• Pourquoi les canicules se répètent-elles en France ? Les questions suscitées par une succession inédite de vagues de chaleur
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/08/14/pourquoi-les-canicules-se-repetent-elles-en-france-les-questions-posees-par-

    La récurrence de ces situations de « blocage », où un anticyclone stationne pendant une longue période sur une zone et y entrave l’arrivée des vents d’ouest, est au centre de nombreux travaux. Parmi d’autres, une étude conduite en 2025 par les climatologues Michael Mann et Xueke Li (université de Pennsylvanie) a mis en évidence les liens entre l’installation de ces « dômes de chaleur » et la déstabilisation du courant-jet (ou jet-stream) de l’hémisphère Nord – un « fleuve d’air » qui souffle d’ouest en est à une dizaine de kilomètres d’altitude, et qui sépare les masses d’air froid des hautes latitudes à celles, plus chaudes, des zones tempérées.

    Or le réchauffement plus rapide de l’Arctique contribue à « détendre » ce courant-jet, qui forme alors de grands méandres. Sous certaines conditions, ces ondulations peuvent devenir stationnaires et stagner au-dessus de l’Europe ou de l’Amérique du Nord, favorisant l’installation d’un anticyclone de blocage. Et les calamités qui vont avec. Pour Michael Mann, « de nombreux événements météorologiques estivaux parmi les plus persistants et extrêmes, mais pas tous, sont de cette nature ». Or, ajoute le chercheur américain, « les modèles actuels ne parviennent pas à capturer correctement ce genre d’événements ».

    D’autres équipes associent ces « ondulations » du courant-jet de l’hémisphère Nord à la présence d’une anomalie froide de l’Atlantique, en mer du Labrador, l’une des seules zones de la planète qui se refroidit malgré le réchauffement. L’interprétation de ce cold blob (bulle froide) est discutée. Pour certains chercheurs, c’est le signe d’un ralentissement du système de courants marins de l’Atlantique nord, qui transfère d’immenses quantités de chaleur du golfe du Mexique vers le nord de l’Europe de l’Ouest. Avec l’affaiblissement de ces courants – attendu dans un monde plus chaud –, la température des eaux au sud-est de l’Islande serait engagée dans une baisse tendancielle. Or, dit le climatologue Stefan Rahmstorf, « des études ont mis en évidence une forte corrélation entre ce cold blob de l’Atlantique et les fortes chaleurs estivales en Europe ». « Compte tenu de ce lien, ajoute-t-il, on peut s’attendre à ce que l’Europe continue de connaître des vagues de chaleur plus fréquentes que les autres régions terrestres des latitudes moyennes. »

    Dans un célèbre article publié en 1987, par la revue Nature, le grand géophysicien et océanographe Wallace Broecker (1931-2019), de l’université Columbia, alertait ses pairs d’une sous-estimation des liens entre le climat et l’océan, montrant que les perturbations des courants marins pouvaient être associées à des changements du climat « abrupts plutôt que graduels ».

    https://justpaste.it/g7k98

    #climat #océans #canicules

  • The Graph That Should Be Front-Page News

    https://www.lyrebirddreaming.com/post/the-graph-that-should-be-front-page-news

    Every so often the Earth produces a signal that is impossible to ignore. This graph is one of them. It shows sea-surface temperatures in the Niño 3.4 region of the equatorial Pacific, one of the most important parts of the Earth’s climate system. Each blue line represents a different year since 1982. The red line is this year. It doesn’t just set a new record. It has departed entirely from the range of previous observations.

  • Un #robot ailé nage et vole comme un oiseau plongeur - EPFL
    https://actu.epfl.ch/news/un-robot-aile-nage-et-vole-comme-un-oiseau-plong-2

    Un dispositif #aéro-aquatique mis au point à l’EPFL et au MIT pourrait ouvrir la voie à une nouvelle catégorie d’appareils destinés à l’#exploration #océanique.

    Les huards, les goélands, les macareux et les pétrels comptent parmi les 100 espèces d’oiseaux capables à la fois de voler et de nager. Ces oiseaux peuvent plonger dans l’eau pour nager à la poursuite de leurs proies, puis s’élancer dans les airs pour s’envoler. S’inspirant de ces aviateurs aquatiques, des ingénieurs de l’#EPFL et du #MIT ont conçu un robot capable de nager sous l’eau, puis de battre des ailes pour sortir de l’eau et continuer à voler dans les airs, à l’instar des oiseaux plongeurs.

    Le « dispositif aéro-aquatique à ailes battantes » pèse moins de 300 grammes. Son objectif est d’aider les scientifiques à étudier les mécanismes qui permettent aux oiseaux plongeurs de voler dans l’air et d’évoluer dans l’eau. Le robot est composé d’un corps central, ou fuselage, de deux ailes flexibles battantes et d’une queue orientable. Les ailes et la queue peuvent être remplacées par des modèles de différentes tailles. Lors des tests menés dans un bassin et un lac, les ingénieurs ont identifié des combinaisons de différentes tailles d’ailes, de fréquences de battement et d’angles de queue qui permettent au robot de passer en douceur de la nage sous l’eau à la sortie, puis au vol dans les airs.

    #drone

  • Le réchauffement climatique menace le dernier glacier tropical d’Océanie
    https://reporterre.net/Le-rechauffement-climatique-menace-le-dernier-glacier-d-Oceanie

    Le mont #Puncak_Jaya, en #Papouasie indonésienne, point culminant du pays et même de toute l’#Océanie, abrite les derniers #glaciers tropicaux de la région. Ils pourraient définitivement disparaître fin 2026 ou début 2027, indique un rapport sur l’état du climat 2025 dans la région #Pacifique sud-ouest, publié par l’Organisation météorologique mondiale (#OMM) le 7 juillet.

    L’île de #Nouvelle_Guinée a une superficie de 775K km², c’est à dire légèrement plus grande que la France. C’est la seconde plus grande île du monde. Et son point culminant atteint 4884m, c’est à dire légèrement plus haut que le Mont Blanc. Quasiment pas de Street View sur cette île, juste des panoramas 360°.

    Et donc, bientôt plus de glaciers, dans ce territoire proche de l’équateur.

  • « On en voit un, puis deux, puis trois… » Au fond de l’Atlantique, un cimetière de fûts radioactifs
    https://reporterre.net/On-en-voit-un-puis-deux-puis-trois-Au-fond-de-l-Atlantique-un-cimetiere-

    Une expédition a collecté des échantillons autour des fûts contenant des #déchets #radioactifs immergés dans l’#océan #Atlantique jusqu’en 1990. L’heure est maintenant à l’analyse pour comprendre les effets de cette pratique sur les fonds #marins.

    Nous sommes à 4 700 m de profondeur, dans les plaines abyssales de l’Atlantique Nord-Est. Sur la vidéo, la seule lumière provient des projecteurs du Nautile, un sous-marin scientifique habité de 8 m de long, qui éclairent cette immense étendue de sédiments toute plate. « Ce qui est saisissant, c’est l’approche des fûts de déchets radioactifs. On en voit un, puis deux, puis trois, puis quatre… » raconte Patrick Chardon, ingénieur de recherche au #CNRS, spécialiste de la mesure de la #radioactivité dans l’#environnement.

    La plupart sont dévorés par la rouille. « Leurs parois ondulées sont complètement corrodées, avec des couleurs très vives, très rouges. On devine encore les marquages sur certains fûts : le symbole de la radioactivité, des étiquettes, des inscriptions. Et autour, il y a aussi des déchets plus récents comme des sacs plastiques, des bouteilles et des pots de peinture », poursuit Javier Escartín, directeur de recherche au CNRS et au Laboratoire de #géologie de l’École normale supérieure, spécialiste des océans profonds.

    #nucléaire

  • Le #capitalisme des abysses
    https://laviedesidees.fr/Le-capitalisme-des-abysses

    L’aggravation du changement climatique se fait de plus en plus visible et touche désormais même les milieux a priori les plus éloignés, comme les fonds marins. Pourtant, ceux-ci sont intégrés aux transformations du monde depuis le XVe siècle, selon des mouvements pluriels et concurrents.

    #Histoire #environnement #océan

  • La dégradation de l’océan se poursuit, mais toujours pas d’accord pour réduire la #pollution_plastique
    https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/20260608-la-d%C3%A9gradation-de-l-oc%C3%A9an-se-poursuit-mais-toujours-pas-d-acc

    Les océans sont de plus en plus en mauvaise santé. C’est le constat du baromètre #Starfish dévoilé ce lundi 8 juin à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan. Le #niveau de la #mer augmente toujours plus vite, la #biodiversité #marine est menacée et la #pollution s’accumule. Selon les estimations de la fondation Ellen MacArthur, les #océans pourraient contenir plus de #plastique que de #poissons d’ici à #2050.

  • U.S. Begins Dismantling Major Ocean Observation Network
    https://gcaptain.com/u-s-begins-dismantling-major-ocean-observation-network

    The U.S. National Science Foundation (NSF) has begun a major downsizing of one of the world’s largest ocean observing networks, announcing plans to remove most of the in-water infrastructure associated with the Ocean Observatories Initiative (OOI) over the next 15 months.

    Under the plan, NSF will phase out operations at the Endurance, Pioneer, Irminger Sea, and Station Papa arrays, ending a decade-long effort that has provided continuous real-time observations from some of the world’s most strategically important ocean regions.

    The decision marks a significant shift for the $386 million OOI program, which has served as a cornerstone of U.S. ocean science since becoming fully operational in 2016.

    “The U.S. National Science Foundation has initiated descoping of the Ocean Observatories Initiative Major Facility,” NSF said in a statement released this week.

    The move comes amid sweeping proposed cuts to federal science spending under the Trump administration. The Trump administration’s FY2026 budget request proposed cutting funding for the Ocean Observatories Initiative from approximately $39 million to $8 million—a reduction of nearly 80%—and identified the facility for decommissioning. Although Congress has not yet finalized FY2026 appropriations, NSF has already begun implementing a descoping plan that will remove in-water infrastructure from four of OOI’s five observing arrays over the next 15 months.

    According to an update from OOI Principal Investigator Jim Edson of the Woods Hole Oceanographic Institution, the Endurance Array off the U.S. Pacific Northwest is already being dismantled, with final recovery operations scheduled for June 2026.

    The Pioneer Array, located offshore of the U.S. East Coast, is expected to be recovered by June 2027. The Irminger Sea Array in the North Atlantic and the Station Papa Array in the Northeast Pacific are slated for recovery during the summer of 2027, subject to vessel availability and operational constraints.

    As the equipment is removed, the real-time data streams and observing capabilities at those locations will cease.

    One major component of the network will remain intact. NSF said the Regional Cabled Array, a subsea observatory connected by fiber-optic cable off the coast of Oregon, will continue operating “for the foreseeable future.” The OOI Data Center, Program Management Office, and community engagement activities are expected to continue through September 30, 2028.

    The Ocean Observatories Initiative was designed to provide continuous, long-term monitoring of physical, chemical, biological, and geological processes across the global ocean. Its network of moorings, autonomous vehicles, seabed instruments, and underwater communications systems has generated one of the largest publicly accessible ocean datasets in the world.

    Researchers have used OOI observations to study climate variability, ocean circulation, marine ecosystems, extreme weather events, underwater volcanism, and emerging maritime hazards. The data have also supported educational programs and workforce development efforts across the ocean sciences community.

    NSF said all previously collected data will remain available through the OOI Data Center and encouraged researchers to continue using the archive in scientific publications, grant proposals, and educational programs.

    “We encourage the community to use the ten-plus years of OOI data by including it in proposals, publications, presentations, and conversations with colleagues,” NSF said, noting that continued use of the dataset will help demonstrate the program’s scientific impact and long-term value.

    The announcement comes amid broader federal efforts to reduce spending and reassess major research infrastructure programs. NSF has not publicly detailed the budgetary factors behind the descoping decision.

    For the oceanographic community, however, the move represents the end of an era for one of the most ambitious ocean observing systems ever deployed, shifting the program’s focus from active observation toward preservation and analysis of its extensive scientific record.

  • Le niveau des océans monte mystérieusement et la fonte des glaces n’explique pas tout
    https://www.slate.fr/sciences/niveau-oceans-monte-mystere-abysses-rechauffement-glace-fonte-dilatation-profo

    Le thermomètre grimpe, les glaces fondent et l’océan monte. Jusque-là, la mécanique semblait claire. Mais depuis environ une décennie, les capteurs installés aux quatre coins du globe affichent un bilan qui ne tombe pas juste. En clair, la mer monte plus vite que la somme des facteurs connus et surveillés. Ce trou dans la hausse du niveau moyen de la mer laisse les chercheurs perplexes : qu’est-ce qui peut pousser l’eau à monter ainsi ?

    Pour trouver la réponse, il a fallu se tourner vers les abysses. Une équipe internationale, menée par l’océanographe Anny Cazenave, vient de publier une étude relayée par The Debrief. Le constat est sans appel : les couches océaniques situées au-delà de 2.000 mètres de profondeur se réchauffent et se dilatent, contribuant de manière significative à la montée des eaux.

    • L’affaissement des sols fait plus que doubler l’élévation du niveau marin
      https://cartonumerique.blogspot.com/2026/05/laffaissement-des-sols-fait-plus-que.html

      L’étude montre que l’affaissement des sols double la montée relative de la mer sur les côtes peuplées. Le risque littoral naît donc autant du sol qui descend que de l’#océan qui monte. L’étude distingue la montée absolue de la mer et la montée relative, celle que vivent les habitants. Quand le sol s’affaisse sous les #villes, les deltas ou les plaines côtières, la mer gagne plus vite sur les territoires, les infrastructures et les quartiers exposés. Les chercheurs croisent GNSS, marégraphes, altimétrie satellite, InSAR et modèles géophysiques. Ces données couvrent près de 65% de la population côtière mondiale et rendent enfin visibles les affaissements très locaux des #métropoles et des deltas. Le résultat est saisissant. Entre 1995 et 2020, les populations côtières ont vécu en moyenne 6 mm/an de montée relative du niveau marin. Ce rythme dépasse d’environ deux fois la seule montée climatique absolue, car les sols s’enfoncent là où les densités sont fortes. La subsidence touche d’abord les espaces densément habités. 71% de la population côtière mondiale vit dans des régions qui s’affaissent. 55% subissent au moins 1 mm/an de subsidence et 43% au moins 2 mm/an, ce qui accélère concrètement l’exposition.

      Les points chauds se concentrent dans les grandes villes et les deltas d’Asie et d’Afrique. Jakarta s’affaisse en moyenne de 13,7 mm/an, Tianjin de 13,5 mm/an, Bangkok de 8,5 mm/an, Lagos de 6,7 mm/an et Alexandrie de 4 mm/an. Les deltas confirment cette géographie du risque. Le Gange-Brahmapoutre s’affaisse de 5,4 mm/an, le Nil de 7,8 mm/an, le Yangzi de 2,7 mm/an et le Mékong de 5,6 mm/an. Ces basses terres concentrent populations, cultures, ports, routes et vulnérabilités. On retiendra que le risque littoral n’est pas seulement produit par le climat, mais aussi par les usages du sous-sol, comme le pompage d’eau, de pétrole ou de gaz. Mesurer et réduire la subsidence devient donc essentiel pour adapter les côtes.

      #subsidence
      https://seenthis.net/messages/1172824

  • L’Antarctique est pillé et le Krill sacrifié pour les pilules anti-âge - Faune Sauvage
    https://www.faunesauvage.fr/sinformer/sinformer-articles/la-releve-et-la-peste-lantarctique-est-pille-et-le-krill-sacrifie-pour-

    Pour produire des capsules d’#oméga-3 censées ralentir le #vieillissement, l’#industrie des #compléments #alimentaires s’attaque à l’une des pierres angulaires de l’#écosystème #antarctique : le #krill. Ce minuscule #crustacé, « pilier de toute la #chaîne_alimentaire de l’#océan_Austral et l’une des plus grandes #biomasses de la #planète », est aujourd’hui #pêché à grande échelle.

  • « La promenade de Biscarrosse a fini par tomber. Tant que le futur n’a pas de prise perceptible sur le présent, il reste sans effet sur les pratiques », Marie Stutzmann, anthropologue
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/09/la-promenade-de-biscarrosse-a-fini-par-tomber-tant-que-le-futur-n-a-pas-de-p

    En janvier, une partie de la promenade de la station balnéaire landaise Biscarrosse a disparu. Pas progressivement, mais d’un seul coup. Pourtant, l’#érosion du #trait_de_côte était connue. Le #littoral reculait de 1 à 2 mètres par an. Les projections existaient. Les panneaux aussi. Tout le monde savait. Malgré cela, rien – ou presque – n’a vraiment changé.

    Quelques mois avant la tempête, j’observais les habitants face à la dune. Ils lisaient les informations, acquiesçaient – puis enjambaient les clôtures pour rejoindre la plage. Ce geste, anodin en apparence, dit quelque chose d’essentiel : il ne relève ni de la défiance ni du déni ; il révèle un décalage plus profond entre ce que nous savons et ce que nous faisons.

    On explique souvent ce décalage par un manque de volonté ou par une forme d’aveuglement collectif. Pourtant, ce diagnostic est insuffisant. Dans la plupart des situations, les faits sont connus, les alertes entendues, les risques reconnus. Face aux transformations de notre écosystème notamment, ce qui manque n’est pas l’information mais la transformation des conditions concrètes de notre action.
    Les comportements humains ne se réorganisent pas à partir d’idées. Ils se structurent à partir d’habitudes, d’attachements, de repères sensibles – tout ce qui rend nos gestes évidents sans que nous y pensions. L’anthropologie désigne cela sous le terme « habitus » : une manière incorporée d’habiter le monde. L’humain change par micro-adaptations, rarement par rupture.

    Partout, le même paradoxe

    A Biscarrosse, les habitants ne contestaient pas les données. Mais leur expérience sensible contredisait encore les projections. Les villas jumelles, symbole de la station, certes menacées, tenaient. Le paysage semblait stable. Et, dans l’économie ordinaire de l’action, ce qui est vu et éprouvé l’emporte sur ce qui est anticipé.

    #paywall #submersion #climat #océans

    • J’adore la conclusion de la vidéo. Faut de la résilience braves gens ! (Avec en image de fond des camions roulant au gasoil qui apportent du sable dont on ne dit pas la provenance).

    • accès à l’article :
      https://archive.is/6ZkFU

      C’est pourquoi l’information, si nécessaire soit-elle, reste structurellement insuffisante. Elle opère au niveau rationnel, mais peine à transformer les représentations incorporées, alors que le changement se joue d’abord au niveau des pratiques. Cette distinction est décisive. Elle permet de comprendre pourquoi tant de politiques publiques échouent : elles visent à convaincre, là où il faudrait rendre possible – et progressivement familier – autre chose.
      La question n’est donc pas : comment convaincre les gens de changer ? Elle est : de quoi sont faits leurs usages, et où la nouveauté peut-elle se frayer une place ? C’est le propre du travail de l’anthropologue. Avant toute intervention, il s’agit de cartographier finement ce qui existe : les gestes quotidiens, les trajectoires, les attachements. Non pour les respecter passivement, mais pour identifier les points d’accroche : là où une pratique nouvelle peut se greffer sur une ancienne, s’y hybrider, sans la heurter de front.

    • En définitive, la mer ne monte pas à cause du fracas des tempêtes, mais du travail patient de deux forces invisibles : un océan qui gonfle en chauffant et des glaces qui glissent lentement vers les flots.

      https://sciencepost.fr/tout-le-monde-regarde-fondre-les-glaciers-pour-expliquer-la-montee-des-o

      Or j’entends une hydrologue (non identifiée : https://bsky.app/profile/kuntavandenkinte.bsky.social/post/3mt24ttsobk2t) dire que de récentes données Nasa montrent que le pillage des réservoirs continentaux, superficiels ou fossiles, est le premier facteur de la montée des eaux. Mais je ne trouve rien de plus précis et sourcé. @simplicissimus ?

      edit
      – merci pour l’article accessible !
      – l’hydrologue en question cite aussi la possibilité de stocker de l’eau dans les nappes aquifères existantes (plutôt qu’en bassines ; ) lorsque le niveau des fleuves est haut, ce qui est expérimenté avec la Garonne et qui foncitonnerait déjà.

    • je pense que le mot qui va bien (qui répond à ta question) est #subsidence. Et ça dépend largement de où ça se passe.

      Qu’est-ce que la subsidence, ce phénomène qui fait s’affaisser de nombreuses villes côtières du monde ? - Geo.fr
      https://www.geo.fr/environnement/quest-ce-que-la-subsidence-ce-phenomene-qui-fait-saffaisser-de-nombreuses-villes

      Qu’est-ce que la subsidence ?

      La subsidence est un lent affaissement de la surface de la croûte terrestre. Elle offre ainsi un espace pour le dépôt progressif et la préservation de sédiments sur de grandes épaisseurs. Phénomène naturel, une subsidence peut aussi être causée par les activités humaines qui provoquent un affaissement accéléré des sols.

      Une nouvelle étude parue le 1er janvier dans la revue Science vient de calculer que le tassement du sol affectera 635 millions de personnes d’ici 2040, soit 19 % de la population mondiale. Les zones les plus concernées sont celles qui connaissent une importante pression démographique avec une urbanisation croissante, ainsi que celles sujettes à une faible pluviométrie et nécessitant une irrigation importante. Entre 2010 et 2040, le risque sera ainsi accru de 80 % aux Philippines, en Irak, en Indonésie, en Israël ou en Algérie. En Europe, le phénomène est particulièrement marqué dans le nord de l’Italie et aux Pays-Bas, touchés un peu plus chaque année.

      Sur la thématique exacte de ce que tu cites :

      Ce n’est pas la montée des eaux : ce qui aggrave les inondations dans nos villes se joue sous nos pieds, millimètre par millimètre
      https://sciencepost.fr/ce-nest-pas-la-montee-des-eaux-ce-qui-aggrave-les-inondations-dans-nos-v

      On imagine toujours la menace venir de l’horizon, cette ligne bleue qui grimpe lentement à mesure que les glaciers fondent. Pourtant, le véritable danger pour de nombreuses villes côtières ne tombe pas du ciel ni ne déferle depuis le large : il se joue à la verticale, sous le bitume, dans un mouvement si lent qu’aucun œil humain ne pourrait le percevoir. Pendant que nous scrutons la montée des océans, le plancher de nos métropoles s’enfonce discrètement, millimètre après millimètre. Ce phénomène porte un nom peu connu du grand public, la subsidence, et il pourrait bien rebattre les cartes de notre vulnérabilité face aux inondations. Car dans cette course entre l’eau qui monte et la terre qui descend, il arrive que le sol perde la partie plus vite qu’on ne le croyait.

      Ceci dit, chez moi, c’est bien l’élévation du niveau marin qui est la cause de la submersion à venir ; pratiquement pas de subsidence.

      Un autre effet « secondaire » qui peut s’avérer dramatique (d’autant plus s’il y a conjonction des deux phénomènes évoqués ci-dessus) c’est la salinisation des nappes phréatiques. Avec d’un côté une mer qui monte et de l’autre des nappes qui baissent, il y a forcément transfert de l’une vers les autres…

    • côté subsidence, un des endroits les plus terrifiants, c’est Djakarta…

      Jakarta, the Sinking Metropolis Where Millions Still Struggle to Access Piped Water – The Diplomat
      https://thediplomat.com/2026/07/jakarta-the-sinking-metropolis-where-millions-still-struggle-to-access-

      Excessive groundwater extraction by households and industry is one of the primary reasons for the city’s subsidence.
      […]
      Scientists say excessive groundwater extraction in Jakarta, rather than rising sea levels, is the primary reason parts of the city are sinking by up to 15 centimeters a year, with some studies recording even faster rates. Some neighborhoods have already subsided by as much as four meters since the 1970s.

      C’était, avec la catastrophe que représente la question des déplacements dans la capitale, la motivation principale du transfert de la capitale indonésienne à Nusantara, à Bornéo.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nusantara_(ville)

      Aux dernières nouvelles, après les grandes manœuvres foncières dans la jungle de Bornéo (et quelques enrichissements illicites plus que probables), il semblerait que l’affaire ne soit plus à l’ordre du jour…

      Apparemment, tout le monde s’en bat le sarong…

    • The Guardian, décembre 2025, via Courrier international

      Nusantara, la future capitale de l’Indonésie : un projet déjà enterré ?
      https://www.courrierinternational.com/article/amenagement-nusantara-la-future-capitale-de-l-indonesie-un-pr


      Vue du monument Nusantara Protective Wings et du palais présidentiel à l’arrière-plan, tous les deux dessinés par l’artiste indonésien Nyoman Nuarta.
      PHOTO NICK HANNES/PANOS/REA

      Cité utopique créée de toutes pièces pour remplacer Jakarta comme capitale de l’Indonésie, Nusantara accuse de sérieux retards. Pis, elle est clairement délaissée par l’actuel président, au point de devenir une ville fantôme, explique ce reportage du “Guardian”, qui a suscité une vive controverse dans l’archipel.

    • BRGM, septembre 2024, première cartographie de la subsidence à l’échelle de l’Europe

      Première évaluation de la subsidence côtière à l’échelle de l’Europe | BRGM
      https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/premiere-evaluation-subsidence-cotiere-echelle-europe


      Les diagrammes rouges, blancs et bleus indiquent respectivement la proportion, par pays, de la zone de plaine côtière inondable qui est, en moyenne, en élévation (> 1 mm/an), stable (entre -1 mm/an et 1 mm/an) et en affaissement (< -1 mm/an).
      © BRGM

      Le BRGM et des collaborateurs français et européens ont mené une étude qui présente la première cartographie à l’échelle de l’Europe de la subsidence côtière. L’élévation du niveau de la mer est une conséquence du réchauffement climatique. Localement, le sol peut s’enfoncer (subsidence) et amplifier ce phénomène et les risques de submersion marine. L’étude a mis en évidence une cartographie fine de la subsidence côtière sur tout le littoral européen grâce au système d’observation Copernicus EGMS (European Ground Motion Service).

      L’élévation du niveau de la mer et son accélération menacent d’ores et déjà les populations et infrastructures situées dans les zones littorales de basse altitude. Le niveau marin global mesuré par satellite depuis 1993 fait état, sur les 30 dernières années, d’une élévation de 3,6 mm / an. Les causes de cette élévation sont bien comprises et quantifiées. L’expansion thermique des océans et la fonte des glaciers terrestres et des calottes polaires sont causées par le réchauffement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Localement, l’élévation du niveau marin d’origine climatique peut-être amplifiée par un affaissement du sol. C’est ce que cette nouvelle étude du BRGM et de ses collaborateurs a quantifié à l’échelle européenne.

      Près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe, impactée par la subsidence côtière

      Cartographier les mouvements verticaux du sol à l’échelle suprarégionale a longtemps été empêché par le manque de données et de services adaptés. Pour lever ce verrou, un consortium de chercheurs européens a combiné deux méthodes de caractérisation des mouvements du sol, l’interférométrie radar (InSAR) et le système de positionnement par satellites (GNSS), et fait naître le service Copernicus EGMS. Cette nouvelle étude s’est basée sur le produit d’EGMS qui fournit l’estimation à haute résolution de la vitesse des mouvements du sol avec une précision millimétrique par an, et ce sur la période contemporaine (2016-2021).

      Les résultats montrent que près de la moitié des zones côtières de basse altitude en Europe connaît actuellement une subsidence supérieure à 1 mm / an en moyenne. Celle-ci est aussi plus importante dans les zones plus densément peuplées, les centres urbains et là où sont situées les infrastructures critiques.

      Par exemple, les zones portuaires enregistrent une subsidence de l’ordre de 1,5 mm / an en moyenne. L’étude identifie des zones côtières où la subsidence est sévère, avec des vitesses dépassant les 5 mm / an. L’outil cartographique est accessible depuis le site du service européen Copernicus European Ground Motion Service (EGMS).

      Cette étude suscite des inquiétudes quant au fait que l’affaissement des côtes, et donc l’élévation relative du niveau de la mer, tendent à être peu considérées en Europe et dans de nombreuses autres régions du monde.

      très peu d’info dans ce communiqué…

    • … un peu plus dans la publication…

      Assessing Current Coastal Subsidence at Continental Scale: Insights From Europe Using the European Ground Motion Service - Thiéblemont - 2024 - Earth’s Future - Wiley Online Library
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2024EF004523
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/615a9005-73a8-473c-b035-8769cfbd14fe/eft21703-fig-0001-m.jpg
      Location of coastal flood plains in Europe as defined in this study.

      Abstract
      Beside climate-change-induced sea-level rise (SLR), land subsidence can strongly amplify coastal risk in flood-prone areas. Mapping and quantifying contemporary vertical land motion (VLM) at continental scales has long been a challenge due to the absence of gridded observational products covering these large domains. Here, we fill this gap by using the new European Ground Motion Service (EGMS) to assess the current state of coastal VLM in Europe. First, we compare the InSAR-based EGMS Ortho (Level 3) with nearby global navigation satellite systems (GNSS) vertical velocity estimates and show that the geodetic reference frame used to calibrate EGMS strongly influences coastal vertical land velocity estimates at the millimeter per year level and this needs to be considered with caution. After adjusting the EGMS vertical velocity estimates to a more updated and accurate International Terrestrial Reference Frame (ITRF2014), we performed an assessment of VLM in European low elevation coastal flood plains (CFPs). We find that nearly half of the European CFP area is, on average, subsiding at a rate faster than 1 mm/yr. More importantly, we find that urban areas and populations located in the CFP experience a near −1 mm/yr VLM on average (excluding the uplifting Fennoscandia region). For harbors, the average VLM is even larger and increases to −1.5 mm/yr on average. This demonstrates the widespread importance of continental-scale assessments based on InSAR and GNSS to better identify areas at higher risk from relative SLR due to coastal subsidence.

      avec un GROS focus sur le bassin d’Arcachon
      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/cms/asset/07eddef0-1a1d-44e0-ae21-0fb6b3b52812/eft21703-fig-0004-m.jpg
      Sketch illustrating the method developed to calculate the coastal flood plains (CFPs) average vertical land velocity from European Ground Motion Service (EGMS) data. (a) EGMS pixels and its associated VEGMS (100 m × 100 m resolution), and corresponding spatial coverage of EGMS pixels within each CFP (in percent of CFP area). (b) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆, that is, mean VEGMS over all EGMS pixels within each CFP. (c) 𝑉𝐸⁢𝐺⁡𝑀⁢𝑆/𝐴⁢𝐷⁢𝐽, that is, same as (b) but adjusted to the ITRF2014 reference frame.

  • Des requins exposé à la cocaïne et aux médicaments : une découverte inquiétante aux Bahamas
    https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/des-requins-expose-a-la-cocaine-et-aux-medicaments-une-decouverte-

    Au large d’une île pourtant préservée des #Bahamas, des chercheurs ont détecté des traces de #cocaïne, de #caféine et d’#analgésiques dans le #sang de plusieurs #requins. Une #pollution invisible qui interroge sur l’état des #océans et ses conséquences sur la #faune #marine.

  • A Mayotte, les arrivées de migrants issus de la région des Grands Lacs s’intensifient
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/03/03/a-mayotte-les-arrivees-de-migrants-issus-de-la-region-des-grands-lacs-s-inte

    A Mayotte, les arrivées de migrants issus de la région des Grands Lacs s’intensifient
    En 2024, près de 1 250 demandes d’asile ont été déposées à Mayotte par des Congolais, contre 150 en 2021. De Dar es-Salaam, les passeurs orientent les migrants venus de l’Afrique de l’Est vers le département français.
    Par Mustapha Kessous
    Ils viennent d’Afrique de l’Est et, surtout, de la région des Grands Lacs. De plus en plus de migrants, essentiellement congolais, parcourent chaque année des milliers de kilomètres pour rejoindre les rivages de Mayotte. Un périple qui les conduit à passer par la Tanzanie puis les Comores, avant d’atteindre les côtes du 101e département français. « Cette route de l’océan Indien n’est pas nouvelle, mais s’est nettement densifiée depuis 2023, souligne l’anthropologue Alison Morano, spécialiste des migrations à Mayotte. Sur l’île, les migrants des Grands Lacs sont devenus visibles. Ce n’était pas le cas quand je suis arrivée en 2015 : leur présence était alors marginale. »
    En l’absence de données sur ces flux migratoires, seul le nombre de demandes d’asile publié par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) est en mesure de montrer la fréquentation de cette route. En 2024, sur les 2 463 dossiers enregistrés sur l’île, un peu plus de la moitié ont été déposés par des Congolais, contre 37 % (1 150 personnes) en 2023 et 4 % (150 individus) en 2021. La tendance se confirme en 2025 pour ces ressortissants, selon l’Ofpra, même si les chiffres restent encore difficiles à établir en raison du passage dévastateur du cyclone Chido, en décembre 2024. Ces demandes d’asile des Congolais sont le plus souvent liées au conflit dans l’est du pays.
    Quant aux Comoriens de l’archipel voisin, longtemps majoritaires parmi les demandeurs d’asile à Mayotte, ils représentaient 80 % des dossiers en 2021 (2 970 personnes) et ne sont plus qu’un quart en 2024 (620 individus). Les Somaliens, eux, apparaissent « nouvellement » dans les chiffres de l’Ofpra en 2024 et représentent la troisième nationalité à demander l’asile (370 dossiers). Une réalité reconnue par Emmanuel Macron en avril 2025, lors d’un déplacement sur l’île. Le président français a évoqué une immigration qui a « changé » car elle « s’est doublée » d’une autre venue « du continent africain et en particulier de la région des Grands Lacs ».
    Pour beaucoup, demander d’asile dans l’archipel français est l’objectif de leur trajet. Car si la route vers Mamoudzou est davantage empruntée, c’est aussi parce qu’elle est « moins risquée que celle qui mène vers le nord de l’Afrique et qui passe par des zones désertiques et la Libye, où les migrants peuvent vivre les pires choses », pointe le géographe Fahad Idaroussi Tsimanda, spécialiste des questions migratoires.
    Toutefois, pour une partie de ces Congolais, Rwandais, Burundais ou Somaliens, le département français de l’océan Indien n’était pas la destination initiale. « Certains n’avaient jamais entendu parler de Mayotte avant d’y arriver, explique Ayla Bonfiglio, responsable de l’Afrique centrale et australe au Mixed Migration Centre, un réseau mondial de recherche indépendant. Ils se retrouvent en Tanzanie, pays limitrophe, à la recherche d’une vie meilleure et en sécurité. Mais la gestion frontalière du pays est très stricte. Beaucoup de migrants évoquent les contrôles de police, les arrestations et la difficulté d’obtenir l’asile. » Face à ces obstacles, les parcours bifurquent. « A Dar es-Salaam, les passeurs [le plus souvent Comoriens] jouent un rôle d’orientation plus important que sur d’autres routes migratoires. Ce sont eux qui déterminent la destination finale », explique la chercheuse. « Les migrants acceptent de les suivre les yeux fermés, sans savoir où ils vont aller. On leur parle des Comores ou d’une île française qu’ils vont découvrir à leur arrivée », ajoute Alison Morano.
    De Dar es-Salaam – voire, selon le ministère de l’intérieur français, du port de Mtwara, ville à l’extrême sud du pays –, les migrants sont acheminés à bord de petites embarcations vers un navire plus grand, type chalutier, ancré au large. « Ils restent dans la cale pour ne pas être vus », raconte un médecin d’une ONG, qui souhaite rester anonyme.Après une traversée de trois ou quatre jours, ils sont débarqués en kwassa-kwassa près des côtes d’Anjouan, aux Comores, avant d’être transférés à Mayotte dans ces mêmes frêles canots de pêche comoriens. Certains passeurs proposent des trajets directs entre la Tanzanie et l’île française. Les prix des « voyages » varient de 500 à plus de 2 000 dollars (430 à 1 700 euros).
    A l’arrivée à Mayotte, la promesse d’une vie meilleure se heurte à une autre réalité. Plusieurs centaines de demandeurs d’asile – et de réfugiés – venus des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est vivent dans une effroyable précarité, ballottés de camp en camp.

    #Covid-19#migrant#migration#france#mayotte#oceanindien#afriquedelest#sante#routemigratoire#migrationirreguliere#asile

  • La #salinité de l’#océan #Indien s’effondre à un rythme inquiétant pour la #biodiversité
    https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/la-salinite-de-l-ocean-indien-s-effondre-a-un-rythme-inquietant-po

    Les chercheurs, spécialisés dans l’étude des #courants_marins, et les #climatologues s’inquiètent de la chute brutale de la salinité de l’#océan_Indien. Cet #effondrement modifie la #circulation des courants qui stabilisent le #climat et impacte la vie #marine dans toutes les strates.

    • pour la cause de cette #perte_de_salinité, il faut se reporter aux articles initiaux (non, ce n’est pas l’Antarctique)

      The Southern Indian Ocean Is Losing Salt at an “Astonishing” Rate
      https://scitechdaily.com/the-southern-indian-ocean-is-losing-salt-at-an-astonishing-rate

      […]
      The Indo-Pacific Freshwater Pool
      Much of the incoming freshwater can be traced back to a huge tropical region where surface waters are naturally diluted by frequent rain. This zone, stretching from the eastern Indian Ocean across to the western Pacific in the Northern Hemisphere tropics, stays relatively fresh because rainfall is high while evaporation is comparatively low. Scientists often call it the Indo Pacific freshwater pool.

    • les articles originaux sont sous #paywall, mais on peut récupérer quelques images…

      The expanding Indo-Pacific freshwater pool and changing freshwater pathway in the South Indian Ocean | Nature Climate Change
      https://www.nature.com/articles/s41558-025-02553-1


      Salinity, current and evaporation–precipitation climatology and salinity trend from eight datasets a, Climatological mean evaporation–precipitation (1960–2022 average) in the Indian Ocean from the blended dataset (Methods). Unit, 10−5 kg m⁻² s⁻¹. STG, Seychelles–Chagos Thermocline Ridge (SCTR), South Equatorial Current (SEC), ITF, Leeuwin Current (LC), Flinders Current (FC), Agulhas Current (AC) and Antarctic Circumpolar Current (ACC) are labelled. b, Climatological salinity (colour; unit, psu) and current (vector; scale, 0.1 m s⁻¹) in the upper 600 m from the blended salinity dataset. c, Linear salinity trend in the global Southern Hemisphere’s subtropical oceans for the 1960–2022 period averaged in the upper 600 m. Unit, 10⁻² psu per 30 years. Colour shading (white area) shows that trend values exceed (are below) 95% significance level. Red and blue dots denote areas with statistically significant positive/negative evaporation–precipitation trends. Grey circles mark regions where fewer than six out of eight individual dataset trends agree in sign with the blended dataset trend. d, SIO upper-600-m mean salinity for the early period (1960–1974; coloured and dashed lines) and the recent period (2008–2022; solid lines). Unit, psu. e, Time series of monthly and eight-year lowpass filtered salinity anomalies (grey and black lines) and linear trend (red) averaged over the SEIO red box region (100–120° E, 35–15° S) in c in the upper 600 m, except for the NCEI data whose grey line represents five-year mean salinity. The blended series, along with its spread (shading), and the trend excluding ORAS5 (dashed red lines) are shown. f, Meridional–vertical (y–z) salinity trend section (105–110° E average) of the SIO from the blended dataset (10⁻² psu per 30 years), with climatological salinity (psu) shown by line contours. Thick solid black lines in a–d mark the 15° S latitude. Figure created with MATLAB version 9.11.0.

      Abstract
      Understanding ocean freshwater variability is key to assessing the global water cycle and climate change, but changes in freshwater storage and transport remain unclear. Here we show that the South Indian Ocean—a vital conduit for interocean exchange—has experienced the strongest freshening in the Southern Hemisphere since the 1960s. This freshening drives a southward expansion of the Indo-Pacific freshwater pool into the South Indian Ocean, where freshwater has increased by 6.5 ± 0.5% per decade, as indicated by the shrinking 35.3 psu isohaline. Strengthened Indonesian Throughflow and intensified Subtropical Gyre inflow are the primary causes. In the upper ~200 m, freshening follows a new subtropical pathway rather than the usual tropical route. These changes arise from wind shifts linked to the Hadley cell’s poleward expansion and a stronger Indonesian Throughflow, both driven by warm-pool warming. Ongoing warming will further expand the freshwater pool and broaden the subtropical pathway, affecting climate, interocean exchange and marine ecosystems.

      la légende de l’image vient de ResearchGate où se trouve aussi une preview de la première page
      https://www.researchgate.net/publication/400410667_The_expanding_Indo-Pacific_freshwater_pool_and_changing_fres

  • Vous vous souvenez que l’association (et influenceuse à la commission européenne) BLOOM, qui oeuvre pour la protection des océans, avait porté plainte contre Intermarché pour sa pub avec le loup (qui avait été ovationnée pour la qualité de sa réalisation par un studio français sans IA)...
    Et bien l’asso a été déboutée.

    Le sujet était : poisson = viande = PAS végétarien

    https://www.lavoixdunord.fr/1678145/article/2026-02-25/la-pub-d-intermarche-avec-le-loup-qui-peche-n-est-pas-mensongere-l-ong-

    L’ONG Bloom, qui s’oppose à la destruction de l’océan, du climat et des pêcheurs artisans, avait peu goûté fin 2025 à la publicité d’Intermarché devenue culte. Le « conte de Noël » de l’enseigne mettait en scène un loup qui se met à cuisiner des légumes afin de se faire accepter par les autres animaux de la forêt et de partager avec eux un repas de fêtes.

    Sauf qu’en plus des légumes, l’animal était aussi vu en train de manger du poisson. Un « écart » qui avait poussé Bloom à déposer une plainte auprès de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

    Selon Bloom, le spot était « mensonger » le loup y étant « présenté comme végétarien, mais consommant pourtant du poisson ». Une représentation qui, selon l’ONG, entretenait « une confusion profondément ancrée, bien qu’erronée, entre végétarisme et consommation de poisson », et contribue à normaliser cette idée fausse « dans l’imaginaire collectif ».

    Aucun régime alimentaire spécifique promu

    Ce mercredi, selon le média dédié aux questions de consommation LSA, le Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) a débouté Bloom de sa plainte. Dans la décision rendue que nos confrères ont pu consulter, le JDP constate que la campagne d’Intermarché « ne promeut aucun régime alimentaire spécifique » et qu’elle « ne comporte aucune allégation environnementale, explicite ou implicite ».

    L’instance considère aussi que le poisson « occupe une place marginale dans le récit » et que les rares scènes de pêche aperçues dans le spot « relèvent de l’univers fictionnel du conte ».

    Faut-il en déduire que le poisson d’Intermarché est pêché à la ligne, dans des trous de glace ?
    #ocean #crise_climatique #ecologie

  • Cantine : ces villes bannissent le thon à cause du mercure

    Les villes de #Bègles, #Grenoble, #Lille, #Lyon, #Montpellier, #Mouans-Sartoux, #Paris et #Rennes ont décidé de ne pas servir de produits à base de thon dans les menus scolaires. « Les enfants peuvent très vite dépasser la Dose Hebdomadaire Tolérable (DHT), c’est-à-dire la quantité maximale ingérable régulièrement au cours d’une vie avant de s’exposer à un #risque_sanitaire. Plus précisément, l’enquête a montré que la consommation dans la semaine d’une seule conserve (100 g) contenant du mercure au niveau autorisé pour le thon, conduirait un enfant de 20kg à ingérer près de quatre fois plus de mercure que cette limite ».

    Les signataires :

    Bègles, Clément Rossignol PUECH, Maire de Bègles, Vice-Président de Bordeaux Métropole ;
    Grenoble, Antoine BACK, Adjoint au Maire délégué aux risques et à la stratégie alimentaire et Salima DJIDEL, Conseillère municipale déléguée à la restauration municipale ;
    Lille, Charlotte BRUN, Première Adjointe au Maire de Lille, Vice-Présidente de la Métropole Européenne de Lille ;
    Lyon, Gautier CHAPUIS, Adjoint au Maire ;
    Montpellier, Marie MASSART, Adjointe au Maire ;
    Mouans-Sartoux, Gilles PEROLE Adjoint au Maire ;
    Paris, Anne-Claire BOUX, Adjointe à la Maire de Paris en charge de la santé et Audrey PULVAR, Adjointe à la Maire de Paris en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts ;
    Rennes, Ludovic BROSSARD, Conseiller municipal délégué à l’alimentation durable de la ville de Rennes.

    https://www.cafepedagogique.net/2025/08/29/cantine-ces-villes-bannissent-le-thon-a-cause-du-mercure
    #cantines #contamination #mercure #pollution #océans #thon #poisson #alimentation #écoles

  • Les résidents de la mer : rencontres dans les estrans
    https://www.terrestres.org/2025/07/25/plonger-dans-la-vie-des-mammiferes-de-la-mer

    Connaissez-vous You le phoque, Zafar le dauphin ou les orques du clan Gladis ? Dans son livre “Des vies océaniques”, l’anthropologue Fabien Clouette raconte de singuliers destins d’animaux marins qui ont surgi un jour dans la vie des humains, captivant la presse et le public. Et faisant chavirer dans la foulée les frontières entre sauvage et société. L’article Les résidents de la mer : rencontres dans les estrans est apparu en premier sur Terrestres.

    #Animaux #Anthropologie #Océans #Récits #Vivants

    • Des vies océaniques

      Un phoque qui grandit parmi les surfeurs, un dauphin qui préfère vivre dans les ports plutôt que parmi ses congénères, un groupe d’orques qui « attaque » des voiliers : le milieu maritime a ceci de formidable que les interactions avec de grands mammifères y sont plus évidentes que sur la terre ferme ; phoques et cétacés viennent volontiers au contact, particulièrement depuis la fin des grandes exploitations baleinières.
      Cet ouvrage va à leur rencontre et retrace la vie « personnelle » de quatre d’entre eux à la destinée exceptionnelle, car partagée avec les humains. You, Zafar, Kalon et Gladis sont des personnages du littoral atlantique dont on lira la trajectoire souvent heurtée, parfois tragique, toujours troublante. Leur parcours déplace la catégorie de « déviance » dans un règne animal que l’on considère généralement comme répondant aux lois de l’instinct et de la survie.
      Au fil de ces biographies, des questions inédites émergent : quelle relation possible avec un mammifère sauvage ? Ces animaux poursuivent-ils des existences qui les font déborder des frontières de leur espèce ? En regard, ce sont les politiques de conservation tout autant que celles de la pêche, de la plaisance ou du tourisme qui sont discutées : comment réagir, soigner, préserver, cohabiter avec ces mammifères singuliers qui nous interpellent ?

      https://www.seuil.com/ouvrage/des-vies-oceaniques-fabien-clouette/9782021545654
      #livre

  • L’EUROPE POURRAIT GELER ALORS QUE LA TERRE BRÛLE ??? | LIMIT #AMOC - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=cwyOEe7qzKU

    Une tache bleue au milieu de l’Atlantique Nord intrigue les scientifiques. Est-ce un simple phénomène naturel… ou le signe avant-coureur d’un basculement climatique majeur ? Dans cette vidéo, Vinz nous plonge dans le mystère de l’AMOC, un gigantesque courant océanique qui agit comme le cœur thermique de notre planète. Si ce courant ralentit – ou pire, s’effondre – les conséquences pourraient être cataclysmiques : vagues de froid en Europe, dérèglement des moussons, insécurité alimentaire, montée des eaux... Avec la chercheuse Julie Deshayes, on découvre pourquoi ce système est si vital, pourquoi il pourrait s’effondrer plus vite que prévu, et surtout, ce que cela dit de notre rapport au climat et aux limites planétaires. Une vidéo à voir absolument pour comprendre les signaux faibles d’un monde en mutation.

    #climat #amoc #réchauffement_climatique #océan

  • Shrinking #Antarctic sea ice is warming the #ocean #faster than expected | New Scientist
    https://www.newscientist.com/article/2486426-shrinking-antarctic-sea-ice-is-warming-the-ocean-faster-than-e

    Antarctic sea ice extent has fallen dramatically in recent years – the effects include accelerated ocean #warming, faster loss of inland ice sheets and severe impacts on wildlife

    By James Woodford
    1 July 2025

    Vous le savez vous aussi que c’est un complot des écolonigos pour nous empêcher de pouvoir profiter du progrès tranquillement ?

  • Major reversal in #ocean circulation detected in the Southern Ocean, with key #climate implications | Institut de Ciències del Mar
    https://www.icm.csic.es/en/news/major-reversal-ocean-circulation-detected-southern-ocean-key-climate-implic

    Satellite data processing algorithms developed by ICM-CSIC have played a crucial role in detecting this significant shift in the Southern #Hemisphere, which could accelerate the effects of #climate_change.

    Ne paniquez pas, la droite est au pouvoir, et elle va tous nous sauver des écolonigos qui font rien que pas respecter le bon sens.

    • Rising surface salinity and declining sea ice: A new Southern Ocean state revealed by satellites | PNAS
      https://www.pnas.org/cms/10.1073/pnas.2500440122/asset/f73ce8d7-aa0d-4d4b-86cc-6c9fea9f8765/assets/images/large/pnas.2500440122fig01.jpg
      (A) Satellite-derived SSS in red (dimensionless, pss) and Antarctic sea ice extent in black (millions of km2). SSS is spatially averaged over the ice-free polar Southern Ocean (south of 50°S). Stratification anomalies are in dashed blue (kg m−3). Here, stratification is defined as the potential density difference between 200 m depth and the surface, estimated from Argo floats. The vertical dashed black line marks winter 2015, when sea ice retreat began. (B) Satellite-derived maps of February SSS anomaly. Summer values are shown at the minimum sea ice cover, when satellite retrieval can capture surface properties over most of the polar Southern Ocean. The area of winter polynyas (3) in the eastern Weddell Sea are highlighted in 2016 and 2017. Monthly anomalies are estimated by removing the mean seasonal cycle.

      Abstract
      For decades, the surface of the polar Southern Ocean (south of 50°S) has been freshening—an expected response to a warming climate. This freshening enhanced upper-ocean stratification, reducing the upward transport of subsurface heat and possibly contributing to sea ice expansion. It also limited the formation of open-ocean polynyas. Using satellite observations, we reveal a marked increase in surface salinity across the circumpolar Southern Ocean since 2015. This shift has weakened upper-ocean stratification, coinciding with a dramatic decline in Antarctic sea ice coverage. Additionally, rising salinity facilitated the reemergence of the Maud Rise polynya in the Weddell Sea, a phenomenon last observed in the mid-1970s. Crucially, we demonstrate that satellites can now monitor these changes in real time, providing essential evidence of the Southern Ocean’s potential transition toward persistently reduced sea ice coverage.

  • Un effondrement de la circulation océanique atlantique pourrait entraîner des températures polaires en Europe
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/11/un-effondrement-de-la-circulation-oceanique-atlantique-pourrait-entrainer-de


    Le fjord de Skjoldungen, sur la côte sud-est du Groenland, le 2 janvier 2025. SERGI REBOREDO / VWPICS/SIPA
    Que se passerait-il si la principale circulation océanique de l’Atlantique, qui régule le climat mondial et européen, venait à s’effondrer ? Le Vieux Continent s’en verrait chamboulé : le nord-ouest du territoire plongerait dans un froid mordant, avec des températures hivernales chutant par endroits de 15 °C, tandis que la banquise arctique viendrait lécher les côtes écossaises. Une Europe refroidie dans un monde réchauffé, comme le montre une nouvelle étude théorique et à très long terme, publiée mercredi 11 juin dans Geophysical Research Letters, et accompagnée d’une carte interactive.

    Les deux auteurs néerlandais décortiquent pour la première fois les conséquences de la conjonction de deux maux aux forces opposées : d’une part, le réchauffement climatique, lié aux émissions humaines de gaz à effet de serre ; d’autre part, une très forte réduction de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (ou AMOC, son acronyme anglais), entraînant un refroidissement régional. Cet ensemble de courants dont fait partie le Gulf Stream, qui transportent de l’eau chaude salée du pôle Sud au pôle Nord, devrait ralentir, voire pourrait s’arrêter, en raison du dérèglement climatique.
    A quelle échéance et à quelle vitesse ? Les scientifiques ne sont pas d’accord sur ce point, ni sur le fait que l’AMOC aurait déjà ralenti ces dernières décennies. Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, un effondrement brutal n’aura pas lieu avant 2100. D’autres travaux montrent que la circulation se dirigerait vers un point de bascule. « Etant donné ce potentiel, il fallait étudier les impacts climatiques liés à une AMOC substantiellement plus faible », indique René van Westen, premier auteur de l’étude et chercheur à l’Institut royal météorologique des Pays-Bas.

    https://archive.ph/Ou0pv

    #AMOC #Europe #océan #climat #Gulf_stream

    • European Temperature Extremes Under Different #AMOC Scenarios in the Community Earth System Model

      Recent simulations using the Community Earth System Model (CESM) indicate that a tipping event of the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) would cause Europe to cool by several degrees. This AMOC tipping event was found under constant pre-industrial greenhouse gas forcing, while global warming likely limits this AMOC-induced cooling response. Here, we quantify the European temperature responses under different AMOC regimes and climate change scenarios. A strongly reduced AMOC state and intermediate global warming (C, Representative Concentration Pathway 4.5) has a profound cooling effect on Northwestern Europe with more intense cold extremes. The largest temperature responses are found during the winter months and these responses are strongly influenced by the North Atlantic sea-ice extent. Enhanced North Atlantic storm track activity under an AMOC collapse results in substantially larger day-to-day temperature fluctuations. We conclude that the (far) future European temperatures are dependent on both the AMOC strength and the emission scenario.

      https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2025GL114611
      #modèle #prévisions #scénario #froid #chaud #monde #cartographie #visualisation #Circulation_thermohaline #circulation_océanique_profonde #effondrement #températures #Gulf_Stream

    • Je retrouve ce seen de @kassem avec cette série de six articles désormais « libérés » ...
      https://seenthis.net/messages/1019811

      Les nouveaux liens :

      https://archive.ph/VJgKj

      Histoire du Gulf Stream, courant marin fameux et symbole ambigu de la fragilité des pulsations terrestres
      Enquête|« Les pulsations de la Terre » (1/6). Né dans le golfe du Mexique, le courant marin est censé jouer le rôle de trait d’union entre les continents américain et européen. En réalité, c’est un autre système de courants, menacé, qui réchauffe l’Atlantique nord.

      https://archive.ph/DG4fy

      La folle richesse du courant marin de Humboldt, à l’origine d’une pêche miraculeuse
      Enquête|« Les pulsations de la Terre » (2/6). La bande d’eau froide de 50 à 200 km de largeur qui borde la côte occidentale de l’Amérique du Sud regorge de poissons. Une ressource qui pourrait être fragilisée par le réchauffement climatique.

      https://archive.ph/VAPKl

      El Niño et La Niña, les « enfants terribles » du climat
      Enquête|« Les pulsations de la Terre » (3/6). En se combinant au réchauffement de la planète, les deux phénomènes climatiques pourraient avoir des conséquences encore plus imprévisibles et dévastatrices pour de nombreuses populations.

      https://archive.ph/PLd5m

      La mousson, un phénomène climatique en plein dérèglement
      Enquête|« Les pulsations de la Terre » (4/6). L’agriculture de l’Asie du Sud, et particulièrement de l’Inde, dépend de la manne pluviométrique apportée par la mousson. Une saison des pluies en plein dérèglement.

      https://archive.ph/qlR3G

      Canicule : les jet-streams, ces forts vents d’altitude qui pourraient favoriser les épisodes de chaleur
      Enquête|« Les pulsations de la Terre » (5/6). Les forts vents d’altitude, les courants-jets, inquiètent les spécialistes, qui s’interrogent sur l’effet de leur conjugaison avec le réchauffement climatique.

      https://archive.ph/CdhG1

      La marée, ce cycle immuable et vital qui intrigue les savants depuis l’Antiquité
      Série|« Les pulsations de la Terre » (6/6). Dès Pythéas le Massaliote en 300 avant J.-C., les scientifiques essaient d’expliquer ce phénomène de flux et de reflux de la mer. Il faudra attendre Isaac Newton, au XVIIᵉ siècle, et surtout Pierre Simon de Laplace, un siècle plus tard, pour appréhender ce jeu de relations entre la Terre, le Soleil et la Lune.

    • En revanche, dans un scénario où les émissions de gaz à effet de serre augmenteraient de manière ininterrompue, l’impact du réchauffement climatique l’emporterait sur celui de l’AMOC : l’ensemble de l’Europe se réchaufferait et les extrêmes froids s’avéreraient très rares, même en cas d’arrêt de la circulation atlantique.

      Eh bien parfait, on a déjà trouvé la solution pour contrecarrer la disparition éventuelle de l’AMOC : émettre toujours plus de GES. Pour l’instant on est sur la bonne voie étant donné la tournure des choses dans la plupart des pays.

  • #Marie_Cosnay : « Dans l’#imaginaire_collectif pour la migration, la #fosse_commune, c’est la #Méditerranée »

    L’écrivaine et activiste Marie Cosnay a consacré aux routes migratoires une trilologie - Des îles, parue aux éditions de l’Ogre - qui replace l’océan en son centre. Et pourtant, l’Atlantique reste un #impensé dans nos représentations de la mer-cimetière, en dépit des évidences et des chiffres.

    Marie Cosnay, pourquoi dites-vous qu’on résiste à penser l’#océan_Atlantique lorsqu’on parle de la #mer-cimetière, et des routes migratoires maritimes ?

    Quand on parle des morts en mer et des morts de la migration - et on n’en parle pas souvent -, la fosse commune, c’est la Méditerranée. C’est à la Méditerranée qu’on est sans cesse ramené. Or c’est quand même étrange, parce que le plus grand nombre de morts ce sont ceux de l’Atlantique, en tout cas depuis 2018. Or cela invisibilise des choses, des imaginaires, mais aussi du réel. Car la route la plus empruntée, c’est celle des #Canaries. Il y a un mort toutes les demi-heures : en 2024, on compte sur cette route-là, de la façade atlantique depuis le #Sénégal jusqu’au #Sahara_occidental, au #Maroc, vers les Canaries - rien que ça -, un mort toutes les demi-heures l’année dernière. C’est énorme. Alors, invisibiliser l’océan atlantique ça veut dire que ces morts qui sont les plus nombreuses, personne n’en parle jamais. Ce sont les morts de l’#Afrique_de_l'Ouest.

    Comment décririez-vous cette route migratoire atlantique ?

    Depuis le Sénégal, ce sont des bateaux en bois, des #pateras, qui contiennent cinquante, soixante personnes, parfois davantage. Tous les gens qui connaissent cette route-là, jusqu’aux Canaries, c’est-à-dire les militants espagnols, et aussi, évidemment, les gens qui prennent cette route et leurs familles, tout comme la Croix-Rouge, appellent ça des “#convois”. Ces convois sont nommés par le nombre de personnes à l’intérieur. Le nombre de femmes, le nombre d’enfants. C’est pour pouvoir savoir nommer le bateau, par exemple : “Convoi 56, huit femmes, deux bébés, Tan-Tan” ; “Convoi 62, quatre femmes, trois enfants, Dakhla”... C’est comme ça que la Croix-Rouge peut savoir qui est arrivé.

    Dans quelle mesure l’imaginaire de ces convois a-t-il quelque chose à voir spécifiquement avec l’Atlantique ?

    Cette question m’évoque l’exemple d’un dessin d’enfant aux Canaries. Un enfant qui était arrivé par un de ces convois. Les gens qui s’en occupaient, la Croix-Rouge, et d’autres, et qui s’en occupaient plutôt pas mal, lui avaient demandé de dessiner son voyage, son exil, parce qu’il avait été extrêmement chahuté. Durant sa traversée, il y avait eu des morts, et notamment des enfants morts sur ce bateau. Et cet enfant qui avait survécu avait dessiné un bateau incroyablement ressemblant à un bateau négrier. C’est de cette histoire-là, et de cette mémoire-là aussi, qu’on se prive quand on ignore cette route-là, quand on habite à Marseille ou à Paris, et en tout cas en France.

    C’est spécifiquement français ?

    Ce qui est étrange, c’est que les militants en Espagne savent très bien l’importance de la route atlantique, et en Espagne, cette perception n’a rien à voir. On n’est pas du tout déconnecté, comme en France.

    Comment est venue l’écriture sur ces routes migratoires, et notamment de raconter la migration depuis les Canaries ?

    Au départ, je faisais de l’activisme aux frontières, à la frontière basque notamment. Je vivais au Pays basque et les gens passaient par là. J’écrivais des choses qui étaient plutôt de l’ordre de la chronique, du petit texte informatif. Lorsque j’avais une grosse colère ou quelque chose que je n’arrivais pas à démêler, c’était le texte qui m’aidait à démêler. J’appelais ça des chroniques. Par exemple, j’ai beaucoup écrit sur les mineurs isolés, sur le non accueil, et puis des réflexions sur : qu’est ce que l’enfance ? Est-ce que l’âge protège ? Et pourquoi l’âge protégerait-il plus qu’autre chose, en fait ?

    Auparavant, j’avais une autre activité d’écriture qui était beaucoup plus fictionnelle ou documentaire, mais davantage tournée vers le passé. Mais la question migratoire était devenue tellement prégnante, tellement importante dans ma vie, que je ne pouvais plus séparer les deux. Ce sont les morts qui m’ont poussée à écrire sur eux. Car avant d’aller aux Canaries pour rencontrer les gens, je me trouve à l’endroit où ils arrivent en fait, c’est-à-dire exactement à Irun, en Espagne, à côté de Bayonne, à la frontière basque. C’est là que je rencontre des gens pour qui je mets en place qu’il faut mettre en place comme militante. Je ne suis pas encore certaine d’écrire, je me dis même que j’écrivais si ça vient à moi. Et là, je rencontre des gens qui attendent des gens. Et ces gens qu’ils attendent n’arrivent pas. Alors on commence à me demander : “Mais va ! Va sur les îles ! Va chercher ma sœur, va chercher mon frère, va chercher ma fille. Ils sont arrivés tel jour dans le convoi 57, trois enfants, quatre femmes et et trois morts…” Parce qu’on sait un peu. C’est comme ça que les morts arrivent à la porte. Les premiers morts, ceux dont je me rends compte. Et donc j’y vais. Je vais sur les îles Canaries et il y a urgence.

    On est en 2019 et le premier tome de cette série qui s’intitulera “Des îles” (aux éditions de l’Ogre”) démarre…

    J’ai des noms, j’ai des photos, j’ai quelquefois des vidéos. Je ne suis pas toute seule, évidemment : il y a des relais. Et je cherche. J’ai des noms, j’ai des dates de naissance, j’ai des lieux de départ. J’ai des choses comme : “la dernière fois qu’on l’a vu”. Alors je cherche et je me rends compte assez vite que je ne trouverai pas. Car les gens meurent énormément. On sait, mais en fait concrètement, on ne sait pas. Je me rappelle de ce garçon qui s’appelle Amadou, qui m’a le premier demandé d’aller chercher sa sœur sur les îles Canaries. Selon lui, elle était arrivée tel jour, à tel endroit, etc. Cinq ou six ans après, lui dont je racontais l’histoire dans le premier volume de la trilogie Des îles, il la cherche encore. J’ai encore reçu la photo de sa sœur récemment sur Whatsapp. La même photo.

    Vous vous mettez donc à chercher des disparus, avant d’écrire l’histoire de ces gens qui voyagent sans visa…

    J’ai trouvé une petite fille qui avait disparu. Une seule : Fatou. Elle était donnée pour disparue sur un bateau sur lequel on disait qu’il y avait eu beaucoup d’enfants morts sur ce bateau qui avait tourné dans l’océan très longtemps. Et donc on m’avait dit de ne pas donner d’espoir à la maman. Mais la maman m’avait donné sa photo et j’étais sur les îles Canaries pour essayer, pour voir, au cas où… J’ai montré la photo de cette petite fille à un médecin urgentiste qui intervenait à l’arrivée des bateaux, parce que beaucoup de gens sont dans des états incroyables. Ils ont bu de l’eau de mer, ils ont perdu la tête, ils ne savent plus qui ils sont… Je lui ai montré la photo, et ce médecin-là, Alban, a poussé un cri : “Mais elle est arrivée, elle est vivante !” Après, on a mis un an à ce qu’elle puisse se rapprocher de sa maman. C’est très compliqué, mais c’est la seule histoire qui soit heureuse.

    Quelle empreinte l’Atlantique a-t-il laissé sur ces années d’enquête à remonter le fil d’histoires qui passent par l’océan ?

    Certaines images de l’océan m’ont beaucoup hantée. Notamment cet imaginaire, d’être seul sur l’océan en fait. Car même si on peu d’histoires, même si parfois les gens sont morts les uns après les autres, on a quelques images, et même quelques vidéos. Parce que c’est l’Atlantique ! C’est-à-dire que si on rate les Canaries, on arrive aux Etats-Unis ! “#Bosa”, ça veut dire quitter son pays, et rater les Canaries, ça s’appelle “Bosa États-Unis”. Si on rase les Canaries, on fait “#Bosa_Amérique” et en effet, on a retrouvé des bateaux complètement de l’autre côté de l’Atlantique, avec des corps desséchés, avec des squelettes. Mais on a trouvé aussi des bateaux vides ou alors avec un survivant. Vous imaginez ? Un seul survivant, au milieu de l’Atlantique. Comment on survit à ça, quand on est avec sa bouée et que finalement le secours maritime espagnol vient te sauver sur ta bouée ? Tu as vu mourir les uns après les autres tous tes copains.

    On a cherché comme cela un jeune Marocain, à la demande de sa sœur. Nous étions deux ou trois, à le chercher, ensemble, parce qu’on entendait dire qu’il était vivant or il n’apparaissait pas. En général, quand les gens n’apparaissent pas, ils ne vont pas apparaître trois mois après… mais il peut y avoir des exceptions, comme pour Fatou, la petite fille retrouvée aux Canaries. Donc, on cherche.

    Et de ce garçon, on a trouvé une vidéo, parce qu’on avait des photos de lui et on comparait avec les vidéos qu’on trouvait sur les réseaux. Sur cette vidéo, il parle en arabe sur un bateau au milieu de l’Atlantique. Le bateau n’était pas très loin des Canaries, mais perdu. On a fait traduire cette vidéo. C’était très compliqué de comprendre ce qu’il disait avec le bruit de l’océan mais on voyait sur la vidéo qu’il se passait un truc très important, sans savoir dire si c’était intense d’euphorie ou de désespoir. C’était impossible à dire. Et lui est là, il est debout, et il parle, avec intensité. En fait, il disait le nom de toutes les victimes du bateau. Il était en fait l’avant-dernier témoin, puisque le dernier, c’est celui qui va mettre la vidéo sur internet. Ce garçon n’est pas arrivé. Ça veut dire que ce garçon, debout, qui parle, est mort alors même qu’il était en train de nommer, lui, les gens qui venaient de mourir au milieu de l’océan.

    Puis l’écriture s’est poursuivie, et un deuxième volume, puis un troisième, sont venus compléter cette triologie, Des îles… Mais l’écriture s’est un peu déplacée, entre-temps…

    En 2022, la frontière entre la France et l’Espagne se ferme complètement suite à une attaque dans une église, près de Nice, par un jeune homme tunisien qui sortait de Lampedusa et qui a attaqué le curé d’une paroisse. Or ce moment où la frontière avec l’Espagne se ferme a coïncidé exactement avec le moment où les gens quittaient les #île_ Canaries pour remonter vers la France. Pendant un an, elle est restée fermée. Et pendant un an, il y a eu dix morts.

    Alors ce n’était plus des disparus qu’on cherchait, puisque l’on avait des corps. C’était exactement le contraire. On avait des #corps, mais pas de nom, pas d’histoire. Juste des corps ramassés dans la #Bidassoa alors qu’avant, j’avais des histoires mais pas de corps. Si bien qu’il fallait faire le chemin opposé. Malgré tout, il y a toujours quelqu’un qui a vu quelqu’un qui sait que quelqu’un est passé par là ce jour-là. Mais c’est très difficile d’être le témoin de cela et de vouloir bien en témoigner.

    Les gens ne voulaient pas, même les amis les plus proches. Parce que tu ne vas pas commencer à arriver dans un pays que tu essaies de rejoindre depuis trois ans en arrivant avec des problèmes. Des problèmes avec la police, avec la justice… alors que tu as passé ton temps à essayer de te désidentifier, tu ne vas pas t’identifier immédiatement, et surtout pas pour arriver avec un mort. Arriver avec un mort, c’est compliqué. Et donc même les amis qui passaient et qui, eux, avaient survécu, ne parlaient pas. C’était très compliqué de remonter le fil de ces histoires.

    Qu’est-ce qui a changé dans l’écriture de ces histoires, au fil des tomes et des enquêtes ?

    Moi, j’ai changé. C’est surtout moi. La manière de travailler a changé entre le tome un, le deux, et le trois de la trilogie, mais je m’en rends compte après coup. Dans le un, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’histoires. Beaucoup de récits, parce que beaucoup de gens parlent, prennent la parole. C’est beaucoup d’oralité et moi, j’essaye de prendre tout ça et de suivre les fils pour pour accompagner, pour aider, pour suivre et donc faire l’enquête.

    Dans le deuxième tome, Des Iles 2, c’est plutôt une question : comment on rend un corps qui est non-identifié par un juge espagnol, à un papa guinéen ? Et comment on le fait franchir l’Atlantique jusqu’en Guinée, mais en avion, et mort. On a réussi. Le travail change parce qu’il est d’un extrême piétinement. C’est le contraire des histoires qui arrivent. C’est beaucoup plus d’écrit puisque ce doit être conforme, signé à l’ambassade de ceci, de cela en Guinée, en Espagne, etc.

    Et donc c’est forcément une autre façon d’écrire puisqu’elle suit l’archive. L’archives qui est en train de se faire, qui est en train de s’écrire, qui est en train de s’élaborer. Il faut écrire sans céder à la simplification parce que c’est hyper complexe. L’écriture suit le réel, et donc elle panique parfois parce que le réel panique tout le temps. Parce que quand on a tous les papiers pour que le corps reparte en Guinée, et bien il manque le certificat de non-Covid et donc tout va foirer. L’écriture suit ça, et donc elle change de forme parce qu’elle est bousculée tout le temps par le réel. Tout le temps.

    Et puis vient l’écriture du troisième volume de la trilogie. Et là encore, l’écriture change…

    Oui, elle change de forme aussi, un peu volontairement, un peu à dessein, parce que je suis épuisée. Je me dis alors qu’il faut faire un pas de côté. Et ce pas de côté, c’est de dire qu’il y a en effet les bateaux qui arrivent qu’en ce moment depuis l’Algérie. mais aussi ces bateaux qui ont traversé dans l’autre sens. Evidemment, au moment de la chute de Séville, pendant la guerre civile, puisque des bateaux sont partis en Algérie, à Oran, et c’était exactement la même route, les mêmes ports. Mais cette route-là en appelle une autre : celle de l’exil morisque du début du XVIIᵉ siècle.

    En fait, ce pas de côté historique me garantit quelque chose. Ce pas de côté m’intéresse parce qu’il montre aussi que ce n’est pas toujours du Sud vers le Nord que vont les exils et qu’il y a eu d’autres histoires et d’autres bateaux sur ces routes-là. Tout ça m’intéresse politiquement, historiquement, mais aussi me déplace moi dans l’écriture. Cela me calme, c’est-à-dire je suis obligée de suivre un autre rythme qui est le rythme historique. Le rythme du document qui est déjà écrit, de l’archive que je n’ai pas besoin d’écrire moi, et qui n’est pas en train de se créer sous mes yeux, mais qui est déjà là : c’est celle des historiens, c’est celle des récits antérieurs. Et ça, ça me sauve un peu, un peu.

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