#oxycontin

  • Opioïdes aux Etats-Unis : Walmart, Walgreens et CVS condamnés à verser 650 millions de dollars Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/opioides-aux-etatsunis-walmart-walgreens-cvs-condamnes-verser-650-millions-d

    Les pharmacies de Walmart, Walgreens et CVS ont été condamnées mercredi par un juge fédéral en Ohio, dans le nord des Etats-Unis, à verser 650,6 millions de dollars à deux comtés de cet Etat, Lake et Trumbull, a annoncé le cabinet d’avocats qui a défendu les deux comtés, The Lanier Law Firm.

    Cette somme permettra de « financer des programmes d’éducation et de prévention et de rembourser les agences et organisations pour les frais encourus pour gérer la crise », a-t-il ajouté. Walmart a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel, dénonçant un procès « truffé d’erreurs juridiques et factuelles ».

    Les trois géants de la distribution aux Etats-Unis, qui avaient distribué massivement des antidouleurs dans ces deux comtés, avaient été jugés coupables en novembre.

    « Une épidémie de drogue soutenue par la cupidité des entreprises »
    Les avocats des deux comtés dans l’Ohio étaient parvenus à convaincre le jury que la présence massive d’opiacés constituait bien une nuisance publique et que les pharmacies y avaient participé en ignorant pendant des années des signaux d’alarme sur des prescriptions suspectes.

    Les responsables des comtés « voulaient simplement être dédommagés du fardeau d’une épidémie de drogue soutenue par la cupidité des entreprises, la négligence et le manque de responsabilité de ces chaînes pharmaceutiques », a commenté leur avocat, Mark Lanier, cité dans le communiqué.

    Les chaînes de pharmacies estiment que les pharmaciens ne font que respecter des ordonnances légales rédigées par des médecins, qui prescrivent des substances approuvées par les autorités sanitaires. Certaines parties avaient conclu des accords avec les comtés de Lake et Trumbull pour mettre fin aux poursuites en échange de versements financiers. C’est le cas des chaînes de pharmacies Rite Aid et Giant Eagle.

    Des distributeurs jugés responsables pour la première fois
    C’était la première fois que des distributeurs de médicaments, et non pas des producteurs, étaient jugés responsables dans cette crise sanitaire à l’origine de plus de 500 000 morts par overdose en 20 ans aux Etats-Unis, et qui a donné lieu à une myriade de procédures lancées par des collectivités.

    La condamnation de producteurs d’opiacés sur la base de lois sur les nuisances publiques a cependant connu des revers, en Californie et en Oklahoma. L’été dernier CVS, Walgreens, Rite Aid et Walmart avaient accepté de verser 26 millions de dollars au total à deux comtés de l’Etat de New York.

    Lire aussi : Crise des opioïdes aux Etats-Unis : l’indécent ballet des groupes pharma https://www.letemps.ch/opinions/crise-opioides-aux-etatsunis-lindecent-ballet-groupes-pharma

    #McKinsey #oxycodone #naloxone #opioides #sackler #big_pharma #santé #fentanyl #opiacés #addiction #opioïdes #drogues #drogue #pharma #usa #santé_publique #etats-unis #purdue_pharma #oxycontin #carfentanil #overdose #Walmart #Walgreens #CVS

    • Le groupe Purdue Pharma :
      Selon une enquête du New Yorker, le groupe aurait réalisé près de 35 milliards de dollars de bénéfice grâce au seul OxyContin entre 1996 et 2019.

      Un plan prévoit désormais le versement de 6 milliards de dollars à titre d’indemnisation à plus de 140 000 victimes directes qui avaient porté plainte, ainsi que des collectivités.

  • The opioid crisis isn’t just the Sacklers’ fault – and making Purdue Pharma pay isn’t enough on its own to fix the pharmaceutical industry’s deeper problems
    https://theconversation.com/the-opioid-crisis-isnt-just-the-sacklers-fault-and-making-purdue-ph

    Until the Food and Drug Administration approved #OxyContin in 1995, […] #marketing techniques were forbidden for opioids, which authorities considered to be too dangerous for them.

    […]

    In 1949, Endo Products claimed that Percodan, its new oxycodone product, shouldn’t face strict federal controls because it was chemically similar to codeine, a relatively weak opioid used in cough syrups. The company insisted it wasn’t addictive when used as prescribed.

    Expert pharmacologists working with federal regulators pushed back. Noting that oxycodone produced an “intense” addiction, they pointed out that people did not always follow doctors’ orders – especially with addictive drugs.

    Purdue’s real innovation with OxyContin was commercial, not scientific. The company was the first to market a powerful opioid using the most aggressive strategies other drug companies regularly used to get pharmaceutical innovations into bodies with great speed and efficiency – while maximizing profits.

    Once Purdue showed it could be done, competitors quickly followed suit. The industry replaced U.S. medicine’s century-old habits of opioid precautions with a reckless boosterism.

    Purdue, that is, didn’t act alone.

    Other drugmakers such as Endo and Janssen imitated and even surpassed Purdue’s example once the taboo had been broken.

    Generic manufacturers such as Allergan and Teva then profited by expanding and prolonging the boom, as did wholesale drug distributors and retail chain pharmacies. Even the prestigious #McKinsey consulting firm got into the game, advising others how to maximize sales.

    The complicity of so many industries makes opioid litigation complex and hard to follow. Cities, states and other plaintiffs didn’t just sue Purdue. They turned to the legal system to make sure that all the other companies pay to repair the harms they caused in building the historic opioid boom that has contributed to more than 500,000 overdose deaths since 1996.

    To date the largest national opioid settlement is with the three main opioid distributors and Johnson & Johnson, manufacturer of the Duragesic and Nucynta opioids. It totals $26 billion, significantly more than what Purdue and the Sacklers are paying.

    But financial settlements cannot solve every problem that made this crisis possible. Purdue and its competitors were able to put profits over consumer safety for so long, in part, because their marketing strategies closely approximated how other medicines are sold in the U.S.

    The opioid crisis, in other words, revealed in an exaggerated fashion problems prevalent in the pharmaceutical industry more generally. Until those broader problems are resolved, the unhappy history of addictive prescription drugs will keep repeating itself.

    Dommage que la responsabilité des « #autorités » ne soit qu’implicitement évoquée.

    #pharma #opioides #opiacés #mode #états-unis

  • Opioïdes, l’insurmontable crise aux Etats-Unis - 107 000 morts par overdose en 2021 Valérie de Graffenried

    Nouveau record américain : 107 000 morts par overdose en 2021. La responsabilité des entreprises pharmaceutiques et médecins qui prescrivent des antidouleurs trop facilement est montrée du doigt.

    Comment ne pas être pris de vertige ? En mai, les autorités sanitaires américaines annonçaient un nouveau « record » : 107 000 morts par overdose en 2021, 15% de plus que l’année précédente. L’équivalent, en moyenne, d’une personne toutes les cinq minutes. La spirale infernale ne s’arrête pas. Si les chiffres augmentent chaque année, la hausse était encore plus marquée entre 2019 et 2020 : +30%. Malgré les efforts de prévention, de lutte contre les trafiquants de drogues ou de distribution plus large de naloxone, qui permet de « ressusciter » une personne en train de faire une overdose via un spray nasal ou une injection, ce mal qui ronge la société américaine peine à se résorber. La pandémie n’a fait qu’aggraver la situation. . . . . . . . . .

    La suite payante, le lien : https://www.letemps.ch/monde/opioides-linsurmontable-crise-aux-etatsunis

    #McKinsey #oxycodone #naloxone #opioides #sackler #big_pharma #santé #fentanyl #opiacés #addiction #opioïdes #drogues #drogue #pharma #mafia #usa #santé_publique #etats-unis #purdue_pharma #oxycontin #carfentanil #overdose #constipation

  • Teva : 117 millions de dollars pour solder les litiges liés aux opioïdes en Floride Par Ricky Ben-David - Time of Israel
    https://fr.timesofisrael.com/teva-117-millions-de-dollars-pour-solder-les-litiges-lies-aux-opio

    Teva Pharmaceuticals, filiale américaine du géant israélien des médicaments génériques Teva Pharmaceutical Industries, versera à l’État de Floride 117 millions de dollars en règlement des litiges liés aux opioïdes et fournira des traitements pour la dépendance aux opiacés, d’une valeur de 84 millions de dollars.

    La Floride a conclu un accord similaire avec CVS Health Corp. et CVS Pharmacy Inc., qui verseront 484 millions de dollars à l’État ainsi qu’à un certain nombre d’autres défendeurs, pour un total de 860 millions de dollars, accord de Teva inclus.

    Selon l’accord conclu avec Teva, les 117 millions de dollars seront versés à la Floride sur une période de 15 ans et des doses de Narcan (sous forme de spray nasal au chlorhydrate de naloxone) seront mises à disposition pendant 10 ans, a détaillé la société dans un communiqué mercredi.


    Une semaine plus tôt, Teva avait conclu un accord pour régler des litiges du même ordre dans le Rhode Island, pour un montant de 21 millions de dollars. L’accord comprenait également la fourniture de médicaments génériques – des doses de Narcan et de buprénorphine naloxone, un opioïde en comprimés connu sous le nom de marque Suboxone – pour traiter la dépendance aux opioïdes et aider à la guérison, pour une valeur totale de 78,5 millions de dollars.

    Teva a également fait l’objet de procédures judiciaires en Louisiane, en Californie, au Texas et à New York, qu’elle a choisi de traiter séparément. Ces poursuites font suite aux accusations selon lesquelles Teva et d’autres fabricants de médicaments comme Johnson & Johnson, Endo International et Allergan d’AbbVie auraient employé des techniques de marketing trompeuses minimisant les risques de dépendance aux opioïdes.

    L’État de Louisiane a affirmé que Teva et d’autres sociétés pharmaceutiques « se sont livrées à un marketing frauduleux en ce qui concerne les risques et avantages des opioïdes sur ordonnance, ce qui a contribué à alimenter la crise des opioïdes en Louisiane ». Teva a conclu un règlement de 15 millions de dollars avec cet État en septembre.

    Fin décembre, dans l’un des rares verdicts rendus parmi les milliers de poursuites judiciaires enregistrées à l’échelle nationale en matière d’analgésiques, un jury de la banlieue de New York a statué que Teva Pharmaceuticals avait activement contribué à la crise des opioïdes. Le jury avait conclu que la société pharmaceutique avait joué un rôle dans ce que l’on appelle légalement une « nuisance publique », avec des conséquences mortelles. Teva avait déclaré à l’époque qu’elle « n’était pas du tout d’accord » avec le verdict et qu’elle prévoyait de faire appel.

    Le procès de New York de 2019 contre Teva, société réputée pour ses médicaments génériques, s’était concentré sur Actiq et Fentora, deux médicaments de marque à base de fentanyl approuvés pour des patients atteints de cancer. Teva les aurait recommandés à plusieurs reprises, plus largement, et pour d’autres types de douleurs, dans une « stratégie de marketing trompeuse et dangereuse », a indiqué la plainte.

    Teva s’est déclarée intéressée par la négociation d’un accord global, comme l’ont fait d’autres sociétés pharmaceutiques impliquées.


    La société a déclaré mercredi que les règlements ne constituaient « pas un aveu de responsabilité ou une preuve d’actes répréhensibles, et qu’elle continuerait à se défendre devant les tribunaux dans les États où nous n’avons pas conclu d’accord ».

    Plusieurs sociétés pharmaceutiques et distributeurs font face à des milliers d’accusations de la part des autorités étatiques et locales, qui les tiennent pour responsables de la crise de dépendance et surdose aux opioïdes qui a frappé les États-Unis. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la crise sanitaire aurait coûté la vie à près de 500 000 Américains depuis 1999.

    À travers tout le pays, autorités locales, États, tribus amérindiennes, syndicats, districts scolaires et autres groupes d’intérêts poursuivent l’industrie pharmaceutique sur la question des analgésiques.

    Le mois dernier, Johnson & Johnson et trois grands distributeurs (AmerisourceBergen, Cardinal Health et McKesson) ont conclu un accord global d’une valeur de 26 milliards de dollars en règlement des procès ouverts les impliquant dans la crise des opioïdes.


    Teva faisait initialement partie de ce collectif qui, en 2019, avait proposé un règlement de l’ordre de 48 milliards de dollars, composé pour Teva de 250 millions de dollars en espèces et 23 milliards de dollars en fourniture de médicaments.

    L’accord global de 26 milliards de dollars a finalement été conclu sans Teva, qui a traité les poursuites au fil de l’eau, incapable de proposer davantage de liquidités, du fait d’une dette de plus de 20 milliards de dollars, comme l’avait expliqué le PDG de Teva, Kåre Schultz, en juillet dernier.

    À la mi-décembre, un juge fédéral avait rejeté l’accord de grande envergure du fabricant d’OxyContin, Purdue Pharma, visant à régler des milliers de poursuites en matière d’opioïdes.

    #téva #pharma #fraude #santé #big_pharma #médicaments #opioides #OxyContin #analgésiques #industrie_pharmaceutique #sackler #corruption #covid-19 #santé_publique #médecine #big-pharma #opioïdes #opiacés #Purdue_Pharma #Johnson&Johnson #Endo_International #Allergan #AbbVie #AmerisourceBergen #Cardinal_Health #McKesson #marketing

  • 100 000 morts en un an : les Etats-Unis dépassés par la crise des opioïdes Hélène Vissière (Washington) 05/12/2021
    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/100-000-morts-en-un-an-les-etats-unis-depasses-par-la-crise-des-opioides_21

    En ce mardi matin, ils sont une petite poignée devant le camping-car de Family and Medical Counseling Service, Inc., ou FMCS, stationné dans un quartier noir de Washington. Cette ONG échange les seringues usagées et fournit diverses aides aux toxicomanes. « Avant, quand on arrivait, il y avait foule, c’était de longues files d’attente, explique Tyrone Pinkney, l’un des responsables. Mais aujourd’hui tellement de gens sont morts... » A Washington, comme ailleurs aux Etats-Unis, c’est une véritable hécatombe. 

    Plus de 100 000 Américains ont succombé à une overdose entre avril 2020 et avril 2021, soit plus que le total combiné des décès causés par les accidents de la route et par les armes à feu. Les chiffres sont vertigineux : les morts par overdose ont crû de près de 30 % par rapport à l’année précédente, et plus que doublées depuis 2015. Deux tiers d’entre elles sont dues aux opioïdes de synthèse, principalement le fentanyl. 


    Un agent de l’agence américaine de lutte contre la drogue (DEA) examine des médicaments confisqués contenant du fentanyl, le 8 octobre 2019 dans un laboratoire de New York - afp.com/Don Emmert

    Cet analgésique 100 fois plus puissant que la morphine et beaucoup moins cher, fabriqué par des trafiquants et vendu via les réseaux sociaux ou dans la rue, est souvent mélangé subrepticement à la cocaïne, à l’héroïne ou à de faux comprimés d’OxyContin, de Percocet, d’hydrocodone ou de Xanax, médicaments normalement vendus sur ordonnance. 

    Selon la DEA, l’agence fédérale de lutte contre la drogue, 42 % des pilules testées en contenaient au moins 2 milligrammes, une dose potentiellement mortelle. Et le consommateur, lorsqu’il les achète, croit souvent qu’il s’agit de vrais médicaments et ne sait donc pas ce qu’il ingère. En 2016, le chanteur Prince est mort d’une overdose accidentelle. Selon le procureur, il pensait prendre un cachet de Vicodin pour soulager des douleurs à la hanche. Il avalait en fait du fentanyl. 

    La crise des opioïdes n’est pas nouvelle. A la fin des années 1990, les compagnies pharmaceutiques ont vanté, à coup d’énormes campagnes marketing, les mérites de l’OxyContin pour le mal de dos, l’arthrite, la fibromyalgie (affection chronique, caractérisée par des douleurs diffuses persistantes) et toutes les autres douleurs chroniques. Cette pilule miracle s’est révélée très addictive et moins efficace qu’annoncé. Et des milliers de mères de famille, d’adolescents et de retraités, à qui leur médecin avait prescrit de l’OxyContin pour une sciatique, une rage de dents ou une fracture, se sont retrouvés accros sans le savoir. 


    Lorsque les autorités américaines ont commencé enfin à réglementer l’accès à ces médicaments, l’effet a été catastrophique. Les consommateurs se sont rabattus sur les comprimés au marché noir, souvent contrefaits, avant de se tourner vers l’héroïne et les opioïdes synthétiques à partir de 2013. Comme Colton. « Je n’avais jamais pris de drogue de ma vie », raconte ce grand Noir qui travaille pour FMCS. A la suite d’une blessure, on lui prescrit du Percocet et d’autres antidouleur. « Je suis devenu peu à peu totalement dépendant, et je suis passé à l’héroïne. » Aujourd’hui, il s’en est sorti, mais sa femme, elle aussi accro à la suite d’un accident de voiture, est morte d’une overdose l’an dernier. 

    « Il faut arrêter de prescrire frénétiquement des opioïdes par ordonnance »
    Ces analgésiques de synthèse ont une autre conséquence dramatique. Ils causent des ravages même chez ceux qui n’utilisent pas d’opioïdes. En février, Mia Gugino, une étudiante de Las Vegas de 17 ans, a pris un soir une pilule d’ectasy mêlée à son insu à du fentanyl. A midi, quand son père est entré dans sa chambre, elle était mourante. « Un seul comprimé peut tuer », a résumé le responsable de la police locale. On en trouve même dans la marijuana. Depuis juillet dans le Connecticut, 39 individus ont fait une overdose après avoir fumé de l’herbe. 

    L’épidémie faisait déjà rage avant la pandémie, mais l’isolement, la dépression, l’accès limité aux traitements et surtout au naloxone, un antidote à l’overdose, ont exacerbé la crise. Assis dans le camping-car de l’association FMCS, Terrence Cooper, un autre coordinateur, est très pessimiste. « C’est tragique. Le Covid a dopé le marché de la drogue. Les gens veulent du fentanyl, car c’est mieux pour se défoncer. On a perdu plein de patients qui ont rechuté parce que leur organisme n’était plus prêt à tolérer une substance aussi forte. On mène une lutte très dure et sans fin. » 

    Le fentanyl est très facile à produire, et rapporte à ses producteurs bien plus que la cocaïne ou l’héroïne. Il vient principalement de Chine - sous forme de composant ou de produit fini - et est acheminé au Mexique, où les cartels le récupèrent et le transportent clandestinement aux Etats-Unis, le plus souvent en petites quantités, ce qui complique son interception. 

    L’épidémie d’overdoses est « une crise nationale » qui « ne cesse de s’aggraver », affirme Anne Milgram, patronne de la DEA. L’administration Biden a prévu 2 milliards de dollars dans son plan de relance économique et 11 milliards supplémentaires dans le projet de budget pour améliorer prévention et traitement, et distribuer davantage de naloxone et de tests rapides pour aider les toxicomanes à détecter des traces de fentanyl dans leurs produits. 

    Des mesures « insuffisantes » pour le Dr Andrew Kolodny, de la Brandeis University, l’un des premiers à avoir mis en garde contre les dangers de ces analgésiques. « Il faut arrêter de prescrire frénétiquement des opioïdes par ordonnance. Il faut ensuite faciliter l’accès aux traitements comme la buprénorphine, qui soigne la dépendance, mais celle-ci reste chère et compliquée à obtenir. » Il milite pour la mise en place d’un grand programme sur le modèle de celui créé pour le sida, où les médicaments étaient accessibles à tous. « C’est une urgence de santé publique », conclut-il. D’autant que de nouvelles drogues - le protonitazène et l’isotonitazène - encore plus puissantes que le fentanyl et qui exigent une plus forte dose d’antidote en cas d’overdose sont en train d’arriver sur le marché. 

    #Johnson_&_Johnson #opioides #sackler #big_pharma #purdue_pharma #oxycontin #addiction #opioïdes #santé #pharma #purdue #opiacés #etats-unis #drogue #opioids #mundipharma #santé_publique

  • Etats-Unis : l’accord à 26 milliards sur les opiacés prêt pour la prochaine étape
    https://www.letemps.ch/economie/etatsunis-laccord-26-milliards-opiaces-pret-prochaine-etape

    Trois distributeurs américains de médicaments et le laboratoire Johnson & Johnson ont reçu le soutien d’assez d’Etats pour passer à la prochaine étape de l’accord lié aux opiacés. Ils ont accepté en juillet de payer 26 milliards de dollars pour solder des litiges.

    Ce règlement à l’amiable doit leur permettre d’éviter des milliers d’actions en justice intentées par des Etats américains et collectivités locales qui accusent les entreprises d’avoir un rôle dans cette crise sanitaire, à l’origine de plus de 500 000 morts par overdose en 20 ans aux Etats-Unis.

    #AmerisourceBergen, #Cardinal_Health et #McKesson ont, dans un communiqué commun, expliqué avoir reçu le feu vert de 42 des 49 Etats qui les poursuivaient, ainsi que du district de Washington, la capitale, et de cinq territoires américains.

    Le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson a indiqué dans un message séparé être aussi prêt à passer à la prochaine étape prévue dans l’accord. « Ce règlement ne constitue pas une admission de responsabilité ou d’acte répréhensible et l’entreprise continuera de se défendre contre tout litige que l’accord final ne résout pas », a souligné la société.

    Aux collectivités locales de se prononcer
    Johnson & Johnson, qui fait partie des laboratoires accusés d’avoir alimenté la crise en produisant des opiacés, a confirmé en juin avoir arrêté la production et la vente de ces substances. Les distributeurs de médicaments sont, eux, accusés d’avoir fermé les yeux sur des commandes d’opiacés suspectes.

    Selon les termes négociés, le versement des 26 milliards de dollars (23,7 milliards de francs) - qui doivent permettre aux Etats et collectivités de financer les traitements rendus nécessaires par ce fléau - dépend du nombre d’Etats américains qui valideront l’accord.

    Chaque Etat participant a maintenant jusqu’au 2 janvier pour demander à leurs collectivités locales respectives si elles veulent aussi être parties prenantes à l’accord. Si les conditions sont remplies, l’accord entrera en vigueur « 60 jours après que les distributeurs auront déterminé qu’il y a une participation suffisante pour procéder », détaille le communiqué.

    S’il se confirme, l’accord sera le plus important de l’épique et complexe bataille juridique engagée par les Etats et collectivités américaines pour faire payer les entreprises.

    #Johnson_&_Johnson #opioides #sackler #big_pharma #purdue_pharma #oxycontin #procès #addiction #opioïdes #santé #pharma #purdue #opiacés #etats-unis #drogue #opioids #mundipharma #marketing #McKinsey

  • Book Review: ‘Empire of Pain,’ by Patrick Radden Keefe - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/04/09/books/review-empire-of-pain-sackler-dynasty-patrick-radden-keefe.html

    Taking cover under complexity has been a common strategy for tobacco companies and big oil — entities that have profited from disaster while seeking ways to avoid any moral opprobrium and expensive accountability. But even the most elaborately complex phenomena can still have relatively simple beginnings, a kernel that requires only the ingenuity and ruthlessness of people who are ready to exploit it.

    Since 1996, 450,000 Americans have died from opioid overdoses, making them the leading cause of accidental death in the country. In “Empire of Pain,” Patrick Radden Keefe tells the story of how the Sackler family became a decisive force in a national tragedy. “Prior to the introduction of OxyContin, America did not have an opioid crisis,” Keefe writes. “After the introduction of OxyContin, it did.”

    Throughout his career, Arthur maintained that he wasn’t trying to influence physicians, just to “educate” them. Among his biggest triumphs as an adman was the marketing of the tranquilizers Librium and Valium, beginning in the 1960s. The drugs’ manufacturer, Roche, insisted they weren’t addictive — even though the company had evidence showing they were. Once the patents on the tranquilizers were about to expire, Roche finally relented to government controls. By then, 20 million Americans were taking Valium, and Arthur was rich. “The original House of Sackler was built on Valium,” Keefe writes, but Arthur would spend the rest of his life trying to downplay the connection.
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    Keefe nimbly guides us through the thicket of family intrigues and betrayals — how Arthur purchased the patent medicine company Purdue Frederick for his brothers, Mortimer and Raymond, in 1952, before he grew apart from them; and how Arthur’s heirs sold their shares to the surviving brothers after he died in 1987. Arthur’s descendants have tried to distance themselves from their cousins, protesting that they weren’t involved in the creation of OxyContin, but Keefe suggests they can’t get away from Purdue’s origin story. Arthur had created a fortune and a template.

    Even when detailing the most sordid episodes, Keefe’s narrative voice is calm and admirably restrained, allowing his prodigious reporting to speak for itself. His portrait of the family is all the more damning for its stark lucidity.

    #Patrick_Radden_Keefe #Addiction_sur_ordonnance #Opioides #Oxycontin

    • « Pourquoi Macron fait-il appel à McKinsey pour sa stratégie vaccinale alors que ce cabinet est co-responsable d’un immense #scandale_sanitaire outre-Atlantique, celui des #opioïdes ? »

      Marie, ex-consultante pour KPMG, ne comprend pas non plus pourquoi Macron a fait appel au cabinet #McKinsey pour mener sa campagne vaccinale : “En plus, il se vante d’avoir des élus de tout bord, des mecs qui ont travaillé dans des entreprises… et pourquoi on va payer des boîtes privées, en plus un cabinet qui n’est même pas français, et qui sort d’un énorme scandale ?”

      Cet énorme scandale, c’est celui qu’a traversé McKinsey aux Etats-Unis. Cette année, le cabinet va devoir verser une amende de 573 millions de dollars en raison du rôle joué au début des années 2010 auprès du laboratoire Purdue Pharma. Cette entreprise a commercialisé l’#Oxycontin, opiacé terriblement addictif qui aurait tué jusqu’à 200 000 américains par overdose. Cet antidouleur a été sur-prescrit sur tout le territoire grâce à une vaste stratégie d’influence menée par le laboratoire, avec les bons conseils de Mc Kinsey. Les consultants avaient même anticipé le nombre potentiel d’overdoses afin de conseiller à Purdue Pharma une stratégie d’indemnisation susceptible de maintenir les ventes et la réputation du produit.

      Le cabinet qui conseille le gouvernement sur sa stratégie vaccinale est donc le même que celui qui a conseillé l’un des principaux acteurs du plus grand et mortel scandale sanitaire des trente dernières années. Mais ce “petit” détail n’a certainement pas dû décourager Emmanuel Macron de continuer à travailler avec un partenaire de longue date. L’idylle entre le président de la République et le cabinet multinational remonte à la commission Attali. Ce groupe de travail, lancé par Nicolas Sarkozy en 2007 et dont notre énarque de président fut membre, avait reçu gratuitement l’aide de consultants de McKinsey, nous révèle le Monde. Depuis, ils fonctionnent main dans la main. La petite élite technocratique qui entoure le président depuis son arrivée au ministère de l’économie sous Hollande ne l’a pas quitté, avec des exs de Mckinsey et une façon de faire de la politique “en mode consultant”. En 2016, l’un des bras droits de Macron, Thomas Cazenave, coécrit avec un consultant de McKinsey un livre manifeste au titre évocateur « L’État en mode start up”. Au moment du lancement de la campagne de Macron, une dizaine de consultants de McKinsey planche officiellement pour lui, toujours selon le Monde..

      Ce soutien dévoué au futur président est récompensé. Une fois élu, Macron engage une réforme de l’Etat qui passe relativement inaperçue : une direction interministérielle à la transformation publique (DITP) est créée, avec Thomas Cazenave à sa tête. Alors que jusqu’à présent chaque ministère passait ses propres appels d’offres, notamment en termes de consultants et prestataires, la commande publique est désormais centralisée entre les mains de ce grand ami de McKinsey. Depuis, les grands cabinets de consultants profitent bien du système : la campagne vaccinale bien sûr (2 millions d’euros par mois pour McKinsey), mais aussi l’élaboration d’un plan d’économie dans la fonction publique (18 millions d’euros la facture).

      Ce n’est pas tout. Le magazine Reporterre a révélé que le Boston Consulting Group s’était vu confier par le gouvernement l’évaluation des impacts de la loi Climat, ce projet au rabais émanant de la convention citoyenne. Et, surprise, son analyse est très favorable, car ce serait un projet ambitieux sur le plan écologique. Peut-on croire un cabinet qui a classé l’entreprise de pesticides BASF comme “l’une des 50 entreprises les plus innovantes du monde” ou qui conseille les constructeurs automobiles ? Reporterre en doute, et nous aussi.

    • 573,9 millions de dollars en réparation d’une décennie de conseils aux fabricants d’opioïdes, ces antalgiques accusés d’avoir rendu des centaines de milliers d’Américains dépendants : voilà la substance de l’accord à l’amiable annoncé le 4 février entre McKinsey et 49 procureurs généraux d’États fédéraux des États-Unis, le District de Columbia et cinq autres territoires des États-Unis.

      En annonçant cet accord le 4 février, Maura Healey, la procureure générale du Massachusetts, tête de pont dans ce dossier, a pointé « la faute de McKinsey » responsable selon elle d’un travail extensif auprès des producteurs d’opiacés dont il a tiré profit.

      En France, un « non-sujet total »

      Du moins, en France, McKinsey, quand bien même le cabinet est au pilori dans l’opinion publique pour son rôle auprès du ministère de la Santé dans la campagne de vaccination covid, ne semble pas inquiété dans les réseaux qui pourraient être clients.

      Ce dont témoigne Fabrice Le Saché, le porte-parole du Medef, vice-président du mouvement patronal : « McKinsey ? Je n’en ai jamais entendu débattre dans aucune fédération professionnelle. C’est un non-sujet total. »

      https://www.consultor.fr/devenir-consultant/actualite-du-conseil/6375-mckinsey-et-les-opioides-l-effet-lance-armstrong.html

    • utiliser McKinsey présente plusieurs avantages :

      – McKinsey recommande ce qui convient au client (ici : Macron)
      – McKinsey garantit l’opacité du processus de réforme
      – les cibles - les fonctionnaires, les usagers - sont écartés des discussions et mis devant le fait accompli (stratégie du choc)

      Par ailleurs, remplir les poches des amis avec de l’argent public permet de saigner un peu plus la cible.

      https://seenthis.net/messages/901052

  • The Sacklers Destroyed My Family
    https://www.elle.com/culture/career-politics/a34590930/sacklers-opioid-addiction-essay

    On November 24, 2020, an alert popped up on my phone. Purdue Pharmaceuticals had pled guilty to federal criminal charges with an $8.3 billion settlement. The dollar amount seemed significant, but when I dug a bit further, I learned the Sackler family, who owns Purdue and has been accused of causing the opioid abuse crisis by marketing OxyContin as safe and nonaddictive, has so far escaped with no criminal charges. The vast majority of their wealth—as one of the world’s richest families—remains intact.

    I have followed the Sacklers for years, tracking the lawsuits against them as mine suffered from opiate abuse. In 2017, I read “The Family That Built an Empire of Pain,” Patrick Radden Keefe’s longform piece in The New Yorker on the role the Sackler family played in addicting millions of Americans. Keefe lays out an unprecedented wave of criminal activity Purdue began in the early 1990s, using kickbacks and fraudulent marketing to saturate the market with its products.

    Around the time Purdue’s marketing campaign was picking up steam, a doctor wrote my mother a prescription for opioids. She has been addicted, on and off, ever since. I cannot prove it, but I strongly suspect the doctor who wrote my mother that prescription—and the subsequent doctors who renewed it or wrote new ones—were influenced by Purdue’s corrupt, illegal marketing. Purdue’s reach extended past the doctor’s office and the prescribing pad: To this day, my mother believes the lies Purdue told her doctors and repeats them as articles of faith.

    Not one member of the Sackler family has ever faced criminal charges for their role in opiate epidemic. Under the latest settlement with the Department of Justice, the Sacklers were not even required to testify under oath, protecting the full extent of their crimes from public view. The Trump Administration’s Justice Department charged no one—not one single person—with the felonies Purdue Pharmaceuticals committed. Corporations are not only people in this country, but when convenient, apparently employ no one who can be held responsible for their misdeeds. The Sackler family name will remain on the Met and on the halls of the Ivy League institutions I clawed my way into all those years ago, while families like mine will have no justice.

    #Opioides #Sackler #OxyContin #Addiction_Ordonnance #Patrick_Radden_Keefe

  • La pilule de l’obéissance

    À l’origine, le remède ne devait concerner que les #enfants « hyperactifs », une pathologie relativement rare. Mais depuis quelques années, aux États-Unis, tout bambin quelque peu turbulent peut se voir prescrire de la #Ritaline, un #médicament voisin des amphétamines qui fait également fureur sur les campus. Après avoir inondé le marché américain, la pilule miracle se répand en France.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/BRYGO/61087
    #santé #enfance #hyperactivité

    • Déjà en cours il y a une dizaine d’années. Je ne connais pas l’ampleur du problème, mais j’avais rencontré une mère abandonnée — je trouve ça mieux que « mère célibataire » qui peut laisser penser que sa situation était un choix — épuisée qui n’arrivait pas à contrôler l’énergie de son petit dernier (essentiellement par manque d’aide et de ressources). Elle était soulagée par la mise sous Ritaline de son gosse. C’était effrayant de voir ce gosse domestiqué façon robot, mais je ne pouvais absolument rien dire à ce sujet à cette mère qui était déjà dans une grande souffrance.


    • #shit_storm en vue

      Le petit dernier, l’Adhansia, sort des usines de Purdue Pharma , le laboratoire de l’OxyContin, considéré comme le principal responsable de la crise des #opioïdes (400 000 morts en vingt ans) (11). « Je viens d’un programme où on essaie de baisser les doses, de favoriser les thérapies comportementales, d’arrêter les médicaments, poursuit Mme O’Rourke. Mon but, c’est qu’ils soient capables d’être des enfants, de jouer et d’apprendre. Je n’ai jamais vu d’effets négatifs à long terme, excepté une croissance perturbée. Le plus grand problème, ce serait l’addiction, surtout pour les adolescents, ainsi que la revente. » Pour elle, ça ne fait pas de doute, « la télévision est responsable en grande partie du TDAH. C’est la première baby-sitter du pays ». Dans sa salle d’attente, encore un garçon. Jayden, 12 ans, « ne tient pas en place ». Diagnostiqué hyperactif, il est sous psychotropes depuis quatre ans. Sa mère, Tasha, commente : « Quand il ne les prend pas, il est insupportable. » L’école ? « Je pense que c’est ennuyeux, répond Jayden. Lire est ennuyeux. Rester assis toute la journée est ennuyeux. Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »

    • On ne parle que des garçons par rapport à ces produits. C’est peut être une solution que les femmes (mères, personnel enseignant et personnel medical qui sont largment fémininisés) ont trouvé pour rendre un peu moins insupportables les comportements masculins.

      « Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »
      Il me semble qu’il y a une histoire de domination masculine dans tout ceci, les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol.

    • Quand même @monolecte il y a aussi des femmes qui foutent le père dehors, souvent avec raison d’ailleurs ! et même si il est très content de retrouver sa « liberté » et qu’il ne paye pas la pension, j’estime que cela n’en fait pas une « femme abandonnée » pis on dirait qu’on parle d’un chien. Non plus qu’une femme célibataire, d’ailleurs. #famille_monoparentale c’est pas mal parce que oui, même seule avec un enfant c’est une famille, n’en déplaise à certaines pourritures de psys. Alors disons #mère_monoparentale ?

    • @mad_meg

      les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol

      Affreusement d’accord avec toi :/

      https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/cbl.30337

      It is estimated that half to three‐quarters of all women with attention‐deficit/hyperactivity disorder (ADHD) are undiagnosed. Boys are more likely to be given an ADHD diagnosis (13.2%) than girls (5.6%). Girls are also diagnosed, on average, 5 years later than boys (boys at age 7, girls at age 12) (Foley, 2018).

  • Inside Purdue Pharma’s Media Playbook : How It Planted the Opioid “Anti-Story” — ProPublica
    https://www.propublica.org/article/inside-purdue-pharma-media-playbook-how-it-planted-the-opioid-anti-story

    In 2004, Purdue Pharma was facing a threat to sales of its blockbuster opioid painkiller OxyContin, which were approaching $2 billion a year. With abuse of the drug on the rise, prosecutors were bringing criminal charges against some doctors for prescribing massive amounts of OxyContin.

    That October, an essay ran across the top of The New York Times’ health section under the headline “Doctors Behind Bars: Treating Pain is Now Risky Business.” Its author, Sally Satel, a psychiatrist, argued that law enforcement was overzealous, and that some patients needed large doses of opioids to relieve pain. She described an unnamed colleague who had run a pain service at a university medical center and had a patient who could only get out of bed by taking “staggering” levels of oxycodone, the active ingredient in OxyContin. She also cited a study published in a medical journal showing that OxyContin is rarely the only drug found in autopsies of oxycodone-related deaths.

    “When you scratch the surface of someone who is addicted to painkillers, you usually find a seasoned drug abuser with a previous habit involving pills, alcohol, heroin or cocaine,” Satel wrote. “Contrary to media portrayals, the typical OxyContin addict does not start out as a pain patient who fell unwittingly into a drug habit.”

    The Times identified Satel as “a resident scholar at the American Enterprise Institute and an unpaid advisory board member for the Substance Abuse and Mental Health Services Administration.” But readers weren’t told about her involvement, and the American Enterprise Institute’s, with Purdue.

    Among the connections revealed by emails and documents obtained by ProPublica: Purdue donated $50,000 annually to the institute, which is commonly known as AEI, from 2003 through this year, plus contributions for special events, for a total of more than $800,000. The unnamed doctor in Satel’s article was an employee of Purdue, according to an unpublished draft of the story. The study Satel cited was funded by Purdue and written by Purdue employees and consultants. And, a month before the piece was published, Satel sent a draft to Burt Rosen, Purdue’s Washington lobbyist and vice president of federal policy and legislative affairs, asking him if it “seems imbalanced.”

    Purdue’s tactics are reminiscent of the oil and gas industry, which has been accused of promoting misleading science that downplays its impact on climate change, and of big tobacco, which sought to undermine evidence that nicotine is addictive and secondhand smoke is dangerous.

    Media spinning was just one prong of Purdue’s strategy to fend off limits on opioid prescribing. It contested hundreds of lawsuits, winning dismissals or settling the cases with a provision that documents remain secret. The company paid leading doctors in the pain field to assure patients that OxyContin was safe. It also funded groups, like the American Pain Foundation, that described themselves as advocates for pain patients. Several of those groups minimized the risk of addiction and fought against efforts to curb opioid use for chronic pain patients.

    She has become an influential voice on opioids, addiction and pain treatment. Her writings have been published in The Wall Street Journal, USA Today, The Atlantic, Slate, Health Affairs, Forbes, Politico and elsewhere. She frequently appears on panels, television shows and in newspaper articles as an expert on the opioid crisis and pain prescribing guidelines. “We’ve entered a new era of opiophobia,” she recently told The Washington Post.

    Satel has been a resident scholar at the American Enterprise Institute since 2000. Among the notable figures who have spent time at AEI are the late Supreme Court Justice Antonin Scalia and former Trump national security adviser John Bolton. Current fellow Scott Gottlieb returned to AEI this year after serving as commissioner of the U.S. Food and Drug Administration, which approves and regulates prescription drugs like OxyContin.

    Purdue said its annual payments of $50,000 to AEI were part of the institute’s corporate program. That program offers corporations the opportunity to “gain access to the leading scholars in the most important policy areas for executive briefings and knowledge sharing,” according to the institute’s website.

    Purdue’s counterattack against an ambitious investigative series about OxyContin abuse may have contributed to that drop. An October 2003 series in the Orlando Sentinel, “OxyContin Under Fire,” found that Purdue’s aggressive marketing combined with weak regulation had contributed to “a wave of death and destruction.”

    The series, however, was marred by several errors that were detailed in a front-page correction nearly four months later. The reporter resigned, and two editors on the series were reassigned. While acknowledging the mistakes, the newspaper did not retract the series, and its review upheld the conclusion that oxycodone was involved in a large number of the overdoses in Florida.

    Dezenhall Resources, in an email, took credit for forcing the newspaper to issue the corrections. “Dezenhall’s efforts resulted in a complete front-page retraction of the erroneous 5-day, 19-part, front-page Orlando Sentinel series,” Hershow wrote in a 2006 email summarizing Dezenhall’s work for Purdue under the subject line “Success in Fighting Negative Coverage.”

    Purdue officials and the company’s public relations agencies came up with a 13-point plan to generate media coverage of the errors. It included getting a doctor to talk about how the series “frightened and mislead (sic) the people of Florida” and having a pain patient write a newspaper opinion column on the subject. The Sentinel series, one Purdue official wrote to other company executives and Dezenhall’s Hershow, was an opportunity to let the country know about “all of the sensational reporting on OxyContin abuse over the past 4 years. The conclusion: this is the most overblown health story in the last decade!”

    In the six years after Purdue challenged the Sentinel’s findings, the death rate from prescription drugs increased 84.2% in Florida. The biggest rise, 264.6%, came from deaths involving oxycodone. The state became a hotbed for inappropriate opioid prescribing as unscrupulous pain clinics attracted out of state drug seekers. The route traveled by many from small towns in Appalachia to the Florida clinics was nicknamed the “Oxycontin Express.”

    In 2017, 14 years after the Sentinel series was published, the Columbia Journalism Review described it as “right too soon” and said it “eerily prefigured today’s opioid epidemic.”

    Purdue also added Stu Loeser to its stable. The head of an eponymous media strategy company, Loeser was press secretary for Michael Bloomberg when he was mayor of New York City, and he is now a spokesman for Bloomberg’s possible presidential bid.

    Soon after Loeser began representing Purdue, Satel wrote in a 2018 piece for Politico headlined, “The Myth of What’s Driving the Opioid Crisis,” about “a false narrative” that the opioid epidemic “is driven by patients becoming addicted to doctor-prescribed opioids.”

    Loeser told Purdue executives in an email that “we are going to work with AEI to ‘promote’ this so it comes across as what it is: their thoughtful response to other writing.” His team was working to target the Satel story “to land in social media feeds of people who have searched for opioid issues and potentially even people who have read specific stories online,” he added.

    Loeser said in an interview that he didn’t end up working with AEI to promote the story. He said Purdue is no longer a client.

    Une belle bande d’ordures accoquinée avec une brochette de journaux peu regardants (quoique parmi les meilleurs du monde, ce qui est encore plus inquiétant).

    #Opioides #Sackler #Purdue_Pharma #Médias #Fake_news #Conflits_intérêt #Complicités #New_York_Times #Public_relation

  • AP key findings about Mundipharma’s OxyContin sales in China
    https://apnews.com/a9b1324e5b7d4679b5a6d465cea2dd2e

    This Sept. 24, 2019 photo shows 40-milligram Oxycontin tablets sold in China in Hunan province. China fought two wars in the 19th century to beat back British ships dumping opium that fueled widespread addiction. Today, the cultural aversion to taking drugs, in Chinese, literally “sucking poison”, is so strong addicts can be forced into police-run treatment centers. (AP Photo/Mark Schiefelbein)

    SHANGHAI (AP) — The Sackler family’s opioid empire in the United States is collapsing under an avalanche of litigation over marketing tactics. Their Purdue Pharma company is in bankruptcy, but the family continues to profit from sales of their signature painkiller OxyContin abroad. Sales reps at their international affiliate, Mundipharma, have been chasing profits in China using many of the same tactics that Purdue was forced to abandon in the U.S. as the death toll from opioid overdoses soared, interviews and documents obtained by the AP show.

    Here are key findings from those documents and interviews.

    — Purdue and its executives paid a historic $635 million in legal penalties in the U.S. for misrepresenting OxyContin as less addictive than other opioids and pledged never to do it again. That didn’t stop Mundipharma sales reps from making the same pitch to doctors in China more than a decade later.

    — Mundipharma managers required sales reps to copy patients’ private medical records without consent to better target sales, in apparent violation of Chinese law.

    — Faced with fast-rising sales targets, OxyContin reps in China sometimes disguised themselves as medical staff, putting on white coats and lying about their identity to visit patients in the hospital.
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    — Mundipharma aggressively pushed high doses of opioids in China, despite warnings that higher doses carry higher risks of overdose and death. The year after the U.S. Centers for Disease Control said that taking even 33mg of OxyContin a day at least doubles the risk of overdose, Mundipharma ran a campaign to promote sales of 40mg pills in China.

    #Sackler #OxyContin #Marché_mondial #Purdue_Pharma #Mundipharma

  • Le « naming », un piège à Louvre Texte Nicolas Cori Photo Denis Allard/Réa Édité par François Meurisse - 6 Aout 2019 - Les Jours

    Le musée s’est embourbé dans un contrat de mécénat avec la généreuse famille Sackler, accusée d’avoir créé la crise des opioïdes aux États-Unis.

    Prenez La Joconde, son sourire mystérieux et ses millions de visiteurs annuels. Imaginez maintenant des hordes d’activistes dénoncer régulièrement devant elle la complicité du Louvre face à l’une des plus grandes crises sanitaires qu’ait connues les États-Unis.
    Un tel scénario a dû donner des cauchemars à la direction du musée parisien. Le 1er juillet dernier, une poignée de militants emmenés par la photographe américaine Nan Goldin, les pieds dans l’eau et des banderoles à la main, ont manifesté devant la pyramide du Louvre afin de demander à ce que l’aile Sackler des antiquités orientales soit débaptisée. La famille Sackler est propriétaire du groupe pharmaceutique Purdue Pharma, accusé d’avoir incité les médecins américains à prescrire à tout va depuis le début des années 2000 de l’Oxycontin, un analgésique contenant de l’opium, créant ainsi la plus grosse épidémie d’overdoses médicamenteuses jamais vue outre-Atlantique. Eh bien, quelques semaines après ce modeste happening, la direction du Louvre a décidé d’effacer en toute discrétion le nom de Sackler de ses salles, tout en adoptant une communication très alambiquée.

    Interrogé le 16 juillet sur RTL, Jean-Luc Martinez, le président du Louvre, a ainsi affirmé qu’il n’avait pas à « débaptiser ces salles » car elles ne portaient « plus le nom de Sackler » depuis des années, étant donné que le « nommage » des salles – datant des années 1990 – ne durait que « vingt ans ». Une information que, visiblement, seul l’intéressé possédait : pourquoi une manifestation quinze jours auparavant sinon ? Cet épisode est révélateur de la gêne de la direction du Louvre, mais aussi des problèmes éthiques pesant sur l’une des contreparties (lire l’épisode 2, « Les riches jouent aux gros dons ») les plus contestables du mécénat : le « naming » ou « nommage » d’espaces pour remercier un donateur particulièrement généreux. Permettre qu’une entreprise ou une personne fortunée donne son nom à un bout de musée, c’est prendre le risque de voir la réputation de l’établissement mise à mal si le mécène ne s’avère pas sans reproches. Et qui est sans tache ? Le récit du mécénat Sackler au Louvre permet de s’en rendre compte..

    Overdoses
    En 2015, le nombre d’overdoses mortelles dues à des médicaments opioïdes a atteint le chiffre de 33 000 contre 4 000 en 1994, avant l’introduction de l’Oxycontin. Ce médicament était à l’origine destiné à soulager les malades du cancer mais la firme Purdue Pharma a développé une politique marketing très agressive, convaincant les médecins de prescrire ce médicament à tous les publics. . . . . . . .

    La suite, payante sur : https://lesjours.fr/obsessions/mecenes-mecenat/ep5-louvre-sackler

    #art #musée #mécénat #culture #peinture #musées #exposition #mémoire #merci #france #opioides #sackler #Oxycontin #big_pharma #drogues #opiacés #addiction #drogue #pharma #santé_publique #overdose #opioids #Louvre #naming

    • Le discours de Nan Goldin
      « Je suis ici aujourd’hui pour demander à ce que le Louvre retire le nom “Sackler”. Il y a douze salles dans le département des antiquités orientales qui ont le nom “Sackler”. Les Sackler possèdent un groupe pharmaceutique qui a déchaîné la plus grande crise de santé publique aux États-Unis. Les gens meurent à cause d’eux. (…) 1,7 million de personnes sont dépendantes. »

  • La famille Sackler, maîtres des #opioïdes et amis des arts
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/25/les-sackler-amis-des-arts-et-pharmaciens-mortiferes_5454532_3234.html

    Le déclic s’est produit lors des journées de charité du diocèse de Boston, pendant le Carême de 2016. Catholique et bon orateur, il vante l’action du diocèse en faveur des victimes de la drogue. Et évoque son frère. Une fois son discours achevé, une dizaine de personnes viennent partager leur expérience. A chaque fois, le même scénario : une blessure banale mais nécessitant un antidouleur, et une ordonnance d’#OxyContin. S’amorce alors l’engrenage de l’addiction avec, souvent, un basculement vers l’héroïne. Il s’agit bien d’une épidémie, provoquée par #Purdue et les Sackler.

    Pourquoi ferrailler avec une œuvre d’art ? Parce que c’est là une des failles du clan. Si le nom de Purdue est peu connu, celui de la famille Sackler est, depuis un demi-siècle, synonyme de mécénat artistique. Au Metro­politan Museum (Met) et au Musée Guggenheim de New York, à la National Portrait Gallery de Londres ou au #Louvre, à Paris, avec l’« aile ­Sackler des antiquités orientales », leur patronyme est omniprésent.

    Cela paie. En mars, le #Guggenheim a fait savoir qu’il n’accepterait plus de dons de la famille, ­ tandis que Mortimer #Sackler, ancien membre actif du conseil d’administration (CA) de Purdue et cousin de Richard, a dû se retirer du CA. A Londres, la #Tate Gallery a fait de même, et la National Portrait Gallery a décliné une promesse de don de 1 million de livres (1,15 million d’euros).

    L’histoire débute avec les trois frères Sackler, fils d’immigrants juifs de Galice et de Pologne nés à Brooklyn. Tous trois médecins psychiatres, ils se lancent dans la pharmacie, en rachetant une petite entreprise de Greenwich Village, qui vend des produits comme la Betadine ou fait le marketing du Valium. Ils conquièrent des patients et, surtout, des médecins prescripteurs (en 1997, le patriarche, Arthur Sackler, a été distingué à titre posthume pour ses talents publicitaires).

    Mais The New Yorker note qu’il s’agissait aussi de contrer l’arrivée de médicaments génériques, l’OxyContin devant tomber dans le domaine public en 2013. Et que l’effet paradoxal de l’affaire a été d’amplifier le basculement des drogués vers l’héroïne. « C’est un terrible paradoxe de l’histoire de l’OxyContin : la formule originelle a créé une génération accro aux pilules. Et sa reformulation (…) a créé une génération accro à l’#héroïne. »

    L’#Oklahoma, particulièrement touché, est parvenu fin mars à une transaction de 270 millions de dollars. Purdue préfère payer pour éviter un procès public et la publication de documents internes potentiellement désastreux. Des rumeurs de faillite courent, et certains Etats pourraient être tentés de conclure des transactions rapides plutôt que de ne rien obtenir.

  • Plusieurs musées refusent les dons de la famille Sackler, propriétaire d’un laboratoire d’opioïdes | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/174966/musees-refusent-dons-sackler-laboratoire-opioide?amp

    Après le National Portrait Gallery et le Tate à Londres, le musée Guggenheim de New York a lui aussi annoncé qu’il ne recevrait plus de dons de la part de la famille Sackler, révèle ABC News

    https://www.insidephilanthropy.com

    #PURDUE #mundiPHARMA #OxyContin #opioïde

  • « Antidouleurs : l’Amérique dévastée » : un scandale sanitaire hors du commun
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/02/21/antidouleurs-l-amerique-devastee-un-scandale-sanitaire-hors-du-commun_542610

    C’est une enquête menée à travers les Etats-Unis et qui fait froid dans le dos. Elle concerne des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Il y est question de douleurs physiques intolérables, de pilules prétendument magiques, d’accoutumance mortelle, de décès en masse et d’un scandale sanitaire hors du commun.

    Des victimes issues de tous les milieux sociaux, n’ayant pas le profil habituel des toxicomanes mais qui, pour faire passer des douleurs diverses (arthrose, sciatique, douleurs abdominales…), se sont accoutumées à des médicaments antidouleur qui se sont révélés particulièrement dangereux.
    Lire l’enquête : Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes

    L’addiction aux opioïdes a causé la mort de près de 300 000 personnes en vingt ans aux Etats-Unis, dont 72 000 pour la seule année 2017.

    Dans ce documentaire diffusé dans le cadre de l’émission « Envoyé spécial », plusieurs extraits font frémir : on y voit une mère de famille s’écroulant subitement au supermarché sous les yeux de son enfant. Ou un quadragénaire plongeant dans le coma au volant de son véhicule. Sans parler de la petite Emma, née quinze jours plus tôt dans une clinique du Tennessee et qui, sans ses huit doses de morphine par jour, succomberait de douleur. Le bébé souffre du syndrome d’abstinence néonatal, il est chimiquement accro aux antidouleur. La raison ? Sa mère prenait en masse des antalgiques dérivés de l’opium et a contaminé sa fille. D’autres images montrent des policiers munis d’un spray nasal spécial (Narcan) – antidote efficace aux opioïdes – sauvant des vies in extremis.
    L’OxyContin dans le viseur

    En première ligne sur la liste noire : l’OxyContin, médicament antidouleur à base d’opium – deux fois plus puissant que la morphine – fabriqué par l’influent laboratoire Purdue. Lancé en 1996 à grand renfort de publicité, l’OxyContin a rapidement envahi les pharmacies des particuliers. A l’époque, des médecins payés par Purdue assuraient, face caméra, que les opioïdes étaient non seulement très efficaces, mais surtout sans danger. Le succès commercial est gigantesque.
    Lire l’enquête : L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé

    Vingt ans plus tard, la plupart des anciens patients modèles choisis par Purdue pour incarner les vertus du médicament sont morts. Les auteurs du documentaire ont retrouvé, en Caroline du Nord, une survivante. En 1996, une sciatique la faisait souffrir. A force d’ingurgiter des doses de plus en plus importantes d’OxyContin, les douleurs s’estompent. Pour un temps, puisqu’il faut toujours augmenter les doses. Le cercle vicieux est sans fin.

    En 2007, trois cadres de Purdue plaident coupable devant la justice, qui inflige une amende de 600 millions de dollars au laboratoire

    Depuis plus de quinze ans, Purdue est dans le viseur des autorités. En décembre 2001, des sénateurs, inquiets des pratiques du laboratoire, avaient auditionné un responsable de l’entreprise. En 2007, trois cadres de Purdue ont plaidé coupable devant la justice, qui a infligé une amende de 600 millions de dollars au laboratoire. La fin du cauchemar ? Pas du tout. Le lobby pharmaceutique américain continue sa campagne en faveur des opioïdes.

    Face caméra, une ancienne visiteuse médicale de Purdue, recrutée en 2008, raconte l’efficacité de ses visites aux médecins de famille. « Vos patients ont des douleurs ? J’ai le médicament qu’il vous faut pour les soulager… » Ses primes, conséquentes, augmentaient selon les dosages prescrits par les médecins. Avec la multiplication des morts par overdose, la très discrète et richissime famille Sackler, propriétaire de Purdue, risque cette fois de sérieux ennuis. Une centaine de villes et près de trois cents avocats ont engagé des centaines de procédures contre ses méthodes.

    « Antidouleurs : l’Amérique dévastée », de Pierre Monégier, Brice Baubit et Emmanuel Lejeune (France, 2019, 55 min). Francetvinfo.fr/france-2/envoye-special

    #Opioides #Sackler #OxyContin #Reportage

  • Parution : Addiction sur ordonnance, La crise des antidouleurs, par Patrick Radden Keefe
    https://cfeditions.com/addiction

    J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de :

    Addiction sur ordonnance
    La crise des antidouleurs
    par Patrick Radden Keefe

    traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Richard
    avec des contributions de :
    Frédéric Autran, Cécile Brajeul et Hervé Le Crosnier

    C&F éditions, 2019
    16 €
    ISBN 978-2-915825-90-9
    https://cfeditions.com/addiction

    Ce premier livre de la collection interventions traite d’un sujet douloureux, la « crise des opioïdes » qui ronge les États-Unis de l’intérieur et qui s’étend dans le monde entier. 400000 décès par overdose dans la dernière décennie aux USA, dont 70000 l’an passé... pour une addiction qui a souvent débuté dans le cabinet d’un médecin ou un service d’hôpital ayant prescrit des antidouleurs sans prendre les précautions nécessaires pour éviter la dépendance aux opiacés.

    Patrick Radden Keefe est remonté à la source en étudiant les stratégies marketing de la famille Sackler, et de sa petite entreprise de pharmacie du Connecticut, devenue une des plus riches du pays... au prix d’une crise de santé publique majeure.

    L’article de Frédéric Autran montre la vie quotidienne des personnes dépendantes aux opiacés, et plus particulièrement aux opioïdes de synthèse vendus comme des médicaments.

    Celui de Cécile Brajeul expose plus spécifiquement la situation en France.

    Dans sa postface, Hervé Le Crosnier considère les trusts pharmaceutiques comme des acteurs de la « société de l’information », pour lesquels l’appât du gain et les mensonges marketing sont le moteur prioritaire. Il appelle à reconsidérer la dépendance des organismes publics (musées, universités...) aux financements privés et notamment au cynisme de la philanthropie.

    On peut obtenir un extrait spécimen à :
    https://cfeditions.com/addiction/ressources/addiction_SPECIMEN.pdf

    Bonne lecture

    #Addiction #Opioides #C&F_éditions #Sackler #Oxycontin

  • Meet the Sacklers: the family feuding over blame for the #opioid crisis

    https://www.theguardian.com/us-news/2018/feb/13/meet-the-sacklers-the-family-feuding-over-blame-for-the-opioid-crisis

    The #Sackler family, a sprawling and now feuding transatlantic dynasty, is famous in cultural and academic circles for decades of generous philanthropy towards some of the world’s leading institutions, from Yale University to the Guggenheim Museum in the US and the Serpentine Gallery to the Royal Academy in Britain.

    But what’s less well known, though increasingly being exposed, is that much of their wealth comes from one product – #OxyContin, the blockbuster prescription painkiller first launched in 1996.

  • OxyContin goes global — “We’re only just getting started”
    http://www.latimes.com/projects/la-me-oxycontin-part3

    #OxyContin is a dying #business in America.

    With the nation in the grip of an opioid epidemic that has claimed more than 200,000 lives, the U.S. medical establishment is turning away from painkillers. Top health officials are discouraging primary care doctors from prescribing them for chronic pain, saying there is no proof they work long-term and substantial evidence they put patients at risk.

    Prescriptions for OxyContin have fallen nearly 40% since 2010, meaning billions in lost revenue for its Connecticut manufacturer, Purdue Pharma.

    So the company’s owners, the #Sackler family, are pursuing a new strategy: Put the painkiller that set off the U.S. opioid crisis into medicine cabinets around the world.

    A network of international companies owned by the family is moving rapidly into Latin America, Asia, the Middle East, Africa and other regions, and pushing for broad use of painkillers in places ill-prepared to deal with the ravages of opioid abuse and #addiction.

    #opiacés #etats-unis #exportation #mort

  • A Bizarro Drone That Would Deliver Peace and Oxycontin Instead of Missles | Wired Design | Wired.com
    http://www.wired.com/design/2013/07/this-peace-drone-is

    Brechensbuaer envisions the Peace #Drone flying over rural areas, honing in on enemies so it can administer a dose of calming, violence-abating #Oxycontin. “Imagine how highly #addicted enemy combatants will gather around it, like kids around the ice cream truck,” he says. “The peace drone will hover above them, nice and evil at the same time. Playing music and smiling.” The Peace Drone’s weapon is the opposite of bullets, but that doesn’t make it any less creepy thanks to Brechensbuaer’s uncanny valley clown-face design.“Clowns are a two-sided symbol, for both fear and joy,” he explains. “In general I think adding human features (like a face) to objects is a easy and good way to add emotions to a design.”

    #insane