#patriarcat

  • #MeToo : peu de moyens de lutte contre le harcèlement sexuel à l’#université

    http://www.madmoizelle.com/harcelement-sexuel-universite-cellule-ecoute-965195

    Le #harcèlement_sexuel n’est pas l’apanage du milieu feutré d’Hollywood. Dans les salles de cours aussi, il sévit parfois – mais les moyens pour lutter demeurent souvent insuffisants.

    #viol #machisme #culture_du_viol #sexisme

    • Et parfois ça commence malheureusement bien plus tôt, sans que personne n’ose le dire ni ne fasse rien pour que ça change.

      La petite fille de cinq ans d’une amie a été agressée par 3 garçons un peu plus âgés qu’elle en cour de maternelle à Clichy (92). Après l’avoir entrainé derrière un cabanon l’un a tenté de lui retirer sa culotte tandis que les autres la tenaient. Elle a réussi à se dégager avec l’aide d’un ami venu à la rescousse, elle a expliqué qu’heureusement elle avait un collant sous sa jupe. Oui, 5 ans, avec des agresseurs de 7 ans tout au plus.
      Mais les services de cette maternelle ont tout fait pour étouffer l’affaire, en ne prévenant pas les parents de la victime alors que ceux des agresseurs ont été convoqués puis en renommant cette agression sexuelle en « #touche-pipi ». Ils ont ensuite accusé la mère d’avoir manipulé sa fillette et l’ont prévenu qu’ils feraient suivre le dossier toute la scolarité de la gamine. Sans soutien de la #FCPE, qui s’est rangé du côté des agresseurs, arguant de leur milieu modeste, la copine et sa fille ont décidé de déménager.

      #france_machiste #patriarcat

    • Et quand l’enfant sexuellement agressé est handicapé mental (âgé de 7 ans, les assaillants, eux, âges de dix ans), la directrice de l’établissement tente d’expliquer aux parents qu’elle les avait bien prévenu(e)s que l’école aurait du mal à accueillir l’enfant handicapé. Cet entretien ne s’est pas très bien passé (de mémoire).

      Un jour, peut-être, j’arriverais à écrire ce livre auquel je pense depuis des années, les Salauds. L’épisode que je mentionne en commentaire ici n’étant pas, tant s’en faut, le pire.

    • Oui @aude_v, d’autant que je viens de faire une recherche sur duckduck, et le peu de résultats semblent montrer que soit c’est un sujet sans intérêt soit c’est un sujet de dérision. Parler de harcèlement sexuel en Maternelle semble faire ricaner tout le monde, et pire, la plupart des articles que je vois défendent les agresseurs.
      Le figaro titre par exemple

      Par crainte des procès intentés par les parents, les autorités scolaires appellent la police au moindre attouchement dans la cour de récréation.

      La violence des enfants est sous estimée, (un enfant c’est si innocent, si mignon) comme celle des femmes (une femmes c’est si beau, si frêle), mais c’est pourtant toujours la même violence sexuelle qui est véhiculée par la société patriarcale et la #culture_du_viol et du #porno. Je ne vois pas comment elle ne s’infiltrerait pas aussi à l’école.

      –--- et comme dans les universités les cellules d’écoute sont au compte-gouttes, alors, tu peux imaginer que pour les maternelles ou l’école primaire, on peut attendre longtemps avant qu’un programme soit mis en place ne serait-ce que pour réfléchir à comment éviter ces rapports de merde à l’autre …

      Harcèlement sexuel : 
dans l’enseignement supérieur, des cellules d’écoute au compte-gouttes
      https://www.liberation.fr/france/2018/11/04/harcelement-sexuel-dans-l-enseignement-superieur-des-cellules-d-ecoute-au

      @philippe_de_jonckheere je compatis et te souhaites de trouver la force de dénoncer ces #Salauds.

    • Ça me fait penser à mes parents rigolant d’un type du village qui était allé montrer sa bite à une dame âgée isolée. Comment passer l’agression au prisme de son regard sur la sexualité des autres, dont tu ne sais rien du tout (« ah ah, la vieille en a vu d’autres, au pire elle s’en fout et au mieux elle en profite », « ah ah, c’est gentil, c’est entre gosses »), et ne pas voir qu’il y a avant tout agression, un déni du droit de l’autre à son intégrité, qu’il s’agisse de sa jupe ou de son champ visuel. Et s’habituer à cette violence. J’ai dû vous raconter que quand l’exhibi a par la suite manqué de violer une petite fille parce qu’il en a serré deux d’un coup et que l’une a réussi à s’enfuir, mes parents trouvaient ça moins drôle et moi je me disais peu surprise qu’un type identifié comme un agresseur, devant l’impunité dont il bénéficiait, continue... ben, d’agresser. Avec tout le village en complices. Après, y’en a qui disent ne pas comprendre qu’il s’agit d’une culture, de représentations communes qui organisent l’impunité et légitiment les passages à l’acte. Soutien aux personnes qui vivent ça et à leurs proches...


  • Elle accuse les pompiers de viols, la justice la dit victime d’« atteinte sexuelle » - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/elle-denonce-des-viols-la-justice-la-dit-victime-d-atteinte-sexuelle-05-1

    Elle parle de « #honte », de « #mépris ». Huit ans après sa plainte contre des pompiers pour d’innombrables #viols survenus quand elle avait entre 13 et 15 ans, Julie* a appris avec colère que le parquet de Versailles avait demandé en septembre une requalification des faits : « Le #défaut_de_consentement […] apparaît insuffisamment caractérisé », écrit le magistrat, qui préconise de poursuivre les trois pompiers mis en examen non plus pour #viol mais pour #atteinte_sexuelle, un délit passible de sept ans de prison… loin des vingt ans prévus pour un viol aggravé.

    #impunité #colère #culture_du_viol #prédateur #pédocriminalité #abus_de_faiblesse



  • #Jonction_48

    Dans la ville de Lod, banlieue de #Tel-Aviv, cohabitent Israéliens juifs et arabes. #Udi_Aloni s’est intéressé à cette population mélangée malgré toutes les vicissitudes historiques et politiques locales.

    Le héros est un certain Kareem, figure locale du rap, filmé dans son quotidien entre concerts, amourettes, rapports aux parents et débrouille des quartiers populaires. Kareem est joué par Tamer Nafar, authentique rappeur de Lod, alors que beaucoup des seconds rôles sont tenus par ses amis de la scène rap.

    Un ancrage documentaire qui fait le prix de cette chronique nous instruisant que si les gouvernements de la région (singulièrement celui d’Israël) s’entêtent dans un statu quo inique, certains habitants n’attendent pas et vivent au quotidien la paix et la #mixité ethnique, religieuse ou culturelle. Une double #émancipation est ici à l’œuvre : celle de #Juifs et d’Arabes qui vivent ensemble malgré tout et celle d’une jeunesse qui s’affranchit des conservatismes de ses ascendants.

    Jonction 48 rappelle que le cinéma israélien est souvent israélo-palestinien et en première ligne de la contestation de l’ordre établi.


    https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/jonction-48

    #film #Israël #musique #rap #arabes #Palestiniens #Palestine #harcèlement #expulsion #absent_présent #humiliations #Lod #coexistence #démolition #patriarcat #conservatisme #present_absentees


  • Miradas críticas del territorio desde el feminismo

    Somos personas activistas, entusiastas, enérgicas, que creen en la transformación y el poder que tiene el pensar la vida en común. Nacimos en distintos países del mundo (Ecuador, México, España, Brasil, Uruguay) y nos encontramos en Quito hace ya 5 años, lugar que se convirtió en nuestro espacio de conspiraciones. Nos ubicamos en el feminismo latinoamericano y caribeño como lugar de lucha, invención, creación, transformación y pensamiento. Nuestras miradas tejen el vínculo entre los cuerpos diversos y los territorios.

    Pensamos el cuerpo como nuestro primer territorio y al territorio lo reconocemos en nuestros cuerpos: cuando se violentan los lugares donde habitamos se afectan nuestros cuerpos, cuando se afectan nuestros cuerpos se violentan los lugares donde habitamos. Reivindicamos la importancia de la experiencia sensible, son nuestros cuerpos los que encarnan nuestra vida, nuestra memoria y son los sentidos los que nos conectan con los territorios. Sobre el cuerpo queda impreso lo que ocurre en los territorios: la tristeza por la explotación, la angustia por la contaminación, la alegría por estar construyendo otros mundos pese a tanta violencia. Frente al despojo, tratamos de tranzar puentes entre el feminismo, el ecologismo, la naturaleza y los territorios que nos permitan mirar de manera más integral y a la vez sensible el mundo y sobre todo que este pensarnos se convierta en acciones que transformen nuestra vida. A menudo, lo hacemos a través de metodologías corporales, que tratan de conectar la experiencia con las reflexiones, para buscar estrategias colectivas de resistencia.

    ¿Cómo nos miramos?

    Somos urbanas, ese es el lugar desde donde nos miramos, nos pensamos, reproducimos nuestras vidas y desde donde queremos establecer puentes con otros territorios. Partimos de diferentes condiciones y posiciones, revisamos nuestros privilegios y también luchamos contra nuestras opresiones. No queremos hablar por “las otras” sino desde nuestras propias experiencias, pensamientos, rebeldías y lugares para desde ahí generar diálogos y entendernos con las otras. Somos diversas y por eso reconocemos y nos sumamos a otras luchas. Y aprendemos de ellas. Nos interrogamos cómo desde nuestros lugares urbanos podemos aportar a las resistencias de otros espacios y viceversa. Queremos entender la potencia que tiene las conexiones entre lo urbano y los otros territorios. Consideramos importante tejer alianzas y establecer estrategias conjuntas para frenar la destrucción de nuestros territorios-cuerpos, de nuestro planeta, de nuestra Tierra.

    https://territorioyfeminismos.org

    #géographie #féminisme #corps

    et... #cartoexperiment pour @reka: Le corps comme #territoire...


    https://territorioyfeminismos.org/metodologias/mapear-el-cuerpo-como-territorio


  • « T’es entrepreneuse donc… » : quand les femmes entrepreneures s’attaquent aux clichés ! - Elle
    http://www.elle.fr/Elle-Active/T-es-entrepreneuse-donc-quand-les-femmes-entrepreneures-s-attaquent-aux-cliches

    En France, les femmes ne sont encore que 27% à créer et diriger une entreprise en 2018, selon le secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes. En utilisant le hashtag #Entrepreneusedonc, Hannah Oiknine et Sarah Azan appellent toutes les autres femmes entrepreneures à raconter leur propre expérience sur Twitter. « Nous nous sommes rendues compte que ces stéréotypes sont la source de la différence de traitement entre entrepreneuse et entrepreneur », analyse Hannah Oiknine. « C’est important que ces idées reçues soient déconstruites par celles qui les vivent. Les femmes ont toutes leurs chances dans le monde de l’entrepreneuriat. Elles sont l’égal des hommes dans une activité qui se démocratise et qui est devenue accessible à toutes et tous. La seule chose qui les freine réellement, c’est cette barrière psychologique véhiculée par ces clichés. Pourtant, elles ont autant de ressources que leurs homologues masculins. » En libérant la parole de ces femmes, Hannah Oiknine et sa soeur espèrent « déposer une petite brique » à l’édifice de l’entrepreneuriat féminin et faire sortir les femmes des cases dans lesquelles la société les met trop souvent. « J’espère qu’il y aura de plus en plus d’exemples d’entrepreneuses qui prendront la parole pour montrer que la vie professionnelle ne régit pas la vie personnelle, qu’on peut réussir les deux ! »

    #startup_nation #patriarcat


  • Nearly 40% of female suicides occur in India | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2018/sep/13/nearly-two-out-of-five-women-who-commit-suicide-are-indian

    The rate of Indian women who die by suicide has fallen since 1990, but not as fast as elsewhere in the world, and now represents 36.6% of global female suicide deaths, the report in the UK medical journal found.

    Indian women who died by suicide were more likely to be married, to be from more developed states and, by a large margin, aged below 35.

    “It shows girls in India are in serious trouble,” said Poonam Muttreja, the executive director of the Population Foundation of India, a public health group.

    She and other specialists blamed the trend on early marriage – one-fifth of Indian women still marry before the age of 15 – along with male violence against women and other symptoms of a deeply entrenched patriarchal culture.

    #patriarcat #femmes #filles #suicide #Inde


  • La fin du monde rimerait-elle avec le retour en force du #patriarcat ?

    Dans le match fin du monde vs féminisme, la plupart des scénaristes, auteur·rice·s et survivalistes annoncent une défaite par KO du #féminisme. L’occasion de se demander si ces scénarios sont réalistes ou si d’autres sont envisageables.

    http://cheekmagazine.fr/societe/fin-du-monde-retour-en-force-du-patriarcat #collapsologie #dystopie


  • Panthère Première » Le dilemme de Cologne
    https://pantherepremiere.org/texte/le-dilemme-de-cologne

    Été « burkini », bar de Sevran, femmes « en voie de disparition » à La Chapelle… Le débat public mêle allègrement féminisme instrumentalisé et racisme décomplexé. Entre le marteau et l’enclume, quel espace politique pour les femmes racisées ?

    Texte paru dans le numéro 1 de Panthère Première à l’automne 2017
    #féminisme #racisme #femme #islam #arabe #paternalisme #patriarcat


  • Comme je suis bloqué par jonkheer depuis fort longtemps je peu pas commenter les commentaires sur ses blagues sur les dyslexiques et les viols alors je le fait ici .
    https://seenthis.net/messages/718631
    Je remet le commentaire qui me fait réagir ;

    Marie-Lou Chatel :
    Risible, avec tout ce qu’il ingurgite par jour en vin et alcool, il y a longtemps que le kiki est rikiki, avec la langue peut-être...C’est tout de même saisissant toutes ces femmes qui soudain se souviennent avoir été violées par des hommes toujours (très) riches - et donc solvables - et célèbres ...Bon ! Je retourne à mes occupations.... :-))

    @marie_lou Le viol c’est pas obligatoirement avec un penis, le définition légale parle de « tout acte de pénétration » ca veut dire qu’un doigt, un objet suffit et que Depardieu puisse bander ou pas c’est pas le problème.
    Pour tes soupçons de mensonges de la part des accusatrices, est-ce que tu connait des noms de victimes de viol qui se sont enrichie en France en passant par les tribunaux ? On est pas aux USA, il y a pas des millions en dommages et intérêts, seulement éventuellement une condamnation de l’agresseur (très très rare entre 2 et 5% des plaintes https://www.bastamag.net/En-France-moins-de-2-des-affaires-de-viols-aboutissent-a-une-condamnation- ) et une humiliation publique de la victime y compris par tes soins.

    Avec le peu d’info qu’on a dans les journeaux, spontanément tu blâme la plaingante et tu innocente l’accusé. Sans aucun élément, tu prend parti non seulement contre une femme dont tu ignore tout, mais tu en profite pour jetter le discredit sur les femmes qui dénoncent des agressions contre des hommes puissants (« toutes ces femmes qui soudain ... »). Je te conseil de lire sur le stress post-traumatique pour que tu comprenne ce qui provoque ces plaintes « soudaines » et parfois longtemps après les faits. https://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/Articles-Dr-MSalmona/2018-l-amnesie-traumatique.pdf

    Pour ta remarque tu la richesse des accusés, c’est un peu normal que seuls les cas d’hommes riches et puissants soient médiatisé, les 150000 agressions sexuelles par an commises en France ne sont pas toutes l’objet d’une médiatisation. La presse ne s’interesse qu’aux cas impliquant des célébrités.

    Sur les fausses accusations , Les études sur les fausses accusations faites en Angleterre, disent qu’il y en a autour de 2% à 8% des plaintes, c’est très peu mais ca en fait quant même un peu.
    Par contre se servir de ces cas minoritaires pour traiter de menteuses cupides les 95% des victimes c’est pas une démarche neutre, c’est une démarche qui perpétue les intérêts des violeurs et agresseurs sexuels. Même si c’etait plus que 5%, mettons 20%, ca reste de toute façon minoritaire vu la galère de porter plainte (va voire paye ta police pour les témoignages de comment les flics traitent les femmes qui viennent porter plainte https://seenthis.net/messages/716099 ), partir du principe que les victimes sont des maitresses chanteuses ca reste l’expression d’un parti pris pro-violeurs.

    Ici un article fait le point sur la culture du viol
    https://seenthis.net/messages/523508

    1) Qu’est-ce que la culture du viol ?
    La culture du viol est un concept féministe utilisé pour caractériser une société (la nôtre) où le viol, l’agression sexuelle et le harcèlement sexuel sont banalisé.e.s, voire encouragé.e.s. Une telle société crée un climat propice au contrôle du corps des femmes par les hommes. Voici certains de ses présupposés et conséquences :

    · Le viol est fréquent et banalisé, et ce, même si on prétend que le viol est un crime grave (double discours)

    · Les victimes de viol sont blâmées (victim blaming)

    · Les victimes de viol ne sont pas crues

    · Les stéréotypes sur le viol sont très présents

    · Le système exige des victimes de viol qu’elles rapportent le crime, tout en leur fournissant un processus hostile

    · Le viol est encouragé subtilement (ou pas) dans la culture populaire

    · Les violeurs sont glorifiés, ou du moins excusés (notamment, en raison de leur statut)

    · L’habillement et la présentation des femmes et des petites filles est contrôlé

    · Un sentiment d’insécurité est cultivé chez les femmes relativement aux inconnus et au monde extérieur (malgré que 80% des agresseurs soient connus de leur victime)

    · Les femmes ont la responsabilité de prévenir le viol

    · Beaucoup, beaucoup de personnes ignorent ce que signifie le consentement...

    #culture_du_viol #sexisme #vitctime_blaming

    • Sur les fausses allégations voire ceci :

      Alors, comprenez : je suis fais partie des statistiques de “fausses accusations de viol”. Lorsqu’ils ont écrit leurs rapports et ont envoyé les nombres au département de la justice pour compiler les informations, j’y suis inscrite comme une menteuse, une fausse accusation, même si aucune plainte n’a été portée à mon égard. (Je ne sais pas si c’est parce qu’ils ne pensaient pas pouvoir me faire un procès, ou parce qu’ils ne voulaient pas faire un procès à une fille de flic.) Et vous savez quoi ? Je ne suis pas la seule. C’est horrifiant, le nombre de femmes que j’ai rencontrées en groupes d’entraide et à des réunions d’activistes qui partagent des expériences très similaires. Elles aussi, elles sont des statistiques de fausses accusations de viol. Nous avons toutes été violées.
      Alors gardez cela en tête, lorsque vous citez le nombre de 6-8%, les statistiques de “fausses accusations”. Je sais qu’on doit se fier aux informations qu’on a, et j’utilise aussi cette statistique lorsque je discute de ça. Mais je me souviens toujours que ce nombre n’est certainement pas une représentation exacte. (Peut-être qu’elle devrait toujours être accompagnée d’un astérisque ?)
      S’il vous plaît, souvenez-vous de mon histoire lorsque vous voyez des statistiques de “fausses accusations de viol”. Souvenez-vous de mon amie, qui a avoué une fausse accusation dans le but de garder ses prestations d’ancien combattant après avoir été réformée (le bon pote de son violeur et supérieur direct a traité l’affaire ; un acquittement était inévitable). Souvenez-vous de cette femme d’âge moyen que j’ai rencontrée, encore traumatisée, qui, adolescente, s’est rétractée lorsque son violeur (et beau-père) a menacé de tuer sa famille. Et les nombreuses, nombreuses autres, toutes inconnues, toutes oubliées - même dans les strictes statistiques, qui sont souvent le seul testament de nos expériences. Au lieu de cela, nos histoires, nos traumatismes, sont utilisés pour stigmatiser et traumatiser davantage les nouvelles victimes. Ça me rend malade de savoir que les masculinistes peuvent prendre nos nombres et les utiliser pour justifier leur “ces salopes mentent, comme d’hab”. Je ne peux pas trouver les mots tant c’est dévastateur.

      http://prenezcecouteau.tumblr.com/post/104337680803/alors-comprenez

      et le texte de Crèpe Georgette
      http://www.crepegeorgette.com/2014/10/13/fausses-allegations-viol

      La réalité autour des fausses accusations de viol

      En Angleterre, un rapport du Crown Prosecution Service relève qu’il y a eu 5651 procès engagés pour viol déposées entre 2011 et 2012 et 35 pour de fausses allégations de viol. Il y a eu au départ 121 personnes accusées de fausses accusations et sur ces 121 personnes, 35 ont été poursuivies. On constate que face à l’important nombre de personnes poursuivies pour viol, seul un très petit nombre de personnes est poursuivie pour avoir menti.La plupart des cas où les personnes étaient poursuivies pour avoir menti étaient des personnes très jeunes souvent vulnérables : 8% avaient moins de 16 ans. 13%entre 16 et 17 ans et 30% entre 18 et 21 ans.
      Le British Home Office sponsorisa une enquête sur les 348 cas de viol durant les 3 premiers mois de 1985. 8.3% furent déterminés comme faux.
      Une autre étude menée en 2005 souligna que 8% des accusations étaient fausses. les chercheurs remarquèrent que de nombreux préjugés de la part des policiers les avaient amenés à classer des affaires (victime ivre ou droguée, malade mentale etc). En retravaillant sur les cas, ils tombèrent à 2.5% de fausses déclarations.
      Une étude américaine de 2008 révisée en 2013 tend à démontrer qu’il y aurait entre 2 et 8% de fausses allégations. Sur les 2059 cas collectés par les services de police et de justice, 7% (240 cas) étaient faux.
      Une étude de 2010 menée auprès d’une université américaine en étudiant les archives de la police de l’université sur 10 ans, entre 1998 et 2007 révèlent que 5.9% des accusations étaient fausses.
      Une étude australienne a été menée sur 850 cas de viol : 2.1% étaient faux.
      Une étude menée par Theilade et Thomsen en 1986 à l’Institut de médecine légale de Copenhague entre 1981 et 1985 montrent qu’on oscille entre 1.5% et 10% de fausses déclarations.

      Une enquête, constatée rapportée, menée par Eugène Kanin en 1994 a étudié les plaintes pour viol dans une ville du midwest américain ; sur 109 étudiés, 40% seraient faux. De nombreuses études contradictoires ont montré que seuls les policiers avaient jugé de la véracité des témoignages sans que Kanin réétudie leurs critères pour classer une affaire. La proposition de faire passer les victimes au polygraphe peut, aussi, les intimider et les pousser à se rétracter. Kanin le dit lui même « Rape recantations could be the result of the complainants’ desire to avoid a “second assault” at the hands of the police. » (la rétractation peut être dû au désir de la plaignante d’éviter “un deuxième viol” de la part de la police).

      Des accusations de viol ont été jugées fausses car la victime était soûle ou droguée, avait tardé à porter plainte, avait omis des détails, ou était mentalement déficiente ou souffrait d’une maladie mentale. La sexualité de la victime, son passé avec celui qu’elle accuse sont aussi des éléments à charge pour dire qu’une accusation est fausse. Un manque de preuve peut aussi servir à déclarer qu’il y a eu mensonge.

      Une fausse accusation n’est pas le fait de ne pouvoir prouver qu’il y a eu viol. Une fausse accusation de viol sera avérée si et seulement on peut prouver qu’il n’y a pas eu viol.

    • @mad_meg Je n’ai pas de leçons à recevoir de toi.
      « Je crois qu’on a le droit de rire de tout. Mais rire avec tout le monde, ça, peut-être pas. Le rire est un exutoire et je ne comprends pas qu’on dise qu’il ne faut pas rire de ce qui fait mal . Ça fait moins mal quand on en a ri. » Pierre Desproges.

    • @mad_meg merci de nous amener à réfléchir sur notre soumission commune (les hommes comme les femmes) à la #culture_du_viol. Ces principes éducatifs de merde nous ont été si profondément entrés dans la chair que même des jeunes femmes peuvent ne pas se rendre compte qu’elles participent à glorifier les prédateurs sexuels et à humilier les victimes de viol.

      @marie_lou, je ne te connais pas, mais le fait de tenir de tels propos témoigne d’une certaine immaturité, en tout cas j’espère que tu es jeune ! Je vais donc y aller mollo pour que tu puisses relire sans animosité ce qu’a écrit @mad_meg et peut-être les propos que nous avons sur seenthis, sur le tag #féminisme. Ne rejette pas ces propositions en pensant que tu as de meilleures occupations, il me semble que c’est d’abord à toi que cela va servir et pendant longtemps :)

    • Bien bien, j’ai fait un gros effort, je me suis farcie Badinter :)
      Pauvre Elisabeth Badinter qui nage en pleine confusion, elle se pose en experte du harcèlement sexuel lorsqu’on lui parle des mouvements #metoo & Co, fait cet amalgame curieux et le dénonce dans le même temps, faudrait savoir de quoi on parle effectivement. Elle distribue les bons points, ce qu’il faut ou pas faire, mais surtout ne pas dénoncer, c’est mal, juste témoigner ça va suffire (scandaleux quand on connait les difficultés à porter plainte pour viol). Peu après elle hiérarchise le harcèlement en 3 catégories de lieu (public/travail/intime) comme si celui de la sphère intime n’était pas le plus dangereux pour les femmes. Comme si elle ne considère à aucun moment le sexisme comme systémique, elle tient un discours où “chaque femme est différente, chaque homme est différent” ce qui évite d’évoquer la #culture_du_viol ou le #patriarcat.
      Et pour finir, voila le #backslash avec le #blame_the_victim soit l’accusation du “discours victimiste des victimes” et descente direct vers “Les femmes ne sont pas des anges … les femmes sont aussi des harceleuses” « j’ai même entendu des femmes qui se plaignent de leur patronne. »

      Elle n’a pas l’excuse de l’âge, parce qu’après tout, elle a toujours tenu ce discours accusateur contre les femmes (capture d’écran au-dessus) . Ici encore elle veut diviser les femmes. C’est très symptomatique que le terme “les femmes” l’irrite alors que pour beaucoup de féministes c’est le terme “la femme” qui est insupportable.
      Cette distinction individualistes entre les femmes qu’elle voudrait effectuer “car certaines femmes aiment se faire siffler dans la rue” lui permet d’éviter de parler du soutien du capitalisme au patriarcat, du système d’asservissement dans lequel LES femmes sont maintenues. Elle est même incapable de considérer si il faut ou non légiférer sur une question féministe et répond qu’elle ne sait pas, comme si encore une fois la réponse ne devait surtout pas venir du politique.

      Je ne sais sincèrement pas comment on peut l’écouter en trouvant constructif ce qu’elle dit, à part en rideau de soutien au patriarcat.

    • T’est bien courageuse @touti , @Marie-Lou n’a probablement lu aucun lien que j’ai fournis.

      @marie_lou Si tu m’interpelle et que tu me propose de débattre c’est pas possible que tu me bloque par ailleurs. https://seenthis.net/messages/719014
      Quand je suis bloqué je ne peu pas te répondre. J’ai pas spécialement envie de débattre avec toi, j’ai du travail et c’est pas interessant ce que tu dit sur la bite de Depardieu ou sur la vénalité des femmes. Je réagit seulement à tes propos misogynes et anti-féministes car ca me heurte en tant que femme. Je te bloque pas aujourd’hui au cas ou tu veuille répondre encore ici, mais je vais bientôt faire comme toi tu l’a deja fait.
      Sur ce bonne journée

    • Même chose que @mad_meg ! @marie_lou tu fais semblant de vouloir débattre avec moi et dans le même temps tu me bloques ? J’en conclus que tu es incapable de défendre les propos que tu tiens et qu’il vaut mieux que tu t’isoles pour t’en rendre compte par toi même.

    • Cette manie de coller des étiquettes sur tout le monde, beaucoup trop à droite, trop libéral, trop directrice...
      Si je vous ai bloqué, ce n’est pas, par malhonnêté. D’abord, c’est mon droit. Je ne supporte pas l’intolérance, je ne supporte pas non plus le féminisme de la troisième vague qui tire sur tout ce qui n’est pas d’accord avec elles.
      Juger les autres parce qu’elles ne parlent pas comme vous, n’utilisent pas les mêmes terminologies féministes, n’aident pas la cause.
      @mad_meg Tu me demandes la nuance ?
      Je suis pour défendre les intérêts spécifiques des femmes avec les hommes plutôt que contre eux, et en faisant passer le réel avant l’idéologie. Certaines y arrivent très bien, même en ayant vécu des situations pénibles, je suis fière d’en faire partie.
      Le féminisme victimaire, paranoïaque, obsédé par la théorie du genre et sa lecture patriarcale de la société, profondément sexiste. NON MERCI ! Avec ce féminisme, il n’y a plus de revendications d’une place égalitaire dans notre société, vous choisissez de déshumaniser, d’intimider et d’abuser des hommes en raison de vos propres insécurités.
      Donc en tant que femme, je ne me reconnais pas du tout dans ces discours. Je dois être d’une autre génération ou anti féministe... et donc, forcement voué aux gémonies.
      Ce sera ma dernière intervention, je n’ai plus de temps à perdre avec ces débats stériles et stupides. @touti

    • @marie_lou tu es gentille de faire la démonstration que tu te prends les pieds dans ton propre tapis. Tu apparais maintenant comme une gamine inculte et fière d’être aussi une conservatrice acariâtre. Revendiquer d’être antiféministe, hihi, excellent. Bon vent :)

    • Le seen à l’origine de cette discussion a été supprimé par @philippe_de_jonckheere et il explique pourquoi il l’a supprimé
      https://seenthis.net/messages/718977
      Pour la fonction du bloquer/débloquer sur Seenthis, indispensable à bon escient, pour ne pas se laisser submerger où couper court à la conversation et aussi censurer. J’en ai bloqué 2 ou 3 pour la première raison ou ne plus les suivre, ce qui est plus soft. Bloqué @touti (et réciproquement) une fois pour des broutilles. Merci @touti d’avoir résumé l’extrait de La Grande Librairie proposé par @marie_lou , j’ai essayé de me le fader au réveil et je suis un peu plus convaincu que madame Badinter est une #philosophe_sénile.
      Le flot de @mad_meg et ses nombreux seen sur le viol, le féminisme, les violences sexistes, le mégérisme... peut paraître rébarbatif pour certains·es mais pour un mec comme moi il est roboratif et m’évite de penser avec ma bite. J’ai bien quelques copines et des échanges avec elles au sujet de toute cette violence mais c’est plus construit avec @mad_meg et pertinent car je peux lire, relire, réfléchir et admirer ses dessins qui parlent beaucoup aussi.
      Merci mesdames et merci @seenthis

      https://www.heyheyhey.fr/fr/events

    • Merci @vanderling j’avais pas vu la réponse sur la dyslexie. J’ai pas mon mot à dire vu que je suis bloqué et de toute façon c’est comme je disait des le début : c’est le commentaire misogyne de Marie lou qui m’a fait réagir et j’ai expliqué longuement pourquoi. J’ai pas demander la censure du message d’origine et j’ai copié la partie sur laquelle je réagissait et j’ai bien fait vu que l’histoire a été ré-écrite. Sinon je pense que ça serait bien d’en rester là. Je vais bloqué Marie lou vu qu’elle a pu répondre et que je vais éviter de la lire dirénavant.
      Bonne fin de journée

    • Moi aussi j’ai bloqué @marie_lou, dont j’appréciais plutôt les interventions jusqu’alors. Comme j’ai bloqué Alain et sa pitié pour la « misère sexuelle » qui force à baiser des femmes pauvres qui acceptent pour de l’argent.

      Je suis moi aussi inquiète de voir les camarades féministes de moins en moins tolérantes envers leurs camarades mais il ne s’agit pas de ça. Ça, c’est de l’anti-féminisme et Badinter est une femme malhonnête qui n’a pas l’excuse de l’ignorance. @touti et @mad_meg sont politiquement bien plus proches de la deuxième vague (la troisième est plus queer, plus libérale et plus attachée aux représentations qu’aux droits effectifs). Ne pas avoir la culture politique qui permet de la comprendre, pas grave mais se moquer des victimes et colporter des propos malveillants sur elles, ça ne passe pas. Les deux fois ou j’ai été agressée, c’est avec les mains, j’ai été pelotée, je n’ai pas su comment réagir (à 15 ans comme à 39). Ces agressions ne sont pas très graves mais elles m’ont laissé le goût d’être une chose à la merci d’un autre et je n’ose pas penser aux femmes qui ont connu pire. C’est vraiment indécent, de se moquer d’elles. Et ça témoigne d’une grande ignorance pour ces questions.

      Merci @mad_meg pour ta petite synthèse (on n’est pas bonnes copines, j’ai déjà quitté Seenthis parce que tu m’as accusée de victim blaming au sujet d’une complice de harcèlement, si tu veux je t’envoie l’intégralité du récit maintenant qu’il est prêt), +1 avec @vanderling au sujet de ce que vous apportez, @touti et toi.

    • Mouai si je t’évite dans la vie c’est en lien avec cette faculté fabuleuse que tu as de faire semblant de soutenir quelqu’un tout en lui savonnant la planche en réalité. Ici tu dit me soutenir en apparence au moment où j’avais demandé qu’on en reste là et qu’on passe à autre chose, mais en fait tu dit surtout que je t’ai traiter de menteuse et que ceci aurais provoqué ton départ. Si c’était vrai, ce que je conteste, je n’ai fait que te dire que c’était hors sujet vu que le fait d’avoir été agresseurs un jour ou complice d’agresseur ne rend pas immunusé contre les violences sexuelles, et c’est ton choix d’avoir supprimé ton compte plutôt que me bloquer si j’ai été si horrible Avec toi.
      Sur ce je vais faire des trucs loin d’ici j’ai trop la gerbe.

    • Je ne te descends pas tout en faisant ton éloge de manière malsaine, @mad_meg, je te dis ce que je pense de toi et de ton attitude ici et elle est ambivalente : tu apportes plein de trucs super intéressants (pour les personnes qui connaissent les sujets comme pour les autres), tu fais réfléchir plein de monde, tu rappelles et fais respecter des trucs de base de manière claire (à défaut d’être aimable) et en même temps, c’est des fois compliqué de causer avec toi.

      Je ne me voyais pas te bloquer comme je bloque non pas les gens qui me font du mal mais les gens que je trouve toxiques pour la qualité de la discussion sur le réseau (les trolls, les gens méprisants et pas dans le dialogue, les gens qui portent des valeurs ou des opinions opposées aux droits humains de base). Ce qui n’est pas ton cas, même si tu fais beaucoup de victimes ici (dont des que je ne pleure pas).

      Alors oui, c’est peut-être pas dans chaque mail qui cause de votre héroïne qu’il faut que je rappelle qu’elle m’a « accusée de viol », c’est à dire « accusée d’avoir été violée » (ce qui n’est pas vrai, je le dis pour les inquièt·es) mais le terme dans lesquels elle le faisait étaient quasiment les termes de son interlocutrice aussi dégueulasse qu’elle et qui était traitée de monstre par vous, les gens que j’appréciais et qui sembliez ignorer (dans les deux sens du terme) ce que je vivais. Non, ce n’était peut-être pas le mauvais endroit. Et oui, il arrive que les personnes qui manquent de reconnaissance pour les torts qu’elles ont subis ne causent pas pile au bon endroit au bon moment mais on peut leur exprimer ça d’une manière qui ne leur donne pas envie de s’enfermer et de quitter un réseau social où elles se sentent, le reste du temps, plutôt bien accompagnées et respectées.

    • Je m’excuse j’ai clairement merdé hier et je conteste pas ce que tu dit. Ok j’ai été à l’origine de ton départ et je t’ai pas assez reconnu en tant que victime. Désolé de t’avoir bléssé encore une fois, je ai été déguelasse de m’enervé comme ca. Maintenant que ma colère est retombé je me rend compte que tu as bien fait de dire ca.
      Sur ce je vais continuer a rester loin d’ici, sans supprimer mon compte.


  • #sexisme_ordinaire à #Kampot, #Cambodge.

    Nous sommes à 3 : une amie, Alberto et moi.
    Nous allons dans un magasin pour #louer deux motos. Une pour Alberto et notre amie. Une que je conduis moi.

    La dame du magasin ME regarde et ME demande : avez-vous déjà conduit un scooter ?
    Evidemment, à Alberto la question n’a pas été posée...

    En l’occurrence, 90% des occidentaux qui conduisent des motos en Asie du Sud-Est sont en effet des hommes et si c’est des couples, c’est les hommes qui conduisent et les femmes sont derrière...
    Ceci dit, voilà, il y a aussi des occidentaux hommes qui conduisent pour la première fois une moto quand ils sont en vacances par ici... mais on ne les soupçonne pas de ne jamais avoir conduit...

    #sexisme #patriarcat

    • 90 % ? Plus ! J’ai vu une seule fois, à Luang Prabang, un couple occidental avec la meuf devant. (Pareil en France pour les mecs qui conduisent même fatigués alors que leurs meufs craignent leurs remarques sur leur conduite et ne veulent plus conduire en leur présence. Ma mère conduit toute seule mais pas avec mon père et je les ai vu·es faire des trajets de dix heures sans qu’elle touche le volant.) En général, les gens en ASE supposent à juste titre que les Occidentaux/ales sont moins familier·es du scooter qu’eux. À cela il faut ajouter le prisme du genre.

      J’ai déjà humilié sans faire exprès un homme thaï qui voulait que je monte derrière mon scooter. Il est monté derrière et je n’ai pas compris pourquoi il voulait qu’on s’arrête si tôt, tant qu’on n’était pas à portée de vue de ses potes. Quand les potes ont rigolé comme des bossus en nous voyant, j’ai pigé mais il était trop tard. Pas trop de regrets, il m’avait emmenée au karaoké où il avait été beaucoup trop insistant (personne depuis ne m’a demandé un service sexuel au motif que son zizi est dur).

      Certes, il conduisait beaucoup mieux que moi mais non seulement je n’apprécie pas cet ordre des choses mais en plus j’ai une grosse frousse à l’arrière et je refuse ce genre de dispositif - ce qui me complique la vie, quand des collègues proposent de m’emmener quelque part. C’est mon handicap principal dans la région, pour le reste je m’adapte pas mal.

      Dans les familles qui ont trop peu d’argent pour avoir deux scooters, c’est monsieur qui concentre les moyens du ménage pour les nécessités de son transport et les femmes en ASE sont en moyenne moins mobiles que les hommes. Ça a moins de conséquences en ville où il y a une offre publique (pousse-pousse et taxi-moto) mais à la campagne, ça peut être sévère. Je lis la monographie d’un village Orang Asli où l’auteur note en passant la difficulté pour les femmes d’aller à la ville du coin.

      PS : Je n’avais pas bien compris sur quoi portait le 90 %. Oui, en effet, c’est à peu près cette proportion. Comme la conduite du scooter en milieu dense n’est pas familière aux Occidentaux/ales, ceux qui ont le plus de capacité à faire ce truc perçu comme dangereux sont des hommes. J’essaie de me motiver pour louer un scooter. Je suis familière du scoot à la campagne, du vélo dans une ville d’Asie mais ça me fout la frousse, de conduire à Yogyakarta même si je commence à bien maîtriser la géographie. Je prends ça comme un défi féministe. Heureusement, il y a une justice : ces hommes ont souvent des accidents.


  • Ce qu’il coûte à une mère de laisser son enfant seul 5 minutes dans une voiture
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20180808.OBS0681/ce-qu-il-coute-a-une-mere-de-laisser-son-enfant-seul-5-minutes-dans-une-v

    Le raisonnement est simple : pour se prémunir de toutes ces horreurs, nous sommes capables de tout. Kim Brooks ne peut qu’en attester. Elle ne voit plus d’enfants « aller à l’école à pied, jouer tout seuls dans un parc, faire du vélo ou construire des cabanes ». Pas à cause du risque, mais parce que c’est immoral.

    Parmi les témoignages recueillis par Kim Brooks, il y a celui de Debra Harell qui, en 2014, a « laissé sa fille de 9 ans dans un parc alors qu’elle travaillait dans un McDonald’s ». Accusée de négligence, elle a vu sa fille placée en famille d’accueil pendant deux semaines.

    La sentence semble lourde pour « un pays qui n’offre pas de services de garde subventionnés, ni d’assurance ou de flexibilité horaire au travail pour les parents », rappelle l’auteure de l’article. En réalité, qu’elle soit issue d’un milieu défavorisé ou aisé, toute mère américaine peut être visée par « ce type de surveillance et écoper d’une sanction ».

    #patriarcat #injonction_paradoxale


  • Les copines du #patriarcat – Egalitaria
    https://egalitaria.fr/2018/06/09/les-copines-du-patriarcat

    Qu’est-ce qui justifie alors, de nos jours, la pérennisation d’un système patriarcal archaïque ? A quoi donc est due la soumission consentie de certaines femmes ?

    Plusieurs raisons peuvent ici être soulevées :

    La peur, en premier lieu. Primaire. Instinctive. Ce n’est pas forcément une peur consciente, mais la personne opprimée sait au fond d’elle-même qu’en se rangeant du côté de l’oppresseur, du discours dominant, elle se protège de contingences qui pourraient lui être défavorables (= être a minima méprisée, rabaissée, déconsidérée, et a maxima courir le risque d’être exhortée au silence, battue, agressée, violée). La complicité avec l’oppresseur est un mécanisme de protection classique.
    L’intériorisation du système sexiste. C’est le même mécanisme psychologique qui se retrouve chez les individus membres d’une secte : endoctrinement (dans le cas qui nous intéresse, il commence dès la naissance et s’en trouve donc d’autant plus fort), contrôle de la pensée, pressions, et, dans certains cas, mise sous dépendance. Tout en effet concourt, dès notre naissance, à nous persuader que le primat du masculin sur le féminin est une donnée naturelle. Ce sont les représentations sociales et culturelles, les normes de genre, les codes sociaux, l’éducation genrée, la pop culture, les attitudes individuelles et collectives. Ces femmes ont intériorisé non pas nécessairement leur supposée infériorité, mais le fait qu’il existe des caractéristiques propres à chaque sexe, et donc un rôle prédéfini pour les femmes et les hommes. Exemple : les hommes sont naturellement plus violents et ont des besoins sexuels pulsionnels, les femmes ont une inclination naturelle pour le care et la sphère privée, etc. Si vous lisez ce blog, vous êtes probablement déjà sensibilisé-e au féminisme. Mais rappelez vous que cela n’a probablement pas toujours été le cas. Peut-être avez-vous déjà eu, avant de vous renseigner sur le sujet et de voir votre structure de pensée se modifier lentement, des pensées, des idées, des convictions sexistes. Peut-être pensiez-vous que certaines femmes victimes de viol l’ont bien cherché. Peut-être pensiez-vous que les hommes sont naturellement plus autoritaires, plus courageux, plus ambitieux que les femmes. Peut-être trouviez-vous normal le fait que les femmes soient en charge de la majorité des tâches ménagères. C’était, à l’époque, votre vérité. Votre réalité. Celle dans laquelle vous aviez grandi. Et puis, un jour, vous avez ouvert les yeux. Pour les femmes sexistes, en revanche, la prise de conscience n’a jamais eu lieu, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle et leur histoire.
    La volonté, consciente ou inconsciente, de se protéger du système patriarcal. Les femmes sexistes savent qu’en se montrant complices de ce système, elles assurent leurs arrières, et seront plus à même de recevoir des « récompenses » de la part des hommes. Cette récompense peut être le simple fait de ne pas être importunée par eux, ou bien simplement d’être considérée avec respect (ce qui ne va pas de soi, l’élément féminin étant socialement dévalorisé voire méprisé), mais elle peut aussi résider dans l’octroi d’une protection matérielle et financière. Les femmes étant discriminées sur le marché du travail et ayant généralement des salaires moindres, cette stratégie est on ne peut plus rationnelle.
    La frustration et la jalousie, sentiments malheureusement naturels. Certaines femmes ayant vécu des oppressions particulièrement difficiles peuvent transmettre, par résignation et frustration, la mécanique d’un système inégalitaire à leurs propres enfants. Parce qu’elles veulent que leurs propres filles expérimentent ce qu’elles-mêmes ont vécu, parce qu’elles refusent que d’autres femmes vivent plus facilement qu’elles-mêmes n’ont vécu, ou accèdent à des privilèges qui leur ont été refusés toute leur vie. Parce qu’il s’agit d’un « juste retour des choses ».
    Enfin, le sexisme des femmes peut également s’expliquer par leur refus de prendre conscience de la stigmatisation dont elles font l’objet. Là encore, il s’agit d’un mécanisme de protection classique et rationnel : on ferme les yeux pour ne pas voir une réalité qui nous dérange. Qui a envie de regarder en face sa propre infériorité sociale ? Qui a envie de se considérer comme une personne opprimée ? Par orgueil et confort mental, les copines du patriarcat préfèrent croire qu’elles vivent dans un monde égalitaire, ce qui leur permet ensuite de disqualifier le féminisme contemporain (« c’est devenu n’importe quoi ; elles exagèrent ; elles se victimisent ; il y a des luttes plus importantes »).


  • Women may have to quit jobs to fill care roles #post-Brexit, report warns

    A dossier drawn up by ministers says they may have to plug a gap in EU care workers, but critics slam it as “remarkable misogyny”.

    Women may have to give up work to look after elderly relatives unless EU care workers are given priority after Brexit, it has been reported.

    The Daily Telegraph says that is the assessment made in a 37-page dossier drawn up by ministers on the impact of Britain leaving the EU.

    The document allegedly warns that growing numbers of people, “especially women”, could be forced to quit their jobs to give “informal care” to parents and grandparents.

    Under the “worst case scenario”, women living in Britain would likely plug the hole of 6,000 fewer doctors, 12,000 fewer nurses and 28,000 fewer care staff within five years.

    This is because “greater numbers undertake informal care”, the report says.

    It warns: "Considering rising life expectancy, population structural changes as well as increases in the number of people living with one or more long-term conditions, there are significant demand implications for the health and social care workforce.

    "Unless we ensure such demand is met, there is a wider risk to labour market participation more generally, especially when considering increasing social care needs.

    “If we fail to meet social care needs adequately we are likely to see a decrease in labour market participation levels, especially among women, as greater numbers undertake informal care.”

    https://news.sky.com/story/women-may-have-to-quit-jobs-to-fill-care-roles-post-brexit-report-warns-11
    #brexit #xénophobie #migrations #femmes #féminisme #misogynie #patriarcat

    Avec ce commentaire sur FB, posté par @isskein :

    Sara Farris « Wait a second?! Wasn’t the case that migrants are taking British people’s jobs? So now that migrant care workers might not be coming to the UK after Brexit, shouldn’t we see thousands of British women finally working as carers? Yes, sure, but for free! And after they give up their paid jobs apparently. The bullshit of migrants as economic threat here in full display! »

    #hypocrisie #UK #Angleterre


  • Colère chez les aristos : des filles de « Lords » attaquent le Royaume-Uni pour pouvoir prétendre au siège de papa
    https://www.marianne.net/societe/colere-chez-les-aristos-des-filles-de-lords-attaquent-le-royaume-uni-pour-

    Des filles de Lords britanniques attaquent le pays pour discrimination sexuelle devant la CEDH, dans l’espoir de mettre fin à une coutume atavique …


    • Tout est évidemment vrai, après pour contrebalancer, ça ne parle que d’hétéro pour mieux faire accepter l’idée que être seule et ne pas avoir un amoureux permanent ça peut être bien. Alors que la réflexion vaut pour les homos ou bis aussi et du coup certains des arguments ne marchent plus.

      Et on n’est pas tou⋅tes éduqué⋅es/programmé⋅es pour aimer/avoir envie d’avoir plein de relations, d’être polyamoureux⋅ses etc. Ya aussi des gens introvertis (genre très, suivez mon regard) qui rencontrent peu de gens, qui s’attachent, vite ou pas, à peu de gens, mais qui nouent des relations très fortes, profondes (en amitié ou en amour). Et ça vaut qu’on soit hétéro ou homo hein, évidemment. Et dans ce cas, bah on préfère construire des choses sur le long terme, pas avoir une vie « libre et pleine de relations », on est pas tou⋅tes super extraverti⋅es à vouloir partir à l’aventure.

    • Oui, elle fait remarquer qu’elle ne parle que de couples hétéros. Mais elle essaie de varier les représentations, notamment avec des femmes rondes ou racisées ou même à lunettes (mais c’est moyennement bien dessiné, elles ont toutes la même tête ou presque).

      J’ai l’impression que ce n’est pas le sujet, que là il n’est question que de montrer comment le goût pour le couple (hétéro mais pas que) est construit et contradictoire avec les intérêts des femmes. Après, penser d’autres relations (amoureuses, sexuelles, amicales, de cohabitation) qui nous font du bien en étant bien avec les autres, c’est peut-être pour une autre BD !


  • La cour Suprême espagnole ordonne à l’État de dédommager la mère d’une enfant assassinée par son père lors d’une visite non surveillée
    https://tradfem.wordpress.com/2018/08/01/la-cour-supreme-espagnole-ordonne-a-letat-de-dedommager-la-mere-d

    Andrea, la fille d’Ángela, est née en 1996. Le partenaire d’Ángela l’a soumise à de fréquentes violences physiques et psychologiques. Ángela a déposé pas moins de 30 plaintes à la police et au tribunal. Son partenaire a été reconnu coupable d’une infraction mineure et a été condamné à payer une petite amende pour harcèlement. Une seule ordonnance judiciaire a protégé la mineure et a duré deux mois.

    La séparation conjugale a été ordonnée en novembre 2001. Le juge n’a pas mentionné la violence comme cause de la séparation. L’ordre autorisait des visites non supervisées entre père et fille, et le père avait droit à l’utilisation de l’habitation familiale. Ángela a interjeté appel de la décision mais a échoué. Andrea avait exprimé à plusieurs reprises son désir de ne pas voir son père. En avril 2003, le père a tué la fillette de 7 ans et s’est suicidé lors d’une visite non surveillée.

    Après des mois de deuil, Ángela a déposé une demande d’indemnisation pour erreur judiciaire. Le ministère de la Justice a rejeté la demande en 2005. Des appels administratifs et judiciaires ont suivi jusqu’à la Cour suprême, en 2010, et la Cour constitutionnelle, en 2011, a rejeté la demande.

    Ángela a alors déposé une plainte auprès du Comité CEDAW des Nations Unies en 2012 après avoir épuisé tous les recours internes. Dans sa décision finale sur le fond de 2014 (affaire 47/2012), le Comité a conclu que « la décision d’autoriser des visites non supervisées avait été prise sans les garanties nécessaires et sans tenir compte (…) de la violence domestique qui caractérisait les relations familiales pendant des années « (paragraphe 9.5) ; Ángela « a subi un préjudice de la plus grande gravité et un préjudice irréparable à la suite de la perte de sa fille et des violations décrites » (paragraphe 9.8). L’Espagne n’a pas agi avec la diligence voulue dans un cas particulièrement tragique de violence sexiste et cela équivaut à de la discrimination et à la violation des droits humains d’Ángela.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.ejiltalk.org/supreme-court-of-spain-un-treaty-body-individual-decisions-are-legally-binding/comment-page-1/#comment-261297

    #justice #cour_Suprême #droit #féminicide #violence_sexiste


  • #LIDIA_LIDIA : Pourquoi ne considérons-nous pas la violence faite aux femmes et aux filles comme du terrorisme ?
    https://tradfem.wordpress.com/2018/07/26/pourquoi-ne-considerons-nous-pas-la-violence-faite-aux-femmes-et-

    Avec un accès mondial toujours croissant à Internet et aux médias sociaux, la communication entre les pays, même les plus reculés, est devenue une réalité quotidienne pour la plupart des gens. Cette communication en temps réel signifie que la discrimination, l’injustice et la violence, qui ont été cachées, tolérées, institutionnalisées et même défendues comme faisant partie de nos cultures pendant des siècles, sont aujourd’hui de plus en plus publiques et apparemment moins tolérées.

    Mais malgré cette prise de conscience accrue et une certaine réaction, la violence envers les femmes et les filles reste une menace mondiale : la moitié de l’humanité devrait être féminine, mais 117 millions de femmes et de filles «  manquent à l’appel  » (sont mortes) à cause de la discrimination, de l’injustice systémique et d’un manque de droits humains sous le régime patriarcal. Le Fonds des Nations Unies pour la population signale que cela représente plus de décès en tout que le bilan de la Première et de la Seconde Guerres mondiales.

    Selon la Global Terrorism Database (GTD), 171 personnes sont décédées à la suite d’attaques terroristes en 2015. En comparaison, dans seulement 20 pays européens cartographiés par Eurostat en 2015, 1014 femmes et jeunes filles sont mortes de féminicides, soit près de six fois plus. En 2016, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a publié un rapport sur la lutte contre la violence faite aux femmes, qui révélait des chiffres alarmants : 43 600 femmes et jeunes filles ont été tuées en 2012 par un membre de leur famille ou un partenaire intime. La même année, 11 133 personnes ont été victimes du terrorisme dans le monde entier. La violence faite aux femmes et aux filles façonne la société telle que nous la connaissons, mais les gouvernements locaux et internationaux ne la traitent toujours pas comme une crise nécessitant des mesures particulièrement urgentes, contrairement au terrorisme.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2018/07/19/dont-consider-violence-women-girls-terrorism

    #terrorisme #féminicide #violences_masculines #avortement #patriarcat


    • J’ai tagué #vidéo, au cas où il y aurait un traitement spécifique pour les sources vidéos.

      Sinon, on a le discours en version intégrale :

      Voici le texte écrit et lu par Carole Thibault à Avignon :

      "Je vous remercie pour ce Molière.
      Probablement le seul Molière que je recevrai jamais.
      Ce n’est pas une question de talent, il n’est pas question ici de talent.

      Je suis désolée. J’avais commencé à écrire un truc rigolo.
      Un de ces trucs pour lesquels on fait appel à moi de temps en temps.
      Oh tiens si on invitait Thibaut. Elle est rigolote Thibaut. C’est une excitée rigolote. Elle nous casse bien un peu les coucougnettes avec ses histoires d’égalité femmes-hommes, mais elle est rigolote. Elle pique des gueulantes rigolotes, bien brossées. Et puis elle met des jolies robes. Elle porte bien. Elle fait désordre policé.
      On devient vite le clown de service. Le bouffon du roi.
      Et ici le roi, comme ailleurs, c’est la domination masculine.
      Il a beau faire GENRE, le roi, il est et reste la domination masculine.
      Et moi j’en ai ma claque d’être la bouffonne de service de la domination masculine.

      Il y a deux ans, ici même, Thomas m’avait invitée à écrire et dire un texte sur l’absence des autrices, des auteurs femmes, donc, dans le festival d’Avignon depuis sa création. Plus précisément dans la Cour. La grande cour du théâtre. La cour d’honneur.
      La Cour d’honneur c’est comme les Molière.
      Quand tu es une femme artiste, une de ces femmes qui a la prétention d’être de ce côté-là de la création, je veux dire autrice, metteuse en scène, conceptrice d’œuvres, quand tu es une de ces bonnes femmes qui a cette prétention-là, tu sais que tout ça n’est pas pour toi.
      Mets-toi bien ça dans le crâne, petite bonne femme créatrice : la Cour d’honneur et les Molière ne sont pas pour toi.
      Ou alors tente le jeune public. Le jeune public ici c’est un endroit réservé aux bonnes femmes créatrices.

      Il y a deux ans, donc, j’étais ici même en train de déblatérer un texte sur la quasi absence des autrices dans le festival In, à l’invitation de Thomas.
      Cette année, deux ans après, Thomas joue dans la cour d’honneur, et moi je suis de nouveau ici, invitée cette fois par David, en train de déblatérer devant vous un autre texte censé être rigolo et bien enlevé sur la situation des femmes artistes-créatrices.

      Il y a deux ans, j’avais encore l’espoir que ça change, puisqu’on en parlait, ici, dans le cadre du festival In justement, de la non représentation scandaleuse des femmes dans ce festival depuis sa création.
      Il y a deux ans j’avais mis une belle robe et j’avais donc pondu un truc bien brossé, enlevé, rigolo, à la façon Thibaut rigolote. Et tout le monde avait bien ri. Et puis chacune et chacun était reparti à ses petites affaires après notre grande fête estivale du théâtre.

      Cette année, deux ans après donc, la programmation du festival IN, hors jeune public, présente 9% d’autrices femmes pour 91% d’auteurs hommes. (Pour les deux spectacles jeune public elles représentent 75%.)

      Cette année, deux ans après, la programmation "théâtre" représente 89,4% d’artistes créateurs hommes (auteurs et metteurs en scène) pour 10,6% d’artistes créatrices femmes.

      Cette année, deux ans après, sur la totalité des spectacles et expo programmées dans le festival IN, on recense 25,4 % d’artistes créatrices femmes. Et encore on peut remercier la SACD qui exige dans les Sujet à vif la parité. Sans ces petites formes performatives de 30mn chaque, il ne faut rien exagérer non plus, on ne serait même pas à 20% d’artistes créatrices femmes programmées.

      Je parle des spectacles, pas des lectures. Il suffit d’ouvrir le programme et de compter.

      C’est ce que j’ai fait l’autre matin. 1 fois. 2 fois. 3 fois. Pour être bien sûre. Parce que je n’arrivais pas à y croire. Et puis après je me suis mise à pleurer. Moi la grande gueule rigolote je me suis mise à pleurer comme une conne.

      On a beau être habituée, on a beau connaître tous les pièges, tous les cynismes, tous les détours de l’humiliation, être blindée, après tant et tant d’années de ça, il y a des fois où ça craque malgré tout. Mais franchement pleurer devant un programme du IN, c’est la honte. C’est minable même, à l’heure où peut-être un nouveau bateau rempli à ras bo

      rd de femmes, d’enfants, d’hommes, de vieillards, sombrait en méditerranée, et avec lui tous ces êtres qui s’en allaient ainsi par le fond nourrir les poissons, nous épargnant d’avoir à partager avec eux nos richesses dégoulinantes de paradis de la consommation.
      Bref.
      C’est pas le sujet.
      Ici nous sommes dans la grande fête du théâtre. Et je viens de recevoir un gros pavé.
      Il faut sourire, mettre des belles robes, être joyeux, légers et quelque peu potaches.

      Mais cette année, je suis désolée David, je n’ai pas envie de faire la bouffonne de service, en polissant ma colère brossée rigolote dans une joyeuse fête sur le genre, dans un festival, que certains journalistes, qui auraient mieux fait de faire leur travail de journalistes, ont qualifié de festival féministe.

      Cette année, j’en ai ma claque d’être la copine sympa de tous les copains sympas, les copains qui ont plein de copines femmes, les copains qui interrogent le genre, qui interrogent tout ce qu’on voudra, pendant que rien ne change.

      J’en ai ma claque de voir une majorité de femmes muettes, privées de paroles, venir s’assoir dans l’obscurité des salles pour recevoir là bien sagement la parole des hommes, la vision du monde portée par des hommes, dessinée par des hommes, en majorité blanc, en plus.

      D’accord pour l’intersectionnalité des luttes. D’accord pour lutter contre toutes les injustices, contre toutes les discriminations, contre la binarité si stupide et pathétique qui gouverne notre monde contemporain si moderne, comme il gouvernait l’ancien. Mais comment se fait-il que toute lutte semble écraser et annihiler la lutte pour l’égalité des hommes et des femmes ? Comment se fait-il que cette lutte-là soit systématiquement écartée, remplacée par une autre lutte ? Les femmes se sont fait niquer à la révolution française. Elles se sont fait niquer durant la Commune. Elles se sont fait niquer durant le Front Populaire. Elles se sont fait niquer en 68. Et elles se font encore niquer au festival d’Avignon 2018, ce grand festival dont le thème revendiqué cette année est … le genre, et dont une des seules rencontres thématiques programmées qui aborde le sujet s’intitule « les femmes dans le spectacle vivant, doit-on craindre le grand remplacement ? » Je n’épiloguerai pas sur le concept de grand remplacement, concept xénophobe développé actuellement par l’extrême droite. C’est p. 27 du programme si vous voulez vérifier. Et si vous voulez y aller pour protester ça tombe bien c’est aujourd’hui même à 14h30 aux ateliers de la pensée.

      Et c’est comme ça qu’on se fait niquer, depuis de siècles, des décennies, des années, des mois.
      Ce n’est pas seulement sociétal, politique. Ça s’inscrit dans nos chairs, dans les recoins les plus obscurs de nos cerveaux, dans nos inconscients, nos subconscients. Cela gangrène toutes nos vies. Ce ne sont pas que des chiffres et des statistiques. Et pourtant ceux-là il faut les faire, les analyser, pour regarder bien en face notre humiliation, pour regarder bien en face le système qui nous exclue, au grand jour, aux yeux de tous, sans que personne n’y trouve à redire. Il faut les analyser, ces chiffres, pour avoir une grille de lecture précise du réel, pour comprendre ce qui se passe réellement. Quitte à se mettre à pleurer alors comme une conne, comme une pauvre fille qui y a cru cette fois, au grand amour, à la rencontre possible, et qui se retrouve au matin toute seule, après s’être fait niquer encore une fois.

      Bon, on ne va pas jeter la pierre, ou plutôt le pavé, à Olivier. Où qu’il soit aujourd’hui, il doit déjà bouillir sur sa chaise. Et vue la chaleur qu’il fait... Il y a eu bien assez des curés qui ont fait cramer des femmes à cause de leurs vagins, on ne va pas se mettre à faire bouillir des artistes directeurs de festival à cause de leur programmation, simplement parce qu’ils sont un peu en dessous de la moyenne nationale.

      Parce que dans la totalité du spectacle vivant aujourd’hui en France, 23% seulement des subventions publiques d’état vont à des projets portés par des artistes femmes, parce que qu’elles ne représentent que 11% des spectacles programmés sur toutes les scènes et parce qu’elles ne reçoivent que 4 à 12% des pavés, pardon des récompenses. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’état lui-même, le haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes.

      Mais, après tout, sur les « scènes de l’institution » comme on dit, la part des autrices représente environ 22% et celle des metteuses en scène 35%. C’est loin d’être l’égalité, c’est sûr, mais bon on y travaille.
      Mais pas ici. Du moins pas encore, apparemment.

      Oui, cette année le IN fait Genre.

      Parce qu’on peut revendiquer haut et fort la liberté d’être à loisir homme, femme, ou les deux mélangés, il n’en demeure pas moins que quand tu nais avec un sexe de femme, ou quand tu deviens femme, que ce soit par le grand tirage au sort de la nature – ah zut pas de chance t’es née avec un vagin - ou par choix, tu fais partie de la caste de celles qui se font baiser, niquer, nier toute leur vie. Parce qu’avant d’être un genre, la sexuation est un déterminisme physiologique, totalement arbitraire, qui, selon que tu reçois un vagin ou une bite à ta naissance, te prédétermine comme sujet dominant ou dominé. Parce que le phallocentrisme et le patriarcat sont les petits rois qui continuent à gouverner ce pays, et particulièrement ce petit milieu cultivé, si fier de son ouverture d’esprit, si fier de sa soit-disant liberté de création, d’expression, de choix, si fier de ses prérogatives, si donneur de leçon au monde entier.

      Le phallocentrisme et la domination masculine sont la honte de tout le milieu intellectuel, artistique et culturel de ce pays. Ils sont la honte de chaque artiste de ce pays et d’ailleurs. De chaque institution qui ne respecte pas une juste redistribution de l’argent public. De chaque directeur de lieu, de galerie, de festival, qui ne fait que représenter et reproduire à l’infini la pensée dominante.

      L’écrasement des femmes par les hommes est le premier crime contre la pensée humaine. Il produit des millions de meurtres chaque année. C’est un crime qui se perpétue depuis des millénaires, qui se poursuit partout et trouve ses racines malheureusement ici aussi, sur ces espaces sacrés du théâtre qui devraient être au contraire les lieux sacrés de la parole libre et émancipatrice.

      Je ne veux pas de ta récompense, David. C’est comme un gros pavé reçu en pleine gueule.

      Et hors les chiffres, désormais, sachez-le, nous ne croirons plus rien. Pour ne plus subir la honte de pleurer encore. "

      Carole Thibaut - 13 juillet 2018

      #sexisme #patriarcat #domination_masculine #arts #spectacle #discours #femmes #féminisme

    • Oui ! Et elle égratigne au passage ceux qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre, se montrer magnanimes (proféministes !) ET garder leur place en refusant d’envisager qu’ils la doivent avant tout à leur genre. Comme ces universitaires proféministes qui deviennent professeurs dans des labos où un tiers seulement sont des femmes.


  • « L’émancipation des femmes est une histoire sans fin », Geneviève Fraisse
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete-2018/article/2018/07/18/l-emancipation-des-femmes-est-une-histoire-sans-fin_5332905_5325920.html

    Le capitalisme, catalyseur de la domination masculine

    Quant à la hiérarchie des sexes, elle semble plus pérenne, exactement constante, ayant toujours été déjà là. Et les luttes qui s’y opposent, toujours partielles, envisagent rarement un objectif de rupture définitive, elles dessinent au mieux un horizon imaginé. A moins que les travaux récents ne fournissent des explications plus circonstanciées quant aux causalités. Deux m’intéressent, toutes deux liées à la modernité, celle qui suit la pensée du contrat social et celle qui réexamine la fonction des sorcières.

    Dans les deux cas, on rencontre le développement du capitalisme comme catalyseur de la domination masculine. Carole Pateman démontre dans Le Contrat sexuel que ce dernier est un soubassement implicite du contrat social tel qu’il est pensé à partir du XVIe siècle. Ainsi, c’est moins le droit du père, le patriarcat au sens strict, qui est renouvelé dans la pensée moderne que la mise à disposition du corps des femmes, dispositif social sans conceptualisation politique. Mise à disposition sauvage qui fait de ce corps, des corps féminins, une matière à utilisation autant sexuelle qu’économique.

    Dans Caliban et la sorcière, Silvia Federici, reprenant l’histoire de la chasse aux sorcières des débuts de l’ère moderne en Europe, montre les liens avérés entre la fin du féodalisme, la naissance du capitalisme et la discipline des corps, des corps féminins en particulier. Ces deux interprétations de la réorganisation d’une société, la nôtre, concourent à désigner une temporalité de la domination masculine comme une étape précise dans l’Histoire. Mais, c’est clair, ce n’est en rien un début, un commencement, plutôt un moment qui montre, à mes yeux, que les sexes font l’histoire (contrairement à celles et ceux qui croient à l’atemporalité du rapport sexuel, et du genre en général).

    « L’esprit n’a point de sexe »

    En revanche, il y a un commencement de la révolte de ces corps, qu’on découvre d’abord comme êtres de raison. Ce passage est rendu possible par le concept politique d’égalité que le XVIIe siècle remet en lumière grâce au philosophe Poulain de la Barre. « L’esprit n’a point de sexe », dit-il. Alors, toutes les égalités sont possibles entre les deux sexes. Assertion logique, et optimiste. Le mouvement féministe qui se déploiera avec le XIXe siècle en est l’expression historique.

    #femmes #patriarcat #histoire #capitalisme #égalité



  • Nouvelle livraison de Patriarches. Les Misandrogynes.

    Patriarche n°1 - Le Paterfamilias
    http://www.madmeg.org/p1


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    Patriarche n°3 - L’Architecte
    http://www.madmeg.org/p3

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    Patriarche n°5 - L’Analyste
    http://www.madmeg.org/p5

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    Patriarche n°15 - Le Nouveau Père
    http://www.madmeg.org/p15

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    Patriarche n°22 - L’Escamoteur
    http://www.madmeg.org/p22

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    Patriarche n°37 - Le Cyborg
    http://www.madmeg.org/p37

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    Merci à toi @fil pour ces webapps parfaites pour explorer mes dessins.

    #mad_meg #shamless_autopromo #patriarches


  • sur la colère : émission radio
    https://grenoble.indymedia.org/2018-06-30-sur-la-colere-emission-radio

    Pétage de cable, hystérie et hurlements, la colère des femmes est souvent caricaturée et ridiculisée, quand elle n’est pas carrément pathologisée. Quelles sont les formes et les figures de la colère des « femmes » ? Pétage de cable, hystérie et hurlements, la colère des « femmes » est souvent caricaturée et ridiculisée, quand elle n’est pas carrément pathologisée. À travers des extraits audio, on revient sur ces formes de décrédibilisation, et on se demande ce qui provoque ces explosions ; avant de traverser (...)

    #Articles

    / #Infos_locales, Féminisme / Genres / Sexualités

    #Féminisme_/_Genres_/_Sexualités
    https://dijoncter.info/?sur-la-colere-207


  • Le concept de soumission : l’exemple du patriarcat
    https://www.franceculture.fr/conferences/ecole-normale-superieure/la-soumission-lexemple-du-patriarcat

    La philosophie n’a pas, jusqu’à aujourd’hui, conceptualisé la soumission comme telle. D’un côté, la philosophie politique classique a formé et étudié les concepts de domination, de pouvoir, de subordination, de servitude ; d’un autre côté la philosophie morale, notamment dans ses liens avec la psychologie sociale, a pu thématiser les concepts de volonté, d’obéissance, d’influence ou encore d’amour, mais la soumission n’a pas le rang d’un concept, elle n’est pas l’objet de l’étude et de la conceptualisation des philosophes. Cette absence s’explique par le fait que la philosophie – et la philosophie politique fondée sur le droit naturel en particulier – conçoit la liberté comme la valeur centrale de la vie humaine et, de ce fait, dépeint la soumission, comprise comme l’attitude de celui qui ne résiste pas activement à la domination, comme une anomalie, une impossibilité ou une faute morale. Pour autant, l’expérience de la soumission est quotidienne et largement partagée, et il semble que cette expérience ait quelque chose à dire de la nature du pouvoir. Dans cet exposé, je défendrai la thèse selon laquelle la soumission non seulement peut, mais encore doit, faire l’objet d’une analyse philosophique, que l’on peut à bon droit construire un concept philosophique de soumission et que ce concept est fécond pour l’analyse des rapports de pouvoir : c’est ce que j’entends établir à partir de l’exemple du patriarcat.

    L’enjeu de la conférence semble etre de sortir la philosophie de la phallosophie.
    Pas encore écouté

    • Assez decevant en particulier à cause d’un gros contre sens à propos de Sacher Masoch. Dans la venus à la fourrure il n’est jamais soumis et ne fait que plier une femme à la volonte de ses propres lubies sexuelles de riche homme blanc. La soumission vu par les dominants (Sacher masoch, Polanski Hegel...) ca ne fonctionne pas et ca fini toujours par faire comme si c’etait les personnes soumises qui étaient dominantes.
      Ensuite elle cherche a se posé une question que sois disant personne ne se pose ; « quelle est la place des femmes dans la perpetuation du patriarcat ? » et elle prétend que la place des hommes à été beaucoup posé...
      Ce qui est fort c’est qu’elle reconnait que la question est pourris mais comme Sacher Masoch est un soumis par choix alors elle la pose....
      Ca finit par un homme qui n’y connais rien et mecsplique et monopolise la parole en traduisant ce qu’elle dit parce que on avait pas ompris.... (soumission au Maître).
      Il s’interesse en particulier à la cuplabilisation que les femmes soumises font subir aux hommes...
      Il pose plein de question incomprehensibles et piegeuses, elle s’en sort pas si mal et afine son propos avec lequel j’ai quand meme un accord.
      Il s’arroge le dernier mot et fini par exigé une distinction raciste entre une culture patriarcale (la sienne, sexiste soft) et une culture viriliste (implicitement les arabes/musulmans/autres, sexisme violent). Bravo mec !

      #inversion_patriarcale #soumission #domination #patriarcat #conférence #audio #racisme

      Une réflexion qui me semble allé plus loin - la métaphore de l’âne du bâton et de la carotte : https://seenthis.net/messages/396369#message396385


  • La violence éducative ordinaire : enfant du patriarcat.
    http://www.zinzinzine.net/violence-educative-ordinaire.html

    La violence éducative ordinaire est de plus en plus souvent remise en cause dans notre société qui se veut égalitaire. Dans cet article, nous soulignerons les rapports entre ce phénomène et les logiques du patriarcat. Nous insisterons sur les processus d’emprise psychologique par la peur, de domination et sur l’interdiction et la disqualification des émotions de l’enfant. Nous aborderons également quelques pistes pour briser le cycle de la reproduction de la VEO.

    1. Introduction

    Écrire un texte féministe sur la violence éducative ordinaire nous aurait paru étrange il y a quelques années. Nous ignorions alors ce que ce terme recouvrait. Et malgré les liens évidents entre les pièces du puzzle patriarcal, notre mémoire traumatique nous empêchait de voir la réalité. Comme pour des milliers de personnes l’ayant vécue, la violence éducative ordinaire demeurait invisible. Alors que nous avions pourtant travaillé dans des domaines proches (violences faite aux femmes, entre partenaires, enfants témoins, harcèlement, parents toxiques,…), notre cerveau restait hermétique au croisement des données.

    La seule façon de laisser l’analyse sociologique se faire a été de travailler notre propre mémoire traumatique afin de sortir du déni. Une fois ce travail effectué, les logiques à l’œuvre dans la VEO sont apparues et les liens entre toutes les problématiques patriarcales se sont créés. Cet article souhaite souligner les rapports entre la violence éducative ordinaire et les processus patriarcaux à l’œuvre dans celle-ci. Nous espérons ainsi permettre au public d’ouvrir plus rapidement les yeux et sensibiliser à cette cause qui touche la plupart des enfants…mais aussi des adultes, qui souffrent encore de leur enfance.