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  • Honneur aux lycéens | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/laurence-de-cock/blog/081218/honneur-aux-lyceens

    Les images de l’arrestation de 150 jeunes à Mantes resteront. Elles sont indélébiles. C’est ce qu’ont souhaité ceux qui les ont sciemment filmées et diffusées. Grand bien leur en fasse ; ces images les salissent à jamais tout comme elles salissent ceux qui les ont soutenues et justifiées. Mais, plus grave, les faits eux resteront marqués dans la tête de ces enfants à genoux, mains sur la tête, humiliés comme jamais. Les faits laisseront des traces dont nous ne mesurons pas l’ampleur et les effets. En attendant Les lycéennes et lycéens en manifestation ont préféré détourner le symbole pour le renvoyer à la laideur des visages haineux de la République. On l’a dit souvent, la jeunesse est belle. Hier, ils ont crié leur fierté en reprenant la libre possession de leurs gestes : à genoux, mais debout, leur dignité jetée à la face de leurs bourreaux.

    Et pourtant nous sommes nombreuses et nombreux – et je crois même que nous sommes une grande majorité – à ne pas supporter que l’on court-circuite notre fragile tâche par des excès d’autoritarisme et de répression bien burnée. Nous ne le supportons pas car elle nous humilie à notre tour. Et la petite phrase du vidéaste amateur en témoigne : « Voilà une classe qui se tient sage, je pense qu’ils n’ont jamais vu ça, on va faire voir ça à leurs profs ». Ils ont donc aussi voulu s’adresser à nous, et nous faire prendre la mesure de leur efficacité à soumettre nos élèves comme des criminels, menottés, face au mur, sommés de regarder droit devant ». IIs ont cru sans doute que nous allions applaudir, remercier, fondre en larmes de gratitude. Mais c’est toute une profession qu’ils ont piétinée. Nous n’oublierons pas non plus.

    Maintenant c’est l’ensemble de la jeunesse qui est en ligne de mire, et ce depuis plusieurs années. Peut-être depuis ce jour, sous le gouvernement Valls, où des lycéens de 15 ans ont été violemment frappés devant leur lycée (Bergson) au début du mouvement contre la loi travail. Aujourd’hui donc ce sont nous, les enseignants qui croyons en l’intelligence de nos élèves et qui les formons quotidiennement aux valeurs de la démocratie, qui sommes montrés du doigt comme les nouveaux cracheurs de feu de la République. Il faudrait dissuader les jeunes de s’organiser, de manifester. Mais depuis quand sommes- nous devenus les gardiens d’une démocratie qui ne serait que des incantations vides ? Peut-être depuis que l’institution a décidé de pilonner elle-même tous les espaces d’une possible conscientisation politique de la jeunesse : à commencer par des salles dans les lycées pour accueillir les AG ; mais en passant aussi par la suppression de programmes soucieux de pluralisme et des apports des sciences sociales : en Sciences économiques et sociales, en histoire et géographie par exemple.

    #Education #Société_contrôle


  • Honneur aux lycéens | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/laurence-de-cock/blog/081218/honneur-aux-lyceens

    Qui n’est pas enseignant ne peut mesurer l’effroi que ces images de Mantes produisent chez nous qui accompagnons les jeunes quotidiennement dans l’apprentissage de savoirs critiques, émancipateurs. Nul angélisme ici, des élèves violents, décrocheurs, insaisissables, nous en avons tous eus. Nous avons connu les classes revêches, le sentiment d’impuissance et d’inutilité qui submergent l’enseignant dépassé par la tâche. Et pourtant nous sommes nombreuses et nombreux – et je crois même que nous sommes une grande majorité – à ne pas supporter que l’on court-circuite notre fragile tâche par des excès d’autoritarisme et de répression bien burnée. Nous ne le supportons pas car elle nous humilie à notre tour. Et la petite phrase du vidéaste amateur en témoigne : « Voilà une classe qui se tient sage, je pense qu’ils n’ont jamais vu ça, on va faire voir ça à leurs profs ». Ils ont donc aussi voulu s’adresser à nous, et nous faire prendre la mesure de leur efficacité à soumettre nos élèves comme des criminels, menottés, face au mur, sommés de regarder droit devant ». IIs ont cru sans doute que nous allions applaudir, remercier, fondre en larmes de gratitude. Mais c’est toute une profession qu’ils ont piétinée. Nous n’oublierons pas non plus.


  • Enfin! | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating/blog/081218/enfin

    La vidéo de l’arrestation odieuse des jeunes de Mantes-la-jolie n’a pas choqué tout le monde. Derrière les justes indignations et dénonciations des procédés policiers, une partie des commentateurs expriment leur soutien aux dites « forces de l’ordre » face aux « voyous des cités ». Le son des semelles cloutées est doux aux oreilles d’un certain peuple.

    #racisme #France

    • Aux ordres !
      Aux ordres les médias !

      31 000 manifestants, bloquent la France, commerces parisiens (et ailleurs) fermés, un Samedi en Décembre #MDR, Mort de rire !
      Un bordel sans nom qu’il a organisé le #manu.
      Il en porte l’entière responsabilité.

      Monsieur le Président Emmanuel Macron préfère détruire les usines à vendre de ceux qui l’ont soutenu afin d’accéder à son trône, plutôt que d’écouter ce que les sans dents ont à dire.

      Ses oukases, approuvés par les neuneux de la république en marche, le PS et tant d’autres petits bourgeois.es ont entrainé la #Rupture_du_pacte_Républicain.

      Ça va péter de partout.
      Ses sponsors le savent.
      emmanuel macron s’est mis en dehors de cette soit disant république, sans anticiper qu’en face ce serait la même chose.
      Cela ne lui sera pas pardonné par ses amis.
      Ses sous fifres le savent.

      Une questions de mois avant que le locataire de l’Elysée change de contrat de travail, et devienne vendeur de macarons dans une boutique Trogneux dans le meilleur des cas.

      #Rupture_du_pacte_Républicain , #Rupture_du_contrat_social, un thème qu’on a pas vu venir, . . . . . _

      https://www.youtube.com/watch?v=mnQLmnmoO48

      #GloupGloup


  • Gilets Jaunes : Dr. Maboul, la tumeur et la migraine | Le Club de Mediapart - LE BLOG DE EIKÔN KLAÔ
    https://blogs.mediapart.fr/eikon-klao/blog/061218/gilets-jaunes-dr-maboul-la-tumeur-et-la-migraine

    C’est l’histoire d’un gouvernement qui soigne une tumeur avec du doliprane parce qu’il croit qu’il s’agit d’une migraine. Ça commence comme une bonne blague, sauf que c’est moins marrant. Petite analyse critique d’un gouvernement hébété face à des enjeux qu’il ne comprend pas : les Gilets Jaunes et le climat.


  • 18 décembre : #colère noire ! | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/051218/18-decembre-colere-noire

    A l’#appel de Collectifs de #Sans_Papiers, de multiples collectifs de solidarité partout en France, des syndicats, de la Marche des Solidarités, des Etats Généraux des Migrations, du #Comité_Adama et du #Collectif_Rosa_Parks, des associations….

    Parce que c’est l’équivalent d’une ville entière comme Marseille qui a perdu un proche, une proche depuis dix ans sur les routes de la migration ! Par la faute des gouvernements qui se sont succédé. C’est par leur faute que l’hécatombe continue alors qu’elle pourrait s’arrêter demain.

    Parce que ces gouvernements voudraient que l’on se divise. En 20 ans la France a produit près de deux fois plus de richesses. Y-a-t-il deux fois moins de pauvres ? Le SMIC a-t-il été multiplié par deux ? Y-a-t-il deux fois moins de mal-logés ? Non bien sûr ! Mais dans le même temps la fortune des 500 plus riches en France a été multipliée par 7 !

    L’appel le dit : « C’est la précarisation générale, la remise en cause des acquis sociaux par les politiques d’austérité menées par nos gouvernants qui nourrissent les sentiments de mal-être et de repli sur soi dans la population. C’est en luttant ensemble que nous pourrons nous battre efficacement pour une société meilleure et égalitaire. »

    Alors le 18/12/18, partout, avec ou sans gilets, avec ou sans-papiers, partout, ensemble, rdv à 18H !


  • #depecage #en_regle #hydroelectrique : #Privatisation des #barrages français : un acte de #haute_trahison | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/bertrand-rouzies/blog/160618/privatisation-des-barrages-francais-un-acte-de-haute-trahison

    « les barrages français, avec leur excédent brut de 2,5 milliards d’euros par an, dont la moitié revient aux #collectivités_locales, leur masse salariale faible (21 000 salariés) et leurs installations amorties depuis des lustres, sont une proie de choix. La bête, de surcroît, a été techniquement #affaiblie dès avant que la Commission ne revînt à la charge, par un certain… Emmanuel Macron : une de ses premières grandes décisions comme ministre de l’économie aura été d’autoriser l’investissement de l’Américain General Electric dans #Alstom. »


  • L’incroyable faillite du maintien de l’ordre macronien | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/041218/lincroyable-faillite-du-maintien-de-lordre-macronien

    C’est là le grand danger. Car au bout du compte, tous ces manifestants, gilets jaunes aujourd’hui mais ZAD auparavant, ont des objectifs politiques, et n’obtiennent aucune réponse (sauf dans le cas de la ZAD, au forceps comme on le sait et avec des dérapages dans le maintien de l’ordre là aussi incroyables, visant à disqualifier et à humilier, pour être sûr qu’ils n’enregistrent pas une victoire). Or, ces sentiments d’amertume, puis de rage se transforment petit à petit en haine, ciblée clairement contre Macron lui-même (comme l’a relevé François Ruffin), avec une contagion même dans l’administration qui ne comprend ni l’arrogance ni la rigueur de ce mode de traitement non-politique des problèmes. Car on peut dire tout le mal que l’on veut du vieux monde politique, son obsession pour sa réélection et pour sa réputation était utile pour corriger le tir dès lors que le rapport de force politique était défavorable. Ce déni de politique déteint sur la politique sécuritaire qui ne sait plus créer de lien, ni de réseau, ni offrir d’alternative. C’est déjà la façon dont Valls a procédé avec une brutalité qui est encore renforcée par le modèle technocratique de gestion des confits du commando Macron (puisqu’ils admettent avoir pris le pouvoir en mode commando). Mais le commando risque de trouver à très court terme de vrais commandos en face de lui, dans la rue voire ailleurs, car leur haine pour l’instant désorganisée commence à se cristalliser grâce à l’apprentissage actuel à grande vitesse. Et la faillite du maintien de l’ordre face à des foules désorganisées ne pourra qu’être encore aggravée par les débuts de structuration violente qui pourrait en résulter.

    • De ce point de vue, la remarque de E. Todd, sur France 2, sur l’attrait du coup d’Etat est très judicieuse et inquiétante. Car toutes ces logiques de révoltes dans un contexte de dépolitisation délibérée par les élites libérales sont privées de toute chance de se construire un avenir, puisque nous vivons dans le monde de TINA. On peut dès lors comprendre ce qui se met en place du point de vue sécuritaire comme une préparation des esprits à la mainmise totale d’une oligarchie, déjà réussie sur le plan économique, réussie aussi sur le plan institutionnel par le commando Macron, et complétée par l’Etat autoritaire que l’expérience sécuritaire actuelle, aussi désastreuse soit-elle, ou parce qu’elle est désastreuse, prépare. La composante sécuritaire du libéralisme extrême est déjà mise en place idéalement en Chine à partir d’un tout autre référentiel et ne cesse de faire des envieux, tous ceux qui veulent se débarrasser une fois pour toutes du politique, c’est-à-dire du débat, et du débat contradictoire, ce contradictoire le droit permet dans nos démocraties et sur lequel elles reposent mais qui semble sans cesse réduit au profit du « solutionnisme technico-libéral » que représente si bien le slogan macronien de la start up nation.

    • Ceci dit, emmanuel macron est très efficace pour faire tuer les vielles dames par ses gendarmes

      Une octogénaire décède après avoir été touchée par une grenade lacrymogène à Marseille
      https://seenthis.net/messages/740723

      Une femme de 80 ans blessée dans son appartement par des éléments d’une grenade lacrymogène tirée lors des incidents qui ont suivi les manifestations organisées samedi à Marseille , est morte dimanche dans le bloc opératoire d’un hôpital marseillais, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

      La victime se trouvait chez elle, fermant les volets de son appartement, au quatrième étage d’un immeuble proche de la Canebière, lorsqu’un projectile l’a heurtée au visage, ont indiqué ces sources.
      . . . . . .

    • L’incapacité à contrôler les actions violentes reste très étonnante compte tenu des effectifs mobilisés. On paye, sur le plan technique, un aveuglement par l’état d’urgence et, sur le plan politique, une approche méprisante de tout public qui manifeste. Sans réponse politique, l’apprentissage de l’émeute qui se produit actuellement peut conduire à un « mai rampant » de funeste mémoire en Italie.

      Le mouvement des gilets jaunes n’est pas structuré, il n’a pas de leader, de service d’ordre, il vient d’émerger, etc. Doit-on en conclure qu’on ne peut rien en connaitre ? Non, certainement pas, et le suivi des réseaux sociaux par les services de renseignement français s’est d’ailleurs déplacé depuis récemment sur les mouvements dits « extrémistes » puisque le terrorisme et la radicalisation islamique semblaient se mettre en veilleuse. On a donc des infos sur ce qui se dit, sur la conversation, sur sa tonalité (beaucoup d’agences font cela pour les marques), voire sur les comptes des personnes qui parlent, qui agissent pour la plupart sans masque. On peut donc savoir le degré d’énervement, les cibles potentielles, les déplacements prévus, tout au moins en partie. Evidemment, ça ne permet pas une analyse fine in situ, au moment des manifestations et sur les barrages, car dans ce cas, il faut du personnel, sur place, infiltré ou non, pour tenter de comprendre ce qui se passe et quels sont les leaders potentiels. Si cette infiltration archi connue de la part des RG à une époque ne se fait plus, serait-ce dû à la fusion des services qui a connu quelques ratés, c’est le moins qu’on puisse dire ? ou serait-ce parce qu’on ne comprend le renseignement direct que comme une arme de répression et non un outil de pilotage ? Car avec un mouvement aussi peu structuré, le travail de renseignement devrait paradoxalement servir à les aider à se structurer (et non à les casser ou à les embarquer indistinctement).

      #sociologue_policier #police #maintien_de_l’ordre


  • Sur les #champs des #gilets | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/samizdat/blog/261118/sur-les-champs-des-gilets

    Le #mouvement des gilets jaunes divise au sein des forces progressistes et révolutionnaires. La journée du 17 novembre aura conforté celles et ceux qui y voient un mouvement régressif et quasi contre révolutionnaire, avec de multiples actes racistes, sexistes et homophobes.

    Elle aura aussi conforté celles et ceux qui, au sein de la #gauche radicale, y voit une chance de convaincre de nouvelles personnes de la nécessité de mettre nos forces en commun pour renverser un pouvoir qui ne sert que ses intérêts et celui des plus riches.

    Face à ce constat et cette division des forces anti-racistes et anticapitalistes, je ne voyais qu’une solution pour le rassemblement du 24 novembre : aller sur place pour se faire ma propre opinion et, peut-être, apporter mon soutien au mouvement. Rejoignant un appel et réflexions lancés par certains autonomes (Génération Ingouvernable, Nantes Révoltés, Rouen dans la Rue, Cerveaux Non Disponibles), j’ai donc décidé de rejoindre les gilets jaunes sur les Champs Élysées. Et je ne regrette pas ce choix tant la journée fut riche et constructive pour la suite.

     J’avais donc fait le choix de ne pas écouter la préfecture et d’aller à la Concorde, lieu initial du rassemblement. Très vite, je me suis rendu compte que beaucoup, beaucoup de personnes avaient pris la même décision, malgré l’interdiction.

    Il est totalement impossible de compter le nombre de gilets jaunes présents à Paris ce 24 novembre. Des groupes de plusieurs centaines de personnes se constituaient et déambulaient tout autour des champs, allant jusqu’à Madeleine, Hausman voir même St Lazare. Mais les chiffres de la préfecture (et des médias) ont largement sous estimé la réalité. Par moment, de véritables marées jaunes se constituaient (et pas que sur les champs).

    Si les #CRS bloquaient les principaux axes d’entrée sur les Champs, ils ne pouvaient empêcher les gilets jaunes d’accéder à « la plus belle avenue du monde » par d’autres petites rues. Résultat : malgré les très nombreuses charges, canon à eau et centaine de gaz lacrymo, les Champs sont devenus le terrain d’occupation de milliers de manifestants. Parfois coupés entre eux par des CRS. Au point que par moment, ce sont les CRS qui se retrouvaient « nassés ». Des énormes barricades se montent. Des feus prennent de partout. Tout cela dans une ambiance assez « festive » et « déterminée ».

    Contrairement à ce que certains médias ont affirmé ce samedi, ce rassemblement n’a pas du tout été orchestré ou pris en main par l’extrême droite. Pas plus qu’il n’a été pris en otage par des autonomes / anarchistes.

    Durant toute la journée, j’ai été très attentif à cette menace fasciste. Si je ne peux pas prétendre avoir été partout à tout moment de la journée, je peux tout de même témoigner n’avoir assisté à aucun dérapage raciste/sexiste/homophobe. J’ai bien vu quelques drapeaux français et quelques dizaines de royalistes ou autres militants clairement marqués à droite. Mais ces individus, voire ces petits groupes, n’ont en aucun cas été meneurs du mouvement. Ils étaient présents, très minoritaires.

    Plusieurs Marseillaises ont été chantées, par des milliers de personnes, y compris ceux qui étaient en train de monter les barricades, allumer les feux ou affronter les CRS. Clairement, ces #Marseillaises étaient plus proches de celle entendues cet été pendant la coupe du monde que de celles chantées aux meetings du Front National.

    L’une des choses les plus frappantes aura été la solidarité totale des gilets jaunes entre eux. Solidarité face aux attaques policières. Mais solidarité aussi dans les pratiques de luttes. Si tous n’ont pas monté de barricades ou allumé de feux, personne ne s’y est opposé, bien au contraire. Il est assez étonnant d’avoir passé plus de dix heures dans le quartier des Champs Elysées, sans avoir entendu une seule remarque critiquant les méthodes des gilets jaunes les plus offensifs.

    Ce qui frappe le plus dans cette journée, c’est la force inouïe de ce mouvement. Jamais nous ne pensions qu’il serait possible d’occuper les Champs #Élysées malgré l’interdiction de la préfecture et les CRS présents en masse. Jamais nous ne pensions que des barricades aussi immenses pourraient tenir des heures durant. Rarement nous n’avions senti les forces de l’ordre en telle difficulté. Et tout cela grâce à un mouvement sans aucun organe de direction, totalement décentralisé. Il est vraiment étonnant de voir comment une foule totalement #autonome, sans syndicat, sans parti politique, sans association, a pu triompher dans ses stratégies de contournement, de blocage et d’occupation.


  • La #pédopsychiatrie « perdue » en rase #campagne | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/271118/la-pedopsychiatrie-perdue-en-rase-campagne

    Le recul de ces structures de soin de proximité participe à ce que les populations les plus fragiles, issues de ces zones rurales, soient délaissées. A l’échelle d’un Groupement Hospitalier de Territoire centré sur une logique de mutualisation et des projets partagés, cela reste invisible. Mais en Midi-Pyrénées, cela impacte le maillage fragile des territoires les plus distants de Toulouse déjà désertés par les professionnels. La densité des praticiens libéraux est très faible (orthophonistes, psychomotriciens…) de même que celle des médecins (et les rares pédopsychiatres libéraux dans le Tarn sont en réalité des retraités) : le bassin castrais est quatre fois et demi moins doté que la Haute-Garonne. Le soin en pédopsychiatrie restera-t-il toujours un service public rendu à l’ensemble de la population ? La question est d’importance, à l’heure où l’on étudie et relie la perte de densité des services publics à une augmentation du vote en faveur des extrêmes, dont les discours s’adressent à cette « France des oubliés ». Peut-on prendre le risque d’oublier aussi ces enfants ? Viendront-ils grossir les rangs des 35% de patients ayant dû renoncer aux soins, comme le révèle l’enquête de la CPAM du Tarn menée en 2016 (La Dépêche, 29 juin 2017) ?

    #ruralité #territoire #abandon


  • Arles, par #temps de traduction | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/en-attendant-nadeau/blog/121118/arles-par-temps-de-traduction

    A propos du temps, cc @nepthys

    Le Méjan, ancien quartier d’Arles. Méjan, « du milieu », entre terre et Rhône. Au fronton de l’ancienne église Saint-Martin, ou chapelle du Méjan : « Coopérative des éleveurs de mérinos ». Il y a bien longtemps qu’on ne fait plus ni messe ni laine. Une petite foule se presse néanmoins à l’entrée. A l’intérieur, la salle est comble. Des étudiants s’installent à côté de retraités. L’ancienne ministre de la culture, Françoise Nyssen, est assise sur les marches de la scène. Le maire d’Arles, Hervé Schiavetti, est bloqué dans les embouteillages. À l’autre bout de la ville, dans l’Hôtel-Dieu où Vincent Van Gogh fut alité l’oreille coupée, on vend les derniers tickets violets, jaunes, verts, bleus. Pourquoi Arles, un week-end d’Armistice ? Pour tenter de « traduire le temps ».

    Santiago Artozqui, président de l’association ATLAS qui organise chaque année les Assises de la traduction littéraire, tient le micro : « Le temps imparti à la traduction littéraire est de plus en plus réduit, notamment du fait des traductions automatiques. Mais pour le moment, les algorithmes de Google ne parviennent pas à lire entre les lignes, ce qui est le propre du métier de traducteur. » Pas si certain, il annonce la création d’un Observatoire de la traduction automatique.


  • Pour une école ouverte | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/081118/pour-une-ecole-ouverte

    Un an après #metoo, quelques mois seulement après que l’École des Beaux-Arts de Paris a été touchée de plein fouet par ce mouvement conduisant au départ de Jean-Marc Bustamante, l’actuel directeur du Palais de Tokyo Jean de Loisy est en passe d’être nommé directeur de l’école. Alors que le gouvernement affiche des objectifs de parité et de diversité, comment accepter que cette nomination soit la réponse adéquate au désir de réforme exprimé cette année par les étudiant·e·s de l’école ?
    Certains positionnements nous semblent essentiels au projet d’une école du XXIème siècle, notamment celui qui consiste à porter son regard vers les questions sociales, culturelles et politiques qui bouleversent et animent le monde d’aujourd’hui. Ces positions, nous ne pensons pas que Jean de Loisy soit à même de les porter aussi résolument qu’il le faudrait. Nous ne voyons pas en lui une personnalité représentative, en termes d’expérience personnelle et professionnelle, de la diversité indispensable à la construction intellectuelle de futur·e·s artistes. Fort d’un accès privilégié au savoir et au pouvoir, Jean de Loisy occupe depuis plusieurs décennies le terrain des institutions artistiques françaises sans jamais porter un projet émancipateur ni défendre une inspiration critique. Il multiplie les activités sans reconnaître que l’époque appelle au renouvellement et au travail collectif plutôt qu’à la concentration des pouvoirs dans les mains des mêmes.

    Il est le symbole d’une hégémonie, hégémonie qu’il n’est bien sûr – et hélas – pas le seul, malgré ses nombreuses attributions, à concentrer aujourd’hui au sein des structures institutionnelles censées être au service de l’art, des artistes et des futur·e·s artistes en France. Cette hégémonie est le fait d’une politique qui peine toujours à saisir qu’il ne s’agit pas seulement de représenter toutes celles et ceux qui appartiennent au monde d’aujourd’hui, mais de les inclure pleinement à tous les niveaux de responsabilité et au cœur de la création contemporaine. Il s’agit d’un enjeu crucial : repenser radicalement la nature des hiérarchies qui conditionnent encore la production artistique de notre temps.

    Il y va aussi de ce que nous entendons par pédagogie. La pédagogie doit relever d’un projet, elle implique une durée, une vision à long terme et une ouverture, une curiosité, la possibilité d’être déstabilisé·e par les œuvres et les discours des artistes en formation. Une véritable pédagogie doit être consciente qu’elle va avoir à faire avec ce qu’elle ne connaît pas encore. Il faut du temps pour laisser cette place indispensable à l’inconnu, à la nouveauté, à la rupture. C’est là la beauté de leurs contradictions : la nouveauté et la rupture en art (et en toutes choses) ne se fabriquent pas en peu de temps, elle sont le fruit d’un très lent, très patient processus.

    À l’instar de Jean-Marc Bustamante qui le précède, et qui avait pris ce poste en affirmant qu’il n’était là que pour les deux dernières années de sa carrière au sein de l’école, Jean de Loisy est proche de la retraite et il s’agit d’une dernière mission. Peut-on réellement formuler un projet pédagogique digne de ce nom en deux, trois, même quatre ans ? Que doivent penser les étudiant·e·s d’une telle durée, elles et eux qui s’engagent pour cinq années au sein de cette école ? Que déduire de ces jeux de chaises musicales et de récompense de fin de carrière pour services rendus, qui semblent trop clairement être les vraies raisons pour ces nominations ? Quelle image ce genre de cadeau donne-t-il de l’institution dans laquelle ils et elles commencent leur vies d’adultes et d’artistes ? Cette école a besoin de vitalité et d’ouverture, d’un·e professionnel·le engagé·e pour qui ce sera un véritable projet collectif, pour qui ce poste de direction aura un sens profond, car il modifiera aussi les contours de sa vie personnelle et professionnelle. Cette école n’a pas besoin d’une personnalité dont la carrière a déjà été largement tracée et pour laquelle « l’activité » de directeur d’école sera surtout mise au service d’une confirmation, voire d’une capitalisation de ses relations avec le monde de l’art et d’un prestige déjà largement acquis.

    Nous demandons d’entendre nos voix qui sont aujourd’hui réunies pour dénoncer l’emprise que les logiques conservatrices exercent encore sur la politique culturelle de la France aujourd’hui, malgré une volonté affichée de renouveau. C’est la raison pour laquelle nous appelons Jean de Loisy à renoncer à son poste de directeur de l’École des Beaux-Arts de Paris. Nous serons particulièrement attentif.ve.s concernant les processus de nomination des nombreuses directions à pourvoir : Villa Arson, École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, Jeu de Paume, Palais de Tokyo, CAPC/musée d’art contemporain de Bordeaux, Villa Médicis… Plus largement, nous demandons à l’Etat et au Ministère de la culture, la plus grande transparence dans les recrutements de toutes les institutions artistiques et culturelles publiques.

    • Je ne connais pas Jean de Loisy, mais je trouve que les arguments exposés pour refuser sa venue au Beaux Arts sont un peu légers. Inutile de rappeler que le milieu de l’art est un panier de crabes qui a ses secrets, ça se lit directement et c’est très gênant. Il me semble que ce soit lui ou un·e autre, c’est la façon dont elle s’engagera qu’il faut cadrer, et je ne vois pas ici de revendications ou de demande de dialogue pour révolutionner le mode de direction des Beaux Arts. Cette fin de Vem république agonise dans la royauté.

      Par contre, je relève le portrait qui est fait de lui sur https://www.franceculture.fr/personne-jean-de-loisy.html et qui retrace son parcours. Sur les 25 artistes cités (dont Bustamante) pour avoir été exposés par Jean de Loisy, je n’y trouve qu’une seule femme !
      Ça, c’est un argument, et ce n’est pas un bon présage.

      Sur cette même page, j’ai checké la liste des portraits d’artistes des émissions qu’il a faites sur FranceCul, le constat est accablant : les femmes artistes disparaissent mystérieusement. Pour plus de 100 portraits d’hommes, il n’y a que 5 portraits de femmes artistes (dont Khalo, Delaunay, Claudel) c’est à la limite du risible. Quand au sujet de l’art contemporain, il est abordé lorsqu’il est en charge du commissariat ou au moins une ou deux fois avec Pinault et Darcos. :/
      #misogyne


  • Centenaire de 1918 : à l’école, le devoir de mémoire est une escroquerie mémorielle (B. Girard, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/041118/centenaire-de-1918-l-ecole-le-devoir-de-memoire-est-une-escroquerie-

    A l’image des quatre dernières années de commémoration scolaire autour de la Première guerre mondiale, les cérémonies du 11 novembre s’annoncent patriotiques et militaires. Avec cette confirmation : à l’école, l’hommage aux morts a sérieusement dérivé vers un hommage à la guerre et à ceux qui l’entretiennent.

    Et en complément :
    Indre : la Chanson de Craonne indésirable le 11 Novembre (La Nouvelle République)
    https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/la-chanson-de-craonne-indesirable-le-11-novembre

    #éducation #école #militarisme #patrie #histoire #devoir_de_mémoire #1918 #WW1 #itinérance_mémorielle


  • Climat : le #train de nuit est une vraie alternative à l’avion en Europe | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/ouiautraindenuit/blog/121018/climat-le-train-de-nuit-est-une-vraie-alternative-l-avion-en-europe

    Le train de nuit est une alternative à l’avion qu’il nous faut privilégier pour lutter contre le changement climatique. C’est le message du collectif "Oui au train de nuit" qui mène une semaine d’action en France, en écho à la campagne mondiale « Stay Grounded » (« Rester sur terre ») et à l’appel européen « Back on track » (« Retour sur les rails »).

    #mobilité #transport #climat


  • L’imposture Michéa | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/martinestorti/blog/241018/l-imposture-michea

    Sinon on a quoi ? L’incantation au retour du « socialisme des origines », celui qui a été trahi dès l’affaire Dreyfus, quand, après bien des hésitations, les socialistes d’alors s’engagèrent dans la défense d’un bourgeois, de surcroît militaire et juif. Libre à Michéa de préférer l’antisémite et le misogyne Proudhon à Jean Jaurès. C’est que pour lui, de la défense de Dreyfus à la gauche d’aujourd’hui, la continuité serait totale, les droits et les émancipations dites sociétales jouant le même rôle, si l’on comprend bien, que la lutte contre l’antisémitisme : détourner le peuple de ses intérêts, de ses priorités, de lui-même.

    Autre proposition : le retour aux valeurs morales, là encore peu explicitées, auxquelles sont attachées les classes populaires. Il ne me semble pas que ces valeurs morales si ancrées avant mais bafouées, nous dit-il, par le libéralisme culturel des dernières décennies, aient été d’un grand secours pour faire obstacle à la barbarie du siècle précédent ! Il convient en outre de se méfier de ce renvoi aux valeurs qui succède à une critique des droits, complices du marché, affirmée page après page, livre après livre. Quoi de plus fragile que les valeurs, de plus aléatoire ? Les droits écrits, institués, inscrits dans des lois, dans une constitution sont des protections bien plus sérieuses.

    Si l’ennemi principal est la mondialisation néo-libérale, ou encore « la dynamique aveugle et insensée de l’accumulation sans fin du capital » comme le prétend Michéa, il est aisé de comprendre qu’avec un opposant de cette envergure, elles ont encore de beaux jours devant elles.

    Mais non, l’hostilité au néolibéralisme et l’habillage marxiste servent à camoufler une entreprise de brouillages, où l’on se construit un flanc « gauche de la gauche », ou « vrai socialisme » en séduisant ceux qui sortent leur marxisme de comptoir dès qu’ils entendent le mot « libéralisme ». Aussi un flanc « droite de la droite », par l’exaltation des traditions, de la famille, de la morale. Au nom de la défense des « petites gens », des « gens ordinaires », c’est à une attaque en règle des droits et des émancipations conquis au prix de luttes séculaires qu’il se livre.

    La critique que conduit Michéa du néolibéralisme est un leurre, raison pour laquelle il fait du libéralisme un tout. Raison qui explique son succès du coté de Marianne, de Valeurs actuelles, d’Eléments, des sites Boulevard Voltaire et Egalité et réconciliation autant de titres qui font l’éloge de Michéa à chaque parution de ses ouvrages. « Une pensée hors des sentiers battus » nous dit-on ici ou là. Non, Michéa, comme pas mal d’autres aujourd’hui, arpente en long en large et en travers des sentiers battus et rebattus, et tracés dans seul but : s’émanciper de l’émancipation.


  • Sisyphe à l’aéroport - Par Léo | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/161018/sisyphe-laeroport-par-leo

    Léo écrit sur ses visites en centre de rétention administrative, ses nuits sans sommeil, l’attente impuissante de savoir si l’avion a décollé, a déporté. Léo, comme d’autres, vont à l’aéroport et dans les centres de rétention pour tenter de faire barrage, ne serait ce que par leur présence. Être là, ne pas laisser faire dans le silence ces déportations quotidiennes.

    #migration #asile #déportation et #honte


  • Inquiétante mesure de censure dans la formation continue enseignante à Lausanne | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/heimbergch/blog/151018/inquietante-mesure-de-censure-dans-la-formation-continue-enseignante

    C’est à la demande de la conseillère d’État responsable de l’enseignement public dans le canton de Vaud qu’une formation continue consacrée à la Nakba de 1948 pour les Palestiniens a été suspendue, c’est-à-dire censurée. Ce qui constitue un dangereux précédent pour la liberté intellectuelle dans le monde enseignant et dans celui de sa formation.

    C’est à la demande de la conseillère d’État responsable de l’enseignement public dans le canton de Vaud qu’une formation continue consacrée à la Nakba de 1948 pour les Palestiniens a été suspendue, c’est-à-dire censurée. Il a été fait valoir que le programme annoncé aurait été « déséquilibré ». Ce qui constitue un dangereux précédent pour la liberté intellectuelle dans le monde enseignant et dans celui de sa formation.

    #nakba #israël #palestine #censure #histoire


  • #Retraites: équilibre financier jusqu’en 2070! | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/101018/retraites-equilibre-financier-jusqu-en-2070

    rapport-cor
    Le problème ou la bonne nouvelle, c’est que le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), l’organisme de référence sur la question, a conclu dans son rapport de 182 pages, en juin dernier, que selon tous les scénarios de croissance annuelle de la productivité du travail (1 %, 1,3 ou 1,5 ou 1,8) les comptes seront à l’équilibre jusqu’en 2070 (et même « la part des dépenses brutes resterait inférieure à celle constatée en 2017 dans [les] trois scénarios » : 13,8 % du PIB en 2017, entre 11,6 et 14,4 en 2070). Une loi votée sous Hollande, que beaucoup ont oubliée parce qu’elle est de portée décalée, exige 43 ans de cotisations à partir de 2035, ce qui conduira automatiquement les salariés à partir, en moyenne, à 64 ans.


  • À Angers, #réquisition d’une ancienne CPAM | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/cpam-requisitionnee/blog/140918/angers-requisition-dune-ancienne-cpam

    Annotations :

    En France, aujourd’hui, on compte entre 140 000 et 240 000 personnes à la rue1. En étendant la problématique au mal-logement, c’est 3,6 millions de mal-logé.e.s2. En moyenne, ce sont 2000 personnes qui meurent chaque année dans la rue3. Pourtant, face à cela, l’INSEE relevait en 2018 que 2,8 millions de logements demeuraient vacants. Le chiffre donne d’autant plus le vertige – au vu du drame humain auquel il doit être confronté – puisqu’il a augmenté de presque 30 % depuis 20104. Le retrait de la #Loi_Elan, et notamment des articles concernant : La pénalisation des occupant.e.s sans droit ni titre, Le détricotage de la #Loi SRU, Les dispositifs favorisant la cession (...)

    #lutte #squat #-Angers #logement


  • Nouvelles évaluations : l’enfant chargé de chiffres (Stella Baruk, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/stella-baruk/blog/280918/nouvelles-evaluations-l-enfant-charge-de-chiffres

    Ce que ces évaluations semblent laisser prévoir, c’est qu’avec les meilleures intentions du monde, le petit sujet connaissant qui entre en classe aujourd’hui a toute chance d’être regardé par l’institution scolaire comme un « sujet neurocognitif » qui, plutôt qu’un apprentissage, subira un entraînement, sur le mode sportif de la recherche de performance.
    […]
    L’engouement actuel autour du cerveau semble faire monter à la tête de nombre de neuroscientifiques un sentiment de puissance démesuré. Qui pourra jamais rendre compte de « toutes les dimensions cognitives » d’un enfant, de leur infinies combinatoire et métamorphoses présentes et à venir ?
    […]
    Deux questions de fond apparaissent alors.
    Celle de la pratique de QCM pour de jeunes enfants. Faut-il avoir recours aux « sciences cognitives » pour comprendre que ‘choisir’ une réponse n’a rien d’équivalent à en proposer une de son cru ? Au lieu de solliciter l’attention d’un enfant face à une tâche précise, on la détourne en multipliant de supposées tentations, la diminuant d’autant.
    Celle d’une culture de la vitesse, du rendement. Rapidement, la fatigue face à des pages noires de signes, et le stress dû à la nécessité d’aller vite, éprouveront nombre d’élèves qu’on supposera alors ‘fragiles’.

    #éducation #évaluations #neurosciences #défaite_de_la_pédagogie


  • Pourquoi Donna Strickland n’était pas sur Wikipédia avant d’avoir son Nobel de physique

    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/10/03/pourquoi-donna-strickland-n-etait-pas-sur-wikipedia-avant-d-avoir-son-nobel-

    Lorsque #Donna_Strickland a obtenu le prix #Nobel de physique mardi 2 octobre, collectivement avec deux autres scientifiques, pour ses travaux sur les lasers, la chercheuse canadienne n’avait pas de page #Wikipédia, contrairement à ses deux confrères. Pourtant, au mois de mai, un brouillon de page à son nom avait été soumis pour création – avant d’être rejeté par un éditeur de l’encyclopédie en ligne.

    Ce rejet a, depuis mardi, valu de nombreuses critiques à l’encyclopédie, sur laquelle les scientifiques femmes sont nettement moins bien représentées que leurs homologues masculins. Plus de 80 % des notices biographiques du site sont en effet consacrées à des hommes, et la disproportion est encore plus importante pour les scientifiques.

    #Jimmy_Wales, le fondateur de Wikipédia, a réagi à la polémique, soulignant qu’il s’agissait d’un sujet « important ». « C’est l’une des choses qui doit changer sur Wikipédia », a-t-il déclaré dans un message publié sur Twitter.

    [...]

    L’encyclopédie a-t-elle failli ou non dans ce dossier ? « Journalistes, si vous vous apprêtez à reprocher à Wikipédia sa couverture des femmes, commencez par balayer devant votre porte », s’est agacée #Katherine_Muahahar, directrice de la fondation Wikimédia, consacrée à promouvoir l’encyclopédie. « Nous sommes un miroir des discriminations du monde, nous n’en sommes pas la source. Nous ne pouvons pas écrire d’articles sur ce que vous ne couvrez pas. »

    Elle a également égratigné le monde de la recherche : « Quand vous ne reconnaissez pas, n’écrivez pas, ne publiez pas ou ne favorisez pas les femmes, les queers, les personnes de couleur et les autres, vous les effacez, eux et leurs contributions. »

    La faute est-elle du côté de Wikipédia, des médias, de la recherche ? « Nous vivons dans un monde où une femme a remporté un prix Nobel sans même avoir été promue professeure, et vous vous demandez pourquoi les femmes quittent le monde universitaire », déplore ainsi une jeune chercheuse sur Twitter. « Entre son statut et la débâcle de la page Wikipédia, ce qui est sûr, c’est que son travail n’est (ou du moins, n’était) pas considéré comme il aurait dû. Ce qui semble récurrent chez les femmes dans le monde universitaire. »

    #page_à_supprimer


  • « Psychiatrie : l’état d’urgence » : des remèdes toxiques. | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/mathieu-bellahsen/blog/021018/psychiatrie-l-etat-d-urgence-des-remedes-toxiques

    Depuis quelques semaines, la fondation FondaMental[1] opère une offensive dans le champ de la psychiatrie par le biais d’un livre, « Psychiatrie : l’état d’urgence ». L’analyse des causes et les remèdes proposées par les auteurs sont à rebours de ce qu’il faudrait pour accueillir et soigner dignement toute personne en proie aux troubles et maladies psychiatriques. [...]

    A rebours de FondaMental et de ses solutions « ready-made », nous souhaitons témoigner de pratiques autres qui ne cèdent ni sur la mise en question de l’institution de la société présentée comme « inchangeable » ni sur sa tentative de transformation voire sur les possibilités d’émancipations des personnes et des institutions.

    La question est de trouver des contre points aux hégémonies actuelles, de créer et soutenir ce que nous pourrions nommer des « pratiques altératrices ». Pratiques d’altérations de l’institué, en partant de là où l’on se trouve : que ce soit à un niveau micropolitique ou sur un niveau plus important. Ces pratiques altératrices sont vectrices de rencontres, de croisements, d’altération réciproques des personnes prises dans ces pratiques, de nouvelles circulations, de nouveaux agencements. Elles émergent et surgissent à partir et contre la fragmentation actuelle du lien social, des cloisonnements de nos espaces de travail et de vie.

    Si dans la séquence précédente, les luttes se menaient contre le système asilaire matérialisé par les établissements psychiatriques, actuellement, ceux-ci sont en cours de destruction par le pouvoir. Nous devons donc prendre la mesure des nouveaux axes et des nouvelles formes de lutte : soutenir l’institué - en cours de destruction- tout en travaillant à sa subversion permanente pour que les personnes ayant affaire avec la psychiatrie puissent s’en émanciper à leur mesure : à partir d’elle, avec elle et / ou contre elle.

    #psychiatrie #mentalistes


  • « Le scénario de l’effondrement l’emporte » (Dennis Meadows, Libération)
    https://www.liberation.fr/futurs/2012/06/15/le-scenario-de-l-effondrement-l-emporte_826664

    Chaque pays est d’accord pour signer en faveur de la paix, de la fraternité entre les peuples, du développement durable, mais ça ne veut rien dire. Les pays riches promettent toujours beaucoup d’argent et n’en versent jamais.
    […]
    Tant qu’on ne cherche pas à résoudre l’inéquation entre la recherche perpétuelle de #croissance_économique et la limitation des #ressources_naturelles, je ne vois pas à quoi ça sert.
    […]
    Tout comme les termes #soutenabilité et #développement_durable, le terme d’#économie_verte n’a pas vraiment de sens. Je suis sûr que la plupart de ceux qui utilisent cette expression sont très peu concernés par les problèmes globaux.
    […]
    Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective […]. Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le #déclin est inévitable.
    […]
    La première chose à dire, c’est que les #problèmes_écologiques ne proviennent pas des humains en tant que tels, mais de leurs #modes_de_vie.
    […]
    Chaque fois, on ne résout pas le problème, on fait redescendre la pression, momentanément, on retarde seulement l’#effondrement.
    […]
    Or, le cerveau humain n’est pas programmé pour appréhender les problèmes de long terme. C’est normal : Homo Sapiens a appris à fuir devant le #danger, pas à imaginer les dangers à venir. Notre vision à court terme est en train de se fracasser contre la réalité physique des #limites de la planète.
    […]
    C’est fini, la #croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique « perpétuelle », nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de #ressources et la vitesse du #progrès_technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une #chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête.
    […]
    Le système reste un #outil, il n’est pas un #objectif en soi. Nous avons bâti un #système_économique qui correspond à des #idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse ? Achetez quelque chose ! Vous êtes trop grosse ? Achetez quelque chose pour mincir ! Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux ? Achetez-leur les services de quelqu’un qui se chargera d’eux ! Nous devons comprendre que beaucoup de choses importantes de la vie ne s’achètent pas. De même, l’#environnement a de la #valeur en tant que tel, pas seulement pour ce qu’il a à nous offrir.



  • DU CUI AU PEC : Chronique d’une matinée avec le DRH | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/pauline-menguy/blog/150918/du-cui-au-pec-chronique-dune-matinee-avec-le-drh

    Monsieur le directeur RH nous reçoit. Nous sommes une quarantaine de travailleurs de plus de 58 ans et de travailleurs #handicapés dans la salle. Des travailleurs qui n’ont pas leur place dans la « start up Nation ».

    L’accueil est cinglant :
    « Ce sont vos derniers six mois, après celui-ci vous ne signerez plus de contrat avec la ville. »

    « Je suis désolé de devoir vous l’annoncer. Nous sommes là pour vous donner les pistes qui vous permettront déjà de bien comprendre ce qui vous arrive et de prendre les dispositions nécessaires pour que vous puissiez à nouveau prétendre à un emploi pérenne par la suite.
    Rencontrez votre conseiller Pôle Emploi. Vous allez me dire, c’est pas facile quand on a déjà 60 ans, mais toutes les situations sont uniques. Ce n’est pas moi qui vais répondre à votre problème, c’est votre employeur. »

    Le type est odieux, les voix s’élèvent. Au fond de moi j’espère une insurrection. Je commence à retranscrire tous les échanges. Une façon de prendre du recul certainement en me donnant une contenance, un rôle.

    « Vous devez faire des efforts pour améliorer votre CV. Il est temps de se prendre en charge. Aujourd’hui on est entré dans le 21ème siècle, vous vous devez d’être connecté » Il est épaulé par Soraya une conseillère Pole Emploi qui nous rappelle gentiment que le contrat aidé n’est pas un vrai travail, que nous sommes des chercheurs d’emploi.
    « Je bosse 35 heures pour la Ville et vous me dites que je n’ai pas de #travail ? », interrompt une femme. « Le but du CUI est de monter en autonomie, un assisté n’intéresse pas un employeur ». Le type n’hésite pas sur la forme.
    « Vous croyez que c’est simple ? » lance un autre. « Ce n’est pas moi qui vous le reproche c’est la #société mon cher monsieur. »


  • #Éducation prioritaire | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/marc-bablet/blog/250918/education-prioritaire

    On ne peut être que scandalisé par la manière dont on cherche en ce moment à remplacer dans des séminaires d’IEN de ce mois de septembre un Roland Goigoux qui est une vraie référence en matière de lecture par Franck Ramus qui, à ma connaissance n’a guère travaillé dans les classes et qui, s’il connaît le cerveau, ne connaît pas l’#enseignement… Or, j’y reviendrai, pour travailler utilement pour les apprentissages en milieu populaire, il ne suffit pas de connaître en laboratoire les apprentissages, il faut connaître les conditions scolaires de leur réalisation. Car les enseignants sont chargés de faire apprendre leurs élèves à l’école pas en laboratoire sous un scanner…Si on continue comme cela, on ratera l’essentiel et tout espoir de voir évoluer les résultats inégalitaires de l’école française. En outre, on peut craindre que derrière ces façons d’aborder les questions, il n’y ait l’idée qu’il serait souhaitable de modifier très profondément l’école au point de ce qui s’est fait par exemple en Suède avec le succès que l’on sait (voir le Monde diplomatique de septembre 2018). C’est la seule manière que j’ai de comprendre la haine de la sociologie et des sciences de l’éducation qui règne en ce moment au ministère.