• Guerre en Ukraine : réalités et propagandes Anne Morelli / Michel Collon

    La guerre fait rage en Ukraine et la propagande bat son plein.
    Comment s’y retrouver dans ce torrent d’informations qui nous pousse chaque jour vers de nouvelles escalades ?
    Peut-on réellement comprendre les enjeux de ce conflit ?
    Un débat à l’initiative du Comité de Surveillance OTAN, l’historienne Anne Morelli (Principes élémentaires de la propagande de guerre http://www.aden.be/index.php?aden=principes-elementaires-de-propagande-de-guerre ) et le journaliste Michel Collon (Ukraine : La guerre des images https://boutique.investigaction.net/fr/home/151-bon.html ) démêlent réalités et propagandes.

    https://www.youtube.com/watch?v=XldMlJUR-nM

    #Ukraine #propagande #Histoire #guerre #otan #médias #journalistes

    • Les Dix principes élémentaires de la propagande de guerre Anne Morelli

      • Nous ne voulons pas la guerre ;
      • Le camp adverse est le seul responsable de la guerre ;
      • Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service ») ;
      • C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers ;
      • L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement ;
      • L’ennemi utilise des armes non autorisées ;
      • Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes ;
      • Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause ;
      • Notre cause a un caractère sacré ;
      • Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

      Anne Morelli
      Historienne, Anne Morelli est professeure à l’Université libre de Bruxelles où elle enseigne, notamment , la critique historique appliquée aux médias modernes. Elle analyse ici, systématiquement, les « trucs » que tous les services de propagande des nations modernes utilisent pour ranger l’opinion publique à leurs côtés.

  • Un article paru sur le site dedefensa affirme, à propos de Poutine :

    qu’il lui est très difficile d’accepter le fait que son pays est en guerre

    https://www.dedefensa.org/article/deconstruction-reconstruction-de-poutine

    Au delà de l’effet comique de cette affirmation - si on lui accole la vision d’un mouvement de troupes sans doute involontaire d’une armée de 100.000 hommes traversant une frontière - cet article m’a interpelé sur la facilité avec laquelle, de part et d’autre, beaucoup choisissent un camp grâce à une grille d’analyse toute prête, sans même apercevoir les absurdités qui en découle.

    Lire les propos pour moi aberrants de dedefensa m’aide à relativiser le sérieux avec laquelle un média comme Le monde répond aujourd’hui à un lecteur qui se demande pourquoi l’Allemagne refuse d’envoyer des chars à l’armée ukrainienne :

    Olaf Scholz a également insisté sur la nécessité d’éviter une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN, or Moscou pourrait considérer la fourniture de telles armes comme une implication directe dans le conflit.

    #poutine #otan #dedefensa #lemonde

    • Même si je n’ai pas forcément envie de défendre bec et ongles « De Defensa », je note que la citation est extraite d’une autre citation d’Alexandre Mercouris (le rôle de DD se « limitant » à commenter Mercouris).
      Je cite le site (!) (en coupant) la suite qui permet de comprendre le raisonnement, qui est clairement plus complexe que ce que laisse entendre la citation reprise en extrait :

      « Mercouris développe son approche d’abord en parlant de l’évolution de la situation sur le terrain, avec constamment la patte de Poutine à partir de Moscou, signe de son attention excessive (...) Les arguments externes ne sont pas oubliés, surtout celui de ne pas mener une guerre trop brutale pour ne pas compromettre le rassemblement diplomatique et géopolitique autour de la Russie. Poutine a été aussi brillant dans ce domaine qu’il a été hésitant et fort incertain sur la conduite de la guerre. »

      Quant à la seconde partie de ta réflexion (Le Monde et l’Allemagne), désolé mais je n’ai pas bien compris !

  • Nouvel accord de coopération UE-OTAN : quid de l’autonomie stratégique ?
    https://www.euractiv.fr/section/politique/news/nouvel-accord-de-cooperation-ue-otan-quid-de-lautonomie-strategique

    La nouvelle déclaration conjointe indique clairement que l’#OTAN « reste le fondement de la défense collective de ses membres » et que l’organisation « demeure essentielle pour la sécurité euro-atlantique ». [...] Les deux organisations possèdent « des rôles complémentaires, cohérents et se renforcent mutuellement au service de la paix et de la sécurité au niveau international », peut-on lire dans le document. Cela vient confirmer l’idée selon laquelle des armées européennes plus fortes doivent soutenir l’alliance politico-militaire, et non offrir une alternative à celle-ci.

    #Union_européenne

  • Biden uses Zelensky to whip up pro-war frenzy - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/en/articles/2022/12/22/hjdq-d22.html

    On Wednesday, a US military aircraft flew Ukrainian President Volodymyr Zelensky to Washington to meet with US President Joe Biden and address a joint session of Congress, where he called for “absolute victory” against Russia.

    The prime-time speech, broadcast on all the major cable networks, was a massive exercise in war propaganda. Biden invited Zelensky to Washington as part of an effort to condition American public opinion to accept the White House’s escalation of the US-NATO war against Russia in Ukraine.

    Zelensky gave a proxy speech for a proxy war. The speech aimed to tug at the heartstrings of the American public, even evoking the Revolutionary War battle of Saratoga, in a passage no doubt written for him by a speechwriter in Washington.

  • Titane, pétrole, fer, gaz, manganèse… Le contrôle des ressources fossiles et des minerais enfouis dans le territoire ukrainien est au cœur du conflit.
    Origine de ces informations : Reporterre https://reporterre.net/Un-enjeu-cache-de-la-guerre-en-Ukraine-les-matieres-premieres

    Les médias qui font semblant de nous informer sur ce qui se passe en Ukraine en sont à parler d’affrontements religieux entre la catholicisme et la religion orthodoxe. Une guerre de religion en somme.

    Et pourtant,
    L’accaparement des matières premières enfouies sous le sol ukrainien est à la racine d’un conflit où les voix des puissances nationales et industrielles priment sur celles des Ukrainiens.

    Depuis 2014, le rapprochement des gouvernements ukrainiens avec les puissances occidentales a permis aux États-Unis et à l’Union européenne de planifier l’extraction des matières premières de ce pays richement doté.

    En 2010, d’importants gisements de #gaz_de_schiste ont été découverts en Ukraine. En 2013, les permis ont été attribués aux sociétés étasuniennes #Shell et #Chevron. Sur fond de corruption.

    Le gigantesque projet d’extraction de Yuzivska a déclenché l’opposition des habitants de la région, qui se sont mobilisés contre les pollutions des eaux qui résulteraient de la fracturation hydraulique.

    Au même moment, l’exploitation d’hydrocarbures à l’est de la Crimée visant à produire 3 millions de tonnes de #pétrole par an démarre.
    L’annexion de la Crimée », par la Russie a mis cette exploitation pétroliére en stand by.

    Les conquêtes de 2014 ont permis à la Russie « de contrôler la moitié du pétrole conventionnel de l’Ukraine, 72 % de son #gaz naturel, et l’essentiel de sa production et de ses réserves de charbon ». Ces dernières sont situées dans le Donbass.

    Le sous-sol du pays recèle des gisements considérables estimés par les services de géologie ukrainiens à une valeur de 7 500 milliards de dollars.

    L’Ukraine est classée au cinquième rang mondial pour ses réserves en #fer, en #graphite et en #manganèse — deux éléments critiques pour la production de batteries électriques.

    Elle est aussi sixième productrice mondiale de #titane, métal stratégique pour la production aéronautique, et recèle d’importants gisements de #lithium, de #cuivre, de #cobalt et de #terres_rares.

    Il y a aussi du #zirconium, utilisé aux trois quarts pour le nucléaire ; de #scandium, sous-produit de la métallurgie du titane utilisé dans les piles à combustible et les alliages ultralégers de l’aéronautique ; ou encore de #molybdène, employé dans les superalliages, les écrans et les puces électroniques.

    Pour la fabrication de semi-conducteurs, l’industrie étasunienne est par ailleurs dépendante à 90 % du #néon de qualité ultrapure produit à Odessa à partir du gaz issu des acieries.

    L’Ukraine s’était engagée à privatiser ses mines et son industrie métallurgique, à collaborer avec les services géologiques européen.

    À partir de 2016, le gouvernement ukrainien a commencé à vendre ses permis miniers par le biais d’enchères électroniques.

    Tous ces gisements de minerais sont aussi stratégiques pour les pays de l’Otan qu’ils le sont pour la Russie.

    L’agression russe de l’Ukraine a donc aussi pour toile de fond cet affrontement pour l’approvisionnement en matières critiques, dont la première victime est la population ukrainienne.

    En ce moment, tout le monde promet ou prête de l’argent à l’Ukraine.

    Quelle marge de manœuvre restera-t-il aux dirigeants du pays quand il faudra rembourser les dizaines de milliards d’euros de prêts contractés auprès de la BERD, de la Banque mondiale, des États-Unis et des pays européens qui convoitent ses ressources naturelles ?

    Une fois la guerre terminée, les Ukrainiens n’auront-ils pas la mauvaise surprise de découvrir que pendant qu’ils tentaient de survivre aux assauts et aux bombardements russes, leurs régions ont été vendues aux entreprises minières et gazières ?

    #ukraine #économie #guerre #otan #usa #énergie #ue #géopolitique #matières_premières #Russie #Donbass

  • Pour esquiver la décision suisse, Rheinmetall construit une nouvelle usine de munitions en Allemagne ats/miro - RTS

    Après le refus de la Suisse d’autoriser l’Allemagne à livrer des munitions à l’Ukraine pour les chars Guépard, Rheinmetall a décidé de construire une nouvelle usine en Allemagne. Le but est d’assurer l’approvisionnement indépendant de l’armée allemande en systèmes d’armes importants.


    Rheinmetall Canada - CANSEC 2016

    Les installations de production de munitions de moyen calibre devraient être prêtes en janvier, a confirmé le groupe de matériel de défense allemand à l’agence de presse DPA. L’entreprise évoque un besoin de rattrapage considérable en matière de munitions en Allemagne.

    « Ces lacunes doivent être comblées conformément aux directives de l’OTAN », a déclaré un porte-parole de l’entreprise d’armement. Le site doit produire des munitions pour les calibres 20-35 millimètres. La production devrait débuter en juin 2023.

    Soulagement de la commission de défense du Parlement allemand
    Rheinmetall sera en mesure de livrer un premier lot de munitions pour le char Guépard dès le mois de juillet, précise le porte-parole. Il devrait être destiné à l’Ukraine. L’Allemagne a donné à Kiev des Guépard, mais n’a pas pu fournir beaucoup de munitions. Ces chars sont équipés d’un double canon de 35 mm fabriqué par le groupe suisse Oerlikon, qui appartient à Rheinmetall.

    « Je suis très soulagé que l’industrie ait réagi aussi rapidement », a déclaré jeudi la présidente de la commission de défense du Parlement allemand, Marie-Agnes Strack-Zimmermann (FDP). « À l’avenir, davantage de munitions, dont nous avons un besoin urgent, seront fabriquées en Allemagne », a-t-elle ajouté, soulignant « il est primordial que l’Allemagne devienne plus indépendante en matière de fabrication de munitions, en collaboration avec ses partenaires de l’OTAN ».

    Berlin prévoit de dépenser vingt milliards d’euros
    L’armée allemande achète également des munitions suisses pour son système d’armement antiaérien Mantis, pour l’armement principal du char de grenadiers Puma, pour un canon de la marine ainsi que pour les avions de combat Tornado et Eurofighter. Il s’agit de munitions d’un calibre de 20 à 35 millimètres, qui seront désormais aussi fabriquées en Allemagne.

    Berlin prévoit de dépenser au total plus de 20 milliards d’euros en munitions dans les années à venir, y compris des missiles et des munitions d’artillerie.

    #armes #munitions #guerre #otan #nato #Allemagne #Rheinmetall (+/- 23 000 employés) #industrie

  • #Guerre_en_Ukraine — Lors du dernier Congrès de Lutte Ouvrière (qui s’est tenu les 3 et 4 décembre 2022 en région parisienne), la résolution suivante a été adoptée à l’unanimité :

    « La guerre en Ukraine, opposant les puissances impérialistes de l’#OTAN à la #Russie, avec la peau du peuple ukrainien, mais aussi celle du peuple russe, menace le monde entier d’une déflagration généralisée.

    Quels que puissent être la concrétisation future de cette menace et le cheminement qui y mène et quels que seront les camps en présence, ce sera une guerre de la bourgeoisie impérialiste contre les peuples embrigadés comme chair à canon.

    Pour éviter la guerre, les peuples ne peuvent pas compter sur la bourgeoisie impérialiste, ses hommes politiques, ses états-majors qui, au contraire, préparent méthodiquement l’embrasement général par l’accumulation d’armes et par la mise au pas des populations. Les travailleurs devront s’opposer à la guerre avec leurs moyens et leurs armes de classe, avec comme perspective la transformation de la guerre en guerre civile contre la bourgeoisie.

    Les travailleurs conscients doivent refuser le mécanisme guerrier qui se met en place, comme ils doivent refuser toute forme d’union sacrée derrière leur bourgeoisie et l’État qui défend les intérêts de cette dernière. Ils doivent se méfier de toute la propagande mensongère de la classe dominante, à commencer par la défense de la patrie, alors que, derrière ces mots, il n’y a que les intérêts de la classe capitaliste et des plus riches.

    Pour ce qui est de la guerre déjà présente en Europe, les travailleurs n’ont à prendre parti ni pour la Russie de #Poutine, ni pour l’Ukraine de #Zelensky sous la protection des puissances impérialistes. Ils doivent rejeter tous les clans politiques de la bourgeoisie impérialiste, ceux qui tiennent ouvertement un langage guerrier, comme ceux qui prétendent œuvrer pour la paix par des négociations. L’intérêt des travailleurs est de reprendre à leur compte, aussi bien ici, en France, qu’en Russie, en Ukraine, et partout où les masses sont angoissées par les préparatifs de la guerre généralisée, le slogan du révolutionnaire allemand #Karl_Liebknecht : “L’ennemi principal est dans notre propre pays.”

    Seul le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et de la domination de l’impérialisme sur le monde peut écarter la menace de la guerre mondiale, assurer des relations fraternelles entre les peuples et créer les conditions de leur collaboration pour le bien commun de l’humanité. »

    https://journal.lutte-ouvriere.org/2022/12/07/le-congres-de-lutte-ouvriere_448961.html

    #Lutte_Ouvrière #LO #Congrès #guerre #Ukraine #internationalisme #impérialisme #motion

  • Putin, NATO Expansion and the Missing Context in McFaul’s Narrative | Philippe Lemoine
    https://www.cspicenter.com/p/putin-nato-expansion-and-mcfauls
    Texte très convaincant sur le rôle de l’#OTAN dans le déclenchement de la guerre en #Ukraine, qui part de la critique d’un article coécrit par Michael McFaul, ancien ambassadeur US en Russie et figure importante des spécialistes de la Russie. Celui-ci y soutient que l’OTAN n’a rien à voir là-dedans, une preuve étant les déclarations apaisées de Putin à l’égard de l’alliance au début des années 2000. Pour Lemoine, McFaul évacue le contexte qui permet d’interpréter ces déclarations différemment : non seulement le ton apaisé n’empêche pas de voir l’élargissement comme négatif, mais surtout elles datent d’une période où la Russie espérait y trouver une réelle coopération - espoir qui a été vite déçu.

    Indeed, what most people miss in this debate is that it’s not so much NATO expansion per se that Russia opposed as much as the exclusion of Moscow from the post-Cold War European security architecture that it entailed, because the Alliance, despite what the Russians had been led to believe at the end of the Cold War (but that’s a story for another time), had become the cornerstone of that architecture. If NATO became a more political organization and a mechanism could be found to include Russia in the decision-making process, then it would have no reason to fear NATO expansion. In fact, this is exactly what Putin was alluding to in the statement quoted by McFaul and Person, in which he said that if the “quality of the relationship” with NATO changed then enlargement would cease to be an issue. But you wouldn’t know that from reading their paper, because although they are perfectly aware of it, they carefully omit this context.

    [...] Obviously, once you know the context of the statements quoted by McFaul and Person in their paper, they take on a very different meaning. If Putin made so many conciliatory statements on NATO expansion in the first years of his presidency, it’s not because he didn’t see it as a security threat if it implied Russia’s exclusion from the post-Cold War European security architecture, but because he thought that by adopting a cooperative stance on the issue Russia would be included in the decision-making process. For a while, it seemed that his strategy had paid off as NATO promised a new framework for cooperation that would have gone some way toward realizing this ambition, but in the end it didn’t happen because the US didn’t hold up its part of the bargain. Of course, McFaul and Person know about this, but they omit this context even though it undermines the simplistic narrative they are promoting. Nor is this episode the only legitimate grievance that Russia has toward the West, but as Russia scholar Marlène Laruelle recently noted, people are no longer interested in nuance when it comes to the degradation of relations between the two sides:

    For me, the war is Putin’s responsibility, but the strategic deadlock that preceded it has been co-created by Russia and the West, with misunderstanding on both sides, and responsibilities on both sides. Whenever you try to bring in some nuance, then you get the accusation of being on Putin’s side.

    Unfortunately, she is right about that, which is a huge problem for the public discourse about the origins of the war.

    In particular, the notion that NATO expansion has “nothing to do” with it has become a dogma that nobody can question in polite company, yet it’s not only false but preposterous. There are hundreds of memoirs, cables, memos, etc. spanning decades attesting that Russian elites have been genuinely frightened by the expansion of NATO. Nor is it the case, as people sometimes claim when you point that out, that if Russian officials have feared NATO expansion it’s only because it prevents Moscow from dominating its neighbors. I’m not saying that neo-imperialist considerations play no role, which would also be ridiculous, but Russian elites actually think that NATO expansion threatens Russia’s security. Now, I agree that their fears are to a large extent irrational (though not entirely), but Russian officials are not the first policymakers to have exaggerated security concerns, and nor will they be the last.

    It’s ironic that many people who 20 years ago were convinced that Iraq posed such an imminent threat to the US that it had to be taken out immediately can’t even fathom the possibility that Russian elites might have a similarly inflated perception of the threat posed by NATO expansion. The notion that Putin just made this up and that Russian officials don’t really see NATO expansion as a security threat is so ridiculous that, if the public discourse about Russia were even minimally based in reality, nobody could make such a claim without suffering a serious reputational cost. However, as things are, it’s people who point that out whose reputations suffer because they’re accused of laundering Russian propaganda. Russia scholars bear a large responsibility for this state of affairs, because most of them know things are more complicated than what the dominant narrative claims, but they don’t speak up or even pretend that is not the case because they don’t want to pay the cost. While at some level their behavior is understandable, because in the current environment it’s very difficult to speak up against that narrative, I still think it’s a dereliction of duty.

    Now, as I said at the beginning of this article, the way in which NATO expansion played a role in the origins of the war is more complicated than people on both sides commonly assume. In particular, it’s not so much that it was the proximate cause of the war, but rather that it contributed towards creating the conditions that made the war possible. The story of how this happened is complicated and Russia obviously has a huge share of responsibility in the degradations of relations with the West prior to the invasion, but it’s impossible to understand this process without acknowledging that Moscow has legitimate grievances against the West, as the episode I discussed in this article illustrates. The problem is that not only are those grievances never discussed, but when the Russians bring them up they are accused of making things up, which just adds insult to injury. If you were previously unaware of the history presented in this article, I hope that it has convinced you that things are more complicated than you thought.

    Soon, I will publish the first part of a larger project on the history of post-Cold War relations between Russia, the West and Ukraine, in which I will give my interpretation of this complicated story.

  • Gefangen – eine sehr lesenswerte Außenperspektive eines ehemals ranghohen pakistanischen Militärs und Diplomaten
    https://www.nachdenkseiten.de/?p=90138

    L’Allemagne et les autres fournisseurs d’armes de l’Ukraine se sont sont enfermés de leur propre gré dans une prison étatsunienne. Leur politique suit la ligne dictée par Washington et nuit leurs propres intérêts. La politique étatsunienne est la continuation des guerres qui nourrissent le complexe militaro-industriel du pays. L’impérialisme actuel produit donc une situation à l’iopposé de celle décrite par Clausewitz au dix neuvième siècle. C’est la conclusion que tire l’ancien chef des services secrets pakistanais qui a été formé à l’université militaire allemande Bundeswehrhochschule.

    8.11.2022 von Asad Durrani

    Die USA haben die Europäer in eine Falle gelockt und das alte und neue Europa tanzen nun sanftmütig nach der Pfeife der USA – selbst gegen ihr eigenes Urteil und Interesse. Das sagt Asad Durrani, General a. D. aus Pakistan, Absolvent der Führungsakademie der Bundeswehr, ehemaliger Chef des pakistanischen Geheimdienstes ISI, Botschafter seines Landes in Deutschland und Saudi-Arabien. Die NachDenkSeiten freuen sich, ihren Lesern diesen äußerst lesenswerten Text zu präsentieren.

    Gefangen

    „Ich bin jetzt so vernarrt in meinen Entführer, dass ich, wenn er mich freilässt, lieber tot wäre.“

    Raaz Allahbadi (ein indischer Dichter)

    Selbst diese gutmütige Seele, die sich im Laufe der Zeit in ihren Entführer verliebt hat, ist nicht freiwillig ins Netz gegangen. Die Jäger, wie die Befehlshaber auf dem Schlachtfeld, geben sich große Mühe, um ihr Wild zu überreden, in die Tötungszone zu gehen. Das ist ein ziemlicher Kraftakt, und einige von uns ernten natürlich gerne die Lorbeeren – auch wenn die Beute ohne unsere Hilfe in Schwierigkeiten geraten ist.

    Als die ehemalige Sowjetunion im afghanischen Sumpf feststeckte, gab der amerikanische „deep state“ augenzwinkernd zu verstehen, dass er den Bären auf den Friedhof der Imperien gelockt hatte, um die Schmach in Vietnam wettzumachen.

    Das Problem mit dieser These war, dass die erklärten Verschwörer keinen Glauben an ihren Erfolg hatten. Es dauerte zwei Jahre, bis sie überzeugt waren, dass der afghanische Widerstand gute Chancen hatte, die Invasion schachmatt zu setzen – und noch ein paar Jahre, um sicher zu sein, dass Systeme wie die Stingers in den Händen der Mudschaheddin sicher waren.

    Als Amerika an der Reihe war, sich in Afghanistan zu verzetteln, behauptete Al-Qaida schadenfroh, dass die Zwillingstürme zum Einsturz gebracht wurden, um die einzige Supermacht der Welt aus ihrer Festung herauszulocken, um einen asymmetrischen Krieg zu führen, in dem ihr gewaltiges Arsenal übertrumpft werden könnte. Um sich lächelte OBL, dass er jetzt nur noch im Irak, im Jemen und in Libyen Flagge zeigen müsse – und die USA und ihre Anhänger würden sich bei der Schattenjagd verausgaben. Nicht einfach, diese Behauptung zu widerlegen.

    Nach den indischen Atomtests im Jahr 1998 hatte Pakistan vielleicht seine eigene Logik, dem Beispiel zu folgen, aber unsere Kritiker im In- und Ausland spotteten, wir seien in die indische Falle getappt und müssten uns nun dem Zorn der globalen Hegemonen aussetzen. Ich glaube, wir haben uns in einem Brief bei Vajpayee dafür bedankt, dass er uns den Weg zu einem Atomwaffenstaat gezeigt hat.

    Die Versuchung, mich über meine eigene angebliche Verstrickung zu freuen, ist unwiderstehlich. Einige der Zwischenrufer, die mich beschuldigten, einen indischen Köder geschluckt zu haben, um ein gemeinsames Buch mit einem ehemaligen RAW-Chef zu schreiben, wurden nach der Vorstellung des Buches in Delhi als vermisst gemeldet. Dort billigte die strategische Elite des Landes die wichtigste Schlussfolgerung von The Spy Chronicles: Indien muss mit Pakistan zusammenarbeiten, um den Kaschmir-Konflikt zu lösen. Kein Wunder, dass mein Co-Autor der beliebteste Inder in unseren Medien wurde.

    Obwohl ich von diesen Mausefallen-Geschichten nicht sonderlich beeindruckt bin, neige ich doch, mit Professor Mearsheimer von der Universität Chicago, dazu anzunehmen, dass das amerikanische Establishment lange und hart daran gearbeitet hat, um Putin zum Einmarsch in die Ukraine zu provozieren. Es gibt eine lange Liste von Maßnahmen – die meisten von ihnen davon übrigens ganz im Einklang mit den Diktaten der Realpolitik – die den Weg geebnet haben müssen.

    Der Maidan-Aufstand, ein Rädchen in der amerikanisch inspirierten (und verschworenen) Farbrevolution, installierte ein Marionettenregime in Kiew, das das Minsker Abkommen aufkündigte. Eine Neo-Nazi-Miliz tötete eine große Zahl ethnischer Russen in den östlichen Teilen des Landes, und Berichten zufolge waren ukrainische Streitkräfte Anfang des Jahres in russisches Hoheitsgebiet eingedrungen. Wenn Putin sich dadurch zum Einmarsch in die Ukraine veranlasst sah oder ob er damit genau den richtigen Vorwand hatte, um die schleichende Expansion der NATO zu stoppen, ist schwer zu beurteilen. Sollte Kiew jedoch entgegen seiner erklärten Politik ankündigen, dem Bündnis beizutreten, könnte Moskau nur wenig dagegen tun. Man kann ein NATO-Mitglied nicht angreifen, ohne einen Weltkrieg auszulösen.

    Einen Monat nach dem Einmarsch war Zelensky bereit, den Krieg auf dem Verhandlungswege zu beenden. Dann ging Boris, der Pudel und der amtierende Nachfolger von Blair, hinüber, um den Prozess zu vereiteln. Das erinnerte mich an ein anderes Friedensabkommen, das von den USA im Keim erstickt wurde. Kurz nachdem sie Ende 2001 gestürzt worden waren, boten die Taliban an, sich mit dem Regime von Karzai in Kabul zu versöhnen. Rumsfeld, der damalige Vizekönig der USA in Afghanistan, legte sein Veto gegen diesen Vorschlag ein.

    Und dann gibt es eine lange Liste von Versuchen, die wir unternommen haben, um mit unseren entfremdeten Stammesangehörigen Frieden zu schließen, die abgeblasen wurden. Das stellt Clausewitz auf den Kopf. Der Krieg ist nicht länger ein Instrument der Politik, sondern in der Tat die Politik, die mit allen anderen Mitteln verfolgt werden muss.

    Niall Ferguson ist einer der bekannteren Zeithistoriker. Erst neulich hat er sich gefragt, warum Washington keine Anstrengungen unternommen hat, einen Waffenstillstand, geschweige denn Frieden zu vermitteln. Er vermutet, dass das Weiße Haus will, dass dieser Krieg weitergeht.

    Michael Whitney, ein renommierter Journalist, hat den Krieg in der Ukraine so beschrieben, dass er dazu dient, Nord Stream zu zerstören und die Zusammenarbeit von Russland und Deutschland zu verhindern. Das ungeschriebene Ziel der NATO lautet (wie von Lord Ismay, ihr erster Generalsekretär, erklärte, der als ehemaliges hohes Tier nur noch mit dem Mund schießen konnte): „Halten Sie die Russen draußen, die Amerikaner drin und die Deutschen unten“. Das ergibt Sinn, verfehlt aber immer noch das große Ganze.

    Nach dem Kalten Krieg ging es in keinem Konflikt jemals um die Dschihadis, die Taliban, die Massenvernichtungswaffen oder gar um die Russen, Ukrainer oder die Deutschen – es ging immer nur um die USA.

    Versetzen Sie sich in die Lage der einzigen überlebenden Supermacht der Welt, deren exklusiver Status an der Spitze der Pyramide gefährdet war – nicht nur durch ein aufstrebendes China, sondern auch durch seine Verbündeten. Der Euro drohte dem allmächtigen Dollar Konkurrenz als Leitwährung zu werden, wenn nicht gar diesen zu ersetzen. Viele der europäischen Länder, und nicht nur die eigenwilligen Deutschen, kuschelten mit den Russen, um ihre Häuser warm zu halten, aber auch, um den Geist von Helsinki wiederzubeleben (die OSZE war die erste Organisation, die während der Bosnien-Krise irrelevant wurde). Und die Nachfolger der Han- und der Ming-Dynastie schienen alles daran zu setzen, ihre Belts und Straßen zu bauen.

    Um diesen vielfältigen Bedrohungen zu begegnen, haben die USA als einziges Instrument eine mächtige Kriegsmaschinerie. Die Untergrabung von Friedensprozessen, zuweilen sogar durch schurkische Gruppen oder Staaten, ist daher der rote Faden der amerikanischen Politik, um Freunde und Feinde zu spalten – und ihre Rüstungsindustrie im Geschäft zu halten.

    Diese These ist ziemlich alt, sie wurde erstmals von Eisenhower aufgestellt. Was jedoch viele von uns überrascht hat, dass das alte und neue Europa so sanftmütig nach der Pfeife der USA tanzt – selbst gegen ihr eigenes Urteil und Interesse. Eine Reihe meiner alten afghanischen Freunde vom alten Kontinent hatten eine ziemlich gute Vorstellung davon, weshalb das amerikanische Afghanistan-Projekt torpediert worden war, räumten aber auch ein, dass sie wegen der Bündnistreue durchhalten mussten. Einige von ihnen kritisieren jetzt ihre Regierungen dafür, dass sie nicht versuchen, den Kurs der westlichen Politik gegenüber der Ukraine zu korrigieren – und sind in der Tat neidisch auf die tapferen Ungarn; zu gegebener Zeit wahrscheinlich auch auf die neue italienische Premierministerin, die Macron schon vor ihrer Vereidigung den Mund wässrig gemacht hat.

    Der eigentliche Erfolg der US-Politik besteht darin, dass sie die meisten Anderen in eine Falle gelockt hat, aus der es scheinbar kein Entrinnen gibt – aber das ernstere Problem ist, dass Europa nun so tief in seinen Unterdrücker verliebt ist, dass es Angst hat, sich zu befreien.

    Kissingers Vorhersage über das Schicksal, das die amerikanischen Verbündeten erwartet, wird wahr. Die Fixierung auf einen Sklavenhalter ist nicht nur die Fantasie eines längst verstorbenen indischen Dichters.

    Viele von uns finden in der Gefangenschaft mehr Trost als in der Freiheit. Selbst unter den furchtlos unabhängigen Afghanen gab es für jedes Individuum, das sich gegen die sowjetische oder amerikanische Besatzung widersetzte, eine entsprechende Anzahl von Kollaborateuren. Offensichtlich waren sie unzufrieden mit Pakistan, weil dieses erst die Mudschaheddin und dann die Taliban unterstützte. In den ehemaligen Kolonien sind viele stolz auf die Titel, die ihnen von ihren Kolonialherren verliehen wurden.

    Was mich jedoch überrascht hat, ist, dass sogar einige reiche und mächtige Länder unter diesem Syndrom leiden. Ihre Lage ist in der Tat noch erbärmlicher. Denn im Gegensatz zu vielen von uns, die in einer Honigfalle gefangen waren, sind die mächtigen Europäer einfach in die Knechtschaft geschlafwandelt.

    07.11.2022 von Generalleutnant Asad Durrani

    #impérialiamw #USA #OTAN #Europe #Ukraine #guerre

  • U.S. privately asks Ukraine to show it’s open to negotiate with Russia - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/11/05/ukraine-russia-peace-negotiations/?bezuggrd=NWL

    November 5, 2022 by Missy Ryan, John Hudson and Paul Sonne - The encouragement is aimed not at pushing Ukraine to the negotiating table, but ensuring it maintains a moral high ground in the eyes of its international backers

    The Biden administration is privately encouraging Ukraine’s leaders to signal an openness to negotiate with Russia and drop their public refusal to engage in peace talks unless President Vladimir Putin is removed from power, according to people familiar with the discussions.

    The request by American officials is not aimed at pushing Ukraine to the negotiating table, these people said. Rather, they called it a calculated attempt to ensure the government in Kyiv maintains the support of other nations facing constituencies wary of fueling a war for many years to come.

    The discussions illustrate how complex the Biden administration’s position on Ukraine has become, as U.S. officials publicly vow to support Kyiv with massive sums of aid “for as long as it takes” while hoping for a resolution to the conflict that over the past eight months has taken a punishing toll on the world economy and triggered fears of nuclear war.

    While U.S. officials share their Ukrainian counterparts’ assessment that Putin, for now, isn’t serious about negotiations, they acknowledge that President Volodymyr Zelensky’s ban on talks with him has generated concern in parts of Europe, Africa and Latin America, where the war’s disruptive effects on the availability and cost of food and fuel are felt most sharply.

    “Ukraine fatigue is a real thing for some of our partners,” said one U.S. official who, like others interviewed for this report, spoke on the condition of anonymity to discuss sensitive conversations between Washington and Kyiv.

    Serhiy Nikiforov, a spokesman for Zelensky, did not respond to a request for comment.

    In the United States, polls show eroding support among Republicans for continuing to finance Ukraine’s military at current levels, suggesting the White House may face resistance following Tuesday’s midterm elections as it seeks to continue a security assistance program that has delivered Ukraine the largest such annual sum since the end of the Cold War.

    On Nov. 3, Defense Secretary Llyod Austin said Ukraine is capable of retaking Kherson, a strategic southern city occupied by Russian forces. (Video: Reuters, Photo: AFP/Getty Images/Reuters)

    In a trip to Kyiv on Friday, White House national security adviser Jake Sullivan said the United States supported a just and lasting peace for Ukraine and said U.S. support would continue regardless of domestic politics. “We fully intend to ensure that the resources are there as necessary and that we’ll get votes from both sides of the aisle to make that happen,” he said during a briefing.

    Eagerness for a potential resolution to the war has intensified as Ukrainian forces recapture occupied territory, pushing closer to areas prized by Putin. Those begin with Crimea, which Russia illegally annexed in 2014, and include cities along the Azov Sea that now provide him a “land bridge” to the Ukrainian peninsula. Zelensky has vowed to fight for every inch of Ukrainian territory.

    Veteran diplomat Alexander Vershbow, who served as U.S. ambassador to Russia and deputy secretary general of NATO, said the United States could not afford to be completely “agnostic” about how and when the war is concluded, given the U.S. interest in ensuring European security and deterring further Kremlin aggression beyond Russia’s borders.

    “If the conditions become more propitious for negotiations, I don’t think the administration is going to be passive,” Vershbow said. “But it is ultimately the Ukrainians doing the fighting, so we’ve got to be careful not to second-guess them.”

    While Zelensky laid out proposals for a negotiated peace in the weeks following Putin’s Feb. 24 invasion, including Ukrainian neutrality and a return of areas occupied by Russia since that date, Ukrainian officials have hardened their stance in recent months.

    In late September, following Putin’s annexation of four additional Ukrainian regions in the east and in the south, Zelensky issued a decree declaring it “impossible” to negotiate with the Russian leader. “We will negotiate with the new president,” he said in a video address.

    That shift has been fueled by systematic atrocities in areas under Russian control, including rape and torture, along with regular airstrikes on Kyiv and other cities, and the Kremlin’s annexation decree.

    Ukrainians have responded with outrage when foreigners have suggested they yield areas of their country as part of a peace deal, as they did last month when billionaire Elon Musk, who has helped supply Ukraine’s military with satellite communication devices, announced a proposal on Twitter that could allow Russia to cement its control of parts of Ukraine via referendum and give the Kremlin Crimea.

    In recent weeks Ukrainian criticism of proposed concessions has grown more pointed, as officials decry “useful idiots” in the West whom they’ve accused of serving Kremlin interests.

    “If Russia wins, we will get a period of chaos: flowering of tyranny, wars, genocides, nuclear races,” presidential adviser Mykhailo Podolyak said Friday. “Any ‘concessions’ to Putin today — a deal with the Devil. You won’t like its price.”

    Ukrainian officials point out that a 2015 peace deal in the country’s eastern Donbas region — where Moscow backed a separatist campaign — only provided Russia time before Putin launched his full-scale invasion this year. They question why any new peace deal would be different, arguing that the only way Russia will be prevented from returning for further attacks is vanquishing its military on the battlefield.

    Russia, facing a poor position on the battlefield, has proposed negotiations but in the past has proved unwilling to accept much other than Ukrainian capitulation.

    “Cynically, Russia and its Western supporters are holding out an olive branch. Please do not be fooled: An aggressor cannot be a peacemaker,” Andriy Yermak, head of the Ukrainian presidential administration, wrote in a recent op-ed published by The Washington Post.

    Ukrainian officials also question how they can conduct negotiations with Russian leaders who fundamentally believe in Moscow’s right to hegemony over Kyiv.

    Putin has continued to undermine the notion of a sovereign and independent Ukraine, including in remarks last month when he once again asserted that Russians and Ukrainians were one people, and argued that Russia could be “the only real and serious guarantor of Ukraine’s statehood, sovereignty and territorial integrity.”

    While Western officials also hold profound skepticism of Russia’s aims, they have chafed at Ukraine’s harsh public rebukes as Kyiv remains entirely dependent on Western assistance. Swiping at donors and ruling out talks could hurt Kyiv in the long run, officials say.

    The maximalist remarks on both sides have increased global fears of a years-long conflict spanning the life of Russia’s 70-year-old leader, whose grip on power has only tightened in recent years. Already the war has deepened global economic woes, helping to send energy prices soaring for European consumers and causing a surge in commodity prices that worsened hunger in nations including Somalia, Yemen and Afghanistan.

    In the United States, rising inflation partially linked to the war has stiffened head winds for President Biden and his party ahead of the Nov. 8 midterms and raised new questions about the future of U.S. security assistance, which has amounted to $18.2 billion since the war began. According to a poll published Nov. 3 by the Wall Street Journal, 48 percent of Republicans said the United States was doing “too much” to support Ukraine, up from 6 percent in March.

    Progressives within the Democratic Party are calling for diplomacy to avoid a protracted war, releasing but later retracting a letter calling on Biden to redouble efforts to seek “a realistic framework” for a halt to the fighting.

    Speaking in Kyiv, Sullivan said the war could end easily. “Russia chose to start it,” he said. “Russia could choose to end it by ceasing its attack on Ukraine, ceasing its occupation of Ukraine, and that’s precisely what it should do from our perspective.”

    The concerns about a longer conflict are particularly salient in nations that were already hesitant to throw their weight behind the U.S.-led coalition in support of Ukraine, either because of ties with Moscow or reluctance to fall in line behind Washington.

    South Africa abstained from a recent U.N. vote that condemned Russia’s annexation decrees, saying the world must instead focus on facilitating a cease-fire and political resolution. Brazil’s new president-elect, Luiz Inácio Lula da Silva, has said Zelensky is as responsible for the war as Putin.

    Indian Prime Minister Narendra Modi, who has tried to maintain good relations with Moscow and Kyiv, offered assistance on peace talks in a call with Zelensky last month. He was spurned by the Ukrainian leader.

    Zelensky told him Ukraine would not conduct any negotiations with Putin but said Ukraine was “committed to peaceful settlement through dialogue,” according to a statement released by Zelensky’s office. The statement noted that Russia had deliberately undermined efforts at dialogue.

    Despite Ukrainian leaders’ refusal to talk to Putin and their vow to fight to retake all of Ukraine, U.S. officials say they believe that Zelensky would probably endorse negotiations and eventually accept concessions, as he suggested he would early in the war. They believe that Kyiv is attempting to lock in as many military gains as it can before winter sets in, when there might be a window for diplomacy.

    Zelensky faces the challenge of appealing both to a domestic constituency that has suffered immensely at the hands of Russian invaders and a foreign audience providing his forces with the weapons they need to fight. To motivate Ukrainians domestically, Zelensky has promoted victory rather than settlement and become a symbol of defiance that has motivated Ukrainian forces on the battlefield.

    While members of the Group of Seven industrialized bloc of nations seemingly threw their weight behind a Ukrainian vision of victory last month, endorsing a plan for a “just peace” including potential Russian reparation payments and security guarantees for Ukraine, some of those same countries see a potential turning point if Ukrainian forces approach Crimea.

    Reports of a Russian withdrawal from the southern city of Kherson have raised the question of whether Ukrainian forces could eventually march on the strategic peninsula, which U.S. and NATO officials believe Putin views differently than other areas of Ukraine under Russian control, and what a likely all-out fight for Crimea would mean for Kyiv’s backers in the West.

    Not only has Crimea been under direct Russian control for longer than areas seized since February, but it has long been the site of a Russian naval base and is home to many retired Russian military personnel.

    Illustrating Russia’s elevation of Crimea, the Kremlin responded to an explosion last month on a bridge linking the region to mainland Russia — a symbol of Moscow’s grip of the peninsula — by launching a barrage of missiles on Ukrainian cities, including Kyiv, ending a long period of peace in the capital.

    In the meantime, Ukrainian leaders continue to telegraph their intention to pursue total victory, not only to their beleaguered citizens but also to Moscow.

    Zelensky told an interviewer on Wednesday that the first thing he would do after Ukraine prevails in the war would be to visit a recaptured Crimea. “I really want to see the sea,” he said.

    https://www.stimson.org/2022/u-s-security-assistance-to-ukraine-breaks-all-precedents

    https://www.washingtonpost.com/politics/2022/10/31/republican-split-on-ukraine-aid/?itid=lk_interstitial_manual_15

    https://www.politico.com/news/2022/09/21/zelenskyy-ukraine-russia-ap-00058201

    https://www.ft.com/content/7b341e46-d375-4817-be67-802b7fa77ef1

    https://www.president.gov.ua/documents/6792022-44249

    https://www.washingtonpost.com/world/2022/11/03/kherson-kakhovka-water-crimea-battle/?itid=lk_interstitial_manual_27

    https://www.washingtonpost.com/opinions/2022/10/20/andriy-yermak-russia-aggressor-not-peacemaker/?itid=lk_inline_manual_37

    https://www.washingtonpost.com/world/2022/10/25/ukraine-pessure-liberals-negotiation-putin/?itid=lk_interstitial_manual_45

    https://www.washingtonpost.com/politics/2022/10/25/democrats-ukraine-letter/?itid=lk_inline_manual_49

    https://www.reuters.com/world/americas/brazils-lula-says-zelenskiy-as-responsible-putin-ukraine-war-2022-05-04

    https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/05/06/zelensky-demands-ukraine-biden-funding/?itid=lk_interstitial_manual_56

    https://www.whitehouse.gov/briefing-room/statements-releases/2022/10/11/g7-statement-on-ukraine-11-october-2022

    https://www.washingtonpost.com/world/2022/10/09/putin-crimea-bridge-attack-ukraine/?itid=lk_inline_manual_63

    https://twitter.com/Gerashchenko_en/status/1587820560687501318?s=20&t=Lm2RlYtSmj6a0ewttMg7BQ

    #USA #Russie #Ukraine #OTAN #guerre #propagande

  • L’ex-Secrétariat unifié face à la guerre en Ukraine [Lutte de classe n°227 - novembre 2022] https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2022/10/30/lex-secretariat-unifie-face-la-guerre-en-ukraine_431184.html (27 octobre 2022) #NPA #impérialisme

    – Quand l’ex-SU bazarde les analyses de Lénine et de Trotsky
    – L’indépendance et la démocratie à la sauce impérialiste
    – L’#OTAN effacée des radars de l’ex-SU
    – Le droit des peuples revu par l’ex-SU
    – L’ex-SU applaudit l’OTAN et l’#Union_européenne

    De tout temps, la guerre a été une pierre de touche pour les révolutionnaires et leur programme. Dans les circonstances de la guerre de Poutine et de l’intervention impérialiste en Ukraine, on constate qu’en s’adaptant aux idées de divers courants de la petite bourgeoisie, l’ex-SU s’éloigne de plus en plus du camp de la révolution socialiste.

  • Steadfast Noon : l’Otan teste les moyens aériens de sa dissuasion nucléaire sur fond de tensions avec Moscou
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/10/11/steadfast-noon-23381.html

    L’#OTAN va mener, entre le 18 et le 26 octobre, un exercice de dissuasion prévu de longue date et intitulé « Steadfast Noon ». Il se tiendra peu après la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, les 12 et 13 octobre, à Bruxelles.

    14 états membres de l’Otan (mais pas la France) prendront part à cet exercice annuel qui intervient toutefois dans un contexte de tensions avec la Russie, Moscou ayant a averti qu’il était prêt à utiliser son arsenal #nucléaire en cas de menaces directes contre son territoire.

    Selon l’Otan, aucun appareil engagé dans cet exercice (Tornado, F-15, F-16) ne s’approchera à moins de 1000 km de la Russie. Actuellement, des armes nucléaires sont disposées sur 6 bases de l’Otan (voir la carte ci-dessus).

  • #Chine - Taiwan : vers une guerre mondiale ?
    https://www.blast-info.fr/emissions/2022/chine-taiwan-vers-une-guerre-mondiale-4Ml65Y5DS1iscTN6qidywQ

    Depuis le 24 février dernier, les Taïwanais ont le regard rivé sur l’invasion russe de l’Ukraine. La guerre leur a rappelé la vitesse à laquelle peut éclater un conflit armé de grande ampleur alors que leur inquiétude envers leur immense voisin chinois…

    #Otan #Taïwan
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-chine-taiwan-vers-une-guerre-mondiale-4Ml65Y5DS1i

  • Le fléau des moules jetées dans la baie du Mont-Saint-Michel

    Les moules sous taille s’étalent sur la plage de Cherrueix, avec en toile de fond le Mont-Saint-Michel, en septembre 2022. - © Guy Pichard/Reporterre

    Dans la baie du Mont-Saint-Michel, les mytiliculteurs déposent de grandes quantités de moules non commercialisables sur la plage. Cela crée des nuisances sanitaires et olfactives. De quoi créer la discorde.


    De fortes odeurs de décomposition se dégagent sur la plage dans la zone d’épandage. © Guy Pichard / Reporterre

    « Week-end de grande marée à Cherrueix, en Bretagne, début septembre. Les allées et venues des engins agricoles sont incessantes sur la plage. Les uns déposent les ouvriers mytilicoles, les éleveurs de moules, pour entretenir les fameux bouchots, ces pieux de bois où poussent ces mollusques. Les autres vident sur le sable leurs remorques pleines de moules sous taille, qui font moins de 4 centimètres et sont donc trop petites pour être vendues. L’estran est jonché de coquilles d’une couleur bleutée.

    La couche est si épaisse qu’on ne voit même plus le sable, d’autant que des centaines de goélands viennent bruyamment savourer ce festin en putréfaction. Ces mollusques sont déposés depuis plusieurs années à même la plage, au grand dam d’associations écologistes et de riverains qui ont déposé des plaintes en 2020.

    Les mytiliculteurs sont présents dans cette baie du Mont-Saint-Michel depuis soixante-dix ans, mais c’est seulement depuis une dizaine d’années que ce dépôt de moules pose problème. En effet, lorsqu’elles font moins de 4 centimètres, ces mollusques sont impossibles à commercialiser sous l’appellation AOP « moules de bouchot baie du Mont-Saint-Michel » . Elles sont alors déversées sur une zone bien délimitée, sur la grève de la Larronnière, à Cherrueix.

    « Sur les 12 000 tonnes de moules produites dans la baie du Mont-Saint-Michel l’année dernière, 10 à 15 % d’entre elles étaient sous taille » , explique Sylvain Cornée, président du comité régional de la conchyliculture (CRC) Bretagne Nord et mytiliculteur. Un chiffre contesté par la direction départementale des territoires et de la mer. L’année dernière, elle estimait ce pourcentage à 30 %. https://reporterre.net/IMG/pdf/note_participation_du_public_-_gestion_moules_sous_taille_juin2021.pdf

    « Les moules sous-calibrées existent partout, mais ce qui diffère, ce sont les pratiques, explique Aurélie Foveau, ingénieure en écologie côtière à l’Ifremer [1]. En baie de Somme par exemple, la récolte se fait encore en partie manuellement, cela permet de mieux sélectionner les tailles des coquillages et diminue ainsi ce problème. »


    © Guy Pichard / Reporterre

    En attendant, rien que cette année, trois arrêtés préfectoraux ont posé un cadre juridique sur cette pratique. Le dernier, du 8 juillet, demande des suivis environnementaux, sanitaires et en matière de qualité de l’air. En effet, les quantités de moules sont telles que de fortes odeurs de décomposition se dégagent de ces tas. Mais elles font surtout peser sur la plage et le biotope marin de réels risques sanitaires.

    « De l’hydrogène sulfuré [le même gaz rejeté par les algues vertes] https://reporterre.net/Algues-vertes-le-desastre-s-amplifie a été détecté par des agents de l’État, dit Sylvain Cornée. Les épandages en tas polluaient au gaz et ce, depuis cinq ans. Le CRC a donc imposé l’épandage avec des bennes agricoles, pour que l’épaisseur soit faible partout. » Si l’épaisseur de déchets mytilicoles sur la plage est donc limitée à 5 centimètres aujourd’hui, plus de 10 centimètres ont été constatés par endroits lors de notre reportage, début septembre.
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    La suite : https://reporterre.net/Le-fleau-des-moules-jetees-dans-la-baie-du-Mont-Saint-Michel


    © Guy Pichard / Reporterre

    #moules #Mont-Saint-Michel #pollution #aoc #bouchots #plage #conchyliculture #Bretagne #mer #épandages #hydrogène_sulfuré #gaz

    • 70,000 protest in Prague against Czech government, EU, NATO New York Post - 3 Septembre 2022
      An estimated 70,000 people protested in Prague against the Czech government on Saturday, calling on the ruling coalition to do more to control soaring energy prices and voicing opposition to the European Union and NATO.


      The Prague protest was held a day after the government survived a no-confidence vote amid opposition claims of inaction against inflation and energy prices. - MARTIN DIVISEK/EPA-EFE/Shutterst

      Organizers of the demonstration from a number of far-right and fringe political groups including the Communist party, said the central European nation should be neutral militarily and ensure direct contracts with gas suppliers, including Russia.

      Police estimates put the number of protesters at around 70,000 by mid-afternoon.

      “The aim of our demonstration is to demand change, mainly in solving the issue of energy prices, especially electricity and gas, which will destroy our economy this autumn,” event co-organizer Jiri Havel told iDNES.cz news website.

      The protest at Wenceslas Square in the city center was held a day after the government survived a no-confidence vote amid opposition claims of inaction against inflation and energy prices.

      The vote showed how Europe’s energy crisis is fueling political instability as soaring power prices stoke inflation, already at levels unseen in three decades.
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      #manifestation contre l’#OTAN #NATO et l’#UE #union_européenne #énergie #Tchéquie #Prague
      Source : https://nypost.com/2022/09/03/70000-protest-in-prague-against-czech-government-eu-nato

  • Chinese, Russian warships in ‘show of solidarity’ near Alaska

    Vessels were discovered by a US Coast Guard ship on routine patrol in the Bering Sea last week

    Analysts say they were asserting freedom of navigation and it was also aimed at showing ‘strategic convergence’

    https://www.scmp.com/news/china/military/article/3193978/chinese-russian-warships-show-solidarity-near-alaska?module=lead_hero_story&pg

    A US Coast Guard ship on routine patrol in the Bering Sea near Alaska last week came across Chinese and Russian warships conducting a joint operation that analysts say was a “show of solidarity”.

    The crew of the Kimball, a Honolulu-based cutter, first discovered a Chinese guided-missile cruiser about 75 nautical miles north of Kiska Island, Alaska, in the United States exclusive economic zone on September 19, the Coast Guard said on Monday.

    Kiska is part of the Aleutian Islands and lies roughly 2,000km (1,300 miles) southwest of Anchorage and about 1,100km (700 miles) from Russia.

    The US Coast Guard said the Kimball crew later identified another two Chinese naval ships in formation with four Russian naval vessels – including a Russian frigate – operating as a “combined surface action group” within the US zone.

    It said the operation could have been part of joint naval drills following Russia’s week-long Vostok 2022 war games that ended on September 7.

    The Kimball was monitoring the area in accordance with Operation Frontier Sentinel, which aims “to meet presence with presence when strategic competitors operate in and around US waters”, the US Coast Guard said.

    Zhou Chenming, a researcher from the Beijing-based Yuan Wang military science and technology think tank, said the Russian and Chinese navies appeared to be conducting “a so-called freedom of navigation operation that the American navy carries out across the globe, including the Taiwan Strait and other open seas”.

    He noted that at 4,500 tonnes, the Kimball cutter was much smaller than the 11,000-tonne Chinese destroyer Nanchang and also the 6,200-tonne Russian frigate Marshal Shaposhnikov – both of which were among the group, according to early reports.

    Zhou said this was “the correct practice to prevent any misjudgment or misunderstanding”.

    A Chinese guided missile frigate, the Yancheng, and Dongpinghu supply ship were also reportedly part of the joint operation, which was also said to include three Russian corvettes and a tanker.

    Collin Koh, a research fellow at the Institute of Defence and Strategic Studies at Singapore’s Nanyang Technological University, said it was a show of “strategic convergence and solidarity”.

    “Especially when Beijing has been talking about a ‘no limits’ relationship while Moscow has to date expressed much greater willingness for closer security cooperation,” he said.

    Koh said it was also aimed at asserting their freedom of navigation, “somewhat along the lines of what China and Russia have individually been practicing”.

    The Moscow Times said in an earlier report that China and Russia’s joint naval drills involved live-fire training and helicopter deck flights in the Pacific, and had shown that the two countries “pursue a ‘no limits’ relationship to counter the global dominance of the US and its regional allies”.

    #Russie#Chine#USA#OTAN#Geopolitique#Alaska#Mer_de_Bering

  • Le spectre de l’Allemagne se lève (Consortium News) Diana JOHNSTONE - Le Grand Soir
    https://consortiumnews.com/2022/09/12/diana-johnstone-the-specter-of-germany-is-rising
    https://www.legrandsoir.info/le-spectre-de-l-allemagne-se-leve-consortium-news.html

    L’Union européenne se prépare à une longue guerre contre la Russie qui semble clairement contraire aux intérêts économiques et à la stabilité sociale de l’Europe. Une guerre apparemment irrationnelle - comme beaucoup le sont - a des racines émotionnelles profondes et revendique une justification idéologique. Il est difficile de mettre fin à de telles guerres parce qu’elles sortent du cadre de la rationalité.


    Olaf Scholz, chancelier fédéral d’Allemagne, rencontre Volodymyr Zelenskyy, président de l’Ukraine, à Kiev, le 14 février 2022.

    Pendant des décennies après l’entrée de l’Union soviétique à Berlin et la défaite décisive du Troisième Reich, les dirigeants soviétiques se sont inquiétés de la menace du « revanchisme allemand ». Puisque la Seconde Guerre mondiale pouvait être considérée comme une revanche allemande pour avoir été privée de la victoire lors de la Première Guerre mondiale, l’agressivité allemande Drang nach Osten ne pouvait-elle pas être ravivée, surtout si elle bénéficiait du soutien anglo-américain ? Il y a toujours eu une minorité dans les cercles de pouvoir américains et britanniques qui aurait voulu achever la guerre d’Hitler contre l’Union soviétique.

    Ce n’était pas le désir de répandre le communisme, mais le besoin d’une zone tampon pour faire obstacle à de tels dangers qui constituait la principale motivation de la répression politique et militaire soviétique permanente sur l’ensemble des pays, de la Pologne à la Bulgarie, que l’Armée rouge avait arrachés à l’occupation nazie.

    Cette préoccupation s’est considérablement atténuée au début des années 1980, lorsqu’une jeune génération allemande est descendue dans la rue pour manifester pacifiquement contre le stationnement d’"euromissiles" nucléaires qui pourraient accroître le risque de guerre nucléaire sur le sol allemand. Ce mouvement a créé l’image d’une nouvelle Allemagne pacifique. Je crois que Mikhaïl Gorbatchev a pris cette transformation au sérieux.

    Le 15 juin 1989, Gorbatchev est venu à Bonn, qui était alors la modeste capitale d’une Allemagne de l’Ouest faussement modeste. Apparemment ravi de l’accueil chaleureux et amical, Gorbatchev s’est arrêté pour serrer les mains tout au long du chemin dans cette ville universitaire paisible qui avait été le théâtre de grandes manifestations pacifistes.

    J’étais là et j’ai pu constater sa poignée de main inhabituellement chaleureuse et ferme et son sourire enthousiaste. Je ne doute pas que Gorbatchev croyait sincèrement en une « maison européenne commune » où l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest pourraient vivre en harmonie côte à côte, unies par une sorte de socialisme démocratique.


    Gorbachev on June 13, 1989 in the market-square in Bonn. (Jüppsche/Wikimedia Commons)

    Gorbatchev est mort à l’âge de 91 ans il y a deux semaines, le 30 août. Son rêve de voir la Russie et l’Allemagne vivre heureuses dans leur « maison européenne commune » a rapidement été mis à mal par le feu vert donné par l’administration Clinton à l’expansion de l’OTAN vers l’est. Mais la veille de la mort de Gorbatchev, d’éminents politiciens allemands réunis à Prague ont anéanti tout espoir d’une telle fin heureuse en proclamant leur volonté de diriger une Europe vouée à la lutte contre l’ennemi russe.

    Il s’agissait d’hommes politiques issus des mêmes partis - le SPD (parti social-démocrate) et les Verts - qui avaient pris la tête du mouvement pacifiste des années 1980.

    L’Europe allemande doit s’étendre vers l’Est
    Le chancelier allemand Olaf Scholz est un politicien SPD incolore, mais son discours du 29 août à Prague était incendiaire dans ses implications. Scholz a appelé à une Union européenne élargie et militarisée sous la direction de l’Allemagne. Il a affirmé que l’opération russe en Ukraine soulevait la question de savoir « où sera la ligne de démarcation à l’avenir entre cette Europe libre et une autocratie néo-impériale ». Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder, a-t-il dit, « des pays libres être rayés de la carte et disparaître derrière des murs ou des rideaux de fer. »
    (Note : le conflit en Ukraine est clairement l’affaire inachevée de l’effondrement de l’Union soviétique, aggravée par une provocation extérieure malveillante. Comme pendant la guerre froide, les réactions défensives de Moscou sont interprétées comme des signes avant-coureurs d’une invasion russe en Europe, et donc comme un prétexte à l’accumulation d’armes).

    Pour répondre à cette menace imaginaire, l’Allemagne prendra la tête d’une UE élargie et militarisée. Tout d’abord, Scholz a déclaré à son auditoire européen dans la capitale tchèque : « Je m’engage à élargir l’Union européenne aux États des Balkans occidentaux, à l’Ukraine, à la Moldavie et, à long terme, à la Géorgie ». Il est un peu étrange de s’inquiéter du déplacement de la ligne de démarcation vers l’ouest par la Russie alors que l’on prévoit d’intégrer trois anciens États soviétiques, dont l’un (la Géorgie) est géographiquement et culturellement très éloigné de l’Europe mais aux portes de la Russie.

    Dans les « Balkans occidentaux », l’Albanie et quatre petits États extrêmement faibles issus de l’ex-Yougoslavie (Macédoine du Nord, Monténégro, Bosnie-Herzégovine et Kosovo largement non reconnu) produisent principalement des émigrants et sont loin des normes économiques et sociales de l’UE. Le Kosovo et la Bosnie sont des protectorats de facto de l’OTAN, occupés militairement. La Serbie, plus solide que les autres, ne montre aucun signe de renoncement à ses relations bénéfiques avec la Russie et la Chine, et l’enthousiasme populaire pour « l’Europe » parmi les Serbes s’est estompé.

    L’ajout de ces États membres permettra de réaliser « une Union européenne plus forte, plus souveraine et plus géopolitique », a déclaré M. Scholz. Une « Allemagne plus géopolitique », plutôt. Alors que l’UE s’élargit vers l’est, l’Allemagne se trouve « au centre » et fera tout pour les rassembler. Ainsi, outre l’élargissement, M. Scholz appelle à « un passage progressif aux décisions à la majorité en matière de politique étrangère commune » pour remplacer l’unanimité requise aujourd’hui.

    Ce que cela signifie devrait être évident pour les Français. Historiquement, les Français ont défendu la règle du consensus afin de ne pas être entraînés dans une politique étrangère dont ils ne veulent pas. Les dirigeants français ont exalté le mythique « couple franco-allemand » comme garant de l’harmonie européenne, principalement pour garder les ambitions allemandes sous contrôle.

    Mais Scholz dit qu’il ne veut pas d’une « UE d’États ou de directorats exclusifs », ce qui implique le divorce définitif de ce « couple ». Avec une UE de 30 ou 36 États, note-t-il, « une action rapide et pragmatique est nécessaire. » Et il peut être sûr que l’influence allemande sur la plupart de ces nouveaux États membres pauvres, endettés et souvent corrompus produira la majorité nécessaire.

    La France a toujours espéré une force de sécurité européenne distincte de l’OTAN, dans laquelle les militaires français joueraient un rôle de premier plan. Mais l’Allemagne a d’autres idées. « L’OTAN reste le garant de notre sécurité », a déclaré Scholz, se réjouissant que le président Biden soit « un transatlantiste convaincu ».

    « Chaque amélioration, chaque unification des structures de défense européennes dans le cadre de l’UE renforce l’OTAN », a déclaré Scholz. "Avec d’autres partenaires de l’UE, l’Allemagne veillera donc à ce que la force de réaction rapide prévue par l’UE soit opérationnelle en 2025 et fournira alors également son noyau.

    Cela nécessite une structure de commandement claire. L’Allemagne assumera cette responsabilité « lorsque nous dirigerons la force de réaction rapide en 2025 », a déclaré M. Scholz. Il a déjà été décidé que l’Allemagne soutiendrait la Lituanie avec une brigade rapidement déployable et l’OTAN avec d’autres forces en état de préparation élevé.

    Servir pour diriger ... où ?


    Robert Habeck speaking at protest before Green Party headquarters, Berlin, Oct. 28, 2020. (Leonhard Lenz/Wikimedia Commons)

    En bref, le renforcement militaire de l’Allemagne donnera corps à la fameuse déclaration de Robert Habeck à Washington en mars dernier : « Plus l’Allemagne servira avec force, plus son rôle sera grand ». Habeck, le Vert, est le ministre allemand de l’économie et la deuxième personnalité la plus puissante du gouvernement allemand actuel.

    La remarque a été bien comprise à Washington : en servant l’empire occidental dirigé par les États-Unis, l’Allemagne renforce son rôle de leader européen. De la même manière que les États-Unis arment, entraînent et occupent l’Allemagne, celle-ci fournira les mêmes services aux petits États de l’UE, notamment à l’est.

    Depuis le début de l’opération russe en Ukraine, la politicienne allemande Ursula von der Leyen a profité de sa position à la tête de la Commission européenne pour imposer des sanctions toujours plus drastiques à la Russie, ce qui a fait planer la menace d’une grave crise énergétique européenne cet hiver. Son hostilité envers la Russie semble sans limite. En avril dernier, à Kiev, elle a appelé à une adhésion rapide à l’UE de l’Ukraine, qui est notoirement le pays le plus corrompu d’Europe et qui est loin de respecter les normes européennes. Elle a proclamé que « la Russie va sombrer dans la déchéance économique, financière et technologique, tandis que l’Ukraine marche vers un avenir européen. » Pour Mme von der Leyen, l’Ukraine « mène notre guerre ». Tout cela va bien au-delà de son autorité pour parler au nom des 27 membres de l’UE, mais personne ne l’arrête.

    Annalena Baerbock, ministre des affaires étrangères des Verts allemands, est tout aussi déterminée à « ruiner la Russie ». Partisane d’une « politique étrangère féministe », Baerbock exprime sa politique en termes personnels. « Si je fais la promesse aux gens en Ukraine, nous sommes à vos côtés aussi longtemps que vous avez besoin de nous », a-t-elle déclaré en anglais lors du Forum 2000 à Prague, parrainé par le National Endowment for Democracy (NED) des États-Unis, le 31 août. « Alors je veux tenir mes promesses, peu importe ce que pensent mes électeurs allemands, mais je veux tenir mes promesses au peuple ukrainien ».

    « Les gens iront dans la rue et diront, nous ne pouvons pas payer nos prix de l’énergie, et je dirai, ’Oui je sais donc nous allons vous aider avec des mesures sociales. [...] Nous serons aux côtés de l’Ukraine et cela signifie que les sanctions resteront en vigueur jusqu’à l’hiver, même si cela devient très difficile pour les politiciens ».

    Certes, le soutien à l’Ukraine est fort en Allemagne, mais peut-être en raison de la pénurie d’énergie qui se profile, un récent sondage Forsa indique que quelque 77 % des Allemands seraient favorables à des efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre - ce qui devrait être l’affaire du ministre des affaires étrangères. Mais Baerbock ne montre aucun intérêt pour la diplomatie, seulement pour un « échec stratégique » pour la Russie - quel que soit le temps que cela prendra.

    Dans le mouvement pacifiste des années 1980, une génération d’Allemands prenait ses distances avec celle de leurs parents et jurait de surmonter les « représentations de l’ennemi » héritées des guerres passées. Curieusement, Baerbock, née en 1980, a fait référence à son grand-père qui a combattu dans la Wehrmacht comme ayant en quelque sorte contribué à l’unité européenne. Est-ce là le pendule générationnel ?

    Les petits revanchards


    Stepan Bandera torchlight parade in Kiev, Jan. 1, 2020. (A1/Wikimedia Commons)

    Il y a lieu de supposer que la russophobie allemande actuelle tire une grande partie de sa légitimation de la russophobie des anciens alliés nazis dans les petits pays européens.

    Si le revanchisme anti-russe allemand a peut-être mis deux générations à s’affirmer, un certain nombre de revanchismes plus petits et plus obscurs ont fleuri à la fin de la guerre européenne et ont été intégrés dans les opérations de guerre froide des États-Unis. Ces petits revanchismes n’ont pas été soumis aux mesures de dénazification ou à la culpabilité de l’Holocauste imposées à l’Allemagne. Au contraire, ils ont été accueillis par la C.I.A., Radio Free Europe et les commissions du Congrès pour leur anticommunisme fervent. Ils ont été renforcés politiquement aux Etats-Unis par les diasporas anticommunistes d’Europe de l’Est.

    Parmi celles-ci, la diaspora ukrainienne est certainement la plus importante, la plus intensément politique et la plus influente, tant au Canada que dans le Middle West américain. Les fascistes ukrainiens qui avaient auparavant collaboré avec les envahisseurs nazis étaient les plus nombreux et les plus actifs, dirigeant le Bloc des nations antibolcheviques qui avait des liens avec les services de renseignements allemands, britanniques et américains.

    La Galicie d’Europe orientale, à ne pas confondre avec la Galicie espagnole, a fait partie de la Russie et de la Pologne pendant des siècles. Après la Seconde Guerre mondiale, elle a été divisée entre la Pologne et l’Ukraine. La Galicie ukrainienne est le centre d’un nationalisme ukrainien virulent, dont le principal héros de la Seconde Guerre mondiale est Stepan Bandera. Ce nationalisme peut être qualifié à juste titre de « fasciste », non pas simplement en raison de signes superficiels - ses symboles, ses saluts ou ses tatouages - mais parce qu’il a toujours été fondamentalement raciste et violent.

    Incité par les puissances occidentales, la Pologne, la Lituanie et l’Empire des Habsbourg, la clé du nationalisme ukrainien était qu’il était occidental, et donc supérieur. Les Ukrainiens et les Russes étant issus de la même population, l’ultra-nationalisme ukrainien pro-occidental s’est construit sur des mythes imaginaires de différences raciales : Les Ukrainiens faisaient partie du véritable Occident , quoi que cela signifie, tandis que les Russes étaient métissés avec des « Mongols » et constituaient donc une race inférieure. Les nationalistes ukrainiens banderistes ont ouvertement appelé à l’élimination des Russes en tant que tels, en tant qu’êtres inférieurs.

    Tant que l’Union soviétique existait, la haine raciale des Ukrainiens envers les Russes avait pour couverture l’anticommunisme, et les agences de renseignement occidentales pouvaient les soutenir sur la base de l’idéologie « pure » de la lutte contre le bolchevisme et le communisme. Mais maintenant que la Russie n’est plus dirigée par des communistes, le masque est tombé, et la nature raciste de l’ultranationalisme ukrainien est visible - pour tous ceux qui veulent la voir.

    Cependant, les dirigeants et les médias occidentaux sont déterminés à ne pas le remarquer.

    L’Ukraine n’est pas un pays occidental comme les autres. Elle est profondément et dramatiquement divisée entre le Donbass à l’Est, des territoires russes donnés à l’Ukraine par l’Union soviétique, et l’Ouest anti-russe, où se trouve la Galacie. La défense du Donbass par la Russie, qu’elle soit sage ou non, n’indique en aucun cas une intention russe d’envahir d’autres pays. Cette fausse alerte est le prétexte à la remilitarisation de l’Allemagne en alliance avec les puissances anglo-saxonnes contre la Russie.

    Le prélude yougoslave


    Cutting firewood in Sarajevo during wars that broke up Yugoslavia, 1993. (Christian Maréchal/Wikimedia Commons)

    Ce processus a commencé dans les années 1990, avec l’éclatement de la Yougoslavie.

    La Yougoslavie n’était pas un membre du bloc soviétique. C’est précisément pour cette raison que le pays a obtenu des prêts de l’Occident qui, dans les années 1970, ont conduit à une crise de la dette dans laquelle les dirigeants de chacune des six républiques fédérées ont voulu refiler la dette aux autres. Cette situation a favorisé les tendances séparatistes dans les républiques slovène et croate, relativement riches, tendances renforcées par le chauvinisme ethnique et les encouragements des puissances extérieures, notamment de l’Allemagne.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’occupation allemande avait divisé le pays. La Serbie, alliée de la France et de la Grande-Bretagne lors de la Première Guerre mondiale, a été soumise à une occupation punitive. La Slovénie idyllique a été absorbée par le Troisième Reich, tandis que l’Allemagne soutenait une Croatie indépendante, dirigée par le parti fasciste Oustachi, qui comprenait la majeure partie de la Bosnie, théâtre des combats internes les plus sanglants. À la fin de la guerre, de nombreux oustachis croates ont émigré en Allemagne, aux États-Unis et au Canada, sans jamais abandonner l’espoir de raviver le nationalisme croate sécessionniste.

    À Washington, dans les années 1990, les membres du Congrès ont obtenu leurs impressions sur la Yougoslavie auprès d’un seul expert : Mira Baratta, une Américaine d’origine croate de 35 ans, assistante du sénateur Bob Dole (candidat républicain à la présidence en 1996). Le grand-père de Baratta avait été un important officier de l’Oustachi en Bosnie et son père était actif au sein de la diaspora croate en Californie. Baratta a rallié non seulement Dole mais aussi la quasi-totalité du Congrès à la version croate des conflits yougoslaves rejetant tout sur les Serbes.

    En Europe, les Allemands et les Autrichiens, notamment Otto von Habsburg, héritier du défunt Empire austro-hongrois et député européen de Bavière, ont réussi à présenter les Serbes comme les méchants, prenant ainsi une revanche efficace contre leur ennemi historique de la Première Guerre mondiale, la Serbie. En Occident, il est devenu habituel d’identifier la Serbie comme « l’allié historique de la Russie », oubliant que dans l’histoire récente, les plus proches alliés de la Serbie étaient la Grande-Bretagne et surtout la France.

    En septembre 1991, un politicien chrétien-démocrate et avocat constitutionnel allemand de premier plan a expliqué pourquoi l’Allemagne devrait favoriser l’éclatement de la Yougoslavie en reconnaissant les républiques yougoslaves sécessionnistes slovène et croate. (Rupert Scholz, ancien ministre de la défense de la CDU, lors du 6e symposium Fürstenfeldbrucker pour la direction de l’armée et des affaires allemandes, qui s’est tenu les 23 et 24 septembre 1991).

    En mettant fin à la division de l’Allemagne, Rupert Scholz a déclaré : « Nous avons, pour ainsi dire, surmonté et maîtrisé les conséquences les plus importantes de la Seconde Guerre mondiale... mais dans d’autres domaines, nous sommes toujours confrontés aux conséquences de la Première Guerre mondiale » - qui, a-t-il noté, « a commencé en Serbie. »

    « La Yougoslavie, conséquence de la Première Guerre mondiale, est une construction très artificielle, jamais compatible avec l’idée d’autodétermination », a déclaré Rupert Scholz. Il conclut : « A mon avis, la Slovénie et la Croatie doivent être immédiatement reconnues au niveau international. (...) Lorsque cette reconnaissance aura eu lieu, le conflit yougoslave ne sera plus un problème interne à la Yougoslavie, où aucune intervention internationale ne peut être autorisée. »

    Et en effet, la reconnaissance a été suivie d’une intervention occidentale massive qui se poursuit encore aujourd’hui. En prenant parti, l’Allemagne, les États-Unis et l’OTAN ont finalement produit un résultat désastreux, une demi-douzaine d’îlots étatiques, avec de nombreux problèmes non résolus et fortement dépendants des puissances occidentales. La Bosnie-Herzégovine est sous occupation militaire ainsi que sous le diktat d’un « Haut représentant » qui se trouve être allemand. Elle a perdu environ la moitié de sa population à cause de l’émigration.

    Seule la Serbie montre des signes d’indépendance, refusant de se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie, malgré de fortes pressions. Pour les stratèges de Washington, l’éclatement de la Yougoslavie était un exercice d’utilisation des divisions ethniques pour briser des entités plus grandes, l’URSS puis la Russie.

    Bombardements humanitaires
    Les politiciens et les médias occidentaux ont persuadé l’opinion publique que le bombardement de la Serbie par l’OTAN en 1999 était une guerre « humanitaire », généreusement menée pour « protéger les Kosovars » (après que de multiples assassinats perpétrés par des sécessionnistes armés aient provoqué les autorités serbes dans l’inévitable répression servant de prétexte au bombardement).

    Mais le véritable enjeu de la guerre du Kosovo est qu’elle a transformé l’OTAN d’une alliance défensive en une alliance agressive, prête à faire la guerre n’importe où, sans mandat de l’ONU, sous n’importe quel prétexte.

    Cette leçon était claire pour les Russes. Après la guerre du Kosovo, l’OTAN ne pouvait plus prétendre de manière crédible qu’elle était une alliance purement « défensive ».

    Dès que le président serbe Milosevic, pour sauver l’infrastructure de son pays de la destruction par l’OTAN, a accepté de permettre aux troupes de l’OTAN d’entrer au Kosovo, les États-Unis se sont emparés sans cérémonie d’une énorme bande de territoire pour construire leur première grande base militaire dans les Balkans. Les troupes de l’OTAN y sont toujours.

    Tout comme les États-Unis se sont empressés de construire cette base au Kosovo, on savait clairement à quoi s’attendre de la part des États-Unis après avoir réussi en 2014 à installer un gouvernement à Kiev désireux de rejoindre l’OTAN. Ce serait l’occasion pour les États-Unis de reprendre la base navale russe en Crimée. Comme on savait que la majorité de la population de Crimée voulait revenir à la Russie (comme elle l’avait fait de 1783 à 1954), Poutine a pu devancer cette menace en organisant un référendum populaire confirmant son retour.

    Le revanchisme est-européen s’empare de l’UE


     European Parliament in Strasbourg, France. (U.N. Photo/Eskinder Debebe)

    L’appel lancé par le chancelier allemand Scholz en faveur d’un élargissement de l’Union européenne à neuf nouveaux membres rappelle les élargissements de 2004 et 2007, qui ont amené douze nouveaux membres, dont neuf de l’ancien bloc soviétique, y compris les trois États baltes qui faisaient autrefois partie de l’Union soviétique.

    Cet élargissement avait déjà déplacé l’équilibre vers l’est et renforcé l’influence allemande. Les élites politiques de la Pologne, et surtout des trois États baltes, étaient fortement influencées par les États-Unis et la Grande-Bretagne, où beaucoup avaient vécu en exil pendant la période soviétique. Elles ont apporté aux institutions européennes une nouvelle vague d’anticommunisme fanatique, qu’il n’est pas toujours possible de distinguer de la russophobie.

    Le Parlement européen, obsédé par les discours sur les droits de l’homme, a été particulièrement réceptif à l’antitotalitarisme zélé de ses nouveaux membres d’Europe de l’Est.

    Le revanchisme et l’arme mémorielle
    Dans le cadre de la purification anticommuniste, ou purges, les États d’Europe de l’Est ont parrainé des « instituts de la mémoire » chargés de dénoncer les crimes du communisme. Bien entendu, ces campagnes ont été utilisées par les politiciens d’extrême droite pour jeter la suspicion sur la gauche en général. Comme l’explique le chercheur européen Zoltan Dujisin, les « promoteurs de la mémoire anticommuniste » à la tête de ces instituts ont réussi à faire passer leurs activités d’information publique du niveau national à celui de l’Union européenne, en utilisant les interdictions occidentales sur la négation de l’Holocauste pour se plaindre que si les crimes nazis avaient été condamnés et punis à Nuremberg, les crimes communistes ne l’avaient pas été.

    La tactique des promoteurs anticommunistes consistait à exiger que les références à l’Holocauste soient accompagnées de dénonciations du Goulag. Cette campagne a dû faire face à une contradiction délicate puisqu’elle tendait à remettre en cause le caractère unique de l’Holocauste, un dogme essentiel pour obtenir le soutien financier et politique des instituts de mémoire d’Europe occidentale.

    En 2008, le PE a adopté une résolution établissant le 23 août comme « Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme » - adoptant pour la première fois ce qui avait été une équation d’extrême droite assez isolée. Une résolution du PE de 2009 sur « la conscience européenne et le totalitarisme » a appelé à soutenir les instituts nationaux spécialisés dans l’histoire du totalitarisme.

    Dujisin explique : « L’Europe est désormais hantée par le spectre d’une nouvelle mémoire. Le statut singulier de l’Holocauste en tant que formule fondatrice négative de l’intégration européenne, point culminant des efforts déployés depuis longtemps par d’éminents dirigeants occidentaux ... est de plus en plus contesté par une mémoire du communisme qui conteste son caractère unique. »

    Les instituts de mémoire est-européens ont formé ensemble la « Plateforme de la mémoire et de la conscience européennes », qui a organisé entre 2012 et 2016 une série d’expositions sur « Le totalitarisme en Europe : Fascisme-Nazisme-Communisme », voyageant dans des musées, des mémoriaux, des fondations, des mairies, des parlements, des centres culturels et des universités de 15 pays européens, censés « améliorer la sensibilisation et l’éducation du public aux crimes les plus graves commis par les dictatures totalitaires. »

    Sous cette influence, le Parlement européen a adopté le 19 septembre 2019 une résolution « sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe » qui va bien au-delà de l’assimilation des crimes politiques en proclamant une interprétation nettement polonaise de l’histoire comme politique de l’Union européenne. Elle va jusqu’à proclamer que le pacte Molotov-Ribbentrop est responsable de la Seconde Guerre mondiale - et donc que la Russie soviétique est aussi coupable de la guerre que l’Allemagne nazie.
    La résolution,
    « Souligne que la Seconde Guerre mondiale, la guerre la plus dévastatrice de l’histoire de l’Europe, a été déclenchée comme résultat immédiat du tristement célèbre traité de non-agression entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique du 23 août 1939, également connu sous le nom de pacte Molotov-Ribbentrop, et de ses protocoles secrets, par lesquels deux régimes totalitaires qui partageaient l’objectif de conquête du monde ont divisé l’Europe en deux zones d’influence ; »

    Il ajoute :
    « Rappelle que les régimes nazi et communiste ont perpétré des meurtres de masse, des génocides et des déportations et ont causé une perte de vie et de liberté au XXe siècle à une échelle sans précédent dans l’histoire de l’humanité, et rappelle le crime horrible de l’Holocauste perpétré par le régime nazi ; condamne dans les termes les plus forts les actes d’agression, les crimes contre l’humanité et les violations massives des droits de l’homme perpétrés par les régimes nazi, communiste et autres régimes totalitaires ; »

    Bien entendu, cette résolution n’est pas seulement en contradiction directe avec la célébration russe de la « Grande guerre patriotique » pour vaincre l’invasion nazie, elle s’oppose également aux récents efforts du président russe Vladimir Poutine pour replacer l’accord Molotov-Ribbentrop dans le contexte des refus antérieurs des États d’Europe de l’Est, notamment la Pologne, de s’allier à Moscou contre Hitler.

    Mais la résolution du PE :
    « Est profondément préoccupé par les efforts déployés par les dirigeants russes actuels pour déformer les faits historiques et blanchir les crimes commis par le régime totalitaire soviétique et les considère comme une composante dangereuse de la guerre de l’information menée contre l’Europe démocratique qui vise à diviser l’Europe, et invite donc la Commission à contrer résolument ces efforts ; »

    Ainsi, l’importance de la mémoire pour l’avenir, s’avère être une déclaration de guerre idéologique contre la Russie basée sur des interprétations de la Seconde Guerre mondiale, d’autant plus que les promoteurs de la mémoire suggèrent implicitement que les crimes passés du communisme méritent d’être punis - comme les crimes du nazisme. Il n’est pas impossible que cette ligne de pensée suscite une certaine satisfaction tacite chez certains individus en Allemagne.

    Lorsque les dirigeants occidentaux parlent de « guerre économique contre la Russie » ou de « ruiner la Russie » en armant et en soutenant l’Ukraine, on peut se demander s’ils préparent consciemment la troisième guerre mondiale ou s’ils essaient de donner une nouvelle fin à la deuxième guerre mondiale. Ou bien est-ce que les deux vont fusionner ?

    Dans l’état actuel des choses, avec l’OTAN qui tente ouvertement de « s’étendre » et donc de vaincre la Russie par une guerre d’usure en Ukraine, c’est un peu comme si la Grande-Bretagne et les États-Unis, quelque 80 ans plus tard, avaient changé de camp et rejoint l’Europe dominée par les Allemands pour faire la guerre à la Russie, aux côtés des héritiers de l’anticommunisme est-européen, dont certains étaient alliés à l’Allemagne nazie.

    L’histoire peut aider à comprendre les événements, mais le culte de la mémoire devient facilement le culte de la vengeance. La vengeance est un cercle sans fin. Elle utilise le passé pour tuer l’avenir. L’Europe a besoin de têtes claires tournées vers l’avenir, capables de comprendre le présent.

    Diana Johnstone

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  • UKRAINE, RUSSIE, OTAN : LE GÉNÉRAL VINCENT DESPORTES DÉNONCE NOTRE STRATÉGIE DE GUERRE
    https://www.les-crises.fr/ukraine-russie-otan-le-general-vincent-desportes-denonce-notre-strategie-

    Le Général Vincent DESPORTES est spécialiste de la réflexion stratégique, il a dirigé l’École de guerre, et est également docteur en histoire. Il est aujourd’hui professeur des universités associé à Sciences Po et enseigne la stratégie à HEC. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il propose une analyse à contre-courant du conflit, qui […]

    #Vidéo

    • Urko // 17.09.2022 à 18h49
      Bon, il dit des choses assez banales, très consensuelles, ce qui ne signifie pas fausses, et des plus contestables mais j’en retiens quand même qu’il ose rappeler qu’intégrer l’Ukraine à l’OTAN n’était pas un geste que les Russes, poutinolatres ou non, pouvaient prendre pour anecdotique ni sympathique à leur endroit. Les Américains semblent ne plus se poser de limites : qu’ils veuillent verrouiller la Russie, fort bien, il peut s’agir d’un objectif rationnel de leur point de vue, mais il n’y a pas besoin pour cela de menacer aussi directement Moscou, à moins que leurs visées réelles ne dépassent la simple contention de la Russie et ne cherchent en fait des buts bien plus ambitieux (terme poli pour ne pas employer celui d’ « agressifs »). Interrompre la relation Allemagne-Russie et offrir un front occidental à la Russie pour dégarnir son orient me paraîssent ensemble constituer la préoccupation majeure des Américains, qui ont trouvé des relais zélés avec les Polonais ou les dirigeants ukrainiens qu’ils avaient installés à Kiev après le coup d’ét… la révolution de Maïdan. Disons que dans ce conflit, l’acteur qui paraît le plus lâche, irrationnel et suicidaire, provient d’Europe, laquelle se mutile pour des intérêts qui restent ceux des états unis et non les nôtres.

    • Se souvenir de Victoria Nuland : « Fuck the EU ». Puis des accords de Minsk dont les US ont tjs été absent et qu’ils n’ont jamais soutenu, voire tjs ignoré, au point que l’Ukraine ne s’est jamais senti contraint par ces accords.
      Donc oui, les US veulent la guerre avec les russes, et se foutent de l’Europe. Cette pression constante depuis 20 ans provoque la fascisation de l’espace est-européen pour le pire et pour le pire.

  • Ukraine : quand le journalisme s’égare - Vu du Droit Régis de Castelnau - vududroit.com
    https://www.vududroit.com/2022/08/ukraine-quand-le-journalisme-segare

    La liberté d’information dans un monde globalisé n’est pas en très grande forme. En Occident, le système médiatique représenté par la presse écrite et audiovisuelle est entièrement entre les mains de puissantes oligarchies qui entendent bien mettre leurs médias au service du maintien d’un ordre politique et social qui assure leur domination fructueuse. Internet comme espace de liberté pourrait être un formidable un outil de ré-information, mais parfaitement conscients du danger, les mêmes grands intérêts, s’efforcent d’y contrôler strictement l’expression.

    L’Occident malade de sa presse
     L’élection présidentielle américaine de 2020 a été de ce point de vue un épisode assez sidérant. Qui a vu la presse américaine prendre résolument et massivement parti pour Joë Biden pendant que les GAFAM mettaient en place un système de filtrage et de censure de ses adversaires que l’on peut qualifier de totalitaire. Il n’est pas besoin de suivre Trump sur ses accusations de trucage du scrutin lui-même, pour constater qu’au regard des standards juridiques internationaux relatifs aux règles qui assurent « la sincérité du scrutin » , l’élection présidentielle américaine de 2020 a été irrégulière. Situation identique en France et au sein de l’Union Européenne, où la liberté d’expression est un combat, avec la domination d’une oligarchie et la nécessité de sans cesse s’opposer aux tentatives récurrentes visant à empêcher les réseaux d’être un outil de débat contradictoire face à la propagande produite par le système.

    Comment alors s’étonner de la défiance des opinions publiques vis-à-vis de la presse en général et des journalistes en particulier. Toutes les études d’opinion sont de ce point de vue absolument calamiteuses et les journalistes sont les plus déconsidérée, souvent devant les politiques eux-mêmes ! En France, près de 70 % des Français les considèrent, ni indépendants, ni objectifs et soumis au pouvoir et à l’argent. Comment s’étonner que la diffusion en kiosque et points de vente, de la presse écrite nationale pourtant gavée de subventions, ait été divisée par deux en cinq ans pour se situer à des chiffres grotesques ! La situation est encore pire aux États-Unis, où la presse avait pourtant depuis longtemps un statut et une réputation démocratique importante. La société transnationale Gallup, un des premiers opérateurs mondiaux dans le domaine des sondages et des études d’opinion, vient de publier son bilan annuel https://dernieres-nouvelles.com/la-confiance-des-americains-dans-les-medias-atteint-un-niveau-r concernant la confiance de l’opinion publique américaine dans ses médias. Et c’est ainsi que l’on apprend que seulement 11 % de la population américaine conservent leur confiance dans les médias télévisuels, alors que 89 % pensent qu’ils mentent !

    Quand l’information n’est plus que propagande
    C’est dans ce contexte médiatique particulier qu’a commencé la guerre en Ukraine. Ce qui a permis d’assister incrédule, à un déferlement de propagande où la bêtise le disputait au racisme. Mais où régnait surtout le mensonge, que ce soit directement ou par omission. C’est Emmanuel Macron affirmant le 24 mars au sommet de l’OTAN : « L’économie russe est en cessation de paiement, (…) son isolement est croissant » . La rodomontade se transformant rapidement en mensonge puisque les pays qui refusent de condamner et de sanctionner la Russie représentent 82 % de la population mondiale. C’est Bruno Lemaire ne voyant aucun inconvénient à passer pour un imbécile en annonçant triomphalement : « Les sanctions sont d’une efficacité redoutable. Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie. Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe. » C’est Jean-Luc Mélenchon rappelant à juste titre la position diplomatique de la France initiée par le général de Gaulle, sur l’existence « d’une seule Chine » , pour se faire immédiatement accuser de « soutenir les dictateurs »  !

    Ce sont les soi-disant experts de plateaux télévisés, de la presse et des réseaux, aux compétences en général limitées qui n’hésitent pas à raconter n’importent quoi. Mais c’est surtout l’effondrement déontologique des journalistes quand 90 % d’entre eux oubliant toute morale professionnelle, se transforment en petits télégraphistes acharnés du récit médiatique concocté par les officines opaques entourant Zelensky, le bateleur de Kiev, et n’ayant rien à voir avec ce qui se passe réellement sur le terrain. Le mensonge éhonté mis au service d’une guerre de la communication, pour l’utilisation duquel Zelensky a quant à lui, répétons-le, l’excuse de le faire pour ce qu’il pense être les intérêts de son pays. C’est la volonté furieuse de minimiser la présence et l’influence néonazies en Ukraine https://www.vududroit.com/2022/06/le-retour-des-assassins-de-la-memoire , et ce contre des évidences admises en Occident il y a encore quelques mois. C’est le silence obstiné sur les bombardements des populations civiles du Donbass par l’armée ukrainienne, l’adoption immédiate du narratif inepte d’une armée russe écrasée qui irait jusqu’à se bombarder elle-même etc. etc.

    Il se trouve que les opinions publiques occidentales considérées comme des troupeaux de moutons pouvant avaler n’importe quoi, ont pourtant commencé à réagir. Il est probable que la bêtise et le fanatisme finisse, et c’est tant mieux, à produire l’effet inverse à celui qui est recherché. Au sein de l’Union Européenne, nombreux sont les pays où les populations mesurant probablement les enjeux économiques et stratégiques, mais également le caractère peu recommandable au plan moral du régime de Kiev, sont désormais opposées au soutien sans mesure à lui apporté. Avec maintenant un refus du régime des sanctions, dont elles perçoivent l’effet boomerang, malgré l’aveuglement incompréhensible de leurs dirigeants.

    Les saints ne seraient plus des saints ?
    C’est probablement pour cela que se sont produit plusieurs événements médiatiques très significatifs. C’est d’abord le quotidien allemand « Die Welt » https://www.welt.de/kultur/plus240130237/Selenskyj-Offshore-Konten-und-Wagnergate-geheime-Geschaefte-des-Praesidenten.ht qui revient sur la vertigineuse corruption des gens au pouvoir à Kiev et en particulier celle de Zelensky lui-même. Avec la diffusion d’un documentaire accablant pour celui-ci https://www.youtube.com/watch?v=uVok_bID2pM&t=262s

    . Il y a aussi le retour des dénonciations de l’idéologie et des comportements des groupes néonazis ukrainiens incorporés à l’armée. Et surtout deux publications qui permettent de mesurer par les réactions qu’elles provoquent, la catastrophe démocratique dans le domaine de la presse en général et en France en particulier.

    C’est ensuite la chaîne de télévision CBS qui https://www.cbsnews.com/news/ukraine-military-aid-weapons-front-lines/?intcid=CNM-00-10abd1h diffuse un sujet selon lequel seule 30 % des armes données à l’Ukraine arrivent sur le front. Le reste disparaissant dans une forme de trou noir https://www.vududroit.com/2022/07/lukraine-comme-un-trou-noir . Il n’y avait rien de nouveau, et ce n’était pas un scoop, car ce sujet qui provoquait pas mal d’inquiétudes aux États-Unis, avait déjà été abordé. Mais, dans les bruits de l’orchestre ou plutôt du tintamarre du déferlement propagandiste, cela n’avait pas été relevé. La situation est aujourd’hui toute autre, puisque, que ce soit sur le terrain militaire en Ukraine ou sur le plan géostratégique mondial, la défaite de l’Occident commence à se profiler. Les fanatiques atlantistes en panique se sont immédiatement mobilisés et ont obtenu la censure de la vidéo ! Comme si CBS avait été une vulgaire officine au service de Poutine et financée par le FSB !

    Et puis il y a eu l’épisode Amnesty International https://www.youtube.com/watch?v=Hps6yEo0c6w

    . L’ONG occidentale probablement soucieuse de conserver un minimum de crédibilité a publié un rapport dans lequel elle accusait l’armée ukrainienne d’utiliser les civils, et notamment les populations du Donbass, comme boucliers humains. C’est une vieille histoire, puisque l’AFU s’étaient déjà signalée par ces méthodes pendant la guerre civile du Donbass. Et pour la présente guerre, ce n’était pas non plus un scoop, puisque France Télévisions, difficilement qualifiable d’officine poutinienne, s’en était elle aussi, émue dès le mois de mai dernier. Le phénomène était notoire, voire revendiqué par les militaires ukrainiens qui diffusaient des vidéos dans lesquelles on les voyait installer leur artillerie à proximité de bâtiments tels qu’hôpitaux, maternités, crèches écoles etc. Sans compter les civils retenus contre leur gré comme ce fut semble-t-il le cas dans les sous-sols d’Azovstall.

    On a alors assisté à une formidable levée de boucliers pour essayer d’étouffer l’expression de cette vérité qui permettait d’accéder à un réel qui ne s’écrit pas en noir et blanc. Ce furent d’abord les pressions sur l’O.N.G. afin qu’elle retire son rapport. Puis comme d’habitude les injures pour disqualifier le messager porteur de cette mauvaise nouvelle à valeur de blasphème : les Ukrainiens ne sont pas les saints et les héros que l’on nous a vendus. Ils sont aussi capables de faire une guerre sale, voire très sale.

    Le mensonge revendiqué
    Et enfin, ce qui constitue un sommet assez ahurissant de l’effondrement moral de la presse française. Après avoir tenté de réfuter l’évidence, le quotidien le Monde et l’hebdomadaire le Point se sont signalés par la conception qu’ils ont de leur métier. Celle de militants acharnés d’une cause au service de laquelle la fin justifie les moyens. C’est-à-dire l’utilisation sans vergogne du mensonge. Mais, si mentir pour un journaliste, pose déjà un sérieux problème, que dire du fait de revendiquer officiellement l’utilisation du mensonge.

    Il faut lire le tweet publié par Madame Faustine Vincent journaliste au monde : « ce n’est ni plus ni moins que cela, la responsabilité d’Amnesty : autoriser la Russie à assumer totalement… toute vérité n’est pas bonne à dire à n’importe quel moment. Et ça, on aurait pu espérer qu’Amnesty pense avant de lâcher sa bombe ».

    Donc si l’on comprend bien la déontologie et la morale de Madame Vincent, s’agissant de faits qui sont juridiquement des CRIMES DE GUERRE de l’armée ukrainienne, il est nécessaire de les cacher, et par conséquent de les COUVRIR. Parce que selon elle, pour battre le Russe, la fin justifie les moyens. Cette personne ne mesure même pas que c’est justement cette utilisation des crimes qui disqualifie la cause qu’elle croit défendre. On lui rappellera au passage que le Monde est un quotidien français et que jusqu’à nouvel ordre nous ne sommes pas en guerre avec la Russie.

    Dans le Point, Sébastien Le Fol emprunte le même chemin : « En mettant sur le même plan, dans un rapport, l’agresseur russe et l’agressé ukrainien, la célèbre ONG confirme sa dérive tendancieuse. » Ne pas mentir, dire la vérité c’est mettre sur le même plan l’agresseur et l’agressé. Donc une fois encore, la fin justifie les moyens ? On se moque bien des méthodes employées par les Ukrainiens du moment que c’est contre les Russes. On comprend mieux avec ces gens-là, le silence sur la guerre du Donbass depuis 2014, sur les bombardements, les massacres, et les exactions. On comprend mieux aussi le déni concernant le poids des néonazis en Ukraine. Pas grave, si c’est pour casser du russe, certains doivent penser, comme Fabius avec Al Nosra en Syrie, qu’ils font du « bon boulot ».

    Il est tout à fait légitime de prendre parti pour un camp, de considérer que la Russie a envahi l’Ukraine sans raison le 24 février dernier, qu’il faut s’opposer à cette agression, et que l’Ukraine a raison et qu’il faut aider sa cause. Mais lorsqu’on est journaliste, qu’on appartient à une profession réglementée et protégée, on a une responsabilité particulière. Avec une déontologie qui impose selon la charte de Munich un rapport objectif avec le réel et le refus du mensonge qui sinon transforme le journalisme en propagande. Et violer cette obligation et ce devoir engage sa responsabilité.

    Pour caractériser cette responsabilité, et sans bien sûr faire la moindre comparaison entre les actes et la période, on rappellera le sort de deux journalistes après la deuxième guerre mondiale. Robert Brasillach, qui n’avait tué personne, mais par ses écrits s’était mis au service de l’ennemi a été condamné et fusillé pour cela. Julius Streicher journaliste allemand qui avait mis les siens au service de l’antisémitisme nazi, et qui lui non plus n’avait tué personne, a été pendu à Nuremberg.

    Il n’est pas question évidemment de souhaiter un tel sort à nos journalistes égarés. Mais par le rappel de l’Histoire, d’ajouter à ce qu’avait dit de Gaulle à propos de Brasillach, sur « le talent titre de responsabilité ».

    Le métier de journaliste donne un statut, et lui aussi est un titre de responsabilité.

    #journalistes #information #médias #france #oligarchie #propagande #nazisme #fachisme #otan #guerre #esj #clergé_médiatique #académie_esj https://esj-lille.fr/academie-esj-lille.php?id_formation=40 #fanatisme #journuliste #merdias #clergé_médiatique #esj

  • L’armée ukrainienne a mis en danger les civils, selon Amnesty .lorientlejour - Amnesty
    https://www.lorientlejour.com/article/1307674/larmee-ukrainienne-a-mis-en-danger-les-civils-selon-amnesty.html

    L’armée ukrainienne a mis des civils en danger en établissant des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux et en lançant des attaques depuis des zones peuplées pour repousser l’invasion russe, a affirmé jeudi Amnesty International.

    De telles tactiques violent le droit international humanitaire, avertit l’ONG dans un communiqué. « Nous avons documenté une tendance des forces ukrainiennes à mettre en danger les civils et à violer les lois de la guerre lorsqu’elles opèrent dans des zones peuplées », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International. « Le fait de se trouver dans une position de défense ne dispense pas l’armée ukrainienne de respecter le droit international humanitaire », a-t-elle ajouté.


    Un soldat ukrainien saute dans une tranchée dans la région de Kharkiv, pendant l’invasion russe de l’Ukraine, le 3 août 2022. Photo REUTERS/Vyacheslav Madiyevskyy TPX IMAGES OF THE DAY

    Entre avril et juillet, des chercheurs d’Amnesty International ont enquêté sur les frappes russes dans les régions de Kharkiv (est), du Donbass et de Mykolaïv (sud-est), inspectant les sites touchés par des frappes et interrogeant des rescapés, des témoins et des proches de victimes. Selon l’ONG, ces chercheurs ont trouvé des preuves que les forces ukrainiennes lançaient des frappes à partir de zones résidentielles peuplées et avaient établi des bases dans des bâtiments civils dans 19 villes et villages de ces régions.

    La plupart des zones résidentielles où se trouvaient les soldats étaient situées à des kilomètres des lignes de front, note Amnesty, soulignant que d’autres options qui n’auraient pas mis en danger les civils - comme des bases militaires ou des zones densément boisées à proximité - étaient possibles. L’ONG indique qu’à sa connaissance, les soldats qui se sont installés dans ces zones d’habitation n’ont pas demandé aux civils d’évacuer. Elle affirme que les forces ukrainiennes ont établi des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux.

    Si l’ONG dénonce ces tactiques ukrainiennes, elle insiste sur le fait qu’elles ne « justifient en aucun cas les attaques russes aveugles » qui ont frappé les populations civiles. Amnesty international dit avoir contacté le ministère ukrainien de la Défense à propos des conclusions de ses recherches le 29 juillet mais n’avoir pas reçu de réponse au moment de la publication du communiqué.

     #ukraine #crime_de_guerre #civils #facisme #Zelinsky #guerre #otan #uene trouve rien à redire à cela #Amnesty,

  • Dans National Interest, on souhaite la résurrection de #GLADIO et des réseaux #stay-behind

    GLADIO : An Insurance Policy to Keep NATO Free
    https://nationalinterest.org/blog/buzz/gladio-insurance-policy-keep-nato-free-203666

    Akin to the methods employed during the height of the Cold War, necessary direct interventions include prohibiting organizations from being part of the private and public sector if they are found to be aligned with anti-NATO regional and global powers. On the more severe side of the spectrum, replacement of governance to ensure continuity and amelioration in the quality of life of one’s citizens and the place for the country within the Atlantic alliance itself.

    #OTAN

  • Spain wants NATO to flag migration as ’hybrid threat’ in policy roadmap, says foreign minister

    Spain, as host of an upcoming NATO summit, will push for the inclusion of “hybrid threats” such as irregular migration, food insecurity and terrorism in the alliance’s new policy roadmap, Foreign Minister Jose Manuel Albares said in an interview.

    The June 29-30 summit in Madrid will be one of the most important since NATO’s inception in 1949. It will draft the alliance’s “Strategic Concept” for the next decade, outlining its mission against the backdrop of Russia’s invasion of Ukraine and the admission of new members such as Finland and Sweden.

    Spain is campaigning for NATO to pay more attention to non-military threats on its so-called southern flank, comprised of the Maghreb and Sahel countries under growing Russian influence, Albares told Reuters in the interview, even as it addresses the Ukraine conflict on its eastern border.

    “We want an acknowledgement that there are also serious threats coming from the southern flank,” Spain’s chief diplomat said. “Terrorism, cybersecurity, the political use of energy resources and of irregular migration all impinge on our sovereignty,” he said.

    NATO insiders have told Reuters in recent weeks that, with an active conflict on its eastern flank and regions such as the Baltic states pushing for more resources, any firm commitment to the southern flank was unlikely.

    Sources also said the issue of migration was too divisive to gain consensus at the summit, even if Spain has the backing in its campaign from other southern European nations such as Portugal and Italy.
    DETERRENT EFFECT

    Albares said the mere inclusion of such hybrid threats in NATO’s strategy, as well as the reference to the southern flank as a region to monitor, would be enough to generate the “deterrent” effect that Spain seeks to protect its borders.

    “Nothing new needs to be done, it must just be borne in mind that a number of threats may emanate from the southern flank that at some point may require a NATO defensive reaction in exactly the same way as we are seeing on the eastern flank.”

    He said while a direct military threat from the south should be met with a NATO military response, “non-conventional” resources such as technology could be used to counter threats like cyberattacks and the weaponisation of irregular migration.

    “Let there be no doubt in anyone’s mind that such hybrid threats cannot be used to challenge our territorial integrity and sovereignty,” he said.

    Spain is also highlighting growing Russian influence in the Sahel region of West Africa. Russian private military contractor the Wagner Group is working with the Malian military to counter Islamic insurgency in the area, while former colonial power France pulled out troops. read more

    The European Union has imposed sanctions Wagner, which it says works on the Kremlin’s behalf. Moscow denies ties but it says it is providing “military assistance” through state channels. read more

    “Russia’s presence [in Mali] does not help in any way, it does not help in any way to advance democracy, to stabilise,” Albares said.

    https://www.reuters.com/world/europe/spain-wants-nato-flag-migration-hybrid-threat-policy-roadmap-says-foreign-2

    #menace #menace_hybride #migrations #asile #réfugiés #OTAN #NATO #Espagne #stratégie #concept_stratégique #souveraineté #southern_flank #flanc_sud #dissuasion #technologie

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