organization:collège

  • A new route for plant nutrient delivery - College of Engineering at Carnegie Mellon University
    https://engineering.cmu.edu/news-events/news/2019/06/12-lowry-acs-nano.html

    With current practices, up to 95% of applied micronutrients and 99.9% of applied #pesticides never reach their destinations and are wasted. They accumulate in the soil or run off into the ground water and cause collateral environmental damage, degrade soil, and waste the water and energy used in their production and application.

    If growers could apply something to the leaf that could travel directly to the root, it could be a game-changer for delivering nutrients, antibiotics, and pesticides in a nearly 100% efficient way. Greg Lowry, post-doctoral researcher Astrid Avellan, and a team of researchers have successfully discovered a way to apply nanoparticles to plant leaves so that they travel through the plant all the way to the root. Their results are published in a recent ACS Nano paper.

    Les nouvelles #technologies au service de l’#agriculture
    https://siecledigital.fr/2019/06/25/les-nouvelles-technologies-au-service-de-lagriculture

    #nanoparticules

  • Le #Collège_de_France sort de sa torpeur
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/200619/le-college-de-france-sort-de-sa-torpeur

    On pourrait avoir tendance à assimiler le Collège de France à une institution endormie et élitiste. Mais si ce haut lieu du savoir pluriséculaire est loin d’incarner l’« audace scientifique » et n’a jamais été un « refuge pour hérétiques consacrés », selon le mot de Bourdieu, il se transforme. Une enquête de la nouvelle formule de la "Revue du Crieur", en librairie et Relay le jeudi 20 juin.

    #IDÉES

  • RUES DE NÉGRIERS - Des élèves bordelais rebaptisent deux rues | Mémoires et Partages

    http://www.memoiresetpartages.com/2019/05/17/rues-de-negriers-des-eleves-bordelais-rebaptisent-deux-rues

    https://i0.wp.com/www.memoiresetpartages.com/wp-content/uploads/2019/05/Rues-rebaptisées-College-Goya-28-mai.jpg?resize=640%2C300

    28 MAI – Dans le cadre d’un projet de création artistique transdisciplinaire, les élèves du Collège Goya ont été accompagnés par Mémoires & Partages dans une visite guidée « Bordeaux Nègre » sur les traces de l’esclavage.

    Le parcours « Quartiers de sucre » les a plongés dans l’histoire des raffineries de sucre du quartier Ste-Croix.

    L’étape à l’angle des rues Broca et Gradis a permis aux élèves de comprendre l’importance de la signalétique urbaine et les valeurs qu’elle transmet.

    #franc #racisme

  • Au Tibet, un ado dénisovien vieux d’au moins 160 000 ans
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/05/01/au-tibet-un-ado-denisovien-vieux-d-au-moins-160-000-ans_5457113_1650684.html

    Ce proche cousin disparu était connu grâce à l’ADN de fossiles trouvés dans l’Altaï russe. L’analyse de protéines tirées d’une mâchoire inférieure découverte au Tibet éclaire ses origines.


    Reconstitution numérique d’une mâchoire de plus de 160 000 ans trouvée dans une grotte tibétaine, après nettoyage virtuel de la couche de calcite qui entoure partiellement le fossile. Jean-Jacques Hublin,

    Il y a plus de 160 000 ans, les hauts plateaux tibétains, dont on pensait que notre espèce était la première à les avoir colonisés, il y a 40 000 ans environ, étaient déjà habités par de proches cousins, les dénisoviens. L’énigme que constitue ce groupe humain commence à se dissiper, avec l’analyse, présentée dans la revue Nature le 2 mai, d’une mâchoire inférieure trouvée il y a bientôt quarante ans par un bonze, dans une grotte de la province tibétaine de Gansu, en Chine.
    Les dénisoviens n’ont pas de visage, et la mâchoire tibétaine ne suffira pas à leur en donner un. Mais elle livre de multiples pistes pour établir le portrait-robot d’un groupe humain jusqu’alors connu essentiellement à travers son ADN. Trouvés dans la grotte de Denisova dans l’Altaï russe, les seuls restes fossiles dont on disposait jusqu’alors se limitaient en effet à quelques dents et os fragmentaires, notamment une phalange de fillette dont l’analyse de l’ADN a révélé, en 2010, la singularité. Cette enfant, disait la génétique, n’appartenait ni aux néandertaliens, ni à notre propre espèce, Homo sapiens.

    Faute de crâne ou de restes plus conséquents, les paléoanthropologues se sont gardés de définir une espèce nouvelle, avec nom latin de rigueur, se contentant de ce miracle technologique, inédit : décrire un nouveau venu dans la famille humaine par son seul profil génétique.

    Descendance métissée

    Depuis, la comparaison du génome dénisovien avec celui de néandertaliens et d’hommes modernes a révélé que ces groupes s’étaient croisés, et avaient pu avoir une descendance métissée. Certaines populations humaines actuelles gardent la trace de ces amours, comme les Papous, dont jusqu’à 5 % du génome peut être d’origine dénisovienne. Dans les hauts plateaux tibétains, c’est la version dénisovienne d’un gène favorisant l’adaptation à la vie en altitude, dans un air raréfié en oxygène, qui a été retrouvée chez les populations actuelles. Comment expliquer que cette mutation soit présente chez les dénisoviens de l’Altaï, à 700 mètres d’altitude seulement, où une telle adaptation ne semble pas nécessaire ?
    L’équipe internationale dirigée par Jean-Jacques Hublin (Institut Max-Planck, Leipzig, Collège de France) propose une réponse au terme d’une enquête qui mêle, comme souvent en paléoanthropologie, rencontres improbables, génie technologique, intuition et coups de chance.

    Entrée de la grotte de Baishiya (province de Gansu, Chine), lieu de culte bouddhiste où une mâchoire de 160 000 ans attribuée à un dénisovien a été retrouvée.

    La mâchoire tibétaine est une rescapée à plus d’un titre. Elle proviendrait de la grotte karstique de Baishiya, une caverne située à 3 280 m d’altitude, profonde d’un kilomètre et lieu de culte bouddhiste. Un bonze aujourd’hui décédé y aurait prélevé le fossile en 1980, le soustrayant à une possible destruction : la grotte était célèbre pour ses vieux ossements, réduits en poudre parée de diverses vertus. Il en fit don au sixième bouddha vivant, Gung-Thang, qui lui-même la remit à l’université locale de Lanzhou. En 2010, l’intérêt pour ce fossile a ressurgi, et son parcours a été retracé jusqu’à sa grotte d’origine par Fahu Chen et Dongju Zhang, de l’université de Lanzhou. Des fouilles préliminaires sur place ont livré depuis d’autres fossiles et des outils lithiques, encore en cours d’analyse.

    Fouilles conduites en 2018 dans la grotte de Baishiya, sous la direction de Dongju Zhang (en haut à droite dans la tranchée), qui ont livré des outils de pierre et de nouveaux fossiles non encore décrits.

    Contacté en 2016 par ces collègues chinois, Jean-Jacques Hublin a immédiatement été intéressé par le spécimen : « On voyait tout de suite que ce n’était pas un homme moderne ou un Homo erectus. Cela tombait dans le créneau possible pour un dénisovien. » La mâchoire provient probablement d’un adolescent, car une des molaires était encore en phase d’éruption. Les dents robustes évoquent celles trouvées dans la grotte de Denisova, en Russie.

    Première déception, il n’a pas été possible d’en tirer le moindre ADN. Et en l’absence de contexte archéologique, le fossile risquait de rester muet. « Mais nous avons eu la chance extraordinaire que la calcite qui le recouvrait soit datable à l’uranium », se réjouit le paléanthropologue. La datation, 160 000 ans au moins, correspond à une période glaciaire, où la vie sur le plateau tibétain devait être encore plus rude qu’aujourd’hui. Mais il est possible que la mâchoire soit plus ancienne et date d’une époque plus clémente. Voilà pour le contexte, qui reste donc imprécis.

    Les protéines, plus robustes

    « Notre vrai joker, cela a été les protéines », souligne Jean-Jacques Hublin. Faute d’ADN, les chercheurs ont en effet cherché leur produit, des chaînes d’acides aminés dont la séquence correspond parfaitement à l’ADN qui les code. Lors de sa thèse à Leipzig, Frido Welker avait développé cette technique, montrant qu’on pouvait distinguer des restes de néandertaliens et d’Homo sapiens même en l’absence d’ADN. Plus récemment, il a pu éclairer l’évolution des rhinocéros par l’analyse d’un ossement vieux de 1,7 million d’années trouvé dans une grotte en Géorgie. L’ADN est certes plus précis, mais les protéines bien plus robustes, y compris dans les zones tempérées où au-delà de 100 000 ans, trouver de l’ADN semble illusoire.

    La dentine de la mâchoire tibétaine n’a pas résisté à Frido Welker : « Ces tissus peuvent contenir plusieurs centaines de protéines, explique le jeune chercheur, aujourd’hui en poste au Muséum de Copenhague. On en a identifié huit qui étaient elles-mêmes dégradées. » Il n’y avait pas la protéine EPAS1 responsable de l’adaptation à l’altitude – elle n’est pas exprimée dans les dents, mais dans le placenta et les poumons –, mais différentes formes de collagène. Les similarités avec les séquences correspondantes dans le génome de Denisova ne laissent pas de doute sur la parenté avec la population de l’Altaï, bien plus étroite qu’avec tout autre hominidé.

    « C’est une découverte très excitante, commente Chris Tyler-Smith, du Wellcome Sanger Institute (nord de Londres), dont l’équipe avait décrit en 2016 la distribution dans les populations himalayennes du gène dénisovien EPAS1. Nous savons désormais que les dénisoviens pouvaient vivre dans des environnements hostiles de haute altitude comme le Tibet. Cela implique qu’ils s’étaient largement dispersés en Asie – ce que nous suspections mais qui est confirmé là pour la première fois. Et nous avons une bonne explication de l’origine du variant génétique de haute altitude EPAS1 chez les habitants actuels de l’Himalaya : il a probablement été sélectionné par l’évolution en tant qu’adaptation des dénisoviens à la haute altitude. » Et légué à Homo sapiens lors de croisements après son arrivée dans la région, il y 40 000 ans.

    La mâchoire tibétaine n’est qu’un premier élément du puzzle dénisovien en Asie. « Il y a d’autres candidats en Inde, en Ouzbékistan, et bien sûr en Chine, où la mâchoire du spécimen Penghu 1, par exemple, présente les mêmes caractères dentaires inhabituels, souligne Jean-Jacques Hublin. On va assister à un boom de la paléoprotéomique [analyse des protéines anciennes] pour tester ces fossiles et d’autres. » Il prédit une certaine diversité morphologique dans cette lignée, peut-être plus grande encore que celle observée au sein des néandertaliens, eux aussi largement dispersés dans le temps et l’espace, entre le Proche-Orient et l’Espagne. Une récente étude génomique portant sur les populations indonésiennes suggère que des métissages avec Homo sapiens ont pu intervenir à plusieurs reprises, avec des groupes dénisoviens distincts. Avant que notre espèce, lestée de quelques gènes hérités des dénisoviens, ne supplante ceux-ci.
    Dans la grotte de Baishiya, les fouilles devraient reprendre prochainement, indique Dongju Zhang. Peut-être livreront-elles de nouveaux fossiles, plus parlants pour décrire la physionomie des dénisoviens, et dont l’ADN aura lui traversé les âges ?

  • #Lyon : #rassemblement pour le squat de l’ancien collège Maurice Scève
    https://fr.squat.net/2019/03/17/lyon-rassemblement-pour-le-squat-de-lancien-college-maurice-sceve

    Pour protester contre la situation inacceptable des personnes vivant acutellement au Collège Maurice Scève, nous, Collectif de soutien aux habitants de l’ancien Collège Maurice Scève, appelons à un rassemblement le lundi 18 mars à 17h30 devant la Métropole (20 rue du Lac), à l’occasion du prochain conseil métropolitain, avec le Collectif « Mineurs isolés étrangers […]

    #8_Rue_Louis_Thévenet #Amphi_Z #ancien_Collège_Maurice_Scève #Collectif_Mineurs_isolés_étrangers #La_Maison_Mandela #La_Trappe #sans-papiers

    • #néolibéralisme #libéralisme

      Walter Lippmann (1889 - 1974)

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Lippmann

      Barbara Stiegler:

      Le cap et la pédagogie – à propos du néolibéralisme et de la démocratie

      https://aoc.media/analyse/2019/01/24/cap-pedagogie-a-propos-neoliberalisme-de-democratie

      (demande de s’enregistrer)

      [...]

      Le cap, d’abord. Non pas laisser faire, comme dans le libéralisme classique, mais imposer à la société la direction qu’elle doit suivre. Cette direction, c’est celle de son adaptation progressive à la division mondialisée du travail. Et sa destination finale, c’est celle d’un grand marché mondial régi par des règles loyales et non faussées, dans lequel devront désormais prévaloir, non plus des rapports brutaux de prédation où les plus gros continueraient de dévorer les plus petits (la fameuse « loi de la jungle »), mais les règles d’arbitrage d’une compétition fair play où, comme dans le sport, tous doivent avoir les chances égales de faire valoir leurs capacités et de révéler leurs talents. Ce que les nouveaux libéraux comprennent, dans le sillage de la crise de 1929 et à la suite de la décennie noire qui lui succède, c’est que le marché ne se régule pas tout seul. C’est qu’il n’y aucune main invisible qui harmonise spontanément la lutte des intérêts, et qu’il faut donc impérativement en appeler à la main des États, architectes et arbitres de ce nouveau marché à construire. Dans son analyse « à chaud » des premiers néolibéralismes de gouvernement à la fin des années 1970 au Collège de France (Naissance de la biopolitique), Michel Foucault l’avait déjà très bien compris.

      On pourra objecter, et on aura raison que, une fois parvenus au pouvoir, les néolibéraux n’hésitent pas à favoriser la concentration des richesses. Mais cette hybridation permanente avec l’ultra-libéralisme, qui laisse faire la formation des monopoles au nom d’un hypothétique « ruissellement » des fortunes sur tout le reste de la société, n’est pas la dimension la plus originale ni la plus intéressante de sa doctrine. Elle relève plutôt du compromis ou de la concession prétendument réaliste avec les forces en place. Ce qu’il y a de véritablement nouveau dans le néo-libéralisme, ce qui constitue le cœur de son utopie, c’est que le cap qu’il entend imposer à toutes les sociétés, est celui d’une compétition juste, qui inclut et qui doit inclure tous les individus. L’idée, c’est que tous sans exception, y compris les plus modestes et les plus vulnérables – malades, chômeurs, handicapés, démunis –, soient remis en selle pour participer à la course. Le cap, c’est que tous puissent, avec un maximum d’égalité des chances, participer à la grande compétition pour l’accès aux ressources et aux biens, désormais théorisés par les économistes comme des « ressources rares ». Alors se dégagera une hiérarchie juste entre les gagnants et les perdants, résultat toujours provisoire qu’il s’agira à chaque fois de rejouer, une fois encore comme dans le sport, afin qu’aucune rente de situation ne s’installe et que la compétition soit indéfiniment relancée.

      [...]

  • Antisémitisme et antisionisme : une assimilation absurde dans le monde arabe - Caroline HAYEK et Anthony SAMRANI - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1158662/antisemitisme-et-antisionisme-une-assimilation-absurde-dans-le-monde-

    Au Proche-Orient, c’est le sionisme et plus largement la politique israélienne qui ont fait le lit de l’antisémitisme.
    Caroline HAYEK et Anthony SAMRANI | OLJ
    23/02/2019

    C’est un débat qui se joue en France mais qui est suivi avec attention de l’autre côté de la Méditerranée. Emmanuel Macron a annoncé mercredi vouloir intégrer l’antisionisme – dans le sens de la négation du droit d’Israël à exister – à la définition juridique de l’antisémitisme. Le président français considère que « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme », alors que les actes antisémites en France étaient en hausse de 74 % en 2018 par rapport à l’année précédente.

    Plusieurs voix critiques ont fait remarquer que cela pouvait conduire à des incohérences – la plus absurde étant d’être amené à considérer certains juifs antisionistes comme des antisémites – et à créer une confusion entre une idéologie politique et une identité religieuse. Cela revient aussi à faire le jeu du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, pour qui les deux termes sont indissociables, et à donner l’impression qu’il n’est pas permis en France de critiquer la politique israélienne, même si ce n’est pas du tout le sens de l’initiative présidentielle.

    Vue du monde arabe, l’assimilation entre ces deux termes apparaît pour le moins inadaptée. Si l’antisionisme peut parfois, comme en Europe, cacher des relents d’antisémitisme, c’est bien le sionisme qui apparaît comme la cause première de la montée de l’antisémitisme, et non l’inverse. L’antisémitisme est un terme inventé au XIXe siècle pour évoquer la discrimination à l’égard des populations juives au sein des sociétés européennes. Outre l’argument un peu simpliste que les Arabes sont eux-mêmes un peuple sémite, la notion n’a pas vraiment de sens dans le contexte arabe. Malgré un statut particulier les empêchant, à l’instar des chrétiens, d’accéder aux hautes fonctions politiques et administratives, les juifs étaient bien intégrés au sein des sociétés arabes et n’ont pas subi de persécutions comparables à ce qu’ont pu être les pogroms en Europe.

    « La communauté juive a connu un moment de gloire et de puissance à l’époque ottomane, notamment lors de l’arrivée massive des juifs chassés d’Espagne », note Henry Laurens, professeur au Collège de France et titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, interrogé par L’Orient-Le Jour. « Avant la déclaration Balfour et tout ce qu’elle entraînera par la suite, les juifs sont une communauté parmi d’autres dans le monde arabe, qui, depuis l’ère ottomane en particulier, a été organisée sur une base communautaire », confirme à L’OLJ Gilbert Achcar, professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS, University of London), auteur d’un ouvrage sur Les Arabes et la Shoah : la guerre israélo-arabe des récits (2013).

    Dégradation continue

    La diffusion des thèses sionistes développées par l’intellectuel autrichien Theodor Herzl va peu à peu changer la donne jusqu’au tournant de la création d’Israël en 1948, véritable choc pour les populations arabes. Au début du XXe siècle, les populations locales ne font pas nécessairement la distinction entre juifs et sionistes, le second terme n’étant pas encore véritablement assimilé. « Les habitants de la Palestine historique avaient l’habitude de désigner les juifs comme juifs. Certains étaient sionistes, mais beaucoup ne l’étaient pas. Ils étaient pour la plupart des juifs religieux et asionistes ou antisionistes », décrit à L’OLJ Tarek Mitri, ancien ministre et directeur de l’institut d’études politiques Issam Farès de l’AUB.

    « Les Arabes ont d’abord connu le sionisme de façon indirecte, en lisant la presse européenne. En Palestine, les premières réactions ne sont pas nécessairement négatives, mais les choses changent à partir de la déclaration Balfour, et le sionisme est progressivement considéré comme un danger pour les Palestiniens d’une part, et pour les Arabes du Proche-Orient d’autre part. Cela conduit à une dégradation continue de la situation des communautés juives du Proche-Orient à partir des années 1930 », dit Henry Laurens.

    Les relations se compliquent à mesure que l’immigration juive s’accélère en raison de la répression dont ils sont victimes en Europe.

    « Dans les discours, il y avait une distinction entre les juifs et les mouvements sionistes. Dans la pratique, ce qui inquiétait particulièrement les Arabes, c’est le fait de voir une communauté parmi d’autres se doter d’un territoire, de passer de la communauté à la nation », note Henry Laurens.Dans les années 1930 et 1940, c’est l’histoire européenne qui rencontre frontalement celle du Proche-Orient, de façon encore plus brutale après l’Holocauste et jusqu’à la création de l’État hébreu. Durant cette période, le grand mufti de Jérusalem Hajj Amine al-Husseini – qui n’était toutefois pas représentatif des Palestiniens – va collaborer avec l’Allemagne hitlérienne, au départ pour contrecarrer les projets anglais d’établissement d’un foyer juif, jusqu’à approuver sa politique génocidaire contre les juifs. Cet épisode va être largement instrumentalisé par la propagande israélienne pour démontrer un soi-disant antisémitisme arabe, au point que Benjamin Netanyahu va même aller jusqu’à présenter le mufti comme l’inspirateur de la solution finale.

    Complotisme et négationnisme

    La création de l’État hébreu va profondément changer les rapports entre les juifs et les autres communautés dans le monde arabe. Si, pour les sionistes, l’aboutissement du projet étatique est avant tout le fruit d’une volonté collective de plusieurs décennies, il apparaît aux yeux des Arabes comme une injustice liée à un génocide dont ils ne sont en aucun cas responsables. Les juifs du monde arabe n’accueillent pas forcément avec enthousiasme la naissance d’Israël. « Les communautés juives du monde arabe, surtout d’Égypte et d’Irak, n’étaient pas vraiment tentées au début par la migration vers la Palestine. Mais il y a eu deux facteurs qui ont encouragé ce mouvement. D’une part, la politique israélienne qui a tout fait pour les attirer, au point que le Mossad a organisé des attentats contre des synagogues pour leur faire peur. D’autre part, il y a une méfiance arabe qui s’est installée et qui faisait que les juifs pouvaient être perçus comme une sorte de 5e colonne », explique Tarek Mitri.

    Après la proclamation de l’indépendance d’Israël par David Ben Gourion, l’antisionisme va devenir dominant dans le monde arabe. Le sionisme apparaît comme un projet colonial avalisé par les puissances occidentales visant à déposséder les Arabes de leurs terres. La distinction devient très nette dans les discours entre juifs et sionistes. « Dans leurs discours, Nasser ou Arafat ne font pas d’amalgame entre sioniste et juif, bien au contraire. Au début de son combat, le projet politique de Arafat était d’instaurer un débat laïc et démocratique en Palestine où juifs, chrétiens et musulmans coexisteraient », explique Tarek Mitri.

    Le double sentiment d’injustice et d’humiliation que les Arabes ont vis-à-vis de l’État hébreu va toutefois être le moteur d’un antisémitisme qui va avoir un certain écho au sein des classes populaires arabes – où le terme juif est parfois utilisé comme une insulte – et va être largement relayé par les mouvements islamistes. Cela va être particulièrement visible à travers la propagation de deux phénomènes intimement liés : le complotisme et le négationnisme.

    « Les théories du complot qui sont dans le discours antisémite occidental ont pu facilement trouver un public dans le monde arabe, parce que, de fait, c’est une région qui a connu de vrais complots, à commencer par les fameux accords secrets Sykes-Picot », constate Gilbert Achcar. L’idée complotiste des protocoles des sages de Sion, qui attribuent aux juifs des plans de domination du monde, est largement répandue au sein du monde arabe. « Chez les islamistes, il y a eu un moment où on a ressuscité une vieille littérature parareligieuse qui ridiculise et avilie les juifs. Ils puisent dans les textes sacrés ce qui est de nature à susciter la méfiance ou même la haine à l’égard des juifs », note Tarek Mitri.

    Le négationnisme concernant l’Holocauste trouve aussi ses adeptes, même s’ils restent minoritaires. Dans un article publié en 1998 dans le Monde diplomatique, le grand intellectuel palestino-américain Edward Saïd s’indignait que « la thèse selon laquelle l’Holocauste ne serait qu’une fabrication des sionistes circule ici et là. Pourquoi attendons-nous du monde entier qu’il prenne conscience de nos souffrances en tant qu’Arabes si nous ne sommes pas en mesure de prendre conscience de celles des autres, quand bien même il s’agit de nos oppresseurs ? » ajoutait-il non sans une certaine verve. « La plupart des gens qui ont un peu de culture savent que la Shoah n’est pas une invention, mais un certain négationniste a pu trouver un écho favorable chez les gens étroits d’esprit, qu’ils soient ultranationalistes ou intégristes », dit Gilbert Achcar.

    Ce dernier insiste toutefois sur le fait qu’il n’y a pas d’antisémitisme propre au monde arabe, mais que la diffusion des thèses antisémites dans cette région n’est pas comparable à ce qui se passe en Occident. « Toute l’équation entre le monde occidental et le monde arabe est complètement faussée par le fait que les juifs étaient opprimés pendant des siècles en Europe, tandis que dans le monde arabe, ce qu’on peut qualifier de haine envers les juifs est surtout le produit d’une histoire moderne marquée par la présence d’un État oppresseur, qui insiste lui-même à se faire appeler État juif », résume Gilbert Achcar. Et Tarek Mitri de conclure, pour insister sur la nécessité de distinguer les deux termes dans le monde arabe : « Il y avait une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU en 1975 qui disait que le sionisme était une forme de racisme et de discrimination. Elle a été révoquée en 1991, mais elle avait suscité un grand enthousiasme dans le monde arabe. »

  • Comment faire face au présent ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/comment-faire-face-au-present


    Nous recevons #Philippe_Descola, professeur au Collège de France, où il occupe la chaire d’Anthropologie de la nature, à l’occasion de la soirée spéciale Nuit des Idées à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Comment affronter le présent, ses enjeux, ses défis, et l’avenir qu’il porte en germe ?

    Pas encore écouté

  • Comment l’Allemagne prévient-elle les violences policières ? | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/087591-000-A/comment-l-allemagne-previent-elle-les-violences-policieres

    Depuis le début de la crise des gilets jaunes, la stratégie de la police est très critiquée. Les forces de l’ordre sont régulièrement accusées de violences contre les manifestants : 1 700 d’entre eux auraient été blessés, contre 1 000 dans les rangs de la police. Chez nos voisins allemands, les manifestations sont gérées différemment par les forces de l’ordre. D’où viennent ces différences ?

    #maintien_de_l'ordre

    • À propos de l’exemple allemand et de la doctrine du maintien de l’ordre basé sur la déescalade de la violence. Je suis un peu circonspect. J’ai le sentiment sûrement exagéré que cela réduit le débat sur le maintien de l’ordre à une question technique, gestionnaire. En écoutant les cours du collège de France d’Alian Soupiot, je me suis demandé dans quelle mesure il était possible de mettre en relation les modèles de maintien de l’ordre et les modèles sociaux en cours dans les pays concernés. En France, on cite le modèle allemand à la fois pour son modèle de concertation sociale et son modèle de maintien de l’ordre basé sur le dialogue. Le modèle social allemand n’est pas moins libéral qu’ailleurs, mais il a su préserver un modèle historique de concertation fondée sur les notions de « co-détermination » et de « communauté ». Pour la France, le renversement de la doctrine du maintien de l’ordre en acte et le retour à une forme de guerre à basse intensité ne sont-ils pas corrélés au renversement du modèle économique et social keynésien issu de l’après-guerre ? Fin du dialogue social et monté en puissance d’un maintien de l’ordre guerrier. En ce sens, l’exemple allemand est malheureusement plutôt l’exception qui arrive encore à marier libéralisme et dialogue social. L’histoire présente ne semble pas aller dans ce sens. Et on imagine mal un changement du maintien de l’ordre en France sans une brèche dans la nasse libérale.
      « La démocratisation de la police n’est pas achevée. » Je dirai même qu’elle recule et à grands pas.

    • La flicologie travaille au partage #manifestant / « #casseur », ça fonctionne bien en Allemagne, moins en France où cette frontière reste poreuse, trouée, révisable, incertaine.
      Un exemple de la production culturelle issue de ce modèle allemand, ce film du Bundeskriminalamt (BKA) : Extrémisme de gauche - Entre protestation et terreur
      https://www.arte.tv/fr/videos/078741-000-A/extremisme-de-gauche-entre-protestation-et-terreur

  • Collège Cévenol du Chambon-Sur-Lignon, la catharsis (1/2) : Des affinités très électives
    https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/college-cevenol-du-chambon-sur-lignon-la-catharsis-12-puits-de-memoire

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16408-19.01.2019-ITEMA_21955851-0.mp3?track=false

    1er épisode : Un puits de mémoire

    Avec 10 000 m2 de bâtiments, l’établissement - premier internat mixte de France - a accueilli jusqu’à 600 élèves. Les profs ? De toutes les « couleurs », confessions et origines. Certaines années, on a compté jusqu’à 45 nationalités différentes.
    A l’évocation de ce lieu, c’est l’unanimité chez tous ceux qui ont vécu l’expérience : « on y apprit, bâti les fondements de nos personnalités, ri, grandi et su qui nous étions ici… Nos plus belles années. » Tous saluent la noblesse du projet porté par cet établissement, la belle utopie qu’il avait mise en œuvre. Génération après génération, le mythe a fini par se confondre avec la réalité.

    #protestantisme #Haute_Loire #CollègeCévenol #ChambonSurLignon #FranceCulture #audio #radio #documentaire

  • 100 years #Bauhaus: more than good forms
    https://www.deutschland.de/en/topic/culture/100-years-bauhaus-more-than-good-forms

    Formerly a school, now a foundation: following reunification, in 1994 the German Federal Government founded the Bauhaus Foundation in Dessau. Its task is to preserve the cultural heritage of the Bauhaus, which has been under UNESCO protection in Weimar and Dessau since 1996. In 2014, the architect Claudia Perren took over the direction of the foundation.

    Mrs Perren, in 2019 Germany will be celebrating 100 years Bauhaus. What was special about this College of Design?

    The Bauhaus was created after the First World War to find new ways of life. In Dessau, for example, they began building prototypes that would allow the working class to own their own homes. The Bauhaus has had a direct impact on society through social housing projects. It’s therefore not only a design model but also a social and an economic one.

    #art #design

  • CNLL Le CNLL se félicite de l’adoption par la Commission Européenne du principe de la préférence pour le logiciel libre
    https://cnll.fr/news/le-cnll-se-f%C3%A9licite-de-l-adoption-par-la-commission-europ%C3%A9enne-du-pri

    Le 21 novembre dernier, le Collège des Commissaires de la Commission Européenne a adopté un document intitulé “Stratégie Numérique de la Commission Européenne” qui “définit une vision pour la Commission, à savoir devenir une administration transformée numériquement, axée sur l’utilisateur et axée sur les données d’ici 2022.”

    Ce document mentionne une préférence explicite pour les logiciels open source (aussi appelés logiciels libres en français), rédigée comme suit : “Les solutions « open source » seront privilégiées lorsqu’elles sont équivalentes en matière de fonctionnalités, de coût total et de cybersécurité.”

    Le CNLL, l’Union des Entreprises du Logiciel Libre et du Numérique Ouvert, se félicite de cette avancée, au niveau européen, sur un sujet sur lequel il s’est positionné depuis 2012, en réclamant au gouvernement français des “recommandations d’utiliser le logiciel libre, à coût global, risques et efficacité comparables” (source : 10 Propositions pour une Politique du Logiciel Libre, CNLL, 2012).

    https://ec.europa.eu/info/publications/EC-Digital-Strategy_fr

    #open_source #Europe #politique

  • Ce que rapporte l’éducation gratuite - La Vie des idées

    http://www.laviedesidees.fr/Ce-que-rapporte-l-education-gratuite.html

    https://laviedesidees.fr/IMG/arton4262.png?1544526697

    Professeur au Collège de France, spécialiste des théories de la croissance et auteur de plusieurs articles et rapports sur l’enseignement supérieur, Philippe Aghion défend la nécessité d’augmenter le financement de l’université sans avoir recours à une hausse des frais d’inscription.

    La Vie des idées : Un certain nombre d’économistes défendent des frais d’inscription élevés dans l’enseignement supérieur. L’argument en leur faveur est qu’ils permettraient une meilleure sélection et orientation des étudiants et les inciteraient à de meilleurs efforts. Ils pourraient par ailleurs être progressifs pour répondre à des critères de justice sociale. Que pensez-vous de ces arguments ? Peut-on penser au contraire que des frais d’inscription faibles à l’université seraient plus efficaces d’un point de vue économique ?

    #éducation #universités #savoir #connaissance #philippe_aghion

    • Ce n’est cependant pas le seul sujet de controverse puisque, dans le programme de cette journée, deux conférences portaient des intitulés extrêmement douteux : “Ces prétendues violences obstétricales : les enjeux juridiques” et “Comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels”.

      http://m.cheekmagazine.fr/wtf/cngof-femmes-juments-polemique

      https://twitter.com/osezlefeminisme/status/1070989604805857282/photo/1

      Il semble que les conférences aient été renommées mais pas annulées. La seconde « comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels » est une conférence de Nisan lui même. Le fait qu’il parle d’attouchements est deja Le signe d’un déni. Attouchement n’est pas un terme juridique on ne peu pas porter plainte pour attouchement mais pour agression sexuel.

      #violence_médicale #animalisation #deshumanisation #humour #culture_du_viol #sexisme #misogynie

    • Je reste stupéfaite que cette grosse merde de #Nisand ait été gardé à son poste par ses pairs, qu’ils et elles ne se rendent toujours pas compte que ce personnage les dessert me glace.
      Par leur silence, ils et elles contribuent à l’œuvre de destruction des femmes soutenue par cette ordure, c’est juste inconcevable.
      #réification #défécation_de_nisan
      Je note également ici pour que d’autres femmes qui feraient des recherches sur #Yves_Aubard_gynécologue_au_CHU_de_Limoges sachent à quoi s’en tenir.

      #CNGOF

    • Ce que je veux dire, c’est que ce malfaisant est toujours président du CNGOF, d’ailleurs c’est avec ce titre qu’il présente les excuses du « Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français » concernant cette affaire qu’il nomme « une diapositive … sortie de son contexte »

      07 décembre 2018
      A propos d’une citation moyenâgeuse inappropriée
      Intervention officielle du Président du CNGOF du 7 décembre 2018

      Chers Amis et Collègues,
      Lors de la présentation de la Recommandation pour la pratique clinique Protection périnéale hier après-midi dans cette salle, une diapositive citant un texte ancien de 999 a choqué de nombreuses personnes. Sortie de son contexte, elle peut faire croire que celui qui l’a présentée en valide le sens, ce qui n’est pas le cas.

      Quoi qu’il en soit, je souhaite très officiellement dire au nom du CNGOF que toute notre profession est arc-boutée sur la défense des femmes, de leur santé et de leur dignité. Je prie donc tous ceux qui ont pu être choqués par l’affichage inapproprié de cette phrase moyenâgeuse d’accepter les excuses du CNGOF qui, bien sûr, regrette cet acte déplacé.

      Nous sommes navrés, nous qui sommes réunis pour améliorer nos pratiques professionnelles, de ce qui -à tout le moins- est considéré par nous comme une atteinte à l’image des femmes.

      Professeur Israël Nisand

    • Quelques informations supplémentaires sur ce médecin qui signe la diapositive et se fout complètement du #droit_des_patientes à leurs #données_médicales #données_sensibles et #données_personnelles puisqu’il s’est créé un fichage perso et une base de données complète des femmes soignées dans son service. Base à laquelle il se vante d’avoir donné accès à plus de 372 utilisateurs.
      #la_cnil_mais_pour_quoi_faire ?

      « Chaque intervenant doit pouvoir entrer dans la base ce qu’il a fait. Ça commence par le médecin en passant par la secrétaire, la sage-femme, l’infirmière, l’aide soignante, bref tout le service. Pour vous donner une idée, j’ai à ce jour donné 372 codes d’accès, il y a donc 372 utilisateurs de ma base de données », explique le Pr Aubard. Il ajoute : « Au fil des années, j’ai tout développé, …

      https://www.filemaker.com/fr/solutions/customers/stories/aubard.html

      « En ce qui concerne la structure de la base FileMaker, on trouve le noyau de la base qui est le dossier administratif de la patiente et dans lequel on retrouve ses coordonnées, ses informations d’état civil et familiales, ainsi que ses antécédents médicaux et chirurgicaux », explique le professeur Aubard.

      … alternatives au fichage ? nein.

      Aujourd’hui, grâce à FileMaker, l’intégralité du dossier médical d’une patiente est informatisé, il n’y a plus du tout de papier dans le service. La base de données est conséquente puisqu’elle compte environ 35 000 patientes.

      #bétail #technobéat #médecine

    • Hallucinant, je croyait que le croisement des infos était interdit et que le dossier médical était confidentiel.
      Donc ce mec file l’adresse et les données perso de 35000 femmes à « tout le service ».

    • Oui, et il s’en vante et fait la publicité du logiciel qu’il a utilisé, puisque tout le processus est expliqué sur leur site !

  • Publicité pour le compte facebook de mOnsieur le député Benoît Potterie
    http://www.chasseursdinfos.fr/7320/article/2018-12-07/saint-omer-le-depute-potterie-menace-de-mort

    Sur sa page Facebook, l’élu audomarois explique ce vendredi 7 décembre après-midi avoir reçu une balle et des menaces de mort


    « Alors que je me rendais, ce matin, au Collège de Norrent-Fontes rencontrer des élèves de troisième pour expliquer la fonction de Député et l’engagement citoyen dans la politique, voici ce que je recevais par courrier : une balle, accompagnée de cette menace de mort : ‘’la prochaine fois tu la prends entre les deux yeux’’ ». Le député de Saint-Omer, Benoît Potterie, a partagé l’information sur son compte Facebook ce vendredi 7 décembre en début d’après-midi.

    #facebook #Saint-Omer

  • « Gilets jaunes » : ce qu’attendent vraiment les Français
    https://www.latribune.fr/economie/france/gilets-jaunes-ce-qu-attendent-les-francais-799800.html

    SONDAGE. Au pied du mur, le gouvernement a annoncé, mardi 4 décembre, un « moratoire » de six mois sur les taxes sur les carburants et un gel des prix de l’énergie. Réalisé en pleine crise des Gilets Jaunes, le dernier baromètre BVA-La Tribune indique que les priorités d’une large majorité de Français sont plutôt une revalorisation des petites retraites, une hausse du salaire minimum et le rétablissement de l’ISF.

    Alors que le gouvernement a annoncé, mardi 4 décembre, un moratoire de six mois sur la hausse de la taxe sur les carburants, prévue le 1er janvier, ainsi que le gel des tarifs de l’électricité et du gaz, les attentes des Français vont bien au-delà de cette première réponse à la crise sociale des gilets jaunes. Selon le dernier baromètre BVA réalisé pour La Tribune avant les annonces d’Edouard Philippe ce mardi, 82% des Français attendent en priorité une revalorisation des petites retraites, 77% réclament une valorisation du SMIC et 71% le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF). Soit les revendications des gilets jaunes. Viennent ensuite, quand même, le report de la hausse des prix des carburants pour 70% des répondants et une revalorisation des aides au logement (59%).

    Si le gouvernement tente désespérément de désamorcer la crise, les mesures annoncées risquent pourtant d’aggraver la fracture entre les Français et le pouvoir. Déjà sous pression, l’exécutif semble toujours dans l’impasse et l’incompréhension alors que de multiples appels ont déjà été lancés sur Facebook par des membres des « gilets jaunes » pour se rassembler à nouveau pour un « acte IV » à Paris et en régions ce samedi 8 décembre et accentuer le rapport de forces.

    Parmi les mesures testées, la plus clivante au niveau des catégories sociales est la suppression de l’impôt sur la fortune. En effet, il y a 17 points d’écart entre les classes populaires (81%) et les classes aisées (64%). Cette mesure, hautement symbolique, fait partie des revendications exprimées par des membres des « gilets jaunes ». De nombreux messages « Paie ton ISF ! » ont ainsi circulé sur les réseaux sociaux.

    De son côté, l’opposition réclame le rétablissement de cette imposition pour financer des mesures en faveur du pouvoir d’achat et de la transition écologique. Mais l’exécutif continue pour le moment de défendre cette décision qui continue de nourrir le sentiment d’injustice fiscale. A ce sujet, l’économiste du Collège de France et conseiller d’Emmanuel Macron, Philippe Aghion, a proposé, dans les colonnes du Monde, un rétablissement temporaire « d’une taxe de solidarité sur les patrimoines mobiliers pour financer la transition écologique ».

    D’après les réponses collectées par BVA, 75% des Français jugent que la politique économique menée actuellement par le gouvernement est « mauvaise ». Cette désapprobation gagne 8 points par rapport au résultat à la même question posée cette-fois en septembre. A l’opposé, la part des répondants qui approuve ses réformes économiques est en chute libre. Elle est passée de 32% en septembre dernier à 24%. Chez les employés et ouvriers (85%), les classes moyennes modestes (79%) et chez les classes populaires (92%), ce sentiment de défiance est particulièrement marqué. Pour BVA, la comparaison avec les résultats de décembre 2017 illustre un vrai basculement de l’opinion publique. Il y a encore un an, 49% des Français estimaient que la politique économique était favorable contre 48% qui la jugeaient défavorable.

    Malgré la baisse des chiffres du nombre de « gilets jaunes » diffusés par le ministère de l’Intérieur chaque semaine, les Français approuvent de plus en plus ce mouvement. En effet, la part des répondants soutenant les « gilets jaunes » a grimpé de six points par rapport au début du mois de novembre dernier pour atteindre 71%.

    Dans le détail, les résultats mettent en évidence de véritables clivages au sein de la population française. Les « gilets jaunes » sont soutenus par 76% des moins de 35 ans, 78% des employés et ouvriers, 77% des habitants de communes rurales. Au niveau des catégories sociales, 75% des personnes interrogées appartenant aux classes moyennes modestes et 87% de ceux appartenant aux classes moyennes populaires adhèrent aux revendications de ce mouvement protéiforme.

    A l’inverse, le soutien aux protestations est bien en deça des niveaux précédents chez les 65 ans et plus (62%), dans l’agglomération parisienne (60%), chez les cadres (56%), auprès des Français des classes moyennes supérieures (54%) ou des classes aisées (52%).

  • Southbound : Photographies du et à propos du Nouveau Sud

    Southbound : Photographs of and about the New South (Vers le sud : Photographies du et à propos du Nouveau Sud) représentent cinquante-six visions du Sud par des photographes au cours des premières décennies du XXIe siècle. En conséquence, l’exposition offre une image composite de la région. Les photographies font écho à des récits relatant le Sud comme un bastion de la tradition, une région reconstituée par l’américanisation et la mondialisation, et une terre pleine de réalités surprenantes. L’objectif du projet est d’enquêter sur les lieux du Sud qui se figent, même de manière éphémère, dans les espaces entre les regards des photographes, leurs images et nos idées préexistantes sur la région.

    Southbound est organisée par Mark Sloan, directeur et conservateur en chef du Halsey Institute of Contemporary Art, et par Mark Long, professeur de sciences politiques, tous deux membres du corps professoral du College of Charleston.

    Southbound embrasse l’énigme de son nom. Se diriger vers le sud, c’est voyager vers un lieu en mutation, qui a été radicalement transformé au cours des dernières décennies, mais aussi jusqu’au lieu où le passé résonne avec le plus d’ insistance aux États-Unis. Aller en direction du sud, c’est aussi affronter le poids des idées préconçues sur cet endroit, encombrées de stéréotypes, encodées dans les archives artistique, littéraire et médiatique. Southbound entre en contact avec les récits supposés sur cette région contestée et les perturbe en offrant de nouvelles perspectives pour comprendre le mélange complexe de l’histoire, de la géographie et de la culture qui constitue le nouveau Sud de nos jours.

    #photographie #états-unis

  • Alerte Attentat-Intrusion dans les écoles parisiennes : le grand n’importe quoi


    https://paris-luttes.info/alerte-intrusion-dans-les-ecoles-11077

    Ce jeudi 22 novembre le Rectorat et la Mairie de Paris devraient organiser une expérience grandeur nature d’alerte attentat sur les élèves de maternelle et de primaire. Il s’agit de coller au « plus proche de la réalité », avec confinement et descente dans les caves au mépris de toutes valeurs pédagogiques et des dangers traumatiques. Dans un communiqué, Sud éducation Paris rappelle que le syndicat soutiendra tous les enseignant.e.s qui dérogeront au secret de cette opération.

    @rezo @val_k @colporteur

    #dingue #terrorisme #folie #attentats

  • Faut-il en finir avec la Nature ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/faut-il-en-finir-avec-la-nature

    Avec Philippe Descola, anthropologue et professeur au Collège de France.

    http://rf.proxycast.org/1495177294119968768/12360-25.10.2018-ITEMA_21866349-1.mp3

    Vers le tiers, Olivia Gesbert lui passe un extrait de Aurélien Barrau et Philippe Descola réagit. Il dit que l’anthropocène en fait c’est juste pour le capitalisme (mais sans prononcer le mot). Et qu’il faut se garder de comparer avec les vieilles civilisations, parce que oui elles ont transformé leur environnement mais ça n’a rien à voir avec ce que la civilisation industrielle a fait avec les énergies fossiles.

    #audio #radio #France_Culture #anthropologie #philosophie #Nature #Culture #Philippe_Descola

  • Analyse topologique des données, par Frédéric Chazal - Collège de France - 31 mai 2017
    https://www.college-de-france.fr/site/jean-daniel-boissonnat/seminar-2017-05-31-18h00.htm

    L’Analyse Topologique des Données (TDA) est un domaine récent qui connait un succès croissant depuis quelques années. Il vise à comprendre, analyser et exploiter la structure topologique et géométrique de données souvent représentées par des nuages de points dans des espaces euclidiens ou des espaces métriques plus généraux. Avec l’émergence de la théorie de la persistance topologique, la géométrie et la topologie algorithmique ont fourni des outils mathématiques et algorithmiques nouveaux et efficaces pour aborder ce sujet.

    http://sci-hub.tw/https://dl.acm.org/citation.cfm?id=2535927
    http://gudhi.gforge.inria.fr

    #maths #TDA

  • Le réalisateur Amos Gitaï, conférencier au Collège de France
    AFP - le 11/09/2018
    http://www.lepoint.fr/culture/le-realisateur-amos-gitai-conferencier-au-college-de-france-11-09-2018-22503

    Amos Gitaï va occuper à partir d’octobre la chaire de création artistique au Collège de France, une première pour un réalisateur et l’occasion pour l’artiste israélien de s’interroger sur le cinéma sous l’angle esthétique et politique.

  • L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes

    L’Afrique subsaharienne devrait représenter 22 % de la population mondiale vers 2050 au lieu de 14 % aujourd’hui. Le nombre de migrants originaires de cette région devrait donc augmenter. Mais de combien et vers quelles destinations ? François Héran replace les migrations africaines dans le tableau mondial des diasporas. Il montre que le scénario pour 2050 d’une Europe peuplée à 25 % d’immigrés subsahariens ne tient pas la route. L’ordre de grandeur le plus réaliste est cinq fois moindre.

    https://www.ined.fr/fr/publications/population-et-societes/europe-spectre--migrations-subsahariennes
    #invasion #mythe #asile #migrations #réfugiés #préjugés #démographie #Afrique #Europe #projection #François_Héran #ressources_pédagogiques
    cc @reka @isskein @simplicissimus

  • Amazon’s Antitrust Antagonist Has a Breakthrough Idea - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/09/07/technology/monopoly-antitrust-lina-khan-amazon.html

    If competitors tremble at Amazon’s ambitions, consumers are mostly delighted by its speedy delivery and low prices. They stream its Oscar-winning movies and clamor for the company to build a second headquarters in their hometowns. Few of Amazon’s customers, it is safe to say, spend much time thinking they need to be protected from it.

    But then, until recently, no one worried about Facebook, Google or Twitter either. Now politicians, the media, academics and regulators are kicking around ideas that would, metaphorically or literally, cut them down to size. Members of Congress grilled social media executives on Wednesday in yet another round of hearings on Capitol Hill. Not since the Department of Justice took on Microsoft in the mid-1990s has Big Tech been scrutinized like this.

    Amazon has more revenue than Facebook, Google and Twitter put together, but it has largely escaped sustained examination. That is beginning to change, and one significant reason is Ms. Khan.

    In early 2017, when she was an unknown law student, Ms. Khan published “Amazon’s Antitrust Paradox” in the Yale Law Journal. Her argument went against a consensus in antitrust circles that dates back to the 1970s — the moment when regulation was redefined to focus on consumer welfare, which is to say price. Since Amazon is renowned for its cut-rate deals, it would seem safe from federal intervention.

    Ms. Khan disagreed. Over 93 heavily footnoted pages, she presented the case that the company should not get a pass on anticompetitive behavior just because it makes customers happy. Once-robust monopoly laws have been marginalized, Ms. Khan wrote, and consequently Amazon is amassing structural power that lets it exert increasing control over many parts of the economy.

    “As consumers, as users, we love these tech companies,” she said. “But as citizens, as workers, and as entrepreneurs, we recognize that their power is troubling. We need a new framework, a new vocabulary for how to assess and address their dominance.”

    The analogies with Amazon are explicit. Don’t let the government pursue Amazon the way it pursued A.&P., Mr. Muris and Mr. Nuechterlein warned.

    “Amazon has added hundreds of billions of dollars of value to the U.S. economy,” they wrote. “It is a brilliant innovator” whose “breakthroughs have in turn helped launch new waves of innovation across retail and technology sectors, to the great benefit of consumers.”

    Amazon itself could not have made the argument any better. Which isn’t surprising, because in a footnote on the first page, the authors noted: “We approached Amazon Inc. for funding to tell the story” of A.&P., “and we gratefully acknowledge its support.” They added at the end of footnote 85: “The authors have advised Amazon on a variety of antitrust issues.”

    Amazon declined to say how much its support came to in dollars. It also declined to comment on Ms. Khan or her paper directly, but issued a statement.

    “We operate in a diverse range of businesses, from retail and entertainment to consumer electronics and technology services, and we have intense and well-established competition in each of these areas,” the company said. “Retail is our largest business today and we represent less than 1 percent of global retail.”

    The April issue of the journal Antitrust Chronicle, edited by Mr. Medvedovsky, features a drawing of a bearded man on the cover right above the words “Hipster Antitrust.” In the middle of an article by Philip Marsden, a professor of competition law and economics at the College of Europe in Bruges, there’s a photograph of a bearded man taking a selfie next to the chapter heading “Battle of the Beards.” It is perhaps relevant that only one of the 12 authors or experts in the issue is female.

    The Hipster issue was sponsored by Facebook, another sign that Big Tech is striving to shape the monopoly-law debate. The company declined to comment.

    Ms. Khan was not the first to criticize Amazon, and she said the company was not really her target anyway. “Amazon is not the problem — the state of the law is the problem, and Amazon depicts that in an elegant way,” she said.

    From Amazon’s point of view, however, it is a problem indeed that Ms. Khan concludes in the Yale paper that regulating parts of the company like a utility “could make sense.” She also said it “could make sense” to treat Amazon’s e-commerce operation like a bridge, highway, port, power grid or telephone network — all of which are required to allow access to their infrastructure on a nondiscriminatory basis.

    #Amazon #Antitrust #Conflit_interêt

  • #bullshit_job : Les cinq grandes familles de «jobs à la con» Quentin Périnel - 1 Aout 2018 - Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/decideurs/vie-bureau/2018/09/01/33008-20180901ARTFIG00020-les-cinq-grandes-familles-de-jobs-a-la-con.php

    Dans un livre qui paraît en cette rentrée, l’anthropologue américain #David_Graeber étaie la notion de « bullshit job » qui l’a fait connaître en 2013. Un regard critique et cynique sur la vie de bureau contemporaine.

    Lorsqu’un article fait autant de bruit dans le monde entier, c’est forcément que son auteur a visé juste. Lorsque l’anthropologue américain et militant anarchiste David Graeber - qui a animé en mars dernier une grande et passionnante conférence au Collège de France https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Grande-conference-David-Graeber-version-originale.htm - publie, en 2013, un article intitulé « Le phénomène des jobs à la con » dans le magazine Strike !, il ne s’attendait pas à provoquer un tel émoi : des dizaines de reprises médiatiques, des traductions dans toutes les langues du monde... « Bullshit Job » : un emploi rémunéré qui est si totalement inutile, superflu ou néfaste que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence. Telle est sa définition du concept.

    Cinq années plus tard, le chercheur américain a étayé encore davantage sa réflexion, et publie un livre - traduit aux éditions Les liens qui libèrent - qui porte le nom du phénomène. « À tous ceux qui préfèrent être utiles à quelque chose », écrit-il en première page en guise de dédicace. Dans son essai d’environ 400 pages, l’auteur dresse notamment une typologie desdits « #jobs_à_la_con », qu’il classe en cinq grandes familles représentatives, selon lui, du monde du #travail contemporain.

    • Les larbins. Les jobs de #larbins, explique-t-il, sont ceux qui ont pour seul but - ou comme but essentiel - de permettre à quelqu’un d’autre de paraître ou de se sentir important. En bref : d’aider quelqu’un à briller et à le tirer vers le haut tout en restant dans l’ombre. « Oui, il existe encore des boulots de domestiques à l’ancienne, de type féodal, soutient David Graeber. À travers l’Histoire, les riches et les puissants ont eu tendance à s’entourer de serviteurs, de clients, de #flagorneurs et autres #laquais. » Exemple ? Jack explique qu’il était démarcheur téléphonique chargé de vendre des actions à des clients, de la part d’un courtier. « L’idée était que, aux yeux du client potentiel, le courtier aurait l’air plus compétent et plus professionnel si l’on sous-entendait qu’il était trop occupé à faire du fric pour pouvoir passer les coups de fil lui-même, précise-t-il. Mon poste n’avait donc strictement aucune utilité, si ce n’est de faire croire à mon supérieur immédiat qu’il était un gros bonnet et d’en convaincre les autres. »

    • Les porte-flingue. Naturellement, le terme n’est pas à prendre au premier degré. Il s’agit d’une appellation métaphorique pour désigner ceux dont le travail a été créé par d’autres et comporte une composante agressive. « Un pays n’a besoin d’une armée que parce que les autres pays en ont une », explique Graeber. Un exemple qui vaut aussi, selon lui, pour les #lobbyistes, les #experts en relations publiques, les #télévendeurs ou les #avocats_d_affaires. « L’université d’Oxford a-t-elle réellement besoin d’employer une douzaine d’experts en #relations_publiques, au bas mot, pour convaincre le monde de son excellence ?, questionne-t-il. Il me semble au contraire qu’il faudrait au moins autant d’attachés de presse et des années d’efforts pour détruire sa réputation d’excellence, et je me demande même s’ils y parviendraient. »

    • Les rafistoleurs. Ou bricoleurs professionnels. Qui sont les #rafistoleurs ? Ceux dont le job n’a d’autre raison d’être que les pépins ou anomalies qui enrayent une organisation : ils sont là pour régler des problèmes qui ne devraient pas exister. Le terme est notamment employé dans l’industrie du logiciel, mais il peut être d’application plus générale. « Les premiers exemples de rafistoleurs auxquels on pense, ce sont des subalternes dont le boulot est de réparer les dégâts causés par des #supérieurs_hiérarchiques négligents ou incompétents », lit-on dans le livre Bullshit Jobs. « Une fois, j’ai travaillé dans une PME comme « testeuse », témoigne une employée. J’étais chargée de relire et corriger les rapports écrits par leur chercheur/statisticien star. »

    • Les cocheurs de case. Pour qu’une organisation puisse exister et que tout le monde sache qu’elle existe, il faut des #cocheurs_de_case. Il s’agit d’employés dont la seule principale raison d’agir est de permettre à une organisation de prétendre faire quelque chose qu’en réalité elle ne fait pas. Voilà une bonne définition de la réunionnite : des réunions sans cesse, pour le principe, et sans intérêt apparent ni aucune décision de prise. Graeber explique que dans la majorité des cas, les cocheurs de case sont tout à fait conscients que leur job n’aide en rien la réalisation du but affiché. Pire encore : il lui nuit, puisqu’il détourne du temps et des ressources. « L’essentiel de mon travail consistait à interviewer les résidents afin de noter leurs préférences personnelles dans un formulaire « loisirs », explique ainsi Betsy, qui était chargée de coordonner les activités de détente dans une maison de repos. (...) Les résidents savaient très bien que c’était du pipeau et que personne ne se souciait de leurs préférences. » Le temps que Betsy passait à remplir ces formulaires était précisément du temps qu’elle ne passait pas à les divertir !

    * • Les petits chefs. *C’est peut-être le profil le plus connu... et le plus haï aussi. Les petits-chefs se divisent en deux sous-catégories. Ceux du premier type n’ont qu’une fonction : assigner ou déléguer des tâches à d’autres. Ils peuvent être considérés comme le reflet inversé des larbins : ils sont tout aussi superflus, mais au lieu d’être les subordonnés, ce sont les supérieurs. Si cette première catégorie est inutile, la seconde est nuisible : il s’agit des petits chefs dont l’essentiel du travail consiste à créer des #tâches_inutiles qu’ils confient à leurs subalternes, ou même de créer de toutes pièces des « jobs à la con. » « Il est très difficile de recueillir des témoignages de petits chefs », observe Graeber. Logique : il est difficile d’admettre être chef et d’avoir un job inutile. « J’ai dix personnes qui travaillent pour moi, mais pour autant que je puisse en juger, toutes sont capables de faire le boulot sans qu’on les surveille, constate Ben, manager intermédiaire dans une entreprise. Mon seul rôle, c’est de leur distribuer les tâches - notez que ceux qui conçoivent ces tâches pourraient parfaitement les leur confier directement. » Ben va même encore plus loin dans sa lucidité quant à son travail : « J’ajoute que bien souvent, les tâches en question sont produites par des managers qui ont eux-mêmes des jobs à la con ; du coup, j’ai un job à la con à double-titre. »

    #entreprise #management #hiérarchie