• The French domestic “sanitary pass” did not solve Covid-19 vaccination inequities in France | medRxiv
    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2022.01.03.22268676v1

    The French sanitary pass led to an increase in vaccination rates in France, but local heterogeneities in vaccination rates remain. To identify potential determinants of these heterogeneities and how the French sanitary pass influenced them, we used a data-driven approach on exhaustive nationwide data, gathering 181 socio-economic and geographic factors. Our analysis reveals that, both before and after the introduction of the French sanitary pass, factors with the largest impact are related to poverty, with the most deprived areas having greater than 10 times the odds of being among the districts with lower vaccination rates.

  • Le passe vaccinal détruit l’avenir des adolescents

    « Tu veux retourner au ciné ? Aller en soirée ? Pense à te faire vacciner. » Le bout de papier date de cet été, mais il est déjà un peu jauni. Je l’ai accroché sur le mur de la cuisine, pour mémoire. C’est un flyer pour les adolescents qui fait la promotion d’un vaccinodrome ouvert dans la salle polyvalente du coin, avec les logos de la préfecture, de l’Agence régionale de santé et de l’hôpital. Dans une petite bulle, au-dessus d’un dessin représentant une infirmière et un enfant avec une seringue sur le bras, il est même écrit : « 1 entrée offerte à la base de loisirs pour toute personne vaccinée lors de cette opération. »

    Au moment où ce flyer a atterri dans ma cuisine, on savait depuis longtemps que les adolescents en bonne santé ne couraient qu’un très faible risque d’être atteints d’une forme grave de Sars-Cov-2, comme l’a constaté la Haute autorité de santé. En juin 2021, le Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) rendait son avis au ministère de la Santé sur l’extension de la vaccination aux 12-18 ans. Il rappelait que « les formes graves de l’infection par la Covid-19 sont très rares chez les moins de 18 ans » et que « le recul existant ne permet pas d’assurer la pleine sécurité de ces nouveaux vaccins chez l’adolescent ». Selon le CCNE, les adolescents n’auraient donc aucun bénéfice médical à être vaccinés et ne le feraient que pour contribuer à un bénéfice collectif, celui de renforcer l’immunité au sein de la population. Aussi, « il semble souhaitable […] d’accepter de vacciner contre la Covid-19 les adolescents qui le demandent, mais après avoir reçu une information claire et adaptée à cette tranche d’âge sur les incertitudes liées à la maladie, au vaccin lui-même et à son efficacité à moyen et long terme. Avec cette mise en garde : « Si la vaccination leur était présentée comme leur seule chance de retour à une vie normale, cette pression effective poserait la question de la validité de leur #consentement. »

    Consentement extorqué

    Un mois après l’avis du CCNE, le gouvernement a annoncé l’entrée en vigueur du passe sanitaire : les #adolescents #non_vacciné s sont interdits de sport, de bibliothèque, de piscine, de cinéma, de musée, de train, de concerts, de café et de restaurant. Sur la base des informations fournies par les entreprises pharmaceutiques, on a martelé que les vaccins sont sans risques. Le gouvernement a méprisé les recommandations éthiques les plus élémentaires et bafoué le consentement des adolescents.

    Six mois plus tard, en pleine vague Omicron, on constate que les vaccins disponibles n’offrent pas une immunité durable et n’ont qu’une efficacité modérée sur la contagion. Pour les jeunes sans comorbidité, la balance #bénéfice-risque est devenue très discutable. Il n’y a pas de retour à la vie normale. Et il semblerait qu’en plus d’avoir extorqué leur consentement par la culpabilisation et le chantage au passe sanitaire, on ait exposé la santé de près de 3,8 millions d’adolescents (76,6 % des 12-17 ans sont vaccinés [1]). Impossible de savoir quelles répercussions ces deux doses pourraient avoir sur leur santé. Peut-être aucune, espérons-le. Sinon, il y a de fortes chances pour que personne n’en endosse jamais la responsabilité.

    [...]

    Peut-être avons-nous tellement refoulé notre impuissance et notre culpabilité face à ce futur impensable que nous n’arrivons plus à défendre quoi que ce soit au présent. Mais nous ne pouvons assumer la responsabilité du présent que si nous réussissons à nous ressaisir de notre responsabilité vis-à-vis de l’avenir. Si nous voulons trouver la force de lutter contre ce que le quotidien offre de décisions ineptes et injustes, nous sommes obligés d’affronter les perspectives les plus sombres et de construire, face à elles, de vraies alternatives politiques, sensées et concrètes.

    https://reporterre.net/Le-passe-vaccinal-detruit-l-avenir-des-adolescents

    #Celia_Izoard #Reporterre

    • #Belgique : Rentrée particulière pour des centaines d’élèves : « On n’a plus eu cours depuis un mois et demi »
      https://www.rtbf.be/info/regions/hainaut/detail_rentree-particuliere-pour-des-centaines-d-eleves-on-n-a-plus-eu-cours-de

      C’est la conséquence d’un concours de circonstances fâcheux : plusieurs centaines d’élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles n’ont plus eu cours depuis six semaines.

      A l’école communale Pascal Hoyaux, à Manage, dès le début du mois de décembre, des classes ont dû être fermées pour cause de cas positifs. Malgré ces fermetures, la flambée des contaminations s’est poursuivie, contraignant l’établissement à fermer entièrement ses portes durant dix jours, à partir du 7 décembre. A ce moment-là, une cinquantaine d’enfants étaient positifs au coronavirus, sur 438 élèves.

      Fermetures et congés en cascade
      L’école devait donc rouvrir le 17 décembre. Mais c’était sans compter sur la semaine de congés anticipés dans tout le pays, décidée par le Codeco en raison de la situation sanitaire. Les cours ont donc été suspendus une semaine de plus, avant le début des vacances de Noël.

      Ce lundi 10 janvier signe donc enfin la reprise pour ces élèves, après un mois et demi de congés forcés. . . . . . . .

  • « Emmerder les Français ? Une belle opération de communication. Macron a fait le pari de tout miser sur la vaccination. Faire porter la responsabilité de la contamination sur les non-vaccinés est une façon habile de faire oublier la sienne, à un moment où cette option s’avère insuffisante. »

    Les oligarques sans doute à la demande du sondage réalisé par William Thay, président du think tank gaulliste Le Millénaire, militant LR qui rêve de devenir « l’homme de l’ombre » puissant auprès d’un élu de premier plan - il cite volontiers en modèle le très influent cardinal de Richelieu et espère plus modestement être candidat aux régionales sur la liste de Valérie Pécresse.
    ( Source Le Figaro ).

    Les interprétations :

    – LREM championne du "self-made-man" et LFI à l’opposé.
    – Le P$ et Europe Écologie les Vendus : « laissez les crever ! »
    – Intéressant concernant ceux qui sont les mieux à même de défendre les fondamentaux de la sécurité sociale !
    – On veut nous faire croire que LREM serait le camp des raisonnables !
    Ne plus soigner les non-vaccinés est donc raisonnable ? Et demain quoi ? On abandonne les fumeurs qui ont un cancer, les accidentés de la route qui ont brûlé un feu ? https://twitter.com/Les__Infiltres/status/1479952085827436551?cxt=HHwWjoC-hZel7IkpAAAA
    Quand on voit le résultat de ce sondage on ne peut que constater que l’extrême centre est radicalisé et nous mène sur une pente glissante vers un crédit social à la chinoise voir : Bons et mauvais Chinois ! https://www.monde-diplomatique.fr/2019/01/RAPHAEL/59403

    – 74%… La radicalisation de l’électorat LREM en un chiffre !
    – C’est un bon révélateur de l’autoritarisme forcené de cet extrême-centre.
    ....

    • William Dab : « Insulter les personnes non vaccinées permet de masquer l’insuffisance de la santé publique de terrain »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/01/09/william-dab-insulter-les-personnes-non-vaccinees-permet-de-masquer-l-insuffi

      Les propos tenus par le président de la République dans « Le Parisien » n’inciteront pas à la vaccination, au contraire, estime l’épidémiologiste et ancien directeur général de la santé, dans une tribune au « Monde ».

      Tribune. Les récentes déclarations agressives d’Emmanuel Macron vis-à-vis des personnes non vaccinées contre le virus SARS-CoV-2 ont suscité beaucoup de commentaires. Cependant, le point principal n’a pas été souligné : le président de la République a présenté ses propos comme une « stratégie ». D’où la question : qu’est-ce qu’une stratégie de santé publique ?

      Une stratégie recouvre l’ensemble des initiatives favorisant la faisabilité et l’acceptabilité des mesures de prévention. Elle vise à maximiser les bénéfices des actions et à minimiser leurs inconvénients. Elle part du constat que le risque sanitaire n’est pas qu’un objet médical : c’est une notion sociotechnique. Il existe de nombreux exemples d’actions de santé publique d’efficacité médicale démontrée, mais dont les résultats ne sont pas au rendez-vous faute d’une stratégie adéquate. Le dépistage des cancers du sein et de l’utérus chez les femmes et celui du cancer colorectal pour les deux sexes sont des exemples frappants. Si on applique cela à la question des personnes non vaccinées, qu’est-ce que cela signifie ? Nul doute qu’il s’agit d’un enjeu crucial pour l’évolution de l’épidémie et le fonctionnement du système de soins.

      Premièrement, il faut savoir qui sont les personnes non vaccinées et quelles sont leurs motivations. Il est évident que cette catégorie n’est pas homogène. Entre les antivax proprement dits, ceux qui ont des contre-indications médicales, ceux qui hésitent et ceux qui sont méfiants, les postures sont différentes et appellent des réponses différentes. Dans chaque situation, les risques attachés à la contagion et les bénéfices des outils de prévention sont perçus différemment. Qu’en sait-on ? Où sont les enquêtes scientifiques qui permettent de le savoir ? Sans cette compréhension, la santé publique est aveugle.

      Deuxièmement, pour chacun de ces groupes, il convient de lister les outils d’intervention disponibles et de s’interroger sur leur efficacité. Il y a des outils pour tenter de convaincre. Et des outils pour contraindre. Cela va de l’éducation à la santé, jusqu’à la répression, voire l’obligation. Que sait-on de leur intérêt, seuls ou en association ? Et si les données d’évaluation manquent, où est le nécessaire débat démocratique ?

      Troisièmement, il est essentiel de repérer les acteurs favorables et les opposants. Ici, il y a une dimension politique évidente, mais pas que. La question de la confiance dans les autorités et les scientifiques est cruciale, ce que les récents travaux du Conseil d’analyse économique ont bien montré. Comment renforce-t-on cette indispensable confiance dans un contexte éminemment incertain ? En accusant les opposants, en les invectivant, en les méprisant ? C’est trop facile et inefficace.

    • « Insulter les personnes non vaccinées permet de masquer l’insuffisance de la santé publique de terrain »

      « Ecouter avant et décider après »

      Comment gouverne-t-on l’incertitude dans une démocratie, de quelle pédagogie use-t-on ? A un moment, l’exécutif doit trancher, mais il vaut mieux écouter avant et décider après plutôt que l’inverse. De même, faut-il anticiper les risques et les bénéfices attendus et les intégrer dans les messages à destination de la population générale et des groupes non vaccinés, en particulier.

      Ces bases étant posées, la faisabilité s’analyse sur différents axes : techniques, juridiques, financiers et éthiques. Précisément, la question de l’acceptabilité est avant tout une question de valeurs et de culture. Heurter de front les différentes valeurs qui prévalent dans les groupes de personnes non vaccinées diminue fortement les chances de succès et peut susciter des mouvements de révolte sur le mode des « gilets jaunes ». C’est aussi une question de moyens : quelles sont les forces sur le terrain qui seront à même de déployer les actions décidées ?

      En traitant les personnes non vaccinées comme il l’a fait, le président de la République réduit la stratégie au niveau de l’insulte, ce qui permet de masquer que, depuis deux ans, la santé publique de terrain n’a pas été renforcée, les obstacles ne sont pas anticipés (comme la saturation actuelle des pharmacies pour les tests), les protocoles dans les écoles sont inapplicables, l’amélioration de la ventilation des locaux n’est pas promue comme elle le devrait.

      Il n’y a aucune chance que la stratégie présidentielle soit gagnante sur le plan sanitaire. La stigmatisation de certaines catégories de la population, la fabrique d’un conflit entre personnes vaccinées ou non, est une erreur stratégique en matière de santé. Quarante ans de lutte contre le sida nous l’ont démontré. Insulter les personnes non vaccinées, leur dénier le statut de citoyen est un mauvais service rendu à la santé publique.

      #covid-19 #vaccination #non_vaccinés #santé_publique_de_terrain

  • INFOGRAPHIES. Age, région, revenus : qui sont les personnes non vaccinées ?
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/infographies-age-region-revenus-qui-sont-les-personnes-non-vaccinees_49

    Un autre constat se maintient dans le temps : la forte corrélation entre le niveau de richesse des habitants d’une commune et son niveau de vaccination. Les données publiées par l’Assurance maladie permettent une analyse fine, au niveau communal, pour les métropoles parisienne, lyonnaise et marseillaise. Et le constat est frappant. Ainsi, plus le revenu médian d’une commune est faible, plus on y trouve de personnes non vaccinées.


    • des données sur la non vaccination bienvenues ! voilà de quoi méditer la chose en se laissant moins emporter par les affects et l’idéologie. des analyses plus fines du phénomène finiront par bien par arriver.

      on vérifie avec cette énorme intervention médicale en population générale que l’offre de soins est radicalement carente. cette fois les logiques budgétaires et comptables ne sont pas seules en cause (la prévention coûte moins cher que la prise en charge des pathologies ; et cette fois, on a mis le paquet en termes de moyens, quitte à le faire à tort, et même si la ligne générale de destruction perdure, avec le manque de moyens, le manque de soignants). l’effet de structure est mis à nu.

      observer ces chiffres en proportion de chaque classe d’âge est aussi instructif. On dénombre ainsi plus de 12% des plus de 80 ans, population particulièrement à risque face au Covid-19, qui n’ont reçu aucune dose de vaccin [500 000 personnes].

      on est pas fichu de faire accéder à la vaccination les vieux vieux..

      étonnant de constater que les 70-80 ans sont la classe d’âge la mieux vaccinée, tandis que le taux de non-vaccination des plus vieux dépasse celui de tous les autres adultes.

      on oublie trop que la vaccination obligatoire ne fonctionne que d’être intégrée au suivi médical de la croissance des enfants.
      une campagne de vaccination des adultes qui ne repose pas sur des pratiques sociales, des initiatives de santé communautaire, il lui reste à brandir le bâton. quant à ces vieux vieux, pas vaccinés, et d’autres, la bonne diffusion d’omicron est aussi une une solution, partielle, il suffit qu’ils n’arrivent pas tous en même temps à l’hosto.

      #and_we_dont_care #vaccination #non_vaccinés #santé_publique #richesse

    • Covid-19 en France : qui sont les non-vaccinés ?
      https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invité-france/20220106-covid-19-qui-sont-les-non-vaccinés

      À ce jour, 5,3 millions de Français n’auraient pas initié leur schéma vaccinal. D’après les estimations de plusieurs chercheurs, environ 2% de la population française est considérée comme #antivax. Entretien avec le sociologue à l’Inserm Jeremy Ward, spécialiste des controverses vaccinales et auteur d’une étude sur le sujet à paraître prochainement.

      40% des non-vaccinés ne le sont pas par difficulté d’accès, selon l’Inserm
      https://actu.orange.fr/societe/videos/40-des-non-vaccines-ne-le-sont-pas-par-difficulte-d-acces-selon-l-inserm

    • En fusionnant les 3 courbes et en passant les revenus en abscisse (Paris en vert, Lyon en rouge, Marseille en bleu) :

      – On a bien dans les 3 cas le taux de vaccination qui varie avec le revenu.

      – En revanche, à même revenu, les niveaux de non-vaccination à Marseille semblent visiblement supérieurs aux deux autres métropoles.

      – Si on essaie de repérer un revenu médian sur Marseille (c’est difficile à estimer visuellement, disons aux alentours de 22 000 euros), il semble qu’on reste sur des niveaux de non vaccination vachement élevés (à vue de nez entre 33 et 35%). Vraiment pas évident à voir visuellement, mais j’ai l’impression que sur Lyon et Paris (dont le revenu média est supérieur), c’est beaucoup plus faible (je dirais nettement moins que 30%, au pifomètre dans les 28%).

      Sinon, est-ce que les différences d’âge n’accentuent pas ces différences ? La moyenne d’âge des habitants des 16e arrondissement de Paris et de Cassis sont p’têt bien largement plus élevées qu’à Saint-Denis ou les quartiers de Marseille. Or les revenus sont extrêmement corrélés à l’âge. Du coup quand on met en regard le niveau de vaccination et les revenus par ville, je suspecte qu’on est aussi (en partie, mais dans quelles proportions ?) en train de regarder le niveau de vaccination et l’âge des habitants. Âge qui, lui aussi, impacte le niveau de vaccination. (Les vieux sont à la fois plus riches et plus vaccinés.)

    • les vieux plus riches, c’est très englobant, et ça ne dit rien sur le fait que les plus de 80 ans soient aussi peu vaccinés. tu le notes à propos du bain culturel rassuristo-gourou, et c’est aussi le cas du naturo-mystique (voir Die, l’Ariège, etc.), ce qui est en jeu c’est des rapports très différenciés à « la » médecine. et là-dessus je ne connais pas ou ne me souviens pas de travaux utiles.
      pour connaitre une plus de 80 ans qui n’a pas voulu se faire vacciner pendant des mois, je dirais qu’il y a un double mouvement où se cumulent des mécanismes sociaux, l’abandon social, l’isolement, et de l’agir, de la subjectivité des premièr.es concerné.es, avec un déarroi du vieux vieux, éventuellement comblé à coups de contenus falsificateurs véhiculés par la socialité des réseaux asociaux et autre vidéos virales, un agir (s’abstenir) où s’exprime une volonté de rester à distance du médical avec des considérations à la « on sait quand on commence mais pas quand et comment on fini » pour qui se refuse absolument à finir sa vie dans la dépendance, les ehpad, etc.
      On peut avoir de bonnes raisons d’éviter la médecine, par exemple depuis un parcours de soins qui aura connu violences et délires parmi les soignants les plus gradés, les médecins (on documente plus aujourd’hui la « maltraitance médicale » mais il y une asymétrie soignants/soignées qui, dans les conditions actuelles, comporte un violence intrinsèque, je suis assez observant, pro soins, mais même avec des soignants plutôt choisis, c’est quelque chose que je ressens fréquemment, et qu’aggrave une impécuniosité qui interdit ou bride très fortement l’accès à des moyens et techniques d’usage courant, pour d’autres).
      pour revenir au parcours de cette femme âgée, qui n’est qu’un exemple, mais ne me semble pas dépourvu de portée : opération sans anesthésie à l’adolescence, une suite d’avortement clandestin qui se termine par une prise en charge hospitalière atroce ; et le pompon, deux fois : énoncer de son propre chef un diagnostic d’hernie étranglée sur son premier nourrisson (oui, l’expression de la douleur à quelque chose à voir avec la clinique !) et se voir contredite par le toubib, jusqu’à risquer une péritonite ; accompagner son père lors d’une fin de vie ponctuée de séjours hospitalier (comme on dit, masi c’était fort laid) et ne trouver nulle part la possibilité d’en finir comme cet homme avait décidé depuis longtemps de le faire dès que la vie ne vaudrait plus d’être vécue selon lui, non sans différer la chose car il continuait à apprécier malgré tout les relations dans lesquelles il était pris et que cela se termine par une autolyse à l’hôpital, sans aucune assistance, dans la carence complète de la médecine et l’incapacité des proches, au sac plastique sur la tête.

      bref, ce qu’ils appellent « réfractaires », cela pourrait se regarder de plus près.

    • à nouveau sur les 60% de non vaccinés « par choix », la formulation est assez bidon, ne nous laissons pas prendre à ce jeu où c’est encore une fois, l’individu et le libre arbitre (pipo) qui sont mis en avant, et pas ce qui les déterminent à l’échelle sociale, collective. tout dépend des bêtises qui sont faites, circulent, et de la qualité de la campagne de vaccination, dans toutes ses dimensions.

      pas payé pour, pro de rien, j’ai pallié comme bien d’autres les carences de la collectivité en faisant que des gens arque-boutés sur leur « choix » de pas se faire vacciner finalement se vaccinent. tout le monde peut contribuer. et c’est ce qui peut-être favorisé si on table sur des pratiques sociales idoines. ça aurait pu encore une fois être organisé autrement que sous l’égide de Mc Kinsey et Doctolib.

      idem pour le « protocole » en école. anecdote à ce sujet, dans une petite école primaire de village, des PCR +, des cas contact mais pas ce qu’il fallait pour fermer les classes selon les dernières instructions en date. c’est par des coups de fil à tous les parents à qui il a été demandé de ne pas amener les mômes en classe que l’école a été fermée, l’airbag était en dehors des clous réglementaires. c’était pourtant en une zone hybridée raoulto-nature pas au top de la compréhension de la pandémie et de la réduction des risques. mais il n’y a pas eu besoin de coups de bâton. la démocratie n’est pas là où on s’en gargarise en la méprisant, mais où elle se fait.

  • CARTE - Ces départements où plus de 25% de la population totale n’est pas vaccinée contre le Covid
    https://www.franceinter.fr/societe/carte-ces-departements-ou-plus-de-25-de-la-population-totale-n-est-pas-v

    Toujours le sud-est…

    A travers des mesures et des déclarations, le gouvernement met de plus en plus la pression sur les non-vaccinés. Selon les derniers chiffres de l’Assurance Maladie, datant de fin décembre, un peu plus de 20% des Français n’ont reçu aucune dose. Certains départements affichent même un taux supérieur à 25%.

    #vaccination #France #sud-est

    • Bé oui et non, l’effet Raoult est plutôt lui aussi un symptome des mêmes causes pré existantes. A minima :
      – défiance historique envers Paris/le gouvernement, et donc on dit l’inverse sans réflexion personnel rationnel, juste pour dire l’inverse par principe
      – départements avec la plus forte concentration de bio-naturopathe-antroposophie-antivax bien avant le covid
      Mais ça fait boule de neige oui, donc tout le raoultisme ça a décuplé encore même en dehors de ces milieux.

    • La carte est quand même assez fortement faussée. En réalité il n’y a pas beaucoup de différences.
      Quand on survole les départements on voit que la plupart ne sont pas très loin de ces 25%. Presque tous sont au dessus de 20%. Aucun en dessous de 17% sauf la Vendée à 16,6% malgré ses millions de rebouteux.
      Seulement 4 sont au dessus de 30% : la Corse, les Alpes de Haute Provence et la Seine Saint Denis qui gagne le palmarès avec 34%

    • Mais oui ! bien sûr. et de ce que je vois sur l’usage des masques à Paris depuis que j’ai repris le métro quelques fois, c’est aussi un facteur déterminant. à part des travailleurs noirs qui vivent en foyer et qui ont du apprendre dès la vague 1 ce que le covid pouvait faire (pas mal d’entre eux portent des FFP2, sans doute aussi parce des employeurs les leurs ont lâché dans certains tafs), des ados à plusieurs, en mode balek je fais ma vie (sans agressivité le plus souvent), faudrait Perec, De Certeau, au pire un sociologue, pour tenter de décrire la diversité des usages, en évoquant tel ou tel détail qui « logent » sociologiquement à la louche ceux qui les pratiquent. c’est les richous, les cultivés et les vieux qui portent le plus des FFP2 (avec dans chaque catégorie, surtout, riche, cultivé, des exceptions plus ou moins provocantes, arrogante, les mecs qui sont les plus enclins à pas en porter ou les portant mal de façon ostentatoire, et que l’usage efficace de la barette nasale est certainement l’une des choses les moins fréquemment maitrisée (beaucoup de chirurgicaux posé presque sur la pointe du nez = fuites ++), là aussi plus on descend dans l’échelle sociale.

      je le fais à l’empathie/antipathie : les riches cultivés qui le portent pas ou mal (font semblant sans faire attention) sont ceux qui m’énervent le plus (je les enverrais bien faire des tours de SUV de la forêt en Sologne qu’ils n’on pas pour qu’ils nous laissent la ville) ; vis-vis d’autres sortes de gens je ressens plus de tristesse (pourquoi n’y arrivons nous pas...) que de colère, etc. d’autres fois je me demande ce que ça peut bien exprimer, sous tendre, etc.

      comme déjà dit, on les attends les travaux sur les #non_vaccinés qui aideraient à y piger davantage quelque chose

    • Bien d’accord me faudrait bien ai moins un sociologue voir un psychologue pour m’expliquer l’intérêt de se prendre autant la tête à propos du masque, ou d’essayer de comprendre autrui, quand il est juste logique que l’imposer ou s’attendre à ce que tout le monde les porte entièrement et tout le temps est complètement utopique.

      D’autant que les discours de l’OMS sont assez clair sur ce sujet depuis plus d’un an, il y a réel risque de créer un faux sentiment de sécurité, de décrédibiliser les autres gestes barrières comme la distanciation (je ne parle même pas de l’abrutissement de faire croire que le lavage des mains est une mesure anti COVID). Super les salles bombées des restaurants de gens assis sans masques, les magasins sans jauges remplient de personnes aux mains propres, les terrasses aux sièges écartées de sorties centimètres etc.

      J’y vois uniquement qu’au fond on préfère tous incriminer accabler son voisin plutôt que les vrais cons responsables de cette catastrophique gestion de crise, quand on ne se dit par que c’est fait exprès. On ose peu s’incriminer soi-même de n’avoir pas bougé pour s’opposer clairement dans la rue contre la connerie ambiante ou juste derrière des pétitions en ligne.

      Sinon moi je ne comprends pas, j’ai fais des maths comme tout le monde. Quand certains département de affichent plus de 25% de non vaccinés, et les autres moins de 25%, comment est-il possible que le france soit vaccinée à prêt de 90% avec une dose, et prêt de 75% avec schéma complet.

      Ça me fait doucement rire, les Guignols de l’info peuvent se reposer en paix.

    • Tu relais une demi-info qui circule souvent @khalyp pour dire « les chiffres c’est n’importe quoi » alors que ça s’explique très facilement : suivant le gouvernement et suivant les médias, certains annoncent les chiffres de vaccination par rapport à la population entière, alors que d’autres le font par rapport à la population qui a le droit d’avoir un vaccin. Ce qui évidemment donne des pourcentages totalement différents. Et de même si on ne parle que des adultes (plus de 18).

      – Si on veut parler du « niveau d’immunité » de la population, alors il faut effectivement regarder le pourcentage par rapport à la population entière.
      – Mais si on veut parler de l’avancée de la vaccination, alors ça n’a aucun intérêt et il ne faut regarder que la population qui a droit à la vaccination (càd jusqu’à il y a peu 12 ans et plus seulement, mais désormais aussi les plus petits).

      Si on prend en compte seulement les adultes, alors oui : on a dépassé plus de 90% de complètement vaccinés.

      Et donc les antivax ne peuvent pas dire « on est un quart de la population » vu que ça serait prendre en compte les enfants qui n’ont rien à voir là-dedans et ne font pas des choix d’adultes. C’est moins de 10% et même moins de 8% si on compte ceux qui ont démarré la vaccination (première injection) mais n’ont pas encore fini le parcours (la plupart de ceux qui commencent allant bien jusqu’au bout).

    • Merci pour cette explication, je n’avais pas encore vu les choses de cette manière.

      Ce que je relaie à travers mon point de vue c’est la manière dont les chiffres sont utilisés et non ce qu’ils représentent réellement, ce que tu dis me conforte un peu plus dans mon idée.

      Selon moi, s’il existe autant de personnes non enclins à se vacciner et à vacciner leurs enfants, et de personnes opposées au passe sanitaire ou vaccinal, c’est le manque total de confiance envers les personnes qui annoncent des chiffres, médias et gouvernement.

      Quand on voit que même au sein de l’assemblée nationale certains dénoncent précisément les mensonges du gouvernement et surtout de Macron/Vérant/Castex (je n’invente rien), pourquoi d’autre devraient avoir confiance.

      Et puis désormais je peux tout à fait imaginer qu’il est possible de dire que 90% des français sont vaccinés alors que la réalité est qu’un tel bulletin manque cruellement de transparence et de précision et que le chiffre en question peut ne concerner que les adultes français et non toute la population.

      Et donc, comment imaginer croire que la majeure partie des français (pour ne parler que de la France) peut se sentir en confiance face à un vaccin quand la stratégie de communication sur les sujets du COVID comporte autant de manques voir de mensonges.

      Ça va loin, il est plus facile de dire que les labos pharmaceutique ne sont pas digne de confiance, on ne compte plus les scandales.
      Par contre dire que les vaccins sont certes une solution, mais qu’ils comportent aussi des risque dont de mort et d’hospitalisation clairement dut au vaccin, je suis désolé ça a carrément été omis voir démonté.

  • Dans la famille Covidiots, il te manquait Booba :
    https://twitter.com/booba/status/1477690923018760193

    Vaccins, masques, tests (payants) distanciation sociale et toujours des vagues des malades des morts des top Covid à 200k/J. Soit vous êtes cons soit c’est volontaire ! Ayez au moins l’honnêteté de reconnaître votre incompétence et laissez nos enfants vivre leur innocence !!!

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1477690799731224588/pu/vid/848x400/xyaKnPPQZb3n4CeP.mp4


    • À la longue, la répétition des hommages appuyées à la mouvance covidiote, les déclarations négationnistes d’à peu près toute la bande, je crains que ça devienne difficile à défendre comme simplement « maladroit ».

    • une peu de #collectif_BonSens #Florian_Philippot #Yvan_Le_Bolloc’h #Bruno_Gaccio #Didier_Raoult #FranceSoir #Antivax

      NON AU PASS VACCINAL ! NON à la discrimination des Français !
      https://web.archive.org/web/20211230161940/https://www.leslignesbougent.org/petitions/non-au-pass-vaccinal-5503

      revendique "plus d’un million de signataires" (non démontrés). elle été lancé par un « aventurier de la santé naturelle de 34 ans » (c’est ainsi que Rodolphe Bacquet se définit). elle sert par ailleurs à développer un fichier client et à engranger des données pour une boite nommée Santé Nature Innovation et... une plateforme de pétitions (LesLignesBougent.org.) qui lui est liée.

      la petite fiche de Bacquet telle que rédigée par Ration : Mensonges et gros business : qui se cache derrière la pétition anti-pass vaccinal lancée par Rodolphe Bacquet ?

      https://justpaste.it/52o34

    • Macron a la même stratégie depuis la trouille causée par les Gilets Jaunes. la question c’est de trouver du monde qui aura envie d’être manipulé par lui pour échapper à des adversaires qui serait redoutés en raison de tares aussi évidentes (spectacularisées) que dangereuses, des adversaires suffisamment irrationnels (selon les canons de la respectabilité politique dont il faudrait alors le parer, lui, même à reculons, suffisamment quant au besoin) pour apparaître comme un « recours », malgré tout. et rester dans le game. On sait qu’il ne gagnera pas cette fois juste en étant moins pire que le RN, que son bilan de président des riches arrogant et ultra répressif le fait détester. Depuis que cette stratégie a été adoptée, plus que le spectacle Zemmour (exploitable pour que Macron puisse jouer au président recours), la candidate LR est à cette heure la seule menace sérieuse (ça doit brainstormer à ce sujet, j’ai rien vu de spécial).

      ils trouverons d’autres manières d’"animer la campagne" (dont tout le monde se fout) mais ils lâcheront pas le canasson : s’agit de polariser le champ un minimum autrement qu’à son détriment en tenant jusqu’au bout la posture « on mène la guerre contre la pandémie pour le bien de tous » (comment débarque-t-on un chef de guerre ?), « vous avez bien vu que c’est pas facile, la pandémie, pas facile non plus même pour moi (qui la préside, tellement je suis grand ! attention) de redonner à l’Europe sa grandeur malgré tous les efforts communs faits lors d’une lutte contre la pandémie qui a renforcé la coopération à ce niveau ». Gageons qu’il y aura des touches d’humanisations du profil. Pourquoi pas un « il nous est arrivé de nous tromper, mais nous avons montré qu’à l’écoute des scientifiques et des français nous savions tirer des leçons de nos erreurs. en Marche, servir la France et bliblablo »

      aujourd’hui ils ont fait parler à l’A.N. un député en marche atteint de graves séquelles à vie après avoir été covidé, une façon de défendre la vaccination un peu risky pour eux, puisque cela met en lumière une réalité fort peu visible : il ne suffit peut-être pas pas de ne compter que les morts (que l’on continue à mettre sous le tapis), peut-être faut-il voir parmi ceux ont été covidés (et ça, ça ne sera pas bon pour sa campagne si ça vient trop tôt et trop fort).

    • errata j’ai sucré des erreurs publiées sur mon seen précédent car à parcourir le verbatim de la séance A.N. du 3 janvier je découvre que les deux personnes qui ont évoqué la pétition dont il est question ici sont Wonner et une députée de droite (et non pas la voix LFI masculine que j’étais certain d’avoir entendu...).
      #LFI persiste à cavaler après les #non_vaccinés plutôt que de contribuer à ce qu’ils puissent prendre une position éclairée, comme on dit, mais lors de cette séance ils ont aussi fait des topos assez précis sur les mesures non pharmaceutiques nécessaires (FFP2, UV-C, reprise du séquençage, etc).

    • Je ne m’épuise pas à faire leur SAV, mais oui, j’ai écouté Mélenchon sur ses dernières interventions publiques et quelques autres, et leurs communications sont sans ambiguités, ils ont une communication correcte. Mais on ne retient que ce qui va permettre de les mettre minable. L’autre fois, Mélenchon pose la question des traitements. Il demande où ça en est, il demande pourquoi il y a eu des communications cocorico et pourquoi on n’en parle plus. Et tu as tous ceux de nos réseaux qui adorent le Mélenchon-bashing qui n’ont retenu que ça, et qui ont fait comme si évoquer la question des traitements, c’était en faire la promotion.

      Pour en revenir au sujet, oui, je suis persuadé que leur équipe de campagne souhaite jouer des différentiels d’audience pour toucher du monde. Les puristes comme on a sur nos réseaux, ça les consterne, avec l’air entendu « je le savais bien que ces faux-gauchistes sont des pourris, et je le savais bien que je n’allais pas voter une fois de plus ». Et de mon côté, ni je n’approuve, ni je condamne. Je constate juste que là, la FI, ils semblent suivre une stratégie qui a plus à voir avec les audiences et la notoriété qu’avec la crise sanitaire.

      J’ajoute néanmoins un point que je trouve important et qu’un Twittos a exprimé bien mieux que moi ce matin :

      StructuresMinimalistes sur Twitter
      https://twitter.com/Minimaliste13/status/1478671752075038729

      Cette phrase, c’est le témoignage nu du mépris le plus brutal : vos vies ne valent rien. Le principe opérant de celui qui détient le pouvoir sans partage.

      Je supplie celles et ceux qui me lisent de comprendre que cela implique quelques compromis pour le vaincre électoralement.

      Il n’y a pas des milliers de possibilités de prendre le dessus actuellement, il n’y a pas des milliers de programmes électoral aussi complet et aussi ambitieux, et aussi en conflit avec le système qu’on conspue...

      Bref.

    • je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis @biggrizzly, malgré des divergeances profondes avec LFI (travail/chômage, forme d’organisation, étatisme, chauvinisme, industrialisme,...), j’aimerais juste qu’il ne m’empêchent pas d’éventuellement voter pour eux en faisant trop de merdre (j’ai un pince nez pour ces choses, pais pas une combinaison étanche). qu’un programme opposé au libéralisme soit audible, le moins marginalisé possible, peut compter dans ce théâtre, et cela peut avoir des effets hors scène, contribuer à donner de l’allant à tou.tes celleux qui n’osent pas, ne savent pas ou plus agir pour leur compte (si cela arrivait, LFI serait un obstacle). si ils ne font pas d’efforts, je rejoindrait la majorité proportionnelle réelle, plus que composite, des abstentionnistes. Mais faut élargir la palette depuis laquelle un refus de l’existant se manifeste : qu’est-ce qui reste « de gauche » sur cette scène là : LFI, NPA, LO, Révolution permanente (si ils ont leurs parrainages). voter (ou pas) je n’en fait pas une affaire religieuse, pour moi, ce n’est pas être d’accord avec un programme (impossible !) ni nécessairement soutenir l’existence de la démocratie représentative (ce dont il est pas question)

    • Merci @biggrizzly pour ces mots justes et réconfortants en ces temps sombres !

      Il n’y a pas des milliers de possibilités de prendre le dessus actuellement, il n’y a pas des milliers de programmes électoral aussi complet et aussi ambitieux, et aussi en conflit avec le système qu’on conspue...

      C’est tellement difficile de convaincre les abstentionnistes que je comprends largement par ailleurs mais là on n’a plus le choix que de le vaincre électoralement par un programme de rupture.

      @colporteur j’ai pas tout compris...

      https://seenthis.net/messages/942412#message942617

    • @marielle : on est bien d’accord que quand je dis « aussi complet », j’entends « comparativement aux autres programmes ». De même pour l’ambition et pour le « en conflit ». Du côté des écolos, ils en sont encore à tergiverser sur l’Europe ceci-cela (et je ne dirais pas forcément la même chose si ça avait été Rousseau en candidate...). Du côté des communistes, ils manifestent avec l’extrême-droite, en faveur des éborgneurs. Etc. LFI, ils ont des défauts, et j’entends totalement Arno* ou Colporteur, ou Lehmann, ce dernier étant particulièrement remonté de ce point de vue. Mais si on ne veut pas verser dans le nihilisme et s’enfermer collectivement dans la même prison à perpétuité, faut à un moment tâcher de pousser dans la même direction, quand l’opportunité semble se présenter. Surtout quand le pire qu’on risque, c’est que les vrais rapports de force vont peut-être enfin être mis à l’ordre du jour. Peut-être que ça n’aboutira pas. Mais ça ouvrira enfin des fenêtres... d’Overton de notre bord.

  • Quand s’effondrent toutes les digues

    La chasse aux non-vaccinés est ouverte. Par l’État et ses représentants, par le gouvernement et de nombreux élus. Par des journalistes et des experts qui franchissent les limites de l’acceptable. Par des médecins aussi, qui appellent à ne pas prendre en charge les non vaccinés. Où va-t-on, quand s’effondrent toutes les digues de l’éthique ?

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/040122/quand-s-effondrent-toutes-les-digues
    #vaccins #vaccination #non_vaccinés #chasse_aux_non-vaccinés #chasse_aux_sorcières #éthique #covid-19 #coronavirus #responsabilité #irresponsabilité

  • En Provence-Alpes-Côte d’Azur, des nouveaux vaccinés contre le Covid-19 convaincus « au forceps »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/02/en-provence-alpes-cote-d-azur-des-nouveaux-vaccines-contre-le-covid-19-conva


    Au centre de vaccination de l’hôpital de la Timone, à Marseille, le 30 décembre 2021, Julie Sampo (22 ans) redoute la vaccination au moment de se faire piquer. Avec Rayan Cherfeddine (à gauche), ils vont recevoir leur première dose du vaccin de Pfizer pour pouvoir voyager en février. FRANCE KEYSER POUR « LE MONDE »

    Dans la région la moins vaccinée de métropole, des réfractaires franchissent chaque jour le pas de la première injection en conservant leurs doutes.

    Bouchra n’arrive pas à calmer son angoisse. Cette travailleuse sociale, qui tient à rester anonyme, attend son tour dans le petit local de l’association des habitants de la cité Air-Bel dans le 11e arrondissement de Marseille. Et panique. Depuis quelques semaines, le lieu, plus habitué aux luttes contre le mal-logement, se transforme en centre de vaccination chaque mercredi. Entre midi et 14 heures, des médiateurs accueillent sans rendez-vous et tentent de convaincre ceux qui, comme Bouchra, n’ont toujours pas franchi le pas de la première dose. « Je suis à jour de tous mes vaccins, mais avec celui-là, j’ai peur », reconnaît cette mère de famille de 35 ans, qui a contracté un Covid-19 sévère en mars 2021.

    Au niveau national, 5 % du total des vaccinations sur les sept derniers jours étaient des premières injections, un taux en léger rebond ces dernières semaines. En Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le nombre de primo-vaccinés est plus élevé qu’ailleurs en métropole. Selon les calculs du Monde, entre le 18 et le 28 décembre 2021, 0,5 % de la population éligible dans la région PACA a reçu une première injection, le taux le plus élevé de France, avec la Corse (contre 0,3 % en Ile-de-France, ou 0,1 % en Pays de la Loire). « Les couvertures vaccinales régionales ont longtemps été plus basses que le niveau national ; un rattrapage plus important est en cours », analyse l’agence régionale de santé.

    L’accueil des futurs vaccinés contre le Covid-19, au centre de vaccination de l’hôpital de la Timone, à Marseille, le 30 décembre 2021. FRANCE KEYSER POUR « LE MONDE »

    Bouchra avale un comprimé de paracétamol, par précaution.

    « Beaucoup de gens ont eu des problèmes après l’injection, il y a même eu des morts. Ils l’ont dit aux infos », assure-t-elle. L’infirmière lui murmure des mots apaisants mais cette mère de trois enfants ne peut s’empêcher de penser à l’étreinte de son fils de 14 ans, le matin même. « Il m’a dit : “Non, maman, n’y va pas !” Son père est contre le vaccin et forcément, lui aussi », justifie-t-elle. Pourquoi se décide-t-elle en cette fin décembre ? « A cause du travail. Mon directeur ne m’a jamais rien dit, mais à la rentrée, je me doute qu’il me demandera un passe vaccinal », explique cette agente dans un centre social.

    Un déclic d’abord financier

    A Marseille, seuls 60 % des habitants sont vaccinés. Et dans les arrondissements les plus populaires – le 3e, et les 13e, 14e et 15e – le taux plafonne autour des 50 %. Un retard que les responsables des Hôpitaux universitaires de Marseille (AP-HM) pointent comme l’explication principale de la saturation des services de réanimation. 86 % des patients atteints du Covid-19 admis dans ces services n’ont pas un schéma vaccinal complet.

    Si le ministre de la santé, Olivier Véran, a mis, mercredi 29 décembre 2021, la pression sur ces non-vaccinés, l’association Santé et environnement pour tous (SEPT) travaille depuis plusieurs mois à la nécessité de rapprocher l’injection des publics les plus populaires ou les plus réfractaires. Et le rendez-vous du mercredi d’Air-Bel est l’une des nombreuses initiatives de sa stratégie. Mercredi, sur les trente-six vaccinations effectuées en deux heures, cinq sont des premières doses. Habib Chehimi, 25 ans, fait partie de ceux qui l’ont reçue. Son déclic est d’abord financier. « J’en ai marre de payer 25 euros pour chaque test », calcule ce serveur, pochette siglée d’une marque de luxe en bandoulière.

    Mais Habib Chehimi a aussi été convaincu par les médiateurs de SEPT et notamment Djamila Haouache, de l’association à Air-Bel, qu’il connaît depuis longtemps. « Elle m’a parlé de mes parents, m’a dit de penser à leur santé », reconnaît le jeune homme. Sa défiance envers le vaccin reste pourtant intacte. Il la nourrit des témoignages « vus sur TikTok ». Pour la deuxième dose, il attendra de voir « les effets sur les autres ». « Avec une seule dose, je pourrais refaire des tests gratuitement », prévoit-il déjà.

    Validé dans la nuit du mercredi au jeudi, le projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal a achevé « de mettre le couteau sous la gorge » des derniers réfractaires, estime Nassim Berkchi, boucher de 26 ans aux Arcs (Var). A quelques kilomètres de sa boutique, à Draguignan, un centre vaccinal reçoit les moins de 30 ans sans rendez-vous pendant les fêtes. Alors, en traînant les pieds, Nassim est venu faire sa première dose. Pour une seule raison : en février, il part en vacances à Dubaï. « Là, clairement, on ne nous laisse plus le choix, estime le jeune homme en survêtement de velours bleu ciel. Jusqu’ici, dans les bars, je pouvais avoir le passe de quelqu’un d’autre, mais pour voyager, c’est une autre affaire. » Plus tôt dans la matinée, Martin (prénom modifié), conseiller dans les assurances de 30 ans, est aussi venu les paumes moites. « Je suis là à contrecœur », dit-il à l’homme de l’entrée. Il veut partir au ski, « pour la première fois depuis deux ans. » « Le gouvernement joue sur la peur des gens » estime-t-il.

    Laëtitia (prénom modifié), infirmière de 42 ans à Grasse et « gilet jaune » de la première heure, sillonne l’arrière-pays six jours sur sept. La peur du vaccin, elle l’entend quotidiennement et tente de la déconstruire. Elle ne préfère pas donner son nom car elle craint « qu’on [lui] en veuille » de parler « comme ça ». Mais à ses patients, elle « répète depuis six mois qu’il faut se faire vacciner ». A force d’échanges, elle parvient à en convaincre quelques-uns, « même des gros antivax ». Comme ce couple de retraités qui vivent dans une ferme sur les hauteurs des Préalpes et ont finalement franchi le pas avant les fêtes. « J’ai proposé de les vacciner mine de rien après un pansement que je venais faire pour le monsieur. J’étais sûre de mon coup, j’avais prévu les doses », raconte-t-elle.

    Venir « à reculons »

    Les soignants de proximité ou les médecins de famille sont aussi des leviers importants. A Antibes (Alpes-Maritimes), où le taux de personnes infectées par le Covid-19 hospitalisées en réanimation atteint 130 % des lits habituellement disponibles dans ces services, le généraliste Daniel Vivona, 54 ans, rappelle tous les jours ses patients réticents pour leur demander s’ils ont changé d’avis. Le 29 décembre, deux Antibois d’une soixantaine d’années non vaccinés, ayant contracté le Covid-19 et dans un état grave, étaient transférés en avion vers Lille. « Au début, les gens pensaient qu’il n’y aurait qu’une vague ou deux. Ils comptaient attendre la fameuse immunité collective. Mais là, on en est à la cinquième, et je leur dis que maintenant, il va falloir y aller », témoigne ce médecin de famille, qui vaccine tous les jours des « primos » et à qui on demande encore parfois « de vider la dose dans l’évier contre un billet ».

    A l’hôpital de La Timone à Marseille, le centre de vaccination occupe une partie du hall d’entrée. Deux cents personnes y passent quotidiennement, dont quelques dizaines de premières doses. Julie Sampo, 23 ans, et Rayan Cherfeddine, 22 ans, sont venus ensemble mais « à reculons ». Ils se sont décidés dans le but de pouvoir profiter d’un voyage en Andorre en février. « Sinon, c’était test PCR pour aller et revenir », précise Rayan, vendeur dans une grande surface automobile. Julie, qui travaille dans les écoles, s’inquiète des effets secondaires et notamment de cette rumeur qui dit que le vaccin peut rendre stérile. Rayan, lui, n’en voit « toujours pas l’utilité ».


    A gauche, Rayan Cherfeddine, 22 ans, et Julie Sampo, 23 ans, viennent de recevoir leur première dose de vaccin, à Marseille, le 30 décembre 2021. FRANCE KEYSER POUR « LE MONDE »

    Un sentiment que partage Nacera Souidi, 58 ans. « Ce vaccin n’empêche pas d’attraper le virus. C’est qu’une histoire d’argent », s’agace-t-elle. Si elle est là aujourd’hui, c’est par crainte d’être hospitalisée en Algérie, où elle doit se rendre prochainement. Après s’être fait enregistrer et après la consultation du médecin, Nacera Souidi zappe finalement le box où l’attend l’infirmière. « Je ne le fais pas. Si je suis malade, c’est que Dieu le voulait », assume-t-elle avant de quitter les lieux.

    « Convaincre les gens est un travail au forceps », reconnaît Yazid Attalah, fondateur de l’association SEPT. « Avec les plus réfractaires, l’argument scientifique ne fonctionne pas car ils vont toujours te citer un professeur Maboul qui, sur les réseaux sociaux, valide leurs idées. Il faut recentrer sur leur propre responsabilité, le cas de proches qu’ils pourraient contaminer ou de parents qui verront leur opération du cancer reportée parce qu’il n’y a plus de place à l’hôpital », détaille-t-il. Mais pour lui, les cas les plus épineux restent ceux des « repentis », ces personnes qui ont un passe sanitaire frauduleux et veulent aujourd’hui se faire vacciner. « L’ARS n’a pas de solution pour eux et nous renvoie la responsabilité de faire l’injection », explique Yazid Attalah, qui aimerait que le gouvernement se saisisse de la question.

    #non_vaccinés #covid-19

    • vu ce qu’on lit ici à propos des non vaccinés, assimilés aux antivax, méprisés, en oubliant à quel point l’accès aux soins n’a rien d’évident (sans parler de la manière d’"organiser" la vaccination), ça peut être pas mal de voir ces petites tranches (ne pas en rester là, c’est en grande ville, c’est des jeunes).
      pas facile de travailler un peu évitable contre-transfert ("quels connards, imbéciles, je les déteste")

    • vu ce qu’on lit ici à propos des non vaccinés, assimilés aux antivax

      Oui et non. Oui c’est pas la même chose, oui il est clair qu’une bonne partie des ces gens sont les victimes d’une parole en surplomb proprement dégueulasse, oui la priorité est de réussir à convaincre les gens et si on pouvait y arriver sans s’énerver ce serait pas mal, mais non parce que j’aimerais savoir à quel point on peut extraire de ce bazar les gens qui ne seraient pas aussi dans une approche individualiste et consumériste de la vie en société (Dubaï, le ski, une seule dose pour ne plus avoir à payer les PCR, éviter de se faire hospitaliser en Algérie…), non parce que ce n’est souvent pas un refus de la parole surplombante et hautaine, mais c’est bien plus faire le choix d’une autre parole surplombante et hautaine, encore plus classiste et raciste (notamment médias Bolloré), et choix qui provoque rapidement encore plus de violence, d’inégalités et d’exclusion. (Est-ce que ce n’est pas un peu le même genre de dialectique qu’il y a à s’inquiéter qu’on « diabolise/culpabilise » les électeurs des fascistes, que ce serait pas efficace, mais en même temps bon ben ces gens votent pour des fascistes.)

      Pour aborder ça autrement : à quel moment, ou de quelle façon, tu fais la différence entre une grosse partie de ces non-vaccinés et les gens qui se font un devoir de porter le masque sous le pif dans un lieu public bondé. Toi-même avait raconté qu’une jeune femme t’avait envoyé péter quand tu lui rappelais l’intérêt de porter son masque dans le bus, et tu concluais « qu’elle crève dans son 4x4 ». Est-ce que le contre-transfert est plus évitable ou illégitime en matière de non-vaccination que face au refus de port du masque ?

      Note bien que ce n’est pas une critique ad hominem : c’est que je ne comprends pas bien comment tu justifies cette différence d’approche entre les gens qui ne sont pas vaccinés et les gens qui refusent de porter correctement un masque dans un lieu clos. Pourquoi une sensibilité à ne pas faire d’amalgame non-vax/antivax, bien faire attention à éviter le contre-transfert contre les non-vax et refuser qu’on utilise des gros mots, légitimement réclamer qu’on fasse plus d’efforts pour aller les convaincre, toutes considérations que je comprends parfaitement, par contre les gens qui portent pas le masque peuvent aller crever, considération que je peux aussi comprendre ? (Le constat dans mon environnement à moi, c’est qu’en plus ce sont rigoureusement les mêmes personnes – je ne généralise pas pour autant : je sais que mon environnement n’est pas les quartiers de Marseille).

    • approche individualiste et consumériste de la vie en société

      je n’arrive guère à répondre m’enfin...
      cet individualisme, voilà une excellente base pour que l’abus de faiblesse (pas seulement chez la vieille dame isolée qui se fait vendre je sais pas quoi, la femme empoisonnée au GBH, le sans papiers logé dans une cave et payé 40€ la journée, le patient inquiet pour sa santé), la maltraitance, l’abandon règlent nos sociétés. la pandémie cela peut être une occasion de battre les cartes voire de renverser la table : quelles seraient les mesures d’(auto)assistance aux personnes en danger que nous sommes ? Des Ehpad aux enfants, immunodéprimés, fous, détenus, « retenus », chibanis, habitants en foyer, isolés, la liste des cas les plus évidents est bien longue. Comment dans cette optique commander un tant soit peu qui gouverne ?

      De cet individualisme nous sommes tous atteints (et, le plus souvent, on le voit bien mieux chez l’autre). mais nous sommes toutes susceptibles d’y échapper partiellement, conjoncturellement (voir le parcours des gilets jaunes en quelques semaines, l’être ensemble fait tout revoir, avant que ça retombe, dans la routinisation et surtout la défaite). Si on se place du côté d’une fonction soignante -celle-ci est distribuée, ne recoupe pas et s’oppose souvent à sa structuration hiérarchique, pas l’apanage de professions (ex, le travail des femmes, spécialement hors emploi ; Tosquelles vantant le rôle de soignant du menuisier de la clinique de Saint Alban, Oury, etc.), le contre transfert n’a rien de « légitime » ! il est tout simplement inscrit dans de telles situations.

      J’en pâtis dans la rage, face aux dénégateurs, relativistes, non et mal masqués, non vaccinés, rassuristes. J’en pâtis quand je décide de ne pas aller voir tel ou telle loin de « ma » ville car il y faudrait un petit séjour alors que les positions tenues sur le vaccin m’interdisent de tenir le coup plus longuement que pour un pot, un repas (il y a même des échanges où la convention "ne parlons pas des choses qui fâchent m’a été tacitement imposée... Bonjour l’Affaire Dreyfus !).
      Je ne sais même pas si j’ai eu raison de rompre, fâché et triste, avec un ami de très longue date tout récemment. Qu’il m’envoie des machins venus de FranceSoir en défense de la liberté et que ça me mette hors de moi, c’est une chose, mais si nous étions davantage liés actuellement, en contact, je crois que ce ne serait pas arrivé. Je ne me sens pas coupable. C’est raté parce que les conditions l’empêchent (incroyable isolement social et affectif de pas mal de « vieux », quand même). Un tri se fait. je saurais pas brandoliner et avec tact ! partout.

      Cela fait vivre des moments de grande violence intérieure (que je cherche à éviter, ça ne mène nulle part et je continue à espérer une politisation de la pandémie et de sa gestion, ce qui orienterait de la violence bien ailleurs : faux prophètes, entreprises, média, gouvernement ; arrêt de travail, pillage de stocks de masques FFP2 pour distribution gratuite, interruption forcée d’activités clusters, je ne sais quoi ; de tels actes surgissent en situation). Et j’ai pratiqué la pédagogie dans mes entours, ça ne marche activement que lorsque l’on peut présupposer une égalité, et qu’elle se manifeste, il faut du partage, celui qui réunit, et celui qi réunit parce qu’il s’oppose à un autre partage (disons DGB, avec toutes variantes pour faire simple). DGB, chaque jour, on voit qu’il n’y a pas même besoin de savoir ce que c’est pour s’y opposer. Dans les faits, par des pratiques (dont des blagues).
      Pour ce partage en commun, faut pas louper les rdv, aller vers : nombreux sont les moments où les personnes avec qui on est en relation, en amitié se laissent aller à gober des infamies. Hier encore j’ai reçu la pétition FranceSoir (lancé par l’escroc Rodolphe Bacquet, et... citée à l’assemblée. nationale par la FI....) contre le passe vaccinal et j’ai du me fader un commentaire de lecture pour l’envoyer à l’ami qui avait répandu cette bouse dans son entourage. Ce n’est pas un adepte, il n’est pas dépourvu de logique ! et pourtant (ça va c’est réparé, mais il a commencé par répéter « je suis con, je suis con », et il continue à dire qu’il est paumé alors que j’envoie depuis des mois des mels de veille d’infos théorico-pratiques faite ici, merci seenthis et seenthisssiennes, et ailleurs, mais alors que c’est dur de donner de la confiture de pétales de roses à des cochons... anorexiques)

      Ceux à qui on s’adresse n’ont de cesse de ne pas se laisser dominer. Comment leur jeter la pierre ? Car c’est aussi comme ça qu’il faut entendre cette jeune femme quand elle me dit « ton virus je m’en fous », ou les couillons quand ils laissent entendre ou accusent de macronisme volontaire ou non, et de soumission toute prise en compte de la pandémie en tant que telle : nous ne sommes ni du même monde (à virus), ni du même camp (qui fait mine de prendre soin alors que tout montrait déjà avant la pandémie que c’est faux), et ton autorité (qu’on la rabatte sur celle du pouvoir étatique, ou que l’on admette que tu t’autorise de toi même) tu peux t’assoir dessus (disqualification de la parole, ça se voit fort bien en manif depuis des années : la prise de parole publique vaut rien, elle a même pas besoin de provenir d’orgas bureaucratiques, de discours de leaders plus ou moins convenus, il n’en faut tout simplement pas ; idem pour la lecture d’ailleurs, elle fait peu expérience ; et dans les manifs on trouve bien moins de tracts, et surtout pas inattendus, et ce sont de plus ou moins élégants mots de passe inscrits sur les murs qu’ont remplacés les slogans, supprimés, sauf l’dentaire et inclusif « tout le monde déteste la police », jusqu’à la nausée).

      Ce contre transfert, ça va loin, traversé par des envies de meurtres, de punition. J’évite les situations qui suscitent ces affects pourris ; je n’y tiens pas, ça m’abime ; je dois me méfier, fuir lorsque cette sorte de colère là me déborde.

      Le contre transfert, c’est pas légitime, c’est un matériau, c’est le caillou dans la chaussure ou l’obstacle, qui peut nous forcer à penser, là ou le réel résiste.

      La privatisation de la médecine, histoire de fric, bénef, ségrégation, ok. mais c’est plus radicalement encore une destruction de la médecine, de son caractère nécessaire social. celle que l’on connait à l’asocialité du social actuel (doctolib), la coopération sociale telle qu’elle est organisée par le capital est barbare.

      Si sur la pandémie j’ai souvent cité l’exemple du Vietnam, ce n’est pas par goûts des régimes autoritaires mais parce qu’ils ont embauchés des dizaines de milliers d’agents de santé. Il doit y avoir une bonne part de contrôle mais ça fait forcément place à de l’être avec. La pédagogie, convaincre, bien sûr mais c’est pas suffisant, ça c’est l’illusion sioniste ou militante type. C’est le partage d’expérience, de savoirs (à glaner, et inventer) qui fait apprentissage.

      @arno, ça n’a rien d’un procès ou d’une attaque mais il ne s’agit pas seulement de ton environnement mais aussi probablement, de conditions sociales déterminantes (revenu, mode de conso) et du tissu de relations dans lequel tu t’inscris. Il est naturel pour toi d’attendre un comportement éclairé par des infos et connaissances, un minimum de rationalité. j’ai aussi ce pli (j’en suis réduit à vitupérer contre l’obscurantisme...), en sachant que cette limite est à surmonter, et sans savoir le faire. Faut bricoler. Il m’est arrivé à l’occasion de diffusion de tracts, face à des refus, de commenter à très haute voix, ou en chuchotant selon, « oui, l’ignorance est la première des libertés », ou « oui ! on l’a appris petits, la curiosité est un vilain défaut ».

      Pour faire à ma façon l’agent de santé pour une espèce de « collectivité » depuis mars 2020 je sais que c’est infernal d’arriver à mettre les choses sur la table, partager, tirer des conséquences pratiques et tâcher de s’y tenir (surtout quand on pas le blé pour des équipements de base : aération, filtration à l’intérieur, abris ouverts à l’extérieur ah ah ah), collectivement, en l’occurence depuis un endroit où ça circule, c’est en lien avec d’autres endroits où ces partages n’ont pas lieu (le texte sur la dénégation de Maria Desmers donne un bon aperçu de dispositions choisies face à un tel événement que la pandémie). Les disparités devient vite des contradictions, faute de savoir agencer ce divers. un terme comme autodéfense sanitaire sombre parfois dans le gargarisme vide.
      Et à vrai dire, dans ce lieu (comme ailleurs), nous avons échoué. De la solidarité, des mesures d’autodéfense sanitaire, zéro cluster membre en organisant en juillet 2019 un rdv d’hommage militant suite à un décès peuplés de vieillards.
      Nous passons peu ou prou pour des d’austères protestants hostiles au festif et destructeur de sociabilité (ça se fait dehors nom de nom, même si c’est pas simple), des lâches, des hygiénistes, des catastrophistes, etc. et n’avons guère de prise sur la situation dehors de ce lieu où évidemment certaines composantes accueillies tiennent à montrer malgré des échanges préalables sur les mesures sanitaires à respecter que puisque ya plus important (la politique, les retrouvailles, la quantité de gens), cela doit passer peu ou prou à la trappe (et c’est parfois de la provoc pas possible : si vous étions costauds, on aurait viré des gens à qui donner un masque n’a jamais suffit).

      c’est pas les quelques distribs de masques en squatt, foyers de travailleurs qui pouvait faire exemple, entraîner imitation

      même directement parmi un nous plus restreint c’est difficile de prendre la mesure des choses et d’agir à temps (ne serait-ce que pour modifier des protocoles locaux autodéterminés et indépendants de la mer douille gouvernementale). Dire en novembre que omicron va arriver fort, on peut. mais c’est quand Véran prétendre le 16/12 contrôler cette arrivée, quand il ya de l’écho public sur les données anglaises que cela devient pris au sérieux.

      sur l’accès aux soins il y a un aspect social structurel (oui ce sont les bourges de l’ouest qui ont pris les vaccins du 93). et puis il a aussi le refus de soin, plus ou moins revendiqués. qui ne connaît pas quelqu’un qui a évité le pouvoir médical et ses représentants jusqu’à crever de pathologies curable ou chronicisable pour une durée plus ou moins longue avec quelques traitements (la maladie chronique redéfinit de fond en comble la santé) ?

      tous ceux qui s’en mêlent malgré l’État (soignants, dès la 1ere vague qui fut aussi une révolution momentanée de l’hôpital et pas seulement le révélateur du manque, des asso, le twitt médical, les techno scientifiques divers, des réseaux locaux, les malades et malades potentiels) ne prennent pas la main, ça reste suffisamment fragmenté pour pas contrer fortement le gvt, les média.

      clarification en vue ? autour d’un objet, le FFP2 ? à suivre dans les 3 semaines qui viennent.

      (hum hum, mauvaises notes, à continuer ailleurs et autrement)

      #fonction_soignante

  • Covid-19 : les non vaccinés devraient pouvoir dire s’ils souhaitent ou non être réanimés, estime le professeur Grimaldi [dans le JDD]
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/02/covid-19-les-non-vaccines-devraient-pouvoir-dire-s-ils-souhaitent-ou-non-etr

    « Une personne revendiquant le libre choix de ne pas se faire vacciner ne devrait-elle pas assumer en cohérence son libre choix de ne pas se faire réanimer ? », s’interroge le praticien.

    Face à l’afflux de malades du Covid-19 en réanimation, et à la question du tri des patients, il faudrait pouvoir conseiller systématiquement aux adultes non vaccinés de rédiger des directives anticipées pour dire s’ils souhaitent ou non être réanimés, estime dans une tribune au Journal du dimanche du 2 janvier le professeur André Grimaldi, une des figures de la défense de l’hôpital public.

    « La question que posent la cinquième vague en cours et la sixième vague annoncée est à nouveau celle du tri des patients à admettre en réanimation », écrit ce professeur émérite en diabétologie de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, rappelant que « d’ores et déjà, l’activation des plans blancs amène à reporter des opérations et des hospitalisations non urgentes pour donner la priorité aux patients Covid devant être intubés et ventilés ».

    voilà une étrange façon de promouvoir la vaccination.

    le titre de l’article du Monde est assez éloigné de ce que dit l’article. l’emploi du conditionnel ("devrait pouvoir") plus étonnant encore. l’accroche sur le site : « André Grimaldi s’interroge sur le tri des patients » est moins putaclic

    heureusement que le covid et les non vaccinés existent ! la possibilité de rédiger des directives anticipées afin de refuser tel ou tel type de soin ou traitement, dont la réanimation, finira peut-être par être largement connue

    #non_vaccinés #réanimation #tri_des_patients #directives_anticipées #hôpital

  • Les non vaccinés covid vont prendre cher... à cause des vaccinés. Et c’est très logique. Je vous explique. @DocPepper_FR
    https://threadreaderapp.com/thread/1462842693999022091.html

    Le vaccin contre le covid ce n’est pas comme le vaccin contre la rougeole par exemple. Contre la rougeole, vous n’avez plus la maladie une fois vacciné.

    Les non vaccinés de la rougeole sont donc protégés par les vaccinés. C’était d’ailleurs l’argument très égoïste des antivaxx de la rougeole pour ne pas vacciner leur enfant, quand ce n’était pas obligatoire.

    Mais pour le covid, les vaccinés peuvent encore avoir la maladie.

    Il y a bien une baisse du risque de contagion, mais pas assez pour empêcher le virus de circuler. C’est d’ailleurs l’argument des antivaxx pour pas se vacciner. Sauf qu’ils oublient que le vaccin, s’il empêche pas d’être malade, réduit considérablement les cas de forme grave.

    D’ailleurs on le voit en ce moment à l’hôpital : pour 1.7 vaccinés, il y a 6 non vaccinés. C’est à dire que 13% des gens (les non vaccinés) représentent 78% des hospitalisations en soins critiques (source data.gouv.fr, au 28/10)

    Ça c’est la preuve que le vaccin protège, en réduisant drastiquement les chances (non nulles, mais très faibles) de finir à l’hôpital.

    Bilan : quand les vaccinés ont le nez qui coule, une anosmie, de la toux, bref, des symptômes, bha ils s’en foutent.

    Et ils ont pas tord. Ils ont un pass, le nez qui coule, pourquoi aller se faire tester ? Pour protéger les non vaccinés ? Mais c’est une grosse blague. Ils en en rien à carrer des non vaccinés, au contraire même.

    Je vois moultes cas depuis 2 sem et aucun vacciné se teste.

    Bilan : le virus est en train de circuler à une vitesse qu’on a jamais vu, et on a que très peu d’infos car plus de tests systématiques. Ajoutez à cela les enfants, c’est explosif ! Quand la classe de ma fille a fermé, on s’est demandé qui était malade. Le cas. Le vilain.

    Ils étaient au final 8 sur 26. La classe d’à côté 15 sur 28. Du délire. Et vous savez quoi ? Les gens devant travailler ont envoyé leur enfant en quarantaine (dans l’attente du test) chez les grands-parents ! Olé ! Et la directrice dépitée de me dire que les familles n’annulent pas les goûters d’anniv pdt la quarantaine !

    Voilà pquoi les non vaccinés, qui avaient 3 options pour l’instant : vaccin, covid ou passer entre les gouttes, n’ont plus cette dernière option. La fenêtre entre le vaccin ou le covid se ferme.

    Les 13% de non vaccinés, entourés de 87% de gens qui n’en ont plus rien à foutre du covid ET de ces 13%, n’auront le choix qu’à soit le vaccin, soit le covid. C’est pas pour rien que le ministre allemand a dit ce jour que d’ici la fin 2022 chaque allemand sera soit vacciné, soit guéris du covid, soit mort du covid.

    Après les non vaccinés, n’oubliez pas un truc : 10% des covid font un covid long. Cela va d’une fatigue de qq semaines à une anosmie de plusieurs mois (et probablement définitive), à des fibroses pulmonaires.

    Je vous ai déjà raconté ce cas d’un ami de 35 ans, sportif, le mec qui fait des iron man tous les mois, qui depuis son covid ne peut plus monter deux étages sans être essoufflé. Et qui terminera probablement sous oxygène à vie dans 20, 30 ou 40 ans. Qui sait.

    Bref, les non vaccinés, je vous le dis : vous allez subir de plein fouet l’égoïsme des gens qui n’en auront rien à foutre de vous, c’est à dire les vaccinés. Et vous ne passerez plus entre les mailles du filet, qui se resserent chaque jour un peu plus.

    Avis aux amateurs.

    #covid-19

    • Je vois vaguement l’intérêt de s’adresser ainsi aux non-vaccinés, mais d’un autre côté, c’est tout de même drôlement tiré par les cheveux.

      Le gros défaut est de laisser croire que les non-vaccinés auraient un comportement plus « vertueux » que les vaccinés (qui s’en foutraient), et explicitement que les non-vaccinés seraient les victimes des vaccinés (« à cause des vaccinés », « subir de plein fouet l’égoïsme… »).

      Le paragraphe sur l’école par exemple : mais d’où les gens qui ont des enfants, avant le vaccin, respectaient correctement les recommandations ? On a passé 2 ans à lire des témoignages comme quoi les gens envoyaient leurs gosses malades à l’école, ne voulaient pas les faire tester, les directeur·ices qui n’informaient pas les enseignants et les autres parents, de toute façon le télétravail c’est le mal, et les enfants ne transmettent pas le biniou, etc. Tout d’un coup les gens continueraient donc à faire exactement la même chose, envoyer leurs gosses malades à l’école et tout faire pour éviter de devoir les garder pendant une semaine à la maison, mais désormais ce serait au motif qu’ils seraient vaccinés ?

      Sur le « balec » des vaccinés : quand je vais au supermarché régional, que je vois quasiment tous les vieux portant consciencieusement leur masque, et qu’au milieu se pavanent des jeunes hommes avec le masque sous le pif, il faut vraiment que je crois que les vieux au comportement prudent ne sont pas vaccinés, et les jeunes virilistes en mode « balec » le sont justement parce qu’ils sont vaccinés ? Comment ça se fait que dans mon entourage, les anti-vaccin sont les mêmes qui étaient déjà anti-masque ?

      Le « à cause » est problématique, parce qu’il repose sur l’idée que les gens, une fois vaccinés, s’en foutraient des gestes barrière et des mesures sanitaires, alors que les non vaccinés ne s’en foutent pas. C’est vraiment problématique. Depuis deux ans qu’on se farcit cette épidémie, il me semble assez clair que les gens qui s’en foutent une fois vaccinés s’en foutaient déjà totalement avant d’être vaccinés.

      Par ailleurs, si l’idée c’est de faire comprendre que la vaccination ne suffit pas à atteindre l’immunité de groupe, c’est une façon drôlement bizarre de le dire, et de toute façon les non-vaccinés sont les premiers à le répéter.

      Faudrait pas oublier qu’à chaque vague, ce ne sont pas les comportements collectifs vertueux qui ont limité les dégâts, mais des restrictions sévères de notre vie sociale. Dès qu’on a rouvert, à chaque fois ça a été la fête du slip (nos politiciens montrant largement l’exemple en la matière). La vaccination ne change pas cette partie là de l’équation, et mettre sur le dos des gens vaccinés le fait que les non-vaccinés vont crever d’un virus hautement contagieux pour lequel il existe un vaccin est une façon vraiment maladroite de présenter les choses.

      Et tout ça renforce l’idée des anti-vax qu’ils seraient des victimes des méchants collabos et qu’ils seraient ségrégationnés avec une étoile jaune cousue sur leurs vêtements, alors qu’il s’agit d’une petite piqûre pour se protéger collectivement contre un virus mortel. Les non-vaccinés vont prendre cher… du fait qu’il y a un virus mortel contre lequel ils ont décidé de ne pas se vacciner. Les non-vaccinés vont prendre de plein fouet le fait qu’ils ne sont pas vaccinés, et que ça c’est leur propre décision.

    • en rester à la punch line suffit pas il me semble, mais oui, il est peu question des mesures non pharmaceutiques. et l’étroitesse du propos heurte. il aura eu besoin de purger l’évitable contre transfert de nombreux soignants vis-à-vis des non-vaccinés

      edit il est pas trop tard pour que dal annate de toubibs s’occupent de choper les vieux et les fragiles au lieu de les attendre ou de croire que ça se fait ailleurs (en écoutant france intox ?). espérons qu’ils emploient aussi d’autres méthodes.
      aujourd’hui j’entends qu’un médecin macroniste parisien prescrit de l’azithromycine à une personne PCR+. à n’en pas douter les symptômes sont marqués et virulents. il aura fait quelque chose
      #pouvoir_médical #soin #vacccination #non_vaccinés

    • C’est hallucinant comme en plus, ils continuent dans la direction d’empirer les choses.

      On ferme trop de classes parce qu’on avait décidé de fermer au premier cas ? Y-a-qu’à modifier les règles et dire qu’on ne les ferme que s’il y a plus de un cas.
      Et évidemment, on décide de ce changement au moment où l’incidence est au sommet. Sinon ce ne serait pas drôle.
      En fait, les criminels, ils ont eu l’impression d’être brimés lors des premières vagues, quand on leur a dit que l’immunité collective n’était pas la solution. Maintenant, ces eugénistes, ils jouent leur partition à fond. « Faut qu’ça circule » !

  • Non vaccinés pour raison de santé : l’impasse sanitaire – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/sante/non-vaccines-pour-raison-de-sante-limpasse-sanitaire-20210802_T3EER4PJRZB

    La mise en place du pass sanitaire plonge dans une zone grise les Français qui ne peuvent pas se faire vacciner pour raisons médicales mais qui n’entrent pas dans les exemptions officielles.

    « Vacciner », « vacciner », « vacciner », ne cesse-t-on de répéter au gouvernement. Très bien, quand on ne peut pas pour raison médicale, on fait comment ? D’après le ministre de la Santé, Olivier Véran, ils ne seraient que « quelques centaines » dans ce cas. Ils sont en réalité bien plus nombreux et souffrent de pathologies si diverses que leur nombre est difficile à quantifier. Le gouvernement a fixé trois contre-indications à la piqûre : les personnes allergiques à des composants du vaccin, les personnes ayant fait « une réaction type myocardite, péricardite et hépatite sévère ayant nécessité une hospitalisation » après leur première injection ou les jeunes ayant fait un « syndrome PIMS » (pour syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique), une complication « extrêmement rare » qui a touché certains enfants et adolescents à la suite d’une infection par le coronavirus. Aux yeux du ministère de la Santé, seules les personnes entrant dans une de ces trois cases sont officiellement exemptées de vaccination.

    Pourtant, de nombreuses autres personnes ne peuvent pas non plus, d’après l’avis de leurs médecins, se faire vacciner. Du moins pour le moment. Il s’agit de patients qui suivent des traitements pour des maladies immunodépressives, souffrent de Covid long ou ne peuvent tout simplement recevoir aucun vaccin pour des raisons de santé. Or, ces personnes l’assurent : elles aimeraient se faire vacciner.

    D’autant plus qu’après une (courte) accalmie sur le front sanitaire, la quatrième vague de l’épidémie est bel et bien là. De nombreuses villes ou départements instaurent de nouvelles mesures restrictives. De son côté, le gouvernement lui aussi accélère. Dans son allocution du 12 juillet, Emmanuel Macron a annoncé l’extension du pass sanitaire à la quasi-totalité des lieux de vie. Ainsi, pour accéder aux bars, restaurants, cinés et salles de sport et même aux lieux de travail, chacun devra bientôt pouvoir attester de son parcours vaccinal complet ou présenter un test PCR négatif de moins de 48 heures. Pour les personnes ne pouvant se faire vacciner pour raisons médicales, cela s’apparente à une double peine : « Déjà que nous sommes malades, que nous ne pouvons pas nous protéger du Covid-19, mais en plus bientôt nous n’aurons plus accès aux lieux de loisirs où l’on peut un peu se vider la tête. C’est juste pas possible de faire des tests tous les deux jours… » grince Sonia, 32 ans, atteinte de spondylarthrite ankylosante. Libération a recueilli les témoignages de plusieurs personnes qui, comme elle, restent non-vaccinées par contrainte médicale. Toutes demandent que leur cas soit reconnu par les différentes instances, pour ne pas être pénalisées en cas de contrôle mais surtout pour « vivre plus ou moins normalement, comme les autres ».

    Stéphanie : « J’ai vraiment l’impression d’avoir la double peine »

    Quand au début du mois de mai dernier, Stéphanie, enseignante, décroche un créneau pour sa vaccination, elle ne fait pas encore partie des publics autorisés. « Je suis tout à fait provaccin, c’était très important pour moi de me faire vacciner le plus vite possible », explique-t-elle. Le 3 mai, Stéphanie, se rend donc tout sourire, convocation en main, au centre Covid de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Elle se fait injecter le précieux liquide et repart soulagée. Sauf que, quatre jours plus tard, Stéphanie ressent de nouveau les symptômes de sa maladie auto-immune. L’enseignante est atteinte de la maladie de Basedow, une maladie qui « surexcite » sa thyroïde. « Après le vaccin, j’ai refait de la tachycardie, ça m’a provoqué un épuisement total comme il y a cinq ans quand j’ai contracté la maladie, raconte-t-elle. En gros, le vaccin m’a rendue très malade. »

    Quand se rapproche sa seconde injection, l’enseignante, pas convertie en antivax pour autant, se renseigne tout de même auprès des nombreux médecins qui la suivent. « Je me suis dit, quand même, vu l’état dans lequel ça m’a mis, puis-je vraiment recevoir ma deuxième dose ? » Elle rencontre donc son endocrinologue, sa rhumatologue, une généraliste, une infirmière et deux cardiologues. Tous sont formels : leur patiente doit attendre que sa maladie soit stabilisée pour pouvoir envisager sa deuxième injection. Problème : cela pourrait prendre de longs mois. « Quand j’ai chopé la maladie il y a cinq ans, on a mis un an et demi avant de trouver le bon dosage du traitement qui m’a stabilisée, se souvient-elle. Je n’ai pas envie de passer une année à faire des tests tous les deux jours. » Pourtant sans seconde injection, c’est bien des tests négatifs de moins de 48 heures que Stéphanie devra fournir si elle veut se rendre au cinéma. « La seule activité que je peux encore faire compte tenu de mon état de santé », explique-t-elle. Surtout, l’enseignante s’interroge sur son travail : « Comment ça va se passer pour moi ? Vais-je pouvoir accéder à mon école ? »

    Pour éviter de « vivre enfermée » et ne pas risquer d’être pénalisée à cause de son pass sanitaire incomplet, l’enseignante aimerait donc pouvoir bénéficier d’une attestation officielle. Ce qui n’a pas l’air au goût du jour. Contacté, le ministère de la Santé renvoie vers l’interview d’Olivier Véran dans le Parisien du 23 juillet. Devant quelques lecteurs non vaccinés du journal, le ministre de la Santé déclarait : « Tous ceux qui vous disent […] “j’ai une maladie auto-immune, je ne peux pas” […] se trompent. Ce ne sont pas des contre-indications. » Un avis que ne semblent donc pas partager les spécialistes qui suivent Stéphanie. « J’ai vraiment l’impression d’avoir la double peine, d’un côté je ne peux pas me protéger du virus, mais en plus je vais bientôt être contrainte de ne plus bouger de chez moi », regrette-t-elle.

    -- Carla, 24 ans, atteinte de fibrodysplasie ossifiante progressive
    Carla : « Nous sommes les oubliés de la société et de l’Etat »

    Carla, 24 ans, le sait, les gens dans sa situation sont très peu nombreux. « On est moins d’une centaine en France à souffrir de ma maladie, je suis le seul cas en Corse », raconte-t-elle. Elle souffre de fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP), une pathologie très rare mais surtout extrêmement invalidante : « J’ai une maladie qui touche mes muscles, tendons et tissus mous, explique-t-elle. Toute atteinte au muscle et donc toute injection intramusculaire comme les vaccins peut provoquer une poussée inflammatoire suivie d’une ossification extrêmement douloureuse entraînant une limitation de mes mouvements et donc une réduction de ma mobilité. » Pour ses médecins donc, hors de question de l’autoriser à se faire vacciner contre le Covid-19. « Pourtant dans l’idée, je ne suis surtout pas antivaccin », tient-elle à préciser.

    « Le problème, c’est que malgré mon état, j’ai vu que je ne vais pas faire partie des rares cas contre-indiqués pour la vaccination pour le Covid-19 », poursuit la jeune femme qui regrette que l’on parle de tout ce qui concerne les potentiels effets secondaires mais que personne n’évoque le mode d’administration en lui-même. « J’ai bien écouté l’allocution du Président, il n’a absolument pas parlé des gens dans ma situation », grince Carla. Suivie à l’hôpital Necker à Paris, elle sait qu’obtenir une attestation de son médecin « ne devrait pas être un problème », mais elle craint fort que, vu n’entrant pas dans les trois cas de figure d’exemption retenus par les autorités sanitaires, ce document n’ait guère de valeur aux yeux de ceux qui seront chargés de contrôler les passeports sanitaires.

    Face à ce trou dans la raquette, Carla cherche donc à se faire entendre. Dans la nuit suivant l’allocution du chef de l’Etat, elle se lance dans la rédaction d’une pétition qu’elle publie dès le lendemain sur la plateforme Change.org. Après une présentation de sa situation, Carla écrit : « Allons-nous être, une fois de plus, stigmatisés, discriminés, pénalisés, et encore plus isolés que nous le sommes déjà dans la société actuelle ? Nous sommes les oubliés de la société et de l’Etat. » La Corse veut des réponses concrètes : « Sera-t-il possible d’obtenir un QR code pour les personnes présentant ce cas de figure ? Ou un certificat du médecin mentionnant la contre-indication totale à tout vaccin peut suffire ? » Elle demande au gouvernement de « trancher, trouver une solution et en informer les malades, les professionnels et la population ». Mercredi soir, près de 17 500 personnes avaient signé son « cri du cœur ».

    Diane : « Mon cas n’entre pas dans les contre-indications »

    En décembre, Diane, 28 ans, contracte le Covid. « Rapidement, j’ai ressenti une immense fatigue, c’est comme si d’un coup j’avais le corps d’une personne de 85 ans », raconte la journaliste. Après une courte accalmie, Diane reprend le travail de chez elle, mais rechute vite : « Ça a été les mêmes effets que quelques semaines plus tôt, l’horreur. » Pour la presque trentenaire, marcher cinquante mètres reste difficile.

    Malgré tout, quand la vaccination s’ouvre à sa catégorie d’âge, Diane se renseigne auprès de son médecin. « Je sais qu’une personne atteinte du Covid n’a pas le droit de se faire vacciner mais je ne savais pas bien ce qu’il en était en cas de Covid long », précise-t-elle. Sans hésitation, son généraliste lui déconseille vivement de se faire piquer « compte tenu de son état de faiblesse ». « A ce moment-là je me dis : il va y avoir un problème étant donné que mon cas n’entre pas dans les trois contre-indications détaillées par le gouvernement », explique Diane. Depuis qu’elle est tombée malade elle regrette que « si peu d’études soient faites en France concernant le Covid long ». Très vite, elle demande à son médecin s’il a entendu parler d’une exemption du pass sanitaire. Sa réponse est non.

    Pour avoir (enfin) des réponses claires, la journaliste se permet de contacter un conseiller du ministre de la Santé, Olivier Véran. Dans un long message, elle lui fait part de sa situation et de son « parcours du combattant ». Un échange qui n’apporte finalement pas vraiment d’éclaircissement. En substance, l’entourage du ministre lui explique ne pas disposer de données précises ou de recul suffisant concernant les Covid longs et lui préconise de se tourner vers les médecins traitants. « C’est assez terrible, on ne donne pas de consigne et on laisse les médecins traitants prendre des décisions qui peuvent être assez lourdes », grince Diane. La jeune femme, qui se prive d’aller dans les bars ou les restaurants, aimerait juste pouvoir retourner au cinéma. « C’est doublement énervant parce que non seulement on me prive de la seule chose de vie normale que je pouvais encore m’accorder, mais en plus on nous met au même niveau que ceux qui refusent le vaccin par idéologie, regrette Diane. On se sent vraiment punis. »

    https://seenthis.net/messages/923367

    #vaccin #covid-19 #covid_long #non_vaccinés #non_vaccinables