• L’Occident unitaire. Une interprétation civilisationnelle du corps politique occidental

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12637938

    Par Pascal Lottaz – Source Blog de l’auteur - 2026-07-29

    en EN : https://pascallottaz.substack.com/p/the-one-west
    en FR : https://lesakerfrancophone.fr/loccident-unitaire-une-interpretation-civilisationnelle-du-corps-

    _La crise de l’ #Occident, une crise du #Réalisme_

    Comment expliquer les politiques contreproductives et autodestructrices des États occidentaux ?

    L’Europe semble heureuse de se désindustrialiser, la guerre par procuration des #États-Unis en #Ukraine tue des centaines de milliers (voire des millions) d’Ukrainiens – ceux-là mêmes que l’ #OTAN jure vouloir protéger – et, à présent, cette guerre est sur le point de se répandre sur tout le continent. Et que fait l’Europe ? Remettre une dose de politiques qui échouent depuis douze ans en créant un 21e paquet de sanctions. Toujours pas de diplomatie en vue. Dans le même temps, la guerre que l’alliance américano-israélienne a déclenchée contre l’Iran ravage les installations militaires et dégrade l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Pourtant, l’ensemble des dirigeants euro-atlantiques semble déterminé à poursuivre une voie que beaucoup d’entre nous, qui sommes dans le commentaire critique, considèrent comme manifestement ruineuse et suicidaire pour la plupart des membres du club.

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      Bien sûr, chaque théâtre, chaque guerre, chaque bataille a sa propre logique narrative, des deux côtés. Cependant, en prenant un peu de recul, on se demande vraiment : qu’est-ce qui motive les personnes qui prennent ces décisions ? Prenons un seul exemple : le plus grand cas de sabotage industriel de l’histoire de l’après-Seconde Guerre mondiale – l’attaque du gazoduc Nord Stream – n’est toujours pas résolu, quatre ans après qu’il se soit produit. Nous savons que ce n’est pas un accident, et cela démontre la nature interne du crime. Au mieux, il s’agissait d’éléments voyous en Ukraine (comme les Allemands tentent vaguement de l’établir), au pire, c’était le travail de l’OTAN (comme l’a affirmé Seymour Hersh). Mais il y a plus. Pourquoi la Suède et la Finlande ont-elles renoncé aux politiques de sécurité qui les ont préservées pendant des décennies et des siècles ? Pourquoi personne en Occident n’envisage-t-il un arrangement de compromis, c’est-à-dire accepter une Ukraine neutre pour éviter (ou mettre fin) à la guerre ? Pourquoi les États-Unis ont-ils déclenché une guerre contre l’Iran plutôt que de revenir au JCPOA qui avait déjà atteint l’objectif que l’Iran ne possède pas de bombes nucléaires ? La liste des politiques malavisées et contreproductives s’allonge encore et encore.

      Il me semble que ce n’est pas seulement une crise de l’Occident, mais aussi une crise du Réalisme (scolastique). Après tout, l’une des hypothèses fondamentales du Réalisme est que les actions des États sont guidées par l’intérêt national. Cela est particulièrement vrai pour les grandes puissances. Bien que le Réalisme ne prétende pas que les grands États n’infiltrent pas et n’abusent pas des petits pays par la coercition et les pots-de-vin, cela ne devrait pas être possible dans l’autre sens ou conduire à une logique circulaire dans laquelle soudainement la queue commence à remuer le chien.

      Oui, nous pourrions, à ce stade, nous aventurer soit dans des micro-discussions sur le développement politique de chaque cas, les décideurs, la dépendance de la trajectoire politique à chaque point, etc… Ou nous pouvons avoir une discussion sur la Grande Stratégie, la vision de Brzezinski du continent eurasien, diviser pour mieux régner, même sur la vision marxiste de la primauté de la structure économique sous-jacente à l’impérialisme, ou tous les autres objectifs primordiaux de l’empire que des analystes comme Brian Berletic soulignent à maintes reprises. Nous pourrions également aborder les facteurs psychologiques, les psychoses collectives, la capture des élites, le contrôle narratif ou les études sur la propagande. Ce sont tous des aspects importants et pertinents de ce qui se passe.

      Mais je préfère réfléchir à une question théorique qui m’irrite. L’hypothèse classique que beaucoup dans notre profession semblent partager est que le plus haut niveau dirigeant dans les relations internationales est l’État-nation. Puis-je demander : et s’il y avait un niveau encore plus élevé, qui se situe au-dessus de l’État-nation et fonctionne comme une force (partiellement) structurante derrière le comportement de masse ?

      Le Réalisme tend à imaginer le monde international comme un champ d’États séparés. Ils sont traités comme des unités, comme des boules de billard, interagissant les uns avec les autres dans un système international anarchique : ils coopèrent, rivalisent, forment des alliances, partent en guerre et poursuivent leurs intérêts. Plus important encore, malgré des différences de pouvoir évidentes, ils sont tous finalement égaux dans le sens où l’État reste le plus haut niveau d’analyse. Le réalisme (néo) classique ignore explicitement ce qui se passe à l’intérieur de la “boîte noire” de l’État, traitant les facteurs nationaux comme (largement) sans rapport avec le mouvement des États, qu’il considère en termes de différences de pouvoir et de concurrence sécuritaire. Mais il ferme également les yeux sur les méta-structures au-delà de celle de la distribution du pouvoir dans le système anarchique. Des questions telles que les « normes » ou les « valeurs » sortent carrément du cadre réaliste ; laissons cela aux constructivistes.

      Mais la discussion réaliste laisse également de côté les réflexions sur la qualité et les origines de l’interaction entre les États, en particulier les différents degrés d’intégration qu’ils peuvent expérimenter. Certains États ne sont pas seulement alliés les uns avec les autres. Ils sont si profondément intégrés qu’ils se comportent moins comme des corps séparés et plus comme des membres d’une équipe, même au détriment de ce que le Réalisme décrirait comme leurs intérêts fondamentaux.

      Pour donner du sens, et surtout pour recadrer le comportement des nations occidentales, je souhaite proposer le concept d’Occident Unitaire comme moyen d’aborder la dimension civilisationnelle du comportement occidental sur la scène internationale.

      L’Occident unitaire

      Ce que j’entends par l’Occident unitaire n’est pas identique à « l’Occident politique » de Richard Sakwa, ni à ce qui est souvent qualifié en Russie et ailleurs « d’Occident collectif ».” C’est lié aux deux, mais pointe vers quelque chose de légèrement différent. L’Occident politique de Sakwa, développé entre autres dans son étude Russia Against the Rest, décrit un bloc institutionnel et idéationnel, l’ordre euro-atlantique, construit autour de l’OTAN et de l’UE, qui se présente comme le point final universel de l’histoire. L’argument de Sakwa est carrément géopolitique, préoccupé par la prétention de l’Occident à incarner un ordre universel.1 Il en va de même pour le terme « Occident collectif », que beaucoup dans la blogosphère internationale utilisent pour décrire une structure d’opposition des institutions occidentales confrontées à un ordre multipolaire. En d’autres termes, les deux termes désignent un bloc politique. Avec l’Occident unitaire, je veux plutôt désigner un corps politique civilisationnel réparti entre plusieurs États, nations, sociétés, institutions et époques. Pas un seul pays, un empire ou une fédération formelle, mais une formation ayant historiquement évoluée et composée de différents organes politiques qui fonctionnent ensemble, se coordonnent les uns avec les autres et reproduisent un projet civilisationnel commun à travers les générations. Une entité semblable à un organisme.

      Cela peut sembler inhabituel, mais écoutez plutôt.

      L’étude des relations internationales évitait généralement les métaphores biologiques pour de bonnes raisons, elles ont une histoire assez sombre attachée. La sociologie du XIXe siècle d’Herbert Spencer traitait la société elle-même comme un organisme en croissance, se différenciant en parties spécialisées de la même manière qu’un embryon se différencie en organes, bien que Spencer ait pris soin d’insister sur le fait que l’analogie ne montrait qu’un parallèle entre la croissance sociale et biologique, pas une identité littérale entre les deux.2 Sa prudence n’a pas survécu longtemps. La théorie organique de l’État de Friedrich Ratzel et la description explicite de l’État par Rudolf Kjellén en tant que « Lebensform », une forme vivante unissant territoire et peuple, ont traité la croissance et l’expansion de l’État comme littéralement biologiques, une question de survie et de “Lebensraum” plutôt qu’une métaphore.3 Ce littéralisme a ensuite été absorbé, sous une forme déformée et beaucoup plus dangereuse, dans la géopolitique nazie sous Karl Haushofer. C’est pourquoi la discipline a depuis traité le langage biologique sur les États et les civilisations comme étant radioactif.4

      Je veux être très clair sur le fait que je ne ravive pas cette lignée. Une métaphore biologique prudente n’implique pas nécessairement un déterminisme biologique. Je ne prétends pas que les civilisations sont littéralement des organismes, ni que le comportement politique est génétiquement fixé. Je propose plutôt que certaines formations politiques puissent être mieux comprises à travers des concepts tels que les corps, les organes, les membranes, les systèmes nerveux, le métabolisme, les réactions immunitaires et la reproduction qu’à travers le langage des seules unités souveraines. La métaphore, en d’autres termes, appartient à la même famille que le récit de Talcott Parsons sur la société en tant que système de sous-systèmes interdépendants remplissant des fonctions distinctes pour l’ensemble, ou l’utilisation par Niklas Luhmann du concept biologique d’autopoïèse, d’auto-reproduction, pour décrire comment les sous-systèmes sociétaux modernes maintiennent leurs propres limites contre un environnement complexe.5 Les deux empruntent le vocabulaire biologique comme outil d’analyse, et c’est dans cette entreprise (pas celle de Ratzel ou de Spengler) que je veux placer l’argument qui suit.

      Le « corps politique » lui-même, en fait, est une figure beaucoup plus ancienne que tout cela : Jean de Salisbury a décrit le Commonwealth médiéval comme un corps avec le prince à sa tête et la paysannerie à ses pieds, et Ernst Kantorowicz a retracé comment la même figure permettait aux Européens médiévaux et modernes de distinguer le corps mortel du roi du corps immortel du royaume qu’il incarnait.6 Naturellement, le Léviathan de Thomas Hobbes vient également à l’esprit, bien qu’il ait été formulé (et dessiné) dans un contexte politique national différent.

      Ce que je propose est une variante de cette vieille habitude de pensée, redirigée pour capturer l’idée d’une civilisation entière plutôt que d’un seul royaume. L’Occident unitaire est donc une façon de nommer le comportement collaboratif d’une cinquantaine d’États, principalement les États colonisateurs européens et leurs descendants, au cours des cinq ou six cents dernières années.

      L’État : pas sa propre unité

      Si nous partons de l’hypothèse que les États-nations sont intrinsèquement séparés, il est naturel de s’interroger sur l’influence d’une unité sur une autre, car nous observons clairement différents types d’interaction mutuelle. Ainsi, lorsqu’une unité semble exercer une influence sur une autre, nous sommes tentés de demander qui contrôle qui. Dans sa version la plus grossière, la question devient, par exemple : les États-Unis contrôlent-ils Israël, ou Israël contrôle-t-il les États-Unis ? Washington dirige-t-elle l’Europe ou est-ce l’Europe qui suit volontairement Washington ? Les États de l’OTAN sont-ils des acteurs souverains ou sont-ils subordonnés à un empire américain ?

      Ces questions ne sont pas dénuées de sens, mais quelque chose me dit qu’elles sont mal cadrées. Si l’on examine les nombreuses façons dont ces entités interagissent, non seulement par le biais de traités, mais également par l’intégration sociale du commerce, la libre circulation des personnes et, en particulier, le brassage des élites, on trouve toute une communauté épistémique qui construit une coordination politique volontaire à travers un discours et des systèmes de croyances sur la “valeur partagée” dans lesquels la Russie est une “menace”, la Chine est un “challenger”, Israël est une “victime”, etc. Nel Bonilla a beaucoup travaillé sur cette question (sur ma chaîne ici, ici et ici).

      Alors, que se passe-t-il si nous cessons de considérer certains de ces acteurs comme extérieurs les uns aux autres comme le suppose le modèle centré sur l’État-nation ? Peut-être que l’intégration est si profonde que la façon la plus appropriée de la voir est à travers autre chose, comme l’anatomie.

      Dans ce cas, la question américano-israélienne revient à se demander si le cœur dirige le cerveau ou si c’est le cerveau qui dirige le cœur. Ce sont des organes différents mais tous deux nécessaires pour que l’ensemble continue. Ils ont différentes fonctions, différentes capacités et différents types d’influence. Ils peuvent même entrer en tension. Mais ils font toujours partie de la même formation systémique, se maintenant mutuellement en fonction. C’est une affirmation différente de l’argument bien connu d’Alexander Wendt selon lequel les États peuvent être traités comme des “personnes” individuelles avec des intérêts et des identités constitués par l’interaction sociale.7 Wendt personnifie l’État comme un seul acteur face à d’autres acteurs ; mon argument est plus proche de l’inverse : dépersonnaliser un ensemble d’acteurs que les Relations Internationales traitent comme étant séparés, et se demander si certains d’entre eux sont mieux modélisés en étant imaginés comme des parties d’un même organisme plutôt que comme des personnes en dialogue les unes avec les autres.

      L’Occident unitaire en tant que corps politique

      En ce sens, je propose que l’Occident unitaire soit considéré comme un corps politique civilisationnel. Ses composantes comprennent les États, les armées, les agences de renseignement, les systèmes médiatiques, les institutions financières, les universités, les régimes juridiques, les groupes de réflexion, les entreprises, les ONG, les réseaux philanthropiques, les traditions idéologiques et les institutions religieuses. Bien entendu, ces composants ne sont pas commandés de manière centralisée. L’Occident unitaire n’a pas besoin d’un gouvernement mondial ou d’un plan directeur caché. Son unité est « organique » en ce sens qu’il s’agit d’une forme sociologiquement explicable d’interaction et d’intégration, naturellement développée sur une longue période.

      Un organisme ne fonctionne pas parce que chaque cellule reçoit des ordres directs du cerveau. Une grande partie de son comportement émerge de modèles intériorisés, de boucles de rétroaction, d’homéostasie, d’adaptation environnementale et, bien sûr, d’un code génétique partagé. Quelque chose de similaire peut se retrouver dans les formations civilisationnelles profondément intégrées. Elles n’ont pas besoin d’une coordination explicite constante pour avancer dans des directions globalement similaires. Leurs parties ont été socialisées dans le même projet historique et non téléologique. Elles partagent des hypothèses, des hiérarchies morales, des perceptions de la menace, des habitudes institutionnelles et des récits de légitimité qui fonctionnent comme des mécanismes de coordination [inconscients donc automatiques, NdT].

      Cela permet d’expliquer pourquoi certains États et sociétés convergent la plupart du temps vers les mêmes projets stratégiques, même en cas de désaccord entre eux. L’Occident unique a traversé des guerres internes, des rivalités et des crises. La Grande-Bretagne a combattu l’Allemagne. La France s’est heurtée à la Grande-Bretagne. Les États-Unis ont remplacé les anciens empires européens. Pourtant, ces conflits n’ont pas effacé la continuité civilisationnelle plus profonde de l’expansionnisme occidental, de la domination coloniale, de la hiérarchie raciale, de l’intégration capitaliste et de l’ordre géopolitique.
      Le corps se battait avec lui-même, mais il restait un corps.

      Organes, fonctions et pouvoir distribué

      Une approche biologique nous permet également de penser différemment le pouvoir. Dans l’analyse réaliste classique, le pouvoir est souvent imaginé verticalement : un acteur commande, un autre obéit. Mais dans un corps, le pouvoir est distribué fonctionnellement. Différents organes font des choses différentes. Certains font circuler des ressources. Certains produisent de la cognition. Certains fournissent une force coercitive. Certains filtrent les toxines. Certains reproduisent l’identité. Certains identifient des menaces. Parsons se réfère à cela comme les exigences fonctionnelles de tout système social, l’adaptation, la réalisation des objectifs, l’intégration et la maintenance des modèles, chacune gérée par un sous-système différent afin que l’ensemble survive.8

      Dans l’Occident unitaire, les États-Unis peuvent fonctionner comme l’organe militaire et stratégique central. La Grande-Bretagne fonctionne souvent comme un organe diplomatique, de renseignement et narratif (propagande). L’Union européenne peut fonctionner comme un organe réglementaire et économique. L’OTAN fonctionne comme un système nerveux militaire, dans un sens proche de celui que Karl Deutsch a donné à cette expression : un réseau de collecte, de transmission et d’action sur l’information dans des conditions de stress—un système intégré de communication et de contrôle.9 Israël fonctionne comme un organe frontière, un terrain d’essai et une expression condensée de la logique coloniale au Moyen-Orient. Les grandes institutions médiatiques fonctionnent comme des systèmes sensoriels et narratifs. Les universités et les groupes de réflexion fonctionnent comme des organes cognitifs et légitimant. Les institutions financières assurent, bien sûr, la circulation de l’argent. Les institutions juridiques définissent ce que le corps reconnaît comme ordre, règles et légitimité.

      Cela ne signifie pas que les organes sont toujours d’accord entre eux. Ils peuvent se disputer des ressources, mal fonctionner ou envoyer des signaux contradictoires ; ils peuvent même endommager le corps auquel ils appartiennent. Mais ils restent liés par une structure d’interdépendance plus profonde, c’est pourquoi la recherche d’un centre de contrôle unique échoue si souvent. L’Occident unitaire n’opère généralement pas par conspiration ou commandement. Il fonctionne par intégration, sa puissance résidant dans le fait que ses organes agissent souvent de concert sans qu’on ait besoin de leur dire quoi faire.

      J’ai déjà soutenu quelque chose de structurellement similaire, dans le registre théorique des grands systèmes plutôt que dans le registre biologique : avec Andreas Nishikawa-Pacher, nous avons décrit comment la neutralité permanente aide le système diplomatique à rester stable face à un environnement complexe ; une réalisation, avons-nous écrit, « que seul un système autonome peut atteindre, c’est à dire un système qui produit des mécanismes internes pour maintenir son état interne relativement constant ».10 L’Occident unitaire est l’image miroir de cet argument : un cas dans lequel un groupe d’acteurs produit des mécanismes internes qui maintiennent leur comportement collectif constant grâce à une intégration mutuelle.
      La Membrane : ce qui est inclus et ce qui est exclu

      Un élément essentiel de cette métaphore concerne qui participe au corps politique civilisationnel est qui n’y participe pas et pourquoi. Nous pouvons appeler cela le problème de la membrane. Chaque organisme doit faire la distinction entre soi et non-soi. Il doit savoir ce qui appartient au corps et ce qui semble étranger, dangereux ou contaminant. Celui de l’Occident, on peut supposer, a aussi une telle membrane. La théorie des systèmes de Luhmann repose également sur cette distinction. Il soutient qu’un système auto-reproducteur le fait à travers des opérations de communication sélectives, se différenciant continuellement de son environnement, décidant de ce qui compte comme communication interne et de ce qui est externe.11

      Cette membrane n’est probablement ni fixée dans le temps ni clairement localisable au sens géographique. Le Japon, par exemple, ne fait pas historiquement partie du noyau civilisationnel occidental, mais il a été partiellement incorporé dans l’architecture de sécurité occidentale. L’Europe de l’Est a été progressivement absorbée dans le corps occidental par l’expansion de l’OTAN et de l’UE. Israël est géographiquement situé au Proche-Orient mais fonctionne comme un organe intime de l’Occident unitaire. Pendant ce temps, la Russie, la Chine, l’Iran et une grande partie du monde arabe et islamique sont souvent considérés comme des Autres importants.

      Par conséquent, il semble que la membrane se créé autour de lignes politiques, idéologiques et stratégiques. Elle définit qui peut être intégré, qui doit être discipliné, qui peut être toléré et qui doit être confronté, à l’extérieur et à l’intérieur. Considérez les récentes sanctions contre des citoyens de l’Occident unitaire : l’UE a sanctionné l’analyste militaire suisse Jacques Baud, la militante suisse-camerounaise Nathalie Yamb et le journaliste allemand Hüseyin Doğru en gelant leurs compte bancaire et en leur interdisant de voyager, officiellement sous son régime de sanctions contre les « menaces hybrides » russes et la manipulation de l’information, même si au moins l’un des trois, Doğru, a un profil public principalement basé sur des reportages sur Gaza plutôt que sur la Russie.12 Quoi que l’on fasse des preuves sous-jacentes, ce que plusieurs des parties sanctionnées et des juristes extérieurs ont publiquement contesté, le mécanisme lui-même est une illustration utile d’un système immunitaire à l’œuvre : un organisme disciplinant ses propres cellules pour un comportement qu’il classe non pas comme illégal (ce que ces gens ont fait est explicitement autorisé par les règles que l’Occident se donne) mais comme une contamination venant de l’extérieur, utilisant le même appareil institutionnel et juridique qu’il dirige également, dans différents registres, contre des acteurs entièrement extérieurs (les sanctions sont des outils de politique étrangère).13

      Au niveau international, cela permet d’expliquer pourquoi certains États peuvent commettre des violences extraordinaires et rester malgré cela à l’intérieur du corps moral de l’Occident unitaire, tandis que d’autres sont traités comme des menaces permanentes même lorsque leur conduite est clairement peu destructrice. Considérez la disparité d’échelle entre la guerre de Gaza et la guerre en Ukraine. Selon l’estimation comparative la plus minutieuse disponible, le Projet sur les coûts de la guerre de l’Université Brown a révélé (très, très prudemment) que les civils représentaient environ quatre-vingts pour cent des décès à Gaza, qu’ils cumulent à moins de 10% pour la guerre Russo-ukrainienne, qui est restée, comparativement, une guerre entre forces armées.14 Les chiffres des deux côtés sont constamment contestés et révisés, et doivent être traités avec la prudence que mérite tout décompte des pertes en temps de guerre. Mais même en tenant compte de cette incertitude, l’ampleur de la mort de civils à Gaza n’est pas sérieusement contestée, et elle n’a entrainé aucune sanction, ni isolement diplomatique ou saisies financières que l’invasion russe a provoqué. L’Occident unitaire reconnaît la violence d’Israël comme étant tolérable mais celle de la Russie comme inacceptable.

      La distinction ne se base donc pas principalement sur des règles universelles, mais sur l’appartenance au corps. Ceux à l’intérieur du corps sont interprétés en utilisant le langage de la sécurité, de la tragédie, de la démocratie, de la complexité ou de la nécessité. Ceux qui en sont extérieurs sont interprétés en utilisant le langage de l’agression, de la barbarie, du terrorisme, de l’autoritarisme ou de l’irrationalité. Par conséquent, beaucoup critiquent l’Occident pour son « hypocrisie ». C’est simplement le résultat d’un système intégrant/rejetant. Cela fait partie de la façon dont l’Occident unitaire, en tant que corps politique civilisationnel, traite le soi et le non-soi. L’hypocrisie est le résultat de la membrane en action.

      L’Occident unitaire et ses Autres significatifs

      L’Occident unitaire se définit en se confrontant à d’Autres significatifs. La Russie, la Chine, l’Iran et le monde arabe sont des concurrents géopolitiques en partie parce qu’ils sont traités comme des étrangers civilisationnels. Ils peuvent commercer avec l’Occident unitaire, négocier avec lui, étudier dans ses universités ou adopter certaines de ses institutions. Certains, à un niveau individuel, pourraient même être parfaitement intégrés dans l’Occident unique. Il suffit de penser à la récente réunion de haut niveau entre le Secrétaire américain à la Marine par intérim, Hung Cao, un fonctionnaire américain d’origine (Sud) vietnamienne, et le président vietnamien, To Lam. Rien n’empêche des individus de faire partie du tissu de l’Occident unitaire.

      Mais sur le plan politique, les Autres significatifs ne sont pas reconnus comme faisant partie du même corps politique civilisationnel. C’est ce qui façonne les limites de l’empathie et de l’intégration. L’Occident unitaire peut être en désaccord avec la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, Israël ou les États-Unis sans les rejeter hors du corps. Même quelque chose d’aussi dramatique qu’une guerre mondiale n’a conduit qu’à une reconfiguration interne du corps politique, de qui fait quoi pour le système. Mais pas à une rupture civilisationnelle. Au contraire, ce sont des alliés de la Seconde Guerre mondiale qui ont fini par devenir des rivaux de la Guerre froide, tandis que les anciens ennemis d’Europe et d’Asie ont été intégrés dans le projet occidental.

      Les conflits avec la Russie, la Chine, l’Iran ou les mouvements de résistance palestiniens sont traités différemment, encadrés comme des confrontations avec l’extérieur : avec le barbare, l’autoritaire, le terroriste, l’Asiatique, l’irrationnel ou le menaçant.

      Cela ne signifie pas que l’Occident unitaire est incapable de coopérer tactiquement avec des étrangers. Les organismes interagissent constamment avec leur environnement. Ils consomment, échangent, s’adaptent et négocient. Mais interaction ne veut pas dire intégration. La question clé est de savoir si un acteur est reconnu comme faisant partie du corps ou comme faisant partie de l’environnement par rapport auquel le corps se définit.
      Le projet colonial

      Tel que je le vois actuellement, l’Occident unitaire est le produit d’un processus historique long de cinq à six cents ans, enraciné dans l’expansion de l’Europe occidentale, le colonialisme transatlantique, le colonialisme de peuplement, l’esclavage, la concurrence impériale, la création capitaliste du monde et la construction progressive d’une hiérarchie mondiale centrée sur l’Europe et ses ramifications.

      L’expansion vers l’ouest du monde anglo-européen, en Amérique du Nord, à travers le continent américain jusqu’au Pacifique, puis jusqu’à Hawaï faisait partie de ce mouvement civilisationnel. On peut en dire autant des projets impériaux espagnols, britanniques, Français, Néerlandais, Portugais et plus tard américains. Ces puissances se faisaient souvent concurrence, parfois âprement. Pourtant, leur compétition s’est déroulée dans le même cadre général : l’expansion vers l’extérieur du monde occidental et la subordination, l’absorption ou la destruction de ceux qui se trouvaient à l’extérieur.

      Un merveilleux exemple de l’ADN coopératif partagé au sein de la manifestation compétitive du colonialisme est les nombreuses façons dont la coopération entre colonisateurs a eu lieu, même pendant qu’ils se battaient pour le pouvoir dans leurs sphères. Prenons l’innovation de la “juridiction consulaire”, par exemple, qui était généralement accordée à toutes les sociétés commerciales et aux ressortissants étrangers des États colonisateurs (occidentaux), et pas seulement au colonisateur principal. C’était particulièrement important pour les Suisses. Ils n’avaient pas leurs propres colonies, mais leurs maisons de commerce opéraient partout dans le monde : partout où un colonisateur primaire était présent, les Suisses allaient faire du colonialisme de second rang, en s’appuyant sur l’État européen qui décidait et administrait la juridiction consulaire du pays colonisé.

      Par conséquent, je dirais que même si les empires européens s’affrontaient pour des colonies, la logique coloniale elle-même était partagée. L’Occident unitaire peut accueillir à la fois la rivalité interne et l’unité externe. C’est aussi pourquoi les États-Unis ont pu virer l’Espagne de Cuba et des Philippines et hériter des pratiques impériales européennes avec relativement peu de changement pour les colonisés sur le terrain. La guerre coloniale de la France au Vietnam a également été suivie par la guerre américaine au Vietnam qui était tout aussi brutale et qui était en grande partie la continuation du même processus sous-jacent. Bien que les détails diffèrent, les deux cas faisaient partie du mouvement du corps occidental contre le monde non occidental.

      L’Occident unitaire n’est donc pas réductible à l’OTAN, au transatlantisme ou à l’empire américain. Ce ne sont que des manifestations contemporaines d’un corps qui est beaucoup plus ancien.
      Gaza, la Russie et la Chine

      Examinons maintenant les circonstances actuelles. La guerre de Gaza, la confrontation avec la Russie et la volonté de confrontation avec la Chine sont souvent analysées comme des crises distinctes. Mais elles peuvent – et devraient probablement – être vues comme des expressions du même corps politique qui se défend, se développe et se reproduit.

      Comme déjà mentionné ci-dessus, à Gaza, la membrane morale de l’Occident unitaire devient visible. Israël n’est pas traité comme un acteur extérieur violant les normes de l’Occident ; il est traité comme faisant partie du propre corps de l’Occident, de sorte que sa violence est rationalisée, contextualisée et protégée. Les Palestiniens, en revanche, sont positionnés en dehors du corps moral. Leur souffrance peut être reconnue sentimentalement, mais leur action politique est pathologisée et non seulement rejetée, mais présentée comme étant le problème – le terrorisme.

      Dans la confrontation avec la Russie, la membrane fonctionne différemment. La Russie est européenne géographiquement et chrétienne pour une grande partie de son histoire, et profondément liée à la politique européenne, mais elle est toujours considérée comme non occidentale, asiatique, despotique et étrangère en terme civilisationnel, en grande partie à cause de la Russophobie politiquement fabriquée, dont j’ai parlé auparavant. Son exclusion est nécessaire à l’autodéfinition de l’Occident Unitaire, non par nécessité raciale ou géographique, mais en raison de la nature de la compréhension de soi de l’Occident unitaire. Ayant considéré la Russie comme Autre depuis au moins 250 ans, la distinction est devenue essentielle et ancrée, de sorte que même lorsque la Russie a voulu s’occidentaliser et même rejoindre l’OTAN, elle a été repoussée et jamais intégrée comme l’ont été les pays d’Europe de l’Est.

      La Chine occupe encore une autre position : la grande Autre civilisationnelle et économique dont l’ascension menace la hiérarchie mondiale produite par des siècles d’expansion occidentale. La poussée vers un conflit contre la Chine est due à la réaction de l’organisme à un centre rival de pouvoir ordonnateur mondial.

      Dans les trois cas, l’Occident unitaire se comporte comme un système intégré réagissant à des menaces perçues. Cela explique pourquoi les alliances entre États occidentaux sont souvent qualitativement différentes des partenariats entre États non occidentaux. Les relations entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, Israël, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et une grande partie de l’Europe sont – au sens décrit ci-dessus – organiques. En revanche, la coopération entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde, le Brésil ou les États arabes reste plus clairement interétatique, stratégique et contingente. Ces acteurs peuvent coopérer contre les pressions occidentales, mais ils ne forment pas nécessairement un seul corps politique comme l’est l’Occident.
      Conclusion

      La métaphore construite ici n’a pas pour but de naturaliser la politique, d’excuser la violence ou de prétendre que les civilisations ont des essences biologiques. L’Occident unitaire n’est ni une race, ni une catégorie génétique, ni une entité éternelle. Je le prends purement comme la métaphore d’un processus historique de formation sociale. Ça s’est passé ainsi mais ça peut changer.

      Vu de cette façon, plusieurs événements que l’étude des relations internationales traite généralement comme des problèmes distincts s’avèrent être motivés par un seul et même facteur. Savoir si Washington contrôle Tel Aviv ou Tel Aviv contrôle Washington, pourquoi les gouvernements européens continuent d’agir contre ce que tout calcul d’intérêt prédirait, pourquoi la même violence est appelée nécessité dans un cas et barbarie dans un autre : ce sont des manifestations d’une logique sous-jacente qui a une unité fondamentale différente de celle de l’État-nation. L’Occident unitaire est un corps civilisationnel qui se meut de manière synchronisée face à un Autre significatif situé à l’extérieur. La recherche d’un traité, d’une conspiration ou d’un plan directeur derrière la coordination occidentale est inutile, car un commandement central n’est pas le bon mécanisme explicatif.

      L’idée d’une membrane civilisationnelle fait un travail similaire pour la question des doubles standards. Le système immunitaire d’un organisme n’applique pas une règle différente à ses propres cellules et à un virus envahissant parce qu’il est confus quant au principe ; il le fait parce que soi et non-soi sont, par définition, des catégories différentes nécessitant des réponses différentes. Une fois que vous savez si un acteur est placé à l’intérieur ou à l’extérieur du corps, vous pouvez prédire avec une certaine confiance comment sa violence sera racontée, indépendamment de son échelle réelle. C’est un outil plus utile que de s’indigner de l’hypocrisie, car l’hypocrisie n’est pas une erreur dans le système. Elle constitue le système.

      Le même système explicatif aide également à interpréter les conflits internes par rapport aux conflits externes. Un différend commercial outre-Atlantique ou une dispute sur l’autonomie stratégique européenne sont des organes en compétition pour les ressources à l’intérieur d’un seul corps, et non le corps qui se déchire, de la même manière que la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont autrefois combattus jusqu’au sang sans cesser d’appartenir au même projet civilisationnel. Et parce que la membrane a été fabriquée plutôt qu’attribuée, elle n’est pas fixe. Le Japon et l’Europe de l’Est montrent que la frontière peut se déplacer vers l’extérieur. La rebuffade que subit la Russie depuis trois siècles, malgré ses tentatives récurrentes de rapprochement, montre que la proximité n’est pas une garantie d’adhésion.

      L’Occident unitaire est d’abord et avant tout un phénomène sociologique interprétant la façon dont un grand groupe de personnes sur la planète structure leurs affaires entre elles et en opposition aux autres. En ce sens, l’Europe qui se désindustrialise et se nuit à elle-même n’a pas beaucoup d’importance, car tout reste au service d’un projet plus vaste. L’Allemagne perd économiquement. Mais de quoi se soucie Friedrich Merz ? Il fait partie l’Occident unitaire et même si tout son État brûle, il aura un travail confortable quelque part chez BlackRock à New York. Tant que l’Occident unitaire prévaudra, son leadership aussi. C’est ainsi que le projet continue.

      Pascal Lottaz

      Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

      Notes

      1 ) Richard Sakwa, Russia Against the Rest : The Post-Cold War Crisis of World Order (Cambridge : Cambridge University Press, 2017). On the distinction between the “political West” and the wider international order it claims to embody, see Gerard Toal’s review, H-Diplo, May 2018. ↩
      2) Herbert Spencer, “The Social Organism,” Westminster Review, January 1860, later expanded in The Principles of Sociology(New York : D. Appleton, 1876–1896). ↩
      3) Friedrich Ratzel, Politische Geographie (Munich : Oldenbourg, 1897) ; Rudolf Kjellén, Staten som Lifsform (Stockholm : Hugo Gebers Förlag, 1916), translated as Der Staat als Lebensform (Leipzig : Hirzel, 1917). ↩
      4) On the absorption of Ratzel’s and Kjellén’s organicism into Nazi Geopolitik under Karl Haushofer, see Woodruff D. Smith, The Ideological Origins of Nazi Imperialism (New York : Oxford University Press, 1986). ↩
      5) Talcott Parsons, The Social System (Glencoe, IL : Free Press, 1951) ; Niklas Luhmann, Soziale Systeme : Grundriss einer allgemeinen Theorie (Frankfurt : Suhrkamp, 1984), translated as Social Systems (Stanford : Stanford University Press, 1995). ↩
      6) John of Salisbury, Policraticus (1159) ; Ernst Kantorowicz, The King’s Two Bodies : A Study in Mediaeval Political Theology(Princeton : Princeton University Press, 1957) ; see also Thomas Hobbes, Leviathan (London, 1651), whose frontispiece depicts the sovereign body as composed of the bodies of the multitude. ↩
      7) Alexander Wendt, Social Theory of International Politics (Cambridge : Cambridge University Press, 1999) ; Alexander Wendt, “The State as Person in International Theory,” Review of International Studies 30, no. 2 (2004) : 289–316. ↩
      8) Parsons, The Social System. ↩
      9) Karl W. Deutsch, The Nerves of Government : Models of Political Communication and Control (New York : Free Press, 1963). ↩
      10) Andreas Nishikawa-Pacher and Pascal Lottaz, “Permanent Neutrality : A Systems-Theoretical Interpretation,” Cooperation and Conflict, published online November 30, 2025, https://doi.org/10.1177/00108367251382785. ↩
      11) Luhmann, Social Systems. ↩
      12) Council of the European Union, press release, “Russian Hybrid Threats : Council Sanctions Twelve Individuals and Two Entities over Information Manipulation and Cyber-Attacks,” December 15, 2025 ; on Doğru’s listing under the same regime in May 2025, see “EU Strips Journalist Hüseyin Doğru of Livelihood over Pro-Palestine Reporting,” Bianet, 2025 ; on Yamb’s listing (April 2025), see reporting collected by the EU Sanctions Map, sanctionsmap.eu. ↩
      13) See European Parliament, Parliamentary Question E-000212/2026, “Supporting Evidence for Decision to Sanction Jacques Baud and Hüseyin Doğru,” 2026 ; and Bernhard Wegener, “The EU Sanctions against Jacques Baud and the Crisis of Freedom of Expression,” Verfassungsblog, 2026. ↩
      14) Neta C. Crawford, “The Human Toll in Gaza,” Costs of War Project, Brown University, October 2025. ↩

  • Spanish politicians, commentators accuse Israel of stirring chaos over Ceuta migration crisis
    https://www.aa.com.tr/en/europe/spanish-politicians-commentators-accuse-israel-of-stirring-chaos-over-ceuta-migration-crisis/4014887

    De fait, on se demande comment 50 000 personnes (chiffre de ceux qui sont passés selon les autorités espagnoles) ont pu se passer le mot sans que personne n’en sache rien dans la galaxie numérique...

    Diplomatic tensions between Spain and Israel over the Gaza war have increasingly spilled onto social media, with the migration crisis in Spain’s North African enclave of Ceuta emerging as the latest flashpoint after an exchange of barbs between Israeli UN Ambassador Danny Danon and Spanish Transport Minister Oscar Puente.

    Danon accused Spain of repeatedly criticizing Israel while declaring a state of emergency in Ceuta over a migration crisis.

    “Spain, which never misses an opportunity to lecture Israel, has declared a state of emergency in Ceuta following the crisis over its immigration policy,” Danon wrote on X.

    “Maybe before it continues lecturing us, it’s time it explained to the world why it still maintains colonial enclaves in Africa,” he added, referring to the Spanish territories of Ceuta and Melilla on Morocco’s Mediterranean coast.

    Quoting Danon’s post on X, Puente responded: “Well, it all seems to be becoming quite clear.”

    While the minister did not elaborate, his remark was widely interpreted as a response to Danon’s criticism and came amid growing political debate in Spain over the migration crisis and Israel’s role in regional politics.

    The online exchange followed comments by Spanish political commentator Carolina Alonso, who alleged that Israel was seeking to undermine Spain’s government in retaliation for Madrid’s stance on the war in Gaza.

    Sharing a post about calls by some Italian politicians to suspend Spain from the Schengen area, Alonso claimed the effort was being carried out “through Morocco, with the support of Israel,” as well as Spain’s and Europe’s far right.

    She also accused the United States of attempting to weaken Spain’s government to expand its influence over the Strait of Gibraltar, arguing that the migration crisis had become part of a broader geopolitical struggle.

    The debate also drew in Spanish lawmaker Gabriel Rufián, the parliamentary spokesperson for the Republican Left of Catalonia (ERC), who echoed claims on social media that the migration crisis was serving US and Israeli interests. He called for a broad national consensus on the issue instead of partisan political confrontation.

    Journalist Jose Vizner revived a 2019 social media post by Yair Netanyahu, son of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, which referred to alleged Israeli support for separatist movements in Ceuta and Melilla.

    Quoting the post, Vizner questioned whether the current migration pressure represented “revenge” against Spanish Prime Minister Pedro Sanchez that “all Spaniards are paying for.”

    Spanish commentator Ruben Gisbert made similar claims, arguing that Morocco had not intensified its claims over Ceuta and Melilla until Sanchez took office and later adopted increasingly critical positions toward Israel and closer alignment with the Palestinian cause.

    • https://www.aa.com.tr/en/world/morocco-blocks-thousands-of-irregular-migrants-from-heading-to-spain-s-ceuta/4014665

      Moroccan authorities early Friday prevented thousands of irregular migrants from heading toward the border fence with the Spanish enclave of Ceuta.

      An Anadolu correspondent said security forces stopped many young people and transported them outside the northern Moroccan city of Fnideq, while continuing to pursue others attempting to reach Ceuta.

      The move came after around 1,500-2,000 irregular migrants, most of them Moroccans, reached Ceuta by swimming over the past 10 days, according to Spanish media.

    • Taleb Alisalem sur X :
      https://x.com/TalebSahara/status/2082930831903830429

      ESTO ES MUY GRAVE. Me llegan estas imágenes de cómo las autoridades marroquíes vacían camiones llenos de jóvenes cerca de la frontera con Ceuta.

      Quien no quiera ver que se trata de una operación perfectamente preparada por el régimen, es que es ciego.

      https://video.twimg.com/amplify_video/2082930806482210817/vid/avc1/320x568/2Lkw9fYIKuWZY5eX.mp4

    • Je me souviens encore d’un appel téléphonique entre Netanyahou et Sánchez en février ou mars dernier, compte tenu de la situation en Palestine ... (oAnth)

      https://x.com/izakaminska/status/2082897234300108973
      (Izabella Kaminska - 2026-07-30 - Twi_X)

      Wow. Michael Rubin, writing for the American Enterprise Institute as recently as March this year, argued that Morocco should take back control of Ceuta and Melilla on the grounds that NATO wouldn’t be able to do very much, and that Spain’s presence there is illegitimate.

      https://aei.org/commentary/morocco-should-send-a-new-green-march-into-ceuta-and-melilla

      Spain’s Pedro Sánchez Should Make Good on His Anti-Colonial Rhetoric and End Its Occupation in Africa

      Michael Rubin, 2026-03

      In 1975, Spain sought desperately to either hold onto the Western Saharan colony it had seized decades before or at least transform it into a proxy state by putting hand-picked leaders in charge, no matter that they had no local legitimacy.

      King Hassan II checkmated Madrid’s ambitions. On November 6, 1975, approximately 350,000 unarmed Moroccans simply marched into the Sahara. They waved Moroccan flags and carried the Qur’an. Spanish forces stood down. Just over a week later, Spain signed the Madrid Accords in which Spain, Morocco, and Mauritania agreed to respect the views of local population. Spain agreed to withdraw from the territory by the end of the following February.

      Hassan II had history on his side. The region was Moroccan for more than a millennium before Spain’s imperial arrival. Moroccans have many internal debates, but sovereignty over territories that European colonists seized is not one. Previously, Morocco’s 100 dirham note commemorated the Green March.

      King Mohammad VI built upon the Green March legacy with his stewardship of the Sahara. On a per-capita basis, the Sahara receives more state investment in schools and other infrastructure than other regions in Morocco. Both Dakhla and Laayoune are models for sustainable urban development. Sahrawi imprisoned by the Polisario Front, a Cold War relic that Algeria still nurtures, flee Tindouf at every opportunity, to the point that the Polisario holds family members hostage to prevent flight to Morocco.

      With Spain’s Socialist Prime Minister Pedro Sánchez embracing the language of decolonization, Mohammed VI should reclaim the spirit of the Green March to finalize the expulsion of Spanish colonists from Moroccan soil. Ceuta and Melilla might be relatively tiny towns, but they represent illegitimate beach heads and are home to approximately 170,000 Spanish settlers. They are a weak spot for European security since African migrants regularly rush the fence to claim asylum.

      Moroccans should gather, send bulldozers to the border, and then enter Ceuta and Melilla unarmed to raise the flag. Sánchez and the Spanish press bleat, but they have no grounds to act. Nor, for that matter, would NATO, even if Moroccan forces entered the towns to restore order and organize the dispatch of settlers across the Strait of Gibraltar and back to Spain.

      NATO is a mutual defense alliance based on membership and geography. Article 5 of its foundational treaty states, “The Parties agree that an armed attack against one or more of them in Europe or North America shall be considered an attack against them all… .” Article 6 is explicit: “For the purpose of Article 5, an armed attack on one or more of the Parties is deemed to include an armed attack on the territory of any of the Parties in Europe or North America… or on the Islands under the jurisdiction of any of the Parties in the North Atlantic area north of the Tropic of Cancer.” Neither #Ceuta, #Melilla, nor the #Canary_Islands would trigger a #NATO response, just as NATO would not need respond to an attack on Hawaii or Puerto Rico.

      Sánchez should do the right thing: make good on his anti-colonial rhetoric, and end Spain’s occupation in #Africa. Meanwhile, authorities in #Cádiz should begin preparations to receive displaced Spanish settlers, whether Madrid acquiesces or not.

      #Maroc #Espagne #États-Unis #Israel #Afrique #OTAN

  • Moldavie : derrière le rapprochement avec l’Union européenne
    https://lvsl.fr/moldavie-derriere-le-rapprochement-avec-lunion-europeenne

    Le 15 juin 2026, la Moldavie et l’Union européenne (UE) ont formellement entamé les négociations en vue d’une adhésion. Déterminée à conduire son pays sur une voie européenne, la Présidente moldave #Maia_Sandu milite activement pour une adhésion rapide. Si la guerre en Ukraine et les tentatives russes d’ingérence ont accentué la volonté européenne d’offrir des perspectives d’adhésion à la Moldavie, des difficultés persistent. La population moldave voit d’un mauvais oeil l’engagement européen en Ukraine et la fin du gaz russe, perçu comme un facteur de renchérissement des prix de l’énergie et d’accroissement de l’inflation. Si la Moldavie affiche une volonté transpartisane de rester neutre, les derniers fonds européens impliquent une refonte de sa politique de Défense qui la rapproche de (…)

    #International #OTAN #Roumanie #Union_Européenne

  • « L’Islam politique au service de l’impérialisme ? » La #Turquie au sein de l’OTAN
    https://lvsl.fr/lislam-politique-au-service-de-limperialisme-la-turquie-au-sein-de-lotan

    La Turquie, qui a accueilli le sommet de l’OTAN début juillet, dispose de la deuxième armée de l’Alliance. Son rôle stratégique dans un ordre mondial dominé par les États-Unis l’emporte depuis longtemps sur les inquiétudes liées à son manque de normes démocratiques. Mais il y a plus : en Turquie, impératifs de sécurité extérieure et autoritarisme interne ont eu tendance à se renforcer plutôt qu’à s’opposer. Par Oğul Tuna, traduction par Alexandra Knez.

    #International #impérialisme #OTAN

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • Il faut choisir son camp, par Algirdas Paleckis - Communistes pour faire vivre le PCF
    http://www.lepcf.fr/Il-faut-choisir-son-camp-par-Algirdas-Paleckis

    Voilà un prisonnier politique de l’OTAN. Tout en nas j’ajoute un lien vers la page de Delfi qui montre l’anticommunisme er la russophobie obsessive de la publication.

    La petite collection est intéressante parce qu’elle montre ce que nous attend si la guerre continue encore longtemps.

    11.4.2022 - Même si la campagne des présidentielles nous a ramenés vers une vision interne il faudra comme nous tentons de le faire ici voir à quel point c’est toute la planète qui est confrontée aux mêmes questionnements. Nous devons avoir le courage pour être le parti révolutionnaire dont nous avons besoin de nous confronter sur nos bases à nous et contre le trafic mémoriel dont nous sommes victimes à notre bilan, notre apport, nos erreurs, nos fautes, pas du point de vue du capital, du nôtre et c’est ce que ce texte des communistes russes fait à sa manière. En outre, on peut craindre vu l’évolution de la situation que nous allions vers un durcissement du camp capitaliste occidental, toujours plus belliciste et plus anti-démocratique, ce qui se passe en Europe devenue le lieu du combat par procuration d’une hégémonie dépassée témoigne de ce danger, celui d’un ministère de la vérité qui invente notre passé à cette fin. (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)

    https://kprf.ru/international/capitalist/209735.html

    Propos recueillis par Yulia MIKHAILOVA, membre du comité central du KPRF.
    8 avril 2022

    La destruction de l’URSS, qui a eu des conséquences catastrophiques pour la grande majorité de la population soviétique, reste un sujet douloureux et parfois tabou pour les représentants des “nouvelles” autorités des États formés sur son territoire. Les tentatives de revenir sur ces événements, de les étudier en détail et de les analyser, suscitent invariablement leur hostilité et leur colère. Au fil des ans, la répression contre ceux qui cherchent à rétablir la vérité est devenue de plus en plus dure.

    Algirdas Paleckis a été le premier homme politique de la Lituanie post-soviétique à être condamné pour avoir “nié l’occupation soviétique”. C’était il y a 10 ans. Et en juillet 2021, le tribunal de district de Siauliai a déclaré le chef de l’opposition lituanienne coupable d’”espionnage pour la Russie”. L’accusation avait précédemment confirmé que le “crime” de Paleckis était d’avoir écrit un livre sur l’affrontement du 13 janvier 1991 près de la tour de télévision de Vilnius et d’avoir recueilli les témoignages de témoins oculaires du massacre.

    L’homme politique, publiciste et militant des droits de l’homme lituanien Algirdas Paleckis a répondu à plusieurs de nos questions.

    Algirdas Yustasovich, votre procès actuel ressemble à une farce cynique. En décembre 2018, vous avez été placé en détention dans le cadre d’une enquête pénale pour espionnage au profit de la Russie. En même temps, pour autant que je sache, vous n’aviez pas accès à des secrets et n’étiez pas dans la fonction publique. Quel était le motif de votre arrestation ? Quelle était la raison d’une peine aussi sévère infligée par le tribunal de première instance ? Pourquoi font-ils traîner le procès en appel ?

    "– J’ai été accusé d’avoir été recruté par un “officier non identifié du FSB” et d’avoir transmis des “informations non identifiées à une personne non identifiée”. Je ne plaisante pas, ce sont les citations du verdict, pour lequel le tribunal de première instance demande 6 ans de prison. La cour d’appel conclura, je pense, au printemps. Oui, les choses ont traîné en longueur. Difficile de condamner en l’absence de faits. La raison de toute cette affaire ? Mon intérêt à la fois pour les événements de janvier 1991 et mon travail politique actif. "

    Les tentatives visant à poursuivre les dirigeants du parti communiste pour les morts à Vilnius en janvier 1991 ont échoué lors des audiences du tribunal. Ils ont été condamnés pour avoir participé activement aux activités du PCUS, qui est interdit en tant que parti politique sur le territoire lituanien. Les événements de janvier 1991 ont fait de vous en 2011 le premier dans l’histoire de la Lituanie post-soviétique à être condamné en vertu de l’article 170 du Code pénal “sur la négation de l’occupation soviétique”. Qu’est-ce qui a poussé les autorités à prendre cette mesure ?

    "– La peur de la vérité historique. Les autorités ont peur de toute la vérité sur les événements de janvier à Vilnius en 1991. Ils ont donc adopté l’article mentionné afin de punir toute initiative visant à dévoiler toute la vérité."

    Sans héroïsme, il ne peut y avoir ni véritable lutte, ni véritable victoire. Vous n’avez pas renoncé à vos convictions malgré les pressions énormes que vous avez subies. Qu’est-ce qui vous a aidé à persévérer ?

    "– Mon éducation et, probablement, ma force de caractère. D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais eu peur d’aller à l’encontre de ce que je croyais être injuste. Mes parents m’ont inculqué le sens du devoir envers la société et l’idée de travailler pour le bien de tous. Je remercie l’école de l’ambassade soviétique en RDA, où l’on nous a appris dans les années 1970 à lutter pour la justice. Après avoir obtenu mon diplôme de l’université de Vilnius en 1994, j’ai commencé à travailler pour le ministère lituanien des affaires étrangères. Mais je me suis vite rendu compte que la ligne pro-OTAN qu’il suivait n’était pas à mon goût. J’ai fait de la politique. J’ai été membre du Seimas, membre du conseil municipal de Vilnius et son vice-maire. Au cours de la lutte politique, beaucoup de choses sont devenues claires pour moi."

    Quelle est, à votre avis, la raison pour laquelle les citoyens du grand pays autrefois uni sont plongés de force dans l’amnésie ? On réécrit l’histoire, on détruit les monuments aux fondateurs de l’État soviétique et à ses figures de proue dans divers domaines…..

    – Si nous parlons des Baltes, c’est simple. Depuis 1990, les Américains ont commencé à y régner. Le capitalisme américain est un ennemi historique de l’URSS et de la Russie. Et il a commencé à nous utiliser, nous, l’Ukraine, la République de Moldavie, la Géorgie dans sa guerre. Nous sommes devenus des pions dans le grand jeu américain. Ce n’est pas nous qui avons démoli les monuments que vous avez mentionnés. Les gens ont toujours été et seront toujours contre la démolition de monuments, qu’il s’agisse de monuments à des hommes d’État, des écrivains ou des militaires. Ils sont démolis par les collaborateurs locaux pro-américains au pouvoir.

    Ils ne sont pas des créateurs. Ils sont des gens de passage. Leur objectif n’est pas seulement de vendre l’espace libéré dans le centre-ville pour se remplir les poches, mais aussi de détruire le patrimoine culturel. Ces gens comprennent qu’ils ne peuvent gouverner que s’ils privent les gens de leur mémoire historique. Ils ont peur de toute discussion ouverte sur l’histoire de la Lituanie et de l’ensemble des pays baltes. En effet, il apparaîtrait au grand jour qu’au cours des 30 dernières années, le patrimoine culturel et industriel, l’éducation, la médecine, le logement et les services publics ont été détruits. Tout. Nos morales traditionnelles sont également attaquées. Afin de couvrir et d’occulter l’ensemble de ce processus, ces gestionnaires ont eu besoin de l’article du code pénal “Sur la négation de l’occupation soviétique” mentionné ci-dessus. Maintenant, ils peuvent l’utiliser pour faire taire tout militant de l’opposition.

    En 1991, vous étiez étudiant à l’université de Vilnius. Quels sentiments prévalaient alors parmi les étudiants ? Beaucoup étaient-ils sincèrement attachés aux idées du socialisme ?

    – Non, la population estudiantine lituanienne était principalement soit nationaliste, soit petite-bourgeoise. Et d’autres couches de notre société aussi. Ici, d’ailleurs, il faut distinguer le nationalisme de grande nation et le nationalisme de petite nation – Lénine a déjà écrit à ce sujet. En outre, à la fin de l’Union soviétique, ses dirigeants n’avaient plus le contrôle de nombreux processus en Lituanie. Des erreurs ont été commises tant dans la politique nationale, qui manquait de sensibilité aux problèmes nationaux, que dans l’éducation, qui propageait furtivement des valeurs bourgeoises.

    Le parti s’éloignait du peuple, et il n’y avait pas de discussion ouverte en son sein. Le détournement des biens des entreprises devenait monnaie courante : je l’ai constaté moi-même au cours de mes stages [cela s’appelait “praktika” à l’époque, avec un fort contenu soviétique, c’est le terme utilisé par l’auteur, NdT]. En bref, les dirigeants soviétiques pouvaient être tenus pour largement responsables du sourd mécontentement qui couvait dans les pays baltes. Une autre chose est que quelqu’un a réussi à en tirer profit, en premier lieu, les États-Unis. Par conséquent, les événements de janvier 1991 ont été perçus en Lituanie de manière ambiguë, et dans l’environnement de la jeunesse, qui est caractérisé par l’opposition, il y avait suffisamment de sentiments antisoviétiques.

    Aujourd’hui, 30 ans plus tard, les gens se rendent-ils compte que les “vainqueurs” n’ont rien pu leur offrir à la place de l’idée socialiste ?

    – Dans un pays qui suit la voie libérale et purement marchande, seuls les fricoteurs se sentent bien. Environ 30 % de la population lituanienne vit dans la pauvreté. Élever des enfants coûte cher, les traitements médicaux coûtent cher. Il y a de nombreuses raisons d’être stressé. Et il n’y a pas assez d’emplois bien rémunérés, alors les gens émigrent. L’”idée capitaliste” s’est avérée désastreuse pour le peuple lituanien, dont le nombre ne cesse de diminuer. Nous sommes maintenant environ 2,7 millions, alors qu’en 1989, nous étions près de 4 millions. Le pays occupe les premières places en Europe pour le taux de suicide, la consommation d’alcool, les inégalités sociales, et aujourd’hui aussi pour le taux de mortalité par СОVID-19. La Lituanie moderne est l’un des outsiders de l’Union européenne pour tous les indicateurs sociaux.

    Les gestionnaires n’ont pas appris la dialectique et ont ruiné la Lituanie, avec leurs dogmes de marché. Oui, de plus en plus de personnes en Lituanie se rendent compte qu’elles ont simplement été “arnaquées”.

    La Lituanie soviétique était célèbre pour ses nombreuses figures exceptionnelles de la culture nationale. Est-ce qu’elle se développe aujourd’hui ? Ou est-elle mise sur les rails du “monde”, et de fait – américanisée ?

    – La comparaison de la culture de la Lituanie soviétique et des substituts culturels d’aujourd’hui est éloquente.

    L’un de nos philosophes a appelé la période soviétique de son développement “l’âge d’or de la culture lituanienne”. Et en effet, la Lituanie n’a jamais eu de réalisations aussi remarquables qu’à cette époque. Les noms des écrivains Juozas Baltušys et Jonas Avižius, des poètes Eduardas Meželaitis et Justinas Marcinkevičius, des directeurs de théâtre Juozas Miltinis et Henrikas Vanckevičius, des acteurs Donatas Banionis, Regimantas Adomaitis, Juozas Budraitis, Algimantas Masiulis, des sculpteurs Gediminas Jokubonis et Juozas Mikenas, des chanteurs d’opéra Virgilius Noreika et Edvardas Kaniava, de l’artiste Stasys Krasauskas (dont la photo orne encore les pages de votre magazine littéraire Yunost dans les réseaux sociaux) étaient connus bien au-delà de la Lituanie et de l’Union soviétique.

    Et qu’avons-nous aujourd’hui ? Un poète lituanien exceptionnel, Eduardas Mieželaitis, dont le nom et l’œuvre sont complètement oubliés dans la Lituanie moderne, a eu le temps de voir les premiers fruits de la politique “culturelle” des nouvelles autorités. Dans l’une de ses rares interviews de ces dernières années, il a déclaré qu’après les “réformateurs” actuels, un trou profond serait laissé à la place de la culture lituanienne, comme après l’invasion d’Hitler.

    L’antisoviétisme et la russophobie font partie intégrante de l’arsenal de l’Occident moderne, qui cherche à détruire définitivement le souvenir d’une Russie forte, qui a uni de nombreux peuples au XXe siècle. La Lituanie ne fait pas exception. La langue russe est-elle vivante en Lituanie ? La culture russe est-elle représentée de quelque manière que ce soit ? L’histoire et la littérature russes soviétiques sont-elles enseignées dans les écoles ?

    – La russophobie dans notre pays a en fait été élevée au rang de politique d’État. On peut dire qu’elle est devenue une sorte d’idée nationale. L’espace de la culture russe en Lituanie se réduit progressivement. Cela s’explique en partie par des raisons naturelles : la minorité russe en Lituanie a presque diminué de moitié par rapport à l’époque soviétique, et un certain nombre d’écoles russes ont fermé.

    Mais il existe également une politique consciente de restriction de la langue russe : la diffusion de chaînes de télévision russes est parfois interdite, les concerts et autres activités de personnalités culturelles russes sont interdits, etc. L’histoire russe est étudiée de manière très superficielle dans les écoles. Et l’étude de l’histoire soviétique est hors de question – cette période est appelée “un trou noir” et elle ne peut pas être mentionnée objectivement, parce que l’article du code pénal, que vous avez déjà mentionné, fonctionne.

    En un mot, les autorités lituaniennes sont en guerre avec la géographie du pays et son histoire séculaire, au cours de laquelle les liens étroits, culturels et autres, de la Lituanie avec la Russie et la République du Belarus se sont formés et développés.

    Mais tout cela est dicté de l’extérieur et ne sert pas les intérêts du pays : la Lituanie n’a pas de politique indépendante, ni intérieure ni extérieure.

    Beaucoup de gens se rendent compte aujourd’hui que le capitalisme sous sa forme actuelle est définitivement épuisé, et que tous les domaines de la vie sociale se dégradent. Un virage à gauche est nécessaire pour faire avancer le progrès. À votre avis, quelles sont les perspectives de l’idéologie de gauche et du parti de gauche en Lituanie ?

    Il est de plus en plus évident que le capitalisme mondial conduit l’humanité dans une impasse sociale, écologique et morale, l’amenant au bord de l’autodestruction ou de la transformation en un camp de concentration numérique. Mais on ne peut nier l’existence d’un conflit de civilisations, comme en témoigne, par exemple, l’éternel antagonisme des mondes anglo-saxon et russe. Le virage à gauche est nécessaire, mais je crois que dans chaque région, il prendra sa forme particulière, ses caractéristiques propres.

    En tout cas, je suis un optimiste historique. Avec des personnes partageant les mêmes idées, nous avons fondé le mouvement public de gauche “Aube de la justice” en Lituanie, que nous transformons actuellement en un parti politique portant le même nom. L’un des points de notre programme est de rétablir des relations de bon voisinage avec la Russie et le Belarus. En général, nous prônons la justice sociale, la restauration de la souveraineté de l’État lituanien et la vérité historique.

    Le récent congrès du mouvement politique lituanien “Aube de la justice”, qui a rassemblé des représentants de nombreuses régions lituaniennes, vous a désigné comme candidat à la présidence. Les orateurs du congrès ont noté que la nomination de Paleckis est un pas concret vers la formation d’une alternative au système “Landsbergiste”. Quelles sont les principales thèses de votre programme en tant que candidat au poste de chef de l’État ?

    – Tout d’abord, l’aspiration à la justice sociale, l’établissement de relations de bon voisinage avec les pays environnants, la fin de la psychose militariste.

    Il faut maintenant développer la diplomatie de peuple à peuple. La première visite d’une délégation de la société civile lituanienne en République de Biélorussie en janvier 2022 a eu un grand retentissement en Lituanie. Les gens ont apprécié le courage des membres qui se sont rendus à Minsk, sachant que les forces encore puissantes en Lituanie allaient déchaîner sur eux toute la force de la machine à informer. Mais les temps changent. Le plus important aujourd’hui est de maintenir des contacts directs entre les pays et les peuples. Nous devons développer des initiatives d’échanges de délégations culturelles, d’experts, d’échanges d’informations : téléconférences, forums économiques.

    Nous devons chercher ensemble des moyens de protéger les travailleurs ordinaires qui constituent l’épine dorsale de nos pays. Il n’y a pas d’autre voie que celle de la paix, des contacts, de la coopération et du bon voisinage !

    Les États baltes sont ouvertement hostiles à la Russie. L’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine, qui a débuté le 24 février, a suscité de vives critiques de la part des pays occidentaux et de la Lituanie officielle. Quel est votre point de vue sur ces événements ?

    – L’opération spéciale russe en Ukraine est une conséquence directe du coup d’État du Maidan. Déjà à l’époque, un autre scénario aurait pu être prédit. Celui qui vient avec une épée meurt par l’épée.

    Les nationalistes ukrainiens radicaux de l’ouest de l’Ukraine constituaient une minorité absolue de la population du pays. Cependant, ils constituaient une minorité bien organisée, fanatique et soutenue par l’Occident. Entre leurs mains, l’Occident a cherché à dérussifier l’Ukraine, où les Russes ou les russophones constituaient une grande partie de la population et, dans l’est de l’Ukraine et en Crimée, une majorité absolue.

    L’Occident a cherché à faire de l’Ukraine une sorte d’anti-Russie, destinée à briser les liens fraternels et de parenté de la population. L’Ukraine a été militarisée, intégrée dans la sphère d’influence de l’OTAN, et des armes ont été placées sur son territoire contre la Russie.

    Les négociations au format de Minsk n’ont pas fonctionné ; Kiev a refusé de parler au Donbass. Le président Vladimir Zelensky, précédemment dépeint comme une “colombe de la paix” et un “serviteur du peuple”, est devenu un “faucon” après l’élection, servant fidèlement l’Amérique.

    Cela ne pouvait pas durer. Nous, patriotes de gauche, l’avons dit en 2014. Les événements nous ont donné raison.

    Les États-Unis ont utilisé l’Ukraine pour stopper le développement de la Russie. Washington a utilisé les pays baltes dans le même but, en installant des régimes nationalistes radicaux, pro-américains et russophobes dans les anciennes républiques de l’Union soviétique. Par conséquent, la responsabilité de la tragédie ukrainienne incombe avant tout aux États-Unis et à leurs marionnettes.

    Une dernière chose. Où étaient les amis actuels de l’Ukraine lorsque les nationalistes du Maïdan lançaient des cocktails Molotov sur la police ? Où étaient les amis actuels de l’Ukraine lorsque des nationalistes ont brûlé vifs 48 personnes dans la Maison des syndicats d’Odessa ? Lorsque les nationalistes ont tiré pendant 8 ans sur les habitants des régions de Donetsk et de Lougansk – femmes, enfants et personnes âgées ? Alors que personne à Kiev n’allait enquêter sur ces crimes ? Lorsque la vie du pays était de facto contrôlée par une force étrangère – les États-Unis d’Amérique, dont les émissaires se sont installés dans les plus importants couloirs du pouvoir ukrainien ?

    Il ne peut y avoir de compromis entre le nationalisme et le nazisme d’une part et l’humanité et la justice d’autre part !

    Un côté ou l’autre gagnera. Et dans cette confrontation, chacun doit faire son choix.

    Restrictions added to Lithuanian political prisoner Algirdas Paleckis in prison
    https://lt.news-pravda.com/en/lithuania/2025/01/02/2219.html

    02.01.2025, 17:15 EET

    Restrictions added to Lithuanian political prisoner Algirdas Paleckis in prison

    Algirdas Paleckis, a Lithuanian political prisoner who was recently hospitalized with a suspected heart attack, has already returned to prison and sent his first letter to freedom.

    In particular, he spoke about the new restrictions.

    The prison administration has always offered only cleaning jobs. And “Paleckis worked with clenched teeth, took a bucket and a mop and went to clean the dirty, smelly prison floors,” writes journalist Alla Berezovskaya.

    Paleckis hoped that at least this “obedience” would give him the opportunity to visit his parents. During his two years in prison, he only managed to use it once. But, realizing that there was nothing to hope for now, after returning from the hospital, Paleckis refused to work as a cleaner. For which he was immediately deprived of his store, computer, and TV. They also cut back on calls and dates.

    Paleckis’ friends also reported that to his remaining term of 1 year and 7 months in prison, 1 month and 20 days were added in the case of alleged libel, and not 3 months, as previously reported

    .

    Algirdas Paleckis
    https://en.wikipedia.org/wiki/Algirdas_Paleckis

    Algirdas Paleckis (born 20 May 1971) is a Lithuanian politician, former diplomat, and public figure.

    Algirdas Paleckis at the National Press Club in 2012

    Personal details
    Born 20 May 1971 (age 55)

    Bern, Switzerland
    Spouse Olga Paleckienė

    Alma mater
    Vilnius University

    Algirdas Paleckis was born on 20 May 1971, in Bern, Switzerland, the son of Soviet diplomat Justas Vincas Paleckis. His grandfather was Justas Paleckis, a journalist and a foreign correspondent in the 1930s who later became a communist and the speaker of the Supreme Soviet of Lithuanian SSR following the Soviet occupation.

    In 1994, Paleckis graduated from Vilnius University with a master’s degree in journalism and international relations.

    From 1997 to 2001, Paleckis was the 1st secretary at Lithuania’s Permanent Mission to the EU in Brussels, becoming head of the West European Division at the Ministry of Foreign Affairs of Lithuania in 2001, a post in which he remained until 2003. From 15 November 2004 to 17 April 2007, he was a member of the Lithuanian Parliament. Later, Paleckis was an assemblyman of the Council of Europe from 24 January 2005 to 5 May 2007[1] and worked as a Vice-Mayor of Vilnius from 2007 to 2008. In 2008, he founded the Front Party and was its leader until November 2014.

    In the 2018 report to the parliamentary committee, the State Security Department of Lithuania implied that during 2006—2008, Paleckis was supported by the business group MG Baltic, led by Darius Mockus, throughout his political career and maintained ties with the group even after the establishment of the Front Party in 2008.[2]

    He is fluent in Lithuanian, English, French, Russian, and German.
    Criminal prosecution

    edit
    Denial of Soviet crimes against Lithuania

    edit

    In 2011, Lithuanian authorities prosecuted Paleckis for his public denial of the Soviet aggression during the 1991 January Events in Lithuania.[3] Paleckis claimed that he conducted a journalistic research and found several witnesses as well as ballistic assessments that indicated that there were Lithuanian government snipers on the roof near the Vilnius TV centre who were shooting civilians with hunting rifles. He stated that “it appears that in January 1991 our own people were shooting at their natives”.[citation needed] In January 2012, 1st District Court of Vilnius City initially vindicated Paleckis, but following the appeal by the prosecution, the higher Vilnius Regional Court overturned the decision and Paleckis was sentenced to a fine of 10,400 litas (€3,100) on 12 June 2012.[4][5] On 23 January 2013, the Supreme Court of Lithuania made a final decision upholding the conviction.[6]

    In January 2011, following the public statements by Algirdas Paleckis, his brother Rimvydas Paleckis publicly apologized to the relatives of the January Events victims.[7] Rimvydas Paleckis, who actually worked as a journalist during 13 January 1991, said “I saw with my own eyes how people died near the [TV] tower” and described his brother’s statements as “delusional”.[7] His father Justas Vincas Paleckis said he was “shocked” by his son’s statements and said that lately they are finding less and less common ground.[8]

    Paleckis was arrested in 2018 on suspicion of spying for Russia.[9][10][11] The Lithuanian authorities argued against granting bail on the grounds that Paleckis had lived in Moscow, had connections there, and could flee from the country. Paleckis was released on supervision in April 2020.[12] On 27 July 2021, Šiauliai district court found Paleckis guilty of preparing to commit the crime of espionage and sentenced him to six years in prison.[13] The conviction was upheld by the Lithuanian Court of Appeal on 6 May 2022.[14] In June 2023, the Supreme Court of Lithuania made a final ruling confirming his sentence, although shortening it to 5 years and 6 months in prison.[15]

    In 2024, Paleckis was prosecuted for defamation of Lithuanian partisans and the former Minister of Defence Laurynas Kasčiūnas, whom he described as a Nazi.[16] While in prison, he gave an interview in which he belittled Lithuanian resistance to the Soviet occupation and justified the Soviet Union, while also criticizing the role of the United States in the Russian invasion of Ukraine and the Lithuanian foreign policy.[16] In November 2024, Kaunas District Court acquitted Paleckis of charges for defamation of Lithuanian partisans, but convicted him for defamation of Kasčiūnas.[17] The court sentenced Paleckis to additional three months in prison.[17]

    Paleckis is no longer affiliated with any political party. In 2008, he founded the far-left Front Party, which, after a merger with the Lithuanian Socialist Party, became Socialist People’s Front.[18] The party was never elected into the parliament. He left the party in 2016, citing differences with party leadership.[19]

    Paleckis is critical of Lithuanian capitalism, writing in 2018, “they promised us Sweden, but the banana republic came out. I will add: only instead of dictators – clowns.”[20]

    On 15 March 2005, Paleckis worried that democracy was failing in Russia, stating, “Russia during this period lost its way a little because of the track and was a little tempted by authoritarian rule. They must be returned before it is too late.”[20]
    2016 Lithuanian parliamentary election

    edit
    Single-member constituency of Naujoji Vilnia
    Second round voting, 23 October 2016[21] Party Candidate Votes %
    TS–LKD Monika Navickienė 7,401 53.21
    Independent Algirdas Paleckis 6,509 46.79
    Total votes 13,910 100.00

    In 2004, Paleckis was awarded the Knight of the Order for Merits to Lithuania.[22] In 2013, following Paleckis’ conviction, President Dalia Grybauskaitė formally stripped him of his award.[23]

    Ties Europos greitkeliu: Briuselio užrašai. Vilnius, 2001.
    Antrankiai minčiai ("Handcuffs for Mind"). Auth. Algirdas Paleckis. Vilnius, 2021. ISBN 978-609-475-702-0

    ↑ “Mr Algirdas PALECKIS”. Archived from the original on 15 September 2012. Retrieved 30 November 2012.
    ↑ Antanavičius, Ugnius (9 May 2018). ""MG Baltic" įtaka socdemams pagal VSD: ryšiai su A. Paleckiu, kova prieš G. Palucką". LRT (in Lithuanian).
    ↑ “A.Paleckio baudžiamąją bylą prokurorai perduoda teismui” [Prosecutors hand over A. Paleckis’ criminal case to court]. Lrytas (in Lithuanian). 12 January 2011. Retrieved 25 June 2025.
    ↑ “Algirdas Paleckis found guilty of denying Soviet aggression”. 15min. 12 June 2012. Retrieved 25 June 2025.
    ↑ “Teismas paskelbė, kad Algirdas Paleckis nepagrįstai išteisintas baudžiamojoje byloje dėl Sausio 13-osios nusikaltimų neigimo”. 15min (in Lithuanian). 12 June 2012. Retrieved 25 June 2025.
    ↑ “Lietuvos Aukščiausiasis Teismas nuteisė A. Paleckį dėl sovietų agresijos neigimo” [The Supreme Court of Lithuania convicted A. Paleckis for denying Soviet aggression]. LRT (in Lithuanian). 23 January 2013. Retrieved 25 June 2025.
    Jump up to: 1 2 “Artimieji atsiprašo dėl A. Paleckio pasisakymų apie Sausio 13-ąją”. Bernardinai. 11 January 2011. Retrieved 25 June 2025.
    ↑ “MEP Justas Vincas Paleckis claims he is shocked about his son’s claims about January 13”. 11 January 2011.
    ↑ “Lithuania Arrests Several Citizens Suspected Of Spying For Russia”. Radio Free Europe/Radio Liberty. 19 December 2018. Retrieved 19 December 2018.
    ↑ “Suspected Russian spy network found; Lithuania due to finish the case this year”. lrt.lt. 11 July 2019. Retrieved 18 June 2020.
    ↑ “Lithuanian spy case recalls Soviet-era practices”. Deutsche Welle. Retrieved 18 June 2020. “The Lithuanian news portal lrytas.lt reported that Paleckis has been involved in gathering information — including private details — on investigators and prosecutors who are working on the so-called January 13 case that is addressing the bloody events of 1991, when 14 civilians were killed by Soviet forces who were trying to crush the pro-independence movement.”
    ↑ “Former politician accused of spying for Russia to be released on bail”. 7 April 2020.
    ↑ “Lithuanian Court Sends Politician To Six Years In Prison For Spying For Russia”. Radio Free Europe. 27 July 2021. Retrieved 11 August 2021.
    ↑ “Paleckis dėl šnipinėjimo Rusijai lieka nuteistas šešerius metus kalėti”. LRT (in Lithuanian). 6 May 2022. Retrieved 6 May 2022.
    ↑ “Aukščiausiasis Teismas: Paleckis lieka nuteistas už šnipinėjimą Rusijai, laisvės atėmimo bausmė sutrumpinta pusmečiu” [Supreme Court: A. Paleckis remains sentenced for spying for Russia, conviction shortened by half a year]. Delfi (in Lithuanian). 23 June 2023. Retrieved 26 June 2025.
    Jump up to: 1 2 “Paleckis, imprisoned for spying for Russia, is being tried again”. 26 January 2024.
    Jump up to: 1 2 “Paleckis nuteistas dėl Kasčiūno šmeižto, dėl partizanų niekinimo – išteisintas”. LRT. 20 November 2024. Retrieved 26 June 2025.
    ↑ ""Socialistinis liaudies frontas" registruotas kaip politinė partija". 15min. Retrieved 4 February 2024. (in Lithuanian)
    ↑ "Algirdas Paleckis palieka “Frontą”". 15min (in Lithuanian). 21 January 2016. Retrieved 4 February 2024.
    Jump up to: 1 2 “13 A.Paleckio citatų ne tik apie sausio 13-ąją: kaip proeuropietiškas politikas virto prorusišku”. 15min. Retrieved 4 February 2024. (in Lithuanian)
    ↑ “2016 m. Seimo rinkimų rezultatai – VRK.lt”.
    Jump up to: 1 2 Iškauskas, Česlovas (13 February 2016). “Č. Iškauskas. Jie laisvina Baltijos šalis”. Delfi.lt (in Lithuanian). Retrieved 8 July 2023.
    ↑ “Iš A. Paleckio atimtas valstybės apdovanojimas”. Kauno Diena. 7 March 2013. Retrieved 25 June 2025.

    Lithuanian Politician Algirdas Paleckis Convicted of Spying for Russia
    https://brusselswatch.org/lithuanian-politician-algirdas-paleckis-convicted-of-spying-for-russi

    Algirdas Paleckis is a Lithuanian politician and leader of the political movement The Dawn of Justice. He is suspected of and once the court convicted him for spying for Russia in July 2021.

    In 2018, several Lithuanians were arrested and accused of spying for Russia, the Baltic state’s chief prosecutor stated, pulling an angry reaction from Moscow. One of the suspects was Algirdas Paleckis, a politician known for pro-Russian views and has challenged Lithuania’s membership in NATO and the European Union.

    The Lithuanian authorities asserted against granting bail because Paleckis had lived in Moscow, had contacts, and could flee from the country. Paleckis was freed from supervision in April 2020. On 27 July 2021, Šiauliai district court found Paleckis guilty and convicted him to six years in prison. The Lithuanian Court of Appeal supported the conviction on 6 May 2022. The Supreme Court of Lithuania approved his sentence, although shrinking it to 5 years and 6 months in prison.

    Regarding the case, Lithuania’s Prosecutor General’s Office stated that the defendants, operating in an organized group with a Russian intelligence officer and other Russian citizens, including one found culpable in the January 13, 1991 crackdown case, allegedly organised information of interest for Russian intelligence in Lithuania between February 2017 and October 2018 for monetary and other remuneration.

    Similarly, Russian Foreign Ministry spokeswoman Maria Zakharova called the detention “another Russophobic move” and a “reversal of democratic rights and freedoms” in Lithuania. She did not demonstrate the grounds for those statements. Since 2014, when Russia expanded concerns among neighbours about its intentions by seizing Crimea and supporting separatists in a war in eastern Ukraine, Lithuanian courts have sentenced five people to spying for Russia or Belarus.

    Moreover, in 2011 Lithuanian authorities charged Paleckis for his denial of Soviet aggression against Lithuania. As a feature of his journalistic research, Paleckis declared he had found several witnesses and ballistic reviews that seemed to indicate that there were Lithuanian government snipers on the roof near the Vilnius TV centre who were attacking civilians with hunting rifles during the January Events.

    As of early 2024, he was being tried again for public approval of international crimes, after he conducted a phone interview claiming that the Russian invasion of Ukraine occurred because of the “U.S. desire to squeeze it like a lemon”. The prosecutor also notes enough data to state that Paleckis was slandering the post-war period of Lithuanian partisan armed resistance against the USSR.

    Lithuanian court orders to liquidate organisation belonging to former Lithuanian politician jailed for spying for Russia. —European Pravda
    https://www.pravda.com.ua/eng/news/2023/02/20/7390226

    20.2.2023 - On Monday, 20 February, the Vilnius District Chamber (part of the Vilnius Region District Court), reported that it had granted the prosecutor’s motion to liquidate the International Forum of Good Neighbourhood association in a civil case against Algirdas Paleckis, a former politician who was convicted of spying for Russia and who founded the association.

    Source: Delfi, a Lithuanian news outlet

    Details: Judge Enrika Janušonienė explained that the International Forum of Good Neighbourhood spoke on behalf of Lithuanian citizens in Russia without having the right to do so and illegally denied the principles of European and transatlantic integration enshrined in the Lithuanian constitution.
    Advertisement:

    “In addition, the association publicly disseminated fake information about what it claimed to be illegal election results in Lithuania. Thus, in essence, Lithuania’s constitutional order was denied, and so was the fact that Lithuania is an independent and democratic state,” the judge added.

    According to the judge, it was also confirmed that the International Forum of Good Neighbourhood publicly demonstrated support for Russia in connection with the war it started against Ukraine.

    Background: The Lithuanian the Lithuanian Prosecutor General’s Office filed a lawsuit to liquidate the International Forum of Good Neighbourhood in August 2022.

    Law enforcement agencies are conducting two pre-trial investigations related to the association’s activities: in connection with possible assistance to another state’s actions against Lithuania and with the constituent documents signed by Paleckis.

    Paleckis founded the International Forum of Good Neighbourhood while in prison. He had allegedly used an electronic signature to do so, despite the restriction stipulating that prisoners cannot use mobile phones for this purpose.

    In 2012, Algirdas Paleckis was convicted for denying and grossly downplaying the fact of the USSR’s aggression against the Republic of Lithuania. In July 2021, the District Court of the Lithuanian city of Siauliai found Paleckis guilty of spying for Russia and sentenced him to six years in prison.

    Created in 2008, the Socialist Popular Front and its former leader Paleckis have been repeatedly mentioned in public intelligence reports about threats to Lithuania’s national security. Intelligence reports called the Socialist Popular Front a pro-Russian political party and described party representatives’ participation in propaganda actions directed against the United States and NATO.

    Algirdas Paleckis EN 24 articles
    https://www.delfi.lt/en/topics/algirdas-paleckis-en
    Voilà une petite collection d’infamies de propagande.

    #Lithuanie #prisonnier_politique #OTAN #médias

  • Lügen, Angst und Massenmord : Wo heute die Nato steht, begann der Nazi-Krieg im Osten
    https://www.berliner-zeitung.de/article/luegen-angst-und-massenmord-wo-heute-die-nato-steht-begann-der-nazi

    L’OTAN occupe aujourd’hui les positions de la Wehrmacht au moment de l’attaque impérialiste allemande contre l’Union Soviétique. La guerre que nous prépare aujourd’hui le bloc impérialiste occidental tuera davantage de Russes que les 27 à 30 millions de victimes des nazis et soldats allemands.

    Pourquoi ? D’abord à cause de l’escalade nucléaire prévisible, puis à cause de la « logique des marchés ». Il faudra un projet au volume plus grand que celui de SpaxeX pour absorber les pertes suite à l’écroulement des contes de fées spatiales du patron.

    Les habitants de l’Europe occidentale et des autres continents ne seront pas épargnée

    Est-ce que cette grande guerre arrivera-t-elle ? On ne le sait pas, mais il faudra élever la voix contre l’armement de notre côté et pour la paix afin de changer la certitude en possibilité.

    Cet article donne le meilleur argument pour la paix. Les Russes ne nous haïssent pas bien au contraire. Ils ont fait preuve de leur grande humanité.

    17.6.2026 von Frank Schumann - 85 Jahre nach dem Überfall auf die Sowjetunion stehen heute deutsche Nato-Soldaten vor der Grenze Russlands und leisten einen „Beitrag zur Abschreckung“.

    Vor wenigen Tagen, am 6. Juni, wurde meine Mutter 100. Sie war also 15, als Deutschland und seine Verbündeten am 22. Juni 1941 die Sowjetunion überfielen. Sie lebte damals im ostpreußischen Trakehnen. In dem Gestüt, das als das bedeutendste des Deutschen Reiches galt, wurden seit 1732 Pferde für die Kavallerie gezüchtet. Ihr Vater arbeitete dort, seine Vorfahren waren aus Litauen eingewandert.

    Etwa vierhundert Kilometer südlich von Trakehnen lag Brest. Gegründet vor etwa tausend Jahren im Kiewer Rus, zeitweise mal litauisch, mal polnisch besetzt, seit 1795 gehörte Brest zum russischen Zarenreich. Zur Sicherung seiner Westgrenze errichteten die Russen dort eine gewaltige Festung, mit vier Quadratkilometern Ausdehnung die größte im russischen Reich des 19. Jahrhunderts. Entworfen hatte sie übrigens Karl Iwanowitsch Oppermann, ein russischer Militäringenieur deutscher Herkunft.
    Bollwerk gegen den Ansturm aus dem Westen

    In dieser Festung von Brest-Litowsk wurde am 3. März 1918 das Ende des Ersten Weltkrieges an der Ostfront besiegelt. Um Frieden zu bekommen, gab Sowjetrussland ein Viertel seines Territoriums in Europa her. Fast anderthalb Millionen Quadratkilometer und sechzig Millionen Menschen, dazu noch sechs Milliarden Goldmark als Entschädigung für deutsche Unternehmen.

    Bundeswehr übt den Krieg an der Nato-Ostgrenze: Panzerübung verschärft Spannungen nahe Belarus
    Bundeswehr übt den Krieg an der Nato-Ostgrenze: Panzerübung verschärft Spannungen nahe Belarus

    Im September 1939, als sich die deutsche Wehrmacht auf den Weg gen Osten machte, rückte die Rote Armee gen Westen vor – bis hin zu jener Linie, die 1919 in Versailles vom britischen Außenminister Curzon als Grenze zwischen Polen und der Sowjetunion markiert, aber damals von beiden Seiten nicht akzeptiert worden war. Im Oktober 1939 wurde Brest am Bug erneut Grenzstadt und die Festung Bollwerk gegen den erwarteten Ansturm aus dem Westen.

    An jenem 22. Juni 1941 befanden sich etwa 9000 Rotarmisten in der Festung, am jenseitigen Ufer des Grenzflusses lagen etwa doppelt so viele deutsche Soldaten.

    Die 45. Infanterie-Division hatte Befehl, die Festung im Handstreich zu nehmen. Der Handstreich misslang. Die Russen setzten sich mutig zur Wehr. 32 Tage nach dem Überfall wurde der letzte Verteidiger der Festung, ein Major Pjotr M. Gawrilow, gefangengenommen.

    Foto
    Der Veteran Major Pjotr M. Gawrilow (M.) verteidigte die Festung Brest-Litowsk. Hier bei der Parade zum 30. Jahrestag der Befreiung am 9. Mai 1975 in Moskau © imago

    Anfang 1980 wurde ich als Geschichtsredakteur der Tageszeitung Junge Welt nach Brest geschickt. Ich sollte zum 35. Jahrestag der Befreiung vom Faschismus etwas über die Heldenfestung schreiben, zu der die Gedenkstätte einige Jahre zuvor erklärt worden war. Also setzte ich mich in die Bahn, ich hatte auch einen Fotografen dabei.

    Die Schatten der Toten

    Gawrilow war im Vorjahr 78-jährig verstorben und neben seinen Kameraden in Brest bestattet worden. Nach dem Krieg hatte er in Sibirien ein Lager für japanische Kriegsgefangene geleitet, 1957 war er als Held der Sowjetunion geehrt worden. Es fanden sich aber andere interessante Gesprächspartner, und es gab viel zu entdecken.

    Die Festung: ein weitläufiges Areal mit Mauerresten und imposanten Mahnmalen, dominiert von einer gewaltigen Betonnadel, gleichsam ein überlanges Bajonett. Beeindruckend das Cholmer Tor mit seinen Zinnen und Erkern aus rotem Backstein. Die Ziegel: zernarbt von den Kugeln und den Granaten der Angreifer, zerschunden und zermahlen, aber standhaft. Ich konnte furchtlos durch das Tor schreiten. In den Katakomben waren Schatten von Menschen zu sehen. Stehende, Liegende, Hockende, verbrannt und verdampft in der Glut deutscher Flammenwerfer. Ihre Körper hatten verhindert, dass die Oberfläche der Ziegelwand hinter ihnen geschmolzen und glasiert war wie die übrige Fläche.

    Im Friedensmuseum von Hiroshima sah ich Gleiches: Steine, in die der Lichtblitz der Atombombe Silhouetten menschlicher Körper eingebrannt hatte. Und das vier Jahre nach Brest. Die gleichen Bilder, die gleiche Barbarei, die gleiche Idiotie.

    Zur Gegenwart komme ich noch.

    Ich schrieb also für die Zeitung über meine Wahrnehmungen und über die Stadt Brest. Sie zählte damals, als wir Deutschen 1941 über sie kamen, vielleicht 50.000 Bewohner. Zwei Drittel davon waren Juden. Brest war seinerzeit eines der größten kulturellen Zentren des Judentums. Noch bevor in Deutschland die Synagogen brannten, gab es dort antijüdische Ausschreitungen – Mitte der 30er-Jahre, als Brest polnisch war, mehr als 100. Im Mai 1937 starben bei einem Pogrom viele Menschen, 1500 jüdische Geschäfte wurden von polnischen Nachbarn heimgesucht, zerstört und geplündert, Werkstätten und Wohnhäuser angezündet.

    Gestapo-Terror

    Und als 1941 Brest von der Wehrmacht genommen war, rückte das Polizei-Bataillon 307 ein und massakrierte etwa 4000 Juden. Der ersten Welle folgte eine Einheit der faschistischen Sicherheitspolizei, einer Bande aus Gestapo und Kriminalpolizisten. Ihrem Terror fielen von Juli bis September 1941 in Brest fast 9000 Menschen zum Opfer.

    Drei Jahre später, im Juli 1944, wurde Brest von der Roten Armee befreit.

    Das von den Nazis dort eingerichtete Ghetto war schon lange liquidiert, das heißt deren Insassen ermordet. Die meisten starben in Bronnaja Gora. Wir wissen so gut wie nichts über diese Mordstätte bei Brest, die schon bald nach dem deutschen Überfall unweit einer Bahnstation eingerichtet worden war. Es gab keine Überlebenden und kaum deutsche Quellen. Historiker vermuten, dass dort mehr als 50.000 Menschen erschossen wurden, darunter vermutlich 15.000 bis 20.000 Juden aus Brest.

    Daran erinnern einige Denkmale am Ort des Verbrechens. Auf Russisch, Hebräisch, Jiddisch und Englisch heißt es da: „Im Gedenken an die mehr als 50.000 sowjetischen Bürger und Bürger aus Ländern Westeuropas, größtenteils jüdischer Nationalität, die in den Jahren des Großen Vaterländischen Krieges 1941–1945 bestialisch von den Faschisten ermordet wurden.“

    Das ganze Drama begann am 30. Januar 1933, als der NSDAP – der Alternative zur bürgerlich-parlamentarischen Republik – die Regierungsgewalt übergeben wurde. Und am 22. Juni 1941 wurde mit dem Überfall auf die Sowjetunion der imperialistische Wille vollstreckt, Raum und Rohstoffe im Osten zu erobern. Der „Kreuzzug gegen den jüdischen Bolschewismus“, das Unternehmen Barbarossa, begann mit über drei Millionen Soldaten, die auf breiter Front von der Ostsee bis zum Schwarzen Meer die sowjetische Grenze überschritten. Bei diesem deutschen Eroberungs- und Vernichtungskrieg halfen die europäischen Staaten Italien, Finnland, Ungarn, Rumänien, Kroatien, Slowakei und sogenannte Freiwillige aus Norwegen, Belgien, Spanien und den Niederlanden. Die deutsche Propaganda log und behauptete, es handele sich um einen Präventivkrieg.
    Die Lüge von der sowjetischen Invasion

    Am 27. Juni wurde nämlich verbreitet, die sowjetische Armee habe zum Angriff auf Europa bereitgestanden, und am 29. Juni meldete Berlin, dass die deutschen Truppen in den sowjetischen Aufmarsch hineingestoßen seien. In einer Sondermeldung am gleichen Tag hieß es, wahrscheinlich sei es gerade noch in letzter Minute gelungen, den mitteleuropäischen Raum vor einer sowjetischen Invasion zu bewahren. „Das deutsche Volk ist seinen tapferen Soldaten wahrhaft zu tiefstem Dank verpflichtet.“

    Am Tag des Überfalls fand im Berliner Olympiastadion das Endspiel um die deutsche Fußballmeisterschaft statt. Das Spiel wurde für die Wochenschau gefilmt. Deren erste Ausgabe nach dem 22. Juni begann nicht etwa mit Bildern vom neuen Krieg im Osten, sondern von diesem Fußballspiel.

    Foto
    Übung der Litauen-Brigade in Litauen. © Kay Nietfeld

    Meine Mutter, die heute Hundertjährige, verließ Ende 1944 Ostpreußen mit den Trakehnern, den zwei- und den vierbeinigen. Sie strandeten in Graditz bei Torgau, einem anderen preußischen Gestüt. Im Morgengrauen des 25. April 1945 flohen die Graditzer vor der heranrückenden Front. Sie passierten die Brücke über der Elbe, die flog unmittelbar hinter ihnen in die Luft. Deutsche Durchhaltekrieger hatten sie gesprengt. Am Nachmittag lagen sich Russen und Amerikaner auf den Trümmern in den Armen. (Die später wieder errichtete Brücke ließ Sachsens Ministerpräsident Kurt Biedenkopf in einer heimlichen Nacht- und Nebelaktion am 16. April 1994 gegen den Mehrheitswillen der Bevölkerung sprengen. Das Denkmal der Begegnung aber steht noch immer.)

    Krankenbesuch vom Rotarmisten

    Irgendwann kehrten meine Mutter und die anderen nach Graditz zurück. Von den dort stationierten Rotarmisten kam oft ein junger Bursche zu ihnen. Irgendein Iwan oder Sascha oder Kolja, keine Ahnung. Er kam ohne Arg, ohne böse Absicht. Seine Geschichte kannte niemand, er sprach nicht Deutsch und die Familie kein Russisch. Er sei ein lieber Kerl gewesen, anhänglich. Die Mutter meiner Mutter, eine resolute, praktische Frau Mitte vierzig, wusch ihm die Kragenbinden und die Uniform, setzte Flicken und stopfte Löcher, und er revanchierte sich für die mütterliche Fürsorge mit Essbarem.

    Eines Tages war „Muttr“ weg, was ihn sichtlich verstörte. „Hospital“, sagten die anderen.

    Später erzählte meine Oma diese Geschichte wieder und wieder. Sie lag mit einer Gallenkolik im Torgauer Krankenhaus, ein Saal mit 20 und mehr Betten. Plötzlich flog die Tür auf und ein Russe mit Waffe rückte ein. Geschrei aus den Betten, die Frauen fürchteten sich vor dem, was nun passieren würde. War ja kein Geheimnis. Doch der Soldat schritt davon unbeeindruckt durch den Gang und musterte die Patientinnen.

    Ganz hinten entdeckte er „Muttr“. Die lag blass im Bett, mit einem Schlauch im Mund und konnte nur mit den Augen sprechen. Der junge Russe blickte sie bang an, hilflos, ratlos. Dann griff er in seine Hosentasche und förderte einen schmutzigen, unansehnlichen Zuckerklumpen ins Freie. Und den reichte er ihr. Was für ein absurdes Angebot – und was für eine anrührende menschliche Geste. Er wollte Gutes tun, helfen, Mitgefühl zeigen. Wie viel Leid hatten diese Russen durch unsere Landsleute an Leid und Bitterkeit erfahren müssen. Und wie gingen sie danach mit uns um …

    Trakehnen heißt heute Jasnaja Poljana und hat die Nato als Nachbarn, die Grenze zu Polen und Litauen ist keine 30 Kilometer fern. Panzer mit dem Balkenkreuz zerfurchen litauischen Boden, 5000 deutsche Soldaten leisten dort dauerhaft einen „Beitrag zur Abschreckung“. Diese Litauen-Brigade, so der deutsche Verteidigungsminister, sei „das Leuchtturmprojekt der Zeitenwende“. Da kann einem nur schwarz vor Augen werden, wenn man die Geschichte kennt.

    Frank Schumann ist Verleger des 1990 gegründeten Verlages Edition Ost, gelernter Spezialglasfacharbeiter und Diplom-Journalist. Drei Jahre fuhr er zur See und war, Australien ausgenommen, auch auf allen Kontinenten unterwegs. Meist publiziert er unter seinem Namen, aber gern auch unter einem seiner fünf Pseudonyme.

    Dieser Text ist eine Rede, die Frank Schumann bei der Veranstaltung „Dankbarkeit, die ein Leben lang währt“ am 18. Juni im Theater Ost hält. Anlass ist der 85. Jahrestag des Überfalls der Wehrmacht auf die Sowjetunion. Karten und Informationen unter www.theater-ost.de

    #OTAN #Rusdie #capitalisme #impérialisme #nazis #génocide #guerre #paix

  • Emmanuel Todd – Front Nord, Front Sud : le point sur la Troisième Guerre mondiale

    https://diaspora.psyco.fr/p/12532040

    https://www.youtube.com/watch?v=lC5jJtw5Baw


    2026-06-11 — 1,5 h

    par Fréquence Populaire Média

    Alors que les regards restent tournés vers l’Ukraine, le Moyen-Orient et les tensions internationales, Emmanuel Todd estime que nous sommes en réalité confrontés à des transformations beaucoup plus profondes que les seuls événements du moment.

    Dans ce nouvel entretien animé par Diane Lagrange et enregistré le 10 juin 2026, l’historien, anthropologue et démographe revient d’abord sur son nouveau projet intellectuel. Après plusieurs décennies consacrées à l’étude des structures familiales et à leur influence sur les systèmes politiques, religieux et sociaux, Emmanuel Todd explique pourquoi il réévalue aujourd’hui certains aspects de son travail et pourquoi il redécouvre l’intérêt du matérialisme historique de Marx et Engels pour comprendre les grandes évolutions de l’humanité.

    Mais très vite, la discussion bascule vers les grands foyers de tension contemporains.

    #Ukraine, #Russie, #UE / #EU Union européenne, #OTAN, #Iran, #États-Unis, #Allemagne, #démographie, #crise économique, #retraites, #immigration, vieillissement des sociétés occidentales, #désindustrialisation, #souveraineté énergétique, #déclin européen… aucun sujet n’est évité.

    Pour Emmanuel Todd, les événements que nous observons ne peuvent être compris qu’en prenant du recul sur les dynamiques historiques longues. Il analyse la guerre en Ukraine comme l’expression d’un affrontement plus vaste entre un #Occident en difficulté et des puissances émergentes qui raisonnent désormais sur plusieurs décennies.

    L’entretien aborde également le rôle croissant de l’Allemagne dans le financement de l’effort de guerre européen, les conséquences de la crise énergétique mondiale, l’évolution de la stratégie russe, le rapprochement entre Moscou, Téhéran et Pékin, ainsi que les risques que ferait peser une poursuite de l’escalade sur l’ensemble du continent européen.

    La situation de l’Iran fait l’objet d’une analyse particulièrement approfondie. Emmanuel Todd revient sur la transformation spectaculaire de la société iranienne, son niveau de formation scientifique, sa capacité de résistance face aux sanctions et aux conflits, ainsi que sur la chute extrêmement rapide de sa fécondité qui rapproche désormais le pays des standards démographiques des sociétés les plus développées.

    La France occupe également une place centrale dans la discussion.

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Todd s’interroge sur la capacité du système politique français à répondre aux défis réels du pays. Il revient longuement sur le vieillissement accéléré de la population, la crise des retraites, l’effondrement de la fécondité, les difficultés d’assimilation, la dépendance économique croissante du pays et les limites du débat politique actuel.

    L’entretien se conclut sur une réflexion plus large concernant l’avenir de l’Europe, le déclin démographique mondial, l’évolution des rapports de puissance et les conséquences possibles des choix politiques effectués aujourd’hui.

  • Fuite en avant : Bruxelles mise tout sur l’adhésion de l’Ukraine
    https://diaspora.psyco.fr/p/12512543

    Fuite en avant : Bruxelles mise tout sur l’adhésion de l’Ukraine

    #géopolitique #UE #OTAN #guerre #suicide

    Mercredi 3 juin, à Bruxelles, les ambassadeurs des vingt-sept États membres de l’Union européenne ont donné leur feu vert à l’ouverture du premier groupe de négociation en vue de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.

    Le point a été ajouté à la dernière minute à l’ordre du jour, signe de l’importance politique accordée à cette décision par les institutions européennes. Derrière l’apparente technicité de cette étape se cache en réalité un choix majeur pour l’avenir du continent. Car si les négociations d’adhésion avaient été officiellement ouvertes en juin 2024, elles étaient jusqu’à présent bloquées par le veto hongrois. Celui-ci vient de tomber après le changement de (…)

    • The Arctic & Baltic Fronts Of The NATO-Russian New Cold War Are Dangerously Merging

      Andrew Korybko
      May 25, 2026

      https://korybko.substack.com/p/the-arctic-and-baltic-fronts-of-the

      This trend poses a significant threat to Russia, but it also poses an equally significant one to the EU too if it leads to Putin taking seriously his hardliners’ appeals to launch a first strike against NATO.

      There’s recently been a flurry of news about the increasingly interconnected Arctic and Baltic fronts of the New Cold War. The UK announced a new multinational naval initiative to contain Russia in these seas, which followed the Russian Ambassadors to Finland and Norway warning about threats from them. Prior to all of this, some Russian sources accused the Baltic States of allowing Ukrainian drones to transit across their airspace en route to attacking St. Petersburg, which amounts to a major provocation if true.

      The abovementioned developments contextualize Russian Deputy Foreign Minister Alexander Grushko interview with Izvestia about how “The West is practicing the containment of Russia in the Baltics”. In his words, “The Baltic region is now being used by the West as a laboratory for studying how to escalate tensions and how to contain Russia from various regional and geographic directions…Now they’re closing in on the Arctic, forming various coalitions. This is, of course, a very alarming development.”

      The outlet also quoted Valdai Club expert Andrey Kortunov, who warned that “The situation in the Arctic is gradually changing—unfortunately, for the worse. If things continue like this, the distinction between the Baltic and the Arctic will gradually blur.” Additionally, Izvestia informed readers that “Ukraine is already being involved in deterring Russia. In May, drone operators participated in the Swedish Aurora 26 exercises, which took place, among other places, on the island of Gotland in the Baltic Sea.”

      Given what the Russian Ambassador to Norway mentioned in his previously cited interview, Ukraine’s participation in those drills could precede the potential basing of its drone teams in Gotland for attacking Russian shipping in the Baltic like its reportedly planned ones in Norway plan to do in the Arctic. Such a scenario could unfold along the increasingly interconnected Arctic-Baltic fronts simultaneously with the consolidation of the new UK-led multinational naval initiative for containing Russia there.

      Even worse, the Baltic States now serve as a tripwire for reigniting the Ukrainian Conflict after it ends or opening up another front if it resumes afterwards, the US is trying to get Belarus to “defect” from Russia, and Poland is continuing its build-up that could one day threaten Kaliningrad. The stage is therefore not only being set for escalations in the Baltic Sea, but also along its shores as regards the scenario of the West blockading Kaliningrad, potentially in parallel but perhaps only if Belarus first “defects” from Russia.

      As if all of that wasn’t already bad enough for Russia, France will now hold regular nuclear drills with Poland aimed against Russia and Belarus, thus extending its nuclear umbrella eastward and possibly covering for Poland if it dispatches troops to help the Baltic States in a crisis. This merger of the Arctic and Baltic fronts poses a significant threat to Russia, but it also poses an equally significant one to the EU too if it leads to Putin taking seriously his hardliners’ appeals to launch a first strike against NATO.

      The aforesaid observation highlights the dangers of this trend, but on the flipside, it also suggests that the increasingly interconnected Arctic-Baltic fronts will play a central role in the reform of the European security architecture once the Ukrainian Conflict ends. From the US’ perspective, it’s crucial to maintain peace between NATO and Russia in order to avoid World War III, ergo why Trump 2.0 should prioritize the creation of such an architecture – whether in general or focused on this front – as soon as possible.

      #Russie #OTAN #EU #UE #Artique #pays_baltes #Kaliningrad #Pologne #Ukraine

  • Sevim Dağdelens Rede in der Cambridge Union : „Die NATO ist für die heutige Welt nicht geeignet“
    https://www.nachdenkseiten.de/?p=151205

    Ce brillant discours sur l’OTAN et la destruction de l’état de providence vient d’être tenu par une politicienne d’un parti petit bourgeois . Le parti de Die Linke n’a plus de position juste et précise à cet égard, il n’est plus le parti de la paix ni le parti des pauvres. Ses dirigeants ont poussé Sevim Dağdelen à le quitter.

    31.5 2026 - An der britischen University of Cambridge wurde kürzlich zu folgendem Thema debattiert: „This House believes NATO is unfit for the world today“ („Dieses Haus ist der Auffassung, dass die NATO für die heutige Welt nicht geeignet ist“). Die BSW-Politikerin Sevim Dagdelen war als eine der Hauptrednerinnen dazu eingeladen. In ihrer Rede kritisierte sie zentrale Narrative der NATO: das Selbstverständnis als Verteidigungsbündnis, als Wertegemeinschaft, als Hüterin des Völkerrechts und als geopolitischer Erfolg. Wir dokumentieren die Rede im Wortlaut. Von Redaktion.

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    Sehr geehrter Herr Präsident,

    verehrte Mitglieder des Hauses, meine Damen und Herren,

    ich erhebe mich, um den Antrag zu stellen: Dieses Haus ist der Auffassung, dass die NATO für die heutige Welt nicht mehr geeignet ist.

    Jahrzehntelang lautete die Standardverteidigung der NATO nach der Auflösung des Warschauer Pakts ganz einfach: Durch dieses Bündnis schützt die USA ihre europäischen Verbündeten. Die jüngsten Ereignisse haben diese beruhigende Erzählung jedoch gründlich erschüttert.

    Washingtons eigene Partner im Nahen Osten werfen den USA inzwischen offen vor, sie im Stich gelassen zu haben. Sie wurden weder vor dem völkerrechtswidrigen Angriff der USA und Israels auf den Iran gewarnt, noch zeigten sich die USA willens – oder in der Lage –, ihre Kräfte zum Schutz der Golfstaaten zu konzentrieren.

    Fünftausend amerikanische Soldaten sollen aus Deutschland abgezogen werden. US-Präsident Trump – wenn man ihn ernst nimmt und nicht einfach mit dem Satz abtut „He’s a sandwich short of a picnic“ – hat unmissverständlich erklärt: Wenn Europa nicht in der Straße von Hormus hilft, dann ist Amerika nicht mehr bereit, Europa zu helfen. Das Bündnis, das der Sicherung der US-Hegemonie dienen soll, wird von den USA selbst aufgegeben. Jeder Ruf nach einer NATO ohne die USA ist reines Wunschdenken.

    Diese Aussage trifft den Kern des Nordatlantikvertrags. Wenn die Führungsmacht ihre Verpflichtung zur kollektiven Verteidigung infrage stellt, steht das gesamte Bündnis infrage. Selbst die deutsche Bevölkerung hat diesen Schritt längst vollzogen: Umfragen zeigen eine klare Mehrheit gegen die Bündnisverteidigung – auch weil viele Deutsche weder den baltischen Staaten noch der Türkei vertrauen.

    Erst kürzlich erklärte der litauische Außenminister Budrys unverblümt:

    „We must show the Russians that we can penetrate the little fortress they have built in Kaliningrad. NATO has the means to raze the Russian air defence and missile bases there to the ground in the event of an emergency.“

    Solche Aussagen offenbaren das wahre Wesen dieses Bündnisses: eine Organisation, die ihre Mitglieder zunehmend in Kriege anderer Nationen – vor allem der USA – hineinzieht, wie wir es gerade beim Krieg gegen den Iran erleben.

    Vor diesem Hintergrund könnten die Versuche zunehmen, den Krieg gegen Russland doch noch zu gewinnen, indem man die gesamte NATO hineinzieht. Genau das macht diesen Militärpakt derzeit so gefährlich für unsere Bevölkerungen. Wir müssen vor jeder Illusion warnen, die deutsche Bundeswehr könne einspringen, falls die USA die militärische Unterstützung verweigern. Selbst im Frieden fehlt es an Freiwilligen für das deutsche Panzerbataillon in Litauen, unmittelbar an der russischen Grenze.

    Ein dritter großer Krieg gegen Russland innerhalb von hundert Jahren ist etwas, wofür sich in Deutschland nur sehr wenige Menschen gewinnen lassen. Um Angriffe auf Russland über NATO-Territorium mit Drohnen aus der Ukraine zu verhindern, hat die NATO inzwischen selbst eine ukrainische Drohne über den baltischen Staaten abgeschossen. Das war nichts anderes als ein Abschuss, um Deutschland am Kriegseintritt zu hindern. Aber wie lange wird das noch funktionieren?

    Die Behauptung, die NATO sei eine echte Verteidigungsgemeinschaft, ist nichts als ein Mythos – und dieser Mythos verblasst vor unseren Augen.

    Zweitens: Die NATO präsentiert sich als Wertegemeinschaft – Menschenrechte, Demokratie, Rechtsstaatlichkeit. Historisch war das nie stimmig. Ein Gründungsmitglied war die faschistische Salazar-Diktatur in Portugal. Die CIA unterstützte Putsche nicht nur in Chile, sondern auch im NATO-Land Türkei 1980. Geheimarmeen wie Gladio operierten in mehreren Mitgliedstaaten wie beispielsweise in Italien.

    Heute ist der Widerspruch grotesk. Die USA, Deutschland und Großbritannien werden von Amnesty International, Ärzte ohne Grenzen und dem UN-Menschenrechtsrat der Mittäterschaft an einem Völkermord in Gaza beschuldigt. Welche gemeinsamen Werte werden durch die Unterstützung eines Genozids verteidigt? Welche Werte verkörpert die Entführung des gewählten venezolanischen Präsidenten Nicolás Maduro und seiner Frau – eine eklatante Verletzung des Gewaltverbots der UN-Charta? Oder die jahrzehntelange Hungerblockade der USA gegen Kuba, die auf die Zerstörung einer gesamten Gesellschaft abzielt? Ist das Aushungern eines ganzen Volkes zu politischen Zwecken Teil des westlichen Wertekanons?

    Die Behauptung, die NATO sei eine Wertegemeinschaft, ist nichts als ein Mythos – und dieser Mythos verblasst vor unseren Augen.

    Drittens: Wir kritisieren zu Recht, dass Russland mit dem Einmarsch in die Ukraine das Völkerrecht gebrochen hat. Doch Kritik vonseiten der NATO und der USA hat nur dann moralische Substanz, wenn wir selbst das Völkerrecht achten. Die Bilanz der Führungsmacht des Bündnisses spricht eine andere Sprache: Vietnam, Irak – und nun ein unprovozierter Angriffskrieg gegen den Iran. Der Präsident der „Freien Welt“ hat offen erklärt: „I don’t need international law.“ Nur seine eigene Moral halte ihn zurück – ein erschreckend dünner Schutz. Er droht sogar NATO-Verbündeten und fordert Grönland.

    Das inoffizielle Motto der NATO lautet „All for one and one for all.“ Wenn wir das nicht als Monty-Python-Witz verstehen, sollten wir es ernst nehmen. Wenn ein Mitglied einen Angriffskrieg beginnt, tragen die anderen zumindest die Verantwortung, dies im NATO-Rat zu thematisieren. Das tun sie nicht. „Dog don’t eat dog“ – das ist das wahre Motto.

    Als Block hat die NATO das UN-Völkerrecht wiederholt gebrochen: 1999 Bombardierung Jugoslawiens ohne Sicherheitsratsbeschluss, 2011 Missbrauch einer Libyen-Resolution zum Regime-Change und zur Verwüstung des Landes, zwanzig Jahre sinnloser Krieg in Afghanistan mit Hunderttausenden Toten, der mit der Rückkehr der Taliban endete.

    Die Behauptung, die NATO sei eine Hüterin des Völkerrechts, ist nichts als ein Mythos – und auch dieser Mythos verblasst.

    Viertens: Wenn all dies eingeräumt wird, greifen die NATO-Verteidiger auf ein letztes Argument zurück: „Aber wir haben uns seit dem Ende des Kalten Krieges von 16 auf 32 Mitglieder erweitert – welch ein Erfolg!“

    Im Gegenteil: Es ist das größte geopolitische Eigentor der jüngeren Geschichte. Die NATO-Osterweiterung hat genau das bewirkt, was Kissinger und Nixon einst verhindert hatten: Sie hat Russland in die Arme Chinas getrieben. Moskau hatte klare Zusagen erhalten, dass die NATO sich nicht nach Osten ausdehnen werde – der Preis für die deutsche Einheit und den friedlichen Abzug von 300.000 sowjetischen Soldaten aus Mitteleuropa. Russland hatte gewarnt, dass dies seine rote Linie sei. Wir haben sie dennoch überschritten.

    Das Ergebnis ist die gefährlichste strategische Lage für den Westen seit Jahrzehnten. Die NATO ist kein diplomatischer Erfolg, sondern eine strategische Belastung.

    Die Behauptung, sie verbessere die geopolitische Position des Westens, ist nichts als ein Mythos – und auch dieser Mythos verblasst.

    Schließlich die schlimmste aller Folgen: Sie trifft den europäischen Sozialstaat. Die USA fordern, dass die NATO-Mitglieder 5 Prozent ihres Bruttoinlandsprodukts für Verteidigung ausgeben. Für Deutschland allein wären das etwa 220 Milliarden Euro pro Jahr – fast die Hälfte des gesamten Bundeshaushalts.

    Lassen Sie sich hier nicht einreden, wir hätten während des Kalten Krieges prozentual ähnlich hohe Militärausgaben gehabt. Damals gab es hohes Wirtschaftswachstum, heute herrscht Stagnation. Jeder zusätzliche Euro für Rüstung muss brutal bei Gesundheitsversorgung, Bildung oder Renten eingespart werden.

    Gesundheitsversorgung, Renten, soziale Sicherung – Errungenschaften von 150 Jahren Kampf der Arbeiterbewegung – sollen auf dem Altar der endlosen Aufrüstung geopfert werden.

    Die NATO behauptet, Europa zu schützen, droht aber genau die Gesellschaften zu zerstören, die sie zu verteidigen vorgibt. Sie ist wie ein Stier im Porzellanladen – sie zerschlägt genau den Wohlstand und die Stabilität, die sie eigentlich sichern sollte.

    Die NATO ist bereits jetzt für 55 Prozent der weltweiten Rüstungsausgaben verantwortlich. Allein 2025 gab dieser Militärpakt 1,58 Billionen Dollar für Rüstung aus. Die europäischen Staaten geben bereits viermal so viel aus wie Russland – und diese Ausgaben sollen jetzt fast verdoppelt werden.

    Stellen Sie sich vor, was schon ein Bruchteil dieses Geldes bewirken könnte: Wir könnten den Welthunger abschaffen und Hunderte Millionen Menschen retten, ernsthaften Klimaschutz finanzieren, den Sozialstaat stärken und unsere Infrastruktur wieder aufbauen. Oxfam schätzt, dass die Beseitigung des weltweiten Hungers lediglich 40 Milliarden Dollar erfordern würde – das sind nur 2,5 Prozent des jährlichen NATO-Rüstungsbudgets.

    Stattdessen sehen wir die verheerenden inneren Kosten. In Deutschland kann inzwischen jeder vierte Schüler nicht mehr richtig lesen und schreiben – eine direkte Folge dieses Rüstungswahns.

    Wir brauchen einen starken Sozialstaat, keine Aufrüstung, von der allein die Aktionäre des militärisch-industriellen Komplexes profitieren – bei Rheinmetall übrigens vor allem US-Investmentfonds wie BlackRock, Morgan Stanley und andere.

    Verehrte Mitglieder des Hauses, alle zentralen Mythen der NATO – Verteidigungsbündnis, Wertegemeinschaft, Hüterin des Völkerrechts, strategisches Meisterstück – sind entlarvt. Sie überzeugen nicht mehr.

    Es ist Zeit für einen Moment der Wahrheit. Es ist Zeit, sich der Wirklichkeit zu stellen.

    Dieses Haus ist der Auffassung, dass die NATO für die heutige Welt nicht geeignet ist. Ich stelle den Antrag.

    Vielen Dank

    #OTAN #état_de_providence #géopolitique #guerre

  • Let’s go to war, stupid ! - Simon Krämer

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12500273

    https://diem25.org/lets-go-to-war-stupid

    Opinion Piece
    By Simon Krämer | 29/05/2026

    As the standard narrative of self-destruction in service of the Atlanticist billionaires’ profits goes: Europe needs a whole societal effort to prepare for war and defend ourselves against Russia.

    But if Russia is so dangerous, why don’t they attack us now if they are so strong? Why will they supposedly wait, as the Atlanticist think-tanks proclaim in all mainstream media 24/7, until Europe has built up its arsenal and is ready for war?

    Propaganda, stupid.

    At the same time, you can now legally argue, that the Russian nation-state has a right under international war to attack European nation-states (with respect to Article 24 and the scale and effects of armed attacks) as European nation-states have been actively and insistently involved in attacks on critical infrastructure on Russian territory – trying everything to provoke an attack of the Russian state on EU proper.

    We Europeans fell for it four times: Napoleon’s Weltgeist, Kaiser Wilhelm and Habsburgs Germano-Imperial Hubris, Adolf Hitler’s Kampf and now…

    Ursula von der Leyen is now continuing from where the above left off, emboldened, empowered and totally sucked-up by and to the Technofeudal and hydrocarbon lords on the other side of the Atlantic.

    In each of the four times, the peoples – the American, European and German pride was played on by imperial capital, the bankers who write the checks and collect the interest in decades after reconstruction.

    But therewith not enough. The narrative continues. We need that industrial production of the arsenal to save our economy, our jobs, our way of life…

    Nope – German industry is as busy as ever. But we need to drive down people’s wages and social services to keep increasing profits.

    It was the same playbook to start the other World Wars.

    After WWI, the Russian people liberated themselves from feudalism with Soviets (place-based direct democracy) until the Bolshevik suppressed and killed them as well as the free Soviet Makhnovshchina in Ukraine).

    German people overthrew the government and formed the Räte Revolution (place-based direct democracy) until the Freikorps (the military force that genocided the Herero and others in Namibia, slaughtered countless in WWI and later morphed into the Nazi SS) slaughtered revolutionaries in Munich, in Bremen, in NRW – everywhere.

    Later in Spain the consejos (place-based direct democracy) liberated the Iberian Peninsula from hundreds of years of Inquisition mindset and pain. They were eliminated by the vicious United States, Nazi and Franco collaboration on the outside, and the Bolshevik undermining of the consejos on the inside.

    For WWII, the playbook was hypercharged and deployed again.

    German, Nazi, rearmament for WWII was paid with US capital. German people were intoxicated with Goebbels and the radio.

    Today, it’s Springer and their total cognitive warfare across all media. The mind of the average German sits in a hermetic prison of total information war. The technofeudal fascists trigger emotional responses in the already overload minds of the people – very professionally and intentionally, from Kentucky to Sachsen to South Africa.

    Today, European rearmament is paid with our taxes.

    European support of genocide is paid with our taxes.

    European support for the abduction of people protesting in London, Paris, and Berlin, as well as those crossing the open Mediterranean Sea, is paid with our taxes.

    The world is reaching near destruction because of our compliance with the nation states, the big businesses and the creditors that rule us.

    But radical hope for a new enlightenment never dies – it sprouts. And consciousness is rising.

    The Ulm 5, the Leipzig students, the critical mass of youth resisting the Bundeswehr in Germany, the novel genre of anti-state rappers, the Iranian Lego movies, the Traores, the legacy of Fanshen farmers in China, the women fighting in Jinwar and in every nuclear family oppressing Mother earth.

    Everyone growing their response-ability leads the way. Let’s keep pushing back against the war machine.

    #geopolitics #EU #NATO #war

    #OTAN #géopolitique #UE #guerre #propagande

  • Karl Polanyi identifizierte den Wirtschaftsliberalismus als Wurzel reaktionären Denkens.

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12484116

    https://www.surplusmagazin.de/polanyi-faschismus-markt-transformation

    https://archive.is/58TMd

    Andreas Novy
    16. Oktober 2025

    [...]

    Keine Märkte ohne gesellschaftliche Einbettung

    The Great Transformation erschien 1944 und wollte sich in die Debatten über die Nachkriegsordnung einmischen. Allzu rasch beendete der beginnende Kalte Krieg allerdings die Hoffnung, das Resultat der Verwerfungen von Weltwirtschaftskrise, Faschismus und Krieg werde eine postkapitalistische Gesellschaft sein. Statt alle Lebensbereiche als Marktwirtschaft zu organisieren, sollten in einer gemischten Wirtschaftsordnung die vier sozioökonomischen Prinzipien kombiniert werden: Tausch, dort, wo es sinnvoll ist, Umverteilung durch eine staatliche Zentralmacht zur Gewährleistung des sozialen Zusammenhalts, Reziprozität als auf Gegenseitigkeit beruhender Zusammenarbeit in Familie, Nachbarschaft und Freundeskreis sowie Haushalten als das Wirtschaften im eigenen Haus.

    Erst nach Polanyis Tod erwachte wieder Interesse an ihm und seinem Hauptwerk: zuerst in der im Gefolge der 1968er-Bewegung aufkommenden Suche nach »alternativen Ökonomien«, dann mit der Kritik am Neoliberalismus und seiner Tendenz zur Ökonomisierung aller Lebensbereiche, inklusive Privatisierung von Bildung, Gesundheit, Wasser und Energie. Nicht alles könne und solle, so Polanyis Kritik, zur Ware gemacht werden. Es gibt auch »fiktive Waren« wie Arbeit, Geld und Land, die nicht für den Markt produziert wurden, weshalb ihre Vermarktlichung den gesellschaftlichen Zusammenhalt gefährdet. Seine bekannte zentrale These lautete: Es sei eine wirtschaftsliberale Illusion, Gesellschaft von einem sich selbst regulierenden Markt steuern zu lassen. So eine Gesellschaft könne nicht von Bestand sein. Polanyi identifizierte, dass sich gegen die Bewegung hin zur Vermarktlichung von allem und jedem schon im 19. Jahrhundert Gegenbewegungen bildeten: zivilgesellschaftlich in Form von Gewerkschaften und Genossenschaften, staatlich in Form von Sozial- und Arbeitsgesetzen. In den 1930er Jahren waren Kommunismus (Stalin), Faschismus (Hitler) und Reformpolitik (Roosevelt) unterschiedliche Antworten auf das Versagen des Wirtschaftsliberalismus.

    Ende des 20. Jahrhunderts bildete sich erneut eine Bewegung gegen den Wirtschaftsliberalismus, diesmal in Gestalt der neoliberalen Globalisierung. In der Großen Finanzkrise 2008 konnte der Zusammenbruch des Finanzsystems nur durch staatliche Intervention verhindert werden. Damit erhielt die Forderung nach dem Ende des Marktfundamentalismus neuen Auftrieb.

    Karl Polanyi kann keiner wissenschaftlichen Disziplin zugeordnet werden. Gemeinhin gilt er als Wirtschaftshistoriker. Tatsächlich inspirierte er die Analysen langfristiger Entwicklungen von Fernand Braudel, Immanuel Wallerstein und Giovanni Arrighi. Bekannt geworden ist er in der Wirtschaftssoziologie durch das Konzept der Einbettung: Zu meinen, Märkte könnten sich selbst regulieren, sei eine Illusion. Laissez-faire ist unmöglich, denn Märkte sind immer in Institutionen eingebettet. Auch eine wirtschaftsliberale Ordnung braucht die Institutionen Privateigentum und Vertragsrecht. Im Kapitalismus jedoch sind Märkte auf eine bestimmte Weise doch entbettet, insofern sie befreit sind von sozialen Verpflichtungen und demokratischer Kontrolle.

    [...]

  • écoute distraitement un reportage sur les modérateurices des réseaux asociaux dans lequel les ceusses geignent que c’est grave dur d’être payé·e des clopinettes pour visionner à longueur de journée des scènes qui feraient passer les snuff movies pour des épisodes du Manège enchanté.

    En revanche PAS UN·E SEUL·E ne se plaint d’être exposé·e à la dysorthographie ou à l’agrammaticalité, ce qui semble confirmer que les nouvelles générations souffrent bien d’une perte de valeurs qui ne leur permet plus de différencier ce qui est réellement traumatisant de ce qui ne l’est pas.

    #OTemporaOMores.

    • eu.eot.su - 2026-05-09

      #Trump and Meloni ’s quarrel could become the beginning of a revision of #security guarantees in #Europe.

      The geopolitical landscape of Europe is on the verge of major changes. The era of unconditional American security guarantees, which the Old World has grown accustomed to over the decades following the end of the Cold War, may come to an end. #Washington ’s harsh “America first” rhetoric is threatening the established architecture of #NATO. According to the Italian news agency ANSA, following the high-profile decision to withdraw thousands of American troops from Germany, Italy and Spain have also come under the close scrutiny of US President Donald Trump.

      For Rome, the implementation of such a scenario means not just a technical redeployment of allied troops, but a major challenge to national security and a deep crisis in relations with its main overseas partner. And while previously the main US complaints were about financial issues, today the catalyst for a possible rupture has become an open conflict between Trump and Italian Prime Minister Giorgia Meloni over the war in the #Middle_East.

      To fully assess the scale of the possible consequences, it is necessary to evaluate how deeply US military presence is integrated into Italy’s defense structure. Today, between 12,000 and 13,000 American soldiers, officers, and technical personnel are permanently stationed on the Apennine Peninsula and Sicily. In terms of the size of the American contingent, Italy is one of the key strongholds of the #Pentagon in Europe, second only to Germany. The American presence strengthens the overall air and missile defense system of NATO on the southern flank. Independently replacing this entire complex of capabilities would require Rome and its European allies many years and large investments.

      The United States operates a number of critically important facilities here. First, there is #Aviano Air Base in the north of the country, which hosts F-16 fighter jets and, according to military experts, stores tactical nuclear weapons. Second, there is #Vicenza Base (Caserma Ederle), serving as the headquarters of the US Army garrison in Southern Europe. The strategic hub of Camp Darby near Livorno is one of the largest logistics centers and weapons depots of the US Army abroad. Finally, the naval air station at Sigonella in Sicily is de facto the “eyes and ears” of NATO in the #Mediterranean, playing a vital role in operations in the Middle East and North Africa. The command of the US Sixth Fleet is also based in Naples. The withdrawal or even partial reduction of these forces would create a gaping hole in the southern flank of the North Atlantic Alliance.

      Until the spring of 2026, Giorgia Meloni was considered one of the main allies of American conservatives in Europe. However, in April, relations sharply deteriorated. The trigger was the US-Israeli military campaign against Iran, which Italy categorically refused to support.

      The crisis unfolded on several fronts at once and was accompanied by unprecedentedly harsh rhetoric, which is completely unacceptable to Trump with his ego:

      – Italy’s denial of access to bases. According to Corriere della Sera, Rome refused American bombers permission to transit through the Sigonella base before their deployment to the Middle East. The Italian side argued that landing aircraft carrying weapons required parliamentary approval, for which the US left no time.

      - Defense of the Vatican. Trump publicly attacked Pope Leo XIV, calling him “weak” for his calls for a peaceful resolution of the Middle East conflict. In response, Meloni harshly condemned the US president’s words, calling them unacceptable and expressing full solidarity with the pontiff.

      – Suspension of pacts with #Israel. Rome froze the defense agreement with Israel, demonstratively distancing itself from military escalation.

      – Washington’s response was not long in coming. In an interview with the Italian press, Trump became personal, insulting Meloni: “I’m shocked by her. I thought she had courage, but I was wrong. Iran would blow up Italy in two minutes if it had the chance.“

      Later, on his Truth Social network, Donald Trump delivered a final verdict on allied commitments: “Italy did not come to our aid, and we will not come to its aid.“

      Rome’s Middle Eastern démarche fell on the fertile ground of Trump’s long-standing dissatisfaction with fiscal discipline in NATO. Washington’s basic requirement — to spend at least 2% of GDP on defense — was chronically unmet by Italy, which hovered around 1.4–1.5%. Only recently, largely by revising accounting methods, did Rome reach the threshold of 2%, remaining among the allies that barely meet the former NATO minimum.

      In the transactional logic of the White House, the picture is clear: Italy not only tries to save on its own security at the expense of American taxpayers, but also, at a critical moment, refuses to show loyalty by blocking the use of bases. For the Trump administration, this is sufficient political reason to threaten to reduce the contingent, punishing a recalcitrant ally.

      For the Italian prime minister, the situation has turned into a diplomatic trap. On the one hand, a rupture with the US threatens the country’s basic security. On the other hand, Meloni is constrained by strict domestic political limits.

      In Italy, anti-war sentiment has traditionally been strong. Directly dragging the country into a war with Iran would be political suicide for the government against the backdrop of an already difficult economic situation. Furthermore, Italian industry is critically dependent on energy supplies from the Middle East region. As Trump bluntly stated, Rome does not want to risk oil, believing the US will do all the work on its own. Defending the Pope was also the only correct move for Meloni in a Catholic country where the pontiff’s authority carries enormous weight.

      If Donald Trump’s threats move into the practical realm, the consequences will extend far beyond the Apennines. The current situation shows how much the European security model depends on the political will of Washington. For Rome, the US bases were part of a system of logistics, intelligence, air support, and allied planning that cannot be quickly replaced by its own forces.

      Therefore, a possible withdrawal of American troops could be a signal to the entire European Union: the former automaticity of American guarantees no longer works unconditionally. European countries will have to accelerate the creation of their own defense infrastructure, expand military budgets, and take on those functions that the US provided for decades. Whether a decision to withdraw troops will be reached will be shown in the coming weeks.

      #OTAN #États-Unis #Italie #sécurité

  • L’OTAN et le terrorisme - réseau Gladio

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12436823

    https://www.youtube.com/watch?v=fZBmADtnOts

    depuis 04.10.2019 sur youtube - date de la production 2010 - 55 min

    #Gladio #terrorisme #États-Unis #Allemagne #Belgique #France #Italie #OTAN #Bologne #Munich #Brabant et al.

    les commentaires (2) à la vidéo sur YT :

    1) personne ne fait de commentaire à cette mine de compréhension, c’est affligeant

    2) 6 ans…1 commentaire… Ca n’intéresse plus les gens…41 ans depuis le dernier braquage, aucunes arrestations, pas de coupables…Les disfonctionnements dans la gendarmerie et la Police judiciaire sont devenus évidents lors de la commision d’enquête pour Julie et Melissa…Plus personne ne croit en la justice aujourd’hui, à part les faibles d’esprits…Ici on parle en plus de la période d’après guerre, où les américains ont laissé derrière des cellules dormantes…amenant “in fine” ces attaques du Brabant, la fameuse Stratégie de la tension, bien connue, appliquée, et couronnée de succès vu les budgets de la sécurité de l’état dont la gendarmerie en 1986 et 1987… Le problème encore une fois, c’est qu’on est en 2026…Tout ça est loin, ceux qui l’ont vécu adultes sont morts… Si on avait des preuves concrètes et que des têtes tombaient, je ne suis même pas sur que l’opinion publique s’y intéresserait… et forcément, pour les éventuelles “preuves” tout à été détruit ou éttouffer il ya bien longtemps, dès le début de l’enquête… Voilà pourquoi les gens ne commentent pas…pour dire quoi ? on savait ? Justice !!! Plus jamais ça ? Les jeunes de 20-25ans n’ont jamais entendu parler des tueurs du Brabant… pour une immense majorité…et encore moins la période 70-80… L’affaire Pinon, les CCC, Gladio, attentas de bologne, et bien bien d’autres…ils n’ont jamais entendu parler. On passe juste pour des complotistes avec la jolie étiquette, ça fait sourire les gens, et ils passent à autre chose de plus concret comme une bonne émission de télé-réalité… ;D Pas besoin d’épiloguer, aucunes preuves de tout ça…et forcément car ceux qui enquêtent sont aussi parmi les coupables… Bonne chance pour trouver Qui ? Quand ? Où ?

  • Comment #Die_Linke veut reconquérir les classes populaires allemandes
    https://lvsl.fr/comment-die-linke-veut-reconquerir-les-classes-populaires-allemandes

    Juste après sa victoire en février 2025, le chancelier allemand et dirigeant de la CDU Friedrich Merz déclarait que l’Europe devait devenir plus « indépendante » des États-Unis. L’année écoulée a révélé le caractère très limité de son ambition. Son gouvernement s’est engagé dans une hausse massive des dépenses militaires pour renforcer la place des Européens au sein de l’OTAN - allant jusqu’à suspendre le « frein à l’endettement » inscrit dans la Constitution allemande pour financer cet effort - tout en s’alignant sur le leadership de Donald Trump.

    #Entretiens #Politique #Allemagne #guerre #Ines_Schwerdtner #OTAN #pacifisme

  • Der Schah-Sohn Reza Pahlavi als ein „zweiter Selenskjj“ im Iran

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12422600

    Friendica: https://loma.ml/display/373ebf56-1969-e9ed-ae44-4eb154165475

    IsarAthener / oAnth:

    Die USA lassen nicht locker den Europäern im Konflikt am Golf um jeden Preis eine aktive Rolle aufzudrängen.

    ♲ Hans Wurst - 2026-04-23 08:55:15 GMT

    Iran: Schah-Sohn Reza Pahlavi trifft Bundestagsabgeordnete in Berlin

    https://www.msn.com/de-de/nachrichten/politik/iran-schah-sohn-reza-pahlavi-trifft-bundestagsabgeordnete-in-berlin/ar-AA21wfMN

    Monarchistische Gruppen sehen den Sohn des letzten Schahs von #Persien als politischen Anführer der iranischen Opposition. Wie groß der Rückhalt des im US-Exil lebenden Pahlavi im Land tatsächlich ist, bleibt vorerst unklar. Mit Beginn der Massenproteste im Iran im Januar forderte Pahlavi einen Machtwechsel und rief unter anderem die iranischen Sicherheitskräfte zum Überlaufen auf.
    Für seine Unterstützung des Kriegs der #USA und #Israels, der auch die iranische Zivilbevölkerung trifft, geriet er in Teilen der iranischen Gesellschaft im In- und Ausland in die Kritik. In Berlin sind auch Demonstrationen für und gegen seinen Besuch angekündigt.
    Reza Pahlavi lebt in den USA im Exil. Er hat sich für eine säkulare Demokratie im Iran ausgesprochen und stellt sich als Alternative für den Fall dar, dass die derzeitige Führung in Teheran stürzen sollte.
    Mehr als zwei Dutzend deutsch-iranische Gemeinschaften im ganzen Land haben den geplanten Besuch von Reza Pahlavi in Berlin in dieser Woche deutlich verurteilt und gewarnt, dass jede Form der Begegnung deutscher Abgeordneter mit ihm das Risiko birgt, einer zutiefst spaltenden Persönlichkeit Legitimität zu verleihen, die nicht die Bestrebungen des iranischen Volkes repräsentiert. Insbesondere iranische Kurden verweisen auf die bitteren Erinnerungen an die genozidalen Maßnahmen, die unter der Herrschaft von Reza Pahlavis Vater und Großvater verübt wurden.
    Reza Pahlavi verdanke seine Bekanntheit ausschließlich dieser berüchtigten Vergangenheit seines Vaters, eines Diktators, der 37 Jahre lang durch ein Einparteiensystem herrschte, das sich auf die berüchtigte Sicherheitsorganisation Savak stützte, politischer Gegner und Intellektuelle wurden gefoltert und getötet. Der Schah wurde schließlich durch eine große Volksrevolution gestürzt.
    Hossein Yaghoubi, Vorsitzender der Gesellschaft von Deutsch-Iranern (#GDI), erklärte: »Tatsache ist, dass sich Reza Pahlavi nicht von den gut dokumentierten Verbrechen seines Vaters distanziert hat. Noch in der vergangenen Woche in Schweden bezeichnete er die blutige Bilanz seines Vaters als Quelle des Stolzes.« Yaghoubi fügte hinzu: »Selbst die Stadt Berlin hat unmittelbare Erfahrungen mit der Repression seines Vaters gemacht.«
    Er erinnerte damit an den 2. Juni 1967, als Studentenproteste gegen den Schah gewaltsam beendet wurden. Der Student Benno Ohnesorg wurde dabei erschossen. Der 2. Juni gilt als Markstein hin zur Entwicklung der linksterroristischen #Rote_Armee_Fraktion (#RAF).
    Deutsch-iranische Stimmen betonten zudem, dass sie es als empörend empfinden, dass Reza Pahlavi wiederholt und ausdrücklich zu Krieg und militärischen Angriffen westlicher Staaten gegen Iran aufgerufen hat. Auch seine engsten Berater haben zu Angriffen auf die Infrastruktur Irans aufgerufen.
    In einem offenen Brief an Bundestagspräsidentin Julia Klöckner sowie an die Vorsitzenden der Fraktionen äußerten Unterzeichner eines offenen Briefes ihre »ernste Besorgnis« über Pahlavis Besuch. Zu den 21 Unterzeichnern zählen Joachim Rücker, ehemaliger Präsident des UN-Menschenrechtsrats, sowie Horst Teltschik, langjähriger Vorsitzender der Münchner Sicherheitskonferenz und früherer Berater von Bundeskanzler Helmut Kohl. Die Bereitstellung eines Forums für Pahlavi berge die Gefahr, »ein autoritäres politisches Modell zu legitimieren und die echten demokratischen Bestrebungen des iranischen Volkes zu untergraben«.

    #proxy

    • oAnth:

      #NATO 3.0 and #Europe:

      If you really want to know what strategic goals the U.S. Department of Defense is pursuing in the war in #Ukraine, don’t listen to the disinformation campaigns of the White House and the media, but rather to Under Secretary of Defense for Policy #Elbridge_Colby, one of the chief architects of the U.S.’s proxy wars (in the Pacific to deter China – “The Strategy of Denial,” 2021). The Israeli-American #Gulf War is part of this, and one of the goals will be to draw the Europeans into it by blackmailing them with energy shortages.

      #OTAN #Pentagon #Chine #Golfe

  • Hormuz, or the Art of the US-Israeli Duo in Using Blackmail to Drag Europeans into a Proxy War in the Gulf

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12410907

    ♲ Athénien d’Isar / oAnth - 2026-04-17 22:19:48 GMT

    I would like to add: … then one should understand that, from the perspective of the U.S. and #Israel, the purpose of blocking the Strait of Hormuz is to draw the Europeans into the hostilities through dependence—or, rather, through blackmail. We have already seen a more sophisticated strategic approach on the part of the Anglo-Americans via #NATO / #OTAN in the war in #Ukraine, namely to engange the Europeans step by step in a #proxy_war starting in 2022 through selective #disinformation, uninterrupted psychological warfare, based on #media control and steering of political careers.

    #USA #États_unis

    ♲ @jwildeboer@social.wildeboer.net:

    When oil prices fall sharply after Iran declares the strait of Hormuz to be open and Trump says his blockade still stands, you know that capitalism has decided that Iran is more relevant than the US president. We live in weird times.


    • “Iran is once again blocking the Strait of #Hormuz” (Zeit.de) and reacts in response to the blockade imposed by the U.S.

      What follows a simple logic: a scenario in the Gulf that in any way serves the interests of the U.S. and Israel while deliberately harming others mostly in Asia and Europe.

      –-------------

      So einfach geht das: ein kalkuliertes Szenario, das de facto den USA und Israel auf Kosten anderer - den Asiaten und den Europäern - in die Karten spielt.

      piaille.fr/@zeitbot@muenchen.s…

      ♲ @zeitbot@muenchen.social:

      Iran schließt Straße von Hormus wieder wegen US-Blockade

      https://www.zeit.de/politik/ausland/2026-04/iran-schliesst-strasse-von-hormus-wieder-wegen-us-blockade

    • Zeit.de / 18.04.2026

      Iran macht Öffnung der Straße von Hormus rückgängig

      Wenige Stunden war die Straße von Hormus offen, nun hat der Iran sie wieder für die Schifffahrt gesperrt. Grund seien Verstöße der USA gegen geltende Vereinbarungen.

      Der Iran verhängt wieder Beschränkungen für die Schifffahrt in der Straße von Hormus. Das teilte das Hauptquartier der Streitkräfte laut der Nachrichtenagentur Fars mit. Nachdem die Islamische Republik am Freitag die Öffnung der für den Handelsverkehr wichtigen Meerenge angekündigt hatte, begründete sie die Rücknahme des Schritts am Samstag damit, dass die USA gegen die Vereinbarung zu ihrer Wiedereröffnung verstoßen hätten.

      US-Präsident Donald Trump hatte am Freitag erklärt, trotz der angekündigten Öffnung durch den Iran die US-Blockade iranischer Häfen aufrechtzuerhalten. Das⁠ traf aber auf Widerstand im Iran. Parlamentspräsident und Chefunterhändler Mohammed Bagher Ghalibaf erklärte in den sozialen Medien, die für den weltweiten Ölhandel extrem wichtige Straße von Hormus werde »nicht offen bleiben«, sollte die Blockade der USA andauern.
      Trump droht mit Ende der Waffenruhe

      Die iranische Führung hatte die Öffnung für Handelsschiffe am Freitag nach dem Inkrafttreten einer Waffenruhe zwischen Israel und dem Libanon bekannt gegeben.

      US-Präsident Donald Trump hatte den Schritt begrüßt und gleichzeitig die Aufrechterhaltung der US-Blockade erklärt, sie solle bis zu einem Abkommen mit dem Iran über ein endgültiges Ende der Kämpfe bestehen bleiben.
      Iran

  • note que lorsqu’elle s’endormit hier soir la TSF diffusait la lecture d’un texte de Villiers de l’Isle d’Adam (1), tandis qu’au moment où elle se réveilla ce matin il y était question de... Trump.

    Passer de l’un à l’autre en une seule nuit, voilà qui illustre parfaitement la vitesse de la dégringolade intellectuelle du monde en général — et de votre seenthiseuse préférée en particulier.

    #OTemporaOMores.

    –-------------------
    (1) Le ceusse n’avait aucun lien de près ou de loin avec la famille hérédosyphilitique et incestueuse de l’autre kéké vendéen, hein. On précise « au cas-z-où ».

  • Storia di Villaggio Coppola #Pinetamare, il sogno infranto di una «Dubai italiana»
    https://www.youtube.com/watch?v=OHdxmyrrOKA&t=8s

    Doveva essere la città del futuro, creata a misura d’uomo fra il mare e una pineta dalla bellezza straordinaria.

    Un tempo si poteva entrare qui solo con un pass, come una vera e propria utopia palazzinara degli anni ’60. Poi il terremoto cambiò tutto e cominciò il declino. A dare il colpo di grazia furono le sentenze per devastazioni ambientali, che bloccarono gli ultimi progetti.
    Oggi tante associazioni del territorio si stanno impegnando a rilanciare una città che vive a metà fra l’apocalisse e la bellezza.

    #villaggio_coppola #castel_volturno #Italie #Campanie #villégiature #mer #déclin #histoire

    • Ritratti abusivi
      https://www.youtube.com/watch?v=FrpUNNVz6x8

      Il racconto realistico di una periferia italiana e dei suoi surreali abitanti, gli abusivi del Parco Saraceno. Come rinchiusi in un luogo infinitamente degradato e senza tempo, da almeno dieci anni la comunità della zona trascorre la propria esistenza tra miserie e illegalità, sospesi tra violenze quotidiane e il sogno di una vita normale.

      #film #documentaire #film_documentaire #coppola_pinetamare #aménagement_du_territoire #OTAN #abandon #destruction #chômage #pauvreté #pollution #pinède #religion #parco_saraceno #Armes_factices

    • Castel Volturno, il sindaco Marrandino ordina lo sgombero del Parco Saraceno

      Una notizia di grande rilievo che potrebbe mettere la parola fine ad uno degli immobili simbolo del degrado di Castel Volturno: il Parco Saraceno.

      Una notizia di grande rilievo che potrebbe mettere la parola fine ad uno degli immobili simbolo del degrado di Castel Volturno: il Parco Saraceno.

      Con l’ordinanza n° 274 del 5 dicembre 2024, il sindaco Pasquale Marrandino ha ordinato lo sgombero e la messa in sicurezza del Parco Saraceno.

      Il sindaco ha ordinato anche “il divieto di accesso e di utilizzo degli immobili del Parco Saraceno da parte dei proprietari e da chi a qualunque titolo occupi gli immobili in questione, nonché da chiunque altro vi acceda, fatta eccezione per il personale espressamente autorizzato ad effettuare verifiche tecniche”.

      I proprietari hanno anche il dovere di “adottare i provvedimenti urgenti compresa l’eventuale delimitazione dell’area, al fine di impedire l’accesso a chiunque. I proprietari in particolare debbono provvedere all’ apposizione di transenne e della segnaletica stradale di cantiere, corredata di pannelli integrativi ed informativi necessari, da posizionare lungo il lato del fabbricato fiancheggiante la pubblica via”.

      I residenti devono lasciare le proprietà entro le 48h successive all’ordinanza. Il sindaco ha anche avvertito gli attuali occupanti degli immobili che, in caso di mancata ottemperanza agli ordini impartiti, verrà inviata comunicazione al Prefetto di Caserta, ai fini dell’intervento della forza pubblica per l’esecuzione forzata dei medesimi.

      Ai controlli ci penserà la Polizia Municipale di Castel Volturno, già in allerta per l’avvio di un cambiamento che tutto il territorio aspetta da tempo.

      Ma quali saranno i prossimi passi? Ora toccherà alla Prefettura di Caserta, cui Prefetto ricopre l’incarico di Commissario straordinario per Castel Volturno, convocare un tavolo per dirigere e attuare lo sgombero.

      In molti si chiedono della reazione dei residenti del Saraceno, i quali “possono ricorre nei modi di legge, presentando ricorso al T.A.R. Campania entro 60 giorni dalla data di notifica oppure, in alternativa, Ricorso Straordinario al Presidente della Repubblica, da proporre entro 120 giorni dalla notificazione”.

      Si tratta di una vicenda molto delicata, considerando la presenza di soggetti in condizioni di fragilità anche medica.
      I motivi

      Tutto nasce a seguito di un incendio all’interno di una delle abitazioni. L’emergenza ha spinto ad un sopralluogo del personale del Dipartimento dei Vigili del Fuoco unitamente ai Carabinieri della Tenenza di Pinetamare e all’ufficio Tecnico Comunale, l’occupazione degli immobili di specie è ancora in corso e le cause di pericolosità sono ulteriormente peggiorate – rispetto ai precedenti sopralluoghi – sia sotto il profilo statico che igienico sanitario, come da comunicazione del Dipartimento dei Vigili del Fuoco del 05/12/2024.

      Per l’amministrazione “si è determinata una situazione di grave pericolo per la popolazione residente causata dalle lesioni e dal danneggiamento delle strutture e dei fabbricati situati nel territorio interessato con conseguente rischio di distacchi e/o di crolli sulle aree pubbliche e private, nonché situazione di pericolo per la salute degli occupanti degli immobili sopra citati, causata dalle pessime condizioni igienico sanitarie”.

      Lo sgombero permetterebbe alla famiglia Coppola di operare il progetto di riqualificazione tanto atteso, vista l’impossibilità anche a causa dell’occupazione abusiva di numerose unità immobiliari, i cui occupanti impediscono l’accesso e conseguentemente la possibilità di valutare ed effettuare gli interventi necessari alla messa in sicurezza.
      La storia del Saraceno

      La struttura è stata costruita negli anni ’70 ed ha ospitato in larga parte militari americani fino al trasferimanento alla base NATO di Gricignano di Aversa. Da quel punto in poi il Parco Saraceno ha vissuto una progressiva fase di degrado, fino all’arrivo degli abusivi.

      Il Parco Saraceno è stato attenzionato dai mass media di tutto il mondo, ospitando qui serie tv e film di successo internazionale. La famiglia Coppola, proprietaria del Parco, dopo una mediazione pacifica con gli occupanti è riuscita a far sgomberare una larga parte delle abitazioni.

      Ad oggi il Parco è quasi del tutto vuoto, fatta eccezione per alcune famiglie. La famiglia Coppola, detentrice della concessione per il Porto di Pinetamare, ha inserito l’area del Parco Saraceno nel medesimo progetto, prevedendo un riutilizzo e una riqualificazione della struttura.

      https://informareonline.com/castel-volturno-il-sindaco-marrandino-ordina-lo-sgombero-del-parco-

    • A Castel Volturno si vive come sopra a una polveriera

      Affacciato su quel che rimane di Parco Saraceno, Vincenzo Marotta indica il mare di Castel Volturno e torna con la mente a quando questo pezzo di litorale campano, a metà strada tra Gaeta e Napoli, era una sorta di colonia americana. L’ho conosciuto per caso in cima alla rampa d’ingresso dove, appoggiato alla balaustra, fermava i più che rari passanti per racimolare una sigaretta o qualche spicciolo e si è offerto di farmi da Caronte nelle viscere del quartiere, un quadrilatero di palazzine tutte uguali e prematuramente diroccate, attraversate da strade in cui il cemento la fa da padrone e trasformate in una discarica diffusa.

      Per Marotta questa è “Beirut”, frazione di Castel Volturno che pare uscita da un bombardamento. Eppure, spiega l’improvvisato traghettatore indicando una spianata di asfalto che separa Parco Saraceno dalla spiaggia, non è stato sempre così: fino a una ventina d’anni fa c’erano un pub e una pizzeria frequentati dai militari della vicina base Nato che abitavano nel quartiere e il piazzale brulicava di vita. Marotta viveva delle mance degli yankees: dai dieci ai quindici dollari per ogni vettura parcheggiata, assicura. Nel regno dell’economia informale, era il re dei parcheggiatori abusivi. “Avevo pure quattro dipendenti”, afferma.

      Si stenta a credergli, ascoltandolo oggi che il piazzale è desolatamente vuoto e i garage che ospitavano i locali per gli americani sono devastati. Oltre c’è il mare, ma non è raggiungibile se non facendo una gimkana tra reticolati divelti, elettrodomestici e pezzi d’arredamento disseminati qua e là a comporre un’estetica del degrado che un gruppo di fotoreporter locali ha immortalato in cartoline ironiche, “Qui la cultura non si differenzia”, con un ragazzo seduto su uno sgargiante divano giallo abbandonato in una discarica abusiva, “317 giorni di spiaggia all’anno”, con una famigliola sotto l’ombrellone e al di qua di una recinzione che chiude l’accesso alla spiaggia.

      Più della metà del villaggio fu costruita su demanio statale

      Me le mostra uno di loro, Eliano Imperato, che mi illustra l’idea di raccontare il territorio attraverso le strutture abbandonate, denunciando con amarezza ma anche con ironia. Hanno chiamato il progetto Abitare per sopravvivere, facendo il verso a un video-spot girato all’epoca della costruzione: s’intitola Abitare per vivere e rivela l’utopia palazzinaro-liberista di Pinetamare, una città giardino per quattromila abitanti che doveva avere come fiore all’occhiello Parco Saraceno, una sorta di quartiere-terrazza costruito su una piattaforma sopraelevata a cui si accede tramite la scalinata in cima alla quale ho trovato l’ex parcheggiatore Marotta.

      I fratelli Cristoforo e Vincenzo Coppola, a partire dalla metà degli anni sessanta, avevano fatto le cose in grande: 12mila appartamenti, scuole elementari, medie e superiori, caserme per polizia e carabinieri, cinema, discoteche, ambulatori e sale congressi. Più della metà del villaggio fu costruita su demanio statale, comprese le otto torri con 650 appartamenti destinati ai marines dell’Us Navy, che per anni hanno segnato lo skyline della costa.

      Vita da abusivo
      Ai potenziali acquirenti i Coppola vendevano un sogno: quello di vivere in una città senza traffico, smog e microcriminalità. Oggi che il sogno ha definitivamente mostrato la sua inconsistenza, il contrasto con le immagini propagandate dai costruttori è stridente: palazzine di tre piani, ordinatamente disposte, senza spazio per la fantasia e tutte uguali, che cadono letteralmente a pezzi, appartamenti con porte e finestre murate per evitare occupazioni, verande abusive sui balconi, spesso senza ringhiere. Su un muro campeggia la scritta “Vogliamo il contatore”, una richiesta affatto banale per chi ruba la corrente elettrica allacciandosi alla rete con collegamenti di fortuna che saltano alla prima pioggia. Ovunque si respira un senso di desolazione.

      Marotta si vanta di essere stato “il primo occupante”, quando ancora c’erano gli americani e la polizia militare a stelle e strisce garantiva la sicurezza in accordo con quella “privata” dei Coppola. Marotta è una delle vittime della “gentrificazione” del centro di Napoli, che va avanti ormai da più di trent’anni e ha gonfiato di disperati le periferie partenopee: come lui, a Castel Volturno arrivarono in cinquemila, espulsi da quel ventre di Napoli che comunque nessuno è mai riuscito a normalizzare del tutto. “Un amico mi disse che qui c’erano case disponibili, potevamo occuparne una senza problemi e così mi sono trasferito”, racconta con l’aria del pioniere.

      Il suo appartamento si trova al pianterreno della prima palazzina che incrociamo sulla sinistra, appena arrivati in cima alla scala d’ingresso al quartiere. Ci abita con la figlia più giovane, una ragazza di ventun anni, pure lei senza lavoro. Gli altri sono scappati: due maschi in Germania, un’altra a Napoli. Lui non ha intenzione di muoversi. Nonostante la vita da “miserabile” a Parco Saraceno, dice, non saprebbe dove trasferirsi, ora che pure sua moglie non c’è più.

      Vivere alla giornata è sempre più difficile pure per chi, come Marotta, è addestrato dalla nascita all’arte di arrangiarsi. I dollari americani non ci sono più e lui deve accontentarsi degli spiccioli che gli arrivano da lavoretti saltuari nelle case degli occupanti: piccole riparazioni, qualche toppa messa qua e là su edifici a dir poco fatiscenti. Oggi è irritato perché una donna nigeriana alla quale ha riparato il water tarda a portargli cinque euro che gli servirebbero per il pranzo. La stava aspettando da ore in cima alla scala, prima che arrivassi io a distrarlo.

      Il regista casertano Romano Montesarchio ha raccontato l’umanità di questa popolazione dimenticata in un documentario. S’intitola Ritratti abusivi e uno dei protagonisti è proprio Vincenzo Marotta: “Abitavo a Napoli, lavoravo, sono venuto qui e mi sono rovinato”, sintetizza mirabilmente, non senza un filo d’ironia come un personaggio di Jim Jarmusch, seduto tra le mura scrostate del suo appartamento, il fisico mingherlino e il volto scavato dall’età indefinibile, invecchiato dalla vita più che dall’anagrafe.

      Il documentario fa emergere il contrasto tra lo squallore del quartiere e lo straordinario attaccamento a esso dei suoi abitanti, tanto da far pensare che si crei un senso di comunità nel condividere una condizione di estrema povertà. “Sono tornata al mio paese ma non mi trovavo bene, mi mancava il Parco Saraceno”, dice un’occupante arrivata dall’hinterland partenopeo.

      Eppure, ancora negli anni novanta in questa new city colonizzata dagli americani la moneta di riferimento era il dollaro, i ragazzi del posto imparavano l’inglese insieme al napoletano e per strada si giocava a baseball. Pinetamare doveva essere una piccola Miami mediterranea, un’oasi per la piccola borghesia in cerca di un riparo sicuro dai mali di Napoli, protetta da guardie private come una gated community di Johannesburg in Sudafrica o São Paulo in Brasile, una sorta di ghetto alla rovescia dove vivere con i propri simili, protetti dalle insidie del mondo esterno.

      A trent’anni di distanza, il suo fallimento fa impressione: il porto per gli yacht e le barche di lusso è rimasto una chimera, la darsena è senz’acqua e i locali che la circondavano sono chiusi. Le otto torri a pochi metri dal mare, divenute uno dei simboli degli scempi edilizi in Italia, sono state abbattute dopo anni di battaglie ambientaliste. Il paradosso è che l’intesa del 2003 con regione Campania, provincia di Caserta e comune di Castel Volturno per un “intervento di riqualificazione” l’hanno firmata pure i principali responsabili della devastazione: i fratelli Coppola, che per risarcire la comunità locale avrebbero dovuto restaurare il castello che dà il nome alla cittadina e realizzare il porto da 1.200 posti davanti a Parco Saraceno. Ma tutto è rimasto sulla carta.

      Immerso nella pineta davanti alla spiaggia, sopravvive solo l’hotel, anche questo costruito dai Coppola, che ospita, blindatissimi, gli allenamenti della squadra di calcio del Napoli e un lussureggiante campo da golf da diciotto buche protetto dalla vigilanza privata, dove sembra di essere catapultati all’improvviso tra le verdi colline scozzesi. Fatta eccezione per il capitano del Napoli, lo slovacco Marek Hamšík, che invece di cercarsi una villa a Posillipo come la gran parte dei suoi colleghi ha scelto di vivere a Pinetamare, tra i due mondi non c’è alcun contatto. Hamšík è considerato un “castellano doc”. Il giorno di Natale del 2016 si è tirato dietro fotografi e giornalisti tuffandosi in mare proprio davanti a Parco Saraceno, la Beirut di Castel Volturno.

      Ascesa e declino di Parco Saraceno
      Secondo Marotta tutto ha cominciato a precipitare “quando sono andati via gli americani”. Non è il solo a pensarlo, anche se molti fanno risalire l’inizio della trasformazione al terremoto del 1980, quando dai “bassi” del centro di Napoli si riversarono a Castel Volturno migliaia di persone in cerca di un tetto.

      Daniele Manzo, titolare del bar Crazy Horse, a un centinaio di metri dall’ingresso di Parco Saraceno, crede che entrambe le versioni siano vere “solo in parte”. Il punto di svolta, a suo avviso, sono stati i sequestri per abusivismo edilizio, che hanno spinto i Coppola a smettere di sostituire l’amministrazione pubblica come avevano fatto fino a quel momento. “Garantivano tutti i servizi, se si fulminava una lampadina arrivava subito qualcuno a sostituirla”, racconta Manzo. In cambio, si facevano pagare una “quota di villaggio”, come in una sorta di megacondominio. Gli americani se ne sono andati quando si sono resi conto che i fondatori di Pinetamare “avevano costruito una caserma in un paese abusivo”, e per la città giardino è stata una deriva inesorabile. Si spostarono a Gricignano, nell’hinterland casertano, in un villaggio di casette basse in stile New Jersey recintato con il filo spinato. A costruirlo, ancora una volta i fratelli Coppola.

      Daniele Manzo è arrivato a Parco Saraceno da bambino e può essere considerato a buona ragione un resistente. I suoi genitori avevano creduto al sogno di un’abitazione vicina al mare e non sono scappati quando questo è svanito. Suo padre ha deciso di continuare a viverci e lui ha appena rinnovato il bar, che si presenta moderno e accogliente. Una volta che l’equilibrio si è rotto, il villaggio è entrato nelle mire della criminalità organizzata, che da queste parti vuol dire il temibile clan dei Casalesi.

      Negli anni duemila questi luoghi sono diventati il set di pellicole socialmente impegnate e a sfondo criminale

      Per aver rifiutato l’imposizione della marca di caffè da vendere, Daniele Manzo si è ritrovato con la serranda del bar bucherellata da una sventagliata di mitra. Ma non si è lasciato intimidire. Ha sfidato gli estorsori, li ha denunciati e li ha fatti condannare. Insieme al titolare di un pub vicino, Luigi Ferrucci, ha fondato un’associazione antiracket intitolata a Domenico Noviello, titolare di un’autoscuola a Baia Verde, ucciso nel 2008 con venti colpi di pistola per aver fatto arrestare, nel 2001, gli emissari del clan che gli avevano chiesto il pizzo. Appena gli fu tolta la scorta, Noviello finì vittima di un agguato: i killer affiancarono la sua auto di prima mattina, tirarono fuori le pistole e gli scaricarono addosso venti proiettili.

      Ferrucci, che incontro al Crazy Horse, ricorda che questi luoghi sono stati usati come set cinematografici. La parabola è illuminante: “Negli anni settanta, quando Castel Volturno aveva una buona fama, ci giravano film scanzonati, dalle commedie con Franco Franchi e Ciccio Ingrassia ai cosiddetti musicarelli”, un sottogenere cinematografico nato a cavallo tra gli anni cinquanta e sessanta con l’obiettivo di fare pubblicità ai dischi di cantanti all’epoca sulla cresta dell’onda e di attirare un pubblico giovanile. A Castel Volturno ricordano ancora il passaggio di Little Tony, l’Elvis Presley italiano.

      Poi sono arrivati gli anni ottanta e novanta del pop-trash, con i film a sfondo sentimentale che avevano come protagonista il cantante napoletano Nino D’Angelo, una via di mezzo tra il musical, la sceneggiata e gli stessi musicarelli.

      Infine, negli anni duemila questi luoghi sono diventati il set di pellicole socialmente impegnate e a sfondo criminale: da Fortàpasc, il film di Marco Risi sull’omicidio del giornalista del Mattino Giancarlo Siani ucciso dalla camorra di Torre Annunziata, a Gomorra e L’imbalsamatore di Matteo Garrone, dalla serie poliziesca La squadra a L’uomo in più di Paolo Sorrentino e a Là-bas di Guido Lombardi, ispirato alla strage di San Gennaro, fino al recente Indivisibili di Edoardo de Angelis, storia di due gemelle siamesi costrette dalla famiglia e da un prete senza scrupoli a non separarsi perché, nel degrado ambientale e sociale circostante, una persona “normale” farebbe la fame.

      “Volevo mettere in relazione la purezza del desiderio con un mondo circostante violentato e svenduto”, ha detto il regista a Internazionale presentando la prima scena del film, dove tre prostitute risalgono la spiaggia di Castel Volturno, sulla quale spicca un Cristo abbandonato.

      C’era una volta l’America
      Per i giovani millennials di Pinetamare oggi l’America è lontana. Le generazioni precedenti sono invece rimaste segnate da quella stagione.

      Vanni De Stefano ne è un esempio. T-shirt griffata Nike, pantaloni mimetici e scarpe da ginnastica ai piedi, non sarebbe mai diventato un rapper senza l’educazione partenopeo-americana ricevuta, che riassume in questo modo: “Le nostre lingue erano il napoletano e l’inglese, ascoltavamo la musica che arriva da oltreoceano, giocavamo a basket e football americano, festeggiavamo Halloween”.

      De Stefano, che si fa chiamare Socrate ed è molto popolare nei locali della zona, parla con un pizzico di nostalgia dei tempi passati, quando “vivevamo come in un villaggio turistico, con una qualità di vita che altrove si sognavano”. È convinto che “se l’hip hop non fosse nato a New York, avrebbe visto la luce a Napoli”, lungo quel quarantunesimo parallelo che unisce le due città come un filo invisibile in virtù di quella colonizzazione ben mascherata cominciata dopo la liberazione, quando gli americani si impadronirono del porto, cambiando il corso della storia partenopea del dopoguerra, come sostiene lo scrittore Ermanno Rea nel romanzo Mistero napoletano.

      Come gli altri ragazzini del quartiere, Vanni de Stefano all’epoca si guadagnava da vivere portando a domicilio la spesa alle famiglie dei militari. “Ne ricavavo fino a ottanta dollari al giorno”, racconta. Avevano l’America in casa, a Castel Volturno. Finché un giorno il sogno americano è finito e la città giardino si è trasformata in una “periferia dei Casalesi”. Parola del barista anticamorra Daniele Manzo.

      La polveriera Castel Volturno
      All’annuale cerimonia in ricordo delle vittime della strage di San Gennaro, il 18 settembre 2016, il sindaco Dimitri Russo ha lanciato l’allarme: “Castel Volturno è una polveriera pronta a esplodere”.

      A suo parere non sono mutate le condizioni che portarono, lo stesso giorno del 2008, un commando dei Casalesi guidato dal boss Giuseppe Setola a uccidere, davanti a una sala giochi di Baia Verde e alla sartoria Ob Ob Exotic Fashion di Ischitella, il gestore italiano del locale e sei africani. “Dopo otto anni c’è ancora un solco profondo tra la comunità locale e gli immigrati, la tolleranza ormai è un filo sottile che potrebbe spezzarsi in qualsiasi momento”, ha detto Russo quel giorno. Da allora non è accaduto nulla che potesse fargli cambiare idea. Seduto alla sua scrivania in municipio, il primo cittadino allarga le braccia: dopo la mattanza del 2008, la rivolta dei migranti e le giornate di grande tensione, a suo avviso tutto è tornato come prima. Per alcuni aspetti, ritiene che la situazione sia perfino peggiorata.

      Ho voluto incontrarlo per avere qualche informazione in più su Parco Saraceno e Russo si è fatto trovare preparato. Mi mostra alcune carte e una mappa del quartiere: dall’ultimo censimento, datato 4 agosto 2015, una cinquantina di appartamenti risultano occupati illegalmente da disperati provenienti da ogni dove.

      Difficile sapere quanta gente ci viva, perché la gran parte degli abitanti non è registrata e molti vecchi proprietari hanno abbandonato le loro case quando il Parco si è trasformato nella “Beirut” di Castel Volturno. Per anni, mentre la situazione degradava sempre più, si è discusso sul che fare di questa mega speculazione edilizia: per alcuni i Coppola avrebbero dovuto abbattere le palazzine e riqualificare a loro spese l’area che avevano devastato, secondo altri l’avrebbero dovuta riqualificare insieme al vicino porto mai decollato. Le due posizioni si sono neutralizzate a vicenda e alla fine non è accaduto nulla.

      Russo alza le braccia quasi in segno di resa. Magari avessimo solo il problema di Pinetamare, dice elencando il numero impressionante di residence e agglomerati di palazzine nelle stesse condizioni che si dipanano lungo i ventisette chilometri di costa della cittadina casertana: dalle villette confiscate di Parco Allocca, a sud nella zona del lago Patria, fino alle casette abusive mangiate dal mare a Bagnara, all’estremo nord, viene fuori il ritratto di un pezzo di territorio italiano del quale lo stato ha perso il controllo. Non un unico ghetto, insomma, ma tanti quanti i parchi abusivi e i miniquartieri che gli speculatori hanno pensato bene di tirar su nel lungo sacco edilizio cominciato alla metà degli anni sessanta e andato avanti fino ai novanta, con una concentrazione ineguagliata in Italia.

      Sono tutti figli dell’era dei Coppola, quando in tanti si sono improvvisati piccoli costruttori e interi quartieri sono nati dal nulla. “Il problema è che a Castel Volturno ci sono almeno 40mila abitazioni abusive abbandonate, di scarsa qualità e ormai cadenti, pronte per essere occupate”, spiega Dimitri Russo. Un quarto di queste è costruito su demanio pubblico, a volte perfino sulla spiaggia.

      “Nella peggiore delle ipotesi con cento euro affitti un appartamento e con 20mila euro riesci a comprartelo”, prosegue. I controlli sono difficili per gli scarsi mezzi a disposizione e per l’impossibilità di sgomberare e ricollocare migliaia di persone che vivono con un’economia di fortuna, e questo ha fatto di Castel Volturno una sorta di “porto franco”. “Qui in un modo o nell’altro si campa”, conclude il sindaco, che rappresenta quella parte della città che non vuole arrendersi al suo disfacimento. Per questo ha denunciato il rischio che la “polveriera” Castel Volturno possa esplodere da un giorno all’altro.

      Tutta un’altra storia
      Dimitri Russo si è presentato con una lista di centrosinistra per ridare un volto pulito alla cittadina dopo che il comune era stato commissariato per infiltrazioni camorristiche e nessuno dei sindaci degli ultimi vent’anni era rimasto esente da sospetti di collusione con il temibile clan dei Casalesi, sempre nel nome del cemento selvaggio. Lo slogan della sua campagna elettorale, nel 2014, era eloquente: “Tutta n’ata storia”, “tutta un’altra storia”.

      Voleva riecheggiare una delle canzoni più note del cantautore napoletano Pino Daniele, che nel testo afferma la propria diversità culturale rispetto alla musica americana che si ascoltava nei locali a stelle e strisce del porto di Napoli, e al contempo segnare una cesura rispetto all’epoca in cui la commistione tra politica e malavita aveva creato un disastro urbanistico e sociale che non ha pari in un paese occidentale. Ora si trova a dover gestire il lato più oscuro della “gentrificazione” napoletana e le critiche di chi chiede il pugno duro contro gli immigrati ma non fa una piega di fronte al loro sfruttamento nelle campagne.

      Sulla particolarità di questa cittadina dell’Italia meridionale che oggi si trova a guidare ci ha scritto la sua tesi di laurea. Ha verificato che in appena quarant’anni la popolazione è cresciuta da meno di quattromila a cinquantamila abitanti e che ogni anno l’anagrafe registra un migliaio di nuovi residenti e più o meno altrettanti che vanno via, ed è giunto alla conclusione che per questo motivo a Castel Volturno “non esiste una comunità forte, con un’identità riconosciuta”, e questo non aiuta la coesione sociale.

      Tutti alloggiati nella giungla di cemento abusivo che si distende lungo i ventisette chilometri di litorale domizio

      Gli dà ragione padre Antonio Bonato, che con un gruppo di missionari comboniani è arrivato qui per aiutare i poveri come in una qualsiasi bidonville africana. Intervistato dalla giornalista Ilaria Urbani nel libro La buona novella (Guida editore), ha detto: “Qui è l’idea di cittadinanza che manca, non abbiamo cittadini ma abitanti, sia italiani che immigrati”. Per lui, che è arrivato nel casertano alla vigilia della strage di San Gennaro dopo sedici anni in Mozambico, la difficoltà maggiore è legata al fatto che “tutti considerano Castel Volturno solo un luogo da sfruttare, perché trovi gli appartamenti a un prezzo irrisorio e ti puoi sistemare con poche risorse”.

      I numeri sono impressionanti: per 25mila abitanti regolarmente registrati, a Castel Volturno se ne stimano altrettanti che sfuggono a qualsiasi censimento, “invisibili” come il Garabombo dell’omonimo romanzo di Manuel Scorza. Non-cittadini che non hanno diritto all’assistenza medica di base e al welfare locale, ma che ciononostante gravano sulle spalle del comune, come l’ex parcheggiatore Vincenzo Marotta e gli altri occupanti di Parco Saraceno o come i 15mila immigrati senza permesso di soggiorno della “little Africa”. Se si contano pure i numerosi europei dell’est, il rapporto tra popolazione autoctona e immigrati è di uno a uno. Tutti alloggiati nella giungla di cemento abusivo che si distende lungo i ventisette chilometri di litorale domizio.

      Latente guerra civile
      Il sindaco Russo mostra i bilanci e snocciola cifre: su venti milioni di spesa annua, la metà se ne va per la raccolta e smaltimento dei rifiuti, un milione per i depuratori e l’illuminazione, un altro milione per i servizi sociali. Inoltre, il comune versa 170mila euro per condividere alcune attività con i comuni vicini. A questi vanno aggiunti altri 800mila euro di spesa per il pacco alimentare ai poveri e per l’assistenza ai disabili e ai minori, inviati in strutture di accoglienza quando le madri vengono arrestate. Ancor più dei 700 detenuti agli arresti domiciliari da controllare, quello delle donne incarcerate è un problema di primaria importanza a Castel Volturno: la gran parte di loro è single e l’amministrazione è costretta a prendere in carico i figli.

      Il primo cittadino è disperato: si trova a dover assistere una popolazione reale che è il doppio di quella ufficialmente censita, con un comune semi-fallito e una latente guerra civile tra residenti e non.

      ‘Se gli africani decidessero di andarsene questo sarebbe un paese fantasma’

      Viceversa, se da un lato i cittadini se la prendono con gli africani, appena il 20 per cento di loro paga “spontaneamente” le tasse. Un altro 10 per cento “lo recuperiamo coattivamente nel giro di qualche anno”, spiega Russo. Il resto va a ingrossare la lista dei crediti da riscuotere. “Un giorno abbiamo fatto un piccolo test: su venti persone controllate a caso in un’unica strada durante una protesta contro la carenza di servizi, solo 19 erano in regola con i pagamenti”, racconta Alessandro Buffardi, un consigliere comunale che si occupa dei beni confiscati.

      Faccio anch’io una piccola prova: in un vicoletto chiuso nell’antico borgo murato del castello, solo una signora garantisce di pagare le imposte comunali. Lo dice fiera per lamentarsi con il comune del fatto che dall’abitazione di fronte, diroccata, con il tetto sfondato e le erbacce che proliferano all’interno, piovono pietre e nessuno interviene.

      Russo non sa più che pesci prendere: ogni anno mancano all’appello almeno cinque milioni e il comune è in dissesto economico, il governo non lo sostiene e a lui pare di guidare una barca che fa acqua da tutte le parti. “Per trent’anni non è stata fatta alcuna manutenzione o i lavori sono stati fatti male, le fogne saltano e le strade sprofondano e noi abbiamo difficoltà perfino a sostituire una lampadina”, si lamenta. Per far intendere cosa vuol dire, spiega che, se dovesse decidere di abbattere una delle decine di migliaia di case costruite sul demanio pubblico, anche solo per dare un segnale simbolico contro l’abusivismo, non avrebbe i soldi per farlo.

      L’unica soluzione sarebbe chiedere un prestito alla Cassa depositi e prestiti e poi cercare di rivalersi con il proprietario, avviando un contenzioso che durerebbe anni per provare a riavere indietro i soldi spesi e risarcire la banca d’affari del ministero delle finanze.

      Si tratta di una spirale perversa: il Comune non riesce a garantire i servizi per tutti, chi vive di espedienti chiede assistenza ma trae beneficio dall’assenza dello stato, i cittadini soffrono la disparità di trattamento con i non cittadini e i meno accorti se la prendono con i più deboli tra tutti, ossia gli immigrati, nemmeno immaginando che, a sud del Sahara, per molti giovani che aspirano a venire in Europa quest’ultima ha il volto di Castel Volturno.

      L’Africa napoletana
      Il cuore pulsante di questo pezzo d’Africa europea, disseminata per i ventisette chilometri di costa e oltre, nelle vicine Mondragone a nord e Villa Literno a sud, nonché nei paesi dell’interno, è nella distesa di case e villette destinate alla villeggiatura che si trovano sulla sponda destra del fiume Volturno, a un passo dal mare. Oggi è una lunga teoria di strade malridotte, abitazioni abbandonate e sventrate dalle quali spunta qua e là qualche segno di vita, vedette italiane dei clan agli angoli delle strade, bar, pizzerie e ristoranti inesorabilmente abbandonati, chiese pentecostali e qualche centro islamico, piccole attività commerciali a uso e consumo, alternativamente, degli italiani o degli africani.

      Aniello Capone ne è considerato una sorta di sindaco occulto: ha costruito buona parte delle villette e condomini di Destra Volturno “quando qui non c’era nulla”, nemmeno il piano regolatore, ha venduto le abitazioni e poi ha portato pure acqua, luce e fognature. Quando gli chiedi perché l’ha fatto lui e non lo stato, gli sbuca un sorriso sornione sotto il cappello a larghe falde, come a dire: chi altri poteva farlo? Poi risponde: “Mi hanno accusato di estorsione per aver chiesto agli abitanti il conto, ma potevo lasciarli senza servizi o aspettare che si mettessero d’accordo tutti?”.

      Da “Scipione” vanno a fare la spesa tutti, italiani e africani: pesci lucertola essiccati o creme sbiancanti, pasta e pane . Il titolare del minimarket si rivolge in napoletano con i primi e ha imparato la lingua twi ghaneana per farsi intendere dai secondi. Esordisce così: “Se gli africani decidessero di andarsene questo sarebbe un paese fantasma”.

      Trascorrere una mattina nel suo negozio è come assistere a uno spot vivente sull’integrazione: risponde per le rime a un africano che, pensando di non essere capito, lo chiama “mariuolo” per il costo, a suo dire eccessivo, di un articolo; scherza con i clienti, bacchetta e prende in giro i compaesani che “hanno il razzismo inculcato” e “pensano che la piaga di Castel Volturno siano i neri”. “Scipione”, all’anagrafe Maurizio Russo, 54 anni e “castellano doc”, non è tenero con i suoi concittadini: “Prima hanno devastato questo posto e ora se la prendono con i neri, ma la verità è che gli africani fanno comodo a tutti, perché lavorano, guardano le case e le abitano, spesso al nero”.

      Gli abusivi però non hanno fatto i conti con l’erosione costiera, testimoniata dalle casette mangiate dal mare

      Non è l’unico a pensarla in questo modo. Barbara Carino abita qui da 25 anni con i genitori e due figli, un ragazzo di 16 anni e una bambina di dieci. Al pari del parcheggiatore Vincenzo Marotta, pure lei è una vittima della “gentrificazione” napoletana: è arrivata dal cuore della città e, come gli occupanti di Parco Saraceno, non lascerebbe mai l’enclave afro-campana di Destra Volturno. Ci ha provato una sola volta, andando a Torino alla ricerca di un lavoro, ma è tornata dopo appena quindici giorni. Troppo freddo, troppo caos, troppi rumori, troppe difficoltà a entrare in relazione con le persone, perfino con i vicini di pianerottolo, sostiene. “Avevo nostalgia perfino dell’odore del caffè che la mattina arriva dai vicini di casa”, afferma. Ci tiene a smontare i cliché negativi sul quartiere.

      Dice che, “nonostante tutto, a Destra Volturno si può star bene”, anche se, ammette, “bisogna saperci vivere”. Basta abituarsi all’assenza di servizi e organizzarsi in proprio: per esempio, noleggiando un pulmino privato per mandare i figli a scuola in paese in modo non lasciarli mai per strada, facendo a turno con le altre famiglie per invitare i ragazzi a casa. Facciamo un giro nel quartiere: entriamo in un minimarket nigeriano e in un “barber shop” togolese, scambiamo quattro chiacchiere con due abitanti del posto e, arrivati alla spiaggia di Bagnara, all’estremo nord di Castel Volturno, confessa: “Non ce la farei neppure a tornare in città”, che per lei vuol dire la sua Napoli. Le mancherebbe troppo, dice, “il silenzio che c’è qui”, l’assenza assoluta di rumori urbani, di traffico e di pedoni.

      Barbara Carino mi ha portato fin qui per mostrarmi il paese abusivo sommerso. A Bagnara non ci sono le villette e i residence di Destra Volturno e neppure le palazzine di Parco Saraceno, ma domina l’edilizia informale. Chi voleva si è recintato un pezzetto di demanio pubblico e ci ha costruito sopra, spesso a pelo d’acqua. Gli abusivi però non hanno fatto i conti con l’erosione costiera, della quale le casette mangiate dal mare sono testimonianza e termometro allo stesso tempo: più l’acqua si alza e più il quartiere viene sommerso, candidandosi al ruolo di novella Atlantide dell’abusivismo edilizio. Negli ultimi anni il mare ha mangiato duecento metri di terraferma e oggi dal mare spuntano pilastri e spezzoni di cemento armato. Quando c’è bassa marea, mi dicono, spunta pure un comignolo.

      La nuova capitale della droga
      A Destra Volturno gli unici passanti, negli orari di andata o ritorno dal lavoro, a piedi o in bicicletta, sono gli africani e poco altro. Nelle altre ore si vede solo chi non è riuscito a guadagnarsi la giornata mettendosi al soldo di un caporale.

      Secondo la polizia, che quotidianamente gioca al gatto e topo con gli spacciatori, questo quartiere ghetto, destinato al turismo e finito nelle mani della criminalità organizzata come una qualsiasi periferia degradata di una grande città, è la nuova capitale della droga in Campania. Qui si sono trasferiti spacciatori in cerca di una “zona franca”, latitanti in cerca di rifugi sicuri e perdenti delle guerre di camorra, costretti a emigrare per non essere uccisi. Le piazze di spaccio sono “dinamiche”, non fisse e invisibili, “anche grazie allo sviluppo urbanistico sconsiderato che offre innumerevoli ripari nelle decine di stabili abbandonati”.

      Qui incrociano gli affari la camorra partenopea e la “mafia nigeriana” di cui parla Sergio Nazzaro, un giornalista casertano, nel libro-reportage Castel Volturno (Einaudi). L’autore dipinge la cittadina come una “Gotham city del Sud senza Batman”, un luogo libero da ogni regola o contratto sociale, “una metropoli sul mare con le fattezze di un paesino del Meridione”, nella quale boss africani gestiscono traffici di cocaina ed eroina per decine di milioni di euro. Le stradine che portano verso la spiaggia sono sbarrate da cancelli e inferriate che, mi dicono, servono a proteggere le connection houses, “case chiuse” dove la prostituzione è gestita dalle “tenutarie” nigeriane. Per mostrare, con ironia, quel che accade in queste ultime, un ex prete e rapper milanese, Gianluca Castaldi, e il regista Vincenzo Cavallo hanno ideato una serie web che affronta con ironia il tema dell’integrazione nella più grande banlieue d’Europa.

      La particolarità è che i protagonisti sono i diretti interessati. Castaldi è uno dei pochi bianchi ad aver avuto accesso in questo mondo e questo l’ha aiutato a delineare l’ossatura di quella che ha definito una “social fiction”. Il protagonista è un giovane napoletano di buona famiglia mai allontanatosi da Posillipo che, dopo il fallimento dell’azienda paterna, decide di trasferirsi a Castel Volturno in una casa ereditata dalla nonna, ma la trova occupata da un gruppo di africani e trasformata in una connection house, appunto. Nel 2008, dopo la strage, insieme ad alcuni attivisti del centro sociale Ex canapificio di Caserta, Castaldi ha creato il laboratorio musicale Kalifoo Ground, che è il nome che gli africani hanno dato alle rotonde lungo la via Domiziana dove ogni mattina aspettano l’arrivo dei caporali, spesso immigrati come loro, per finire a lavorare nelle campagne per pochi euro al giorno.

      Da Jerry Masslo alla strage di San Gennaro
      Quando ho trascorso una notte nella “piazza degli schiavi” di Villa Literno per osservare da vicino il gigantesco mercato a cielo aperto delle braccia destinate all’agricoltura di giornata, Tammaro Della Corte, un sindacalista di strada che con un gruppo di attivisti pattugliava la via Domiziana, che percorre da nord a sud il territorio di Castel Volturno, allungando ai braccianti dei foglietti con un numero di telefono da contattare in caso avessero bisogno di aiuto, mi aveva detto che, nonostante tutto, le condizioni dei migranti sono migliorate rispetto a quando, la notte del 17 settembre del 1994, in una sorta di Mississippi burning all’italiana, fu incendiato il ghetto dove vivevano duemila africani (un episodio al quale la band napoletana Almamegretta dedicò la canzone Scioscie viento).

      Non è dello stesso avviso il sindaco Dimitri Russo, per il quale poco o nulla è cambiato dal giorno in cui, nella stessa baraccopoli che cinque anni dopo andrà a fuoco, fu ucciso il sudafricano Jerry Essan Masslo, al quale oggi sono intitolati la locale camera del lavoro, un’associazione che si occupa di immigrazione e pure un premio letterario.

      La figura del giovane immigrato, trucidato in un maldestro tentativo di rapina nel 1989, da queste parti è divenuta l’emblema di chi lotta per i diritti dei migranti. A Umtata, la città in cui condivideva i natali con Nelson Mandela, Jerry Masslo era stato un attivista, vicino alle posizioni dell’Anc e del movimento della Black consciousness fondato da Steve Biko, organizzazioni che lottavano per la fine dell’apartheid.

      Su Masslo non ci sono notizie certe: pare che il padre fosse stato fatto scomparire dal regime e che avesse perso una figlia piccola, colpita da un proiettile vagante durante una manifestazione. Quel che è sicuro è che era arrivato dal Sudafrica in maniera rocambolesca: dopo aver messo in salvo moglie e figli da alcuni parenti in Zambia, era partito prima alla volta della Nigeria, nascosto nella scialuppa di salvataggio di una nave cargo, e da qui in aereo verso Roma, dove aveva trovato rifugio alla Comunità di Sant’Egidio per poi finire a raccogliere pomodori nella pianura casertana. Ma non aveva piegato la testa di fronte agli sfruttatori. Partecipava alle riunioni dei migranti che chiedevano salari migliori, coperture assicurative e condizioni di lavoro più umane.

      “Pensavo di trovare in Italia uno spazio di vita, una ventata di civiltà, un’accoglienza che mi permettesse di vivere in pace e di coltivare il sogno di un domani senza barriere né pregiudizi. Invece sono deluso. Avere la pelle nera in questo paese è un limite alla convivenza civile. Il razzismo è anche qui: è fatto di prepotenze, di soprusi, di violenze quotidiane con chi non chiede altro che solidarietà e rispetto. Noi del terzo mondo stiamo contribuendo allo sviluppo del vostro paese, ma sembra che ciò non abbia alcun peso. Prima o poi qualcuno di noi verrà ammazzato e allora ci si accorgerà che esistiamo”, disse in un’intervista alla trasmissione del Tg2 Nonsolonero.

      Andò proprio così: la sua profezia si avverò e ne rimase vittima lui stesso, ucciso durante un maldestro tentativo di rapina che non ebbe nulla di casuale. La caccia al nero era uno sport comunemente praticato e perfino teorizzato da alcuni giovani del posto. Ancora oggi, racconta Maurizio Russo tra una consegna e l’altra al bancone del minimarket Scipione, minacciare con le spranghe gli africani che escono di casa, all’alba, per andare a raccogliere i pomodori, è un’abitudine diffusa tra i giovani che li incrociano, soprattutto d’estate, all’uscita da discoteche e locali notturni.

      Non era mai accaduto prima e non avverrà in seguito che per la morte di un bracciante africano sia organizzato un funerale di stato

      Jean René Bilongo, un camerunense che a Castel Volturno è tra gli animatori dell’associazione intitolata al sudafricano ucciso, ha raccontato in questo modo quello che accadde la sera del 23 agosto 1989: “Jerry si era ritirato nel capannone per attrezzi di via Gallinelle che condivideva con altri ventotto suoi compagni. Avevano trascorso un momento insieme, tra una frugale pietanza fredda e una chiacchierata sull’andamento della giornata. Mentre si preparavano a sdraiarsi sui loro ruvidi cartoni per la nottata, un gruppo di sei ragazzi fece irruzione. Avevano il volto coperto da passamontagna ed erano muniti di mazze e altre armi che s’intravedevano nella penombra. Intimarono che venissero consegnati loro i soldi guadagnati nei campi. Nessuno lo fece. Ci fu un po’ d’agitazione, volavano parole indecenti, cominciò una colluttazione. Fu allora che uno dei balordi colpì alla testa, col calcio della pistola, lo sprovveduto Ayuel Bol Yansen, un sudanese di 29 anni. In quello stesso istante, Jerry si affacciò per capire cosa stesse succedendo. Impazzito, uno dei rapinatori gli sparò tre colpi con la pistola calibro 7.65 che impugnava. Jerry cadde a terra, rantolando e chiedendo aiuto. Lottava contro la morte, disteso in una pozza di sangue. Altri due braccianti furono feriti, ma in modo lieve. Il trambusto degli spari e il fuggi-fuggi generale che seguì fecero accorrere gli altri ragazzi che dormivano sotto il muro di cinta del terreno dove si trovava la casupola. I balordi scapparono, spaventati dalla prevedibile reazione degli inferociti stranieri. Per il povero Masslo non ci fu più nulla da fare”.

      Quel delitto che faceva tornare alla mente le esecuzioni del Ku klux klan nell’America schiavista ebbe un’eco inaspettata, facendo scoprire al paese l’esistenza degli immigrati e le loro indegne condizioni di vita e di lavoro. A Villa Literno arrivarono le massime autorità politiche e a Roma fu indetta un’imponente manifestazione antirazzista che portò all’approvazione della prima legge sull’immigrazione. Quest’ultima prese il nome del suo proponente: il vicepresidente del consiglio Claudio Martelli, all’epoca giovane socialista in rapida ascesa politica all’ombra del segretario Bettino Craxi.

      Non era mai accaduto prima e non avverrà in seguito che per la morte di un bracciante africano sia organizzato un funerale di stato come avvenne per l’omicidio di Jerry Masslo. Non accadrà un anno dopo quando, nella vicina Pescopagano, un commando della camorra sparerà all’impazzata davanti a un bar lasciando a terra due morti e sei feriti, e neppure la sera di San Gennaro del 2008, neppure dopo che sarà accertato che i ghaneani Kwame Antwi Julius Francis, Affun Yeboa Eric, Christopher Adams, El Hadji Ababa, il togolese Samuel Kwako e il liberiano Jeemes Alex erano stati trucidati semplicemente per far capire che a controllare il territorio erano i Casalesi e non per risposta a uno sgarro o per vendetta criminale.

      Per identificare gli autori sarà decisiva la testimonianza di un ghaneano, Joseph Ayimbora, che, colpito da diversi proiettili, sopravvisse fingendosi morto e poi riconobbe chi gli aveva sparato e altri due componenti del commando. Secondo i giudici, si trattò di una strage con chiare finalità terroristiche, aggravata dalla discriminazione e dall’odio razziale, motivazione inedita nella storia degli omicidi di camorra.

      La resistenza dei sindaci
      Per provare a reagire, l’amministrazione guidata da Dimitri Russo ha puntato gran parte delle sue carte sul recupero dei beni confiscati alla camorra e sulla loro assegnazione ad attività sociali. Sono 115 e ne stanno arrivando altri 88, cifre che fanno di Castel Volturno il comune con il più alto numero di beni confiscati alla camorra di tutta la Campania.

      Qui i clan di tutta la regione venivano a reinvestire i soldi sporchi in edilizia di bassa qualità e più che discutibile estetica. Nel solo Parco Allocca, costruito in una vecchia cava vicino a un lago artificiale da un imprenditore legato ai Casalesi e destinato ancora una volta ai militari americani, sono state confiscate 34 villette. Una di queste è stata pure occupata da un ignaro senzacasa ghaneano, poi sgomberato. Per segnare la discontinuità con il passato recente, il Parco è stato reintitolato a “Faber”, com’era affettuosamente soprannominato il cantautore Fabrizio De Andrè, nel 1979 sequestrato per quattro mesi dall’Anonima sequestri in Sardegna insieme a sua moglie Dori Ghezzi.

      A Castel Volturno tutto ciò che ha a che fare con il cemento puzza di camorra e di corruzione. L’appalto per la villa comunale di Destra Volturno è stato uno dei motivi che hanno spinto il ministero dell’interno a sciogliere la giunta comunale, nel 2012, per infiltrazioni camorristiche. Si tratta di un enorme spazio verde attrezzato e recintato attorno a un lago artificiale. I lavori furono assegnati a una ditta che faceva capo al clan dei Casalesi e il risultato è sotto i miei occhi: la villa, con tanto di panchine e percorsi pedonali, non può essere aperta perché, a causa dei passamano costruiti male, i bambini rischierebbero di finire in acqua e annegare.

      Di fronte all’ingresso, un’ex pizzeria è stata affittata ai missionari comboniani che l’hanno risistemata e assistono gli immigrati, qui come in uno slum di Nairobi. Punto di riferimento per tutti gli africani di Castel Volturno è però il centro Fernandes, che si trova lungo la via Domiziana. I suoi giardini sono un punto di ritrovo per la comunità nera, ma chiunque abbia bisogno di un letto, un pasto caldo, una visita medica, una consulenza burocratica o ha solo necessità di farsi una doccia passa di qua.

      All’ingresso mi attende Erik, un giovane per metà della Sierra Leone e per l’altra metà del Ghana. Mi racconta che non è arrivato in Italia, come la maggioranza dei suoi connazionali, con uno dei barconi che quotidianamente solcano il canale di Sicilia rischiando il naufragio. Era stato prelevato dai talent scout della squadra di calcio del Lione, alla ricerca di giovani promesse in Africa. Sarebbe potuto diventare un calciatore importante ma, arrivato in Francia, è fuggito senza cogliere l’opportunità. È andato a Torino e poi a Castel Volturno, perché era senza permesso di soggiorno e “alcuni amici del Ghana mi hanno detto che qui avevo poche possibilità di essere scoperto”. Ora è in regola e ha provato a portarsi sua madre. Ma lei non ha resistito e ha voluto tornare nel suo villaggio in Ghana.

      Erik mi porta a fare un giro nel centro Fernandes, un’ex caserma donata alla Caritas dall’omonima famiglia napoletana: ci sono una biblioteca, un centro d’ascolto, una mensa, un dormitorio appena rimesso a nuovo, uno studio dentistico e un ambulatorio medico che può contare su un volontario d’eccezione: il sindaco della vicina Casal di Principe Renato Natale. Non si tratta di un personaggio qualsiasi: si trovava a fare il sindaco, per un breve periodo, il giorno in cui un killer della camorra entrò nella sacrestia della chiesa di San Nicola di Bari e scaricò addosso al parroco don Peppe Diana, che si apprestava a celebrare la messa, cinque colpi di pistola.

      Il prete era colpevole di essersi rifiutato di celebrare il funerale di un uomo ucciso in uno scontro tra cosche. Nella sua predica più famosa, intitolata “Per amore del mio popolo non tacerò”, aveva detto: “La camorra rappresenta uno stato deviante parallelo rispetto a quello ufficiale, privo però di burocrazia e d’intermediari che sono la piaga dello stato legale”.

      Oggi che è di nuovo sindaco, Renato Natale ne ha raccolto idealmente il testimone. Considera il clan dei Casalesi “una dittatura militare” e chi si oppone a essa come “un resistente”. Ha restituito alla cittadinanza, facendone un centro per la riabilitazione mentale, la villa che il boss Walter Schiavone, fratello del capoclan Francesco soprannominato “Sandokan”, si era fatto costruire sul modello di quella del mafioso Tony Montana –Al Pacino in Scarface, e ha dichiarato: “Da oggi la chiameremo Villa della Liberazione”. Ha rifiutato la scorta armata perché “non serve a nulla” e utilizza come slogan il titolo di una canzone del rapper napoletano Lucariello, Miettice ‘a faccia, il cui ritornello recita: “Quando la paura ti abbraccia mettici la faccia”. Nonostante gli impegni istituzionali, non manca un appuntamento con i pazienti africani, che cura gratis due sere alla settimana nell’ambulatorio medico del centro Fernandes.

      A casa di Pupetta Maresca
      Il fiore all’occhiello dei beni recuperati è l’ex villa di Pupetta Maresca a Baia Verde. Maresca, giovanissima donna di camorra, al sesto mese di gravidanza, il 16 agosto 1955 uccise il mandante dell’omicidio di suo marito Pasquale Simonetti, detto Pascalone ‘e Nola (il boss che stabiliva il costo della frutta e della verdura al mercato ortofrutticolo di corso Novara a Napoli), scaricandogli addosso l’intero caricatore di una pistola Smith&Wesson. Un gesto che ha ispirato al regista Francesco Rosi il film La sfida. La casa è stata trasformata in una sartoria sociale nella quale sono impiegate donne italiane e nigeriane.

      L’hanno chiamata La casa di Alice e producono capi realizzati con un mix di tessuti africani e occidentali. Ho assistito a una sfilata dei loro capi d’abbigliamento in un altro edificio recuperato: una masseria appartenuta a Michele Zaza, boss con ville a Posillipo e a Beverly Hills, nella quale si allevavano cavalli destinati alle corse clandestine e si custodivano le sigarette di contrabbando, oggi riconvertita da un gruppo di ingegneri e agronomi in un caseificio che produce quelle che definiscono “mozzarelle della legalità”. In mostra c’erano una gran varietà di tessuti africani variopinti “made in Castel Volturno”, a testimoniare quanta Africa ci sia oggi in questo pezzo di sud Italia. All’ingresso della masseria un tempo appartenuta al boss, la scritta a caratteri cubitali “Qui la camorra ha perso”.

      Il comune ha assegnato l’abitazione, una tipica casetta di mare con un bel giardino e la bizzarria di un camino sul quale la padrona di casa aveva fatto incidere le sue iniziali, all’associazione Jerry Masslo, dalla quale è nata la cooperativa Nuovi Orizzonti, che gestisce la sartoria sociale.

      Pupetta Maresca ha dovuto arrendersi di fronte alla tenacia di un pugno di donne pacifiche e determinate, come non aveva fatto di fronte al capo indiscusso della nuova camorra organizzata Raffaele Cutolo, contro il quale convocò una conferenza stampa per sfidarlo a viso aperto, e prima ancora dinanzi all’uomo presunto mandante dell’omicidio del marito: Antonio Esposito, soprannominato Totonno ‘e Pomigliano. Lo stesso che, come ha raccontato nel saggio Politica e crimine lo scrittore tedesco Hans Magnus Enzensberger dopo aver seguito l’intero processo, alla fine del fastoso matrimonio tra i due in un ristorante di Castellammare di Stabia, senza lasciar presagire quello che sarebbe accaduto di lì a qualche mese, si era alzato in piedi intonando un celebre canto di malavita: “Guapparìa”.

      L’ultimo concerto di Mama Africa
      La sera del 9 novembre del 2008, proprio a Baia Verde, la cantante sudafricana Miriam Makeba aveva invece chiuso il suo concerto in onore delle vittime della strage di San Gennaro e in sostegno dello scrittore Roberto Saviano, minacciato dai Casalesi, con il bis di Pata Pata, la canzone che le ha conferito alla fine degli anni cinquanta un successo planetario. “Mama Africa”, voce per eccellenza di tutti i neri che si opponevano all’apartheid, era arrivata a Castel Volturno per cantare davanti ai suoi conterranei, in segno di riconoscimento di quello che rappresenta questa cittadina sudeuropea per l’intero continente nero.

      Il destino ha voluto che al termine del concerto abbia avuto un malore e sia morta nel giro di pochi minuti. Poche ore prima aveva visitato il centro Fernandes, parlando a una platea composta quasi esclusivamente da africani: “Quando la gente vive separata, non si conosce e impara a essere sospettosa degli altri, ma quando la metti insieme impara a conoscersi e scopre che tutti noi, in quanto esseri umani, viviamo gli stessi problemi e che non dobbiamo avere paura gli uni degli altri”, aveva detto riferendosi ai ghetti riservati agli africani e alla separazione tra questi ultimi e i cittadini del luogo.

      A ricordarla è un monumento nel quale il suo volto emerge dall’inconfondibile sagoma del continente africano, attorniato da sette fori di pallottola, quante furono le vittime della violenza camorristica. La sua morte ha chiuso simbolicamente un cerchio aperto quasi vent’anni prima da quella del suo connazionale Jerry Masslo e ha fatto di Castel Volturno, già “periferia dei Casalesi”, spicchio d’America partenopea, utopistica città giardino rovesciata in ghetto per gli espulsi dalla metropoli napoletana, pure l’indiscussa capitale dell’Africa europea.

      https://www.internazionale.it/reportage/angelo-mastrandrea/2017/02/25/castel-volturno-polveriera

  • Microsoft suspends dev accounts for high-profile open source projects
    https://www.bleepingcomputer.com/news/microsoft/microsoft-suspends-dev-accounts-for-high-profile-open-source-proje

    #Microsoft has suspended developer accounts used to maintain multiple high-profile #open-source projects without proper notification and no way to quickly reinstate them, effectively blocking them from publishing new software builds and security patches for #Windows users.

    The list of affected projects includes, but is not limited to, Virtual Private Network (#VPN) software #WireGuard, on-the-fly #encryption (#OTFE) utility #VeraCrypt, the #MemTest86 Random Access Memory (#RAM) testing and diagnosis tool, and the #Windscribe VPN software.

    “Microsoft terminated the account I have used for years to sign Windows #drivers and the #bootloader. [..] Microsoft did not send me any emails or prior warnings. I have received no explanation for the termination and their message indicates that no appeal is possible,” VeraCrypt developer #Mounir_Idrassi said last week.

    Un commentaire ? C’est le même mouvement concerté que Google et Android. Les plateformes majoritaires seront sous le contrôle des états, ou elles ne seront pas. 

  • Des nouvelles sur la rencontre entre le chef fe l’OTAN et Trump
    https://www.aljazeera.com/news/liveblog/2026/4/9/iran-war-live-israel-kills-254-in-lebanon-shaking-trump-tehran-ceasefire

    NATO chief says ‘large majority of European nations’ lived up to commitments

    More from Mark Rutte’s comments on his meeting with Trump.

    “The large majority of European countries, and that’s what we discussed today, have done what they promised before in a case like this,” he told CNN. “What the US did with Iran, they could do because so many European countries lived up to those commitments. Not all of them, and I totally understand his disappointment about that, but it is, therefore, a nuanced picture.”

    When asked if NATO thinks the US and Israel waged an illegal war against Iran, Rutte said, “No”. “Because NATO has always taken the position that degrading these capabilities of nuclear and ballistic missiles is crucial; that Iran can never get its hands on those two capabilities. There is widespread support for that point of view,” he said.

    When asked about Trump’s threat to kill the entire Iranian civilisation, Rutte declined to comment and said: “What I want you to know is that I support the president, and I know large parts of Europe do, when it comes to taking out the capacity of Iran to export chaos to the region, to Europe, to the whole world. They are one of the main enablers of Russia’s war effort in Ukraine.”
    He added that European countries preferred diplomacy. But then, he said, “we run the risk that this would lead into the North Korean moment, where you talk so long, that at a certain moment, it’s beyond the point where you can still get this down, because then they would get their hands on the nuclear capacity”.

    When asked if the world was safer because of the war on Iran, he replied, “Absolutely”

    #vassaux #OTAN