• Pointe avancée de l’islamophobie, la France s’oppose même à une résolution proposée par l’ONU
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    Pointe avancée de l’islamophobie, la France s’oppose même à une résolution proposée par l’ONU

    En début de semaine la France s’est exprimée contre une résolution proposée par le Pakistan à l’ONU visant à créer une journée internationale contre l’islamophobie. Une fois de plus le gouvernement est à l’avant-poste quand il s’agit de stigmatiser les personnes musulmanes.

    Esther Tolosa

    vendredi 18 mars

    Crédit photo : O Phil des Contrastes

    En début de semaine, le Pakistan a proposé une résolution à l’ONU visant à la création d’une journée internationale contre l’islamophobie chaque 15 mars en estimant que l’islamophobie est une « violation des droits humains et des libertés de religion et de conviction des musulmans ». Si cette résolution a été adoptée par consensus, certains pays comme la France ou l’Inde ont manifesté leur opposition en désapprouvant notamment le terme islamophobie.

    Nicolas de Rivière, le représentant de la France à l’ONU a justifié son opposition en invoquant l’argument classique de l’universalité. Selon le représentant de l’Etat français donc, ce texte serait insuffisant et excluant car il « segmente la lutte contre l’intolérance religieuse en sélectionnant qu’une religion à l’exclusion des autres ». De plus il réfute le terme d’islamophobie qui ne ferait l’objet d’aucune définition agréée dans le droit internationale.

    Cette opposition de la France contre une proposition aussi minimale qu’est la création d’une journée internationale contre l’islamophobie est peu surprenante lorsqu’on voit l’offensive islamophobe que mène le gouvernement français. Contrairement à ce qu’affirme Nicolas de Rivière, non seulement l’islamophobie existe, mais elle est en premier lieu alimentée et rendue possible par les politiques du gouvernement à l’image de la loi séparatisme, de la loi interdisant le port du voile des mères dans les sorties scolaires ou des différentes fermetures de mosquées dont une cette semaine encore en Gironde.

    Si ce n’est évidemment pas la création de cette journée qui permettra de lutter contre l’islamophobie, le refus de la France même de reconnaître le terme est révélateur d’un gouvernement réactionnaire qui a fait de l’islamophobie un de ses chevaux de bataille. D’ailleurs comme le soulignait Rafik Chekkat dans une interview pour Révolution Permenente : « la France est devenue la capitale de l’islamophobie » avant d’ajouter « le racisme n’est pas une diversion. Il fait pleinement partie du projet néolibéral (…) les attaques contre les personnes musulmanes sont une attaque contre le corps social tout entier ».

    Alors que le gouvernement pousse toujours plus loin ses velléités islamophobes et se positionne en tête de fil de l’islamophobie, jusque sur la scène internationale, il est urgent de construire une riposte, par en bas, qui dépasse de loin le cadre d’une journée internationale de l’ONU et que notre camp social face front contre le racisme.

    #islamophobie #France #Pakistan #ONU

  • La démocratie recule partout, y compris au Canada Ximena Sampson - Radio Canada
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1863280/democratie-classement-economist-monde-canada

    Les événements des derniers jours à Ottawa ont ébranlé bien des Canadiens. Si l’occupation du parlement par les camionneurs, les slogans haineux et les menaces inquiètent les observateurs, le recours à la Loi sur les mesures d’urgence ne les rassure guère sur l’état de la démocratie canadienne.

    Tout cet épisode illustre bien la détérioration subie par la démocratie ces dernières années. Une tendance amplifiée par la pandémie, selon l’indice de la démocratie en 2021, publié le 10 février par The Economist Intelligence Unit (EIUEIU).


    Le Canada n’échappe pas à cet effritement. Le pays a perdu sept rangs, glissant de la 5e à la 12e place, avec une note de 8,87 sur 10, contre 9,24 sur 10 en 2020.

    1 Norvège - 9,75
    2 Nouvelle-Zélande - 9,37
    3 Finlande - 9,27
    4 Suède - 9,26
    5 Islande - 9,18
    6 Danemark - 9,09
    7 Irlande - 9,00
    8 Taïwan - 8,99
    9 Australie - 8,90
    9 Suisse - 8,90
    11 Pays-Bas - 8,88
    12 #Canada - 8,87
    13 Uruguay - 8,85

    L’indice de la démocratie (Nouvelle fenêtre) est basé sur 60 indicateurs, regroupés en cinq catégories : processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique. La note, sur une échelle de zéro à dix, correspond à la moyenne de ces cinq scores. Les pays sont ensuite classés en quatre types de régimes, en fonction de leur score moyen : les démocraties pleines, les démocraties défaillantes, les régimes hybrides et les régimes autoritaires.

    Si notre pays demeure une démocratie pleine et entière (selon la définition de l’EIU), le repli est tout de même inquiétant, estime Andrew Potter, professeur agrégé à l’École de politiques publiques Max Bell de l’Université McGill. Comment explique-t-il cette détérioration ?

    “Ce qui s’est produit au cours des deux dernières années, c’est que le premier ministre a essentiellement fermé le Parlement pendant une longue période et a tenu à limiter l’opposition autant qu’il le pouvait”, croit le chercheur. La Chambre a siégé pendant un nombre de jours historiquement bas, rappelle-t-il.

    Lorsque ceux qui sont en désaccord avec les #décisions du #gouvernement ne peuvent plus s’exprimer dans le cadre prévu, ils vont chercher d’autres moyens de se faire entendre, dans la rue si nécessaire. En prenant la décision d’éliminer l’expression de l’ #opposition à l’intérieur des #institutions, M. Trudeau est donc “directement responsable de ce qui arrive”, estime M. Potter. “Son attitude envers le #Parlement a été méprisante et dédaigneuse, soutient le chercheur. Ce qui se passe actuellement dans les rues d’Ottawa en est, dans une large mesure, une conséquence directe. Quand les gens sentent qu’on ignore leur opinion ou qu’on la méprise, cela risque d’engendrer de la colère.”

    « Si vous vouliez délibérément faire du Canada un pays moins démocratique, il serait difficile de faire autre chose que ce que le premier ministre a fait au cours des deux dernières années. »
    -- Une citation de Andrew Potter, professeur agrégé à l’École de politiques publiques Max Bell de l’Université McGill

    Différents sondages menés au cours des derniers mois révèlent de la #frustration par rapport aux restrictions pandémiques, un déclin de la confiance dans les partis politiques et une augmentation de l’appui à des solutions de rechange non démocratiques.

    Américanisation de la politique canadienne
    Une autre tendance indiquée dans le rapport est une américanisation croissante de la politique canadienne.

    “La détérioration du score du Canada soulève des questions quant à savoir s’il pourrait commencer à souffrir de certaines des mêmes afflictions que son voisin américain, comme des niveaux extrêmement faibles de #confiance du public dans les #partis_politiques et les #institutions_gouvernementales”, écrivent les auteurs du rapport.


    Des gens manifestent devant la colline du Parlement, à Ottawa, le 30 janvier 2022. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

    La polarisation, considérée comme la plus grande menace pour la démocratie américaine, guette-t-elle le Canada aussi ?

    Certainement, répond Jennifer Wolowic, responsable de l’initiative Renforcer la démocratie canadienne à l’Université Simon Fraser, à Vancouver, qui est d’avis que cette tendance est déjà bien présente ici.

    “Pour certaines personnes, la politique sature toute leur expérience quotidienne. Mon vote n’est plus seulement un aspect de mon identité parmi d’autres ; maintenant [le parti pour lequel je vote ] est mon équipe.”

    La polarisation, souligne-t-elle, ne se résume pas au fait d’avoir des idées différentes, c’est plutôt l’animosité qu’on ressent envers ceux qui ne pensent pas comme nous.
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    Quand on ne parle qu’à ceux qui partagent nos idées, on ne parvient pas à développer sa pensée critique, croit-elle. “En ce moment, nous sommes cloisonnés et nous ne parlons qu’aux personnes qui sont d’accord avec nous, alors nous perdons notre capacité à décortiquer les bases de nos croyances et à faire des compromis.”

    D’après François Gélineau, titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval, le plus inquiétant, c’est la radicalisation. “Il y a une inhibition qui tombe”, affirme-t-il, citant les menaces de violence armée dans le cadre de la manifestation de Québec.
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    Encore plus alarmant, selon lui, est de voir des acteurs politiques exploiter le sentiment d’exclusion que vivent certains citoyens à des fins partisanes. “Il y a des gens qui ne se sentent pas du tout représentés par les institutions. Mais est-ce que ça veut dire qu’il faut balayer les institutions du revers de la main ?”, se demande-t-il.


    La colère est palpable chez certains manifestants. - Photo : Getty Images / Scott Olson

    Le mythe de “l’exceptionnalisme canadien” est dépassé, croit pour sa part Andrew Potter. “On avait cette idée que ces choses-là n’arrivaient pas ici. Eh bien, on est en train de se rendre compte qu’on n’est pas si particuliers que ça.”
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    Un phénomène mondial
    L’érosion de la démocratie n’est pas nouvelle, ici comme dans d’autres sociétés occidentales, rappelle François Gélineau. “On constate depuis plusieurs années un déclin de la confiance envers les #institutions et les #élites, ainsi qu’un effritement de la satisfaction à l’égard de la démocratie”, remarque-t-il.

    Les mesures prises pour lutter contre la pandémie ont accéléré ce processus, souligne le rapport de l’EIU. On a notamment observé l’année dernière “un retrait sans précédent des libertés civiles”, par exemple les restrictions sur les déplacements et l’introduction de preuves vaccinales pour avoir accès à certains services. La pandémie a également “conduit à la normalisation des pouvoirs d’urgence [...] et a habitué les citoyens à une énorme extension du pouvoir de l’État sur de vastes domaines de la vie publique et personnelle”.

    Le fort recul amorcé en 2020, pendant la première année de la pandémie, s’est poursuivi en 2021.


    Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, est reconnu pour ses attaques contre les institutions démocratiques. - Photo : Reuters / PILAR OLIVARES

    “ La pandémie a eu un impact négatif sur la qualité de la démocratie dans toutes les régions du monde”, écrit encore l’EIU. C’est particulièrement vrai en #Amérique_latine, où plusieurs pays ont connu des régressions, notamment au registre de la culture politique. Cela reflète l’insatisfaction du public à l’égard de la gestion de la pandémie, ajoutée à un scepticisme croissant sur la capacité des gouvernements démocratiques à faire face aux problèmes qu’affronte la région, et une tolérance accrue à l’autoritarisme. Des personnages comme Jair Bolsonaro, au #Brésil, Andrés Manuel Lopez Obrador, au #Mexique, et Nayib Bukele, au #Salvador, en sont l’illustration, souligne l’EIU.
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    Moins de la moitié des habitants de la planète vivent dans un des 74 pays considérés comme plus ou moins démocratiques et moins de 10 % dans une vraie démocratie.

    La moyenne mondiale est de 5,37 sur 10, soit la note la plus basse depuis la création de l’indice en 2006.

    Les pays scandinaves se maintiennent au sommet du classement, tandis que l’#Espagne et le #Chili rejoignent la #France et les #États-Unis dans la catégorie des #démocraties_défaillantes. Le Canada risque-t-il de s’y retrouver lui aussi ?

    Andrew Potter craint la persistance de certains comportements problématiques apparus pendant la pandémie. “L’un des problèmes du système canadien est qu’il y a très peu de choses écrites”, croit-il. Une fois qu’on a atteint un certain plancher institutionnel, ni le parti au pouvoir ni l’opposition n’ont un grand intérêt à revenir à la normale. Alors, les normes ont tendance à s’éroder, mais pas à se reconstruire, déplore-t-il.

    “Une fois que vous avez établi des normes selon lesquelles le Parlement n’a pas besoin de siéger pendant la majeure partie de l’année, qu’après une élection, vous n’avez pas à être à la Chambre pendant deux ou trois mois et qu’il n’est pas nécessaire que les ministres soient aux Communes pour se réunir, quels arguments avez-vous pour revenir comme avant ?”

    La vigilance sera donc de mise afin que cette situation exceptionnelle ne devienne pas la nouvelle normalité.

    #justin_trudeau #trudeau #pass_sanitaire

  • L’honneur perdu de la force hydraulique

    L’#énergie_hydraulique constitue l’épine dorsale historique de l’#approvisionnement en #électricité de la #Suisse. Et ce serait encore plus vrai aujourd’hui, dans le contexte de la #transition_énergétique. Mais celle-ci doit d’abord redorer son #image qui s’est ternie au cours des dernières décennies.

    Est-ce le sol étroit situé sous nos pieds qui tangue sous l’effet du vent, ou est-ce que ce sont les #montagnes alentour qui bougent ? Lorsqu’on traverse, saisi par le vertige, le pont suspendu et venteux tendu à 100 mètres d’altitude au-dessus de l’eau verte du Trift, dans l’Oberland bernois, on ne sait plus très bien ce qui est fixe ou en mouvement.

    Le pont du Trift se trouve au-dessus d’Innertkirchen (BE), dans une vallée latérale à 1700 mètres d’altitude, au cœur d’une des contrées montagneuses les plus paisibles de Suisse. Si l’on ose s’arrêter pendant la traversée de ce pont de 170 mètres de long, on aperçoit un cirque sauvage ruisselant d’eau et, tout en haut, les vestiges de l’ancien grand glacier du Trift. Cet amphithéâtre naturel est le décor de la dramaturgie conflictuelle qui se joue autour de l’exploitation de la force hydraulique.

    Apparition d’une cuvette

    Le réchauffement climatique a fait fondre à toute allure le glacier du Trift, qui recouvrait auparavant toute la cuvette. La gorge ainsi apparue mettait en danger l’ascension vers la cabane du Club Alpin Suisse, raison pour laquelle on a construit le pont suspendu en 2005. Mais le recul du glacier a également mis à nu un paysage de montagne vierge, rare et précieux.

    Ce « nouveau » bassin glaciaire éveille des convoitises. L’entreprise d’#hydroélectricité locale #KWO aimerait y construire un #barrage de 177 mètres de haut et créer ainsi un #bassin_de_retenue qui permettrait de fournir de l’électricité à près de 30 000 ménages.

    Cela pose un dilemme : KWO veut produire de l’électricité sans CO2, ce qui est indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais sacrifie pour ce faire une #nature intacte. C’est pourquoi une organisation de #protection_de_la_nature, petite mais tenace, bloque la construction du barrage-réservoir par des recours, tout en sachant que la Suisse fera sinon appel à des centrales à gaz très polluantes pour répondre à une éventuelle pénurie d’électricité. Ce qui menacera à son tour l’objectif de freiner le réchauffement climatique.

    On dirait qu’aucune argumentation ne permet de sortir de l’#impasse. Comment en est-on arrivé au point où l’énergie hydraulique, qui fut un jour le gage de pureté du « château d’eau de l’Europe », comme la Suisse aime à se présenter, doit se battre pour redorer son blason de source d’énergie écologique ?

    Moteur de la haute conjoncture

    La Suisse ne possédant pas de charbon, l’énergie hydraulique a toujours fait partie de l’équipement de base de l’économie énergétique. Mais elle est réellement entrée dans l’ADN du pays pendant la phase de haute conjoncture qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. À un rythme frénétique, on a meublé les vallées alpines de barrages géants, et les #lacs_de_retenue ainsi créés ont permis de compter sur un approvisionnement en électricité stable, qui est devenu l’épine dorsale de la croissance économique.

    Grâce à ces constructions audacieuses dans des régions montagneuses difficiles d’accès, le petit pays alpin s’est offert une bonne dose d’#indépendance_énergétique. En 1970, avant que les premières centrales nucléaires ne soient mises en service, environ 90 % de l’électricité suisse était issue de la force hydraulique.

    Dans le boom des années 1970, les excursions familiales avaient leurs classiques : on prenait la voiture pour se rendre en Valais, à Sion par exemple, avant de monter au Val d’Hérémence pour admirer l’impressionnant barrage de la Grande Dixence. On éprouvait une sensation étrange lorsqu’on se tenait au pied de ce mur de 285 mètres, qui est aujourd’hui encore la plus haute construction de Suisse. Son ventre de béton pèse 15 millions de tonnes, davantage que les pyramides de Khéops, et c’est ce poids inouï qui lui permet de retenir le lac qui s’étend sur des kilomètres. Que se passerait-il s’il lâchait ?

    La gloire de l’énergie hydraulique a été alimentée par d’illustres ingénieurs, qui ont fait de la construction de barrages une discipline de haut niveau. Le Tessinois Giovanni Lombardi, par exemple (père de Filippo Lombardi, politicien du Centre et président de l’Organisation des Suisses de l’étranger), s’est fait un nom en 1965 avec l’élégant barrage-voûte de la Verzasca, dont la finesse a établi de nouveaux standards. Quand James Bond, dans la scène d’ouverture du film « Goldeneye », sorti en 1995, effectue un saut à l’élastique du haut du barrage, celui-ci devient une véritable icône. Giovanni Lombardi, qui a construit plus tard le tunnel routier du Gothard, est resté jusqu’à sa mort en 2017 une référence en matière d’édifices spectaculaires.

    La #redevance_hydraulique, ciment national

    La force hydraulique a consolidé non seulement le #mythe patriotique, mais aussi, de manière plus discrète, la #cohésion_nationale. Car l’eau stockée rapporte beaucoup d’#argent à la #montagne : les communes abritant les centrales électriques touchent des redevances hydrauliques pour l’exploitation de leur ressource, des sommes qui atteignent près d’un demi-milliard de francs par an.

    On peut voir ces redevances comme des transferts de fonds du Plateau économiquement fort vers les régions de montagne, qui peuvent ainsi investir dans leurs #infrastructures et lutter contre l’#exode_rural. Le Val Bregaglia, dans les Grisons, illustre bien la manière dont l’hydroélectricité soude la Suisse et comble le fossé ville-campagne : l’entreprise électrique #EKZ, à Zurich, qui a construit le barrage d’Albigna dans les années 1950, est jusqu’à ce jour l’un des plus grands employeurs de la vallée.

    Violents réflexes de rejet

    Cependant, l’exaltation mythique de l’énergie hydraulique fait parfois oublier que son extension a déclenché, très tôt déjà, de violents réflexes de #rejet au niveau local. Tout le monde se souvient du village grison de #Marmorera, au col du Julier, qui s’est résigné à être inondé par le lac du barrage du même nom en 1954, après plusieurs procédures d’#expropriation.

    « Des filiales des centrales nucléaires dans les #Alpes »

    Pour comprendre pourquoi l’énergie hydraulique a perdu son aura, l’année clé est toutefois 1986. Après des années de combat, les forces motrices #NOK ont enterré leur projet de noyer la plaine de la #Greina entre les Grisons et le Tessin pour en faire un lac de retenue. Épaulée par l’#opposition locale, une coalition de défenseurs de la nature et du #paysage issus de toute la Suisse, critiques à l’égard de la croissance, a alors réussi à mettre ce haut plateau isolé à l’ordre du jour de la politique nationale.

    La Greina est devenue le symbole de la critique écologique à l’égard du circuit de #profit de l’#hydroélectricité qui s’est liée avec une #énergie_nucléaire controversée. Le principe critiqué fonctionne ainsi : meilleur marché, l’énergie atomique non utilisée aux heures creuses est utilisée pour pomper de l’eau dans les lacs de retenue. Ainsi, les exploitants des centrales peuvent produire de l’électricité à un prix élevé durant les pics de demande et maximiser leurs gains. Axées sur le profit, ces « filiales des centrales nucléaires dans les Alpes », comme les surnomment leurs opposants, justifient-elles le sacrifice des derniers paysages naturels vierges ?

    Les limites de la croissance ?

    C’est sur cette question existentielle que s’écharpent partisans et opposants de l’extension de l’hydroélectricité depuis plus de 30 ans. De temps à autre, comme lors de la tentative – pour l’heure vaine – de réhausser le barrage du Grimsel, le conflit se poursuit jusque devant le Tribunal fédéral.

    D’après l’organisation de défense de l’environnement WWF, 95 % du potentiel de l’énergie hydraulique utilisable est déjà exploitée en Suisse. Bien que la Confédération impose aux acteurs du secteur des conditions écologiques plus strictes sous la forme de débits résiduels, le WWF estime que les limites sont « dépassées depuis longtemps » : 60 % des espèces de #poissons et d’#écrevisses locales ont déjà disparu ou sont menacées d’#extinction. Malgré cela, des centaines d’extensions ou de constructions de centrales hydroélectriques, souvent de petite taille, sont prévues. La plus grande, et ainsi la plus contestée, est celle qui doit pousser sur le terrain libéré par le recul du glacier du #Trift.

    Une pression accrue sur les performances

    Par rapport à l’époque de la Greina, la situation est encore plus conflictuelle. Deux nouvelles problématiques sont apparues. D’une part, le #réchauffement_climatique et la fonte des glaciers font que les débits d’eau les plus élevés se déplacent de l’été vers le printemps. D’autre part, après la catastrophe de Fukushima, la décision politique prise par la Suisse de débrancher petit à petit ses centrales nucléaires, de les remplacer par des sources d’énergie renouvelable et de contribuer ainsi à l’objectif de zéro émission de gaz à effet de serre accroît la pression sur les performances de l’énergie hydraulique.

    Est-il possible de tirer encore davantage de la force hydraulique, qui assure actuellement près de 60 % de la production d’électricité en Suisse, sans trahir les exigences écologiques minimales ? « En principe, oui », déclare Rolf Weingartner, professeur émérite d’hydrologie à l’université de Berne. Il décompose les différentes parties du problème et les réassemble pour résumer sobrement ce débat émotionnel.

    L’énergie hydraulique, nouveau service public ?

    Comme l’énergie hydraulique produit de l’électricité presque sans CO2, elle reste une source d’approvisionnement indispensable pour éviter les pénuries, surtout en hiver, quand les installations solaires, par exemple, sont moins productives. En même temps, le réchauffement climatique montre l’importance des lacs de barrage sous un jour nouveau, note Rolf Weingartner. Car du point de vue hydrologique, la fonte des glaciers fait que les réservoirs d’eau qui assuraient de hauts débits surtout pendant les six mois de l’été disparaîtront à l’avenir. Par conséquent, on manquera d’eau à la belle saison.

    Dans l’ensemble, les débits d’eau seront toujours aussi importants sur l’année entière. Mais comme les glaciers n’assureront plus leur rôle de réservoir et comme l’effet de la fonte des neiges diminuera, les débits se répartiront moins bien sur l’année. « Cela signifie, conclut Rolf Weingartner, que nous devrons remplacer, dans les Alpes, les réservoirs naturels par des artificiels. » En d’autres termes, les lacs de retenue existants se doteront d’une fonction supplémentaire pour la gestion durable de l’eau à l’heure du changement climatique, en alimentant par exemple l’irrigation agricole pendant les mois chauds et secs.

    Par ailleurs, on installe parfois sur les barrages, comme celui de Muttsee à Glaris, des installations photovoltaïques qui, situées au-delà de la limite du brouillard, produisent de l’électricité toute l’année. Face à cette nouvelle multifonctionnalité, Rolf Weingartner considère l’énergie hydraulique comme « un service public pour la production d’énergie, mais aussi pour la couverture durable des besoins en eau, ce qui inclut une utilisation écologiquement responsable des eaux résiduelles ». Ainsi, souligne-t-il, l’affrontement entre les intérêts écologiques et économiques qui a lieu à chaque nouveau projet de barrage est un exercice peu productif.

    Le spécialiste plaide pour une nouvelle approche globale, qui s’impose aussi parce que le réchauffement climatique fera apparaître dans les Alpes, après le recul des glaciers, plus de 1000 nouveaux lacs qui auront un potentiel pour la gestion de l’eau. « Nous devrions définir des zones de priorité », note Rolf Weingartner. C’est-à-dire diviser, sous la houlette de la Confédération, l’espace alpin en différentes zones où seraient prioritaires la production d’énergie, l’écologie, le tourisme ou l’agriculture. Ainsi, on dénouerait l’enchevêtrement spatial des intérêts et l’on préviendrait les conflits.

    Rolf Weingartner est conscient que sa vision pacificatrice de la gestion de l’eau a peu de chances de trouver sa place dans la realpolitik suisse. Pour l’instant. Mais si la Suisse reste un pays où la consommation d’électricité augmente inexorablement, elle devra toutefois y songer.

    L’électricité manquera-t-elle en Suisse ?

    La question de savoir s’il y aura assez d’électricité à l’avenir agite en ce moment la Suisse. La demande va, semble-t-il, inexorablement continuer à croître : le groupe énergétique Axpo, prévoit ainsi une hausse de 30 % de la demande d’électricité d’ici 2050.

    Il est possible que la « #transition_énergétique », soit l’abandon simultané de l’énergie nucléaire et des sources d’énergie fossile, stimule la #croissance de la demande. Le remplacement des chaudières à mazout par des pompes à chaleur et des voitures à essence par des électriques feront baisser les émissions de CO2, mais augmenter la consommation d’électricité. Dans quelle mesure les gains en #efficience et les changements de comportement freineront-ils la demande ? Difficile à prévoir.

    Une nouvelle étude de l’Office fédéral de l’énergie montre que dès 2025, de brèves pénuries d’électricité seront à craindre en hiver. En abandonnant les négociations sur un accord-cadre avec l’UE, le Conseil fédéral a encore aggravé la situation. En conséquence, l’UE rejette l’accord sur l’électricité déjà négocié, ce qui compliquera la tâche de la Suisse, dans l’état actuel des choses, pour s’approvisionner sur le marché européen de l’électricité en cas d’urgence.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/lhonneur-perdu-de-la-force-hydraulique

    #hydraulique #énergie #énergie_hydroélectrique #changement_climatique #extractivisme #écologie #faune

  • Quelle #hospitalité est encore possible aujourd’hui ?

    À partir de quelques traits saillants de la définition de l’hospitalité, une analyse des pratiques d’hospitalité à l’épreuve du contexte politique actuel.

    Il existe plusieurs manières de définir l’hospitalité et l’une d’elles consiste à y voir un rapport positif à l’étranger. Autant dire un contre-courant radical des tendances du moment. L’action des gouvernements récents relèvent davantage d’une police des populations exilées, érigée en #politique mais qui précisément n’a rien de politique. Il s’agit d’une gestion, souvent violente et toujours anti-migratoire, des personnes, pour reprendre une idée empruntée à Étienne Tassin.

    Certes il existe une opposition à cette #gestion, mais elle ne forme pas un ensemble homogène. Elle est au contraire traversée de tensions et de conflits qui trouvent leurs racines dans des conceptions, moyens et temporalités différentes. Ce champ conflictuel met régulièrement en scène, pour les opposer, le milieu militant et les collectivités territoriales, pourtant rares à être volontaires pour entreprendre des #politiques_d’accueil*.

    L’#inconditionnalité de l’#accueil et la #réciprocité dans l’hospitalité sont deux piliers de ces pratiques. Elles nous aident à comprendre certaines tensions et certains écueils. Prenons-les pour guides dans une analyse des pratiques actuelles dites d’hospitalité, qu’elles soient privées ou institutionnelles.

    Inconditionnalité

    L’hospitalité se définit notamment par son inconditionnalité. Elle prévoit donc d’accueillir toute personne, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne et quelle que soit la raison de sa présence.

    Il est d’ailleurs intéressant de voir combien, dans la diversité des traditions d’hospitalité, cette question de l’origine de la personne accueillie est très différemment traitée. Certaines traditions interdisent simplement de questionner l’étranger·e accueilli·e sur qui ielle est et d’où ielle vient ; d’autres au contraire le prévoient, sans que cela conditionne ou détermine les modalités de l’hospitalité. Dans ce cas-là, il s’agit plutôt d’une pratique d’ordre protocolaire.

    Aujourd’hui, l’équivalent de cette question porte, outre le pays d’origine, sur le statut administratif de la personne accueillie, c’est-à-dire sur la légalité ou non de son séjour sur le territoire. Le pays d’origine nourrit un certain nombre de préjugés que peuvent refléter les offres d’hospitalité privée quand les volontaires à l’accueil expriment une préférence en matière de nationalité. Ces #préjugés sont très largement nourris par la médiatisation comme le révèlent les contextes de 2015 au plus fort de l’exil des Syrien·nes ou plus récemment à la fin de l’été 2021 après la prise de pouvoir par les Talibans à Kaboul. La médiatisation des crises façonne la perception des personnes en besoin d’hospitalité au point parfois de déterminer l’offre. Le #statut_administratif conditionne de façon plus significative l’accueil et il peut devenir un critère ; autant du côté des collectifs citoyens d’accueil que des institutions dont les moyens financiers sont généralement conditionnés par le profil du public bénéficiaire et la régularité du statut.

    Qui organise aujourd’hui un accueil inconditionnel ?

    Une enquête récente (dont quelques résultats sont publiés dans cet article : https://www.cairn.info/revue-migrations-societe-2021-3-page-65.htm) montre que les institutions et les collectivités territoriales rencontrent des contraintes qui entravent la mise en œuvre d’un accueil inconditionnel : la #catégorisation des publics destinataires distingués bien souvent par leur statut administratif et les territoires d’intervention en font partie. Les #collectifs_citoyens étudiés dans cette enquête réussissent à mettre ces contraintes à distance. Il faut préciser qu’à leur création, tous ne s’inscrivent pas dans un choix clair et conscient pour l’accueil inconditionnel mais c’est la pratique et ce qu’elle leur permet de comprendre du traitement administratif des populations exilées qui produit cet effet de mise à distance des contraintes. Le lien personnel créé par l’accueil explique également qu’il se poursuit au-delà des limites dans lesquelles le collectif s’est créé (statut administratif ; temporalité). Plusieurs collectifs montrent qu’un accueil inconditionnel a été effectivement mis en pratique, non sans débat, gestion de désaccords et disputes parfois, et grâce aux moyens à la disposition du collectif, à la capacité d’invention de ses membres et à l’indignation générée par le traitement administratif et politique des personnes et de la migration en général.

    Réciprocité

    « L’hospitalité, quoique asymétrique, rime avec réciprocité » (Anne Gotman)

    La réciprocité est un autre des éléments constitutifs fondamentaux de l’hospitalité. Comme le souligne #Anne_Gotman (Le sens de l’hospitalité), l’hospitalité pour s’exercer doit résoudre la contradiction entre la nécessaire réciprocité et l’#asymétrie évidente de la situation entre un besoin et une possibilité d’offre. Et c’est le décalage dans le temps qui permet cela : la réciprocité est mise en œuvre par la promesse d’accueil. On accueille inconditionnellement parce que tout le monde a besoin de savoir qu’ielle pourra être accueilli·e, sans faille, lorqu’ielle en aura besoin. Si l’on admet de considérer l’hospitalité comme une pratique de #don, la réciprocité est le #contre-don différé dans le temps.

    Cette interdépendance tient à un contexte où les circulations humaines et les voyages dépendaient de l’hospitalité sans laquelle il était impossible de trouver à se loger et se nourrir. Il s’agissait bien souvent d’un enjeu de survie dans des environnements hostiles. Si chacun·e a besoin de pouvoir compter sur l’hospitalité, chacun·e accueille. Aujourd’hui pourtant, la répartition des richesses et des pouvoirs au niveau global fait que ceux et celles qui voyagent n’ont plus besoin de l’hospitalité parce que cette fonction est devenue marchande et les voyageurs achètent l’« hospitalité » dont ielles ont besoin ; ce qui alors lui retire toute valeur d’hospitalité. Cette réalité crée une asymétrie, abyssale en réalité. Elle tire ses origines des fondations du capitalisme qui a construit l’Europe comme centre global et a posé les bases de la puissance et de la modernité occidentales.

    Aujourd’hui et dans le contexte français, cette asymétrie se retrouve dans une distribution de positions : celles et ceux qui sont les acteurs et actrices de l’hospitalité ne s’inscrivent plus dans ce système d’interdépendance dans lequel se situait l’hospitalité, ou se situe encore dans d’autres régions du monde. Ielles accueillent pour d’autres raisons. La #rencontre est souvent évoquée dans les enquêtes ethnographiques parmi les motivations principales des personnes engagées dans l’accueil des personnes venues chercher un refuge. Pourtant les personnes accueillies ne sont pas forcément dans cette démarche. Au contraire, parfois, elles se révèlent même fuyantes, renfermées par besoin de se protéger quand elles ont été abîmées par le voyage. Cette soif de rencontre qui anime les personnes offrant leur hospitalité n’est pas toujours partagée.

    Dans ce contexte, nous comprenons que l’hospitalité telle qu’elle est mise en œuvre aujourd’hui autour de nous, et du fait de l’asymétrie des positions, pose une relation d’#aide. Or celle-ci est elle-même fortement asymétrique car elle peut se révéler prolonger et reproduire, dans une autre modalité, la relation de #domination. La #relation_d’aide est dominante quand elle ne conscientise pas l’asymétrie justement des positions et des moyens des personnes qu’elle met en jeu. Elle sortira de cet écueil de prolonger la domination en trouvant une place pour la réciprocité. C’est #Paulo_Freire qui nous a appris que l’#aide_authentique est celle qui permet à toutes les personnes impliquées de s’aider mutuellement. Cela permet que l’acte d’aider ne se transforme pas en domination de celle ou celui qui aide sur celle ou celui aidé·e.

    Pour éviter de rejouer une relation de domination, l’hospitalité qu’elle soit privée ou institutionnelle doit trouver ou créer un espace pour l’#aide_mutuelle. Dans les pratiques actuelles de l’hospitalité, les situations d’asymétrie sont nombreuses.

    Les deux parties réunies autour la pratique de l’accueil ne disposent pas d’une répartition égale de l’information sur chacune. En effet, les personnes accueillies disposent généralement de très peu, voire pas du tout, d’information sur les personnes qui les accueillent. Alors que les hébergeur·ses connaissent les nom, prénom, date de naissance et pays d’origine, et parfois des détails du parcours de la personne qu’ielles accueillent. Cette asymétrie de connaissance organise bien différemment la rencontre, en fonction du côté duquel on se trouve. Sans information, ce sont les représentations déjà construites qui s’imposent et plusieurs personnes accueillies témoignent de la peur qu’elles ont à l’arrivée, à la première rencontre, une peur du mauvais traitement qui peu à peu cède la place à l’étonnement face à la générosité, parfois à l’abnégation, des personnes accueillantes. On comprend qu’il contraste fortement avec les représentations premières.

    Une autre asymétrie, créant une forte dépendance, repose sur le fait de posséder un #espace_intime, un #foyer. Les personnes accueillies n’en ont plus ; elles l’ont perdu. Et aucun autre ne leur est offert dans cette configuration. En étant accueilli·es, ielles ne peuvent se projeter à long terme dans un espace intime où ielles peuvent déposer leur bagage en sécurité, inviter des ami·es, offrir l’hospitalité. L’#hébergement est généralement, au moins au début, pensé comme #temporaire. Ielles n’ont pas la maîtrise de leur habitat d’une manière générale et plus particulièrement quand des heures d’entrée et de sortie de l’habitation sont fixées, quand ielles ne disposent pas des clés, quand ielles ne sont pas autorisé·es à rester seul·es.

    Enfin cette relation dissymétrique s’exprime également dans les #attentes perçues par les personnes accueillies et qui sont ressenties comme pesantes. Le récit de soi fait partie de ces attentes implicites. Les personnes accueillies parlent de peur de décevoir leurs hôtes. Ielles perçoivent l’accueil qui leur est fait comme très fragile et craignent de retourner à la rue à tout moment. Cette #précarité rend par ailleurs impossible d’évoquer des choses mal comprises ou qui ne se passent pas bien, et ainsi d’éluder des malentendus, de s’ajuster mutuellement.

    Cette asymétrie finalement dessine les contours d’une relation unilatérale de l’accueil [peut-on encore parler d’hospitalité ?]. Les personnes et les entités (les institutions qu’elles soient publiques – collectivités territoriales – ou privées – associations) qui organisent une offre d’hospitalité, ne laissant pas de place à la réciprocité. Cela signifie que cette offre produit de la #dépendance et une grande incertitude : on peut en bénéficier quand l’offre existe mais on est dépendant de son existence. Par exemple, certains dispositifs publics ont des saisonnalité ; ils ouvrent, ils ferment. De même que l’hospitalité privée peut prendre fin : les collectifs citoyens peuvent se trouver à bout de ressources et ne plus pouvoir accueillir. Ou de manière moins absolue : les règles de l’accueil, dans le cas de l’hébergement en famille, sont fixées unilatéralement par les personnes qui accueillent : les heures d’arrivée et de retour ; les conditions de la présence dans le foyer etc. Cette asymétrie nous semble renforcée dans le cas de l’hospitalité institutionnelle où l’apparition du lien personnel qui peut produire de la réciprocité par le fait de se rendre mutuellement des services par exemple, a plus de mal à trouver une place.

    On le voit, il est nécessaire d’imaginer la forme et les modalités que pourraient prendre la réciprocité dans le cadre de l’hospitalité institutionnelle où elle ne peut surgir naturellement, mais également s’assurer qu’elle trouve un espace dans les initiatives citoyennes.

    Michel Agier voit dans le #récit_de_soi, livré par les personnes accueillies, une pratique de la réciprocité. L’accueil trouvé auprès d’une famille ou d’un foyer par une personne venue chercher un refuge en Europe ce serait le don. L’histoire de son exil racontée à ses hôtes serait le contre-don. Pourtant une analyse différente peut être faite : dans ces circonstances, le récit entendu par les hôtes relève d’une injonction supplémentaire adressée aux personnes venues chercher un refuge. Qu’elle soit implicite ou ouvertement exprimée, cette injonction structure la relation de domination qu’ielles trouvent à leur arrivée. C’est pourquoi le #récit ne peut représenter cette réciprocité nécessaire à l’instauration de l’égalité.

    La place de la réciprocité et l’égalité dans les relations qui se nouent autour des actes d’hospitalité se jouent à n’en pas douter autour des représentations de personnes auxquelles ces pratiques s’adressent : les discours dominants, qu’ils soient médiatiques ou politiques, construisent les personnes venues chercher un refuge comme des #victimes. S’il serait injuste de ne pas les voir comme telles, en revanche, ce serait une #instrumentalisation de ne les voir que par ce prisme-là. Ce sont avant tout des personnes autonomes et non des victimes à assister. L’#autonomie respective des protagonistes de l’acte d’hospitalité ouvre l’espace pour la réciprocité.

    #Politisation

    Le 21 décembre 1996, au Théâtre des Amandiers de Nanterre où avait été organisée une soirée de soutien à la lutte des « sans papiers », #Jacques_Derrida s’émeut de l’invention de l’expression « #délit_d’hospitalité » et appelle à la #désobéissance_civile. Suite à l’adoption d’une loi qui prévoit un tel délit et des sanctions jusqu’à l’emprisonnement, le philosophe invite à défier le gouvernement en jugeant librement de l’hospitalité que nous voulons apporter aux personnes irrégularisées. Avec cet appel, il transforme une opposition binaire qui mettait face à face dans ce conflit l’État et des immigré·es, en un triangle avec l’intervention des citoyens. Il appelle à la politisation de l’hospitalité.

    De son côté, Anne Gotman reconnaît le sens politique de la sphère privée quand elle devient refuge. Cette politisation s’exprime également par la mutation du geste d’hospitalité initial qui est action #humanitaire et d’#urgence à la fin de l’été 2015, quand les citoyen·nes ouvrent leur maison, offrent un lit et un repas chaud. En réalité, ielles créent les conditions d’un accueil que l’État se refusent à endosser dans l’objectif de dégrader les conditions de vie des personnes venues chercher un refuge pour les décourager. L’action citoyenne est de ce point de vue une #opposition ou une #résistance. Cette #dimension_politique devient consciente quand les citoyen·nes côtoient le quotidien des personnes en recherche de refuge et découvrent le traitement administratif qu’ils et elles reçoivent. Cette découverte crée une réaction d’#indignation et pose les bases d’actes de résistance conscients, de l’ordre de la #désobéissance.

    –-

    * Ceci dit, l’association des villes et territoires accueillants, l’ANVITA, a vu récemment le nombre de ses adhérents considérablement augmenter : en novembre 2021, elle compte 52 membres-villes et 46 membres élu·es.

    –-> Intervention présentée à la semaine de l’Hospitalité, organisée entre le 13 et le 23 octobre par la métropole du Grand Lyon

    Références :

    – « Philosophie /et/ politique de la migration », Étienne Tassin, éditions Raison publique, 2017/1 n°21, p197-215

    – Le sens de l’hospitalité. Essai sur les fondements sociaux de l’accueil à l’autre, Anne Gotman, PUF 2001

    – Lettres à la Guinée-Bissau sur l’alphabétisation : une expérience en cours de réalisation, Paulo Freire, Maspero, 1978

    – Hospitalité en France : Mobilités intimes et politiques, Bibliothèque des frontières, Babels, Le passager clandestin, 2019, coordonné par Michel Agier, Marjorie Gerbier-Aublanc et Evangéline Masson Diaz

    – « Quand j’ai entendu l’expression “délit d’hospitalité”… », Jacques Derrida, Intervention retranscrite, 21/12/1996 au Théâtre des Amandiers ; http://www.gisti.org/spip.php?article3736

    https://blogs.mediapart.fr/modop/blog/221121/quelle-hospitalite-est-encore-possible-aujourd-hui

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  • Druga strana svega - L’Envers d’une histoire

    Dix ans après la révolution démocratique serbe, un regard à travers le trou de la serrure d’une porte condamnée dans un appartement de #Belgrade, dévoile à la fois l’histoire d’une famille et d’un pays dans la tourmente, et révèle la #désillusion d’une révolutionnaire et son combat contre les fantômes qui hantent le passé et le présent de la #Serbie.

    « Une porte restée fermée pendant plus de soixante-dix ans dans l’appartement d’une famille de Belgrade devient le point de départ d’une formidable chronique familiale, politique et historique. La famille est celle de la réalisatrice, incarnée par sa mère, la charismatique Srbijanka Turajlić, ancienne professeure universitaire et importante figure de l’#opposition au régime des années 1990. Grâce aux conversations des deux femmes, à la fois profondes et drôles, on parcourt l’histoire mouvementée d’un pays, ses bouleversements et ses changements politiques. Il est souvent question d’engagement citoyen et des responsabilités portées par chaque génération - celles des protagonistes mais aussi celles des spectateurs. Grâce à la générosité du récit, on plonge dans une passionnante fresque dans laquelle la réalisatrice, telle une habile couturière cinématographique, arrive à assembler le personnel et le politique, et par ricochet, la petite et la grande histoire. Dans ce voyage à travers les époques et les idéaux, cette porte fermée se révèle être un magnifique prétexte pour explorer cette aventure humaine. »

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/13548_1
    #film #film_documentaire #documentaire

    #Yougoslavie #ethnicité #communisme #nationalisation #bourgeoisie #Slobodan_Milosevic #Milosevic #guerre #conflit #résistance #responsabilité #Srbijanka_Turajlic #OTPOR #Université_de_Belgrade #révolution #5_octobre_2000 #histoire #révolution

    –—

    Une citation :

    Srbijanka Turajlić, min 31’00 :

    « On ne sait pas comment une guerre éclate ! Surtout une guerre civile. On ne sait pas comment ça arrive. Alors on ne croit pas que c’est en route. Jusqu’à ce que ça démarre »

  • Vor Landesparteitag Debatte in Berliner Linkspartei über Koalitionsvertrag. Delegierte wollen Ablehnungsempfehlung zur Abstimmung stellen
    https://www.jungewelt.de/artikel/415710.opposition-gegen-landesvorstand-regierungslinke-hegemoniekrise.html

    02.12.2021 von Nico Popp - Kurz vor dem außerordentlichen Landesparteitag am Samstag wird in der Berliner Linkspartei weiter intensiv darüber diskutiert, ob der am Montag vorgestellte Koalitionsvertrag mit SPD und Bündnis 90/Die Grünen eine akzeptable politische Grundlage für den erneuten Eintritt in die Landesregierung ist. Neben dem faktischen Einschwenken auf die SPD-Linie bei der Betreuung des Volksentscheidergebnisses vom 26. September und der auf maximale Verwirrung berechneten Positionierung beim Thema S-Bahn (Fortsetzung der laufenden Ausschreibung mit dem Ziel einer Zerschlagung von Netz und Betrieb einerseits und unverbindliche Bekenntnisse zu einem Vorstoß Richtung Kommunalisierung andererseits) empfinden große Teile der Partei offenbar als nicht mehr vermittelbare Zumutung, dass die SPD der Linkspartei ausgerechnet das Ressort für Stadtentwicklung und Wohnen abgenommen hat.

    Nach jW-Informationen steht inzwischen fest, dass es am Samstag einen Antrag an den Landesparteitag geben wird, in dem den Mitgliedern empfohlen wird, beim Mitgliederentscheid den Koalitionsvertrag abzulehnen. Im Kreis der Unterstützer wird davon ausgegangen, dass der geschäftsführende Landesvorstand versuchen wird, eine Abstimmung darüber mit einem Antrag auf Nichtbefassung zu unterbinden. In der Tagesordnung ist keine Antragsbehandlung vorgesehen. Sollte der Parteitag sich dann gegen den Vorstand und für eine Debatte über den Antrag entscheiden, sei »alles offen«, sagte am Mittwoch eine Delegierte gegenüber dieser Zeitung.

    Ein Entwurf des Antrags liegt jW vor. Darin wird der Umstand, dass die Linkspartei bei der Abgeordnetenhauswahl am 26. September keine substantiellen Stimmenverluste erlitten hat, darauf zurückgeführt, dass man den Wahlkampf vor allem auf das Mietenthema ausgerichtet hat. Um so enttäuschender seien die Verabredungen zur Stadtentwicklung, zur Mietenpolitik und insbesondere zum Volksentscheid im Koalitionsvertrag ausgefallen. Durch die neue Ressortverteilung zementiere die SPD außerdem ihren Führungsanspruch in diesem Bereich, während die Linke mit leeren Händen dastehe. Die Partei könne aus der Opposition heraus mehr bewirken als in einer solchen Regierung, heißt es in dem Entwurf.

    Widerstand gegen den Koalitionsvertrag kommt unterdessen auch aus der Fraktion im Abgeordnetenhaus. Die stellvertretende Fraktionschefin Franziska Brychcy hatte bereits den Antrag auf einen außerordentlichen Landesparteitag unterstützt. Am Montag hat sich mit Katalin Gennburg eine beim Thema Stadtentwicklung profilierte Fachpolitikerin und Abgeordnete, die ihren Wahlkreis im Treptower Norden am 26. September gegen den Trend erneut direkt gewinnen konnte, offen gegen den Vertrag ausgesprochen. In einem ausführlichen Facebook-Post, in dem sie auch berichtet, dass sie sich in der vergangenen Legislaturperiode mit der von der eigenen Partei gestellten Stadtentwicklungssenatorin Katrin Lompscher mehrmals »angelegt« und mit ihrem Nachfolger Sebastian Scheel »nie zusammengefunden« habe, bezeichnete sie den Verlust des Stadtentwicklungsressorts als »schwere Niederlage«.

    Die SPD habe in den vergangenen fünf Jahren »gemauert« und dafür gesorgt, dass »wir Verabredungen im Koalitionsvertrag nicht umsetzen konnten«. Nun würden die Sozialdemokraten das »einfach weiterhin tun und dazu noch überall die Chefs« stellen. Alle »kleinteiligen Verabredungen im Koalitionsvertrag« werde diese »Giffey-gentrifiziert-ganz-Berlin-SPD komplett ignorieren«. Die Linke habe »politisch verloren«; sie, Gennburg, werbe deshalb für ein Nein beim Mitgliederentscheid über den Koalitionsvertrag.

    Bemerkenswert ist die offene Kritik Gennburgs am Zustand der Landespartei: Diese brauche eine »innerparteiliche Erneuerung und eine radikale Demokratisierung« und außerdem »ein sozialistisches und antikapitalistisches Update«. Derlei war in Berlin bislang nur von kritischen Mitgliedern ohne Funktion und Mandat sowie einigen Funktionären auf Bezirksebene zu hören, aber nicht aus der Fraktion. Die lange unerschütterlich scheinende rechte Hegemonie im Berliner Landesverband ist unmittelbar vor dem Landesparteitag offensichtlich in eine echte Krise geraten. Aus der Partei ist zu hören, es gebe den Eindruck, der harte Kern der Regierungslinken in Fraktion und Landesvorstand bleibe im Moment bewusst passiv, um »bloß keine Diskussion zu provozieren«.

    #Berlin #gauche #politique #gouvernement #Regierungslinke #opposition #parlamentarisme

    • 09.03.20 21, 2h, un vidéo de la « Nouvelle Action Royaliste »,
      quand même il y a de valeur pour l’écouter

      Les médias français présentent l’ #opposition en #Russie sous la forme incarnée d’un seul opposant, suivi par des foules plus ou moins importantes selon les années : le joueur d’échec Garry Kasparov a longtemps tenu ce rôle, maintenant dévolu à Alexeï #Navalny. Cette focalisation sur un personnage masque une réalité complexe et mouvante car il n’y a pas qu’une seule opposition en Russie mais des oppositions, à l’intérieur des institutions et hors de celles-ci.

      Professeur de civilisation russe contemporaine à l’université de Paris-Ouest Nanterre, ancien directeur du collège universitaire français de Saint-Pétersbourg et du collège universitaire français de Moscou, Jean-Robert Raviot présente dans sa conférence le parti communiste russe et le parti nationaliste, les groupes ultras, les mouvements protestataires… et donne à voir une société russe diverse et très vivante.

  • Biélorussie : l’autocrate, l’opposition libérale et la classe ouvrière | Le mensuel
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2020/09/13/bielorussie-lautocrate-lopposition-liberale-et-la-classe-ouv

    L’opposition qui a pris forme durant la présidentielle autour de #Tikhanovskaïa, la femme d’un homme d’affaires et blogueur en vue, emprisonné pour avoir voulu faire acte de candidature, et des représentantes de deux autres opposants notoires, eux aussi empêchés de se présenter – un banquier catalogué comme pro-russe et un ex-ministre de Loukachenko – n’avait d’autres revendications que le départ de Loukachenko, pour organiser des élections honnêtes  ; et, depuis le déclenchement de la répression, ils y ont ajouté la fin des violences policières et la libération des prisonniers politiques.

    En guise de programme, cela fait un peu court. Au moins pour ce que l’opposition libérale en affiche, car elle se propose aussi, mais sans trop le claironner, de poursuivre et accélérer le programme de privatisations engagé récemment par Louka­chenko.

    [...]

    L’#opposition_libérale, qui regroupe des courants pro-occidentaux mais aussi parfois pro-russes, a constitué un conseil de coordination. Cet organe, censé préparer la relève, même pas du régime, mais du seul pouvoir de l’autocrate, est notamment constitué d’une brochette de juristes, d’un ex-ministre de Loukachenko, d’une prix Nobel de littérature, #Svetlana_Alexeïevitch qui, après avoir été une auteure en vue sous Brejnev, est devenue une adversaire déclarée de «  l’homme rouge  », du régime soviétique en particulier et du communisme en général.

    Qu’un ou plusieurs animateurs de comités de grève siègent à ce conseil ne change rien à son orientation de classe. Ils relaient auprès des travailleurs les slogans de l’opposition libérale  : élections libres, fin de la répression, libération des prisonniers politiques. Et s’ils y ajoutent des points spécifiques au monde du travail (droit de grève, droit de former des syndicats indépendants, abrogation des mesures gouvernementales de précarisation du travail, de celles qui repoussent l’âge de départ en retraite, etc.), ces revendications, amplement justifiées, ne sont pas à la hauteur des exigences de la lutte. Surtout pour obtenir un changement de régime.

    [...]

    En Biélorussie, personne ne propose rien à la classe ouvrière. Pas même de perspectives ouvertement bourgeoises, tant l’opposition libérale, de fait bourgeoise, à #Loukachenko est insignifiante, sans force, même si elle aimerait bien attacher à son char des cohortes de manifestants ouvriers. Ce qui, malgré cela, fait peur aux Macron et Merkel, c’est qu’une telle situation d’instabilité sociale et politique, même dans un petit pays, peut avoir un caractère contagieux quand c’est toute la société mondiale que secoue et frappe la crise du système capitaliste.

    Mais, faute d’un parti qui porte la perspective d’une réorganisation révolutionnaire de la société, du renversement de ce système capitaliste failli, et qui propose ce programme à l’ensemble de la population, au nom de la classe ouvrière, en cherchant à entraîner à sa suite les autres classes laborieuses, même une intervention massive des travailleurs dans des événements comme ceux de Biélorussie ne pourra rien changer de fondamental, même dans ce pays.

    – Une explosion de colère
    – Les grandes puissances à la rescousse du régime
    – Un régime bonapartiste en difficulté
    – Le régime et ses attaques contre la classe ouvrière
    – La #classe_ouvrière, ses perspectives de réorganisation de la société et son parti

  • Création de l’association des maires « #ma_commune_sans_migrants »

    Communiqué de presse de #Steeve_Briois, Maire d’#Hénin_Beaumont et Président de l’#association des maires « ma commune sans migrants »

    Steeve Briois, maire d’Hénin Beaumont, annonce la création d’une association de maires refusant l’#accueil des migrants. Cette association, intitulée « ma ville sans migrants », fait suite à l’annonce par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, d’un plan de dissémination de 12 000 migrants dans les villages et villes de France à la suite du démantèlement de la jungle de calais. Cette politique folle aurait pour conséquence de multiplier les #mini_Calais sur l’ensemble du territoire national, sans consulter préalablement les populations et les élus locaux. Ce passage en force du gouvernement socialiste est tout simplement inacceptable car il menace gravement l’#ordre_public et la #sécurité de nos administrés.

    C’est pourquoi les maires membres de cette association s’engagent à faire voter par le conseil municipal, une #charte intitulée « ma commune sans migrants ». Cette charte énonce huit points attestant devant les Français, que tous les moyens légaux en la possession des maires, seront mis en œuvre pour s’opposer à l’accueil des migrants.

    Cette association s’adresse aux 36 0000 maires de France sans préjuger de leur appartenance politique. L’opposition à l’#invasion migratoire dans nos communes doit devenir une cause nationale de #salut_public qui dépasse les clivages partisans.

    https://rassemblementnational.fr/communiques/creation-de-lassociation-des-maires-ma-commune-sans-migrants
    #réseau #France #anti-migrants #anti-réfugiés #RN #Rassemblement_national #non-accueil #opposition

    Ajouté en contre-exemple à la métaliste sur les #villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

    ping @isskein @karine4 @thomas_lacroix

  • #Hong_Kong : la #loi controversée sur la #sécurité_nationale a été adoptée, selon des médias locaux

    Le parlement chinois a adopté mardi la loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, ont annoncé des médias du territoire semi-autonome, faisant craindre une #répression de toute #opposition_politique dans l’ex-colonie britannique.

    Le parlement national à Pékin a voté ce texte à l’unanimité, ont affirmé mardi matin Now TV, RTHK et le South China Morning Post.

    Cette loi, qui entend réprimer le « #séparatisme », le « #terrorisme », la « #subversion » et la « collusion avec des forces extérieures et étrangères », vise à ramener la #stabilité dans l’ex-colonie britannique secouée l’an passé par des #manifestations monstres contre le pouvoir central.

    Les opposants redoutent qu’elle serve à museler toute dissidence et à enterrer la semi-autonomie et les libertés dont jouissent les habitants de Hong Kong.

    Ce texte, élaboré en seulement six semaines et dont le contenu n’est pas connu des près de 7,5 millions de Hongkongais, contourne le conseil législatif local.

    Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du mardi matin, la cheffe de l’exécutif local, Carrie Lam, a refusé de dire si ce texte a été effectivement adopté.

    « Je pense qu’en ce moment, il ne me revient pas de commenter les questions relatives à la loi sur la sécurité nationale », a déclaré Mme Lam.

    Pour l’opposition pro-démocratie de Hong Kong et pour plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis, le G7 ou encore l’Union européenne (UE), cette loi est au contraire une attaque contre l’#autonomie et les #libertés du territoire.

    https://www.courrierinternational.com/depeche/hong-kong-la-loi-controversee-sur-la-securite-nationale-ete-a

  • Events and demonstrations banned in İstanbul for 15 days - English Bianet
    The Governor’s Office has announced that the events and demonstrations to be held in İstanbul have been banned till the end of June. The novel coronavirus outbreak has been cited as the reason for the ban.

    #Covid-19#Turquie#Journaliste#Répréssion#Liberté#Oppositionpolitique#HDP#migrant#migration

    http://bianet.org/english/politics/225755-events-and-demonstrations-banned-in-istanbul-for-15-days

  • HDP official: Turkish gov. aims to seize all Kurdish municipalities amid COVID-19 crisis
    A foreign affairs spokesperson for the Pro-Kurdish Peoples’ Democratic Party (HDP) claims Turkey is using the coronavirus pandemic to target the remaining Kurdish municipalities in the country’s southeast.
    #Covid-19#Turquie#Kurde#HDP#Opposition_politique#Democratie#Société_civile#migrant#migration

    https://www.kurdistan24.net/en/news/79eec75a-cb87-48c7-b790-ac4538ca735d

  • Waiting for the bad to get worse: Lebanon in the time of corona - Middle East Institute
    “There is a predicament coming that is much bigger than corona … the economy is the bigger crisis,” a political activist in Dahiyeh says. Finger pointing among the country’s political and financial elite has reached new levels. But the crisis is too big to be patched up by finite patronage networks, even for Hezbollah, the country’s best resourced party. But the confessional political system’s tentacles permeate most aspects of life and its disentanglement is tricky. Many warn of civil unrest. Protests have already begun.

    #Covid-19#Liban#Crise_politique#Conflit #Société_civile#Opposition#Économie#migrant#migration

    https://www.mei.edu/publications/waiting-bad-get-worse-lebanon-time-corona

  • Plus de 400 arrestations pour « provocation en ligne » en Turquie- Middle East Eye
    La police turque a arrêté depuis le mois dernier plus de 400 personnes accusées d’avoir fait de la « provocation » sur les réseaux sociaux en lien avec la pandémie de nouveau coronavirus, a indiqué lundi le ministère de l’Intérieur.
    « Au cours des 42 derniers jours, 6 362 comptes sur les réseaux sociaux ont été repérés, 855 suspects ont été identifiés et 402 personnes ont été arrêtées », a déclaré le ministère dans un communiqué.
    #Covid-19#Turquie#Erdogan#Opposition#Prison#Liberté#Sociétécivile#Politique#Réseaux_sociaux#migrant#migration

    https://www.middleeasteye.net/fr/live/coronavirus-suivez-lactualite-dans-la-region-mena

  • Erdoğan ordered investigations into mayors over COVID-19 aid, opposition leader says - Ahval
    Main opposition Republican People’s Party (CHP) leader Kemal Kılıçdaroğlu has said that President Recep Tayyip Erdoğan directly ordered investigations into opposition mayors over their COVID-19 aid campaigns, Sözcü reported on Sunday.
    #Covid-19#Turquie#Erdogan#Opposition#Democratie#Liberté#Sociétécivile#Politique#migrant#migration
    https://ahval.me/turkey-coronavirus/erdogan-ordered-investigations-mayors-over-covid-19-aid-opposition-leader-says

  • How Syrian opposition is trying to stop coronavirus from reaching its areas- Al Monitor

    The Syrian opposition coalition announced a set of sanctions that will be taken against opposition members and leaders found to be involved in smuggling people and goods from border crossings and smuggling corridors along the lines of contact with the Syrian regime and the Syrian Democratic Forces (SDF) in the Aleppo countryside.

    #Covid19#Syrie#Politique#Opposition#frontières#migrant#Diplomatie#réfugiés#migration

    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/04/syria-opposition-close-crossings-regime-smuggling-covid19.html

  • Neuer Partner im Asylbereich: Stadtrat Müller äussert sich zur Absage an die Firma #ORS

    Tschüss ORS: Die Stadt Dietikon engagiert neu die Asylorganisation Zürich (AOZ) für die Betreuung von Asylsuchenden. Obwohl sie mit dem bisherigen Partner zufrieden war. Sozialvorstand #Philipp_Müller (FDP) nimmt Stellung.

    Nach zehn Jahren ist Schluss. 2009 hatte die Stadt #Dietikon ihr Asylwesen an die private Firma ORS Service AG ausgelagert. Der aktuelle Vertrag läuft nun Ende 2019 aus. Die Stadt erneuert ihn nicht. Stattdessen arbeitet sie neu mit der #Asylorganisation_Zürich zusammen, kurz #AOZ genannt. Diese ist schon für die Gemeinden #Schlieren, #Geroldswil, #Weiningen und #Unterengstringen tätig, derweil neben Dietikon bisher auch #Bergdietikon, #Birmensdorf und #Aesch auf die ORS setzen. Die ORS betreut auch die kantonale Notunterkunft in #Urdorf.

    Wieso die Stadt von der ORS zur AOZ wechselt, erklärte am Dienstag auf Anfrage der Dietiker Sozialvorstand Philipp Müller (FDP). Zu den Kosten nennt er keine Zahlen. Diese würden sich je nach aktuellem Bedarf laufend ändern, so wie die Anzahl Asylsuchenden. Die Beträge sind also dynamisch.

    Klar ist: Die Stadt hat von ORS und AOZ Offerten eingeholt. Müller: «Das Angebot der AOZ ist für die gleiche Leistung wirtschaftlich besser.»

    Die ORS hatte aufgrund neuer gesetzlicher Grundlagen eine neue Berechnungsgrundlage vorgeschlagen. Ein Beispiel: Wenn die Anzahl Asylsuchender und vorläufig Aufgenommener die Anzahl Plätze unterschreitet, können Wohnungen leer stehen. Während die Kosten für den Platz dann bestehen bleiben, fallen die Entschädigungen durch den Kanton weg. Dieses Leerstandsrisiko trug die ORS bisher selbst, nun hätte es die Stadt tragen sollen. Die AOZ handhabt das zwar schon länger so. Aber es ist einer der Faktoren, die die Vertragsofferte der ORS teurer als bisher gemacht hat. Und zudem ist sie jetzt auch teurer als jene der AOZ.
    «Wir hatten eine gute Zusammenarbeit»

    Mit der Leistung der ORS sei die Stadt Dietikon bisher zufrieden gewesen, so Müller. «Wir hatten eine gute Zusammenarbeit. Aber bei so einem grossen Auftrag muss man eine Auslegeordnung machen, wenn der Vertrag ausläuft.» Die Auslegeordnung nahm die Sozialabteilung vor den Sommerferien an die Hand. Neben den nackten Offerten gab es auch Gespräche mit beiden Firmen. Danach legte Müller seinen Antrag seinen Kollegen im Stadtratssaal vor. Der Gesamtstadtrat genehmigte den Antrag zum Wechsel zur AOZ Anfang September, wie er nun mitteilte.

    Die Möglichkeit, das Asylwesen wieder selber zu betreuen – so wie es Dietikon bis 2009 machte und so wie es Oberengstringen und Uitikon noch heute handhaben – habe man im Rahmen der Auslegeordnung auch angeschaut, sagt Müller. «Dazu müsste man Strukturen aufbauen und Leute einstellen. Zudem bieten Organisationen wie die ORS und die AOZ auch einen Pikettdienst an. Das wäre als Stadt schwieriger zu bewerkstelligen.»
    Welche Rolle das neue Gesetz spielte

    Ebenfalls eine Rolle spielten die Veränderungen im Asylwesen. Das neue Schweizer Asylgesetz beschleunigt die Verfahren. Grundsätzlich soll jeder Asylsuchende nach etwa sechs Monaten Bescheid erhalten, ob er bleiben kann oder nicht. Bei positivem Bescheid wechselt er von einem Bundesasylzentrum hinaus in eine Gemeinde.

    Das hat konkret zur Folge, dass in den Gemeinden praktisch keine Asylsuchenden mehr leben, sondern hauptsächlich vorläufig Aufgenommene und anerkannte Flüchtlinge. «Somit haben wir in unserem Kontingent primär Personen, die hier bleiben. Mit ihnen muss man anders arbeiten, als mit jenen, bei denen man weiss, dass sie sowieso bald wieder gehen», sagt Müller.
    «Sonst bleiben die Leute in der Sozialhilfe hängen»

    Darum gibt es mit dem neuen Asylgesetz auch eine neue Integrationsagenda des Bundes. Diese hält zum Beispiel fest, dass die Hälfte der erwachsenenen Flüchtlinge nach sieben Jahren im Arbeitsmarkt integriert sein soll. Und dass alle anerkannten Flüchtlinge und vorläufig Aufgenommenen nach drei Jahren Grundkenntnisse einer Landessprache haben sollen. «Als Stadt haben wir ein grosses Interesse, Vorgaben wie diese zu erfüllen», sagt Müller, «sonst bleiben die Leute in der Sozialhilfe hängen.»

    «Bei der Auswahl haben wir verstärkt darauf geachtet, welche Konzepte der Dienstleister hat, um den Integrationsauftrag zu erfüllen», sagt Müller. Die AOZ habe diesbezüglich das bessere Angebot, so Müller. «Wir hoffen, dass wir den neuen Integrationsauftrag zusammen mit der AOZ umsetzen können. Das ist die grösste Herausforderung», sagt Müller.
    Asyl-Arbeit für ein sauberes Dietikon wird fortgeführt

    Das sichtbarste Projekt zur Integration von Personen aus dem Asylbereich im Bezirkshauptort heisst «Sauberes Dietikon». In gelben Westen befreien sie Strassen, Plätze und Grünstreifen von Littering. Dieses Projekt wird auch unter der AOZ weitergeführt. «Die Einwohner schätzen es, dass die Menschen, die bei uns sind, auch eine Gegenleistung erbringen. Auch ich finde es ein wichtiges Zeichen, dass die Leute bereit sind, etwas zu leisten», sagt Müller.

    Die Asylsuchenden und vorläufig Aufgenommenen können sich freiwillig dafür einschreiben. Pro Quartal machen etwa 25 Personen mit, einzelne davon leisten bis zu 50 Einsätze pro Quartal.

    Insgesamt leben in Dietikon jeweils rund 100 Asylsuchende und vorläufig Aufgenommene. Zurzeit sind es 33 Personen aus Afghanistan, 18 aus Syrien, 13 aus Eritrea, 11 aus der Türkei, 9 aus Sri Lanka und 8 aus dem Iran.
    Ab Ende Oktober wird die neue Asylunterkunft gebaut

    Die Personen leben insbesondere in Wohnungen der Siedlungsgenossenschaft Eigengrund. Zudem beginnen bald die Arbeiten für die neue Asylunterkunft Luberzen auf einem Spickel Land zwischen Bernstrasse und Autobahn. Ab Ende Oktober wird das Areal mit Werkleitungen erschlossen. Ende Januar startet die Bebauung, wie die kantonale Baudirektion am Dienstag auf Anfrage sagte. Sie baut die Asylunterkunft für die Stadt und will sie bis etwa Anfang August 2020 der Stadt schlüsselfertig übergeben. Es handelt sich um einen Holzmodulbau mit rund 40 Plätzen, gegen den bis vor Bundesgericht gekämpft wurde. Er ersetzt die alte Liegenschaft, die der neuen Schönenwerdkreuzung weichen musste.

    https://www.limmattalerzeitung.ch/limmattal/region-limmattal/neuer-partner-im-asylbereich-stadtrat-mueller-aeussert-sich-zur-a
    #résistance #opposition #asile #migrations #réfugiés #privatisation #ORS #Suisse #fin

  • UN Human Rights Council Should Address Human Rights Crisis in Cambodia at its 42nd Session

    Dear Excellency,

    The undersigned civil society organizations, representing groups working within and outside Cambodia to advance human rights, rule of law, and democracy, are writing to alert your government to an ongoing human rights crisis in Cambodia and to request your support for a resolution ensuring strengthened scrutiny of the human rights situation in the country at the upcoming 42nd session of the UN Human Rights Council (the “Council”).

    National elections in July 2018 were conducted after the Supreme Court, which lacks independence, dissolved the major opposition party, the Cambodia National Rescue Party (CNRP). Many believe that this allowed the ruling Cambodian People’s Party (CPP) under Prime Minister Hun Sen to secure all 125 seats in the National Assembly and effectively establish one-party rule. Since the election, respect for human rights in Cambodia has further declined. Key opposition figures remain either in detention – such as CNRP leader Kem Sokha, who is under de facto house arrest – or in self-imposed exile out of fear of being arrested. The CNRP is considered illegal and 111 senior CNRP politicians remain banned from engaging in politics. Many others have continued to flee the country to avoid arbitrary arrest and persecution.

    Government authorities have increasingly harassed opposition party members still in the country, with more than 147 former CNRP members summoned to court or police stations. Local authorities have continued to arrest opposition members and activists on spurious charges. The number of prisoners facing politically motivated charges in the country has remained steady since the election. The government has shuttered almost all independent media outlets, and totally controls national TV and radio stations. Repressive laws – including the amendments to the Law on Political Parties, the Law on Non-Governmental Organizations, and the Law on Trade Unions – have resulted in severe restrictions on the rights to freedom of expression, peaceful assembly and association.

    It is expected that a resolution will be presented at the 42nd session of the Human Rights Council in September to renew the mandate of the UN Special Rapporteur on the situation of human rights in Cambodia for another two years. We strongly urge your delegation to ensure that the resolution reflects the gravity of the situation in the country and requests additional monitoring and reporting by the Office of the High Commissioner for Human Rights (OHCHR). Mandated OHCHR monitoring of the situation and reporting to the Council, in consultation with the Special Rapporteur, would enable a comprehensive assessment of the human rights situation in Cambodia, identification of concrete actions that the government needs to take to comply with Cambodia’s international human rights obligations, and would allow the Council further opportunities to address the situation.

    Since the last Council resolution was adopted in September 2017, the situation of human rights in Cambodia, including for the political opposition, human rights defenders, and the media, has drastically worsened. Developments since the 2018 election include:

    Crackdown on Political Opposition

    On March 12, 2019, the Phnom Penh Municipal Court issued arrest warrants for eight leading members of the opposition Cambodia National Rescue Party who had left Cambodia ahead of the July 2018 election – Sam Rainsy, Mu Sochua, Ou Chanrith, Eng Chhai Eang, Men Sothavarin, Long Ry, Tob Van Chan, and Ho Vann. The charges were based on baseless allegations of conspiring to commit treason and incitement to commit felony. In September 2018, authorities transferred CNRP head Kem Sokha after more than a year of pre-trial detention in a remote prison to his Phnom Penh residence under highly restrictive “judicial supervision” that amounts to house arrest. Cambodian law has no provision for house arrest and there is no evidence that Sokha has committed any internationally recognizable offense.

    During 2019, at least 147 arbitrary summonses were issued by the courts and police against CNRP members or supporters. Summonses seen by human rights groups lack legal specifics, containing only vague references to allegations that the person summoned may have violated the Supreme Court ruling that dissolved the CNRP in November 2017.

    Human Rights Defenders and Peaceful Protesters

    In November 2018, Prime Minister Hun Sen stated that criminal charges would be dropped against all trade union leaders related to the government’s January 2014 crackdown on trade unions and garment workers in which security forces killed five people. However, the following month, a court convicted six union leaders – Ath Thorn, Chea Mony, Yang Sophorn, Pav Sina, Rong Chhun, and Mam Nhim – on baseless charges and fined them. An appeals court overturned the convictions in May 2019, but in July 2019 the court announced its verdict in absentia convicting Kong Atith, newly elected president of the Coalition of Cambodian Apparel Workers Democratic Union (CCAWDU), of intentional acts of violence in relation to a 2016 protest between drivers and the Capitol Bus Company. The court imposed a three-year suspended sentence, which will create legal implications under Article 20 of the Law on Trade Unions, which sets out among others that a leader of a worker union cannot have a felony or misdemeanor conviction.

    In December 2018, Thai authorities forcibly returned Cambodian dissident Rath Rott Mony to Cambodia. Cambodian authorities then prosecuted him for his role in a Russia Times documentary “My Mother Sold Me,” which describes the failure of Cambodian police to protect girls sold into sex work. He was convicted of “incitement to discriminate” and in July 2019 sentenced to two years in prison.

    In March 2018, the government enacted a lese majeste (insulting the king) clause into the Penal Code, and within a year four people had been jailed under the law and three convicted. All the lese majeste cases involved people expressing critical opinions on Facebook or sharing other people’s Facebook posts. The government has used the new law, along with a judiciary that lacks independence, as a political tool to silence independent and critical voices in the country.

    In July 2019, authorities detained two youth activists, Kong Raya and Soung Neakpoan, who participated in a commemoration ceremony on the third anniversary of the murder of prominent political commentator Kem Ley in Phnom Penh. The authorities charged both with incitement to commit a felony, a provision commonly used to silence activists and human rights defenders. Authorities arrested seven people in total for commemorating the anniversary; monitored, disrupted, or canceled commemorations around the country; and blocked approximately 20 members of the Grassroots Democracy Party on their way to Takeo province – Kem Ley’s home province.

    Attacks on Journalists and Control of the Media

    Prior to the July 2018 election, the Cambodian government significantly curtailed media freedom, online and offline. In 2017, authorities ordered the closure of 32 FM radio frequencies that aired independent news programs by Radio Free Asia (RFA) and Voice of America. RFA closed its offices in September 2017, citing government harassment as the reason for its closure. The local Voice of Democracy radio was also forced to go off the air.

    Since 2017, two major independent newspapers, the Phnom Penh Post and The Cambodia Daily, were subjected to dubious multi-million-dollar tax bills, leading the Phnom Penh Post to be sold to a businessman with ties to Hun Sen and The Cambodia Daily to close.

    Social media networks have come under attack from increased government surveillance and interventions. In May 2018, the government adopted a decree on Publication Controls of Website and Social Media Processing via Internet and the Law on Telecommunications, which allow for arbitrary interference and surveillance of online media and unfettered government censorship. Just two days before the July 2018 elections, authorities blocked the websites of independent media outlets – including RFA and VOA – which human rights groups considered an immediate enforcement of the new decree.

    Since then, Cambodian authorities have proceeded with the politically motivated prosecution of two RFA journalists, Yeang Sothearin and Uon Chhin. They were arrested in November 2017 on fabricated espionage charges connected to allegations that the two men continued to report for RFA after RFA’s forced closure of its Cambodia office. They were held in pre-trial detention until August 2018. Their trial began in July 2019 and a verdict on the espionage charges is expected late August. They face up to 16 years in prison.

    *

    The Cambodian government’s actions before and since the July 2018 election demonstrate a comprehensive campaign by the ruling CPP government to use violence, intimidation and courts that lack judicial independence to silence or eliminate the political opposition, independent media, and civil society groups critical of the government.

    We strongly urge your government to acknowledge the severity of the human rights situation and the risks it poses to Cambodia’s fulfillment of its commitments to respect human rights and rule of law as set out in the Paris Peace Accords 1991. It is crucial that concerned states explicitly condemn the Cambodian government’s attacks on human rights norms and take steps to address them.

    For these reasons, we call on the Human Rights Council to adopt a resolution requesting the UN High Commissioner for Human Rights to monitor and report on the situation of human rights in Cambodia and outline actions the government should take to comply with its international human rights obligations. The High Commissioner should report to the Council at its 45th session followed by an Enhanced Interactive Dialogue with participation of the Special Rapporteur on Cambodia, other relevant UN Special Procedures, and members of local and international civil society.

    We further recommend that your government, during the Council’s September session, speaks out clearly and jointly with other governments against ongoing violations in Cambodia.

    We remain at your disposal for any further information.

    With assurances of our highest consideration,

    Amnesty International
    ARTICLE 19
    ASEAN Parliamentarians for Human Rights (APHR)
    Asian Forum for Human Rights and Development (FORUM-ASIA)
    Asian Legal Resource Centre (ALRC)
    Cambodian Alliance of Trade Unions (CATU)
    Cambodian Center for Human Rights (CCHR)
    Cambodian Food and Service Workers’ Federation (CFSWF)
    Cambodian Human Rights and Development Association (ADHOC)
    Cambodian League for the Promotion & Defense of Human Rights (LICADHO)
    Cambodian Youth Network (CYN)
    Cambodia’s Independent Civil Servants Association (CICA)
    Center for Alliance of Labor and Human Rights (CENTRAL)
    CIVICUS: World Alliance for Citizen Participation
    Civil Rights Defenders (CRD)
    Committee to Protect Journalists (CPJ)
    Commonwealth Human Rights Initiative (CHRI)
    FIDH – International Federation for Human Rights
    Fortify Rights
    Human Rights Now
    Human Rights Watch (HRW)
    International Commission of Jurists (ICJ)
    Independent Democracy of Informal Economy Association (IDEA)
    International Service for Human Rights (ISHR)
    Lawyers’ Rights Watch Canada (LRWC)
    National Democratic Institute (NDI)
    Reporters Without Borders (Reporters Sans Frontières - RSF)
    World Organisation Against Torture (OMCT)

    https://www.hrw.org/news/2019/08/30/un-human-rights-council-should-address-human-rights-crisis-cambodia-its-42nd-se
    #Cambodge #droits_humains #arrestations #opposition #liberté_d'expression #censure #presse #médias #lese_majeste #Kem_Ley #Rath_Rott_Mony #Kong_Raya #Soung_Neakpoan #réseaux_sociaux

  • La #guerre_sociale en #France. Aux sources économiques de la #démocratie_autoritaire

    La tentation d’un #pouvoir_autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat #Macron.
    Depuis des décennies, la #pensée_néolibérale mène une guerre larvée contre le #modèle_social français de l’après-guerre. La #résistance d’une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu’ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d’un compromis social. À partir de la crise de 2008, l’offensive néolibérale s’est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l’homme de la revanche d’un #capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le #travail, avec l’appui de l’#État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour « civiliser » la #lutte_de_classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d’une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des #oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l’époque. Le pouvoir n’a ainsi d’autre solution que de durcir la démocratie par un excès d’#autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l’#épuisement de la société doit provenir son #obéissance.


    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_guerre_sociale_en_France-9782348045790.html
    #économie #néolibéralisme #livre #Romaric_GODIN

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

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    métaliste des numéros recensés sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/926433

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • Indignation au Sénégal après l’incarcération d’un célèbre activiste
    https://www.mediapart.fr/journal/international/010819/indignation-au-senegal-apres-l-incarceration-d-un-celebre-activiste

    Au Sénégal, l’incarcération de l’activiste Guy Marius Sagna choque les organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent une atteinte aux libertés fondamentales. Cette affaire intervient dans un contexte de contestation de la gestion des hydrocarbures du pays.

    #Afrique #opposition,_Sénégal

  • Sur la couleur dans la représentation de données

    Voici une belle référence et très complète signalée Laurent Jégou (aka @ljegou) sur Twitter.

    Cette série de billets discute l’utilisation de la teinte, du choix par rapport aux types de données, leur thématique, leur format dans le contexte de la dataviz. Les billets partant de l’hypothèse que les choses ne sont pas si simples. Il ne s’agit de choisir un ton au hasard et de presser un bouton pour réaliser une figure utile.

    L’obtention d’une image efficace par une connaissance du rôle et des propriétés et fonctions des couleurs.

    Le résultat produit bien souvent une figure inutile erronée quand elle n’est pas erronée, parce qu’elle ne parvient pas à communiquer précisément sur les valeurs (qualitatives, quantitatives ou mixtes) des données sous-jacentes.

    Le but de la visualisation des données est bien de représenter par une image souvent une information qui n’est pas toujours directement visible, accessible pour résulter de calculs sophistiqués, comme ci-dessous pour modéliser les températures maximales.


    Six chapitres sont proposés pour y voir plus clair :

    Subtleties of Color
    Part 2 : The “Perfect” Palette
    Part 3 : Different Data, Different Colors
    Part 4 : Connecting Color to Meaning
    Part 5 : Tools & Techniques
    Part 6 : References & Resources for Visualization Professionals

    En savoir plus : https://earthobservatory.nasa.gov/blogs/elegantfigures/2013/08/05/subtleties-of-color-part-1-of-6

    Aussi ici visual.ly

    #cartographie #modelisation #climat #temperatures #surface #teinte #intensité #opposition_colorée #opacite #valeur #gamme #nuancier #espace #segmentation #echantillonnage