• Côte d’Ivoire : plus de 250 migrants rapatriés depuis le Niger et la Libye via des « retours volontaires » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73077/cote-divoire--plus-de-250-migrants-rapatries-depuis-le-niger-et-la-lib

    Côte d’Ivoire : plus de 250 migrants rapatriés depuis le Niger et la Libye via des « retours volontaires »
    Par La rédaction Publié le : 14/08/2026
    À bord de deux vols charters organisés par l’OIM, 254 migrants ont été rapatriés en Côte d’Ivoire les 11 et 13 août 2026. Ils étaient coincés au Niger et en Libye. Jeudi 13 août, 119 migrants – 79 hommes, 18 femmes et 22 mineurs – sont arrivés à l’aéroport d’Abidjan. Ils avaient embarqué quelques heures plus tôt à bord d’un vol charter opéré dans le cadre du programme de « retour volontaire » de l’OIM. Quelques jours plus tôt, le 11 août, un autre vol venant du Niger avait déjà atterri en Côte d’Ivoire. À son bord figuraient 135 ressortissants ivoiriens, dont deux mineurs, selon l’agence ivoirienne de presse (AIP).
    Ils ont été accueillis par le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Adama Dosso, la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), à leur arrivée à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, toujours selon l’AIP. « Les Ivoiriens où qu’ils se trouvent doivent être secourus », a déclaré le ministre. Depuis le début de l’année, plusieurs opérations de « retour volontaire » vers la Côte d’Ivoire ont eu lieu. En mars dernier, 150 personnes – 134 hommes, 13 femmes et 3 enfants – ont été rapatriées du Niger. Et avant cela, d’autres opérations ont précédé. Le 25 février dernier, 145 personnes ont été rapatriées de Tunisie. Et quelques semaines plus tôt, le 9 février, c’est un autre vol venu du Niger qui avait ramené 149 Ivoiriens dans leur pays.
    Une fois rapatriés, les migrants reçoivent une assistance immédiate pour regagner leurs familles, suivie d’un programme de suivi et de réintégration pouvant s’étendre jusqu’à 18 mois. Ensuite, débute la délicate question de la réinsertion. Une étape qui peut s’avérer difficile car certains sont rejetés par leur famille, et d’autres supportent mal l’échec de leur exil. Rencontrée par InfoMigrants à Abidjan en mars 2025, Reine a vécu cette mauvaise expérience. Après 8 ans passés en Tunisie, cette Ivoirienne, mère de trois enfants, n’a reçu que le mépris de sa famille à son retour : « Ça n’a pas été facile. J’ai été rejetée, je n’ai pas eu l’accueil que j’aurais voulu avoir... ». Et « ce n’est pas un cas isolé », rappelait Denise Origlia, cheffe de projet à AVSI en Côte d’Ivoire. « Il y a encore beaucoup de préjugés autour de l’échec de la migration », expliquait-elle. « La migration est vue comme un investissement de la part de la famille, de la communauté [beaucoup de familles pauvres contribuent à payer les passeurs pour le voyage, ndlr]. Donc leur retour au pays, sans résultats, notamment financiers, peut être mal perçu ».
    De manière générale, « les Ivoiriens qui rentrent au pays sont dans un état psychique très compliqué. Beaucoup ont subi des sévices, ont été victimes de traite, ont été réduits en esclavage », détaillait, elle aussi en mars 2025, Stéphane Guéla, chargé du programme réintégration de l’agence onusienne à Abidjan. « Certains ont été vendus, ils sont passés de mains en mains. Ils ne vont pas bien du tout. C’est pour ça que dès leur retour en Côte d’Ivoire, nous faisons intervenir le ’programme de santé mentale’ pour les prendre en charge, au moins sur le court-terme »

    #Covid-19#migrant#migration#libye#niger#cotedivoire#OIM#retourvolontaire#sante#santementale#tunisie

  • En Ethiopie, le démantèlement d’un réseau de passeurs vers l’Arabie saoudite révèle l’importance de cette route migratoire
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/29/en-ethiopie-le-demantelement-d-un-reseau-de-passeurs-vers-l-arabie-saoudite-

    En Ethiopie, le démantèlement d’un réseau de passeurs vers l’Arabie saoudite révèle l’importance de cette route migratoire
    Par Maëlle Duhamel
    Après des mois d’enquête, la police éthiopienne a renvoyé 17 personnes devant la justice, le 21 juillet. Elles sont accusées d’être membres d’un important réseau de passeurs qui a permis à plus de 40 000 personnes, en majorité des Ethiopiens, de franchir le détroit de Bab Al-Mandab, du continent africain vers le Yémen.
    Dirigé par Mohamed Tahir Aden dit « Wardi », dont la nationalité n’a pas été communiquée, le réseau entrait en contact avec les candidats à l’exil par des intermédiaires opérant dans plusieurs régions du pays, avec à la clé la promesse d’un emploi et d’une vie meilleure en Arabie saoudite.Accusé de trafic d’êtres humains, de transactions illégales de type hawala – un système informel de transfert d’argent basé sur un réseau d’intermédiaires de confiance qui permet de déplacer des fonds à travers les frontières – et de blanchiment d’argent, le groupe a extorqué plus de 1 milliard de birrs (quelque 5,5 millions d’euros) à ses victimes. Il est aussi soupçonné d’être lié à la mort, sur le chemin de l’exil, de 60 personnes.
    Ce coup de filet, le quatrième cette année en Ethiopie pour les mêmes motifs, met en lumière la route migratoire de l’Est qui relie la Corne de l’Afrique aux pays du Golfe. En 2025, les passages y ont explosé : 506 000 mouvements ont été détectés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), soit 18 % de plus que l’année précédente.
    Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), de 200 à 300 personnes en provenance d’Ethiopie arrivent chaque jour à Obock, sur les côtes djiboutiennes, pour tenter de traverser la mer Rouge et rejoindre le Yémen via le détroit de Bab Al-Mandab, à 30 kilomètres de distance. Un autre itinéraire de cette route, plus long et moins emprunté, part des environs de la ville de Bosaso, au Somaliland. Les exilés rejoignent là aussi les côtes yéménites, à 300 kilomètres.
    D’après l’étude « Migration circulaire entre l’Ethiopie et le Golfe », publiée en mars 2025, chaque passager débourse entre 7 000 et 22 000 birrs pour une place dans un bateau surchargé.Les décès comptabilisés sur cette route ont, eux aussi, atteint un niveau record. En 2025, 922 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Rouge, contre 558 en 2024. Des chiffres qui font de 2025 l’année la plus meurtrière jamais enregistrée depuis 2014.Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des passages sur cette voie. D’abord, les passeurs se sont adaptés à l’intensification de la répression opérée par les autorités djiboutiennes, éthiopiennes et somaliennes sur les points de transit « traditionnels ». D’après l’OIM, « de nouvelles tactiques de contrebande », notamment « le recours croissant à des itinéraires plus isolés à travers Djibouti », ont permis aux trafiquants « de contourner les points de contrôle et donc d’accélérer les flux migratoires ».
    Mais, surtout, « les passages augmentent, à mesure que se détériorent les conditions de vie en Ethiopie », pays d’origine de 97 % des migrants qui empruntent cette route, explique Marina de Regt, anthropologue à l’Université libre d’Amsterdam et spécialiste des migrations entre la Corne de l’Afrique et le Yémen.D’après le HCR, les motivations économiques demeurent la principale cause de départ. Car, si la croissance éthiopienne, à 9,8 % en 2025 d’après la Banque mondiale, est l’une des plus élevées du continent africain, elle est loin d’être inclusive : l’inflation, à plus de 13 %, reste forte, et le taux de pauvreté, lui, a grimpé à 43 % en 2025, après des années de progrès dans la réduction de la pauvreté.
    L’insécurité dans plusieurs régions du pays pousse également de nombreux Ethiopiens sur les routes. Au Tigré, les tensions persistantes entre la région et le gouvernement fédéral « ont fait perdre espoir à la majorité de la jeunesse tigréenne », déplore Hayesh Subagdis, ancien dirigeant du Bureau des affaires de la jeunesse pour la région. « Avant la guerre [déclenchée le 3 novembre 2020], cela arrivait que des jeunes partent, pour gagner plus d’argent en Arabie saoudite. Mais, depuis 2023, ils fuient avant tout par peur d’un nouveau conflit », souligne-t-il.
    D’après les estimations de son ancienne institution, près de 100 000 Tigréens ont quitté la région entre janvier 2023 et mars 2026. Des chiffres qui sont « certainement en deçà de la réalité », le Bureau n’ayant pas de données relatives à l’ouest du Tigré, administré depuis la guerre par la région Amhara.Dans cette zone aussi, la situation sécuritaire est très dégradée. Le conflit, qui oppose depuis avril 2023 les Fano, une milice nationaliste amhara, à l’armée fédérale, incite nombre de ses habitants à fuir : d’après l’OIM, l’Amhara est la première région d’origine des migrants de la route de l’Est.A leur arrivée au Yémen pourtant, les exilés sont confrontés à une multitude de violences. Kidnappings contre rançons, vidéos de torture envoyées à la famille, viols : « Le système mis en place par les trafiquants dans le pays est comparable à celui appliqué en Libye », affirme Ayla Bonfiglio, chercheuse spécialiste de la route de l’Est pour le Migration Mixed Centre, basé à Genève.
    L’enquête de la police éthiopienne sur le réseau démantelé ce mois-ci a ainsi révélé l’existence d’entrepôts au Yémen, spécialement aménagés pour la détention de migrants. Des prisons informelles, où les migrants ont subi « de graves sévices et des traitements inhumains », y compris, pour les femmes détenues, des violences sexuelles.« Tout ça, bien sûr, les jeunes le savent. Devant les églises, toutes les semaines, on peut voir des parents réclamant de l’argent aux fidèles, photo de leur enfant à la main pour payer les rançons, explique Hayesh Subagdis. Mais cela ne les empêche pas de partir. Beaucoup me disent : “Je sais que je peux mourir en chemin mais, au moins, j’aurai tenté ma chance”. »

    #Covid-19#migration#migrant#ethiopie#arabiesaoudite#yemen#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#OIM#HCR

  • Niger : après son expulsion d’Algérie vers Assamaka, un migrant togolais meurt des suites de graves brûlures - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72661/niger--apres-son-expulsion-dalgerie-vers-assamaka-un-migrant-togolais-

    Niger : après son expulsion d’Algérie vers Assamaka, un migrant togolais meurt des suites de graves brûlures
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 28/07/2026
    L’ONG Alarme Phone Sahara au Niger qui vient en aide aux migrants expulsés d’Algérie, a annoncé il y a quelques jours le décès d’un exilé togolais. La victime, expulsée le 12 juillet par les forces algériennes à la frontière nigérienne, présentait des brûlures sur une grande partie de son corps à son arrivée à Assamaka.Un homme est décédé au mois de juillet peu de temps après son arrivée au Niger après son expulsion d’Algérie. Ce Togolais, gravement blessé - mais vivant quand il a été pris en charge par l’ONG Alarme Phone Sahara (APS) - s’appelait Ousmane Mansour. Il est mort quelques jours après avoir été récupéré dans le désert.
    Selon le communiqué publié sur leur site, « Ousmane Mansour avait été expulsé le 12 juillet 2026, avec un total de 656 autres personnes, d’Algérie vers […] Assamaka », première ville après la frontière algérienne, tout au sud du pays.D’après les informations recueillies par l’équipe d’Alarme Phone Sahara à Assamaka, Ousmane Mansour avait été torturé. « [...] Il avait subi de graves brûlures sur tout le corps, causées par des bidons chauffés et des gouttes de liquide brûlant tombées sur lui alors qu’il était détenu par les forces de sécurité algériennes ». Selon APS, l’expulsion vers le Niger - sans soins - a aggravé son état général.
    Les migrants expulsés d’Algérie arrivent généralement au « point zéro », zone désertique délimitant la frontière entre l’Algérie et le Niger. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre Assamaka."Tout ce que nous avons appris est que Ousmane Mansour a été victime de torture en Algérie avant d’être expulsé sur le territoire nigérien dans un état de santé très détérioré", a détaillé Azizou Chehou, coordinateur d’APS au Niger, contacté par InfoMigrants. Était-il seul ? Avait-il de la famille ou voyageait-il avec des camarades d’infortune ? Azizou Chehou regrette de ne pas avoir eu davantage d’informations « car le malade souffrait et balbutiait [quand il a été récupéré au ’point zéro’] ».
    Selon Azizou Chehou, au vu de la gravité de ses blessures, les équipes médicales d’Assamaka ont décidé de l’envoyer vers un hôpital « mieux équipé », mais la victime est morte pendant son transfert « au niveau de la ville de Tchirozérine (72 km avant Agadez) ». La victime « a succombé à ses brûlures très avancées. [...] Son corps a été transporté jusqu’à Agadez pour une inhumation », a précisé Azizou Chehou.Contactée par InfoMigrants, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) présent à Assamaka, n’a pas souhaité répondre à nos questions.
    Les décès sont hélas fréquents dans la zone de « point zéro ». Sept personnes sont mortes l’été dernier. Mais combien meurent sans laisser de traces ? Chaque année, de nombreux exilés disparaissent dans le Sahara. Ils peuvent se perdre, mourir de déshydratation, ou être victimes de groupes mafieux."Ces convois de déportation [par l’Algérie] ont déjà causé la mort de plusieurs personnes ces dernières années. Régulièrement, lors de ces convois, des personnes souffrant de fractures et d’autres blessures graves sont abandonnées dans le désert près de la frontière ; de nombreuses victimes affirment unanimement que ces blessures leur ont été infligées lors de mauvais traitements infligés par les forces de sécurité algériennes", peut-on encore lire dans le communiqué d’APS.
    Selon Alarme Phone Sahara, les autorités algériennes ont expulsé 34 236 migrants vers le désert en 2025. Du jamais vu. En 2024, un record avait déjà été établi avec l’expulsion de 31 404 personnes dans les mêmes conditions.
    Face à ces arrivées massives - qui ont cours depuis des années -, le Niger avait annoncé en mai vouloir appuyer l’Organisation internationale de la migration (OIM) qui organise les rapatriements dans les pays d’origine.Quand ils arrivent à rejoindre Assamaka, où se trouve le centre de transit de l’OIM, les migrants ont en effet la possibilité de demander des « retours volontaires ». Mais ces rapatriements prennent du temps. De manière générale, l’OIM est tributaire des processus imposés par les États d’origine pour délivrer les laissez-passer.Depuis des années, les associations n’ont de cesse de dénoncer ces expulsions, opérées en dehors de tout cadre légal. « Les forces de sécurité algériennes n’épargnent personne. Régulièrement, de nombreuses femmes et enfants, souvent même des bébés, se trouvent parmi les personnes expulsées », signale APS dans un rapport en décembre 2025, ajoutant que « de nombreuses personnes arrivent avec des blessures et des traumatismes infligés par les forces de sécurité ». Depuis 2017, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans leur quotidien ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée.
    « Au bout de cinq ou six heures […], on nous a déposés dans le désert, il n’y avait rien autour. La police algérienne nous a crié : ‘Voilà Assamaka !’, en pointant le doigt vers l’horizon. ‘L’OIM, c’est tout droit’. On s’est mis en marche, je ne sais plus pour combien de temps. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais épuisé, complètement à bout de forces. J’ai quand même réussi à faire la dizaine de kilomètres qui nous séparaient d’Assamaka », avait raconté à InfoMigrants, fin 2024, un Sénégalais de 25 ans.

    #Covid-19#migrant#migration#niger#algerie#routemigratoire#migrationirreguliere#OIM#assamaka#sante#mortalite#expulsion

  • Tunisie : au premier semestre 2026, 3 295 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » de l’OIM - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72562/tunisie--au-premier-semestre-2026-3-295-migrants-ont-beneficie-dun-ret

    Tunisie : au premier semestre 2026, 3 295 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » de l’OIM
    Par La rédaction Publié le : 21/07/2026
    Au premier semestre 2026, un total de 3 295 migrants ont bénéficié du programme d’aide au « retour volontaire » et à la réintégration (AVRR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Tunisie. Depuis 2023 et la montée des violences en Tunisie à l’encontre des Subsahariens, plus de 20 000 migrants sont rentrés dans leurs pays d’origine.L’Organisation internationale des migrations (OIM) en Tunisie a annoncé, vendredi 17 juillet, avoir assisté 3 295 migrants dans le cadre de son programme d’aide au « retour volontaire » et à la réintégration (ARVR) au cours du premier semestre 2026. Du 1er janvier au 30 juin, des « retours volontaires » ont été organisés vers 32 pays d’origine au moyen de cinq vols charters et de 182 vols commerciaux. D’après l’agence onusienne, les principaux pays de retour étaient la Guinée (26%), la Côte d’Ivoire (19%) et le Cameroun (9%). Cette assistance a concerné 71% d’hommes adultes, 18% de femmes adultes, 6% de garçons et 5% de filles.
    Depuis 2023 et la montée des violences en Tunisie à l’encontre des Subsahariens, plus de 21 500 migrants ont bénéficié de ce programme « tout en favorisant leur réintégration durable dans leurs communautés d’origine dans 41 pays différents grâce à 45 vols charters et 1 144 vols commerciaux », précise l’OIM dans son communiqué. Le dispositif du « retour volontaire » et réintégration est mené dans le cadre d’une collaboration étroite entre l’OIM en Tunisie, les autorités tunisiennes et les partenaires nationaux concernés, les représentations diplomatiques et consulaires des pays d’origine et grâce au « soutien de bailleurs de fonds : Union européenne, l’Autriche, la France, l’Italie, Pays-Bas, la République tchèque, Royaume Uni, la Suisse et de la Suède », explique encore l’agence onusienne. En parallèle, le gouvernement tunisien met aussi en place des vols de « retour volontaire » depuis un an, censé compléter ceux de l’OIM. Mais à la différence des vols opérés par l’agence onusienne, ceux gérés par l’État tunisien ne sont pas accompagnés d’une aide financière pour la réintégration dans les pays d’origine.
    Depuis son lancement en juillet 2025, près de 5 000 migrants sont retournés dans leur pays d’origine via ce programme tunisien. Et le rythme des retours s’est encore intensifié ces dernières semaines avec « initialement un vol par mois, puis deux, puis un par semaine, puis deux » et désormais « quasiment tous les jours des vols dédiés », d’après Houcem Eddine Jebabli, porte-parole de la Garde nationale tunisienne. La très forte augmentation des demandes de « retours volontaires » s’explique notamment par la considérable détérioration des conditions de vie des migrants en Tunisie. Depuis 2023 et le discours anti-migrants de Kaïs Saïed, la vie des exilés désirant rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée au départ de ce pays de transit « empire de jour en jour », selon les mots de Lamine, un Sénégalais vivant près de Sfax, contacté fin 2025 par InfoMigrants. Sans possibilité de travailler ou de se loger, ces migrants d’Afrique subsaharienne sont acculés dans une extrême pauvreté. La majorité d’entre eux vivent dans des champs d’oliviers à al-Amra dans la région de Sfax - bien qu’il leur soit désormais formellement interdit d’installer ces campements informels dans la zone. Leurs tentes sont régulièrement brûlées par la Garde civile.
    Outre les sanctions économiques, les migrants sont aussi la cible d’arrestations arbitraires, de condamnations pour « séjour irréguliers », de rafles. Depuis plusieurs années, ils sont aussi violemment interceptés en mer Méditerranée, puis expulsés dans le désert, vers les zones frontalières de la Libye et de l’Algérie.
    Dans ce contexte, le recours de plus en plus massif aux « retours volontaires » ne fait pas l’unanimité. « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires’ », estimait Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, membre d’un binôme de chercheurs qui a travaillé sur le sujet mi-2025. Ces chercheurs évoquent des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom. Selon les deux chercheurs, ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#OIM#politiquemigratoire#retourvolontaire#sante#droit#migrationirreguliere

  • Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72480/libye--345-migrants-beneficient-de-deux-vols-de-retour-volontaire-de-l

    Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana
    Par La rédaction Publié le : 16/07/2026
    Entre le 12 et le 15 juillet, un total de 345 migrants sont rentrés au Ghana depuis la Libye via deux vols de « retours volontaires » organisés par l’Organisation internationale des migrations (OIM). A la mi-juillet, un total de 822 migrants ont bénéficié de ces vols à destination du Ghana, du Bangladesh, du Tchad et de la Somalie.
    En Libye, les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont annoncé avoir organisé deux vols de « retour volontaires » depuis Tripoli à destination d’Accra au Ghana, dans la semaine du 12 au 15 juillet 2026. Au total, 345 migrants ont pu retourner chez eux par l’intermédiaire de ces vols. Au début du mois de juillet, 477 migrants s’étaient déjà envolés vers leurs pays d’origine. Plus précisément, 174 sont retournés au Bangladesh, 174 au Tchad et 129 en Somalie, élevant le total à 822 migrants rentrés dans leur pays entre le 1er et le 15 juillet. Des opérations rendues possibles grâce « au soutien de l’Union européenne », précise l’OIM sur X.
    Sur l’ensemble du mois de juin, l’agence a permis les « retours volontaires » de plus de 1300 migrants vers la Gambie, le Nigéria ou encore le Tchad
    Depuis plusieurs semaines, la situation a empiré en libye. Les Subsahariens se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa. « Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes », affirmait à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », racontait aussi Ibrahim, un Guinéen de 24 ans avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    Dans un rapport publié le 23 juin dernier, Amnesty International déplorait la répression menée à l’encontre des exilés en Libye, qui s’est encore intensifiée ces dernières semaines. Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, « mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes », affirmait l’ONG. Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées étaient originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM. Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migrant#migration#retourvolontaire#rapatriement#OIM#libye#subsaharien#asie#droit#sante

  • #Ramatoulaye_Touré, fondatrice du #collectif de familles de #disparus en #Guinée : « Une #disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude »

    Ramatoulaye Touré, 34 ans, a perdu la trace de sa nièce, partie secrètement de Guinée vers l’Europe via la "route des Canaries", il y a trois ans. Au cours de ses recherches, cette jeune fondatrice d’une ONG dédiée à la santé des #femmes a fait la rencontre il y a six mois d’une autre famille guinéenne touchée par une disparition. Depuis, elle met toute son énergie dans l’animation du premier collectif de familles de disparus en Guinée, pour pousser l’État guinéen à faire de la disparition un sujet prioritaire.

    "Quand ma nièce Kadiatou a disparu, j’ai découvert que beaucoup de familles étaient dans la même situation que nous, mais qu’elles ne se manifestaient pas, ne parlaient pas de la disparition de leurs proches. Ma nièce est sortie il y a trois ans de Guinée. Moi je vis à Dabompa, mais ma grande famille vit à Dixinn, dans la région de Conakry, la capitale de la Guinée. C’est là où vivait ma nièce, avec ma sœur. C’est de là qu’elle est partie, quand ma sœur est décédée.

    Trois semaines après les funérailles de ma sœur, Kadiatou nous a dit qu’elle voulait aller en Côte d’Ivoire. Elle voulait prendre le relais de sa maman, pour s’occuper de ses petits frères et sœurs. Elle avait des amies en Côte d’Ivoire et voulait entreprendre, sur des marchés, avec la vente de mèches et d’accessoires de coiffure. On a essayé de l’en dissuader, de lui dire qu’elle pouvait faire ça en Guinée. Mais elle disait que non, qu’elle voulait aller là-bas plutôt que de faire des va et vient entre les deux pays pour ses achats et reventes. Elle est partie tout de suite après notre conversation. Ça veut dire qu’elle avait déjà son projet de voyage : car on ne peut pas se lever un jour comme ça et partir…

    "Kadi a embarqué"

    Au bout de deux mois en Côte d’Ivoire, elle a coupé le contact avec nous, parce qu’on lui répétait de ne pas faire de bêtises. Elle a appelé mon grand frère, qui vit aux Etats-Unis, pour lui emprunter de l’argent. Il lui a envoyé une partie de son épargne, sans savoir qu’elle voulait en fait aller en Europe.

    Avec cet argent, Kadiatou s’est rendue au Sénégal. Elle a appelé ses amies pour l’aider à renvoyer par colis ses accessoires de coiffure à sa sœur en Guinée, en prétextant que c’était trop serré chez elle. Quand on a vu les colis arriver chez nous, il y avait tout dedans : ses accessoires, ses chaussures… On se doutait que ce n’était pas normal de laisser comme ça. On a donc tout de suite essayé de l’appeler. Moi, elle ne me répondait pas. Elle a fini par répondre à ma cousine, qui lui a demandé : "On a appris que tu étais au Sénégal, ce n’est pas ce que tu nous avais dit… Tu fais quoi au Sénégal ?” Elle a tout de suite coupé le contact avec ma cousine aussi.

    Après trois semaines environ, une amie de ma nièce a appelé ma cousine. Elle lui a dit : “Kadi est sortie. On ne l’a pas vue depuis quinze jours”. Ma cousine a demandé : “Kadi est sortie pour où ?

    –Kadi a embarqué.

    –Embarqué pour où ?

    –Kadi est sortie en mer.”

    Dans le bateau, il y avait 62 personnes. Toutes sont portées disparues.

    Kadiatou a embarqué sur une pirogue pour tenter la route des Canaries via l’Atlantique. Un trajet hautement dangereux : plus de 1 000 km séparent le #Sénégal de l’archipel espagnol. La traversée peut durer plusieurs jours. Et l’embarcation peut couler ou se perdre et dériver en mer.

    De la recherche en solitaire à l’alliance avec d’autres familles

    Kadiatou avait envoyé le numéro du passeur à sa copine. Au début de nos recherches, on a appelé ce passeur. Le monsieur nous a dit : ’J’ai trois frères dans ce bateau, je ne peux pas vous dire s’ils sont décédés. Il se peut qu’on les ait attrapés et qu’ils soient en prison au Maroc’.

    Nous sommes restées dans cette incertitude. Comme on lui téléphonait souvent, l’homme a fini par nous bloquer.

    Mon grand frère qui vit aux Etats-Unis a essayé de faire jouer ses relations au Maroc pour avoir des informations. On a aussi appelé le père de Kadiatou pour le prévenir que sa fille était introuvable. Il est parti directement pour sillonner toutes les prisons qui sont au bord de la mer au Maroc. Jusqu’en Tunisie. Il n’a pas trouvé sa fille.

    Il a fini par déclarer sa fille décédée. On a fait une cérémonie de funérailles. Mais dans nos têtes, on pense que Kadiatou est quelque part, qu’elle peut revenir un jour, que peut-être, comme le monsieur a dit, elle se trouve en prison… On ne sait toujours pas comment prendre la nouvelle de sa disparition : est-ce qu’elle est décédée ? Est-ce qu’elle vit encore ?

    Jusqu’à maintenant, il y a ce #vide dans la famille. Elle a une petite sœur. Elle laisse aussi derrière elle une fille de deux ans, qui pleure tous les jours de ne pas savoir où est sa maman. Une disparition, c’est de la #tristesse, de la #douleur. La famille reste dans l’#incertitude.

    C’est en continuant les recherches qu’il y a six mois, j’ai fait la rencontre d’une autre famille touchée par une disparition. L’idée m’est venue de monter un collectif. On était très proches de cette famille, qui habitait à Dixinn comme nous, alors je leur ai dit : est-ce qu’on ne se mettrait pas ensemble ?

    Dix familles aujourd’hui dans le collectif

    En Guinée, on se connaît tous, à travers les réseaux sociaux aussi. Aujourd’hui, le collectif rassemble dix familles. On se réconforte entre nous. On se dit : tenons-nous la main, peut-être qu’un jour nos disparus vont revenir.

    On est actuellement dans les démarches pour se constituer en association, avec statut, règlement intérieur, agrément. Cela va changer beaucoup de choses, on pourra plus facilement demander des rendez-vous et des partenariats avec les institutions officielles.

    Chez nous en #Guinée, il n’y a pas de processus de suivi pour les disparus. Les autorités ne s’occupent pas de ces procédures. Les journalistes peuvent en parler, les réseaux sociaux aussi : mais il n’y a pas une implication de l’État. L’#OIM s’occupe d’accompagner des gens qui sont allés en Tunisie, par exemple, mais pas de disparitions.

    Depuis quatre ans, le nombre de "#retours_volontaires" opérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) n’a cessé d’augmenter. Interrogé en mars par une députée, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a annoncé que plus de 21 000 exilés, dont de nombreux Guinéens, avaient été rapatriés dans leur pays depuis 2022.

    Bien sûr il y a des mécanismes pour la protection des migrants, des règles écrites… Mais ce n’est pas toujours bien appliqué. À plusieurs, on peut porter nos voix plus fort vers l’Etat, et faire de la disparition une priorité.

    Il y a beaucoup, beaucoup de familles en Guinée qui ont des disparus. Dans le collectif, plusieurs régions sont représentées : par exemple, on a deux familles de Boffa. Les routes prises par leurs proches ne sont pas les mêmes non plus. Il y a une famille dont le garçon a fini ses études, marié, deux enfants, avec une boutique… Un jour, il a tout vidé, il est parti. Depuis le Maroc, il a pris la mer.

    Ce jour-là, il a appelé sa mère. Il ne lui a pas expliqué qu’il était déjà sur un bateau. Peut-être qu’il aurait voulu le faire : mais comment lui dire… Alors il lui a juste dit : "Je ne me sens pas bien”. Cela fait cinq ans maintenant qu’il a disparu.

    Réunions et appels de soutien, entre femmes

    Une fois par mois, on se réunit avec ces dix familles. Ce n’est jamais un lieu fixe : si aujourd’hui on le fait chez moi, demain ce sera dans une autre famille : c’est important que chacune se sente impliquée. Je prends le temps de les appeler régulièrement, de les convaincre de venir aux réunions…

    Certaines hésitent. Elles se disent : la vie associative, ça va me faire perdre mon temps. Mais si elles voient que tu es derrière elles tout le temps, alors elles vont se sentir importantes. Elles vont se dire : finalement, c’est nécessaire de participer. Celles qui viennent à reculons se rendent compte, au fur et à mesure, que c’est bien pour elle. Il faut constamment les relancer, montrer l’utilité de rejoindre le groupe.

    Cela me prend beaucoup de temps mais j’ai l’habitude : je travaille dans le monde associatif, j’ai une licence en développement communautaire et j’ai étudié la sociologie. J’ai fondé une ONG, “Guinéennes émancipées pour le progrès et la citoyenneté”, dédiée à la santé des femmes. On se consacre à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, et surtout la formation et l’émancipation des femmes.

    D’ailleurs, je fais le lien entre femmes et disparition. Les femmes sont naturellement exposées à beaucoup de violences. En pensant à une femme qui disparaît, on pense : est-ce qu’elle ne sera pas violée ? Est-ce qu’elle ne sera pas violentée physiquement, sexuellement ? Il y a trop de questions.

    Aussi, on le voit dans nos réunions : ce sont les femmes des familles de disparus qui sont présentes. Les hommes, ce n’est pas leur affaire… Ce sont les femmes qui sont impliquées : les mamans, les sœurs, les épouses.

    Il n’y a pas longtemps, c’est mon petit frère de 20 ans qui voulait partir. J’ai vu que ça n’allait pas dans sa tête, il marchait tout le temps. J’ai alerté ma mère, je lui ai dit : ’Appelle ton fils, il faut communiquer avec lui, le comprendre. Pour l’accrocher, le faire revenir à nous’. Il devait sortir de Guinée avec une équipe. Finalement, le groupe l’a devancé, mais lui, il est resté. Tous les gens du groupe sont décédés. Tous sauf mon frère, parce qu’il est resté. C’est Dieu qui nous a aidés."

    https://www.infomigrants.net/fr/post/72104/ramatoulaye-toure-fondatrice-du-collectif-de-familles-de-disparus-en-g
    #migrations #réfugiés #disparitions #missing #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #route_Atlantique

    ping @6donie

  • Libye : plus de 650 migrants bénéficient d’un « retour volontaire » pour rentrer dans leur pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72073/libye--plus-de-650-migrants-beneficient-dun-retour-volontaire-pour-ren

    Entre le 12 et le 22 juin 2026, un total de 687 migrants sont rentrés au Mali, au Nigeria et au Tchad depuis la Libye, a annoncé l’Organisation internationale des migrations (OIM).
    L’Organisation internationale des migrations (OIM) a aidé au rapatriement de 687 migrants via quatre vols depuis la Libye vers le Tchad, le Mali et le Nigeria ces derniers jours - entre le 12 et le 22 juin 2026.
    Dans le détail, un groupe de 162 ressortissants tchadiens a regagné N’Djamena, le 23 juin 2026, dans le cadre d’une opération de « retour volontaire » depuis Benghazi, en Libye, selon la presse tchadienne. L’opération a été coordonnée par le gouvernement tchadien, via le consulat général du Tchad à Benghazi, en partenariat avec l’OIM.
    Début juin, d’autres vols avaient déjà décollé de Libye pour rapatrier 150 Gambiens et 182 Nigérians. « Un soutien médical et en matière de protection a permis d’assurer un voyage sûr et digne pour tous les bénéficiaires. Merci au soutien de l’UE », avait tweeté l’OIM.
    Ces opérations de « retours volontaires » témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.Le nombre de rapatriements effectués depuis la Libye ces dernières années témoigne de cet « enfer libyen ». Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » (VHR) de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie. En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains.
    Depuis le début du mois de juin, la situation a empiré. Les Africains subsahariens en Libye se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa."Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes", affirme à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », raconte Ibrahim, un Guinéen de 24 ans, terrifié, avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient », témoignait un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.D’après les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2025, plus de 800 000 migrants se trouvent actuellement en Libye. Les Subsahariens sont parmi les plus nombreux dans les rangs de ces migrants qui se rendent dans le pays pour tenter ensuite de rejoindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée. La Libye, situé à environ 300 km des côtes italiennes, est l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne, qui tentent la traversée au péril de leur vie. Plus de 1 300 migrants sont morts en Méditerranée centrale en 2025, selon l’OIM.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mali#nigeria#tchad#retourvolontaire#OIM#sante#droit#violenceroutemigratoire#migrationirreguliere

  • Côte d’Ivoire : depuis le début de l’année, 670 Ivoiriens ont été rapatriés depuis le Maghreb et le Niger - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72047/cote-divoire--depuis-le-debut-de-lannee-670-ivoiriens-ont-ete-rapatrie

    Côte d’Ivoire : depuis le début de l’année, 670 Ivoiriens ont été rapatriés depuis le Maghreb et le Niger
    Par La rédaction Publié le : 24/06/2026
    Depuis le début de l’année, 670 migrants ivoiriens sont rentrés dans leur pays d’origine depuis les pays du Maghreb et du Niger, selon le responsable de la direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE). Des retours souvent motivés par les conditions de vie délétères des migrants en Tunisie notamment.
    Environ 670 migrants ivoiriens en provenance du Maghreb ont bénéficié de « retours volontaires » pour rentrer en Côte d’Ivoire depuis le début de l’année 2026, a indiqué mardi 23 juin à Abidjan, Mathieu Bouabré, un responsable de la direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE).
    Selon ce dernier, ces retours se sont effectués en cinq vagues successives depuis janvier, avec une majorité de migrants provenant de pays du Maghreb - Tunisie, Algérie et Maroc - ainsi que du Niger.
    Parmi eux se trouvaient des hommes, des femmes et des enfants. « Il y a [...] même des bébés qui accompagnent leurs parents », a-t-il précisé. Entre 2022 et 2025, près de 8 700 migrants ivoiriens sont rentrés chez eux avec l’appui de l’Organisation internationale des migrations (OIM), selon RFI. Un tiers d’entre eux sont revenus de Tunisie.
    Beaucoup d’Ivoiriens demandent à rentrer au pays à cause de leurs conditions en Tunisie, notamment à Sfax, dans le centre-est du pays, où ils subissent la politique anti-migrants du gouvernement de Kaïs Saïed. Depuis février 2023, date d’un discours présidentiel virulent, le chef de l’État tunisien a multiplié les restrictions pour pousser les migrants hors du pays. On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, d’après les chiffres des ONG.À Tunis, d’ailleurs, le programme de « retour volontaire » mis en place en juillet 2025 par les autorités - sans le concours de l’ONU - s’est intensifié avec des vols quasi journaliers. Près de 5 000 migrants sont retournés dans leur pays d’origine via ce programme en un an.De nombreux retours sont aussi organisés depuis le Niger car le pays est un carrefour migratoire sur la route vers l’Europe. Mais de nombreux exilés restent bloqués dans ce pays et survivent dans des conditions difficiles. Ils finissent par demander un « retour volontaire ».
    Face à ces flux de retours, l’État ivoirien a mis en place un dispositif d’accueil dès l’arrivée à l’aéroport, incluant des opérations de « profilage » impliquant plusieurs structures, notamment les services de sécurité, les ministères techniques et les services sociaux. Ce mécanisme vise à évaluer les besoins des migrants et à faciliter leur réintégration socio-économique.Les autorités ivoiriennes envisagent également la mise en place d’un guichet unique dédié aux migrants de retour. Ce dispositif permettra de centraliser les données, grâce à un système d’identification reposant sur un numéro unique, afin d’assurer un meilleur suivi des bénéficiaires.
    Une fois rapatrié, les migrants, fragiles et polytraumatisés, devront se réinsérer. Une étape qui peut s’avérer difficile car certains sont rejetés par leur famille, d’autres supportent mal l’échec de leur exil.
    Rencontrée par InfoMigrants à Abidjan en mars 2025, Reine a vécu cette mauvaise expérience . Après huit années passées en Tunisie, cette Ivoirienne, mère de trois enfants, n’a reçu que le mépris de sa famille à son retour : « Ça n’a pas été facile. J’ai été rejetée, je n’ai pas eu l’accueil que j’aurais voulu avoir... ».De manière générale, « les Ivoiriens qui rentrent au pays sont dans un état psychique très compliqué. Beaucoup ont subi des sévices, ont été victimes de traite, ont été réduits en esclavage », détaillait aussi en mars 2025, Stéphane Guéla, chargé du programme réintégration de l’OIM à Abidjan

    #Covid-19#migration#migrant#cotedivoire#tunisie#algerie#tunisie#rapatriement#sante#santementale#OIM#trauma

  • « Recul sans précédent des droits » : les associations de défense des droits humains vent debout contre le Pacte asile et migration - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71914/recul-sans-precedent-des-droits-les-associations-de-defense-des-droits

    « Recul sans précédent des droits » : les associations de défense des droits humains vent debout contre le Pacte asile et migration
    Par Julia Dumont Publié le : 15/06/2026
    Dans la foulée de l’entrée en vigueur du Pacte européen asile et migration, plusieurs associations de défense des droits humains ont fait part de leur opposition à cet ensemble de textes qu’ils jugent dangereux pour les droits des personnes migrantes. Seuls l’Organisation internationale des migrations (OIM) et le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) ont salué « une approche plus prévisible, plus équitable et plus efficace » des enjeux migratoires.
    Les associations de défense des droits humains engagées sur les questions migratoires ont - à de rares exceptions - parlé d’une même voix. Au lendemain de l’entrée en vigueur du Pacte européen asile et migration, vendredi 12 juin, elles ont dénoncé la mise en application de cet ensemble de règlements et directives qui visent à renforcer les contrôles aux frontières pour décourager les entrées irrégulières de migrants, mieux répartir les demandeurs d’asile et accélérer les expulsions des personnes en situation irrégulière.Le Pacte vise aussi à « plus de solidarité » sur le sol européen, comme l’ont répété des eurodéputés lors d’une conférence de presse au Parlement européen, le 10 juin. Il organise une meilleure répartition des demandeurs d’asile partout sur le sol européen - en cas d’arrivées massives aux portes de l’Europe, comme ce fut le cas en 2015.
    Mais, pour le Forum réfugiés, cet ensemble de textes « marque un recul sans précédent des droits et garanties accordés aux personnes cherchant une protection en Europe » et « contient quantité de règles dont les conséquences aboutissent à une fragilisation des droits et garanties reconnues notamment aux demandeurs d’asile ».De son côté, le Gisti estime que le Pacte « privilégie […] d’une part la dissuasion en amont des arrivées irrégulières de personnes étrangères en Europe, d’autre part des procédures renforcées de contrôle et de tri aux frontières en vue d’en expulser le plus grand nombre, et enfin la répartition autoritaire de celles qui seraient reconnues comme éligibles à l’asile au sein des États membres volontaires ».
    Médecin sans frontières (MSF) évoque même, dans une série de messages postés sur son compte X, une « réalité dystopique » imposée aux migrants. « Le Pacte normalise la détention illégale et sape le droit fondamental de demander l’asile », souligne l’ONG humanitaire par la voix de son représentant pour les opérations de recherche et secours, Juan Matias Gil.
    Plusieurs associations estiment par ailleurs que la transcription du Pacte dans la loi française a été faite de manière hâtive et arbitraire par le gouvernement. « Plutôt que de consulter la société civile et de prendre en compte ses recommandations, [le gouvernement] a choisi in extremis de faire cavalier seul au nom de l’urgence. La France a privilégié la voie règlementaire, en publiant les textes relatifs à l’application du Pacte au compte-gouttes et à quelques jours seulement de son entrée en vigueur », condamne ainsi France Terre d’asile (FTDA).
    « Bien qu’il ait disposé d’un délai de deux ans pour adapter sa législation aux nouvelles règles issues du Pacte, le gouvernement français aborde cette réforme dans l’impréparation et la précipitation, en dépit des conséquences majeures qu’elle va impliquer en droit français, notamment dans le domaine de l’asile », abonde le Gisti.
    Fin avril, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez avait lui-même reconnu, devant les sénateurs des commissions des lois et des affaires européennes, que le gouvernement aurait le plus grand mal à mettre en application le Pacte européen sur l’asile avant le 12 juin.
    Pour accélérer la procédure, le ministre avait indiqué vouloir légiférer par ordonnances, c’est-à-dire, sans projet de loi débattu au Parlement. Dans les faits, le 12 juin, c’est un ensemble de règlements et une directive qui sont entrés en application en France dans une période d’instabilité en attendant qu’un projet de loi permettant à l’exécutif de légiférer par ordonnance soit voté.
    Plusieurs associations avancent en outre le risque de voir plus de personnes recourir aux voies irrégulières pour réaliser leur parcours d’exil. « Ce pacte, en voulant réduire le nombre d’arrivées régulières et irrégulières rend les parcours plus dangereux. Il pousse des milliers de personnes à la clandestinité, il renforce les réseaux de passage alternatifs ainsi que le recours à des routes migratoires informelles, plus longues et plus meurtrières », avance Utopia 56.
    MSF estime également que les mesures prises par le Pacte ne vont pas décourager les personnes de quitter leur pays mais risquent de les plonger dans la grande précarité. « De plus en plus de personnes risquent d’être contraintes à une existence précaire, privées d’accès aux soins de santé, à l’emploi et à la protection sociale, ce qui les obligera à vivre dans l’ombre, leur vie constamment en danger, privées de leurs droits fondamentaux », souligne l’ONG médicale.
    Le Pacte met en effet en place un système de filtrage des demandeurs d’asile aux frontières extérieures de l’Union européenne. Les demandeurs d’asile qui ont statistiquement le moins de chances d’obtenir l’asile, ou qui représentent un danger pour la sécurité nationale vont en procédure « accélérée ». Ils restent alors en zone d’attente à la frontière et ne sont pas autorisés à entrer sur le sol européen. Le délai de traitement d’une demande d’asile à la frontière est fixé à un maximum de 12 semaines.
    Pour les associations, ces procédures accélérées vont être défavorables à de nombreuses nationalités qui pourraient choisir de rester sur le territoire français en vivant sans-papiers."L’entrée en vigueur du Pacte renforce donc la logique dissuasive des politiques migratoires mises en place dans la majorité de l’Union européenne qui voudrait que la dégradation des conditions d’accueil décourage les personnes de rejoindre les États membres", déplore FTDA. « Cette logique est fondée sur la théorie de l’appel d’air, pourtant démentie par la communauté scientifique et qui ne résiste pas à l’épreuve des faits », ajoute l’association.Pour dénoncer la mise en place de ces nouvelles mesures, la CGT de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a appelé à la grève dès le 12 juin. « La CGT-Ofpra s’oppose fermement à cette politique qui organise l’exclusion, banalise la détention et menace les fondements mêmes de l’État de droit ! Cet ensemble de texte a également un impact direct sur les conditions de travail des agent·e·s de l’Ofpra ainsi que leur mission de service public », a dénoncé le syndicat dans un communiqué.
    À contre-courant des autres organismes, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont défendu le pacte. Les deux entités onusiennes y voient « l’occasion de dépasser les mesures dictées par la crise et de mettre en œuvre une approche plus prévisible, plus équitable et plus efficace pour traiter ces questions à l’échelle européenne ».

    #Covid-19#migration#migrant#UE#pactemigration#droit#sante#politiquemigratoire#OIM#HCR#OFPRA

  • « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71572/retours-volontaires-de-loim--pres-de-500-migrants-rapatries-de-libye-e

    « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine
    Par La rédaction Publié le : 27/05/2026
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 500 migrants en Libye ont été rapatriés vers le Bénin, le Pakistan et le Bangladesh via un « retour volontaire » cette semaine.
    Au total, 496 migrants ont été rapatriés dans leur pays via un « retour volontaire » organisé par l’Organisation internationale des migrations (OIM) ces sept derniers jours. Pour cela, trois vols ont été affrétés. Le premier est parti de la ville de Sabha, à quelques 600 km au sud de Tripoli. De cette région désertique, 151 migrants ont été rapatriés vers Cotonou, au Bénin, et Accra, au Ghana.
    Le second vol concernait 174 exilés. Ils ont quitté Tripoli en direction d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Et enfin, le dernier avion est parti de Benghazi avec pour destination Dhaka, la capitale du Bengladesh, avec 171 migrants à son bord.Un soutien médical et de protection a permis à tous les bénéficiaires de recevoir des retours sûrs", assure l’organisation onusienne.
    Ces dernières opérations témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.
    En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains. La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. En novembre 2025 par exemple, un Camerounais racontait son calvaire en Libye : « Ce pays ne connaît pas les droits de l’Homme, il n’y a aucun respect pour les personnes noires. Nous sommes considérés comme des animaux ».
    Et dans les geôles libyennes, les migrants vivent l’enfer. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient. Ma famille n’avait pas d’argent, alors ils m’ont frappé et m’ont arraché un ongle, puis j’ai perdu connaissance. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite », témoignait de son côté un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.
    Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne aussi de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » (VHR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées sont originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM.Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent et violeur au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mali#niger#nigeria#rapatriement#retourvolontaire#benin#pakistan#bangladesh#sante#routemigratoire#OIM

  • Côte d’Ivoire : bloqués en Tunisie, plus de 240 migrants font le choix de revenir au pays - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71533/cote-divoire--bloques-en-tunisie-plus-de-240-migrants-font-le-choix-de

    Cote d’Ivoire : bloqués en Tunisie, plus de 240 migrants font le choix de revenir au pays
    Par RFI Publié le : 25/05/2026
    Rapatriés ce week-end à Abidjan, 243 hommes, femmes et enfants ivoiriens qui vivaient depuis plusieurs mois en Tunisie dans des conditions très dures ont décidé de rentrer chez eux. Un « retour volontaire » souvent vécu comme un soulagement, bien qu’ils n’aient pu rejoindre le continent européen comme ils l’espéraient au départ.
    Ils ont fait le choix de rentrer en Côte d’Ivoire. Durant le week-end du 23-24 mai, 243 migrants ivoiriens – des hommes surtout, mais aussi quelques femmes et une poignée d’enfants – sont arrivés à Abidjan à bord d’un vol spécial en provenance de Tunisie. Organisé par les deux pays, selon la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE), ce « retour volontaire » représente pour eux un soulagement, malgré l’échec de leur but premier, qui était de gagner le continent européen.
    Dans le centre d’accueil de la commune d’Abobo, par lequel ils transitent en attendant de pouvoir rentrer dans leurs familles respectives, beaucoup témoignent en effet des conditions de vie très dures auxquelles ils ont été exposés en Tunisie.C’est par exemple le cas de Fanta, de retour après avoir vécu deux ans à Sfax, ville du centre-est de la Tunisie connue pour être un lieu de départ des migrants vers l’île italienne de Lampedusa. « Les conditions étaient tellement difficiles. Il y a un endroit à Sfax, au bord de la mer, où quand la police vient, ils cassent tout, brûlent tout, et vous chassent comme des animaux », raconte-t-elle, avant de confier avoir tenté de traverser six fois la mer Méditerranée. « Mais ça n’a pas marché », souffle encore cette dernière, la voix éteinte et le regard fuyant. À l’annonce de son prénom, Fanta – qui patientait sous un préau où une fonctionnaire fait l’appel afin de « libérer » ces Ivoiriens rentrés au pays – saisit sa valise et s’engouffre dans un taxi pour rejoindre ses parents à Yopougon. D’autres attendent des bus pour se rendre à Daloa et Bouaké, entre autres.Et parmi eux, certains préfèrent cacher leur visage, par crainte d’être reconnus. Il faut dire que les « retours volontaires » se font souvent à contrecœur, explique Mamadou Sako, l’un des responsables de la DGIE : « La plupart rentrent avec beaucoup de regrets parce que leurs parents avaient placé leurs espoirs en eux. Or, avec leur retour au pays, ces espoirs s’envolent, ils reviennent bredouille. »
    Pour la DGIE, l’enjeu est donc de convaincre les candidats à la migration que des opportunités existent aussi en Côte d’Ivoire, que ce soit en termes de formations ou d’emplois. "On ne cherche pas à les dissuader, ajoute Mamadou Sakho. On essaie simplement de les persuader qu’ils peuvent rester en Côte d’Ivoire ou qu’il existe de meilleures voies que la migration irrégulière pour partir."Revenu dans son pays après avoir passé deux ans en Tunisie, Cissé, lui, fait partie de ceux qui ne nourrissent aucun regret. « Je suis rentré chez moi en bonne santé. Je peux travailler et avoir une vie meilleure. J’ai toujours l’espoir ! », lance ce chauffeur quadragénaire qui vit son retour en Côte d’Ivoire comme une deuxième chance, après avoir passé huit mois en prison pour défaut de carte de séjour pendant son exil tunisien.
    Entre 2022 et 2025, près de 8 700 migrants ivoiriens sont rentrés chez eux avec l’appui de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un tiers d’entre eux sont revenus de Tunisie

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#cotedivoire#retour#rapatriement#OIM#sante

  • En Tunisie, près de 4 000 migrants ont quitté le pays depuis juillet par le programme de retour volontaire de l’État tunisien - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71418/en-tunisie-pres-de-4-000-migrants-ont-quitte-le-pays-depuis-juillet-pa

    En Tunisie, près de 4 000 migrants ont quitté le pays depuis juillet par le programme de retour volontaire de l’État tunisien
    Par Julia Dumont Publié le : 15/05/2026
    Le ministère tunisien de l’Intérieur a indiqué que près de 4 000 migrants subsahariens avaient quitté la Tunisie depuis le mois de juillet 2025 par le biais du programme de retour volontaire mis en place par le gouvernement. Celui-ci complète les retours volontaires proposés aux exilés par l’Organisation internationale pour les migrations.
    C’est un chiffre en hausse constante. Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé, jeudi 14 mai, avoir organisé le retour volontaire de près de 4 000 migrants depuis le mois de juillet 2025. « Ces retours se font dans le cadre d’un programme intégré, mené en coordination avec le Croissant-Rouge tunisien ainsi que les autorités régionales et locales, notamment dans le gouvernorat de Sfax », indique la presse tunisienne. Ils sont donc à distinguer des retours volontaires proposés aux exilés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
    L’État tunisien organise ces vols au départ de la Tunisie depuis le mois de juillet dernier. L’annonce avait été faite fin juin par le porte-parole de la Garde nationale tunisienne, Houcem Eddine Jebabli. « L’État a commencé à fournir des billets [d’avion] aux migrants africains en situation irrégulière » pour qu’ils « quittent la Tunisie et rentrent dans leur pays d’origine », avait-il déclaré auprès de l’agence de presse tunisienne (TAP).
    Depuis plusieurs années, le gouvernement de Kaïs Saïed a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière sa priorité. Depuis février 2023, date d’un discours présidentiel virulent anti-migrants, le chef de l’État multiplie les restrictions pour pousser ces sans-papiers hors du pays. On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, selon les chiffres des ONG.
    Mais, selon des migrants installés dans les campements près de la ville de Sfax, les autorités tunisiennes multiplient désormais les expulsions pour forcer les exilés à partir. « Les hôpitaux de fortune autogérés sont régulièrement détruits. L’objectif est de terroriser pour forcer les retours dits ’volontaires’. Ensuite, la police vient le matin annoncer qu’un bus viendra pour le retour. C’est une nouvelle tactique. En l’espace d’un an, la moitié des migrants, à minima, a été expulsée de force vers leur pays d’origine par le gouvernement tunisien et d’autres ont disparu dans différents villages », avait expliqué aux Observateurs de France 24 David Yambio, cofondateur et porte-parole de l’organisation Refugees in Libya qui documente la situation des migrants en Tunisie et en Libye.
    En mars 2025, le président tunisien avait explicitement appelé l’OIM a accélérer le rythme des départs via le programme de retours volontaires. « Seulement 1 544 migrants », en Tunisie, ont été rapatriés dans leurs pays depuis le début de l’année 2025, avait indiqué le président tunisien, dans un communiqué publié dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 mars. Ce nombre « aurait pu être bien plus élevé si davantage d’efforts avaient été menés pour mettre un terme à ce phénomène inacceptable tant sur le plan humanitaire que juridique », pouvait-on encore lire dans la déclaration présidentielle. Kaïs Saïed avait appelé « toutes les autres organisations » concernées par ce problème à soutenir également « davantage les efforts tunisiens visant à faciliter le retour volontaire des migrants irréguliers ». Avec 8 853 migrants ayant bénéficié du programme de « retour volontaire », l’OIM a finalement réalisé en 2025 un nombre record de retours. En 2024, 6 885 personnes avaient profité de ce programme, et 2 558 en 2023.
    Début mars 2026, l’agence onusienne a indiqué que plus de 1 100 personnes étaient déjà rentrées, depuis le début de l’année, dans leur pays d’origine depuis la Tunisie avec ce programme.
    Les exilés subsahariens sont de plus en plus nombreux à solliciter l’OIM pour bénéficier de ces retours. InfoMigrants a déjà recueilli de nombreux témoignages de personnes en attente de leur enregistrement ou bien de leur départ depuis de longs mois.
    « La vie en Tunisie est devenue trop difficile. Tout va mal », avait confié Abdoulaye*, un Ivoirien de 19 ans établi près de Sfax, à InfoMigrants en juillet dernier. « On ne peut plus travailler car les employeurs refusent les Noirs, on ne peut plus se loger pour les mêmes raisons. Et les policiers viennent tout le temps détruire nos cabanes en nous disant de rentrer chez nous. On n’ose pas sortir car on a peur d’être agressé dans la rue par des Tunisiens qui nous volent nos téléphones et notre argent ». Face à cette situation, l’Ivoirien a demandé un retour volontaire à l’OIM en avril 2025. Atteint du paludisme, il a été pris en charge quelques semaines après par l’agence onusienne qui l’a transféré dans un de ses centres à Tataouine, dans le sud-est de la Tunisie. En juillet, il attendait encore l’avancée de son dossier. « Ça va mieux ici mais je ne sais toujours pas quand je pourrais rentrer, je n’ai pas encore de date. Ils me disent qu’ils attendent un document de l’ambassade ».
    « Le délai de traitement d’un dossier peut varier en fonction de plusieurs paramètres, tels que la situation personnelle du migrant, les procédures médicales et légales, notamment dans les cas de mineurs non accompagnés, les contraintes logistiques ou les formalités administratives liées au pays de retour », avait expliqué l’OIM à InfoMigrants en juillet. « Le départ intervient généralement dans un délai de quelques semaines, sous réserve de la finalisation des aspects logistiques », avait ajouté l’agence.
    La très forte augmentation des demandes de retours volontaires s’explique notamment par la considérable détérioration des conditions de vie des migrants en Tunisie. Depuis près de trois ans et le discours anti-migrants de Kaïs Saïed, la vie des exilés désirant rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée au départ de ce pays de transit « empire de jour en jour ». Violences, racisme, abandons dans le désert... Les maux sont nombreux. « Ici, il y a beaucoup d’agressions, de vols, de viols de femme et d’hommes… Moi-même, j’ai été kidnappé et séquestré en 2024 », racontait en novembre 2025 Lamine, un Guinéen, à InfoMigrants.
    Malgré ces demandes de retours volontaires en hausse, les programmes comme celui de l’OIM ou du gouvernement tunisien sont décriés par les chercheurs qui travaillent sur les migrations.
    Ces « retours volontaires » s’inscrivent dans un « processus de vulnérabilité accrue », avait expliqué Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), à l’AFP en juin dernier. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ». « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires’ », alertait, de son côté, Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#subsaharien#retourvolontaire#OIM#migrationirreguliere#sante#vulnerabilite

  • Migranti, così l’Italia spinge per i rimpatri «volontari». Ma anche l’Onu li critica

    L’Italia finanzia programmi anche nei paesi di transito per favorire il ritorno in patria dei migranti. Spesso, però, chi accetta lo fa solo per salvarsi dalla detenzione, rinunciando ad altre possibilità

    Sono più semplici da effettuare, meno burocratici e più presentabili all’opinione pubblica rispetto alle espulsioni forzate. Convengono allo Stato, perché il viaggio avviene su voli di linea e senza scorta. E convengono alle persone interessate, che possono rientrare nel proprio paese d’origine senza coercizione e potendo beneficiare in alcuni casi di un supporto, anche economico, alla reintegrazione. O almeno, così dovrebbe essere.

    I numeri parlano chiaro: l’Italia sta puntando sempre più sui cosiddetti “rimpatri volontari”. Secondo i dati del ministero dell’Interno, nel 2025 «sono stati 1.313 gli extracomunitari irregolari allontanatisi volontariamente in esecuzione di un provvedimento di espulsione» (rimpatri “ottemperanti”) e 675 quelli che l’hanno fatto beneficiando di «specifici progetti di assistenza e reintegrazione all’estero» (rimpatri “volontari assistiti”), con un aumento del 66,4 per cento per i primi e del 133 per cento per i secondi rispetto al 2024.

    Lo scorso marzo, la maggioranza in commissione Affari costituzionali al Senato ha proposto un emendamento al decreto Sicurezza per istituire incentivi economici a favore degli avvocati i cui assistiti accettano il rimpatrio volontario.
    Quale alternativa?

    «In Italia, il rimpatrio volontario è stato introdotto in maniera strutturale nel 2011, ma con numeri bassi e rivolto principalmente a cittadini stranieri con regolare permesso di soggiorno che sceglievano di tornare in patria – spiega a lavialiberaEleonora Celoria, avvocata e ricercatrice presso l’istituto indipendente Fieri (Forum internazionale ed europeo di ricerche sull’immigrazione) –. Negli ultimi due anni, invece, questa misura ha avuto un forte impulso, rivolta soprattutto ai migranti in situazione irregolare, e qui emergono le contraddizioni rispetto alla reale volontarietà. Se la persona è già destinataria di un ordine di espulsione, la proposta del rimpatrio volontario rischia di essere un ricatto: ’Parti da solo e non useremo misure coercitive’».

    A maggior ragione se questa possibilità viene presentata a chi si trova rinchiuso nei Centri di permanenza per il rimpatrio (Cpr): «Frequentandoli da avvocata, mi è capitato spesso di incontrare assistiti ai quali la polizia ha proposto il rimpatrio volontario come alternativa a quello coattivo, che significa essere svegliati alle 4 di notte, portati in aeroporto e caricati su un volo charter. A Torino c’è un ispettore che si occupa solo del coordinamento di questi rimpatri, che fatico a chiamare volontari».

    Teresa Florio, operatrice del centralino Sos Cpr, racconta a lavialibera di aver ricevuto negli ultimi anni numerose segnalazioni di questo tipo: «Spesso sono persone disperate che accettano perché non ce la fanno più a stare nel Cpr, non perché desiderino veramente tornare nel paese d’origine. Ricordo il caso di una persona con gravissimi problemi d’asma: non potendo tenere medicinali con sé e non essendoci un campanello in cella, durante le crisi non aveva altro modo per ricevere assistenza se non sbattere piedi e mani contro la porta blindata. Ha firmato per il rimpatrio volontario perché era allo stremo. Altre persone, una volta tornate in patria, ci hanno detto di non aver ricevuto i contributi promessi».
    Il ruolo dell’Oim

    Dal 2024, tutti i rimpatri volontari assistiti dall’Italia sono gestiti dall’Organizzazione internazionale per le migrazioni (Oim), che si è aggiudicata un bando da 15 milioni di euro dal Fondo asilo, migrazione e integrazione (Fami), gestito dal ministero dell’Interno con risorse europee, per accompagnare entro il 2029 un numero di 4.950 cittadini stranieri a tornare nel paese d’origine.

    Il progetto, intitolato Ri.vol.are in re.te, prevede un percorso di «counseling» individuale volto a verificare che la scelta sia «libera, informata e presa in assenza di qualsiasi tipo di coercizione» e definire un «piano di reintegrazione». In caso di assenso dell’interessato e delle autorità competenti, si procede al rimpatrio e all’erogazione di un contributo economico: 615 euro per le «prime necessità» e 2.000 euro (più altri 1000 per eventuali familiari a carico) in «beni e servizi per la realizzazione di progetti di reintegrazione».

    Segue poi la fase di monitoraggio post-rimpatrio, della durata di almeno sei mesi, durante i quali gli operatori Oim nel paese d’origine verificano che il reinserimento vada a buon fine. Stando ai dati comunicati a lavialibera da Oim Italia, da gennaio 2024 a marzo 2026, 1.197 migranti sono rientrati nel proprio paese attraverso il progetto. Altri 900 percorsi circa sono stati avviati ma non completati perché sono ancora in fase di esecuzione, la persona interessata ha cambiato idea o le autorità competenti non hanno dato il via libera.

    L’organizzazione ha fatto sapere di non avere dati su quanti dei percorsi completati abbiano riguardato persone oggetto di ordini di espulsione, «perché non è un’informazione che viene raccolta come elemento rilevante nell’ambito del programma», che «si basa sulla decisione volontaria della persona di fare ritorno nel proprio paese, indipendentemente dalla sua posizione amministrativa o dall’eventuale esistenza di provvedimenti di allontanamento».

    Il manuale operativo del programma cita esplicitamente tra i potenziali beneficiari «i destinatari di un provvedimento di espulsione amministrativa», come anche «i richiedenti asilo trattenuti nei Cpr», ma Oim assicura che «nessuno dei migranti assistiti nel ritorno con il progetto di in corso di attuazione ha richiesto di accedere al programma da un Cpr».

    Il 42 per cento dei percorsi attivati, sempre secondo i dati forniti dall’organizzazione, ha riguardato persone con «vulnerabilità gravi»: «problemi sanitari, fragilità psicologiche o psichiatriche, marginalità socio-economica, vittime di violenza domestica o di tratta». In questi casi, «la presa in carico può includere il coinvolgimento della rete territoriale, visite mediche specialistiche, l’attivazione di servizi sanitari o sociali o un accompagnamento più stretto» prima, durante e dopo la partenza.

    «Alcune testimonianze che abbiamo raccolto raccontano che la valutazione delle possibilità di tornare in sicurezza, anche alla luce delle vulnerabilità, è un po’ approssimativa e che la fase della reintegrazione è spesso inefficace, tra assenza di supporto logistico e fondi mai consegnati», puntualizza Celoria. I rimpatri “volontari”, poi, non sono monitorati da un’autorità indipendente, come il Garante dei detenuti fa invece per le espulsioni forzate, e non prevedono assistenza legale.

    Così, il rischio è che i cittadini stranieri irregolari che accettano questa opzione rinuncino senza saperlo ad altre strade garantite dalla legge, come il ricorso contro il provvedimento di espulsione. «Il rimpatrio volontario può senz’altro essere una soluzione preferibile a quello forzato, a patto però che sia scelto nella piena consapevolezza del percorso e delle alternative – conclude Celoria –. Spesso, però, non è così».
    L’esternalizzazione dei rimpatri

    L’Italia non si limita a organizzare rimpatri “volontari” dal proprio territorio. Da quasi dieci anni, in linea con quanto fanno altri Stati europei, il governo finanzia anche programmi dedicati nei paesi di transito. Stando all’elenco degli accordi stipulati dalla Farnesina, negli ultimi dieci anni il ministero ha versato quasi 90 milioni di euro, quasi tutti in favore dell’Oim, per iniziative che comprendono l’esecuzione di rimpatri volontari assistiti da Libia, Tunisia, Niger, Costa d’Avorio, Sudan, Libano, Siria, Giordania e Iraq.

    Nell’aprile del 2025, da ultimo, il ministero degli Esteri e quello dell’Interno hanno annunciato l’avvio di una nuova iniziativa di questo tipo: altri 20 milioni di euro per permettere a 3.300 migranti vulnerabili presenti in Algeria, Libia e Tunisia di tornare nel proprio paese d’origine «in modo sostenibile ed efficace», sempre con la collaborazione dell’Oim.

    Anche in questo caso, le condizioni in cui si trovano le persone a cui viene proposto il ritorno sollevano dubbi rispetto alla reale volontarietà della scelta, come spiega a lavialibera l’avvocata Adelaide Massimi dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi), tra le realtà promotrici della campagna Voluntary humanitarian refusal contro «l’uso strumentale dei rimpatri volontari assistiti dai paesi di transito»: «In Libia e Tunisia, questa soluzione viene spesso proposta a chi si trova nei centri di detenzione per migranti, dove sono documentate continue violazioni dei diritti e dove le persone rimangono finché non riescono a pagare il riscatto o vengono vendute come forza lavoro. Le stesse Nazioni Unite hanno più volte sottolineato che, laddove non ci sono alternative o l’unica è la detenzione indeterminata, non si può parlare di rimpatrio volontario, ma si tratta di espulsioni mascherate».

    Lo raccontano bene le parole di Saikou Tunkara, giovane gambiano che nel 2017 ha beneficiato di un programma di ritorno “volontario” dalla Libia, dove era detenuto in una delle prigioni per migranti: «Non è che ci abbiano costretto con la forza, ma la scelta era tornare a casa o morire in prigione. I libici ce lo dicevano chiaramente», ha raccontato alla ricercatrice Viola Castellano per Allegra Lab.

    Non solo: molti di questi progetti si rivolgono specificamente a soggetti considerati vulnerabili, come donne, minori, vittime di tratta e persone con particolari esigenze mediche, che avrebbero quindi diritto a chiedere protezione, ma non possono – salvo rari casi presi in carico dalle organizzazioni internazionali – perché né la Libia né la Tunisia offrono un sistema d’asilo funzionante.

    «Gli operatori dovrebbero valutare attentamente i rischi legati al rimpatrio, ma le testimonianze che abbiamo raccolto ci dicono che questa verifica è molto blanda – continua Massimi –. Così, chi torna rischia di finire nelle stesse situazioni di violenza, persecuzione e sfruttamento da cui era fuggito».
    Le critiche dell’Onu

    Il 30 aprile 2025, i relatori speciali Onu sul traffico di esseri umani, sui diritti umani dei migranti e il gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria hanno inviato una lettera al governo italiano esprimendo «preoccupazione» rispetto alle «accuse di gravi violazioni dei diritti umani» legate ai programmi di rimpatrio volontario implementati dall’Oim in Libia con il sostegno di Roma.

    «Donne, minori, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono state rimpatriate direttamente dai centri di detenzione libici in assenza di adeguate misure di salvaguardia o garanzie procedurali, il che può costituire una violazione dell’obbligo di non punibilità, di garantire assistenza, protezione e accesso alla giustizia, del principio di non refoulement e del divieto di espulsioni collettive», si legge nel documento.

    La stessa Oim afferma, nel report sull’andamento del programma in Libia relativo al periodo febbraio-luglio 2024, che il 57 per cento dei rimpatriati “volontari” si trovava in un centro di detenzione. Tra loro anche vittime di tratta, minori e persone con vulnerabilità mediche. «In assenza di alternative alla detenzione indeterminata, i migranti, i rifugiati e i richiedenti asilo potrebbero essere costretti ad accettare il rimpatrio laddove rischiano di essere esposti alle stesse condizioni di insicurezza da cui sono fuggiti – prosegue la lettera degli esperti Onu –. L’assenza di assistenza adeguata rende improbabile che i beneficiari siano stati in grado di fornire consenso libero e informato».

    Il 21 luglio scorso, il governo italiano ha risposto affermando «la natura interamente volontaria della procedura di rimpatrio», che «rispetta pienamente i diritti dell’individuo» e ha «effetti positivi sul beneficiario». Nessuna replica nel merito all’obiezione dell’assenza di alternative. Lo scorso 25 ottobre, la maggioranza alla Camera ha inoltre approvato una mozione che dichiara il sostegno dell’Italia alla realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza in aree prossime ad aeroporti da dove poter effettuare i rimpatri».
    Rimpatriati e abbandonati

    Le critiche degli esperti Onu riguardano anche ciò che succede dopo il ritorno: i programmi promettono un «supporto alla reintegrazione» che comprende sovvenzioni per iniziare un’attività lavorativa, ma il contributo, si legge nella lettera, «è limitato e non tiene conto del contesto specifico» e «non è chiaro in che modo l’assistenza contribuirebbe a garantire salari equi, condizioni di lavoro sicure e l’accesso ai servizi essenziali».

    Diverse testimonianze parlano addirittura di contributi economici mai corrisposti, oppure solo in parte: «Ci hanno promesso tante cose che poi non abbiamo mai visto – ha raccontato ancora Saikou Tunkara –. In ogni caso, il poco che danno non permette di iniziare un’attività, per cui molti hanno fallito, altri si sono rimessi in viaggio».

    «Mi hanno dato 14mila naira (8 euro) e poi altri 80mila (50 euro) su una carta bancomat», ha raccontato H., donna nigeriana vittima di sfruttamento sessuale anche lei passata per la detenzione e le violenze in Libia prima di accettare il rimpatrio. «Una volta arrivata – si legge nella testimonianza raccolta dai promotori della campagna Voluntary humanitarian refusal – ho dovuto chiedere i soldi per strada per dare da mangiare alle mie figlie. Dopo diversi mesi ho ricevuto altri soldi, ma la situazione in Nigeria è insostenibile. Ora sono malata, non posso accedere a cure gratuite, non ho abbastanza per pagarmele né per mandare le mie figlie a scuola, e i continui ricoveri non mi permettono di lavorare con regolarità. Qui non vedo nessun futuro per me e per le mie bambine».

    https://lavialibera.it/it-schede-2644-migranti_come_ti_vendo_il_rimpatrio_volontario

    #Italie #OIM #IOM #renvois #expulsions #externalisation #migrations #réfugiés #réintégration #retours_volontaires #CPR #détention_administrative #rétention #RI.VOL.ARE_IN_RE.TE #rivolare_in_rete #efficacité #in/efficacité #inefficacité #Libye #Tunisie #Niger #Côte_d'Ivoire #Soudan #Liban #Syrie #Jordanie #Irak #Algérie

    • RI.VOL.ARE IN RE.TE – Ritorno volontario e assistenza alla reintegrazione attraverso la rete territoriale

      Il progetto RI.VOL.ARE IN RE.TE intende garantire e promuovere l’accesso al Ritorno Volontario Assistito e Reintegrazione – RVA&R – di cittadini di Paesi Terzi presenti in Italia, regolari e irregolari, inclusi i vulnerabili, che decidono di tornare a casa volontariamente.

      Il programma garantisce:

      – Servizio di counselling ad ogni migrante richiedente il ritorno, anche attraverso la presenza di 13 operatori di prossimità OIM dislocati sul territorio nazionale;
      – Organizzazione del trasferimento di 2500 migranti, assistenza al rilascio dei documenti di viaggio e assistenza aeroportuale alla partenza e, laddove necessario, in transito e all’arrivo;
      – Erogazione di una indennità di prima sistemazione pari a 615 euro da corrispondere in contanti a ciascun migrante, prima della partenza o immediatamente dopo l’arrivo nel paese di origine;
      - Erogazione di un contributo in beni e servizi, per la realizzazione di progetti di reintegrazione, pari a 2.000 euro per i singoli e i capi famiglia e 1.000 euro per i familiari a carico, adulti e minori, inclusi nella richiesta di RVA&R;
      – Counselling e assistenza all’elaborazione e implementazione dei Piani Individuali di Reintegrazione – PIR – in stretta collaborazione con gli uffici OIM nei paesi di origine dei richiedenti;
      – Monitoraggio effettuato dal personale OIM entro sei mesi dal ritorno dei beneficiari;
      – Organizzazione di sessioni informative/formative sul Ritorno Volontario Assistito rivolte ai principali stakeholder in Italia, al fine di rafforzare il network di segnalazione e creare capacity building sul territorio;
      – Attività di sensibilizzazione sull’opzione di RVA&R a favore di cittadini di paesi terzi;
      – Produzione e distribuzione di materiale informativo attraverso la realizzazione di volantini e di un video;
      – Attivazione del numero verde dedicato 800 004 006.

      Beneficiari del progetto:

      – Cittadini di Paesi terzi, vulnerabili e non, che in linea con la normativa europea e nazionale possono accedere alla misura del RVA&R;
      – Operatori pubblici e privati operanti nel settore in relazione alle attività informative/formative.
      - SCARICA IL MANUALE OPERATIVO RVA&R: https://italy.iom.int/sites/g/files/tmzbdl1096/files/documents/RIVOLARE/manuale-operativo-rvar.pdf

      Durata del progetto:

      Il progetto, attivo dal 2 gennaio 2024, ha una durata di 3 anni ed è gestito dall’Ufficio di Coordinamento dell’OIM per il Mediterraneo.

      Contatti dedicati:

      Per ulteriori informazioni si prega di contattare il numero verde 800 004 006 o l’Ufficio di Coordinamento dell’OIM per il Mediterraneo presso la sede di via Nomentana 201, interno 2, Roma; tel. 06 44 16 09 335/238, email: ritorno@iom.int.

      vidéo:
      https://www.youtube.com/watch?v=7WavbQwDRec

      https://italy.iom.int/it/rivolare-rete-ritorno-volontario-e-assistenza-alla-reintegrazione-attrave
      #propagande #vidéo

  • Guinée : 113 migrants rapatriés du Maroc, près de 250 attendent leur « retour volontaire » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71112/guinee--113-migrants-rapatries-du-maroc-pres-de-250-attendent-leur-ret

    Guinée : 113 migrants rapatriés du Maroc, près de 250 attendent leur « retour volontaire »
    Par La rédaction Publié le : 27/04/2026
    Quelque 113 Guinéens ont bénéficié d’un « retour volontaire » dimanche au départ du Maroc. Il s’agit du premier vol d’une série car environ 250 migrants, tous secourus en mer, attendent encore d’être rapatriés en Guinée.Ce dimanche 26 avril, un groupe de 113 Guinéens - dont 29 femmes et 14 enfants - a foulé le sol de l’aéroport de Conakry après un « retour volontaire » organisé par la Guinée en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils ont été accueillis par le ministre des Affaires étrangères du pays, Morisanda Kouyaté.Il s’agit là d’un premier vol car de nouveaux rapatriements sont prévus dans les prochains jours. Près de 250 migrants guinéens attendent un retour volontaire depuis le Maroc suite à plusieurs opérations de sauvetage ces dernières semaines.
    Tout d’abord, à Dakhla, au Sahara occidental, un groupe de 120 personnes a été secouru. Ensuite, une opération menée dans le nord du Maroc a permis d’intercepter 240 autres Guinéens sur la route vers l’Europe. Ces opérations s’inscrivent dans la droite ligne de la politique marocaine ces dernières années. Selon un bilan publié par le Maroc début avril, au cours de l’an dernier, 73 640 tentatives d’immigration vers l’Union européenne (UE) ont été déjouées par les forces marocaines. Et concernant les opérations en mer, 13 595 migrants ont été secourus, ou interceptés, en 2025 - contre 18 645 en 2024 -, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
    Par ailleurs, 4 372 migrants en situation irrégulière ont bénéficié de programmes de « retour volontaire » vers leur pays d’origine au cours de l’année dernière. Ces « retours volontaires » illustrent « l’approche humaniste de la gestion migratoire » du Maroc, qui « concilie fermeté et responsabilité », déclare un haut responsable de la direction en charge de la migration et de la surveillance des frontières à l’agence de presse Reuters. Mais, « il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires’ », avait alerté l’an dernier Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom. Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de vulnérabilité accrue », avait aussi expliqué Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP.
    Sur le tarmac, le chef de la diplomatie guinéenne, accueillant les migrants rapatriés, a soutenu que « la Guinée saura toujours se souvenir de cette action qui vient compléter d’autres menées par le Maroc ». Il a aussi salué les relations entre les deux pays : « Le Maroc et la Guinée entretiennent des relations solides, profondes et historiques qu’ils ne cessent de consolider en permanence ». Et le Maroc n’est pas le seul pays d’où des retours volontaires de Guinéens sont menés. Par exemple le 17 avril, 122 personnes ont été rapatriés de Mauritanie. Parmi eux figuraient 33 femmes et 65 enfants. De nombreux Guinéens en Tunisie font également appel à l’OIM pour rentrer dans leur pays, souvent pour fuir des conditions de vie difficiles dans les pays de transit. L’OIM a organisé le « retour volontaire » de 309 migrants, dont 164 guinéens, les 24 et 25 février dernier. Et au total, plus de 1 182 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » au départ de la Tunisie depuis le début de l’année

    #Covid-19#migrant#migration#guinee#OIM#retourvolontaire#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante#tunisie#maroc

  • Quelque 7 900 personnes sont mortes ou disparues sur les routes migratoires dans le monde en 2025
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/21/quelque-7-900-migrants-sont-morts-ou-disparus-sur-les-routes-migratoires-dan

    Quelque 7 900 personnes sont mortes ou disparues sur les routes migratoires dans le monde en 2025
    Le Monde avec AFP
    Environ 7 900 migrants sont morts ou portés disparus sur les routes migratoires dans le monde l’an dernier, soit moins que le record de 9 200 enregistré en 2024, selon un décompte publié, mardi 21 avril, par l’Organisation des Nations unies (ONU).
    Au total, plus de 80 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus depuis que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a commencé à recueillir ces données, en 2014. « Les près de 8 000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l’aggravation d’un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables », a insisté l’agence de l’ONU pour les migrations dans son rapport annuel sur ce sujet.
    Le rapport montre que les 3 400 morts et disparitions recensées sur les routes maritimes vers l’Europe ont représenté l’an dernier 43 % du bilan mondial en 2025. La majorité de ces décès (1 330) a été enregistrée en Méditerranée centrale, suivie de près par la route Afrique de l’Ouest-Atlantique vers les îles Canaries espagnoles, où plus de 1 200 morts ont été vérifiées.
    Par ailleurs, « l’Asie a enregistré un nombre de décès sans précédent, parmi lesquels des centaines de Rohingya et d’Afghans, ce qui montre que ceux qui fuient les conflits et les persécutions continuent d’être exposés à des risques mortels », d’après Maria Moita, directrice du département réponse humanitaire à l’OIM.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Hausse des violences et baisse de l’aide internationale devraient augmenter les déplacements de populations civiles dans le monde en 2026 et 2027
    L’organisation estime qu’environ 1 500 personnes supplémentaires pourraient également avoir disparu et être présumées mortes en 2025, en plus des quelque 7 900 cas recensés. Globalement, la baisse enregistrée par rapport à l’année précédente « est liée en partie à une diminution réelle du nombre de personnes qui tentent d’emprunter des routes migratoires irrégulières et dangereuses », en particulier sur le continent américain, selon l’OIM. « Mais elle s’explique aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès de migrants sur les principaux axes de migration », a ajouté l’organisation basée à Genève. Ainsi, le continent américain a vu le nombre de décès chuter de 1 272 en 2024 à 408 en 2025.
    « Cela ne signifie pas que la migration est devenue plus sûre dans la région. Nous continuons de constater des décès de migrants dans toute la région, et le fait que nous soyons peut-être moins en mesure de les recenser actuellement ne signifie pas qu’ils ne se produisent pas », a relevé André Garcia, une autre responsable de l’OIM. « Plusieurs facteurs ont conduit à l’évolution spectaculaire des flux migratoires en Amérique latine et dans les Caraïbes, le premier étant le changement radical de la politique migratoire de l’administration américaine et la fermeture de la frontière sud », a expliqué Mme Moita. Mais la baisse des chiffres s’explique aussi par « des retards dans la communication des données », selon l’OIM, qui rappelle que « ce dernier facteur est particulièrement vrai pour la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, où les données de fin d’année sur les décès de migrants n’ont été communiquées par aucun des deux pays ». La directrice du département réponse humanitaire au sein de l’organisation a souligné qu’« une diminution des arrivées à un endroit donné ne signifie pas que moins de personnes se déplacent, ni que la migration est devenue plus sûre. Dans de nombreux cas, les risques deviennent simplement moins visibles ». Depuis le début de l’année, l’OIM a déjà enregistré 1 723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires.

    #Covid-19#migrant#migration#OIM#statistiques#routemigratoire#mortalite#sante#migrationirreguliere#politiquemigratoire

  • Migranti, così l’Italia incoraggia il rimpatrio «volontario»

    L’Italia finanzia programmi anche nei paesi di transito per favorire il ritorno in patria dei migranti. Spesso, però, chi accetta lo fa solo per salvarsi dalla detenzione, rinunciando ad altre possibilità.

    Sono più semplici da effettuare, meno burocratici e più presentabili all’opinione pubblica rispetto alle espulsioni forzate. Convengono allo Stato, perché il viaggio avviene su voli di linea e senza scorta. E convengono alle persone interessate, che possono rientrare nel proprio paese d’origine senza coercizione e potendo beneficiare in alcuni casi di un supporto, anche economico, alla reintegrazione. O almeno, così dovrebbe essere.

    I numeri parlano chiaro: l’Italia sta puntando sempre più sui cosiddetti “rimpatri volontari”. Secondo i dati del ministero dell’Interno, nel 2025 «sono stati 1.313 gli extracomunitari irregolari allontanatisi volontariamente in esecuzione di un provvedimento di espulsione» (rimpatri “ottemperanti”) e 675 quelli che l’hanno fatto beneficiando di «specifici progetti di assistenza e reintegrazione all’estero» (rimpatri “volontari assistiti”), con un aumento del 66,4 per cento per i primi e del 133 per cento per i secondi rispetto al 2024.

    Lo scorso marzo, la maggioranza in commissione Affari costituzionali al Senato ha proposto un emendamento al decreto Sicurezza per istituire incentivi economici a favore degli avvocati i cui assistiti accettano il rimpatrio volontario.
    Quale alternativa?

    «In Italia, il rimpatrio volontario è stato introdotto in maniera strutturale nel 2011, ma con numeri bassi e rivolto principalmente a cittadini stranieri con regolare permesso di soggiorno che sceglievano di tornare in patria – spiega a lavialiberaEleonora Celoria, avvocata e ricercatrice presso l’istituto indipendente Fieri (Forum internazionale ed europeo di ricerche sull’immigrazione) –. Negli ultimi due anni, invece, questa misura ha avuto un forte impulso, rivolta soprattutto ai migranti in situazione irregolare, e qui emergono le contraddizioni rispetto alla reale volontarietà. Se la persona è già destinataria di un ordine di espulsione, la proposta del rimpatrio volontario rischia di essere un ricatto: ’Parti da solo e non useremo misure coercitive’».

    A maggior ragione se questa possibilità viene presentata a chi si trova rinchiuso nei Centri di permanenza per il rimpatrio (Cpr): «Frequentandoli da avvocata, mi è capitato spesso di incontrare assistiti ai quali la polizia ha proposto il rimpatrio volontario come alternativa a quello coattivo, che significa essere svegliati alle 4 di notte, portati in aeroporto e caricati su un volo charter. A Torino c’è un ispettore che si occupa solo del coordinamento di questi rimpatri, che fatico a chiamare volontari».

    Teresa Florio, operatrice del centralino Sos Cpr, racconta a lavialibera di aver ricevuto negli ultimi anni numerose segnalazioni di questo tipo: «Spesso sono persone disperate che accettano perché non ce la fanno più a stare nel Cpr, non perché desiderino veramente tornare nel paese d’origine. Ricordo il caso di una persona con gravissimi problemi d’asma: non potendo tenere medicinali con sé e non essendoci un campanello in cella, durante le crisi non aveva altro modo per ricevere assistenza se non sbattere piedi e mani contro la porta blindata. Ha firmato per il rimpatrio volontario perché era allo stremo. Altre persone, una volta tornate in patria, ci hanno detto di non aver ricevuto i contributi promessi».
    Il ruolo dell’Oim

    Dal 2024, tutti i rimpatri volontari assistiti dall’Italia sono gestiti dall’Organizzazione internazionale per le migrazioni (Oim), che si è aggiudicata un bando da 15 milioni di euro dal Fondo asilo, migrazione e integrazione (Fami), gestito dal ministero dell’Interno con risorse europee, per accompagnare entro il 2029 un numero di 4.950 cittadini stranieri a tornare nel paese d’origine.

    Il progetto, intitolato Ri.vol.are in re.te, prevede un percorso di «counseling» individuale volto a verificare che la scelta sia «libera, informata e presa in assenza di qualsiasi tipo di coercizione» e definire un «piano di reintegrazione». In caso di assenso dell’interessato e delle autorità competenti, si procede al rimpatrio e all’erogazione di un contributo economico: 615 euro per le «prime necessità» e 2.000 euro (più altri 1000 per eventuali familiari a carico) in «beni e servizi per la realizzazione di progetti di reintegrazione».

    Segue poi la fase di monitoraggio post-rimpatrio, della durata di almeno sei mesi, durante i quali gli operatori Oim nel paese d’origine verificano che il reinserimento vada a buon fine. Stando ai dati comunicati a lavialibera da Oim Italia, da gennaio 2024 a marzo 2026, 1.197 migranti sono rientrati nel proprio paese attraverso il progetto. Altri 900 percorsi circa sono stati avviati ma non completati perché sono ancora in fase di esecuzione, la persona interessata ha cambiato idea o le autorità competenti non hanno dato il via libera.

    L’organizzazione ha fatto sapere di non avere dati su quanti dei percorsi completati abbiano riguardato persone oggetto di ordini di espulsione, «perché non è un’informazione che viene raccolta come elemento rilevante nell’ambito del programma», che «si basa sulla decisione volontaria della persona di fare ritorno nel proprio paese, indipendentemente dalla sua posizione amministrativa o dall’eventuale esistenza di provvedimenti di allontanamento».

    Il manuale operativo del programma cita esplicitamente tra i potenziali beneficiari «i destinatari di un provvedimento di espulsione amministrativa», come anche «i richiedenti asilo trattenuti nei Cpr», ma Oim assicura che «nessuno dei migranti assistiti nel ritorno con il progetto di in corso di attuazione ha richiesto di accedere al programma da un Cpr».

    Il 42 per cento dei percorsi attivati, sempre secondo i dati forniti dall’organizzazione, ha riguardato persone con «vulnerabilità gravi»: «problemi sanitari, fragilità psicologiche o psichiatriche, marginalità socio-economica, vittime di violenza domestica o di tratta». In questi casi, «la presa in carico può includere il coinvolgimento della rete territoriale, visite mediche specialistiche, l’attivazione di servizi sanitari o sociali o un accompagnamento più stretto» prima, durante e dopo la partenza.

    «Alcune testimonianze che abbiamo raccolto raccontano che la valutazione delle possibilità di tornare in sicurezza, anche alla luce delle vulnerabilità, è un po’ approssimativa e che la fase della reintegrazione è spesso inefficace, tra assenza di supporto logistico e fondi mai consegnati», puntualizza Celoria. I rimpatri “volontari”, poi, non sono monitorati da un’autorità indipendente, come il Garante dei detenuti fa invece per le espulsioni forzate, e non prevedono assistenza legale.

    Così, il rischio è che i cittadini stranieri irregolari che accettano questa opzione rinuncino senza saperlo ad altre strade garantite dalla legge, come il ricorso contro il provvedimento di espulsione. «Il rimpatrio volontario può senz’altro essere una soluzione preferibile a quello forzato, a patto però che sia scelto nella piena consapevolezza del percorso e delle alternative – conclude Celoria –. Spesso, però, non è così».
    L’esternalizzazione dei rimpatri

    L’Italia non si limita a organizzare rimpatri “volontari” dal proprio territorio. Da quasi dieci anni, in linea con quanto fanno altri Stati europei, il governo finanzia anche programmi dedicati nei paesi di transito. Stando all’elenco degli accordi stipulati dalla Farnesina, negli ultimi dieci anni il ministero ha versato quasi 90 milioni di euro, quasi tutti in favore dell’Oim, per iniziative che comprendono l’esecuzione di rimpatri volontari assistiti da Libia, Tunisia, Niger, Costa d’Avorio, Sudan, Libano, Siria, Giordania e Iraq.

    Nell’aprile del 2025, da ultimo, il ministero degli Esteri e quello dell’Interno hanno annunciato l’avvio di una nuova iniziativa di questo tipo: altri 20 milioni di euro per permettere a 3.300 migranti vulnerabili presenti in Algeria, Libia e Tunisia di tornare nel proprio paese d’origine «in modo sostenibile ed efficace», sempre con la collaborazione dell’Oim.

    Anche in questo caso, le condizioni in cui si trovano le persone a cui viene proposto il ritorno sollevano dubbi rispetto alla reale volontarietà della scelta, come spiega a lavialibera l’avvocata Adelaide Massimi dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi), tra le realtà promotrici della campagna Voluntary humanitarian refusal contro «l’uso strumentale dei rimpatri volontari assistiti dai paesi di transito»: «In Libia e Tunisia, questa soluzione viene spesso proposta a chi si trova nei centri di detenzione per migranti, dove sono documentate continue violazioni dei diritti e dove le persone rimangono finché non riescono a pagare il riscatto o vengono vendute come forza lavoro. Le stesse Nazioni Unite hanno più volte sottolineato che, laddove non ci sono alternative o l’unica è la detenzione indeterminata, non si può parlare di rimpatrio volontario, ma si tratta di espulsioni mascherate».

    Lo raccontano bene le parole di Saikou Tunkara, giovane gambiano che nel 2017 ha beneficiato di un programma di ritorno “volontario” dalla Libia, dove era detenuto in una delle prigioni per migranti: «Non è che ci abbiano costretto con la forza, ma la scelta era tornare a casa o morire in prigione. I libici ce lo dicevano chiaramente», ha raccontato alla ricercatrice Viola Castellano per Allegra Lab.

    Non solo: molti di questi progetti si rivolgono specificamente a soggetti considerati vulnerabili, come donne, minori, vittime di tratta e persone con particolari esigenze mediche, che avrebbero quindi diritto a chiedere protezione, ma non possono – salvo rari casi presi in carico dalle organizzazioni internazionali – perché né la Libia né la Tunisia offrono un sistema d’asilo funzionante.

    «Gli operatori dovrebbero valutare attentamente i rischi legati al rimpatrio, ma le testimonianze che abbiamo raccolto ci dicono che questa verifica è molto blanda – continua Massimi –. Così, chi torna rischia di finire nelle stesse situazioni di violenza, persecuzione e sfruttamento da cui era fuggito».
    Le critiche dell’Onu

    Il 30 aprile 2025, i relatori speciali Onu sul traffico di esseri umani, sui diritti umani dei migranti e il gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria hanno inviato una lettera al governo italiano esprimendo «preoccupazione» rispetto alle «accuse di gravi violazioni dei diritti umani» legate ai programmi di rimpatrio volontario implementati dall’Oim in Libia con il sostegno di Roma.

    «Donne, minori, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono state rimpatriate direttamente dai centri di detenzione libici in assenza di adeguate misure di salvaguardia o garanzie procedurali, il che può costituire una violazione dell’obbligo di non punibilità, di garantire assistenza, protezione e accesso alla giustizia, del principio di non refoulement e del divieto di espulsioni collettive», si legge nel documento.

    La stessa Oim afferma, nel report sull’andamento del programma in Libia relativo al periodo febbraio-luglio 2024, che il 57 per cento dei rimpatriati “volontari” si trovava in un centro di detenzione. Tra loro anche vittime di tratta, minori e persone con vulnerabilità mediche. «In assenza di alternative alla detenzione indeterminata, i migranti, i rifugiati e i richiedenti asilo potrebbero essere costretti ad accettare il rimpatrio laddove rischiano di essere esposti alle stesse condizioni di insicurezza da cui sono fuggiti – prosegue la lettera degli esperti Onu –. L’assenza di assistenza adeguata rende improbabile che i beneficiari siano stati in grado di fornire consenso libero e informato».

    Il 21 luglio scorso, il governo italiano ha risposto affermando «la natura interamente volontaria della procedura di rimpatrio», che «rispetta pienamente i diritti dell’individuo» e ha «effetti positivi sul beneficiario». Nessuna replica nel merito all’obiezione dell’assenza di alternative. Lo scorso 25 ottobre, la maggioranza alla Camera ha inoltre approvato una mozione che dichiara il sostegno dell’Italia alla realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza in aree prossime ad aeroporti da dove poter effettuare i rimpatri».
    Rimpatriati e abbandonati

    Le critiche degli esperti Onu riguardano anche ciò che succede dopo il ritorno: i programmi promettono un «supporto alla reintegrazione» che comprende sovvenzioni per iniziare un’attività lavorativa, ma il contributo, si legge nella lettera, «è limitato e non tiene conto del contesto specifico» e «non è chiaro in che modo l’assistenza contribuirebbe a garantire salari equi, condizioni di lavoro sicure e l’accesso ai servizi essenziali».

    Diverse testimonianze parlano addirittura di contributi economici mai corrisposti, oppure solo in parte: «Ci hanno promesso tante cose che poi non abbiamo mai visto – ha raccontato ancora Saikou Tunkara –. In ogni caso, il poco che danno non permette di iniziare un’attività, per cui molti hanno fallito, altri si sono rimessi in viaggio».

    «Mi hanno dato 14mila naira (8 euro) e poi altri 80mila (50 euro) su una carta bancomat», ha raccontato H., donna nigeriana vittima di sfruttamento sessuale anche lei passata per la detenzione e le violenze in Libia prima di accettare il rimpatrio. «Una volta arrivata – si legge nella testimonianza raccolta dai promotori della campagna Voluntary humanitarian refusal – ho dovuto chiedere i soldi per strada per dare da mangiare alle mie figlie. Dopo diversi mesi ho ricevuto altri soldi, ma la situazione in Nigeria è insostenibile. Ora sono malata, non posso accedere a cure gratuite, non ho abbastanza per pagarmele né per mandare le mie figlie a scuola, e i continui ricoveri non mi permettono di lavorare con regolarità. Qui non vedo nessun futuro per me e per le mie bambine».

    https://lavialibera.it/it-schede-2644-migranti_come_ti_vendo_il_rimpatrio_volontario

    #migrations #sans-papiers #Italie #renvois #expulsions #retours_volontaires #IOM #OIM #chiffres #statistiques #réintégration #alternative (well...) #CPR #rétention #détention_administrative #Fondo_asilo_migrazione_e_integrazione (#Fami) #externalisation #budget #coût

  • Méditerranée : hausse inquiétante de "naufrages invisibles”... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Afrique/mediterranee-hausse-inquietante-de-naufrages-invisibles-de-migrants_n_48682

    Méditerranée : hausse inquiétante de "naufrages invisibles” de migrants
    Des corps retrouvés en mer, des embarcations portées disparues et des familles sans nouvelles. En Méditerranée, les disparitions de migrants se multiplient dans ce que les organisations humanitaires appellent désormais des « naufrages invisibles ». Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le début de l’année 2026 est le plus meurtrier jamais enregistré sur cette route migratoire. Plus de 600 morts ou disparus ont été recensés en janvier et février, un chiffre déjà alarmant mais probablement largement sous-estimé.
    En cause : un manque croissant d’informations. Les ONG dénoncent une réduction de la transparence de la part de plusieurs autorités, notamment en Italie, à Malte et en Tunisie, concernant les opérations de sauvetage et les naufrages. Cette situation complique fortement le travail de documentation. Faute de données fiables, de nombreux cas restent impossibles à vérifier. L’OIM a même dû créer une nouvelle catégorie pour recenser les disparitions non confirmées.
    Le phénomène s’est accentué après le passage du cyclone Harry en janvier, qui a frappé la région avec de fortes intempéries. Selon plusieurs organisations, des centaines de migrants partis des côtes tunisiennes auraient disparu en mer à cette période. Dans les semaines suivantes, des corps ont été retrouvés sur les côtes italiennes et libyennes, sans qu’un bilan précis ne puisse être établi.
    Les experts évoquent une “stratégie du silence”, accusant certaines autorités de limiter la diffusion d’informations sur ces drames. Une opacité qui empêche les médias et les ONG de confirmer les faits et de mesurer l’ampleur réelle de la crise. Pour les familles des disparus, l’incertitude est particulièrement douloureuse. Sans confirmation officielle, elles restent dans l’attente, sans savoir si leurs proches sont en vie ou morts. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de pressions politiques sur les organisations humanitaires, la surveillance de cette route migratoire devient de plus en plus difficile. Résultat : une partie croissante des drames en Méditerranée se déroule aujourd’hui hors des radars, transformant cette crise migratoire en tragédie silencieuse

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#mediterranee#morbidité#mortalite#disparition#routemigratoire#OIM

  • Niger : création d’une plateforme pour prendre en charge les migrants de retour - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70099/niger--creation-dune-plateforme-pour-prendre-en-charge-les-migrants-de

    Niger : création d’une plateforme pour prendre en charge les migrants de retour
    Par RFI Publié le : 02/03/2026
    Le Niger s’est doté samedi 26 février d’une plateforme nationale pour une prise en charge durable des migrants de retour au pays. Avec l’aide financière de l’Union européenne et le soutien technique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), il s’agit de mieux prendre en charge la détresse et les besoins des candidats à l’émigration qui ont été expulsés de leur pays d’accueil et renvoyés au Niger. En Afrique subsaharienne, le Niger est l’une des voies importantes de la migration. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce sont plus de 4 millions de migrants qui ont été recensés, en 2025, sur une dizaine d’axes conduisant vers le nord de l’Afrique et, à terme, l’Europe.
    Tous n’atteignent pas leur but – loin s’en faut – et l’urgence pour le Niger est de pouvoir accueillir et réintégrer ceux qui renoncent et rebroussent chemin. Toujours selon l’OIM, au 31 janvier de cette année, le pays accueillait plus de 430 000 réfugiés et demandeurs d’asile, d’où l’importance de se doter d’outils permettant d’héberger et de réintégrer ces populations désemparées. Une plateforme coordonnée avec les autorités de Niamey, l’Union européenne et l’OIM va donc se charger de l’accueil, de l’orientation, de la réintégration et du suivi des migrants nigériens de retour.
    En 2025, ce nombre de migrants assistés au Niger a augmenté de 47 %, atteignant 20 194 candidats à l’immigration clandestine ayant fait machine arrière.

    #Covid-19#migrant#migration#retour#OIM#droit#sante#routemigratoire##UE#reintegration#migrationirreguliere

  • Tunisie : plus de 1 100 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » depuis le début de l’année - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70113/tunisie--plus-de-1-100-migrants-ont-beneficie-dun-retour-volontaire-de

    Tunisie : plus de 1 100 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » depuis le début de l’année
    Par La rédaction Publié le : 02/03/2026
    LOrganisation internationale des migrations (OIM) a organisé le « retour volontaire » de 309 migrants – 164 Guinéens et 145 Ivoiriens – les 24 et 25 février dernier via deux vols charters. Au total, 1 182 exilés ont bénéficié d’un « retour volontaire » au départ de la Tunisie depuis le début de l’année. De plus en plus de migrants subsahariens fuient le pays de Kaïs Saïed qui les pousse dans une précarité extrême.
    Le dernier vol organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a eu lieu le 25 février. Il a permis de ramener dans leur pays 145 Ivoiriens qui étaient en Tunisie, selon un communiqué de l’agence onusienne. La veille, 164 Guinéens avaient eux aussi bénéficié d’un « retour volontaire » de l’OIM.Selon l’organisation, « les bénéficiaires reçoivent une assistance sur mesure avant, pendant et après leur retour, y compris une assistance médicale, psychologique et sociale, des moyens de subsistance durables et des soins individuels ».
    Au total, 1 182 migrants sont rentrés chez eux via un « retour volontaire » de l’OIM au départ de la Tunisie depuis le début de l’année. Un chiffre important qui coïncide avec les dernières statistiques. En 2025, année « record », 8 853 migrants ont bénéficié du programme de « retour volontaire ». Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. En 2024, 6 885 personnes avaient profité de ce programme, et 2 558 en 2023.
    Une augmentation qui s’explique notamment par la considérable détérioration des conditions de vie des migrants en Tunisie. Depuis près de trois ans et le discours anti-migrants de Kaïs Saïed, la vie des exilés désirant rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée au départ de ce pays de transit « empire de jour en jour ». Violences, racisme, abandons dans le désert, les maux sont nombreux. « Ici, il y a beaucoup d’agressions, de vols, de viols de femme et d’hommes… Moi-même, j’ai été kidnappé et séquestré en 2024 », racontait en novembre 2025 Lamine*, un Guinéen, à InfoMigrants.
    Pour Ibrahim*, un autre Guinéen interrogé par notre rédaction, « la Tunisie est devenue plus dangereuse que la Libye pour les Subsahariens ». Après avoir été intercepté en mer, il raconte avoir vécu un enfer avant d’être abandonné dans le désert à la frontière avec la Libye : « Les policiers nous ont frappés avec des matraques et des bâtons. On devait baisser les yeux. Si on levait la tête, ils nous tapaient. Ils ont aussi fouillé les gens et ont pris leurs effets personnels : les téléphones et de l’argent »."Je ne peux plus recevoir d’argent, je ne peux plus travailler" : en Tunisie, la politique du gouvernement pousse les migrants subsahariens dans l’extrême pauvretéDes opérations de police sont aussi régulièrement menées dans les camps de migrants dans les oliveraies autour de Sfax, ville du centre-est de la Tunisie connue pour être un lieu de départ des canots de migrants vers l’Italie. Durant ces opérations, les tentes et effets personnels des exilés sont détruits et les occupants forcés à fuir.
    Fin mars 2025, le président tunisien Kaïs Saïed avait mis la pression aux services de l’ONU pour intensifier ses efforts afin d’assurer les « retours volontaires » des Subsahariens en situation irrégulière en Tunisie. Mais le temps d’attente reste de plus en plus long pour les migrants. Par exemple, Edwige*, une mère de famille ivoirienne de 28 ans installée à Tunis, avait demandé un « retour volontaire » fin avril 2025. Elle n’a eu un rendez-vous avec l’OIM qu’en octobre.
    Le dispositif peut effectivement mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. « Le délai d’un ’retour volontaire’ varie en fonction du pays de retour, la situation administrative de la personne, la composition familiale, la présence de vulnérabilités, ainsi que la disponibilité ou non de documents de voyage », avait expliqué l’an dernier à InfoMigrants l’organisation onusienne.
    L’agence, qui disposait déjà de quatre centres d’hébergement en Tunisie, en a ouvert un cinquième en février 2025 « afin de mieux répondre à la demande croissante et de garantir des soins dignes et appropriés », selon l’OIM. Mais de nombreux migrants se retrouvent tout de même à la rue et vivent dans la précarité en attendant le retour dans leur pays. On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, d’après les chiffres des ONG.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#OIM#retourvolontaire#sante#politiquemigratoire#migrationirreguliere#subsaharien

  • Immigration vers l’Europe : l’« impossible » décompte des morts en mer
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/23/immigration-vers-l-europe-l-impossible-decompte-des-morts-en-mer_6667941_321

    Immigration vers l’Europe : l’« impossible » décompte des morts en mer
    Par Mustapha Kessous
    Depuis que la mer Méditerranée et l’océan Atlantique sont devenus d’immenses cimetières pour exilés sans sépultures, la question divise ONG et institutions internationales : combien sont-ils à avoir disparu dans le silence des vagues, engloutis avec leurs rêves d’une autre vie en Europe ? Les bilans divergent : l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les associations d’aide aux migrants n’appliquent pas la même méthodologie pour le comptage des morts. Avec souvent des variations d’ampleur.
    Ce début d’année 2026 l’illustre : du 1er janvier au 23 février, au moins 606 personnes ont péri ou sont portées disparues en Méditerranée, toutes routes confondues, selon l’OIM. Un nombre qui marque, d’après l’agence des Nations unies, « le pire début d’année » et « le plus meurtrier » depuis 2014, date à laquelle sa recension des morts a débuté. Le cyclone Harry, qui s’est déchaîné, mi-janvier, en Méditerranée centrale, serait à l’origine de la plupart de ces disparitions. Mais des ONG – l’italienne Mediterranea Saving Humans et la libyenne Refugees in Libya – évoquent, elles, quelque 1 000 victimes.
    Côté Atlantique, mêmes dissonances. En 2024, sur la route des Canaries, l’OIM avait comptabilisé 1 215 morts et disparus, quand le collectif espagnol Caminando Fronteras en avait annoncé 9 757. Derrière ces écarts vertigineux, Helena Maleno, la fondatrice de Caminando Fronteras, insiste : « Il ne s’agit pas d’une guerre de chiffres. Nos approches de la réalité du terrain divergent tout simplement. »
    Depuis 2014, l’OIM a mis en place, sur son site Internet Missing Migrants, un suivi des disparitions dont les données sont publiques. « Les incidents ne sont enregistrés que lorsqu’il existe des informations suffisantes indiquant que des personnes ont effectivement perdu la vie », souligne un porte-parole de l’organisation. Celles-ci proviennent de diverses sources : des autorités (ministres, gardes-côtes, police, etc.) en Europe ou en Afrique, des bureaux de l’OIM dans les pays concernés, des médias, de survivants ou d’ONG.
    Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) explique utiliser cette même méthodologie et échanger avec l’OIM des informations pour vérifier ses chiffres. Ainsi, depuis 2014, cette dernière a recensé la disparition de 6 546 migrants en Atlantique et 34 266 en Méditerranée. « Mais ces chiffres ne reflètent que les incidents qui peuvent être vérifiés et représentent donc une estimation minimale, et non le nombre total de décès et de disparitions survenus au cours de la migration », tient à préciser l’OIM.
    Des ONG comme Caminando Fronteras ont modifié la focale sur cette question. « Nous n’utilisons pas les chiffres des autres organisations, des autorités et des médias. Nous allons directement à la source », raconte Mme Maleno. Depuis 2007, le collectif dispose d’un numéro – aujourd’hui sur WhatsApp –, une ligne d’urgence ouverte en continu sur laquelle les migrants signalent leur présence sur une embarcation, indiquent s’ils sont arrivés à bon port ou s’ils sont en danger. Les familles peuvent également alerter sur la disparition d’un proche.
    Le collectif a des relais en Afrique qui font remonter – et recoupent – les informations du terrain. « Si, par exemple, une embarcation mauritanienne fait naufrage au large des Canaries et qu’une dizaine de corps sont retrouvés, ces morts vont être consignés par les autorités espagnoles, et par la suite comptabilisés par les agences des Nations unies, décrit Mme Maleno. Mais si, en parallèle, une cinquantaine de familles nous contactent parce qu’elles recherchent des personnes qui se trouvaient sur cette embarcation, poursuit-elle, alors il y a pour nous cinquante disparus, et non une dizaine. »
    En plus des témoignages, l’ONG effectue un travail de vérification et d’accompagnement des familles de victimes (aide juridique, par exemple). « Le choix de la source n’est pas neutre », pointe la fondatrice de Caminando Fronteras. « Nos chiffres ne sont pas destinés aux organisations ou aux médias mais aux familles, argue-t-elle. C’est un devoir de mémoire, ils réparent. Un jour, une personne m’a dit : “Je ne sais pas où est mon frère, mais je sais qu’il se trouve dans vos chiffres.” »
    L’OIM, elle, n’enregistre pas les disparus sur la seule base de signalements provenant des familles. « Un migrant peut perdre le contact avec ses proches pour de nombreuses raisons au cours du voyage, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est décédé », soutient l’agence. « Nous avons recueilli des témoignages qui ne peuvent pas être enregistrés par l’OIM », affirme de son côté Beppe Caccia, cofondateur de Mediterranea Saving Humans.
    Des ONG « tenues éloignées »
    Alors qui croire ? « Là n’est pas la question, assure Roberto Forin, directeur adjoint du Mixed Migration Centre, un réseau mondial de recherche indépendant. On sait que les chiffres de l’OIM sont sous-estimés – et elle le reconnaît – et ceux des ONG risquent d’être surestimés, mais ce n’est pas fondamental d’avoir des statistiques qui soient absolument solides. Tout simplement parce qu’il est impossible de comptabiliser tous les morts et les disparus en mer. »
    Un constat que partage Vincent Cochetel, ancien envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée occidentale et centrale, de 2017 à 2024. « Tous ces chiffres ont du sens, ils donnent des tendances. Ni l’OIM ni les ONG ne sont capables d’un recensement exhaustif », ajoute-t-il. Il arrive ainsi que le HCR reprenne les données de Caminando Fronteras dans des rapports. « Elles sont plus fiables en Afrique de l’Ouest. On a pu vérifier leur travail sur quelques incidents précis », note M. Cochetel.
    Pour les chercheurs et les spécialistes des migrations, ces efforts de décompte restent toutefois essentiels. « Ils donnent une idée de l’ampleur de l’horreur que nous voyons en mer ou devrais-je dire que nous ne voyons pas en mer, soutient Judith Sunderland, directrice adjointe de la division Europe de Human Rights Watch. Parce que ces morts sont pour la plupart invisibles. » En durcissant leur politique migratoire et en limitant l’action des navires humanitaires, comme en Italie, les Etats européens compliquent encore plus l’établissement d’un bilan fiable. « Les ONG qui font du sauvetage en mer sont de plus en plus criminalisées et tenues éloignées des zones d’opération, de sorte que nous ne pouvons plus être témoins des tragédies, dénonce Marta Sanchez Dionis, chargée de plaidoyer de l’ONG SOS Méditerranée. Davantage de bateaux disparaissent sans trace, sans que personne ne soit là pour documenter ce qu’il se passe. »
    Les chiffres, aussi glaçants soient-ils, ne semblent plus susciter l’émoi qu’ils provoquaient autrefois. « Quel que soit le nombre des disparus, c’est un sujet sur lequel on n’est plus vraiment audible, regrette Diane Fogelman, chargée de plaidoyer migrations à Amnesty international. Il est difficile d’en faire un levier politique pour faire évoluer des décisions. Il y a cinq ou dix ans, on était collectivement davantage touchés par ces drames en mer. Plus maintenant. »

    #Covid-19#migrant#migration#mortalite#disparition#sante#OIM#ONG#routemigratoire

  • Plus de 125 000 victimes de traite dans le monde, dont 30 000 enfants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69923/plus-de-125-000-victimes-de-traite-dans-le-monde-dont-30-000-enfants

    Plus de 125 000 victimes de traite dans le monde, dont 30 000 enfants
    Par La rédaction Publié le : 18/02/2026
    Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), plus de 125 000 personnes sont victimes de traite dans le monde, dont près de 30 000 enfants. Mais ce chiffre est probablement en deçà de la réalité car « ces faits sont rarement signalés et qu’il existe des lacunes dans les systèmes de détection », reconnaît l’OIM. Lors de la sixième conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants qui s’est tenue du 11 au 13 février à Marrakech, au Maroc, l’Organisation internationale des migrations (OIM) a révélé que plus de 125 000 personnes sont victimes de traite dans le monde. Parmi elles, près de 30 000 sont des enfants, peut-on lire dans un communiqué de l’agence onusienne.
    La grande majorité de ces victimes sont des femmes (plus de 141 000), et 44 % des 125 000 personnes identifiées ont été réduites à l’état d’esclavage sur une période d’un an. Les principales nationalités des victimes sont ukrainiennes (avec 19 000 cas), puis philippines (13 000 cas) et étatsuniennes (11 000 cas). Le premier pays africain en tête du nombre de victimes d’exploitation est le Nigeria avec un peu plus de 5 000 cas recensés. Ces personnes confrontées à la traite ont été identifiées dans 69 pays. Les États-Unis concentrent la majorité des victimes avec près de 110 000 cas.
    L’OIM signale que l’exploitation sexuelle est le premier type de traite, avec un taux de 61 % (93 259 personnes). Vient ensuite le travail forcé qui représente 37 % du total. L’agence onusienne estime cependant que le nombre réel est en deçà de la réalité car « ces faits sont rarement signalés et qu’il existe des lacunes dans les systèmes de détection ».Ainsi, l’OIM appelle les États « à investir davantage (…) dans des programmes de prévention de l’exploitation et de protection des enfants en situation de vulnérabilité ».
    « Des millions d’enfants déplacés sont exposés à des risques très importants d’exploitation et de traite, mais ils restent trop souvent invisibles dans les politiques et les systèmes de protection mondiaux », a déclaré la directrice générale de l’OIM, Amy Pope. « Nous devons agir maintenant, au-delà des frontières et dans tous les secteurs, pour combler ces lacunes alarmantes en matière de protection et garantir la sécurité de tous les enfants, partout dans le monde. » Une étude conjointe de l’OIM et de l’université Harvard, basée sur 20 ans de données sur la traite des enfants, met « en évidence les liens complexes entre le travail des enfants, la migration et la traite des personnes », indique l’organisation dans son communiqué

    #Covid-19#migration#migrant#traite#mineur#sante#protection#droit#OIM

  • Dans la Libye du maréchal Haftar, les migrants pris au piège
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/05/dans-la-libye-du-marechal-haftar-les-migrants-pris-au-piege_6665551_3212.htm

    Dans la Libye du maréchal Haftar, les migrants pris au piège
    Par Nissim Gasteli (Ganfuda [Libye], envoyé spécial)
    Publié le 05 février 2026 à 17h35, modifié le 05 février 2026 à
    Les arrivées en Crète depuis l’est de la Libye ont quadruplé en 2025, poussant les Européens à se rapprocher des autorités de Benghazi pour contrôler les frontières, après un accord avec leurs rivales de Tripoli en 2017. Arraisonnés au large, les migrants sont systématiquement emprisonnés. Debout dans une geôle du centre de détention pour migrants de Ganfuda, sinistre hangar aux murs blancs chapeautés de tôle, à 16 kilomètres au sud de Benghazi, dans l’est de la Libye, Hakima Adam Aboubacar ne sait plus ce qu’elle attend. « J’ai peur de ce qu’il va nous arriver. Les autorités locales nous ont seulement dit qu’il nous faudrait patienter quelques semaines afin de finaliser les modalités de notre expulsion », raconte cette mère soudanaise de 27 ans, drapée d’un long manteau et d’un voile noir, tenant dans ses bras sa petite fille, Reenad, 1 an et demi.
    Après la disparition de son mari dans les méandres de la guerre qui ravage le Soudan, elle a fui vers la Libye, vivant de petits boulots ici et là, jusqu’à échouer, un soir de novembre 2025, sur le rivage libyen dans la région de Tobrouk. De là, mère et enfants ont embarqué sur une petite chaloupe avec environ 40 autres personnes pour tenter d’émigrer vers l’Europe. Sur la route de la Grèce, les exilés ont été arraisonnés par une vedette des forces navales de l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, qui règne en maître sur la Cyrénaïque et les vastes étendues désertiques du sud du pays, avant d’être finalement ramenés à Benghazi.
    Voilà bientôt dix ans que Bruxelles a délégué à la Libye la gestion de ses frontières par un pacte, signé avec le gouvernement de Tripoli en 2017, assorti de plus de 700 millions d’euros d’aide. Au cours de l’année 2025, les arrivées en Crète en provenance de l’Orient libyen, longtemps restées marginales, ont quadruplé pour atteindre 19 798 personnes, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, poussant l’Union européenne à multiplier les rencontres avec les autorités dissidentes de Benghazi pour tenter de les convaincre de mieux contrôler leur littoral.
    Bien que ces dernières ne soient pas reconnues internationalement, la Commission européenne s’est dite prête, dans une réponse écrite au Monde, « à coopérer avec tous les acteurs-clés en Libye pour relever les défis communs, notamment la gestion des migrations ».
    Le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale, dans le centre de détention de Ganfuda, près de Benghazi, en Libye, le 19 décembre 2025.
    Le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale, dans le centre de détention de Ganfuda, près de Benghazi, en Libye, le 19 décembre 2025. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
    Malgré l’absence d’accord formel, le signal a été accueilli positivement à Benghazi. « Nous ne pouvons pas laisser les migrants partir en mer car nous avons des engagements auprès de l’Europe et des pays frontaliers de la Libye », explique le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale – un organe présent des deux côtés de la Libye divisée –, avant d’ajouter, comme si cela n’était pas assez clair : « Nous sommes les gardiens de l’Europe. »
    Dans la prison de Ganfuda, près de 1 600 personnes (hommes, femmes et enfants), fracassées contre des logiques qui les dépassent, indésirables des deux côtés de la Méditerranée, sont détenues pour les mêmes raisons en majorité, sans avoir vu ni juge ni avocat, dans l’attente d’une hypothétique expulsion. Dans l’intervalle, c’est tous les jours la même chose : la pitance, la prière et l’interminable ennui.
    Autour de Hakima Adam Aboubacar, dans la vaste pièce, des dizaines de citoyennes de pays d’Afrique subsaharienne, aux visages fermés et aux corps lents, vivent au milieu des matelas gris, fins comme des édredons, qui tapissent le sol carrelé. L’enfant le plus jeune n’a que 3 mois. Chez les hommes, la situation n’est pas meilleure. Leurs voix tonitruantes réclamant aux geôliers, sans vraiment y croire, qu’on leur rende leur liberté, sinon un peu de leur dignité, résonnent dans les couloirs. Une fois ouverte, la porte d’une grande cellule d’une centaine de mètres carrés, baignée dans l’odeur de l’humidité qui a souillé les murs, laisse entrevoir les visages de 53 hommes. Alors qu’ils terminent un plat de riz, Mohamed Mohamed, Mondher Hadi et Fawez Abdallah, trois Yéménites âgés respectivement de 21, 26 et 36 ans, racontent, eux aussi, avoir été arrêtés alors qu’ils tentaient d’embarquer vers l’Europe. « Désormais, le seul moyen pour que nous sortions serait qu’un diplomate de notre ambassade vienne ici pour se porter garant », raconte timidement le plus jeune, assis sur sa paillasse. « Mais personne n’est venu. De toute façon, notre objectif n’est pas de rester ici, mais de traverser. »
    En face, Quentin Wamba, 48 ans, arrêté deux semaines plus tôt, n’a quant à lui jamais eu l’intention de prendre la mer. « Ça fait treize ans que je vis ici, dit l’homme qui s’exprime aussi bien en français qu’en arabe dialectal libyen et qui redoute désormais une expulsion vers le Cameroun, qu’il a quitté il y a bien longtemps. Je n’ai jamais tenté d’aller en Europe, je ne l’ai jamais voulu. Je n’irai même pas si on me propose ! Ce monsieur là-bas, Nigérian, cela fait treize ans qu’il est dans cette ville, et lui, là-bas, vingt ans. Nous travaillons tous, dans le commerce, comme techniciens. »
    Comme lui, une dizaine d’hommes affirment avoir été arrêtés chez eux de manière arbitraire. Les geôliers assurent qu’ils ont commis des crimes – « proxénétisme », « ouverture d’un magasin sans autorisation » –, ce que les accusés réfutent catégoriquement. « Regardez ! Regardez comment nous sommes enfermés, comme des animaux », interrompt, révolté, Zakios, qui montre volontiers son passeport nigérian et sa carte de résidence libyenne, preuves d’un séjour régulier depuis plus de cinq ans : « Pourquoi nous font-ils ça ? »Ceux qui ont abandonné l’espoir d’être libérés de la prison tiennent un sac frappé du sceau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), signalant leur enrôlement pour un retour volontaire. Les agents onusiens viennent régulièrement sonder les prisonniers en leur proposant un billet retour pour leur pays d’origine, dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne, qui représente ici la seule porte de sortie offerte. « Mon ambassade n’a rien fait pour moi », se désole David Guibuze Beeke, 34 ans, originaire du Nigéria, détenu depuis deux mois après une descente de la police dans son appartement d’Al-Marj, à 50 kilomètres à l’est de Benghazi.
    Avec les interminables semaines à l’ombre, l’homme, installé en Libye avec sa femme et son enfant depuis cinq ans, et qui travaille dans la mécanique pour envoyer de l’argent à sa famille restée au pays, a fini par céder aux sirènes du retour. « J’ai tout perdu, grince-t-il. Alors, lorsque les Nations unies sont venues, j’ai signé les documents pour rentrer. Je ne comprends pas pourquoi je suis encore là. Je veux juste retrouver mon pays. »
    D’après l’OIM, au moins 91 000 personnes bloquées en Libye ont été rapatriées grâce à cette procédure, depuis la signature de l’entente eurolibyenne en 2017. Mais le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi ne se satisfait pas du rythme des renvois. Selon lui, les autorités de l’est de la Libye vont désormais traiter de manière bilatérale avec les Etats d’origine des exilés, bien que nombre d’entre eux sont plongés dans l’instabilité ou la guerre, pour les convaincre de reprendre leurs citoyens. Aux migrants en colère, les gardes se contentent de rappeler qu’ils sont bien traités, comparé à d’autres endroits dans le pays. Le 15 janvier, 21 corps sans vie d’étrangers ont une fois de plus été retrouvés dans une fosse commune en Libye, à une centaine de kilomètres au sud de Ganfuda. Des réseaux de trafics d’êtres humains continuent d’opérer massivement sur le territoire, en torturant ceux qui aspirent à une vie meilleure et en leur extorquant leurs biens. Malgré les témoignages répétés depuis des années par les survivants, la situation n’a guère changé.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#UE#politiquemigratoire#frontiere#migrationirreguliere#sante#OIM#rapatriement

  • Tunisie : record de « retours volontaires » de migrants en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69080/tunisie--record-de-retours-volontaires-de-migrants-en-2025

    Tunisie : record de « retours volontaires » de migrants en 2025
    Par Leslie Carretero Publié le : 07/01/2026
    En 2025, 8 853 migrants ont bénéficié du programme de « retour volontaire » de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un chiffre en hausse de 28% par rapport à l’année précédente. Ce record s’explique par la dégradation des conditions de vie en Tunisie des exilés, empêcher de travailler ou de louer un appartement, et harcelés par les autorités.
    Jamais autant de migrants n’avaient cherché à fuir la Tunisie. En 2025, l’Organisation internationale des migrations (OIM) a « franchi un cap record » en organisant le « retour volontaire » de 8 853 migrants vers leur pays d’origine, a indiqué l’agence onusienne dans un communiqué publié mercredi 7 janvier. Un chiffre en hausse de 28% par rapport à l’année précédente. En 2024, 6 885 personnes ont bénéficié de ce programme, et 2 558 en 2023. Ces opérations ont concerné 27 pays de destination via 22 vols charters et 368 vols commerciaux, précise le document. Par ailleurs, « 103 demandeurs d’asile et refugiés ont bénéficié de la réinstallation dans cinq pays tiers » en 2025.
    Depuis près de trois ans, la situation des migrants s’est considérablement détériorée en Tunisie, pays de transit pour ceux désireux de rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée. Selon les estimations des ONG, environ 20 000 personnes vivent en situation irrégulière dans ce pays du Maghreb.
    « La Tunisie est devenue plus dangereuse que la Libye pour les Subsahariens », affirmait même en fin d’année à InfoMigrants, Ibrahim, un Guinéen. Après le discours raciste du président tunisien Kaïs Saïed début 2023 fustigeant l’arrivée « de hordes de migrants subsahariens » menaçant, selon lui, de « changer la composition démographique » du pays, les Noirs ont été la cible de violences de la part de la population et des autorités.
    Des milliers de migrants ont été chassés de leurs logements et leurs emplois informels. Des centaines ont été raflés par les autorités et abandonnés dans le désert, à la frontière libyenne ou algérienne. La photo d’une mère de famille et de sa fille de six ans gisant sur le sable avait fait le tour des réseaux sociaux à l’été 2023. Comme elles, une centaine de personnes sont mortes à cette période dans les zones désertiques, selon les associations.
    Ces pratiques, illégales au regard du droit international, n’ont jamais cessé depuis. Elles semblent même s’être organisées. InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages ces dernières années faisant état de transfert de migrants aux frontières entre des forces tunisiennes et des milices libyennes. Plusieurs Subsahariens ont détaillé le déroulé des expulsions et de ces échanges dans le désert à la rédaction. Au milieu de nulle part, « les policiers tunisiens sont sortis du bus et sont partis à la rencontre de milices libyennes, qui nous attendaient. Il y a eu une concertation entre eux, ils ont discuté un petit moment. Ensuite, les Libyens, armés et cagoulés, nous ont récupérés », racontait par exemple en février 2025 Augustin*, un Guinéen, arrêté dans la rue par la police. Les exilés sont ensuite transférés dans des prisons libyennes où le seul moyen pour en sortir est de payer une rançon de plusieurs centaines d’euros.
    Partout en Tunisie, les Noirs sont de plus en plus empêchés de travailler, de louer des appartements et même d’utiliser les transports publics. Les exilés sont constamment harcelés par la population et les autorités. Chassés des centres-villes, Les Subsahariens se sont réfugiés à l’été 2023 dans les champs d’oliviers d’El-Amra, dans la région de Sfax (centre-est de la Tunisie). D’immenses bidonvilles ont été érigés dans les oliveraies.
    Mais début avril 2025, la Garde nationale tunisienne a mené une opération d’ampleur dans la région. Plusieurs campements disséminés le long de la route qui mène de Sfax à Jebeniana ont été démolis, à coup de pelleteuses. Tentes, effets personnels et réserves de nourriture ont été brûlés par les policiers, selon les exilés. D’après les autorités, ces expulsions font suite à de nombreuses plaintes déposées par des propriétaires d’oliveraies empêchés d’accéder à leur terrain. Après ces démantèlements d’envergure – qui perdurent encore – des dizaines de personnes s’étaient massées devant les locaux de l’OIM de Sfax et de Tunis pour obtenir un « retour volontaire ». L’agence onusienne s’est vite retrouvée débordée et peine encore aujourd’hui à prendre en charge l’ensemble des demandes. Fin mars, le président tunisien Kaïs Saïed avait mis la pression aux services de l’ONU pour intensifier ses efforts afin d’assurer les « retours volontaires » des Subsahariens en situation irrégulière en Tunisie. Mais ces rapatriements chapeautés par l’OIM sont perçus par des chercheurs comme des expulsions déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions. « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », estiment-ils, face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe. Dans une interview à France 24, Romdhane Ben Amor, le porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), une association qui vient en aide aux migrants dans le pays, affirme que « le terme de ‘retour volontaire’ [utilisé par la présidence] est largement critiqué parmi les migrants, car il s’est transformé en un retour forcé ».

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#subsahariens#retourvolontaire#expulsion#rapatriement#OIM#politiquemigratoire#sante

  • Reporters’ diary: IOM uses UN immunity to avoid scrutiny of Greek returns

    The agency’s refusal to disclose more information underscores a recurring disregard for accountability.

    https://assets.thenewhumanitarian.org/s3fs-public/styles/responsive_medium/public/2025-12/1.jpg

    IOM, the UN’s migration agency, is claiming UN immunity to justify its refusal to release documents about its EU-funded Assisted Voluntary Returns and Reintegration (AVRR) programme in Greece.

    The documents – annual reports from the programme – were submitted by the agency to Greece’s European Programs Management Agency (YDEAP) and the European Commission. The New Humanitarian requested them under access-to-information laws in Greece and the European Union.

    The amount of publicly available information on the programme has been shrinking for years. Until 2020, IOM’s website routinely published data on the number of so-called voluntary returns the agency had facilitated. However, it stopped updating its figures that December, and by January 2022, the platform had been taken offline entirely.

    In July 2023, IOM Greece finally published a single brochure on its AVRR programme (https://greece.iom.int/sites/g/files/tmzbdl1086/files/documents/2025-07/avrr_brochure_en-.pdf). Information about its staff’s continued visits to detention facilities, which had been included in earlier reports, was missing.

    The New Humanitarian revealed in October how IOM Greece regularly visits detained migrants to encourage them to sign up for returns. The programme has nonetheless failed to meet its deportation targets over the past six years, despite receiving more than $60 million in funding, mostly from the EU.

    In requesting the YDEAP documents, we had hoped to fill in the information gap left by IOM’s dwindling disclosures and shed light on why the AVRR programme has failed for so long to meet its targets.

    Instead, the agency’s refusal underscores a recurring disregard for accountability.

    “Not subject to the national law”

    YDEAP, which oversees the distribution of EU funds for migration control in Greece, told us it could not process our request after IOM claimed it “is not subject to the national law of the Hellenic Republic”.

    “The property, funds and assets of IOM shall be immune from search, requisition, confiscation, expropriation and any other form of interference, whether by executive, administrative, judicial or legislative action,” IOM Greece said in its correspondence with YDEAP. The New Humanitarian obtained a copy of this correspondence as part of its information request.

    According to IOM, this immunity stems from a July 2024 agreement that its Director General promoted as a landmark partnership to further protect migrants in Greece.

    “As expressly provided for in Article 8 of the Agreement, IOM… shall enjoy immunity from legal process,” IOM Greece said in its correspondence.

    This would mean that Greece’s government cannot compel the agency to release any documents concerning its operations in the country, even though these operations are funded by Greece and the EU.

    Chris Jones, executive director at the pro-transparency NGO Statewatch, said IOM’s position was a “structural absurdity”.

    “International organisations are now carrying out what are, in effect, sensitive state functions,” he told The New Humanitarian. “Yet they remain insulated from the very accountability mechanisms that supposedly bind states.”

    In response to a request for comment on the findings presented in this article, an IOM spokesperson in Geneva said: “The reporting by The New Humanitarian contains material inaccuracies and misrepresents key aspects of IOM’s work.”

    The spokesperson declined to specify what these alleged inaccuracies were, despite a request for clarification.
    IOM stonewalls EU lawmaker

    In July, we asked European Parliament member Tineke Strik to file a similar request for IOM Greece’s documents with the European Commission. This new request was also refused.

    IOM objected to the release of its documents, again citing its “privileges and immunities”. With this came another justification: The disclosures would “endanger the internal security of Greece”.

    Asked about IOM’s claims, Strik was unequivocal: “UN immunity cannot be used as a shield against democratic oversight,” she said. “The European Commission has a duty to ensure that all its implementing partners, including international organisations, are subject to the same transparency and reporting requirements as any other beneficiary of EU funds.”

    “Invoking immunity to avoid scrutiny is not only contrary to that, it undermines public trust in the EU’s migration governance as a whole,” Strik added.

    The IOM spokesperson, in their reply to The New Humanitarian, insisted that “we maintain full transparency with our donors and Member States and regularly publish organisational data and reports”.
    A similar case in Nigeria

    Through our reporting, we found that this was not the first time IOM has tried to use its UN status to dodge public scrutiny.

    In 2019, IOM’s mission in Nigeria refused to release information about services it purported to provide to returnees in Edo state after a local NGO, FOI Counsel, filed a request under the country’s Freedom of Information Act.

    FOI Counsel’s Executive Director, President Aigbokhan, had been trying to verify claims by the agency that returnees were running a pineapple processing plant in the state as a cooperative.

    “I went to that place and discovered that there was no such factory. It never existed,” Aigbokhan said. “Then, we decided to ask questions.”

    In its response to Aigbokhan, IOM said it “enjoys privileges and immunities in Nigeria since 2002”, which would exempt it from the country’s laws.

    Aigbokhan sued IOM Nigeria to obtain access to the information, but ultimately had to drop the suit after costs piled up.

    “Litigation is not cheap. It is very expensive for NGOs to track public records,” Aigbokhan said.

    A pineapple processing factory ultimately opened in December 2020, but instead of being run by returnees as a cooperative – as IOM had originally announced – it was operated by a local company.
    The cost of immunity

    Blanket invocations of UN immunity hamper the work of journalists and researchers. For migrants enrolled in return programmes, they can have far more serious consequences.

    We spoke to returnees who, after their deportation, were unable to access the services IOM promised them in Greece. In fact, between 2016 and 2023, only about a quarter of returnees from Greece received reintegration assistance in their home countries, according to Greece’s National Centre for Social Research.

    To join the AVRR programme, individuals must sign a waiver that discharges IOM, as well as the Greek government, from any liability, including in the event of injury or death. The waiver remains valid even after a returnee’s participation in the programme ends, and it also applies to one’s “dependents, heirs and estate”.

    Valeria Hänsel, a migration expert at the German NGO Medico International, reported on the mistreatment of asylum seekers who signed up to IOM’s AVRR programme on the Greek island of Lesvos in 2017.

    “It is shocking that IOM forces people to sign that neither they, nor any other actor, is liable in any way if people in the AVRR programme die or are harmed during their participation in the programme,” Hänsel said.

    In her view, many of the abuses within the programme stemmed from the language used by IOM in its waiver, which would prevent victims from seeking recourse.

    “People are driven to such despair that they agree to return to life-threatening situations, and yet the responsibility is shifted entirely onto the individual – even if those affected die in detention pending deportation.”

    She added: “It goes without saying that such waivers are illegitimate and should not exist.”

    Ultimately, unless IOM decides to change the way it responds to accountability efforts, it will continue to pay lip service to its touted principles of transparency and migrant protection in Greece. And not even the Greek government will be able to do anything about it.

    https://www.thenewhumanitarian.org/opinion/2025/12/22/reporters-diary-iom-uses-un-immunity-avoid-scrutiny-greek-return
    #IOM #OIM #Grèce #transparence #retours_volontaires #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #propagande #affiche #AVRR

  • L’Espagne renforce l’aide au retour « volontaire » des migrants arrivant du Maroc - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68649/lespagne-renforce-laide-au-retour-volontaire-des-migrants-arrivant-du-

    L’Espagne renforce l’aide au retour « volontaire » des migrants arrivant du Maroc
    Par Clémence Cluzel Publié le : 11/12/2025
    Soumise à une forte pression migratoire sur ses frontières terrestres et maritimes, l’Espagne a annoncé investir plus de 600 000 euros dans des projets d’aide au retour « volontaire » ainsi que le renforcement de la gestion de ses frontières, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations. Une large partie de ces fonds concerne les migrants bloqués au Maroc, principal pays de transit vers l’Europe pour des milliers d’exilés subsahariens.
    Le gouvernement central espagnol a approuvé, début décembre, une contribution globale de 646 535 euros afin de réguler l’immigration sur son territoire national, alors que le pays connait un important flux migratoire sur ces côtes.
    Cet investissement doit permettre de financer des projets d’aide au retour « volontaire », de réintégration dans les pays d’origine des migrants mais aussi de permettre d’améliorer et renforcer les capacités de l’Espagne dans la gestion de ces frontières.Cet accord, signé par le Ministre de l’Intérieur espagnol, se fait en collaboration directe avec l’Organisation international pour les migrations (OIM), qui est en charge de la gestion des fonds, indique le Bulletin officiel de l’État daté du 6 décembre. Les actions seront en vigueur jusqu’à fin 2026.
    En 2024, l’Espagne a enregistré un total de 63 970 arrivées par voies irrégulières, dont 61 323 par voie maritime, selon les données de l’OIM. Ce qui fait du pays le deuxième d’Europe en terme d’accueil de migrants arrivant sur ses côtes de manière irrégulière, derrière l’Italie. La majeur partie des fonds alloués, soit presque 350 000 euros, est destinée à renforcer le programme d’aide au retour « volontaire », principalement destiné aux migrants vulnérables bloqués au Maroc. Celui-ci existe entre l’Espagne et l’OIM depuis 2005 et a déjà permis d’organiser plus de 20 000 retours volontaires depuis le Maroc. En 2024, l’OIM a facilité 2 196 retours volontaires depuis le territoire marocain. Le Bulletin officiel rapporte que le Maroc est un « goulot d’étranglement migratoire » : de par sa position, le pays est l’un des principaux points de transit vers l’Europe pour des milliers d’aspirants, des Subsahariens et des Maghrébins, à l’émigration en Europe. À cause du renforcement des contrôles aux frontières notamment, les exilés sont nombreux à se retrouver coincés sur ce territoire, sans possibilité de rejoindre l’Europe. Souvent contraints à vivre dans des conditions précaires, ils se retrouvent aussi plus susceptibles d’être exploités.
    Le projet financé par l’état espagnol prévoit qu’environ une centaine de ces migrants vulnérables bénéficient d’"un accompagnement individuel, d’évaluations de vulnérabilité, de soins médicaux, d’un hébergement temporaire et d’une aide financière" durant leur séjour au Maroc. L’aide prend également en charge les billets retours et les autorisations nécessaires.Une fois rentrés dans leur pays d’origine, 70 de ces migrants pourront également obtenir un soutien d’un montant de 1 400 euros pour un adulte - 700 euros pour un mineur - afin de faciliter leur réintégration en les aidant à retrouver une stabilité économique.
    En parallèle de ce programme d’aide au retour "volontaire, l’autre moitié du financement étatique est alloué au GEFMES VI, un programme de soutien de l’OIM auprès des autorités espagnoles afin qu’elles améliorent la gestion des flux migratoires en direction du pays.L’Espagne a adopté ces dernières années une logique sécuritaire pour gérer l’amplification des flux migratoires sur ces côtes ces dernières années. Le pays a également noué plusieurs coopérations avec les pays de transit et de départ comme la Mauritanie, le Sénégal ou encore le Maroc. Depuis 2019, le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez a débloqué des dizaines de millions d’euros à destination de Rabat afin de soutenir ce pays dans sa lutte contre l’immigration irrégulière.
    Les arrivées de migrants par les façades maritimes espagnoles se font soit par la route de l’Atlantique depuis l’Afrique occidentale à destination des îles des Canaries - principale itinéraire emprunté -, soit par la route de la Méditerranée occidentale, afin de rejoindre les îles Baléares. Pour les arrivées terrestres, les migrants tentent de gagner les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres de l’Union européenne sur le sol africain. Ce sont essentiellement les Maliens, Sénégalais ainsi que les Algériens et Marocains qui suivent ces itinéraires.

    #Covid-19#migrant#migration#maroc#espagne#OIM#retourvolontaire#migrationirreguliere#sante#frontiere