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  • #DHIHA8 Nous sommes à la croisée des chemins ! | Devenir historien-ne
    https://devhist.hypotheses.org/3692

    Cela fait maintenant plus d’une décennie que l’on parle de “révolution numérique” ou, de façon plus appropriée de “tournant numérique”, des sciences humaines et sociales. Le label “Humanités numériques”, s’il est d’une redoutable efficacité académique, avec ses quelques créations de postes universitaires, ses injonctions à “faire du numérique” dans les financements par projets, etc., ne semble pas vraiment avoir permis à l’ensemble de la profession de négocier le tournant.

    La légitimité des enseignements dits “numériques” doit encore trop souvent être défendue.

    Il est vrai que les formations “au numérique” se sont pourtant multipliées dans les cursus en histoire. On pense bien sûr à celles que deux des intervenants à #DHIHA8 avaient mises sur pied, en Licence à Reims pour Caroline Muller et en Master à Toulouse pour Sébastien Poublanc, mais aussi aux initiatives pionnières, qu’il s’agisse du Pireh ou des ateliers de Claire Lemercier et Claire Zalc.

    Si je pense malgré tout pouvoir parler de demi-échec, c’est que toutes ces formations, autant que celles que j’ai pu être amené à dispenser, d’abord à l’EHESS avec Franziska, puis à l’Université de Lille, apparaissent très largement attachées à des individualités. Elle sont souvent considérées par nos pairs comme des formations à confier aux “geeks-de-service”, idéalement de façon optionnelle et, si c’est obligatoire, sans que cela n’occupe trop d’heures dans la maquette. C’est que, voyez-vous, les étudiantes et étudiants doivent plutôt faire “des-choses-vraiment-importantes” ; certains n’hésitant pas à affirmer leur inanité la plus totale, s’interrogeant régulièrement sur l’intérêt même du maintien de telles options et s’élevant systématiquement contre toute proposition de rendre ces enseignements en partie obligatoires.

    Le propos de ce billet est de faire quelques hypothèses sur les raisons de cet échec et de tenter d’imaginer des solutions qui nous permettront de “négocier le tournant” numérique de nos disciplines.

    #humanité_numérique #pédagogie #pompe_a_fric

  • Vivre de la terre (3/4) : Redistribuer la terre : une utopie ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/vivre-de-la-terre-34-redistribuer-la-terre-une-utopie

    Championne des inégalités agraires selon un rapport d’Oxfam, l’Amérique latine se distingue par l’ultra-concentration de ses terres. Le XXe siècle a connu de nombreuses tentatives infructueuses de réformes agraires. Pourquoi semble-t-il impossible d’y concevoir une répartition équitable des terres ?

    Intervenants
    Michel Merlet
    ingénieur agronome, directeur de l’association AGTER.

    Jacobo Grajales
    maître de conférences en science politique à l’Université de Lille et membre du CERAPS.

    Nancy Andrew
    chercheuse associée au LAM, socioliogue du développement rural et spécialiste de la question foncière en Afrique australe.

  • Frais d’inscription des étudiants étrangers : des #ajustements à l’étude

    Les nouveaux tarifs devraient bien s’appliquer en septembre. Mais un rapport propose notamment de ne pas augmenter les droits des nouveaux doctorants extra-européens.

    Comment éteindre l’incendie déclenché par l’augmentation des droits d’inscription des étudiants étrangers, décidée par le gouvernement en novembre ? A partir de la rentrée de septembre 2019, les nouveaux étudiants extra-communautaires devront s’acquitter de 2 770 euros pour s’inscrire en licence (contre 180 euros actuellement) et 3 770 euros en master et doctorat (contre 243 euros et 380 euros). Les organisations syndicales étudiantes et enseignantes, de même que les présidents d’université, s’opposent à l’application de cette mesure.

    Il y a un mois, un comité de cinq personnalités indépendantes a été nommé par le ministère de l’enseignement supérieur, pour évaluer la mise en œuvre de cette mesure. Il a rendu un rapport, lundi 18 février, qui propose plusieurs évolutions, sans pour autant toucher au principe de la hausse des droits.

    Première piste, présentée comme prioritaire : le retrait des doctorants du champ d’application de la mesure. « Les doctorants sont en grande partie des salariés ; les doctorants étrangers, qui représentent environ 45 % des doctorants, contribuent largement à l’activité scientifique dans les unités de recherches », soulignent-ils. Au niveau international, les universités sont en compétition pour attirer les meilleurs, constatent les auteurs. Et à ce titre, elles pratiquent soit la gratuité des droits, soit une politique systématique de financement des années de doctorat.
    Les inégalités territoriales « renforcées »

    La seconde proposition d’ajustement vise à « doter les universités de capacités d’exonération suffisantes ». Le sujet est sensible : une quinzaine d’universités ont déjà annoncé qu’elles n’appliqueraient pas la hausse des droits. Actuellement, une université peut exonérer de droits – hors boursiers – 10 % de ses étudiants. D’après les calculs du comité, toutes les universités (hormis celle de La Rochelle) peuvent déjà, avec ce taux, exonérer l’intégralité de leurs nouveaux étudiants extra-communautaires à la rentrée 2019. Mais les choses se compliqueront les années suivantes, quand les rangs grossiront, chaque nouvelle « promo » s’ajoutant à la précédente. Les auteurs du rapport préconisent donc de porter ce taux à 15 %. « Cela donnera aux établissements la possibilité de décider en toute autonomie de la politique qu’ils veulent mener », estime l’un des auteurs, Christophe Strassel, professeur associé à l’université de Lille.

    La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, doit se prononcer dans les jours qui viennent sur ces pistes, après avoir échangé avec les organisations syndicales. La FAGE, premier syndicat étudiant, a déjà réagi : si l’organisation salue les propositions concernant l’accueil des étudiants étrangers, elle refuse la « demi-mesure » de ces ajustements. « La politique d’exonération va très rapidement renforcer un enseignement supérieur à double vitesse, de très fortes inégalités territoriales, et n’est de toute façon pas tenable à plus d’un an de mise en œuvre », juge l’organisation, qui appelle à poursuivre la mobilisation pour le retrait de la mesure.

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    Baisse des inscriptions des étudiants étrangers non-européens en France

    Les inscriptions des étudiants étrangers extra-européens en première année de licence sont en baisse de 10 % par rapport à l’an dernier, a annoncé Campus France, l’agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, le 5 février. Celles-ci ont été clôturées le 1er février, dans la majorité des 42 pays relevant de la plate-forme « Etudes en France », gérée par le ministère des affaires étrangères. Si plusieurs pays connaissent une hausse du nombre de candidats, comme le Sénégal (+11,34 %), la Russie (+8,95 %), et la Chine (+8,62 %), d’autres enregistrent une forte baisse, comme l’Algérie (-22,95 %), le Vietnam (-19,72 %) ou la Tunisie (-16,18 %).

    Plusieurs universités françaises se sont déjà émues de voir les candidatures s’effondrer à la suite de l’annonce du plan gouvernemental d’attractivité des étudiants internationaux, « Bienvenue en France », qui prévoit notamment l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants extracommunautaires, fortement contestée dans la communauté universitaire.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/18/frais-d-inscription-des-etudiants-etrangers-des-ajustements-a-l-etude_542501
    #taxes_universitaires #frais_d'inscription #France

    Métaliste :
    https://seenthis.net/messages/739889

  • Que serait une fiscalité (plus) juste dès 2019 ?

    https://www.inegalites.fr/Que-serait-une-fiscalite-plus-juste-des-2019

    Des niches fiscales à la taxe carbone en passant par la fiscalité des revenus et du patrimoine, quelles sont les mesures concrètes qui pourraient rendre la fiscalité plus juste ? Les propositions de Jean Gadrey, professeur honoraire d’économie à l’Université de Lille.

    Commençons par un rappel. La redistribution publique des revenus et d’autres ressources consiste à prélever des montants d’argent à certains (recettes fiscales) pour ensuite les dépenser (dépenses publiques). Ces deux volets influent sur les inégalités. D’abord, les « prélèvements » sont-ils justes, tiennent-ils compte des « capacités contributives », prélève-t-on proportionnellement plus sur les plus riches (c’est ce qu’on appelle alors la progressivité), suffisamment sur les entreprises par rapport aux ménages, etc. ? Ensuite, les dépenses publiques ont-elles un effet de réduction des inégalités, qu’il s’agisse des services publics (qui ont joué dans le passé un rôle positif majeur) ou des dépenses sociales (minima sociaux, allocations diverses, dépenses pour le chômage, etc.) ? Dans ce texte, on ne parlera de justice fiscale que pour le premier volet : celui des prélèvements, essentiellement les impôts et les cotisations sociales. Mais c’est dans le domaine des impôts bien plus que dans celui des cotisations sociales que des injustices sont généralement dénoncées.

    #inégalités #justice_fiscale #pauvreté #discriminations

  • Une étudiante marocaine à l’université de Lille bloquée au centre fermé Caricole de Steenokkerzeel _ Grégoire Ryckmans - 4 Février 2019 - RTBF -

    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_une-etudiante-marocaine-a-l-universite-de-lille-bloquee-au-centre-ferme-

    Une Marocaine de 19 ans, étudiante à l’université de Lille 2 en sciences politiques, est actuellement détenue au centre fermé Caricole de Steenokkerzeel.

    Ce dimanche, Rania Akrache retourne vers la France après avoir passé trois jours au Maroc, son pays d’origine. Étant donné qu’il n’y a pas de vols directs entre Casablanca et Lille, l’étudiante opte pour un vol vers Bruxelles pour y transiter rapidement avant de retourner vers le nord de la France. 


    La jeune étudiante lors d’une visite touristique à Bruxelles. - © RTBF

    À son arrivée à l’aéroport de Bruxelles-National vers 17 heures, la jeune fille présente comme pièce pour voyager son récépissé de demande de titre de séjour français. La jeune fille ne le sait pas, mais celui-ci ne lui permet d’atterrir qu’en France. Elle est alors interrogée et placée à l’isolement par la police de l’aéroport. 

    Victime de menaces et de moqueries
    Rania contacte alors sa famille au Maroc depuis sa cellule pour leur expliquer la situation. Sa sœur Rim témoigne des messages échangés. Elle évoque « des propos moqueurs, pendant qu’elle s’effondre en larmes et qu’ils en rigolent ».

    « Elle ne fait que pleurer. On ne lui permet pas de poser des questions, et lorsqu’elle dit qu’elle a du mal à respirer, on ne lui répond pas. La police belge de Zaventem la menace de rester dix jours dans la pièce en question si elle ne se résigne pas à signer le papier disant qu’elle passerait la nuit dans un centre de détention pour immigrés avant de reprendre un vol le lendemain pour Casablanca, au lieu de l’envoyer en France, là où elle réside, à quarante minutes seulement de l’aéroport de Zaventem ». 

    « Alors qu’elle fait des études universitaires en France, on lui demande su un ton moqueur si elle a besoin d’un traducteur », ajoute Rim.

    Pour la jeune femme, sa sœur est traumatisée suite à cet épisode : « Elle n’a pas l’habitude de ce genre d’incidents. » Contactée par la RTBF, la police fédérale dit examiner les faits. 

    Le consulat parle d’une situation toujours problématique
    Rania n’est pas la seule à se voir refouler à son arrivée en Belgique. Un récépissé d’une demande de titre de séjour français permet à son détenteur de retourner dans le pays où a été faite la demande (la France dans ce cas), mais il ne permet pas de voyager dans un autre pays, même s’il fait partie de l’espace Schengen.

    Le problème est connu par le consulat et l’ambassade du Maroc en Belgique. Même si certains ressortissants marocains passent entre les mailles du filet en passant par la Belgique pour retourner en France avec un récépissé de demande de permis de séjour français, le document ne permet effectivement pas l’accès au territoire belge.

    Fouad Mejloufi, attaché au consulat général du Maroc explique que c’est un cas connu et très problématique pour leurs services. Il estime que dans ces cas, il y a neuf chances sur dix pour que la jeune fille soit refoulée directement au Maroc sans passer par la France. Il insiste sur le fait que les titres de séjour ne sont valables que dans le pays où ils sont émis et que les ressortissants devraient être mieux informés. L’office des étrangers qui est en charge de trancher ces cas ne transige pas, nous explique aussi l’attaché au consulat général du Maroc.

    Contacté par la famille, l’ambassade marocaine à Bruxelles nous indique suivre la situation et tenter de résoudre la situation de la jeune ressortissante marocaine. Tout comme le consulat, celle-ci précise que selon le pays, il faut être détenteur d’un Visa pour pouvoir y transiter.

    La famille est inquiète
    Rania Akrache (deuxième à gauche sur la photo) avec des amies venues lui rendre visite à l’aéroport de Zaventem. - © Tous droits réservés
    Depuis son arrivée au centre Caricole, la famille de la jeune fille est sans nouvelle. « Nous attendons encore son retour, et depuis qu’elle est en centre de détention elle n’a pas de téléphone et ne peut nous contacter. Un ami s’est rendu à l’aéroport mais on ne lui a pas permis de la voir, ni de lui parler. Ses copines se sont rendues très tard le soir au centre de détention où elles ont pu la voir pendant 5 min seulement ».

    La famille Akrache espère cependant que la situation pourra être rapidement réglée et que l’étudiante en sciences politiques pourra rapidement sortir du centre fermé et rejoindre son université de Lille 2. Mais il y a de fortes chances que la jeune fille doive repasser par le Maroc pour pouvoir rentrer en France.

    #rétention #détention_administrative #détention #prisons #centres #université_de_Lille #Maroc #Belgique #ue #union_européenne #frontières #europe #murs #barrières_frontalières #fermeture_des_frontières #Steenokkerzeel

  • « Le mouvement des “#gilets_jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du #travail », Yann Le Lann, sociologue, propos recueillis par Sylvia Zappi
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/24/le-mouvement-des-gilets-jaunes-est-avant-tout-une-demande-de-revalorisation-

    Le sociologue Yann Le Lann (université de Lille) a coordonné une enquête d’un mois sur le mouvement de protestation. Il revient pour « Le Monde » sur les enseignements de l’étude.

    Yann Le Lann est maître de conférences en sociologie à l’université de Lille. Spécialiste du travail, il a coordonné l’#enquête du collectif Quantité critique, composé de chercheurs et de doctorants de Lille et de Sciences Po Paris, qui a analysé le mouvement des « gilets jaunes » durant un mois. Le sociologue estime que l’identité du mouvement est centrée sur la reconnaissance du travail.

    Quel est le profil des gilets jaunes que vous avez interrogé ?
    Ce qui resort de nos questionnaires recoupe les informations déjà publiées sur ce mouvement : ce sont les #classes_populaires, employés et ouvriers, qui sont présentes sur les barrages. On y retrouve aussi beaucoup de #femmes qui ont pris une place importante dans le mouvement, souvent en position pivot : c’est à elles qu’on fait confiance pour gérer des caisses de solidarité ou mener des actions. On trouve aussi une part importante de #retraités. Tous nos questionnaires montrent qu’on a affaire à des personnes aux revenus inférieurs à 1 600 euros mensuels, voire très souvent juste au niveau du SMIC.

    Ce mouvement est passé d’une revendication contre les taxes sur les carburants à une demande de hausse des salaires. Vous expliquez que c’est une bascule très signifiante. Pourquoi ?
    Parce que c’est important pour comprendre le décalage entre la première perception de cette mobilisation et sa réalité politique, ce qui a donné lieu à un malentendu sur ce mouvement. Les premiers temps, les chaînes d’information l’ont présenté comme l’expression d’un ras-le-bol des territoires périurbains braqués contre la taxe sur les carburants. Le mouvement a eu l’intelligence de subvertir cette audience pour déplacer la revendication vers des enjeux de #salaire et de #retraite qui sont devenus le cœur de leur plate-forme.
    A nos yeux, c’est donc la question de la reconnaissance du travail qui est en jeu. Ceux qui se mobilisent sont des salariés qui n’ont pas les moyens de se mettre en grève. Parce que leur budget est trop contraint ou parce qu’ils n’ont pas les ressources politiques autour d’eux pour porter une revendication salariale auprès de leur patron. Ou parce qu’ils ont déjà fait l’expérience d’une négociation salariale qui a échoué.

    Et pourtant, les « gilets jaunes » sont passés à une plate-forme revendicative beaucoup plus large…
    Oui, parce que l’écho médiatique leur a permis de se faire entendre sur d’autres enjeux. Mais la question centrale demeure celle du travail. Comme, pour eux, le canal classique de la revendication collective, organisée sur les lieux de travail, est bouché, ça a débordé ailleurs : ils ont en quelque sorte contourné cette impossibilité en s’organisant en dehors des heures de travail, sur des barrages et des places, en occupant l’espace public. Du coup, ce n’est pas le patron qui est interpellé mais l’#Etat, qui est jugé comme ayant une responsabilité en matière salariale et se retrouve à devoir gérer ces #revendications. C’est tout à fait nouveau et c’est un défi pour lui.

    N’est-ce pas une remise en cause des syndicats ?
    C’est un coup de semonce. Les « gilets jaunes » sont très loin des organisations syndicales. Ceux que nous avons interrogés portent un regard très varié sur leur action ; nous avons tenté de les répartir en trois groupes. Le premier, très largement majoritaire, regroupe tous ceux qui n’ont aucun contact avec les #syndicats. Cela concerne les nombreux salariés des petites et moyennes entreprises (PME) ou des très petites entreprises (TPE) dans lesquelles il n’y a pas de structuration de la négociation collective.
    Ensuite, il y a ceux qui ont été en contact avec des syndicats, ont tenté de négocier des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail, et n’ont pas obtenu gain de cause. Ils en ressentent une forme d’amertume. Le troisième profil, minoritaire, correspond à des personnes plus politisées qui veulent qu’il y ait convergence de luttes avec d’autres secteurs professionnels emmenés par les syndicats.

    Quel est le positionnement politique des « gilets jaunes » de votre échantillon ?
    On a trois blocs quasi égaux de 20 % entre les #abstentionnistes et #votes_blancs, les électeurs de Jean-Luc #Mélenchon et ceux de Marine #Le_Pen. On a vu se confirmer une polarité au sein du mouvement entre la gauche radicale et l’#extrême_droite, avec, au milieu, une zone grise difficile à cerner. Mais le sentiment que le gouvernement ne respecte plus la souveraineté populaire, qu’il est en rupture avec les intérêts du peuple, unifie ces trois pôles. D’une manière générale, nous avons perçu une défiance totale vis-à-vis de tous ceux qui ont été aux affaires depuis quarante ans.

    [comme souvent, ici "le travail" est un vocable qui unifie tout et exempte d’une analyse concrète de ses modalités, on remarquera que stage, chômage, en activité à temps réduit ou pas, AAH, etc ne sont pas cités parmi les variables prises en compte, ndc]

    Comment cela se traduit-il en matière de valeurs politiques ?
    Il y a indéniablement, parmi les « gilets jaunes », une part importante qui ressent une vraie crainte à l’égard de la crise migratoire et qui, lorsqu’on l’interroge sur l’#immigration, porte des idées xénophobes ou #racistes. Ainsi, 48 % des personnes que nous avons interrogées estiment qu’en matière d’emploi, « on devrait donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière ».
    Malgré cela, le mouvement s’est politisé sur des slogans qui empruntent aux valeurs de la gauche. Car les porte-parole des ronds-points ont privilégié les mots d’ordre qui permettaient de fédérer. Ce sont les revendications sur les salaires, les retraites, le référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui se sont avérées les plus consensuelles et ont permis au mouvement de durer. Les « gilets jaunes » ont eu cette intelligence collective d’orienter leur parole publique vers le social et d’éviter de faire caractériser leur mobilisation comme un mouvement de « petits blancs » récupérable par l’extrême droite.

    Votre constat ne contredit-il pas les observations des chercheurs de Bordeaux dont « Le Monde » a publié les résultats ?
    Non, ils sont complémentaires. Il y a deux niveaux de pensée : les valeurs que l’on n’assume pas dans le face-à-face avec un enquêteur, et celles que l’on affirme seul en répondant à un questionnaire en ligne. Ces deux types d’enquête donnent des résultats souvent très différents.
    Nous avons mesuré qu’une partie des « gilets jaunes » est très sensible aux thèses présentant l’immigration comme un danger mais qu’ils ne les défendent pas à l’intérieur du mouvement. Les slogans xénophobes sont demeurés minoritaires. Ce sont la critique du gouvernement et la dénonciation d’une politique économique du pays qui ont soudé tout le monde.

    On a senti une lutte d’influence entre deux ailes du mouvement, les « mélenchonistes » et les sympathisants de Marine Le Pen. L’avez-vous perçue ?
    Cette opposition existe à l’évidence mais elle demeure difficile à capter parce qu’il y a très peu de militants organisés . Cela reste sourd, latent, entre des petits noyaux qui veulent que le mouvement s’organise autour des enjeux de démocratie et de justice sociale, et des tentatives de récupération de l’extrême droite sur les questions identitaires. Cette dernière a cependant échoué à l’intérieur du mouvement : j’ai le sentiment que le pôle abstentionniste des « gilets jaunes » n’est pas en train de basculer dans les bras de Marine Le Pen.

    Le fait que la revendication de hausse du #smic ait été autant centrale en est le signe. Tout comme la réaction massive contre les violences policières vécues sur les barrages et dans les manifestations du 1er décembre. Ce qui ne dit pas pour autant que le Rassemblement national ne puisse pas gagner, auprès d’une partie des Français, la bataille sur le sens du mouvement, alors qu’il n’est pas arrivé à imposer ses thèses à l’intérieur.

    #xénophobie #bataille_idéologique

  • Une navette autonome sur le campus Cité scientifique - Université de Lille
    https://www.univ-lille.fr/actualites/detail-actualite/?tx_news_pi1%5Bnews%5D=1423&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%

    Elle est gratuite, accessible à tous, et en particulier aux personnes à mobilité réduite grâce à des rampes. Son trajet, qui passe à l’est du campus, est complémentaire de celui du métro. 100 % électrique, elle circule à une vitesse volontairement modérée de 10 km/h, et peut embarquer un maximum de 15 personnes. Un conducteur est toujours présent à bord, par sécurité et pour éviter que la navette ne reste bloquée par des obstacles.

    C’est moi qui souligne. Ils ont inventé la navette automatique avec chauffeur… j’ai relu plusieurs fois pour être sure. Enfin c’est pas vraiment un chauffeur vu qu’il ne conduit pas le véhicule ; plutot un assistant.

    #lille #transpole

  • Paye ta culture à la fac
    http://labrique.net/index.php/thematiques/politicaille/1031-paye-ta-culture-a-la-fac

    http://labrique.net/images/numeros/numéro56/teaboy_culture_udl.jpg

    Quand un service culturel apprend que son public passe de moins de 20 000 personnes à une soixantaine de milliers, ça ne peut que leur plaire. Si la fusion des universités fait apparaître clairement le remaniement des services et des budgets, on se demande ce qu’il advient de la culture. Pour ça, nous nous sommes penché.es sur un cas particulier, celui de la compagnie qui a joué à la soirée d’ouverture de la première saison culturelle estampillée « Université de Lille ». Sans être payée. Normal, ce sont des étudiant.es ! Ah bon ?

    #En_vedette #Politicaille

  • L’université rayonne, la misère aussi
    http://labrique.net/index.php/thematiques/politicaille/1030-l-universite-rayonne-la-misere-aussi

    http://labrique.net/images/numeros/numéro56/president_sur_son_trone.jpg

    « Nous pouvons être fier.ères d’avoir créé la grande Université de Lille » tels étaient les mots de Jean-Christophe Camart, président de cet établissement né de la fusion des trois pôles Lille 1, 2 et 3, qui rassemble désormais plus de 70 000 étudiant.es et 6 300 personnels et enseignant.es. Depuis janvier, l’université a subi de grandes transformations dans la gestion de ses services. Des ressources humaines aux méthodes d’affectation des étudiant.es, tout y est passé. Des dysfonctionnements étaient à prévoir et ils n’ont pas manqués.

    #En_vedette #Politicaille

  • Des Français de plus en plus préoccupés par les questions environnementales
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/11/13/une-opinion-de-plus-en-plus-sensibilisee-aux-questions-environnementales_538

    A quelques mois des européennes, l’enjeu écologique est en passe de devenir la préoccupation numéro un des électeurs, devant l’emploi ou le pouvoir d’achat.

    « Ça bascule. » L’expression pour parler de la conscience écologique des Français est devenue un leitmotiv ces derniers mois. Qu’ils soient sondeurs, responsables d’associations environnementales ou sociologues, tous constatent que « quelque chose est en train de se passer », même si aucune étude d’ampleur n’est venue encore mesurer ce mouvement d’opinion. « Depuis l’été, l’enjeu écologique remonte vite et fort dans les préoccupations quotidiennes », explique le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier.

    Parmi les sujets de préoccupation des Français, le défi climatique est en train de devenir numéro un, devant le pouvoir d’achat ou l’emploi, observe le spécialiste des sondages. « Chez les moins de 35 ans, les CSP + et ceux vivant dans les centres urbains, c’est net et ça continue de monter. Pour ceux-là, c’est devenu un enjeu prioritaire et c’est nouveau », ajoute M. Teinturier.

    C’est aussi l’analyse du directeur du département opinion de l’IFOP, Jérôme Fourquet. « Tous nos indicateurs montrent que, pour la population urbaine et diplômée, la problématique environnementale est devenue cardinale. Il y a quelques années, la conscience du changement climatique progressait, mais les Français avaient le sentiment d’avoir encore quelques années devant eux. Ce n’est plus le cas, ils ont compris que cela se joue maintenant », assure-t-il.
    « Le gouvernement n’est pas à la hauteur »

    A la fin de l’été, la démission du gouvernement de Nicolas Hulot, qui multipliait les mises en garde contre une « tragédie annoncée », a provoqué un choc et touché bien au-delà des cercles écologistes. L’été caniculaire, les incendies dans le sud de l’Europe et les récentes inondations ont également marqué les esprits. Les appels des scientifiques pour la planète et le dernier rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont légitimé un peu plus la nécessité de changer de mode de production et de consommation.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Européennes : Macron redoute une fuite de ses électeurs vers les écologistes
    Par ailleurs, de nombreuses initiatives citoyennes ont pris le relais. Les vidéos des youtubeurs expliquant les conséquences d’une hausse de température ont connu un succès immédiat – plus de sept millions de vues. Le 8 septembre et le 13 octobre, les deux marches pour le climat ont rassemblé en France des dizaines de milliers de personnes dans 80 villes et villages. Cette mobilisation inédite a surtout été portée par un public jeune, primo-manifestant, mais radical dans ses attentes.

    Un constat corroboré par les associations. « Sur le terrain, on est passé d’une pratique individuelle, locale, à un engagement collectif. Le dérèglement climatique est devenu pour beaucoup la boussole pour évaluer les politiques », souligne le porte-parole climat d’Attac, Maxime Combes. Le site « Il est encore temps », mis en place après l’appel des youtubeurs, a vu ainsi affluer 160 000 inscriptions de citoyens désireux de s’investir concrètement. « On est clairement sorti du stade où on sentait les gens écrasés par l’ampleur de l’enjeu. Il y a une envie d’agir collectivement sans attendre les politiques », renchérit Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org.

    Non encore publiée, une enquête sur la composition des participants aux marches pour le climat, coordonnée par le sociologue Yann Le Lann, maître de conférences à l’université de Lille, vient corroborer ce constat. « Alors qu’on a largement présenté les défilés comme apolitiques ou du moins consensuels, notre enquête montre que ceux qui étaient dans la rue, pour la moitié des moins de 35 ans, ont une conscience très claire des ruptures à opérer et ne se contentent pas des petits pas. Même les électeurs d’Emmanuel Macron rencontrés, minoritaires, estiment que le gouvernement n’est pas à la hauteur », note M. Le Lann.

    Les spécialistes de l’opinion et les responsables associatifs observent toutefois que ce sentiment d’urgence n’est pas unanime. Les études d’opinion indiquent en effet que les catégories populaires et peu diplômées restent davantage préoccupées par le pouvoir d’achat. « L’enjeu environnemental passe après l’urgence quotidienne », résume Brice Teinturier, qui note néanmoins une sensibilité aux questions environnementales accrue chez ces catégories de la population.

  • N°56 - Automne 2018 - Interdit au public
    http://labrique.net/index.php/numeros/1025-n-56-automne-2018-interdit-au-public

    p. 2 - Edito "Peinture fraîche"p. 3 - CV d’un FAFp. 4 - Restructuration chez les Mullier - Vegans vs. bouchersp. 5 - Marcel Bertrand, tour à terrep. 6-7 - Destruction des quartiers populairesp. 8-9 - Accueil coup de com’ des migrant.es de l’Aquariusp. 10 - Agir contre l’écolep. 11 - St Sauvé les eauxp. 12-13 - Secret des affairesp. 14-15 - Megaprison vs. patatesp. 16-17 - Dernières nouvelles de l’Université de Lillep. 18-19 - Un pétainiste à la pistochep. 20-21 - Ciné Pathé, grand projet inutilep. 22 - Lumière sur l’éclairage publicp. 23-24 - Hommage au squat des 18 Ponts

    #En_vedette #Numéros

  • Ordinateur à l’université : « Combien y’a-t-il d’étudiants dont on ne voit jamais les yeux ? » - Libération

    Par Olivier Estèves, Professeur à l’université de Lille, spécialiste de l’histoire britannique. — 18 septembre 2018 à 17:32

    Alors que l’interdiction des téléphones portables au collège a été officialisée à l’échelle nationale, l’utilisation des ordinateurs portables dans les universités devrait elle aussi faire l’objet d’un débat sérieux.

    Novembre 2017 : lors d’un séminaire de master 2 (en langue anglaise) sur les origines de la révolution conservatrice aux Etats-Unis, je présente les slides d’un PowerPoint qui égrène le bilan morbide des violences urbaines des années 60. Un tableau récapitule les douzaines de morts à Watts (quartier de Los Angeles), Newark, Detroit, Chicago, etc. En parlant, je vois au fond de la salle deux étudiantes, d’ordinaire sérieuses, qui rient ensemble, les yeux rivés sur l’écran de leur ordinateur portable respectif. De toute évidence, leur esprit et attention sont accaparés par un contenu n’ayant absolument rien à voir avec celui du cours. Je les rappelle à l’ordre, une énième fois, tellement ce type de comportement est routinier. Cette anecdote trouve des centaines, pardon des milliers d’échos dans l’expérience quotidienne de collègues universitaires.

    Incapables de participer

    On aurait tort de croire qu’il s’agit là d’un problème lié à la massification de l’enseignement dans l’université française, à laquelle le lamentable et opaque Parcoursup serait censé répondre. En effet, le cours en question est en master 2, pour lequel une sélection existe déjà depuis un an. De toute façon, des filières sélectives en France connaissent exactement le même problème. Ayant animé un séminaire sur la question raciale dans les séries américaines à Sciences-Po Lille, reposant sur un ouvrage que j’avais publié avec mon collègue et ami Sébastien Lefait (Presses de Sciences-Po, 2014), je me souviens distinctement avoir montré des extraits de The Wire, The Sopranos, dont on devait débattre ensuite auprès d’un public dont un tiers avait les yeux rivés sur leurs propres ordinateurs portables tandis que je procédais au visionnage de scènes des chefs-d’œuvre de David Simon et David Chase.

    Une fois ce visionnage terminé, une bonne proportion des étudiants était incapable de répondre aux questions, encore moins de participer au débat en anglais. Rien de plus normal : beaucoup d’entre eux venaient de s’amuser sur Facebook, de faire les soldes en ligne, de répondre à leurs mails, sans oublier qu’un écran d’ordinateur portable sert très souvent à cacher… un téléphone portable d’où l’on envoie des textos. Depuis, notamment dans les Instituts d’études politiques, le nombre de collègues imposant des cours « sans écran » (ni téléphone ni ordinateur portable) n’a cessé de croître. Un certain nombre d’entre eux, en France mais aussi ailleurs, sont des enseignants d’informatique, très bien placés pour connaître les torts que causent ces machines à l’attention étudiante.

    (...)

    La question de la réussite étudiante est, légitimement, dans la bouche de nombreux décideurs, depuis les directeurs d’UFR jusqu’aux cabinets ministériels. Poser sérieusement la question de l’interdiction de ces armes de distraction massive dans certains enseignements ne coûterait rien au gouvernement et réintroduirait les conditions de cours où l’on puisse débattre, discuter, illustrer des contenus et répondre à la contradiction étudiante, sans laquelle les universitaires ne peuvent guère avancer. Avec des étudiants rivés sur leurs écrans d’ordinateurs cela n’est tout simplement pas possible. Le temps est venu de mettre ces problèmes sur la table. A titre personnel, je procéderai à l’interdiction pure et simple de tout appareil connecté dès l’année prochaine, même si je trouve lamentable qu’il soit nécessaire d’en arriver là.❞

    #attention #numerisation #interdiction_de_l'ordinateur

    • Eh ben écoute plutôt pas mal. Je ne suis pas trop arrivé à la faire respecter aux deuxième année (ils avaient déjà pris le pli...) mais pour les première année c’est plutôt efficace. Je les trouve plus attentifs. C’est très subjectif : difficile de distinguer ce qui relève du fait de ne pas avoir d’écran devant les yeux de ce qui relève de « l’effet promo » (d’une année sur l’autre ce n’est jamais pareil). Mais quoi qu’il en soit je vais continuer.

      Je ne crois pas que l’auteur de l’article aie raison de trouver lamentable d’en arriver là. Après tout il s’agit d’un apprentissage des usages.

      En revanche, en TD, donc quand ils sont une trentaine, j’autorise ceux qui veulent à utiliser l’ordi, mais pas pour prendre des notes : ce sont des TD d’algorithmique programmation, donc si certains se sentent de tester leurs solutions s’ils ont le temps, pourquoi pas.

    • @ericw : excuse-moi, mais ça m’intéresse beaucoup, donc je vais te demander des précisions.
      As-tu également demandé aux premières années de ne pas sortir leurs téléphones portables ?
      Qu’est-ce que t’ont dit les secondes années, est-ce que vous avez eu une vraie discussion ?
      Est-ce que tu en as parlé avec des collègues, qu’est-ce qu’ils en pensent ?

    • On a qu’à dire « autre chose » ! Je suis l’affaire de l’appel de Beauchastel — des enseignant-e-s qui désobéissent aux injonctions au tout-numérique dans l’Éducation Nationale — ainsi que celle des tableaux noirs de Gaillac, dont on a déjà parlé sur seenthis. Il commence à y avoir pas mal de professionnel-le-s qui, dans l’enseignement, prennent position, et c’est très précieux.

    • Salut, si tu suis l’appel de Beauchastel tu peux aussi être tenu au courant par « Le rappel de Beauchastel », un format A3 alimenté par des enseignants signataires, qui se photocopie dans les collèges et Lycées et qui peut être envoyé à domicile à condition d’envoyer un carnet de 10 timbres.
      Je crois que nous en sommes au 3ème. Il se diffuse exclusivement au format papier pour éviter les critiques à la noix comme quoi l’Appel est en ligne alors que l’on critique l’informatique - alors qu’il a juste été publié par PMO ou par les journaux qui ont fait des articles.

  • Y a t-il un PILOT dans le charter ?
    http://labrique.net/index.php/thematiques/immigration/1016-y-a-t-il-un-pilot-dans-le-charter

    http://labrique.net/images/numeros/numéro55/dublinees_2_-_illu.jpg

    À l’heure des mobilisations contre la loi Vidal et la sélection à l’entrée de l’université, les étudiant.es exilé.es connaissent déjà des logiques de tri et se heurtent à de nombreux obstacles. Au lieu d’apporter son soutien à ses étudiant.es, quel que soit leur statut, l’Université de Lille, épaulée par la préfecture, renforce les inégalités entre les étranger.ères qu’elle accueille en se focalisant sur un programme d’exception.

    #En_vedette #Immigration

  • S.O.S. Les Nouvelles d’Archimède. (L’Université Lille-I - Villeneuve d’Ascq)
    Pour que perdure l’exigence culturelle à l’université.

    La fusion des universités bat son plein, mais, parfois, de manière malheureusement très technocratique. Depuis cinq mois, nous voyons se mettre en place des délocalisations mais aussi, ça et là, des gestions verticales où de nouveaux responsables semblent s’estimer les maîtres sans partage dans leurs domaines : ils ne se soucient alors ni des pratiques universitaires de concertation et de consultation, ni du respect de leurs collègues, ni de la reconnaissance due aux salariés, de leur expérience acquise à leurs postes, de leurs compétences et de leur investissement personnel dans le métier : c’est ainsi que des salariés se sentent considérés comme de simples variables d’ajustement devant se soumettre inconditionnellement aux nouveaux détenteurs de pouvoirs.

    Un cas exemplaire de cet état de fait est offert par la politique culturelle désormais mise en place à l’université : elle opère aujourd’hui sans concertation le démantèlement de ce qui faisait la richesse culturelle spécifique de chaque université. L’université de Lille 1, en particulier, avait construit un service culture unique en France, avec son équipe formée depuis vingt-cinq ans grâce aux efforts pionniers de Nabil El Haggar et Rudolf Bkouche. Un travail commun intense avait été initié avec la participation bénévole d’universitaires et l’implication financière de l’Etat, de la Région, de l’Université de Lille 1... Une politique cohérente et un rayonnement exceptionnel caractérisaient ce lieu de vie culturelle qu’a été "l’Espace culture", grâce à son équipe dévouée, sa revue "Les Nouvelles d’Archimède" – une référence dans l’espace de la francophonie -, ses cycles de conférences-débats organisés depuis 1993 avec des intellectuels de renom venant de tous horizons, ses séminaires, ses expositions sur le patrimoine scientifique, ses expositions artistiques réalisées en partenariats avec des structures culturelles et des artistes contemporains.

    Ce programme varié et foisonnant faisait appel à toutes les disciplines artistiques, culturelles et scientifiques : il était centré sur la mise en débats des sciences au sens large, de leurs applications et implications, sur l’ouverture de l’université vers la société, sur le développement de la réflexion critique des étudiants et de toutes les parties-prenantes de la vie universitaire, sur l’exigence de maintenir le lien entre culture patrimoniale et culture créative. Ces dernières années, la fusion de nos universités avait été anticipée, par l’enrichissement vers les sciences humaines et l’ouverture de nouvelles rubriques dans LNA, par la diversification des cycles, qui avaient connu un nouvel attrait du côté des étudiants. En un mot, la politique culturelle mise en oeuvre à Lille 1 visait la multidisciplinarité, en surmontant la tendance au cloisonnement des savoirs et à une conception purement utilitaire de leurs applications, afin de favoriser à l’inverse la réflexivité sur le sens des recherches menées, sur nos pratiques spécialisées tout comme sur notre rôle de citoyen.

    La fusion a amené aux responsabilités dans le domaine de la culture une VP et une directrice issues toutes deux de Lille3. Celles-ci ont pris depuis janvier une série de décisions : elles ont acté l’abandon des "Nouvelles d’Archimède", revue jugée "élitiste", exprimé la volonté de ne pas signifier officiellement au lectorat que le N° 77 était bien le dernier numéro de la revue, formulé par écrit au comité de rédaction et à l’ancien conseil de l’Espace culture l’interdiction de se réunir dans les locaux, supprimé les cycles de conférences-débats. En lieu et place, la nouvelle politique culturelle qui se profile viserait à promouvoir, au coup par coup, des animations auprès des étudiants. Ces responsables affirment ne faire qu’appliquer la volonté du Président de l’Université, alors que celui-ci (1) avait justement écrit un éditorial élogieux pour la revue dans le tout dernier numéro d’Archimède (n°77, p. 2) où il concluait :
    « (Notre) ouverture sur la société ne saurait être complète sans une politique culturelle forte. A ce titre, je souhaite qu’elle devienne un des marqueurs de l’identité de l’Université de Lille, qu’elle soutienne notre offre de formation, notre recherche et surtout qu’elle soit le socle de notre vie universitaire. Les Nouvelles d’Archimède, ce journal culturel et scientifique, à la croisée des disciplines, remplit pleinement ce rôle de catalyseur du savoir et d’ouverture sur la société. L’existence d’un tel média au sein d’une Université est une chance et nul doute qu’il fait partie de ces publications qui permettent de soulever la terre, pour paraphraser Archimède. ».

    A l’encontre des décisions nouvellement édictées, nous sommes convaincus que l’université ne peut se passer à la fois d’exigence intellectuelle et d’ouverture d’esprit. C’est pourquoi nous, universitaires, plasticiens, artistes, femmes et hommes de culture n’acceptons pas la violence faite aujourd’hui à la vie intellectuelle de notre université.

    Nous n’acceptons pas qu’une logique décisionnelle-opérationnelle vienne éradiquer vingt-cinq ans d’expériences culturelles menées en commun au sein de notre université.

    Pour que la question du sens de nos connaissances disciplinaires ne soit pas évacuée, pour que la réflexion critique puisse encore être favorisée en milieu universitaire, pour contribuer de nouveau à rendre moins étanche la séparation entre étudiants et enseignants-chercheurs, pour que nous puissions toujours nous considérer à la fois comme spécialistes et comme citoyens, nous avons décidé de fonder, avec des sociétés savantes présentes dans l’université, avec des partenaires culturels extérieurs, avec toutes les femmes et tous les hommes qui partagent ces convictions, une "Association L’Esprit d’Archimède" destinée à continuer le travail accompli et à amplifier les initiatives pour que l’université continue de rayonner aussi par la culture.

    Nous espérons pouvoir continuer à publier à terme "Les Nouvelles d’Archimède". Nous avons déjà reçu des témoignages de soutien :
    « Voilà plus de 13 ans, en 2005, que je venais pour la première fois sur le campus de la Cité Scientifique... Je me souviens très bien du ressenti que j’ai eu en découvrant l’Espace Culture et sa programmation : étonnée de découvrir un lieu de culture sur un campus universitaire de "sciences et technologies"... et également soulagée d’accéder aussi facilement à des conférences, des expositions, des spectacles ouverts à toutes et à tous, mais surtout aux étudiant-e-s, me permettant de m’aérer la tête après une journée de cours bien chargée. J’y ai trouvé régulièrement un bol d’air intellectuel m’amenant hors de ma discipline, m’invitant à en découvrir d’autres, à m’ouvrir vers d’autres horizons, au gré des différents cycles de séminaires et événements culturels aux thèmes variés, subtilement déclinés sous divers aspects. »
    « C’est avec surprise, déception, frustration et tristesse que j’ai appris la suspension « provisoire » ( ?) des Nouvelles d’Archimède. Mon mari et moi nous étions habitués à recevoir la revue quatre... fois par an. La qualité de ses articles, l’intelligence de sa conception et l’esthétique de sa forme en faisaient une publication scientifique et culturelle précieuse et courageuse. Rares sont les publications universitaires qui parviennent à être accessibles et exigeantes à la fois. C’est donc avec regret et une colère discrète que j’apprends son arrêt. »

    Nous vous vous invitons à exprimer à votre tour votre soutien et votre attachement à la Revue et à la politique qui était celle de l’espace culture en envoyant vos coordonnées à une adresse provisoire : celle de la section locale de la SFP (Société Française de Physique au P5bis).
    L’Association L’Esprit d’Archimède. Je soussigné (nom, prénom, adresse, courriel) désire être informé de la création de l’association.
    A envoyer à : SFP, bâtiment P5bis, Cité Scientifique, 59 655 Villeneuve d’Ascq Cedex ou à votre correspondant.

  • Physique statistique planaire et holomorphicité discrète
    http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=5063e951-5103-45d2-8e22-c9b35d2c4f7d

    L’holomorphicité discrète est devenue une méthode centrale dans l’étude du comportement critique de divers modèles de physique statistique planaire, tels que les modèles de percolation, Ising, marches auto-évitantes. Elle a révolutionné notre compréhension de leur limite d’échelle, et nous rapproche d’une compréhension complète de leur invariance conforme. Afin d’illustrer les progrès récents dans ce domaine, nous expliquerons comment calculer la vitesse de croissance, appelée constante de connectivité, du nombre de marches auto-évitantes sur le réseau hexagonal. L’idée principale consiste à montrer qu’une fonction particulière, appelée observable parafermionique, est holomorphe discrète pour un certain paramètre, qui ne peut être que le paramètre critique. Nous expliquerons ensuite comment l’idée peut être (...)

    • S.O.S. Les Nouvelles d’Archimède. (L’Université Lille-I - Villeneuve d’Ascq)
      Pour que perdure l’exigence culturelle à l’université.

      La fusion des universités bat son plein, mais, parfois, de manière malheureusement très technocratique. Depuis cinq mois, nous voyons se mettre en place des délocalisations mais aussi, ça et là, des gestions verticales où de nouveaux responsables semblent s’estimer les maîtres sans partage dans leurs domaines : ils ne se soucient alors ni des pratiques universitaires de concertation et de consultation, ni du respect de leurs collègues, ni de la reconnaissance due aux salariés, de leur expérience acquise à leurs postes, de leurs compétences et de leur investissement personnel dans le métier : c’est ainsi que des salariés se sentent considérés comme de simples variables d’ajustement devant se soumettre inconditionnellement aux nouveaux détenteurs de pouvoirs.

      Un cas exemplaire de cet état de fait est offert par la politique culturelle désormais mise en place à l’université : elle opère aujourd’hui sans concertation le démantèlement de ce qui faisait la richesse culturelle spécifique de chaque université. L’université de Lille 1, en particulier, avait construit un service culture unique en France, avec son équipe formée depuis vingt-cinq ans grâce aux efforts pionniers de Nabil El Haggar et Rudolf Bkouche.

      . . . . . .
      https://seenthis.net/messages/700776

  • LILLIAD, genèse d’un learning center en France
    http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=47af1650-ac1d-447c-9fb7-3ce8b3f6f671

    Porté par l’Université de Lille - sciences et technologies, la Région Hauts-de-France, la Métropole Européenne de Lille, l’Europe et l’État, en partenariat avec les pôles de compétitivité, LILLIAD Learning center Innovation est ouvert depuis septembre 2016.

    Cette transformation extension de l’ancienne BU en un learning center dédié à l’innovation est un succès qui se traduit sur ses 3 pôles d’activité (bibliothèque, événementiel, Xperium) en termes de circulation des savoirs, de valorisaton de la recherche et de l’innovation, d’expérimetation pédagogique, d’ouverture de l’université à de larges publics.

    La table ronde reviendra sur la genèse de ce projet, ses lignes directrices, ses partis pris fonctionnels et architecturaux. Pour marquer la sortie de l’ouvrage LILLIAD Learning center Innovation publié aux éditions (...)

    • C’est un colloque et c’est sur 3 jours, 16-17-18 janvier
      Colloque « Faire face aux discriminations. Expériences et (dé)mobilisations dans les quartiers populaires »
      http://ceraps.univ-lille2.fr/fileadmin/user_upload/enseignants/Talpin/20190116-18_-_COLLOQUE_FAIRE_FACE_AUX_DISCRIMINATIONS.pdf

      (j’ai demandé à @aude_v si elle connaissait des personnes pouvant m’héberger. Je ne sais pas non plus si ce colloque intéresse d’autres personnes vers Lille : @sandburg, @tintin, ... ?)

      Faire face aux discriminations
      Expériences et (dé)mobilisations dans les quartiers populaires
      Lille, 16-18 janvier2019
      Le colloque se déroulera à l’Université de Lille, 1 place Déliot à Lille, M° Porte de Douai.

      Colloque organisé par Julien Talpin et le collectif D.R.E.A.M. (Discriminations, racismes, engagements et mobilisations)

      Ce colloque constitue l’évènement scientifique de clôture du projet de recherche ANR EODIPAR (“Expérience des discrimination, participation et représentation”) coordonné par le collectif DREAM (Discriminations, racismes, engagements et mobilisations).
      Les premières et troisième journées seront consacrées à la présentation des résultats de l’enquête collective comparative menée dans neuf quartiers populaires en France (Le Blanc Mesnil, Lormont, Mistral à Grenoble, Roubaix, Vaulx-en-Velin, Villepinte) en Angleterre (Londres), au Canada (Montréal) et aux Etats-Unis (Los Angeles) entre 2015 et 2018. Reposant sur 250 entretiens biographiques et l’observation d’une quinzaine de collectifs militants et de dispositifs d’action publique, ces recherches seront discutées par des cherheur.e.s spécialistes de ces questions.
      La deuxième journée d’étude, ouverte suite à un appel à communication, sera consacrée à la question des formes de disqualification et de répression qui affectent les mobilisations de minorités et issues de quartiers populaires.

      Le collectif DREAM (Discrimination, Racisme, Engagements et Mobilisations) est composé de : Hélène Balazard, Marion Carrel, Angéline Escafré-Dublet, Virginie Guiraudon, Samir Hadj Belgacem, Camille Hamidi, Sumbul Kaya, Alexandre Piettre, Anaïk Purenne Guillaume Roux, Julien Talpin

      16 janvier 2019
      Faire l’expérience des discriminations :
      Incidences sur les trajectoires et rapport au politique

      17 janvier 2019
      Démobiliser les quartiers populaires
      Répression, disqualification et cooptation comme stratégies de gouvernement

      18 janvier 2019
      Lutter contre les discriminations : stratégies,
      répertoires et changement social

      (je mettrai tout le programme si j’ai le temps, et sinon, n’hésitez pas.)

    • ok, c’est bon pour le logement et voilà !
      Si y’a des personnes intéressées (ça commence ce mercredi matin) :

      ENTREE GRATUITE

      LIEU : Université de droit-Campus Moulins, 1 place Déliot, Lille
      Salles :
      le 16/01 : Salle GUY DEBEYRE (Bâtiment A, 3ème étage, salle A.3.01)
      les 17 et 18/01 : AMPHI CASSIN (Bâtiment T, rez-de-chaussée)

      INSCRIPTION OBLIGATOIRE dans le plan Vigipirate
      Ecrire à l’adresse mail suivante : eodipar@gmail.com en communiquant votre identité afin d’avoir accès aux salles du colloque.
      Par précaution, avoir une pièce d’identité à présenter si besoin.

      http://ceraps.univ-lille2.fr/en/colloque-faire-face-aux-discriminations.html

      (je taggue aussi @raspa & @georgia , c’est à Lille cette semaine)

      #discriminations #quartiers_populaires #luttes

  • Pitchs des challengers
    http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=c6b61861-286c-4aa8-9d89-3da9d28a6bd4

    Lycéens et étudiants ensemble pour la 3ème révolution industrielle

    L’université de Lille a lancé, dans le cadre de la seconde saison d’Xperium, le « Challenge Xperium REV3 », qui s’est tenue à LILLIAD Learning center Innovation.

    10 groupes de lycéens de la région Hauts de France accompagnés d’étudiants de l’Université de Lille se sont retrouvés ensemble pour réfléchir sur 5 thématiques en lien avec la 3ème révolution industrielle : climat, énergie, préservation des ressources, économie circulaire, mobilité.

    Toute la journée du 12 avril 2018 ils ont pu imaginer, concevoir, construire des solutions originales et innovantes. Pour les guider dans leur démarche, des experts de chacun des domaines et des personnes ressources de l’université les ont accompagnés et orientés au fil des étapes de construction de leur (...)

  • Au fil de l’épée . 31 mn. 06/05/2018
    Nouvelle émission de « Carbone 14 », le magazine de l’archéologie. Une demi-heure sur la naissance de la guerre et du guerrier à l’âge du bronze . Avec Anne Lehoërff, professeur à l’Université de Lille, vice-présidente du conseil national de la recherche archéologique, pou son dernier livre « Par les armes. Le jour où l’homme inventa la guerre ».

    La page :
    https://www.franceculture.fr/emissions/carbone-14-le-magazine-de-larcheologie/au-fil-de-lepee
    Le podcast :
    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10267-06.05.2018-ITEMA_21670441-0.mp3

    #Préhistoire #âge_du_bronze #radio #Anne_Lehoërff #Université_de_Lille

  • Parcoursup : des profs de l’Université de Lille refusent d’examiner les dossiers des lycéens FR3 - Claire Chevalier/François Daireaux - 30 Mars 2018

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/parcoursup-profs-universite-lille-refusent-examiner-dos

    C’est un dossier qui fait couler beaucoup d’encre : #Parcoursup. Mais la nouvelle plateforme d’orientation post-bac suscite des inquiétudes et même une franche opposition. Certains professeurs de l’université de Lille menacent de ne pas examiner les candidatures.

    ls entendent être des lanceurs d’alerte. Dans quelques jours, des professeurs d’universités devront étudier les dossiers des futurs bacheliers pour les accepter ou non dans leur filière. Mais le nouveau système Parcourssup les inquiète. Ils ne voient pas comment ils pourront examiner et classer parfois plus de 2000 dossiers dans certaines formations. 

    « Personne ne sait faire ça ! Comment je vais déterminer le 877ème et le 878ème, je ne pourrai pas le déterminer manuellement. Donc en fait, une des raisons pour lesquels les lycéens et les familles peuvent être inquiets, c’est que ce sont des logiciels, des algorithmes qui vont faire ces classements », explique Fabien Desage, Maître de conférence en Sciences politiques.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=41&v=ZLLz1V-wbpo

    Pour ces enseignants, derrière ce système se cache une sélection déguisée. Chaque filière pourra appliquer ses propres critères. Et même si tous les bacheliers seront admis à l’Université, ce ne sera pas forcément dans la formation qu’ils souhaitaient en priorité. 

    Contrairement à l’ancien système APB, les lycéens n’ont plus à hiérarchiser leurs 10 choix. Leur dossier sera donc examiné dans les 10 filières qu’ils ont retenues.

    A #Lille, ces enseignants trouvent ce système chronophage et inéquitable. « Nous décidons de ne pas classer. Nous considéreons que c’est un travail inutile, inégalitaire et nous ne voulons pas assumer la responsabilité de ce travail. Nous renvoyons la responsabilité de cette réforme à ceux qui l’ont portée », explique Thomas Alam, maître de conférence en Sciences politiques. 

    Et pour la réussite de leurs étudiants. Ces enseignants réclament, pour l’Université, des moyens équivalents à ceux accordés aux grandes écoles.

     

    #université #sélection #france #parcoursup #parcours_sup #supérieur #éducation