• Liévin : le pensionnat de la perversion Mediacités - Jacques Trentesaux

    Il y a d’abord la figure impressionnante du Père Revet, un géant drapé dans sa soutane brune dotée d’un sinistre ceinturon qui servait à punir les enfants désobéissants. Le Père les frappait torses nus, du côté de la boucle de fer, puis les enfermait pendant une semaine dans les douches, en slip, avec un broc d’eau et du pain. Le Père Revet – que beaucoup d’enfants appelaient en cachette « Crevet » – a fondé en 1960 le Village d’enfants de Riaumont, à Liévin, pour accueillir des jeunes de 6 à 18 ans en déshérence. Les orphelins y côtoyaient des cas sociaux, des débiles légers, des réfugiés du sud-est asiatique ou des enfants de familles ultra-catholiques désireuses de faire bénéficier leurs rejetons d’une éducation à la dure inspirée du scoutisme.

    À Riaumont, la violence est permanente. Claques, coups de poing, coups de pied… Les châtiments corporels servent à expier les fautes. Les fugueurs ont le crâne rasé et barré d’une croix rouge tracée au mercurochrome pour éviter qu’ils ne récidivent. Tous les temps libres sont occupés à construire le village, à monter des murs, à dessoucher des arbres. Été comme hiver, on porte la culotte de cuir et les godillots. La règle, c’est la loi du plus fort. La violence est banalisée entre enfants mais aussi avec les « éducateurs ». Et puisqu’il n’y a plus de limites, le pire arrive. En 2001, un enfant se suicide par pendaison dans le village. Et les plaintes pour agressions sexuelles ou viols finissent par surgir.

    Un lieu figé, en dehors du temps
    De 1960 à 2019, le Village d’enfants de Riaumont a perduré envers et contre toutes les alertes. Il a fallu attendre 1982 pour qu’il perde son habilitation à recevoir des enfants placés par la DDASS ou par les juges. Mais le lieu s’est maintenu par la suite sous la forme d’une école privée hors contrat… et sans aucun contrôle avec l’assentiment - ou la lâcheté - de tous. Une sorte de conspiration du silence. C’est la force du livre d’Ixchel Delaporte Les enfants martyrs de Riaumont, qui paraît le 2 mars aux Éditions du Rouergue, que de reconstituer avec minutie la réalité de ce lieu figé, en dehors du temps, grâce au recueil patient d’une soixantaine de témoignages (lire également son interview https://www.mediacites.fr/interview/lille/2022/02/28/a-riaumont-cetait-une-violence-systemique-instauree ).



    Le livre d’Ixchel Delaporte, Les enfants martyrs de Riaumont, paraîtra le 2 mars aux Éditions du Rouergue.

    La démonstration est implacable, le résultat terrifiant. Le Village fonctionne en vase clos avec ses rites et ses codes, ses raids commandos de nuit ou ses escouades où le chef a tout pouvoir et le « cul de pat’ » (soit le dernier de la patrouille) le souffre-douleur. On y cultive la nostalgie des preux chevaliers, de la France éternelle, on y cultive la virilité et les vraies valeurs. Dans son bureau, le Père Revet collectionne armure de chevalier, souvenirs de guerre et insignes nazis. Il entretient des liaisons étroites avec les milieux d’extrême-droite. S’il se montre parfois violent avec les enfants, il sait aussi se montrer affectueux avec eux, les embrasse parfois sur la bouche et en convie certains à dormir dans sa maison…

    Broyés par les humiliations
    Ixchel Delaporte met à jour une inversion de valeurs effrayante. Sous couvert de lutter contre la déchéance de la société moderne et former des petits soldats du Christ, les encadrants - prêtres intégristes ou laïcs – détruisent les enfants. Si les profils dominants ou rebelles résistent aux lois du village, les plus faibles en sortent broyés par des humiliations constantes, une violence systémique et la perversion de certains encadrants. « La folie est ancrée au cœur de l’enfant. Le fouet bien appliqué l’en délivre », aimait à répéter l’un d’entre eux, reprenant une citation de Saint François d’Assise.

    Le Village de Riaumont était dédié à la protection de l’enfance en danger. Dans les faits, il a mis en danger de nombreux enfants. Et cela durant près de soixante ans, dans une impunité quasi-générale.

    #clergé #perversion #enfance #pédophilie #église_catholique #scouts #violences #viol #pedoviols #catholicisme #violences_sexuelles #enfants en déshérence #virilité #impunité

  • Picasso, séparer l’homme de l’artiste
    https://www.venuslepodcast.com/episodes/picasso,-s%C3%A9parer-l'homme-de-l'artiste

    Cet épisode a mis du temps à arriver, mais c’était le temps nécessaire pour digérer et retranscrire tout ce qu’il y a à dire sur Picasso (enfin presque). Figure du génie par excellence, Picasso est une icône quasi-intouchable, auréolée d’une mythologie qu’il a lui-même entretenue, que des centaines d’expositions et de records en salles de ventes continuent à alimenter. Au-delà de cette figure mythique... Source : Vénus s’épilait-elle la chatte ?

    • Au-delà de cette figure mythique, Picasso était un homme particulièrement violent et misogyne, qui a passé sa vie à écraser les personnes moins puissantes et moins privilégiées que lui. Le caractère destructeur de Picasso est loin d’être limité à sa vie privée, il a au contraire nourri une immense partie de son travail et c’est précisément pour ça qu’il est valorisé. Le cas de Picasso permet de réfléchir sur la façon dont les valeurs virilistes impactent tous les aspects de la culture occidentale, de l’esthétisation des violences sexistes et sexuelles à la fabrique des génies.

      On a parlé de tout ça avec mon invitée Sophie Chauveau, autrice de Picasso, le Minotaure, mais aussi de division sexuée du travail et de charge mentale, de Dora Maar et des artistes que Picasso a brisé·es, d’appropriation culturelle, de subversion et de l’impunité qu’on accorde aux hommes puissants.

      #misogynie #haine #violences_masculine #grand_homme #masculinité #virilité #art #amour #hétérosexualité #picasso #violophilie #boys_club #male_alphisme #homophobie #pédocriminalité #malegaze #sadisme #proxenetisme #viol #pédoviol #appropriation_culturelle

      La nature existe pour que nous puissions la violer

      Picasso

      Apollinaire s’est fait connaitre en écrivant sur Picasso, le geni et la notoriété en histoire de l’art ce sont des hommes qui écrivent leur admiration pour d’autres hommes. Plus tard Clouzot fera pareil avec « Le mystère Picasso » - le film est déclaré tresor national et il est toujours encensé.

      Paul Eluard offrit sa femme à Picasso en signe d’admiration- Picasso l’appelait (Paul) Madame Picasso pour marqué sa soumission à lui et le dévalorisé par le marqueur du féminin.

      Max Jacob vivait pendant un moment avec Picasso - les deux étaient en galère sauf que Max Jacob travaillait pour entretenir Picasso dont il était amoureux et le laisser peindre. Pendant la seconde guerre Max Jacob est déporté et Picasso qui aurait pu lui sauvé la vie a refusé de l’aider et l’a laisser mourir.

      Au moment ou il se met en couple avec Thérèse Walter qui à 17 ans il s’identifie au Minotaure et en fait l’image du violeur ( alors que c’est un monstre devoreur d’enfant et non violeur à l’origine) et il se représente en violeur - il y a plus de 50 oeuvres de Picasso intitulée le viol.

      L’intelligence de Dora Marre était un défi pour lui et il s’est employé à la brisé et la soumettre aussi bien psychologiquement, artistiquement et socialement. Il la battait jusqu’à évanouissement - c’est la série des femmes qui pleurent. Cette série est une sublimation des violences misogynes. Lassé de sa victime il la confie à Lacan qui la fait interné et subir des électrochocs. Après elle est entrée au couvent et à disparu.

      Il a remplacé Dora Marre par Françoise Gillot et lui a fait du chantage pour qu’elle vive avec lui, lui fasse deux enfants et mette sa carrière en suspend pour le servir et lui permettre de travailler 18h par jour sur ses oeuvre. Au moment ou Françoise Gillot devait accouché il a refusé qu’on l’hospitalise car il n’avait pas que ca à faire. A chaque fois qu’il détruisait une femme il y puisait une nouvelle inspiration. Les femmes lui servaient de servantes et d’objet à détruire pour y puiser l’art qui fera tant rêver les autres hommes.

      Picasso « fit cadeau » à un ami de deux jeunes filles mineurs dont il à voler les papiers d’identité. Il etait applaudit pour cela.

      L’idée que l’art est subversif est faux, la subversion est en fait l’exercice déchainé de la domination.

      Pour son interet sur l’art africain et précolombien, il est purement formel et jamais il ne s’est interessé à d’autres, autres cultures, autres personnes, tout est uniquement tourné vers son ego.

      après les centaines et les centaines d’expo sur Picasso, avec des approche toutes plus variées pour faire valoir son oeuvre et son geni, il est temps de montrer comment son oeuvre exprime ses crimes. Ses tableaux vendus des millions sont des trophées de viols de femmes et de mineures, de passages à tabac de femmes et de mineures, et on adore toujours ca comme du grand arts.

  • La curée – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/8251

    Hier, dans un numéro de son émission Répliques consacré à l’affaire Matzneff, Alain Finkielkraut fustigeait « la curée » autour de l’écrivain. De Polanski à Matzneff, le radiosophe a toujours préféré défendre les pédophiles, membres de l’élite, que ceux qui les condamnent. Il s’avère que j’ai moi aussi participé à la « curée », en dénonçant les agissements ou les protections du pédocriminel.

  • #Naomi_Cahn : Pourquoi les femmes perdent la garde de leurs enfants
    https://tradfem.wordpress.com/2020/01/28/pourquoi-les-femmes-perdent-la-garde-de-leurs-enfants

    Le terme « aliénation parentale » est issu des travaux du pédopsychiatre Richard Gardner dans les années 1980 pour expliquer ce qu’il considérait comme un nombre choquant d’allégations d’abus sexuels d’enfants dans les litiges relatifs à la garde. Gardner affirmait que beaucoup de ces allégations de violence étaient inventées de toutes pièces par des mères vengeresses ou pathologiques.

    Mais sa théorie a fait l’objet de vives critiques, comme celle de Jeffrey Edleson, ancien directeur du Centre du Minnesota contre la violence et les abus et professeur et directeur de recherche à l’École de travail social de l’Université du Minnesota, qui a déclaré en 2009 que « le SAP (« syndrome d’aliénation parentale ») est essentiellement composé de prétentions non fondées ; il n’est fondé sur aucune base scientifique.

    Néanmoins,cette théorie survit, sous une forme neutre à l’égard du genre, à savoir l’idée d’une « aliénation parentale ». Mais, cette théorie a également été discréditée, et comme l’explique le Conseil national des juges des tribunaux pour enfants et de la famille, elle « détourne également l’attention des comportements du parent violent ».(…)

    Traduction : #Tradfem
    #aliénation_parentale #justice_patriarcale #idéologie_masculiniste #injustice #Richard_Gardner

  • Why Women Lose Custody
    https://www.forbes.com/sites/naomicahn/2020/01/26/why-women-lose-custody

    The term “parental alienation” comes from the work of child psychiatrist Richard Gardner in the 1980s to explain what he saw as a shocking number of child sexual abuse allegations in custody litigation. Gardner claimed that many of these abuse allegations were fabricated by vengeful or pathological mothers.

    But his theory has been subjected to strong criticism, such as that from Jeffrey Edleson, former director of the Minnesota Center Against Violence and Abuse and professor and director of research at the University of Minnesota School of Social Work, who said in 2009 that, “PAS is essentially composed of unsubstantiated claims; there’s no science behind it.”

    Nonetheless, it survives in a gender-neutral form as parental alienation. But, that too has been discredited, and as the National Council of Juvenile and Family Court Judges, explains, it “also diverts attention away from the behaviors of the abusive parent.”

    When fathers alleged mothers were alienating, regardless of abuse claims, they took custody away from her 44% of the time. When the genders were reversed, and fathers started out with the children, mothers took custody from fathers only 28% of the time. Fathers were overall much more likely to win than mothers by claiming alienation.

    Meier found that, when mothers claimed any type of abuse, if fathers responded by claiming parental alienation, then the mothers were twice as likely to lose custody as when fathers did not claim alienation. In the study’s stark conclusion: “alienation trumps abuse.”

    Even when the father’s abuse was considered by the court to have been proven, the mothers who were alleging the abuse still lost custody in 13 % of the cases. By contrast, fathers lost custody only 4% of the time when a mother’s abuse was considered proved.

    « Syndrome d’aliénation parentale » (SAP) en français.
    #psychologie (mauvaise) #violences_familiales (masculines) #justice (kof !) #famille (je vous hais) #enfants (qu’on laisse encore dans les pattes de pères qu’on sait violents et incestueux)
    #pédocriminalité #pédoviol #masculinisme

  • Anne-Claude Ambroise-Rendu, Histoire de la pédophilie, XIXe-XXIe siècle


    https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CLIO1_042_0244#

    À quelques exceptions près (dont la thèse de sociologie soutenue en 2012 par Guillaume Brie, à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Traitement social de la criminalité sexuelle pédophile. Rapports de pouvoir et lutte des représentations entre agents chargés du contrôle et condamnés), rares sont les auteur.e.s en sciences sociales à avoir interrogé les violences sexuelles sur mineurs. L’intensité des émotions qu’elles suscitent aujourd’hui rend tout propos distancié difficilement audible, dicible, voire même pensable. En publiant une histoire de la pédophilie du xix e siècle à nos jours, Anne-Claude Ambroise-Rendu propose une lecture éclairante de cette problématisation moderne des violences sexuelles sur mineurs. Moins à partir des pratiques que des discours qu’elles suscitent (saisis à travers la justice pénale, les évolutions législatives, les archives policières, les faits divers journalistiques ou, pour la période plus récente, les investissements philanthropiques), son ouvrage montre la formulation progressive d’un intolérable contemporain. Ainsi, entre histoire des émotions collectives, de l’enfance, de la criminalité ou de l’expertise juridico-médicale, Histoire de la pédophilie, xix e - xx e siècle donne à voir la fabrique d’un regard et d’une indignation.

    2
    Le livre s’organise en dix chapitres qui couvrent de manière chronologique et thématique près de deux siècles d’abus sexuels sur mineurs. Le parti-pris de l’auteure permet de saisir comment des institutions produisent une clinique de la pédophilie en spécifiant, isolant et condamnant les violences sexuelles commises sur les enfants. Sans pouvoir entrer ici dans le détail des chapitres, on peut retenir que ce processus, initié au xix e siècle, s’est formalisé sous l’impulsion conjointe de la justice criminelle et de la médecine. Si Michel Foucault est un peu rapidement critiqué en début d’ouvrage pour sa lecture d’un cas particulier (p. 33), on voit à quel point ses travaux irriguent l’analyse de l’auteure pour penser la production d’un nouveau regard et la naissance d’un discours expert sur une violence que l’on formalise progressivement comme particulière, au fur et à mesure que l’enfance et la sexualité deviennent des objets de savoir.

    Histoire de la pédophilie : XIXe-XXIe siècles - Anne-Claude Ambroise-Rendu - Google Books
    https://books.google.com/books/about/Histoire_de_la_p%C3%A9dophilie.html?hl=de&id=5HIeAwAAQBAJ
    https://books.google.de/books/content?id=5HIeAwAAQBAJ&printsec=frontcover&img=1&zoom=1&edge=curl&imgt

    Histoire de la pédophilie : XIXe-XXIe siècles
    von Anne-Claude Ambroise-Rendu

  • Des lieux communs faussement rebels ou novateur sur l’inceste
    #tw inceste - viol - pedoviol
    https://aleteiafrench.files.wordpress.com/2018/11/web-tintoretto-suzanne-elders-vienna-domaine-public.j
    J’ai vu « The Strange Thing About the Johnsons » de Ari Aster (real que j’apprecie bien) et ce film me laisse perplexe car j’y voie une inversion des rôles assez typique des viols incestueux qui se présente comme originale alors que c’est pas du tout le cas.
    https://seenthis.net/messages/800601#message800812
    https://www.youtube.com/watch?v=sqyQMX4rwHs

    Ici on trouve un court métrage de Bastien Vives qui repose sur le même principe
    https://www.catsuka.com/news/2012-03-07/la-famille-par-bastien-vives--plus-in-memorial-sa-version-animee-du-nouveau
    (Bastien Vives est l’auteur de « Petit Paul » une bd pedosexuelle qui a été retiré des ventes l’année dernière)

    C’est en fait la plus vieille et la plus traditionnelle manière de raconté l’inceste

    Par exemple Dolto fait la même chose

    « Q- Dans l’acte incestueux il y a toujours un traumatisme pour la fille, non ?
    R- Evidemment qu’il y a un traumatisme ! Nous ne vivons pas dans une société ou ces choses sont permises. Résultat, la fille ne peut pas se développer normalement car ses pulsions sont occupées a un lieu où elles ne devraient pas l’être encore. Il se produit un blocage dans l’évolution de l’intelligence.
    (…)
    Q- Donc la petite fille est toujours consentante ?
    R- Tout à fait
    Q- Mais enfin, il y a bien des cas de viols ?
    R- Il n’y a pas de viol du tout, elles sont consentantes »

    http://www.philap.fr/HTML/inconscient-sexuel/Annexes/dolto_interview_choisir_1979.pdf

    et c’est deja la même chose dans le plus nocif des livres
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Loth_et_ses_filles

    Même chose avec l’utilisation du mot #lolita et l’incapacité des gens à comprendre que le roman de Nabokov prend le point de vue du violeur.

    En fait ca prend des aires de rebelle mais c’est le plus vieux des lieux commun cette manière de montrer l’inceste. C’est l’inceste vu par les auteurs d’inceste et on n’écoute que ceux là. Si les gens ont l’impression que les victimes sont entendus aujoud’hui c’est allé un peu vite en besogne - pour l’instant le seul effet mesurable de #metoo c’est que les entreprises embauches moins de femmes. Le seul effet de #balance_ton_porc c’est d’avoir condamné sa créatrice en justice pour diffamation et pour Adèle Haenel qui ne voulait pas porté plainte de se retrouvé au tribunal.

    #inversion_patriarcale #déni #pedoviol #victime_blaming #inceste #male_gaze #faux_rebel #violophilie #bible #lieu_commun

  • R. Kelly accusé de pédophilie : un documentaire provoque une onde de choc
    https://www.telerama.fr/television/r.-kelly-accuse-de-pedophilie-un-documentaire-provoque-une-onde-de-choc,n60

    Diffusé la semaine dernière par la chaîne américaine Lifetime, la série documentaire “Surviving R. Kelly” décrit la star de R’n’B comme un prédateur sexuel ayant manipulé de nombreuses adolescentes. Souvent accusé, jamais condamné, R. Kelly pourrait cette fois ne pas s’en tirer à si bon compte.

    La rumeur court depuis des années, mais il a fallu la force d’un documentaire télé pour qu’enfin advienne un sursaut. La semaine dernière, la chaîne américaine Lifetime a lâché une bombe en diffusant Surviving R. Kelly (« Survivre à R. Kelly » en version française), un film en six parties sur la star de R’n’B, connue depuis les années 1990 pour ses tubes (I believe I can fly, Ignition...), ses collaborations avec les plus grands artistes (Jay-Z, Michael Jackson) et ses soixante millions d’albums vendus à travers le monde. En ligne de mire : les multiples accusations de détournement de mineures qui suivent le chanteur depuis des années, sans jamais vraiment nuire à sa carrière.

    Le montage a beau friser le sensationnalisme, le choc – et la nausée – n’a rien d’artificiel. En six heures, la cinquantaine de témoignages recueillis par le film (membres de la famille, anciens producteurs, ex-choristes, victimes...) dépeint R. Kelly comme un véritable prédateur sexuel, opérant depuis des années selon le même mode : le chanteur cible des jeunes femmes, souvent mineures, lors de concerts ou de déambulations dans des centres commerciaux, se montre tout d’abord charmant, leur promet de les aider dans leur carrière, puis flirte avec elles, les éloigne peu à peu de leur famille, avant d’entraîner les plus fragiles dans une sorte de harem dédié à son seul plaisir. Certains parlent de « secte », et pour cause : dans les propriétés de la star, le culte du chanteur atteint des dimensions difficilement imaginables. Sous emprise, les jeunes femmes doivent demander la permission avant d’effectuer le moindre geste (se déplacer, se nourrir, se laver...) et se montrer sexuellement disponibles. Le film suit ainsi plusieurs parents, cherchant désespérément à renouer contact avec leurs filles recluses dans les demeures de R. Kelly – le cinquième épisode filme même l’opération de sauvetage menée à Los Angeles par l’une des mères.

    #viol #pedoviol #violences_sexuelles #metoo

  • Sue Lyon, la « Lolita » de Stanley Kubrick, est morte

    « Ils m’avaient aussi demandé si je connaissais le sujet du roman, et si ça me posait problème. Ma mère m’en avait parlé, mais en fait j’avais une copine à l’école qui avait fauché l’exemplaire de sa mère et on cherchait les passages un peu salés à la récré. Mais bon, j’avais compris l’histoire, et ça ne me posait pas problème. Je devais juste jouer une fille qui avait une relation avec un vieux type. Ce n’était pas comme si je devais me le taper… Et en fait, à part le temps que ça a pris, je ne me suis jamais autant amusée dans ce métier. Aussi bien Stan et Jimmy, qui me protégeaient bien, que James Mason, qui était adorable avec moi. Il me disait, allez, kiddo, on va répéter nos répliques. Comme si M. Mason avait besoin de répéter ses répliques… Il le faisait pour moi, pour me mettre en confiance. »
    « Le chewing-gum et les grimaces, c’est moi qui m’ennuyais »

    Je lui avais demandé ce qu’elle lui avait chuchoté à l’oreille quand Mason est sur le lit de camp écroulé, qui avait provoqué un extatique fou rire chez Mason (la prise retenue par Kubrick). Elle avait tricoté des sourcils, comme elle le fait beaucoup dans le film, puis s’était souvenue : « Je lui disais, j’espère qu’il va un peu se magner avec ses prises, parce que j’ai drôlement faim. Vous voyez, rien de très scabreux ! » Mais c’était ce manque total d’innocence chez elle qui fait que Lolita marche si bien. Sa manière de le rendre fou aussi, avec son hula-hoop et son bubble gum. « Le hula-hoop, c’était dans le scénario. Bien sûr je savais en faire, j’avais 15 ans et j’étais américaine. Six jours qu’on a tourné cette scène ! C’est beaucoup de hula-hoop. Mais le chewing-gum et les grimaces que je fais dans la voiture, c’est moi qui m’ennuyais. J’étais une gamine au milieu de tous ces bonshommes et c’était long, alors je m’amusais comme je pouvais. » Stanley n’en a pas perdu une miette.

    Pas de changements depuis 2015 et mon poste sur #lolita
    Ici encore on prend le point de vue du violeur
    on ne nomme pas le viol
    on ne nomme pas le féminicide de la mère de Dolorès Haze
    et Dolorès Haze "manque totalement d’innocence ce qui le rendre fou aussi, avec son hula-hoop et son bubble gum. "
    ....
    https://seenthis.net/messages/399841

    #lolita #culture_du_viol #misogynie #male_gaze #déni #violophilie #pedoviolophilie

  • Pédoviol et silence de l’Eglise : le cardinal Barbarin de retour au tribunal

    Condamné à six mois de prison avec sursis en mars, l’archevêque a fait appel et comparaît une seconde fois, jeudi à Lyon, devant les juges. L’affaire Preynat-Barbarin a provoqué une véritable déflagration dans le catholicisme français depuis trois ans.

    Barbarin avait promu Preynat comme curé doyen, en charge de plusieurs paroisses, et sans l’éloigner du contact des enfants.

    #pédoviol #pedophiliopohile #violophilie #catholicisme

    • Relaxe requise pour le cardinal Barbarin
      https://www.mediapart.fr/journal/france/291119/relaxe-requise-pour-le-cardinal-barbarin
      Le parquet a demandé la relaxe du cardinal Barbarin au dernier jour de son procès en appel à Lyon, en mettant en garde contre la vision « absolutiste » de la justice proposée par les parties civiles. L’audience a donné lieu à un complexe débat juridique autour du délit de non-dénonciation.

      On ne décroche pas un portrait de Macron et on ne va pas à une manifestation impunément, encore moins à une sortie scolaire avec un voile, mais on va pas s’acharné pour des viols d’enfants en série dans une secte avec organisation de leur récidive et de leur impunité « Heureusement il y a prescription » comme disent les saints hommes.

  • Dans le genre Film-qui-fait-froid-aux-fesses, j’ai beaucoup aimé Midsommar , le second film de Ari Aster, qui avait déjà réalisé un autre film avec de bonnes choses dedans (la présence de Toni Colette, les maquettes et les trompe l’œil et Gabriel Byrne tout paumé) malgré quelque bouts de boudin pas bien cuits : Hereditary

    Midsommar

    Hereditary

    Quelques thématiques récurrentes rappelleront aux amateurs le classique The Wicker Man (Robin Hardy, 1973, pas le remake avec Cage) ou plus récemment le Kill List de Ben Wheatley, ou encore The Witch (2015, Robert Eggers) pour la plongée dans la communauté puritaine isolée. Midsommar, l’autre cauchemard made in Ikea.
    #cinema

  • « Abus sexuel », antiféminisme, les recettes d’un ordre
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/03/08/abus-sexuel-antifeminisme-les-recettes-dun-ordre

    Actualité oblige… on a beaucoup lu ou entendu la terminologie « abus sexuel ». En tête d’affiche, le « sommet exceptionnel sur les abus sexuels sur mineurs », organisé au Vatican du 21 au 24 février 2019. Que signifie cette expression ? D’un point de vue linguistique, « abus » signifie mauvais usage. Associé à « sexuel » l’expression consacre l’idée qu’il y aurait un bon usage de la sexualité chez les enfants et un mauvais. L’Église catholique a donc décidé de s’attaquer à ce mauvais usage, occultant par voie de conséquence la question de la sexualité supposée des enfants. Ensuite, le mot « abus » reste flou, ne désigne pas précisément des faits qui sont criminels. Il les minimise et les nie. Pourtant il s’agit de pédophilie et non de pratique sexuelle, un crime aussi grave que les viols des religieuses, « révélés » dans la foulée. L’emploi de ce terme cache alors un abus de pouvoir : la relation des prêtres et autres ecclésiastiques (des hommes) avec les enfants et avec les nonnes (des femmes) est basée sur une relation de confiance ou d’autorité, qui pose la question du consentement1.

    Enfin, cette expression s’affiche au sein d’un ordre caractérisé par la hiérarchie, le sexisme endémique, la culture du silence, l’imperméabilité. Comme dans les autres ordres – médical, juridique, politique… –, l’impunité des violences sexuelles règne. Elles y sont non nommées, considérées normales, faisant partie de la fonction de ses membres. La parole de la victime (femme, enfant) y est systématiquement remise en cause alors que le criminel (homme) reste majoritairement impuni, protégé par des lois nationales ou propres2. Ces lois sont des retranscriptions ou le terreau de la vulgate populaire, qui nie par lâcheté, par peur, par ignorance ou par volonté (initier sexuellement), les violences exercées sur mineurs et qui entérinent l’appropriation sociale du corps des femmes3.

    La différence entre l’ordre de l’Église et les autres se manifeste notamment par la contradiction qui l’habite. Chez les catholiques, les membres font vœu de chasteté, bannissent l’avortement, s’opposent à la « théorie du genre », rejettent toute sexualité contre nature – c’est-à-dire qui n’a pas vocation à « l’enfantement » –, glorifient « la femme comme mère, porteuse d’enfants », alors que le contraire se vit en son sein. Aujourd’hui, la dialectique visant à « protéger les victimes » mise en exergue par le Vatican, obère la responsabilité des auteurs des crimes. En parallèle, elle perpétue une stratégie d’inversion des concepts féministes4.

    Le fond de l’entreprise reste effectivement familialiste : à travers tout ce bruit, il est question de promouvoir le mariage entre homme et femme, de protéger l’idée de famille. De plus, il s’agit de reconduire l’idéologie antiféministe portée de longue date par l’Église. Des déclarations récentes du pape François ont été évoquées : « Inviter une femme à parler, ce n’est pas entrer dans le mode d’un féminisme ecclésiastique, car au final, tout féminisme finit par être un machisme avec une jupe ». Par ces mots, le chef de l’Église catholique s’inscrit en digne héritier de Jean-Paul II qui faisait en 1995 la « promotion d’un féminisme chrétien ». Cette appropriation opportuniste du féminisme n’est pas nouvelle. Elle a pour but de le dissoudre. Nés au début du XXe siècle, les fondements du féminisme chrétien peuvent s’expliquer ainsi : « la collaboration de la femme aux questions d’intérêt commun se présente à elle sous un aspect sévère et son activité extérieure est motivée, non par des raisons puériles ou de mesquines rivalités de sexe et des théories déclamatoires sur l’égalité de l’homme et de la femme ; mais elle est justifiée par le fait que la fonction sociale de la femme différant par certains côtés de celle de l’homme, elle seule peut savoir dans quel sens elle doit la développer, la perfectionner et introduire dans sa propre vie ce progrès que la vie publique communique à la vie privée »5. Cette idéologie entend mettre en lumière le rôle de « la femme »6dans le processus de restauration de l’image de l’Église catholique, en tant qu’individu ayant des qualités propres. François de souligner : « elle est celle qui porte, la mère de la communauté ». Cette vision reprend presque mot pour mot les termes des textes (la bible) qui célèbrent la différence entre les sexes tout en excluant l’idée qu’il y ait inégalités.

    Or, il existe bien, dans la bible, une relation hiérarchisée entre les deux sexes. Dans le texte « 1 Timothée 2:1-15, verset 11 », Saint-Paul écrit : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission ». L’« homme » et « la femme » ne jouent pas les mêmes rôles « dans l’église et dans le couple », l’homme étant chargé de l’autorité, et la femme de l’enfantement et du soin de la famille. C’est ainsi par exemple que l’ordination des femmes est interdite. Dans le verset 12, il est écrit : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ». L’apôtre limite ce que « la femme » peut faire dans l’église : se taire et obéir.

    L’actualité n’est pas révolutionnaire. Certes, elle met en lumière des faits jusqu’ici passés sous silence et impunis, mais elle permet également aux juges autoproclamés de ces faits (des hommes) de continuer à dispenser la parole paternaliste : ils se placent en protecteurs désintéressés de leurs membres (femmes, enfants), ayant autorité naturelle à les guider, car ces membres seraient en demande, en situation de mineurs civiques. De la même manière, les femmes se retrouvent placées au rang de victimes ou d’actrices immobiles, ayant besoin d’encadrement technique, d’assistance, de soutien, parce que plus employées à la maternité ou au devoir d’accompagnement de l’autorité. Leurs savoirs propres ne sont pas pris en compte. Les femmes n’ont pas droit à la parole et à ce titre restent des « subalternes »7.

    Tant de rigueur dans la minorisation des violences sexuelles perpétrées par des hommes, d’ignorance de la parole des enfants, d’acharnement à garder les femmes dans leur rôle social de mère, d’épouse ou d’auxiliaire de la hiérarchie religieuse, me fait mesurer, en cette Journée internationale des femmes, l’ampleur des luttes restant à mener pour renverser le patriarcat.

    Joelle Palmieri, 8 mars 2019

    #violences_sexuelles #langage #culture_du_viol #pedocrimilalité #pedoviol #consentement #catholicisme #viol #déni #antiféminisme #complémentarité #domination_masculine #domination_adulte

  • USA: Plus de 500 prêtres de l’Illinois accusés d’abus sexuels - Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/201218/usa-plus-de-500-pretres-de-lillinois-accuses-dabus-sexuels

    Le ministère de la Justice de l’Etat de l’Illinois a recensé des accusations d’abus sexuels commis sur des enfants par au moins 500 prêtres catholiques et membres du clergé de l’Etat, des affaires que les diocèses ont dissimulées ou pour lesquelles ils n’ont pas mené d’enquêtes approfondies.

    L’annonce a été faite mercredi par la ministre de la Justice de l’Etat, Lisa Madigan, au moment de dévoiler les conclusions d’une enquête ouverte en août dernier suite à la révélation par son homologue de l’Etat de Pennsylvanie que des prêtres ont commis des abus sur un millier d’enfants durant une période de plus de 70 ans.

    « En choisissant de ne pas enquêter de manière approfondie sur ces accusations, l’Eglise catholique a failli à son obligation morale de fournir aux survivants, à ses paroissiens et au public un compte-rendu précis de tous les comportements sexuels inappropriés impliquant des prêtres dans l’Illinois », a déclaré Lisa Madigan.

    Cela signifie aussi que « l’Eglise catholique n’a jamais cherché à déterminé si le comportement des prêtres mis en accusations a été ignoré ou dissimulé par les supérieurs », a-t-elle ajouté.

    Dans un communiqué publié en réaction au rapport du ministère de la Justice de l’Etat, l’archevêque de Chicago a fait part de « regrets » quant à l’absence de réaction appropriée des diocèses face à ce « fléau ». Il a souligné que les accusations d’abus sexuels étaient systématiquement transmises aux autorités depuis 2002.

    Selon le rapport, le ministère de la Justice de l’Illinois a identifié 500 prêtres et membres du clergé accusés d’abus sexuels en plus des 185 noms qu’avaient publiquement dévoilés les diocèses.

    #pedoviol #catholicisme

  • En Australie, les médias réduits au silence sur le procès pour pédophilie du cardinal George Pell
    https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2018/12/18/en-australie-les-medias-reduits-au-silence-sur-le-proces-pour-pedophilie-du-

    La justice a interdit aux médias de parler de la condamnation du numéro trois de la curie romaine.


    L’Etat australien de Victoria a obtenu ce que peu de régimes, à part les dictatures, n’avaient réussi à imposer : un silence quasi total sur un événement impliquant une personnalité de premier plan. Les Australiens n’ont pas eu le droit d’entendre parler du verdict concernant les procédures judiciaires qui visent le cardinal George Pell pour des dossiers d’agression sexuelle sur mineur. L’argentier du Vatican, âgé de 77 ans, le plus haut représentant de la curie romaine jugé pour des faits d’agression sexuelle sur des mineurs, a été pourtant reconnu coupable par un jury, mardi 11 décembre. Les médias n’ont pas pu en rendre compte.

    #pedoviol #catholicisme #censure #culture_du_viol

    voire aussi : https://seenthis.net/messages/611020

  • Gwénola Sueur et Pierre-Guillaume Prigent - L’alienation parentale
    Mécanismes de la violence masculine sur les mères en France

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=Rw0sRBrfqLo

    #violence_masculine #divorce #domination_masculine #SAP #féminicide #infanticide #masculinisme #inceste #pedoviol

    Sur Outreau l’expert psy était Paul Bensoussan un promoteur du SAP, et du syndrome de munchahausen par procuration. On peu le tenir pour responsable de la réduction des condamnations pour viols, inceste, viols par conjoint et l’augmentation des violences faites aux femmes et aux filles (75% des victimes d’inceste).

    – pour en savoir plus = rapport de Marie-Christine Gryson https://www.youtube.com/watch?v=D-udQ8XoOYo

    + commission d’enquête de 2005 http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r3125.asp

    • Quelques extraits du rapport de commission d’enquète 2005
      http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r3125.asp

      2. Un contexte pénal, économique et social défavorable

      Il paraît indispensable de rappeler, fût-ce brièvement, que l’affaire d’Outreau s’est déroulée dans une région fortement marquée par le nombre des affaires pénales en matière sexuelle, sur fond de misère économique et sociale. Certaines données statistiques peuvent, en elles-mêmes, contribuer à expliquer la difficulté de réagir rapidement à des signalements qui, pour être inquiétants, n’en sont pas moins noyés dans nombre d’affaires similaires, suivies tant par les services sociaux que par les services de police ou judiciaires. Les données nationales font ainsi apparaître l’accroissement important des dossiers de mineurs en danger dont les juges des enfants sont saisis : + 7,8 % pour la seule année 20044. Les informations présentées ici sont issues des données statistiques du ministère de l’intérieur (faits constatés en matière de mœurs) et du casier judiciaire national (condamnations). Elles font apparaître les spécificités du ressort de la cour d’appel de Douai en matière de criminalité et de délinquance sexuelles.

      · Les faits constatés en matière de mœurs

      La délinquance en ce domaine a augmenté entre 1994 et 2004 dans le département du Nord de 47 % et dans le département du Pas-de-Calais de 60 % contre 50 % au niveau national sur la même période.

      La part des victimes mineures dans le total des viols et agressions sexuelles (faits constatés en 2004 par les services de police et de gendarmerie) s’élève à 63 % pour l’ensemble de la France, à 45 % dans le ressort de la cour d’appel de Paris et à 75,1 % dans le ressort de la cour d’appel de Douai.

      · Les condamnations

      – En matière de criminalité sexuelle :

      La part des infractions sexuelles dans les condamnations criminelles prononcées en France est en hausse constante : de 24,6 % en 1984, elle est passée à 40,7 % en 1994 et atteint 53,4 % en 2004.

      Entre 1990 et 2003, dans le ressort de la cour d’appel de Douai, le nombre de condamnations pour crime sexuel a été multiplié par 3,2 (+ 222 %) alors qu’au niveau national, ce nombre a doublé sur la même période (+ 100 %).

      En 2003, les cours d’assises du ressort de la cour d’appel de Douai ont prononcé 7 % des condamnations criminelles, tout contentieux confondu. La même année, elles ont prononcé 8 % (sur 1 470 condamnations prononcées en France en ce domaine) des condamnations pour crimes sexuels.

      Ces 119 condamnations pour crimes sexuels représentaient 54 % de l’ensemble des condamnations criminelles prononcées dans le ressort de la cour d’appel de Douai contre 48 % au niveau national.

      – En matière délictuelle :

      Entre 1990 et 2003, le nombre de condamnations pour délit sexuel a crû de 63 % dans le ressort de la cour d’appel de Douai contre 32 % en France.

      En 2003, les tribunaux correctionnels du ressort de la cour d’appel de Douai ont prononcé 7 % des condamnations délictuelles, toute forme de contentieux confondu.

      La même année, ils ont prononcé 582 condamnations pour délit sexuel, soit 8,4 % de l’ensemble des condamnations délictuelles en matière sexuelle au niveau national.

      Tout en soulignant à de nombreuses reprises, lors des travaux de la commission, son souhait de ne pas voir ternie à tort l’image du Boulonnais, l’un des membres de la commission d’enquête, M. Guy Lengagne, député du Pas-de-Calais et ancien maire de Boulogne-sur-Mer, a rappelé que la commune d’Outreau elle-même avait déjà été endeuillée par la dramatique affaire dite « des frères Jourdain » qui en février 1997, dans des circonstances particulièrement horribles, avaient violé et assassiné quatre jeunes filles habitant cette petite ville. Point n’est besoin de rappeler également, puisqu’il s’agit d’un fait d’actualité à l’heure où la commission d’enquête procède à ses investigations, que le « second procès d’Outreau »5 porte sur une affaire de pédophilie et que les mis en cause
      – plusieurs membres d’une même famille accusés d’incestes sur leurs enfants - habitent un immeuble voisin de celui des Badaoui-Delay, dans ce même quartier de la Tour du Renard.

      Le cadre dans lequel se sont situées ces affaires d’Outreau est ainsi décrit par MM. René-Philippe Dawant et Georges Huercano-Hidalgo dans leur ouvrage intitulé Contre-enquête à Outreau :

      « La population a fort évolué. Les Aciéries Paris Outreau ont fermé. Si Boulogne-sur-Mer reste le premier centre de traitement du poisson, celui-ci est plus souvent transporté par camion que par bateau. L’industrie de la pêche s’est effondrée. Le textile également. Avec un taux de chômage de 15 %, le Pas-de-Calais détient le record de France.

      À la Tour du Renard, on compte 40 % de chômeurs. Les travailleurs ont cédé la place aux allocataires, aux chômeurs et aux retraités. ... Les ravages de l’alcoolisme sont perceptibles dans les rues, les magasins et les bistrots. La région et la municipalité consentent de gros efforts d’encadrement. Les services sociaux pallient de leur mieux toutes les carences. Le centre communal d’aide sociale garantit un quota de nourriture aux familles en difficulté, assure la gratuité des soins médicaux, encadre un surendettement endémique. »

      Plusieurs personnes auditionnées par la commission d’enquête ont évoqué la difficulté à réagir de façon adaptée et rapide à certains signaux d’alarme, lorsque s’accumulent les problèmes dans une zone géographique donnée.

      Ainsi Mme Claire Beugnet, responsable du service d’aide sociale de Boulogne-sur-Mer, a attiré l’attention des membres de la commission d’enquête sur les caractéristiques de cette population : « Il faut également tenir compte des populations auxquelles nous sommes confrontés. Dans un secteur en difficulté, avec tout un quartier de parents en difficulté le seuil de tolérance n’est pas le même que dans un quartier sans problème. »6

      Le docteur Alain Leuliet, psychiatre, a pour sa part indiqué : « Dans le département du Pas-de-Calais règne malheureusement une grande misère sociale et économique. Quand je participe à un procès en cour d’assises, j’ai toujours l’impression d’un gâchis phénoménal. Nous arrivons après coup. Des sévices ont été commis, des enfants ont été victimes, des agresseurs attendent la sanction. Je me demande comment on pourrait anticiper un peu plus les situations. Vous avez été amenés à entendre les travailleurs sociaux. Nous essayons de travailler avec eux. On aurait peut-être pu éviter que des enfants soient victimes d’agressions sexuelles. Le problème des travailleurs sociaux est qu’ils sont isolés. Ils sont souvent anesthésiés, c’est-à-dire qu’ils côtoient tellement la misère sociale qu’ils sont amenés à relativiser certaines situations sociales en se disant qu’il y a pire. »7

      Mme Hélène Sigala, juge des enfants à Boulogne-sur-Mer, a rappelé que, à l’époque où certaines des notes qui lui étaient adressées par les services sociaux témoignaient d’une suspicion d’agression sexuelle, elle avait dans son cabinet 600 dossiers en cours et « qu’environ 400 d’entre eux transpiraient plus ou moins les abus sexuels »8.

      Dans son témoignage au procès en appel à la cour d’assises de Paris, l’ex-directrice de l’école maternelle qu’avaient fréquentée les enfants du couple Badaoui-Delay à la Tour du Renard a notamment prononcé cette phrase qui, à elle seule, pourrait résumer toute la problématique du risque de banalisation et donc de moindre réactivité lorsque trop de clignotants sont allumés : « J’avais fini par m’habituer aux comportements des enfants de ce quartier. Mais tout ce que j’avais fini par trouver normal n’est pas tolérable, dans l’école où je travaille aujourd’hui. En fait, ce ne sont pas les mêmes normes » (propos rapportés dans un article de la Voix du Nord du 10 novembre 2005).

    • Témoignage d’une des victimes sur les conditions des procès ou comment faire des victimes les coupables et des auteur·ices des innocent·es
      https://www.youtube.com/watch?v=a-9Y1TRV62k

      Outreau l’Autre Vérité de Serge Garde
      https://www.youtube.com/watch?v=bP1MmPKIwoA

      Commission d’enquête de 2006
      https://www.youtube.com/watch?v=zPx-BfVvrWM

      Site de Jacques Thomet
      http://www.jacquesthomet.com/jacquesthomet

      Les 12 enfants reconnus victimes de viols ont touché·es chacun·e 30.000€ à leurs 18 ans. Séparés entre elleux, placé en foyer pour déliquants, jetés à la rue à 18 ans, traités de menteurs par la presse...

      Les 13 aquité·es du second procès ont touchés chacun·e 300.000€. Ces gens n’ont pas été innocentés l’institution a jugé que la parole des enfants ne vallait rien.

      La justice française juge que la mauvaise réputation d’un adulte est 10 fois plus grave que d’être prostitué, violé, torturé lorsqu’on est enfant.
      Le juge Burgeau à été lynché et ce message à ete compris de tous les juges qui ne condamnent plus les viols et considèrent les victimes comme des menteureuses. -40% de poursuites pour viol depuis cette affaire. Les violeurs et pedosexuels se sont ouvert une autoroute.

      __
      Outreau ou pas assez ? Serge Garde : encore !
      https://www.youtube.com/watch?v=m5Kac4egHiM

      Dans une autre video de type FNoïde dont j’ai retiré le lien, Serg Garde dit que l’importance des théories freudiennes en France explique qu’on considère les enfants comme des menteureuses. Pour #freud l’enfant est un pervers polymorphe qui seduit les adultes et est l’instigateur de l’inceste cf - oedipe

    • Merci @mad_meg même si c’est absolument terrifiant que l’affaire d’Outreau ait été transmise par les médias dominants comme une erreur judiciaire envers les adultes.
      On comprend mieux l’instrumentalisation des personnes au pouvoir mouillées dans des affaires financières qui cherchaient à supprimer le juge d’instruction. Non seulement l’impact aujourd’hui sur ces victimes de viols, sur celles qui tentent aujourd’hui de dire mais aussi le soutien apporté au développement des réseaux pédophiles.
      Arr, vraiment la gerbe.

    • Oui j’écoute présentement la commission villani, une forfaiture. A part la première intervenante, seule femme et seule personne qui connait l’affaire et dit à la commission que c’est le bal des faux-culs et que le juge Burgeau est irréprochable. Le reste c’est des vieux ballochards qui servent la soupe à Foutriquet. Hallucinant de voire que cette affaire de réseau pédocriminel a servit de prétexte pour Sarko-Fillon & l’UMPS pour se garantir l’impunité. Car sur ce coup là, L’UMP et le PS étaient main dans la main (dans le sac).

      Sinon pour L’INNOCENT Franck Lavier en plus d’étre poursuivit en ce moment pour le viol de sa fille de 17 ans, il a été condamné pour violences physiques sur ces autres enfants agés d’une dizaine d’années.

    • Outreau, onze ans après.
      https://blogs.mediapart.fr/jacques-delivre/blog/061216/outreau-onze-ans-apres

      Du Calvaire à la Rédemption. Onze ans après, que sont devenus ceux d’Outreau ?

      De nombreux messages personnels ont fait part de l’inquiétude générale concernant le silence relatif actuel autour de l’affaire d’Outreau, et notamment sur ce qui est advenu des fameux acquittés. Alors disons que, onze ans après très exactement, les nouvelles sont plutôt bonnes, mais pas pour tout le monde, comme vous le verrez.

      Revenons d’abord un peu en arrière. A la fin des procès (2005), des tractations financières secrètes eurent lieu, au plus haut niveau, afin de dédommager les acquittés de Paris et de Saint-Omer (et de faire en sorte que le volet Legrand fils mineur ne soit jamais audiencé, contrairement au Droit. Malheureusement, il fallu bien le juger, in extremis). Même s’il n’est absolument pas question ici de nier la dureté de la condition pénitentiaire française, indigne d’une nation moderne, ni que le dédommagement pécuniaire est une mesure salutaire (que faire de plus ?) pour tâcher de compenser les années de prison, on se souviendra, d’abord, que Patrick Dills, qui fit dix-sept années de prison, obtint l’équivalent actuel de 150 000 euros.

      Si, concernant nos acquittés, le dédommagement moral fut plus satisfaisant, puisque outre les excuses de la Chancellerie, celles du Premier Ministre de l’époque Dominique de Villepin, puis celles du Président Chirac lui-même, excuses écrites au nom de la République française et dépêchées tout spécialement par les motards de l’Elysée au domicile de chacun, les tractations concernant l’aspect financier ont été, de leur côté, menées rondement. Ces tractations, tenues cachées, s’élevèrent, selon des informations sûres, à environ dix millions d’euros pour les treize, soit une moyenne de 800 000 euros chacun. Il est cependant à envisager que certains ont obtenu plus que d’autres, eu égard aux conséquences dommageables de l’incarcération sur leur réputation et leur carrière professionnelle. Accessoirement, il ne faut pas oublier que les enfants victimes de traumatismes beaucoup plus importants que la prison pour des adultes, n’ont reçu que 30 000 euros chacun, puis envoyés à la rue sans aucune sorte de soutien à leur majorité. D’autres sont peut-être repartis chez eux pour que la famille reçoive l’indemnité.

      Certes, pour nos acquittés, il leur a fallu déduire les sommes versées à leurs avocats respectifs, et que l’on peut juger conséquentes(mais négociées)... Les ténors du barreau ne sont bénévoles qu’un temps.

      Les époux Lavier s’achetèrent de leur côté tout ce qu’il faut pour être enfin bien : grosse voiture, grande maison en centre ville, tout l’équipement nécessaire pour se sentir heureux, dont un circuit intérieur de caméras vidéos ; des joujous et tant et plus pour les petits gosses. Cela ne les empêcha pas d’avoir ensuite maille à partir avec la justice, pour violences et maltraitances sur deux de leurs enfants mineurs, âgés de dix et onze ans. Certes, considérés contre primo-délinquants, les parents ne furent condamnés qu’à du simple sursis. Le Procureur de l’époque (en 2012), Jean-Philippe Joubert, avait pourtant déclaré devant les caméras de télévision que « les chambres de ces deux enfants qui se sont enfuis étaient vraiment des mouroirs. Il n’y avait même pas de lumière, il n’y avait pas de poignée pour sortir et il y avait des caméras partout pour filmer des enfants qui arrivent presque à l’âge de la puberté ». Plus récemment, en juin 2016, Franck Lavier sera placé en garde à vue durant 48 h., puis mis en examen avec interdiction de retourner à son domicile, pour viol présumé sur sa fille C. (dont le prénom réel a été scandaleusement dévoilé par la presse) âgée de 17 ans. L’instruction suit son cours, et se déroulera, peut-être, dans des conditions raisonnables de bonne justice. Franck se souvient-il peut-être, non sans émotion, que l’affaire d’Outreau avait débuté pour lui de la même façon. Hormis ces petits soucis du quotidien, Franck et Sandrine Lavier se portent bien.

      De son côté, l’abbé Dominique Wiel est devenu une sorte de vedette que l’on a souvent croisée à la télévision. Il sillonne la France pour y faire des conférences. En seulement quatre ans, il en aura organisé plus d’une centaine pour raconter son histoire. Lui aussi a écrit un livre. D’après La Voix du Nord (nous sommes en 2011), il animait chaque mois une formation aux faits-divers à destination des journalistes de FR3. En 2016, il continue, à près de 80 ans, à participer à des débats et des conférences. Il trouva quand même le temps d’adhérer au comité de soutien de Jean-Paul Lagache, condamné deux fois aux Assises pour pédophilie. Notre abbé vieillit bien et reste fidèle à ses convictions.

      Le taxi Pierre Martel, qui fut acquitté à Saint-Omer en 2004, a repris ses activités dans la discrétion. Le père Legrand et Christian Godard sont décédés. De Thierry Dausque, acquitté en appel, aucune nouvelle.

      Le fils Legrand a encore eu des petits ennuis avec la justice. Il avait déjà été condamné à trois mois fermes pour trafic de drogue, sans exécuter sa peine (en 2007). Il a été condamné plus récemment à du sursis pour violences sur la mère de son fils. Il avait également insulté son enfant devant témoins en lui faisant un doigt d’honneur et lui disant :« Va te faire enculer ! ». L’enfant, qui avait deux ans, connaissait-il-il le sens de la formule ? Sinon, pour le reste, ça va. Il est à espérer pour lui qu’il ne se fasse pas trop remarquer : son avocat Julien Delarue doit commencer à fatiguer. On peut aussi s’interroger sur le fait que le fils Legrand, après avoir acquis voiture et logement, habite dorénavant chez sa mère et dort, selon ses dires, dans le canapé du salon, lui qui aurait touché, si l’on y ajoute l’indemnité de son père décédé, plus d’un million d’euros...A moins que... Quand on songe qu’avant l’affaire, la famille avait acheté (à crédit) à la fin des années 80 une maison individuelle dans un quartier résidentiel de la station balnéaire de Wimereux, avec un salaire d’ouvrier et une mère au foyer, puis que cette maison s’était trouvée perdue juste avant les événements pour une obscure raison....

      Roselyne Godard (la boulangère) a désiré un temps se lancer dans des études de Droit pour devenir avocate, profession exercée à but lucratif, sûrement sur les conseils avisés de son défenseur et mentor, Eric Dupond-Moretti, « Maître Dieu », comme elle l’appelait. On ne sait trop à quoi aboutirent ces études.

      Odile Marécaux-Polvèche, femme de l’huissier, a été indemnisée aussi, a récupéré l’intégralité de son salaire d’infirmière à l’Education Nationale, ce qui peut sembler tout-à-fait normal. Pourtant, comme elle avait décidé, après son divorce, de résider en Bretagne, un poste fut spécialement créé pour elle là-bas sur ordre du Ministre de l’Éducation Nationale. Rarement, dans l’histoire judiciaire française, considérant que l’ « erreur judiciaire » n’en fut pas une, des détenus provisoires jugés finalement innocents n’ont été traités par l’État avec autant de bienveillance, d’égards et de mansuétude. Chapeau bas ! Il est à souhaiter que toutes les « victimes » de notre justice soient traitées de la même façon.

      L’huissier Alain Marécaux, que l’on a aussi beaucoup vu à la télévision, est également un cas qui peut intéresser. Il avait déclaré, on s’en souvient, avoir tout perdu avec cette affaire. Mais il avait oublié de raconter que son couple battait très sérieusement de l’aile. Que sa femme Odile avait fait une tentative de suicide, en juin 2001, de même que l’un de ses fils. Qu’Odile présentait de nombreuses marques de coups, mais qu’elle les imputaient à son fils aîné, et non à son mari : ouf ! Que les trois enfants avaient fugué à plusieurs reprises. Que sa propre mère était déjà très sérieusement malade avant les ennuis judiciaires et que la mort de celle-ci ne peut être en rien imputée à Fabrice Burgaud. Que son étude dut être vendue (peut-être pas au meilleur prix, on peut en convenir). Qu’il revendit sa résidence principale, surnommée le « Manoir », puis sa résidence secondaire. Et donc qu’il fut payé pour tout cela, au moins, et que ces sommes s’ajouteront donc aux indemnités que l’on jugea, d’ailleurs, particulièrement conséquentes, puisqu’il fut question de deux millions d’euros (somme importante qui vint, si l’on réfléchit, en déduction de l’indemnité des autres, par exemple de celle des Legrand, qui restent, malgré tout, des prolétaires. Daniel Legrand, père : « On a été indemnisé, mais on n’a pas touché comme on avait dit... »). Le reste de l’histoire est plus connu : Alain Marécaux publia (avant même l’appel) un livre qui devint un best-seller( Il parvint à publier chez Flammarion, et les droits de l’ouvrage furent rapidement achetés). On en tira un film (dans lequel Marécaux était conseiller technique) qui remporta un assez bon succès, davantage grâce à une grosse campagne de promotion et au choix de l’acteur principal, Philippe Torreton, qu’à ses qualités purement cinématographiques. Il est cependant à déplorer que cette œuvre présentée comme une fiction ait utilisé sans vergogne le nom des protagonistes réels. Les avocats du Juge Fabrice Burgaud, lui-même incarné avec réalisme par un acteur-sosie, s’en virent refuser la supervision. Alain Marécaux retrouvera son métier d’huissier de justice. Il a maintenant une étude à Dunkerque (elle porte son nom), mais passe le plus clair de son temps dans sa résidence du Midi, en Ardèche.

      Sous cet aspect positif des choses, le cas le plus emblématique de Rédemption reste celui de Karine Duchochois. Elle est indemnisée alors qu’elle n’a pas fait un seul jour de prison, hormis la garde-à-vue. Après avoir beaucoup pleuré pour retrouver son fils, dont le père-duquel elle était séparée et qui habitait avec l’enfant en région parisienne- avait pourtant obtenu la garde bien avant le début de l’histoire, elle écrit, elle aussi, un livre pour défendre sa cause (avant l’appel également-et l’on mesure dans quel état d’esprit se trouvait donc, l’opinion publique à propos de leur culpabilité présumée- le livre de Florence Aubenas, La Méprise, n’étant pas encore sorti pour enfoncer un coin supplémentaire)). Elle publie rapidement chez l’éditeur parisien Plon, un témoignage dont le titre ne lui conviendra pas : Moi Karine, innocente et cassée. (« Je n’ai jamais été cassée », déclarera-t’elle). L’ouvrage, malgré une qualité objectivement médiocre, reçoit le prix littéraire « Comte de Monte Christo », tout nouvellement créé juste à ce moment-là, en 2005, et qui vise à récompenser les oeuvres littéraires autobiographiques sur la justice. C’est Gérard Lhéritier, présenté parfois comme un « ami » de Karine, qui en est l’initiateur. Karine en deviendra d’ailleurs l’attachée de presse. Mais Lhéritier, surnommé par des perfides le « Madoff » des lettres et qui fréquente le beau monde, de Rachida Dati à Nicolas Sarkozy, aura quelques petits ennuis avec la justice. Comme le rapportent de nombreux quotidiens, dont Le Nouvel Observateur (article du 7/12/14), celui que l’on présente aussi comme le plus gros acheteur mondial de manuscrits, est inquiété dans une enquête préliminaire pour « escroquerie en bande organisée et pratique commerciale trompeuse ». Il s’agit de l’affaire Aristophil. La société, qui a ensuite ouvert une filiale en Belgique, dont Patrick Poivre d’Arvor est le parrain et le promoteur zélé, est basée sur le malin système de la pyramide de Ponzi. Les souscripteurs, qui espéraient de gros bénéfices dans l’investissement sur l’achat et la revente de manuscrits rares, n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. PPDA sera entendu par la brigade financière sous le régime de la garde à vue pour un prêt de 400 000 euros accordé par Lhéritier, et qui a disparu des comptes. La société sera placée en liquidation judiciaire en 2015 et Lhéritier ne sera pas ennuyé plus que ça, même si l’affaire n’est pas terminée.

      Bref, à l’époque où Karine reste personnellement très proche de l’influent présentateur de télévision PPDA, TF1 acquiert les droits de l’ouvrage de sa protégée pour en réaliser ensuite une fiction télévisée. En 2007, notre Karine rentre comme journaliste à France Info et tiendra une chronique « Le Droit d’Info » consacrée à la justice. Dorénavant journaliste, elle adhère, sans aucun diplôme ni qualification, à l’Association des journalistes judiciaires, présidée à l’époque par Stéphane Durand-Soufflant, chroniqueur du Figaro. Le monde est petit. Elle devient également journaliste animatrice du magazine hebdomadaire télévisé « Engrenage infernal » sur la chaîne Planète+ Justice. Elle réalise, en 2011, un reportage documentaire sur Outreau (à charge contre Fabrice Burgaud, bien entendu), diffusé dans l’émission « Zone Interdite » (M6). Entre temps, elle a aussi été engagée par la chaîne 13° Rue (« Passeport pour le crime »), chaîne que PPDA rejoindra à son tour en 2013, et où officiait déjà Christophe Hondelatte, prosélyte infatigable de la thèse des défenseurs (les enfants ont menti, il n’y a pas de réseau criminel, etc.). Pour Karine Duchochois en tout cas, ce fut donc comment passer du ghetto ( des HLM d’Outreau) au gotha.

      Questionnée en 2008 par le même Christophe Hondelatte dans son émission de France 2 Faites entrer l’accusé :« Karine, vous avez de l’ambition, il ne faut pas craindre de le dire, c’est bien l’ambition...Alors, cette affaire, peut-on dire qu’elle vous a finalement servie ? » Réponse de Karine Duchochois :« Oui ». Donc, là-aussi, tout va pour le mieux.

      Le lecteur trouvera sans doute ces considérations mesquines, triviales, déplacées ou malveillantes de la part de celui qui tient cette plume...Il devrait plutôt se réjouir que les acquittés s’en tirent globalement mieux que les enfants violés d’Outreau.

      Triviales et déplacées aussi, ces quelques remarques sur ce mystérieux prix littéraire « Comte de Monte Christo » dont il est question plus haut, quand on sait qu’il a été décerné également en 2009 aux Legrand père et fils pour Histoire Commune, témoignage dont la médiocrité littéraire n’est pas à prouver, écrit avec Youki Vattier ( réalisateur qui connaît bien Hondelatte pour avoir travaillé avec lui) : il s’agit, plus précisément, de la catégorie « Prix de l’émotion face à l’injustice » ! A y regarder d’encore plus près, on se rend compte que, parmi les jurés de ce prix, il y a eu Patrick Poivre d’Arvor himself, mais aussi Philippe Houillon, député Rapporteur de la Commission d’Enquête parlementaire sur l’affaire en 2006 ; bon nombre de journalistes, comme Dominique Rizet du Figaro, ancien du SIRPA (Service d’Information et de Relations Publiques des Armées), qui officie sur la chaîne Planète+Justice (comme Karine), copain de Christophe Hondelatte et de l’avocat Dupond-Moretti ; le magistrat Serge Portelli, les journalistes Daniel Carlin, Matthieu Aron, ancien directeur de la rédaction de France Inter, coscénariste avec Marie-France Etchegoin (ancienne Rédac-chef de l’Obs) d’un documentaire sur l’affaire Alègre défendant la thèse de l’absence de notables (« Notable donc coupable ») et...l’avocat Eric Dupond- Moretti himself aussi ! Ajoutons que Dominique Baudis obtint le prix en 2005 pour Face à la Calomnie, publié par Bernard Fixot qui publia également dans son autre maison Oh !Editions le témoignage de l’abbé Dominique Wiel. Inutile de charger la barque, mais Alain Marécaux reçut ce même prix pour Chronique de mon Erreur Judiciaire... Du beau linge bien propret, qui a ses entrées un peu partout, tous gardiens jaloux et militants de la doxa et tous parties prenantes dans l’histoire ou ayant des idées précises sur le fait de ne pas « trop écouter les enfants victimes » ; qu’il n’y a jamais de notables dans ce genre d’affaire, la preuve étant qu’aucun n’est jamais condamné ; que le « réseau pédocriminel » est un fantasme de cinglés...

      Donc tous gens, zélateurs de l’histoire officielle, qui se connaissent parfaitement, se fréquentent, déjeunent, cocktailent ensemble, fréquentent les palaces et la jet-set... et sont totalement objectifs. Il faut bien se serrer les coudes. Des personnes d’influence proches des vrais lieux de pouvoir, officiels ou non-officiels et qui assurent le pluralisme de l’information. Vous savez-bien : ceux qui font et défont l’opinion publique, pour notre plus grand amusement...

      PS : Ce qui est dit ici est vérifiable, plus ou moins aisément car les médias « mainstream » ne creusent pas trop ces choses et mettent le public à l’abri des accointances, renvois d’ascenseur et intérêts communs entre les grands médias eux-mêmes, leurs serviteurs, les cercles protégés de la politique, de la magistrature, du spectacle, du sport, de la culture, de l’Education, de l’Eglise ; bref, de la plupart des Institutions. Tous gens par ailleurs forcément au dessus de tout soupçon. Les acquittés d’Outreau furent les arbrisseaux qui cachèrent la forêt et les enfants violés les grands perdants : après tout, ils ne représentent rien d’important.

      Le lecteur pertinent aura sans doute saisi que le problème était (pardon pour le gros mot) l’« invisibilisation » volontaire de ce même problème (j’espère me faire comprendre, au delà de la célèbre question un peu galvaudée : « Nous cacherait-on des choses ? »). Il aura peut-être également compris que les « dysfonctionnements » en chaîne de l’affaire d’Outreau (conjonction mathématiquement quasi impossible) n’en étaient pas réellement, et ne constituaient que l’ombreportée des fonctionnements cachés et voulus d’une mécanique qui n’était pas si mal huilée. Il pourra, en tout cas, en tirer les conclusions qu’il souhaite, comme il se doit.

      + Le commentaire de Marie-Christine Gryson

      Bravo pour ce brillant récapitulatif qui permet d’oublier que Dimitri Delay, reconnu pas la Justice dans cette affaire, victime de viols d’agressions sexuelles, de corruption de mineurs, souffre de froid et de faim...et n’a reçu, comme tous les autres ex-enfants ( ils sont 12) aucune aide de tout ce petit monde si bien intentioné à l’égard des acquittés.

      https://blogs.mediapart.fr/caprouille/blog/141116/lettre-ouverte-thierry-delay-qui-m-engendre-viole-torture-et-livre-l

      Cela permet d’oublier que Chérif Delay n’a reçu aucun prix pour son livre auto-biographique « Je suis debout » qui décrit l’horreur des viols, de l’abandon et des accusations inversant les culpabilités et les valeurs :

      http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/10/cherif-delay-enfant-victime-d-outreau-adulte-debout_1519657_3224.html

      Cela permet aussi d’oublier que Michel Gasteau éminent Président d’assises a répertorié plus de 30 mensonges dans le livre de Florence Aubenas « La Méprise » :

      http://www.village-justice.com/articles/MEPRISE-Les-mensonges-Florence,19584.html

      En revanche, il est impossible d’oublier que Karine Duchochois, enquêtant « objectivement » et sans conflit d’intérêt sur les acquittés d’Outreau pour « Envoyé spécial » a tancé vertement les Lavier suite à leur mise en examen pour maltraitances habituelles et corruption de mineurs : « cela sème le doute sur nous tous » a t-elle précisé à ses co-acquittés.Une question me tarabuste : que pense t-elle aujourd’hui de la nouvelle mise en examen de Franck Lavier pour « Viols sur mineur par ascendant ? »

      Karine Duchochois ne doit pas penser grand chose du procès pour viols et agressions sexuelles impliquant Lavier au sujet de sa fille C***, pour le moment... Elle était citée au même titre que Lavier dans le beau rapport de l’IGAS, (rapport un peu mis au fin fond d’un grand placard minstériel, qui devrait retrouver une seconde jeunesse dans un avenir proche..)J’ai toujours été étonnée que quelqu’un qui n’a pas obtenu son CAP de fleuriste puisse devenir chroniqueuse judiciaire sur FranceInfo. Le plus grinçant est surtout d’entendre sa défense des enfants dont elle a été soi-disant privée à cause de l’affaire d’Outreau alors qu’elle n’avait plus la garde d’Anth** depuis longtemps car elle était jugée comme mauvaise mère.

      Quant à Brunet, il vivait en couple avec une gamine de 15 ans quand il a été arrêté.. Mais tout va bien hein... D’autant que « le zizi dans la bouche » n’a jamais été jugé, le dossier est passé « à trav » lors du procès, oublié sous la pile ...

      Cette affaire est une telle injustice pour les enfants victimes (et ils sont très nombreux), qu’il m’est impossible de croire que c’est fini...

    • Le média d’où est tirée l’interview de Serge Garde n’est pas du tout recommandable — les affaires de pédophilie sont régulièrement instrumentalisées par la facho-catho-sphère, ce serait dommage de relayer leurs délires (en l’occurrence conspi franc-maçonne).

      Au passage, au rayon #ligue_des_crevures_masculinistes, à signaler la présence dans cette affaire de Dupont Moretti, qui gagna à l’époque ses galons de Grantavocat sur le dos des victimes et vient de remettre ça dans le procès Georges Tron.

    • Oui Zorba j’ai vu d’ou venait la video avec Serge Garde. Le problème, qu’explique S.Garde lui meme, c’est que personne ne s’interesse à ces sujets (à part les victimes et peut etre les auteurs) et du coup il ne reste que la fachosphère pour s’engouffrer dedans à base de complots judeo-maçonniques, merdalistes et autres joyeusetés brunes. L’interview n’est pas orienté FN (enfin il m’a pas semblé) et il y a seulement une question sur la franc-maçonnerie qui est quand meme typique de la source, mais serge Garde y répond de manière acceptable selon moi.

      Faut que je retourne bosser mais j’essayerai plus tard de trouvé une meilleur source pour cette video. J’en ai écouté pas mal de videos de S.Garde et il dit un peu toujours la meme chose du coup je devrais trouvé de quoi la remplacé histoire de pas faire monter les states de cette faf-Tv .

    • @mad_meg ça m’a fait également tiquer d’entendre le délire conspi franc maçon à la toute fin de l’interview de S.Garde, ça le fait tousser gravement d’ailleurs et c’est coupé juste avant qu’il ne réponde, mais oui quand même, merci si tu trouves une autre source.

    • J’ai du voire une video qui est la suite de l’interview. Pour cette question sur les franc-macs Serge Garde explique qu’il a été aidé par des franc-macs parfois et parfois pas et qu’il pense pas qu’il y ai de liens particulier entre les réseaux pedocriminels et la franc-maçonnerie.

      J’ai édité pour remplacé la video avec Serge Garde par une issue de Karl Zero.

  • Du viol à la prison en passant par la prostitution : COUPABLES D’ETRE VICTIMES | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/11/22/du-viol-a-la-prison-en-passant-par-la-prostitution-coup

    Une des tendances que nous avons trouvées à Washington, c’est que, alors que les arrestations de garçons ont diminué durant la dernière décennie, les arrestations de filles ont augmenté de 87%. Nous avons trouvé aussi que les filles étaient arrêtées et entraient dans le système carcéral bien plus jeunes que les garçons, et surtout pour des délits beaucoup moins graves, comme de s’être enfuies de chez elles, ou de manquer l’école. Souvent, la police et le système légal ont une attitude sexiste envers les filles et se comportent avec elles de façon paternaliste. Par exemple, notre système considère comme normal que les garçons se battent à l’école – mais si des filles se battent, alors la police intervient beaucoup plus souvent. De plus, les forces de l’ordre et les juges justifient l’arrestation ou la détention des filles comme un moyen de les protéger et de les garder en sûreté, alors que nous savons que la détention entraîne en fait davantage de dommages et de traumas pour elles.

    FS : Sur la base de ces données, vous notez aussi que les filles noires sont 30 fois plus souvent arrêtées par la police que les filles blanches et que les garçons. Pouvez-vous nous parler de ce biais raciste et comment il commence dès l’école ? Quels sont les délits pour lesquels ces filles sont le plus souvent arrêtées ? Ces infractions sont-elles des réponses à des traumas antérieurs ?

    YV : Ces données viennent de notre rapport intitulé « Derrière les murs : un regard sur les filles dans le système de la justice des mineurs ». Ce que nous avons trouvé est que les filles noires sont criminalisées pour des comportements normaux pour des adolescentes et pour lesquels les adolescents blancs ne sont pas punis. La réalité est que cette combinaison de racisme et de sexisme a un impact déterminant sur l’entrée des filles noires dans le système judiciaire, et la façon dont elles y sont traitées. Des recherches ont montré que les filles noires sont vues par les adultes comme moins innocentes, ayant moins besoin de protection, et plus informées sur la sexualité que leurs camarades blancs du même âge. Malheureusement, ces attitudes racistes amènent souvent les filles noires à être traitées plus sévèrement que des adolescents qui commettent des actes similaires.

    Nous savons aussi, suite à d’autres recherches, que la vaste majorité des filles en prison ont subi antérieurement des violences physiques et sexuelles. Quand vous considérez ces données, de pair avec les chefs d’accusation les plus fréquents contre elles, il devient clair que les filles, et en particulier les filles de couleur, sont criminalisées à cause des abus qu’elles ont subis. Nous appelons ça « le pipe-line des violences à la prison ». A l’échelon national, les délits les plus fréquents pour les filles sont le fait de fuguer, de manquer l’école (de ne pas y aller ou d’arriver en retard) – et la prostitution. Nous travaillons pour éduquer les forces de l’ordre et les juges pour qu’ils comprennent cette dynamique afin qu’ils puissent voir ces filles pour ce qu’elles sont, au-delà des délits qui leur sont reprochés, et leur offrir des services et du soutien, au lieu de les arrêter et de les emprisonner.

    FS : Vous parlez d’un « pipe-line » qui mène directement ces filles des violences sexuelles qu’elles subissent à la prostitution, puis à la prison. Pouvez-vous expliquer plus précisément ce que ça signifie ? Vous citez ce chiffre : en Oregon, 93% des filles emprisonnées ont été victimes de violences sexuelles. Typiquement, comment une fille passe-t-elle des violences sexuelles à la prostitution ?

    YV : Les violences sexuelles sont très répandues aux Etats-Unis, avec 1 fille sur 4 qui subit une forme de violence sexuelle avant l’âge de 18 ans. Cependant, à cause des barrières économiques et sociales, beaucoup des filles qui sont victimes de ces violences ne peuvent avoir accès aux services dont elles ont besoin pour se reconstruire. En conséquence, ces filles doivent prendre leur propre sécurité en main et trouver des mécanismes qui leur permettent de gérer le trauma qu’elles ont subi. Ces stratégies incluent le fait de fuguer pour échapper à la violence qu’elles vivent à la maison, et de se soigner avec des médicaments ou de l’alcool. Malheureusement, trop souvent, notre système punit ces filles qui utilisent ces méthodes bricolées d’auto-préservation et de résilience, et elles sont criminalisées pour s’être enfuies de chez elles, pour avoir consommé des drogues ou de l’alcool, et emprisonnées dans un système carcéral brutal où elles sont re-traumatisées et même parfois sont la cible de nouvelles violences. Nous savons qu’avoir subi des violences sexuelles est un facteur de risque et maximise l’exposition à l’exploitation sexuelle, et dans la plupart des états des Etats-Unis, des filles très jeunes sont arrêtées pour prostitution, même si elles sont légalement trop jeunes pour consentir à n’importe quelle activité sexuelle. C’est comme ça que les filles sont aspirées dans le pipe-line violences sexuelles/prison.

    FS : Vous dites : « à Washington DC, les filles ne disparaissent pas, on les fait disparaître ». Pouvez-vous expliquer ?

    YV : L’année dernière, à Washington DC, on a constaté un nombre alarmant de filles qui ont été signalées comme disparues dans leur communauté. Pratiquement, toutes ces adolescentes étaient noires ou latinos et toutes étaient très jeunes. Notre communauté a essayé de comprendre les facteurs qui ont causé cette augmentation des disparitions des filles de couleur et ce que nous avons trouvé est que beaucoup de ces filles ont été trafiquées, kidnappées, victimes de violences chez elles ou de négligences graves. Nous avons essayé de mettre en évidence que nos filles n’étaient pas simplement manquantes mais que notre société était complice de ce qui a causé leur disparition. Par exemple, en ne s’occupant pas de la demande des clients pour l’achat de sexe qui alimente le trafic prostitutionnel des filles de couleur dans notre ville, ce qui fait qu’on les kidnappe et qu’on les trafique pour satisfaire cette demande. Ne fournir aucune aide aux filles qui sont victimes d’agressions sexuelles chez elles signifie qu’elles sont obligées de se protéger en fuguant. C’est notre façon de dire que nous avons tous une responsabilité collective dans la protection de nos filles et que c’est notre devoir de promouvoir une culture qui les valorise et garantisse leur sécurité.

    FS : Vous dites que « la réalité, c’est qu’il y a des hommes qui veulent acheter du sexe avec des enfants ». Pensez-vous que cette catégorie d’hommes est plus nombreuse que la plupart des gens le réalisent – et que le problème des enfants exploités et violés dans la prostitution est sous-estimé et négligé ?

    YF : L’exploitation sexuelle des enfants est impulsée presque entièrement par la demande masculine. Nous pensons certainement que le nombre de ces hommes est plus élevé que les gens ne l’imaginent – même si cela ne concerne pas tous les hommes. Ici à Washington DC, nous connaissons des filles ou des garçons trafiqués qui n’ont que 10 ou 11 ans, et qui nous sont référés par les services sociaux de notre ville. Courtney’s House, un programme pour les enfants trafiqués dirigé par des survivant-es du trafic d’enfants, prend en charge des victimes de 11 à 24 ans. Presque tous les enfants concernés sont noirs et latinos, et il n’y a pas actuellement dans ce programme de survivant-es du trafic au-dessus de 14 ans. Alors, même si tous les hommes ne se comportent pas ainsi, la minorité d’hommes qui achètent du sexe avec des enfants cause des dommages considérables.

    FS : Vous citez l’exemple de Latesha Clay, une jeune victime du trafic d’enfants. Deux acheteurs de sexe qui s’étaient rendus dans un hôtel pour avoir des rapports sexuels avec elle ont été braqués par ses proxénètes – et elle a été condamnée à 9 ans de prison pour ça. Cyntoia Brown, une autre jeune mineure victime de trafic, est incarcérée jusqu’à l’âge de 67 ans pour avoir tué le « client » qui avait payé pour avoir des rapports sexuels avec elle et qui la brutalisait. Pouvez-vous commenter sur ces affaires, et sur la façon dont le système judiciaire traite comme des criminelles ces jeunes victimes de violences masculines ?

    YV : Les cas de Cyntoia Brown et de Latesha Clay sont tristement banals. Ces deux jeunes femmes sont des cas typiques du pipe-line qui mène les filles des abus sexuels qu’elles subissent à la prison. Toutes les deux ont été punies parce qu’elles étaient victimes au lieu d’être vues et traitées comme des survivantes de violences et d’exploitation sexuelle. Nous disons souvent que c’est ce que #metoo doit faire pour les filles pauvres aux Etats-Unis, parce qu’au lieu de reconnaître leur victimisation, notre système punit ces jeunes femmes et ne dénonce pas la responsabilité de leurs agresseurs. Cette injustice doit cesser. Nous devons reconnaître notre échec collectif à protéger des filles comme Cyntoia de l’exploitation sexuelle, et que c’est cette incapacité sociétale à les protéger qui les a forcées à prendre en main elles-mêmes leur sécurité et leur protection.

    #racisme #sexisme #misogynoir #viol #prostitution #pedoviol #prison

  • UNPROTECTED
    An acclaimed American charity said it was saving some of the world’s most vulnerable girls from sexual exploitation. But from the very beginning, girls were being raped.
    https://features.propublica.org/liberia/unprotected-more-than-me-katie-meyler-liberia-sexual-exploitati

    She was a dervish of hugs, laughter, even tears. Her name was Katie Meyler. It was her 31st birthday and, she would later say, the best day of her life. The More Than Me Academy was opening.

    The building had been a war-ruined shell people used as a toilet, festering so long a tree had grown through its walls. Now, with the Liberian president having given Meyler free use, it shone, improbably rebuilt into a school. A slogan ran step by step up a staircase: “I – promise – to – make – my – dream – come – true.” A sense of possibility infused the day, for Liberia and for the girls whose lives Meyler was transforming.

    In matching neckerchiefs, some sang, some danced. One, 15 years old but betraying no nerves, gave a speech: “There is a saying in Liberia. Nothing good can ever come out of West Point.” Their home was an infamous sandy limb protruding from the city out into the sea, where over 70,000 of the world’s poorest people lived in a labyrinth of zinc-topped houses. The girl spoke of friends her age with multiple babies, friends forced to sell their bodies. “I could have been one of these girls, but I am not. I am not, because More Than Me believed in me.”

    Meyler wanted to save these girls from sexual exploitation. She wanted to educate them, empower them, keep them safe. That’s why she had founded a charity called More Than Me. When the Liberian president, who had won a Nobel Peace Prize for her fight for women’s safety, was asked that day what she wanted from those keen to help her country, she answered, “To expand Katie Meyler’s initiative to as many communities as possible.”

  • Sinéad O’Connor fut parmi les premières à oser dénoncer la pédophilie dans l’Église catholique | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/166118/pedophilie-eglise-catholique-excuses-sinead-oconnor

    Dix ans avant que l’Amérique ne découvre l’horreur des scandales pédophiles au sein de son Église Catholique, elle humiliait la chanteuse et ruinait sa carrière pour avoir voulu les dénoncer.

    #catholicisme #culture_du_viol #misogynie #Magdalene_laundry #pedoviol #déni

  • L’excommunication qui choque le Brésil - 2009
    http://www.liberation.fr/planete/2009/03/11/l-excommunication-qui-choque-le-bresil_544161

    Le docteur Rivaldo Mendes de Albuquerque ne parvient pas à cacher sa « tristesse ». Ce fervent catholique, qui a coutume d’aller à la messe tous les dimanches, est l’un des médecins qui ont été excommuniés jeudi dernier par l’archevêque de Recife (Etat de Pernambouc, dans le nord-est du Brésil), Mgr José Cardoso Sobrinho, pour avoir fait avorter une fillette de 9 ans violée par son beau-père. Une affaire qui révolte et abasourdit les Brésiliens. « J’ai pitié de notre archevêque parce qu’il n’a pas réussi à avoir de la miséricorde face à la souffrance de cette enfant », a déclaré le médecin. Frêle - 1, 33 mètre pour 36 kilos -, mal nourrie et anémique, la victime, dont l’identité n’a pas été révélée, portait des jumeaux. L’équipe médicale qui a procédé à l’IVG a expliqué que celle-ci était d’autant plus inévitable que la fillette risquait de succomber à la grossesse, entrée dans sa quinzième semaine. En voyant son ventre protubérant, sa mère, qui ignorait tout du comportement de son époux, a d’abord cru à un abcès vermineux…

    Verrous. Mère et fille ont quitté leur ville d’Alagoinhas, dans l’arrière-pays de Recife, et vivent dans un lieu maintenu secret.

    Le beau-père, un ouvrier agricole de 23 ans, est lui sous les verrous après avoir avoué qu’il abusait de l’enfant depuis qu’elle a 6 ans, ainsi que de sa sœur aînée de 14 ans, de surcroît handicapée. La famille est issue d’un milieu pauvre où l’avortement est particulièrement mal vu. Aidée par des activistes, sa mère a fait face aux pressions de son entourage et notamment du père biologique de la gamine, un évangéliste, qui ne voulait pas entendre parler d’IVG. Pour avoir autorisé la démarche, elle a également été excommuniée. L’IVG est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. L’avortement était donc parfaitement légal.

    « La loi de Dieu est au-dessus de celle des hommes et la fin ne justifie pas les moyens : deux innocents sont morts », martèle Mgr Sobrinho, un ultra-conservateur qui avait tenté, l’an dernier, de faire interdire la distribution par le gouvernement de la pilule du lendemain dans le Pernambouc. L’ecclésiastique persiste et signe. Quand on lui a demandé pourquoi il n’a pas puni le beau-père, il a déclaré : « Le viol est un péché moins grave que l’avortement » … Et il a enjoint au président Lula de réviser la doctrine de l’Eglise après que ce dernier a affirmé qu’« il n’était pas possible de permettre qu’une gamine violée garde [ses enfants] d’autant qu’elle risquait de mourir ». Comme Lula, de nombreux catholiques brésiliens dénoncent l’« obscurantisme » et la « cruauté » de l’Eglise. D’autant que le Vatican, par la voix du cardinal Giovanni Battista Re, président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, a défendu cette excommunication collective au nom du « droit à la vie ».« C’est un cas triste mais le vrai problème, c’est que les jumeaux conçus […] ne pouvaient être éliminés », a déclaré le cardinal au quotidien italien La Stampa.

    Hommage.« A partir d’aujourd’hui, je cesse d’être catholique ! » écrit une lectrice de la Folha de São Paulo, qui se dit « écœurée et indignée ». Une autre se demande pourquoi les prêtres pédophiles, eux, n’ont pas été excommuniés… La Folha accuse l’Eglise d’exercer une « pression indue alors que le domaine de l’avortement est du ressort exclusif de l’Etat ». Pour le principal journal du Brésil, qui rappelle que plus de 3 000 IVG ont été légalement réalisées dans les hôpitaux publics l’an dernier, c’est surtout la médiatisation de cet incroyable fait divers qui a poussé Mgr Sobrinho à une décision aussi radicale. « Il a encore aggravé la violence subie par la victime alors que des prêtres brésiliens pardonnent l’avortement aux femmes qui viennent le confesser », renchérit Yury Puello Orozco, de l’ONG Femmes catholiques pour le droit de décider, favorable à l’IVG. L’opinion est d’autant plus choquée que ce cas est loin d’être isolé. Selon une étude menée l’an dernier dans un hôpital de São Paulo, 76 % des victimes de sévices sexuels avaient moins de 17 ans et près de la moitié, moins de 12 ans… Ces sévices sont généralement commis par quelqu’un de leur entourage : beau-père, père, grand-père, oncle ou voisin… « Souvent, les victimes ne savent même pas que la loi autorise l’avortement en cas de viol et bien des médecins se gardent de leur en parler, par conviction ou par crainte de représailles », dénonce Orozco.

    Olimpio Moraes, le chef de l’équipe qui a procédé à l’IVG, en sait quelque chose. C’est la deuxième fois que Mgr Sobrinho l’excommunie : le prélat ne lui avait pas pardonné non plus sa défense de la pilule du lendemain. « Je ne donne pas mon avis sur la religion et je m’attends à ce que les religieux ne donnent pas non plus le leur sur la médecine », a lancé le Dr Moraes, après avoir été chaudement applaudi à Brasília, avant-hier. Le ministre de la Santé, José Gomes Temporão, a rendu hommage à son équipe qui a « sauvé la vie d’une enfant ». L’affaire devrait permettre de « faire mûrir dans la société l’idée que l’avortement est une question de santé publique », a espéré Temporão. Le ministre est favorable à la dépénalisation totale de l’IVG, contrairement à l’écrasante majorité de ses compatriotes, encore très imprégnés des préceptes de la religion. Au Brésil, les IVG clandestines - près d’un million par an - sont la quatrième cause de mortalité maternelle.

    Ca date de 2009 mais c’est pour rappeler le sort que l’eglise catho réserve aux enfants et femmes victime de viol alors que le pape ne cesse de faire de grandes déclarations creuses.
    #catholicisme #IVG #culture_du_viol #pedoviol

  • « 300 prêtres pédophiles auraient fait près de 1000 victimes aux Etats-Unis | « Singulier masculin
    https://singuliermasculin.wordpress.com/2018/08/15/300-pretres-pedophiles-auraient-fait-pres-de-1000-victi

    C’est un titre de ce 14 aout 2018. Il faut lire l’article pour comprendre que cette information concerne la seule Pennsylvanie.

    Mais réfléchissons deux minutes, avec Wikipédia. La Pennsylvanie est un état très peuplé pour les USA, mais qui ne réunit que 12.700.000 habitants en 2013. C’est un état très industrialisé et frappé par la crise : sa population a dû s’accroître encore mais pas de beaucoup, on va tabler sur 14.000.000.

    Et cet État comprend 25 % de Catholiques, soit 3.500.000 habitants. Soit le territoire d’une région française ou belge. 300 prêtres, c’est sans doute à peu près un prêtre par canton français, un prêtre par commune wallonne (en Belgique). Bien sûr, c’est un calcul « à la grosse cuiller ».

    Si on voulait extrapoler ces chiffres d’un État à la totalité des USA, s, la proportion de catholiques étant comparable dans les USA, il faudrait multiplier les nombres par 20 ou 25 et titrer : 6.000 prêtres pédophiles et 20.000 enfants victimes.

    (Il faut souligner que les faits de ce genre ne sont apparus qu’au compte-goutte en France ; et qu’ils ont été plus étudiés en Belgique (commission parlementaire d’enquête ou d’un statut proche de cela), mais n’ont débouché que sur des mesures limitées d’écoute et de dédommagement… collectif).

    On nous dit que la quasi totalité des crimes pédophiles commis est prescrite (seuls deux prêtres sont poursuivis pour des faits commis en 2010). Ils ont profité d’une large protection de leur hiérarchie. Mais le rapport d’enquête conclut seulement à des renforcements de la loi, pour réduire la prescription et les arrangements visant à acheter le silence.

    Au fond, on se trouve devant une culture du silence, de l’Omerta et de l’impunité sur des violences masculines, qui est comparable à la culture du viol. Ce viol des enfants par des éducateurs devrait spécialement nous révulser. Mais la protection de la sacro-sainte institution religieuse a été assurée par les institutions et par les médias aux mains des hommes. Si j’écoute ce qui se raconte ici aux villages, ce sont les familles qui ont pris des mesures de protection individuelle, en avertissant les enfants, en les retirant d’un organisme scolaire ou de « catéchisme ».

    Et le titre généraliste de l’article (dépêche reprise par touts les journaux) fait partie de cette banalisation. Ainsi que l’absence d’interrogation journalistique. A la limite, c’est parce que l’Église Catholique est minoritaire aux USA que les procédures d’enquête y reçoivent plus de retentissement.

    Il est frappant qu’aucun État n’ait envisagé une mesure de répression collective. Si cette organisation était considérée une secte, tous ses dirigeants seraient en prison et lourdement condamnés. On n’accepterait pas leurs protestations d’ignorance des faits. Ici, c’est le contraire. On a fait confiance à des enquêtes « internes » des tribunaux ecclésiastiques et les hiérarchies et les institutions ont évidemment été protégées. La collusion entre tribunaux du Roy et tribunaux ecclésiastiques étaient l’habitude au Moyen-Age (la femme déviante était convaincue de sorcellerie par les ecclésiastiques puis condamnée et exécutée par les forces publiques). Le respect de l’Église passe encore avant celui des femmes et des enfants.

    #viol #catholicisme #culture_du_viol #pédoviol #fraternité

  • Un prêtre pédophile a été recommandé par son diocèse pour un job à DisneyWorld | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/166052/un-pretre-pedophile-ete-recommande-par-son-diocese-pour-un-job-disneyworld

    Le procureur de l’État de Pennsylvanie aux États-Unis vient de publier un rapport de 884 pages sur la façon dont la hiérarchie de six diocèses catholiques a couvert plus de trois cent prêtres coupables d’agressions sexuelles et viols sur enfants. Parmi ces nombreuses histoires, plusieurs médias ont raconté l’absurde trajectoire d’Edward Ganster, un prêtre accusé d’abus sexuels qui avait malgré tout reçu une lettre de recommendation de la part de ses supérieurs pour travailler dans un parc d’attraction.

    Au début des années 1970, une mère s’était plainte au diocèse : Ganster aurait agressé sexuellement son fils de 13 ans lors d’un voyage. Le prêtre a alors été transféré dans une autre paroisse et lorsqu’il a voulu quitter la soutane pour se marier en 1990, il a demandé une lettre de recommandation pour pouvoir travailler à DisneyWorld en Floride.

    Selon le rapport du procureur, un de ses supérieurs lui a écrit ce message :

    « Je suis sûr que le diocèse pourra vous donner une référence positive en ce qui concerne vos années de travail ici en tant que prêtre. »

    Ganster a alors travaillé pendant des années à DisneyWorld en tant que conducteur de train, et après son départ du diocèse, il fut de nouveau accusé d’agressions sexuelles. En 2002, un ancien enfant de choeur a évoqué des attouchements, des coups et des violences quand il avait 14 ans, et une mère a contacté le diocèse pour dire qu’il avait abusé sexuellement de son fils de douze ans.

    « Bien qu’ils aient reçu deux plaintes et procuré du soutien psychologique à une des victimes, le diocèse n’a pas contacté le bureau du procureur de Northampton County avant 2007 », précise l’enquête.

    Ganster est décédé en 2014 à l’âge de 74 ans. Comme l’immense majorité des prêtres mentionnés dans le rapport, il n’aura donc jamais été inquiété par la justice.

    Dans presque chaque cas, les agressions sexuelles et viols sont prescrits : sur les plus de 300 prêtres cités, seuls deux vont être poursuivis.

    Les auteurs du rapport ont ainsi résumé la situation : « Les prêtres ont violé des petits garçons et des petites filles et les hommes de Dieu qui devaient les protéger n’ont non seulement rien fait ; ils ont tout caché. »

    Les enquêteurs ont recensé plus de mille victimes mais estiment que comme beaucoup sont restés silencieux, il y en a probablement eu beaucoup plus.

    La lettre de recommandation dont il est question ici, c’est pas seulement de la dissimulation comme le disent les auteur (·es ?) du rapport : c’est de la complicité active, le diocèse organise des viols en série en toute conscience aussi bien dans ses églises, écoles que chez Disney. Le catholicisme n’est pas une religion, c’est une organisation pédocriminelle internationale ( car si les curées ont violés autant en Pennsylvanie, j’ose pas imaginé ce qui reste dissimulé pour l’Amérique du sud, l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et là nous ne parlons que des viols d’enfants, les viols de religieuses, séminaristes ne sont même pas évoqués).

    #catholicisme #viol #pédoviol #culture_du_viol #mafia #criminalité_organisée

  • Migrants : des enfants obligés de se prostituer pour passer la frontière franco-italienne - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2018/07/29/migrants-des-enfants-obligees-de-se-prostituer-pour-passer-la-frontiere-fra

    Selon l’ONG Save The Children Italia, au moins 160 petites filles ont été exploitées sexuellement alors qu’elles tentaient de passer en France depuis janvier 2017.

    « Inacceptable » : c’est ainsi que Raffaela Milano, la directrice des programmes Italie-Europe de l’ONG Save The Children, qualifie la situation des migrants mineurs bloqués autour de Vintimille et qui cherchent à aller en France.

    Dans son rapport, l’association de protection des enfants affirme que des mineures sont forcées de se prostituer pour payer les passeurs : ces derniers réclament entre 50 et 150 euros pour leur faire traverser en bus la frontière française.

    Ces jeunes migrantes, majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne, sont parfois aussi obligées de vendre leurs corps en échange de nourriture ou d’un abri, précise le rapport de l’ONG, rédigé en italien mais traduit par The Guardian.
    Au moins 160 petites filles exploitées sexuellement

    « Ce sont des filles très jeunes et particulièrement à risque, qui sont parmi le flot invisible de migrants non accompagnés en transit à la frontière nord de l’Italie dans l’espoir de retrouver leurs proches dans d’autres pays européens », détaille Raffaela Milano.

    La situation se serait encore aggravée après le démantèlement en avril du camp de la Roya, près de Vintimille. Forcés de rester dans la clandestinité et de se cacher des autorités, les mineurs sont plus difficiles à repérer et à protéger.

    « Il est intolérable que dans notre pays, enfants et adolescents tombent dans les réseaux d’exploiteurs sans scrupule ». Raffaela Milano.

    Selon l’ONG, plus de 1 900 filles auraient ainsi été exploitées sexuellement entre janvier 2017 et mars 2018. Parmi elles, la présence de 160 enfants est avérée. Les autres auraient soit atteint récemment l’âge de 18 ans, soit se feraient passer pour des adultes.

    #viol #culture_du_viol #pedoviol #masculinité

  • Lolita : c’est pas sa faute à elle ? - Culture / Next
    http://next.liberation.fr/culture/2018/07/20/lolita-c-est-pas-sa-faute-a-elle_1667837

    Lolita : c’est pas sa faute à elle ?
    Par Mathieu Lindon — 20 juillet 2018 à 17:06
    Tous les samedis, « Libération » part à la rencontre de grands tordus de la littérature. Cette semaine, exploration de la personnalité - scandaleuse ? - de la célèbre allumeuse du roman de Vladimir Nabokov.

    L’humour est-il un vice ? En tout cas, l’atmosphère créée par Vladimir Nabokov dans Lolita amène à se poser des questions inattendues : est-ce une perversion d’être une adolescente ? Et d’être (ou de ne pas être) un Américain ? Et d’être un écrivain ? Dans un texte de 1957 intitulé A propos d’un livre intitulé « Lolita » et qui accompagne désormais le roman paru deux ans plus tôt, Nabokov se défend de manière joyeusement dépravée de toute dépravation. « Certes, il est tout à fait vrai que mon roman contient diverses allusions aux pulsions physiologiques d’un pervers. Mais, après tout, nous ne sommes pas des enfants, ni des délinquants juvéniles analphabètes, encore moins ces élèves de public schools anglaises qui, après une nuit de frasques homosexuelles, se voient paradoxalement contraints de lire les Anciens dans des versions expurgées. »

    Et Lolita non plus n’est pas vraiment une enfant, puisque c’est une adolescente. Avec une hypocrisie exquise, Nabokov prétend que le seul reproche qui le touche envers son roman est celui d’« antiaméricanisme » alors que la critique de son pays de résidence est une évidence de chaque ligne. Chacun sa stratégie. « Quant à moi, j’étais aussi naïf que peut l’être un pervers », prétend Humbert Humbert, narrateur dont on ne peut pas prendre la moindre phrase pour argent comptant mais dont le déroulé de Lolita prouvera malheureusement pour lui la relative vérité de celle-ci.
    « LE MOT JUSTE EST INCESTE »

    Qu’est-ce qui rend Lolita si perverse ? C’est si mal habiter la place de victime. Ce « petit démon fatal », ainsi que Humbert Humbert définit la « nymphette », serait une allumeuse à qui la vulgarité offrirait un charme supplémentaire. Voici un des exemples de la candeur du pervers : il croit détourner une mineure et c’est elle qui détourne un majeur après l’autre. La nymphette est double, un être diabolique dont le chasseur est persuadé de l’innocence. C’est aussi une « vilaine petite garce » quand elle refuse d’aller jusqu’au bout des volontés de son maître autoproclamé. Dans ces conditions, quoi de plus légitime pour Humbert Humbert, du moins à ses propres yeux vicieux, que de recourir au chantage et aux « gratifications financières » ? Il n’arriverait à rien sinon.

    Pour qui s’est éveillé aux charmes des nymphettes, il n’y a plus de choix sur cette Terre. « Le plus terne de mes rêves pollutifs était mille fois plus éblouissant que tous les adultères que pourraient imaginer l’écrivain de génie le plus viril ou l’impuissant le plus talentueux. » Humbert Humbert, en tant que criminel sexuel, est en phase avec l’opinion publique qui juge sévèrement cette race de prévenus : la récidive viendra forcément (sur l’âge du consentement - il est vrai qu’il donne à ces mots un sens plus passif qu’actif -, on le trouve en revanche en farouche opposition avec les partisans de son rehaussement). Que pèse « cette chose fade et pitoyable : une belle femme » face à sa fille ? Le problème moral, selon ce narrateur dont le caractère pervers éclate aux yeux de tous les lecteurs (et a fortiori de toutes les lectrices), est que, dans ce chantage qu’il met si difficilement en place, Lolita, pourtant mentalement « horriblement conventionnelle », tire son épingle du jeu. Pas autant qu’elle le souhaiterait, mais enfin, si elle cède, c’est que c’est ce qui lui est le plus bénéfique.

    Après la mort de sa mère, la perspective de passer sa jeunesse en maison de redressement si elle est trop peu réceptive a tout pour lui fermer la bouche et lui détendre les cuisses. Quand Humbert Humbert a du mal à définir décemment leur relation à tous deux, Lolita l’interrompt : « Le mot juste est inceste. » Or on n’est plus à l’époque de Phèdre et d’Hippolyte, le violeur présumé pourrait arguer qu’aucun lien du sang ne les relie. D’autant qu’il n’a jamais pu profiter de la virginité de la gamine, malgré qu’il en ait, il est venu trop tard dans un monde trop vieux. Et puis quand l’adolescente le quitte, c’est pour un autre homme qui aurait toujours l’âge d’être son père. Si ce n’est pas de la perversion, ça : s’il s’agit de se mettre illégalement en couple avec un adulte, pourquoi un autre que lui ?

    Voilà ce qui, pour Humbert Humbert, est impardonnable chez Lolita : elle n’a été sensible au vice avec lui ni dans un sens ni dans l’autre, ni excitée ni scandalisée. Lorsque, la nymphette devenue femme et mère, la vérité de la relation apparaît enfin, c’est le comble de l’humiliation pour le séducteur pervers. « Dans ses yeux d’un gris délavé curieusement habillés de lunettes, notre misérable idylle se refléta un instant, fut méditée et écartée comme une surprise-partie terne, un pique-nique pluvieux auquel seuls étaient venus les raseurs les plus assommants, comme un pensum, comme une légère pellicule de boue séchée recouvrant son enfance. » Violée par un emmerdeur, quelle humiliation aussi pour une perverse adolescente à qui il est devenu évident « que la plus misérable des vies de famille était préférable à cette parodie d’inceste ».
    STRATÉGIE PLEINE DE VICE

    Rappelons que le roman se présente comme un document, le plaidoyer écrit par Humbert Humbert pour son procès (qui n’aura pas lieu pour cause d’infarctus du myocarde) étant censément reçu par un psychiatre qui s’en explique dans un « avant-propos » de fiction. Ce qu’avançait pour sa défense le pédophile jaloux devenu assassin relevait d’une stratégie juridiquement contestable, pleine de vice, et pas seulement envers la procédure. « Mesdames et Messieurs les jurés, la majorité des pervers sexuels qui brûlent d’avoir avec une gamine quelque relation physique palpitante capable de les faire gémir de plaisir, sans aller nécessairement jusqu’au coït, sont des individus insignifiants, inadéquats, passifs, timorés, qui demandent seulement à la société de leur permettre de poursuivre leurs activités pratiquement innocentes, prétendument aberrantes, de se livrer en toute intimité à leurs petites perversions sexuelles brûlantes et moites sans que la police et la société leur tombent dessus. Nous ne sommes pas des monstres sexuels ! Nous ne violons pas comme le font ces braves soldats. »

    La vie de ces pervers serait infiniment plus simple si les nymphettes étaient plus ou moins contraintes à l’obéissance. Il ne serait plus question de viols et les pédophiles et la société ne s’en porteraient de concert que mieux. Quant aux gamines… Humbert Humbert est bien obligé de se rendre compte qu’il n’est pour Lolita « ni un petit ami, ni un bel Apollon, ni un copain, pas même un être humain, mais seulement deux yeux et un pied de muscle congestionné ». Dans ces conditions, ce serait un comble qu’elle se plaigne. Il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise.

    La perversion déborde de beaucoup les goûts sexuels d’Humbert Humbert, dont un crime fut peut-être d’avoir connu la vieille Europe, et s’attache à ses raisonnements. Heureusement, la société veille, il ne faudrait pas non plus que Lolita ait le vice de se prendre pour autre chose qu’une petite Américaine de rien. « Tant que l’on ne pourra pas me prouver […] que cela est sans conséquence aucune à très long terme qu’une enfant nord-américaine nommée Dolores Haze ait été privée de son enfance par un maniaque, tant qu’on ne pourra pas le prouver (et si on le peut, alors la vie n’est qu’une farce), je n’entrevois d’autre cure à mon tourment que le palliatif triste et très local de l’art verbal. » Et c’est pourquoi le narrateur écrit sa confession - le docteur Ray débute son avant-propos en disant que le titre initial du document rédigé par Humbert Humbert est « Lolita, ou la Confession d’un veuf de race blanche ». Et c’est pourquoi aussi Vladimir Nabokov, dont la responsabilité saute aux yeux dans toute cette affaire, écrit ce roman, le titre choisi par son personnage renvoyant à ce qu’il évoque dans son A propos de « Lolita » : qu’il y a trois thèmes « tabous » dans la littérature américaine, celui qu’il a traité, « un mariage entre un homme de couleur et une femme blanche qui se révèle être une totale et magnifique réussite et se solde par une ribambelle d’enfants et de petits-enfants ; et l’athée invétéré qui mène une existence heureuse et utile, et meurt dans son sommeil à l’âge de 106 ans ».
    « COPULATION DES CLICHÉS »

    Le vrai scandale de Lolita est de mettre à jour les croyances religieuses, matrimoniales, raciales et financières des Etats-Unis. Et aussi littéraires : il doit être difficile de pardonner à Vladimir Nabokov, toujours dans A propos de « Lolita », d’assassiner le roman policier, « un genre où, si l’on n’y prend garde, le lecteur risque de découvrir avec écœurement que le vrai meurtrier est l’originalité artistique », et de sodomiser sans précaution les textes pornographiques, où « l’action doit […] être limitée à la copulation des clichés ». Et tout cela avec une désinvolture apparente qui ne fait qu’augmenter le caractère destructeur de l’entreprise. D’autant que le narrateur ne se contente pas d’abuser d’une gamine et d’assassiner son amant, à la fin du roman il est prêt à mettre à bas les valeurs les plus essentielles de la patrie de l’automobile : « Maintenant que j’avais violé toutes les lois de l’humanité, je pouvais aussi bien ne pas tenir compte du code de la route. »

    #lolita #culture_du_viol #pedoviol #fraternité

  • Pédophilie : tous les évêques chiliens remettent leur démission au pape
    http://www.lemonde.fr/international/article/2018/05/18/pedophilie-dans-un-document-incendiaire-le-pape-reconnait-une-faillite-colle

    Tous les évêques chiliens ont remis, vendredi 18 mai, leur démission au pape. Mardi 15 mai, convoqués à Rome, ils s’étaient vu remettre par le pontife argentin un texte de dix pages dans lequel celui-ci avait écrit noir sur blanc : depuis des années, l’Eglise catholique chilienne abrite « de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuels ».

    « Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous », indique une déclaration lue devant la presse par deux porte-paroles de la Conférence épiscopale chilienne. Le pape doit à présent décider de sanctions nominatives après cette démission collective sans précédent depuis deux siècles.

    Le texte glaçant, dont le contenu a été révélé jeudi par la télévision chilienne T13, s’appuie sur des faits rassemblés dans un rapport (non publié) de 2 300 pages rédigé par les deux enquêteurs que le pape a dépêchés auprès des victimes d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir commis au sein de l’Eglise chilienne.

    Le document dénonce ainsi « l’existence de gravissimes négligences dans la protection des enfants vulnérables de la part d’évêques et de supérieurs religieux ». On peut aussi lire dans ce document que des religieux expulsés de leur ordre pour des « comportements immoraux » ont été accueillis dans d’autres diocèses avec des charges comportant « un contact quotidien et direct avec des mineurs ».
    Des plaintes ont par ailleurs été hâtivement jugées « invraisemblables » alors qu’elles étaient « de graves indices d’un délit effectif ». D’autres ont même été classées sans la moindre enquête. Des pressions ont été exercées sur des enquêteurs et des « documents compromettants » ont été détruits.

    Par ailleurs, révèle le document, des évêques ou des supérieurs d’ordre religieux auraient confié la direction de séminaires ou de noviciats à « des prêtres soupçonnés d’homosexualité active », en violation des règles ecclésiastiques.

    Pendant trois jours, de mardi à jeudi, le pape a rencontré à huis clos ces 34 évêques pour quatre séances de prise de conscience de la réalité des faits.

    « Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous, indique une déclaration lue devant la presse. Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises ».

    « Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’elles ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale, ajoutent-ils. Nous implorons leur pardon et leur aide pour continuer à avancer sur le chemin de la guérison des blessures, pour qu’elles puissent se cicatriser ».

    Lire aussi : Pédophilie : le pape reconnaît des dérives au sein de l’épiscopat chilien
    Cas d’abus dans des écoles catholiques

    A ce stade, on ignore si le pape va accepter ces démissions, ou certaines d’entre elles. Il apparaît en tout cas aujourd’hui clairement que le problème dépasse de loin le seul cas, pourtant déjà gravissime, de Fernando Karadima, ce charismatique prêtre de Santiago qui a formé de nombreux prêtres et plusieurs évêques et a été condamné par l’Eglise elle-même pour des agressions sexuelles commises pendant des années, par lui et autour de lui.

    Ces dernières années, plusieurs cas d’abus dans des écoles catholiques sont apparus au grand jour. Dans ce texte, le pape qualifie de « nombreux » ces abus. Il décrit en réalité une véritable faillite collective de cette Eglise. « Nous sommes tous impliqués, moi le premier », affirme François.

    Pendant plusieurs années, le pape a en effet refusé d’entendre certaines anciennes victimes de Fernando Karadima, qui accusaient notamment l’évêque Juan Barros, l’un de ses proches, d’avoir couvert les agissements de l’ecclésiastique. François avait même accusé de « calomnie » ceux qui lui demandaient de revenir sur la nomination de Mgr Barros dans le diocèse d’Osorno. Il a ensuite affirmé n’avoir pas été informé exactement par les victimes, alors même qu’une lettre de l’une d’entre elles lui a été remise dès 2015.

    Lire aussi : La visite du pape au Chili entachée par les affaires de pédophilie

    Dans le texte transmis à l’épiscopat chilien, le pontife rappelle que par le passé, l’Eglise chilienne a eu le « courage » de s’engager et de prendre des risques pour défendre ses ouailles. Il oppose cette attitude à celle de l’Eglise d’aujourd’hui, qui a entre-temps été « transformée en son centre » : « La douloureuse et honteuse constatation des abus sexuels sur mineurs, des abus de pouvoir et de conscience de la part de ministres de l’Eglise ainsi que la manière dont ces situations ont été abordées met en évidence ce changement de centre ecclésial. »
    « Quelque chose, dans le corps ecclésial, est malade »

    Il décrit une Eglise passée du service des autres à une institution gangrenée par des individus et des groupes qui ont prétendu « s’ériger comme unique interprète de la volonté de Dieu ». Cette « psychologie d’élite », affirme le pape François, a fini par constituer des « cercles fermés qui débouchent sur des spiritualités narcissiques et autoritaires » pour lesquelles « l’important, c’est de se sentir spécial, différent des autres ». « Quelque chose, dans le corps ecclésial, est malade », résume François, qui parle aussi de « perversion » ecclésiale.
    « Promouvoir une culture anti-abus »

    Pour sortir de cette dérive collective, il préconise d’ouvrir l’institution et de travailler avec « différentes instances de la société civile pour promouvoir une culture anti-abus ». Il insiste sur le fait qu’à ses yeux, de simples changements de personnes (c’est-à-dire d’évêques) ne suffiront pas à résoudre des problèmes aussi profondément ancrés et structurels. « Cela, il faut le faire, écrit le pape, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin. Il serait irresponsable de notre part de ne pas creuser pour trouver les racines et les structures qui ont permis que ces événements se produisent et se perpétuent. »

    Se contenter de changer des hommes, explique-t-il, donnerait l’illusion d’avoir réglé les problèmes alors que ceux-ci perdureraient. Pour que « plus jamais ils ne viennent à se répéter », conclut François, il faut considérer le problème comme « celui de tous et pas seulement comme celui de certains ».

    Autrement dit, les évêques chiliens auraient une responsabilité collective dans ces dérives et aucun ne saurait s’en exonérer. Reste maintenant au pape à dévoiler les réformes « de court, de moyen et de long terme » promises aux victimes de ces nombreuses dérives.

    Lire aussi : La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie

    Jeudi, deux représentants de l’épiscopat chilien ont lu une déclaration et refusé de répondre aux questions. « Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises », ont néanmoins déclaré les évêques.

    « Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’ils ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale », ont-ils ajouté.

    La veille, l’un d’eux, le cardinal Javier Errazuriz, membre d’une puissante commission de neuf cardinaux (C9) chargée de conseiller le pape sur les réformes de la Curie, avait encore accusé les victimes de « calomnies », dans un entretien à la chaîne de télévision T13.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2018/05/18/pedophilie-dans-un-document-incendiaire-le-pape-reconnait-une-faillite-colle

    #catholicisme #criminalité_organisée #pedoviol #mafia #homophobie #violophilie

    • C’est la faux-culsserie habituelle. Ces misogynes utilisent encore l’homophobie pour justifier leur pedoviols. Que vien faire la mention de "Par ailleurs, révèle le document, des évêques ou des supérieurs d’ordre religieux auraient confié la direction de séminaires ou de noviciats à « des prêtres soupçonnés d’homosexualité active », en violation des règles ecclésiastiques."
      Honte aux cathos qui ne demissionnent pas.

  • Soupçons d’abus sexuels dans une communauté catholique traditionaliste du Pas-de-Calais
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/05/03/soupcons-d-abus-sexuels-dans-une-communaute-catholique-traditionaliste-du-pa

    Plusieurs informations judiciaires sont ouvertes pour des soupçons d’abus sexuels et de maltraitance à la communauté catholique traditionaliste de Riaumont, à Liévin (Pas-de-Calais), a-t-on appris jeudi 3 mai auprès du parquet de Béthune.

    Depuis 2013 et une première plainte pour viol, plus de 200 témoins et victimes ont été auditionnés par la police « du Vietnam au Canada, en passant par la France », selon Le Point, qui a révélé l’information mercredi. L’hebdomadaire a recueilli « plusieurs témoignages concordants » faisant état de faits de maltraitance et de violences sexuelles sur mineurs. Certains, datant des années 1970, sont aujourd’hui prescrits. Toujours selon Le Point, le père Alain H. aurait déjà été mis en examen en mai 2017 et placé sous contrôle judiciaire. D’autres « anciens encadrants de Riaumont, devenus prêtres par la suite », auraient été mis en garde à vue ces dernières semaines.
    Scouts traditionalistes

    L’enquête est menée en partie par la section « mineurs » de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), sis en région parisienne.

    La communauté comprend l’école Jean-Bosco, une école libre hors contrat, qui n’est pas agréée par l’éducation nationale, et qui dispense des cours de la 6e à la 3e – conformément au programme d’un cours par correspondance – encadrés par des religieux en tenue traditionnelle. Tenue par les religieux de l’institut Sainte-Croix de Riaumont, la propriété abrite, en outre, un groupe scout autonome traditionaliste, le groupe Saint-Bernard, et un centre de documentation baptisé « laboratoire scout ».

    En 2001, le parquet de Béthune avait ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la mort d’un adolescent de 14 ans, retrouvé pendu dans l’institut. Un non-lieu avait finalement été prononcé.

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