• Chez Orange, le déploiement massif de l’IA fait resurgir le spectre de la souffrance au travail | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/180526/chez-orange-le-deploiement-massif-de-l-ia-fait-resurgir-le-spectre-de-la-s

    L’entreprise utilise de plus en plus d’outils d’intelligence artificielle. Traumatisés par la vague de suicides des années 2000, salariés et syndicats dénoncent la surveillance croissante, l’accélération des cadences et les risques pour la santé des professionnels de l’entreprise.

    Clément Pouré

    18 mai 2026 à 16h49

    « Depuis« Depuis février, je suis enregistrée. C’est très scolaire, on a des bons et des mauvais points. Officiellement, c’est pour se former, mais je ne vois pas en quoi ça va me faire progresser. » Conseillère téléphonique, Sylvie est salariée d’Orange depuis plus de vingt ans. Elle travaille depuis peu sous haute surveillance.

    Présentée au détour d’une réunion entre syndicats et direction il y a plus d’un an, Speech Analytics, une solution d’intelligence artificielle (IA) générative populaire dans tous les centres d’appels (voir encadré), est depuis peu déployée par la multinationale des télécoms. Son principe est simple : le logiciel enregistre aléatoirement 50 % des conversations tenues par les conseillers et conseillères clientèle, les retranscrit puis les analyse automatiquement.

    S’appuyant sur un second outil d’analyse automatique des conversations, le logiciel passe ensuite au crible le comportement des opérateurs et opératrices, puis note le comportement des salarié·es. Parmi les thématiques évaluées : le bon accueil des client·es « par la prononciation des termes bonjour, bonsoir », la bonne présentation de l’entreprise en prononçant distinctement « bienvenue chez Orange » ou encore la « personnalisation de la prise de congé » : les mots « au revoir monsieur » ou « au revoir madame » ont-ils été prononcés en fin d’appel ?
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    © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart

    « Orange saute des deux pieds dans l’intelligence artificielle sans se soucier des salariés », s’alarme Jérôme, délégué syndical CGT au sein de l’entreprise. Revendiquant plus de cent cinquante projets d’IA en cours de développement, Orange a pour ambition de générer plus de 600 millions d’euros de valeur supplémentaire d’ici 2028 grâce à l’IA.

    #IA #Intelligence_artificielle #Travail #Surveillance #Orange

  • Procès des inculpé·es du 15 juin 2021 à Limoges - La bogue
    ▻https://labogue.info/spip.php?article2460

    #resistance #sabotage #incendie #enedis #orange #bouygues #linky #antitech #surveillance #antiterrorisme #harcèlement #affaire_de_limoges

    Les 19 et 20 mars 2026 à Limoges, deux personnes étaient convoquées devant la justice, à la suite d’une enquête de plusieurs mois menée « avec les moyens de l’antiterrorisme » et d’un contrôle judiciaire de près de cinq ans, pour répondre d’accusations de « dégradations de biens par des moyens dangereux pour les ersonnes » et d’« association de malfaiteurs ». Les faits incriminés étaient des sabotages par incendie véhicules et antennes-relais) réalisés en opposition au déploiement du compteur Linky et de la 5G, en février 2020 et janvier 2021. Les personnes convoquées risquaient 10 ans de prison et des centaines de milliers d’euros d’amendes. Le comité de soutien et les inculpé·es ont fait de ce procès une tribune contre le numérique, qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

    (...)

    Le vendredi 3 avril 2026, le tribunal de Limoges a rendu son délibéré concernant l’affaire du 15 juin.
    Les deux prévenus sont condamnés : l’un à une peine de 3 ans d’emprisonnement avec sursis simple, l’autre à une peine de 2 ans d’emprisonnement avec sursis simple. Ils ont en outre l’interdiction de se fréquenter pendant 3 ans. Le jugement sur les les intérêts civils (dommages intérêts) a été renvoyé au 2 septembre.
    Le comité de soutien aux inculpés considère que ces condamnations expriment la prise en compte par la justice de deux éléments essentiels :
    – d’abord, une considération pour la dureté d’un contrôle judiciaire de presque cinq ans préalable au procès, qui a constitué pour les prévenu•es une véritable « peine avant la peine », qu’il semblait juste de ne pas lourdement aggraver.
    – ensuite, le signal de la percée ô combien nécessaire et urgente dans le débat public de la principale question que soulevait ce procès : celle de la remise en question du déferlement numérique imposé, à l’œuvre dans nos sociétés depuis plusieurs dizaines d’années, source de dégâts colossaux sur l’environnement et les sociétés humaines.

    Les parties ont 10 jours pour faire appel de cette décision.

    (...)

    Victor Cachard
    auteur d’une Histoire du sabotage en deux volumes (éditions Libre), a expliqué comment le sabotage était apparu historiquement comme remède à l’action violente contre les personnes et essayant d’être plus efficace que les « bras croisés ». Le sabotage est une pratique pivot entre violence et non-violence. Cette pratique a été utilisée dans le cadre des luttes syndicales à partir de la fin du XIXe siècle. Les avocat·es (Enedis, Bouygues et Orange) des parties civiles se sont élevé·es contre cette présentation, assimilant les destructions matérielles à de la violence.

    Célia Izoard
    philosophe et journaliste, est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le numérique (dont le dernier s’intitule La ruée minière au XXIe siècle) et traductrice de la dernière version de 1984 de Georges Orwell. Elle a dénoncé dans son intervention les effets nocifs pour la planète du déploiement de la 5G, l’exploitation minière avec les crimes et les guerres qu’elle entraîne, le gaspillage de la mise en place des Linky, et les mensonges sur l’obligation de pose du compteur.

    Jean-Michel Hupé
    chercheur en neurosciences durant 25 ans, s’est tourné ensuite vers la sociologie et a cofondé l’Atelier d’écologie politique de Toulouse (ATECOPOL). Il a rappelé tous les effets nocifs de l’IA, de la 5G et des ondes. Il soutient la nécessité de la désobéissance civile, voire du sabotage. La présidente et la procureure se sont posé des questions sur la possibilité d’invoquer « l’état de nécessité » pour justifier les actions de sabotage. Son intervention a été très attaquée par les avocats d’Enedis et de Bouygues.

    Nicolas Bérard
    journaliste à L’Âge de faire et auteur d’ouvrages sur le Linky, la 5G et le numérique, a expliqué les effets délétères de ces objets numériques sur le sommeil, la sédentarité, l’isolement, la santé mentale des jeunes. La présidente confirmait avoir suivi avec attention une émission sur la santé mentale des jeunes filles. Nicolas Bérard a regretté l’absence de prise en compte des mobilisations citoyennes.

    Karima Mersad
    enseignante chercheuse à Paris I en neurobiologie et en psychologie cognitive, a témoigné de la façon dont elle s’est rendue compte de l’apparition de symptômes perturbants pour elle (maux de tête, troubles du sommeil…). Elle a expliqué comment, de façon scientifique, elle avait étudié son environnement et progressivement compris qu’elle était victime des ondes électro-magnétiques. Elle a témoigné des difficultés vécues par les personnes électro-hypersensibles.

    Matthieu Amiech
    éditeur (éditions la Lenteur), auteur (Peut-on s’opposer à l’informatisation de nos vies ?) et contributeur régulier à la revue en ligne Terrestres : il a cité Fairtiq, une application proposée en région Occitanie qui est la seule manière d’avoir accès aux réductions sur les transports, mais exige l’utilisation d’un smartphone et de la géolocalisation. Il précisait que l’enregistrement de la plupart des trajets des citoyens était une des critiques faites au régime soviétique, alors que lorsque c’est Carole Delga (présidente de la région Occitanie) qui la met en place, il n’y pas de souci... Puis il citait le « portefeuille d’identité numérique » qui est une promesse de réunir toutes les cartes dans la même application… permettant de fait la privation de droits de manière automatique, donc le délitement complet des libertés civiles. Il donnait enfin des exemples de privations de droits sur la base de communications numériques, de messages, de relevés par des objets connectés.

    Sandrine Larizza
    salariée de France Travail au sein des services d’indemnisation des demandeurs d’emploi, a témoigné de la déshumanisation des relations avec les usagers en raison de la numérisation des services et du développement de l’IA. Elle a rappelé que selon le Défenseur des droits, une personne sur deux est en difficulté par rapport à l’accès aux services numériques.

    Romain Couillet
    est un professeur des universités, spécialiste reconnu internationalement de mathématiques appliquées dans le traitement numérique des télécommunications. Depuis 10 ans, il a pris conscience de la nocivité du développement du numérique pour les humains et la planète. Il a choisi d’arrêter ses recherches pour se consacrer aux réflexions sur les différents niveaux de refus du numérique. Il milite aussi à Stop Micro à Grenoble. Romain Couillet assimile les industriels et les chercheurs qui justifient le développement de l’IA à ceux qui niaient les dangers du tabac ou de l’amiante. Il se situe dans la filiation d’Alexander Grothendieck qui a cessé ses travaux en raison de leur usage militaire.

    Romain Couillet terminera son propos, la voix tremblante d’émotion, par l’évocation des résistant·es d’hier traité·es de terroristes qui sont aujourd’hui au Panthéon, et fera le parallèle avec ces lanceurs d’alertes jugés pour avoir essayé d’empêcher la course folle vers la destruction générale, en espérant qu’il y aura un avenir pour que dans 50 ans on puisse les réhabiliter pour ce qu’ils sont : des héros !

    Émotion dans tout le tribunal, quelques mouchoirs sortent des poches. La présidente semblera ébranlée. La procureure, de son côté, se fendra d’un rappel à l’ordre à son encontre : nous sommes dans l’enceinte d’un tribunal, et les propos de ce dernier témoin, assimilables à la justification et la promotion du sabotage, sont passibles de poursuites.
    Le tribunal était très attentif lors de ces exposés, concerné, conscient peut-être de la véracité de ces propos. La présidente semblait bienveillante à l’égard des prévenu·es et du public nombreux qui se trouvait dans la salle mais encore plus nombreux à l’extérieur.

  • #Wikidati

    Douze affaires distinctes visent directement #Rachida_Dati et sont répertoriées dans les médias. Pour chacune d’entre elle, les #faits et la #chronologie ont été résumés et sourcés précisément. Pour chaque affaire, il est essentiel de rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi, mais surtout de l’intérêt général et pourquoi ils remettent en cause l’honnêteté et le désintéressement de la candidate à la mairie de Paris.

    Sommaire

    - Potentielle #corruption par #Carlos_Ghosn, ancien PDG de #Renault-Nissan
    - Potentielle corruption par #GDF-Suez
    - Potentielle corruption par le #Qatar
    - Possible complicité dans la détention illégale d’un français au Qatar
    - Possible corruption par l’#Azerbaïdjan
    - Potentielle corruption par #Orange
    - Bijoux potentiellement non déclarés à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique
    – Recours systématique à des #procédures-baillons pour faire taire toute évocation de ses affaires
    – Prise en charge de ses frais d’avocats avec de l’#argent_public
    – Multiples interventions pour appuyer des demandes de #logements_sociaux, y compris celle de sa sœur
    – Prise en charge d’importantes #dépenses de frais de bouche et communication avec de l’argent public
    – Présentation d’un CV trompeur pour être admise à l’#Ecole_nationale_de_la_Magistrature

    ▻https://wikidati.fr
    #justice #liste #fisc #fiscalité

    • Le nouveau mode de scrutin de la loi PLM modifiée, où le maire de Paris sera élu [correction : directement] par les électeurs donnera davantage de poids à ceux de l’ouest parisien (même type de « rééquilibrage » à Marseille et Lyon).

      En face, aucun électeur parisien n’aura à voter directement Chikirou mais tout vote LFI la renforcera. Dommage pour « la gauche ».

      #Paris #affairisme #argent_public #élections_municipales

    • WikiDati : le camp de Rachida Dati demande la dépublication d’un site internet recensant ses problèmes judiciaires
      ►https://www.nouvelobs.com/politique/20260304.OBS112880/wikidati-le-camp-de-rachida-dati-demande-la-depublication-d-un-site-inter

      Le directeur de campagne de la candidate LR à la mairie de Paris a saisi l’hébergeur OVH pour mettre hors ligne WikiDati.fr, qui se présente comme « l’encyclopédie des affaires de Rachida Dati », car il porterait atteinte à « la présomption d’innocence ».

    • Atteintes à la probité et proximité avec l’extrême droite : les CV gênants des colistiers de Rachida Dati à Paris
      ▻https://www.mediapart.fr/journal/politique/010326/atteintes-la-probite-et-proximite-avec-l-extreme-droite-les-cv-genants-des

      Autre candidate, autre question. Une personne entendue comme témoin dans une affaire de corruption visant une tête de liste peut-elle être candidate sur cette même liste ? C’est la situation particulière d’Alexandra Nicol, ancienne assistante parlementaire de Rachida Dati lorsqu’elle était eurodéputée et auditionnée par la justice dans l’affaire Renault. La même qui vaut à Rachida Dati d’être renvoyée en procès en septembre prochain pour corruption et trafic d’influence. 

      Alexandra Nicol, qui figure à la 47e place, avait été entendue en février 2021 pour savoir notamment si sa patronne avait pu défendre les intérêts de Renault au Parlement européen. Devant les juges, celle qui était cheffe du bureau de l’eurodéputée entre 2009 et 2011 n’a cessé de dire qu’elle ne se souvenait de rien et l’a même répété à vingt et une reprises. 

      « Je sais que Rachida Dati n’aurait jamais commis d’infraction », s’était-elle toutefois souvenue. N’est-ce pas incongru de choisir une telle colistière ? Pas pour Rachida Dati dont l’entourage rappelle qu’Alexandra Nicol a toute légitimité, puisqu’elle a été « élue sur la liste de Valérie Pécresse au conseil régional en juillet 2021 » et qu’elle est aussi « professeure des écoles » [argh]. 

      [...]

      Max Guazzini, l’ancien président du Stade français Paris rugby, club mythique de la capitale, figure en 58e position sur la liste de Rachida Dati. C’est pourtant son adversaire de Reconquête, Sarah Knafo, que l’intéressé embrassait chaleureusement le 15 février, au stade Jean-Bouin. Une proximité avec l’extrême droite que le candidat affiche aussi sur le réseau social X, où il partage des centaines de comptes influents dans la fachosphère.

      Outre les posts du site Fdesouche, du média Frontières ou du polémiste Jean Messiha, Max Guazzini relaie aussi des contenus à la gloire de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, ou des messages islamophobes. Comme ce 18 février, lorsqu’il partage ce post d’un compte anonyme : « De nombreuses municipalités en Grande-Bretagne s’apprêtent à interdire les chiens dans la rue afin de se plier aux musulmans qui ne les supportent pas. Et vous ? Vous préférez les chiens ou les muz ? »

      Quelques jours plus tôt, entre deux messages sur la maltraitance animale – il est également secrétaire général de la Fondation Bardot –, Max Guazzini relayait aussi le message d’un compte prônant la « remigration totale ». « Tout Londres illuminé pour le ramadan. Mais pour Noël c’est interdit car cela “heurterait !” les musulmans », peut-on lire dans ce post mentionnant Renaud Camus, Éric Zemmour ou Sarah Knafo.

      Interrogée sur ses différentes prises de position, l’équipe de la candidate élude, rappelant seulement que l’intéressé avait soutenu Anne Hidalgo en 2014. « Dans une volonté de rassemblement, Rachida Dati a souhaité accueillir sur sa liste des personnalités de la société civile, déçues de la majorité sortante et désireuses d’un changement à Paris », balaie l’entourage de la candidate.

      Un entourage qui n’a guère plus à dire s’agissant de Soureya Nadji (85e position), qui revendiquait il y a quelques années encore son adhésion au parti Reconquête. « Je voterai Zemmour », annonçait-elle sur X en 2022. Rachida Dati, qui qualifiait récemment le patron de Reconquête de « raciste », a d’abord tenté de faire croire qu’il s’agissait d’une intox. « Elle n’a jamais soutenu Éric Zemmour, elle ne soutient pas Reconquête et elle n’est pas à Reconquête », a-t-elle asséné sur BFMTV. 

      « Magistral, inclusif, galvanisant, mémoriel #ZemmourPrésident  », écrivait pourtant Soureya Nadji le 23 mars 2022, après un meeting du candidat à la présidentielle. « À l’approche de la présidentielle 2022, elle a adhéré aux Amis d’Éric Zemmour qui deviendront Reconquête, avant de revenir rapidement aux Républicains, après avoir constaté l’impasse politique que représentaient l’intéressé et ses excès », reconnaît désormais l’équipe de campagne de la candidate LR auprès de Mediapart. Avant de minimiser : « Elle a soutenu durant quelques mois un candidat dont elle s’est très vite détachée. »

      Soureya Nadji qui affiche aussi un soutien public au site d’extrême droite Fdesouche figure aujourd’hui sur la même liste qu’Antoine Beauquier, l’avocat d’Éric Zemmour (36e position), mais aussi que le militant laïciste Amine El Khatmi (60e position), ancien président du Printemps républicain et fidèle chroniqueur sur CNews.

      Désavoué par son propre mouvement pour s’être dit prêt à voter pour Marine Le Pen à la présidentielle en cas de second tour face à Jean-Luc Mélenchon, Amine El Khatmi tient des propos sur l’immigration et l’islam qui n’ont pas grand-chose à envier à ceux de l’extrême droite. Raison pour laquelle des proches de la cheffe de file du Rassemblement national (RN) avaient tenté de l’attirer en vue des élections européennes de juin 2024, comme l’avait raconté Le Monde.

      Rachida Dati compte aussi comme colistier Pierre Liscia, un proche de Valérie Pécresse, qui s’était fait tristement connaître en 2023 en publiant une vidéo sur une fausse histoire de pillages de tombes au cimetière de Pantin. Poussée pendant des semaines par la fachosphère, cette vidéo alimentait un poncif antisémite, selon lequel les tombes juives abriteraient des trésors. Plusieurs responsables communautaires et rabbins avaient dénoncé auprès de Mediapart sa dangerosité. 

      L’ancienne ministre de la culture assure vouloir lutter contre les LGBTphobies. Celle qui avait déclaré dans les colonnes du magazine Elle « chez les gays, je suis Dalida ! » défilait encore récemment dans le quartier du Marais, à Paris avec le patron du Sneg & Co, le syndicat LGBT des lieux festifs parisiens. 

      Mais sur sa liste, la candidate s’est entourée de plusieurs opposant·es historiques au mariage pour tous en 2013. C’est notamment le cas de Philippe Goujon, qui revendiquait son refus de célébrer des mariages entre personnes de même sexe. « Tous les mariages sont célébrés normalement et dans le respect de la loi dans le XVe arrondissement », balaie encore l’équipe de campagne. 

      D’autres fervents soutiens de La Manif pour tous figurent également sur cette liste, à l’image de Valérie Montandon (11e position), Jean-Pierre Lecoq, Geoffroy Boulard (6e position ), Catherine Lecuyer (25e position) ou Franck Margain (62e position), un proche de Christine Boutin. Pour rappel, Rachida Dati elle-même était opposée au mariage pour tous et toutes, à la PMA et s’était abstenue en tant que députée européenne sur un vote visant les États à bannir les thérapies de conversion.

  • Ecco il #biondo_di_Caulonia, sarà il frutto del riscatto?

    La strada che collega Gioiosa Ionica a Caulonia è un susseguirsi di profumi antichi: zagare in fiore, terra arsa dal sole e brezze salmastre che arrivano dal mare. Il paesaggio, in apparenza brullo e quasi inospitale, custodisce però un giardino segreto dove cresce un frutto raro: il Biondo di Caulonia. Qui, a #Focà di Caulonia, in provincia di Reggio Calabria, l’azienda agricola biologica Campisi ha deciso di ridare vita a questo agrume dal colore del sole e dal sapore della memoria. Merito dell’intuizione di un’imprenditrice visionaria, Ilaria Campisi, la quale, in un’epoca dominata dalla standardizzazione che minaccia la biodiversità, ha scelto di andare controcorrente. «Mi avevano suggerito di estirpare quelle piante», racconta. «Ma io sentivo che quella era la mia strada».

    Da questo slancio ostinato e contrario è nato il progetto “Arance in Viaggio”, che ha trasformato un frutto un tempo relegato ai margini del mercato, in un simbolo di rinascita. Abbiamo raggiunta Ilaria Campisi per farci raccontare questa storia di visione, radici e ostinazione.

    L’inizio della storia di Arance in Viaggio sembra un segno del destino, a partire da un taccuino ritrovato in una vecchia soffitta. Ci racconta meglio questa scoperta e come ha influenzato la sua decisione di salvaguardare antiche varietà di agrumi? È stata una scelta consapevole e appassionata. Dopo un po’ di anni che avevo intrapreso questo percorso e dopo che istintivamente nel ripiantare e ammodernare tutti gli agrumeti di famiglia avevo salvato gli alberi di Biondo di Caulonia, in soffitta ho ritrovato dei vecchi taccuini di uno zio di mio padre morto nel 1943. La cosa che subito mi è saltata agli occhi era il modo di appuntare tutti i lavori agricoli che era identico al mio, ho ritrovato così la data di messa a dimora proprio di quell’agrumeto salvato che risaliva ad un secolo prima, il giorno del mio compleanno. Tutto questo può essere inteso come un segno del destino.

    Qual è stata la difficoltà più grande durante il percorso di recupero e valorizzazione del Biondo di Caulonia e, al contempo, quale la soddisfazione più grande? All’inizio era chiaro che l’agrumeto di Biondo di Caulonia sarebbe stata la parte passiva della mia azienda in quanto i frutti non venivano più recepiti dal mercato a causa dei noccioli presenti nella polpa, ma io sapevo che le qualità organolettiche straordinarie di questo frutto antico potevano essere nuovamente apprezzate. Erano in molti che mi consigliavano di estirpare quegli alberi e di piantare nuove cultivar di agrumi, ma per istinto non l’ho mai fatto; la soddisfazione più grande è vedere quanto questo frutto oggi venga apprezzato.

    Nel suo progetto, la rete di collaborazioni gioca un ruolo centrale. In che modo ha costruito la “Comunità di salvaguardia” intorno a questo agrume e quale importanza rivestono ristoratori, musicisti e proprietari terrieri nel sostenerla? Fare rete è essenziale. Nel 2015 insieme ad un gruppo di proprietari e di estimatori abbiamo fondato la Comunità di Salvaguardia del Biondo di Caulonia e di altri Agrumi Antichi, ed ognuno per la propria parte si fa ambasciatore tutelando queste arance facendo si che vengano sempre più conosciute ed apprezzata.

    Il recupero del Biondo di Caulonia non è solo la riscoperta di un frutto raro, ma anche un gesto di tutela della biodiversità del territorio. Come ritiene che l’esperienza di Caulonia possa essere replicata altrove e quali elementi reputa indispensabili per il successo di iniziative simili? Tutelare la biodiversità non vuol dire solo coltivare frutti antichi, coltivare la biodiversità è prendersi cura di un pezzetto di mondo nel rispetto della fauna della flora e delle comunità umane e questo rispetto si può attuare in ogni angolo della terra; noi siamo natura, la sostenibilità ambientale è l’unica via che può portare benessere, salute e vita. E prendendo spunto dalle parole di Vandana Shiva sono convinta che «l’intensificazione della fotosintesi, la tutela della biodiversità, la produzione biologica, sono le strade da seguire per contrastare i cambia menti climatici» e per attuare un «imperativo di sopravvivenza».

    Ha ricevuto il Premio prestigioso “Economia del Futuro” per il suo impegno nell’agricoltura sostenibile. Cosa rappresenta per lei questo riconoscimento e quali prospettive apre per la promozione di eccellenze come il Biondo di Caulonia in Italia e in Europa? Quando sono stata chiamata dalla segreteria del Polo del Gusto pensavo di essere stata inserita nella rosa dei candidati al premio, invece con emozione ho scoperto di essere la premiata 2023; stentavo a credere di essere stata selezionata ed è stato incredibile che una realtà così lontana geograficamente si fosse accorta del mio operato; i valori che guidano chi mi ha premiata sono gli stessi di quelli che pratico ogni giorno, ho visto riconosciuto il mio impegno e il lavoro di tanti anni e da lì è stato un susseguirsi di riconoscimenti fino alla segnalazione nelle 100 Eccellenze Forbes di quest’anno. Questi riconoscimenti danno luce alle nostre produzioni di nicchia che sono sempre più richieste in Italia ed in Europa. Quale messaggio vorrebbe tramandare a chi desidera intraprendere un cammino simile, soprattutto alle nuove generazioni? Il lavoro a stretto contatto con la natura è sicuramente faticoso, ma se lo si fa con la giusta passione e molto impegno, dà molte soddisfazioni.

    Caulonia godeva fino alla metà degli anni ’70 di una fama internazionale legata ai propri agrumi tipici: dall’arancio biondo al chinotto, sino ad arrivare alla “Limoncella”, una particolare varietà di limetta. Sui mercati di Parigi, negli anni ’60 e ’70, si racconta che per invogliare all’acquisto si usasse lo slogan «Comprate i gustosi agrumi di Caulonia», a riprova dell’alta qualità organolettica e della forte identità territoriale di queste produzioni. Merito del microclima ideale, della specificità delle acque e della peculiare composizione dei terreni che, a tutt’oggi, consentono di ottenere frutti eccellenti.

    Fu con l’introduzione, in alcuni casi imposizione, di nuove varietà provenienti soprattutto dalla Spagna, che gli agricoltori locali hanno iniziato ad abbandonare progressivamente le pregiate varietà autoctone, a favore di cultivar più facili da vendere. Il Biondo di Caulonia o Biondo della Spina, è il frutto che più ne ha risentito, rischiando di estinguersi completamente. Si tratta di un’arancia tardiva dalla buccia sottile color giallo-arancio chiaro, la polpa finissima e gusto dolce e succoso. Proprio la buccia sottile e la presenza di noccioli stavano per decretarne la fine della coltivazione. Basta però soffermarsi sulle qualità uniche di questo frutto per comprendere l’ostinazione di Ilaria Campisi.

    La maturazione del Biondo di Caulonia è, infatti tardiva, tanto che lo si può gustare da metà marzo a fine maggio, periodo in cui la maggior parte delle altre arance ha già lasciato il mercato. Questa caratteristica lo rende ancor più prezioso per i consumatori, che possono assaporarlo fresco, in macedonie, insalate o come guarnizione per dolci. Altro punto di forza sono le sue dimensioni: un frutto può arrivare a pesare sino a 180 grammi, e che riporta prepotentemente all’attenzione la forza di un’agricoltura biologica e identitaria. Si tratta poi di un frutto molto succoso e prodotto in poche quantità. Si parla di 530.000 frutti prodotti, una quantità che non raggiunge grandi numeri in termini di quintali, ma che racchiude un valore autentico.

    «Noi consideriamo l’arancia come arte – dice Ilaria – osservando la buccia ruvida o liscia, i profumi, le sfumature che la rendono un oggetto di ‘design’ naturale». Il Biondo di Caulonia, in fondo, è una lezione di bellezza e lentezza, un invito a rispettare i tempi della natura e a mettere in contatto le persone con la ricchezza del paesaggio. La vera novità sta nell’approccio di alcuni giovani imprenditori che, come Ilaria Campisi, hanno deciso di tornare alla terra di origine scommettendo su cultivar ritenute fuori mercato. Grazie al progetto “Arance in Viaggio” e all’impegno per un’agricoltura sostenibile, Ilaria Campisi, ha ad esempio trasformato i suoi agrumeti in veri e propri giardini botanici, mettendo al centro la biodiversità. Alberi centenari rappresentano un paesaggio simbolo di storia e identità che comprende la flora e la fauna delle comunità umane.

    «Le mie arance viaggiano, in Italia e in Europa e attraverso questo viaggio cerchiamo di regalare dei viaggi sensoriali - racconta Ilaria Campisi - perchè gli agrumi non sono lo cibo, ma filosofia, saggezza contadina, bellezza e racchiudono una parte di umanità». Salvare il Biondo di Caulonia significa quindi molto di più che conservare una specie di agrume tardivo: vuol dire preservare il paesaggio, la cultura e la storia secolare di un’area geografica che fu culla della Magna Grecia.

    Recuperare la coltivazione biologica di questo “sole ovoidale” da 150-180 grammi significa anche sostenere un mercato di nicchia dal forte valore simbolico: è un invito a riscoprire la bellezza di un’agricoltura etica e a «gustare la legalità», come sottolineano i produttori di GOEL Bio. In questo cammino, la difesa e la promozione del Biondo di Caulonia si pongono come esempio concreto di come l’innovazione possa nascere dalla tutela delle radici, offrendo nuove prospettive economiche e sociali per tutto il territorio.

    ▻https://www.avveniredicalabria.it/ecco-il-biondo-di-caulonia-sara-il-frutto-del-riscatto
    #oranges #agrumes #Italie #Calabre #Caulonia #Ilaria_Campisi

    • Il “Biondo” di Caulonia. La bella storia di Ilaria Campisi, visionaria imprenditrice agricola della Locride

      Tra la frescura della Valle delle fiumare Stilaro e dell’Allaro e le splendide coste ioniche calabresi, sorge Caulonia. Καυλωνία fu colonia greca della Magna Grecia, fondata verso la fine del sec. VII a.C. sulla costa orientale della Calabria (antico Bruzio), presso il promontorio Cocynthus (oggi Capo o Punta di Stilo). Un vero e proprio cucuzzolo collinare, che rende la città simile a una roccaforte, circondata da dirupi, detti timpi.

      L’abitato di Caulonia si spinge dal mare fin sulle serre calabresi dell’Aspromonte, a 300 metri di altezza. Comune del Parco Nazionale dell’Aspromonte, Caulonia superiore può contare su uno splendido centro storico medievale con viuzze romantiche, dette “vinedi”, piazze e palazzi signorili di grande pregio architettonico.

      Ilaria Campisi nasce qui a Caulonia, nella casa di campagna di famiglia, perchè in quegli anni non si usava partorire in ospedale. La sua vita è un esempio tangibile di passione, impegno e dedizione alla terra e alla comunità che la circonda.

      La sua storia ha destato anche la mia proverbiale curiosità quando ho letto che recentemente la rivista Forbes l’ha premiata tra le 100 Eccellenze Italiane con questa motivazione: “una donna che sta dedicando la sua vita e la sua attività lavorativa al recupero di varietà di agrumi ormai scomparsi e riesce a coniugare arte e cultura, insieme con la sua attività economica, senza dimenticare un grande senso di accoglienza verso i migranti che lavorano nella sua azienda”.

      Ilaria si occupa dell’azienda agricola di famiglia da circa 25 anni. Prima di lei, i nonni e suo padre Carmelo che l’ha condotta fino agli anni’90, quando, con l’introduzione delle normative europee in agricoltura, la concorrenza divenne stringente, tanto da abbandonare la produzione. Gli agrumeti ultra centenari furono comunque preservati nell’attesa che qualcuno tornasse a occuparsi di loro…

      A proposito di papà Carmelo, Ilaria mi racconta che in uno degli agrumeti si è verificata una mutazione spontanea, detta “chimera”, che ha prodotto una nuova qualità di agrumi: una piccola arancia rossa, un “moro” per il quale è stato avviato l’iter, lungo e costoso, per il riconoscimento e sarà chiamato “Moro Carmelo”.

      Ilaria, piglio volitivo e occhi azzurri come il mare di Caulonia, ha respirato aria agricola sin dalla nascita. Da ragazza però, voleva intraprendere la carriera teatrale e frequentare l’Accademia di Arte Drammatica a Roma, riuscì a lavorare persino con Albertazzi. Negli anni ’80 tuttavia, di teatro non si “campava” e i suoi genitori le suggerirono di assicurarsi il futuro con una laurea: Giurisprudenza le sembrò la strada più pratica, ma una volta laureata, il forte richiamo della terra si fece sentire e, contro la volontà di tutti, senza l’aiuto di nessuno, Ilaria decise di dedicarsi anima e corpo al recupero dell’azienda agricola di famiglia.

      Grazie a contributi europei, rimette in sesto gli agrumeti e, proprio quando stava per estirpare e ripiantare tutto, decise invece, contro il parere di tutti, di non toccare gli antichi alberi di arancio “Biondo di Caulonia” e di altre vecchie varietà che erano le più difficili da coltivare. Da lì nacque la passione per la ricerca degli agrumi antichi: oggi Ilaria ne ha una piccola collezione, non solo “Biondo di Caulonia”, ma anche, limette, tarocchi e sanguinelli antichi dal gusto molto più articolato e complesso rispetto a quello delle arance moderne.

      Si tratta di piante ultra centenarie, espressione di un paesaggio che si è fatto storia e della biodiversità che resiste. Inoltre, questi sanguinelli e tarocchi hanno un particolare corredo di antociani che fa sì che, anche dopo parecchi giorni dalla raccolta, il frutto conservi intatta la freschezza del gusto. Ciò si deve al fatto che si tratta di piante che hanno conservato integro il proprio patrimonio genetico, senza successive alterazioni o innesti.

      Il Biondo di Caulonia è un’arancia a polpa gialla, di fatto il suo nome è “Biondo di Spina” perché i rami presentano delle piccole spine. La varietà era stata surclassata dall’arancia Navel, soprattutto perché aveva i noccioli, non erano graditi ai consumatori. Da un po’ di anni il “problema” dei semini è stato superato, poiché il ventaglio di sapori unico e variegato che va dalla fragola al mandarino, con punte di pesca, ha conquistato il pubblico. Il gusto è molto equilibrato tra acidità e dolcezza. Matura dai primi di marzo fino a giugno. La polpa è compatta e croccante. La sua buccia è profumatissima e molto ricercata da famosi pasticcieri italiani.

      L’iter per il riconoscimento della De.Co. per gli agrumi di Caulonia è iniziato, ma l’attuazione fa fatica a concretizzarsi. Esiste una Comunità di Salvaguardia del Biondo di Caulonia e degli agrumi antichi che ha, tra i diversi progetti, quello di far funzionare la De.Co. (Denominazione Comunale di Origine). La De.Co. è un marchio di garanzia nato in seguito alla Legge n. 142 dell’8 giugno 1990, che consente ai Comuni la facoltà di disciplinare in materia di valorizzazione delle attività agroalimentari tradizionali. La De.Co., pertanto, dimostra l’origine locale del prodotto, ne fissa la sua composizione e ne garantisce gli ingredienti ai produttori del territorio e ai consumatori. Con il passare degli anni, le De.Co. sono diventate anche uno strumento di marketing territoriale, comunicando e promuovendo il patrimonio culturale e ambientale presente in una determinata zona, oltre i propri confini locali e regionali. Attraverso la certificazione De.Co. il “prodotto territoriale” agroalimentare e/o enogastronomico acquista un’identità sul mercato.

      Ilaria Campisi fonda la Comunità di Salvaguardia nel 2015, in seguito all’introduzione dell’IMU anche sui terreni agricoli. Poiché nel territorio comunale si contavano circa settanta ettari con alberi di Biondo di Caulonia, i proprietari cominciarono a estirpare per pagare meno tasse. Da quel momento, per strappare all’abbandono quanti più ettari di agrumeto possibile, nasce la Comunità di Salvaguardia, costituita oggi da venti soggetti: non solo aziende di produzione, ma, anche semplici cittadini, che nell’orto hanno qualche pianta di Biondo di Caulonia. La produzione a oggi si attesta su circa 530.000 frutti, si tratta dunque di un’arancia rara, poiché nasce solo a Caulonia e perché è coltivata su una superficie veramente limitata. Della Comunità di Salvaguardia fanno parte anche gli estimatori, ovvero gli Ambassador: musicisti, ristoratori e pasticcieri.

      Inoltre sono in corso contatti con Slow Food per riconoscere il Presidio del Biondo di Caulonia. Ilaria ha raccontato la storia degli agrumi di Caulonia a Carlo Petrini che ha raccolto con interesse le istanze di questa comunità agricola.

      Grazie anche al riconoscimento ricevuto da Forbes, tra le 100 Eccellenze Italiane, alcuni produttori hanno mostrato interesse verso la ripresa della coltivazione del Biondo di Caulonia. L’obiettivo è di crescere e mettere in produzione tutti gli ettari abbandonati, il che non ha solo un valore economico, ma, soprattutto, una valenza paesaggistica e turistica.

      La difficoltà di reperimento di manodopera agricola specializzata ha spinto Ilaria, negli anni, a dare lavoro e formare migranti. La visionaria imprenditrice agricola calabrese è riuscita a preservare la biodiversità trasformando gli agrumeti in giardini botanici.

      Dal contatto con gli immigrati, si è resa conto del loro bisogno di integrazione con la comunità locale. Ilaria ha cercato di coniugare esigenze imprenditoriali con istanze sociali. A tal fine ha dato vita al progetto “Orti in Giardino”. La Campisi ha creato tanti piccoli orti in regime biologico, da affittare a chi non ha possibilità di averne uno proprio. Gli affittuari che vengono a raccogliere i frutti o, semplicemente a godersi il tramonto, con l’occasione, socializzano con gli operai migranti, che hanno così cominciato a parlare meglio l’italiano e persino, il dialetto calabrese. Negli anni, gli orti sono diventati anche luogo per iniziative culturali, conferenze, spettacoli musicali e di teatro. Si è creata così una rete di coltura e di cultura. Gli Orti in Giardino sono anche strumento per avvicinare le persone e i bambini alla terra e all’agricoltura. Attraverso la salvaguardia di antichi saperi agricoli e la promozione di un’agricoltura rispettosa dell’ambiente, Campisi ha dimostrato che è possibile preservare la biodiversità, offrendo opportunità di lavoro e, al tempo stesso, promuovendo l’inclusione sociale e territoriale. Il lavoro torna a caricarsi di valore esistenziale e di respiro etico, diventando costruzione, solidarietà, crescita personale e comunitaria, un fatto davvero raro in questi tempi…tanto che nel 2019 gli Orti sono stati distrutti da un incendio doloso. La comunità creata da Ilaria Campisi non si è avvilita e gli orti sono rinati più belli e rigogliosi di prima.

      Non è facile far appassionare i giovani al lavoro agricolo: Ilaria ha cominciato a incontrare gli studenti degli istituti agrari e, in qualcuno di loro, ha intravisto quella luce negli occhi propria di chi ama la sua terra e vuole rimanerci. Per Campisi il tempo trascorso a parlare con i giovani è prezioso. Mi racconta che circa 20 anni fa, andò in una scuola elementare a parlare del suo lavoro in Agricoltura. A distanza di 20 anni, selezionando un giovane trattorista si sente dire “lei non si ricorda di me? Io sono quel bambino di 20 anni fa, ho deciso di fare questo lavoro grazie alle sue parole di allora, perché mi ha fatto capire la bellezza di lavorare la terra.”.

      Ilaria ha rivestito anche incarichi nazionali in Confagricoltura. Nel 2010, ai tempi della rivolta dei migranti a Rosarno, era presidente di Confagricoltura Calabria e si trovò a combattere con imprenditori poco etici.

      Il cambiamento climatico: oggi è davvero un problema, già in passato bastava una grandinata per perdere tutto. Oggi la siccità estrema è un problema gravissimo, in Calabria d’estate non piove. Le acque irrigue si attingono dalla fiumara d’Allaro che è molto ricca di calcio ed è perfetta per gli agrumeti. Nonostante ciò, grano e vigneti sono andati distrutti.

      Il Biondo di Caulonia viene impiegato in cucina, pasticceria e gelateria, ~ Dal Biondo di Caulonia si producono marmellate, canditi, e succhi biologici. L’azienda insiste su 30 ettari. La quotazione attuale è di circa 4 euro al kg. incluso il trasporto per ordini di 20 kg. 4,50 euro per quantità inferiori. Il prodotto arriva in tutta Europa con E – Commerce, o si vende in campo, ma, soltanto a chi ne apprezza e comprende il valore, pagando il giusto prezzo, remunerativo per tutta la filiera.

      Caulonia e la Locride scontano errori e ritardi annosi: “Come cittadini della Locride siamo il posto più lontano d’Italia… mancano le infrastrutture, è molto difficile fare impresa in questo modo. Dalla Sicilia fanno meno fatica ad esportare il prodotto. Tra l’altro il progetto della variante della statale 106 che dovrebbe colmare un gap, ha un impatto deflagrante sul territorio. Ci preoccupa molto perché è una strada che corre parallela alla 106 esistente e lascia isolati i borghi. Anas ne ha progettata un’altra che scorre più a monte e sarebbe meno impattante e più opportuna per collegare i territori. Quella variante incide sulle produzioni, noi vogliamo essere collegati al mondo con una strada che non sia calata dall’alto, ma sia efficiente e moderna. Non ha senso costruire oggi un’altra strada a due corsie che sventra il territorio. Speriamo di poter riuscire a colloquiare con Anas per far capire le esigenze di noi locridei”.

      Il Biondo di Caulonia è diventato ambasciatore della Calabria, perché chi lo consuma è curioso di venire a conoscere i luoghi di produzione. Tra l’altro, il mare di Caulonia è anche Bandiera Blu. Il turismo agricolo è un sogno nel cassetto, Ilaria non ha il tempo di occuparsene. Per la struttura ricettiva ci vorrebbero troppe risorse, sarebbe oneroso e difficile adattare un fabbricato rurale di fine ‘800.

      Ilaria ama delegare e spera di trovare dei giovani che vogliano affiancarla e proseguire in questo lavoro: “Ognuno faccia la propria parte. Evitiamo quei discorsi secondo cui in Calabria non c’è niente. La nostra regione è ricchissima e ognuno, per la propria parte, la valorizzi”.

      Non a caso la sua impresa si chiama “Arance in viaggio”, ad indicare non solo un’attività imprenditoriale, ma un impegno a preservare un patrimonio prezioso e a promuovere l’identità culturale e territoriale. In un’epoca in cui il cambiamento climatico rappresenta una minaccia concreta, l’approccio olistico di Ilaria Campisi offre un raggio di speranza. La sua missione non solo promuove la sostenibilità ambientale, ma crea un ponte tra passato e futuro, contribuendo a preservare l’eredità agricola e culturale della Calabria per le generazioni future. La storia di Ilaria è un monito che rimarca l’importanza di una visione lungimirante e di un impegno incessante per la conservazione e la valorizzazione delle radici culturali e ambientali della sua terra, Caulonia.

      ▻https://www.lucianopignataro.it/a/il-biondo-di-caulonia-la-bella-storia-di-ilaria-campisi-visionaria-imprenditrice-agricola-della-locride/271359
      #arance_in_viaggio

    • Il tempo lento degli agrumi: Ilaria Campisi e la rinascita del “Biondo” di Caulonia

      Tra memoria, paesaggio e impresa sociale, il ritorno alla terra in Calabria e nella Locride in particolare, diventa gesto culturale e visione contemporanea: “non si trattava soltanto di salvare un’arancia, ma di restituire voce a un territorio che attraverso quel frutto si esprime da secoli”

      Nel cuore della Locride, dove la luce dello Ionio si posa sugli agrumeti e il paesaggio conserva una stratificazione antica, ha preso forma una storia che intreccia natura, identità e futuro. È la vicenda di Ilaria Campisi, imprenditrice agricola originaria di Caulonia (Rc), che ha trasformato il ritorno agli agrumeti di famiglia in un progetto capace di tenere insieme economia, cultura e responsabilità sociale.

      Il riconoscimento tra le 100 Eccellenze Italiane di Forbes Italia non è per lei e per gli altri soltanto un sigillo di successo imprenditoriale, ma il segno di una traiettoria più profonda: quella di un’agricoltura che si fa presidio culturale, custodia del territorio e pratica civile. Nella cornice milanese del Principe di Savoia, Campisi ha portato con sé una Calabria diversa, lontana dagli stereotipi, radicata e insieme proiettata. La sua scelta iniziale ha il valore di un gesto quasi controtempo: tornare alla terra. Riprendere un agrumeto secolare significa, in questo caso, riattivare una memoria agricola e familiare, ma anche confrontarsi con le fragilità di un sistema produttivo spesso marginalizzato.

      Al centro di questo percorso c’è il recupero del “Biondo della Spina”, varietà autoctona di arancia che rischiava di scomparire. Non si tratta solo di una coltivazione, ma di un’operazione culturale, che restituisce dignità a un prodotto e al contesto che lo ha generato. “Non si trattava soltanto di salvare un’arancia – si può immaginare racconti Campisi – ma di restituire voce a un territorio che attraverso quell’arancia si esprime da secoli”.

      Il “Biondo” porta con sé le tracce di un sapere agricolo antico: le piccole spine, il gusto deciso, la resistenza alle trasformazioni del tempo. Oggi, grazie al lavoro della comunità di salvaguardia presieduta da Campisi, questa varietà torna a circolare, riattivando relazioni e prospettive anche oltre i confini locali. “Caulonia è storicamente terra di agrumi – ha sottolineato – e il ‘Biondo’ ne è una delle espressioni più autentiche. La sfida è stata farlo riconoscere di nuovo, restituirgli il posto che merita”.

      Nel lavoro di Ilaria Campisi, tradizione e innovazione non si oppongono, ma dialogano. L’azienda agricola diventa uno spazio di sperimentazione, dove pratiche antiche si intrecciano a nuove modalità di narrazione e distribuzione. Il progetto “Arance in Viaggio”, premiato nel 2023 all’Università di Scienze Gastronomiche di Pollenzo nell’ambito del Premio “Economia del Futuro”, rappresenta emblematicamente questa tensione: non solo un prodotto, ma un racconto in movimento, capace di trasformare l’arancia in esperienza culturale. “L’arancia è un oggetto d’arte”, afferma. Una dichiarazione che invita a leggere il prodotto agricolo non solo come bene di consumo, ma come forma espressiva, portatrice di estetica, storia e senso.

      Accanto alla dimensione produttiva, emerge con forza quella sociale. La sua azienda si configura come un luogo di incontro e integrazione, offrendo opportunità di lavoro a migranti e persone in condizioni di vulnerabilità. In un territorio come la Locride, spesso segnato da narrazioni di marginalità, questa scelta assume un valore politico oltre che economico. La terra diventa così uno strumento di relazione e di riconoscimento reciproco. “Coltivare significa anche costruire comunità, perché il lavoro agricolo insegna a condividere tempi, fatica e responsabilità”.

      Il suo progetto non può essere separato dal luogo che lo ospita. Caulonia è un territorio sospeso tra mare e collina, dove il paesaggio racconta una lunga continuità storica. Le sue radici affondano nella Magna Grecia, attraversano dominazioni e trasformazioni, e giungono fino a oggi mantenendo una forte identità. Il centro storico, arroccato, dialoga con la marina affacciata sullo Ionio; intorno, gli agrumeti e gli uliveti disegnano un paesaggio che è al tempo stesso produttivo e simbolico. Gli agrumi, in particolare, hanno costituito per secoli una risorsa economica e culturale, tanto da rendere Caulonia un riferimento riconosciuto già in epoche passate. In questo contesto, il recupero del “Biondo” non è un’operazione nostalgica, ma un gesto di riattualizzazione: un modo per rimettere in circolo un patrimonio vivo.

      Il percorso di Ilaria Campisi suggerisce una riflessione più ampia sul senso contemporaneo dell’agricoltura. In un sistema globale che privilegia quantità e standardizzazione, esperienze come la sua indicano un’alternativa fondata su qualità, identità e relazioni. Il riconoscimento di Forbes appare allora come il segnale di un cambiamento possibile: quello di un’imprenditoria che non separa profitto e responsabilità, ma li integra in una visione coerente. “Il futuro sta nella capacità di restare fedeli ai luoghi. È lì che si costruisce il valore, non solo economico, ma anche culturale”.

      Nel gesto quotidiano di coltivare un’arancia antica si riflette così un’idea più ampia di sviluppo: lenta, consapevole, radicata. Una direzione che, partendo da Caulonia, parla a un Paese intero.

      ▻https://calabriamundi.it/il-tempo-lento-degli-agrumi-ilaria-campisi-e-la-rinascita-del-biondo-d

  • Tonnellate di arance rubate alla cooperativa che opera sui campi tolti alle ’ndrine

    Tra il 26 novembre e il 1° dicembre ben 160 quintali di frutti pronti per essere spediti alla grande distribuzione cooperativa e ai gruppi di acquisto solidale sono stati sottratti alla società #Valle_del_Marro, che coltiva terreni confiscati alla ’ndrangheta nella #Piana_di_Gioia_Tauro. Reati che danneggiano gravemente un’impresa colpita da incendi e danneggiamenti in estate: «Le istituzioni ci tutelino»

    Un anno decisamente negativo per la cooperativa calabrese Valle del Marro - Libera Terra, che coltiva terreni confiscati alla ‘ndrangheta della Piana di Gioia Tauro. Due nuove azioni criminali hanno colpito questa bellissima realtà nata 21 anni fa dalla collaborazione tra Libera e la Diocesi di Oppido-Palmi col sostegno del Progetto Policoro della Cei per l’imprenditorialità giovanile al Sud, e fa parte del Consorzio Libera Terra Mediterranea. E siamo a sette episodi in cinque mesi. Dopo incendi e danneggiamenti, questa volta i criminali hanno colpito i frutti del lavoro della cooperativa, proprio nel momento della raccolta. Nel giro di pochi giorni sono stati scoperti due furti, entrambi nello stesso agrumeto confiscato alla ‘ndrangheta in località Sovereto, nel Comune di Gioia Tauro.

    Quintali di arance rubate

    Il primo furto si è verificato il 26 novembre, quando ignoti hanno rubato circa 60 quintali di arance navel biologiche. Poco dopo aver denunciato fatto ai carabinieri, il 1° dicembre gli operatori della cooperativa hanno scoperto un secondo furto nel medesimo terreno. Questa volta ad essere sottratti oltre 100 quintali di arance, pronte per essere consegnate alla grande distribuzione cooperativa, in particolare a Unicoop Firenze, e ai gruppi di acquisto solidale. Sul secondo episodio sta indagando la polizia.

    Come spiegano i soci della Valle del Marro, “la campagna agrumicola in corso nella Piana di Gioia Tauro aveva avuto un avvio anticipato rispetto agli anni precedenti, ma i volumi di produzione, soprattutto per quanto riguarda le arance, si sono rivelati inferiori rispetto alle aspettative”. Gli oltre 160 quintali rubati rappresentano circa un terzo della produzione dell’anno in quel terreno, e quindi il danno è davvero pesante. “I furti, oltretutto, – aggiungono i soci – aggravano ulteriormente la situazione economica della cooperativa, mettendo a rischio la sostenibilità finanziaria dell’impresa sociale, già messa a dura prova dall’epoca del Covid in avanti”.

    «La situazione è insostenibile»

    Non basterà a compensare le perdite l’ottima annata delle olive, sia per quantità che per qualità, perché l’incendio doloso dell’11 luglio ha devastato il bellissimo uliveto in località Baronello, frazione di Castellace, nel Comune di Oppido Mamertina, distruggendo o danneggiando gravemente 830 alberi, tra i più produttivi. Azioni sicuramente organizzate. I furti in particolare hanno richiesto mezzi e persone. “La situazione è insostenibile – commenta Domenico Fazzari, presidente della cooperativa –. I raccolti di fine anno, come olive, clementine, arance, kiwi, sono fondamentali per garantire la tenuta economica della cooperativa, dopo tutti i costi sostenuti nelle operazioni agronomiche precedenti. Invece ci troviamo in una condizione di totale affanno, sopraffatti da un senso di impotenza generato dalle annose questioni irrisolte sulla gestione dei beni confiscati: dalla problematica dei mancati titoli comunitari sui terreni, fino alla mancanza di risorse adeguate per supportare la continuità delle pratiche di riuso”.

    Non solo una questione economica

    Non è solo una questione economica. “La posta in gioco è altissima, e non c’è tempo da perdere. Dietro al nostro lavoro non c’è solo la produzione agricola, ma la dignità di braccianti liberati da condizioni di sfruttamento, e il benessere di famiglie emancipate da situazioni di estrema difficoltà. C’è un impegno sociale per educare i giovani a rifiutare la mentalità mafiosa e a credere nell’etica individuale e collettiva. Ci sono nuove sane logiche di produzione e mercato, attente alla sostenibilità autentica, che però danno fastidio a chi vuole continuare a depredare e impoverire il territorio sotto ogni punto di vista”.

    Per questo la cooperativa chiede “l’individuazione dei responsabili del doppio furto aggravato e una risposta decisa da parte delle istituzioni e della società civile, affinché venga rafforzata la protezione dei beni confiscati alla criminalità e rilanciato il loro riutilizzo, che ha dimostrato piena capacità di liberare le persone dalla ricattabilità mafiosa”. A giugno erano stati tagliati i tubi dell’impianto di irrigazione in tre terreni nel comune di Gioia Tauro, due coltivati a clementine e uno a kiwi. Rubate anche componenti fondamentali degli impianti rendendo di fatto impossibile l’irrigazione proprio in questi giorni di gran caldo. Sempre a giugno, in località Pontevecchio, è stato incendiato un terreno coltivato a grano biologico, quasi pronto per la mietitura, proprio di fronte al campo bruciato lo scorso anno. Entrambi sicuramente dolosi con le fiamme partite dall’interno dei campi e in giornate ventose. E dopo dieci giorni nuovo incendio a completare la distruzione. E luglio l’incendio dell’uliveto e ora il doppio furto di arance.

    La solidarietà verso la coop colpita

    Solidarietà e ferma indignazione esprime il Pd calabrese. “È un attacco diretto al cuore della Calabria che vuole liberarsi dalla criminalità organizzata – dichiara il senatore Nicola Irto, segretario del Pd calabrese –. Rubare prodotti agricoli coltivati su un bene confiscato è un tentativo di annientare un modello sociale alternativo alle logiche criminali, il che non può essere tollerato. Ci aspettiamo una risposta immediata e forte dello Stato. Il governo assicuri vigilanza, sicurezza e tutela alla Valle del Marro e a tutte le altre cooperative che lavorano nei beni confiscati”.

    «È proprio nella difesa del lavoro pulito, onesto e dignitoso e del diritto di fare impresa che sta il cuore della lotta alla ‘ndrangheta, ancora di più per una cooperativa che lavora i terreni sottratti alla criminalità organizzata – sottolinea il coordinamento regionale di Libera Calabria in un comunicato per esprimere solidarietà all’impresa –. Ma ad essere colpito anche è il grande valore etico e morale che sta dietro alla confisca dei beni e al loro riutilizzo a fini pubblici e sociali, la quale, nella nostra regione, rappresenta la migliore sintesi tra l’attività di contrasto e quella di prevenzione alla ‘ndrangheta». Secondo il coordinamento, è un allarme che «non può essere sottovalutato». La Cooperativa Valle del Marro - Libera Terra «non può essere scippata o interrotta», anzi «deve continuare a dimostrare che il cambiamento è possibile».

    Ai messaggi di vicinanza, si aggiunge anche quello di Unicoop Firenze e di Fondazione Il Cuore si scioglie, che «ribadiscono il loro supporto alla cooperativa»: «Daremo un contributo straordinario per supportare l’attività della cooperativa che da anni sosteniamo con la vendita dei prodotti e numerose iniziative sociali e solidaristiche. Vogliamo condannare con forza tali atti che sono il segnale di una strategia sistematica, attuata con l’obiettivo di colpire chi lavora con dignità per restituire alla collettività ciò che la criminalità organizzata aveva sottratto e per realizzare un’economia giusta e sana», ha dichiarato Daniela Mori, presidente del Consiglio di Sorveglianza di Unicoop Firenze. «Ad ogni attacco è sempre più difficile rialzarsi e ringraziamo Unicoop Firenze e Fondazione Il Cuore si scioglie che, ancora una volta, ci garantiscono sostegno concreto e vicinanza morale – risponde Fazzari –. Questa è una battaglia che non riguarda solo la cooperativa Valle del Marro».

    ►https://lavialibera.it/it-schede-2504-tonnellate_di_arance_rubate_alla_cooperativa_valle_del_ma
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  • Reggio di Calabria, une province qui tente d’améliorer le sort des travailleurs migrants agricoles (1/4)

    Chaque année des centaines de migrants s’établissent dans la province de Reggio di Calabria (dans le Sud de l’Italie) pour travailler dans les champs d’agrumes le temps de la saison des récoltes. Autrefois largement exploités, ces travailleurs migrants saisonniers voient leurs conditions de travail s’améliorer sensiblement ces dernières années grâce à des initiatives associatives et un engagement politique renouvelé. Malgré tout, l’extrême précarité, le mal logement et l’exploitation de ces populations persistent.

    Depuis le début du mois de novembre, des cyclistes peu communs ont fait leur apparition sur les routes de Rosarno et San Ferdinando, deux communes de Calabre (à l’extrême sud de l’Italie). Chaussés de bottes maculées de boue, sac au dos ou petit baluchon accroché au guidon, chasuble réfléchissant sur les épaules, ces hommes sur leur bicyclette sont des travailleurs migrants agricoles saisonniers, venus en Calabre pour travailler dans les champs d’agrumes pour la haute saison des récoltes. Chaque matin, à l’aube, ils rejoignent sur leur deux roues les champs dans lesquels ils travaillent avant d’en repartir en fin de journée une fois leurs heures terminées.

    Certains de ces travailleurs saisonniers viennent tenter leur chance pour la première fois comme Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans. "Je travaillais dans un hôtel à Milan qui est fermé actuellement. On m’a dit qu’il y avait du travail ici et qu’on pouvait gagner plus d’argent" , raconte-t-il au lendemain de son arrivée à San Ferdinando, plein d’espoir. D’autres sont des habitués revenant tous les ans pour la saison, le plus souvent avant de repartir pour la récolte de différents fruits ou légumes dans d’autres régions du pays. "Avant de venir j’ai récolté les tomates pendant cinq mois dans les Pouilles", explique Youri, Malien de 31 ans, de retour en Calabre pour la deuxième année consécutive.

    Terre agricole, la Calabre fournit un quart de la production nationale d’agrumes. Clémentines, mandarines, oranges et bergamotes sont cultivées dans les nombreux champs de la région et nécessitent une importante main-d’œuvre. Dans la province de Reggio di Calabria, la récolte des agrumes a employé plus de 3 000 immigrés non-européens en 2022 selon les chiffres de l’Observatoire sur l’agromafia sur un total de près de 10 000 travailleurs migrants agricoles pour toute la région de Calabre. La majorité sont originaires d’Afrique de l’Ouest (Mali, Gambie, Guinée, Sénégal, Nigéria, Burkina Faso).

    Si la présence de ces travailleurs est essentielle dans l’agriculture, ces migrants ont longtemps été les victimes d’une chaîne d’exploitation dont ils constituent le dernier maillon. Les émeutes des travailleurs - après des attaques racistes - qui ont éclaté à Rosarno en 2010 ont permis de braquer les projecteurs sur cette forme d’esclavage moderne : recrutement informel, salaires impayés, conditions de travail éreintantes. Quinze ans plus tard, grâce aux volontés d’acteurs locaux et associatifs, ainsi qu’aux tentatives des pouvoirs publics pour lutter contre le travail informel et mettre en place des projets communaux destinés aux migrants, la situation a évolué sensiblement.

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers"

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers parmi les travailleurs migrants saisonniers", assure Gianluca Gaetano, maire de San Ferdinando. "Avec les changements de politiques, ces personnes ont pu obtenir des permis de séjour".

    En effet, la quasi-totalité des migrants rencontrés pendant le reportage détenaient un "permisso di seggiorno" (titre de séjour). Ces permis, d’une durée de six mois à deux ans, sont faciles à obtenir, assurent les travailleurs, il suffit de présenter un contrat de travail pour en bénéficier. Mais ils restent précaires et leur durée constitue un obstacle pour une intégration sur le long terme dans le pays.

    Cette ouverture sur le marché de l’emploi s’inscrit dans une vision plus globale en Italie : la cheffe du gouvernement d’extrême droite, Giorgia Meloni, a annoncé en juillet la délivrance d’environ 500 000 visas de travail aux ressortissants de pays hors Union européenne entre 2026 et 2028 dont plus de 260 000 pour le travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme.

    En 2016, une autre loi appelée anti-caporalato, du nom du système de recrutement illicite de main-d’œuvre à travers des recruteurs informels (les caporali), avait également joué un rôle important dans la lutte contre l’exploitation des travailleurs et la protection des migrants. Elle ainsi renforçait les sanctions contre les employeurs malhonnêtes. La loi a aussi permis la délivrance d’un permis de séjour spécial pour les travailleurs dénonçant un cas d’exploitation.

    "Ces avancées législatives ont été appuyées depuis cinq ans environ par l’augmentation des contrôles de l’inspection du travail auprès des entreprises et producteurs agricoles notamment", assure aussi Gianluca Gaetano.

    Reste que le travail dans les champs est particulièrement pénible. "C’est difficile : les cagettes remplies sont lourdes à porter. Certains agriculteurs ont des tracteurs mais pas mon patron actuel. C’est très dur pour le dos mais on n’a pas le choix" indique Bamba, Sénégalais en Italie depuis 23 ans, sans cesser de couper les clémentines avec son sécateur. La saison de la récolte se fait durant l’hiver, les travailleurs doivent donc composer avec le froid et l’humidité. Les accidents d’échelle et autres blessures ne sont pas rares.

    "Il y a toujours autant besoin de main-d’œuvre chez les agriculteurs mais moins de travailleurs migrants à cause de la dureté du travail", détaille Giuseppe Pugliese, le cofondateur de la coopérative Mani & Terra, une initiative née suite aux émeutes de Rosarno qui regroupe une centaine de producteurs et qui offre des conditions justes et dignes de travail aux migrants employés.

    Il faut dire aussi que les salaires en Calabre sont moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut être rémunérée 80 euros, contre environ 47 euros en Calabre.
    "Les gens ne veulent pas loger des Noirs"

    Malgré ces améliorations juridiques et sociales, des problématiques majeurs persistent dans la région, comme le mal logement des travailleurs migrants saisonniers. L’immense majorité vit dans un campement insalubre, aux portes de San Ferdinando : le tendopoli, littéralement "le village de tentes". "C’est très difficile de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches, de rats à cause de la saleté. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans qui revient faire la saison pour la quatrième fois en Calabre.

    Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire, ce "village de tentes" est devenu au fil des ans un camp durable informel, laissé totalement à l’abandon. Selon l’ONG Caritas qui intervient dans ce bidonville isolé, environ 500 migrants y survivent actuellement dans des conditions insalubres et très précaires. Un chiffre qui peut atteindre jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison. Les tentes sont depuis longtemps devenues des cabanes de fortune, recouvertes de bâches en plastique pour tenter de faire barrage à la pluie. Les incendies, souvent dus à des courts-circuits, y sont fréquents et responsables de plusieurs décès chaque année.

    Impossible pour les travailleurs des champs de trouver des alternatives décentes. Depuis le décret-loi Salvini de 2018, ils ne peuvent plus bénéficier de places en centre d’accueil, désormais réservés aux réfugiés statutaires, ni bénéficier d’aide au logement.

    Plusieurs migrants interrogés rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires.. Je ne peux pas comprendre” se désole Abdoul, Sénégalais, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli. Le refus de louer illustre la tension persistante entre les populations et les migrants. Un rejet qui s’exprime aussi par des violences et attaques racistes à l’encontre de ceux-ci. "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes.
    "La migration est une richesse"

    Cette crise du logement préoccupent les édiles des mairies de la région. "Nous tentons d’améliorer les choses", assure le maire de Rosarno, Pasquale Cutri, qui dit avoir besoin de ces travailleurs dans sa commune. “La migration est une richesse. Ces personnes travaillent dans les champs : sans eux, les terres seraient abandonnées". Il souligne aussi l’intérêt démographique pour sa commune, qui subit un important exode de sa jeunesse.

    Plusieurs projets, portés par les pouvoirs politiques locaux sont en effet sortis de terre récemment à l’image du "village de la solidarité", à Rosarno. Ce village financé à hauteur de près de trois millions d’euros par le ministère de l’Intérieur italien, et sorti de terre en 2024, peut accueillir jusqu’à 100 travailleurs disposant d’un titre de séjour en échange d’un loyer mensuel de 80 euros. “Nous essayons de trouver des solutions pour proposer un logement digne à ces personnes” argumente le maire de Rosarno qui reconnaît que les émeutes de 2010 ont agit comme une alerte pour mettre en lumière la question du logement.

    Du côté de San Ferdinando aussi les initiatives fleurissent. Le maire Gianluca Gaetano travaille sur un projet combinant ferme, marché solidaire et logements. Le tout sur une superficie de trois hectares, des terrains confisqués à la mafia. "Il s’agit de donner une maison et un travail à ces migrants, qu’ils puissent passer de la condition de ’simples bras’ à celle de ’personne à part entière’. Un lieu pour sortir de la charité et qui soit rentable économiquement", détaille l’édile qui veut valoriser l’intégration pour éviter qu’un nouveau ghetto ne se créé. "L’intégration se fait par le partage du quotidien et des ressources publiques. La distance entretient l’exclusion", appuie-t-il.

    À Taurianova, au sud de Rosarno, un village de containers a été ouvert depuis mai 2024 pour répondre à l’urgence de l’accueil des travailleurs migrants. Les baraquements colorés et nommés d’après les capitales internationales peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes en situation régulière. "J’ai pris la place d’un ami parti au Mali pour quelques mois. Lorsque j’ai vécu dans le tendopoli deux mois en 2015, j’ai beaucoup souffert, j’étais fatigué. Ici c’est mieux" raconte Seydou, un Ivorien de 46 ans, sur le territoire italien depuis 2014.

    Enfin, l’ONG Mediterranean Hope a fondé le foyer "Dambe So" qui accueille plus de 60 migrants lors de la saison des récoltes. En plus des appartements qui sont gérés par les migrants, la structure propose des consultations médicales, un soutien juridique ou encore des cours d’italien. Pour les résidents, ce cadre de vie représente une chance, dans un parcours vers l’intégration semé d’embûches.

    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/68469/reggio-di-calabria-une-province-qui-tente-dameliorer-le-sort-des-trava
    #Rosarno #San_Ferdinando #Reggio_di_Calabria #agriculture #travail #conditions_de_travail #précarité #mal_logement #logement #exploitation #saisonniers #travailleurs_étrangers #agrumes #oranges #Gianluca_Gaetano #sans-papiers #permis_de_séjour #caporalato #loi #mani_e_terra #tendopoli #campement #attaques_racistes #Dambe_So #Pasquale_Cutri #Taurianova #Italie #Calabre

    • DAMBE SO : UNA CASA DELLA DIGNITÀ PER I BRACCIANTI

      Dambe So è l’ostello sociale aperto nella Piana di #Gioia_Tauro per ospitare i braccianti. Un progetto di Mediterranean Hope (FCEI) che può finalmente smontare i ghetti. E che è replicabile

      Dambe So significa casa della dignità, in lingua Bambarà, una delle più diffuse in Africa occidentale. È il nome, carico di significati, che è stato scelto per l’ostello sociale che, nel febbraio del 2022, ha aperto nella Piana di Gioia Tauro per ospitare i braccianti durante il periodo della raccolta agrumicola. Si tratta di un’idea potenzialmente rivoluzionaria che punta a cambiare finalmente le condizioni di vita dei braccianti, e che può essere un modello da replicare. L’ostello sociale Dambe So è parte dei progetti di Mediterranean Hope, il programma rifugiati e migranti della Federazione delle chiese evangeliche in Italia (FCEI). Ne abbiamo parlato con Francesco Piobbichi, operatore di Mediterranean Hope, noto anche per la sua attività di disegnatore, che per lui è un tutt’uno con quella di operatore. Non si definisce un’artista, ma un “disegnatore sociale” che racconta la sofferenza dei migranti, avendola condivisa in prima persona, nella vita prima che nei disegni. È lui l’autore di quelle immagini con il “mare spinato”, un mare che uccide, degrada e che, anche una volta superato, rimane addosso come una maledizione a chi lo ha attraversato. L’inizio della sua attività di disegnatore è molto toccante, e ve la racconteremo presto. Intanto abbiamo chiesto a #Francesco_Piobbichi, che è stato tra i protagonisti della Settimana del Rifugiato a Rieti con uno spettacolo teatrale, di raccontarci la storia dell’ostello sociale.

      La chiave di tutto è il tempo

      Quella di Dambe So è un’idea che arriva da lontano. È nata una decina di anni fa, a Nardò, nel Salento. «Conobbi un’associazione di base, di mutualità, Brigate di Solidarietà Attiva, con cui abbiamo fatto uno sciopero» ricorda Francesco Piobbichi. «Lì ho capito che uno dei punti principali per queste persone è il tempo. Il problema del lavoratore bracciante è che non ha potere, perché ci sono leggi sulle frontiere che gli impediscono di avere una stabilità. E perché il sistema della fabbrica verde concentra la forza lavoro in condizioni in cui il salario indiretto non c’è, cioè non ci sono politiche d’accoglienza degne, ma solo il campo, che affronta sempre l’accoglienza in una dinamica di tipo poliziesco». Così non è mai possibile che si stabilizzino le condizioni per cui questi lavoratori possano avere una dignità di salario e di vita. Un bracciante, infatti, è sempre costretto a rincorrere. «Pensiamo alla sua vita» riflette Piobbichi. «Lavora da mattina a sera, torna a casa e magari piove. Arriva alla tendopoli, dove non c’è l’acqua. Deve cucinare. Deve andare a letto, mentre c’è gente che urla. Come fai a organizzarti in termini di assemblea collettiva?». E così è nata la riflessione sulla chiave di tutto, il tempo. E partire da un luogo dove potersi fermare, riposare, vivere una vita dignitosa, era il punto di partenza.

      Dambe So non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese

      È nato così l’ostello sociale, un’alternativa alla logica dei campi d’accoglienza. Non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese con una piccola quota. Un’altra parte dei costi è sostenuta dalla quota sociale proveniente dalla vendita delle arance della filiera di Etika. «Il lavoratore contribuisce per 90 euro al mese alla spesa del mantenimento della struttura» ci spiega Piobbichi. «Non è che paghi l’affitto, ma non è neanche la carità. Si chiama casa della dignità: io sono un lavoratore, io posso pagare, e pago per quello che posso». «Dall’altra parte abbiamo aperto un ragionamento con Mani e terra, abbiamo costruito Etika, e con le chiese italiane e tedesche abbiamo venduto centinaia di migliaia di arance, riflettendo sull’utilizzo sociale della terra».

      La quota sociale è un’idea politica

      La riflessione sull’utilizzo sociale della terra è uno dei temi legati a questo progetto. «Vuol dire che la solidarietà non va fatta solo sul tema del biologico e del rispetto del lavoro, questo non basta più» ci spiega Piobbichi. «L’altro tema è costruire reti che, attraverso gruppi d’acquisto, contribuiscano a questa quota sociale». Ma a questo proposito si apre una grande discussione. «Se le piccole cooperative riescono a dare una quota consistente del proprio guadagno per sostenere Dambe So, perché la grande distribuzione non lo fa?» si chiede l’operatore di Mediterranean Hope. «E perché continuiamo sempre a far pagare allo Stato, cioè alla fiscalità generale, le politiche dell’accoglienza, quando in realtà chi dovrebbe pagare le politiche dell’accoglienza dei lavoratori braccianti dovrebbe essere la grande distribuzione? L’idea della quota sociale è un’idea politica che dice che serve il prezzo equo dei prodotti, che bisogna riflettere seriamente sul rapporto tra la terra e l’umanità, che apre tantissimi scenari. E che dice anche che non si può andare avanti su una politica in cui si continua a finanziare con risorse pubbliche i produttori e poi la grande distribuzione fa dei prezzi che li fanno saltare per aria. Nel giro di venti, trent’anni hanno chiuso tantissime aziende».

      La Calabria, un luogo dove si parla di riscatto

      L’ostello non sarà solo a disposizione dei braccianti. L’idea è che, nei mesi estivi, in cui gli appartamenti dovrebbero essere più vuoti, le associazioni non profit del territorio possano usare la struttura per il turismo solidale. «Ci stiamo lavorando» ci racconta Piobbichi. «Tutti gli appartamenti che avevamo sono pieni adesso. Ne stiamo aprendo dei nuovi per accogliere dei turisti solidali, e uno lo lasceremo per chi vuole venire qui a fare la filiera partecipata». Il discorso, infatti, è molto più ampio. Questo progetto non riguarda solo la dimensione del rapporto con i migranti, ma il rapporto con la società. «Per questo abbiamo costruito il Giardino della Memoria, gli interventi di rigenerazione eco-sociale, il Rosarno Film Festival, stiamo aprendo un gruppo d’acquisto che vuole aiutare i produttori locali ad avere uno sbocco alternativo» ci spiega Piobbichi. «Stiamo cercando di costruire un ragionamento sul riscatto. Non solo sul tema dei migranti, ma anche del riscatto della terra, di una popolazione e dei luoghi che per tanti anni sono stati incasellati da una forma di comunicazione che li ha sempre messi dentro un meccanismo. In realtà la Calabria è un luogo dove si parla di riscatto. È un territorio che vive le migrazioni dei giovani, un luogo di contraddizione. Ma io ho trovato molta facilità ad aprire un luogo come questo: non ho trovato gente che faceva la manifestazione davanti come in altre parti d’Italia, ma tranquillità. Lo dico sapendo che a Rosarno è successo quello che è successo. Ma se uno la gestisce in una certa maniera, lavorando sul tema dei diritti del territorio, la terra, la produzione, l’accoglienza, di un welfare senza la mediazione dello stato, si può fare». Dambe So è un progetto che è nato con il sostegno delle chiese evangeliche, ma l’idea è che si possa anche andare verso un meccanismo di sostenibilità economica. «Se riusciamo a fare un ragionamento sul tema di chi paga l’accoglienza, già ammontando a valle di un centesimo tutte le arance, mandarini e kiwi prodotti nella Piana, avremmo qualche milione d’euro» ragiona Piobbichi. «Che passerebbe alla filiera. E si potrebbe passare a una contrattazione di filiera. Ma chi dovrebbe farla? Una chiesa o qualcun altro?»

      Dall’ospitalità al subaffitto e all’affitto autonomo

      Dambe So nasce per ospitare i braccianti in modo temporaneo, ma la Federazione si occuperà anche di quei braccianti che decideranno di risiedere in modo stabile nella piana, aiutandoli con progetti personalizzati a trovare case in affitto. «I piani sono tutti occupati, perché ci sono braccianti che rimangono qua» ci racconta Piobbichi. «Alcuni vanno via un mese o due e poi tornano. Stiamo cercando di aprire una fase due, di passare dall’ospitalità al subaffitto, e poi all’affitto autonomo. Quattro persone, a 100 euro l’una, ce la possono fare. Il problema è che qui la maggior parte delle case non hanno l’agibilità, e quindi loro non possono rinnovare il permesso di soggiorno». Oggi l’ostello ospita circa 20 persone, ma in vista della prossima stagione si sta ampliando (grazie a un FAMI, con la Prefettura di Reggio Calabria e con finanziamenti di Fondazione Sud e di chiese estere) in modo da arrivare fino a circa 40 posti totali.

      Questo modello è replicabile

      A quasi un anno dall’apertura dell’ostello, chiediamo a Francesco Piobbichi di fare un primo bilancio. «È andata bene» ci risponde. «Quando abbiamo aperto lo abbiamo fatto quasi come una scommessa. Le cose semplici sono le più difficili da fare. Ma al tempo stesso, una volta che si parte, riesci a far capire che questo modello è replicabile. Noi non possiamo fare venti ostelli, ma se nei luoghi dove ci sono forze lavoro di questo tipo si sviluppano interventi di questo tipo, noi siamo a disposizione per far vedere come si fa. È importante l’esempio. Abbiamo avuto la fortuna di aver finanziamenti, ma questa cosa non l’abbiamo fatta per far vedere quanto siamo bravi, quanto piuttosto per far capire che si può fare, che possiamo smontare i ghetti». «La cosa che si dovrebbe fare», conclude, «è capire e paragonare quanto spende lo Stato per i ghetti, i campi container, e quante persone, invece, si potrebbero accogliere in dignità con un progetto come il nostro ».

      ▻https://www.retisolidali.it/piobbichi-dambe-so-una-casa-della-dignita-per-i-braccianti

    • "Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat" : une coopérative calabraise s’engage contre l’exploitation des travailleurs agricoles saisonniers (2/4)

      L’association SOS Rosarno, à travers un réseau de coopératives agricoles situées dans la province de #Reggio_di_Calabria (sud de l’Italie), milite depuis une dizaine d’années pour un modèle d’économie solidaire et plus juste. En fournissant des contrats réguliers, des salaires équitables et des conditions de travail dignes à ses employés, elle entend lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants saisonniers.

      Perdus au milieu des champs d’agrumes de la province de Reggio di Calabria, au cœur de la Calabre (sud de l’Italie), les locaux de l’association SOS Rosarno se nichent entre deux virages d’une route sinueuse. Dans la cour, au milieu des serres et parcelles d’arbres fruitiers, des colonnes de cagettes vides sont empilées telles des Lego. Dans le hangar, une dizaine d’employés s’activent autour d’imposantes machines afin de trier et emballer les fruits récoltés récemment. Le rythme ne faiblit pas et les cagettes s’accumulent par centaines, débordantes d’agrumes attendant d’être livrées. Dans son bureau surplombant l’espace, #Giuseppe_Pugliese, alias « Peppe », l’un des cofondateurs de SOS Rosarno, enchaîne les appels téléphoniques.

      Entre deux sonneries, il répond à nos questions. « Ici, on rémunère correctement les ouvriers agricoles avec un contrat dans les règles ». Si Peppe le précise, c’est que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, les migrants ont été exploités par des employeurs malhonnêtes profitant de leur extrême précarité. « Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat, le salaire était petit et même parfois on était carrément pas payé lorsque l’on n’avait pas de papier » rapporte Sedou, un migrant originaire du Mali, qui travaille avec SOS Rosarno aujourd’hui.

      C’est suite aux émeutes qui ont secoué la plaine calabraise de Gioia Tauro en 2010 - après des #attaques_racistes contre des travailleurs migrants agricoles - que le projet SOS Rosarno est né. Les engagements défendus par les activistes et les petits producteurs agricoles qui y ont adhéré sont clairs : respecter les droits des travailleurs tout en respectant la terre et en produisant bio.

      Depuis 2015, SOS Rosarno chapeaute ainsi la coopérative agricole Mani e Terra qui rassemble une centaine de producteurs biologiques, 70 employés étrangers - principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou encore d’Europe de l’Est - et quelques 200 hectares de champs où sont cultivés des agrumes (clémentines, oranges, mandarines) mais aussi des kiwi, des olives ou depuis peu des avocats.

      C’est sur ces terres que travaille Aboubacar, un Guinéen de 25 ans. « C’est un ami qui m’a parlé de SOS Rosarno. Ici, on débute à 7h30 et on fini vers 15h30/16h avec une heure de pause », détaille le jeune homme sans s’arrêter de travailler. « On a un contrat de travail et un jour de repos par semaine ».

      « Pour le respect des droits des travailleurs »

      Tous les travailleurs de SOS Rosarno - et de la coopérative - ont signé un contrat de travail en règle, des CDD d’une durée d’an, ce qui aide à obtenir ou renouveler leur titre de séjour. Les journées de travail s’étalent sur 6h40, le minimum syndical en Italie - avec une heure de pause - et la rémunération dépasse légèrement les 47 euros net, le tarif minimum en vigueur. Les salaires en Calabre sont en effet moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut ainsi être rémunérée 80 euros.

      Les avis ne sont pas toujours dithyrambiques. « Avant la Calabre, j’étais à Trente (nord-est de l’Italie) pour récolter les pommes. J’étais payé 80 euros environ la journée, j’étais aussi logé et nourri. Ici, je dois payer un loyer de 90 euros [le producteur a loué pour ses employés des appartement, nldr] et gérer la nourriture », expose Bamba, un Sénégalais de 55 ans dont c’est la première année avec la coopérative. En gagnant entre 1 100 et 1 200 euros par mois, il confie qu’il ne lui reste pas grand chose pour vivre après avoir envoyé « entre 500 et 600 euros à sa femme et ses trois enfants au Sénégal » et payé près de 200 euros pour ses loyers de Calabre et Sicile où il réside le reste de l’année.

      « Parfois il est difficile de faire comprendre et accepter des obligations légales. Certains ne voudraient pas faire de pause, ou bien être payés à l’heure ou au poids car ils pensent pouvoir gagner plus. Les travailleurs saisonniers n’ont pas toujours une bonne compréhension de leurs droits et des répercussions sur le long terme », note #Peppe_Pugliese, qui déplore notamment le #travail_au_gris - déclaration d’une partie seulement des journées travaillées -, pratique courante de nombreux employeurs.

      Lutter contre l’#exploitation

      Si SOS Rosarno se bat au quotidien contre le travail au noir, l’exploitation des travailleurs saisonniers persiste toujours. Selon une étude du syndicat Cgil-Flai, quelque 200 000 à 300 000 #travailleurs_agricoles sont exposés en Italie à un risque de travail irrégulier et d’exploitation, particulièrement les plus précaires. « On peut parler d’#esclavage » dénonce Jean-René Bilongo, directeur de l’Observatoire Placido Rissotto, qui étudie les abus et l’exploitation dans la filière agroalimentaire.

      Sur le terrain, cela s’opère notamment via le « #caporalato », un système de recrutement illicite de main-d’œuvre très fréquent dans l’agriculture, même s’il ne se limite pas à ce secteur. « Les caporali, des intermédiaires informels, recrutent des travailleurs en situation de vulnérabilité [titres de séjour expirés ou sans-papiers, ndlr], pour des entreprises agricoles qui les emploient », argumente de son côté Massimo Ferraro, directeur de l’Observatoire de l’Agromafia.

      Autre réalité calabraise, l’"#agromafia", qui désigne l’infiltration du #crime_organisé dans la chaîne agroalimentaire - aussi bien par la mafia locale, la ’Ndranhgheta, que par d’autres réseaux criminels ou corrompus - contribue également à cette traite des travailleurs migrants agricoles.

      Dans sa lutte contre le secteur informel, « Peppe » n’hésite pas à égratigner un autre responsable de la crise agricole du moment : la #grande_distribution. Il fustige les prix d’achats minimisés qui sont imposés aux petits producteurs et « finissent par les étrangler ». En 2024, au lieu des 0,30 centimes d’euro le kilo de clémentines proposés par la grande distribution, Mani e Terra fixait un prix de 0,90 centimes/kilo avec la prise en charge du transport, en plus d’équiper en matériel les ouvriers agricoles.

      ▻https://www.youtube.com/watch?v=lDuzNGK2OAs

      « Une goutte d’eau face aux injustices »

      En plus d’un modèle économique alternatif et éthique, SOS Rosarno se bat aussi pour l’inclusion de ses travailleurs, en soutenant le projet d’hébergement social Dambe So.

      Autrefois résidence de tourisme, cette « maison de la dignité » (en bambara) sur deux niveaux, a été rénovée et financée au départ par SOS Rosarno. Depuis fin 2020, les appartements accueillent jusqu’ à 70 travailleurs migrants durant la haute saison, dont un certain nombre travaillent avec Mani e Terra, contre le paiement d’un petit loyer. Mani e Terra contribue annuellement à hauteur de 10 000 euros pour le fonctionnement du foyer.

      « C’est une petite dynamique, on aide 70 personnes à être dignes mais il en reste plus de 2 000 qui vivent de façon indigne », soulève Peppe Pugliese. Chaque année, les demandes pour obtenir une place sont en effet très nombreuses. Le cofondateur espère pouvoir agrandir bientôt la coopérative pour embaucher plus.

      Cette goutte d’eau face aux injustices offre cependant une alternative à l’absence de solution pour se loger. Les travailleurs migrants saisonniers se retrouvent souvent contraints de vivre dans le « tendopoli » (village de tentes) de San Ferdinando, un bidonville isolé où règne l’insalubrité et qui contribue un peu plus à les invisibiliser.

      ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/68488/avant-les-patrons-ne-faisaient-pas-de-contrat--une-cooperative-calabra

    • Calabre : le bidonville de #San_Ferdinando, symbole du mal logement des travailleurs migrants agricoles (3/4)

      Par manque de solutions d’#hébergement et à cause du refus fréquent des locaux de leur louer des appartements, les travailleurs migrants agricoles saisonniers se retrouvent majoritairement contraints à vivre dans le “tendopoli” (village de tentes) de San Ferdinando, en Calabre, dans le sud de l’Italie. Ce #bidonville insalubre, solution d’urgence proposée par l’Etat devenue permanente, illustre la problématique persistante du #mal_logement de ces populations.

      En arrivant dans une des zones industrielles de San Ferdinando, une petite ville de Calabre du sud de l’Italie, le regard est happé par un grand campement de bric et de broc, implanté à quelques mètres de l’autoroute. De plus près, c’est une véritable ville qui apparaît : de la musique aux sonorités africaines s’échappe, une tente laisse entrevoir un homme cuisinant sur une plaque de cuisson bricolée. Un peu plus loin, une mosquée a été bâtie avec des planches de tôles, tandis qu’au détour d’une allée, un petit stand bricolé propose à la vente des vêtements et chaussures... Le quotidien s’organise dans ce "tendopoli", littéralement village de tentes, un bidonville d’une centaines de #baraquements et #tentes.

      C’est ici que vivent la majorité des travailleurs migrants agricoles venus en Calabre pour la saison des récoltes des agrumes, entre novembre et mars. Selon l’ONG Caritas qui y intervient, ils sont environ 500 - tous Africains - à y survivre actuellement dans l’extrême #précarité. Un chiffre qui peut grimper jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison.

      "Je suis ici car je n’ai nulle part où aller"

      "C’est très dur de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches et de rats à cause de la saleté et des ordures. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans, qui revient pour la quatrième fois faire la saison en Calabre. Les chats et les chiens errants sont nombreux dans le lieu, attirés par les ordures délaissées à proximité des baraquements.

      Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire après le démantèlement d’un camp de fortune, ce "village de tentes" prévu comme solution d’#urgence est depuis "devenu un #camp_informel permanent" abandonné des pouvoirs publics, reconnaît le maire de San Ferdinando, Gianluca Gaetano, interrogé par InfoMigrants. Le logo du ministère de l’intérieur floqué sur les tentes a depuis disparu sous les bâches en plastique et avec l’usure du temps.

      "Les tentes sont toutes abîmées, on les a recouvertes pour se protéger de la pluie. Mais l’eau rentre quand même", explique Joseph, un migrant Sud-Soudanais, en montrant les trous dans la toile. Malgré les couvertures achetées, il indique "souffrir du froid durant la nuit".

      L’#insalubrité règne et les installations pour assurer l’hygiène de base sont dans un état déplorable. "Je ne peux pas vivre ici, c’est le bordel ! Les douches sont tellement sales, je préfère aller dans la forêt que de les utiliser !", se plaint Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans, débarqué de Milan la veille de notre échange. Alors qu’il espérait pouvoir gagner rapidement de l’argent et trouver facilement un logement, le jeune homme déchante déjà face à la dure réalité du terrain.

      Les manquements génèrent des petits business de la débrouille. Plus d’eau chaude pour se doucher ? Des migrants vendent pour 0.50 centimes d’euros des seaux d’eau chauffée. En recherche d’une place pour s’installer ? "Les anciens louent des lits aux nouveaux venus. J’ai payé le mien 150 euros pour la saison", explique Abdoul, Sénégalais de 47 ans venu faire la récolte en Calabre pour la première année.

      Dans le bidonville, les #incendies sont fréquents, à cause des courts-circuits ou des bonbonnes de gaz utilisées pour cuisiner. Alors qu’autrefois les pompiers, et la police, étaient présents à l’entrée du camp, ils ont déserté les lieux après le Covid. "Avec l’étroitesse des allées, les camions de pompiers ne peuvent pas passer à l’intérieur", remarque Ferdinando, qui intervient pour Caritas dans le "tendopoli". Deux incendies ont causé le décès de deux migrants la semaine précédant notre venue.

      L’hébergement, une problématique persistante

      L’absence d’alternatives décentes pour héberger ces populations dans cette province calabraise contraints les migrants à échouer dans ce lieu insalubre. Plusieurs d’entre eux rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires...Je ne peux pas comprendre”, se désole Abdoul, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli comme de nombreux autres travailleurs.

      Une situation particulièrement aberrante pour Mauro Destefano, coordinateur du projet Calabre pour l’ONG Emergency. "Il est d’autant plus paradoxal que les conditions minimales de dignité humaine ne soient pas garanties alors que ces populations sont en règle", s’indigne-t-il. Selon Caritas, 80% des habitants ont des permis de séjour.

      Le décret-loi Salvini de 2018, qui réserve désormais les places en centre d’accueil aux seuls réfugiés statutaires, a encore accentué la problématique du mal logement de ces populations précaires. Selon une enquête menée par le ministère du Travail et des Politiques sociales et l’Association nationale des municipalités italiennes, ils étaient au moins 10 000 employés migrants travaillant dans l’agriculture à vivre dans des bidonvilles sur le territoire italien en 2022.

      Pour tenter de juguler cette crise du logement, plusieurs projets menés par les mairies de la province sont déjà sortis de terre, d’autres sont en prévision. La ville de Rosarno, à quelques kilomètres de San Ferdinando a bâti un "village de la solidarité". Une centaine de places sont disponibles - toutes occupées pendant la haute saison des récoltes. #Taurianova, plus au sud, a installé un "village de #containers" de 100 places également - toutes pourvues. Le maire de San Ferdinando, de son côté, mise beaucoup sur une "#ferme_solidaire", qui devrait voir le jour en 2027 pour 150 à 200 travailleurs africains.

      Trop peu, selon les associations. Pour Mauro Destefano, de l’ONG Emergency, il est étrange de ne pas pouvoir faire plus "dans l’une des régions où le taux d’émigration des jeunes est parmi le plus élevé avec un pourcentage important de logements inhabités".

      Rôle essentiel des associations

      A l’entrée du "tendopoli", plusieurs Algeco servent de bureaux pour les structures associatives et syndicales intervenant dans le lieu. Leur appui est crucial pour les migrants. "Il n’y a aucune implication de la mairie pour améliorer les lieux", met en cause Ferdinando. Avec Caritas, le Calabrais s’implique au quotidien dans le soutien aux migrants du bidonville. Il les renseigne notamment dans les démarches administratives mais aussi les conseille et leur apporte de l’attention.

      Depuis un an, une blanchisserie gérée par l’ONG a été installée dans un de ces containers. Les migrants viennent déposer leur sac de vêtements à un bénévole qui se charge ensuite de lancer les programmes. Ouverte tous les jours, les machines et séchoirs fonctionnent à plein régime.

      Deux fois par semaine, l’ONG distribue aussi environ 400 repas, cuisinés par des volontaires des paroisses voisines, aux habitants du "village de tentes". Au menu lors de notre venue, pâtes au thon. Les migrants font la queue, certains en peignoir et claquettes, pour venir récupérer leur repas. Pour certains cette aide est vitale. "A cause d’un problème d’orthographe dans mes papiers, je ne peux plus travailler actuellement. C’est difficile car je n’ai plus que 25 euros et rien à manger", confesse Ismaël, Burkinabé de 23 ans.

      Un médecin vient également une fois par semaine pour des consultations médicales. Durant la haute saison, les coupures, chutes et membres cassés sont récurrents. Dans la région, l’#accès_aux_soins est compliqué. Et plus encore pour les migrants du fait de la barrière de la langue, des distances pour accéder aux structures de santé, de la méconnaissance et de la peur du rejet.

      "Il y a aussi un nombre croissant de migrants souffrant de détresse psychologique, tels que la #dépression, la #dépendance ou le #stress_post-traumatique. Ils souffrent de l’#isolement_social et du labyrinthe administratif qui les rendent fous" détaille le coordinateur. Dans ces conditions, une minorité tombe dans la #dépendance (#alcool, #drogue et 3médicaments). "Il est important de résoudre le problème de ce #ghetto, sinon il sera difficile de traiter ces pathologies efficacement et cela deviendra ingérable" alerte-t-il.

      #Ghettoïsation et #invisibilisation

      Dans le bidonville excentré du centre-ville de San Ferdinando, les nombreux #vélos déposés le long des tentes illustrent l’isolement dont sont victimes les migrants. Les lacunes dans le système de transport public dans la province de Reggio di Calabria obligent de nombreux travailleurs à se déplacer à vélo, parfois à pied, sur des routes mal éclairées et cabossées. Ils sont ainsi souvent victimes d’accidents de la route, parfois résultats d’attaques racistes délibérées.

      "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes. D’autres témoignages rapportent des migrants percutés, laissés sans assistance en bord de route.

      L’abandon des pouvoirs publics et l’#isolement général contribuent à la ghettoïsation du "tendopoli", ce qui accroit un peu plus encore l’invisibilisation dont les migrants sont victimes.

      En janvier, une dizaine d’associations et d’ONG -dont Caritas et Emergency- ont dans une lettre adressée au préfet de Reggio Calabria réclamé des solutions rapides face à l’aggravation des conditions de vie à l’intérieur du "village de tentes" déplorant un " climat de #tension_sociale qui atteint un niveau de plus en plus critique".

      ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/68516/calabre--le-bidonville-de-san-ferdinando-symbole-du-mal-logement-des-t

  • Arance marce
    ▻https://onborders.altervista.org/arance-marce

    Il 3 novembre, un articolo apparso su Il Manifesto aggiorna e conferma quanto abbiamo scritto nei mesi scorsi: – a San Ferdinando i braccianti, per ora circa 250, ma il numero crescerà di molto nelle prossime settimane, vivono ancora nella tendopoli, senza servizi essenziali – varie organizzazioni tentano di fornire sostegno: pasti caldi, passaggi in […] L’articolo Arance marce proviene da ON BORDERS.

    #migrazioni_agricolture_globali_agricolture_locali

    • I frutti amari di uno Stato assente

      A San Ferdinando (Rc) i lavoratori migranti vivono ancora ammassati in una #tendopoli senza servizi essenziali. Nonostante i proclami del #decreto_Caivano, qui regna l’abbandono.

      Prima accalcati uno su l’altro nelle fabbriche di trasformazionedegli agrumi abbandonate, poi nella baraccopoli dove (tra gli altri)perse la vita anche Becky Moses, infine nella “nuova” tendopoli,allestita in pompa magna nel 2017 dal ministero dell’Internotargato Salvini e lasciata al suo destino nell’indifferenza generaleun paio di anni più tardi. Dalla rivolta di Rosarno del 2010, con imigranti in strada a chiedere giustizia per una situazione socialedivenuta ormai insostenibile, poco o nulla è cambiato. Nonostantel’inserimento del comune di San Ferdinando (Rc) nel decreto«Caivano bis» dello scorso anno, che ha stanziato fondi importantiper il superamento della tendopoli stessa, ma che è rimasto ancoraimbrigliato alla fase di progettazione, i lavoratori migranti vivonoancora di fatto in un vero e proprio slum piantato nel cuoremorente di una zona industriale mai decollata (alle spalle del portodi #Gioia_Tauro) e dove lo Stato, semplicemente, non c’è.

      SONO CIRCA 250, in questo momento, gli ospiti della tendopoli,ma i numeri sono destinati a crescere esponenzialmente nelleprossime settimane, via via che la stagione della raccolta degliagrumi entrerà nel vivo. Vengono principalmente dall’Africasubsahariana e la maggior parte di loro è in possesso di un regolarevisto di soggiorno. A San Ferdinando coprono principalmente ilperiodo tra ottobre e maggio, quando la necessità di braccia a bassocosto per la raccolta di olive, kiwi, arance e mandarini li fa legale quando si è fortunati, in grigio o in nero nella quasi totalità dei casi.

      ALLA TENDOPOLI si arriva attraversando il deserto spettrale della seconda area industriale del porto. Semi nascosta tra i pochi capannoni in funzione e le tante aziende sorte velocemente grazie ai finanziamenti a pioggia della vecchia legge speciale 488 (e altrettanto velocemente andate a gambe per aria), la tendopoli continua a essere un vero e proprio buco nero abbandonato a se stesso, da cui lo Stato si è tirato fuori dai tempi del primo lockdown legato al covid.

      A causa della pluriennale assenza di manutenzione delle tendeoriginariamente allestite dal ministero, dei tanti incendi che hannocausato anche diversi morti tra i migranti e delle continue aggiuntedi sgangherate e insicure baracche in legno legate al continuoflusso di lavoratori che non riescono ad accedere a un’abitazionedignitosa in zona, la realtà di questo slum ha continuato apeggiorare con il passare del tempo, lasciando gli ospiti che lopopolano (tutti uomini) in condizioni inaccettabili. L’acqua calda èun miraggio, se si esclude un container allestito con sei docce,dono, nel 2024, di Papa Francesco. E sono in tanti a usufruire dei“servizi” di uno degli ospiti che, al costo di 50 centesimi, vende aipropri clienti secchi d’acqua riscaldata al fuoco di falò improvvisati d’inverno quando nelle tende si accendono stufe, salta spesso lasciando intere porzioni dell’accampamento al buio.

      «DOPO IL PRIMO LOCKDOWN le cose non hanno fatto altroche peggiorare – racconta Michele Vomera, responsabile dellaCaritas diocesana – È sparito anche il posto fisso della polizia oltrea quello dei vigili del fuoco. Facciamo tutto quello che riusciamo afare grazie ai fondi della Caritas e ai tanti aiuti che arrivano dacittadini e commercianti della Piana di Gioia Tauro. Certo, iproblemi con gli abitanti del posto non sono stati pochi, ma almenosotto questo punto di vista le cose sono un po’ migliorate. Ancheperché se i lavoratori della tendopoli sparissero da un giornoall’altro, un intero comparto economico non riuscirebbe a stare inpiedi». Sono proprio i volontari della Caritas che provano a mettereuna pezza sui vuoti lasciati dalle istituzioni. Sono loro a garantire ilservizio mensa con pasti caldi serviti due volte alla settimana. Esono sempre loro ad occuparsi delle istanze che arrivano da questilavoratori. Che si tratti di un aiuto per la compilazione di unmodulo per la carta d’identità o di un passaggio in auto per unesame medico da fare all’ospedale più vicino: 25 chilometri.

      ACCANTO AL LORO anche i medici di Emergency, che garantiscono visite gratuite sul campo almeno due volte la settimana, e le tante associazioni del terzo settore (come nelle vicinanze in grado di togliere da quell’inferno una ventina di migranti) costrette a sostituirsi allo Stato.

      A dare supporto legale ai migranti ci sono invece gli avvocati del progetto Infinity: sono in due, Francesco Penna e Pasquale Costantino e offrono assistenza soprattutto per l’ottenimento dello status di rifugiato. Ma non solo: nel container che li ospita infatti raccolgono le denunce legate al mercato del lavoro nero e si occupano di curare, quando serve, il loro trasferimento in località protetta per evitare le ritorsioni di padroni e padroncini con pochi scrupoli.

      TOLTO PERÒ IL LAVORO svolto dai volontari, il resto è buio pesto. Con buona pace dei proclami governativi sul decreto Caivano. «Abbiamo un ottimo progetto per il superamento della tendopoli – racconta in sindaco di San Ferdinando Luca Gaetano, che quel buco nero sociale se lo è ritrovato sul groppone – ma siamo ancora alla preparazione della fase progettuale. Ci vorrà ancora tempo».

      L’idea è quella di costruire un altro insediamento nelle campagne della zona: una serie di moduli abitativi dignitosi e, accanto, un terreno di tre ettari confiscato alla ‘ndrangheta in cui, in una cooperativa creata ad hoc, lavoreranno gli stessi migranti.

      ▻https://ilmanifesto.it/i-frutti-amari-di-uno-stato-assente
      #San_Ferdinando #exploitation #oranges #Italie #Calabre #agriculture #braccianti

  • Une orange de Jaffa


    ▻https://www.youtube.com/watch?v=rJaDo31T7Wc&t=66s

    Mohammed, un jeune palestinien, cherche désespérément un taxi qui lui permette de franchir un checkpoint. Farouk, le chauffeur de taxi, hésite car le jeune homme n’a pas de laissez-passer. Les ennuis commencent quand Farouk découvre que Mohammed n’en est pas à sa première tentative de passage en force...

    ▻https://www.senscritique.com/film/une_orange_de_jaffa/78836249
    #film #court-métrage #checkpoint #Israël #Palestine #frontière

    • Une #orange de #Jaffa. Carnet de tournage dans une région pas comme les autres

      En 2021, David Frenkel, producteur de cinéma français – et juif –, rencontre un scénario de court métrage, intitulé Une orange de Jaffa, projet du jeune réalisateur palestinien Mohammed Almughanni. Par sa poésie et son intelligence humaine, ce film participe à ses yeux du camp de la paix, et c’est pourquoi il décide de le soutenir. Il le met gracieusement sur le site des Temps qui restent et il raconte ici l’histoire compliquée de ce tournage, à la fois enthousiasmant et douloureux, et de ses suites. Singulier tour du destin, la première du film eut lieu le 7 octobre 2023… La tragédie historique rattrape le film et les deux hommes.

      ▻https://shs.cairn.info/revue-les-temps-qui-restent-2025-1-page-377?lang=fr

  • Rosarno : il tempo delle arance

    Volevano braccia e sono arrivati uomini...

    Documento video realizzato da InsuTv a Rosarno nei giorni del pogrom e della deportazione dei migranti.
    Per ritrovare, nelle immagini e nei racconti dei protagonisti, le ragioni della ribellione contro la violenza e l’apartheid. Cui è seguita la vendetta della mafia e del governo...

    ▻https://vimeo.com/8851852


    #Italie #Calabre #agriculture #exploitation #racisme_anti-Noirs #Rosarno #racisme #oranges #logement #conditions_de_travail #documentaire #film_documentaire #violence

  • Catastrophe à Mayotte : Orange s’énerve du choix de Bayrou de recourir à Starlink - Numerama
    ▻https://www.numerama.com/tech/1874180-catastrophe-a-mayotte-orange-senerve-du-choix-de-bayrou-de-recouri

    Orange accuse le gouvernement de décisions inefficaces sur le terrain, qui auraient pour effet de freiner le rétablissement de la connectivité de Mayotte après le passage du cyclone Chido. Le manque de reconnaissance de l’État et la décision de faire appel à Starlink ont heurté l’opérateur historique.

    En se déplaçant à Mayotte pour « apporter des solutions réelles, concrètes » à l’île, ravagée par le passage du cyclone Chido, François Bayrou savait qu’il était attendu au tournant. Il n’imaginait sans doute pas qu’une polémique viendrait de la part des opérateurs de télécommunications.

    C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé lundi 30 décembre, au moment où le Premier ministre a déroulé les détails du plan intitulé « Mayotte debout ». François Bayrou s’est vu reproché de ne pas dire un mot pour les trois principaux opérateurs de l’île, alors qu’ils s’efforcent de rétablir pleinement la connexion des Mahorais et des Mahoraises, notamment en ajoutant des antennes temporaires et en offrant gratuitement un accès à leurs réseaux.

    Et au manque de considération du gouvernement s’est ajouté un autre affront : celui du recours à Starlink, le service d’accès à Internet par satellite vendu par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk. François Bayrou a en effet annoncé la mobilisation de 200 terminaux terrestres « pour assurer les communications en urgence » et pallier les manques sur place.

    #Orange #Starlink #Indignité_nationale #Musk_soumission

  • Fermes, coopératives... « En #Palestine, une nouvelle forme de #résistance »

    Jardins communautaires, coopératives... En Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens ont développé une « #écologie_de_la_subsistance qui n’est pas séparée de la résistance », raconte l’historienne #Stéphanie_Latte_Abdallah.

    Alors qu’une trêve vient de commencer au Proche-Orient entre Israël et le Hamas, la chercheuse Stéphanie Latte Abdallah souligne les enjeux écologiques qui se profilent derrière le #conflit_armé. Elle rappelle le lien entre #colonisation et #destruction de l’#environnement, et « la relation symbiotique » qu’entretiennent les Palestiniens avec leur #terre et les êtres qui la peuplent. Ils partagent un même destin, une même #lutte contre l’#effacement et la #disparition.

    Stéphanie Latte Abdallah est historienne et anthropologue du politique, directrice de recherche au CNRS (CéSor-EHESS). Elle a récemment publié La toile carcérale, une histoire de l’enfermement en Palestine (Bayard, 2021).

    Reporterre — Comment analysez-vous à la situation à #Gaza et en #Cisjordanie ?

    Stéphanie Latte Abdallah — L’attaque du #Hamas et ses répercussions prolongent des dynamiques déjà à l’œuvre mais c’est une rupture historique dans le déchaînement de #violence que cela a provoqué. Depuis le 7 octobre, le processus d’#encerclement de la population palestinienne s’est intensifié. #Israël les prive de tout #moyens_de_subsistance, à court terme comme à moyen terme, avec une offensive massive sur leurs conditions matérielles d’existence. À Gaza, il n’y a plus d’accès à l’#eau, à l’#électricité ou à la #nourriture. Des boulangeries et des marchés sont bombardés. Les pêcheurs ne peuvent plus accéder à la mer. Les infrastructures agricoles, les lieux de stockage, les élevages de volailles sont méthodiquement démolis.

    En Cisjordanie, les Palestiniens subissent — depuis quelques années déjà mais de manière accrue maintenant — une forme d’#assiègement. Des #cultures_vivrières sont détruites, des oliviers abattus, des terres volées. Les #raids de colons ont été multipliés par deux, de manière totalement décomplexée, pour pousser la population à partir, notamment la population bédouine qui vit dans des zones plus isolées. On assiste à un approfondissement du phénomène colonial. Certains parlent de nouvelle #Nakba [littéralement « catastrophe » en Arabe. Cette expression fait référence à l’exode forcé de la population palestinienne en 1948]. On compte plus d’1,7 million de #déplacés à Gaza. Où iront-ils demain ?

    « Israël mène une #guerre_totale à une population civile »

    Gaza a connu six guerres en dix-sept ans mais il y a quelque chose d’inédit aujourd’hui, par l’ampleur des #destructions, le nombre de #morts et l’#effet_de_sidération. À défaut d’arriver à véritablement éliminer le Hamas – ce qui est, selon moi, impossible — Israël mène une guerre totale à une population civile. Il pratique la politique de la #terre_brûlée, rase Gaza ville, pilonne des hôpitaux, humilie et terrorise tout un peuple. Cette stratégie a été théorisée dès 2006 par #Gadi_Eizenkot, aujourd’hui ministre et membre du cabinet de guerre, et baptisée « la #doctrine_Dahiya », en référence à la banlieue sud de Beyrouth. Cette doctrine ne fait pas de distinction entre #cibles_civiles et #cibles_militaires et ignore délibérément le #principe_de_proportionnalité_de_la_force. L’objectif est de détruire toutes les infrastructures, de créer un #choc_psychologique suffisamment fort, et de retourner la population contre le Hamas. Cette situation nous enferme dans un #cycle_de_violence.

    Vos travaux les plus récents portent sur les initiatives écologiques palestiniennes. Face à la fureur des armes, on en entend évidemment peu parler. Vous expliquez pourtant qu’elles sont essentielles. Quelles sont-elles ?

    La Palestine est un vivier d’#innovations politiques et écologiques, un lieu de #créativité_sociale. Ces dernières années, suite au constat d’échec des négociations liées aux accords d’Oslo [1] mais aussi de l’échec de la lutte armée, s’est dessinée une #troisième_voie.

    Depuis le début des années 2000, la #société_civile a repris l’initiative. Dans de nombreux villages, des #marches et des #manifestations hebdomadaires sont organisées contre la prédation des colons ou pour l’#accès_aux_ressources. Plus récemment, s’est développée une #économie_alternative, dite de résistance, avec la création de #fermes, parfois communautaires, et un renouveau des #coopératives.

    L’objectif est de reconstruire une autre société libérée du #néolibéralisme, de l’occupation et de la #dépendance à l’#aide_internationale. Des agronomes, des intellectuels, des agriculteurs, des agricultrices, des associations et des syndicats de gauche se sont retrouvés dans cette nouvelle forme de résistance en dehors de la politique institutionnelle. Une jeune génération a rejoint des pionniers. Plutôt qu’une solution nationale et étatique à la colonisation israélienne — un objectif trop abstrait sur lequel personne n’a aujourd’hui de prise — il s’agit de promouvoir des actions à l’échelle citoyenne et locale. L’idée est de retrouver de l’#autonomie et de parvenir à des formes de #souveraineté par le bas. Des terres ont été remises en culture, des #fermes_agroécologiques ont été installées — dont le nombre a explosé ces cinq dernières années — des #banques_de_semences locales créées, des modes d’#échange directs entre producteurs et consommateurs mis en place. On a parlé d’« #intifada_verte ».

    Une « intifada verte » pour retrouver de l’autonomie

    Tout est né d’une #prise_de_conscience. Les #territoires_palestiniens sont un marché captif pour l’#économie israélienne. Il y a très peu de #production. Entre 1975 et 2014, la part des secteurs de l’agriculture et de l’#industrie dans le PIB a diminué de moitié. 65 % des produits consommés en Cisjordanie viennent d’Israël, et plus encore à Gaza. Depuis les accords d’Oslo en 1995, la #production_agricole est passée de 13 % à 6 % du PIB.

    Ces nouvelles actions s’inscrivent aussi dans l’histoire de la résistance : au cours de la première Intifada (1987-1993), le #boycott des taxes et des produits israéliens, les #grèves massives et la mise en place d’une économie alternative autogérée, notamment autour de l’agriculture, avaient été centraux. À l’époque, des #jardins_communautaires, appelés « les #jardins_de_la_victoire » avait été créés. Ce #soulèvement, d’abord conçu comme une #guerre_économique, entendait alors se réapproprier les #ressources captées par l’occupation totale de la Cisjordanie et de la #bande_de_Gaza.

    Comment définiriez-vous l’#écologie palestinienne ?

    C’est une écologie de la subsistance qui n’est pas séparée de la résistance, et même au-delà, une #écologie_existentielle. Le #retour_à_la_terre participe de la lutte. C’est le seul moyen de la conserver, et donc d’empêcher la disparition totale, de continuer à exister. En Cisjordanie, si les terres ne sont pas cultivées pendant 3 ou 10 ans selon les modes de propriété, elles peuvent tomber dans l’escarcelle de l’État d’Israël, en vertu d’une ancienne loi ottomane réactualisée par les autorités israéliennes en 1976. Donc, il y a une nécessité de maintenir et augmenter les cultures, de redevenir paysans, pour limiter l’expansion de la #colonisation. Il y a aussi une nécessité d’aller vers des modes de production plus écologiques pour des raisons autant climatiques que politiques. Les #engrais et les #produits_chimiques proviennent des #multinationales via Israël, ces produits sont coûteux et rendent les sols peu à peu stériles. Il faut donc inventer autre chose.

    Les Palestiniens renouent avec une forme d’#agriculture_économe, ancrée dans des #savoir-faire_ancestraux, une agriculture locale et paysanne (#baladi) et #baaliya, c’est-à-dire basée sur la pluviométrie, tout en s’appuyant sur des savoirs nouveaux. Le manque d’#eau pousse à développer cette méthode sans #irrigation et avec des #semences anciennes résistantes. L’idée est de revenir à des formes d’#agriculture_vivrière.

    La #révolution_verte productiviste avec ses #monocultures de tabac, de fraises et d’avocats destinée à l’export a fragilisé l’#économie_palestinienne. Elle n’est pas compatible avec l’occupation et le contrôle de toutes les frontières extérieures par les autorités israéliennes qui les ferment quand elles le souhaitent. Par ailleurs, en Cisjordanie, il existe environ 600 formes de check-points internes, eux aussi actionnés en fonction de la situation, qui permettent de créer ce que l’armée a nommé des « #cellules_territoriales ». Le #territoire est morcelé. Il faut donc apprendre à survivre dans des zones encerclées, être prêt à affronter des #blocus et développer l’#autosuffisance dans des espaces restreints. Il n’y a quasiment plus de profondeur de #paysage palestinien.

    « Il faut apprendre à survivre dans des zones encerclées »

    À Gaza, on voit poindre une #économie_circulaire, même si elle n’est pas nommée ainsi. C’est un mélange de #débrouille et d’#inventivité. Il faut, en effet, recycler les matériaux des immeubles détruits pour pouvoir faire de nouvelles constructions, parce qu’il y a très peu de matériaux qui peuvent entrer sur le territoire. Un entrepreneur a mis au point un moyen d’utiliser les ordures comme #matériaux. Les modes de construction anciens, en terre ou en sable, apparaissent aussi mieux adaptés au territoire et au climat. On utilise des modes de production agricole innovants, en #hydroponie ou bien à la #verticale, parce que la terre manque, et les sols sont pollués. De nouvelles pratiques énergétiques ont été mises en place, surtout à Gaza, où, outre les #générateurs qui remplacent le peu d’électricité fournie, des #panneaux_solaires ont été installés en nombre pour permettre de maintenir certaines activités, notamment celles des hôpitaux.

    Est-ce qu’on peut parler d’#écocide en ce moment ?

    Tout à fait. Nombre de Palestiniens emploient maintenant le terme, de même qu’ils mettent en avant la notion d’#inégalités_environnementales avec la captation des #ressources_naturelles par Israël (terre, ressources en eau…). Cela permet de comprendre dans leur ensemble les dégradations faites à l’#environnement, et leur sens politique. Cela permet aussi d’interpeller le mouvement écologiste israélien, peu concerné jusque-là, et de dénoncer le #greenwashing des autorités. À Gaza, des #pesticides sont épandus par avion sur les zones frontalières, des #oliveraies et des #orangeraies ont été arrachées. Partout, les #sols sont pollués par la toxicité de la guerre et la pluie de #bombes, dont certaines au #phosphore. En Cisjordanie, les autorités israéliennes et des acteurs privés externalisent certaines #nuisances_environnementales. À Hébron, une décharge de déchets électroniques a ainsi été créée. Les eaux usées ne sont pas également réparties. À Tulkarem, une usine chimique considérée trop toxique a été également déplacée de l’autre côté du Mur et pollue massivement les habitants, les terres et les fermes palestiniennes alentour.

    « Il existe une relation intime entre les Palestiniens et leur environnement »

    Les habitants des territoires occupés, et leur environnement — les plantes, les arbres, le paysage et les espèces qui le composent — sont attaqués et visés de manière similaire. Ils sont placés dans une même #vulnérabilité. Pour certains, il apparaît clair que leur destin est commun, et qu’ils doivent donc d’une certaine manière résister ensemble. C’est ce que j’appelle des « #résistances_multispécifiques », en écho à la pensée de la [philosophe féministe étasunienne] #Donna_Haraway. [2] Il existe une relation intime entre les Palestiniens et leur environnement. Une même crainte pour l’existence. La même menace d’#effacement. C’est très palpable dans le discours de certaines personnes. Il y a une lutte commune pour la #survie, qui concerne autant les humains que le reste du vivant, une nécessité écologique encore plus aigüe. C’est pour cette raison que je parle d’#écologisme_existentiel en Palestine.

    Aujourd’hui, ces initiatives écologistes ne sont-elles pas cependant menacées ? Cet élan écologiste ne risque-t-il pas d’être brisé par la guerre ?

    Il est évidemment difficile d’exister dans une guerre totale mais on ne sait pas encore comment cela va finir. D’un côté, on assiste à un réarmement des esprits, les attaques de colons s’accélèrent et les populations palestiniennes en Cisjordanie réfléchissent à comment se défendre. De l’autre côté, ces initiatives restent une nécessité pour les Palestiniens. J’ai pu le constater lors de mon dernier voyage en juin, l’engouement est réel, la dynamique importante. Ce sont des #utopies qui tentent de vivre en pleine #dystopie.

    ▻https://reporterre.net/En-Palestine-l-ecologie-n-est-pas-separee-de-la-resistance
    #agriculture #humiliation #pollution #recyclage #réusage #utopie

    • La toile carcérale. Une histoire de l’enfermement en Palestine

      Dans les Territoires palestiniens, depuis l’occupation de 1967, le passage par la prison a marqué les vécus et l’histoire collective. Les arrestations et les incarcérations massives ont installé une toile carcérale, une détention suspendue. Environ 40 % des hommes palestiniens sont passés par les prisons israéliennes depuis 1967. Cet ouvrage remarquable permet de comprendre en quoi et comment le système pénal et pénitentiaire est un mode de contrôle fractal des Territoires palestiniens qui participe de la gestion des frontières. Il raconte l’envahissement carcéral mais aussi la manière dont la politique s’exerce entre Dedans et Dehors, ses effets sur les masculinités et les féminités, les intimités. Stéphanie Latte Abdallah a conduit une longue enquête ethnographique, elle a réalisé plus de 350 entretiens et a travaillé à partir d’archives et de documents institutionnels. Grâce à une narration sensible s’apparentant souvent au documentaire, le lecteur met ses pas dans ceux de l’auteure à la rencontre des protagonistes de cette histoire contemporaine méconnue.

      ▻https://livres.bayard-editions.com/livres/66002-la-toile-carcerale-une-histoire-de-lenfermement-en-pal
      #livre

  • Afghan Families Left Drifting in #Life_Rafts Outside Lesvos

    ▻https://aegeanboatreport.com/2022/11/22/afghan-families-left-drifting-in-life-rafts-outside-lesvos

    In the morning of Thursday, November 10, a boat carrying 33 people landed west of Gavathas, Lesvos north west.

    The flimsy rubber boat had started out from Turkey in cover of darkness, 33 people packed into this small boat, people with hopes for a better future, away from war and persecution, to finally be able to be safe, or it was at least what they had hoped for.

    After arriving people fled to the Woodson in the surrounding area to hide from Greek authorities, fearing that if they were found they would be illegally returned to Turkey.

    At 09.00 they contacted Aegean Boat Report and asked for assistance, they wanted help so that they could be taken to a camp, and be able to apply for asylum, but they were afraid of Greek authorities and Police, since they had been violently pushed back several times in the past.

    ▻https://aegeanboatreport.com/wp-content/uploads/2022/11/Lesvos-10-11-2022.mp3

    The group provided pictures, videos and geolocation data, there was no doubt that this group also had arrived on Lesvos.

    We provide them with the necessary means, so that they themselves could act, what happened afterwards is not clear, since we lost contact with them shortly after. The last thing they said before they went offline was that they would contact organizations on the island, if they actually did, we don’t know.

    Due to the fact that this group arrived on a weekend, means that they would have had problems finding an organization who would respond on the phone, even do they were given numbers who usually works, these numbers are mostly only operational on weekdays, during daytime.

    What we do know is that this group never made it to any camp, they were found by authorities and removed from the island. This is what usually happens when Greek authorities finds people who has arrived, and there is no organization to intervene.

    At 20.05 Thursday November 10, 33 people was found drifting in two life rafts outside Dikili, Turkey, families, old people, women, children, even small babies was forced into these two rafts without life jackets. [ ▻https://www.sg.gov.tr/izmir-aciklarinda-33-duzensiz-gocmen-kurtarilmistir-11-11-22- ]

    From pictures sent to us while they were on Lesvos, we can clearly see that they had belongings, bags. When they were found drifting in the rafts outside Dikili 10 hours later, they had nothing, what little they had left in life was stolen from them, bags, papers, money and phones, taken by the same people who forced them back out to sea, the Greek coast guard.

    From pictures and videos received while on Lesvos, compared to pictures and videos from the time they were rescued by Turkish coast guard outside Dikili, there is absolutely no doubt: it is the same group.

    ▻https://videopress.com/v/v0mFF4ok

    For normal people, it’s actually quite difficult to comprehend, that a European country, a member of the European Union, would force families, small children, women, old people who can barely walk, back out to sea in the middle of the night, throw them into life rafts and leave them helplessly drifting. When we also know that these atrocities are supported by the European Border And Coast Guard Agency FRONTEX, and handsomely funded by The European Union, it just gets totally incomprehensible.

    Why would anyone do such a thing, and why would nobody try to stop it? it’s not as if nobody knows, everyone knows what is being done at Europes borders, it’s not a secret, not any more. EU border agency Frontex and Greek authorities, has been proven to have been involved in hundreds of refugee pushbacks in the Aegean Sea, investigated by EU’s own Anti-Fraud Office, OLAF, and what has so far been done about this, absolutely nothing.

    Since March 2020, we have registered 1.826 pushback cases in the Aegean Sea, performed by the Hellenic coast guard, involving 48.486 men, women and children: 642 of these cases was performed by using rescue equipment/life rafts, 16,754 people have so far been found drifting in 993 life rafts in the Aegean Sea.

    Almost 1000 life rafts with families, men, women and children who tried to seek safety in Europe, close to 17.000 people, have been found drifting in the Aegean Sea, and so far nobody has bothered to try to do anything about it, if that’s not deafening, noting is.

    Just imagine if just one of these life rafts, just one, had been found drifting in the English Channel, placed there by the British authorities, there would have been a political outcry demanding answers, heads would have rolled, huge investigations would have been undertaken. For the almost 1000 life rafts found drifting in the Aegean Sea the last three years, close to 17.000 victims, not one single official investigation has been carried out, not one.

    We all know who is responsible, question is, why is nothing done to try to stop it?

    Reçu par Erini Markidi, via la mailing-list Migreurop, 22.11.2022

    #refoulements_collectifs #migrations #asile #réfugiés #Grèce #refoulement #push-backs #refoulements #frontières
    #migrations #asile #réfugiés #refoulement #push-back #Mer_Egée #Turquie #frontières #life_raft #liferafts #orange #Lesbos

    –---

    ajouté à la métaliste sur les #structures_flottantes pour l’asile (soit des centres de détention et/ou procédure, ou alors des objets flottants utilisés à des fins d’#expulsion) :
    ►https://seenthis.net/messages/879396

  • Un pylône de téléphonie mobile gravement vandalisé près de Laval La Tribune - Pierre Manière

    Un site appartenant à l’opérateur d’infrastructures TDF, et utilisé par Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, a essuyé un acte de vandalisme dans la nuit de mardi à mercredi. Le pylône de 90 mètres s’est effondré, perturbant les communications dans la région.

    
    Les câbles qui stabilisaient ce pylône de 90 mètres ont vraisemblablement été sectionnés. (Crédits : TDF)

    Les actes de vandalisme visant les réseaux télécoms ne cessent décidément pas. Un site mobile de TDF situé à Changé, au nord de Laval, en a fait les frais dans la nuit de mardi à mercredi. Les images fournies par les équipes en charge du réseau de Free, publiées sur Twitter, et par TDF à La Tribune, sont impressionnantes. Ce pylône de 90 mètres a été retrouvé couché au sol. Un ou plusieurs câbles qui le maintenaient ont vraisemblablement été sectionnés.


    (Crédits : Capture d’écran Twitter)

    Cet acte de malveillance a perturbé les communications dans la région. Ce pylône hébergeait notamment les antennes de téléphonie mobile des quatre grands opérateurs, à savoir Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Il accueillait aussi des équipements de diffusion de radio pour Fun Radio et RTL2. Dans un communiqué, TDF précise qu’au total,  « près de 150.000 habitants de Laval et de sa région » ont été « en partie privés de radio » . Le signal a finalement été rétabli mercredi soir. TDF précise que  « les services de téléphonie mobile sont également très fortement touchés » . Le groupe a décidé de porter plainte, et  « travaille activement avec les autorités compétentes » . Des « solutions provisoires » visant à rétablir le service vont voir le jour, en attendant de réparer le pylône.


    (Crédits : TDF)

    Cet acte survient environ une semaine après que des réseaux Internet fixe ont été vandalisés dans la région de Marseille. Des fibres optiques, assurant des liaisons longue distance, ont été sectionnées ▻https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/les-reseaux-de-free-et-de-sfr-encore-vandalises-dans-la-region-de-marseill . Environ 4.600 pannes sur l’Internet fixe ont été constatées, dans la foulée, dans la région. Ces perturbations ont majoritairement concerné les clients de Free et de SFR. L’affaire en a rappelé une autre. Au printemps dernier, plusieurs liaisons longue distance avaient également fait l’objet de dégradations similaires ▻https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/d-importants-sabotages-de-fibres-optiques-perturbent-le-reseau-internet-91 . Elles avaient, cette fois aussi, occasionnés des pannes et dysfonctionnements chez les clients de Free et de SFR.

    Des réseaux essentiels à la vie du pays
    Les opérateurs tirent depuis longtemps la sonnette d’alarme. En mai dernier, Arthur Dreyfuss, l’ancien président de la Fédération française des télécoms (FFT), le lobby du secteur, avait appelé, dans nos colonnes, à  « durcir les sanctions pour les actes de vandalisme ». « L’enjeu n’est pas seulement de protéger les opérateurs, mais aussi toutes les activités les plus sensibles et essentielles du pays » , a-t-il expliqué.

    De fait, les réseaux télécoms sont aujourd’hui indispensables à la vie du pays. En juin 2021, un événement l’a rappelé. Une panne massive chez Orange a empêché de nombreux Français d’appeler les services d’urgence, et plusieurs personnes sont décédées, faute de pouvoir prévenir les secours. Le numérique, qui irrigue désormais tous les secteurs d’activités, rend ces derniers mécaniquement vulnérables aux problèmes concernant les infrastructures télécoms, dont les actes de vandalisme.

    #téléphonie #surveillance #mobile #internet #5g #téléphone #télécommunications #téléphonie_mobile #free #smartphone #france #technologisme #géolocalisation #sabotage #tdf #Orange #sfr #bouygues_telecom #Free #fft

    Source : ▻https://seenthis.net/recherche?recherche=t%C3%A9l%C3%A9phonie

  • Flan de patidou
    ▻https://www.cuisine-libre.org/flan-de-patidou

    Couper le #Patidou en deux (il n’est pas utile de le peler), retirer les pépins. Faire cuire à la vapeur (20 min) et réduire la chair en purée. Délayer la fécule de maïs avec un peu de #Lait froid et laisser épaissir sur feu doux, en remuant sans arrêt. Dés l’ébullition, ajouter le sucre, le jus d’orange, et le zeste râpé d’un quart d’écorce pour en faire un bouillon. Ajouter la pulpe de patidou et bien mélanger. Dans un moule à manqué, faire un caramel, I’étendre dans tout le moule. Verser la préparation.… Patidou, #Flans, #Orange_à jus, Lait / #Sans viande, #Sans gluten, #Végétarien, #Four

  • Betteraves californiennes
    ▻https://www.cuisine-libre.org/betteraves-californiennes

    Betteraves dorées à l’orange. Laver les betteraves. Couper les racines et les tiges en laissant 2 à 3 cm de toupet. Cuire dans une tasse d’eau bouillante salée, à couvert, environ 40 à 50 minutes, jusqu’à tendreté. Égoutter. Frotter la peau sous l’eau froide courante pour la retirer. Couper les tiges restantes. Faire fondre du beurre ou de la margarine. Ajouter le zeste d’orange, le jus d’orange et le sel. Verser sur les betteraves. Chauffer. Garnir de tranches d’orange non pelées, coupées en petits… #États-Unis, #Orange_à jus, #Betterave_jaune / #Sans gluten, #Sans œuf, #Végétarien, #Sans viande, #Bouilli

  • Harcèlement moral : ce que change le verdict du procès France Télécom
    ▻https://theconversation.com/harcelement-moral-ce-que-change-le-verdict-du-proces-france-telecom

    Par ailleurs, selon une source syndicale, les honoraires des avocats des prévenus se seraient élevés à près de 20 millions d’euros, entièrement pris en charge par les « assurances dirigeants ». Par contraste, l’arrêt ne prévoit pas, pour les parties civiles syndicales, le remboursement des honoraires de leurs avocats à la hauteur des dépenses engagées. Une telle décision fragilise la capacité des organisations syndicales à défendre les salariés par la mobilisation du droit devant les juridictions. L’égalité des armes entre les protagonistes des procès reste à réaliser.

    Et les criminels vont encore dépenser l’argent des autres pour se pourvoir en cassation.

  • Bleu, S3ns : pourquoi les offres Cloud de confiance seront certainement soumises au Cloud Act ETX Studio - La Tribune
    ▻https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/bleu-s3ns-pourquoi-les-offres-cloud-de-confiance-seront-certainement-soumi

    Une étude commandée à un cabinet d’avocats américain par le ministère de la Justice des Pays-Bas sur le Cloud Act, conclut que les entités européennes peuvent êtres soumises à cette loi extraterritoriale même si leur siège social n’est pas aux Etats-Unis. Elle précise même que le Cloud Act s’applique aussi quand un fournisseur de cloud européen utilise du hardware ou un logiciel américain, ce qui est le principe même des futures offres de « Cloud de confiance » Bleu (les technologies de Microsoft proposées par Orange et Capgemini) et S3ns (celles de Google avec Thales). L’étude, dont les analyses sont validées par plusieurs experts du droit du numérique consultés par La Tribune, contredit donc la communication du gouvernement français ainsi que celles de Bleu et de S3ns. Elle pointe surtout un risque pour les opérateurs d’importance vitale (OIV), les opérateurs de services essentiels (OSE) et les administrations invités à souscrire sans attendre à ces offres.

    Nouvelle claque pour le gouvernement français et sa stratégie très controversée de « Cloud de confiance ». Suffit-il de posséder un siège social en France ou en Europe et de couper tout lien capitalistique avec les Etats-Unis pour être protégé contre le Cloud Act, même en vendant une offre basée sur des technologies américaines ? Non, tranche une étude réalisée par le bureau européen du cabinet d’avocats américain Greenberg Traurig LLP, ►https://www.ncsc.nl/documenten/publicaties/2022/augustus/16/cloud-act-memo pour le compte du ministère de la Justice et de la Sécurité des Pays-Bas, et rendue publique le 26 juillet dernier.

    Le gouvernement néerlandais souhaitait savoir si le Cloud Act, une législation extra-territoriale adoptée en 2018 pour légaliser la collecte de données à l’étranger au nom de la protection des Etats-Unis, s’appliquait seulement aux entités américaines présentes en Europe, comme on le présente souvent, ou s’il pouvait oui ou non aussi toucher les entreprises 100% européennes, c’est-à-dire dont le siège social est situé dans l’Union européenne.

    Le Cloud Act peut s’appliquer aux entreprises qui vendent des logiciels américains
    La réponse du cabinet américain Greenberg Trauring LTT -qu’on ne peut accuser de servir un agenda pro-européen- est très claire :  « Les entités européennes peuvent être à la portée du Cloud Act, même si [elles] sont situées en dehors les Etats Unis » , tranche le document en première page. ►https://www.ncsc.nl/documenten/publicaties/2022/augustus/16/cloud-act-memo

    Les avocats précisent toutefois qu’il est possible pour les entreprises européennes de minimiser ce risque en établissant une « muraille de Chine » avec les Etats-Unis, notamment en n’employant aucun Américain ou n’avoir aucun client américain. Ceux-ci peuvent être des chevaux de Troie pouvant justifier une intervention au titre du Cloud Act.

    Mais d’après les auteurs de l’étude, même ce bouclier anti-Cloud Act est insuffisant si l’entité utilise des technologies américaines. « Le Cloud Act peut accéder aux données via des sous-traitants/fournisseurs de matériel et de logiciels, de/vers les fournisseurs de cloud » , affirme le rapport.

    Or, ce sera précisément le mode de fonctionnement de Bleu, coentreprise entre Orange et Capgemini, et de S3ns, détenue par Thales. Bleu commercialisera sous licence les offres cloud logicielles de Microsoft Azure (notamment la suite Office 365), tandis que S3ns proposera celles de Google Cloud. Ces deux offres se présentent comme souveraines : elles affirment qu’elles seront étanches au Cloud Act américain car le service sera hébergé par des datacenters situés en France, et sera commercialisé par une entreprise de droit français, coupé de tout lien capitalistique avec les Etats-Unis.

    Ces précautions, accompagnées d’autres mesures de sécurité, sont effectivement suffisantes pour la plupart des entreprises. Mais probablement pas pour Bleu et S3ns, car Microsoft et Google sont pour elles des fournisseurs de logiciels dont elles commercialisent les services. Contacté par La Tribune, le cabinet Greenberg Trauring LTT confirme également qu’il suffit, d’après lui, de vendre des logiciels américains, même si l’entreprise est française, pour tomber sous le coup du Cloud Act.

    Cette déduction apparaît logique : dans l’économie numérique, l’hébergement des données n’est qu’une commodité. La valeur réside dans l’infrastructure logicielle qui fait tourner les clouds, ainsi que dans les logiciels qui utilisent les données. Pour justifier l’application du Cloud Act à une entité étrangère comme Bleu ou S3ns, les Etats-Unis doivent montrer que celle-ci a « suffisamment de contacts avec les Etats-Unis » , et pour de nombreux experts juridiques, la commercialisation de technologies américaines sous licence leur offre une raison suffisante.

    Une « muraille de Chine » en théorie possible mais extrêmement complexe et coûteuse
    Le gouvernement français n’ayant pas demandé ou rendu publique une étude approfondie sur la portée réelle du Cloud Act sur les futures solutions « Cloud de confiance », les conclusions du rapport de Greenberg Trauring doivent être prises avec des pincettes.

    La Tribune a donc demandé à d’autres avocats experts du droit du numérique, d’analyser la portée du Cloud Act sur les offres Cloud de confiance.  « La seule voie possible pour Bleu et S3ns, c’est de cloisonner l’offre de telle façon à ce qu’il y ait pas d’accès possible à une personne sous juridiction américaine », explique Olivier Iteanu, avocat spécialiste du droit du numérique. « Cela signifie qu’il ne peut pas y avoir de clients américains et surtout, pas un seul employé américain dans la structure, sinon le Cloud Act s’applique », met-il en garde.

    L’avocat rappelle la genèse du Cloud Act, après le scandale Snowden en 2013 qui a révélé au monde l’ampleur de la surveillance de masse opérée par les services de renseignement américains, au nom de leur souveraineté nationale.  « Les Etats-Unis ont besoin de légaliser les pratiques de surveillance de masse, de façon à ne pas soumettre les entreprises et les personnes qui coopèrent avec eux, à des actions judiciaires a posteriori. Ils ont donc prévu un très large éventail d’actions pour le Cloud Act. Il est mensonger de dire qu’il ne s’applique qu’aux entreprises américaines à l’étranger et pas aux entreprises locales ».

    Sonia Cissé, avocate associée en droit des technologies au sein du cabinet Linklaters, affirme « partager l’analyse du cabinet Greenberg Trauring » sur le fait que « les offres Cloud de confiance peuvent être soumises au Cloud Act ». Elle insiste elle-aussi sur la nécessité d’ériger une « muraille de Chine » pour se protéger au maximum des possibles intrusions américaines.

    « En plus d’empêcher tout Américain, y compris pour du support technique ou de la sauvegarde de données, d’accéder à la plateforme, il faudra mettre en place une totale ségrégation des données. Cela nécessite un cumul de mesures très lourdes, complexes et extrêmement coûteuses : c’est une muraille de Chine technique et organisationnelle, impliquant la gouvernance même des structures ainsi que les ressources humaines et la communication entre entités, qu’il faudra mettre en place et surveiller en permanence », décline-t-elle, tout en pointant les « nombreuses zones de flou » qui demeurent encore du côté de l’organisation de Bleu et de S3ns.

    Backdoors et loi FISA, les autres gros risques des offres « Cloud de confiance »
    Si le gouvernement, Bleu et S3ns se sont montrés très légers en affirmant avant même la création des offres Cloud de confiance qu’elles seront labellisées par l’Anssi -ce qui n’est pas garanti- et immunes au Cloud Act en dépit d’une analyse juridique approfondie, que dire des deux autres éléphants dans la pièce eux aussi magistralement ignorés : le risque accru de backdoors -logiciels espions infiltrés dans le code-, et celui d’une autre loi extraterritoriale américaine, FISA.

    Ainsi, FISA -pour Foreign Intelligence Surveillance Act - s’applique uniquement aux citoyens étrangers. Cette loi permet aux agences de renseignement américaines de demander aux fournisseurs de cloud l’installation de dispositifs permanents qui permettent de scanner toutes les données qu’ils gèrent en dehors des Etats-Unis. Cette surveillance peut se faire avec du matériel d’inspection des paquets en profondeur (DPI), ou de manière invisible au niveau de l’infrastructure logicielle du cloud, c’est-à-dire en utilisant les fournisseurs de la technologie. Or, Bleu et S3ns devraient ne pas avoir accès au code source des logiciels de Microsoft et de Google, qui sont leur secret industriel le plus précieux. Et même s’ils y avaient accès, encore faudrait-il qu’ils repèrent la porte dérobée imposée par les services de renseignement.

    Ces portes dérobées, ou backdoors, peuvent aussi être illégales. C’est l’autre gros risque, pour les données des opérateurs d’importance vitale, d’utiliser des services étrangers. Or, les logiciels de Microsoft et de Google sont bien connus des services américains de renseignement, et il est certainement plus facile pour eux d’entrer dans un logiciel américain qu’ils connaissent que dans une autre solution bénéficiant des plus hauts niveaux de sécurité.

    #extraterritorialité #Backdoors #surveillance #vie_privée #donnée_personnelles #nsa #bigdata #FISA #cloud #Bleu #S3ns #Cloud_Act #Logiciels #Microsoft #Orange #Capgemini #OIV #OSE

  • Activision Blizzard accused of employee surveillance in new complaint
    ▻https://www.gamedeveloper.com/business/activision-blizzard-accused-of-illegal-surveillance-in-new-nlrb-compl

    A new worker complaint to the National Labor Relations Board (NLRB) alleges that Activision Blizzard has been illegally surveilling its employees. […]

    In response to accusations of illegal surveillance, an Activision Blizzard spokesperson said that “Recent employee walkouts have frequently been attended by reporters seeking comment from not only the participants but the company itself. We routinely have PR staff on-site, at a respectful distance from employees on strike, to assist media.”

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #activision_blizzard #ressources_humaines #plainte #national_labor_relations_board #nlrb #surveillance #orange_county_labor_federation #game_workers_of_southern_california #communication_workers_of_america #cwa #syndicalisme #nintendo_of_america #jeu_vidéo_call_of_duty #jeu_vidéo_fortnite #epic_games #apple #cher_scarlett #jeu_vidéo_diablo_iv

  • Salade de fruits de Saint Nicolas
    ▻https://www.cuisine-libre.org/salade-de-fruits-de-saint-nicolas

    Éplucher les cacahuètes. Dans une poêle sèche, les faire dorer, sans ajout de matière grasse. Dénoyauter les dattes et les couper en quatre dans le sens de la longueur. Laver et équeuter les figues, les tailler en fines lanières. Prélever le zeste d’une des oranges. Peler les oranges à vif en retirant les membranes blanches, pour dégager les cuisses de pulpe. Séparer les oranges en deux moitiés et les détailler en tranches fines. Les disposer harmonieusement en rosaces dans le plat ou les assiettes de…

    #Saint_Nicolas #Datte, #Salades_de fruits, #Figue_séche, #Grand-Est, #Orange_à croquer / #Végétarien, #Sans œuf, #Sans gluten, #Sans lactose, Sans (...) #Sans viande

  • MarleneSchiappa 🇫🇷 est apparemment la dernière à pas être au courant…
    ▻https://twitter.com/MarleneSchiappa/status/1460266776147681282

    Le ministère de l’Intérieur se doit d’être exemplaire contre les violences sexistes et sexuelles en interne. Les services sont mobilisés pour cela.

    Témoins ou victimes, 3 cellules d’écoute sont déployées pour vous vous accompagner : ALLO Discri, STOP Discri, SIGAL Discri.

    Grâce à l’engagement de ses 290 000 femmes et hommes, @Interieur_Gouv est le premier contributeur en moyens humains et financiers à la protection des femmes.

    Pour la deuxième année consécutive, @Interieur_Gouv sera illuminé aux couleurs du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. #OrangeTheWorld @ONUFemmes

  • Réseaux télécoms : les actes de vandalisme se multiplient La Tribune - Pierre Manière
    ►https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/reseaux-telecoms-les-actes-de-vandalisme-se-multiplient-892271.html

    Depuis environ un an, les dégradations et destructions visant des antennes de téléphonie mobile ou les réseaux Internet fixe grimpent en flèche, privant à chaque fois des milliers de foyers et d’entreprises de moyens de communiquer. Les opérateurs et le gouvernement se mobilisent pour enrayer ce fléau. Décryptage.

    C’est presque devenu monnaie courante. Pas une semaine ne se passe sans que les réseaux télécoms, mobiles et Internet fixe, essuient des sabotages, incendies volontaires, dégradations ou vols. Ce week-end, des habitants du Tarn en ont fait les frais. Dans la journée de samedi, une antenne-relais a été incendiée près d’Albi. Résultat : pas moins de 52.000 abonnés de Bouygues Telecom et de SFR se sont retrouvés, en un éclair, dépourvus de téléphonie mobile. S’il y a du mieux, « la situation n’est toujours pas totalement rétablie », explique à La Tribune ce lundi Arthur Dreyfuss, le secrétaire général de SFR et président de la Fédération française des télécoms (FFT), le lobby du secteur.


    Depuis la fin du mois d’août, les actes de vandalisme visant des antennes de téléphonie et infrastructures Internet fixe vont crescendo en Ile-de-France. « Plusieurs dizaines de sites ont déjà subi des dégradations », relève Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFT). (Crédits : Reuters)

    Le dirigeant précise que c’est un pylône de TDF qui a subi d’importants dégâts. « Or celui-ci irrigue des pylônes d’autres opérateurs, détaille-t-il. Au total, une soixantaine de sites mobiles ont été impactés. » Cette attaque n’a rien d’un cas isolé. Aux côtés de SFR et de Bouygues Telecom, Orange et Free voient régulièrement leurs installations vandalisées dans tout l’Hexagone. Tous sont confrontés à des dégradations d’antennes. « Chez Orange, en moyenne, environ une antenne par semaine est la cible de vandalisme, précise Cyril Luneau, le directeur des relations avec les collectivités locales de l’opérateur. Nous déplorons également des actes de malveillance sur le réseau fixe, dont des vols de câbles en cuivre [essentiels pour apporter la téléphonie et l’ADSL, Ndlr], à hauteur de dix actes par mois. » Il arrive aussi, chez tous les opérateurs, que les points de mutualisation, des installations critiques pour apporter l’Internet fixe à un grand nombre de foyers, soient attaqués.

    Des sabotages en forte hausse en Ile-de-France
    « C’est un fléau », alarme Arthur Dreyfuss. « Les réseaux télécoms sont très sensibles parce qu’ils permettent la connectivité des Français, des entreprises, mais aussi de l’ensemble des services d’urgence, rappelle-t-il. Cela fait dix à douze mois que nous constatons une multiplication des actes de vandalisme. » Le dirigeant précise que les territoires les plus touchés sont aussi, bien souvent, « ceux qui souffrent d’une couverture télécoms compliquée, ce qui est très dommageable pour les habitants et les entreprises ». Lesquels sont parfois extrêmement nombreux à en subir les conséquences. Arthur Dreyfuss se rappelle qu’en début d’année, l’incendie d’une antenne-relais près de Limoges a privé plus d’un million de personnes de télévision pendant plusieurs jours.

    Toutes les régions sont touchées. Mais depuis la fin du mois d’août, les actes de vandalisme vont crescendo en Ile-de-France. « Plusieurs dizaines de sites ont déjà subi des dégradations », relève le chef de file de la FFT. Qui sont, alors, les responsables de ces attaques ? Jusqu’à présent, les enquêteurs semblaient privilégier les pistes de l’ultra-gauche, des anarchistes ou des anti-5G. L’arrivée de la nouvelle génération de téléphonie mobile a notamment suscité une forte opposition et des débats électriques. A gauche et chez les écologistes, beaucoup craignent encore que cette technologie nuise à la planète, et certains redoutent l’impact des ondes sur la santé. Des thèses complotistes ont également circulé, comme celle d’une propagation du coronavirus par la 5G. En mars dernier, le tribunal correctionnel de Valence a ainsi condamné un résident de Pierrelatte (Drôme), opposé à la nouvelle génération de téléphonie mobile, à trois ans de prison - dont un an ferme -, a rapporté France Bleu ▻https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/incendies-a-pierrelatte-un-anti-5g-condamne-a-trois-ans-de-prison-dont-un . En janvier et février, il avait incendié une antenne-relais et une chambre de télécommunications d’Orange. Cela dit, il apparaît bien difficile, aujourd’hui, de dresser des profils types.

    « La question d’un renforcement du dispositif pénal se pose »
    Face à ce vandalisme, les opérateurs et le gouvernement se mobilisent. Ce dimanche, Cédric O, le secrétaire d’Etat en charge du Numérique, a « [condamné] fermement » l’incendie du pylône de TDF dans le Tarn sur Twitter. « Avec Gérald Darmanin [le ministre de l’Intérieur, Ndlr], nous agissons aux côtés de l’ensemble des opérateurs pour mettre fin à ces actes inacceptables, dans le cadre de la convention nationale de lutte contre la malveillance visant les réseaux télécoms, qui met en danger des vies humaines », a-t-il insisté. Cette convention « a vocation à être déclinée localement par les préfectures », précise Arthur Dreyfuss. Elle vise à favoriser le partage d’informations entre les opérateurs, les gestionnaires de sites télécoms, la police, la gendarmerie et la justice. L’objectif est que tous puissent réagir au plus vite lorsque des installations sont vandalisées. Mais aussi d’agir de manière préventive. « Dans ce cadre, nous pouvons transmettre à la police et à la gendarmerie, à l’échelle départementale, des listes de sites sensibles, afin qu’une surveillance puisse, dans certains cas, être mise en place », explique le président de la FFT.

    A ses yeux, cette convention va « dans le bon sens ». Mais « la question d’un renforcement du dispositif pénal et des sanctions se pose lorsque les auteurs de ces faits extrêmement graves sont retrouvés », poursuit-il. Même son de cloche pour Cyril Luneau : « Nous militons notamment pour une politique pénale adaptée en cas de récidive », affirme-t-il. Le message a été bien reçu par le gouvernement. La balle est désormais dans son camp.

    #surveillance #télécoms #internet #orange #pouvoirs #arcep #free #fai #france #opérateurs #neutralité_des_réseaux #smartphone #bigdata #télécommunications #sfr #5g #FFT #numérique #Internet #réseaux #sabotages

    • Deux moines arrêtés pour avoir ciblé des antennes-relais 5G Le Figaro
      ▻https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/deux-moines-arretes-pour-avoir-cible-des-antennes-relais-5g-20210920

      Les deux hommes, âgés de 39 et 40 ans, disent agir pour « prémunir la population des effets nuisibles » de la 5G.

      Deux moines d’un couvent catholique intégriste du Rhône ont été mis en examen, la semaine dernière, pour s’en être pris à des antennes-relais par hostilité au déploiement de la 5G, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

      Selon le parquet de Villefranche-sur-Saône, confirmant des informations du quotidien régional Le Progrès, les deux hommes, âgés de 39 et 40 ans, ont reconnu avoir mis le feu à un premier pylône téléphonique, dans la nuit du 14 au 15 septembre à Saint-Forgeux, au nord-ouest de Lyon. Les dégâts avaient été limités.


      ¨Deux antennes ont été visées par les deux moines. FABRICE COFFRINI / AFP _
      La nuit suivante, les deux moines, membres d’un couvent situé dans le Beaujolais, ont été interpellés en flagrant délit, par les gendarmes, tandis qu’ils tentaient d’incendier une antenne dans une autre commune, à Ancy.

      Mise en examen pour « association de malfaiteurs »
      Placés en garde à vue puis présentés à un juge d’instruction, ils ont reconnu les faits, expliquant avoir agi « pour prémunir la population des effets nuisibles » de la 5G, a précisé à l’AFP la procureure de Villefranche, Laëtitia Francart.

      Mis en examen pour « destruction et tentative de destruction par moyen incendiaire » et « association de malfaiteurs », les deux moines ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils font partie d’une communauté capucine basée au couvent Saint-François, à Villié-Morgon, rattaché au mouvement intégriste de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, selon son site internet.

      Selon Le Progrès, une porte-parole du couvent a évoqué « un acte isolé et une erreur de jeunesse ». « Les ondes sont très nocives à la santé et ils souhaitaient agir pour le bien-être de l’humanité », a-t-elle déclaré au journal.

  • #Orange : Affichage de ce message sur le site ▻https://m.boutique.orange.fr

    MESURE D’INJONCTION ADMINISTRATIVE À L’ENCONTRE DE LA SOCIÉTE ORANGE POUR FAIRE CESSER DES PRATIQUES COMMERCIALES TROMPEUSES EN MATIÈRE DE GARANTIE LEGALE DE CONFORMITÉ.

    Au terme d’une enquête nationale ayant abouti au constat de divers manquements et infractions en matière de garantie légale de conformité, la Direction Départementale de la Protection des Populations du Val de Marne a enjoint à la société ORANGE, de cesser la pratique commerciale trompeuse consistant :
    – à présenter la garantie légale de conformité comme une offre propre à ORANGE,
    – à restreindre les droits des consommateurs dans les modalités de la mise en œuvre et du contenu de cette garantie.

    De telles pratiques trompent les consommateurs sur la portée des engagements de l’annonceur ORANGE et privent ceux-ci d’une information sur leurs droits légaux.
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    COMMUNIQUE JUDICIAIRE

    Sur assignation de l’association CLCV, par jugement rendu le 27 juillet 2021, le tribunal judiciaire de Paris a condamné la société ORANGE pour avoir mis en œuvre une pratique commerciale trompeuse, en l’occurrence pour avoir sciemment omis, dans le cadre de la commercialisation des forfaits « 4G/5G », de présenter dans des conditions satisfaisantes les restrictions d’usage apportées à ce service, en ce qui concerne d’une part la disponibilité effective du réseau 5G et d’autre part les débits minimums réellement disponibles.

    Ce communiqué judiciaire est diffusé pour informer les consommateurs.
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    En savoir plus

    La société Orange, qui considère être en conformité avec le droit applicable, conteste en tous points les termes de cette décision dont elle a relevé appel immédiatement devant la cour d’appel de Paris, de sorte que la présente publication judiciaire ordonnée par le tribunal judiciaire de Paris et exécutée spontanément et sans délai par la société Orange, ne vaut en aucun cas acquiescement au jugement.

  • Je viens de lire (un mois après sa publication) le rapport de l’État sur la panne d’Orange du 2 juin 2021 (panne qui avait notamment touché les numéros d’urgence). C’est un bon rapport, très détaillé, et qui donne une vision très vivante de la panne et de comment les problèmes sont gérés dans le monde réel. ▻https://www.vie-publique.fr/rapport/280855-evaluation-de-la-gestion-par-loperateur-orange-de-la-panne-du-02

    Le rapport est très défavorable à Orange, mais il faut se rappeler que c’est un rapport de l’État, dont l’un des buts est de dédouaner l’État. Du point de vue technique, les grands classiques, une mise en prod’ faite sans test, sur toutes les machines à la fois, un système acheté à l’extérieur et que personne dans la boite ne connait vraiment, etc.

    Il est amusant et instructif de noter tous les cafouillages dans la gestion de la crise, du service d’urgence qui n’arrive à joindre qu’un commercial d’Orange, qui n’a aucune idée de ce qui se passe et ne reçoit pas d’informations de sa boîte, aux techniciens qui suggèrent des contournements qu’Orange n’analyse jamais (certains étaient inefficaces, d’autres négatifs).

    Orange n’est sans doute pas la seule grosse boite qui montrerait une agilité de mammouth fatigué lors d’une crise imprévue.

    Le rapport contient une chronologie détaillée des faits, jusqu’à l’heure du « premier tweet envoyé par Orange ». Bref, une lecture très recommandée.

    La liste des sigles à la fin est très utile, car on découvre dans ce rapport l’incroyable quantité de commissions et de comités qui sont chargés de défendre la France en cas de crise. Si l’efficacité est proportionnelle au nombre d’organismes, aucun risque que les Russes ne puissent nous envahir !

    #Orange #crisologie

  • BPI France : banque publique, intérêts privés - L’État livre la santé aux financiers (3)
    ►https://www.lemediatv.fr/articles/2021/bpi-france-banque-publique-interets-prives-letat-livre-la-sante-aux-financ

    En nouant des liaisons dangereuses avec un acteur majeur de la santé privée en France - le fonds émirati Mubadala -, en finançant des startups médicales qui rongent les activités de l’hôpital public, Bpifrance organise pas à pas l’effondrement de notre système public de santé. Troisième et dernier volet de notre enquête.

    Depuis 2020, la Banque publique d’investissement vole au secours de sociétés du CAC 40. En début d’année, elle annonce fièrement la création de Lac d’argent, un fonds d’investissement visant à soutenir les groupes français cotés en bourse. Objectif affiché : les accompagner dans les « transitions technologiques et environnementales », selon sa communication, et les protéger contre l’appétit des « fonds activistes » étrangers. À terme, la banque espère lever 10 milliards d’euros.


    Le 24 février 2020, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire et le patron de la BPI, Nicolas Dufourcq, sont reçus par le prince héritier d’Abou Dabi et le Directeur du fonds Mubadala. Source : Images du Ministère.

    Elle a déjà rassemblé 4,2 milliards d’euros provenant de différents investisseurs : de grands assureurs français comme #AXA, #Covéa ou #CNP_Assurances, des grands groupes et gestionnaires de fortune comme #Financière_Dassault, #Orange ou #Unibel mais aussi… des fonds souverains étrangers. Celui d’Abou Dabi, - l’un des gouvernements des Émirats arabes unis - #Mubadala_Investment_Company, est le premier à abonder à hauteur d’un milliard d’euros.

    Fin février 2020, le ministre de l’Économie et des Finances #Bruno_Le_Maire est accueilli en grande pompe par le prince héritier d’Abou Dabi pour assister à la signature du protocole entre #Nicolas_Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, et Waleed Al Mokarrab Al Muhairi, le directeur général adjoint de Mubadala. « À travers notre partenariat avec Bpifrance et notre engagement dans le fonds LAC 1, nous aurons accès à des entreprises exceptionnelles générant des rendements attractifs », se réjouit ce dernier. Le « signe d’une relation de confiance forte et durable entre nos deux pays », se félicite le ministre.

    Le choix d’encourager l’investissement du fonds souverain dans des entreprises françaises n’est pas anodin. En plus des manquements aux droits de l’homme relevés par Amnesty International, les Émirats arabes unis sont entrés en mars dernier dans le top 10 des paradis fiscaux de l’ONG britannique Tax Justice Network.

    Monarchies pétrolières et finance totale
    Bpifrance, qui n’a pas souhaité répondre aux questions du Média, est en discussion avec d’autres fonds souverains des pays du Golfe, comme l’a indiqué Nicolas Dufourcq, sans dévoiler les pays concernés. Comment expliquer cette coopération avec des États où, pour paraphraser Valéry Giscard d’Estaing, on n’a pas de démocratie, mais on a du pétrole ?

    Le phénomène remonte à l’ère Sarkozy, décrypte Jean-Philippe Gasparotto, secrétaire général de la CGT du groupe #Caisse_des_dépôts (qui détient la moitié de Bpifrance) : « En 2008-2009, on est allés chercher des capitaux là où ils étaient disponibles, là où il y avait des surliquidités, détenues par des fonds privés ou souverains à l’étranger. Cela avait donné lieu à la création d’une filiale de la Caisse des dépôts, #CDC_International_Capital, qui recherchait des apporteurs de capitaux à l’échelle internationale, notamment autour du Moyen-Orient ou de la Russie, pour les orienter vers les financements de projets d’investissements. Cette société, CDC International Capital, a fini par être intégrée à Bpifrance il y a deux ans. »

    En récupérant le portefeuille de CDC International Capital, Bpifrance a hérité d’accords d’investissement avec six partenaires étrangers, dont une holding privée d’investissement saoudienne dirigée par un prince de la dynastie Al Saoud et le fonds souverain qatari. Mais aussi Mubadala, avec qui la BPI se comporte désormais comme un « gestionnaire d’actifs », d’après Thomas Dallery, maître de conférences en économie à l’université du Littoral-Côte-d’Opale, spécialiste de la #financiarisation.

    « On est dans le mécanisme le plus financiarisé possible, analyse-t-il. Des fonds d’investissement interagissent avec d’autres fonds d’investissement pour essayer de retirer le maximum de rendement dans les entreprises dans lesquelles elles vont se placer, pas du tout pour les accompagner sur le long terme, pour jouer ce rôle d’État stratège, ni pour préserver certains secteurs d’activité en difficulté ou essayer d’amorcer le développement de filières d’avenir. » D’autant que Bpifrance vise un rendement de 16 %, un chiffre « énorme » d’après le chercheur.

    Mubadala et le lucratif marché de la santé
    En recherche de rentabilité, Mubadala prend d’assaut depuis quelques années un marché bien lucratif : celui de la santé privée en France. Une concurrence directe au système de santé public, venant de l’étranger et soutenue par une institution publique : aux côtés de Bpifrance, le fonds émirati investit dans de nombreux #Ehpad privés dans l’Hexagone. Il est devenu l’un des actionnaires majoritaires de #Vivalto_Santé, troisième groupe en France de cliniques et hôpitaux privés. Le groupe dégageait en 2019 un chiffre d’affaires de 760 millions d’euros, contre 308 millions en 2015. Hormis Vivalto, Bpifrance a aussi investi, en 2016, 95 millions d’euros dans #MédiPôle_Partenaires, second acteur de l’hospitalisation privée en France. Filiale de la Caisse des dépôts et consignations, qui possède la moitié de Bpifrance, #Icade_Santé est aujourd’hui le premier investisseur dans les murs des #cliniques_privées du pays.

    Des choix d’investissement qui interrogent Jean-Philippe Gasparotto : « Il n’y a pas d’appui direct, d’aide ou d’accompagnement de Bpifrance ni d’Icade à l’investissement dans la santé publique ou les hôpitaux publics. On pourrait penser que, compte tenu de la nature publique de ces organismes, ils seraient plus enclins et peut-être même poussés à investir dans la sphère publique plutôt que dans la sphère spéculative privée, notamment parce que les besoins d’investissement, on le sait, sont très nombreux et très importants dans le domaine de la santé publique. Mais il est vrai que le marché, lui, est florissant dans le domaine privé et que c’est probablement, là encore, la recherche des rendements qui guide les décisions d’investissement de Bpifrance. »



    « Médecine 3.0 »
    Outre son implication dans de grands groupes de santé privés, Mubadala alimente aussi le marché des « #HealthTech », ces startups médicales qui tentent de gagner du terrain à l’hôpital public, toujours avec le soutien sans faille de Bpifrance. En 2020, le fonds émirati investit 18 millions de dollars dans l’entreprise #Owkin, qui utilise l’intelligence artificielle pour traiter des données médicales (dans laquelle Bpifrance a aussi injecté de l’argent).

    Une générosité appréciée par l’institution française, déterminée - comme elle le revendique sur son site - à « suivre les transformations » de ce qu’elle appelle « l’industrie de la Santé » à travers la « médecine 3.0 » : celle des technologies. Consciente que les startups peuvent représenter une manne financière considérable, elle se réjouit que « les potentiels acquéreurs augmentent du fait de la multiplicité des acteurs qui s’intéressent à la médecine 3.0 : des #GAFAM aux Big Pharmas, en passant par les groupes d’établissements de santé ».

    Pour encourager ce mouvement, Bpifrance investit plusieurs millions dans les jeunes entreprises qu’elle juge prometteuses. Elle s’inscrit ainsi dans la ligne de la Caisse des dépôts et consignations (qui la détient à 50 %), qui suggérait dans un rapport qui a fuité sur Mediapart en 2020 d’accroître le rôle des assureurs privés et des startups médicales à l’hôpital public.

    Parmi ces entreprises rêvant d’un avenir de mastodontes ou d’être rachetées par des multinationales, #Lucine. Fin 2020, la startup bordelaise lève 5,5 millions, auprès (entre autres) de Bpifrance. Sa fondatrice revendique avoir inventé le premier « médicament numérique ». Révolutionnaire ? En réalité, il s’agit d’une application qui joue des sons et affiche des images colorées de nature censées libérer de l’endorphine, de la morphine ou de l’adrénaline, un cocktail qui diminuerait les douleurs, « en faisant en sorte que ces innovations soient remboursées par la Sécurité sociale ». Par de l’argent public, donc.

    Autre nouveauté qui a attiré les millions de Bpifrance en 2020 : #Synapse_Medicine, un « #assistant_virtuel » auquel les médecins peuvent poser des questions sur des médicaments, et une plateforme visant à analyser des ordonnances et alerter sur des erreurs de dosage. Le travail d’un médecin, en somme.

    Happytal ou l’hôpital à deux vitesses
    Dans cette vague de startups médicales, certaines font une incursion remarquée au sein-même de l’hôpital public. C’est le cas de #Happytal, installée dans une centaine d’hôpitaux en France (dont seulement cinq structures privées), qui a bénéficié d’une levée de fonds de 23 millions d’euros en 2020 (dont un prêt de 3 millions de la part de la BPI). Elle propose des services de pré-admission en ligne, de recueil des demandes de chambre individuelle et de conciergerie aux patients hospitalisés : livraison de nourriture, de fleurs, coiffure, épilation, manucure, massages. Autant de petits luxes prodigués à prix d’or, inoffensifs en apparence. Pourtant, la présence d’une telle entreprise soulève de nombreuses craintes auprès du personnel soignant.

    Au centre hospitalier et universitaire de #Toulouse, la start-up fait grincer des dents depuis qu’elle s’y est installée, il y a deux ans. Mathieu Félix, manipulateur en radiologie et délégué syndical CGT, décrype pour Le Média : « Ces services sont vendus à des prix prohibitifs. Lorsque l’on nous a présenté les tarifs, nous avons halluciné : tout cela coûte plus cher qu’une nourrice. Ce qu’ils proposent est déjà faisable sans intermédiaire et beaucoup moins cher. » Un document consulté par Le Média révèle ainsi que l’hôpital paie pour ces services une redevance mensuelle de 10 000 euros à Happytal, ainsi qu’ « une redevance variable versée par le #CHU selon le nombre d’enregistrements effectués par Happytal ». Autrement dit, plus Happytal décroche de signatures pour des chambres individuelles, plus l’hôpital rémunère la start-up. « Tout cela ne vise qu’à faire entrer du marchand à l’hôpital, affirme Mathieu Félix. Nous sommes censés accroître l’ “attractivité”. Mais l’attractivité hospitalière, ça n’existe pas. »

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=wyd2FF0ONUc

    En plus de favoriser des patients aisés, ce type de partenariat « relève d’une volonté politique de démantèlement des hôpitaux en externalisant et découpant les activités de façon fataliste, en prétendant qu’on n’a pas les moyens de financer certaines activités, qui en réalité peuvent être menées à moindre coût lorsqu’elles sont centralisées. » Le syndicaliste s’inquiète également d’un risque d’ “abus de faiblesse” sur un public souvent âgé et vulnérable : en 2019, France 2 révélait qu’une patiente de l’hôpital de Cannes, âgée de 89 ans, s’était vu facturer 900 euros pour une chambre individuelle sans en avoir fait la demande (un prérequis pour faire payer ce type de chambre), après avoir signé un document soumis par Happytal.

    Contactés par Le Média, les fondateurs de l’entreprise, #Pierre_Lassarat et #Romain_Revellat, assurent que « Happytal n’avait pas connaissance au moment du recueil du consentement qu’il y avait une raison médicale à la mise en chambre individuelle de cette patiente, ce qui impliquait sa gratuité ». À #Douarnenez, en Bretagne, Françoise Bordanova, infirmière et secrétaire générale adjointe de la section CGT de l’hôpital, se demande « comment les patients âgés signent un document. Nous accueillons en grande partie des patients en gériatrie. Sont-ils assez conscients pour consentir de façon éclairée et avoir une réponse adéquate quand quelqu’un demande si leur mutuelle rembourse une chambre individuelle ? D’autant plus que souvent, ils sont seuls. Ils n’ont pas leur famille avec eux. »

    Au centre hospitalier de Rambouillet, la CGT craint que ces externalisations contribuent à ce que « des postes soient supprimés. On voit bien que c’est la tendance, notamment chez les administratifs en ce moment ». Françoise Bordanova explique qu’un « agent effectuait les tâches de Happytal avant qu’ils arrivent. Il allait demander si les gens avaient une mutuelle et s’ils souhaitaient une chambre individuelle. Il est parti à la retraite et n’a pas été remplacé. » Les fondateurs de Happytal, eux, disent ne pas être « au courant du non-remplacement de cet agent. Si l’hôpital a besoin d’un relais pour s’occuper des chambres individuelles, nous sommes là. Nous ne faisons pas les équilibres budgétaires. Nous constatons la situation et tentons d’y répondre. »

    « Micro-privatisation » de l’hôpital
    Autant de discrètes démarches qui participent à la #marchandisation de l’hôpital public français, une « #micro-privatisation » selon les termes de Fanny Vincent, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Jean-Monnet-Saint-Étienne, sociologue de la santé et co-autrice de La casse du siècle : à propos des réformes de l’hôpital public (Raisons d’agir, 2019).

    « Cette #technophilie hospitalière qui prétend apporter des gains en termes de qualité vise en réalité à faire accepter le sous-financement de l’hôpital, il lui donne des gages. C’est une face à part entière du #néolibéralisme. » La chercheuse reconnaît que « les progrès technologiques peuvent avoir un intérêt. Mais il faut bien avoir en tête que ceux qui financent et dispensent ces innovations ont des exigences en termes de #rentabilité qui entrent totalement en conflit avec le service public où il n’y a pas d’exigence de rentabilité, de chiffre d’affaires. Les #logiques_marchandes et celles de service public ne sont pas conciliables. » En faisant peser sur les individus le coût de services, « nous créons un système de santé de plus en plus inégalitaire où la médecine est mise au service de l’économie », ajoute-t-elle.

    Pour asseoir un peu plus encore le dogme néolibéral dans le domaine de la santé, Bpifrance va jusqu’à publier sur son site un « guide de la vente de produits innovants à l’hôpital public » ▻https://lehub.bpifrance.fr/guide-vente-produits-innovants-hopital-public qui recommande aux entrepreneurs d’ « adapter son langage et sa posture », de « proposer une phase de test » par le biais d’un « #prêt_gratuit ». Le conseil le plus notable est l’apanage de la #novlangue technocrate. Intitulé « neutraliser les perturbateurs », il préconise : « Lors d’un rendez-vous où le panel est très large, allant du directeur du CH à la secrétaire médicale en passant par le médecin, il n’est pas rare d’être confronté à un “opposant”, impossible à satisfaire. Ces personnalités auront tendance à freiner les discussions, il faut faire en sorte de les écarter du cœur du processus. »

    Des propos ayant de quoi inquiéter lorsqu’ils viennent d’une institution publique devenue le bras armé de toutes les #outrances du néolibéralisme : perte de souveraineté, désindustrialisation, destruction des services publics. Nouveau symbole de ce dévoiement, une loi datant du 23 mars 2020 (loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19) autorise le gouvernement à légiférer par voie d’#ordonnance afin d’adapter « les dispositions relatives à l’organisation de la Banque publique d’investissement ». Le 17 juin de la même année, une ordonnance est signée et vient ouvrir le conseil d’administration de la banque publique… à des acteurs privés, jusque-là absents, dont il est permis de douter des égards pour l’intérêt général.

    #France #fric #capitalisme #santé_privée #Mubadala #startups #hôpital_public #Bpifrance #bpi #système_public_de_santé #santé #cac_40 #paradis_fiscaux