• Eric Zemmour : après la bourgeoisie start-up, la bourgeoisie fasciste

    Dans une émission face à Laurent Ruquier et Léa Salamé, Eric Zemmour s’est promis de réunir la bourgeoisie de droite CSP+ et les classes populaires de droite, recette qui fit ses preuves au siècle dernier et qui, si elle réussit, permet effectivement à l’extrême droite de parvenir au pouvoir.
    Pourtant, à en croire la jeune garde militante de la “Génération Z”, le mouvement né en faveur de sa candidature, s’il réussit bien à attirer les premiers, les seconds en sont fortement absents.

    En effet, Zemmour, qui semble être particulièrement obsédé par les prénoms, ne paraît être entouré que par des Stanislas d’école de commerce et des Jean-Eude de Sciences Po. Et pour cause.

    La pensée d’Eric Zemmour, celle du “très grand intellectuel de la droite française” est largement connue et a l’avantage, malgré son immense complexité, de pouvoir être résumée assez correctement et sans trahir l’esprit génial de son auteur, en deux ou trois phrases. 

    Tentative : la France est chrétienne et blanche par essence. Les musulmans et autres étrangers violents et fanatisés veulent, et réussiront, à remplacer les vrais Français si nous n’agissons pas. Il faudrait alors, comme il le disait à un journaliste italien, les déporter (“par avion ou par bateau”, précisait-il), ou à minima stopper toute immigration, etc. Tout a été dit sur ces positions et chez Frustration, nous pensons que rien ne sert d’ajouter du bruit au bruit et de participer au petit jeu qui consiste à s’effaroucher chaque fois qu’un éditiorialiste droitard et un intellectuel bourgeois de seconde zone lève le doigt, les laissant ainsi polariser le conflit autours de leurs thématiques. Toutefois, Eric Zemmour est désormais un quasi-candidat à la présidence de la République. Un point mort de son discours, et probablement de son programme à venir, attire alors notre attention : quelle est la pensée sociale d’Eric Zemmour ?
    Quelles sont ses positions sur l’économie, c’est-à-dire sur ce qui détermine une grande partie de nos vies ? On ne sait généralement rien, ou si peu, de sa “pensée” sur le sujet. Elle existe pourtant, et spoiler… ce n’est pas bien glorieux. 
    Eric Zemmour combat l’oligarchie mondialisée mais (étrange), celle-ci semble beaucoup l’apprécier
    La suite et les liens de cet extrait d’article : https://www.frustrationmagazine.fr/zemmour-bourgeoisie

    #racisme #france #zemmour #extrême_droite #en_vedette #islamophobie #sexisme #histoire #médias ( #eric_zemmour #extrême-droite #culture_du_viol #xénophobie #bourgeoisie qui se croit #haute_bourgeoisie #oligarchi
    #école_de_commerce #sciences_po #sciences_popo

  • « Tout le monde a envie d’y croire » : après deux années de crise sanitaire, l’espoir d’un retour « à la normale » à l’université
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/09/07/tout-le-monde-a-envie-d-y-croire-apres-deux-annees-de-crise-sanitaire-l-espo

    Didier Delignières a les yeux fixés sur le trombinoscope de ses étudiants de licence de l’année dernière. « J’essaie de mémoriser les yeux de ceux que je retrouve en master prochainement, heureusement en présentiel, mais toujours masqués… », sourit ce professeur à la faculté des sciences du sport de l’université Montpellier-I. Comme nombre d’enseignants-chercheurs, il se réjouit de cette rentrée « la plus normale possible » promise par Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, après un an et demi de crise sanitaire. Une rentrée en « 100 % présentiel », sans jauge ni passe sanitaire requis pour aller en cours. Didier Delignières dit avoir préparé les siens « comme jamais » pour ces retrouvailles en chair et en os avec ses étudiants…

    Terminé donc, la distanciation physique dans les amphithéâtres, les couloirs désespérément vides des facs, les laboratoires de recherche désertés, les cours à distance et la solitude derrière son écran ? « Tout le monde a aujourd’hui envie de croire à cette renaissance. Mais on se demande combien de temps cela va tenir », concède le professeur. Car la « terrible année 2020-2021 » avait elle aussi commencé par l’espérance d’un retour à la normale, avant que la situation sanitaire ne s’assombrisse à l’automne. Et, semaine après semaine, visio après visio, qu’elle ne vienne alimenter la déprime des étudiants, le sentiment d’usure des enseignants, et tout ce qui fait la vie des campus.
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    Si les enseignants-chercheurs sont nombreux à se rassurer devant le tableau de bord de la vaccination du ministère de la santé, selon lequel 85 % des 18-24 ans ont reçu au moins une dose de vaccin, pas question de baisser la garde donc. « Je me méfie. Je prépare ces jours-ci des cours en présentiel, mais en prévoyant un plan B à distance pertinent, au cas où. Si la crise sanitaire a appris une chose aux enseignants, c’est à prendre le temps de réfléchir à des formes pédagogiques différentes selon les contextes », commente Amélie Duguet, maîtresse de conférences en science de l’éducation rattachée à l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu) de l’université de Bourgogne Franche-Comté.
    Dispositifs vidéo

    Une souplesse et des compétences acquises par la force des choses, que les enseignants pourraient mettre à profit plus rapidement que prévu. Les étudiants cas contact non-vaccinés « poursuivront leur enseignement à distance. Une continuité pédagogique, basée sur l’hybridation des enseignements, sera proposée », peut-on lire sur certains documents de rentrée. La phrase alimente chez beaucoup la crainte de ne pas voir de sitôt s’éloigner ce distanciel qui a fait souffrir nombre d’étudiants et de professeurs. « Si on nous demande de rallumer pour cela les caméras zoom, on perdra à nouveau la moitié de l’amphi », redoute Eric Berr, maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux.

    Pour l’avenir, il ne se fait pas d’illusions : « Les universités ont investi des millions d’euros pour équiper les amphithéâtres en dispositif de captation vidéo, j’ai du mal à croire qu’on ne nous incitera pas désormais à nous en servir, notamment pour faire face au manque de places. » Plus de 30 000 étudiants supplémentaires sont attendus dans l’enseignement supérieur pour cette rentrée. Si l’enseignant a envie de reprendre son « vrai métier, fait d’interactions et d’échanges en réel avec les étudiants », il sait que certains collègues ont trouvé leur compte avec le distanciel, et souhaitent le voir perdurer au moins en partie.
    Coopérations universitaires freinées

    Ce constat vaut selon lui aussi pour la recherche, au ralenti depuis deux ans. Car si les enseignants-chercheurs se satisfont tant bien que mal, ces derniers mois, du quasi-tout numérique « qui permet, de fait, d’assister facilement et à moindre coût à n’importe quel colloque à l’autre bout du monde », la crise a aussi mis un coup de frein aux coopérations universitaires « qui s’initient souvent lors de discussions informelles entre chercheurs, en marge des conférences ici ou là ». Si « leur retransmission vidéo va sans doute s’installer durablement, puisque le pli a été pris », Eric Berr espère que les semaines et mois qui viennent verront aussi se multiplier les rencontres « en vrai ». Comme l’impression que rien ne sera plus vraiment comme avant malgré le retour à la normale proclamé.
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    Reste que dans les amphis, au-delà de l’usage du numérique, la crise a « obligé nombre d’enseignants à se renouveler pédagogiquement, à proposer des choses différentes aux étudiants, notamment pour dynamiser les cours magistraux. Elle a accéléré une évolution latente, bienvenue, qui perdurera sans doute après cette rentrée », analyse Olivier Oudar, professeur et responsable de la filière sciences de la vie à l’université Sorbonne-Paris Nord.
    Remise à niveau

    Ce renouvellement pédagogique est, selon l’enseignant, d’autant plus important qu’il doit permettre de répondre aux possibles difficultés des étudiants cette année, qui inquiètent nombre de professeurs. « Il va falloir notamment s’adapter aux jeunes qui arrivent sur les bancs de la fac » après avoir étrenné les réformes du lycée et du bac dans ce contexte de crise sanitaire. Mais aussi remettre à niveau ceux des années supérieures.

    « Les étudiants qui entrent en troisième année de licence n’ont jamais connu une année normale, illustre François Sarfati, professeur de sociologie à l’université d’Evry. Certains contenus ont été allégés pendant leurs deux premières années. Nos étudiants n’ont par exemple pas pu mener les enquêtes de terrain prévues durant leur cursus. Il va falloir rattraper ce qui n’a pas été fait. » Un autre enseignant-chercheur va plus loin en expliquant, sous le couvert de l’anonymat : « Les établissements d’enseignement supérieur se sont assurés depuis deux ans que les taux de succès aux examens ne chutent pas trop, à l’image de ce qui s’est passé dans le secondaire avec le bac. Cela va nécessiter de s’adapter au niveau réel des étudiants que nous retrouvons aujourd’hui… »

    « Les étudiants vont-ils exiger plus de souplesse, d’individualisation, pour les cours, les examens, comme ce qu’ils ont eu pendant des mois ? », Aurore Chaigneau, UFR de droit de Paris Nanterre

    Parole d’enseignants, la relation avec les étudiants ne sera sans doute plus tout à fait la même après la période vécue. « Les étudiants vont-ils dorénavant exiger de l’institution et des enseignants plus de souplesse, voire d’individualisation, dans l’organisation des cours, des examens et de la relation pédagogique, à l’image de ce qu’ils ont eu pendant des mois ?, s’interroge Aurore Chaigneau, codirectrice de l’UFR de droit et sciences politiques de l’université Paris Nanterre.
    Détresse étudiante

    Et quid de tous les étudiants que la période a fragilisés économiquement et psychologiquement pour plus longtemps, faute de jobs étudiants et de socialisation digne de ce nom ? « Ce n’est pas parce que la crise sanitaire s’éloigne que la misère et la détresse étudiante vont disparaître en un claquement de doigts, prévient Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information à l’université de Nantes. Evidemment que ces éléments ont un impact pédagogique qu’il faut anticiper et prendre en compte en abordant cette nouvelle année », même si les leviers ne sont pas entre les mains des enseignants.

    Cela fait selon lui deux ans que les enseignants-chercheurs, loin de leurs missions premières d’enseignement et de recherche, « font aussi parfois du social » pour soutenir leurs étudiants en difficulté. Une évolution du métier dont il se serait bien passé, et qui lui fait espérer que « rien ne perdure de ces mois de crise », et que cette nouvelle année, normale, permette « d’oublier tout cela, et vite ! ».

    #Education #Université #Olivier_Ertzscheid

  • Mexico City to swap Columbus statue for one of indigenous woman

    A statue of Italian explorer Christopher Columbus, which stood on one of the main avenues of Mexico City, will be replaced by one of an indigenous woman.

    Mexico City Mayor #Claudia_Sheinbaum said the bronze likeness of Columbus would be moved to a park and a statue of an #Olmec woman would take its place.

    The Columbus statue was removed from its plinth last year ahead of protests.

    Protesters have toppled Columbus statues in Latin America and the US.

    Christopher Columbus, an Italian-born explorer who was financed by the Spanish crown to set sail on voyages of exploration in the late 15th Century, is seen by many as a symbol of oppression and colonialism as his arrival in America opened the door to the Spanish conquest.

    Mayor Sheinbaum made the announcement on Sunday at a ceremony marking the international day of the indigenous woman.

    She said that relocating the statue was not an attempt to “erase history” but to deliver “social justice”.

    Ms Sheinbaum said that the Columbus statue “would not be hidden away” but that the civilisations which existed in Mexico before the Spanish conquest should receive recognition.

    The mayor said that sculptor #Pedro_Reyes was working on a statue of a woman from the Olmec civilisation, which flourished in the Gulf of Mexico from 1200 BC to 400 BC, to replace that of Columbus on Reforma Avenue.

    The plinth on which the Columbus statue stood has been empty since 10 October 2020 when it was removed “for restoration purposes” just two days before planned protests marking the arrival of Columbus in 1492.

    Some activists had issued calls on social media for the statue to be toppled.

    https://www.bbc.com/news/world-latin-america-58462071

    #Mexico_City #mexique #statue #monument #Colomb #Christophe_Colomb #toponymie #toponymie_politique #femmes #femme_autochtones #peuples_autochtones #justice_sociale #mémoire

    ping @cede

  • The first ever Paralympics video game | GamesIndustry.biz
    https://www.gamesindustry.biz/articles/2021-09-06-the-first-ever-paralympics-video-game

    What you may be less aware of is the officially licensed Paralympics game, The Pegasus Dream Tour, which launched back in June and hosted its own in-game concert as a closing ceremony over the weekend.

    […]

    “According to the International Paralympic Committee, about 15% of the world’s population — or 1.2 billion people — are considered to have disabilities. With diversity and inclusion becoming the norm in the world of movies and TV dramas, we believe that diversity in the representation of avatars, the player’s alter ego, is equally necessary in games. We hope that this game will serve as a springboard point and help encourage the games industry to consider this level of inclusivity during their own game development.”

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #handicap #olympiades #jeux_olympiques #jeux_paralympiques #accessibilité #sega #sonic #mario #the_pegasus_dream_tour #jp_games #can_i_play_that #taeko_yoshimoto #

  • Sociologues ou gardiens de la doxa ? Qui entache la réputation de notre discipline ? La réponse de Laurent Mucchielli
    https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/220821/sociologues-ou-gardiens-de-la-doxa-qui-entache-la-reputation-de-notr

    Huit sociologues qui n’ont jamais publié le moindre travail empirique sur l’analyse de la crise sanitaire, ni sur la pharmacovigilance, m’injurient par voie de presse, sur le fondement d’un seul argument (je ne comprendrais rien à la causalité) et de sources douteuses. Voici ma réponse.

    Le 19 août 2021, 8 collègues sociologues parisiens ont cru bon de publier dans le journal Le Monde une très courte tribune https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/08/19/vaccination-contre-le-covid-19-la-sociologie-ne-consiste-pas-a-manipuler-des toute entière dirigée contre ma personne, m’insultant, me diffamant et demandant au CNRS de me sanctionner. Il s’agit de Gérald Bronner, Alain Ehrenberg, Jean-Louis Fabiani, Olivier Galland, Nathalie Heinich, Jean-Claude Kaufmann, Pierre-Michel Menger et Dominique Schnapper. On trouvera ici ma réponse qui :

    1) rappelle l’argumentation de nos huit éminents collègues,
    2) montre qu’ils valorisent la censure de Mediapart en ignorant les arguments des journalistes et des intellectuels qui ont republié nos articles,
    3) montre que, en réalité, ils ne m’ont pas lu et ne connaissent manifestement pas grand chose au sujet,
    4) s’interroge sur leurs motivations et leurs présupposés,
    5) défend effectivement une autre conception de la sociologie que la leur.

    L’argumentation des censeurs
    Selon ces 8 éminents collègues, il est heureux que Mediapart m’ait interdit de publier sur les effets indésirables des vaccins anti-covid car je tromperais mes lecteurs en me parant de mon titre professionnel de directeur de recherche au CNRS et ainsi en « présentant comme scientifique » une analyse qui procéderait « au mieux, d’une erreur d’interprétation inadmissible et, au pire, d’une falsification de données » . Et voici leur explication : mon analyse « confond les décès intervenus durant une période consécutive à une vaccination avec ceux causés par la vaccination – une causalité qui, bien sûr, n’a été nullement avérée, et dont la probabilité est infinitésimale » . La conclusion arrive immédiatement : « C’est là un exemple de la confusion classique entre concomitance et causalité. Une faute de raisonnement qui ferait sourire de la part d’étudiants en première année mais qui, commise par un chercheur au CNRS, constitue une démonstration d’incompétence professionnelle » .
    Fichtre ! Une telle agressivité surprend !

    Et ce n’est pas tout. Non content d’être un imbécile, je serais de surcroît un dangereux complotiste. En témoignerait « la multiplication de publications complotistes commises par ce même sociologue depuis le début de la crise épidémique, et que recense avec précision le site Conspiracy Watch - L’observatoire du conspirationnisme, dans un article du 6 août ».

    Tout d’un coup, ce n’est donc plus un article qui est contestable mais tout mon travail depuis un an et demi qui est qualifié de « douteuse production ». Je ne ferais qu’étaler une « position idéologique » qui « n’a rien à voir avec de soi-disant travaux de recherche indigents, voire frauduleux ». Et ils concluent que j’incarnerais une « dérive » qui « entache la réputation de notre discipline » dont eux prétendent défendre « l’honneur » . Rien de moins !

    Ainsi, l’argumentation de nos éminents collègues tient en tout et pour tout dans deux affirmations :
    1) je ne comprends rien à l’imputabilité des effets indésirables des vaccins,
    2) je suis de toutes façons un affreux complotiste, ce mot discréditant à lui seul l’ensemble de mon travail. Et la messe (d’enterrement) serait dite.

    Mediapart est libre d’adopter la doxa, d’autres ne le font pas
    Ces collègues ignorent que je n’ai pas publié un mais deux articles sur le sujet (voir https://altermidi.org/2021/08/06/le-texte-de-laurent-mucchielli-depublier-par-mediapart et https://www.ardeur.net/2021/08/la-dangerosite-des-nouveaux-vaccins-anti-covid-est-un-fait-historique ).
    Le premier (celui « dépublié » par Mediapart – puisque mes critiques n’assument pas le mot « censure ») a été republié notamment sur un site d’information générale (AlterMidi) , créé par des journalistes indépendants qui ont de surcroît motivé leur décision en écrivant fort intelligemment ceci : « Nous ne sommes pas compétents pour établir la vérité, mais nous constatons que toutes les formes de pouvoir s’arment aujourd’hui de la vérité scientifique pour imposer une marche à suivre et que la science produit des vérités en fonction du contexte social. Voilà pourquoi, avec l’aimable autorisation de son auteur, nous prenons le parti de publier ci-dessous le volet refusé en laissant aux lecteurs la liberté de fonder leurs propres opinions ».

    Le second a été publié notamment sur le site de L’ardeur , où l’équipe rédactionnelle (des intellectuels de gauche, militants de l’éducation populaire) a également longuement expliqué http://www.ardeur.net/2021/08/pourquoi-nous-publions-un-article-de-laurent-mucchielli pourquoi elle s’engageait en nous publiant. Nos éminents critiques ne les ayant naturellement pas lus non plus, je leur fais un résumé : « L’argument selon lequel sa légitimité pourrait être mise en question par le fait qu’il intervient aujourd’hui dans le domaine sanitaire, pour lequel ‘il n’a pas de compétence universitaire ou scientifique particulière’, nous semble spécieux et inquiétant. Car c’est à une question bien plus large que le seul aspect sanitaire que nous sommes confrontés. (…)

    Nous entrons aujourd’hui, sous couvert d’un ‘état d’urgence sanitaire’, dans une phase de contrôle total de la population, un nouvel ‘ordre sanitaire’ calqué sur la mise en place de ‘l’ordre sécuritaire’ (…). Après l’instrumentalisation et la stigmatisation du jeune, forcément de banlieue, celle du ‘non-vacciné’. Ainsi que l’ont montré les philosophes Barbara Stiegler et Grégoire Chamayou, les penseurs du néo-libéralisme, de Lippman à Hayek, ont théorisé le principe d’un État fort, policier et carcéral, pour maintenir sous contrôle des populations qui risqueraient de ne pas comprendre ou accepter la condition qui leur est assignée. Nous nous y dirigeons à grands pas et, une nouvelle fois, celle qui se nomme encore la gauche, dans sa quasi-totalité, fait allégeance ». En outre, ils estiment que « L’argumentation de Mediapart est par ailleurs fallacieuse car elle repose sur l’idée que le texte de Laurent Mucchielli diffuserait de ‘fausses informations’ : la rédaction de Mediapart peut contester l’interprétation que le sociologue fait des chiffres qui appuient sa démonstration, il n’empêche que ceux-ci sont officiels (…). Nous savons le pouvoir des mots : étendre la notion de ‘fausses nouvelles’, jusque-là réservée aux faits eux-mêmes, à leur interprétation est porteur des dérives potentielles les plus graves ».
    Et les auteurs de conclure que la censure par Mediapart est « un geste proprement inouï : nous revendiquons de pouvoir lire des analyses critiques de la politique sanitaire dans des médias « de gauche ». Mediapart rejoint dans ce geste de censure Facebook, YouTube et l’ensemble des médias de propagande gouvernementale ».
    On le voit, il est permis de penser autrement que dans le béat conformisme ambiant. Et nous sommes très nombreux dans ce cas.

    A propos de l’innocuité des vaccins anti-Covid
    Même en s’y mettant à huit, mes éminents collègues ne m’ont manifestement pas lu, ce qui certes permet de gagner beaucoup de temps, mais est tout de même un peu gênant lorsque l’on se permet de proférer en public de telles injures.

    Les deux articles sur la pharmacovigilance sont signés par six personnes et non une seule. Les cinq autres auteurs sont deux collègues universitaires en informatique (Emmanuelle Darles) et en mathématique (Vincent Pavan), une biologiste ancienne chercheuse à l’INSERM (Hélène Banoun), un médecin généraliste (Éric Ménat) et un pharmacien hospitalier (Amine Umlil) qui est spécialiste de pharmacovigilance. Mon nom apparaît en premier car je suis le principal rédacteur, mais les cinq autres signatures ne sont pas là pour faire tapisserie. Elles traduisent le fruit du travail d’un petit groupe, comme pour la plupart des articles que j’ai publiés sur la crise sanitaire depuis un an et demi. Mon enquête sur la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid a débutée en mars 2020.
    J’ai publié une soixantaine d’articles (que j’appelle les « épisodes » de la série) et une trentaine de collègues universitaires (de toutes disciplines) et de professionnels de santé (ambulatoires ou hospitaliers). Je suis également le rédacteur principal de cinq tribunes collectives, publiées entre septembre 2020 et janvier 2021, qui ont rassemblé à chaque fois entre 200 et 600 signataires, essentiellement des universitaires et des professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et de la culture. Tout ceci est indiqué sur la page du site Internet https://www.lames.cnrs.fr/spip.php?article1536 de mon laboratoire sur laquelle il suffit de cliquer. Mais il est évidemment infiniment plus facile de se défouler en quelques lignes et en recopiant des sources de seconde voire de troisième main plutôt que d’étudier un peu sérieusement un dossier qui fait en réalité plusieurs centaines de pages.

    Venons-en à ce défoulement. Mes huit critiques n’ont en tout et pour tout qu’un seul argument intellectuel : je ne comprendrais rien à l’imputabilité des effets indésirables des vaccins, mon raisonnement ne serait donc même pas digne d’un étudiant de première année de sociologie. Tiens donc. Vérifions alors. Relisons ce que nous avons écrit dans ces deux articles qui discutent en réalité à chaque fois la question complexe de l’imputabilité. N’importe quel lecteur honnête peut y constater que nous avançons six arguments que je copie-colle simplement ici :

    1- « Sur tous les sites de pharmacovigilance du monde, on trouve les mêmes précautions d’interprétation indiquant que les déclarations d’effets indésirables imputées à tel ou tel médicament ne sont qu’une présomption de causalité (imputabilité). Cette présomption est cependant considérablement renforcée lorsque les décès surviennent très rapidement après la vaccination, ce qui est le cas comme on le verra avec les données américaines ».

    2- « Il est évident qu’il est très difficile de déterminer la cause exacte d’un effet indésirable grave lorsque le malade présente (ou présentait s’il est décédé) des comorbidités importantes, ou lorsque son dossier médical est insuffisamment connu. Le raisonnement vaut d’ailleurs aussi pour les morts réputés causées par la covid [morts de la covid ou avec la covid ?]. Et c’est aussi pour cette même raison que, quel que soit le médicament concerné (vaccin ou autre), il ne faut jamais l’administrer uniformément mais bien au cas par cas en fonction de l’état de santé général de la personne et des éventuelles spécificités de son histoire médicale ».

    3- « En matière de mortalité, la preuve ultime de l’imputabilité qu’est la répétition du même symptôme à la suite de la même médication ne peut par définition pas être fournie (on ne meurt qu’une fois…) ».

    4- Qu’on le veuille ou non, « il existe des faits (des effets indésirables graves sont constatés dans les heures et les jours qui suivent un acte médical) et il n’est pas possible de s’en débarrasser d’un revers de la main au prétexte que la causalité directe (a fortiori unique) n’est pas établie. C’est un peu comme si on voulait contester l’existence d’un homicide au motif que l’on n’a pas encore trouvé le coupable. Les déclarations de pharmacovigilance relatives aux effets indésirables graves de la vaccination sont là, il faut les interpréter et non tenter de les cacher sous le tapis ».

    5- « On verra que la comparaison avec d’autre médicaments montre qu’il se passe bel et bien quelque chose d’inédit pour ces vaccins génétiques anti-covid ». Car nous avons également prouvé par la comparaison avec d’autres pays et avec les vaccins contre la grippe saisonnière.

    6- « Autre exemple saisissant de parti-pris : à la fin du mois de mars 2020, il avait suffi de 3 cas de décès (liés en réalité à des auto-médications surdosées) remontés par la pharmacovigilance pour déclencher en France une tempête politico-médiatique sur le thème de la dangerosité de l’hydroxychloroquine. En d’autres termes, pour la plupart des journalistes [et de certains sociologues, donc], les statistiques sanitaires sont indiscutables quand elles vont dans le sens de la narration officielle, mais elles deviennent soudainement discutables lorsqu’elles contredisent cette même narration. Cette malhonnêteté intellectuelle devrait sauter aux yeux ».

    J’ai beau réfléchir, je ne vois pas quoi ajouter. En revanche, je serais curieux de connaître les publications scientifiques m’ayant manifestement échappées, qui permettant à mes éminents collègues d’affirmer que la probabilité (que les effets indésirables graves voire mortels déclarés par les médecins à la pharmacovigilance et attribués aux vaccins le soient effectivement) est « infinitésimale » . Cela me rassurerait sur leur « compétence professionnelle ».

    Quand la sociologie de salon perd le contact avec le réel
    Je terminerai par quatre arguments que je crois importants.

    1) Sur la civilité qui fait tellement défaut à ce genre de diatribe
    « Incompétence professionnelle », même pas « le niveau d’un étudiant de première année », grave atteinte à « la réputation de notre discipline », « fraude », « balivernes »… Pourquoi m’insulter, cher(e)s collègues ? Ne savez-vous donc pas parler normalement ? Comme des gens civilisés ? Accessoirement, connaissez-vous mon CV avant de me traîner dans la boue ? Ce langage est effarant, il traduit une grave et révélatrice incapacité à maîtriser ses émotions. On y reviendra.

    Drapés dans leur hautain mépris, mes huit éminents détracteurs ne respectent donc pas les règles déontologiques élémentaires de la disputatio scientifique. Ont-ils pris réellement connaissance de mon travail ? On vient de voir que non. M’ont-ils écrit pour m’interroger sur mon travail ? Jamais. Ont-ils manifesté l’envie de débattre dans un séminaire ou un autre cénacle universitaire quelconque ? Jamais. A l’image des journalistes sans doute trop heureux de les publier (on sait combien j’ai critiqué https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/150721/la-crise-sanitaire-revele-l-inquietant-declin-du-journalisme le traitement de la crise sanitaire par le journal Le Monde notamment, et ce journal s’est bien gardé de me prévenir et de me proposer un droit de réponse), mes collègues pratiquent la tentative d’assassinat à distance. C’est tellement plus confortable. Ce faisant, ils se mettent au niveau de ce qui s’étale tous les jours sur des réseaux sociaux comme Twitter devenus le lieu d’une lutte d’influence sauvage où tous les coups sont permis. Cette façon de faire bafoue les règles les plus élémentaires de la civilité et de la déontologie universitaire.

    2) Sur le « complotisme »
    Mes savants donneurs de leçons pratiquent allègrement le procès d’intention et l’invective gratuite. Me voilà donc « complotiste ». Je me permets de leur conseiller la lecture de mon article du 16 novembre 2020 https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/161120/le-complotisme-pour-les-nuls-l-occasion-d-un-recent-documentaire intitulé « Le complotisme pour les nuls ». Cette expression est devenue à la fois un fourre-tout pour caser toute forme de critique et une sorte de point Godwin qui sert à discréditer globalement une personne pour mieux éviter d’avoir à discuter précisément ses arguments. L’étape suivante consiste à suggérer que la personne a des accointances avec l’extrême droite, quand les prétendus débatteurs n’utilisent pas l’arme ultime consistant à accuser les gens d’antisémitisme (comme certains s’amusent actuellement à le faire sur la page que me consacre le site wikipedia). Tout ceci non seulement n’est pas sérieux, mais est de surcroît insultant et diffamatoire. Le vrai conspirationnisme est une forme de pensée magique visant à expliquer le réel par le jeu de forces occultes cachées. Ceci n’a strictement rien à voir avec l’analyse sociologique que je développe pour analyser la construction de la narration officielle que j’appelle « la doxa du covid » et dont j’analyse les acteurs et les discours dans un autre épisode (central) de la série (21 février 2021) https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/210221/qui-construit-la-doxa-du-covid .

    3) Sur les sources d’information de mes détracteurs
    J’aimerais demander à mes huit savants accusateurs quelles sont leurs sources pour mettre ainsi en cause mon travail. Leur article n’en mentionne que trois, deux sources journalistiques (une dépêche type fact-check de l’ #AFP et la déclaration de la rédaction de Mediapart contre mon article) et un article https://www.conspiracywatch.info/laurent-mucchielli-de-mediapart-a-francesoir.html d’un site Internet intitulé Conspiracy Watch. Ce site m’a en effet consacré tout un article à charge pour m’assimiler en fin de compte à l’extrême droite sous prétexte qu’untel ou untel reprendrait ici ou là tel ou tel de mes propos. De la part d’un site qui a soutenu depuis un an et demi (avec d’autres https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-plus-d-un-quart-des-francais-pensent-que-le-coronavirus-a-ete-fa comme Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinion et stratégies d’entreprises à l’IFOP) que l’hypothèse de l’accident de laboratoire à Wuhan relevait du complotisme, cela fait sourire (voir notre analyse https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/100521/l-epidemie-de-coronavirus-probablement-pour-origine-un-accident-de-l ). Il s’agit d’un site assurant manifestement avant tout la promotion personnelle de son créateur, un certain Rudy Reichstadt que l’Observatoire du néo-conservatisme présentait en 2013 https://anticons.wordpress.com/2013/09/09/rudy-reichstadt-opportuniste-neo-conservateur comme « un opportuniste de la galaxie néo-conservatrice », un « expert autoproclamé », « proche de BHL », « disciple de Pierre-André Taguieff et très proche de Caroline Fourest », « c’est surtout le jeu des réseaux qui lui a permis d’exister ». Plus récemment, Le Monde Diplomatique a raconté également https://www.monde-diplomatique.fr/mav/158/BREVILLE/58491 comment « il s’impose dans les médias en tant qu’expert ès théories du complot. Il multiplie les entretiens et les tribunes dans Le Monde, Libération, Le Parisien, etc. Quand les universitaires Gérald Bronner et Pierre-André Taguieff ne sont pas libres, c’est lui qu’on invite pour commenter les dernières élucubrations sur tel ou tel attentat ». Pascal Boniface, Frédéric Lordon, Jean Ziegler et bien d’autres ont ainsi eu à subir ses attaques généralement pleines de mauvaise foi et d’amalgames. Chacun jugera si M. Reichstadt est ou non plus crédible que moi en matière de lutte contre l’extrême droite.

    J’en profite pour dire de façon générale que ce chantage permanent à l’extrême droite est non seulement profondément ridicule me concernant (j’ai combattu l’extrême droite toute ma vie, mon dernier livre https://www.fayard.fr/documents-temoignages/la-france-telle-quelle-est-9782213716800 paru en mars 2020 est tout entier dirigé contre cette idéologie) mais aussi et surtout très dangereux sur le double plan intellectuel et politique.

    Il s’agit en réalité de la stratégie du pouvoir exécutif actuel que de se poser pour 2022, comme il l’a déjà fait en 2017, en rempart contre l’extrême droite. Se dire de gauche et reprendre à son compte cette rhétorique revient donc à se tirer une balle dans le pied. De gauche intellectuelle et politique, il n’y en aura bientôt plus du tout si chacun se jette ainsi dans les bras du pouvoir actuel. Que des intellectuels se droitisent en vieillissant n’est hélas pas original. Mais que la direction d’un syndicat comme Sud Éducation (qui titre un communiqué récent https://www.sudeducation.org/communiques/pour-la-vaccination-contre-lextreme-droite « Pour la vaccination, contre l’extrême droite ») ne le comprenne pas est juste atterrant. Et il n’est pas le seul.

    4) Sur la sociologie de salon et « la réputation de notre discipline »
    Résumons : huit sociologues qui n’ont jamais publié le moindre travail empirique sur l’analyse de la crise sanitaire et de sa gestion politique, ni sur la pharmacovigilance, m’injurient et me diffament sur le fondement d’un seul argument (je ne comprends rien à la causalité) et des informations tirées de deux coupures de presse et d’un article d’un site Internet qui ne vaut pas tripette. Oserais-je dire que c’est très faible intellectuellement ? Et que cela ressemble davantage à un règlement de compte qu’à une critique scientifique ?

    Que vous ai-je donc fait de si insupportable, cher(e)s collègues ?

    Certes, bien que n’étant nullement opposé à la vaccination en soi , je critique en revanche ce que j’appelle l’idéologie vaccinale https://wonderfulnews.world/mucchielli qui, comme toute idéologie, divise stupidement le monde en amis en ennemis (pro et anti). Certes encore, je critique ce laisser-passer sanitaire incroyablement discriminatoire https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/170821/le-laisser-passer-sanitaire-un-dispositif-discriminatoire-au-sens-de (principe d’égalité entre les citoyens) en indiquant de surcroît qu’il n’a aucun fondement épidémiologique puisque la vaccination ARNm ne garantit pas de la contamination ni de la transmission du virus (ce qui est juste un fait, que l’on connaît, ou pas).

    Certes enfin, je soutiens que les quatre vaccins ARNm fabriqués en urgence par les industriels pour profiter de l’aubaine financière ont des effets indésirables plus nombreux et plus graves qu’aucun autre vaccin utilisé massivement ces trente dernières années. Et j’en conclus que la moindre des précautions serait donc de réserver ces vaccins aux personnes réellement menacées par les formes graves de Covid et de décréter de toute urgence un moratoire pour toutes les autres catégories de la population, dans l’attente de données et d’analyses plus approfondies. Je l’ai écrit, je le maintiens et je suis prêt à le défendre devant n’importe qui.

    Alors, est-ce un crime, un sacrilège, qui justifie que l’on souhaite me brûler en place publique ? Peut-être après tout, mais dans ce cas ces sociologues me permettront de leur répondre qu’ils ne font à mes yeux qu’incarner les mécanismes de domination idéologique des élites et les pressions de conformité que je mets en lumière dans mon analyse, qu’ils sont ainsi de bons petits soldats de la doxa, et qu’ils rejoignent la liste de ces intellectuels (voire une précédente polémique https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/261020/doxa-anti-raoultiste-et-police-de-la-pensee ) prenant le risque d’être peut-être considérés dans le futur comme ayant été en quelque sorte les idiots utiles d’une vaste opération idéologico-commerciale.

    Mais peut-être aussi y a-t-il autre chose qui permette de comprendre cette haine ? A vrai dire, pour certains, je me doute de la réponse. J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais de la sociologie de salon de l’un d’entre eux (voilà qu’il me fait à mon tour le coup du « danger sociologique » ! https://www.puf.com/content/Le_danger_sociologique ). Certains sont probablement par ailleurs des soutiens politiques de l’actuel président de la République (je remarque que trois d’entre eux https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/19/qui-sont-les-intellectuels-qui-ont-refuse-l-invitation-a-debattre-avec-ma étaient au fameux dîner de l’Élysée le 18 mars 2019, y servant de décor ou de caution), ce qui est évidemment leur droit mais n’est pas mon cas. Enfin, j’ai sans doute aussi le malheur de m’inspirer régulièrement de Pierre Bourdieu pour analyser doxas et sociodicées dans cette affaire. Or chacun sait combien au moins quatre autres de mes huit accusateurs ne cessent de régler leurs comptes avec Bourdieu même longtemps après sa mort. Et l’on devinera que je trouve cela pitoyable. Je n’ai pas connu Bourdieu et je ne suis pas de votre génération. Je tente simplement de faire mon métier de sociologue et mon devoir d’intellectuel engagé sur la gestion politico-sanitaire de cette crise, comme je l’avais fait auparavant à plusieurs reprises, par exemple sur les émeutes de 2005 ou sur le mouvement des gilets jaunes de 2018-2019.

    Comme plusieurs d’entre vous, je ne me suis jamais senti cantonné à un micro-domaine de spécialité. Mais je ne pratique pas la sociologie de salon. Au cours de mon enquête en cours, comme déjà dit, j’ai interviewé une cinquantaine de médecins et de chercheurs, publié une soixantaine d’articles et une bonne trentaine de collègues (tous « complotistes » et « incompétents » aussi du coup ?), passé des semaines à analyser des données statistiques. Bref, j’ai beaucoup travaillé sur la gestion politico-sanitaire de cette crise. Pas vous que je sache (mais j’attends avec grand intérêt vos publications sur le sujet). Alors la moindre des honnêtetés intellectuelles et des civilités serait de prendre au sérieux ce travail avant de prétendre porter sur lui un jugement global, a fortiori aussi caricaturalement lapidaire. A vrai dire, j’aimerais beaucoup pouvoir débattre davantage avec des collègues sociologues, dans le cadre d’un séminaire de recherche par exemple.

    Mais là, franchement, avec un langage aussi violent, des sources aussi superficielles et une argumentation aussi faible, croyez-vous être crédibles dans votre prétention à sauvegarder la « réputation de notre discipline » ? Je crains fort, au contraire, que ce genre de règlements de compte ne convainque que celles et ceux qui partagent vos petites émotions hargneuses, et fasse en définitive plus de tort que de bien à notre discipline.

    #sociologue_de_salon : #Gérald_Bronner, #Alain_Ehrenberg, #Jean-Louis_Fabiani, #Olivier_Galland, #Nathalie_Heinich, #Jean-Claude_Kaufmann, #Pierre-Michel_Menger et #Dominique_Schnapper

    #Conspiracy_Watch #agression #complotisme #censure #analyse_critique #politique_sanitaire #médias #conformisme #analyse_sociologique
    la #doxa du #covid #Jérôme_Fourquet #IFOP #Rudy_Reichstadt #Pierre-André_Taguieff #Caroline_Fourest #crise sanitaire #pharmacovigilance #police_de_la_pensée #Bourdieu #sociologie #Laurent_Mucchielli

  • Sexualité sur les réseaux sociaux : entre règles strictes et modération floue
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/08/08/sexualite-sur-les-reseaux-sociaux-entre-regles-strictes-et-moderation-floue_

    Des groupes de parole aux échanges de photos pornographiques, en passant par des images érotiques ou des vidéos dans lesquels les émojis « aubergine » ou « pêche » remplacent la représentation des organes sexuels, les réseaux sociaux regorgent de contenus ayant trait, de près ou de loin, à la sexualité. Un fossé avec le discours des plates-formes qui s’efforcent de proposer une image policée et familiale.
    Réseaux sociaux et sexualité, des liaisons dangereuses

    « La dimension sexuelle ou pornographique est assez consubstantielle de l’histoire des réseaux et d’Internet », confirme Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes et spécialiste des choix stratégiques des grands acteurs du Web. Du minitel rose à l’avènement des sites pornographiques, il n’y a qu’un pas. « Il y a toujours eu des contenus ou des communautés qui se sont construits autour de l’identité sexuelle ou autour de la diffusion d’images sexuelles », ajoute le chercheur.

    Mais depuis plusieurs années, les médias sociaux exercent une modération stricte, comme l’explique Olivier Ertzscheid : « Les réseaux sociaux ont un positionnement très pudibond et prude, sans qu’on sache s’il renvoie à des formes de morale ou d’hygiénisme, ou si c’est simplement une stratégie commerciale pour afficher une image “family friendly” [conforme aux valeurs dites “familiales”] ».

    A la pruderie s’ajoute une prudence compréhensible : selon Sarah Frier, journaliste et autrice d’Instagram sans filtre. Les secrets de la start-up qui a révolutionné nos modes de vie (Dunod, 2020), Instagram et Facebook redoublent de précaution car le risque de représentations pédopornographiques existe, surtout quand l’âge des utilisateurs est difficile à déterminer : en 2018, Facebook a annoncé avoir supprimé plus de huit millions de contenus contraires à ses règles sur la nudité et l’exploitation sexuelle d’enfants.

    Les décisions restent, cependant, parfois difficilement lisibles, d’autant qu’elles ne sont pas toujours le fait d’une modération humaine. « Au départ, les photos de nu ou les peintures étaient très acceptées sur Instagram, se souvient Sarah Frier. Mais maintenant qu’il y a beaucoup de modération faite par intelligence artificielle, la nudité est plus simple à détecter et à bannir. »

    Derrière cette modération automatique, il y a des raisons logistiques : « Facebook et Instagram doivent gérer plus de trois milliards d’utilisateurs qui postent plusieurs fois par jour… Ils n’ont pas assez de ressources humaines pour les modérer », explique Sarah Frier.

    Des algorithmes critiqués par les utilisateurs. Déjà au début des années 2010, le tableau L’Origine du monde, de Gustave Courbet, représentant un sexe féminin, s’était vu censuré par Facebook, et le compte de l’utilisateur qui l’avait publié avait été supprimé. Depuis, de nombreuses autres œuvres d’art sont régulièrement censurées. « Ils arrivent avec leur propre environnement culturel, qui reflète, d’une part, la société et, d’autre part, leur propre rapport à la morale, analyse Olivier Ertzscheid. Derrière tout ça, il y a des choix algorithmes et une difficulté culturelle à appréhender certains sujets, quitte à les rejeter au nom d’intérêts économiques. »

    Car si ces plates-formes opèrent une stratégie de bon père de famille, c’est parce que la publicité est l’une des composantes majeures de leur modèle économique. Comme l’explique Olivier Ertzscheid, « cet effort constant pour s’acheter ce label family friendly, ça leur permet de vendre l’idée que c’est safe [sûr] pour les familles et leurs enfants »… et donc, pour les annonceurs qui s’intéressent à eux.

    #Médias_sociaux #Olivier_Ertzscheid #Sexualité

  • On a peut-être trouvé une recette pour rendre le vaccin dangereux.
    La secrétaire d’État chargée de l’Economie très sociale, très solidaire et très responsable, Olivia Grégoire, enceinte, a reçu mardi une deuxième dose de vaccin administré par Olivier Véran devant les caméras (BFM-TV) pour inciter les futures mères à se faire vacciner.
    Le gars, il met un gant à la mauvaise main, celle qui tiendra la seringue qu’il n’a pas remplie lui-même, et pas celle de la compresse, puis tripote ce gant avec l’autre main non gantée, puis enlève sa veste avec la main gantée, puis pique sans aspirer pour vérifier l’absence de retour veineux.
    https://twitter.com/BFMTV/status/1420035263577968649

    #génie #Olivier_Véran

  • Jeux Olympiques de Tokyo : des "Jeux de riches" dans un pays de plus en plus pauvre
    https://www.rtbf.be/info/monde/asie/detail_jeux-olympiques-de-tokyo-des-jeux-de-riches-dans-un-pays-de-plus-en-plus

    Le budget faramineux des JO de Tokyo passe mal auprès des millions de Japonais que la pandémie a fait basculer dans la précarité.

    Dans son petit studio du centre-ville, Masako Sasaki, 82 ans, ne suivra que d’un œil les Jeux olympiques à la télé. Cette retraitée a pris en grippe l’événement à cause de son coût faramineux : plus de 13 milliards d’euros, ce qui fera de ces JO les Jeux d’été les plus chers de l’histoire olympique.

    "Pour nous, les petites gens, ces Jeux de riches, c’est vraiment un autre monde" , commente la vieille dame.


     »Moi, par exemple, ma pension de retraite est si peu élevée qu’elle ne me permet pas de manger trois fois par jour. Et puis, j’ai allumé les néons aujourd’hui pour votre venue mais, d’habitude, pour réduire ma note d’électricité, je ne m’éclaire qu’à la lumière du jour et, le soir, grâce à la télé. Le moindre yen économisé compte…"

    20% des Japonais âgés pauvres
    Keiko Kobayashi, 79 ans, peine tout autant à joindre les deux bouts. "Ma pension de retraite ne me suffisant pas pour vivre, j’en suis réduite à nettoyer des cages d’escalier dans des copropriétés" , explique-t-elle.

    "C’est dur, à mon âge, de monter et descendre sans arrêt de lourds seaux d’eau, mais je n’ai pas le choix : sans ce petit boulot, je ne m’en sortirais pas. Au Japon, 20% des seniors vivent sous le seuil de pauvreté. Bon nombre sont donc, comme moi, obligés de travailler. Tout cet argent dépensé pour les JO, on aurait dû le consacrer à l’augmentation des petites pensions de retraite… "

    Ce qui passe mal aussi auprès des Japonais précarisés, c’est le train de vie des hauts dirigeants du Comité international Olympique (CIO) qui assisteront aux Jeux. Ils occuperont des chambres d’hôtel qui coûteront parfois jusqu’à 300.000 yens (plus de 2000 euros) la nuit.

    Or, en vertu du contrat d’attribution des JO, l’essentiel de ces factures hôtelières sera payé, non par le CIO, mais par les contribuables tokyoïtes.

    Les associations caritatives débordées
    "Des nuits à 300.000 yens alors que tant de Japonais ne mangent plus à leur faim, c’est indigne" , s’irrite-t-on dans une ONG qui offre des plateaux-repas aux personnes dans le besoin.

    Elle en distribue "trois fois plus qu’avant l’apparition du virus : certains soirs, les gens doivent faire la queue pendant deux heures avant d’être servis tellement il y a du monde."

    Parmi ces nouveaux pauvres, figurent beaucoup de femmes. Car au Japon, elles occupent deux fois plus souvent que les hommes des emplois précaires. Ils sont mal payés et, en plus, donnent rarement droit aux allocations de chômage quand on les perd.

    Or, les secteurs professionnels qui ont le plus licencié en raison de la pandémie (l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, etc.) avaient très souvent recours à des salariées sous-statutaires.

    En raison de l’envolée du taux de pauvreté depuis l’apparition du virus, on estime que, désormais, 35% des ménages nippons les plus défavorisés n’ont plus les moyens d’acheter toutes les denrées alimentaires dont ils ont besoin.

    #japon #pauvreté #jo #jeux_olympiques des #riches , de l #oligarchie, de la #nomenclatura des #trés riche aux frais de la #pauvreté
    Bientôt en #France à #Paris avec la star du #ps est des #beaux_quartiers , #anne_hidalgo

  • Take Me to Your Leader : The Rot of the American Ruling Class
    https://jacobinmag.com/2021/04/take-me-to-your-leader-the-rot-of-the-american-ruling-class

    Voici une analyse des rapports de classe aux États Unis depuis le New Deal jusqu’aujourd’hui. On y apprend les noms ets prises de positions des organismes et personnages qui représentent les groupes de capitalistes les plus importants. On comprend également comment la droite à réussie à placer Donald Trum dans la Maison Blanche.

    27.4.2021 by Doug Henwood - For more than three centuries, something has been going horribly wrong at the top of our society, and we’re all suffering for it.

    Back in the George W. Bush years, I began thinking the US ruling class had entered a serious phase of rot. After a round of tax cuts skewed toward the very rich, Bush and his cronies launched a horribly destructive and expensive war on Iraq that greatly damaged the reputation and finances of the United States on its own imperial terms.

    The president and his cronies seemed reckless, vain, and out of control. Bush adviser Karl Rove dismissed the critiques of “the reality-based community,” with its conclusions drawn from “the judicious study of discernible reality.” Instead, Rove asserted, “We’re an empire now, and when we act, we create our own reality.” One waited in vain for the grown-ups to appear on the scene and right the imperial ship, but, if they existed at all, they were too busy celebrating their tax cuts and pumping up the housing bubble to bother.

    After that bubble burst, creating the financial crisis and the Great Recession, the smooth and cerebral Barack Obama seemed like a stabilizing force. That’s not what many of his more fervent supporters expected of his presidency; they were hoping for a more peaceful and egalitarian world, but they got neither. Facing the greatest economic crisis since the 1930s, one like that depression driven in large part by Wall Street, Obama was not about to do anything on the scale of the New Deal. There was the early and underpowered stimulus package, but beyond that, there would be no major reregulation of finance and no programs of public investment, income security, or redistribution. Unlike the Franklin Roosevelt administration, or even John F. Kennedy’s, for that matter, there was little political ferment around the White House, even though the Democratic policy elites came out of the same Ivy League circles as their ancestors.

    The disappointments of the Obama years prepared the way for Donald Trump. Throughout the 2016 presidential campaign, many people (including sometimes me) thought the establishment would somehow keep Trump from winning. Hillary Clinton, the product of Wellesley College and Yale Law School, would stop the vulgarian who cheated his way into Wharton from entering the Oval Office. But her brand of status-quo politics failed to inspire.

    Trump was not the bourgeoisie’s favorite candidate. He had support from provincial plutocrats but not from the executive suite at Goldman Sachs. When he took office and immediately began ransacking, one wondered if the deep state would rein him in. Maybe the CIA would even arrange a malfunction in Air Force One’s fuel line. But it was not to be. Tax cuts and deregulation made capital forget all their reservations about Trump, and the stock market made 128 fresh daily highs — on average, one every six days — between inauguration and the onset of the coronavirus crisis. It took his encouragement of an attack on the US Capitol for the big bourgeoisie to complain openly — 99 percent of the way through his time in office.

    Fish rots from the head, they say, and it’s tempting to think the same about US society. We’ve always had a brutal ruling class — more brutal at certain times (the years of slavery and Jim Crow) than others (the New Deal). But despite the brutality, there was usually a great economic and cultural dynamism. That now seems long past, and I’m not just talking about the era of Trump and the coronavirus. Something has gone badly wrong at the top of this society, and all of us are suffering for it.

    One doesn’t want to idealize the ruling classes of the past. For all of history, their wealth and status have depended on exploiting those below them — and they’ve never shied away from extreme measures if they feel that those things are threatened. But the present configuration of the American ruling class is having a hard time performing the tasks it’s supposed to in order to keep the capitalist machine running. It’s not investing, and it’s allowing the basic institutions of society — notably the state but also instruments of cultural reproduction like universities — to decay.

    Capitalists have long been driven by shortsightedness and greed. But it feels like we’ve entered what Christian Parenti calls the necrotic phase of American capitalism.

    Lest anyone misunderstand, this isn’t an argument for a better elite or a “true” meritocracy; it’s ultimately an argument for a different society, one not dependent on the rule of plutocrats and their hired hands.

    A core concept of Marxism is class struggle, but the tradition exhibits a strange dearth of investigation of the ruling class. When I first started getting interested in elite studies, I asked the Marxist political scientist Bertell Ollman whose writing he liked on the issue. He thought a moment and said, “Marxists don’t write about the ruling class.” When I asked why not, he said, “They think it’s obvious.”

    You could say the ruling class is the capitalist class, of course, but what does that mean? CEOs of Fortune 500 companies? Their shareholders, to whom they allegedly answer? What about the owner of a chain of franchised auto parts stores in the Midwest? The owner may be able to get his congressperson on the phone — a senator might be harder — to get a tax break slipped unobtrusively into a larger bill, but what influence does he have over larger state policy? Are car dealers part of the ruling class? If so, what about new versus used? And what about someone like Henry Kissinger, a man who started as a clever functionary and ended up shaping US foreign policy in much of the 1970s, and who still has an influence over how diplomats and politicians think? How about less grand politicians and high government officials? Are they employees of the ruling class or its partners — or shapers, even? It’s not at all obvious.

    Before proceeding, I should say I’m not taking seriously the idea that there is no ruling class — that there are voters in a democracy who may be divided into interest groups but none are dominant. Yes, the constrained democracy we live under is a lot better than a dictatorship would be; elections do act as a limit on elite power. But that’s a long way from the popular self-government socialists dream of. Nor am I taking seriously conceptions of a ruling class that center on PC-obsessed, organic-food-eating urban elites. That set has some influence, especially among the liberal wing of the consciousness industry, but it doesn’t shape the political economy.

    I’d say the ruling class consists of a politically engaged capitalist class, operating through lobbying groups, financial support for politicians, think tanks, and publicity, that meshes with a senior political class that directs the machinery of the state. (You could say something similar about regional, state, and local capitalists and the relevant machinery.) But we shouldn’t underestimate the importance of the political branch of the ruling class in shaping the thinking of the capitalists, who are too busy making money to think much on their own or even organize in their collective interest.

    One way to approach the question of a ruling class is through Italian elite theory, namely the work of Vilfredo Pareto, Gaetano Mosca, and Robert Michels. In his four-volume warhorse The Mind and Society, Pareto laid out a clear vision of society:

    Ignoring exceptions, which are few in number and of short duration, one finds everywhere a governing class of relatively few individuals that keeps itself in power partly by force and partly by the consent of the subject class, which is much more populous.

    To preserve its power, that governing class must be “adept in the shrewd use of chicanery, fraud, corruption.”

    Individual governing elites do not last: “History is a graveyard of aristocracies,” Pareto declared. Contributing to their passing is a loss in vigor, an effect of the decadence of the well-established and the failure to invigorate the stock by recruiting from below. For Pareto, a healthy governing class is able to absorb the leaders of the “governed” and thereby neutralize them. “Left without leadership, without talent, disorganized, the subject class is almost always powerless to set up any lasting régime.” (Karl Marx said something similar: “The more a ruling class is able to assimilate the foremost minds of a ruled class, the more stable and dangerous becomes its rule.”) But if the governing class is overcome by “humanitarian sentiments” and is unable to absorb the natural leaders of the oppressed, it could be overthrown, especially if “the subject class contains a number of individuals disposed to use force.”

    Mosca wrote at some length about strata below the ruling elite. The one just below it, which plays the officer corps to the enlisted personnel of the masses, is crucial to the health of the system and functions as the backbone of political stability. Should it erode, morally or intellectually, then society will unravel. It can tolerate foolishness at the top if the stratum just one level below is in good order — one thinks of Trump and the grown-up problem.

    Mosca saw clearly the profound relation of the family to political and economic power, something modern conservatives understand (and people who wonder about the coexistence of “family values” and neoliberal politics don’t). Upper-class parents do their best to prepare their children for rule, and there’s always a heavy dose of inheritance in social power. In an exuberant moment, Mosca wrote:

    In order to abolish privileges of birth entirely, it would be necessary to go one step farther, to abolish the family, recognize a vagrant Venus and drop humanity to the level of the lowest animalism. In the Republic Plato proposed abolishing the family as an almost necessary consequence of the abolition of private property.

    Further down, Mosca lamented the state of the European middle classes in the 1930s. He warned, “If the economic decline of [the middle] class should continue for a whole generation, an intellectual decline in all our countries would inevitably follow.” They are “great repositories of independent opinion and disinterested public spirit,” without which:

    we would have either a plutocratic dictatorship, or else a bureaucratico-
    military dictatorship, or else a demagogic dictatorship by a few experts in mob leadership, who would know the arts of wheedling the masses and of satisfying their envies and their predatory instincts in every possible way, to the certain damage of the general interest.

    He didn’t define the “general interest,” a concept often confused with what’s good for the upper orders, but the erosion of the US middle ranks over the last few decades has had a trajectory not unlike what Mosca worried about.

    Of the Italian trio, Michels is the most interesting, not least because so much of his attention is paid to the Left formations to which he once belonged. His most famous contribution is known as the “iron law of oligarchy,” a belief that organizations will always evolve into hierarchies, even parties ostensibly trying to overthrow the hierarchies of bourgeois society. Marx was right about class struggle as the motor of history, Michels conceded, but every new class coming to power will itself evolve a new hierarchy. Even syndicalists, argued Michels, who criticize the oligarchic tendencies in socialist parties and favor instead direct strike action by organized workers, need leaders. “Syndicalism is even more than socialism a fighting party. It loves the great battlefield. Can we be surprised that the syndicalists need leaders yet more than do the socialists?”

    Within socialist parties and organization, Michels pointed to the prominence of traitors to the bourgeoisie. Most of the prominent nineteenth-century socialist writers, Marx and Engels most famously, were bourgeois intellectuals; Pierre-Joseph Proudhon was a rare exception. So, too, the revolutionary leaders of the twentieth century: Vladimir Lenin came out of a middle-class family and was educated as a lawyer; Leon Trotsky was born to a rich farming family and educated in cosmopolitan Odessa; Che Guevara was another child of the middle class who was surrounded by books and political conversation as he grew up. No doubt the descendants of the old syndicalists would argue that these relatively elite origins contributed to the ossification of the Russian and Cuban revolutions — but one could cite Michels’s retort about the necessity of leaders to the syndicalists in response to that critique. Growing up bourgeois confers some advantages — time to study, as well as exposure to the nature of power — often denied to people further down the social hierarchy. Instead of lambasting their “privilege,” it might be better to welcome these class traitors.

    This doesn’t mean one should be complacent about them, or about the concept of leadership in general. Many on the Left have resisted applying Michels’s iron law to our parties and occasionally our governments, but it would be better to acknowledge the power of the tendency and figure out the best way to keep those leaders accountable through what Michels called “a serene and frank examination of the oligarchical dangers of democracy.” It’s better to be open about the reality of hierarchies than to pretend they don’t exist; even professedly leaderless organizations are subject to domination by the charismatic.

    The Italians focus primarily on politics and the state as the sites of rule, without much interest in their relations with capitalists. For an American, that seems like a serious deficit. But in some senses, the focus on politics is clarifying. That’s where class conflicts are often crystallized, sharpened to a point — more so than in the workplace, which can appear to be the site of interaction among individuals rather than classes. As the Marxist political theorist Nicos Poulantzas put it, through relations with the state, the complex and diffuse relation between classes “assumes the relatively simple form of relations between the dominant and the dominated, governors and governed.”

    We once had a coherent ruling class, the White Anglo-Saxon Protestants (WASPs), who more or less owned and ran the United States from its founding through the 1970s. Based largely in the Northeast, with offshoots in the Upper Midwest, WASPs went to the same elite schools and colleges, belonged to the same clubs, married out of the same pool, and vacationed in the same favorite rural retreats. There were Southern WASPs, descendants of the slave-owning gentry, but they never had the social weight of their northern relatives — though they did rule their region and enjoy an outsize role in Congress for decades.

    At the rank-and-file level, men worked in genteel law firms and brokerages or as executives in old-line manufacturing firms, and women did volunteer work for museums and charities and maintained the social relations that kept the group functioning together as a class. At the high end, WASPs played a role in government far out of proportion to their numbers, most notably in foreign policy. The Council on Foreign Relations (CFR), target of innumerable conspiracy theories generated from left and right for its prominent role in shaping imperial policy, traces its origins to the end of World War I, when a delegation of British and American diplomats and scholars decided to preserve the transatlantic comity of the war years and form a council whose purpose was, in the words of Peter Gosse’s official history, “to convene dinner meetings, to make contact with distinguished foreign visitors under conditions congenial to future commerce.” The CFR didn’t begin to influence policy until the 1930s, when its fellows and members helped plot the takeover of the British Empire, a concern of the Franklin Roosevelt administration.

    That special identification with England has been foundational to WASP identity from the first. But it took waves of fresh immigration from Southern and Eastern Europe, people with strange customs and sometimes dangerous politics, for the formation to come to energized self-consciousness as a class, beginning in the 1880s. That decade brought the obsession with finding one’s old-stock roots, the first country clubs, the founding of the Social Register, and, quite importantly, the opening of the Groton School by Endicott Peabody, which shaped generations of the wellborn as well as the children of arrivistes who wanted to learn the ways of the wellborn. Peabody’s vision was one of “Muscular Christianity,” popular among elites of the time, who were worried about a loss of manliness in an increasingly urban society — austere, disciplined, athletic. FDR said that the influence of Peabody and his wife meant more to him than “any other people next to my father and mother.”

    Coming out of World War II, elite WASPs like Averell Harriman (son of a robber baron) and Dean Acheson (son of the Episcopal bishop of Connecticut, who learned how to row crew from Harriman at Groton), supplemented by recruits like George Kennan (son of a Milwaukee lawyer) and John McCloy (a poor kid from Philly who learned the ways of the elite at an early age and got certified with a Harvard Law degree), shaped what would become the US empire. Their skill can’t be denied; that empire has had a long and successful run, though it now looks to be coming unglued. (The competitive pressures of having the USSR as rival, and having socialism as a plausible alternative to capitalism in the twentieth century, did bring out some of the talent in the upper crust.)

    McCloy, despite being a recruit, earned the title of “chairman of the American establishment” for having run postwar Germany and becoming a name partner of the law firm that represented the Rockefellers, Chase, and Big Oil (from which he took a break to run the young World Bank, which he kept safe for Wall Street). At one point, he was simultaneously chair of Chase, the Ford Foundation, and the Council on Foreign Relations and partner at the elite law firm Milbank, Tweed, where he basically ran US Middle Eastern policy.

    Cast into political exile in the Eisenhower years, the WASPs returned with the status-anxious John F. Kennedy, desperate for the approval of a stratum suspicious of Irish Catholics. Kennedy, who was denounced by WASP columnist Lucius Beebe as “a rich mick from the Boston lace curtain district,” went to Choate and Harvard to learn the manner of the upper orders. As president, he brought back the older patrician crew and added the notorious McGeorge Bundy, another Groton product, who would be one of the most enthusiastic promoters of the Vietnam War, a disaster that pretty much ended that caste’s dominance of foreign policy.

    Fresh from helping wreck Southeast Asia, Bundy went on to run the Ford Foundation, where, among other things, he applied counterinsurgency techniques developed in Vietnam to the urban crisis of the 1970s. Bundy’s strategy, as Karen Ferguson recounts in Top Down: The Ford Foundation, Black Power, and the Reinvention of Racial Liberalism, was to split off the “natural” leadership of the black community and incorporate it into the ruling class, then encourage the separate development of black schools and cultural institutions on an apartheid model, because the broad population just wasn’t advanced enough to join white society. The Italian elite theorists would have been proud of him.

    As the twentieth century rolled on, WASP predominance eroded in spheres other than foreign policy. The 1970s saw a mini genre of “decline of the WASP” books and articles crop up, as Jews, Eastern and Southern European ethnics, and even blacks and Latinos began to permeate cultural, political, and business elites. At the same time, the old-line manufacturing companies, headquartered not only in New York but also in outposts of the WASP archipelago like Pittsburgh and Cleveland, fell to Japanese competition and squeezed profits. Inflation and multiple generations of inheritance ate away at old WASP fortunes. And the deregulation of Wall Street that began in the mid-1970s turned the genteel world of white-shoe investment banking (and associated law firms) into a ruthlessly competitive one. Gone were the days when a well-bred young man could pop out of Yale and into a quiet job as a bond salesman.

    To use the language of finance theory, the transaction replaced the relationship. All those old WASP ties of blood and club were replaced by principles of pure profit maximization. Firms that had dealt with the same investment bank for decades shopped around to find out who could give them the best deal. The stable world of the immediate postwar decades, in which the same companies dominated the Fortune 500 and trading on the New York Stock Exchange, was transformed by a massive wave of takeovers and business failures.

    This new competitive structure destroyed the WASP dominance at the same time that it created fresh fortunes: oil and natural resources in the South and the West, and takeover artists like Henry Kravis and Carl Icahn. At the center of the turbulence was the investment banking firm of Drexel Burnham Lambert, which, though it bore a pedigreed name — the firm’s founder, Anthony Drexel, was a partner of J. P. Morgan and a member of Philadelphia’s aristocracy — had turned into a machine for borrowing lots of money and powering a fresh generation of arrivistes. But with the aristocracy in decline, the new arrivals had little to be assimilated into, unlike in Peabody’s days. Instead, the 1980s brought us stylized remnants of the old order like The Official Preppy Handbook, a guide to dressing and acting like the aristocracy, and Anglophilic clothing designed by Ralph Lauren (born in the Bronx as Ralph Lifshitz).

    Though always a major part of American life, money was about to take a starring role. It’s hard to believe now, but when Forbes compiled its first list of the 400 richest Americans in 1982, there were just over a dozen billionaires among them, and the minimum price of entry was $100 million, or $270 million in 2020 dollars. Oil and real estate tycoons were prominent among them. Now, tech and finance dominate the list, and the fortunes are far larger — the minimum price of entry in 2020 was $2.1 billion. The five richest 2020 members were worth $520 billion; in 1982, the top five were worth $11 billion, or $26 billion in current dollars. A 2015 study of the Forbes list over the years found a decreasing prominence of inherited wealth and a rise in self-made fortunes — though the new arrivals were more likely to depart the list than the pedigreed.

    The economic and financial forces that helped destroy the WASPs and create a new capitalist class deserve close attention. Much of it revolved around the stock market, as the 1970s became the 1980s. The entire model of how to run large corporations was transformed.

    Stock markets are peculiar institutions. They’re touted in the media as economic thermometers, to a public that has little idea what they do. Few people have deep ownership interest in the markets; only about half of American households have retirement accounts, with an average holding of $65,000. The richest 1 percent own 55 percent of stocks; the next 9 percent own 39 percent, leaving all of 6 percent for the bottom 90 percent. The market’s behavior can seem bizarre to outsiders and connoisseurs alike, swinging from extremes of joy to despair. Its reaction to news can be perplexing, but it’s a realm where people are all trying “to beat the gun,” an American phrase that John Maynard Keynes adopted in The General Theory of Employment, Interest and Money to describe the logic of speculative markets.

    As frivolous as the market can seem, there’s a serious business going on under all the froth. Much of the productive apparatus of the United States is owned by public corporations — that is, ones whose stock is widely held and traded on exchanges. Those shares represent ownership interests in those corporations. As detached as the stock market may appear from reality, it’s actually an institution central to class formation — the way an owning elite stakes its ownership claims on an economy’s means of production as a whole. That’s in contrast to the nineteenth century, when industrial firms were owned by individual capitalists or small partnerships. As those firms grew, they became too big to be run and funded by a small circle; their organizational form gave way to the professionally managed corporation owned by outside shareholders. That became the dominant form of economic activity in the early twentieth century.

    But the owners — the shareholders — don’t know the first thing about how to run corporations, so they have to hire specialists to do the work for them. This presents what’s known in the trade as an agency problem: the owners are dependent on hired hands to run their companies for them, but how do they know the executives are running the firms in the shareholders’ interests and not their own? Yes, shareholders elect the board of directors, and boards hire and fire top management, but in practice, it’s not easy for disperse shareholders to supervise a board, and crafty CEOs can turn boards into rubber stamps. If the market were working in accordance with official theology, it would be disciplining actors into the proper profit-maximizing behavior, but clearly that’s not enough.

    A classic work on the topic is Adolf Berle and Gardiner Means’s The Modern Corporation and Private Property, published at the depths of the Depression in 1932, when capitalism was in deep disrepute. Berle and Means, both advisers to FDR, saw the large, publicly owned corporation — ever since nicknamed the Berle-Means corporation, marked by what they call the “dissolution of the atom of property” — as a profound innovation. It was about to become, if it wasn’t already, “the dominant institution of the modern world.”

    There were many perils in this new arrangement. As Berle and Means noted, “out of professional pride,” managers could choose to “maintain labor standards above those required by competitive conditions and business foresight or . . . improve quality above the point which, over a period, is likely to yield optimum returns to the stockholders.” This would benefit other stakeholders, as we call them today, namely workers and customers, but it would be in “opposition to the interests of ownership.”

    But that was not without political promise. As good New Dealers, they thought this new capitalism could be managed responsibly after the reckless high jinks of the 1920s. Gone were the rabid profit maximizers of the robber baron era; why push to maximize profits when they’ll only be passed along to shareholders? With the profit maximizing incentive gone, under a regime of proper state regulation and enlightened management, the system was evolving into a “collective capitalism,” as Berle called it in the preface to the revised 1967 edition. Or, as the authors put it in the original text, the modern corporation is “approach[ing] toward communist modalities.” It would be more accurate to say that this view aimed to make socialism obsolete and irrelevant now that the days of Jay Gould and J. P. Morgan had given way to the man in the gray flannel suit.

    As the legal historian Mark Roe argues, the Berle-Means corporation emerged out of a nineteenth-century populist distrust of concentrated financial power. Better dispersed ownership, the thinking went, than bank ownership. These trends were reinforced by the New Deal, which broke up banks, took them largely out of the stock ownership game, and made it harder for financial operators to interfere in corporate management.

    There was a clear political intent here. As Roe notes, the New Deal leashing of finance moved issues of ownership and class division off the political agenda, issues that were hot in the 1930s. FDR was explicit about the need to break up “private socialism” — concentrated corporate and financial power — in order to prevent “government socialism.” For New Dealers — many of them renegade WASPs rebelling against their kind’s Republicanism — the point of regulation wasn’t to stifle capital, it was to legitimate it by making financial power seem transparent and disinterested.

    For the first few postwar decades, the New Deal model was standard liberal doctrine. In The New Industrial State, John Kenneth Galbraith argued that rapacious profit maximization had been replaced by a secure mediocrity, and greedy capitalists by a “technostructure.” Top managers, who were well paid but on nothing like today’s scale, saw little point in risk-taking; they wanted sales growth and prestige, not the paychecks that would later populate the Forbes 400. Today’s paychecks are driven by stock prices; in the 1950s, top executives were paid mostly straight salaries. Shareholders had become vestigial; if they didn’t like the performance of firms they held stock in, they’d just sell the shares. No one ever troubled management.

    That comfortable world began falling apart in the 1970s, as profits stumbled, financial markets performed miserably, and inflation rose inexorably. As we’ll see later, the corporate class organized to address this politically, but there was also a fierce fight within the capitalist class as shareholders began demanding more.

    Enabling that demand for more was the major shift in the ownership of stocks. In the early 1950s, households (mostly rich ones, of course) owned over 90 percent of stock; now it’s under 40 percent. Large institutional holders like pension funds and mutual funds owned about 2 percent of all stock in the 1950s; now it’s around 30 percent. While the household owners of the mid-twentieth century had common interests in rising share prices and stable, generous dividends, they had no means of organizing to influence the corporations they owned. Today’s institutional owners have plenty of means. The diffuse, passive shareholders of the past have given way to the professional money managers of recent decades.

    Deteriorating economic and financial performance, combined with the change in ownership, provided rich material for the shareholder revolution. Beginning in the 1970s, financial theorists, notably Harvard’s Michael Jensen, began to query the Berle-Means corporation. In a 1976 paper, Jensen and coauthor William Meckling noted the oddity of the public corporate form: “How does it happen that millions of individuals are willing to turn over a significant fraction of their wealth to organizations run by managers who have so little interest in their welfare?” Having raised the question, they let the arrangement off the hook, essentially saying that it’s worked well so far. Jensen turned more aggressive in the 1980s, denouncing corporate managers as inefficient wastrels sorely in need of outside discipline. He particularly liked debt as a form of discipline; if a company had big debts to pay, it would concentrate managerial minds on maximizing profitability by cutting costs and closing or selling weaker divisions.

    Theorists revived interest in a 1965 paper by law professor Henry Manne, who argued that efficiency — by which he meant profitability — would best be served by having corporations constantly up for auction to the highest bidder. What came to be known as the “liquid market for corporate control” would discipline managers, forcing them to concentrate on profits and stock prices at the expense of all those old New Deal considerations.

    As theorists like Jensen did their work, financiers developed the practice: a debt-driven restructuring of corporate America. A wave of takeovers undertaken by investment boutiques like Kohlberg Kravis Roberts (KKR) and individual takeover artists like Icahn was launched at “underperforming” firms. While details vary, the model involved borrowing lots of money, taking over target firms against management’s wishes, and forcing a sale to the operator or some third party. Corporate indebtedness rose massively and fed the broad attack on labor that was underway in the 1980s; the quickest way to cut costs and raise your stock price was to do mass layoffs. The larger point of all these exercises was to center the stock price in managerial consciousness. That would solve the agency problem: make managers think like shareholders, relentlessly cutting costs and raising profits.

    The takeover wave of the 1980s completely disrupted the corporate landscape, bringing down a lot of old names and, with them, an old corporate culture. The renegades were initially seen as disreputable and greedy, conducting an assault on old values — the “barbarians at the gate,” as Bryan Burrough and John Helyar called their book on the battle for RJR Nabisco. Texas oilman turned financial operator T. Boone Pickens framed his 1983 takeover attempt on Gulf as an attack on a pampered corporate elite. Pickens never took over Gulf; it ended up being bought by SOCAL (Standard Oil of California), but he made over $700 million by selling the stock he’d accumulated in the attempt. Another casualty of the deal was to diminish the old WASPy Pittsburgh corporate elite, of which Gulf was a pillar. And, as Fortune noted in an admiring 2019 obituary for Pickens, raids like his changed the way managers did business; the constant fear of a hostile takeover was “revolutionary, forever changing the way companies interacted with their shareholders.”

    As often happens, the debt mania came to a bad end when too much money was borrowed to buy bad assets at excessive prices. The model collapsed in a wave of bankruptcies and a long recession in the early 1990s. But later in that decade, shareholders came up with a new ploy to press their interests: pension-fund activism, perversely led by public funds like the California Public Employees’ Retirement System (CalPERS). (Curiously, KKR, one of the pioneers of the 1980s takeover movement, which had initially been seen as reckless and maybe scandalous, was legitimated on Wall Street when it won an investment from the Oregon state pension fund; the second K, Henry Kravis, still publicly thanks the fund for helping launch them. Everywhere you look, you can see that states shape markets.) CalPERS would draw up lists of underperforming companies and lobby management to tighten the ship — meaning cut costs and boost the stock price. When I interviewed the chief counsel of CalPERS in the mid-1990s, I asked him about the propriety of using funds held in workers’ names to pursue an anti-worker agenda; he said they just cared about maximizing returns.

    The result of all this was to turn the stock market into an ever-updating grade on corporate performance. To induce managers to think like shareholders, their compensation was increasingly linked to the stock price. The intra-capitalist family fight looked to have been resolved in favor of shareholders. Predictable mediocrity, the lodestar of the 1950s and 1960s, had given way to the cult of the profit-seeking CEO with a 25 percent return on equity.

    The shareholder revolution of the 1980s was supposed to make the passive investor a thing of the past. No longer would management run companies as private fiefdoms with little outside supervision: they’d be disciplined by activist investors and real-time report cards provided by stock prices.

    That was the case for quite a while, but the intraclass peace treaty after the shareholder revolution has brought back several aspects of that old world. Two are especially important: the growth of index funds and the explosion in stock buybacks, through which corporations have shoveled trillions of dollars into their shareholders’ pockets.

    Financial theory from the 1960s onward argued convincingly that it’s nearly impossible to beat the market. Sure, there are star investors like George Soros and Warren Buffett, but most people aren’t them. Instead of trying to beat the market, many investors decided to settle for matching it. Big money managers like Vanguard began offering mutual funds that replicated prominent stock market indexes, notably the S&P 500, by investing in the component stocks in proportion to their weights in the index. Because the management of an index fund is almost automatic, fees are very low compared to actively managed funds, which require the attention of highly paid specialists (who rarely deserve their compensation given how many of them lag the averages they’re supposed to beat).

    Over the last decade, law professors Lucian Bebchuk and Scott Hirst report, 95 percent of all inflows into investment funds have gone to passively managed funds, like mutual funds. The lion’s share has gone into funds managed by the Big Three (BlackRock, Vanguard, and State Street), and that proportion has been rising. In 1998, those three firms held about 5 percent of the total capitalization of the S&P 500, an index made up of the stocks of the largest blue chip corporations. That share is now 21 percent, and it’s almost certain to keep growing. Managers of index funds rarely challenge management — and why would CEOs listen to them if they couldn’t, by definition, sell their stock? And while managers of passive funds swear that they care deeply about their corporate governance responsibilities — high-mindedly called “stewardship” in the literature — they have little economic incentive to do much. Any improvement caused by an indexer’s stewardship would accrue to other indexers as well, which would violate all norms of capitalist rationality. And with fees as low as they are, there’s not much money around to pay the stewards. Those entrusted with that task have about half a day for every company they cover. Index fund managers sometimes say they engage in behind-the-scenes lobbying of corporate managers, but the Big Three had no engagement at all with more than 90 percent of the firms in their portfolios.

    Of course, the kinds of supervision that authors like Bebchuk and Hirst long for, like dismantling defenses against hostile takeovers, aren’t good for the working class. But this does represent a significant departure from the early hopes of the shareholder revolutionaries. There are still activist hedge funds that take positions in companies they see as underperforming to provoke management changes or takeovers, but they’ve become a lot rarer than they were in the 1980s, when CEOs routinely felt like they were under siege.

    If you can’t buy and sell stocks based on corporate performance, there’s less discipline coming from the stock price. A financial world in which index funds dominate is one where the stock market plays almost no role in how corporations are run. That prompts the question: Who needs outside stockholders?

    In 2016, Inigo Fraser Jenkins, an analyst with the investment house Bernstein, declared indexing “worse than Marxism.” Central planning is bad enough, he argued, but a system in which capital allocation was purely formulaic looks backward rather than shaping the future, which will damage innovation. Soon after writing that, Fraser Jenkins was diagnosed with lymphoma, and when he returned from his brush with death, he wrote a near-four-thousand-word essay musing on whether what he does for a living is worth it. Both those positions are worth taking seriously. With stockholders tending in the direction of autopilot, are they irrelevant?

    This new unity of purpose between managers and shareholders has produced some perverse results, notably an eagerness to shower the shareholders with corporate cash. In both academic and popular theory, the stock market is supposed to be a way to fund corporate investment; shareholders are providing capital to firms in need of it. In fact, the stock market does very little of that. According to statistics collected by finance professor Jay Ritter, US corporations raised just over $755 billion in initial public offerings (IPOs) — first sales of stock to the public by previously private corporations — between 1998 and 2020. That pales in comparison to the $8.5 trillion firms spent buying back their own stock over the same period, which is still only half their profits. Such stock buybacks — which were mostly illegal before 1982 — are intended to boost prices and make shareholders happy. But since CEOs and other top executives are now paid mainly in stock, buybacks make them happy, too. (Research by the Washington Post and the Securities and Exchange Commission has found that corporate executives often sell into a buyback program, profiting off the lift all the corporate purchases give to prices.) The Berle-Means corporation has been transformed into a machine for stuffing vast sums into the wallets of shareholders and CEOs.

    A study by Germán Gutiérrez and Thomas Philippon shows that buybacks have depressed investment, and that firms with high share ownership by index funds and other broad mutual funds that hold stocks rather than trading them aggressively (which, it should be said, makes excellent financial sense) do more buybacks and stint more on investment. Another reason to ask why we need outside shareholders.

    The capitalist class is showing faint signs of rethinking the shareholder-first orthodoxy. In August 2019, the Business Roundtable, big capital’s trade association, issued a statement signed by 181 CEOs declaring the business had social goals other than profit-making — responsibilities to “all stakeholders — customers, employees, suppliers, communities and shareholders.” Commenting on the statement, JPMorgan Chase chair Jamie Dimon vowed “to push for an economy that serves all Americans,” a wish that is hard to square with his role in life. A subset of Wall Street money managers has been pushing for corporations to take environmental, social, and governance (ESG) factors into account when investing. That sounds nice, but a primer on ESG filters published by CNBC reports that such exemplars as Microsoft, Lyft, and Honeywell (which, among other things, makes parts for military aircraft) pass the worthiness test.

    Just after Joe Biden’s inauguration, BlackRock boss Larry Fink announced that because “climate risk is investment risk,” he would be voting shares under that firm’s management against boards and CEOs that failed to show “significant progress on the management and reporting of climate-related risk, including their transition plans to a net zero economy.” In that statement, Fink also expressed concern for those capitalism has forgotten to treat well, though he was sparing in detail on how he’d change things. After that high-minded display, however, Fink is finding some of Biden’s early climate moves a bit extreme. There’s the bottom line to consider.

    While much of this is risible, considering the sources and their material interests, the rhetorical shift is noteworthy. The corporate class is feeling unloved in ways it hasn’t since the 1970s.

    At the same time the stock market was acquiring a larger role in our economic life, so was a countermovement toward privatization. The number of public corporations has fallen dramatically — though their share of the economy has, if anything, grown — through mergers as well as the growth of private equity (PE), a form of business that hearkens back to the nineteenth century, before the emergence of the Berle-Means corporation.

    Curiously, modern PE traces its roots to some of the prime agents of the shareholder revolution, buyout boutiques like KKR. Of course, the 1980s buyout firms weren’t the first to prowl the financial landscape, armed mostly with other people’s money and looking to do deals — you could see J. P. Morgan himself as such an operator — but they were obscure players in the early postwar decades. The 1982 buyout of Gibson Greetings, led by former Treasury secretary (and avid right-wing propagandist) William E. Simon, made him and his partners millions of dollars when the company went public sixteen months later. It’s often credited as the deal that got the 1980s buyout movement going, but it was KKR, founded in 1976 by three alumni of the late investment bank Bear Stearns (which blew up in the 2008 financial crisis), that really made the headlines. Among KKR’s triumphs of the 1980s were the buyouts of Safeway — which led to mass layoffs, union-busting, and worker suicides — and RJR Nabisco, the deal that inspired the 1989 best-seller Barbarians at the Gate.

    With the end of the “roaring ’80s,” the markets and the economy entered a period of doldrums that they didn’t emerge from until the middle of the next decade. Buyout activity slowed markedly, as corporate America tried to digest all the debt contracted during the period of extreme exuberance. There was a surge with the dot-com mania of the late 1990s, a retreat when it collapsed, another surge in the mid-2000s, a bigger retreat when the whole world nearly fell apart in 2008 (a year when a private equity titan, Bain’s Mitt Romney, ran for president), and yet another surge over the last decade.

    The core structure of private equity is fairly simple. A small management team raises a pool of money from rich individuals and institutions, then cruises for deals. The outside investors don’t have much say in how things are run; they have to trust that the management team knows what it’s doing. The typical target is an established firm that has seen better days. The PE shop buys the firm and works it over, cutting costs — most notoriously through layoffs but also by selling or closing the weaker operations. The purchase usually involves a major amount of borrowed money — money contributed by the outside investors is just a foundation, on top of which sits copious amounts of debt — which means a good deal of the target’s cash flow has to be devoted to paying off interest and principal. On top of that, the new PE owners often issue debt in the target’s name and pay themselves rich dividends with the proceeds. Returns for the PE firm’s principals can be very generous; outside investors, however, don’t necessarily do so well after the principals take their cut. The goal is usually to sell the firm to someone else several years down the line, either to another PE firm or to the public with a stock offering.

    Private equity has become a major employer — not directly, since their staffs are relatively small, but through the companies they own. The Carlyle Group, KKR, and Blackstone together employ close to 2 million people. It’s odd to think about PE this way. As Financial Times columnist Gillian Tett put it a few years ago, because of “their ruthless focus on efficiency and profit,” these companies are “better known for cutting jobs” than creating them.

    Private equity’s apologists say the model contributes to growth and employment, but lately, PE has been in the news for carnage in retail — chains like Toys “R” Us were killed in part by the enormous debt imposed by their PE owners — and for jacking up the price of health care, where the buyout artists have recently been working their magic. PE went from being little involved in health care twenty years ago to having a massive presence today. Hospitals, medical and dental practices, and ambulance operators were taken over and often “rolled up,” as they say in the business, into large, heavily indebted regional or national behemoths. With the unexpected costs of the COVID-19 crisis, the PE model “amplified . . . salary cuts, layoffs, and bankruptcies across the health care industry,” in the words of an article in, of all places, the Journal of the American College of Radiology. Faced with unexpected costs and little financial cushion, “the short-term focus of the PE model led to hard cost cutting rather than more in-depth planning for the future.” Salaries and staff were slashed amid a profound health emergency.

    But what’s most striking about PE is how it’s reconfigured the capitalist class — away, to some degree, from the dispersed ownership of the public company and back to a narrower ownership group. Curiously, many of the PE firms have themselves gone public, including KKR and Blackstone. Blackstone’s IPO in 2007 was exquisitely timed, arriving as the first symptoms of the great financial crisis were revealing themselves; you’d suspect that the firm’s two leading figures, Stephen Schwarzman and Hamilton “Tony” James (a member of Henry and William’s family), surmised that things were about to go south and it’d be a good time to cash in on the exuberance of the investing public. Blackstone’s principals kept all the voting shares and the right to set their own pay. Other PE firms have engaged in similar maneuvers to maintain tight management control. Even going public hasn’t changed the industry’s predilection for calling the shots with little external supervision.

    A less malignant subset of PE is venture capital (VC), which provides money to start-ups, many of them in tech. It’s not picking over “incumbent” old companies for unexploited values; it’s trying to create new value, some of it fanciful.

    In a world made flush with free Federal Reserve money — trillions of it after the 2008 financial crisis, and a few more trillions amid the COVID-19 crisis — VCs have had cash to burn. The characteristic creature of the time has been the “unicorn,” if it achieved a billion-dollar valuation, and a “decacorn” if it managed ten times that. The exuberant funding of unprofitable firms was reminiscent of the late-1990s dot-com era, but unlike that time, the public didn’t participate through the stock market — it was funded by VCs using money from institutional investors and billionaires.

    In the historiography of Wall Street, VCs and other “insiders” were the smart money who began selling off their investments to the masses through IPOs when it looked like time to get out. That was the spirit of the late 1990s, captured by star analyst Henry Blodget’s characterization of a now-forgotten stock called 24/7 Media as a “piece of shit” even while his employer, Merrill Lynch, was urging clients to “accumulate.” Blodget, who was fined $4 million and banned for life from the securities business, went on to be a financial journalist.

    This time, though, the VCs held back, waiting years to go public. Word was that they and their beneficiaries didn’t want all the scrutiny that came with an IPO — pesky shareholders wanting their say and their share. And when some of the big names finally made their debut, many initially fell on their faces. That didn’t stop the IPOs, however; from 2018 onward, we’ve seen some of the most vigorous activity in initial offerings, though nothing like the late 1990s. The public company is far from dead, but it’s not as alluring as it once was.

    Recent decades have seen another throwback to nineteenth-century models: an increasing prominence for the owners of very profitable private firms. A study of US tax records, “Capitalists in the Twenty-
    First Century,” by economist Matthew Smith and colleagues, finds that a large portion of the upper ranks — just over half of the proverbial 1 percent — is populated by the owners of closely held firms, rather than the public company CEOs who get so much of the press. Under American tax law, these are structured as pass-through entities, meaning their profits are untaxed at the firm level and distributed directly to their owners, either a single individual or a small partnership.

    The form has grown sharply over the decades. Its share of total business income rose from 10 percent in the mid-1980s to 35 percent in recent years. Contributing to that growth are both a rise in value added per worker and an increasing share of that value taken by the owners.

    Who are these owners? Most of them (85 percent) are “self-made,” at least in the sense that their parents were not in the 1 percent — though the remaining 15 percent whose parents were is fifteen times their share of the population. They’re unlikely to operate in capital-intensive industries, like manufacturing, which are more appropriate to conventional corporate forms. As the authors say:

    Typical firms owned by the top 1–0.1% are single-establishment firms in professional services (e.g., consultants, lawyers, specialty tradespeople) or health services (e.g., physicians, dentists). A typical firm owned by the top 0.1% is a regional business with $20M in sales and 100 employees, such as an auto dealer, beverage distributor, or a large law firm.

    These enterprises yield a nice living for their owners, especially at the highest end. Firms owned by the top 0.1 percent (those with annual incomes of $1.6 million or more) have an average of seventy-four employees who yield a profit of $14,000 each for the boss — more than $10 million in total. Few of these owners have more than one business, which makes for some precarity, and few businesses survive their owners. Even at the high end, this is not “Big Capital,” though it’s fat personal income. But they make up much of the top 0.1 percent — 84 percent of it in all. That’s thirteen times the number who make their big incomes as officers of public corporations; in the aggregate, privateers make eight times as much as their corporate comrades.

    An interesting take on regional elites — those who live outside metropolitan centers and own businesses that might be small by globalists’ standards but are big in local terms — comes from the historian Patrick Wyman. Wyman wrote about what he called the “local gentry” in his hometown of Yakima, a city of 94,000 in Washington’s fruit and wine country, a long 140 miles from cosmopolitan Seattle. They own the region’s orchards and vineyards, and the businesses that serve those industries. Many are quite rich — not private equity rich, but enough to fund, in Wyman’s words, “hilltop mansions, a few high-end restaurants, and a staggering array of expensive vacation homes in Hawaii, Palm Springs, and the San Juan Islands.” You can say the same of hundreds of small cities around the country — Jeep dealers, McDonald’s franchisees, construction companies.

    This formation looks a lot like a major base for the Republican Party: fervent enemies of taxes and regulations who may be too dispersed to cohere independently as a class but who can be nurtured by conservative politicians, donor networks, and think tanks. As of late October 2020, Yakima’s contributions to Donald Trump exceeded those to Biden by two or three times — a sharp contrast with Seattle, where, in some zip codes, Biden was ahead by as much as a 72:1 margin (and with five times as many dollars as Yakima). Upper-class Yakima is part of a formation that has been around for a long time; they were the financial base of right-wing politics back when Richard Hofstadter was writing about the paranoid style, but they’ve gotten a lot richer.

    It’s not just geographical, it’s also a sectoral angle to the class base for right-wing politics. The MyPillow guy, Mike Lindell, was the most charmingly visible of Trump’s marginal business supporters, but there are also characters like Marty Davis, whom the Washington Post described as a “quartz-countertop mogul” based in suburban Minneapolis, at whose lakefront house Trump held an indoor fundraiser just before his COVID diagnosis. Minneapolis is far from a backwater, but Davis operates in an industry that would never qualify for inclusion in the commanding heights of capitalism. Still, the Davis family, which diversified into countertops after a successful run in the dairy business, was rich enough to have made a brief appearance on Forbes’s 2015 list of America’s richest families, with $1.7 billion in net worth.

    All these developments do have some things in common: the share-price-motivated and buyback-driven public corporation, the extractive private-equity model, and the more exploitative closely held firm that dies with its founder all aim to take out as much money as possible, without much consideration for the future.

    The two-party system has undergone a remarkable transformation over the past several decades. Once the party of New Dealers and Southern segregationists, the Democrats have evolved into a coalition of the softer side of the metropolitan establishment and a progressive wing the party leadership hates. And the GOP, once the party of the northeastern WASP elite, has evolved into a coalition of plutocrats and an enraged provincial petite bourgeoisie (often mistaken for the “white working class”).

    Both transformations can be read as driven partly by circumstances and partly by conscious effort applied to parties themselves. For example, the decline of manufacturing weakened the Democrats’ labor base as well as the economic base of the old WASPs in the Republican Party. Democrat support for civil rights drove Dixiecrats out, and Richard Nixon’s Southern strategy welcomed them into a Republican Party that had once been fairly progressive on civil rights.

    But there were also vigorous internal restructuring programs that transformed the ideological coloration of the parties. In the 1980s, the Democratic Leadership Council (DLC), led by the likes of Bill Clinton, aimed to reinvent the Democratic Party for the neoliberal era by purging it of progressive forces left over from the 1960s and 1970s. The goal was to make it friendly to Wall Street and the Pentagon while dropping the civil rights and tree-hugger talk, and it was largely successful, as the party found popular support among professionals in the nicer suburbs.

    Without downplaying the importance of the transformation of the Democrats — always a party of capital that had to pretend not to be one for electoral purposes — it must be said that the change in the GOP and the growth of the Right are a far more interesting story, because that’s where the organized energy among the bourgeoisie has been for decades.

    In The Paranoid Style in American Politics, Richard Hofstadter quoted a woman who greeted Dwight Eisenhower’s victory over Ohio senator Robert Taft at the 1952 Republican convention by saying, “This means eight more years of socialism.” That seemed daft at the time, but now, many Republicans view Joe Biden and Kamala Harris as communists of some sort.

    Back in the 1950s, the Right was basically a movement of intellectuals funded by provincial petit bourgeois industrialists — the owners of machine tool makers in Milwaukee and the like. They saw Walter Reuther’s United Auto Workers (UAW) as socialism on the march, and Eisenhower as too accommodating of it. (Contempt for Eisenhower drove a lot of right-wing organizing in the 1950s.) The big bourgeoisie had made an unhappy peace with the New Deal. The corporate and Wall Street establishment, based in the Northeast, featuring marquee names like Rockefeller, du Pont, Pew, Mellon, and Whitney, and supplemented by small-town worthies from the Midwest, found political expression in Eisenhower’s party, a formation that survived into the early 1960s. They were temperamentally conservative in the sense of being cautious, but not ideologically driven.

    For most of the twentieth century, there was a great deal of ideological diversity within the two major parties. Though more conservative than the Democrats on economic issues, the Republican Party had a liberal wing, just as the Dems had a conservative one. Though it’s hard to believe today, when the Republican Party routinely race-baits to win the votes of white bigots, the GOP of the 1950s and 1960s often had a stronger civil rights record than the Democrats, because they didn’t have a large Southern component. Into the 1960s, the Republicans were frequently stronger than Democrats on civil liberties, too. There had long been far-right tendencies in the Republican Party — most notoriously Wisconsin senator Joseph McCarthy, who ended up disgraced after a wild run in the 1950s but whose obsessions, like hatred of upper-class Harvard-educated liberals, prefigured his modern descendants. But the party was dominated by northeastern WASPs. As Taft, a leader of the party’s conservative Midwestern wing, put it in 1952 after losing the presidential nomination to Eisenhower, “Every Republican candidate for President since 1936 has been nominated by the Chase National Bank.” Chase was a Rockefeller family enterprise, and it was certainly not socialist. But Eisenhower was not a reactionary. As he wrote to his brother:

    Should any political party attempt to abolish social security, unemployment insurance, and eliminate labor laws and farm programs, you would not hear of that party again in our political history. There is a tiny splinter group, of course, that believes that you can do these things . . . [but] their number is negligible and they are stupid.

    The business branch of that “splinter group” had a material problem with the Eisenhower-era settlement: General Motors may have preferred life without the UAW, but it could afford to pay union rates, especially in exchange for labor peace. Smaller fries couldn’t. They were caught in the petite bourgeoisie’s classic position, squeezed by big labor and big capital. Their freedom was under siege, and they reacted by funding a right-wing insurgency. The John Birch Society was founded in 1958 by the retired CEO of a Massachusetts-based candy company, Robert Welch, who’d made a fortune off lollipops and Junior Mints. Welch was rich, but he was no Rockefeller or Mellon.

    Three years earlier, William F. Buckley, a few years out of Yale, founded National Review, with the mission of “stand[ing] athwart history, yelling Stop,” as he wrote in the magazine’s first issue in November 1955. As incredible as this may sound now, Buckley had trouble raising money for the magazine and needed help from his father, a small-time oil baron. As Buckley later put it, the capitalists didn’t seem all that interested in the project of saving capitalism.

    Eisenhower’s tepidity and compromises energized the Right, whose insurgency was almost Bolshevist in its ideological and organizational discipline. The Bolshevik tendencies were no accident. There were not only intellectuals like James Burnham, a Trotskyist turned cofounder of National Review, but important organizers like Clif White and the ex-Communist Marvin Liebman, who consciously emulated Red tactics in organizing their insurgency, from organizational and ideological discipline to how to dominate a meeting. That rigor and energy dismayed and disoriented the moderates, who preferred politeness and compromise above all things.

    The Birchite and Buckleyite tendencies would eventually split, sort of — but before they did, they united in their affection for Arizona senator Barry Goldwater as their political avatar. Continuing the provincial petit bourgeois theme, Goldwater was the grandson of the founder of a five-outlet department store chain based in Phoenix — a flyspeck next to the likes of Macy’s. Goldwater — or, more accurately, Goldwater’s supporters — launched a bid for the 1960 Republican nomination that failed badly and had victor Richard Nixon betray the Right in several ways, but most visibly with his choice of the Massachusetts aristocrat Henry Cabot Lodge Jr as his vice presidential candidate.

    Goldwater tried again in 1964, and though he would eventually be crushed in the general election by Lyndon Johnson, the convention that nominated the Arizonan was an important rite of passage for the conservatives. As journalist Murray Kempton put it, “This convention is historic because it is the emancipation of the serfs . . . The serfs have seized the estate of their masters.” New York governor Nelson Rockefeller, a leader of the moderate Republican faction whose name embodied the old elite’s domination of the party, was shockingly heckled, a sign of the WASPs’ impending decline. The party’s transition on race was made crudely clear by insults directed against black attendees — one of whom saw his jacket deliberately burned with a cigarette. Jackie Robinson, who was a delegate, said that the performance made him feel like “a Jew in Hitler’s Germany.”

    Movement conservatives were undeterred by Goldwater’s massive loss and continued with their plot to take over the Republican Party. A year later, Buckley ran for mayor of New York on the Conservative Party ticket, with the conscious aim of drawing enough votes away from the liberal Republican John Lindsay to elect the Democratic candidate, Abraham Beame, and thereby weaken the GOP’s left flank. (The contrast with left liberals, who condemn any third-party challenge that might lead their party to a loss, is a vivid symptom of their lack of conviction.) Buckley initially thought he’d harvest votes from the city’s WASP elite, but they were put off by his social conservatism. Instead, he tapped into the growing backlash of white ethnics — the people at the end of the subway lines, as future Nixon adviser Kevin Phillips, lead architect of his anti–civil rights Southern strategy, put it. Buckley ended up with 13 percent of the vote — not huge, but a nontrivial amount for a third-party candidate, and a sign of things to come.

    Though much of that backlash was driven by race, there was also a class angle that most center-left analysts overlook. Lindsay was a social liberal and very attentive to the concerns of black New Yorkers, but on economic policy, he worked largely on behalf of the city’s powerful real estate industry, reflecting his patrician base. At the time, city policy was several years into accelerating the eviction of manufacturing and working-class housing from Manhattan and replacing it with offices and upscale residences. This was good for financiers, developers, and lawyers, but not for working-class whites — who expressed their resentment by lashing out at blacks and liberals rather than the less visible moneybags.

    Nixon, elected in 1968, would work similar resentments on a national scale, developing a mass base for conservative politics. But he mostly governed to the left of his rhetoric. His time in office brought us food stamps, the Environmental Protection Agency, and a proposal for a guaranteed annual income. Those compromises with liberalism energized the Right the same way Eisenhower’s had two decades earlier. (In the brief period when I was a young conservative, I cast my first presidential vote against Nixon because he was too liberal.) But Nixon provided longer-term assistance to the cause of the Republican right with his Southern strategy — appealing to the resentments of white Southerners (and their fellow thinkers in the urban North) over the social gains of black Americans.

    During Nixon’s final years as president, the Right began mobilizing in the extraparliamentary realm as well. Sidney Blumenthal’s 1986 book The Rise of the Counter-Establishment traces the ascent of the insurgent right’s policy infrastructure. The book is a reminder that while capitalists have a gut sense of their class interests, they can’t really think in detail about policy. For that, they fund think tanks.

    Blumenthal highlights a shift within the capitalist class that led to a change in the political complexion of its hired intellectuals. For decades, the corporate establishment funded the likes of the Council on Foreign Relations (which has, among others, a David Rockefeller room); the Brookings Institution, a hotbed of Democratic centrism; and the American Enterprise Institute (AEI), which is conservative but, as Rockefeller once said, not “far out.” According to Irving Shapiro, CEO of DuPont in the 1970s and one of the era’s business statesmen, AEI shaped capitalist thought in that decade.

    A new cadre of rising Sun Belt entrepreneurs rejected this establishmentarian order, lusting for something more muscular. As Blumenthal points out, many of the nouveaux riches ran their own firms, unlike the old elite, who were the heads of public corporations. To the new class, that traditional order was stagnant. In 1973, beer mogul Joseph Coors founded the conservative think tank the Heritage Foundation, which took some time to get going but eventually became a powerhouse as the Reagan revolution set in.

    This new subclass brought a fresh worldview. As Blumenthal puts it, “The Sunbelt entrepreneurs possess neither authority endowed by inheritance nor authority stemming from bureaucratic function. For almost all Sunbelt entrepreneurs, social status is derived entirely from crisp new money.” Heritage, the intellectual avatar of this consciousness, spun forth multiple-volume briefings for the Reagan administration, much of which found its way into policy.

    But the big capitalists weren’t screaming for Ronald Reagan. In Blumenthal’s telling, they had to be pulled in his direction, and the think tanks played an important role in that process. Walter Wriston, the influential chair of Citibank from 1967 to 1984, said that his East Coast business set underestimated Reagan’s skills. His crowd initially preferred a more orthodox candidate, like former Texas governor John Connally or George H. W. Bush, for the presidency in 1980. But they came around. David Rockefeller provided the ultimate blessing: “My enthusiasm has grown. I didn’t adequately recognize the strength of his leadership.” Rockefeller’s conversion came about despite the early conservative movement’s ire toward his family and institutions like the CFR that it endowed.

    Blumenthal’s arrivistes held a mix of envy and contempt for the old establishment, resenting its prestige while lamenting its decadence. It’s curious how that view still pervades the American right, even though that old establishment is considerably reduced. Equally curious is how its institutions, the Ivy League universities, have become the boutique workshops for producing today’s meritocracy. While it’s tempting to point only at the Democratic side of that formation — the Clintons, Barack Obama — some of our leading right-populists have a similar institutional pedigree, a formation distinguished by its denunciation of elites. Josh Hawley went to Stanford and Yale Law; Mike Pompeo, Tom Cotton, Ted Cruz, and Ron DeSantis all went to Harvard Law. The former New Right, once the joint project of a rising subclass and movement conservatism, has aged into a game played by cynics.

    Blumenthal’s account centers on movement conservatism, which the corporate establishment didn’t participate in. But it began mobilizing on its own, developing new institutions and reviving older ones to fight the inflation-prone, worker-friendly(ish) Keynesian order and impose what we would later call the neoliberal agenda.

    As Benjamin Waterhouse emphasizes in Lobbying America, many of the businesspeople who pushed that neoliberal agenda in the 1970s were neither movement conservatives nor self-made entrepreneurs but career managers. They were often socially liberal. But they objected to the host of new demands coming from women and racial minorities, as well as to the explosive growth in regulation. This strained the accommodation with the New Deal and the Keynesian state beginning in the late 1960s, a discontent that intensified in the 1970s when inflation and fiscal recklessness seemed not like transient problems but the foundations of a new disorder. Deepening the hurt feelings of capitalists was perceived hostility to business in public opinion, popular culture, and, increasingly, among their employees.

    The major old-line business lobbies, the National Association of Manufacturers and the US Chamber of Commerce, had lost credibility and power in Washington because of their relentless anti-labor and anti–New Deal stances in the postwar decades, ceding ground to more accommodationist organizations.

    It took some time for capital to mount its counterrevolution. Modern business political action committees (PACs) got their start in the early 1960s, but their ranks were thin and their legal status murky until the Federal Election Commission legalized them in 1975. The number of corporate PACs subsequently exploded.

    You can’t tell the story of the new political consciousness of the 1970s business class without mentioning the Powell Memorandum, named after Lewis F. Powell, then a corporate lawyer and later a Supreme Court justice. Writing to the Chamber of Commerce in 1971, Powell worried about “the Communists, New Leftists and other revolutionaries who would destroy the entire system,” but he worried even more about the spread of antibusiness attitudes in previously respectable realms like academia, the media, and churches, and among intellectuals, artists, and even politicians. He lamented the passivity of business in the face of these existential threats and urged a massive ideological mobilization by capital to make a fundamental case for its legitimacy.

    While the influence of the Powell memo is sometimes exaggerated, it did embody the business wisdom of the time and help inspire a quadrupling of the Chamber’s membership during the 1970s. Shedding its musty reputation but not its conservative politics, it reinvented itself as a slick, modern organization — but one railing against occupational safety inspectors and environmental regulations. It argued that business had no social responsibility, a position once associated with marginal figures like Milton Friedman, who was himself on the verge of becoming not at all marginal. The renascent Chamber became an important part of the Right’s institutional structure.

    But capital was organizing on other fronts as well. The Business Roundtable, made up of the CEOs of 150 large corporations, was founded at a private club in Manhattan in 1973 to fight the antibusiness drift of American politics. But the founding wasn’t on the executives’ initiative — they needed political actors to organize them, as they often do. When visiting Washington in 1971, John Harper, CEO of Alcoa, was urged by Treasury secretary John Connally and Federal Reserve chair Arthur Burns to form a “nonpartisan” lobbying group for big business as a whole — something that had never existed before. There were specific trade associations but nothing to represent the whole crew. Harper and several colleagues founded the Roundtable in 1973, an early sign that capital was becoming a class “for itself,” one capable of consciously organizing to pursue its own power and interests. It was, unlike the Heritage Foundation crowd, bipartisan, pragmatic, and (by its own imagining) nonideological.

    The Roundtable came into being just as the Right was founding its flagship think tanks: Heritage was born in the same year, 1973, and the Cato Institute four years later. For that relatively brief moment — the late 1970s into the early 1980s — productive parallel agitation by the mainstream business lobby and the newly mobilized right would result in moments of political triumph like the appointment of Paul Volcker to the chairmanship of the Federal Reserve and the election of Ronald Reagan as president. Together, Volcker and Reagan would end the “inflationary spiral” of the 1960s and 1970s and break the economic and political power of organized labor.

    That triumph, however, would lead to a dissolution of capital’s broad political unity. As Lee Drutman shows in The Business of America Is Lobbying, his history of the industry, after creating an infrastructure for politicking, the focus of business narrowed dramatically, to sectoral and even firm-specific issues. Its fragmentation was so complete that it was unable or unwilling to mobilize when a posse of hopped-up reactionary GOP backbenchers shut down the government and threatened default on Treasury bonds. In an interview, Drutman explained this silence as a symptom of capital’s narrowing field of vision:

    It’s a business-wide issue, and they’re all looking out for their own narrow interests . . . Business rarely lobbies as a whole . . .Success has fractured them. When there was a lot at stake, it was easy to unify. They felt like they were up against Big Government and Big Labor. But once you don’t have a common enemy, the efforts become more diffuse . . . There’s not a sense of business organized as a responsible class.

    Most of the organizational energy ever since has been on the Right. The most prominent figure in that agitation for decades has been Charles Koch, a rare case of a serious capitalist organizing independently on his class’s behalf. Along with his late brother David, Charles has led a small but very rich network of plutocrats who have pushed American politics to the right at every level of government over the last few years. The family’s money comes from control of a private company, Koch Enterprises, with $115 billion in annual revenues. Were it a public corporation, it would rank around seventeenth in the Fortune 500.

    The Koch network organizes regular conferences for the like-minded, where they raise money and plot strategy, and their tentacles have spread into every state in the country. The circle — now with hundreds of major donors, distributing hundreds of millions of dollars every year — is thick with hedge fund managers and fossil fuel magnates, supplemented by a rank and file drawn from the pass-throughs in the top 0.1 percent. At the summit, financiers like Steven Cohen, Paul Singer, and Stephen Schwarzman — who mostly run their own investment funds rather than working for established banks — were drawn to the enterprise in the early Obama years, fearing he was a reincarnation of FDR about to crack down on their business models. (As it turned out, he never did much more than call them “fat cats” once, a remark many on Wall Street never forgave him for.) They were joined by carbon moguls who were afraid Obama was serious when he said, upon clinching the Democratic presidential nomination in 2008, “this was the moment when the rise of the oceans began to slow and our planet began to heal.” A big portion of the Koch network consists of financiers who own their own firms and not public corporations. They don’t like anyone telling them what to do — neither government nor outside shareholders.

    Unlike many on the Left, Charles Koch has never seen a contradiction between electoral work and other organizing. His network showers cash on right-wing candidates up and down the ballot, but it also supports professors, think tanks, publications, and advocacy organizations — all as part of a coherent, long-term, and ideologically rigorous strategy. There’s nothing remotely like them in US politics.

    That’s not to say there isn’t some big money on the liberal left — just not as much, and not as ideologically coherent. The closest liberals come is the Democracy Alliance (DA), which was founded in 2005 and gets money from George Soros and other, less famous monied liberals. But it distributed only about $500 million in the first decade of its existence — less than the Koch network spends on one election cycle. And unlike the Koch network, whose spending is tightly controlled by the leadership, DA members decide where to spend their money.

    For Koch, following the model laid down by Friedrich Hayek and his comrades, political ideas have a production chain. The Mont Pelerin Society, the organization of neoliberal economists convened in a village by that name in Switzerland in 1947 on Hayek’s invitation, had a clear conception of how to spread its influence. Peak intellectuals, like Hayek, Ludwig von Mises, Milton Friedman, and other luminaries of the movement, would develop ideas, which would spread down to think tanks, then to politicians and journalists, and finally to the public. (Friedman spanned several levels of the hierarchy at once, writing books and papers that were influential in the economics profession at the same time he lobbied politicians and wrote a column for Newsweek.) As Burton Yale Pines of the Heritage Foundation put it back in the 1980s, “Our targets are the policy-makers and the opinion-making elite. Not the public. The public gets it from them.”

    One of the principal actors in the Koch family’s intellectual production and distribution network has been Richard Fink. Fink, then an NYU grad student in economics, dropped in on Charles one day in the late 1970s and asked for money to found a libertarian institute. Koch wrote him a check, which he used to set up the Center for the Study of Market Processes at Rutgers. He soon relocated it to George Mason University (GMU), where it became the Mercatus Center. In 1985, the Koch-funded Institute for Humane Studies moved from California to join Mercatus at GMU. This sequence of events transformed a formerly obscure state university in the DC suburbs into the Vatican of libertarian intellectual life. They’ve reproduced the model at universities around the country, financing institutes and endowing chairs with considerable influence over the direction of research. Unlike many leftists, Koch and co. take academia seriously.

    In a 1996 article, Fink outlined his master strategy: an intellectual economy of producer goods and consumer goods, as in the real economy, reminiscent of the Mont Pelerin structure. The intellectuals, often university-based, are the makers of the producer goods (ideas), which are then transformed into intermediate goods by think tanks, and ultimately into products for mass application by activists. Or, as Koch himself put it, “libertarians need an integrated strategy, vertically and horizontally integrated, to bring about social change, from idea creation to policy development to education to grassroots organizations to lobbying to litigation to political action.” He’s done a lot to make it happen.

    Think tanks are the middlemen in the production and dissemination of ideas. One of the most important has been the Cato Institute, founded in 1977 with Koch money. The name came from Murray Rothbard, the libertarian economist, who emphasized there was nothing “conservative” about the institute’s mission: he dismissed conservatism as “a dying remnant of the ancien régime . . . ineluctably moribund, Fundamentalist, rural, small-town, white Anglo-Saxon America.” For Rothbard — like Koch and Cato — libertarianism is a revolutionary doctrine. Koch money also funded the Reason Foundation, best known for its eponymous magazine. Reason was founded by a Boston University student in 1968 and published out of his dorm room in its early days. A decade later, Charles Koch agreed to finance it if it remained “uncompromisingly radical.”

    All these Koch-fueled entities — GMU, Cato, Reason — busily schooled Republican politicians and operatives throughout the 1980s and 1990s on the wisdom of privatization and austerity.

    There are other right-wing mega-donors, though none with the broad scope and vision of Koch. Hedge-fund billionaire Robert Mercer, who was originally part of the Koch network and then went off on his own, was a major funder of the Trump campaign and the Breitbart News operation. Another striking pair of characters is Richard and Elizabeth Uihlein. Richard inherited a bunch of Schlitz beer money and then built a second fortune in the Uline packaging business. They support media, like the Federalist, and candidates that some on the Right find a little hot to handle, like Roy Moore, the Alabama judge with a taste for teenage girls. They’re also major supporters of the Club for Growth and Scott Walker, former governor of their home state, Wisconsin.

    Right-wing funders, led by the Koch network, have created scores of policy outlets around the country. The State Policy Network (SPN) has sixty-six affiliates and over eighty associates populating every state but North Dakota. Founded in 1992 by the industrialist Thomas A. Roe, who had set up the first of these think tanks in South Carolina six years earlier on a suggestion from Ronald Reagan (politicians in the lead again!), the SPN flock develops policies, disseminates propaganda, and trains personnel to promote “economic liberty, rule of law, property rights, and limited government,” which, in practice, means gutting regulations, cutting taxes and services, privatizing public schools and pension systems, and destroying unions.

    Closely associated with the SPN is the American Legislative Exchange Council (ALEC), which shares funders and priorities but operates at the political ground level, writing bills and lobbying legislators. Since state and local governments often function in obscurity, with part-time legislators and thin staffs, having prewritten bills and trained politicians is a vital lubricant for the right-wing agenda. Aside from the usual right-wing funding sources, ALEC also draws from a wide variety of business interests, often by offering their assistance on a specific policy issue and then bringing the firms more permanently into the fold.

    It’s an impressive network, running from the Oval Office all the way down to places like Schoharie County, New York, where a Mercer-funded think tank has been agitating. It’s been crucial to Republican control of statehouses across the country, influencing the shape of Congress because of their jurisdiction over districting and electoral law.

    Despite this power, the Right has never achieved political hegemony, nor have its business patrons achieved economic hegemony. The Koch network is rich, but its wealth pales next to the Fortune 500’s cash flow. One way to make this point is to poke about their think tanks, where money is made into policy. There’s a decided lack of big names.

    The board of the Cato Institute, despite its ties to the Koch world, is heavy with second-tier and third-tier capitalists — the chair of something called TAMKO Building Products, a Missouri-
    based firm; a managing director with Susquehanna International Group, a money management firm based in Bala Cynwyd, Pennsylvania; and the former owner of the Tennessee-based Young Radiator Company. Koch aside, it’s light on seriously elite connections.

    As is the Heritage Foundation. Its president, Kay C. James, was previously a dean at Regent University, the school founded by televangelist Pat Robertson. Another link to the educational right is board member Larry Arnn, president of Hillsdale College, a deeply conservative institution that takes no federal cash so Washington can’t tell it what to do. Other trustees include a corporate headhunter with two degrees from Baptist colleges; a real estate developer and chair of a food service company, both of which almost no one has heard of; the chair of a small maker of wearable biosensors; the head of a small private equity firm; another PE guy who advertises himself as “a life member of MENSA and the NRA”; and “one of America’s leading authorities on the development of human potential and personal effectiveness.” Its major funders contain few recognizable names outside standard right-wing circles (Bradley, Coors, Scaife, Walton). Its lower order of funders includes some big names — ExxonMobil, GE, Google, Visa — but they’re greatly outnumbered by much smaller ones.

    Contrast this with the centrist Brookings Institution, whose board includes ambassadors from Goldman Sachs, Deutsche Bank, TD Bank, Duke Energy, and Young & Rubicam. Its top funders include the Gates Foundation, the Hewlett Foundation, the Carnegie Corporation, the Rockefeller Foundation, Comcast, Google, JPMorgan Chase, Chevron, Exxon-Mobil, Shell, Time Warner, Toyota, AIG, and the governments of Japan, Qatar, and the United Arab Emirates — and even the libertarian would-be secessionist Peter Thiel, who, like any big investor, knows the importance of diversification. Or take the Clintonite Dems’ favorite think tank, the Center for American Progress, which has a “Business Alliance” — price of admission: $100,000 — that includes Comcast, Walmart, GM, GE, and Boeing.

    But their relatively inferior class status still hasn’t stopped the Right from winning lots of fights. As Blumenthal pointed out, the businessmen around Reagan were not heavyweights; they brought us Duracell batteries, the Diners Club credit card, and Lassie — two second-tier brands and a defunct fictional dog. Despite that light footprint, their intense organization and commitment have allowed the Right to punch way above its weight. These intrepid capitalists served as an avant-garde for their larger, more cautious comrades. It’s a messy business, cutting taxes and regulations.

    Another dimension of the Right’s influence is what it does to the respectable left. As Thatcher adviser Sir Alan Walters told me at a conference twenty years ago, the Iron Lady’s most lasting achievement was her transformation of the Labour Party, which had ceased to stand for much. Something analogous happened with the post-Reagan Democratic Party, which has played an enormous supporting role in the organizational and ideological collapse of New Deal/Great Society liberalism. The party turned its attention away from the urban working class (which was savaged by deindustrialization) and toward professionals in the suburbs. But you would never characterize this formation as brimming over with political or intellectual passion of any sort.

    Trump is thankfully a fading memory, but his relation to the right-wing counter-establishment is worth a closer look. Most weren’t all that interested in him; he certainly served part of their agenda, but the economic nationalism bothered these apostles of the free movement of goods, capital, and labor. An exception was Robert Mercer, the hedge fund billionaire famous for Cambridge Analytica (which turned out not to be some AI Svengali but rather a bit of a fraud), who threw Trump some money and brought Steve Bannon and David Bossie — the head of Citizens United, who mounted the famous legal case that opened politics to vast and secretive funding — into his orbit. Bannon and Bossie gave Trump, never much on political philosophy, some right-wing ideology (notably “America First nationalism”) and connections. The Koch set at first kept their distance from the new administration. But they did have an in through Marc Short, Mike Pence’s chief of staff, who headed a Koch front group called Freedom Partners from 2011 to 2015. Trump — or, given his ignorance of policy, more likely Pence — soon turned to the Koch network for advice on staffing his new administration.

    A well-organized force is ideally suited to fill a vacuum. The Koch touch was most visible in energy and environmental policy, but they had personnel placements elsewhere as well. Former CIA director and secretary of state Mike Pompeo was once known as “the congressman from Koch” when he represented the Wichita area in Congress from 2011 to 2016. Earlier, he had a business career in that city that was partly funded by Koch Industries.

    The network’s influence extended to informal advisers as well. Trump took advice on energy from pals like fracking magnate Harold Hamm, whom Jane Mayer described as a “charter member of the Kochs’ donor circle.”

    The Kochs won some victories in the Trump era: a generous loosening of energy and environmental regulation, friendly court appointments, and fat tax cuts. But they never did repeal Obamacare, and the tariffs and immigration restrictions were major losses. Trump’s rhetoric about immigration and Muslims were among the reasons Charles Koch refused to endorse him. Much of corporate America wasn’t happy with that part of Trump’s agenda either, but they were too happy with their tax cuts to do much about it until the Capitol riot.

    But a new class fraction did find expression in, or at least had affinities with, the Trump administration. As I argued above, the business coalition that came together in the 1970s to lobby for deregulation and tax cuts largely dissolved as a united force when it got what it wanted. Rather than a broad agenda, the business lobby narrowed to focus on sectoral and individual corporate interests. The Chamber of Commerce, though purporting to speak for business in general, came to rent itself out to specific clients, often unsavory ones. Big capital is socially liberal — or it pretends to be. It has no interest in the Christian right’s moral agenda, nor is it nativist. Almost every Wall Street and Fortune 500 company has a diversity department, handling everything from anti-racist training sessions to the corporate float for the annual LGBT pride parade. Their worldview is little different from Hillary Clinton’s — but they’re not passionately engaged in politics. They write checks, but profits are high, and the tax rate they paid on those profits over the last few years was the lowest it’s been since the early 1930s.

    They’re layabouts compared to the class fraction I’m describing, a gang made up of the owners of private companies as opposed to public ones, disproportionately in dirty industries. The financier wing comes largely out of “alternative investments,” hedge funds and private equity, not big Wall Street banks or Silicon Valley VC firms. Most alternative investment operations are run as partnerships with a small staff, often under the direction of a single figure. Collectively, they look like freebooters more than corporate personalities, and asset-strippers more than builders, be it natural assets in the case of the carbon moguls or corporate assets in the case of the PE titans. Trump himself ran a real estate firm with a small staff and no outside shareholders. Like a private equity guy, Trump loaded up his casinos with debt and pocketed much of the proceeds.

    The prominence of private ownership is striking, and it’s politically reactionary. Lately, institutional investors have been lobbying for some action on climate — not profit-threatening action, of course, but something. Central bankers are starting to make similar noises; they’re increasingly worried that a financial system reliant on carbon assets (which could easily collapse in value when they’re recognized for the climate-killers they are) might run into serious trouble. Since they have no outside shareholders, the Kochs and Hamms of the world are spared having to listen to this chatter.

    This alliance between the private corporate form and political reaction is a reminder of Marx’s observations on the topic. He described the emergence of the corporation, with its separation of ownership and management, as “the abolition of the capitalist mode of production within the capitalist mode of production itself, and hence a self-abolishing contradiction.” Workers could hire managers as easily as shareholders, or maybe perform the task themselves. The stockholder-owned public corporation was a stepping-stone to a truly public entity. Short of that ambition, public firms are more transparent and subject to outside pressure than those controlled by a small, secretive circle of owners.

    But, as we’ve seen, such owners have proven highly capable of organizing as a political force. Corporate America isn’t averse to working with Koch organizations. Exxon and Microsoft worked with the Koch-heavy Citizens for a Sound Economy to push very specific agendas. But these are usually temporary, targeted crusades; none have the durability and ubiquity that the Koch agenda itself has. And that agenda has a substantial toehold on state power.

    Returning to the theories of Nicos Poulantzas, while there are often divisions within the capitalist class, its predominant bloc organizes a “general interest.” The contradictions remain, but the hegemonic fraction creates sufficient consensus to rule by universalizing its worldview as part of its dominance (or, as Marx put it in a classic formulation, “the ideas of the ruling class are in every epoch the ruling ideas”). That kind of consensus seems to be missing in US politics in recent decades, a point that became very clear during the Trump era. The corporate and financial establishment, initially suspicious of rule by such a volatile incompetent, never tried to rein him in. He was never interested in a universalizing rhetoric, as Poulantzas’s hegemonic fraction is supposed to be. Instead, he stoked division almost every time he tweeted.

    Within the GOP, the petit bourgeois mass base — the car dealers and accountants — is in conflict with its big business wing, and neither can gain political or ideological hegemony over the whole society. (That intraclass conflict became sharp and visible during Trump’s second impeachment hearing.) The Democrats, for that matter, look divided between the old centrist DLC faction — tied to parts of Wall Street and big capital, represented by Biden — and a younger, more leftish, and more energetic activist wing. It’s much easier to imagine (to take some names from the fuzzy past) Everett Dirksen and Lyndon Johnson coexisting in the same universe than to picture Marjorie Taylor Greene and Ro Khanna as colleagues in governance. Until the 1990s, the federal government never shut down for any length of time because of the inability to pass a proper budget; since 1995, the US government has shut down to a significant degree five times, for a cumulative total of eighty days, and political leaders openly suggested that a default on Treasury securities might be a salutary measure. There’s something fractured in a state that engages in periodic shutdowns.

    Bourgeois pundits often lament “divided government” and the inability to compromise, which they attribute to partisanship or bad temperaments. A more fundamental reason may be that no fraction of capital, neither the older centrist kind nor the upstart right-leaning kind, is able to achieve hegemony. The Right has considerable strength at elite levels, but in the popular realm, it’s only the Electoral College, voter suppression, and aggressive gerrymandering that keeps it electorally competitive. Its position is greatly aided, however, by the deep weakness of more centrist forces, who lack serious intellectual or political energy. As the Right discredits itself with ludicrous attacks on the Capitol and farcical QAnon conspiracies, the center-left is feeble. The geriatric nature of the mainstream Democrat leadership is a sign of exhaustion. We’re a long way from when DLC-style politics, as terrible as they were, had at least the superficial appeal of novelty. Now we’ve got the No Malarkey Express parked in the Oval Office.

    Elite division looks to be in stark contrast with the coherence and breadth of the WASPs, a relatively narrow, homogenous owning class bound by inherited wealth that married out of the same mating pool; went to the same schools; belonged to the same clubs; owned a lot of capital; ran the major industrial companies, law firms, and banks; ran major educational institutions like prep schools and universities; ran major cultural institutions like universities and museums, as well as the philanthropies that shaped social thought and cultural life; and defined the limits of liberal politics. WASPs also populated government, like C. Douglas Dillon in the Treasury or Dean Acheson at the State Department or Nelson Rockefeller as the governor of New York. We shouldn’t be nostalgic for them; they were often deeply racist and driven by notions of the “white man’s burden.” But they had a unity and authority that our current rabble of grifters and parvenus lacks.

    That stratum’s leading analyst, the sociologist E. Digby Baltzell (himself a product of Philadelphia’s Main Line) thought a society like ours needed an authoritative elite of the sort his brethren once were. As he put it:

    [U]nfortunately success is not synonymous with leadership, and affluence without authority breeds alienation . . . the inevitable alienation of the elite in a materialistic world where privilege is divorced from duty, authority is destroyed, and comfort becomes the only prize . . .

    The essential problem of social order, in turn, depends not on the elimination but the legitimation of social power. For power which is not legitimized tends to be either coercive or manipulative. Freedom, on the other hand, depends not in doing what one wants but on wanting to do what one ought because of one’s faith in long-established authority.

    For those of us who believe in democracy, this is an unacceptably hierarchical view of society. But in a society like ours, one deliberately structured to magnify elite authority and limit the power of the horde — if you don’t believe me, check out Federalist No. 10, in which James Madison makes it quite explicit his constitution was designed to do just that — the quality of governance depends profoundly on the nature of that elite. Our contemporary pack of plutocrats and scammers looks incapable of legitimation or coherent rule — and it appears to be nowhere near up to the challenge of climate change. Maybe Biden’s top economic adviser, Brian Deese, who came to the White House after handling ESG issues for BlackRock, will organize his class buddies into a significant force on addressing climate, but Larry Fink’s objections to Biden’s early executive orders suggest he’ll have quite a task on his hands. And that’s before the Koch network and the Freedom Caucus have gone to work.

    Alas, it must be conceded that, until the bonds of that constitution are broken and something approaching a real democracy is instituted, Baltzell has a point about how the loss of ruling-class authority — a legitimation crisis — might lead to social tensions and disorder. With the center so weak, it does present an opportunity for the organized right to make gains — but it presents an opening for the Left, too.

    Making revolution against the ruling class, however, is a hell of lot harder than making a revolution within it.

    #USA #capitalisme #lutte_des_classes #oligarchie #politique #affaires #commerce #élections #histoire

  • #covid #canada #confinement Un détective privé embauché par des Églises pour surveiller un juge en chef du Manitoba
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1808411/eglise-proces-restrictions-sanitaires-manitoba-glenn-joyal-covid

    Le juge en chef de la Cour du Banc de la Reine du Manitoba, Glenn Joyal, a affirmé avoir été suivi par un détective privé qui tentait de le surprendre à ne pas respecter les règles sanitaires relatives à la COVID-19 actuellement en vigueur.

    Glenn Joyal a mentionné avoir été suivi lors d’une audience de la cour, lundi.

    Dans une déclaration commune, l’Association du Barreau canadien et l’Association du Barreau du Manitoba ont dénoncé “sans réserve” le recours à un enquêteur privé contre le juge en chef de la Cour du Banc de la Reine du Manitoba.

    Glenn Joyal préside à l’heure actuelle un procès intenté par sept Églises manitobaines qui contestent les restrictions sanitaires en place.

    Lundi, il a affirmé, dans un premier temps, qu’il ne savait pas qui avait engagé le détective.

    Les Églises s’excusent
    Néanmoins, un peu plus tard, l’organisation représentant les sept institutions religieuses s’est excusée pour avoir recruté un détective privé dans le but de suivre le juge.

    John Carpay, qui est le président du Centre juridique pour les libertés constitutionnelles et qui représente les sept Églises, a déclaré que son organisation avait engagé le détective afin de surveiller le juge qui préside le procès intenté par son organisation.

    Il a déclaré au tribunal que l’organisation avait embauché des enquêteurs privés pour suivre un certain nombre de personnalités publiques partout au pays afin de les attraper en cas d’infraction aux règlements de santé publique.

    Glenn Joyal a précisé avoir pris conscience qu’il était observé le 8 juillet. Un véhicule l’a, en effet, suivi après qu’il a quitté le tribunal, situé au cœur de Winnipeg, et conduit dans la ville.

    Le détective l’a suivi jusque chez lui et a fait appel à un jeune garçon pour sonner chez lui afin de confirmer son adresse.

    Une menace à l’intégrité
    Pour l’Association du Barreau canadien et l’Association du Barreau du Manitoba, “le recours à un enquêteur privé, tel que décrit par le juge en chef Joyal, menace l’intégrité des procédures judiciaires, déconsidère l’administration de la justice et constitue une atteinte à son droit à la vie privée”, indiquent-elles dans une déclaration commune.

    “Il soulève en outre de graves problèmes de sécurité pour la magistrature, les auxiliaires de justice et le personnel judiciaire, ajoutent les associations. C’est particulièrement inquiétant que l’emplacement de la résidence et du chalet du juge en chef Joyal soit connu.”

    Les associations ajoutent que ce type de comportement à l’encontre d’un juge “n’a en aucun moment sa place dans le déroulement d’un procès”.

    La juge en chef de la Cour provinciale, Margaret Wiebe, indique pour sa part dans une déclaration qu’elle partage les préoccupations de Glenn Joyal.

    “Le fait que n’importe quelle partie dans une procédure embauche un détective privé pour suivre un juge en chef, ou n’importe quel juge, dans le but d’obtenir de l’information pour les mettre dans l’embarras où les intimider de n’importe quelle manière, est choquant et constitue un affront à nos principes démocratiques et à l’administration de la justice”, dit-elle.

    Le ministre de la Justice du Manitoba, Cameron Friesen, a aussi fait valoir ses préoccupations.

    “Notre gouvernement croit que personne ne devrait être dans une situation où il ne se sent pas en sécurité en faisant son travail”, dit-il.

    “Des situations similaires ont récemment été portées à la connaissance du premier ministre. Puisque ces affaires font actuellement l’objet d’enquêtes, je ne peux pas fournir davantage de commentaires”, poursuit le ministre Friesen.

    Lundi, lors d’une conférence de presse portant sur la COVID-19, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin a déclaré qu’il ne savait pas s’il avait été épié par un détective privé, mais sa famille et lui, a-t-il ajouté, ont été la cible de nombreuses menaces pendant la pandémie.

    Le Dr Roussin dit qu’il a même dû signaler à la police des activités suspectes autour de sa maison.

    “On peut comprendre que cette pandémie a beaucoup nui aux Manitobains. Mais je crois qu’aucun d’entre nous ne peut penser que des menaces contre une personne ou sa famille soient acceptables”, ajoute Brent Roussin.

    Des actions qui “compromettent l’indépendance judiciaire”
    Le professeur agrégé de la faculté de droit de l’Université du Manitoba, Gerald Heckman, croit que les actes présumés du Centre juridique pour les libertés constitutionnelles “compromettent l’indépendance judiciaire”.

    “Tel que la Cour Suprême le soutient”, personne de l’extérieur — que ce soit un gouvernement, un groupe de pression, un particulier ou même un autre juge — ne doit intervenir en fait, ou tenter d’intervenir, dans la façon dont un juge mène l’affaire et rend sa décision, souligne le professeur.

    Il ajoute que les juges ont une responsabilité publique dans l’administration de la justice, notamment à travers les raisons qu’ils fournissent pour leurs décisions, et qu’ils “ne devraient pas être soumis à des actions qui pourraient être perçues comme de l’intimidation”.

    Gerald Heckman note que les actions présumées dans cette affaire soulèvent des questions d’éthique professionnelle en ce qui concerne le comportement de l’avocat des sept Églises.

    Le code de conduite de l’Association du Barreau du Manitoba affirme qu’un avocat ne peut pas tenter d’influencer la décision d’un tribunal ou des magistrats sauf par des “moyens de persuasion ouverts à titre d’avocat”.

    “Une enquête complète et impartiale de toutes les autorités compétentes est nécessaire pour déterminer si des lois ou des obligations professionnelles ont été enfreintes”, conclut-il.

    La police de Winnipeg a été prévenue et une enquête est ouverte.

    De son côté, Glenn Joyal a assuré que cet événement n’aura pas d’influence sur sa décision dans le procès qu’il préside, mais qu’il était impensable de ne pas le mentionner pendant l’audience à cause des implications potentielles liées à l’administration de la justice.

     #enquêtes sur le réel comportement de l’ #oligarchie #oligarchies #démocratie #inégalités #pouvoir #surveillance #santé #coronavirus #sars-cov-2 #égalité #justice
     

  • New Nintendo Switch, Same Drifting Joy-Cons - iFixit
    https://www.ifixit.com/News/51167/new-nintendo-switch-same-drifting-joy-cons

    The RKJXY controller, which is a dead-ringer for the controller inside the Joy-Con, is rated for 1,000,000 cycles of directional operation. That’s half the life of the 2,000,000-cycle potentiometers that have already been causing problems for PS5 and Xbox owners. There’s even a note in the RKJXY’s product sheet that the little stick is “not recommended for new designs”; not a pressing concern for Nintendo, it seems.

    #joystick #joypad #jeu_vidéo #jeux_vidéo #console #usure #longévité #joy-con #joy-con_drift #nintendo_switch #défaut #défaillance #oled #réparation

  • #Projet_Liberté, un projet de réseau social (ou, plus exactement, d’infrastructure sur laquelle bâtir un réseau social) avec une chaîne de blocs (continuez à lire : c’est sérieux), des identités auto-gérées et de la décentralisation.

    Le site officiel : https://www.projectliberty.io

    Le protocole sous-jacent : https://www.dsnp.org #DSNP

    Le papier blanc, plutôt sérieux :
    https://github.com/LibertyDSNP/papers/blob/main/whitepaper/dsnp_whitepaper.pdf

    C’est porté par un milliardaire, via son institut #McCourt (partenariat avec SciencesPo https://newsroom.sciencespo.fr/premier-partenaire-academique-en-europe-du-mccourt-institute-sci)

    Un article dans les médias en français : https://www.leparisien.fr/high-tech/donnees-personnelles-frank-mccourt-investit-100-millions-de-dollars-dans-

    En anglais : https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-06-20/real-estate-mogul-frank-mccourt-has-a-100-million-plan-to-replace-faceboo

    #décentralisation_Internet #réseau_social

  • Big Mother : Démocratie et névrose
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1049-Big-Mother-Democratie-et-nevrose

    Première partie disponible ici (.../...) Démocratie et névrose Assistons-nous, sous la bonne, trop bonne, emprise de Big Mother, à la « chute d’Éros », au triomphe de l’idée individualiste qu’avec l’autre commence l’enfer (Sartre aurait raison), et que mieux vaut économiser son capital narcissique, plutôt que de tenter de se lier à autrui dans l’amour ou le désir ? Peut-être est en train de s’effacer ce que nous rappellent les trois siècles de théâtre ou de romans que la #Psychanalyse n’a fait que redire (...) #Crises_économique,_sociale,_politique

    / #Psycho-sociologie, Schneider M., #Anthropologie, #Politique, #Livre, #Oligarchie, #Progressisme, #Apathie, #Insignifiance, (...)

    #Schneider_M.

  • Priver Donald Trump de Facebook, était-ce « la » bonne solution ? – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/priver-donald-trump-de-facebook-etait-ce-la-bonne-solution-20210609_C6ESG
    https://www.liberation.fr/resizer/4KgeH85ELDR_bRChfFjlO5MT4Ow=/1200x630/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/DLVQPLX3FJHU3F45SPPOJOQWNA.jpg

    Poser la question, c’est y répondre. Mais à l’heure actuelle, il n’y a que de mauvaises options, une impasse qui révèle la crise de gouvernance de l’entreprise de Mark Zuckerberg qui relie 2,85 milliards d’humains.

    (FILES) In this file photo illustration, a phone screen displays a Facebook logo with the official portrait of former US President Donald Trump on the background, on May 4, 2021, in Arlington, Virginia. - Facebook’s independent oversight board on May 5, 2021 upheld the platform’s ban on former US president Donald Trump but called for a further review of the penalty within six months. The board, whose decisions are binding on the leading social network, said Trump "created an environment where a serious risk of violence was possible" with his comments regarding the January 6 rampage by his supporters at the US Capitol. (Photo by Olivier DOULIERY / AFP) (OLIVIER DOULIERY/AFP)

    par Olivier Ertzscheid , Chercheur en sciences de l’information et de la communication, maître de conférences à l’université de Nantes et à l’Institut universitaire de technologie de La Roche-sur-Yon
    publié le 9 juin 2021 à 6h10

    L’homme qui se vantait « d’attraper les femmes par la chatte », l’homme qui refusait de reconnaître sa défaite et d’assurer la transition des pouvoirs après l’élection, l’homme qui a soutenu, encouragé et refusé de condamner l’invasion du Capitole, le 45e président des Etats-Unis, Donald Trump a été « banni » de Facebook le 7 janvier pour une durée indéterminée. Il a aussi été « banni » de Twitter mais cette fois, à perpétuité.

    Donald Trump a été « déplateformisé », privé de plateforme, il a été « amégaphoni », privé de l’audience et du porte-voix qu’elles apportent.

    On s’est beaucoup interrogé sur la durée du bannissement de Trump que choisirait Facebook et Zuckerberg. Elle est désormais connue : elle sera de deux ans. Trump pourra faire son retour (« si les conditions le permettent ») sur Facebook en 2023. Ce qui lui laissera le temps de revenir faire campagne sur le réseau pour les primaires et les prochaines élections américaines de 2024 (si bien sûr il choisit de s’y présenter, option qui semble aujourd’hui n’être pas totalement exclue et même assez vraisemblable).

    La situation, même hypothétique, dans laquelle Trump tenterait un nouveau mandat en étant privé d’accès à la plateforme qui réunit plus de la moitié de l’humanité connectée et près de 70% des Américains, aurait été simplement intenable au regard des (des)équilibres médiatico-politiques actuels.

    Le changement de règles de Zuckerberg

    Mark Zuckerberg travaille à un changement assez radical dans sa manière d’envisager les règles encadrant l’expression de personnalités politiques élues sur sa plateforme. Les « personnalités publiques » s’exposant désormais à une échelle de sanctions ainsi hiérarchisées en cas – c’est précisé – de troubles à l’ordre public (« civil unrest ») et de violences en cours (« ongoing violence ») : Trump écope donc du maximum sur l’échelle des sanctions mais échappe au bannissement permanent (« permanent removal »).

    On se souvient que de manière tout à fait stupéfiante, le fondateur de Facebook avait jusqu’ici assumé et acté le fait que la parole politique, du seul fait qu’elle était énoncée par une personnalité élue, serait exemptée de toute vérification, fact-checking, et autres avertissements contextuels. Le simple fait d’être une personnalité politique vous permettait donc, sur Facebook, d’affirmer sans crainte des contre-vérités, des fake news et autres mensonges, ainsi que différents appels à la haine ou à l’insurrection, sans jamais risquer d’être inquiété, contredit ou de voir son compte fermé ou suspendu.

    Ce ne sera désormais plus possible (en théorie en tout cas, puisque ce ne serait pas la première fois qu’on constaterait un écart entre théorie et pratique chez Facebook). Donald Trump est banni pour deux ans et pourra ensuite faire son come-back. Et les publications des responsables politiques élus seront soumises au même régime de modération que celui de tous les autres utilisateurs de la plateforme.

    Un revirement de posture en moins de deux ans

    Il faudra d’abord voir si ce changement se vérifie et s’applique effectivement à l’ensemble des responsables politiques de tous les pays et à tous les niveaux, du député de province au président élu. Pour l’instant, c’est assez flou et rien n’est moins sûr : dans la discussion détaillée des mesures prises, Facebook semble garder une marge de manœuvre pour l’appliquer surtout aux politiciens « de premier plan ».

    Mais on peut d’ores et déjà tirer certains enseignements paradoxaux, à commencer par le revirement complet de posture en moins de deux ans d’intervalle.

    Le premier enseignement ressemble à la morale d’une fable : quand quelqu’un peut décider seul que tous les autres doivent être traités en égaux, c’est qu’il en existe au moins un qui s’estime supérieur à tous les autres. Pour le dire autrement, les hoquets et reniements de la politique de modération sur Facebook entretiennent un régime d’aléatoire qui aliène au pouvoir de quelques-uns l’ensemble de ce que 2,85 milliards d’utilisateurs sont en capacité de raconter chaque jour. Cela n’est ni juste, ni sain, ni légitime, et ne pourra jamais l’être, d’autant qu’il n’existe aucune « instance » de régulation sérieuse capable de contrebalancer le pouvoir d’un seul, l’« oversight board » (conseil de surveillance) dont Facebook s’est récemment doté étant essentiellement une farce.

    On peut légitimement considérer comme une victoire le fait que la parole des responsables politiques soit enfin traitée comme celle de n’importe quel autre utilisateur de la plateforme. Comme celle de n’importe quel autre citoyen. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger, et c’est le second enseignement, sur cette nouvelle équivalence discursive décrétée « d’en haut » et sur ce qu’elle dit du fait d’acter l’effondrement constant de la valeur de sincérité de la parole politique. Un effondrement auquel Facebook participe évidemment mais dont il n’est pas, loin s’en faut, le seul et le premier responsable, et qu’il ne fait que rendre excessivement tangible et observable.

    « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt », dit le proverbe. Si Facebook en vient à décider que la parole des présidents élus de démocraties modernes doit être modérée comme celle de n’importe quel complotiste inculte homophobe et sexiste éructant et publiant des fake news en continu, ce qui doit nous interpeller, c’est d’abord que des complotistes incultes homophobes et sexistes puissent devenir présidents des Etats-Unis ou du Brésil. Et qu’au-delà de Trump et de Bolsonaro, nombre de responsables politiques élus de premier plan (que l’on ne peut pas soupçonner d’êtres incultes), dans nombre de démocraties parlementaires modernes, n’hésitent plus à propager les pires fake news ou à se faire le relais en acte de pseudo-théories scientifiques en pleine crise sanitaire mondiale. Je pense notamment au Royaume-Uni avec l’attitude tout à fait indigne et mensongère de Boris Johnson dans la campagne du Brexit mais aussi sur sa manière de (ne pas) gérer la pandémie avant de manquer lui-même d’en mourir. Mais il existe aussi tant d’exemples dans tant d’autres pays à commencer par le nôtre…

    Entre mauvais choix et… mauvais choix

    Il n’y a plus que de mauvais choix. A l’échelle de Facebook et de ses 2,85 milliards d’utilisateurs, choisir de bannir Trump (ou d’autres élus de premier ou de second plan) à perpétuité serait antidémocratique et donc un mauvais choix. Choisir de continuer, par principe, de ne jamais modérer la parole publique de représentants élus serait un autre mauvais choix. Mais ramener la parole d’élus occupant d’éminentes fonctions au rang de celle de simples utilisateurs en effaçant toute frontière et toute dimension de citoyenneté ou de représentativité ne peut pas, non plus, être considéré comme un bon choix. Une crise majeure de gouvernance se définit par le fait que l’on se trouve acculé à choisir entre de mauvaises options pour envisager dans l’urgence et sous la contrainte de se tourner vers la moins mauvaise d’entre elles. Et c’est très exactement à ce type de crise que Facebook fait face actuellement. Une crise de gouvernance qui concerne au moins 2,85 milliards d’entre nous dans la quotidienneté de leur rapport à l’information et à la politique, et qui est peut-être à ce titre, la mère de toutes les crises.

    #Olivier_Ertzscheid #Facebook #Liberté_exprfession #Politique #Véracité

  • Mozambique : des gisements gaziers à l’insurrection islamiste
    https://theconversation.com/mozambique-des-gisements-gaziers-a-linsurrection-islamiste-161198

    Le 24 avril dernier, la prise de la ville de Palma par les rebelles islamistes a contraint Total à stopper son plus grand projet et a propulsé le Mozambique au premier plan de l’actualité internationale. Comment expliquer la progression fulgurante de cette insurrection et la déconfiture concomitante des forces de sécurité du pays ? Cette trajectoire récente ne peut en réalité se comprendre qu’à la lumière de la découverte de gisements gaziers en 2013.

    Cette « bonne fortune » a plongé le Mozambique dans la malédiction des ressources naturelles de manière prématurée et exacerbé les frustrations. Aujourd’hui, ignorer cette réalité conduirait à se méprendre gravement sur la nature de l’insurrection islamiste qui secoue le Nord mozambicain.

    #extractivisme #insurrection_islamiste #oligarchie (politico-économique) #corruption #ressources_pétrolières

  • « Où va la France ? » : Boualem Sansal s’interroge sur les racines du déclin
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1059-Ou-va-la-France-Boualem-Sansal

    Tribune de Boualem Sansal publiée par Le Figaro le 25/05/2021 L’évocation des logiques impériales d’Ibn Khaldoun pour éclairer l’évolution actuelle est suffisemment rare pour être signalée, même si les idées présentées ici mériteraient quelques commentaires importants de notre part. On lira sur le sujet « Le voyage vers l’empire a déjà commencé » et bien sûr notre brochure L’horizon impérial. Chapô : On sait que l’œuvre de l’écrivain algérien, réputé pour son indépendance d’esprit, qui vit en Algérie envers et (...) Réactions à l’actualité

    / Sansal B., #Histoire, #Politique, #Prospective, #Article, #Empire, #Immigration, (...)

    #Réactions_à_l'actualité #Sansal_B. #Oligarchie
    https://www.lefigaro.fr/vox/societe/ou-va-la-france-boualem-sansal-s-interroge-sur-les-racines-du-declin-202105

  • La promotion par l’incompétence : la kakistocratie Isabelle Barth

    https://vimeo.com/292280205

    Nous évoluons dans un monde du travail où les maîtres mots sont compétences, réussite, dépassement de soi, engagement, exigence, performance. Notre vision de la vie professionnelle est donc construite sur une hypothèse forte : on progresse professionnellement quand on est bon, compétent, formé, en pleine adéquation avec son emploi. Il est donc normal que nous visions cette excellence d’abord dans nos études, puis dans nos premiers pas dans la vie au travail.

    Et là, chemin faisant, nous nous rendons compte que cette règle de la compétence est loin d’être obligatoire. Des supérieurs hiérarchiques, des numéros 1 ou 2 dans la hiérarchie sont, de l’avis général, incompétents. Se pose alors la sempiternelle question de comment ils (ou elles) ont pu gravir les échelons alors qu’il est patent qu’ils ne sont pas à la hauteur, et ne l’ont peut-être jamais été pour certains. Comment peuvent-ils se maintenir alors que leurs fonctions sont vitales pour l’organisation et que leurs choix, leurs comportements, leur management la mettent en danger.

    Il y a des entreprises où les cas sont rares (nous pouvons dire que très peu échappent au phénomène), mais il y a des organisations où la promotion par l’incompétence est la règle. Ces organisations sont alors dirigées logiquement par des mauvais. Il s’agit alors de kakistocratie, du grec kakistos : le pire et kratos : le pouvoir. On parle aussi d’idiocratie pour désigner une société qui valorise et récompense les gens en fonction de leur manque d’intelligence.

    Nier les qualités individuelles pour promouvoir le système

    Comment fonctionne une kakistocratie ? Et pourquoi fait-on ce choix ?

    Un chercheur italien Diego Gambetta nous apporte des réponses en conduisant l’analyse d’une organisation très particulière : la Mafia. Il élargit ensuite avec Hervé Dumez dans un article de Gérer et Comprendre de 2006 la description à une autre organisation qu’est l’Université. L’article s’intitule d’ailleurs : « La valeur de l’incompétence : de la mafia tout court à la mafia universitaire : une approche méthodologique. Que nous disent-il ?

    1/ Une première explication de vouloir donner du pouvoir aux mauvais est de créer de la dette. En effet, quand vous récompensez un bon, en le promouvant ou en élargissant ses responsabilités, ou en le payant mieux, il estime que c’est une juste reconnaissance de ses talents et ne sera nullement enclin à la reconnaissance ou à la loyauté. Alors qu’en récompensant un mauvais, on crée une dette, qui garantit un ascendant sur le long terme à celui qui a fait ce choix.

    2/ Une autre idée forte est que l’incompétence peut être une façon de ne pas faire peur. C’est la thèse de Gambetta concernant la Mafia. L’analyse qu’il fait de centaines de procès-verbaux de mafieux, lui permet de mettre au jour l’argument « incompétence » développé par les mafieux. Individuellement comme d’un point de vue collectif, ils se déclarent incompétents dans les activités de ceux qu’ils « protègent » ; en cela, ils rassurent car s’ils continuent à racketter, ils ne prendront pas leur place faute de connaissances suffisantes.

    3/ En prenant cette fois l’exemple de l’Université ; Gambetta et Dumez montrent combien les dispositifs sont en place pour que les « mandarins » puissent placer non pas d’excellents candidats mais bien leurs poulains. Les commissions de recrutement par exemple vont collaborer pour que soient retenus non pas des bons ou des très bons, mais des connus, appréciés, et qui ne feront pas peur en termes d’exigence et de puissance de travail.

    Ce type de démarche systématisée a aussi un effet important : montrer que l’on peut promouvoir l’incompétence est la démonstration qu’on ne peut rien sans le système. Les qualités individuelles ne sont pas prises en compte, au profit des relations, des services rendus et surtout des services à rendre.

    Ces organisations tiennent alors par la « dette ». Le critère n’est pas d’être bon, mais bien d’être loyal. Les kakistocraties nient les qualités individuelles au profit de dispositifs collectifs. Ce qui est important est que l’ensemble tienne et se perpétue, même si c’est au détriment de la performance globale et du développement. Le gouvernement par les pires existe donc. Et vous, pensez-vous connaitre des Kakistrocraties ?

    (1) Diego Gambetta, « Crimes and Signes – Cracking the codes of the underworld » Princeton NF, Princeton University Press, 2006

    Repris et discuté par Hervé Dumez in « La valeur de l’incompétence : de la mafia tout court à la mafia universitaire : une approche méthodologique », Gérer et Comprendre, Septembre 2006 n°85

    Source : https://www.xerficanal.com/strategie-management/emission/Isabelle-Barth-La-promotion-par-l-incompetence-la-kakistocratie_3746365.

    #caste #élites #mafia #incompétence #oligarchie #inégalités #capitalisme #démocratie #élite #économie #en_vedette #travail #corruption

    • Principe de base de la structure patriarcale. Les hommes dirigent et dominent non pas pour leurs compétence par rapport aux femmes, au contraire ils sont plus agressifs et destructeurs, ils ont le sommet de la hiérarchie car leur incompétence est moins importante que la loyauté entre frères.
      #fraternité #patriarcat

    • Bien vu pour le système universitaire, de mon expérience soit tu te plies au #panier_de_crabe, soit tu t’en vas.

      Pour un master2 à St Denis, j’ai vu le jury obnubilé par la taille des seins d’une candidate osé lui dire en ricanant qu’elle avait beaucoup d’atouts. D’autres, grimper les échelons sans en avoir la compétence, juste parce qu’ils « passaient bien », nous étions plusieurs à nous rendre compte de leur attitude servile.

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter

      Le principe de Peter (appelé parfois « syndrome de la promotion Focus ») est une loi empirique (issue de faits expérimentaux, ou validée par l’expérience) relative aux organisations hiérarchiques proposée en 1969 par Laurence J. Peter et Raymond Hull dans leur ouvrage The Peter Principle (traduction française Le Principe de Peter, 1970).

      Selon ce principe, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence », avec pour corollaire que « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité ».

      L’ouvrage de Peter et Hull est rédigé sur un ton satirique, voire humoristique, mais le principe qu’il expose a pu faire l’objet d’études universitaires qui ont étudié sa validité par la modélisation ou par la confrontation à des cas réels, certaines concluant à sa validité complète ou partielle.

    • Gros classique dans les entreprises, dès qu’elles grossissent un peu. Je n’ai pas vu ça dans les toutes petites structures, probablement pour des questions de moyens, on ne peut pas se permettre ce genre de fantaisies. Par contre dans ma boîte actuelle, c’est la pote du patron qui a été promue responsable du marketing, alors qu’elle n’a aucune expérience et formation en la matière... C’est désespérant et en même temps cela a aussi un gros potentiel comique (même si souvent on rit jaune).

  • USA : le peloton d’exécution instauré en Caroline du Sud, pour permettre d’appliquer la peine de mort

    Le peloton d’exécution a été instauré en Caroline du Sud pour appliquer la peine capitale aux condamnés à mort qui peuvent également choisir la chaise électrique, a annoncé lundi le gouverneur de cet Etat du sud des Etats-Unis.

    « Ce week-end, j’ai ratifié une loi qui va permettre à l’Etat d’appliquer la peine de mort. Les familles et les proches des victimes sont en droit de faire leur deuil et d’obtenir justice grâce à la loi. Maintenant, nous pouvons le faire » , a expliqué Henry McMaster sur Twitter.

    Ce républicain, favorable à la peine capitale, souhaite reprendre les exécutions après une pause de dix ans dans son Etat en raison d’une pénurie de substances utilisées dans les injections létales.

    La loi, signée vendredi, fait de la chaise électrique le premier choix d’un condamné à mort à la place de l’injection létale, et autorise la formation d’un peloton d’exécution, qui devient la seconde option. 

    L’exécution par injection redeviendra l’option prioritaire quand les substances nécessaires seront à nouveau disponibles, selon le texte.

    Jusqu’ici, un condamné à mort devait choisir entre la chaise et l’injection, cette dernière option étant automatique s’il refusait de choisir. 

    L’organisation d’aide aux prisonniers Incarcerated Outreach Network, basée en Caroline du Sud, a dénoncé sur Twitter une décision « effroyable, choquante et abominable ».

    Le quatrième état à l’autoriser
    Pour le représentant local de la grande organisation de défense des droits civiques ACLU, Frank Knaack, l’Etat a « trouvé un nouveau moyen de redémarrer les exécutions au sein d’un système raciste, arbitraire et sujet aux erreurs ».

    « La justice de Caroline du Sud fait des erreurs mais la peine capitale est irréversible » , a-t-il ajouté dans un communiqué, soulignant que les personnes de couleur représentaient plus de la moitié des condamnés à mort, mais seulement 27% de la population de l’Etat.

    La chaise électrique, baptisée « Old Sparky » , n’a plus été utilisée depuis 2008 et la dernière exécution par injection date de mai 2011, selon le Département des prisons de l’Etat et les médias locaux.

    La Caroline du Sud est le quatrième Etat américain à autoriser l’application de la peine capitale par un peloton d’exécution, avec le Mississippi, l’Oklahoma et l’Utah, selon le Centre d’information sur la peine de mort (DPIC).

    Seulement trois condamnés sont morts devant un peloton d’exécution, tous dans l’Utah, depuis le rétablissement de la peine capitale par la Cour suprême en 1976, selon le Centre.

    Source : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_usa-le-peloton-d-execution-instaure-en-caroline-du-sud-pour-permettre-d-

  • #CNews, première chaîne d’#intox de France… avec le soutien de l’Élysée

    La semaine dernière, CNews a pour la première fois dépassé #BFMTV en audience. Récompense suprême pour la chaîne qui propage des #fake_news sur des #controverses montées de toutes pièces : documentaire censuré à Orléans, #écriture_inclusive imposée à l’école, #Blanche-Neige victime de la “#cancel_culture”… Plus courageux encore, #Pascal_Praud désigne à la vindicte de la #fachosphère des responsables de services publics. Une action civique qui vaut à l’animateur d’être chouchouté par l’Élysée.

    « Merci à vous tous, chers téléspectateurs, salue #Sonia_Mabrouk mardi dernier. Vous avez placé hier CNews leader des chaînes d’information de France. » Devant BFMTV, et sans que cette dernière perde de part d’audience. La chaîne de #Bolloré a donc su attirer un nouveau public. « C’est une confiance qui nous honore, merci encore. » Une confiance de laquelle Sonia Mabrouk sait se rendre digne. « La guerre contre l’écriture inclusive menée par #Jean-Michel_Blanquer qui veut l’interdire à l’école, annonce-t-elle au sommaire de Midi news. L’écriture inclusive, une attaque contre notre langue et derrière, une idéologie. » Rappelons que Sonia Mabrouk, elle, est dépourvue d’idéologie. « Et puis nous parlerons de tags anti-police et donc anti-France d’une violence inouïe. » Ils ont causé des dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre.

    « J’ai remercié les téléspectateurs qui ont placé hier CNews comme la chaîne leader des chaînes d’information, rappelle Sonia Mabrouk après le journal. Je remercie également les invités. De tous bords, c’est très important, chaque jour il y a la diversité des sujets et surtout des tendances. » De la droite extrême à l’extrême droite en passant par la gauche d’extrême droite, comme nous allons le vérifier. « Le ministre de l’Éducation a dit : Ça suffit ! Stop l’écriture inclusive à l’école !, relaie la présentatrice. — Il faut savoir l’enfer qu’on vit dans beaucoup de collectivités, gémit #Rudolph_Granier conseiller LR de Paris. À Grenoble, ils ont décidé de la rendre obligatoire dans les délibérations, c’est déjà le cas à la mairie de Paris. » Il faudrait mettre en place une cellule de soutien psychologique pour Rudolph Granier et ses collègues. « Moi, je pense aux personnes qui sont dyslexiques, qui sont aveugles. » Les aveugles ? Ils n’ont pas grand-chose à voir dans cette histoire.

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    « Ça concerne les universités, Sciences Po, l’EHESS, Normale Sup, énumère Élisabeth Lévy. La triade des sciences humaines s’adonne à ça. Et si des profs ne mettent pas leurs demandes de financement en écriture inclusive, ils ont toutes les chances de se faire retoquer. » Information inventée de source sûre. « On est encore l’otage de groupuscules. » Terroristes. Le seul invité de tous bords de gauche prend la parole. « Autant je suis pour qu’on dise “madame la ministre”, revendique #Philippe_Doucet, du PS, mais je suis contre cette histoire d’écriture inclusive. » Ouf, les « socialistes » ne cèdent pas à la pression des preneurs d’otages. « Mais pourquoi le ministre de l’Éducation fait cela ? » s’auto-interroge Sonia Mabrouk pour mieux s’auto-répondre : « L’écriture inclusive et la théorie du #genre ont pris le dessus par exemple au #CNRS, c’est ce que vise le ministre. » Philippe Doucet fait assaut de bonne volonté : « Je suis contre la #culture_woke et pour la République. » Rappelons que l’écriture inclusive menace la République, ses partisans étant notoirement friands de dictature militaire.

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    Sonia Mabrouk psalmodie : « Écriture inclusive, #femellisme, disent certains, mais aussi discours décoloniaux… » Sans oublier l’#islamo-gauchisme racialiste. « Il y a des militants, il faut les appeler ainsi, qui pensent tordre le cou au réel et changer la cité en corrigeant les #mots. » Rappelons que Sonia Mabrouk, elle, n’est pas militante. « Ces révolutionnaires de salon me font sourire, commente #Ludovic_Mendes, de LREM. Quand on dit à un gamin de CP qui a des difficultés parce qu’il est en apprentissage de la lecture qu’on va lui rajouter l’écriture inclusive… » Information fantasmée de source sûre : partout en France, les élèves de CP sont contraints par les professeurs des écoles d’apprendre l’écriture inclusive.

    Sonia Mabrouk résume : « En gros, vous êtes tous d’accord. » Magie de la « diversité des tendances » des « invités de tous bords ». « L’écriture inclusive, vous dites : absurdité et non-sens linguistique. Mais je voudrais vous pousser plus loin. » Un peu plus à droite, si c’est possible. Élisabeth Lévy ne se fait pas prier. « La question, c’est : de quelle minorité sommes-nous otages ? Y compris chez les socialistes, chez les Verts, dans toute l’extrême gauche 3décolonialo-indigéno-je-ne-sais-quoi. On est #otages de gens qui représentent des #groupuscules. — Oui mais parfois les #minorités font l’histoire, alerte Sonia Mabrouk. Quand vous êtes à des postes très élevés, ça peut ruisseler. — Ça peut infuser », confirme Philippe Doucet. C’est d’autant plus dangereux que, selon Élisabeth Lévy, « le combat de la place des femmes dans la société, il est gagné ». L’emploi de l’écriture inclusive conduirait tout droit à une #dictature_féminazie.

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    « Avant de parler de beaucoup d’informations sur la violence qui règne dans nos villes, annonce Pascal Praud la veille au soir, l’écriture inclusive. Vous savez qu’on essaye de mener modestement ce débat. » Cette #croisade. « Dans une interview au JDD, Jean-Michel Blanquer a rappelé l’existence de la circulaire d’Édouard Philippe qui en 2017 interdisait l’usage administratif de l’écriture dite “#épicène”. » Épicène, vraiment ? L’adjectif désigne un mot qui s’écrit au masculin comme au féminin. Blanquer va donc interdire l’emploi du mot « élève », un comble pour un ministre de l’Éducation… Mais puisque c’est une information vérifiée par Pascal Praud… « Et il demande que l’écriture inclusive ne soit pas utilisée à l’école. J’ai envie de dire : Enfin ! Enfin, il se réveille ! » Il a dû regarder CNews, où Pascal Praud mène un combat quotidien contre l’écriture inclusive.

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    L’animateur relaie scrupuleusement les arguments du ministre : « Mettre des points au milieu des mots est un barrage à la transmission de notre langue pour tous, par exemple pour les élèves dyslexiques. » En revanche, apprendre à écrire « du cidre et des crêpes bretons » est une facilité pour les élèves dyslexiques. « Je rappelle que la mairie de Paris fait ses communiqués en écriture inclusive. Je rappelle que le site de France 2 est en écriture inclusive. — L’université est en écriture inclusive, chouine #Ivan_Rioufol. — L’université, quand t’écris pas ta thèse en écriture inclusive, t’es mis dehors ! » Information inventée de source sûre.

    « Vous êtes injuste, proteste toutefois Ivan Rioufol, il me semble avoir entendu Blanquer le dire plusieurs fois. — Y a que nous qui le disons ! À l’université, c’est un scandale ! Tu peux prendre des sanctions, quand même ! » Condamner les profs à des peines de prison. « Pourquoi le président de la République n’a rien dit sur ce coup-là ?, s’étonne #Jean-Claude_Dassier — Il dit rien, le ministre de la Culture non plus… Tous les thèmes qui fâchent, de toute façon ! » À peine s’ils dénoncent l’islamo-gauchisme. « Je crois savoir que c’est assez marginal, tente l’avocate Sophie Obadia. — C’est pas du tout marginal à l’université, réplique Pascal Praud. — En #sciences_sociales, précise Ivan Rioufol. — C’est la terreur ! » Selon des témoignages fabriqués de source sûre.

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    Sophie Obadia se range à la diversité des tendances des invités de tous bords : « Que ce soit enseigné, malheureusement, oui. Mais les étudiants n’y parviennent pas. C’est d’une complexité effarante. — C’est moralement illisible, ajoute Ivan Rioufol. — Sur le plan cognitif, c’est improbable, insiste l’avocate. — Ça devrait être considéré comme nul et non avenu, tranche Jean-Claude Dassier. — Le féminin d’entraîneur, c’est quoi ?, demande Jean-Louis Burgat. — Entraîneuse, répond Jean-Claude Dassier. — Vous voyez, y a des choses qui sont impraticables. — Ce qui est très inquiétant, geint Ivan Rioufol, c’est de voir à quel point une #moutonnerie peut amener à un #conformisme. » Les participants à L’heure des pros, eux, sont aussi anticonformistes que Jean-Michel Blanquer. « En sciences sociales, dans les universités, si vous ne faites pas de thèse en écriture inclusive, vous n’êtes pas lu ou vous avez deux points. » Information fabulée de source sûre. Pascal Praud en ajoute une : « Y a des profs qui ne répondent pas aux mails des étudiants quand ils ne sont pas en écriture inclusive. — Et Mme Vidal ne dit rien, peste Jean-Claude Dassier. — C’est peut-être pas la priorité, tente Sophie Obadia. — Mais c’est la priorité !, rage Pascal Praud. — Ah ben si, c’est la priorité ! », appuie Ivan Rioufol.

    La priorité de mercredi est tout aussi anticonformiste. « Est-ce que dans Blanche-Neige, vous vous souvenez de la fameuse scène du baiser, quand le prince charmant se penche sur Blanche-Neige pour la réveiller ?, demande Sonia Mabrouk. Est-ce que vous y avez vu un baiser non consenti ? » #Olivier_Dartigolles réagit : « La polémique est ridicule » Tellement ridicule qu’elle a été montée de toutes pièces par la fachosphère et relayée par #FoxNews à partir d’un obscur blog qui faisait la promotion d’une nouvelle attraction de Disneyland. Mais, pour Sonia Mabrouk, « ça va loin. Parce que Disney se demande que faire de cette scène, est-ce qu’il ne faut pas la couper ». Information supputée de source sûre. « Évidemment on crie tout de suite à la cancel culture. » Sur CNews.

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    « Qu’est-ce que vous en pensez, #Laurent_Jacobelli ? — Je pense que c’est ridicule », répond le porte-parole du RN. Qui suggère illico la prochaine fake news susceptible de provoquer de passionnants débats ridicules : « En plus, dans le nom Blanche-Neige, il y a “blanche” donc on va nous demander de le changer. Est-ce qu’on doit ridiculiser le débat, l’amoindrir à ce niveau au point de chercher le mal partout ? » Sur CNews, oui, c’est même un credo. « Arrêtons avec cette #censure permanente. » Voyez comme les bobards des journalistes de CNews sont affreusement censurés. « La moindre image, le moindre mot donne lieu à un procès. » Sans parler des terribles remontrances du CSA.

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    « Mais jusqu’où on va aller ?, insiste Sonia Mabrouk Jusqu’où cet activisme peut aller pour effacer… parce qu’il y a de véritables pressions… » À son tour, la journaliste imagine une fake news susceptible de provoquer de passionnants débats ridicules : « Peut-être que la prochaine étape, c’est de dire que les sept nains, c’est un gang bang… » Et Bambi une victime du lobby de la chasse. « Faut-il voir derrière les tenants de l’idéologie intersectionnelle, de la cancel culture, etc. ? » Sur CNews, oui. « Ou est-ce que vous dites : on prête trop d’attention à ces minorités ? » Sur CNews, c’est certain. « Il y a un véritable engagement politique derrière cela. » De l’extrême gauche décolonialo-indigéno-je-ne-sais-quoi, a démontré Élisabeth Lévy.

    #Kevin_Bossuet, enseignant et coqueluche de la fachosphère, s’insurge, absence de preuves à l’appui : « On veut tout dénaturer, tout détruire, tout ce qui constitue le socle de notre identité et de notre civilisation. » Selon nos informations forgées de toutes pièces. « On pointe l’œuvre du #patriarcat partout, c’est profondément ridicule et dangereux. » Il faut sauver le patriarcat. « Le débat sur l’écriture inclusive, c’est exactement le même processus. » Effectivement : on monte en épingle une menace imaginaire pour pouvoir propager des idées réactionnaires. « Vous avez des manuels scolaires, des enseignants qui utilisent de l’écriture inclusive … » Information rêvée de source sûre. « On peut se poser des questions sur l’#idéologie de ces personnes. » En revanche, pas la peine de se poser des questions sur l’idéologie de toutes tendances des invités de tous bords de CNews.

    « On est en train de recréer la censure, se désespère Laurent Jacobelli, de restreindre la possibilité d’exprimer une opinion, on le voit sur les plateaux télé. » Surtout sur CNews. « Il faut arrêter qu’une toute petite minorité impose sa #dictature_intellectuelle à une grande majorité. » D’invités de CNews. L’avocat Carbon de Sèze conclut « C’est pas à des amateurs de révision des œuvres artistiques d’imposer les thèmes de discussion. » Non, c’est à des amateurs de révisionnisme de les imposer sur le fondement de fausses informations.

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    Le 30 avril, Pascal Praud impose un autre « débat » sur un nouveau scandale fantasmé, « l’#affaire_d’Orléans. L’histoire extravagante du programme financé par la mairie qui devait passer sur France 3 Centre-Val-de-Loire et qui finalement est censuré. — Oui, il est censuré », confirme #Serge_Grouard, maire LR d’Orléans et habitué de L’heure des pros. Le bandeau le clame, « France 3 censure un programme sur #Jeanne_d’Arc ». En réalité, comme l’a très bien raconté cet article d’Arrêt sur images, France 3 a renoncé à programmer un #documentaire sur les « #fêtes_johanniques » (qu’elle ne s’était jamais engagée à diffuser) quand elle s’est aperçue qu’il s’agissait d’un film promotionnel réalisé par la municipalité et commenté par la voix de #Charlotte_d’Ornellas, journaliste de Valeurs actuelles, figure de la fachosphère abonnée aux plateaux de CNews.

    Pascal Praud, comme Sonia Mabrouk, préfère « crier à la cancel culture » d’inspiration soviétique : « Qu’il y ait des petits commissaires du peuple dans le service public d’information et notamment à France 3 n’étonnera personne. Ça s’appelle des petits commissaires du peuple, insiste-t-il. Dans le service public, ce sont les rois. » L’animateur s’adonne alors à l’une de ses méthodes favorites : désigner le nom du coupable à la vindicte de centaines de milliers de téléspectateurs nourris de fausses informations.

    « On est en train d’essayer d’appeler M. Basier, il veut pas répondre. » Le lâche. « Jean-Jacques Basier, je vais donner son nom plusieurs fois. Jean-Jacques Basier, directeur régional de France 3 Centre-Val-de-Loire. » Son adresse et son numéro de téléphone, peut-être ? « C’est une police de la pensée, s’insurge Serge Grouard. — Ils ont des mentalités d’épurateurs, ajoute Ivan Rioufol. — Exactement, c’est les mêmes qui auraient tondu à la Libération. » Puisque Rioufol et Praud me tendent la perche du point Godwin, qu’il me soit permis de subodorer que ces Praud et Rioufol sont les mêmes qui auraient dénoncé des juifs sous l’Occupation. Quoiqu’il en soit, leur lynchage public a des effets dans la vie réelle : le directeur régional de France 3 est l’objet d’une campagne de #harcèlement sur les réseaux sociaux mais aussi sur sa propre messagerie vocale. Avec d’explicites #menaces_de_mort, rapporte un communiqué syndical.

    https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/assets/images/capture_decran_2021-05-07_a_13.29.40.png?itok=hUlUohJ5

    Une autre affaire montre que ce goût pour la #délation peut avoir de graves conséquences sur les personnes désignées à la furie de la fachosphère.. Jeudi soir, l’émission À l’air libre, réalisée par Mediapart, reçoit #Anne-Laure_Amilhat_Szary, directrice à Grenoble du laboratoire Pacte du CNRS. Je conseille vivement de regarder son témoignage (en accès libre) pour prendre la mesure de la gravité des agissements de M. Pascal Praud. Ce dernier a mis en cause l’universitaire lors de l’affichage des noms de deux professeurs de Sciences Po Grenoble accusés d’islamophobie. Affichage que l’intéressée a toujours vigoureusement condamné. Affichage consécutif à une controverse entre un prof militant et une chercheuse de son laboratoire qu’Anne-Laure Amilhat-Szary a défendue dans un communiqué ensuite falsifié par #Klaus_Kinzler, le prof en question.

    Pascal Praud s’est empressé d’inviter ce professeur, qui déclare alors : « Un grand chercheur directeur de laboratoire de recherche se met en dehors de la science. Il ne comprend même pas, c’est une femme d’ailleurs, elle ne comprend même pas ce que c’est, la science. — Ce laboratoire, Pacte, avec cette dame…, rebondit Pascal Praud. Je vais citer son nom, Anne-Laure Amilhat-Sza… Szaa… Szary. » La délation est un métier. « Cette dame-là, c’est la directrice du laboratoire mais cette dame, c’est une militante. — C’est une militante. C’est des gens qui ne réfléchissent même pas. — Oui mais qui se croient tout permis et qui avancent avec le sentiment d’impunité. C’est très révélateur, on voit le #terrorisme_intellectuel qui existe dans l’université à travers leur exemple. »

    https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/assets/images/capture_decran_2021-05-07_a_14.02.17.png?itok=DB-qutXJ

    Sur le plateau de Mediapart, Anne-Laure Amilhat-Szary raconte la suite. « La ministre de l’Enseignement supérieur dit que c’est insensé de livrer des noms d’enseignants-chercheurs à la vindicte des réseaux sociaux, or ça a été mon cas. J’ai fait l’objet d’une campagne diffamatoire avec menaces de mort nombreuses et répétées. » Au point de devoir porter plainte pour « #cyber-harcèlement et menaces de mort ». « Comment vous avez vécu tout ça ?, demande Mathieu Magnaudeix. — Mal. Et comme la preuve que l’intersectionnalité est une bonne grille d’analyse puisque j’ai fait l’objet d’insultes islamophobes, antisémites, sexistes, avec une critique de mon physique avec mon portrait transformé… Je vous laisse imaginer le pire. » Le pire sciemment provoqué par Pascal Praud.

    https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/styles/simplecrop1000/public/assets/images/capture_decran_2021-05-07_a_13.42.37_0.png?itok=No7NkS6H

    « Je n’ai pas de protection judiciaire, regrette Anne-Laure Amilhat-Szary. Elle a été demandée et on n’en a plus jamais entendu parler. La ministre a défendu des personnes qui ont effectivement été mises en danger par des affichages criminels et moi, je me débrouille toute seule. » Comme se débrouillent toutes seules les journalistes #Morgan_Large et #Nadiya_Lazzouni, respectivement victimes d’#intimidations (dont un sabotage de voiture) et de menaces de mort, sans qu’elles obtiennent la #protection_policière demandée — et soutenues par de nombreuses organisations de journalistes.

    En revanche, Emmanuel Macron n’hésite pas à téléphoner à #Eric_Zemmour, quand il est agressé dans la rue, pour l’assurer de son soutien. De même, #Christine_Kelly, la faire-valoir de #Zemmour, est promptement reçue à l’Élysée quand elle reçoit des menaces de mort (évidemment inadmissibles, quoiqu’on pense de son travail).

    Quant à Pascal Praud… Non seulement ses délits de « mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle » (que le gouvernement se vante d’avoir inclus dans la loi Séparatisme) n’entraînent aucune poursuite, mais ils lui valent le soutien enamouré du pouvoir. Dans un article du Monde, Ariane Chemin raconte comment le journaliste de CNews est reçu avec les honneurs à Matignon, à la questure de l’Assemblée (où le reçoit le député Florian Bachelier, habitué de ses émissions) et même à l’Élysée. Emmanuel Macron et son conseiller #Bruno_Roger-Petit entretiennent des contacts réguliers avec Pascal Praud, allant jusqu’à lui livrer des infos en direct. Ariane Chemin explique que Bruno Roger-Petit, « le “M. Triangulation” de l’Élysée, scrute depuis longtemps CNews, qui relaie souvent les obsessions de l’extrême droite et a pour lui le même avantage que Valeurs actuelles : cliver l’opinion en deux camps sans laisser beaucoup de place à d’autres courants de pensée ».

    Ainsi, le pouvoir actuel, et jusqu’à son plus haut sommet, utilise et protège un délinquant d’extrême droite propagateur de fausses nouvelles. La campagne pour la présidentielle s’annonce terrifian… pardon, passionnante.

    https://www.telerama.fr/ecrans/cnews-premiere-chaine-dintox-de-france...-avec-le-soutien-de-lelysee-687576

    #infox

    –—

    ajouté au fil de discussion sur l’#affaire_de_Grenoble :
    https://seenthis.net/messages/905509

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    signalé ici aussi :
    https://seenthis.net/messages/915057

  • #Liban, un pays dans la tourmente

    Comment le Liban, « la Suisse de l’Orient », a-t-il sombré dans le chaos ? Alors que la double explosion du 4 août dernier dans le port de Beyrouth a remis au jour la gabegie et la corruption de la classe politique qui gangrènent cet Etat d’Asie occidentale, ce documentaire remonte le cours tourmenté de l’histoire de cette jeune nation à l’identité forgée par 18 communautés religieuses. En donnant la parole à des membres des services de renseignement, à des journalistes et à des artistes, il montre comment ce pays, au cœur des enjeux géopolitiques depuis sa création, s’est retrouvé piégé dans la poudrière du Moyen-Orient.

    –-> documentaire que j’ai regardé sur arte, mais qui n’est plus disponible sur leur site web (et pas trouvé sur youtube non plus).
    Une présentation du documentaire ici :

    https://www.moustique.be/27227/liban-un-pays-dans-la-tourmente

    #documentaire #film_documentaire
    #guerre_civile #camps_de_réfugiés #réfugiés_palestiniens #Arafat #histoire #Empire_ottoman #OLP #Israël #détournement_d'avions #guerre_des_six_jours #Moyen-Orient #Union_soviétique #Syrie #religion #massacres #nettoyages_ethniques #nettoyage_ethnique #Beyrouth #Hafez_al-Assad #Falanges #Bachir_Gemayel #Menahem_Begin #fragmentation #milices #Armée_du_Liban_Sud (#ALS) #Ariel_Sharon #Galilée #Paix_en_Galilée #invasion_israélienne #Philip_Habib #Sabra_et_Chatila #massacre_de_Sabra_et_Chatila #armes #USA #Etats-Unis #attentats-suicides #Hezbollah #Iran #enlèvements #violence #Ronald_Reagan #accord_de_Taëf #Rafik_Hariri #Hassan_Nasrallah #Bachar_al-Assad #révolution_du_Cèdre #guerre_du_Liban

  • « Pour un retour de l’#honneur de nos gouvernants » : 20 #généraux appellent Macron à défendre le #patriotisme

    (attention : toxique)

    À l’initiative de #Jean-Pierre_Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d’un millier d’autres militaires ont signé un appel pour un retour de l’honneur et du #devoir au sein de la classe politique. Valeurs actuelles diffuse avec leur autorisation la lettre empreinte de conviction et d’engagement de ces hommes attachés à leur pays.

    Monsieur le Président,
    Mesdames, Messieurs du gouvernement,
    Mesdames, Messieurs les parlementaires,

    L’heure est grave, la #France est en #péril, plusieurs #dangers_mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

    Nos #drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la #tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « #Honneur_et_Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du #délitement qui frappe notre #patrie.

    – Délitement qui, à travers un certain #antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une #haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de #racialisme, d’#indigénisme et de #théories_décoloniales, mais à travers ces termes c’est la #guerre_raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa #culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

    – Délitement qui, avec l’#islamisme et les #hordes_de_banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des #dogmes contraires à notre #constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la #République ne s’appliquent pas.

    – Délitement, car la haine prend le pas sur la #fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les #forces_de_l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en #gilets_jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

    Les #périls montent, la #violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la #Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.

    Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’#éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos #silences coupables.

    Comme le disait le #cardinal_Mercier, primat de Belgique : « Quand la #prudence est partout, le #courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la #sauvegarde_de_la_nation.

    Par contre, si rien n’est entrepris, le #laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une #explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de #protection de nos #valeurs_civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

    On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce #chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la #responsabilité, se compteront par milliers.

    Les généraux signataires :

    Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale).

    https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-un-retour-de-lhonneur-de-nos-gouvernants-20-generaux-appellen

    La une :

    #appel #généraux #valeurs_actuelles #lettre #lettre_ouverte #armée #soldats

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    • 2022 : « l’étrange défaite » qui vient

      Pour Marc Bloch, auteur de L’Étrange défaite, la cause de la débâcle de juin 1940 n’était pas seulement militaire mais d’abord politique. De la même façon, le désastre annoncé de printemps 2022 n’est pas seulement de nature électorale. La débâcle de la démocratie se construit depuis des mois par une sorte de capitulation rampante et générale face à l’extrême droite.

      « Un jour viendra, tôt ou tard, où la France verra de nouveau s’épanouir la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s’ouvriront ; les brumes, qu’autour du plus atroce effondrement de notre histoire commencent, dès maintenant, à accumuler tantôt l’ignorance et tantôt la mauvaise foi, se lèveront peu à peu . »

      Ainsi s’ouvre L’Étrange défaite écrite par Marc Bloch au lendemain de la capitulation de l’armée française en juin 1940. « À qui la faute ? », se demande-t-il. Quels mécanismes politiques ont conduit à ce désastre et à l’effondrement d’une République ? Si les militaires, et surtout l’état-major, sont aux premières loges des accusés, nul n’échappe à l’implacable regard de l’historien : ni les classes dirigeantes qui ont « préféré Hitler au Front Populaire », ni la presse mensongère, ni le pacifisme munichois, ni la gauche qui n’a pas eu besoin de ses adversaires pour ensevelir ce Front populaire qui fit si peur aux bourgeois.

      Les « brumes », l’aveuglement et la soumission passive aux récits des futurs vainqueurs ont conduit inexorablement à une #capitulation_anticipée. Comment ne pas y reconnaître la logique des moments sombres que nous vivons sidérés.

      La banalisation de la menace factieuse

      Sidérés, nous le sommes à coup sûr quand il faut attendre six jours pour qu’une menace de sédition militaire (http://www.regards.fr/politique/societe/article/lettre-des-generaux-un-texte-seditieux-qui-menace-la-republique) signée le 21 avril 2021 par une vingtaine de généraux en retraite, mais aussi par de nombreux officiers, commence à faire un peu réagir.

      Sidérés, nous le sommes par la légèreté de la réponse gouvernementale. Un tweet de la ministre des Armées (https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/25/la-gauche-s-insurge-contre-une-tribune-de-militaires-dans-valeurs-actuelles-) ne parle que « d’#irresponsabilité » de « généraux en retraite ». Pour #Florence_Parly le soutien que leur apporte Marine Le Pen « reflète une méconnaissance grave de l’institution militaire, inquiétant pour quelqu’un qui veut devenir cheffe des armées ». N’y aurait-il à voir que de l’irresponsabilité militaire et de l’incompétence politique ?

      Il faut attendre le lundi 26 avril pour que Agnès Runacher secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances s’avise (https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/un-quarteron-de-generaux-en-charentaises-la-tribune-de-militaires-dans-v) que le texte a été publié jour pour jour 60 ans après l’appel des généraux d’Alger. En parlant de « quarteron de généraux en charentaises », elle semble considérer que la simple paraphrase d’une expression de l’allocution de De Gaulle, le 23 avril 1961 suffira à protéger la démocratie. Ce dernier, plus martial, en uniforme, parlait surtout de « putsch » et d’un « groupe d’officiers ambitieux et fanatiques ».

      Sidérés, nous le sommes par le #silence persistant, cinq jours après la publication du texte factieux, de l’essentiel les leaders de la droite, du centre, de la gauche et des écologistes.

      Sidérés, nous sommes encore de l’isolement de ceux qui appellent un chat un chat tels Éric Coquerel, Benoît Hamon ou Jean Luc Mélenchon. Ce dernier rappelle au passage que l’article 413-3 du code pénal prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende pour provocation à la désobéissance des militaires.

      Sidérés, nous le sommes enfin, pendant une semaine, de la #banalisation de l’événement par des médias pourtant prompts à se saisir du buzz des « polémiques ». Le 25 avril (https://rmc.bfmtv.com/emission/tribunes-de-militaires-les-gens-n-ont-pas-confiance-dans-les-politiques-m), RMC/BFM, dans les Grandes Gueules, n’hésite pas à présenter l’appel sur fond de Marseillaise, à moquer « la gauche indignée » en citant Jean Luc Mélenchon et Éric Coquerel, et à débattre longuement avec l’initiateur du texte, Jean-Pierre Fabre-Bernadac. Jack Dion, ancien journaliste de L’Humanité (1970-2004), n’hésite pas à écrire (https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/malgre-ses-relents-putschistes-la-tribune-des-ex-generaux-met-le-doigt-la-) dans Marianne le 28 avril : « Malgré ses relents putschistes, la tribune des ex généraux met le doigt là où ça fait mal. » Il faut croire donc que cet appel factieux et menaçant ne fait pas polémique après l’appel à l’insurrection de Philippe de Villiers dont on oublie qu’il est le frère aîné d’un autre général ambitieux, Pierre de son prénom, chef d’état-major des armées de 2010 à 2017.

      Qui sont donc les ennemis que ces militaires appellent à combattre pour sauver « la Patrie » ? Qui sont les agents du « délitement de la France » ? Le premier ennemi désigné reprend mot pour mot les termes de l’appel des universitaires publié le 1 novembre 2020 sous le titre de « #Manifeste_des_100 » (https://manifestedes90.wixsite.com/monsite) : « un certain antiracisme » qui veut « la guerre raciale » au travers du « racialisme », « l’indigénisme » et les « théories décoloniales ». Le second ennemi est « l’islamisme et les hordes de banlieue » qui veulent soumettre des territoires « à des dogmes contraires à notre constitution ». Le troisième ennemi est constitué par « ces individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre » dont ils veulent faire des « boucs émissaires ».

      Chacune et chacun reconnaîtra facilement les islamo-gauchistes, les séparatistes et les black blocs, ces épouvantails stigmatisés, dénoncés, combattus par le pouvoir comme par une partie de l’opposition. Ce texte a au moins une vertu : il identifie clairement la nature fascisante des diatribes de Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin ou Frédérique Vidal. Il renvoie à leur responsabilité celles et ceux qui gardent le silence, organisent le débat public autour de ces thématiques sur la scène médiatique, s’abstiennent à l’Assemblée sur des textes de loi à la logique islamophobe – quand ils ne votent pas pour –, signent des tribunes universitaires pour réclamer une police de la pensée. Il renvoie à ses responsabilités le Bureau national du Parti socialiste qui, dans sa résolution du 27 avril (https://partisocialiste92.fr/2021/04/27/resolution-du-bureau-national-a-la-suite-dune-tribune-de-militaire), persiste à affirmer « qu’il serait absurde de chercher à nier ces sujets qui nous font face » comme « ces #minorités_agissantes » qui prônent la « #désaffiliation_républicaine ».

      Baromètre incontesté des dérives intellectuelles, l’omniprésent #Michel_Onfray, aujourd’hui obsédé par la décadence de la France, ne partage-t-il pas le diagnostic des factieux ? Sa sentence du 27 avril dans la matinale d’Europe 1 (https://www.europe1.fr/societe/sur-le-terrorisme-la-parole-presidentielle-est-totalement-devaluee-estime-on), « l’intérêt de l’#islamo-gauchisme est de détruire la nation, la souveraineté nationale, la France, l’histoire de France, tout ce qui constitue la France », est immédiatement reprise par Valeurs actuelles (https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-michel-onfray-linteret-de-lislamo-gauchisme-est-de-detruire-l). Quelques jours plus tôt, dans une envolée digne de Gérald Darmanin, il assénait au Point (https://www.lepoint.fr/debats/michel-onfray-on-a-un-seul-probleme-en-france-c-est-que-la-loi-n-est-pas-res) : « On a un seul problème en France, c’est que la loi n’est pas respectée ». Mais de quelle loi parle Michel Onfray quand il ajoute, à propos du verdict en appel du procès des jeunes de Viry-Châtillon : « Il y a des gens à qui on dit : […] peut-être que vous faites partie de ceux qui auraient pu tuer, mais la preuve n’est pas faite, on est pas sûr que c’est vous, allez, vous pouvez rentrer chez vous. L’affaire est terminée pour vous. » Pour Michel Onfray, le scandale n’est pas la mise en accusation délibérée d’innocents par une police en quête désespérée de coupables mais un principe de droit : la présomption d’innocence elle-même !

      La capitulation rampante

      Voilà où nous en sommes. Voilà pourquoi il est pour beaucoup si difficile de se scandaliser d’un appel factieux quand les ennemis désignés sont ceux-là même qui sont désignés à longueur d’antenne et de déclaration politique dans ce désastreux consensus « républicain » réunissant l’extrême droite, la droite et une partie de la gauche.

      Chacune et chacun y va de sa surenchère. #Anne_Hidalgo (https://www.nouvelobs.com/edito/20201125.OBS36577/derriere-la-gueguerre-entre-hidalgo-et-les-ecolos-la-pomme-de-discorde-de) enjoint les Verts « d’être au clair avec la République » à propos de la laïcité alors même que #Yannick_Jadot (https://www.lepoint.fr/politique/loi-contre-le-separatisme-la-gauche-denonce-un-texte-qui-ne-regle-rien-07-02) demande de « sortir de toute naïveté et de toute complaisance », pour « combattre l’islam politique », proposant de « contrôler les financements des associations » et de « renforcer tous les dispositifs sur le contrôle des réseaux sociaux ».

      La discussion et le vote de la loi sur le « séparatisme », puis les débats hallucinants sur l’organisation de « réunions non mixtes » au sein du syndicat étudiant Unef nous en a fourni un florilège. Pour le communiste #Stéphane_Peu (http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2021/02/separatisme-une-loi-equilibree-se-serait-attachee-a-renforc) comme pour le socialiste #Olivier_Faure (https://www.europe1.fr/politique/projet-de-loi-contre-les-separatismes-olivier-faure-craint-une-surenchere-40), la question n’est pas de combattre sur le fond la notion de « #séparatisme » mais de rester dans une « loi équilibrée » qui « renforce la #République » (Peu) et d’éviter « la surenchère » (Faure). L’un comme l’autre et comme nombre de députés de leurs groupes, s’abstiendront lors du vote à l’Assemblée nationale. Seule La France insoumise a sauvé l’honneur et dénoncé, notamment par la voix de #Clémentine_Autain (https://www.lepoint.fr/politique/loi-contre-le-separatisme-la-gauche-denonce-un-texte-qui-ne-regle-rien-07-02) dès le 16 février, une loi qui « ouvre la boîte de Pandore pour des idées qui stigmatisent et chassent les musulmans » et « nous tire vers l’agenda de l’extrême droite ».

      Si le débat parlementaire gomme un peu les aspérités, l’affaire des réunions « non mixtes » au sein de l’Unef est l’occasion d’un déferlement de sincérité imbécile. On n’en attendait pas moins de #Manuel_Valls (https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-22-mars-2021) qui s’empresse de poser l’argument clef de la curée : « Les réunions "racialisées" légitiment le concept de race ». Le lendemain #Marine_Le_Pen (https://www.francetvinfo.fr/politique/marine-le-pen/video-il-faut-poursuivre-l-unef-un-syndicat-qui-commet-des-actes-racist) le prend au mot et réclame des poursuites contre ces actes racistes. Anne Hidalgo (https://www.europe1.fr/politique/reunions-non-mixtes-a-lunef-cest-tres-dangereux-juge-anne-hidalgo-4032954) apporte sa voix contre une pratique qu’elle considère comme « très dangereuse » au nom de « ses convictions républicaines ». Olivier Faure (https://www.youtube.com/watch?v=rifRSrm7lpU

      ), moins « équilibré » que sur la loi contre le « séparatisme » renchérit comme « une dérive incroyable ».

      Quelle « dérive » ? Tout simplement « l’idée que sont légitimes à parler du racisme les seules personnes qui en sont victimes », alors que « c’est l’inverse qu’il faut chercher ». Dominés restez à votre place, nous parlerons pour vous ! Aimé Césaire dans sa lettre à Maurice Thorez (https://lmsi.net/Lettre-a-Maurice-Thorez), dénonçait ce qu’il nommait le « #fraternalisme » : « Un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès. » Or, ajoutait-il, « c’est très exactement ce dont nous ne voulons plus » car « nous ne (pouvons) donner à personne délégation pour penser pour nous. »

      Olivier Faure revendique un « #universalisme » que ne renierait pas le candidat communiste à la présidentielle, #Fabien_Roussel pour qui « les réunions segmentées selon la couleur de sa peau, sa religion ou son sexe, ça divise le combat ». Le PCF (https://www.pcf.fr/actualite_derri_re_les_attaques_contre_l_unef_une_d_rive_autoritaire_et_antid_mo) n’hésite pas à défendre en théorie l’Unef tout en se joignant cœur réactionnaire des condamnations de ses pratiques.

      #Audrey_Pulvar (https://www.lci.fr/politique/demander-a-une-personne-blanche-de-se-taire-dans-une-reunion-non-mixte-pulvar-cr) cherchant peut-être un compromis dans la présence maintenue mais silencieuse d’un blanc dans une réunion de personnes racisées, se prend une volée de bois vert du chœur des bonnes âmes universalistes. La « dilution dans l’universel » est bien « une façon de se perdre » comme l’écrivait encore Aimé Césaire en 1956.

      Ce chœur hystérisé, rien ne le fera taire, ni le rappel élémentaire d’#Eric_Coquerel (https://www.facebook.com/watch/?v=773978356575699) que les #groupes_de_parole sont « vieux comme le monde, comme le mouvement féministe, comme les alcooliques anonymes », ni la prise du conscience de l’énormité morale, politique et juridique des positions prises ainsi dans une émotion révélatrice.

      Refuser de comprendre que la parole des dominées et dominés a besoin de se constituer à l’abri des dominants, c’est nier, de fait, la #domination. Ce déni de la domination, et de sa #violence, est une violence supplémentaire infligée à celles et ceux qui la subissent.

      Au passage, une partie de la gauche a par ailleurs perdu un repère simple en matière de liberté : la liberté de réunion est la liberté de réunion. Elle n’est plus une liberté si elle est sous condition de surveillance par une présence « hétérogène ». À quand les réunions de salariés avec présence obligatoire du patron ? Les réunions de femmes avec présence obligatoire d’un homme ? Les réunions d’étudiants avec présence obligatoire d’un professeur ? Les réunions de locataires avec présence obligatoire du bailleur ? Les réunions d’antiracistes avec présence obligatoire d’un raciste ?

      Ces héritiers et héritières d’une longue tradition politique liée aux luttes sociales révèle ainsi leur déconnexion avec les mobilisation d’aujourd’hui, celles qui de #MeToo à Black Lives Matter ébranlent le monde et nous interrogent sur quelle humanité nous voulons être au moment où notre survie est officiellement en question. Ces mouvements de fond martèlent, 74 ans après Aimé Césaire, que « l’heure de nous-mêmes a sonné. »

      Nul doute, hélas, que ce qui fait ainsi dériver des femmes et des hommes issus de la #gauche, c’est le poids pas toujours avoué, mais prégnant et souvent irrationnel, de l’#islamophobie. Cette adhésion générale à un complotisme d’État (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/041220/l-etat-t-il-le-monopole-du-complotisme-legitime) touche plus fortement les espaces partisans, voire universitaires, que le monde associatif. On a pu le constater lors de la dissolution du #Collectif_contre_l’islamophobie_en_France (#CCIF) fin 2020 quand la fermeté les protestations de la Ligue des droits de l’Homme (https://blogs.mediapart.fr/gabas/blog/031220/ldh-dissolution-politique-du-ccif) ou d’Amnesty international (https://www.amnesty.fr/presse/france-la-fermeture-dune-association-antiraciste-e) n’a eu d’égale que la discrétion de la gauche politique. La palme du mois d’avril revient sans conteste à #Caroline_Fourest (https://twitter.com/i/status/1384567288922259467) qui lors du lancement des États Généraux de la Laïcité a pu déclarer sans frémir que « ce mot islamophobie a tué les dessinateurs de Charlie Hebdo et il a tué le professeur Samuel Paty ».

      Oui voilà ou nous en sommes. La menace d’une victoire du #Rassemblement_national ne se lit pas que dans les sondages. Elle se lit dans les #renoncements. Elle s’enracine dans la banalisation voire le partage de ses thématiques disciplinaires, de ses émotions islamophobes, de son vocabulaire même.

      L’évitement politique du réel

      Il faut vraiment vivre dans une bulle, au rythme de réseaux sociaux hégémonisés par l’extrême droite, loin des réalités des quartiers populaires, pour considérer que l’islam et les réunions non mixtes sont les causes premières du délitement des relations collectives et politiques dans ce pays.

      Quelle République, quelle démocratie, quelle liberté défend-on ici avec ces passions tristes ? Depuis plus d’un an, la réponse gouvernementale à l’épreuve sanitaire les a réduites à l’état de fantômes. L’#état_d’urgence sanitaire est reconduit de vague en vague de contamination. Notre vie est bornée par des contrôles, des interdictions et des attestations. Les décisions qui la règlent sont prises par quelques-uns dans le secret délibératif d’un Conseil de défense. Nous vivons suspendus aux annonces du président et de quelques ministres et, de plus de plus en plus, du président seul, autoproclamé expert omniscient en gestion de pandémie. Nous n’avons plus prise sur notre vie sociale, sur nos horaires, sur notre agenda, sur notre avenir même très proche. Nous n’avons plus de lieu de délibération, ces lieux qui des clubs révolutionnaires de 1789 aux ronds-points des gilets jaunes, en passant par la Place Tahrir et la Puerta Del Sol en 2011 sont l’ADN de la #démocratie.

      La violence de la menace létale mondiale que font peser sur nous le Covid et ses variants successifs nous fait espérer que cette épreuve prendra fin, que la parenthèse se refermera. Comme dans une période de guerre (https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/070221/stephane-audoin-rouzeau-nous-traversons-l-experience-la-plus-tragique-depu), cet espoir toujours déçu se renouvelle sans fin à chaque annonce moins pessimiste, à chaque communication gouvernementale sur les terrasses jusqu’à la déception suivante. Cette #précarité sans fin est un obstacle collectif à la #résistance_démocratique, à la critique sociale, idéologique et opératoire de cette période qui s’ouvre et sera sans doute durable. C’est bien dans ce manque politique douloureux que s’engouffrent tous les complotismes de Q-Anon à l’islamophobie d’État.

      Depuis le printemps 2020 (www.regards.fr/politique/societe/article/covid-19-un-an-deja-chronique-d-une-democratie-desarticulee), les partis d’opposition ont cessé d’être dans l’élaboration et la proposition politique en lien avec la situation sanitaire. Le monologue du pouvoir ne provoque plus sporadiquement que des réactions, jamais d’alternative stratégique ni sur la réponse hospitalière, ni sur la stratégie vaccinale, ni sur l’agenda des restrictions sociales. Même l’absence de publication, des semaines durant début 2021, des avis du Conseil scientifique n’émeut pas des politiques beaucoup plus préoccupés par les réunions non mixtes à l’Unef.

      Attac (https://france.attac.org/spip.php?page=recherche&recherche=covid) n’est pas beaucoup plus proactif malgré la publication sur son site en novembre 2020 d’un texte tout à fait pertinent de Jacques Testard sur la #démocratie_sanitaire. En général les think tanks sont plutôt discrets. L’Institut Montaigne est silencieux sur la stratégie sanitaire tout comme la Fondation Copernic qui n’y voit pas l’occasion de « mettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Si le think tank Économie Santé des Échos déplore le manque de vision stratégique sanitaire, seule Terra Nova semble avoir engagé un véritable travail : une cinquantaine de contributions (https://tnova.fr/ckeditor_assets/attachments/218/terra-nova_dossier-de-presse_cycle-coronavirus-regards-sur-une-crise_2020.pdf), des propositions (https://tnova.fr/revues/covid-19-le-think-tank-terra-nova-fait-des-propositions-pour-limiter-les-conta) sur l’organisation de la rentrée scolaire du 26 avril 2021, des propositions sur la stratégie vaccinale…

      Pourquoi cette #inertie_collective sur les choix stratégiques ? Ce ne sont pas les sujets qui manquent tant la stratégie gouvernementale ressemble à tout sauf à une stratégie sanitaire. Sur le fond, aucun débat n’est ouvert sur le choix entre stratégie de cohabitation avec la maladie ou d’éradication virale. Ce débat aurait eu le mérite d’éclairer les incohérences gouvernementales comme la communication sur le « tester/tracer/isoler » de 2020 qui n’a été suivie d’aucun moyen opérationnel et humain nécessaire à sa mise en œuvre. Il aurait permis de discuter une stratégie vaccinale entièrement fondée sur l’âge (et donc la pression hospitalière) et non sur la circulation active du virus et la protection des métiers à risque. Cette stratégie a fait battre des records vaccinaux dans des territoires aux risques faibles et laissé à l’abandon les territoires les plus touchés par la surmortalité comme la Seine-Saint-Denis.

      Pourquoi cette inertie collective sur la démocratie sanitaire ? Les appels dans ce sens n’ont pourtant pas manqué à commencé par les recommandations du Conseil Scientifique dès mars 2020 : le texte de Jacques Testard (https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-25-automne-2020/debats/article/la-covid-la-science-et-le-citoyen), un article de The Conversation (https://theconversation.com/debat-quelles-lecons-de-democratie-tirer-de-la-pandemie-140157) au mois de juin 2020, l’excellent « tract » de #Barbara_Stiegler, De la démocratie en pandémie, paru chez Gallimard en janvier 2021 et assez bien relayé. Des propositions, voire des expérimentations, en termes de délibération et de construction collective des mesures sanitaires territorialisées, des contre expertises nationales basées sur des avis scientifiques et une mobilisation populaire auraient sans doute mobilisé de façon positive la polyphonie des exaspérations. On a préféré laisser réprimer la mobilisation lycéenne (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/181120/sommes-nous-aux-portes-de-la-nuit) pour de vraies mesures sanitaires en novembre 2020.

      Bref la construction de masse d’une alternative à l’incapacité autoritaire du pouvoir aurait pu, pourrait encore donner corps et usage à la démocratie, aujourd’hui désarticulée (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/160321/covid-un-deja-chronique-d-une-democratie-desarticulee), qu’il nous faut essayer de défendre, pourrait incarner la République dans des exigences sociales et une puissance populaire sans lesquelles elle risque toujours de n’être qu’un discours de domination.

      Une autre élection est-elle encore possible ?

      Entre cet étouffement démocratique de masse et l’immensité des choix de société suggérés au quotidien par la crise sanitaire, le grain à moudre ne manque pas pour des courants politiques héritiers d’une tradition émancipatrice. Leur responsabilité est immense quand l’humanité est mise au pied du mur de sa survie et de l’idée qu’elle se fait d’elle-même. Mais ces partis préfèrent eux aussi considérer la situation sanitaire comme une simple parenthèse à refermer, se projetant sur les échéances de 2022 comme pour oublier 2020 et 2021. Il est ahurissant de penser que, après 14 mois de pandémie, la politique sanitaire ne soit pas au centre des élections territoriales de ce printemps, sinon pour une question d’agenda.

      En « rêvant d’une autre élection » comme d’autres ont rêvé d’un autre monde, la gauche permet tout simplement au président en exercice de s’exonérer de son bilan dramatique : un système de santé et des soignantes et soignants mis en surchauffe des mois durant, une mise en suspens de milliers de soins parfois urgents, des dizaines de milliers de Covid longs, plus de 100.000 morts, des territoires et des populations délibérément sacrifiés, des inégalités devant la mort et la maladie largement calquées sur les inégalités sociales et les discriminations, une vie sociale dévastée, une démocratie en miettes, une faillite biopolitique structurelle.

      Comment lui en faire porter la responsabilité si on ne peut lui opposer aucune alternative ? Le pouvoir s’en réjouit d’avance et, renversant la charge de la preuve, semaine après semaine, somme chacune et chacun de présenter un bilan sur l’agenda qu’il déroule sans rencontrer beaucoup de résistance : les politiques sécuritaires et l’islamophobie d’État. Or, ce concours électoraliste du prix de la « laïcité », de la condamnation de l’islamisme, de la condamnation des formes contemporaines de lutte contre les discriminations, nous savons qui en sera la championne incontestée : elle en maîtrise à merveille les thématiques, le vocabulaire comme la véhémence.

      Voici ce que les sondages, jour après jour, mesurent et nous rappellent. Dans ces conditions, l’absence de dynamique unitaire à gauche n’est pas la cause de la défaite annoncée, elle est déjà le résultat d’une perte majoritaire de boussole politique, le résultat d’une sorte d’évitement du réel, le résultat d’un abandon.

      « L’étrange défaite » de juin 1940 a pris racine dans le ralliement des classes dirigeantes à la nécessité d’un pouvoir policier et discriminatoire. Nous y sommes. « L’étrange défaite » s’est nourrie de la pusillanimité d’une gauche désertant les vrais combats pour la démocratie, de la défense de l’Espagne républicaine au barrage contre un racisme aussi déchaîné qu’expiatoire. Nous y sommes sur les enjeux de notre temps. « L’étrange défaite » a été la fille du consensus munichois et de la capitulation anticipée. Nous y sommes. « L’étrange défaite » a été suivie de la mort d’une République. L’appel militaire du 21 avril en fait planer la menace.

      À l’exceptionnalité de la période traumatique qui bouleverse depuis 14 mois en profondeur nos repères politiques, sociaux et vitaux, s’ajoute l’exceptionnalité de l’échéance institutionnelle du printemps 2022. Il est dérisoire d’y voir la énième occasion de porter un message minoritaire, dérisoire de donner le spectacle d’une querelle d’egos, dérisoire de jouer à qui sera responsable de la défaite. Le salut ne sera pas dans un compromis défensif sans principe mais dans un sursaut collectif d’ambition.

      Il est temps de prendre la mesure du temps que nous vivons, car il est toujours temps de résister. Comme concluait Marc Bloch en septembre 1940, « peut-être est-ce une bonne chose d’être ainsi contraints de travailler dans la rage », car « est-ce à des soldats qu’il faut, sur un champ de bataille, conseiller la peur de l’aventure ? » Il ajoutait que « notre peuple mérite qu’on se fie à lui et qu’on le mette dans la confidence ».

      http://www.regards.fr/idees-culture/article/2022-l-etrange-defaite-qui-vient
      #non-mixité

  • En #Italie, ils résistent à la bactérie tueuse d’#oliviers
    https://reporterre.net/En-Italie-ils-resistent-a-la-bacterie-tueuse-d-oliviers

    Des oléiculteurs des #Pouilles, dans le sud de l’Italie, expérimentent des soins pour combattre les ravages de la bactérie #Xylella et pour préserver leurs oliviers centenaires d’un remplacement par une #agriculture_intensive.

  • #Dents la #galère - #CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Dents-la-galere
    #olivier_cyran

    « Cela fait une vingtaine d’années que j’avais en tête de rédiger une #enquête sur les dents et leur position centrale dans la guerre sociale. Si ma propre stomatophobie [2] y est pour quelque chose, mon intérêt pour la question vient surtout d’un constat : parmi une large population, et plus particulièrement dans les sphères militantes qui se bagarrent pour endiguer le flot des #violences_sociales, les problèmes de dents prennent souvent une ampleur catastrophique. Les #galères sans fin des dentiers mal adaptés, des pivots branlants et des couronnes qui s’émiettent en disent long sur le #régime dans lequel nous vivons. Elles sont pour tant très largement ignorées. Comment se fait-il qu’on ne considère pas comme un sujet politique à part entière la partition du monde entre les #dents_précarisées des uns et les dents triomphantes des autres ? Il suffit pourtant de mettre le sujet sur la table pour se rendre compte que la plupart des gens ont des choses incroyables à raconter au sujet de leurs dents.

    Pour ce #livre, je me suis focalisé sur quelques cas particuliers plutôt que de tenter d’être exhaustif. Car les parcours dentaires compliqués s’étendent sur des années, voire des décennies, pointant en creux aussi bien l’évolution de la société que ses bases inégalitaires les plus intangibles. Il faut donc un peu de temps et de place pour en décortiquer la logique. J’ai une énorme estime pour ces lutteurs de la survie dentaire cités dans le livre que sont Nordy, Bader, Christine, Abdel, Yasmina ou Karen, et pour le courage inouï qu’il leur a fallu mobiliser. Si mon livre a des dents, c’est à eux que je le dois.

    • « Il règne chez les dentistes une loi du silence assez étouffante, qui pèse autant sur leurs propres pratiques et dérives que sur l’absurdité du système auquel ils sont rompus. Leur liberté d’expression est très étroitement encadrée par l’Ordre national des chirurgiens-dentistes, une sorte de réplique miniature du Vatican, avec ses intrigues, ses fortunes et ses pouvoirs, et des blouses blanches à la place des soutanes. Les dentistes critiques, attachés à une pratique consciencieuse et sociale de leur métier – et il y en a – ont intérêt à se tenir à carreau. Les seules protestations que l’on entend publiquement sont celles des syndicats de dentistes libéraux, qui défendent âprement leurs euros mais ne risquent guère de s’épancher sur certains usages de leur profession, comme les refus de soins. Il faut le savoir, de nombreux dentistes – un sur deux à Paris, selon une étude – refusent de soigner les allocataires de la CMU [3] ou de l’AME [4], ou d’autres catégories jugées indésirables, et trouvent toutes sortes de moyens pour les éconduire. Sans parler de ceux qui les soignent, mais mal, à la va-vite, sans se soucier des conséquences. C’est pour quoi il est si important d’écouter un peu plus les galériens de la dent et moins les dentistes, en tout cas ceux qui s’accommodent de ce système et font leur beurre avec.