Quand les psychanalystes se trompent, Silvia Lippi
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Pour beaucoup de personnes, non seulement les psychanalystes se trompent, mais ils et elles ne font que ça, sans pouvoir le reconnaître, car la psychanalyse serait, comme le prétendait le philosophe Karl Popper, immunisée contre toutes les réfutations. La psychanalyste Silvia Lippi soutient ici à l’inverse que les erreurs, comme les lapsus, importent particulièrement à la psychanalyse, mais à condition de faire l’objet d’une interprétation qui rouvre les associations. Elle montre que Freud ne raconte quasiment que ses propres erreurs. Et surtout, elle soutient que l’Oedipe est une telle erreur, qui mérite une interprétation : que refoule la théorie du complexe d’Oedipe ? Un texte drôle et profond, qui défend, à travers la psychanalyse, une certaine manière d’apprendre de ses erreurs - et donc de s’inscrire dans le temps sans croire au « progrès ».
« La vérité n’est intelligible qu’au terme d’une longue erreur vagabonde. »
Jean-Paul Sartre.
Pour beaucoup de personnes, la psychanalyse est en soi une énorme erreur. Pire : c’est une erreur complaisante, entêtée à fabriquer tous les faux-fuyants qui l’empêcheront de se reconnaître comme telle. On connaît la thèse du philosophe Karl Popper, qui dénonçait le marxisme et la psychanalyse comme deux démarches échappant au domaine des sciences non parce qu’elles seraient réfutées par l’observation, mais précisément parce qu’elles seraient par construction irréfutables par quoi que ce soit. Les objections qu’on ferait au marxisme seraient expliquées comme des effets de la position de classe de la personne qui émet cette objection, vérifiant ainsi les thèses marxistes a contrario, alors que, pour la psychanalyse, ce serait la « résistance » aux vérités inconscientes, que par définition notre pratique cherche à faire valoir, qui expliquerait qu’on ne veuille rien en savoir.











