus : Dans la mesure où les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU sont dotés de l’arme nucléaire, cela ne rend-il pas vain tout espoir de voir un jour l’arme nucléaire définitivement bannie de notre société ? On voit mal ces cinq Etats se priver de leur principale force de dissuasion/négociation…

    Marc Semo : Absolument… Mais les plus optimistes espèrent que, comme pour les armes chimiques ou biologiques – finalement totalement interdites respectivement en 1993 et 1972 –, arrivera le moment où il deviendra honteux de détenir l’arme nucléaire, qui reste la seule arme de destruction massive encore légale au regard du droit international.

    #Nucléaire #Bombe_atomique #Nobel

  • Nobel Peace Prize Goes to Group Opposing Nuclear Weapons - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/10/06/world/nobel-peace-prize.html

    “This prize is a tribute to the tireless efforts of many millions of campaigners and concerned citizens worldwide who, ever since the dawn of the atomic age, have loudly protested nuclear weapons, insisting that they can serve no legitimate purpose and must be forever banished from the face of our earth,” ICAN said in a statement.

    The United States, which with Russia has the biggest stockpile of nuclear weapons, had said the treaty would do nothing to alleviate the possibility of nuclear conflict and might even increase it.

    The committee acknowledged the view held by nuclear-armed countries in its statement, noting that “an international legal prohibition will not in itself eliminate a single nuclear weapon, and that so far neither the states that already have nuclear weapons nor their closest allies support the nuclear weapon ban treaty.”

    “I don’t think we have unrealistic expectations that tomorrow nuclear weapons will be gone,” Ms. Fihn said. “But I think this is really a moment to be really inspired that it is possible to do something.”

    Proponents of the treaty have said that they never expected any nuclear-armed country would sign it right away. But they argued that the treaty’s widespread acceptance elsewhere would increase the public pressure and stigma of possessing nuclear weapons.

    The same strategy was used by proponents of the treaties that banned chemical and biological weapons, land mines and cluster bombs.

    #Nucléaire #Arme_atomique #Nobel