• « Nous sommes débordés par l’IA » : chercheurs, ils refusent d’utiliser l’intelligence artificielle

    À rebours de leur institution, des enseignants-chercheurs appellent à refuser d’utiliser l’IA générative. Au nom de l’écologie et du besoin de reprendre la main face à une technologie imposée à marche forcée.

    Non à l’intelligence artificielle générative (IAg). La revendication ne vient pas du mouvement technocritique, mais de scientifiques français de toutes disciplines, mathématiques, informatique ou encore histoire. Leur manifeste intitulé Face à l’IA générative, l’#objection_de_conscience, lancé en décembre 2025, a recueilli six mois plus tard 3 200 signatures de membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale. « Nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives », s’engagent les signataires.

    Le cas de conscience n’est pas pris à la légère. L’IA générative est déclarée « incompatible avec les valeurs de rationalité et d’humanisme » que leurs métiers sont censés représenter. En particulier le gouffre en énergie et autres ressources nécessaires à ces technologies, incompatible avec les engagements internationaux sur le climat et la protection du vivant.

    « Travailler sur le numérique à l’ère de l’Anthropocène nous oblige à développer une approche critique, sachant qu’une trajectoire vers la neutralité carbone en 2050 est incompatible avec la croissance du numérique, en particulier avec l’IAg grand public », souligne Olivier Michel, enseignant-chercheur en informatique à l’université Paris-Est Créteil.

    Il défend « une voix discordante face aux mots d’ordre proches de l’injonction par les médias et les politiques gouvernementales comme quoi le numérique serait l’instrument de la transition ». Les auteurs listent aussi les dégâts humains, de l’ultraprécarité des « travailleurs du clic » à la déstabilisation géopolitique des régions minières.

    Si la puissance des algorithmes est largement utilisée en sciences de longue date, c’est l’IAg telle qu’elle s’est imposée depuis 2022 qui est la cible du manifeste. Cette IA, destinée à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM) entraînés sur de vastes corpus de données, a déjà fait exploser la consommation énergétique mondiale. Même si l’estimation réelle est difficile à quantifier, faute notamment de données transparentes des industriels.
    Écrits puis évalués par IA

    La nécessité de réagir s’est d’abord imposée dans leur activité d’enseignement, explique Olivier Lefebvre, auteur du manifeste. L’IA générative bouleverse en effet largement les pratiques d’apprentissage alors que la machine a réponse à tout : elle peut préparer les cours, faire les devoirs, faire les corrections…

    « Nous sommes débordés par l’irruption de l’IA dans nos universités et la réponse de nos institutions est une injonction à s’adapter aux outils et à se former pour les intégrer dans nos pratiques. Au sein de l’Atelier d’écologie politique (Atécopol) de Toulouse, nous refusons de rejoindre cette position », raconte le docteur en robotique, qui a aujourd’hui repris une thèse de sciences sociales à l’université Toulouse-Jean Jaurès.

    L’IA générative vient aussi exacerber certaines dérives de la recherche, en particulier la course aux publications scientifiques, principale mesure de la valeur d’un chercheur. Les éditeurs scientifiques croulent sous les soumissions d’articles écrits par IA, puis évalués par IA.

    Au niveau européen, dans l’évaluation des projets de recherche, on est autorisé à utiliser l’IA et il nous est expressément demandé de ne pas pénaliser des projets qui affichent avoir été écrits avec l’aide de l’IA », raconte Olivier Lefebvre, effaré du blanc-seing donné à cette technologie. L’institut de recherche Inrae a toutefois rédigé un Guide du bon usage des assistants à base d’IA génératives, soulignant « les risques et impacts que chacun doit connaître et évaluer avant de les utiliser ».

    Les politiques publiques de recherche dédient également de nombreux financements au développement d’outils d’intelligence artificielle. La stratégie IA du gouvernement a été dotée de 2,5 milliards d’euros dans le plan France 2030. « Il y a une incitation très forte à prendre l’argent et à foncer sur l’IA », commente Matthieu Romagny, signataire du manifeste et mathématicien à l’Institut montpelliérain Alexander Grothendieck.
    Les totems de la tech

    Le chercheur souligne l’ambiguïté de sa communauté vis-à-vis de cette technologie et la difficulté à se positionner. Lui insiste sur la responsabilité des scientifiques face aux utilisations qui sont faites de leurs travaux. L’IA sert notamment au déploiement des outils de contrôle des populations, comme les techniques de reconnaissance faciale.

    D’un autre côté, il reconnaît que les grands modèles de langage (Large Language Model, LLM) sont largement utilisés en mathématiques, associés parfois avec des assistants de preuve, même s’il ne s’en sert personnellement pas dans ses recherches fondamentales.

    Dans les débats avec ses pairs, toutes les nuances de positions existent. Certains utilisent l’IA, mais réfléchissent à sa frugalité, d’autres sont hérissés par ces discours considérés comme technophobes.

    Le manifeste des chercheurs insiste quant à lui sur l’importance d’agir vite, avant que l’IA générative ne refaçonne nos sociétés. « L’apparition des IAg est récente et ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles », dit le texte qui plaide pour une pause. Attendre, c’est au contraire s’exposer à un « verrouillage sociotechnique » qui empêcherait tout retour en arrière. Comme pour la voiture qui a redéfini nos modes de vie et nos paysages. Ou les pesticides qui ont figé notre modèle agricole.

    Les auteurs notent que « s’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être ». Sachant que la vitesse de déploiement de l’IA générative est sans équivalent dans l’histoire des technologies : ChatGPT atteignait 1 million d’utilisateurs seulement quelques jours après son lancement.
    Informatique low-tech

    « Beaucoup de tribunes sur les dangers de l’IA appellent à mieux la cadrer et la contrôler. Mais la question ne me semble pas là. C’est renégocier sa présence elle-même qui est nécessaire », commente Olivier Michel. Il admet que les enseignants-chercheurs sont dans une position privilégiée pour se permettre ce refus : « On est même un des derniers endroits dans l’administration publique où on peut dire non. Au sein de l’université, le personnel administratif aura plus de mal à s’affranchir de ces outils. »

    Les auteurs du manifeste se veulent porteurs d’une approche technocritique qui ne soit pas technophobe : les chercheurs pointent des voies intéressantes d’un numérique et d’IA sobres. « Les mathématiques utilisent souvent des bases de données énormes, une logique catastrophique du point de vue énergétique. Certains scientifiques travaillent volontairement sur de petits corpus, par souci d’échelle pour une consommation maitrisée », décrit Matthieu Romagny.

    Olivier Michel cherche aussi une informatique low-tech. Comme son projet d’un petit data center construit à partir du stock de vieux ordinateurs mis au rebu par l’université, alimenté par des panneaux photovoltaïques. « On doit composer avec l’âge des machines et leurs lots de pannes et de dysfonctionnements, avec de l’énergie solaire intermittente… pour comprendre quelle informatique est possible dans un monde où les ressources sont fortement contraintes », explique-t-il.

    Depuis sa sortie, le manifeste n’a pas fait réagir les institutions de recherche. Mais Olivier Lefebvre se réjouit des premiers échos, comme une rencontre avec l’école doctorale de Toulouse, sensible à leur critique de l’utilisation de l’IA générative dans un manuscrit de thèse. « Quelle serait la valeur d’un doctorat produit par un logiciel, sachant que c’est moins le résultat que le processus d’élaboration de la pensée qui fait la valeur du travail ? Une interdiction répondrait aussi au sentiment d’injustice des étudiants qui peuvent être assez critiques des outils d’IAg, mais qui craignent de se pénaliser s’ils ne les utilisent pas. »

    À ceux qui pensent que leur bataille est perdue d’avance, les objecteurs répondent que leur #résistance consiste « à s’opposer à ce qui contrevient à nos #valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va “gagner”, mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant ».

    https://reporterre.net/Nous-sommes-debordes-par-l-IA-chercheurs-ils-refusent-d-utiliser-l-intel
    #désobéissance #IA #AI #intelligence_artificielle #refus #ESR #recherche #enseignement #université #technologie #opposition

  • A Software Engineer Won a Religious Exemption From Using #AI at Work - Business Insider
    https://www.businessinsider.com/worker-got-religious-exemption-using-ai-at-work-2026-6

    Jun 5, 2026, 11:40 AM UTC+2

    Opposed to using AI for her #software-engineering job, Erin Maus secured something of a miracle from her employer: a #religious #exemption.

    Maus, a Unitarian Universalist, said she proposed the special treatment in April, citing #environmental and #ethical #objections to AI that don’t align with her religious beliefs. She also said she consulted an employment lawyer and her local chapter’s minister to help make her case.

    Maus was granted the accommodation in mid-May, according to an email seen by Business Insider.

    “I’m writing my code and reviewing my code by hand, which seems crazy to say,” said the 34-year-old, who lives in North Carolina and works for a large tech-entertainment company that she described as progressive. “Just two years ago, how else would you do it?”

    Maus’ AI workaround comes as a growing number of employers mandate and track workers’ AI usage. The technology has also recently drawn scrutiny from Pope Leo XIV, who warned last month that AI could undermine human dignity and displace workers if left unchecked, in a more than 42,000-word encyclical.

    #IA

  • Objecteurs de conscience en Suisse : de la prison au service civil - SWI swissinfo.ch
    https://www.swissinfo.ch/fre/politique-suisse/durant-la-guerre-froide-les-objecteurs-de-conscience-%C3%A9taient-per%C3%A7us-comme-d%C3%A9ficients-ou-%C3%A9go%C3%AFstes/91494186

    #Suisse #Objection_de_conscience

    Longtemps minoritaires, les objecteurs de conscience ont été de plus en plus nombreux en Europe de l’Ouest à partir des années 1960. Alors que les Suisses s’apprêtent à voter sur un durcissement de l’accès au service civil, le livre de l’historien Niels Rebetez apporte un éclairage inédit sur le long combat de ceux qui ont refusé de servir.

    Refuser de servir l’armée en Suisse n’a pas toujours été un choix reconnu. Pendant des décennies, les objecteurs de conscience ont été marginalisés, criminalisés, voire disqualifiés par la justice comme « déficients » ou « égoïstes ». À partir des années 1960, leur nombre a fortement augmenté sur fond de contestation sociale et politique.

    Dans un livreLien externe publié mi-mai, l’historien Niels Rebetez revient sur l’évolution qui a conduit à la reconnaisse légale des objecteurs de conscience à travers l’introduction du service civil en 1996. Un débat d’actualité alors que le peuple vote le 14 juin sur un durcissement des conditions d’accès à ce dernier.

    Swissinfo : Pourquoi tant d’hommes ont-ils refusé de se soumettre à l’obligation de servir à partir des années 1960 ?

    Niels Rebetez : Tout d’abord, on observe un changement dans le profil des objecteurs de conscience. Jusqu’alors, il s’agit surtout d’hommes invoquant des motifs religieux pour justifier leur refus de servir, notamment les Témoins de Jéhovah. À partir des années 1960, les motivations se diversifient. On constate en particulier un essor de l’objection politique, lié à l’émergence d’un militantisme en faveur des objecteurs.

    Les transformations sociétales portées par les mouvements de contestation des années 1960 jouent également un rôle. Les valeurs qu’ils promeuvent — rejet du modèle familial traditionnel et de la morale conservatrice — sont en décalage complet avec celles de l’armée, fondées sur la discipline, l’esprit de sacrifice et l’obéissance sans discuter. Par ailleurs, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le temps de la jeunesse — scolarité obligatoire, études ou formation professionnelle — s’allonge, ce qui entre en collision avec le service militaire.

    Le mouvement suisse est-il spécifique ou s’inscrit-il dans une vague internationale de contestation ?

    Il s’agit d’un mouvement général, qui dépasse la seule question de l’objection de conscience. Un peu partout en Occident, on observe une hausse de l’ensemble des comportements d’évitement du service militaire : la désertion ou les absences injustifiées augmentent également.

    La Suisse présente toutefois une spécificité importante. Elle fait partie des derniers pays d’Europe occidentale à avoir introduit un service civil. La plupart des autres États ont mis en place un statut plus tôt pour les objecteurs de conscience, ce qui a pu contribuer à une augmentation des demandes.

    Par ailleurs, l’attachement à l’institution militaire est plus élevé en Suisse que dans d’autres pays, notamment parce que le pays n’a pas participé à la Deuxième Guerre mondiale. Le modèle d’une défense nationale fondée sur la conscription n’a ainsi pas été ébranlé et s’est maintenu, alors que l’obligation de servir était progressivement abandonnée ailleurs.

    Durant cette période, l’obligation de servir revêtait une importance particulière du point de vue social et refuser de s’y soumettre entraînait des conséquences pénales. Qui étaient ces hommes qui osaient s’y opposer malgré tout ?

    Il n’y a pas de profil unique, mais des tendances se dégagent. Il s’agit le plus souvent d’étudiants ou d’hommes actifs dans le secteur des services. Ils sont également plus urbains. On observe aussi une surreprésentation des Romands par rapport aux Alémaniques.

    Par ailleurs, mes recherches ont mis en lumière un profil inédit, très différent. Il regroupe des hommes en situation de précarité, souvent issus de milieux défavorisés. Sans diplôme professionnel, ils enchaînent des emplois peu ou pas qualifiés et cumulent fréquemment des difficultés personnelles. Pour ces personnes, le service militaire apparaît comme une contrainte supplémentaire dans un ensemble de difficultés dont il leur est déjà difficile de sortir.

    À quelles conséquences, les objecteurs de conscience s’exposaient-ils ?

    La première conséquence est la peine de prison, avec des peines qui peuvent aller de quelques jours à plus d’une année. À partir de la fin des années 1960, une distinction est toutefois introduite pour ceux dont les motifs sont reconnus comme « honorables » et relevant d’un grave conflit de conscience : ils peuvent bénéficier d’une peine plus légère, appelée « arrêts répressifs ». Ces personnes sont incarcérées la nuit et les week-ends, tandis que, durant la journée en semaine, ils sont assignés à un travail à l’extérieur de la prison, par exemple dans un hôpital. En revanche, les objecteurs qui ne bénéficient pas de cette reconnaissance purgent des peines fermes et sont incarcérés avec les détenus de droit commun.

    Comment cette expérience de la prison est-elle vécue ?

    Il s’agit d’une épreuve loin d’être anodine. Ils sont exposés aux mêmes conditions de détention que les autres prisonniers : promiscuité, violence, arbitraire. Pour certains, les conséquences ont été particulièrement graves. Dans le cadre de ma recherche, j’ai identifié trois objecteurs décédés en prison : deux par suicide à Bellechasse, et un autre vraisemblablement d’une surdose de médicaments.

    Plus largement, l’expérience carcérale a pu laisser des traces durables. Plusieurs témoignages évoquent son caractère profondément éprouvant, voire traumatisant. Certains anciens détenus ont eu de grandes difficultés à s’en remettre.

    Au-delà de la prison, vous montrez également dans votre livre qu’il existait des conséquences à plus long terme.

    Oui, en particulier sur le plan professionnel. Dans le secteur privé, on sait que des objecteurs ont été licenciés ou ont rencontré des difficultés pour retrouver un emploi, mais ces situations restent difficiles à documenter. En revanche, dans le secteur public, les effets sont plus visibles. Les enseignants et les éducateurs sont particulièrement concernés, car les autorités craignent qu’ils n’exercent une mauvaise influence sur les jeunes hommes.

    À cela s’ajoute une question de principe : du point de vue des autorités, il est difficilement acceptable de servir l’État en tant qu’employé tout en refusant de se plier à une obligation constitutionnelle comme le service militaire.

    Vous vous êtes également penché sur le sort que réservait la justice militaire aux objecteurs de conscience. Comment étaient-ils traités sur ce plan ?

    La justice militaire cherche avant tout à expliquer un refus de servir qui lui paraît impensable, en particulier dans le contexte de la guerre froide. Les juges et les experts psychiatres peinent à saisir ces comportements et vont donc chercher des explications du côté des individus eux-mêmes, plutôt que dans leurs motivations telles qu’ils les expriment.

    Deux grandes interprétations reviennent de manière récurrente. La première consiste à considérer que les objecteurs sont déficients ou qu’ils ont un « développement mental incomplet ». Cette lecture permet de donner un sens à un acte jugé incompréhensible sans remettre en cause l’institution militaire.

    Lorsque cette interprétation ne s’applique pas, une seconde lecture s’impose : celle de l’égoïsme. Les objecteurs sont alors décrits comme des individus refusant toute forme de devoir. Le ton devient alors nettement plus virulent, et cela peut se traduire par des peines plus lourdes. Dans tous les cas, leurs motivations sont largement délégitimées et dépolitisées.

    Quel rôle ont joué les objecteurs de conscience dans le développement du service civil ?

    On peut considérer que le militantisme a contribué, sur le long terme, à préparer le terrain et à rendre progressivement pensable l’idée d’un service civil. Toutefois, malgré des décennies de mobilisation, les deux premières initiatives populaires visant à introduire un service civil, en 1977 et 1984, ont été sèchement refusées par le peuple.

    Son introduction a finalement été acceptée en votation en 1992. La fin de la guerre froide a joué un rôle clé en rendant acceptable, pour une majorité, l’idée que certains individus puissent accomplir un service de remplacement pour des motifs de conscience.

  • Face à l’#IA générative, l’#objection_de_conscience

    #Manifeste pour l’#enseignement_supérieur et l’#éducation_nationale

    Nous, membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN), déclarons adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’#IA_générative[1] (#IAg) dans nos institutions.

    L’objection de conscience désigne le #refus individuel, mais aussi collectif en tant qu’il est publiquement partagé, de prendre part à une activité que l’on perçoit comme incompatible avec des #valeurs fondamentales.

    Dans le cas présent, nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de #rationalité et d’#humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser.

    Trois considérations majeures justifient cette position. Pour des raisons de concision, ce manifeste ne les développe pas mais on trouve dans la littérature scientifique de quoi les étayer solidement[2].

    Considération 1.

    L’IAg est un gouffre énergétique et matériel tel que personne ne peut prétendre qu’elle soit compatible avec les grands engagements internationaux tels que l’#Accord_de_Paris sur le climat, et plus généralement avec la #protection_du_vivant. Accepter le déploiement de l’IAg, c’est amplifier le dépassement des limites planétaires. Ceci est une attitude résolument anti-humaniste eu égard à la gravité de la situation. Le caractère écocidaire de l’IAg est en soi une raison suffisante pour en refuser le déploiement au sein de nos institutions.

    Considération 2.

    L’IAg représente un #choix_technologique qui agit comme un accélérateur des #infrastructures_industrielles sur lesquelles repose le secteur du #numérique : #mines, #datacenters, #centrales_électriques, usines de matériel électronique, etc. Ainsi, outre les problèmes de #pollution massive déjà évoqués, ce sont les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés : #travail prolétarisé dans les usines de fabrication et ultraprolétarisé dans le « #travail_du_clic », non-respect des #droits_humains, conflits d’usage (#eau, #métaux, #énergie), rapports extractivistes et néo-coloniaux entre pays du Nord et du Sud, #déstabilisation_géopolitique des régions minières, etc. Dans tous ces domaines, la compétition effrénée à laquelle se livrent les acteurs de l’IAg mènera aux méthodes les plus sauvages et prédatrices. Il nous semble inacceptable de contribuer à une telle dynamique par nos pratiques pédagogiques et scientifiques.

    Considération 3.

    La #banalisation des IAg dans le grand public alimente des usages qui ouvrent la voie à un futur dystopique – qui est, pour partie, déjà là : multiplication des vidéos deepfake, #désinformation à grande échelle par des « usines à trolls », #dépendance affective aux compagnies virtuelles, intensification du #marketing_digital et des #escroqueries, etc. Plus généralement, il permet à des mégafirmes d’accumuler un pouvoir démiurgique, mégafirmes dont les dirigeants ne font pas mystère de leurs projets mégalomaniaques, eugénistes et de leur détestation de la #démocratie. Nos institutions ne peuvent soutenir de telles techno-oligarchies, y compris de manière indirecte.

    *

    Le support principal de l’objection de conscience est le refus de participer à une activité qui contrevient à des valeurs fondamentales. Dans le cas de l’IAg, les trois considérations ci-dessus permettent d’assurer cette #posture au regard de nos missions d’éducation et de diffusion des savoirs.

    Face à ces analyses globales, les arguments les plus fréquents de légitimation de l’introduction de l’IAg dans nos institutions apparaissent immédiatement irrecevables[3]. Notamment, l’idée commune selon laquelle la diffusion de l’IAg dans nos sociétés serait « inéluctable » ne remet aucunement en cause la pertinence de l’objection de conscience. En effet, le principe de l’objection de conscience, voire de toutes les formes de #résistance, consiste à s’opposer à ce qui contrevient à nos valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va « gagner », mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant. Par ailleurs, contrairement à d’autres technologies délétères déjà profondément implantées dans nos sociétés, l’apparition des IAg est récente et par conséquent ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles. Ainsi, l’effet de « verrouillage sociotechnique » empêchant tout retour en arrière n’est pas encore pleinement là avec les IAg et il est encore effectivement possible d’exercer un refus.

    Engagements

    Nous, membres de l’ESR et de l’EN signataires de ce manifeste nous engageons à :

    – adopter face au déploiement des IAg dans nos institutions une posture d’objection de conscience. Face à un phénomène qui nous dépasse mais dont nous savons qu’il est mortifère, nous choisissons d’opposer un refus net, indiscutable, et politique parce qu’il est partagé : nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives. Nous refuserons, autant que nos situations individuelles nous le permettent, de participer à des projets ou à des activités qui les mobilisent (enregistrement et compte-rendu automatique de réunion ; activité pédagogique ; formation à l’usage, fût-il qualifié de raisonné ou éthique, etc.). À tout le moins, nous exprimerons publiquement notre malaise profond face à ces pratiques. Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. S’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être.

    – afficher dans nos activités, nos signatures mails, nos publications, nos diaporamas, etc. notre ralliement à ce manifeste via un logo et/ou le lien vers le présent texte. L’enjeu est de ne jamais laisser l’IAg apparaître dans nos milieux professionnels « comme si de rien n’était » et d’afficher partout dans nos sphères d’activité que « cela ne va pas de soi ». Parvenir à ouvrir des discussions sur le sujet par cet affichage permettrait déjà d’éviter une banalisation qui, dans des institutions prescriptrices comme les nôtres, se confond avec de la promotion.

    – promouvoir autant que possible une réflexion collective sur la place du numérique dans nos institutions. Si les arguments que nous opposons au déploiement de l’IAg nous permettent en effet de refuser une nouvelle « escalade numérique », nous savons également que le système sociotechnique du numérique dans son ensemble est sujet aux mêmes questionnements. Le « stop » opposé à l’IAg pourrait ainsi être l’ouverture d’une séquence d’évaluation de nos dépendances plus générales à un système problématique, qui permette de s’engager vers la « sobriété numérique »[4] en vue d’aboutir à un numérique effectivement soutenable.

    [1]Les IA génératives constituent un type particulier de système d’Intelligence Artificielle, destiné à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM pour Large Language Model) entraînés sur de vastes corpus de données.

    [2]Une bibliographie indicative est proposée en fin de document.

    [3]Celles et ceux qui souhaitent des éléments de discussions plus précis sur ce type d’arguments (l’IA « souveraine », l’IA « sobre », la « praticité », l’IAg « inéluctable », etc.) pourront par exemple consulter le texte « Oui mais l’IAg… » publié sur le site web de l’Atécopol de Toulouse.

    [4]Pour aller plus loin sur ce sujet voir : affiche 10 de l’exposition « Pour la sobriété numérique dans l’ESR » (https://www.irit.fr/exposition-sobriete-numerique).

    –-
    Voici deux logos qui permettront aux signataires d’afficher leur adhésion à cette position. Chacun·e est invité·e à choisir le logo qui lui convient en fonction du contexte et/ou de ses préférences.

    https://atecopol.hypotheses.org/13082
    #intelligence_artificielle #résistance #éducation #ESR #université #enseignement #limites_planétaires #extractivisme #néo-colonialisme #désobéissance

  • L’obiezione è un’incoscienza. Se non vuoi praticare aborti, puoi fare il dermatologo.

    Pochi giorni fa è stata data notizia che a luglio un medico obiettore di Napoli è stato licenziato dalla Asl in cui lavorava dopo che si è rifiutato di prestare cure mediche a una donna alla 18esima settimana di gravidanza. La donna è arrivata al presidio in travaglio, con il feto già privo di battito cardiaco e necessitava di un aborto farmacologico, che il ginecologo non ha voluto praticare appellandosi all’obiezione di coscienza. La paziente è stata salvata da un altro medico, chiamato di urgenza da un’ostetrica. L’Asl di Napoli ha licenziato l’obiettore per omissione di assistenza, e presto il caso passerà alla Procura e all’Ordine dei Medici. In Italia, 7 ginecologi che operano negli ospedali su 10 sono obiettori. La percentuale di obiezione supera l’80% in ben sette regioni, arrivando al 96,9% in Basilicata, senza contare gli anestesisti (48.8%) e il personale non medico (44%). A questo si aggiunge la galassia sommersa di “farmacisti obiettori”. Le virgolette sono obbligatorie, dato che secondo la legge 194/78 (la legge che ha depenalizzato l’aborto in Italia, promulgata nel 1978), “L’obiezione di coscienza esonera il personale sanitario ed esercente le attività ausiliarie dal compimento delle procedure e delle attività specificamente e necessariamente dirette a determinare l’interruzione della gravidanza”. Ma, come specificato dall’OMS, la pillola del giorno dopo e dei cinque giorni dopo – che spesso i farmacisti si rifiutano di vendere adducendo fantasiose giustificazioni su ricette mancanti (che non sono obbligatorie per le maggiorenni) o il grande classico: “Mi spiace ma l’abbiamo finita”, guarda caso quando serve a te – non ha alcun effetto abortivo, pertanto l’obiezione non si può applicare. In Germania gli obiettori sono il 6%, in Francia il 3% mentre in Svezia e in Finlandia non esistono nemmeno.

    Il problema dell’obiezione di coscienza è che rende molto difficile per una donna ottenere l’IVG (interruzione volontaria di gravidanza) entro i tempi previsti dalla legge, cioè entro 90 giorni dal concepimento, conteggiati dal primo giorno dell’ultima mestruazione. Posto che non tutte le donne si accorgono subito di essere incinte e che la legge prevede la cosiddetta “pausa di riflessione” di sette giorni tra il rilascio del certificato medico che autorizza l’IVG e la conferma dell’appuntamento, tre mesi non sono poi così tanti, soprattutto se tutto questo percorso già abbastanza complesso da un punto di vista psicologico e pratico viene ostacolato da medici, infermieri, psicologi, personale sanitario e sistema burocratico. Per non parlare di quelli che si mettono fuori dagli ospedali o dalle università con vangeli, immagini di feti photoshoppati male e crocifissi per terrorizzare le donne che vogliono praticare un aborto. Per quanto la legge 194 tuteli l’obiezione di coscienza, essa sancisce chiaramente che “Gli enti ospedalieri e le case di cura autorizzate sono tenuti in ogni caso ad assicurare l’espletamento delle procedure”. Questo, però, spesso non avviene. L’antropologa Silvia De Zordo ha condotto una ricerca negli ospedali di Roma e Milano per cercare di spiegare le cause della diffusione dell’obiezione di coscienza in Italia. I motivi religiosi, infatti, giustificano solo in parte questo fenomeno. La religione cristiana, ponendo l’accento sulla sacralità della vita sin dal concepimento, equipara l’aborto all’omicidio. Ma in casi come quello di Napoli, l’ostinazione a preservare la vita del feto (per altro già privo di battito cardiaco) ha quasi causato il decesso della madre. La legge 194 protegge l’obiezione di coscienza, ma ancor più la sicurezza delle donne. È stata fatta innanzitutto per contrastare le tecniche di aborto clandestine, a cui le donne ricorrevano per disperazione e che prevedevano pratiche molto pericolose come l’inserimento di ganci nell’utero, l’intossicazione tramite farmaci o erbe velenose, che in molti casi potevano portare a infezioni, perforazioni e quindi a emorragie e non difficilmente alla morte. L’accesso a tecniche mediche sicure per interrompere la gravidanza ha salvato moltissime vite. Ci sono molte altre specializzazioni di medicina altrettanto remunerative che un medico obiettore può intraprendere, se non ha a cuore la vita delle persone che esistono già perché preferisce quelle che devono ancora nascere. Dopotutto, un cristiano ortodosso che considera immorale prelevare organi dai cadaveri non si specializza di certo in trapianti. Storicamente, l’obiezione di coscienza era un atto di coraggio per contrastare un divieto o una legge che si riteneva sbagliata, e le conseguenze potevano essere molto pesanti. Un uomo che rifiutava la leva obbligatoria, ad esempio, veniva punito come un disertore: in tempo di guerra, rischiava la fucilazione. In Italia, l’obiezione di coscienza diventa un diritto dal 1972, anno in cui viene introdotta la legge n. 772. Da questo momento il concetto cambia: il servizio civile (quindi il modo in cui si esercita l’obiezione) è un’alternativa al servizio militare, una scelta. Semplificando, il danno procurato alla collettività per non aver svolto la naja, veniva ripagato con un altro lavoro di utilità sociale. Nel caso dell’aborto, però, non c’è un’alternativa, ma soltanto un enorme squilibrio. Chi fa obiezione per l’aborto non offre un’alternativa all’IVG, ma sottrae a una donna un diritto che per legge le è garantito.

    Non solo: l’obiezione di coscienza del singolo ricade anche sulla gestione del lavoro dell’intero reparto, con conseguenze gravi anche sui non obiettori. L’IVG infatti è una pratica abbastanza semplice e monotona e viene considerata generalmente un lavoro poco gratificante. Questo è dovuto al fatto che i pochi ginecologi non obiettori si ritrovano a praticare da soli tutti gli aborti, che vengono percepiti come un lavoro “accessorio”, nonostante siano la pratica medico-ginecologica più diffusa dopo il parto. I medici intervistati da De Zordo aggiungono anche il fatto che manchi un’adeguata formazione sulle nuove tecniche di aborto, come la D&E (dilatazione ed evacuazione strumentale) che all’estero viene praticata in anestesia totale dopo la diciassettesima settimana, mentre in Italia si preferisce ancora il travaglio indotto, obbligando la donna a un parto che non vuole fare. In generale, secondo De Zordo, il lavoro dei ginecologi che esercitano nell’ambito prenatale enfatizza molto il ruolo del feto e dell’embrione, che diventa quasi l’unico “paziente” a discapito della madre. Per questo motivo, molti medici si avvicinano a posizioni obiettanti. In alcuni ospedali, poi, l’obiezione è una scelta di comodo. Molti medici non obiettori si sentono stigmatizzati o esclusi da parte dei colleghi anti-abortisti. Quando questi ultimi occupano posizioni di prestigio all’interno degli ospedali, la carriera dei non obiettori può arenarsi proprio sulla pratica dell’IVG. Negli ospedali del Nord Italia, ad esempio, gli esponenti cattolici hanno un potere vastissimo: gran parte della sanità lombarda è dominata dal gruppo Comunione e Liberazione, che in alcuni casi, come la discussione sull’adozione della pillola abortiva Ru486, ha interferito con le decisioni del Pirellone, allora guidato da Roberto Formigoni, esponente di CL. All’interno di sei strutture lombarde, inoltre, è presente una sede del Movimento per la vita che sulla porta espone un’immagine di un feto con la scritta: “Mamma, ti voglio bene, non uccidermi”. Molte donne hanno raccontato di essere state indirizzate nei loro uffici dopo aver richiesto un IVG in un ospedale pubblico.

    C’è poi la questione economica. L’IVG si può praticare in ospedali pubblici, gratuitamente, sia in cliniche private. Per la sanità pubblica, l’aborto non può rientrare nelle procedure ospedaliere intra moenia, cioè nelle prestazioni di libera professione erogate nelle strutture ambulatoriali dell’ospedale. Questo legittima molti medici a dichiararsi obiettori per il SSN, ma poi eseguire l’IVG a pagamento nei propri ambulatori. Secondo i medici intervistati da De Zordo ci sarebbe una situazione fuori controllo per quanto riguarda gli “obiettori di comodo” o “falsi obiettori”, e inserire l’aborto tra le pratiche intra moenia potrebbe effettivamente incentivare molti ginecologi obiettori per motivi non religiosi (quindi quelli che rinunciano a praticare IVG per non restare indietro con la carriera) a prestare questo servizio anche nelle strutture pubbliche. A quarant’anni dalla sua approvazione, la legge 194 dovrebbe essere aggiornata. Quel testo fu l’esito di una lunghissima negoziazione con le forze cattoliche, evidente sin dal primo articolo (“Lo Stato garantisce il diritto alla procreazione cosciente e responsabile, riconosce il valore sociale della maternità e tutela la vita umana dal suo inizio”). Le cose nel nostro Paese sono molto cambiate dal 1978: calano i cattolici praticanti, mentre aumentano gli obiettori e, come denuncia LAIGA (Libera Associazione Italiana Ginecologi per l’Applicazione della legge 194/78), l’età media dei non obiettori è alta e non sta avvenendo un ricambio generazionale. Questo perché, evidentemente, l’obiezione non è dettata tanto dalla coscienza, ma da interessi di altro tipo. L’obiezione andrebbe quindi regolamentata in modo chiaro e la specializzazione in ginecologia sconsigliata a chi non vuole praticare aborti: l’Italia ha già ricevuto due sanzioni dall’Unione Europea perché, nonostante la 194 imponga la garanzia del diritto all’IVG anche in presenza di medici obiettori, questo nei fatti non viene garantito. Una soluzione potrebbe essere quella di assicurare il 50% di personale non obiettore in tutte le strutture, oppure quella più drastica, già attuata dall’ospedale San Camillo di Roma, di non assumere medici obiettori. Finché avremo questo governo, pensare di cambiare la legge è un’idea un po’ troppo ottimistica. Visto l’attuale clima reazionario, ultracattolico e nemico dei diritti, è già tanto se riusciremo ancora ad avere diritto all’interruzione di gravidanza.

    https://thevision.com/attualita/aborto-obiettore-di-coscienza

    #IVG #femmes #Italie #statistiques #objection_de_conscience #médecine #chiffres #interruption_volontaire_de_grossesse #santé #accès #accès_aux_soins #gynécologie #pharmaciens #loi #legge_194/78 #avortement #religion #hôpitaux #comunione_e_liberazione #CL #movimento_per_la_vita

  • Die Neue Generation (1923) : Les objecteurs de conscience en #Autriche
    https://www.partage-noir.fr/die-neue-generation-1923-les-objecteurs-de-conscience-en
    https://www.partage-noir.fr/IMG/arton1148.jpg?1660746262

    Avant la [première] guerre mondiale, le mouvement antimi­litariste était relativement peu étendu en Autriche ; si, sous la terrible pression du militarisme, il ne se trouvait que peu d’hom­mes pour refuser d’être ses es­claves, il faut plus s’étonner du courage de ces quelques-uns que de leur petit nombre. #Anarchisme_et_Non-Violence_n°16_-_Janvier_-_Février_1969

    / Rudolf Grossmann (Pierre Ramus) , Autriche, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche radicale]

    #Rudolf_Grossmann_Pierre_Ramus_ #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale]
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/anv-n16-2.pdf

  • Et si on osait la paix ? Le pacifisme en Belgique d’hier à aujourd’hui | Expositions

    http://expositions.mundaneum.org/fr/expositions/et-si-osait-la-paix-le-pacifisme-en-belgique-dhier-aujourdhui

    Dossier pédagogique :

    http://expositions.mundaneum.org/sites/default/files/pdf/pedagogique/dossier_-_et_si_on_osait_la_paix.pdf

    

    

    On commémore régulièrement les Belges qui ont versé leur sang pendant la guerre, mais qui se souvient de ceux et celles qui ont lutté pour la paix ? Combien se rappellent que la Belgique compte quatre prix Nobel de la paix (dont Henri La Fontaine) ? Que des pacifistes belges ont largement contribué à la création d’institutions internationales visant à empêcher les conflits ? Que, dans les années 1980, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté contre les missiles nucléaires ? Que de nombreuses guerres (Corée, Vietnam, Irak…) ont suscité des mobilisations citoyennes ?

    #images #propagande #manipulation #guerre #paix #conflits

  • Les anarchistes : les activistes les plus importants de la gauche juive israélienne

    À la différence du mouvement anarchiste global, les anarchistes israéliens axent leur activisme sur la désobéissance civile et la non-violence : refus de servir dans l’armée, blocage de routes, boycotts et détentions volontaires. Avec ces actions, ils en paient personnellement un prix élevé.

    Bien que je sois en désaccord avec eux et que leur dogmatisme ne me plaise pas, je suis convaincu que les anarchistes forment le groupement de gauche le plus important d’Israël de ces dernières décennies. Nombre de personnes qui, il y a quelques années, caquetaient contre eux leur apportent aujourd’hui leur soutien. Comme l’a écrit cette semaine un activiste sur Facebook : « S’il y avait autant d’anarchistes que le prétendent les idiots du Parlement, il y aurait beaucoup moins d’idiots au Parlement. »

    http://florealanar.wordpress.com/2014/07/30/les-anarchistes-les-activistes-les-plus-importants-de-la-gauc

    #Israël #Palestine #Anarchistes_contre_le_mur

  • Disparition d’un des derniers collaborateurs de Heisenberg

    Deutscher Physiker Hans-Peter Dürr gestorben - Welt - derStandard.at › Wissenschaft
    http://derstandard.at/2000001363510/Deutscher-Physiker-Hans-Peter-Duerr-gestorben


    Dürr dénoncait sans relache la folie de la course à l’armement et contribuait beaucoup á la propagation des connaissances nécessaires pour une critique des centrales nucléaires. Ses efforts étaitent récompensés par l’attribution du prix Nobel de la paix au mouvement Pugwash dont il était membre.

    München - Der Physiker Hans-Peter Dürr ist tot. Der Träger des Alternativen Nobelpreises starb am Sonntag in München im Alter von 84 Jahren, wie die Right Livelihood Award Foundation mitteilte, die den Preis 1987 an Dürr verliehen hatte.

    Dürr habe die Verantwortung der Wissenschaft für Frieden, Ökologie und globale Gerechtigkeit betont und sei zu einer wichtigen Stimme in der Abrüstungsdebatte der 1980er-Jahre geworden, hieß es. Zu Dürrs Schwerpunkten zählten die Quantenphysik und die Elementarteilchenphysik.

    Mouvement Pugwash
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_Pugwash

    Le Mouvement Pugwash est le nom abrégé de Pugwash Conferences on Science and World Affairs, un mouvement international, dont la branche française est l’Association Française pour le Mouvement Pugwash. C’est une organisation internationale qui rassemble des personnalités des mondes universitaire et politique pour tendre à réduire les dangers de conflits armés et de rechercher des parades aux menaces contre la sécurité mondiale. Il a été fondé en 1957 par Józef Rotblat et Bertrand Russell à Pugwash (Nouvelle-Écosse), Canada, à la suite de la parution du manifeste Russell-Einstein en 1955.

    Hans-Peter Dürr
    http://de.wikipedia.org/wiki/Hans-Peter_D%C3%BCrr

    1958 bis 1976 war Dürr Mitarbeiter von Werner Heisenberg, der einen großen Einfluss auf ihn ausübte. Er war sein engster Mitarbeiter bzgl. Heisenbergs Projekt eines Versuchs der Aufstellung einer vereinheitlichten Feldtheorie der Elementarteilchen.

    ...

    Dürr gründete am 27. Januar 1987 in Starnberg den eingetragenen Verein ‚Global Challenges Network e. V‘ (kurz ‚GCN e. V‘, englisch frei übersetzt für „Netzwerk für weltweite Herausforderungen“). Der Verein soll ein Netz aus Unternehmen und Gruppen knüpfen, die konstruktiv und gemeinsam „an der Bewältigung der Probleme arbeiten, die uns und damit unsere natürliche Umwelt bedrohen“. Im selben Jahr wurde er „in Anerkennung seiner fundierten Kritik der Strategischen Verteidigungsinitiative und seiner Arbeit, hochentwickelte Technologien für friedliche Zwecke nutzbar zu machen“, mit dem Right Livelihood Award ausgezeichnet. Außerdem erhielt die wissenschafts- und forschungskritische internationale Gruppe Pugwash, der er angehörte, im Jahr 1995 den Friedensnobelpreis.

    Werner Heisenberg
    http://de.wikipedia.org/wiki/Werner_Heisenberg

    Zu seinen Assistenten und Doktoranden zählen Felix Bloch, Rudolf Peierls, Hans Euler, Erich Bagge, Guido Beck, Șerban Țițeica, Kurt Symanzik (in Göttingen), Edward Teller, Rudolf Schulten und Hans-Peter Dürr, mit dem er in den 1960er Jahren an seiner Einheitlichen Feldtheorie arbeitete. Enge Mitarbeiter und Kollegen waren auch die mit ihm befreundeten Carl Friedrich von Weizsäcker, Friedrich Hund und Wolfgang Pauli.

  • Une critique en acte du #Sionisme : les objecteurs de conscience
    http://www.vacarme.org/article2369.html

    Israël : société sans classe, soudée par le consensus sioniste, peuple en arme pour défendre sa terre ? S’il n’en a jamais été vraiment ainsi, le mouvement des objecteurs de conscience montre que des failles sont là, ouvertes, et de plus en plus visibles. Il montre, en résonance avec d’autres pratiques contestatrices, que l’emprise de l’idéologie dominante se délite. La normalisation de l’État israélien – souvent invoquée comme repoussoir au fait de considérer sérieusement l’existence, sur place, de (...)

    #Israël,_le_sionisme_en_miettes / #Dossiers, #Un_lieu, #Israël, Sionisme, #Objection_de_conscience, #Armée

  • Natan Blanc is currently serving his tenth term in an Israeli military prison for refusing to be drafted into the Israeli Army, for reasons of conscience.

    Amnesty International, War Resisters International, Yesh Gvul, New Profile, Gush Shalom, and Connection e.V. have initiated a petition calling for his release. Presently the petition is in English and German. Please sign and circulate

    English version:
    http://www.change.org/en-GB/petitions/immediately-and-unconditionally-release-conscientious-objector-natan-blanc-f

    German version:
    http://www.change.org/de/Petitionen/kriegsdienstverweigerer-natan-blanc-muss-unverz%C3%BCglich-und-bedingungslos


    If you are sending this to other people, here are some more details:

    Background:

    Natan Blanc, a 20-year old from Haifa, is currently serving his tenth term in an Israeli military prison for refusing to be drafted into the Israeli Army, for reasons of conscience. He was due to be inducted into the army on November 19, 2012, and was sentenced to 10 days in prison. Each time he was released from prison, he reported back to the induction center, and was sent back to prison. This has happened ten times, for a total of 178 days in prison. His current term, of 28 days, began on May 12, 2013.

    You can read more about it in the Guardian:
    http://www.guardian.co.uk/world/2013/may/13/israel-jail-conscientious-objector-natan-blanc

    or on the website: http://freenatanblanc.wordpress.com

    Natan explained that he is refusing to serve because he feels that the current situation, in which millions of Palestinians under occupation are denied elementary democratic rights over many years, is immoral. He believes that the Israel Defence Forces play a major role in preserving this situation, and says that his conscience does not allow him to be part of it.

    As far as we know, Natan is the first conscientious objector in the history of Israel who has been sentenced to ten consecutive terms in prison for the same offence.

  • Quand on remplit sa déclaration annuelle des revenus, si on est imposable, on devrait exprimer nos préférences sur l’utilisation de nos impôts. Par exemple, oui pour l’éducation, la santé, non pour la surveillance, l’agrobusiness. Rigole pas !
    Chaque année, au moment de payer la taxe professionnelle (qui s’appelle autrement maintenant) je reçois une lettre du directeur de l’école des Beaux-arts du Mans qui me demande de préciser aux impôts que je souhaite que ma contribution leur reviennent. Si si, c’est vrai. Dommage, je n’ai pas gardé les courriers.

    • Tu peux le faire (en partie) en faisant des dons à des associations pour lesquels l’Etat t’offre 67% de crédit d’impôt.

      Par ailleurs : Résistance fiscale - Wikipédia
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Résistance_fiscale#Objection_de_conscience

      Divers groupes travaillent à légaliser une forme d’#objection_de_conscience à l’#impôt militaire qui permettrait aux objecteurs de conscience de désigner leurs impôts pour n’être dépensés que sur les postes non-militaire du budget3,4.

      #armée #Etat #fisc

      Sur le fond : avec un tel système, plus tu es riche, plus ton poids dans les choix politiques serait important. Avec la démocratie égalitaire que l’on connaît actuellement ce n’est bien évidemment pas du tout le cas.

    • ce n’est tout à fait ça @fil. Quand tu fait un don à une association, 66% est déductible de tes impôts (c’est pas un crédit d’impôt, c’est différent). Plus tu fais des dons, moins tu paye d’impôts, moins il y a de services publiques... et plus on compte sur les asso pour remplir les obligations fondamentales que l’état néglige. Non ?

    • en effet l’approche, si elle devait être admise et se généraliser, serait anti-politique à plus d’un titre ; cela dit la démarche initiale reste très politique

    • Bonne remarque de @fil sur le principe : avec ce système, plus on est riche, plus on influence les choix politiques.

      Concernant les dons aux associations, qui peuvent être déductible de 66% à 75% en fonction des assos, c’est cependant dans la limite de 521 €.

    • La taxe professionnelle est devenue la contribution économique territoriale. En ce qui me concerne, le passage de l’une à l’autre a abouti à la diviser par 15. Pur cadeau électoral de Sarko aux indépendants…

      Ce que tu es libre de verser à un organisme habilité à le percevoir est la taxe d’apprentissage. En principe, il s’agit de financer l’apprentissage. Mais la définition en est assez large, ainsi, les écoles supérieures de commerce forment des « apprentis ». Si, si.

      Par exemple l’ESSEC a presque 30% de son budget couvert par la collecte de la taxe d’apprentissage.

      http://www.essec.fr/lessec/relations-entreprises/devenir-partenaire/taxe-dapprentissage.html

      L’ESSEC et les entreprises ont su tisser une longue histoire commune qui s’exprime par l’intensité des partenariats développés. En 2010-2011, la contribution des entreprises représente environ 30% du budget de l’ESSEC (hors formation permanente).

      (voir sur la même page les avantages si tu verses à l’ESSEC (accès à une BdD des CV des élèves…)

    • Les universités aussi, et en leur sein particulièrement les filières professionnelles (par ex. dans mon cas master d’urbanisme), cherchent activement à compléter leur budget par la taxe d’apprentissage. Laquelle n’est pas mutualisée entre filières d’un même établissement : si la filière de finances à Lyon 2 qui a formé Kerviel réussit à obtenir qqs dizaines de milliers d’euros pour payer des compléments de salaires aux banquiers professionnels qui viendront renforcer le corps enseignant en délivrant qqs petits trucs, les étudiants de géographie n’en verront pas la couleur...

    • @odilon Oui, en fait, c’est cadeau aux professions libérales, pas aux travailleurs indépendants.

      http://www.actuchomage.org/2010083111962/La-revue-de-presse/reforme-de-la-taxe-professionnelle-530-millions-d-pour-les-professions- (31/08/10)

      Quel coup de maître ! Comment offrir l’équivalent d’un bouclier fiscal invisible à une partie de vos électeurs sans éveiller l’attention des médias ? En réformant la taxe professionnelle !

      En effet, dans le cadre de l’instauration de la Contribution économique territoriale (CET) qui remplace la TP, le gouvernement s’apprête à accorder un cadeau fiscal de plus de 500 millions d’euros par an — soit l’équivalent du fameux bouclier fiscal — aux professions libérales (médecins, avocats, notaires, etc.) qui votent traditionnellement à droite. Une mesure qui a échappé à une grande partie de la presse.