• Une romance avec l’Hydre (2)
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/une-romance-avec-l-hydre-2

    En librairie : Les Esperados et La vie dans les restes, par Yannick Blanc. Voir ici. __ Blanc-Bec, ça ne va pas mieux. Tandis que la Science annonce pour demain un surcroît de chaleur de 4°, voici que de « nouveaux technocritiques » affluent ces jours-ci à Grenopolis, avec quelques décennies de retard, pour une « manif festive contre l’accaparement de l’eau par STMicroelectronics et les industries du numérique » - tout en appelant à poursuivre l’accaparement et l’empoisonnement de l’eau (…) #Documents

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/romance_avec_l_hydre_2.pdf

    • La dévastation du monde, ce n’est pas la faute des « travailleurs » qui ne font que leur boulot – un sale boulot – mais celle des « structures » ; ces mystérieuses entités, impersonnelles et fantomatiques ; ou bien celle des « grandes entreprises » - capitalistes - cela va sans dire. Les « travailleurs » vous pensez bien qu’ils ne travaillent pas pour « générer du profit ». Ils s’en foutent du profit et de la rentabilité de la boîte, les « travailleurs ». Ils n’ont pas d’avis sur sa gestion, ses investissements, sa production - sur leur travail. Les « travailleurs », ils ne sont pas là pour vendre leur force de travail contre du pouvoir d’achat, mais – splendide découverte des Soulèvements de l’Industrie & Cie – pour « créer du travail ». En somme, ils travaillent pour le travail, comme ces artistes qui font de l’art pour l’art. Comme ces exécutants, ou ces exécuteurs, qui exécutent pour exécuter. Ils n’exécutent que ce que l’exécution exige d’exécuter. Eux n’y sont pour rien, c’est le Système exécutoire.

      Voilà ce que moi, Blanc-Bec, j’ai toute ma vie entendu. Moi qui n’ai jamais acheté de voiture, ni de maison, ni de famille à crédit. Ni rien de toutes ces choses que vous tenez tant à sortir de vos cloaques industriels, pour en gonfler vos fécales ventripotences. Moi qui ne suis que moi et qui ne suis jamais rentré en boîte que pour en fuir ; et qui me suis pourtant nourri toute ma vie de « précaire », au seuil de pauvreté, sans jamais trouver trop cher le prix du temps gagné.

      Je vous connais vous autres, « les travailleurs et les habitants ». Le populo, j’en suis. Le quartier, j’en viens. J’ai bossé avec vous sur les chantiers et les marchés, en usine et dans les bureaux, les entrepôts et les magasins. Vous me remettez ? C’est moi l’intérimaire, le petit Blanc en blue-jean, avec ses lunettes et ses cheveux longs. Le petit jeune qui a plaqué le lycée pour « aller au peuple » et « se rééduquer ». Je vous ai écoutés et regardés. J’ai parlé avec vous. Ne me faites pas le coup des pauvres victimes d’un mauvais sort ou d’une mauvaise société. Pas à moi. Vous avez choisi comme j’ai choisi, mes salauds. La boîte, c’est votre milieu, votre habitat. C’est votre boîte. Rassurante et confortable. C’est costaud, cubique et conforme. Chacun la sienne et toutes pareilles. Y’a pas de jaloux.

      Ce n’est pas moi, c’est vous qui le dîtes

      Ce que j’ai choisi, vous auriez pu le choisir. Mais c’était trop miteux pour vous. Vous haïssez l’herbe et les bêtes, ça fait sale. Arriéré. La honte. Ça vous rappelle vos culs-terreux d’aïeux. Vous n’aimez que les machines et les tas de boîtes urbains - je le sais. Ça fait propre et moderne. Riche et puissant. Je connais vos envies et vos avidités. Tout ce que vous voulez, c’est tout ce que vous n’avez pas encore. Tout ce qu’on pourra trouver pour combler vos trous sans fond. Vos « besoins » sont illimités et vous en inventez sans cesse de nouveaux. Pourquoi se gêner ? « A chacun selon ses besoins », disent vos écritures. Vous êtes des trous que toute l’énergie et la matière du monde ne sauraient boucher. Alors, dégagez salauds ! Mercenaires & suppôts des capitaines d’industrie ! Serviles soutiers de la chaudière planétaire ! J’ai eu tort de si longtemps vous soutenir. De m’apitoyer sur votre misère scolaire – moi qui n’ai pas « fait d’études ». C’était pour le coup vous sous-estimer (mépris de classe). Vous ne subissez pas l’incendie, vous poussez les feux. Voici deux siècles et demi que vous soutenez la politique de la terre brûlée. Que vous actionnez la pompe à feu et la machine à vapeur. Que vous bouillez l’eau et calcinez les cieux. Et ne dites pas que vous ne saviez pas la combustion des eaux et forêts. Elle vous crevait les yeux. Mais c’était le progrès que la combustion du monde. Ou la rançon du progrès. Ou une simple externalité négative. Ou un moindre mal dans la balance coût-bénéfice. Et il n’y avait de toute façon plus, en arrière, de retour possible ni d’arrêt souhaitable. Vous avez réduit le monde en cendres et il vous faut maintenant faire un nouveau progrès ; la Transition.

      #ouvriérisme #progressime #critique_techno #Yannick_Blanc

  • Entretien avec douze vétéran·es : « L’UTCL, un ouvriérisme à visage humain ! »
    https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Entretien-avec-douze-veteran-es-L-UTCL-un-ouvrierisme-a-

    Entretien avec douze vétéran·es : « L’UTCL, un ouvriérisme à visage humain ! »
    26 septembre 2023 par Redac-web-01 / 83 vues

    Les locaux d’AL à Paris 19e, une après-midi devant soi, un buffet campagnard, et le plaisir de retrouver quelques camarades qu’on n’a parfois plus vu depuis plusieurs années… Le 18 septembre 2005, douze anciennes et anciens prenaient part à un entretien croisé sur l’histoire de l’Union des travailleurs communistes libertaires. Dans une ambiance décontractée, sans esquiver les questions dérangeantes, les participants ont offert une image nuancée de ce qu’avait été leur organisation.

    Une explication de l’histoire quelque peu auto-centrée mais le travers est inévitable dans ce genre d’évocation. Pour autant, il n’y a aucune raison d’ignorer le rôle des « minorités agissantes » - avec tout ce que ce terme peut receler d’ambiguïté et de dérives - dans le déroulement des luttes sociales. Un des écueils du militantisme étant, qu’au nom de l’action, l’objectif de « l’auto-organisation dans la lutte », parte dans les limbes, happé par la routine quotidienne militante - notamment syndicaliste - dont le rythme fondamental est imposé par les institutions capitalistes. L’organisation spécifique serait alors précisément le moyen d’échapper à ce travers ? Peut-être. On appréciera d’autant plus l’humilité et la sincérité des militant.es de l’UTCL quand iels évoquent nombre d’erreurs et de dévoiements contre lesquels l’orga n’a été d’aucun recours.

    De mon point de vue, ce long témoignage mérite surtout d’être lu pour les problématiques - dont un certaines sont toujours d’actualité - ayant traversé le mouvement social et sa composante, dite révolutionnaire, et, en particulier, libertaire, depuis une cinquantaine d’année.

  • Non, l’automatisation ne fera pas disparaître le travail. Entretien avec J. S. Carbonell – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/automatisation-travail-machines-industrie-entretien-carbonell

    David Broder – Votre travail résiste à l’idée que nous assistons à un « grand remplacement technologique » du travail humain. Pourquoi ? Et qu’est-ce que les caisses automatiques nous apprennent à ce sujet ?

    Juan Sebastián Carbonell – D’abord, parce que c’est faux ; le remplacement technologique n’a pas lieu. Je prends l’exemple des caisses automatiques, car il y a eu une controverse en France au début des années 2000. La CFDT (Confédération française démocratique du travail) a fait campagne contre elles, en disant qu’elles allaient remplacer les caissières des supermarchés. Les syndicats sont parfois eux-mêmes victimes de cette illusion : la mythologie capitaliste du « grand remplacement » du travail par les machines. Pourtant, vingt ans après leur introduction, les caisses automatiques ne sont présentes que dans 57% des supermarchés en France, et là où elles sont présentes, elles s’ajoutent, et ne remplacent pas, les caisses conventionnelles avec des caissières humaines. Elles ne sont pas non plus toujours aussi automatiques : il y a toujours des caissiers pour surveiller et aider les clients, même si leurs tâches ont changé.

    Le livre tente donc de remettre en question ce sens commun. Pour moi, le problème de la transformation du travail aujourd’hui n’est pas tant que les nouvelles technologies pourraient éventuellement remplacer les travailleur.euse.s, mais qu’elles sont utilisées pour dégrader les conditions de travail, faire stagner les salaires et mettre en place une flexibilisation majeure du temps de travail.

    #travail #salariat #automatisation #machines #capitalisme #délocalisations #livre

  • ★ Déprolétarisons-nous - Socialisme libertaire
    https://www.socialisme-libertaire.fr/2022/03/deproletarisons-nous.html

    Parce que la condition de prolétaire n’offre aucun projet positif, notre projet doit être celui de détruire notre condition de prolétaire en mettant fin à notre dépossession, à notre aliénation. L’essence de ce que nous avons perdu n’est pas le contrôle des moyens de production ni la richesse matérielle ; ce sont nos propres vies, notre propre capacité à créer notre existence selon nos propres besoins, nos propres désirs. Notre lutte est donc permanente et se déroule sur tous les terrains, puisque nous devons détruire tout ce qui agit pour nous déposséder de notre vie : le capital, l’État, le travail, l’idéologie, la morale, l’esprit de sacrifice, ainsi que toutes les organisations — même de gauche, même ouvriériste — qui tentent de réifier notre révolte et d’usurper notre lutte. Bref : tous les systèmes de contrôle.

    #capitalisme #prolétariat #syndicalisme #anarchisme #ouvriérisme

  • Bridgestone-Béthune : que crève le pneu !
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1424

    Voici un avis de notre compère Renart à propos des fermetures d’usines de pneu dans le nord.
    C’est négatif pour tout dire. Quand on finit cette notice sur les innombrables nuisances sociales et écologiques du pneu, des origines à nos jours, on se dit que c’était une fort méchante idée que de l’inventer, et de fonder là-dessus une branche de l’industrie automobile. – Sauf, bien sûr pour les fabricants et marchands de pneus et de voitures.
    Aussi, peut-on répéter à propos du pneu tout le mal que Ivan Illich (cf ici ) avait dit à propos de la voiture et qu’on avait appliqué à l’usine Ford de Bordeaux (là )

    L’extrême-gauche ouvriériste et industrialiste (ça va ensemble) nous reprochera une fois de plus notre manque de sens dialectique. La lutte révolutionnaire sait retourner contre le système ses propres armes. Voyez la Petite histoire de la voiture piégée (Mike Davis, La Découverte, 2007), qui, des anarchistes aux islamistes, permet depuis un siècle de forts beaux attentats de masse. Nous, on se souvenait de l’ingénieuse pratique du necklace, un pneu enflammé autour du cou, employée par les tueurs de l’ANC pour se débarrasser des dissidents et des mouchards supposés, dans les townships d’Afrique du sud, durant la lutte contre l’apartheid. Aujourd’hui un génial universitaire du site Lundi matin nous rappelle à propos des feux de pneus sur les piquets de grève – comme à Bridgestone-Béthune - qu’« en immolant sur les routes un de leurs excédents les plus ordinaires, les êtres humains, avec ces feux de pneus, enrayent une mondialisation fluide, retournant politiquement l’un de ses matériaux de base, et donnant à voir et à sentir son âcre matérialité. »

    Vous voyez bien, le négatif ce n’est pas le pneu, ni la voiture, mais l’usage qu’on en fait.

    Pour lire le texte de Renart, ouvrir le document ci-dessous.
    Pour voir le site de Renart : ici.

    https://chez.renart.info #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/bridgestone.pdf

  • D’Amiens-nord à Blanquefort, délivrons les ouvriers, fermons les usines !
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=936

    Tous les cinq ans, la classe ouvrière s’invite dans les débats électoraux. C’était les aciéristes de Florange en 2012, les fabricants de machines à laver Whirlpool cette année. Ce qui n’est jamais débattu en ces occasions, c’est l’utilité même de ces activités industrielles, ni même leurs conséquences sanitaires et écologiques. L’emploi n’a pas d’odeur et nos salaires valent plus que nos vies. Rappelons aux promoteurs de l’automobile, Philippe Poutou, François Ruffin, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen – et à leurs électeurs – que la voiture est le moyen de transport le plus nocif, le plus coûteux et le plus lent que l’industrie ait produit à ce jour. (...) Personne ne veut que les ouvriers soient pressés et jetés comme des serpillières après usage. Non plus que les paysans hier ou les (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/fermons_les_usines.pdf

  • Prolos et écolos, entendez-vous !
    http://reporterre.net/Prolos-et-ecolos-entendez-vous

    Les écolos ? Des « hippies ».
    Les cégétistes ? Des « stals ».
    C’est à Gardanne qu’on découvre cette bonne entente : des militants de Sos-forêts manifestent contre une centrale à bois, et contre la CGT de la boîte. Qui, elle, se frite avec la CGT-forêt du coin…

    Mais à Nantes également, les patrons du bâtiment mobilisent leurs salariés dans la rue, avec des pancartes « Oui à l’aéroport », contre les zadistes. En face, la CGT locale se divise : un dirigeant se prononce « pour tous les projets porteurs de développement économique et d’emplois » - tandis que se forme, en Loire-Atlantique, un « collectif CGT des opposants à Notre-Dame-des-Landes ».

    C’est le grand clivage, ces temps-ci, à gauche.