• L’Occident unitaire. Une interprétation civilisationnelle du corps politique occidental

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12637938

    Par Pascal Lottaz – Source Blog de l’auteur - 2026-07-29

    en EN : https://pascallottaz.substack.com/p/the-one-west
    en FR : https://lesakerfrancophone.fr/loccident-unitaire-une-interpretation-civilisationnelle-du-corps-

    _La crise de l’ #Occident, une crise du #Réalisme_

    Comment expliquer les politiques contreproductives et autodestructrices des États occidentaux ?

    L’Europe semble heureuse de se désindustrialiser, la guerre par procuration des #États-Unis en #Ukraine tue des centaines de milliers (voire des millions) d’Ukrainiens – ceux-là mêmes que l’ #OTAN jure vouloir protéger – et, à présent, cette guerre est sur le point de se répandre sur tout le continent. Et que fait l’Europe ? Remettre une dose de politiques qui échouent depuis douze ans en créant un 21e paquet de sanctions. Toujours pas de diplomatie en vue. Dans le même temps, la guerre que l’alliance américano-israélienne a déclenchée contre l’Iran ravage les installations militaires et dégrade l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Pourtant, l’ensemble des dirigeants euro-atlantiques semble déterminé à poursuivre une voie que beaucoup d’entre nous, qui sommes dans le commentaire critique, considèrent comme manifestement ruineuse et suicidaire pour la plupart des membres du club.

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      Bien sûr, chaque théâtre, chaque guerre, chaque bataille a sa propre logique narrative, des deux côtés. Cependant, en prenant un peu de recul, on se demande vraiment : qu’est-ce qui motive les personnes qui prennent ces décisions ? Prenons un seul exemple : le plus grand cas de sabotage industriel de l’histoire de l’après-Seconde Guerre mondiale – l’attaque du gazoduc Nord Stream – n’est toujours pas résolu, quatre ans après qu’il se soit produit. Nous savons que ce n’est pas un accident, et cela démontre la nature interne du crime. Au mieux, il s’agissait d’éléments voyous en Ukraine (comme les Allemands tentent vaguement de l’établir), au pire, c’était le travail de l’OTAN (comme l’a affirmé Seymour Hersh). Mais il y a plus. Pourquoi la Suède et la Finlande ont-elles renoncé aux politiques de sécurité qui les ont préservées pendant des décennies et des siècles ? Pourquoi personne en Occident n’envisage-t-il un arrangement de compromis, c’est-à-dire accepter une Ukraine neutre pour éviter (ou mettre fin) à la guerre ? Pourquoi les États-Unis ont-ils déclenché une guerre contre l’Iran plutôt que de revenir au JCPOA qui avait déjà atteint l’objectif que l’Iran ne possède pas de bombes nucléaires ? La liste des politiques malavisées et contreproductives s’allonge encore et encore.

      Il me semble que ce n’est pas seulement une crise de l’Occident, mais aussi une crise du Réalisme (scolastique). Après tout, l’une des hypothèses fondamentales du Réalisme est que les actions des États sont guidées par l’intérêt national. Cela est particulièrement vrai pour les grandes puissances. Bien que le Réalisme ne prétende pas que les grands États n’infiltrent pas et n’abusent pas des petits pays par la coercition et les pots-de-vin, cela ne devrait pas être possible dans l’autre sens ou conduire à une logique circulaire dans laquelle soudainement la queue commence à remuer le chien.

      Oui, nous pourrions, à ce stade, nous aventurer soit dans des micro-discussions sur le développement politique de chaque cas, les décideurs, la dépendance de la trajectoire politique à chaque point, etc… Ou nous pouvons avoir une discussion sur la Grande Stratégie, la vision de Brzezinski du continent eurasien, diviser pour mieux régner, même sur la vision marxiste de la primauté de la structure économique sous-jacente à l’impérialisme, ou tous les autres objectifs primordiaux de l’empire que des analystes comme Brian Berletic soulignent à maintes reprises. Nous pourrions également aborder les facteurs psychologiques, les psychoses collectives, la capture des élites, le contrôle narratif ou les études sur la propagande. Ce sont tous des aspects importants et pertinents de ce qui se passe.

      Mais je préfère réfléchir à une question théorique qui m’irrite. L’hypothèse classique que beaucoup dans notre profession semblent partager est que le plus haut niveau dirigeant dans les relations internationales est l’État-nation. Puis-je demander : et s’il y avait un niveau encore plus élevé, qui se situe au-dessus de l’État-nation et fonctionne comme une force (partiellement) structurante derrière le comportement de masse ?

      Le Réalisme tend à imaginer le monde international comme un champ d’États séparés. Ils sont traités comme des unités, comme des boules de billard, interagissant les uns avec les autres dans un système international anarchique : ils coopèrent, rivalisent, forment des alliances, partent en guerre et poursuivent leurs intérêts. Plus important encore, malgré des différences de pouvoir évidentes, ils sont tous finalement égaux dans le sens où l’État reste le plus haut niveau d’analyse. Le réalisme (néo) classique ignore explicitement ce qui se passe à l’intérieur de la “boîte noire” de l’État, traitant les facteurs nationaux comme (largement) sans rapport avec le mouvement des États, qu’il considère en termes de différences de pouvoir et de concurrence sécuritaire. Mais il ferme également les yeux sur les méta-structures au-delà de celle de la distribution du pouvoir dans le système anarchique. Des questions telles que les « normes » ou les « valeurs » sortent carrément du cadre réaliste ; laissons cela aux constructivistes.

      Mais la discussion réaliste laisse également de côté les réflexions sur la qualité et les origines de l’interaction entre les États, en particulier les différents degrés d’intégration qu’ils peuvent expérimenter. Certains États ne sont pas seulement alliés les uns avec les autres. Ils sont si profondément intégrés qu’ils se comportent moins comme des corps séparés et plus comme des membres d’une équipe, même au détriment de ce que le Réalisme décrirait comme leurs intérêts fondamentaux.

      Pour donner du sens, et surtout pour recadrer le comportement des nations occidentales, je souhaite proposer le concept d’Occident Unitaire comme moyen d’aborder la dimension civilisationnelle du comportement occidental sur la scène internationale.

      L’Occident unitaire

      Ce que j’entends par l’Occident unitaire n’est pas identique à « l’Occident politique » de Richard Sakwa, ni à ce qui est souvent qualifié en Russie et ailleurs « d’Occident collectif ».” C’est lié aux deux, mais pointe vers quelque chose de légèrement différent. L’Occident politique de Sakwa, développé entre autres dans son étude Russia Against the Rest, décrit un bloc institutionnel et idéationnel, l’ordre euro-atlantique, construit autour de l’OTAN et de l’UE, qui se présente comme le point final universel de l’histoire. L’argument de Sakwa est carrément géopolitique, préoccupé par la prétention de l’Occident à incarner un ordre universel.1 Il en va de même pour le terme « Occident collectif », que beaucoup dans la blogosphère internationale utilisent pour décrire une structure d’opposition des institutions occidentales confrontées à un ordre multipolaire. En d’autres termes, les deux termes désignent un bloc politique. Avec l’Occident unitaire, je veux plutôt désigner un corps politique civilisationnel réparti entre plusieurs États, nations, sociétés, institutions et époques. Pas un seul pays, un empire ou une fédération formelle, mais une formation ayant historiquement évoluée et composée de différents organes politiques qui fonctionnent ensemble, se coordonnent les uns avec les autres et reproduisent un projet civilisationnel commun à travers les générations. Une entité semblable à un organisme.

      Cela peut sembler inhabituel, mais écoutez plutôt.

      L’étude des relations internationales évitait généralement les métaphores biologiques pour de bonnes raisons, elles ont une histoire assez sombre attachée. La sociologie du XIXe siècle d’Herbert Spencer traitait la société elle-même comme un organisme en croissance, se différenciant en parties spécialisées de la même manière qu’un embryon se différencie en organes, bien que Spencer ait pris soin d’insister sur le fait que l’analogie ne montrait qu’un parallèle entre la croissance sociale et biologique, pas une identité littérale entre les deux.2 Sa prudence n’a pas survécu longtemps. La théorie organique de l’État de Friedrich Ratzel et la description explicite de l’État par Rudolf Kjellén en tant que « Lebensform », une forme vivante unissant territoire et peuple, ont traité la croissance et l’expansion de l’État comme littéralement biologiques, une question de survie et de “Lebensraum” plutôt qu’une métaphore.3 Ce littéralisme a ensuite été absorbé, sous une forme déformée et beaucoup plus dangereuse, dans la géopolitique nazie sous Karl Haushofer. C’est pourquoi la discipline a depuis traité le langage biologique sur les États et les civilisations comme étant radioactif.4

      Je veux être très clair sur le fait que je ne ravive pas cette lignée. Une métaphore biologique prudente n’implique pas nécessairement un déterminisme biologique. Je ne prétends pas que les civilisations sont littéralement des organismes, ni que le comportement politique est génétiquement fixé. Je propose plutôt que certaines formations politiques puissent être mieux comprises à travers des concepts tels que les corps, les organes, les membranes, les systèmes nerveux, le métabolisme, les réactions immunitaires et la reproduction qu’à travers le langage des seules unités souveraines. La métaphore, en d’autres termes, appartient à la même famille que le récit de Talcott Parsons sur la société en tant que système de sous-systèmes interdépendants remplissant des fonctions distinctes pour l’ensemble, ou l’utilisation par Niklas Luhmann du concept biologique d’autopoïèse, d’auto-reproduction, pour décrire comment les sous-systèmes sociétaux modernes maintiennent leurs propres limites contre un environnement complexe.5 Les deux empruntent le vocabulaire biologique comme outil d’analyse, et c’est dans cette entreprise (pas celle de Ratzel ou de Spengler) que je veux placer l’argument qui suit.

      Le « corps politique » lui-même, en fait, est une figure beaucoup plus ancienne que tout cela : Jean de Salisbury a décrit le Commonwealth médiéval comme un corps avec le prince à sa tête et la paysannerie à ses pieds, et Ernst Kantorowicz a retracé comment la même figure permettait aux Européens médiévaux et modernes de distinguer le corps mortel du roi du corps immortel du royaume qu’il incarnait.6 Naturellement, le Léviathan de Thomas Hobbes vient également à l’esprit, bien qu’il ait été formulé (et dessiné) dans un contexte politique national différent.

      Ce que je propose est une variante de cette vieille habitude de pensée, redirigée pour capturer l’idée d’une civilisation entière plutôt que d’un seul royaume. L’Occident unitaire est donc une façon de nommer le comportement collaboratif d’une cinquantaine d’États, principalement les États colonisateurs européens et leurs descendants, au cours des cinq ou six cents dernières années.

      L’État : pas sa propre unité

      Si nous partons de l’hypothèse que les États-nations sont intrinsèquement séparés, il est naturel de s’interroger sur l’influence d’une unité sur une autre, car nous observons clairement différents types d’interaction mutuelle. Ainsi, lorsqu’une unité semble exercer une influence sur une autre, nous sommes tentés de demander qui contrôle qui. Dans sa version la plus grossière, la question devient, par exemple : les États-Unis contrôlent-ils Israël, ou Israël contrôle-t-il les États-Unis ? Washington dirige-t-elle l’Europe ou est-ce l’Europe qui suit volontairement Washington ? Les États de l’OTAN sont-ils des acteurs souverains ou sont-ils subordonnés à un empire américain ?

      Ces questions ne sont pas dénuées de sens, mais quelque chose me dit qu’elles sont mal cadrées. Si l’on examine les nombreuses façons dont ces entités interagissent, non seulement par le biais de traités, mais également par l’intégration sociale du commerce, la libre circulation des personnes et, en particulier, le brassage des élites, on trouve toute une communauté épistémique qui construit une coordination politique volontaire à travers un discours et des systèmes de croyances sur la “valeur partagée” dans lesquels la Russie est une “menace”, la Chine est un “challenger”, Israël est une “victime”, etc. Nel Bonilla a beaucoup travaillé sur cette question (sur ma chaîne ici, ici et ici).

      Alors, que se passe-t-il si nous cessons de considérer certains de ces acteurs comme extérieurs les uns aux autres comme le suppose le modèle centré sur l’État-nation ? Peut-être que l’intégration est si profonde que la façon la plus appropriée de la voir est à travers autre chose, comme l’anatomie.

      Dans ce cas, la question américano-israélienne revient à se demander si le cœur dirige le cerveau ou si c’est le cerveau qui dirige le cœur. Ce sont des organes différents mais tous deux nécessaires pour que l’ensemble continue. Ils ont différentes fonctions, différentes capacités et différents types d’influence. Ils peuvent même entrer en tension. Mais ils font toujours partie de la même formation systémique, se maintenant mutuellement en fonction. C’est une affirmation différente de l’argument bien connu d’Alexander Wendt selon lequel les États peuvent être traités comme des “personnes” individuelles avec des intérêts et des identités constitués par l’interaction sociale.7 Wendt personnifie l’État comme un seul acteur face à d’autres acteurs ; mon argument est plus proche de l’inverse : dépersonnaliser un ensemble d’acteurs que les Relations Internationales traitent comme étant séparés, et se demander si certains d’entre eux sont mieux modélisés en étant imaginés comme des parties d’un même organisme plutôt que comme des personnes en dialogue les unes avec les autres.

      L’Occident unitaire en tant que corps politique

      En ce sens, je propose que l’Occident unitaire soit considéré comme un corps politique civilisationnel. Ses composantes comprennent les États, les armées, les agences de renseignement, les systèmes médiatiques, les institutions financières, les universités, les régimes juridiques, les groupes de réflexion, les entreprises, les ONG, les réseaux philanthropiques, les traditions idéologiques et les institutions religieuses. Bien entendu, ces composants ne sont pas commandés de manière centralisée. L’Occident unitaire n’a pas besoin d’un gouvernement mondial ou d’un plan directeur caché. Son unité est « organique » en ce sens qu’il s’agit d’une forme sociologiquement explicable d’interaction et d’intégration, naturellement développée sur une longue période.

      Un organisme ne fonctionne pas parce que chaque cellule reçoit des ordres directs du cerveau. Une grande partie de son comportement émerge de modèles intériorisés, de boucles de rétroaction, d’homéostasie, d’adaptation environnementale et, bien sûr, d’un code génétique partagé. Quelque chose de similaire peut se retrouver dans les formations civilisationnelles profondément intégrées. Elles n’ont pas besoin d’une coordination explicite constante pour avancer dans des directions globalement similaires. Leurs parties ont été socialisées dans le même projet historique et non téléologique. Elles partagent des hypothèses, des hiérarchies morales, des perceptions de la menace, des habitudes institutionnelles et des récits de légitimité qui fonctionnent comme des mécanismes de coordination [inconscients donc automatiques, NdT].

      Cela permet d’expliquer pourquoi certains États et sociétés convergent la plupart du temps vers les mêmes projets stratégiques, même en cas de désaccord entre eux. L’Occident unique a traversé des guerres internes, des rivalités et des crises. La Grande-Bretagne a combattu l’Allemagne. La France s’est heurtée à la Grande-Bretagne. Les États-Unis ont remplacé les anciens empires européens. Pourtant, ces conflits n’ont pas effacé la continuité civilisationnelle plus profonde de l’expansionnisme occidental, de la domination coloniale, de la hiérarchie raciale, de l’intégration capitaliste et de l’ordre géopolitique.
      Le corps se battait avec lui-même, mais il restait un corps.

      Organes, fonctions et pouvoir distribué

      Une approche biologique nous permet également de penser différemment le pouvoir. Dans l’analyse réaliste classique, le pouvoir est souvent imaginé verticalement : un acteur commande, un autre obéit. Mais dans un corps, le pouvoir est distribué fonctionnellement. Différents organes font des choses différentes. Certains font circuler des ressources. Certains produisent de la cognition. Certains fournissent une force coercitive. Certains filtrent les toxines. Certains reproduisent l’identité. Certains identifient des menaces. Parsons se réfère à cela comme les exigences fonctionnelles de tout système social, l’adaptation, la réalisation des objectifs, l’intégration et la maintenance des modèles, chacune gérée par un sous-système différent afin que l’ensemble survive.8

      Dans l’Occident unitaire, les États-Unis peuvent fonctionner comme l’organe militaire et stratégique central. La Grande-Bretagne fonctionne souvent comme un organe diplomatique, de renseignement et narratif (propagande). L’Union européenne peut fonctionner comme un organe réglementaire et économique. L’OTAN fonctionne comme un système nerveux militaire, dans un sens proche de celui que Karl Deutsch a donné à cette expression : un réseau de collecte, de transmission et d’action sur l’information dans des conditions de stress—un système intégré de communication et de contrôle.9 Israël fonctionne comme un organe frontière, un terrain d’essai et une expression condensée de la logique coloniale au Moyen-Orient. Les grandes institutions médiatiques fonctionnent comme des systèmes sensoriels et narratifs. Les universités et les groupes de réflexion fonctionnent comme des organes cognitifs et légitimant. Les institutions financières assurent, bien sûr, la circulation de l’argent. Les institutions juridiques définissent ce que le corps reconnaît comme ordre, règles et légitimité.

      Cela ne signifie pas que les organes sont toujours d’accord entre eux. Ils peuvent se disputer des ressources, mal fonctionner ou envoyer des signaux contradictoires ; ils peuvent même endommager le corps auquel ils appartiennent. Mais ils restent liés par une structure d’interdépendance plus profonde, c’est pourquoi la recherche d’un centre de contrôle unique échoue si souvent. L’Occident unitaire n’opère généralement pas par conspiration ou commandement. Il fonctionne par intégration, sa puissance résidant dans le fait que ses organes agissent souvent de concert sans qu’on ait besoin de leur dire quoi faire.

      J’ai déjà soutenu quelque chose de structurellement similaire, dans le registre théorique des grands systèmes plutôt que dans le registre biologique : avec Andreas Nishikawa-Pacher, nous avons décrit comment la neutralité permanente aide le système diplomatique à rester stable face à un environnement complexe ; une réalisation, avons-nous écrit, « que seul un système autonome peut atteindre, c’est à dire un système qui produit des mécanismes internes pour maintenir son état interne relativement constant ».10 L’Occident unitaire est l’image miroir de cet argument : un cas dans lequel un groupe d’acteurs produit des mécanismes internes qui maintiennent leur comportement collectif constant grâce à une intégration mutuelle.
      La Membrane : ce qui est inclus et ce qui est exclu

      Un élément essentiel de cette métaphore concerne qui participe au corps politique civilisationnel est qui n’y participe pas et pourquoi. Nous pouvons appeler cela le problème de la membrane. Chaque organisme doit faire la distinction entre soi et non-soi. Il doit savoir ce qui appartient au corps et ce qui semble étranger, dangereux ou contaminant. Celui de l’Occident, on peut supposer, a aussi une telle membrane. La théorie des systèmes de Luhmann repose également sur cette distinction. Il soutient qu’un système auto-reproducteur le fait à travers des opérations de communication sélectives, se différenciant continuellement de son environnement, décidant de ce qui compte comme communication interne et de ce qui est externe.11

      Cette membrane n’est probablement ni fixée dans le temps ni clairement localisable au sens géographique. Le Japon, par exemple, ne fait pas historiquement partie du noyau civilisationnel occidental, mais il a été partiellement incorporé dans l’architecture de sécurité occidentale. L’Europe de l’Est a été progressivement absorbée dans le corps occidental par l’expansion de l’OTAN et de l’UE. Israël est géographiquement situé au Proche-Orient mais fonctionne comme un organe intime de l’Occident unitaire. Pendant ce temps, la Russie, la Chine, l’Iran et une grande partie du monde arabe et islamique sont souvent considérés comme des Autres importants.

      Par conséquent, il semble que la membrane se créé autour de lignes politiques, idéologiques et stratégiques. Elle définit qui peut être intégré, qui doit être discipliné, qui peut être toléré et qui doit être confronté, à l’extérieur et à l’intérieur. Considérez les récentes sanctions contre des citoyens de l’Occident unitaire : l’UE a sanctionné l’analyste militaire suisse Jacques Baud, la militante suisse-camerounaise Nathalie Yamb et le journaliste allemand Hüseyin Doğru en gelant leurs compte bancaire et en leur interdisant de voyager, officiellement sous son régime de sanctions contre les « menaces hybrides » russes et la manipulation de l’information, même si au moins l’un des trois, Doğru, a un profil public principalement basé sur des reportages sur Gaza plutôt que sur la Russie.12 Quoi que l’on fasse des preuves sous-jacentes, ce que plusieurs des parties sanctionnées et des juristes extérieurs ont publiquement contesté, le mécanisme lui-même est une illustration utile d’un système immunitaire à l’œuvre : un organisme disciplinant ses propres cellules pour un comportement qu’il classe non pas comme illégal (ce que ces gens ont fait est explicitement autorisé par les règles que l’Occident se donne) mais comme une contamination venant de l’extérieur, utilisant le même appareil institutionnel et juridique qu’il dirige également, dans différents registres, contre des acteurs entièrement extérieurs (les sanctions sont des outils de politique étrangère).13

      Au niveau international, cela permet d’expliquer pourquoi certains États peuvent commettre des violences extraordinaires et rester malgré cela à l’intérieur du corps moral de l’Occident unitaire, tandis que d’autres sont traités comme des menaces permanentes même lorsque leur conduite est clairement peu destructrice. Considérez la disparité d’échelle entre la guerre de Gaza et la guerre en Ukraine. Selon l’estimation comparative la plus minutieuse disponible, le Projet sur les coûts de la guerre de l’Université Brown a révélé (très, très prudemment) que les civils représentaient environ quatre-vingts pour cent des décès à Gaza, qu’ils cumulent à moins de 10% pour la guerre Russo-ukrainienne, qui est restée, comparativement, une guerre entre forces armées.14 Les chiffres des deux côtés sont constamment contestés et révisés, et doivent être traités avec la prudence que mérite tout décompte des pertes en temps de guerre. Mais même en tenant compte de cette incertitude, l’ampleur de la mort de civils à Gaza n’est pas sérieusement contestée, et elle n’a entrainé aucune sanction, ni isolement diplomatique ou saisies financières que l’invasion russe a provoqué. L’Occident unitaire reconnaît la violence d’Israël comme étant tolérable mais celle de la Russie comme inacceptable.

      La distinction ne se base donc pas principalement sur des règles universelles, mais sur l’appartenance au corps. Ceux à l’intérieur du corps sont interprétés en utilisant le langage de la sécurité, de la tragédie, de la démocratie, de la complexité ou de la nécessité. Ceux qui en sont extérieurs sont interprétés en utilisant le langage de l’agression, de la barbarie, du terrorisme, de l’autoritarisme ou de l’irrationalité. Par conséquent, beaucoup critiquent l’Occident pour son « hypocrisie ». C’est simplement le résultat d’un système intégrant/rejetant. Cela fait partie de la façon dont l’Occident unitaire, en tant que corps politique civilisationnel, traite le soi et le non-soi. L’hypocrisie est le résultat de la membrane en action.

      L’Occident unitaire et ses Autres significatifs

      L’Occident unitaire se définit en se confrontant à d’Autres significatifs. La Russie, la Chine, l’Iran et le monde arabe sont des concurrents géopolitiques en partie parce qu’ils sont traités comme des étrangers civilisationnels. Ils peuvent commercer avec l’Occident unitaire, négocier avec lui, étudier dans ses universités ou adopter certaines de ses institutions. Certains, à un niveau individuel, pourraient même être parfaitement intégrés dans l’Occident unique. Il suffit de penser à la récente réunion de haut niveau entre le Secrétaire américain à la Marine par intérim, Hung Cao, un fonctionnaire américain d’origine (Sud) vietnamienne, et le président vietnamien, To Lam. Rien n’empêche des individus de faire partie du tissu de l’Occident unitaire.

      Mais sur le plan politique, les Autres significatifs ne sont pas reconnus comme faisant partie du même corps politique civilisationnel. C’est ce qui façonne les limites de l’empathie et de l’intégration. L’Occident unitaire peut être en désaccord avec la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, Israël ou les États-Unis sans les rejeter hors du corps. Même quelque chose d’aussi dramatique qu’une guerre mondiale n’a conduit qu’à une reconfiguration interne du corps politique, de qui fait quoi pour le système. Mais pas à une rupture civilisationnelle. Au contraire, ce sont des alliés de la Seconde Guerre mondiale qui ont fini par devenir des rivaux de la Guerre froide, tandis que les anciens ennemis d’Europe et d’Asie ont été intégrés dans le projet occidental.

      Les conflits avec la Russie, la Chine, l’Iran ou les mouvements de résistance palestiniens sont traités différemment, encadrés comme des confrontations avec l’extérieur : avec le barbare, l’autoritaire, le terroriste, l’Asiatique, l’irrationnel ou le menaçant.

      Cela ne signifie pas que l’Occident unitaire est incapable de coopérer tactiquement avec des étrangers. Les organismes interagissent constamment avec leur environnement. Ils consomment, échangent, s’adaptent et négocient. Mais interaction ne veut pas dire intégration. La question clé est de savoir si un acteur est reconnu comme faisant partie du corps ou comme faisant partie de l’environnement par rapport auquel le corps se définit.
      Le projet colonial

      Tel que je le vois actuellement, l’Occident unitaire est le produit d’un processus historique long de cinq à six cents ans, enraciné dans l’expansion de l’Europe occidentale, le colonialisme transatlantique, le colonialisme de peuplement, l’esclavage, la concurrence impériale, la création capitaliste du monde et la construction progressive d’une hiérarchie mondiale centrée sur l’Europe et ses ramifications.

      L’expansion vers l’ouest du monde anglo-européen, en Amérique du Nord, à travers le continent américain jusqu’au Pacifique, puis jusqu’à Hawaï faisait partie de ce mouvement civilisationnel. On peut en dire autant des projets impériaux espagnols, britanniques, Français, Néerlandais, Portugais et plus tard américains. Ces puissances se faisaient souvent concurrence, parfois âprement. Pourtant, leur compétition s’est déroulée dans le même cadre général : l’expansion vers l’extérieur du monde occidental et la subordination, l’absorption ou la destruction de ceux qui se trouvaient à l’extérieur.

      Un merveilleux exemple de l’ADN coopératif partagé au sein de la manifestation compétitive du colonialisme est les nombreuses façons dont la coopération entre colonisateurs a eu lieu, même pendant qu’ils se battaient pour le pouvoir dans leurs sphères. Prenons l’innovation de la “juridiction consulaire”, par exemple, qui était généralement accordée à toutes les sociétés commerciales et aux ressortissants étrangers des États colonisateurs (occidentaux), et pas seulement au colonisateur principal. C’était particulièrement important pour les Suisses. Ils n’avaient pas leurs propres colonies, mais leurs maisons de commerce opéraient partout dans le monde : partout où un colonisateur primaire était présent, les Suisses allaient faire du colonialisme de second rang, en s’appuyant sur l’État européen qui décidait et administrait la juridiction consulaire du pays colonisé.

      Par conséquent, je dirais que même si les empires européens s’affrontaient pour des colonies, la logique coloniale elle-même était partagée. L’Occident unitaire peut accueillir à la fois la rivalité interne et l’unité externe. C’est aussi pourquoi les États-Unis ont pu virer l’Espagne de Cuba et des Philippines et hériter des pratiques impériales européennes avec relativement peu de changement pour les colonisés sur le terrain. La guerre coloniale de la France au Vietnam a également été suivie par la guerre américaine au Vietnam qui était tout aussi brutale et qui était en grande partie la continuation du même processus sous-jacent. Bien que les détails diffèrent, les deux cas faisaient partie du mouvement du corps occidental contre le monde non occidental.

      L’Occident unitaire n’est donc pas réductible à l’OTAN, au transatlantisme ou à l’empire américain. Ce ne sont que des manifestations contemporaines d’un corps qui est beaucoup plus ancien.
      Gaza, la Russie et la Chine

      Examinons maintenant les circonstances actuelles. La guerre de Gaza, la confrontation avec la Russie et la volonté de confrontation avec la Chine sont souvent analysées comme des crises distinctes. Mais elles peuvent – et devraient probablement – être vues comme des expressions du même corps politique qui se défend, se développe et se reproduit.

      Comme déjà mentionné ci-dessus, à Gaza, la membrane morale de l’Occident unitaire devient visible. Israël n’est pas traité comme un acteur extérieur violant les normes de l’Occident ; il est traité comme faisant partie du propre corps de l’Occident, de sorte que sa violence est rationalisée, contextualisée et protégée. Les Palestiniens, en revanche, sont positionnés en dehors du corps moral. Leur souffrance peut être reconnue sentimentalement, mais leur action politique est pathologisée et non seulement rejetée, mais présentée comme étant le problème – le terrorisme.

      Dans la confrontation avec la Russie, la membrane fonctionne différemment. La Russie est européenne géographiquement et chrétienne pour une grande partie de son histoire, et profondément liée à la politique européenne, mais elle est toujours considérée comme non occidentale, asiatique, despotique et étrangère en terme civilisationnel, en grande partie à cause de la Russophobie politiquement fabriquée, dont j’ai parlé auparavant. Son exclusion est nécessaire à l’autodéfinition de l’Occident Unitaire, non par nécessité raciale ou géographique, mais en raison de la nature de la compréhension de soi de l’Occident unitaire. Ayant considéré la Russie comme Autre depuis au moins 250 ans, la distinction est devenue essentielle et ancrée, de sorte que même lorsque la Russie a voulu s’occidentaliser et même rejoindre l’OTAN, elle a été repoussée et jamais intégrée comme l’ont été les pays d’Europe de l’Est.

      La Chine occupe encore une autre position : la grande Autre civilisationnelle et économique dont l’ascension menace la hiérarchie mondiale produite par des siècles d’expansion occidentale. La poussée vers un conflit contre la Chine est due à la réaction de l’organisme à un centre rival de pouvoir ordonnateur mondial.

      Dans les trois cas, l’Occident unitaire se comporte comme un système intégré réagissant à des menaces perçues. Cela explique pourquoi les alliances entre États occidentaux sont souvent qualitativement différentes des partenariats entre États non occidentaux. Les relations entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, Israël, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et une grande partie de l’Europe sont – au sens décrit ci-dessus – organiques. En revanche, la coopération entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde, le Brésil ou les États arabes reste plus clairement interétatique, stratégique et contingente. Ces acteurs peuvent coopérer contre les pressions occidentales, mais ils ne forment pas nécessairement un seul corps politique comme l’est l’Occident.
      Conclusion

      La métaphore construite ici n’a pas pour but de naturaliser la politique, d’excuser la violence ou de prétendre que les civilisations ont des essences biologiques. L’Occident unitaire n’est ni une race, ni une catégorie génétique, ni une entité éternelle. Je le prends purement comme la métaphore d’un processus historique de formation sociale. Ça s’est passé ainsi mais ça peut changer.

      Vu de cette façon, plusieurs événements que l’étude des relations internationales traite généralement comme des problèmes distincts s’avèrent être motivés par un seul et même facteur. Savoir si Washington contrôle Tel Aviv ou Tel Aviv contrôle Washington, pourquoi les gouvernements européens continuent d’agir contre ce que tout calcul d’intérêt prédirait, pourquoi la même violence est appelée nécessité dans un cas et barbarie dans un autre : ce sont des manifestations d’une logique sous-jacente qui a une unité fondamentale différente de celle de l’État-nation. L’Occident unitaire est un corps civilisationnel qui se meut de manière synchronisée face à un Autre significatif situé à l’extérieur. La recherche d’un traité, d’une conspiration ou d’un plan directeur derrière la coordination occidentale est inutile, car un commandement central n’est pas le bon mécanisme explicatif.

      L’idée d’une membrane civilisationnelle fait un travail similaire pour la question des doubles standards. Le système immunitaire d’un organisme n’applique pas une règle différente à ses propres cellules et à un virus envahissant parce qu’il est confus quant au principe ; il le fait parce que soi et non-soi sont, par définition, des catégories différentes nécessitant des réponses différentes. Une fois que vous savez si un acteur est placé à l’intérieur ou à l’extérieur du corps, vous pouvez prédire avec une certaine confiance comment sa violence sera racontée, indépendamment de son échelle réelle. C’est un outil plus utile que de s’indigner de l’hypocrisie, car l’hypocrisie n’est pas une erreur dans le système. Elle constitue le système.

      Le même système explicatif aide également à interpréter les conflits internes par rapport aux conflits externes. Un différend commercial outre-Atlantique ou une dispute sur l’autonomie stratégique européenne sont des organes en compétition pour les ressources à l’intérieur d’un seul corps, et non le corps qui se déchire, de la même manière que la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont autrefois combattus jusqu’au sang sans cesser d’appartenir au même projet civilisationnel. Et parce que la membrane a été fabriquée plutôt qu’attribuée, elle n’est pas fixe. Le Japon et l’Europe de l’Est montrent que la frontière peut se déplacer vers l’extérieur. La rebuffade que subit la Russie depuis trois siècles, malgré ses tentatives récurrentes de rapprochement, montre que la proximité n’est pas une garantie d’adhésion.

      L’Occident unitaire est d’abord et avant tout un phénomène sociologique interprétant la façon dont un grand groupe de personnes sur la planète structure leurs affaires entre elles et en opposition aux autres. En ce sens, l’Europe qui se désindustrialise et se nuit à elle-même n’a pas beaucoup d’importance, car tout reste au service d’un projet plus vaste. L’Allemagne perd économiquement. Mais de quoi se soucie Friedrich Merz ? Il fait partie l’Occident unitaire et même si tout son État brûle, il aura un travail confortable quelque part chez BlackRock à New York. Tant que l’Occident unitaire prévaudra, son leadership aussi. C’est ainsi que le projet continue.

      Pascal Lottaz

      Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

      Notes

      1 ) Richard Sakwa, Russia Against the Rest : The Post-Cold War Crisis of World Order (Cambridge : Cambridge University Press, 2017). On the distinction between the “political West” and the wider international order it claims to embody, see Gerard Toal’s review, H-Diplo, May 2018. ↩
      2) Herbert Spencer, “The Social Organism,” Westminster Review, January 1860, later expanded in The Principles of Sociology(New York : D. Appleton, 1876–1896). ↩
      3) Friedrich Ratzel, Politische Geographie (Munich : Oldenbourg, 1897) ; Rudolf Kjellén, Staten som Lifsform (Stockholm : Hugo Gebers Förlag, 1916), translated as Der Staat als Lebensform (Leipzig : Hirzel, 1917). ↩
      4) On the absorption of Ratzel’s and Kjellén’s organicism into Nazi Geopolitik under Karl Haushofer, see Woodruff D. Smith, The Ideological Origins of Nazi Imperialism (New York : Oxford University Press, 1986). ↩
      5) Talcott Parsons, The Social System (Glencoe, IL : Free Press, 1951) ; Niklas Luhmann, Soziale Systeme : Grundriss einer allgemeinen Theorie (Frankfurt : Suhrkamp, 1984), translated as Social Systems (Stanford : Stanford University Press, 1995). ↩
      6) John of Salisbury, Policraticus (1159) ; Ernst Kantorowicz, The King’s Two Bodies : A Study in Mediaeval Political Theology(Princeton : Princeton University Press, 1957) ; see also Thomas Hobbes, Leviathan (London, 1651), whose frontispiece depicts the sovereign body as composed of the bodies of the multitude. ↩
      7) Alexander Wendt, Social Theory of International Politics (Cambridge : Cambridge University Press, 1999) ; Alexander Wendt, “The State as Person in International Theory,” Review of International Studies 30, no. 2 (2004) : 289–316. ↩
      8) Parsons, The Social System. ↩
      9) Karl W. Deutsch, The Nerves of Government : Models of Political Communication and Control (New York : Free Press, 1963). ↩
      10) Andreas Nishikawa-Pacher and Pascal Lottaz, “Permanent Neutrality : A Systems-Theoretical Interpretation,” Cooperation and Conflict, published online November 30, 2025, https://doi.org/10.1177/00108367251382785. ↩
      11) Luhmann, Social Systems. ↩
      12) Council of the European Union, press release, “Russian Hybrid Threats : Council Sanctions Twelve Individuals and Two Entities over Information Manipulation and Cyber-Attacks,” December 15, 2025 ; on Doğru’s listing under the same regime in May 2025, see “EU Strips Journalist Hüseyin Doğru of Livelihood over Pro-Palestine Reporting,” Bianet, 2025 ; on Yamb’s listing (April 2025), see reporting collected by the EU Sanctions Map, sanctionsmap.eu. ↩
      13) See European Parliament, Parliamentary Question E-000212/2026, “Supporting Evidence for Decision to Sanction Jacques Baud and Hüseyin Doğru,” 2026 ; and Bernhard Wegener, “The EU Sanctions against Jacques Baud and the Crisis of Freedom of Expression,” Verfassungsblog, 2026. ↩
      14) Neta C. Crawford, “The Human Toll in Gaza,” Costs of War Project, Brown University, October 2025. ↩

  • Extension de la zone commerciale Aouste : on n’en veut pas et on va faire autre chose !
    https://ricochets.cc/Extension-de-la-zone-commerciale-on-n-en-veut-pas-et-on-va-faire-autre-cho

    Il y a plusieurs mois maintenant que la commission départementale d’aménagement commerciale de la Drôme a donné son avis favorable à l’agrandissement de l’empire économique de la famille Loyal à Aouste-sur-Sye. Cette dernière veut continuer à déposséder l’autonomie du territoire et des habitant•e•s en matière de nourriture, d’habitat, de loisir. Plus besoin de savoir mettre en bocaux pour la conservation des aliments, d’avoir à couper en petit morceaux dans des grands filets d’huiles (...) #Les_Articles

    / #Aouste_sur_Sye, #Bouteilles_à_la_rivière, Tourisme, sports & loisirs, #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle, #Vallée_de_la_Drôme, #Occupations_et_blocages, #Autonomie_et_autogestion

    #Tourisme,sports&_loisirs

  • Penser avec et contre l’Occident
    https://laviedesidees.fr/Thomas-Brisson-La-desoccidentalisation-des-savoirs

    Comment le savoir occidental a-t-il été absorbé et réinterprété par les sociétés extra-occidentales ? L’ouvrage érudit de T. Brisson remet en cause l’image d’un hégémonisme sans nuance.

    #Histoire #occident

  • Sgomberato SOCS
    https://radioblackout.org/2026/07/sgomberato-socs

    Stamattina all’alba, a #milano, numerosi celerini, digossini e altro personale di polizia hanno fatto irruzione negli immobili di via Celoria 26, di proprietà dell’Università Statale, per mettere fine all’occupazione universitaria del Settore occupato Città Studi (SOCS), occupato dal 2024 in sostegno al popolo palestinese. Questo ennesimo sgombero di una realtà autogestita avviene a ventiquattro ore […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #occupazioni #Sgomberi #università
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/sgombero_socs_milano.mp3

  • The Graph That Should Be Front-Page News

    https://www.lyrebirddreaming.com/post/the-graph-that-should-be-front-page-news

    Every so often the Earth produces a signal that is impossible to ignore. This graph is one of them. It shows sea-surface temperatures in the Niño 3.4 region of the equatorial Pacific, one of the most important parts of the Earth’s climate system. Each blue line represents a different year since 1982. The red line is this year. It doesn’t just set a new record. It has departed entirely from the range of previous observations.

  • Un #robot ailé nage et vole comme un oiseau plongeur - EPFL
    https://actu.epfl.ch/news/un-robot-aile-nage-et-vole-comme-un-oiseau-plong-2

    Un dispositif #aéro-aquatique mis au point à l’EPFL et au MIT pourrait ouvrir la voie à une nouvelle catégorie d’appareils destinés à l’#exploration #océanique.

    Les huards, les goélands, les macareux et les pétrels comptent parmi les 100 espèces d’oiseaux capables à la fois de voler et de nager. Ces oiseaux peuvent plonger dans l’eau pour nager à la poursuite de leurs proies, puis s’élancer dans les airs pour s’envoler. S’inspirant de ces aviateurs aquatiques, des ingénieurs de l’#EPFL et du #MIT ont conçu un robot capable de nager sous l’eau, puis de battre des ailes pour sortir de l’eau et continuer à voler dans les airs, à l’instar des oiseaux plongeurs.

    Le « dispositif aéro-aquatique à ailes battantes » pèse moins de 300 grammes. Son objectif est d’aider les scientifiques à étudier les mécanismes qui permettent aux oiseaux plongeurs de voler dans l’air et d’évoluer dans l’eau. Le robot est composé d’un corps central, ou fuselage, de deux ailes flexibles battantes et d’une queue orientable. Les ailes et la queue peuvent être remplacées par des modèles de différentes tailles. Lors des tests menés dans un bassin et un lac, les ingénieurs ont identifié des combinaisons de différentes tailles d’ailes, de fréquences de battement et d’angles de queue qui permettent au robot de passer en douceur de la nage sous l’eau à la sortie, puis au vol dans les airs.

    #drone

  • I lavoratori al Sud non hanno le stesse opportunità dei lavoratori al Nord
    https://informareonline.com/i-lavoratori-al-sud-non-hanno-le-stesse-opportunita-dei-lavoratori-

    Lo scorso 7 luglio l’OCSE (l’Organizzazione per la Cooperazione e lo Sviluppo Economico) ha rilasciato l’Employment Outlook 2026, il report annuale sulle prospettive occupazionali nei 38 paesi che aderiscono all’organizzazione. La sezione del report dedicata al nostro paese evidenzia un tema strutturale: le prospettive occupazionali dei cittadini dipendono dal luogo in cui vivono. C’è uno […] L’articolo I lavoratori al Sud non hanno le stesse opportunità dei lavoratori al Nord proviene da Informareonline, scritto da Alessandro Scotti

    #Approfondimenti #Attualità #brescia #campania #Disoccupazione #Napoli #Ocse

  • « L’immigration est positive pour l’économie dans son ensemble. Pourquoi est-elle aussi impopulaire ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/07/l-immigration-est-positive-pour-l-economie-dans-son-ensemble-pourquoi-est-el

    « L’immigration est positive pour l’économie dans son ensemble. Pourquoi est-elle aussi impopulaire ? »
    Chronique Eric Albert
    Une nouvelle étude démontre les bienfaits économiques de l’immigration dans les pays de l’OCDE. Des données répétées depuis des décennies, qui ne changent malheureusement pas le débat, déplore Eric Albert dans sa chronique.
    Dans neuf mois débutera l’élection présidentielle. Avec l’extrême droite en tête des sondages du premier tour, l’immigration va être inévitablement au cœur des discussions politiques. Avant que ne s’enflamme à nouveau le débat, profitons de la distance avec le scrutin pour tenter de poser des faits.
    Lors du forum organisé par la Banque centrale européenne à Sintra, au Portugal, les 30 juin et 1er juillet, l’économiste italien Giovanni Peri a présenté une passionnante nouvelle étude sur l’immigration dans les 38 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis 1990 et ses conséquences économiques. En se basant essentiellement sur les recensements – beaucoup plus fiables que les statistiques des passages aux frontières –, il a créé une nouvelle base de données qui permet de tirer des leçons générales. Il apparaît que l’immigration est, dans l’ensemble, très positive pour l’économie.
    Premier constat : l’immigration augmente fortement dans tous les pays de l’OCDE. La part de la population née à l’étranger a doublé depuis 1990, pour atteindre 12 % en moyenne aujourd’hui. Cette progression est particulièrement forte en Espagne (de 2 % à 19 % aujourd’hui), au Royaume-Uni (de 7 % à 18 %) et en Allemagne (de 9 % à 20 %). Elle l’est nettement moins en France, où l’immigration est plus ancienne (10 % en 1990, au-dessus de la moyenne de l’époque) mais a progressé moins vite (15 % aujourd’hui).
    Deuxième constat : l’immigration permet désormais de tout juste compenser la baisse de la population active provoquée par la chute de la natalité. Entre 2020 et 2024, la population en âge de travailler dans l’OCDE n’a progressé que de 0,2 % : l’impact positif de l’immigration (+ 3,8 %) a été presque entièrement neutralisé par le recul des natifs (− 3,6 %).Troisième constat : les immigrés sont plus qualifiés que la population locale. M. Peri calcule que la moitié des nouveaux arrivants depuis 1990 avaient un diplôme du supérieur (université ou équivalent), ce qui est plus que la moyenne locale. En France par exemple, 43 % des 25-64 ans ont un diplôme universitaire.
    A partir de là, M. Peri calcule les effets économiques. Conclusion : une hausse de 1 % des immigrés augmente le produit intérieur brut par travailleur de 1,2 % au bout de cinq ans, et de 1,9 % au bout de dix ans. Autrement dit, non seulement l’immigration apporte de la main-d’œuvre supplémentaire, mais elle fait progresser la productivité de l’ensemble de la population. Et pas juste un peu : au total, elle explique un tiers de l’amélioration de la productivité depuis 1990 dans l’OCDE.L’explication, selon M. Peri, vient essentiellement du niveau supérieur d’éducation des immigrés. Beaucoup deviennent aussi des entrepreneurs, que ce soit par l’ouverture de petites épiceries ou lorsque des étudiants étrangers lancent des start-up à la sortie de leur master.
    Si le chercheur reste prudent sur la précision des chiffres auxquels il parvient, il insiste sur la cohérence des indices, qui convergent tous vers la même conclusion : l’immigration augmente la concentration moyenne de capital par travailleur ; un pays qui desserre sa politique migratoire connaît une hausse de sa productivité ; une plus forte immigration est souvent corrélée à une augmentation du nombre de brevets déposés… Bref, l’immigration est positive pour l’économie dans son ensemble. Dès lors, pourquoi est-elle aussi impopulaire ?
    M. Peri reconnaît qu’un soudain afflux localisé de migrants peut poser de vrais soucis, avec de fortes pressions sur le logement ou les services sociaux, par exemple. Mais il estime que le vrai problème est tout simplement celui de la désinformation. « On parle d’immigration quand il y a un fait divers ou qu’il s’agit de passages illégaux des frontières. Mais personne ne s’intéresse à l’histoire d’un immigré qui réussit. »Il est cependant bien conscient que sa recherche – preuves à l’appui – fait difficilement le poids face aux discours populistes : « Le problème est que les gens comme moi n’ont pas réussi à trouver un slogan aussi efficace que “les immigrés prennent votre travail”, note-t-il. C’est faux, aucune donnée ne le montre, mais ça marche. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#OCDE#immigration#economie#productivite#politiquemigratoire#sante

  • Le réchauffement climatique menace le dernier glacier tropical d’Océanie
    https://reporterre.net/Le-rechauffement-climatique-menace-le-dernier-glacier-d-Oceanie

    Le mont #Puncak_Jaya, en #Papouasie indonésienne, point culminant du pays et même de toute l’#Océanie, abrite les derniers #glaciers tropicaux de la région. Ils pourraient définitivement disparaître fin 2026 ou début 2027, indique un rapport sur l’état du climat 2025 dans la région #Pacifique sud-ouest, publié par l’Organisation météorologique mondiale (#OMM) le 7 juillet.

    L’île de #Nouvelle_Guinée a une superficie de 775K km², c’est à dire légèrement plus grande que la France. C’est la seconde plus grande île du monde. Et son point culminant atteint 4884m, c’est à dire légèrement plus haut que le Mont Blanc. Quasiment pas de Street View sur cette île, juste des panoramas 360°.

    Et donc, bientôt plus de glaciers, dans ce territoire proche de l’équateur.

  • « On en voit un, puis deux, puis trois… » Au fond de l’Atlantique, un cimetière de fûts radioactifs
    https://reporterre.net/On-en-voit-un-puis-deux-puis-trois-Au-fond-de-l-Atlantique-un-cimetiere-

    Une expédition a collecté des échantillons autour des fûts contenant des #déchets #radioactifs immergés dans l’#océan #Atlantique jusqu’en 1990. L’heure est maintenant à l’analyse pour comprendre les effets de cette pratique sur les fonds #marins.

    Nous sommes à 4 700 m de profondeur, dans les plaines abyssales de l’Atlantique Nord-Est. Sur la vidéo, la seule lumière provient des projecteurs du Nautile, un sous-marin scientifique habité de 8 m de long, qui éclairent cette immense étendue de sédiments toute plate. « Ce qui est saisissant, c’est l’approche des fûts de déchets radioactifs. On en voit un, puis deux, puis trois, puis quatre… » raconte Patrick Chardon, ingénieur de recherche au #CNRS, spécialiste de la mesure de la #radioactivité dans l’#environnement.

    La plupart sont dévorés par la rouille. « Leurs parois ondulées sont complètement corrodées, avec des couleurs très vives, très rouges. On devine encore les marquages sur certains fûts : le symbole de la radioactivité, des étiquettes, des inscriptions. Et autour, il y a aussi des déchets plus récents comme des sacs plastiques, des bouteilles et des pots de peinture », poursuit Javier Escartín, directeur de recherche au CNRS et au Laboratoire de #géologie de l’École normale supérieure, spécialiste des océans profonds.

    #nucléaire

  • Con “#Revolutionary_stories” i giovani imparano in un’ottica decoloniale

    I libri della Ong Oew raccontano ai più piccoli i protagonisti dell’opposizione al colonialismo. L’ultimo è dedicato a #Omar_Al-Mukhtar, leader della lotta libica contro l’occupazione italiana. Un passo per decostruire la narrativa dominante.

    Far conoscere a bambini e ragazzi storie e personaggi della resistenza al colonialismo europeo del Novecento. È questo l’obiettivo di “Revolutionary stories”, collana di libri illustrati dell’Organizzazione per un mondo solidale di Bressanone, cittadina in provincia di Bolzano.

    L’iniziativa editoriale della Ong altoatesina si inserisce all’interno di “Decolonising minds”, un progetto che affronta il tema del colonialismo da prospettive diverse, attraversate però da un filo conduttore comune: il coinvolgimento delle giovani generazioni.

    “Confrontarsi con questo tema è complicato perché ci si trova inevitabilmente a fare i conti con una parte della propria eredità storica e culturale -spiega Adrian Luncke, collaboratore dell’Oew e coordinatore dell’iniziativa-. Se la prima emozione evocata nello spettatore è il senso di colpa, un sentimento che su questa questione è presente in molti di noi del Nord globale, la reazione sarà con ogni probabilità una chiusura”.

    Per questo ciascun capitolo di “Decolonising minds” è stato declinato attraverso strumenti divulgativi differenti pensati per innescare innanzitutto una riflessione, come il reading performativo “Tsinstiya”, il podcast “Ascoltare le migrazioni” e il gioco di ruolo “Processo del tribunale popolare” in cui gli studenti di una scuola superiore di Bolzano hanno giudicato un caso semi-fittizio di un combattente sudtirolese in Abissinia, in Etiopia.

    In questo percorso si inserisce “Revolutionary stories”. Dopo aver raccontato Saad Zaghloul e Djamila Bouhired, figure centrali della resistenza egiziana e algerina, il terzo volume della serie, “Omar Al-Mukhtar. Quando la fede diventa resistenza al colonialismo”, volge lo sguardo alla Libia. Omar Al-Mukhtar è nato il 20 agosto 1858 a Zawiyat Zanzur, in Cirenaica (regione storico-geografica situata nella parte Nord orientale della Libia, ndr). A 12 anni ha intrapreso gli studi coranici a Giarabub, centro spirituale della confraternita sufi dei Senussi. È diventato imam ed è stato una figura molto rispettata come insegnante religioso, mediatore e guida della comunità, ricoprendo incarichi per l’ordine tra cui la gestione di un centro religioso.

    Con l’invasione italiana del 1911 Al-Mukhtar ha guidato per oltre vent’anni la resistenza libica, forte della sua conoscenza del territorio e dell’appoggio dei diversi gruppi familiari locali, sotto la guida politica e spirituale di Idris Al-Senussi, diventato re di Libia all’indipendenza. Nei primi anni il controllo italiano del Paese è rimasto fragile e limitato alle città, mentre nell’entroterra si era sviluppata una forte resistenza.

    A partire dagli anni Venti, con l’avvento del fascismo, però, la repressione si è fatta dura: sotto il regime di Benito Mussolini e con l’azione militare di Rodolfo Graziani sono state avviate campagne di “riconquista” caratterizzate da deportazioni di massa, campi di concentramento e violenze diffuse contro la popolazione civile. Al-Mukhtar è stato catturato l’11 settembre 1931 dopo uno scontro nella Valle del Grib. Sottoposto a un processo sommario a Bengasi, è stato impiccato. L’esecuzione è avvenuta nel piazzale del campo di concentramento di Soluch, in Cirenaica, davanti a circa 20mila cittadini libici costretti ad assistere. Ancora oggi è sepolto a Bengasi, davanti all’ex palazzo Littorio.

    “In Libia la figura di Al-Mukhtar è tra le più importanti a livello storico -spiega ad Altreconomia Radwa Ghashut, autrice del libro-. Il suo volto compare sulle banconote da 20 dinari, le sue gesta vengono ricostruite nei libri di scuola e il Giorno dei martiri -ricorrenza nella quale si ricordano le vittime del colonialismo italiano- cade proprio il 16 settembre, data della sua esecuzione”.

    Nata e cresciuta in Libia, Ghashut vive a Bolzano da 12 anni, dove lavora come mediatrice culturale e traduttrice. Nel volume la sua biografia si intreccia con quella di Al-Mukhtar, dando vita a due piani narrativi che scorrono paralleli: “Per sviluppare il racconto mi sono immersa nel passato, ripercorrendo i miei ‘incontri’ con l’eroe libico e ricostruendo, attraverso le mie parole e le illustrazioni di Lucia Zamolo, le scene che compongono la narrazione”.

    Dalle prime lezioni di storia tra i banchi di scuola ai racconti familiari emergono così le tappe principali della resistenza libica, legate ai ricordi personali dell’autrice. Particolarmente significative sono le storie condivise dalla nonna Ftema e le conversazioni con il padre -grande appassionato di storia e per anni guida turistica-, che ripercorre per la piccola Radwa la cattura di Al-Mukhtar dopo un’imboscata delle forze italiane.

    A questi elementi si aggiungono i frammenti di un immaginario collettivo alimentato soprattutto dal cinema. In Libia, infatti, il film “Il leone del deserto” del regista Moustapha Akkad, uscito nel 1981 e dedicato alla figura del combattente libico interpretato da Anthony Quinn, viene tradizionalmente trasmesso ogni anno in occasione del Giorno dei martiri. E dunque ritroviamo Radwa adolescente in salotto mentre in tv scorrono le immagini della pellicola, censurata in Italia fino al 2009 perché ritenuta “lesiva dell’onore dell’esercito italiano” per il modo critico in cui rappresentava l’occupazione in Libia.

    Nella fase di ricerca Ghashut ha potuto consultare diverse fonti in lingua araba, oltre a documenti ufficiali del tempo. Tra questi spicca il verbale del processo sommario a cui fu sottoposto Al-Mukhtar, raccolto nei “Quaderni di Cirene” del collettivo bolognese Resistenze in Cirenaica. Proprio il ricorso a fonti eterogenee e spesso marginalizzate rispetto alla storiografia dominante diventa parte integrante del progetto, che non si limita a una mera ricostruzione degli eventi ma invita lettori e lettrici a interrogarsi sulle modalità attraverso cui la storia viene raccontata.

    “Il progetto intende mostrare che il modo in cui apprendiamo la storia è guidato dalla nostra prospettiva particolare -conclude l’autrice-. Il nostro libro in questo senso è un invito ai giovani a provare ad allargare almeno un po’ lo sguardo per approfondire poi il tema con l’insegnante a scuola o, perché no, a casa con i propri genitori”.

    Uno sguardo, quello delle “Revolutionary stories”, che permette a ciascun libro della collana di diventare così uno strumento educativo in senso lato e, soprattutto, un primo passo per decolonizzare la conoscenza.

    https://altreconomia.it/con-revolutionary-stories-i-giovani-imparano-in-unottica-decoloniale
    #décolonial #Italie_coloniale #Italie #livre #résistance #récit #contre-récit #occupation #colonialisme #Saad_Zaghloul #Djamila_Bouhired #Libye #Idris_Al-Senussi #fascisme #Rodolfo_Graziani #histoire #Soluch #camp_de_concentration #Radwa_Ghashut

    –-
    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien:
    https://seenthis.net/messages/871953

  • Canicule : EDF contrainte de stopper le réacteur n° 2 à la centrale #nucléaire de #Golfech avec une #température de la #Garonne prévue à 28 °C
    https://www.ladepeche.fr/2026/06/23/canicule-historique-edf-contrainte-de-stopper-le-reacteur-n-2-a-la-central

    L’épisode de #canicule exceptionnel perturbe l’activité industrielle en #Occitanie. Ainsi, EDF a été contrainte de stopper la production d’#électricité de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) depuis lundi 22 juin à 23 h 45. L’exploitant doit se conformer à une réglementation de 2006 qui entre en vigueur dès que la température de la Garonne atteint 28 °C, ce qui sera le cas mardi 23 juin 2026.

    #oups #nucléaire #edf #intermittence #canicule #énergie #rte #asnr #réglementation

    On te donne la solution dans le résumé : Cette réglementation d’un autre âge nous empêche de profiter de la climatisation. Supprimons ces limites !

    EDIT : mi-juillet, la centrale du #bugey a le droit de continuer à produire malgré la canicule
    https://seenthis.net/messages/1181806

  • Emmanuel Todd – Front Nord, Front Sud : le point sur la Troisième Guerre mondiale

    https://diaspora.psyco.fr/p/12532040

    https://www.youtube.com/watch?v=lC5jJtw5Baw


    2026-06-11 — 1,5 h

    par Fréquence Populaire Média

    Alors que les regards restent tournés vers l’Ukraine, le Moyen-Orient et les tensions internationales, Emmanuel Todd estime que nous sommes en réalité confrontés à des transformations beaucoup plus profondes que les seuls événements du moment.

    Dans ce nouvel entretien animé par Diane Lagrange et enregistré le 10 juin 2026, l’historien, anthropologue et démographe revient d’abord sur son nouveau projet intellectuel. Après plusieurs décennies consacrées à l’étude des structures familiales et à leur influence sur les systèmes politiques, religieux et sociaux, Emmanuel Todd explique pourquoi il réévalue aujourd’hui certains aspects de son travail et pourquoi il redécouvre l’intérêt du matérialisme historique de Marx et Engels pour comprendre les grandes évolutions de l’humanité.

    Mais très vite, la discussion bascule vers les grands foyers de tension contemporains.

    #Ukraine, #Russie, #UE / #EU Union européenne, #OTAN, #Iran, #États-Unis, #Allemagne, #démographie, #crise économique, #retraites, #immigration, vieillissement des sociétés occidentales, #désindustrialisation, #souveraineté énergétique, #déclin européen… aucun sujet n’est évité.

    Pour Emmanuel Todd, les événements que nous observons ne peuvent être compris qu’en prenant du recul sur les dynamiques historiques longues. Il analyse la guerre en Ukraine comme l’expression d’un affrontement plus vaste entre un #Occident en difficulté et des puissances émergentes qui raisonnent désormais sur plusieurs décennies.

    L’entretien aborde également le rôle croissant de l’Allemagne dans le financement de l’effort de guerre européen, les conséquences de la crise énergétique mondiale, l’évolution de la stratégie russe, le rapprochement entre Moscou, Téhéran et Pékin, ainsi que les risques que ferait peser une poursuite de l’escalade sur l’ensemble du continent européen.

    La situation de l’Iran fait l’objet d’une analyse particulièrement approfondie. Emmanuel Todd revient sur la transformation spectaculaire de la société iranienne, son niveau de formation scientifique, sa capacité de résistance face aux sanctions et aux conflits, ainsi que sur la chute extrêmement rapide de sa fécondité qui rapproche désormais le pays des standards démographiques des sociétés les plus développées.

    La France occupe également une place centrale dans la discussion.

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Todd s’interroge sur la capacité du système politique français à répondre aux défis réels du pays. Il revient longuement sur le vieillissement accéléré de la population, la crise des retraites, l’effondrement de la fécondité, les difficultés d’assimilation, la dépendance économique croissante du pays et les limites du débat politique actuel.

    L’entretien se conclut sur une réflexion plus large concernant l’avenir de l’Europe, le déclin démographique mondial, l’évolution des rapports de puissance et les conséquences possibles des choix politiques effectués aujourd’hui.

  • Le #capitalisme des abysses
    https://laviedesidees.fr/Le-capitalisme-des-abysses

    L’aggravation du changement climatique se fait de plus en plus visible et touche désormais même les milieux a priori les plus éloignés, comme les fonds marins. Pourtant, ceux-ci sont intégrés aux transformations du monde depuis le XVe siècle, selon des mouvements pluriels et concurrents.

    #Histoire #environnement #océan

  • La dégradation de l’océan se poursuit, mais toujours pas d’accord pour réduire la #pollution_plastique
    https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/20260608-la-d%C3%A9gradation-de-l-oc%C3%A9an-se-poursuit-mais-toujours-pas-d-acc

    Les océans sont de plus en plus en mauvaise santé. C’est le constat du baromètre #Starfish dévoilé ce lundi 8 juin à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan. Le #niveau de la #mer augmente toujours plus vite, la #biodiversité #marine est menacée et la #pollution s’accumule. Selon les estimations de la fondation Ellen MacArthur, les #océans pourraient contenir plus de #plastique que de #poissons d’ici à #2050.

  • Trump wants the Palestinians to pay for the U.S. occupation of Gaza – Mondoweiss
    https://mondoweiss.net/2026/05/trump-wants-the-palestinians-to-pay-for-the-u-s-occupation-of-gaza

    Le « conseil de paix » imaginé par Trump et consorts n’ayant pas un cnt en poche, on va piocher dans les revenus palestiniens confisqués pr Israël. ’Plus de détails ans le reste de l’article.)

    US President Donald Trump’s Gaza plan has finally surfaced its central contradiction. The so-called “Board of Peace” cannot fund its own reconstruction project, and Washington is now considering asking Israel to redirect part of $5 billion in clearance revenues it has been withholding from the Palestinian Authority (PA) toward the Gaza Strip – money that belongs to Palestinians living in the occupied West Bank, whom the PA nominally represents.

    The Trump administration has not formally decided whether to make the request, and as of late May, neither Israel nor the PA had reacted to the idea on the record. Yet the PA may be asked to pay for the reconstruction of Gaza despite not being invited to join the Board of Peace, which treats Gaza as a wholly separate jurisdiction from the West Bank, while the Palestinian population in the West Bank is already living through the deepest fiscal crisis the Authority has faced since its creation, engineered by the very withholding that now serves as a slush fund for an external reconstruction authority.

  • OCP lève 1,5 milliard de dollars : et le #cadmium cancérogène du #phosphate dans tout ça ?
    https://www.afrik.com/ocp-leve-1-5-milliard-de-dollars-et-le-cadmium-cancerogene-du-phosphate-dans-

    L’Office chérifien des phosphates vient de réussir une émission obligataire hybride de 1,5 milliard de dollars, une première africaine saluée par les marchés. Mais alors que la France s’alarme d’une « bombe sanitaire » liée au cadmium contenu dans les engrais phosphatés marocains, et que l’Afrique s’apprête à en recevoir des quantités massives, une question s’impose : les milliards levés serviront-ils à résoudre enfin le problème ?

    C’est un triomphe financier comme l’Afrique n’en avait encore jamais vu. Le 16 avril 2026, l’Office chérifien des phosphates (#OCP) a finalisé la toute première émission obligataire hybride en dollars jamais réalisée par un groupe africain sur les marchés internationaux. Montant : 1,5 milliard de dollars, avec un carnet d’ordres couvert 4,6 fois et la participation de 176 investisseurs dans 23 pays. BNP Paribas, Citi et JP Morgan ont arrangé l’opération. Mostafa Terrab, PDG du groupe, peut se félicitercar l’OCP est désormais un émetteur de premier rang sur la scène financière mondiale.

    Cette levée s’inscrit dans un vaste programme d’investissement vert évalué à 13 milliards de dollars sur la période 2023-2027. L’OCP ambitionne 100 % d’énergies propres d’ici 2027, la neutralité carbone à l’horizon 2040, et une capacité de production d’engrais portée de 12 à 20 millions de tonnes annuelles. Le monde entier applaudit. Mais une question, singulièrement absente des communiqués de presse et des analyses financières, mérite pourtant d’être posée : ces milliards vont-ils permettre à l’OCP de s’attaquer sérieusement au cadmium ?

    La #France un malade sous cloche et l’#Afrique sous engrais
    Au printemps 2025, la France a découvert avec stupeur l’ampleur de sa contamination au cadmium. La Conférence nationale des médecins libéraux puis un rapport parlementaire ont tiré la sonnette d’alarme en qualifiant la situation de « bombe sanitaire ». Les dernières données disponibles dressent un tableau alarmant. La dernière étude nationale de biosurveillance ESTEBAN, menée entre 2014 et 2016 et publiée par Santé publique France en 2021, révèle que près de la moitié de la population de 18 à 60 ans dépassait déjà le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines. En mars 2026, l’ANSES a franchi un pas supplémentaire : en modélisant l’accumulation du cadmium dans l’organisme tout au long de la vie à partir des données d’exposition actuelles, l’agence confirme une « imprégnation forte et croissante » et conclut qu’une part significative de la population française dépasse les valeurs sanitaires de référence.

    Faute de nouvelle campagne de mesures biologiques sur le terrain depuis 2016, c’est cette modélisation qui constitue l’état de l’art. Les enfants français présentent des taux quatre fois supérieurs à ceux des enfants américains ou allemands. Conséquence directe, en 2023, la France a recensé près de 16 000 nouveaux cas de cancers du pancréas, un type de cancer pour lequel le cadmium est identifié comme facteur de risque certain par le Centre international de recherche sur le cancer.

    La source principale de cette contamination est connue depuis des années : les engrais phosphatés épandus sur les terres agricoles, responsables selon l’INRAE de 60 % à 75 % des entrées de cadmium dans les sols. Et la France importe 95 % de ses phosphates, principalement du Maroc. Et les gisements marocains affichent des teneurs en cadmium comprises entre 38 et 100 mg par kilogramme de P₂O₅, là où les gisements finlandais, russes ou américains restent sous les 20 mg/kg. La teneur maximale autorisée en France est encore fixée à 60 mg/kg, bien que l’ANSES préconise depuis 2019 de l’abaisser à 20 mg/kg.

    Ce scandale, encore en gestation en Europe où les systèmes de biosurveillance sont développés, risque d’être bien plus grave en Afrique. Le continent qui s’apprête à recevoir des flux d’engrais marocains sans précédent ne dispose ni des capacités épidémiologiques pour mesurer l’impact sanitaire, ni des normes réglementaires pour s’en protéger. L’OCP revendiquait en 2025 douze filiales africaines, essentiellement en Afrique de l’Ouest, Bénin, Burkina Faso, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Nigeria — mais aussi à l’Est, en Éthiopie, au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et en Zambie. Et ce n’est qu’un début.

    L’AFD finance sans condition, l’OCP exporte sans contrainte
    La récente enquête du média écologiste Vert.eco a mis en lumière un paradoxe saisissant. Le 9 mai 2025, l’Agence française de développement (AFD) a signé l’un des plus gros prêts non souverains de son histoire avec l’OCP : 350 millions d’euros, officiellement destinés à fournir aux agriculteurs africains « des engrais verts produits de manière durable ». Problème, ni ce prêt, ni aucun accord de financement lié au programme d’investissement vert de l’OCP, ne contient la moindre clause, le moindre indicateur, la moindre conditionnalité portant sur la teneur en cadmium des engrais destinés au marché africain.

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    L’AFD finance l’exportation du cadmium en Afrique ?
    Les indicateurs de performance conditionnant les décaissements portent sur la décarbonation, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau. Le cadmium, absent. La Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (Farm), financée par l’AFD elle-même, avait pourtant publié une étude alarmante : les sols africains, acides et pauvres en matière organique, présentent des caractéristiques qui aggravent considérablement la migration du cadmium vers les plantes et la chaîne alimentaire. La France a délibérément ignoré ces alertes. En toile de fond, la réconciliation diplomatique entre Emmanuel Macron et Mohammed VI transformait ce prêt en instrument géopolitique autant qu’en outil de développement.

    OCP : une avancée réelle en Europe, un silence assourdissant pour l’Afrique
    Il serait inexact de présenter l’OCP comme un acteur immobile. Sur le marché européen, le groupe a réalisé des progrès substantiels, sous la pression réglementaire et commerciale. Depuis le 1er février 2025, l’intégralité des engrais commercialisés par OCP Nutricrops — sa filiale européenne, afficherait une teneur en cadmium inférieure à 20 mg/kg de P₂O₅. Un alignement réglementaire saluée par les milieux industriels et sanitaires.

    Pour y parvenir, l’OCP a investi plusieurs dizaines de millions d’euros dans des technologies de décadmiation développées en collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Parmi elles, un procédé de cocristallisation perfectionné depuis six ans, capable d’éliminer environ 70 % du cadmium dans l’acide phosphorique. En 2025, le groupe produisait déjà deux millions de tonnes d’engrais grâce à cette technologie, avec l’ambition d’atteindre trois millions de tonnes d’ici 2027. Une nouvelle unité en construction à Jorf Lasfar doit permettre de produire un million de tonnes supplémentaires d’engrais décadmiés d’ici fin 2026. Ce n’est pas rien.

    Mais la question cruciale demeure : ces technologies de décadmiation sont-elles déployées pour les marchés africains ? La réponse, à ce stade, est non. La Fondation Farm souligne que la décadmiation représente un surcoût d’environ 100 dollars par tonne de P₂O₅ et ce n’est pas une technologie expérimentale, c’est un choix industriel. Et ce choix, pour l’instant, l’OCP ne l’a fait que là où la réglementation l’y oblige : en Europe.

    1,5 milliard de dollars : et si c’était l’occasion ?
    C’est là que la levée de fonds du 16 avril 2026 prend une dimension particulièrement intéressante. Avec 1,5 milliard de dollars supplémentaires mobilisés auprès d’investisseurs institutionnels en quête de critères ESG solides, l’OCP dispose désormais des capacités financières pour étendre ses technologies de décadmiation à l’ensemble de ses marchés, y compris africains. Le groupe, détenu à 95 % par l’État marocain, dont il est le premier contributeur fiscal, n’a pas de problème d’argent. Il a un problème de volonté politique.

    Le programme d’investissement vert 2023-2027 valorise à raison les avancées en matière de décarbonation, d’énergie solaire, d’ammoniac vert et de dessalement. Mais le « vert » affiché dans les documents de l’OCP reste singulièrement muet sur le cadmium. Or, le coût de la décadmiation de 100 dollars par tonne de P₂O₅, est marginal par rapport aux investissements colossaux consentis par ailleurs. Pour un groupe qui réalise 113 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, la généralisation des techniques de décadmiation à l’ensemble de la production ne représente pas un obstacle financier. Elle représente un choix stratégique et éthique.

    Les 176 investisseurs institutionnels qui ont souscrit à cette émission hybride ont-ils posé la question du cadmium dans leurs due diligences ? Les agences de notation Moody’s et S&P, qui accordent à l’OCP un traitement favorable en considérant 50 % de l’instrument comme des capitaux propres, intègrent-elles dans leurs critères les risques sanitaires liés aux métaux lourds ? La question mérite d’être posée à une époque où la taxonomie verte européenne et les exigences de reporting extra-financier des investisseurs ne cessent de se durcir. Car un procès en responsabilité pour la progression du nombre de cancer n’est pas à sous-estimer.

    Un double standard qui dure trop longtemps
    La situation actuelle pourrait se résumer ainsi : l’OCP vend à l’Europe des #engrais #décadmiés parce que Bruxelles l’exige, et exporte vers l’Afrique des engrais #non_traités parce que personne ne l’en empêche. C’est le même double standard que l’on retrouve dans d’autres industries extractives qui appliquent des normes environnementales différentes selon que le marché de destination est occidental ou africain. Ce n’est pas de la malveillance. C’est l’économie politique du #phosphate mondial, qui place la santé des populations africaines dans un angle mort réglementaire et diplomatique.

    Pourtant, des voix s’élèvent. Le député écologiste français Benoît Biteau a formulé le paradoxe avec clarté : pourquoi la France continue-t-elle à s’approvisionner en phosphates marocains pour des raisons géopolitiques alors que leurs homologues allemands ou belges se fournissent auprès de gisements naturellement pauvres en cadmium, sans surcoût notable ? En Afrique, c’est encore plus grave : les sols du continent, acides et peu tamponnés, sont plus vulnérables à l’accumulation du cadmium que les terres européennes. Les populations africaines mangeront davantage de céréales et de légumes issus de ces sols dans les décennies à venir.

    Il n’existe pas, à ce jour, de système de biosurveillance des métaux lourds comparable au système français en Afrique de l’Ouest. L’#OMS et les agences sanitaires africaines ne disposent pas des données épidémiologiques permettant de corréler l’exposition aux engrais phosphatés et l’incidence des cancers. Les pathologies liées au cadmium se déclarent après vingt à trente ans d’accumulation silencieuse. Si rien ne change, c’est dans les années 2040-2050 que les cancers du pancréas et du rein liés à une décennie de fertilisation massive se manifesteront en Afrique de l’Ouest. Trop tard pour ceux qui n’auront pas survécu.

    Un champion africain se doit d’avoir des ambitions africaines
    L’OCP est indéniablement un fleuron industriel africain, une réussite dont le Maroc peut être fier. Ses performances financières, son accès aux marchés de capitaux mondiaux, ses investissements technologiques en R&D, sa capacité à anticiper la réglementation européenne : tout cela est réel et mérite d’être reconnu. Mais un champion qui se veut le bras armé de la sécurité alimentaire africaine ne peut pas appliquer deux poids, deux mesures selon le niveau de richesse de ses clients.

    La levée de fonds du 16 avril 2026 offre une occasion historique. Avec des ressources financières sans précédent, une technologie de décadmiation éprouvée et des partenaires institutionnels comme l’#AFD qui pourraient conditionner leurs financements futurs à des engagements sanitaires clairs, l’OCP dispose de tous les outils pour étendre à l’Afrique ce qu’il fait déjà pour l’Europe. Ce serait là le véritable « programme d’investissement vert » : pas seulement décarboner la production, mais la rendre sûre pour tous les peuples qui en dépendent.

    L’Afrique n’est pas une décharge sanitaire. Elle mérite des engrais qui ne l’empoisonnent pas à petit feu.

    https://www.afrik.com/proposition-de-loi-cadmium-la-france-menace-les-phosphates-marocains-mais-lai

    #Maroc

    • https://www.afrik.com/proposition-de-loi-cadmium-la-france-menace-les-phosphates-marocains-mais-lai

      [...]
      La limite est que la proposition de loi vise les engrais importés, vendus ou utilisés en France. Elle ne vise pas les fruits, légumes ou autres denrées agricoles importés depuis des pays où les cultures peuvent avoir été produites avec des engrais plus chargés en cadmium.

      Concrètement, un maraîcher français serait soumis à des règles plus strictes sur ses fertilisants. Mais un fruit ou un légume importé du Maroc, ou d’un autre pays tiers, ne serait pas automatiquement interdit au seul motif que les engrais utilisés localement ne respecteraient pas les futurs seuils français. Ces produits relèvent du droit alimentaire européen, qui fixe des teneurs maximales en contaminants dans les denrées mises sur le marché, notamment pour les métaux comme le cadmium, le plomb, le mercure ou l’arsenic.

      Autrement dit, le contrôle porte sur le produit fini, pas sur toute la chaîne de fertilisation suivie hors de France. C’est une protection imparfaite qui repose sur des contrôles, des prélèvements et des rappels lorsqu’un dépassement est constaté.

      L’exemple des avocats rappelés chez Carrefour et Lidl
      L’actualité récente illustre ce décalage. Le 21 avril 2026, RappelConso a publié une fiche concernant des avocats marocains en filet de trois fruits de la marque Simpl, distribués par Carrefour, avec comme motif de rappel la présence de cadmium. Les lots concernés avaient été commercialisés dans toute la France.

      Quelques jours plus tôt, Lidl avait également rappelé des avocats du Pérou vendus en France pour dépassement de la teneur maximale autorisée en cadmium.

      Ces rappels montrent une faille du système. On peut durcir fortement les règles imposées aux agriculteurs français, tout en continuant à découvrir des dépassements sur des produits importés.

      Vers une distorsion de concurrence ?
      En l’état, la proposition de loi pose donc un double défi. Sur le plan sanitaire, elle répond à une urgence documentée, celle de réduire l’apport de cadmium dans les sols français et, à terme, dans l’alimentation. Sur le plan économique, elle crée une asymétrie potentielle.

      Les producteurs français pourraient être contraints d’utiliser des intrants plus chers, plus rares ou plus strictement contrôlés, tandis que des denrées importées resteraient soumises uniquement aux limites européennes sur le produit final. Pour éviter cette distorsion, il faudrait renforcer les contrôles aux frontières, cibler les filières à risque, publier davantage de données par origine et poser la question des conditions de production lorsque des alertes se répètent.

      La proposition de loi Cadmium ne constitue pas un bouclier alimentaire complet. Elle protège d’abord la production française de demain. Elle ne règle pas encore la question des #contaminations importées dans l’assiette des consommateurs.

  • U.S. Begins Dismantling Major Ocean Observation Network
    https://gcaptain.com/u-s-begins-dismantling-major-ocean-observation-network

    The U.S. National Science Foundation (NSF) has begun a major downsizing of one of the world’s largest ocean observing networks, announcing plans to remove most of the in-water infrastructure associated with the Ocean Observatories Initiative (OOI) over the next 15 months.

    Under the plan, NSF will phase out operations at the Endurance, Pioneer, Irminger Sea, and Station Papa arrays, ending a decade-long effort that has provided continuous real-time observations from some of the world’s most strategically important ocean regions.

    The decision marks a significant shift for the $386 million OOI program, which has served as a cornerstone of U.S. ocean science since becoming fully operational in 2016.

    “The U.S. National Science Foundation has initiated descoping of the Ocean Observatories Initiative Major Facility,” NSF said in a statement released this week.

    The move comes amid sweeping proposed cuts to federal science spending under the Trump administration. The Trump administration’s FY2026 budget request proposed cutting funding for the Ocean Observatories Initiative from approximately $39 million to $8 million—a reduction of nearly 80%—and identified the facility for decommissioning. Although Congress has not yet finalized FY2026 appropriations, NSF has already begun implementing a descoping plan that will remove in-water infrastructure from four of OOI’s five observing arrays over the next 15 months.

    According to an update from OOI Principal Investigator Jim Edson of the Woods Hole Oceanographic Institution, the Endurance Array off the U.S. Pacific Northwest is already being dismantled, with final recovery operations scheduled for June 2026.

    The Pioneer Array, located offshore of the U.S. East Coast, is expected to be recovered by June 2027. The Irminger Sea Array in the North Atlantic and the Station Papa Array in the Northeast Pacific are slated for recovery during the summer of 2027, subject to vessel availability and operational constraints.

    As the equipment is removed, the real-time data streams and observing capabilities at those locations will cease.

    One major component of the network will remain intact. NSF said the Regional Cabled Array, a subsea observatory connected by fiber-optic cable off the coast of Oregon, will continue operating “for the foreseeable future.” The OOI Data Center, Program Management Office, and community engagement activities are expected to continue through September 30, 2028.

    The Ocean Observatories Initiative was designed to provide continuous, long-term monitoring of physical, chemical, biological, and geological processes across the global ocean. Its network of moorings, autonomous vehicles, seabed instruments, and underwater communications systems has generated one of the largest publicly accessible ocean datasets in the world.

    Researchers have used OOI observations to study climate variability, ocean circulation, marine ecosystems, extreme weather events, underwater volcanism, and emerging maritime hazards. The data have also supported educational programs and workforce development efforts across the ocean sciences community.

    NSF said all previously collected data will remain available through the OOI Data Center and encouraged researchers to continue using the archive in scientific publications, grant proposals, and educational programs.

    “We encourage the community to use the ten-plus years of OOI data by including it in proposals, publications, presentations, and conversations with colleagues,” NSF said, noting that continued use of the dataset will help demonstrate the program’s scientific impact and long-term value.

    The announcement comes amid broader federal efforts to reduce spending and reassess major research infrastructure programs. NSF has not publicly detailed the budgetary factors behind the descoping decision.

    For the oceanographic community, however, the move represents the end of an era for one of the most ambitious ocean observing systems ever deployed, shifting the program’s focus from active observation toward preservation and analysis of its extensive scientific record.

  • Der Westen in Afghanistan : Eine Chronik des Scheiterns
    https://krautreporter.de/nachrichten-erklart/4052-der-westen-in-afghanistan-eine-chronik-des-scheiterns

    « Manöverkitik » - on dénonce l’hypocrisie du quartier général, on décrit « le coût humain » des erreurs de dirigeant et on vise à côté de l’essentiel parce que la critique ouverte et précise met en danger ta promotion au rang supérieur. Cet article est un exemple pour une critique de la guerre impérialiste et coloniale à l’opposé de Fanon et Pontecorvo.

    Exercice dans le genre réussi on s’en inspirera pour en démasquer d’autres.

    17.8.2026 von Stephan Anpalagan - Die Nato-Mächte tun so, als hätten sie die Machtergreifung der Taliban und das verheerende Chaos in Afghanistan nicht kommen sehen. Dabei hat sich beides lange angekündigt. In diesem Artikel erkläre ich die Hintergründe, die dir helfen, dieses Scheitern zu verstehen.

    Es ist der vorläufige Höhepunkt einer Woche, die überflutet wurde mit grauenhaften und schrecklichen Nachrichten. Einer Woche, in der sich die Ereignisse überschlugen und die innen- und außenpolitischen Entwicklungen kaum mehr nachzuvollziehen sind. Inmitten all der Nachrichten und Bilder, der Empörung und Verzweiflung bahnt sich ein verwackeltes Handyvideo seinen Weg in die Social-Media-Timelines. Das Video ist nur wenige Sekunden lang. Man sieht ein Flugzeug aufsteigen. Mehrere Hundert Meter über dem Boden fallen zwei kleine Punkte herab. Abgeworfen wie Ballast. Man braucht einige Augenblicke, um zu realisieren, dass diese Punkte Menschen sind. Menschen, die sich während des Abflugs außen am Flugzeug festgekrallt hatten, hoch oben in der Luft aber ihren Halt verlieren. Und wenige Sekunden später ihr Leben.

    Selbst hartgesottene Kriegsberichterstatter:innen und gestandene Journalist:innen scheinen angesichts der aktuellen Nachrichtenlage mit ihrer Fassung zu ringen. In weiten Teilen dieses Landes herrscht vollkommene Ratlosigkeit, überdeckt von Scham darüber, wie Deutschland, Europa, ja der gesamte Westen derart versagen konnte. Politisch, militärisch, moralisch.

    Es fällt schwer zu begreifen, dass diese Mission gescheitert sein soll. 53 Staaten sollten, ausgerüstet mit einem starken Mandat des UN-Sicherheitsrates, die Taliban bekämpfen, die afghanischen Streitkräfte und Sicherheitsbehörden ausbilden und eine stabile Regierung samt demokratischer Institutionen etablieren. All dies ist gescheitert. Alle Fortschritte der vergangenen 20 Jahre wurden innerhalb weniger Wochen zunichte gemacht. Die Taliban sind zurück, von den afghanischen Streitkräften ist keine Spur zu sehen, die afghanischen Frauen, Männer und Kinder bangen nun um ihr Leben.
    Ein Soldat steht mit Helm auf dem Kopf und Gewehr über der Schulter vor dem Hindukusch.

    Ein sowjetischer Soldat bewacht eine afghanischen Straße, 1988. | © Wikipedia / CC-BY-SA 3.0/ RIA Novosti/A. Solomonov
    Die meiste Zeit seiner Geschichte befindet sich Afghanistan im Krieg⬆ nach oben

    Es scheint unbegreiflich. Wie kann es sein, dass die USA, die mächtigste Militärnation der Erde als Anführerin der mächtigsten Militärallianz in der Geschichte der Menschheit mit einem Einsatz von 2,2 Billionen US-Dollar es nicht schafft, in einem Zeitraum von 20 Jahren Sicherheit, Freiheit und Demokratie zu etablieren? Und wie konnte es zu einem derart unwürdigen und menschenverachtenden Ende kommen?

    Um sich einer Antwort auf diese Frage zu nähern, lohnt sich ein Blick in die wechselhafte Geschichte Afghanistans.

    Afghanistan befand sich die meiste Zeit seiner jüngeren Geschichte im Krieg. Seit der Gründung im Jahr 1747 war das Land Schauplatz weltpolitischer und regionalpolitischer Auseinandersetzungen. Es grenzt direkt an die ehemalige Sowjetunion (heute Turkmenistan, Usbekistan, Tadschikistan), das ehemalige Indien (heute Pakistan), an China und Iran. Nach der Besetzung 1839 durch die damalige Kolonialmacht Großbritannien, die ihren Einfluss über Indien hinweg vergrößern wollte, besiegte Afghanistan in einem mehrere Jahrzehnte währenden Konflikt seine Besatzer:innen und wurde 1919 zu einem souveränen und unabhängigen Staat.

    Im Anschluss etablierte sich eine konstitutionelle Monarchie, die Afghanistan in die internationale Staatengemeinschaft einführte und eine Entwicklung nach dem Vorbild westlicher Gesellschaften vorantrieb. Durch die Einflussnahme der Sowjetunion wurde erst der König gestürzt und dann durch den Einmarsch sowjetischer Truppen 1979 das gesamte Land in einen blutigen Bürgerkrieg gestürzt, in dessen Verlauf acht Millionen Afghan:innen nach Pakistan und Iran vertrieben wurden.
    Ehemalige Freiheitskämpfer wurden zu Fundamentalisten⬆ nach oben

    Die USA, die all dies mit großer Sorge betrachteten und ein Ausbreiten des Kommunismus mit allen Mitteln verhindern wollten, griffen noch im selben Jahr direkt und indirekt in den Konflikt ein: Gemeinsam mit Saudi-Arabien und Pakistan statteten sie die afghanische Widerstandsbewegung der Mudschahedin mit Geld und modernsten Waffen aus. Als öffentliches Zeichen für die Dringlichkeit der Mission lud der US-amerikanische Präsident Ronald Reagan die Mudschahedin gar ins Weiße Haus ein und lobte sie dort als Freiheitskämpfer.

    Währenddessen etablierte sich in Afghanistan ein junger Mann aus Saudi-Arabien als Ankerpunkt dieser Freiheitskämpfer, der Jahrzehnte später weltweite Berühmtheit erlangen sollte. Sein Name: Osama bin Laden.

    Mithilfe der CIA, die Kriegsgerät und Flugabwehrraketen nach Afghanistan schmuggelte, gelang den Mudschahedin schlussendlich der Sieg über die Sowjetunion – und Afghanistan wurde 1989 wieder frei von jeglicher Besatzung. Als die Mudschahedin sich über die anschließende Teilung der Macht jedoch uneins wurden, geriet Afghanistan erneut in einen vierjährigen blutigen Konflikt, an dessen Ende ein Großteil der Hauptstadt Kabul zerstört und 50.000 Menschen getötet wurden.
    Ein Vorbetter steht vor einer Reihe Männer, alle unterschiedlichen Alters, die Köpfe zum und im Gebet geneigt.

    Taliban beim Nachmittagsgebet in der Nähe von Chokar Karez, Afghanistan, etwa 80 km nördlich von Kandahar, am 1. November 2001. | © Getty Images / Robert Nickelsberg

    In den zahlreichen Koranschulen an der Grenze zu Pakistan gründeten sich in dieser Zeit die Taliban, die anfangs ohne politische Absichten ihre eigene fundamentalistische Lehre des Islam verbreiteten. Sie rekrutierten sich nicht nur, aber auch, aus ehemaligen Kämpfern der Mudschahedin. Auch sie griffen zu Waffen, eroberten zuerst Kandahar, dann den gesamten südlichen Teil Afghanistans und schlussendlich alle Provinzen inklusive Kabul. Die Menschen, die in ihrem Wunsch nach Ruhe und Frieden die Taliban zuerst begrüßten und unterstützten, sahen sich plötzlich Fundamentalisten ausgesetzt, die einen islamischen Gottesstaat errichteten und jede Form von Freiheit niederschlugen.
    Der Einmarsch der USA ist der Startpunkt der jetzigen Krise⬆ nach oben

    Parallel dazu ließ sich Osama bin Laden ab 1996 dauerhaft in Afghanistan nieder und baute sein eigenes islamistisches Netzwerk Al-Kaida weiter aus. Er arbeitete fortan mit den Taliban und seinen ehemaligen Mitstreitern bei den Mudschahedin zusammen. Seine Vorstellungen zur Unterwerfung der Welt und sein Hass auf die USA gingen aber bedeutend weiter als die Ambitionen der Taliban: Während die Taliban die vollständige soziale und religiöse Kontrolle in Afghanistan anstrebten, sah sich Bin Laden als Zerstörer der westlichen Welt. Er gilt als verantwortlich für mehrere Terroranschläge – unter anderem auf das World Trade Center 1993, die US-Botschaften in Nairobi (Kenia) und Daressalam (Tansania) sowie auf das World Trade Center und das Pentagon 2001. Spätestens seit der Jahrtausendwende ist Osama bin Laden der meistgesuchte Terrorist der Welt.

    US-Präsident Bill Clinton versuchte bereits auf diplomatischem Weg im Jahr 1999, die Auslieferung Bin Ladens zu erreichen, worauf die Taliban nicht eingingen. Als nach den Anschlägen am 11. September 2001 eine weitere Auslieferung scheiterte, stellten die USA ein Ultimatum an die Taliban und marschierten nach dessen Ablauf in Afghanistan ein. Damit begann der bis heute andauernde Afghanistan-Krieg.

    Nach den Anschlägen vom 11. September wurde aus innen-, aber auch aus sicherheitspolitischer Perspektive eine militärische Reaktion unumgänglich. Zu groß war die Sorge davor, dass der islamistische Terror weitere Ziele in den USA und in Europa ins Visier nehmen könnte. Das Ziel ist daher eindeutig: die vollständige Zerstörung der Terrororganisation Al Kaida, die Vertreibung der Taliban und die Befreiung der afghanischen Bevölkerung.
    Ein erschöpfter Mann sitzt beinhae herabfallend auf einem Pferd in einer Gebirgslandschaft, im Hintergrund is eine Festung zusehen.

    William Brydon, einer der einzigen Überlebenden der die Evakuierung aus Kabul und der britisch-indischen “Army of the Indus”, kommt im Januar 1842 vor den Toren von Jalalabad an. | © Wikipedia / Public Domain/ Elizabeth Butler
    Alle Militärmissionen sind gescheitert⬆ nach oben

    Im Rahmen einer Resolution des UN-Sicherheitsrates hat sich eine Allianz unter Leitung der USA mit der Mission „Operation Enduring Freedom“ in den „Kampf gegen den Terrorismus“ begeben. Später stattete der UN-Sicherheitsrat die „International Security Assistance Force“ unter Leitung der NATO mit einem Mandat zur „Erzwingung des Friedens“ aus. Dieses Mandat erstreckte sich von 2001 bis zum Jahr 2014. Im Jahr 2015 ist es von der NATO-Mission „Resolute Support Mission“ abgelöst worden.

    Die Ziele der jeweiligen Missionen sind immer gleich, nur die Schwerpunkte verändern sich. Der Terrorismus soll zerschlagen, die Taliban vertrieben und die afghanischen Sicherheitskräfte ausgebildet werden, um perspektivisch die Freiheit der Bevölkerung zu sichern. Zudem sollen demokratische Institutionen etabliert und regelmäßige Wahlen gesichert werden.

    Nichts von alledem ist gelungen. Alle Missionen sind gescheitert.

    Die US-Regierung hat früh damit begonnen, die Fehler in diesem Einsatz zu analysieren und Lehren aus ihnen zu ziehen. Die Washington Post hat über mehrere Jahre hinweg diese Informationen gesammelt und konsolidiert. Das Buch „The Afghanistan Papers: A Secret History of the War“ ist erschreckend in seiner Schonungslosigkeit.

    Bereits im Jahr 2003 stellte der US-Verteidigungsminister Donald Rumsfeld fest, dass er „keine Ahnung hat, wer eigentlich die Bösewichte in Afghanistan und Irak“ sind. Er lese zwar regelmäßig die Geheimdienst-Briefings, aber bei genauerem Hinsehen fiele auf, dass niemand wirklich Ahnung von dem Konflikt habe. An anderer Stelle müssen Diplomaten eingestehen, dass sie selbst nach Jahren des Konflikts noch immer nicht wissen, wer der Feind ist, wer innerhalb Afghanistans zu den Alliierten zählt und woran man eigentlich bemessen soll, dass man diesen Krieg gewonnen habe.

    Während die US-Präsidenten George Bush und Barack Obama die substanzielle Schwächung Al Kaidas herbeiführen konnten, ist es den Taliban ab 2003 gelungen, in Pakistan neu zusammenzufinden und durch gezielte Attentate und Terroranschläge den Frieden und die Stabilität in Afghanistan fundamental zu erschüttern.
    Schuld an dem Desaster haben nicht nur die USA – sondern auch Deutschland⬆ nach oben

    An anderer Stelle offenbaren sich Abgründe über die afghanischen Polizeieinheiten. Sie gehörten zu den „meistgehassten Institutionen in Afghanistan“, heißt es von Thomas Johnson, einem Angehörigen der US-Navy. Ein norwegischer NATO-Angehöriger erzählt, dass davon auszugehen sei, dass jede:r dritte afghanische Polizist:in nach seiner Ausbildung mitsamt seinen Waffen verschwinden würde, um auf eigene Rechnung Checkpoints zu eröffnen und Schutzgeld zu erpressen.

    Doch nicht nur die afghanische Polizei, auch das afghanische Militär sei vollkommen unnütz, da es weder willens noch in der Lage sei, seinen Bereich zu verteidigen. Vielmehr sei das Verschwinden von Militär-Equipment, das vom Pentagon zur Verfügung gestellt werde, an der Tagesordnung. In einem Bericht heißt es, dass man selbst über die Anzahl der Soldaten nicht genau Bescheid wisse. Von den gemeldeten 352.000 Soldaten seien nur 254.000 real nachvollziehbar. Der Sold für die fiktiven 100.000 Militärangehörigen würde in die Taschen der Kommandeure wandern. Mittlerweile muss jeder afghanische Soldat über Fingerabdruck oder einen Gesichtsscan validiert werden.

    Schuld an dem Desaster haben viele, nicht nur die USA allein. Sondern zum Beispiel auch Deutschland. Denn die Ausbildung der afghanischen Polizei lag schwerpunktmäßig in der Verantwortung der Deutschen. Über die schrieb Donald Rumsfeld im Jahr 2003, sie müssten einen besseren, schnelleren Job machen. Man sei erheblich unzufrieden mit ihrem Ergebnis.

    Im Jahr 2006, fünf Jahre nach dem Beginn der Militärintervention, fand ein US-Diplomat nach eigenen Aussagen, „so gut wie keinen einzigen ausgebildeten afghanischen Polizisten vor.“ Die deutschen Bemühungen seien „krass unterdimensioniert“, „sieben von zehn afghanischen Polizisten waren Analphabeten“, der Bedarf sei „nahezu unbegrenzt“. Überhaupt seien von den benötigten 10.000 Personen nur einige Hundert überhaupt ausgebildet worden.

    Nicht nur die fehlende Strategie und die unzuverlässigen Sicherheitskräfte gefährdeten den Erfolg der Afghanistan-Mission. Ein wesentliches Problem ist laut den Unterlagen der USA auch der Opium-Handel, mit dem die Taliban einen Teil ihrer Einnahmen generieren. Im Laufe ihrer Mission haben die USA mehr als neun Milliarden US-Dollar allein im Kampf gegen die Heroin-Produktion investiert. In aller Offenheit geben die Verantwortlichen zu, dass keine einzige Maßnahme gefruchtet habe. Dass sie mit ihrem Handeln Einiges sogar verschlimmert hätten. Im Jahr 2018 – 17 Jahre nach dem Einmarsch der westlichen Staatengemeinschaft in Afghanistan – produzierten afghanische Drogenhändler:innen 82 Prozent des Opiums im weltweiten Opiummarkt.
    Ein blauer Teppich mit unterschiedlichen unbemannten Drohnen, eine Zentral in rot

    Afghanischer Kriegsteppich, der amerikanische Reapar Drohnen darstellt. Teppiche dieser Arten werden seit dem Einmarsch der UdSSR geknüpft. | © Warrug.com
    Auch 20 Jahre später fehlt es an Wissen, Strategie, Verständnis⬆ nach oben

    Überhaupt scheinen die westlichen Militärs nicht nur ihre eigene Militärstrategie nicht verstanden zu haben, auch ein grundlegendes Verständnis des Landes, in dem sie sich aufhielten, scheint flächendeckend zu fehlen, bis heute. Schon 2015 sagte ein hochrangiger US-Militär, dass ihnen ein „fundamentales Wissen des Landes“ fehle und „dass sie auch nicht so genau wüssten, was sie da tun.“ (Ja, das sagt er wirklich. Im englischen Original steht dort: „We were devoid of a fundamental understanding of Afghanistan – we didn’t know what we were doing.“)

    Dieses fehlende Wissen, das fehlende Verständnis, die fehlende Strategie, all das hat sich auch 20 Jahre nach dem ursprünglichen Beginn der Mission nicht verändert. Noch immer fehlen grundlegende Erkenntnisse über die Verhältnisse in Afghanistan und den angrenzenden Regionen, noch immer finden vorhandene Informationen ihren Weg nicht zu den Entscheidungsträger:innen.

    Das alles blieb der Öffentlichkeit lange verborgen. Die Lage in Afghanistan blieb unklar. Unter anderem, weil die Öffentlichkeit getäuscht wurde.

    Im Jahr 2016 berichtete ein US-Militärangehöriger, dass die wesentlichen Erzählungen über Afghanistan aus folgenden Informationen bestünden: „Afghanistan steht über Nacht bereit für demokratische Prozesse“, „die Bevölkerung wird die Regierung in kürzester Zeit unterstützen“ und „mehr von allem ist besser.“ Um diese Erzählungen zu stützen, wurde jeder vorhandene Datenpunkt verändert, um das bestmögliche Bild vom Einsatz zu zeichnen.

    Die NATO hatte auch jenseits ihrer Überforderung und Unwissenheit gute Gründe dafür, Teile des Afghanistan-Einsatzes geheim zu halten. Die Errichtung des Foltergefängnisses Guantanamo, in dem selbst Kinder und Jugendliche über Jahre und Jahrzehnte unter menschenunwürdigen Bedingungen und ohne ein rechtsstaatliches Verfahren festgehalten wurden, ist auch ein Produkt dieser Afghanistan-Mission. Zudem waren die USA bis zuletzt sehr restriktiv mit ihren Informationen über die zahlreichen Zivilist:innen, die durch unbemannte Drohneneinsätze getötet wurden. Unter US-Präsident Donald Trump wurden die ohnehin wenig aussagekräftigen Zahlen weiter eingeschränkt und fortan vollständig geheim gehalten.

    Ein weiteres wenig beachtetes Thema sind die offenen Kriegsverbrechen, die durch NATO-Partner verübt wurden. Mindestens 39 Zivilist:innen wurden von 13 australischen Soldaten „unrechtmäßig getötet“. Experten gehen davon aus, dass dies nur die Spitze eines Eisberges ist, den internationale Streitkräfte geschaffen haben. Zeitweise wurden Mitglieder des Internationalen Strafgerichtshofes, die zu den Kriegsverbrechen der USA in Afghanistan ermittelten, mit persönlichen Sanktionen und Einreiseverboten belegt.
    Warum wurden die Warnungen ignoriert?⬆ nach oben

    Vor all diesen Hintergründen lässt sich kaum erahnen, welche Informationen über Afghanistan – auch von Seiten der Bundesregierung – nun glaubhaft sind und welche nicht.

    Eine der zynischsten Vermutungen ist die, dass es der deutschen Bundesregierung kurz vor der Bundestagswahl nicht recht gewesen wäre, wenn die Situation in Afghanistan eskaliert und sie eine neue Debatte über die Kosten des Militäreinsatzes und afghanische Kriegsflüchtlinge hätte führen müssen. So warnt das Personal in der Deutschen Botschaft in Kabul das Auswärtige Amt seit Wochen vor einer Gefährdung durch die Taliban, ein Diplomat sagte gar: „Wenn das an irgendeiner Stelle diesmal schiefgehen sollte, so wäre dies vermeidbar gewesen.“ Die Frage, warum diese Warnungen ungehört verhallten, bleibt.

    Nun ist der Einsatz vorbei. Die USA, das Vereinigte Königreich, Deutschland, überhaupt alle ziehen sich nun aus Afghanistan zurück. Bei den vielen gebrochenen Versprechen ist das vielleicht bitterste jenes, dass alle Menschen, die für die NATO, die Bundeswehr oder für deutsche Institutionen tätig waren, und die nun den Tod durch die Taliban befürchten müssen, gerettet werden würden.

    Das stimmt nicht. Es stimmt einfach nicht.

    Noch im Juni dieses Jahres stimmte die Bundesregierung geschlossen gegen einen Antrag der Grünen zur Aufnahme afghanischer Ortskräfte. Stattdessen heißt es von CDU- und CSU-Politiker:innen ernsthaft, dass die Aufnahme dieser besonders Schutzbedürftigen noch mehr Menschen zu einer Flucht motivieren würde. Wie in einer besonders schrägen Choreografie wiederholen zudem Armin Laschet, Paul Ziemiak und Julia Klöckner mantraartig, dass sich „2015 nicht wiederholen“ dürfe. Das Verteidigungsministerium versteigt sich gar zu dem Satz: „Ist ja nicht so, dass wir sie gezwungen haben, mit uns zusammenzuarbeiten“ – und lässt die Bundeswehr allen Ernstes lieber das restliche Bier aus Afghanistan ausfliegen, als ihre gefährdeten Ortskräfte in den Flieger zu setzen. Selten hat das Wort Menschenverachtung besser in eine politische Position gepasst als in diese.
    Ein Taliban steht auf der Motorhaube eines Humvees

    Die Taliban haben während ihres Sturms auf Kabul modernes, westliches Kriegsgerät erbeutet: Minen-geschütze Fahrzeuge wie in diesem Foto, aber etwa auch biometrische Scanner. | © Getty Images / NurPhoto/Stringer
    Die Taliban gehören nun zu den bestausgerüsteten Terrororganisation der Welt⬆ nach oben

    In einem sehenswerten Interview berichtet Marcus Grotian, ehemaliger Bundeswehrsoldat und Sprecher des „Patenschaftsnetzwerks Afghanische Ortskräfte“ von seinen Bekannten in Afghanistan, die nun in Kabul festsitzen. Der deutsche Staat hat ihnen zwar versprochen, dass ihre Visaanträge bearbeitet werden würden und sie anschließend nach Deutschland kommen könnten, aber nach seinen Kenntnissen wurde noch kein einziger Antrag bearbeitet. Durch die Aussage, der Antrag könne nur in Kabul und nicht im sicheren Ausland gestellt werden, sitzen die Menschen nun in einer Falle. Die Safehouses, in denen sie sich versteckt haben, sind, nachdem sie sie aus Sicherheitsgründen verlassen haben, direkt anschließend von den Taliban aufgesucht worden. Laut Augenzeugenberichten bewahrheitet sich die Befürchtung, dass die Taliban nun von Tür zu Tür gehen, um die „Verräter“ zu exekutieren.

    Diese Menschen in Afghanistan schweben in Lebensgefahr. Ihre Situation hat sich, das muss man leider in dieser Form feststellen, nach 20 Jahren deutlich verschlechtert. Die Taliban gehören nun, wo ihnen das Militär-Equipment der NATO in die Hände gefallen ist, zu den bestausgerüsteten Terrororganisationen der Welt. Mit ihrem Geld, den Bodenschätzen und dem Drogenhandel haben sie genügend Druckmittel, um auf militärischem und diplomatischem Weg ihre Interessen auszuspielen.

    Der Einsatz der gesamten westlichen Welt in Afghanistan ist gescheitert.

    Die Ratlosigkeit, die Fassungslosigkeit und die Scham in weiten Teilen der deutschen Bevölkerung sind berechtigt. Deutschland, Europa und der gesamte Westen haben versagt.

    Politisch, militärisch, moralisch.

    Redaktion: Esther Göbel; Schlussredaktion: Tarek Barkouni, Susan Mücke; Bildredaktion: Till Rimmele, Audioversion: Christian Melchert

    #guerre #propagande #Afghanistan #Allemagne #bellicisme #impérialisme #occupation_militaire #résistamce

  • Lea Melandri : Via Tibaldi et le communisme, 1971.- Paris Luttes
    https://paris-luttes.info/lea-melandri-via-tibaldi-et-le-7814

    Juin 1971, Occupation de Via Tibaldi. Moment historique du mouvement d’autoréduction italien, plus précisément des luttes de locataires et de sans-abri. Cherchant à tout prix à éviter l’autocélébration béate, Lea Melandri écrira cet article rétrospectif en septembre 1971. Elle y rapporte un (…) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

    • « J’aimais être avec les camarades – commente une jeune occupante – et parler, chanter des chansons, toujours faire des réunions, parler de comment s’organiser ». La conscience politique et la volonté de #lutte naissent dans ce climat de liberté d’expression retrouvée, dans la possibilité de discuter ensemble et de décider en son nom propre, sans délégation ; elles naissent surtout de la conscience que l’unité et l’organisation peuvent donner la force de modifier la réalité.

      « Il faut bien être des camarades, parce que si nous nous chamaillons sans cesse, nous ne serons jamais unis comme le sont nos camarades » : c’est la remarque d’une petite fille de treize ans, cela signifie que dans certaines situations, la conscience de classe naît sans qu’il soit besoin de grandes doctrines.
      Pour tous les problèmes (unité, #organisation, autonomie, etc.) il faut reconnaître que l’occupation de Via Tibaldi a représenté un saut qualitatif notable par rapport à la précédente.

      Si on a mentionné quelques unes des principales contradictions (autonomie-dépendance dans les rapports avant-garde/masse, tendance à la prise en charge, instrumentalisation de la spécificité professionnelle, etc.) ce n’est pas que nous pensions que les occupations devraient ou pourraient réaliser un modèle déjà accompli de société communiste, mais au contraire, parce que nous pensons que la préfiguration d’une alternative communiste demande une analyse attentive des contradictions à présent énoncées, et une théorisation correcte de tous ces problèmes politiques que de nombreux camarades continuent à considérer comme étrangers à la lutte de classe .

      Prenons, par exemple, le rapport avant-garde-masse, qui est celui qui crée les contradictions et les ambiguïtés majeures. La signification de ce qui suit est assez claire : #avant-garde et #masse sont « les pôles dialectiques d’un même procès » dont le but est la croissance de l’autonomie des masses, et la classe ouvrière reste le point de référence fondamental dans la lutte contre le capital.

      Il est plus difficile d’établir la manière dont s’effectue la soudure, non seulement en ce qui concerne la #direction_politique au sens restreint, mais surtout dans les rapports qui s’établissent quotidiennement à l’intérieur des noyaux à l’usine, dans les quartiers, pendant les périodes de luttes, entre des « camarades bourgeois », des intellectuels et des camarades ouvriers. Il ne suffit évidemment pas de dire que les préjugés et les privilèges bourgeois ne sont pas admis et que les camarades doivent en tout point s’assimiler aux prolétaires en faisant de leurs désirs, leurs besoins et les habitudes de ceux-ci. Cette espèce de suicide moral et volontariste ne peut être autre chose qu’une nouvelle répression exercée contre eux-mêmes qui, au lieu de libérer des conditionnements bourgeois, en égrainera d’autres plus trompeurs comme par exemple le comportement de prise en charge, la culpabilisation, le victimisme, etc. En d’autres termes, cela peut vouloir dire qu’on continue à se conduire en bourgeois avec l’assurance collective de ne plus en être un.

      (pour mémoire de ce qu’une politique sans rapport avec la politique électorale est possible, et qu’elle est bien davantage porteuse d’exigence)
      #autonomie #occupations_de_logements #autoréduction #Milan #Italie #Lea_Melandri

  • «Raggiungete il 70%»: Netanyahu ordina al suo esercito genocida di allargare l’occupazione di Gaza
    https://www.assopacepalestina.org/2026/05/30/raggiungete-il-70-netanyahu-ordina-al-suo-esercito-genocida-di-al

    dalla Redazione di Palestine Will Be Free, Palestine Will Be Free, 29 maggio 2026. Sin dall’inizio del loro assalto genocida a Gaza dopo il 7 ottobre 2023, gli israeliani sono stati inequivocabili riguardo alla loro intenzione di uccidere ogni palestinese o di cacciarli tutti da Gaza. Gli israeliani stanno procedendo a tutta velocità nel loro ... Leggi tutto

    #Notizie #occupazione_senza_fine