• ‘The Numbers Are So Staggering.’ Overdose Deaths Set a Record Last Year. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2018/11/29/upshot/fentanyl-drug-overdose-deaths.html

    The recent increases in drug overdose deaths have been so steep that they have contributed to reductions in the country’s life expectancy over the last three years, a pattern unprecedented since World War II. Life expectancy at birth has fallen by nearly four months, and drug overdoses are the leading cause of death for adults under 55.

    “The idea that a developed wealthy nation like ours has declining life expectancy just doesn’t seem right,” said Robert Anderson, the chief of mortality statistics at the C.D.C., who helped prepare the reports. “If you look at the other wealthy countries of the world, they’re not seeing the same thing.”

    #opioides #opiacés


  • Opioid Nation | by #Marcia_Angell | The New York Review of Books
    https://www.nybooks.com/articles/2018/12/06/opioid-nation

    As long as this country tolerates the chasm between the rich and the poor, and fails even to pretend to provide for the most basic needs of our citizens, such as health care, education, and child care, some people will want to use drugs to escape. This increasingly seems to me not a legal or medical problem, nor even a public health problem. It’s a political problem. We need a government dedicated to policies that will narrow the gap between the rich and the poor and ensure basic services for everyone. To end the epidemic of deaths of despair, we need to target the sources of the despair.

    #politique #opiacés #opioides #etats-unis



  • Canada : Les surdoses mortelles d’opioïdes continuent d’augmenter Marie Vastel - 19 Septembre 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/537059/les-surdoses-mortelles-aux-opioides-continuent-d-augmenter

    Le nombre de décès causés par des surdoses liées aux opioïdes continue de se multiplier au Québec et au Canada. À tel point que, si la tendance des trois premiers mois de l’année se maintient, le nombre de morts surpassera celui de l’an dernier.
 

    Le Canada a maintenant perdu plus de 8000 vies, depuis janvier 2016, à cause de la crise des surdoses d’opioïdes qui sévit particulièrement à l’ouest du Québec, rapportait mardi l’Agence de la santé publique du Canada.


    Au cours des trois premiers mois de l’année 2018 seulement, ce sont 1036 personnes qui ont perdu la vie apparemment à cause d’une consommation d’opioïdes – une augmentation constante par rapport aux mêmes périodes en 2017 et en 2016. Au Québec, 82 décès liés à une consommation d’opioïdes ont été constatés entre janvier et mars 2018 : 320 en Ontario, 203 en Alberta et 390 en Colombie-Britannique.

    À ce rythme, pas moins de 328 personnes pourraient ainsi perdre la vie au Québec en 2018. En 2016, 235 décès avaient été constatés. En 2017, le gouvernement fédéral n’avait reçu que des chiffres incomplets du Québec, répertoriant seulement les décès survenus pendant la deuxième moitié de l’année, et ceux-ci s’élevaient à 181 décès.

    La tendance à la hausse est la même dans les provinces les plus touchées par ce phénomène. L’an dernier, 3996 personnes sont décédées de surdoses d’opioïdes au Canada (1473 en Colombie-Britannique et 1265 en Ontario), tandis que le chiffre atteignait 3005 personnes en 2016 (1011 en Colombie-Britannique et 867 en Ontario). Si on extrapole les statistiques du comité consultatif fédéral-provincial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, dévoilées mardi, plus de 1500 personnes pourraient ainsi décéder en Colombie-Britannique cette année, plus de 800 en Alberta et près de 1300 en Ontario.

    Des décès constatés entre janvier et mars dernier, 94 % ont été classées comme des surdoses accidentelles. Et 73 % de celles-ci impliquaient la drogue #fentanyl (une drogue de synthèse qui peut être 100 fois plus forte que la morphine et qui est intégrée à certaines drogues du marché noir à l’insu des consommateurs).

    La ministre Petitpas-Taylor a déploré l’état de la crise. « Nous avons toujours dit qu’il n’y a pas de solution magique pour la crise des opioïdes. On va continuer de travailler en étroite collaboration avec les provinces et territoires, et aussi les gens qui travaillent dans la rue avec ces gens qui sont souvent affectés par la crise des opioïdes », a-t-elle réagi mardi.

    #Quebec #opioïdes #overdose #big_pharma #pharma #drogues #drogue #opiacés #overdose #santé #santé_publique #marché_noir


  • #F.D.A. Did Not Intervene to Curb Risky #Fentanyl Prescriptions - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/08/02/health/fda-fentanyl-opioid-epidemic-overdose-cancer.html

    A fast-acting class of fentanyl drugs approved only for #cancer patients with high opioid tolerance has been prescribed frequently to patients with back pain and #migraines, putting them at high risk of accidental overdose and death, according to documents collected by the Food and Drug Administration.

    [...]

    About 5,000 pages of documents, obtained by researchers at Johns Hopkins University through the Freedom of Information Act and provided to The New York Times, show that the F.D.A. had data showing that so-called off-label prescribing was widespread. But officials did little to intervene.

    #complicité #santé #opioides #opiacés


  • En Suisse aussi, la forte hausse des prescriptions d’opioïdes inquiète Pauline Turuban - 3 Juillet 2018 - RTS
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/9665325-en-suisse-aussi-la-forte-hausse-des-prescriptions-d-opioides-inquiete.ht

    - Les prescriptions d’antidouleurs opioïdes, des médicaments au fort potentiel addictif, ont explosé ces dernières années en Suisse. Des spécialistes appellent à la vigilance alors que la crise sanitaire fait rage aux Etats-Unis. _

    Aux Etats-Unis, l’addiction aux analgésiques opioïdes est au coeur d’une crise sanitaire aux conséquences dramatiques. Selon les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), environ deux millions d’Américains sont aujourd’hui dépendants à ces substances, naturelles ou synthétiques, dont les effets sur l’organisme sont comparables à ceux de la morphine.

    En 2016, 42’000 personnes ont succombé à une overdose d’opioïdes et, parmi ces décès, 40% impliquaient des antidouleurs délivrés sur ordonnance.
    http://www.rts.ch/2018/07/03/20/22/9692764.image?w=900&h=506
    La Suisse, 7e consommateur d’opioïdes au monde
    Ces derniers mois, des scientifiques se sont inquiétés de savoir si une épidémie comparable était imaginable en Suisse. Bien qu’il n’existe pas de données centralisées et aussi détaillées que celles disponibles aux Etats-Unis, leurs travaux mettent en lumière une hausse drastique de l’usage de ce type de produits dans le pays.

    L’étude la plus récente, basée sur les données de l’International Narcotics Control Board (INCB) et publiée en juin dans la Revue médicale suisse (RMS), indique que la consommation d’opioïdes forts a été multipliée par 23 entre 1985 et 2015, passant de 18 à 421 mg/habitant/année.

    Selon ces chercheurs romands, la Suisse est le septième consommateur au monde, largement au-dessus de la moyenne européenne mais au milieu de celle de ses pays limitrophes, et nettement derrière l’Amérique du Nord.

    Consommation totale d’opioïdes en 2015 Le lien http://www.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/9665325-en-suisse-aussi-la-forte-hausse-des-prescriptions-d-opioides-inquiete.ht

    Ventes en hausse de 80% en huit ans
    Les remboursements de ces médicaments -en particulier fentanyl, buprénorphine et oxycodone- par la seule caisse-maladie Helsana ont plus que doublé entre 2006 et 2013, passant de près de 65’000 à 137’000 cas, pointe une autre étude parue l’an passé dans BMC Health Services Research.

    Les ventes, elles, évoluent logiquement dans le même sens : de 36 millions en 2008, elles ont progressé de manière constante jusqu’à atteindre 66 millions d’unités vendues en 2016, soit une hausse de 80% en huit ans, selon des chiffres d’Interpharma parus dans Suchtmagazin.

    Pas de signe d’une hausse des addictions
    D’une manière générale, la prise de tous les antidouleurs forts, pas uniquement opioïdes, tend à augmenter. Mais selon Addiction Suisse, la part de la population qui en fait un usage quotidien et prolongé -qui pourrait dénoter une dépendance-, elle, n’augmente pas : après avoir atteint un pic en 2013 (2,5%), elle est redescendue à 1,8% en 2016, ce qui représente environ 122’000 personnes.

    Et à ce stade, rien n’indique que la progression de l’usage d’opioïdes ait eu pour corollaire une multiplication des cas d’addictions.

    Alors qu’aux Etats-Unis, le taux de décès liés à la drogue a bondi de 30% entre 2010 et 2015, il a baissé d’environ 10% sur la même période en Suisse. On comptait aux Etats-Unis 16,3 cas d’overdoses pour 100’000 habitants en 2015, contre 1,58 cas en Suisse, soit près de 10 fois moins.

    Etienne Maffli, chercheur à Addiction Suisse et auteur de l’étude parue dans Suchtmagazin, déplore toutefois le manque de recul de ces statistiques.

    « On n’a pas un thermomètre très direct : si les cas de décès venaient à augmenter, on ne le verrait que deux ou trois ans après, ce qui est déjà bien trop tard. Aux Etats-Unis, les signaux d’alarme n’ont pas fonctionné correctement », avertit le scientifique qui préconise l’établissement d’un système d’alerte précoce.

    Réglementation plus forte qu’en Amérique du Nord
    Reste que la délivrance d’opioïdes est bien plus réglementée en Suisse qu’en Amérique du Nord. Pour les médicaments les plus forts, une ordonnance spéciale est émise en trois exemplaires comprenant un numéro d’identification unique. Un exemplaire demeure chez le médecin, un auprès de la pharmacie et le troisième auprès de la caisse-maladie.

    S’ils reconnaissent que ce système de carnets à souche limite le risque d’abus, les spécialistes cités plus haut déplorent l’absence d’un registre centralisant les prescriptions et le manque de contrôles systématiques, qui permettraient de mieux lutter contre le « tourisme pharmaceutique ».

    Aujourd’hui, seules les personnes à risque faisant l’objet d’une dénonciation auprès du pharmacien cantonal sont limitées à un seul médecin et une seule pharmacie.

    « Le retour à l’’opiophobie’ serait contre-productif »
    La nette hausse du recours à ces substances, utilisées notamment pour traiter les douleurs liées aux cancers, est en partie liée au vieillissement de la population. Mais, pour Etienne Maffli, l’explication réside surtout dans une évolution de l’éthique médicale, qui remet davantage en question « la nécessité de souffrir, et s’interroge sur la manière dont on peut mieux soulager les patients ».

    Le propos n’est pas de diaboliser les opioïdes. « Le retour à une ’opiophobie’, contre laquelle nos aînés ont combattu, serait contre-productif », notent d’ailleurs les auteurs de l’étude publiée dans la Revue médicale suisse.

    Toute la difficulté est de savoir où se situe la limite entre une meilleure prise en charge de la douleur et une prescription trop libérale d’opioïdes qui pourrait constituer un risque. « On ne sait pas vraiment où se situe l’optimum », insiste Etienne Maffli. La vigilance est donc nécessaire pour, résume-t-il, ne pas « dépasser cet optimum » et risquer un dérapage à l’américaine.

    #opioides #fentanyl #pharma #drogues #big_pharma #opiacés #drogue #santé #santé_publique #addiction #opioïdes #overdose #Suisse


  • Who Could Have Imagined that Government Granted Patent Monopolies on Drugs Like OxyContin Could Lead to Abuses ? | Beat the Press | Blogs | Publications | The Center for Economic and Policy Research
    http://cepr.net/blogs/beat-the-press/who-could-have-imagined-that-government-granted-patent-monopolies-on-drugs-lik

    Si le système d’exclusivité existant aux #Etats-Unis permet de fixer des #prix faramineux, comment peut-on penser sérieusement que le vendeur ne va pas #mentir (quant à l’efficacité et l’innocuité de son #médicament, aussi #mortel qu’il puisse être) pour vendre le plus possible ?

    Every student who has taken an Econ 101 class knows how a 20 percent tariff leads to #corruption. So, why is anyone in the world surprised that the patent monopoly the government gave to Purdue Pharma on OxyContin lead the company to ignore evidence that the drug was being misused?

    Hey folks, people respond to incentives. If we give them a patent monopoly that allows them to sell a drug at a price that is several thousand percent above its free market price, then drug companies will try to push the drug as widely as possible. This means ignoring evidence that the drug might be less effective than claimed or even harmful.

    Come on, every serious person must understand this fact. Is it really necessary to pretend we are surprised?

    #opioides #opiacés #big_pharma


    • Ils tuent davantage que les accidents de la route ou les armes à feu. Après avoir ravagé les ghettos noirs dans les années 1990, les opiacés déciment désormais les banlieues pavillonnaires et la petite classe moyenne américaines. Inédite par son ampleur et par ses victimes, cette épidémie d’overdoses l’est aussi par son origine : les consommateurs sont devenus dépendants en avalant des antidouleurs prescrits par leur médecin.

      https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/ROBIN/58390


  • Joshua Sharfstein on Twitter: “Excellent nytimes editorial today with a 100+ year perspective on the #opioid crisis. My favorite quote from historian David Courtwright, referring to US history: ‘What we think about #addiction very much depends on who is addicted.’ https://www.nytimes.com/2018/04/21/opinion/an-opioid-crisis-foretold.html
    https://mobile.twitter.com/drJoshS/status/988080347760934912

    Opinion | An Opioid Crisis Foretold - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/04/21/opinion/an-opioid-crisis-foretold.html

    In the mid-1800s, the British went into battle twice — bombing forts and killing thousands of civilians and soldiers alike — to keep the Chinese market open to drug imports in what would become known as the #Opium Wars.

    #opiacés


  • La prohibition, au cœur de la diffusion des #drogues ? Marchés de l’héroïne à Paris dans les années 1968-2000
    http://www.vacarme.org/article3126.html

    Tour à tour invisible et visible, oscillant entre espaces privés et espaces publics, le commerce des drogues n’est pas un marché souterrain et clos sur lui-même, dès lors qu’on veut bien le mettre en perspective avec les mutations sociales, économiques et politiques de l’espace urbain. Mettre en lumière les itinéraires et les réseaux complexes et mouvants du marché parisien, de 1968 à nos jours, permet d’en saisir les jeux de sociabilités, autant que de mettre en évidence les effets de répression, de ghettoïsation et de marginalisation urbaines des politiques d’invisibilisation des drogues adoptées depuis les années 1970.

    • L’ambition de ce livre est de donner de la profondeur historique à la catastrophe sanitaire et sociale que fut l’héroïne, à sa répression, aux dynamiques et cycles de sa consommation et de son trafic. Il raconte cette histoire dans ses multiples dimensions, sociale et économique, culturelle et urbaine, politique et géopolitique, en privilégiant le point de vue de ceux qui ont été ses acteurs ou témoins. Plus généralement, il prend l’héroïne comme analyseur, pour saisir ce que les drogues font à la société.

      Le marché de l’héroïne se structure au cours des années 1950, mais c’est avec Mai 68 que s’amorce un premier tournant : dans ce bouillonnement politique, sociétal et culturel, les produits se diffusent au sein d’une jeunesse en quête de liberté et d’expériences. La fin des Trente Glorieuses marque un durcissement. La consommation d’héroïne s’étend et les sources d’approvisionnement se multiplient, bien au-delà du mythe de la « French Connection ». Les années 1980 sont un tournant majeur : on voit apparaître des « scènes » où les drogues sont vendues et consommées ouvertement dans les squats, quartiers délabrés, « banlieues » et autres « cités maudites ». Les ravages de l’héroïne deviennent de plus en plus visibles et sa diffusion joue un rôle central dans la construction du problème des banlieues dans sa version sécuritaire et racialisée. Les quartiers dits défavorisés vont être au cœur de sa diffusion mortifère, frappées par l’épidémie de sida, d’une part, et par les politiques répressives, d’autre part. Une bascule s’opère dans les années 1990 lorsque Simone Veil, ministre de la Santé, s’engage dans la mise en place d’un dispositif expérimental de réduction des risques.

      L’histoire de l’héroïne est celle de la répression, de la guerre à la drogue et, en corollaire, de l’absence de culture de santé publique en France, mais c’est aussi celle d’un processus de transformation des appartenances collectives et des identités culturelles qui interroge le rôle des produits psychotropes dans le changement social.

      https://journals.openedition.org/lectures/24352#ftn1
      http://www.editionsamsterdam.fr/la-catastrophe-invisible
      #héroïne #opiacés #hécatombe

    • Liège, la « cité ardente », a été qualifiée depuis quelques années de « Toxcity » tant les toxicomanes y étaient nombreux et vivaient au coeur même de la ville. Trop visibles pour certains, simple reflet d’une société en crise pour d’autres, leur présence et l’usage qu’ils font de la ville vont mobiliser une série d’institutions et d’acteurs sociaux, autour de questions de santé, de justice et d’urbanisme.
      http://toxcity.be
      https://seenthis.net/messages/457607
      https://seenthis.net/messages/525423
      @intempestive @syntone


  • Sur la route mortelle des opioïdes - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/06/25/sur-la-route-mortelle-des-opioides_1579449

    Aux Etats-Unis, l’addiction aux psychotropes de synthèse fait des ravages, avec la complicité de labos et médecins sans scrupules. Reportage en Virginie-Occidentale.

    La première chose qui frappe, ce sont ses yeux. Vert foncé, surmontés de fard à paupière rose. Pétillants et espiègles sans doute à l’adolescence, mais aujourd’hui empreints d’une profonde lassitude. Comme recouverts d’un voile cotonneux. A lui seul, le regard de Tiffany Vincent trahit une vie d’excès. Son épais maquillage ne gomme pas la dureté des traits de cette femme de 33 ans passée par toutes les drogues ou presque. Et brisée à la fois par l’addiction et le deuil. A l’étage de la modeste maison où elle nous reçoit, dans la petite ville morose de Madison, en Virginie-Occidentale, Tiffany a retrouvé le corps sans vie de sa mère, Mary Kathryn, décédée d’une overdose à l’âge de 50 ans. C’était le 23 décembre 2015, deux jours avant un Noël qui devait être le premier en famille depuis trois ans. « Elle avait acheté des cadeaux pour tout le monde. Elle était si excitée, si heureuse, comme une enfant », se souvient Tiffany, les larmes aux yeux.

    L’addiction de Mary Kathryn a débuté en 1997. Un violent accident de voiture. De lancinantes douleurs au dos. Et un médecin qui lui prescrit de l’Oxycontin, puissant analgésique dérivé de l’opium. Un an plus tôt, ce médicament a été introduit aux Etats-Unis par le laboratoire Purdue Pharma, qui en assure une promotion marketing agressive auprès des docteurs et pharmaciens. Les arguments sont rodés : l’Oxycontin serait un opiacé sûr, capable de soulager des douleurs sévères sans générer d’addiction. La réalité se révèle bien différente. Le cercle infernal est enclenché : on estime qu’au moins 2 millions d’Américains sont accrocs aux opiacés, qui ont tué plus de 300 000 personnes en quinze ans.

    « En quelques mois, Mary Kathryn est devenue dépendante », résume Kay Mullins, la mère de la défunte, et grand-mère de Tiffany. Pendant près de deux décennies, cette mère courage qui, à 70 ans, travaille encore chez un fleuriste de Madison pour faire vivre la famille - Tiffany et ses deux fillettes habitent chez elle - a tenté d’aider sa fille à s’en sortir. A plusieurs reprises, elle l’a envoyée dans de rares et coûteuses cliniques de désintoxication. Sans succès. Pour se procurer les pilules dont elle avait besoin, Mary Kathryn a écumé les cabinets médicaux et pharmacies sans scrupules de la région, roulant parfois près de deux heures pour se procurer ici une ordonnance, là une boîte de médicaments. « Le dernier docteur qui l’a reçue était néphrologue ! Il lui a prescrit du Xanax et de l’oxycodone, deux médicaments que vous n’êtes pas censé associer car cela peut vous tuer. Elle l’a vu le lundi. Le mercredi, elle était partie », se désole Kay.

    Ordonnances

    Après les funérailles de sa fille, la septuagénaire à la voix douce et au regard affable a décroché son téléphone pour appeler le cabinet du néphrologue. A la secrétaire, elle se souvient simplement d’avoir dit que Mary Kathryn ne reviendrait pas pour son prochain rendez-vous, prévu quelques jours plus tard. Si le médecin en question n’a pas été inquiété, d’autres ont en revanche été contraints de fermer boutique. Certains ont été poursuivis en justice. A l’image de Michael Kostenko, qui délivrait des ordonnances à la chaîne dans une clinique au milieu de la forêt, où il animait officiellement des groupes de parole fondés sur la spiritualité. Tiffany, qui y a accompagné sa mère, se souvient : « Les gens passaient la nuit devant le bâtiment pour pouvoir entrer. Il y avait 40 personnes dans une salle. Le docteur te disait que Dieu était le seul à pouvoir soulager ta douleur. Puis il te donnait ta prescription. »

    L’an dernier, le docteur Kostenko a été arrêté et inculpé pour avoir fourni de l’oxycodone sans raisons médicales à de nombreux patients, dont au moins deux ont succombé à une overdose. Le dossier constitué par le procureur donne le tournis. En une seule journée, en décembre 2013, ce médecin aurait par exemple signé 375 ordonnances pour 271 patients, sans en avoir vu un seul. Soit plus de 22 000 pilules d’oxycodone prescrites en échange de plus de 20 000 dollars (18 000 euros) en espèces.

    Le 25 avril, Michael Kostenko a plaidé coupable devant un tribunal fédéral. Il encourt jusqu’à vingt ans de prison et un million de dollars d’amende. Sa peine sera prononcée le 23 août. Certains de ses patients ont déjà écopé, bien malgré eux, de la peine capitale. Mi-juin, pas moins de 47 personnes ont été arrêtées dans l’Etat pour avoir écoulé illicitement de l’oxycodone.

    A une cinquantaine de kilomètres au sud de Madison, Logan symbolise le déclin économique de la Virginie-Occidentale, berceau sinistré de l’industrie du charbon. Dans cette région reculée, à l’ombre des Appalaches, des milliers d’emplois ont disparu dans les mines. Laissant derrière eux une génération de chômeurs en proie à des douleurs physiques et des traumatismes mentaux. Un terreau parfait pour l’épidémie d’opiacés qui, contrairement à celle de crack dans les années 80, touche davantage l’Amérique blanche et rurale.

    Si les experts notent une corrélation entre chômage et consommation de drogue, le fléau n’épargne aucun milieu social. Chelsea Carter peut en témoigner. « J’ai grandi dans une belle maison. Mon père était le maire. Nous allions à l’église deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi », raconte cette femme de 30 ans, blonde aux yeux bleus et à la taille de guêpe. Quand on l’entend raconter son passé de « gymnaste et pom-pom girl au collège », on ne peut s’empêcher de penser à l’adolescente qui fait tourner la tête de Kevin Spacey dans American Beauty. A 12 ans pourtant, l’ado modèle déraille au contact de l’une de ses amies qui lui raconte comment, le week-end, elle « se défonce » avec son père dealer. Chelsea essaie l’alcool puis l’herbe. Suivront pilules antidouleur, cocaïne, méthamphétamine et ecstasy. Le tout avant l’âge de 15 ans.

    « Les opiacés étaient vraiment ma drogue préférée », se souvient-elle. La mort rapprochée de sa grand-mère et d’un ami (d’une overdose) la font basculer. Sa rencontre, à 19 ans, avec un dealer de deux fois son âge l’entraîne vers le fond. Ils entament une relation « drug fueled » (« alimentée par la drogue ») : « A l’époque, je consommais jusqu’à 10 pilules d’oxycodone par jour. Chacune coûtait 100 dollars au marché noir. Je faisais à mon dealer tout ce qu’il voulait et en échange, j’obtenais la drogue dont j’avais besoin. » Chelsea finit par rompre cette relation toxique. Mais pour financer sa consommation, elle monte une bande de cambrioleurs. L’arrestation du gang fait la une du journal local. Condamnée, elle échappe à la prison en échange d’une cure de désintoxication et de contrôles réguliers. Elle replonge presque aussitôt. « J’ai échoué à un test antidrogue. Ils m’ont mis les menottes, une combinaison orange et m’ont conduite en prison. Il n’y a pas d’endroit plus humiliant sur Terre », dit-elle d’un accent traînant.

    « Un fléau familial »

    C’était le 29 septembre 2008. Pour ne jamais oublier cette date, Chelsea l’a fait tatouer récemment sur l’intérieur de son poignet gauche. Précédé de ces quelques mots : « I once was lost » (« Jadis, j’étais perdue »). Depuis ce jour, elle n’a jamais retouché à la drogue. « Cela fait neuf ans que je suis sobre et cela se passe bien. Je ne dis pas que je n’ai pas pensé par moments à replonger. Vous savez, les drogués recherchent la satisfaction immédiate. Se désintoxiquer n’apporte pas de satisfaction immédiate. C’est beaucoup de travail », confie-t-elle. Un travail qui est devenu le sien : après des études de psychologie et de travail social, Chelsea est aujourd’hui thérapeute dans un centre de traitement des addictions à Logan.

    Dans son bureau épuré, la trentenaire à la longue chevelure soignée a accroché quelques cadres « feel good » : « Dreams come true », « Love is all you need », « Follow your heart ». Il y a aussi, dans un coin, une copie de son mugshot - la photo méconnaissable prise par la police le jour de son arrestation - et quelques coupures de presse sur son parcours. Rare exemple de désintoxication et de reconversion réussie, Chelsea tâche de transmettre un message d’espoir aux centaines de toxicomanes qu’elle suit. Tout en constatant à la fois l’ampleur de la crise et le manque de moyens : « Tous les jours, je reçois des gens dont la mère, le fils, le père sont aussi suivis ici. C’est un fléau familial. Nous avons besoin de plus de centres de traitement. Nous avons besoin d’aide. Notre Etat traverse une crise profonde, et nous voyons mourir devant nos yeux des générations entières. »

    « Heroin babies »

    Une étudiante de 21 ans au volant de sa voiture accidentée. Un père de 47 ans et son fils de 26 ans sur le sol de leur salle de bain. Trois amies de 23, 27 et 32 ans dans un jardin. Un homme de 59 ans dans un buisson. Un couple de quadragénaires dans les toilettes d’une station-essence. Le 15 août 2016, ces neuf personnes - et près d’une vingtaine d’autres - ont fait une overdose à Huntington, deuxième ville de Virginie-Occidentale. Vingt-six overdoses en à peine quatre heures. Un traumatisme pour la ville et ses services de secours. « C’est comme si l’enfer s’était déchaîné », dira plus tard Steve Williams, le maire de Huntington, 50 000 habitants. Comme un miracle au milieu de cet enfer, toutes les victimes ont pu être sauvées, la plupart grâce au Narcan, médicament antidote à base de naloxone, administré par intraveineuse ou par voie nasale et qui annule les effets des opiacés.

    Ce jour-là, toutes les victimes avaient consommé la même héroïne frelatée. Face aux contrôles accrus imposés aux médecins et aux pharmaciens, se procurer des opiacés sur ordonnance s’avère de plus en plus complexe. Les toxicomanes se tournent alors vers des médicaments contrefaits ou, de plus en plus fréquemment, vers l’héroïne, bien moins chère mais aussi beaucoup plus dangereuse. Entre 2014 et 2015, les overdoses mortelles d’héroïne ont ainsi bondi de plus de 20 % aux Etats-Unis. Car la drogue, principalement importée par les cartels mexicains, est souvent mélangée avec d’autres molécules, dont le fentanyl. Trois grains de sable de cet opiacé synthétique, cent fois plus puissant que la morphine, constituent une dose mortelle.

    Selon les statistiques du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), plus de 33 000 Américains ont succombé à une overdose d’opiacés en 2015, quatre fois plus qu’en 1999. Avec un taux d’overdoses mortelles de 41,5 pour 100 000 habitants, la Virginie-Occidentale était de loin l’Etat le plus touché, devant le New Hampshire et le Kentucky. Une enquête récente du journal local, le Charleston Gazette-Mail, récompensé au printemps d’un prix Pulitzer, a montré que 780 millions de pilules d’opiacés (oxycodone et hydrocodone) ont été écoulées en Virginie-Occidentale entre 2007 et 2012. Et les chiffres de 2016 indiquent qu’en dépit de la prise de conscience, l’épidémie n’a pas encore atteint son pic. L’an dernier, 818 personnes sont mortes d’une overdose en Virginie-Occidentale - 13 % de plus qu’en 2015.

    Au milieu de cette marée de statistiques, un chiffre stupéfie plus que tout autre : un bébé sur cinq né l’an dernier dans le principal hôpital d’Huntington a été exposé à la drogue au cours de la grossesse. La moitié d’entre eux, soit environ 9 % des nouveaux-nés, ont hérité de l’addiction de leur mère aux opiacés. On les appelle familièrement les « heroin babies », victimes les plus jeunes - et les plus vulnérables - de cette épidémie ravageuse. « Ils souffrent de tremblements très rapides et incontrôlés, d’un sommeil très agité, de crampes, de diarrhées. Ils pleurent de manière effrénée, ont du mal à s’alimenter et à réguler leur température », décrit le néonatalogiste Sean Loudin.

    Outre une unité spécialisée au sein de la maternité, une structure externe baptisée Lily’s Place a ouvert fin 2014 pour accueillir ces nourrissons qui souffrent du syndrome d’abstinence néonatale (SAN). La clinique compte douze chambres et chaque bébé bénéficie d’un traitement médical personnalisé. Du type de drogue et de la quantité consommée par la mère dépend la durée du sevrage. Quelques semaines le plus souvent, plusieurs mois parfois. Les parents, privés de la garde de leur enfant dès que de la drogue est détectée dans son organisme, sont autorisés à venir s’en occuper la journée, sous la supervision des infirmières. « Certains sont présents tous les jours, du matin au soir. D’autres ne viennent quasiment jamais et disparaissent parfois pendant plusieurs semaines », raconte Rhonda Edmunds, l’une des deux fondatrices de Lily’s Place.

    Infirmière depuis trente ans, elle a assisté à l’explosion du nombre de bébés atteints de SAN. « En 2011, nous sommes allés visiter le seul endroit aux Etats-Unis qui s’occupait de ces bébés, dans l’Etat de Washington [nord-ouest du pays, ndlr]. En vingt ans d’existence, ils avaient acquis beaucoup d’expérience. On a compris qu’on ne faisait pas les choses de la bonne manière. » A leur retour, Rhonda et sa collègue infirmière adaptent donc leurs méthodes. A l’hôpital d’abord, puis au sein de Lily’s Place. Finies les lumières vives, place à un éclairage tamisé. Les bercements de haut en bas sont remplacés par des mouvements latéraux, mieux tolérés par les nourrissons.

    Bataille

    Malgré l’ampleur du phénomène - plus de 27 000 bébés américains nés avec le SAN en 2013, dix fois plus qu’en 2000 -, cette expérience acquise par l’équipe de Lily’s Place reste peu connue. Et peu partagée. La recherche sur le sujet demeure embryonnaire et les structures quasi inexistantes. Pour le néonatalogiste Sean Loudin, directeur médical de Lily’s Place, le fait que des milliers de bébés à travers le pays ne reçoivent aucun traitement approprié pour leur addiction s’apparente à de la torture. « Un bébé en manque qui n’est pas traité traverse d’énormes souffrances. Tout le monde serait choqué si, dans un hôpital, on laissait partir sans traitement un adulte dépendant aux opiacés en sevrage. Cet adulte serait en train de hurler, de vomir, il aurait la diarrhée. Si quelqu’un voyait cet être humain, il dirait que c’est une injustice. Et pour les bébés alors ? » s’emporte-t-il.

    Retour à Madison. Devant la maison familiale, Tiffany Vincent s’amuse avec ses deux filles de 7 et 11 ans. Après deux heures d’interview douloureuse, entrecoupée de longs silences et de sanglots, c’est la première fois qu’on la voit sourire. Adossée au porche écaillé, sa grand-mère, Kay, observe la scène. Dans son regard avenant, on perçoit tantôt la joie, celle de voir ses arrières petites-filles heureuses. Tantôt l’angoisse morbide de celle qui en a trop vu et se demande si Tiffany sera encore vivante dans trois, cinq ou dix ans. Car Tiffany, comme sa mère décédée, combat depuis longtemps les démons de l’addiction. Opiacés, speed, héroïne, méthamphétamines : elle a beaucoup testé. Et beaucoup consommé.

    Lors de notre rencontre, elle assurait être sobre depuis six mois environ. Mais sa grand-mère ne semblait guère convaincue. En pleurs, Tiffany s’est confessée sur ses peurs. Et mis des mots déchirants sur sa bataille : « Je peux être sobre pendant plusieurs mois. Mais quelque chose va m’arriver, le sol va se dérober sous mes pieds et je vais aller me défoncer. Et je ne pourrai rien y faire. J’aime mes filles plus que tout. Mais quand je suis défoncée, mon addiction prend le dessus et je commence à aimer la drogue plus que j’aime mes enfants. Ce truc, c’est comme le diable. C’est le diable. Je peux courir pour lui échapper. Je peux ne pas le vouloir. Je peux me cacher. Mais il trouvera toujours son chemin jusqu’à moi. »
    Frédéric Autran Envoyé spécial en Virginie-Occidentale

    #drogue #opiacés #héroïne #Virginie #addiction #overdose #big_pharma
    Très bon article.
    Drogues légales, drogues illégales, dealer en blouse blanche ou dealer de la rue, au final le même résultat, la dépendance dans toute sa cruauté. On notera que comme tout phénomène social, les rapports de classe jouent leur rôle puisque celle qui s’en sort dans l’article est celle qui vient d’un milieu friqué, fille du maire.


  • These Pharmaceutical Companies Are Making a Killing Off the Opioid Crisis | The Nation
    https://www.thenation.com/article/these-pharmaceutical-companies-are-making-a-killing-off-the-opioid-crisis

    Profitant du pic de #mortalité aux #opiacés, #pharma augmente le prix du naloxone, leur antidote.

    Amphastar Pharmaceuticals, for instance, raised the average wholesale price of its naloxone, which can be injected or outfitted off-label with an atomizer for intranasal use, from $20.34 to $39.60, according to a December 2016 paper in The New England Journal of Medicine. The price of the popular Narcan nasal spray, manufactured by Adapt Pharma and approved in 2015, has not been raised, but it came on the market in 2015 at a high average wholesale price of $150. The largest price hike was for Evzio, an auto-injector device designed for easy use by laypersons. In 2014, a two-dose package of Evzio, manufactured by kaléo, cost $690. As of 2016, it cost $4,500. That’s more than a 500 percent increase.

    #sans_vergogne #profit #états-unis « #nos_valeurs »


  • Drug industry hired dozens of officials from the DEA as the agency tried to curb opioid abuse
    https://www.washingtonpost.com/investigations/key-officials-switch-sides-from-dea-to-pharmaceutical-industry/2016/12/22/55d2e938-c07b-11e6-b527-949c5893595e_story.html

    Pharmaceutical companies that manufacture or distribute highly addictive pain pills have hired dozens of officials from the top levels of the Drug Enforcement Administration during the past decade, according to a Washington Post investigation.

    The hires came after the DEA launched an aggressive campaign to curb a rising opioid epidemic that has resulted in thousands of overdose deaths each year. In 2005, the DEA began to crack down on companies that were distributing inordinate numbers of pills such as oxycodone to pain-management clinics and pharmacies around the country.

    Since then, the pharmaceutical companies and law firms that represent them have hired at least 42 officials from the DEA — 31 of them directly from the division responsible for regulating the industry, according to work histories compiled by The Post and interviews with current and former agency officials.

    #pharma #opiacés

    • Patent Monopolies Lead to #Corruption #54,358: The Case of Opioids | Beat the Press | Blogs | Publications | The Center for Economic and Policy Research
      http://cepr.net/blogs/beat-the-press/patent-monopolies-lead-to-corruption-54-358-the-case-of-opioids

      In the case of patent monopolies, the price can increase by a factor or ten or even a hundred, equivalent to a tariff of 1000 or 10,000 percent. The implied mark-ups provide an enormous incentive for companies to lobby to protect and enhance their markets. As the piece tells readers, “each 30-pill vial of oxycodone was worth $900.” If a 30-pill vial was selling for $30, there would have been much less incentive to lobby against legislation that would limit sales.

      For some reason patent monopolies and their role in maintaining high prices for opioids are never mentioned in this piece. It is probably worth mentioning that the Washington Post gets a substantial amount of advertising revenue from the pharmaceutical industry.

      #brevets #publicité


  • Synthetic opioid crisis in US serves as warning for the world, says UN | US news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2017/aug/18/un-synthetic-opioid-crisis-uk-australia-deaths

    #Fentanyl [...] is 50 to 100 times more potent than #morphine, [...].

    Fentanyl presents a lucrative business opportunity for drug traffickers because it is incredibly powerful in small amounts and is easy to produce.

    [...]

    One kilogram of fentanyl can result in a batch of more than 666,600 1.5mg pills. Sold at $10 a piece, that’s $6.6m in revenue. Cut the dosage down to 1mg, and the manufacturer could have $10m.

    Fentanyl is also cut into heroin to strengthen weak supply – often without the consumer’s knowledge. With heroin and other plant-derived opioids, the manufacturing process begins in an #opium field where plants must be harvested. Because fentanyl is a synthetic, all that is needed to produce it is a lab.

    #héroïne #opiacés #dépendance #santé


  • What the ’Crack Baby’Panic Tells us About the Opioid Epidemic - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/politics/archive/2017/07/what-the-crack-baby-panic-reveals-about-the-opioid-epidemic/533763

    [...] a recent article in the New York Times by Catherine Saint Louis that chronicles approaches for caring for newborns born to mothers who are addicted to opioids [...] is remarkable in its command and explanation of the medical and policy issues at play in the ongoing epidemic, but its success derives from something more than that. Saint Louis expertly captures the human stories at the intersection of the wonder of childbirth and the grip of drug dependency in a Kentucky hospital, all while keeping the epidemic in view.

    [...]

    The article is an exemplar in a field of public-health-oriented writing about the opioid crisis—the most deadly and pervasive drug epidemic in American history—that has shaped popular and policy attitudes about the crisis. But the wisdom of that field has not been applied equally in recent history. The story of Jamie Clay and Jay’la Cy’anne stood out to me because it is so incongruous with the stories of “crack babies” and their mothers that I’d grown up reading and watching.

    The term itself still stings. “Crack baby” brings to mind hopeless, damaged children with birth defects and intellectual disabilities who would inevitably grow into criminals. It connotes inner-city blackness, and also brings to mind careless, unthinking black mothers who’d knowingly exposed their children to the ravages of cocaine. Although the science that gave the world the term was based on a weak proto-study of only 23 children and has been thoroughly debunked since, the panic about “crack babies” stuck. The term made brutes out of people of color who were living through wave after waves of what were then the deadliest drug epidemics in history.

    #deux_poids_deux_mesures #Etats_Unis #racisme #opiacés


  • Augmentation record des #décès par #overdose aux États-Unis
    http://www.wsws.org/fr/articles/2017/jui2017/ovrd-j14.shtml

    Les principales drogues responsables des décès dans les dernières années, pour plus de la moitié d’entre eux, sont les opiacés. Plus d’Américains sont décédés d’overdose d’opiacé dans les deux dernières années que dans l’entièreté de la guerre du Vietnam. Les opiacés incluent des #drogues illégales comme l’héroïne et des drogues qui sont souvent légalement prescrites pour la douleur, tels que l’hydrocodone et l’oxycodone (connus respectivement sous le nom de marque Vicodin et OxyContin).

    Le fentanyl, un antidouleur synthétique, est l’opioïde le plus meurtrier et le médicament que plusieurs pointent du doigt pour la hausse du bilan de décès. Depuis 2014, le fentanyl et son cousin, le carfentanil, ont proliféré considérablement. Ces drogues sont extrêmement létales. Moins d’une demi-cuillère à thé de fentanyl pur est assez pour tuer 10 personnes. Le carfentanil, lequel est utilisé comme un tranquillisant à éléphant est 5000 fois plus fort que l’héroïne. Pour un humain, une quantité de carfentanil égale à quelques grains de sel peut être une dose mortelle.

    Les opiacés, comme plusieurs autres drogues hautement addictives, s’étendent souvent à travers des villes et des régions entières. En Ohio, les overdoses fatales ont plus que quadruplé dans la dernière décennie, selon les données analysées par le Times. À Dayton en Ohio, le nombre de décès par overdose rapportés dans les 33 premiers jours de cette année est déjà supérieur à la moitié du total annuel des deux dernières années. Le bureau du coroner pour le comté, n’ayant plus de place pour les corps, a été forcé d’utiliser à trois reprises des camions réfrigérés pour entreposer des corps jusqu’à une semaine.


  • Drug Deaths in America Are Rising Faster Than Ever
    https://www.nytimes.com/interactive/2017/06/05/upshot/opioid-epidemic-drug-overdose-deaths-are-rising-faster-than-ever.html?_r=0

    “Because drug deaths take a long time to certify, the Centers for Disease Control and Prevention will not be able to calculate final numbers until December. The Times compiled estimates for 2016 from hundreds of state health departments and county coroners and medical examiners. Together they represent data from states and counties that accounted for 76 percent of overdose deaths in 2015. They are a first look at the extent of the drug overdose epidemic last year, a detailed accounting of a modern plague.

    The initial data points to large increases in drug overdose deaths in states along the East Coast, particularly Maryland, Florida, Pennsylvania and Maine. In Ohio, which filed a lawsuit last week accusing five drug companies of abetting the opioid epidemic, we estimate overdose deaths increased by more than 25 percent in 2016.

    “Heroin is the devil’s drug, man. It is,” Cliff Parker said, sitting on a bench in Grace Park in Akron. Mr. Parker, 24, graduated from high school not too far from here, in nearby Copley, where he was a multisport athlete. In his senior year, he was a varsity wrestler and earned a scholarship to the University of Akron. Like his friends and teammates, he started using prescription painkillers at parties. It was fun, he said. By the time it stopped being fun, it was too late. Pills soon turned to heroin, and his life began slipping away from him.”

    @fil


  • A 1980 Letter on the Risk of Opioid Addiction — NEJM
    http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc1700150

    We identified 608 citations of the index publication and noted a sizable increase after the introduction of OxyContin (a long-acting formulation of oxycodone) in 1995 (Figure 1FIGURE 1
    Number and Type of Citations of the 1980 Letter, According to Year.). Of the articles that included a reference to the 1980 letter, the authors of 439 (72.2%) cited it as evidence that addiction was rare in patients treated with opioids. Of the 608 articles, the authors of 491 articles (80.8%) did not note that the patients who were described in the letter were hospitalized at the time they received the prescription, whereas some authors grossly misrepresented the conclusions of the letter

    On a donc les noms de 608 auteurs (et plus) qui ont participé par la #désinformation médicale à la prolifération des #opiacés qui aboutit à la #crise_sanitaire actuelle.

    #recherche #bibliométrie #médecine #drogues #États-Unis #pharma

    • In conclusion, we found that a five-sentence letter published in the Journal in 1980 was heavily and uncritically cited as evidence that addiction was rare with long-term opioid therapy. We believe that this citation pattern contributed to the North American opioid crisis by helping to shape a narrative that allayed prescribers’ concerns about the risk of addiction associated with long-term opioid therapy. In 2007, the manufacturer of OxyContin and three senior executives pleaded guilty to federal criminal charges that they misled regulators, doctors, and patients about the risk of addiction associated with the drug.5 Our findings highlight the potential consequences of inaccurate citation and underscore the need for diligence when citing previously published studies.


  • You Draw It: Just How Bad Is the Drug Overdose Epidemic? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2017/04/14/upshot/drug-overdose-epidemic-you-draw-it.html

    Since 1990, the number of Americans who have died every year from drug overdoses...

    … has increased by more than 500 percent. In 2015, more Americans died from drug overdoses than from car accidents and gun homicides combined.

    It’s the worst drug overdose epidemic in American history, spurred by rising drug abuse, increased availability of prescription opioids and an influx of potent synthetics like fentanyl and carfentanil.

    #santé #opiacés #Etats-Unis #pharma #corruption

    • The opioid epidemic has not fallen equally on all races or regions. Like an infectious disease, drug overdoses have emerged in clusters around the country.

      Among those 15 to 44 — the age group in which drug overdose accounts for the greatest share of deaths — there are vast differences across racial categories and between urban and rural places. Despite the perception of the epidemic as primarily afflicting the rural working class, drug overdoses account for a greater percentage of deaths among the young in large cities and their suburbs, with urban and suburban whites most at risk.

      Je me demande si ce n’est pas ça qui les fait le plus chier : que ce n’est plus une épidémie réservée aux noirs pauvres…


  • Ordering deadly drugs from China is easy - Salon.com
    http://www.salon.com/2016/11/03/ordering-deadly-drugs-from-china-is-easy

    SHANGHAI (AP) — A few thousand dollars, a few minutes and a decent internet connection are all it takes to source carfentanil online from multiple Chinese vendors.

    Two Associated Press reporters, working independently, documented multiple offers from the companies listed below to export carfentanil, a substance so toxic it has been researched as a chemical weapon and described as a terrorist threat.

    These are not your typical drug barons. Many come off as solicitous business owners, starting emails with “Hi, dear,” and writing scrupulous follow-up notes to drum up sales. They sent price lists and photos of their merchandise, and promoted their wares, in English, on major business-to-business websites.

    Carfentanil — whose median October price from the companies below was $3,700 a kilogram (2.2 pounds) —is banned from general use in the United States, where it is suspected in hundreds of overdoses. Fentanyl, acetylfentanyl and alpha-PVP are controlled substances in both China and the U.S. Many vendors also bragged openly about their ability to circumvent customs authorities around the world.

    The companies’ cheery let’s-do-business attitude changed when the AP followed up with questions about the legality of the sales.

    #opiacés #santé_publique #commerce_mondial


  • OxyContin goes global — “We’re only just getting started”
    http://www.latimes.com/projects/la-me-oxycontin-part3

    #OxyContin is a dying #business in America.

    With the nation in the grip of an opioid epidemic that has claimed more than 200,000 lives, the U.S. medical establishment is turning away from painkillers. Top health officials are discouraging primary care doctors from prescribing them for chronic pain, saying there is no proof they work long-term and substantial evidence they put patients at risk.

    Prescriptions for OxyContin have fallen nearly 40% since 2010, meaning billions in lost revenue for its Connecticut manufacturer, Purdue Pharma.

    So the company’s owners, the #Sackler family, are pursuing a new strategy: Put the painkiller that set off the U.S. opioid crisis into medicine cabinets around the world.

    A network of international companies owned by the family is moving rapidly into Latin America, Asia, the Middle East, Africa and other regions, and pushing for broad use of painkillers in places ill-prepared to deal with the ravages of opioid abuse and #addiction.

    #opiacés #etats-unis #exportation #mort


  • Rise in Infant Drug Dependence in U.S. Is Felt Most in Rural Areas
    http://www.nytimes.com/2016/12/12/health/rise-in-infant-drug-dependence-in-us-is-felt-most-in-rural-areas.html

    Doctors frequently prescribe opioids to mothers-to-be to treat back pain or abdominal pain. Nearly 42 percent of pregnant women in Utah on Medicaid were prescribed opioids, and roughly 35 percent in Idaho, a 2014 study found.

    #addiction #opiacés #santé


  • Le #cannabis à usage médical permet d’éviter les #overdoses aux #antidouleurs
    http://m.slate.fr/story/91449/cannabis-usage-medical-overdoses-antidouleurs

    La légalisation du cannabis thérapeutique est une très bonne façon de lutter contre les overdoses aux antidouleurs.

    Dans treize Etats américains qui ont légalisé le cannabis médical, le nombre de patients qui meurent d’overdoses de médicaments antidouleur est 25% moins élevé que dans les Etats où on ne peut pas se procurer de cannabis légalement, selon une étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine.

    Dans leur article, les chercheurs de l’University of Pennsylvania n’examinent pas les causes de cette baisse, mais d’autres études précédentes donnent des indices intéressants.

    En 2011, un professeur de l’University of California de San Francisco avait trouvé que les ingrédients psychoactifs du cannabis renforcent les effets antidouleur des #opiacés. Après avoir pris une certaine dose d’opiacés, les patients étudiés avaient inhalé du cannabis dans un vaporisateur pendant plusieurs jours sans reprendre de médicaments, et tous avaient indiqué une diminution de leur douleur. « Cette étude préliminaire semble montrer que certains patients pourraient prendre des doses plus modérées d’opiacés s’ils prennent du cannabis en même temps », avait conclu le professeur Donald Abrams.

    Il est actuellement possible de se faire prescrire du cannabis légalement dans 23 Etats américains et la majorité des utilisations de cannabis thérapeutique sont liées à des problèmes de #douleur chronique.

    #marijuana #antalgiques #santé


  • Prescription drug abuse now more deadly than heroin and cocaine combined - http://www.rawstory.com/rs/2013/10/08/prescription-drug-abuse-now-more-deadly-than-heroin-and-cocaine-combined

    Prescription-drug overdose rates are highest in the poorest regions of the US: Appalachia and the Southwest. West Virginia has the highest rate, at 28.9 deaths per every 100,000 people – a 605 percent increase since 1999. Following close behind are New Mexico, Kentucky, Nevada, and Oklahoma.

    Rates are lowest in the Midwest. North Dakota has the lowest rate of prescription drug overdose deaths, at 3.4 per every 100,000 people.

    The most common misused prescription drugs are painkillers [#opiacés] (such as OxyContin, Percocet, and Vicodin), depressants such as sedatives, and stimulants used to treat narcolepsy and Attention Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD). While men age 25 to 54 are most likely to abuse these drugs, rates among female abusers are accelerating. Since 1999, overdose deaths have increased 400 percent among women compared with 265 percent among men.


  • En France, 12 000 hectares de #pavot cultivés
    http://lemonde.fr/sciences/article/2013/09/09/en-france-12-000-hectares-de-pavot-cultives_3473574_1650684.html
    Ah tiens !

    Créée en 1932, cette firme travaille avec 1 000 agriculteurs sous contrat, et plus de 30 organismes de la filière agricole qui exploitent 12 000 hectares de pavot à oeillette. « Francopia maîtrise les flux logistiques sur l’intégralité de la chaîne et assure la traçabilité des produits », précise ce laboratoire, qui produit près de 30 principes actifs pharmaceutiques et intermédiaires, et expédie, chaque année, plus de 120 tonnes de ces principes actifs. Ils aboutissent à la fabrication de trois familles de molécules (dérivés morphiniques, opioïdes de synthèse et dérivés thébaïniques) commercialisées comme antalgiques. Soixante-quinze pour cent du chiffre d’affaires de Francopia est réalisé à l’export dans plus de 80 pays.

    L’activité est réalisée sous haute surveillance, contrôlée par le ministère de l’intérieur et de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Les principales régions productrices - dont la localisation est tenue secrète - se situeraient en Champagne-Ardenne et en Poitou-Charentes.

    #agriculture #opiacés #pharma