Fabrice Epelboin : la France est-elle devenue une colonie numérique ?
via ▻https://diaspora.psyco.fr/p/12390471
▻https://yewtu.be/watch?v=WWER3rhFeEM ▻https://www.youtube.com/watch?v=WWER3rhFeEM
2026-04-08 — 90 min
Fabrice Epelboin : la France est-elle devenue une colonie numérique ?
via ▻https://diaspora.psyco.fr/p/12390471
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2026-04-08 — 90 min
L’intelligence artificielle et ses esclaves cachés – #Penser_les_luttes
▻https://radioparleur.net/2026/04/02/ia-travailleurs-data-workers-chatgpt
Non, les outils d’IA ne fonctionnent pas tout seuls. Contrairement aux discours répandus par les maisons mères des LLM, ces Large Language Model que sont ChatGPT, Claude, Gemini, et leurs émules, ces systèmes parlants ont besoin d’humains pour les entraîner, les régler, et leur permettre de fonctionner. Dans ce premier épisode de la sixième saison […] L’article L’intelligence artificielle et ses esclaves cachés – Penser les luttes est apparu en premier sur Radio Parleur.
#Carousel_1 #Penser_les_luttes_-_L'émission #Toujours_en_lutte #IA #numérique #travail
#Boavizta : Evaluation d’impacts environnementaux du numérique des organisations
Pour les équipes #Numérique_Responsable et #RSE, une aide au quotidien grâce à un groupe de travail inter-organisations, des ressources expertisées & actualisées sous licences libres :
- Méthodologie de #mesure
- Référentiel de données
- Moteur de calcul
▻https://boavizta.org
#impact #IA #AI #data_centers #centres_de_données #impact_environnemental #calcul #évaluation
INTERVIEW de #Benoit_PETIT : “On est encore très loin d’un #numérique_soutenable”
Entre engagement technique, transparence radicale et volonté de transformation systémique, Benoit Petit œuvre depuis plusieurs années à rendre le numérique plus mesurable, plus sobre et plus juste. Cofondateur de #Hubblo, il développe des outils pour quantifier l’impact environnemental des #infrastructures IT. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, les défis du secteur et les leviers d’action.
Peux-tu revenir sur ton parcours et ce qui t’a conduit à fonder Hubblo ?
Benoit : « J’ai commencé par un parcours très classique dans l’IT : j’ai été ingénieur systèmes, réseaux, cloud… pendant une dizaine d’années. Et à un moment, l’absence de considération environnementale dans mon travail contrastait trop avec mes changements de vie et aspirations personnelles, alors j’ai commencé à me poser des questions sur l’impact environnemental de mes choix techniques. J’ai cherché des outils de mesure de l’énergie consommée au niveau des serveurs, et je n’ai rien trouvé qui corresponde à mes besoins. J’ai donc développé un outil libre et open source, Scaphandre, pour répondre à ce besoin. Ce travail m’a progressivement amené à rencontrer des personnes qui partagent les mêmes objectifs, avec qui nous avons co-fondé Hubblo. L’objectif de Hubblo, c’est d’aider les organisations à réduire l’impact environnemental lié à leurs activités numériques, ce qui implique parfois l’évaluation de ces impacts, toujours en s’appuyant sur des méthodologies robustes et ouvertes. »
Peux-tu nous parler de Scaphandre et de son fonctionnement ?
Benoit : « Scaphandre est un agent qui s’installe sur un serveur informatique et permet de mesurer la consommation énergétique d’une partie de ses composants électroniques et des logiciels qui tournent sur ce serveur. Il exploite des interfaces fournies par les fabricants de puces et fonctionne sous GNU/Linux et Windows Server. Il est utilisé aujourd’hui dans plusieurs pays, par des entreprises de plusieurs tailles et avec des cœurs de métier différents. Il est en open- source, donc chacun peut l’adapter, le corriger, l’améliorer. L’idée, c’est de fournir une brique technique fiable et compatible avec les outils de supervision de l’entreprise pour produire de la donnée utile à l’éco-conception. »
Qu’est-ce que propose concrètement Hubblo aujourd’hui ?
Benoit : « On accompagne des structures — entreprises, collectivités, hébergeurs — pour leur permettre de faire évoluer leur rapport à la technologie d’un point de vue socio-environnemental, ce qui implique notamment de comprendre leur empreinte environnementale. Pour cela, on développe des outils open source, on contribue à des méthodologies, on produit des données utiles à l’évaluation environnementale, en open-data, et on forme les équipes techniques à les utiliser. Le but, c’est que les gens deviennent autonomes sur ces sujets et soient de plus en plus nombreux à transformer le secteur. »
Pourquoi est-ce si compliqué aujourd’hui d’accéder à des données fiables sur l’impact du numérique ?
Benoit : « Il y a une vraie opacité. Les acteurs du cloud et des Datacenters ne donnent que des données globales ou relatives, souvent très orientées communication. Ce manque de transparence rend la comparaison quasi impossible, et empêche de faire des choix éclairés. C’est pour ça qu’on insiste sur la nécessité d’évaluations indépendantes et sur la publication de données ouvertes. Sinon, on ne sortira jamais du greenwashing. La réglementation a bien sûr un rôle central à jouer aujourd’hui et à l’avenir, pour normer et systématiser la transparence. »
Quel est le rôle du collectif Boavizta dans ce paysage ?
Benoit : « Boavizta, c’est un collectif qui crée des communs numériques : des bases de données, des outils d’analyse d’impact, des méthodologies. On travaille beaucoup sur l’évaluation environnementale du matériel IT, des datacenters, du cloud, des logiciels… Le collectif regroupe des chercheurs, des ingénieurs, des consultants, des collectivités… L’objectif est que toutes les parties prenantes puissent s’outiller avec les mêmes méthodes et que celles-ci puissent être critiquées, comprises et améliorées. On milite pour une approche ouverte, partagée, rigoureuse. »
Vous travaillez aussi sur une méthodologie sectorielle avec l’ADEME : la PCR Datacenter & Cloud. Quel est l’objectif ?
Benoit : « On a contribué à la mise a jour du RCP - Règlement de Catégorie Produit - de l’ADEME, dédiée aux services Cloud et de co-location. L’objectif, c’est d’avoir un cadre reconnu pour évaluer l’impact d’un datacenter ou d’un service cloud, à travers une Analyse de Cycle de Vie (ACV) et des règles d’allocation propres à chaque type de service proposé. Aujourd’hui, chacun fait un peu ce qu’il veut. Si ce RCP devient la norme, une entreprise de services d’hébergement pourra évaluer les impacts de son usage de manière normée, avec des règles communes, en s’appuyant sur les données affichées par le fournisseur. La seconde et dernière version du RCP à date est sur la librairie en ligne de l’ADEME. »
Quel lien fais-tu entre mesure et transformation ?
Benoit : « Évaluer, c’est une étape parfois très utile, mais ce n’est qu’un levier. L’enjeu, c’est d’enclencher des transformations profondes : interroger les niveaux de service, se demander si on a vraiment besoin de telle redondance ou de telle disponibilité, mais surtout si l’on souhaite sortir de la seule optimisation et des réductions d’impact à la marge pour entrer dans une démarche réelle de sobriété, questionner le business model, voire entamer sa transformation pour une compatibilité réelle avec les limites planétaires. Dans l’idéal, on commence par là et une fois sur la bonne voie, on optimise pour enlever le superflu. Dans les faits, c’est souvent l’inverse qui a lieu. L’évaluation a un intérêt pour aider la prise de décision stratégique, ou bien à une échelle plus micro pour identifier les optimisations possibles. Ce n’est pas une action positive pour l’environnement en soi. À une échelle plus macro, ça permet de ne pas se faire embrumer par les Big Tech. »
Quel est ton regard sur l’essor de l’intelligence artificielle dans ce contexte ?
Benoit : « L’IA, en particulier l’IA générative, vient amplifier tous les travers d’un numérique non soutenable. Ce qui change, ce sont les volumes et la vitesse d’expansion. On parle souvent des impacts environnementaux par inférence ou pour un entraînement d’un modèle particulier, mais c’est une manière pour le secteur de se cacher derrière son petit doigt. Les impacts absolus sont colossaux, la seule consommation d’énergie finale des Datacenters devrait doubler d’ici deux ans et on sait que seule une partie des données sur le sujet sont vraiment disponibles. Google a vu son empreinte carbone prendre 50% sur les 3 dernières années, Microsoft 30% en un an, ce principalement du fait de la construction de nouveaux Datacenters. Et ce ne sont que les impacts que l’on peut évaluer approximativement, la face émergée. Ça ne les empêche pas de se présenter comme les plus “innovants” ou les plus “efficaces” en la matière. Sans parler du fait que les Gafams communiquent principalement sur les émissions liées à l’électricité consommée, tout en comptabilisant les certificats de garantie d’origine qui leur permet d’effacer comptablement les émissions réelles. Le Guardian estime que l’écart entre les émissions annoncées et celles émises si l’on ne compte pas les certificats, est en moyenne une multiplication par 600 entre 2020 et 2023. C’est un jeu de dupes. »
Quel rôle les politiques publiques pourraient-elles jouer selon toi ?
Benoit : « Il y a clairement besoin d’un cadre réglementaire plus ambitieux. Des choses se mettent en place, comme la CSRD qui impose un reporting extra-financier, mais c’est encore trop lent côté numérique. Il faut des obligations de transparence (l’Energy Efficiency Directive mise à jour en 2024 en est une prémice), des exigences de données ouvertes et une planification qui prend en compte les conflits d’usage des ressources disponibles. Sans ça, les grandes plateformes continueront à verrouiller l’accès à l’information. Et on restera dans une forme de dépendance technique et politique. »
Quels conseils donnerais-tu à une entreprise qui veut s’engager ?
Benoit : « De d’abord actionner tous les leviers évidents qui ne nécessitent pas d’évaluation : augmenter la durée de vie des équipements, identifier les fournisseurs qui peuvent proposer de la location de matériel avec un fort taux de réemploi et de reconditionnement, rejeter l’utilisation systématique des LLMs et privilégier des solutions spécifiques à votre besoin même si ce n’est pas la trend du moment. Actionner le pilier essentiel de l’éco-conception qui consiste à questionner le besoin et l’adéquation entre le réel besoin et la technologie employée. Ensuite, évaluer pour aller plus loin et surtout partager un maximum d’informations pour s’ouvrir la porte de la collaboration avec d’autres acteurs, être le plus transparent possible sur la méthode et les hypothèses des évaluations. Condamner le greenwashing et prendre en compte la dimension systémique et éminemment politique du problème. »
Pour finir, un ouvrage ou une ressource que tu recommanderais ?
Benoit : « Oui, un livre que je trouve vraiment éclairant : Aux sources de l’utopie numérique de Fred Turner. Il retrace l’histoire des communautés californiennes des années 60 et montre comment leurs idéaux ont influencé la culture et les infrastructures du numérique actuel, puis comment ces idéaux ont contribué aux modèles économiques que l’on voit chez les entreprises de la Tech aujourd’hui. Ça permet de comprendre que derrière nos outils, il y a des visions du monde — et qu’on gagnerait à les questionner. »
▻https://planete-warez.net/topic/7331/interview-de-benoit-petit-on-est-encore-tr%C3%A8s-loin-d-un-num%C3%A9
Hubblo accompagne les organisations dans la #transformation_socio-écologique du #numérique.
L’atelier de l’histoire à l’ère numérique
▻https://laviedesidees.fr/Muller-Clavert-Ecrire-l-histoire
Caroline Muller et Frédéric Clavert engagent une réflexion sur ce que l’usage du #numérique transforme dans le métier d’historien, depuis le travail sur les sources jusqu’à la structuration de la discipline elle-même.
#Histoire #historiographie #archives #historicité
▻https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260312_histoirenumerique-2.pdf
Les ruses de la raison numérique
▻https://laviedesidees.fr/Sebastien-Broca-Pris-dans-la-toile
D’utopie à dystopie, comment #internet s’est-il retourné contre ses propres valeurs libertaires en quelques décennies ? Par l’analyse d’un vaste corpus documentaire, Sébastien Broca étudie cette transformation sous l’angle des critiques de l’empire des « big tech » du #numérique.
#Société #capitalisme
▻https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260311_rusesnumerique-broca.pdf
Comment le #numérique est devenu l’#utopie du #capital
▻https://www.terrestres.org/2026/03/10/comment-le-numerique-est-devenu-lutopie-du-capital
Le développement des #Big_Tech s’est accompagné de discours ayant une dimension utopique. Les #technologies numériques ont été présentées comme la promesse d’un avenir transcendant les limites matérielles à l’abondance et abolissant la nécessité du #travail. Ces projections ont eu une fonction d’occultation du présent. Elles ont dissimulé le fait que la prospérité des grandes #entreprises #technologiques reposait sur l’#appropriation et l’#exploitation de nombreuses #ressources productives : matières premières, #énergie, travailleurs et travailleuses. La critique n’a pas toujours su mettre à distance ces utopies du capital, parfois guère éloignées des utopies sociales qu’elle a défendues.
Extrait du #livre de Sébastien Broca, Pris dans la toile. De l’utopie d’Internet au capitalisme numérique, Éditions du Seuil, 2025, p. 199-209.
Numérique, la fin des illusions ? Anatomie d’une utopie
▻https://www.terrestres.org/2026/03/04/numerique-la-fin-des-illusions-anatomie-dune-utopie
en quelques décennies, la civilisation des écrans et du numérique a enfanté un mode d’être, de relations et d’interactions profondément nouveaux. Lorsque les coordonnées de l’expérience humaine sont à ce point modifiées, les sciences humaines ont pour habitude de parler d’un « fait social total » : une réalité sociale complexe et multidimensionnelle, qui interfère sur la totalité de la société et de ses institutions, et façonne les individus.
Illustration de cette nouvelle norme qui concoure à une série de métamorphoses : durant la période de développement foudroyant du numérique, la France a perdu 18 000 de ses bars-tabac entre 2002 et 2022. Si ces lieux de sociabilité ordinaires, tant en ville qu’à la campagne, ont décliné progressivement durant tout le XXe siècle6, la vague de fermetures des deux dernières décennies a porté un rude coup au tissu social. Une récente étude du Centre pour la recherche économique et ses applications fait d’ailleurs le lien entre ces fermetures et la progression du vote pour l’extrême droite : « ce n’est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l’accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l’appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d’un récit de déclin qui peut nourrir un sentiment de relégation et finit par trouver son expression électorale7 ».
Est-ce que la fermeture des bar-tabacs entre 2002 et 2022 est dûe au "numérique" ou à la retraite des tauliers boomers + zéro repreneur·es ?
La fin de période comporte 3 ans de COVID+post-covid, années qui ont décimé beaucoup de restos et bars, mort économique par évaporation des client·es confiné·es et interdiction d’exercer. La répartition des 18.000 fermetures est elle uniforme sur les 20 ans ou y’a t’il eu un pic vers 2020-22 ?
La période comporte 10 ans de macronisme débridé, qui ont notoirement appauvri une bonne partie de la clientèle – et probablement des bars-tabacs avec. Qui de la fin du mois raclo et du « numérique » galopant aura le plus contribué à la disparition de la bar-diversité ?
La ref citée dans l’article : Hugo Subtil, « Quand les bars-tabacs ferment. L’érosion du lien social local et la progression du vote d’extrême droite en France », 30 janvier 2026. ▻https://www.cepremap.fr/2026/01/quand-les-bars-tabacs-ferment-lerosion-du-lien-social-local-et-la-progressi
#CENSURE PARTOUT, FIN DE LA VIE PRIVÉE : « on est une #colonie #numérique #américaine » - Fabrice Epelboin
via ▻https://diaspora.psyco.fr/p/12290843
▻https://www.youtube.com/watch?v=iUJuTT8Kh6Y
2026-02-22 — 110 min
De #Google #Books à l’#IA : l’histoire numérique repasse les plats. – affordance.info
▻https://affordance.framasoft.org/2026/02/de-google-books-a-lia-lhistoire-numerique-repasse-les-plats
Contrairement à ce que pouvait écrire Céline, l’histoire, #numérique en tout cas, repasse parfois les plats. A fortiori lorsque ceux-ci ont un goût amer. Au début des années 2005, j’ai suivi, chroniqué et établi l’un de mes terrains de terrain de recherche sur la manière dont le projet #Google_Books allait (et aujourd’hui, avait) définitivement modifié et remodelé à son avantage non seulement l’entièreté des « métiers du livre » (#librairie, #édition, #bibliothèque), mais aussi initié et accompagné toutes les mutations ayant donné lieu à de nouveaux standards dans l’ensemble des #industries #culturelles. Vous trouverez trace de nombre de ces réflexions dans la rubrique éponyme de ce blog, ou bien dans cette version (qu’il faut que j’actualise) d’un cours que je donne sur le sujet à mes étudiantes et étudiants.
Guillaume Carnino, Adieu aux cybersoviets, février 2026
sur les impasses de l’accélérationnisme de gauche
À mesure qu’une partie de la gauche découvre l’écologie, on ne cesse de constater qu’elle reste profondément industrialiste, prisonnière de sa foi dans le progrès et la neutralité des techniques. L’historien des techniques #Guillaume_Carnino adresse une série d’objections à #Cédric_Durand et #Razmig_Keucheyan, auteurs de “Comment bifurquer ? Les principes de la #planification_écologique ” [et Cédric Durand, “Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ?”].
Notre critique de ces deux textes s’organise en quatre temps : après avoir fait part de notre étonnement quant à la référence appuyée à certaines politiques de la Chine contemporaine, nous proposons une analyse critique de leur conception du #numérique mondialisé. Dans une troisième partie, nous discutons des conséquences de leur méconnaissance de l’histoire industrielle, une ignorance dommageable car elle engendre une série de contresens sur la nature des processus en cours. Enfin, nous terminons par la mention de plusieurs travaux montrant à quel point leur insistance sur la décision en matière de politique technologique évacue les principaux enjeux environnementaux du monde industriel contemporain.
Le gang bicéphale Durand & Keucheyan se fait descendre en flammes !
▻https://www.terrestres.org/2026/02/12/adieu-aux-cybersoviets-sur-les-impasses-de-laccelerationnisme-de-gauche
Le compte Seenthis de #Terrestres ne l’a pas signalé ?!?
#recension, #critique_techno #technophilie #gauchisme #industrialisme et j’en oublie...
Voyage vers la robustesse - Infogreen Factory
▻https://infogreenfactory.green/publications/livre-blanc-robustesse
▻https://infogreenfactory.green/documents/livre-blanc-robustesse-web.pdf
Construire une stratégie d’organisation pour pallier les risques induits sur le numérique face aux enjeux climatiques, géopolitiques, sociaux et technologiques
#numérique #robustesse #résilience #risque #risque_industriel
Le capitalisme dans sa phase hypomaniaque est un ogre affamé de mots. Insatiable. Après avoir dévoré le « développement durable » à l’apéro, la « transition » en hors d’œuvre et la « résilience » en plat principal (assaisonné d’un soupçon de « sobriété »), le voici prêt à engloutir la « robustesse » pour son plan quinquennal 2025-2030. Je note que l’espérance de vie des mots-à-saloper est de plus en plus courte.
N.B : « l’adaptation » malgré de beaux efforts de propagation, rencontre logiquement quelques résistances de la part d’une population naturellement conservatrice.
lundi.dev — Un #milliard par #jour pour vérifier l’heure
▻https://lundi.dev/newsletter/2026/02/09/2-un-milliard-par-jour-pour-verifier-l-heure
On ne connaît pas la proportion de ces agents qui tournent sur des #LLMs hébergés par les géants du #numérique, mais je ne peux pas m’empêcher de faire un lien avec le fait que #Google, #Microsoft, #Amazon et #Meta ont dépensé l’année dernière plus de 376 milliards de dollars en #investissements (#capital #expenditure, ou #CapEx).
Article by article, how Big Tech shaped the EU’s roll-back of digital rights | Corporate Europe Observatory
▻https://corporateeurope.org/en/2026/01/article-article-how-big-tech-shaped-eus-roll-back-digital-rights
Corporate Europe Observatory révèle que Meta a rencontré 38 fois des eurodéputés d’extrême droite depuis le début de cette législature (contre 1 seule fois sous la précédente). Google France a dîné avec 6 députés RN à Strasbourg. Ces connexions existent dans toute l’Europe — en Italie avec la Lega, en Hongrie avec le Fidesz, aux Pays-Bas avec le PVV. Ces rencontres sont publiques via les registres de transparence. Rends-les visibles, interpelle les médias locaux, demande des comptes.
-- Permalien
Lettre ouverte : « Tout le monde doit avoir accès aux services essentiels, sans passer nécessairement par le #numérique »
À la Commission européenne, au Conseil de l’UE et au Parlement européen.
Pour interagir avec des administrations, une banque, un fournisseur d’énergie, pour chercher un emploi ou un logement, pour acheter un billet de train… le numérique est rendu incontournable.
Or, plus de 40 % de la population européenne ne maitrise pas les compétences numériques de base, ce qui l’empêche d’accéder à certains services essentiels.
Il est urgent de garantir l’accessibilité hors-ligne à tous les services essentiels.
Devrions-nous faire plus #attention à notre attention ?
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-conversation-scientifique/devrions-nous-faire-plus-attention-a-notre-attention-7586770
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#numérique #smartphones #biais #régulation #santé #économie #cognition #santémentale
Marseille : la ruée vers l’or numérique écrase l’opposition locale
Après une dizaine de #data_centers en autant d’années, #Marseille sature. Les projets se tournent alors vers l’arrière-pays avec une taille toujours plus importante. Dans un contexte politique très favorable, difficile pour les opposants de faire bouger les lignes.
▻https://synthmedia.fr/politiques/marseille-la-ruee-vers-lor-numerique-ecrase-lopposition-locale
Un schéma classique dans la région : déplacer ce qui pollue, au nord-ouest, vers l’étang de Berre.
Désescalade numérique
►https://www.desescaladenumerique.org
Municipales 2026 : ne laissez pas l’intelligence artificielle écrire votre programme.
Pour un #numérique plus responsable - Alt IMPACT
▻https://altimpact.fr
— Permalink
La révolution digitale qui fait lire les enfants en Malaisie (et que le monde devrait regarder)
▻https://actualitte.com/article/128484/international/la-revolution-digitale-qui-fait-lire-les-enfants-en-malaisie-et-que-le-m
En Malaisie, un phénomène inattendu en matière d’éducation attire l’attention des spécialistes du livre et des politiques publiques : la lecture numérique est en train d’inverser la tendance du temps consacré à la lecture chez les enfants et les adolescents. Alors que des enquêtes antérieures pointaient une baisse ou une stagnation des pratiques de lecture traditionnelle, l’essor des plateformes digitales commence à transformer cet accès — avec des implications potentiellement inspirantes pour le reste du monde.
Publié le :
04/01/2026 à 10:42
Nicolas Gary
L’un des signaux d’alarme les plus nets est venu des récents résultats de la Malaisie au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), pointe TNPS.
Entre 2018 et 2022, les scores en compréhension de l’écrit ont chuté de façon significative, reculant de 415 à 388 points — une baisse estimée à l’équivalent d’une perte d’apprentissage d’environ 1,4 an, et plaçant le pays bien en dessous de la moyenne de l’OCDE sur ce volet.
Cette tendance pourrait apparaître comme un avertissement sévère. Mais, si l’on regarde de plus près, une dynamique plus encourageante émerge dans les habitudes des jeunes : la lecture numérique — sur écran, ebooks ou plateformes interactives — capte l’attention des élèves plus efficacement que les formats imprimés isolés, en particulier lorsqu’elle s’inscrit dans des environnements sociaux ou éducatifs engageants.
Le numérique, un levier pour revaloriser la lecture
Pour les professionnels de l’édition et de l’éducation, cette évolution n’est pas simplement une statistique isolée, mais un appel à repenser la lecture comme une activité intégrée au quotidien des jeunes. Les étudiants malaisiens qui lisent fréquemment sur des plateformes numériques — qu’il s’agisse d’ebooks, de livres interactifs ou de recommandations partagées via des réseaux dédiés — montrent un engagement plus soutenu que leurs pairs qui lisent occasionnellement ou seulement sur support papier.
Des recherches internationales, dans d’autres contextes éducatifs, suggèrent que les environnements numériques bien conçus — qui permettent des interactions sociales autour de textes, des listes de lecture personnalisées ou des feedbacks en temps réel — peuvent encourager les jeunes à lire davantage, à diversifier leurs choix et même à discuter de leurs lectures entre amis ou avec leurs enseignants.
Ces données rejoignent des observations plus générales selon lesquelles les « natifs numériques » — les générations qui ont grandi avec les écrans et les technologies mobiles — adoptent souvent des habitudes de lecture qui diffèrent de celles des générations précédentes : ils lisent aussi bien pour l’information que pour le plaisir, et leur pratique est fortement influencée par le contexte digital dans lequel elle s’inscrit.
Réconcilier écrans et livres
Cette mutation ne signifie pas que les livres imprimés sont obsolètes, loin de là. Mais elle invite à repenser les stratégies d’accès à la lecture, lit-on dans Access. Dans un pays comme la Malaisie, où l’alphabétisation reste élevée (autour de 95 % selon les dernières estimations), l’enjeu n’est plus tant de convaincre les jeunes de lire que d’offrir des formats et des contextes qui captivent leur intérêt.
L’une des pistes explorées consiste à associer lecture numérique et apprentissage scolaire. Des enseignants rapportent, par exemple, que l’intégration d’outils numériques dans les classes de langues étrangères favorise non seulement la compréhension de textes, mais aussi la motivation des élèves, qui associent lecture et usage quotidien de la technologie.
Dans ce domaine, la coopération entre écoles, bibliothèques, éditeurs et développeurs de contenus se révèle essentielle. Une lecture numérique de qualité peut transformer des « temps d’écran » traditionnellement jugés improductifs en moments d’acquisition de connaissances, tout en favorisant l’autonomie des jeunes lecteurs.
Le pourquoi du comment (à qui profite le crime ?)
Attention toutefois à ne pas négliger les mécanismes profonds qui produisent un effet : en Malaisie, le numérique ne sauve pas la lecture par miracle. Il la recontextualise. De fait, comme dans de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, le smartphone constitue le premier — parfois le seul — objet culturel personnel des enfants et des adolescents.
Lire sur mobile, c’est lire partout : dans les transports, pendant les temps d’attente, à la maison. La lecture s’insère alors dans des micro-moments autrefois perdus, sans dépendre d’un lieu précis — bibliothèque, chambre ou salle de classe. Ce n’est donc pas seulement le numérique qui stimule la lecture, mais bien la portabilité extrême du texte.
À cette réalité s’ajoute une dimension socio-économique déterminante. L’ebook réduit le coût d’accès aux contenus (abonnements collectifs, plateformes éducatives, bibliothèques numériques), évite l’achat de livres imprimés — encore perçus comme onéreux dans certains foyers — et lève une barrière symbolique persistante : celle du livre assimilé à un objet scolaire ou élitiste. Pour beaucoup de jeunes lecteurs, l’écran est un espace familier, non intimidant. Lire sur écran, ce n’est pas « faire ses devoirs », c’est prolonger des usages déjà installés… autrement.
Quand les usages transforment la lecture
Un autre facteur, souvent sous-estimé, entre alors en jeu : la prescription algorithmique. Les plateformes de lecture numérique ne se limitent pas à proposer des textes ; elles orientent, suggèrent, relancent. À partir des usages réels, elles recommandent des lectures proches, structurent des parcours progressifs et maintiennent une visibilité constante des contenus.
Contrairement à une bibliothèque ou à une librairie — où l’on peut hésiter, se perdre, repartir sans rien — le lecteur n’est jamais face au vide. Quelque chose apparaît, insiste, invite. Cette continuité favorise la régularité, l’accumulation du temps de lecture et, surtout, la curiosité. Il ne s’agit donc pas seulement de lire davantage, mais de ne pas décrocher.
À cela s’ajoute la dimension sociale de la lecture numérique. Lire sur écran ne relève plus d’un acte strictement solitaire. On partage un extrait, on commente un récit, on recommande un texte à ses pairs. La lecture devient conversationnelle, parfois collective. Chez les adolescents en particulier, elle s’inscrit dans une logique d’appartenance : lire, c’est aussi échanger des références, se reconnaître, exister dans un groupe. Là où la lecture papier pouvait apparaître comme une pratique intime — voire isolée — le numérique la réintroduit dans le champ des interactions quotidiennes.
Il faut enfin tenir compte d’une évolution plus profonde : la forme même de la lecture change. Lire plus longtemps ne signifie pas nécessairement lire des textes plus complexes ni suivre des récits linéaires. En revanche, cela implique souvent de lire plus fréquemment, par fragments, en alternant fiction, information et formats courts.
Cette lecture morcelée, parfois critiquée, correspond pourtant aux capacités d’attention contemporaines. En Malaisie, le numérique joue moins un rôle de rupture que d’adaptation : il épouse les rythmes actuels et permet à la lecture de rester présente, sous des formes renouvelées.
Dernier élément, et non des moindres : le cadre scolaire et institutionnel. Lorsque l’école reconnaît explicitement la lecture numérique comme une lecture à part entière — intégrée aux programmes, portée par des enseignants formés, soutenue par des outils légitimes — l’effet est immédiat.
Ce que les élèves pratiquent hors classe cesse d’être perçu comme un simple divertissement. Cela devient une compétence reconnue, donc prolongée. La frontière entre lecture scolaire et lecture personnelle s’atténue, et avec elle disparaît une partie des résistances.
Un modèle pour le monde ?
Alors que de nombreux pays s’interrogent sur la « crise de la lecture » chez les jeunes, le cas malaisien offre une perspective que l’on a nuancée, mais une perspective tout de même : la technologie n’est pas l’ennemie de la lecture, mais un outil qui, s’il est bien utilisé, peut transformer l’accès aux textes.
Pour l’Asie du Sud-Est et au-delà, cette dynamique invite à repenser les initiatives de promotion de la lecture en valorisant les formats numériques — non pas comme des substituts, mais comme des compléments qui s’intègrent aux pratiques culturelles des nouvelles générations.
La question n’est plus seulement « combien lisent-ils ? », mais « comment la lecture s’inscrit-elle dans leur vie quotidienne et leur manière de se connecter au monde ? ». En Malaisie, la réponse commence à émerger dans les interactions digitales — et, contre toute attente, c’est peut-être là que se trouve l’avenir de la lecture.
Crédits photo : sasint CC 0
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Fred #turner : « Rien ne donne plus de pouvoir que la capacité à contrôler le #récit » - Next
►https://next.ink/206879/fred-turner-rien-ne-donne-plus-de-pouvoir-que-la-capacite-a-controler-le-recit
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#numérique #technologie #internet #intelligenceartificielle #propagande #surveillance #communs #inégalité #démocratie #storytelling #bestof
Il me semble que le point essentiel modifié par Internet, c’est la personnification du débat. Autrefois, quand vous n’aviez que la télévision, la radio, le cinéma, l’essentiel de ce que vous voyiez était plutôt formel, on ne savait pas grand-chose de la vie des personnes qui apparaissaient à l’écran. Avec internet, nous devenons tous des diffuseurs, nous projetons notre personnalité authentique dans les espaces de discussion – du moins nous affirmons le faire –, et c’est ce qui donne à une personne comme Trump une forme d’autorité. Cet homme fait des choses horribles, illégales, corrompues, mais il le fait d’une manière perçue comme authentique.
Ce que je trouve étonnant, c’est que ce niveau de comportements problématiques soit toléré, et même interprété comme une démonstration de son pouvoir.
Présentation du livre « Copier-coller : le tournant photographique de l’écriture numérique » d’Allan Deneuville, paru en 2025 chez UGA Éditions : L’écriture à l’ère de sa reproductibilité photographique.
▻https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/l-ecriture-a-l-ere-de-sa-reproductibilite-photographique
Dans son livre, Allan Deneuville montre que le copier-coller n’est ni un appauvrissement de l’écriture ni un plagiat facilité. C’est un geste neuf, un geste de capture, qui transforme notre manière de produire et de faire circuler les textes. En retraçant son histoire, l’auteur révèle non seulement une évolution technique, mais aussi des changements culturels et mentaux qui accompagnent nos vies en ligne.
D’où vient ce geste ? Pourquoi s’est-il imposé si vite ? Et que dit-il de notre époque ? Deneuville esquisse la réponse : derrière sa simplicité apparente, le copier-coller façonne une nouvelle manière d’écrire, faite de fragments, d’emprunts et de recompositions. Une écriture typique de notre monde numérique, discrète mais profondément structurante.
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#Écriture, #Livre, #Lecture, #Édition, #Littérature, #Photographie, #Art, #Création, #Numérique (...)
▻https://books.openedition.org/ugaeditions/49972
▻https://www.uga-editions.com/menu-principal/collections-et-revues/collections/humanites-et-medialites/copier-coller-le-tournant-photographique-de-l-ecriture-numerique-15626
Dans les algorithmes | Vers un #internet post-alphabétique ?
▻https://danslesalgorithmes.net/2025/12/09/vers-un-internet-post-alphabetique
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#numérique #communication #voix #présence #patience #audio #vidéo #oral #écrit #écriture #media #instant #alphabétisation #émotions #rationalité #culture #politique #démocratie #anthropologie #bestof
Qu’est-ce que l’IA nous fait ? | France #culture
▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-conversation-scientifique/qu-est-ce-que-l-ia-nous-fait-4047114
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#intelligenceartificielle #numérique #prospective #humanité #travail #emploi #pharmakon #cognition #éthique #dépendance #automatisation #intelligence #bestof #stiegler #sadin #gorz #alombert #anthropologique
Le C.L.O.DO. ou la révolte contre l’informatisation de la société
►https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mercredi-03-decembre-2025-7002646
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#CLODO #informatique #numérique #automatisation #politique #attentats #terrorisme #surveillance
Face à l’#IA générative, l’#objection_de_conscience
#Manifeste pour l’#enseignement_supérieur et l’#éducation_nationale
Nous, membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN), déclarons adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’#IA_générative[1] (#IAg) dans nos institutions.
L’objection de conscience désigne le #refus individuel, mais aussi collectif en tant qu’il est publiquement partagé, de prendre part à une activité que l’on perçoit comme incompatible avec des #valeurs fondamentales.
Dans le cas présent, nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de #rationalité et d’#humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser.
Trois considérations majeures justifient cette position. Pour des raisons de concision, ce manifeste ne les développe pas mais on trouve dans la littérature scientifique de quoi les étayer solidement[2].
Considération 1.
L’IAg est un gouffre énergétique et matériel tel que personne ne peut prétendre qu’elle soit compatible avec les grands engagements internationaux tels que l’#Accord_de_Paris sur le climat, et plus généralement avec la #protection_du_vivant. Accepter le déploiement de l’IAg, c’est amplifier le dépassement des limites planétaires. Ceci est une attitude résolument anti-humaniste eu égard à la gravité de la situation. Le caractère écocidaire de l’IAg est en soi une raison suffisante pour en refuser le déploiement au sein de nos institutions.
Considération 2.
L’IAg représente un #choix_technologique qui agit comme un accélérateur des #infrastructures_industrielles sur lesquelles repose le secteur du #numérique : #mines, #datacenters, #centrales_électriques, usines de matériel électronique, etc. Ainsi, outre les problèmes de #pollution massive déjà évoqués, ce sont les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés : #travail prolétarisé dans les usines de fabrication et ultraprolétarisé dans le « #travail_du_clic », non-respect des #droits_humains, conflits d’usage (#eau, #métaux, #énergie), rapports extractivistes et néo-coloniaux entre pays du Nord et du Sud, #déstabilisation_géopolitique des régions minières, etc. Dans tous ces domaines, la compétition effrénée à laquelle se livrent les acteurs de l’IAg mènera aux méthodes les plus sauvages et prédatrices. Il nous semble inacceptable de contribuer à une telle dynamique par nos pratiques pédagogiques et scientifiques.
Considération 3.
La #banalisation des IAg dans le grand public alimente des usages qui ouvrent la voie à un futur dystopique – qui est, pour partie, déjà là : multiplication des vidéos deepfake, #désinformation à grande échelle par des « usines à trolls », #dépendance affective aux compagnies virtuelles, intensification du #marketing_digital et des #escroqueries, etc. Plus généralement, il permet à des mégafirmes d’accumuler un pouvoir démiurgique, mégafirmes dont les dirigeants ne font pas mystère de leurs projets mégalomaniaques, eugénistes et de leur détestation de la #démocratie. Nos institutions ne peuvent soutenir de telles techno-oligarchies, y compris de manière indirecte.
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Le support principal de l’objection de conscience est le refus de participer à une activité qui contrevient à des valeurs fondamentales. Dans le cas de l’IAg, les trois considérations ci-dessus permettent d’assurer cette #posture au regard de nos missions d’éducation et de diffusion des savoirs.
Face à ces analyses globales, les arguments les plus fréquents de légitimation de l’introduction de l’IAg dans nos institutions apparaissent immédiatement irrecevables[3]. Notamment, l’idée commune selon laquelle la diffusion de l’IAg dans nos sociétés serait « inéluctable » ne remet aucunement en cause la pertinence de l’objection de conscience. En effet, le principe de l’objection de conscience, voire de toutes les formes de #résistance, consiste à s’opposer à ce qui contrevient à nos valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va « gagner », mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant. Par ailleurs, contrairement à d’autres technologies délétères déjà profondément implantées dans nos sociétés, l’apparition des IAg est récente et par conséquent ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles. Ainsi, l’effet de « verrouillage sociotechnique » empêchant tout retour en arrière n’est pas encore pleinement là avec les IAg et il est encore effectivement possible d’exercer un refus.
Engagements
Nous, membres de l’ESR et de l’EN signataires de ce manifeste nous engageons à :
– adopter face au déploiement des IAg dans nos institutions une posture d’objection de conscience. Face à un phénomène qui nous dépasse mais dont nous savons qu’il est mortifère, nous choisissons d’opposer un refus net, indiscutable, et politique parce qu’il est partagé : nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives. Nous refuserons, autant que nos situations individuelles nous le permettent, de participer à des projets ou à des activités qui les mobilisent (enregistrement et compte-rendu automatique de réunion ; activité pédagogique ; formation à l’usage, fût-il qualifié de raisonné ou éthique, etc.). À tout le moins, nous exprimerons publiquement notre malaise profond face à ces pratiques. Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. S’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être.
– afficher dans nos activités, nos signatures mails, nos publications, nos diaporamas, etc. notre ralliement à ce manifeste via un logo et/ou le lien vers le présent texte. L’enjeu est de ne jamais laisser l’IAg apparaître dans nos milieux professionnels « comme si de rien n’était » et d’afficher partout dans nos sphères d’activité que « cela ne va pas de soi ». Parvenir à ouvrir des discussions sur le sujet par cet affichage permettrait déjà d’éviter une banalisation qui, dans des institutions prescriptrices comme les nôtres, se confond avec de la promotion.
– promouvoir autant que possible une réflexion collective sur la place du numérique dans nos institutions. Si les arguments que nous opposons au déploiement de l’IAg nous permettent en effet de refuser une nouvelle « escalade numérique », nous savons également que le système sociotechnique du numérique dans son ensemble est sujet aux mêmes questionnements. Le « stop » opposé à l’IAg pourrait ainsi être l’ouverture d’une séquence d’évaluation de nos dépendances plus générales à un système problématique, qui permette de s’engager vers la « sobriété numérique »[4] en vue d’aboutir à un numérique effectivement soutenable.
[1]Les IA génératives constituent un type particulier de système d’Intelligence Artificielle, destiné à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM pour Large Language Model) entraînés sur de vastes corpus de données.
[2]Une bibliographie indicative est proposée en fin de document.
[3]Celles et ceux qui souhaitent des éléments de discussions plus précis sur ce type d’arguments (l’IA « souveraine », l’IA « sobre », la « praticité », l’IAg « inéluctable », etc.) pourront par exemple consulter le texte « Oui mais l’IAg… » publié sur le site web de l’Atécopol de Toulouse.
[4]Pour aller plus loin sur ce sujet voir : affiche 10 de l’exposition « Pour la sobriété numérique dans l’ESR » (▻https://www.irit.fr/exposition-sobriete-numerique).
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Voici deux logos qui permettront aux signataires d’afficher leur adhésion à cette position. Chacun·e est invité·e à choisir le logo qui lui convient en fonction du contexte et/ou de ses préférences.
▻https://atecopol.hypotheses.org/13082
#intelligence_artificielle #résistance #éducation #ESR #université #enseignement #limites_planétaires #extractivisme #néo-colonialisme #désobéissance