organization:assemblée nationale

  • De la révolte populaire à la révolution sociale ?
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article947

    France 2018, quatre décennies de recul de la classe ouvrière , des travailleurs toujours plus pauvres de leurs familles toujours plus méprisées . France Novembre 2018 , la question sociale était donc la grande oubliée. Elle était remplacée par des débats sociétaux menés pas les couches privilégiés , hors de tout souci matériel celles-ci pouvaient se flatter à bon compte de progressisme. Ce progressisme accoucha de Macron . Aux injonctions sociétales, alimentaires , comportementales mais surtout à l’avidité du grand patronat

    Pendant 18 mois des lois ,des « réformes » , et un nombre inqualifiable de règles et de normes furent pondues dans bien plus de sens que les revendications des gilets jaunes , sans que notre bonne bourgeoisie médiatique ne trouve rien à redire à ce catalogue de « réformes » .

    On a tous pu constater la sincérité d’un tel progressisme dans la façon dont la police a traité les lycéens de Mantes la Jolie au moment où le parlement « En Marche » interdisait la fessée. On a tous pu constater ce que valait le féminisme du ministre Shiappa définitivement silencieuse devant les femmes en gilets jaunes tabassées , mutilées , emprisonnées par des sadiques en uniforme.

    En réalité la bourgeoisie avait construit un scénario qui lui donnait le beau rôle , celui de remplacer l’affrontement classe contre classe par celui du progressisme
    contre le populisme , du bien contre le mal. Un scénario dans lequel manger du saucisson , regarder une fille dans la rue, rouler en diesel , fumer dans un lieu public ou parler de bas salaires vous rangeait inévitablement dans le camp des populistes, des criminels ou des fascistes .

    Rien d ’étonnant alors à ce que le mouvement des gilets jaunes ait débuté sous les insultes de la macronie et de ses complices. Le 16 Novembre au soir sur France Info , le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez passera dans l’histoire pour l’imbécile ayant dénoncé comme payé par les patrons le plus fort des mouvements sociaux depuis 1968 .

    17 Novembre 2018, changement de paradigme . En imposant de manifester de façon libertaire , où et quand ils veulent sans déposer ni autorisation , ni parcours , ni SO et sans nommer de chefs . En ayant parlé de vie chère , de fric plus que du RIC. D’avoir fait du bruit, d’avoir applaudit fort et gueuler plus encore, quelque soit leurs prénoms, sexe, âge ou handicap. Tous ensemble les gilets jaunes ont déchiré le scénario qui divisait la population pour la mener vers toujours plus de misère.

    Le 1 Décembre a marqué un autre tournant , par son caractère insurrectionnel cette journée a conduit à un premier rebondissement , ce qu’il est convenu de nommer l’extrême gauche qui quelques jours auparavant calomniait les GJ a dû avaler son chapeau et les rejoindre . Cette évolution confirmait la dynamique que nous avions décrit dans notre premier communiqué du 14 /11/2018 sur notre page facebook (et sur seenthis : https://seenthis.net/messages/736237), nous sommes en présence d’un processus dynamique qui a déjà changé et changera encore.

    Dans ces conditions la question qui est dans tous les esprits est de savoir vers où ira cette révolte populaire qui s’est naturellement auto-organisée ?

    Pour y répondre, remarquons qu’elle s’est autoorganisée autour d’une référence qui est la Révolution Française et cela pour la raison que l’intelligentsia bourgeoise et post moderne a passé quarante ans adéconstruire la mémoire et la visibilité ouvrière, comme nous l’écrivions en 2014.

    Cette perte de la mémoire ouvrière dans un contexte où les chefs syndicaux sont corrompus, où les secteurs stratégiques sont corporatistes (comme on l’a vu pour les routiers ) et où l’essentiel des salariés est atomisé et précarisé , rend difficile le succès d’une grève de masse . Mais comme les causes de cette révolte restent les mêmes , et si aucune mesure politique forte destinée a gagner du temps n’est prise, telle une dissolution de l’Assemblée Nationale, il est ort probable que cette révolte se poursuive à court terme , en règle générale toute dynamique de cette nature ne peut se poursuivre qu’en s’amplifiant . Cela peut se produire sous la forme d’une nouvelle journée insurrectionnelle, à l’image justement de celles de la Révolution Française, auquel cas elle risque d’être plus forte que celle de premier Décembre.

    Ou bien peut être comme cela s’est vu ailleurs en Espagne en 2011 prendre la forme de puissantes marches convergentes des six coins de l’hexagone vers la capitale .

    Évidemment il peut se produire une combinaison de ces possibles . Ce qui est à peu près certain c’est que le scandale de l’ affaire Benalla va confirmer l’idée de faire une cible du palais de l’Elysée avec le risque de renforcer la tendance « putchiste « du mouvement .

    Ajoutons que si l’intermède des fêtes d’année a permis au pouvoir d’exercer une forte répression policière et pénale contre ce qu’il considérait être les plus déterminés des gilets jaunes les reculs qu’il a du entamer , surtout le fait qu’il ait
    rapidement cédé a des revendications salariales dans la police, ne peut qu’encourager les travailleurs mécontents , surtout dans la fonction publique la justice ou l’enseignement à rentrer eux aussi en lutte directe sur leurs revendications avec comme conséquence l’affaiblissement momentané des institutions, dans un cadre où le pouvoir en a le plus besoin pour maintenir son ordre.

    Cette configuration est donc explosive , elle ne manquera pas d’entraîner de spectaculaires convulsions politiques , qui ne seront que des étapes vers un grand changement social si les questions du contenu idéologique et des moyens d’action sont abordées sérieusement, et surtout sans aucuns tabous, par les militants révolutionnaires .

    Article d’@anarchosyndicalisme ! n°162 Spécial #gilets_jaunes
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article943


  • Mélenchon, un Mirabeau très délavé
    http://www.dedefensa.org/article/melenchon-un-mirabeau-tres-delave

    Mélenchon, un Mirabeau très délavé

    1789 : Dette et fiscalité injuste

    Mirabeau déclare les Droits de l’Homme et du citoyen

    Il a rédigé, aidé il est vrai d’un grand nombre de collaborateurs, la plus grande part des vingt premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme, tout en s’affirmant royaliste, partisan de la monarchie des Bourbons. Gabriel Honoré Riquetti comte de Mirabeau, député d’Aix, donnait le 1erseptembre 1789 le plus élaboré et le mieux construit des discours qu’il eût à prononcer à l’Assemblée Nationale. Il y défendait l’utilité d’un veto royal qui pourrait sanctionner les décisions prises par le corps législatif. Il y soutenait que la sanction royale est un contrepoids nécessaire pour écarter des lois dangereuses ou hâtivement promulguées. Il a alors développé un argument, un bijou de (...)


  • Richard Ferrand, Prix Nobel 2018 de la Fake News
    https://www.les-crises.fr/richard-ferrand-prix-nobel-2018-de-la-fake-news

    Échange stupéfiant sur Twitter entre Guillaume Barazzone, ancien maire de Genève, et Richard Ferrand, Président de l’Assemblée Nationale : 17/12 : “Honte à vous @RichardFerrand !- ignare – qui venez de déclarer à l’Assemblée nationale sur le droit de référendum helvétique : ”les thèmes soumis sont très souvent le fait de cliques affairistes et de quelques […]


    • « Françaises, Français, mes chers compatriotes, »

      « Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement et moi-même avons toujours été en retard dans les réponses que nous y avons apporté. Derrière de bonnes paroles de compréhension et des mea culpa vides, nous avons d’abord parié sur son pourrissement, n’y voyant qu’un agglomérat d’illettrés, de Gaulois réfractaires, et de gens qui ne sont rien. Jour après jour, nous avons scruté les sondages. En vain. Nous avons ensuite supprimé les hausses de taxes sur l’essence, mais dans une telle confusion que tout le bénéfice politique de ce recul a été annihilé. Samedi dernier encore, nous avons cru qu’une répression de masse pourrait intimider la colère populaire. Nous nous sommes encore lourdement trompés. »

      « Tout atermoiement, ce soir, ne pourrait être perçu que comme une entourloupe. Je pense par exemple à tous les projets de « grand débat », « d’états généraux », de « Grenelle de la fiscalité », que ne cessent de proposer les cerveaux fertiles qui m’entourent, et qui occupent les bavards des chaines de télé. Vous n’y verriez qu’un moyen de gagner du temps, et vous auriez raison. »

      « Vous attendez de moi un geste politique clair, le voici. Conscient que ni la majorité, ni le gouvernement, ni a fortiori moi-même ne bénéficions plus de l’autorité suffisante pour poursuivre les réformes nécessaires à notre pays, je prends une décision » » simple, lisible, capitale, et qui ne coûte rien, ou pas grand chose : je dissous aujourd’hui l’Assemblée Nationale. »

      « J’invite les gilets jaunes, comme tous les mouvements politiques traditionnels, à revivifier notre démocratie, en présentant des candidats, dans chaque circonscription. Pour les y aider, les candidats investis par ce mouvement, à condition qu’il ne s’en présente qu’un seul par circonscription, bénéficieront d’une avance conséquente sur les dépenses de campagne. En cas de non obtention du seuil de suffrages nécessaires, cette avance ne sera pas remboursable. C’est un bien minime investissement dans la création d’une démocratie nouvelle. »

      « C’est à cette Assemblée nouvellement élue, et au gouvernement qu’elle soutiendra, qu’il appartiendra, dès leur entrée en fonction, de prendre les mesures propres à concilier urgence sociale et urgence climatique. Si l’Assemblée Nationale nouvellement élue décide de proposer des réformes institutionnelles, comme l’instauration de la proportionnelle, le référendum d’initiative citoyenne, ou même de se proclamer Constituante, je m’engage non seulement à ne pas y faire obstacle, mais à l’appuyer de toutes mes forces. Je serai fier de rester dans l’Histoire comme le président qui aura permis cette révolution légale et pacifique. »

      « Dans l’immédiat, le gouvernement expédiera les affaires courantes, à l’exception d’une seule mesure : une réévaluation du SMIC de 20%, au 1er janvier. »

      « J’ai bien conscience des innombrables difficultés qui ne manqueront pas de surgir tout au long de ce processus. J’ai notamment conscience que ma confortable majorité LREM sera balayée. C’est un bien mince inconvénient. Et il n’y a pas d’autre voie. »


  • Le programme politique révolutionnaire des Gilets jaunes
    https://yetiblog.org/le-programme-politique-des-gilets-jaunes-42-revendications

    Je vous livre ces 42 revendications in extenso, pas une ligne qui ne vaille pas la peine d’être lue (même celles avec lesquelles on peut ne pas être d’accord) :
    1. Zéro SDF : URGENT.
    2. Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).
    3. SMIC à 1300 euros net.
    4. Favoriser les petits commences des villages et centres-villes. (Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce) + de parkings gratuits dans les centres-villes.
    5. Grand Plan d’Isolation des logements. (faire de l’écologie en faisant faire des économie aux ménages).
    6. Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
    7. Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et autoentrepreneurs). Fin du RSI.
    8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).
    9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
    10. Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
    11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèquevacances.
    12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
    13. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
    14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des même droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
    15. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
    16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
    17. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
    18. Que les causes des migrations forcées soient traitées.
    19. Que les demandeurs d’asiles soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.
    20. Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
    21. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’Histoire de la France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).
    22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros [mensuel, ndlr].
    23. Que des emplois soient crées pour les chômeurs.
    24. Augmentation des allocations handicapés.
    25. Limitation des loyers. + de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
    26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage aéroport…)
    27. Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
    28. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
    29. Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publiques et que les prix baissent de manière conséquente.
    30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.
    31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.
    32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale.
    33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
    34. Le Référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée Nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
    35. Retour à un mandat de 7 ans pour le Président de la République. (L’élection des députés deux ans après l’élection du Président de la République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participait donc à faire entendre la voix du peuple.)
    36. Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans.
    37. Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
    38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
    39. Pas de prélèvement à la source.
    40. Fin des indemnités présidentielles à vie.
    41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue.
    42. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.


  • Fichage des enfants et adolescent∙e∙s non accompagné∙e∙s : le gouvernement doit renoncer à son projet de décret

    Deux mois après la création d’un fichier national biométrique des mineur⋅e⋅s non accompagné⋅e⋅s (#MNA) par la loi « Asile et Immigration », 10 organisations rendent public le projet de décret d’application préparé par le Ministère de l’Intérieur. Ce texte confirme nos craintes et en suscite de nouvelles. Au motif annoncé dans ce projet de décret de « mieux garantir la protection de l’enfance et de lutter contre l’entrée et le séjour irréguliers des étrangers », le ministère de l’Intérieur propose un texte qui permettra aux départements de remettre en cause encore plus aisément la minorité des enfants qui sollicitent une protection et facilitera leur éloignement du territoire, sans égard pour le respect de leur #vie_privée et leur droit à une protection. Ces mineur∙e∙s sont ainsi considéré∙e∙s d’abord comme des migrant∙e∙s à expulser plutôt que comme des enfants à protéger.

    Un nouveau fichier d’« Appui à l’Évaluation de la Minorité »

    Alors même que nos organisations dénoncent le « non accueil » dont ils font l’objet et demandent que soit garantie une mise à l’abri immédiate, un temps de répit, de protection et de mise en confiance avant l’évaluation de leur situation, le projet de décret prévoit une première phase strictement administrative, pendant laquelle les mineur∙e∙s isolé∙e∙s devront se soumettre à une prise d’empreintes, de photographie et répondre aux questions d’agents des préfectures, formulées dans une langue « dont il est raisonnable de penser » qu’ils ou elles la comprennent. Leur état civil, la référence de leurs documents d’identité, leur filiation, leur adresse, leur numéro de téléphone, ou encore la date et les conditions de leur arrivée en France pourront aussi être enregistrés dans ce nouveau fichier dénommé « Appui à l’Évaluation de la Minorité » (AEM). S’ils ou elles refusent, le préfet informera le président du Conseil départemental, qui risquerait d’interpréter ce refus comme un aveu de majorité et mettra fin à leur prise en charge.

    Expulsé.e.s après une évaluation aléatoire ?

    Pire, le décret transforme la protection de l’enfance en potentiel instrument de la politique d’expulsion du territoire : le refus de protéger un∙e jeune à l’issue de son évaluation permettra aux services préfectoraux de procéder à « un examen de sa situation, et le cas échéant, [à] une mesure d’éloignement ». Or, les conditions dans lesquelles sont menées ces évaluations ne permettent pas aux départements de prendre des décisions fiables et respectueuses des droits de ces enfants, de sorte qu’elles sont régulièrement remises en cause par les juges des enfants. A Paris, en 2016 et 2017, la moitié des décisions administratives de non reconnaissance de minorité ont été infirmées par le juge qui a ordonné à l’aide sociale à l’enfance d’admettre ces enfants, qu’elle avait précédemment remis à la rue [1].

    VISABIO, une source d’erreur supplémentaire

    Alors même que cette possibilité avait été écartée lors des débats à l’Assemblée Nationale, ce projet de décret autorise également les préfectures à consulter le fichier VISABIO [2] pour vérifier l’âge et l’identité de ces enfants. Ce fichier ne peut constituer qu’une source d’erreur supplémentaire lorsque l’on sait que beaucoup d’enfants tentent, avant d’entreprendre un voyage périlleux vers l’Europe, d’obtenir un visa d’entrée en Europe en se faisant passer pour des adultes. Les données issues de #VISABIO sont d’ailleurs très souvent écartées par les tribunaux, qui considèrent qu’elles ne permettent pas de remettre en cause l’identité des mineur∙e∙s, ni d’invalider les documents qu’ils ou elles présentent à l’appui de leurs déclarations.

    Nous, organisations agissant au quotidien auprès des mineur∙e∙s en danger, alertons sur les conséquences désastreuses que ce projet de décret aurait pour ces enfants et demandons son retrait. Il est impératif que le gouvernement garantisse à ces jeunes un accès à leurs droits dans des conditions dignes, quel que soit le département où ils sollicitent une protection.

    https://www.gisti.org/spip.php?article6036
    #biométrie #surveillance #mineurs_non_accompagnés #enfants #enfance #asile #migrations #réfugiés #expulsions #âge #renvois #empreintes_digitales


  • La vice-présidente LREM de l’Assemblée Nationale dîne avec l’un des responsables du #génocide au #Darfour | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1539859272-vice-presidente-lrem-de-l-assemblee-dine-responsables-genoci

    Comme StreetPress le révélait, la police française #collabore étroitement avec la dictature soudanaise depuis 2014 : accueil d’agents sur le territoire, visites en centre de rétention et même renvoi à #Khartoum d’opposants politiques réfugiés en France. L’un d’entre eux a été enfermé et torturé dès sa descente de l’avion, expliquait le New York Times en mai dernier.


  • La France sous Macron : une start up sans conseil d’administration
    AU FEU ! AUX FOUS !

    Cette nuit du 14 au 15 septembre, à 4 heures du matin, avec une loi agriculture qui sent bon le parfum des lobbies, la chimio-agriculture productiviste s’est donné un petit verre pour la route. Monsanto et Bayer ont gagné le droit de continuer leurs arrosages de Glyphosate. Les députés « La République en marche » sont venus empêcher nos amendements et tous ceux qui voulaient interdire le glyphosate. Cet horaire pour en débattre, la hargne vulgaire des chiens de garde du groupe parlementaire Macroniste, tout cela dessine un tableau crépusculaire du régime.
    Nous sommes à mi-septembre seulement et tous les éléments de crise politique laissé derrière nous fin juillet, loin d’être estompés par les vacances, sont revenus crument sur le devant de la scène. Et tous se présentent sous une forme durcie. Et cela du seul fait des errements de l’exécutif. C’est donc dans la sphère politique que la déstabilisation est la plus avancée alors même que s’avance une séquence de déstabilisation plus globale. En effet l’état économique et social du pays va « prendre cher » avec la présentation du budget de l’Etat et celui de la sécurité sociale. Et cela sur fond de coup de frein frappant l’activité étouffée par une politique à contre sens des besoins.
    Et là-dessus revoila l’affaire Benalla. Elle a déjà fonctionné comme un seuil : il y a un avant et un après Benalla pour la présidence Macron. A présent cette même affaire revient sur le devant de la scène avec un bras de fer institutionnel sans précédent. Du jamais vu. Macron Castaner, Benalla en personne d’un côté et de l’autre le Sénat en tant qu’institution. Les uns menacent et font pression, les autres observent, sidérés. Il y a donc désormais un cycle Benalla dans le quinquennat. Le nouvel épisode prend la forme d’une crise politique d’un type absolument nouveau. Bien sûr il est possible que dans l’ambiance délétère qui prévaut désormais, personne ne fasse plus attention ni à l’esprit des institutions, ni à leurs règles de fonctionnement ni au poids des mots utilisés. Que le président de la République rappelle à l’ordre le président d’une des deux assemblées est un débordement de l’exécutif sur le législatif qui ne serait accepté dans aucun état démocratique ailleurs. Au demeurant comment Macron peut-il croire que le président du Sénat a une autorité sur les choix et l’activité des membres d’une commission d’enquête ? C’est presque aussi choquant que le coup de pression lui-même. Son garde du corps invective les parlementaires qui vont l’interroger. Mais il n’est pas publiquement rappelé à l’ordre. C’est une façon pour la présidence d’assumer une offense antiparlementaire d’une violence inconnue jusque-là. Là-dessus monsieur Castaner, ministre chargé des relations avec le parlement reprend la boxe. Il accuse le Sénat d’être un danger pour la République parce qu’il viserait la destitution du Président. L’énormité de l’accusation « danger pour la République » échappe-t-elle à ses auteurs ? Se rendent-ils encore compte de ce qu’ils disent ? Et le reste n’est pas moins sidérant. Le Sénat aurait donc vraiment l’intention de destituer le Président de la République ? On pourrait penser que c’est une bonne nouvelle. Mais qui peut sérieusement la croire ? A moins que le travail de cette Commission ne soit promis à faire des découvertes y conduisant. On se demande lesquelles. Si bien qu’un sénateur socialiste a pu se demander publiquement si Macron n’était pas devenu le garde du corps de Benalla avec ce genre de méthodes d’intimidation.
    Bien sur depuis le début de tout cela je n’ai pas quitté le sourire en coin. Comment oublier que nous avons été accusés d’être des violents ce premier Mai même au cours duquel les barbouzes du président tabassaient les passants. Comment oublier le nombre de fois où l’on m’a accusé d’être excessif et agressif en voyant ces personnages agresser l’institution parlementaire et un sicaire du pouvoir injurier les sénateurs. Comment oublier que ces gens m’ont reproché de ne pas avoir « accepté le résultat de la présidentielle » comme s’ils en doutaient eux-mêmes au point d’être devenus si chatouilleux sur la stabilité de cette présidence face à une simple commission d’enquête.
    La portée de cet enchainement et son contexte à la suite de l’année Macron secoue en profondeur tout l’édifice républicain. Quel genre d’Etat de droit sommes-nous devenus ? Voyons ce tableau. Un accord international s’applique sans être discuté devant notre parlement. La règle sociale est négociée entreprise par entreprise, le président agresse le parlement sans aucune réaction des oies médiatiques du Capitole et ainsi de suite. Telle est devenue la France sous Macron : une start up sans conseil d’administration. Mais ce pays est tellement plus que cela ! La camisole macronienne éclatera.
    Dans ce contexte institutionnel rendu si explosif par Macron lui-même, les épisodes de la démission et du remplacement de Nicolas Hulot puis de la nomination et du remplacement de De Rugy ont aggravé les problèmes qui se posaient au pouvoir dans ce cas. Le diagnostic et le bilan de Hulot fonctionne comme un réquisitoire et une motion de censure de la politique écologique en cours. Puis il y a eu une séquence de mise aux enchères du ministère de l’écologie, où, pour finir, aucun écolo connu n’en a voulu. Dans cette ambiance, les gesticulations de Cohn Bendit ont continué de donner l’impression d’un grand n’importe quoi : le président discute d’égal à égal avec un histrion perdu de réputation. La nomination de De Rugy s’est donc présentée comme un pis-aller misérable. Il révélait qu’au fond le seul souci du pouvoir était de s’approprier un bon gisement de complaisances. Comme si ça ne suffisait pas est arrivé le sketch masculiniste de l’élection de Richard Ferrand au perchoir de l’Assemblée Nationale. Bilan final de l’ensemble : une ambiance glauque précipitant l’image du régime Macron dans les basses cases des mauvais souvenirs de décadence du passé.
    Ce tableau d’impuissance à maitriser l’histoire dont il est l’acteur, fait de Macron, en quelque sorte, une nouvelle victime de l’univers déstabilisé qu’a provoqué son élection. Rien ne tient désormais, pas même lui. C’est sans doute cette crainte qu’exprime Castaner quand il pense voir venir une destitution du président.
    Pour ma part j’ai toujours mené mes combats en tachant de tirer partie de l’énergie que déploie l’adversaire. Ici la macronie nous fournit une énergie très auto destructrice qui fournit les moyens de nombreuses prises. Je vois de plus un autre point d’appui dans la stratégie de Macron. Il veut installer le paysage d’un face à face avec Le Pen dans l’élection européenne. Et de la même façon il y aurait un face à face Orban/ Macron. Dans l’un et l’autre cas personne n’a l’air de se soucier vraiment du paroxysme de crise politique que cela signifierait au deux échelons national et européen. Opportunément, un sondage sur 565 personnes vient confirmer au niveau national ce paysage espéré par le pouvoir. Au fond, assez cyniquement, Macron compte comme d’habitude sur un vote forcé du type de celui qui lui a permis d’être élu Président. J’ai la certitude que cela ne peut fonctionner. Les gens savent que le pouvoir de l’Etat n’est pas en cause avec une élection européenne. Dès lors la mobilisation forcée n’aura pas lieu aussi facilement « pour faire barrage » que la macronie peut le croire. Les castors en ont marre. Au demeurant les électeurs euro béats sur lesquels compte Macron vont s’éparpiller entre la liste de EELV, celle du PS et peut-être même une liste centriste. Par contre le vote anti macron sera bien stimulé par le contexte. Comptez sur nous pour faire savoir qu’en cas d’un vote sanction net, Macron sera plus proche de la sortie de secours de l’Elysée que du Trône ! Mais l’agitation de la menace Le Pen et son instrumentalisation une fois de plus joue aussi pour déstabiliser le régime. Car cela approfondit à la fois le sentiment d’une insupportable manipulation supplémentaire mais aussi celui d’une crise politique qui ne se règle jamais. Cette conjonction va beaucoup nous aider à nous valoriser comme alternative rompant avec ce face à face du pouvoir (quel qu’il soit) et des Le Pen qui dure depuis vingt ans. Mais surtout il va aggraver le sentiment d’un pouvoir Macroniste qui n’a rien changé, sinon en pire depuis sa mise en place. Le sentiment d’une crise politique à laquelle répond précisément notre proposition de Constituante et notre objectif de la sixième République. Bref plus le pouvoir Macroniste joue avec le feu plus se raccourcit le chemin vers le pouvoir
    .

    https://www.facebook.com/JLMelenchon/posts/10156761518623750 ?


  • Une députée LREM en passe d’être exclue du groupe pour avoir voté contre le projet de loi immigration
    Mis à jour le 27/07/2018 | 23:00
    https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/une-deputee-lrem-en-passe-d-etre-exclue-du-groupe-pour-avoir-vote-contr

    La députée LREM Aina Kuric a voté contre le projet de loi asile-immigration en nouvelle lecture, dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 juillet. Elle s’expose désormais à une exclusion du groupe majoritaire, conformément à la règle établie par son président Richard Ferrand.

    L’élue de la Marne, qui s’était déjà abstenue en première lecture, a cette fois voté contre le projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », la seule de son groupe à le faire. Onze élus LREM se sont abstenus et 43 ont voté pour le texte porté par Gérard Collomb.
    (...)
    Conformément à la règle au sein du groupe LREM – « abstention, péché véniel, vote contre, péché mortel » – cette chef d’entreprise dans l’œnologie de 31 ans s’expose à une exclusion. « Le bureau du groupe se réunit tous les mardis. On en saura plus à ce moment », a simplement commenté le groupe, qui compte 312 élus.

    En avril, Jean-Michel Clément avait annoncé se mettre « en congé » du groupe après avoir voté contre le texte asile-immigration en première lecture, le seul dans ce cas. Cet ex-PS siège désormais chez les non-inscrits. Le texte asile-immigration doit faire l’objet d’un ultime vote le 1er août, dernier jour de session extraordinaire, après une dernière navette avec le Sénat.


  • “Paris-la-folle” ?
    http://www.dedefensa.org/article/paris-la-folle

    “Paris-la-folle” ?

    23 juillet 2018 – Avec l’affaire Benalla se pose pour mon compte une question fort délicate : la France est-elle capable de s’offrir encore un grand scandale, une de ces choses qui donnent à la République numérotée impliquée quelque chose comme ses lettres de noblesse ? La France de Macron peut-elle s’offrir l’équivalent d’une affaire Stavisky ou d’une affaire Ben Barka, une affaire où l’enjeu est très grand et où la tragédie n’est pas loin ? (Dans les deux cas cités, il y eut mort d’homme.) Pardonnez-moi si j’hésite et retiens ma réponse mais je la sens et je la crains, la France, me semble-t-il, un peu trop légère et éparse pour ça...

    J’écris ces lignes sous l’impression de la vision épisodique mais néanmoins intéressée des auditions de l’Assemblée Nationale qui nous sont offertes depuis ce (...)


  • Affaire Benalla : déjeuner secret à l’Élysée - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/politique/affaire-benalla-dejeuner-secret-a-l-elysee-22-07-2018-7829466.php

    Selon nos informations, Emmanuel Macron a discrètement reçu samedi à l’Elysée les ministres de l’Intérieur et de la Justice.
    En pleine tourmente samedi, le Président de la République a reçu discrètement le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et la Garde des Sceaux Nicole Belloubet. Au menu de crise : l’affaire Benalla et les répercussions en cascade.

    Ils sont entrés très discrètement sur les coups de midi par l’arrière de l’Élysée et en sont ressortis tout aussi discrètement, le déjeuner terminé. En attendant, les hommes de leur service de protection ont fait le pied de grue dans un café situé près de la place Beauvau.
    Alors que le patron de la place Beauvau se retrouve en première ligne, le président tenait à voir son ministre avant qu’il se retrouve lundi à 10 heures sous le flux de questions de la commission des lois de l’Assemblée Nationale. Selon nos informations, Gérard Collomb a planché avec son cabinet sur les réponses à apporter. « Il s’agit d’être précis et exhaustif », rapporte une source proche du ministre.


  • Violences Sexuelles sur mineurs : blocages institutionnels anormaux | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/06/04/violences-sexuelles-sur-mineurs-blocages-insti

    Le projet de loi du gouvernement, initialement destiné à protéger femmes et enfants des violences sexuelles, est vidé de sa substance et entérine la requalification des viols sur mineurs en délits.

    Des député(e)s et ministres défendent la correctionnalisation des viols sur mineurs…

    Quel choc !

    Le Gouvernement pour expliquer ses revirements, invoque un risque d’inconstitutionnalité. Il avait pourtant proposé, en connaissance de cause, que l’absence de consentement avant 15 ans ne fasse pas débat.

    L’ouverture croissante de la parole des victimes et l’émergence de faits au sein du monde politique méritent de poser la question du blocage systématique de toutes les propositions de loi sur la prescription des agressions sexuelles. Il en est de même de l’absence délibérée d’évaluation épidémiologique des violences sexuelles sur mineurs alors que le Conseil de l’Europe rappelle régulièrement depuis 2011 qu’1 enfant sur 5 est victime de violences sexuelles en Europe.

    La systématisation de la correctionnalisation des viols sur mineurs, même de moins de 15 ans, dans le projet de loi examiné récemment à l’Assemblée Nationale questionne au plus haut point.

    L’association Stop aux Violences Sexuelles (SVS) en appelle au Président de la République, au Premier ministre et à la représentation nationale pour abolir du code pénal la notion d’« atteinte sexuelle » qui n’a pas lieu d’être et donne lieu à toutes les dérives d’interprétation.

    Un mineur victime d’agression sexuelle de la part d’un adulte ou d’un mineur plus âgé que lui, est toujours sous l’effet soit de la violence, soit de la contrainte, soit de la menace, soit de la surprise.

    #culture_du_viol #pedo-viol #inceste #violences_sexuelles #correctionnalisation #viol #enfance


  • Un député actionnaire de Sanofi veut déréglementer les essais cliniques sur les humains Frustration - 9 Mai 2018
    http://www.frustrationlarevue.fr/un-depute-actionnaire-de-sanofi-veut-dereglementer-les-essais-cli

    Le 9 mai était examinée en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale une proposition de loi du groupe centriste MODEM, http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion0847.asp qui porte sur la réforme des « Comités de protection des personnes ». Ces comités ont pour rôle de s’assurer que tout projet de recherche portant sur l’être humain respecte diverses mesures (médicales, éthiques et juridiques) visant à assurer la protection des personnes qui participeront à cette recherche. Il existe une quarantaine de comités en France, composés de chercheurs, de professionnels de santé, d’usagers, d’associations et de psychologues. Ces comités doivent en particulier donner leur aval à des essais cliniques, c’est-à-dire les études qui évaluent l’efficacité et la tolérance d’un traitement. La proposition de loi qui veut réformer le fonctionnement de comité a été conçue par un député fort attentif aux intérêts de l’industrie pharmaceutique…

    Une proposition de loi qui fragilise la protection des patients
    La dimension expérimentale des essais cliniques présente d’abord des risques évidents : le dernier accident grave date de 2016. Un homme volontaire pour un essai mené par le laboratoire portugais Bial à Rennes décède des suites de l’absorption d’une dose de la molécule testée. On peut donc payer de sa vie la participation à un essai clinique, mais les sujets de ces études sont des personnes qui peuvent être en situation de grande vulnérabilité face aux commanditaires de l’étude : qu’ils soient en bonne santé ou malades, leur niveau d’information sur les risques auxquels ils font face peut être variable.

    C’est ainsi pour vérifier que leur consentement est éclairé, c’est-à-dire que l’industriel ou l’organisme de recherche organisateur de l’essai clinique a rempli ses obligations en matière d’information, que les Comités de protection des personnes jouent un rôle essentiel. S’ils donnent un avis défavorable à l’étude, le labo doit faire appel de la décision.

    Mis en place avec la première loi bioéthique en matière de recherche, en 1984, ces comités sont donc des instances clefs dans le parcours d’un médicament. Et c’est parce qu’ils sont si essentiels que la législation a tout fait pour les protéger de l’influence de la toute-puissance pharmaceutique : pour une étude clinique, le comité qui contrôle est tiré au sort parmi les 40 comités répartis sur le territoire. Ainsi, il est plus difficile pour les industriels de cibler des membres à influencer.


    Une réforme réclamée par le LEEM, premier lobby pharmaceutique français. 
    Or, pour l’industrie pharmaceutique plus que pour n’importe quel autre secteur, le temps, c’est de l’argent : puisqu’un brevet ne dure que vingt ans, les labos doivent tout faire pour mettre un nouveau produit au plus vite sur le marché. Ces procédures préalables au lancement d’essais cliniques leur sont donc insupportables. En février 2017, le LEEM, lobby français des industries pharmaceutiques, lançait un cri d’alarme complaisamment relayé par la presse, se plaignant d’une durée moyenne trop élevée de traitement de ses dossiers par les Comités de protection des personnes (deux mois). Et alors même que la France est le troisième pays du monde en terme d’essais cliniques menés, le lobby alertait sur la baisse du nombre de participants.

    C’était sans compter sur la complicité du groupe parlementaire MODEM qui a utilisé sa niche (journée accordée à un groupe d’opposition pour présenter à l’Assemblée ses propres propositions de loi) pour proposer une loi « relative à l’expertise des comités de protection des personnes ». Cette proposition fait parfaitement écho aux jérémiades des labos, estimant que le tirage au sort des CPP entraîne des délais trop longs. L’exposé des motifs de la proposition de loi ne mentionne pas un seul instant le point de vue des patients mais relaie tous les éléments de langage des industriels. Elle vise à instaurer une limitation du tirage au sort, réduisant son champ aux seuls CPP disposant d’experts reconnus pour le sujet donné de tel ou tel essai clinique. Une pirouette destinée à réduire le champ des interlocuteurs par essai clinique, et menaçant au passage l’intégrité des comités.

    Un député fort gâté par les laboratoires
    Pourquoi des députés se font-ils les relais aussi zélés de l’industrie pharmaceutique ? Le rapporteur de la proposition de loi, Cyrille Isaac-Sibille est un médecin. Mais aussi un actionnaire. Actionnaire de… Sanofi, dont il possède 92 parts selon sa dernière déclaration de patrimoine. https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/essais-cliniques-l-avertissement-en-demi-teinte-de-l-industrie-pharmaceut De plus, en février dernier, le magazine Médiacités révélait https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2018/02/06/isaac-sibille-et-touraine-les-liaisons-dangereuses-de-deux-deputes-medeci ? que le médecin avait été fort gâté par l’industrie pharmaceutique entre 2014 et 2016, touchant rien que durant cette période 3 563 € de cadeaux (voyages, repas…), selon la base de donnée transparence.sante.gouv.fr qui permet de consulter les liens déclarés des praticiens.

    À n’en point douter, Cyrille Isaac-Sibille fait partie de ces médecins qui ont fait leur les souhaits et désirs de l’industrie pharmaceutique au détriment de l’intérêt des patients. La seule revue médicale indépendante, Prescrire, juge pourtant que les Comités de protection des personnes doivent être renforcés, et non affaiblis comme le veut ce drôle de docteur. En tant que député, Isaac-Sibille a écrit une proposition de loi dictée par un lobby plutôt que par une quelconque conception de l’intérêt général. Son groupe parlementaire, le prétendu modéré et rationnel MODEM, l’a suivi comme un seul homme dans ce dévoiement révoltant de la « représentation nationale ».

    Seuls les deux députés de la France Insoumise présents lors de ce premier examen en commission ont soulevé la question des liens d’intérêts du médecin-député, https://www.facebook.com/Depute.Ratenon/videos/2003845339688900 , sous les cris d’orfraie de leurs collègues LREM qui estimaient qu’il s’agissait là d’une terrible attaque “ad hominem”. Bafouillant et confu, Cyrille Isaac-Sibille a alors eu ce lapsus légendaire, pour justifier sa détention d’action Sanofi “Je suis fier de défendre les intérêts euuh… d’investir dans le secteur pharmaceutique”. La proposition de loi sera discutée dans l’hémicycle le 17 mai.

    #santé #législation assemblée_nationale #MODEM #député #essais_&_débats #essais-cliniques #industrie_pharmaceutique #expérience #sanofi #test #bioéthique #médicaments #LEEM #lobby #tirage-au-sort #cyrille_isaac-sibille #médecin #LREM #sanofi #france #big_pharma #pharma #lobbying #influence #transparence #recherche #normes_et_régulations


  • Guatemala – Les collectifs de femmes travaillent à retrouver leur culture et leurs savoirs – ffnews
    https://www.ffnews.info/2017/02/01/guatemala-les-collectifs-de-femmes-travaillent-a-retrouver-leur-culture-et-

    Cela fait des années que les collectifs guatémaltèques de femmes sont en lutte pour la défense du corps et du territoire. Dans cette défense, le savoir a toute sa place. « Les camarades femmes des peuples indigènes ont établi qu’à partir de la colonisation il s’est produit un “épistémicide”, c’est-à-dire qu’on a essayé de tuer une certaine voie de création de connaissances et, partant de là, une des choses fondamentales que nous avons faites, il y a quelques années, au cours d’une assemblée féministe, ce fut de nous reconnaître douées de capacité épistémique », nous dit Sandra Morán, membre de l’Alliance Politique Secteur des Femmes qui regroupe 33 organisations sociales au Guatemala.

    Pour Sandra Morán, députée à l’Assemblée Nationale du Guatemala pour le parti Convergencia, cette reconnaissance de la part de l’assemblée féministe « est absolument politique et libératrice parce que jusqu’alors les femmes qui n’avaient pas été à l’école et n’avaient aucun diplôme universitaire ne se sentaient pas capables… Et alors nous nous sommes vues nous-mêmes, indépendamment de notre scolarité, douées de la capacité de produire de la connaissance et dans la nécessité de créer une méthodologie pour y parvenir. »

    Le Guatemala est le pays d’Amérique Centrale qui compte le taux de population indigène le plus élevé, plus de la moitié de sa population, et celle-ci est celle qui présente la plus grande diversité. Les peuples originaires (Mayas, Xincas, Garífunas) ont survécu à l’invasion espagnole et au génocide maya mené par Efraín Ríos Montt dans les années 80.

    « Il y a une stratégie politique des peuples pour retrouver les savoirs ancestraux. Depuis le Secteur des Femmes, pour faire face au racisme qui existe en nous, nous avons décidé que les femmes mayas et xincas feraient ensemble des propositions pour un désapprentissage actif du racisme et cela nous a pris quelques années ». C’est ainsi que nous sommes en train d’écrire un livre de récupération des savoirs mayas et xincas et nous rendons aussi visibles leurs apports au mouvement « parce que l’acte politique de la récupération des savoirs et la décolonisation passe par des décisions personnelles, collectives, communautaires, etc. »

    La députée guatémaltèque insiste : « nous avons fait des exercices pour identifier où se situent en nous le patriarcat, le colonialisme, le mercantilisme, et nous avons vu comment serait une personne, une communauté sans patriarcat, sans soif de consommation, sans colonialisme ; et, pour effectuer ce passage, parce que c’est le système qui nous a conditionnées, il nous faut identifier ces codes (nous avons identifié les mécanismes, les institutions) pour nous décodifier. Et c’est dans cette voie que nous sommes engagées. »


  • Le LBD40 désormais interdit dans les manifestations parisiennes - Paris-luttes.info via @paris
    https://paris-luttes.info/info-exclusive-le-lbd40-desormais-9348
    Place de la Bastille, 1er mai 2017 :

    Une information (volontairement ?) passée sous silence par la presse mais qui va changer les pratiques de la Police (et les nôtres) durant les manifestations

    Le Défenseur des Droits vient de remettre, à l’Assemblée Nationale, un rapport assez conséquent sur le maintien de l’ordre en France.
    Le document fait près de 116 pages d’analyses factuelles avec quelques recommandations.
    http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/Rapport-MO-09-01-18.pdf

    Concernant l’usage du LBD40, le rapport est très critique quant à l’usage de cette arme. Comment ne pas l’être quand la liste des mutilés ne cesse de croître chaque année ?

    Si les recommandations risquent de toutes évidences de ne pas être entendues ni mêmes lues par les parlementaires, une information est retranscrite dans le document et pas des moindres :

    On apprend en effet que le préfet de police (de Paris) a désormais pris la décision de proscrire le LBD40 dans les opérations de maintien de l’ordre au regard de sa dangerosité et de son caractère inadapté dans ce contexte.

    #maintien_de_l'ordre #police #LBD40 #défenseur_des_droits

    • Merci @touti. Une prise de conscience en haut lieu des dangers de ces armes et un meilleur encadrement sont toujours souhaitables, mais il ne faut pas se méprendre sur ce que cette interdiction change. Elle se fait non dans une volonté de remise en question des armes dites « non létales », mais simplement dans une démarche d’amélioration technique :
      https://desarmons.net/index.php/2017/12/01/la-police-municipale-sequipe-dun-nouveau-modele-de-lanceur-de-balles-de-d

      On apprend par un article d’Actu.fr du 24 novembre 2017 que la police municipale de Melun vient d’être dotée de trois nouveaux lanceurs de balles de défense. (...) Il ne s’agit pas du LBD 40 qui équipe depuis 2007 la police nationale, mais le Kann44 produit par la toute nouvelle entreprise REDSCORE, fondée en 2014 et située à Lanester près de Lorient (Morbihan, 56).

      Cela ne règle en rien l’usage, qui est pourtant au coeur des mutilations et des morts entraînées par ces armes. Certes, il n’est pas aberrant, du point de vue du fabricant et des utilisateurs/trices, que les armes permettent une meilleure visée et un tir fiable, mais cela ne résout pas les problèmes fondamentaux posés par :
      1. le fait de tirer sur la foule - cf. Pierre Douillard-Lefèvre :
      https://seenthis.net/tag/pierre_douillard-lefevre

      Sur fond d’hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l’impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D’abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s’imposent aujourd’hui potentiellement contre tous. « En blesser un pour en terroriser mille », telle est la doctrine des armes de la police.

      2. l’augmentation du recours à la violence auquel cet armement incite - cf. Olivier Razac :
      http://www.article11.info/?Olivier-Razac-Penser-les-nouvelles#a_titre
      (il parle ici des Tasers, mais son analyse vaut pour l’ensemble des armes « non létales »)

      D’un côté, il faut bien que cela reste des armes - qu’elles continuent d’être dissuasives, de faire peur. Mais de l’autre, il s’agit de les banaliser. D’où justement l’association d’un rapport ludique avec des usages abusifs.

      et 3. le fait que les yeux et d’autres zones du corps censément interdites se trouvent délibérément visées dans certains contextes :
      https://seenthis.net/messages/537853

      La police nous a tiré dessus au flashball le soir du 8 juillet 2009 à Montreuil, alors que nous étions nombreux à manifester suite à l’expulsion de « La Clinique », un lieu d’organisation ouvert sur la ville. Parmi les six personnes blessées, cinq ont été touchées au dessus de l’épaule, précisément là où la police n’est pas autorisée à viser.

      https://seenthis.net/messages/248694

      Trois jeunes hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers, lors de la manifestation du 22 février à Nantes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’un est éborgné et les deux autres ont peu de chances de retrouver la vue. Sur la page Facebook d’appel à témoignages qui a été créée, plusieurs autres manifestants affirment, photos à l’appui, avoir été atteints par des tirs de #Flashball au visage : sur le crâne avec neuf points de suture, sur la joue ou encore à la lèvre.

    • LBD : Réaction au rapport du défenseur des droits, L’Assemblée des Blessés par la police
      https://nantes.indymedia.org/articles/39746

      2 - Le Défenseur des Droits n’émet que des avis symboliques. Le président de l’assemblée Nationale, François De Rugy, s’est empressé de le rappeler en précisant que ce rapport « n’engage en rien l’Assemblée ». Cela fait des années que le Défenseur des Droits produit des rapports mettant en lumière les violences policières, et que simultanément, le gouvernement arme d’avantage ses forces de l’ordre et que ces violences s’aggravent dans l’impunité généralisée. S’il n’est pas suivi d’effet, ce rapport n’a qu’un rôle cosmétique.

      3 - Il y a quelques années, le Défenseur des Droits préconisait l’abandon du Flash-Ball, la première génération d’arme tirant des balles en caoutchouc. Le gouvernement avait répondu qu’il le remplaçait par le LBD 40, beaucoup plus puissant et plus précis. Aujourd’hui, le Défenseur des Droits prône l’abandon du LBD 40, alors que de nouvelles armes encore plus dangereuses sont données aux forces de l’ordre. Par exemple le PGL-65, qui équipe déjà les CRS, une sorte de fusil mitrailleur qui permet de propulser en rafale des balles en caoutchouc et des grenades sur des civils. Du reste, il n’est désormais plus exceptionnel de voir un policier sortir une arme de service dans une situation de maintien de l’ordre. Le changement de doctrine induit par les Lanceurs de Balles a banalisé, pour les policiers, le fait de tirer sur des individus.


  • Troisième journée pour la vie à l’Assemblée Nationale !
    https://www.mariefrancelorho.fr/2017/12/12/troisieme-journee-vie-a-lassemblee-nationale

    Chers amis,

    Le mercredi 17 janvier prochain aura lieu la troisième journée parlementaire pour la vie.

    Elle portera sur le sujet suivant : affronter le transhumanisme. Ecclésiastiques, dirigeants du monde associatif, juristes et philosophes s’assemblent pour produire une réponse intellectuelle et morale de qualité aux zélateurs du « changement de civilisation ».

    Alors que les états généraux de la bioéthique sont annoncés, et quatre jours avant la Marche pour la Vie, cette journée s’inscrit dans une lutte politique pour la préservation de la vie de son commencement à son terme naturel.

    Vous pouvez vous y inscrire en envoyant un courrier électronique à Marie-France.Lorho@assemblee-nationale.fr qui devra contenir les nom et prénom de votre carte d’identité, ainsi que la date et le lieu de votre naissance.

    Je vous prie de croire, chers amis, en l’expression de mes sentiments courtois.

    Marie-France LORHO


  • Il dénonçait les fraudeurs aux allocations, le député a trois comptes suisses - NeufShares
    http://www.neufshares.com/il-denoncait-les-fraudeurs-aux-allocations-le-depute-a-trois-comptes-sui

    C’est le moment le plus gênant de son procès et Dominique Tian n’a pas l’air de réaliser. Devant le tribunal correctionnel de Paris, vendredi 1er décembre, cet ancien député (LR), jugé pour blanchiment de fraude fiscale et fausse déclaration de patrimoine, ne peut s’empêcher de vanter ses années de combat politique contre les tricheurs aux allocs, les « faux chômeurs » et les prétendus « parents isolés », contre la « fraude sociale » en clair, cette plaie nationale si coûteuse pour les finances publiques, qu’il a dénoncée dans un rapport parlementaire au vitriol.


  • La France Insoumise face à son destin | Lenny Benbara
    http://lvsl.fr/la-france-insoumise-face-a-son-destin

    Après un peu plus d’un an d’existence et une histoire déjà riche, La France Insoumise, forte du score de son candidat Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et de la visibilité de son groupe parlementaire, va devoir préciser sa stratégie dans la guerre de position à venir. Les défis auxquels le mouvement va se confronter sont nombreux.

    Nous venons de sortir d’un long cycle électoral et, outre La République En Marche, le mouvement La France Insoumise (LFI) s’est imposé comme une nouvelle force incontournable de l’échiquier politique. Alors que quelques mois auparavant il semblait probable que ce soit le FN qui se dote d’une forte présence à l’Assemblée Nationale, la visibilité du groupe de LFI a permis au mouvement de s’installer comme le principal opposant à la politique d’Emmanuel Macron dans l’esprit des Français. Ce résultat est en grande partie le fruit d’une stratégie populiste, telle qu’elle a été théorisée par Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, et mise en pratique par Podemos, mais aussi de l’explosion du PS. Ce progrès est considérable puisqu’il permet à l’antilibéralisme progressiste de sortir de la culture de la défaite. Les insoumis ont mené une vraie guerre de mouvement, ont donné tout son sens à la fonction tribunicienne via Jean-luc Mélenchon, et ne sont pas passés loin d’arriver au second tour de l’élection présidentielle. Après une séquence parlementaire agitée qui a duré un mois, il est nécessaire d’effectuer un petit bilan de ce qui s’est passé, et d’esquisser les défis auxquels le mouvement va devoir se confronter, alors que nous entrons dans une nouvelle phase qui appelle une stratégie de guerre de position.[1]

    [1] La distinction entre guerre de mouvement et guerre de position nous vient de Gramsci. Pour faire simple, la guerre de mouvement renvoie aux périodes politiques chaudes, où les rapports de forces peuvent basculer spectaculairement et dans de grandes largeurs. La seconde renvoie aux périodes plus froides, où l’enjeu est de conquérir des bastions dans la société civile et la société politique, de développer une vision du monde, et de construire une hégémonie culturelle à même de permettre la naissance d’un nouveau bloc historique du changement .

    https://www.youtube.com/watch?v=Vq8Bp2rOD4Y


  • Catalogne : des prisonniers politiques à nos frontières — Christian RODRIGUEZ
    https://www.legrandsoir.info/catalogne-des-prisonniers-politiques-a-nos-frontieres.html

    Les relents franquistes de la politique de Rajoy se confirment aujourd’hui avec l’arrestation de 8 ministres du gouvernement catalan et le mandat d’arrêt européen lancé à l’encontre de Carles Puigdemont, Président de la Generalitat
    .
    Ces mesures font suite à l’arrestation du président de l’ANC (Assemblée Nationale Catalane), Jordi Sánchez et du président de l’OC (Òmnium Cultural), Jordi Cuixart. La juge Carmen Lamela a décidé de les emprisonner de manière préventive et sans caution pour avoir promu les manifestations de Barcelone les 20 et 21 septembre derniers et avoir appelé « à la résistance » afin « d’empêcher l’application de la loi ». Ils risquent de 10 à 15 ans de prison pour sédition.

    Aujourd’hui, Carles Puigdemont risque 30 ans de prison pour sédition, rebellion et détournement de fonds, comme s’il fallait trouver une excuse financière à son arrestation alors que les raisons sont purement politiques.

    Il est évident que toute déclaration d’indépendance unilatérale est nécessairement hors la loi de l’Etat dont on veut se séparer. Dans cette configuration, les « séditieux indépendantistes » ne reconnaissent plus la loi et la justice du pouvoir central mais celle du nouvel état. C’est la raison pour laquelle cela se traduit par des affrontements violents, voire presqu’immanquablement des guerres.

    Or, loin de chercher le dialogue, le gouvernement Rajoy joue sur l’intimidation et la répression pour mâter toute velléité d’indépendance, qui est restée pacifique, de la Catalogne où voudrait-il justement que le conflit s’embrase pour encore mieux les justifier ? Dans le meilleur des cas, il en fera des héros ou des martyrs ou même les deux.

    A ce jour, le Venezuela est le seul pays à être intervenu pour rappeler Madrid à l’ordre, pourtant si prompt à s’ingérer dans les affaires intérieures du Venezuela, par la voix de Jorge Arreaza, le ministre des Affaires Etrangères vénézuélien, à la 39 ème session de la Conférence générale de l’UNESCO : « Le Venezuela exige que les autorités espagnoles libèrent les prisonniers politiques. Le dialogue démocratique doit être la voie et non la répression. Nous attendons que le gouvernement espagnol respecte les Droits Humains et ceux des prisonniers politiques pour que la démocratie l’emporte ».

    Mais, enfin, est-ce que l’Union Européenne et tous ses états membres vont tolérer qu’il puisse y avoir encore à l’intérieur de ses frontières des prisonniers politiques ? Leur silence assourdissant et, évidemment, complice laisse à penser que oui !

    Christian RODRIGUEZ


  • Non, Monsieur le Président, l’autonomie des femmes ne devrait pas faire débat ! | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/10/27/non-monsieur-le-president-lautonomie-des-femme

    Interviewé sur TF1 hier soir, le Président de la République s’est exprimé sur l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée à toutes les femmes, et, refusant de s’engager sous prétexte que « le politique ne doit pas brutaliser les consciences » a annoncé vouloir avoir un débat « apaisé » dans le cadre de la révision de la loi bioéthique en 2018.

    Alors, de deux choses l’une : soit notre Président a la mémoire courte et a oublié la violence du débat sur la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, soit il vient de marquer son mépris pour les femmes et les familles LGBTparentales.

    Un débat « apaisé » avec « La Manif Pour Tous » ? Avec des gens qui traitent nos enfants d’Organismes Génétiquement Modifiés et leur prédisent une « douleur sans fin » ? Un débat où tout un chacun aura encore son mot à dire sur nos vies, nos corps et nos enfants ? Des religieux, des journalistes, des passants, des « experts » autoproclamés viendront juger nos familles et l’existence de nos enfants. Encore une fois ce sont les lesbiennes, les gays, les bisexuel-le-s et plus largement toutes les femmes que l’on va stigmatiser et qui devront subir des campagnes de dénigrement, du harcèlement sur les réseaux sociaux, une multiplication des insultes et des agressions comme en 2013.

    On va poser la question de savoir si une femme seule, ou deux femmes en couple, peuvent élever un enfant au mépris du quotidien de centaines de milliers de foyers monoparentaux et homoparentaux. On va tenter de justifier le maintien d’une différence dans la filiation des couples hétérosexuels et celle des couples de femmes, comme si certaines familles étaient moins légitimes et qu’il fallait un Juge pour s’assurer de leur réalité.

    Pour les droits sexuels et reproductifs des femmes il faudrait « respecter l’ensemble des convictions » ? Avortement, contraception, procréation médicalement assistée, à chaque fois ce sont des années de « débat », prétexte à des humiliations et violences de la part des réactionnaires de toutes sortes. Quand il s’agit des femmes, il faut bien réfléchir pour savoir si elles peuvent bénéficier des progrès de la médecine et il faut bien prendre son temps, quitte à laisser perdurer des situations dangereuses pour leur santé. Et surtout, il faut poser la question du remboursement d’une procédure identique alors même que les salaires des femmes sont encore largement inférieurs à ceux des hommes !

    On va donc prolonger les affronts et les injures. Attendre, s’il n’y a pas de nouveau revirement d’ici là, les États Généraux de la Bioéthique. Ces états généraux sont une consultation de citoyens pilotés par le Comité Consultatif National d’Ethique qui a pourtant déjà rendu son avis – sans juger bon d’auditionner ni les femmes, ni les familles concernées. Comme si, en l’absence d’homme dans le couple, on ne pouvait pas faire confiance aux femmes pour prendre la décision d’avoir ou non un enfant…

    Nous avons assez attendu. Comme l’a dit M. de Rugy, Président de l’Assemblée Nationale, tous les éléments du débat sont connus ! Nos vies et nos familles ne sont pas une question d’éthique. La PMA est ouverte pour les femmes hétérosexuelles en couple, même lorsqu’aucune cause médicale n’est trouvée à l’infertilité du couple, la question d’éthique est donc tranchée depuis longtemps. Chez nos voisins européens qui ont l’expérience de la PMA accessible à toutes, tout se passe très bien. L’opinion publique française y est favorable à 64%. Alors que chaque jour, des femmes luttent pour essayer d’avoir un enfant avant qu’il ne soit trop tard, quitte à s’exiler en Espagne ou en Belgique, il s’agit maintenant de ne plus discriminer en raison de l’orientation sexuelle ou du statut conjugal d’une personne.

    Nous en avons assez de servir de chiffon rouge pour occuper les médias pendant des réformes contestées. Nous attendons un geste fort de la part du gouvernement ou des parlementaires, qu’ils s’engagent pour les droits des femmes et contre les discriminations en ouvrant la Procréation Médicalement Assistée et l’établissement de la filiation par reconnaissance en mairie avec une loi dédiée, déposée d’ici la fin de l’année.

    #pma


  • Cher Le Parisien, tu te payerais pas un peu de nous ? | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/251017/cher-le-parisien-tu-te-payerais-pas-un-peu-de-nous

    Òu l’on se rend compte que l’histoire (même immédiate) ne donne jamais de leçons.

    Cher Le Parisien, tu te payerais pas un peu de nous ?

    25 oct. 2017 Par Caroline De Haas

    Le Parisien a mis ce mercredi matin à sa une 16 hommes qui se mobilisent contre le harcèlement sexuel. Super idée ? Voyons voir...

    Voici la "Une" du Parisien ce mercredi 25 octobre :

    On peut voir bien sûr dans cette "Une" un signe enthousiasmant que l’engagement contre les violences que subissent les femmes dépasse maintenant largement les cercles des convaincu.e.s.

    Cette « Une » confirme aussi, 15 jours après l’affaire Weinstein, que l’onde de choc qu’elle a provoqué et les mobilisations qui ont suivi avec #BalanceTonPorc marquent un tournant. Il y aura un avant et un après. Nous sommes en train de vivre une accélération formidable de la prise de conscience de notre société sur l’ampleur des violences. (Venez dimanche à la manif !)

    On peut aussi se dire (soyons positives) que les hommes, qui occupent les Une toutes l’année ont attendu 20 jours (!) avant de reprendre la Une pour parler des femmes (à la place des femmes ?). Le Parisien a sans doute considéré qu’une Une avec 16 femmes qui prennent la parole serait peut-être moins légitime...

    Regardons maintenant les hommes à la Une.

    On aperçoit François de Rugy, qui était responsable du groupe écolo à l’Assemblée Nationale lorsque Denis Baupin y était député. Au moment où, bien avant #balancetonporc, 14 femmes ont osé prendre la parole pour dénoncer les agressions ou le harcèlement sexuel qu’elles avaient subit, François de Rugy renvoyait toutes ces prises de paroles à des « rumeurs ». (Intéressant d’ailleurs : il avait entendu ces rumeurs mais n’avait pas pris la peine de les vérifier).

    On peut aussi voir sur la couverture du Parisien David Pujadas, qui a expliqué au 20h de France 2, devant des millions de personnes, que « le patriarcat était fini depuis la fin des années 70 », renforçant en quelques secondes l’idée reçue contre laquelle se battent chaque jour les féministes, l’illusion de l’égalité. « Eh, franchement ça va, tu vas pas te plaindre quand même, tu vis pas en Afghanistan hein ! » (Merci @menas2society pour avoir retrouvé la source !)

    François Berléand, qui expliquait en 2011 que l’affaire DSK était un complot

    Julien Clerc, qui trouve cela très drôle la semaine dernière, que Canteloup fasse une blague sur le viol (MDR, LOL).

    Serge Hefez, expliquant que les hommes de pouvoir violent peu, ils n’en n’ont pas besoin. (Merci à Benoît Ciron, pour les sources !)

    François Hollande qui a été Président de la République pendant 5 ans. Ça semble loin aujourd’hui ? C’était l’an dernier. François Hollande, en 5 ans de mandat, n’a pas reçu une seule fois à l’Elysee les associations de lutte contre les violences. Il n’a pas augmenté le budget des structures qui accueillent les femmes victimes. Il n’a pas rendu obligatoire la formation des professionnel.le.s de justice, police, santé, enseignement. Sous la pression de mouvements homophobes, il a supprimé les ABCD de l’égalité qui permettaient d’enseigner dès le plus jeune âge le respect de l’autre.

    Découvrir ces hommes tout sourire expliquer qu’il faut lutter contre le harcèlement sexuel et devenir nos alliés, c’est franchement dérangeant. Voir carrément insultant.


  • NATIONALISMES RIVAUX CONTRE LA CLASSE OUVRIÈRE

    Le conflit qui oppose les deux factions, celle qui d’un côté soutient l’actuel État espagnol et l’autre qui appuie la création d’un État catalan séparé, continue de s’accélérer. Peu importe quel sera le résultat, il est clair que les travailleurs possédant une conscience de classe doivent se distancer autant de ceux qui défendent un État catalan séparé que de ceux qui souhaitent la préservation de l’État actuel – les deux n’étant que les façades derrière lesquels se cachent la classe patronale pour exercer son contrôle.

    MANŒUVRE NATIONALISTE

    Le dernier acte dans cette accélération de projets nationalistes en compétition s’est amorcé début septembre, lorsque le Parlement catalan approuva une motion demandant la tenue d’un référendum sur l’indépendance le 1er octobre. Le gouvernement espagnol a déclaré la décision inconstitutionnelle, basée sur la Constitution espagnole de 1978 qui défend « l’unité indissoluble de la nation espagnole » - un article visant à contrôler fermement les contrecoups du séparatisme local apparus pendant la guerre civile des années 1930. Faisant fi de l’interdiction, le gouvernement catalan a décidé de maintenir sa proposition en espérant tirer parti de la promotion du séparatisme catalan qu’il entretient depuis des années.

    Le 20 septembre, l’État espagnol a lancé l’opération Anubis qui visait à empêcher le référendum de se dérouler, notamment en lançant des raids contre les bureaux du gouvernement catalan, en arrêtant des fonctionnaires, et en confisquant des bulletins de vote. Le point culminant de cette violence déchaînée par les forces de l’État espagnol est survenu dans les jours où le référendum s’est tenu. Des protestations contre ces actes de violence ont eu lieu en Catalogne mais, à ce stade, nous ne savons toujours pas si d’autres manifestations majeures ont eu lieu ailleurs en Espagne. À la place, nous avons plutôt assisté à des manifestations massives du nationalisme espagnol à Madrid et ailleurs – ce qui illustre parfaitement à quel point le nationalisme empêche l’unité de la classe ouvrière.

    Les événements du 1er octobre ont galvanisé les tendances nationalistes des deux côtés. Selon les autorités régionales catalanes, 91,96% ont voté oui à une république catalane indépendante, mais la participation globale n’était que de 42,58%. Le vote s’est tenu dans la tourmente, la Policia Nacional et la Guardia Civil ayant tenté de fermer les bureaux de vote. Les 893 civils blessés lors de cette seule journée démontrent à quel point la violence est inhérente à l’État démocratique - certains commentateurs, parmi lesquels ironiquement, Nicolás Maduro, ont comparé les actions du gouvernement de Mariano Rajoy à l’Espagne franquiste. Par la suite, la Commission européenne a déclaré que « conformément à la Constitution espagnole, le vote du 1er octobre en Catalogne n’était pas légal » et qu’il faut faire confiance à « la direction du Premier ministre Mariano Rajoy pour gérer ce processus difficile ».1

    En Septembre, suite aux répressions par l’État espagnol, la CGT suivie de la CNT et d’autres syndicats plus petits, ont saisi cette opportunité pour annoncer une grève générale le 3 Octobre. Cependant, après les évènements du 1er Octobre, les plus grands syndicats espagnols, l’UGT et le CCOO, ainsi que l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), ont plutôt appelé à une espèce de débrayage citoyen – leur déclaration se présentait ainsi : « Nous incitons toute la société, les employeurs, les propriétaires d’entreprise, les syndicats, les travailleurs, les contractuels, les institutions et tous les citoyens de Catalogne à immobiliser le ‘pays’ le mardi 3 octobre ». La grève a frappé les transports publics, deux grands ports et le secteur agricole.2 Que ce soit dans le cadre du débrayage des citoyens ou de la grève générale, qu’ils aient été motivés par le nationalisme ou la colère contre la brutalité policière, les travailleurs ont réagi aux événements. Ce n’est cependant pas clair dans quelle mesure les rapports des assemblées locales reflètent certaines étincelles d’auto-organisation de la part du prolétariat ou si elles ne sont que des créations de l’establishment bourgeois local agissant comme une espèce « d’armée de scène » pour l’agenda séparatiste.

    Depuis le début du mois d’octobre, les appareils d’État de Madrid et de Barcelone ont justifié leurs propres positions en affirmant que leurs positions constitutionnelles respectives l’emportent sur les autres. Ce serait une grave erreur si les travailleurs en Catalogne, ou dans le reste de l’Espagne, étaient entraînés derrière l’un ou l’autre des arguments concurrents. Derrière les discussions d’avocats sur le « sur le sexe des anges » se cachent la réalité des factions de la classe dirigeante qui ne veulent qu’étendre leur propre capacité à exploiter la classe ouvrière - indépendamment de la nationalité, du patrimoine, ou du lieu de naissance.

    LA RÉPONSE INTERNATIONALISTE

    Les événements en Catalogne doivent être compris dans le contexte de la crise économique du capitalisme qui a mené à un effondrement financier en 2007 sans qu’il n’y ait eu, depuis, une véritable reprise. Cela a mené les sections locales de la classe capitaliste à penser qu’elles pourraient gérer plus efficacement l’économie que l’État central. Conséquemment, un changement global vers le nationalisme et le populisme s’en est suivi. Dans une économie qui ne s’est pas encore rétablie dix ans après l’éclatement de la bulle spéculative, la classe dirigeante est à court d’idées et divisée sur la façon de s’en sortir. La tentative du gouvernement catalan de mettre le blâme sur le gouvernement central espagnol, afin de rallier les travailleurs derrière le programme séparatiste, est censée masquer le fait que la classe dirigeante catalane (qu est également divisée sur cette question) est aussi responsable que le gouvernement de Madrid face à l’application des mesures d’austérité.

    Comme nous l’avons dit à maintes reprises, les luttes de libération nationale ne font que diviser la classe ouvrière et laisser les travailleurs à la merci de leur propre bourgeoisie nationale. Là où les diverses factions nationales répandent leurs fantasmes nationalistes, nous encourageons la classe ouvrière locale à s’opposer aux arguments des deux parties. Les exemples à ce sujet sont nombreux (y compris ceux récents de l’Ukraine3, l’Écosse4 ou du Kurdistan5 [5]). En ce moment même, un autre chapitre est en train de s’écrire avec le référendum dans le Kurdistan irakien, lequel annonce d’autres morts et d’autres souffrances dans cette lutte pour les ressources de l’axe Turquie / Syrie / Irak.

    En tant qu’internationalistes, nous affirmons que la seule alternative possible, face à la dévastation sociale et environnementale offerte par le capitalisme, se situe au-delà des frontières, dans l’unité de la classe ouvrière autour d’un but commun : un monde sans classes ni État où ‘le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous’. Pour ce faire, nous avons besoin d’une organisation internationale, un parti, qui puisse efficacement intervenir dans des événements comme la grève en Catalogne afin de pousser la lutte au-delà du contrôle des syndicats et des partis institutionnels, et pour déclarer l’indépendance de la classe ouvrière face à toutes les factions de la classe dirigeante, peu importe sa nationalité.

    Si des mouvements vers des assemblées de quartier ou de lieu de travail surgissent, il faudra alors inciter pour que ces assemblées rompent totalement avec les factions de l’État espagnol ou catalan, et qu’elles ne laissent également aucune place à la participation des employeurs locaux. Les prises de décisions doivent provenir des réunions de masse avec les délégués tenus responsables et révocables en tout temps. La mise en place et l’expansion de ces organisations ouvrières représentent la seule alternative face au cul-de-sac barbare des nationalismes concurrents que prépare la bourgeoisie. En l’absence d’une véritable organisation internationaliste, nous offrons notre solidarité et notre assistance aux noyaux communistes et aux individus qui luttent pour cette nécessaire réponse prolétarienne.

    (Tendance Communiste Internationaliste) KT/Dyjbas, octobre 2017

    1. Déclaration sur les évènements en Catalogne europa.eu
    2. La Catalogne, théâtre d’une grève générale après la réponse brutale de la police espagnole au referendum sur l’indépendance. independent.co.uk
    3. Ukraine - A Nationalist Dead End leftcom.org
    4. The Scottish Independence Referendum : The Great Diversion leftcom.org
    5. In Rojava : People’s War is not Class War leftcom.org



  • Venezuela infos : ceci est le journal d’une révolution, aux antipodes de l’AFP ou de Reuters.
    https://venezuelainfos.wordpress.com

    Alors que ce 4 août des militants chavistes, féministes, écologistes, militants de la culture populaire ou contre la spéculation immobilière étrennent à Caracas leurs sièges de députés constituants, les grands médias dénigrent le suffrage des vénézuéliens en relayant les dénonciations de « fraude » lancées depuis Londres par le directeur de Smartmatic – une société commerciale qui a fourni les machines du Centre National Electoral (CNE) mais n’a pas accès aux données du vote.
    Les médias ne mentionnent pas une source bien plus sérieuse. Après avoir observé le scrutin sur place, le Conseil des Experts Électoraux d’Amérique Latine (CEELA) formé de juristes et d’ex-présidents des tribunaux électoraux de plusieurs pays d’Amérique Latine, conclut que « le résultat des élections au Venezuela est véridique et fiable. » Le CEELA précise que le Conseil National Électoral (CNE) a employé « le même système qu’il a utilisé pour toutes les élections, y compris celles de 2015 où l’opposition a remporté la majorité des sièges à l’Assemblée Nationale ». Ce système électoral, qualifié par l’observateur Jimmy Carter de « meilleur du monde » permet à « toute personne de vérifier que ceux qui sont venus voter étaient bien les 8.089.320 annoncés par le CNE »

    #altermédia #Venezuela


  • #LREM : le marketing 2.0 au service de la startup EM à l’Elysée
    https://reflets.info/lrem-le-marketing-2-0-au-service-de-la-startup-em-a-lelysee

    Toute la communication d’En Marche ! au cours de cette présidentielle — qui fut très proche d’une télé-réalité de type « Loft Story », avec à la fin le choix
    # 1 ou # 2 — continue aujourd’hui avec le phénomène de « recomposition politique ». Le message est le suivant : les deux grands partis clivants de droite et de gauche rejoignent la majorité du président élu qui veut « le meilleur des deux camps ».

    C’est surtout une stratégie éprouvée par un certain Nicolas Sarkozy avec son mouvement d’ouverture consistant à piquer au PS des « figures » de gauche comme Bernard Kourchner ou Eric Besson. Cette stratégie permet de laisser penser que si chacun faisait un effort, les hommes politiques pourraient dépasser leurs différents pour le bien du pays et travailler ensemble. Accessoirement ça mine les relations dans le parti dont on débauche les membres.

    Et quand le moral est bas dans un parti, on peut espérer qu’il se plante aux élections suivantes.

    Dans le cas Emmanuel Macron et sa recomposition il s’agit essentiellement d’une opération politique visant à achever les deux partis politiques qui pourraient lui faire de l’ombre, le PS et LR.

    Mais croire que les partis vont disparaître est un peu enfantin. D’une part, le « mouvement » d’Emmanuel Macron est de fait devenu un parti politique. Hop, un nouveau parti. Et quand il sera vieux on le dynamitera selon la nouvelle doxa ? D’autre part, pour fédérer, organiser, mener aux élections des candidats, un « parti » (appelons-le comme on veut) est nécessaire. Enfin, le clivage gauche-droite n’est pas un vain mot en France. Caricaturalement, on pourrait dire que la Droite est passéiste sur les sujets de société, qu’elle est très libérale sur le plan économique et privilégie les entreprises. La gauche quant à elle, serait plutôt progressiste sur les sujets de société et protectrice des salariés. Bien entendu, les deux courants ont muté depuis longtemps et les choses ne sont plus aussi simples. Mais dans l’esprit des Français, cela reste à peu près ça. Les grandes avancées sociales comme l’abolition de la peine de mort ou le mariage pour tous, c’est la gauche. Le CICE, c’est la droite. Répéter que tout cela, c’est fini, qu’il faut recomposer le monde politique, n’être ni de droite ni de gauche mais de drauche, ne mettra pas fin définitivement au clivage de la société, entre ceux qui se sentent « de gauche » et ceux qui se sentent « de droite ». Le pari d’Emmanuel Macron risque bien de se heurter à une certaine forme de réalité dans un avenir pas trop éloigné.


    #Le_pouvoir_Macron_se_met_en_place @reflets

    • Premiers couacs

      Mais les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. A peine installé à l’Elysée, Emmanuel Macron, ni-de-gauche-ni-de-droite nomme son premier ministre. Et là, surprise, c’est un boxeur, un romancier, un chroniqueur de Libération. Enfin, ça c’est ce que la presse raconte, toujours en plein storytelling. Edouard Philippe, c’est surtout, un homme politique girouette. Tout d’abord fan de Michel Rocard avant de passer à droite pour se faire élire au Havre. Soutien d’Alain Juppé pour la primaire de la droite, il dégomme volontiers Emmanuel Macron dans Libération avant de soutenir François Fillon puis de quitter la campagne du candidat de droite sur fond de PenelopeGate, avant enfin, on l’a vu, de rejoindre Emmanuel Macron. Certains pourraient voir dans son parcours une forme d’opportunisme, mais étant entendu qu’Emmanuel Macron veut rénover la politique, opérer une « recomposition » cela semble impossible.

      Plus intéressant, Edouard Philippe n’a visiblement pas été très présent à l’Assemblée Nationale est s’est montré peu intéressé par les lois sur le mariage pour tous, l’égalité hommes-femmes, l’écologie (il était auparavant lobbyiste directeur des affaires publiques pour Areva) en votant contre la loi sur la transition énergétique et celle sur la biodiversité. Il avait même fait une proposition à l’Assemblée nationale en faveur des gaz de schiste… Si le président n’est ni de droite ni de gauche, le premier ministre est de droite et il le dit lui-même. On nous glisse dans l’oreillette que le premier ministre dirige l’action du gouvernement et en fixe ses orientations politiques essentielles…

      Enfin, Edouard Philippe, comme l’a relevé Mediapart est un très mauvais élève de la transparence. Ce qu’il gagne ? Son patrimoine immobilier ? C’est personnel et sa qualité d’élu n’y change rien. Ses déclarations à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique son restées très succinctes, pour ne pas dire ténébreuses. A tel point que ladite haute autorité lui a décerné un blâme. Ses réponses à Mediapart son du même acabit : circulez, il n’y a rien à voir.

      Laissons à Edouard Philippe le bénéfice du doute, lui qui sera chargé par Emmanuel Macron de mener une vaste opération de moralisation de la vie publique, même s’il part avec un blâme handicap évident.