#non-binarité

  • Qu’est-ce que la non-binarité ? Entretien avec la sociologue Karine Espineira - Les Inrocks
    https://www.lesinrocks.com//2018/07/08/actualite/quest-ce-que-la-non-binarite-entretien-avec-la-sociologue-karine-espinei

    On est dans une société où on a deux sexes sociaux, et donc deux genres, homme et femme, auxquels correspondent des rôles bien précis. Il y a donc des gens qui ont peur que ce que j’appelle “l’ordre des genres” soit chamboulé. Car, d’un seul coup, ce sont les rôles qui se re-distribués, qui sont critiqués, analysés etc. Et donc il y a la peur que la société, telle qu’un certain nombre de gens la voient, change, évolue. Ce sont des mouvements conservateurs, qui veulent ne rien changer à nos croyances et à notre culture. Bref, c’est le rejet de la différence. Donc je ne suis pas du tout étonnée que la vidéo d’Arrêt sur images ait suscité cela. C’est une grande peur des mouvements traditionalistes et conservateurs, on veut un papa, une maman, des enfants, un couple hétérosexuel, une filiation hétérosexuelle, une culture qui soit Française...

    Pensez-vous qu’à terme l’administration française reconnaîtra un genre “neutre” et y êtes vous favorable ?

    Je suis complètement partagée là-dessus. Il y a toujours danger à créer de nouvelles cases. Si on interroge les personnes trans, qui sont largement concernées par cette question, elles-mêmes sont très partagées. Il y a des personnes trans qui sont par exemple non-binaires et qui souhaiteraient autre chose que le genre homme-femme, et qui seraient pour cette troisième case qui pourrait être le genre neutre par exemple. D’autres groupes y verraient plutôt la possibilité d’une discrimination de plus : cette case serait un marqueur, et, selon les régimes politiques en place - et on a parfois même des démocraties qui ne sont pas des bonnes démocraties… - cela pourrait poser problème. Imaginons l’usage que pourrait faire un gouvernement un peu raide de cette troisième case...

    L’autre solution qui moi, me paraîtrait intéressante c’est de se poser la question de savoir si on a vraiment besoin, sur les papiers d’identité, d’avoir le M ou le F (pour masculin/féminin), si sur les papiers de sécurité sociale on a vraiment besoin du 1 ou du 2 (pour masculin/féminin). Est-ce que notre société ne serait pas capable de vivre sans ce marqueur-là ? Au-lieu de rajouter une case, ne peut-on pas se demander si on a vraiment besoin de ces deux cases ? Je suis d’origine chilienne, et, j’ai déjà eu une carte d’identité là-bas où il n’y avait pas ces marqueurs, juste moi ! Mais bon, depuis, le pays a rajouté le F et le M.

    Je poste en mieux et je choisis un extrait pour @rastapopoulos. Moi je suis en colère contre M. Barbu qui jouit du privilège qu’on ne le prenne pas pour une débile chaque fois qu’il ouvre la bouche et qui se paye le luxe d’être un peu une femme quelque part (nulle part, mon gars, c’est pas un sentiment, c’est une expérience sociale !) et un peu aussi de voir qu’on ne peut être contre ça qu’en étant réac. Mais son exigence de voir tout le monde échapper un jour à la réduction à son sexe et à sa signification sociale étriquée me rassure un peu.

    Une copine m’a indiqué cet article pour ce que dit l’autrice du besoin, à un moment, pour beaucoup de personnes trans, de cultiver l’apparence (biologique ou symbolique, barbe ou robe) du sexe auxquelles elles s’identifient. Je pense que s’identifier sans faire aucun effort pour l’être, c’est se branler la nouille (soit un truc de gars qui ignore tout de ce qu’on vit et se paye des fantasmes sur le fait qu’il ne vit pas dans un monde social mais chez les fameux Bisounours).

    #genre #transidentité #non-binarité #gender-fluid #queer


  • Homme-femme, homo-hétéro: quand les catégories volent en éclat

    Les personnes #LGBTIQ en Suisse sont, encore aujourd’hui, la cible de violences et de discriminations. L’existence d’une communauté reste ainsi fondamentale pour revendiquer l’#égalité des #droits et lutter contre l’#isolement social, affirme Caroline Dayer, experte des questions de #genre. Et si l’acronyme ne cesse de s’allonger, c’est parce que les jeunes réfutent désormais une vision binaire de la sexualité. Interview.


    http://www.swissinfo.ch/fre/lgbtiq_homme-femme--homo-h%C3%A9t%C3%A9ro--quand-les-cat%C3%A9gories-volent-en-%C3%A9clat/43325262
    #homosexualité #LGBT #violence #discriminations #complexité #mots #vocabulaire #terminologie #binarité #non-binarité

    Article de @stesummi