#oligopole

  • L’#édition_scientifique, entre #prédateurs et #profiteurs

    Les #revues_scientifiques sont au cœur de la diffusion des savoirs et de l’évaluation des chercheurs. Face à la captation du #marché par de grandes entreprises, des résistances s’organisent. Entretien croisé avec #Hervé_Maisonneuve et #Frédéric_Hélein.
    Pour un chercheur, publier ses résultats dans des revues spécialisées est une activité cruciale, lors de laquelle se joue sa renommée. Ces revues, initialement fondées par des sociétés savantes, sont de plus en plus contrôlées par un #oligopole de #multinationales de l’édition, qui accumulent des #profits phénoménaux. Depuis une décennie, le modèle économique de l’édition scientifique bascule vers une logique d’accès libre aux articles, les frais de publication étant couverts par les chercheurs. Mais des groupes peu recommandables ont développé des revues dites « prédatrices », publiant n’importe quoi dans le seul but d’encaisser le paiement des chercheurs.
    Où va l’édition scientifique ? Comment les scientifiques peuvent-ils reprendre le contrôle de ce maillon essentiel à la diffusion de leurs recherches ? Entretien croisé avec Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique, et Frédéric Hélein, professeur de mathématiques à l’université Paris VII.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=abvhkMsNn58


    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/130119/l-edition-scientifique-entre-predateurs-et-profiteurs
    #prédation #profit #université #business #savoir #recherche #science

    signalé par @marty

    • #Déclaration_de_San_Francisco sur l’#évaluation de la recherche

      Il est urgent d’améliorer les méthodes d’évaluation des résultats de la recherche scientifique par les agences de financement, les établissements d’enseignement et de recherche et d’autres parties. Pour régler cette question, un groupe de rédacteurs en chef et d’éditeurs de revues savantes s’est réuni à San Francisco en Californie le 16 décembre 2012, dans le cadre du congrès annuel de l’American Society for Cell Biology (ASCB). Ce groupe a élaboré un ensemble de recommandations, désormais appelé « Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche ». Nous invitons les parties intéressées de toutes les disciplines scientifiques à manifester leur soutien en ajoutant leur nom à la présente Déclaration.

      Les apports de la recherche sont nombreux et variés : articles contenant de nouvelles connaissances, données, réactifs, logiciels ainsi que propriété intellectuelle et jeunes scientifiques hautement qualifiés. Les agences de financement, les établissements qui emploient des chercheurs et ces scientifiques eux-mêmes éprouvent tous le désir et le besoin d’évaluer la qualité et l’impact de la production scientifique. Il est donc impératif que la production scientifique soit mesurée rigoureusement et évaluée avec discernement.

      Le facteur d’impact des revues est souvent utilisé comme principal paramètre pour comparer la production scientifique individuelle et celle des établissements. Ce facteur d’impact, tel que calculé par Thomson Reuters*, a été créé à l’origine comme un outil d’aide pour les bibliothécaires servant à identifier les revues à acheter, et non pour mesurer la qualité scientifique de la recherche exposée dans un article. Dans cette optique, il est essentiel de comprendre que le facteur d’impact présente un certain nombre d’insuffisances bien documentées en tant qu’outil d’évaluation de la recherche. Ces limitations sont les suivantes : A) les distributions des citations dans les revues sont très asymétriques [1-3] ; B) les propriétés du facteur d’impact sont propres à chaque domaine : il s’agit d’un agrégat de types d’articles multiples et très divers, avec des articles primaires comme de synthèse [1, 4] ; C) les facteurs d’impact peuvent être manipulés (ou « instrumentalisés ») par une politique éditoriale [5] ; et D) les données utilisées pour calculer les facteurs d’impact ne sont ni transparentes ni ouvertement accessibles au public [4, 6, 7]. Ce qui suit formule des recommandations visant à améliorer la façon dont la qualité des résultats de la recherche est évaluée. D’autres éléments de production scientifique que les articles prendront une importance accrue dans l’évaluation de l’efficacité des travaux de recherche à l’avenir, mais l’article, contrôlé par des pairs, demeurera une production scientifique essentielle entrant dans l’évaluation de la recherche. Par conséquent, nos recommandations portent au premier chef sur les pratiques relatives aux articles publiés dans des revues à comité de lecture, mais elles peuvent et devraient s’étendre à d’autres productions, comme les jeux de données, en tant que résultantes importantes de la recherche. Ces recommandations s’adressent aux agences de financement, aux établissements d’enseignement et de recherche, aux revues, aux organismes pourvoyeurs d’indicateurs et à chaque chercheur.

      Ces recommandations s’articulent autour d’un certain nombre de sujets :

      la nécessité de mettre un terme à l’utilisation d’indicateurs basés sur les revues, comme les facteurs d’impact, dans le financement, les nominations et les promotions ;
      celle d’évaluer la recherche sur sa valeur intrinsèque plutôt qu’en fonction de la revue où elle est publiée ; et
      celle encore d’exploiter au mieux les possibilités offertes par la publication en ligne (comme la levée de restrictions inutiles sur le nombre de mots, de figures et de références dans les articles et l’exploration de nouveaux indicateurs d’importance et d’impact).

      Nous reconnaissons que de nombreuses agences de financement, établissements, éditeurs et chercheurs encouragent déjà l’amélioration des pratiques d’évaluation de la recherche. De telles démarches commencent à donner de nouvelles perspectives à des approches d’évaluation de la recherche plus élaborées et plus pertinentes sur lesquelles il est possible de s’appuyer et qui puissent être adoptées par toutes les parties impliquées au premier chef.

      Les signataires de la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche soutiennent l’adoption des pratiques suivantes pour l’évaluation de la recherche.

      Recommandation générale

      Ne pas utiliser les indicateurs basés sur les revues, tels que les facteurs d’impact, comme succédané d’appréciation de la qualité des articles de recherche individuels, pour évaluer les contributions d’un scientifique en particulier ou pour prendre des décisions en matière de recrutement, de promotion ou de financement.

      Pour les agences de financement

      Indiquer explicitement les critères utilisés pour évaluer la productivité scientifique des porteurs de projet et souligner clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les établissements

      Afficher explicitement les critères utilisés dans les décisions de recrutement, de titularisation et de promotion, en soulignant clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les éditeurs

      Réduire considérablement l’importance accordée au facteur d’impact comme outil de promotion, idéalement en cessant de le promouvoir ou en présentant ce paramètre dans le contexte d’une variété d’indicateurs basés sur les revues (p. ex. facteur d’impact sur 5 ans, EigenFactor [8], SCImago [9], indice h, temps de traitement éditorial et de publication, etc.) qui offrent une vision plus riche de la performance d’une revue.

      Proposer une série d’indicateurs à l’échelle de l’article pour encourager le passage à une évaluation qui soit fondée sur le contenu scientifique d’un article plutôt que sur les indicateurs de publication de la revue dans laquelle il a été publié.

      Encourager des pratiques responsables en matière de paternité d’auteur et la fourniture d’informations sur les contributions spécifiques de chaque auteur.

      Qu’une revue soit en libre accès ou sur abonnement, supprimer toutes les restrictions de réutilisation des listes de références dans les articles et les mettre à disposition dans le cadre du Creative Commons Public Domain Dedication [10].

      Éliminer ou réduire les contraintes sur le nombre de références dans les articles et, le cas échéant, exiger la citation de la littérature primaire plutôt que celle des articles de synthèse afin de reconnaître le mérite du ou des groupes qui ont rapporté en premier une découverte.

      Pour les organismes pourvoyeurs d’indicateurs

      Faire preuve d’ouverture et de transparence en fournissant les données et les méthodes utilisées pour calculer tous les indicateurs.

      Fournir les données en vertu d’une licence qui permette une réutilisation sans restriction et permettre un accès informatique aux données, dans la mesure du possible.

      Préciser clairement que la manipulation inconsidérée des indicateurs ne sera pas tolérée ; désigner explicitement ce qui constitue une manipulation inconsidérée et les mesures qui seront prises pour y remédier.

      Tenir compte de la diversité des types d’articles (p. ex., articles de synthèse par rapport aux articles de recherche) et des différents domaines lorsque les indicateurs sont utilisés, agrégés ou comparés.

      Pour les chercheurs

      Lors d’une participation à des commissions exerçant des décisions de financement, d’embauche, de titularisation ou de promotion, produire des évaluations fondées sur le contenu scientifique plutôt qu’en fonction des indicateurs de publication.

      Le cas échéant, citer la littérature primaire dans laquelle les observations ont été rapportées en premier plutôt que les articles de synthèse afin d’en attribuer le mérite à bon escient.

      Utiliser une gamme de paramètres et d’indicateurs d’articles sur les déclarations personnelles/de soutien, comme preuve de l’impact d’articles individuels publiés et d’autres résultats de recherche [11].

      Remettre en question les pratiques d’évaluation de la recherche qui s’appuient inconsidérément sur les facteurs d’impact. Promouvoir et enseigner les bonnes pratiques qui mettent l’accent sur la valeur et l’influence des résultats spécifiques de la recherche.

      https://sfdora.org/read/fr
      #recommandations


  • Microsoft tests ‘warning’ Windows 10 users not to install Chrome or Firefox - The Verge
    https://www.theverge.com/2018/9/12/17850146/microsoft-windows-10-chrome-firefox-warning

    Microsoft is testing a warning for Windows 10 users not to install Chrome or Firefox. The software giant is in the final stages of testing its Windows 10 October 2018 Update, and testers have spotted a new change that appears when you try to install a rival web browser. “You already have Microsoft Edge – the safer, faster browser for Windows 10” says a prompt that appears when you run the Chrome or Firefox installers on the latest Windows 10 October 2018 Update.

    The Verge understands Microsoft is simply testing this prompt for now, and that it won’t appear in the final October update. Microsoft does test feature changes over the course of its updates, but this particular change was not documented in the company’s various blog posts and appeared very late in the testing stages. The prompt may still appear in a future Windows 10 update, but that will depend on feedback to this controversial change.

    While the prompts can be turned off, they’re yet another example of Microsoft infesting Windows 10 with annoying ads and pop-ups. Some similar prompts already appear and attempt to push Chrome or Firefox users to use Edge, but this latest one steps up Microsoft’s war against Chrome even further. It’s not clear why Microsoft thinks it’s a good idea to include these irritating prompts, as all they’re likely to do is anger Windows 10 users rather than convince them to switch to Edge.

    #Microsoft #Concurrence #Effet_de_réseau #Oligopole


  • Google gagne une première manche contre le fisc
    http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/07/12/google-gagne-une-premiere-manche-contre-le-fisc_5159704_3234.html

    L’enjeu est de taille pour le gouvernement français. Le fisc poursuit ou a poursuivi la plupart des géants américains du numérique, de Yahoo ! à Microsoft, en passant par Amazon, Apple, Microsoft ou eBay. Tous ont pour point commun de payer très peu d’impôts en France. Aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Bruno Le Maire s’est insurgé contre les pratiques fiscales de la Silicon Valley. « Il est temps que l’Europe se ressaisisse, qu’elle défende ses intérêts, qu’elle fasse payer à Google, Amazon et Facebook les impôts qu’elles doivent aux contribuables européens », a lancé le ministre de l’économie et des finances, le 9 juillet.

    Comme ses compatriotes, Google s’acquitte en France d’un impôt sur les sociétés (IS) marginal. En 2015, le moteur de recherche a déclaré 249 millions d’euros de chiffre d’affaires, et un résultat net de 12 millions d’euros. Les caisses de l’Etat, elles, ont perçu 6,7 millions d’euros au titre de l’IS, et 5 millions en 2014.

    Or, ces chiffres apparaissent peu en phase avec l’activité en France de l’entreprise californienne. Ainsi, en 2015, le Syndicat des régies Internet estimait à 1,75 milliard de revenus les recettes issues des « liens sponsorisés », ces liens publicitaires qui apparaissent dans les moteurs de recherche, un domaine où la multinationale détient plus de 90 % de parts de marché.

    Si Google déclare aussi peu, c’est parce que l’essentiel de ses revenus, et notamment ceux de Adwords, sa plate-forme publicitaire, sont enregistrés par Google Ireland, où il a installé son siège européen.

    #Google #Impôts #Fiscalité #Oligopole


  • Fediverse : fin d’une aventure
    https://psychedeli.cat/mastodon-fin-aventure

    [Après un blocage dû à une discussion sur la suppression d’un compte supposément pro-nazi] Mes notifications sont enfin redevenues intéressantes et l’ambiance est meilleure, on est passé à autre chose. C’était sans compter, quelques jours plus tard, la girouette qu’est devenue l’administration de mastodon.social. Pour vous situer dans le contexte, mastodon.social est l’instance phare de Mastodon avec 81,211 utilisateurs inscrits à l’heure actuelle et 2,504,555 status. C’est donc un géant et qui, par sa présence, m’inspire ce qui devient un raté de la « décentralisation » : si tous les utilisateurs sont répartis sur une dizaine d’instances majeures, quel est l’intérêt ? Et qu’arrive-t-il si le pouvoir coercitif finit par avoir raison des petites instances qui se retrouvent isolées alors qu’elles ont justement besoin de s’étendre et d’avoir de la visibilité à cette fin ?

    #Mastodon #fediverse #modération #censure #oligopole #blocage #blocking_lists


  • Édition scientifique numérisée, autonomie intellectuelle des chercheurs et pédagogie numérique
    par Jérôme Valluy

    J’ai beau être un utilisateur heureux de Revues.org, et n’avoir aucun exemple vraiment caractérisé de censure, je ne peux m’empêcher de trouver dérangeant et très digne d’attention ses anticipations quelques peu catastrophistes et son invitation à développer des éditions décentralisées.
    http://www.iri.centrepompidou.fr/wp-content/uploads/2014/06/enmi-preparatoires-2014.vfinale2.pdf

    Dans le domaine des arts, lettres et sciences humaines, le développement de l’édition scientifique numérique en libre accès accélère l’effondrement du marché des livres et revues scientifiques sur papier et probablement leur disparition à brève échéance. Or ce marché a permis, depuis plus d’un siècle, d’assurer un relatif pluralisme intellectuel par la multiplication de petites maisons d’édition, offrant des débouchés à des pensées diverses, mêmes minoritaires, émergentes, décalées, novatrices, qui sont essentielles aux progrès de la connaissance. A l’ère numérique, ce pluralisme n’est assuré ni par la concentration oligopolistique du marché scientifique mondial payant (les bouquets d’abonnements à prix exorbitants) ni par le mouvement, en réaction, de l’accès ouvert aux publications sur plateformes institutionnelles financées sur fonds publics, constitutives d’oligopoles non marchands, étatiques voire technocratiques, plaçant la recherche sous contrôles, notamment politique, d’acteurs publiques dominants. Ces deux formes d’oligopoles, marchand et étatique, réduisent l’autonomie intellectuelle des chercheurs et, par là même, celle des pédagogues qui transmettent les savoirs issus de la recherche, dans le supérieur et dans le secondaire. Plus récemment, la propulsion politique de cours numériques en libre accès (les MOOC) accentue cette perte d’autonomie des chercheurs et enseignants en subordonnant la pédagogie à des finalités exogènes qui sont principalement celle du marketing académique, pour des universités en concurrence, et celles de la réduction des budgets, pour des universités sous-financées.

    Dans ce contexte, l’édition scientifique et pédagogique doit être entièrement repensée en articulant la connaissance des nouveaux dispositifs technologiques caractéristiques de l’ère numérique, la création nécessaire d’un nouveau modèle économique de l’édition scientifique et la philosophie libérale, issue des Lumières, de défense des libertés intellectuelles, des chercheurs et pédagogues. Au vu de l’expérience historique du marché éditorial papier (multiplication de petites maisons d’édition dans les démocraties libérales) et des transformations numériques récentes de ce marché (oligopoles marchands et oligopoles étatiques), on ne peut qu’être tenté par le fameux « small is beautiful » et appeler à la création de multiples et nouvelles maisons d’éditions, chacune issue d’un projet non pas technologique mais intellectuel, et réellement adapté au monde numérique. Cette structure éditoriale devra être, à la fois entièrement novatrice du point de vue de la conception même du livre et de la revue à l’ère numérique (écritures numériques enrichies, publication multi-formats, en accès partiellement ou totalement ouvert, nouveaux métiers et nouvelles collaborations auteurs/éditeurs) et entièrement nouvelles aussi du point de vue du modèle économique permettant de financer ces maisons d’édition de façon à préserver durablement leur indépendance et leur diversité (financements hybrides associant crowdfunding, financements académiques, accords de distribution et ventes de prestations secondaires). De telles maisons d’édition offriront au public des productions à la fois écrites et audio-visuelles de qualité infiniment supérieure tant aux premiers cours en ligne ouverts (MOOC) qu’aux espaces pédagogiques interactifs (EPI) et assureront par leur nombre et leur diversité un pluralisme intellectuel dans l’édition scientifique que ne pourront jamais offrir des plateformes institutionnelles sous contrôle des pouvoirs publics.

    #édition_numérique #oligopole #libertés_académiques