• #Covid-19 : le dédoublement des classes au collège pourrait protéger les #parents
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/24/covid-19-le-dedoublement-des-classes-au-college-pourrait-proteger-les-parent

    Des épidémiologistes préconisent de tenir compte du risque accru de contamination des adultes dans les foyers abritant des collégiens.

    Tandis que les contaminations par le SARS-CoV-2 augmentent fortement, le rôle des #enfants et des adolescents dans la dynamique de l’épidémie de Covid-19 reste une question essentielle. Les mesures annoncées jeudi 18 mars par le gouvernement de dédoublement des lycées seront-elles suffisantes ? Depuis septembre, la France est parvenue à garder ses établissements ouverts, en imposant le port du masque dès l’école primaire et un mélange de présentiel et de distanciel au lycée.

    « Les écoles ne semblent pas constituer des amplificateurs de transmission : la circulation du virus en milieu scolaire reflète plutôt celle qui est observée au sein de la collectivité » , a indiqué le conseil scientifique dans son avis du 11 mars. Il s’appuie un éditorial publié dans le British Medical Journal , signé par plusieurs épidémiologistes dont le professeur Arnaud Fontanet (Institut Pasteur), membre du conseil scientifique. « Les enfants continuent de faire des formes plus légères de la maladie, et très peu d’études suggèrent que les enseignants seraient plus à risque que d’autres professions », résume Arnaud Fontanet.

    Mais concernant la transmission du virus, les choses varient selon l’âge, comme l’a montré Comcor, une étude que le professeur a conduite avec ses collègues de l’Institut Pasteur, à l’état de prépublication et régulièrement mise à jour. Le risque majeur est en effet que les enfants ramènent le virus au domicile, où il n’y a pas de mesures barrières, et qu’ils le transmettent à leurs parents et grands-parents, davantage sujets aux formes graves de la maladie – sans compter l’impact psychologique que cela peut avoir. Ainsi le fait d’avoir un collégien ou un lycéen ou un enfant gardé par une assistante maternelle accroît le risque pour les adultes du foyer d’être infectés de respectivement 27 %, 29 % et 39 %, souligne ce travail. Quand l’enfant est en maternelle, ce surrisque est de 15 %. Mais avoir un enfant en école primaire n’est pas, jusqu’alors, associé à un surrisque d’infection. « Il reste généralement admis que les enfants de moins de 10 ans sont 30 % à 50 % moins susceptibles d’être infectés, constate le professeur Fontanet. En revanche, les avis sont partagés sur la contagiosité. »

    L’arrivée du variant anglais, environ 60 % plus contagieux, qui devrait représenter 90 % des cas fin mars, pourrait changer la donne. La prochaine analyse, prévue courant avril, devrait éclairer les choses.

    Contagiosité accrue du variant anglais

    En attendant, les derniers chiffres inquiètent. Le nombre de contaminations augmente parmi les 12,4 millions d’élèves français : 15 484 ont été contaminés dans la semaine du 11 au 18 mars, contre 9 221 la semaine précédente, et 1 809 personnels (1 106 une semaine auparavant), selon https://www.education.gouv.fr/covid19-point-de-situation-du-vendredi-19-mars-2021-322762" target="blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre" >le dernier point de situation du ministère de l’éducation nationale. De même, le nombre de classes fermées a augmenté de 833 à 2018 en une semaine. Cette hausse est en partie imputable à la multiplication des tests salivaires (250 000 tests réalisés au soir du vendredi 20 mars) mais sans doute aussi à la contagiosité accrue du variant anglais. La situation est particulièrement tendue en Ile-de-France et Hauts-de-France.

    Au regard de la forte poussée épidémique, faut-il aller plus loin ? « Le dédoublement des classes, un jour sur deux ou une semaine sur deux, devrait également être discuté pour les collèges », préconise Arnaud Fontanet. Il propose aussi que les mesures mises en place en Ile-de-France et en Hauts-de-France le soient dans d’autres départements connaissant une poussée épidémique forte, et un taux d’occupation déjà élevé des lits de réanimation, « afin de tester leur efficacité qui repose sur l’adhésion des Français, le principal objectif étant d’éviter les réunions en lieu privé, à son domicile ou ailleurs, là où beaucoup d’infections ont lieu », rappelle-t-il. Quitte à y être moins strict sur la fermeture des commerces.

    Pour Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, « si on veut limiter drastiquement la circulation du virus, il n’y a pas d’autre solution qu’un confinement strict et la fermeture des écoles ». « L’école joue un rôle, c’est indéniable, la durée des contacts, leur nature, leur fréquence, constituent autant d’ingrédients pour la transmission du virus »_, explique le professeur Zureik.

    « Ne fermer les écoles primaires qu’en dernier recours »

    La France fait figure de quasi-exception en la matière. Car de nombreuses études mettent en évidence l’impact délétère de la fermeture des écoles sur la santé mentale des enfants et sur leur apprentissage, particulièrement pour les enfants du primaire de milieux défavorisés. « La balance bénéfices-risques penche clairement en faveur de l’ouverture des établissements scolaires », rappelait dans nos colonnes, le 17 mars, la pédiatre Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie (SFP). « Les situations de stress, d’anxiété, de syndrome dépressif, sévices sur enfants, sont en forte augmentation, d’où l’intérêt majeur à laisser les écoles ouvertes », renchérit le professeur Alexandre Belot, rhumato-pédiatre à l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Lyon, également membre de la SFP.

    Dans son dernier avis, le conseil scientifique préconise « de ne fermer les écoles primaires qu’en dernier recours » mais les laisser ouvertes doit s’accompagner « de mesures efficaces de réduction du risque ». Tous les observateurs demandent plus de dépistages ciblés. « Il faudrait s’inspirer d’autres pays comme le Royaume-Uni ou l’Autriche qui diffusent largement les #autotests : deux tests par semaine dans les écoles primaires, un par semaine dans le secondaire », préconise Arnaud Fontanet. Pour ralentir, voire casser les chaînes de transmission.

    Les syndicats déplorent un protocole sanitaire insuffisant [eh ben, depuis le temps...ndc]. « Le déni du ministre de l’éducation nationale [Jean-Michel Blanquer martèle que le virus circule peu à l’école] a retardé de plusieurs mois des mesures de protection nécessaires pour faire baisser la circulation du virus », regrette Mahmoud Zureik. Ce sont, par exemple, l’#aération, les #extracteurs_d’air, penser autrement les #cantines, etc. Un constat partagé par le collectif Du côté de la science, dont il fait partie. « L’objectif de laisser les écoles est noble, mais il faut s’en donner les moyens », tranche l’épidémiologiste.

    #Société_française_de_pédiatrie #conseil_scientifique #du_coté_de_la_science

  • Report 42 - Transmission of SARS-CoV-2 Lineage B.1.1.7 in England: insights from linking epidemiological and genetic data | Faculty of Medicine | Imperial College London
    https://www.imperial.ac.uk/mrc-global-infectious-disease-analysis/covid-19/report-42-sars-cov-2-variant

    The SARS-CoV-2 lineage B.1.1.7, now designated Variant of Concern 202012/01 (VOC) by Public Health England, originated in the UK in late Summer to early Autumn 2020. We examine epidemiological evidence for this VOC having a transmission advantage from several perspectives. First, whole genome sequence data collected from community-based diagnostic testing provides an indication of changing prevalence of different genetic variants through time. Phylodynamic modelling additionally indicates that genetic diversity of this lineage has changed in a manner consistent with exponential growth. Second, we find that changes in VOC frequency inferred from genetic data correspond closely to changes inferred by S-gene target failures (SGTF) in community-based diagnostic PCR testing. Third, we examine growth trends in SGTF and non-SGTF case numbers at local area level across England, and show that the VOC has higher transmissibility than non-VOC lineages, even if the VOC has a different latent period or generation time. Available SGTF data indicate a shift in the age composition of reported cases, with a larger share of under 20 year olds among reported VOC than non-VOC cases. Fourth, we assess the association of VOC frequency with independent estimates of the overall SARS-CoV-2 reproduction number through time. Finally, we fit a semi-mechanistic model directly to local VOC and non-VOC case incidence to estimate the reproduction numbers over time for each. There is a consensus among all analyses that the VOC has a substantial transmission advantage, with the estimated difference in reproduction numbers between VOC and non-VOC ranging between 0.4 and 0.7, and the ratio of reproduction numbers varying between 1.4 and 1.8. We note that these estimates of transmission advantage apply to a period where high levels of social distancing were in place in England; extrapolation to other transmission contexts therefore requires caution.

    • L’hypothèse est que non seulement la variante britannique est beaucoup plus contagieuse (augmentation du R entre 0.4 et 0.7), mais que de plus elle touche nettement plus les jeunes.

      Ici un témoignage d’une matron (infirmière en chef ?) à Londres :
      https://twitter.com/bbc5live/status/1345006866829463552

      “It was minimally affecting children in the first wave... we now have a whole ward of children here.”

      https://video.twimg.com/amplify_video/1344998209962303488/vid/1280x720/vYkmEURfwU8x1Olj.mp4

    • Commentaires de Deepti Gurdasani :
      https://twitter.com/dgurdasani1/status/1344774555718590464

      The Imperial report on the new UK B117 strain is out. Very concerning findings, that highlight why we need to act on this now. These findings suggest that the situation within the UK is likely to get much worse than it is now. Here’s why-

      Un aspect du thread : la nouvelle variante est en train de se répandre principalement chez les jeunes scolarisés (10-19). Sans mesures fortes (fermeture des écoles), elle se répandra dans l’ensemble des tranches d’âge, et la situation déjà difficile en Grande-Bretagne deviendra catastrophique.

    • Thread de Nathan Peiffer-Smadja :
      https://twitter.com/nathanpsmad/status/1345079966728396803

      Pourquoi je suis très inquiet par la diffusion du variant #SARSCoV2 au Royaume-Uni ?

      – Une transmissibilité augmentée de 56% (CI 95% : 50-74%)
      – Des charges virales + importantes chez patients infectés
      (les 2 pouvant être liés !)

      Ce variant va fatalement arriver en France

      Notamment cette recommandation :

      Concrètement, selon ces travaux de modélisation, à confirmer et avec leurs limites, pour que prochaine vague soit moins meurtrière que la précédente au Royaume-Uni il faut

      – Vacciner 2 millions personnes/semaine
      – Confinement général avec toutes les écoles/collèges/lycées fermés

    • @kassem : oui pour les deux premiers référencement.

      Mais dans le thread de Deepti Gurdasani, la part des jeunes, ce n’est pas une comparaison, c’est le constat que la nouvelle variante, considérée comme beaucoup plus contagieuse, est désormais très répandue dans les tranches d’âges des moins de 20 ans, et pour l’instant plus faiblement chez les plus âgés.

      Et que donc si on ne fait rien elle gagnera l’ensemble des tranches d’âge en faisant des dégâts considérables en aggravant une situation déjà très dégradée.

    • COVID-19 : DES ÉPIDÉMIOLOGISTES ET PARENTS D’ÉLÈVES RÉCLAMENT UN REPORT DE LA RENTRÉE SCOLAIRE
      https://www.bfmtv.com/sante/covid-19-des-epidemiologistes-et-parents-d-eleves-reclament-un-report-de-la-r

      De nombreux pays européens ont en effet décidé de reporter la rentrée de quelques jours voire semaines. C’est notamment le cas dans plusieurs régions britanniques, mais aussi en Grèce, en Pologne, en Irlande, aux Pays-Bas et en Autriche. Et précisément ce que réclame le collectif de #parents d’#élèves Ecole et Familles oubliées qui déplore qu’aucun renforcement du protocole sanitaire n’ait été mis en place alors que le nouveau variant du virus « est officiellement déjà présent » sur le territoire français.

      « La rentrée en présentiel doit être décalée, pour permettre la mise en sécurité des établissements scolaires comme de nombreux scientifiques le demandent en France et comme le font la majorité des pays européens », écrivent les responsables du collectif.

      Le report du retour en classe permettra, selon eux, de réaliser un état des lieux sur la dangerosité de la nouvelle souche du virus et de l’impact des fêtes de fin d’année sur la progression épidémique, mais aussi d’élaborer « un protocole sérieux pour la réouverture des établissements » avec des effectifs réduits, une aération efficiente des locaux et le déploiement de tests salivaires.

      « Laisser l’épidémie à l’#école, c’est exposer la société toute entière. Et il faudra malheureusement payer collectivement le prix de cet attentisme, qui déjà en mars nous avait conduit à regarder tranquillement la Lombardie sans réagir » ; estiment-ils.

      #covid-19 #Antoine_Flahault et alii

  • Eurosurveillance | Secondary transmission of COVID-19 in preschool and school settings in northern Italy after their reopening in September 2020: a population-based study
    https://www.eurosurveillance.org/content/10.2807/1560-7917.ES.2020.25.49.2001911

    Schools in Reggio Emilia province, northern Italy, reopened on 1 September 2020 after a long period of closure due to lockdown and summer holidays. We conducted epidemiological investigations after reopening in 41 classes in 36 different educational settings in this province after the notification of an infection with severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2).

     
    The first wave of the coronavirus disease (COVID-19) pandemic hit the Reggio Emilia province (northern Italy, 530,000 inhabitants) in March and April 2020, reaching ca 0.9% cumulative incidence (0.4% for age < 50 years and 3.2% for age > 80 years) with a more than 15% fatality rate (0.2% for age < 50 years and 33.4% for age > 80 years) [1,2]. After 5 months of low incidence, the province began the second wave in October (Figure).

    Figure. Daily number of notified COVID-19 cases and deaths since the start of the epidemic in Italy, Reggio Emilia province, 27 February–10 November 2020 (n = 11,878 cases, n = 658 deaths)

    Graphique parlant que l’ajout du suffixe #.jpeg (qui fonctionne fort bien pour toutes sortes d’image non reconnues par seenthis) ne permet pas de faire apparaître ici :

    https://www.eurosurveillance.org/content/figure/10.2807/1560-7917.ES.2020.25.49.2001911.f1

    [...]
     
    Transmission within the schools of Reggio Emilia province, northern Italy, occurred in a non-negligible number of cases, particularly in the age group 10–18 years, i.e. in middle and high schools, while no secondary cases were detected in pre-school children, only one case in primary school and no secondary cases among teachers and staff. At least in the largest cluster that we reported, more prompt isolation and testing of classmates could have reduced virus transmission, suggesting the importance of timeliness in this setting.

    #covid-19 #école #enfants

    • Lockdown light, écoles, demi-classes, réduction des contacts, #vaccin et fin de pandémie. Podcast #68 du 8 décembre 2020 [partie 1], une traduction du podcast de Christian Drosten
      https://inf-covid.blogspot.com/2020/12/lockdown-light-ecoles-demi-classes.html

      (...) l’impression domine que la situation scolaire est sérieuse. Vous pouvez voir qu’il y a une incidence considérable dans les écoles. On doit simplement le reconnaître. [...] Nous avons de bonnes données d’Angleterre qui donnent un aperçu et qui disent que ce sont surtout dans les années après l’école primaire qu’il y a plus d’infections que dans la population normale. L’étude REACT-1 https://www.gov.uk/government/publications/react-1-study-of-coronavirus-transmission-october-2020-interim-results/react-1-real-time-assessment-of-community-transmission-of-coronavirus-covid-19-i, par exemple, le montre très clairement. Nous n’avons pas d’étude comparable en Allemagne. Mais il n’y a aucune raison de penser que ce serait différent ici qu’en Angleterre.
      [...]

      Il existe une étude intéressante menée par deux institutions de sciences sociales, l’Université Columbia et l’Université de Mannheim. [Social network-based strategies for classroom size reduction can help limit outbreaks of SARS-CoV-2 in high schools. A simulation study in classrooms of four European countries https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.11.30.20241166v1] (...) Les écoles sont des nœuds importants. Un cas à l’école est plus important pour la transmission dans la population qu’un cas dans d’autres groupes d’âge.

      [...] les écoles sont impliquées dans la grippe, mais c’est aussi un événement endémique. Et avec une infection pandémique, on s’attend à ce que si les écoles sont touchées, elles seront probablement plus importantes en proportion pour propager la maladie à la population. Je pense que c’est encore important dans la deuxième vague. Il faut clarifier cela à nouveau.

      Il existe une étude de simulation intéressante de ce groupe de travail qui traite précisément de cela. Que peut-on convenablement évaluer et recommander [pour] les écoles. Ils ont utilisé un ensemble de données empiriques très intéressant. À savoir les données des années précédentes, bien avant la pandémie. Des enquêtes sur les comportements de contact ont été réalisées dans les écoles d’Europe, notamment en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède. Le tout était centré sur la neuvième année, les 14 à 15 ans.

      [...] À un moment donné, il faudra ouvrir complètement. [...] La population se compose non seulement de patients à haut risque, mais aussi de l’économie et chacun doit faire valoir ses droits. Les événements ne seront plus empêchés ou le nombre de participants réduit. Bien entendu, les prochaines élections générales joueront également un rôle dans toutes ces tensions. Nous arriverons à un moment où les infections dans la population seront généralisées. Nous n’aurons jamais vu cela auparavant. En été, nous aurons alors un effet température qui nous profitera tout comme il l’a fait l’été dernier avec, remarquez, des mesures existantes. Nous sortirons alors de l’été et verrons également un grand nombre d’infections dans une population que nous n’avions pas encore. Dans la population en bonne santé, normale et plus jeune où il n’y a pas de facteurs de risque. Les enfants, par exemple, seront alors fortement infectés, tout comme leurs parents. Même les jeunes adultes qui ne présentent aucun facteur de risque. Nous verrons ensuite un autre type de patient dans les unités de soins intensifs en Allemagne. À savoir ceux qui, en pleine santé, ont développé de manière inattendue une forme sévère. Nous les voyons déjà maintenant, ils sont parfois déjà là. Ils seront alors en grand nombre. Et d’ici là, nous devrons certainement avoir quelque chose de prêt pour ces patients. À savoir de meilleures approches pharmaceutiques pour le traitement de la maladie grave chez ces patients sans risque.

      Bien entendu, la vaccination active se poursuivra alors et le processus de contaminations s’arrêtera de plus en plus, par une combinaison entre ceux qui ont été infectés et ceux qui ont été vaccinés. Mais pour ceux qui seront bêtement frappés, les préparations d’anticorps devront être mises à disposition, c’est-à-dire des mélanges d’anticorps monoclonaux, qui auront très certainement été approuvés. [...] On peut espérer que les prix seront complètement différents lorsque des quantités plus importantes seront demandées. Il faudra également progresser avec l’immunothérapie. Donc avec les substances. Ce ne sont parfois pas des anticorps bon marché qui peuvent influencer l’évolution inflammatoire sévère de la maladie dans la phase de traitement intensif. Ce qui, tout simplement, sauve les poumons. La recherche doit à nouveau s’intensifier. Ensuite, toute la chaîne de rapports politiques jusqu’au ministère de la Santé doit à nouveau s’en occuper. Les prochains problèmes sont déjà préprogrammés. On n’en parle pas encore en public, mais c’est clair pour moi. Je vais le dire ici maintenant, nous ne débarrasserons pas rapidement la population du risque au printemps en vaccinant les groupes à risque, puis en déclarant la pandémie terminée.

    • Fêtes de fin d’année : rater l’école pour mieux lutter contre le Covid
      https://www.liberation.fr/france/2020/12/14/rater-l-ecole-pour-mieux-lutter-contre-le-covid_1808679

      Dans une note publiée lundi soir, le #Conseil_scientifique recommande de ne pas pénaliser les absences scolaires des 17 et 18 décembre pour permettre aux enfants de se confiner avant Noël

      ... que faire des enfants scolarisés, eux, jusqu’au 18 décembre ? Pour le Conseil scientifique, la seule solution, c’est que l’Education nationale fasse preuve d’un peu de souplesse. Il faudrait « laisser une tolérance aux familles qui le peuvent et qui le souhaitent d’élargir de deux jours la période des vacances scolaires afin que l’autoconfinement d’une semaine soit également possible pour les enfants »

      Au Pays des Lumières éteintes, l’article ne relève aucun autre problème que celui que cela va poser aux parents....

      #yaourtpartoutcalciumnullepart

    • En début de semaine, le Groupe JP Vernant avait retouité un message avec la recommandation d’au minimum fermer les cantines cette semaine.

      Quand j’ai lu ça, la première chose que j’ai pensé, c’est : « Ah ben évidemment que non ils vont pas le faire : ce serait admettre qu’on se contamine dans les cantines… ».

      Sinon, puisqu’on en est désormais à admettre que les gamins se contaminent à l’école puis contaminent leurs familles, ça pose un nouveau souci pour Blanquer : s’il y a (comme assez largement prévu) un redémarrage de l’épidémie dans les prochaines semaines, qu’est-ce qu’on fait pour la rentrée scolaire ? On refait mine que les enfants ne contaminent personne et on reconfine tout le monde sauf les écoles ? On prétend qu’on a installé des purificateurs d’air invisibles dans toutes les classes pendant les vacances ?

    • Inferring the effectiveness of government interventions against COVID-19
      https://science.sciencemag.org/content/early/2020/12/15/science.abd9338

      Governments are attempting to control the COVID-19 pandemic with nonpharmaceutical interventions (NPIs). However, the effectiveness of different NPIs at reducing transmission is poorly understood. We gathered chronological data on the implementation of NPIs for several European, and other, countries between January and the end of May 2020. We estimate the effectiveness of NPIs, ranging from limiting gathering sizes, business closures, and closure of educational institutions to stay-at-home orders . To do so, we used a Bayesian hierarchical model that links NPI implementation dates to national case and death counts and supported the results with extensive empirical validation. Closing all educational institutions, limiting gatherings to 10 people or less, and closing face-to-face businesses each reduced transmission considerably. The additional effect of stay-at-home orders was comparatively small.

      #confinement #mesures_sanitaires

    • Nouvelle méthode de détermination de la prévalence en Angleterre : de l’école au lycée, contamination massive : REACT-1 round 7 updated report : regional heterogeneity in changes in prevalence of SARS-CoV-2 infection during the second national COVID-19 lockdown in England

      https://spiral.imperial.ac.uk/bitstream/10044/1/84879/2/REACT1_r7_FINAL_14.12.20.pdf

      #REACT

    • En tant que citoyens de la République française, nous avons décidé de faire une occupation citoyenne des quatre écoles maternelles et primaires du quartier du #Petit_Bard tant que les institutions compétentes ne mettront pas en place les conditions minimales qui garantissent l’égalité et donnent réellement les moyens à nos enfants de réussir. Nous voulons que les institutions entendent nos revendications et dire de façon pacifique que nous n’acceptons plus cette situation et que nous voulons que cela change pour l’intérêt et l’avenir de nos enfants, et enfin que les valeurs d’égalité s’appliquent aussi dans nos quartiers. Nous attendons des représentants de la République qu’ils démontrent vraiment leur volonté politique d’agir pour les valeurs républicaines et la mixité sociale et ethnique.

      C’est par ces mots que le #collectif des #parents_d’élèves du quartier du Petit Bard Pergola à #Montpellier interpelle par courrier le 19 juin 2015 la Ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem et le Président de la République François Hollande. Cette mobilisation débute en mai 2015, en réaction à une décision du Conseil départemental de l’Hérault, de modification de l’affectation des élèves dans les collèges proches du quartier. Cette décision est accusée d’aggraver la #ségrégation_scolaire. Elle atteint son apogée avec le chaînage des grilles des écoles du quartier durant dix-sept jours. Cinq années après, la mobilisation dans le quartier n’a pas cessé. Cet article revient sur son origine, ses modes opératoires, qui en font une mobilisation exemplaire dans la lutte contre les discriminations et la ségrégation scolaire. Elle illustre également les formes de mobilisation dans les #quartiers_populaires contre les mécanismes de relégation sociale et spatiale et l’inanité de l’action des pouvoirs publics, lorsque ces derniers n’en viennent pas à les réprimer à bas bruit (Talpin 2016).

      Une mobilisation collective inscrite dans la durée

      Ce qui caractérise la mobilisation du collectif des parents d’élèves du quartier du Petit Bard Pergola, c’est son inscription dans la durée. Le chainage des écoles en mai 2015 intervient à la suite de l’échec des négociations engagées depuis plusieurs semaines. Débute alors un véritable bras de fer institutionnel. Le collectif à l’origine de la mobilisation est une organisation informelle, émanation très souple des #habitants du quartier sans contours précis. Certains parents d’élèves s’y impliquent épisodiquement, d’autres de façon plus pérenne. Si certaines figures émergent plus que d’autres, il ne souhaite pas non plus se doter de portes paroles ou de leaders.

      Les modes d’action sont guidés par la recherche d’une certaine visibilité : prendre à témoin la presse, organiser des événements festifs sur le quartier, #manifestations de rue, etc. C’est ainsi qu’il parvient à enrôler nombre d’habitants, mais également les enseignants des quatre écoles maternelles et primaires du quartier. L’une de celles-ci devient d’ailleurs le quartier général de la mobilisation. Pendant que les enfants confectionnent les banderoles, les pères fabriquent les pancartes, les mères rédigent les slogans : « Tous des enfants de la République ». « Mixité sociale Bla, Bla ?? » « Non au ghetto oui à la mixité », « Apartheid social ». Au-delà du quartier, le collectif étend ses actions à l’ensemble de la ville de Montpellier : blocage des lignes du tramway, manifestations sur la place de la Comédie et devant le parvis de l’hôtel de ville.

      Par son ampleur, la mobilisation dépasse rapidement le cadre de la #ville. (...)

  • Mort·e·s et disparu·e·s aux frontières européennes : les États irresponsables désignent de nouveaux coupables, les parents !

    Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2020, un jeune père iranien assistait impuissant à la mort de son fils de 6 ans au cours de leur traversée en #mer pour rejoindre la #Grèce. Le lendemain, les autorités grecques décidaient de le poursuivre en justice pour « #mise_en danger_de_la_vie_d’autrui ». Il risque 10 ans de prison.

    Trois jours plus tard au #Sénégal, les autorités décidaient de poursuivre plusieurs personnes dont le père d’un jeune garçon de 14 ans décédé lors d’une traversée vers les #Canaries mi-octobre. En payant le passage de son fils, celui-ci serait coupable aux yeux des autorités « d’#homicide_involontaire et de #complicité_de_trafic_de_migrants ». Son procès s’ouvre mardi 1er décembre. Au Sénégal, deux autres pères sont également poursuivis pour « mise en danger de la vie d’autrui et #complicité_d’émigration_clandestine ».

    A la connaissance de nos organisations, c’est la première fois que des autorités publiques s’attaquent aux parents pour criminaliser l’aide à la migration « irrégulière », faisant ainsi sauter le verrou protecteur de la #famille. Il s’agit d’une forme de #répression supplémentaire dans la stratégie déployée depuis des années pour tenter d’empêcher toute arrivée sur le territoire européen, qui révèle jusqu’où peut aller le #cynisme quand il s’agit de stopper les migrations vers l’Union européenne (UE).

    Tandis que les routes migratoires deviennent toujours plus dangereuses en raison de la multiplicité des entraves et des mesures de contrôles le long des parcours, l’UE, ses États et les États coopérant avec elle ne cessent de se dérober de leur #responsabilité en invoquant celles des autres.

    Tout d’abord celle des « #passeurs », terme non-défini et utilisé pour désigner toute une série d’acteurs et d’actrices intervenant sur les routes migratoires jusqu’à s’appliquer à toute personne ayant un lien avec une personne en migration. Ainsi, le « passeur » peut prendre une multitude de visages : celui du trafiquant exploitant la misère à celui du citoyen·ne solidaire poursuivi·e pour avoir hébergé une personne migrante en passant par les personnes migrantes elles-mêmes. Dans leur diversité, l’existence même de ces acteurs et actrices qui viennent en aide aux personnes migrantes dans le passage des frontières est une conséquence directe des politiques restrictives des États, qui rendent leur aide ou leurs services nécessaires.

    Les « passeurs », pointés du doigt et coupables tout désignés des drames aux frontières, ont ainsi constitué un bon #alibi pour les États dans le #déni de leurs responsabilités. Les actions de lutte contre « les passeurs » ont été présentées comme le meilleur moyen pour « sauver des vies » dès 2015, comme en atteste l’opération maritime militaire européenne, #EUNAVfor_Med, visant à l’identification, la saisie et la destruction des embarcations utilisées par les « passeurs ». Loin de « #sauver_des_vies », cette opération a contribué à un changement de pratique des personnes organisant les traversées en Méditerranée : aux gros bateaux en bois (risquant d’être saisis et détruits) ont été préférés des bateaux pneumatiques peu sûrs et moins fiables, mettant encore plus en danger les personnes migrantes et compliquant les opérations de sauvetage. Bien que ces conséquences désastreuses aient été relevées par de nombreux·ses observateur·ice·s, la stratégie de l’UE et de ses États membres n’a nullement été remise en cause [1].

    Autres « #coupables » désignés par les États comme responsables des arrivées sur le sol européen et des drames en Méditerranée : les ONGs de #sauvetage. Tandis que ces dernières tentent de pallier depuis 2015 le manque d’intervention des États en matière de sauvetage en mer, elles subissent depuis 2017 des pressions et des poursuites judiciaires pour les dissuader d’intervenir : refus d’accès aux ports européens pour débarquer les personnes sauvées, saisies des navires, poursuites des capitaines et équipages pour « aide à l’immigration irrégulière » et même « collusion avec les passeurs », etc. Au mépris de l’obligation internationale du secours en mer des navires en détresse, les États membres criminalisent le sauvetage en Méditerranée lorsque celui-ci concerne des personnes en migration.

    Aujourd’hui, pour contourner les mesures de #blocage des personnes migrantes, les routes migratoires se déplacent à nouveau loin des côtes méditerranéennes et les naufrages se multiplient au large des îles Canaries, comme c’était le cas en 2006. Pourtant, l’Union européenne, ses États membres et les États de départ avec qui elle collabore n’interrogent toujours pas les conséquences désastreuses des politiques qu’ils mettent en œuvre.

    Cette logique de #déresponsabilisation des États pour le sort des personnes migrantes et de #criminalisation de celles et ceux qui leurs viennent en aide est aujourd’hui poussée à son comble puisque désormais ce sont des parents, déjà accablés par la perte de leur enfant, qui sont poursuivis et pointés du doigt comme responsable de ces drames. Tandis qu’à l’inverse, les acteurs étatiques et paramilitaires intervenant dans le contrôle des frontières, en particulier l’agence européenne #Frontex, jouissent d’une parfaite #impunité.

    Cette évolution alarmante de la criminalisation des personnes exilées, de leur famille et des solidarités qui se mobilisent autour d’elles cachent en réalité très mal les responsabilités des États dans les drames sur les routes migratoires. Les disparitions et décès aux frontières ne sauraient être uniquement attribués à des « passeurs sans scrupule », des « ONG irresponsables » et des « parents inconscients des risques ». L’Union européenne et les États doivent prendre la mesure des conséquences des politiques migratoires à l’œuvre. C’est bien le durcissement de la règlementation, la sophistication des contrôles aux frontières ainsi que la multiplication des instruments de coopération dans le domaine des migrations rendant le franchissement des frontières toujours plus difficile, qui est à l’origine du développement d’un « business » du passage et des décès et disparitions qui en découlent.

    http://www.migreurop.org/article3011.html

    #parents #père #criminalisation_de_la_migration #décès #mort #mourir_aux_frontières #migrations #asile #réfugiés #frontières #culpabilité

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    Sur l’incrimination du père iranien pour les événements en #mer_Egée :
    https://seenthis.net/messages/885779

    ping @isskein @karine4 @_kg_ @reka

    • Le procès de trois pères ayant aidé leurs enfants à émigrer divise le Sénégal

      Trois pères de famille sont poursuivis au Sénégal pour avoir fait embarquer leurs enfants sur des pirogues à destination de l’Europe. L’un de ces jeunes, mineur, est décédé en mer fin octobre : il s’appelait Doudou et rêvait de devenir footballeur. Le jugement est attendu ce mardi à Mbour, à une centaine de kilomètres au sud de Dakar. Le procureur a requis 2 ans de prison.

      Des pères de famille sur le banc des accusés. Ils sont jugés pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « complicité de trafic de migrants ». Depuis quelques mois, les départs reprennent de plus belle, depuis les plages de Mbour, Dakar ou encore Saint-Louis. Des dizaines de candidats au voyage entassés sur des pirogues surchargées qui tentent de rejoindre l’Espagne en dépit de conditions météo difficiles dans l’Atlantique en cette période de l’année. Des embarcations qui prennent l’eau. Des moteurs en surchauffe. Les pêcheurs ramènent des corps. Les récits dramatiques se succèdent dans les journaux.

      Pour le procureur, ceux qui ont laissé partir leurs enfants dans ces conditions ont fait preuve de grave négligence en organisant leur voyage. Le jeune Doudou Faye a trouvé la mort en mer. Son père avait payé un passeur 250 000 FCFA (un peu moins de 400 euros). Il n’a pas parlé de ce projet à la mère de l’adolescent. Une affaire qui a suscité émotion et indignation au Sénégal, et à l’étranger.
      Naufrages

      Des jeunes, mineurs, qui embarquent à destination de l’Europe avec des rêves plein la tête, Moustapha Diouf en a connu beaucoup. Président de l’AJRAP, l’association des jeunes rapatriés de Thiaroye sur Mer près de Dakar, il a lui-même fait la traversée en pirogue en 2006, vers les îles Canaries. « Depuis une quinzaine d’années maintenant, il y a des parents qui poussent leurs enfants à partir » explique-t-il.

      Moustapha Diouf est lui-même père de famille. Quand il évoque le cas de Doudou, il ne peut s’empêcher de penser à son fils de 14 ans. « La tempête, le froid, le manque d’eau, c’est insoutenable », se souvient-il avant d’ajouter : « Vous voyez ce qui se passe ici ? On ne peut pas retenir les gens… Il y a beaucoup de lassitude. On est fatigué. On nous parle de l’émergence au Sénégal, mais nous, nous ne sommes pas parvenus à émerger ». Lors de son procès, le père de Doudou Faye a dit « regretter » son acte. Ses avocats affirment que ce père « avait l’espoir d’un avenir meilleur pour son enfant, et qu’il puisse aussi aider sa famille ». Pour la défense, ces pères ne sont « pas des coupables, mais bien des victimes ». Des avocats qui disent « ne pas comprendre la nouvelle stratégie du parquet »
      Un procès pour dissuader ?

      Jusqu’à présent, les autorités sénégalaises s’employaient surtout à démanteler les réseaux de passeurs, et à interpeller de temps à autre les migrants qui voulaient monter à bord, ou ceux qui organisaient les départs à terre. Pour le sociologue Aly Tandian, professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis et directeur de l’Observatoire sénégalais des migrations, « viser » directement les familles des candidats à l’immigration est une première.

      « Le Sénégal s’est engagé dans une politique répressive, ce procès est destiné à alerter et clarifier la position du Sénégal. On a pu entendre des critiques dénonçant la quasi absence des autorités et leur incapacité à résoudre le problème, donc ce procès est une réponse forte apportée par l’État » conclut-il.
      L’État rejette toute responsabilité

      Interpellée lors d’une conférence de presse fin novembre, la ministre de la Jeunesse préfère pointer du doigt la « pression sociale ». Pour Néné Fatoumata Tall, les exigences sont fortes vis-à-vis de la jeunesse « dans leurs quartiers, dans leurs maisons ». Elle en appelle au sens de la responsabilité. Selon elle, il faut que les familles arrêtent de dire tous les jours à leurs enfants « que telle personne (partie à l’étranger) a réussi à construire un immeuble pour ses parents, alors qu’il n’est pas mieux élevé que toi (resté au pays). Ces mots reviennent souvent dans les foyers et c’est une pression insupportable », affirme la ministre.

      Pour le sociologue Aly Tandian, mettre en cause les familles ne conduira pas à enrayer le phénomène : « Faut-il s’engager dans cette logique d’épicier ? Ce n’est pas faire un procès aux parents qui va sensibiliser les populations. Il faudrait plutôt essayer de comprendre les causes profondes, et apporter une réponse ». Selon lui, « la logique sécuritaire a déjà suffisamment montré ses limites ». Les pères des jeunes migrants risquent donc deux ans de prison ferme. Mais pour le directeur de l’Observatoire sénégalais des migrations, ils ont de toute façon « déjà été condamnés aux yeux de la communauté ».

      https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201207-le-proc%C3%A8s-de-trois-p%C3%A8res-ayant-aid%C3%A9-leurs-enfants-%C3%A0

    • Immigration : les pères de migrants sénégalais condamnés à une peine inédite

      Trois pères de famille ont été jugés, mardi 8 décembre, au Sénégal pour avoir facilité et payé le trajet illégal de leurs fils en pirogue à destination des Canaries. Un procès qui illustre la nouvelle stratégie du gouvernement sénégalais pour tenter d’enrayer les départs illégaux vers l’Europe.

      C’est une première au Sénégal. Trois pères de famille ont été condamnés à une peine de prison d’un mois ferme et de deux ans avec sursis pour avoir payé un passeur pour que leur fils parte en pirogue aux îles Canaries. Reconnus « coupables pour mise en danger de la vie d’autrui », ils ont cependant été relaxés pour le « délit de complicité de trafic de migrants » par le tribunal de grande instance de Mbour, au sud de Dakar.

      « Depuis 2005, il existe une loi qui punit de cinq à dix ans d’emprisonnement et prévoit une amende de 1 à 5 millions de F CFA (de 1 520 € et 7 600 €) toute personne participant à la migration illégale. Mais jusqu’à présent, il était surtout question de punir les passeurs et les facilitateurs. C’est la première fois que les parents des candidats au voyage sont poursuivis et condamnés en justice », souligne Aly Tandian, sociologue et directeur de l’Observatoire sénégalais des migrations.

      Parmi les condamnés, Mamadou Lamine Faye. Il a versé 250 000 F CFA (environ 400 €) pour que son fils, Doudo, âgé de 14 ans, puisse partir aux Canaries. La mort de l’adolescent, plus jeune passager de l’embarcation qui a fait naufrage le 26 octobre dernier, a ému la population sénégalaise. « J’ai vraiment été choqué par cet acte irresponsable. Les conditions de vie peuvent être très difficiles ici, mais elles ne doivent pas servir d’excuse pour envoyer un innocent à la mort. Ce n’est pas à l’enfant de ramener de l’argent pour sa famille ! », s’emporte Simal, père de trois enfants.

      Ces dernières semaines, les naufrages de pirogues se sont succédé, ainsi que le nombre de disparus et de décès en mer, suscitant une vive émotion dans la population. En réponse à ces drames, une nouvelle stratégie, plus répressive, a été adoptée par le gouvernement sénégalais pour tenter de stopper le flux de départs vers l’Europe.

      Une orientation qui divise la population. « Les familles participent au départ des jeunes : certaines mamans vendent leurs bijoux pour réunir la somme à payer et les parents poussent leur enfant à partir. S’ils savent qu’ils risquent la prison, peut-être que ça les fera réfléchir, surtout en région où la pression est immense », rapporte Souleymane, jeune Dakarois qui a lui-même fait la traversée illégalement en 2006, sans que sa famille ne le sache et qui a été intercepté par les garde-côtes espagnols.

      À Mbour, ville de pêcheurs particulièrement touchée et qui a vu plusieurs de ses jeunes mourir en mer ces derniers temps, Ousmane Wade Diop, un militant de la société civile, pense que cette décision de justice va calmer les gens un temps seulement : « Ils auront peur des conséquences, mais cela ne les empêchera pas de continuer… en cachette. Il y a un sentiment de désespoir trop profond, une trop grande frustration », regrette-t-il.

      Cette gestion sécuritaire de la migration est décriée par le sociologue Aly Tandian. Il la juge trop répressive. Et il y voit surtout un moyen pour l’État de réaffirmer son engagement dans le dossier migratoire, alors qu’il était accusé par la population d’un certain immobilisme.

      Si les avis divergent sur le procès, tous soulignent la nécessité de résoudre les causes des départs. Les racines du mal que sont le chômage et la pauvreté sont pointées du doigt. « La pêche et le tourisme sont les deux mamelles de la région de Mbour mais actuellement, ces secteurs ne fonctionnent plus à cause du Covid-19 tandis que les accords de pêche conclus avec l’Union européenne privent les pêcheurs de leur travail », insiste Wade Diop.

      Aussi, de nombreux Sénégalais doutent de l’impact du procès sur des populations aux prises avec d’autres préoccupations du quotidien, comme le juge Aly Tandian : « La migration n’est pas un phénomène, c’est un fait social, explique-t-il. Les départs n’ont jamais cessé, c’est la médiatisation qui avait diminué. La population est tout à fait consciente des risques, elle est même surinformée ! Mais tant que ses attentes, c’est-à-dire de l’emploi, ne seront pas remplies, les départs continueront. »

      https://www.la-croix.com/Monde/Immigration-peres-migrants-senegalais-condamnes-peine-inedite-2020-12-09-1

  • –-> Les autorités grecques arrêtent et poursuivent un réfugié afghan, le père d’un enfant mort noyé pendant la traversée depuis la Turquie, pour « #mise_en_danger de l’enfant. »
    https://twitter.com/EricFassin/status/1326088902839504903

    Greek authorities arrest father of dead migrant child

    Greek authorities have arrested a migrant whose son died while attempting to reach a Greek island from the nearby Turkish coast on suspicion of endangering a life, a crime that could carry a penalty of up to 10 years in prison.

    The 25-year-old man and his 6-year-old son, both Afghans, were among a total of 25 people who were found on the shores of the eastern Aegean island of Samos early Sunday. The coast guard said the body of the 6-year-old boy was found with one woman on a part of the coast that was particularly difficult to access, while the others were found in small groups elsewhere.

    According to the coast guard, the migrants said they had come across from the Turkish coast in a dinghy. Authorities said it was unclear what had happened to the boat, and exactly how the child had died.

    The coast guard said Monday a 23-year-old who had been identified as having driven the boat was arrested on suspicion of migrant smuggling, while the boy’s 25-year-old father was arrested on suspicion of violating endangerment laws. The endangerment of a person which leads to death can result in a prison sentence of up to 10 years.

    Greece is one of the most popular routes for people fleeing conflict and poverty in the Middle East, Asia and Africa and hoping to enter the European Union. The vast majority make their way to eastern Greek islands from the nearby Turkish coast.

    Although the distance is small, the journey is often perilous, with smugglers frequently using unseaworthy and vastly overcrowded boats and dinghies that sometimes capsize or sink.

    Although it is common for Greek authorities to arrest whoever is identified as having steered a migrant vessel to Greece, in the cases of shipwrecks it is rare for the surviving parents of children who die to be charged with criminal offences.

    “These charges are a direct attack on the right to seek asylum and it is outrageous that a grieving father is being punished for seeking safety for him and his child,” said Josie Naughton, founder of the aid organization Help Refugees/Choose Love.

    “Criminalizing people that are seeking safety and protection shows the failure of the European Union to find a solution to unsafe migration routes that forced thousands to risk their lives to seek protection,” Naughton said.

    Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistributed without permission.

    https://www.washingtonpost.com/politics/courts_law/greek-authorities-arrest-father-of-dead-migrant-child/2020/11/09/1b9ff304-229d-11eb-9c4a-0dc6242c4814_story.html

    #Grèce #réfugiés #asile #migrations #fermeture_des_frontières #décès #mort #responsabilité #honte #réfugiés_afghans #justice (sic) #père #parents

    Je ne sais pas quels tags utilisé pour cette nouvelle... on touche tellement le fonds...

    ping @kaparia

    • Grèce : le père de l’enfant mort en mer arrêté pour « #mise_en_danger_de_la_vie_d’autrui »

      Les autorités grecques ont arrêté le père de l’enfant mort lors de la traversée de la mer Égée sur une embarcation de fortune. Cet Afghan de 25 ans est accusé de « mise en danger de la vie d’autrui » et risque jusqu’à 10 ans de prison.

      Un Afghan de 25 ans, père de l’enfant de six ans dont le corps a été retrouvé dimanche en mer Égée, a été arrêté par les autorités grecques. Le père et son fils avaient embarqué sur une embarcation de fortune, composée de 23 autres personnes, depuis les côtes turques dans le but de rejoindre les îles grecques.

      Il risque jusqu’à 10 ans de prison. C’est à notre connaissance la première fois que le parent d’un enfant mort lors d’une traversée de la mer est inculpé. Cette arrestation, inédite, inquiètent les ONG.
      « Attaque directe contre le droit de demander l’asile »

      « Cette accusation est une attaque directe contre le droit de demander l’asile. Il est scandaleux qu’un père en deuil soit puni pour avoir cherché la sécurité pour lui et son enfant », a réagi à l’AFP Josie Naughton, fondatrice de l’organisation humanitaire Help Refugees / Choose love.

      « La criminalisation des personnes qui recherchent une protection montre l’échec de l’Union européenne à trouver une solution aux routes migratoires dangereuses », a ajouté la militante.

      Le Conseil européen pour les réfugiés et exilés a pour sa part estimé que « cette nouvelle tragédie montre la nécessité urgente de trouver des voies sûres et légales » permettant aux demandeurs d’asile de rejoindre l’Europe en toute sécurité.
      Un autre passager arrêté pour trafic de migrants

      Selon les autorités, le corps du petit garçon a été découvert sur une partie de la côte difficile d’accès, avec une femme rescapée à ses côtés.

      Les raisons de ce naufrage sont pour l’heure encore floues, ont affirmé les garde-côtes grecs, tout comme les circonstances ayant entraînées la mort de l’enfant de six ans.

      Les passagers de ce canot avaient dans un premier temps été portés disparus. Une partie d’entre eux ont été retrouvés dimanche sur les rives de l’île de Samos, Dix personnes ont été secourues non loin de l’île grecque et six autres ont réussi à rejoindre les côtes à la nage.

      Un jeune de 23 ans, identifié comme le capitaine du bateau, a quant à lui été arrêté pour trafic de migrants.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/28411/grece-le-pere-de-l-enfant-mort-en-mer-arrete-pour-mise-en-danger-de-la

  • On est plusieurs ici à pouvoir témoigner : il ne faut jamais rien commiter sur git.spip.net quand on est bourré.

    Ça d’accord, ça semble assez évident. Mais écrire une fausse lettre de la Fée des dents, complètement bourré, ça, est-ce qu’on peut ? (TLDR : on peut, mais on devrait pas.)

    #parents_indignes

  • #Déconfinement_sélectif et #expérimentations_sanitaires : la #colère et le #dégoût

    La décision présidentielle de rouvrir les #écoles, #collèges et #lycées le 11 mai n’a dupé personne, que ce soit parmi les professeurs ou ailleurs : ce dont il s’agit, ce n’est pas de pallier les #inégalités_scolaires qu’engendrerait l’arrêt des cours, ce qui est l’argument officiel, mais tout bonnement de remettre les #parents au #travail. Que cette décision intervienne deux jours après les déclarations du président du #Medef invitant les #entrepreneurs à « relancer l’activité » sans plus attendre n’a sûrement rien d’un hasard du calendrier.

    Selon la méthode désormais classique des interventions présidentielles, le ministre #Blanquer est intervenu le lendemain pour « préciser les modalités » de cette #réouverture. Est alors apparu le caractère fonctionnel de ce qui pouvait n’être qu’un effet de discours parmi d’autres : la réouverture des écoles ne se fera pas d’un seul coup le 11 mai, mais d’abord dans les #quartiers_populaires et les #régions_rurales. La communication ministérielle joue elle aussi sur la corde compassionnelle, voire #humanitaire : « le premier critère est d’abord social, les publics les plus fragiles ».

    C’est donc ces « publics les plus fragiles » qui auront la chance de reprendre le travail en premier. Les autres, les moins fragiles, c’est-à-dire les plus favorisés, c’est-à-dire ceux qui télétravaillent actuellement depuis leur résidence secondaire en Dordogne pourront garder leurs enfants chez eux et rester à l’abri du virus. Entre ces deux catégories, tout un tas de gens se demandent encore à quelle sauce ils vont être mangés.

    Il est intéressant de noter que ce sont précisément ces « #publics_les_plus_fragiles » qui se trouvaient déjà être au travail, que c’est parmi ces « publics » que se trouvent ceux pour lesquels la période du confinement n’aura jamais signifié un arrêt de l’activité. La différence est qu’il s’agit là de poser les condition d’une réouverture générale de cet indispensable vivier de #main-d’œuvre bon marché que sont les quartiers populaires, de remettre tout le monde au travail.

    C’est donc encore une fois sur les plus pauvres que la #politique_compassionnelle toute particulière du gouvernement va venir s’abattre, comme un fléau supplémentaire.

    Cette politique peut et doit se lire à plusieurs niveaux, puisque ce qui caractérise toute crise véritable de la totalité capitaliste c’est son existence simultanée à tous les niveaux de cette totalité. Ici, il s’agit d’une #crise_sanitaire qui existe dans ses effets comme dans la gestion de ceux-ci aux niveaux politique, économique, social, etc.

    Les considérations d’ordre purement sanitaires sont alors intégrées à la chaîne des décisions politiques, à leur niveau particulier, et conditionnées à la logique d’ensemble de ces décisions, qui est d’ordre économique et social. La #recherche_scientifique elle-même intervient à son niveau dans la production des savoirs permettant de formuler les doctrines, les thèses étant sélectionnées non tant en raison de leur rigueur que de leur utilité pratique dans les décisions qui fondent l’action de l’Etat. Le but étant de préserver l’ordre économique et social, c’est-à-dire prioritairement, dans le cas qui nous concerne, de relancer l’#activité_économique sur laquelle repose l’ensemble social.

    Mais s’il s’agit bien, d’un point de vue économique, de remettre les gens au travail, et en particulier les plus pauvres, qui sont aussi ceux dont le travail ne peut se faire par internet, qui doivent mettre les mains à la pâte et au mortier, cette remise au travail n’est pas dépourvue d’arrière-pensées d’ordre sanitaire, qui ne sont pas sur la vie des prolétaires d’un meilleur effet que les considérations purement économiques.

    Ces arrière-pensées ne sont pas mises en avant dans les discours du gouvernement, puisque le discours public reste aujourd’hui celui de « la santé d’abord », ce que tout le monde entend comme la santé de chacun. Le problème est que la « santé » qui est contenue dans le terme « sanitaire » n’a pas le même sens pour nous en tant qu’individus que pour l’Etat qui se trouve être en charge de sa gestion : il s’agit alors de « santé publique », ce qui est d’un tout autre ordre que la santé tout court, celle que l’on se souhaite pour la nouvelle année. Dans cette optique, la santé publique est une chose toute différente de l’activité qui a pour finalité de soigner des gens. Les soignants font l’expérience quotidienne de cette différence. Pour eux comme pour les malades, et pour tous ceux qui doivent travailler quotidiennement au risque de contracter et transmettre le virus, ce sont tout autant les défaillances bien réelles de la gestion sanitaire de la crise qu’il nous faut redouter, que la pleine prise en charge de cette même gestion.

    En l’occurrence, pour l’Etat français, la doctrine officielle reste celle mise en œuvre par l’Etat chinois (qui s’embarrasse moins de discours compassionnels), qui est aussi préconisée par l’OMS et par son propre Conseil scientifique : celle du confinement des populations. Le virus circulant à travers les contacts individuels, il s’agit de limiter ces contacts. L’autre doctrine est celle de l’immunité collective, qui reste cependant valable, mais à condition de disposer des vaccins nécessaires, comme pour une grippe ordinaire ; on vaccine les plus fragiles, on laisse le virus courir dans le reste de la population, qui finit par s’immuniser à son contact répété. En revanche, sans vaccin ni traitement efficace, si on laisse courir le virus en espérant obtenir une immunité de masse, il faut s’attendre selon les projections, à un bilan de 40 à 80 millions de morts à l’échelle planétaire, ce qui est insoutenable en termes économiques, sanitaires, et sociaux.

    Cependant, l’activité économique ne peut pas cesser totalement en attendant qu’on dispose des traitements et vaccins nécessaires. Il faut donc pour l’Etat qui est en charge de cette crise trouver des solutions intermédiaires, qui combinent les nécessités sanitaires et les nécessités économiques.

    Actuellement, le niveau de contamination dans la population française est environ de 10%, pour obtenir une immunité collective il faudrait atteindre un seuil de 60%, on voit qu’on est loin du compte.

    En revanche, les « publics les plus fragiles » sont ceux qui ont été le plus touchés par le virus, et ce non pas seulement en raison d’une surmortalité liée à des cofacteurs tels que problèmes cardio-vasculaires et autres pathologies qui se retrouvent parmi des populations dont l’état sanitaire est déjà dégradé, voire aux problèmes liés au mal-logement, etc., mais d’abord parce que ces populations n’ont jamais véritablement cessé de travailler. En clair, s’ils ont été les plus frappés c’est qu’ils ont été les plus exposés. Mais, outre d’en faire un « public » particulièrement frappé, cela crée aussi des zones sociales où le niveau de contamination dépasse largement les 10% nationaux.

    C’est pour cela qu’on peut se demander si le gouvernement ne serait pas en train de mener sur ces territoires (en gros, sur les banlieues) une expérimentation socio-sanitaire in vivo, c’est-à-dire à tenter d’obtenir une immunité de masse, ou en tout cas de voir si cette immunité est possible, dans quelles conditions et à quel coût sanitaire, et ce sur les dos des plus pauvres. On voit ici que cette expérimentation est rendue à la fois possible par les seuils de contamination induits par la pauvreté dans ces zones, et nécessaire par la demande pressante de reprendre la production, et donc de libérer de la main-d’œuvre.

    C’est la doctrine du stop and go, alternative au pur et simple laisser-faire cher aux libéraux qui est ici testée sur les habitants des quartiers populaires : une fois passé le premier pic épidémique et les capacités de soin désengorgées, on fait redémarrer l’activité, en sachant que des recontaminations vont avoir lieu, et qu’un nouveau pic épidémique va se produire, et on renouvelle l’opération jusqu’à absorption du virus par la population. Il faut simplement souligner que cette méthode est uniquement théorique, et qu’elle repose sur l’hypothèse que ce virus réagisse comme ceux sur lesquels on l’a bâtie. Et que donc, on ne sait pas si cela va fonctionner, d’où le caractère expérimental de la chose.

    Par ailleurs, avant même d’avoir des réponses sur la possibilité d’obtenir une immunité de masse à un coût sanitaire acceptable, la réouverture des écoles en milieu rural revient à ouvrir la vanne du virus sur des régions qui ont été jusqu’ici peu touchées, en espérant que la protection par masques et gel et le fait de maintenir les plus fragiles en confinement (personnes âgées et personnes souffrant de pathologies entraînant une surmortalité) suffira à limiter la casse.

    On assiste donc ici à un zonage socio-sanitaire de l’extension du virus. Ce zonage suit une logique à la fois sanitaire, politique et économique. On voit ici à quel point la logique sanitaire ne recouvre pas celle de la santé des individus, ni même une logique scientifique relevant d’une gestion épidémiologique de cette crise. La logique ici à l’œuvre est celle de la gestion de la population par l’Etat, et si on voit à quel point cette gestion convient aux impératifs économiques dont l’Etat est le garant, il faut aussi comprendre les a priori sociaux qui se cachent derrière cette gestion. Il apparaît ici qu’en cas d’un deuxième pic épidémique, l’Etat a choisi de placer en « première ligne » des populations qu’on peut qualifier de son point de vue d’expendable, et vis à vis desquelles au cas où le déconfinement donnerait lieu à des mouvements de protestation comme c’est déjà le cas un peu partout, une réponse autoritaire serait facile à justifier et à mettre en œuvre, puisqu’on la mène déjà au quotidien. Le caractère expérimental de ce déconfinement sélectif intègre la possibilités des révoltes comme une variable supplémentaire.

    On ne détaillera pas ici à quel point ce sont les plus « fragiles socialement » qui ont été le plus touchés par les conséquences de l’épidémie de Covid-19, avec quelle perversion logique le désastre s’articule chez les plus pauvres pour devenir plus désastreux encore, ni à quel point les conséquences se sont pour eux fait sentir à tous niveaux : pour les femmes, par l’accroissement des violences conjugales et la responsabilité accrue de la reproduction familiale occasionnée à l’échelle mondiale par le chômage, le manque de ressources, la maladie, pour les racisés (on connaît l’effrayante disproportion raciale des décès liés au Covid-19 aux Etats-Unis), pour les prisonniers et les réfugiés, pour les travailleurs les plus précaires, etc. Il faudra y revenir par ailleurs. Il nous fallait dire ici, contre ceux qui veulent « sauver le système de santé », que la sollicitude sanitaire de l’Etat est aussi terrible pour les prolétaires que ses défaillances, et que cette fameuse économie censée être source de tous les maux.

    Tout cela devra être précisé. Pour l’heure on se contentera de dire ce que l’utilisation de cette « fragilité » aux fins d’un retour à la normale qui est lui-même ce qui engendre et justifie ces « fragilités », nous inspire de colère et de dégoût.

    https://carbureblog.com/2020/04/16/deconfinement-selectif-et-experimentations-sanitaires-la-colere-et-le-d
    #déconfinement #confinement #France #11_mai #classes_sociales #inégalités #télétravail #santé_publique #gestion_sanitaire #défaillances #vaccin #immunité_de_groupe #immunité_collective #banlieues #expérimentation #stop_and_go #pic_épidémique #zonage_socio-sanitaire #géographie #gestion_de_la_population #pauvres #fragilité
    via @isskein et @reka

  • #catalogue de #films sur les #migrations

    La #liste de films ci-après a été réalisée par le RÉSEAU TRACES afin de faciliter la diffusion publique de films, l’organisation de projections qui seraient l’occasion d’échanges, mais également pour alimenter toute démarche de recherche. Cette liste est bien sûr non exhaustive et sera mise à jour très régulièrement. Il s’agit de films qui sont recommandés par des membres du réseau Traces dans une grande diversité.

    Nous tenons à votre disposition des liens de visionnement de la plupart des films, en accord avec leurs distributeurs, sur simple demande par email à reseau.traces@gmail.com.

    Nous pouvons aussi vous conseiller et vous orienter dans cette liste en fonction de thématiques ou de sensibilités qui vous intéresseraient plus particulièrement.

    http://traces-migrations.org/2020/04/09/films-sur-les-migrations
    #réseau_traces #cinéma
    #réfugiés #frontières #ressources_pédagogiques

    Liste de OUF ! #wow

    ping @isskein @_kg_ @karine4 @sinehebdo @reka

  • Films en libre accès.

    Le grenier magique, un film collectif des Casseuses de crise (2017, 16min)

    Partout à Bruxelles, des citoyens s’unissent pour rendre la vie en ville plus agréable et plus durable. Ils s’entraident, fabriquent et réparent des objets, créent des services ou gèrent des biens et lieux accessibles au public.
    Ils proposent ainsi une alternative à l’économie de sur-consommation et d’accumulation de possessions. Le Grenier des Casseuses de Crise (Laeken) se vit comme une alternative au système patriarcal, raciste et capitaliste.
    À ce jour, 7 collectifs citoyens et solidaires ont bénéficié d’un court atelier vidéo donnant lieu à un film. Quatre nouveaux films sont en tournage.
    En septembre 2020, les 12 collectifs se réuniront pour parler de la ville qu’ils inventent et des moyens de lier leurs actions. Restez branchés !

    https://vimeo.com/222832249

    Sous la douche, le ciel de Effi et Amir (2018, 1h25)

    À Bruxelles, un groupe de citoyens tâche pendant 5 ans de trouver, financer et réhabiliter un bâtiment qui accueillera des services sanitaires permettant aux plus démunis de "se refaire une beauté et redresser la tête".
    Leur parcours du combattant, tant financier qu’administratif, prend les allures d’un film à suspense. « Sous la douche, le ciel » donne à voir la transformation d’une idée en réalité, revendiquant la place de l’imagination comme moteur d’action citoyenne face à un horizon politique bouché.

    https://vimeo.com/248294117


    #ville #Bruxelles #cinéma #film
    #libre_accès #gratuit #ressources_en_ligne #confinement

    • C’est mon ancien cinéma de quartier qui offre ça chaque jour.

      L’amour existe
      https://vimeo.com/200049162

      Obscurité lumière obscurité :
      https://vimeo.com/212875761

      L’île aux fleurs :
      https://vimeo.com/92443333

      À ces trois films courts, nous sommes ravis d’en ajouter un quatrième, que le CRIPS Ile de France laisse actuellement en accès libre sur sa chaîne You Tube et qui nous permet de rendre hommage à Tonie Marshall avec ce que certains considèrent comme sa meilleure réalisation. Un film qui, tout en gardant la justesse de son sujet d’origine, résonne également et étrangement d’une autre façon aujourd’hui.

      Avant mais après
      https://www.youtube.com/watch?v=fO-MP-47tqs

    • Deux films pour le Centre Vidéo de Bruxelles :

      1/ La Terre abandonnée de Gilles Laurent (1h14)
      Dans la zone évacuée autour de la centrale nucléaire de Fukushima, 5 ans après la catastrophe, le village de Tomioka est toujours vide de ses quinze mille habitants. Quelques rares individus vivent encore sur cette terre brûlante de radiations.
      Les Hangaï ont décidé de continuer à cultiver leur terre. Les Sato réinvestissent peu à peu leur maison avec le projet de s’y réinstaller prochainement, persuadés qu’un repeuplement est possible.
      Matsumura san, avec son vieux père, s’occupe des animaux abandonnés aux lendemains de l’accident nucléaire. Il est le premier à avoir refusé l’ordre d’évacuer. À sa manière, en faisant de sa vie un symbole, il témoigne et milite pour un monde dénucléarisé.
      Alors que les travaux de « décontamination », orchestrés par le gouvernement nippon, semblent bien dérisoires et vains face à l’étendue du séisme tant humain qu’écologique, l’existence apparemment déraisonnable mais paisible de ces irréductibles nous rappelle qu’un bout de terre est, en dernier recours, notre lien le plus sûr au monde.
      https://vimeo.com/157113277

      Avec, en complément, Retour sur la territoire (12’), court métrage sur les villes fantômes du territoire déserté autour de la centrale : https://vimeo.com/387969580

      2/ Bazar dans le climat - film collectif de la maison de jeune Le Bazar (26’)
      "Climat : les jeunes de la classe populaire ne manifestent pas."
      Cette affirmation est le point de départ d’un débat télé et radio sur un grand média belge. À la Maison de Jeunes Le Bazar, à Saint-Gilles, de jeunes ados s’interrogent sur l’avenir de leur planète. De leur quartier au parlement européen, leur quête sera ambitieuse pour affirmer leurs points de vue sur la question. Bouillonnants, drôles et perspicaces, ils seront amenés dans une folle aventure auprès d’un apiculteur passionné de Forest, en passant par Louvain-la-Neuve la piétonne et pousseront même la porte du bureau d’une députée européenne en campagne.
      Un film pour questionner ces mouvements de jeunes sur le climat et leurs contradictions et pour affirmer comme Moussa : "C’est pas parce que je ne vais pas manifester que je ne me préoccupe pas du climat !"
      https://vimeo.com/338649398

      Trois films pour l’Agence du court métrage

      1/ Coming-Out de Olivier Ayache-Vidal avec Omar Sy (9’)
      https://svod.brefcinema.com/films-gratuits/coming-out.html

      2/ Le Sens du toucher de Jean-Charles Mbotti Malolo (14’)
      https://svod.brefcinema.com/films-gratuits/le-sens-du-toucher.html

      3/ Qui de nous deux de Benjamin Bouhana (13’)
      https://svod.brefcinema.com/films-gratuits/qui-de-nous-deux.html

      Ces trois films peuvent également être accessibles ici : https://svod.brefcinema.com

    • Sélection de l’opéra de Paris.

      Le premier film est très #beau.

      Les Indes galantes de Clément Cogitore
      Clément Cogitore adapte une courte partie de ballet des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau, avec le concours d’un groupe de danseurs de Krump, et de trois chorégraphes : Bintou Dembele, Igor Caruge et Brahim Rachiki. Le Krump est une danse née dans les ghettos de Los Angeles dans les années 90. Sa naissance résulte des émeutes et de la répression policière brutale qui ont suivi le passage à tabac de Rodney King.
      https://www.operadeparis.fr/3e-scene/les-indes-galantes

      De longs discours dans vos cheveux de Alexandre Steiger
      Paul et Adèle, figurants désabusés sur l’opéra de Tristan et Isolde, profitent d’une pause pour partir à la recherche du lac souterrain du Palais Garnier. Un parcours labyrinthique dans les entrailles de l’opéra, au fil d’une discussion sinueuse sur l’amour, qui agira sur eux comme un philtre magique, à l’image des deux héros de Wagner. Comme s’il était impossible d’échapper aux légendes et aux mythes. « Il y a sans doute quelque part, juste là, à portée de main, un monde caché, des trésors millénaires enfouis sous nos pieds. J’aime croire que nous sommes, en permanence, traversés pas des mythes, des rêves et des légendes. Que le passé et le présent ne font qu’un. Qu’il suffit de prêter attention aux signes et de déchirer le voile du réel, pour découvrir cette autre dimension. En plein cœur de Paris, entre un Uniqlo, un Apple Store, et les vendeurs d’aspirateurs des grands boulevards, se dresse le Palais Garnier, au sommet duquel nous contemple la statue d’Apollon. Comme pour nous rappeler que la beauté nous guette encore. Tous les soirs le rideau se lève pour convoquer le sublime et les fantômes du passé. Une amie m’a parlé de l’existence d’un lac caché sous l’opéra. J’ai voulu y croire et partir à sa recherche, en compagnie de Paul et d’Adèle, deux figurants imaginaires embarqués sur l’Opéra de Tristan et Isolde.
      https://www.operadeparis.fr/3e-scene/de-longs-discours-dans-vos-cheveux

      De la joie dans ce combat de Jean-Gabriel Périot
      Dans ce film-documentaire, Jean-Gabriel Périot dresse en creux le portrait d’un groupe de femmes pour qui la musique est un moyen de résister et de sortir de l’isolement. Le compositeur Thierry Escaich collabore à cette réalisation en composant la musique originale du film, interprétée par neuf musiciens de l’Opéra national de Paris.
      https://www.operadeparis.fr/3e-scene/de-la-joie-dans-ce-combat

      Degas et moi de Arnaud des Pallières
      En s’entourant de Michael Lonsdale et Bastien Vivès, Arnaud des Pallières consacre un court métrage à Edgar Degas qui mêle danse et dessin et lève le voile sur la part d’ombre de l’artiste.
      https://www.operadeparis.fr/3e-scene/degas-et-moi

      Vers le silence de Jean-Stéphane Bron
      Après la sortie au cinéma du film-documentaire « L’Opéra » en avril 2017, le réalisateur Jean-Stéphane Bron a suivi le Directeur musical de l’Opéra de Paris, Philippe Jordan, et l’Orchestre de l’Opéra de Paris dans le cadre des répétitions de la Symphonie n°9 de Gustav Mahler dont l’interprétation repose paradoxalement sur... le silence.
      https://www.operadeparis.fr/3e-scene/vers-le-silence

    • Les Braves 1 : Raymond Lévy de Alain Cavalier (36 min)
      Sous l’occupation allemande en France en 1944, Raymond Lévy, dix-neuf ans, est arrêté pour faits de résistance. Avec d’autres déportés, il est mis dans un wagon de marchandises à destination d’un camp de concentration en Allemagne. Avec quelques camarades, il essaie de mettre au point ce qui paraît impossible : s’évader de ce wagon avant le passage de la frontière. A plus de quatre-vingt ans, il raconte...
      "Les Braves sont, pour moi, ceux qui refusent de se plier devant l’injustice. Je les filme de face, en un seul plan fixe, sans aucun document extérieur. Ils ne racontent que le moment précis où ils font preuve de courage pour rester eux-mêmes. La bravoure est partout, en guerre comme en paix. J’ai déjà filmé trois hommes qui n’ont pas eu froid aux yeux. Je souhaite en faire plus."
      Alain Cavalier
      https://vimeo.com/133535211/d7c020dcfc

      Brother Yusef de Werner Penzel, Nicolas Humbert (52 min)
      Une boîte aux lettres dans la forêt hivernale, au bord d’une route étroite, au milieu de nulle part. C’est ici qu’habite Yusef Lateef, et c’est là que nous venons le rencontrer avec les réalisateurs. Ce musicien de jazz habite seul avec ses instruments, coupé du monde, et il nous parle de ses souvenirs du travail avec John Coltrane et Dizzy Gillespie, teintés d’une douce mélancolie. Les anecdotes et les réflexions sur la musique sont interrompues par le chant de Lateef et son jeu sur ses instruments. En parlant et en faisant de la musique, le vieil homme dégage une profonde et paisible sincérité ; entre les phrases et les passages mélodiques, il hésite fréquemment, écoute en lui-même, et ce qui résonne alors ressemble à une méditation née du moment. La recherche individuelle de sa propre voix, nous dit Lateef, c’est la racine de la créativité. Le portrait filmé de Nicolas Humbert et de Werner Penzel respecte totalement l’être qu’ils filment. Avec un mélange pertinent de distance paisible et de sensibilité, ils s’intéressent au musicien et lui accordent beaucoup d’espace et de temps. Ainsi, les prises de vue sobres deviennent saisissantes ; ses mains sur les touches d’un piano, les rides sur son visage, les vibrations dans sa voix : tous ces détails rencontrent un écho dans la réduction consciente de la création cinématographique, qui se reflète dans l’austérité de la forêt enneigée. "Brother Yusef" donne l’impression d’une collaboration aboutie et harmonieuse entre les trois personnes
      « Pour le prix Suissimage nous avons choisi de distinguer ce documentaire, qui revisite les origines du cinéma, grâce à un travail remarquable sur la lumière, le cadre, le son. Celui-ci traduit l’ambition de ses auteurs, au service du personnage qu’ils filment, un artiste arrivé au terme de sa vie.
      Avec acuité, sans recours à l’anecdote et dans un huis-clos fertile ce film installe, grâce a un style épuré et élégant une qualité d’écoute qui permet d’entendre l’écho-même de sa musique. » (Jury Cinéma suisse, Visions du Réel 2005)
      https://vimeo.com/169689675/3e8bf90d25

      La Bête lumineuse de Pierre Perrault (2h07)
      La bête lumineuse, c’est l’orignal, animal mythique des forêts canadiennes. Mythique par sa pérennité, sa rareté. À tel point légendaire que tout ce qui le concerne "se légende". Selon l’expression de Pierre Perrault lui-même. S’agit-il d’une partie de chasse ? Nous assistons en effet aux préparatifs, la mise en place des stratégies, aux longues stations des chasseurs, dans la nature ; mais le sujet de ce film admirable est ailleurs. Il est dans la rencontre de quelques hommes, coupés de leur vie ordinaire et qui ont rendez-vous avec l’Extraordinaire. Avec un fantasme de force et de beauté et qui, dans le meilleur des cas, ne rencontreront qu’eux-mêmes. Il faut saluer l’exploit de Pierre Perrault qui déjoue les pièges du folklore, dépasse l’anecdote et nous restitue à travers quelques individus l’âme de son terroir.
      "J’ai pensé à la chasse, parce qu’ils l’habitent comme un sanctuaire, comme un pèlerinage au fond d’eux-mêmes... La chasse qui n’a pas, ici au Québec, le sens qu’elle peut avoir ailleurs. Fête aussi de la parole, et jeu de la vérité... [...] La chasse, c’est, enfin, la chance de l’exploit dans nos vies sans exploit, routinières, monotones et généreuses... quand l’hiver s’annonce comme un règlement de comptes... " Pierre Perrault

      "Il me faut bien l’avouer, dans un premier temps, j’ai violemment rejeté La Bête Lumineuse, film documentaire réalisé par Pierre Perrault, en 1982, et qui retrace l’équipée de 10 hommes, des citadins, la quarantaine environ, qui se retrouvent dans un chalet perdu de la région du Maniwaki, au Québec, pendant une semaine pour une traditionnelle partie de chasse à l’orignal, le grand élan du Canada. Parmi ces hommes, l’un, Stéphane-Albert ne semble pas tout à fait à sa place : il dénote. Il s’exprime mieux que les autres, n’hésitant pas à l’occasion à faire de grandes phrases un peu pédantes, parle d’idéalisme, d’amitié. Les autres s’intéressent davantage aux bouteilles d’alcool qu’ils vident avec constance lors de longues soirées de beuverie, profèrent des jurons et racontent des blagues graveleuses.
      J’ai rejeté ces hommes qui juraient, criaient, buvaient plus que de raison, riaient de tout et surtout de rien. Je les ai tous rejetés, autant Stéphane-Albert, le novice, le poète que Bernard, le cuisinier et chasseur aguerri. Je n’ai pas aimé leur affrontement. La virilité exacerbée des uns m’agaçait autant que la sensiblerie de l’autre.
      Et je n’étais pas loin de penser que Pierre Perrault s’était perdu en partant chasser avec ces pocailles de Maniwaki comme il aimait à les appeler. [Pocaille vient de l’anglais poked eye\n qui signifie œil poché]
      Bref je n’aimais pas La bête lumineuse. Mais je n’étais pas la seule. Et si ce film est maintenant devenu un film-culte, ce ne fut pas le cas lors de sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs, en 1982, loin de là ! Pierre Perrault me disait souvent avec un sourire navré qu’il avait enregistré là le plus grand succès de vidage de salle jamais obtenu.
      Autant dire que je n’avais rien compris à ce film que j’ai depuis revu à de nombreuses reprises et que j’aime infiniment.
      A ma décharge, il faut dire que le début du film est tout à fait déstabilisant. Tout d’abord, il y a la langue québécoise, une langue rugueuse à laquelle il faut s’accoutumer. Et il y a le montage qui passe d’un personnage à l’autre sans le moindre avertissement, saute allègrement d’un moment à un autre, présente des faits bruts tout cela sans la moindre explication. Plus déroutant encore, un dialogue entre Stéphane-Albert et Bernard, découpé et placé à intervalles réguliers dans cette séquence d’ouverture, dialogue qui anticipe sur l’histoire à venir. Dans ce dialogue que l’on comprendra plus tard, Bernard explique à Stéphane-Albert comment la meute de loups encercle l’orignal avant de s’abattre sur lui pour la curée finale.
      Ensuite on passe à la séquence des préparatifs : les hommes font leurs adieux à leurs femmes et à leurs enfants, font les provisions pour la semaine : boissons et nourriture. S’installent au chalet. Très vite, on a affaire à deux groupes distincts, un homogène et compact formé par les habitués et un composé du seul Stéphane Albert. L’un est dans l’imagination, dans le fantasme, les autres dans le concret, pieds et mains dans la boue.
      Contrairement à mes premières impressions, le film ne se réduit pas une simple virée entre copains, copieusement arrosée, une occasion de boire, de manger et de s’amuser. Le film présente la chasse comme un rite de passage, une initiation au cours de laquelle les hommes s’inventent une image mythique d’eux-mêmes en se confrontant à un animal lui-même mythique. On réalise aussi très vite que la chasse à l’orignal n’est pas le seul sujet du film et qu’une autre chasse se livre ailleurs, entre les hommes, les soirs de beuveries dans le chalet, et qui se résoudra lorsque la bête lumineuse que Stéphane-Albert attend depuis une semaine n’est autre que Bernard, ivre mort qui s’écroule en rigolant. Stéphane-Albert se rend compte alors qu’il est victime d’un canular que lui ont servi ses copains. Le dialogue du début prend alors tout son sens : les hommes entre eux sont aussi féroces que les loups. Au fur et à mesure de l’avancement du film, Stéphane-Albert se retrouve de plus en plus isolé même carrément lâché par Bernard, son ami d’enfance. Les hommes se moquent de lui alors que, lui, se livre de plus en plus, s’offrant telle une victime expiatoire, exposant sa vulnérabilité. Il voudrait faire partie du groupe, être comme les autres, refuse de reconnaître qu’il est différent. Ses illusions se heurtent alors à la réalité et tout ce qu’il a fantasmé éclate au contact du groupe.
      Autre chose : Perrault ne s’est pas perdu avec ces hommes. Loin de là ! En filmant cette partie de chasse, cette confrontation de l’homme avec la nature, le cinéaste met en images un imaginaire et une mythologie typiquement québécois. Et continue encore et toujours de filmer le Québec et d’en offrir une représentation nouvelle et originale. De plus, comme dans Pour la suite du monde\n, il met en scène une parole et donne à entendre, dans une série d’échanges intimes ou non, drôles ou tragiques, une langue riche et variée. La Bête lumineuse\n, le film, est comme la chasse, le grand lieu de la parole. Une autre des grandes préoccupations de Pierre Perrault, homme de radio venu au cinéma.
      Surtout ne faîtes pas mon erreur initiale. Laissez-vous embarquer par ces dix solides gaillards. Sachez voir au-delà des apparences et vous découvrirez un film d’une beauté folle. Un film cruel et parfois même terrifiant qui présente un portrait de groupe magnifique, sensible et riche de toutes les complexités humaines. » (Simone Suchet)
      https://www.onf.ca/film/bete_lumineuse

    • Et des films pour les #enfants et les #parents :

      Le Renard minuscule (8 min) - à partir de 3 ans
      https://svod.brefcinema.com/gratuit-pour-les-enfants/le-renard-minuscule.html

      avec un dossier pédagogique téléchargeable :
      https://www.lekinetoscope.fr/sites/default/files/court-metrage/pdf/le_renard_minuscule.pdf

      L’Hiver de Léon (28 min) - à partir de 5 ans
      https://svod.brefcinema.com/gratuit-pour-les-enfants/l-hiver-de-leon.html

      avec un dossier pédagogique téléchargeable :
      https://www.lekinetoscope.fr/sites/default/files/court-metrage/pdf/lhiver_de_leon.pdf

      Charlot musicien (25 min) - à partir de 6 ans
      https://svod.brefcinema.com/gratuit-pour-les-enfants/charlot-musicien.html

      avec un dossier pédagogique téléchargeable :
      https://www.lekinetoscope.fr/sites/default/files/court-metrage/pdf/04charlot_musicien.pdf

      Sientje (4 min) - à partir de 6 ans
      https://svod.brefcinema.com/gratuit-pour-les-enfants/sientje.html

      avec un dossier pédagogique téléchargeable :
      https://www.lekinetoscope.fr/sites/default/files/court-metrage/pdf/sientje.pdf

      La Saint Festin (15 min) - à partir de 7 ans
      https://svod.brefcinema.com/gratuit-pour-les-enfants/la-saint-festin.html

      avec un dossier pédagogique téléchargeable :
      https://www.lekinetoscope.fr/sites/default/files/court-metrage/pdf/14la_saint_festin.pdf

      Lisboa Orchestra (12 min) - à partir de 10 ans
      https://svod.brefcinema.com/gratuit-pour-les-enfants/lisboa-orchestra.html

      avec un dossier pédagogique téléchargeable :
      https://www.lekinetoscope.fr/sites/default/files/court-metrage/pdf/10lisboa_orchestra.pdf

      cc @reka @arno

    • Une séance en ligne de films jeunesse.

      Mais commençons cette séance qui nous emmène 120 ans en arrière, à l’époque des débuts du cinéma...

      Les premiers films d’animation apparaissent très rapidement après l’invention du cinématographe.

      Le pionnier des réalisateurs, s’appelait Emile Courtet (dit Emile Cohl) et était français. Il réalise en 1908 :
      Fantasmagorie
      https://vimeo.com/16526021

      Par la suite il s’exilera aux Etats-Unis pour initier les américains à cette nouvelle forme d’art.
      Ces derniers feront émerger de grands noms, dont le premier Winsor Mccay et son fameux :
      Gertie le dinosaure
      https://vimeo.com/143171554

      Vous trouverez ici la version longue, expliquant la genèse de ce film et montrant comment on fabriquait les films d’animation à l’époque, quand nous ne connaissions pas encore les ordinateurs... un vrai travail de titans.

      Ces pionniers ont tracé la voie aux plus grands noms dont on entend encore parler aujourd’hui.

      Impossible donc de faire l’impasse sur le plus célèbre d’entre eux : Walt Disney qui commencera sa carrière avec le fameux Mickey Mouse. Voici la toute première aventure de la souris mythique et pour le plaisir un épisode avec Donald Duck, qui se fait bien chahuter par Tic et tac.

      Mickey Mouse Steamboat billy
      https://vimeo.com/48709307

      Donald Duck
      https://vimeo.com/37932395

  • Hier soir, il n’y avait que 5 « raisons valables », mais c’était évident que la liste allait s’allonger, car on voit déjà des oublis :
    https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

    - Se déplacer de son domicile à son lieu de travail dès lors que le télétravail n’est pas possible ;
    – Faire ses achats de première nécessité dans les commerces de proximité autorisés ;
    – Se rendre auprès d’un professionnel de santé ;
    – Se déplacer pour la garde de ses enfants ou pour aider les personnes vulnérables à la stricte condition de respecter les gestes barrières ;
    – Faire de l’exercice physique uniquement à titre individuel, autour du domicile et sans aucun rassemblement.

    Déjà, il manquait « rentrer chez soi » après toutes ces activités autorisées, et ce n’est pas rien car s’il y a des contrôles, la moitié des fois on sera en train de rentrer chez soi, après le travail, après le médecin, après avoir déposé les courses chez mémé, en rentrant de voyage... Mais il y a aussi les cas où il y a plusieurs « chez soi », les enfants de parents séparés par exemple, les couples qui ne vivent pas ensemble et qui ont deux foyers...

    Il manquait aussi « promener son chien ». En Italie, les gens se prêtent leurs chiens pour pouvoir sortir !

    La nouvelle liste, ce matin, avec le fameux formulaire d’autodéclaration :
    https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Attestation-de-deplacement-derogatoire

    En format pdf :
    https://www.interieur.gouv.fr/content/download/121663/976885/file/Attestation_de_deplacement_derogatoire.pdf

    - déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle, lorsqu’ils sont indispensables à l’exercice d’activités ne pouvant être organisées sous forme de télétravail (sur justificatif permanent) ou déplacements professionnels ne pouvant être différés ;
    – déplacements pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés (liste sur gouvernement.fr) ;
    – déplacements pour motif de santé ;
    – déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants ;
    – déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective, et aux besoins des animaux de compagnie.

    Ils ont rajouté la promenade du chien, mais dans une phrase incompréhensible...

    Je crois aussi que la phrase incompréhensible sur la garde d’enfant recouvre l’idée d’enfants gardés par des parents séparés, mais « motif impérieux » c’est vague...

    Ah, et comment je fais si je n’ai plus d’encre pour imprimer ce fameux formulaire ?!

    Voir aussi :

    100 000 policiers et gendarmes mobilisés, amendes... Castaner détaille les mesures de confinement
    L.G., Le Parisien, le 16 mars 2020
    https://seenthis.net/messages/831274

    "En guerre" contre le coronavirus mais en faisant son footing ? Le confinement de Macron surprend
    Huffington Post, le 17 mars 2020
    https://seenthis.net/messages/831322

    #coronavirus #fascistovirus #contrôle_social #confinement #enfants #parents #couples #chiens #flics

    • Quels sont les établissements autorisés à recevoir du public ?
      https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

      Tous les établissements indispensables à la vie de la Nation, notamment les marchés alimentaires clos ou ouverts et commerces alimentaires (y compris les Drive alimentaires), les pharmacies, les stations-services, les banques, les bureaux de tabac et distribution de la presse.

      Compte tenu de leur contribution à la vie de la Nation, les services publics restent également ouverts, y compris ceux assurant les services de transport.

      Tous les services de livraison de repas à domicile restent disponibles, et les établissements de la catégorie “restaurants et débits de boissons” sont autorisés à maintenir leurs activités de ventes à emporter et de livraison.

      Les hôtels sont assimilés à des domiciles privés et restent donc ouverts, et leurs “room service” restent disponibles. Cependant, les restaurants et bars d’hôtels ne peuvent pas accueillir de public.

      Les animaleries restent également ouvertes.

      Par dérogation, restent également ouverts :
      Entretien et réparation de véhicules automobiles, de véhicules, engins et matériels agricoles
      Commerce d’équipements automobiles
      Commerce et réparation de motocycles et cycles
      Fourniture nécessaire aux exploitations agricoles
      Commerce de détail de produits surgelés
      Commerce d’alimentation générale
      Supérettes
      Supermarchés
      Magasins multi-commerces
      Hypermarchés
      Commerce de détail de fruits et légumes en magasin spécialisé
      Commerce de détail de viandes et de produits à base de viande en magasin spécialisé
      Commerce de détail de poissons, crustacés et mollusques en magasin spécialisé
      Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé
      Commerce de détail de boissons en magasin spécialisé
      Autres commerces de détail alimentaires en magasin spécialisé
      Les distributions alimentaires assurées par des associations caritatives
      Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé
      Commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication en magasin spécialisé
      Commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé
      Commerce de détail de matériels de télécommunication en magasin spécialisé
      Commerce de détail de matériaux de construction, quincaillerie, peintures et verres en magasin spécialisé
      Commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé
      Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé
      Commerce de détail d’articles médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé
      Commerce de détail d’aliments et fournitures pour les animaux de compagnie
      Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés
      Vente par automates et autres commerces de détail hors magasin, éventaires ou marchés n.c.a.
      Hôtels et hébergement similaire
      Hébergement touristique et autre hébergement de courte durée lorsqu’il constitue pour les personnes qui y vivent un domicile régulier
      Terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs lorsqu’ils constituent pour les personnes qui y vivent un domicile régulier
      Location et location-bail d’autres machines, équipements et biens
      Location et location-bail de machines et équipements agricoles
      Location et location-bail de machines et équipements pour la construction
      Activités des agences de placement de main-d’oeuvre
      Activités des agences de travail temporaire
      Réparation d’ordinateurs et de biens personnels et domestiques
      Réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication
      Réparation d’ordinateurs et d’équipements périphériques
      Réparation d’équipements de communication
      Blanchisserie-teinturerie
      Blanchisserie-teinturerie de gros
      Blanchisserie-teinturerie de détail
      Services funéraires
      Activités financières et d’assurance

      Ah, OK, donc en fait tout est autorisé...

    • Nouveau #formulaire de #déclaration aujourd’hui :
      https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Attestation-de-deplacement-derogatoire-et-justificatif-de-deplacement

      On va en imprimer combien ? Et l’écologie ?!

      Principale différence (vu qu’on n’a le droit qu’à une heure de sortie...) :

      Date et heure de début de sortie à mentionner obligatoirement

      Il est aussi précisé qu’on peut se déplacer pour retirer des espèces. C’est pratique ça. On peut toujours dire qu’on est sortis retirer des espèces (ne pas oublier la carte de retrait).

  • « Le #parent_hyperconnecté à son portable risque de se déconnecter de son enfant »

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/03/le-parent-hyperconnecte-a-son-portable-risque-de-devenir-un-parent-deconnect

    La surexposition des jeunes enfants aux écrans numériques est considérée par les pédiatres comme un problème de santé publique. Le chercheur au CNRS Michel Desmurget dénonçait dans Le Monde du 23 octobre 2019 le risque de « crétinisation digitale ». Mais qu’en est-il des enfants qui subissent l’hyperconnexion de leurs parents ?

    Le bébé vient de voir affichée, sur le mur de la station de métro, une publicité montrant un sympathique labrador. Le petit cherche à communiquer son enthousiasme à sa mère par un gazouillis animé : il se redresse sur la poussette et lâche sa tétine. Il n’a pas encore l’âge de parler mais s’exprime avec les moyens du bord. La jeune femme lui fait face, le visage incliné vers son portable, qu’elle manipule de ses pouces agiles. Elle répond au bambin joyeux d’un sourire mécanique et replonge dans son écran. Alors le nourrisson s’éteint : son sourire s’affaisse, et l’étincelle de ses yeux s’évanouit, il s’enfonce dans son siège et tète à nouveau.

    #écran #smartphone #internet #réseaux_sociaux #monde_numérique #parents

    • La partie disponible mentionne « jeune femme », « maman » et « mère » mais rien sur les pères comme si les hommes n’avaient ni enfants ni portables. #culpabilisation_des_mères

      Ces pertes évoquent ce que le psychanalyste André Green a conceptualisé sous le titre du « complexe de la mère morte » (nous dirions aujourd’hui le « complexe du parent mort »). Il a décrit par là les effets délétères de l’absence psychique du parent, quand, absorbé par sa propre dépression, il devient indisponible à son enfant. Il a montré les tentatives déçues de l’enfant qui tente en vain d’animer l’adulte et finit par renoncer en adoptant une position de repli et d’extinction des forces vives de sa personnalité.

      Belle inversion patriarcale, l’absence psychique et physique des pères est imputé aux mères puis au parent qui est concrètement dans ce texte une « jeune femme », une « maman » et « mère ».

  • Minima sociaux. La CAF lèse des bénéficiaires du RSA | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/minima-sociaux-la-caf-lese-des-beneficiaires-du-rsa-678557

    Père divorcé, Frédéric a ses enfants en garde alternée. Pourtant, les allocations familiales ne lui versent qu’un revenu de solidarité active de célibataire. Un cas non isolé.

    Frédéric va enfin être fixé. C’est aujourd’hui, après la réunion d’une commission administrative, que le président du conseil départemental du Cher décidera si les deux enfants de ce cinquantenaire seront pris en compte dans le calcul de son RSA. Pour l’instant, leur présence chez lui, une semaine sur deux, dans le cadre d’une garde partagée, n’est pas reconnue. Calculé comme s’il était célibataire, son RSA s’élève à 559,74 euros par mois. Pourtant, son statut de père est pris en compte lorsqu’il s’agit du partage de l’allocation familiale avec son ex-femme. 66,11 euros, lesquels sont considérés comme un revenu et, à ce titre, comble de l’ironie, déduits de son RSA de célibataire… « Cette situation est complètement aberrante », s’étrangle Florie Gaeta, administratrice CGT de la Caisse d’allocations familiales (CAF) du Cher.

    Avec la CAF, tout n’avait pourtant pas si mal commencé. Quand Frédéric, ex-père au foyer, fait au printemps dernier sa demande de RSA, ses deux garçons sont pris en compte comme étant à sa charge. Il reçoit un premier versement qui s’élève à 1 007,53 euros. Mais, dès le mois suivant, le montant de son allocation est divisé par deux.

    Commence alors pour lui une bataille afin de comprendre le sens de cette baisse. Selon la CAF, l’affaire est simple. En juillet, en remplissant un formulaire avec son ancienne compagne, Frédéric a renoncé aux prestations non divisibles octroyées par la CAF – toutes sauf les allocations familiales. En le faisant, estime l’organisme, il a accepté de ne plus rien recevoir au titre de parent d’enfants à charge, y compris le complément de son RSA. « C’est parce que vous avez souhaité que l’autre parent puisse bénéficier des autres prestations en faveur des enfants que vous ne pouvez prétendre à l’étude d’autres droits en faveur des enfants (c’est la raison pour laquelle votre revenu de solidarité active est calculé sur la base d’une seule personne) », lui ­explique la directrice de la CAF dans un courrier, le 16 septembre.

    « Tous les gens que j’ai consultés partagent mon point de vue »
    Frédéric conteste cette vision des choses. Sur le site officiel de l’administration service-public.fr, il est bien précisé dans un encadré que « selon le juge administratif, l’enfant en garde alternée est à la charge des deux parents. En conséquence, s’ils peuvent prétendre au RSA, chaque parent peut percevoir la moitié de la majoration pour enfant à charge ». Lecture confirmée par le Conseil d’État, la plus haute juridiction en matière administrative, dans un jugement rendu le 21 juillet 2017. De plus, ajoute Frédéric, la majoration au titre d’enfants à charge est financée par le conseil départemental, et ne peut donc être traitée comme une prestation de la CAF. Une analyse confirmée par la responsable technique du RSA au département. Sans effet. « Tous les gens que j’ai consultés partagent mon point de vue », assure Frédéric, ulcéré.

    #CAF #RSA #jurisprudence (pas appliquée) #gardes_alternées #AAH #parents_célibataires

  • violences conjugales – Réseau International des Mères en Lutte
    https://reseauiml.wordpress.com/category/violences-conjugales

    La responsabilité institutionnelle dans la mise en danger des enfants

    Dans une intervention de novembre 2018, Joan Meier et son équipe de recherche complètent les résultats. 4 338 jugements de 2005 à 2015 ont été analysés. Tous types de violences confondus (violence conjugales, violences contre les enfants, violences sexuelles contre les enfants), les accusations réalisées par les mères ne sont reconnues que dans 41 % des cas, et quand une accusation d’aliénation parentale est portée, dans 23 % des situations seulement. En outre ce sont les accusations de violences sexuelles sur les enfants qui sont les moins reconnues (15 %), et elles ne le sont presque jamais quand l’aliénation parentale est mobilisée par le père (2 %, 1 sur 51). Ainsi, lorsque l’aliénation parentale est utilisée par le père comme moyen de défense, la probabilité que le juge reconnaisse la violence est divisée par 2, et presque par 4 quand il s’agit de violence contre les enfants.

    L’accusation d’aliénation parentale par les pères a également une incidence sur la résidence des enfants. En effet, lorsque lorsque la mère accuse le père de violence, la résidence est transférée chez lui dans 26 % des cas quand il ne se sert pas de l’aliénation parentale, et dans 44 % dans cas lorsqu’il mobilise ce pseudo-concept. L’équipe de Joan Meier constate que lorsque les mères accusent le père de violence, que celui-ci mobilise l’aliénation parentale ou pas, ces derniers sont presque trois fois plus susceptibles d’obtenir la résidence des enfants. Elle constate par ailleurs que même lorsque les violences sont reconnues, et que l’aliénation parentale est utilisée, la résidence est transférée dans 43 % des cas (6 sur 14).

    Pour résumer, ces données « confirment les nombreux témoignages de femmes qui dénoncent l’ignorance par les tribunaux de la famille de la violence, ce qui met potentiellement les enfants en danger. Elle confirme également que les accusations d’aliénation sont efficaces pour occulter la violence ». L’étude comporte cependant deux limites principales : elle ne démontre pas que le rejet par les tribunaux des accusations de violences est erroné, mais seulement qu’il est répandu. De plus, l’étude est également axée sur les affaires en appel, qui peuvent présenter certaines différences avec les affaires en première instance.

    #infanticide #féminicide #couple #hétéropatriarcat #famille #divorce #parents #injustice #sexisme #SAP

    • Par l’intermédiaire de la veille féministe de Féminicides par compagnon et ex-compagnon , nous apprenons que plus d’une dizaine d’enfants ont été tués par leur père depuis le début de l’année 2019.

  • Les mères avec les lycéens réprimés par la police : ne touchez pas à nos enfants !

    C’est en tant que mamans unies et déterminées que nous nous adressons à l’État : ça suffit, nous vous interdisons d’humilier, de mutiler et de détruire nos mômes ! Nous ne laisserons pas faire ! Nous protégerons nos enfants par tous les moyens nécessaires, parce que nous les aimons, que c’est notre avenir, et parce que c’est notre devoir de parents !

    Τribune signée par les mamans du Front de Mères, du Collectif des Mères solidaires, du Coolectid des mères Bergson, et du Collectif des mères d’Arago.

    https://blogs.mediapart.fr/front-de-meres/blog/081218/les-meres-avec-les-lyceens-reprimes-par-la-police-ne-touchez-pas-nos

    #lycéens #parents #mères #police #répression #violences_policières #banlieues #quartiers_populaires

  • “Tu vois mon fils, ce que je voulais te dire c’est…” (Séance d’écriture-flash n°7, CM2)
    “Tu vois ma fille, ce que je voulais te dire c’est…” (Séance d’écriture-flash n°8, CM2)

    Consigne : Je vais taper dans les mains une fois et vous devrez faire silence. Mes instructions seront écrites au tableau et vous n’aurez aucune autre indication. Impossible de me poser des questions, impossible d’en discuter avec vos camarades, le silence doit être complet. Lorsque je frapperai par deux fois dans mes mains, cette contrainte sera levée. Des questions ?
    – Prenez une feuille de classeur et un crayon.
    – Écrivez votre prénom.
    – Écrivez une phrase ou un court texte commençant par « Tu vois mon fils / ma fille, ce que je voulais te dire c’est… ».
    – Je chronomètre 3 minutes à l’horloge et je relève les feuilles.

    Productions des élèves (1er jet, orthographe et syntaxe corrigées par moi) - Écriture-flash n°7

    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est qu’il faut arrêter de polluer.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est qu’un jour je ne serai plus là et que tu devras…
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime profondément et que ton père ferait tout pour ne pas te perdre. Tu es notre seule et unique chose. On t’aime beaucoup.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est qu’il faut bien travailler en cours, t’amuser avec les potes, sortir souvent mais pas abuser non plus. Profite bien que je t’ai, petit, je ferais tout pour toi. Bisous. Maman.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est…
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que je voudrais que tu deviennes fort au foot.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que tu es bête car tu as répondu à la maîtresse.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que…
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime de tout mon cœur, tu m’apportes beaucoup dans la vie. Tu m’apportes la joie et la bonne humeur. Et surtout je ferais tout mon possible pour toi. Tu es le trésor de ma vie.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que tu es grand et beau et que j’ai hâte que tu ailles au collège.
    – Papa : Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que tu vois, ton frère, il me ressemble et à ta mère aussi.
    Fils : Oui, Papa, je vois.
    Papa : Amène ton frère avec toi.
    Maman : Quand c’est qu’on lui dit que ce n’est pas notre fils ?
    Fils : Papa et Maman sont devenus fous.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est qu’un jour on ira à Paris, en Afrique, en Allemagne, en Espagne, en Italie. Bref, on fera le tour du monde. Mais le plus important c’est qu’on s’amusera en voyageant. On déménagera où tu veux mon fils, je t’aime.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que tu dois travailler beaucoup pour que tu sois le meilleur de ta classe. Et moi, je ne peux pas t’apprendre et ton père travaille. Tu as compris ? C’est bien.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que tu sois intelligent comme tout le monde.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que tu es gentil et je t’aime. Y’a que toi qui peut me comprendre.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime. Je n’ai que toi depuis que ta mère est partie. Tu es la seule personne qui me reste et je prendrai soin de toi, mon fils.
    – Tu vois, mon fils, ce que je voulais te dire c’est que demain il n’y a pas école. Maître Coutil est content de vous voir tous les jours, et aussi votre maîtresse.

    Productions des élèves (1er jet, orthographe et syntaxe corrigées par moi) - Écriture-flash n°8

    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que tu es la chose la plus précieuse que j’ai au monde. Je donnerais ma vie pour toi. Je t’aime de tout mon cœur. Mais aussi si tu partais, je le regretterais toute ma vie.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime beaucoup.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que tu vas avoir un petit frère.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que tu passes en 6ème et que le collège n’est pas comme la primaire alors fais attention à toi.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que ton père et moi, on t’aime beaucoup et on voudrait que tu travailles bien à l’école. On t’aime très fort. Bisou ma fille.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je t’aimerais toujours. On restera ensemble. Un jour tu vivras ta vie mais d’abord restons unies pour toujours. Même si un jour tu feras ta vie autre part, ma fille, je t’aimerai toujours.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que nous t’aimons très fort, ton père et moi.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que tu es la plus importante à mes yeux. Je te garderai toujours à mes côtés.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je suis très énervée.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que tu es très belle et gentille.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que demain après-midi je pars loin d’ici sans toi car je ne me sens pas bien.
    – Maman : Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est « Joyeux anniversaire ! ». Mais à moi, c’est comme si on m’avait oublié.
    Fille : Ah bon ?
    Maman : Oui. Vas te coucher !
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime de tout mon cœur. Je voudrais que tu fasses de bonnes études et que tu t’amuses bien. Dans ma vie, tu es ce qui m’apporte la joie et le bonheur. Pour moi, tu es un magnifique trésor. Je t’aime plus que tout au monde.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime. Bisous Mams.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est qu’il ne faut jamais être méchante avec les autres, toujours être gentille. Et aussi fais du mieux que tu peux pour l’école et si tu as de bonnes notes, tu auras une récompense, on va faire du shopping. Bref, ma fille, je t’aime.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que je t’aime.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que j’ai une grave maladie et que bientôt je ne serai plus là !
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est qu’il faut arrêter de faire la guerre.
    – Tu vois, ma fille, ce que je voulais te dire c’est que tu sois intelligente, que tu passes ton permis et que tu m’écoutes bien.

    #école #témoignage #production_d'écrits #CM2 #genre #transmission #parents_enfants

  • ‘Barbaric’: America’s cruel history of separating children from their parents
    https://www.washingtonpost.com/news/retropolis/wp/2018/05/31/barbaric-americas-cruel-history-of-separating-children-from-their-pa

    The policy has generated outrage among Democrats and immigration advocates. And it has conjured memories of some of the ugliest chapters in American history.

    “Official US policy,” tweeted the African American Research Collaborative over the weekend. “Until 1865, rip African American children from their parents. From 1870s to 1970s, rip Native American children from their parents. Now, rip children of immigrants and refugees from their parents.”

    #separation #enfants #parents #politique #états-unis

  • Bernard Friot – En finir avec les luttes défensives Polémix et la Voix Off - 12 Avril 2018

    Conférence du sociologue Bernard Friot.

    Essayer d’esquiver les coups assénés aux #conquis-sociaux ne suffit pas.

    Passer à une lutte offensive commence par redonner du sens aux mots. Comme le mot « travail » : Activité consistant à produire des richesses, pas à servir le capital.
    http://polemix.dooz.org/BernardFriot1.mp3
    #Parents, #retraités, #chômeurs, #étudiants… produisent des #richesses. Et sont donc des travailleurs qui méritent un salaire.

    Lutter, c’est aussi redonner du sens à notre Histoire populaire :

    Comment, dans la France ruinée de 1946, le ministre communiste

    Ambroise Croizat construit le Régime Général de la Sécurité Sociale, conformément au Programme du CNR – Conseil National de la Résistance…

    #Plainte #Dénonciation #Construction- d-alternatives #travail #capitalisme #économie #critique_de_la_valeur #bernard_friot #salariat #emploi #politique #salaire #allocations_familiales #audio #radio

  • 21 degrés de liberté – 11
    https://framablog.org/2018/03/26/21-degres-de-liberte-11

    Difficile de nos jours de faire nos achats sans être traçables ! Pourtant nos #parents pouvaient effectuer leurs transactions en #liquide sans laisser de traces inutiles. Que restera-t-il de cette liberté pour nos #enfants ? Voici déjà le 11e article de la … Lire la suite­­

    #21_degrés_de_liberté #Internet_et_société #Analogique #anonyme #argent #carte #credit #Liberte #numerique #transaction #ViePrivee