• Lettres au Pape et à la Congrégation du Bon Secours 2 janvier 2019 - FNLP (Fédération Nationale de la Libre Pensée)
    https://www.fnlp.fr/news/625/17/Lettres-au-Pape-et-a-la-Congregation-du-Bon-Secours.html

    Nous avons écrit à deux reprises, le 17 octobre 2014, puis le 12 janvier 2015 (courriers joints), à la Congrégation du Bon-Secours pour lui demander de prendre ses responsabilités ses responsabilités dans l’affaire des morts cachées et de l’inhumation massive sans aucune autorisation d’environ 800 très jeunes enfants dans les bâtiments appartenant à la congrégation à Tuam en Irlande dans les années 1925 à 1961. Nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour, ceci laissant entendre que la Congrégation du Bon-Secours considère qu’elle n’a aucune responsabilité morale ni aucun remords quant à ce scandale.

    La ministre de la Jeunesse du gouvernement de la République d’Irlande, Madame Katherine Zappone, a remis une lettre en main propre au pape François lors de la visite qu’il a effectuée cette année en Irlande, demandant à ce que l’Eglise « contribue de manière substantielle aux dépenses » pour les recherches et l’inhumation décente, lesquelles sont estimées aux environs de 12 millions d’euros. En réponse, le pape n’a apparemment offert que ses prières, mais a décliné toute contribution financière.

    Il est tout à fait abusif que la totalité du coût de ces opérations soit à la charge des contribuables irlandais, en particulier au vu de la richesse immense de l’Eglise. Selon le quotidien australien The Australian du 14/7/2018, le Cardinal Pell avait apparemment découvert 1,1 milliard d’euros d’actifs non comptabilisés pour le seul Vatican.

    Peu importe quel bras de l’Eglise paie, alors nous demandons au Pape François de montrer de manière tangible que ses paroles sont sincères en versant rapidement 6 millions d’euros au gouvernement irlandais. Sinon ces mots seront interprétés comme vides et dénués de repentir quant à l’obscénité des actions commises par l’Ordre du Bon-Secours à l’égard de ces enfants innocents.

    Christian Eyschen, Porte-Parole de l’AILP
    Paris, le 2 janvier 2019

    #Tuam #Irlande #religions #pape #inhumation #église #argent #enfants #évêques #silence #crimes #Paris #bon_secours
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    L’Association internationale de la Libre Pensée interpelle monsieur Jorge Mario Bergoglio dit le pape François

    Monsieur l’Evêque de Rome,

    Vous êtes par cette dénomination de votre fonction le chef de tous les catholiques dans le monde et vous avez sous votre responsabilité l’ensemble des épiscopats catholiques et des congrégations religieuses relevant de votre obédience religieuse.

    Vous n’ignorez pas le drame épouvantable du couvent de Tuam en Irlande où le monde entier a appris que des squelettes d’enfants et de nouveau-nés ont été découverts dans une cuve en béton, à côté d’un ancien couvent catholique dans le comté de Galway. Entre 1925 et 1961, ce lieu, le Centre Sean Ross , a accueilli des jeunes mères célibataires tombées enceintes hors mariage. L’historienne Catherine Corless , en réalisant des recherches sur les archives a découvert que 796 enfants avaient été enterrés sans cercueil ni pierre tombale, secrètement par les sœurs du couvent de Bon-Secours.

    La responsabilité de la congrégation catholique du Bon Secours , dont le couvent de Tuam dépendait et dont le siège est à Paris, est totalement engagée. L’épiscopat catholique d’Irlande a déclaré vouloir apporter sa totale participation à l’établissement de la vérité en apportant son concours à la Justice.

    La Fédération nationale de la Libre Pensée française avec le soutien de centaines de personnalités françaises a interpellé la Congrégation du Bon Secours à Paris pour qu’elle ouvre toutes ses archives à la justice. L’accusé de réception en recommandé fait foi que cette demande a été bien reçue par son destinataire. Mais cette congrégation garde le silence depuis.

    La Libre Pensée française, devant ce silence inadmissible, a publié et envoyé une lettre ouverte à l’Archevêque Georges Pontier, Président de la Conférence des Evêques de France pour lui demander d’exiger auprès de cette Congrégation l’ouverture de ses archives. Nous avons aussi l’accusé de réception en recommandé de cette demande.

    Par l’intermédiaire du journal catholique La Croix en date du 26 février 2015, la Conférence des Evêques de France a répondu à la Libre Pensée : « La congrégation des Sœurs du Bon Secours de Notre-Dame Auxiliatrice de Paris est une congrégation de droit pontifical fondée à Paris en 1824. Elle n’est donc dépendante, en droit ecclésiastique, ni de l’évêque de Paris, ni du Président de la Conférence des évêques de France. » 

    En clair, la responsabilité émane directement de vos services au Vatican. L’Eglise catholique fonctionnant sur le principe hiérarchique d’autorité, l’Association internationale de la Libre Pensée vous demande d’ordonner à la Congrégation du Bon Secours d’ouvrir ses archives pour aider la Justice à faire toute la lumière sur les véritables responsables de cette tragédie.

    Recevez l’expression de notre profond attachement à l’établissement de la Justice humaine.
     
    Christian Eyschen, pour l’AILP
    Paris, le 3 avril 2015

    ————————————
    Interpellation
     
    La presse a largement fait état d’une découverte horrible  : On estime à près de 800 le nombre de cadavres d’enfants morts entre 1925 et 1961 ensevelis dans une cuve en béton dans un ancien couvent catholique de la ville de Tuam en Irlande, dans l’ouest du pays. Géré par les Sœurs du Bon-Secours-de-Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Paris, une congrégation religieuse catholique française, le centre Sean Ross était spécialisé notamment dans l’accueil des enfants abandonnés par leur mère après leur naissance hors mariage. Il a fermé en 1961 avant d’être détruit. « Quelqu’un m’avait mentionné l’existence d’un cimetière pour nouveau-nés, mais ce que j’ai découvert était bien plus que cela », a déclaré l’historienne Catherine Corless, à l’origine de cette découverte. C’est en réalisant des recherches sur les archives de cet ancien couvent de Tuam, aujourd’hui reconverti en lotissement, que l’historienne a découvert que 796 enfants avaient été enterrés sans cercueil ni pierre tombale.

    La congrégation Notre-Dame-du-Bon-Secours est une congrégation française, plus précisément qui a son siège à Paris. Bon-Secours-Generalat est le siège social de la Congrégation International du Bon Secours situé dans la Maison Mère au 28 rue Notre-Dame-des-Champs dans le Vème arrondissement.

    Il est impossible qu’il n’y ait aucune archive de la « province d’Irlande » et plus particulièrement du couvent de Tuam sur une aussi longue période (1925-1961) au siège social. L’Eglise catholique en Irlande a déclaré vouloir participer à l’enquête.

    Alors les responsables de la Congrégation doivent transmettre spontanément l’ensemble des archives relatives à cette question aux autorités de la République d’Irlande. S’ils ne le faisaient pas, ils se rendraient complices de ce crime. La Congrégation du Bon-Secours a-t-elle quelque chose à répondre ? Nous attendons, avec intérêt, sa réponse ou son silence. 
     
    Premiers signataires :
    Baubérot Jean, Historien et sociologue
    Bonnemayre Jean-Marie, Président du Comité National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL)
    Besson Philippe, membre du Conseil International de l’Association Internationale de la Libre Pensée
    Bougelot Michelle-Marie, auteur du livre « Le Bon Pasteur, nous y étions ! ».
    Bourget Jacques-Marie, journaliste et écrivain
    Brito, dessinateur de presse
    Combes André, historien
    Dauphiné Quentin, syndicaliste enseignant
    Eyschen Christian, Porte-parole de l’Association internationale de la Libre Pensée
    Forget Philippe, essayiste
    Gauthier Florence, historienne
    Godicheau François, historien
    Gozlan David, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée
    Guglielmi Philippe, Président d’honneur de Laïcité-Liberté
    Lacroix-Riz Annie, historienne
    Lalmy Pascal-Eric, Secrétaire national du PRG à la laïcité
    Lengagne Guy, ancien ministre
    Mac Kenna Anthony, Professeur des Universités
    Masson Henri, Vice-président (ex-président) d’Espéranto-Vendée, auteur.
    Olivier-Utard Françoise, historienne
    Pierre Jean-Sébastien, Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée
    Pras Yves, Président du Mouvement Europe et Laïcité (CAEDEL)
    Quillardet Jean-Michel, Président de l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires
    Raynaud Jean-Marc, responsable des Editions Libertaires
    Riedinger Jean, Secrétaire de l’Observatoire Chrétien de la Laïcité
    Robyn Johanès, Président de l’Union des Athées
    Romero Jean-Luc, conseiller régional d’Île-de-France, responsable associatif
    Ruff Pierre-Yves, responsable des Editions Théolib
    Schiappa Jean-Marc, Président de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée (IRELP)
    Sodoyez Bernard, Président du Groupe La Barre d’Abbeville
    Turbet Jean-Laurent, bloggueur
     
    Paris, le 17 octobre 2014



  • Le Vatican bloque des mesures des évêques américains contre les abus sexuels Belga - 13 Novembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-vatican-bloque-des-mesures-des-eveques-americains-contre-les-abus-sex

    Le Saint-Siège a ordonné lundi à la conférence des évêques américains de ne pas se prononcer, lors de son assemblée générale, sur des mesures de lutte contre les abus sexuels en son sein, lui demandant d’attendre la tenue d’une conférence sur le sujet en février.

    Lors de son discours d’ouverture, le cardinal Daniel DiNardo, président de la conférence, a confirmé avoir reçu une lettre de la Congrégation pour les évêques et annoncé qu’aucun vote ne se tiendrait lors de cette assemblée générale, contrairement à ce qui était prévu initialement.

    Le cardinal Blase Cupich, évêque de Chicago, a lui précisé, dans un communiqué, que le Vatican avait demandé à la conférence de « reporter » le vote final dans l’attente d’une rencontre des conférences épiscopales du monde entier, convoquée en février à Rome.

    Le cardinal DiNardo a fait part de sa « déception » lors d’une conférence de presse à la mi-journée, lundi, au premier jour de l’assemblée générale qui se tient à Baltimore (nord-est) jusqu’à mercredi.

    Régulièrement mise en cause ces dernières années pour sa gestion du scandale des abus sexuels au sein de l’église catholique américaine, la conférence des évêques américains avait annoncé, en octobre, plusieurs mesures phares, qui devaient faire l’objet d’un vote.

    Le haut clergé américain proposait notamment un nouveau code de conduite, un nouveau mécanisme de signalement, ainsi que la création d’une commission d’enquête menée par des personnes n’appartenant pas à l’église catholique américaine.

    « Nous ne sommes pas satisfaits de cela », a assuré le cardinal DiNardo au sujet de la demande du Vatican. « Nous travaillons dur pour passer à l’action. Et nous allons le faire. Nous rencontrons juste un contretemps. »

    Mi-août, les services du procureur de Pennsylvanie ont publié un rapport accablant, détaillant des abus perpétrés durant plusieurs décennies par plus de 300 prêtres et dont ont été victimes plus de 1.000 enfants.

    Le rapport dépeint une hiérarchie ayant souvent eu une démarche active pour ne pas ébruiter les cas d’abus sexuels et pour protéger les auteurs de ces agressions.

    #pédophilie    #culture_du_viol    #viol    #église   #enfants    #catholicisme    #eglise   #viols    #religion    #violences_sexuelles #pedocriminalité   #vatican    #eglise_catholique #pape #usa #prêtres


  • Le Vatican assouplit la règle du célibat pour les gardes suisses jvr/vd - 12 Novembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/9989579-le-vatican-assouplit-la-regle-du-celibat-pour-les-gardes-suisses.html

    En pénurie d’effectifs, le Vatican autorisera les gardes suisses à se marier... à condition d’avoir effectué plus de 5 ans de service. Les couples pourraient alors emménager dans une nouvelle caserne prévue pour 2024.

    La garde suisse pontificale a fort à faire avec l’actuel locataire du Saint-Siège. Les multiples engagements du pape François l’obligent à étoffer ses rangs. Actuellement au nombre de 110, les gardes devraient passer à 135 unités.

    Mais les vocations manquent. L’une des raisons est le célibat obligatoire des soldats au service du souverain pontife. Cette règle va être assouplie par le Vatican. Le célibat ne devrait plus concerner que les gardes dont la durée du service est inférieure à 5 ans. Pour les autres, ils pourront se marier et vivre au Vatican.

    Une caserne flambant neuve
    Pour accueillir tout ce monde, l’actuelle caserne datant du XIXe est toutefois trop petite. Elle sera démolie au profit d’une nouvelle caserne qui s’étendra sur quelques 14’200 m2 et qui répondra aux critères écologiques de 2024.

    Une fondation suisse va s’occuper de réunir des fonds pour compléter le budget de 50 millions de francs. Des spécialistes de l’armée helvétique seront également appelés à travailler sur ce projet.

     #vatican #religion #catholicisme #pape #Italie #Suisse #mercenaires


  • Le pape compare l’avortement au recours à un « tueur à gages » reuters/yor - 10 Octobre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/9908034-le-pape-compare-l-avortement-au-recours-a-un-tueur-a-gages-.html

    Le pape François a comparé mercredi l’interruption volontaire de grossesse au recours à « un tueur à gages », lors de sa traditionnelle audience sur la place Saint-Pierre au Vatican.
    Lors de son audience générale hebdomadaire place Saint-Pierre, le chef de l’Eglise catholique a dénoncé devant des dizaines de milliers de fidèles les lois qui autorisent « la suppression d’une vie humaine au nom de la sauvegarde d’autres droits ».

    « Interrompre une grossesse c’est comme éliminer quelqu’un », a lancé le pape François. « Comment un acte qui supprime une vie innocente peut-il être thérapeutique, civil ou tout simplement humain ? », a-t-il ajouté. « Je vous le demande : est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? Qu’en pensez-vous ? Est-ce juste oui ou non ? ». De nombreuses personnes dans la foule ont crié : « Non ! »

    « Engager un tueur à gages »
    « Est-ce juste d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème ? », a ensuite demandé le pape François. « On ne peut pas le faire, ce n’est pas juste de tuer un être humain, aussi petit soit-il, pour résoudre un problème », a-t-il alors martelé.


    Le pape François lors de son audience sur la place Saint-Pierre, le 10 octobre 2018.

    #pape #religion #catholicisme plus vrai que vrai #femmes #avortement #sexisme #IVG


  • Voyage du Pape François aux pays baltes : Programme du 22 au 25 septembre 2018 - [Lettonie-Francija]

    Voyage du Pape François aux pays baltes : Lituanie, Lettonie et Estonie

    Le programme de la visite du Pape François dans les pays baltes a été dévoilé ce jeudi 5 juillet. Comme annoncé le 9 mars dernier, le Saint-Père se rendra du 22 au 25 septembre prochain en Lituanie, Lettonie et Estonie. Les trois États baltes fêtent cette année, le centenaire de leurs indépendances à la fin de la première Guerre mondiale. En France la chaîne KTO bouleverse ses programmes pour vous faire vivre en direct cette visite apostolique, et propose également des documentaires et des reportages tout au long de la semaine.

    Principaux moments du voyage du pape François dans les pays Baltes

    Samedi 22 septembre 2018 : Bienvenue en Lituanie.
    Dimanche 23 septembre 2018 : Messe au parc Santakos de Kaunas (Lituanie) suivie de l’Angélus.
    Lundi 24 septembre 2018 : Accueil officiel en Lettonie .
    Mardi 25 septembre 2018 : Accueil officiel depuis l’aéroport international de Tallinn (Estonie) .

    Précisions et détails des retransmissions télévisuelles dans la suite de l’article :
    https://www.lettonie-francija.fr/voyage-pape-francois-pays-baltes-programme-1582?lang=fr

    #Pape_François #Pays_baltes #Lituanie, #Lettonie #Estonie


  • Le pape François demande pardon à Dieu de ne pas avoir réussi à cacher les abus sexuels de l’Eglise La Rédaction - 3 Septembre 2018 - Le Gorafi

    http://www.legorafi.fr/2018/09/03/le-pape-francois-demande-pardon-a-dieu-de-ne-pas-avoir-reussi-a-cacher-les-

    Rome – Le 266ème pape s’est exprimé devant une foule de milliers de personnes en demandant pardon à Dieu d’avoir échoué à cacher les crimes pédophiles de l’Eglise Catholique.

    « Mon rôle en tant que pape est de faire en sorte que l’Eglise Catholique soit irréprochable, et c’est pour cela que j’ai extrêmement honte de la façon dont nous avons échoué à couvrir nos crimes odieux », s’est exprimé avec sérieux l’évêque de Rome à la suite des scandales récemment révélés dans les médias qu’il avait essayé avec ardeur de cacher. « Comment les fidèles peuvent-ils nous faire confiance si nous n’arrivons même pas à leur mentir correctement ? », a poursuivi Jorge Mario Bergoglio lors de son émouvant discours. « Il est important d’assumer nos torts », a-t-il expliqué devant une foule de croyants l’ayant déjà pardonné pour avoir caché des crimes ignobles pendant des années. « L’Eglise n’est pas parfaite » , a avoué le chef de cette institution comprenant d’innombrables prêtres pédophiles sévissant impunément depuis toujours.

    « Ces crimes, j’en assume entièrement une toute petite part de responsabilité », a-t-il confié avec humilité en demandant pardon à Dieu devant les milliers de fidèles sur la place Saint-Pierre. « Je promets que dorénavant, les prêtres pédophiles ne séviront plus que dans le secret le plus total », a ensuite insisté le monarque temporel de l’Etat du Vatican après avoir offert un faux passeport en mains propres à l’un des prêtres sur le point d’être découvert.

    #pape #religion #pédophilie #dieu #catholicisme #crime #enfants #gorafi #MDR plus vrai que vrai


  • Ce n’est pas un sacre, c’est un massacre Nancy Huston - 22 Aout 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/534990/ce-n-est-pas-un-sacre-c-est-un-massacre

    Cher François,

    Ces jours-ci, le monde tangue sous le choc d’un nouveau scandale de pédophilie qui, en Pennsylvanie cette fois, vient « éclabousser » l’Église catholique : sur une période de 70 ans, 1000 enfants abusés ou violés par des prêtres, et, compte tenu de la célérité des intéressés à escamoter les preuves et de la honte des victimes à témoigner, l’on peut être certain que ce chiffre est encore inférieur à la vérité. Certain aussi que, pour nombreux qu’ils soient, les cas connus ne forment que la pointe de l’iceberg.


    Comme moi, comme d’autres, vous avez dû être frappé par la ressemblance entre cette salve de révélations « scandaleuses » et une autre, qui défraie l’actualité depuis bientôt un an : celle des témoignages #MeToo sur le harcèlement sexuel. Ici et là, même propension des hommes à profiter de leur pouvoir pour satisfaire leurs besoins sexuels. Si l’on mettait à la disposition des enfants du monde entier un site Internet où ils pourraient déposer leur plainte en toute sécurité, ce « #balancetonpretre » provoquerait un tsunami mondial qui, par sa violence et son volume, dépasserait à coup sûr celui de « #balancetonporc ». Seraient encore reléguées au silence, il est vrai, les nombreuses victimes qui, en raison de leur jeune âge (18 mois, exemple entendu ce matin) ou de leur misère (enfants du Tiers-Monde, illettrés et/ou non connectés), n’auraient pas accès au site.

    Ce nouveau scandale vous a poussé à publier une longue « lettre au peuple de Dieu ». Mais, François, jamais la honte, la prière, le jeûne et la repentance ne mettront fin à ce fléau. À moins de changer les données qui engendrent ces gestes intempestifs, ils continueront à se produire. Pour les harceleurs de tout poil, il serait de la toute première importance de chercher les causes de leur acting-out machiste. Pour les prêtres catholiques, en revanche, point n’est besoin de chercher. La raison est là, évidente, flagrante comme le nez au milieu du visage.

    Ils ont peur
    Pourquoi s’en prennent-ils de façon si prépondérante aux enfants et aux adolescents ? Non parce qu’ils sont pédophiles — la proportion de vrais pédophiles parmi les prêtres est sûrement aussi minuscule que dans la population générale — mais parce qu’ ils ont peur , et que les plus jeunes sont les plus faibles, les plus vulnérables, les plus faciles à intimider, les moins aptes donc à les dénoncer. S’ils abordaient avec leur sexe tumescent — ce pauvre sexe nié, perpétuellement réprimé — des adultes de leur paroisse, ou s’ils allaient rendre visite aux travailleur(euse)s du sexe, ils seraient « pris » tout de suite. Avec les jeunes, ça peut durer des années… des décennies. On prend les nouveaux enfants de choeur… les fillettes qui viennent de faire leur première communion… cette toute jeune femme, dans le secret du confessionnal… ce tout jeune homme, pendant les vacances en colonie… On a sur elle, sur lui, sur eux, une ascendance, un pouvoir plus qu’humain, quasi divin… Et l’année d’après on recommence, avec les mêmes ou d’autres… François, ce n’est pas un sacre, c’est un massacre.

    À moins de se dire que seuls les pédophiles et les pervers sont intéressés par le sacerdoce chrétien, le problème n’est ni la pédophilie ni la perversion. Il faut abandonner ces clichés une fois pour toutes. Le problème, c’est que l’on demande à des individus normaux une chose anormale. C’est l’Église qui est « perverse » dans son refus de reconnaître l’importance de la sexualité et les conséquences désastreuses de son refoulement.

    Ces dernières décennies, nous autres, pays chrétiens — ou États laïques issus du christianisme —, avons pris l’habitude de dénoncer les coutumes d’autres cultures que nous considérons comme barbares ou injustes : je pense notamment à l’#excision ou au port de la #burqa. À ceux qui les pratiquent, nous aimons à faire remarquer que nulle part dans le Coran (par exemple) il n’est stipulé que l’on doive couper leur clitoris aux petites filles ou couvrir le visage des femmes, que ces pratiques ont commencé pour des raisons précises, à un moment précis de l’Histoire, afin d’aider les sociétés à mieux organiser les mariages et gérer la distribution des richesses. Les jugeant foncièrement incompatibles avec les valeurs universelles (liberté, égalité, fraternité) et les droits de l’individu — notamment le droit à l’intégrité corporelle —, nous nous estimons en droit de les interdire sous nos latitudes.

    Or ceux qui les pratiquent les considèrent comme irréfragables, constitutives de leur identité… de la même manière exactement que l’Église considère le #dogme du célibat des prêtres ! N’entrons pas, ici, dans le débat byzantin des raisons plus ou moins avouables pour lesquelles, après la scission des deux Églises, orientale et latine, celle-ci a tenu à se distinguer de celle-là en rendant obligatoire le célibat de ses officiants. Il est bien connu que Jésus n’a rien dit à ce sujet. Si lui-même n’a pas pris femme, il y avait parmi ses apôtres des hommes mariés, et, à d’autres époques et sous d’autres formes, le christianisme a autorisé et autorise encore ses prêtres à se marier. Le dogme catholique du célibat ne remonte qu’au Moyen Âge, un grand millier d’années après la mort du Christ.

    Les dégâts d’un dogme
    Ce qu’il s’agit de souligner, c’est que ce dogme, qui fait largement autant de dégâts que l’excision ou que la burqa, est lui aussi le résultat d’une certaine évolution historique. Cela veut dire qu’elle peut être annulée par une autre décision historique, décision que vous seul, cher François, êtes en mesure de prendre. Oui, vous seul avez la possibilité de lever l’injonction au célibat sous toutes les latitudes, protégeant ainsi d’innombrables enfants, adolescents, hommes et femmes à travers le monde.

    La preuve a été refaite et refaite. Le célibat obligatoire des prêtres ne marche pas. La plupart des prêtres ne sont pas chastes. Ils n’arrivent pas à l’être. Il faut en prendre acte et enterrer une fois pour toutes ce dogme inique. Il est criminel de tergiverser alors que, partout où il sévit, le massacre continue. Vous le savez, François ; nous le savons tous. Le rôle de l’Église est de protéger non les forts mais les faibles, non les coupables, mais les #innocents. « Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19 : 14). Depuis mille ans, combien de millions d’enfants ont été détournés de l’Église, dégoûtés de l’Église, empêchés de venir à Jésus, en raison de ce traumatisme ?

    Alors, dites STOP, François. En tant qu’autorité suprême de l’Église catholique, ce serait de loin l’acte le plus important, le plus courageux et le plus chrétien de tout votre mandat. Vous ne le feriez pas pour votre gloire personnelle… et pourtant, cela ne fait pas de doute, cette décision vous apporterait une gloire immense. Pendant des siècles, les prêtres et leurs ouailles vous remercieraient de votre prescience, de votre humanité, de votre sagesse.
    Ayez ce courage, je vous en conjure. Le moment est venu. L’Église doit cesser de cautionner (et donc de perpétuer, c’est-à-dire de perpétrer ) des crimes qui, à travers le monde et les âges, ont bousillé des vies sans nombre. Dites BASTA, François.
    Et si vous ne le faites pas, de grâce… expliquez-nous au moins pour quelles raisons vous ne voulez pas le faire.

    #enfants #femmes #garçons #filles #pape #prêtres #viols #machisme #pédophilie #massacre #catholicisme #sexe #perversité


  • Des milliers d’Argentins se retirent des registres de baptême Mathilde Guillaume/fme - 21 Aout 2018 - RTS
    http://www.rts.ch/info/monde/9789987-des-milliers-d-argentins-se-retirent-des-registres-de-bapteme.html

    De plus en plus d’Argentins réclament la séparation de l’Eglise et de l’Etat depuis le rejet de la légalisation de l’avortement. Les débats avaient été grandement influencés par l’Eglise et ont abouti à un rejet du texte.
    Dans le pays du pape à la tradition catholique très forte, il n’y a pas de séparation officielle de l’Eglise et de l’Etat et son influence se fait sentir à chaque débat de société.

    Un mouvement d’apostasie collective, c’est-à-dire la demande formelle de voir son nom retiré des registres de baptême, est en train de naître. Des milliers d’Argentins ne souhaitent plus que l’Eglise parle en leur nom.


    « Ce vote de l’Eglise est une honte, alors que des femmes continuent de mourir. Ils détournent les yeux du problème, comme ils le faisaient déjà durant la dernière dictature », affirme Nora Cortiñas, de l’association Mère de la place de Mai, l’unique organisation argentine de défense des droits humains composée exclusivement de femmes.

    Symbole de lutte
    Cette association des mères argentines dont les enfants ont « disparus » durant la dictature militaire organise une ronde hebdomadaire, symbole de la lutte pour les droits humains. Et cette cette semaine, Nora Cortiñas, figure de référence à 88 ans, à une annonce très spéciale à partager : "Je vais faire, comment ça s’appelle, mon apastadie… Apostasie ? Apostasie !

    Pourtant catholique pratiquante, Nora ne veut plus faire partie de l’Eglise. Le déclencheur de cette décision douloureuse pour elle est le vote contre l’avortement légal, sûr et gratuit, porté par l’institution religieuse.

    Comme elle, à Buenos Aires et dans le reste du pays, des milliers d’Argentins se sont rassemblés pour présenter collectivement leur demande de renonciation. Des milliers de formulaires ont été récoltés. Ne reste plus qu’à les présenter aux autorités religieuses pour finaliser l’opération.

    Secouer l’Argentine
    « Aujourd’hui plus que jamais, ceux qui ne sont pas d’accord pour que l’Etat soit lié à l’Eglise, devons nous faire entendre. Et ça, c’est une manière de le faire », explique Vanesa Fernandez, employée de bureau de 40 ans.

    Pour Sol Prieto sociologue spécialiste des liens entre religions et politique à l’Université de Buenos Aires (UBA), ce mouvement naissant pourrait bien secouer la société argentine : « On commence à parler dans les médias et ailleurs de laïcité, de séparation de l’Eglise et de l’Etat, de financement de l’Eglise… C’est encore un peu confus, mais il me semble que c’est le propre d’une question qui est juste en train de s’imposer dans l’agenda public pour la première fois. »

    #Argentine #apostasie #avortement #catholicisme #pape #femmes #église #Laïcité #pédophilie #Luttes


  • Two Years After Jimmy Kimmel, Paper Receipts Remain: Why It’s Time to Skip the Slips
    https://hackernoon.com/skip-the-slip-bbd0230d2580?source=rss----3a8144eabfe3---4

    Two Years After Jimmy Kimmel, Paper Receipts Remain: Why It’s Time to Skip the SlipsWe are living in a bright new age in which sustainability and ethical practises are moving out of the sphere of abstract international treaties such as the Paris agreement, and into the day to day behaviour of consumers and the stores they buy from. Plastic bags have been banned in various countries across the world, and in France supermarkets face fines for food wastage. However, one persistent outdated practise remains in stores, cafes and gas stations all over the world: the use of paper receipts.https://medium.com/media/488d5d687525455053c69140026f8d04/hrefAnd it’s not as if we don’t know the damaging effects of continued use. Over the last few years, the issue has been highlighted not once but twice (...)

    #retail-technology #tillbilly #paper-receipts #environment #digital-receipts





  • Les routes de l’#esclavage (1/4)
    476-1375 : au-delà du désert

    Domination, violence, profit : le système criminel de l’esclavage a marqué l’histoire du monde et de l’humanité. Au fil de ses routes, cette série documentaire retrace pour la première fois la tragédie des traites négrières. Captivant et implacable. Premier volet : de la chute de Rome en 476 à la fin du XIVe siècle.

    Après la chute de Rome en 476, les peuples (Wisigoths, Ostrogoths, Berbères, Slaves, Byzantins, Nubiens et Arabes) se disputent les ruines de l’Empire. Tous pratiquent l’asservissement – « esclave » viendrait du mot « slave ». Mais au VIIe siècle émerge un Empire arabe. Au rythme de ses conquêtes se tisse, entre l’Afrique et le Moyen-Orient, un immense réseau de traite d’esclaves, dont la demande ne cesse de croître et qui converge vers Bagdad, nouveau centre du monde. Après la révolte des Zanj – des esclaves africains –, qui s’achève dans un bain de sang, le trafic se redéploie vers l’intérieur du continent. Deux grandes cités commerciales et marchés aux esclaves s’imposent : Le Caire au nord, et Tombouctou au sud, place forte de l’Empire du Mali d’où partent les caravanes. Au fil des siècles, les populations subsahariennes deviennent la principale « matière première » de ce trafic criminel.

    https://www.arte.tv/fr/videos/068406-001-A/les-routes-de-l-esclavage-1-4

    #film #documentaire #Afrique #Empire_romain #histoire #pratique_généralisée #traite #Fustat #économie #Nubie #guerre #violence #butins_de_guerre #Bagdad #main-d'oeuvre #Islam #Berbères #dromadaires #Sahara #Tombouctou #Empire_du_Mali #or #altérité #Touareg #essentialisme #fatalité #Basora #Le_Caire #esclaves_domestiques #paternalisme #négation_de_l'être #domination #esclavage_doux #oasis #Atlas_catalan

    #Catherine_Coquery-Vidrovitch :

    Dans l’Empire arabo-musulman, « l’#esclave n’était pas différencié par sa couleur, ça ne comptait pas. L’esclave était différencié par sa #culture. Il n’avait pas la culture du dominant »

    #géographie_culturelle #domination

    #Ibrahima_Thioub, université Cheickh Anta Diop, Sénégal :

    « Pour mettre en esclavage un individu, un des phénomènes importants c’est de le construire comme autre, de construire une #altérité. Les sociétés humaines ont des registres assez larges. On peut utiliser la différence de #couleur_de_peau, la différence de #religion. Dans la #traite_trans-saharienne, on va combiner les deux ».

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahima_Thioub

    Ibrahima Thioub :

    « L’intérêt des maîtres, c’est de faire croire à l’individu qu’il est esclave non pas parce qu’un jour on lui a opposé un rapport de force qui est réversible, mais parce que, par sa nature, il est destiné à être un esclave. C’est une #idéologie extrêmement forte. Si votre sang est considéré comme un sang servile, et que cette nature vous la transmettez à votre descendance, il devient impossible de sortir du phénomène esclavagiste »

    Selon ce qui est dit dans ce reportage, 3,5 millions d’Africains ont circulé sur les routes de l’esclavage entre le 7ème et le 14ème siècle.



  • La cléricalisation des pays de l’Est Nina Sankari - 24 Mar 2018 - Investig’Action
    https://www.investigaction.net/fr/la-clericalisation-des-pays-de-lest

    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques. Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État.
    Remarques préliminaires
    J’utilise des informations trouvées dans des publications diverses comme : articles, rapports et analyses en provenance aussi bien de centres académiques comme Research Gate ou Academia et de différents sites gouvernementaux ou spécialisés dans ces thématiques que de sites des ONG etc. L’information ne manque pas. Mais si on regarde de plus près, on peut noter certains déficits :
    1. La plupart des informations sont fournies par les institutions et centres religieux représentant un intérêt religieux.
    2. Même les sources qui se disent neutres ou objectives sont souvent financées par des institutions favorisant la religion (ex. PEW Research Centre) et par conséquent l’objectivité de leurs publications est discutable.
    3. Les deux groupes de sources analysent volontiers la religiosité des populations (quelle que soit la fiabilité des statistiques présentées), mais les politiques concrètes des États qui sont à l’origine du processus de cléricalisation sont absentes de l’analyse.
    4. Il est extrêmement difficile de trouver des chiffres sur le financement des Églises par des États.

    Dans cette situation, pour présenter le processus de cléricalisation des pays de l’Est, j’ai choisi des critères d’analyse suivants :
    1. Le passé clérical « pré-communiste » comme facteur facilitant la cléricalisation.
    2. Les relations Église – État actuelles dans les lois : Constitution, Concordat, loi sur l’éducation, sur le financement de l’Église par l’État et loi blasphème.
    3. Les droits reproductifs des femmes.
    En face d’un nombre écrasant de publications représentant la voix religieuse, je salue l’œuvre de l’IRELP qui apparaît comme une rare organisation à mener la recherche dans le camp opposé à la cléricalisation des pays de l’Europe et du monde.

    Les Églises – les vrais vainqueurs de la transition qu’on a appelée « démocratique »
    Il y a bientôt 30 ans, en 1989, un grand bouleversement est intervenu en Europe de l’Est. Les régimes dits communistes des pays de l’Europe de l’Est sont tombés comme des dominos et la fameuse transition a commencé. Les peuples de ces pays avaient réclamé la liberté, la démocratie et l’amélioration des conditions de la vie. Ils ont obtenu des élections libres et le pluralisme politique. En promo-bonus, ils ont reçu le capitalisme le plus rapace, qui limite l’accès pratique aux libertés démocratiques.

    Un autre facteur aggravant la vie des gens de la région, c’est le renversement des relations entre les Églises et l’État. Les pays déclarés athées, avec des institutions religieuses dominées autrefois par l’État, sont entrés sur la voie de la cléricalisation de la vie politique, socio-économique et culturelle. Cette cléricalisation se réalise dans tous ces pays par l’alliance du trône et de l’autel, une alliance entre l’institution religieuse dominante du pays et la droite (aussi bien conservatrice que populiste). Ce n’était pas ce que beaucoup d’habitants de la région avaient espéré. Le rôle accru de l’Église détruisant dès le début les libertés démocratiques (liberté de conscience, de parole, d’expression dans les medias, l’art et la science) et les droits humains, les droits des femmes en première place.

    La reconstruction du modèle clérico-national ou #national-fasciste
    Dans tous les pays de la région, les attaques des institutions religieuses contre le modèle laïque se multiplient, quelle que soit la religion imposée. L’Église catholique, très active dans la de-sécularisation de la région, est le vrai vainqueur de ce changement et on pourrait lui attribuer un rôle dans la modification de la carte de l’#Europe. Il faut noter aussi un effort constant de la part des autorités religieuses de lier la religion au nationalisme (appelé #patriotisme).
    L’Église catholique y excelle particulièrement bien. Un bon Polonais (Slovaque, Croate, Hongrois ou Slovène) c’est un bon catholique. Par contre, un #athée est un traître à la patrie. « Un Polonais c’est un catholique, l’exception, c’est un juif », disait déjà au début des années 90 le #cardinal_Glemp. La deuxième partie de cette constatation semble d’ailleurs ne plus être d’actualité. Ne parlons pas des athées, mais que sont alors les #protestants, les #orthodoxes, les #musulmans (descendants des Tartars vivant en Pologne depuis des siècles) ? En cherchant leur identité dans le passé de « l’indépendance » de l’ère pré-communiste, les pays de la région la trouvent souvent dans le passé fasciste. Par exemple dans la Slovaquie du Père Tiso, en Roumanie sous la Garde de fer, dans la Croatie de Pavelic ou dans la Hongrie d’Horthy.

    Pour illustrer cette thèse, prenons l’exemple de la Slovaquie et de son divorce « de velours » avec la Tchéquie. Pendant sa visite, un an avant l’accession de la Slovaquie à l’Union européenne, le pape Jean-Paul II a dit : « Dans un proche avenir, votre pays deviendra membre à part entière de la Communauté européenne. Chers et bien aimés, apportez à la construction de la nouvelle identité de l’Europe la contribution de votre riche tradition chrétienne ! » Appelant les Slovaques à être les soldats de la « bataille pour l’âme de l’Europe », il les a invités à aider à « ré-évangéliser un continent laïc à partir de l’Est ». Mais pour cela, le Vatican avait besoin de séparer la #Slovaquie de son partenaire moins favorable à la cléricalisation – la #Tchéquie fortement athéisée. Après la « révolution de velours » à la fin de 1989, la Slovaquie était à la recherche de son passé en tant que nation indépendante. Elle l’a trouvé : l’État slovaque fasciste de 1939-1945 du Père Tiso. 

    De même en #Croatie, où la mobilisation nationale-catholique tout au long des années 90 était énorme et continue à l’être aujourd’hui, même si elle se concentre sur d’autres sujets (lutte contre les droits des femmes, droits des personnes #LGBTQ, éducation laïque etc.), cette mobilisation supposait l’écriture d’une nouvelle version de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (comme d’ailleurs dans d’autres pays de la région), réhabilitant les #oustachis comme des « patriotes » anticommunistes. De nouveau, ce phénomène trouvera l’appui de #Jean-Paul-II dont les voyages apostoliques en Croatie provoqueront une euphorie catholico-patriotique, surtout son voyage de 1988, marqué par la béatification de Mgr Alojzije Stepinac, l’Archevêque de Zagreb durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le processus de sa canonisation a été arrêté suite à de nombreuses protestations, dont celle des intellectuels et celle de l’Église orthodoxe serbe qui s’est opposée avec virulence à la canonisation de #Stepinac considéré par les Serbes comme un criminel de guerre impliqué dans le régime fasciste des Oustachis.

    En Pologne, la situation historique est différente, étant donné que les autorités pendant la période de la Sanacja (gouvernement d’« assainissement » national de Pilsudski) ont réussi à délégaliser le Camp national radical fasciste en 1934 et à le détruire avant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, la Pologne réécrit son histoire aussi, en glorifiant les « soldats maudits » comme des héros nationaux (soldats d’extrême droite qui vont combattre les Allemands et les Soviétiques). À partir de l’année 2011, le 1er mars est devenu une fête nationale en #Pologne, pour célébrer le souvenir des soldats de cette résistance clandestine anticommuniste. Cependant, ce souvenir oublie la brutalité inouïe avec laquelle ils ont tué des milliers d’hommes et de femmes, et des centaines d’enfants. Beaucoup d’entre eux ont eu le seul malheur d’être juifs, biélorussiens, ukrainiens ou slovaques. L’Église polonaise participe aux messes célébrées à leur intention. Et le bras de fer du nationalisme catholique polonais, le Camp national radical, délégalisé en 1934 par Pilsudski, a été à nouveau légalisé au nom de la démocratie en 2002.

    Relations Église – État dans les pays “post-communistes”
    Aujourd’hui, le niveau d’ingérence religieuse dans la sphère publique diffère selon le pays, la Pologne étant le leader indiscutable de la cléricalisation, un pays où l’Eglise catholique domine l’État. Par contre, la République tchèque est un vrai « cancre » car la population y reste majoritairement athée (Tableau 1)
    Tableau 1 : Relations Église – État dans les pays “post-communistes” membres de l’UE


    Slovaquie : Traité sur la clause de conscience rejeté

    Si on regarde la première colonne, tous les pays « ex-communistes » (à l’exception de la Pologne) ont la séparation de(s) Église(s) et de l’État ou la « laïcité » (le sécularisme) ou la neutralité qui sont inscrites dans la Constitution. En ce qui concerne la Pologne, les évêques polonais se sont opposés à ce que le terme “séparation” ou “laïcité” ou “neutralité de l’État” soient inscrits dans la #Constitution de 1997. Il a été remplacé par le terme d’autonomie mutuelle, ce qui ne peut être interprété autrement que la perte par l’État de sa souveraineté, réduite désormais à l’autonomie. Mais il serait faux de penser que dans tous les autres cas, la Constitution garantit le caractère laïque ou neutre de l’État. Par exemple, en Lituanie, la Constitution parle du caractère laïc de l’éducation publique uniquement (ce qui n’empêche pas d’avoir des cours de religion à l’école). La Slovaquie ou la Slovénie ont le sécularisme inscrit dans la Constitution, mais cela ne les empêche pas non plus d’organiser des cours de religion à l’école publique ou de financer les Églises.

    Ce qui compte le plus, c’est la colonne 4 sur le concordat. Parce que si le concordat (ou les concordats ou autres accords avec le Vatican) est signé, le caractère laïque de l’État, même formellement déclaré dans la Constitution, devient une constatation dépourvue de sens. Et parmi tous les États « ex-communistes » membres de l’UE, seule la Tchéquie n’a pas signé un tel accord et n’a toujours pas réglé la question des restitutions de nombreux biens ecclésiastiques confisqués par le régime précédent. En 2002, Prague a signé un tel accord avec le Vatican mais cet accord a été rejeté par le Parlement, la pomme de discorde reste toujours le problème des restitutions des biens de l’Église. L’ex-dissident et président à l’époque, Vaclav Havel, s’en est plaint : quarante ans de communisme et vingt ans de consumérisme ultralibéral ont fait de ce pays “la première société réellement athée sans ancrage moral”.

    Et c’est là en partie que réside le problème de la cléricalisation galopante dans les pays de l’Est. Elle se fait avec le consentement des élites politiques et intellectuelles, le plus souvent de droite mais de gauche aussi. Dans les années 90, on voyait tous les jours le Premier Ministre polonais Oleksy, dirigeant de l’Alliance de la Gauche Démocratique, agenouillé inlassablement à l’église et le Président Aleksander Kwaśniewski légitimait son pouvoir en se promenant avec Jean Paul II dans sa papamobile. L’icône de l’opposition démocratique en Pologne, Adam Michnik, affirmait à plusieurs reprises dans ses longs articles qu’il n’y a pas d’autre morale pour un Polonais que la morale catholique. Une autre icône, le professeur Karol Modzelewski a refusé de signer la liste des athées et #agnostiques en Pologne (montrer le support à un coming out est difficile) par obligation de « défendre la substance de la science en Pologne ». Les intellectuels polonais n’ont pas eu ce réflexe de leurs collègues croates de protester contre la glorification de bourreaux des Soldats Maudits. Ce n’est que maintenant que les élites polonaises se réveillent quand le pouvoir autocratique pour lequel ils ont pavé le chemin menace leur position.

    Les femmes – les grandes perdantes de la transformation
    En général, dans les pays de l’Est au début de la transformation démocratique, les femmes disposaient librement de leur corps. L’IVG, à l’exception de la Roumanie, était légal et gratuit. Due à un niveau technologique bas, la contraception a été succincte mais accessible. Dans certains pays il y avait des cours d’éducation sexuelle à l’école. Sous pression des institutions religieuses, leurs droits se trouvent attaqués ou détruits. Le droit à l’IVG étant un critère symbolique du droit de la femme à l’autodétermination, le tableau 2 montre la situation de l’IVG dans les pays « #ex-communistes ». 

    Si dans la plupart de pays de l’Est membres de l’UE, à l’exception de Pologne, l’IVG reste légale, les tentatives d’y restreindre l’accès se multiplient dans tous les pays. Cela concerne même la Roumanie, le seul pays de ce groupe où les femmes ont gagné les droits reproductifs après la chute du régime de Ceaușescu. Des restrictions se font souvent par la barrière économique (ex. Estonie) ou l’IVG, donc l’avortement à la demande, de la femme est légal mais coûte cher. Dans la plupart des pays il y des restrictions pour les mineures qui doivent se présenter avec leurs parents. Un autre problème concerne l’instauration de consultations médicales obligatoires pour recevoir l’autorisation. Les tentatives les plus graves visant à restreindre ou détruire ce droit viennent de l’Église catholique (Slovaquie, Lituanie, Croatie, Slovénie). La Pologne constitue un exemple #morbide d’un pays où l’Église traite les droits des femmes comme son #butin_de_guerre et où l’IVG est interdit. Mais même dans les cas prévus par la loi (danger pour la vie et la santé de la mère, du #fœtus et en cas d’un rapport sexuel criminel), on refuse dans les faits aux femmes la possibilité de pratiquer l’avortement. Seuls les projets visant à restreindre encore plus ou à interdire complètement l’avortement sont pris en considération par le Parlement actuel. Le leader du parti Droit et Justice est allé jusqu’à exiger qu’une femme porte une grossesse avec l’enfant non-viable juste pour pouvoir le baptiser.

    Table 2. L’avortement dans les pays “post-communistes” membres de l’UE

    Conclusions
    La chute du mur de Berlin a eu de multiples conséquences, entre autre, la disparition du monde bipolaire. Comme le camp « ex-communiste » était, du moins en théorie, basé sur la philosophie matérialiste et formellement dirigé par des athées qui voyaient – à juste titre – les institutions religieuses comme des ennemis du système, celles-là ont pris leur revanche après le changement dit démocratique. Mais les institutions religieuses, par définition antidémocratiques et alliées à la droite conservatrice, n’ont pu que cheminer vers la destruction des libertés civiles, des droits humains et le démontage de la démocratie. L’intelligentsia de la région, désireuse de devenir la classe moyenne, a abandonné les peuples et trahi les femmes, en pavant le chemin aux régimes non démocratiques ou d’une démocratie “illibérale” (terme inventé par Orban). Le processus de la désécularisation et de cléricalisation successive menace non seulement cette région mais en fait l’Europe entière. L’éducation soumise à la pression religieuse vise à produire des citoyens et citoyennes incapables de développer une pensée critique. Une solidarité internationale des libres penseurs s’impose plus que jamais pour pouvoir contrer les politiques liberticides. Nous avons aussi besoin de renforcer notre efficacité concernant l’augmentation de nos capacités à mener des recherches, produire des analyses et les promouvoir.
     
    Conférence de Nina Sankari à l’IRELP (Institut de Recherche La Libre Pensée) http://www.irelp.fr

    #église #Athéïsme #état #liberté #Démocratie #capitalisme #religiosité #statistiques #cléricalisation #pré-communisme #post-communisme #Education #Constitution #Concordat #blasphème
    #femmes #féminisme #sexisme #racisme #culture_du_viol #travail #viol #violence #histoire #droits_des_femmes #avortement #ivg #misogynie #union_européenne #pape #mur_de_berlin


  • La #Mondialisation des pauvres. Loin de Wall Street et de Davos

    La mondialisation ne se résume pas au succès de quelques multinationales et à la richesse d’une minorité de nantis. Les acteurs les plus engagés dans la mondialisation demeurent discrets, souvent invisibles. Depuis une trentaine d’années, les routes de l’échange transnational ont connu de profondes mutations. Elles relient aujourd’hui la Chine, l’atelier du monde, à un « marché des pauvres » fort de quatre milliards de consommateurs, en Algérie, au Nigeria ou en Côte d’Ivoire. Pour apercevoir ces nouvelles « Routes de la Soie », il faut se détacher d’une vision occidentalo-centrée et déplacer le regard vers des espaces jugés marginaux, où s’inventent des pratiques globales qui bouleversent l’économie du monde. On découvre alors une « autre mondialisation », vue d’en bas, du point de vue des acteurs qui la font.


    http://www.seuil.com/ouvrage/la-mondialisation-des-pauvres-armelle-choplin/9782021366525
    #livre #globalisation #marginalité #économie #marges #géographie_de_la_mondialisation #ressources_pédagogiques #post-modernisme #pauvreté #économie #marginalité #géographie #géographie_économique
    #inégalités #mondialisation_des_pauvres

    • Olivier Pliez : « Avec le #bas_de_gamme et la #contrefaçon, la mondialisation s’installe au plus près des pauvres »

      Les géographes #Armelle_Choplin et #Olivier_Pliez ont suivi à travers le monde les #vêtements, #jouets et autres extensions de cheveux de leur lieu de fabrication jusqu’au marché où ils sont vendus. Ces objets sont les indices d’une « mondialisation des pauvres » qui s’étend jusque dans les pays occidentaux.
      Peut-on parler de mondialisation sans passer par Wall Street, Davos, et tous les hauts lieux qui en sont habituellement les symboles ? Oui, répondent les géographes Armelle Choplin et Olivier Pliez dans la Mondialisation des pauvres (Seuil, La République des idées, 2018). Délaissant Manhattan ou la City de Londres, ils se sont rendus en #Afrique_du_Nord et dans le #golfe_de_Guinée, mais aussi en #Turquie et en #Chine, pour montrer que des espaces pauvres, que nous croyons exclus de la globalisation économique, ont aussi leurs réseaux internationaux. A défaut d’actions et de flux financiers, ces circuits voient transiter des produits bas de gamme : vêtements, électroménager, tongs, extensions de cheveux ou encore parpaings et ciment.
      En retraçant les parcours de ces #objets, ils dessinent les #réseaux d’une « #mondialisation_par_le_bas », de plus en plus sophistiqués et de plus en plus étendus. Né au cours des années 90 dans les marchés installés dans de nombreuses villes méditerranéennes comme Marseille, ce commerce à bas prix explose dans des métropoles chinoises d’envergure mondiale, où les produits bas de gamme s’exportent par conteneurs entiers. Olivier Pliez revient sur les logiques d’organisation de ce #commerce.

      Vous présentez cette « mondialisation par le bas » en suivant des objets à travers le monde. Comment les avez-vous choisis ?

      Nous avons sélectionné ceux qui révélaient l’étendue des réseaux à travers le monde. Nous racontons ainsi comment un homme d’affaires a fait fortune grâce aux extensions de cheveux artificiels : simple revendeur de mèches à Barbès dans les années 80, il est ensuite devenu le principal revendeur pour l’Europe, avant d’installer ses propres usines au Bénin puis au Nigeria, où il emploie 7 000 personnes ! Cet exemple de réussite économique, où des produits fabriqués en Afrique se vendent en Europe, nous pousse à sortir de nos schémas habituels : l’Afrique n’est pas seulement un continent pris au piège de la Françafrique ou de la Chinafrique. Certes, la mondialisation est avant tout un rapport de dominant-dominé, avec des riches qui exploitent des pauvres, des Nord qui profitent des Sud. Mais ces espaces pauvres et dominés intéressent le marché car ce sont des lieux de #consommation - je pense à des produits neufs mais aussi, par exemple, aux voitures de seconde main en provenance d’Europe - et parfois même des lieux de production d’objets que l’on ne trouve pas ailleurs. Nous essayons donc de montrer comment des marchands, des fabricants, qui ne sont pas les plus armés face à la mondialisation, arrivent tout de même à tirer parti de ces #réseaux_d’échanges.

      Comment a évolué ce commerce au fil du temps ?

      Tout a commencé dans les années 80 avec le « #commerce_au_cabas » : des gens se rendaient dans des marchés tel celui de #Belsunce à #Marseille. Ils achetaient des produits bas de gamme comme des vêtements, des objets électroniques ou du petit électroménager, qu’ils ramenaient à la main au Maghreb pour les rerevendre. Ce commerce est un succès, et la demande se fait de plus en plus forte, à tel point que les marchands augmentent les volumes et achètent les marchandises par conteneurs entiers. Ils vont alors se fournir vers des villes plus grandes : d’abord #Istanbul, puis #Dubaï, et enfin, des villes chinoises comme #Yiwu : véritable #ville-marché à deux heures de train au sud de Shanghai, on y trouve des magasins d’usines ouverts 364 jours par an, où l’on peut se fournir en « menus articles », c’est-à-dire des #appareils_ménagers, des #jouets, de la #papeterie, des #vêtements ou encore des #objets_religieux. Dans les cafés, des marchands parlent « affaires », dans toutes les langues.

      Marseille, Istanbul, Dubaï, et maintenant Yiwu : pourquoi ce commerce se déplace-t-il à l’Est ?

      Chaque changement de ville correspond à un élargissement des lieux de consommation, et donc à une augmentation de la demande. A Marseille dans les années 90, le marché alimente surtout le #Maghreb. Puis les marchands maghrébins sont partis se fournir à Istanbul, au moment où la chute de l’URSS fait exploser la demande de consommation dans l’aire ex-soviétique. Cette ville offre alors des prix plus intéressants que Marseille. Lorsque Dubaï émerge à son tour, ce sont l’#Iran et toute la #corne_de_l’Afrique qui s’ajoutent à la liste des lieux de consommation. Enfin, en Chine, Yiwu est une #ville_globale, qui vend des produits dans le monde entier. En plus des affiches en arabe ou en russe, on voit aussi des panneaux en espagnol, preuve de la présence de marchands latino-américains.

      Les villes qui se font doubler perdent-elles leur rôle commercial ?

      A Marseille, le #marché_de_Belsunce a disparu et le quartier est en cours de #gentrification. A Istanbul ou Dubaï, villes très internationales, le commerce reste très actif mais répond à des besoins plus spécifiques : par exemple, Dubaï assure des livraisons plus rapides que Yiwu. Plus largement, pour rester en compétition, de nombreuses villes se spécialisent : celles de #Malaisie vendent des #meubles_en_bois, celles du #Vietnam du #textile, etc.

      Qu’est-ce qui explique en Chine le succès de Yiwu, bien moins connue qu’Istanbul ou Dubaï ?

      Yiwu est connue des grossistes, pas des touristes. Contrairement à ses concurrentes, elle s’est développée pour le marché, alors qu’ailleurs, le marché naissait dans la ville préexistante. A la fin des années 90, Yiwu a fait le choix d’installer des magasins ouverts toute l’année, alors que ses concurrentes chinoises proposaient des foires ouvertes dans un temps limité, ce qui était plus contraignant pour les acheteurs. De plus, elle permet l’exportation sur de petits volumes - l’équivalent d’un demi-conteneur -, ce qui attire des marchands moins fortunés. Et puis, Yiwu a aussi élargi ses gammes de produits, en continuant à vendre du bas de gamme, mais en ajoutant des éléments de meilleure qualité, toujours dans le domaine du vêtement, des jouets, du papier. Il y a quelques années, on y trouvait jusqu’à 90 % de produits de contrefaçon. Ce n’est plus le cas. Cela permet d’atteindre de nouveaux marchés de consommation, jusque dans les pays du Nord ! En France, certaines grandes surfaces discount ou de petites boutiques proposent des produits venus de villes comme Yiwu.

      Donc, la « mondialisation des pauvres » concerne aussi les pays riches ?

      Oui. On le voit par exemple à #El_Eulma, le plus grand marché d’#Algérie, connu dans tout le Maghreb. On y trouve notamment des vêtements et des #fournitures_scolaires que tout le monde vient acheter, y compris des personnes qui vivent en Europe mais qui y viennent pendant leurs vacances. Les mêmes types de produits sont ainsi présents en #Afrique, en #Amérique_latine, en #Asie_du_Sud-Est, mais aussi ainsi dans les pays occidentaux : à Yiwu, les Etats-Unis et l’UE figurent en bonne place dans les listes de clients importants. C’est en quelque sorte l’illustration concrète des nouvelles routes de la soie que la Chine étend dans le monde entier. Aujourd’hui, des trains relient Yiwu à Téhéran, mais aussi à Madrid et à Londres ou Budapest. Economiquement, le #transport_maritime reste moins coûteux, mais c’est un symbole important de l’étendue de sa puissance commerciale.

      Ces réseaux commerciaux pourront-ils satisfaire les futurs besoins de l’Afrique, en forte croissance démographique ?

      En ce qui concerne le besoin de consommation, oui. Ce sera notamment le cas du golfe de Guinée : cette région portuaire de 30 millions d’habitants, anglophones ou francophones, a de bons atouts pour s’intégrer aux réseaux mondiaux. Pour d’autres zones, comme pour la bordure méridionale du Sahel, ce sera plus dur, même si les grandes capitales de cette zone affichent des publicités pour le port le plus proche, ce qui montre l’existence de lien avec le commerce international. En revanche, les activités économiques ne fourniront pas d’emploi à tout le monde, loin de là.

      Votre livre montre des commerçants qui circulent dans le monde entier. Comment analyser les contraintes que leur impose la politique migratoire européenne ?

      Tous les spécialistes des migrations disent depuis trente ans : laissez-les circuler ! Les conséquences de la fermeture des frontières européennes sont faciles à mesurer. Dans les années 90 et 2000, Istanbul a attiré de nombreux commerçants qui ne pouvaient pas se rendre en France faute de #visa. Aux Etats-Unis, des travaux ont montré la même chose dans les relations avec l’Amérique latine : les personnes avec un double visa circulaient et créaient cette mondialisation. Quand les contraintes de circulation s’accroissent, le commerce ne s’arrête pas, il se reporte. C’est bien ce qu’ont compris les Chinois en créant Yiwu et en y garantissant un bon accueil des marchands maghrébins, et plus largement, arabes.

      Avec cette image d’hommes et de produits circulant pour le plus grand bien de tous, ne glisse-t-on pas vers une « mondialisation heureuse » qui néglige la question des inégalités ?

      Nous dénonçons cette mondialisation qui est source d’inégalités. Mais nous essayons de comprendre comment elle s’installe au plus près des pauvres pour les inclure dans le #marché. Ce n’est pas une mondialisation plus angélique que l’autre, mais on n’en parle pas ou peu, notamment parce qu’il est difficile de quantifier les #flux qui circulent, comme on le fait pour les autres lieux de la mondialisation. Il manquait aussi une géographie à ce champ très marqué par les sociologues et les anthropologues, c’est ce que nous avons voulu faire.

      http://www.liberation.fr/debats/2018/04/06/olivier-pliez-avec-le-bas-de-gamme-et-la-contrefacon-la-mondialisation-s-
      #frontières #ouverture_des_frontières #fermeture_des_frontières #circulation #route_de_la_soie (les nouvelles "routes de la soie")


  • Pédophilie : face à l’inertie du pape, une union internationale de victimes - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/01/14/pedophilie-face-a-l-inertie-du-pape-une-union-internationale-de-victimes_

    A l’occasion du voyage du souverain pontife au Chili et au Pérou cette semaine, les associations de plusieurs pays se réunissent ce lundi à Santiago. Objectif : créer, en juin, une ONG mondiale .

    C’est une première. Et sûrement très lourde de conséquences pour l’#Eglise catholique. Une trentaine d’associations et de personnalités emblématiques, fers de lance de la lutte contre la pédophilie dans les milieux catholiques (à l’instar du Britannique Peter Saunders), se retrouvent pour une journée de réflexions ce lundi à Santiago. Pour elles, c’est une manière de souhaiter la « non-bienvenue » au pape François, en voyage au Chili et au #Pérou jusqu’à dimanche, et de mettre sur les rails - et c’est un changement capital - un réseau international. « Nous voulons montrer que nous sommes nombreux à défendre le droit des enfants, a expliqué le Chilien José Andrés Murillo, l’un des initiateurs de la rencontre. C ’est aussi une manière de montrer notre colère face au manque de réactions du pape. » François Devaux, fondateur de la Parole libérée, une association très en pointe dans les affaires de pédophilie en France, participe à la rencontre.

    Lors de son voyage, le pape risque aussi de faire face à des manifestations. Autant au #Chili qu’au Pérou, où de retentissantes affaires de pédophilie ont secoué localement les Eglises. La plus emblématique concerne le prêtre chilien Fernando Karadima (Murillo est l’une de ses victimes présumées), longtemps protégé par sa hiérarchie et désormais reclus dans un monastère. En janvier 2015, le pape avait nommé évêque l’un de ses proches, Juan Barros, provoquant d’importantes protestations. Et dans sa garde rapprochée figure aussi le cardinal chilien Francisco Errázuriz, soupçonné d’avoir couvert des affaires d’abus sexuels et de dérives sectaires.

    Silence

    Le souverain pontife a, de fait, envoyé des signaux très contradictoires. A maintes reprises, il a proclamé que l’Eglise catholique devait mener une politique de « tolérance zéro ». Mais dans les faits, le jésuite argentin a fait preuve de beaucoup d’ambiguïtés. En France, la Parole libérée regrette vivement le soutien sans faille qu’il a apporté à Philippe Barbarin, le cardinal-archevêque de Lyon, mis en cause pour sa gestion de l’affaire Preynat, l’un des prêtres de son diocèse accusé de faits de pédophilie. Au Vatican, le #pape François a aussi soutenu jusqu’au bout son ministre des Finances, le très conservateur cardinal australien Georges Pell, contraint de rentrer dans son pays au début de l’été pour répondre prochainement devant un tribunal d’accusations d’abus sexuels.

    « Le pape François a beaucoup déçu les victimes », relève un expert du dossier. En 2014, il avait créé la Commission pontificale de protection des mineurs. Au terme de ses trois ans de travaux, on ignore si elle sera reconduite ou non dans ses fonctions. Devant l’inertie et le peu d’avancée, deux grandes personnalités, Peter Saunders et Marie Collins, eux-mêmes victimes de prêtres pédophiles, avaient cessé d’y siéger. Le 21 septembre, le pape a reçu les membres de cette commission. Des demandes très précises lui ont été formulées. La principale concerne l’abolition de la prescription dans les cas d’abus sexuels commis sur des mineurs. Pour le droit canon (interne de l’Eglise), elle intervient vingt ans après que les victimes ont atteint leur majorité (18 ans).

    « Pour le moment, nous n’avons pas eu de réponses à nos demandes », précise, à Libération Catherine Bonnet, pédopsychiatre spécialiste reconnue des questions de pédophilie et seule Française à faire partie de la commission vaticane. Un silence qui pourrait équivaloir à une fin de non-recevoir… C’est d’ailleurs souvent la manière de procéder au Vatican. Très récemment, Catherine Bonnet a transmis une lettre au pape lui demandant expressément de rencontrer les victimes : « Ce contact direct me paraît très important », dit-elle. Or d’après ce que l’on sait, le souverain pontife n’a rencontré des victimes qu’à deux reprises depuis qu’il est entré en fonction, en 2013.

    Au Chili, Fundación Para la Confianza, l’une des associations investies dans ce dossier, avait demandé un rendez-vous. Réponse négative de Rome, sous prétexte d’agenda déjà chargé. Le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a confirmé jeudi qu’aucune rencontre avec des victimes n’était prévue pendant le voyage. « C’est un thème important », a-t-il néanmoins reconnu. Avant d’ajouter « que les meilleures rencontres étaient celles qui avaient lieu en privé. »

    « Sommet mondial »

    Ce refus, très mal perçu parmi les victimes, les conforte dans leur volonté de mieux s’organiser. « En échangeant entre nous, nous avons pris conscience d’être confrontés, dans chacun de nos pays respectifs, aux mêmes difficultés », souligne François Devaux. Proposé par la Parole libérée lors de la rencontre de Santiago, le projet est de mettre en place une ONG à dimension internationale pour « répondre à la dimension universelle de l’Eglise », explique Devaux. Une intuition qu’avait déjà eu l’Américaine Barbara Blaine, pionnière de la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise, décédée en septembre. Dans les années 80, aux Etats-Unis, elle avait créé la première association de victimes de prêtres pédophiles, la très puissante Snap, aujourd’hui en crise.

    La future ONG, dont les ambitions sont élevées, s’intéresserait à tous les abus commis dans l’Eglise, y compris dans le cadre de dérives sectaires. François Devaux a déjà en tête un agenda. « Nous souhaitons organiser en juin un sommet mondial des associations », révèle-t-il à Libé. Il devrait avoir lieu dans une capitale européenne.
    Bernadette Sauvaget

    Super initiative que la création de cette organisation internationale.
    #pédophilie #papauté #vatican #impunité


  • Lucetta Scaraffia, ex cathedra - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/07/lucetta-scaraffia-ex-cathedra_1615149

    Cette historienne et journaliste catholique italienne combat la manière dont l’Eglise traite encore aujourd’hui les femmes.

    Lucetta Scaraffia s’agace. En cette douce fin d’après-midi romaine, elle s’obstine à commander un taxi au téléphone. A Rome, mieux vaut prendre ses précautions. De cette ville où elle aime pourtant vivre, l’historienne et journaliste dit que « rien ne marche ». Sans doute. Mais Lucetta Scaraffia n’est pas du genre à lâcher face l’adversité. Féministe de la première génération, universitaire spécialiste de l’histoire des femmes, catholique qui a pris ses distances, puis est revenue à la foi et supportrice du pape François, elle mène bataille contre l’un des derniers bastions du pouvoir absolu des hommes, l’Eglise catholique. « Le grand problème de l’Eglise, c’est qu’elle ne comprend plus le monde dans lequel on vit, soutient-elle. Il ne suffit pas dire "oui" ou "non" à des questions complexes, comme le mariage gay ou le gender. L’Eglise dit seulement "non" et ne sait pas pourquoi elle dit "non". Il faut avoir le courage d’examiner les choses, d’en discuter ! »

    Dans le quartier de Parioli, on se sent bien dans son confortable appartement, envahi de livres. Depuis l’enfance, Lucetta Scaraffia est une lectrice boulimique. L’historienne parle vite et a gardé la vivacité de la jeunesse. C’est une plume acérée, et redoutée, du quotidien du Vatican, L’Osservatore Romano. Son dernier coup de gueule remonte au printemps. Elle s’insurgeait contre le sort réservé par l’Eglise aux religieuses, traitées comme des domestiques. « Au fond, je crois que c’est à cause de cela qu’il n’y a plus de vocations religieuses féminines en Occident, dit-elle. Parce que des jeunes femmes qui ont fait des études, qui ont une pensée, ne peuvent pas accepter de se faire traiter de cette manière. »

    L’historienne ne doit rien à l’appareil de l’Eglise, sauf à Benoît XVI. C’est grâce à l’un de ses anciens collègues de La Sapienza, l’une des grandes universités publiques d’Italie, qu’elle est devenue, il y a dix ans, la première femme à signer des éditos à la une de L’Osservatore Romano. Dans la foulée, elle y crée un supplément mensuel de réflexion sur les femmes. Avec la bénédiction de Benoît XVI. « Il a tout de suite dit "oui", raconte-t-elle. Comme théologien, comme professeur, il a toujours eu l’habitude de discuter intellectuellement avec des femmes. »

    A fréquenter le Vatican, Lucetta Scaraffia en connaît tous les secrets. Elle en lâche quelques-uns et en même temps s’assure de la discrétion de ses interlocuteurs. Pour ménager, dit-elle, ses marges de manœuvre très étroites dans ce monde d’hommes et de rumeurs. « Que ce soient chez les conservateurs ou les progressistes, personne au Vatican ne veut faire avancer la cause des femmes, soutient-elle. Pour des raisons d’exercice du pouvoir, de postes. Les hommes ne veulent pas laisser ceux qu’ils occupent. » Elle navigue au milieu d’écueils. Comme François, « humilié » par ce sérail si particulier qu’est la curie romaine. Tous les deux ont en commun de ne pas lui appartenir. Du pape, elle dit encore qu’il n’est pas « féministe » (on s’en doutait !) mais qu’il « a compris que la question des femmes était une question capitale ».

    Lucetta Scaraffia n’est pas favorable à l’ordination de femmes prêtres. Parce que stratégiquement « ce combat, dit-elle, serait une erreur ». Il y a trop d’opposition pour qu’aujourd’hui la bataille puisse être gagnée. Mais aussi parce que cela « renforcerait le cléricalisme catholique ». En fait, l’historienne plaide plutôt pour un meilleur partage des pouvoirs entre les laïques et les prêtres, et pour que les femmes aient davantage de place dans les instances de décisions.

    L’historienne a grandi dans une famille bourgeoise de l’Italie du Nord. Sa mère, génération oblige, n’était pas favorable à ce qu’elle fasse des études supérieures mais son père, franc-maçon, l’a soutenue. Elle naît au féminisme en 1968 : « C’était à Milan, et j’avais 20 ans. Dans les assemblées générales, il n’y avait que les garçons à prendre la parole. Les filles faisaient les photocopies ou étaient leurs maîtresses. Elles ne participaient pas aux discussions. Je ne l’ai pas supporté. »

    Plus tard, elle se spécialise dans l’histoire des femmes, s’intéresse aux grandes mystiques catholiques qui la ramènent à la religion de son enfance. Elle mène une brillante carrière universitaire. Avoue avoir eu une vie personnelle, comment dire… Elle cherche le mot en français et finalement la qualifie de « troublée ». Quelques belles histoires d’amour, un mariage annulé par l’Eglise (!), une fille née lors d’une liaison. Aujourd’hui, mariée en bonne et due forme, elle partage sa vie avec un éditorialiste réputé du Corriere Della Sera, Ernesto Galli della Loggia.

    Il y a deux ans, dans une tribune publiée dans le Monde, Lucetta Scaraffia dénonçait l’affligeante misogynie des hommes d’Eglise, frisant parfois la goujaterie, incapables ainsi de la saluer devant la machine à café au Vatican. La scène avait eu lieu à l’automne 2015, pendant le synode sur la famille. Invitée comme experte, elle a rongé son frein, stupéfaite du peu de cas que l’on faisait d’elle et de ses connaissances. Des prélats catholiques, elle dit qu’ils ont « une parfaite ignorance de la gent féminine ». De cette expérience, elle a tiré un livre (1) qu’elle a envoyé au pape François. En réponse, celui-ci lui a téléphoné pour la féliciter.

    En mai, Lucetta Scaraffia a reçu la Légion d’honneur, dont elle est incroyablement fière. Paris, où elle a été étudiante, reste sa ville de cœur. « C’était la première fois que je vivais seule, dit-elle. J’y ai découvert la liberté. » Plus tard, elle a gardé des liens intellectuels importants, surtout avec ses consœurs qui travaillent comme elle sur l’histoire des femmes. « Jamais je n’ai rêvé avoir une décoration, dit-elle. Ce sont plutôt les hommes qui aiment ces choses-là. » Un ancien ambassadeur de France auprès du Saint-Siège respecté dans le petit milieu romain, Bruno Joubert, en a fait la demande. Et c’est un vieux routier de la curie, le cardinal français Paul Poupard, qui la lui a accrochée. « La directrice de la Villa Médicis m’a organisé une fête formidable », raconte-t-elle. Cela surprend chez cette intellectuelle anticonformiste.

    On la taquine un peu. On lui demande si l’Eglise catholique n’aurait pas en réserve quelques récompenses du genre. Enquête faite, il y en a. Comme l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, accroché à quelques vestons français et bien-pensants. Mais Lucetta Scaraffia ne croit pas qu’elle en sera un jour décorée. Elle ne dit pas trop fort pourquoi. Mais la légende veut que le Vatican ne décore que des femmes riches.

    23 juin 1948 Naissance à Turin.
    1982 Enseigne l’histoire à La Sapienza, à Rome.
    2007 Devient éditorialiste au quotidien du Vatican.
    2016 Du dernier rang. Les Femmes et l’Eglise (Salvator).
    Mai 2017 Décorée de la Légion d’honneur.

    Photo Stéphanie Solinas pour Libération
    Bernadette Sauvaget

    #vatican #catholicisme #féminisme #pape #église_catholique #lucetta_scaraffia


  • En 2018 le Pape François prévoit de se rendre en Lettonie et dans les États Baltes pour leur Centenaire

    [Lettonie - Francija : Informations, actualités, échanges, coopération, amitiés France- Latvija]
    https://www.lettonie-francija.fr/Pape-Francois-en-Lettonie-2018-Centenaire-independance-Balte?lang=

    Le Pape François prévoit de se rendre en Lettonie en 2018
    Centenaire de la Lettonie

    Estonie, Lettonie et Lituanie vont probablement accueillir le Pape François en 2018. Une visite dans le cadre du Centenaire des trois États Baltes, selon les informations diffusées par la Chancellerie du Président de la Lettonie. Le Vatican pourrait bientôt annoncer la date et le déroulement de la visite du Pape. Les précisions dans l’article au fur et à mesure ...

    Le pape avait été invité à se rendre en Lettonie par Raimonds Vējonis , Président de la République, et par le Premier ministre Maris Kucinskis , lors d’une audience au Vatican le vendredi 2 juin 2017. Raimonds Vējonis s’est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin , secrétaire d’Etat du Saint-Siège et Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États.

    Selon un communiqué publié par le bureau de presse du Saint-Siège, les entretiens ont porté sur les bonnes relations entre la Lettonie et le Saint-Siège, ainsi que sur la contribution positive de l’Église catholique à la société lettone.

    Parmi les autres thèmes évoqués : l’accueil des migrants, les perspectives pour le futur du projet européen, et le contexte régional.

    Selon la tradition, la confirmation officielle de ces visites est donnée après accord des parties.

    "Le Pape a exprimé son intérêt à visiter les États baltes. Nous espérons que le pape se rendra en Lettonie l’année prochaine " , a déclaré le ministère.

    Mercredi, Daiva Ulbinaite , la porte-parole du Parti du Président lituanien, a déclaré que le Pape se rendrait en Lituanie l’année prochaine. "La visite du pape François est prévue pour l’automne prochain" , a-t-elle dit, ajoutant que le Vatican pourrait annoncer le calendrier exact et le statut de la visite dans un proche avenir.

    Le pape devrait se rendre en Estonie l’année prochaine. L’évêque Philippe Zurdana l’a annoncé dimanche après une erreur dans la cathédrale catholique de Tallinn. Selon lui, il peut maintenant être revendiqué à 99%, a écrit « Postimees ».

    #Lettonie, #Lv100, #centenaire, #Pays_baltes, #Estonie, #Lituanie, #Raimonds_Vējonis, #Pape_François,



  • Ces médecins qui voient leurs patients moins de deux heures par jour RTS - tmun avec ta - 27 Juillet 2017
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/8803667-ces-medecins-qui-voient-leurs-patients-moins-de-deux-heures-par-jour.htm

    Les médecins du CHUV et de l’Hôpital de Baden passent moins de deux heures par jour au chevet de leurs patients, selon deux études réalisées dans ces hôpitaux. Une grande partie de leur temps est consacrée à l’administratif.

    A Baden, un médecin assistant passe 90 minutes par jour avec ses patients, selon une étude rapportée mardi par SRF http://www.srf.ch/news/schweiz/kaum-zeit-mit-patienten-dafuer-viel-papierkram . Le reste de son temps est consacré aux tâches administratives, à l’étude des dossiers ou aux demandes à ses confrères.

    Quant au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), les jeunes médecins y passent en moyenne 115 minutes au chevet des malades. Et consacrent trois fois plus de temps au dossier informatisé du patient, selon une précédente étude http://annals.org/aim/article/2599281/allocation-internal-medicine-resident-time-swiss-hospital-time-motion-study réalisée à Lausanne au sein du service de médecine interne.

    Un quart d’heure avec chaque patient
    En moyenne, un médecin à Lausanne passe 15 minutes par jour avec chaque patient. Des résultats qui n’ont pas beaucoup évolué depuis les années 1960, selon Nathalie Wenger, cheffe de clinique au CHUV et co-auteure de l’article.

    « Il y avait alors moins de données, mais il leur fallait plus se déplacer », expliquait-elle ce printemps. « (Et effectuer) toutes sortes de petites tâches que l’informatisation a permis de supprimer. »
    Interrogé dans le 19h30 de la RTS jeudi sur l’introduction du dossier médical informatisé, le directeur adjoint du CHUV Oliver Peters a souligné qu’il permettait d’économiser « beaucoup de tâches administratives complètement inutiles ». « Le désavantage, c’est qu’il faut apprendre à bien l’utiliser », note Oliver Peters.

    Près de 700 heures consignées dans une application
    Pour réaliser cette étude, le CHUV a formé des étudiants en médecine pour suivre les médecins assistants et consigner leurs activités sur une application conçue pour l’occasion. Au total, 697 heures de travail ont été enregistrées entre mai et juillet 2015.

    Une méthode reprise par l’Hôpital cantonal de Baden, qui a consigné les activités de 21 médecins assistants, également au sein de son service de médecine interne. Les résultats de l’étude permettront d’améliorer les processus de travail au sein de l’hôpital, a déclaré à SRF Simon Frey, à la tête de l’étude à Baden.

    Le CHUV a de son côté déjà procédé à des changements, en introduisant notamment des assistants de médecin pour les tâches purement administratives, indiquait-il en mai dernier.

    #Suisse #Hôpital #Internes #paperasse #administratif #tableau_excel #Gaspillage de moyens #Santé #ordinateurs #productivité #néo_libéralisme


  • Le Vatican valide les hosties aux OGM Le Figaro - AFP - 8 Juillet 2017
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/07/08/97001-20170708FILWWW00090-le-vatican-valide-les-hosties-aux-ogm.php

    Le Vatican a rappelé samedi dans une lettre aux évêques les règles en vigueur pour choisir le pain et le vin pour la messe, se prononçant contre des hosties entièrement sans gluten mais validant les OGM.

    Alors que pendant longtemps, les prêtres se sont procuré vin et hosties auprès de communautés religieuses, « aujourd’hui on les trouve en vente aussi dans les supermarchés, dans d’autres magasins et sur internet », relève ce courrier du cardinal Robert Sarah, « ministre » du culte et des sacrements. Il demande donc aux évêques de s’assurer d’un « respect absolu » des normes canoniques de la part des producteurs.


    Pour les catholiques, le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ pendant le rite de la messe, mais cette transsubstantiation n’est valide qu’avec des produits conformes.

    Le pain doit être azyme (sans levain) et de pur froment, fabriqué par des personnes compétentes et intègres. Une autre céréale n’est tolérée que dans de très faibles proportions tandis que l’ajout d’autres produits comme des fruits, du sucre ou du miel constitue « un grave abus ».

    Le vin doit provenir uniquement de raisin et les prêtres sont invités à bien le conserver pour qu’il ne s’aigrisse pas.
    Pour les personnes ne pouvant absorber de pain ou de vin fermenté, les évêques peuvent autoriser du moût de raisin ou des hosties à faible teneur en gluten, mais pas 100% sans gluten, au motif que cela dénature la panification. En revanche, le Vatican « a décidé que la matière eucharistique préparée avec des organismes génétiquement modifiés pouvait être considérée une matière valide », assure le courrier.

    Pour s’assurer du respect de ces critères, le Vatican suggère d’instaurer une autorité de contrôle dans chaque pays.

    #gluten #OGM #Pape #Vatican


  • Le pape accusé d’avoir protégé des prêtres soupçonnés d’actes pédophiles en Argentine et en Italie
    http://www.lemonde.fr/enquetes/article/2017/06/19/en-argentine-et-en-italie-un-scandale-de-pedophilie-entache-l-eglise_5147049

    Le pape François a-t-il ignoré plusieurs alertes sur la présence, dans un institut pour enfants sourds-muets en Argentine – son pays d’origine –, de prêtres qui avaient été accusés de pédophilie lorsqu’ils officiaient pour le même institut en Italie ?

    C’est ce qu’affirment des avocats représentant des enfants qui disent avoir été victimes d’agressions sexuelles dans l’institut catholique Provolo de Mendoza, au pied de la cordillère des Andes, à 980 kilomètres à l’ouest de Buenos Aires.

    Selon Carlos Lombardi, conseiller de la Fédération des survivants des abus sexuels ecclésiastiques, le réseau L’Abuso, une association de victimes de pédophilie, avait fourni dès 2014 – quelques mois après l’élection au Vatican du pontife argentin Jorge Mario Bergoglio, le 13 mars 2013 – une liste de quinze prêtres qui auraient quitté l’institut Provolo de Vérone (Italie), la maison mère de l’établissement de Mendoza, après avoir été impliqués dans des scandales d’agressions sexuelles.

    Parmi eux, Nicola Corradi, transféré en Argentine en 1984 à l’institut Provolo de La Plata (capitale de la province de Buenos Aires) avant de diriger celui de Mendoza à partir de 1996.
    Deux prêtres, une religieuse et trois employés arrêtés

    Ce même Nicola Corradi, 82 ans aujourd’hui, a été arrêté en novembre 2016 et assigné à résidence en raison de son âge. Il est accusé d’agressions sexuelles contre des mineurs sourds-muets en pension à l’institut de Mendoza.

    En même temps que lui ont été arrêtés le prêtre Horacio Corbacho (56 ans) et trois employés de l’établissement, Jorge Bordon, assistant des prêtres, José Luis Ojeda, lui aussi sourd-muet, et le jardinier Armando Gomez. Le 5 mai, une religieuse japonaise, Kosaka Kumiko, a aussi été arrêtée pour complicité.

    #pedocriminalité #viol #catholicisme #culture_du_viol #pédophilie #religion #pape #paywall


  • En #Egypte, Sissi bataille pour le contrôle du discours religieux
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280417/en-egypte-sissi-bataille-pour-le-controle-du-discours-religieux

    Le #pape François se rend en visite officielle au Caire à partir de ce vendredi 28 avril pour relancer le dialogue islamo-chrétien, dans un pays où le débat sur la réforme du discours religieux et la lutte contre les idées extrémistes est devenu un terrain de tensions entre le pouvoir et la principale autorité religieuse du pays, l’université Al Azhar.

    #International #islam