• Entrave à la réparation : HOP dépose une plainte contre Apple
    https://www.actu-environnement.com/ae/news/depot-plainte-hop-contre-apple-appariement-pieces-detachee-entra

    Des pièces conformes non reconnues

    En cause : la « sérialisation », aussi appelée « appariement ». Cette pratique, explique HOP, consiste à associer les numéros de série des composants et périphériques à celui d’un iPhone, via, notamment, des micropuces. « Cette pratique touche, depuis peu, les pièces les plus fréquemment soumises aux pannes (écran, batterie, caméra…) », constate l’association.

    HOP explique avoir documenté des cas de réparations avec des pièces identiques et d’origine, mais non appariées, donc non reconnues par le mobile. « Des dysfonctionnements sont [alors] constatés », explique HOP, précisant que, parfois, ces derniers interviennent à l’occasion de mises à jour du système d’exploitation. « Ces pratiques portent atteinte non seulement au droit à la réparation, mais également au développement du recondition-nement de smartphones, dans la mesure où les appareils remis en circulation risquent de subir des dysfonctionnements actuels ou futurs. »

    #sérialisation #appariement #réparation #obsolescence_programmée

  • Lettre ouverte pour le droit d’installer n’importe quel logiciel sur n’importe quel appareil - FSFE
    https://fsfe.org/activities/upcyclingandroid/openletter.fr.html

    Lettre ouverte
    Le droit universel d’installer n’importe quel logiciel sur n’importe quel appareil
    [...]
    Nous, signataires de cette lettre ouverte :
    – reconnaissons que l’accès libre aux matériels et aux logiciels détermine pendant combien de temps ou à quelle fréquence un appareil peut être utilisé ou réutilisé ;
    – déclarons qu’une longévité et une réusabilité augmentées de nos appareils sont nécessaires pour une société numérique plus durable.

    C’est pourquoi nous demandons aux législateurs d’Europe de saisir l’opportunité historique en offrant une utilisation plus durable des produits et appareils électroniques avec un droit d’installer et d’exécuter tout logiciel sur tout appareil.
    À cette fin, nous demandons :
    – Que les utilisateurs aient le droit de choisir librement les systèmes d’exploitation et les logiciels tournant sur leurs appareils
    – Que les utilisateurs aient le droit de choisir librement les fournisseurs de services auxquels connecter leurs appareils
    – Que les appareils soient interopérables et compatibles avec les standards ouverts
    – Que le code source des pilotes, des outils et des interfaces soit publié sous licence libre

    Voir aussi :
    – la campagne « Upcycling Android » : https://fsfe.org/activities/upcyclingandroid/index.fr.html et la notion d’obsolescence logicielle : https://fsfe.org/activities/upcyclingandroid/index.fr.html#id-vaincre-lobsolescence-des-logiciels-avec-les-logiciels-libres
    – la notion de « Sustainability of Free Software » : https://fsfe.org/freesoftware/sustainability/sustainability.fr.html

    #open-source #réparabilité #android #recyclage #obsolescence_logicielle #Upcycling_Android

  • Comment renforcer la durabilité des produits en Europe | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/laetitia-vasseur/renforcer-durabilite-produits-europe/00103753

    Plusieurs récents rapports décèlent, un an après l’entrée en vigueur de la mesure, des biais à corriger en France et à ne pas reproduire en Europe pour éviter de faire de cet outil prometteur un simple gadget de #greenwashing. En particulier, les associations relèvent que les critères essentiels à la réparation comme la disponibilité des pièces, le coût des pièces et la démontabilité sont sous-représentés dans la note finale, à cause d’un jeu de compensation entre l’ensemble des critères. Il est, par exemple, possible d’obtenir une bonne note de réparabilité sans avoir de pièces détachées disponibles ! Pire encore, l’Europe semble vouloir évacuer un pilier fondamental pour les clients : le critère prix. Un fabricant pourrait alors communiquer une bonne note de réparabilité, alors que les pièces détachées nécessaires sont inabordables.

    Par ailleurs, l’Union européenne propose des mesures en faveur de la protection des consommateurs, qui paraissent positives, comme le renforcement de la transparence sur les garanties commerciales et l’obligation d’assortir des preuves à tout affichage écologique (afin d’éviter le greenwashing). Toutefois, ces bonnes intentions peuvent s’avérer contre-productives. Si vouloir mieux « informer » le consommateur mène à éviter de réguler directement les pratiques des fabricants, la Commission pourrait légitimer les pratiques d’#obsolescence au lieu d’y mettre un terme.

    En effet, les textes interdisent notamment le fait d’« omettre d’informer le consommateur de l’existence d’une caractéristique d’un bien introduite pour limiter sa durabilité ». Or, cette formule laisse penser que si le fabricant communique, plus ou moins visiblement, sur des pratiques d’obsolescence, celles-ci seraient alors légales ! Une logique aux antipodes de la volonté du législateur français de simplifier le délit d’obsolescence programmée depuis 2021 pour le rendre plus facilement applicable. A contre-courant aussi du défi environnemental qui attribue au renouvellement accéléré des produits une immense responsabilité quant au réchauffement climatique, au déclin des métaux et ressources premières, sans même évoquer l’accroissement des #déchets.

    #climat
    #ue

  • Plus beaux, plus blancs, plus polluants… Caroline Montpetit
    https://www.ledevoir.com/lire/722133/coup-d-essai-plus-beaux-plus-blancs-plus-polluants

    Ils ont atterri dans nos poubelles, portés par la publicité et ses mirages de propreté et d’individualité. Pourtant, paradoxalement, plus ils sont beaux et blancs, plus ils sont polluants. Ce sont ces objets jetables, gobelets, mouchoirs, téléphones, bâtons de déodorant, dont la philosophe française Jeanne Guien retrace l’histoire dans son dernier livre Le consumérisme à travers ses objets.


    Photo : Tobias Steinmaurer / APA via Agence France-Presse Le gobelet jetable est apparu aux États-Unis au milieu du XXe siècle, dans un contexte où les tasses communes étaient soupçonnées de transmettre des germes.

    À travers cette histoire, ce sont les fondements de notre consumérisme qu’elle traque, tels qu’ils sont conçus par une industrie sans cesse en quête de profits. Pour les atteindre, c’est l’individu qu’elle vise au cœur de son intimité. Et cette pseudo-propreté individuelle, du jetable et du parfumé, se fait trop souvent, on le voit avec la crise environnementale, au prix de la santé et du bien-être collectif.

    « Le consumérisme est quelque chose de très individuel, confirme-t-elle en entrevue. C’est d’abord l’individu qui agit. » La publicité s’adresse à « vous, à votre corps, à votre famille », et non à la société dans son ensemble. « Dans un monde comme cela, la pensée politique devient individualité. »

    Pour Jeanne Guien, le consumérisme n’est cependant pas « tant le vice moral de sociétés gâtées qu’une affaire de production et de conception ». Et c’est en décryptant comment le marché et la publicité ont créé ces besoins qu’elle laisse voir la possibilité de s’en libérer.

    Pour chaque objet analysé, l’autrice retrace les contextes et surtout les peurs qui ont porté son apparition, puis sa consommation.

    Le gobelet jetable, par exemple, est apparu aux États-Unis au milieu du XXe siècle, dans un contexte où les tasses communes, qui étaient accrochées par exemple aux fontaines d’eau, étaient soupçonnées de transmettre des germes.

    En 1910, l’Individual Drinking Cup Company (IDCC) lance d’abord le « gobelet public », puis le « gobelet individuel », puis le « gobelet sanitaire », prisé durant l’épidémie de grippe espagnole. « Toujours plus de propreté impliquait toujours plus de matière : des gobelets jetables, des pailles jetables, des emballages jetables », écrit-elle.

    Des besoins inventés
    Ce que Jeanne Guien démontre, c’est qu’il n’y avait pas de demande préexistante à l’apparition de ces objets. En France, au XVIIe siècle, « le peuple se mouchait avec ses doigts ou sa manche, les nobles avec un foulard ». Le mouchoir jetable, ancêtre du Kleenex, a pour sa part été conçu au Japon. Les nobles s’y mouchaient en effet dans du papier de soie dès le IXe siècle, nous dit-elle.

    En 1930, une publicité américaine de Kleenex affirme que « Kleenex remplace les mouchoirs en tissu chez les gens progressistes ». Après avoir ciblé les femmes riches qui se servaient des mouchoirs jetables pour se démaquiller, Kleenex lance son Mansize, pour conquérir le marché masculin. Et puis, pourquoi reculer devant la manne d’un public plus large ? Les mouchoirs jetables sont désormais présentés comme des produits « “pratiques et essentiels”, comme des objets quotidiens dans toutes les maisons ».

    Plus encore que la nécessité, c’est la peur qui est souvent mise en avant pour justifier la vente d’un nouveau produit. En entrevue, Jeanne Guien cite en exemple le cas des déodorants. En 1912, à une époque où les gens considéraient que le fait de se laver avec de l’eau était amplement suffisant comme mesure d’hygiène, une agence de publicité a l’idée de convaincre les femmes qu’elles pourraient faire souffrir leur entourage de l’odeur de leur transpiration sans s’en rendre compte.

    « Ce type de publicité, surnommé “campagne de la honte” ou “de la peur” devint un modèle par la suite : à travers le monde, on le retrouve dans les publicités pour le savon, le dentifrice, les déodorants vaginaux et même le papier à lettres… », écrit-elle.

    Indispensables téléphones
    Sans être immédiatement jetables, mais au moins aussi polluants, les téléphones intelligents ont fait l’objet d’une « diffusion rapide et massive, à un point unique dans l’histoire des techniques ». Grâce à l’effet de réseau systémique, « l’objet devient en soi un moyen d’intégration, ou d’exclusion ».

    « Dans certains pays, comme en Chine, il est nécessaire d’avoir un téléphone intelligent pour prendre les transports en commun », relève-t-elle.

    Experte de l’obsolescence programmée, Jeanne Guien met le lecteur en garde contre les multiples voies d’évitement en matière de réduction de la surconsommation.

    Prévient-on vraiment la surconsommation, par exemple, en mettant en marché un steak végétarien ? Soigne-t-on vraiment l’environnement en remplaçant, comme l’a fait McDonald’s dans les années 1990, le polystyrène par du carton ? Pourquoi ne pas carrément réduire l’usage du plastique plutôt que de compter sur son recyclage ? Les lois sur l’obsolescence programmée, comme celle qui est en vigueur en France, devraient-elles être plus largement appliquées ?

    Le greenwashing , largement pratiqué par les entreprises pour obtenir une acceptabilité environnementale douteuse, mériterait également d’être condamné, dit-elle. « Kleenex et Pornhub ne pourront jamais remplacer une forêt boréale en plantant des monocultures arboricoles. Ce discours est d’autant plus absurde que ces monocultures servent en général à la production », écrit-elle à titre d’exemple. Autre exemple ; un déodorant dit « bio efficace », qui a échoué au test d’innocuité « pour les femmes enceintes, les adultes, enfants et les adolescents, autrement dit pour tout le monde », écrit-elle.

    « Il faudrait pouvoir légiférer sur les contenus publicitaires », dit-elle en entrevue. « S’il n’y a pas de loi, les entreprises ne feront pas les choses par elles-mêmes. » Dans ce rapport publicitaire qui lie directement les entreprises et le grand public, les forces en cause sont pour l’instant déséquilibrées, et les intermédiaires ne sont pas au rendez-vous.

    #jetables #consumérisme #publicité #kleenex #peurs #déodorants #smartphones #obsolescence_programmée #surconsommation #plastiques #greenwashing #bio_efficace

    • Le consumérisme à travers ses objets Jeanne Guien
      https://www.editionsdivergences.com/livre/le-consumerisme-a-travers-ses-objets

      Qu’est ce que le consumérisme ? Comment s’habitue-t-on à surconsommer, au point d’en oublier comment faire sans, comment on faisait avant, comment on fera après ? Pour répondre à ces questions, Jeanne Guien se tourne vers des objets du quotidien : gobelets, vitrines, mouchoirs, déodorants, smartphones. Cinq objets auxquels nos gestes et nos sens ont été éduqués, cinq objets banals mais opaques, utilitaires mais surchargés de valeurs, sublimés mais bientôt jetés. En retraçant leur histoire, ce livre entend montrer comment naît le goût pour tout ce qui est neuf, rapide, personnalisé et payant. Car les industries qui fabriquent notre monde ne se contentent pas de créer des objets, elles créent aussi des comportements. Ainsi le consumérisme n’est-il pas tant le vice moral de sociétés « gâtées » qu’une affaire de production et de conception. Comprendre comment nos gestes sont déterminés par des produits apparemment anodins, c’est questionner la possibilité de les libérer.


      JEANNE GUIEN , ancienne élève de l’École normale supérieure, est docteure en philosophie et agrégée. En 2019, elle a soutenu une thèse à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne consacrée à la notion d’obsolescence, étudiant l’histoire des débats autour de la durée de vie des moyens de production et des biens de consommation. Membre du CETCOPRA et du LISRA, co-organisatrice du séminaire Deuxième vie des objets (Mines, EHESS), elle conduit également des expériences de recherche-action concernant les biffins (récupérateurs de rue en Ile-de-France), le freeganisme (récupération alimentaire), la collecte municipale des déchets et l’antipub. Elle anime également une émission radio et un blog sur médiapart afin de médiatiser certains enjeux sociaux et politiques liés au déchet : condition de travail des éboueurs et des biffins, politiques d’ « économie circulaire », injustices environnementales en France, répartition inégale de l’étiquette « écologiste » dans les luttes et les mouvements sociaux.

  • Onze conteneurs à puce cassés par l’inondation à Verviers : les dépôts d’ordures sauvages se multiplient

    Au centre de Verviers, l’inondation a cassé les conteneurs à puce. Il n’est plus possible pour les citoyens d’y déposer leurs ordures. Onze de ces conteneurs enterrés sont hors-service confirme l’intercommunale Intradel. L’eau et l’électronique, ça ne va pas ensemble.

    . . . . . .
    A côté de chacun de ces conteneurs, nous constaterons que des sachets d’ordures sont abandonnés.
    . . . . .
    L’inondation, c’était déjà il y a trois mois. Les citoyens ont le droit d’avoir accès à un système qui fonctionne. Ici, ils sont en train de prendre de mauvaises habitudes."
    . . . . .
    Onze conteneurs collectifs à badge sont bloqués. Intradel ne peut pas dire quand ils seront réparés ou remplacés. Le fournisseur n’a pas ça de stock. En attendant, pour faire face à ce qui ressemble de plus en plus à des dépôts clandestins, la ville de Verviers fait circuler un camion qui ramasse les sacs abandonnés à côté des conteneurs cassés.
    . . . . .
    Pénurie de composants, réparation retardée
    . . . . . Les délais de remplacement sont longs. Trop longs du point de vue des usagers. Mais d’un autre côté, une réparation ne se ’décrète’ pas. Les pièces électroniques se sont raréfiées sur le marché après la crise sanitaire. Nous avions déjà des problèmes à cause de ça pour réparer les conteneurs en panne avant l’inondation. J’appelle très régulièrement Intradel pour obtenir cette réparation." L’échevin accepterait même, pour l’accélérer, une réparation provisoire avec des conteneurs qui, pendant un temps limité, ne pèseraient plus les poubelles qu’y déposent les citoyens.

    #Belgique #déchets #pollution #environnement #recyclage #écologie #plastique #pollutions_ #it_has_begun #obsolescence #obsolescence_programmée #technologisme #économie #innovation #puces

  • Onze conteneurs à puce cassés par l’inondation à Verviers : les dépôts d’ordures sauvages se multiplient

    Au centre de Verviers, l’inondation a cassé les conteneurs à puce. Il n’est plus possible pour les citoyens d’y déposer leurs ordures. Onze de ces conteneurs enterrés sont hors-service confirme l’intercommunale Intradel. L’eau et l’électronique, ça ne va pas ensemble.

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    A côté de chacun de ces conteneurs, nous constaterons que des sachets d’ordures sont abandonnés.
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    L’inondation, c’était déjà il y a trois mois. Les citoyens ont le droit d’avoir accès à un système qui fonctionne. Ici, ils sont en train de prendre de mauvaises habitudes."
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    Onze conteneurs collectifs à badge sont bloqués. Intradel ne peut pas dire quand ils seront réparés ou remplacés. Le fournisseur n’a pas ça de stock. En attendant, pour faire face à ce qui ressemble de plus en plus à des dépôts clandestins, la ville de Verviers fait circuler un camion qui ramasse les sacs abandonnés à côté des conteneurs cassés.
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    Pénurie de composants, réparation retardée
    . . . . . Les délais de remplacement sont longs. Trop longs du point de vue des usagers. Mais d’un autre côté, une réparation ne se ’décrète’ pas. Les pièces électroniques se sont raréfiées sur le marché après la crise sanitaire. Nous avions déjà des problèmes à cause de ça pour réparer les conteneurs en panne avant l’inondation. J’appelle très régulièrement Intradel pour obtenir cette réparation." L’échevin accepterait même, pour l’accélérer, une réparation provisoire avec des conteneurs qui, pendant un temps limité, ne pèseraient plus les poubelles qu’y déposent les citoyens.

    #Belgique #déchets #pollution #environnement #recyclage #écologie #plastique #pollutions_ #it_has_begun #obsolescence #obsolescence_programmée #technologisme #économie #innovation #puces

  • Les basses fringues Robin des bois
    https://robindesbois.org/les-basses-fringues

    La Fashion week [la semaine de la mode] déploie ses fastes, ses flashs, son buzz et ses défilés jusqu’au mardi 5 octobre. Ça clinque à Paris.

    En Afrique, c’est toute l’année le défilé des vêtements à obsolescence programmée, des soutiens-gorge fatigués et des godasses éculées. Ça coince en Afrique.

    L’Afrique est la principale bénéficiaire de la charité organisée et imposée par les économies occidentales et depuis quelques années chinoise.

    La marée des vêtements hors d’usage déferle. De la Mauritanie au Kenya, tout le continent est touché.


    Marché de Kantamanto, Accra, Ghana © The OR Foundation


    Nairobi, Kenya. © Caitriona Rogerso

    L’impérialisme de l’aide humanitaire et de l’alibi « ça pourra toujours leur servir à quelque chose » commence à lasser. Les populations ne sont plus sous le charme des balles de troisième choix qui les submergent et dont chacune rapporte 50 à 100 € aux exportateurs.

    Paul Kagamé, président du #Rwanda, a lancé en 2016 une fusée éclairante en déclarant que l’invasion des vêtements usagés était une atteinte à la dignité. Le Rwanda a imposé une taxe douanière de 5 US$ par kg de fripe importée. Les USA ont violemment réagi en rayant en 2018 le Rwanda de la liste des pays bénéficiaires de l’AGOA (African Growth Opportunity Act). L’AGOA permet des relations de libre-échange entre les USA et les pays africains. Les USA exportent pour environ 700 millions de dollars de vêtements usagés chaque année. Cette exportation massive présente l’avantage d’éviter de gérer des déchets solides, encombrants, combustibles et polluants. La destination dominante est l’Afrique. C’est sur le dos de l’Afrique que les USA font des économies.

    La France n’est pas en reste. En 2020, malgré la paralysie de la logistique internationale, elle a exporté plus de 130.000 tonnes de déchets textiles en direct ou via la Belgique, les Pays-Bas, la Tunisie, le Maroc et les Emirats arabes unis. Les statistiques douanières ne reflètent que le commerce légal. Interpol constate à l’occasion d’opérations spéciales coordonnées entre les administrations douanières de plus de 70 pays que les vêtements usagés et accessoires de mode sont après les plastiques et les déchets métalliques la troisième catégorie de déchets à faire l’objet de contrebande. En 2020, les douanes de Lagos, Nigeria, ont saisi 3047 balles de vêtements usagés, 86 de sacs à main usagés et 35 de chaussures usagées.

    Arrivés en Afrique, 2 articles sur 3 sont considérés comme inutilisables. Ils vont en décharge, sont jetés au bord des routes, érigent des falaises visitées par les vaches et les marabouts et se répandent dans les lagons et sur les plages. Les incendies à ciel ouvert sont fréquents et persistants. Ils produisent des fumées et des imbrûlés toxiques en décomposant les teintures chimiques et en brûlant des tissus synthétiques d’origine pétrochimique.


    Décharge de Dandora, Nairobi, Kenya © Caitriona Rogerson


    Lagune de Korle, Accra, Ghana Capture d’écran ABC


    Plage à Accra, Ghana © The OR Foundation

    Les experts africains de la friperie constatent une dégradation rapide de la qualité des déchets importés. Sauf des perles rares comme quelques jeans ou chemises qui ont échappé à la revente en Europe ou aux Etats-Unis ou encore des t-shirts à l’effigie de stars du football, les vêtements usagés ne soulèvent plus l’enthousiasme. Le prêt-à-porter est devenu un prêt-à-jeter.

    Le fondateur du Relais, le plus gros collecteur de textiles usagés en France, est du même avis. La « crème » revendable en France est tombée de 8 à 5 % en quelques années. Elle est captée par la vente via l’Internet, par les boutiques et les chaînes vintage. Même les grands magasins du boulevard Haussmann à Paris s’y mettent. Les lots à destination de l’Afrique vont encore s’appauvrir.
    En Afrique, les arrivages de déchets textiles hors d’usage posent les même problèmes environnementaux, sanitaires et sociaux que les déchets électroniques. Les entreprises locales du secteur textile et de l’habillement ont disparu. Les importations massives de vêtements usagés les ont tuées.

    . . . . . la suite : https://robindesbois.org/les-basses-fringues

    #Fashion_week #pollution de l’#Afrique #obsolescence_programmée #aide_humanitaire #impérialisme #dignité #déchets #déchets_textiles #décharges #éco-organisme

    • Quelques chiffres
      2018. Importation de vêtements usagés au Kenya : 176.000 tonnes (source : Comtrade Database).
      2018. Importation de vêtements usagés au Ghana : 134.000 tonnes (source : Comtrade Database).
      2018. Exportation depuis la France de près de 90% des textiles « réutilisables » dont la plupart en Afrique (Source : rapport CGEDD/CGE, juillet 2018)
      2019. Marché mondial des vêtements usagés : 4,46 milliards d’US$ (source : The Observatory of Economic Complexity).
      2019. Importation de vêtements usagés au Ghana : 250.000 tonnes (sources : Comtrade Database et The Observatory of Economic Complexity).
      2020. Arrivées hebdomadaires dans le port de Tema (Ghana) de 15 millions de vêtements répartis dans plus de 100 conteneurs. 40% partent immédiatement dans les décharges (Source : OR Foundation).
      2020. Exportation depuis la France de 95% des textiles et chaussures « réutilisables » sous la tutelle de Refashion.

  • Ending over mending: planned obsolescence is killing the planet | Technology | The Guardian
    http://www.theguardian.com/commentisfree/2021/mar/17/ending-over-mending-planned-obsolescence-is-killing-the-planet

    In his novel Brave New World, Aldous Huxley writes of a society in which recorded voices subliminally prepare babies for their future role as consumers.

    “I do love flying, I do love having new clothes,” they whisper. “But old clothes are beastly. We always throw away old clothes. Ending is better than mending. Ending is better than mending.”

    Huxley depicts a dystopia. But the slogans he describes might equally apply to common products today.

    #obsolescence_programmée #résister #resistance

  • Contre l’obsolescence des smartphones et des machines à laver, l’indice de réparabilité devient obligatoire
    https://reporterre.net/Contre-l-obsolescence-des-smartphones-et-des-machines-a-laver-l-indice-d

    Depuis le 1er janvier, un indice de réparabilité doit figurer sur les descriptifs de cinq appareils, dont les smartphones et les machines à laver. Objectif : inciter les consommateurs à choisir des produits durables et les fabricants à privilégier l’écoconception. Reste à veiller à ce qu’il tienne ses promesses. Le smartphone que l’on est contraint d’abandonner parce que les mises à jour ont été arrêtées sur ce modèle. La machine à laver indémontable dont seule une pièce est usée, qui finit à la benne. Le (...)

    #smartphone #écologie #technologisme #obsolescence

  • Construire pour durer ? Des limites de la robustesse face à l’austérité
    https://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/construire-pour-durer-des-limites-de-la-robustesse-face-a-lausterite

    En avril, alors que la pandémie s’abattait sur les États-Unis et que le chômage explosait, extrêmement brutalement, nombre de services en ligne d’assurance chômage américains se sont effondrés sous la demande. Plusieurs de ces services en crise ont rejeté la responsabilité sur leurs systèmes informatiques vieillissants, soi-disant obsolètes, écrits en COBOL, un langage de programmation né à la fin des années 1950. Le gouverneur du New Jersey a même tenu une conférence de presse pour mobiliser en urgence des (...)

    #obsolescence #COVID-19 #santé

    ##santé
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  • Built to Last
    https://logicmag.io/care/built-to-last

    When overwhelmed unemployment insurance systems malfunctioned during the pandemic, governments blamed the sixty-year-old programming language COBOL. But what really failed ? At the time of this writing, in July 2020, the COVID-19 pandemic has killed over 133,000 people in the United States. The dead are disproportionately Black and Latinx people and those who were unable, or not allowed by their employers, to work remotely. During the pandemic, we’ve seen our technological infrastructures (...)

    #obsolescence #sexisme #COVID-19 #santé #technologisme

    ##santé
    https://images.ctfassets.net/e529ilab8frl/tRbxY0DnXIP6QE7RBrNB9/8ae1e1cf7b4d7530e4d3500a154001dc/mar-hicks.png

    • Excerpt :

      Many of these men fancied themselves to be a cut above the programmers who came before, and they often perceived COBOL as inferior and unattractive, in part because it did not require abstruse knowledge of underlying computer hardware or a computer science qualification.

      Consciously or not, the last thing many male computer scientists entering the field wanted was to make the field easier to enter or code easier to read, which might undermine their claims to professional and “scientific” expertise.

      In a broader sense, hating COBOL was—and is—part of a struggle between consolidating and protecting computer programmers’ professional prestige on the one hand, and making programming less opaque and more accessible on the other. There’s an old joke among programmers: “If it was hard to write, it should be hard to read.” In other words, if your code is easy to understand, maybe you and your skills aren’t all that unique or valuable. If management thinks the tools you use and the code you write could be easily learned by anyone, you are eminently replaceable.

      one contemporary programmer, who works mainly in C++ and Java at IBM, told me, “Every new programming language that comes out that makes things simpler in some way is usually made fun of by some contingent of existing programmers as making programming too easy—or they say it’s not a ‘real language.’”

      “It’s about gatekeeping, and keeping one’s prestige and importance in the face of technological advancements that make it easier to be replaced by new people with easier to use tools.” Gatekeeping is not only done by people and institutions; it’s written into programming languages themselves.

      modern computing has started to become undone, and to undo other parts of our societies, through the field’s high opinion of itself, and through the way that it concentrates power into the hands of programmers who mistake social, political, and economic problems for technical ones, often with disastrous results.

      In order to care for technological infrastructure, we need maintenance engineers, not just systems designers—and that means paying for people, not just for products.

      Older systems have value, and constantly building new technological systems for short-term profit at the expense of existing infrastructure is not progress. In fact, it is among the most regressive paths a society can take.

      The blessing and the curse of good infrastructure is that when it works, it is invisible: which means that too often, we don’t devote much care to it until it collapses.

    • Don’t Toss It, Fix It! Europe Is Guaranteeing Citizens the “Right to Repair” | 2021-01-11

      The EU is restricting products designed to be unfixable, forcing companies to change their ways.

      https://reasonstobecheerful.world/europe-guarantee-right-to-repair-ifixit

      [...]

      Some political leaders agree. In November, the EU Parliament called on the European Commission to make routine repair of everyday products easier, systematic and cost-efficient. It said that warranties should be extended, and that replacement parts should be improved and made more accessible, as should information enabling general repair and maintenance.

      The EU’s existing eco-design regulations could be an instrument to reach these goals. These mandates were established years ago to improve the energy efficiency of products sold in the EU. But in March, the first eco-design regulation that will define standards for repair and useful life will come into force. Manufacturers of washing machines, dishwashers, refrigerators and monitors will have to ensure that components are replaceable with common tools. Instruction manuals must be accessible to specialist companies. And producers must supply spare parts within 15 days.

      [...]

      #Ecodesign requirements
      https://europa.eu/youreurope/business/product-requirements/compliance/ecodesign/index_en.htm#shortcut-1

  • Apple faces lawsuits in Europe over slowing down older iPhones
    https://edition.cnn.com/2020/12/02/tech/apple-iphone-slowing-europe-lawsuit/index.html

    London (CNN Business) Apple is facing new legal action in Europe over its controversial practice of slowing down older iPhones. Euroconsumers, the advocacy group bringing the action, said in a statement Wednesday that the class-action lawsuits cover up to 2 million iPhone 6, 6 Plus, 6S and 6S Plus devices in Belgium, Spain, Italy and Portugal. Apple has faced public backlash and legal action around the world after it admitted in 2017 that software updates designed to prevent the batteries (...)

    #Apple #iPhone #smartphone #obsolescence

  • Amazon and Apple ’not playing their part’ in tackling electronic waste
    https://www.theguardian.com/technology/2020/nov/26/amazon-and-apple-not-playing-their-part-in-tackling-electronic-waste

    Global retailers should help collect, recycle and repair tech products, say MPs Global giants such as Amazon and Apple should be made responsible for helping to collect, recycle and repair their products to cut the 155,000 tonnes of electronic waste being thrown away each year in the UK, MPs say. An investigation by the environmental audit committee found the UK is lagging behind other countries and failing to create a circular economy in electronic waste. The UK creates the second (...)

    #Apple #Amazon #iPad #iPhone #smartphone #écologie #obsolescence

    https://i.guim.co.uk/img/media/e611c478ea04b39a1b2e0f8dd05b80bfcca737c4/0_0_2788_1673/master/2788.jpg

  • Apple, U.S. states reach $113 million settlement on iPhone throttling
    https://www.reuters.com/article/apple-iphones-settlement/apple-us-states-reach-113-million-settlement-on-iphone-throttling-idUSL1N2I

    OAKLAND, Calif., Nov 18 (Reuters) - Apple Inc will pay $113 million to settle allegations from 33 U.S. states and the District of Columbia that it slowed down iPhones to mask battery issues and get users to purchase new devices, state officials announced on Wednesday. The deal with a coalition led by Arizona, Arkansas and Indiana is separate from a proposed settlement Apple reached in March to pay affected iPhone owners up to $500 million to stem a class action. Apple in 2016 quietly (...)

    #Apple #iPhone #smartphone #procès #obsolescence

  • Apple will pay $113 million for batterygate slowing of iPhones
    https://www.washingtonpost.com/technology/2020/11/18/apple-fine-battery

    Apple will pay $113 million to settle an investigation by nearly three dozen states into the tech giant’s past practice of slowing customers’ old iPhones in an attempt to preserve their batteries. The company’s much maligned throttling efforts drew nationwide scorn when they came to light in 2017, stunning consumers who at the time saw it as an attempt to nudge them into buying newer, more expensive devices. States led by Arizona, Arkansas and Indiana soon opened a probe of the matter, and on (...)

    #Apple #iPhone #smartphone #procès #obsolescence

  • iPhone ralentis : Apple va verser 113 millions de dollars à une trentaine d’Etats américains
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/11/19/iphone-ralentis-apple-va-verser-113-millions-de-dollars-a-une-trentaine-d-et

    Accusé d’avoir volontairement ralenti certains de ses téléphones, Apple a finalement accepté, mercredi 18 novembre, de verser une somme importante pour régler le litige qui l’opposait à une trentaine d’Etats américains. 113 millions de dollars : c’est la somme qu’Apple a accepté, mercredi 18 novembre, de verser à une coalition d’une trentaine d’Etats américains, dans l’affaire des iPhone ralentis qui avait fait grand bruit il y a quelques années. Tout commence en 2017, quand de nombreux propriétaires (...)

    #Apple #iPhone #smartphone #procès #obsolescence

  • L’UFC-Que choisir porte plainte contre Nintendo pour obsolescence programmée
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/09/22/l-ufc-que-choisir-porte-plainte-contre-nintendo-pour-obsolescence-programmee

    Les experts ont trouvé deux causes pouvant expliquer le problème : « une usure prématurée des circuits imprimés » et « un défaut d’étanchéité qui entraîne une quantité inquiétante de débris et poussières au sein du joystick ».

    #obsolescence #programmée #jeuxvideo #nintendo #ufcquechoisir

  • Faut-il vraiment passer à la 5G ?
    https://www.alternatives-economiques.fr/faut-vraiment-passer-a-5g/00093649

    La cinquième génération de réseaux mobiles, censée répondre à la croissance du trafic, devrait l’augmenter et conduire à des innovations ainsi qu’au renouvellement des équipements. Pas vraiment synonyme de sobriété. Après la Convention citoyenne pour le climat, demandant un moratoire sur le déploiement de la 5G, la vague verte de juin aux élections municipales a porté de nouveaux maires ayant fait la même promesse à leurs électeurs, comme à Bordeaux ou à Nantes. L’opposition à la 5G a aussi pris un tour (...)

    #ARCEP #Google #YouTube #Netflix #smartphone #5G #BigData #obsolescence #technologisme (...)

    ##santé

  • Razmig Keucheyan : « Le capitalisme créé des besoins artificiels pour écouler ses marchandises »
    https://www.alternatives-economiques.fr/razmig-keucheyan-capitalisme-cree-besoins-artificiels-ecou/00093410

    De quoi avons-nous réellement besoin ? Vertigineuse question, à laquelle la société française a pourtant été en quelque sorte forcée de répondre durant le confinement, qui a obligé à définir une liste d’activités « essentielles à la vie de la nation ». A l’heure où prolifèrent les besoins dits « artificiels » créés de toute pièce par le capitalisme et encouragés par la société de consommation, cela n’est pas une tâche facile. Dans son ouvrage Les besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme ? paru en (...)

    #consommation #écologie #obsolescence

  • À propos de l’artisanat et de la perte de compétences (ça concerne surtout la programmation informatique mais je crois que ça peut se généraliser facilement à d’autres domaines).

    « Cela fait longtemps que je n’avais pas écrit. Si je reprends aujourd’hui le chemin de l’écriture, cela ne sera pas pour vous parler de « geekeries » ou autres « nerderies » en tout genre. Dans ce très long billet de blog, je vais aborder le difficile sujet d’une espèce en voie d’extinction : les vieux software crafters autodidactes dont je fais partie. Je vais donc vous parler des vieux techos à travers moi, de l’évolution du marché ces 25 dernières années, du burn-out qui m’est arrivé et de la remise en question qui s’ensuit. »

    https://www.emaxilde.net/posts/2020/07/18/je-fais-partie-d-une-espece-menacee-d-extinction.html

    • Je vais lire ça plus tard, avec gourmandise. Je suis en cours d’embauche. J’ai deux flux de candidats. Ceux depuis une plateforme 2.0. Ceux depuis un recruteur 1.0. Des deux côtés, je reçois de jeunes diplômés de tous horizons, avec une première expérience. Ils ont presque tous en commun de ne pas savoir écrire une fonction récursive, la même en itérative est médiocre, leur connaissance du SQL est parfois correcte, mais jamais avancée.
      Le plus drôle, parmi ceux qui passent le barrage du test d’algo/sql, c’est que je trouve un gars qui a fait son contrat de professionnalisation dans une entreprise qui ne bosse que sur AS400. Ou l’autre qui est bloqué sur de la maintenance d’un soft en PHP4... Les pauvres. Je comprends leur besoin de changer. Mais... pourquoi ils ne se mettent pas au courant de ce qu’est REST, la sérialisation, ce genre de choses ?...

    • Moi ce qui me saute aux yeux en plus de la mode, c’est : les chef⋅fes de projet ne servent à rien, si ce sont des chef⋅fes justement, des gens au dessus des technicien⋅nes, payés plus, et avec un pouvoir en plus.

      Si on parle de gens qui font de la gestion de projet, qui font circuler l’information, qui planifient, qui rappellent, etc, oui il en faut souvent, d’autant plus que les projets sont gros. Mais dans ce cas, ces personnes ne sont pas cheffes, ni plus ni moins nécessaires que les techos (devs, admins sys…). Tout le monde devrait toujours être payé à peu près pareil (voire vraiment pareil), et les choix techniques décidés en commun. Ah oui mais c’est dans les coopératives ça…

      Il faut supprimer ce poste et le renommer pour un intitulé non hiérarchique, au même niveau que les devs, pour les projets où on a besoin de gens qui font ça.

      #démocratie #coopérative

    • Tout ce que je réalise ne me semble plus avoir beaucoup de sens. Dorénavant, la qualité technique importe peu aux clients. Ce qu’ils souhaitent c’est un truc qui marche vite, qui soit surtout pas cher et livré a une date déjà définie. On s’en fiche que ce soit bien fait, évolutif et durable. Nous sommes de plus en plus loin de l’artisanat et de l’amour du travail bien fait.

    • Vite. Pas cher. Lean management. Flux tendu. On retrouve ça à tous les étages de nos sociétés productivistes et marchandisées. Le domaine de l’informatique y est spécialement exposé vu que tous les six mois (d’après la légende) le hardware et le software deviennent obsolètes. Et fatalement, l’auteur du billet, Olivier Poncet, a été victime d’un épuisement professionnel causé par le surmenage (boosté par le #télétravail en période confinée) et la perte de sens de son activité. Faudrait-il s’en étonner ?

      #burn_out #obsolescence #isolement #précariat #high_tech #low_income

    • Ce texte fait absolument écho à une longue conversation que j’ai eu hier avec une amie codeuse et c’est un peu un baume de ne pas se sentir trop seules à souffrir de cette maltraitance moderne.

      Perso mon sentiment de codeuse est amer, quand je vois qu’ont été gâchées nos possibilités de développer nos capacités et que c’est finalement la misère financière qui nous/m’accompagne depuis 20 ans pour avoir refusé de faire de la merde à gafa et des codes à clic. (En plus d’être une femme dans un monde d’hommes)
      Pourtant là où je me suis éclatée, c’est à concevoir et coder des applications solides et abouties et qui permettent d’anticiper des évolutions. En face, souvent le client pige que dalle, il veut du beau pas cher rapidement et a tellement d’ignorances et préjugés que le petit requin nouveau venu qui manage sa carrière sur FB s’est imposé en m’insultant et a commencé par effacer mes codes pour sabrer mon travail.
      Je n’ai jamais voulu être dans ce jeu là, sans éthique, sans enthousiasme, sans enjeu intellectuel.

      #artisanat_web

    • Je commence à comprendre pourquoi j’ai tellement de mal à trouver des logiciels en ligne qui ne se résument pas à « appuie sur le bouton Docker pour installer », ce qui me fait divinement chier.

      À mon petit niveau, j’aime paramétrer moi-même et franchement, dépoter une BDD, ce n’est pas la mer à boire et tu vois ce que tu fais.

      Déjà, je supporte de moins en moins les logiciels « encapsulés », genre les Snap et consors qui pèsent des âmes morts alors que toute l’élégance de Linux, c’est le système de dépendances qui permet de partager les librairies au lieu de charger 50 fois la même pour 50 logiciels différents.

      Et ne parlons pas des trucs sous Electron…

    • @biggrizzly oui oui, c’est pas hyper grave, c’est une situation que j’ai appris à repérer et j’en avais prévenu le client qui a fait sourde oreille. Mais voila, du fait de cette reprise en quelques mois un travail de 10 ans s’effondre avec un client qui commence seulement à s’en affoler sauf qu’il est trop tard, il va devoir cracher au bassinet pour tout refaire avec les nouveaux venus. C’est porteur pour personne en fait, plusieurs anciens ont déjà quitté le navire totalement démotivé·es et d’ici quelques mois je vais devoir annoncer que dans de telles conditions je ne peux plus assurer de suivi.
      Tous perdants, sauf les presses boutons qui ont le champ libre pour remplir leurs poches.

    • C’est l’opportunité de pouvoir revenir, peut-être, un jour, en changeant les conditions financières. Mais oui, 10 ans de boulot perdu, c’est rageant. J’ai eu un aller-retour sympa récemment. 15 ans de développement sur un logiciel sur-mesure. Puis décision stratégique, le client passe sur un progiciel standard. On se fait un peu d’argent au passage, en assistance au démantèlement (j’ai pour principe de toujours collaborer pleinement au départ de mes clients, limite en en faisant trop). Puis deux ans après, le patron qui me rappelle... Il revend mais garde une partie de son groupe et souhaite repartir comme en 40, parce que le truc standard, il n’y comprend que pouic, et qu’il préfère ce qu’on avait fait ensemble. L’autre bouzin était orienté compta ana, et pas production. Bref. Ceci dit, deux ans de plus, et il a vendu à nouveau, et le repreneur veut à nouveau utiliser un standard. Et bon... J’ai eu un appel pour les assister il y a quelques mois, puis plus rien. Et autant que je sache ils n’ont pas encore commencé à passer sur le nouveau logiciel. Mon avis, c’est qu’ils seront mieux. Ils ne savent pas ce que c’est qu’avoir un spécifique, ils ne savent pas qu’il faut réfléchir en collaboration pour décider d’une façon de travailler, etc. Ils préfèrent un logiciel et un éditeur qui leurs imposent tout, car du moment que leurs concurrents ont le même logiciel, ça leur va (informatique poste de coût vs informatique avantage concurrentiel/outil de productivité).

      J’ai un autre cas où la patronne s’associe avec une ex-collab’. La nouvelle associée a un surnom : le char d’assaut. Quand il y a un problème, elle prend tout le monde de haut et décide sans tenter de comprendre. Un jour, on a reçu un mail dont le message était « je ne comprends pas votre métier, mais vous êtes incompétents ». Ils décident de partir en infogérance avec l’éditeur de leur logiciel. Je leur avais expliqué un an avant qu’en terme de réactivité et de pertinence, ça ne serait pas pareil, et que je leur déconseillais compte tenu de leurs attentes. Cela me coûtait, je n’aime pas cette personne. Mais la patronne, je l’apprécie bien. Et donc, cette année, ils devaient partir. Et ils ne sont pas encore partis. Le confinement est passé par là. Mais ils doivent partir. Et le repreneur ne m’a pas vraiment encore contacté. Et quand ils vont partir pour de bon, les utilisateurs n’auront plus leur bureau à distance. Et personne n’a encore réellement, chez eux, considéré ce que serait la vie sans bureau à distance. Ça va leur faire mal. J’ai fait mon deuil de ce client, mais mon collab’ qui est en contact avec le client au quotidien en avait gros sur la patate, car il se sentait responsable de ce départ. Sauf que maintenant, il constate que les autres collaborateurs du client se barrent. Et ils parlent. Du char d’assaut qui fait des dégâts. Décision stupide, pas de remords à avoir. Faut juste ne pas oublier de facturer le temps que les crétins nous réclament du fait de leurs décisions.

    • Très intéressant ton témoignage @biggrizzly

      Faut juste ne pas oublier de facturer le temps que les crétins nous réclament du fait de leurs décisions.

      Oui, mais non, parce que les crétins refusent de voir leur défaillance et ton char d’assaut résume parfaitement l’affaire « je ne comprends pas votre métier, mais vous êtes incompétents ». Ce que j’apprécie c’est échanger, comprendre les demandes, cogiter, proposer et réaliser pour que tout le monde soit satisfait et je passe aussi du temps à vulgariser mon métier. J’ai pris l’habitude de travailler avec plaisir et pas sous contrainte débile, donc vraiment sous le sceau de la confiance. En dehors, je perds réellement toute capacité à avancer. Si l’argent devait être mon seul moteur, le coût serait prohibitif. Je sais bien les économies qui motivent mes divers diffuseurs parce que je suis indépendante agessa/urssaf et qu’ils peuvent me jeter comme un chinois (paix aux chinois surexploités) sans se préoccuper si j’ai des indemnités en cas de maladie, voire des congés ou du chômage, droits sociaux que le statut d’autrice me refuse en plus d’être souvent dans la case sousousoustraitante avec une ribambelle de sursursurtraitants qui mangent sur mon dos.

      Et pour finir, j’adore cette phrase "Si vous payez des cacahuètes attendez vous à un travail de singe." parce que oui, tout travail mérite rémunération correcte.

  • Ethical guidelines for COVID-19 tracing apps
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-01578-0

    Protect privacy, equality and fairness in digital contact tracing with these key questions. Technologies to rapidly alert people when they have been in contact with someone carrying the coronavirus SARS-CoV-2 are part of a strategy to bring the pandemic under control. Currently, at least 47 contact-tracing apps are available globally (see go.nature.com/2zc1qhk). They are already in use in Australia, South Korea and Singapore, for instance. And many other governments are testing or (...)

    #Apple #Google #algorithme #Alipay #Bluetooth #COVIDSafe_ #QRcode #SafeEntry #smartphone #contactTracing #géolocalisation #technologisme #consentement #métadonnées #obsolescence #BigData #COVID-19 #FreeSoftware #santé #selfie #surveillance #TraceTogether (...)

    ##santé ##AlipayHealthCode ##Smittestopp ##éthique

  • Les fils conducteurs - Guillaume Poix
    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Verticales/Verticales/Les-fils-conducteurs

    « Quand les enfants crèvent les écrans, quand ils arrachent le plastique et fractionnent les écorces de cette forêt véreuse, quand ils posent les doigts sur les fils conducteurs, les dénudant de leur enveloppe isolante pour atteindre l’âme dont ils jaugent la souplesse, le courant pourrait surgir, s’accrocher à leurs phalanges, les mordre – et puis les avaler. » Près du port d’Accra, au Ghana, dans une immense décharge de produits électroniques, Isaac et Moïse initient Jacob à la « fouille ». Trois (...)

    #écologie #technologisme #obsolescence #santé #enfants

    ##santé