• #Gérald_Darmanin veut rendre « impossible » la vie des étrangers soumis à une obligation de quitter le territoire

    Les circonstances de la mort de la petite #Lola et le profil de la suspecte, de nationalité algérienne et sous le coup d’une #obligation_de_quitter_le_territoire_français (#OQTF), ont suscité de vives critiques à droite et à l’extrême droite. Si les parents de l’enfant ont regretté les tentatives de récupération politique de ce terrible drame, les discussions politiques se poursuivent. Ce jeudi, le ministre de l’intérieur a annoncé l’intention du gouvernement de rendre « impossible » la vie des étrangers faisant l’objet d’une OQTF.

    « Nous avons un travail à faire pour rendre impossible la vie des OQTF en France » dans le futur projet de #loi sur l’immigration, a déclaré Gérald Darmanin sur France Inter, en soulignant comme exemple le fait qu’« aujourd’hui quelqu’un qui fait l’objet d’une OQTF peut encore avoir un #logement_social ». « Un étranger arrivé légalement sur le sol [français] et qui perd son statut, devenant irrégulier, ne doit plus pouvoir garder son logement social », a insisté l’entourage du ministre.

    « Un droit trop complexe » pour expulser

    La #mesure_d’expulsion, dite OQTF, fait l’objet de polémiques récurrentes, notamment sur son taux d’application réel que le gouvernement veut augmenter à l’aide de la loi. Cette polémique a été ravivée depuis le meurtre sauvage de Lola. Sur ce sujet, le ministre de l’Intérieur a déploré un « droit trop complexe pour expulser un étranger en situation irrégulière, avec jusqu’à douze recours administratifs et judiciaires ».

    Selon lui, « plus de la moitié » des 120.000 OQTF prises ne sont pas exécutoires à cause de #recours_administratifs. Le projet de loi à venir prévoit de diviser par trois ce nombre possible de recours, de douze à quatre, a expliqué Gérard Darmanin, en prévoyant sur ce sujet « un grand débat parlementaire très compliqué ». Le gouvernement envisage par ailleurs de « lever les protections pour un certain nombre d’étrangers », a dit le ministre en citant la nécessité de mettre fin au système de #double_peine, qui voit un étranger condamné devoir purger sa peine sur le territoire avant son expulsion.

    Une situation « déjà » impossible

    La suppression de cette mesure permettrait selon lui « d’expulser 4.000 étrangers délinquants supplémentaires par année ». Rendre la vie « impossible » aux étrangers en situation irrégulière, « c’est déjà le cas actuellement », dénonce Mélanie Louis, responsable des questions d’expulsions à l’association La Cimade, pour qui les mesures du projet de loi vont faire rompre la France avec « l’Etat de droit ».

    Selon Mélanie Louis, il est d’ailleurs « complètement faux » qu’une personne sous le coup d’une OQTF ait droit à un logement social en France : « ces personnes bénéficient simplement du droit, inconditionnel, à une place d’#hébergement_d’urgence via le 115 [le numéro d’urgence dédié aux sans-abri], mais dans aucun cas à un HLM ».

    « 100 % d’application » pour les expulsions

    Jeudi soir, le président Emmanuel Macron a dit vouloir « réformer en profondeur les règles, nos lois, pour simplifier les procédures » d’expulsion, à l’occasion d’une nouvelle #loi_sur_l’asile_et_l’immigration qui doit être présentée « On va durcir les règles » pour « aller à ces 100 % » d’application des obligations de quitter le territoire français, des #procédures_d’expulsion dont moins de 10 % seulement sont exécutées. « au premier semestre de l’année prochaine ».

    « On va durcir les règles » pour « aller à ces 100 % » d’application des obligations de quitter le territoire français, des procédures d’expulsion dont moins de 10 % seulement sont exécutées.

    https://www.20minutes.fr/politique/4007487-20221027-darmanin-veut-rendre-impossible-vie-etrangers-soumis-obli

    #Darmanin #Gérard_Darmanin_comme_Theresa_May #hostile_environment #environnement_hostile #asile #migrations #réfugiés #instrumentalisation #sans-papiers #rendre_la_vie_impossible #expulsions #renvois #durcissement

    ping @karine4 @isskein

    • Elle déclare sur Tweeter : « Immense tristesse : un adolescent de 16 ans, migrant soudanais disparu en mer cette nuit, a été retrouvé mort sur la plage de Sangatte ce matin. Ce drame insupportable nous mobilise encore + avec @Gdarmanin contre les passeurs qui profitent de la détresse des êtres humains ».

      (...) une militante associative qui vient d’être condamnée pour injure publique par le tribunal correctionnel de Paris le 4 octobre pour avoir traité d’« ordure » Marlène Schiappa après son tweet.

      https://seenthis.net/messages/966639

      #xénophobie_d'État #justice #Marlène_Schiappa

    • on est super Charlie. hier, une députée degauche [edit : erreur de ma part, j’ai cru que dire « xénophobe » était degauche... voir plus bas, ndc] prend la parole à l’A.N. et qualifie le RN de parti xénophobe. « Rappel à l’ordre ». bon, ça fait quelques vagues y compris dans la macronie. on va quand même pas interdire toute expression d’une pensée ajustée dans ce temple de la représentation.

      #bienveillance #démocratie

    • @colporteur Pas exactement : ce n’est pas (du tout) une députée de gauche qui a été rappelée à l’ordre, c’est Astrid Panosyan, députée LaRem/Renaissance !

      Et comme le commente Pr. Logos :
      https://twitter.com/Pr_Logos/status/1580076189317705729

      Rien ne va dans cette histoire, et en particulier pas ceci : s’il y a des gens baignés dans la nostalgie de l’OAS et qui ont déroulé le tapis rouge à l’extrême-droite, c’est bien Astrid Panosyan et son défunt mari, Laurent Bouvet.
      L’Automne Réactionnaire.

      De sorte que je me demande dans quel sens fonctionne l’anecdote : montrer la collusion d’une partie des macronards avec l’extrême-droite ou donner au contraire un vernis de Résistance à ceux qui portent l’hybridation néofasciste du néolibéralisme managérial ?

      Et ça va marcher (ah ah) la stratégie confusionniste pour laquelle Enthoven est payé 5500€, comme troll : vous allez voir l’Alt-Right du macronisme (Panosyan-Bouvet) la plus abjecte recevoir des « soutiens » au nom de l’antifascisme.

    • Perso je vois une explication plus simple : le gouvernement va vers le 49.3, et donc pour l’instant toute cette « opposition » des LR et FN est essentiellement de l’esbrouffe, puisqu’à la fin ils ne voteront pas la motion de censure.

      M’enfin faudrait pas non plus trop jouer avec le feu, et éviter tout de même de trop insulter son opposition. D’où le zèle de Yaël Braunt-Pivet à prétendre à des débats « respectueux des parlementaires ». Quitte à déraper.

  • Marlène Schiappa au tribunal par Sébastien Fontenelle | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2022/07/marlene-schiappa-au-tribunal-44661

    quand elle découvre les tweets d’Isabelle Saint-Saëns, la ministre, moins « #ToujoursCharlie » qu’à son accoutumée, porte aussitôt plainte pour « injure publique envers un membre d’un ministère », et demande à l’impertinente militante la coquette somme de « 10 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi du fait de la publication des propos poursuivis ».

    #migrants #justice #répression #ordure

    • #Marlène_Schiappa et la politique des ordures

      La ministre poursuit une militante, qui l’a traitée d’ordure, pour « injure publique ». On peut traiter des Roms ou des exilé·es comme des ordures, à condition que ce soit la politique du pays. C’est une question complémentaire qui est aujourd’hui posée à la justice. Des êtres humains n’ont-ils pas le droit de traiter d’ordures celles et ceux qui traitent comme des ordures d’autres êtres humains ?

      Le 19 août 2020, un jeune soudanais, Abdulfatah Hamdalla, est trouvé mort sur la plage de Sangatte, dans le Pas-de-Calais. Wajdi (c’est son surnom) avait essayé de traverser la Manche avec des pelles en guise de rames, mais le bateau gonflable avait chaviré ; son compagnon avait réussi à gagner la côte à la nage ; pas lui. Il était en France depuis un an et demi, mais l’asile venait de lui être refusé. Il voulait donc tenter sa chance en Angleterre. Or à Calais, c’est la politique répressive de la France, en même temps que de la Grande-Bretagne, qui rend la traversée de la Manche si dangereuse. Migreurop l’affirme avec force : Abdulfatah Hamdallah est « victime des politiques migratoires européennes ».

      « Depuis 1999, au moins 275 personnes [sont] mortes dans cette zone transfrontalière : mortes noyées en tentant de traverser la Manche ou de monter à bord d’un ferry dans le port de Calais, mortes écrasées par la cargaison d’un camion dans lequel elles s’étaient cachées, électrocutées par les caténaires de l’Eurostar ou tout simplement victimes des défaillances dans l’accès aux soins ou de l’absence de dispositifs d’accueil ». Comme en Méditerranée, même si c’est à moins grande échelle, les morts se multiplient ; pourtant, sous couvert de lutte contre les passeurs, en même temps qu’aux exilé·es, c’est au militant·es solidaires qui leur apportent une aide que s’en prend l’État.

      Il n’empêche : le jour-même, Marlène Schiappa, alors ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur chargée de la citoyenneté, sur Twitter, faisant part de son « immense tristesse », en profitait pour justifier la politique gouvernementale : « Ce drame insupportable nous mobilise encore plus avec Gérald Darmanin contre les passeurs qui profitent de la détresse d’êtres humains ! » Et qu’importe si cette tragédie n’implique aucun passeur ?

      En réponse, Marlène Schiappa était bien sûr taxée d’hypocrisie. La sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi s’exclamait ainsi : « Se servir d’un drame humain pour justifier la poursuite d’un programme politique anti-migrant à l’origine du drame survenu et de tous ceux à venir, c’est d’un cynisme »…

      L’avocate engagée Caroline Mécary dit en substance la même chose : « Quelle tartufferie chère Marlène Schiappa qui avez : - Cautionné la loi Asile et Immigration ! – Démantelé les camps de migrants sans jamais proposer de solution alternative ! – Criminalisé les associations de secours en mer. #OnVousVoit ! »

      Dans les deux cas, Isabelle Saint-Saëns, militante de longue date aux côtés des migrants, accompagne son retweet d’un mot cinglant : « ordure ! » Et c’est encore ce mot qu’elle répète une troisième fois (mais au pluriel), en découvrant que Priti Patel, l’homologue britannique de Gérald Darmanin, également en charge de la politique migratoire, retweete Marlène Schiappa : « Il s’agit de la perte bouleversante et tragique d’une jeune vie. Cet horrible incident nous rappelle brutalement l’existence des odieux gangs criminels et des passeurs qui exploitent les personnes vulnérables. En travaillant ensemble, nous sommes déterminés à les arrêter. » C’est le même discours, sur le même ton.

      Vendredi 8 juillet 2022, Isabelle Saint-Saëns est convoquée au tribunal : comme le rapporte dans Politis Sébastien Fontenelle, Marlène Schiappa a déposé plainte contre elle pour « injure publique envers un membre d’un ministère », en demandant à la retraitée militante 10 000 euros en réparation du préjudice subi. Il est vrai que les trois tweets de ce compte suivi par 1300 abonnés ont totalisé 5 likes et 1 partage... Gageons donc que le procès donnera associera davantage le mot « ordure » au nom de la ministre : c’est le célèbre effet Streisand. Mais n’est-ce pas le but recherché ? Si l’admiratrice de Cyril Hanouna désire la publicité à tout prix, s’agit-il bien d’une injure ?

      Selon l’article 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. » Il n’y aurait donc pas injure, à l’inverse, quand le mot qui offense, loin d’être une insulte gratuite, s’avère une critique politique de faits qui ont à voir avec l’ordure. Si je me pose la question, c’est que j’ai écrit en 2014, dans Roms & riverains, sur la politique de l’ordure menée par la France à l’égard des migrant·es roms, que les politiques publiques condamnent à vivre dans des conditions sanitaires sordides, près de décharges, sans ramassage d’ordures ni toilettes. « Ce n’est pas un hasard si “les Roms” sont aussi couramment associés, avec toute la violence de ce que nous avons qualifié de politique scatologique, aux décharges publiques, aux excréments et aux ordures. À peine bons à jeter, ils sont constitués en figure économique du déchet. »

      Le traitement de ces populations sur le mode du rebut participe, écrivais-je alors, d’une « politique de la race » : « C’est une politique qui justifie de traiter des êtres humains de manière inhumaine sans pour autant se sentir moins humain. Si “les Roms” étaient pleinement humains, alors, il faudrait se conduire à leur égard avec humanité ; mais puisqu’on les traite comme on le fait, et d’autant qu’on le sait, c’est bien qu’ils ne le sont pas tout à fait. Montesquieu avait pareillement démonté la folle rationalité de l’esclavage dans L’Esprit des lois : “Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.” La déshumanisation des Roms est ainsi la condition nécessaire pour sauvegarder notre humanité malgré ce que nous leur faisons. »

      Dans cette politique de la race, il ne s’agit pas seulement des Roms. Les pratiques de harcèlement par les pouvoirs publics « ne leur sont pas réservées ; par exemple, on les connaissait déjà dans la “jungle” de Calais – et pour les mêmes raisons : à force de tracasseries, il s’agit de décourager les migrants, dans l’espoir qu’ils renoncent et finissent par partir sans qu’il soit besoin de les expulser. » C’est ce que j’appelais ironiquement « l’auto-expulsion » : une politique de persécution à l’encontre des exilé·es, de la jungle de Calais à la Porte de la Chapelle, où leurs tentes sont lacérées, leurs sacs de couchage confisqués et leurs visages aspergés de gaz au poivre. La puissance publique a pris au pied de la lettre la formule qui lui était naguère opposée : « immigration jetable ».

      En France, il est donc permis de traiter des êtres humains comme des ordures. En revanche, celles et ceux qui mènent cette politique veulent interdire qu’on les traite d’ordures : ils voudraient n’en être pas comptables. On peut poursuivre une militante pour le mot « ordure », mais pas un ou une ministre pour une politique de l’ordure. La question s’est posée à propos de Manuel Valls : lorsqu’il a été poursuivi pour ses propos racistes tenus sur les Roms alors qu’il était ministre de l’Intérieur, la justice a considéré qu’ils ne posaient pas problème, puisqu’ils reflétaient la politique de la France. Je m’interrogeais alors : « Faut-il en conclure que la politique de l’État, par définition, ne saurait être raciste ? Ou bien qu’elle peut l’être impunément, parce que le gouvernement de la France serait au-dessus des lois ? » Peut-on traiter des gens comme des ordures, à condition que ce soit la politique du pays ?

      C’est une question complémentaire qui est aujourd’hui posée à la justice. Des êtres humains n’ont-ils pas le droit de traiter d’ordures celles et ceux qui traitent comme des ordures d’autres êtres humains ? Il s’agit pourtant bien d’un discours politique des premiers sur les seconds, retournant l’abjection subie par les exilé·es contre les politiques qui la leur font subir. Les juges pourraient donc se montrer sensibles à l’évolution de la langue : aujourd’hui, on utilise souvent le verbe « traiter » comme un intransitif absolu : « il me traite », autrement dit, « il m’injurie » – mais aussi : « il me traite mal ». C’est mettre sur le même plan traiter de et traiter comme. En revanche, si la justice devait donner raison à la ministre, permettant de traiter comme tout en interdisant de traiter de, alors, il conviendrait qu’elle réponde à une autre question : comment peut-on qualifier, sans encourir les foudres judiciaires, les responsables d’une politique de la race qui traite de manière inhumaine des êtres humains sans pour autant se sentir moins humains ? Quels autres mots sont-ils adéquats pour dire, avec justesse et justice, cette abjection politique ? Car enfin, peut-on pratiquer une politique de l’ordure sans être ou devenir soi-même une #ordure ?

      https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/080722/marlene-schiappa-et-la-politique-des-ordures

      #Schiappa #Isabelle_Saint_Saëns

  • Les forçats des déchets | Santé & travail
    https://www.sante-et-travail.fr/forcats-dechets

    Ce sont les soutiers des temps modernes, occupés dans l’ombre à faire disparaître promptement les rebuts de la #société_de_consommation, dont nous ne saurions tolérer la vue. Environ 100 000 personnes sont employées dans le secteur des déchets, dont la moitié au traitement des ordures ménagères. Parmi elles, de nombreux salariés en insertion ou des travailleurs handicapés. Tous exposés à de multiples risques connus – pénibilité physique et mentale, horaires décalés, manipulation de #produits_toxiques, manque de reconnaissance, etc. – ou moins documentés, comme la contamination par bactéries et moisissures, lors des manutentions en centre de tri ou de compostage.
    Car les politiques publiques environnementales, aussi vertueuses et nécessaires soient-elles, ont laissé le travail dans un angle mort. Qui sait que les piles et batteries équipant nos objets du quotidien sont recyclées, à cause de leur dangerosité, dans des usines classées Seveso, où les équipes d’ouvriers se relaient en 3 x 8, y compris les jours fériés ? Il est temps pour l’économie circulaire de penser aux enjeux de santé au #travail. Des pistes se dessinent : intégrer l’ergonomie du recyclage dès la conception des produits. Ou faire coopérer les professionnels de l’ensemble d’une filière sur les conditions de travail. Et surtout valoriser enfin des métiers et des travailleurs essentiels à la préservation de l’environnement.

    https://basta.media/Recycler-trieur-de-dechets-sytcom-conditions-de-travail-Ecosystem-emplois-v

  • Comment le recyclage détruit l’environnement au Vietnam | Zoom Ecologie
    https://zoom-ecologie.net/?Comment-le-recyclage-detruit-l-environnement-au-Vietnam-Entretien-av

    Mikaëla Le Meur a publié « Le mythe du recyclage », un livre qui reprend ses observations de terrain dans le village de Minh Kai au Vietnam. Elle explique comment le commerce international de déchets « recyclables » y entraîne une délocalisation de la pollution. Les restes de la consommation européenne, états-unienne, japonaise ou australienne s’accumulent dans des espaces mal équipés pour les traiter, polluant l’environnement tout en produisant de nouveaux objets de médiocre qualité. Durée : 59 min. Source : Fréquence Paris Plurielle

    https://zoom-ecologie.net/IMG/mp3/zoom_ecolo_2022_24_02_recyclage_vietnam.mp3

  • Grève au royaume des ordures - SOLIDAIRES Rhône
    https://www.solidairesrhone.org/spip.php?article982

    Grève au royaume des ordures

    17 jours de grève pour la dignité (grève Pizzorno d’avril 2019) documentaire de 55 minutes

    dimanche 14 novembre 2021, par Solidaires Rhône R.L.

    En avril 2019, les salarié.es de Pizzorno de la métropole de Lyon (ramassage des ordures) ont mené 17 jours de grève victorieuse pour des augmentations de salaires et l’amélioration de leurs conditions de travail. Organisation de la lutte, discussions sur les conditions de travail, soutiens...

    Solidaires Rhône a réalisé un film de 55 minutes sur cette grève exemplaire.

    Solidaires Rhône a réalisé un film documentaire et une brochure qui permet de comprendre et débattre sur la grève des PIZZORNO dans la métropole lyonnaise en avril 2019.

    Des échanges à partir de ce film sont possibles dans le cadre de soirées militantes, de formations syndicales, de journées de réflexions sur la grève, l’action, les conditions de travail, les questions écologistes etc. Durée : 55 minutes

    #déchets #ordures #grève #documentaire #solidaires #pizzorno #lyon #documentaire

  • Cop26 : les éboueurs font tache d’huile à Glasgow Thomas Lemahieu
    https://www.solidaire.org/articles/cop26-les-eboueurs-font-tache-d-huile-glasgow

    En grève pour leur salaire, ces « travailleurs essentiels » à l’environnement profitent du sommet sur le climat pour se faire entendre. Avec gouaille et détermination.

    Le dispositif est éprouvé. Toujours le même. Au poil. Léger. Un téléphone en mode vidéo activé, un piquet de grève à l’arrière-plan et, sur le devant de la scène, un homme, index pointé, coups de menton, bras en l’air. Et une gouaille qui perce les tympans et crève les cœurs. En une dizaine de jours, grâce à ses petites séquences de quelques dizaines de secondes, tournées en plan américain avec un léger effet de plongée, Chris Mitchell, leur porte-voix – et quelle voix, avec cet accent écossais à couper au couteau –, a réussi à mettre les éboueurs en lutte au cœur des mobilisations organisées durant la COP26 de Glasgow (Royaume-Uni). La jeune activiste écologiste suédoise Greta Thunberg, l’autre « rock star » du contre-sommet, a d’ailleurs fini par relayer elle-même le conflit sur les réseaux sociaux. « Tenez-vous avec nous, pas contre nous ! » réclame l’animateur du syndicat GMB dans chacun des messages et, de plus en plus, des citoyens dans la ville écossaise mais aussi dans le monde entier se lèvent avec eux pour relayer leurs demandes : pas de justice, ni sociale, ni climatique, pas de paix !

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=cHy6r6xYhzk

    En butte depuis des années à une stagnation salariale totale, les éboueurs de Glasgow avaient prévenu, dès la mi-octobre, les autorités locales qui, à travers l’agence publique employant les fonctionnaires territoriaux (Cosla), gèrent notamment la récolte et le traitement des déchets : sans avancée sur leur revendication d’une augmentation conséquente – bon nombre ont des fiches de paie autour de 17 000 livres sterling (20 000 euros) par an, un salaire très bas en Écosse –, ils relanceraient une grève au démarrage de la COP26. « Nous avons un message très clair pour le gouvernement écossais ! s’époumonait Chris Mitchell, le 20 octobre dernier. Payez à ces héros un salaire décent ! Parce qu’ils le méritent ! La camaraderie (en français dans le texte – NDLR) et la solidarité ne font que croître. Elle est toujours plus grande, plus grande et plus grande, et nous n’allons pas reculer. » Et ils ont tenu parole. Depuis dix jours, les ordures ne sont pas collectées à Glasgow et, malgré cela, la grève atteint des sommets de popularité.

    Sur l’air de l’hymne électro Freed from Desire
    Toute la semaine, sur les sept ou huit piquets de grève devant les différents centres de traitement des déchets, les éboueurs ont reçu la visite des participants au contre-sommet : des environnementalistes indiens, des défenseurs du nucléaire canadiens, des syndicalistes européens… Ensemble, ils ont repris à tue-tête le refrain de la grève, sur l’air détourné de l’hymne électro Freed from Desire : « Les travailleurs sont en feu, Cosla devrait être pétrifié ! » Le week-end dernier, des représentants du syndicat de locataires de Govanhill, un quartier au sud de Glasgow, sont venus témoigner également de leur solidarité. « Au-delà de la rémunération des travailleurs, en tant que résidents, nous devons voir des investissements massifs dans notre service de nettoyage, qui, pendant des années, a été en sous-effectif et sous-financé », rappelle l’une des animatrices de l’association.

    Pour l’exécutif écossais et le conseil municipal de Glasgow, contrôlés par les indépendantistes de gauche du Parti national écossais (SNP), la grève des éboueurs tombe au plus mal : elle écorne la carte postale de la COP26 – au lustre déjà bien étiolé –, mais aussi l’image d’un gouvernement occupé à lutter contre l’austérité imposée par les conservateurs de Boris Johnson. Pire : les élus SNP ont envisagé, ces derniers jours, de mettre en branle une stratégie à la Thatcher pour casser le mouvement : après avoir encouragé – sans succès – les personnels des parcs et jardins à « franchir le piquet de grève » pour ramasser les poubelles, ils ont cherché à recruter des personnels privés dans le même but. Dans un communiqué, vendredi dernier, le syndicat GMB a réclamé la démission immédiate de Susan Aitken, la maire SNP de Glasgow, au nom de « son abdication totale face à ses responsabilités ». Ajoutant : « Ils nous ont menacés par trois fois avec des lois antisyndicales et maintenant ils veulent utiliser des intérimaires pour briser le mouvement. Les tactiques des tories ne marcheront pas. »

    Jeremy Corbyn est venu soutenir les grévistes
    Les travaillistes écossais se sont, eux, rangés derrière les éboueurs en grève, appuyant leur revendication d’une hausse annuelle de 2 000 livres sterling (2 350 euros). Ce lundi, c’est Jeremy Corbyn, l’ancien dirigeant du Labour et figure de la gauche britannique, qui est venu les soutenir. Secrétaire générale des TUC, la confédération unique au Royaume-Uni, Frances O’Grady salue également le mouvement : « La justice climatique et la justice sociale vont de pair, mais, alors que Glasgow accueille ce sommet sur le climat, les travailleurs essentiels qui la nettoient ne reçoivent pas le traitement juste et la considération au travail qu’ils devraient recevoir. »

    Pour Chris Mitchell, la figure des éboueurs en lutte, dont certains camarades envisagent, mi-blagueurs, mi-sérieux, de transformer les harangues en sonnerie de réveil ou de téléphone, le pli est pris. « C’est une question d’environnement, notre métier, nous avons affaire à du recyclage et du gâchis alimentaire, insiste-t-il. Il est malheureux et même lamentable de devoir endurer des coupes budgétaires depuis ces dix dernières années, et ces quatre dernières années ont été proprement horribles. Si vous vous souciez de l’environnement, vous devez investir dans les services publics, mais, malheureusement, Glasgow n’a fait que des économies d’échelle permanentes, au détriment du bien commun et des travailleurs. » 

    #cop26 #ordures #déchets #Ecosse #Glasgow #grève #recyclage #services_publics #nettoyage #greta_thunberg #écologie

  • Comment l’ex-agent de Mia Frye et le rédacteur en chef de « Politis » ont arnaqué des dizaines de sans-papiers
    https://www.streetpress.com/sujet/1626442231-agent-mia-frye-redacteur-chef-politis-arnaque-sans-papiers-e

    Azzedine Jamal se présente comme un avocat, ce qu’il n’est pas, à des sans-papiers à qui il propose de monter des dossiers de régularisation contre plusieurs milliers d’euros. Une escroquerie à grande échelle : StreetPress a identifié 55 victimes. Source : StreetPress

    • un poste de rédac chef se libère à Politis

      Ayoub (1) vit en France depuis quatre ans. Sur les conseils d’un ami à l’automne 2020, il se rend au bureau d’Azzedine Jamal pour qu’il l’aide à obtenir des papiers. L’homme jette un œil aux fiches de paie d’Ayoub. Le dossier, dit-il, est béton :

      « Il m’a dit qu’en six mois maximum, c’était bon, j’aurais un titre de séjour. »
      Le jeune cuistot sort du rendez-vous allégé de 4.500 euros (une avance) mais plein d’espoir :

      « J’ai parlé avec ma famille en leur disant que le mois d’août j’allais pouvoir venir en Algérie pour être avec eux. »
      C’est seulement quatre mois plus tard qu’il comprend qu’il n’aura pas ses papiers et qu’il ne reverra jamais son argent, victime de la combine d’un escroc : Azzedine Jamal.

      Depuis deux ans, l’homme se fait passer pour un avocat pour vider les poches de sans-papiers. À partir de témoignages mais aussi des quantités de contrats, fiches de paie, factures ou relevés de comptes, StreetPress a démonté les business de ce charlatan de 37 ans. De Marseille à Paris, en passant par les États-Unis, Azzedine Jamal a multiplié les business pendant des années : producteur, trader, manager de personnalités et enfin faux avocat.

      Au cours de cette enquête nous avons formellement identifié 79 victimes de ses magouilles, dont 55 personnes sans-papiers. « Il escroque des gens qui n’ont rien, qui vivent à trois dans un studio. Ce gars-là, il n’a pas de cœur », lâche dépitée une victime. Selon nos estimations, il aurait sur ces trois dernières années, encaissé plus de 200.000 euros grâce à ses manœuvres. Et selon plusieurs sources, il ne s’agirait là que d’une partie de l’affaire : il y aurait bien d’autres victimes.

      [...]

      Azzedine Jamal, le prétendu avocat, recrute via des annonces Pôle emploi des personnes n’ayant aucune connaissance en droit, à des postes de juristes ou d’assistants avocats. / Crédits : StreetPress
      Le boulot est en CDI et la rémunération est parfois conséquente. Certains peuvent toucher un Smic renforcé par des commissions liées au nombre de clients amenés mais d’autres affichent des contrats à 3.900 euros brut. Yanis et Thomas rejoignent leurs potes Marouane et Mehdi avec le statut d’assistants avocats ou juristes. Et tant pis si aucun n’a de connaissances en droit. Le faux avocat leur présente son mari, Gilles Wullus, rédacteur en chef de Politis. « On s’est renseigné, on a vu leurs éditos, leurs Unes, ça allait dans le sens de l’immigration. C’était cohérent », estime Yanis, la voix calme. Ils ne sont pas les seuls. Depuis deux ans, au moins neuf apporteurs d’affaires auraient roulé pour Azzedine Jamal. Certains ont été recrutés sur Le Bon Coin, d’autres seraient des livreurs ou des chauffeurs VTC embobinés par le prétendu avocat.

      #xénophobie_d'État #sans_papiers #régularisation #escroquerie #ordures

  • Un trafic de plus de 6.000 tonnes de déchets entre la France et la Belgique démantelé Odile Senellart
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/un-trafic-de-dechets-entre-la-france-et-la-belgique-demantele-1625821800

    Six personnes ont été mises en examen, soupçonnées d’avoir organisé un vaste trafic de déchets entre la Belgique et la France. Ils ont notamment usurpé l’identité de sociétés tierces. Plus de 600 tonnes de déchets ont également été déversées sauvagement.


    Plus de 500.000€ en liquide, des montres et autres accessoires de luxe : voilà ce que les enquêteurs ont saisi lors des perquisitions menées après le démantèlement d’un vaste de réseau de trafic des déchets entre la Belgique et la France. Neuf personnes ont été interpellées début juin, dont six ont été mises en examen parmi lesquelles une a été placée en détention provisoire. 

    Plus de 6.400 tonnes de déchets concernés 
    L’affaire commence en 2019 lorsque deux sociétés passent des contrats pour déposer des déchets dans plusieurs centres de tri et de valorisation. Mais elles ne paient pas leur facture. Les investigations permettent alors de découvrir que, contrairement à ce qui était indiqué, les chargements viennent de Belgique et non pas de France, ce qui est interdit et que de faux documents ont été établis pour cacher la provenance réelle de ces déchets. Les individus à la tête de ce trafic ont notamment créé de fausses sociétés. Et lorsque le nécessaire a été fait pour empêcher ces camions d’accéder aux centres de tri, plus de 600 tonnes de déchets ont été sauvagement déversées entre octobre et décembre 2019 sur des terrains privés et publics dans l’Est du pays, notamment dans le nord de la Lorraine. 

    Préjudice de plus d’un million d’euros
    Le préjudice financier de ces dépôts illégaux de plus de 6.400 tonnes de déchets dans des centres de tri est estimé à plus d’un million d’euros, « sans compter le coût d’enlèvement des déchets déposés sauvagement et le préjudice environnemental », indique Carole Etienne, la procureure de la République de Lille. Le parquet indique que plusieurs victimes ont été identifiées : des communes (Metz, Thionville, Hayange, Redange ou Argancy en Moselle, Hussigny Godbrange et Haucourt Moulaine en Meurthe-et-Moselle), des particuliers ou encore les groupes Suez et Veolia.

    #déchets #ordures #fric #frontières #ue #belgique #france

  • Bernie Sanders avait expliqué ce qu’il craignait :
    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1323851710838628353/pu/vid/1280x720/QDlrhq_guvcKJ0CH.mp4

    Il expliquait que les électeurs démocrates sont beaucoup plus enclins à voter par courrier que les électeurs républicains. Or ces millions de votes ne pourront pas être dépouillés dès la nuit de l’élection, mais sur plusieurs jours. À l’inverse, les électeurs républicains seront beaucoup plus mobilisés pour aller voter physiquement que les électeurs démocrates.

    Ce qu’il craignait donc, c’est que les premiers résultats du dépouillement soient favorables aux républicains, et que Trump en profite pour immédiatement proclamer sa victoire. Puis, dans les jours qui suivent, le dépouillement des votes par courrier se faisant, on se rende compte que ces États ont en réalité été remportés par les Démocrates.

    Et donc que Trump en profite immédiatement pour crier sur le thème « Vous voyez, je vous l’avais bien dit, ces votes à distance sont des fraudes, ils essaient de voler l’élection ».

  • Quand des villes refusent d’être vendues à des multinationales

    Écrasées de #dettes, poussées à la #marchandisation, les villes sont sommées de se vendre aux multinationales. Mais partout dans le monde, des municipalités cherchent à se réapproprier leur #pouvoir_d’agir.

    Comment les élus locaux et les citoyens peuvent-ils s’opposer à la main-mise grandissante des firmes ? C’est tout l’objet d’une publication inédite, parue ce jeudi 27 février, intitulée Villes contre multinationales, éditée par Ritimo. De la privatisation de l’eau à l’essor d’Airbnb en passant par la « smart city » connectée en 5G, « les villes sont devenues un champ de bataille face au poids croissant des grandes entreprises », peut-on lire en introduction.

    La publication réunit une série d’articles rédigés par des journalistes, des militants, des élus et des chercheurs européens, membres d’Enco, un réseau de médias et d’ONG « qui se consacrent à enquêter et informer sur les entreprises multinationales et leur pouvoir ».

    Un travail qui tombe à pic, à deux semaines des élections municipales : « On espère donner des idées aux candidats et futurs élus, casser ce sentiment qu’il n’y a pas d’alternatives, pas de possibilités de s’opposer aux multinationales », explique Olivier Petitjean, membre de l’Observatoire des multinationales, joint par Reporterre. De l’Espagne au Royaume-Uni, en passant par la Tchéquie et la France, de nombreuses municipalités ont en effet cherché à se réapproprier leur pouvoir d’agir.

    Car il s’agit bien d’une reconquête démocratique. Depuis la crise financière de 2008, « la pression économique et politique sur les villes s’est considérablement accrue, soulignent les auteurs. Nombre d’entre elles se sont retrouvées écrasées de dettes, poussées à vendre des biens, privatiser des services publics, réduire leurs dépenses. » Les fonds financiers en quête de nouveaux placements profitables ont investi le secteur du tourisme et de l’immobilier, mais également celui des nouvelles technologies.

    Laia Forné, sociologue espagnole spécialiste des questions d’urbanisme, de démocratie et de communs, évoque ainsi une « marchandisation des villes » :

    La gouvernance urbaine de nos villes a été basée sur une coopération entre les secteurs public et privé qui a mené à la privatisation de biens fondamentaux comme la terre, le logement, l’eau et le patrimoine municipal, tout en créant des structures de gouvernance opaques et antidémocratiques. Le modèle de gouvernance qui a prévalu était celui de la concession public-privé, où le secteur privé engrange les bénéfices de grands projets spéculatifs tandis que le secteur public en assume les risques. »

    L’un des principaux leviers des firmes réside ainsi dans la spéculation immobilière, comme le raconte Max Carbonell, membre de l’Observatoire de la dette dans la globalisation (ODG), et militant espagnol du mouvement pour le logement. Blackstone, une des multinationales qui possèdent le plus de propriétés (ou « actifs financiers ») au monde, a acquis de nombreux bâtiments à Barcelone, notamment un immeuble dans le quartier de Raval, l’un des plus pauvres de la ville.

    « Blackstone n’y voyait qu’un actif financier sur lequel spéculer et se préparait à mettre les familles à la rue pour pouvoir le revendre – ou le relouer – à un prix bien plus élevé, écrit-il. [Pour Blackstone et d’autres sociétés du même type, le] mode opératoire commun se résume à "buy it, fix it, sell it", acheter, réparer, revendre). »

    Aujourd’hui, les villes du monde sont sommées d’entrer en compétition les unes avec les autres sur le marché international pour attirer le maximum de touristes et d’opportunités d’affaires financières et immobilières possibles (avec tous les secteurs d’activité qui leur sont liés). En d’autres termes : on vend des villes, on vend notre ville, à des investisseurs du secteur du tourisme et de l’immobilier.

    À Barcelone, une mobilisation populaire portée par le Syndicat des habitants du Raval (SHR) a finalement contraint Blackstone à négocier : en 2019, l’entreprise a fini par accepter que les familles restent et paient un loyer modéré, en partie financé par la municipalité.

    Ainsi, la publication Villes contre multinationales diffuse des exemples de luttes locales, souvent longues et difficiles, tant la puissance des firmes apparaît illimitée. En Croatie, le journaliste Igor Lasic explique comment la société Razvoj Golf, porteuse d’un projet de golf géant dans la ville touristique de Dubrovnik, a porté plainte en 2017 contre l’État auprès d’un tribunal d’arbitrage dans le cadre d’un accord de libre-échange, réclamant 500 millions d’euros de compensation pour le blocage de ses projets par un mouvement citoyen.

    À Bruxelles, le chercheur Kenneth Haar relate les manœuvres d’Airbnb auprès de la Commission européenne « pour reprendre la main » face à la contestation croissante des métropoles comme Amsterdam ou Berlin : « La Commission fait depuis lors pression sur les États membres [leur] faisant savoir que les restrictions trop strictes aux activités d’Airbnb et des autres plateformes peuvent contrevenir à la législation européenne ».
    « La "ville intelligente" n’est qu’un nouveau nom pour la ville privatisée »

    Nouveau cheval de Troie des multinationales, le concept de « smart cities » a le vent en poupe. Selon Olivier Petitjean, « la "ville intelligente" n’est qu’un nouveau nom pour la ville privatisée ». Pour les entreprises comme Suez et Veolia, « la "smart city" est surtout promue comme un moyen d’intégrer la gestion des services publics locaux comme l’eau, les déchets, le transport public, le chauffage urbain, l’éclairage, la gestion des équipements, pour rendre le tout plus "efficient" ». Au-delà, ces « smart cities » sont une aubaine pour les géants du numérique et les plateformes comme Google, Uber, Amazon, Airbnb ou Deliveroo car elles permettent non seulement « une collecte massive de données sur les habitudes individuelles et les tendances urbaines, mais aussi de ce fait une capacité d’influencer la fabrique même des villes (par exemple ses flux de trafic, le développement économique de certains quartiers, etc.) sans contrôle par les élus locaux ».

    Le combat des David citadins contre les Goliath multimillionnaires serait-il perdu d’avance ? « La bataille est en cours, dit Olivier Petitjean. Il existe des marges de manœuvre, mais il y a besoin que les villes créent des alliances, échangent leurs idées, fassent contre-poids aux multinationales. » Pour lui, « la transition écologique et sociale est une opportunité pour que les villes sortent de la dépendance aux multinationales. Pour réduire ses déchets, une ville peut décider de s’engager dans une démarche zéro déchet, en impliquant les citoyens, plutôt que de s’en remettre à la construction d’un nouvel incinérateur par une multinationale comme Suez. »

    De fait, les 200 pages de la publication regorgent d’initiatives portées par des villes. Hazel Sheffield, journaliste anglaise, détaille l’histoire de Preston, petite ville de 140.000 habitants dans le nord de l’Angleterre, fortement touchée par la désindustrialisation, qui « a réorienté radicalement ses achats publics pour favoriser le tissu économique et social local, plutôt que les grandes entreprises ». « Les gros contrats, par exemple pour la rénovation du marché de Preston, sont divisés en lots plus petits pour permettre aux PME de répondre aux appels d’offres, et des clauses sociales y sont attachées, comme de garantir aux travailleurs des salaires décents », raconte-t-elle. Bien que les règles européennes, d’inspiration néolibérale, ne soient pas favorables à de telles clauses, « tant que les autorités assurent une procédure équitable, elles peuvent sélectionner les fournisseurs en fonction d’une série de critères dont le prix, mais aussi la qualité, le risque, la valeur sociale et d’autres facteurs », précise la journaliste. Les achats de services, de travaux et de fournitures des villes de l’Union européenne représentent près de 2.000 milliards d’euros par an, soit environ 14 % du PIB de l’Union. « Le potentiel de transformation de ces nouvelles politiques progressistes de marchés publics est donc énorme », note aussi Olivier Hoedeman, co-fondateur du Corporate Europe Observatory.
    L’eau à Grenoble, la gestion des ordures à Naples... Autant d’exemples de remunicipalisation

    Outre les achats publics, la publication met en avant de multiples exemples de (re)municipalisation : l’eau à Paris et Grenoble, les terres agricoles à Mouans-Sartoux ou Vannes, la gestion des ordures à Naples ou la distribution d’électricité dans certaines communes espagnoles.

    Pour la sociologue Laia Forné, cette reconquête n’est possible et durable qu’à travers la mise en place d’un « municipalisme public-citoyens », alliant élus et mouvements sociaux. À Barcelone, le nouveau système qui oblige les grandes développeurs immobiliers à consacrer 30 % de leurs opérations à du logement social, en fournit un bon exemple : « Tandis que la municipalité apportait le savoir-faire technique pour rédiger une législation adaptée, les mouvements sociaux pour le logement ont mobilisé l’opinion publique et exercé une pression politique suffisante pour dépasser les logiques partisanes. » Elle parle également de « co-responsabilité », illustrée par la création du programme barcelonais de « Patrimoine citoyen », dont l’objectif est « de créer des cadres innovants associant citoyens et institutions pour gérer les ressources publiques, y compris les édifices publics, les vergers urbains, l’espace public et certains services sociaux. »

    « Les élus ne peuvent pas tout, les villes sont face à des pouvoirs puissants et riches, conclut Olivier Petitjean. Il est donc essentiel que les municipalités volontaristes soient soutenues par des mouvements sociaux. Il est aussi nécessaire que ces villes se mettent en réseau, s’allient pour peser face aux multinationales. Et surtout, il faut une bonne dose de courage. »

    https://reporterre.net/Quand-des-villes-refusent-d-etre-vendues-a-des-multinationales

    #villes #géographie_urbaine #résistance #multinationales #Barcelone #eau #Grenoble #remunicipalisation #Blackstone #Airbnb #Bruxelles #smart_cities #ville_intelligente #ubérisation #Preston #désindustrialisation #UK #Angleterre #Naples #ordures #Mouans-Sartoux #Vannes #terres #Espagne #municipalisme_public-citoyens #co-responsabilité #patrimoine_citoyen #mouvements_sociaux #réseaux #livre #ressources_pédagogiques #urban_matter

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    Pour @etraces :

    Nouveau cheval de Troie des multinationales, le concept de « smart cities » a le vent en poupe. Selon Olivier Petitjean, « la "ville intelligente" n’est qu’un nouveau nom pour la ville privatisée ». Pour les entreprises comme Suez et Veolia, « la "smart city" est surtout promue comme un moyen d’intégrer la gestion des services publics locaux comme l’eau, les déchets, le transport public, le chauffage urbain, l’éclairage, la gestion des équipements, pour rendre le tout plus "efficient" ». Au-delà, ces « smart cities » sont une aubaine pour les géants du numérique et les plateformes comme Google, Uber, Amazon, Airbnb ou Deliveroo car elles permettent non seulement « une collecte massive de données sur les habitudes individuelles et les tendances urbaines, mais aussi de ce fait une capacité d’influencer la fabrique même des villes (par exemple ses flux de trafic, le développement économique de certains quartiers, etc.) sans contrôle par les élus locaux ».

  • Les #Roms souffrent du « #racisme_environnemental » de l’UE, conclut le rapport | Nouvelles du monde

    Un rapport conclut que les communautés roms d’#Europe vivent souvent sur des terrains vagues pollués et manquent d’#eau_courante ou d’#assainissement à cause du « racisme environnemental ».

    Le #Bureau_européen_de_l'environnement (#EEB), un réseau paneuropéen d’ONG vertes, a constaté que les communautés roms étaient souvent exclues des #services_de_base, tels que l’#eau_potable courante, l’assainissement et la collecte des #ordures, tout en vivant fréquemment sur ou à proximité de certains des sites les plus sales de Europe, comme les #décharges ou les #terrains_industriels contaminés.

    Jusqu’à 10 millions de Roms vivent en Europe, dont 6 millions dans les États membres de l’UE. Bien que leur exclusion sociale soit documentée depuis longtemps, les chercheurs du BEE disent que le déni des services de base et l’exposition à la pollution ont été négligés.

    L’EEB, en collaboration avec des chercheurs d’Europe centrale et orientale, a trouvé 32 cas de « racisme environnemental » dans cinq pays européens : #Hongrie, #Bulgarie, #Roumanie, #Slovaquie et #Macédoine_du_Nord. Les chercheurs se sont également appuyés sur les travaux existants sur les conditions de vie des Roms en #Bosnie-Herzégovine, en #Serbie, au #Monténégro et au #Kosovo.

    L’absence d’eau, d’assainissement et de collecte des ordures a été un problème dans plus de la moitié des études de cas, comme #Stolipinovo en Bulgarie, la plus grande colonie rom d’Europe et une partie de la ville de #Plovdiv. On estime qu’environ 60000 personnes vivent dans le quartier, mais beaucoup sont coupées des services d’eau courante et d’assainissement du reste de Plovdiv, capitale européenne de la culture en 2019.

    En Hongrie, l’accès à l’approvisionnement public en eau de certaines communautés roms a été fermé pendant les vagues de chaleur estivales – des décisions ont touché 800 personnes à #Gulács en août 2017 et 1 500 habitants de #Huszártelep en 2013. La ville du nord de la Hongrie d’#Ózd a reçu près de 5,5 millions d’euros (£ 4,8 m) de la Suisse pour améliorer l’approvisionnement en eau courante des communautés roms, mais les chercheurs ont déclaré que beaucoup n’avaient pas bénéficié du programme. Les autorités ont affirmé que les ménages roms n’avaient pas payé leurs factures.

    Des recherches antérieures ont conclu que seulement environ 12% des communautés roms avaient des toilettes à chasse d’eau et des systèmes de drainage fonctionnels.

    Pata-Rât, à la périphérie de Cluj-Napoca, dans le nord-ouest de la Roumanie, est connue pour son architecture gothique et ses palais baroques.

    https://www.villagefse2016.fr/les-roms-souffrent-du-racisme-environnemental-de-lue-conclut-le-rappo

    #exclusion #eau_potable #accès_à_l'eau

    ping @albertocampiphoto

  • #Centre_de_traitement_des_déchets d’#Ivry occupé

    A 7h30 ce matin (15.01.2020), 200 personnes ont forcé l’entrée de la #Tiru d’#Ivry_sur_Seine (centre de traitement des déchets près du périph quai d’Ivry).

    Ce #blocage a été coordonné par les CGT #égoutiers de Paris et Energie ainsi que l’UD 94 et les grévistes de l’AG interpro (enseignants/territoriaux) d’Ivry.

    Comme l’information de l’#action avait fuité, nous étions attendus : 2 camionnettes et une dizaines de flics. Il ne s’attendaient peut-être pas à notre nombre et peut-être pas non plus à ce qu’on rentre.
    Plusieurs poussées : une pour rentrer, une autre pour faire sortir les flics et une dernière pour fermer la porte derrière eux.

    On déplore 2 copines blessées : une aux côtes, l’autre à une jambe.

    Les portes ont été cadenassées puis soudées. Reste une entrée par un portillon qu’il va donc falloir surveiller.

    À 11h, on a tenu une Ag pour lancer l’organisation du blocage 24/24.

    Historiquement, le site a déjà été bloqué 23 jours en 2010 et 21 jours en 2016 (pendant Nuit Debout). Les agents du site sont en grève.

    Ce site de #traitement_des_déchets produits un peu d’électricité mais surtout des vapeurs pour le #chauffage urbain parisien. On ajoute à ça que les bennes sont pleines et ne peuvent plus déposer les #ordures sur le site. Pour le moment les camions sont détournés vers un site #Derichebourg à #Vitry_sur_Seine dont la capacité de stockage n’excède pas 2 jours.

    Autour de #Paris il y a 3 Tiru de cette taille : #Saint_Ouen (occupée), Ivry (occupée), et #Romainville. Ainsi qu’un petit centre à #Issy_les_Moulineaux.
    Bien sûr un appel à participer au blocage ou soutenir celuici. Les actions possibles vont de la simple visite de soutien au #campement pour la nuit en passant par diverses tâches logistiques.

    Reçu via une mailing-list militante, le 15.01.2020

    #grève #action #mobilisation #résistance #déchets

    • Commentaire reçu par la même mailing-list :

      Cette opération est un franc succès pour l’instant, grâce à une organisation très efficace. Un grand bravo déjà pour ça.

      Le plein de victuailles a été fait, il est servi sur palette...

      Des étudiants géniaux de l’ENS ont préparé un énorme couscous sous leur tente. Ils sont incroyables.

      On passe du rock, du rap du reggae ou de la fusion... à l’image de cette convergence là dans le froid.
      Sous les lumières métalliques on entend les cheminots et l’énergie débattre avec l’éducation.
      Et puis là-bas il y a la RATP qui tape la balle avec qques autres. A côté, cet hospitalier qui se frotte les yeux près du feu.
      Il y a la culture d’Ivry, les copines de Vitry, les fidèles du petit-matin... toutes celles et tous ceux qu’on ne connaissait pas il y a un mois et à qui l’on dit, tous les jours, « à tout à l’heure ! » ou « à demain ! ».

      Ça ressemble à ma définition de société.

  • La mère de Lilian, blessé par un tir de LBD à Strasbourg, écrit à Macron : “Vous aurez ce sang sur la conscience” - France 3 Grand Est

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/mere-lilian-blesse-tir-lbd-strasbourg-ecrit-macron-vous

    La mère de l’adolescent blessé par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) le 12 janvier, en marge d’une manifestation de Gilets jaunes (il faisait les soldes), refuse d’accepter que sa plainte a été classée sans suite. Ce 12 novembre, elle a écrit au président de la République.

    #état-voyou #castaner-voyou #macron-voyou et pour que ces signalements apparaissent dans les futures recherches #ordures comme le tague si bien @isskein

  • Human Rights Watch warns against new waste ’#catastrophe' | News , Lebanon News | THE DAILY STAR
    http://www.dailystar.com.lb//News/Lebanon-News/2019/Aug-12/489547-human-rights-watch-warns-against-new-waste-catastrophe.ashx

    @reka

    Currently, around 85 percent of Lebanon’s waste goes to open dumps or landfills, despite findings by researchers at the American University of Beirut that just over 10 percent of all waste cannot be recycled or composted.

    #ordures #incurie #Liban

  • • Du nouveau sur madame Laurence Tubiana (et sur le mouvement Climat)
    http://fabrice-nicolino.com/?p=4785

    Du nouveau sur madame Laurence Tubiana (et sur le mouvement Climat)
    13 avril 2019Climat
    Allez, je vous raconte tout. Mais attention, je compte sur vous pour faire circuler les informations importantes que contient ce papier. Je veux vous parler de madame Laurence Tubiana, que j’ai sévèrement étrillée ici (le ridicule…) le 3 mars 2008. Comme le temps passe, hein ?

    Vous lirez peut-être ce lointain écho, qui vaut la peine selon moi. Si je reprends la plume, c’est que madame Tubiana, politicienne invétérée, est en train de réussir un rétablissement surprenant pour moi dans le mouvement Climat en cours, qui contient diverses promesses, dont celle d’une intervention enfin réelle de la jeunesse.

    Madame Tubiana a un long passé que personnellement, je juge détestable. Elle a travaillé pour l’Inra, institut au service de l’agriculture industrielle et pesticidaire. Elle a travaillé pour la Banque mondiale, l’un des moteurs essentiels de la destruction du monde. Elle a travaillé pour les services de Bruxelles, centrée sur les mêmes objectifs.

    Comme elle est de gauche – on ne rit pas -, elle a fait partie du cabinet de Lionel Jospin quand celui-ci était Premier ministre entre 1997 et 2002. Je rappelle aux oublieux que cette époque était cruciale. La France eût pu mener une politique cohérente de lutte contre le dérèglement climatique. Mais Jospin, en bon progressiste, était en vérité un climatosceptique, et en nommant ministre son compère Claude Allègre, ami de quarante ans, il savait bien ce qui se se passerait. Rien. Laurence Tubiana, dont le rôle était d’éclairer ce gouvernement négationniste de la crise climatique, n’aura pas moufté une seule fois.

    En 2001, elle a créé l’Institut du développement durable et des relations internationales (Idri) au conseil d’administration duquel se trouvaient le cimentier Lafarge, Véolia Environnement, et même Coca-Cola, Arcelor-Mittal, EDF, Rhodia, Dupont de Nemours, Solvay, Renault, Sanofi-Aventis, etc, etc.

    Elle a soutenu Hollande en 2012 – peut-on imaginer plus indifférent à la crise climatique ? – et en échange sans doute, a obtenu la présidence du conseil d’administration de l’Agence française du développement (AFD) en 2013. L’AFD ! Je n’ai pas le temps de détailler, mais cette structure, qui a été au centre de l’histoire de la Françafrique, mène des actions de « développement » dans le monde, mot qui est un synonyme de destruction des écosystèmes.

    Elle a été la personnalité socialo centrale de la funeste Cop21 qui, en décembre 2015, a fait croire au monde qu’on s’attaquait au dérèglement climatique quand on s’y congratulait entre nantis venus en avion du monde entier.

    Et comme il n’y a pas de petit profit politicien, madame Tubiana siège aujourd’hui, sur décision de monsieur Macron, dans le haut conseil Climat, machin aussi inutile et néfaste que tous les autres.

    Bref, amis et lecteurs, madame Tubiana n’est pas une alliée, mais une adversaire décidée, qui vit fort bien dans ce monde – c’est d’ailleurs son droit – et n’entend pas y changer quoi que ce soit. Mais voilà que j’apprends que certains tentent de lui faire une belle place dans le mouvement Climat lancé notamment par la jeunesse d’une partie du monde, et arrivé là, je le dis et le clame : halte-là ! Laurence Tubiana appartient à l’univers politique qui a empêché toute mesure efficace pour lutter contre le drame climatique dans lequel nous sommes plongés. Quiconque veut avancer vraiment doit savoir sur qui s’appuyer et qui repousser. Madame Tubiana ne doit pas monter à bord.

    #greenwasching #vieuxmonde #climat #ordure

  • The Holocaust and the Bush family fortune - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2018/12/05/intr-d05.html

    Ouh la la ...

    This article exposes the fact—well known to the corporate media and the politicians of both parties—that a substantial portion of the Bush family fortune was derived from the extensive business relations over many years between the Nazis and the family patriarch, Prescott Bush, George Bush Senior’s father and “Junior’s” grandfather.

    #bush #nazis #fortune quels autres hashtags ?

  • PAPREC : DU SALE DANS LE TRI DES DÉCHETS
    http://www.platenqmil.com/blog/2018/10/30/paprec--du-sale-dans-le-tri-des-dechets

    Dans un coin de La Courneuve, entre des entrepôts de ferraillage, des locaux d’imprimeries, le siège de l’UOIF, un collège-lycée et l’autoroute A86, l’usine PAPREC trie tout un tas de déchets. Son activité consiste à récupérer des bennes déposées dans des entreprises ou des collectivités, puis à réinjecter cette matière première gratuite dans les circuits capitalistes. Mais Paprec trie aussi ses ouvriers, pour éviter toute contestation, ce qui lui a valu une certaine renommée dans les réseaux syndicaux. Depuis les élections professionnelles d’octobre 2016, Paprec fait tout son possible pour se débarrasser de son représentant syndical CGT, Mahamoudou Kanté. Comme dans beaucoup de boites, on a d’abord tenté de le rétrograder, de conducteur d’engins à trieur de déchets. Ensuite, c’est l’enchainement complet : agressions physiques en novembre et décembre 2016, convocations multiples, mises à pied conservatoires, mutations forcées, procédures de licenciement. Entre février 2017 et mars 2018, il ne reçoit plus aucun salaire mais refuse les dizaines de milliers d’euros qui lui sont proposés pour quitter l’usine. Malgré les victoires aux prud’hommes, il lui reste encore 7 mois de salaires non payés.
     
    La répression syndicale vit une époque florissante mais chez Paprec on pousse loin le délire. Depuis mars 2018, les participants à une simple réunion syndicale organisée par Mahamadou Kanté sont sanctionnés un par un, parfois jusqu’au licenciement. Et de façon générale, quiconque s’approche trop près du délégué syndical est visé par la répression.

    #capitalisme_vert #répression_anti-syndicale

    • Le "spécialiste du recyclage et de la valorisation des déchets" Paprec s’y connaît aussi très bien en méthodes de surexploitation : dans son usine de La Courneuve, accidents graves, morts, contrôle et répression syndicale... Ce sera le principal objet de l’émission "Vive la sociale" de ce soir.

      L’émission « Vive la sociale », c’est sur Fréquence Paris Plurielle
      (106.3 MHz ou, par Internet, www.rfpp.net « écouter le direct »),
      le 1er et le 3e jeudis du mois, de 19 heures à 20 h 30,
      avec rediffusion le lundi suivant de 7 heures à 8 h 30.
      Les émissions sont ensuite postées sur le site http://vivelasociale.org/les-emissions-recentes

      Mel reçu. Par ailleurs, je dis cette fois #toctoc pour l’article documenté de la Plate forme d’enquêtes militantes posté ci-dessus, dont voici un autre extrait.

      Niveau communication, le groupe Paprec est au top du #greenwashing avec son image écolo et moderne : une "société modèle" selon le magazine L’Express (3). Mais entre les murs des usines, celle de La Courneuve en particulier, la réalité est plus sombre. Les #ouvriers travaillent dans des bâtiments vétustes et mal organisés, où le risque est permanent. Au lieu de trier les bennes de papier au sol, on les oblige à monter sur des tapis roulants qui ne sont pas prévus pour. Ils bossent donc en se déplaçant à travers un flot de déchets, pour éviter de se faire happer par la broyeuse qui est derrière eux ou bien par les énormes tractopelles qui continuent à déverser les déchets juste devant. À quelques mètres, d’autres #manutentionnaires - avec ou sans casques - travaillent à proximité directe de grues hydrauliques dont les griffes métalliques se balancent au-dessus de leurs têtes. A un niveau inférieur, confinés dans des cuves en béton, des #trieurs en masques et combinaisons blanches ramassent à la main des montagnes de paperasse, dans des nuages de poussières. La situation est à peine mieux pour les #chauffeurs, contrôlés par géolocalisation à la minute près tout en étant contraints de dépasser régulièrement les #temps_de_travail réglementaires.

      En 2014, un ouvrier de La Courneuve est mort écrasé par des balles de papier en déchargeant un camion. La même année, dans l’usine Paprec de Wissous (91), un salarié meurt broyé par la machine de tri. Ce traitement réservé aux ouvriers des déchets ressort assez clairement des statistiques nationales qui ne sont pourtant que la face visible du phénomène. En 2016, le secteur « collecte, traitement et élimination des déchets » est presque en tête pour la fréquence des #accidents_du_travail, juste derrière le bâtiment, mais au-dessus de la logistique. Les accidents sont aussi plus graves que dans les autres secteurs, les décès étant presque aussi nombreux que dans la construction. En France, 110 000 salariés sont regroupés dans ce type d’activité, dont 17 000 en Ile de France. Ce sont pour 2/3 des ouvriers, principalement des chauffeurs et des ouvriers non qualifiés. C’est sur leurs dos - et sur leur santé en général - que les patrons du recyclage font fortune. Celle de Jean-Luc Petithuguenin, patron de Paprec, est passée de 100 millions d’euros en 2008 à 390 millions en 2018. Depuis sa création en 1995, le Groupe Paprec a multiplié son chiffre d’affaire par 430 pour atteindre 1,5 milliards d’euros en 2017.

      Le PDG Petithuguenin se présente non seulement comme un patron « social », mais aussi comme un antiraciste engagé… En mars 2017, il prend position contre le passage du FN au second tour et conseille quoi voter à ses ouvriers, par courriers individuels. Il se vante partout d’embaucher des gens de 66 nationalités différentes, présentant comme de l’ « intégration » ce qui n’est qu’exploitation d’une main d’œuvre à bas coût. Inutile de préciser que lui-même est blanc, ainsi que l’ensemble des 15 membres de son comité exécutif et que la seule femme présente est cantonnée aux ressources humaines. Même chose pour les directions d’établissements Paprec, où on ne trouve quasiment que des hommes blancs. En fait, la « diversité » brandie par Petithuguenin concerne surtout les ouvriers peu qualifiés et tout particulièrement pour les métiers les plus pénibles. En Île de France, près de la moitié des ouvriers du déchet sont des #immigrés et près des 2/3 sont sans diplômes. Dans l’entrepôt de La Courneuve, le recrutement cible en priorité des #primo-arrivants, avec ou sans papiers, comme on a pu le voir lors des #grèves de 2008. A cette occasion, Paprec s’était d’ailleurs illustré en ne promettant que des CDD de quelques mois aux travailleurs sans-papiers, et en refusant ensuite de les prolonger.

      En plus de ça, Petithughenin prône la laïcité radicale en compagnie des fanatiques du Printemps Républicain et est même le premier patron français à avoir fait voter une Charte de la Laïcité dans sa boîte. Il reçoit des récompenses pour ce genre de conneries, comme le « Grand Prix de la Laïcité » qui lui a été remis en octobre 2014 par la #mairie_de_Paris. Sa charte va jusqu’à dépasser le cadre légal en imposant un strict « devoir de neutralité » qui contraint les ouvriers à « ne pas manifester leurs convictions religieuses » mais aussi « politiques » dans l’exercice de leur travail (8). Pour le dire plus clairement, Petithuguenin déteste tout autant les musulmans que les communistes et mène activement la chasse aux sorcières. Pour inaugurer le site de La Courneuve, il n’a pas trouvé mieux que de faire cuire des cochons de lait juste en face de la mosquée voisine. Et il a récemment déclaré à propos du dialogue syndical : « Si quelqu’un vient me voir avec des intentions politiques et fonde son action sur la lutte des classes, je dis non ». Il est comme ça Petithuguenin, il aime penser à la place des gens. Il fait dans le paternalisme à tendance néocoloniale. Et comme tout bon colon, il tient à son image de grand bienfaiteur et se débrouille pour dissimuler le carnage à ses pieds, par exemple en faisant le mécène à l’Opéra de Paris ou en investissant dans les sports nautiques, plutôt que dans l’amélioration des conditions de travail.

      à suivre...

    • Paprec : une entreprise qui traite ses salariés comme des déchets ! Après l’article sur l’usine de La Courneuve, voici une #vidéo à partager largement

      https://vimeo.com/301594164

      Soyons prêts à soutenir très bientôt cette lutte !

      https://seenthis.net/messages/656686
      https://seenthis.net/messages/43809

      #luttes_sociales #répression_anti-syndicale #enquête_militante #intervention et #toctoc again...

  • Trois Belges accusées de trafic d’êtres humains après avoir aidé des migrants - Belgique - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/belgique/trois-belges-accusees-de-trafic-d-etres-humains-apres-avoir-aide-des-migrants/article-normal-847207.html

    Le 20 octobre 2017 dernier, des agents de la police fédérale débarquent chez trois femmes, dont deux journalistes (Myriam Berghe et Anouk Van Gestel) pour une perquisition matinale. Elles apprennent qu’elles sont poursuivies pour « trafic d’êtres humains » sur 95 personnes, dont 12 mineurs, et considérées comme membres d’une « organisation criminelle ».

    Ces personnes hébergeaient depuis quelques mois des migrants chez elles dans le cadre de l’appel de solidarité lancé par les différentes plateformes citoyennes. Zakia, la troisième femme poursuivie n’a pas de lien avec les deux journalistes selon le magazine Politis. Elle a aidé, elle aussi, à plusieurs reprises des migrants du parc Maximilien à Bruxelles.

    #solidarité #criminalisation_de_la_solidarité #migration #violence_d'état

  • Vendre ses cours pour un prof, est-ce légal ? (Ouest France)
    https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-vendre-ses-cours-pour-un-prof-est-ce-legal-5727193

    Dix euros le cours de 90 pages. C’est ce que propose un professeur, à la faculté de droit de Rennes 1. A priori, rien d’illégal.
    […]
    Aux étudiants, l’enseignant a toujours précisé que l’achat du dossier était « facultatif ». Sur les polycopiés, il est d’ailleurs souligné qu’il « s’agit d’un simple instrument pédagogique ».
    Pourtant, ces documents seraient indispensables pour beaucoup d’élèves. Les étudiants insistent tous sur « des cours désordonnés », qui nécessitent l’achat du dossier « beaucoup plus clair et complet que l’oral »

    #éducation #université #marchandisation

  • Indésirables dans la ville, utiles dans l’#ordure ? Les récupérateurs de déchets urbains entre relégation, intégration et demande de reconnaissance (#Casablanca, #Rabat)

    Les #récupérateurs de déchets au Maroc, parce qu’ils fouillent les #poubelles, sont indésirables et relégués à la #marge de la société et aux marges des villes alors même que leurs activités fondent l’#économie_informelle et formelle du #recyclage. L’#exclusion dont ils sont l’objet est liée à la construction sociale de l’#indésirabilité et aux politiques de gestion qui tentent de les réguler, de les réprimer, parfois de les instrumentaliser. Leur double statut, oscillant entre #parias trop visibles dans les espaces publics et main-d’œuvre nécessaire à la filière du recyclage, rend compte de l’ambiguïté de la figure du récupérateur de déchets, même si l’émergence de petits entrepreneurs (grossistes et recycleurs) s’accom­pagne d’une demande de reconnaissance de leur travail pour faire valoir leurs droits. Cependant, leur impuissance à réduire ou à échapper à l’indésirabilité, en partie parce qu’ils ne sont jamais intégrés aux débats publics ou aux réformes du système de gestion des déchets, ouvre le débat sur le rôle et la responsabilité de l’État.


    http://journals.openedition.org/gc/4434
    #déchets #Maroc #travail