• Une centaine de migrants partis de #Turquie débarquent dans le sud de l’#Italie

    Cent douze migrants partis des côtes turques sont arrivés lundi dans les Pouilles, parcourant plus de 1 000 kilomètres en mer. Malgré la longue distance qui sépare les deux pays, ce débarquement n’est pas un cas isolé.

    Lundi 8 mars, 112 migrants, dont des femmes et des enfants, entassés sur un voilier d’une dizaine de mètres ont débarqué au port de Leuca, dans la région des Pouilles. Ce groupe d’exilés, pour la plupart originaires d’Irak, d’Iran et de Syrie, a parcouru plus de 1 000 kilomètres en mer pour atteindre le sud de l’Italie. Le canot a pris la mer depuis la ville de #Marmaris, au sud-ouest de la Turquie, le 3 mars, rapporte sur Twitter la journaliste italienne Angela Caponnetto.


    https://twitter.com/AngiKappa/status/1368854527676448768

    Comment une embarcation de migrants a-t-elle pu voyager sans encombre des côtes turques vers l’Italie ? Selon les enquêteurs, un « bateau-mère » aurait effectué une grande partie du voyage avant de transférer les passagers sur un voilier, à quelques kilomètres des côtes italiennes. « L’importante distance entre les deux pays rend plausible cette explication », estime Sara Prestianni, responsable de la migration et de l’asile à l’ONG EuroMed rights, contactée par InfoMigrants.
    Une route déjà existante

    Ce débarquement n’est pas un événement isolé. D’autres arrivées ont été recensées ces dernières semaines dans les Pouilles, mais aussi en Calabre et en Campanie. Si certains migrants quittent les côtes turques de manière autonome, d’autres se cachent dans des navires commerciaux. C’est le cas des 26 Irakiens découverts le 14 janvier au port de Salerne, dissimulés dans deux conteneurs appartenant au navire Vento di Scirocco, parti de Turquie.

    En 2020, plus de 1 200 personnes en provenance de Turquie ou de Grèce ont atterri dans les Pouilles et 2 500 en Calabre, indique le média italien Avvenire. Cependant, il est encore trop tôt pour parler d’une réactivation de cette route migratoire.

    « Il y a toujours eu des départs de la Turquie vers le sud de l’Italie, le nombre d’arrivées est relativement constant ces dernières années. On n’a pas constaté de pic de débarquements », signale Sara Prestianni.

    Au début des années 90, les Albanais empruntaient déjà massivement cette route. En seulement deux jours, les 7 et 8 mars 1991, environ 27 000 personnes originaires d’Albanie avaient accosté dans le sud de l’Italie. Depuis, cet itinéraire avait été plus ou moins délaissé au profit de la route des Balkans. Mais dès 2015, le renforcement des contrôles aux frontières a réactivé le trajet maritime Turquie / Italie. « Cette année-là, on a observé toute une série d’arrivées de migrants dans les Pouilles. Mais à la suite d’une visite du ministre italien de l’Intérieur en Turquie, le flux a fortement baissé », rappelle Sara Prestianni.

    Néanmoins, la forte présence militaire en mer Égée, rendant de plus en plus difficile le passage de la Turquie vers la Grèce, peut provoquer une augmentation des tentatives de traversée vers l’Italie, malgré la dangerosité du voyage. Les réseaux de passeurs s’adaptent : quand une route est fermée, une autre s’ouvre ailleurs.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/30837/une-centaine-de-migrants-partis-de-turquie-debarquent-dans-le-sud-de-l

    #route_migratoire #Méditerranée #Méditerranée_orientale #parcours_migratoires #Pouilles #migrations #asile #réfugiés #Leuca #Mer_Egée #Mer_Ionienne #Calabre

  • La crise sanitaire aggrave les troubles psy des jeunes migrants

    Les « migrants » sont une population composite recouvrant des #statuts_administratifs (demandeurs d’asile, réfugiés, primo-arrivants…) et des situations sociales disparates. Certains appartiennent à des milieux sociaux plutôt aisés et éduqués avec des carrières professionnelles déjà bien entamées, d’autres, issus de milieux sociaux défavorisés ou de minorités persécutées, n’ont pas eu accès à l’éducation dans leur pays d’origine.

    Et pourtant, une caractéristique traverse ce groupe : sa #jeunesse.

    Ainsi, selon les chiffres d’Eurostat, au premier janvier 2019, la moitié des personnes migrantes en Europe avait moins de 29 ans ; l’âge médian de cette population se situant à 29,2 ans, contre 43,7 pour l’ensemble de la population européenne. Cette particularité est essentielle pour comprendre l’état de santé de cette population.

    En effet, on constate que, du fait de sa jeunesse, la population migrante en Europe est globalement en #bonne_santé physique et parfois même en meilleure #santé que la population du pays d’accueil. En revanche, sa santé mentale pose souvent problème.

    Des #troubles graves liés aux #parcours_migratoires

    Beaucoup de jeunes migrants – 38 % de la population totale des migrants selon une recherche récente – souffrent de #troubles_psychiques (#psycho-traumatismes, #dépressions, #idées_suicidaires, #perte_de_mémoire, #syndrome_d’Ulysse désignant le #stress de ceux qui vont vivre ailleurs que là où ils sont nés), alors que la #psychiatrie nous apprend que le fait migratoire ne génère pas de #pathologie spécifique.

    Les troubles dont souffrent les jeunes migrants peuvent résulter des #conditions_de_vie dans les pays d’origine (pauvreté, conflits armés, persécution…) ou des #conditions_du_voyage migratoire (durée, insécurité, absence de suivi médical, en particulier pour les migrants illégaux, parfois torture et violences) ; ils peuvent également être liés aux #conditions_d’accueil dans le pays d’arrivée.

    De multiples facteurs peuvent renforcer une situation de santé mentale déjà précaire ou engendrer de nouveaux troubles : les incertitudes liées au #statut_administratif des personnes, les difficultés d’#accès_aux_droits (#logement, #éducation ou #travail), les #violences_institutionnelles (la #répression_policière ou les #discriminations) sont autant d’éléments qui provoquent un important sentiment d’#insécurité et du #stress chez les jeunes migrants.

    Ceci est d’autant plus vrai pour les #jeunes_hommes qui sont jugés comme peu prioritaires, notamment dans leurs démarches d’accès au logement, contrairement aux #familles avec enfants ou aux #jeunes_femmes.

    Il en résulte des périodes d’#errance, de #dénuement, d’#isolement qui détériorent notablement les conditions de santé psychique.

    De nombreuses difficultés de #prise_en_charge

    Or, ainsi que le soulignent Joséphine Vuillard et ses collègues, malgré l’engagement de nombreux professionnels de santé, les difficultés de prise en charge des troubles psychiques des jeunes migrants sont nombreuses et réelles, qu’il s’agisse du secteur hospitalier ou de la médecine ambulatoire.

    Parmi ces dernières on note l’insuffisance des capacités d’accueil dans les #permanences_d’accès_aux_soins_de_santé (#PASS), l’incompréhension des #procédures_administratives, le besoin d’#interprétariat, des syndromes psychotraumatiques auxquels les professionnels de santé n’ont pas toujours été formés.

    Les jeunes migrants sont par ailleurs habituellement très peu informés des possibilités de prise en charge et ne recourent pas aux soins, tandis que les dispositifs alternatifs pour « aller vers eux » (comme les #maraudes) reposent essentiellement sur le #bénévolat.
    https://www.youtube.com/watch?v=Pn29oSxVMxQ&feature=emb_logo

    Dans ce contexte, le secteur associatif (subventionné ou non) tente de répondre spécifiquement aux problèmes de santé mentale des jeunes migrants, souvent dans le cadre d’un accompagnement global : soutien aux démarches administratives, logement solidaire, apprentissage du français, accès à la culture.

    Organisateurs de solidarités, les acteurs associatifs apportent un peu de #stabilité et luttent contre l’isolement des personnes, sans nécessairement avoir pour mission institutionnelle la prise en charge de leur santé mentale.

    Ces #associations s’organisent parfois en collectifs inter-associatifs pour bénéficier des expertises réciproques. Malgré leur implantation inégale dans les territoires, ces initiatives pallient pour partie les insuffisances de la prise en charge institutionnelle.

    Des situations dramatiques dans les #CRA

    Dans un contexte aussi fragile, la #crise_sanitaire liée à la #Covid-19 a révélé au grand jour les carences du système : si, à la suite de la fermeture de nombreux #squats et #foyers, beaucoup de jeunes migrants ont été logés dans des #hôtels ou des #auberges_de_jeunesse à l’occasion des #confinements, nombreux sont ceux qui ont été livrés à eux-mêmes.

    Leur prise en charge sociale et sanitaire n’a pas été pensée dans ces lieux d’accueil précaires et beaucoup ont vu leur situation de santé mentale se détériorer encore depuis mars 2020.

    Les situations les plus critiques en matière de santé mentale sont sans doute dans les #Centres_de_rétention_administrative (CRA). Selon le rapport 2019 de l’ONG Terre d’Asile, sont enfermés dans ces lieux de confinement, en vue d’une #expulsion du sol national, des dizaines de milliers de migrants (54 000 en 2019, dont 29 000 en outremer), y compris de nombreux jeunes non reconnus comme mineurs, parfois en cours de #scolarisation.

    La difficulté d’accès aux soins, notamment psychiatriques, dans les CRA a été dénoncée avec véhémence dans un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en février 2019, suivi, à quelques mois d’écart, d’un rapport tout aussi alarmant du Défenseur des droits.

    La #rupture de la #continuité des #soins au cours de leur rétention administrative est particulièrement délétère pour les jeunes migrants souffrant de pathologies mentales graves. Pour les autres, non seulement la prise en charge médicale est quasi-inexistante mais la pratique de l’isolement à des fins répressives aggrave souvent un état déjà à risque.

    La déclaration d’#état_d’urgence n’a pas amélioré le sort des jeunes migrants en rétention. En effet, les CRA ont été maintenus ouverts pendant les périodes de #confinement et sont devenus de facto le lieu de placement d’un grand nombre d’étrangers en situation irrégulière sortant de prison, alors que la fermeture des frontières rendait improbables la reconduite et les expulsions.

    Un tel choix a eu pour conséquence l’augmentation de la pression démographique (+23 % en un an) sur ces lieux qui ne n’ont pas été conçus pour accueillir des personnes psychologiquement aussi vulnérables et pour des périodes aussi prolongées.

    Des espaces anxiogènes

    De par leur nature de lieu de #privation_de_liberté et leur vocation de transition vers la reconduction aux frontières, les CRA sont de toute évidence des #espaces_anxiogènes où il n’est pas simple de distinguer les logiques de #soins de celles de #contrôle et de #répression, et où la consultation psychiatrique revêt bien d’autres enjeux que des enjeux thérapeutiques. Car le médecin qui apporte un soin et prend en charge psychologiquement peut aussi, en rédigeant un #certificat_médical circonstancié, contribuer à engager une levée de rétention, en cas de #péril_imminent.

    Les placements en CRA de personnes atteintes de pathologies psychologiques et/ou psychiatriques sont en constante hausse, tout comme les actes de #détresse (#automutilations et tentatives de #suicide) qui ont conduit, depuis 2017, cinq personnes à la mort en rétention.

    La prise en charge effective de la santé mentale des jeunes migrants se heurte aujourd’hui en France aux contradictions internes au système. Si les dispositifs sanitaires existent et sont en théorie ouverts à tous, sans condition de nationalité ni de régularité administrative, l’état d’incertitude et de #précarité des jeunes migrants, en situation irrégulière ou non, en fait un population spécialement vulnérable et exposée.

    Sans doute une plus forte articulation entre la stratégie nationale de prévention et lutte contre la pauvreté et des actions ciblées visant à favoriser l’intégration et la stabilité via le logement, l’éducation et l’emploi serait-elle à même de créer les conditions pour une véritable prévention des risques psychologiques et une meilleure santé mentale.

    https://theconversation.com/la-crise-sanitaire-aggrave-les-troubles-psy-des-jeunes-migrants-152

    #crise_sanitaire #asile #migrations #réfugiés #jeunes_migrants #santé_mentale #troubles_psychologiques #genre #vulnérabilité #bénévolat #rétention #détention_administrative #sans-papiers

    ping @isskein @karine4

  • La santé mentale est un enjeu crucial des migrations contemporaines

    Si la migration est source d’espoirs liés à la découverte de nouveaux horizons, de nouveaux contextes sociaux et de nouvelles perspectives économiques, elle est également à des degrés divers un moment de rupture sociale et identitaire qui n’est pas sans conséquence sur la santé mentale.

    #Abdelmalek_Sayad, l’un des sociologues des migrations les plus influents de ces dernières décennies, a défini la condition du migrant comme étant suspendu entre deux mondes parallèles. #Sayad nous dit que le migrant est doublement absent, à son lieu d’origine et son lieu d’arrivée.

    Il est, en tant qu’émigrant, projeté dans une condition faite de perspectives et, très souvent, d’illusions qui l’éloignent de son lieu d’origine. Mais le migrant est tout aussi absent dans sa #condition ^_d’immigré, dans les processus d’#adaptation à un contexte nouveau et souvent hostile, source de nombreuses #souffrances.

    Quelles sont les conséquences de cette #double_absence et plus largement de cette transition de vie dans la santé mentale des migrants ?

    Migrer implique une perte de #capital_social

    Migrer, c’est quitter un #univers_social pour un autre. Les #contacts, les #échanges et les #relations_interpersonnelles qui soutiennent chacun de nous sont perturbés, fragmentés ou même rompus durant cette transition.

    Si pour certains la migration implique un renforcement du capital social (ou économique), dans la plupart des cas elle mène à une perte de capital social. Dans un entretien mené en 2015, un demandeur d’asile afghan souligne cette #rupture_sociale et la difficulté de maintenir des liens avec son pays d’origine :

    « C’est très difficile de quitter son pays parce que ce n’est pas seulement ta terre que tu quittes, mais toute ta vie, ta famille. J’ai des contacts avec ma famille de temps en temps, mais c’est difficile parce que les talibans détruisent souvent les lignes de téléphone, et donc, c’est difficile de les joindre. »

    Pour contrer ou éviter cette perte de capital social, de nombreux #réseaux_transnationaux et organisations d’immigrants dans les pays d’accueil sont créés et jouent dans la vie des migrants un rôle primordial.

    À titre d’exemple, la migration italienne d’après-guerre s’est caractérisée par une forte structuration en #communautés. Ils ont créé d’importants organisations et réseaux, notamment des organisations politiques et syndicales, des centres catholiques et culturels, dont certains sont encore actifs dans les pays de la #diaspora italienne.

    L’#environnement_social et la manière dont les sociétés d’arrivée vont accueillir et inclure les migrants, vont être donc des éléments clés dans la #résilience de ces populations face aux défis posés par leur trajectoire de vie et par leur #parcours_migratoire. Les migrants peuvent en effet rencontrer des situations qui mettent en danger leur #santé physique et mentale dans leur lieu d’origine, pendant leur transit et à leur destination finale.

    Cela est particulièrement vrai pour les migrants forcés qui sont souvent confrontés à des expériences de #détention, de #violence et d’#exploitation susceptibles de provoquer des #troubles_post-traumatiques, dépressifs et anxieux. C’est le cas des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les #conflits_armés depuis 2015, principalement dans les régions de la Syrie et de l’Afrique subsaharienne.

    Ces migrants subissent des #violences tout au long de leur parcours, y compris la violence des lois de l’asile dans nos sociétés.

    L’environnement social est une des clés de la santé mentale

    Dans son document d’orientation « Mental health promotion and mental health care in refugees and migrants », l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique l’#intégration_sociale comme l’un des domaines d’intervention les plus importants pour combattre les problèmes de santé mentale dans les populations migrantes.

    Pour l’OMS, la lutte contre l’#isolement et la promotion de l’#intégration sont des facteurs clés, tout comme les interventions visant à faciliter le relations entre les migrants et les services de soins, et à améliorer les pratiques et les traitements cliniques.

    Cependant, l’appartenance à des réseaux dans un environnement social donné est une condition essentielle pour le bien-être mental de l’individu, mais elle n’est pas suffisante.

    Le philosophe allemand #Axel_Honneth souligne notamment que la #confiance_en_soi, l’#estime_de_soi et la capacité à s’ouvrir à la société trouvent leurs origines dans le concept de #reconnaissance. Chaque individu est mu par le besoin que son environnement social et la société, dans laquelle il ou elle vit, valorisent ses #identités et lui accordent une place comme #sujet_de_droit.

    Les identités des migrants doivent être reconnues par la société

    À cet égard, se construire de nouvelles identités sociales et maintenir une #continuité_identitaire entre l’avant et l’après-migration permet aux migrants de diminuer les risques de #détresse_psychologique.

    https://www.youtube.com/watch?v=oNC4C4OqomI&feature=emb_logo

    Être discriminé, exclu ou ostracisé du fait de ses appartenances et son identité affecte profondément la santé mentale. En réaction à ce sentiment d’#exclusion ou de #discrimination, maintenir une estime de soi positive et un #équilibre_psychosocial passe souvent parla prise de distance par rapport à la société discriminante et le #repli vers d’autres groupes plus soutenants.

    La #reconnaissance_juridique, un élément central

    Or ce principe de reconnaissance s’articule tant au niveau de la sphère sociale qu’au niveau juridique. Dans les sociétés d’accueil, les migrants doivent être reconnus comme porteurs de droits civils, sociaux et politiques.

    Au-delà des enjeux pragmatiques liés à l’accès à des services, à une protection ou au #marché_de_l’emploi, l’obtention de droits et d’un #statut_juridique permet de retrouver une forme de contrôle sur la poursuite de sa vie.

    Certaines catégories de migrants vivant soit en procédure pour faire reconnaître leurs droits, comme les demandeurs d’asile, soit en situation irrégulière, comme les « #sans-papiers », doivent souvent faire face à des situations psychologiquement compliquées.

    À cet égard, les sans-papiers sont presque totalement exclus, privés de leurs #droits_fondamentaux et criminalisés par la justice. Les demandeurs d’asile sont quant à eux souvent pris dans la #bureaucratie du système d’accueil durant des périodes déraisonnablement longues, vivant dans des conditions psychologiques difficiles et parfois dans un profond #isolement_social. Cela est bien exprimé par un jeune migrant kenyan que nous avions interviewé en 2018 dans une structure d’accueil belge :

    « Je suis arrivé quand ils ont ouvert le [centre d’accueil], et je suis toujours là ! Cela fait presque trois ans maintenant ! Ma première demande a été rejetée et maintenant, si c’est un “non”, je vais devoir quitter le territoire. […] Tous ces jours, les mois d’attente, pour quoi faire ? Pour rien avoir ? Pour devenir un sans-papiers ? Je vais devenir fou, je préfère me tuer. »

    Être dans l’#attente d’une décision sur son statut ou être dénié de droits plonge l’individu dans l’#insécurité et dans une situation où toute #projection est rendue compliquée, voire impossible.

    Nous avons souligné ailleurs que la lourdeur des procédures et le sentiment de #déshumanisation dans l’examen des demandes d’asile causent d’importantes #frustrations chez les migrants, et peuvent avoir un impact sur leur #bien-être et leur santé mentale.

    La migration est un moment de nombreuses #ruptures sociales et identitaires face auxquelles les individus vont (ré)agir et mobiliser les ressources disponibles dans leur environnement. Donner, alimenter et construire ces ressources autour et avec les migrants les plus vulnérables constitue dès lors un enjeu de #santé_publique.

    https://theconversation.com/la-sante-mentale-est-un-enjeu-crucial-des-migrations-contemporaines

    #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés

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  • Réactivation des anciennes routes migratoires en Méditerranée occidentale

    « Les anciennes routes migratoires sont de nouveau activées en Méditerranée occidentale », c’est ce qui ressort du dernier rapport d’Alarm Phone, assistance téléphonique pour les personnes en situation de détresse en mer Méditerranée. Selon ce document, les candidats à la migration irrégulière vers l’Espagne arrivent désormais en très grande majorité du Sud du Maroc ou d’Algérie. Selon le HCR, 1.460 candidats sont arrivés entre juin et août 2020 (en plus des 2.555 arrivées de janvier à mai). Le mois de septembre a vu une nouvelle augmentation importante des arrivées avec plus de 2.000 personnes, ce qui porte le nombre total d’arrivées aux îles Canaries en 2020 à 6.116 personnes (au 27 septembre). Ce chiffre est six fois supérieur à celui de la même période en 2019. Un cinquième de ces personnes sont des femmes. Parfois, il y a eu des centaines d’arrivées dans une même journée, comme le 6 septembre qui a vu 140 arrivées en six bateaux, le 8 septembre avec 160 arrivées en sept bateaux et le 15 septembre avec 130 arrivées en dix bateaux. Toutefois, le rapport précise que le nombre d’arrivées aux îles Canaries reste loin de celui de la ”crise de los cayucos” de 2006, lorsque plus de 30.000 personnes étaient arrivées à bord de bateaux de pêche en bois, en provenance de Mauritanie et du Sénégal. Aujourd’hui, les candidats marocains et algériens représentent 60% de l’ensemble des arrivées. Pourtant, les départs du Sud du Maroc ne sont pas la règle puisqu’il y a d’autres départs de plus en plus nombreux de la Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie. Ces candidats doivent passer des jours, parfois même une semaine, en mer, presque toujours confrontés à des vents et à des conditions météorologiques défavorables. Leur seul espoir est d’être secourus par le Salvamento Maritimo, mais la zone de patrouille la SAR espagnole s’étend sur un million de kilomètres carrés. Ce territoire est terriblement vaste au cas où un bateau s’y perd, ou encore si un de ses moteurs tombe en panne ou si les personnes à bord n’ont aucun moyen de communication. A rappeler que la route des Canaries est depuis longtemps connue comme la plus meurtrière de la Méditerranée. Cependant, et même en cas de débarquement aux îles Canaries, les difficultés sont loin d’être terminées. Ces derniers mois ont considérablement aggravé la situation. En l’absence de transferts de personnes vers l’Espagne, les capacités sont déjà au-delà du point de rupture. Depuis deux mois en particulier, les nouveaux arrivants sont contraints de camper sur l’asphalte du port à leur arrivée, de dormir sur des terrains de sport, dans des entrepôts portuaires ou même dans des complexes touristiques. Depuis que les tests de la Covid-19 ont été rendus obligatoires pour les candidats à la migration en juin, il y a de longues journées d’attente sous des tentes de fortune et dans des conditions déplorables, sous un soleil de plomb avec des températures supérieures à 40°C. Le port d’Arguineguín a accueilli entre 300 et 450 personnes ces dernières semaines et les mouillages sont bondés de bateaux en bois utilisés pour le voyage. La deuxième grande évolution constatée par le rapport d’Alarm Phone concerne la forte augmentation des arrivées en provenance d’Algérie. Du mois de janvier à août, 41% des candidats à la migration à destination de l’Espagne étaient des ressortissants algériens (contre 8% pour la période équivalente en 2019). Comme toujours, les raisons en sont multiples. « Le système politique de l’ancien président Bouteflika et la crise socioéconomique apparemment insoluble conduisent souvent à la décision de quitter le pays. La crise déclenchée par la Covid-19 et les contre-mesures prises pour empêcher sa propagation ont rendu la vie quotidienne de nombreux migrants encore plus difficile. Comme un passeport algérien n’offre pratiquement aucune chance d’obtention d’un visa pour l’UE, les Algériens sont contraints de s’embarquer sur la dangereuse route maritime. Tout comme leurs voisins marocains, ils ou elles sont immédiatement séparés des autres arrivants et font l’objet d’une procédure d’expulsion accélérée. Les Algériens sont renvoyés rapidement et de force dans leur pays d’origine », explique le document. Concernant cette réactivation des anciennes routes migratoires, Mohammed Charef, directeur de l’Observatoire régional des migrations, espaces et sociétés (ORMES) (Faculté des lettres et des sciences humaines d’Agadir) nous avait indiqué dans une récente édition que cette réactivation est tout à fait normale dans un contexte de contrôle forcé des frontières. « Vous fermez les portes devant un migrant, il passe par la fenêtre. Et c’est connu que dès qu’un lieu de passage est surveillé, il devient plus dangereux et plus cher et, du coup, on cherche de nouvelles routes ou on revient aux anciennes qui ont tendance à être oubliées mais pas totalement. Prenez le cas du Maroc, Gibraltar a constitué, durant le début des années 2000, le point de passage essentiel pour les migrants, mais dès l’installation d’un système européen de surveillance, la situation a complètement changé avec l’émergence d’autres routes comme celle des Iles Canaries (qui ont constitué pendant les années 2007, 2008 et 2009 un point de passage important vers l’Espagne), l’Algérie, la Tunisie, la Libye et la Turquie par la suite », a-t-il précisé. Et d’observer que la question migratoire demeurera d’actualité tant qu’il y aura un déséquilibre mondial sur tous les plans (économique, social, juridique…) et tant qu’il y aura un besoin européen de migrants. « Il y a tout un pan de l’économie européenne qui dépend de la main-d’œuvre irrégulière. Même dans les forums internationaux, le patronat défend cette main-d’œuvre considérée comme moins coûteuse, maniable à volonté et corvéable à merci… », avait-il conclu.

    https://www.libe.ma/Reactivation-des-anciennes-routes-migratoires-en-Mediterranee-occidentale_a1212
    #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires #nouvelles_routes #routes_migratoires #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #Méditerranée_occidentale #Canaries #îles_Canaries #Mauritanie #Sénégal

    • Arriban 1.100 inmigrantes en un día, la cifra más alta desde ‘la crisis de los cayucos’ de 2006

      Segunda manifestación en Arguineguín para reclamar la clausura del campamento de acogida del muelle

      Casi 1.100 inmigrantes, uno de ellos muerto, llegaron a Canarias a lo largo de ayer sábado a bordo de 20 embarcaciones, la cifra más alta en una sola jornada desde la “crisis de los cayucos” de 2006-2007, según las cifras que facilita el 112 una vez completados los recuentos en tierra. En concreto, los servicios de emergencia de las islas atendieron a 1.096 personas llegadas a las costas o rescatadas por Salvamento Marítimo en el Atlántico: 643 en 16 barcas en Gran Canaria, 271 en dos cayucos en Tenerife, 159 en un cayuco y una patera en El Hierro y 23 en una barquilla en La Gomera.

      Se trata de la afluencia de inmigrantes más alta del año en un solo día, con 363 personas más de las que se registraron el pasado 9 de octubre, cuando fueron rescatadas 733 personas en Canarias coincidiendo con la visita al campamento de Arguineguín del ministro de Inclusión Social y Migraciones, José Luis Escrivá.

      La Ruta Canaria se ha cobrado además este sábado una nueva vida, la de uno de los ocupantes de un cayuco localizado a 61 kilómetros de El Hierro, cuando se encontraba a la deriva. Media docena de buques de Salvamento Marítimo han participado en los diferentes rescates del día desde las cuatro de la madrugada, cuando se detectaron varias pateras a 18 millas al sur de Gran Canaria los radares del Servicio Integral de Vigilancia Exterior.

      También ayer, por segundo sábado consecutivo, vecinos de Mogán recorrieron ayer en manifestación en las calles de Arguineguín para reclamar medidas inmediatas al Estado para la gestión de la crisis migratoria que afecta a Canarias, y concretamente al municipio, donde se mantiene el campamento de emergencia que acoge a las personas migrantes que llegan a las costas del Archipiélago.

      El Ayuntamiento de Mogán informó que la manifestación fue convocada por la Cofradía de Pescadores de Arguineguín, que reivindica el traslado de las personas migrantes del puerto hacia instalaciones acondicionadas.

      https://www.laprovincia.es/canarias/2020/11/08/arriban-1-100-inmigrantes-dia-22571928.html

    • Llegan 600 migrantes durante la noche a Canarias en veinte pateras, que se suman al más de un millar de este sábado

      Todas las pateras fueron rescatadas por Salvamento Marítimo y trasladadas hasta el Muelle de Arguineguín, en Gran Canaria

      Unos 600 migrantes han llegado a Canarias durante la pasada noche a bordo de un total de 20 embarcaciones irregulares, según ha informado el Centro Coordinador de Emergencias y Seguridad (Cecoes) 112.

      Todas las pateras fueron rescatadas por Salvamento Marítimo y trasladadas hasta el Muelle de Arguineguín (Gran Canaria) para ser asistidos por Servicio de Urgencias Canario (SUC), Cruz Roja y personal del centro de salud de la zona.

      Esta veintena de embarcaciones irregulares se suman al goteo de constante de pateras durante el fin de semana, ya que durante la jornada del sábado fueron un total de 18 con más de 1.000 personas.

      https://www.laprovincia.es/canarias/2020/11/08/canarias-migrantes-22652765.html

    • 500 migrantes han muerto intentando llegar a Canarias en una semana

      Según la ONG Caminando Fronteras, 480 senegaleses han perdido la vida cuando intentaban llegar a Canarias en pateras o cayucos durante la última semana de octubre. «Es una tragedia terrible que en sólo unos días se hayan perdido tantas vidas, este año la ruta de Canarias está dejando una cifra de muertos vergonzosa», explica Helena Maleno, portavoz de la ONG

      El récord de llegadas de pateras y cayucos hasta Canarias también ha disparado otra cifra: la de los fallecidos en naufragios. Según la ONG Caminando Fronteras, durante la última semana de octubre, unos 480 migrantes fallecían en su intento por llegar al Archipiélago. Todos eran senegaleses que morían en el Atlántico cuando viajaban en pateras o cayucos. «Es una tragedia terrible que en sólo una semana haya tantas víctimas. Estamos recabando todas las informaciones que podemos sobre los naufragios de la ruta del Atlántico y estamos comprobando que las cifras de 2020 son vergonzosas», asegura Helena Maleno, portavoz de la ONG.

      Según Maleno, hace unos días recibieron llamadas de jóvenes internautas senegaleses alertándoles de estas muertes. «Teníamos constancia de dos de los naufragios y estos jóvenes nos han aportado informaciones de la Marina senegalesa y de otras organizaciones con la que hemos sumado estas 480 víctimas», cuenta la portavoz.

      Estos jóvenes internautas han organizado una jornada de duelo nacional para el próximo 13 de noviembre para recordar a las víctimas del fenómeno migratorio.

      https://cadenaser.com/emisora/2020/11/11/ser_las_palmas/1605095452_244277.html?ssm=fb

      #décès #morts #mourir_en_mer

    • Tiendas de campaña y camastros: así es el campamento para migrantes que reemplaza al de #Arguineguín

      Un año después de que se reactivara la ruta migratoria canaria en noviembre de 2019, los esperados espacios cedidos por el Ministerio de Defensa para albergar migrantes comienzan a habilitarse. La Brigada Canarias XVI del Mando de Canarias del Ejército de Tierra empezó este miércoles a levantar el campamento que gestionará el Ministerio del Interior en el antiguo polvorín de Barranco Seco, en Gran Canaria, a solo tres kilómetros del Centro de Internamiento de Extranjeros.

      El campamento está integrado por tiendas de campaña y 200 literas militares y tiene una capacidad total para 800 personas."En Arguineguín no todos dormían en camas o en literas", justifican desde Defensa en declaraciones recogidas por Desalambre.

      Según ha confirmado el departamento que dirige Fernando Grande-Marlaska, la finalidad de este espacio es que los agentes de la Policía Nacional procedan a la filiación de las personas llegadas por vía marítima a la Isla. Esta misma mañana, los propios militares procedieron a desinfectar la zona. Otro de los espacios cedidos por Defensa es el antiguo cuartel del Regimiento Canarias 50 en el barrio de La Isleta

      El antiguo polvorín de Barranco Seco sustituirá al campamento de emergencia levantado por Cruz Roja en el muelle de Arguineguín, cuyo desmantelamiento ya fue anunciado por Grande-Marlaska durante su visita a Gran Canaria en compañía de la comisaria europea Ylva Johansson. En la actualidad, unas 2.000 personas permanecen hacinadas en el puerto a la espera de los resultados de la PCR obligatoria a la que se someten al llegar al Archipiélago. La Comisión Española de Ayuda al Refugiado (CEAR) y Humans Right Watch ya advirtieron de que en el muelle no había carpas para todos, haciendo que cientos de migrantes se vieran obligados a dormir en el suelo y a la intemperie entre ratas, tal y como denunció el presidente del Cabildo de Gran Canaria, Antonio Morales, en un vídeo.

      https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/tiendas-campana-camastros-campamento-migrantes-reemplaza-arguineguin_3_6408

    • ACNUR y la OIM ayudarán a Canarias a gestionar la crisis migratoria

      Las organizaciones darán su apoyo con tres efectivos destacados en Gran Canaria desde el próximo mes de enero. Quieren dar «una respuesta digna y humana» a esta «situación de emergencia».

      El Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR) y la Organización Internacional para las Migraciones (OIM) ayudarán, con tres efectivos destacados en Gran Canaria desde el próximo mes de enero, a gestionar la crisis migratoria que afecta a Canarias. Así se han comprometido este lunes con el presidente canario, Ángel Víctor Torres, las representantes en España de ambas entidades Sophie Muller (ACNUR) y María Jesús Herrera (OIM), en el inicio de una visita institucional de tres días a Gran Canaria y Tenerife donde conocerán de primera mano la asistencia que se presta a las personas rescatadas de pateras y cayucos procedentes de África.

      Ambas representantes han mostrado a Torres la predisposición de las dos entidades dependientes de la ONU a ayudar a esta comunidad autónoma a dar «una respuesta digna y humana» a esta «situación de emergencia» en lo referido a la acogida, a la protección internacional que asista a estas personas, al respeto de los derechos humanos y al cumplimiento de las medidas anticovid-19.

      Después de que a Canarias hayan llegado este año 17.411 migrantes africanos, la mitad de ellos en el último mes, y de que el Gobierno español anunciara el pasado viernes un plan de choque para afrontar esta emergencia migratoria, ACNUR y la OIM quieren ver cómo pueden colaborar con las medidas propuestas, si bien advierten «cierto retraso» a la hora de habilitar los recursos necesarios para ello.

      Para responder a la solicitud de ayuda que les ha hecho el Gobierno canario, Muller y Herrera visitarán en estos tres días los «puntos calientes» de la ruta en Tenerife y Gran Canaria, donde 1.955 personas pernoctaron este domingo en el muelle de Arguineguín, tras un fin de semana con 1.347 rescatados, y elevarán un «plan de trabajo» a las direcciones de las entidades que representan. Por parte de ACNUR, Muller ha estimado que el plan de choque presentado por el Gobierno de España «incluye medidas para proporcionar una acogida más digna y humana a un volumen de llegadas muy importante».

      «El tiempo ha pasado, la situación ha empeorado y ahora hay un plan anunciado que estamos estudiando. Nos ponemos a disposición para ver cómo se puede implementar con los recursos necesarios, que vemos que están llegando, lo que consideramos una muy buena noticia. Vamos a ver cómo se implementan», ha afirmado la representante de ACNUR para España.

      Muller ha confiado en que la puesta en marcha de estas medidas de emergencia por parte del Gobierno español «sea muy humana» y ha informado de que en su visita a Gran Canaria y Tenerife pretende «ver muy en detalle la situación para poder analizarla de manera transversal, tanto respecto a las llegadas como al acceso de estas personas a servicios y derechos».

      «No pedimos promesas, estamos aquí para compartir con las autoridades nuestro análisis y previsiones y llamar la atención respecto de sus obligaciones internacionales», ha aseverado al ser preguntada por la confianza que ACNUR tiene en el plan de choque anunciado por España.

      «Desde hace meses, hemos visto que no ha sido nada fácil» absorber los flujos migratorios que registra la ruta atlántica, ha admitido Muller, quien ha estimado que, aunque «ha habido muchos intentos de poner en marcha recursos, no ha sido posible concretarlos» hasta ahora, que se «está a punto de hacerlo», por lo que ha recalcado que desde ACNUR no se quiere «criticar antes de ver si esto es así y hay esperanza de que esta vez sí va a ser posible».

      La jefa de misión para España de la OIM, María Jesús Herrera, ha asegurado que las dos organizaciones dependientes de la ONU están «preparadas para poder asistir al Gobierno». Por ello, vienen para ver en qué pueden ser útiles para que se respeten todas las medidas de seguridad ante la covid-19, los derechos de las personas que llegan, «como se está haciendo», y apostar también «por la solidaridad de las poblaciones locales españolas ante una situación internacional tan complicada».

      Herrera ha avanzado que la OIM hará «algunas propuestas para que la situación pueda mejorar» en Canarias y, como no tiene competencia en acogida, esta entidad «está dispuesta a lo que haga falta» para ayudar, como ya ha hecho en otros lugares, en «ofrecer información de primera llegada, asistencia sanitaria o retorno voluntario asistido», unas medidas que puede coordinar desde Gran Canaria, con personal propio, desde el próximo mes de enero.

      Herrera ha advertido que la OIM «no puede intervenir» en las decisiones del Gobierno español «sobre si hay o no movilidad», en referencia a los reparos que muestran tanto la Administración estatal como la propia Comisión Europea a la hora de promover derivaciones de migrantes rescatados en esta frontera sur de Europa a otras comunidades autónomas o países miembros de la UE. «Lo que queremos es que haya una política de coordinación mayor y vemos un cambio importante de coordinación en las últimas medidas anunciadas, que consideramos fundamental», ha aseverado.

      https://www.publico.es/sociedad/migracion-acnur-oim-ayudaran-canarias-gestionar-crisis-migratoria.html
      #OIM #IOM #HCR

    • El Gobierno despliega campamentos para la crisis migratoria en Canarias

      El plan de acogida para casi 7.000 personas mantiene el tapón en las islas

      El ministro de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones, José Luis Escrivá, anunció este viernes que de aquí a finales de año Canarias contará con 7.000 plazas de acogida provisionales en carpas para vaciar el puerto de Arguineguín y los establecimientos hoteleros. El ministro aseguró en Las Palmas que esta medida aspira a “reconducir la crisis migratoria” de las islas. También se iniciarán obras para habilitar cuarteles cedidos por Defensa y consolidar una red fija de acogida en el archipiélago. El plan supone asumir que la presión migratoria en Canarias continuará. La acogida se centrará en las islas.

      “Está claro que podríamos haber llegado antes y que podríamos haber tenido mayor capacidad de anticipación, pero lo importante es mirar hacia delante”, aseguró José Luis Escrivá durante su visita del viernes. El ministro de Migraciones compareció ante los medios acompañado por el presidente de Canarias, Ángel Víctor Torres (PSOE), la secretaria de Estado de Migraciones, Hana Jalloul, y el ministro de Transportes, Movilidad y Agenda Urbana, José Luis Ábalos, tras visitar el centro de Salvamento Marítimo de Las Palmas de Gran Canaria. Junto a ellos, Escrivá presentó un plan de acogida de urgencia.

      En lo que va de año, han llegado a las costas canarias alrededor de 18.300 personas; el 65% de ellas, a Gran Canaria; el 20%, a Tenerife; y el 10%, a Fuerteventura. Del total, Escrivá calcula que apenas el 10% se puede considerar vulnerable o podrá acceder al estatus de refugiado. El epicentro de este fenómeno migratorio ha sido el puerto de Arguineguín, que aloja en la actualidad a poco más de 1.300 personas, si bien ha llegado a registrar picos de 2.300 en un dique de apenas 3.600 metros cuadrados. Además, 17 hoteles y edificios de apartamentos alojan a 5.500 migrantes, según los datos del Ministerio.

      Está previsto que las personas acogidas en los hoteles sean realojadas en las carpas provisionales de media docena de instalaciones. El ministro ha explicado que este plan de actuación constará de dos fases: una primera con soluciones de emergencia y otra, en la que se tratarán de crear redes estables.

      En Gran Canaria, el Colegio León contará con 300 plazas en carpas, si bien en un futuro se habilitarán 400 plazas en interior. Además, se está trabajando en el cuartel militar Canarias 50, que contará con 650 plazas provisionales y estará disponible a partir de diciembre. Actualmente, dicho acuartelamiento ha pasado a ser propiedad del Ministerio de Inclusión, si bien se traspasará al Ayuntamiento de Las Palmas de Gran Canaria en cuanto acabe la fase de emergencia. Más adelante, este cuartel contará con 1.150 plazas en módulos prefabricados. Además, Bankia ha cedido una nave de 7.000 metros cuadrados en un polígono industrial de la capital en cuyo interior hay capacidad para 500 personas.

      Tenerife, por su parte, cuenta ya con el cuartel de Las Canteras, que tiene capacidad para 1.800 plazas en 10 edificios. En el futuro, llegará a 2.000 plazas. Migraciones, además, está acondicionando el terreno en Las Raíces, en El Rosario. Esta es una cesión temporal del Ministerio de Defensa, donde hasta diciembre instalarán 1.500 plazas en carpas. En Fuerteventura, por último, está el acuartelamiento el Matorral, que contará con 700 plazas. Una vez que acabe esta primera fase, Gran Canaria dispondrá de 1.950 nuevas plazas de acogida; Tenerife, de 3.250 plazas, y Fuerteventura, de 700. A estas hay que añadir las 1.100 plazas en centros que dependen del ministerio que ya están en uso.

      Los recursos estables, que se irán desarrollando progresivamente a lo largo de 2021, llegarán a un total de 6.450 plazas y se financiarán con 43 millones del Fondo de Recuperación de la UE.

      La Secretaría de Estado de Migraciones tendrá en Canarias un centro de coordinación con personal estable que permita organizar las situaciones de emergencia de forma rápida, en la que también estará representada la Delegación del Gobierno en Canarias. Este centro estará en marcha en 15 días.

      No a las derivaciones

      Este plan de acogida de Migraciones supone que las islas Canarias van a seguir siendo una suerte de tapón migratorio. El ministro del Interior, Fernando Grande-Marlaska, ha descartado de hecho este viernes el traslado masivo o regular de inmigrantes desde Canarias hacia la Península, una decisión que ha vinculado con “las políticas migratorias, que son del conjunto de la UE, y no solo de España”, informa Efe. El ministro se encontraba de viaje en Rabat (Marruecos), donde se reunió con su homólogo, Abdeluafi Laftit, para tratar de contener el fenómeno migratorio. “Cuando se habla de traslado a la Península [digo]: hay que luchar contra la emigración irregular y evitar que se establezcan vías de entrada irregular a Europa”.

      Este anuncio choca con las palabras pronunciadas este viernes por el presidente canario, quien reiteró la voluntad de aceptar “solidariamente un porcentaje de migrantes” y se mostró tajante: “Me niego rotundamente a que Canarias reciba el 100% de los migrantes. No podemos solos. No podemos con eso”, aseguró tras recordar que en lo que va de año han perdido la vida entre 500 y 1.000 personas intentando alcanzar las islas.

      Diversas comunidades autónomas, entre ellas la de Castilla y León, se han mostrado dispuestas a recibir migrantes. El ministro de Migraciones, José Luis Escrivá, puntualizó sin embargo que las derivaciones se ceñirán a personas vulnerables.

      https://elpais.com/espana/2020-11-20/el-gobierno-habilitara-7000-plazas-hasta-diciembre-en-carpas-para-vaciar-arg

    • Sur les îles Canaries, les arrivées massives de migrants africains font craindre l’apparition d’une « nouvelle Lesbos »

      L’archipel espagnol connaît une brusque accélération de l’immigration provoquée par la crise liée au Covid-19 et par une surveillance accrue des entrées en Europe par la Méditerranée.

      Un port transformé en campement de fortune, des migrants transférés de manière précipitée dans des hôtels ou d’anciennes installations militaires : depuis le début de l’année, plus de 16 700 migrants africains sont arrivés illégalement sur les côtes des îles Canaries.

      Débordée par ces arrivées, l’Espagne a activé sa diplomatie : vendredi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, doit se rendre à Rabat, au Maroc, avant une visite au Sénégal de la ministre des affaires étrangères, Arancha Gonzales, samedi.

      L’archipel de l’océan Atlantique, situé au large des côtes nord-ouest du continent africain, connaît en 2020 une immigration onze fois supérieure aux niveaux atteints en 2019. Selon le gouvernement régional des Canaries, au moins cinq cents personnes ont péri durant ces tentatives de traversée extrêmement dangereuses, les côtes africaines les plus proches se trouvant à plus d’une centaine de kilomètres.

      La crise est centrée actuellement sur Arguineguin, un petit port de l’île de Grande Canarie, l’une des sept îles de l’archipel. Depuis plusieurs jours, ce port abrite environ deux mille migrants, dans des tentes de campagne, où ils sont testés contre le Covid-19. Et si de l’eau et de la nourriture leur sont fournies, les conditions de vie sur place sont dénoncées par plusieurs organisations humanitaires.

      Quelles sont les causes de cette nouvelle crise migratoire ?

      La brusque accélération du nombre de traversées est « plus ou moins » équivalente à celle de l’année 2006, quand 30 000 migrants étaient arrivés aux Canaries en quelques mois, selon l’estimation d’un porte-parole de la Croix-Rouge à l’Agence France-Presse (AFP).

      « Beaucoup fuient les persécutions et la violence dans la région du Sahel ou en Côte-d’Ivoire, tandis que d’autres partent en raison de l’extrême pauvreté, ont estimé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) dans un communiqué commun, le 16 novembre. Les conséquences de la pandémie de Covid-19, l’insécurité alimentaire et le changement climatique sont parmi les autres facteurs à l’origine de cet exode. »

      Depuis plusieurs mois, les migrants africains ont aussi préféré la route des Canaries à celles de la Méditerranée, à la suite du renforcement des contrôles frontaliers permis par les accords conclus entre l’Union européenne (UE) avec la Libye, ainsi que la Turquie. La coopération entre l’Espagne et le Maroc sur la surveillance du détroit de Gibraltar a aussi été renforcée en 2019, poussant les réseaux de passeurs à proposer des traversées depuis le littoral du sud du pays, directement orienté vers l’archipel des îles Canaries. « Quand vous fermez une route [migratoire], une autre s’ouvre, plus chère et plus dangereuse », a commenté Judith Sunderland, vice-directrice pour l’Europe de l’organisation Human Rights Watch (HRW).

      Quels sont les dangers de la traversée vers les Canaries ?

      La route des Canaries « est la plus dangereuse, c’est celle où [les migrants] prennent le plus de risques, et il y a donc plus de morts », a déclaré à l’AFP le préfet de l’archipel, Anselmo Pestana. « Ils peuvent mettre quarante-huit heures ou plus d’une semaine, avec une mer traîtresse, des vents qui tournent et peuvent transformer les nuits en un véritable enfer », précise à l’agence Txema Santana, membre de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés, une organisation non gouvernementale (ONG) locale.

      Les moyens de transports gérés par les réseaux de passeurs consistent en de longues pirogues en bois, fragiles et surchargées pour de tels trajets : une vingtaine d’opérations de secours menées en seulement vingt-quatre heures, entre le 18 et 19 novembre, ont permis de sauver 630 migrants, selon les chiffres de Salvamento Maritimo, une organisation de secours en mer.

      Depuis la fin de l’été, les naufrages se multiplient : deux embarcations transportant près de trois cents migrants ont notamment été secourues de justesse, le 26 octobre, après une panne de moteur au large de la Mauritanie. Quelques jours plus tôt, un incendie s’était déclaré à bord d’une pirogue au large de Mbour, à plus de 80 kilomètres au sud-est de Dakar, provoqué par « une explosion du moteur et des fûts de carburant à bord ». L’estimation officielle du nombre de morts est depuis contestée par les familles de disparus dont les corps n’ont pas été retrouvés.

      Quelle est la réponse des autorités ?

      « Nous n’allons pas transformer les Canaries en une nouvelle Lesbos », a assuré lundi le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, en référence à l’emblématique île grecque, porte de l’Union européenne (UE) dont les camps sont submergés et avec des conditions de vie dénoncées par de nombreuses organisations internationales. Vendredi, celui-ci doit se rendre en visite à Rabat et rencontrer les autorités « pour renforcer la collaboration et travailler de manière conjointe (…) pour éviter ces départs » de migrants, a détaillé la ministre de la politique territoriale espagnole, Carolina Darias.

      Pour Madrid, empêcher une saturation des capacités d’accueil de l’archipel passe par l’accentuation d’une « politique de retour » déjà engagée depuis plusieurs années : à peine arrivés sur l’île, les migrants auxquels il est adressé un ordre d’expulsion sont le plus rapidement raccompagnés en avion vers leur pays d’origine. Une stratégie soutenue par la Commission européenne, qui plaide pour « augmenter les retours » des migrants « qui n’ont pas besoin de protection internationale », a expliqué sa commissaire aux affaires intérieures, la Suédoise Ylva Johansson, en visite la semaine dernière dans les Canaries.

      L’une des responsables de l’ONG Amnesty International en Espagne, Virginia Alvarez, a déploré, mercredi 18 novembre, des mesures prises trop tardivement alors que les premières alertes avaient été lancées « dès septembre ». L’organisation humanitaire a également demandé que le droit d’asile soit garanti aux migrants remplissant les conditions et qu’une aide juridique soit proposée à ceux risquant l’expulsion. Mme Carolina Darias a, de son côté, annoncé vouloir renforcer les moyens de surveillance maritimes et aériens, en détachant plusieurs navires, un sous-marin, un avion et un hélicoptère entre les Canaries et l’Afrique.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/20/les-arrivees-massives-de-migrants-africains-font-craindre-l-apparition-d-une

    • Immigration.Les Canaries espagnoles deviennent-elles des “#îles-prisons” pour les migrants ?

      Le ministère de l’Intérieur espagnol refuse de transférer les clandestins dans des centres d’accueil de la péninsule, donc de l’Union européenne. Plus de 18 000 personnes ont été recueillies en mer depuis le début l’année avant d’être transférées vers l’archipel, raconte El País.

      La crise migratoire que vit l’archipel espagnol des Canaries, avec plus de 18 000 personnes secourues cette année, est devenue une véritable poudrière sociale et politique.

      Les transferts des migrants vers le nouveau centre de prise en charge temporaire des étrangers (CATE) de Barranco Seco (Grande Canarie) [dans des installations militaires] a commencé le mercredi 18 novembre.

      Il s’agit de soulager le quai d’Arguineguín, dans la ville de Mogán, dans le sud de l’île de Grande Canarie. Le quai est saturé par l’afflux constant de pateras, ces embarcations de fortune sur lesquelles les migrants tentent d’atteindre les Canaries.
      Une incitation ?

      Entre-temps, le gouvernement ne parvient pas à s’entendre sur la façon de résoudre cette crise. L’équipe du ministre de l’Inclusion, des Migrations et de la Sécurité sociale, José Luis Escrivá, mise sur les transferts vers la péninsule pour soulager la pression sur les Canaries. Mais le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, rejette en bloc l’idée de laisser entrer des migrants en grand nombre dans la péninsule. D’autres ministères compétents en matière migratoire soutiennent la thèse de l’Intérieur et estiment que faciliter le transit vers le continent constituerait une incitation et pourrait provoquer davantage d’arrivées.

      Depuis le début de l’année, moins de 1 800 migrants ont été autorisés à débarquer sur la péninsule, selon des sources proches du dossier. “Cela se fait de façon ponctuelle, en accordant la priorité à des profils bénéficiant d’une protection internationale ainsi qu’à des collectifs vulnérables”, affirment des sources officielles. Ces migrants ne sont pas les seuls à avoir quitté l’archipel.
      Une pression maximale

      Outre les quelque 200 expulsions qui ont pu être effectuées depuis le début de l’année, il y a un nombre indéterminé de migrants, surtout marocains, qui sont parvenus à se rendre d’eux-mêmes sur la péninsule, munis de leurs passeports, mais le dispositif reste soumis à une pression maximale.

      Pour la direction générale des migrations, qui héberge environ 1 200 personnes dans des centres d’accueil, et 5 000 autres dans des hôtels et des appartements évacués en raison de la pandémie, faute d’autres lieux d’accueil dans les îles, ces transferts sont essentiels. Le réseau d’accueil ne peut tenir le choc qu’à condition qu’il y ait une rotation des usagers.
      La solution provisoire des hôtels

      Dans la péninsule, la rotation est possible, car les migrants arrivés en pateras [par le détroit de Gibraltar] ne restent pas indéfiniment dans les centres d’accueil et finissent par partir chercher du travail, à moins qu’ils ne se regroupent avec des proches ou des connaissances en Espagne et dans d’autres pays de l’UE, lorsqu’ils en ont la possibilité.

      Dans les îles, avec le volume d’arrivées actuel et le nombre limité de départs, la saturation menace. De plus, les hôtels représentent une solution provisoire et coûteuse, sans compter que cela suscite un rejet de la part d’une partie des hôteliers et de la population canariens.

      José Luis Escrivá, selon des sources impliquées dans la gestion de la crise, a voulu affréter un bateau pour transporter 800 personnes, mais le ministère de l’Intérieur s’y est opposé catégoriquement.

      Les seuls transferts autorisés sont par groupes de 30 ou 40 personnes qui voyagent hebdomadairement par bateau ou par avion, si l’on en croit certains des migrants ainsi transférés ainsi que des responsables de la prise en charge de ceux qui viennent d’arriver.
      Opacité quasi totale

      Les tensions avec le ministère de Grande-Marlaska sur cette question durent depuis l’année dernière, quand les arrivées sur l’archipel ont commencé à grimper.

      L’opacité avec laquelle sont gérés ces transferts est quasi totale. Il y a un mois, la Croix-Rouge a confirmé à El País qu’environ 1 200 personnes avaient été transférées des centres de l’archipel vers des structures d’autres provinces, entre septembre 2019 et octobre 2020.

      Les migrants en question ont été répartis sur plusieurs vols ou ont traversé par bateau, la priorité ayant été accordée aux femmes et aux enfants, mais d’autres profils ont été privilégiés, notamment ceux qui avaient des proches dans différents pays de l’UE, qu’ils souhaitaient retrouver. Un mois après que les derniers chiffres ont été publiés, période pendant laquelle près de 9 000 personnes supplémentaires ont débarqué, les porte-parole de l’Intérieur, de la direction des migrations et de la Delegación del Gobierno [équivalent de la préfecture] se refusent à actualiser les données.

      Le problème dépasse les frontières de la péninsule. L’Union européenne et des partenaires comme la France, qui absorbe un volume important des migrants entrés illégalement sur le territoire espagnol, font pression sur l’Espagne pour qu’elle freine le transit vers le continent des migrants ayant débarqué aux Canaries.

      La commissaire de l’Intérieur de l’UE, la Suédoise Ylva Johansson, l’a fait savoir clairement lors de sa visite sur l’archipel en compagnie de Grande-Marlaska, le 6 novembre. “Les personnes qui n’ont pas besoin d’une protection internationale, les migrants économiques doivent être renvoyés dans leurs pays”, a souligné la commissaire.

      La difficulté à laquelle est confrontée l’Espagne – comme d’ailleurs tous ses partenaires européens – est qu’elle ne parvient pas à renvoyer dans leurs pays tous les migrants en situation irrégulière qu’elle reçoit. Les expulsions, qui viennent de reprendre en direction de la Mauritanie et du Maroc, et qui devraient redémarrer vers le Sénégal, ne se traduisent que par un nombre limité de retours.
      Des “réponses évasives”

      Entre-temps, les autorités canariennes vivent la crise dans une profonde anxiété et réclament des solutions au gouvernement de Madrid. Le chef du gouvernement autonome canarien, le socialiste Ángel Víctor Torres, assurait il y a peu :

      L’une des mesures essentielles et urgentes est que les personnes qui sont aux Canaries, dans un esprit de solidarité et en tenant compte de la situation dans notre pays, soient transférées vers d’autres régions autonomes, et bien entendu vers l’UE, qui doit définir le modèle dont elle veut se doter pour le présent et pour l’avenir.”

      Le président du Cabildo de Grande-Canarie [l’administration locale de l’île], Antonio Morales, assure avoir posé la question des transferts lors d’une réunion avec la commissaire Ylva Johansson et le ministre Grande-Marlarska, à l’occasion de sa visite du 6 novembre dernier :

      J’ai dit clairement à la commissaire que nous n’allions pas accepter de devenir une île-prison, mais je n’ai eu droit qu’à des réponses évasives. Le problème des transferts a été un sujet tabou pendant cette réunion, l’Europe ne veut pas qu’on en parle”.

      Ce dossier est déjà devenu un grave problème politique. La grande inquiétude est que Vox, le parti d’extrême droite, n’instrumentalise cette crise pour alimenter son discours xénophobe. La pression s’accroît. Et les transferts massifs vers la péninsule ne sont toujours pas une vraie solution pour le gouvernement.

      https://www.courrierinternational.com/article/immigration-les-canaries-espagnoles-deviennent-elles-des-iles

    • Le Défenseur du Peuple qui demande la fermeture du camp d’#Arguineguín

      El Defensor del Pueblo pide a Interior el cierre del muelle de Arguineguín

      El Defensor del Pueblo ha remitido un escrito al Ministerio del Interior en el que pide el cierre del campamento del muelle de Arguineguín, en Gran Canaria, que este jueves albergaba casi un millar de migrantes, aunque ha llegado a alojar a 2.600 personas a principios de noviembre.

      Según han confirmado a Efe fuentes de la institución, la petición se produce después de que un equipo del Defensor del Pueblo hiciera por sorpresa el pasado día 16 una visita al muelle de Arguineguín, en Gran Canaria, junto a una ronda de inspecciones por la red de acogida de las islas para comprobar el trato que reciben los inmigrantes cuando llegan en cayucos o pateras a Canarias.

      El equipo técnico del Defensor del Pueblo estuvo varias horas en el campamento de emergencia de Cruz Roja de este puerto del sur de Gran Canaria para revisar sus condiciones.

      A la vista de esta inspección, la institución ha remitido esta petición de cierre del muelle de Arguineguín porque se podrían estar vulnerando derechos fundamentales.

      Las llegadas de inmigrantes se siguiendo sucediendo este jueves en una jornada en la que el muelle de Arguineguín ha vuelto a albergar a un millar de personas.

      Salvamento Marítimo desembarcó en el muelle de Arguineguín a 348 ocupantes de once embarcaciones, dos de ellos bebés, a quienes ha auxiliado al sur de Gran Canaria hasta primera hora de esta tarde del jueves.

      El muelle se abrió el 20 de agosto con capacidad teórica de 400 personas. Numerosas organizaciones como Human Rights Watch, la Comisión Española de Ayuda al Refugiado o Amnistía Internacional o el propio Gobierno de Canarias han reclamado de forma reiterada su cierre por la vulneración de derechos humanos contra los inmigrantes.

      Interior ha mostrado su intención de cerrarlo por no reunir condiciones para la acogida, pero los inmigrantes siguen llegando.

      El juez del Centro de Internamiento de Extranjeros (CIE), Arcadio Díez Tejera, ha revelado testimonios de personas que han permanecido hasta tres semanas, cuando el máximo deben ser 72 horas, lo mismo que HRW, cuya responsable para Europa, Judith Sunderland, visitó el muelle y se entrevistó con inmigrantes que había estado allí retenidos.

      Todos duermen en el suelo con mantas cedidas por Cruz Roja. Solo se les sirven bocadillos, para no usar cubiertos por seguridad. El compromiso de Migraciones es habilitar campamentos, sobre todo en instalaciones militares, para albergar a 7.000 personas, un número similar al que albergan los hoteles en estos momentos.

      https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/defensor-pueblo-pide-interior-cierre-muelle-arguineguin_1_6464131.html

    • les conditions d’accueil déplorables et la non garantie des Droits des migrants:

      Un día dentro del campamento para migrantes de Arguineguín

      Menos de un litro de agua por persona, sin duchas, luchando por un cartón sobre el que dormir y comiendo hasta dos semanas tres bocadillos diarios y zumos envasados

      El cartón es duro e incómodo, pero es «mejor que dormir sobre el asfalto». S. no está acostumbrado a la fría brisa que se levanta por las noches en el muelle de Arguineguín. En la región de Marruecos en la que nació, el calor envuelve las calles incluso cuando se pone el sol. Cuando acababa el día, él y sus compañeros pedían al personal que trabaja en el muelle los cartones de las cajas que se utilizaban para cargar alimentos o material sanitario. No siempre había para todos, y eso era motivo de crispación. Al final, agazapándose, encontraban hueco suficiente dentro de las tiendas de campaña. En otras ocasiones se quedaban a la intemperie y construían casetas improvisadas colgando mantas con cuerdas sobre las vallas amarillas para poder cubrirse.

      Era habitual que quienes dormían en este borde del puerto sintieran en mitad de la madrugada el impacto de gotas frías del mar en la piel. En el campamento del sur de Gran Canaria, que ha albergado hasta 2.600 personas pese a tener capacidad para 400, a S. le costaba dormir. Algunas veces pasaba horas observando el techo de la carpa, preguntándose si valdría la pena haber apostado su vida en el mar por un futuro mejor. También pensaba en si su madre y sus hermanos estarían bien. Le habría gustado decirles que ha logrado tocar tierra firme, pero su teléfono no tiene batería y no podía cargarlo allí.

      Los migrantes de Arguineguín abrían los ojos con el primer rayo de sol. Otras veces, lo que les despertaba era la sirena de alguna ambulancia o el ajetreo de un nuevo rescate. Para desayunar, un bocadillo de atún y millo o de pechuga de pollo y un zumo envasado. Lo mismo para almorzar y también para cenar. Los días en los que se multiplicaban los desembarcos en el muelle y había hasta 2.000 migrantes en el campamento, el personal de Cruz Roja no daba abasto. Las comidas se solapaban, y el reparto del almuerzo terminaba cuando llegaba la hora de comenzar a distribuir la cena.

      Algo similar ocurría con el agua. Fuentes consultadas que han estado presentes dentro del campamento y que prefieren no revelar su identidad explican que se da una garrafa por grupos de ocho a diez personas, sin vasos. Uno de los migrantes que estuvo internado más de una semana explica que en su tienda de campaña había 110 personas, por lo que les repartían doce garrafas de ocho litros por la mañana y por la tarde. Menos de un litro por persona pese a las altas temperaturas que caracterizan a este punto de la isla.

      Morir por infecciones

      Tampoco hay duchas ni agua para lavarse las manos más allá de las botellas que tienen para beber, ni siquiera pueden lavar sus manos antes del rezo. Suelen permanecer con la misma ropa hasta que se marchan. Según fuentes que han trabajado en el campamento, cuando el volumen de personas es muy alto solo se da ropa nueva a quienes llevan prendas muy deterioradas o empapadas de la travesía. «Si no hay para todos, no pueden dársela a unos sí y a otros no. Hay mucha gente que sigue descalza o con zapatos que no son de su talla», apuntan. En cuanto al acceso a mascarillas, reciben una quirúrgica a su llegada. «Es obligatoria. Si la pedimos nos dan una nueva, pero a veces no quedan», cuenta S.

      Cuando pisan Arguineguín, se procede a su filiación. En un mismo paquete viene la hoja de registro y una pulsera. El brazalete incluye el número de la patera en la que han llegado y, en lugar del nombre y apellido de cada una de ellos, otra cifra. La pulsera es roja si la persona ha precisado atención médica en el muelle, y verde si se encuentran «bien». Después reciben asistencia médica. Una de las carpas del muelle funciona como pequeño hospital, pero las personas en un estado de extrema gravedad son evacuadas a los hospitales de la isla. Ambos están a más de una hora de distancia.

      El estado de salud y de ánimo de los migrantes aglomerados en el muelle va cayendo con el paso de los días. En algunos casos, sobre todo en el de las personas que viajan desde países subsaharianos, se desvanecen en cuanto pisan tierra después de haber estado hasta dos semanas en un cayuco. Tras recibir una primera asistencia, son ubicados en carpas, en las que no se pueden mezclar personas que hayan llegado en embarcaciones diferentes, como medida de prevención para contener la COVID-19. Cada una de las tiendas está bordeada por una valla amarilla. Cuando llega la hora del reparto de la comida, quienes se encuentran muy mal «apenas tienen fuerzas para levantarse y salir a recoger el bocadillo».

      Fuentes del Servicio Canario de Salud que han atendido a los migrantes tras su paso por el muelle de Arguineguín explican que las lesiones que presentan como consecuencia de permanecer tirados en el puerto se suman a las afecciones propias del viaje en patera. Las secuelas de la travesía son deshidratación, heridas y úlceras de presión mantenida en glúteos, caderas y rodillas, por pasar mucho tiempo en la misma posición. Después de su paso por el «campamento de la vergüenza», las peores patologías aparecen como consecuencia de una falta de higiene. «Pueden morir por infecciones y cuadros de deshidratación», apuntan.

      El equipo médico se configuró en un primer momento para la realización de pruebas PCR y seguimiento de cuarentenas. Sin embargo, los casos con los que se han encontrado permiten concluir que el virus «ha pasado a otro plano» porque «la base está fallando»: «Estamos hablando de valores y de respeto. Las necesidades de comida, bebida e higiene no están cubiertas». Atravesar todos estos obstáculos fuera y dentro de las fronteras españolas también supone un fuerte impacto para la salud mental, provocando traumas y estados de shock.

      A las mujeres, los profesionales sanitarios y el personal de Cruz Roja les hace una entrevista más larga y se analiza su situación con mayor profundidad, ante el riesgo de que hayan llegado a Canarias como víctimas de redes de trata o de haber sufrido violaciones en el trayecto. En su caso y en el de los menores, su reubicación en otros espacios desde el muelle es más ágil.

      Con las manos atadas

      Entre los ocupantes del campamento de Arguineguín hay un gesto que se repite a diario. Unen sus muñecas formando una cruz y alzan sus brazos hacia el cielo. «Es como una prisión», explica S. Esta misma señal también se reproduce en el CATE de Barranco Seco. Este domingo, un hombre que permanece allí protagonizó un pequeño altercado al hacer señas a los medios de comunicación gritando y mostrando su pasaporte. Dos magistrados han establecido en la última semana que las personas llegadas en patera a las Islas no pueden ser retenidos en el muelle más de 72 horas en contra de su voluntad. El Ministerio del Interior ha asegurado que son los propios agentes de la Policía quienes informan a los migrantes de su derecho a marcharse. Sin embargo, jóvenes como Khalil (nombre ficticio) aseguran que «no hay información». «Cuando la pedimos dicen que no nos pueden responder porque hay mucha gente. Si lo hubiera sabido, no habría estado allí once días».

      Solo este fin de semana, al menos cinco familias han podido reencontrarse en Gran Canaria. «Su madre nos ha llamado llorando muy preocupada. Ella no sabía que él iba a irse de Marruecos en patera, porque si no, no le habría dejado marcharse», cuenta Abdel a las puertas del campamento de Cruz Roja en busca de un joven de 27 años que llevaba al menos 8 días en Arguineguín. Después de al menos una hora de espera, la Policía Nacional localizó al chico, identificó a las personas que lo iban a buscar y lo dejó marchar.

      Según Efe, está circulando una pauta de recomendaciones no oficiales de qué hacer tanto en Arguineguín como en el CATE de Barranco Seco si un inmigrante quiere marcharse o si un familiar acude a buscarlo. El consejo que, según Efe, han recibido los agentes es consultar formalmente a la Sala si procede o no la salida en caso de que en ese momento no haya funcionarios de Extranjería y dejarlos salir si no se comunica que siguen detenidos.

      Los problemas de información y la falta de asistencia letrada de los migrantes ya ha sido denunciada en otras ocasiones. A muchos de ellos se les ha entregado una orden de expulsión sin haber tenido entrevistas con ningún abogado. También el decano del Colegio de Abogados de Las Palmas, Rafael Massieu, denunció el «absolutamente insuficiente» número de traductores e intérpretes en el muelle, sin tener en cuenta que las personas que llegan no hablan español y, en ocasiones, tampoco inglés o francés.

      S. ya ha salido del muelle. Aún conserva su pulsera verde y un documento que no entendía del todo bien. Es una orden de devolución que lo empuja de nuevo al «infierno» de Marruecos. «Tengo mucho miedo de volver, es peor que una prisión. Allí no hay opción de tener una vida decente, ni acceso a los derechos más elementales. Mi abuelo está enfermo. Allí tengo a mi madre y a mis hermanos. Soy el único sustento de mi familia, pero allí las oportunidades de empleo son prácticamente inexistentes y el salario es muy bajo. Quiero mejorar la situación de mi familia».

      https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/dia-campamento-migrantes-arguineguin_130_6463425.html

    • les migrants qui quittent les îles pour la péninsule à leurs frais dans des vols commerciaux réguliers :

      Decenas de migrantes sortean el bloqueo de Interior y viajan por su cuenta de Canarias a la Península

      Aunque el Gobierno obstaculiza los traslados a la Península de quienes llegan en patera al archipiélago, migrantes marroquíes logran viajar a otros puntos del país en vuelos comerciales

      En el aeropuerto de Las Palmas, en la puerta de embarque de un vuelo regular con destino Málaga, cuatro policías nacionales revisan la documentación de un grupo de alrededor de 40 hombres marroquíes. Algunos aún calzan las mismas zapatillas proporcionadas por Cruz Roja en el puerto de Arguineguín tras su llegada en patera. Tras mostrar su pasaporte y el billete, comprado por ellos mismos, la mayoría accede sin problema al avión en el que dejará atrás las islas, esquivando el tapón migratorio en el que el Ministerio del Interior pretende convertir Canarias.

      Aunque el Gobierno obstaculiza los traslados a la Península de quienes llegan en patera al Archipiélago, decenas de migrantes, mayoritariamente marroquíes, llevan meses abandonando las islas por su cuenta de manera paulatina. El Ministerio del Interior sostiene que las personas que llegan a Canarias en situación irregular «no tienen documentación acreditativa para poder trasladarse porque tienen abierto un expediente de expulsión». Sin embargo, en la práctica, los viajeros, nacionales o extranjeros, no tienen que pasar por un control de Extranjería para tomar vuelos en territorio Schengen y, por lo general, solo están obligados a mostrar su pasaporte antes del embarque.

      Según fuentes policiales, por esta razón, la Policía Nacional está realizando controles de identificación extraordinarios en los aeropuertos canarios con el objetivo de evitar la salida de las islas de migrantes en situación irregular. Según indican, se han «intensificado» los controles «en origen» desde el mes de septiembre.

      elDiario.es viajó este lunes de Las Palmas a Málaga con un grupo de alrededor de 40 migrantes, llegados en patera a Gran Canaria en las últimas semanas. La mayoría de los jóvenes marroquíes accedió al avión sin problema, con sus pasaportes, en el vuelo de Ryanair número FR3351. Además del control habitual realizado en la puerta de embarque por parte del personal de la compañía, las personas con rasgos magrebíes sí fueron sometidas a un chequeo policial antes de embarcar. Cuatro agentes comprobaron que las imágenes de sus documentos coincidían con sus rostros y los dejaron pasar. Los miembros de las fuerzas de seguridad no solicitaron ningún documento adicional.

      La explicación del Ministerio del Interior es contradictoria. Por un lado, sostienen que los migrantes llegados a Málaga «estarían autorizados para viajar». Por otro, defienden que las derivaciones oficiales a la Península se limitan a aquellas personas de «perfil vulnerable», es decir, demandantes de protección internacional, enfermos, mujeres embarazadas, o personas de países con los que España no cuenta con un acuerdo de expulsión. Los jóvenes que viajaron a Málaga procedían de Marruecos, a donde el Gobierno reactivó las deportaciones el pasado 20 de noviembre.

      Los traslados autorizados de migrantes desde Canarias a la Península son competencia de los ministerios de Migraciones e Interior. El departamento dirigido por José Luis Escrivá envía al equipo de Fernando Grande-Marlaska una serie de listados de posibles personas a derivar a la Península, propuestos por las ONG que gestionan su acogida. Interior se encarga de autorizar una parte de estos, muy reducida desde principios de este año, a los que proporciona salvoconductos que permiten su viaje a pesar de encontrarse en situación irregular. El billete es financiado por la organización, que también los recoge en el lugar de destino, donde cuentan con una plaza en el sistema de atención humanitaria.

      Este no fue el caso de Hisam, una de las personas que viajó este lunes a Málaga por su cuenta. El joven marroquí, originario de un pueblo próximo a Marrakech, se compró su billete con el escaso dinero que le quedaba, y no llevaba ningún salvoconducto que facilitase su entrada en la Península. Hisam no sabe leer ni escribir, pero aprendió desde pequeño a trabajar en el campo como temporero. La sequía de este último año y el impacto de la pandemia en la economía marroquí han frenado sus oportunidades laborales, explicó, por lo que el joven decidió migrar a España a través de Canarias.

      Su trayecto migratorio no había acabado al bajar de la patera. Su objetivo era llegar a Almería, donde le esperaba su hermano para empezar de nuevo. Asegura que pasó 10 días en el campamento de migrantes improvisado del muelle de Arguineguín y, después de unos días de estancia en las plazas de acogida habilitada en los hoteles de Gran Canaria, se compró un billete junto a otros compañeros. Al aeropuerto llegó desubicado, ya que era la primera vez que viajaba. Estaba visiblemente nervioso.

      Desde Alternativa Sindical de Policía (ASP) afirman que las salidas no oficiales desde el aeropuerto de Las Palmas son habituales. «Si la foto del pasaporte corresponde con el pasajero, entonces puede pasar. Son vuelos comerciales en los que las personas se compran su billete y vuelan como un pasajero más, ya está. Pueden hacerlo y lo están haciendo», sostiene Bristol Cabrera, secretario provincial del sindicato policial en Las Palmas. «Las personas que llegan desde Marruecos y que están en España con el pasaporte pueden volar sin ningún problema. Pagan su billete y se pueden mover con su pasaporte aunque cuenten con una orden de expulsión», indica.

      «Está pasando», añade José Javier Sánchez, responsable de Inclusión Social de Cruz Roja. «Mucha gente ha salido de Canarias por su cuenta. Aunque ahora mismo no creemos que sea un número muy significativo», continúa. Desde la organización de la que depende la gestión de la mayoría de plazas de acogida de migrantes en Canarias aseguran haber percibido el abandono paulatino de sus recursos de acogida por parte de algunos migrantes que, con su pasaporte, deciden viajar sin contar con la autorización de Interior.
      El tabú de los traslados a la Península

      Antes del estado de alarma, la ONG contabilizaba el número de personas que abandonaba las plazas de acogida por su propia voluntad. Esas que, de un día para otro, desaparecen. Del 1 de enero al 15 de marzo, «cerca de 1.500 personas» se fueron por sus propios medios, sostienen desde Cruz Roja. No obstante, una vez finalizado el confinamiento, la organización considera que los abandonos de las plazas de acogida detectados durante estos meses no supone un «número significativo» con respecto a las llegadas registradas. «Si cada semana se fuesen 40 en cada vuelo, tendríamos 600 o 700 plazas libres al mes, y no estamos notando esa descongestión del número de plazas. Creemos que se están yendo poco a poco, en grupos más reducidos», indica Sánchez.

      En estos momentos no tienen cifras de los migrantes «desaparecidos» de sus recursos de acogida. Según aclara, Cruz Roja dejó de contabilizar este dato debido al «desbordamiento» en el que trabaja su personal tras el pico de llegadas registrado en los últimos meses.

      Ni Interior ni Migraciones dan apenas información acerca de los desplazamientos a la Península. El departamento dirigido por Fernando Grande-Marlaska esconde las cifras oficiales de los traslados autorizados. Su Ministerio rechaza acelerar las salidas del Archipiélago porque considera que podría generar un «efecto llamada». Según informaron fuentes policiales a Europa Press, este año se han producido 1.500 traslados desde las islas a la Península. No obstante, esta cifra es muy inferior al recuento realizado por Cruz Roja, que eleva el dato a las 2.200 migrantes derivados al resto de España solo a través de la mediación de su organización desde septiembre de 2019.

      A fecha del 15 de noviembre, 16.760 personas han alcanzado Canarias de forma irregular. De ellas, solo 7.214 se encuentran acogidas en la red de emergencia desplegada por el Gobierno en las islas, según fuentes de la Secretaría de Estado de Migraciones; cerca de 2.000 menores extranjeros no acompañados están tutelados por el Gobierno regional, aunque el dato no solo incluye los niños llegados esta año; y un millar de personas estaban alojadas en el muelle de Arguineguín. Del total de llegadas, entre 1.500 y 2.000 migrantes han sido trasladados a la Península de menara oficial. Atendiendo a estos datos, no cuadran las cifras acerca del número de migrantes albergados en el Archipiélago. Sobran, como mínimo, alrededor de 4.000 personas de las que se desconoce su paradero.

      Otro grupo de cerca de treintena de inmigrantes marroquíes voló por su cuenta desde Canarias a Sevilla esta semana. A su llegada, varios agentes los esperaban en el aeropuerto y fueron trasladados a la Jefatura Superior de Policía. Según fuentes policiales, estas personas fueron sometidas a un control de identificación en el aeropuerto de Las Palmas y, por ello, varios agentes aguardaban su llegada en la capital andaluza.

      Según SOS Racismo, «una decena» de migrantes marroquíes que aseguran haber viajado por su cuenta desde el Archipiélago a Sevilla se encuentran en estos momentos encerradas en el CIE de Aluche. Según la organización, estas personas llevan internadas en el centro desde la semana del 10 de noviembre.

      Al llegar al aeropuerto de Málaga, los jóvenes marroquíes que lograron esquivar el bloqueo de Interior fueron recogidos por sus familiares desde otros puntos de Andalucía. Otros buscaban la manera de trasladarse por su cuenta a su destino final. A Hisham no le quedaba dinero para comprar un billete de autobús hasta Almería. Se había gastado lo poco que tenía en el avión, por lo que llamó a su hermano para que fuese a buscarle.

      https://www.eldiario.es/desalambre/decenas-migrantes-sortean-bloqueo-interior-viajan-peninsula-cuenta_1_646338

    • Adiós al campamento que vulneró durante cuatro meses los derechos de miles de migrantes

      Todo comenzó el 3 de agosto, cuando 71 migrantes pasaron la noche a ras de suelo en Arguineguín. Más de cien días más tarde y después de hacinar a 2.600 personas en un espacio para 400, Interior ha desmantelado el campamento

      Adiós al muelle de la vergüenza. El ministro del Interior, Fernando Grande-Marlaska, anunció el 6 de noviembre en su visita a Canarias que «en las próximas semanas» disolvería el campamento. «No será una clausura parcial. No volverá a albergar migrantes», aseveró. 23 días más tarde y después de casi cuatro meses de funcionamiento, el campamento para migrantes levantado sobre el puerto de Arguineguín, al sur de Gran Canaria, ha sido desmantelado. Un retén de cribado sanitario será lo único que quede allí, según explicó el presidente del Gobierno autonómico, Ángel Víctor Torres. Todo comenzó el 3 de agosto. Bajo una carpa de Cruz Roja y a ras de suelo pasaron la noche 71 personas que llegaron a la isla en distintas embarcaciones desde El Aaiún, en el Sáhara Occidental. Quedaron a la espera de un lugar donde se procediera a su filiación y se les practicara la prueba PCR. «La verdad es que no es lo más ideal, pero es la única forma en la que han podido pasar la noche ahí», reconocieron entonces desde Cruz Roja.

      A partir de ese momento, la estampa comenzó a reproducirse a diario. En lugar de una sola carpa llegó a haber doce, y frente a los 71 migrantes que pernoctaron en el muelle ese lunes de verano, se hacinaron hasta 2.600, aunque la capacidad teórica del espacio era de 400 personas. El pasado viernes, después de una visita sorpresa, el Defensor del Pueblo pidió a Interior el cierre del campamento porque «se podrían estar vulnerando los derechos fundamentales». Esta petición se sumaba a las de CEAR, Amnistía Internacional o del propio Ejecutivo regional.

      La conversión del puerto de referencia de la Salvamar en un campamento precario pilló por sorpresa a todas las administraciones con competencias en la gestión de la crisis migratoria. Sin embargo, la alarma que saltó el 26 de mayo y que pasó inadvertida para las áreas de gobierno responsables ya había sentado un precedente. A la una de la madrugada de ese martes, Cruz Roja anunció que una patera había sido rescatada en las costas de Gran Canaria. Pasó la noche, y a las ocho de la mañana la entidad informó de que el grupo seguía en el muelle de Arguineguín. Por la tarde, el grupo fue trasladado a una nave del Puerto de Las Palmas habilitada ese mismo día.

      La solución tampoco resultó la más acertada para las ONG, los profesionales del Servicio Canario de Salud (SCS) y las Fuerzas y Cuerpos de Seguridad del Estado. El almacén no tenía camas, ventilación, ni duchas. Además, fueron los propios agentes de la Policía Nacional los encargados de barrer el polvo y los restos de cartón y madera del almacén «con una manguera y escobas», tal y como denunció en un oficio emitido a la Delegación del Gobierno en Canarias el jefe superior de Policía. Con el tiempo, el establecimiento fue bautizado también como la nave de la vergüenza.

      Este lugar estaba previsto como un espacio dedicado en exclusiva a la filiación de migrantes por la Policía Nacional, que custodiaba el almacén y que no podía mantener retenidas a las personas más de las 72 horas que permite la Ley de Enjuiciamiento Criminal, que solo contempla como excepciones los casos de terrorismo. Sin embargo, este primer grupo llegó a pasar más de tres días. La reacción de la Policía Nacional fue dirigir un escrito al delegado del Gobierno, Anselmo Pestana, y abandonar la nave. Los migrantes ya no estaban bajo custodia policial, pero tampoco sabían cuál era su situación administrativa ni a dónde podían dirigirse. Entonces, unas horas más tarde, fueron desplazados a recursos de Cruz Roja.
      Derechos humanos

      «Las condiciones no aseguran ni su dignidad, ni su salud». La directora adjunta de Human Rights Watch para Europa, Judith Sunderland, se trasladó el 7 de noviembre a Arguineguín, y criticó la gestión migratoria de España: «El país podría dar un ejemplo más positivo con pleno respeto a los derechos de las personas, que en el muelle no se están respetando».

      El juez de control del Centro de Internamiento de Extranjeros (CIE) de Barranco Seco, Arcadio Díaz Tejera, también denunció que se haya permitido «que personas titulares de derechos humanos pasen dos semanas en estas condiciones». El magistrado se sintió «avergonzado» con la estampa que se observó durante tres meses en este muelle: «Las Islas son las que dan la cara por toda Europa ante los pueblos colonizados que nos devuelven la visita. Canarias nunca ha sido así. Nunca nos hemos portado así con la gente».

      Según los testimonios de trabajadores del campamento y migrantes que estuvieron en él, la ausencia de carpas para todos en los momentos de más afluencia en el muelle conducía a las personas a pedir cartones para dormir y a atar mantas con cuerdas para no dormir a la intemperie. Para desayunar recibían un bocadillo de atún y millo o de pechuga de pollo y un zumo envasado. Lo mismo para almorzar y también para cenar. Los días en los que se multiplicaban los desembarcos en el muelle y había hasta 2.000 migrantes en el campamento, el personal de Cruz Roja no daba abasto. Las comidas se solapaban, y el reparto del almuerzo terminaba cuando llegaba la hora de comenzar a distribuir la cena.

      Algo similar ocurría con el agua. Se daba una garrafa por grupos de ocho a diez personas, sin vasos. Uno de los migrantes que estuvo internado más de una semana explica que en su tienda de campaña había 110 personas, por lo que les repartían doce garrafas de ocho litros por la mañana y por la tarde. Menos de un litro por persona pese a las altas temperaturas que caracterizan a este punto de la isla.

      En el muelle no había agua corriente para lavarse ni ducharse, por lo que a veces debían utilizar el agua potable para poder asearse antes del rezo. Tampoco tenían cargadores para poder cargar sus teléfonos e informar a sus familias de que habían sobrevivido a la travesía.
      Sin asistencia jurídica

      Algunos de los migrantes que entraron al muelle de Arguineguín salieron con una orden de devolución sin haber visto antes a un abogado. El defensor del pueblo en funciones, Francisco Fernández Marugán, abrió una investigación ante la queja elevada por el Colegio de Abogados de Las Palmas sobre la garantías en la asistencia jurídica de las personas migrantes que llegan a Canarias por vía marítima. Esta falta de asistencia letrada se produjo «de manera sistemática» en los últimos meses, por lo que el Consejo General de la Abogacía y los letrados del Colegio de Abogados reclaman que los migrantes cuenten con la «preceptiva asistencia jurídica que les informe de sus derechos y les guíe en todo el proceso».

      Fuentes de la Abogacía señalaron a este medio que algunos letrados se justifican apelando a la insalubridad del muelle de Arguineguín. Por ello, «se limitan a firmar el papel» que les da la Policía, sin entrevistarse con los migrantes tampoco en los hoteles donde son acogidos cuando los resultados de la PCR prueban que han dado negativo en coronavirus.
      La jueza no vio delito

      El Ayuntamiento de Mogán llevó a los tribunales las condiciones en las que estaban los migrantes en el muelle. Sin embargo, el caso fue archivado por el Juzgado de Instrucción número 2 de San Bartolomé de Tirajana. La magistrada que firmó el auto estableció que los hechos denunciados carecían «de relevancia a efectos penales», aunque reconoció que la situación era «deplorable». En el mismo escrito, la jueza determinó que los migrantes podían marcharse libremente de Arguineguín pasadas las 72 horas. «No ha quedado probado que los mismos estén en dicho recinto en contra de su voluntad, ni que se les haya impedido abandonarlo. No existe prueba alguna que acredite que los ciudadanos [...] al intentar abandonar las mismas hayan regresado por la fuerza».

      Sin embargo, algunos de los jóvenes que han pasado más de una semana sin acceso a duchas y durmiendo a la intemperie aseguran que nadie les informó de que podían irse. «Si lo hubiera sabido, no habría estado allí once días», asegura Abdel (nombre ficticio), que llegó en patera desde Marruecos el pasado 7 de noviembre a Gran Canaria. «No hay información y, cuando nosotros la pedimos dicen que no nos pueden responder porque hay mucha gente», recuerda. Por su parte, el Ministerio del Interior aseguró que «sí eran conocedores de ello».

      Tampoco la magistrada vio delito en la retención de migrantes más de 72 horas en el muelle. «El delito de detención ilegal exige un dolo específico, es decir, la voluntad de privar a otro de su libertad durante cierto tiempo. Si tal propósito no resulta evidente por las circunstancias del caso, no se cometería este delito», matiza la magistrada en el auto. Además, explicó que la permanencia de personas en el puerto durante semanas estaba provocada también por la crisis sanitaria: «No se puede realizar labor alguna - ni administrativa, ni judicial - hasta obtener los resultados de las pruebas PCR realizadas a todos los migrantes que llegan a Canarias».
      Días de tregua

      El delegado del Gobierno en Canarias ha explicado que las personas que permanecían hasta este domingo en el muelle han sido reubicadas en distintos recursos, algunos de ellos gestionados por el Ministerio del Interior, como el #CATE (#Centro_de Atención_Temporal_para_Extranjeros) de #Barranco_Seco, y otros por la cartera de Migraciones, como los complejos hoteleros del sur de Gran Canaria. Este fin de semana no ha llegado ninguna embarcación a la isla. Anselmo Pestana ha reconocido que estos «días de tregua» han permitido cumplir con el objetivo de levantar el campamento y ha justificado que el uso del muelle durante todo este tiempo se debe a la «falta de alternativas» para ubicar a las personas llegadas por vía marítima al Archipiélago. «Esperamos hacer una gestión mejor, pero recordemos la dimensión de lo que ha ocurrido. En tres días de noviembre llegaron a Canarias tantos migrantes como todo el año pasado», apuntó. Entre el 6 y 8 de noviembre, casi 2.000 personas sobrevivieron a la ruta canaria.

      El presidente canario celebró el fin de este campamento «insostenible», pero insiste en que «aún queda mucho por hacer». «Es importantísimo dispensar un trato humano digno a estas personas que se juegan la vida en la peligrosa travesía del Atlántico. También es necesario el control en origen, luchar contra las mafias, agilizar tránsitos y repatriaciones», propuso. También aprovechó para lanzar un mensaje a la población canaria: «No lo olviden. A nadie le gusta dejar atrás a la familia. Como aquellos canarios y canarias, nuestros antepasados, que se vieron obligados a dejarlo todo y a buscar otras orillas. Lo llevamos en el ADN. En Canarias no cabe la xenofobia».

      https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/campamento-puso-peligro-derechos-humanos-miles-migrantes_1_6469637.html

    • Más de 1.500 kilómetros de travesía en cayuco para llegar a la isla más remota de Canarias

      El Hierro, el territorio más occidental del Archipiélago y con una población de 11.000 habitantes, se ha convertido este año en la tercera isla con más llegadas de pateras y cayucos, después de Gran Canaria y Tenerife

      Más de 500 personas han surcado en cayuco más de 1.500 kilómetros de mar para llegar a El Hierro desde Senegal y Mauritania. Esta pequeña isla canaria de 268,7 kilómetros cuadrados de superficie y 11.000 habitantes se ha convertido en la tercera del Archipiélago con más llegadas de migrantes a sus costas durante la crisis de 2020, después de Gran Canaria y Tenerife. La larga distancia que existe entre el territorio canario más alejado de África y los principales puntos de partida (Senegal, Gambia e incluso Guinea Bissau) hacen que el viaje sea más largo y más peligroso. La médico de urgencias Inmaculada Mora Peces lleva trabajando con personas migrantes desde 1994, pero recuerda al detalle la tarde del 7 de noviembre. Un buque mercante avistó a una patera con cuatro ocupantes y alertó a Salvamento Marítimo, que envió un helicóptero para su rescate. Parecía algo sencillo, pero terminó en una tragedia. Sin esperarlo, el Helimer 2020 también encontró a 33 millas del puerto herreño de La Restinga un cayuco con 160 personas, una de ellas muerta. Durante la noche, el patrón había caído al mar sin que nadie se diera cuenta. Entonces, la embarcación quedó a la deriva.

      La Salvamar Adhara acudió a la zona, subió a bordo a los cuatro migrantes de la pequeña patera y remolcó el cayuco. Ya en tierra firme, otro de los migrantes de la gran embarcación tuvo que ser trasladado de urgencia a Tenerife en estado grave y otros diez necesitaron asistencia sanitaria por deshidratación. “Estuvieron unos diez días en alta mar, hacinados. Al tercero se quedaron sin agua y comenzaron a beber del mar”, recuerda el cirujano Marc Vallvé. Para evitar la saturación del pequeño hospital de El Hierro ante el aumento de las llegadas, un grupo de sanitarios se organizó para acudir a los centros de acogida y atender allí las necesidades específicas que presentan los migrantes. Allí hacían seguimiento de las principales lesiones de los migrantes: quemaduras, úlceras, infecciones, problemas en la piel y el denominado “pie de patera”. Esta última es una lesión que aparece con frecuencia en los glúteos y en los pies. «Pasan sentados en la misma posición varios días, sus pies se mojan con agua salada, entonces van creándose llagas». En otras ocasiones se han encontrado con personas que sufren hemorragias digestivas o insuficiencias renales. Todas ellas son consecuencia del viaje, en el que permanecen en la misma posición en un espacio en el que también hacen sus necesidades.

      Ese 7 de noviembre evocó a la población herreña al 9 de agosto de 2006. Ese verano, en medio de la denominada crisis de los cayucos -el único precedente para la isla en materia migratoria-, un cayuco con 172 personas llegó por sus propios medios a La Restinga. Una embarcación de 30 metros de eslora y 3,5 de manga, construida de madera y fibra, atravesó el océano desde Senegal en un viaje de doce días. La mayoría de sus ocupantes pasó la noche en El Hierro y al día siguiente fueron derivados a Tenerife. Otros tuvieron que ser trasladados a centros hospitalarios por deshidratación e hipotermia.

      En su penúltima guardia, Mora atendió a 23 personas llegadas en una patera, entre ellas tres mujeres embarazadas y un menor de tres años. De pronto, cuando ya habían sido atendidas todas las personas, un técnico vio un zapato bajo la lona. Allí, tendido en el suelo, el cuerpo de un joven maliense de 19 años con hipotermia. Rápidamente fue trasladado al hospital con fiebre y con una frecuencia cardíaca de 180 latidos por minuto. «Salvó la vida de milagro», recuerda la doctora. El chico despertó en una ambulancia sin saber dónde estaba y con una única petición: hablar con su padre y decirle que había llegado a «español». Otro hombre al que atendió presentó una hemorragia digestiva, «probablemente como consecuencia del estrés del viaje».

      Los incidentes en este tramo se han sucedido. A principios de 2020, el 9 de febrero, una patera con 20 personas fue rescatada a 800 kilómetros del sur de la isla. Dos personas murieron en el intento y otras dos tuvieron que ser ingresadas como consecuencia de la travesía. El 24 de noviembre, Salvamento Marítimo tuvo que pedir a varios veleros que participaban en una regata trasatlántica que ayudaran a los ocupantes de una embarcación con tres menores avistada a 190 kilómetros al suroeste. Hace cinco días, otra embarcación con 49 personas llegó por sí misma a este mismo puerto. Todos eran hombres y entre ellos había un menor. Otros 48 migrantes llegaron el 8 de diciembre al municipio El Pinar. Cuatro personas tuvieron que ser derivadas al hospital con diversas patologías. En otra ocasión, encontraron la embarcación vacía. «Los cuerpos de los ocupantes estarán en el océano», aclara Mora.
      ¿Por qué El Hierro?

      Lanzarote, Fuerteventura o Gran Canaria componen la provincia oriental de Canarias y, en consecuencia, la más próxima a la costa occidental africana, con solo 120 kilómetros de distancia entre la localidad majorera de Gran Tarajal y Tarfaya (Marruecos). Con esta situación geográfica cabe preguntarse por qué tantas embarcaciones han alcanzado El Hierro, pero la complejidad y diversidad de las rutas migratorias hacia el Archipiélago despeja esta incógnita. El director insular de la isla, José Carlos Hernández Santana, ha dedicado su carrera a la atención a migrantes y al ámbito humanitario. Hernández recuerda que en latitud, El Hierro es la isla que está más al sur y, en consecuencia, La Restinga es el primer puerto con el que se encuentran. “No es que haya menos control ni menos vigilancia”, subraya.

      Del total de personas llegadas, 303 permanecen en cuatro centros habilitados y gestionados por Cruz Roja. Se trata de una residencia de estudiantes, un centro de día cedido por el Gobierno de Canarias que no se estaba utilizando, una pequeña casa ofrecida por el Cabildo insular reservada para mujeres y niños y un pabellón deportivo en Valverde, la capital. En este polideportivo se han instalado carpas con catres militares. Allí tienen libros, mesas y espacio para rezar. El único inconveniente es el frío.

      El resto, tal y como ha confirmado la Delegación del Gobierno, ha sido reubicado en espacios de acogida de otras islas una vez que terminan la cuarentena obligatoria establecida por la pandemia de COVID-19 y con una PCR negativa. Entre ellas, Tenerife, Gran Canaria y Lanzarote. El sanitario Marc Vallvé apunta que algunas personas han sido trasladadas en proceso de curación. “Algunos se han ido con vendajes. Nosotros ya no les podemos hacer seguimiento. Espero que allá donde lleguen se les siga atendiendo”. El presidente de la máxima corporación insular, Alpidio Armas (PSOE), asegura que los recursos de El Hierro “aún no están al límite” y celebra que la isla esté cumpliendo con su “cuota de solidaridad”, atendiendo a las personas que llegan a sus costas con “dignidad y solidaridad”. “La situación ahora es asumible”.

      A la isla han llegado en lo que va de año siete mujeres y varios menores, la más pequeña una niña de cuatro años. “Siempre les ofrecemos la atención sanitaria de forma individual, con un biombo para tratarlas. Cuando no hay hombres alrededor se sienten más aliviadas. Conseguimos que fueran todas agrupadas en un mismo espacio y ahora han creado un grupo de amigas”, cuenta Marc Vallvé. El cirujano asegura que el equipo médico se preocupa por saber si han sufrido abusos y violaciones durante el camino, pero hasta el momento ninguna ha hablado sobre el viaje.

      Inmaculada Mora recuerda el caso de una mujer que tuvo que ser trasladada al hospital por un fuerte dolor abdominal, «probablemente por haber bebido agua de mar». Estaba alterada y desorientada. Cuatro días después, la doctora pudo ir a visitarla en compañía de un intérprete. Lo único que ella intentaba explicar era que quería llamar por teléfono a su madre para contarle que estaba bien". Para los profesionales sanitarios es difícil comunicarse con las mujeres y llegar a saber si han sufrido algún tipo de abuso por el camino. «Muchas veces vienen de países con bajos niveles de desarrollo y sin alfabetización, por lo tanto, no hablan inglés, francés, ni portugués», apunta Inmaculada. Un obstáculo al que se suma la ausencia de intérpretes y, en concreto, de mujeres africanas que ejercen esta profesión en Canarias. «A veces ni siquiera pueden abrirse con mujeres blancas, porque creen que puedes querer aprovecharte de ellas y sacarles información», matiza la doctora. Buena parte de las mujeres que emprenden la ruta del norte, «nada más bajarse del Jeep y llegar a Marruecos son violadas». Por ello, pueden llegar embarazadas.
      Lugar de tolerancia

      Detrás del ruido de las manifestaciones y concentraciones xenófobas que han surgido en otras islas, alentadas por partidos políticos de extrema derecha, la pequeña población herreña convive tranquila con las comunidades migrantes con las que comparten territorio. “El Hierro es una isla que ha pasado penumbra, por lo que el grado de aceptación es grande”, asegura el director insular. Según él, la coordinación entre administraciones también ha permitido que el fenómeno no se perciba como un problema.

      Marc Vallvé apunta que los vecinos y vecinas han felicitado a los médicos por su labor, ofreciéndoles incluso darles ropa para que se las hagan llegar a los migrantes. Incluso entre los propios sanitarios se piden consejos, se apoyan y se vuelcan con la situación. Sin embargo, señala que en otros casos la desinformación ha permitido la circulación de bulos desmentidos en más de una ocasión y relacionados con supuestas “ayudas económicas que reciben al llegar”. Otro de los grandes temores de la población está relacionado con la COVID-19. “Lo que sí nos han trasladado es que les da miedo que aumenten los contagios. Debemos tener en cuenta que el 25% de la población herreña tiene más de 65 años”.

      Hasta el 20 de marzo, El Hierro era uno de los únicos puntos que había logrado esquivar al virus. Junto a La Gomera y a La Graciosa, sirvió de avanzadilla al resto del país en la desescalada. En este momento, según los datos del Gobierno de Canarias, no cuenta con ningún caso activo y registra un fallecido por la enfermedad. Estas estadísticas no contabilizan a los positivos llegados por mar, ya que para contabilizar “deben estar empadronados”. El cirujano asegura que la cifra de personas que llegan contagiadas es muy baja. A todas se les practica una prueba PCR y cumplen las cuarentenas pertinentes.

      Vallvé, en estos siete meses de estancia en la isla, ha podido poner nombre y apellidos a quienes antes solo veía por televisión. No cuentan con intérpretes, por lo que aprovechan a los migrantes que hablan español, inglés o francés. Si no, utilizan “el lenguaje universal” de los gestos. “Conocí a un chico de Costa de Marfil que llegó hace diez años, cuando aún era menor. Cumplió la mayoría de edad, se le caducó el pasaporte y fue deportado. Ahora ha vuelto a intentarlo. Esta vez con su hermano pequeño”.

      https://www.eldiario.es/canariasahora/migraciones/1-500-kilometros-travesia-cayuco-llegar-isla-remota-canarias_1_6516156.html

      #El_hierro

  • #Santé des migrants

    Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 8 % des personnes vivant en Europe sont des personnes migrantes. En 2012, la section Europe de l’OMS lance le projet Phame. Phame (Public Health Aspects of Migrations in Europe, Migration et santé publique en Europe) soutient les services de santé publique des pays soumis à d’importants flux migratoires. Ses objectifs sont au nombre de trois : compenser l’impact négatif du parcours migratoire, réduire les inégalités des états de santé en facilitant l’#accès_aux_soins, et garantir les #droits_à_la santé des personnes migrantes. En recensant les meilleures pratiques et les éventuelles lacunes des services de santé publique, le projet sollicite la #coordination des interventions et l’établissement de plans d’urgence adaptés. Certes, les #services_de_santé ne peuvent, à eux seuls, assurer une #prise_en_charge globale de la santé des personnes migrantes et agir sur l’ensemble des #déterminants_sociaux tels que le #logement, l’#éducation, l’#emploi et la #protection_sociale. L’#OMS Europe insiste donc sur la nécessité de mettre en place des #actions_intersectorielles en réponse aux enjeux spécifiques à la santé de ces personnes, d’autant que l’ensemble des déterminants sociaux ont un impact sur l’état de santé des personnes.

    Sous une appellation unique – « les personnes migrantes » – se cachent des situations complexes, régies selon le #titre_de_séjour, le #droit_d’asile, la protection des frontières, les conventions européennes et internationales et les clauses humanitaires. Notre dossier prévoit de définir ces catégories, dont les #situations_sanitaires varient aussi selon leur #statut_administratif. On ne saurait considérer de manière uniforme ces personnes dont la santé est fonction de l’âge, du sexe, de la situation dans le pays d’origine, mais surtout des #risques encourus lors du #parcours_migratoire. Arrivées dans une zone de langue et de culture différentes, il leur est quasi impossible de se repérer sans aide dans un #système_de_soins inconnu, de se plier aux contraintes de #dépistages, dont ils peuvent redouter les conséquences, d’accorder de l’attention à des gestes de santé éloignés de la simple nécessité de survivre.

    Incluses dans l’appellation générale de « personnes migrantes » se trouvent les mêmes catégories hautement vulnérables : les enfants exposés, utilisés, exploités, qui mûrissent trop vite avec parfois, mais c’est loin d’être la règle, des développements spectaculaires, et puis les #femmes, qui ont rarement le choix de leur vie, sont souvent traitées comme des marchandises, ayant elles-mêmes la charge d’#enfants nés durant leur parcours chaotique.

    Les professionnels de santé confrontés aux problèmes de santé ou, au contraire, à la non-demande de soins de personnes migrantes, se réfèrent à des grilles diagnostiques où figurent tout à la fois les maladies transmissibles, les maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle notamment) et les séquelles de traumatismes sur des corps dont l’usure est majorée par une hygiène de vie précaire, la malnutrition, la prise quotidienne de risques, et trop souvent la vie à la rue.

    Comment nommer ce mal venu d’ailleurs ? Cette question nous obsède depuis plusieurs semaines avec la menace de la Covid-19, mais elle est en fait très ancienne. On craint depuis fort longtemps ces maladies étranges contractées sous les tropiques et autres lieux perçus hostiles, au point d’ouvrir des services spécialisés en médecine tropicale, et d’enseigner dans les facultés de médecine les maladies des populations immigrées. On redoute la résurgence de pathologies désormais bien maîtrisées dans nos régions, et on s’inquiète également de l’ancrage des maladies de la misère chez ces personnes étrangères recueillies sur notre territoire. S’ils sont, comme le montrent les chiffres, de plus en plus nombreux à souhaiter entrer sur les territoires européens, saurons-nous endiguer les conséquences sur leur santé physique et psychique de parcours de vie aussi difficiles et souvent violents ?

    On constate que dans les situations d’urgence les mesures ne se discutent pas et sont généralement adaptées, mais les professionnels de santé observent également des manifestations plus torpides, souvent consécutives à des agressions physiques et psychiques, qui se pérennisent et pour lesquelles les symptômes ne sont pas toujours lisibles ou s’expriment tardivement. Dans le vaste champ de la #santé_mentale, les services susceptibles de répondre à ces troubles au long cours sont peu disponibles et leur répartition est inégale sur le territoire français.

    Une pratique ordinaire de soins fait le constat des conditions de vie souvent marginales de la plupart de ces personnes. Lorsque l‘organisation de la vie quotidienne est déstructurée, un accompagnement et un suivi particuliers sont nécessaires pour leur permettre un accès explicite et légitime aux ressources du système de soins en place et à la solidarité du régime de protection sociale. Or, le plus souvent, en France comme dans les pays voisins, l’accès à des filières de soins adaptées aux personnes migrantes est balisé par des contraintes administratives qui restreignent leur portée et retardent les soins.

    L’état de santé des étrangers en France, quelle que soit leur catégorie, est mal connu car la variable « étranger » ou « pays d’origine » ne figure pas dans les grandes enquêtes nationales de santé. Il n’y a donc pas de #donnés_épidémiologiques synthétiques sur l’état de santé des personnes immigrées. Néanmoins nous disposons de quelques connaissances. L’Académie de médecine a consacré en 2019 un numéro de son Bulletin à « La santé des migrants » puis a publié en février 2020 un rapport sur L’Immigration en France : situation sanitaire et sociale, qui proposait dix recommandations. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publie et actualise des dossiers dédiés à la santé physique et mentale des migrants en France. Le ministère des Solidarités et de la Santé a publié en juin 2018 une « Instruction relative à la mise en place du parcours santé des migrants primo-arrivants »quel que soit leur statut administratif.

    Nous espérons que ce dossier dédié à la santé des migrants contribuera de manière complémentaire aux connaissances existantes. Le thème retenu pour ce dossier est vaste, universel, sans cesse remanié. Volontairement, l’accent a été mis sur les groupes les plus vulnérables, femmes et enfants, et sur la prise en compte de la santé mentale, en particulier des #stress_post-traumatiques, afin d’éviter la chronicisation des #troubles_psychiques.

    Il est bien dans l’optique du Haut Conseil de la santé publique de promouvoir les actions intersectorielles. Dans les problématiques relevant de la santé des personnes migrantes, chaque échelon territorial, et le département plus particulièrement, doit veiller à la cohérence entre ces actions. Certaines conventions existent entre des services de l’Éducation nationale, du Logement, de la Justice et de la Santé, mais la plupart du temps, ce sont des structures privées, associations ou fondations, qui prennent l’initiative de ces mises en réseau.

    Qu’il s’agisse des services publics ou du secteur privé, la voix des professionnels comme celle des bénévoles, engagés auprès des populations migrantes, est toujours forte. Il faut au moins toute cette intensité et cette vigilance pour que l’accueil et la protection de leur santé s’établissent et se maintiennent dans le respect de la dignité et de la protection des droits de la personne.

    https://www.hcsp.fr/explore.cgi/adsp?clef=1172
    #migrations #santé_publique #asile #réfugiés

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  • La pandémie a réactivé la route des migrants vers les îles Canaries

    La semaine dernière, 27 migrants sont décédés en mer au large des îles Canaries. Cette route depuis l’Afrique est à nouveau largement utilisée par les passeurs depuis la pandémie, alors qu’en #Méditerranée de nombreux Tunisiens tentent désormais de gagner l’Italie.

    « Cette route vers les Canaries, utilisée en 2005-2006, n’avait plus été utilisée pendant de nombreuses années et a été réactivée », explique l’envoyé spécial pour la situation en Méditerranée centrale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) vendredi dans a Matinale. « Depuis le début de l’année, on voit six fois plus de départs des côtes marocaines, du #Sahara_occidental, de la #Mauritanie, du #Sénégal et de la #Gambie vers les Canaries », précise Vincent Cochetel.

    Des frontières fermées mais poreuses

    Plus de 40 pays africains ont pourtant fermé leurs frontières pour cause de pandémie. Mais « ce n’est pas des frontières toujours très faciles à contrôler », souligne ce responsable au HCR. « Il s’agit de déserts, de lieux très peu habités, et les trafiquants multiplient les offres pour essayer d’amener un maximum de clients vers les pays d’Afrique du Nord ».

    Et avec ce déplacement géographique partiel des traversées par la mer, l’Espagne se retrouve directement touchée. « L’Espagne a toujours été un pays d’arrivées, mais principalement pour de jeunes Marocains », rappelle Vincent Cochetel. « Aujourd’hui, on voit une baisse des départs du Maroc directement vers la Péninsule ibérique. L’augmentation des départs se fait surtout vers les îles Canaries ».

    La désillusion des Tunisiens

    Et si les traversées diminuent depuis les côtes marocaines, c’est désormais la Tunisie qui est devenue le premier pays de départ - principalement vers l’Italie. « En termes de chiffres, cela reste gérable », assure l’envoyé spécial pour la situation en Méditerranée centrale. « On parle de 10’000 personnes, dont 34% ont été sauvées ou interceptées par les garde-côtes tunisiens et ramenées sur les côtes tunisiennes. Mais c’est une augmentation très forte, qui touche les populations pauvres du sud de la Tunisie principalement ».

    Cette forte progression des Tunisiens voulant rejoindre l’Europe s’explique notamment par le #désespoir et les #désillusions. « Beaucoup de gens attendaient des changements politiques en Tunisie qui ne sont pas encore intervenus », explique #Vincent_Cochetel. C’est l’effet aussi de la pandémie et des mesures restrictives imposées sur le plan de la fermeture des frontières avec la Libye. « Les gens ne voient pas d’autre #espoir que dans leur #mobilité_personnelle. Et bien entendu les passeurs jouent là-dessus et vendent leurs projets de mort facilement ».

    https://www.rts.ch/info/monde/11531202-la-pandemie-a-reactive-la-route-des-migrants-vers-les-iles-canaries.htm

    #Canaries #routes_migratoires #parcours_migratoires #asile #migrations #réfugiés #îles_Canaries #tunisiens #migrants_tunisiens #réfugiés_tunisiens

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  • Dans l’est de la #Turquie, le trajet tragique des migrants afghans

    Fuyant les talibans, de nombreuses familles partent trouver refuge en Europe. En chemin, elles sont souvent bloquées dans les #montagnes kurdes, où elles sont à la merci des #trafiquants d’êtres humains et de la #police.

    Le dos voûté sous leurs lourds sacs à dos, la peau brûlée par le soleil et les lèvres craquelées par la soif, Nizamuddin et Zabihulah sont à bout de forces. Se traînant pesamment en bord de route, près de la petite ville de #Çaldiran dans l’extrême est de la Turquie, ils cherchent désespérément un moyen d’abréger leur trajet. « Nous marchons presque sans arrêt depuis deux jours et deux nuits. Nous avons franchi sept ou huit montagnes pour arriver ici depuis l’Iran », raconte le premier. Affamés, les pieds enflés, et dépités par le refus généralisé de les conduire vers la grande ville de #Van à une centaine de kilomètres de là, ils finissent par se laisser tomber au sol, sous un arbre.

    « J’ai quitté l’#Afghanistan il y a huit mois parce que les talibans voulaient me recruter. C’était une question de temps avant qu’ils m’emmènent de force », explique Zabihulah. Originaire de la province de Jozjan, dans le nord de l’Afghanistan, où vivent sa femme et son très jeune fils, son quotidien était rythmé par les menaces de la rébellion afghane et la misère économique dans laquelle est plongé le pays en guerre depuis plus de quarante ans. « Je suis d’abord allé en Iran pour travailler. C’était épuisant et le patron ne m’a pas payé », relate-t-il. Ereinté par les conditions de vie, le jeune homme au visage fin mais marqué par le dur labeur a décidé de tenter sa chance en Turquie. « C’est ma deuxième tentative, précise-t-il. L’an dernier, la police iranienne m’a attrapé, m’a tabassé et tout volé. J’ai été renvoyé en Afghanistan. Cette fois, je vais rester en Turquie travailler un peu, puis j’irai en Grèce. »

    Pierres tombales

    Comme Nizamuddin et Zabihulah, des dizaines de milliers de réfugiés afghans (mais aussi iraniens, pakistanais et bangladais) pénètrent en Turquie illégalement chaque année, en quête d’un emploi, d’une vie plus stable et surtout de sécurité. En 2019, les autorités turques disent avoir appréhendé 201 437 Afghans en situation irrégulière. Deux fois plus que l’année précédente et quatre fois plus qu’en 2017. Pour la majorité d’entre eux, la province de Van est la porte d’entrée vers l’Anatolie et ensuite la Grèce. Cette région reculée est aussi la première muraille de la « forteresse Europe ».

    Si le désastre humanitaire en mer Méditerranée est largement documenté, la tragédie qui se déroule dans les montagnes kurdes des confins de la Turquie et de l’#Iran est plus méconnue mais tout aussi inhumaine. Régulièrement, des corps sont retrouvés congelés, à moitié dévorés par les animaux sauvages, écrasés aux bas de falaises, criblés de balles voire noyés dans des cours d’eau. Dans un des cimetières municipaux de Van, un carré comptant plus d’une centaine de tombes est réservé aux dépouilles des migrants que les autorités n’ont pas pu identifier. Sur les pierres tombales, quelques chiffres, lettres et parfois une nationalité. Ce sont les seuls éléments, avec des prélèvements d’ADN, qui permettront peut-être un jour d’identifier les défunts. Un large espace est prévu pour les futures tombes, dont certaines sont déjà creusées en attente de cercueils.

    Pour beaucoup de réfugiés, la gare routière de Van est le terminus du voyage. « Le passeur nous a abandonnés ici, nous ne savons pas où aller ni quoi faire », raconte Nejibulah, le téléphone vissé à la main dans l’espoir de pouvoir trouver une porte de sortie à ses mésaventures. A 34 ans, il a quitté Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan, avec douze membres de sa famille dont ses trois enfants. Après quinze jours passés dans des conditions déplorables dans les montagnes, la famille a finalement atteint le premier village turc pour tomber entre les mains de bandits locaux. « Ils nous ont battus et nous ont menacés de nous prendre nos organes si nous ne leur donnions pas d’argent », raconte Nejibulah. Son beau-frère exhibe deux profondes blessures ouvertes sur sa jambe. Leurs proches ont pu rassembler un peu d’argent pour payer leur libération : 13 000 lires turques (1 660 euros) en plus des milliers de dollars déjà payés aux passeurs. Ces derniers sont venus les récupérer pour les abandonner sans argent à la gare routière.
    Impasse

    La police vient régulièrement à la gare arrêter les nouveaux arrivants pour les emmener dans l’un des deux camps de rétention pour migrants de la province. Là-bas, les autorités évaluent leurs demandes de protection internationale. « Sur le papier, la Turquie est au niveau des standards internationaux dans la gestion des migrants. Le problème, c’est le manque de sensibilité aux droits de l’homme des officiers de protection », explique Mahmut Kaçan, avocat et membre de la commission sur les migrations du barreau de Van. Le résultat, selon lui, c’est une politique de déportation quasi systématique. Si les familles obtiennent en général facilement l’asile, les hommes seuls n’auraient presque aucune chance, voire ne pourraient même pas plaider leur cas.

    Pour ceux qui obtiennent le droit de rester, les conditions de vie n’en restent pas moins très difficiles. Le gouvernement qui doit gérer plus de 4 millions de réfugiés, dont 3,6 millions de Syriens, leur interdit l’accès aux grandes villes de l’ouest du pays telles Istanbul, Ankara et Izmir. Il faut parfois des mois pour obtenir un permis de séjour. L’obtention du permis de travail est quasiment impossible. En attendant, ils sont condamnés à la débrouille, au travail au noir et sous-payé et aux logements insalubres.

    La famille Amiri, originaire de la province de Takhar dans le nord de l’Afghanistan, est arrivée à Van en 2018. « J’étais cuisinier dans un commissariat. Les talibans ont menacé de me tuer. Nous avons dû tout abandonner du jour au lendemain », raconte Shah Vali, le père, quadragénaire. Sa femme était enceinte de sept mois à leur arrivée en Turquie. Ils ont dormi dans la rue, puis sur des cartons pendant des semaines dans un logement vétuste qu’ils occupent toujours. La petite dernière est née prématurément. Elle est muette et partiellement paralysée. « L’hôpital nous dit qu’il faudrait faire des analyses de sang pour trouver un traitement, sans quoi elle restera comme ça toute sa vie », explique son père. Coût : 800 lires. La moitié seulement est remboursée par la sécurité sociale turque. « Nous n’avons pas les moyens », souffle sa mère Sabira. Les adultes, souffrant aussi d’afflictions, n’ont pas accès à la moindre couverture de santé. Shah Vali est pourtant d’humeur heureuse. Après deux ans de présence en Turquie, il a enfin trouvé un emploi. Au noir, bien sûr. Il travaille dans une usine d’œufs. Salaire : 1 200 lires. Le seuil de faim était estimé en janvier à 2 219 lires pour un foyer de quatre personnes. « Nous avons dû demander de l’argent à des voisins, de jeunes Afghans, eux-mêmes réfugiés », informe Shah Vali. Pour lui et sa famille, le voyage est terminé. « Nous voulions aller en Grèce, mais nous n’avons pas assez d’argent. »

    Lointaines, économiquement peu dynamiques, les provinces frontalières de l’Iran sont une impasse pour les réfugiés. Et ce d’autant que, depuis 2013, aucun réfugié afghan n’a pu bénéficier d’une réinstallation dans un pays tiers. « Sans espoir légal de pouvoir aller en Europe ou dans l’ouest du pays, les migrants prennent toujours plus de risques », souligne Mahmut Kaçan. Pour contourner les check-points routiers qui quadrillent cette région très militarisée, les traversées du lac de Van - un vaste lac de montagne aux humeurs très changeantes - se multiplient. Fin juin, un bateau a sombré corps et biens avec des dizaines de personnes à bord. A l’heure de l’écriture de cet article, 60 corps avaient été retrouvés. L’un des passeurs était apparemment un simple pêcheur.

    Climat d’#impunité

    Face à cette tragédie, le ministre de l’Intérieur turc, Suleyman Soylu, a fait le déplacement, annonçant des moyens renforcés pour lutter contre le phénomène. Mahmut Kaçan dénonce cependant des effets d’annonce et l’incurie des autorités. « Combien de temps un passeur res te-t-il en prison généralement ? Quelques mois au plus, s’agace-t-il. Les autorités sont focalisées sur la lutte contre les trafics liés au PKK [la guérilla kurde active depuis les années 80] et ferment les yeux sur le reste. » Selon lui, les réseaux de trafiquants se structureraient rapidement. Publicités et contacts de passeurs sont aisément trouvables sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Dans un climat d’impunité, les #passeurs corrompent des #gardes-frontières, qui eux-mêmes ne sont pas poursuivis en cas de bavures. « Le #trafic_d’être_humain est une industrie sans risque, par comparaison avec la drogue, et très profitable », explique l’avocat. Pendant ce temps, les exilés qui traversent les montagnes sont à la merci de toutes les #violences. Avec la guerre qui s’intensifie à nouveau en Afghanistan, le flot de réfugiés ne va pas se tarir. Les Afghans représentent le tiers des 11 500 migrants interceptés par l’agence européenne Frontex aux frontières sud-est de l’UE, entre janvier et mai.

    https://www.liberation.fr/planete/2020/07/20/dans-l-est-de-la-turquie-le-trajet-tragique-des-migrants-afghans_1794793
    #réfugiés #asile #migrations #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires #réfugiés_afghans #Caldiran #Kurdistan #Kurdistan_turc #morts #décès #Iran #frontières #violence

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    • Lake Van: An overlooked and deadly migration route to Turkey and Europe

      On the night of 27 June, at least 61 people died in a shipwreck on a lake in Van, a Turkish province bordering Iran. The victims were asylum seekers, mostly from Afghanistan, and the wreck shed light on a dangerous and often overlooked migration route used by people trying to move west from the border to major cities, such as Ankara and Istanbul, or further beyond to Europe.

      Turkey hosts the largest refugee population in the world, around four million people. A significant majority – 3.6 million – are Syrians. Afghans are the second largest group, but since 2018 they have been arriving irregularly in Turkey and then departing for Greece in larger numbers than any other nationality.

      Driven by worsening conflict in their country and an economic crisis in Iran, the number of Afghans apprehended for irregularly entering Turkey increased from 45,000 in 2017 to more than 200,000 in 2019. At the same time, the number of Afghans arriving in Greece by sea from Turkey increased from just over 3,400 to nearly 24,000.

      During that time, Turkey’s policies towards people fleeing conflict, especially Afghans, have hardened. As the number of Afghans crossing the border from Iran increased, Turkey cut back on protections and accelerated efforts to apprehend and deport those entering irregularly. In 2019, the Turkish government deported nearly 23,000 Afghans from the country, according to the UN’s emergency aid coordination body, OCHA.

      Early on, travel restrictions put in place due to the coronavirus appeared to reduce the number of people entering Turkey irregularly. But seven months on, the pandemic is worsening the problems that push people to migrate. The economic crisis in Iran has only intensified, and the head of the UN’s migration agency, IOM, in Afghanistan has warned that COVID-19-induced lockdowns have “amplified the effects of the conflict”.

      Like the victims of the wreck, most people travelling on the clandestine route through Van are from Afghanistan – others are mainly from Iran, Pakistan, and Bangladesh. The lake, 50 kilometres from the border, straddles two provinces – Van and Bitlis – and offers a way for asylum seekers and migrants to avoid police and gendarmerie checkpoints set up along roads heading west.

      Due to its 200-kilometre border with Iran, Van has long been a hub for smuggling sugar, tea, and petrol, according to Mahmut Kaçan, a lawyer with the Migration and Asylum Commission at the Van Bar Association. In recent years, a people smuggling industry has also grown up to cater to the needs of people crossing the border and trying to move deeper into Turkey. Lake Van – so large that locals simply call it ‘the sea’ – plays an important role.

      “There have been a lot of refugees on ‘the sea’ in the last 10 years,” Mustafa Abalı, the elected leader of Çitören, a village close to where many of the boats set out across the lake, told The New Humanitarian, adding that the numbers have increased in the past two to three years.
      ‘Policy of impunity’

      When the shipwreck happened, on 27 June, the picture that initially emerged was murky: Rumours circulated, but the local gendarmerie blocked lawyers and journalists from reaching the lake’s shore.

      After two days, the Van governorship announced that security forces had found a missing boat captain alive and launched a search mission. It took weeks, but search teams eventually recovered 56 bodies from the wreck, which had come to rest more than 100 metres below the lake’s surface.

      Abalı described the scene on the beach where the rescue teams were working. “I was crying; everyone was crying; even the soldiers were crying… We were all asking, ‘how could this happen?’” he said.

      The testimony the boat captain provided to police after he was detained on smuggling charges gave a few clues. On board with his cousin and 70 to 80 asylum seekers, he recalled how they left that night at around 9pm from Van city to cross the lake. He said he pushed out into the open water, with the lights off to avoid attention, but the waves were large and the boat capsized. The captain, the lone known survivor, said he managed to swim ashore.

      The shipwreck was the deadliest on Lake Van, but not the first. In December 2019, seven asylum seekers died in a wreck on the lake. After that incident, authorities only issued one arrest warrant, which expired after 27 days, and the suspected smuggler was released.

      Kaçan, from the Van Bar Association, said the handling of that case pointed to a “policy of impunity” that allows the smuggling industry to flourish in Van. “It’s not a risky job,” he said, referring to the chances of getting caught and the lack of punishment for those who are.

      That said, the case against the captain from the 27 June shipwreck is ongoing, and at least eight other people have now been detained in connection with the incident, according to Kaçan.

      A report from the Van Bar Association alleges that this impunity extends to the Iran-Turkey border, but according to Kaçan it‘s unlikely smugglers bringing people into Turkey – sometimes in groups of up to 100 or 200 people – would pass the frontier entirely undetected. Turkey is building a wall along much of it, and there’s a heavy military and surveillance presence in the area. “Maybe not all of them, but some of the officers are cooperating with the smugglers,” Kaçan said. “Maybe [the smugglers] bribe them. That’s a possibility.”

      After a lull during the initial round of pandemic-related travel restrictions in March and April, migration across the Iran-Turkey border began to pick up again in May, according to people TNH spoke to in Van. Smugglers are even advertising their services on Instagram – a sign of the relative freedom with which they operate.

      TNH contacted a Turkish-speaking Iranian smuggler through the social media platform. The smuggler said he was based in the western Iranian city of Urmia, about 40 kilometres from the Turkish border, and gave his name as Haji Qudrat. On a video call, Haji Qudrat counted money as he spoke. “Everyone knows us,” he said. “There’s no problem with the police.” He turned the phone to show a room full of 20 to 30 people. “They’re all Afghans. Tonight they’re all going to Van,” he added.

      TNH asked both the Turkish interior ministry and the Van governorship for comment on the allegations of official cooperation with people smugglers and possible bribery, but neither had responded by the time of publication.
      A cemetery on a hill

      While crossing into Turkey from Iran doesn’t seem too problematic, the situation for asylum seekers in Van is not so relaxed.

      The region is the second poorest of Turkey’s 81 provinces – many people who enter irregularly want to head west to Turkey’s comparatively wealthier cities to search for informal employment, reunite with family members, or try to cross into Greece and seek protection in Europe, according to a recent report by the Mixed Migration Centre.

      Under Turkey’s system for international protection, non-Europeans fleeing war or persecution are supposed to get a temporary residency permit and access to certain services, such as medical care. But they are also registered to a particular city or town and are required to check in at the immigration office once a week. If they want to travel outside the province where they are registered, people with international protection have to first apply for permission from authorities. Even if it is granted, they are required to return within 30 days.

      Since the uptick in border crossings in 2018, it has become more difficult for Afghans to access international protection in Turkey, and Turkish authorities have occasionally apprehended and deported large numbers of Afghans – especially single men – without allowing them to apply for protection in the first place.

      As a result, many prefer to avoid contact with Turkish authorities altogether, using smugglers to carry on their journeys. In September, news channels aired footage of a minibus that had been stopped in the province. It had the capacity to hold 14 passengers, but there were 65 people inside, trying to head west.

      Buses carrying asylum seekers on Van’s windy, mountainous roads frequently crash, and every spring, when the snow melts, villagers find the corpses of those who tried to walk the mountain pass in the winter. Their bodies are buried in a cemetery with the scores who have drowned in Lake Van.

      The cemetery is on a hill in Van, the city, and it is full of the graves of asylum seekers who died somewhere along the way. The graves are marked by slabs, and most of the people are unidentified. Some of the slabs simply read “Afghan” or “Pakistan”. Others are only marked with the date the person died or their body was found. The cemetery currently has around 200 graves, but it has space for many more.

      https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2020/10/20/turkey-afghanistan-migrants-refugees-asylum

      –----


      http://www.vanbarosu.org.tr/uploads/2694.pdf
      #rapport

      #Van #lac #Lac_Van #cimetière

  • #DJAO - After the Road

    A young refugee tries to live his life in France, fleeing the shadows of his past. Between the weight of his memories and the precarity of being undocumented, he has no other choice than moving forward.

    DJAO has been made to show the psychological marks that most migrants keep from their migration, and how they manage to carry them through their life.

    https://vimeo.com/413128181


    #passé #migrations #réfugiés #asile #film #court-métrage #film_documentaire #témoignage #France #fuite #dignité #survivre #choix #parcours_migratoire #naufrage #Méditerranée #danger #oubli #mémoire #celles_qui_restent #ceux_qui_restent #sans-papiers #peur #renvois #expulsions #danse #Côte_d'Ivoire #réfugiés_ivoiriens #débouté #celleux_qui_restent

    Cette personne, visiblement, est logée dans un #hôtel :

    ping @karine4 @isskein

  • 19 juin 20h Amnesty International sur internet, diffusion suivie d’un débat, du #documentaire :

    Demain est si loin
    Muriel Cravatte (2019, France, 88 min, Couleur)
    https://www.amnesty.fr/cine-debat-demain-est-si-loin
    https://www.facebook.com/events/1165149137184372

    2018, frontière franco-italienne. Chaque jour, des exilés tentent de rejoindre la France à pied, en empruntant des itinéraires de montagne dangereux, pour échapper aux traques policières.

    Le film sera suivi par un temps d’échange en direct depuis Paris et Briançon avec Muriel Cravatte elle-même et des personnes engagées dans l’accueil des réfugiés et migrants à Briançon.

    Dans les Alpes, la fraternité prise pour cible
    Amnesty International, le 3 mars 2020
    https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/dans-les-alpes-la-fraternite-prise-pour-cible

    Et une pétition à signer :

    Protégeons les défenseurs des droits des migrants
    https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/petitions/protegeons-les-defenseurs-des-droits-des-migrants

    #France #Italie #migrants #Frontière_sud-alpine #frontières #Briançon #Hautes-Alpes #asile #migrations #réfugiés #parcours_migratoires #montagne #Blessing #police #violence_policière #vidéo #Muriel_Cravatte

    Voir la compilation ici :
    https://seenthis.net/messages/756096

  • Migrants : les traversées depuis le #Maghreb bousculées par le Covid

    Au début de la crise sanitaire, les chercheuses #Nabila_Moussaoui et #Chadia_Arab ont constaté une baisse des départs depuis les côtes algériennes et marocaines vers l’Europe, et même quelques traversées « retours ». Depuis, les tentatives de passage ont largement repris.

    Jusqu’à quel point le phénomène de « harraga », qui désigne un départ clandestin par la mer depuis les pays du Maghreb vers l’Europe, a été touché par la pandémie de Covid-19 ? Mediapart donne la parole à deux spécialistes des migrations internationales : Nabila Moussaoui, anthropologue, enseignante-chercheuse à l’université Oran II-Mohamed Ben Ahmed et doctorante à l’université Toulouse II-Jean-Jaurès, et la géographe Chadia Arab, chargée de recherche au CNRS (UMR ESO-Angers), enseignante à l’université d’Angers.

    En Algérie, de nombreux départs clandestins se font depuis l’Oranie, que Nabila Moussaoui surnomme "La Mecque des harragas". © NB

    Avec la fermeture des frontières, la pandémie a-t-elle eu une incidence sur le phénomène de harraga ?

    Nabila Moussaoui : Elle a modifié le cours normal de la vie quotidienne sur tous les plans. Inattendue, elle a poussé les États à prendre des décisions rapides pour limiter les dégâts. La fermeture des frontières, de cette façon inédite, a eu des incidences à plusieurs niveaux. En Algérie, où la harraga est une réalité permanente, beaucoup de jeunes ont renoncé au départ ou l’ont reporté. Tout comme le « Hirak » [le mouvement de contestation sociale ayant touché l’Algérie dès février 2019 – ndlr] à ses débuts, la crise sanitaire a été un moment d’incertitude où la vie humaine a été doublement menacée pour les #harragas.

    Chadia Arab, géographe et chargée de recherche au CNRS, UMR ESO-Angers. © DR
    Chadia Arab : Le Maroc a pris la décision de fermer ses frontières dès le 13 mars, avant certains pays européens. Les harragas de toutes nationalités se sont retrouvés dans des situations compliquées. Dans les deux enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla, des Marocains ne peuvent pas rentrer chez eux. Des demandeurs d’asile sont aussi en attente, dans des conditions parfois dramatiques (voir notre reportage sur ce sujet en 2019).

    La presse locale a fait état de plusieurs cas de harraga « inversée » : des Marocains et Algériens partis clandestinement pour l’Espagne seraient revenus dans leur pays d’origine durant la crise sanitaire. Un épiphénomène ?

    Nabila Moussaoui : Ça n’a pas été rendu officiel par les autorités mais beaucoup de rumeurs ont circulé quant au retour de migrants par voie maritime, en Algérie comme au Maroc. Travaillant essentiellement sur l’Oranie, j’ai eu des récits de retours de harraga d’Espagne par les côtes de Mostaganem. Un quotidien algérien arabophone a rapporté les mêmes faits, mais je ne peux me prononcer sur leur véracité. Il s’agirait de jeunes (reste à définir sociologiquement ce jeune et la tranche d’âge dans laquelle il se situe) rentrés par les côtes mostaganemoises. Ils seraient une dizaine, originaires de Mostaganem et Relizane. Je trouve curieux qu’il n’y ait pas de harragas d’Oran, qui reste une ville de départ très prisée. Mais si retour il y a, c’est un épisode ponctuel, imposé par la conjoncture.

    Chadia Arab : Les journaux marocains, algériens et espagnols ont évoqué des cas. Je ne pense pas que ce soit un phénomène massif mais il est néanmoins important d’en parler. Il faudrait rappeler que d’une part, dans une histoire récente, des cas de harragas ne supportant pas la vie difficile en Europe sont revenus dans leur pays d’origine. D’autre part, dans les années 1950, les Espagnols fuyant la dictature de Franco empruntaient des barques de fortune pour traverser les 13 kilomètres séparant les côtes espagnoles du Maroc pour s’y réfugier.

    Comment l’analysez-vous ?

    Chadia Arab : Les deux pays majoritairement prisés par les harragas sont l’Espagne et l’Italie, deux pays européens et méditerranéens fortement touchés par l’épidémie. Leur situation géographique explique une partie de ces cas de harraga de retour. Mais c’est surtout la crise économique et sociale qui accompagne cette crise sanitaire qui pousse ces migrants à choisir de rentrer chez eux. Les conditions des migrants sans papiers en Europe sont dramatiques et sont exacerbées par la crise du Covid. Sans papiers mais surtout sans ressources, parfois sans logement, ils ne peuvent même pas travailler dans un pays où le confinement ne permet pas la recherche d’emploi. Les risques sont démultipliés chez des personnes déjà fragilisées par leur statut administratif et leur condition sociale. Il est normal qu’avec ce contexte, un certain nombre d’entre eux réfléchissent à rentrer. Par ailleurs, la gestion de la crise, surtout au début, n’était pas au rendez-vous pour rassurer les populations présentes dans ces pays, qu’elles soient migrantes ou non. Le nombre de décès dans les deux pays a aussi inquiété.

    Nabila Moussaoui, chercheuse à l’université Oran II-Mohamed Ben Ahmed. © DR
    Nabila Moussaoui : Les chiffres alarmants de contaminations par le virus du Covid 19 ont effrayé les migrants et le nombre croissant de morts les a plongés dans la panique. Mais la mauvaise gestion de la crise dans les pays européens n’est pas le seul motif. En partant, le harraga s’inscrit dans l’incertitude, même si son départ est un projet réfléchi. En bravant la mer, il brave la mort, mais celle-ci fait partie du projet initial. Mourir d’une épidémie loin des siens reste « hors contrôle » pour le harraga, avec le risque d’être enterré loin de la terre d’islam, s’il échappe à l’incinération, qui n’est pas de sa culture. Le harraga s’inscrit dans une logique de réussite, il est vu comme un héros « qui prend sa vie en main ». Mais dans ce contexte, sa mort serait synonyme d’échec social. Elle serait assimilée au suicide, comme le stipule la fatwa relative à la harraga en Algérie, le plus grand des péchés dans la religion musulmane.

    Où en est le phénomène de harraga aujourd’hui ?

    Nabila Moussaoui : Au début du Hirak, les départs ont régressé, puis cessé, pour reprendre de manière alarmante au moment de l’annonce de la date des élections. Le même constat est valable aujourd’hui avec cette crise sanitaire : après le flou, les interrogations et la peur vient la résilience.

    Chadia Arab : Ce que nous avons appris de la société civile qui travaille avec les migrants, c’est que la fermeture des frontières ne limite pas la volonté de migrer. Et bien que les personnes ne puissent plus voyager, le transit des camions et conteneurs se poursuit. Dans le port de Tanger, les harragas continuent à tenter d’échapper à la vigilance des contrôles qui se sont renforcés pendant la crise sanitaire. Ils surveillent nuit et jour la possibilité de s’engouffrer sous un camion ou à l’intérieur d’un bateau pour tenter l’aventure migratoire vers l’Europe (lire notre reportage à Tanger).

    L’inquiétude qu’on peut avoir, c’est sur la dangerosité du « hrig » [« brûler les frontières », soit le départ clandestin – ndlr]. Ces migrants risquent leur vie à chaque tentative, et les arrestations peuvent être rudes et violentes. Plusieurs associations en Europe et au Maghreb (Euromed Right, Sea-Watch, Fmas, Gadem, Ftdes, Amdh, etc.) ont dénoncé les tensions et la vulnérabilité, encore plus fortes en temps de crise sanitaire, dans les centres de détention [Ceti de Melilla et Ceuta, El Wardia en Tunisie, les centres en Libye, à Chypre et Malte – ndlr]. Des bateaux flottants sont venus remplacer ces hotspots pour enfermer les migrants retrouvés en mer. Melilla est un des passages empruntés par ces harragas. Six cents Tunisiens risquent actuellement leur vie à Melilla et peuvent être expulsés à tout moment. La situation déjà dramatique des harragas s’aggrave donc.

    Avez-vous une estimation du nombre de bateaux ou personnes qui partent chaque jour, et du coût que cela représente ?

    Chadia Arab : À l’époque où le phénomène était vraiment très important, fin des années 1990 et début des années 2000, les migrants pouvaient payer une traversée dans des pateras ou Zodiac 1 000 euros. Aujourd’hui, il semblerait que le tarif ait augmenté pour atteindre jusqu’à 5 000 euros.
    Nabila Moussaoui : Je ne peux pas avancer d’estimation. Les prix augmentent d’année en année, suivant le taux de change du secteur informel, la qualité de l’embarcation, le « professionnalisme » du passeur… Et, bien sûr, les conditions du départ. Les traversées coûtent entre 1 200 et 3 000 euros, selon les périodes, les itinéraires choisis et le nombre de candidats. En cette période de crise, je ne doute pas de l’augmentation des coûts de la traversée, de par la conjoncture au départ et à l’arrivée. Elle doit pouvoir se négocier à partir de 2 000 euros aujourd’hui, « prime de risque de contamination incluse ». La harraga est un business.

    À quoi faut-il s’attendre lors du déconfinement au Maroc (où un confinement total a été instauré depuis le 20 mars) et en Algérie (où un confinement partiel a été étendu à tout le territoire le 4 avril) ?

    Nabila Moussaoui : Pour l’instant, les médias se focalisent sur l’évolution du Covid-19. Que le phénomène ne fasse pas la une des journaux ou des JT ne signifie pas qu’il n’existe plus. Au moment du déconfinement, des chiffres alarmants de harragas partis ou disparus seront révélés. La réalité des crises algériennes dans leur globalité refera surface. La liste des disparus en mer ou des signalements s’allongera. Durant le confinement déjà, des cas de disparitions d’adolescents et de jeunes adultes ont envahi les réseaux sociaux. À Oran, deux mineurs de 17 ans sortis faire des courses ne sont jamais rentrés. La situation politique et socio-économique de l’Algérie peut l’expliquer. La crise a révélé le manque affligeant de structures hospitalières et de moyens, ainsi qu’une impréparation à la gestion de crise. Seule la solidarité « populaire » a permis d’y faire face. Les mesures d’aide sont venues bien plus tard (10 000 dinars, soit 50 euros, que l’État a promis aux familles sans ou à faible revenu), après la pénurie d’aliments de première nécessité et le chômage soudain lié à l’arrêt de l’activité économique, reflétant l’importance du secteur informel dans l’économie.

    Chadia Arab : Avec le déconfinement, les réseaux mafieux vont peut-être s’accentuer. Ce qui est sûr, c’est que l’Europe poursuit sa politique de surveillance des frontières : on l’a vu à Melilla et Ceuta, en Grèce, à Malte ou Chypre. L’externalisation des frontières dans les pays du Maghreb fait aussi le jeu de cette Europe sécuritaire. Ce qui veut dire que l’inquiétude sur les risques subis par les migrants sera toujours présente, et que le droit à la vie des migrants, le droit à la liberté de circulation prônés par plusieurs membres de la société civile maghrébine et européenne ne seront toujours pas d’actualité dans le monde d’après, que beaucoup espéraient plus juste…

    Un mot sur le prochain Tribunal permanent des peuples (TPP), qui devrait avoir lieu à Tunis cette année ?

    Chadia Arab : Le TPP est un tribunal d’opinion qui agit de manière indépendante des États et répond aux demandes des communautés et des peuples dont les droits ont été violés. La prochaine édition se tiendra avant la fin de l’année 2020 à Tunis et se concentrera sur les violations des droits des migrants en pointant du doigt les États du Maghreb, avec des accusations sur le droit à la vie, la non-assistance à personnes en danger, les expulsions collectives, le refoulement, la torture, les déplacements forcés, la violence et l’exploitation au sein des centres de détention. Je pense notamment à ce qui se passe en Libye. C’est organisé par la dynamique du Forum social maghrébin (FSMagh).

    https://www.mediapart.fr/journal/international/070620/migrants-les-traversees-depuis-le-maghreb-bousculees-par-le-covid?onglet=f
    #covid-19 #coronavirus #parcours_migratoires #routes_migratoires #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #mer_Méditerranée #Algérie #Maroc #Tunisie

    ping @thomas_lacroix @isskein @reka @_kg_

  • Migrantes de otro mundo

    La idea de este trabajo colaborativo nació en un taller que dio la directora de CLIP en 2019 con la Fundación Gabo. Allí descubrimos con Alberto Pradilla –hoy en Animal Político y autor de dos reportajes – el primer hilo de esta historia. Semanas después, con el equipo CLIP, pensamos que, por su misma naturaleza andariega, la migración es la historia que sólo se puede contar bien en forma colaborativa, desde las visiones y las sabidurías de múltiples colegas y sus medios. Por eso, nos pusimos a la tarea de crear esta alianza que ha resultado ser más fructífera y potente de lo que imaginamos. Empezamos en una reunión presencial (cuando eso aún se podía) realizada junto con la organización europea Occrp, cuyo editor para América Latina, Nathan Jaccard es también artífice de esta investigación, y desde septiembre nos pusimos manos a la obra. Después de nueve meses, aquí estamos: doce medios americanos, dos europeos; los otros aliados periodísticos, que fuimos buscando a medida que la historia los pedía en Camerún, India, Nepal, y de la mano de un equipo de producción, diseño, desarrollo digital y de audiencias comprometido y excepcional, con esta investigación colaborativa transfronteriza. Nos acompañó en este sueño desde el vamos, la Fundación Avina, y por el camino se sumó la Seattle International Foundation, las dos con gran generosidad. Los mecenas institucionales de CLIP han sido, todo este tiempo, soporte fundamental. Ahora esperamos que, con la ayuda de ustedes los navegantes, esta historia, hasta ahora sumergida en la indolencia y la clandestinidad, salga a la luz y nos inspiren estos valientes migrantes para imaginar un mundo más humano. Aquí verán los créditos de los creadores y mecenas de Migrantes de Otro Mundo.

    https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/index.html
    –-> Travail d’investigation de journalistes (18 medias impliqués) sur les routes et les témoignanes des personnes migrantes du continent african et asiatique en Amérique latine.

    #routes_migratoires #parcours_migratoires #Afrique #Amérique_latine #africains #migrations #asile #réfugiés #cartographie #visualisation #webdoc #décès #morts #mourir_aux_frontières #Asie

    –—

    Ajouté à cette métaliste sur les routes migratoires d’Afrique/Asie aux #Amériques :
    https://seenthis.net/messages/857814

    ping @karine4 @isskein @mobileborders @reka

  • Voyages vers l’Europe

    Les premiers mineurs non accompagnés arrivent en France au début des années 1990. Ce qui devait être un épiphénomène dans le paysage de la protection de l’enfance et des migrations internationales s’est maintenu et confirmé comme une réalité durable. Les deux cartes présentées ici montrent la pluralité des routes et des expériences vécues par ces jeunes.

    Les premiers sont arrivés des pays de l’est de l’Europe, mais au fil des années le visage de la migration juvénile vers la France a évolué. Aujourd’hui la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest, sont les trois premiers pays d’où arrivent les mineurs non accompagnés pris en charge par les autorités françaises. Elles ont l’obligation de leur porter assistance en raison de leur isolement (article 375 du code civil), mais peinent à proposer une réponse satisfaisante.

    Qui sont ces mineurs et d’où viennent-ils ? La recherche permet aujourd’hui de mieux cerner le profil de ces jeunes, mais leurs trajectoires migratoires restent à préciser. Les routes maritimes et terrestres sont davantage médiatisées (sans qu’on connaisse la proportion exacte de mineurs qui les empruntent), c’est pourquoi je propose de mettre en lumière la situation des mineurs qui utilisent la voie des airs et de souligner la pluralité des routes et expériences vécues par ces jeunes avant leur arrivée en France.

    La voie des airs, une migration peu connue

    Si la migration des mineurs est souvent évoquée par le prisme de parcours particulièrement difficiles, tous les voyages n’impliquent pas que les jeunes bravent l’impossible pour rejoindre l’Europe. La majorité des mineurs que nous avons interrogés expliquent avoir réalisé la plus grande partie de leur parcours migratoire en avion, notamment pour les destinations les plus éloignées de l’Europe, du Pakistan à l’Italie, par exemple, ou du Congo en France.

    L’arrivée dans un pays européen ne marque pas toujours la fin de la migration. Pour certains, le trajet par avion est une première étape, celle qui représente la part la plus importante du voyage jusqu’en Europe. Une fois arrivés, ils continuent leur voyage en bus, en train ou en voiture pour rejoindre la destination visée.

    Ils appartiennent à des familles assez aisées pour payer le billet, mais aussi à des milieux plus modestes, dans lesquels familles et jeunes ont économisé sur le long terme. L’avion protège les mineurs les plus fragiles (filles ou enfants en bas âge) en leur permettant de quitter légalement et sans dangers le pays d’origine. Un mineur peut être inscrit sur le passeport d’un adulte désigné tuteur par ses représentants légaux. Certains disent ainsi avoir voyagé aux côtés d’un « oncle » ou d’une « tante », ou encore de passeurs chargés de faire le voyage avec eux. Ces adultes les abandonnent souvent, une fois le voyage réalisé, les laissant livrés à eux-mêmes dans les aéroports, leurs papiers d’identité détruits.

    Lorsque nous les interrogeons, ils ont peu de souvenirs de ce voyage. En une nuit, voire en quelques heures, ils sont passés d’un continent à un autre sans réaliser l’importance des distances parcourues. Ils ont aussi du mal à parler des lieux de leur migration et à situer les étapes de leur voyage vers l’Europe. C’est une perte des repères de plus pour des jeunes qui ont besoin, comme les autres, de construire leur identité grâce à une certaine permanence des environnements qui les entourent.

    L’acquisition d’un « #savoir-migrer »

    Lorsque ces mineurs arrivent en France, où ils seront pris en charge, ce n’est pas toujours la première fois qu’ils migrent. Seuls ou accompagnés de leurs proches, pour un voyage scolaire, des vacances en famille ou un premier exil, ces expériences ont permis l’acquisition d’un « savoir-migrer ». La migration internationale fait déjà partie intégrante de leur vie.

    Ibrahim*, dont le voyage est représenté sur la deuxième carte, n’a que onze ans quand il émigre d’Algérie pour la Turquie, avec le projet de rejoindre la Grèce. Ce voyage, effectué avec des voisins de son quartier, est le premier d’une longue série. Malgré la durée de son séjour en Grèce, Ibrahim dit n’avoir jamais bénéficié d’une protection institutionnelle à Athènes et avoir vécu pendant près de quatre ans dans la clandestinité. Inscrit dans des réseaux de revente de drogue, il s’établit dans une vie d’errance qui semble l’avoir profondément marqué.

    Quelques mois après son retour en Algérie, Ibrahim repart pour l’Europe et se dirige cette fois-ci vers l’Espagne. Il organise seul cette seconde migration, comme tous ses déplacements. Le fait que son pays soit proche de sa destination joue un rôle important dans sa migration. J’ai pu constater, au cours de ma recherche doctorale, que tous ceux qui avaient déjà migré en Europe étaient originaires du Maghreb. D’autres, en provenance d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie, témoignent aussi d’expériences antérieures, mais hors d’Europe.

    Certains racontent avoir vécu entre plusieurs pays proches du leur pour suivre l’activité de leurs parents ou contribuer à l’économie de la famille. Djibril a accompagné son oncle dans la vente de bétails entre le Mali et la Mauritanie ; Ousmane a parfois été lui-même responsable d’échanges marchands régionaux.

    Le cas de ces mineurs invite à dépasser la vision de jeunes sans expériences migratoires ni « savoirs-migrer ». Rarement envisagés au regard de leur âge, ces voyages antérieurs éclairent ce qu’ils nous disent et donnent à comprendre la trajectoire heurtée et complexe de ces mineurs engagés sur les routes de la migration, parfois depuis plusieurs années.

    http://icmigrations.fr/2020/03/25/defacto-017-04
    #cartographie #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires #asile #migrations #réfugiés #voyage #MNA #mineurs_non_accompagnés #France

    ping @reka @karine4

  • D’Alger à Yaoundé, le retour au pays de Rodrigue

    Parti pour l’Europe, le jeune Camerounais n’a jamais réussi à traverser la Méditerranée. Après des années passées au Maroc et en Algérie, il a décidé de rentrer dans son pays.

    Bien sûr, ce n’est pas le retour dont il avait rêvé, mais au moins est-il toujours en vie. Tant d’autres ont péri pendant le voyage, engloutis par la Méditerranée. A 35 ans, dont huit en exil pour tenter d’atteindre l’Europe, Rodrigue rentre dans son pays, le Cameroun, riche d’une aventure qu’il ne regrettera jamais, explique-t-il depuis Yaoundé, où il a retrouvé sa famille.

    Il y a neuf ans, à l’été 2011, il était parti, comme tant d’autres, avec en tête la vague idée d’un eldorado européen – France, Italie ou Espagne – où il pourrait travailler et envoyer de l’argent à sa famille. Aujourd’hui, il reconnaît qu’il « ne [savait] rien de la traversée ».

    Bloqué en Algérie et au Maroc

    Du Cameroun, il a pris la route vers le Maroc, où il a passé quatre ans. La première année, il essaie de traverser la Méditerranée tous les mois. Mais chaque fois, il est arrêté par les autorités, parfois en pleine mer. Au fil du temps, il ralentit le rythme des tentatives, faute de moyens et d’énergie. Il vivote de petits boulots dans l’informel. Quand les ennuis avec la police le rattrapent, il doit alors quitter le Maroc pour l’Algérie voisine.

    Là, quatre nouvelles années s’écoulent. Comme de nombreux Subsahariens, il travaille sur les chantiers de construction, souvent des cités-dortoirs qui sortent de terre un peu partout dans ce pays en pleine crise du logement. Rodrigue vit à « Derwisha », une maison de deux étages en périphérie d’Alger qui accueille une trentaine de migrants. Là, il retrouve un peu de convivialité, la musique et les saveurs du pays aussi. Mais la vie reste dure, loin de sa famille, dans une société repliée sur elle-même.

    La décision du retour

    Fin 2018, il prend la décision de rentrer, épuisé par ce voyage sans fin, l’éloignement, toutes ces nuits passées sur les chantiers, cette vie sous les radars avec les autres migrants. Mais pour que son souhait devienne réalité, il lui faut d’abord attendre que son patron lui paye son dernier chantier. C’est chose faite en mars. Rodrigue reprend la route en sens inverse avec ses économies de huit années : 2 500 euros. Jusqu’à Tamanrasset, dans le sud algérien d’abord, puis vers le Niger, le Nigeria et enfin le Cameroun. Une semaine de voyage sans grande difficulté, explique-t-il.

    Il débarque à Douala, chez sa sœur Béatrice, avant Yaoundé, où il retrouve enfin ses parents, sa femme et ses enfants. L’accueil est émouvant : « Tout le monde m’attendait. Les cris, les pleurs. Ils étaient trop contents. Surtout, je suis revenu en bonne forme. Ils avaient vu tout ce qui s’est passé en Libye. » Ils l’avaient imploré de revenir.

    Se construire une nouvelle vie

    Durant ses huit années d’absence, la vie au Cameroun n’a pas tellement changé. Les portraits de Paul Biya, président depuis trente-huit ans, couvrent toujours les murs du pays. Pour Rodrigue, aîné de la famille, la pression est forte : c’est sur lui que reposent toutes les attentes. « Chez nous, le premier fils, c’est comme la tête du train. Comme la locomotive qui dirige les autres. Ça implique trop de choses, trop de responsabilités », reconnaît-il. Avec les économies qu’il a réunies pendant son exil au Maghreb, il décide de se lancer dans un projet avicole. Pour cela, il a acheté plus de 300 poussins, qu’il a installés dans la ferme de sa voisine.

    La #débrouille au quotidien

    Une grande partie des Camerounais se heurtent au même casse-tête : gagner suffisamment d’argent pour vivre, ou survivre. Pour y parvenir, on se livre au « #jonglage », le cumul de plusieurs #petits_jobs. Le frère de Rodrigue, Olivier, est chauffeur de taxi depuis un an « en attendant de trouver un bon travail ». La semaine, il roule pour le propriétaire de la voiture, le samedi, c’est pour lui. « Mais c’est pas avec mes 100 000 francs CFA en fin de mois [152 euros] que je peux faire un projet », avoue-t-il.

    Du côté de Rodrigue, le projet des poussins a tourné court. Entre la chaleur, les problèmes d’eau et de nourriture, il a perdu les trois quarts de ses volailles. Alors il a décidé de retourner dans son village cultiver la terre pour gagner un peu d’argent. Il aimerait ensuite faire du commerce entre l’Algérie et le Cameroun. Faire venir du shampoing, des parfums, du thé, très prisés ici. Mais pour cela, il faut une mise de départ.

    Passer le témoin

    Rodrigue aimerait aussi raconter, convaincre les plus jeunes de rester. Eux qui n’ont qu’une seule idée en tête : rejoindre l’Europe. Mais partager le vécu de la migration n’est pas chose facile. Les cadavres abandonnés dans le désert, la peur, la solitude, les camarades disparus en mer sont des souvenirs tenaces. « Les jeunes veulent vivre mieux, quelque chose de nouveau. Mais c’est juste une question de moyens, en fait. S’ils trouvaient du travail ici, ils resteraient », pense-t-il. Lui aussi pourrait tenter de repartir en Europe un jour, mais légalement. « Comme un clandestin », plus jamais. Face à tous ces fantasmes sur la migration, face aux attentes des proches, aux difficultés du quotidien, « il faut être courageux pour rentrer », tient-il à ajouter.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/02/19/photo-d-alger-a-yaounde-le-nouveau-depart-de-rodrigue_6030096_3212.html
    #errance #migrerrance #parcours_migratoire #itinéraire_migratoire #Cameroun #migrations #Maroc #Algérie #retour_au_pays #travail #Derwisha

    ping @_kg_

  • Après la mort de deux migrants dans la Manche, les associations alertent sur cette nouvelle route migratoire

    Pour la première fois, les corps de deux migrants ont été retrouvés lundi sur une plage du #Touquet, dans le #Pas-de-Calais. Un drame qui souligne l’augmentation préoccupante du nombre d’exilés qui tentent de rejoindre les côtes britanniques par la #voie_maritime.

    Les dépouilles de deux Irakiens ont été retrouvées lundi sur une plage du Touquet, dans le Pas-de-Calais. Ils avaient 17 et 22 ans. Ces jeunes hommes auraient tenté de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, selon les premiers éléments recueillis par la préfecture. Une petite embarcation semi-rigide a en effet été retrouvée à proximité. Ce drame porterait donc à quatre le nombre de migrants morts en tentant de rejoindre les côtes anglaises par la voie maritime.

    Le 9 août, une Iranienne de 30 ans avait perdu la vie après être tombée d’un bateau surchargé. Le 23 août, le corps d’un Irakien avait été retrouvé au large de Zeebruges, en Belgique. Il pourrait s’agir d’un homme repéré par les secours français en train de tenter la traversée à la nage. Des morts prévisibles, selon les associations d’aide aux migrants. Depuis 2018, elles alertent régulièrement sur l’augmentation des traversées clandestines de la Manche.
    Les traversées ont plus que doublé entre 2018 et 2019

    Depuis le début de l’année 2019, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, contactée par le JDD, a dénombré 206 cas de tentatives ou de traversées. Soit environ 2.000 migrants. Lundi matin encore, huit migrants ont été secourus sur une plage près de Calais, selon le parquet de Boulogne-sur-Mer.

    Rien à voir avec les chiffres en Méditerranée où 69.962 personnes ont gagné l’Europe en bateau cette année, d’après les données de l’UNHCR au 14 octobre 2019. Et 1.071 y ont laissé leur vie ou sont portés disparus.

    Il n’empêche. Si la plupart des candidats à l’immigration continuent de tenter de se faufiler dans un camion (souvent en risquant leur vie, 4 personnes étant décédées en 2018 selon la Cimade), de plus en plus d’entre eux choisissent la voie maritime. Le phénomène a été repéré pour la première fois par les autorités en 2016 et connaît, depuis, une croissance exponentielle. Cette année-là, 23 tentatives ou traversées sont comptabilisées par la préfecture maritime. Puis 12 cas en 2017 et… 78 en 2018, impliquant 586 migrants. En 2019, ce chiffre a donc plus que doublé, et l’année n’est pas finie.
    Une bouée avec des bouteilles en plastique

    Une nouvelle route migratoire d’autant plus préoccupante qu’elle est extrêmement dangereuse. Car la Manche est « une autoroute de la mer », rappelle la préfecture maritime, « 25% du trafic maritime international passe par le détroit du Pas-de-Calais ». Et de comparer cette traversée au fait de franchir une voie express de nuit et à pied.

    Les exilés doivent naviguer de nuit entre ferrys et cargos, avec bien souvent des embarcations de fortune et un matériel de sauvetage insuffisant. L’Irakien repêché fin août près de Zeebruges portait une ceinture de flottaison bricolée avec des bouteilles en plastique.

    A ces difficultés, il faut ajouter les courants forts et les températures glaciales. A bord, les passagers se retrouvent vite trempés, risquant l’hypothermie. Et s’ils tombent, leurs chances de s’en sortir se réduisent drastiquement. Les conditions météorologiques ne semblent pas dissuader les départs : la préfecture a enregistré un pic à l’hiver 2018, la pire période pour naviguer.
    1.200 migrants auraient réussi la traversée, selon les médias britanniques

    Alors, pourquoi prendre ce risque, au péril de sa vie ? "Parce que certains réussissent, avance Antoine Nehr, coordinateur de l’antenne d’Utopia 56 à Calais, « c’est un mélange de désespoir et d’espoir ». La préfecture maritime ne communique aucun chiffre sur le nombre de migrants ayant réussi à atteindre les cotes anglaises mais, côté britannique, la BBC, citant le ministère de l’Intérieur estime que plus de 1.200 personnes ont réussi la traversée cette année, dont 336 en août.

    Autre facteur explicatif, selon ces associatifs : les conditions de vie toujours plus dures sur place. Depuis le démantèlement en 2016 de la « jungle » de Calais, « la politique est d’empêcher toute fixation, explique Antoine Nehr d’Utopia 56. Il y a des démantèlements des campements de fortune tous les deux jours, les forêts sont coupées pour empêcher de créer des lieux de vie, les tentes ou matériels sont jetés ». Ce qui pousserait les exilés à vouloir à tout prix parvenir au Royaume-Uni.
    Plus de contrôles et plus de risques

    « Ça ne va pas s’arrêter ! », prévient Claire Millot, secrétaire générale de l’association Salam, à l’AFP. « Parce que les conditions à Calais et Grande-Synthe sont épouvantables, avec des démantèlements réguliers, ils sont prêts à tout pour passer. » Pour elle, « ils ne sont pas prêts à entendre ce qu’on pourrait leur dire car ils sont déterminés. »

    En fait, les migrants prennent de plus en plus de risques, en camions ou par bateaux. C’est en tout cas ce qu’observent les associations interrogées. « Les contrôles se sont renforcés sur le littoral nord entre Calais et Grande-Synthe, raconte Antoine Nehr au JDD. Il y a de plus en plus de murs, de barrières. » Il ajoute que ces personnes sont souvent « des déboutés du droit d’asile, en fin de parcours, qui n’ont plus d’autre choix et tentent le tout pour le tout ». En 2019, les contrôles ont également été accrus en mer et sur les côtes. Conséquence : « On observe qu’ils partent de plus loin et sur des canots surchargés », déclare Antoine Nehr.

    Même constat pour Eva Ottavy, responsable des questions internationales à la Cimade. « Les camions n’ont plus le droit de s’arrêter dans les parkings entre Arras et Calais, indique-t-elle au JDD, pour éviter que les migrants n’y grimpent. Alors ils partent plus en amont sur la route ou prennent la mer. » Pour elle, « le renforcement des contrôles ne fait que déplacer les routes migratoires ». Tous craignent que d’autres drames soient passés sous les radars.

    https://www.lejdd.fr/Societe/apres-la-mort-de-deux-migrants-dans-la-manche-les-associations-alertent-sur-ce
    #route_migratoire #asile #migrations #réfugiés #France #Angleterre #UK #Calais #parcours_migratoire #décès #mort #mourir_dans_la_forteresse_Europe #frontières

  • #Camion_de_la_honte : les 39 victimes sont chinoises

    L’enquête semble se diriger vers un nouveau drame d’esclavage moderne, avec la révélation de la nationalité chinoise des 39 victimes, 8 femmes et 31 hommes.

    Ils n’ont pas encore de noms, d’âge et encore moins de sépultures. Mais on sait déjà que leur voyage cauchemardesque a commencé loin, très loin, à l’autre bout du monde. Les 39 personnes retrouvées sans vie dans la nuit de mardi à mercredi dans le conteneur d’un camion réfrigéré sur une zone industrielle de l’Essex, à l’est de l’Angleterre, venaient de Chine. Il y avait 8 femmes, dont une très jeune adulte, et 31 hommes, a confirmé jeudi la police d’Essex.

    L’ambassade de Chine au Royaume-Uni a immédiatement réagi. « C’est avec un cœur lourd que nous lisons ces informations », a tweeté un porte-parole en indiquant « travailler avec la police pour éclaircir et confirmer la situation ». Ce n’est pas la première fois, sans doute pas la dernière, que des Chinois sont les victimes d’un drame de l’esclavage moderne au Royaume-Uni, les otages de gangs ultra-organisés, aux ramifications mondiales, des triades chinoises aux réseaux criminels d’Europe centrale et à ceux d’Europe occidentale. Ces criminels vendent, très cher et sans scrupule, la promesse d’un eldorado qui n’existe pas.

    L’enquête le confirmera, mais la National Crime Agency (NCA), qui travaille en coordination avec la police de l’Essex et celle d’Irlande du Nord d’où est originaire le chauffeur du camion, a indiqué chercher à identifier « des groupes de crime organisé qui pourraient avoir joué un rôle » dans cette tragédie. La garde à vue du chauffeur, un homme de 25 ans, a été prolongée de vingt-quatre heures et des perquisitions étaient en cours dans trois résidences en Irlande du Nord, dans le comté d’Armagh. Selon le Daily Mail, qui cite un proche, le jeune homme aurait lui-même prévenu les secours après avoir ouvert l’arrière du camion pour y récupérer des papiers. La police n’a pas confirmé ces informations.
    En 2000, 58 Chinois retrouvés morts dans un camion

    Le 18 juin 2000 déjà, 58 Chinois avaient été retrouvés morts asphyxiés à l’arrière d’un camion, dans le port de Douvres. Seules 2 personnes avaient survécu. Grâce à elles, le périple infernal des victimes avait été retracé. Partis de la province chinoise de Fujian, sur le littoral du sud-est de la Chine, en face de l’île de Taiwan, ils avaient pris un avion depuis Pékin, avec leurs passeports légaux, jusqu’à Belgrade en Yougoslavie.

    Des passeports volés, coréens pour la plupart, leur avaient alors été fournis. De Belgrade, ils avaient été acheminés par petits groupes dans des camionnettes vers la Hongrie, puis l’Autriche et la France. De là, ils avaient pris un train vers les Pays-Bas où ils avaient été « cueillis » par la branche européenne du gang de trafiquants, à Rotterdam. Enfermés à 60 dans un camion, dont le sas de ventilation avait été fermé, avec seulement quatre seaux d’eau, ils étaient morts étouffés lors de la traversée de Zeebruges en Belgique à Douvres. Le chauffeur, un Néerlandais, et une interprète chinoise, le contact des immigrés au Royaume-Uni, avaient été condamnés respectivement à seize et six ans de prison.
    « On coule »

    C’est aussi de la province de Fujian que venaient la plupart des 23 immigrés illégaux chinois, retrouvés noyés quatre ans plus tard, le 5 février 2004, dans la baie de Morecambe, dans le Lincolnshire (nord-ouest de l’Angleterre). Ils avaient été embauchés pour pêcher à marée basse des coques. Payés la misérable somme de 5 pounds (6 euros) pour 25 kg de coquillages. Cette baie est immense, sujette à de grands mouvements de marée. Les Chinois ne parlaient pas ou très peu anglais, ne connaissaient pas le coin, le danger de l’eau montante.

    C’était l’hiver, ils étaient à pied d’œuvre dans la soirée, dans l’obscurité. Un pêcheur chinois avait donné l’alerte en appelant les secours sur son téléphone portable et en criant, dans un anglais approximatif : « On coule, on coule dans l’eau, beaucoup, beaucoup, on coule dans l’eau. » 23 personnes s’étaient noyées. Le crâne d’une femme avait été rejeté sur la plage six ans plus tard. Le corps d’une des victimes n’a jamais été retrouvé.

    Un seul homme, Li Hua, a survécu. Dix ans plus tard, en 2014, il se confiait à la BBC. « Il faisait un noir d’encre et j’étais terrifié. Je me suis dit que je n’avais plus qu’à me laisser mourir et puis, je ne sais pas, une vague m’a retourné… J’étais seul et soudain, un hélicoptère m’a repéré. » Son témoignage avait permis la condamnation d’un trafiquant, Lin Liang Ren, à quatorze ans de prison. Pour éviter toutes représailles, Li Hua avait été placé sous la protection spéciale du gouvernement britannique. « Nous sommes tous venus ici pour la même raison. Nous avons laissé derrière nous nos familles pour construire une vie meilleure. Et tous ont disparu d’un coup, juste comme ça. J’ai juste eu de la chance. »
    L’identification de chacun « pourrait prendre du temps »

    Jeudi en milieu de journée, le camion et ses 39 victimes étaient dissimulés dans un hangar du port de Tilbury Docks, à quelques centaines de mètres de là où le conteneur a été débarqué mardi dans la nuit en provenance de Zeebruges. Les autorités belges ont précisé que le conteneur était arrivé dans le port ce même mardi, à 14h29, avant d’être embarqué sur un ferry dans la soirée. Pour le moment, les enquêteurs ne savent pas à quel moment, ni où exactement les victimes ont été enfermées dans le conteneur.

    A l’abri des regards, les médecins légistes ont entrepris la lourde tâche d’examiner les corps un à un pour déterminer les causes du décès. Ensuite, les autorités tenteront « d’établir l’identité de chacun, une opération qui pourrait prendre du temps », a précisé la police. Alors, ces âmes auront peut-être enfin un nom, un visage et quelqu’un pour les pleurer, loin très loin de ce triste hangar.

    https://www.liberation.fr/planete/2019/10/24/camion-de-la-honte-les-39-victimes-sont-chinoises_1759507

    –-> On sait depuis que probablement les victimes ne sont pas chinoises, mais vietnamiennes...

    #UK #Angleterre #Essex #asile #migrations #réfugiés #frontières #Manche #La_Manche #22_octobre_2019 #camion #décès #morts #mourir_dans_la_forteresse_Europe

    • #Pham_Thi_Trà_My

      “Mi dispiace mamma. Il mio viaggio all’estero non è riuscito. Mamma ti voglio tanto bene!
      Sto morendo perché non riesco a respirare …
      Vengo da Nghen, Can Loc, Ha Tinh, Vietnam …
      Mi dispiace, mamma.”

      Questo è l’ultimo, straziante, SMS che una ragazza ventiseienne vietnamita, di nome Pham Thi Trà My ha inviato, presumibilmente dall’interno del TIR dell’orrore, martedì scorso, 22 Ottobre 2019.

      Un messaggio carico di disperazione, un ultimo pensiero per la persona a lei più cara, la mamma.

      La sua mamma.

      E’ drammatico questo messaggio, perché ci fa comprendere che quei 39 migranti asiatici hanno sentito giungere la loro morte; ne hanno sofferto; hanno pensato; hanno avuto tutto il tempo per comprendere che la loro fine si andava, inesorabilmente, avvicinando.

      E tutto questo è terribile. Terribile. Terribile.

      Non sopporto più questa disumanità, non sopporto chi continua a dire aiutiamoli a casa loro, non sopporto chi continua a gioire (ma come cazzo si fa a gioire?) di questi tragici eventi.

      Io, lo dico francamente, sto imparando ad odiare!

      Ad odiare voi indifferenti, voi complici, voi misera gente che vi girate dall’altra parte.

      Ci state riuscendo.

      State riuscendo a trasformarmi, piano piano.

      State riuscendo a trasmettermi il vostro odio ma, sappiate, lo utilizzerò solo contro voi.

      Contro voi che pensate di essere gli unici ad avere diritto alla vita e spero, per questo, un giorno siate puniti!

      Perdonaci, se puoi, Pham Thi Trà My…


      https://eliminiamolapostrofo.wordpress.com/2019/10/25/pham-thi-tra-my
      #migrants_vietnamiens #Vietnam #22_octobre_2019

    • Essex lorry deaths: Vietnamese families fear relatives among dead

      At least six of the 39 people found dead in a lorry trailer in Essex may have been from Vietnam.

      The BBC knows of six Vietnamese families who fear their relatives are among the victims.

      They include Pham Thi Tra My, 26, who has not been heard from since she sent text messages on Tuesday saying she could not breathe.

      A man was earlier arrested at Stansted Airport on suspicion of manslaughter and conspiracy to traffic people.

      The 48-year-old from Northern Ireland is the fourth person to be arrested in connection with the investigation.

      Two people from Warrington are being held on suspicion of manslaughter and conspiracy to traffic people and the lorry driver is in custody on suspicion of murder.

      Ms Tra My’s brother, Pham Ngoc Tuan, said some of the £30,000 charge for getting his sister to the UK had been paid to people smugglers and her last-known location had been Belgium.

      The smugglers are understood to have returned money to some families.

      Meanwhile, relatives of Nguyen Dinh Luong, 20, have also said they fear he is among the 39 victims.

      Ms Tra My’s brother told the BBC: "My sister went missing on 23 October on the way from Vietnam to the UK and we couldn’t contact her. We are concerned she may be in that trailer.

      “We are asking the British police to help investigate so that my sister can be returned to the family.”

      The last message received from Ms Tra My was at 22:30 BST on Tuesday - two hours before the trailer arrived at the Purfleet terminal from Zeebrugge in Belgium.

      Her family have shared texts she sent to her parents which translated read: "I am really, really sorry, Mum and Dad, my trip to a foreign land has failed.

      “I am dying, I can’t breathe. I love you very much Mum and Dad. I am sorry, Mother.”

      Ms Tra My’s brother told the BBC her journey to the UK had begun on 3 October. She had told the family not to contact her because “the organisers” did not allow her to receive calls.

      “She flew to China and stayed there for a couple days, then left for France,” he said.

      “She called us when she reached each destination. The first attempt she made to cross the border to the UK was 19 October, but she got caught and turned back. I don’t know for sure from which port.”

      The BBC has passed details of Ms Tra My, who is from Nghen town in Can Loc district of Ha Tinh province area of Vietnam, to Essex Police, along with details of other people claiming to have information.

      The BBC also knows of two other Vietnamese nationals who are missing - a 26-year-old man and a 19-year-old woman.

      The brother of the 19-year-old said his sister called him at 07:20 Belgian local time (06:20 BST) on Tuesday, saying she was getting into a container and was turning off her phone to avoid detection.

      He has not heard from her since.

      He said a people smuggler returned money to the family overnight, and the family of the 26-year-old who she was travelling with also received money back.

      A spokesman from the Vietnamese Embassy in London confirmed they had been in contact with Essex police since Thursday.

      They said Vietnamese families had appealed to them for help finding out if their relatives were among the victims but added they had not yet received any official confirmation.

      The victims of the trailer were 31 men and eight women and Essex Police initially said they were all believed to be Chinese.

      They were found at an industrial estate in Grays at 01:40 BST on Wednesday.

      At a press conference on Friday evening Deputy Chief Constable Pippa Mills said the force was working with the National Crime Agency, the Home Office, the Foreign and Commonwealth Office, Border Force and Immigration Enforcement.

      She said she would not be drawn on any further detail about the nationalities of the victims until formal identification processes had taken place.

      “We gave an initial steer on Thursday on nationality, however, this is now a developing picture,” she said.

      Police have confirmed the scene at Waterglade Industrial Estate in Eastern Avenue was closed on Friday.

      Essex Police also urged anyone fearing their loved ones may have been in the lorry to get in touch.

      “I can’t begin to comprehend what some of you must be going through right now. You have my assurance that Essex Police will be working tirelessly to understand the whole picture to this absolute tragedy,” said Det Ch Con Mills.

      She also urged anyone living illegally in the UK who may have information to come forward, without fear of criminal action being taken against them.

      GPS data shows the refrigerated container trailer crossed back and forth between the UK and Europe in the days before it was found.

      It was leased from the company Global Trailer Rentals on 15 October. The company said it was “entirely unaware that the trailer was to be used in the manner in which it appears to have been”.

      Essex Police said the tractor unit (the front part of the lorry) had entered the UK via Holyhead - an Irish Sea port in Wales - on Sunday 20 October, having travelled over from Dublin.

      Police believe the tractor unit collected the trailer in Purfleet on the River Thames and left the port shortly after 01:05 on Thursday. Police were called to the industrial park where the bodies were discovered about half an hour later.

      Temperatures in refrigerated units can be as low as -25C (-13F). The lorry now is at a secure site in Essex.

      A spokesman for the UN International Organization for Migration said the discovery of bodies in Essex did not necessarily indicate a major shift in migration patterns.

      “These are the kind of random crimes that occur every day in the world somewhere,” he said. “They get huge attention when they do but they don’t necessarily indicate a big shift in migration or patterns in any place in particular. It’s just the condition of what happens when this many people are engaging this many criminal groups to reach a destination, which of course we deplore.”

      Detectives are still questioning the lorry driver, Mo Robinson, of County Armagh in Northern Ireland, on suspicion of murder. He was arrested on Wednesday.

      Two other people were also earlier arrested on suspicion of manslaughter.

      The man and woman, both 38, from Warrington, Cheshire, are also being held on suspicion of conspiracy to traffic people.

      Police officers were seen at the couple’s home address in Warrington, with a police van and two squad cars parked outside.

      Sources say the GPS data shows it left Monaghan in the Republic of Ireland on 15 October before crossing over to Northern Ireland and then returning south to Dublin
      From Dublin, it crossed over to Holyhead in Wales overnight on 16 October
      That evening, it travelled to continental Europe from Dover to Calais in France
      Between 17 and 22 October, it moved between various cities in Belgium and France, including Dunkirk, Bruges and Lille
      On 22 October, it made its final crossing from #Zeebrugge to #Purfleet

      https://www.bbc.com/news/uk-england-50185788

    • *Essex lorry deaths: The Vietnamese risking it all to get to the

      UK*

      An hour’s drive inland from the French coast, a dozen Vietnamese men nurse tea over a smoking campfire, as they wait for a phone call from the man they call “the boss”. An Afghan man, they say, who opens trailers in the lorry-park nearby and shuts them inside.

      Duc paid €30,000 ($33,200; £25,000) for a prepaid journey from Vietnam to London - via Russia, Poland, Germany and France. It was organised, he says, by a Vietnamese contact back home.

      “I have some Vietnamese friends in UK, who will help me find jobs when I get there,” he told me. “These friends help me get on lorries or container trucks to go across the border.”

      Security is much less tight in the nearby lorry park than around the ports further north. But few people here have managed to get past the border controls.

      We were told there is a two-tier system in operation here; that those who pay more for their passage to Britain don’t have to chance their luck in the lorries outside, but use this base as a transit camp before being escorted on the final leg of their journey.

      A Vietnamese smuggler, interviewed by a French paper several years ago, reportedly described three levels of package. The top level allowed migrants to ride in the lorry cab and sleep in hotels. The lowest level was nicknamed “air”, or more cynically “CO2” - a reference to the lack of air in some trailers.

      A local volunteer in the camp told us that they’d seen Vietnamese and British men visiting migrants here in a Mercedes. And that once migrants arrived in the UK, some went to work in cannabis farms, after which all communication stopped.

      Duc tells me he needs a job in the UK to pay back the loan for his journey.

      “We can do anything,” he says, “construction work, nail bars, restaurants or other jobs.”

      A report by one of France’s biggest charities described smugglers telling Vietnamese migrants that refrigerated lorries gave them more chance of avoiding detection, and giving each of them an aluminium bag to put over their heads while passing through scanners at the border.

      No one here had heard about the 39 people found dead this week.

      This journey is about freedom, one said.

      https://www.bbc.com/news/world-europe-50190199

    • More Vietnamese families fear relatives are among the 39 UK truck victims

      Two Vietnamese families have said they are scared relatives may be among the dead. Both of the suspected victims come from Ha Tinh, an impoverished province where many of the country’s illegal migrants come from.

      More Vietnamese families came forward Saturday saying their relatives may be among the 39 people found dead in a container truck east of London.

      Police initially believed all victims were Chinese but later announced this may not be accurate and that investigations were still a “developing picture.”

      At least two Vietnamese families have now said they are worried their relatives, who may have been carrying falsified Chinese passports, are among the dead.

      The Vietnamese Embassy in London said Friday it contacted police about a missing woman believed to be one of the dead after a family in Vietnam informed them about their daughter who had been missing since the lorry was found.

      The Embassy said it was working with British authorities over the case, Vietnamese media reported.

      Up to 10 of the victims may have originally come from Vietnam, according to unconfirmed reports. The BBC reported it had been in contact with six Vietnamese families, all who believe their relatives are among the 39 victims found in Grays, Essex on Wednesday.

      Read more: Opinion: It’s time to end human trafficking

      ’Something unexpected happened’

      The father of a 20-year-old Vietnamese man said he is scared his son is among the dead. He told the Associated Press that he had not been able to reach his son Nguyen Dinh Luong since last week.

      “He often called home but I haven’t been able to reach him since the last time we talked last week,” Nguyen Dinh Gia said. “I told him that he could go to anywhere he wants as long as it’s safe. He shouldn’t be worry about money, I’ll take care of it.”

      Gia said his son left home in Ha Tinh province, central Vietnam, to work in Russia in 2017 then on to Ukraine. He arrived in Germany in April 2019 before making his way to France. He had been living in France illegally since 2018.

      The 20-year-old told his family he wanted to go to the United Kingdom (UK), and that he would pay £11,000 (€12,700). Last week, he told his father he wanted to join a group in Paris that was trying to enter England.

      Several days ago, his father received a call from a Vietnamese man saying, “Please have some some sympathy, something unexpected happened,” Gia told AFP.

      “I fell to the ground when I heard that,” Gia said. “It seemed that he was in the truck with the accident, all of them dead.”

      The family said they shared the information with Vietnamese authorities.

      Read more: Opinion: EU’s immigration policy is stuck in a rut

      ’I’m dying because I can’t breathe’

      Hoa Nghiem, a human rights activist from Vietnamese civic network, Human Rights Space, said on Friday one of the victims may have been 26-year-old Pham Thi Tra My.

      Tra My had sent a text message to her mother saying she was struggling to breathe at around the same time as the truck was en route from Belgium to the UK.

      “I’m so sorry mom and dad....My journey abroad doesn’t succeed,” she wrote. “Mom, I love you and dad very much. I’m dying because I can’t breathe .... Mom, I’m so sorry,” she said in a message confirmed by her brother Pham Manh Cuong.

      Cuong had received a message from his sister on Wednesday saying, “Please try to work hard to pay the debt for mummy, my dear.”

      No confirmation

      Chinese Foreign Ministry spokeswoman Hua Chunying told a press briefing Friday in Beijing that Britain has not officially confirmed the identities or nationalities of the victims. She added that China is also working with Belgium police since the shipping container in which the bodies were found was sent from England to the Belgian port of Zeebrugge.

      “The police said that they were urgently carrying out the verification work and the identities of the victims cannot be confirmed at present,” said Tong Xuejun, a Chinese consular official in London.

      Both suspected victims come from the impoverished province of Ha Tinh where many of the country’s illegal migrants come from. Many who try to reach the UK end up working in nail salons or cannabis farms.

      https://www.dw.com/en/more-vietnamese-families-fear-relatives-are-among-the-39-uk-truck-victims/a-50997473

    • Vietnamese woman suspected killed in UK truck disaster

      A father has reported to Vietnamese authorities that his 26-year-old daughter may have been one of the 39 found dead in a container truck in England.

      #Pham_Van_Thin, of Can Loc District in the central Ha Tinh Province, sent a letter Friday to the People’s Committee of Nghen Town, saying his daughter was likely one of the 39 people found dead in a container truck in the Waterglade Industrial Park, Grays Town.

      “My daughter, Pham Thi Tra My, left Vietnam on October 3, 2019, then travelled to China, France and England,” Thin wrote in the letter, which had My’s photo attached. She was described as 1.5 meters tall and weighing around 46 kilograms.

      Thin asked the Nghen People’s Committee to verify that he is My’s father, in order to initiate legal procedures to identify and bring his daughter’s body back to Vietnam.

      At his home in Nghen Town, Thin’s family members confirmed that he had indeed submitted an application to the authorities to verify that My was missing, but refused to provide further information on her overseas travel.

      The Nghen Town People’s Committee has passed on Thin’s letter to the Can Loc District’s Department of Labor, Invalids and Social Affairs, which, in turn, will report to authorities with jurisdiction over the matter, said Bui Viet Hung, Vice Chairman of the committee.

      “Thin’s family has three children, of which My is the youngest. My had worked overseas in Japan for three years, and only last month completed procedures to go to China,” Hung said.

      A senior official of the Ha Tinh Provincial Department of Foreign Affairs, who did not wish to be named, said Friday afternoon that he had received a phone call from the Ministry of Foreign Affairs’ Consular Department asking to verify the case of a Vietnamese worker from Ha Tinh Province suspected missing in the UK.

      The Ha Tinh Provincial Department of Foreign Affairs has contacted authorities of Can Loc District, where a person has allegedly been reported missing, to verify the information.

      According to an authorized source, My had used an emigration ring led by a resident of Nghe An Province to go to China. After getting there, she obtained forged Chinese citizenship documents and left for Europe.

      One of My’s relatives has reportedly contacted the Vietnamese Association in the U.K., a non-profit organization, to request their assistance in bringing her body home.

      In the early hours of Wednesday morning, U.K. emergency services discovered the bodies of 38 adults and one teenager, suspected immigrants, after being alerted that there were people in a refrigerated container truck at the Waterglade Industrial Park in Grays, Essex County, east of London.

      Staff of the Chinese Embassy in London have arrived at the scene to help police verify whether the victims were Chinese citizens.

      Three people, including truck driver, were arrested on suspicion of conspiracy to traffic people and manslaughter, the British police said on Friday, the first indication from officials that the deaths were linked to human smuggling.

      In 2000, 58 Chinese migrants were found dead in a refrigerated truck in Dover, Britain’s busiest port. The authorities said they had asphyxiated in the container, in which cooling and ventilation were switched off.

      https://e.vnexpress.net/news/news/vietnamese-woman-suspected-killed-in-uk-truck-disaster-4002594.html


    • https://www.facebook.com/ndt105/posts/10218065950232006

      Traduction et commentaire d’une étudiante de mon master, vietnamienne :

      He said: "It is possible that all 39 “Chinese-like-people” who were suffocated in the car in the UK were Vietnamese. Even the majority of them are probably Nghe An-Ha Tinh by participating in a smuggling transfer service. If they send a message to their family, the family will pay about 1 billion VND (35.000£) for the Vietnamese smugglers. If they NEVER text again, it looks like family members get a refund for the deposit. A terrible contract."
      The photos are captured in a Facebook group for recruiting and supporting Vietnamese in a foreign country (maybe England, I’m not sure). People are posting information of their relatives who left at the same time with the lorry and didn’t contact anymore. All of them were born in 1999, 2000 and from Ha Tinh, Nghe Anh (2 poor cities in the center of Vietnam). The last photo is a message of a woman saying that she has people in contact with the invesgators and there are already 20 people identified as Vietnamese.

    • Majority of 39 UK truck victims likely from Vietnam - priest

      YEN THANH, Vietnam (Reuters) - The majority of the 39 people found dead in the back of a truck near London were likely from Vietnam, a community leader from the rural, rice-growing community where many of the victims are believed to have come from told Reuters on Saturday.

      The discovery of the bodies - 38 adults and one teenager - was made on Wednesday after emergency services were alerted to people in a truck container on an industrial site in Grays, about 32km (20 miles) east of central London.

      Police have said they believe the dead were Chinese but Beijing said the nationalities had not yet been confirmed. Chinese and Vietnamese officials are now both working closely with British police, their respective embassies have said.

      Father Anthony Dang Huu Nam, a catholic priest in the remote town of Yen Thanh in northern-central Vietnam’s Nghe An province, 300km (180 miles) south of Hanoi, said he was liaising with family members of the victims.

      “The whole district is covered in sorrow,” Nam said, as prayers for the dead rang out over loudspeakers throughout the misty, rain-soaked town on Saturday.

      “I’m still collecting contact details for all the victim’s families, and will hold a ceremony to pray for them tonight.”

      “This is a catastrophe for our community.”

      Nam said families told him they knew relatives were travelling to the UK at the time and had been unable to contact their loved ones.

      Vietnam’s foreign ministry said in a statement on Saturday that it had instructed its London embassy to assist British police with the identification of victims.

      The ministry did not respond to a request for further comment regarding the nationalities of the dead.

      Essex Police declined to elaborate as to how they first identified the dead as Chinese.
      ‘BEAUTIFUL DAY’

      In Yen Thanh, Nghe An province, dozens of worried relatives of 19-year-old Bui Thi Nhung gathered in the family’s small courtyard home where her worried mother has been unable to rise from her bed.

      “She said she was in France and on the way to the UK, where she has friends and relatives,” said Nhung’s cousin, Hoang Thi Linh.

      “We are waiting and hoping it’s not her among the victims, but it’s very likely. We pray for her everyday. There were two people from my village travelling in that group”.

      In comments under a photo uploaded to Nhung’s Facebook account on Monday, two days before the doomed truck was discovered, one friend asked how her journey was going.

      “Not good,” Nhung replied. “Almost spring,” she said, using a term in Vietnamese meaning she had almost reached her destination.

      Other photos on her account show her sightseeing in Brussels on Oct. 18.

      “Such a beautiful day,” Nhung posted.

      Nghe An is one of Vietnam’s poorest provinces, and home to many victims of human trafficking who end up in Europe, according to a March report by the Pacific Links Foundation, a U.S.-based anti-trafficking organisation.

      Other victims are believed to come from the neighbouring province of Ha Tinh, Nam said, where in the first eight months of this year, 41,790 people left looking for work elsewhere, including overseas, according to state media.

      The province was ravaged by one of Vietnam’s worst environmental disasters in 2016 when a steel mill owned by Taiwan’s Formosa Plastics contaminated coastal waters, devastating local fishing and tourism industries and sparking widespread protests.

      Another suspected victim from Ha Tinh, 26-year-old Pham Thi Tra My, had sent a text message to her mother saying she could not breathe at about the time the truck container was en route from Belgium to Britain.

      “That girl who said in her message that she couldn’t breathe in the truck? Her parents can’t breathe here at home,” Nam said.

      https://uk.reuters.com/article/uk-britain-bodies/majority-of-39-uk-truck-victims-likely-from-vietnam-priest-idUKKBN1X503M

    • « Désolée maman, je suis en train de mourir, je ne peux plus respirer » : les SMS déchirants d’une jeune victime à l’agonie dans le camion de l’Essex

      La jeune vietnamienne Pham Thi Tra My, 26 ans, avait parcouru la Chine puis la France dans ses tentatives pour atteindre la Grande Bretagne. Son périple se terminera dans le camion de Mo Robinson, comme celui de 38 autres ressortissants asiatiques.


      https://www.sudinfo.be/id148457/article/2019-10-25/desolee-maman-je-suis-en-train-de-mourir-je-ne-peux-plus-respirer-les-sms

    • UK police: man arrested in Ireland is of interest in truck death investigation

      British police said a man arrested in Dublin on Saturday is a person of interest in their investigation into the deaths of 39 people who were found in a truck container.

      “A man arrested by the Garda at Dublin Port on Saturday 26 October is a person of interest in our murder investigation regarding the 39 people found dead in a lorry in Purfleet on Wednesday 23 October,” Essex Police said.

      https://www.reuters.com/article/us-britain-bodies-ireland-idUSKBN1X70FX

    • The 39 people who died in the lorry were victims. Why does the law treat them as criminals?

      As long as the justice system is focused on immigration status, not on ending modern-day slavery, desperate people will suffer.

      What leads someone down the route where they find themselves locked into the back of a lorry, a beating heart in a metal box? What choices – or lack of them – have led someone to be reduced to a piece of human cargo? Can anyone who read the story of the 39 bodies found in the back of a lorry last week not feel the visceral terror of that cold, dark death and wonder at how we live in a world where a business model exists that thrives off this level of human desperation?

      At the moment it is unclear whether this tragedy is the work of smuggling gangs – who are in a transactional arrangement with the people they are moving from place to place – or human traffickers, who are exploiting and profiting from their human cargo. In the end, does it even matter? Both are looking to profit from the very human desire to not only survive but to thrive. Across the world, trafficking and smuggling gangs are flogging promises and dreams and then using fear – of pain, of the authorities, of their debts, of their failure – to make vast amounts of money in the knowledge that they’re unlikely to get caught, and in the certainty that their victims are expendable.

      One Vietnamese teenager I interviewed last year had, like last week’s victims, crossed the Channel in the back of a lorry. He described the experience to me: the pain of the jolting metal that tore into his skin; the stench of other silent bodies he was pressed up against; the poisonous diesel fumes; and the hunger and thirst that gnawed at his insides.

      His journey towards that point had begun with a childhood of crippling and monotonous poverty and the belief that the only way to escape and honour his filial responsibility to provide for his parents was to follow the promise of work in the UK. He embarked on an overland journey across Europe where he was smuggled from safe house to safe house, fell under the control of criminal gangs and was raped, beaten and brutalised. By the time he reached France, he was told he had to pay back £20,000 – an amount he couldn’t even comprehend. His parents would be the ones who would suffer if he didn’t pay them back.

      By his point his life was not in his hands. A chain of events had been set in motion that he had no control over. There was no way back: his only future was one where his sole reason for survival was to pay off his debts. He ended up being trafficked into a cannabis farm in Derbyshire.

      In the eyes of the law there is a distinction between illegal work and modern slavery – with the former you are a criminal, and the latter a victim – but in reality the line is not so clearly defined. Many who are here to work move between the two. Across the UK, thousands end up being exploited and unpaid in our restaurants, car washes, agricultural fields, care homes, hotels and nail bars – visible but unseen.

      Official statistics say up to 15,000 people are trapped in a form of modern slavery in the UK – although those working on the frontline believe this figure to be a huge underestimate. Our government says that with the 2015 Modern Slavery Act it is a global leader in cracking down on this practice, yet prosecutions remain low. In 2017-18 there were only 185 convictions for slavery and trafficking crimes – a fraction of the cases reported to the authorities.

      Crucially, prosecutions require victims to come forward and testify. Yet their immigration status is often considered more of a priority than their exploitation. Traffickers tell their victims if they go to the police they will be arrested and detained, and more often than not they’re right. Recent research found over 500 victims of trafficking were arrested and sent to immigration detention centres last year. Even though police guidance tells officers how to identify cases of modern slavery, Vietnamese children found in nail bars or cannabis farms are still routinely arrested, charged and detained.

      Even those who are recognised as victims of trafficking by the authorities are in for a rough ride. The government’s national referral mechanism, the framework for identifying and protecting victims of slavery, is sometimes considered by victims to be as traumatising as their trafficking. They can find themselves trapped in a legal limbo in a complex and under-resourced system for years at a time. And in the end victims are probably going to be removed back to the country where they were trafficked: according to the government’s own figures only 12% of victims of slavery are granted discretionary leave to remain.

      All of this matters because it creates an environment in which the business of exploiting the desperation of human beings can thrive. Where the gangs know that British people will pay £8 in cash for a pedicure, or to get our car hand washed, without thinking too much about why. It’s a business model where people can be exploited for profit over and over again with the near certainty that in the end it will be the victim who the system comes down upon, for making the journey in the first place.

      In 2004 the death of 23 Chinese cockle pickers in Morecambe Bay was a moment of reckoning – a human tragedy that, for many people, raised the spectre of modern slavery in the UK for the first time. Today, 15 years later, maybe these 39 deaths might do the same and remind us that our only chance of beating the business in flogging human lives is to try to understand how people come to be locked inside the backs of lorries in the first place.

      https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/oct/29/39-people-lorry-victims-law-criminals-immigration-slavery?CMP=share_btn

    • En route vers le Royaume-Uni, enquête de terrain auprès des migrants vietnamiens

      #France_terre_d'asile a réalisé une enquête de terrain auprès des migrants vietnamiens en transit dans le département du Pas-de-Calais, dans le cadre du projet d’aide aux victimes de traite des êtres humains mené par l’association.

      L’étude analyse les parcours migratoires de ces migrants, les raisons de leur départ, leurs profils, leurs relations avec les réseaux de passeurs, les moyens d’emprise et de coercition exercés sur eux et leurs besoins afin d’améliorer leur accompagnement en France et en Europe.

      https://www.france-terre-asile.org/toutes-nos-publications/details/1/209-en-route-vers-le-royaume-uni,-enqu%C3%AAte-de-terrain-aupr%C
      #rapport

    • Precarious journeys: Mapping vulnerabilities of victims of trafficking from Vietnam to Europe

      New research by ECPAT UK, Anti-Slavery International and Pacific Links Foundation traces the journeys made by Vietnamese children and adults migrating irregularly from Vietnam to the UK via Europe. The report, Precarious Journeys: Mapping Vulnerabilities of Victims of Trafficking from Vietnam to Europe, finds that the governments of countries on key trafficking routes routinely fail to protect Vietnamese children from trafficking, leaving them vulnerable to continued exploitation and abuse.


      https://www.ecpat.org.uk/precarious-journeys

    • Vietnamese migrants are not ‘lured’ by traffickers. They just want a better future

      The risks are known and won’t deter people. There will be more deaths in lorries unless Britain changes its immigration policy.

      https://i.guim.co.uk/img/media/05ed4f7268ba39f63a3d283434f6a7c153c96150/0_0_3600_2160/master/3600.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=479e7dd01a75bb999e8d74

      Thirty-nine bodies found in the back of a refrigerated lorry in an Essex industrial park. Apart from shock and rage, this tragic news feels like deja vu. Almost two decades ago, in 2000, 58 Chinese people were found suffocated to death in Dover, in similar horrific circumstances. Those men and women banged on doors and screamed for their lives, the only two survivors revealed. The tragic deaths left families behind and communities back in Fujian province devastated.

      Today, many of the 39 people, eight women and 31 men, are believed to have come from Vietnam, as families there desperately look for their missing loved ones.
      The 39 people who died in the lorry were victims. Why does the law treat them as criminals?
      Annie Kelly
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      I also felt deja vu listening to the response from British politicians and media. “Stop evil human traffickers”; “Stop international criminal networks”. I heard such phrases two decades ago from the home secretary, Jack Straw, and today his successor, Priti Patel, repeats the sentiment. While formal identification of the victims continues, Vietnamese people have mostly been portrayed as “unaware” trafficking victims sent to fill the nail bars and cannabis factories – as having no agency of their own and no control over their migratory decisions.

      In reality, the Vietnamese young men and women who choose to travel on these dangerous routes only do so when they cannot come to Britain in formal ways. Having no alternatives, they contact “snakeheads” (smugglers), who are often perceived as “migration brokers” rather than criminals, who organise their transportation to Britain.

      It appears that many of the 39 people may have come from the Nghe An and Ha Tinh provinces of Vietnam, which have been hit by economic reforms. Three decades ago, in 1986, the Vietnamese government launched the Doi Moi economic reforms, which aimed to facilitate a transition from a centralised planning to a “socialist-oriented” market economy. From the 1990s onwards, the government boasted of Vietnam’s rise in GDP – what was not said was that the growth was built upon the low-cost labour of millions of Vietnamese, toiling in processing factories and assembling products for overseas companies. The inflow of foreign investment has been a big part of Vietnam’s economic liberalisation. In recent years, it has brought cash to the high-tech processing, manufacturing, agriculture, education and healthcare sectors. Since the start of this year, Vietnam has attracted foreign direct investment of more than $1.1bn (£850m), China alone bringing in $222m.

      https://i.guim.co.uk/img/media/0437ed70716e77799c71a362955e1e1ce116355b/0_175_5568_3341/master/5568.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=97d294bd0eb6ec60a2715d

      Many of these changes have not been popular: large waves of anti-China protests happened in May 2014, in Ha Tinh and other places. And in 2018 there was popular opposition to legislation enabling special economic zones to grant land leases to foreign businesses for up to 99 years.

      In 2016 Ha Tinh was also the site of the country’s worst environmental disaster, caused by a chemical spill from a steel factory, owned by a Taiwanese company, Formosa Plastics, that poisoned up to 125 miles of the northern coastline and ruined the fishing industry. Formosa Plastics was fined $500m by the Vietnamese government, but much of the compensation did not reach the affected fishermen.

      The low labour cost in these provinces is the main attraction for Chinese and other foreign investors. For instance, a factory worker here earns around two-thirds of what a similar worker earns in China, and half the local population are under the age of 30.

      Rather than wealth, foreign investment has brought mainly dead-end, low-paid jobs with few long-term prospects for young locals. The average wage in Vietnam is around $150 a month; in these provinces many don’t even earn that. Besides, unemployment is severe. Last year, GDP per capita in both Nhge An ($1,600) and Ha Tinh ($2,200) fell below the national average of $2,500. This is the context compelling tens of thousands of Vietnamese from these impoverished provinces to choose to migrate, to seek livelihoods for themselves and their families.

      Families often depend on sons and daughters to find their way into advanced capitalist countries in the west, to work and be the breadwinners. Remittances from abroad also help sustain communities – Nghe An, for instance, brought in $225m a year, according to official estimates.

      The 39 people were not “unthinking migrants” lured by traffickers, as the media has suggested. They were fighting for a future for their families, and lost their precious lives as Britain firmly kept its doors locked shut.

      If the tragic deaths of these men and women truly sadden you, the best thing to do is oppose Britain’s anti-migrant policies. We need to dismantle the false categories of “economic migrants” and “genuine refugees”. Let our fellow human beings have the opportunity to live and work in the open – that is the only way forward.

      https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/oct/30/vietnamese-migrants-traffickers-deaths-lorries-britain-immigration-poli

    • Essex lorry deaths should be wake-up call for ministers, MPs say

      Policies focused on closing borders counterproductive, says foreign affairs committee

      The deaths of 39 people found in the back of a lorry in Essex should be wake-up call for the government to rethink its approach to migration, MPs have said.

      Policies focused on closing borders will drive migrants to take more dangerous routes and push them into the hands of smugglers, the foreign affairs select committee says in a new report.

      The human cost of irregular migration made international partnerships essential, including with the EU, the committee said.

      The report comes just over a week after 39 people, now understood to be Vietnamese nationals, were found dead in the back of a lorry that had arrived in the UK via the port of Zeebrugge.

      The driver, Maurice Robinson, has been charged with manslaughter and trafficking offences, and a police investigation into a suspected wider trafficking network continues.

      Tom Tugendhat, the chair of the influential committee, said that until the UK left the EU it should continue to attend EU meetings on migration.

      “The case of 39 people found dead in a lorry in Essex shocked us all. The full story won’t be clear for some time but this tragedy is not alone,” he said.

      “Today, hundreds of families across the world are losing loved ones who felt driven to take the fatal gamble to entrust their lives to smugglers. This case should serve as a wake-up call to the Foreign Office and to government.

      “The UK has been relatively isolated from the different migrant crises in recent years, but it’s wrong to assume that we are protected from their impact. The UK has a proud history of helping those fleeing conflict and persecution and cooperating with others to protect human rights. We should lead by example.”

      The report also raised concern that deals with countries such as Libya, Niger and Sudan to limit migration risked fuelling human rights abuses.

      It said such deals could be used as leverage by partner governments, as the Turkish president, Recep Tayyip Erdoğan, had done recently when he threatened to “reopen the gates”.

      The committee also said the fact that the Home Office was responsible for the UK’s response to irregular migration could lead to the “error of focusing on preventing migration to the exclusion of other goals such as preventing conflict and promoting stability and respect for fundamental human rights”.

      It called for more effort to negotiate future close cooperation on migration policy with the EU and an immediate return of UK officials to EU-level meetings where irregular migration is discussed.

      Other recommendations included the expansion of legal pathways to apply for asylum outside Europe and robust monitoring and safeguards to ensure UK funding for migration programmes in Libya did not contribute to human rights abuses.

      Tugendhat said the committee’s inquiry had been cut short by the “uncertain nature of parliamentary business”, but that it hoped to return to the issues in the future.

      Irregular migration is defined by the International Organization for Migration as the “movement of persons that takes place outside the laws, regulations, or international agreements governing the entry into or exit from the state of origin, transit or destination”.

      https://www.theguardian.com/uk-news/2019/nov/04/essex-lorry-deaths-should-be-wake-up-call-for-ministers-mps-say?CMP=Sha

    • France: Dozens of migrants found in back of truck near Italian border

      The truck had been carrying 31 people, reportedly from Pakistan, when it was inspected by authorities in southern France. The latest discovery comes after dozens of migrants were found dead in a truck near London.

      Officers carrying out a routine traffic check in southern France uncovered dozens of migrants in the back of a truck on Saturday, the public prosecutor’s office in Nice said.

      Some 31 people, including three unaccompanied minors, were found in the truck during a vehicle spot-check at a toll booth near La Turbie, near the border with Italy.

      Prosecutors said that all 31 people on board were Pakistani nationals. The driver of the truck, who is also from Pakistan, was arrested by French authorities.

      The migrants were handed over to Italian authorities, the Nice-Matin newspaper reported.

      Prosecutors will now try to determine whether a human smuggling ring is behind the operation. Should that prove not to be the case, the driver of the truck will be charged with aiding and abetting illegal immigration, news agency AFP reported.

      Concerns after UK migrant truck deaths

      The discovery comes just days after French authorities in the northern port city of Calais pulled over a refrigerated truck carrying eight migrants. All those inside the truck, including four children, were taken to the hospital after exhibiting signs of hypothermia.

      Border control agencies have been on high alert following the deaths of 39 migrants in the UK on October 23.

      The migrants, who were determined to be Vietnamese nationals, had also been transported in a refrigerated truck when the vehicle was found east of London.

      The alleged driver of the truck, a 25-year-old from Northern Ireland, has already been charged over the deaths. He faces 39 counts of manslaughter as well as human trafficking and immigration offenses.

      https://www.dw.com/en/france-dozens-of-migrants-found-in-back-of-truck-near-italian-border/a-51094985
      #ceux_qui_restent #vidéo #celles_qui_restent #celleux_qui_restent

    • #Spare_me_the_tears - Britain would have treated the Vietnamese nationals as criminals if they had not died in the lorry

      Had the police found the desperate migrants in the back of the truck they would have been arrested and deported

      I waited a while before writing this column. The deferral was out of respect for the dead, grieving relatives and the shocked Essex officers who discovered the bodies.

      But now it is time for uncomfortable, troublesome, questions: What if those thirty nine Vietnamese migrants found in the back of truck had been discovered still alive?

      Would the tabloids have published those tender pictures of young victims, smiling, buoyant, sons and daughters, grandsons and granddaughters, nieces and nephews, fathers and mothers?

      Would Boris Johnson and Home Secretary Priti Patel have been as compassionate as they have been?

      Would nationalist Brits have held back from their usual bellyaches about ‘uncontrolled migration’? Let’s not belabour the obvious. We know the answers.

      It is believed that all of those who were found were Vietnamese. On Saturday, around one hundred people attended the service at the Church of the Holy Name and Our Lady of the Sacred Heart in east London.

      The Reverend Simon Nguyen remembered the 39 who were ‘seeking freedom, dignity and happiness’. Such a low attendance is indicative. The victims are only numbers in the current news cycle.

      In 2000 when 58 bodies of Chinese migrants were found in the back of a lorry in Dover, some of us journalists and concerned actors such as Corin Redgrave and Frances de la Tour organised a vigil near Downing St. We wanted to remind people that behind the numbers were names, individual, special lives.

      Nothing has been learnt since then. One Vietnamese contact tells me her people are now petrified: ‘Police will come to ask us questions maybe. We know nothing. We are the children of the boat people. Mrs Thatcher asked them to come during the war. Now we are afraid again’.

      Thatcher did indeed invite these migrants to settle in Britain and made sure that the tabloids ran their arrival as a good news story. It was a strategic move, her way of winning the PR battle against Vietnamese communists.

      The refugees were welcomed and helped to settle. That was the only time I praised the iron lady. No Tory PM would dare to be that bold today.

      In the UK, Australia, the US, many eastern European and EU nations too, most citizens and politicians feel for refugees, asylum seekers and migrants only when they perish at sea or in airless, light-less vehicles.

      Alive they are a pestilence, dead they become pitiful innocents preyed on by traffickers. There are of course kind and generous people too, who do what they can, for the global wanderers desperately seeking a better life. But millions of others can only raise sympathy for bodies and really get exercised about the crimes, not the victims.

      Journalists, politicians and commentators are now well into the whodunnit, madly exhilarating murder mystery, identifying the traffickers, the arrests and extraditions. They are sniffing around for other ploys that could be being used by criminal people smugglers.

      A Times investigation this week revealed that at least 15 pupils from Vietnam had vanished after enrolling at private schools. Apparently, this is something that the Human Trafficking Foundation is worried about too.

      It fell upon Catherine Baker, the senior campaigns officer at Every Child Protected Against Trafficking to challenge the narrative: ‘ Victims are often criminalised instead of being protected and a hostile environment for people in the UK without immigration status makes those still trapped in exploitative situations nervous to seek help’.

      Mercy is in short supply at the Home Office and Ms Patel, utterly benighted and scarily ideological, wants officials to get even tougher because she thinks suffering helps to deter others.

      Charities are raising concerns about some devious new tactics being used by the Home office to catch and repatriate undocumented men and women.

      Rapar, a Manchester based human rights charity has just discovered that minority community groups are being co-opted and paid thousands of pounds to help find and expel illegal migrants.

      Fizza Qureshi, co-chief executive of the Migrants Rights Networks rightly warns that ‘these kinds of practices destroy trust within and between communities. It will leave many marginalised people wondering who they can turn to and trust in their time of need’.

      Had the police found the distressed 39 in the back of the truck before they expired, they would all have been treated as criminals, interrogated, detained in abominable centres and sent back.

      Few legal options are available to them. People will keep on trying and these inconvenient truths will continue to be avoided by Britain and other receiving nations.

      And so the tragedies will go on.

      https://inews.co.uk/opinion/uk-would-have-treated-vietnamese-migrants-as-criminals-if-they-had-lived-82

    • Grieve the Essex 39, but recognise the root causes

      In the wake of the deaths of 39 migrants in a lorry container, daikon*’s Kay Stephens writes on the global structures of capitalism and imperialism and the deadly border regimes that led to their deaths.

      On 24 October, daikon*, a group of anti-racist creatives of east and south east Asian descent, organised a vigil outside the Home Office with SOAS Detainee Support and members of the Chinese community to grieve for the 39 people found dead in a truck container in Essex – 39 people who died horrific deaths in miserable conditions in a desperate attempt to reach the UK.

      These deaths are no accident, but the direct result of global structures of capitalism and imperialism that marginalise, if not violently exclude, working-class undocumented migrants and people of colour. The mainstream’s response – calling for harsher borders, criminal justice for ‘greedy and unscrupulous’ traffickers and safe passage for ‘genuine’ refugees –fails to interrogate the global conditions that lead people to risk dangerous travel, and the deadly effects of border controls on all migrants.

      The global context

      Although initially identified as Chinese nationals, news is emerging that the majority of victims were from the neighbouring Vietnamese provinces of Nghệ An and Hà Tĩnh, both amongst the poorest regions in the country. In 2016, Hà Tĩnh suffered a water pollution disaster affecting over 200km of coastline, resulting in at least 70 tonnes of dead fish washing up on local shores. It was found that the Hà Tĩnh steel plant – a joint venture between the Taiwanese company Formosa, China Steel Corporation and Japan’s JFE Steel – had been discharging toxic waste into the ocean, devastating local marine life and directly affecting some 40,000 workers who relied on fishing and tourism for their livelihood. The affected communities have faced crackdowns on protest and are still seeking justice. Today, the region is a key site of people-smuggling to the UK.

      We can see neo-colonial dynamics playing out here. Big corporations from richer countries come in to exploit resources and low labour costs to produce wealth for themselves. When they cut corners to maximise profit, local working-class communities bear the brunt of the fallout, often in the form of irreparable environmental damage. These same countries then benefit from a hyper-exploitable migrant workforce: Taiwan and Japan, for instance, are on the receiving end of Vietnamese labour export programmes. These are effectively systems of debt servitude, whereby migrants work long hours for low pay in often poor conditions in order to send remittances to support their families back home, on top of repaying debts incurred to obtain work abroad. In Taiwan, low wages and rampant abuse drive many workers to break away from their contracts and seek criminalised forms of work. In Japan, Vietnamese workers commonly report experiences of racism and social exclusion, with many even dying of overwork.


      This year, we also saw the inclusion of an investor-state dispute settlement (ISDS) style mechanism in EU-Vietnam trade deals. This effectively gives foreign investors the power to sue host governments when their court rulings, laws and regulations – many of which serve the public interest – undermine their investments. Globally, ISDS has been used by corporations to sue governments when hard-won social and environmental protections negatively impact their production and profits. Currently, two British oil firms are using ISDS to sue the Vietnamese government to avoid paying taxes in the country. With the EU-Vietnam trade deal, we can expect European corporations to continue to exploit this mechanism at the expense of the local environment and people, who may increasingly seek to build their lives elsewhere.

      The UK response

      It is in this context that smuggling networks develop and operate. Those seeking the prospect of a better life abroad may hire the services of smugglers who facilitate illegalised movement across borders. Many will incur debts to finance their journeys, and expect to undertake difficult work upon arrival at their destination. One response of the UK Home Office is to support IOM (International Organization for Migration) Vietnam, both in delivering propaganda campaigns that attempt to deter people from illegalised migration, and in criminal investigations aimed at prosecuting smugglers and traffickers – policies that do nothing to address the conditions that lead people to migrate. Politicians and commentators are also insisting that to avoid tragedies like the Essex 39, we need increased border security and continued collaboration with EU law enforcement and anti-trafficking units. Yet we have witnessed the prosecution of aid workers helping migrants to safety under EU trafficking laws, and there are countless reports of police brutality against migrants in EU border enforcement operations. In reality, tougher borders only lead migrants and smugglers to risk increasingly deadly and secretive migration routes in order to evade detection by improved security technology. Securitised responses also shift the smuggling industry away from community-based networks towards increasingly violent and highly organised criminal networks that are able to maximally exploit migrants’ vulnerability to increase their profit margins. In short, borders kill. If we want to prevent migrant deaths, we need to work towards the abolition of borders, starting with practical solidarity resisting borders in public life and our communities – refusing complicity in the hostile environment, visiting people in detention, and resisting immigration raids.

      The impact of criminalisation

      We should also be concerned about how an increased emphasis on anti-trafficking legislation may further endanger precarious migrant workers in the UK. In 2016, we saw ‘anti-trafficking’ police raids on massage parlours in Soho and Chinatown lead to the violent arrest of many migrant sex workers on immigration grounds. Whilst ostensibly aimed at addressing exploitation, these kinds of ‘rescue’ raids on brothels, nail bars and cannabis farms are basically indistinguishable from immigration raids, leading as they often do to the detention of migrant workers, who then either face deportation or a protracted legal battle to remain. Often underlying such operations are gendered and racialised assumptions of Asian migrant women as passive and helpless victims in need of rescue, and Asian men as unscrupulous and predatory traffickers, who control and exploit those helpless victims. The reality is that in the context of border regimes that push them into debt and underground economies, many migrants make a constrained choice to work under conditions that are to varying degrees exploitative or abusive in order to pay off debts to smugglers, send money to dependants, and indeed, to survive. The fact that the British state does not guarantee indefinite leave to remain, nor adequate social support to those it identifies as survivors of trafficking shows its fundamental failure to grasp the central role that borders and capitalism, rather than individual traffickers, play in producing conditions for exploitation and abuse.

      Whatever their circumstances, we need to ensure migrants are able to assert labour rights and access safe housing, work, healthcare and other public, legal and social services – all without fear of immigration sanctions or criminal convictions. At a minimum, this means ending the ‘hostile environment’ which embeds immigration checks throughout public life, and decriminalising industries such as sex work whose criminalisation only pushes undocumented workers deeper into secrecy and silence.

      As heart-breaking stories of victims continue to emerge, we must recognise that such deaths are an inevitability of the neo-colonial, securitised regimes being built globally, designed to marginalise working-class migrants and people of colour, who are rendered exploitable or disposable. Systemic analyses that centre anti-capitalism, no borders, building migrant workers’ rights globally, and the decriminalisation of sex work are not distractions but central to bringing an end to senseless deaths such as those of the Essex 39.

      http://www.irr.org.uk/news/grieve-the-essex-39-but-recognise-the-root-causes

    • Lorry driver pleads guilty over role in Essex deaths

      #Maurice_Robinson, 25, admits plotting to assist illegal immigration
      A lorry driver charged with the manslaughter of 39 Vietnamese migrants found dead in a refrigerated trailer has pleaded guilty to plotting to assist illegal immigration.

      Maurice Robinson, 25, who is known as Mo, was allegedly part of a global smuggling ring. He was arrested shortly after the bodies of eight females and 31 males were found in a trailer attached to his Scania cab in an industrial park in Grays, Essex, on 23 October.

      The victims were identified later as Vietnamese nationals, with the youngest being two boys aged 15.

      Robinson appeared at the Old Bailey in London via video link from Belmarsh prison for a plea hearing. He spoke to confirm his identity and British nationality.

      Robinson admitted conspiracy to assist unlawful immigration between 1 May 2018 and 24 October 2019. The charge states that he plotted with others to do “an act or series of acts which facilitated the commission of a breach of immigration law by various persons”.

      During the hearing before Mr Justice Edis, Robinson also admitted acquiring criminal property – namely cash – on the same dates. He was not asked to enter pleas to other charges, including 39 counts of manslaughter.

      Police formally identified all 39 victims this month and informed their families. It has emerged, however, that relatives of the migrants found dead were told that neither the British nor Vietnamese governments would bear the costs of repatriating the bodies.

      Police in Vietnam have arrested eight people suspected of being part of a ring responsible for smuggling Vietnamese people to Britain.

      Essex police have launched extradition proceedings to bring Eamonn Harrison, 22, from Ireland to the UK. He appeared at Dublin’s central criminal court last Thursday after he was arrested on a European arrest warrant in respect of 39 counts of manslaughter, one count of a human trafficking offence and one count of assisting unlawful immigration.

      Harrison is accused of driving the lorry with the refrigerated container to Zeebrugge in Belgium before it was collected in Essex by Robinson.

      Robinson was remanded into custody until a further hearing on 13 December.

      https://www.theguardian.com/uk-news/2019/nov/25/lorry-driver-pleads-guilty-in-essex-deaths-case?CMP=Share_AndroidApp_Tw

    • Don’t call the Essex 39 a ‘tragedy’

      Jun Pang on why the deaths of 39 undocumented migrants were entirely avoidable, and why borders are to blame.

      On 23 October, 39 people were found dead in the back refrigerated lorry in Essex, South East England, with media outlets reporting that the victims may have frozen to death in temperatures as low as -25°C.

      The truck had crossed The Channel from Belgium, a route that has been used increasingly by migrants after the French government tightened restrictions on departures from Calais.

      These 39 deaths were not a ‘tragedy’. They were not unavoidable. They were the direct result of British government policies that have made it impossible to enter the country using safe and legal means.

      The conditions that produced these 39 deaths emerge from the same set of policies that deny asylum, justify indefinite immigration detention, charter deportation flights, and restrict migrants’ access to fundamental rights – that is, the so-called ‘Hostile Environment’.

      The aim is to make the UK so inhospitable for migrants that they will not make the effort to try to enter. They are also the conditions that allow the Global North to continue to thrive off the exploitation of undocumented migrant workers.

      ‘The brutality of capitalism’

      When I first heard of the deaths, I was reminded of the 2004 Morecambe Bay disaster, when 23 undocumented Chinese workers drowned while picking cockles off the Lancashire coast. These workers did not die of ‘natural causes’, they died because their gangmaster did not give them any information about how to work safely in the notoriously dangerous bay. He was willing to sacrifice these undocumented workers’ lives for the sake of a higher yield.

      Chinese workers were described by one gangmaster as ‘a half-price... more punctual and productive workforce’. Did their employers imagine that Chinese people’s racialized ‘productivity’ somehow meant that they were also immune to the elements? One Morecambe Bay cockler later told journalist Hsiao-Hung Pai (who later wrote a book about Chinese migrant workers’ lives in the UK) that ‘he blamed the brutality of capitalism for the tragedy’.

      At the end of 2018, China was one of the countries with the highest numbers of citizens in UK detention centres. Earlier this year, I visited a Chinese man in detention, who had come to the UK with the help of so-called ‘snakehead’ smugglers, who are often blamed for the deaths of undocumented migrants like the Essex 39. The man had fled to the UK for fear that he would be killed; he did not know how else he could enter.

      The Home Office rejected his refugee application, detained him for more than a year (despite bundles of evidence from experts on his situation) and ended up deporting him – but not before first mistakenly deporting another man with the same surname.

      One of the most heartbreaking things he had said to me was that he would rather work for £1 an hour in the detention centre for the rest of his life, than go home and face persecution.
      Hierarchy of ‘desert’

      It is not useful to speculate on the reasons why these 39 Vietnamese nationals decided to try to enter the UK. More important is to recognize that the UK border has long been a site of racialized, classed, and gendered violence for all migrants, regardless of the reasons for entering. In 1998, the New Labour government published ‘Fairer, Faster, and Firmer – A Modern Approach to Immigration and Asylum’, a White Paper which warned that ‘economic migrants will exploit whatever route offers the best chance of entering or remaining within the UK’. Two years later, in 2000, 58 Chinese nationals were found dead, having suffocated in the back of a lorry at Dover docks.

      States often attempt to distinguish ‘economic migrants’ from ‘real refugees’ as a way to restrict legal entry at the border. Such categorization creates an arbitrary hierarchy of entitlement to international protection, absent of any consideration of the unequal distribution of resources across the Global North and Global South that often makes seeking employment overseas the only way that some people – and their families – can survive.

      In theory, this hierarchy of ‘desert’ is illegitimate because human rights violations, including deprivation of socioeconomic rights, are not subject to ranking. In practice, the hierarchy also fails to give ‘priority’ to ‘real refugees’ due to the culture of disbelief around asylum applications. So migrants are forced to rely on smugglers to gain entry.

      Smugglers facilitate the entry of migrants through different pathways. This entails significant risks, as states establish stronger barriers to entry, including visa restrictions, carrier sanctions, and interceptions at sea. The journeys do not stop; the conditions simply become more and more deadly.

      Smuggling is different to trafficking, which is the forced movement of a person for the purpose of exploitation, including labour and sexual exploitation. Anti-trafficking policies, however, are often criticized for failing to protect, and sometimes causing direct harm to, undocumented migrants. In the UK survivors of trafficking are detained and in some cases deported; even after being recognized as survivors, they often do not receive adequate social support.

      Part of the ‘anti-trafficking’ movement is also rooted in an anti-sex work politics that conflates sex work with sexual exploitation. This perspective presents all migrant sex workers as ‘victims’ requiring ‘saving’. In the end, this only pushes migrant sex workers into more insecure working conditions, subjecting them to the threat of arrest, detention, and deportation.

      States often conflate smuggling and trafficking to introduce blanket restrictions on entry and to criminalize particular forms of work in order to eject unwanted migrants. But blaming migrants’ deaths on smugglers and traffickers does nothing but mask the structures of racism and capitalism that both restrict the movement of, and exploit, undocumented workers.

      We do not at the time of writing know if the 39 people in the back of the lorry were hoping to come to the UK as workers; or whether they were being trafficked into labour exploitation. But the objectification of their ‘bodies’ reminded me of the way that migrants are only useful until they are not; and then, they are, quite literally, disposable.

      A man is being questioned in connection with the murder of the Essex 39; but the blood is ultimately on the hands of the British state, and the global system of borders that entrenches exploitative and deadly relations of power.

      https://newint.org/features/2019/10/25/dont-call-essex-39-tragedy
      #terminologie #vocabulaire #mots #tragédie #pouvoir #capitalisme

    • "Pray for Me"

      In October 2019, British police discovered a truck with 39 dead bodies. All from Vietnam. Who were they? How did they get there? The story of twins, one of whom died.

      The father is sitting hunched over at the table, a lanky, 50-year-old farmer with leathery skin and hair that is more gray than it is black. It’s late January, the air is warm and dry. Light filters in through the grated window, as do sounds: the crowing of a rooster, the lowing of a cow. The father wipes his nose on his sleeve and takes another drag from his cigarette. There have been a great number of cigarettes since the large, white altar appeared in the house entry bearing the photo of a smiling, 19-year-old girl in a white blouse and a red-and-gold scarf draped around her neck. Her name was Mai. She was his daughter.

      An acquaintance drops by, reaches for a stick of incense from the tray next to the altar, lights it and mumbles an Our Father. “Ah! You!” says the father in greeting and pours a glass of green tea. The guest sits down and says what everyone has been saying these days.

      “My condolences.”

      “Mai was such a good girl. It must be so deeply painful.”

      “I wish for you and your family that you may one day overcome this pain.”

      “May God help you.”

      The father nods and the visitor puts on his motorcycle helmet and drives off.

      The man and his wife cultivate two rice fields in addition to keeping three cows and a dozen chicken behind the house. The mother also distills liquor and the father used to take side jobs in construction – drilling wells or lugging sacks of cement. But since his daughter’s death, he has stopped taking any jobs, and his wife takes care of the fields and the animals on her own.

      The father can no longer handle much more than receiving guests dropping by to express their sympathies. Even eating is a challenge.

      Mai and her twin sister Lan had a dream: They wanted to get out of Vietnam and head to the West, to America or Europe. Two girls with the same round nose, the same high forehead and the same weakness for flannel shirts and jeans. Two girls who had shared a bed their entire lives, dyed their hair and put on red lipstick like popstars from South Korea. Two girls hoping for a better life.

      The father says he understood the dream of his daughters. Here, in the countryside of central Vietnam, all the young people want to leave. But in the big cities of Vietnam, they are ridiculed as rubes with a funny accent, so they head overseas. His brother’s children are living in America; he has cousins in South Korea. Classmates of his daughters have made their way to Japan, Germany and England.

      After finishing school, Mai and Lan applied to two American universities, but they were rejected. Then, a cousin put them in touch with a man from a neighboring village who was now living overseas. A smuggler.

      The father was worried. He had heard how dangerous it could be to travel to the West illegally, especially for women. On the evening before their departure, he took them aside.

      “I won’t let you go,” he said. “I can’t allow it.”

      The sisters protested. “If we don’t go now, we might never get away.”

      The father relented. When he thinks back to that discussion today, tears run down his face. He reaches for a cigarette.

      Mai’s and Lan’s journey to a better life ended in a news report that circled the globe. On 23rd of October 2019, British police officers discovered 39 dead bodies in a container on the back of a truck in the county of Essex east of London. Mai was one of them.

      Court documents show that a Northern Irish truck driver had hauled the container through France and Belgium before it was loaded onto a ferry in Zeebrugge for the crossing to England, disguised as a delivery of biscuits. Upon arrival in the port of Purfleet in Essex County, a second driver, also from Northern Ireland, picked up the container at 1:08 a.m. on that October night. A short time later, he turned into an industrial park, where he opened the container door.

      According to the London daily Evening Standard, the driver passed out after opening the refrigerator unit and discovering the bodies, although that suggestion remained unverified. The Daily Mail quotes emergency teams who said there were bloodied handprints. At 1:38 a.m., the ambulance was called.

      Post-mortem examinations have come to the conclusion that the victims died of suffocation and overheating, likely during the nine-hour crossing to England. The container’s refrigeration system had been switched off.

      The two truck drivers and three accomplices are now in custody, with their trial set to begin in Britain this autumn. Eight more suspects have been charged in Vietnam. Investigations into the unlawful migration network are continuing in both countries, but already it seems clear that the authorities have not managed to track down the leaders of the network. Only the foot soldiers will be hauled into court.

      Reports of people who die on their way to Europe are usually about migrants from Africa or civil war refugees from the Middle East who drown in the Mediterranean. But the Essex tragedy is different.

      All of the 39 people who died were from Vietnam, a country that has been at peace for decades – a place that is popular as a vacation destination and which is growing more prosperous by the year.

      Still, the twin sisters Mai and Lan took off on this dangerous journey. What were they hoping for once they arrived in England? And was the container disaster in Essex an isolated case, or was it part of a dangerous migration movement that had managed to stay under the radar until then?

      This article was researched over the course of several months. The ZEIT reporters traveled to Vietnam, England and Spain, with much of their reporting taking place long before SARS-CoV-2 arrived in these countries. Like so many other things, the virus has also slowed down irregular migration, and only in the coming weeks will it become clear what is stronger – the pandemic or the desire for millions of people to leave their homeland.
      Spain

      Around 9,900 kilometers from her parents’ home in Vietnam, Lan is sitting in a nail salon in a Spanish city not far from the Mediterranean. To protect their identities, the names of both Lan and her deceased twin sister Mai have been changed for this story, also Lan’s employer will not be identified. Lan, wearing jeans and a black hoodie, is filing a customer’s nails. She has a blue-and-white plaid fabric mask wrapped around her face, as do all of the workers here to protect themselves from the fumes and the fingernail dust. Winter is just coming to an end and the coronavirus has yet to arrive.

      Lan bends silently over the left hand belonging to a young Spanish woman with dark brown hair and a cheek piercing, her fingers spread wide. Lan’s workspace is in the back, next to the massage chair with the footbath. On her table is a fan and a clamp-on desk lamp, from which a small electric nail file is hanging. On the wall is a poster of a woman naked from the waist up, her arms crossed to cover her breasts. Next to it are the words “Beauty Nails.”

      Spain. Lan is stuck here. The Vietnamese smuggler who organized the sisters’ trip last summer – he’ll be called Long – told them all about the wonders of England. He told them he lived there himself, though it would later turn out that he really lives in Germany.

      Mai and Lan didn’t know much about England. They didn’t have a specific idea of the kind of life they wanted to live or the jobs they wanted to have, but they figured they would be granted residency and make lots of money. Then, they would return to Vietnam, get married and have children. That was the plan.

      Long, the smuggler, told the girls that the trip he was organizing for them would be almost as comfortable as vacation. They would only have to make a choice regarding the last leg of the journey, from France to England. Would they rather travel in the cab of a truck, in a horse trailer or in a container?

      The father chose the truck cab, the safest and most expensive method. The price: 1.1 billion Vietnamese Dong per sister, for a total equal to almost 88,000 euros. To get ahold of that much money, the father decided to take out a loan, with his property and that of his siblings as collateral.

      It was a good investment, Long promised. He would take care of everything, including forged passports. And once they arrived in England, he said, one of his contacts would pick up the girls and help them find jobs. Jobs that would lead to a better life.

      In the nail studio, Lan stands up from her stool and asks the customer to follow her and the two then sit down at a table near the entrance. The customer spreads her fingers out again and Lan walks over to a shelf where small, colorful bottles of nail polish are lined up. She pulls out two bottles, one white and one clear. The Spanish woman has requested a French manicure: clear nails with white tips.

      The nail studio where Lan works is no different from thousands of others just like it in Europe. It is located in a shopping mall with glass entry doors and faux-marble floors. On the ground floor, young shoppers push past H&M while families eat pizza up in the food court. At Beauty Nails, a manicure and pedicure with no polish costs 32 euros. The husbands sit on chairs near the door, fiddling with their smartphones.

      What remains invisible from the outside is the world that keeps the business going, the continued arrival of migrants who enter the country illegally. In many Western countries, nail studios are run by the Vietnamese, though the reason is more by chance than by design: In the 1970s, the Hollywood actress Tippi Hedren visited a Vietnamese refugee camp in California. To help the people there build up new lives for themselves, she set up courses in nail care and even flew in her own manicurist to help teach them. That was how the first Vietnamese began filing and polishing nails for a living. They were so successful, that many of their compatriots followed their example, first in the United States and then in Europe. And they are still expanding the business, with the necessary personnel coming from their former homeland.

      Only two of the five Vietnamese who are working in the nail studio on this day have valid residency papers, the boss and his longest-serving employee, both of whom have lived in Spain for a long time. The other three – a young man in his early 20s, a woman of the same age and Lan – are in the country without permission.

      It’s not easy to trace the circuitous path the two sisters took on their way to Europe. Lan has only faint memories of the many people and places they encountered, while some of the details regarding the smugglers and their methods cannot be adequately verified. The ZEIT reporters tried to corroborate the stories told by the young woman by looking at passport stamps, pictures and social media posts. They compared Lan’s account with those from the families of other victims and discussed them with migration experts. They have come to the conclusion that Lan’s story is credible.
      The Path to the West: Malaysia

      The two sisters began their trip in late August of last year at the airport in the Vietnamese capital of Hanoi, 300 kilometers from their home village. Their mother had stayed home, with Long, the smuggler, insisting that there be no intimate hugs or even tears as the parents bid farewell. He was concerned that such scenes could have attracted the attention of the police. Only their father had joined them on the trip to the airport.

      Mai and Lan had two, small trolley cases with them, one brown and the other white, in which they had packed T-shirts, collared shirts and a few articles of warm clothing. They also each had 500 USD and 700 euros in cash. Their plan was to pose as tourists heading off on a trip with their partners. At the terminal, they met two young Vietnamese men who were also on their way to the West. The twins were to fly with the two men to Malaysia. Their father thought they looked decent, and the fact that they were Catholic put his mind at ease.

      The sisters left Vietnam with the feeling that a grand adventure lay ahead of them.

      At the airport in Kuala Lumpur, the group was received by a Chinese woman, who drove them to a hotel outside of the city. Mai and Lan went out to eat and to have a look around, feeling like a couple of tourists. Later, the Chinese woman returned with red passports, telling the girls that they were to say they were from China from then on.

      Mai and Lan learned a few sentences in Chinese from the woman and had to memorize their new names and places of birth. Mai’s new name was “Lili,” but Lan has forgotten hers. “It was so long,” she says.

      The very next day, Lan had to continue the journey without her sister, with the smugglers saying that their identical dates of birth threatened to attract unwanted attention.

      So, she flew with three or four other Vietnamese and the Chinese woman to the Azerbaijan capital of Baku. There, they boarded a plane bound for Istanbul. When they arrived, Lan presented her Chinese passport. Mai arrived two days later with a different group.

      Spain

      At Beauty Nails, the hum of nail filers competes with the rattling of shopping carts outside in the mall. Every now and then, a customer walks in, triggering a flurry of orders from the boss in Vietnamese and the customer is taken to a free table.

      Vietnamese acquaintances of Vietnamese acquaintances helped Lan get the job in the nail studio and she now spends six days a week here, from 10 a.m. to 9:30 p.m., with only Sundays off. It’s of no consequence to her whether it is cold and wintery outside or whether the sun warms the colorful building facades as it does on this spring-like Saturday. All Lan sees are broken nails, split nails, torn nails, nails with chipped polish and unpainted nails that are waiting to be filed and painted.

      Lan guesses that she serves 20 customers a day, not many compared to the others, she says. She has been working here for more than two months, but she still hasn’t been paid. “It’s like an apprenticeship,” she later says after the workday is over and she can speak freely. “Plus, they take care of my lodging and food.”

      Lan lives in a four-room flat on the fifth floor of an apartment building together with eight other Vietnamese, seven men and a woman. She and the other woman share a room in the apartment and sleep in the same bed. The apartment belongs to her boss and everyone who lives here works in one of his two nail studios. Late in the evening, once the workday is over, they cook together.

      Lan speaks in short, hesitant sentences, frequently looking away in embarrassment. She says she doesn’t know how long her purported training program will last and she hasn’t yet managed to muster up the courage to ask.

      She leaves her own nails unpainted. Polished nails aren’t particularly practical in her line of work, nor does she like the look of colored fingernails. In the first week, her fingers turned red and scaly, but now she washes her hands after every customer and uses lotion, which has helped.
      The Path to the West: Turkey

      In Istanbul, the sisters stayed in an old hotel. Along with the rooms for normal guests, there were hidden rooms in the basement and in the attic, Lan says, adding that around 30 Vietnamese and 20 people from China were staying in the hotel, migrants passing through. They all contributed money for the shopping and then cooked together in a kitchen in the attic. After just over a week in Turkey, they made their first attempt to leave the country. The smugglers drove them into a forest, but they were taken into custody by the Turkish police and brought to a police station, where they were held for around four hours. The Turks were friendly, Lan recalls. “We even taught them a bit of Vietnamese.”

      Back in the city, Lan and the others waited a few days. Then they tried again.

      The vehicle was a minivan, designed for seven people, but the seats had been removed and that evening, 27 people crammed inside: Vietnamese, Chinese, Iraqis and Iranians. Mai and Lan had to leave their suitcases back in the hotel and were only allowed to bring along plastic bags with a bit of food and clothing. After about three hours, they again reached the forest, where they proceeded to wait. At around 2 a.m., two Turkish men showed up with two folded up inflatable rafts. The group then walked for around four hours until they reached a river that was just a few meters wide. The Turks pumped up the boats and brought Lan and the others across to the other side. It only took a couple of minutes. And then, they were in Greece.
      Vietnam

      Nghe An, the home province of the two sisters in Vietnam, is neither particularly rich nor is it extremely poor. The life that Mai and Lan led there was largely confined to just a few square kilometers: There was their parents’ two-story home with its red roof; there was the Catholic church where the family – the twins, their parents and their two younger siblings – would worship; and there were the rice fields everywhere.

      Sometimes, their father would drive Mai and Lan to the seaside, a 15-minute trip on the moped. At others, the twins would head out without him, driving around for a couple of hours on their own.

      During their excursions, the sisters could see how their region was changing. In many villages, there were hardly any traditional, dark farmhouses with moss covering the walls. Most families have built multi-story homes in recent years, painted in bright colors like lemon yellow or sky blue. Surrounded by banana trees and high fences, stucco-decorated gables jut upward with Greek columns out front and wooden shutters on the windows. Money left over after the homes are complete tends to be spent on air conditioning.

      The prosperity here comes from relatives living abroad, as everyone here knows. Mai and Lan were well aware of it too. There is even a term for these people who live somewhere in the West: Viet-Kieu, overseas Vietnamese.

      Emigration has long been a feature of life in Vietnam. After communist North Vietnam won the war against the Americans in the mid-1970s and took over South Vietnam, hundreds of thousands of people fled the country in boats and were taken in primarily by France and the U.S. Later, many Vietnamese traveled as contract workers to socialist “brother states,” like the Soviet Union, East Germany, Bulgaria and Czechoslovakia. More recently, migrant workers have followed, most of them young and from rural areas. People like Mai and Lan.

      Today, almost every Vietnamese family has relatives living overseas, who regularly send money back home. According to the World Bank, remittances worth $16.7 billion were sent back to Vietnam from abroad last year, a total that is many times what the country received in official development assistance.

      If the mother has to go to the hospital; if the son is to be sent to university; if the grandfather can no longer work: Many Vietnamese families are dependent on money from abroad. Those who earn that money thousands of kilometers away are smiling down from pictures hung in living rooms across the country – proud emigrants posing in front of famous Western tourist attractions like Big Ben, the Eiffel Tower and the Brandenburg Gate.

      What you don’t see in the pictures are the dangers encountered by many of the migrants who have left Vietnam in recent years.

      On that October night in the English county of Essex, 31 men and eight women from several central Vietnamese provinces died in the white metal container. The ZEIT reporters were able to speak with the families of 38 of the 39 victims.

      Such as the parents of 26-year-old Pham Thi Tra My. In the final minutes of her life, she was able to write her parents a text message. But only when the doors of the container were finally opened – long after all its occupants had died – did Tra My’s mobile phone once again find a signal and send her words to her family: “Mom and dad, I’m so sorry (…). I didn’t make it. Mom. I love you both. I’m dying because I can’t breathe (…). Mom, I’m so sorry.”

      The dead body of Dang Huu Tuyen, 22, was also lying in the container. His parents had sent him to Laos to make money, but the wages paid at the construction sites there were too low, so Tuyen headed off to Europe. Even now, after the death of his son, Tuyen’s father says heading abroad is the best thing a young man can do.

      Tran Hai Loc and his wife Nguyen Thi Van, both 35, also died in the container. In contrast to most parents, they decided to head abroad together to make more money so they could quickly return to their children in Vietnam. In the grandparents’ home, there is now an altar bearing a photo of the couple. The children, two and four years old, sometimes gaze at it uncomprehendingly.
      The Path to the West: Greece

      On the Greek side of the border, Lan says, they saw bushes with white tufts on them. Cotton. They reached a clearing that looked as though someone had just been camping there and the Turkish smugglers spread out a blanket for them to sit on.

      The smugglers told the group they had to wait in the clearing until evening and that they had to stay as quiet as possible because of the possibility of police roaming through the forest. It was a chilly evening, Lan recalls, and Mai was shivering because she had left her warm clothing back at the hotel. They passed Lan’s jacket back and forth and embraced to keep warm. At around 7 p.m., they headed off again and kept going until midnight, when they stopped. The smugglers passed out bags of food and drinks, then they all stretched out on the ground and went to sleep.

      When they woke up, they were picked up by a truck that had been modified for its very specific purpose. From the outside, Lan recalls, it looked just like a normal truck, with a cab up front and a large container in the back. But there was actually a hidden compartment, reachable through a metal hatch underneath. “We had to crawl under the truck so that we could climb in,” Lan says.

      Around four hours later, they had to climb back out of the truck on a country road. From here, the smugglers said, it’s about 10 kilometers to the train station, and the group set out on foot. The Vietnamese, says Lan, stopped at a small bistro they passed for a bite to eat and they asked someone to call a taxi for them. The Chinese, though, she says, walked the entire way and were exhausted when they arrived.

      “We Vietnamese,” Lan says, “are very smart.”

      They took the train to Athens and separated into smaller groups, with the twins staying together with the two young Vietnamese men with whom they had flown to Malaysia. An accomplice of their smuggler picked them up at the train station in Athens and brought them to his apartment. Here, they had to wait two or three weeks until their new forged passports were ready, this time from China and South Korea.

      It was a pleasant time for Mai and Lan. Mai posted a picture to her Facebook page showing the girls in front of the Academy of Athens, the setting sun shining on the building’s white columns and the twins smiling in each other’s arms. They were wearing T-shirts and jeans, both with belt bags slung over their shoulders. “This is the life,” Mai wrote, including a smiley.
      Spain

      It’s Sunday, Lan’s day off, and she wants to head out to the beach for the first time since arriving in Spain. Lan has lived in this city for several months, but still lives the life of a stranger. The language, the food, the streets, the buildings – none of it is familiar to her.

      In the old city center, she climbs into a green-and-white electric bus that is so full on this summery spring day that she is only just able to find a seat. The bus drives through a suburb with broad streets and lush palms. Even though the sun is shining outside and it is 20 degrees Celsius, Lan is wearing a woolen roll neck sweater and a black-and-white plaid winter coat.

      She begins talking about her apartment and about the eight other Vietnamese she lives with, saying she isn’t particularly interested in speaking or doing much with any of them, aside from church on Sunday, which they sometimes attend together. Her apartment mates offered to celebrate her birthday with her, but she declined. Her birthday reminds her too much of her twin sister, she says.

      She gets off the bus at the last stop and follows three young Spaniards carrying a blanket and a ball. They walk past a white casino and a park full of picnicking families. Lan walks up a small embankment until the air begins to smell of salt and the ground gives way to damp sand, the waves splashing onto the shore. The sky is so blue it could have been painted.

      “Just like the beach in Vietnam!” Lan yells.

      A couple of young people in swimming suits bat a volleyball back and forth. Lan, though, pulls her coat up over her head: Like many Vietnamese women, she finds tanned skin to be ugly.

      She stops, sits down in the sand and pulls her knees to her chin. When asked if she would like to return to Vietnam, she says that she regrets not having listened to her father’s warnings. “The price to come here was too high,” she says.

      Still, she doesn’t want to give up and go back. Her sister, she believes, would have wanted her to bring her journey to a successful conclusion, making it all the way to England to make enough money to help support her family.

      It’s quite possible that Lan would also be working in a nail salon had she made it to England, though some Vietnamese migrants also end up at the illegal cannabis farms there. Experts have compiled reports about young men being locked into buildings for months on end so they can monitor the heat lamps and fertilize and water the plants. The only food that the drug dealers give them are frozen meals they can heat up in the microwave. In many instances, says the British Home Office, these migrants live in a form of “modern slavery.”

      It seems likely, in other words, that Lan’s life in England would be no better than the one she has found in Spain. But at least she knows a few people in England who could help her. More than anything, though, Lan seems intent on reaching the goal that she and her sister had set for themselves.

      “If I were to return to Vietnam now, I would just be a burden to my parents,” Lan says. “I would have to find a secure, well-paid job. Otherwise, we wouldn’t have enough money to feed my siblings and send them to school.”

      In the months following the death of her sister, it seems almost as though Lan has packed up her feelings and set them aside. It’s as though she is bearing her pain just as disciplined as she is bearing her work at the nail salon. In her discussions with ZEIT about her journey and the death of her sister, she only began crying on one single occasion – when she was speaking about Mai dying in the container. “I can actually feel it when I think about her gasping for breath,” she says. “I can feel it with my own body.”
      The Path to the West: Separation

      In Athens, the smugglers once again wanted Mai to fly onward on her own. Mai resisted, afraid to be without her sister, but Lan reassured her, saying: “Go on ahead.” So, Mai flew to Palermo in Italy, where she looked around in the old town and went to the beach, before then boarding a plane to Spain and then a train to France.

      In the meantime, Lan tried to leave Athens with a South Korean passport. She managed to make it through the security check at the airport, but she was detained on the plane. A customs official took her forged passport, leaving Lan to call her parents in tears. “If you have to, go to the police and come home,” her father told her. But after 24 hours, the Greek authorities let her go, though they held onto the fake passport.

      A few days later, she spoke with her sister on the phone for the last time. It was the evening of Oct. 21 and Lan was still stuck in Athens. Mai, though, was at a train station in France, waiting for a man who was supposed to bring her to Belgium. From there, her smuggler had told her, she could head onward to England. Mai was thinking about staying in Belgium until Lan caught up with her, but Lan pushed her to keep going. It could be awhile until she got another forged passport, she said.

      “Pray for me,” Mai said.

      “I’m praying for you,” Lan responded.

      That was the last time they spoke. Shortly before the crossing to England, Mai wrote her sister one last time via Facebook.

      Oct. 22, 7:48 a.m.: “Lan, I’m leaving at 8.”

      8:49 a.m.: “I’m leaving at 9.”

      Mai’s father spent that day in Vietnam waiting for his daughter to get in touch after arriving in England. In vain. So, he tried calling her himself. And couldn’t reach her. Her father recalls that Long, the smuggler, tried to reassure him, saying that Mai had arrived safely in England and that he didn’t need to worry and that the father only had to hand over the money and Mai would be picked up and taken to an apartment.

      The father tried to believe him and even told Lan. But then, on Oct. 23, news suddenly began spreading in the village. There had been an accident in England. Thirty-nine dead bodies in a truck. All of them Asian.

      The father again called the smuggler. Is Mai really in England, he demanded? What about that container? Again, the father says, Long tried to convince him that everything was just fine. Mai had booked the most expensive of the travel options, after all, a seat in the cab. There was room for just two in the cab, not 39.

      In the hours that followed, the father says, he paced in the living room like a madman. Only two, not 39 – that thought kept going through his head, he says. He told Lan the same thing. But why wasn’t he able to reach Mai? And why had Long also stopped answering his phone?

      Lan says she could also feel that something wasn’t right. She laid in bed without being able to sleep. She says she prayed and read the bible.

      Days later, still in the dark about her sister’s fate, Lan flew from Greece to Spain with a forged South Korean passport, the next leg of the journey to England. After her arrival in Spain, Lan again wrote her sister over Facebook.

      5:25 p.m.: “Don’t leave me alone.”

      “We have to make it to make mom and dad happy.”

      5:53 p.m.: “Call me.”

      “Try your best to get me to England, too, so that we can see each other again.”

      6:53 p.m.: “Call me and I’ll come to you.”

      “We have to do all we can for our parents and our family.”

      That night, Lan spoke with her mother on the phone. Her mother told her: “Leave your phone camera on so that I can watch over you as you sleep.”

      It would take until Nov. 8 until the police in Essex brought an end to their uncertainty and released the names of the 39 people who had suffocated in the back of the truck.
      Vietnam

      For 40 days, Mai’s body lay in a wooden casket in England, the country where she so badly wanted to live. Then it was flown to Vietnam. On the morning of Dec. 2, 2019, a white ambulance brought the body to Mai’s hometown. Everyone was waiting for its arrival: parents, siblings, relatives, neighbors, former classmates, teachers and other members of the community. On videos of that day, you can see villagers crouched on their mopeds with colorful flags. When the ambulance finally arrived, they crowded around its tinted windows and pressed their hands against them – as if they were trying to grasp something that could no longer be grasped.

      In the videos, you can also see Mai’s father standing silently to the side. All around him are the sounds of drumming, rattling, mourning and singing, but it looks as though he’s not making a sound. His mouth is open, his face frozen in place as he walks to his home in the middle of the funeral march – losing strength as he goes, until a relative has to pull him for the last few steps through the crowd.

      Spain

      The sun has already set on the beach when Lan’s phone rings and a photo of her father pops up on the screen. “Dad?” she says. “Are you still awake? It’s late over there.”

      Lan and her father frequently talk on the phone several times a day. He always asks how she is doing and whether she has eaten. And he tells her she shouldn’t climb into a truck bound for England, and she shouldn’t go anywhere on her own.

      On this day, too, Lan’s father had tried to reach her several times, but because she was speaking with a reporter, Lan didn’t want to stop to pick up the phone. He was worried.

      “Everything is fine,” she says. “I’m at the beach.”

      They talk for a few minutes and then she sets her phone aside. It has grown chilly and Lan has wrapped herself in her coat. Later, she will say that it was her birthday. She is now 20 years old.

      She looks out at the sea as though she is looking for a ship to take her to the other side. “A Vietnamese friend who I met in Greece recently called me,” she says. “He’s in England. He crossed over in the truck, in the cab. He says it was quite comfortable.”
      Vietnam

      At the edge of the village that she had wanted to leave, just a few hundred meters from her childhood home, is Mai’s grave. The air is still, as is the sky. A low cement wall marks the area belonging to Mai’s family. Her grave is set slightly apart from those of her forbears, who lie close together. It’s also bigger, mightier, more admonishing. A small stone covering protects her photo from the sun and rain. The grave is surrounded by white flowers.
      Spain

      Lan receives her first wages at the nail salon after three months: 500 euros in addition to room and board. She is set to earn more money in the months to come: 600, 700, maybe even 1,000 euros. Finally, she will be able to send money home.

      But then the pandemic arrives. And Beauty Nails has to close its doors.

      A lockdown is imposed across Spain and Lan spends her days in the apartment with the other Vietnamese migrants. She sleeps, she cooks, she eats and she talks to her parents on the phone or exchanges messages with them. But really, she is waiting. Waiting for the country to reawaken so she can go back to fixing and polishing nails. And she is waiting for the borders to reopen so she can finish her journey to England.

      https://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2020-05/migration-vietnamese-dead-bodies-lorry-essex-grossbritannien-english

      #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires

    • Camion charnier en Angleterre : les 13 suspects interpellés en France mis en examen

      Les 13 personnes arrêtées mardi en France lors d’un coup de filet lié à l’enquête sur la mort de 39 migrants vietnamiens dans un camion frigorifique en octobre en Grande-Bretagne ont été mises en examen, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

      Elles ont toutes été mises en examen vendredi pour « traite des êtres humains en bande organisée », « aide à l’entrée ou au séjour en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». Six d’entre elles sont également poursuivies pour « homicide involontaire ».

      Sur les treize, douze ont été placées en détention provisoire et une sous contrôle judiciaire.

      Ces suspects, majoritairement des Vietnamiens et des Français, ont été interpellés mardi en divers lieux de la région parisienne. Au même moment, treize autres personnes ont aussi été arrêtées en Belgique dans le cadre d’une opération de police internationale, coordonnée par l’organisme de coopération judiciaire Eurojust.

      En Belgique, 11 personnes ont été écrouées après leur inculpation pour « trafic d’êtres humains avec circonstances aggravantes, appartenance à une organisation criminelle et faux et usages de faux », selon le parquet fédéral belge. Deux autres, inculpées des mêmes chefs, ont été remises en liberté.

      Selon plusieurs sources proches de l’enquête, un homme soupçonné d’être un organisateur du réseau de trafic de migrants a par ailleurs été interpellé mercredi en Allemagne, dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen émis par la France.

      Le 23 octobre, les cadavres de 31 hommes et de huit femmes de nationalité vietnamienne, dont deux adolescents de 15 ans, avaient été découverts dans un conteneur dans la zone industrielle de Grays, à l’est de Londres. Le conteneur provenait du port belge de Zeebruges.

      Selon une source judiciaire française, les enquêteurs ont pu déterminer grâce à des investigations techniques et des surveillances physiques que les migrants partaient de Bierne, dans le Nord de la France, vers Zeebruges.

      Les personnes interpellées en Ile-de-France sont soupçonnées d’avoir hébergé et transporté des migrants par taxi entre la région parisienne et le Nord, selon cette source.

      Le réseau a continué à oeuvrer après le drame, ainsi que pendant le confinement. Pendant cette période, les trafiquants se sont adaptés en aménageant les cabines des camions pour y dissimuler les candidats à la traversée de la Manche, à raison de trois ou quatre par voyage.

      Le mois dernier, une arrestation avait déjà eu lieu en Irlande : celle du présumé organisateur de la rotation des chauffeurs participant au trafic.

      Par ailleurs, dans l’enquête britannique, cinq personnes ont déjà été inculpées, dont Maurice Robinson, 25 ans, le chauffeur du camion intercepté à Grays. Début avril, ce dernier avait plaidé coupable d’homicides involontaires devant un tribunal londonien.

      https://www.courrierinternational.com/depeche/camion-charnier-en-angleterre-les-13-suspects-interpelles-en-

    • Après trois ans d’enquête, deux restaurants étaient à l’origine d’un vaste trafic d’êtres humains

      Un trafic international d’immigration irrégulière et de traite d’être humains a été démantelé après une enquête qui a démarré, il y a trois ans, dans deux restaurants de l’Aude. Deux ressortissants vietnamiens clandestins munis de faux papiers, qui remboursaient leur voyage, travaillaient dans ces deux établissements. Au total, dix-neuf personnes ont été interpellées à l’automne 2019 sur l’ensemble du territoire et treize d’entre elles sont en prison.

      Une filière internationale vietnamienne de traite d’êtres humains et d’aide à l’entrée et au séjour d’étrangers en bande organisée a été dévoilée à la suite d’une enquête qui a débuté il y a trois ans dans l’Aude, rapporte La Dépêche du Midi. Menée par la Brigade mobile de Recherche (BMR) de la Direction interdépartementale de la police aux frontières (DIDPAF) de Perpignan, cette enquête de longue haleine a démarré fin 2017 dans deux restaurants.

      Les enquêteurs ont d’abord constaté que deux ressortissants vietnamiens clandestins travaillaient dans les deux établissements de l’Aude et possédaient de faux papiers. Après de nombreux recoupements judiciaires et des contrôles dans plusieurs restaurants, les policiers ont mis en évidence l’existence d’un vaste réseau dans le sud de la France et la région de Grenoble (Isère), relate le quotidien. Depuis, sur l’ensemble du territoire, dix-neuf personnes ont été interpellées et treize d’entre elles ont été emprisonnées.

      Les clandestins devaient rembourser 35 000 €

      Concernant le mode opératoire, les migrants vietnamiens arrivaient sur le territoire français, munis de faux titres de séjour français et rejoignaient ensuite des restaurants. Les responsables se chargeaient de les héberger, mais également de « procéder aux démarches administratives susceptibles de justifier leur emploi », relate La Dépêche du Midi. En travaillant dans ces établissements, les clandestins remboursaient le coût de leur voyage, qui atteignait 35 000 €.

      « 29 restaurants, 66 personnes sans titre de travail et 29 personnes porteurs de faux ou susceptibles de l’être sont visés par l’enquête », rapporte le quotidien régional. Au vu des nombreuses ramifications de ce réseau, l’Office Central pour la Répression de l’Immigration Irrégulière de l’Emploi d’Étrangers Sans Titre (OCRIEST) a poursuivi les investigations. Les enquêteurs sont parvenus à établir un lien entre ce réseau et 39 migrants vietnamiens retrouvés morts dans un camion frigorifique, à Londres, en 2019. Deux des victimes venaient de Grenoble.

      À l’automne 2019, des interpellations ont eu lieu dans plusieurs régions. Il a alors été établi que les migrants auraient payé pour obtenir des passeports vietnamiens. Les policiers ont aussi trouvé « 125 000 € en espèces, l’équivalent de 100 000 € en tickets-restaurant, deux véhicules haut de gamme et des faux documents », précise le quotidien régional. Les personnes à la tête de ce réseau risquent 20 ans de prison et jusqu’à 3 millions d’euros d’amende.

      https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/aude-apres-trois-ans-d-enquete-deux-restaurants-etaient-a-l-origine-d-u

    • Migrants morts : jusqu’à 27 ans de prison pour les responsables

      Quatre hommes ont été condamnés vendredi à Londres à des peines allant de 13 à 27 ans de prison pour la mort de 39 migrants vietnamiens retrouvés dans la remorque d’un camion en Angleterre en 2019.

      Les deux principaux prévenus, #Ronan_Hughes, un transporteur routier nord-irlandais de 41 ans, et #Gheorghe_Nica, un ressortissant roumain de 43 ans, accusés d’être les organisateurs du trafic, ont été condamnés respectivement à 20 et 27 ans de prison pour homicides involontaires et trafic de migrants.

      Le premier avait plaidé coupable, le second l’avait été déclaré par la cour de l’Old Bailey à Londres le 21 décembre.

      #Maurice_Robinson, le chauffeur qui conduisait le camion au moment de la découverte des corps, qui avait plaidé coupable, a quant à lui été condamné à 13 ans et quatre mois d’emprisonnement.

      #Eamon_Harrisson, le chauffeur de 24 ans qui avait acheminé la remorque jusqu’au port belge de Zeebruges, affirmant qu’il ignorait la présence des migrants à son bord, s’est vu infliger 18 ans de prison.

      Le 23 octobre 2019, les corps de 31 hommes et de huit femmes âgés de 15 à 44 ans avaient été découverts à bord d’une remorque dans la zone industrielle de #Grays, à l’est de Londres.

      #Asphyxie et #hyperthermie

      L’enquête a mis au jour une entreprise « sophistiquée » et « rentable » qui prospérait de longue date, a souligné le juge Nigel Sweeney, évoquant les tentatives désespérées des migrants de « joindre le monde extérieur au téléphone » ou de tenter d’échapper à la mort en essayant de briser le toit de la remorque.

      Les victimes sont mortes d’asphyxie et d’hyperthermie dans l’espace confiné du conteneur.

      Parmi elles, Pham Thi Tra My, 26 ans, avait envoyé un SMS glaçant à ses proches, quelques heures avant la découverte des corps : « Maman, papa, je vous aime très fort. Je meurs, je ne peux plus respirer ».

      Dans un message diffusé à l’audience, un homme de 25 ans répétait à sa famille qu’il était « désolé » : « C’est Tuan. (...) Je ne vais pas pouvoir m’occuper de vous. (...) Je n’arrive pas à respirer. Je veux revenir dans ma famille. Je vous souhaite une bonne vie ».

      Les migrants devaient débourser jusqu’à 13.000 livres sterling (14.000 euros) pour être acheminés en « VIP », c’est-à-dire avec un chauffeur au courant de leur présence.

      Au total, sept voyages ont été identifiés entre mai 2018 et le 23 octobre 2019.

      Un rêve qui s’évanouit

      Nombre des victimes de ce drame étaient originaires d’une région pauvre du centre du Vietnam, où les familles s’endettent pour envoyer l’un des leurs au Royaume-Uni, via des filières clandestines, dans l’espoir qu’ils y trouvent des emplois rémunérateurs.

      Dans leurs témoignages lus à l’audience par le procureur, les familles des victimes avaient raconté la douleur du deuil et le rêve d’une vie meilleure qui s’évanouissait. « Ca va être très dur pour moi de gagner de l’argent et d’élever notre enfant toute seule », a déclaré Nguyen Thi Lam, qui a perdu son mari dans le drame et n’a pour seules ressources que la culture du riz et un peu d’élevage.

      Condamnations au Vietnam

      Avant le procès à Londres, sept personnes ont été condamnées le 15 septembre au Vietnam pour leur rôle dans le trafic.

      Un tribunal de la province de Ha Tinh (centre) a prononcé contre quatre Vietnamiens âgés de 26 à 36 ans des peines allant de deux ans et demi à sept ans et demi de détention. Ils ont été reconnus coupables d’avoir participé à différents degrés à « l’organisation du trafic illicite de migrants ». Trois autres ont été condamnés à des peines de prison avec sursis.

      Des enquêtes ont également été ouvertes en France et en Belgique, 13 suspects ont été inculpés dans chacun de ces deux pays. Ils avaient été interpellés au cours d’une vaste opération de police internationale, coordonnée par l’organisme de coopération judiciaire #Eurojust.

      https://www.tdg.ch/migrants-morts-jusqua-27-ans-de-prison-pour-les-responsables-149171245435

  • Sri Lanka’s new asylum route: A 4,000-km journey across the Indian Ocean

    Faced with tightening borders in Australia and elsewhere, hundreds of Sri Lankan asylum seekers are instead turning to a new migration route stretching 4,000 kilometres across the Indian Ocean.

    Since January 2018, at least 291 Sri Lankans have boarded fishing boats or makeshift rafts to reach the tiny French territories of La Réunion and Mayotte off the coast of Madagascar, the UN’s refugee agency, UNHCR, reported this month.

    The majority of recent arrivals have been turned away and deported before applying for asylum, their claims declared “manifestly unfounded”, according to reports from French authorities. Of 70 Sri Lankans who arrived in February, for example, only six were allowed in, though all asked for asylum, the government on La Réunion said. The remainder were deported to Sri Lanka within days.

    La Cimade, a French NGO that advocates for refugees and migrants, calls these swift rejections “unprecedented rights violations”.

    “Some people were illegally sent back without being able to appeal, without having their asylum application examined, without having been able to consult a lawyer, or without being informed of their rights,” the group said in a statement.

    “New roads are gradually being set up towards the south of the Indian Ocean.”

    The emergence of the route southwest to La Réunion and Mayotte is driven in part by crackdowns on Sri Lankan boat journeys to more common destinations including Southeast Asian nations and Australia, according to Delon Madavan, a researcher who studies South Asian diaspora communities at the Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud in Paris.

    Australia bars asylum seekers who arrive by boat from resettling in the country even if their refugee claims are eventually approved. Controversial offshore detention policies saw thousands of asylum seekers sent to Nauru and Papua New Guinea’s Manus Island, where the UN, Médecins Sans Frontières, and others have documented a mental health crisis among people detained for years. Since May, Australian authorities have reportedly turned away six boats carrying asylum seekers from Sri Lanka.

    “New roads are gradually being set up towards the south of the Indian Ocean” because of hardening immigration laws and “severe conditions of detention”, Madavan told The New Humanitarian.

    Sri Lankans are also drawn to La Réunion in particular because of a large population of South Indian Tamils: “There is a potential network in these receiving islands, which may give support to asylum seekers from Sri Lanka,” Madavan said.
    Minority Muslims and Christians join Tamil asylum seekers

    More than 4,000 Sri Lankans, mostly Tamil minorities, applied for asylum in European countries last year – about 2,000 in France, which has a large Tamil diaspora. The number of yearly applicants has fallen by about half in the last decade.

    Sri Lanka’s bloody civil war – between insurgents drawn from the mostly Hindu Tamil minority and the army and government, which are dominated by the Sinhalese Buddhist majority – ended in 2009. But rights groups say violations, including arbitrary detention, torture, and rape, have continued. Recent political upheaval in Sri Lanka may also be driving asylum claims in France: a growing number are minority Muslims and Christians fleeing violence blamed on Buddhist extremists, according to a May report from OFPRA, the French government department that oversees refugee claims.

    Rights groups have criticised asylum policies in France’s overseas territories – particularly in Mayotte, where people from nearby Comoros, as well as people from Democratic Republic of Congo, Burundi, and Rwanda made up the majority of asylum applicants last year.

    In a 2017 report, France’s human rights commission said seeking asylum in Mayotte was “mission impossible” for Comorians in particular, with new arrivals often detained and deported before asylum requests are recorded.

    Anafé, an association of French organisations that work with refugees and migrants, says maritime border patrols around Mayotte have become a “quasi-military arsenal, rendering access more and more difficult”.

    Asylum claims to La Réunion have been comparatively few: only 18 claims were lodged last year, according to OFPRA statistics.

    But under French law, asylum seekers can be refused entry before applying if their claims are determined to be “manifestly unfounded”.

    In one recent case reported by French authorities, 34 of 120 Sri Lankans who arrived on board a rickety ship in mid-April were allowed to apply for asylum. The rest, including three children, were barred from lodging their claims, and 60 of them were deported by the end of the month – accompanied by dozens of police and gendarmes.

    https://www.thenewhumanitarian.org/news/Sri-Lanka-migration-route-Mayotte-Reunion-Australia-asylum
    #Sri_Lanka #réfugiés_sri-lankais #asile #migrations #réfugiés #routes_migratoires #parcours_migratoire #La_Réunion #Mayotte #France #DOM-TOM #Océane_indien

    • Demande d’asile à la frontière : l’État hors la loi à la Réunion

      Depuis mars 2018, près de 150 demandeurs d’asile en provenance du Sri Lanka sont arrivés à la Réunion par la mer. La préfecture a fait le choix de l’expulsion, de l’enfermement et de l’opacité plutôt que de permettre à ces personnes en quête de protection d’exercer leurs droits. Alors que d’autres embarcations seraient à l’approche, La Cimade alerte des violations des droits répétées et sans précédent sur l’île de la Réunion.
      Les agissements de la préfecture de la Réunion concernant les arrivées sur le sol français de femmes, d’hommes et d’enfants, demandeurs d’asile en provenance du Sri Lanka, inquiètent fortement La Cimade.

      En effet, à chacun des cinq débarquements des bateaux arrivés à La Réunion au depuis mars dernier, l’État est hors la loi. Certaines personnes ont été refoulées illégalement sans avoir pu exercer un recours, sans que leur demande d’asile n’ait été examinée, sans avoir pu consulter un·e· avocat·e· ou sans avoir été informées de leurs droits. D’autres sont privées de libertés dans des conditions opaques, à l’abri du regard des avocat·e·s et des associations pourtant habilitées à intervenir dans la zone d’attente (La Cimade en fait partie). Et pour celles et ceux qui ont été libéré·e·s, l’accès à un hébergement, dans l’attente de l’enregistrement de leur demande d’asile par la préfecture, n’a été possible que grâce à la solidarité citoyenne. En décembre, pendant huit jours, dans l’attente des attestations de demandeur d’asile, un collectif citoyen a pris en charge les frais de mise à l’abri, obligation incombant pourtant à l’État, responsable de les loger et de les nourrir.

      La Cimade a déjà, en octobre dernier, dénoncé l’enferment illégal en zone d’attente. Les violations des droits perdurent pour les 72 personnes arrivées le 5 février 2019. La Cimade a demandé à intervenir dans la zone d’attente créée dans l’hôtel à proximité de l’aéroport. Le ministère de l’intérieur a refusé, malgré la nécessité d’aide juridique exprimée par les personnes au cours des audiences devant le juge des libertés et de la détention. Les avocat·e·s du barreau de Saint-Denis de la Réunion ont dénoncé des atteintes aux droits de la défense et les conditions d’accueil indignes des demandeurs d’asile.

      Lors de l’audience du 9 février, La défense a dû rappeler au juge des libertés sa compétence sur l’enfermement en zone d’attente et son rôle de garant des libertés individuelles en application de l’article 66 de la Constitution. En effet, les échanges entre magistrat·e·s et représentant·e·s de la préfecture ont porté tour à tour, et sans lien avec la compétence du tribunal, sur la situation géopolitique au Sri Lanka, le coût du trajet, ou encore le choix de la France. Alors qu’idées reçues et messages de haines circulent sur les réseaux sociaux et appellent des actes d’apaisement, la tenue de tels propos par des représentant·e·s de l’État et de la justice interroge.

      Si cette situation nouvelle a pu prendre de cours les autorités en mars, La Cimade rappelle que le droit d’asile à la frontière doit être respecté à la Réunion et l’État doit y veiller. L’accueil des personnes qui arrivent par bateaux en provenance du Sri Lanka ou de tout autre pays doit être organisé dans le respect de leur dignité ainsi quand dans celui leurs droits.

      https://www.lacimade.org/demande-dasile-a-la-frontiere-letat-hors-la-loi-a-la-reunion

  • « Le pire n’est pas (toujours) certains » parle sans politiquement correct du rôle de l’Europe dans la crise migratoire

    Écriture du texte

    Durant plusieurs mois, l’autrice a parcouru l’Europe, de Thessalonique, en #Grèce, jusqu’au Foyer Oryema de Bobigny. Cette pièce est dédiée à tous les migrants rencontrés et qui ont accepté de lui raconter leurs #histoires. Certains sont devenus ses amis. Le pire n’est pas (toujours) certain met en scène un ensemble de personnages imaginaires construits à partir de vrais #témoignages. Ainsi, le spectateur découvre la Fée Clochette, qui se moque de l’#Europe, l’Europe elle-même, un délégué européen aux affaires migratoires, ou encore Jumala, demandeuse d’asile. Le vrai trajet de l’autrice est imité, transposé sur un personnage de chien qui fit lui aussi la même route que les réfugiés à partir de leur arrivée en Europe par la Grèce.

    #Catherine_Boskowitz explique sur scène s’être inspiré du livre Frères migrants, de Patrick Chamoiseau, mais d’autres ouvrages ont inspiré son écriture. Les écrits d’Hannah Arendt sur l’acte de « penser », Le soulier de Satin, de Paul Claudel, ou encore Passé composé, une nouvelle d’Antonio Tabucchi. Une autre pièce a marqué son propre travail, celle d‘Armand Gatti intitulée Sept possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz, qu’elle mit en scène en 2007. En effet, le parallèle avec les camps de déportation de la Seconde Guerre Mondiale se traduit par un lexique similaire : la pièce parle de « Justes » avec les « passeurs » qui organisent des « résistances » en Europe pour permettre aux migrants d’obtenir la liberté et la sécurité. Le texte fait également référence à une histoire croisée entre deux personnages qui ne se connaissent pas et ne se croiseront jamais, puisque l’un est victime de la crise migratoire, l’autre a été victime du nazisme.

    « Je suis l’Europe ! »

    La pièce commence pendant que le public s’assoit. Dans le premier tableau, la salle découvre les personnages en train de coller des bandes adhésives blanches sur le sol et d’écrire dessus. Ces bandes peuvent représenter les frontières empêchant les migrants de se déplacer en Europe en marquant des obstacles sur leurs trajets. Les acteurs se pressent, et quand la salle est enfin installée, l’agitation se fait plus forte avec des bruits stridents qui se transforment peu à peu en bruit de jungle. Les bruitages et la précipitation des personnages qui s’empressent de tout ranger subitement amènent cette première scène d’ouverture à faire penser au démantèlement de Calais, en mettant directement le spectateur dans le bain de l’histoire.

    Un des personnages central de la pièce est celui de l’Europe, jouée par Catherine Boskowitz elle même. Elle la personnifie en femme, habillée en tailleur avec des cornes de Minotaure sur la tête, car « le Minotaure mange les enfants des autres », explique-t-elle. Quand elle arrive sur scène pour la première fois, elle se fait directement alpaguée par la Fée Clochette qui lui courre après et se moque de ses propos. Le personnage de la Fée Clochette n’intervient qu’au début de la pièce, quand elle vient embêter l’Europe. Même si le personnage est drôle, son discours devient tout de suite un peu bateau dès qu’elle essaye d’avoir une analyse de la situation, en affirmant par exemple que « c’est la faute du capitalisme », ne disant rien ni de précis, ni de concret. L’Europe, quant à elle, a un propos bien plus approfondi. Par exemple, elle affirme que si le problème ne trouve pas de solutions, c’est car la mondialisation a transformé les individus en données, dans un monde tourné autour d’individus qui consomment. Dans ce genre de considération, les événements politiques majeurs comme l’élection de Trump ne tombent pas du ciel mais avaient des résonances bien avant en nous. La mise en scène accompagne le discours de cette deuxième séquence par les bruits de données et les personnages qui font mine de travailler avec des statistiques et des chiffres sur un tableau translucide. Dans ce passage, elle déconstruit la manière dont les institutions politiques essayent de se dédouaner de la situation en « os[ant] brouiller les pistes pour nous faire croire que nous sommes impuissants ».

    Mais l’Europe est aussi déclinée dans sa complexité par l’évocation de la lourdeur administrative à laquelle doivent faire face les migrants, ou par d’autres personnages comme celui du délégué européen aux affaires migratoires, qui rencontre Jumala dans un camp, femme exilée arrivée en Grèce et essayant de rejoindre la France. La force de la pièce est incarnée par ses grands personnages comme celui joué par l’autrice, qui rassemble dans son discours tous les schémas mentaux négatifs et xénophobes pouvant être entendu dans la vie quotidienne. Les exprimer sur scène dans la bouche même de l’Europe amène à lire entre les lignes la façon dont les institutions européennes s’occupent de la crise migratoire, tels que : « vous avez laissés vos enfants derrière vous ? Ah mais moi, pour rien au monde je laisserais mes gosses ! ». D’ailleurs, quand on demande à Jumala pourquoi la France, et qu’elle répond « Liberté, égalité, fraternité », des rires se font entendre dans la salle.

    « Ce bateau, je lui avais donné une civilisation » dit un exilé ayant survécu au naufrage de Lampedusa, au début de la pièce .

    D’ailleurs, ce personnage féminin est une autre figure forte de la représentation. Par elle se décline le parallélisme à la Résistance. Par elle, le public découvre l’organisation des passeurs et des réseaux qui font passer les individus d’un pays à un autre. Pendant qu’elle parle de la force dont font part les migrants pour traverser l’Europe, elle interpelle l’administration européenne en côtoyant pendant quelques jours un délégué aux affaires migratoires, qu’elle met face à face avec la réalité, et qui lui aussi incarne les complexité des rapports entre les uns et les autres.

    En sommes, les points abordés sont parfois très intéressants, comme ceux évoqués par l’Europe ou part la relation entre Jumala et le délégué européen, mais l’autrice aurait pu réellement approfondir d’autres aspects de la crise migratoire bien moins connus du grand public, comme les différents réseaux de passeurs. Après le festival des Francophonies à Limoges, la pièce sera à découvrir à Paris en décembre à la MC93.


    https://toutelaculture.com/spectacles/theatre/le-pire-nest-pas-toujours-certains-parle-sans-politiquement-correct-

    #théâtre #art #migrations #frontières #asile #migrations #parcours_migratoires #itinéraires_migratoires
    ping @isskein @reka @karine4

  • #Village_Global

    #Mazé, petite commune paisible…jusqu’à ce que le maire annonce la rénovation de la vieille chapelle… dans le but d’accueillir des réfugiés ! Les réactions ne tardent pas. Bien décidés à s’opposer à cette décision, certains habitants fondent le #G.R.I.N.C (#Groupe_de_Résistance_à_l’Invasion_de_Nos_Campagnes) tandis que d’autres organisent l’#accueil…Toute ressemblance, ou similitude avec des personnages et des faits existants ou ayant existé, ne serait que pure coïncidence !


    http://steinkis.com/village-global-3-99.html

    Dans le livre, il y a des #cartes intéressantes, qui représentent les #itinéraires_migratoires :

    #BD #asile #migrations #réfugiés #France #préjugés #rural #campagne #accueil #livre #parcours_migratoires

    ping @karine4 @reka @isskein @fbahoken

  • Dozens of migrants in a wooden canoe rescued off Canary Islands

    Dozens of African migrants attempting to reach the Canary Islands in a battered wooden canoe were rescued in waters off the Spanish archipelago on Thursday, emergency services said.

    The 37 migrants, including a child, were rescued by the Spanish coastguard six miles off the island of Gran Canaria after attempting to make the dangerous crossing from North Africa, the Canary Islands emergency services said on Twitter.

    The sub-Saharan migrants were all male, they added.

    While migrant arrivals in Spain as a whole, as of mid-September are down 46% compared to the same period last year, the Canary Islands have seen a 37% rise, according to data from Spain’s Interior Ministry.

    Crossing to the islands, located in the Atlantic Ocean off the Moroccan coast, has become a dangerous route for migrants. Dozens died last year attempting to make the crossing, according to the U.N. International Organization for Migration.


    https://www.reuters.com/article/us-europe-migrants-spain/dozens-of-migrants-in-a-wooden-canoe-rescued-off-canary-islands-idUSKBN1WB1

    #migrations #asile #réfugiés #routes_migratoires #parcours_migratoires #îles_Canaries #Canaries

  • "Je réessaierai" : l’Albanie devenue étape pour les migrants

    Après la fermeture dite de la « route des Balkans » début 2016 puis le renforcement des contrôles par la Macédoine du Nord, la Serbie et la Croatie, ce pays pauvre d’Europe du sud-est est devenu un point de passage de migrants. Après le Monténégro, parfois la Bosnie, ils tentent de rejoindre l’Union.

    https://www.courrierinternational.com/depeche/je-reessaierai-lalbanie-devenue-etape-pour-les-migrants.afp.c
    #Albanie #parcours_migratoire #Balkans #route_des_Balkans

  • Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • Channel migrants: Two boats found after 86 attempted crossing

    Two boats carrying 21 migrants have been intercepted off the Kent coast after a record 86 made the crossing in one day.

    One man was airlifted to hospital from a dinghy which was carrying 13 people, including three children.

    A second vessel carrying eight men was intercepted and taken to Dover.

    Eighty-six people were detained by Border Force on Tuesday. It is thought to be the highest number of migrants to make the crossing in one day.

    https://www.bbc.com/news/uk-england-kent-49662172
    #frontières #Angleterre #UK #France #migrations #asile #réfugiés #Manche

    #statistiques #chiffres


    https://twitter.com/ElisaPerrigueur/status/1171873291470016515/photo/1
    #routes_migratoires #parcours_migratoires

    • A l’annonce de l’évacuation du camp de Grande Synthe, 1100 personnes, majoritairement Kurdes et iraniennes, s’ajoute celle de 600 autres personnes à Calais, imminente également. Aujourd’hui un migrant a également tenté de partir en Kayak depuis Gravelines.

      https://twitter.com/ElisaPerrigueur/status/1171878005314138113
      Un migrant en kayak secouru dans la Manche alors qu’il tentait de rallier la Grande-Bretagne


      https://www.ouest-france.fr/monde/migrants/un-migrant-en-kayak-secouru-dans-la-manche-alors-qu-il-tentait-de-ralli

    • Près de 80 migrants interceptés dans la Manche en une matinée

      De plus en plus de migrants, Iraniens pour la plupart, n’hésitent pas à traverser la Manche vers l’Angleterre. Les patrouilleurs français et britanniques ont intercepté 79 personnes sur six petits navires, dont un en détresse, dans la matinée de mardi.

      Les traversées de masse se multiplient dans la Manche, malgré l’hiver et les températures glaciales de l’eau. Au moins 79 migrants ont été secourus sur six embarcations distinctes par les patrouilleurs français et britanniques sur la seule matinée de mardi 17 décembre. Les migrants interceptés sont majoritairement Iraniens, Irakiens et Ousbeks.

      Début décembre, 79 autres migrants avaient tenté la traversée de la Manche depuis les côtes françaises sur une même journée, embarqués sur cinq petits bateaux. Ils avaient été arrêtés par les autorités britanniques après avoir été secourus en mer pour la plupart.

      Ce lundi, dix migrants sur une embarcation pneumatique ont été secourus côté français au large de Calais, par la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Après avoir alerté le Samu, ils ont dû attendre deux heures avant de pouvoir être localisés et pris en charge. À bord du bateau, se trouvaient quatre mineurs. Les rescapés sont tous "sains et saufs", a indiqué la préfecture. Une fois à terre, ils ont été confiés à la police de Boulogne-sur-Mer.

      69 migrants, dont 10 mineurs arrêtés par les Britanniques

      Côté britannique, ce sont 69 migrants qui ont été interceptés en quelques heures seulement, dans la nuit de lundi à mardi.

      D’après le Home office britannique (ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni), cité par Sky News, une première embarcation transportant huit migrants iraniens a été stoppée par les patrouilleurs britanniques à 0h45. Trois heures plus tard, 18 personnes, dont deux femmes et deux enfants, ont été secourues sur un second bateau. Leur nationalité n’a pas encore été déterminée pour l’heure.

      Neuf Iraniens, transportés sur une troisième embarcations ont, quant à eux, été interceptés au petit matin vers 5h10. Deux mineurs figurent parmi les migrants à bord.

      Pas moins de vingt minutes plus tard, ce sont 23 personnes embarquées sur un quatrième bateau qui ont été secourues. Les 14 hommes, cinq femmes et quatre mineurs à bord sont de nationalité iranienne, irakienne et ouzbek. Enfin une dernière embarcation avec neuf migrants iraniens à son bord, dont une femme et deux mineurs a été arrêtée par les patrouilleurs britannique vers 7h45.

      L’ensemble des migrants interceptés ont été examinés par du personnel médical avant d’être interrogés par les agents britanniques de l’immigration.

      Les autorités françaises critiquées

      Quelques heures après ces arrestations, la députée britannique de Douvres, Natalie Elphicke, a demandé à rencontrer le ministre britannique de l’Immigration pour exiger de nouvelles mesure de lutte contre l’immigration clandestine.

      "Les Français ont reçu des dizaines de millions de livres de l’argent durement gagné par les contribuables britanniques pour arrêter les départs illégaux depuis leurs côtes. Je veux savoir où est passé l’argent”, a-t-elle déclaré, critiquant la surveillance des départs en mer par les autorités françaises. "Parce que si beaucoup a été fait, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire”, a-t-elle ajouté.

      Londres et Paris ont renforcé depuis janvier 2019 leur coopération dans la lutte contre la multiplication des traversées clandestines de la Manche. Le Royaume-Uni s’est engagé notamment à financer l’achat de drones, de caméras à vision nocturne et de véhicules pour sept millions d’euros.

      Cette année, Londres a renvoyé près de 120 migrants qui sont entrés illégalement dans le pays par voie maritime.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/21636/pres-de-80-migrants-interceptes-dans-la-manche-en-une-matinee