• COVID-1984 – L’envolée
    https://lenvolee.net/covid-1984

    Depuis des mois, les citoyens de ce pays vivent dans un système liberticide. Il ne faut pas se demander pourquoi, mais comment ils en sont arrivés là. Car ce qui importe, c’est la méthode qui a amené à ce résultat. En effet, pandémie et attentats sont les deux outils qui ont permis ce basculement brutal de la société et des libertés dans un régime ressemblant de façon troublante à un #système_carcéral. Au fond, la main-basse de l’idéologie du « tout-sécuritaire » sert une cause bien plus obscure que celle d’une société soit-disant protectrice et bienveillante vis-à-vis de ses citoyens face à une pandémie. Les états d’urgence – sanitaire et attentats – que nous vivons actuellement ne sont que des prétextes opportuns pour mieux asseoir le pouvoir de la classe dirigeante ; pour transformer, avec succès, notre pays en un #État_policier et militaire. D’une certaine manière, nous leur avons laissé carte blanche, par une forme de consentement volontaire, pour mater toute protestation ou opposition à l’instauration de ce régime totalitaire que nul n’a le droit de contester aujourd’hui. Lorsqu’un pays est dirigé fermement par des lois, décrets ou règlements, toutes aussi liberticides les unes que les autres, lorsque les citoyens sont soumis à une autorité sans autre forme d’opposition ou de débat politique, c’est que nous sommes déjà dans une forme de dictature qui ne veut pas dire son nom. La peur est l’arme la plus efficace pour obtenir la soumission, voire même l’adhésion de tout un peuple. Ainsi, par un effet presque naturel, on neutralise toute rébellion ; et si cela ne suffit pas, la machine répressive se met en route par la dissuasion : amendes, sanctions, menaces, culpabilité, opprobre… incitant les derniers récalcitrants à baisser la tête.

    Cette pression et ce #contrôle_social se sont mis en place en quelques années selon une stratégie et un agenda bien réfléchi ; cela a juste été accéléré en quelques mois par la CoVid-19. Mais le véritable commencement de cette transition vers un régime autoritaire, outre la mise en place de Vigipirate en 1995 et autres états d’urgences et les #lois_liberticides votées durant les années qui suivirent, débute avec l’épisode du soulèvement des gilets jaunes, qui a été le premier vrai basculement vers un État qui utilise sans complexe la répression et de la violence policière pour briser un mouvement populaire. Car le gouvernement de l’époque, face à la puissance de ce mouvement, a tremblé et compris qu’il fallait agir et se donner les moyens pour que cela ne se reproduise plus.

    Le premier confinement de mars 2020 a été une véritable expérience pour le pouvoir : cinquante-cinq jours d’enfermement total à l’échelle d’une nation sans aucune protestation… c’est là qu’ils ont pris conscience – non sans surprise – qu’ils pouvaient agir sur nos libertés fondamentales avec une facilité déconcertante grâce aux chocs provoqués par l’épidémie et la peur. Quels outils fantastiques ! Quelle victoire de voir la soumission de toute une population. Cela leur a ouvert des possibilités infinies sur un changement total de notre régime, et ils ne se sont pas privés d’en abuser ; et ainsi, de transformer le pays en système carcéral. C’est sans précédent. La liberté a quasiment disparu pour être remplacée par un système autoritaire et dominateur qui gère les citoyens comme on gère la population pénale. #Confinement, #couvre-feu, #parloirs dans les Ehpad, promenade soumise à autorisation, entrave à la liberté d’aller et venir, #surveillance_policière, toute manifestation, regroupement ou réunion interdites, privation des lieux et activités culturelles, plus de liberté d’expression, port du masque obligatoire adulte et enfant, fermeture administrative de commerces… Toutes ces injonctions autoritaires, vous ne les trouvez que dans un seul lieu : La prison !

    Nous sommes aujourd’hui dans une société qui applique un véritable modèle carcéral, et le pouvoir et ses sbires se comportent comme s’ils dirigeaient un établissement pénitentiaire. Lois, décrets, règlements : plus de place au bon sens, à la concertation ou à l’intelligence… Le système applique des règles, des méthodes, parfois absurdes, à tous sans aucun discernement, sans réflexion ni recul sur la situation. Le pays est aux mains de fonctionnaires, véritables matons, qui obéissent et appliquent la loi de façon aveugle et froide. Nos libertés individuelles sont entravées sans que nous puissions agir : c’est la définition même de ce qu’est un prisonnier. Ils nous persuadent, avec la complicité de #médias_aux_ordres, que l’abandon de nos libertés est la seule solution pour s’en sortir ; le mécanisme est si efficace que plus rien ne les arrêtera. Cela est bien plus grave que la Covid-19 ou quelques attentats. Les citoyens subissent un enfermement et une privation de liberté, et ils ont accepté leurs propres chaînes sans réagir car on leur a fait croire que c’était pour le bien commun et l’intérêt général du pays.

    Non ! Tout cela n’est qu’un leurre. Covid-19, attentats, état d’urgence, chocs, peurs… ne sont que des leviers providentiels pour faire basculer la société dans une sorte de néodictature dite « intelligente », puisque masquée par une démocratie de façade.

    Que vous le vouliez ou non nous sommes tous des prisonniers et le pays une prison.
    #Laurent_Jacqua

    #lenvolée

  • Les parloirs ? Toujours confinés ! – L’envolée
    https://lenvolee.net/les-parloirs-toujours-confines

    Après deux mois de suspension totale, les parloirs ont rouvert après le « déconfinement » général du 11 mai. Mais à quelles conditions ! Sous prétexte de limiter l’entrée du virus en prison, les enfermé.e.s et leurs visiteurs n’ont, en septembre 2020, toujours pas le droit au contact physique. Et la surveillance est souvent pointilleuse et intrusive. Toucher ses enfants, parents, amoureux, etc., c’est prendre le risque de partir en quatorzaine (= isolement total) et de se faire suspendre son permis de visite !

    https://lenumerozero.info/La-prison-un-monde-a-part-dans-le-deconfinement-4846
    Confinement, canicule, quatorzaine... derrière les barreaux de la M.A. de la Talau. Retranscription résumée d’une intw faite début août.
    https://www.facebook.com/notes/infos-prison-sur-saint-etienne/ils-dorment-par-terre-la-t%C3%AAte-dans-le-frigo/170566754593817)
    #lenvolée #prisons #parloirs #coronavirus

  • « Dans ma cellule, je me sens comme dans une niche de chien » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/27/dans-ma-cellule-je-me-sens-comme-dans-une-niche-de-chien_1646422

    Ils ont entre 19 et 22 ans et sont incarcérés à la prison de Fleury-Mérogis en compagnie de plus de 4 000 détenus  : neuf jeunes racontent leur vie quotidienne, leur solitude en cellule, leur famille, l’espérance d’une sortie prochaine.

    Raconte ta prison… Sur cette simple proposition, neuf hommes âgés de 19 à 22 ans, détenus à la prison de #Fleury-Mérogis, en région parisienne, pour des peines de deux à quatre ans, témoignent de leur quotidien en détention : la cantine, le téléphone, le parloir, le mitard, l’hygiène, la solitude… Ces récits sont issus d’ateliers d’écriture menés par les journalistes de la Zone d’expression prioritaire (ZEP) entre mai et octobre avec des détenus identifiés dans le cadre d’un programme de préparation à la réinsertion portée par la mission locale des Ulis (Essonne). En publiant ces témoignages, Libération poursuit l’aventure éditoriale entamée depuis trois ans avec la ZEP. Ce média participatif (www.la-zep.fr) donne à entendre la parole des jeunes dans toute leur diversité et sur tous les sujets qui les concernent.

    Malik, 19 ans
    « On m’envoie 150 euros toutes les semaines. Certains, la famille les oublie, on leur donne 20 euros par mois »

    « En prison, il y a beaucoup d’inégalités, des différences entre les détenus. Pour bien vivre, il faut en moyenne 350 euros par mois. Pour le frigo et la télé, comptez déjà 20 euros. Pour le tabac, il faut minimum 160 euros, c’est le plus cher ici. Les gens, quand ils n’ont pas de tabac, ils tournent en rond, pètent les plombs.

    « La gamelle, je ne veux pas la manger. Du coup je cantine. Des pâtes, du riz, de la farine, des croissants, des œufs, sucré, salé, c’est 150 euros par mois. Quand on est deux dans la cellule, s’il n’y en a qu’un seul qui reçoit, ça tient pas longtemps. Moi, on m’envoie 150 euros toutes les semaines.

    « Il faut être précis. Un mandat, ça prend quinze jours, un virement deux jours. Si je ne peux pas payer le frigo, ils le vident. J’ai changé de bâtiment récemment et j’ai pas mon frigo. J’ai demandé à le ramener mais il faut que j’attende le mois prochain.

    « Le lundi, il faut absolument un nouveau virement. Si on n’a pas de crédit, il faut attendre une semaine. Et puis il faut tout prévoir à l’avance. Quand on achète quelque chose, on ne le voit pas arriver tout de suite : c’est comme si vous alliez à Auchan et vous que vous étiez livré dix jours après.

    « Certains, la famille les oublie. Ils sont délaissés : ce sont les indigents. On leur donne 20 euros par mois. Soit ils se paient la télé, soit ils ont du tabac. Ces gens-là se retrouvent avec nous pendant la promenade. Ils sont prêts à tout pour récupérer deux-trois cigarettes. Ils s’arrangent en faisant du troc ou demandent des paquets, sans payer. Du coup, ils finissent leur peine sans promenade car, s’ils descendent, c’est la bagarre assurée. S’ils n’ont plus de tabac, ils tapent toute la nuit.

    « Il y a plein de jeunes qui n’ont pas d’argent. Moi, j’ai économisé. Ceux qui ont de l’argent, on ne les regarde pas pareil. Ça fait des clans. »

    Xavier, 21 ans
    « Je reste 22 heures sur 24 dans ma cellule, en me disant que c’est la première et dernière fois »

    « Quand le tribunal a décidé de mon incarcération, la solitude a commencé à prendre le dessus. Je me suis retrouvé au primo-accueil. Première rencontre avec le chef du bâtiment pour m’annoncer où j’effectuerais ma peine.

    « Un jour après, me voilà aux arrivants où on reste entre une semaine et un mois, je suis en cellule double. La cellule fait 9 m2, il y a une télé, deux petites commodes, des toilettes et une douche à gauche de la porte de la cellule. En face, un lit superposé, ma chaise et mon petit comptoir pour manger et, à sa gauche, mon lavabo. Ma première semaine en détention se passe très difficilement, moralement et physiquement.

    « Les nuits sont courtes, c’est pas mon lit, c’est pas chez moi. Je me sens comme dans une niche de chien.

    « J’avais l’appréhension d’être avec un multirécidiviste ou un meurtrier. Je suis tombé sur un codétenu très sympa qui m’a bien accueilli, ce n’était pas sa première incarcération donc il connaissait bien la prison. Après avoir parlé de nos problèmes, nous avons mangé un bon plat chaud qu’il venait de préparer avec ce qu’il avait cantiné.

    « Tous les jours, les surveillants passent aux mêmes heures : à 5 h 30, 7 heures, 11 h 45, 13 heures, entre 16 heures et 17 heures, avant la gamelle du soir, et à 19 heures en sachant qu’ils allument la lumière à chaque passage. Il y a des surveillants qui sont sympas et d’autres moins cool. Certains demandent si ça va, d’autres ignorent le salut qu’on leur fait. Il y en a qui nous parlent mal, qui se pensent supérieurs à nous et qui nous insultent. Tout dépend des bâtiments où on se trouve. Je ne demande pas qu’ils soient nos amis, mais qu’ils aient un minimum de respect envers nous. Comme nous envers eux.

    « Quand on n’a pas de tabac, parfois les surveillants ne veulent pas le faire passer de cellule en cellule, donc on est obligés de faire un « lasso ». Un lasso, c’est un sac poubelle, dont on fait des fines lamelles. Une fois que l’autre personne l’a rattrapé par la fenêtre de sa cellule, on pend un drap qu’on remplit et l’autre tire jusqu’à ce qu’il attrape le drap.

    « Si la personne est dans la cellule en face de la nôtre, on fait une « souris ». On prend une cuillère qu’on attache avec des fines lamelles de sac poubelle et on l’envoie dans le couloir. Ce n’est pas autorisé mais c’est toléré : un lasso attaché aux barreaux, ils peuvent me le laisser comme ils peuvent me l’enlever. Ça dépend du surveillant ou de la surveillante qui est sur notre aile.

    « Je reste 22 heures sur 24 dans ma cellule, en regardant la télé, en pensant à ma famille, et en me disant que c’est la première et dernière fois que je suis entre ces quatre murs. Je commence à réfléchir à mes erreurs et à mon avenir, en sachant que ce n’est pas ma première peine, mais que c’est la dernière. »

    Ibrahim, 21 ans
    « Pour le parloir, ma mère a toujours un gros sac de linge propre qu’elle porte à bout de bras »

    « Le parloir, c’est un vrai stress pour la famille. D’abord, à l’entrée, elle ne doit pas avoir de retard, pas la moindre minute, sinon la porte sera fermée.

    « Moi, quand je vais au parloir, je me lève à 7 heures pour avoir le temps de me faire « beau » pour ma famille. Je mets un peu de musc pour remplacer le parfum, même si je sais que ça ne sert à rien. Car je vais passer deux heures, ou presque, à attendre, en passant par trois salles : une première à l’étage, où il y a ma cellule, une deuxième au premier étage, près du portique, et la dernière au niveau des cabines du parloir.

    « Dans les salles d’attente, devenues des fumoirs avec le temps, on sent la clope. Avant d’entrer au parloir, il faut faire attention à ne pas faire sonner le portique. Si tu sonnes trop de fois, on peut te renvoyer en cellule. Pareil pour la famille : s’ils sonnent trop, pour toutes sortes de raisons (une boucle d’oreille, la boucle d’une veste ou l’agrafe du soutien-gorge), ils peuvent les renvoyer chez eux. Un jour, ma mère a sonné trois fois et le maton lui a dit qu’elle n’irait pas au parloir ce jour-là.

    « On arrive devant nos familles pour quarante minutes de parloir. On se sent fatigué, souvent on oublie ce dont on avait prévu de discuter, tellement l’attente nous a endormi le cerveau. Quand la famille vient, je sens qu’elle fait semblant de ne pas avoir l’air lassée de venir en prison. Mais ça se ressent.

    « Pour venir, ma mère se réveille tôt. Elle prend deux bus. Le premier l’emmène à la gare, et le second, devant la maison d’arrêt. Elle a toujours un gros sac de linge propre, qu’elle porte à bout de bras. Je n’imagine même pas l’énergie et la force que cela lui demande car elle est tout de même quinquagénaire. Elle me ramène du linge et des livres, la plupart du temps de philosophie, des auteurs comme Paulo Coelho ou Khalil Gibran.

    « Ma mère, elle cherche toujours des sujets futiles pour masquer le fait qu’elle en a marre. Alors on parle de mon équipe de foot préférée, l’OM, et d’autres sujets. Mais jamais de comment ça se passe ici. Je n’aime pas les immerger dans cette atmosphère de détention. Par compassion, je lui dis de rester à la maison, de se reposer. Eux, la plupart du temps ils veulent venir trois fois par semaine, lundi, mercredi et vendredi, ils se retrouvent une heure, une heure et demie, ils voient des barreaux, du bruit, ils sont dans une atmosphère de détention.

    « Ils doivent y penser en rentrant à la maison, c’est une double peine pour moi car le mal-être de mes proches me touche. Avec du recul, je me dis que j’aurais préféré qu’ils ignorent tout de la situation. J’aimerais qu’ils croient que je suis à l’étranger ou autre chose. Je ne sais pas quelle excuse j’aurais trouvée pour leur cacher que je suis incarcéré. Ce serait un mal pour un bien : je n’aurais pas tout le soutien et la force que j’ai actuellement, mais j’aurais pu les préserver de tout ce qu’ils vivent en ce moment, car ils ne sont pour rien dans la situation. Malgré tout, ils font preuve d’une force énorme.

    « Le parloir, c’est essentiel mais je ne souhaite à personne de fréquenter une maison d’arrêt. On ne peut empêcher ses proches de nous rendre visite quand ils en ont envie ou qu’ils le prétendent. C’est bien de garder des liens familiaux et avec l’extérieur, mais j’ai honte de les impliquer dans ma vie carcérale. »

    Amin, 21 ans
    « Je "snape" ma vie en détention, je montre un peu ma vie à Fleury-Mérogis »

    « En cellule, à Fleury-Mérogis, j’avais un smartphone. Je ne l’utilisais pas la journée tellement les matons étaient chauds. Je le sortais la nuit après la gamelle et après la ronde de 19 h 30. Je partais sur Facebook, Snapchat, je me tapais des délires ; jusqu’à l’aube en gros. A 7 heures du matin, dès que le surveillant passait pour récupérer la poubelle, je le rangeais dans une très très bonne cachette car on me faisait des fouilles de cellule au moins une fois par semaine.

    « Si le maton le trouve, je vais finir au quartier disciplinaire. Je risque vingt jours dans une pièce de 9 m2 sans rien dans la cellule à part un lit, une table, des toilettes. C’est important d’avoir un smartphone en détention car, quand j’étais sur mon iPhone, j’étais dans le futur. Je ne sentais pas l’incarcération : je m’évadais dans ma tête, je regardais des séries sur Netflix (Narcos, The Walking Dead). Je jouais de l’argent au poker aussi, sur PokerStars. Et des paris de foot en ligne. J’étais meilleur au poker qu’au foot !

    « Quand j’éteins toutes les lumières de ma cellule, il ne reste que la lumière de l’écran. Sur Facebook, je tchatais avec mes potes, des copines, ma famille d’Algérie. Eux, je ne leur disais pas où j’étais, je leur disais que j’étais dans un centre pour travailler. Je leur mentais car je ne voulais pas qu’ils sachent. Mais sur Snapchat, je me rendais fou car je voyais tous mes amis en vacances en Afrique, en Espagne. Ça me brisait le cœur. J’étais dégoûté car, moi, j’étais enfermé, et même avec un smartphone, ça ne remplace pas la liberté. Mais j’étais quand même heureux car ça change la vie d’avoir un téléphone en prison, ça fait oublier la détention. Je « snape » ma vie en détention, je montre un peu ma vie à Fleury-Mérogis : ma cellule, les plats que je prépare, mes amis en promenade. Ça fait deux mois que je l’ai revendu et ce qui me manque le plus, c’est Snapchat. »

    Jason, 22 ans
    « Le mal de dents est la pire chose pour une personne enfermée. je me soignais au THC »

    « Quand je suis arrivé en prison, j’ai fait une demande pour une consultation avec le dentiste car j’ai ressenti des douleurs. Le mal de dents est la pire chose pour une personne enfermée, j’en pouvais plus, donc le soir, pour dormir, je me soignais au THC [principe actif du cannabis, ndlr].

    « Sept mois plus tard, ils m’ont répondu mais je n’avais plus mal à force d’attendre. Lors de la consultation, le dentiste a fait un bilan. Il m’a dit que j’avais une carie. Il m’a donné comme seuls calmants un bain de bouche et du Doliprane. Et ils m’ont proposé un rendez-vous à l’Ucsa [unité de consultations et de soins ambulatoires] la semaine suivante pour traiter le mal de dents. Mais je préfère aller chez le dentiste à l’extérieur, une fois sorti. Ici, j’ai peur qu’ils touchent mes dents et que la douleur revienne.

    « La détention est responsable de chaque détenu et la santé en prison, c’est une chose prioritaire. Moi, je ne lave pas mes affaires ici. Ceux qui le font, ils lavent à la main, dans leur cellule, avec de la lessive qu’ils ont cantinée.

    « Ce serait bien de pouvoir cantiner une machine à laver, comme le frigo ! Chaque semaine je reçois un sac de ma famille : huit tee-shirts, sept caleçons, cinq paires de chaussettes et une serviette. Mais certains font du sport : on se lève, on se douche, on fait du sport puis on se redouche. Vous comprendrez que les caleçons sont comptés !

    « L’hygiène, c’est important en détention, pour faciliter la vie des détenus mais aussi des familles. Ce serait vraiment super qu’il y ait des machines à laver et un service lingerie, une fois par semaine.

    « Il faudrait une salle toute propre, comme si on n’était pas dans une prison, pour les pères de famille qui reçoivent leurs enfants, avec des jeux. On pourrait y aller une fois toutes les deux semaines, ou une fois par mois. Parce que la prison, quand t’es un enfant, c’est pas un endroit où aller. Ma fille va avoir 2 ans en janvier. Je l’ai déjà vue au parloir mais je n’ai pas envie qu’elle vienne. Alors je préfère l’appeler au téléphone. Elle me dit : "Papa ? T’es où ? Je t’aime." C’est dur. »

    Aymeric, 22 ans
    « J’y ai vu la chance d’apprendre un métier dans lequel je pourrais m’épanouir et trouver un emploi »

    « J’ai été incarcéré le 16 juillet 2015, à la prison de Fleury-Mérogis. Plusieurs mois avant ma condamnation, j’étais en mandat de dépôt, pas encore condamné. Sachant que j’étais sûr que je serais condamné au moment du jugement, j’ai commencé à prendre connaissance des diverses activités pour préparer ma réinsertion. On m’a indiqué que, pour avoir une bonne image auprès de l’administration, il faut avoir un comportement discipliné et exemplaire, que j’ai tout de suite adopté.

    « Je me suis inscrit à des activités sportives. La musculation est une façon de m’évader de cette détention pénible, à travers l’acharnement à sculpter mon corps. Je me suis aussi inscrit au centre scolaire, à un BEP service administratif. Pour me cultiver et pour me permettre d’obtenir un diplôme.

    « Quand j’étais dehors, je n’avais pas de qualification à part quelques expériences dans la vente de prêt-à-porter. Je n’ai pas compté mes efforts en allant chaque jour en cours. J’ai appris à avoir une meilleure éloquence, une grammaire plus enrichie et une meilleure orthographe, ce qui m’a permis d’être plus compréhensible. J’ai passé mon examen en juin 2016. J’y suis allé avec une grande sérénité, car j’avais énormément révisé pour faire de mon mieux. A la fin de l’examen, j’étais soulagé et confiant du résultat.

    « Le 6 juillet 2016, j’ai été appelé à comparaître à mon jugement. Ce jour-là, je me suis réveillé avec un grand stress, c’est rare. Une heure avant que les surveillants viennent me chercher dans ma cellule pour l’extraction, j’ai reçu une lettre : j’avais obtenu mon diplôme. Le stress du matin s’est estompé en un instant et une grande joie m’a envahi. J’étais super confiant pour le reste de la journée et le jugement. Après ma condamnation, j’ai été changé de bâtiment pour aller dans celui des condamnés. Je me suis alors immédiatement réinscrit au scolaire.

    « J’ai été accepté à la formation d’électricien. On m’a changé à nouveau de bâtiment : mon codétenu était dans la même formation. J’ai été surpris et content, car le feeling passait bien. Nous avons pris connaissance de la formation et du dispositif à respecter. Ce métier me passionne et je voudrais le poursuivre dehors. Je me suis extrêmement investi, j’y ai vu une chance d’apprendre un métier, mais surtout un métier dans lequel je pourrais m’épanouir et trouver un emploi stable.

    « Durant plusieurs mois, j’ai redoublé d’efforts et j’ai eu les résultats le jour même de l’examen. Ils ont prononcé mon nom et m’ont dit que je l’avais obtenu. Ça y est, j’ai mon diplôme, prêt pour la sortie. »

    Steven, 22 ans
    « En ce moment dans ma cellule, je n’ai plus la télé, mon seul moyen de penser à autre chose »

    « Dans ma cellule, il fait froid. Le matin, je prépare mon petit-déjeuner, des céréales que j’ai cantinées, puis je regarde la télé. A midi, je fais à manger, à 13 heures c’est la promenade, ça fait du bien, je prends l’air, ça dure une heure, ça passe vite ! A 15 heures, je regarde la télé, à 20 heures, je me fais à dîner. A 22 heures, je regarde le football et à minuit, je dors.

    « En ce moment, dans ma cellule, je n’ai plus la télé, alors que c’est mon seul moyen de penser à autre chose que la prison. Ça fait trois jours.

    « Trois jours que tous les soirs, je reste dans le noir et que je cogite. Je pense à dehors. A mes amis, ma famille, à mon avenir quand je sortirai : est-ce que j’aurai le bracelet ? Est-ce que le juge va m’accorder l’aménagement de peine ?

    « Trois jours que je fais du sport tous les jours pour faire gonfler mes muscles. Je fais des séries de 200 pompes par jour. Pour me sentir bien dans mon corps et pour faire passer le temps. Ça me prend une heure, une heure trente.

    « Trois jours que la promenade est devenue un vrai kif, mieux qu’avant.

    « Trois jours que je parle par la fenêtre du coup ! Tout le temps, pour faire passer le temps, parler de tout et de rien : du foot, de la prison. Mes voisins, ils n’ont pas la télé non plus.

    « Trois jours que je lis les cours le soir, comme j’ai rien à faire. Si je voulais un livre, je crois que c’est ma famille qui devrait me l’amener. Bref, ça fait trois jours que j’ai pas la télé dans ma cellule. »

    Ibrahim, 19 ans
    « A ma sortie, je vais direct au restaurant. Poulet braisé ! Je pense qu’à ça »

    « Ça fait un an maintenant que je suis incarcéré à Fleury-Mérogis. Depuis, je n’arrive pas à faire à manger. Pourtant, j’ai regardé mon ancien codétenu le faire. Gratin, pizza, tchatchouka… C’était trop bon. C’était un moment où je me sentais au restaurant. Le seul moment où je me sentais un peu dehors.

    « Je viens d’une grande famille où il y a beaucoup de filles et, du coup, ce sont elles qui font tout à la maison. Le ménage, la nourriture, je n’ai besoin de rien faire. J’ai deux grandes sœurs, deux petites sœurs et un petit frère. A Grigny (Essonne). Je me souviens que, parfois, mes sœurs s’embrouillaient parce qu’elles n’avaient pas envie de s’occuper de tout ça. Mais j’ai grandi comme ça. Si je passais la serpillière ou faisais la vaisselle à la maison, ce serait bizarre !

    « J’ai découvert le ménage en prison. J’avais pas l’habitude. La vaisselle, frotter… c’est cruel, en fait ! Je ne savais pas que c’était dur comme ça, les tâches ménagères. T’as pas besoin de faire du sport. A la fin de la journée, t’es K.O. ! En sortant, je ferai ma chambre. De temps en temps. Et aussi la vaisselle. J’ai ouvert les yeux… même si ça n’empêche pas que c’est elles qui doivent faire le plus gros. Nous, on doit remplir le frigo, payer le loyer, subvenir aux besoins de la famille. Bref.

    « Aujourd’hui, je suis seul en cellule. Et je n’arrive pas à me faire à manger. Je suis obligé d’envoyer mes cantines (pommes de terre, viande, farine, œufs, oignons, poivrons) à mon voisin, parce que lui, il sait faire. Et il a la gentillesse de me faire à manger pour m’aider à bien me nourrir. Il a remplacé mon codétenu en quelque sorte. Hier, par exemple, il m’a fait des bricks. J’ai aussi un voisin qui ne fait que des crêpes, tout le temps. Ça ne marche que si le surveillant est d’accord de faire passer la nourriture, même s’ils n’ont pas le droit. La plupart acceptent, ils sont très compréhensifs à ce sujet.

    « Quand vient l’heure de la gamelle du midi, il faut passer de la cellule 13 à 36. Mon voisin fait sa nourriture (quiches, pizzas, gratins…) et je dois récupérer ma part à 18 heures. C’est censé me durer jusqu’au lendemain soir, je dois toujours anticiper.

    « Le problème, c’est que, parfois, il y a un changement de surveillant et le nouveau ne veut pas refaire passer le plat cuisiné, donc je dois me faire des pâtes, même si je trouve ça dégueulasse. En fait, c’est surtout la sauce tomate qui m’a gavé : il n’y a pas de crème fraîche, donc on doit toujours faire avec la sauce tomate.

    « Franchement, parfois, c’est extrêmement difficile de ne pas savoir faire à manger, surtout que la gamelle d’ici est vraiment dégueulasse. A mon goût, en tout cas. C’est mal assaisonné, ça n’a pas de goût et y a pas beaucoup de choix ni grand-chose dans l’assiette. Sur toute l’aile, sur vingt-deux détenus, y en a peut-être quatre qui la prennent. Des fois, ils donnent du riz, mais sans sauce. Comment tu veux manger, sec comme ça ? Ils abusent. A ma sortie, je vais direct au restaurant. Poulet braisé ! Je pense qu’à ça. Tous les jours. »

    Deniz, 20 ans
    « J’étais obligé de rester fort car j’ai une famille qui m’attend dehors »

    « Le 26 juillet 2016, j’ai été condamné à quatre ans de prison ferme. Le premier jour à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis a été très dur pour moi. J’ai laissé un bébé de 8 mois qui s’appelle Enzo, avec sa mère Estelle, ma petite amie. Ça fait dix ans qu’on est ensemble. C’est le plus beau cadeau qu’on ait pu me faire, avoir une femme aussi gentille que sérieuse. Ça a été très dur pour moi de devoir la quitter du jour au lendemain, car elle et moi, on ne faisait qu’un. Les courriers ne me suffisent plus. Les parloirs ont mis trop de temps à se débloquer.

    « Un jour, on m’a proposé un téléphone portable. J’ai accepté. Je savais que je prenais des risques mais l’amour que j’ai pour ma femme était plus fort que les risques. Ça nous a fait du bien de s’avoir tous les jours car c’est difficile pour une femme d’être toute seule avec son bébé. Il fallait que je fasse acte de présence. Tous les jours.

    « Il a suffi d’un jour pour que tout bascule, le jour de la fouille de ma cellule. Le surveillant a découvert le téléphone et je suis passé en commission de discipline. J’ai reçu sept jours de mitard et sept jours de sursis.

    « Le premier jour de mitard a été difficile, tout seul, à parler avec Casper le fantôme, mais j’étais obligé de rester fort car j’ai une famille qui m’attend dehors.

    « Quand on m’a sorti du mitard, je me suis mis à lire et à faire passer le temps. La visite de ma femme et de mon bébé au parloir m’a fait énormément de bien. Elle m’a dit de rester fort, qu’on avait vécu pire. J’ai toujours gardé mon emploi en tant qu’auxiliaire repas, ceux qui font la gamelle.

    « J’ai donc payé mes parties civiles pour tout recommencer à zéro. J’ai accepté une formation et je suis parti au bâtiment D4 pour me réinsérer et avoir une chance de sortir.

    « Dehors, j’ai un boulot d’étancheur qui m’attend. J’ai une maison, j’ai une femme, j’ai un enfant, peut-être un deuxième, j’ai une voiture, j’ai un chien. J’ai une famille, mais je suis encore en prison. »

    #prison #détention #parloir #préventive

  • Pourquoi certaines communes rêvent d’accueillir une #prison (et d’autres en font des cauchemars)
    http://www.francetvinfo.fr/societe/prisons/enquete-franceinfo-pourquoi-certaines-communes-revent-d-accueillir-une-

    A travers le prisme des recherches foncières, c’est une certaine #géographie de la France qui s’est dessinée, avec des territoires aux aspirations et aux destins contrastés. C’est aussi la place de la prison dans notre société qui a été mise en lumière, entre contraintes de politique pénale, relégation spatiale et fantasmes populaires.

    […] Quand un projet de construction est présenté par le préfet, "la première réaction des élus est généralement la réticence, parce que la prison fait peur, et parce que cela représente un risque politique pour le maire, qui ne sait pas comment son conseil municipal et ses élus vont réagir, explique le chercheur à franceinfo. Très rapidement, les maires affinent le sujet, acceptent souvent de recevoir une prison, voire cherchent à l’accueillir."C’est ce qui s’est passé à Fréjus, où la municipalité s’est rendu compte de l’intérêt qu’elle pourrait avoir à exploiter un terrain peu valorisable. Bien souvent, les prisons héritent ainsi des terrains les moins prestigieux, comme a pu le constater Gérald Billard : "La prison de Nancy-Maxéville a été construite dans une zone d’activité en bordure de zone urbaine sensible, celle de Nantes-Carquefou se trouve sur un ancien terrain militaire dans une zone industrielle et celle de Rennes-Vezin a pris la place d’anciens abattoirs coincés entre une ligne ferroviaire et une zone industrielle."Un temps construits en centre-ville, à proximité immédiate des tribunaux, les établissements pénitentiaires sont désormais relégués en périphérie. « La fonction noble de la justice – le jugement et le prononcé de la peine – s’exerce toujours en ville, dans des tribunaux souvent localisés dans de beaux quartiers, note le géographe Olivier Milhaud, maître de conférences à la Sorbonne, dans la revue Urbanités. L’exécution de la peine, en revanche, se fait dans des établissements pénitentiaires qui s’établissent désormais en marge des villes. »

    […] « On a eu tendance à exagérer l’aspect d’image, qui ne se vérifie pas dans la durée », tranche Olivier Milhaud, auteur de Séparer et punir (CNRS Editions, 2017), interrogé par franceinfo. L’universitaire souligne que la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré n’empêche pas l’île de Ré (Charente-Maritime) de rester une destination touristique attractive. "L’administration pénitentiaire est le premier employeur de l’île, mais personne de l’extérieur n’est au courant, explique-t-il. Il y a des stratégies ’d’invisibilisation’, comme le fait de ne pas avoir de panneau routier indiquant la présence de la prison."Olivier Milhaud évoque également « des stratégies paysagères ou architecturales » qui permettent de camoufler une prison. Des peupliers, choisis pour leur croissance rapide, peuvent servir de barrière végétale. Des talus le long des routes peuvent masquer un établissement. Enfin, en jouant sur les couleurs, les architectes peuvent fondre les bâtiments de détention dans le décor urbain (par exemple, en reprenant la couleur des briques du quartier).

    […]_Lors de son opération de recherches de terrains ces derniers mois, le gouvernement s’est cassé les dents à plusieurs reprises. Ce fut particulièrement le cas en Ile-de-France, où le peu d’emplacements identifiés a contraint le garde des Sceaux à ordonner une nouvelle phase de prospection. Il a également dû faire le deuil de sa volonté de construction de maisons d’arrêt dans des agglomérations comme Lyon, Marseille, Nancy ou Strasbourg, d’où proviennent pourtant nombre de détenus."Ces #métropoles à forte concentration urbaine ne veulent pas geler 15 hectares pouvant accueillir autre chose, regrette Jean-Jacques Urvoas. Mais derrière, il y a eu des communes super-volontaires pour récupérer le projet." Colmar a ainsi profité des réticences strasbourgeoises pour récupérer une maison d’arrêt de 550 places, tandis que Dommartin-lès-Toul a hérité de l’établissement de 600 places prévu à Nancy.

    […] "Les familles sont souvent dépendantes des #transports_en_commun, qui sont peu efficaces hors des zones urbaines, confirme le géographe Gérald Billard. Quand il faut prendre un TER, puis un bus, puis finir à pied jusqu’à la prison, on se retrouve facilement avec 5 minutes de retard, et on est privé de #parloir. Et pour les détenus en #semi-liberté, être à l’heure au travail et à l’heure pour le retour en prison peut devenir un casse-tête et compromettre une #réinsertion.

    […] "L’argument économique est la principale motivation avancée par les communes. Mais y a-t-il vraiment tant à gagner en accueillant une prison ? « Les choses ne sont pas si évidentes », tempère Isabelle Leroux, maître de conférences en é#conomie à l’université d’Angers (Maine-et-Loire) et co-auteure de l’essai Les nouvelles prisons. Elle promet une belle désillusion aux maires qui s’attendent à un jackpot."Les surveillants vont souvent vivre dans une autre commune, pour respirer un peu et ne pas croiser les détenus en semi-liberté, affirme-t-elle à franceinfo. Du fait du turn-over, certains vont aussi se contenter d’un studio et ne vont pas faire venir leur famille." L’économiste cite en exemple une maison d’arrêt de 400 places inaugurée en 2010, dont seulement 7 des 184 fonctionnaires résidaient finalement dans la commune en 2013. Outre cet effet démographique limité, l’effet sur l’emploi est négligeable, car les fonctionnaires de la prison sont affectés au plan national et non recrutés dans le bassin local. Que répondre à la mairie de Fréjus, qui salive devant un éventuel chantier à 100 millions d’euros ? Prudence. Si la prison est construite en partenariat public-privé, le chantier risque de peu profiter aux entreprises locales du #BTP.

    […] Autre source potentielle de déception : les gains en matière de dotation globale de fonctionnement (#DGF). Cette dotation est versée par l’Etat aux communes en fonction de leur nombre d’habitants. Lorsqu’une prison est construite, chaque détenu compte pour un habitant supplémentaire et permet de gonfler la DGF. L’impact est minime, prévient l’économiste : « Ce supplément représente seulement 0,5% du #budget_communal » pour une ville de 7 500 habitants accueillant un établissement de 400 places. Soit un gain de 40 000 euros par an.

    […] « Ce n’est qu’en menant une réflexion sur le développement autour de la prison qu’on peut échapper à un non-sens économique », conclut Isabelle Leroux. In fine, l’intérêt du détenu doit primer, estime-t-elle, appelant à veiller à développer les liens entre la prison et le tissu économique local pour permettre une bonne #réinsertion et éviter la #récidive.

    #tourisme #architecture #justice

  • http://lenvolee.net/category/emissions-de-radio

    Le 22 mars à 14h40 au centre pénitentiaire pour femmes de #Rennes, l’alarme retentit dans tous les bâtiments. Toutes la #prison est bloquée, les familles, proches, intervenant.es, détenues sont cloisonné.es là où ielles se trouvent. Aucune explication. Un peu plus tard, certaines détenues sont enfermées dans leur cellules et aperçoivent par la fenêtre une cinquantaine d’ERIS (Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité, bref une équipe spécialisée intervenant contre les mutineries - composé de #matons et de #pandores cagoulés, ouverte à toutes les dérives et règlements de comptes " en toute impunité" ) avec leur boucliers, gilets pare balles et armes aux poings qui se pavanent dans la cour de la taule. Ce qui laisse penser à une mutinerie, alors au début des meufs sifflent et encouragent les potentielles mutines. Sauf que très vite elles se rendent compte que les #ERIS font un entraînement, et qu’il n’y a pas de désordre en cours. Ce théâtre nauséabond va durer 3h30. Ce qui aura eu comme conséquence la suspension des premiers #parloirs et l’annulation des deuxièmes ainsi que des activités, mais aussi de mettre le stress au #prisonnières pour avoir le temps de prendre des douches et manger avant la fermeture des cellules à 19h30.
    Voici un extrait de la lettre de Marina et Maïté, envoyée de l’intérieur, qui parle de cet événement et qui a été lu pendant l’émission de #radio « l’envolée » (qui est la source de cette brève) du 7 avril dernier :
    « Nous dénonçons ces agissements de la flicaille qui n’ont comme seul but que de continuer d’engraisser la machinerie répressive et répandre la peur. Dans une prison où le nombre de femmes mortes est si élevé [4 en 4 mois], les priorités de la direction pénitentiaire sont de trouver de nouvelles armes et méthodes pour mieux réprimer sans tenir compte qu’ici, il y a des êtres humains enfermé.e.s. Que nous avons une vie et que nous essayons de nous en sortir comme nous pouvons pour supporter cette torture. »


    Photo : Jane Evelyn Atwood

    source : TILTJOURNAL.NOBLOGS.ORG

  • « Il n’y a que l’amour qui nous fait venir dans les parloirs »
    Entretien avec Stéphane Mercurio et Chantal Vasnier sur les familles de détenus

    Propos recueillis par Clémence Durand et Ferdinand Cazalis

    Pendant que Stéphane Mercurio tournait son documentaire À côté (2007) sur les familles de détenus, elle a rencontré Chantal Vasnier, qui a passé 34 ans de sa vie à aller voir en prison Georges Courtois, son ex-mari. Entretien croisé.

    http://jefklak.org/?p=3209

    Il y a des moments assez forts dans le film, avec certaines femmes qui craquent, et qui sont soutenues par les autres présentes…

    Stéphane : Certaines femmes qui viennent au parloir ont leur vie suspendue à la prison, comme si tout ce qui se passait à l’extérieur n’était qu’une parenthèse.

    Chantal : Je pense que j’ai tenu aussi longtemps parce que j’ai refusé de rentrer dans ce schéma. Mais quelqu’un comme Séverine dit aussi dans le film qu’en une heure et demie de parloir, elle a une relation d’amour plus forte que la plupart des gens qui vivent tous les jours dans la même maison. Dans À coté, il y a une dame, en larmes, qui dit : « On est punies d’aimer quelqu’un qui a fait une connerie. » Moi aussi, je le dis. Il n’y a que l’amour qui nous fait venir dans les parloirs pendant aussi longtemps, seuls les sentiments permettent de résister à tout ça. J’aurais pu me dire au bout d’un moment « ça suffit », mais c’est une question de lien entre lui et moi. Les détenus deviennent vite égocentriques. Ils s’imaginent que ce sont eux les victimes, c’est-à-dire que ce sont eux qui sont à plaindre, et ils ne se rendent pas compte de ce que les familles vivent. Moi, je n’ai pas vécu ça. Il ne m’a jamais imposé de venir à tel rythme, jamais reproché de ne pas être venue pendant trois semaines… J’ai fait mes choix et n’ai pas eu besoin de les réaffirmer durant toutes ses années de détention : si j’ai décidé de ne pas couper les ponts, autant aller jusqu’au bout. Cela dit, il ne faut pas s’obliger à y aller toutes les semaines.

    Stéphane : Je pense quand même qu’il y a une part très importante d’imaginaire dans ces relations. Parfois, elles viennent de rencontrer leur homme au moment où il est incarcéré, du coup, il y a une soif de vivre plus. Et une relation fantasmée.

    Chantal : Quand deux personnes se voient tous les jours, elles s’engueulent parfois, mais elles se réconcilient deux heures plus tard en général. Au parloir, si tu commences à t’engueuler, c’est fini, tu repars avec ça, et au parloir suivant, t’es toujours sur l’engueulade. D’un parloir à l’autre, la relation est suspendue. En même temps, un parloir, c’est un endroit où les familles ne vont pas raconter les ennuis qu’elles ont à la maison : le détenu ne peut rien y faire, il n’a pas besoin de s’inquiéter pour rien. En gros, il y a deux sortes de détenus : ceux qui racontent les problèmes qu’ils ont à l’intérieur, et ceux, comme Georges, qui ne se plaignent jamais de leurs conditions de détention devant leurs proches.

    Stéphane : Mais ce silence crée du fantasme aussi… Il y a beaucoup d’angoisse sur ce qui peut arriver à l’intérieur. Quand je me suis rendue à Rennes pour tourner la première fois, j’avais entendu parler de l’histoire de Georges Courtois, et je savais que Chantal allait dans la maison Ti Tomm. Je me disais qu’elle connaissait trop bien la prison, et que je préférais rencontrer des femmes qui découvraient cet univers, pour que le spectateur le découvre avec elles. Mais la première fois que j’ai filmé Chantal, Georges n’était pas là, elle n’avait pas pu le voir, et je l’ai vue littéralement nouée par l’angoisse, en train de se demander ce qu’il avait pu arriver, s’il était ci ou ça, s’il était chez le juge… Je me suis dit « Au bout de tant d’années, elle est toujours prise par cette angoisse ! » Je trouvais ça incroyable : qu’on ne s’habitue pas. Toutes les familles vivent dans la peur. Je me souviens d’une maman qui se demandait à chaque fois si elle allait retrouver son fils entier. Elle ne disait pas clairement ce qu’elle craignait, mais j’imagine qu’elle avait peur des suicides, des bagarres, des viols, de tout ce qu’on pense sur la prison…

    • http://brindesoleil-rennes.fr
      http://parcoursdefemmes.free.fr

      Un détenu reçoit des paquets. On peut les lui confisquer sans l’avertir. Ainsi Georges Courtois a découvert des mois après que des livres qui lui étaient adressés par des amis nantais étaient consignés par l’administration pénitentiaire. L’amie d’un autre détenu s’est vue remettre à #Nantes un paquet d’une vingtaine de ses lettres, qui n’ont jamais été remises depuis des mois : l’adresse, le numéro de cellule, tout y est, sauf le numéro d’écrou. Arbitraire total, d’autres lettres sans numéro d’écrou arrivent parfaitement. Plus qu’une simple tracasserie, cette mesure sert à désespérer le #taulard qui se dit que sa #femme l’a abandonné. L’effet est double sur cette femme qui ne peut comprendre pourquoi il ne répond jamais. Qui a intérêt à ça ? Personne vraiment, mais c’est un genre de #double_peine permanente.

      Vêtue d’un pantalon comportant une ceinture métallique qui sonne au portique, une femme ne peut aller voir son homme au #parloir. C’est prévu. Un jogging de remplacement lui est prêté. Sauf que le surveillant le lui tend sans vestiaire pour se changer. Elle doit se déshabiller devant lui. Imaginez le moral et la rage du détenu quand il apprend l’humiliation de sa femme.

      À la maison d’arrêt de Nantes, un autre taulard bénéficie d’une sortie pour les obsèques de son beau-père, qui l’a élevé. Pour acheter des fleurs, il demande qu’on lui sorte un peu d’argent sur son pécule gagné par son travail en prison. Refus tout net des surveillants.
      Après des rencontres avec leur famille au parloir, certains détenus subissent une fouille à corps par un surveillant qui enfile un gant pour sonder d’un doigt dans le cul l’éventuelle cachette intime. Une humiliation de plus évoquée par très peu de détenus, par pudeur d’une atteinte proche d’un viol.

      La brimade la plus usuelle, c’est les changements de prison. En un mois, Georges Courtois en a subi trois. Sans que jamais la famille ne soit avertie. Ni l’avocat, qui se casse régulièrement le nez en allant voir un client changé d’adresse. Du coup, femmes et #enfants se retrouvent devant une grille sans que l’administration ne divulgue la nouvelle destination. Faut attendre une lettre du détenu après déménagement, ou obtenir le rencard du service social. Alors qu’une bonne agence de voyage en annexe aux parloirs, ça ferait quand même plus classe.

      http://www.lalettrealulu.com/Peine-perdue-Brimades-des-moeurs_a1178.html

      http://www.jetfm.asso.fr/site/stockage/destination_loubards/destinationloubards46courtois1.mp3
      http://www.jetfm.asso.fr/site/Entretien-avec-Georges-Courtois.html
      http://www.jetfm.asso.fr/site/stockage/destination_loubards/destinationloubards%2047%20courtois%202.mp3
      http://jefklak.org/?p=2609

      A Micha
      « Le #couple dont l’un des deux est en prison peut-il vivre autrement qu’au rythme de la prison ? La société qui a quelque part mauvaise conscience, va faire pression sur la #femme_du_taulard. On lui tient un double discours : "Reste, il a besoin de toi" et par ailleurs : "Vis, bouge, ne t’enferme pas avec lui". On nous parle de dépendance quand on comptabilise les heures et les kilomètres consacrés aux parloirs. Mais le foyer du prisonnier est au parloir. Si la maudite table qui nous sépare peut avoir quelque valeur de symbole c’est en la comparant à la table familiale. Elle est aussi le lit d’amour, ô dérision ! Mais il faut faire avec. J’ai toujours été étonnée de l’incohérence de la société vis-à-vis de ses prisonniers. Elle leur impose un temps de non-vie qui se déroule, immuable, sur des années. Et sous prétexte d’ouverture elle introduit dans ce temps inexorable le temps des gens libres avec ses caractéristiques qui ne peuvent avoir leur raison d’être que dans le fait qu’ils sont libres. Par exemple l’enseignement en prison qui ne se fait, par les instituteurs détachés, que pendant le temps qui est imparti aux enfants à l’extérieur : aux vacances scolaires, plus d’enseignement en prison. Pour les prisonniers c’est le retour à la cellule et à l’inactivité. Comment ne voit-on pas ou ne veut-ont pas voir une telle incohérence ? Ce sont les femmes de parloirs que l’on taxe d’incohérence car elles viennent partout les temps et même pendant les sacro-saintes vacances de la société de consommation, impassibles au temps des autres ; et ça dérange cette constance hors du temps, hors des règles, hors du commun. Quelle cohérence y a-t-il à suivre dans le temps-prison l’homme que j’aime enfermé ? C’est ça aimer un prisonnier. »
      Duskza

      http://prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=520

  • Aix : une femme de détenu raconte son quotidien
    http://www.laprovence.com/article/actualites/2280196/etre-femme-de-detenu-cest-etre-enfermee-a-lexterieur.html

    Elle nous raconte le tout premier parloir à la prison, qu’elle pensait pourtant avoir oublié : « Je ne savais rien. Les dames de la Halte Saint-Vincent m’accueillent et me montrent tout. J’attends devant, avec le... troupeau. On est au milieu d’inconnus, des hommes et des femmes. Des enfants mal élevés, d’autres très bien élevés. On n’est plus qu’un numéro. Les surveillants, dans l’ensemble, sont gentils avec nous. Heureusement, car s’ils ne l’étaient pas, on n’est pas en position de force ».

    « On s’habitue à tout »

    Une quelconque solidarité se noue-t-elle au fil du temps, avec les autres visiteurs et les autres compagnes ? « Pas pour moi. Je me sens isolée et je m’isole volontiers. Des détenus ont parfois fait des choses ensemble, alors leurs femmes se connaissent. Cen’est pas mon cas ». Son homme est seul en détention, Françoise aussi, comme par ricochet peut-être.

    La suite ? « On nous appelle, on attend. La première fois, j’avais terriblement peur qu’on ne m’appelle pas et de ne pas le voir... Puis on rentre. Tapis roulant, portique, le soutien-gorge qui sonne et qu’on doit enlever. Il faut faire avec tout ça. On quitte ses chaussures. Ils ouvrent, on traverse la cour, on voit les barbelés. On attend ensemble, dans une pièce où on est enfermés les uns avec les autres... », récite-t-elle comme une histoire apprise par coeur. Avant de suspendre sa phrase et de commenter avec un sourire de passage : « Tiens, en racontant ça, je me dis qu’on s’habitue à tout... »

    #prison #parloirs

    • Hier sur #Canal_Sud étaient lus des textes de détenus qui sont incarcérés dans des prisons modèles françaises toutes neuves. Comme je suis tombée sur la radio en conduisant, j’ai d’abord imaginé que ces textes témoignaient d’une époque révolue, ils étaient pires que celui de A.Londres racontant Cayenne.
      #gloups On peut les lire dans #L_Envolée.

    • Le terme de prison-modèle, détenu-modèle me semble être un des plus merveilleux exemples de novlangue banalisée.

      Car après tout, de quoi parlons-nous ? Des lieux dans lequel les atteintes à la propriété, aux moeurs et au code du commerce sont sanctionnés par l’enfermement. Si on pouvait y mettre les roms, les musulmans, et les femmes mal habillées par leurs maris, on les y mettrait, mais ça ferait sans doute trop peur aux marchés financiers pour qu’on s’y risque. Nous avons voulu construire une société de multipropriétaires solidaires autour de leur piscine collective en oubliant qu’accaparer l’espace au nom du droit ne se conçoit que lorsque l’espace est une ressource abondante.

  • Enfermées dehors. Les familles de détenus à la maison d’arrêt de Varces (Isère). Reportage
    http://blogs.mediapart.fr/blog/ariane-lavrilleux/110313/enfermees-dehors-les-familles-de-detenus-la-maison-darret-de-varces-

    Le parloir ou le partage fugace de la détention

    Quand Pierre a vu pour la première fois, il y a six mois, son jeune fils entre ces quatre murs, il a cru exploser : « Je voulais prendre sa place, ou venir avec mon camion pour défoncer la porte ». Révolté par le traitement « inhumain » des détenus, il a contenu « ses drôles d’idées » mais en parle encore avec une boule dans la gorge. Le « choc carcéral » n’est pas réservé qu’aux détenus.

    Il y a les films, les fantasmes sur la prison. Et puis la réalité des conditions d’enfermement dans une prison construite dans les années 1970 et aujourd’hui délabrée. Une réalité que les familles ne peuvent éviter en se rendant au parloir. La saleté. C’est le premier mot qui vient aux familles pour décrire les dix box de 3m² où elles rencontrent leur proche. Il y a « des odeurs d’urine », « des crachats », « des déchets » et « la peinture est écaillée » témoignent plusieurs mères et compagnes de détenus. « Une porcherie » lance une mère de prévenu qui dit avoir vu des rats se balader sur les toits à proximité du parloir. Mathilde, collégienne, raconte que ses petits frères et sœurs ne veulent plus venir « tellement c’est sale ».

    Pourtant Patrick Motuelle, Directeur de la maison d’arrêt, assure que « les parloirs ont fait l’objet d’une réfection totale il y a deux ans par les détenus eux-mêmes » et de nouvelles opérations « l’an dernier par des détenus en formation ». Un détenu est également chargé de nettoyer tous les jours les parloirs . Mais avant le ménage de fin de journée, les familles ont le temps de dégrader les espaces de parloirs, selon le Directeur. Une opinion que partage Martine Noally, présidente du Relais enfant-parent Isère qui accompagne au parloir avec des enfants dont le père est incarcéré : « Cela ne dérange pas les familles de salir. C’est lié au partie du concept de prison, qui n’est pas là pour être belle et propre ».

    Outre l’odeur et l’aspect des parloirs, le confinement de la cellule y est reproduit. Enfermé entre deux grilles dans des cabines sans aucune aération, le confort est approximatif. En août 2009 l’expert architecte mandaté par le Tribunal administratif de Grenoble mesurait une température de 31°C, et une humidité supérieure à la normale. Il y a quelles années un réaménagement des parloirs avait été envisagé. Le projet est resté dans les tiroirs. Mais une nouvelle étude est en cours, au niveau de la direction interrégionale des services pénitentiaires, pour réhabiliter entre autres, les parloirs de Varces.

    #prison #familles #parloirs

  • “Parloirs”, un documentaire de Didier Cros à voir en avant-première sur Télérama.fr
    http://television.telerama.fr/television/parloirs-un-documentaire-de-didier-cros-voir-en-exclusivit-sur-t

    Didier Cros continue de mettre à nu le système carcéral français. Du vendredi 18 à 19h au lundi 21 janvier 2013 à 10h, Télérama.fr vous propose en streaming gratuit son dernier documentaire.

    #prison #parloirs #Didier_cros #streaming #telerama

  • « Parloirs », de Didier Cros : des mots derrière les murs
    http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/01/18/didier-cros-il-y-a-en-france-une-volonte-de-dissimuler-la-realite-carcerale_

    Qu’est-ce qui vous a surpris dans cet environnement carcéral ?

    Une chose qu’on oublie souvent : le bruit. C’est incroyablement bruyant, une prison. Les matériaux sont souvent de très mauvaise qualité, tout résonne : les portes qui se ferment, les clés, les pas. Toutes les télés – l’autre drogue du monde carcéral – ont leur volume à fond. Bien souvent les détenus hurlent pour se parler.

    Cet environnement sonore participe beaucoup de la tension qui règne. A la fin d’une journée de repérage ou de tournage, je ressentais une forme d’épuisement, dont j’ai mis du temps à trouver l’origine.

    #prison #parloirs#documentaire #cros #france2

  • Agen. La double peine des familles de détenus

    http://www.ladepeche.fr/article/2013/01/07/1530158-agen-la-double-peine-des-familles-de-detenus.html

    ces familles de personnes incarcérées qui visitent l’un des leurs puissent continuer à se « réfugier » un court moment dans cet ancien garage soigneusement aménagé, attendre à l’abri leur tour de passage, prendre un café ou une boisson, quelques biscuits, et surtout échanger dans l’anonymat et la confidentialité la plus totale avec les deux bénévoles présents. De quoi adoucir la double peine qu’elles endurent, celle d’avoir un être cher derrière les barreaux tout en étant elles-mêmes visées par ces regards qui jugent. La démarche est volontaire, bien entendu, pour les intéressés, et le chapelet de personnes qui continue de se dérouler chaque début d’après-midi sur le trottoir, rue Montaigne, devant la grande porte en fer de la prison, démontre que tous ne répondent pas à cette invitation. Soit par méconnaissance du lieu, par crainte de « manquer son tour » ou, pour les plus endurcis, par simple habitude…

    #prison #familles #parloir