• Ministry of Interior: 229 People Detained Over Coronavirus Posts-English Bianet
    In a statement released by the Ministry of Interior, it has been announced that 229 people have been taken into custody over their social media messages about coronavirus.
    #Covid-19#RSF#Moyen-orient#Pandémie#Exaction#Répression#Libertés#réseauxsociaux#migrant

    https://bianet.org/5/97/222588-ministry-of-interior-229-people-detained-over-coronavirus-posts

  • C’est le moment où le Comité d’éthique du CNRS (COMETS) donne un avis tout à fait clair sur les bidouillages et les effets d’annonce en période de crise sanitaire (mais de qui parlent-ils donc ?)…

    Recherche en temps de crise sanitaire : débats éthiques et respect de l’intégrité scientifique | CNRS
    http://www.cnrs.fr/en/node/4621

    Les questions éthiques que pose la recherche biomédicale peuvent faire débat, tout particulièrement dans le contexte de la crise actuelle. Elles ont été récemment analysées par Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’Université Paris Saclay dans un article intitulé « Recherche biomédicale : quels principes éthiques en temps de pandémie ? » (The Conversation, 27 mars 2020). Nous reprenons ici certains de ses propos.

    – Le recours à un traitement non validé en période de crise sanitaire pose des questions d’éthique 
    – Il y a un devoir moral de mettre en œuvre des essais rigoureux et à respecter les critères internationaux de bonne pratique des essais cliniques
    – L’éthique de la recherche en situation de pandémie est une éthique de la responsabilité, de la rigueur, mais aussi de la prudence. Son cadre d’exercice est inspiré par des valeurs d’humanité, de préservation de la dignité, du respect de la personne, d’intégrité et de loyauté
    – La transparence sur tous les aspects des soins, le consentement éclairé, la liberté de choix, la confidentialité, le respect de la personne, la préservation de la dignité » mais aussi, afin d’évaluer les effets du traitement, l’« obligation morale de collecter et de partager toutes les données générées, y compris à partir de traitements fournis pour un “usage compassionnel” (accès à un médicament non approuvé en dehors d’un essai clinique) ».
    – Les promesses de la recherche, dans un contexte où l’on en espère tant, sont d’une importance telle qu’il nous faut ne pas les trahir. Il est nécessaire de les préserver des polémiques, car celles-ci risquent de susciter, au-delà d’une défiance qui déjà menace notre cohésion nationale, une difficulté à développer des stratégies médicales dans un contexte favorable aux meilleures avancées.

    Nous faisons nôtres ces remarques de bon sens qui expriment très clairement les principes essentiels d’éthique en situation de pandémie

  • #Coronavirus #Covid-19 : Entretien avec France Meslé - Sciences et Avenir
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/france-mesle-face-a-l-urgence-et-a-la-demande-d-informations-nous-a

    4/4/2020

    Considérez-vous que les données fournies par la #Chine sur les victimes de la #pandémie sont transparentes ?

    Il est difficile d’obtenir des #statistiques totalement fiables en Chine. Les chiffres fournis sont à rapporter à la province du Hubei (58 millions d’habitants), ce qui correspond en termes de population plus ou moins à la France. A ce titre, les chiffres officiels de mortalité (2535 décès au 30 mars 2020) semblent peu importants. Mais ils sont à comparer à ceux d’autres pays asiatiques comme la Corée du Sud ou le Japon où un meilleur contrôle a été établi alors que l’épidémie était encore à un stade précoce. Les mesures drastiques prises en Chine ont donc pu avoir un effet. Il me semble cependant que ce bilan chinois est sous-estimé sans que je puisse dire pour l’heure dans quelles proportions.

    #sars-cov2

  • Coronavirus revives Gaza’s sewing sector as tailors turn out PPE
    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/04/gaza-sewing-factory-masks-coronavirus-export-israel.html

    La #pandémie du #Covid-19 n’a pas de frontières Des sociétés israéliennes commandent des masques à #Gaza... (Je suis plus critique que l’article du Monitor...) #palestine

    Gaza clothing manufacturers have ventured into the production of personal protective equipment (PPE) amid the coronavirus outbreak in the region — and they’re making the products for Israel.

    Tailors in Gaza are working with Israeli companies and factories started to export protective masks, coveralls, shoes, gloves and other clothing to Israel in early March.

    The garment sector used to be one of the most prosperous in the Gaza Strip, but business significantly deteriorated after Israel imposed a blockade in 2007 and prevented clothing exports from Gaza. Nearly 90% of the 928 facilities, which had employed about 35,000 workers, had to close, said Abdel Naser Awwad, director general of the Department of Industry at the Ministry of National Economy in Gaza.

    Last year, Israel allowed Gaza to export limited quantities of clothing and textiles to the West Bank and Israel, in accordance with truce understandings between Hamas and Israel reached that March. As a result, about 6,000 workers regained their factory jobs. “The number of licensed factories operating [in Gaza] has currently reached 165," Awwad told Al-Monitor.

    These factories, which are advanced and can compete in global markets, immediately responded to the region’s PPE needs, he said.

    Awwad said Israeli companies are subcontracting work directly to two main Gaza factories run by Unipal 2000 and National Textile Industries Co. These two major manufacturers distribute orders to smaller factories based on delivery deadlines, helping revive some inactive businesses.

  • [Radio PANdemIK] Radio PANdemIK #16
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-pandemik/radio-pandemik-16

    PANdemIK #16

    Panik se décuple et se propage en Pandémik infectieuse des oreilles les plus sourdes. Volatile, imprévisible, elle s’attrape à horaires variables, pour une durée brève ou indéterminée et jusque mort s’ensuive.

    Aujourd’hui :

    Jingle – MAGDA

    Laure - Extrait Parlement Belge et actualités.

    Interlude musicale - René Binamé « La vie s’écoule ».

    Laure – Natacha nous lit son texte paru sur le site de son collectif « petites singularités ».

    Le répondeur

    Field recording Tim Perry - The Sound Tracker - Pipestone Canyon preview

    Emilie - le collectif "VICTOIRE POUR LA SANTÉ une initiative des habitant·e·s de la rue de la Victoire à Saint-Gilles pour la journée mondiale de la Santé. Cette initiative a été imaginée pour répondre à la campagne "Notre santé n’est pas à vendre" du collectif de soignant·e·s LA SANTÉ (...)

    #pandemie
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-pandemik/radio-pandemik-16_08637__1.mp3

  • Turkey sends reinforcements to Syria despite coronavirus outbreak- Al Madar News
    Turkey has sent more military reinforcements to Syria’s Idlib Governorate this week, despite the Ministry of Defense’s claim that they were reducing troops in the country because of the coronavirus outbreak.
    #Covid19#Turquie#Syrie#Idlib#guerre#pandémie#migrant#migration#armée

    https://www.almasdarnews.com/article/turkey-sends-reinforcements-to-syria-despite-coronavirus-outbreak

  • Une corona et deux morts subites

    Louis

    http://en-finir-avec-ce-monde.over-blog.com/2020/04/une-corona-et-deux-morts-subites.html

    https://lavoiedujaguar.net/Une-corona-et-deux-morts-subites

    Alors que la grippe de Hongkong est passée totalement inaperçue, ce qui se passe aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, avec le Covid-19 interroge d’autant plus : jamais encore la moitié de la population mondiale n’a été confinée, et jamais encore la production mondiale n’avait été mise quasiment à l’arrêt, le tout en quelques semaines, prenant presque absolument tout le monde de court. Relevons tout de suite que les très rares pays qui étaient préparés à une nouvelle pandémie — Corée, Hongkong, Taïwan… — avaient déjà été malmenés gravement par deux autres pandémies en moins de vingt ans (SRAS de 2003 et MERS de 2015), et qu’ils n’ont évité le présent confinement appliqué ailleurs qu’au prix d’un dépistage médical massif, directement associé à un dépistage néopolicier tout aussi massif à coup de Big Data. (Plus généralement, pourrait-on voir une corrélation au fait que les pays les plus rétifs au confinement sont également ceux qui sont aussi parmi les moins rétifs au néolibéralisme ? — je pose en tout cas la question.)

    Ce qui interroge, c’est donc ce qui pourrait expliquer cette différence de traitement entre ce qui se passe aujourd’hui et la façon dont les pandémies étaient traitées il y a encore quelques décennies. (...)

    #pandémies #Covid-19 #BigData #stratégies #anticipation #échec #crise #État #irresponsabilité #complotisme #résilience

  • Coalition provides $1.2 million in coronavirus equipment to anti-ISIS forces in northeast Syria- Kurdistan 24
    The US-led Coalition against the Islamic State has provided some $1.2 million worth of supplies for prevention efforts in northeast Syria to combat the new coronavirus, formally designated as COVID-19.
    #Covid19#Iraq#Syrie#Aide#économie#pandémie#migrant#migration#DAESH

    https://www.kurdistan24.net/en/news/e379324b-1f60-4ffd-9907-e660698e63aa

  • From landmines to pandemics, on Mine Awareness Day UN chief says milestones reached by ‘working together’ - United Nation News
    “Decades ago, millions of landmines were buried in countries around the globe, and today the world is in the throes of a deadly COVID-19 pandemic, the UN chief said on Saturday, noting that in both situations, the most vulnerable remain at risk.”
    #Covid19#Moyen-Orient#Iraq#Syrie#Déminage#pandémie#migrant#migration

    https://news.un.org/en/story/2020/04/1061102

  • La pandémie COVID-19 – la dimension géographique du phénomène

    Basé sur des messages transmis par des collègues du laboratoire EDYTEM de l’Université de Savoie :

    La diffusion d’une pandémie comporte des aspects éminemment géographiques, qui font appel aux modèles de diffusion, à l’analyse des réseaux, à celle des mobilités, … Elle se prête à la représentation cartographique, et pose à ce titre des problèmes de sémiologie graphique spécifique. La diffusion d’une épidémie est aussi le reflet du fonctionnement d’une société, et à ce titre la rapidité de la diffusion de l’épidémie de COVID-19 dans le monde est évidemment le résultat de la mondialisation. En même temps, cette mondialisation et la diffusion quasi instantanée de l’information permet de suivre en temps réel la propagation de l’épidémie. Les outils de cartographie interactive en temps réel deviennent ainsi un réel outil de gestion de crise.

    Pour ceux qui le souhaitent, on vous invite d’abord à consulter l’excellent article suivant, qui fait la synthèse à la fois historique et actuelle des approches géographiques, et plus généralement graphiques, des épidémies. :
    https://cartonumerique.blogspot.com/2020/01/cartographie-epidemies.html

    Il est régulièrement mis à jour. Vous y verrez comment une analyse de la progression du virus, par les cartes, est riche d’enseignements, mais aussi parfois peut être anxiogène selon la sémiologie retenue. Vous y verrez aussi tout un tas de documents, graphes et courbes, renvoyant aux outils d’#analyse_spatiale.

    Beaucoup de liens et de sites sont listés notamment à la fin de l’article.
    La diffusion d’une pandémie est systémique et elle se prête également à la modélisation. Cette approche cherche à expliquer et comprendre ce système complexe.

    Un site web interactif a été créé par une équipe de chercheurs de différentes disciplines, tous spécialistes de la modélisation des systèmes complexes et désireux de mobiliser leurs compétences pour répondre aux nombreuses interrogations que soulève l’épidémie de COVID-19. L’idée est de permettre à chacun de poser la/les questions qui le travaillent et d’y répondre, aussi rapidement que possible, en mobilisant les connaissances scientifiques sur le sujet mais aussi des outils de visualisation scientifique, de modélisation et de simulation.
    https://covprehension.org

    D’autres ressources :

    Sur la géographie de la #quarantaine et la fameuse courbe que l’on cherche à aplatir :
    https://www.geographyrealm.com/geography-of-quarantines

    Un article sur #mondialisation et #épidémie : il montre l’influence des mégacités et de leur interconnexion dans la diffusion des épidémies. Il a été écrit avant la pandémie actuelle, mais sa pertinence ne s’en trouve que renforcée :
    http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/epidemies-mondialisation.pdf

    N’oublions pas que c’est une #analyse_géographique (par la #cartographie) qui a permis, en 1854, à #John_Snow, médecin britannique, d’identifier la source de l’épidémie de #Choléra à #Londres.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9mie_de_chol%C3%A9ra_de_Broad_Street

    Cette approche géographique est évidemment majeure dans la discipline « #épidémiologie »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie

    Cependant, un article de 2016 met en garde sur « l’épidémie cartographique », à propos du #traitement_cartographique de la crise du virus #Ebola :
    http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/geographie-de-la-sante-espaces-et-societes/geographie-appliquee/tous-cartographes-ebola

    Le site d’ESRI propose des cartographies interactives sur la France, mais aussi sur de nombreux pays :
    https://www.esrifrance.fr/coronavirus-ressources.aspx

    –-> compilation de liens par Philippe Schönheich, reçue par mail, le 06.04.2020

    #géographie #pandémie #épidémie #coronavirus #covid-19 #ressources_pédagogiques #flattening_the_curve

    ping @simplicissimus @fil @reka

  • Pollution, vibrations sismiques : l’impact de la #pandémie sur notre planète
    https://www.courrierinternational.com/article/sciences-pollution-vibrations-sismiques-limpact-de-la-pandemi

    Les satellites qui observent la planète “ont détecté une diminution significative de la concentration d’un polluant atmosphérique commun, le dioxyde d’azote”, rapporte The Atlantic. Ce dernier est émis par les voitures, les camions, les bus ou encore les centrales électriques. Cette diminution de la concentration de dioxyde d’azote a été observée “en Chine et en Europe”, coïncidant avec la mise en place des mesures de distanciation sociale stricte. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que les maladies liées à la pollution de l’air tuent plus de 4 millions de personnes par an.

    #pollution #coronavirus

    • Effectivement, il n’y aura pas d’avenir meilleur et aucune leçons tirées de la pandémie. L’être humain est indécrottable. Quand la pandémie lui montre le cimetière, l’être humain ne voit que son intérêt immédiat, et il est prêt à sacrifier le reste de l’humanité pour un argent qu’il n’emportera même pas dans sa tombe. L’échec de l’être humain, c’est son incapacité à penser collectivement. Quand on lui parle de liberté, il ne pense qu’à la sienne, alors que d’évidence, la liberté est d’abord une contrainte, puisqu’on est jamais libre tout seul. Vivement la fin de l’humanité. La Terre ne s’en portera que mieux.
      #effets_maléfiques #le_jour_d'après #liberté #volonté_improbable

    • « Nous » avons toujours tendance à croire qu’ on a trouvé le remède alors que « nous » sommes nous-mêmes la maladie. Ce « on » indéfinissable qui est porteur de tous les espoirs trahis, dont l’opinion en mode propagande cognitivement biaisée est relayée à l’envi par nos mainates communicants boostés par les algorithmes et la bande passante. La plupart d’entre « nous » n’a qu’une vision à court terme. Normal, parce que nos perspectives ont subconsciemment intégré leurs propres finitudes : une vie, une période d’activité (avant la fameuse « retraite-Bérézina »), ou (pour le mieux) quelques générations d’après (la fameuse descendance générationnelle ou spirituelle – la « postérité » ? ...)
      Partant, il est inévitable que la plupart de nos congénères n’aient pour seul horizon visible que celui de se mettre le cul à l’abri, le leur et celui de leurs proches : famille, employés, concitoyens, administrés, enfin, toutes celles et ceux qu’ils pourront exploiter d’une façon ou d’une autre pour se faire leurs petites couches de gras personnel que ce soit en numéraires, en biens de consommation, en patrimoine, ou même en réputation, laquelle serait le bien « immatériel » suprême, comme une sorte d’aller simple vers une forme d’immortalité.

      La situation que nous vivons me faisait penser l’autre jour à un « trou noir ». Un trou noir dans l’univers serait une concentration de matière tellement dense que rien ne pourrait s’en échapper, même pas la lumière. C’est vous dire.
      Ici, notre « trou-noir » civilisationnel, c’est la concentration d’erreurs, de fausses bonnes idées, de dissonance cognitives, tout ce gros chaudron de merdasse ayant atteint pour l’heure une densité infernale et paroxystique.
      Au bord du trou noir, les astrophysiciens ont défini une sorte de limite indépassable appelée « horizon des évènements ». Au delà de cette limite, tout disparaît, le temps s’abolit, la notion d’espace elle même s’en trouve toute chamboulée et nul ne sait ce qu’il adviendrait d’un vaisseau intergalactique, d’une montre connectée ou d’un camembert qui auraient la folle impudence de franchir cette limite. Bon, vous voyez où je veux en venir ? (Oui, je sais ...)
      Mais si ça peut vous rassurer, le vaisseau qui s’approcherait de ce trou noir aurait déjà subit tellement d’avaries que l’équipage n’aurait pas survécu et ses membres (ces « sombres héros de l’amer ») ne pourraient même pas avoir l’insigne honneur de servir tout chaud leurs beaux récits « d’effondrement » à la « postérité ».

      Quant aux éventuels survivants, ils seraient comme les aristocrates de retour dans leurs châteaux dévastés : ils n’auraient rien oublié, rien appris.

      ... Et du coup, je me demande si je ne vais pas aller mettre mon petit cul (trempé) à l’abri dans un monastère à Shaolin ... (même si, tout comme pour « le web », j’entrave que dalle à la philosophie taoïste).

      #le_jour_d'après (ou pas)

  • De « la guerre contre le virus » à la guerre aux exilé·e·s : les réponses sécuritaires au #Covid-19 exacerbent les violences aux frontières

    Les #hotspots grecs dans lesquels sont entassé·e·s les exilé·e·s sans protection de leurs droits ou de la pandémie exemplifient la précarisation de leurs trajectoires par les politiques sécuritaires des États. Migreurop dénonce les violences infligées aux exilé·e·s exercées au nom de la « guerre contre le virus », l’inégalité de traitement à leur égard face à la pandémie, et demande la fermeture immédiate de tous les espaces de détention pour garantir leur droit à être protégé·e·s.

    Migreurop publie aujourd’hui une vidéo dénonçant l’existence et le fonctionnement des hotspots, ces espaces de tri des personnes migrantes déployés par l’Union européenne (UE) en Italie et en Grèce en 2016. Dans ce dernier pays, ni les relocalisations vers les États membres [1] ni les renvois vers la Turquie en vertu d’un « troc indigne » [2] ne se sont matérialisés à la hauteur des engagements et sont aujourd’hui bloqués. Les hotspots ont ainsi été de facto transformés en prisons à ciel ouvert. Plus de 42 000 personnes migrantes sont actuellement parquées dans 5 hotspots grecs, dont la capacité est de 6 000 places. Celui de Moria, sur l’île de Lesbos, en contient à lui seul 20 000 (pour 2 800 places). A l’intolérable surpopulation, au manque d’infrastructures sanitaires (eau potable, douches, toilettes) et de nourriture, à l’hébergement sous tentes qui se solde chaque année par des morts par hypothermie, aux incendies à répétition, s’ajoute aujourd’hui le Covid-19. Face à cette pandémie, les États demandent à leurs citoyen·ne·s de prendre des mesures pour se protéger, notamment à travers l’auto-confinement, mais les personnes migrantes n’ont pas ce privilège. Le 22 mars 2020, les autorités grecques ont annoncé le confinement forcé des exilé·e·s dans les camps sur le territoire grec, dont les hotspots [3]. Leur surpopulation rend la prévention de la propagation du virus pratiquement impossible, malgré les efforts des exilé·e·s qui s’auto-organisent [4]. Ces mesures les exposent sciemment à un risque grave et imminent de contamination [5].

    La situation dans les camps grecs est emblématique de l’amplification de la violence liée au contrôle des migrant·e·s sous les effets du virus et des politiques sécuritaires visant à contenir sa propagation. Alors que dans ce but les États européens ont limité les mouvements de population tant à l’intérieur que vers l’extérieur de l’UE, ils amalgament la « guerre contre le virus » avec la guerre contre les migrant·e·s illégalisé·e·s qu’ils mènent depuis des années [6]. Le durcissement des politiques de fermeture et la suspension des procédures d’asile dans plusieurs pays européens exacerbent encore la précarisation des trajectoires des personnes migrantes, alors que les raisons qui les poussent à fuir la violence sous toutes ses formes pour chercher protection ne sont pas moins impératives.

    En tentant de traverser la Méditerranée, les exilé·e·s ne peuvent compter sur la présence d’aucun secours puisque les ONG de sauvetage en mer ont été contraintes de cesser leurs activités après la fermeture des ports italiens et les risques liés au virus [7]. Les refoulements sous-traités aux garde-côtes libyens continuent de plus belle, tout comme ceux exécutés par les autorités grecques ou chypriotes [8]. Les actes de violence à l’égard des exilé·e·s se multiplient également tout au long de la route des Balkans [9] et celles et ceux-ci font face à des conditions de précarité extrêmes amplifiées par le virus. Les violences aux frontières sont exacerbées également à l’intérieur du territoire de l’UE : les autorités françaises par exemple continuent de refouler vers l’Italie, alors que ce pays est actuellement l’un des épicentres de la pandémie.

    La fermeture des frontières devient la règle, même pour les populations les plus vulnérables, ce alors même que les expert·e·s remettent en question l’efficacité de ces mesures pour empêcher la propagation du Covid-19 [10], et que des réponses alternatives existent. Le HCR a ainsi appelé les États à ne pas fermer les routes vers l’asile, mais à adopter des « tests de dépistage » lors du passage des frontières [11].

    A l’heure de la pandémie, la logique du « chacun chez soi » domine [12]. Or les politiques de confinement ne peuvent suspendre le droit de fuite saisit par les exilé·e·s face à la violence sous toutes ses formes. Nous dénonçons les violences et les dénis des droits à l’égard des migrant·e·s exercés au nom de la « guerre contre le virus », ainsi que leur inégalité de traitement face à la pandémie. Nous saluons l’initiative du Portugal de régulariser les personnes migrantes pour garantir leurs accès aux soins, et demandons l’extension de cette mesure à travers l’Europe et qu’elle soit rendue permanente [13].

    Migreurop dénonce depuis sa création la politique d’enfermement dans les camps formels et informels et se joint aujourd’hui aux appels demandant la fermeture immédiate des camps grecs surpeuplés [14], ainsi que de tout autre espace de détention de personnes migrantes en Europe et aux frontières de celle-ci. Cette fermeture immédiate et le relogement des exilé·e·s dans des lieux où ils/elles puissent vivre dignement, y compris dans d’autres pays européens si nécessaire, sont les conditions pour qu’ils et elles puissent exercer leurs droits fondamentaux, dont le droit à être protégé·e·s du virus [15].

    Notes :

    [1] AEDH, Fin des relocalisations : pour quel bilan ?, 29 septembre 2017

    [2] Migreurop, UE–Turquie : le cynisme en partage, 18 mars 2020

    [3] Centre légal de Lesbos, Greece : Move Asylum Seekers, Migrants to Safety Immediate Hotspot Decongestion Needed to Address COVID-19, 24 mars 2020

    [4] Stand by me Lesvos, Creation of Corona Awareness Team in Moria Camp, 11 mars 2020

    [5] Médecins sans frontières, COVID-19 : Evacuation of squalid Greek camps more urgent than ever in light of coronavirus pandemic, 18 mars 2020

    [6] Open Democracy, What happens to freedom of movement during a pandemic ?, 24 mars 2020

    [7] la Repubblica, Coronavirus, le Ong fermano le missioni di salvataggio in mare. Migranti senza più soccorsi, 18 mars 2020

    [8] Kisa, 21st March – International Day Against Racism, 21 mars 2020

    [9] le Courrier des Balkans, Réfugiés : la haine se réveille tout au long de la route des Balkans, 22 mars 2020

    [10] Courrier International, Malgré le coronavirus, la France continue de refouler les migrants à Vintimille, 22 mars 2020

    [11] Heidi News, Rony Brauman : « Le coronavirus rappelle que, sans Etat, les plus vulnérables sont écrasés », 8 mars 2020

    [12] Blog Mediapart, Coronavirus : on ferme les frontières !, 15 mars 2020

    [13] News 24, Le Portugal traitera les migrants comme des résidents pendant la crise des coronavirus, 28 mars 2020

    [14] MSF, COVID-19 : Evacuation of squalid Greek camps more urgent than ever in light of coronavirus pandemic, 13 mars 2020 ; Mediapart, Coronavirus : des eurodéputés appellent à évacuer les migrants les plus vulnérables des camps grecs, 23 mars 2020 ; Centre légal de Lesbos, Lettre ouvert de 152 organisations, 25 mars 2020

    [15] Libération, L’inégalité des vies en temps d’épidémie, 18 mars 2020

    https://www.lacimade.org/presse/de-la-guerre-contre-le-virus-a-la-guerre-aux-exile%C2%B7e%C2%B7s-les-repon
    #guerre_aux_migrants #frontières #violence #asile #migrations #réfugiés #coronavirus #Grèce #précarisation #pandémie #épidémie #guerre_contre_le_virus #rétention #détention_administrative #fermeture_des_frontières #droit_de_fuite #confinement #immobilité #communiqué

    ping @thomas_lacroix @luciebacon

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie II
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1009-Premieres-remarques-sur-la-crise

    Voir la première partie : introduction et questions épidémiologiques (…/…) 2 – La question de la réaction sociale La première strate d’analyse ne peut qu’être l’échelle sociale, celle des humains formant société, de leur compréhension de ce qui se passe, de leurs réactions – ou non-réactions –, de leurs peurs, de leurs désirs, de ce qu’ils sont prêts à faire pour ce qu’ils veulent, de la manière dont cette crise fait sens pour eux – bref, de l’imaginaire social. Si cela est vrai quelle que soit la situation, (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Anthropologie, #Politique, #Prospective, #Pandémie_2019-2020, #Progressisme, #Apathie, #Article, #Bêtise, #Type_anthropologique, #Décence_commune, Mortalité / finitude, (...)

    #Mortalité_/_finitude #Pseudo-subversion

  • WELCOME TO PRISON : We are treated like animals in the zoo !!!

    Tuesday, 17th march in the morning. Workers came with building equipment and started putting up a fence around Porin, one of the camps (prisons) for asylum seekers in Zagreb. What was until now a symbolic prison (the rules imposed on people forced to stay inside including no visiting rights from their friends or loved ones, limited exit, extreme surveillance with cameras, counting at bedtime, complete denial of autonomy to organize one’s everyday existence, apart from long and dehumanizing process of applying for asylum and waiting for an answer etc.) is now becoming, with every meter of the fence being built, a true gated prison. This is sending a very clear message reinforcing racist imaginary of the outside world: the camp is a space of Other, of danger and threat to the community, a space (and this sticks onto people that stay inside as well) that needs to be controlled, regulated, locked to protect the community. So even if people manage to avoid push back, survive the beatings, intimidation and other forms of violence and actually apply for asylum, they will be punished by staying behind a fence. Their only “crime” being freedom of movement. Financed with EU money, Croatia continues to fulfill perfectly its role of watchdog of fortress Europe.

    The erection of the fence is being done quietly, without notifying the people staying inside the camp or explaining to them what this will mean for their lives, without a sound of protest by local NGO’s (scared, not unjustified, of losing funding and possibility of continuing the support work), like it’s a reality we have to accept and can’t do anything about it. The timing could not be more perfect – with the health scare creating a state of emergency, it’s an ideal opportunity to divert attention from repressive and restrictive policies being carried out in the background (let’s not forget Greece suspending the right to apply for asylum, for example). Some lives are worth care and saving, others deserve to be left to die. One of our brothers in the camp who got deported to Croatia from Austria was infected with corona virus. Instead of providing him healthcare, they took him to detention center (closed camp) Ježevo, with pretext that there are empty rooms there where he can get better. White lives matter, others not so much.

    Even though we can not stop the fence from being built, we can at least raise our voice and not allow it to go completely unnoticed. We want to say that we noticed the workers coming, we noticed how they started to build the fence, dehumanizing and humiliating us again and to this we say WE ARE ANGRY and sick of being prisoners of racist Europe, sick of fences and violence and being treated like less than human.

    Some residents of Porin and their friends from the outside world.


    http://komunal.org/teksti/542-welcome-to-prison-we-are-treated-like-animals-in-the-zoo
    #murs_urbains #barrières #asile #migrations #réfugiés #coronavirus #Zagreb #Hotel_Porin #Serbie #confinement #hôtel_porin #clôture

    Sur cet hôtel transformé en centre d’accueil pour réfugiés, pas mal d’info sur seenthis :
    https://seenthis.net/tag/hotel_porin

    ping @luciebacon

    • Le coronavirus, double peine pour les réfugiés dans les Balkans

      À Zagreb, dans le quartier de Dugave, des barbelés ont été récemment installés autour de l’hôtel Porin, le centre d’accueil pour les demandeurs d’asile. La construction de cette clôture, pour un budget de 90 694 euros, était prévue de longue date. Le contexte de la #pandémie a permis d’accélérer sa réalisation sans faire de vagues. « Les ouvriers sont venus avec leur matériel et ont commencé à monter la clôture », expliquent des pensionnaires de Porin dans une lettre ouverte. « Ce qui était jusqu’à présent une prison symbolique est en train de devenir une véritable prison fermée. La construction de la clôture a lieu dans le silence, elle n’a pas été annoncée aux gens qui vivent dans le camp, on ne leur a pas expliqué ce que ça signifierait exactement pour leur vie quotidienne, et il n’y a pas eu la moindre protestation des ONG locales. Le timing est idéal : la menace sanitaire nécessite l’état d’urgence, l’occasion idéale de détourner l’attention des politiques répressives et restrictives qui sont menées à l’arrière-plan. »

      « Même si nous ne pouvons pas empêcher la construction de la clôture, nous pouvons au moins élever la voix et ne pas laisser ça se passer dans l’ignorance totale », conclut la lettre. « Nous voulons dire que nous avons bien vu les ouvriers, nous avons bien vu qu’ils construisaient une clôture. On nous déshumanise à nouveau, on nous humilie, nous sommes en colère et nous en avons plus qu’assez de tout ça, nous en avons assez d’être les prisonniers d’une Europe raciste, des barbelés, de la violence et d’être traités comme si nous n’étions pas des êtres humains. »

      L’un des pensionnaires de Porin, présentant des symptômes de coronavirus, a été placé à l’isolement dans le centre de détention de Ježevo. « Pourquoi cette personne, qui bénéficie en tant que réfugié de la protection internationale et donc de droits quasiment égaux à ceux des citoyens croates, n’a-t-elle pas été placée en isolement dans l’un des bâtiments prévu à cet effet mis à disposition par la ville de Zagreb ? », demande l’Initiative Bienvenue.

      Pourquoi ? Parce que les réfugiés et les migrants, même quand ils bénéficient sur le papier de la protection internationale et des droits afférents, demeurent dans les faits des êtres humains de seconde zone. C’est que confirment de jour en jour les mesures prises contre eux dans les Balkans et le reste de l’Europe. Il y a quelques jours, des tentes ont été installées à Lipa, près de Bosanski Petrovac, afin d’y reloger une partie des migrants qui séjournent actuellement dans des bâtiments abandonnés ou dans les rues de Bihać.

      https://www.courrierdesbalkans.fr/Balkans-le-coronavirus-double-peine-pour-les-migrants

  • Positive Outlook—In Taiwan, Singapore And South Korea Life Is Continuing With Relative Normality
    https://www.forbes.com/sites/jamesasquith/2020/04/01/positive-outlook-in-taiwan-singapore-and-south-korea-life-is-continuing-with-relative-normality/#193833f07335

    Life is certainly not as it was before, however, South Korea and Singapore have stopped short of full lockdowns.

    The early adoption of face masks, social distancing and rationing of important supplies including hand sanitizer has meant that many restaurants have remained open in Singapore and #Taiwan. However, venues that are subject to mass gatherings such as concert halls and nightclubs have been strictly encouraged to close.

    #Singapour #Corée_du_Sud #masques #planification #pandémie
    Petit article sur comment ces trois États ont géré la crise et pourquoi ça leur permet aujourd’hui d’avoir des mesures de #confinement réduites au minimum. (Je bave devant les nouvelles de ma pote de Singapour qui est encore sortie boire un pot hier et qui ce matin a reçu par sms gouvernemental les nouvelles d’un 4e mort seulement, alors que le pays a plein de connexions avec la Chine et que les paniques d’achat de PQ là-bas ont eu lieu fin janvier.)

  • Coronavirus au Moyen-Orient : une reprise en main inquiétante de l’information par les autorités.-Reporter sans frontière
    « Depuis le début de la pandémie de Covid-19 au Moyen-Orient, de nombreux journalistes ont émis des doutes sur les chiffres officiels du nombre de malades dans leurs pays respectifs, et critiqué le manque de transparence de leurs gouvernements. »
    #Covid-19#RSF#Moyen-orient#Pandémie#Exaction#Répression#Libertés#Journalistes#migrant
    https://rsf.org/fr/actualites/coronavirus-au-moyen-orient-une-reprise-en-main-inquietante-de-linformation-par

  • A Idlib, « le coronarivus semble peu de chose pour les Syriens à côté de ce qu’ils ont connu »-Le Parisien
    " Les dernières offensives lancées à partir du mois de décembre par les Russes et les forces du régime ont vu refluer des milliers de personnes, dont l’obsession est aujourd’hui de trouver un toit.La moitié loge sous des tentes. L’autre urgence pour ces familles est bien sûr de trouver à se nourrir. Ces gens ont perdu leur travail et vivent très souvent bien en dessous du seuil de pauvreté. Ils ne prennent pas au sérieux la gravité du Covid-19. Les passants vont et viennent dans les rues sans précaution et les enfants dont les écoles sont fermées sont très nombreux à traîner. Le problème est qu’il n’y a pas de pouvoir à Idlib pour imposer des mesures de protection contre le virus. Donc les gens n’en font qu’à leur tête ."
    #Covid-19#Syrie#Idlib#Pandémie#Guerre#Humanitaire#migrant

    http://www.leparisien.fr/international/a-idlib-le-coronarivus-semble-peu-de-chose-aux-syriens-a-cote-de-ce-qu-il

  • En Turquie, la gestion gouvernementale du Covid-19 crée l’inquiétude- Courrier international
    « Malgré la croissance exponentielle du nombre de cas, le gouvernement, soucieux de préserver l’économie, se refuse encore à mettre en place les mesures de confinement réclamées par l’opposition. »
    #Covid-19#Turquie#Pandémie#Confinement#AKP#migrant
    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/controverse-en-turquie-la-gestion-gouvernementale-du-covid-19

  • L’ancien président du tribunal constitutionnel fédéral d’Allemagne, Hans-Jürgen Papier, prévient que la prolongation des restrictions des libertés imposées pour ralentir la propagation du Covid-19 menace nos droits fondamentaux.

    Verfassungsrechtler Papier sieht Grundrechte in der Corona-Krise massiv bedroht

    In die Debatte um die Einschränkungen des öffentlichen Lebens hat sich nun auch der Ex-Präsident des Bundesverfassungsgerichts eingeschaltet: „Wenn sich das länger hinzieht, hat der liberale Rechtsstaat abgedankt“, urteilt Hans-Jürgen Papier. Politiker sehen die Lage weniger pessimistisch.

    Hans-Jürgen Papier, der frühere Präsident des Bundesverfassungsgerichts, hat vor schweren Schäden für die Grundrechte gewarnt, sollten die Restriktionen in der Corona-Krise lange andauern.

    Er halte die derzeitigen Einschränkungen der Bewegungsfreiheit zwar für rechtmäßig, sagte Papier der „Süddeutschen Zeitung“.

    Dennoch sehe er die Gefahr einer „Erosion des Rechtsstaats“, sollten sich die „extremen Eingriffe in die Freiheit aller“ noch lange hinziehen. Auf Dauer lasse sich eine solche flächendeckende Beschränkung nicht hinnehmen, mahnte Papier.

    Politik und Verwaltung müssten deshalb immer wieder prüfen, ob weniger einschneidende Maßnahmen möglich seien. Wenn sich die Restriktionen über längere Zeit erstreckten, „dann hat der liberale Rechtsstaat abgedankt“.

    [...]

    https://www.welt.de/politik/deutschland/article206964441/Erosion-des-Rechtsstaats-Hans-Juergen-Papier-sieht-Grundrechte-bedroht.html

    #libertés_fondamentales #gestion_de_crise #pandémie #covid-19

  • Once-in-a-century pandemic promises to reshape our world

    BY BRAHMA CHELLANEY

    MAR 30, 2020

    NEW DELHI – The economic and social disruptions from the COVID-19 pandemic are less severe in Japan than in countries that have imposed almost total lockdowns. But the geostrategic fallout from the pandemic is likely to hold major implications for Japan, which is already saddled with a multibillion-dollar bill for the postponed Olympics.
    The world, beset by a crisis akin to wartime, will not be the same after the pandemic. Studies later will likely find that the pandemic set in motion higher rates of birth, divorce, obesity, depression, bankruptcy, unemployment, suicide and alcoholism (or heightened withdrawal symptoms where lockdowns blocked liquor sales).
    The pandemic’s geopolitical effects, like those from a major war, are expected to be enduring, including altering previously dependable supply chains and reshaping bilateral relationships. The incalculable human and economic toll exacted by the spread of the killer coronavirus from China promises to shake up global geopolitics, including that country’s position in the world.
    China faces lasting damage to its image — and possibly to its economic interests. The man-made calamity has fueled an unparalleled global crisis whose costs will continue to mount for weeks to come. But once countries ride out the crisis, there will be a reckoning.
    After all, if China had acted promptly and decisively, the COVID-19 outbreak could have been confined to its central Hubei province, of which Wuhan is the capital. Instead it has become a paralyzing global pandemic, sending the world hurtling toward a recession.
    As U.S. President Donald Trump has said, “the world is paying a big price” for China’s initial, weeks-long coverup of the COVID-19 outbreak. China is actually a repeat offender because it unleashed in a similar manner the world’s first 21st-century pandemic, SARS.
    The Chinese Communist Party has shown again that it cares more about its reputation than the people’s suffering. The CCP treated the COVID-19 outbreak as a political embarrassment rather than a public health emergency. This allowed the virus to spread far and wide before China instituted containment measures.
    For the world’s strongest and richest dictatorship, power and control take precedence over everything else, including human lives. The result has been a man-made international calamity that has fueled unparalleled disruptions. This, in turn, has given rise to a popular tagline on social media, “China lied and people died.”
    Worse still, a number of countries have been hit by a double whammy: China not only triggered the pandemic but also exported millions of inaccurate test kits that have accentuated the devastation. Multiple nations bought flawed test kits (and substandard face masks for health workers) from China. But nowhere has the impact of such imports been more devastating than in Spain, currently reeling under the world’s second-highest number of coronavirus deaths.
    After the crisis is over, the West’s relationship with China is unlikely to go back to normal. Efforts would likely begin to loosen China’s grip on global supply chains. Moves are already afoot in the U.S. Congress to bring manufacture of essential medicines and medical devices back to the United States, which currently relies on China for 97 percent of all its antibiotics.
    By accelerating the decoupling of the U.S. economy (and other Western economies) from the Chinese economy, the pandemic’s geopolitical effects could help transform international relations. The pandemic, by removing any doubt that China is America’s principal challenger and threat, could add momentum to the incremental adjustments that have been underway in the U.S.-China economic relationship. Indeed, the entire U.S.-China relationship could change forever.
    It is against this background that Beijing has launched a public-relations blitzkrieg, seeking to rebrand itself as the global leader in combating a virus that spread from its own territory. Its rebranding efforts include counter-pandemic aid to developing countries, a pledge to donate $20 million to the World Health Organization, and a claim to have fully contained the coronavirus in its worst-affected areas.
    With the help of the CCP’s propaganda organs, Beijing is trying to fashion a narrative that China is an example of how to control the spread of COVID-19. In fact, like the arsonist offering to extinguish the fire it started, China is now seeking to help other countries combat a dangerous pathogen that ran amok because of its gross negligence.
    Beijing’s proactive attempt to rewrite the history of the pandemic, even as much of the world grapples with its escalating consequences, highlights its well-oiled propaganda machine. That machine has also been churning out unfounded conspiracy theories, including blaming the U.S. for the virus.
    To be sure, fabrications and disinformation are integral to CCP’s “three wars” doctrine, based on three mutually reinforcing strategies: psychological warfare, public opinion warfare and legal warfare. China’s circulation of disinformation thus should come as no surprise.
    In fact, having spawned the global crisis, China is now planning to exploit the financial and other disruptions. It is hoping to game the situation in order to gain greater technological and industrial advantage. But the international anger over its role in triggering the pandemic is likely to frustrate its plans.
    It will not be easy for China to regain the trust of the world. Today, “social distancing” has become the catchphrase at the individual level to escape the new disease. But as countries in the post-crisis period seek to immunize themselves from the risks of dependence on Beijing, political and economic distancing from China, done subtly, could become the new normal.
    In fact, the pandemic’s lesson for many countries is that, in an increasingly interconnected and interdependent world, secrecy and obfuscation are antithetical to globalization and international security. Transparency is essential to make us all safer.
    One country’s authoritarianism and opacity have contributed to spiraling coronavirus infections and deaths, and mammoth economic losses across the world. China must fundamentally reform and embrace transparency or face lasting censure for complicity in the pandemic.
    The pandemic has also dented the World Health Organization’s credibility. Instead of providing global health leadership, the WHO under Tedros Adhanom Ghebreyesus — an Ethiopian politician who became the agency’s first non-physician chief in 2017 — has become part of the problem.
    Tedros, who uses his first name, was accused of covering up three cholera epidemics while serving as his country’s health minister. But who could have imagined that, as the WHO chief, he would do something even worse — lend a helping hand to China’s initial COVID-19 coverup? Among other things, he delayed acknowledging COVID-19’s human-to-human transmission until China did so; warned that countries suspending flights to or from China risked increasing “fear and stigma”; and waited inordinately long before declaring a pandemic on March 11.
    To restore its credibility, the WHO needs fresh leadership that can end the overt politicization of international health and demonstrate an ability to independently coordinate international health policy. But Tedros, whose term ends in mid-2022, is unlikely to quit.
    Never before have transnational lockdowns confined billions of people to their homes for weeks, as if they were under house arrest. The pandemic is truly more global in its impacts than either of the two world wars, affecting people everywhere. But like the world wars, this once-in-a-century pandemic is a defining moment that promises to introduce profound changes in societies and economies.
    If it upends the international order as we know it, China’s role will be the principal trigger.
    Longtime Japan Times contributor Brahma Chellaney is a geostrategist.

    #coronavirus #chine #japon #pandémie #géopolitique

  • La #pandémie du #Covid-19 : un risque inhérent à la #mondialisation (2) ?

    Dans un contexte (national, européen et mondial) fortement marqué par la pandémie du Covid-19, ce deuxième billet revient sur les enseignements de trois notices développées dans le Dictionnaire critique de la mondialisation (Armand Colin, 2012), « crises », « risques » et « résilience ». Comment faut-il les interpréter à partir du vécu de la catastrophe du Covid-19 et dans la perspective d’un débat critique sur la « démondialisation » face à la métropolisation (troisième billet) ?

    1-De la « crise » et des crises

    Dans les deux éditions du Dictionnaire critique de la mondialisation, on retrouve la notice « crise » qui évoque la pluralité de crises sous trois angles différents (Martine Azuelos). Il est ainsi question de crise environnementale (en raison de l’épuisement des ressources naturelles et de la perte de la biodiversité) ; crise sociale (montée du chômage et de la précarité dans les pays développés, exploitation des travailleurs dans les pays émergents, y compris des enfants) ; et crise culturelle (déclin de la diversité culturelle et linguistique sous l’effet de l’homogénéisation des modes de vie et de consommation).

    L’analyse insiste principalement sur les risques financiers. Ce choix se justifie aisément dans la mesure où il s’agissait d’apporter un éclairage neuf sur les effets associés aux politiques de déréglementation financière et à la globalisation, soit la métamorphose du capitalisme vers une financiarisation accrue. La seconde édition du Dictionnaire paraît quatre ans après la crise financière de 2008 – – suite à la crise des subprimes (2007) et à la chute de la banque Lehman Brothers aux Etats-Unis.

    La notice fait référence à la crise comme une phase du cycle économique se traduisant par un ralentissement de la croissance et la montée du chômage. Ceci ne représente pas un phénomène propre à la mondialisation dans la mesure où elle a jalonné l’histoire de l’humanité. Mais avec l’intégration des économies productives et des marchés financiers, elle prend une nouvelle ampleur. Sa diffusion est désormais planétaire, expérience vécue lors de la crise financière de 2008.

    Dans les sociétés préindustrielles, les crises étaient liées à la sous-production agricole alors que dans les sociétés industrielles, elles sont la résultante d’un déséquilibre entre la production (industrielle) et la demande solvable suivies de perturbations d’ordre financier. Au XXème siècle, des faillites bancaires ou krachs boursiers ont précédé la baisse de l’activité, comme en 1929, en 2000, ou en 2007-2009.

    Pour de nombreux chercheurs (Michel Aglietta), les crises financières à venir seraient consubstantielles au capitalisme globalisé et financiarisé car soucieux du court terme et de liquidité. Ils insistent notamment sur les nouvelles normes comptables valorisant les actifs d’une entreprise à leur valeur de marché, comme si la vocation première d’une firme était d’être liquidée le lendemain matin. La tradition marxiste voit dans la globalisation le stade suprême du capitalisme mais les libéraux estiment au contraire qu’elle permet une accélération de la croissance et une augmentation de la prospérité à l’échelle planétaire.

    Cette seconde approche de la globalisation fut dominante au moment où les États menaient des politiques de déréglementation financière, c’est-à-dire dans les années 1980-2000. Elle l’est nettement moins depuis la récession mondiale de 2008 au sein des gouvernements européens et des organisations internationales (G20, OMC, FMI). Certes la globalisation stimule la croissance mondiale mais force de reconnaître qu’elle est aussi génératrice d’une forte instabilité.

    Après avoir présenté la notice « crise » et souligné l’ampleur qu’elle peut prendre dans un cycle de mondialisation en raison d’une certaine forme d’instabilité que partagent les sociétés contemporaines, l’analyse se poursuit avec le concept « risque ».
    2-Du « risque » et des risques

    Le « risque » fait l’objet de trois notices et d’un essai rédigé par Magali Reghezza-Zitt. La première notice définit le terme en optant pour un point de vue général. La deuxième est centrée sur le risque environnemental (MRZ) et la troisième sur le risque systémique tel qu’il est évoqué dans les cercles financiers et ceux de la révolution numérique (Catherine Distler). Quant à l’essai, il étudie les « interactions réciproques et complexes entre risques et mondialisation ».

    2.1-Nous commencerons par évoquer le risque systémique en lien avec la crise financière (précédemment explicitée) et les systèmes d’information autour d’Internet.
    Le risque systémique financier résulte de l’imbrication de plusieurs composantes : système bancaire, marchés de capitaux (shadow banking) et Internet dont l’intégrité et le bon fonctionnement sont menacés par des perturbations internes ou externes. Il s’est matérialisé en 2008 lorsque plusieurs établissements financiers américains entrent en cessation de paiement, un an après la crise des subprimes (prêts hypothécaires risqués) de 2007 que certains expliquent en raison de l’abrogation de la loi américaine Glass-Steagall (1999) qui mit fin à la séparation entre la banque d’investissement et la banque de dépôt.

    Le risque systémique est également évoqué pour les systèmes d’information et notamment pour Internet dans la mesure où la diffusion de certains virus est susceptible de corrompre les informations disponibles ou le fonctionnement du système dans son ensemble. D’où l’impératif pour les États du recours à une politique visant la cyber sécurité pour éviter la circulation des virus, à l’initiative des hackers indépendants ou en lien avec des terroristes.

    2.2-La science formalise le risque
    Pour Magali Reghezza-Zitt, le risque est devenu un concept avec l’invention du calcul des probabilités à partir du XVIIème siècle, suite à un changement de paradigme ayant permis une laïcisation du danger. Si jusque-là, la catastrophe était vue comme un acte de Dieu, des philosophes (dont Rousseau), à la suite du tremblement de terre de Lisbonne mettent en exergue la responsabilité humaine. Puis le risque est définitivement formalisé au début du XXème siècle par l’économiste américain F. Knight. Il est alors défini comme l’incertitude en tant qu’elle est objectivable car mesurable.

    2.3-Le risque environnemental désigne tout danger lié à l’environnement en dépit de la difficulté à l’appréhender parce que le concept d’environnement est ambigu du fait de sa polysémie. Ce n’est que depuis les années 1980 que l’environnement est synonyme de nature. Le risque environnemental désigne alors l’ensemble des pollutions, nuisances, atteintes aux écosystèmes, etc.

    Le recours au concept de risque environnemental est devenu au fil du temps un moyen pour contester le capitalisme globalisé jugé responsable des atteintes portées à la planète. La révolution des transports, l’augmentation des mobilités, etc. sont mis en cause. Les revendications sont portées par des idéologies différentes, venues parfois d’horizons radicalement opposés : altermondialistes, antilibéraux, écologie radicale (deep ecology), mouvements réactionnaires, etc.

    2.4-L’essai est centré sur les interactions entre « risques » et « mondialisation » (globalisation). Pour Magali Reghezza-Zitt, la mondialisation transforme les risques existants en même temps que les risques sont susceptibles de devenir une menace pour la mondialisation.
    La globalisation financière qui a permis l’intégration économique et financière des sociétés nationales et qui a renforcé les interdépendances serait à l’origine d’une mutation des risques financiers susceptibles d’entraîner à leur tour de sérieux risques sociaux (exacerbation des inégalités sociales).

    La mondialisation renouvelle des risques anciens et leur donne une nouvelle ampleur. La mondialisation des agricultures qui aurait pu se traduire par une meilleure répartition des denrées alimentaires dans le monde, a en fait participé à la résurgence de crises alimentaires mondiales qui ont plongé certains États dans l’instabilité économique, sociale et politique. Elle a conduit à penser la « sécurité alimentaire » (Nicolas Bricas) certes nationale mais également transnationale. Des ONGs viennent en aide aux personnes déplacées en raison des menaces guerrières ou victimes de catastrophes naturelles.

    L’augmentation des mobilités est source de multiples risques environnementaux : rejet massif de gaz à effet de serre qui s’ajoute à celui des industries, ce qui a des répercussions sur le climat planétaire. La délocalisation d’activités polluantes et de déchets toxiques en direction de pays moins rigoureux sur les législations ou à moindre coûts salariaux, a entraîné une diffusion de polluants dans des espaces jusque-là épargnés.

    L’auteur indique par ailleurs que l’augmentation des mobilités ne se limite pas aux risques environnementaux, elle touche aussi les risques sanitaires, comme le SRAS, les grippes aviaires, la grippe A(H1N1). En 2020 le Coronavirus ou Covid-19 a affecté 500.000 personnes dans le monde et a été à l’origine d’une politique de confinement pour les populations dans de nombreux pays.

    Si la mondialisation influe sur les risques et sur les catastrophes qu’ils entraînent, ces derniers peuvent mettre en péril la mondialisation. L’intensification des échanges pèse sur les ressources énergétiques fossiles qui à moyen terme font planer un risque important sur les échanges qui constituent le fondement de la mondialisation. Risques et catastrophes fragilisent la mondialisation. C’est ce que recherchent les terroristes lorsqu’ils s’attaquent aux tours de Manhattan, haut lieu de la mondialisation. Les attentats du 11 septembre 2001 peuvent être analysés comme une atteinte matérielle, mais aussi symbolique, portée à l’hypercentre de la mondialisation.

    A la suite de E. Michel-Kerjan, les chercheurs soulignent combien la planétarisation de ‘nouveaux’ risques entraînent des risques ‘à grande échelle’. Avec la mondialisation, la grande nouveauté résiderait dans le risque à grande échelle – – comme en témoigne le Covid-19- – qui donnerait de l’ampleur aux catastrophes engendrées tant en termes de coût que d’échelle spatiale. Les risques à « grande échelle » ont trois caractéristiques : (1) une probabilité d’occurrence difficile à calculer et plus largement, une forte incertitude ; (2) la diffusion rapide de la perturbation au-delà du point d’impact initial ; (3) enfin l’ubiquité qui fait que le sinistre se produit au même moment en plusieurs lieux sans que ces lieux ne soient forcément proches dans l’espace.

    Les sociétés mondialisées seraient caractérisées par des niveaux de risques globaux très élevés et inédits alors même que la nature de l’aléa n’a pas changé. Ces risques globaux affectent les territoires en fonction de leur insertion à la mondialisation et la globalisation : plus le territoire affecté initialement est intégrée à l’économie globalisée, plus les risques de diffusion seront importants.

    L’idée de changement d’échelle, consubstantielle à la mondialisation, entraîne l’idée qu’il est indispensable de penser certains risques à l’échelle planétaire et plus uniquement au niveau local ou national. Il y a désormais des interactions entre les échelles. Les thématiques du changement climatique et de la biodiversité rappellent régulièrement le caractère systémique de l’environnement naturel. Les notions de risques globaux ou de risques planétaires caractériseraient nos sociétés modernes.

    2.5-Qu’en est-il pour les villes ?

    Mondialisation et « métropolisation » – -concept utilisé depuis plusieurs décennies pour rendre compte des changements identifiés dans les processus d’urbanisation (Cynthia Ghorra-Gobin)- – qui résultent de la globalisation financière sont à l’origine d’une transformation de la matérialité des espaces urbains. La concentration des biens et des personnes entraîne une augmentation des richesses exposées aux catastrophes pendant que l’urbanisme vertical modifie sérieusement la nature des impacts physiques. Les tours et gratte-ciel (skyscraper) ont une fragilité intrinsèque qui demande des mesures de sécurité spécifiques.

    D’après Magali Reghezza-Zitt la métropolisation encouragerait l’intensification des réseaux, qui facilitent des échanges rapides, parfois instantanés, d’informations, de biens, de personnes. Or les réseaux sont de plus en plus interdépendants et ils sont devenus de puissants éléments de diffusion des sinistres à l’ensemble de la ville, mais également à des échelles supra-urbaines, qu’il s’agisse des régions métropolitaines, du pays tout entier voire du monde ou du continent. C’est la structure réticulaire des villes globalisées qui est concernée.

    Au final, la question des risques peut se comprendre comme une clé de lecture pertinente des mécanismes et conséquences de la mondialisation et de la globalisation. Mais paradoxalement les questions autour des couples risque/mondialisation/ et risque/globalisation apparaissent peu dans la littérature française alors que les corpus anglo-américains incluent de nombreuses réflexions sur le thème de « disasters and globalization » tout en se limitant, il est vrai, à la globalisation financière. L’approche française de la mondialisation qui différencie « mondialisation » et « globalisation » et « planétarisation » permettrait de mettre en évidence la question des changements d’échelle qui exprime la dialectique local/global.
    3-De la « résilience »

    L’auteur (MRZ) de la notice sur la résilience constate que depuis la fin des années 1990, le concept de résilience est présent dans une très grande variété de travaux interdisciplinaires. Il viendrait de l’écologie et aurait été théorisé par C.S. Holling (1973), pour signifier la capacité d’un écosystème à maintenir son état d’équilibre en cas de perturbation avant d’être utilisé en sciences sociales à la suite de P. Timmerman (1981). La résilience est alors perçue comme un antonyme positif de la « vulnérabilité ». Elle signifie la capacité des communautés humaines à supporter les chocs ou les perturbations externes et à se relever de tels bouleversements.

    La résilience apparaît donc comme une propriété souhaitable des sociétés et des systèmes territoriaux, dans un contexte de mondialisation des menaces (risques environnementaux, risques sanitaires, changement climatique, risques financiers et économiques, terrorisme de masse, cyber-risques etc.) en raison de l’incertitude concernant l’ampleur et la nature des changements. Elle a été mobilisée aux Etats-Unis suite aux attentats du 11 septembre 2001, pour penser la capacité des habitants de la ville à se relever et à reconstruire leur ville.

    Les chercheurs proposent également de différencier la résilience ‘réactive’ de la résilience ‘proactive’ (J.W. Handmer et S.R. Dovers, 1996). La première renvoie à la capacité à intégrer la perturbation dans son fonctionnement alors que la seconde accepte le changement et tente de créer un système capable de s’adapter à de nouvelles conditions. Mais cette distinction aisée à comprendre pose en fait de sérieuses questions méthodologiques. Sur la base de quels critères peut-on parler de ‘résilience’ ou au contraire de ‘bifurcation’ du système considéré ?

    L’auteur insiste au final sur les enjeux politiques du discours sur la résilience : ce dernier peut en effet servir une stratégie d’appropriation et de maintien d’un pouvoir sur un espace. En d’autres termes il peut servir à reproduire à l’identique des systèmes inégalitaires ou injustes. Le récit de la résilience peut certainement être salué : il évite de mettre l’accent sur l’idée de vulnérabilité qui peut conduire au fatalisme pour insister sur les capacités de rebond des sociétés.
    Que nous apprend le Dictionnaire ?

    La démarche réflexive sur les trois concepts « crise », « risque » et « résilience » qui ont fait l’objet de notices dans le Dictionnaire critique de la mondialisation permet d’en déduire que les chercheurs.res qui ont participé à la fabrique du dictionnaire ont pris en compte sur le mode explicite les enjeux sociaux et politiques liés aux processus inhérents à la mondialisation, globalisation et planétarisation. Ils/elles ont ainsi mis le doigt sur les fragilités de ces processus ainsi que sur les risques conduisant à l’exacerbation des inégalités sociales.

    Mais si le Dictionnaire inclut des notices et des analyses soulignant avec précision l’incertitude qu’entraîne la mondialisation, le risque sanitaire a été moins bien mis en lumière que les risques financiers, environnementaux et ceux liés au terrorisme de masse. En d’autres termes, le changement climatique tout comme l’affirmation de réseaux transnationaux dans le trafic de la drogue ou le terrorisme ont pris le dessus sur les questions liées à la santé, en dehors des notices « pandémie » et « médicament ».

    Avec le Covid-19, les sociétés contemporaines prennent la mesure de la fragilité sanitaire des sociétés dans un monde globalisé faisant face au changement climatique. Avec cette prise de conscience quelles seront les réactions des décideurs et de la société en général ? L’idéologie en faveur d’une « démondialisation » (Cynthia Ghorra-Gobin) préconisée par certains dominera-t-elle le débat ? Le principe de la « décroissance » (Martine Azuelos) réussira-t-il à l’emporter pour mettre fin au sentiment de « vulnérabilité » (Magali Rehezza-Zitt) ?

    Ce questionnement sera explicité dans un troisième billet à partir de trois notices du Dictionnaire critique de la mondialisation (Armand Colin, 2012) : décroissance, démondialisation et vulnérabilité.

    https://skyscraper.hypotheses.org/890
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