• Annie Ernaux : « Proust est un écrivain total. Il est entièrement dans la Recherche » (42mn)

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/annie-ernaux-proust-est-un-ecrivain-total-il-est-entierement-dans-la-rec

    Annie Ernaux, écrivaine du social, de l’intime et de la condition féminine, prix Nobel de littérature 2022, est l’invitée des Matins à l’occasion du 100e anniversaire de la mort de Marcel Proust.

    Avec Annie Ernaux Écrivaine, prix Nobel de littérature en 2022

    Pour la prix Nobel de littérature, la plume de La Recherche du temps perdu a compté très tôt. Même s’il a lui a fallu s’armer de patience pour que ces livres de « grande littérature », qu’elle « désirait », arrivent dans son monde. "Et j’ai donc réalisé ce désir avec Un amour de Swann qui m’a un petit peu déçue, se souvient Annie Ernaux. Je me disais au fond : ’ce n’est que ça ?’ Jusqu’à ce que je me procure toute La Recherche en Pléiade. Et là, j’étais évidemment extrêmement impressionnée.
    Son admiration pour l’écrivain prend racine. « C’est l’écrivain total. On a l’impression que Proust, en tant que personne, il n’existe pas. Il est entièrement dans La Recherche*. C’est ça que j’admire aussi profondément. C’est l’œuvre totale, on ne peut pas la comparer avec une autre. Il a écrit le premier chapitre. Il a écrit le dernier,* Le Temps retrouvé, et il s’est dit qu’il allait remplir entre les deux. Si c’est une ambition qui dépasse une vie, on fait un livre après un autre ».

    #Nobel#Annie_Ernaux#Transfuge_de_classe#Littérature

  • [Vidéo] Einstein avait tort ? Le Prix Nobel de physique quantique expliqué en 2 minutes ! - Curieux !
    https://www.curieux.live/2022/10/24/video-einstein-avait-tort-le-prix-nobel-de-physique-quantique-explique-en-

    Physique classique vs physique quantique : on vous explique les bases en moins de 3 minutes !

    #Sciences #Vidéo #Physique #Einstein #Nobel

  • Ernaux, notre Nobel à nous

    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/ernaux-notre-nobel-a-nous

    Il est peu de plaisirs aussi purs, par les temps qui courent, que d’apprendre l’attribution du prix Nobel de littérature à Annie Ernaux. S’étirèrent donc de longues minutes où l’incroyable nouvelle dissipa les miasmes de l’année, les offensives d’Ukraine, le plan écogestes, les tutos gouvernementaux sur la rotation des boutons de radiateurs, et les enragements de barbecue. Enfin voilà, c’est tout simple, on rentrait chez nous, dans cette vieille baraque démodée qu’on appelle la gauche, la solidarité, l’émancipation des femmes, la voix des dominés, et ça ne sentait pas le renfermé, ça sentait le frais, l’allègre.

    Ce serait mentir de prétendre que le plaisir ne fut pas redoublé à voir enrager la droite dure et molle, cathotradis et tradicathos. Ah cette boule de cristal du" Figaro", qui prophétisait Houellebecq depuis quelques jours. Houellebecq ! Offrir Houellebecq au monde ? Houellebecq qui nous renvoie à nos petites ignominies, quand Ernaux nous apprend à regarder en face la douleur de nos biographies ? La droite ne nous voudrait, nous gens de gauche, que renégats, bave aux lèvres, vomissant nos rêves de vingt ans. Ernaux, elle, cette ""marraine de l’autofiction qui tue la littérature française"" (Eugénie Bastié, « Le Figaro ») raconte une histoire de transfuge, oui bien sûr, du bar-tabac d’Yvetot à la belle maison de la ville nouvelle, d’une transfuge comme tous les transfuges qui parfois peinent à retrouver leurs rêves "("Toutes les images disparaîtront") « mais qui ne renient rien, jamais, même pas le »"j’écris pour venger ma race"", et s’appliquent à regarder en face leur propre honte toujours intacte, sans en éclabousser la terre entière.

    Terre d’Ernaux, terre de Houellebecq : le Chili d’Allende contre les bordels de Thaïlande. Supermarchés d’Ernaux, supermarchés de Houellebecq : l’attention à la caissière et à la femme de ménage, contre l’éblouissement morne de la marchandise. Sexe d’Ernaux, sexe de Houellebecq : tremblements du désir contre chairs flasques et gymnastiques appliquées. Etc. etc. Gauche et droite, dans une pureté qui fait enrager l’époque. C’est la rage de la droite qui définit la gauche, comme c’est l’antisémite, disait Sartre, qui crée le Juif.

    Seul point commun peut-être entre les deux : ils n’ont pas peur de prononcer les gros mots, je veux dire les noms propres. Ernaux dit Macron – ""qui traîne des pieds pour tout ce qui touche aux femmes" –", elle dit Roussel – ""il est communiste comme je suis religieuse"". On a un Nobel, à nous, rien qu’à nous, et pas aux autres, et ça fait autant de bien qu’un but en Coupe du monde, quand la Coupe du monde se déployait ailleurs que dans les déserts pétroliers. Bref on l’aura compris, Ernaux, ""pour moi, c’est rien"""," comme résumait un rédacteur en chef culture du « Figaro ». Rien, comme les ""gens qui ne sont rien"" de Macron. CQFD.

    #Nobel#Littérature#Annie_Ernaux#

  • Le prix Nobel de physique (français) ignoré par les JT - Par Loris Guémart | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/le-prix-nobel-de-physique-francais-ignore-par-les-jt
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/vlcsnap-2022-10-12-15h10m00s963/action/show?format=thumbnail&t=2022-10-12T15:37:17+02:00

    Comment est-il possible que le 4 octobre, les journaux télévisés de TF1 et de France 2 n’aient consacré que quelques secondes au prix Nobel de physique coattribué au chercheur français Alain Aspect ? Le journaliste scientifique de Radio France Mathieu Vidard , qui anime La Terre au carré sur France Inter, s’est ému concernant ce traitement journalistique insuffisant. Pourtant, pointe-t-il auprès d’ASI, quel meilleur moment que celui-là pour rappeler que la recherche fondamentale, maltraitée par les responsables politiques, mène à des découvertes primordiales ? Le physicien Julien Bobroff, auteur de Bienvenue dans la nouvelle révolution quantique (Flammarion, 2022), lui aussi outré par le manque d’intérêt des journaux télévisés, rappelle en effet à ASI que les expériences d’Aspect et des deux autres Nobel ont donné tort à Einstein, qui lui-même ne croyait pas à l’intrication quantique.

    #EMI #Physique #Nobel #Médias #Journaltélévisé #Sciences

  • Les sciences sociales lectrices d’Annie Ernaux

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-suite-dans-les-idees/les-sciences-sociales-lectrices-d-annie-ernaux-6525811

    Annie Ernaux n’est pas sociologue. Mais depuis toujours son œuvre fascine les sociologues, au point de les influencer. C’est le cas de Rose-Marie Lagrave, Christine Détrez et Isabelle Charpentier, rejointes en cours d’émission par l’écrivaine, récente lauréate du prix Nobel de littérature.

    avec :

    Rose-Marie Lagrave (Sociologue spécialisée dans les questions de genre, Directrice d’études à l’EHESS), Christine Détrez (sociologue, ENS de Lyon), Isabelle charpentier (professeure de sociologie à l’université d’Amiens).

    Dès le milieu des années 1980, après la parution de La Place, son quatrième livre, le nom d’Annie Ernaux commence à circuler parmi les chercheuses et chercheurs en sociales, parmi les étudiant.e.s aussi, j’en étais. Cette attention ira croissant, de livre en livre. Non qu’Annie Ernaux soit une écrivaine-sociologue, ce serait assurément un contresens mais plus simplement que son travail fascine les sociologues, au point qu’il en influencera beaucoup. C’est de ceci dont il sera question à La Suite dans les Idées trois jours après l’annonce de son prix Nobel de littérature. Il en sera question avec trois sociologues parmi celles qui connaissent le mieux l’œuvre d’Annie Ernaux, et surtout, qui se sont laissées bousculer dans leurs propres recherches par cette œuvre : Isabelle Charpentier, qui la première à commencé, Rose-Marie Lagrave et Christine Détrez. Toutes les trois sont cette semaine les invitées de La Suite dans les Idées. Elles seront rejointes, un peu plus tard, par l’écrivaine elle-même, Annie Ernaux qui devrait nous faire l’honneur et l’amitié d’un coup de téléphone.

    #littérature#Nobel#Annie_Ernaux#Transfuge#Sociologie#Jean_Claude_Passeron#Pierre_Bourdieu#ARSS#

  • Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022

    Ce 6 octobre 2022, la romancière Annie Ernaux, autrice notamment de « Les Années » (2008), a été récompensée « pour le courage et l’acuité avec lesquels elle met au jour les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ».

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/le-nobel-de-litterature-2022-pour-annie-ernaux-6427510

    A écouter :

    « Passion simple » d’Annie Ernaux (57 mn)

    Annie Ernaux raconte la relation passionnelle qu’elle a vécue pendant quelques mois avec un homme marié et vivant à l’étranger.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/fictions-samedi-noir/passion-simple-de-annie-ernaux-4957248

    et plein d’émissions

    https://www.radiofrance.fr/franceculture

    #Nobel#Annie_Ernaux#Transfuge_de_classe#Littérature

  • Sirènes législatives
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#sirenes

    Ça va changer, « monologue satirique » en résonance avec les prochaines élections, a été créé par Nobel en 1924. L’histoire a oublié Lucien Jules Victor Lebon (1898-1974), surnommé Le Pierrot rouge, auteur-interprète dont les textes mettaient en lumière les peines et les colères du peuple. Certes, depuis, beaucoup de choses ont changé mais pas l’essentiel. Les femmes ont gagné le droit de vote, « gagné » car la plupart des conquêtes de la classe ouvrière ont été obtenues de haute lutte. Ne nous y trompons pas, le Front populaire – issu de la réaction populaire contre le fascisme – a accordé des avancées sociales pour mieux enterrer les grèves de mai-juin 1936. Et ce n’est pas cette Nouvelle Union populaire, écologique et sociale, caporalisée par un Castro au petit pied, qui changera la situation…

    I
    Enfin, bon populo de France
    Te v’là content ! Tu as voté !
    Les urn’s ont servi ta vengeance :
    L’ Bloc national est balayé !
    Confiant dans leur bell’ République
    Tu vois l’av’nir du bon côté
    Et tu attends l’air flegmatique
    Car on t’a dit : Ça va changer !

    II
    Ça va changer ! C’est la promesse
    Des Socialos, radicaux
    Qui t’ont juré avec noblesse
    Que t’aurais ta p’art de gâteau !
    Maintenant fini la vie chère
    Les mercantis seront bouclés
    Avec les gros propriétaires...
    Tu verras ça ! Ça va changer !

    III
    Les patrons seront raisonnables
    Les ouvriers tous bien payés
    Et nous aurons sur notre table
    Poulet rôti et vin cach’té
    Les vieux auront de bonn’s retraites
    Les tous petits seront choyés,
    Et tout’s les femmes de bell’s toilettes...
    Tu verras ça ! Ça va changer !

    IV
    Amnistie pour les militaires
    Biribi n’existera plus
    Suppression des conseils de guerre
    Trois francs par jour pour les poilus !
    Voilà, résumé, le programme
    De tous les nouveaux députés
    Sans oublier le vot’ des femmes
    Tu verras ça ! Ça va changer !

    V
    Mais dans quatre ans, la chose est claire,
    Tu attendras... comme aujourd’hui
    Qu’il y ait un peu moins d’misère
    Et un peu plus de bonheur pour autrui
    Un jour prochain, lassé, peut-être
    De te voir constamment roulé,
    Tu f’ras ce qu’ont fait tes ancêtres...
    Et ce jour-là !... Ça peut changer !

    #anarchisme #élection #chanson #législatives #Nobel #PierrotRouge #FrontPopulaire

  • #paywall #Nobel #ARN_messager #Paternité

    Viol intellectuel au Salk Institute - Heidi.news
    https://www.heidi.news/explorations/arn-messager-la-revanche-des-outsiders/viol-intellectuel-au-salk-institute

    Certes, l’arbre généalogique de cette technologie a de nombreuses branches. Il est évident qu’elle s’est construite sur des décennies de recherches fondamentales et une multitude de progrès collectifs. Toutefois, la littérature scientifique le démontre : Robert Malone a bien co-signé, en août 1989, le premier article exposant une recherche montrant la possibilité d’amener de l’ARN messager protégé par une petite boule de graisse (un liposome) dans des cellules de culture, pour qu’il puisse délivrer là les informations nécessaires à la fabrication de protéines.
    L’article fondateur

    C’est donc à ce moment précis, en 1989, que la science de l’ARN (voir le prologue) commence à devenir une technologie. Le principe à l’origine des vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNTech et de Moderna, qui ont reçu en novembre 2020 l’autorisation d’être injectés à des centaines de millions de gens, remonte bien à cet article et ses trois signataires (Robert Malone étant le principal). Entre cette publication dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences et le moment, en 2020, en pleine pandémie, où des vaccins basés sur ces recherches vont jouer les quasi sauveurs de l’humanité, trois décennies se sont écoulées. Que s’est-il passé en 30 ans ?

    Jusqu’à maintenant, la technologie d’ARN messager n’avait jamais réussi à obtenir le sésame de l’industrie pharmaceutique : une autorisation de mise sur le marché. Alors qu’il est désormais probable que l’incroyable succès de cette technologie soit un jour couronné par un prix Nobel . Cela promet une belle bataille en paternité, qui ne sera au fond que le reflet de l’histoire mouvementée de l’ARN messager.

    • Coronavirus : Pourquoi il est difficile de qualifier Robert Malone d’« inventeur des vaccins à ARN »
      https://www.20minutes.fr/societe/3204215-20211224-coronavirus-pourquoi-difficile-qualifier-robert-malone-in

      Si Robert Malone a bien joué un rôle dans la connaissance de l’ARN messager, ses travaux s’inscrivent dans une lignée scientifique, comme le décrit le journaliste Fabrice Delaye dans son livre La Révolution de l’ARN Messager, vaccins et nouvelles thérapies *. Il est à ce titre difficile de le qualifier « d’inventeur des vaccins à ARN ».

      « Ce sont des dizaines et des dizaines de chercheurs qui ont contribué » au développement des techniques d’utilisation de l’ARN messager, souligne auprès de 20 Minutes le journaliste scientifique. Avant Robert Malone et ses travaux à la fin des années 1980, il y a déjà près de trois décennies que des scientifiques se penchent sur cet ARN messager. En 1961, des chercheurs de l’Institut Pasteur émettent l’hypothèse de l’ARN messager, puis, un an plus tard, des expériences viennent la confirmer. Si cette découverte est d’importance, c’est parce qu’« on tient alors la molécule qui fait le lien entre l’ADN et les protéines », rappelle Fabrice Delaye dans son ouvrage.
      Amener de l’ARN messager dans les cellules

      Lorsque Robert Malone commence ses travaux, les chercheurs tentent à l’époque de savoir comment amener de l’ARN messager dans des cellules pour produire des protéines. Quelques années auparavant, en 1978 en Grande-Bretagne, un chercheur utilise des liposomes, une vésicule avec des lipides, pour introduire de l’ARN messager dans ces cellules de souris.

      Robert Malone, alors jeune chercheur au Salk Institute, va d’abord le faire in vitro. Il choisit lui de prendre un ARN messager de synthèse, une technique qui permet de reproduire plus facilement de l’ARN messager, ainsi que des lipides chargés positivement. La cellule de culture va produire ensuite des protéines. « Entre 1987 et 1990, Robert Malone a participé à des recherches qu’il a même un peu initiées sur la transfection, détaille Fabrice Delaye. La transfection est la technique qui permet de synthétiser un ARN qui va coder une certaine protéine. »
      Des publications dans des revues prestigieuses

      Cette avancée est décrite dans un article paru en 1989 dans la revue de référence Pnas et cosigné avec deux autres chercheurs. La même année, Robert Malone répète l’expérience, cette fois-ci avec des embryons de grenouilles. Il fera ensuite l’expérience avec des muscles de souris, ce qui fera l’objet d’une parution dans la prestigieuse revenue Nature.

      Ce passage réussi d’une expérience in vitro, d’une cellule de culture, à une expérience in vivo, dans un organisme, « est la contribution » de Robert Malone au développement de futures technologies utilisant l’ARN messager, développe Fabrice Delaye auprès de 20 Minutes.
      Utiliser l’ARN messager comme un traitement ?

      Robert Malone perçoit alors que l’ARN messager pourrait être utilisé comme un « traitement », rappelleNature dans un article paru en septembre 2021. Une vision qui n’est pas une évidence à l’époque, où les recherches vont plutôt vers l’ADN et où l’ARN messager est perçu comme trop « instable » par les investisseurs. De plus, la fabrication à grande échelle d’ARN messager, nécessaire pour un traitement, est encore mal maîtrisée.

      Veuillez fermer la vidéo flottante pour reprendre la lecture ici.

      Finalement, Robert Malone va quitter à la fin des années 1980 le Salk Institute autour d’une histoire de brevet. Il continue ensuite la recherche, comme en atteste sa page Google scholar, mais se réoriente vers l’ADN et d’autres champs de recherche.

      Plus de trente ans se sont écoulés entre la publication des travaux de Robert Malone et l’approbation des vaccins à ARN messager de Moderna et Pfizer/BioNTech pour lutter contre le Covid-19. Des décennies pendant lesquelles la recherche a encore progressé. Si les travaux de Robert Malone ont ouvert une porte, ce sont bien les essais développés par des « dizaines de chercheurs » qui ont abouti à la technologie utilisée actuellement pour vacciner.

    • Vaccins contre le Covid : les héros méconnus de l’ARN messager - L’Express
      https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/vaccins-contre-le-covid-les-heros-meconnus-de-l-arn-messager_2160116.html

      L’histoire de Katalin Karikó et de Drew Weissman est désormais bien connue. Sans l’obstination, pour ne pas dire l’obsession, de ces deux chercheurs pour l’ARN messager, les vaccins qui nous protègent aujourd’hui contre le Covid n’auraient certainement jamais vu le jour. Nobélisables, même si le célèbre prix leur a échappé cette année, ils ont découvert les premiers comment modifier de l’ARN messager de synthèse pour le rendre inoffensif pour l’organisme et utilisable en thérapeutique. Le brevet déposé sur leurs travaux par leur université, UPenn (l’université de Pennsylvanie aux Etats-Unis), a été licencié aussi bien par Moderna que par BioNtech. Mais, comme toujours, leurs intuitions s’inscrivent dans la continuité de recherches d’autres scientifiques qui ont aussi apporté à un moment ou à un autre leur pierre à l’édifice, comme le raconte le journaliste scientifique suisse Fabrice Delaye dans un ouvrage passionnant (1).

      Tout commence avec François Jacob, Jacques Monod et Sydney Brenner, à l’origine de la découverte de l’existence même de l’ARN messager, au tournant des années 1960. Ils seront couronnés d’un Nobel, tout comme les Américains Philip Sharp et Tom Cech, qui vont montrer une vingtaine d’années plus tard comment les ARN issus de l’ADN parviennent à se spécialiser pour donner naissance à une diversité de protéines indispensables au fonctionnement de notre corps.

      Et puis il y a les grands oubliés de l’histoire, à l’instar de Robert Malone. Un autre Américain qui le premier a réussi, en 1989, à amener de l’ARN messager protégé par une boule de graisse dans des cellules de culture pour les faire produire des protéines. Il travaille avec un biochimiste, Philip Felgner : celui-ci s’inspire de la membrane lipidique utilisée par... les virus respiratoires comme le Sras pour s’introduire dans les cellules. Un collègue de son équipe synthétise un liposome qui, mélangé à de l’ADN, permet de le transporter dans les cellules. Robert Malone utilisera la technique, en remplaçant l’ADN par de l’ARN. Mais les responsables du Salk institute où travaille à l’époque ce jeune chercheur - il n’a alors même pas 30 ans - ne croient pas au potentiel de sa découverte. Il parvient à publier un article, mais ne pourra pas déposer de brevet. « Plombé, Malone renonce même à terminer son doctorat », raconte Fabrice Delaye. Les deux hommes continueront par la suite à travailler ensemble, mais orienteront leurs travaux vers l’ADN plutôt que l’ARN. Mauvaise pioche...

  • Ces prix Nobel de la Paix qui déclenchent des guerres
    https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2021/09/05/ces-prix-nobel-de-la-paix-qui-declenchent-des-guerres

    Le Premier ministre éthiopien, au pays désormais dévasté par la guerre, n’est que le dernier des Prix Nobel de la paix qui, une fois lauréats, ont déclenché des conflits meurtriers.


    Abiy Ahmed recevant, le 10 décembre 2019 à Oslo, le prix Nobel de la paix (AFP)

    « Le Monde » a bien souligné le paradoxe d’Abyi Ahmed, ce « chef de guerre avec un prix Nobel de la paix ». Le portrait du Premier ministre éthiopien par Jean-Philippe Rémy mettait en avant la trajectoire troublante de ce pentecôtiste fervent, « décidé à agir en tant qu’ ‘Elu’ et à sauver l’Ethiopie malgré elle ». En décembre 2019, il est distingué par l’académie d’Oslo pour avoir mis fin au sanglant conflit avec l’Érythrée. Moins d’un an plus tard, il déclenche contre la province rebelle du Tigré une « guerre à huis clos » qui, marquée initialement par des succès gouvernementaux, tourne aujourd’hui à l’avantage des insurgés, désormais maîtres de symboles du pouvoir central. La paix conclue avec l’Érythrée justifie l’intervention des troupes de ce pays aux côtés d’Addis Abeba, aggravant la guerre civile, au point de menacer l’unité même de l’Ethiopie. Abiy Ahmed n’est pourtant pas le premier des prix Nobel de la paix qui, une fois honorés, ont déclenché des conflits meurtriers.

    BARACK OBAMA, NOBEL DE LA PAIX 2009
    . . . .
    AUNG SAN SUU KYI, NOBEL DE LA PAIX 1991
    . . . . .
    MENAHEM BEGIN, NOBEL DE LA PAIX 1978
    . . . . .
    1906 Le président américain Theodore Roosevelt
    #nobel #prix_nobel #paix #guerre #histoire #guerre #propagande

  • Le #Nobel de #chimie [français] 2016 avait tout faux (!)

    L‘attribution du prix Nobel de chimie 2016 à un trio comprenant Jean-Pierre Sauvage a déclenché l’habituel flot de félicitations des responsables politiques. Président de la République, ou espérant l’être un jour, ministres en activité, ou espérant l’être un jour… tous y vont de leur cocorico. Mais la bonne question est : faut-il les féliciter, eux ? Conduisent-ils, aujourd’hui, des politiques pour l’enseignement supérieur et la recherche permettant d’espérer de futurs Nobel ?

    La carrière de Jean-Pierre Sauvage permet de répondre. Par la négative. En résumé, pour avoir le Nobel, il faut faire le contraire de tout ce que préconisent les gouvernants : instabilité professionnelle, précarité sociale, bougeotte disciplinaire et géographique, recherche des sujets à la mode qui donnent rapidement des résultats prévus à l’avance dans des demandes de financements auprès d’Agences qui mettent en compétition les chercheurs. Une politique de gribouille, où l’emphase permanente du discours (le mot « excellence » mis à toutes les sauces) cache mal une décision politique majeure : ne plus augmenter l’effort de recherche public, le réorienter en diminuant les efforts de la recherche de base, précariser le plus possible les personnels (chercheurs, ingénieurs, techniciens). Si cette politique s’est heurtée à de nombreuses actions depuis 2007 (mouvements sociaux, associations SLR, SLU, cris d’alarme de scientifiques de renom…) et a donc été freinée, ses dégâts sont patents.

    Thèse brillante, il entre donc directement au CNRS l’année de sa thèse, en 1971 (un truc dont plus personne ne rêve dans les labos où passer sa thèse signifie démarrer une phase de CDD) et y reste jusqu’en 2009 (retraite, mais il continue de travailler comme « émérite »). Il représente donc le type même du chercheur « fonctionnaire » (en fait seulement depuis 1982) qui, selon Nicolas Sarkozy lors d’un discours célèbre le 22 janvier 2009, viendrait au labo parce que « c’est chauffé et il y a de la lumière ». Or, c’est justement ce statut qui permet aux scientifiques recrutés sur concours, largement ouvert à l’international aujourd’hui, de se consacrer entièrement à leur sujet de recherche. Tout en tissant des liens avec leurs pairs-concurrents-collaborateurs dans le monde et avec les universitaires, doctorants et autres personnels des laboratoires (aujourd’hui tous « mixtes » entre organismes de #recherche et #universités).

    C’est donc en ayant « tout faux » au regard des responsables politiques tous formés à Sciences-Po – Ena et complètement étrangers au monde de la science et des #laboratoires, que Jean-Pierre Sauvage construit une carrière qui, en creusant profond un même sillon, débouche sur des #avancées #scientifiques majeures.

    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2016/10/07/le-nobel-de-chimie-2016-avait-tout-faux

  • À propos de #Piketty et de la réforme des retraites, je retranscris ici une analyse faite par #Réseau_Salariat qui contextualise ses prises de positions.

    https://twitter.com/ReseauSalariat/status/1201132220909531136

    « Attendez on a raté un truc là, pourquoi tout le monde se met à partager la tribune nulle de Piketty dans Libé là ? Tout le monde a oublié qu’il a directement inspiré la réforme actuelle ?

    Son bouquin « pour un nouveau système de retraites » (2008) plaide pour « des comptes individuels », garantissant plus de « justice », au motif que le système actuel est trop « complexe ».

    Eh oui, c’est à 100 % l’argumentation du gouvernement actuel pour défendre sa réforme. Ben voilà, Piketty plaide depuis longtemps pour la casse de la retraite conçue comme une continuation du salaire, pour la remplacer par un système de comptes individuels…

    Lisez-le si vous aimez vous faire du mal, on croirait du Delevoye :
    http://piketty.pse.ens.fr/files/BozioPiketty2008.pdf
    Tout y est : la « crise actuelle du système de retraites », le besoin d’un système plus « simple » et plus « juste » parce que les gens n’ont plus « confiance » dans le système actuel…

    Et on retrouve le principe central de la réforme : « Les travailleurs accumulent tout au long de leur carrière professionnelle des cotisations de retraite sur un compte individuel » (p. 17)
    Garanti 100 % idéologie du « j’ai cotisé j’ai droit »

    Et même la bipartition du système de retraite, que Macron comme ses prédécesseurs veut accentuer (c’est p. 54) :
    -- une partie « solidaire » : le minimum vieillesse pour les pauvres qui n’ont pas assez cotisé ;
    -- une partie « contributive » pour les bons élèves qui ont bien cotisé

    Alors Piketty aurait changé d’avis ? Pas du tout : il critique la réforme, mais jamais la retraite à points. Comme maintenant sa part de marché c’est « économiste de gauche », il critique Macron pour la forme, dit que la réforme est inégalitaire…

    Et déplore que les riches ne paient pas plus d’impôt. Mais rien sur le principe même de la réforme : en gros, si Macron n’avait pas supprimé l’ISF, il aurait été favorable à la réforme (lol). Bizarrement tout le monde a oublié de l’interroger là-dessus…

    Il est complètement en accord avec cette vision de la retraite comme un différé de cotisation, comme le fruit de l’accumulation sur un compte individuel de la part non consommée de son revenu.

    C’est cette vision qu’il faut combattre : défendons la retraite telle que Piketty & co veulent la combattre, en revendiquant une ce principe du salaire continué : suppression des conditions de cotisation pour avoir droit à une retraite au niveau de son meilleur salaire, à 50 ans !

    Bonus : on a fouillé nos archives, et on est retombé⋅es sur pages délicieuses du journal de l’internationale sardonique, Pour lire pas lu (PLPL), qui constituent d’utile rappel sur le sujet Piketty & les retraites…

    L’ascension sociale d’Élie faisait trépigner de jalousie un autre économiste : #Thomas_Piketty.

    Les journalistes l’appellent « le petit prodige » (PP). En effet, à l’âge ou l’éditorialiste de Libération #Jean-Michel_Helvig interrompait sa croissance intellectuelle (neuf ans et demi), Piketty était déjà néolibéral. Associée à un attirail de diplômes américains, cette précocité lui vaut d’être recruté par tous ceux qu’ensorcelle le conformisme plaqué or : la #Fondation_Saint-Simon (lire #PLPL n°16) lui confie la rédaction de « notes » ; #Serge_July l’embauche comme chroniqueur économique à #Libération ; le #CAE l’intègre dans ses rangs ; l’École des hautes études en sciences sociales de Paris l’élit directeur de recherches.

    Enfin, il devient la coqueluche du #Parti_de_la_presse_et_de_l'Argent (#PPA). La célébration de la baisse des charges sociales et l’exigence d’une mise en concurrence des universités l’amènent tout naturellement à défendre la réforme des #retraites de #Raffarin et à qualifier de « combat injustifiable » la revendication de trente-sept années et demi de cotisation pour tous. Comme la plupart des éditorialistes économiques de Libération, Piketty se cabre quand on parle de taxer le capital : « Les riches sont-ils effectivement assez riches pour payer les retraites ? La réponse à cette question est malheureusement négative. » Et comme tous les économistes qui œuvrent depuis trente ans au désarmement idéologique de la gauche, Thomas s’emploie à « se construire une image progressiste et simultanément [à] maintenir l’essentiel du credo libéral. »

    En effet, l’humanité doit à Piketty une découverte inouïe : l’impôt progressif a des effets redistributifs. Cette conclusion a suscité l’ébahissement intéressé des journalistes qui cherchent à se reclasser dans le courant « altermondialiste ». Au Nouvel Observateur, Laurent Mouchard ne se vante plus comme en 1993 d’avoir été l’un des « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche »(France 2, 02.06.93) ; il interroge Piketty sur les bienfaits de l’impôt et le couvre de caresses (30.08.01). Puis vient le tour d’un autre opportuniste, #Sylvain_Bourmeau, qui interviewe Piketty dans Les Inrockuptibles (17.08.02). Piketty le rassure : « L’affrontement capital/travail est obsolète ». Entre-temps, #Edwy_Plenel a consacré au Petit Prodige une séance de téléachat débridée sur LCI. Le 8 septembre 2001, « Le Monde des idées » s’achève et le RTA se dandine comme un dément. Il agite le gros ouvrage de son invité : « Retenez son nom ! Thomas Piketty, je ne sais pas s’il sera prix #Nobel un jour, mais en tout cas, à trente ans, il fait le livre de la rentrée ! Le livre événement ! Le livre qui est débattu aujourd’hui par tous les politiques !! Une somme, un scoop derrière cette somme ! » À ce stade, les quelques cameramen de LCI pour qui l’effet redistributif de l’impôt progressif sur le revenu n’est plus « un scoop » depuis 1914, hésitent à requérir les services d’un infirmier. Mais le directeur des rédactions du Monde est déchaîné : « C’est un livre savant, stimulant !! Ce n’est pas un livre ardu même s’il est savant ! C’est un livre pédagogique ! Il faut absolument le lire ! Thomas Piketty j’ai fait la publicité pour votre livre mais c’est sincère [...] Pour préparer les débats à venir de la campagne électorale, achetez ce livre, lisez-le, discutez-le, travaillez-le stylo en main !! » (Notre stock de points d’exclamation est quasi épuisé).

    Léché par les simples d’esprit, #Piketty est certain de son génie. Ses travaux s’en ressentent. Le document explosif que publie PLPL montre qu’il aurait dû apprendre à lire avant de soutenir son doctorat. Le 26 novembre 2001, Thomas Le Prodige consacre sa chronique de Libération à la dénonciation de

  • Nobel d’économie 2019 : une approche très gestionnaire de la lutte contre la pauvreté | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2019/11/17/nobel-deconomie-2019-une-approche-tres-gestionnaire-de-la-lutte-contre-la-pau

    En octobre fut décerné le Prix #Nobel d’#économie à #Esther_Duflo, #Abhijit_Banerjee et leur collègue #Michael_Kremer, afin de récompenser l’approche expérimentale de la lutte contre la pauvreté qu’ils ont élaborée depuis la fin des années 90 – une distinction qualifiée de radicale, voire révolutionnaire, par la presse française. Cette caractérisation ne peut manquer d’interroger : en quelle mesure les évaluations des randomistas, destinées à orienter les financements des bailleurs de fonds, sont-elles véritablement subversives ?

  • Les 10 Limite De La Méthode #Duflo
    https://www.researchgate.net/profile/Agnes_Labrousse/publication/336686279_Les_10_Limites_de_la_methode_Duflo/links/5db02b87299bf111d4bff4fc/Les-10-Limites-de-la-methode-Duflo.pdf?origin=publication_detail

    De fait, les travaux des trois lauréats portent sur des domaines hautement divers (nutrition, éducation, accès au crédit etc.)1. Mais ils ont en partage une méthode qu’ils ont largement contribué à populariser et qui est saluée par le comité de la Banque de Suède : les #expérimentations_aléatoires. Le terme n’est d’ailleurs pas stabilisé en français2 ; il l’est plus en anglais où il est fait référence aux « randomized controlled trials ». De quoi s’agit- il ? À l’instar des essais cliniques randomisés, il s’agit de diviser une population-cible en deux groupes, déterminés à l’aide d’un tirage au sort. Ce dernier vise à assurer la comparabilité des groupes. En effet, pour peu que les individus composant l’échantillon soient suffisamment nombreux, on a toutes les chances d’avoir des groupes qui se ressemblent. Dès lors, pour mesurer l’effet d’un « traitement », il suffit de le donner à un seul des deux groupes (qu’on appellera le groupe test), en s’abstenant de donner quoi que ce soit à l’autre groupe (nommé groupe témoin). Au bout d’un certain temps, la comparaison entre les deux groupes à l’aide d’indicateurs permet très simplement de déterminer l’effet du traitement. Par exemple, si l’on souhaite mesurer l’impact de la distribution gratuite de manuels scolaires, comme cela a été fait au Kenya3, on divise aléatoirement un groupe d’écoliers en deux groupes. A l’un, on distribue les manuels, et pas à l’autre. Il suffit à l’issue d’une année scolaire de leur faire passer des tests de niveau et de comparer les moyennes de chaque groupe pour capturer l’effet de ce traitement.

    Pour ses partisans, les « randomistes », cette méthode serait donc le #gold_standard qui permettrait de révolutionner les sciences économiques comme les politiques sociales, de les sortir des carcans idéologiques pour les faire entrer dans le pragmatisme et l’efficacité. En testant « ce qui marche » avec une rigueur inégalée, l’#économie du développement entrerait dans l’âge de la #science.

    #nobel

  • Prix Nobel d’économie 2019 : les limites de la méthode des essais cliniques
    http://theconversation.com/prix-nobel-deconomie-2019-les-limites-de-la-methode-des-essais-clin

    Le prix Nobel d’économie vient d’être attribué à Esther Duflo, Abijit Banerjee et Michael Kremer pour leur travail consistant à adapter la méthode des essais cliniques aux interventions en matière de développement. Le jury Nobel a jugé que ce nouveau type d’expérimentation a « considérablement amélioré notre capacité à lutter contre la pauvreté globale » et « à transformer l’économie du développement ». S’il y a des raisons de s’en réjouir (l’une des trois nominé·e·s est une femme, jeune et française de surcroît ; le prix rend ses lettres de noblesse à l’économie du développement et à des travaux empiriques proches du terrain), il faut néanmoins questionner la validité et les conséquences de l’usage croissant de cette méthode.

    Depuis une quinzaine d’années, ces essais cliniques (qu’on désigne couramment par leur acronyme anglais RCT, pour randomized control trials) se sont ouverts à un champ nouveau : celui des politiques et de l’aide au développement. Une vaste panoplie d’interventions est ainsi passée au crible de la « randomisation », notamment en matière d’éducation (incitations visant à réduire l’absentéisme des enseignants, vermifuges destinés à diminuer l’absence des élèves), de santé (filtres à eau, moustiquaires, formations ou systèmes de primes pour le personnel soignant, consultations gratuites, conseils médicaux par SMS, etc.), de finance (microcrédit, microassurance, épargne, éducation financière) ou encore de « gouvernance ».

    Les RCT appliquées au développement pourraient être une avancée scientifique, à condition d’en reconnaître les limites (nombreuses) et le champ d’application (étroit). Prétendre résoudre la pauvreté avec ce type de méthode, comme le revendiquent certain·es de ses promoteurs, et au premier chef les trois lauréats du prix Nobel, est une double régression : épistémologique d’abord, puisque cette prétention illustre une conception positiviste de la science, aujourd’hui surannée ; politique ensuite, puisque des questions pourtant centrales pour la compréhension et la lutte contre la pauvreté et les inégalités sont laissées de côté.

    La consécration va-t-elle conduire les randomisateurs du développement à plus de mesure quant aux bienfaits des différentes méthodes, ou au contraire à en profiter pour consolider leur position déjà quasi hégémonique ? Il y a de bonnes raisons d’être inquiets.

    #Nobel_économie #Essais_aléatoires #Politique_développement

    • Arguments scientifiques... et arguments politiques.

      Comment justifier un tel succès ? Ce n’est pas toujours la supériorité scientifique de certaines méthodes ou théories qui explique leur réussite, mais la capacité de leurs promoteurs à convaincre à un moment donné un nombre suffisant d’acteurs. En d’autres termes, le succès vient à la fois d’une offre et d’une demande. Du côté de la demande, le succès des RCT illustre l’évolution de la discipline économique (priorité est donnée à la quantification, aux fondements micro de processus macro, et, au sein des fondements micro, aux ressorts psychologiques et cognitifs des comportements individuels).

      Le succès des RCT illustre également les transformations du secteur de l’aide au développement, où se multiplient les petits projets s’efforçant de corriger les comportements individuels plutôt que de mettre en place ou de maintenir des infrastructures et des politiques nationales de développement.

      Ou comment essayer d’améliorer le sort des gens dans un contexte néo-libéral.
      #individualisation #néolibéralisme

  • The controversial winners of the #Nobel Prize in Economics.

    The poverty of poor economics
    https://africasacountry.com/2019/10/the-poverty-of-poor-economics

    Banerjee and Duflo teach at MIT while Kremer is at Harvard. The trio have been at the forefront of pushing the use of randomized control trials (RCTs) in the sub-discipline of economics known as development economics. And partly as the result of their efforts, an ecosystem has developed in which the vampire squids with tentacles of influence across the globe are the “poverty action lab” JPAL, 3ie, and the World Bank’s development impact evaluation group (DIME). The main idea behind their work is that RCTs allow us to know what works and doesn’t work in development because of its “experimental” approach. RCTs are most well-known for their use in medicine and involve the random assignment of interventions into “treatment” and “control” groups. And just like in medicine, so the argument goes, RCTs allow us to know which development pill to swallow because of the rigor associated with the experimental approach. Banerjee and Duflo popularized their work in a 2011 book Poor Economics: A Radical Rethinking of the Way to Fight Global Poverty.

    Even though other Nobel prize awards often attract public controversy (peace and literature come to mind), the economics prize has largely flown under the radar with prize announcements often met with the same shrugging of the shoulders as, for example, the chemistry prize. This year has however been different (and so was the year that Milton Friedman, that high priest of neoliberalism, won).

    A broad section of commentary, particularly from the Global South, has puzzled over the Committee’s decision to not only reward an approach that many consider as suffering from serious ethical and methodological problems, but also extol its virtues and supposed benefits for poor people.

  • Abiy Ahmed, artisan de la réconciliation entre l’Ethiopie et l’Erythrée, reçoit le prix Nobel de la paix
    11 octobre 2019 Par René Backmann
    https://www.mediapart.fr/journal/international/111019/artisan-de-la-reconciliation-avec-l-erythree-le-premier-ministre-ethiopien

    Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Isaias Afwerki en juillet 2018. © Reuters

    Le premier ministre éthiopien a conclu en juillet 2018 une déclaration de paix historique avec le président érythréen Isaias Afwerki. Mais celle-ci n’a pas que des partisans à Addis-Abeba, où ceux qui ont confisqué pouvoir et richesse pendant des décennies ne rendent pas les armes. Au risque de réveiller les fantômes de la guerre civile. (...)

    #Nobel #Ethiopie #Erythrée,

    • Bien que les attaques contre Greta Thunberg me l’aient rendue sympathique, même si son Nobel n’aurait pas été plus ridicule que celui de Barack Obama, et même si je ne connais pas du tout ce dossier, je trouve que ce choix a de la gueule. C’est moins la bourgeoisie occidentale qui se regarde le nombril.
      #Afrique

    • Opinion: Abiy Ahmed’s Nobel Peace Prize win is a flawed decision

      When the Norwegian Nobel Committee gives the 2019 Nobel Peace Prize medal to Ethiopian Prime Minister Abiy Ahmed on Tuesday, celebrations will be undercut by many expressions of disappointment and outrage. Local and international voices criticizing his domestic record attracted considerable media attention, while some took to opinion pages to develop their arguments further.
      But Abiy’s domestic record was not why he was awarded the prestigious prize. According to the committee, he was chosen for “his decisive initiative to resolve the border conflict with neighboring Eritrea,” resulting in a peace deal they hope “will help to bring about positive change for the entire populations of Ethiopia and Eritrea.”

      Yet the impact of this “peace” in Eritrea has had little coverage. One needs to only look a little more deeply at the relationship between the Ethiopian leader and Eritrea to understand why the decision to award him the Nobel Peace Prize was wrong and makes a mockery of the Eritrean people’s suffering.
      The mainstream narrative around the peace agreement has been that the two countries had long been locked in “no peace-no-war” hostilities until Ethiopia got a fresh-faced and courageous leader who began the peace process expected to lead to positive change for the Horn of Africa. However, Abiy’s decision to initiate peace talks with Eritrea was neither novel nor brave — and he had no interest in improving the lot of the Eritrean population.

      The 17-year conflict has been portrayed as one between Eritrea and Ethiopia when it instead should be viewed as one between the Tigray People’s Liberation Front (TPLF), the then leader of the Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front (EFRDF) coalition Abiy now leads, and the Eritrean dictator Isaias Afwerki.
      No-peace-no-war stalemate
      After Eritrea gained independence from Ethiopia in the early 90s, a failure to resolve a border dispute resulted in a deadly two-year war, beginning in 1998, costing more than 80,000 lives across the two countries.
      Although the Algiers agreement in 2000 formally ended active hostilities, TPLF refused to demarcate the border in accordance with the deal, which put the two governments in a no-peace-no-war stalemate. Diplomatic relations were severed and the border and air routes between the neighbors closed.

      This negatively affected both countries, as all trade stopped, while Ethiopia lost access to the coast and used its powerful position on the international scene to diplomatically isolate Eritrea. Afwerki’s regime compounded the impact on the Eritrean people. It argued that the failure to demarcate the border was a threat to Eritrea’s national security, as it put the country at constant risk of war.
      And it used this threat as an excuse to refuse to implement the Eritrean constitution, conscript to indefinite national service, imprison countless people without trial in poor conditions, and shut down the free press and other democratic institutions.
      Occupying Eritrean land
      More than a year after the lauded peace agreement was signed, the Algiers accord from 2000 has still not been implemented. Ethiopian soldiers remain at the border and continue to occupy Eritrean land. Neither country has made the details of the latest pact public.
      The terms from the Algiers accord was demarcation and that has still not happened. How did Abiy manage to get Afwerki to agree to a peace deal without fulfilling any of Eritrea’s prior demands? It might sound like Abiy performed a miracle, but the reality is far different.

      Abiy currently leads the Oromo Democratic Party, which succeeded the TPLF in its leadership of the EPRDF Coalition, and consequently, the Ethiopian state. His party has historically had disagreements with the ruling TPLF elite.
      When young people in Oromia began to organize massive protests against TPLF-backed policies, Abiy and his party were selected to lead Ethiopia in the hopes of alleviating Oromo protests and other problems in that region.
      Afwerki had spent the last ten years backing Ethiopian opposition groups and cultivating a relationship with key Oromo ones, among others.
      An uncomfortable reality
      The uncomfortable reality is that, in addition to the obvious financial benefits a peace agreement would lead to, Abiy and Afwerki came together under the guise of peace to isolate the TPLF, which scored political points for the both of them. The TPLF and Eritrean government remain enemies and the Eritrean-Ethiopian border is not demarcated. There is still no peace between the groups who initiated the original border conflict.

      Many Ethiopians have asked me why I criticize the decision to award Abiy the Nobel Peace Prize from an Eritrean perspective, arguing that he has no responsibility to fix our internal problems. I do it for two reasons. Firstly, because awarding him the prize for the potential this deal might have is wrong when it never had the potential nor intention to benefit the Eritrean people.
      The Nobel Committee hopes that it still can, and relies on the assumption that the conflict was the main obstacle to peace in Eritrea. However, it has not been the root of the extreme human rights abuses in Eritrea that has caused hundreds of thousands to flee. The internal actions taken following the border dispute were disproportionate to the threats posed by the conflict and were never formally sanctioned by any Eritrean legal process. The war was simply used as an excuse by the regime.
      A flawed decision
      There have not been any reforms or improvements in Eritrea following the peace agreement. The borders that were briefly opened were quickly closed. The constitution has still not been implemented, national service is still indefinite and dissidence is still strictly forbidden. In October last year, three months after the peace agreement, a former finance minister was imprisoned for writing a critical book about the Eritrean regime.
      Secondly, and most importantly, I criticize the Nobel Committee’s flawed decision because, in addition to the lack of domestic prospects for change, Abiy has actively supported and legitimized Afwerki’s regime, thus hindering efforts to bring peace to Eritrea.
      In combination with Europe’s desperation to stifle migration from Eritrea, Abiy’s constant appearances alongside Afwerki and his rallying of Ethiopia’s allies have softened the international pressure on the dictator. I was invited to speak at the United Nations earlier this year and was shocked by the overwhelming support for Eritrea.

      Abiy reportedly also recently told Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, who for years has tried multiple ways to deport Eritrean refugees, that his friendship with Eritrea can help him come up with “innovative projects to deport them back.”
      That is despite the fact that returned refugees face an imminent threat of torture and that their deportation would constitute a violation of international human rights principles.
      This peace agreement was not about resolving the border dispute or bringing peace to Eritrea. Instead, it was a strategic political move by Abiy that has benefited both leaders financially and diplomatically, whilst uniting them against their common political enemy.
      Political opportunism
      One Twitter user joked that Abiy was given the wrong prize and that he and Afwerki instead should have received an Oscar for their performances. They went from strangers to best friends in the span of a few days, dressed up in wedding clothes, cut cake, exchanged rings, drank champagne, and constantly spoke lovingly about each other — all to send a strong message to their audience, the TPLF.
      This is political opportunism, not an effort to create peace in the lives of the Eritrean people.

      What hurts me, and many more Eritreans, is that none of this is hard to understand for a competent and well-resourced body like the Nobel Committee. Disregarding the Eritrean people and their suffering was not a lazy oversight but an informed and deliberate decision.
      I hope that the rest of the world does not follow their lead and instead supports the Eritrean people’s efforts for peace and justice.

      https://edition.cnn.com/2019/12/10/opinions/abiy-ahmed-ethiopia-nobel-prize-2019-opinion/index.html
      #prix_Nobel

  • Karim Emile Bitar sur Twitter : "Aung San Suu Kyi and Viktor Orban agree ‘continuously growing Muslim populations’ is great challenge. She’s a #Nobel Peace Prize! As #Orwell said : “Saints should always be judged guilty until they are proved innocent...” via Le_Dornien_ via @SabrinaBennoui https://t.co/goNpTZ4v8p" / Twitter
    https://twitter.com/karimbitar/status/1137277238792118273

    #paix #air_du_temps

  • Aux Etats-Unis aussi, la question de la justice fiscale revient en force - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/300119/aux-etats-unis-aussi-la-question-de-la-justice-fiscale-revient-en-force

    #WEF

    Jusqu’à ce que le directeur du département de recherche sur l’économie numérique au #MIT, Erik Brynjolfsson, vienne jouer le gâcheur d’ambiance : les années 1960 et 1970, époque où la #fiscalité pouvait atteindre jusqu’à 90 %, furent les meilleures décennies économiques pour les États-Unis, a-t-il rappelé.

    « Qui peut penser qu’une telle proposition est sensée ? Seulement les ignorants comme… Peter #Diamond, prix #Nobel d’économie et considéré comme un expert de renommée mondiale des finances publiques. […] Et c’est une politique qui n’a jamais été mise en œuvre, à l’exception… des États-Unis, pendant 35 ans après la Deuxième Guerre – comprenant la période économique la plus prospère de notre histoire », ironise également Paul #Krugman, prix Nobel d’économie, dans un éditorial du New York Times.

    Parmi les obstacles les plus importants, soulignent certains #économistes, il y a le fait que l’augmentation du taux marginal d’imposition permet moins qu’auparavant de lutter contre les inégalités, compte tenu de l’évolution des grandes fortunes : celles-ci étant essentiellement concentrées dans des actifs financiers ou des structures d’entreprise qui leur permettent de bénéficier d’une fiscalité allégée.

    http://www.ericzwick.com/capitalists/capitalists.pdf

    Reprendre les formules du passé, comme augmenter la fiscalité et élargir les dispositifs de sécurité sociale, ne suffira pas, préviennent-ils. La redistribution permet certes de corriger les inégalités, mais il faut trouver un moyen de les prévenir, insiste Stephen Vogel, politologue, dans une tribune du New York Times.
    L’économiste turc Dani #Rodrik, professeur à Harvard, partage l’analyse. À ses yeux, il est plus que temps pour la gauche de se réapproprier son propre cadre de pensée, si elle veut arrêter de se faire imposer celui du néolibéralisme.

  • William Nordhaus et Paul Romer reçoivent le 50e Prix Nobel d’économie - Le Temps
    https://www.letemps.ch/economie/william-nordhaus-paul-romer-recoivent-50e-prix-nobel-deconomie

    Laureate William Nordhaus’ research shows that the most efficient remedy for problems caused by greenhouse gas emissions is a global scheme of carbon taxes uniformly imposed on all countries. The diagram shows CO2 emissions for four climate policies according to his simulations.

    #carbone #climat « #nobel_d'économie »