• Retour en images sur le 8 juin féministe rennais
    https://expansive.info/Retour-en-images-sur-le-8-juin-feministe-rennais-2285

    ✨📸 Retour en image sur la mobilisation du lundi 8 juin, pour laquelle la coordination nationale féministe a appelé à des actions pour un déconfinement féministe partout en France, après la sortie d’une tribune sur Mediapart et Bastamag ! #Info_locale

    / #Manchette, #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, #Rennes, #Lutte_contre_les_violences_sexistes, #NousToutes35

  • Papiers logements CRA : le 30 mai dans les rues de #Rennes !
    https://expansive.info/Papiers-logements-CRA-le-30-mai-dans-les-rues-de-Rennes-2270

    Sur la base de l’appel « Foyers, Centres de Rétention, Sans-Papiers : des mesures immédiates contre la bombe sanitaire ! » soutenu à ce jour par 180 collectifs et organisations sur tout le territoire, le collectif inter-organisation de soutien aux personnes exilées de Rennes appelle à une manifestation le samedi 30 mai à 15h dans les rues de Rennes ! #Infos_locales

    / #Manchette, #Migrations_-_Luttes_contre_les_frontières, Rennes, #Migrant·es, #NousToutes35

  • Pour un déconfinement et un plan d’urgence féministe
    https://expansive.info/Pour-un-deconfinement-et-un-plan-d-urgence-feministe-2260

    L’idée d’une coordination nationale féministe est en train de réapparaître. Plusieurs collectifs se sont concertés pendant la période de confinement. Au niveau local, NousToutes35 et le Groupe Féministe de Fougères signent cette tribune lancée par l’assemblée féministe de Toulouse « Toutes en Grève 31 ». #Analyses

    / #Manchette, #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, #Lutte_contre_les_violences_sexistes, #NousToutes35, #Coronavirus

  • Neuf femmes sur dix ont déjà ressenti une pression pour avoir des relations sexuelles
    https://www.liberation.fr/france/2020/03/03/neuf-femmes-sur-dix-ont-deja-ressenti-une-pression-pour-avoir-des-relatio

    Le collectif #NousToutes publie les résultats d’une enquête en ligne à laquelle près de 100 000 femmes ont répondu. Près d’une sur deux fait état d’au moins un viol potentiel subi. Et la question du consentement reste difficile à aborder avec leurs partenaires.

    Neuf femmes sur dix ont déjà ressenti une pression pour avoir des relations sexuelles

    Quatre-vingt-seize mille six cents répondantes et des résultats sans appel : une étude menée en ligne par le collectif #NousToutes souligne la méconnaissance du consentement en France. Du 6 au 17 février, ces femmes, aux trois-quarts âgées de moins de 35 ans, ont répondu à un questionnaire sur les relations hétérosexuelles en trente questions. Parmi ces dernières : « Au cours de votre vie, avez-vous déjà ressenti une pression de la part d’un partenaire pour avoir un rapport sexuel ? », « un partenaire vous a-t-il déjà menacé (explicitement, par sous-entendu ou sur le ton de l’humour) d’aller voir ailleurs ou de vous quitter si vous n’acceptiez pas un rapport sexuel ? », « à propos de votre premier rapport sexuel : diriez-vous que celui-ci était désiré et consenti ? », ou encore : « Est-il déjà arrivé que le rapport se poursuive malgré le fait que vous ayez demandé d’arrêter ? »

    Les résultats : neuf répondantes sur dix ont déclaré avoir déjà ressenti une pression de la part d’un partenaire et, parmi elles, neuf sur dix encore l’ont vécu plusieurs fois. Près d’une répondante sur deux dit avoir fait l’objet de propos dévalorisants d’un partenaire. Exemples de menaces entendues par ces femmes, citées par #NousToutes dans son communiqué : « Franchement, la prochaine fois j’irais voir ailleurs. Tu es frigide ! » ; « Il faudrait que tu maigrisses un peu, je ne suis plus attiré » ; « A quoi ça sert d’avoir une meuf si je peux pas baiser avec ? »...
    Une répondante sur deux victime d’un viol potentiel

    Dans ces circonstances, elles sont nombreuses, près de deux sur trois, à avoir eu un ou plusieurs rapports non consentis (avec ou sans pénétration), y compris le premier rapport de leur vie pour 16,6 % d’entre elles. Plus d’une sur deux (53 %) fait état d’un « rapport avec pénétration non consenti » commis par au moins un partenaire. Selon 15,2 % des répondantes, il est arrivé au moins une fois qu’un partenaire agisse de la sorte pendant leur sommeil. Des faits qui « pourraient potentiellement s’apparenter à un viol selon le code pénal », précise Caroline De Haas, du collectif #NousToutes, à Libération. Mais par égard pour les répondantes, qui auraient pu mal vivre la présence du mot « viol », celui-ci ne figurait pas dans le questionnaire, explique-t-elle : « Répondre "oui" à la question de savoir si on a subi un viol, ça peut être dur ». Même si « le fait de nommer les choses permet de prendre conscience de leur gravité », cela aurait aussi pu déboucher sur une sous-déclaration de ces viols potentiels.

    Le poids de l’autocontrainte dans les réponses, lui, est révélateur du fait que l’« on ne vit pas encore dans une société dans laquelle le rapport et au corps et à ses désirs est libéré », analyse Caroline De Haas. Ainsi, 70 % des répondantes ont « déjà eu l’impression d’avoir des rapports sexuels, sans pression de [leur] partenaire, alors qu’[elles] n’avaient pas envie ». « Pour lui faire plaisir », « pour ne pas avoir à me justifier sur pourquoi je n’ai pas envie », « parce que ça faisait longtemps », expliquent la plupart. Les trois-quarts ont déjà demandé à arrêter un rapport sexuel en cours, mais parmi elles, 38,2 % disent que le rapport a continué malgré tout. Elles sont également 62,7 % à ne pas s’être senties autorisées à demander l’arrêt d’un rapport.
    « Dans le doute, on demande »

    Confrontées à ces situations et aux autres évoquées dans le questionnaire, comment les femmes réagissent-elles ensuite ? Seule une répondante sur quatre a osé en parler avec le partenaire concerné, ce qui a amené ledit partenaire à arrêter moins d’une fois sur deux. Là aussi, les normes sociales règnent : « Cela veut dire que les gens ne parlent pas de sexe, de plaisir, de ce qu’ils aiment, de ce qu’ils n’aiment pas », dit Caroline De Haas.

    Pour elle, « la question du dialogue est centrale : il faut se parler ». Parmi les conseils livrés par le collectif #NousToutes en conclusion de l’enquête : « discuter avec l’autre de sexe et de sexualité, de ce qui fait plaisir ou ce qui inquiète », « écouter et surtout entendre ce dont l’autre a envie ou pas », « reconnaître que le fait d’être ensemble n’implique pas automatiquement le fait d’avoir des rapports sexuels »... « Le consentement obtenu sous la contrainte n’en n’est pas un », souligne le collectif, rappelant que « si l’autre ne dit rien, cela ne signifie pas forcément "d’accord". Dans le doute, on demande. »
    Frantz Durupt

  • Cinéma français : la nuit du déshonneur - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/290220/cinema-francais-la-nuit-du-deshonneur?onglet=full

    La 45e cérémonie des César a récompensé vendredi Roman Polanski de trois César, dont celui du meilleur réalisateur. En signe de protestation, l’actrice Adèle Haenel, la réalisatrice Céline Sciamma et toute l’équipe de leur film ont quitté la salle, dans l’apathie générale. « Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde », réagit la comédienne dans Mediapart.

    #paywall argh, ne trainerait-il pas, cet article, somewhere over the rainbow ?

    • Cinéma français : la nuit du déshonneur

      La 45e cérémonie des César a récompensé vendredi Roman Polanski de trois César, dont celui du meilleur réalisateur. En signe de protestation, l’actrice Adèle Haenel, la réalisatrice Céline Sciamma et toute l’équipe de leur film ont quitté la salle, dans l’apathie générale. « Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde », réagit la comédienne dans Mediapart.
      Elles sont arrivées sous les acclamations, aux alentours d’1 h 30 du matin. Embrassades, étreintes, tapes dans le dos. Pendant de longues minutes, elles passent de bras en bras. La réalisatrice Céline Sciamma ouvre le chemin, suivie d’Adèle Haenel, qui a troqué sa longue robe de gala bleue pour un jeans-blouson, et de sa cheffe opératrice, Claire Mathon, qui brandit son César de la meilleure photographie : tonnerre d’applaudissements.

      La scène ne se passe ni à la 45e cérémonie des César, ni à la soirée officielle qui a suivi au Fouquet’s, mais au Perchoir, un bar-restaurant de l’est parisien. C’est ici que le collectif 50/50, qui œuvre pour l’égalité et la diversité dans le cinéma, a trouvé refuge vendredi soir pour organiser sa contre-soirée des César.

      Outre les piliers et membres du collectif, il y a là plusieurs personnalités du cinéma, telles que la réalisatrice Rebecca Zlotowski, l’actrice Anna Mouglalis ou le comédien Swann Arlaud. Les mines sont défaites, mais l’ambiance reste joyeuse, solidaire, réconfortante. « Ici, on se tient chaud », glisse une participante.

      Une heure plus tôt, Adèle Haenel, Céline Sciamma et toute l’équipe de leur film Portrait de la jeune fille en feu ont quitté la cérémonie à l’annonce de la victoire de Roman Polanski, couronné du prestigieux César du meilleur réalisateur, en dépit des six accusations de viols le visant. « C’est la honte, c’est la honte ! », s’est exclamée Adèle Haenel, agitant les bras en signe de protestation. « On s’en va », a enchaîné Céline Sciamma. L’équipe du Portrait s’est levée, laissant une grande partie du deuxième rang vide.

      Applaudie dans les couloirs, l’actrice, en colère, a ensuite quitté la salle Pleyel en chantant : « Eh bien vive la pédophilie, bravo la pédophilie, bravo ! » (voir la vidéo).

      À Mediapart, Adèle Haenel explique qu’« alors que la cérémonie avait plutôt bien débuté, qu’il se passait quelque chose », avec plusieurs prises de parole fortes « comme Lyna Khoudri [meilleur espoir féminin – ndlr], Aïssa Maïga, l’équipe du film Papicha [de Mounia Meddour, qui traite du combat des femmes en Algérie – ndlr], et le numéro d’équilibriste réussi de Florence Foresti », la soirée s’est ensuite « affaissée dans les remerciements ». « Comme si, cette année, il n’y avait pas autre chose à dire : sur les violences sexuelles, sur le cinéma qui traverse actuellement une crise, sur les violences policières qui s’intensifient, sur l’hôpital public qu’on délite, etc. » « Ils voulaient séparer l’homme de l’artiste, ils séparent aujourd’hui les artistes du monde », résume l’actrice à Mediapart.

      Adèle Haenel voit dans la séquence d’hier une tentative de museler certaines paroles et elle questionne la « crispation » d’une partie du monde du cinéma. « Ils pensent défendre la liberté d’expression, en réalité ils défendent leur monopole de la parole. Ce qu’ils ont fait hier soir, c’est nous renvoyer au silence, nous imposer l’obligation de nous taire. Ils ne veulent pas entendre nos récits. Et toute parole qui n’est pas issue de leurs rangs, qui ne va pas dans leur sens, est considérée comme ne devant pas exister. » L’actrice note le paradoxe : « Ils font de nous des réactionnaires et des puritain·e·s, mais ce n’est pas le souffle de liberté insufflé dans les années 1970 que nous critiquons, mais le fait que cette révolution n’a pas été totale, qu’elle a eu un aspect conservateur, que, pour partie, le pouvoir a été attribué aux mêmes personnes. Avec un nouveau système de légitimation. En fait, nous critiquons le manque de révolution. »

      « Toute la soirée a tourné autour de l’idée que l’on ne pourrait plus rien dire, “comment on va rire maintenant si on ne peut plus se moquer des opprimés”. Mais si on riait aussi de nous-mêmes, si on riait aussi des dominants ? », souligne la comédienne, déjà doublement césarisée (en 2014 et 2015).

      Quelques jours plus tôt, réagissant dans le New York Times aux 12 nominations de Polanski, elle avait déclaré : « Distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes. Ça veut dire, “ce n’est pas si grave de violer des femmes”. »

      L’image de sa sortie de salle, qui fait le tour du monde depuis vendredi soir, résume à elle seule le clivage actuel qui traverse le cinéma français. Comme un bras d’honneur, les quelque 4 000 votants de l’Académie des César – qui ont voté à 81 % pour cette édition 2020 – ont préféré plébisciter un cinéaste accusé de viol par six femmes (la plupart fillettes ou adolescentes au moment des faits), sous les yeux d’une actrice qui, en novembre, a relancé #MeToo en France par son témoignage dénonçant des violences sexuelles subies enfant, puis adolescente. Sous le regard aussi de l’équipe du film Grâce à Dieu, de François Ozon, qui retrace l’affaire de pédocriminalité dans l’Église française.

      Nommée dans dix catégories, l’équipe de Portrait de la jeune fille en feu repart avec un seul César (celui de la meilleure photo), et J’accuse, de Polanski, avec trois récompenses, dont deux honorant directement le cinéaste (meilleure adaptation et meilleur réalisateur). L’équipe de J’accuse avait choisi de boycotter la cérémonie. Seule la communicante du cinéaste, Anne Hommel, était présente dans la salle. Questionnée par Mediapart, elle a expliqué être venue « à titre personnel » et n’avoir aucune déclaration à faire.

      Les Misérables de Ladj Ly ont tenu le haut de l’affiche avec quatre statuettes, dont celle de meilleur film (retrouvez ici le palmarès complet).

      Comme quelques autres, l’actrice Aïssa Maïga a quitté la salle après l’annonce de l’attribution du César du meilleur réalisateur à Roman Polanski. « J’étais d’abord un peu clouée sur place. Et puis une minute après, je n’étais pas bien, je suis partie, réagit-elle auprès de Mediapart en sortant. J’ai été terrassée, effrayée, dégoûtée, à titre vraiment personnel, dans mes tripes. J’ai vu la réaction d’Adèle Haenel, très forte, et honnêtement, j’ai pensé à toutes ces femmes. Toutes ces femmes qui voient cet homme plébiscité et je pense, au-delà de ces femmes, à toutes les autres, toutes les personnes victimes de viols, de violences sexuelles. J’imagine quel symbole cela peut revêtir pour elles. Et pour moi l’art n’est pas plus important que tout. L’humain d’abord. »

      L’actrice marque une pause, puis reprend : « Vous savez, c’est comme dans une famille : on croit se connaître un petit peu et puis, parfois, à la faveur d’une extrême révélation, on découvre qui sont les gens, ce qui est important pour eux, et parfois on constate avec un peu d’amertume qu’on n’a pas tout à fait les mêmes valeurs. » « Ce n’est pas grave, il faut le savoir et pouvoir avancer avec ça. Et moi, là, j’ai envie d’aller rejoindre les manifestantes dehors, c’est tout. J’aime beaucoup le cinéma, les tapis rouges, les films, les cinéastes, j’aime tout ça, mais moi je suis une fille qui n’a pas été éduquée dans l’élite, ni dans un esprit d’élitisme, je me sens une citoyenne comme les autres et là je vais aller les rejoindre », conclut-elle en se dirigeant vers le rassemblement des féministes face à la salle Pleyel. À quelques mètres du tapis rouge, les cris des militantes, parquées derrière les barrières, redoublent : « Polanski violeur, César complices ! » ; « Mais vous n’avez pas honte ? ».

      Récompensé du César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Grâce à Dieu, où il interprète un homme victime de pédocriminalité de la part d’un prêtre, Swann Arlaud a jugé « assez incompréhensible » la récompense attribuée à Roman Polanski. « La parole se libère, mais le combat n’a pas énormément avancé », a-t-il estimé, en apportant son soutien à Adèle Haenel. « Adèle a fait sa prise de parole extrêmement brillante [en novembre – ndlr] [...]. On a tous été émus par ça, moi j’ai été ébranlé par ça. [...] Même si on n’est pas directement concerné, ça ne peut que mettre en colère. Evidemment que je comprends son geste » :

      Quelques minutes plus tard, l’équipe du film de Nicolas Bedos, La Belle Époque, récompensé de trois César, donnait un tout autre son de cloche. Aux journalistes qui lui demandent de réagir à la statuette accordée à Polanski, Fanny Ardant explique : « Moi, quand j’aime quelqu’un, je l’aime passionnément. Et j’aime beaucoup, beaucoup Roman Polanski. Je suis très heureuse pour lui. » « Après, je comprends que tout le monde n’est pas d’accord, mais vive la liberté !, a complété, tout sourire, l’actrice, qui a obtenu le César du meilleur second rôle féminin. Moi je suivrais quelqu’un jusqu’à la guillotine ! Je n’aime pas la condamnation. »

      À côté d’elle, le réalisateur Nicolas Bedos – qui, en juin, était arrivé bras dessus, bras dessous avec Roman Polanski et Jean Dujardin à une avant-première (lire notre article) – esquive les questions des médias avec la langue de bois d’un homme politique : « Je prends acte de la force de la séquence, comme on dit en politique, […] de la séquence en général de cet espèce de combat des femmes et je tais ma voix de mâle blanc dominant, comme on dit de façon discutable. » « Après, il y aura beaucoup à dire sur tout cela. Il faudra qu’on se réconcilie, qu’on avance. Mais tout de suite, là, en ce moment, c’est aux femmes de parler, pas à moi, donc je ferme ma gueule », a-t-il ajouté, préférant se féliciter des récompenses obtenues par son film : « C’est magique ce que je vis moi ce soir. Pardon d’être un peu égoïste, mais je ne pense ni à Roman Polanski, ni à Céline Sciamma, ni à rien. »

      Questionnée par le site Allociné, la comédienne Anaïs Demoustier, récompensée du César de la meilleure actrice, n’a pas non plus manifesté de soutien à la démarche d’Adèle Haenel (nommée dans la même catégorie), se contentant d’un très neutre : « Je n’étais pas dans la salle au moment où Adèle est partie, je venais de recevoir mon prix […], elle est partie quand Roman Polanski a eu son prix, je peux comprendre. »

      Les réactions de la salle ont été à l’image de cette soirée : apolitiques. Aucun lauréat ou remettant – ou presque – n’a livré de discours politique. Cette année, le contexte s’y prêtait pourtant particulièrement : outre l’onde de choc #MeToo, qui a fait irruption dans le cinéma français au mois de novembre, avec deux ans de retard, un vent de fronde souffle à l’encontre de l’Académie des César, critiquée pour son fonctionnement opaque et verrouillé, son manque de parité, de diversité. Deux cents personnalités avaient signé une tribune dénonçant le manque de démocratie et de mixité de l’Académie. Au point que, le 13 février, son président, Alain Terzian, en poste depuis 2003, avait dû démissionner avec son équipe. Une première (lire notre article).

      Si plusieurs personnalités, dont la présidente de la cérémonie, l’actrice Sandrine Kiberlain, ont fait des allusions pudiques à la « tempête », aux « tensions » qui touchent les César, ou salué la « libération de la parole des femmes », l’essentiel des discours s’est borné aux remerciements habituels.

      Trois exceptions notables, cependant. D’abord la maîtresse de cérémonie, l’humoriste Florence Foresti, qui a choisi de mettre les pieds dans le plat dès les premières minutes, pour évoquer l’éléphant dans la pièce. Celui qu’elle a, toute la soirée, nommé « Popol » ou « Atchoum ». « Pour qu’on soit totalement tranquilles, faut qu’on règle un dossier. Il y a douze moments où on va avoir un souci. Il faut qu’on règle le problème sinon ça va nous pourrir la soirée. Qu’est-ce qu’on fait avec Roro ? Qu’est ce qu’on fait avec Popol ? Ne faites pas comme lui, ne faites pas les innocents, vous savez très bien de qui je parle. Qu’est-ce qu’on fait avec Atchoum ? », a-t-elle lancé, sous les rires de la salle.

      Présentant les longs-métrages favoris de cette édition 2020, elle a osé un : « Grâce à Dieu, la pédophilie dans l’Église. J’accuse, la pédophilie dans les années 1970. »

      Plus tard, c’est Patrick Bruel, visé par une enquête pour « exhibition sexuelle » et « harcèlement sexuel », qu’elle a raillé, sans jamais le nommer : « Je voudrais prendre la défense des hommes. […] Récemment, un acteur a été accusé de se mettre nu devant sa masseuse. Il dit pour sa défense : “Oui mais j’avais chaud.” C’est vrai, on était en Corse, en été. Vous avez déjà essayé de garder un slip jetable par cette chaleur ? » Et l’humoriste de s’interroger sur le dérèglement thermique de plusieurs hommes : « C’est vrai, Weinstein, chaud. Epstein, chaud. DSK, chaud. Si vous vous mettez nu dans l’espoir de nous exciter, comment dire ? Les gars, vous aurez plus de chances de nous choper avec un bout de pain. La nudité ne va pas à tout le monde. Ça s’essaie en cabine avant. Passé un certain âge, un certain poids, en tout cas. […] Conseil aux futurs prédateurs : couvrez-vous ! »

      D’autres remarques ont émaillé ses interventions durant la soirée : « Il paraît qu’il y a des gros prédateurs dans la salle – euh producteurs ! » ; « Bonsoir mesdemoiselles, bonsoir mesdames et… Ah si, il en reste. Bonsoir messieurs. Peut-être qu’ils ont un bracelet électronique » ; « J’ai les noms de ceux qui ont voté Atchoum au premier tour ». L’humoriste n’a pas non plus passé sous silence le manque de parité du milieu (soulignant par exemple que seule une femme était nommée dans la catégorie « meilleur scénario ») ou le manque de diversité : « Ça va la diversité ? Vous vous croyez où ? À la MJC de Bobigny ? Ici c’est l’élite, vous dégagez ! » Elle a aussi longuement ironisé sur la difficulté à trouver cette année des remettants pour les prix : « J’ai eu beaucoup de désistements, rapport à Popol… »

      Remettant le César du meilleur espoir féminin, l’actrice Aïssa Maïga, membre du collectif Noire n’est pas mon métier, a elle jeté un pavé dans la marre avec sa longue intervention sur l’invisibilisation des personnes non blanches dans le monde du cinéma.

      « Je peux pas m’empêcher de compter le nombre de Noirs dans la salle, a-t-elle ironisé à la tribune. Je sais qu’on est en France et qu’on n’a pas le droit de compter. C’est douze ce soir, le chiffre magique ? [...] On a survécu au whitewashing, aux blackface, aux tonnes de rôles de dealers, de femmes de ménage à l’accent bwana, aux rôles de terroristes, de filles hypersexualisées... On refuse d’être les bons Noirs. On est une famille, non ? On se dit tout. L’inclusion, elle ne va pas se faire toute seule. Ça ne va pas se faire sans vous. Pensez inclusion. […] Faisons une maison qui soit fière d’inclure toutes les différences. »

      À Mediapart, après la cérémonie, elle relate « l’effroi dans la salle » qu’elle a constaté au moment de sa prise de parole. « Je ne savais pas très bien comment l’interpréter. J’avais l’impression de plonger dans un bain de glaçons, de dire des choses qui pourtant me paraissent assez évidentes et audibles. J’ai eu l’impression que chez certains, il y a une sorte de ras-le-bol, comme si on les gavait avec la question de la diversité, qui n’est autre qu’une question de justice sociale. Et on a une responsabilité qui est énorme. Je ne pense pas que les artistes ou les décideurs ou les techniciens puissent se soustraire à cette question de l’identification du public aux films qu’on fait. Ça me paraît totalement aberrant. » Et la comédienne d’« assumer pleinement » ses propos : « J’avais besoin de dire ce que j’avais à dire. Aucun des mots que j’ai choisis n’était un accident. Je me sens aussi portée par une lame de fond. »

      Autre discours fort, celui du comédien Swann Arlaud, qui a rendu hommage aux victimes de l’affaire de pédocriminalité dans l’Église – affaire portée devant la justice. « Quelle fierté de faire partie de ce film, vraiment », a-t-il déclaré sur scène, en rappelant que « par deux fois on a essayé d’empêcher la sortie du film ». Il a salué les « trois personnages qu’on interprète, qui existent vraiment. Ils s’appellent Alexandre, François, Pierre-Emmanuel. Ils ont subi des abus sexuels pendant leur enfance et c’est devenu des héros, parce qu’ils ont réussi à parler, à affronter le mensonge, le mépris […] et c’était une immense responsabilité d’avoir ça à jouer ».

      Après la cérémonie, les réactions de soutien à Adèle Haenel ont afflué sur les réseaux sociaux. À l’image de celle de l’écrivaine Virginie Despentes sur son compte Instagram :

      Sur Instagram également, Florence Foresti s’est dite « écœurée » par le César attribué à Polanski :

      « Qu’un mec recherché par Interpol puisse même recevoir une distinction, ça me dépasse »

      Vendredi soir, ce qui s’est déroulé hors de la salle Pleyel était tout aussi parlant. Alors que, à partir de 18 h 30, les invité·e·s de la cérémonie commençaient à affluer en tenue de gala, prenant des selfies sur le tapis rouge, des manifestantes féministes étaient rassemblées en face et s’époumonaient : « Polanski violeur ! »

      Trois heures avant l’ouverture de la cérémonie, les manifestantes avaient commencé à arriver au compte-gouttes place des Ternes, le lieu de rassemblement autorisé par la préfecture de police à 300 mètres de la salle Pleyel. Des pancartes contre « Violanski » ou dénonçant la « complicité » des Césars hérissaient les abords de la station de métro.

      Morgane, 35 ans, n’est pas dupe : elle se doute que d’autres actions auront lieu au plus près du tapis rouge mais préfère rester sur la place avec ses amis. « Je ne suis pas prête à aller en garde à vue ce soir. » Familière des mobilisations « contre le sexisme, la pédocriminalité et toutes sortes d’injustices », Morgane explique à Mediapart être venue témoigner « son soutien aux victimes » de Roman Polanski et souligner « le symbole » : « Je m’en fous qu’il soit pas là. Mais qu’un mec recherché par Interpol soit libre et puisse même recevoir une distinction » la dépasse. « Tout est politique, le cinéma aussi. »

      Camille, Poojarini et El, 17 et 18 ans, vont à la fac ensemble et se retrouvent régulièrement dans des manifs féministes, lycéennes ou interprofessionnelles. Comme beaucoup de participantes, elles disent leur admiration pour Adèle Haenel, preuve que « dans le cinéma français, ça commence à bouger ». Elles ont puisé les ressorts de leur engagement féministe « dans le quotidien », explique Poojarini, lassée de « réfléchir à comment s’habiller parce qu’il ne faudrait pas qu’on voie un téton par transparence » ou de « garder ses clés entre les doigts » quand elle rentre chez elle.

      À quelques mètres des trois jeunes femmes, un homme âgé s’en prend verbalement à d’autres militantes. « Moi je suis féministe, mais vous, vous êtes des racistes des hommes. Il y a des fanatiques chez les femmes, vous êtes enfermées dans votre idéologie. — Cassez-vous. — Je suis chez moi, vous êtes des fachos. — Va te noyer dans un verre d’eau. » Les manifestantes tournent le dos à l’importun, qui finit par quitter les lieux.

      L’une des coordinatrices du collectif #NousToutes dans les Yvelines – elle s’appelle aussi Morgane – se dit « assez satisfaite » de ce rassemblement qui « donne le ton de l’année » avant le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, et une « nouvelle marche » prévue pour le mois de novembre. « Les deux dernières années ont été importantes », estime-t-elle, citant comme exemple l’entrée du mot féminicide dans le langage courant. Derrière elle, un porte-voix scande : « Victimes, on vous croit ! », pendant que la manifestation se déplace vers le barrage de gendarmes mobiles.

      Malgré la présence policière, il est encore facile de circuler de la place des Ternes à l’avenue Hoche, en longeant les barrières installées pour protéger le tapis rouge des César. Sur ce boyau de trottoir se croisent des couples élégants en tenue de soirée, déterminés à entrer dans la salle Pleyel, des riverains huppés promenant leur cocker comme tous les soirs et de sincères curieux qui espèrent apercevoir quelques acteurs français par les trous d’une bâche.

      Près de l’entrée « officielle » de la cérémonie, l’ambiance est à la conspiration. Les féministes se cherchent du coin de l’œil, se reconnaissent et se mettent en position pour les actions prévues. Vanessa, piercing dans le nez et souci de discrétion en tête, nous glisse qu’elle fait partie de « l’équipe au sol », tout en essayant de ne pas se faire repérer par les CRS. Plus que quelques minutes avant que les militantes ne craquent des fumigènes et ne se fassent repousser loin du tapis rouge dans un nuage de lacrymogènes.
      À 19 heures pile, le collectif La Barbe envoie une vidéo à un millier de personnalités du cinéma dont elles ont récupéré le numéro de portable, espérant les atteindre jusqu’à l’intérieur de la salle Pleyel, où il leur était impossible de se glisser. Le contraste entre le « on » et le « off » de la cérémonie devient saisissant. D’un côté de la rue des manifestantes touchées par le gaz toussent encore. Deux d’entre elles, acculées dos au mur par des policiers casqués, continuent à donner de la voix. Juste en face, les invités des César font la queue en silence, sous l’œil des clients des terrasses alentour.

      À l’intérieur de la salle Pleyel, c’est une tout autre ambiance. Dans les travées du cocktail qui précède la cérémonie, Polanski ne semble pas à l’ordre des discussions. Coupe de champagne à la main, on prend des selfies, on parle cinéma et on se demande des nouvelles.

      À l’extérieur, deux manifestations, l’une côté Ternes et l’autre côté Hoche, encerclent désormais la cérémonie. Un petit groupe, portant une banderole « César de la honte », est vite raccompagné hors du périmètre. De la musique douce émane du tapis rouge, effleuré de loin par les slogans : « Polanski violeur, cinéma coupable », « Le kérosène, c’est pas pour les avions, c’est pour brûler, violeurs et assassins », « Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère ».

      Charlotte, 21 ans, étudiante en cinéma à Paris III, manifeste pour « la première fois depuis longtemps ». Les débats qui ont entouré la sortie de J’accuse lui ont donné envie de s’y remettre. « Le cinéma est un microcosme qui permet de voir le macrocosme. Les mêmes mécanismes que dans l’entreprise s’appliquent, mais en plus visible. »

      Quand la cérémonie commence, à 21 heures, il ne reste plus que quelques dizaines de manifestantes sur l’avenue de Wagram, repoussées d’un endroit à un autre et finalement encerclées par les camions de police. Privées de sortie pendant un quart d’heure, elles peuvent ensuite se disperser. Certaines rejoignent un peu plus tard les abords du Fouquet’s, où se retrouvent les vainqueurs.

      Cette nuit des César a révélé combien une partie du monde du cinéma évoluait hermétiquement, séparé du reste de la société et des débats qui la traversent. « D’un point de vue politique et médiatique, la France a complètement raté le coche » sur #MeToo, expliquait Adèle Haenel quelques jours plus tôt dans son entretien au New York Times. Elle ne se doutait sans doute pas à quel point.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/290220/cinema-francais-la-nuit-du-deshonneur?onglet=full

      @tintin mais sans beaucoup d’images et liens...

    • Le vrai “J’accuse” c’est ce texte de Despentes, pas le film de Polanski.

      Tout est dit.

      https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212

      Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, les exactions de votre police, les césars, votre réforme des retraites. En prime, il vous faut le silence de victimes.

    • Dommage pour le titre et le commentaire de Valeurs Actuelles, mais voici le discours d’Aïssa Maïga à la cérémonie des César 2020 :
      https://www.youtube.com/watch?v=YSt70CgXGUM

      On a survécu au whitewashing, au blackface, aux tonnes de rôles de dealers, de femmes de ménages à l’accent bwana, on a survécu aux rôles de terroristes, à tous les rôles de filles hypersexualisées... Et en fait, on voudrait vous dire, on ne va pas laisser le cinéma français tranquille.

      #Aissa_Maiga #Césars

  • 8 MARS 2020 : dernière ligne droite et au-delà
    https://expansive.info/8-MARS-2020-derniere-ligne-droite-et-au-dela-2081

    Dernière ligne de la préparation du 8 mars 2020 à #Rennes pas NousToutes35 et au-delà ! La dixième et dernière réunion de préparation de la grève du 8 mars 2020 se déroulera le mardi 3 mars 2020 de 18h à 20h. #Infos_locales

    / #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, Rennes, #Lutte_contre_les_violences_sexistes, #NousToutes35

  • #Nantes #NousToutes et Gilet Jaune en bandouilère, doublé façon couturière sans frontière : "ON EST LA !" Le cortège féministe & minorités de genre a été attaqué par la police en fin de parcours, lire en description ->
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    Appel de Nantaises en Lutte & Putain de Guerrières : album complet : www.flickr.com/photos/valkphotos/albums/72157712116254476 / !\ sur la fin, le cortège a été attaqué par la police, témoignage à lire absolument : nantes.indymedia.org/tumbles/47778 ~ « Nous sommes la moitié de la population, nous sommes en colère. Nous nous associons au mouvement féministe et révolutionnaire d’ampleur mondiale pour annoncer un cortège femmes et minorités de genre le 7 décembre 2019 avec un départ place de Bretagne à 12h /.../ La performance en hommage aux manifestantes chiliennes #LasTesis aura lieu sur le parcours de notre marche avant que nous rejoignions les autres cortèges pour une convergence au miroir d’eau à 14h » /.../ Lire tout : 44.demosphere.net/rv/4251

    + Retour sur (...)

  • #Nantes #NousToutes : cortege feministe et minorités de genre, attaqué par la police en fin de parcours, voir en description ->
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    ++ Retour sur l’intervention de Las Tesis au Chili et traduction litérale des parole : https://nantes.indymedia.org/articles/47543

    ++ Article sur qui sont Las Tesis et suivi des interventions partout dans le monde : https://came2016.wordpress.com/2019/11/29/elles-sont-les-chiliennes-qui-ont-cree-un-violeur-sur-ton-chemin

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  • A Nous toutes ! Récit subjectif d’une marche historique
    par Coralie Miller | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/coralie-miller/blog/281119/nous-toutes-recit-subjectif-dune-marche-historique

    On s’y attendait, à ce que cette marche soit historique. On l’espérait en tout cas. Et voilà que je l’ai sous les yeux. Des dizaines de milliers de personnes. Même si une large majorité est féminine, je n’avais jamais vu autant d’hommes à un rassemblement en faveur des femmes...

    Très beau compte-rendu, qui m’ôte les mots de la bouche.
    <3 <3 <3

    #NousToutes #23novembre #sororité #fierté

  • #NousToutes : Mais pourquoi donc les femmes victimes de violences ne portent-elles pas plainte ?
    https://archive.org/details/Mais-pourquoi-donc-ne-portent-elle-pas-plainte

    A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, lecture d’un article de Nolwenn Weiler pour Basta ! Mais pourquoi donc les femmes victimes de violences ne portent-elles pas plainte ? https://www.bastamag.net/Mais-pourquoi-donc-ne-p....This item has files of the following types : Archive BitTorrent, Item Tile, JPEG, Metadata, Windows Media Audio

    #audio/opensource_audio #NousToutes

  • #NousToutes Marche du 23 novembre Le Mans

    Installation place de Rép, au milieu du marché de noël, des silhouettes en carton de toutes les femmes tuées en 2019.
    Les noms, âges et la manière dont elles ont été assassinées ont été énoncées une par une par haut parleur.
    Après un petit speech, nous avons pris les silhouettes à la main et défiler ainsi jusqu’à la préfecture.
    Pas mal de jeunes pour ce rdv.

  • Cagnotte : Réussissons la marche #NousToutes - Leetchi.com
    https://www.leetchi.com/c/noustoutes

    A quoi va servir mon don ?

    Des cars et covoiturages venus de toute la France pour qu’aucune femme ne soit empêchée de participer pour des raisons financières.
    Des gardes d’enfants pour permettre aux parents isolés ou aux parents précaires de venir marcher.
    La traduction en langue des signes
    Des transports dédiés pour les personnes en situation de handicap

    Tous les dons sont utiles ! Chaque euro fera une différence. Donnez, même un peu, pour faire de cette marche une réussite !

    Si les dons couvrent ces dépenses, ce qui restera servira à financer des campagnes de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles (vidéos, visuels) et à participer à leur diffusion sur les réseaux sociaux. Notre objectif ? Toucher un maximum de personnes afin que plus personne n’ignore l’ampleur des violences, leurs conséquences et les outils pour les faire disparaître.

    Les alliés peuvent toujours soutenir d’autre féministes mais cette marche-là est importante !

  • Décryptage du budget dédié à l’égalité femmes-hommes | Caroline De Haas
    https://gallery.mailchimp.com/c3456bbbde07c441617e0fe02/files/18d85d70-db2c-46c6-8648-4d4b924e2c0a/Analyse_DPT_NousToutes.pdf

    Après plusieurs jours d’attente, le gouvernement a enfin publié le document de politique transversale sur l’égalité femmes -hommes. Quand on prend le temps de se pencher sur les 208 pages de ce document, on va de surprise en surprise. Première surprise, alors que Marlène Schiappa annonçait 1, 1 milliard d’euros de budget, le document prévoit seulement 557millions de crédits de paiement. Source : collectif #NousToutes

  • (10) Pour un 8 mars féministe universaliste ! - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/03/pour-un-8-mars-feministe-universaliste_1712751


    J’avoue ne pas très bien comprendre leur concept de l’universalisme, vu qu’il a l’air de se limiter à celles qui sont comme elles, ce qui me semble précisément un peu paradoxal.
    Je suppose que ce sont les mêmes qui défendent le droit d’être « importunées », des trucs dans le genre ?

    Il faudrait un nouveau hachtag, un truc comme #fauxministes

    Comment accepter que le 25 novembre dernier, Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, les organisatrices de la manifestation #NousToutes, imitant le courant racialiste venant des Etats-Unis, nouent des alliances avec des groupes portant le relativisme culturel et le morcellement des droits en fonction de la couleur de la peau ou de la religion ?

    Comment accepter que des rencontres se qualifiant de féministes puissent exclure des femmes en fonction de leur couleur de peau et de leurs origines ?

    Comment accepter que le voilement des fillettes, qui les conditionne à une vision hiérarchisée des sexes, se répande en France et dans le monde ?

    Ces développements sont d’autant plus inquiétants que des médias accordent une place grandissante à ce qu’ils appellent les « nouveaux féminismes ». Qu’ont-ils donc de nouveau ou même de féministe ? En réalité, ils renvoient les femmes à des assignations identitaires, culturelles et religieuses (ainsi en est-il du voile, du burkini…) ; essentialistes et différentialistes, ils compromettent l’émancipation des femmes, renforcent les inégalités entre elles, et retardent l’égalité femmes-hommes.

    Nous, signataires de l’appel « pour un 8 mars féministe universaliste ! »

  • Mère célibataire, héroïne (éphémère) des ronds-points | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/172545/gilets-jaunes-meres-celibataires-conditions-vie-isolement

    Fin novembre, sur les ronds-points investis par les « gilets jaunes », figuraient beaucoup de femmes élevant seules des enfants, un phénomène très contemporain et en expansion. La France compte aujourd’hui deux millions de familles monoparentales (dans quatre cas sur cinq, c’est une femme qui est chef de famille) et celles-ci représentent 23% des familles contre 9% en 1975.

    Indirectement, donc, cette mobilisation a fourni un visage à ces profils bien cernés par les statistiques, mais mal connus. Le sujet des mères célibataires est monté en épingle dans les médias depuis une vingtaine d’années, notamment dans les fictions télévisées, sous la bannière de l’émancipation féminine, avec l’image flatteuse de la femme cadre qui se bat et qui gagne sur tous les fronts.

    Or, dans la « vraie » réalité, c’est plutôt une femme isolée subissant de difficiles conditions de vie, autant matérielles que psychologiques. De ce point de vue, elle incarne bien les catégories modestes se démenant dans le quotidien pour tenir la tête hors de l’eau, qui ont, dans un premier temps, posé les pierres de la protestation –par la suite le mouvement s’est masculinisé au fil de sa radicalisation.

    Dans un roman rédigé au scalpel sociologique, Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives décrit cette situation avec pour trame dramatique le vol de liberté culpabilisé que son héroïne opère la nuit en déambulant dans Lyon, après avoir endormi son fils de deux ans –après avoir lu une histoire, tenu la main, câliné, installé le stroboscope de la veilleuse lapin, un patient rituel qui, théoriquement, garantit un premier sommeil profond. « La porte d’entrée qu’elle referme derrière elle. Dans le hall, l’éclairage automatique se déclenche. Il y a encore tant de monde dehors. Un grand vent frais. Marcher, juste, marcher. À peine le tour du pâté de maison. »

    Cette mère célibataire est étranglée par les problèmes économiques. Le loyer du petit appartement est devenu trop cher pour elle depuis que le père de l’enfant est parti sans laisser d’adresse, et toute possibilité de déménagement tiendrait du miracle, car elle-même n’offre pas de garanties financières suffisantes.

    Graphiste en statut d’autoentrepreneur, elle travaille chez elle alors qu’elle s’occupe intégralement de l’enfant, n’ayant pas obtenu de place en crèche ; « d’autres femmes, bien plus prévoyantes, s’y étaient prises des mois avant l’arrivée de l’enfant, dès sa conception ! Elle, elle débarquait d’on ne sait où, et surtout : elle n’était pas salariée ».

    Ce roman témoigne de la quadrature du cercle à laquelle est confronté le parent isolé : difficulté de logement dû à un rétrécissement des revenus quand prend fin ce que l’Insee nomme sans sentimentalité la redistribution privée –la mise en commun des ressources au sein d’un couple– ; difficulté de l’emploi, quand disparaît la flexibilité d’organisation pour assurer la parentalité que permet (théoriquement) le couple moderne ; tracas administratifs –même si le système socio-fiscal français essaie de compenser la perte de revenus par diverses allocations.

    En 2017, les femmes seules avec une ou plusieurs personnes à charge représentent 35% des bénéficiaires du RSA.

    L’Observatoire des inégalités dépeint la condition sociale la plus courante de ces mères isolées : « Le niveau de vie médian mensuel des familles monoparentales (1.184 euros en 2014 pour un équivalent adulte) est inférieur de 30% à celui des couples avec enfants (1.712 euros, toujours pour un équivalent adulte). Ces familles représentent près d’un quart de la population pauvre. »

    Précarité de l’emploi, temps partiel subi, appartenance aux catégories socioprofessionnelles les moins favorisées, les femmes seules avec enfants cumulent les handicaps. Près du tiers d’entre elles occupent des emplois qualifiés mais aux revenus modestes, avec une surreprésentation du personnel hospitalier (aides-soignantes, infirmières, agentes hospitalières) et des soins à la personne à domicile. Elles sont en général moins diplômées que la moyenne : 26% d’entre elles ont un niveau d’étude supérieur au bac, contre 40% pour les mères en couple, 30% d’entre elles n’ont au mieux que le niveau du brevet, contre 20% pour les mères en couple. Autre donnée : en 2017, les femmes seules avec une ou plusieurs personnes à charge (pour la plupart un ou plusieurs enfants) représentent 35% des bénéficiaires du RSA.

    À LIRE AUSSI « Tenir jusqu’à l’aube », l’enfer domestique d’une mère célibataire
    Désert social

    « Vous ne pouvez pas savoir ce que l’on vit », ont répété sur des chaînes d’information plusieurs mères en solo. La solitude, c’est l’aspect le plus indicible du quotidien du parent célibataire, ce qu’aucun chiffre n’arrive à capter et dont seul un écrivain peut rendre compte. La charge mentale qu’implique le soin d’un enfant, sans relais d’une autre personne ou d’une institution, est finement dépeinte dans le roman de Carole Fives : l’héroïne s’est installée dans une ville qu’elle ne connaît pas pour suivre le père de l’enfant et son propre père, sa seule parenté au demeurant, habite loin et ne l’aide qu’à l’occasion.

    L’inclination commune vis-à-vis de ces mères isolées n’est pas la mansuétude ou la solidarité, mais plutôt l’idée que ce « c’est la faute à pas de chance », ou « qu’elle l’a bien cherché » et que sa progéniture va subir un déficit d’éducation. Une famille de son immeuble, ainsi, espace ses invitations, pour éviter que ses enfants ne fréquentent son petit garçon.

    Dans ce désert social, internet devient alors son meilleur ami pour conseiller et aider à régler les innombrables interrogations qui surviennent : suivre et accompagner le développement de l’enfant, maladies infantiles, astuces pour acheter moins cher ou accéder gratuitement à certains services, ou renégocier les contrats d’eau et électricité, etc.

    Apporter à l’enfant les éléments du bien-être selon les préceptes de la pédiatrie moderne (outre la protection affective et la complicité, les activités d’éveil, une nourriture saine, de l’exercice, des promenades et la fréquentation des jardins publics qui permet les contacts avec d’autres bambins) absorbe toutes ses journées et elle ne connaît de répit que quand il dort. Siestes et nuits sont mises alors à profit pour satisfaire les quelques contrats de graphiste qu’elle arrive à décrocher.

    Le budget est calculé à l’euro près, elle doit à de nombreuses reprises discuter de ses découverts avec sa conseillère bancaire (celle-ci, elle-même divorcée, entend surtout lui donner des conseils pour « faire payer » son ex-compagnon et lui indique comment monter un dossier avec un avocat), inutile de songer un seul instant à prendre une heure de baby-sitter pour s’accorder un loisir. Elle imagine alors ce que serait une vie dite « normale » : « Travailler, se préparer une retraite à peu près digne, dormir sept heures d’affilée, retrouver une vie sociale, faire du sport, aller au cinéma, lire et bien sûr, rêver… » Un modèle conforme à celui étalé dans tous les magazines.

    À LIRE AUSSI Il est absurde d’opposer « gilets jaunes » et #NousToutes
    Statut temporaire

    Dans ce contexte monacal, mère et fils sont accrochés l’un à l’autre par un lien fusionnel et par touches, on les voit progresser ensemble vers un mieux-être et une certaine maîtrise de la situation, le récit se déroulant sans misérabilisme, ponctué de touches d’ironie.

    Elle finit par décrocher une place en crèche, mais très loin de chez elle, ce qui engendre près d’une heure de trajet, elle peaufine son site internet, rappelle d’anciens clients, obtient un contrat d’une ancienne collègue « qui vient de lancer sa boîte », récupère sa vie et, cahin-caha, « redevient quelqu’un ». L’enfant grandit, « de plus en plus beau, de plus en plus rayonnant. C’est un mystère, cette beauté au milieu de tant de dureté… »

    En moyenne, 10% des enfants de moins de 18 ans de parents séparés ne revoient jamais leur père.

    Le point aveugle du récit, et finalement le plus poignant, c’est la recherche du père. L’enfant le réclame, la mère entame des démarches après d’un avocat pour le retrouver : « Elle, ce qu’elle voulait, plutôt que de l’argent, c’était que le père voie son fils. Comment amener un père à reprendre contact avec son fils ? »

    En moyenne, 10% des enfants de moins de 18 ans de parents séparés ne revoient jamais leur père : la proportions de pères « désengagés » est la plus forte chez les hommes de faible niveau de diplôme ou de revenus. La plupart du temps, cette relation se maintient avec plus ou moins de fréquence : en cas de séparation, 17% des pères ont la charge de l’enfant, 25% le voient une fois par semaine, 18% une fois par mois, d’après une statistique Insee datant de 2005.

    La situation de mère célibataire n’est pas un statut à vie, contrairement à ce que laisserait croire le discours larmoyant qui l’entoure. Ce statut est plutôt provisoire, l’ancienneté moyenne des familles monoparentales est d’un peu plus de cinq ans et le plus souvent, le parent isolé cherche et trouve un nouveau compagnon ou une nouvelle compagne. Dans ce nomadisme amoureux, une fois encore, internet s’impose comme « l’ami qui vous veut du bien ».

    Plus largement, cette solitude faussement colmatée par les artifices électroniques, c’est aussi ce qu’ont tenté d’enrayer des mères célibataires venues participer aux mobilisations des ronds-points.

    • L’article ne parle pas des brimades sociales continuelles et des injonctions morales à rentrer dans le rang faites aux femmes cheffes de famille monoparentale qui doivent encaisser les coups sans broncher.
      La société française s’organise très bien pour les humilier car de fait, elles se présentent seules donc sans personne pour être témoin des coups portés. Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a dit de prendre un mec, un peu comme on m’aurait dit de prendre un chien de garde.
      Au village, les femmes se méfiaient que je leur pique leur mari et les hommes avaient des remarques déplacées parce que j’étais « libre ». Quand tu rentres seule ton bois pour l’hiver, les hommes passent mais ne vont pas t’aider, ils rigolent que tu en chies et te disent que ça réchauffe. A force, tu ne comptes plus sur personne, tu comprends rapidement le regard de la directrice du collège, au mieux plein de commisération poisseuse qui ne te propose aucune aide mais te demande si la petite voit toujours son père.

      #solitude #famille_monoparentale

    • J’ai pas lu le texte je l’avais copié pour le lire plus tard. Je suis désolé de voire comme on te fait payé ta liberté et ton indépendance aussi chèrement. C’est une chance de pas avoir de père, une chance d’avoir une mère libre et de pas subir l’oppression masculine à domicile. Pour ton histoire de bois, ca va pas te consolé, mais je me dit que vu le niveau des gars du coin, va savoir ce qu’ils exigeraient comme leur due si ils avaient levé le petit doigt pour toi.