organization:maquis

  • [BD] Mémoires balkaniques 1941-1945 : Terreur en Croatie [4]
    https://www.partage-noir.fr/spip.php?article106

    Guérilla en Dalmatie (hiver 1943-1944) La nature ayant horreur du vide, les Partisans se ruent sur la Dalmatie (façade maritime de la Croatie) abandonnée par les Italiens. Mais les nazis interviennent, afin de restaurer le pouvoir oustacha. Dépourvus d’armes lourdes, les insurgés sont repoussés dans les campagnes où ils établissent fermement leurs maquis, sous la bannière du Conseil Antifasciste de Croatie. A gauche, deux partisans en tenue mi-traditionnelle, mi-maquisard. A ce stade des (...)

    [BD] Mémoires balkaniques 1941-1945

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    http://zinc.mondediplo.net/messages/128798 via Partage Noir

  • [BD] Mémoires balkaniques 1941-1945 : Terreur en Croatie [2]
    https://www.partage-noir.fr/spip.php?article104

    La Terreur oustacha (1941-1942) Ultra-catholiques, les Oustachas croates entendent bien liquider la minorité orthodoxe serbe prise au piège dans le nouvel État. Persécutions et massacres de masses poussent vers les maquis montagneux serbes, juifs et croates progressistes. De même, Ante Pavelic supprime les libertés politiques et syndicales, tout opposant risquant la peine de mort. Les campagnes sombrent alors dans un sanglant chaos, ce dont les nazis eux-mêmes s’émeuvent (la sécurité des troupes (...)

    [BD] Mémoires balkaniques 1941-1945

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  • NE PAS TRAVESTIR L’HISTOIRE. – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/05/01/ne-pas-travestir-lhistoire

    Dans un de vos textes intitulé « Rendre à césar ce qui appartient à césar et à dieu ce qui appartient à dieu », paru sur la page facebook du groupe Algérie Debout en date du 28 avril, vous me citer en utilisant le qualificatif « survivant » sans me nommer et en déformant mes propres propos. Vous auriez pu avoir l’honnêteté intellectuelle de citer mon livre, ou mon témoignage diffusé sur la chaine France2 se trouvant également sur Youtube afin d’éclairer vos lecteurs. Plus encore, vous prenez la phrase qui vous intéresse, vous l’enlevez de son contexte, vous la déformez pour en faire un argumentaire fallacieux. Les règles déontologiques veulent que quand vous parlez de quelque chose ou de quelqu’un, vous avez l’obligation de citer les sources.

    Vous commencez votre texte pour justifier votre colère, par : « plusieurs voix se sont élevées pour attribuer et imputer, de nouveau, les 200 000 morts de la décennie noire à l’armée algérienne. ». Il n’échappe à personne quevous faites exactement la même chose en attribuant tous ces crimes aux radicaux islamistes. Il n’y a que ceux qui ne connaissent rien à l’Histoire de l’Algérie qui croient encore que les assassins étaient dans l’un ou l’autre des deux camps.

    Pouvez-vous dire à vos lecteurs d’où vous sortez le chiffre de 200 000 morts que vous attribuez à M. Abassi El Madani et au FIS ? Les morts n’ont plus aucune importance ? N’y a-t-il plus que les chiffres qui comptent, qui existent simplement pour incriminer l’autre ? 150 000, 200 000, 250 000, de la simple surenchère, alors qu’aucune enquête sérieuse n’a eu lieu en Algérie. Des milliers de personnes sont enterrés sous « x » dans les cimetières, de nombreux charniers jonchent le sol algérien sans volonté des autorités algériennes d’ouvrir des enquêtes, ou de remettre les corps à leurs familles pour qu’elles puissent faire le deuil. Il suffit d’un simple test ADN pour libérer ces familles qui pleurent leurs proches depuis des décennies.

    Vous ajoutez, je cite : « Un survivant racontera que les assaillants leur ont dit : « nous avons toute la nuit pour violer vos femmes et les enfants, boire votre sang. Même si vous nous échappez aujourd’hui, nous reviendrons demain pour vous finir ! Nous sommes ici pour vous renvoyer à votre Dieu ! Le lendemain le GIA revendiquait les massacres de Raïs et de Ben Talha qualifiant les victimes « d’offrandes à Dieu »

    .

    Quelle drôle de coïncidence, Le jour même ou j’appelle à paix, vous, vous appelez à la haine. Je me permets donc de répondre à vos arguments, vos insinuations et mensonges, point par point, afin de rétablir les faits et « vérités » qui permettront d’éclairer vos lecteurs en particulier et l’opinion publique en général.

    Je tiens tout d’abord à préciser que mon livre « qui a tué à Bentalha ? » dont vous taisez le titre, édité par la maison d’éditions « La découverte » en octobre 2000 est toujours interdit en Algérie, comme d’ailleurs beaucoup d’autres. Cela n’a pas empêché les algérien.nes de le photocopier, de le faire circuler « sous le manteau » pendant des années. A l’heure actuelle des vidéos relatant les faits circulent sur internet. Vous pouvez donc tromper une infime partie des algériennes et algériens mais vous ne pouvez pas tromper tout un peuple.

    Si hier, les médias bâillonnés par l’ex-DRS ont manipulée l’opinion publique, il faut savoir qu’aujourd’hui des journalistes courageux se révoltent pour dénoncer cette main mise sur les organes d’information et ces pratiques moyenâgeuses qui sont toujours d’actualité. Depuis 1998, à quelques exceptions près, tous les médias m’ont interdit le droit parler, le droit de répondre à mes détracteurs, à cette gigantesque campagne menée contre ceux qui dénonçaient tous les crimes et non seulement les crimes odieux des radicaux islamistes.

    Si pendant longtemps les défenseurs des deux camps criminels se sont renvoyés la responsabilité, je peux affirmer que la situation à l’époque était plus complexe que l’on ne le pense. Il faudrait des pages entières pour l’expliquer, la développer. Alors je vous renvoie simplement aux déclarations de Madame Louisa Hanoune, présidente du Parti des travailleurs, reprenant les dires de M. Liamine Zaroual, ex-président de la république entre 1995 à 1999, qui parle, lui de 300 escadrons de la mort dirigés par de puissants centres d’intérêts algériens.*

    Aujourd’hui les choses ont changé, internet et les réseaux sociaux existent et sont ouverts à toutes et à tous. La charte pour la paix et la réconciliation de 2005 qui a interdit aux victimes de parler, qui a décrété l’impunité et qui encourage les pires mensonges, ne pourra effacer la mémoire de tout un peuple. Les historiens auront beaucoup de matière pour travailler sur l’histoire de l’Algérie contemporaine et particulièrement sur celle de la décennie noire.

    Au procès pour diffamation de Khaled Nezzar contre Habib Souaïdia qui se déroula à Paris du 1er au 5 juillet 2002, feu Aït Ahmed dit au général : « ce qui nous sépare, monsieur, c’est un énorme fleuve de sang ». Dans son verdict final le président de la cour renvoya dos à dos les deux parties en disant que l’Histoire jugera (voir les minutes du procès sur Algéria-Watch).

     J’ignore ou vous viviez pendant cette période, surement pas en Algérie ? Alors que moi, j’ai vécu dans cette banlieue algérienne, dans ce village tristement célèbre qui s’appelle Bentalha, commune de Baraki. A de nombreuses reprises et au péril de ma vie et celles de mes enfants, j’ai combattu l’intégrisme, l’islamisme radical et dénoncé les crimes injustifiables, inqualifiables des militaires qui sous couvert de la lutte antiterroriste et sous couvert de l’éradication des réseaux d’aide aux islamistes ont prit le peuple algérien, surtout les couches les plus défavorisées, en otage. Ils ont fait exactement ce que nous reprochons toutes et tous à la France coloniale. 

    La torture, le viol, les disparitions forcées, les assassinats politiques, les assassinats extrajudiciaires sont tus volontairement. Ces pratiques inhumaines qui ont été pratiquées par les parachutistes français pendant la guerre d’Algérie, ont été reprises par notre armée contre son propre peuple. Si la torture a été utilisée dans les années 80 contre des militants, toutes ces graves violations des droits de l’Homme, ont été faites de manière méthodique pendant la décennie noire.

    Dans mon livre, j’explique aussi comment beaucoup de jeunes torturés, à plusieurs reprises, ont été contraints de rejoindre le maquis. J’explique aussi comment sur simple suspicion le citoyen algérien devenait l’ennemi à abattre. Les militaires et les policiers ont utilisé les mêmes méthodes de dénonciation (Bouchkara). Il n’échappe à personne que toute personne sous la torture est capable d’accuser n’importe qui, même sa mère, afin que s’arrête le supplice. A cette époque, les Algériens appelaient les brigades de gendarmerie, les commissariats de police : les « les bureaux de recrutement des terroristes ».

    Oui Monsieur, la haine entraine la haine, la vengeance et la haine détruisent tout ce qui les entoure. Ce qui est malheureux c’est que ceux qui ont été victimes de sévices corporelles pendant le printemps berbère et ceux qui l’ont dénoncé après l’avoir subi dans leur chair, l’on laissé faire pendant des années sur d’autres, la justifiant comme le faisait l’ex-colon comme seul outil pour « sauver des vies humaines ».

    Ce que j’ai vu de mes propres yeux, dans ce territoire de non-droit, que les algériens appellent le « Triangle de la mort », que je parcourais pour mon travail, est indicible. Par pudeur, je le tairai. Pendant que les militaires tuaient d’innocents citoyens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, ni avec les réseaux de soutien des groupes armés, les journaux aux ordres et complices, affirmaient que c’étaient des terroristes. Tout cela, je ne l’ai pas seulement lu dans les journaux, je l’ai vu de mes propres yeux.

    Je vous renvoie donc, vous et vos lecteurs, au travail laborieux de recherche effectué depuis des années, aux témoignages que nous avons récoltés et que vous trouverez sur le site web d’Algéria Watch.

    Je ne peux, monsieur, empêcher vos insultes, ni vous empêcher de décharger votre haine sur les vivants et les morts. En revanche je ne vous laisserai pas travestir l’Histoire.

    A un moment où le peuple algérien a besoin d’apaisement pour mener la transition, à un moment ou les esprits libres doivent accompagner ce mouvement pacifique pour lui donner les moyens de trouver des issues à la crise politique que traverse notre pays et les moyens de construire une république démocratique, sociale et plurielle, pendant que nous appelons à la paix pour protéger le Hirak, vous et vos semblables appelez à la haine, à la discorde et à la division.

    Pendant ce temps, nous sommes plusieurs à nous battre pour la vérité et la justice, pour un état de droit qui garantirait la protection de chacun et la justice pour tous. Pendant que vous vous amusez à jouer sur les blessures du passé et divisez les algériens, nous, nous travaillons pour que tous les criminels, sans exception, soient jugés un jour. Nous travaillons contre l’oubli imposé et pour que la vérité soit faite et dite au peuple algérien. Nous travaillons pour bâtir des mémoriaux pour toutes les victimes. Dans un état de droit, il ne peut exister de différences entre victimes.

    Nesroulah Yous

    Paris le 30 avril 2019

    – Voir en bas de page le texte que j’ai publié le même jour que vous sur facebook.

    – M. Louisa Hanoune responsable du parti des travailleurs, déclare plus de 300 escadrons de la mort en Algérie « Des escadrons de la mort dirigés par de puissants centres d’intérêts algériens »

    Le Jeune Indépendant, 4 décembre 2001

    – Escadrons de la mort : l’aveu de Zeroual

    Par Abed Charef, Le Quotidien d’Oran, 6 décembre 2001

    – L’Algérie a été condamnée à 8 reprises par la commission des droits de l’Homme de l’ONU sur des cas de disparition forcées. Nous rappelons que des milliers disparu.e.s, personnes enlevés par les forces de l’ordre, tous corps confondus.

    Des plaintes pour torture ont été déposées contre le général Khaled Nezzar.

    Message de paix,

     Je m’interdis de me réjouir de la mort d’une personne, même celle de mon pire ennemi. Pour avoir assisté pendant des années, malgré moi, à d’ignobles tueries, à d’ignobles injustices, à tant de souffrances, pour avoir été profondément touché, physiquement et psychologiquement dans ma chair, celle de ma famille, je sais ce que représentent la haine et la vengeance. Même si je m’en suis débarrassé, je connais les effets destructeurs de ces deux maux, ils m’ont longtemps habité. Aujourd’hui je m’en suis sorti, je suis guéri, par d’énormes efforts, par d’énormes travaux sur moi. Je sais les chemins difficiles qu’il faut prendre pour y arriver, cela n’a pas facile.

     Si à un certain moment, pendant un laps de temps, j’ai pris les armes pour protéger mes enfants, ma famille, je rappelle que c’était une situation très particulière.

     Aujourd’hui, j’appelle les Algériens et les Algériennes au calme et à la raison car je suis persuadé que la haine alimente la haine et que la destruction nourrie la destruction de tout ce qui nous entoure, tout ce qui existe. Cela ne veut pas dire que je pardonne ces crimes abjects. Toute la souffrance que le peuple Algérien a enduré est impardonnable ! Le pardon et le deuil sont de longs processus qui ne peuvent s’accomplir sans la reconnaissance des erreurs de l’autre, surtout quant il s’agit de crimes immondes à grande échelle et de crimes qualifiés de crimes contre l’Humanité.

     Ces ennemis qui ont mis l’Algérie à feu et à sang et ceux qui continuent à le faire en spoliant notre pays, je les combattrai jusqu’à ma mort mais uniquement sur le plan légal, à travers la justice, à travers des instances nationales ou internationales. Ils doivent payer et j’espère qu’ils paieront un jour. Pour celles et ceux qui sont déjà morts, je fais confiance à tous les Algériennes et Algériens pour bâtir des mémoriaux à travers tout le pays, pour lutter paisiblement contre l’oubli que l’on veut nous imposer, et de faire en sorte que l’Histoire les juge, tous sans exception

    Nesroulah Yous

    Le 28 avril 2019

    http://lequotidienalgerie.org/2019/05/01/ne-pas-travestir-lhistoire

  • Emmanuel Macron promet un « revenu universel d’activité » qui mettra fin au RSA en 2020
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15853-emmanuel-macron-promet-un-revenu-universel-d-activite-qui-mettra-fi

    Emmanuel macron a annoncé jeudi lors de la présentation de son "plan pauvreté" la création en 2020 d’un "revenu universel d’activité", fusionnant plusieurs prestations sociales dont le RSA.

    Emmanuel Macron a annoncé la création d’un "revenu universel d’activité" (Reuters)

    Un plan à 8 milliards d’euros mais surtout une mesure révolutionnaire, au moins dans les termes. Emmanuel Macron a présenté jeudi matin son "plan pauvreté" avec un projet phare : un "revenu universel d’activité" qui verrait le jour en 2020. Dans un long discours prononcé au Musée de l’Homme à paris, le chef de l’Etat a proposé cette nouveauté pour mettre fin au "maquis" des prestations sociales et la "sophistication administrative qui (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_des_Gli%C3%A8res

    En mars 44 à Annecy, constitution d’un maquis qui ateignent 500 personnes.

    Le dimanche 26 mars 1944, trois bataillons de chasseurs de montagne de la Wehrmacht (le quatrième demeurant en réserve), ainsi qu’un groupement formé de miliciens15, de GMR, de gardes mobiles français et de grenadiers allemands, se préparent à attaquer le plateau.

    C´est-à-dire, des milliers de policiers, de douaniers, de militaires, des ss en reserve et de tout le reste.
    Les maquisards fuient la veillent de l’attaque de vichy/reich , et malgré ca, y a 120 morts. de l’autre coté, comme d’habitude pour ces gens là, rien, ou si peu-> trois morts.

    Il y avait de la police avant, il y a eu de la police pendant, il y en a eu après.

    #resistance

  • Peut-on noyer un peuple tsunamique ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/03/27/peut-on-noyer-un-peuple-tsunamique

    Post mortem un corps secrète la vermine qui le ronge ; durant le processus de putréfaction celle-ci prospère et se renforce tant que qu’elle trouve dans le corps de quoi s’alimenter. Elle cesse de vivre quand le dernier ligament a été grignoté. Délié le squelette finira alors par se désarticuler et fatalement par s’écrouler. 

    Le titre de cette réflexion ne renvoie pas aux « harragas » ni à « bahr ettofan » du regretté Med El Badji. Non ! C’est d’un tout autre type de noyade qu’il est question. Celle dont use, par immersion ou submersion, un système à la traine de l’histoire pour étendre sa toile, s’interdisant plus d’un demi-siècle durant de s’inscrire dans le sillage de la dynamique du processus universel de démocratisation de la vie politique. Ce n’est pas une fatalité de l’histoire mais le résultat d’une volonté délibérée d’une force organisée, insaisissable, qui a pris en otage la dite histoire, ne lâchant la bride que pour mieux la ramener à soi. 

    La peur de n’en point maîtriser son impétueux mouvement lui fait craindre pour sa propre survie en tant qu’organisme de reproduction d’un mode de domination. Incapable d’admettre que tout a une fin, il est convaincu que le secret de l’éternité est dans la fuite en avant, optant pour cela de s’aligner sur une logique de marathonien, dédaignant celle du relayeur. Ceux qui pensent que cette force érigée en système va délibérément passer le « témoin » ignorent son principe fondateur (soif du pouvoir) et les pratiques sur lesquelles il a assis sa perpétuité, à savoir : L’étouffement, l’altération de l’authentique par le faux et le chantage, la saturation et la pollution de la scène politique par le noyautage, le brouillage jusqu’à ne plus distinguer qui est qui, la « récup » et la « manip », le retournement, la stérilisation du champs politique. Le tout par l’usage de la ruse, la corruption et la violence chaque fois que de besoin. Soit tout un arsenal d’armes de plus en plus sophistiquées, de mafieuseries inaugurées durant la guerre de libération, confirmées à l’été 1962 et constamment mises au jour. Un modèle de « gestion » de la société si pernicieux qu’il donne à croire qu’il s’est autonomisé en mode de pilotage automatique, faisant dire à un responsable syndical que la prochaine présidentielle ne sera qu’une formalité. Annihilant tout obstacle d’où qu’il vienne il a fait de la politique l’art de l’impossible pour autrui, lui interdisant de comprendre et analyser ce qu’il se passe. Un embrouillamini tel qu’aucun esprit sain ne peut poser les termes même de l’énoncé du problème. De là à avoir accès aux éléments de la solution… 

    Bien assis sur ses certitudes, il pensait avoir tout verrouillé. Mais voilà qu’aujourd’hui il est pris de court face à un tsunami. Il n’est pas le seul à être surpris par une telle insurrection citoyenne, autant par son ampleur que par sa forme. Un véritable miracle pour beaucoup d’observateurs qui donnera ultérieurement bien des thèmes de réflexion aux sociologues politologues et autres chercheurs. Car il s’agit d’un appel au changement qui vient d’ailleurs, de là où personne ne l’attendait, de là où on n’est pas sensé parler de politique. Une lame de fond, qui a gagné tout le pays sous la houlette d’une jeunesse qui se contre fiche du passé et des subtilités du langage qu’elle résume en un seul mot : « dégage ». Mais le système en a vu d’autres et cette réflexion est destinée à précisément à mettre en garde quiconque s’aviserait de sous-estimer sa capacité de nuisance et sa « science » à contourner les obstacles. Il est en effet judicieux de rappeler quelques faits de l’histoire pour ne pas avoir à les revivre, pour éviter qu’un miracle ne devienne mirage.On se contentera ici des expériences subies par les moudjahidine, certains partis politiques et certains journaux. 

    D’abord les anciens Moudjahidine 

    Ils étaient quelques milliers de vrais Moudjahidine à l’indépendance, les rares braves que « Fafa » n’avait pas exterminés avec ses opérations jumelles, pierres précieuses et autres rosseries du diabolique plan Challe. Leur sacrifice a été immense et il était impensable, hérétique, d’imaginer que le maquis et la Fédération de France s’accommoderaient de la dérive du « bateau Algérie ». Leur présence rassurait car leur passé et leur légitimité parlaient pour eux et les rendaient incontournables. Qu’à cela ne tienne, se dirent alors leurs antonymes, planqués durant la guerre mais en embuscade si tôt le cessé le feu décrété. Sous les coups de boutoir de ces combattants des vingt cinquième heures (Djamila Bouhired dixit), en quelques années d’un travail de sape, le rempart des vrais moudjahidine devint passerelle, leur vigilance contournée, leur voix étouffée, leur légende galvaudée. Leur propre congrégation devint par accrétion une vulgaire boursouflure, une agglomération dominée par des faussaires, « auréolés » de complaisantes attestations communales à provoquer des regrets chez les harkis qui ont quitté précipitamment le pays. Les faussaires avaient pour mission de phagocyter l’authenticité des « Novembristes » en la noyant dans la contrefaçon des « Marsiens ». Les héros, eux, sont noyés dans un seul : le peuple ! Tsunami dévastateur, assourdissant jusqu’à rendre inaudible la voix des justes. Submergés, noyés sous le nombre, ils furent contraints d’humer les relents fétides de la corruption, de se résigner à l’inaction et l’incapacité de défendre ne fut-ce que l’honneur du sigle de leur matrice génitrice qui jadis fut l’acronyme de leur raison d’être. Silencieux au point où, lorsque le premier d’entre eux fut exécuté en direct devant les caméras de télévision, nul, y compris leur tutelle, n’éleva la voix pour exiger la vérité sur le parricide. Aujourd’hui, derniers des mohicans, chandeliers nus, ils assistent impuissants et la mort dans l’âme au dévoiement de ce qui fut leur combat libérateur. Continuité de l’histoire ou juste retour des choses, ce même parti dont ils se réclament n’eut de cesse, tout au long de la guerre de libération, de se débarrasser de tout concurrent afin de se positionner comme unique représentant du peuple. La pratique de la table rase n’est donc pas une nouveauté. 

    Ensuite les partis d’opposition 

    Sur la lancée de la révolte de Kabylie d’avril 1980, celle d’octobre 1988 a eu pour effet de contraindre le système à lâcher du lest et c’est ainsi que furent votés les textes autorisant le multipartisme. En quelques mois, émergèrent du nouveau paysage politique nombre de figures dont certaines contribuèrent avantageusement à l’enrichissement du débat politique. Il était alors raisonnable de penser, au vu des débats animant la scène politique, que l’Algérie était bien sur une dynamique de reproduction d’une classe politique à même de prendre en charge le processus démocratique au vrai sens du terme. Mais c’était compter sans les sempiternelles sentinelles de l’ombre. En quelques mois le nombre de partis politiques devint si foisonnant que leurs initiateurs peinaient à trouver, dans un alphabet de vingt-six lettres, des sigles encore disponibles pour s’identifier. Une soixantaine de partis croupions furent agrées au pas de charge sans autre feuille de route que celle d’occuper l’espace, de parasiter le champ politique, d’instaurer la cacophonie, tout en profitant d’une prébende généreusement offerte. 

    Les gardiens du temple pensaient, une fois de plus, dévoyer le multipartisme consenti en noyant les quelques partis significatifs dans une kyrielle de « faire valoir », effriter ainsi l’électorat et empêcher l’émergence d’une opposition à l’inamovible parti du pouvoir, qu’ils avaient pris soin de relooker pour la circonstance, oubliant que c’était lui qui fut la cible privilégiée des « émeutiers » d’octobre. Signalons au passage que, même plus tard, lorsque certains (Mehri et consorts) ont voulu, de bonne foi, le « normaliser » et l’insérer dans une logique de démocratie, un « coup d’état scientifique », dont se vanta goguenard et en publique un des caciques promoteurs (Belayat), vint mettre fin à une dynamique de changement. Finalement la saturation du paysage politique, censée rameuter et rabattre vers la maison mère les indécis, ne parvint qu’à consolider un climat de méfiance générale. La couleuvre était si grosse que c’est elle-même qui refusait de se faire avaler et ceux qui pensaient que le peuple était assez débile pour se laisser duper durent déchanter lors des scrutins ultérieurs. Leur tentative de noyade a débouché sur une réaction qui se voulait une réponse au mal par le mal : un vote sanction d’une partie des Algériens optant, par dépit, pour la peste au lieu et place du choléra, ouvrant ainsi la voie à l’apparition au grand jour d’une créature monstrueuse. Une hydre élevée en laboratoire, dressée pour dévorer du démocrate, mais finissant par se retourner contre ses créateurs. En d’autres temps Mary Shelley, l’auteur de « Frankenstein », n’aurait pas trouvé meilleure source d’inspiration. On connait la tragique suite : le système, n’ayant que sa survie comme objectif, a trouvé à se régénérer après avoir fait payer au peuple un tribut que certains évaluent à quelques 200 000 victimes. La leçon en a-t-elle été retenue ? 

    Enfin les journaux dits indépendants 

    Le sang de tous les martyrs de la liberté, ceux d’octobre 1988 en particulier, ne fut pas vain puisqu’il permit entre autres acquis de déboucher sur l’ouverture, pour la presse écrite, à la pluralité d’un champ médiatique plombé jusque-là. Une presse multiple naquit ainsi dans la douleur avec la parution de plusieurs titres en Arabe et en Français ; les médias lourds (T.V, Radios) quant à eux, restèrent sous l’emprise de la même chape. Mais, même avec une presse réduite, très vite se posa pour le pouvoir la problématique de son contrôle, parce qu’il n’est pas question de la laisser s’élargir, se comporter en électron libre et jouer le rôle qui est traditionnellement le sien dans tout pays soucieux de la consolidation du processus démocratique. 

    Le pouvoir renouvela la recette dont il fit usage à l’égard des partis politiques et des Moudjahidine à savoir la noyade par le surnombre. Profitant de l’existence d’un courant réformiste de bonne foi (Hamrouche), la main droite commença par donner le change en mettant à disposition des journalistes qui veulent créer un journal, l’équivalent de deux ans de salaires. Mais, fidèle à sa tactique, la main gauche prit l’envers avec une bride financière par le biais, entre autres entraves, de l’exercice du monopole sur l’impression et la publicité. Ceci sans compter la maltraitance pour susciter chez les hommes de presse l’arme absolue à savoir le réflexe de l’autocensure, au point où il devint courant d’écrire journaux « indépendants » en mettent entre guillemets ce qualificatif. Le processus de caporalisation sera à l’optimum lorsque, sous l’effet de l’insécurité, le pouvoir offrira de loger les journalistes (club des pins) et leurs journaux dans une caserne désaffectée. Si leur sécurité est ainsi assurée et c’est tant mieux, qu’en est-il de leur droit de parole ? Parler de liberté de la presse dans ces conditions c’est croire qu’un cadavre peut rouspéter son embaumeur. En parallèle : un foisonnement de titres. Mais là aussi le peuple ne s’est pas fait prendre. Moins d’une dizaine ont vraiment un lectorat. Tout observateur peut se rendre compte que les kiosques regorgent de titres dont le nombre d’invendus dépasse (en forçant la boutade) celui du tirage. Autant de suppôts qui ne tiennent que par la manne publicitaire en contrepartie d’un soutien inconditionnel à leurs mentors. Durant la décennie noire, « l’imprimatur », le monopole de la gestion de l’information sécuritaire par les « services », faisait de la presse un outil parmi tant d’autres de la lutte contre l’insurrection islamiste. Ceux qui n’ont pas voulu marcher durent quitter la scène. Depuis, avec la paix retrouvée, après avoir fait le deuil des nombreux journalistes disparus, ceux qui n’ont pas mis la clef sous le paillasson, gèrent leur subsistance dans un perpétuel exercice d’équilibrisme, d’immersion sans noyade. L’arme favorite du journalisme à savoir l’investigation leur étant interdite, ils résistent courageusement, obligeant le pouvoir à les tolérer mais dans le respect d’une partition prédéterminée, circonscrite à l’encre rouge, en tant que constituant d’une équation dans laquelle ils jouent le rôle de variable d’ajustement car, il y a aussi, pour le régime, en plus du maintien indispensable d’un espace récréatif oxygénant, l’impératif de disposer de vecteurs distillateurs de ses « fake news » et d’orientation d’opinion. Sans cela comment fera-t-il pour donner écho à l’opinion de laudateurs attitrés sur des questions que personne ne leur a posées, sans compter la préoccupation de ne pas trop écorner son image vis-à-vis de l’extérieur. Lui aussi a sa ligne rouge. A remarquer enfin que la même logique de noyade par le surnombre a été adoptée à l’égard des télévisions dites privées tandis que celle que tous appellent « l’Unique » est toujours sous bonne garde. 

    Au tableau de chasse du système figure également la désintégration de nombre de mouvements citoyens. Citons celui du mouvement culturel berbère (MCB), celui d’octobre 1988 et celui des « Arrouch ». Depuis son éclosion en 1957, suite à la remise en cause du principe Soummamien instaurant le primat du politique sur le militaire, le système n’a cessé de dissoudre l’adversité et de se redéployer en fonction de la conjoncture, des cercles qui le composent et des rapports de force qui les guident, mais toujours autour de sa colonne vertébrale qu’est l’armée et les « services ». Ce sont eux qui ont toujours installé et dégommé les dirigeants, à commencer par le premier magistrat du pays. A chaque étape se constitue un régime qui pour durer se doit de passer un deal avec ceux grâce auxquels il a été intronisé. C’est le cas depuis vingt ans de l’actuel régime. Partant de là, il est indispensable que cette révolte, que l’on peut baptiser de mouvement du 22 février, qui vise à transformer radicalement l’ordre politique existant, sache à quoi s’en tenir, à commencer par faire le distinguo entre le régime et le système. 

    Autant le premier est relativement facile à déloger du fait qu’il est visible et qu’il suffit de le priver de sa « légitimité », autant le second est plus pernicieux car invisible et n’a nul besoin de légitimité. Il peut ainsi survivre encore longtemps à un changement de régime et il n’hésitera pas à tenter d’en coloniser les prochains en s’appuyant notamment sur les forces de l’argent. L’Etat profond ou le « deep state » n’est pas une vue de l’esprit et de grands pays le subissent encore malgré une longue tradition démocratique. Aussi à défaut de l’annihiler totalement, la seule façon de réduire de sa nocivité est de mettre au point tout un arsenal politique et juridique fonctionnant avec le maximum de filtres, de transparence et fondé sur l’assentiment de la volonté populaire. Si cette révolte vient à bout du régime actuel, ce sera le prochain défi à mettre en œuvre dans le cadre de la transition.C’est un défi relevable car aujourd’hui la biologie a fait son œuvre. En soixante ans le peuple a réussi à se régénérer du traumatisme subi durant les sept ans de guerre de libération. Il s’est renouvelé physiquement et mentalement au contact du monde et des sciences de la communication, ouvrant un horizon insoupçonné à une jeunesse avide de liberté. Un peuple nouveau, qui n’a rien à craindre par ce que non redevable à l’égard de l’histoire, est né. Il ne veut plus être ni assisté ni cornaqué et n’a que faire d’une légitimité historique galvaudée, quand bien même ceux qui la revendiquent en seraient réellement les dépositaires, ce dont il doute. C’est une lame de fond contre laquelle le pouvoir essaiera une fois de plus de ruser pour gagner encore un peu de temps. Ses récentes réponses le montrent on ne peut mieux, mais à priori la nature du mouvement échappe à toute tentative de noyade, contrairement aux fois précédentes où moudjahidine, partis politiques, presse indépendante et mouvements citoyens ont pu être circonscrits, pris à bras le corps et phagocytés. Cette fois ci, la jeunesse pourra s’en sortir si elle retient les leçons de notre passé et celles des expériences des pays qui ont fait l’amère expérience des printemps dits arabes. Elle saura ainsi, comme l’a mise en garde Djamila Bouhired dans un récent appel, éviter la confiscation d’une victoire qui s’annonce historique. 

    Une insurrection citoyenne comme celle-ci a toutes les chances de déboucher sur une « rupture majeure » comme la qualifiait l’historien Med Harbi. Elle a trois atouts en main : Une phénoménale amplitude, une démarche paisible et intelligente et une revendication légitime. Elle ne quémande pas, elle exige de s’offrir les moyens politiques et institutionnels pour affronter le vingt et unième siècle armée du même arsenal que celui des nations civilisées qu’elle n’a de cesse de prendre en exemple. Qui de par le monde s’opposera à une revendication aussi légitime ? Malheur à ceux qui s’aviseraient de faire la sourde oreille en pensant qu’ils pourront une fois de plus se jouer de l’histoire. L’essentiel est de rester ferme sur la revendication et unie dans son expression jusqu’à la forclusion du délai sur lequel le régime a fondé sa légitimité. Passé ce délai, le pays reviendra à ses propriétaires. Le reste est une dynamique à entretenir, une architecture à mettre en œuvre avec toutes les forces vives et sincères de la nation. Nous avons assez de repères pour éviter et « l’indépendance confisquée » et le « fleuve détourné » selon les expressions chères aux regrettés Ferhat Abbas et Rachid Mimouni. 

    Au-delà du volet politique, il y a aussi l’autre face de la médaille à savoir le vaste chantier de « l’économique » qu’il faudra également sortir de griffes de charognards habitués à une gestion mafieuse de la rente. Ils ne manqueront pas de revenir sous l’habillage de la démocratie pour tenter de s’imposer dans un néo-libéralisme tout aussi dévastateur que l’ordre actuel. Le danger est là, il est d’autant plus grand qu’ils trouveront une complicité internationale auprès de quelques « amis qui nous veulent du bien ». C’est dire que si le peuple s’est réveillé, il ne faudrait surtout pas qu’il se rendorme. 

    par Kebdi Rabah

    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274603

  • #Jean-Pierre_Vernant, ce grand historien qui savait ce que s’engager veut dire
    https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20080130.BIB0692/jean-pierre-vernant-ce-grand-historien-qui-savait-ce-que-s-engag

    Nous passons notre vie à cloisonner nos sphères d’activités et nos réseaux d’amitiés. La mort les réunit. Il y avait un monde fou pour dire adieu à Jean-Pierre Vernant, il y a un an : anciens du maquis, ex-camarades du PCF, collègues, jeunes disciples hellénistes, tous saluaient une personnalité chaleureuse qui a rayonné dans les milieux les plus divers et un esprit libre qui ne s’est jamais laissé corrompre par les honneurs.

    #histoire

  • En Californie, l’ère des « tempêtes de feu »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/181118/en-californie-l-ere-des-tempetes-de-feu

    Ces derniers jours, de nombreux commentateurs ont fait référence à un article prémonitoire publié en 1995 dans une revue historique par le théoricien et historien #Mike_Davis, professeur à l’université de #Californie, auteur de nombreux ouvrages sur la ville néolibérale – il a notamment publié en France City of Quartz, Paradis infernaux, ou Le stade Dubaï du capitalisme.

    Un feu venait alors de détruire dix maisons à Malibu. « Laissons Malibu brûler », écrivit Mike Davis. « Cela ne va qu’empirer, prévenait Davis, convaincu de l’absurdité de faire payer la collectivité pour des maisons presque mécaniquement vouées à brûler. De tels désastres périodiques seront inévitables : installer votre maison à Malibu et vous finirez par être confrontés aux flammes. »

    Il y a vingt-trois ans, l’article décrivait par le menu la privatisation et l’« aristocratisation » progressive du territoire de Malibu peu à peu planté de « châteaux », au mépris de l’environnement et des règles de sûreté élémentaires.

    Davis annonçait aussi l’émergence d’une nouvelle ère où les « tempêtes de #feu suburbaines » risquaient de devenir plus « apocalyptiques », quasiment impossibles à combattre. « La densité nouvelle du logement sur les collines a transformé la bataille contre les feux de forêt : c’était une guerre de manœuvres, cela devient une bataille de rues. » À l’époque, son texte avait été accueilli par un déluge de critiques.

    Il y a un peu plus d’un an, alors que le feu venait de ravager le magnifique paysage de vignes de Sonoma et Santa Rosa, juste au nord de San Francisco, Mike Davis publiait dans la London Review of Books un texte lumineux, « El Diablo in Wine Country », pointant le refus persistant des Californiens d’admettre que leur « paradis » est en train de devenir un enfer.

    « Il y a, écrit-il, une suffisance mortifère à l’œuvre derrière les politiques environnementales “mainstream” en Californie. Certains pointent le feu, d’autres le changement climatique, mais tous ignorent le pouvoir destructeur de la finance et de l’immobilier qui pousse à la surburbanisation de nos paysages sauvages de plus en plus “enflammables”. »

    Après chaque incendie, expliquait Davis, « le paradis est vite restauré, avec des maisons plus immenses que les précédentes ». Elles sont confortables, suréquipées, situées dans des endroits sublimes où l’on peut passer des heures à regarder les étoiles. Mais elles sont aussi situées dans des culs-de-sac cernés de maquis.

    « Une version rustique du couloir de la mort », commentait Davis, preuve « de l’absurdité de toute planification rationnelle dans une société fondée sur le capitalisme immobilier ».

    • En Californie, le blé protège des brasiers
      https://www.liberation.fr/planete/2018/11/15/en-californie-le-ble-protege-des-brasiers_1692372

      Dans la patrie du capitalisme débridé, l’inégalité existe pourtant, aussi, face au feu. Selon le site TMZ, spécialisé dans les célébrités, Kim Kardashian et Kanye West ont ainsi recruté une équipe privée de pompiers pour combattre les flammes qui menaçaient leur villa à 60 millions de dollars. Ces derniers ont creusé des fossés pour stopper la propagation de l’incendie. La résidence a été épargnée, tout comme celles de nombreux voisins reconnaissants, assure TMZ. Pour l’historienne Amy Greenberg, citée par The Atlantic, l’exemple des Kardashian illustre « les ramifications de la disparité économique aux Etats-Unis. […] Les riches ne sont pas censés disposer de "meilleurs" pompiers ».

      Le couple star n’est pas le seul à pouvoir se payer une protection haut de gamme en cas d’incendie. Depuis 2005, le géant des assurances AIG, pionnier en la matière, propose à ses clients les plus fortunés, membres du très sélect « Private Client Group », un service exclusif. Sobrement baptisé « Wildfire Protection Unit » (« Unité de protection contre les incendies »), il déploie ses camions et équipes pour protéger les maisons de ses richissimes clients. Selon NBC, 42 % des membres du classement des 400 Américains les plus fortunés, établi par le magazine Forbes, appartiennent au Private Client Group.

    • As Inmates, They Fight California’s Fires. As Ex-Convicts, Their Firefighting Prospects Wilt.
      https://www.nytimes.com/2018/11/15/us/california-paying-inmates-fight-fires.html

      As the Camp Fire rages in Northern California, the deadliest and most destructive in state history, and wildfires scorch western Los Angeles, about 1,500 inmates have been deployed to help fight active fires, out of a firefighter total of roughly 9,400, according to California state officials.

      [...] California relies on prisoners to fight wildfires more than any other state. In 1946, the state opened Camp Rainbow in Fallbrook, which housed inmates to fight fires. Over the decades, the program would grow.

      Today, 3,700 inmates work at 44 fire camps across the state, said Alexandra Powell, a spokeswoman for the California Department of Corrections and Rehabilitation, which helps run the fire camp program.

      https://seenthis.net/messages/656494

  • Comme elle est bizarre cette rentrée ! Contrairement aux autres années, nous n’avons pas la nostalgie bien naturelle du sable chaud de la plage, de l’apéro devant le barbecue ou des escapades dans la forêt ou le maquis. Cette rentrée ressemble à un embarquement dans une machine infernale dont on ne sait où elle va s’écraser. Plus fort que le chant des cigales ou le frémissement de l’écume des vagues, les nouvelles sur le dérèglement de la planète furent, cet été, tintamarresques. Des incendies en Grèce et en Californie, le mercure qui battait chaque jour des records, l’Arctique qui continuait de fondre, les migrations qui passaient du statut de problème à gérer à celui de catastrophe humaine, rien ne va plus sur la planète. Et puis, patatras, au détour d’une émission de radio, voilà notre ministre emblématique, l’écolo le plus séduisant de France qui jette l’éponge et dit « ne plus avoir la foi ».
    http://www.up-magazine.info/index.php/decryptages/analyses/7975-de-rugy-face-a-la-montee-des-perils-sur-le-climat-la-planete-l-hu

    <b>Comme elle est bizarre cette rentrée ! Contrairement aux autres années, nous n’avons pas la nostalgie bien naturelle du sable chaud de la plage, de</b> …

  • Duc de Saint-Frippon Avril- Aout 2018

    On annonçait que le sieur De Bulot avait non seulement démissionné mais s’apprêtait à prendre le maquis en rejoignant le Front de libération des pandas #hulotdemission

    Source : https://twitter.com/MFrippon/status/1034371509475835905
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    Face au vent mauvais de #HulotDemission Emmanuel 1er et ses conseillers en glorification actionnèrent immédiatement toutes leurs éoliennes pour brasser de l’air

    Yaël BRAUN-PIVET‏Compte certifié @YaelBRAUNPIVET

    Je regrette la décision de @N_Hulot mais je la respecte. L’action qu’il a engagée en un an seulement est capitale pour l’environnement, le climat et la biodiversité. Nous la poursuivrons inlassablement, avec détermination et conviction. C’est notre avenir commun qui est en jeu.

    Sources : https://twitter.com/MFrippon/status/1034367930883076096 &
    https://twitter.com/YaelBRAUNPIVET/status/1034365809622171648

  • La Tricontinentale. Les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel -
    https://www.cetim.ch/product/la-tricontinentale-les-peuples-du-tiers-monde-lassaut-du-peuple

    Le 3 janvier 1966 s’ouvre à la Havane la Conférence de solidarité avec les peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, plus connue sous le nom de #Tricontinentale. Vers la capitale cubaine convergent des représentants de tous les mouvements de libération et de toutes les organisations luttant contre « le #colonialisme, le #néocolonialisme et l’#impérialisme » du #tiers-monde. Des personnalités importantes comme le chilien #Salvador_Allende ou le guinéen #Amilcar_Cabral sont également de la partie. Certains des délégués ont quitté pour quelques jours leurs maquis pour participer à cette rencontre inédite. D’autres ont fait un périple de plusieurs milliers de kilomètres pour éviter les arrestations et participer au rendez-vous des #damnés_de_la_terre.

    Au menu des débats se trouve la solidarité avec le peuple vietnamien et avec les autres luttes de libération nationale. L’ambition est aussi de coordonner les #luttes des trois continents. Jamais une rencontre n’a suscité autant d’espoir chez les uns et autant de crainte chez les autres.
    La Tricontinentale prit des décisions et décida d’une organisation tricontinentale pour les mettre en œuvre. Elle participa à la #socialisation politique de toute une jeunesse au quatre coins du monde. Des rues de Paris à celles d’Alger, des maquis d’Angola aux campus de New-York, l’écho de la Tricontinentale se fait entendre pendant plusieurs décennies. Il porte l’espoir d’un nouvel ordre économique et politique mondial plus juste, plus égalitaire, plus solidaire.
    #livre
    Le monde a changé depuis la Tricontinentale mais les questions posées et les stratégies déployées restent d’une grande modernité. La connaissance de cette période, de ses espoirs, de ses luttes et de ses erreurs est indispensable aux combats d’aujourd’hui.

  • Ruben Um Nyobè -
    https://www.cetim.ch/product/ruben-um-nyobe

    Ses ennemis, militaires et administrateurs coloniaux, l’appelaient le « Ho Chi Minh camerounais ». Son peuple le nommait le « Mpodol », « celui qui porte la parole de »…

    Né « vers 1913 » dans la région administrative de la Sanga-Maritime d’un « Kamerun » encore sous protectorat allemand, Ruben Um Nyobè est célébré comme pionnier de l’indépendance du peuple camerounais.
    Syndicaliste aussi bien que militant politique, secrétaire général adjoint de l’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC) sitôt après sa création après-guerre, Ruben Um Nyobè participe à la fondation en avril 1948 de l’Union des populations du Cameroun (UPC) afin de promouvoir l’indépendance du pays. Il en devient le secrétaire général puis rapidement la figure emblématique. Propagandiste et orateur redoutable, Um Nyobè parcourt le #Cameroun et intervient à plusieurs reprises à l’ONU pour y défendre le droit à l’#autodétermination et à la #réunification de son pays. Suite à l’interdiction de l’#UPC par la France en juillet 1955, les militants nationalistes sont contraints à la clandestinité puis à la lutte armée. Trois ans plus tard, le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyobè est arrêté au maquis et immédiatement assassiné par l’#armée_française. Son visage est défiguré et son corps traîné dans la boue devant la population locale.

    « Nous sommes contre les #colonialistes et leurs hommes de main, qu’ils soient blancs, noirs ou jaunes, et nous sommes les alliés de tous les partisans du droit des peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes sans considération de couleur. » #Ruben_Um_Nyobè (1955)

    #livre #colonialisme #assassinat

    • Déjouer les ingérences étrangères et la propagande, en particulier en période électorale et sur les réseaux sociaux : c’est l’objectif ambitieux des deux propositions de loi de lutte contre la manipulation de l’information, déposées par La République en marche (LRM) et que doit examiner l’Assemblée nationale en séance publique, jeudi 7 juin. Directement descendus de l’Elysée, ces textes – l’un ordinaire, l’autre organique, portant sur la période de l’élection présidentielle – entendent attaquer le problème sur trois fronts.

      La disposition-phare, la plus sensible politiquement, est la lutte contre la propagation de « fausses informations » sur les réseaux sociaux. En commission, les députés ont dû se frayer un chemin dans le maquis de ce concept à la définition impossible. Aiguillés par le Conseil d’Etat, auteur d’un rapport critique sur le texte originel, ils ont resserré la notion de fausse information. Cette dernière sera constituée de « toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ».

      Il ne s’agit donc plus de déterminer si une information circulant sur les réseaux sociaux est vraie, mais si elle est vraisemblable. « Chercher à différencier le vrai du faux, c’est un combat perdu pour tout le monde », explique un conseiller proche de l’Elysée. Signe de l’inconfort face à ce concept, le titre de la loi a été remanié en commission : le terme de « fausse information » a ainsi fait place à celui de « manipulation de l’information ».

      Sur la base de cette définition, qui pourrait encore être modifiée en séance, les propositions de loi créent une nouvelle procédure judiciaire, différente de celle qui existe déjà en matière de fausses nouvelles dans le code électoral. Le juge des référés pourra être saisi, dans une période d’un peu plus de trois mois avant une élection générale, afin de contrecarrer la diffusion d’une « fausse information » sur les réseaux sociaux, par exemple en faisant bloquer un site. Les conditions à remplir sont drastiques : outre caractériser la « fausse information », le juge devra, en quarante-huit heures, déterminer si ces fausses informations peuvent « altérer la sincérité du scrutin », si elles sont diffusées « de mauvaise foi », si leur propagation est assurée par des robots et si leur portée est « massive ».

      LA PUBLICITÉ POLITIQUE EN PÉRIODE ÉLECTORALE EST DÉJÀ INTERDITE EN FRANCE : LA LOI CIBLE PLUTÔT LES MESSAGES QUI, SANS ÊTRE DIRECTEMENT RATTACHÉS À UN CANDIDAT, ABORDENT DES QUESTIONS POLITIQUES ET D’ACTUALITÉ

      Ces cinq critères seront-ils un jour réunis ? Les formes les plus récentes de propagande sur les réseaux sociaux, en France et à l’étranger, auraient eu du mal à tomber dans les filets de la loi. Cette dernière n’aurait vraisemblablement pas trouvé à s’appliquer à l’épisode dit des « MacronLeaks », où des boîtes courriels de membres de l’équipe d’En marche ! ont été piratées et leur contenu posté sur Internet, quelques heures avant le second tour de l’élection présidentielle. Si la volonté des pirates de peser sur l’élection ne fait guère de doute, le contenu des boîtes e-mail, authentique, et leur mode de diffusion, dont le caractère massif et robotisé n’est pas établi, auraient rendu le dispositif difficilement applicable.

      Marges de manœuvre réduites

      Les opérations menées par la Russie sur les réseaux sociaux lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, qui ont également servi d’aiguillon pour ce texte, ne seraient pas non plus tombées dans son escarcelle : une part conséquente de la propagande du Kremlin consistait en des informations véridiques, mais présentées de manière biaisée et diffusées auprès d’audiences soigneusement sélectionnées.

      Ce type de manipulation, friand de publicités sur les réseaux sociaux, est justement au cœur du deuxième étage du dispositif prévu par les propositions de loi. Ces dernières entendent imposer aux réseaux sociaux des obligations de transparence sur les contenus à connotation politique, lorsque leur diffusion et leur ciblage sont optimisés par le réseau social contre rémunération. La publicité politique en période électorale est déjà interdite en France : la loi cible plutôt les messages qui, sans être directement rattachés à un candidat, abordent des questions politiques et d’actualité.

      Les réseaux sociaux devront donc, dans la période d’un peu plus de trois mois avant des élections générales, indiquer qui a sorti le porte-monnaie pour augmenter la viralité de ses messages politiques, et, à partir d’un seuil qui devrait être fixé à 7 500 euros – soit le plafond annuel des dons à un parti politique –, combien il a déboursé. Sous la pression des parlementaires américains, Facebook a d’ores et déjà lancé la mise en place d’un dispositif très similaire.

      LE CSA POURRA REJETER UNE CONVENTION SI UNE CHAÎNE « CONTRÔLÉE PAR UN ETAT ÉTRANGER » PORTE « ATTEINTE AUX INTÉRÊTS FONDAMENTAUX DE LA NATION »

      Les réseaux sociaux devront aussi mettre en place un système permettant à leurs utilisateurs de leur signaler de fausses informations et être plus transparents sur le fonctionnement de leur algorithme. C’est au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qu’échoira la supervision des réseaux sociaux en matière de lutte contre les fausses informations. Ces derniers devront lui adresser un rapport annuel, et ce dernier pourra prodiguer des recommandations.

      Même si le texte ne lui confère guère de pouvoir coercitif, le CSA met tout de même le pied dans la porte de la régulation d’Internet, une marotte de l’instance depuis deux décennies. Ces obligations de transparence constituent aussi un moyen, pour la France, de s’essayer à davantage de régulation des grandes plates-formes. Un thème qui progresse au gré des scandales touchant les géants du Web, des données personnelles à la propagande terroriste en passant par les discours haineux.

      Le rapporteur des propositions de loi, Bruno Studer (LRM, Bas-Rhin), espère même créer par amendement une délégation parlementaire dévolue à ces plates-formes en ligne. Les marges de manœuvre de la France sont cependant extrêmement réduites, le droit européen limitant la responsabilité des plates-formes sur les contenus qui y sont postés.

      Suspensions temporaires

      Enfin, les propositions de loi, légèrement remaniées sur ce point en commission à la suite des injonctions à la prudence du Conseil d’Etat, veulent armer le CSA face à certaines chaînes de télévision et de radio. Elle n’est bien sûr pas citée, mais dans le viseur figure la chaîne Russia Today, conventionnée par le CSA en 2015 et qualifiée par Emmanuel Macron d’« organe de propagande mensongère ». Le CSA pourra ainsi rejeter une convention si une chaîne « contrôlée par un Etat étranger » porte « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », mais aussi « à la dignité de la personne humaine » ou à la « protection de l’enfance et de l’adolescence », entre autres grands principes.

      En période électorale, le gendarme de l’audiovisuel pourra même suspendre temporairement une convention si ce même type de chaîne diffuse « de façon délibérée de fausses informations de nature à altérer la sincérité du scrutin ». Et si, hors élection, une chaîne « contrôlée par un Etat étranger (…) porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », le CSA pourra résilier purement et simplement la convention, sans que la diffusion de « fausses informations » soit nécessaire.

  • Sur le voyage
    Scotch et bière

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-voyage-Scotch-et-biere

    Abidjan, le 21 mai 2018
    Chers,

    Il y a de cela une semaine, à l’aéroport Charles-de-Gaulle, quelques jeunes enragés (pour certains déménageurs de grilles propriétés du théâtre de l’Odéon) ont tenté de convaincre des passagers qui se rendaient au Caire, de protester, de refuser de mettre leur ceinture, d’exiger de parler au pilote, seul maître à bord. En vain. Soit que les passagers aient été pressés d’arriver à destination, soit que le pilote ait été sourd, l’avion a décollé à l’heure.

    À son bord, il y avait M., un homme égyptien vivant, avec de sérieux problèmes de santé, en France depuis onze ans. Tout juste sorti d’une hospitalisation, devant les portes même de l’hôpital, M. avait été arrêté et « placé » en centre de rétention. Sans accès à son traitement durant quarante-trois jours, M. voyagea, au 44e jour, bouche scotchée, sous escorte policière. (...)

    #voyage #correspondance #Côte-d'Ivoire #maquis #migrants #statistiques

  • Flash Info #zad #NDDL 17 mai 2018 à 07h11min https://zad.nadir.org/spip.php?page=article&id_article=5826#2018-05-17-07-11 … Gendarmes à la lisière de la forêt de Rohanne, en différents points. Ils sont positionnés au nord du Maquis et font les premières sommations.
    https://twitter.com/NONago_NDDL/status/996985020442202112

    Flash Info #zad #NDDL 17 mai 2018 à 07h11min https://zad.nadir.org/spip.php?page=article&id_article=5826#2018-05-17-07-11

    Gendarmes à la lisière de la forêt de Rohanne, en différents points. Ils sont positionnés au nord du Maquis et font les premières sommations.

  • Les décisions absurdes Sociologie des erreurs radicales et persistantes

    Tome I :
    Il arrive que les individus prennent collectivement des décisions singulières et agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché : pour éviter un accident, des pilotes s’engagent dans une solution qui les y mène progressivement ; les ingénieurs de Challenger maintiennent obstinément des joints défectueux sur les fusées d’appoint ; des copropriétaires installent durablement un sas de sécurité totalement inutile ; une entreprise persévère dans l’usage d’un outil de gestion au résultat inverse de l’objectif visé…

    Quels sont les raisonnements qui produisent ces décisions absurdes ? Les mécanismes collectifs qui les construisent ? Quel est le devenir de ces décisions ? Comment peut-on à ce point se tromper et persévérer ?
    Ces questions, auxquelles Christian_Morel répond grâce à une analyse sociologique aux multiples facettes, conduisent à une réflexion globale sur la décision et le sens de l’action humaine.

    Tome II  : Dans le premier tome des Décisions absurdes (Folio Essais n° 445), Christian Morel a posé les bases d’une « sociologie des erreurs radicales et persistantes ». Il arrive que les individus prennent collectivement des décisions singulières et agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché.

    Aujourd’hui, Christian Morel reprend son enquête où il l’avait laissée et se penche sur l’émergence, dans des univers à haut risque, de dynamiques visant à favoriser la décision éclairée, à partir de cas d’école saisissants : le débat contradictoire a été déterminant pour la fiabilité des réacteurs nucléaires de la Marine américaine ; l’introduction d’une check-list de bloc opératoire a réduit la mortalité chirurgicale dans des proportions considérables ; ou bien encore, l’armée de l’air ne sanctionne plus les erreurs pour faciliter la remontée d’informations.

    À partir de ces expériences, l’auteur esquisse des « métarègles de la fiabilité », synthèse de lois sociologiques et de prescriptions cognitives, comme la formation aux facteurs humains, les politiques de non-punition, les processus d’avocat du diable ou l’interaction généralisée. La sociologie des décisions hautement fiables qu’il propose va à l’encontre des idées reçues et s’applique, par sa vision étendue, à toute activité.

    Tome III Christian Morel s’attaque, dans ce troisième volet, à deux nouveaux gisements d’absurdités : l’enfer des règles et les pièges que ménage la vie des groupes.

    L’inflation des règles est devenue un boulet universel, pas seulement la prolifération des règles publiques, mais encore celle du vaste maquis de règles privées produites par les organisations : procédures, normes, règles de certification... À l’aide de nombreux exemples – aéronautique, maisons de retraite et crèches, normes ISO, décisions de justice –, dont on se demande s’il faut en rire ou en pleurer, l’auteur met au jour les causes profondes de cet enfer et apporte des solutions aussi utiles qu’originales.


    Dans une seconde partie, Christian Morel identifie en sociologue les « pièges relationnels », trop négligés dans les organisations devenues des tours de Babel linguistiques et techniques. De nombreux cas viennent illustrer ce parcours, où le talent d’observateur décalé qui fait de Christian Morel un surprenant détecteur d’absurdités programmées se déploie. Son regard met en évidence des situations toujours inattendues, des engrenages toujours inaperçus. Ses lecteurs y percevront comme un appel au bon sens, cette chose du monde si mal partagée.

    #erreurs #technologie #management #décisions #raisonnement #absurdie #objectif #organisation #livre

  • #La_loi_c'est_la_loi

    Le village d’#Assola est curieusement découpé par les méandres de la frontière franco-italienne. Le douanier français Ferdinand Pastorelli fait respecter la loi tandis que son ami d’enfance, le contrebandier Giuseppe La Paglia, ne cesse de la violer. De plus leur intimité est liée au fait que Giuseppe a épousé Antonietta la première femme de Ferdinand, lequel a convolé en secondes noces avec Hélène.

    Lorsque Giuseppe découvre que la pièce où est né Ferdinand est en Italie, il le fait savoir, ce qui met le douanier dans une singulière et fâcheuse situation : cela remet en cause son état civil et sa nationalité française. Considéré tour à tour comme bigame, déserteur ou apatride, il est obligé de prendre le maquis. Mais comme les contrebandiers ont toujours besoin des douaniers, Giuseppe, lorsqu’il l’apprendra fera éclater la vérité pour réhabiliter son ami Ferdinand : la pièce où Pastorelli est né n’était pas en Italie à l’époque mais bien en France. Aussitôt libéré, Ferdinand se mettra à pourchasser de plus belle Giuseppe car italien ou français, « la loi, c’est la loi ».

    https://www.youtube.com/watch?v=TS6Tfduz8oo


    #frontières #frontières_naturelles #frontières_artificielles #ressources_pédagogiques #contrebande #Alpes_maritimes #Italie #France #géographie_politique #film #gardes-frontière #bornes #nationalité #citoyenneté #identité #frontières_mobiles

    #frontière_mobile :

  • « La bataille d’Alger » au cinéma, de Gillo Pontecorvo à Malek Bensmaïl - Afrique - RFI
    http://www.rfi.fr/culture/20180404-bataille-alger-cinema-gillo-pontecorvo-malek-bensmail

    C’est un #documentaire foisonnant d’archives et de témoignages. Dans « #La_bataille_d’Alger, un film dans l’Histoire », l’Algérien Malek Bensmaïl raconte l’histoire du film du même nom de
    #Gillo_Pontecorvo, « La bataille d’Alger », Lion d’Or au festival de Venise en 1966, œuvre culte à la destinée exceptionnelle, des maquis d’Afrique aux Blacks Panthers.

  • Demain s’ouvre au pied-de-biche - Oufipo
    http://oufipo.org/demainsouvreaupied-de-biche

    Dès l’annonce fracassante faite dans les médias, les élèves de 1ère L du lycée Jean-Marie Le Bris de Douarnenez ont décidé de prendre les micros (comme on prendrait le maquis), accompagnés du “mec de France Culture”, Alexandre Plank. Ils ont sillonné pendant des jours la ville et rencontré ses habitants en leur demandant : “Qu’est ce qu’on pourrait construire ici, ensemble, maintenant ?”

    Matelots 3.0, historiens du futur, sécessionnistes isolés, grossistes en spiruline, guérilleros de jardins partagés, vélorutionnistes à la penn, briscards de maisons de retraite… C’est toute la ville qui s’est retrouvée à devoir faire entendre sa voix et se mobiliser.
    Un récit choral, joyeux, foutraque, utopique et initiatique, où les micros se transforment parfois en pieds-de-biche. Un docu-fiction vécu, imaginé et réalisé par les élèves de 1ère L du lycée Jean-Marie Le Bris de Douarnenez et Alexandre Plank.

  • Après Notre-Dame-des-Landes, ces 50 projets d’aménagement ciblés par les zadistes
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/01/04/01016-20180104ARTFIG00277-apres-notre-dame-des-landes-ces-50-projets-d-amen

    Derrière l’épouvantail de Notre-Dame-des-Landes se cache un épais maquis de projets contestés à travers le territoire. Inconnus pour la plupart du grand public, ils sont au nombre de 50 si l’on se réfère à un recensement des services de renseignements. Selon nos informations, 12 d’entre eux, où la situation peut virer à l’aigre, sont d’ores et déjà surveillés par les analystes de la gendarmerie nationale. En filigrane, ils dessinent la face cachée d’une contestation qui pousse en germe dans la profondeur des régions.

    Les zadistes sont des milliers cachés parmi la population, près à tout pour semer la chienlit ! Quel fantasme absurde. Et M. Michu, il y croit quand il le lit.

    J’avoue être complètement déprimé par la façon dont tout cela est mené, en particulier dans ce qu’on lit et qu’on voit. Les quelques pékins présents sur NDDL vont s’en prendre plein la figure lors de leur évacuation... pour l’exemple. Et juste parce que tout le monde s’en fout finalement.

  • Quand le casse-tête devient casse-couille, journal dune chômeuse épisode 219
    http://journaldemonchom.blogspot.com/2018/01/episode-219-quand-le-casse-tete-devient.html

    Malgré mes presque 49 ans, je me considère comme une nana raisonnablement moderne. Je sais consulter mes mails sur mon portable, scanner un document ou configurer une photo sur l’ordi. Mais attention, ces compétences viennent d’atteindre leurs limites... grâce à l’ami Pôlo.

    Petit résumé des faits.

    Lorsque tu communiques avec Pôle Emploi, c’est directement sur son site. Actualisation, contact avec ton conseiller, envoi de paperasse... inutile d’aller jusqu’au guichet sinon c’est cou-couche panier et retour à la maison devant ton écran.

    L’autre jour, j’ai voulu envoyer un justificatif via mon cosy « espace personnel ». Et c’est alors que ça a coincé. Car, comme indiqué : « un document = un envoi ». Et il est précisé « Si vous envoyez plusieurs documents dans le même envoi, ces documents seront refusés ». On se demande bien pourquoi, mais c’est une autre histoire... Ainsi, s’est donc posé pour moi le cas précis d’une « attestation d’employeur ». Car, dématérialisation oblige, l’employeur parisien en question m’a m’envoyé son attestation de quatre pages... en deux fois. Soit, trois pages et la dernière toute seule. Vous suivez ? Ce qui donne deux mignonnets PDF et pas d’originaux.

    Alors naturellement, moi j’ai fait deux envois distincts. Je ne pouvais pas envoyer deux documents ensemble (même si l’un est la suite de l’autre) puisque Monsieur Pôlo avait bien prévenu : « Si vous envoyez plusieurs documents dans le même envoi, ils seront refusés » Patin-couffin...
    Eh ben, vous savez quoi ? Ça a merdé quand même.

    Parce qu’un document, même de douze pages, doit être envoyé en une seule fois ET dans sa globalité !
    Donc le Pôlo a fait comme il sait faire : il a validé les trois premières pages... et pas la dernière. C’est con. J’ai failli réussir. J’avais au ¾ bon. Résultat : j’ai tout faux.

    Où l’on voit que la fracture numérique englouti bien au delà d’elle.

    #pôle_emploi #dématérialisation #maquis

    • Un emploi (du temps) de ministre, journal dune chômeuse, Episode 223
      http://journaldemonchom.blogspot.fr/2018/01/episode-223-un-emploi-du-temps-de.html?

      Cela fait exactement 29 jours que je suis de retour dans la grande famille de Pôlo.
      Et le moins qu’on puisse dire... c’est qu’il ne s’y passe pas grand-chose. Comme je vous l’ai déjà expliqué (pour ceux qui suivent), si je n’ai pas gardé mon précédent contrat, c’est précisément parce que je ne suis pas que chômeuse dans la vie. Je suis aussi la mère d’un ado qui a besoin d’un suivi médical king size. Et dans la Nièvre, être malade, c’est comme être au chôm’ : ben c’est la merde ma bonne dame ! Bref. J’ai passé ce dernier mois à téléphoner puis à attendre... qu’on me rappelle. A râler donc, à grogner, aller, venir. A re-rappeller pour qu’on me re-rappelle. A passer à la MDPH, grogner, râler, et enfin récupérer le nom d’un praticien à Paris !
      Bref. Je fais passer la santé de mon gamin avant ma recherche d’emploi. Ce qui, je l’admets, n’est pas vraiment moral, ni très raisonnable, quand on vit dans une startup-nation.
      Dans le même temps, j’avais quand même mauvaise conscience. Peur que Pôlo me fasse une scène, me reproche de ne plus assez m’occuper de lui. Dans les salles d’attentes de toubibs, je pensais souvent à mon running-gag d’activité indépendante, essayant de structurer mon projet entre deux conseils de médecins. Je passais aussi régulièrement sur le site de Pôle Emploi pour guetter les annonces. Et là, je retrouvais les sempiternelles demandes pour devenir mécanicien, commercial, prof de chinois mais aussi – et surtout ! – infirmier, ergothérapeute, médecin généraliste, kiné, orthophoniste, psychologue, ambulancier, pédopsychiatre, pédiatre, pneumologue, oncologue et même... médecin du travail, et... porteur funéraire. Ces emplois vacants expliquent sans doute mes difficultés à soigner mon môme et à me consacrer à ma recherche de job. Sont chiants ces gosses ! Lorsqu’on habite une zone de non-droit médical on ne tombe pas malade !
      Mais pour rester une bonne élève dans les yeux de Pôlo, hier comme chaque jour, j’ai été faire mon tour sur LinkedIn – le facebook entrepreneurial – où j’ai remis le nez depuis début janvier. Sur le côté de la page, apparaît un lien qui permet de voir qui est venu sur ton profil. Parfois j’y jette un œil, histoire de savoir qui s’intéresse à ma petite personne. Dans les visites récentes, hier il y avait donc : une personne indépendante, une autre bossant dans une mission locale, une troisième dans le service à la personne et enfin une dernière... qui a le titre de ministre !
      Ben si ça se trouve, Muriel Pénicaud a mis en avance son contrôle des chômeurs de manière personnalisée.
      Merdum.
      Va vraiment falloir que je me mette au boulot.

  • Pour faire plaisir aux enfants
    J’adopte
    Deux bébés tyrannosaures

    «  ? Papa réveille-toi, c’est l’heure
    Qu’est-ce que tu as-tu es tout agité
     ? Je rêvais que j’étais en train de jouer au football ! »

    Je dépose Zoé à sa commission
    Hier elle était interviewée
    Le sérieux de cette adolescente !

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2017/sons/nick_cave.mp3

    Retour à la maison
    Je mange mon petit déjeuner
    En écoutant Nick Cave

    Je monte dans ma chambre
    Café et Nick Cave
    Et je reprends mon récit de football

    Mon plaisir chaque matin
    Chercher la paire d’images
    Pour aller avec Mon Oiseau bleu

    Découpeuse / Découplé / Découpoir /
    Découpure / Découragé / Décourageant, ante /
    Découragement / Décourager / Décourageur, euse /

    Découronnement / Découronner / Décours /
    Découru, ue / Décousure / Découvert
    (À) Découvert / Découverte / Découvrable

    Découvreur / Découvrir / Décramponner /
    Décrapouiller / Décrassage et Décrassement/
    Décrasser / Décrassoir / Décréditement /

    Décréditer / Décrêpage / Décrêpeler /
    Et Décrêper / Décrépit / Décrépissage
    Décrépit, ite / Décrépitation / Décrépiter /

    Décrépitude / Decrescendo / Décret /
    Décrétale / Décréter / Décret-loi /
    Décri / Décrier / Décriminalisation /

    Décriminaliser / Décrire / Décrispation
    Décrisper / Décrochage / Décrocher /
    Décrochez-moi-ça / Décroiser / décroissance /

    Décroît / Décroître / Décrottage /
    Décrotter / Décrottoir / Décrue /
    Décryptage et Décryptement / Décrypter /

    Décrypteur, euse / Déçu, ue / Décuire /
    Décuiter / De cujus / Décullotage /
    Déculottée / Déculotter / Déculpabilisation

    Mon dictionnaire des synonymes
    Est resté ouvert hier soir
    En cherchant un synonyme à Découverte

    Matinée d’écrivain
    Après-midi de père de famille nombreuse
    Je ne sais ce qui est le plus fatigant

    Longue promenade
    Dans Fontenay et Nogent
    Avec Émile

    Une boulangère qui n’avait plus
    Vu Émile depuis dix ans
    Manque de s’évanouir

    Son pain est toujours aussi bon
    Dommage que ce ne soit pas
    La porte à côté

    Du coup je nous prépare
    Un goûter et c’est comme si
    Émile redevenait un petit garçon

    Papa je t’appelle pour te dire
    De ne pas t’inquiéter
    Je suis partie fumer de la drogue. Zoé

    Je constate la saleté dans la maison
    Elle est habitée par des adolescents
    Dont le père est un auteur un peu occupé là

    Le plaisir que je prends à écrire
    Ma propre nécrologie dans Fantômes
    J’en écris même deux différentes

    Dans l’une je suis un artiste incompris
    Et toujours en retard d’une rame
    Et dont on ne sait que faire du travail post mortem

    Dans l’autre
    Je prends le maquis
    Contre le gaz de schiste

    Dans les deux,
    Je meurs suicidé et centenaire
    Et dévoré par les sangliers

    Lasagnes aux épinards
    Et à la mozzarelle
    Compote de pommes

    Monuments men
    De George Clooney
    Avec Émile et Zoé

    Je lance une machine à laver
    Je fais la vaisselle
    Et je me remets au travail

    Il arrive de temps en temps
    Que la profusion de mes corrections
    Me décourage et que je préfère lire

    #mon_oiseau_bleu

  • [Valence] Discussion et projection de « La Fontaine Encyclopédique du Maquis » au Laboratoire anarchiste
    https://grenoble.indymedia.org/2017-11-06-valence-Au-Laboratoire-anarchiste

    La Fontaine Encyclopédique du Maquis, Muse d’Émancipation, un centre documentaire anti-autoritaire en milieu paysan. « Auberge espagnole » où nous partagerons ce que les unes et les autres auront bien voulu apporter pour bouches et gosiers. Présentation du projet, discussion et projection en 16 mm argentique d’un documentaire sur une famille de paysans du Haut-Doubs, qui en 1968 se trouve confrontée au démantèlement agro-industriel du monde. La librairie nomade, qui accompagne le projet proposera (...)

    #Agenda

  • Fiscalité : tous accros aux subventions _ 80 000 euros par emploi créé

    http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/10/23/fiscalite-tous-accros-aux-subventions_5204739_1656968.html

    Près de 100 milliards d’euros : c’est le coût prévu en 2018, pour l’Etat, des dépenses fiscales. Exonérations, réductions ou crédits d’impôts, aides directes, allocations, primes, taux garantis… Pas moins de 450 niches irriguent ainsi l’économie privée. Si leur efficacité est souvent très relative, les lobbys n’hésitent pas à brandir l’argument massue de l’emploi pour les défendre.

    Alors que s’achève, à l’Assemblée nationale, l’examen en première lecture des recettes du budget de l’Etat pour 2018, les Français auront découvert que les « cadeaux » faits sous la forme de « dépenses fiscales », devenues le mode d’intervention privilégié de la puissance publique, atteindront 100 milliards d’euros l’année prochaine.

    Un montant spectaculaire, mais qui n’est qu’une partie du soutien public. Et qui fait de la France un véritable paradis d’aides – ou un « enfer fiscal », pour certains – sous la forme d’exonérations de cotisations, de réductions ou de crédits d’impôts, de franchises, sans oublier les aides directes, allocations, avances remboursables, primes, taux garantis ou réduits ; bref, toutes sortes de « subventions » réservées aux initiés qui savent s’y retrouver dans un maquis d’une infinie complexité.

    Qui ne bénéficie pas d’au moins une aide directe ou indirecte ?

    En fait, les aides publiques se sont installées comme un ingrédient vital du système économique français. Il y a les services publics marchands, pour lesquels les usagers paient une part de plus en plus faible du service rendu : pas plus de 25 % des coûts de leur déplacement en TER, contre 55 % il y a vingt-cinq ans et 70 % il y a quarante ans. Le signal prix ne fonctionne plus car tout a été fait pour réduire le reste à charge des usagers, et ce, quels que soient leurs revenus.

    Au-delà, les aides irriguent tous les secteurs privés marchands, à commencer par les gros utilisateurs de main-d’œuvre : l’industrie, la construction, le transport, l’hôtellerie et restauration, le commerce, la banque, l’aide à domicile, l’édition et la presse… Entre les exonérations générales (29,6 milliards d’euros en 2017) ou spécifiques (7,5 milliards) de cotisations sociales et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE, 21 milliards en 2018), plus de 58 milliards d’euros d’aides viennent réduire le coût du travail pour l’employeur. Qui, en France, ne bénéficie pas d’au moins une aide directe ou indirecte ? Pour les seules entreprises, Aides-entreprises.fr répertorie pas moins de 2 024 aides financières nationales, européennes ou locales.

    Au point que ces subventions sont utilisées comme un argument commercial par les professionnels. Le vendeur de chaudière à condensation qui brandit tout à la fois le crédit d’impôt transition énergétique, la TVA réduite, la prime énergie, sans oublier les aides de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) ou l’éco-prêt à taux zéro. La société de petits cours privés qui vend la déduction fiscale de 50 %, comme le font les sociétés de services de ménage, de livraison de plateaux-repas, de jardinage, etc. L’agence immobilière qui demande immanquablement : « Combien d’APL toucherez-vous ? » Ou encore les as de la défiscalisation qui affichent tout de go : « Loi Pinel ? Encore mieux que la loi Duflot ! Plus de souplesse, plus de réductions d’impôts : zéro impôt pendant 6, 9 ou 12 ans. » Et promettent, presque accessoirement, de devenir « propriétaire dans une grande ville ».

    Au point, aussi, que certains secteurs privés entiers, ceux qui ont une très faible valeur ajoutée, ne pourraient plus vivre sans ces aides. Comme l’agriculture, où les subventions d’exploitation (8,2 milliards d’euros en 2016) représentent près du tiers de la valeur ajoutée, et plus que la rémunération de ses salariés. Ou encore les services à la personne, où les 11,5 milliards d’euros d’aides (en 2014) représentent jusqu’à 63 % de la valeur ajoutée du secteur.

    « Solidarité et domesticité »

    Une plongée dans l’histoire des services à la personne montre comment le système des aides se développe et s’enracine dans la société. Au départ, on cherche à résoudre un problème qui fait consensus : aider les personnes handicapées ou dépendantes, au nom de la solidarité. Dès 1948, on crée une exonération pour les particuliers employeurs ; puis, en 1991, une réduction d’impôts à hauteur de 50 % des dépenses. Alors que l’aide est destinée aux services rendus par le biais d’associations, on l’élargit, en 1996, aux entreprises privées qui « mettent des travailleurs à disposition des personnes physiques ».

    Des milliers d’entreprises se créent et s’organisent pour souffler à l’oreille du gouvernement qu’elles sont aussi la solution au problème du chômage. En 2005, le plan Borloo vient ainsi ajouter un deuxième objectif à ces aides : créer de l’emploi. Et annonce que cela doit permettre d’en créer 3 millions ! En 2006, on élargit la liste des services à toute prestation « à condition qu’elle soit comprise dans une offre de services incluant un ensemble d’activités effectuées à domicile ». Ce qui, concrètement, ouvre la voie des subventions à tous les services de confort, de l’assistance informatique à la promenade des chiens en passant par la surveillance de la résidence principale ou secondaire.

    Ainsi, résume l’économiste Florence Jany-Catrice, professeure à l’université Lille-I, « au nom de la création d’emplois, on a regroupé deux logiques très différentes sous une même politique publique : l’une de solidarité, et l’autre de domesticité. En fusionnant ces deux enjeux sous le terme de services à la personne dans une narration publique confuse, on a permis aux grands acteurs privés comme O2, Shiva, etc. de faire indirectement subventionner les services du quotidien. Grosso modo, 5 milliards d’euros de défiscalisation de services de confort, qui ne profitent qu’aux 10 % des Français les plus riches. Cette confusion leur permet de brandir l’impératif de solidarité dès lors que quelqu’un cherche à remettre à plat ces aides ».

    De fait, a calculé le Trésor, sur les 11,5 milliards d’euros d’aides en 2014, seulement 7,2 milliards ont concerné les publics fragiles. Quant aux créations d’emplois, il y en a eu cent fois moins qu’annoncé : « Entre 2006 et 2010, pas plus de 30 000 emplois en équivalent temps plein créés, si on prend en compte la dynamique antérieure », a calculé Florence Jany-Catrice.

    Sans diagnostic du problème à résoudre

    Pour un secteur qui employait 1,4 million de personnes en 2014, soit 450 000 équivalents temps plein (ETP). Et pour un coût considérable : 36 000 euros par an pour chaque emploi créé en ETP dans ces services à la vie quotidienne, a calculé le Trésor. C’est 40 % du coût des « domestiques » qui se trouve ainsi payé par l’Etat, ramenant pour les bénéficiaires leur coût à celui du travail au noir. « C’est de la perfusion publique de grandes entreprises privées, alors qu’avec ces milliards, on pourrait financer la dépendance et les associations qui la gèrent », estime Florence Jany-Catrice.

    En France, on peut aussi distribuer beaucoup d’aides publiques sans diagnostic clair du problème à résoudre. En témoigne l’aide au logement, qui s’élève à 41,7 milliards d’euros en 2016, soit trois fois plus qu’il y a trente ans.

    On a d’abord voulu aider les mal-logés en leur distribuant 18,1 milliards d’euros au travers de trois aides personnelles, dont la fameuse APL. Une aide substantielle, puisque les aides aux seuls locataires représentent 23 % de la masse des loyers versés, et 38 % pour les personnes logées en HLM, selon l’économiste de l’immobilier Didier Cornuel. « Déterminée d’abord par le niveau du loyer, l’APL a poussé les loyers à la hausse sur le marché libre et dans les HLM », indique-t-il. Ce qu’Antoine Bozio, directeur de l’Institut des politiques publiques, confirme : « Il a été démontré que quand il y a une APL, les loyers augmentent du montant de l’aide, signifiant que l’aide est captée quasiment par le seul propriétaire, bailleur privé ou social. »

    L’aide à la demande ayant montré ses limites, on a donc aussi choisi d’aider l’offre – l’idée étant qu’il y a pénurie d’offre – par un ensemble de niches fiscales, dont des taux réduits de TVA sur les travaux dans l’ancien ou des incitations en faveur de l’investissement locatif dans le neuf. Ces incitations ont été conséquentes : en 2015, cette dernière aide finançait 24,3 % de l’acquisition, selon les calculs de Didier Cornuel. Mais, là aussi, explique l’économiste, « l’inflation des prix des biens immobiliers s’est transmise aux dépenses publiques, car les aides à l’investissement sont définies en pourcentage du montant de l’investissement, dans la limite d’un plafond ». Autrement dit, la politique du logement a donc surtout fait monter les prix.

    80 000 euros par emploi créé

    Mais ces aides ont-elles contribué à satisfaire les besoins que le marché ne parvient pas à couvrir ? Plus prosaïquement, ont-elles servi à loger des gens dans le besoin ou à faire tourner les entreprises du bâtiment ? Didier Cornuel est formel : « Cette politique a alimenté une surproduction de logements, car si le neuf trouve preneur, elle vide l’ancien, dont la vacance s’accroît depuis dix ans, même en région parisienne. » Alors que l’on continue à vouloir construire à tout-va, la réponse paraît étrangement inadaptée : « Pour assurer un logement décent à tous à un coût supportable pour la collectivité, il serait plus économique de réhabiliter l’ancien que de construire du neuf. »

    Tout le monde crie à la pénurie de logements ; se serait-on trompé de diagnostic ? « On a pris le doublement des prix du logement entre 2000 et 2007 pour le signe d’une tension sur le marché, ce qui n’est pas le cas », poursuit Didier Cornuel. Car le diagnostic émane bien souvent des acteurs du logement neuf, derrière lesquels, sans compter les plombiers, électriciens, etc., œuvrent quelque 140 000 salariés en ETP. Un poids social non négligeable, même s’il reste cinq fois moindre que celui de l’hôtellerie et de la restauration – un des secteurs privés les plus aidés par les exonérations de charges et la TVA réduite.

    Il en bénéficie depuis 2004, sans que cela ait eu un impact significatif sur les créations nettes d’emplois, malgré un coût public exorbitant : 80 000 euros par emploi créé entre 2004 et 2009, soit bien plus que le salaire annuel moyen du secteur, a calculé Mathieu Bunel, maître de conférences en économie.

    Mais cela importe peu car son poids social l’autorise, à chaque tentative de remise à plat, de faire un chantage à l’emploi. Une recette qui marche à coup sûr. Bercy a voulu rogner le crédit d’impôt sur les fenêtres, dont le rapport coût-bénéfice est faible ? « De 6 000 à 9 000 emplois seront détruits dès 2018 », a immédiatement hurlé la Fédération du bâtiment… qui a obtenu gain de cause. Dans un pays qui compte plus de 3,5 millions de chômeurs, c’est toujours au nom de l’emploi que les acteurs privés parviennent à défendre leur niche. « Dans chaque niche, il y a un chien prêt à mordre », résument régulièrement les députés.