• Le site #Internet_Archive mis en danger par des poids lourds de l’édition

    Sous la pression d’une #plainte déposée devant un tribunal new-yorkais par quatre poids lourds de l’édition aux États-Unis, le site Internet Archive a décidé d’avancer de 15 jours la fermeture de sa #bibliothèque_d’urgence, créée en réponse à l’#épidémie de #coronavirus.

    Une infraction « massive et délibérée » au #droit_de_reproduction. C’est ce que quatre éditeurs, dont la filiale américaine du groupe #Hachette, reprochent au site Internet Archive, connu notamment pour son archivage du web mondial, la #Wayback_Machine, dans laquelle on peut retrouver des pages web disparues.

    Mais l’Internet Archive, c’est aussi une immense #médiathèque, riche de millions de #livres, #films, #images, jeux vidéo et documents sonores. Côté bibliothèque, son « but ultime » est de « mettre tous les travaux publiés de l’humanité à la disposition de tous dans le monde ». Chacun·e, à condition d’être inscrit·e, peut emprunter jusqu’à dix livres à la fois, pour une durée de quinze jours. Les livres sont prêtés sous la forme de fichiers pdf. Selon Internet Archive, 17 500 livres sont empruntés chaque jour.

    Comme dans une bibliothèque classique, un livre doit être disponible pour pouvoir être emprunté – une règle que le site a « concoctée de toutes pièces », lui reprochent les plaignants. Ce concept du « #prêt_numérique_contrôlé » autorise un prêt à la fois pour un livre numérisé donné. Soutenu par le Conseil des directeurs des bibliothèques d’État des États-Unis, il n’avait encore jamais été mis en cause devant les tribunaux.

    Ce qui a décidé les #maisons_d’édition à risquer un #procès pas gagné d’avance, c’est la #Bibliothèque_nationale_d’urgence mise en place à la fin du mois de mars par Internet Archive, pour répondre à la fermeture des écoles, bibliothèques et universités en raison du coronavirus, et donc à l’impossibilité d’aller y chercher des livres. Installé aux États-Unis, le site avait simplement décidé de « suspendre les listes d’attente […] pendant toute la durée de l’urgence nationale américaine » : c’est-à-dire qu’il n’y avait plus besoin qu’un livre (numérique) revienne pour être emprunté à nouveau. Plusieurs lecteurs pouvaient ainsi en bénéficier en même temps.

    Mercredi 10 juin, son fondateur, #Brewster_Kahle, a publié sur son blog un billet (https://blog.archive.org/2020/06/10/temporary-national-emergency-library-to-close-2-weeks-early-returning-) pour annoncer la fin prochaine du dispositif, avancée au 16 juin, espérant trouver avec les détenteurs de droits « un système qui marche ».

    Son initiative a été soutenue publiquement par des dizaines de bibliothèques et d’universités, ces institutions se revendiquant du principe du « #fair_use », qui autorise des dérogations aux droits de reproduction, particulièrement quand il s’agit d’enseignement, et selon les circonstances. C’est le cas, estime Brewster Kahle, de l’épidémie due au coronavirus.

    Au contraire, cette ouverture des portes numériques est intervenue, selon les éditeurs, au pire moment, celui-là « même où de nombreux auteurs, éditeurs et librairies indépendantes, sans parler des bibliothèques, luttent pour survivre ». Le risque pour Internet Archive est vital, la loi sur le #droit_d’auteur (#Copyright_Act) autorisant des #dommages_et_intérêts pouvant atteindre 150 000 dollars par œuvre en cas de violation délibérée. Si le site propose au prêt 1,3 million de livres, certains sont toutefois dans le #domaine_public.

    « La #gratuité est un concurrent indépassable », estiment les éditeurs dans leur plainte, rappelant l’argument le plus éculé de l’industrie musicale. Internet Archive « ne fait qu’exploiter les investissements que les éditeurs ont faits dans leurs livres », accusent-ils, et « au moyen d’un modèle économique conçu pour profiter librement du travail des autres ». La plainte s’acharne à démontrer que l’Internet Archive serait une entreprise commerciale vivant de la #numérisation des livres, un travail qu’elle effectue contre rémunération pour les bibliothèques. Urgence ou pas, elle demande la destruction de toutes les copies illégales.

    Avec les livres prêtés par l’Internet Archive, on est pourtant loin du mp3 recopié ou downloadé en clic. Brewster Kahle rappelle dans une lettre adressée le 10 avril à Thom Tillis, un sénateur républicain président de la Commission sur la #propriété_intellectuelle, réservé sur la légalité du procédé, que son organisation, sans but lucratif, est régulièrement reconnue comme bibliothèque par la Californie. Cela fait bientôt dix ans, dit-il, que les livres sont prêtés selon la règle « #un_lecteur_à_la_fois ». De plus, se défend le fondateur de la bibliothèque, « nos livres numériques sont protégés par les mêmes protections techniques que celles utilisées par les éditeurs pour garantir que les lecteurs n’ont accès à un livre que pendant les deux semaines de son prêt, et que des copies supplémentaires ne peuvent être faites ».

    Toujours à destination de l’élu républicain, il explique : « Vos électeurs ont payé pour des millions de livres auxquels ils n’ont pas accès actuellement » – 15 millions de livres bloqués derrière les portes fermées de 323 bibliothèques, rien qu’en Caroline du Nord, l’État du sénateur, a compté Brewster Kahle.

    Aux éditeurs, il fait remarquer que la bibliothèque d’urgence ne comporte aucun livre publié il y a moins de cinq ans ; 90 % des livres empruntés ont plus de dix ans, et deux tiers datent du XXe siècle. Quant aux auteurs qui ne voudraient pas que leurs livres soient ainsi prêtés, il leur suffit de le demander par mail, poursuit Kahle. Certains ont au contraire, affirme-t-il, demandé à figurer dans la bibliothèque numérique.

    Dès le 31 mars, la Guilde des auteurs avait mobilisé ses membres contre la bibliothèque d’urgence, parlant de « piratage pur et simple », et proposé un modèle de réclamation. Ce groupement d’auteurs avait déjà fait connaître son désaccord avec le prêt de livres numérisés selon le principe « un livre papier, une copie numérique » en janvier 2019. Le #Syndicat_national_des_auteurs (#National_Writers_Unions) a de son côté préféré entamer des discussions amiables avec Internet Archive et les défenseurs du prêt numérique contrôlé.

    L’Internet Archive est en effet, aux États-Unis, loin d’être la seule bibliothèque à pratiquer de la sorte. La pratique du prêt numérisé contrôlé est théorisée, défendue et pratiquée par de nombreux juristes et des bibliothèques universitaires ou locales, comme celles des villes de Los Angeles, San Francisco et Boston. Un livre imprimé peut être prêté : c’est le principe des bibliothèques. Il doit en être de même pour sa déclinaison à l’identique au format numérique, un exemplaire numérique prêté à une personne à la fois.

    En attendant la décision du tribunal new-yorkais, des internautes se posent à travers le monde la question d’archiver l’Internet Archive et ses téraoctets de documents.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110620/le-site-internet-archive-mis-en-danger-par-des-poids-lourds-de-l-edition
    #open_access #confinement #édition_scientifique #recherche #justice

  • Peut-on s’opposer à l’informatisation du monde ?
    Par Matthieu Amiech
    https://www.terrestres.org/2020/06/01/peut-on-sopposer-a-linformatisation-du-monde

    Le 13 mars 2019, dans l’émission « Du grain à moudre » sur France Culture, Hervé Gardette reçoit trois chercheurs pour répondre à une question a priori peu subversive : « La 5G va-t-elle nous simplifier la vie ? ». Après quelques échanges initiaux sur l’état actuel des réseaux et les enjeux industriels de ce projet d’intensification des ondes de téléphonie mobile, le journaliste donne un tour assez inattendu à l’entretien : « Est-ce que selon vous la question de l’utilité est suffisamment posée ? On nous vend une société qui va être structurée différemment par ça, [du coup], est-ce qu’on a la possibilité de dire – mettons, la société française – nous, on préfère ne pas faire le choix de la 5G, parce qu’au regard des gains et des pertes, on préfère rester là où on en est ? ou bien, est-ce qu’une telle question est inenvisageable ? »

    Pierre-Jean Benghouzi, professeur à l’École polytechnique (et ancien membre de l’Autorité de régulation des communications et des postes, l’Arcep), légèrement surpris, commence par répondre : « Non, elle n’est pas inenvisageable ». Hervé Gardette insiste alors : « Donc, on peut dire : non, on n’y va pas ». Benghouzi corrige le tir : « Non, on ne peut pas… » Quelques instants plus tard, une autre intervenante, la sémiologue Laurence Allard, répond de manière très différente : « La réponse peut être donnée par la terre elle-même, par la planète, qui peut à sa façon dire non. Parce que ce scénario socio-technique, consistant à connecter tous les objets, à multiplier les data centers, à extraire encore plus de métaux rares, est assez improbable en termes environnementaux ». Et de souligner le lien entre notre mode de vie hyper-connecté et le réchauffement climatique.

    #Matthieu_Amiech #informatisation #numérisation

    • Excellent texte, très sobre et « factuel ».

      Notre dépendance aux écrans, et la réduction concomitante de nos vies à un stock d’informations, posent en effet au minimum quatre problèmes politiques majeurs : les entreprises accroissent considérablement leur emprise sur nous ; le pouvoir social a tendance à se concentrer de manière extraordinaire ; le travail est plus facilement exploité par le capital ; la catastrophe écologique en cours est nettement aggravée par la croissance exponentielle des technologies prétendument « immatérielles ». Comme on le voit, il ne s’agit pas de questions esthétiques, de partis pris sensibles ou philosophiques, qui peuvent par ailleurs légitimement entrer en ligne de compte pour juger d’un monde où les machines, les algorithmes et les procédures impersonnelles prennent de plus en plus de place. Il s’agit de problèmes politiques essentiels, auxquels aucun partisan du progrès social et humain – de l’égalité et de la liberté – ne peut rester indifférent ; et auxquels effectivement un nombre croissant de nos contemporains sont sensibles, même si cela n’entraîne pas pour l’instant de rejet massif de la quincaillerie électronique.

      #critique_techno #pollution #écologie #démocratie #capitalisme

  • Accompagner la #transformation_numérique et enrichir les modes traditionnels d’enseignement : j’annonce en lien avec le @SGPI_avenir le lancement d’un #appel_à_projets « #Hybridation_des_formations ».

    https://twitter.com/VidalFrederique/status/1268920823718588418

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    Appel à projets sur l’hybridation des formations d’enseignement supérieur

    La #crise_sanitaire actuelle et ses impacts sur la #rentrée_2020 nécessitent de repenser l’intégralité des #modes_d’enseignement pour concourir à la réussite des étudiants, peu habitués à ces modalités de formation, et pour permettre le développement de #nouvelles_compétences_pédagogiques_numériques pour les enseignants.

    L’appel à projets « Hybridation des formations » répondra à deux cas de figure :

    – L’extension du champ d’action et ou le soutien supplémentaire à des projets d’ores et déjà sélectionnés dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir en matière d’enseignement supérieur et de recherche (principalement les NCU, IDEFI/IDEFI-N, DUNE ou #Disrupt_Campus) ;
    – La détection puis le soutien à des initiatives qui n’ont pas encore fait l’objet d’une #labellisation #PIA mais qui visent à accompagner la transformation numérique de l’enseignement supérieur en enrichissant les #modes_traditionnels d’enseignement.

    Dans les deux cas, il s’agit d’accompagner les établissements d’enseignement supérieur pour réussir cette rentrée dans les meilleures conditions possibles et de soutenir financièrement le développement de cursus diplômant complet, à partir de #ressources_pédagogiques mutualisées et modulaires qui permettront aux étudiants en formation initiale comme en formation continue de construire leurs parcours de formation.

    Qu’ils s’appuient sur un projet déjà soutenu dans le cadre du PIA ou non, les établissements et leurs #partenaires du secteur de la #EdTech devront faire la démonstration, d’une part, de leur capacité à mettre en œuvre une #transformation_pédagogique et numérique et, d’autre part, de l’#efficacité de leur modèle d’#organisation_pédagogique_hybride. Cette #démonstration se traduira par la création de solutions de #formation_à_distance ou hybrides pour la rentrée 2020-2021 ou en #flux_tendu pendant l’année pour une utilisation en 2020-2021.

    Il s’agira également d’accompagner en priorité la création de modules de formation pour le #premier_cycle post-bac, que celui-ci soit proposé par les universités (licences, licences professionnelles, DUT) ou les écoles (premier cycle préparatoire). Pour ces dernières, seules les préparations à des formations bénéficiant d’une reconnaissance de l’Etat (visa ou grade) seront éligibles au dispositif.

    La sélection de ces projets se fera à travers un dialogue pour valider et accompagner la démarche des porteurs de projet et de leurs partenaires publics ou privés (EdTech) : les établissements devront rédiger une note synthétique de 10 pages faisant état de leur capacité à respecter le cahier des charges de l’appel à projets et précisant si les projets reposent ou non sur un objet d’#excellence déjà sélectionné. Le comité de sélection animera ce dialogue afin d’affiner les besoins des établissements, de vérifier leur capacité à enrichir les #ressources_pédagogiques déjà disponibles et à rendre les dispositifs les plus efficients possibles.

    https://anr.fr/fr/investissements-davenir/appels-a-projets-en-cours/appel-a-projets-sur-lhybridation-des-formations-denseignement-superieur

    #France #Vidal #Frédérique_Vidal #ESR #enseignement_supérieur #université #stratégie_du_choc #le_monde_d'après #distanciel #présentiel #enseignement_à_distance #ANR #pédagogie

    Quand on sait que dans mon université, à Grenoble, qui est une fac très bien dotée par rapport à d’autres, où il manque du papier toilettes et l’eau courante, on n’a pas d’argent pour remplacer les vidéoprojecteurs qui ne marchent plus............

    • ENTRETIEN. « Des #innovations_pédagogiques ont été mises en place durant le confinement »

      Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, entame aujourd’hui une visite de deux jours en Bretagne. L’occasion de parler avec les acteurs de terrain des perspectives ouvertes par la crise sanitaire du Covid-19.

      Madame la ministre, vous êtes pour deux jours en Bretagne. Quel est le but de cette visite qui intervient dans le contexte de la crise sanitaire ?

      La Bretagne est la deuxième étape d’un tour de France pour voir comment l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation peuvent participer à la relance et à la redynamisation des territoires. Il s’agit de réfléchir à la meilleure manière de travailler ensemble, État et collectivités, pour mettre la production et la diffusion de connaissances, le transfert technologique, au service de cette relance (1).

      La crise sanitaire a bouleversé les manières d’enseigner. Vous demandez aux universités de réfléchir au maintien des cours à distance. Pourquoi ?

      En réalité, il y avait déjà eu des réflexions sur cette question de l’enseignement à distance et des financements alloués, notamment dans les universités en Bretagne. Tout s’est évidemment accéléré durant le confinement. Les établissements doivent maintenant se servir de toutes les innovations pédagogiques mises en place pendant cette période compliquée. L’objectif de ma visite est de faire le recueil des besoins nécessaires de manière à ce qu’on puisse accompagner les établissements qui voudront s’engager dans cette révolution pédagogique. Il ne s’agit pas seulement d’utiliser le numérique pour enseigner, mais de penser autrement la pédagogie d’un cours et d’utiliser le numérique au service de cette pédagogie réinventée.

      Le développement de l’enseignement à distance ne risque-t-il pas d’accentuer une forme de fracture numérique chez les étudiants ?

      Les établissements ont extrêmement bien réagi durant cette crise. Ils ont identifié les étudiants qui avaient des difficultés pour avoir une continuité pédagogique, que ce soit par défaut d’équipement, ordinateur ou tablette, ou par défaut de connexion. J’ai souhaité que les choses se passent au plus près. Les établissements et les Crous ont disposé de financements qui ont permis d’acheter des ordinateurs, de les prêter aux étudiants, d’acheter des clés 4G, d’étendre des forfaits Internet ou de téléphonie. Évidemment, si les établissements passent en mode hybride, à la fois en présentiel et en enseignement à distance, une des priorités absolues sera que l’ensemble des étudiants soient correctement équipés pour pouvoir bénéficier de ces nouvelles pédagogies.

      Quel bilan tirez-vous des examens à distance ? Que pensez-vous des applications de télésurveillance pour lutter contre la fraude ?

      Comme en temps normal, les établissements ont choisi leur mode d’évaluation. Ils ont soit imaginé des devoirs maison, soit fait travailler les étudiants en mode projet, soit, pour certains d’entre eux, choisi de faire passer des examens télésurveillés. Dans tous les cas, cela se fait dans le respect du RGPD et de la préservation des données personnelles et individuelles (2). Si les établissements étaient incapables de respecter le RGPD, alors, évidemment, ils n’ont pas mis en œuvre ces examens télésurveillés. La seule règle, c’est qu’il fallait impérativement qu’une évaluation ait lieu pour garantir la qualité des diplômes délivrés cette année.

      À la rentrée, les cours en amphi devront respecter les règles de distanciation. N’est-ce pas un peu mission impossible ?

      On a commencé à travailler avec les conférences d’établissements pour regarder ce qui leur paraissait raisonnable. Il y a de multiples solutions : extension des plages horaires, rotations des étudiants entre du présentiel et du distanciel, pédagogie inversée, où les cours sont mis à disposition des étudiants en amont. Ensuite, on les prend en petits groupes en présentiel et on travaille les points du cours qu’ils ont moins bien compris. Il faut partager les expériences. Lorsqu’elles ont du sens au plan pédagogique, on les applique à plus grande échelle.

      L’Université Loire-Bretagne n’a pas marché, le projet d’Université unique de Rennes patine. Quelle est aujourd’hui la stratégie du ministère pour les universités bretonnes ? Quelle est leur vocation et doivent-elles se regrouper ?

      C’est un sujet qui est au cœur de mon déplacement en Bretagne. Ce que je demande aux établissements, en réalité, ce n’est pas de se regrouper de manière artificielle. C’est de porter un projet de signature de leur territoire. Pour qu’une université rayonne à l’international, il faut qu’elle ait une signature, il faut qu’elle soit connue pour quelque chose qui est exceptionnel. Cette signature, elle se fait, bien sûr, par la qualité de la recherche et de la formation et par l’attractivité auprès des étudiants. Elle se fait aussi par la capacité à travailler avec son territoire. En Bretagne, il y a par exemple de la recherche et de la formation de pointe autour de la mer et des océans, mais également autour du numérique, de la cybersécurité et de la chimie.

      (1) Lors de sa visite en Bretagne, Frédérique Vidal devrait annoncer, conjointement avec le Secrétariat général pour l’investissement, un plan gouvernemental de 550 millions d’euros, dont 450 millions dans les instituts de recherche technologique (IRT) et les instituts pour la transition énergétique (ITE) , pour soutenir la transformation de l’appareil productif et développer de nouvelles solutions pour l’industrie et la transition énergétique.

      (2) RGPD : Règlement général sur la protection des données, adopté par l’Union européenne en 2018.

      https://www.ouest-france.fr/bretagne/enseignement-superieur-des-innovations-pedagogiques-mises-en-place-dura
      #innovation_pédagogique

  • Oeuvrer à l’émergence d’un « autre numérique » est-il une impasse ?
    https://usbeketrica.com/article/oeuvrer-emergence-autre-numerique-est-il-impasse

    Il y a des livres qui vous font profondément réfléchir. C’est certainement le cas des livres les plus critiques à l’encontre des enjeux technologiques – et ils sont nombreux. Les arguments de ceux qui s’opposent à la numérisation sont bien plus pertinents et nécessaires que les arguments de ceux qui vous promettent du bonheur numérique ou qui continuent à soutenir que l’innovation technologique tient du progrès sans observer concrètement ses limites et ses effets délétères.

    Le nouveau livre publié par les éditions La lenteur – Contre l’alternumérisme (La Lenteur, 2020, 128p.), signé de l’étudiante en philosophie Julia Laïnae, membre des Décâblés, et de l’informaticien Nicolas Alep, membre de Technologos -, est assurément un livre qui interroge les arguments de ceux qui espèrent d’un autre numérique dont je suis. En cela, il est assurément nécessaire de nous y confronter.

    Comme le disait récemment Félix Tréguer : cela fait 40 ans qu’on nous propose de miser sur la transparence, l’auditabilité, l’éthique, la réglementation pour protéger nos libertés… sans y parvenir. Ce petit livre interroge les horizons politiques que nous avons à construire en commun. Nous invite à arrêter des machines. Reste à savoir si nous souhaitons toutes les arrêter ? Et si ce n’est pas toutes, lesquelles ? Il interroge nos possibilités d’actions qui effectivement se réduisent à mesure que le numérique innerve la société tout entière. Il nous adresse une question de fond : à défaut de ne pouvoir ou de ne devoir jamais peser sur les choix technologiques, devons-nous nous radicaliser plus avant ? Contre l’alternumérisme est un livre qui nous amène à douter, à interroger le numérique que nous défendons. Ce n’est pas une petite vertu !

    #Culture_numérique #Alternumérisme #Techno_critique

  • La stratégie du choc du capitalisme numérique
    Par Naomi Klein
    https://www.terrestres.org/2020/05/17/la-strategie-du-choc-du-capitalisme-numerique

    « Nous sommes prêts, nous sommes prêts à tout », s’est réjoui le gouverneur. « Nous sommes des New-Yorkais, donc nous sommes agressifs et ambitieux … Nous réalisons que le changement est non seulement imminent, mais qu’il peut être un allié s’il est bien conduit ».

    L’origine de cette inhabituelle félicité est une apparition vidéo de l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, qui s’est joint à la conference de presse du gouverneur pour annoncer qu’il avait été chargé par lui de diriger un groupe d’experts afin de réimaginer le futur post-Covid de l’État de New York, en mettant l’accent sur l’intégration permanente de la technologie dans tous les aspects de la vie civique.

    « Nos premières priorités », a déclaré M. Schmidt, « sont axées sur la télémédecine, l’apprentissage à distance et l’élargissement de la bande passante… Nous devons chercher des solutions qui peuvent être présentées maintenant, et accélérées, et utiliser la technologie pour améliorer les choses ». Au cas où l’on aurait douté de la pure bienveillance des intentions de l’ancien président de Google, son arrière-plan vidéo affichait une paire d’ailes d’ange dorées.

    #numérisation #déconfinement #covid-19 #informatisation

  • L’Université face au déferlement numérique
    https://journals.openedition.org/variations/740
    Thomas Bouchet, Guillaume Carnino et François Jarrige

    En dépit des idéologies de l’horizontalité et du partage invoquées pour légitimer ces nouvelles technologies numériques, c’est bien l’imposition par en haut qui l’emporte dans les faits. L’université numérique ne constitue que l’un des éléments d’une politique plus vaste de numérisation à l’œuvre dans tous les domaines, mais elle en est l’un des laboratoires privilégiés. L’enseignement supérieur et la recherche sont ainsi au cœur de la récente loi « Pour une République numérique » adoptée par l’Assemblée nationale à la fin du mois de janvier 2016 et portée conjointement par le ministre de l’économie Emmanuel Macron et la secrétaire d’État au numérique Axelle Lemaire. Reposant largement sur un rapport remis par le Conseil du numérique – instance de lobbying créé en 2011 par le gouvernement Fillon, sous la présidence Sarkozy, afin de militer activement pour « la métamorphose numérique de la société » – ce texte de loi entend à la fois accroître les régulations afin de protéger les utilisateurs de l’internet, et créer les conditions d’un déploiement général du Net désormais pensé comme un « droit fondamental » pour tous les citoyens. La numérisation de l’enseignement supérieur et de la recherche est au cœur du texte de loi et les articles le concernant ont été parmi les plus discutés. Elle prévoit notamment de faciliter l’accès aux données publiques pour la recherche, de favoriser l’accès ouvert aux travaux de recherche financés sur fonds publics, mais aussi d’intensifier la « pédagogie numérique ». Au nom de l’accès universel au savoir – idéal que personne ne contestera – et de l’adaptation continue des formations au marché du travail et à ses besoins, le projet de loi prévoit aussi que les formations en ligne (notamment via les MOOC : Massive Open Online Courses) pourront se substituer aux cours dits en présentiel et devenir diplômantes : « La République doit s’appuyer sur les nouveaux moyens apportés par l’univers numérique pour donner à tous les habitants de tous nos territoires les moyens d’accéder aux formations indispensables à une adaptation permanente aux évolutions économiques et sociétales induites par la mondialisation numérique ».

    Ce texte est un peu daté...
    Depuis 2016 les choses se sont accélérées à coup d’injonctions de l’UE et du ministère de la recherche : https://seenthis.net/messages/851586

    #Open_access #numérisation #accès_ouvert #informatisation

    • Texte issu du numéro 19 de la revue Variations autour de la critique des humanités numériques.
      https://journals.openedition.org/variations/670

      Alors que le printemps arrive en Europe, Variations refleurit aussi, avec une nouvelle livraison. Le dix-neuvième numéro de la revue est celui d’une relance éditoriale autour d’un dossier thématique visant à nommer les impensés de la transformation numérique des sciences humaines et sociales. Dans le fourmillement actuel des travaux sur la question, il nous a semblé nécessaire de présenter les enjeux d’une approche critique des humanités numériques...

  • Ne laissons pas s’installer le monde sans contact
    Appel au boycott de l’application StopCovid-19

    Écran total

    https://lavoiedujaguar.net/Ne-laissons-pas-s-installer-le-monde-sans-contact-Appel-au-boycott-d

    Du point de vue sanitaire, l’épidémie de Covid-19 mettra du temps à livrer tous ses mystères. Le brouillard qui entoure l’origine de la maladie, sa diffusion et sa létalité ne pourra se dissiper que lorsqu’elle cessera de frapper dans autant de pays à la fois. À ce jour, personne n’a l’air de savoir quand une telle accalmie se produira. D’ici là, pour continuer de vivre, nous ne devons ni sous-estimer, ni surestimer cette épidémie en tant que telle.

    Par contre, ce que nous sentons très clairement, c’est que la crise sanitaire a des chances importantes de précipiter l’avènement d’un nouveau régime social : un régime basé sur une peur et une séparation accrues, encore plus inégalitaire et étouffant pour la liberté. Si nous prenons la peine de lancer cet appel, c’est que nous pensons que cela n’est pas joué d’avance et que des possibilités vont se présenter, pour les populations, de l’empêcher. Mais alors que nous, simples citoyens, ressentons violemment la fragilité de nos existences face à la menace du virus et d’un confinement long, l’ordre politique et économique en vigueur semble, lui, à la fois ébranlé et renforcé par la secousse en cours. Il paraît en même temps fragile, et très solide sur ses bases les plus « modernes », c’est-à-dire les plus destructrices socialement. (...)

    #épidémie #technologie #gouvernements #Internet #France #numérisation #stratégie #Chine #traçage #fichage #surveillance #Edward_Snowden #boycott #télétravail

  • Deus ex machina - Dominique Collin | Revue Etudes
    https://www.revue-etudes.com/article/deus-ex-machina-dominique-collin-22589

    au fur et à mesure que se prolonge le confinement, s’allonge le catalogue des messes, prières, récitations de chapelet « Zoom » ou « Facebook », produits religieux auxquels s’ajoutent, puisqu’il est dans la nature de la technique de tirer à elle tout le réel, même le plus bêtement dévot, des bénédictions du Saint-Sacrement ou d’eau bénite transmises depuis les toits, voire d’hélicoptères (exemples « édifiants » du « deus ex machina » théâtral).

    Mais d’où vient cette fascination religieuse pour les « produits machiniques » au point que nombreux sont les clercs à se féliciter de la « grande inventivité » déployée sur les réseaux sociaux ? (Le pape François a été plus inspiré d’inviter les chrétiens à la « créativité de l’amour ».) Pour au moins deux raisons, dont la première est pragmatique. Dans son dernier ouvrage, Jean-Luc Nancy montre que la chrétienté poursuit à sa manière le modèle de l’empire romain qui s’était construit comme une entreprise par le truchement de la domination, de la richesse et de la technique[2]. Or, maintenant que le christianisme (la « firme Jésus-Christ », comme Kierkegaard l’avait férocement rebaptisé) est, du moins en Occident déchristianisé, dépossédé de sa domination (la « cure collective » d’une épidémie est définitivement passée des prêtres aux épidémiologistes et au corps médical) et de sa richesse (l’épidémie ne faisant pas les affaires du denier de l’Église), il lui reste la technique. Bien que le confinement la contraint à une sorte de « chômage technique » insupportable, l’Église trouve, grâce aux artifices de la technique, les moyens d’assurer une maintenance sans faille et sans interruption (c’est-à-dire sans tempus clausum[3], qui est le temps rond offert au silence, le temps lent de la patience, qui ne peut être ni abrogé ni abrégé). Elle se filme et restitue son image (et elle se montre sans fard comme on pensait ne plus la voir, blanche, mâle et sacerdotale). Ce qui entraîne l’Église, plus que jamais, à apparaître comme « l’esprit d’un monde sans esprit » (Marx). Autrement dit, c’est comme une revenante qu’elle se montre sur nos écrans (le « génie » romain du catholicisme, c’est sa capacité machinale à revenir quand on le croit fini, pensez aux artifices déployés par le baroque de la Contre-Réforme).

    Mais il y a une autre raison, plus fondamentale encore et qui tient à la proximité entre la croyance et l’artifice.

    #numérisation de l’#église

  • Enquête sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie
    https://lundi.am/Enquete-militante-sur-les-logiciels-de-recueil-de-donnees-en-Psychiatrie

    La Commission contre les outils gestionnaires, inscrite dans le mouvement du Printemps de la Psychiatrie, vous propose une enquête militante sur les logiciels de recueil de données en Psychiatrie pour aider à la construction de la grève des données.

    Cette enquête (pdf en téléchargement en fin d’article) part du constat que depuis une vingtaine d’années, les ordinateurs ont largement pris place dans le quotidien des soignants en psychiatrie dans un contexte de dégradation de la qualité de l’accueil des patients et des conditions de travail des soignants.

    Cette augmentation exponentielle des ordinateurs, du numérique en général, est vantée tant par les mass-médias que par les politiques au pouvoir comme un signe de progrès, « progrès technologique » qui promet une « amélioration de la qualité des soins » (Agnès Buzyn, 2018). Progrès technologiques qui ont permis la mise en place de la Tarification à l’Acte (T2a) dans les hôpitaux généraux, largement remise en question par les soignants lors des récentes grèves du codage. L’épidémie mondiale de coronavirus révèle à quel point notre système de santé public a été endommagé par ces mêmes politiques néolibérales.

    #numérisation #psychiatrie #grève_des_données #informatisation

  • Coronavirus Ended the Screen-Time Debate. Screens Won.
    https://www.nytimes.com/2020/03/31/technology/coronavirus-screen-time.html

    Before the coronavirus, there was something I used to worry about. It was called screen time. Perhaps you remember it.

    I thought about it. I wrote about it. A lot. I would try different digital detoxes as if they were fad diets, each working for a week or two before I’d be back on that smooth glowing glass.

    Now I have thrown off the shackles of screen-time guilt. My television is on. My computer is open. My phone is unlocked, glittering. I want to be covered in screens. If I had a virtual reality headset nearby, I would strap it on.

    The screen is my only contact with my parents, whom I miss but can’t visit because I don’t want to accidentally kill them with the virus. It brings me into happy hours with my high school friends and gives me photos of people cooking on Facebook. Was there a time I thought Facebook was bad? An artery of dangerous propaganda flooding the country’s body politic? Maybe. I can’t remember. That was a different time.

    #Covid-19 #Addiction #Numérisation #Confinement

  • Le confinement amplifie la numérisation du monde
    https://reporterre.net/Le-confinement-amplifie-la-numerisation-du-monde

    Le confinement tend à nous priver de monde, au sens qu’Hannah Arendt donne à cette notion, dans La Condition de l’homme moderne (Calmann Levy, 1958). Un sens à la fois culturel et politique. Elle estimait que la civilisation moderne, tournée vers la production et la consommation de masse, faisait globalement rétrécir notre monde commun, qui existe pour elle par l’action et la délibération politiques.

    Avec l’épidémie et le confinement, nous sommes non seulement privés de monde au sens culturel et politique, mais aussi de monde sensible : les rassemblements sont interdits — mêmes les cérémonies funéraires —, de nombreux marchés sont fermés, et les randonnées en forêt ou en montagne peuvent être sanctionnées. La seule chose qu’on nous laisse, notre seul accès au monde, c’est l’écran d’ordinateur. On s’y engouffre d’autant mieux que les outils numériques ont cette capacité de donner l’illusion qu’ils maintiennent ou recréent le monde autour de nous – l’illusion d’être ensemble, alors que nous sommes isolés.

    #Numérisation_du_monde #Confinement #Covid-19 #Amiech

  • #Projet_Nexus, 13ème semaine… Que se passe t-il à l’#Université_Paul_Valéry ?

    Que se passe-t-il à l’UPV ?

    La perte de la 13e semaine d’#enseignement en #Licence depuis la rentrée 2018

    Lors de sa séance du 13 mars 2018, le Conseil d’administration de Paul-Valéry a approuvé la réduction des semestres d’enseignement de 13 à 12 semaines à partir de la rentrée 2018. Pour les Licences, il s’agit d’une réduction sèche du volume horaire des formations : sur l’ensemble des 6 semestres de Licence, ce sont 6 semaines de cours qui sont perdues, soit près de la moitié d’un semestre.

    Pour les Masters, il s’agit d’une simple réduction du nombre de semaines d’enseignement, la masse horaire demeurant la même. Cette relative préservation des Masters peut s’expliquer par la réduction drastique des volumes horaires en Master lors du dernier renouvellement des maquettes, et par le plus grand impact d’une réduction du volume horaire des Licences.

    En effet, il ne s’agit pas d’une simple réorganisation du calendrier universitaire, sans quoi on aurait pu imaginer de conserver le même volume horaire sur un nombre réduit de semaines : l’enjeu est bien de réduire le volume des formations. Dans une université de Lettres, langues et sciences humaines comme Paul-Valéry, la principale dépense est la masse salariale (c’est-à-dire les salaires payés au personnel de l’université), loin devant les dépenses de fonctionnement qui sont très faibles.

    En dépit des multiples mesures d’économie réalisées sur la masse salariale (gel des postes de titulaires, besoins croissants en formation assurés par des précaires sous-payés) et de l’inadéquation criante entre les besoins des étudiant.e.s et le nombre d’enseignant.e.s, la dotation de l’Etat peine à couvrir la masse salariale. Pire, la précarisation croissante du personnel de l’université publique sert d’argumente en faveur de la réduction des formations, puisqu’on entend la DGS de Paul-Valéry affirmer qu’il y aurait “trop de vacataires” dans notre université.

    La décision d’amputer la Licence de 6 semaines est toutefois impopulaire auprès des enseignant.e.s comme des étudiant.e.s, d’où le calendrier opportuniste de cette décision (prise en catimini au printemps 2018, alors qu’étudiant.e.s et enseignant.e.s sont mobilisé.e.s contre la loi ORE et Parcoursup). Pour faire passer la pilule auprès des enseignant.e.s, les directions des UFR leur permettent d’ailleurs de réduire le nombre d’évaluations en cours de semestre. La réduction du semestre à 12 semestres contribue donc aussi à affaiblir le contrôle continu.
    Déploiement du programme Nexus de numérisation des enseignements

    Dans un courriel daté du 9 juillet 2018, le Président de l’UPV Patrick Gilli présentait ainsi le projet Nexus :

    “Le projet Nexus que notre université avait déposé au titre des « Nouveaux cursus à l’université » (NCU) du PIA 3 a été retenu par le jury international. Doté de 7 millions d’euros sur 10 ans, il permettra à notre établissement d’engager la mutation progressive de nos formations qui intègreront des modules d’apprentissage numérique dans toutes les licences, de connecter plus fortement les sciences humaines et sociales à la nouvelle économie de la connaissance et ce faisant, de donner à nos étudiants davantage d’atouts dans leur vie professionnelle.”

    Incroyable ! Paul-Valéry a obtenu plein d’argent pour faire évoluer les formations et faire réussir les étudiant.e.s ! Qui pourrait être contre un tel projet, dont le dossier d’expertise du Bâtiment Nexus de septembre 2019 nous dit que “par ses aspects modernes et innovants, il inscrit l’Université dans la dynamique du XXIième siècle” ?

    Lorsqu’on lit ce même dossier d’expertise, la présentation d’ensemble du projet peut toutefois faire naître des premières inquiétudes, puisqu’il s’agirait de “construire grâce à une spécialisation et à une professionnalisation progressives, à une architecture modulaire et à un accompagnement des étudiants tout au long de leur cursus, des parcours plus flexibles et plus individualisés” et que “Les projets sélectionnés [à l’instar de Nexus] prévoient des actions structurantes, susceptibles de faire l’objet d’un déploiement à grande échelle”.

    En français dans le texte, qu’est-ce que ça veut dire ? Cela veut dire que Nexus organise :

    le démantèlement de l’offre de formation à Paul-Valéry, éclatée en une multitude de modules ;
    la numérisation de l’ensemble de l’offre de formation, l’intégration de modules d’apprentissage numériques dans toutes les licences ne constituant que la première phase du déploiement de Nexus

    L’enseignement à distance (EAD) n’est pas une chose nouvelle à Paul-Valéry, comme le rappelle le dossier d’expertise du projet Nexus :

    “L’UPVM offre un enseignement à distance depuis sa création en 1970. Elle est désormais la première université française pour l’offre de formations complètes à distance (L, M, D) : 10 licences complètes, 1 licence pro, 18 master 1, 22 master 2, 1 Ecole Doctorale (35 mentions), 3 DU, le DAEU A. Les effectifs se sont très fortement accrus depuis une dizaine d’années : 670 étudiants en 2008-2009, 1893 étudiants en 2016-2017 (soit près de 10% de nos étudiants).”

    Toutefois, il est essentiel de distinguer entre l’EAD conçu comme la possibilité de donner accès à l’université à des personnes qui en seraient sinon exclues par des obstacles matériels insurmontables, et l’entreprise généralisée de numérisation des enseignements, guidée par l’austérité et une croyance millénariste dans le caractère inévitable de l’invasion numérique de l’ensemble de nos vies.

    Ne nous contentons pas, toutefois, de cette présentation générale, et allons voir dans le détail ce que le projet Nexus nous prépare. Dans les documents de présentation de Nexus, ce dernier est caractérisé par les actions suivantes :

    création de modules d’apprentissages (les « Briques ») centrés sur les Humanités numériques ;
    labellisation des licences afin d’offrir une meilleure visibilité des parcours professionnels des étudiants ;
    modularité des rythmes d’apprentissage ;
    mise en place d’un tiers lieu, « La Fabrique » ;
    accompagnement et orientation des étudiants

    Création de modules d’apprentissages (les « Briques ») centrés sur les Humanités numériques

    “Les Briques d’Humanités Numériques sont des modules de formation à distance, interdisciplinaires (cadre commun des 10 premières briques) et disciplinaires (10 briques suivantes), bâties sur des sujets propres aux humanités dans leurs liens aux mutations digitales de la société.”

    “Chaque brique […] (Fig. 1) vaut pour 36h d’EQTD et se compose de 9 chapitres thématiques évolutifs, subdivisés en quatre niveaux d’alvéoles (± 1h) de contenu progressif (bases, développement, approfondissement, prolongement) [cf. Fig. 2].”

    “Elles sont conçues par des équipes-projets interdisciplinaires qui font dialoguer les approches LLASHS, au coeur du dispositif, avec les sciences de l’ingénieur, de l’informatique et du codage et, d’autre part, avec les applications industrielles du domaine (sous forme d’études de cas). Diverses activités d’application mettent en oeuvre les savoirs-faire exposés.”

    “Concrètement, les Briques se présentent sous la forme de modules de formation à distance interactifs et adaptables à la diversité des apprenants. Chacune de ces Briques vaudra pour 2 ECTS par semestre, soit 7% de la licence au total (ce pourcentage prenant uniquement en compte les Briques obligatoires ; les étudiants pourront accéder à des Briques supplémentaires grâce au label Humanités numériques).”

    “Les thématiques abordées dans les dix premières briques sont :

    Codage et langage
    Litteracies numériques

    Données et enquêtes

    Espaces digitaux

    Éthique et société connectée

    Intelligences Artificielles

    Industries numériques
    Interfaces humain / machine
    Information et attention
    Art et cultures digitales.”

    Dans un second temps, il est prévu de permettre la création de dix autres briques, plus spécialisées dans un domaine particulier des Humanités numériques (par exemple, philologie numérique, etc.) ou articulant deux à trois disciplines dans ce cadre.”

    “L’offre est en ligne et scénarisée pédagogiquement, ce qui évite la lourdeur organisationnelle des enseignements présentiels tout en autorisant souplesse et personnalisation. Les premières alvéoles de chaque chapitre seront ouvertes en libre accès (dans une double fonction citoyenne et de vitrine de nos LLASHS), les autres seront accessibles sur la base d’une inscription à l’université et feront l’objet d’une validation pédagogique.”

    Notre analyse

    L’argumentaire de présentation de Nexus en révèle immédiatement un enjeu décisif : lorsqu’il est dit que l’offre en ligne permet d’éviter la “lourdeur organisationnelle des enseignements présentiels”, il faut comprendre qu’elle permet d’éviter de recruter et de payer des enseignant.e.s pour assurer des enseignements en présentiel et garantir de bonnes conditions d’apprentissage, et qu’elle permet d’éviter de financer la construction de nouvelles salles de cours nécessaires à l’amélioration des conditions d’études.

    Avec Nexus, Paul-Valéry s’inscrit pleinement dans le programme du gouvernement actuel pour l’Enseignement supérieur et la recherche : plutôt que d’accorder aux universités publiques une dotation budgétaire leur permettant d’assurer une formation à la hauteur des besoins des étudiant.e.s, des dispositifs sont mis en place pour réduire le coût de la formation pour le budget de l’État.
    Labellisation des licences

    “Dans l’offre de formation 2021, à partir de la L2, les labels proposent de donner de la visibilité aux enseignements existants pré-professionnalisant en regroupant ces enseignements sous 5 labels :

    Enseignement
    Académique / Recherche

    International
    Monde socio-économique
    Humanités Numériques”

    “A partir du semestre 3, chaque étudiant pourra ainsi choisir de rejoindre l’un des 5 Labels proposés dans chacune des licences, avec possibilité d’en changer jusqu’au semestre 4, selon son projet professionnel mûri au long de sa Licence 1. Les Labels permettront de valider chacun 4 ECTS par semestre soit 9% de la licence au total. Comme les Briques de formation en Humanités numériques, les labels sont un parfait exemple de mutualisation et d’hybridation des cours. Ces labels sont composés de troncs communs transversaux (proposés à l’ensemble des étudiants de l’université à l’identique) et de développements spécifiques à chaque discipline. La part de tronc commun est variable selon les labels : 20% pour les labels Enseignement et Académique (nourris par les spécialités disciplinaires), 50% pour le label International, 80% pour Entreprise et 100% pour Humanités numériques.”
    Modularité des rythmes d’apprentissage

    “Afin de faciliter le parcours de l’étudiant et sa personnalisation, Nexus permet l’inscription à l’UE en présentiel ou distanciel. L’objectif est de proposer, dans 10 ans, cette alternative pour 80% des cours de licence.”

    “Le projet Nexus souhaite permettre une plus grande flexibilité dans les modalités d’apprentissage. Actuellement, un étudiant se voit proposer une offre de formation exclusivement en EAD ou exclusivement en présentiel, sans possibilité de mixer les deux. Afin d’individualiser davantage son offre, Nexus prévoit le passage en EAD de l’ensemble de ses licences et une inscription à la carte : tout étudiant pourra choisir de s’inscrire en EAD ou en présentiel à chaque module d’enseignement. Cette hybridation des modes d’apprentissage permet de réussir en licence via : i) l’individualisation des emplois du temps « à la carte » rendant la formation adaptable au rythme de vie et disponibilités des apprenants : étudiant salarié, FTLV, étudiant en situation de handicap ou publics empêchés, étudiants à l’étranger ou éloignés une partie de l’année, etc. ; ii) l’individualisation des parcours : l’étudiant peut suivre plusieurs cursus à la fois (double licence) sans pâtir d’incompatibilité d’emplois du temps ; iii) l’individualisation des rythmes d’apprentissage : l’étudiant peut suivre par anticipation des cours en EAD (jusqu’à valider une licence en 2 ans) et compléter sa licence plus rapidement ou libérer du temps pour davantage de stages en fin de licence.”

    Notre analyse

    Tant d’attention portée au rythme de vie et aux disponibilités individuelles des “apprenants”, c’est vraiment touchant ! La numérisation est toutefois conçue comme une réponse aux besoins spécifiques des étudiant.e.s d’une université publique en Lettres, langues et sciences humaines et sociales, dont les conditions d’études sont effectivement affectées par la difficulté à financer leurs études. Plutôt que donner aux étudiant.e.s les conditions financières leur permettant de suivre leurs études dans de bonnes conditions, ce qui supposerait que la collectivité prenne ses responsabilités à l’égard de la jeunesse, Nexus propose aux étudiant.e.s de se contenter de cours en ligne.

    Sur la pertinence de ceux-ci, on se contentera de remarquer qu’une telle numérisation massive des cours n’est envisagée qu’à l’université publique, et certainement pas dans les classes préparatoires aux grandes écoles qui scolarisent les enfants des classes supérieures. La dépense par étudiant.e est, en France, 50% plus élevée pour un.e étudiant.e de CPGE que pour un.e étudiant.e de Licence : cela correspond aux heures beaucoup plus nombreuses d’enseignement (en présentiel) en CPGE, y compris individuellement ou en petits groupes.

    Ensuite, 80% des enseignements de Licence proposés également en distanciel d’ici 10 ans, cela veut dire 80% des enseignements qui pourront n’être plus proposés qu’en distanciel au prochain tour de vis de l’austérité, lorsque le gouvernement exigera que les universités réduisent plus fortement encore leur masse salariale.
    Accompagnement et orientation des étudiants

    “Un test de positionnement sera réalisé par l’ensemble des étudiants dès la cinquième semaine de Licence 1.”

    “Ce test, propre à chaque filière et dont les résultats seront traités de manière automatisée, permettra une meilleure appréhension des compétences, connaissances et sentiment d’auto-efficacité de chaque étudiant. Il sera réalisé en partenariat avec les enseignants pour déterminer quelles compétences évaluer et à quels profils proposer la remédiation. Selon les résultats du test, des réunions collectives et entretiens individuels seront proposés aux étudiants. Ils seront réalisés par les directeurs d’études (mis en place par la loi ORE du 8 mars 2018) et permettront de proposer à chaque étudiant un parcours adapté à sa situation. A la suite, chaque étudiant se verra proposer un parcours adapté à sa situation.”

    “L’offre de formation portée par Nexus a été construite de façon à faciliter l’accompagnement et l’orientation personnalisés des étudiants tout au long de leur cursus. Trois aspects sont essentiels de ce point de vue :

    l’orientation des étudiants néo-entrants dans la structure de la maquette Nexus, en particulier sur le choix de Labels à opérer par la suite
    le repérage des difficultés des étudiants afin de proposer des parcours individualisés (L1 en deux ans) ;
    la possibilité de réaliser le parcours de licence de manière accélérée pour les étudiants le souhaitant (à haut potentiel), par la déclinaison massive des formations permettant l’hybridation. [= possibilité de s’inscrire en distanciel]”

    Notre analyse

    A travers ce dispositif, Nexus s’inscrit complètement dans la continuité de la loi ORE, qui fait reposer les difficultés des étudiant.e.s à terminer leur Licence non pas sur la dégradation des conditions d’études, non pas sur la nécessité pour beaucoup de travailler à côté des études, non pas sur le fait que la L1 peut constituer un lieu d’attente d’une place dans une formation dite sélective, mais sur les seules faiblesses des étudiant.e.s : il serait donc urgent de les classer, dès la 5e semaine de L1, entre des étudiant.e.s en difficulté dont le parcours serait ralenti, et des étudiant.e.s “à haut potentiel” dont le parcours serait accéléré. Avec Nexus, la “modularité des rythmes d’apprentissage” est mise au service du classement des étudiant.e.s selon leur “potentiel”, qui vient remplacer les résultats obtenus aux examens comme déterminant du rythme de la formation.

    Mise en place d’un #tiers_lieu, « La Fabrique »

    “L’approche par compétences vise, conformément au processus de Bologne, à permettre une mise en valeur des formations et des diplômes non pas en fonction des contenus ou de la durée de la formation, mais selon les acquis des étudiants. En conséquence, elle suppose une mise en place de nouvelles conceptions des formations et des évaluations, et impose une clarté permettant la valorisation des diplômes par les professionnels.”

    “La nouvelle offre de formation sera aussi complétée par des dispositifs innovants de formation.

    Fabrique Nexus, un tiers-lieu pour la pédagogie par projet, en lien avec les entreprises (et notamment la French Tech) et le monde socio-économique (institutions, collectivités, associations…)
    L’Atelier, un service d’accompagnement à la transformation et à l’innovation dans l’enseignement et la recherche sera mis en place dès la rentrée 2018. L’ensemble des enseignants seront accompagnés pour permettre la mise en place de dispositifs de formation hybrides permettant la fluidité des apprentissages ;
    Archipel, une salle d’expérimentation pédagogique, préfigurant le Learning center d’Atrium (2020) sera également en place dès la rentrée 2018.”

    “Le projet Nexus requiert des ingénieurs pédagogiques, des développeurs, des espaces d’innovation qui doivent être gérés, mais aussi des responsables financiers, des porteurs de projets, etc. Il doit être arrimé à un environnement institutionnel et administratif à la fois flexible et de proximité : flexible, parce que les personnes qui accompagnent l’innovation sont financées sur des missions spécifiques et temporaires qui nécessitent un accompagnement particulier ; de proximité parce que les enseignants-chercheurs ont besoin de trouver le soutien, en amont comme en aval, de leurs projets, en ayant identifié clairement les lieux et les personnes idoines.”

    Notre analyse

    Le massacre des formations continue, puisqu’il s’agit de structurer celles-ci non plus en fonction de contenus d’enseignement ou de progression pédagogique pensée comme un ensemble d’étapes, mais en termes de compétences. Cela veut dire qu’au lieu d’évaluer des productions/réalisations des étudiant.e.s, ce sont les étudiant.e.s elles-mêmes et eux-mêmes qui sont évalué.e.s pour identifier leur acquisition de compétences.

    Cette nouvelle conception de l’enseignement semble nécessiter, aux yeux de nos dirigeant.e.s éclairé.e.s, la construction d’un bâtiment de prestige, dont le dossier d’expertise précise qu’il sera équipé d’un “showroom”, d’une “salle de créativité”, d’un “grand écran de téléprésence”, ou encore de “murs inscriptibles”. C’est probablement plus important que d’équiper l’ensemble des salles de cours de tableaux vraiment fonctionnels et de systèmes multimédia : est-ce parce que le bâtiment Nexus accueillera “les entreprises et le monde socio-économique”, auxquelles la direction de l’université souhaite offrir des conditions d’accueil meilleures que celles des personnels et des étudiant.e.s ? C’est probablement aussi la raison pour laquelle l’accès à ce bâtiment sera sélectif/select, le dossier d’expertise précisant : “L’accès au bâtiment, puis à certains espaces spécifiques, seront réservés aux porteurs de projets en lien avec les humanités numériques et à leurs partenaires suivant un système de contrôle d’accès avec demande en ligne et autorisation d’accès pour une période déterminée.”

    Nexus, c’est toutefois le prestige au moindre coût, puisqu’il est bien rappelé que “les personnes qui accompagnent l’innovation sont financées sur des missions spécifiques et temporaires” (= précaires), et que l’accueil du bâtiment Nexus sera assuré par un “agent virtuel / écran tactile”. C’est l’occasion de rappeler les gels et suspensions de postes systématiques dans notre université, justifiés notamment par la nécessité d’apporter les garanties budgétaires exigées par les financeurs des nouveaux bâtiments comme Nexus.

    Si Nexus est l’avenir de l’université publique, nous ne sommes pas pressés d’y être !
    Contextualisation
    Numérisation : l’illusion du progrès

    La numérisation des formations prévue par le projet Nexus est présentée comme un outil au service de la réussite étudiante et comme une réponse à la “digitalisation” de l’économie. Il semble utile de rappeler plusieurs choses concernant la numérisation :

    la numérisation n’est pas une dématérialisation écologiquement vertueuse, mais repose sur le déploiement d’une infrastructure (serveurs, réseaux, ordinateurs, etc) consommatrice de ressources produites par les industries d’extraction et d’électricité ;
    la numérisation n’est pas un processus inévitable, mais le résultat de choix politiques visant à l’économie de moyens dans les processus de production (automatisation) et dans la délivrance de services (numérisation des impôts, etc), qui renforcent la précarisation dans l’ensemble des secteurs affectés ;
    la numérisation n’est pas, par elle-même, source de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur : elle nécessite des ressources matérielles (connexion internet, ordinateur) dont l’ensemble des étudiant.e.s (et de celles et ceux qui souhaitent le devenir) ne disposent pas, et de compétences numériques qui sont inégalement distribuées, si bien qu’elle est susceptible de renforcer les inégalités sociales dans l’accès aux études et la réussite dans celles-ci.

    Logique d’austérité

    La suppression de la treizième semaine du semestre sur le calendrier universitaire correspond à la perte de six semaines sur une licence, soit environ un douzième de la formation.

    Pour justifier cette suppression, la Présidence de l’Université plaide le manque de budget. En effet, cela fait des années que les dotations de l’état n’augmentent pas ou peu, alors que le nombre d’étudiant-e-s ne cesse de croître, d’environ 2,5% chaque années. Le résultat de cela est la stagnation, voire la réduction du nombre de places dans les Universités, ainsi que le non-recrutement de nouveaux-elles enseignant-e-s.

    Face à ce manque d’investissements, le gouvernement a une parade toute trouvée : Il investit en fin de compte dans l’ESR, mais passe par des appels à projets. Ceux-ci ont un effet pervers : d’une part, ils accentuent les inégalités entre établissements, d’autre part, ils incitent fortement les universités à mettre en œuvre la politique du gouvernement pour décrocher ces financements.

    Ceci est une des conséquences de la LRU de 2007 (Loi Relative aux libertés et responsabilités des Université) qui confie la gestion de leur budget aux Universités, c’est à dire que comme le feraient des chefs d’entreprise, les Présidents des Universités gèrent leur masses salariales et leur patrimoine immobilier.

    C’est notamment dans cette logique d’austérité que le projet Nexus est défavorable, à la fois aux enseignant-es mais aussi aux étudiant-es. En effet, numériser toujours plus d’enseignements (Jusqu’à 80% prévu en 2028), revient forcément à réduire la masse salariale enseignante, dans un premier temps par la réduction du nombre de vacataires et dans un second temps par une accélération probable du non-remplacement des départs à la retraite. Dans un troisième temps, on peut tout à fait imaginer un plan de départs volontaires, comme le permet désormais la Loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique.
    Le Projet Nexus, droit dans la logique du plan étudiant

    – Réduction de la part de l’enseignement

    L’article 8 de la loi ORE supprime le minimum de 1500 heures de cours en présentiel, c’est à dire que ces 1500 heures pourront maintenant compter des heures de travail en autonomie, de stage, de projet etc. C’est l’aboutissement du Processus de Bologne, à savoir qu’une licence en vient à être définie par l’obtention de 180 ECTS – des crédits dont la modalité d’accumulation importe peu. Cela explique la liberté de plus en plus grande laissée aux établissements quant à la manière dont ces crédits sont obtenus (forme des cours, nombre d’heure de cours, voire pas de cours du tout)… Ce qui laisse la place à des dérives mettant en jeu la valeur du diplôme.

    – Individualisation des parcours : L1 en 2 ans ; Licence accélérée

    L’arrêté licence, complétant la loi ORE, permet la personnalisation des parcours par le contrat pédagogique. Ce contrat pédagogique, qui prend en compte le profil des étudiant-e-s, énonce des “engagements réciproques” entre l’étudiant-e et l’Université mais n’a aucune portée juridique. L’objectif est clairement de concilier le caractère national du diplôme et la mise en place de parcours personnalisés. Le cadre national du diplôme est affaibli lorsque la Licence est est définie principalement par l’acquisition des 180 ECTS, et plus par un nombre d’heures définies.

    Il est dit très clairement que le projet Nexus “s’inscrit dans [la réforme de la loi ORE]. Ainsi, dans la même lignée que cette loi, il propose “la possibilité de réaliser le parcours de licence de manière accélérée”. Il prévoit que les étudiant-e-s passeront un “test de positionnement” dès la cinquième semaine de cours de licence 1. Ces tests permettront de proposer aux étudiant-e-s de passer leur licence en deux ans. L’instauration de cette individualisation des parcours crée une inégalité entre détenteurs du même diplôme.
    Recomposition de l’ESR : une université à deux vitesses

    Le mode de gestion du secteur de l’ESR par le ministère, qui combine austérité budgétaire et inégalité de traitement par l’attribution d’appels à projets, met en concurrence l’ensemble des établissements pour donner la priorité aux quelques rares universités susceptibles d’être concurrentielles à l’échelle internationale.

    Le projet Nexus répond d’ailleurs à l’appel à projets “ANR PIA NCU”, inscrit dans le PIA 3 (Programme d’Investissement d’Avenir), dans lequel le gouvernement a insufflé 700 millions d’euros. Le but est de renforcer leur “stratégies d’excellence” sur les plans de la recherche et de la formation, au travers de “programmes de grande ampleur, à vocation fortement structurante et se déployant dans la durée”. Ceci participe à faire émerger quelques universités d’élite au détriment des autres. Face à cela, nous revendiquons la fin des financements des appels à projets ainsi qu’un investissement massif dans toute les universités selon leur besoin.

    https://solidairesetudiants34.wordpress.com/2019/11/12/defendons-nos-formations-projet-nexus-13eme-semaine

    #ESR #université #France #Nexus #calendrier_universitaire #enseignement #précarisation #précaires #numérisation #numérique #évaluation #contrôles_continus #apprentissage_numérique #nouvelle_économie_de_la_connaissance #it_has_begun #flexibilité #flexibilisation #individualisation #enseignement_à_distance #EAD #austérité #humanités_numériques #souplesse #budget #coût_de_la_formation #loi_ORE #tiers-lieu #French_Tech #innovation #transformation #hybridation #expérimentation_pédagogique #pédagogie #innovation #compétences #créativité #showroom #bâtiment_Nexus

  • Ausgeliefert oder widerständig? - RLS
    https://www.rosalux.de/news/id/41456/ausgeliefert-oder-widerstaendig

    von Pascal Meiser - Wie sehen die Arbeitsbedingungen im Bereich der Paketdienste aus?

    Im gesamten Postsektor haben sich seit der Postprivatisierung die Arbeitsbedingungen und die Entlohnung massiv verschlechtert. Mit dem Boom des Online-Handels hat sich diese Entwicklung noch verschärft. Zwischen 2009 und 2017 ist der mittlere Bruttolohn in der Brief- und Paketbranche nominal um über 13 Prozent gesunken. Der mittlere Lohn in der Branche liegt so mittlerweile 30 Prozent unter dem mittleren Lohn in der Gesamtwirtschaft.

    Besonders dramatisch ist die Entwicklung in der Paketzustellung. Aber auch hier ist die Entwicklung keineswegs einheitlich. Während es bei DHL und UPS noch Tarifverträge gibt und DHL seine Pakete weitestgehend von eigenen Mitarbeiterinnen und Mitarbeitern zustellen lässt, lassen Hermes, DPD und GLS ihre Aufträge von Subunternehmen erledigen. Zum Teil haben sich dort richtige Subunternehmerketten gebildet, die im Extremfall auch vor offen kriminellen Praktiken nicht zurückschrecken. Am Ende solcher Subunternehmerketten arbeiten oft aus dem Ausland nach Deutschland entsandte Beschäftigte oder Scheinselbständige und dies zu teilweise skandalösen Bedingungen.

    Pascal Meiser ist Bundestagsabgeordneter der LINKEN und Mitglied im Ausschuss für Wirtschaft und Energie, sowie stellvertretendes Mitglied im Ausschuss für Arbeit und Soziales.

    Insgesamt ist der Alltag der Paketzustellerinnen und Paketzusteller von einer hohen Arbeitsbelastung gekennzeichnet. Oft müssen sie täglich zwischen 150 und 230 Pakete sortieren, einräumen, zustellen und am Ende des Tages die nicht zustellbaren Pakete zurück in die jeweiligen Paketshops bringen. In den Innenstädten sind sie zudem bei der Auslieferung der Pakete oft gezwungen, ihre Fahrzeuge auf der Fahrbahn stehen zu lassen, zum verständlichen Ärger anderer Verkehrsteilnehmerinnen und Verkehrsteilnehmer, den diese dann nicht selten an den Zustellerinnen und Zustellern auslassen. Der so entstehende Dauerstress drückt sich nicht zuletzt in einem auffällig hohen Krankheitsstand von durchschnittlich zwei Tagen im Monat aus.

    Amazon hat als Monopolist großen Einfluss auf die Bedingungen in der Paketbranche. Jetzt ist Amazon mit Amazon Logistics auch stark im Paketdienst eingestiegen. Welche Gefahr geht davon aus?

    In der Tat: Wer über die miesen Arbeitsbedingungen bei den Paketunternehmen redet, der darf nicht über die Rolle von Amazon und Co. schweigen. Denn sie sind es, die massiven Druck auf die Paketunternehmen ausüben, die Kosten für die Auslieferung von Paketen immer weiter zu drücken.

    Wenn Amazon und andere Online-Händler jetzt zudem eigene Zustelldienste aufbauen, in denen Lohndrückerei, Subunternehmerketten und Scheinselbständigkeit an der Tagesordnung sind, setzt dies die bestehenden Paketunternehmen zusätzlich unter Druck. Der Vorstand der Deutschen Post geht schon jetzt von erheblichen Gewinnverlusten aufgrund von Amazons Umstellung auf eigene Zustelldienste aus. Wer die Arbeitsbedingungen in der Paketbranche verbessern will, der muss also auch die Regulierung der großen Online-Händler angehen.

    Bei Amazon kämpfen die Beschäftigten seit mittlerweile mehr als sechs Jahren für einen Tarifvertrag. In den USA gibt es auch auf der politischen Ebene stärkere Gegenwehr gegen das Geschäftsgebaren von Amazon. Was muss die Politik hier in Deutschland tun? Wie kann sich die gewerkschaftliche und die politischen Auseinandersetzung ergänzen?

    Die Beschäftigten und ihre Gewerkschaften, die auch in Deutschland schon seit Jahren für gute Arbeitsbedingungen bei Amazon kämpfen, könnten eine stärkere Unterstützung aus der Politik gut gebrauchen. Eine Abschaffung der Befristungen ohne Sachgrund oder auch eine strikte Begrenzung der Leiharbeit wären hier wichtige erste Schritte, die den Beschäftigen das Kämpfen und Streiken für einen Tarifvertrag deutlich erleichtern würden.

    Aber auch darüber hinaus bleibt die umfassende Regulierung des Online-Handels eine der großen Herausforderungen der kommenden Jahre. Das gilt für die ordnungsgemäße Zahlung von Steuern, das gilt für die Produktqualität und den Verbraucherschutz, das gilt für einen umfassenden Datenschutz und das gilt letztlich auch für die Frage, ob wir es zulassen wollen, dass die digitalen Marktplätze der Zukunft von einigen wenigen Online-Konzernen beherrscht werden, die dann allen anderen die Spielregeln diktieren können. Das wird alles andere als ein Spaziergang, wenn man sich anschaut, wie groß die wirtschaftliche Macht und der politische Einfluss von Amazon und Co. schon heute ist. Aber es lohnt sich dafür zu kämpfen.

    Was haben die neuen Regulierungen von Arbeitsminister Heil gebracht? Was müsste konkret getan werden?

    Das sogenannte Paketboten-Schutz-Gesetz, das am 15. November 2019 in Kraft getreten ist, schreibt fest, das künftig die großen Paketdienstleister für die ordnungsgemäße Zahlung von Sozialversicherungsbeiträgen bei ihren Subunternehmen haften. Für die ordnungsgemäße Zahlung des Mindestlohns gilt diese Nachunternehmerhaftung ja bereits von Anfang an und auch die Neuregelung in der Paketbranche ist ein kleiner Schritt in die richtige Richtung. Aber sie lässt weiterhin eine Reihe von Schlupflöchern. So fehlt zum Beispiel eine Verpflichtung für die Paketunternehmen, die geleisteten Arbeitszeiten tagesaktuell dokumentieren und vor Ort zur Einsicht mitführen zu müssen. Ohne eine solche Verpflichtung lassen sich die bestehenden Pflichten des Arbeitgebers aber überhaupt nicht wirkungsvoll kontrollieren. Deshalb hatte zuletzt auch der Bundesrat eine strenge Dokumentationspflicht gefordert.

    Unabhängig davon ist aber auch klar, dass die Nachunternehmerhaftung für die Branche bestenfalls ein Tropfen auf den heißen Stein bleibt. Wir brauchen dringend effektive Instrumente zur Durchsetzung bestehender Lohnansprüche wie zum Beispiel ein Verbandsklagerecht für Gewerkschaften, um diejenigen Paketbotinnen und Paketboten, die ihre Rechte nicht aus eigener Kraft geltend machen können, besser unterstützen zu können. Wir müssen die ausufernde Scheinselbständigkeit in der Branche eindämmen, indem hier die Beweislast umgekehrt und somit bei entsprechenden Anhaltspunkten erst einmal davon ausgegangen wird, dass es sich um ein sozialversicherungspflichtiges Beschäftigungsverhältnis handelt. Als LINKE wollen wir zudem, dass die Erlaubnis zur Zustellung von Paketen an das Vorliegen einer qualifizierten Lizenz gekoppelt wird, wie dies bei der Briefzustellung bereits der Fall ist. Diese Lizenz soll an die Einhaltung bestimmter Arbeits- und Sozialstandards gebunden werden und die Weitergabe von Aufträgen auf die Abarbeitung von Auftragsspitzen begrenzen.

    Was können Kund*innen machen? Was macht DIE LINKE?

    Als LINKE werden wir den Kampf der Beschäftigten in der Paketbranche und im Online-Handel weiter aktiv unterstützen. Mit entsprechenden Anträgen im Deutschen Bundestag, aber auch indem wir die Protestaktionen und Streiks der betroffenen Beschäftigten vor Ort solidarisch zu unterstützen, so wie wir es bei Amazon bereits seit Jahren tun.

    Im Kleinen kann sich aber auch jede Kundin, jeder Kunde solidarisch zeigen. Das fängt mit einem freundlichen Wort für die Paketbotinnen und Paketboten an, wenn die ein Paket abliefern, und dass man möglichen Unmut über eine unzuverlässige Zustellung nicht an denen auslässt, die am wenigsten dafür können. Und klar, wenn man die Wahl hat, ist es natürlich immer gut, ein Unternehmen zu beauftragen, das einen Tarifvertrag hat und möglichst wenig auf dubiose Subunternehmen setzt. Nach aktuellem Stand sieht es da bei DHL am besten aus.

    Wäre die Rekommunalisierung der Post- und Paketdienste eine richtige Forderung?

    Ob und wie die Zustellung von Briefen und Paketen wieder in öffentlicher Verantwortung organisiert werden kann, müssen wir aus meiner Sicht in jedem Fall dringend diskutieren. Es ergibt doch so keinen Sinn, wenn täglich ein halbes Dutzend Paketwagen die gleichen Straßen versorgen und verstopfen. Und das in Zeiten, in denen allerorten über den Klimawandel diskutiert wird! Aber auch Kundinnen und Kunden müssen sich wieder darauf verlassen können, dass das Postgeheimnis gewahrt wird und Sendungen zuverlässig ihr Ziel erreichen. Ein einheitlicher Postdienstleister in öffentlicher Hand mit hohen Qualitätsstandards und einer starken Mitbestimmung der Beschäftigten böte vermutlich die beste Chance, dass der Wahnsinn in der Branche ein Ende findet.

    Der Weg dahin ist angesichts der bestehenden Mehrheitsverhältnisse allerdings weit. Von daher sollten wir auch über alternative Ansätze diskutieren. Zum Beispiel über die Idee, die Zustellung auf der so genannten letzten Meile, also die abschließende Zustellung bis an die Haustür, ausschließlich in kommunaler Hand vornehmen zu lassen. Hier sind noch viele rechtliche und betriebswirtschaftliche Fragen zu klären, aber ich finde das durchaus einen spannenden Ansatz für eine nach vorne gerichtete linke Kommunalpolitik in den städtischen Zentren.

    Über die Kreditanstalt für Wiederaufbau hält der Bund noch 21% der Anteile an DHL. Ist es da nicht die Aufgabe der öffentlichen Hand die Standards in der Branche zu erhöhen?

    Ja, der Bund ist immer noch Minderheitseigentümer der Deutschen Post AG und somit auch der DHL. Doch diesen Einfluss nutzt die Bundesregierung allem Anschein nach nicht, um sich für die Arbeitsbedingungen der dortigen Beschäftigten einzusetzen. Als Anteilseigner scheint auch sie in erster Linie an den Einnahmen für den Staatshaushalt interessiert. Was allerdings noch schwerer wiegt, ist, dass insbesondere Bundeswirtschaftsminister Peter Altmaier nichts dafür tut, die Paketbranche insgesamt ordentlich zu regulieren. Und das ist eigentlich dringend notwendig! Denn letztlich kann sich auch die DHL nicht dem Konkurrenzdruck im Paketmarkt entziehen, wenn sich ihre Konkurrenten ungehindert mit Dumpinglohmodellen Kostenvorteile verschaffen. Doch statt diese Probleme anzugehen, will Herr Altmaier den Paketsektor jetzt tatsächlich zum Vorbild für den Briefmarkt machen und zudem am liebsten auch noch die verbliebenen Anteile an der Deutschen Post AG privatisieren. Das alles zeigt: mit der aktuellen Bundesregierung werden sich die tiefsitzenden strukturellen Probleme im Postbereich nicht lösen lassen, weder im Sinne der Zustellerinnen und Zusteller noch zur Zufriedenheit der großen Mehrheit der Kundinnen und Kunden.

    Pascal Meiser ist Bundestagsabgeordneter der LINKEN und Mitglied im Ausschuss für Wirtschaft und Energie, sowie stellvertretendes Mitglied im Ausschuss für Arbeit und Soziales.

    #Allemagne #travail #numérisation

  • Helpling – Vermittlung von Putzkräften online - Service oder Ausbeutung? - RLS
    https://www.rosalux.de/news/id/41393/helpling-vermittlung-von-putzkraeften-online

    Finden Sie die Putzhilfe Ihres Vertrauens beim Testsieger. Haftpflichtversicherte Putzhilfen. Zuverlässiger Kundenser-vice. Transparente Preise.

    Mit diesen Worten wirbt die digitale Putzplattform Helpling im Internet um potentielle Kund*innen. Das Produkt ist: Reinigungskräfte über eine App bestellen. Dabei verdient das Unternehmen an einer Vermittlungsgebühr, die bei einmaliger Buchung beachtliche 32 Prozent und bei mehrmaliger Buchung immerhin noch 25 Prozent des Gesamtpreises des Reinigungsauftrags beträgt. Helpling lässt sich damit in die Reihe der Start-ups einordnen, die in den letzten Jahren überall aus dem Boden gesprossen sind und mit App-basierter Vermittlung von Dienstleistungen Geld verdienen. Neben Book a Tiger, die wie Helpling Putzkräfte vermitteln, sind weitere bekannte Beispiele dafür Uber, mit der Vermittlung von Fahrdienstleistungen, sowie Deliveroo und Foodora, mit der Vermittlung von Essenslieferungen. Die Unternehmen werben mit Schnelligkeit und Einfachheit, die Arbeiter*innen zahlen den Preis.

    Denn: Die Anbieter*innen der Dienstleistungen sind zumeist nicht beim Unternehmen angestellt, sondern agieren auf eigene Rechnung, als Solo-Selbstständige. Dabei ist umstritten, ob es sich bei diesem Verhältnis von selbstständigen Arbeitskraftanbieter*innen und digitaler Plattformen überhaupt um ein rechtlich legitimes handelt. Während die Plattformen ihre Auftraggeberschaft verneinen und sich in keinem Fall als Arbeitergeber*innen, sondern als Marktplatz verstanden wissen wollen, sprechen Kritiker*innen aufgrund der restriktiven Vorgaben durch die AGBs – zum Beispiel bei der Preisgestaltung – von großen Abhängigkeiten und Scheinselbstständigkeit. Die Anbieter*innen würden keineswegs als «frei» im Sinne der Selbstständigkeit agieren. Vor dem Hintergrund dieser Diskussion hat Helpling nach etwa zwei Jahren das Preissystem flexibilisiert – wohl nicht zuletzt, um dem Verdacht der Scheinselbstständigkeit entgegenzuwirken. Ob dies rechtlich Bestand hat, kann noch als unklar gelten.

    Der Text wurde zuerst veröffentlicht in der Broschüre «Sieht so aus, als würde niemand drei Euro mehr zahlen wollen». Die Broschüre wurde von der Rosa-Luxemburg-Stiftung gefördert und kann als PDF runtergeladen werden, weitere Informationen finden sich im begleitenden Blog «Putzen ist Arbeit».

    Ausgangspunkt unserer Online-Umfrage ist nun, dass die Arbeitsbedingungen bei Helpling nach wie vor schlecht sind und wir uns darüber ärgern! Den Kund*innen und Auftraggeber*innen der Reinigungsdienstleistung wird weitgehend entgegengekommen, während die selbstständigen Putzkräfte in vielerlei Hinsicht das Nachsehen haben: Jenseits eingeschränkter Möglichkeiten die Preise festzusetzen, die auf niedrige Nettoeinkommen hinauslaufen, und der hohen Vermittlungsgebühr, an der Helpling verdient, sind auch die Arbeitsbedingungen, wie unsere Umfrage zeigt, schlecht.

    Darüber hinaus werden die Arbeiter*innen durch bestimmte Anwendungsfunktionen der Helpling-App oder im Rahmen der Werbekampagnen mehr als Objekt, denn als fachkundige Arbeiter*innen oder Unternehmer*innen angepriesen. Beispielsweise können die Putzkräfte nach getanem Putzen von den Kund*innen – ähnlich wie im Online-Handel für Sachobjekte üblich – mit Sternchen bewertet werden. Nur die Kund*innen können die Putzkräfte bewerten; anders herum ist das technisch mit der Helpling-App nicht möglich. Diese Form der einseitigen Objektivierung finden wir entwürdigend!

    Auch muten uns die Werbekampagnen der Putzplattform erschreckend sexistisch, klassistisch und rassistisch an. So hat Helpling lange Zeit das Konterfei eines Dienstmädchens aus dem 19. Jahrhundert als Logo verwendet und damit die mit der Dienstmädchenarbeit verbundenen Arbeitsbedingungen und Abhängigkeiten affirmativ vermarktet. Das ist schlimm, bedenkt man die Verhältnisse unter denen Dienstmädchen im 19. Jahrhundert arbeiten mussten. Genauso schlimm muten die Video-Werbekampagnen «Mission To Clean» oder «Mut zum Chaos» an, die online angeschaut werden können.

    All das hat uns sehr geärgert! Wir selbst haben zum Teil für Helpling gearbeitet und beschäftigen uns mit der gesell-schaftlichen Abwertung und Unsichtbarkeit von Care-Arbeit (care heißt: sich kümmern, sich sorgen). Wer putzt, kocht, sorgt und kümmert sich um die Kinder und Beziehungsarbeit in einer Gesellschaft? Care-Arbeit wird immer wieder als einfache, nicht produktive Arbeit dargestellt und damit entwertet. Mit der Vorstellung, dass die Tätigkeit leicht sei und lediglich bestimmte charakterliche – als «weiblich» geltende – Merkmale wie Einfühlsamkeit und Sorgfalt voraussetzen würde, geht einher, dass Frauen* diese Aufgaben als erstes angetragen werden. Lange waren deswegen vor allem Frauen* für die Care-Aufgaben zuständig. Seitdem nun ver-meintlich höher qualifizierte Frauen* für den Facharbeitsmarkt als wichtige Arbeitsmarktressource entdeckt wurden, werden diese politisch in der Auslagerung ihrer Care-Aufgaben an einen Putzarbeitsmarkt unterstützt. Dieses Privileg wird allerdings nicht allen zuteil: Diskriminierende gesellschaftliche Strukturen führen dazu, dass oft migrantische Frauen* und Frauen* aus der Arbeiter*innenschicht diese Arbeit zu schlechten Konditionen übernehmen müssen. Egal wie viel diese selbst Lohnarbeiten– die eigene Care-Arbeit müssen sie ohne Unterstützung selbst erledigen.

    Was nicht passiert, ist dieser Arbeit endlich mehr Wertschätzung entgegen zu bringen und sie würdig zu bezahlen. Eine Angleichung an die Entlohnung ihrer Auftraggeber*innen erschiene uns dabei mehr als gerecht. Denn Care-Arbeit kann nicht hoch genug geschätzt werden. Sie ist nicht nur Voraussetzung für ein «Well-Being», sondern konstitutiv für sämtliche gesellschaftlichen sowie ökonomischen Verhältnisse überhaupt.[8] Diese Arbeit angemessen zu bezahlen, da-für mehr Anerkennung und Zeit zu schaffen, ist längst überfällig. Unserer Ansicht nach ist Helpling dafür allerdings der falsche Weg: Das Start-up ist kein Schritt nach vorn in eine emanzipatorische Zukunft, sondern einer zurück in die Abwertungsspirale der Care-Arbeit sowie in die Prekarität und Unsicherheit der Dienstmädchentätigkeit des 19. Jahrhunderts. Dass dies nicht so bleiben kann, versteht sich von selbst!

    Ziel unserer Umfrage war es, ein erstes Stimmungsbild unter den Arbeiter*innen bei Helpling zu gewinnen und erste Kontakte zu knüpfen. Das ist zunächst einmal gar nicht so einfach, denn die Putzkräfte bei Helpling trifft man nicht einfach so. Sie arbeiten digital vermittelt über die Plattform und vereinzelt im Verborgenen der privaten Haushalte. Anders als die Essenslieferant*innen von Deliveroo und Foodora, die sogenannten «Riders», die sich auf der Straße erkennen und organisieren können, sind Reinigungskräfte in den privaten Haushalten füreinander unsichtbar. Aus diesem Grund haben wir uns dafür entschieden eine digitale Umfrage zu starten, die wir im Oktober 2018 vor allem per Mail an verschiedene Organisationen, Institutionen und Privatpersonen verschickt haben, die mit Putztätigkeiten, Care-Arbeit oder der Organisierung von Arbeiter*innen zu tun haben. Auch haben wir unseren Fragebogen «Mehr Geld fürs Putzen» über Facebook präsentiert. Die Umfrage konnte über unseren Blog «Putzen ist Arbeit» in drei Sprachen abgerufen werden. Alle, die bis Januar 2019 an der Online-Umfrage teilgenommen haben, werden in der vorliegenden Zusammenstellung der Ergebnisse berücksichtigt. Dabei stützen wir unsere Auswertung auf 14 Teilnehmer*innen des Fragebogens, die unserer Meinung nach sicher bei Helpling arbeiten. Die Anzahl der Teilnehmer*innen ist zwar nicht repräsentativ, zeigt aber Spuren auf, die es lohnt zu verfolgen. Unsere Diagramme sind also unter großem Vorbehalt zu betrachten, bringen aber möglicherweise eine Tendenz zum Ausdruck. Unterstützt werden die Äußerungen zumeist durch umfangreiche Kommentierungen in den Kommentarspalten, die weitere spannende Einblicke liefern.

    Die Ergebnisse zeigen kaum überraschend: Helpling is not helping! Vor allem die hohe Vermittlungsgebühr, der niedrige Lohn, die einseitige Serviceorientierung des Unternehmens an den Kund*innen sowie die hohen Risiken und Unsicherheiten, die mit der anonymen Arbeitsvermittlung und der Tätigkeit im privaten Haushalt einhergehen, werden von unseren Befragten angefochten. Gefordert wird: Mehr Lohn, Soziale Absicherung, mehr Sicherheit und eine Plattform, die sich hinter ihre Arbeiter*innen stellt!

    #Allemagne #travail #numérisation

  • Digitalisierung der Arbeit - #RLS
    https://www.rosalux.de/dossiers/digitalisierung-der-arbeit/#pk_campaign=rls-newsletter&pk_kwd=01-2020

    Neue digitale Technologien haben längst die Arbeitswelt verändert und das nicht nur im Silicon Valley. Der digitale Wandel umfasst sowohl die klassische Industriearbeit als auch neue Formen der plattformvermittelten Dienstleistungsarbeit, er reicht von der Einführung global vernetzter cyber-physischer Systeme im Rahmen des Zukunftsprojekts Industrie 4.0 bis hin zur teilweise stark prekarisierten und umfassend durch Algorithmen kontrollierten Arbeit für die Plattformunternehmen.

    Diese Bereiche stellen allerdings nur einen Teilausschnitt des stattfindenden Umbaus dar: mobiles Arbeiten, agiles Projektmanagement, Crowdworking und der Einsatz von Social Media und IT-Systemen zum Enterprise-Resource-Planning oder zur Bewertung und Überwachung der Beschäftigten haben längst weite Teile der Arbeitsorganisation erfasst. Gerade weil diese Bereiche weniger im Zentrum des medialen Interesses stehen lohnt sich ein genauerer Blick auf die dort vorhandenen Potentiale und Verwerfungen.

    Die bisweilen naive Technikgläubigkeit von Startups und Digitalkonzernen weicht zunehmend einer differenzierteren Betrachtung, welche Digitalisierung nicht als eine von außen hereinbrechende, kaum zu beeinflussende Naturgewalt betrachtet und vermehrt auch die sozialen und ökologischen Folgen und Konflikte der Digitalisierung in den Blick nimmt.

    Im Schatten des Siegeszugs der Digitalkonzerne entstehen auch neue Gegenbewegungen: die weltweite Bewegung der Plattform-Genossenschaften, die kollektive Arbeitsniederlegung von Tech-Arbeiter*innen während der sogenannten Google Walkouts, die andauernden Proteste von Amazon-Beschäftigten oder die YouTubers Union, welche die oft einzeln arbeitenden Influencer*innen in ihrem Kampf um bessere Arbeitsbedingungen vernetzt.

    Digitalisierung und Demokratie?
    Publikation | 01/2020
    Di­gi­tal­wirt­schaft

    Worum es wirklich geht
    Interview | 06.01.2020
    «Es gibt kei­ne Bran­che, die nicht be­trof­fen ist.»

    Ein Gespräch über Digitalisierung, Arbeit und Demokratie mit Annette Mühlberg
    Das Produkt sind wir
    Dokumentation | 06.12.2019
    Das Pro­dukt sind wir

    Über das Leben im digitalen Zeitalter
    Pakete zustellen ist ein stressiger Job
    Interview | 20.12.2019
    Aus­ge­lie­fert oder wi­der­stän­dig?

    Zu Weihnachten sprachen wir mit Pascal Meiser über die miesen Arbeitsbedingungen in der Paketbranche
    Kommentar | 16.12.2019
    Or­ga­ni­zing YouTube

    Warum sich YouTuber*innen für bessere Arbeitsbedingungen organisieren und was das mit der Zukunft...
    Digitaler Kapitalismus
    Dokumentation | 31.10.2019
    Di­gi­ta­ler Ka­pi­ta­lis­mus

    Markt und Herrschaft in der Ökonomie der Unknappheit. Luxemburg Lecture von Philipp Staab
    Marx und die Roboter
    Dokumentation | 20.11.2019
    Marx und die Ro­bo­ter

    Buchvorstellung und Diskussion
    Essay | 16.12.2019
    Agi­le Me­tho­den

    Kollaborative Arbeitskultur oder digitaler Taylorismus?
    Artikel | 12/2019
    Die Ver­lo­ckun­gen der «UBER­CI­TY»

    Reibungslos, nahtlos, effizient, just-in-time: städtische Dienstleistungen auf Abruf
    Artikel | 12/2019
    Pro­duk­tiv­kraft kon­kret

    Vom schweren Start der Leichtbauroboter
    Medieninhalt | 16.12.2019
    Di­gi­ta­li­sie­rung – Künst­li­che In­tel­li­genz

    Digitalisierung, Automatisierung, künstliche Intelligenz, Zukunft der Arbeit das sind die Themen,...
    Medieninhalt | 11.06.2019
    The New Tech Worker Mo­ve­ment

    Discussion with Moira Weigel and Ben Tarnoff (writers and co-founders of Logic Magazine) and Ines...
    Artikel | 12/2019
    Mee­t­up zum Ar­beits­kampf

    Wie sich alte und neue Formen der Organisation und Interessenvertretung in Start-ups verbinden
    Interview | 16.12.2019
    «Wir brau­chen kei­ne Da­ten­an­häu­fung, son­dern Da­ten­kol­lek­ti­vie­rung!»

    Wir sprachen mit dem Digitalisierungsforscher Jathan Sadowski über die Politik der Plattformen und...
    Artikel | 12/2019
    Au­to­ma­ti­sie­rung: ist es dies­mal wirk­lich an­ders?

    #travail #numérisation #Allemagne

  • Contre la vie appauvrie | Revue Esprit
    https://esprit.presse.fr/article/angotti-matthieu-et-prady-delphine/contre-la-vie-appauvrie-39709?folder=1

    D’abord, le #progrès n’est plus une #conquête collective, mais une force anxiogène, tout entière dévouée à la recherche d’un #profit individuel. Les conservateurs, gouvernants ou possédants, n’associent plus le progrès à l’ouverture de nouveaux #droits, de nouvelles #assurances contre des risques plus élevés d’#aliénation. Non seulement ils ont accaparé les produits de l’#automatisation et de la #numérisation, mais ils en ont socialisé la #précarité et détruit tout potentiel d’#émancipation. Tous insistent sur l’inéluctable remplacement de l’homme inutile par la machine plus performante, ou sur sa #concurrence généralisée et dérégulée. Ceux qui ne possèdent pas de machines doivent accepter l’#exclusion ou la précarité : une vie appauvrie.

    Ensuite, la démocratisation de la précarité s’organise autour de la confrontation individuelle à des risques toujours plus nombreux, ce moteur utile d’une croissance déshumanisée : la peur du #chômage, de la perte de revenu, de l’#obsolescence de ses compétences, alimente une #compétition propice à l’#exploitation de l’homme. Les progrès de l’assurance collective sont sapés par la « #flexibilité », habillée d’une rhétorique vantant la #mondialisation bienfaitrice, et consistant au détricotage en règle de cadres protecteurs. Par exemple, l’obtention d’un diplôme ne garantit plus une inclusion professionnelle et le fait de travailler, même au-delà de la quantité légale, ne suffit plus à « gagner sa vie ». Tous les risques ne sont pas également « dés-assurés », car tous ne servent pas également l’exploitation productive. Que le risque soit universel – être jeune, être vieux, devenir parent, devenir dépendant – et la socialisation de son assurance sera plus aisée, parce que perçue comme naturelle, à l’exception du risque « jeunesse ». En revanche, que la réalisation du risque touche un sous-groupe de personnes – perdre son emploi, échouer à l’école, vivre dans une famille pauvre – et la #socialisation de son assurance sera remise en question. La robustesse de l’assurance collective est également relative au degré de responsabilité individuelle, réel ou fantasmé, associé au risque : par exemple, le traitement collectif du handicap est plus généreux que celui de la pauvreté.

  • Studie “Das Smartphone, bitte! Digitalisierung von Migrationskontrolle in Deutschland und Europa”

    27. December 2019 by Daniela Turß

    Handydatenauswertung bei Geflüchteten ist teuer, unzuverlässig und gefährlich.

    Cover der Studie „Das Smartphone, bitte! Digitalisierung von Migrationskontrolle in Deutschland und Europa“

    Die Studie „Das Smartphone, bitte! Digitalisierung von Migrationskontrolle in Deutschland und Europa“ befasst sich mit der im Jahr 2017 eingeführten Analyse elektronischer Datenträger durch das BAMF. Wenn eine asylsuchende Person weder Pass noch Passersatzdokument vorweisen kann, ist die Behörde dazu berechtigt, ihr Smartphone auszuwerten, um Hinweise auf Identität und Herkunft zu erhalten. Diese Praxis verletzt das Grundrecht auf Vertraulichkeit und Integrität informationstechnischer Systeme von zigtausenden Menschen – für wenig aussagekräftige Ergebnisse.

    Seit der Einführung des Verfahrens im Jahr 2017 hat das BAMF hochgerechnet etwa 20.000 Mobiltelefone von Asylsuchenden ausgelesen und über 11 Millionen Euro in dieses Verfahren investiert. Im Zeitraum Januar 2018 bis Juni 2019 scheiterte das Auslesen in etwa einem Viertel der Fälle bereits an technischen Problemen. Nur in 1-2 % der verwertbaren Auswertungen fanden sich Widersprüche zu den Angaben, die die Asylsuchenden selbst in ihren Befragungen gemacht hatten.

    Für die Studie wertete die Journalistin Anna Biselli und die Juristin Lea Beckmann einen umfangreichen Quellenbestand aus, darunter Ergebnisberichte von Datenträgerauswertungen, Asylakten, interne Dienstanweisungen, Handbücher und Schulungsunterlagen des BAMF und Dokumente aus dem Gesetzgebungsverfahren. Zudem führten die Autorinnen Hintergrundgespräche mit Geflüchteten, Anwält*innen und Rechtswissenschaftler*innen, Verfahrensberatungsstellen und Menschenrechtsorganisationen in Deutschland und anderen Ländern Europas.

    https://freiheitsrechte.org/studie-handydatenauswertung

    –-> Studie: https://freiheitsrechte.org/home/wp-content/uploads/2019/12/GFF-Studie_Digitalisierung-von-Migrationskontrolle.pdf

    #migration #smartphone #Allemagne #BAMF #Europe #identité #numérisation #contrôle #étude

  • Matthieu Amiech : « Le numérique devient le cœur de la catastrophe écologique »
    https://reporterre.net/Matthieu-Amiech-le-Numerique-devient-le-coeur-de-la-catastrophe-ecologiq

    On perturbait également le milieu universitaire et le mouvement de scientifiques Sauvons la recherche. On leur demandait s’il était décent d’avoir un mot d’ordre de sauvetage de la recherche scientifique au vu de sa contribution à l’ordre social existant, au vu des sommes déjà dépensées dans les nanotechnologies, le nucléaire, les OGM… On avait par exemple bloqué la fête de la science à Orsay, en faisant sortir le directeur du campus. On s’était déguisés en Indiens, avec des plumes et des arcs, et on avait attaqué le petit train de la science en leur demandant de quitter la terre de nos ancêtres. On s’amusait en faisant des choses sérieuses.

    […]

    N’y aurait-il pas eu du sens de mener cette réflexion et ces luttes au sein du système ?

    Si, mais j’étais attiré par la possibilité de me consacrer à des tâches plus matérielles ; et touché par le fait que nous n’arrivions pas à susciter une remise en cause des chercheurs et des universitaires, dans les années 2000. À ce moment-là, notre réflexion sur l’impasse de la société industrielle et capitaliste n’intéressait pas grand-monde. Certains d’entre nous sont quand même restés enseignants, et ils font des choses très bien. Le contexte à l’université a un peu changé. À partir de 2010, il y a eu les travaux menés par François Jarrige, Jean-Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil ; plus récemment, l’émergence de l’Atelier d’Écologie politique à Toulouse. Les lignes bougent, même si c’est encore largement insuffisant.

    […]

    Nous suivons un fil rouge : le divorce entre le progrès technique et le progrès humain. Le progrès technique a pendant longtemps semblé en tant que tel porteur de justice sociale et de liberté. Nous pensons que c’était déjà en bonne partie une illusion aux XIXe siècle, mais, au fil du XXe, on observe carrément un divorce : les outils de la technologie ont facilité le démontage des droits sociaux, des solidarités et considérablement restreint la liberté. Les livres de La Lenteur documentent, de manière assez variée je crois, ce divorce.

    #Matthieu_Amiech #critique_techno #informatisation #numérisation #écologie #science

  • Les gouvernements font partie du problème écologique, pas de la solution
    https://reporterre.net/Les-gouvernements-font-partie-du-probleme-ecologique-pas-de-la-solution

    Les couches dirigeantes, coupables d’inaction climatique ? C’est pire. Elles sont coupables et responsables de politiques farouchement volontaristes qui aggravent la crise. Il n’y a pas lieu de les implorer d’en faire plus, avertit l’auteur de cette tribune. Nous devons plutôt commencer, à la base de la société, à redéfinir nos modes de vie et nos besoins.

    #Matthieu_Amiech #critique_techno #transport #informatique #numérisation #internet #écologie #État #étatisme

  • Linkspartei: Digitaler oder alter Kapitalismus? (neues-deutschland.de)
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/1129799.linkspartei-digitaler-oder-alter-kapitalismus.html

    08.12.2019 von Peter Nowak - Konferenz der Linkspartei stellte Fragen nach den eigenen Ansprüchen im digitalen Zeitalter

    Vor knapp 10 Jahren gab es noch zwei gegensätzliche Szenarien für die digitale Gesellschaft. Manche Linke sahen einen Freifahrtschein in den Kommunismus, eher Konservative darüber klagten, dass ganze Branchen wie die Musikindustrie durch das Internet ruiniert würden. Nichts davon ist eingetreten, konstatierte Sabine Nuss. Sie beschäftigt sich seit Jahren wissenschaftlich mit dem digitalen Kapitalismus und gehört zu den Herausgeber*innen des Sammelbandes »Marx und die Roboter«. Am Samstag moderierte sie den Abschluss der von der Linkspartei organisierten Digitalkonferenz mit dem programmatischen Titel »(K)eine automatische Revolution«. Für Sabine Nuss sind die Klammern überflüssig. Es habe sich in den letzten Jahren an vielen Punkten gezeigt, dass die Digitalisierung den Kapitalismus stärkt.

    Über die Frage nach linken Gegenkräften tauschten sich die Teilnehmer*innen am Samstag in zahlreichen Workshops aus. Eingeladen waren Gewerkschaft*innen, Wissenschaftler*innen, Softwareentwickler*innen und Politiker*innen der LINKEN. Die Bandbreite der Debatte wurde schon in den Workshops deutlich. Ihre Themen: »Welchen Sozialstaat brauchen wir für den sozialen Wandel?«. »Leben, lernen und arbeiten in digitalen Dörfern«. Oder »Digitalisierung im Gesundheits- und Pflegesystem und in der Bildung«.

    Mit allgemeinen gesellschaftlichen Fragen beschäftigte sich der Workshop »Die Demokratie- und Eigentumsfrage stellen«. Mehrere Teilnehmer*innen betonten, dass eine Demokratisierung der Internetkonzerne nicht mit ihrer Verstaatlichung gleichzusetzen ist. Es könne nicht darum gehen, staatlichen Behörden mehr Daten zukommen zu lassen.

    Weitgehend Konsens bestand darin, dass das Internet Bestandteil der öffentlichen Infrastruktur sein soll - wie Wohnungsbau, Bildung oder Gesundheit. Der Vorsitzende der LINKEN Bernd Riexinger wies auf den Widerspruch hin, dass das Internet viele Güter kostenlos zur Verfügung stellt, dass aber durch das kapitalistische Profitinteresse Barrieren eingebaut werden, die genau das verhindern sollen. Riexinger sieht gute Chancen für seine Partei, mit diesen Widersprüchen zu arbeiten.

    Das war auch zentrales Thema der Abschlussrunde, die sich mit »digitalen Klassenkämpfen« beschäftigte. Die Journalistin Nina Scholz lehnte den Begriff genauso ab wie auch den Terminus »digitaler Kapitalismus«. Es sei vielmehr der alte Kapitalismus, der schon immer auf Ausbeutung und Arbeitskampf beruhe, betonte Scholz. Sie kritisierte, dass auch die Linkspartei einen feuilletonistischen Katastrophendiskurs bediene und bei der Digitalisierung wie das Kaninchen auf die Schlange starre. Nicht die Gig-Ökonomie, sondern die Gig-Ökonomisierung der Arbeitsverhältnisse sei gewachsen.

    Die tatsächlichen Klassenkämpfe seien viel weiter, moniert Scholz die nach ihrer Ansicht zahmen Lösungen der LINKEN. »Warum wird von einem digitalen New Deal und nicht von der Verstaatlichung von Airbnb gesprochen, fragte Scholz mit Verweis auf ein von den LINKE-Politikerinnen Katja Kipping, Anke Domscheit-Berg und Katalin Gennburg vorgelegtes Positionspapier «Digitale Demokratie statt Herrschaft der Monopole». Als Beispiel führte Scholz aktuelle Kämpfe von Google-Beschäftigten in verschiedenen Ländern an.

    In den Workshops erinnerte ein Teilnehmer an die Konferenz «Bytes und Bäume», auf der im letzten Jahr die Frage gestellt wurde, welchen Beitrag die Tech-Industrie im Nachhaltigkeits- und Klimadiskurs leisten könne. Dort hätten Mitglieder der LINKEN kaum eine Rolle gespielt. Bernd Riexinger sieht aber gerade eine zentrale Aufgabe der LINKEN dahin, die Kämpfe der Klimabewegung mit den Interessen der Beschäftigten zu verbinden. In der Tarifrunde 2020 für die Beschäftigten des Öffentlichen Nahverkehrs (ÖPNV) sah er eine gute Chance, Gewerkschaften und Klimaaktivist*innen zusammenzubringen. Schließlich gehe es beiden um die Stärkung des ÖPNV. Das Beispiel gab den Einwänden von Nina Scholz Recht. Hier handelt sich um Klassenkämpfe im Kapitalismus ganz ohne das Adjektiv digital.

    #Allemagne #gauche #numérisation #lutte_des_classes #auf_deutsch

  • ’The perfect combination of art and science’: mourning the end of paper maps | Travel | The Guardian

    https://www.theguardian.com/travel/2019/oct/20/the-perfect-combination-of-art-and-science-mourning-the-end-of-paper-ma
    https://i.guim.co.uk/img/media/500a6267e301b738c315e8712fd5b487ad5a8489/182_238_3370_2022/master/3370.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Some for one purpose and some for another liketh, loveth, getteth, and useth Mappes, Chartes, & Geographicall Globes.”

    So explained John Dee, the occult philosopher of the Tudor era.

    The mystical Dr Dee would, perhaps, have understood the passion stirred by Geosciences Australia’s recent decision to stop producing or selling paper versions of its topographic maps in December, citing dwindling demand.

    #cartographie #numérisation #ère_numérique

  • À Beyrouth, un gigantesque projet d’archive orale de la #Nakba | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/beyrouth-un-gigantesque-projet-darchive-orale-de-la-nakba

    Pour atteindre les locaux du Palestinian Oral History Archive (#POHA), il faut s’enfoncer dans les sous-sols de la librairie de l’Université américaine de Beyrouth (AUB). C’est au cœur de ce dédale que depuis près de quatre ans, une équipe de chercheurs et de techniciens travaille sur un projet non moins labyrinthique : la #numérisation des témoignages #audiovisuels de la Nakba (la « #catastrophe ») en mai 1948, qui a provoqué l’exode de 750 000 à 800 000 Palestiniens vers les pays frontaliers.

    « Ça a été un long processus, c’est la première fois qu’on amène l’histoire orale dans le champ académique », se félicite Kaoukab Chebaro, qui a copiloté le projet de numérisation avec l’Institut Issam Fares et l’AUB et enseigne désormais à l’Université Columbia (États-Unis).

    Le POHA est né de la fusion des archives de deux ONG locales : Al-Jana et Nakba archive. Au début des années 2000, peu après la commémoration du cinquantenaire de la Nakba, celles-ci se lancent dans une course contre la montre pour enregistrer les témoignages de la première génération de Palestiniens expulsés en 1948 et réfugiés depuis dans des camps au Liban.

    #Palestine

  • Colas compte rendre les routes d’Eure-et-Loir plus sûres via le digital
    https://www.latribune.fr/regions/centre-val-de-loire/colas-compte-rendre-les-routes-d-eure-et-loir-plus-sures-via-le-digital-82


    L’application remontera notamment à la plateforme Digital by Colas les comportements à risque.
    Crédits : DR

    Le Département présidé par Claude Térouinard vient de signer un contrat avec le constructeur routier Colas pour installer Anaïs, sa nouvelle application de recommandation d’aménagements. Objectif : dès 2019, réduire à quinze par an le nombre de tués sur les routes.

    Via un partenariat avec Michelin Driving Data Intelligence, la cellule numérique du constructeur de pneumatiques Michelin, Anaïs commencera à la rentrée de septembre à collecter les données embarquées de conducteurs volontaires sur le réseau routier secondaire d’Eure et Loir. L’application remontera notamment à la plateforme Digital by Colas les comportements à risque : freinage intempestif, vitesse excessive, déport latéral du véhicule. Identifiée, cette data sera ensuite analysée et contextualisée. Elle donnera enfin lieu à des recommandations de travaux auprès de la collectivité qui, assure le responsable de Mobility by Colas, Fabrice Luriot, restera libre de choisir le maître d’oeuvre.

    Cet audit des routes en temps réel procurera deux avantages majeurs au département. Il lui permettra d’une part d’agir en amont, et non plus de façon seulement curative, comme actuellement. De plus, Anaïs validera l’efficacité des opérations de maintenance. Deuxième département français pour la densité routière avec 7 650 kilomètres de routes départementales, l’Eure-et-Loir tente ainsi de faire baisser Sa mortalité routière. Après le bilan désastreux de l’année 2017 (47 tués), celle-ci a reculé à 26 morts l’année dernière. La collectivité met en place une politique volontariste pour viser moins de quinze personnes décédées cette année.

  • « #Mozilla est décentralisée, comme le Web des origines » | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/mozilla-est-decentralisee-comme-le-web-des-origines-675370

    La #numérisation, le #télétravail et les collectifs éclatés sur plusieurs continents sont souvent propices à une fracturation des #conditions_de_travail. Mozilla s’efforce d’allier une certaine culture de la Silicon Valley et le respect des travailleurs.

    #ergonomie #droit_du_travail #management #travail #internet #santé_au_travail

  • Le début de la fin pour le #billet de 500 euros
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/28/clap-de-fin-pour-le-billet-de-500-euros_5415453_3234.html

    La plupart des Français n’en ont jamais vu la couleur (violette), et leur disparition ne leur fera ni chaud ni froid. Il en va tout autrement outre-Rhin. Dimanche 27 janvier, dix-sept des dix-neuf #banques_nationales de la zone euro ont cessé d’émettre des billets de 500 euros. Seuls les instituts monétaires d’Allemagne et d’Autriche ont obtenu un délai de trois mois pour se conformer eux aussi à la règle, officiellement pour des raisons logistiques.

    […] Un trait national partagé par l’Autriche. « Nous ne voulons pas que quelqu’un puisse tracer numériquement ce que l’on achète, mange, boit, les livres que nous lisons et les films que nous regardons… Nous lutterons partout contre de telles règles », s’insurgeait ainsi début 2016 Harald Mahrer, l’actuel président de la fédération des entreprises autrichiennes, à l’époque au ministère de l’économie.

    Il va pourtant devoir s’y faire. Car avec le développement du paiement par mobile, l’usage du #cash est peu à peu appelé à s’éteindre. En la matière, la Suède a déjà une longueur d’avance : la part des achats en liquide dans le commerce y est tombée de 40 % à 10 % entre 2010 et 2018. A Stockholm, la banque centrale envisage de passer à une monnaie 100 % digitale, tandis que des start-up expérimentent le paiement grâce à des #puces_numériques implantées sous la peau. Voilà qui ferait bondir à Berlin ou Vienne…

    #numérisation #monnaie_virtuelle #vie_privée #argent_sale