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  • A #Maurice, de nombreuses familles réclament leurs terres exploitées depuis trois siècles par des compagnies sucrières - Agence Ecofin
    http://www.agenceecofin.com/justice/2509-41124-a-maurice-de-nombreuses-familles-reclament-leurs-terres-exp

    En 2009, les plaignants semblaient en effet être au bout de leurs peines avec la mise sur pieds d’une Commission Vérité et Justice. Après avoir enquêté sur des centaines de cas, elle a rendu un volumineux rapport qui fixe les responsabilités d’une quinzaine de compagnies telles que Medine Sugar Estate, Fuel Sugar Estate (devenue Alteo), ou encore Mon désert mon trésor Ltd.

    Ce rapport préconisait de nombreuses mesures pour améliorer la gestion foncière de l’archipel et rétablir les plaignants dans leurs #droits. Il prévoyait notamment la mise sur pied d’une unité de gestion et de suivi des #transactions_foncières qui aurait entre autres prérogatives de recevoir les plaintes et de poser des garde-fous. Sur le volet judiciaire, le rapport demandait la création d’une Division Gestion foncière à la Cour suprême ou, à défaut, d’un tribunal spécialement habilité à cette fin.

    La Commission recommandait également que les anciennes puissances coloniales, en l’occurrence le Royaume-Uni et la France, participent financièrement à l’effort de dédommagement et de réparation en direction des familles les plus démunies.

    Mais cinq ans plus tard, ces recommandations sont demeurées lettre morte. Une inertie qui a poussé ces familles à adresser le 12 juillet 2016 une lettre au Directeur général de l’Unesco pour solliciter l’aide de la communauté internationale.

    #sucre #colonialisme #terres

  • #France_Culture aujourd’hui 18h15 : « Victime et poseur de bombes : un dialogue basque », reportage de #Bixente_Vrignon.

    Invité(s) : #Jean-Pierre_Massias, professeur de droit public, spécialiste du processus de #paix au #Pays_Basque et auteur du livre « Faire la paix au Pays Basque », préfacé par #Michel_Rocard.

    Depuis 20 ans, des guerres meurtrières ont trouvé leur solution, des dictatures se sont effondrées et des sociétés ont été pacifiquement reconstruites, offrant aux observateurs et aux acteurs de précieuses expériences. De l’accord du Vendredi Saint en Irlande, de la Commission Vérité et Réconciliation d’Afrique du sud à l’instauration de la démocratie en Europe de l’est et dans le monde arabe, bon nombre de signes viennent montrer le chemin de la paix et de la démocratie. De ces succès - et aussi de certains échecs - ressort une certitude : la paix se renforce dans la démocratie, et la démocratie s’instaure/se consolide dans la négociation. La construction de l’avenir ne peut se faire sans un regard objectif et lucide sur le passé ; la violence et la dictature ne sont pas des accidents de l’histoire, mais procèdent de logiques sociales dont il faut comprendre les ressorts pour tenter de les réduire.

    Cette construction est souvent complexe, et comme l’avait dit Michel Rocard lors du débat « L’Art de la paix » de Saint-Jean-de-Luz en 2007, « négocier, c’est bien sûr vouloir, mais c’est aussi savoir ». Savoir comprendre son adversaire, savoir organiser le dialogue, son calendrier et ses différents aspects... mais c’est également accepter de faire des concessions et de laisser le champ libre aux médiateurs. C’est d’ailleurs sans doute dans cette dernière affirmation que réside la principale leçon de ces processus : celle de l’abandon de la mystique révolutionnaire, faite de bien et de mal, pour s’aventurer sur la voie du compromis et de l’équilibre. Passer, comme disait Adam Michnik - le véritable héros du syndicat polonais Solidarité - du « Eux ou Nous » au « Eux et nous »...

    Ces constats, vérifiés dans le monde entier, s’appliquent aussi au conflit basque qui, d’Hernani à Madrid, dresse face à face deux visions du monde, lesquelles doivent trouver à s’accorder.

    Ce livre est fait de ces certitudes, forgées par vingt ans de recherches et d’observation en Europe de l’est, mais aussi en Afrique et sur d’autres théâtres d’opération, puis à partir de 2006 au Pays Basque. De ces certitudes et d’aucune autre : le présent ouvrage ne porte pas sur le conflit basque, ni sur sa nature profonde et - surtout - ne prétend donner aucune leçon à ceux en charge de trouver les solutions. Redisons-le : il est le livre d’un constat, d’observations et d’interrogations.