• « Il a tracé seul son chemin » : les #abandons en montagne, une forme de #violence_conjugale

    En #randonnée, #alpinisme ou #trail, des femmes se mettent à raconter comment leur ancien compagnon les a laissées seules en pleine montagne. Loin d’être anodins, ces abandons relèvent de mécanismes de domination.

    « Je l’ai vu partir de plus en plus loin, s’enfoncer dans la nuit jusqu’à disparaître complètement. » Presque dix ans après, Tina n’a rien oublié de cet ultra-trail de plusieurs jours dans les Pyrénées avec son ex-compagnon. Lors de la deuxième nuit, elle est épuisée tandis que lui accélère, sans se retourner. « Je me suis sentie trahie, je pleurais de rage, je n’ai pas compris comment il a pu faire passer son désir de compétiteur avant le reste. Ce n’était pas de la peur — la montagne je connais. Mais on était partis à deux, on était censé compter l’un sur l’autre », dit-elle.

    Tina poursuit sa course seule et retrouve plusieurs heures plus tard son ex-compagnon sur une base de vie « comme si de rien n’était ». Profondément marquée par cet abandon, cet épisode a pesé dans sa décision de le quitter quelques mois plus tard. « Je me suis rendu compte que ce n’était pas quelqu’un sur qui je pouvais compter, même dans la vie de tous les jours. En montagne, les personnalités se révèlent plus vite, on ne peut plus se cacher derrière des apparences. »

    Comme Tina, une quinzaine de femmes ont répondu à l’appel à témoignages lancé par Reporterre pour raconter des expériences similaires d’abandon en randonnée, en trail ou en alpinisme. Presque toutes expliquent qu’elles étaient à l’époque dans une relation toxique avec leur ex-partenaire et la quasi-totalité d’entre elles estiment que ces abandons s’inscrivent dans un #continuum_de_violences.

    En février, après la condamnation d’un alpiniste autrichien pour avoir laissé sa compagne près du plus haut sommet du pays, où elle est morte de froid quelques heures plus tard, les témoignages de femmes laissées en montagne se sont multipliés sur les réseaux sociaux sous l’expression « #Divorce_alpin » [1]. En les voyant, Mathilde s’est rendu compte qu’elle n’était pas un cas isolé. « Je me suis sentie reconnue, j’ai compris que ce n’était pas moi le problème, que c’était une #violence_systémique », explique la jeune femme.

    Son ex-compagnon l’a laissée à quelques centaines de mètres du sommet du Mont-Blanc alors qu’ils grimpaient ensemble. « J’étais épuisée, transie de froid et il s’est désencordé pour battre un record sur [l’application] Strava en gardant l’eau et la nourriture avec lui », raconte-t-elle. Mathilde est finalement redescendue avec un groupe d’alpinistes qu’elle ne connaissait pas, croisé à ce moment-là. « Cet épisode a été comme un électrochoc d’une relation que je ne voulais pas voir dysfonctionnelle, je l’ai quitté du jour au lendemain. »

    Ce n’était pas une première : « Il nous mettait souvent en #danger parce que seule la #performance comptait. Moi aussi j’aime les sensations fortes, mais je le suivais naïvement car il avait plus d’expérience et dès que je tentais de freiner, je passais pour la relou trop prudente. »

    Les deux avaient déjà été secourus par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) lors d’une sortie et Mathilde ne compte plus les fois où elle se mettait à pleurer tant l’engagement dépassait ses limites. « Je ne sais toujours pas pourquoi je continuais à le suivre. Sans doute l’espoir que, cette fois, ce serait différent, qu’il me prendrait en compte. »

    « J’ai fini par appeler les secours »

    Pour Sophie [2], l’évènement remonte à plus de dix ans, dans les Pyrénées. Son conjoint l’a laissée seule avec leur fils de 9 ans en pleine montagne sans eau, ni carte, en pleine montée. « Le matin, il m’avait annoncé une randonnée de quatre ou cinq heures, mais à midi, il m’a dit qu’il fallait encore marcher quatre ou cinq heures. Comme ce n’était pas ce que nous avions convenu, une dispute a éclaté et il est parti », raconte Sophie, qui n’est pas une grande sportive et n’a pas une grande connaissance de la montagne, contrairement à son mari.

    « J’ai eu très #peur, j’ai fini par appeler les secours pour me géolocaliser. Ils ne pouvaient pas nous orienter et ont proposé de venir nous chercher, mais j’ai refusé, nous n’étions pas blessés mais en détresse émotionnelle. » Avec son fils, elle finit par retrouver son chemin et les deux arrivent exténués après dix heures de marche. « Mon conjoint était là, à nous attendre sans voir où était le problème. » Après ça, Sophie a mis un moment à retourner en montagne avec lui. Depuis qu’elle a recommencé, elle prend bien soin de vérifier l’itinéraire, et d’utiliser une application de randonnée indiquant la difficulté du parcours.

    Laurine, elle, n’a pas ressenti de peur immédiate lorsque son ex-compagnon l’a laissée seule en randonnée dans la montagne en Italie il y a trois ans. « Sur le chemin du retour alors que nous étions encore en haut et sans réseau, il a décidé de tracer seul son chemin à travers le flanc de montagne. Je ne pouvais pas le suivre, c’était ma première activité physique depuis mon entorse à la cheville », se souvient-elle. Sportive, malgré sa blessure, elle réussit à rentrer sans encombre. Mais la nuit qui a suivi, elle a été victime d’un viol conjugal.

    « Cet épisode me fait réaliser aujourd’hui à quel point j’étais dans une relation toxique. Avec le recul et en voyant tous les témoignages de femmes laissées en montagne, j’ai réalisé que cet abandon préparait le terrain pour le viol qui suivrait. Cela fait partie d’un système de violences. »

    Un constat partagé par des associations spécialisées. L’Union nationale des familles de féminicides estime aussi que cette pratique est bien une violence conjugale. « Abandonner sa compagne dans un endroit isolé ne relève pas d’un désaccord sur le rythme, d’une blague. C’est une #mise_en_danger pour punir, humilier ou affirmer sa domination. Ce n’est pas de l’amour. C’est une violence. »

    Une analyse que rejoint la sociologue Johanna Dagorn, chercheuse à l’université de Bordeaux. L’expression « Divorce alpin », largement reprise sur les réseaux sociaux, lui paraît d’ailleurs problématique : « Cela sonne presque exotique, alors qu’il s’agit de quelque chose de dramatique. »

    Mettre en #insécurité pour humilier

    Dans ses recherches, elle identifie des mécanismes similaires au-delà de la montagne : « abandonner sa compagne dans un milieu isolé, que ce soit en montagne ou sur le bord d’une route, c’est la mettre en insécurité pour l’humilier et affirmer une forme de domination, explique-t-elle. Ces comportements s’inscrivent dans une logique de contrôle coercitif, visant à montrer à l’autre qu’elle peut être laissée seule, vulnérable. » Et en montagne, cette violence prend une dimension particulière : « C’est un milieu où l’on est peu de choses, où la solidarité est essentielle. »

    Elle décrit un mécanisme en plusieurs temps : d’abord une mise sous tension — accélérer, distancer — puis l’abandon, avant une phase de #minimisation ou de #déni : « Ne pas donner d’explication, c’est banaliser ce qu’il s’est passé et nier la peur de l’autre. »

    Pour Johanna Dagorn, l’argument de la #performance_sportive ne tient pas : « Si l’objectif est uniquement la performance, on part avec des personnes du même niveau. Ici, il y a une intention de rabaisser, de montrer à l’autre qu’elle n’est pas à la hauteur. » Ces actes s’inscrivent ainsi dans un continuum de violences : « Dans la quasi-totalité des cas d’abandons sur l’autoroute que j’ai étudiés, il existait déjà d’autres formes de violences. »

    L’éternelle seconde de cordée

    Cette lecture en termes de violences conjugales peut aussi être éclairée par une analyse des rapports de pouvoir à l’œuvre dans ces situations. Ainsi, pour la sociologue Rozenn Martinoia, « celui qui décide d’abandonner exerce un pouvoir sur l’autre ». Ce #pouvoir repose autant sur des ressources que sur des perceptions. « Les femmes ont souvent été moins formées et surtout plus amenées à douter d’elles-mêmes », souligne-t-elle.

    Dans ce contexte, l’abandon vient renforcer une #asymétrie déjà installée : « On minore les compétences des femmes et elles finissent par intérioriser une forme d’infériorité. » Et en montagne, cet effet est accentué par l’#isolement, le danger et l’engagement physique, car « c’est un milieu où les personnalités se révèlent vite, parfois sans témoin ».

    Face à ces inégalités, les groupes de femmes en #non-mixité se développent de plus en plus. Lead The Climb, Premières de cordée, Girls in Bleau, Copines de rando, Pyr’elles, Womens mountain club… « Ces espaces permettent de renforcer leur confiance et leur compétence et d’expérimenter le rôle de leader. » Ce qui montre encore une fois que ce sont aux femmes de s’adapter.

    https://reporterre.net/Il-a-trace-seul-son-chemin-les-abandons-en-montagne-une-forme-de-violenc
    #montagne #domination #sexisme #genre #femmes #abandon #humiliation

  • Rimotivare il no alla guerra nella sua essenza e interezza
    https://www.assopacepalestina.org/2026/07/24/rimotivare-il-no-alla-guerra-nella-sua-essenza-e-interezza

    di Paolo Cacciari, Comune Info, 21 luglio 2026. I movimenti contro la guerra, in tutte le loro sfumature, hanno oggi un problema enorme. Gli argomenti razionali usati per dimostrare l’insensatezza della risposta militare non sembrano in grado di convincere persone smarrite e impaurite. Non basta dimostrare che ogni denaro speso in armi è sottratto ad ... Leggi tutto

    #Notizie #non_esiste_una_guerra_giusta

  • Non-recours en France
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Non-recours_en_France

    Le phénomène du non-recours existe également en Allemagne, mais il n’y a pas d’institution dédiée à la lutte contre le problème. Le secteur des aides est davantage éparpillé à cause de la structure fédérale de l’état allemand qui structure les compétences suivant les intérêtes de ses institutions.

    On n’a d’ailleurs pas de terme équivalent sauf peut-être « Nichtinanspruchnahme », un néologisme bureaucratique parmi des dizaines de milliers du langage administratif qui figurent parmi les raisons du non-recours.

    Sozialgesetzbuch
    https://de.wikipedia.org/wiki/Sozialgesetzbuch_(Deutschland)

    Le droit relatif aux aides et règlements sociaux est un monstre en 14 lois (Sozialgesetzbuch SGB I bis XIV) et d’innombrables décrets, décisions et ordres administratives complétés par les décisions de la justice spécialisée (Sozialgerichtsbarkeit) qui corrigent les cas de mauvaise application des lois.

    Sozialgerichtsbarkeit
    https://de.wikipedia.org/wiki/Sozialgerichtsbarkeit

    A ce niveau le système social allemand souffre d’une deuxième couche de non-recours constituée de millions de décisions administratives injustes restées sans recours juridique.

    Être pauvre ou chômeur en Allemagne est un métier á plein temps .Honni soit qui mal y pense .

    En droit, la notion de « non-recours », ou de « non-demande », renvoie aux personnes qui ne peuvent pas faire valoir leurs droits en raison de différents obstacles. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de l’Organisation des Nations unies (ONU) comprend dans son article 15, le droit progressif de bénéficier du progrès scientifique et de ses applications. En France, depuis la généralisation de la dématérialisation, l’accès aux droits, en particulier pour les personnes en situation précaire, s’est complexifié.

    Selon l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), un organisme public français dont les recherches en sciences humaines et sociales sont consacrées à ce sujet :

    « La question du non-recours renvoie à toute personne qui ne reçoit pas — quelle qu’en soit la raison — une prestation ou un service auquel elle pourrait prétendre[1]. »

    Les chiffres cités dans le rapport Savary-Poncet Monge [archive], fondés sur l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS) de l’Insee et sur les travaux de la DREES publiés en 2022, mettent en évidence l’ampleur du phénomène pour le RSA. En moyenne, 34% des ménages éligibles n’y recourent pas chaque trimestre (année de référence 2018), et 20% sont durablement non-recourants sur trois trimestres consécutifs. Cette situation représente un manque à verser estimé à 750 millions d’euros par trimestre, soit environ 3 milliards d’euros par an pour le RSA seul – un montant supérieur au budget annuel de certains dispositifs nationaux d’insertion

    Par conséquent, un foyer éligible au RSA qui n’en bénéficie pas renonce en moyenne à 330 euros par mois et par unité de consommation. [1] [archive]

    Par ailleurs, environ 50 % des personnes éligibles au minimum vieillesse n’y recourent pas et 30% pour l’assurance chômage[2],[3].
    Abrogation de la taxe d’habitation

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    La suppression de la taxe d’habitation entraîne, en 2023 pour le ministère de l’Économie et des Finances, une problématique d’identification de l’adresse postale des bénéficiaires du chèque énergie, par ailleurs identifiés avec leur revenu fiscal de référence. Cette suppression entraîne l’accroissement du non-recours. Le versement direct de cette aide n’étant plus automatique, un million de nouveaux bénéficiaires potentiels doivent entreprendre une démarche d’inscription sur une plateforme en ligne. 120 000 nouvelles demandes sont enregistrées aboutissants à seulement 32 000 chèques versés. Un phénomène de sous-recours massif bien connu des associations de lutte contre la pauvreté[4].

    Selon l’Odenore, le non-recours par non-connaissance se produit lorsqu’un individu est éligible à une prestation sociale, mais n’y a pas accès à cause d’un manque d’information. Cette absence d’information peut se traduire par la mauvaise promotion d’une prestation sociale par un organisme, la non-connaissance due à l’ignorance ou à la méconnaissance de l’existence des dispositifs d’une aide sociale. Elle peut aussi être liée à une mauvaise compréhension des règles d’une allocation, comme le fait, par exemple, de ne pas savoir si l’on est éligible, ou de ne pas connaitre les lieux auxquels s’adresser pour demander ses aides et prestations sociales.
    Les variables qui jouent sur la non-connaissance

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    Selon la direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees), la non-connaissance est l’une des principales causes de non-recours. Cependant, des différences majeures apparaissent selon les prestations : par exemple, 90 % de la population françaises connait des prestations sociales telles que les allocations familiales, les aides au logement, le RSA, ou la CMU-C alors que plus d’une personne sur deux ignore l’aide au paiement d’une Complémentaire santé ou l’aide médicale d’État (AME)[5].

    La bonne connaissance d’une prestation pourrait s’expliquer par le nombre d’individus qui la touchent. Ainsi, « les allocations familiales, perçues par 4,9 millions de ménages en 2014, constituent en effet la prestation la plus connue, à l’opposé de l’AME, attribuée cette même année à 0,3 million de personnes »[5]. L’ancienneté d’une allocation est un facteur qui peut également jouer sur sa connaissance auprès du public. L’aide au logement ou les allocations familiales sont celles que les individus déclarent le mieux connaître dans les enquêtes statiques de la Drees, ce sont également les plus anciennes prestations qui sont proposées dans les enquêtes de la Drees.

    Toujours selon l’enquête statistiques de la Drees, la connaissance d’une prestation sociale varie parfois selon différents facteurs comme le sexe, l’âge ou le diplôme ; autant de variables qui démontrent que la connaissance d’une allocation peut être inégale selon les groupes sociaux. Prenons d’abord l’exemple des allocations familiales. La proportion d’hommes qui déclarent connaître précisément à qui est destinée cette allocation est inférieure de 6 % au taux moyen (69 %), les femmes semblent être mieux informées car elles obtiennent des taux supérieur de 6 % au taux moyen. Ce sont les individus les plus jeunes qui déclarent ne pas connaître précisément qui bénéficie des allocations familiales. Les personnes interrogées âgées entre 16 et 29 ans obtiennent des taux inférieurs de 15 % au taux moyen alors que la proportion d’individus âgés entre 40 et 49 ans déclarant savoir à qui s’adresse la prestation est supérieur de 8 % au taux moyen. Les personnes sans diplôme sont aussi celles qui connaissent le moins cette allocation puisque cette proportion d’individu déclarant connaître les destinataires de cette aide est inférieure de 6 % au taux moyen, alors qu’elle est seulement inférieure de 1 % chez les individus qui ont un diplôme supérieur au baccalauréat. Le lieu d’habitation peut aussi influencer la connaissance de ces aides. Par exemple le RSA est mieux connu dans l’agglomération parisienne que dans les zones rurales. L’enquête de la Drees démontre que la proportion des habitants de l’agglomération parisienne sachant précisément qui bénéficie du Revenu de solidarité active (RSA) est supérieure de 8 % au taux moyen, alors qu’en zone rurale cette proportion d’individus est inférieure de 5 % au taux moyen.

    D’après l’Odenore, il existe également une non-connaissance qui provient non pas du bénéficiaire potentiel de l’aide mais des agents des organismes prestataires chargés de l’attribuer ou des travailleurs sociaux. C’est ce que l’on appelle le non recours par non proposition.

    Ceci constitue d’ailleurs un indicateur signifiant des carences de la mise en œuvre de l’aide publique. Les dispositifs d’aide et les organismes chargés de les distribuer sont si nombreux que les professionnels du secteur eux-mêmes se retrouvent perdus dans ce qui ressemble à une véritable nébuleuse.

    La non-demande se définit par le fait qu’un potentiel bénéficiaire d’offres sociales ne recourt pas à ses droits par choix personnel ou à la suite des contraintes qu’impliquent cette demande[6].
    Conséquences de la complexité administrative

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    La complexité administrative est l’une des causes principales du non-recours, elle s’observe lorsqu’un usager des services publics est en butte à des difficultés lors du processus administratif lié à un événement donné comme un déménagement, le décès d’un des deux époux, la naissance d’un enfant, la retraite, une période de chômage, et caetera.

    Cette complexité peut être due, par exemple, à une demande de documents trop complexe marquée par la multiplicité des pièces justificatives à fournir et des formulaires difficilement compréhensibles par tous. A cela s’ajoute, des difficultés d’usage informatique, des erreurs ou incohérences de la part des services administratifs qui peuvent se renvoyer la balle selon un « jeu de ping-pong » observé par Julien Damon sur la « question SDF »[7].

    Une étude menée auprès de 11 000 usagers des services publics révèle qu’un usager sur cinq juge « très ou assez compliquées » ses interactions lors de ses démarches administratives[8]. Le manque de récurrence et l’impossibilité d’anticipation d’un événement tendent à accentuer la complexité perçue. Cette dernière décourage les bénéficiaires potentiels de solliciter des aides sociales et peut mener à la non-demande ou à l’abandon de la demande. Dans ce contexte, « deux attentes prioritaires sont exprimées [par les usagers] : la réactivité et la réduction des délais, et la baisse du nombre de document à fournir pour la constitution d’un dossier[8].

    Le témoignage suivant illustre la perception de cette complexité lors de deux situations de vie combinées : « Mon mari est décédé. Puis ils m’ont retiré ma retraite parce que je n’avais pas suffisamment cotisé, évidemment je n’avais qu’une petite retraite. Et lui ce qu’il a cotisé, ça s’est perdu ou je ne sais pas ce qu’ils ont fait, enfin j’en sais rien, elle [l’agent administratif] m’a dit qu’elle s’en fichait. Qu’est-ce que vous voulez faire ? On vous dit ça, moi j’étais perdue parce que mon mari venait de mourir. J’étais vraiment désespérée, voyez. Et j’ai laissé tomber, il aurait fallu que quelqu’un m’accompagne, que quelqu’un s’en occupe, vous voyez. Je ne savais pas »[9]. Les conséquences de la complexité des démarches administratives sur le non-recours des usagers sont au cœur du film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake.
    Les représentations sociales : un vecteur de non-demande

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    Pour comprendre le concept de non-demande, il est important d’observer ce phénomène sous l’angle des représentations sociales. Les représentations sociales relèvent d’un savoir pratique socialement construit et que l’individu mobilise pour partager une vision commune de la réalité, penser un « ensemble social »[10], la diversité des relations sociales et amènent à entrevoir la pluralité des perceptions de la réalité.
    La non-demande par stigmatisation

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    Nous[style à revoir] pouvons analyser les pratiques de non-demande liées à des perceptions de l’individu sur lui-même. Dans une étude sur le non-recours au RSA, Philippe Warin qualifie une partie de la non-demande (2 %) comme relevant d’un non-intérêt ; dans ce type de non-demande, une personne sur deux reconnaît ne pas être intéressée par l’aide sociale, pour ne pas être perçue comme « assistées », la situation de non-demande étant dans ce cas liée à l’appréhension d’être stigmatisé. Ces processus de stigmatisation sont rendus possibles par de nombreux facteurs tels que le phénomène de « dualisation de la société »[11] qui marque une distinction entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. Le ciblage des politiques sociales visant à déterminer des populations précises dans l’attribution d’aides, renforce aussi les effets de stigmatisation. Philippe Warin évoque les « frontières mentales »[11] comme une des conséquences des effets de la stigmatisation liés au ciblage ; cette notion définissant un mécanisme psychique instituant une barrière chez l’individu le poussant à rejeter les prestations sociales qui lui sont proposées et les institutions rattachées à celles-ci. Cette notion se rapproche du concept de « représentations sociales », dans le sens où l’individu est influencé par sa vision du monde dans ses « logiques d’action »[12], comme par exemple dans le cas de la non-demande.

    La perception est un frein majeur aux demandes de prestation. Il en existe plusieurs. Ainsi, la perception que les individus ont des intervenants sociaux – les personnes travaillant dans/pour des institutions, des organismes ou des associations, et qui sont généralement les premiers contacts qui s’imposent à l’individu – peut conduire à de la non-demande, comme l’illustre cet exemple : « Bah, je sais pas comment vous expliquer en fait, j’ai l’impression de … C’est comme si je parlais à un mur en fait. Je sais pas comment vous expliquer (rires). C’est comme vous voyez dans les films, “oui... oui … très bien … oui … je vous écoute … ”(rires). Bah là j’avais un psy qui parlait avec moi, mais … Il y a pas le, en fait on dirait que c’est pas sincère, tu sais au niveau de la personne qui est en face de toi, elle te pose des questions pour savoir ta vie, mais en fait on dirait que derrière elle s’en fout complètement, c’est juste son travail et … Tu sens que c’est pas, que c’est pas sincère, que … C’est pas évident d’étaler sa vie en fait … », (Camille, 20 ans, CHRS zone rurale)[13]. Cet exemple montre que, de l’expérience, peut découler un jugement négatif envers le personnel aidant qui constitue la cause de non demande.

    La défiance observée chez le non-demandeur auprès des professionnels peut parfois prendre source dans une vision négative des institutions chargées de l’accès au droit et de la distribution des aides sociales. Arnaud Béal, chercheur en psychologie sociale, a mené une enquête à partir d’entretiens auprès des usagers des boutiques de droit et des maisons de la justice et du droit de la Métropole lyonnaise[14]. Il dégage plusieurs facteurs du non recours face à l’appareil judiciaire. Une des raisons majeures évoquées est issue d’une vision négative des institutions judiciaires dans le sens commun. En effet, dans le cadre de cette enquête 43,8% des personnes interrogées, évoquent de « la défiance à l’égard de l’appareil judiciaire, désignant des pratiques institutionnelles arbitraires et une certaine crainte à son égard »[14]. L’auteur démontre notamment que les logiques aboutissant à la non-demande peuvent tenir à d’autres types de représentations telles que la perception d’une justice jugée comme exclusivement punitive ou encore l’idéalisation d’une institution perçue comme trop impressionnante pour s’y adresser. Néanmoins, si les représentations sociales peuvent conduire l’individu à s’éloigner des institutions, elles peuvent aussi l’en rapprocher : « Le partage social, ou le fait de communiquer avec autrui sur sa situation, apparaît être un facteur décisif dans le déclenchement du recours »[14].

    La non-demande peut être porteuse d’une charge critique envers les gouvernants et les manières dont les politiques sociales sont définies. La non demande résulte d’une méfiance développée par les individus, dans la mesure où les actions et discours politiques ne sont plus considérés. Ainsi, le désintérêt et les critiques de « l’État social actif »[15] se multiplient. Philippe Warin rend compte de cette idée en écrivant : « Ces non-recourants attendaient avant tout des pouvoirs publics une politique des salaires qui leur permette de vivre dignement de leur travail […]. Ils préféraient se passer de l’argent du RSA activité plutôt que de soumettre au principe d’un dispositif qui institutionnalise la catégorie de travailleurs pauvres et le précariat comme condition socialement acceptable dès lors qu’il donne lieu à des dispositifs de compensation financière »[16].

    Selon l’Odenore, le non-recours par non-réception est le fait qu’une « personne éligible à un droit, le demande mais ne le reçoit pas ou n’en reçoit qu’une partie ». Ces chercheurs l’expliquent par un « abandon de la demande », une « non adhésion à la proposition », un « arrangement avec le prestataire », une « inattention aux procédures », un « dysfonctionnement du service prestataire » et/ou une « discrimination »[6].

    Il y a de nombreuses raisons à l’abandon d’une demande de droit, il peut s’agir du temps de prise en charge avant réception du droit qui semble long ou d’une pression administrative. On peut citer pour exemple, la demande de passage d’un titre de séjour étudiant à un titre de séjour salarié : « Le temps de faire des procédures longues, le patron trouve quelqu’un d’autre »[17] explique l’une des personnes entretenues durant l’enquête. Les auteurs de l’article donnent pour explication que « la longueur de la procédure constitue un obstacle […]. Le simple enregistrement de la demande engendre d’emblée d’importants délais »[17] (NB : l’abandon de la demande n’est pas à confondre avec la non-demande car dans ce dernier cas la demande n’est pas faite).

    Il s’agit là d’une personne qui bénéficie d’un droit et qui le reçoit mais qui n’accepte pas ou plus la manière dont celui-ci est proposé. Le cas du non-recours à l’Aide pour personnes âgées illustre cette définition par le « manque de qualité de l’aide fournie. La critique de la qualité de l’intervention peut venir à la fois de la personne âgée aidée ou de l’aidant (le conjoint ou le descendant). Le résultat est que la personne âgée sort du dispositif »[18]. Ici la personne a bénéficié du droit, est allée au bout de la demande et peut en profiter mais n’adhère pas aux services proposés, elle peut décider de ne plus le recevoir ou de le recevoir partiellement.
    Dysfonctionnement et arrangement

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    La personne qui demande un droit trouve un autre moyen pour répondre à son besoin, il peut s’agir parfois d’une solution trouvée à la suite d’un dysfonctionnement. Par exemple, dans un article d’Arnaud Béal et Nicolas Chambon[19] les cliniciens responsables des personnes allophones décident de ne plus recourir à un interprète après avoir noté que cela entraîne des difficultés dans la compréhension entre leurs patients et eux-mêmes (présence d’un tiers, difficulté à saisir vraiment ce que le patient veut). Le clinicien va donc choisir de communiquer autrement avec le patient par certains arrangements (signe, dessin, image, application de traduction).

    Il s’agit ici d’un individu qui fait une demande de droit qui n’aboutit pas en raison d’une inattention aux procédures (par non habitude, oubli, manque de connaissance ou de temps). Par exemple, dans un article[20] sur les soins prénatals au Burkina Faso, il est décrit comment certaines femmes Burkinabè de classe populaire ne vont finalement que très peu consulter notamment car elles ne connaissent pas leurs calendriers prénatals.

    Une personne demande un droit mais ne le reçoit pas, mal ou en partie pour cause de discriminations diverses. Marianne Cornu Pauchet donne un exemple de ces discriminations dans le cas de l’accès aux soins : « Pour les bénéficiaires de la CMU-C […], la notion de discrimination renvoie au terme de « refus de soins » […], comportement par lequel le professionnel de santé refuse d’offrir au bénéficiaire les prestations de santé dans des conditions de délai et de qualité identiques à celles proposées à tout autre assuré[21]. »
    Le non-recours comme problème public

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    Opinions politiques sur le non-recours

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    Le non-recours occupe une place importante dans le débat et dans les engagements politiques, il fait l’objet de débats et de controverses dans une « arène publique »[22]. Plusieurs faits peuvent témoigner de ces débats et cette controverse, comme par exemple les élections présidentielles de 2017 qui ont engendré quelques propositions de la part des différents candidats concernant le non-recours[23]. En résumé, une large partie de la gauche se place plutôt dans l’optique que le non-recours est trop présent et qu’il faut lutter contre ce fléau. A contrario, les adeptes de la pensée libérale préfèrent adopter l’idée que les aides sociales sont trop perçues par certains individus et problématisent le terme de « fraude ». Ainsi, selon cette théorie, il faut limiter les prestations sociales afin d’engranger des économies et mieux utiliser l’argent public. Cependant, selon une enquête de Céline Mouzon[24] le taux de non-recours est bien plus élevé que celui de la fraude. L’auteure se penche sur le taux de non-recours au RSA-activité mais aussi sur celui de la CMU et de la CMU-C qui représentent à elles trois 5,8 milliards à 6,6 milliards d’euro. Un montant bien plus important que celui de la fraude estimée par la sécurité sociale, en 2012, à 290,56 millions d’euro.

    En 2018, le gouvernement annonce la mise en place d’un revenu universel d’activité. Agnès Buzyn explique[25] les motivations à l’origine de sa création : « La multitude de guichets qui aboutissent à un non-recours au droit » et compare notamment l’accès au droit à un « sport de combat ». Le revenu universel d’activité a pour but de centraliser les différentes aides sociales pour faciliter l’accès aux droits sociaux sous forme d’« une allocation unique qui va évoluer en fonction du revenu des gens. »
    Différents types de réponse apportées au non-recours

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    Le non-recours bien qu’important en France n’est pas laissé sans solution. En effet de nombreuses institutions s’organisent pour lutter à des échelles différentes contre le non-recours. La démarche la plus flagrante à l’échelle nationale est le site mesdroitssociaux.gouv lancé en 2017. Créé sous la responsabilité du ministère de la Santé et de la Solidarité, il vise à « faciliter l’accès aux droits sociaux en offrant un point d’entrée unique pour l’usager et à lutter ainsi contre les multiples situations de non-recours aux prestations sociales ». Mis à jour le 28 juin 2018, ce site internet a vocation de faciliter l’accès aux droits sociaux de la population en permettant par exemple de faire des simulations de droits, de contacter directement les organismes, de s’informer sur les différents droits et de faire ses démarches en ligne. Même si ce site peut représenter une avancée certaine dans l’extension de l’accès aux droits il est encore mis en doute quand on le confronte à la « fracture numérique » tant générationnelle, qu’économique et culturelle. En 2021, selon l’Insee, 15,4 % de la population française de 15 ans ou plus était en situation d’« illectronisme »[2] [archive], c’est-à-dire sans usage d’Internet ou sans compétences numériques de base, une situation qui touche particulièrement les personnes les plus modestes.

    Mais l’échelle nationale n’est pas la seule échelle de lutte contre le non-recours. Le projet PLANIR (Plan d’Accompagnement du non-recours, des incompréhensions et des ruptures)[26] illustre la lutte contre le non-recours à différentes échelles. Ce projet a été lancé à un niveau local en 2012 par plusieurs responsables de Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) qui ont réalisé le même constat de non-recours et qui ont décidé de s’organiser dans avec pour objectif de préserver les buts originels de l’assurance maladie : maintenir « le lien et la cohésion sociale ». L’enquête menée sur le terrain est basée sur la méthode de la preuve par expérimentation avec un travail sur archives et dossiers pour comprendre pourquoi certains dossiers n’aboutissaient pas. Dès l’année suivante la COG (Convention d’Objectif Gestion) de la CPAM prend en compte les résultats du plan PLANIR dans ses résolutions annuelles. Le plan à la base local est appliqué à chaque CPAM à un niveau national dans le but d’uniformiser la lutte contre le non-recours : former mieux les équipes aux problématiques rencontrées, « une meilleure écoute et une meilleure gestion » des dossiers et des relances sont prescrits aux organismes. Certaines de ces mesures peuvent paraître abstraites et il faudra attendre de voir si elles ont un réel impact.

    À l’échelle nationale et locale, d’autres initiatives récentes complètent ces efforts, comme l’expérimentation « Territoires zéro non-recours » (TZNR)[3] [archive]. Lancée en 2023 pour une durée de trois ans dans le cadre de la loi 3DS, l’expérimentation « Territoires zéro non-recours » (TZNR) vise à identifier et diffuser des bonnes pratiques contre le non-recours aux droits sociaux. Elle associe 39 territoires (communes, intercommunalités, départements) sélectionnés via un appel à projets, qui testent des actions comme des démarches d’« aller-vers » pour approcher les publics éloignés des institutions, ou l’utilisation de données croisées (ex. : DRM) pour repérer les éligibles non bénéficiaires. Dotée de 18 millions d’euros (cofinancée à 20% par les collectivités), elle met l’accent sur la coordination locale et l’essaimage de pratiques innovantes, avec une évaluation nationale par un comité scientifique[27].

    Parallèlement à ces expérimentations locales, une réforme structurelle de l’accès aux droits est engagée au niveau national. Le rapport sénatorial d’information n° 836 (2022-2023), remis en juillet 2023 par René-Paul Savary et Raymonde Poncet Monge au nom de la MECSS, analyse les dysfonctionnements des minima sociaux (RSA, prime d’activité, APL) et formule 14 recommandations pour accompagner la réforme de la « solidarité à la source »[4] [archive].

    Les recommandations s’articulent autour de trois axes principaux :

    Fiabilisation des données : labellisation des logiciels de paie pour réduire les anomalies dans la Déclaration sociale nominative (DSN), et sécurisation du calcul du "montant net social" par les Urssaf.
    Lutte proactive contre le non-recours : utilisation du Dispositif de ressources mensuelles (DRM) pour identifier automatiquement les personnes éligibles non-bénéficiaires, renforcement de la formation des travailleurs sociaux aux démarches d’« aller-vers », et réinvestissement des économies générées par la réduction des erreurs dans ces actions.
    Simplification des règles : alignement progressif des périodes de référence et des bases ressources du RSA, de la prime d’activité et des aides au logement pour plus de lisibilité.

    Généralisée en 2025 après une phase d’expérimentation dans cinq département, cette réforme automatise le pré-remplissage des déclarations trimestrielles de ressources via le DRM et le montant net social, désormais mentionné sur les bulletins de paie, afin de réduire les démarches administratives et le non-recours qui leur est lié.

    L’association ATD Quart Monde reconnaît que la réforme pourrait, à terme, simplifier les démarches, mais appelle à une vigilance particulière quant à ses effets concrets sur les publics les plus fragiles [5] [archive].
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    Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes » (novembre 2016).

    Actualités Sociales Hebdomadaires, n° 2704, 8 avril.
    ATD Quart Monde (2025), « Solidarité à la source : une réforme qui entraîne le pré-remplissage des déclarations de RSA et de prime d’activité à partir du 1er mars »,
    Belorgey J.-M. (2007), « La part des usagers », dans Borgetto M. & M. Chauvière, Qui gouverne le social ? Paris, Dalloz, pp. 121-126.
    Chauveaud C., Mazet P. & P. Warin (2010), « Des fabriques d’accès au(x) droit(s) », et http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/Lettre3_V5.pdf Rapport de recherche pour le Programme « Droit et pauvreté [archive] » de la MIRe-DREES et l’ONPES
    CNAF (1996), « Accès aux droits, non-recours aux prestations, complexité », Recherches et prévisions, n° 43.
    Cour des comptes (2023), Rapport public annuel 2023 : Les comptes de la Sécurité sociale, mai 2023.
    Damon J. (2011), « Droits et fraudes », Clôture des Entretiens du Conseil d’État sur Fraudes et protection sociale, Droit social, n° 5, pp. 540-543.
    Donzelot J. (2003), La Politique de la ville aux États-Unis et en France, Paris, Éditions du Seuil.
    Fatome T. (2012), « L’envers de la fraude sociale », Acteurs publics, n° 83, avril.
    Gadjos T. & P. Warin (2012), « La fraude aux prestations sociales, de quoi parle-t-on ? », dans Odenore, L’Envers de la « fraude sociale ». Le scandale du non-recours aux droits sociaux, Paris, Éditions La Découverte.
    Hamel M.-P. et P. Warin (2010), « Ressortissants », dans Boussaguet L., Jacquot S. & P. Ravinet (dir.), Dictionnaire des politiques publiques, Paris, Presses de Science Po, pp. 576-583.
    Hautchamp M., Naves P. & D. Tricard (2005), Rapport de la Mission « Quelle intervention sociale pour ceux qui ne demandent rien ? [archive] », Paris, IGAS, rapport n° 2005-026, mars 2005,
    Mazet P. et al. (2012), « Les tarifs sociaux de l’énergie : les pauvres doublement pénalisés », dans Odenore, L’envers de la « fraude sociale ». Le scandale du non-recours aux droits sociaux, Paris, Éditions La Découverte.
    ONPES (2008), Mesures et évolution de la pauvreté, Rapport 2007-2008 [archive].
    Saillard Y. (dir.), 2011, « Le non-recours à l’offre publique. Analyse des phénomènes et réponses institutionnelles. Un état de la question », Synthèse des 1res journées scientifiques de l’Odenore [archive], juin 2010.
    SAVARY René-Paul et PONCET MONGE Raymonde (2023), « Rapport d’information n° 836 (2022-2023) au nom de la MECSS : Solidarité à la source : éviter les embûches pour assurer le versement à bon droit des prestations », Sénat, 5 juillet 2023.
    UNSA (2025), « Déploiement de la solidarité à la source : une avancée mais encore des questions »
    Warin P. (2010a), « Qu’est-ce que le non-recours aux droits sociaux ? [archive] », La Vie des idées,
    Warin P. (2010b), « Les politiques publiques face à la non-demande sociale », dans Borraz O. & V. Guiraudon (dir.), Politiques publiques. 2/ Changer la société, Paris, Presses de Science Po, pp. 287-312.
    Warin P. (2011a), « La participation citoyenne dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale questionnée par le non-recours à l’offre publique », Revue comparée en Administration publique, vol. 17, n° 1, pp. 116-134.
    Warin P. (2011b), « Le non-recours au RSA : des éléments de comparaison », Odenore [archive], Working paper n° 13 [archive].

    ↑ Lucie Gonzalez et Emmanuelle Nauze-Fiche, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, Le non-recours aux prestations sociales : Mise en perspective et données disponibles, coll. « Les dossiers de la DREES » (no 57), juin 2020, 42 p. (ISSN 2495-120X, lire en ligne [archive]).
    ↑ « Quel accès et quelle effectivité des droits sociaux en France [archive] », sur Conseil économique, social et environnemental, 19 février 2024.
    ↑ Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, « Prestations sociales : pour quatre personnes sur dix, le non-recours est principalement lié au manque d’information [archive] », avril 2023.
    ↑ Lucie Delaporte, « Le plan de Bercy pour torpiller discrètement le chèque énergie [archive] », Mediapart, 8 octobre 2024.
    ↑ Revenir plus haut en  : a et b « Prestations sociales : les personnes éligibles sont-elles les mieux informées ? [archive] », sur drees.solidarites-sante.gouv.fr, mars 2016 (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ Revenir plus haut en  : a et b « Définition Typologies non recours [archive] », sur odenore.msh-alpes.fr (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ Julien Damon, La question SDF, Paris, Presses universitaires de France, p. 243
    ↑ Revenir plus haut en  : a et b « La complexité administrative vue par les Français – étude 2014 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur modernisation.gouv.fr (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ « Le non-recours [archive] », sur dros-paca.org (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ Denise Jodelet, Les représentations sociales, Paris, Presses universitaires de France, 2003, p. 54
    ↑ Revenir plus haut en  : a et b Philippe Warin, « Ciblage de la protection sociale et production d’une société de frontières », SociologieS,‎ 27 décembre 2010 (ISSN 1992-2655, lire en ligne [archive], consulté le 21 décembre 2018)
    ↑ Catherine Gucher, Elsa Guillalot, Annie Mollier et Dominique Mansanti, Retraite et vieillissement : intervention publique et action sociale, Paris, Dunod (lire en ligne [archive]), p. 121-146
    ↑ « Non-recours et renoncement aux soins des personnes en situation de grande précarité [archive] », sur hauts-de-france.drjscs.gouv.fr (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ Revenir plus haut en  : a b et c Arnaud Béal, Nikos Kalampalikis, Nicolas Fieulaine et Valérie Haas, « Expériences de justice et représentations sociales : l’exemple du non-recours aux droits », Les cahiers internationaux de psychologie sociale, no 103,‎ 2014 (lire en ligne [archive], consulté le 21 décembre 2018)
    ↑ Marc-HenrySoulet, « La reconnaissance du travail social palliatif [archive] », sur grea.ch (consulté le 21 décembre 2018).
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    ↑ Revenir plus haut en  : a et b Antoine Math, Serge Slama, Alexis Spire et Mouna Viprey, « La fabrique d’une immigration choisie. De la carte d’étudiant au statut de travailleur étranger (Lille et Bobigny, 2001-2004) », La Revue de l’Ires,‎ 2006 (lire en ligne [archive])
    ↑ Catherine Gucher, Stéphane Alvarez, Denis Laforgue, Benjamin Vial et Philippe Warin, « De la disjonction entre qualité de vie et qualité de l’aide à domicile Vers une compréhension des phénomènes de non-recours et de non-adhésion », Vie sociale,‎ 2017 (lire en ligne [archive])
    ↑ Arnaud Beal et Nicolas Chambon, « Le recours à l’interprète en santé mentale : enjeux et problèmes », Rhizome,‎ 2015 (lire en ligne [archive])
    ↑ Marietou Niang, Sophie Dupéré et Emmanuelle Bédard, « Le non-recours aux soins prénatals au Burkina Faso », Santé publique,‎ 2015 (lire en ligne [archive])
    ↑ Marianne Cornu Pauchet, « Discriminations et accès aux soins des personnes en situation de précarité », Regards,‎ 2018 (lire en ligne [archive])
    ↑ Daniel Cefaï, « La construction des problèmes publics. Définitions de situations dans des arènes publiques », Réseaux. Communication - Technologie - Société, vol. 14, no 75,‎ 1996, p. 43–66 (DOI 10.3406/reso.1996.3684, lire en ligne [archive], consulté le 21 décembre 2018)
    ↑ « Lutte contre le non-recours aux aides sociales : que proposent les candidats ? [archive] », Libération, 10 janvier 2017 (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ Celine Mouzon, « Le non-recours aux droits sociaux est supérieur à la fraude », Alternatives économiques,‎ 1er novembre 2014 (lire en ligne [archive])
    ↑ « Agnès Buzyn : "La pauvreté, aujourd’hui, c’est un sport de combat" [archive] », sur France Inter (consulté le 21 décembre 2018).
    ↑ Christian Fatoux, Charles Serrano, Vincent Maginot et Jean Yves Casano, « PLANIR, une démarche concrète de l’Assurance Maladie pour favoriser l’accès aux droits et aux soins et mieux accompagner les situations à risques », Regards,‎ 2014 (lire en ligne [archive])
    ↑ « Accès aux droits : les « Territoires zéro non-recours » | solidarites.gouv.fr | Ministère du Travail et des Solidarités [archive] », sur solidarites.gouv.fr, 22 septembre 2025 (consulté le 9 mars 2026)

    #Allemagne #non-recours

  • L’Assemblée nationale revoit l’allocation de solidarité aux personnes âgées pour diminuer le non-recours
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/06/11/l-assemblee-nationale-revoit-l-allocation-de-solidarite-aux-personnes-agees-

    Les députés ont approuvé à l’#unanimité [comme le RMI en 1988...] en première lecture jeudi une proposition de loi du groupe communiste et ultramarin visant à diminuer le non-recours à l’allocation de solidarité aux personnes âgées.

    L’#ASPA, qui a remplacé le minimum vieillesse en 2006, est une allocation versée à partir de 65 ans, destinée à compléter les pensions des retraités disposant de faibles revenus ou d’aucun revenu, dans la limite de 1 043 euros pour une personne seule et 1 620 euros pour un couple. Elle bénéficie aujourd’hui à près de 750 000 personnes, selon le ministre du travail et des solidarités Jean-Pierre Farandou.
    Actuellement, l’Etat récupère les sommes versées au titre de l’ASPA sur la succession des personnes âgées si la valeur nette de leur patrimoine successoral dépasse un certain montant (108 586 euros pour une personne seule en métropole). Cela entraîne un fort #non-recours, avec plus de 300 000 personnes âgées éligibles qui y renoncent chaque année, selon la rapporteuse du texte, la députée de La Réunion Emeline K/Bidi (GDR).

    Le texte adopté jeudi instaure un « forfait logement » qui permettra de baisser le montant de l’ASPA pour les retraités propriétaires de leur logement ou hébergés à titre gratuit, et d’annuler dans ce cas la récupération des sommes. Le montant de ce forfait devrait être de quelques dizaines d’euros selon le gouvernement.
    La mesure résulte d’un amendement du gouvernement qui a complètement réécrit le texte.
    Elle aura un coût « neutre » pour les finances publiques, selon M. Farandou. Dans sa version initiale, la proposition de loi de Mme K/Bidi proposait d’extraire le domicile principal du bénéficiaire du calcul de l’actif net successoral.
    Un amendement de la rapporteuse adopté en commission avait étendu la mesure en supprimant complètement la #récupération_sur_succession des prestations versées au titre de l’ASPA. Une suppression qui aurait soulevé une question d’équité, mais aussi de coût, l’Etat récupérant actuellement environ 120 millions d’euros par an sur les allocations versées, selon M. Farandou.

    Endetter ses descendants est une telle malédiction qu’on en oublie de compter (j’en ai connu qui refusait l’ASPA pour une baraque à 70 000 balles qui était leur domicile principal et leur seul « capital » ; tout comme de nombreux gens de gauche pas riches défendent l’héritage contre sa taxation bien qu’il soit exonéré à hauteur de 100 000 balles par descendant).
    Un texte « de gauche » pour diminuer le non recours débouche sur une diminution de l’ASPA pour pas mal de vieux. Comme c’est peut-être pas ces vieux qui votent bien, le sénat trouvera certainement d’autres mesures pour égayer ce mille-feuilles à la merde.

    #forfait_logement

    • Endetter ses descendants est une telle malédiction qu’on en oublie de compter

      Surtout que les descendants peuvent toujours refuser la succession, ils n’ont pas l’obligation d’accepter les dettes.

    • Ils ont aussi l’option d’accepter la succession avec les dettes limitées au montant des actifs de la succession. Donc, leur capital n’est pas touché.
      Mais l’enjeu, c’est la résidence principale. C’est en gros le max de ce que les prolos les + chanceux peuvent espérer laisser à leurs gosses après une vie de sacrifices.
      Donc, les gens vont préféré la piquouse gratuite du gouvernement (ben oui, tout se tient) plutôt que de laisser leur survie bouffer le seul bien de la famille.

    • Question : Est-ce qu’il y a des « prolos » qui possèdent leur logement ?
      Tu n’achètes pas avec un salaire d’ouvrier.

      La génération qui a disparu autour de 2000/2010 en avait encore l’occasion à condition d’avoir trimé pendant toute sa vie et seulement dans les parties riches de la RFA (Bavière, Bade-Wurtemberg, Hambourg) mais pas à Berlin-Ouest.

      Cela m’a lair de sortir d’une légende thatcherienne . Nous, on ne possède rien, strictement rien sauf nos souvenirs de luttes à léguer à ceux de nos enfants qui n’ont pas choisi de faire cause commune avec l’ennemi.

      Ici les petit bourgeois se plaignent quand ils sont obligés de vendre ou d’hypothéquer leur baraque quand il tombent malades pour cause de vieillesse, mais ce sont des petits bourgeois pas des prolos.

      #vieilesse #allocations_sociales

    • Oui, des prolos. certains ont bénéficié de conditions qui permettait l’accès à la propriété : les luttes gagnaient une hausse du salaire ce qui entretenait une inflation qui elle grignotait le poids de traites immobilières (emprunts parfois payés par la CAF au titre le l’allocation logement, mécanisme qui tombe en désuétude).
      La mise en cause du pouvoir du Patron, du Propriétaire-loueur et de la Banque était matérielle. Il y avait même des « fils du peuple » employés de banque pour faire connaitre la martingale.

      Quant aux « petits bourgeois », pas mal d’entre eux avaient des salaires bien inférieurs à ceux des ouvriers hautement qualifiés et des catégories ouvrières centrales pour le capitalisme, ne serait-ce qu’en raison de leur capacité de blocage : nucléaire, ports, armements, imprimerie, et d’autres encore.

    • Dans les années 60-80, il y avait une inflation à deux chiffres mais les salaires étaient encore indexés sur cette inflation (et réciproquement comme le dit justement @colporteur). Ce qui fait que lorsque mes parents ont emprunté (à taux fixe bien sûr) pour financer la construction de leur maison (chantier achevé en 1970), à la fin des échéances du crédit, ils payaient peau de balle en mensualité de remboursement.

  • Émeutes de 2024 en #Nouvelle-Calédonie : #non-lieu général ordonné en faveur des militants indépendantistes
    https://la1ere.franceinfo.fr/emeutes-de-2024-en-nouvelle-caledonie-non-lieu-general-ordonne-en-

    Selon des sources proches du dossier, un non-lieu général a été ordonné en faveur des militants indépendantistes de la #CCAT poursuivis dans le cadre des émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie, a appris vendredi 5 juin l’AFP.

    #kanaky

  • OCP lève 1,5 milliard de dollars : et le #cadmium cancérogène du #phosphate dans tout ça ?
    https://www.afrik.com/ocp-leve-1-5-milliard-de-dollars-et-le-cadmium-cancerogene-du-phosphate-dans-

    L’Office chérifien des phosphates vient de réussir une émission obligataire hybride de 1,5 milliard de dollars, une première africaine saluée par les marchés. Mais alors que la France s’alarme d’une « bombe sanitaire » liée au cadmium contenu dans les engrais phosphatés marocains, et que l’Afrique s’apprête à en recevoir des quantités massives, une question s’impose : les milliards levés serviront-ils à résoudre enfin le problème ?

    C’est un triomphe financier comme l’Afrique n’en avait encore jamais vu. Le 16 avril 2026, l’Office chérifien des phosphates (#OCP) a finalisé la toute première émission obligataire hybride en dollars jamais réalisée par un groupe africain sur les marchés internationaux. Montant : 1,5 milliard de dollars, avec un carnet d’ordres couvert 4,6 fois et la participation de 176 investisseurs dans 23 pays. BNP Paribas, Citi et JP Morgan ont arrangé l’opération. Mostafa Terrab, PDG du groupe, peut se félicitercar l’OCP est désormais un émetteur de premier rang sur la scène financière mondiale.

    Cette levée s’inscrit dans un vaste programme d’investissement vert évalué à 13 milliards de dollars sur la période 2023-2027. L’OCP ambitionne 100 % d’énergies propres d’ici 2027, la neutralité carbone à l’horizon 2040, et une capacité de production d’engrais portée de 12 à 20 millions de tonnes annuelles. Le monde entier applaudit. Mais une question, singulièrement absente des communiqués de presse et des analyses financières, mérite pourtant d’être posée : ces milliards vont-ils permettre à l’OCP de s’attaquer sérieusement au cadmium ?

    La #France un malade sous cloche et l’#Afrique sous engrais
    Au printemps 2025, la France a découvert avec stupeur l’ampleur de sa contamination au cadmium. La Conférence nationale des médecins libéraux puis un rapport parlementaire ont tiré la sonnette d’alarme en qualifiant la situation de « bombe sanitaire ». Les dernières données disponibles dressent un tableau alarmant. La dernière étude nationale de biosurveillance ESTEBAN, menée entre 2014 et 2016 et publiée par Santé publique France en 2021, révèle que près de la moitié de la population de 18 à 60 ans dépassait déjà le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines. En mars 2026, l’ANSES a franchi un pas supplémentaire : en modélisant l’accumulation du cadmium dans l’organisme tout au long de la vie à partir des données d’exposition actuelles, l’agence confirme une « imprégnation forte et croissante » et conclut qu’une part significative de la population française dépasse les valeurs sanitaires de référence.

    Faute de nouvelle campagne de mesures biologiques sur le terrain depuis 2016, c’est cette modélisation qui constitue l’état de l’art. Les enfants français présentent des taux quatre fois supérieurs à ceux des enfants américains ou allemands. Conséquence directe, en 2023, la France a recensé près de 16 000 nouveaux cas de cancers du pancréas, un type de cancer pour lequel le cadmium est identifié comme facteur de risque certain par le Centre international de recherche sur le cancer.

    La source principale de cette contamination est connue depuis des années : les engrais phosphatés épandus sur les terres agricoles, responsables selon l’INRAE de 60 % à 75 % des entrées de cadmium dans les sols. Et la France importe 95 % de ses phosphates, principalement du Maroc. Et les gisements marocains affichent des teneurs en cadmium comprises entre 38 et 100 mg par kilogramme de P₂O₅, là où les gisements finlandais, russes ou américains restent sous les 20 mg/kg. La teneur maximale autorisée en France est encore fixée à 60 mg/kg, bien que l’ANSES préconise depuis 2019 de l’abaisser à 20 mg/kg.

    Ce scandale, encore en gestation en Europe où les systèmes de biosurveillance sont développés, risque d’être bien plus grave en Afrique. Le continent qui s’apprête à recevoir des flux d’engrais marocains sans précédent ne dispose ni des capacités épidémiologiques pour mesurer l’impact sanitaire, ni des normes réglementaires pour s’en protéger. L’OCP revendiquait en 2025 douze filiales africaines, essentiellement en Afrique de l’Ouest, Bénin, Burkina Faso, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Nigeria — mais aussi à l’Est, en Éthiopie, au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et en Zambie. Et ce n’est qu’un début.

    L’AFD finance sans condition, l’OCP exporte sans contrainte
    La récente enquête du média écologiste Vert.eco a mis en lumière un paradoxe saisissant. Le 9 mai 2025, l’Agence française de développement (AFD) a signé l’un des plus gros prêts non souverains de son histoire avec l’OCP : 350 millions d’euros, officiellement destinés à fournir aux agriculteurs africains « des engrais verts produits de manière durable ». Problème, ni ce prêt, ni aucun accord de financement lié au programme d’investissement vert de l’OCP, ne contient la moindre clause, le moindre indicateur, la moindre conditionnalité portant sur la teneur en cadmium des engrais destinés au marché africain.

    LIRE AUSSI
    L’AFD finance l’exportation du cadmium en Afrique ?
    Les indicateurs de performance conditionnant les décaissements portent sur la décarbonation, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau. Le cadmium, absent. La Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (Farm), financée par l’AFD elle-même, avait pourtant publié une étude alarmante : les sols africains, acides et pauvres en matière organique, présentent des caractéristiques qui aggravent considérablement la migration du cadmium vers les plantes et la chaîne alimentaire. La France a délibérément ignoré ces alertes. En toile de fond, la réconciliation diplomatique entre Emmanuel Macron et Mohammed VI transformait ce prêt en instrument géopolitique autant qu’en outil de développement.

    OCP : une avancée réelle en Europe, un silence assourdissant pour l’Afrique
    Il serait inexact de présenter l’OCP comme un acteur immobile. Sur le marché européen, le groupe a réalisé des progrès substantiels, sous la pression réglementaire et commerciale. Depuis le 1er février 2025, l’intégralité des engrais commercialisés par OCP Nutricrops — sa filiale européenne, afficherait une teneur en cadmium inférieure à 20 mg/kg de P₂O₅. Un alignement réglementaire saluée par les milieux industriels et sanitaires.

    Pour y parvenir, l’OCP a investi plusieurs dizaines de millions d’euros dans des technologies de décadmiation développées en collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Parmi elles, un procédé de cocristallisation perfectionné depuis six ans, capable d’éliminer environ 70 % du cadmium dans l’acide phosphorique. En 2025, le groupe produisait déjà deux millions de tonnes d’engrais grâce à cette technologie, avec l’ambition d’atteindre trois millions de tonnes d’ici 2027. Une nouvelle unité en construction à Jorf Lasfar doit permettre de produire un million de tonnes supplémentaires d’engrais décadmiés d’ici fin 2026. Ce n’est pas rien.

    Mais la question cruciale demeure : ces technologies de décadmiation sont-elles déployées pour les marchés africains ? La réponse, à ce stade, est non. La Fondation Farm souligne que la décadmiation représente un surcoût d’environ 100 dollars par tonne de P₂O₅ et ce n’est pas une technologie expérimentale, c’est un choix industriel. Et ce choix, pour l’instant, l’OCP ne l’a fait que là où la réglementation l’y oblige : en Europe.

    1,5 milliard de dollars : et si c’était l’occasion ?
    C’est là que la levée de fonds du 16 avril 2026 prend une dimension particulièrement intéressante. Avec 1,5 milliard de dollars supplémentaires mobilisés auprès d’investisseurs institutionnels en quête de critères ESG solides, l’OCP dispose désormais des capacités financières pour étendre ses technologies de décadmiation à l’ensemble de ses marchés, y compris africains. Le groupe, détenu à 95 % par l’État marocain, dont il est le premier contributeur fiscal, n’a pas de problème d’argent. Il a un problème de volonté politique.

    Le programme d’investissement vert 2023-2027 valorise à raison les avancées en matière de décarbonation, d’énergie solaire, d’ammoniac vert et de dessalement. Mais le « vert » affiché dans les documents de l’OCP reste singulièrement muet sur le cadmium. Or, le coût de la décadmiation de 100 dollars par tonne de P₂O₅, est marginal par rapport aux investissements colossaux consentis par ailleurs. Pour un groupe qui réalise 113 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, la généralisation des techniques de décadmiation à l’ensemble de la production ne représente pas un obstacle financier. Elle représente un choix stratégique et éthique.

    Les 176 investisseurs institutionnels qui ont souscrit à cette émission hybride ont-ils posé la question du cadmium dans leurs due diligences ? Les agences de notation Moody’s et S&P, qui accordent à l’OCP un traitement favorable en considérant 50 % de l’instrument comme des capitaux propres, intègrent-elles dans leurs critères les risques sanitaires liés aux métaux lourds ? La question mérite d’être posée à une époque où la taxonomie verte européenne et les exigences de reporting extra-financier des investisseurs ne cessent de se durcir. Car un procès en responsabilité pour la progression du nombre de cancer n’est pas à sous-estimer.

    Un double standard qui dure trop longtemps
    La situation actuelle pourrait se résumer ainsi : l’OCP vend à l’Europe des #engrais #décadmiés parce que Bruxelles l’exige, et exporte vers l’Afrique des engrais #non_traités parce que personne ne l’en empêche. C’est le même double standard que l’on retrouve dans d’autres industries extractives qui appliquent des normes environnementales différentes selon que le marché de destination est occidental ou africain. Ce n’est pas de la malveillance. C’est l’économie politique du #phosphate mondial, qui place la santé des populations africaines dans un angle mort réglementaire et diplomatique.

    Pourtant, des voix s’élèvent. Le député écologiste français Benoît Biteau a formulé le paradoxe avec clarté : pourquoi la France continue-t-elle à s’approvisionner en phosphates marocains pour des raisons géopolitiques alors que leurs homologues allemands ou belges se fournissent auprès de gisements naturellement pauvres en cadmium, sans surcoût notable ? En Afrique, c’est encore plus grave : les sols du continent, acides et peu tamponnés, sont plus vulnérables à l’accumulation du cadmium que les terres européennes. Les populations africaines mangeront davantage de céréales et de légumes issus de ces sols dans les décennies à venir.

    Il n’existe pas, à ce jour, de système de biosurveillance des métaux lourds comparable au système français en Afrique de l’Ouest. L’#OMS et les agences sanitaires africaines ne disposent pas des données épidémiologiques permettant de corréler l’exposition aux engrais phosphatés et l’incidence des cancers. Les pathologies liées au cadmium se déclarent après vingt à trente ans d’accumulation silencieuse. Si rien ne change, c’est dans les années 2040-2050 que les cancers du pancréas et du rein liés à une décennie de fertilisation massive se manifesteront en Afrique de l’Ouest. Trop tard pour ceux qui n’auront pas survécu.

    Un champion africain se doit d’avoir des ambitions africaines
    L’OCP est indéniablement un fleuron industriel africain, une réussite dont le Maroc peut être fier. Ses performances financières, son accès aux marchés de capitaux mondiaux, ses investissements technologiques en R&D, sa capacité à anticiper la réglementation européenne : tout cela est réel et mérite d’être reconnu. Mais un champion qui se veut le bras armé de la sécurité alimentaire africaine ne peut pas appliquer deux poids, deux mesures selon le niveau de richesse de ses clients.

    La levée de fonds du 16 avril 2026 offre une occasion historique. Avec des ressources financières sans précédent, une technologie de décadmiation éprouvée et des partenaires institutionnels comme l’#AFD qui pourraient conditionner leurs financements futurs à des engagements sanitaires clairs, l’OCP dispose de tous les outils pour étendre à l’Afrique ce qu’il fait déjà pour l’Europe. Ce serait là le véritable « programme d’investissement vert » : pas seulement décarboner la production, mais la rendre sûre pour tous les peuples qui en dépendent.

    L’Afrique n’est pas une décharge sanitaire. Elle mérite des engrais qui ne l’empoisonnent pas à petit feu.

    https://www.afrik.com/proposition-de-loi-cadmium-la-france-menace-les-phosphates-marocains-mais-lai

    #Maroc

    • https://www.afrik.com/proposition-de-loi-cadmium-la-france-menace-les-phosphates-marocains-mais-lai

      [...]
      La limite est que la proposition de loi vise les engrais importés, vendus ou utilisés en France. Elle ne vise pas les fruits, légumes ou autres denrées agricoles importés depuis des pays où les cultures peuvent avoir été produites avec des engrais plus chargés en cadmium.

      Concrètement, un maraîcher français serait soumis à des règles plus strictes sur ses fertilisants. Mais un fruit ou un légume importé du Maroc, ou d’un autre pays tiers, ne serait pas automatiquement interdit au seul motif que les engrais utilisés localement ne respecteraient pas les futurs seuils français. Ces produits relèvent du droit alimentaire européen, qui fixe des teneurs maximales en contaminants dans les denrées mises sur le marché, notamment pour les métaux comme le cadmium, le plomb, le mercure ou l’arsenic.

      Autrement dit, le contrôle porte sur le produit fini, pas sur toute la chaîne de fertilisation suivie hors de France. C’est une protection imparfaite qui repose sur des contrôles, des prélèvements et des rappels lorsqu’un dépassement est constaté.

      L’exemple des avocats rappelés chez Carrefour et Lidl
      L’actualité récente illustre ce décalage. Le 21 avril 2026, RappelConso a publié une fiche concernant des avocats marocains en filet de trois fruits de la marque Simpl, distribués par Carrefour, avec comme motif de rappel la présence de cadmium. Les lots concernés avaient été commercialisés dans toute la France.

      Quelques jours plus tôt, Lidl avait également rappelé des avocats du Pérou vendus en France pour dépassement de la teneur maximale autorisée en cadmium.

      Ces rappels montrent une faille du système. On peut durcir fortement les règles imposées aux agriculteurs français, tout en continuant à découvrir des dépassements sur des produits importés.

      Vers une distorsion de concurrence ?
      En l’état, la proposition de loi pose donc un double défi. Sur le plan sanitaire, elle répond à une urgence documentée, celle de réduire l’apport de cadmium dans les sols français et, à terme, dans l’alimentation. Sur le plan économique, elle crée une asymétrie potentielle.

      Les producteurs français pourraient être contraints d’utiliser des intrants plus chers, plus rares ou plus strictement contrôlés, tandis que des denrées importées resteraient soumises uniquement aux limites européennes sur le produit final. Pour éviter cette distorsion, il faudrait renforcer les contrôles aux frontières, cibler les filières à risque, publier davantage de données par origine et poser la question des conditions de production lorsque des alertes se répètent.

      La proposition de loi Cadmium ne constitue pas un bouclier alimentaire complet. Elle protège d’abord la production française de demain. Elle ne règle pas encore la question des #contaminations importées dans l’assiette des consommateurs.

  • Reinvigorating local epistemic communities around Alpine digital infrastructures

    What are the politics of political ecology? How can politics and ecology be conjugated in practice? For several years, I looked at political ecology as a powerful analytical framework to unveil the political dimension of ecological practices and environmental regulations across different scales and settings. Trained in critical development studies and anthropology, my approach to political ecology—like that of many others—drew on concepts and methodologies from diverse disciplinary and intellectual traditions (Marxist theory, subaltern studies, the anthropology of development, public policy analysis, environmental anthropology, and economic geography, etc.).

    I thought that this interdisciplinary framework would enable me to identify, describe, and critically assess power dynamics, inequalities, and structures of accumulation and dispossession within socio-ecological configurations. In this vein, my MA works were oriented in documenting the invisible consequences of European ecological transition policies on land rights of nomadic people in rural Western India. I then turned that same lens towards the Alps, the region where I have grown up. There, “failed” development projects, scientific approaches to mountain farming, and conservation-related conflicts gradually made me aware of the recurrent epistemic injustices that affect rural communities, even in Western Europe.

    It was in this spirit that, during my postdoctoral fieldwork at NICHE – Centre for Environmental Humanities (Ca’ Foscari University of Venice), I unexpectedly encountered a project for a future data centre, planned for construction in the belly of the Dolomites. Although potentially huge, the economic and ecological impact of this infrastructure had been little discussed with the valley inhabitants. In a moment when this mountain area was reinventing its economic trajectory, opportunities for debating the project had been hampered by local authorities. Technical data about resource consumption has not been made available. This very absence of data made it impossible for people to decide autonomously on the soundness of the project. In other terms—and differently from my previous research experiences—room for politics was not only reduced, but consciously obliterated.This awareness strongly influenced my presence in the field. Instead of attempting to elaborate scenarios on my own regarding the long-lasting consequences of this infrastructure, and more generally about how the material ecologies of the Alps would have become a financial asset, I turned my field research into an exercise of public imagination and collective research. Privileges (times, status) connected to my scholar condition proved useful in creating and sustaining a local epistemic community, rather than only documenting it. Soon, the research became a collective effort. Interviews and talks became occasions for elaborating alternative imaginaries with NGOs, local associations, and inhabitants. Writing resulted into a powerful tool for opening new possibilities. I was no longer the only one questioning the future data centre and wondering what to do. My approach to political ecology has shifted: from revealing the unspoken political dimensions of ecology to ecologizingpolitics itself, by actively participating in an ecology of political practices.

    https://pollenpoliticalecology.network/gabriele-orlandi-reinvigorating-local-epistemic-communit
    #montagne #IA #AI #infrastructure #intelligence_artificielle #Alpes #infrastructure_digitale #communautés_épistémiques #écologie_politique

    • Des ingénieur·es contre des paysan·nes ? Significations et ancrage local d’un conflit concernant l’implantation d’un #data_center dans une vallée alpine

      Cet article explore les dynamiques et les conflits qui accompagnent l’implantation d’un data center dans une vallée alpine italienne. Le projet, soutenu par un partenariat public-privé, vise à installer une infrastructure du web dans une ancienne mine en Val di Non/Nonsberg, dans les entrailles des Dolomites, bénéficiant d’un cadre légal approprié et de conditions environnementales perçues comme favorables, notamment en termes de consommation énergétique. En particulier, le texte met en évidence les dynamiques locales suscitées par ce projet. D’une part, le projet est considéré comme une opportunité de développement pour une région confrontée à des défis économiques et sociaux importants, notamment la désertification et le vieillissement de la population. D’autre part, il soulève des préoccupations environnementales et sociales, dans la mesure où le projet implique l’utilisation de deux ressources locales, l’eau et les terrains collectifs. Les réactions locales au projet sont variées : certain·es habitant·es s’opposent à la manière dont il est mis en œuvre, tandis que d’autres y voient une promesse de modernité et de renouveau économique. De manière plus générale, l’étude montre que les infrastructures du web telles que les data centers ne sont pas seulement des supports matériels pour l’économie numérique, mais aussi des vecteurs de changement des imaginaires sociaux et environnementaux de ces espaces alpins. Enfin, tout en illustrant les complexités et les contradictions inhérentes à la mise en place de telles infrastructures dans des contextes ruraux et montagneux, le cas de #Val_di_Non / #Nonsberg met en lumière une nouvelle façon de produire de la valeur à partir des écologies matérielles des montagnes alpines. Il appelle ainsi à un renouvellement des études critiques du développement et de la modernisation dans ces zones de montagne.

      https://journals.openedition.org/rga/15520
      #centres_de_données

  • Une gigantesque retenue d’eau au-dessus de Courchevel s’affaisse à une vitesse alarmante, poussant le préfet à prendre des mesures d’urgence
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/16/une-gigantesque-retenue-d-eau-au-dessus-de-courchevel-s-affaisse-a-une-vites


    La retenue de la Loze, près de Courchevel (Savoie), en 2023. ANTOINE CHANDELLIER/LE DAUPHINE/MAXPPP

    Une retenue d’eau creusée en 2020 pour garantir l’enneigement d’une piste de ski qui pourrait figurer aux #JO Alpes 2030 menaçait jusqu’à peu un hameau de la commune, selon une étude géomorphologique à laquelle « Le Monde » a eu accès.

    Les travaux réalisés pour garantir l’enneigement de la célèbre piste de l’Eclipse, à Courchevel (Savoie), pour les Championnats du monde de #ski alpin de 2023 et dans la perspective des JO Alpes 2030, ont-ils exposé les populations d’un hameau en contrebas à un scénario qui aurait pu être catastrophique ? Selon une expertise géomorphologique datée de décembre 2025 à laquelle Le Monde a eu accès, la retenue d’eau de la Loze, creusée en 2020 à 2 270 mètres d’altitude pour stocker les 170 000 mètres cubes d’eau nécessaires à l’enneigement des 3,2 kilomètres de piste, s’affaisse sur ses fondations à une vitesse alarmante.

    ça alors, on peut faire du dégât durable mais aussi instantané avec une bassine contenant 4 fois moins d’eau qu’à Sainte Soline

    #montagne #ingénieurs #Chamrousse

  • Le #non-alignement, nouveau clivage pour la #présidentielle ?
    https://lvsl.fr/le-non-alignement-nouveau-clivage-pour-la-presidentielle

    Moyen-Orient à feu et à sang, nouveau choc pétrolier, guerre d’usure entre la Russie et l’Ukraine, interventionnisme belliqueux de Donald #Trump, guerre commerciale… Le contexte #International pèsera comme une chape de plomb sur la prochaine élection présidentielle. Face au spectacle d’impuissance de leur pays sur la scène mondiale, les Français hésitent sur la réponse à apporter. Entre un large bloc centriste qui ne voit de salut que dans l’Europe et un Rassemblement national qui cherche la bonne distance face à Donald Trump, deux personnalités tentent de faire entendre une autre voix : Dominique #De_Villepin et Jean-Luc #Mélenchon. Le succès respectif qu’ils rencontrent fait état de la nostalgie d’une bonne partie des Français pour une #Politique de non-alignement.

    #2027 #Diplomatie #Etats-Unis #Europe_de_la_défense #gaullisme #Macron #Union_Européenne

  • #présidentielle #2027 : l’urgence du #non-alignement
    https://lvsl.fr/presidentielle-2027-lurgence-du-non-alignement

    Moyen-Orient à feu et à sang, nouveau choc pétrolier, guerre d’usure entre la Russie et l’Ukraine, interventionnisme belliqueux de Donald #Trump, guerre commerciale… Le contexte #International pèsera comme une chape de plomb sur la prochaine élection présidentielle. Face au spectacle d’impuissance de leur pays sur la scène mondiale, les Français hésitent sur la réponse à apporter. Entre un large bloc centriste qui ne voit de salut que dans l’Europe et un Rassemblement national qui cherche la bonne distance face à Donald Trump, deux personnalités tentent de faire entendre une autre voix : Dominique #De_Villepin et Jean-Luc #Mélenchon. Le succès respectif qu’ils rencontrent fait état de la nostalgie d’une bonne partie des Français pour une #Politique de non-alignement.

    #Diplomatie #Etats-Unis #Europe_de_la_défense #gaullisme #Macron #Union_Européenne

  • Cancer : des chercheurs mettent en évidence un lien entre les tumeurs colorectales chez les jeunes et un pesticide jugé sans risque
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/13/cancer-des-chercheurs-mettent-en-evidence-un-lien-entre-les-tumeurs-colorect

    Une équipe espagnole a repéré la signature moléculaire d’un herbicide dans les tumeurs de patients de moins de 50 ans, une population dans laquelle les cancers colorectaux sont en croissance rapide. Une approche novatrice qui remet en cause les protocoles réglementaires d’autorisation et la surveillance des pesticides.
    Par Stéphane Foucart

    Le #piclorame est un #pesticide utilisé depuis plusieurs décennies. Inconnu de l’opinion publique, il n’a jamais été classé #cancérogène, il est peu étudié et aucune autorité sanitaire ne surveille l’exposition de la population à cette substance. Des travaux novateurs, publiés dans la dernière édition de la revue Nature Medicine identifient pourtant cet herbicide comme une cause possible de l’envolée des #cancers colorectaux chez les moins de 50 ans.

    Appelée à faire date selon plusieurs chercheurs consultés par Le Monde, l’étude conduite par Jose A. Seoane (Institut d’oncologie Vall d’Hebron, à Barcelone, en Espagne) et ses coauteurs combine biologie moléculaire et #épidémiologie à grande échelle, et apporte des éléments d’explication inédits à une énigme épidémiologique tenace.

    Alors que son incidence décline chez les plus âgés, le cancer colorectal est en effet de plus en plus fréquent chez les jeunes dans de nombreux pays, dont la France. (...)

    https://justpaste.it/lsgsf

    voir aussi Cancer : pourquoi la France fait partie des pays les plus touchés au monde
    https://seenthis.net/messages/1139908

    #nonmaisc'estpasprouvé

  • Profs non remplacés : l’Education nationale condamnée à remplacer une enseignante après plus de 60 heures perdues
    https://www.liberation.fr/societe/education/profs-non-remplaces-leducation-nationale-condamnee-a-remplacer-une-enseig
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/YFGJ3CFRMVD4HGEZ4GBMMDIQIM.jpg?auth=dbbe5a63839f284a811ae95604dbd3a25ebaa

    Dans le Val-de-Marne, une professeure était absente depuis plus de quinze jours et a été remplacée juste après le dépôt du recours. Près de 200 requêtes similaires ont été entreprises contre l’État depuis 2018, selon la Cour des comptes.

    [...]

    Selon la Cour des comptes, ces absences constituent un préjudice reconnu par les tribunaux administratifs. 191 requêtes ont été introduites contre l’État depuis 2018 pour réclamer des indemnisations et ont conduit à 49 condamnations.

    En revanche, les condamnations forçant les rectorats à trouver des remplaçants sont rares, dit Me Joyce Pitcher, qui engage des poursuites contre l’État avec le mouvement #OnVeutDesProfs depuis 2022. A sa connaissance, seul le tribunal administratif de Nice a rendu une décision comparable, consultée par l’AFP, en avril 2025, enjoignant au ministère de remplacer le professeur de français d’une classe de 6e d’un collège de Grasse, dans les Alpes-Maritimes.

    https://justpaste.it/ntmhr

    • De notre côté, on a donc notre aînée qui est en terminale, et dont une des matières de spécialité est Physique-Chimie (parce que c’est fun). Et depuis le 23 mars dernier, pour une cause aussi inattendue qu’imprévisible pour le rectorat, sa prof est en congé maternité.

      Sans remplaçant(e).

      Depuis le 14 avril, elle a un remplaçant pour les 2 heures de TP (sur les 6 heures de cette spécialité).

      Elle devait avoir un prof remplaçant (pas clair : apparemment pour seulement deux heures de plus), mais comme c’est le sportif qui s’est illustré nationalement pour avoir mis une mandale à un gamin : suspension. Puis ça a été les vacances. Et la première semaine de reprise, le monsieur était en grève, donc toujours pas de cours.

      Et aujourd’hui, alors qu’elle aurait dû avoir son premier cours avec le monsieur, ils ont appris au dernier moment que finalement non, il n’a pas le droit de prendre de classe supplémentaire. Donc cours annulé.

      Donc, pour l’intégralité du troisième trimestre, au motif que sa prof a surpris tout le monde en tombant soudainement en congé maternité, mon aînée a sa matière de spécialité qui a sauté.

      Bref, je trouve cette information extrêmement inspirante, je commence à me renseigner (même si c’est désormais trop tard pour avoir un remplacement, puisqu’il n’y a plus cours en juin pour les terminales).

    • Ce que montre l’article, faute d’info plus détaillée, c’est que le nombre de procédures est infime. Alors que ce phénomène de non-remplacement et de « perte de temps scolaire » peut prendre des proportions absolument massiveS.

      La Seine-Saint-Denis se distingue encore par un pourcentage élevé d’enseignants non remplacés quand ils s’absentent en raison de congés maladie, maternité ou de formation. Au point d’engendrer une perte de temps scolaire.

      Dès 2018, le rapport parlementaire des députés François Cornut-Gentille (Haute-Marne, Les Républicains) et Rodrigue Kokouendo (Seine-et-Marne, La République en marche) sur l’évaluation de l’action de l’Etat en Seine-Saint-Denis reprend les estimations de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE 93) sur cette perte, qui s’élèverait en moyenne à une année sur l’ensemble de la scolarité des enfants de Seine-Saint-Denis.

      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/04/22/les-problemes-de-l-enseignement-en-seine-saint-denis-en-chiffres_6229161_435

      #école #sous_effectifs #non_remplacement

    • Remplacement des enseignants : les #élèves des collèges et des lycées perdent toujours 10 % de leurs heures de cours annuelles
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/12/remplacement-des-enseignants-les-eleves-des-colleges-et-des-lycees-perdent-t

      Alors que le ministère en a fait une priorité depuis 2022, les heures non remplacées sont beaucoup plus élevées qu’en 2018. Ce résultat questionne la stratégie du gouvernement, focalisée sur les absences ponctuelles, alors que les besoins augmentent pour des remplacements de longue durée.

      #éducation

  • Face aux contrôles des caisses d’allocations familiales : recourir ou ne plus recourir au(x) droit(s) ? - Marine Lamare
    https://hal.science/hal-05594481

    Depuis les années 2010, les discours politico-médiatiques sur la lutte contre la « fraude sociale » prospèrent fortement. Ils accompagnent une multitude de réformes venant légitimer et autoriser l’accroissement des moyens de #contrôle à disposition des agents des caisses d’allocations familiales (#CAF). L’usage de l’outil algorithmique se banalise et les transmissions de données entre les CAF et d’autres organismes comme les banques sont désormais monnaies courantes. Tout est donc fait pour détecter un maximum d’« #indus », souvent abusivement qualifiés de « fraudes ». Les #allocations reçues se transforment alors en #dettes, qui sont lourdes de conséquences pour ceux qui les avaient initialement perçues. Ils en font directement le récit dans le présent rapport, qui inclut également les retours d’expérience d’avocats, d’écrivains publics et de membres d’associations ou de collectifs de défense des droits. Si les propos recueillis témoignent ainsi des difficultés auxquelles les #allocataires contrôlés sont confrontés, ils montrent également les résistances et les contestations qui en découlent et qui peuvent aller jusqu’au #non_recours au(x) droit(s).

    • La CAF fait clairement le travail d’élaguage du fisc et des flics, avec une obligation de déclarer tes revenus tous les 3 mois, plus le croisement des fichiers avec le NIR comme base et pire qui sert d’identifiant pour te connecter. Sans compter l’obligation de livrer la teneur de tes comptes d’épargne et de supporter des personnes qui se disent travailleurs sociaux mais dont le rôle ressemble plus à de la surveillance sociale avec des rendez-vous de conseils à te pousser au salariat une fois que tu seras passé chez le coiffeur pour la teinture. J’ai renoncé à ce monde infect de la CAF après un contrôle entre deux graves opérations (heureusement sans conséquences que le stress) mais ça faisait vraiment trop à supporter.

      J’espère un jour organiser des stages très cher et d’au moins 3 mois, avec sanction financière à la clef pour nos chers sénateurs ou députés qui voudraient goûter à cette vie d’assisté qu’ils voudraient un peu plus harceler pour augmenter le taux de suicide toujours inconnu, certaine qu’ils vont adorer ça.

  • La #protection_des_eaux européennes menacée au nom de la « #simplification »

    La #Commission_européenne veut réviser la #directive de protection des eaux, une des pierres angulaires de la politique environnementale, pour faciliter l’ouverture de #mines. L’#industrie_extractive jubile. Les ONG et les #services_de_traitement_des_eaux fulminent.

    Jeudi 16 avril, à Bruxelles, une petite dizaine de personnes sont rassemblées devant le bâtiment qui abrite la Commission européenne. Elles arborent des banderoles sur lesquelles des slogans dénoncent les #pollutions de l’eau liées à l’#extraction_minière. On trouve parmi elles des représentant·es d’ONG (WWF, Bureau européen de l’environnement) mais aussi des membres de communautés affectées par l’activité minière ou qui craignent de l’être.

    Par exemple, Simon Isak Marainen. Sa tenue traditionnelle montre son appartenance au peuple autochtone des Samis, en Suède. S’il est venu jusqu’à Bruxelles, c’est pour exprimer son indignation face aux projets d’extraction qui se multiplient en #Laponie, dont celui du gisement de #terres_rares de #Per-Geijer et le projet d’extraction de #graphite #Vittangi_Anode.

    Ces deux mines sont labellisées « #projets_stratégiques » par l’Union européenne (UE), qui vise davantage d’#autonomie vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en #matières_premières_critiques. Du point de vue de Simon Isak Marainen, « elles sont surtout une menace pour [le] mode de vie [des Samis], pour l’élevage de rennes et pour l’eau de toute la population de la région ».

    Au même moment, à quelques dizaines de mètres, dans les locaux du Conseil de l’UE, la Commission briefe des fonctionnaires issu·es des vingt-sept États membres au sujet de la révision inattendue, et controversée, de la directive-cadre sur l’eau. « Cette Commission veut plaire à l’industrie, et cela fait bien longtemps que l’#industrie_minière pousse pour rouvrir la directive-cadre sur l’eau », témoigne un expert d’un État membre, sous couvert d’anonymat.

    Cette directive, adoptée en 2000, est l’une des pierres fondatrices de l’acquis environnemental européen, dont l’objectif, contraignant pour les États membres, est d’atteindre un « bon état écologique et chimique » des eaux de surface et souterraines en 2027, dernier délai.

    Autonomie contre #écologie

    Les résultats sont loin d’être au rendez-vous : seules 39,5 % des masses d’eau européennes atteignent ce bon état écologique. La Commission, dans sa « Stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau », datée de juin 2025, rappelait pourtant le rôle de « boussole » de cette directive, pointant plutôt les errances des États membres dans sa bonne application.

    Cette profession de foi n’a pourtant pas empêché la même Commission, quelques mois plus tard, le 2 décembre, de surprendre son monde, y compris ses propres services, en annonçant son intention de « réviser » le texte, afin de le « simplifier », en sautant la case de l’évaluation préalable. « Nous sommes profondément choqués de voir que la Commission semble répondre favorablement à l’industrie qui réclame littéralement un #droit_à_polluer », lance Sara Johansson, du Bureau européen de l’environnement.

    « Nous ne demandons pas un “droit à polluer”, rétorque Rolf Kuby, directeur d’#Euromines, le lobby européen de l’industrie minière, mais des adaptations nécessaires pour répondre aux besoins sociétaux et accroître l’autonomie européenne. L’UE a besoin de mines pour réaliser sa #transition_climatique, pour son industrie de défense, sans dépendre intégralement de pays tiers. »

    De fait, la Commission a lâché sa petite « bombe » au détour d’un paragraphe de son nouveau plan, #RESourceEU, destiné à « garantir l’approvisionnement européen en matières premières critiques », et donc à réduire les dépendances à l’égard de pays tiers. L’UE affiche un objectif : en 2030, elle devra puiser dans ses #sous-sols au moins 10 % des matières premières critiques qu’elle consomme, que l’on parle de graphite, de #lithium ou de terres rares.

    Depuis des années, l’industrie minière a bien compris l’argumentaire qu’elle peut en tirer, et focalise son attention sur la directive-cadre sur l’eau, qu’elle considère comme un obstacle au déploiement de ses nouveaux projets. Sa cible, c’est « le #principe_de_non-détérioration », c’est-à-dire le cœur de la directive, au centre de nombreux contentieux.

    Le risque du détricotage

    Selon ce principe, les autorités doivent refuser l’octroi d’un « #permis_d’environnement » à tout projet qui dégraderait l’état d’un cours d’eau ou d’eaux souterraines. La notion a été consolidée devant la Cour de justice de l’Union européenne en 2015, avec l’#arrêt_Weser qui stipulait que la dégradation d’un seul élément de qualité de l’eau devait aboutir au rejet d’un projet. La directive prévoit des exemptions à ce principe, mais la #non-détérioration reste un « obstacle énorme », assène Rolf Kuby.

    Les projets miniers, lorsqu’ils sont autorisés, le sont à l’issue d’un parcours de dix à quinze ans, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes européenne. Euromines s’est trouvé des compagnons de route en formant avec dix-sept autres associations professionnelles, dont celle qui représente le secteur pétrolier et gazier (l’#IOGP), une coalition informelle au sujet des permis d’activité ciblant notamment la directive sur l’eau.

    « Il est vrai qu’après l’arrêt Weser, la directive est devenue un puissant instrument pour bloquer des projets miniers, confirme Nick Voulvoulis, directeur adjoint au centre de politique environnementale de l’Imperial College, à Londres, spécialiste de l’eau. Et comme le bon état des eaux ne sera pas atteint en 2027, l’industrie y voit une occasion d’affaiblir la directive. Un tel affaiblissement irait à l’encontre des objectifs d’adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité. Il créerait un précédent vers la #dérégulation d’autres activités ayant un #impact_environnemental. »

    L’activité minière peut entraîner de multiples #pollutions, des #drainages_miniers_acides, des #contaminations aux #métaux_lourds, des rejets de #substances_chimiques. Cette possible recrudescence de pollutions locales inquiète au plus haut point les ONG mais aussi les services d’#eau_potable et d’#assainissement, réunis au sein d’#EurEau, car c’est à eux qu’incombe le traitement des eaux avant consommation.

    Pour Sébastien Mouret, conseiller politique chez EurEau, « si on affaiblit le principe de non-détérioration, les conséquences seront dramatiques pour les écosystèmes et pour l’eau potable, qui deviendra plus difficile à traiter. Les coûts du traitement augmenteraient et seraient reportés sur le consommateur. On se situerait aux antipodes du principe “pollueur payeur”, inscrit dans la directive mais rarement appliqué ».

    La Commission vient d’achever une rapide consultation publique au sujet de la révision à venir, dont les contours sont encore incertains. Contactée par Mediapart, une de ses porte-parole rappelle simplement que la commissaire suédoise en charge de l’environnement, Jessica Roswall, « a souligné les difficultés liées à la manière dont la directive est appliquée, en particulier en ce qui concerne les procédures d’octroi de permis pour des projets dans le secteur des matières premières critiques ».

    Même si la Commission ne propose qu’une révision ciblée de la directive (par exemple pour les seuls projets stratégiques d’extraction de l’UE), le résultat final pourrait lui échapper. Le Conseil mais surtout le Parlement pourraient se lancer dans un détricotage du texte à grands coups d’amendements. Les industries de la chimie, de la #cosmétique, les entreprises pharmaceutiques réclament aussi des assouplissements. La proposition de modification de la Commission européenne est attendue avant les vacances d’été.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/300426/la-protection-des-eaux-europeennes-menacee-au-nom-de-la-simplification
    #eau #UE #EU #union_européenne #extractivisme #environnement

  • #6 2025/26 (Danitsa; Margherita Becchetti: “Non per bellezza”; Giancarlo Piacci)
    https://radioblackout.org/podcast/6-2025-26-danitsa-margherita-becchetti-non-per-bellezza-giancarlo-pia

    In questo puntata: la cantante franco-svizzera #Danitsa; Margherita Becchetti con il libro «Non per bellezza» su come sono state accolte le donne #partigiane; Giancarlo Piacci...

    #GiancarloPiacci #Nonperbellezza
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/Putage20260412.mp3

  • 02_04_26 – Carella Cap’du nord experience_ season finale
    https://radioblackout.org/podcast/02_04_26-carella-capdu-nord-experience_-season-finale

    la fine di un lungo viaggio ❄️ Honninswag > North Kapp < CARELLA Cap’duNord Experience SEASON FINALE ❄️ 🦴 Il meglio delle produzioni Arsider, lore e querele: anteprima RIOT VIBE CHECK

    #Capo_Carella #non_si_può_dire #Nordkapp-Cerignola
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/04/ARSIDER-02_04_26_-Capo-Carella-ultima-puntata-da-Onniswag-RIOT-VIBE-C

  • New peer learning course: What you can do to support people living with Noncommunicable diseases in #humanitarian_settings
    https://redasadki.me/2026/03/24/new-peer-learning-course-what-you-can-do-to-support-people-living-with-non

    The Geneva Learning Foundation (TGLF), in collaboration with Dr Shanthi Mendis, is pleased to announce the first Certificate peer learning programme for noncommunicable diseases (NCDs). The first primer course is for everyone who works for health and wants to better support living with #NCDs during a humanitarian emergency. Learn more & enroll in English | […]

    #Global_health #The_Geneva_Learning_Foundation #Certificate_peer_learning_programme_for_noncommunicable_diseases_NCDs_ #global_health #humanitarian_health #humanitarian_response #Non-communicable_diseases

  • Puntata del 10/03/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-10-03-2026

    Il primo argomento della serata è stato lo #sciopero_transfemminista globale 2026, ne abbiamo parlato in collegamento telefonico con Chiara di #non_una_di_meno_torino: “Quest’anno sarà ancora sciopero transfemminista, lunedì 9 marzo, e l’8 sarà una giornata di lotta e mobilitazione. Due giorni potenti che fermino la produzione e la riproduzione sociale, che […]

    #8_marzo #Al_cobas_Milano #corteo #CUB_Trasporti #ddl_Bongiorno #deragliamento #guerra #handling #INCIDENTI_SUL_LAVORO #lavoro_riproduttivo #linate #Malpensa #morti_sul_lavoro #queer #riarmo #sicurezza_sul_lavoro #torino #tram #trans #trasporto_aereo #trasporto_pubblico #violenza_di_genere
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/03/F_m_10_03_Chiara-NUDM-Torino-su-sciopero-transfemminista-2026.mp3

  • Verso l’8 Marzo : weekend di #sciopero_transfemminista
    https://radioblackout.org/2026/02/verso-l8-marzo-weekend-di-sciopero-transfemminista

    Verso l’8 marzo, Non Una Di Meno lancia un intero weekend di mobilitazione transfemminista: tre giorni di sciopero e iniziative per rimettere al centro lavoro, riproduzione sociale e conflitto, sull’onda dell’opposizione ai piani del governo tra cui il DL Bongiorno. L’obiettivo è bloccare, anche simbolicamente, i meccanismi della produzione e della riproduzione sociale, rendere visibile il lavoro […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #8_marzo #non_una_di_meno
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/nudm.mp3

  • Usagers du service public : quand les démarches administratives virent au casse-tête - Actu-Juridique
    https://www.actu-juridique.fr/administratif/service-public/usagers-du-service-public-quand-les-demarches-administratives-virent-

    À en croire les messages gouvernementaux, les #démarches_administratives n’ont jamais été aussi faciles… Pourtant les requêtes auprès du Défenseur des #droits concernant la communication avec les organismes publics n’ont jamais été aussi nombreuses.

    C’est une galère que rencontrent beaucoup de Français, qui préfèrent la garder tapie dans leur quotidien, dans leurs téléphones, dans leurs esprits embués : la #violence_administrative, le blocage des dossiers, le silence des agents, l’incompréhension des démarches et des outils qu’elles requièrent désormais toutes. Qu’il s’agisse de la Caisse nationale des allocations familiales (#CAF) ou de #France_Travail, de la caisse de #retraite, des URSSAF ou des impôts, beaucoup perdent des points de vie à trouver – ou non – l’issue de leur situation administrative. Malgré le travail des assistantes sociales, la multiplication des médiateurs dans les administrations (ou les entreprises privées ou semi-privées), malgré la multiplication des maisons France Services ou le travail consciencieux du Défenseur des droits, la raquette compte encore de nombreux trous dans lesquels se perdent des Français précarisés et oubliés.

    Ce fut le cas de Teresa qui pendant un an a vécu comme suspendue à un fil, au bout duquel la CAF sonnait toujours occupée. Vivotant longtemps grâce au revenu de solidarité active (#RSA), la jeune aide à domicile qui travaillait très irrégulièrement en remplacement chez des personnes âgées a un jour eu la surprise de voir ses allocations supprimées à première vue sans motif. « Les gens n’imaginent pas l’investissement que ça demande, de monter un dossier RSA. Alors je faisais bien attention à tout bien déclarer… Ce jour-là, non seulement je me suis sentie seule, mais surtout je n’avais même plus de filet. D’un coup, je me suis dit : je vais finir sous les ponts… Et le pire c’est qu’après on m’a demandé de rembourser un trop perçu de 320 euros et des poussières. » Inlassablement, à heure fixe tous ses matins libres, la jeune femme passait donc des heures au téléphone pour tenter d’obtenir des réponses ou le réexamen de son dossier. Jusqu’à ce jour de 2025 où le verdict tombe : « Une erreur dans le traitement de son dossier » a fait d’elle une naufragée.

    Très loin de la galvaudée phobie administrative, qui désigne la procrastination qui peut toucher certaines tâches administratives, de nombreuses personnes peuvent voir leurs dossiers coincés, leurs #allocations bloquées par des administrations aux formulaires de plus en plus informatisés, aux interactions de plus en plus automatisées, déshumanisées, incompréhensibles. Alors que 82 % des démarches administratives se font grâce à l’outil numérique, certains citoyens sont également largués en eaux troubles. L’illectronisme touche 15 % de la population (62 % chez les 75 ans ou plus) et, selon le Baromètre du numérique 2025, 44 % des Français déclarent rencontrer des difficultés dans leurs démarches administratives en ligne. L’Insee estimait déjà en 2021 qu’un tiers des adultes avait renoncé à effectuer une démarche en raison de ces obstacles. Un phénomène qui alimente le #non-recours aux droits, évalué jusqu’à 30 % pour certaines prestations sociales. Et parfois la situation critique vire au drame social. En 2012, à Nantes et Mantes-la-Jolie, deux personnes se donnaient la mort en s’immolant par le feu : un homme en fin de droits au chômage à qui l’on réclamait un trop perçu, devant son agence France Travail, un allocataire du RSA à qui l’on réclamait également un trop perçu devant son conseiller CAF. Moins d’un an plus tard, à Évry, un quadragénaire originaire du Nigeria tentait de s’immoler par le feu à la sous-préfecture de Palaiseau après le refus de l’administration de lui prolonger son #titre_de_séjour pour cause de divorce. En 2017, c’est un jeune Tchadien de 22 ans qui – s’étant vu refuser son droit d’asile – avait tenté de mettre fin à ses jours de cette manière.

    #dématérialisation #administration #caisses_sociales

  • #Typothèque #Bye_Bye_Binary

    La typothèque Bye Bye Binary rassemble et diffuse une collection de caractères typographiques post-binaires réalisés au sein de la collective et au-delà, pour les usages du plus grand nombre. À la différence d’une fonderie dont la propriété est le socle, la collective #BBB propose cet espace comme un lieu d’accueil et de diffusion pour ses adelphes dessinateur·ices de caractères désireux·ses de publier leurs fontes en communauté de pensée. BBB accompagne la finalisation de la «  qunification  » des fontes pour assurer la compatibilité, la présence et le bon fonctionnement des caractères post-binaires au sein de la fonte (voir page QUNI). BBB n’a pas pour seul but le dessin de caractères mais, plus largement, d’alimenter le débat sur la charge politique du design graphique, du langage, des représentations des corps et des identités. La collective Bye Bye Binary adopte une position de recherche militante et communautaire, c’est-à-dire par et avec des personnes concernées, à travers un prisme féministe, queer, trans*, pédé·e, bi·e, gouin·e.

    https://typotheque.genderfluid.space
    #typographie #genre #non-binaire #non-binarité #font #inclusivité #écriture_inclusive

  • L’historien Dipesh Chakrabarty : “Les humains pensent à tort être les plus importants sur Terre”
    https://www.telerama.fr/livre/l-historien-dipesh-chakrabarty-les-humains-pensent-a-tort-etre-les-plus-imp

    Tout à la croissance et la technologie, les Hommes se comportent en espèce dominante sur la planète, regrette le penseur indien, figure des études postcoloniales. Qui prône l’humilité devant toute forme de vie, au nom de notre avenir commun.

    Illustration Erica Urzua pour Télérama
    Par Weronika Zarachowicz

    Publié le 20 octobre 2024 à 09h58

    Comment faire entendre les voix effacées de l’Histoire ? Ainsi pourrait-on résumer la démarche de Dipesh Chakrabarty, né dans une famille de brahmanes de la classe moyenne de Calcutta. Géant des études postcoloniales, cet historien indien, longtemps marxiste, s’est d’abord intéressé aux « subalternes », paysans et ouvriers indiens ignorés des récits historiques, avant de renouveler, depuis l’Inde, le regard sur les sociétés non-occidentales et décentrer l’histoire mondiale (dans Provincialiser l’Europe, sa première reconnaissance internationale). Nouveau « décentrage » en 2003, quand Dipesh Chakrabarty devient l’un des premiers chercheurs en sciences sociales à se préoccuper du bouleversement climatique et à entremêler temps de l’histoire humaine et de la planète. Rencontre avec un penseur aussi subtil qu’humaniste.

    Pourquoi si peu d’historiens se sont-ils intéressés au changement climatique ?
    Comme la plupart des humanistes, ils ont partagé l’orgueil de la science et de la technologie. Je cite un historien très respecté de Harvard, Charles S.Maier, qui a écrit sur le XXᵉ siècle sans mentionner le changement climatique, une décennie après la création du Giec. Moi-même, je l’ai découvert en 2003, très tardivement. La critique du capitalisme était l’alpha et l’oméga des historiens.

    Mais la seule histoire du capitalisme ne peut nous faire prendre la mesure de la situation humaine actuelle. Si vous blâmez uniquement le capitalisme occidental, comment comprendre l’expansion de la classe moyenne en Inde, en Chine ? Les gens qui, comme moi, la rejoignent et dont la vie s’est améliorée ? Nous sommes les principaux consommateurs aujourd’hui, sans être des impérialistes occidentaux.

    À l’inverse, la planète nous invite à l’humilité, en rappelant qu’elle n’a pas été faite pour nous. Elle nous exhorte aussi au retrait, au recul, à une forme de décroissance : ne vous étendez pas trop, ne détruisez pas la biodiversité, les forêts, les glaciers… Son troisième message, et c’est le plus difficile, est de refonder le politique, non pas seulement en termes de souveraineté humaine, mais en termes de partage du monde avec les non-humains. Les travaux de Philippe Descola, Donna Haraway, Anna Tsing ou Bruno Latour auquel je dois tant, ont ouvert la voie. Le problème est que nous ne savons pas comment aller d’ici à là. Parce que nous appartenons tous à des classes « emprisonnées », « verrouillées ».

    Que voulez-vous dire ?
    Nous comprenons, sur le plan cognitif. Mais nous ne nous comportons pas en fonction de ce que nous savons. Chacun d’entre nous agit pour pouvoir vivre demain, à court terme. Il est très difficile pour le cerveau humain d’avoir une vision à long terme.

    Il faudrait abandonner toute technologie ?
    Certainement pas ! Mais pour nous libérer de notre mode de vie ultra énergivore et consumériste, il faut commencer par reconnaître ce que la technologie nous apporte, ce que l’on veut garder et abandonner. .

    #Climat #Biosphère #Non-humains #Ecologie #Symbiose