#patriarcat

  • STRATEGIES PATRIARCALES: PICASSO OU COMMENT SABOTER UNE FEMME | Irrédentiste !
    https://sporenda.wordpress.com/2021/04/19/strtegies-patriarcales-picasso-ou-comment-saboter-une-femme

    Car c’est ça que recherchait Picasso dans ses liaisons : prendre une femme belle, jeune, apparemment forte, souvent artiste, fière, indépendante, débordante de vie et de créativité, et se nourrir de sa vitalité, de sa jeunesse et de ses idées. Et une fois qu’il l’avait cannibalisée, pressée comme un citron, transformée en loque humaine à force de maltraitances, la quitter (sans cesser de la tourmenter) et passer à une autre pour recommencer le cycle : de muse à proie consommée et sadisée, pour finir en kleenex usagé. « Il y a deux sortes de femmes–disait-il–les déesses et les tapis-brosse ». Et ce dont ce magicien noir dérivait une jouissance perverse, c’était de transformer une déesse en tapis-brosse. Et après de la mépriser pour s’être laissé faire.

  • La femme-objet ne fait pas vendre, elle rend malheureuse
    http://www.slate.fr/story/207608/publicite-vuitton-lea-seydoux-femme-objet-sac-nudite-vendre-nicolas-ghesquiere

    En mettant le corps parfait de #Léa_Seydoux dans une position lascive entre des draps pour vendre un sac, #Nicolas_Ghesquière fait comme s’il n’avait jamais entendu parler de « male gaze ».

    Avril 2021. On sait qu’on est encore loin de l’égalité mais on avance. Les femmes affirment leur parole, leur présence, leurs modes d’existence divers, leurs désirs de se représenter différemment.

    Et puis, un jour d’avril 2021, c’est l’accident. La sortie de route. Le déraillement complet. Brusquement, sur internet, on voit apparaître une nouvelle campagne de pub...

    « J’avoue que j’ai été un peu agacée par la pub avec Léa Seydoux qui se roule nue à côté d’un sac à main »
    Titiou Lecoq
    #regard_masculin

  • Avec Marx, au-delà de Marx. Bibliographie de démarrage sans douleur ni cachet d’aspirine autour de la critique de la valeur-dissociation
    http://www.palim-psao.fr/2020/12/avec-marx-au-dela-de-marx.bibliographie-de-demarrage-sans-douleur-ni-cach

    AVEC MARX, AU-DELA DE MARX

    Repenser une théorie critique du capitalisme-patriarcat pour le XXIe siècle

    Bibliographie de démarrage sans douleur ni cachet d’aspirine autour de la critique de la valeur-dissociation

    Classée par ordre de lecture.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #bibliographie #introduction #Marx #capitalisme #patriarcat #anticapitalisme #théorie_critique

  • Article de El País : Globalement, les #femmes ont payé un lourd tribut au #patriarcat avec l’avènement de la #pandémie

    Mujeres : el año de las mil plagas | EL PAÍS Semanal | EL PAÍS
    https://elpais.com/eps/2021-03-06/mujeres-el-ano-de-las-mil-plagas.html?cid=ZWxwYWlzX2NybV9ta3Rjb250ZW50X2JvbG

    Mujeres: el año de las mil plagas
    Perder el trabajo. Tener que dejarlo para trabajar (aún más) en casa o hacer malabares para compaginarlo con el cuidado de los hijos. Encerrarse con el maltratador. Empobrecerse. Retroceder en derechos. La covid impone a la población femenina sufrimientos y retos que se suman al impacto general del virus. Estas son las caras de quienes padecen y combaten las otras pandemias

    • Les femmes : l’année des mille fléaux

      Perdre son emploi. Il faut y renoncer pour travailler (encore plus) à la maison ou jongler avec la garde des enfants. Être enfermé avec l’agresseur. S’appauvrir. Pour régresser en matière de droits. Le Covid impose à la population féminine des souffrances et des défis qui s’ajoutent à l’impact global du virus. Ce sont les visages de ceux qui souffrent et combattent les autres pandémies

      Tatiane est plus pauvre. Comme elle, Joan a perdu son emploi et, comme ses amis, elle vit condamnée à être une femme au foyer. Garazi a dû emménager chez sa mère pour qu’elle puisse travailler et s’occuper de sa fille. Andrea a passé l’enfermement à coups, enfermée dans la même maison que son agresseur. Klementyna est descendue dans la rue pour se battre pour le droit perdu - l’avortement - que le gouvernement polonais a réduit au beau milieu de l’assaut du Covid. Tlaleng a dû intervenir pour que les centres de planning familial de son pays, l’Afrique du Sud, restent ouverts. Six femmes dont la vie pourrait refléter celle de milliers d’autres. Les gains de la moitié de la population mondiale ont subi un grave revers du fait de la pandémie. Ils assument une plus grande part du fardeau du travail précaire et des soins non rémunérés, sont plus exposés à la pauvreté et à la violence, sont moins représentés et moins entendus dans les sphères du pouvoir et ont vu disparaître des droits acquis, comme ceux obtenus dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a mis en garde contre les ravages dès octobre 2020 : « Si nous n’agissons pas maintenant, Covid-19 pourrait effacer une génération de progrès fragiles vers l’égalité des sexes ». À l’occasion de la Journée internationale de la femme, ce 8 mars, nous avons réuni six protagonistes du monde entier qui luttent d’une manière particulière contre les effets que cette première année de crise sanitaire a sur la vie des femmes.

      Elles sont en première ligne pour combattre le virus : 7 travailleurs de la santé et soignants sur 10 sont des femmes, selon l’analyse effectuée par l’ONU à la fin de 2020. Ellels sont en majorité dans l’économie informelle et aussi dans le secteur des services, durement touché. Parmi eux, le tourisme, qui est passé de 100 à zéro avec les confinements et les restrictions partout sur la planète. La Brésilienne Tatiane Araujo, guide touristique qui s’est reconvertie ces derniers mois pour survivre, en a fait l’expérience. « Mon secteur n’a aucune garantie qu’il reprendra en 2023 », dit-elle dans un Rio de Janeiro vidé de ses habitants. Les femmes ont été expulsées du marché du travail dans une plus large mesure que les hommes, avec trois points de plus en Amérique latine.

      Elles occupent les emplois précaires et ceux qui ne sont ni reconnus ni rémunérés : soins aux enfants et aux personnes âgées et charge du ménage. Dans toutes les tâches domestiques - ménage, garde d’enfants et éducation, cuisine et courses - les femmes ont plus que les hommes augmenté leur temps de travail, avertit l’ONU. En temps de crise, ce dévouement les fait sortir du marché du travail ou les oblige à jongler entre leur travail à l’extérieur et le travail qui les attend à la fin de leur journée. L’Espagnole Garazi Olaziregi n’a pas cessé de courir. En prison, cette ingénieure en informatique et mère célibataire a vécu dans un continuum sans distinction de temps ni d’espace pour s’occuper de sa profession et de sa fille, Ada, qui a maintenant deux ans : « Il n’y avait pas d’horaires, je ne me souciais de rien. Si Ada dormait, j’allais travailler. Je me douchais quand je pouvais, j’étais épuisée », avoue-t-elle. Elle s’est installée chez sa mère. "L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste de la science-fiction.

      Joan Humawid, psychologue philippine, mariée et mère d’un enfant, a perdu son emploi dans une compagnie d’électricité en novembre. Selon elle, les hommes sont prioritaires pour les quelques emplois disponibles. Elle et les femmes qui l’entourent vivent dans la crainte d’un revers : "Cela nous condamne à être à nouveau des femmes au foyer car la société nous juge aussi si nous travaillons tout en ayant une famille. ONU Femmes estime qu’en 2021, il y aura près de 435 millions de femmes pauvres, soit 11 % de plus que si la pandémie n’avait pas existé.

      Au Mexique, pays où dix femmes sont assassinées chaque jour, Andrea Ene vivait enfermée avec son agresseur, avec l’homme qui voulait la tuer. Elle s’est enfermée dans sa chambre pour tenter de sauver sa vie et celle de ses enfants. Le Réseau national des refuges du Mexique a augmenté ses sauvetages de 300 % au cours de l’année dernière. L’ONU considère l’augmentation de la violence comme un autre problème de santé publique mondial, une « pandémie fantôme ». « Nous sommes particulièrement préoccupés par les jeunes filles, par le nombre d’adolescentes qui sont tombées enceintes à la suite d’un accouchement, par celles qui ne retourneront pas à l’école, par l’augmentation de la traite des filles », a averti la directrice d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

      Les progrès en matière de santé sexuelle et reproductive ont également connu des revers. Dans certains cas, comme en Pologne, ellels se sont battus et ont protesté dans les rues. L’activiste Klementyna Suchanow a été arrêtée pour s’être opposée au gouvernement et à ses multiples tentatives pour restreindre l’avortement. Les confinements, les fermetures de cliniques et le manque de matériel et de personnel ont sapé les services de planning familial, selon le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Ils indiquent que 47 millions de femmes n’ont pas eu accès à la contraception dans 114 pays à faible et moyen revenu au cours des six premiers mois de la crise. Le médecin sud-africain Tlaleng Mofokeng a une clinique où elle pratique des avortements : "Ils font de nous et de notre corps un problème, et nous ne sommes pas un problème. En tant que rapporteur des Nations unies, elle va documenter les pertes de droits sexuels et reproductifs dues à la pandémie.

      Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

  • Inceste : le « syndrome d’aliénation parentale », une idéologie puissante

    Dans les cas de divorce, cette théorie développée en Amérique du Nord est utilisée pour accuser la mère de manipuler son enfant. Au point d’entretenir un « déni de l’inceste ».
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020321/inceste-le-syndrome-d-alienation-parentale-une-ideologie-puissante

    À leurs yeux, les femmes font figure de suspectes idéales. En cas de divorce « conflictuel », un même scénario se répéterait : celui d’une mère, anxieuse, qui conduirait l’enfant à accuser injustement son père d’inceste. Cette théorie, promue par certains psychiatres en vue, s’est répandue jusque dans les tribunaux français (lire notre enquête). Elle repose notamment sur le syndrome d’aliénation parentale (SAP), que son fondateur, l’Américain Richard Gardner, définit comme « une campagne de dénigrement de la part de l’enfant contre un parent, campagne non justifiée ».

    Ce concept, né durant les années 1980, est extrêmement controversé. D’abord en raison de la personnalité de son fondateur. Le psychiatre Richard Gardner s’est en effet illustré, tout au long de sa carrière, par ses sorties misogynes et sa mansuétude à l’égard des pédocriminels. Ne disait-il pas qu’il y a « un peu de pédophilie dans chacun d’entre nous » ? « La pédophilie a été considérée comme une norme par la vaste majorité des individus dans l’histoire du monde », observait-il.

    À ses yeux, les enfants sont naturellement sexualisés et peuvent même parfois initier des relations sexuelles avec l’adulte en le « séduisant ». Dans les cas où cette « relation » est découverte, « l’enfant est susceptible de fabuler pour que l’adulte soit blâmé pour en avoir été à l’initiative », estime Gardner. À le lire, le plus grand risque résiderait dans la réaction de la mère : « Son hystérie […] contribuera à développer chez l’enfant le sentiment qu’un crime odieux a été commis et réduira d’autant ses chances d’un rapprochement avec le père », affirmait-il.

    Mais ces déclarations n’empêcheront pas la naissance d’un courant de pensée puissant, inondant les médias. Nous sommes alors en pleine décennie 1980, une période marquée par « l’augmentation des divorces », remarque le juge pour enfants Édouard Durand, qui co-préside les travaux de la commission sur l’inceste mise en place récemment. Depuis les années 1970, les fondements du patriarcat tremblent : « On passe de la puissance paternelle à l’autorité parentale, rappelle le magistrat. Donc on redéfinit les rôles juridiques dans la famille et l’égalité père-mère. »

    Les masculinistes promeuvent le SAP

    Il faut attendre les années 1990 pour voir arriver en France le syndrome d’aliénation parentale. Un psychiatre-sexologue, le Dr Paul Bensussan, va peu à peu s’imposer comme la figure de proue de ce mouvement. Expert à la cour d’appel de Versailles depuis 1996, il publie en 1999 un ouvrage remarqué, Inceste, le piège du soupçon (disponible en intégralité ici). Dans ce livre, il développe ses thèses sur la suggestibilité de l’enfant et les fausses allégations d’abus sexuels : « Le discours de l’enfant peut surprendre par la richesse de son vocabulaire ou par sa précision dans l’évocation des faits. Des faits qui prennent corps lorsque les interrogatoires se succèdent et se ressemblent : l’enfant apprend vite ! », ironise-t-il.

    La même année, le psychiatre est invité par SOS Papa, un groupe militant connu du grand public depuis le coup d’éclat de l’un de ses membres, qui s’était perché sur une grue de Nantes pour « défendre la cause » des pères en 2013. Cette association masculiniste, s’inspirant des groupes antiféministes américains, dispose déjà à l’époque de puissants relais et leurs colloques attirent des personnalités qui leur sont favorables, comme le Dr Paul Bensussan.

    « [Le psychologue canadien] Hubert Van Gijseghem, que vous avez tous lu, dont les travaux sont extrêmement célèbres, dit : “Les fausses allégations sont aussi délabrantes que les vraies.” Je suis d’accord avec lui », déclare le sexologue à un auditoire conquis.

    À ses côtés, Dominique Coujard, à l’époque vice-président du TGI de Paris, décrit les nouvelles mesures que mettent en œuvre les juges aux affaires familiales de Paris : « On introduit actuellement quelque chose que vous connaissez, [la notion] du parent le plus apte à favoriser les relations avec l’autre parent. À partir du moment où un parent a fait de fausses allégations, il n’apparaît pas être le plus apte à favoriser les relations avec l’autre parent. » Une phrase qui suscite, selon SOS Papa magazine, une vague d’applaudissements.

    Une théorie non reconnue par la communauté scientifique

    Cette promesse de Dominique Coujard aux adhérents de l’association résonne encore, vingt ans plus tard. Dans les affaires d’inceste présumé, « on ne se pose jamais la question : “Et si c’était vrai ?” », observe le co-président de la commission inceste, Édouard Durand. « L’hypothèse du viol incestueux est écartée, donc on reconstruit l’histoire de la famille en présumant que la mère manipule son enfant. […] Or, quand on part du principe qu’il y a conflit, il y a une injonction, non seulement judiciaire mais aussi sociale, pour que les parents s’entendent. Le modèle du bon parent, c’est celui qui accepte le principe de la résidence alternée, y compris au mépris des besoins de l’enfant. »

    Les thèses de l’aliénation parentale, tout comme la carrière du Dr Bensussan, vont connaître une progression fulgurante à la faveur de l’affaire Outreau, en 2005. Le psychiatre, appelé en qualité de témoin par les avocats de la défense, va étriller les expertises contenues dans le dossier d’instruction. Le procès en appel, aussitôt qualifié de « naufrage judiciaire », signe la consécration du sexologue.

    Il enchaîne alors les cours à l’École nationale de la magistrature, les colloques et conférences consacrés à l’affaire de sa vie, Outreau. Nommé expert à la Cour de cassation en 2007, le psychiatre est au faîte de sa gloire et peut ainsi faire la promotion de sa théorie.

    Mais il lui reste un obstacle de taille à surmonter. Le syndrome d’aliénation parentale (SAP) n’est toujours pas reconnu par la communauté scientifique internationale. Ses promoteurs vont alors tout faire pour que leur concept intègre, en 2013, le manuel de référence sur les troubles mentaux, publié par l’Association américaine de psychiatrie.

    En vain. En dépit de cette intense campagne de lobbying, le Dr Darrel Regier, à la tête du groupe de travail en charge de la rédaction de la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5), ferme la porte aux partisans du SAP. Le psychiatre estime que l’aliénation parentale « ne repose pas sur des bases scientifiques suffisantes » pour intégrer le manuel.

    En amont de la parution du DSM-5, le Dr Regier décrète que le SAP « est un problème de relation parent-enfant […], pas un trouble mental ». Les partisans du SAP espèrent donc que leur chère théorie finisse par figurer dans les annexes de la célèbre revue… Mais, là encore, raté. Pas de quoi démonter les fidèles adeptes, qui sèment la confusion dans le débat public. En témoigne la réaction du Dr Paul Bensussan, principal promoteur du SAP en France, s’enthousiasmant de cette pseudo-reconnaissance de la communauté scientifique : « On peut donc retenir que l’aliénation parentale figure “en esprit, sinon dans la lettre”, dans le DSM-5 », écrit cet expert psychiatre dans la revue juridique La Gazette du Palais.

    Les « fausses allégations »

    Malgré l’absence de consensus scientifique autour du SAP, le Dr Paul Bensussan n’hésite pas à avancer des chiffres à l’appui de sa démonstration : « Dans le cadre de litiges consécutifs à la séparation des parents, […] la plupart des auteurs s’accordent à évaluer [la probabilité d’énonciation fausse] de 60 à 75 % », explique le psychiatre, dans une expertise de 2005 que nous nous sommes procurée.

    Ces statistiques, stupéfiantes, sont cependant trompeuses, car une bonne part de ces études – comme celle-ci – estiment que ces « fausses allégations » recouvrent l’ensemble des dossiers où la justice n’est pas parvenue à déterminer si l’enfant avait bel et bien été abusé… Un raisonnement qui entretient volontairement une confusion entre les affaires non élucidées et les dénonciations calomnieuses. Poussée à l’absurde, cette logique reviendrait à considérer 70 % des affaires de viols en France comme « fausses », car classées sans suite.

    Une étude canadienne, faisant aujourd’hui référence, estime que seuls 6 % des cas d’inceste étaient jugés « faux » – au sens d’« intentionnellement fabriqués » – par les services sociaux, sur un échantillon représentatif de plus de 7 600 affaires de violences intrafamiliales (sexuelles ou non).

    Mais dans les cas où la mère se serait trompée de bonne foi et aurait suggéré – sans le vouloir – des allégations à son enfant, la science semble naviguer dans le plus grand flou. Si les pédopsychiatres s’entendent sur une plus forte probabilité d’accusations erronées dans le cadre de divorces conflictuels, aucun consensus scientifique ne se dégage sur des chiffres précis.

    Paul Bensussan, régulièrement mis en cause par les associations et les avocates féministes (comme dans l’affaire Julie), n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.

    Un « déni de l’inceste »

    Des mois après les faits présumés et en l’absence d’éléments matériels incriminant le père, la justice se trouve donc confrontée à un dilemme. Doit-elle priver un enfant de son père, certes suspecté, mais toujours présumé innocent ? Peut-elle prendre le risque de le laisser en compagnie d’un pédocriminel potentiel ?

    Ne sachant trancher, l’autorité judiciaire serait ainsi tentée de blâmer le messager, sur le fondement d’une supposée aliénation parentale : « On ne peut pas écrire [dans une décision de justice] qu’on oblige un enfant à voir un parent qui potentiellement le viole. Donc on va donner une autre raison : la mère ment. Cela simplifie le problème », résume le juge Édouard Durand.

    « On n’a pas besoin du concept du syndrome d’aliénation parental pour penser l’hypothèse rare d’une instrumentalisation de l’enfant. Ce concept a une utilité principale : le déni de l’inceste, ose même le magistrat. Avec le SAP, on est dans l’incapacité de voir la violence et il est impossible d’envisager l’existence d’un parent protecteur. »

    Or, les expertises jouent un rôle prépondérant dans les dossiers d’incestes présumés. Le Dr Bensussan est d’ailleurs très au fait du pouvoir dont il dispose dans ces affaires délicates, que le psychiatre préfère nommer « les affaires familiales » : « La tentation existe bel et bien [pour l’expert] de se substituer au juge », écrivait-il, en 2007, dans un article paru dans les Annales médico-psychologiques.

    Interrogé lors de la commission Outreau par des parlementaires, en avril 2006, il critiquait même la toute-puissance des experts dans « les affaires familiales » : « Ne nous racontons pas d’histoires sur ce qui est fait de nos expertises et sur le pouvoir excessif qu’elles ont. »

    « Trop de juges abdiquent dans les mains d’un psychiatre », regrette Jean-Pierre Rosenczveig, juge pour enfants durant quarante ans. L’ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny, qui s’est montré toute sa carrière « toujours très réservé par rapport à la psychologisation », pointe cependant que ce risque de partialité « n’est pas spécifique au Dr Paul Bensussan » : « À partir du moment où un expert a théorisé une pratique professionnelle, le risque c’est qu’il cherche à faire entrer une situation dans sa théorie. Quand une série de présupposés aliène la liberté de réflexion de l’expert, ce n’est plus de l’expertise. On est dans l’habillage d’une situation. »

    #sap #masculinisme #inceste #divorce #déni #justice #féminisme

    • #patriarcat  : tout cela va avec le reste du package où il n’est jamais reproché aux pères de ne pas vouloir avoir la garde principale (avec toutes les merdes qui vont avec), mais d’exiger sans fin le respect de leur autorité qui consiste en réalité à se mêler en permanence de la vie privée de leur ex sous prétexte de s’occuper de l’éducation des gosses, donnant des ordres à distance qu’elle aura la charge d’exécuter, alors même que les montants des pensions alimentaires sont régulièrement sous-estimés et encore plus régulièrement non versés, à charge pour la mère de rogner sur ses ressources pour compenser, tout cela en étant contrôlée sans cesse par les services sociaux.

      Les femmes qui divorcent (et c’est encore + vrai pour celles qui fuient un conjoint violent) perdent leur domicile, leurs amis, leur réseau et généralement dans l’élan, leur boulot si elles avaient réussi à en garder un. Avec des mioches à plein temps sur les bras, elles ne peuvent espérer améliorer leur situation et leur con d’ex a toutes latitudes à continuer à leur faire chier par gosses interposés, d’autant que les plus salauds ont des ressources sans fin pour harceler avec des exigences de malades mentaux… qui vont être bénies par les JAF qui y voient la marque d’un père qui s’investit .

      Le fait qu’il puisse y avoir des femmes qui règlent des comptes par gosses interposés ne vaut pas comme symétrie de la situation.

  • Pour replacer le contexte, celui des supposées « dérives intellectuelles idéologiques dans les milieux universitaires »...

    Pour rappel, le contexte étant celui-ci :


    https://seenthis.net/messages/888410

    Donc, pour replacer le contexte, des #chiffres et #statistiques à partir de la base de données qui recense les thèses soutenues et en cours en France.

    Quelques chiffres utiles cher·es collègues. Avant de commencer ma journée de travail Bnf, je vais vous donner des informations sur les nombres de thèses soutenues ou en cours avec certains mots clefs dont « #lgbt », « #queer », « #patriarcal » ou « #décolonial ».
    Je parlerai surtout de ma discipline, la littérature. Sources : http://THESES.FR (avec les failles que l’on sait, mais c’est un indicateur). Déjà, combien de thèses en France aujourd’hui avec le mot « décolonialisme » en titre ou résumé : aucune.
    Aucune thèse avec le terme « décolonialisme » toutes disciplines confondues à ce jour.
    Essayons décolonial maintenant, un terme connu depuis longtemps. Toutes disciplines confondues, 13 thèses, dans tous les domaines, histoire, géographie, sociologie, psychanalyse etc. En littérature : une seule, soutenue en 2013.
    Passons à « #patriarcat », une notion ancienne également. Là on en a 12, toutes disciplines confondues, aucune en littérature.
    Essayons patriarcal. Il y en 4 en littérature. Observons les sujets : féminisme, littérature et cinéma en Inde, sur les violences faites aux femmes au Mexique, sur la notion de divinité dans l’espace méditerranéen, et dans la prose féminine russe du 20e siècle. C’est tout.
    Quand je dis c’est tout, l’adjectif « patriarcal » ne me fait sortir aucune thèse dans d’autres disciplines. Je dois certainement me méfier du moteur de recherche, mais il est officiel.
    L’acronyme LGBT maintenant, pour Lesbien Gay Bi Trans. J’ai 13 thèses au total, et en littérature UNE SEULE, sur un sujet très spécifique (les réfugiés LBGT en Turquie).
    Le terme Queer remporte plus de succès, la notion étant prise en compte en tant que concept épistémologique depuis au moins les années 1990 : 39 thèses au total. Deux en littérature, sur des monographies (James Baldwin et Dorothy Allison).
    Et maintenant je vais vous donner un autre chiffre, pour mettre en balance cette soi disant vague de recherche sur les études de genre ou décoloniales (dont on voit bien qu’elles ne sont PAS étudiées en fait) : il y a eu 85 thèses sur le seul auteur Claude Simon. Fin du thread.

    https://twitter.com/neolitterature/status/1364869234283675652

    #thèses #France #décolonial #doctorat #recherche #mots-clé #université #facs

  • Depardieu mis en examen pour viols. La fin de l’impunité des « monstres sacrés » ?
    https://revolutionpermanente.fr/Depardieu-mis-en-examen-pour-viols-ou-l-impunite-des-monstres-s

    Depardieu : « Il n’y a jamais eu véritablement de viol. Il s’agit seulement d’une fille qui se met elle-même dans la situation dans laquelle elle veut être. La violence n’est pas commise par ceux qui passent à l’acte, mais par les victimes, celles qui permettent que cela arrive. »

    • Vu qu’il faut aller les chercher un par un avec les dents jusqu’au fond des chiottes qui leur servent généralement de planque et essuyer derrière leurs merdes et jérémiades, je dirais qu’on n’a pas sorti le cul des ronces.

      Ce serait aussi faire l’impasse sur le fait que notre société est fondamentalement patriarcale et que l’appropriation du corps des autres (mais surtout des femmes  !) par les hommes puissants est la pierre angulaire de tout l’édifice… ça m’étonnerait que ça se passe bien, tout ça. (ça va être crade, le retour de manivelle).

      #patriarcat

  • Déni de réalité et misogynie au cube.
    Je tombe sur cette vidéo titré "Caroline Mecary : « Dans l’opposition à la PMA pour toutes, il y a un fond homophobe inconscient »"
    https://www.youtube.com/watch?v=SDm-9F7PtGc


    Alors que

    Le Sénat a voté mardi un amendement au projet de loi bioéthique excluant les femmes célibataires de l’extension de la PMA, mais pas les couples de femmes . Il s’agit de l’une des mesures phare du texte du projet de loi bioéthique, actuellement en deuxième lecture au Sénat.

    https://www.lepoint.fr/societe/pma-pour-toutes-les-femmes-celibataires-exclues-du-projet-de-loi-par-le-sena

    Du coup je titrerait plutot "« Dans l’opposition à la PMA pour toutes, il y a une grosse couche de misogynie parfaitement assumée de tous les cotés" » car il faudra m’expliqué en quoi l’autorisation de la PMA est homophobe alors que ce sont les femmes célibataires uniquement qui en sont exclues.
    C’est une double invisibilisation des femmes - d’abord prétendre que les lesbiennes sont discriminées alors qu’elles ne le sont pas - et ensuite appelé les lesbiennes des homos alors que les gays ne sont absolument pas concernés et que les lesbiennes sont invisibilisées.

    • Les couples de femmes mariées n’ont pas droit à la PMA (corrige moi si je me trompe mais j’en suis quasi certain). Donc toutes les femmes qui ne sont pas en couple avec des hommes sont discriminées. Donc c’est lesbophobe. Ensuite les lois françaises parlent d’homophobie pour regrouper les discriminations faites aux homosexuel·les (cf https://www.senat.fr/lc/lc129/lc129_mono.html). Donc c’est ce mot qu’une avocate doit employer pour dénoncer une loi française.

    • Il semble que tu ai raison @fsoulabaille , ca dépend des dates, le 2 et 3 février seuls les femmes célibataires étaient exclues et le 4 avec le critère médical les couples lesbiens sont exclus aussi avec les femmes célibataires. La loi discrimine donc bien les femmes seuls et les lesbiennes. OK pour la ref au nom de la loi, c’est logique qu’une juriste utilise les terminologie législatives. Je comprend mieux maintenant.
      –----
      le 2 février

      « La chambre haute a d’abord rejeté par 122 voix pour et 174 voix contre (33 abstentions) les amendements (LR et centristes) visant à supprimer l’article 1er ouvrant la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Mais le Sénat a ensuite adopté à main levée un amendement du sénateur LR Dominique de Legge prévoyant de limiter l’ouverture de la PMA aux couples de femmes. »

      https://www.ouest-france.fr/societe/famille/pma/debats-nourris-au-senat-autour-de-l-extension-de-la-pma-7140730
      –----
      le 3 février

      Ce mardi, le Sénat a voté mardi un amendement au projet de loi bioéthique excluant les femmes célibataires de l’extension de la procréation médicalement assistée ( PMA), écornant la mesure phare du texte qui pourra toutefois être rétablie par les députés. Résultat, l’article 1er du projet de loi visant à ouvrir l’accès à la PMA à toutes les femmes a fait le plein d’abstentions chez ses partisans, qui l’ont jugé « dénaturé » par les modifications apportées. L’article a été rejeté par 48 voix pour, 132 contre et 152 abstentions. Dans les faits, le Sénat a donc vidé de sa substance le projet de loi, examiné bioéthique en deuxième lecture.

      https://www.20minutes.fr/societe/2967947-20210202-pma-toutes-senat-exclut-femmes-celibataires

      –----
      le 4 février

      "Ils ont introduit dans le texte un « critère d’infertilité médicalement diagnostiqué ou la non transmission d’une maladie d’une particulière gravité ». Les couples hétérosexuels seront contraints de prouver ce critère médical. Ce qui exclut de fait les femmes seules et les couples de femmes, qui, elles, ne pourront pas être systématiquement remboursées."

      https://information.tv5monde.com/terriennes/pma-pour-toutes-la-france-dit-oui-ou-presque-320566
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      le 4 février

      « les associations LGBT et celles représentant les mères célibataires étaient furieuses, jeudi 4 février, après le rejet par le Sénat de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux célibataires.

      Le Sénat, à majorité de droite, a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi de bioéthique, amputé de sa mesure phare : l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Cette disposition pourra, toutefois, être rétablie par les députés. »

      ...

      non seulement l’avancée fondamentale que représente la PMA pour de nombreuses femmes a été supprimée, mais les sénateurs avaient préalablement honteusement écarté les femmes seules », a rappelé, pour sa part, Bénédicte Blanchet, de l’association Mam’ensolo.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/04/les-associations-furieuses-du-rejet-de-l-extension-de-la-pma-a-toutes-les-fe
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      #lesbophobie #misogynie #sexisme #PMA #discrimination

    • Ici le rapport de la commission sur la PMA de sept 2019 ou des lacano-freudien·nes sont auditionné·es https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/csbioeth/l15csbioeth1819032_compte-rendu#

      En tant que tel, même dans l’adoption, le fait même d’être femme seule est un facteur de risque.

      L’effacement symbolique du père est un vrai problème – pour moi, c’est l’un des problèmes essentiels. On efface à la fois son rôle symbolique et réel. Il ne faut pas oublier l’effet d’un père réel sur son enfant, c’est-à-dire l’existence d’interactions qui lui sont propres et que l’enfant n’aura pas ailleurs – ce ne seront pas les mêmes interactions avec l’oncle, le grand-père ou l’ami. L’impact de l’effacement ne se fait pas sentir seulement dans la réalité, mais aussi de façon symbolique, parce que la société va dire qu’elle n’a pas besoin d’un père pour un enfant – pour travailler depuis 20 ans dans le monde de la protection de l’enfance, je sais que cela posera un vrai problème. Cette inutilité, cet effacement du père du fait de la logique poursuivie par l’État aura des conséquences sur le plan de la protection de l’enfance et par rapport au champ de la prévention.

      #patriarcat #lacan

  • Inceste : faut il renverser la famille ?
    https://www.franceculture.fr/droit-justice/inceste-faut-il-renverser-la-famille

    Il faudrait changer le code civil ! C’est le code civil qui en 1804 a instauré la toute puissance du père dans la famille. Au centre des drames de l’inceste : il y a la famille moderne, post révolutionnaire et pyramidale, où les hommes se voient encore aujourd’hui comme des chefs de famille pour les femmes et pour les enfants ! (...)
    Faire de l’inceste une question de personnes ou de contexte, c’est passer à côté de ce phénomène. Car il s’agit d’un système qui se nourrit de ce qu’est la famille moderne. Je le répète depuis des années mais la société refuse de l’entendre. Il faut renverser le famille, c’est le seul moyen de lutter contre l’inceste. 
    Anne Claude Ambroise-Rendu, historienne du crime.

    #inceste #code_civil #famille #patriarcat #histoire

    • J’ai pas encore tout lu mais dans un rapide survole je voie qu’il est question de Paul Bensussan comme support du #SAP et expert aujourd’hui décrié. J’en profite pour rappelé que ce mec est toujours en action et qu’il continu au déni de justice, il était l’expert auprès de la cour de cassassions pour le procès de Julie il y a pas 3 semaines. Julie qui a été violé par 20 pompiers de ses 13 à 15 ans. https://seenthis.net/messages/901012#message901091
      Je ne sais pas comment on peu faire révoqué un expert mais il serait temps d’empêcher de nuire cet ordure total qui fait le jeu des violeurs, pédovioleurs, incestueux depuis plus de 20 ans.

    • En quoi la famille peut elle constituer un lieu d’oppression et de domination qui permet la pratique massive de l’inceste ? Poser cette question, selon l’historienne, c’est ouvrir un champ vertigineux ; faire de la famille un enjeu social et politique considérable. Or la société n’y est pas encore prête. Car il faudrait reconnaître la violence masculine, remettre en cause le patriarcat qui structure notre société et l’idée que la famille est basée sur l’amour et le respect, reconnaître enfin que la sexualité masculine a des aspects inquiétants...

    • Et de rappeler le tollé provoqué par la sénatrice Laurence Rossignol lorsqu’elle avait avancé en 2014 que « les enfants n’appartiennent pas à leurs parents ». En France, toucher à la famille, c’est se préparer à affronter des défenseurs féroces et très bien organisés.

    • #Paul_Bensussan, expert auprès de la Cour de Cassation. Lors du procès d’Outreau, cet expert, aujourd’hui très décrié, invitait à se méfier de la parole de l’enfant.

      Je comprends mal ou l’auteur-autrice lui reproche ça ? C’est clair et net qu’il faut se méfier de la parole des enfants, surtout de gosses aussi violenté.es que ceux d’Outreau. C’est parti en cacahuéte parce que le juge d’instruction a posé, pour ne surtout pas faire comme les belges et dutroux, que les « enfants ne mentent jamais ». Et qu’il a voulu commencer sa carrière en fanfare, avec la mise au jour d’un pseudo réseau de pédonotables international.

      Au passage, sur le sujet, j’ai vraiment trouvé très bon le bouquin d’Aubenas :

      https://seenthis.net/messages/895659

      J’ai l’impression qu’on aborde très mal le problème, disons, du « poids de la preuve », je sais pas comment dire...

  • « Il y a une telle impunité que les artistes se croient au-dessus de tout, comme s’ils faisaient partie d’une société à part : le monde de l’art »

    https://www.streetpress.com/sujet/1612782917-metoo-harcelement-sexuel-beaux-arts-etudiantes-professeur-ag

    Le monde de l’art... Je me grille définitivement tout de suite ou j’essaie de m’y faire une place ? Je ne plaisante pas, c’est une question permanente dans mon esprit.

    Il y a quelques années maintenant chez un ami avocat, j’ai croisé un peintre catégorie « art contemporain ». Quand je lui ai demandé de quel catégorie d’art contemporain il se réclamait, il m’a répondu « de celle qui se vend. »

    Il y un truc que les gens comprennent mal de moi, c’est que je suis une personne qui essaie à chaque instant de ne pas sortir d’une ligne de conduite. J’ai des croyances, des certitudes, sur ce que la société doit être pour qu’on y soit bien. Féminisme, écologie par exemple. Mais pas seulement. J’ai un rapport à l’argent très compliqué. C’est simple, on se déteste lui et moi. Et moi plus que lui je pense car à chaque fois que je m’en éloigne, il revient à la charge. Bref...

    Donc un « artiste » s’était présenté à moi comme le font les représentants de commerce. T’imagines si je n’en avais jamais rencontré d’autres avant lui ? Déjà que d’être un working class hero c’est pas facile, alors si en plus il faut devenir un enfoiré pour en sortir, ça désabuse vite fait.

    Bon, lui c’est pas le pire. Lui il m’a seulement parlé de pognon. Un cran au-dessus il y en a une ribambelle d’autres qui t’expliquent leur technique en long, en large et en travers. C’est une façon comme une autre de combler le vide de leur message. Je les apprécie à leur juste valeur, du peintre sur parquet vernis jusqu’au sculpteur sur chewing-gum mastiqué. Mais bon, déjà ceux-ci ne parlent plus d’argent, c’est appréciable.

    Il y a l’immense marécage de ceux qui peignent des culs, des teuchs et des teubs. « C’est ce qui ce vend le mieux. » m’a dit un jour l’un de ceux qui les exposent. Je comprend bien. Ça vous explique pourquoi on voit des culs partout : c’est vendeur.

    Je vais pas être courtois ; ça participe à l’abrutissement des masses. J’ai mis des siècles à le comprendre mais yo la tengo maintenant. Si t’es seulement cap’ de peindre des culs, ton travail ne m’éduque pas à penser à autre chose qu’à mon propre cul. Et à être malheureux plus tard quand je serai trop frippé.

    Et puis voilà, on a fait presque tout le tour, il reste les autres. Les autres qui sont un peu tout ça mais beaucoup autre chose. Et là, tu peux tranquillement écrire au féminin. Et comme je suis feignant et que j’ai pas envie de donner de leçons essaie de comprendre tout seul le lien entre mon verbiage et la citation du départ

    François Isabel, artiste.

    PS : En France, une étudiante sur 10 est victime d’agression sexuelle

    • Le monde de l’art... Je me grille définitivement tout de suite ou j’essaie de m’y faire une place ? Je ne plaisante pas, c’est une question permanente dans mon esprit.

      Ne t’en fait pas ce n’est pas en critiquant le coté mercantil de l’art que tu va te grillé dans l’art, à mon avis c’est un lieu commun de la profession pour exhibé sa pureté sacrée (l’art est à la croisée du religieux et du mércantilisme) mais en fait l’art dans un monde capitaliste est de l’art capitaliste et c’est pas une activité détachée du matérialisme, c’est une activité qui fait semblant d’en être détaché. Il y a beaucoup de mondes de l’art, ou de milieux artistiques et ils ne sont pas tous aussi spéculatifs les uns que les autres, même si il s’agit tout de même d’un milieu marchand. Il y a une idéalisation de l’art et de la culture comme si c’etait une activité noble et qui élevait l’esprit, mais il ne s’agit peut être au fond que de signes appartenance de classe (art spéculatif, art institutionnel, art brut, art naïf, art et de propagande capitaliste. Dans un monde patriarcale, l’art dominant sera de la propagande patriarcale, d’ou ton impression que le cul fait vendre, mais c’est pas vraiment le cul qui fait vendre, c’est l’humiliation sexuelle des groupes dominés qui l’est. Je te recommande cet entertiens de G. de Lagagnerie que j’ai mis plusieurs fois sur seenthis mais qui m’a beaucoup apporté en prescision sur ces questions
      https://www.youtube.com/watch?v=FH5liBXAMIY

    • Pour le coté faussement détaché de l’argent de l’art, je suis toujours épatée par la question que les gens me posent systématiquement lorsque je dit que je suis artiste.
      Immanquablement on me demande si j’en vie, et là selon les réponses
      A- Oui, on me questionne sur ce que c’est comme art et on poursuit sur le sujet avec intérêt.
      B-Non, la personne n’en a plus rien à fiche et change de sujet, car si tu fait pas d’argent avec ton art alors il n’a aucune valeur et plus la peine de perdre du temps à en discuté.
      Et c’est pas le milieu qui réagit ainsi, c’est la grande majorité de la population. En somme c’est que la grande majorité ne s’interesse qu’à la création artistique « de celle qui se vend. » mais ils te le dirons de manière plus détourné que ton exemple.

    • Merci @mad_meg :)

      C’est vrai que j’ai commencé par l’aspect capitaliste du « monde de l’art » et que je n’ai abordé que le coté mercantile de ceux qui peignent des zizis et des zezettes. Mais j’aurais peut-être du insister sur les peintres en zizis. C’est surtout ceux-là qui m’agacent. Je me retiens d’écrire des noms, ça ne serait pas correct, il ont le droit de manger après tout.
      J’imagine que la vocation leur est venue tôt, sur les bancs de l’école en dessinant des bites à la point du compas sur leur table. Ils ont transformé ce loisir en activité lucrative. Moi, pauvre naze, j’envoyais des poèmes à une fille de ma classe, ça n’a jamais rapporté un centime la poésie.
      Souvent ce sont les mêmes qui te disent qu’ils n’aimaient pas l’école. En fait ils devraient plutôt dire qu’ils n’avaient pas le temps de l’aimer, leur bite les occupait beaucoup trop.
      Ce sont les mêmes que tu retrouves dans tous les milieux/mouvements politico-culturels, les mêmes qui se disent « hors systèmes » ou « esprits libres ». Tu parles... Ce sont juste des obsédés derrière un masque d’artiste militant. Je les déteste vicéralement parce qu’ils prennent la place d’autres bien moins tarés.

      ça fait 4 ans que je fréquente un peu certains auxquels je pense. Je commence à les voir s’empoisonner d’avoir trop mangé le foie de leurs amis. C’est bien. Karma !

    • les dessinateurs de kiki vendent bien ; mais à qui ?

      ça serait intéressant de savoir qui c’est qui aime tant les images de kiki qu’ils/elles les affichent qui dans leur salons et qui dans leur bureaux.

      et encore plus hilarant de savoir ce que ça dit d’eux

    • Ca a l’air interessant @val_k
      je colle ici le texte pour archivage

      Laurent Cauwet
      La domestication
      de l’art
      Politique et mécénat

      Les poètes et les artistes sont comme tout le monde, ils doivent se nourrir et se loger, ils ont besoin d’argent. Mais la marchandisation générale a bouleversé la relation qu’ils avaient nouée avec le pouvoir politique et les mécènes depuis le temps des Médicis. La culture – le ministère de la Culture, mais pas seulement – est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur. « La prolétarisation des savoir-faire de l’art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l’autocensure et le formatage des œuvres commandées. » L’entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe – dès lors, on peut se demander « quelle peut être la place d’un artiste ou d’un poète, rémunéré par ce même État qui rémunère les policiers qui insultent, frappent, emprisonnent et tuent ? »

      Le mécénat privé est l’autre face de l’entreprise culture : Vuitton (LVMH, Bernard Arnault) et son « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne, « cadeau aux Parisiens » ; Benetton et son projet Imago Mundi, collection de petites œuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux ouvrières d’Asie, d’Afrique et d’Europe de l’Est qu’il exploite, ni aux indiens Mapuches de Patagonie qu’il chasse de leurs terres ; la fondation Cartier s’opposant à ce que Frank Smith lise un texte où il est question de Gaza (« On ne peut pas aborder un tel sujet à la fondation »), etc.

      La culture, qu’elle soit une commande publique ou un investissement privé, est devenue une « entreprise » de pacification tout à fait profitable.

      « L’art reste avant tout une industrie qui participe à la pacification sociale. » Zones Subversives, janvier 2018

      « L’écoute du monde par l’art est devenu un bruit où résonnent les discours de politiques économiques et culturelles qui aliènent l’art et perdent le monde. » Diacritik, septembre 2017
      Laurent Cauwet

      Laurent Cauwet est responsable de la cellule éditoriale Al Dante (publication de livres, journaux d’interventions poétiques et/ou politiques, organisations de rencontres, festivals et autres manifestations, ouverture de l’espace culturel autonome Manifesten/ Marseille...) depuis 1994.

    • Je repasse par ici et ton dernier message me pose pas mal de question @fsoulabaille
      Je croi pas qu’il y a eu une époque dans laquelle les artistes étaient des femmes, et je parle de croyances car ca me semble pas possible d’avoir de certitude sur ce point. Je ne croie pas à un matriarcat originel. Je me demande si cette image, fort belle, est vraiment comparable à ce qu’on appelle de l’art en occident dans la période moderne. Définir ce qu’est l’art est en soi une question insoluble. Admettons que ca soit des silhouettes de mains de femmes. Dans ce cas ca pourrait très bien etre les traces faites par des femmes juste après qu’on les aient excisées et j’y verrai pas l’expression d’une age ou les femmes étaient artistes même si les traces de leur souffrances sont très décorative, mystérieuses et émouvantes pour nous aujourd’hui.

    • @mad_meg Sincèrement, j’admire ton pessimisme. J’ai beau me forcer je n’y arrive pas :) J’ai toujours envie de croire à d’autres sociétés moins horribles.
      Sinon, je pense aussi qu’à aucune période les artistes étaient uniquement des femmes. Ces mains par exemple sont un mélange de maines de femmes et d’hommes (à priori car on n’en a aucune certitude). Je pensais faire un peu d’humour sur les artistes non domestiquéEs, c’est tout.

  • Le témoignage glaçant de Flore Benguigui - C à Vous - 11/12/2020
    https://www.youtube.com/watch?v=6ptFzs8Uino

    #Sexisme et #violences_sexuelles dans la #musique. Flore du groupe L’Impératrice brise une omerta dans un long entretien accordé à Tancrède Bonora pour #CàVous​. #male_gaze

    L’Impératrice — Peur des filles
    https://www.youtube.com/watch?v=VUH-z_SBlj0

    Compile ci-dessous faite par https://twitter.com/attica45/status/1339108908875599877

  • L’historienne Fabienne Giuliani : « On a trop décrédibilisé la parole des enfants »
    20 janvier 2021 Par Lénaïg Bredoux

    Spécialiste de l’inceste, Fabienne Giuliani réagit au mouvement de prise de parole des victimes sur les réseaux sociaux consécutif à la publication du livre de Camille Kouchner. Elle rappelle comment, depuis la fin du XIXe siècle, on a peu à peu discrédité la parole des enfants. Et justifié le pire.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/200121/lhistorienne-fabienne-giuliani-trop-decredibilise-la-parole-des-enfants?on

    MeTooInceste : l’appel à témoignages lancé le week-end dernier sur les réseaux sociaux a suscité en quelques jours des milliers de prises de parole publiques. Les récits sont poignants et racontent une réalité trop souvent éludée, et déformée. Ils disent l’inceste ordinaire qui touche des millions de personnes – un à deux enfants par classe, selon l’anthropologue Dorothée Dussy –, et qui reste encore trop souvent impuni.

    L’historienne Fabienne Giuliani, autrice d’une thèse intitulée Les Relations incestueuses dans la France du XIXe siècle, est actuellement post-doctorante au sein du projet ANR DERVI (Dire, entendre, restituer les violences incestueuses). Elle revient pour Mediapart sur le mouvement actuel de prise de parole des victimes d’inceste et l’inscrit dans l’histoire depuis la Révolution française.

    Ces derniers jours, des milliers de personnes ont témoigné de l’inceste qu’elles ont subi, sur les réseaux sociaux. Quel est le sens de ce #MeTooInceste, selon vous ?

    Fabienne Giuliani : Il est évidemment lié au mouvement #MeToo. Mais ce mouvement, même s’il comptait de nombreux témoignages de violences incestueuses, n’avait pas permis d’ouvrir le débat sur cet aspect des violences sexuelles. Par ailleurs, l’ouvrage qui vient de paraître de Camille Kouchner [La Familia grande, Éditions du Seuil – ndlr] concerne des personnes connues. Cela contribue à lui donner de l’ampleur.

    En réalité, les victimes de violences incestueuses parlent depuis très longtemps. Et la libération de la parole a déjà eu lieu, bien avant l’apparition des réseaux sociaux. Depuis 1986 et Le Viol du silence d’Éva Thomas, tous les ans, plusieurs livres sont publiés par des victimes d’inceste.

    Ce n’est pas donc tant le fait que la parole se libère, que le fait que la société soit un peu plus disposée à la recevoir qui se manifeste.

    Pensez-vous que cela peut conduire à une prise de conscience collective de l’ampleur des violences incestueuses ?

    Je ne peux pas présumer de l’avenir, je vais rester prudente. D’abord parce que les solutions proposées pour l’instant ne vont pas dans le sens de la prise en charge sérieuse et réelle de ces violences. Le débat sur l’imprescriptibilité de l’inceste, par exemple, n’est pas du tout central. Le problème, c’est la protection des enfants victimes, la prise en charge et la réception de leur parole, la preuve judiciaire très difficile à établir par les magistrats, l’éducation à la sexualité, etc.

    J’ai aussi entendu Adrien Taquet [secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles – ndlr] expliquer que la commission sur l’inceste récemment mise en place n’avait pas vocation à faire des propositions de loi mais à connaître la parole des victimes. Mais elles ont déjà beaucoup parlé et beaucoup d’études ont déjà été faites ! On redécouvre un peu l’inceste tous les 15 ou 20 ans.

    De quoi parle-t-on quand on parle « d’inceste » aujourd’hui ?

    En France aujourd’hui, on parle de ce que j’appelle des violences incestueuses. Dans l’imaginaire social, elle se résume, dans la majeure partie de l’opinion publique, à des violences commises par des aînés sur des enfants au sein d’une famille.

    C’est une construction plutôt contemporaine aux yeux d’un historien. Avant la Révolution française, le crime d’inceste existait : il s’agissait de toute sexualité engagée au sein d’une même parenté – biologique, par alliance ou spirituelle –, et c’est le couple qui était puni. Par exemple, un beau-frère et une belle-sœur. En revanche, dans le cas d’un père violant sa fille, seul le père était condamné.

    Cette définition disparaît avec la Révolution française, et l’inceste est décriminalisé. En 1810, l’inceste réapparaît, sans son nom, via deux incriminations principales, le viol et l’attentat à la pudeur. Elle devient une circonstance aggravante d’autres violences sexuelles. C’est une spécificité française.

    Concrètement, le Code pénal ne réprime pas l’inceste consentant entre adultes, et avec des mineurs de plus de 15 ans. Le viol et l’agression sexuelle sont en revanche réprimés, avec pour circonstance aggravante d’être commis par un ascendant. Pourquoi la France fait-elle ce choix de définition à l’époque ? Et qu’ont fait les autres pays européens ?

    En 1810, nous sommes sous l’empire napoléonien, peu après le vote du Code civil [en 1804], dont la figure tutélaire s’appelle Jean-Étienne-Marie Portalis. Les législateurs de l’époque font de la famille la cellule souche de la société. Portalis en parle comme du « sanctuaire sacré des mœurs », et le père est désigné comme le premier magistrat de France. Cette famille se doit d’être modèle car elle prépare l’avenir de la société en élevant les enfants, qui vont eux-mêmes devenir des adultes.

    En 1810, le Code pénal ne vise pas la protection de l’enfance, mais de la famille. On punit d’abord des agresseurs qui créent une cellule de famille corrompue. En corrompant le corps des enfants, on corrompait la famille, et donc la société. L’inceste est combattu pour des raisons morales de protection de l’institution familiale.

    Les autres codes pénaux, qui interviennent plus tardivement au XIXe siècle comme en Allemagne ou en Italie, inscrivent quant à eux l’inceste comme un crime, y compris entre adultes, y compris consentants. Et il n’est pas inscrit au chapitre des violences sexuelles mais contre l’honneur et contre l’honneur des familles. Même chose en Suisse.

    Contrairement à la France, ces codes-là ont intégré la théorie de la consanguinité, importée des États-Unis, et qui émerge en 1856. Elle va influencer de nombreux codes pénaux européens qui vont aussi chercher à se prémunir des dangers de la « dégénérescence » causée par les enfants nés de l’inceste. Cela devient un crime considéré comme un danger pour la reproduction de l’espèce humaine.

    Le Royaume-Uni, en revanche, adopte en 1908 une loi de pénalisation de l’inceste, dans le but de la protection de l’individu enfant.

    En France, l’inceste entre adultes, et de mineurs de plus de 15 ans, n’est donc pas condamné. Le mot « inceste » ne figure pas en tant que tel dans le Code pénal. Cette invisibilisation est-elle un indice d’un manque de considération de la gravité des violences incestueuses ?

    On ne peut pas dire qu’à l’époque, ce choix de politique pénale soit lié à une volonté d’occultation. La société du XIXe siècle était duale : elle cherche à punir les pères qui commettent l’inceste. Si je m’en réfère à la pratique des magistrats, les violences incestueuses sont extrêmement réprimées, et de manière assez courante. Toutes les sessions de cour d’assises, tous les ans, ont à traiter d’affaires de viols par ascendants. Et ils sont punis par des peines de travaux forcés à perpétuité. Les accusés sont très rarement acquittés.

    Le choix de ne pas inscrire une définition plus large de l’inceste dans le Code pénal est en réalité un héritage de la Révolution française : l’État ne veut pas trop intervenir dans la sexualité. L’idée est alors que la sexualité incestueuse des adultes peut être immorale d’un point de vue religieux mais qu’elle ne doit pas être sanctionnée par l’État, qui fait preuve d’un certain libéralisme en matière de sexualité.

    Cela change ensuite à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle quand la parole des enfants va être décrédibilisée devant les tribunaux. Jusque dans les années 1980 et la réforme du viol dans le Code pénal, au XXe siècle, on va considérer que les enfants sont en réalité consentants, qu’ils sont vicieux… Résultat, les peines prononcées par les tribunaux sont beaucoup moins fortes : on passe presque en 20 ou 30 ans de peines à perpétuité aux travaux forcés et à des emprisonnements de cinq ans.

    Pourquoi la parole des enfants est-elle brutalement discréditée à partir de la fin du XIXe siècle – époque à laquelle existait aussi un seuil de non-consentement pour les mineurs de moins de 15 ans, supprimé au XXe siècle ?

    Les victimes d’inceste portent rarement des traces sur leur corps. Dans leur cas, les expertises médicales sont largement impuissantes à constater des traces, pourtant souvent attendues dans ces affaires. On étudie encore la défloration de l’enfant jusqu’au début des années 2000, alors qu’on sait que ce n’est pas un signe de viol, ou d’absence de viol… Les preuves sont largement testimoniales.

    faux-te-moignages
    Or à la fin du XIXe siècle, trois thèses de médecine sont publiées. La première s’appelle « Les enfants menteurs », soutenue par Claude-Étienne Bourdin (1883) ; la deuxième, d’Auguste Motet, porte sur les faux témoignages des enfants devant la justice, et une troisième est soutenue en 1897. Toutes vont porter un discrédit grave à la parole de l’enfant : elles expliquent qu’ils sont mythomanes par nature, corrompus par leur mère et qu’ils sont manipulés, et parfois manipulateurs.

    À compter de leur publication, dès le début du XXe siècle, on retrouve les termes de ces médecins dans la bouche des magistrats et des procureurs.

    Nous sommes aussi dans une société masculine. Or le crime d’inceste est majoritairement commis par des hommes. Porter une attaque à la parole de l’enfant, et à celle de la mère, revient aussi à protéger une partie de la population…

    Vous évoquez aussi la théorie du complexe d’Œdipe. Certaines théories psychanalytiques ont-elles contribué à discréditer la parole des enfants ?

    À partir des années 1930, et surtout après 1968, les enfants victimes présumées de violences incestueuses sont soumises à une évaluation psychiatrique. Dans ces expertises, on retrouve souvent la mention de théories psychanalytiques. Dans un dossier de 1988, les psychiatres écrivent par exemple que l’enfant a un désir œdipien pour son père…

    Dans les années 1970, de nombreux intellectuels et militants ont également défendu la liberté sexuelle des adolescents, y compris d’un point de vue progressiste et de lutte contre l’homophobie. Je pense aux écrits de Guy Hocquenghem, René Scherer, ou à la pédophilie revendiquée de Tony Duvert… Ces débats ont-ils eu une influence sur les violences incestueuses ?

    Les discours pédophiliques participent encore de la même construction d’une justification des violences incestueuses. À partir des années 1980, vous trouvez des pères accusés d’inceste qui avouent les faits et les justifient en disant qu’ils voulaient donner une éducation à leurs enfants. Ces pères estiment que le corps de leurs enfants leur appartient et qu’il leur appartient également de les éduquer sexuellement.

    Ces discours s’accompagnent de propos antiféministes selon lesquels les mères couvent trop leurs enfants et les empêchent de s’épanouir dans leur sexualité.

    Par ailleurs, au XIXe siècle, l’inceste puni est décrit comme un crime commis par les pauvres…

    Oui, on a désigné un Autre, pauvre, alcoolique généralement, fainéant, ouvrier, vivant dans la nudité la plus crasse et qui commet l’inceste.

    À partir de 1830, les médecins hygiénistes font des tours de France des habitats ouvriers, de cette nouvelle classe laborieuse qui s’entasse dans des logements exigus des faubourgs des villes. Plusieurs études sont alors publiées affirmant que la promiscuité est une cause de l’inceste, que les ouvriers auraient un seuil de moralité moins important que les élites et qu’ils consomment de l’alcool de manière excessive… On parle alors de « misérables pères » ou de « pères dénaturés ».

    Parallèlement, un médecin, Bénédict Morel, émet la théorie de la dégénérescence, qui aura beaucoup plus de popularité que celle de la consanguinité. Selon cette thèse, ce n’est pas tant l’hérédité biologique qui pose problème, que le milieu social. Celui-ci est accusé de créer des « tarés ». Ce discours sera ensuite diffusé par les médias, quand les premiers faits divers apparaissent dans la presse écrite, à partir de 1875…

    Aujourd’hui, on dit à l’inverse que les violences incestueuses seraient un crime de la gauche caviar ! Comme si on avait toujours besoin de désigner un Autre incestueux. Sous l’Ancien Régime d’ailleurs, on considérait l’inceste comme un crime commis par les « sang-bleu », par l’aristocratie, notamment dans les écrits des Lumières du XVIIIe siècle.

    Or on le sait : c’est Monsieur Tout-le-Monde, c’est un inceste ordinaire, comme le dit Léonore Le Caisne (lire notre entretien).

    Comment expliquer que des décennies plus tard, on en soit encore à sembler découvrir l’ampleur des violences incestueuses, et à déconstruire des stéréotypes sur le milieu social ? Et pourquoi, malgré les évolutions de la loi, et des théories, les violences ne paraissent-elles pas diminuer ?

    D’abord, l’esprit du Code pénal n’a pas vraiment changé depuis 1810. Même depuis la redéfinition du viol en 1980. Les éléments matériels attendus pour prouver les violences incestueuses – la contrainte, la surprise et la violence – n’ont pas changé.

    En 2016, on a ajouté l’adjectif « incestueux » dans le Code pénal, voilà tout. Cela va nous permettre d’avoir des chiffres émanant de la justice. Mais sur le fond, la Cour de cassation émet, depuis sa création en 1804, des jurisprudences qui définissent la proximité familiale.

    Le problème réside surtout dans le fait d’avoir décrédibilisé la parole des enfants. Or elle est cruciale car les preuves matérielles sont très rares. Adrien Taquet a encore expliqué récemment qu’on ne pouvait pas auditionner un enfant de moins de 5 ou 6 ans. Or les enfants commencent à parler à l’âge de 2 ou 3 ans. Et en dehors de la parole, ils savent s’exprimer.

    On ne considère toujours pas l’enfant comme un individu dans notre société. Sans en faire une valeur absolue, il faut s’attacher à recueillir correctement cette parole, comme au Canada par exemple. Il faut aussi donner aux enfants une éducation sexuelle. Dans les dossiers de procédures, les enfants expliquent qu’ils n’ont rien dit car leur père leur disait qu’il avait le droit… Sans campagne de prévention ou d’éducation sexuelle, pour apprendre aux enfants à nommer le sexe, à savoir dire non si quelqu’un veut les toucher, cela me paraît compliqué d’avancer.

    L’inceste est une violence particulière, de par le très jeune âge des victimes, du nombre de violences subies, et la place de l’auteur des violences. Mais est-ce le bon mot ? Faut-il parler de pédocriminalité ? De violences sexuelles en général ?

    Je pense qu’il faut arrêter de mettre toutes les violences sexuelles dans le même sac car cela permet de toutes les occulter. Je parle de violences incestueuses – car l’inceste est aussi une sexualité pratiquée entre adultes. Oui, c’est une violence de genre, et une violence de génération, mais c’est d’abord sans doute une violence affective.

    Car les enfants aiment leurs parents. Ils n’ont aucune protection face à eux. C’est dans le foyer, le jour la nuit, par une personne que vous aimez, et autour de personnes à qui vous craignez de vous confier pour ne pas détruire la famille… Certaines victimes ne veulent pas porter plainte. Elles veulent que cela s’arrête, mais les rétractations sont fréquentes dans les procédures pénales : elles disent qu’elles ne veulent pas faire du mal, envoyer leur père en prison… Voilà pourquoi je crois qu’il faut parler de violences incestueuses.

    #inceste #violences_sexuelles #violences_incestueuses #histoire

    • En 1810, nous sommes sous l’empire napoléonien, peu après le vote du Code civil [en 1804] (...). Les législateurs de l’époque font de la famille la cellule souche de la société. Portalis en parle comme du « sanctuaire sacré des mœurs », et le père est désigné comme le premier magistrat de France. Cette famille se doit d’être modèle car elle prépare l’avenir de la société en élevant les enfants, qui vont eux-mêmes devenir des adultes.

      En 1810, le Code pénal ne vise pas la protection de l’#enfance, mais de la famille. On punit d’abord des agresseurs qui créent une cellule de famille corrompue. En corrompant le corps des enfants, on corrompait la famille, et donc la société. L’inceste est combattu pour des raisons morales de protection de l’institution familiale.

      (...) les solutions proposées pour l’instant ne vont pas dans le sens de la prise en charge sérieuse et réelle de ces violences. Le débat sur l’#imprescriptibilité_de_l’inceste, par exemple, n’est pas du tout central [la prescription a actuellement lieu aux 48 ans de l’agressé.e/violé.e, ndc] . Le problème, c’est la protection des enfants victimes, la prise en charge et la réception de leur parole, la preuve judiciaire très difficile à établir par les magistrats, l’éducation à la sexualité, etc.

      L’écriture du crime : l’inceste dans les archives judiciaires françaises (1791-1898), Fabienne Giuliani, 2009

      Juger l’inceste ; La société face au crime ; L’archive imparfaite

      https://journals.openedition.org/acrh/1582#text

      #famille #père #patriarcat

  • De l’utilisation du mot « inceste », Renata Mattos Avril, psychanalyste
    https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/01/20/paroles-de-lecteurs-de-l-utilisation-du-mot-inceste_6066975_5334984.html

    Des viols et agressions sexuelles, répétées pendant parfois des années, commises par des adultes qui, a priori, devraient protéger ces enfants. Surtout des pères, grands-pères, oncles et, plus rarement, des mères. Des adultes dans une position d’autorité par rapport à l’enfant et souvent admirés ou craints par les autres membres de la famille et de son entourage. À la violence sexuelle et physique, s’ajoute la violence psychique. Les menaces y sont présentes d’une façon explicite ou cachée : parler sera ainsi très souvent lié à la honte, à la culpabilité, à la destruction de la famille, voire clairement à la mort d’un proche ou de l’enfant lui-même.

    Nous sommes loin, très loin, infiniment loin, d’une situation où il y a consentement, où il y a une « relation » ou une « union » entre deux personnes par leur libre choix. Ces mots avec des guillemets sont fréquemment trouvés dans des dictionnaires pour décrire l’inceste. En plus, les définitions d’inceste dans plusieurs dictionnaires renommés de langue française ou portugaise indiquent que cette « relation sexuelle » a lieu entre « un homme et une femme », c’est-à-dire, entre deux adultes. Même dans le mythe sur lequel Sigmund Freud a basé la formulation du fameux concept de complexe d’Œdipe, qui garantit dans le psychisme et dans la société l’interdit de l’inceste, il s’agit d’une histoire d’adultes.

    Alors, pourquoi une société choisit-elle de nommer « inceste » le crime de viol et d’agression sexuelle commis par un adulte contre un enfant de sa propre famille ? Un crime qui est, aussi, de pédophilie. Certes, « inceste » est beaucoup plus court à dire que « agression
    sexuelle commise par un adulte envers un enfant de sa famille ». Par contre, quand nous le disons d’une telle manière, il n’y a pas d’ambiguïté possible concernant la question du consentement. Nous disons avec tous les mots qui a commis le crime, qui est son responsable et qui l’a subi.

    Dans ma pratique, j’ai souvent accueilli – malheureusement beaucoup trop souvent – des enfants et des enfants devenus adultes qui avaient été violés par des adultes de leur famille. Je reviens à l’importance, le poids, des mots choisis. Seulement une fois, j’ai entendu une de ces personnes utiliser le mot « inceste ». Dans son discours, il y avait initialement l’idée d’être en couple avec son parent et que cela devait être vécu en secret. Très rapidement, au cours des séances, cette personne a pu réaliser que ce discours répétait ce qu’elle avait entendu sans cesse, dans son enfance, de la part de son agresseur. Il y a eu alors, comme effet, un changement discursif : ce n’était pas un amour incestueux, c’était de l’abus sexuel.

    Toutes les autres personnes que j’ai écoutées et qui avaient un vécu similaire parlaient plutôt de comment cet acte criminel touchait directement leurs existences, leur être, le « je » qui les habite. Leur discours révélait comment le fait d’avoir été « violé », « abusé », « touché » ou « forcé à » faire des choses qui leur faisaient mal physiquement et moralement (des choses que personne d’autre ne pouvait savoir) les a mortifiés dans le silence et dans une souffrance très couramment à la limite de l’insupportable.

    Quand un enfant ou un enfant devenu adulte arrive à casser le silence de ce secret mortifère pour mettre en parole publiquement ce vécu innommable, c’est, au minimum, un manque de respect de le nommer avec un mot qui peut se prêter à une ambiguïté quelconque autour du consentement ou de sa position subjective à ce moment-là. Dans la plupart des cas, un enfant n’est pas en mesure de se protéger de la violence de celui qui, en principe, devrait le protéger. Et une fois le silence cassé, la société doit le protéger non seulement de l’agresseur mais aussi des possibles jugements qui peuvent s’abattre sur lui.

    • La psychanalyse est vraiment arriérées sur les violences sexuelles. Pas de remise en cause de la doctrine de Freud qui culpabilise les victimes, pas de connaissance de la culture du viol, aucune notion de victimologie... Une demande de changement de vocabulaire par prétendu respect pour les victimes mais en utilisant des mots inappropriés tel « abus sexuel » ou « pédophilie » qui révèlent l’ignorance de cette psychanalyste.

    • "La" psychanalyse est vraiment arriérée sur le socius et sur l’histoire, entre autre par son familialisme qui l’empêche de voir l’institution de la famille comme historique, entre autre en matière de sensibilité, domaine qui relève également on le sait désormais de l’historicité.

      Donc ça vaut effectivement le coup de suivre d’une par les prises de parole des premier.es concernée.es et d’autre part l’historienne Fabienne Giuliani ( Les liaisons interdites, histoire de l’inceste au XIXe siècle , pub. de la Sorbonne, 2014) qui parle elle de #violences_incestueuses (ni l’#inceste ni la #pédophilie en général), plutôt que la dame de cet espace du dire publiée ci-dessus et qui ne trouve pas ses mots, bien que je crois pas inutile d’indexer divers discours qui circulent (ici, une psychanalyse bousculée sur le terrain des "secrets de famille").

      « On a trop décrédibilisé la parole des enfants », dans l’après Famila grande, 2021
      https://seenthis.net/messages/897676

      Idem, il y a peu sur France culture
      https://seenthis.net/messages/894915#message895062

      L’écriture du crime : l’inceste dans les archives judiciaires françaises (1791-1898), Fabienne Giuliani, 2009
      Juger l’inceste ; La société face au crime ; L’archive imparfaite
      https://journals.openedition.org/acrh/1582#text

      #famille #patriarcat #histoire #Justice (au confluent de la morale et des cas, des exemples)

  • (néo-)municipalisme et humanisme

    Message aux seenthisien·nes...

    Je vais animer un atelier avec des étudiant·es de master en urbanisme autour du #municipalisme et de l’#humanisme...

    Un thème qui est relativement nouveau pour moi...

    Je suis donc preneuse de vos suggestions, surtout bibliographiques sur ce thème...

    J’ai déjà quelques éléments, mais je suis sure que votre bibliothèque est plus riche que la mienne :-)

    #néo-municipalisme #ressources_pédagogiques #municipalisme

    • Tout dépend quelle tradition du municipalisme : liberal, libertaire, socialiste, communalisme ou inter-municipalisme ? cf https://m.uneseuleplanete.org/Qu-est-ce-que-le-municipalisme. D’un point de vue historique "Municipalités de tous pays, unissez vous ! L’Union Internationale des Villes ou l’Internationale municipale(1913-1940),
      Renaud Payre, Pierre-Yves Saunier : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00002762/document

    • Ok ! Je me suis permis de le préciser car comme le municipalisme a eu tendance à devenir un nouveau buzzword, on oublie parfois que ces stratégies politiques ont eu longues histoires qui ne se résume pas à la pensée de Murray Bookchin (même si sa pensée continue de beaucoup nous inspirer) !

    • @monolecte ça sera sous forme d’atelier, et pas de cours... mais il devrait y avoir un temps fort de présentation/discussion organisé par les étudiant·es lors de la Biennale des villes en transition (premier weekend d’avril, à Grenoble et distanciel) :-)

    • Du coup, en train de lire...

      Guide du municipalisme. Pour une ville citoyenne, apaisée, ouverte

      De plus en plus, nos villes sont devenues le lieu où sévissent la spéculation, les exclusions de toutes sortes et la ségrégation sociale. Pourtant, de l’Espagne aux États-Unis et à l’Afrique du Sud, en passant par le Chili, le Rojava syrien, la Serbie, la Pologne ou la France, des groupes renversent cette logique et inventent une nouvelle manière de vivre ensemble. Ce mouvement de démocratie radicale, qui s’ancre au niveau local mais se connecte au monde, place les citoyens au centre des décisions publiques et de la sauvegarde de l’intérêt général. Il réintroduit la démocratie directe en s’appuyant sur des valeurs sociales, féministes, écologiques et solidaires pour ouvrir le champ politique et en faire un espace d’émancipation et de transformation.

      Le municipalisme s’impose comme une alternative politique aux traditionnelles formes d’organisation et de pouvoir fondées sur la verticalité, la centralisation et le patriarcat. Ce guide est le fruit de la collaboration de plus de 140 maires, conseillers municipaux et militants du monde entier, tous investis dans le mouvement municipaliste mondial.

      Coordonné par la Commission internationale de Barcelona En Comú, il présente :

      – les bases théoriques du municipalisme et le rôle qu’il peut jouer, notamment dans la féminisation de la politique et la lutte contre l’extrême droite  ;

      – les outils pour préparer une candidature municipaliste, développer un programme participatif, rédiger un code éthique ou financer une campagne politique  ;

      – des exemples de politiques de transformation mises en œuvre dans des municipalités du monde entier en matière de logement, d’espace public ou de démocratie participative  ;

      – un répertoire des 50 principales plateformes municipales dans le monde.

      https://www.eclm.fr/livre/guide-du-municipalisme

    • POLICY ROUNDTABLE 17 RADICAL DEMOCRACY IN THE CITY COUNCIL

      Debate on the challenges, limits and opportunities of participatory procedures to develop real democracy at the local level.

      Speakers

      Elvira Vallés, Zaragoza City Council
      Bernardo Gutiérrez, MediaLab Prado, Madrid
      Gala Pin, Councilor for Participation and Districts, Barcelona City Council
      Brad Lander, Deputy Leader for Policy, New York City Council
      Áurea Carolina de Freitas, Councilor, Belo Horizonte City Council

      http://2017.fearlesscities.com/radical-democracy-in-the-city-council

      https://www.youtube.com/watch?v=xm7xOTsKpK8&feature=youtu.be

      #démocratie_radicale

    • Un #MOOC sur le municipalisme
      https://nos-communes.fr/actualites/mooc-sur-le-municipalisme

      Quelques captures d’écran :

      #Jonathan_Durand_Folco :

      « Dans [le] contexte [actuel] de crises et de revendications, c’est comme si il y avait une intuition qui est le fait que pour reconstruire la démocratie, on devait commencer à se réapproprier l’#espace_public comme tel et par la suite non seulement occuper des #places mais aussi à occuper les institutions. On pourrait dire que le relai organique de ces mouvements par la suite sera d’aller voir au plus près des conseils municipaux pour essayer de transformer les institutions de l’intérieur. Pour essayer de non seulement gouverner autrement, mais de pouvoir s’auto-gouverner et avec un certain relai revendications pour essayer de changer les choses par la suite »

      #Corinne_Morel_Darleux sur les limites du niveau local :

      « La #proximité dans un village ou dans une petite ville notamment est aussi source de #conflits, de #promiscuité, elle est aussi source de blocages politiques. Il faut les prendre en compte et ne pas sacraliser le local »

      #Magali_Fricaudet : Municipalisme et droit à la ville

      Les 4 caractéristiques du municipalisme :
      – la #radicalité_démocratique —> « comment est-ce qu’on gouverne en obéissant », comment est-ce qu’on applique la #démocratie_directe des #assemblées, mais aussi des mécanismes de contrôle de l’exercice du pouvoir, soutenir l’#expertise_citoyenne, travailler sur un #code_éthique des élus pour contrôler leur mandat
      – la #féminisation de la politique —> féminiser la politique c’est aussi changer l’approche de la politique et remettre en cause, par la pratique, le #patriarcat et ses valeurs (#compétitivité, exercice d’un #pouvoir basé sur le culture du chef et l’#autorité), c’est faire de la politique en écoutant
      – la #transition_écologique (#relocalisation_de_l'économie, les #remunicipalisations), comment changer le #paradigme_économique à partir du #local, contribution à la relocalisation, encourager l’#agriculture_urbaine et la gestion des #biens_communs
      – les #droits et les droits dans leur #universalité —> c’est la question des #migrants, quand on parle de #droits_universels on parle de #droits_pour_tous. Référence au #document_local_d'identité qui donne droit à toustes aux #droits_essentiels, aux équipements publics
      #universalité_des_droits —> « on gouverne pour les gens et par les droits ». Il s’agit de partir des droits et pas de la « machine qui prend en charge les gens »

    • "Collectivités locales, reprendre la main, c’est possible !"

      Le nouveau rapport de l’AITEC « Collectivités locales, reprendre la main, c’est possible ! Politiques publiques de #transition démocratique et écologique : #résistances et #alternatives locales à la libéralisation » se fonde sur une enquête approfondie menée en 2017 auprès d’élu-e-s, d’agents territoriaux, et d’acteur-trice-s du monde associatif. Il met en avant des politiques publiques locales alternatives, plus démocratiques, plus justes et plus durables, à rebours de la libéralisation des marchés, du tout-privé et d’une économie hors-sol.

      L’aspiration modeste est de dresser un paysage non exhaustif des contraintes réglementaires que rencontrent les collectivités locales progressistes pour porter des politiques publiques locales de transition démocratique et écologique. Ce rapport propose des pistes pour saisir les opportunités permettant de créer un “écosystème” d’alternatives afin de renouveler ou inventer des formes de gouvernance locale plus démocratiques, justes et durables.

      Les politiques néolibérales d’austérité et de libéralisation des échanges commerciaux et financiers ont poussé dans le sens d’une transposition des règles du marché dans la sphère publique. Elles placent les grandes entreprises, souvent transnationales et fortes de moyens techniques et financiers importants, en partenaires idéaux des pouvoirs publics. Ces politiques participent de l’assèchement des systèmes de solidarités publics et de l’asphyxie de l’économie de proximité : remise en cause de l’universalité des services publics, difficultés de relocalisation de l’économie, gestion comptable déshumanisée des politiques publiques, etc. Elles étouffent les possibilités de développer les politiques nécessaires pour répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face localement et globalement.

      Pour autant, ces contraintes n’éliment pas la motivation de certaines collectivités à faire émerger tout un panel de solutions pour contre-carrer les ambitions de lucrativité et d’accaparement portées par les tenants de la doxa néolibérale. Trois entrées d’alternatives ont pu être identifiées :

      1. Premièrement, il s’agit de (re)démocratiser des services publics : remunicipaliser les services publics, investir dans des sociétés coopératives d’intérêt général (SCIC), ne pas s’enfermer dans des contrats de partenariats publics-privés etc. Cela permet de pouvoir garder la main publique sur les services et donc le contrôle des dépenses et des orientations, d’inclure les citoyen-ne-s dans les processus de contrôle et de décision, et d’orienter les (ré)investissements pour l’amélioration et l’accessibilité du service ;

      2. Deuxièmement, il s’agit d’aller vers une commande publique responsable : privilégier les achats publics locaux en prenant en compte les notions de cycle de vie ou de circuit-court, bien connaître l’offre territoriale pour adapter la demande publique aux capacités des TPE/PME et entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS), etc. Cela permet de prendre en compte l’impact social et environnemental de l’achat public tout en relocalisant l’économie et en soutenant les acteurs socio-économiques locaux ;

      3. Troisièmement, il s’agit de travailler avec et pour le tissu socio-économique du territoire : structurer l’offre des acteur-trice-s économiques locaux (familiaux, artisanaux, agricoles ou éthiques), faciliter l’accès au foncier et aux équipements publics pour les acteur-trice-s de l’ESS, soutenir des initiatives de coopératives citoyennes (d’habitant-e-s, d’énergies renouvelables, etc.), etc. Cela renforce l’offre locale face aux grands groupes, tout en allant vers une (re)démocratisation des rapports socio-économiques locaux.

      https://aitec.reseau-ipam.org/spip.php?article1663

      #rapport #AITEC

    • Le « municipalisme libertaire » de Bookchin : un chemin vers la reconquête démocratique ?

      Débat entre #Pinar_Selek, sociologue et militante féministe, et #Aurélien_Bernier, essayiste et défenseur de la démondialisation. Tous deux discutent des thèses de Murray Bookchin concernant le « #communalisme », et des expériences qu’elle nourrissent.

      Citation de Bookchin pour commencer le débat :

      https://www.youtube.com/watch?v=ejksnPBJVtU

    • Agir ici et maintenant. Penser l’#écologie_sociale de Murray Bookchin

      L’effondrement qui vient n’est pas seulement celui des humains et de leur milieu, mais bien celui du capitalisme par nature prédateur et sans limites. Historiquement désencastré du social et nourri par l’exploitation et la marchandisation des personnes, il étend désormais son emprise sur toute la planète et sur tous les domaines du vivant. C’est en se désengageant d’un constat fataliste et culpabilisant que nous retrouverons une puissance d’agir ici et maintenant. Quoi de mieux, pour cela, que de relire Murray Bookchin et d’appréhender toutes les expérimentations et pratiques qui se développent après lui, aujourd’hui, autour de nous ?

      Floréal M. Romero dresse ici le portrait du fondateur de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Il retrace son histoire, son cheminement critique et politique. De l’Espagne au Rojava, en passant par le Chiapas, l’auteur propose, à partir d’exemples concrets, des manières d’élaborer la convergence des luttes et des alternatives pour faire germer un nouvel imaginaire comme puissance anonyme et collective.

      Essai autant que manifeste, ce livre est une analyse personnelle et singulière de la pensée de Bookchin qui trouve une résonance bien au-delà de l’expérience de l’auteur. Il apporte des conseils pratiques pour sortir du capitalisme et ne pas se résigner face à l’effondrement qui vient.

      https://www.editionsducommun.org/products/agir-ici-et-maintenant-floreal-m-romero

    • L’illusion localiste. L’arnaque de la décentralisation dans un monde globalisé

      Rapprocher le pouvoir du citoyen , instaurer la « démocratie participative, soutenir le développement territorial et l’économie « de proximité…

      A l’approche des élections municipales, on assiste à une surenchère des mots d’ordre localistes et décentralisateurs. On les retrouve dans tous les discours politiques, de la gauche à l’extrème-droite en passant par la droite et les socio-démocrates.

      La participation des habitants et les promesses de changement « par en bas » sont dans tous les programmes. Les démarches et les listes « citoyennes », plus ou moins instrumentalisées par les partis traditionnels, se multiplient. Même le président de la République s’affiche localiste : en réponse à la crise de « Gilets jaunes », il promet une nouvelle phase de décentralisation pour la deuxième moitié de son mandat. A en croire nos élites, c’est donc par l’action municipale ou régionale que les problèmes économiques, sociaux, environnementaux ou démocratiques pourraient être résolus...

      Ce livre s’attache à déconstruire ce mensonge. Car la mondialisation, elle, ne rapproche pas le pouvoir du citoyen, mais l’éloigne considérablement. Les décisions économiques sont concentrées aux mains des grandes firmes et de leurs actionnaires, et s’imposent aux peuples par delà les principes démocratiques. Les droits sociaux sont en régression permanente à cause de la concurrence internationale. Et la classe politique n’en finit plus de se discréditer en obéissant aux injonctions des marchés.

      La « mondialisation heureuse » ayant fait long feu, c’est le « localisme heureux » qu’à présent on cherche à nous vendre. Le terroir et les circuits courts pour compenser les ravages de la mondialisation. Le régionalisme pour masquer le désengagement de l’État, la destruction ou la privatisation des services publics.

      Cette « illusion localiste » doit être dénoncée. Non pas que l’action de proximité soit négligeable, car s’engager dans la vie locale est tout à fait nécessaire. Mais pour sortir du piège de la mondialisation, cela ne suffit pas. Plutôt que d’opposer l’action locale et celle de l’État, mieux vaudrait les articuler.

      http://www.editions-utopia.org/2019/11/04/lillusion-localiste

    • Un séminaire en ligne (et en italien) avec #Iolanda_Bianchi, qui a écrit une thèse de doctorat sur Barcelone:

      Città, beni comuni, partecipazione: Esiste il modello Barcellona? Seminario online di formazione con Iolanda Bianchi

      PRESENTAZIONE
      Barcellona è stata al centro delle mobilitazioni popolari contro le politiche di austerità che si svilupparono in Spagna a partire dal 2011 (il cosiddetto movimento degli indignados - M-15). Nel 2015 fu eletta al governo della città una coalizione civica «Barcelona en comú» guidata da Ada Colau, un’attivista per il diritto all’abitare. Da allora il governo locale si è impegnato a mettere in campo politiche volte a correggere le distorsioni dello sviluppo urbano di segno neoliberale, sui temi della regolamentazione degli alloggi turistici (a partire dal piano PEUAT del 2017), della vivibilità dello spazio pubblico (la pedonalizzazione di isolati urbani, i cosiddetti «superblocchi» o «supermanzanas»), della gestione dei beni comuni. Queste iniziative sono state segnate da successi come da fallimenti. Alla luce di questa esperienza, in questo seminario discutiamo del cosiddetto «modello Barcellona» di neo-municipalismo, in connessione con le esperienze italiane di campagne per il diritto alla città e all’abitare in cui noi in prima persona siamo stati coinvolti in questi anni.

      IOLANDA BIANCHI è una studiosa di processi politici in una dimensione urbana. Ha conseguito il dottorato di ricerca in urbanistica e politiche pubbliche presso l’Università Autonoma di Barcellona e l’Istituto Universitario di Architettura di Venezia. La sua ricerca si focalizza sulle forme alternative di soddisfacimento dei bisogni e dei diritti primari alla scala urbana, osservate dal punto di vista delle collaborazioni tra società civile e istituzioni pubbliche. Attualmente è ricercatrice post-dottorato «Juan de la Cierva» presso l’IGOP, l’Istituto di Governo e Politica Pubblica dell’Università Autonoma di Barcellona. E’ autrice di numerosi articoli scientifici in riviste internazionali e italiane.

      https://www.facebook.com/events/409241853637821

    • Hello,

      La Fondation Roi Baudouin a initié pas mal de travaux, réflexions, projets visant à développer au niveau communal des analyses et/ou des projets qu’on pourrait qualifier « d’inspiré.e.s par un certain humanisme ». Je discerne un lien avec les études en urbanisme et je trouve (un peu « vite fait »...) par exemple 2 documents qui me semble potentiellement inscrits dans la liaison entre les thématiques Commune/Humanisme/Urbanisme (mais les « ismes », dont le municipal, sont sous-jacents, non spécifiquement étudiés). Cela pourrait être utile par exemple comme fond documentaire pour un tel atelier ? ;-)

      – La pauvreté des enfants au niveau local : cartographie communale
      https://www.kbs-frb.be/fr/cartographie_pauvreteinfantile
      – Communes Alzheimer Admis – Un guide pour vous inspirer
      https://www.kbs-frb.be/fr/Virtual-Library/2011/295136

  • Retour à la base
    Thèses et observations sur les objectifs de la lutte en France

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Retour-a-la-base-Theses-et-observations-sur-les-objectifs-de-la-lutt

    1. L’autodéfense de la femme est au cœur de l’émancipation individuelle et sociale.

    Débarrassée du féminisme étatique et autoritaire, la volonté d’éradiquer le comportement patriarcal est le plus sûr moyen d’en finir avec la peur et le mépris et de la nature et de la vie.

    2. Contre les résurgences du patriarcat.

    Religieux ou laïque, de gauche ou de droite, le comportement patriarcal est le pilier de la société hiérarchisée. Il faut, pour l’abattre, abolir le règne des chefs, sans distinction de sexe.

    3. Contre l’écologie idéologique.

    Le viol et la violence sont inhérents à une économie fondée sur l’exploitation de la nature. C’est de son pillage, inaugurant le règne de la marchandise, que date l’infortune de la femme. L’écologie restera une idéologie de marché tant que le combat de la femme pour son autonomie n’impliquera pas une nouvelle alliance avec l’univers de la vie. (...)

    #Raoul_Vaneigem #base #thèses #lutte #France #émancipation #patriarcat #écologie #puritanisme #réification #sacrifice #autodéfense #démocratie_directe #microsociétés

  • Eric Debarbieux : L’oppression viriliste et la violence scolaire
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/06/01062018Article636634382892805737.aspx

    Cherchant à constituer une bibliographie sur la sanction scolaire et le genre, je tombe sur plusieurs articles de presse avec de la titraille sur le thème « les garçons aussi sont victimes de violences sexistes ».

    En fait, la réalité est plus têtue que les inter-titres qui la déforme... le patriarcat en herbe opprime les filles... et les garçons qui refuse la norme viriliste.

    Mais avec ce rapport et cette enquête, Eric Debarbieux part aux sources de la violence scolaire qu’il situe dans l’idéologie machiste. Les violences sont sexistes et relèvent d ece qu’il appelle « l’oppression viriliste ». C’est une certaine représentation de la normalité qui est à l’oeuvre dans les écoles et qui fait des garçons des oppresseurs des filles mais aussi d’autres garçons jugés décalés par rapport à la norme. Ce qu’on reproche aux bons élèves c’est qu’ils se comportent scolairement comme les filles.

    #éducation #sexisme #patriarcat

    • Oui, et cela va (allait) plus loin. À l’école, parmi les pairs, la violence machiste qui fait payer l’écart à la norme viriliste s’exerce y compris sur les garçons pas spécialement en butte à l’homophobie, ou pas spécialement appliqués comme élèves, et dont certains peuvent incarner pour partie ce qui est décrit dans l’article comme une posture d’homme, celle de « l’emmerdeur de service ». Même si à lire ce résumé, je me dis qu’avoir occupé au collège un rôle d’emmerdeur de service, surtout par la prise de parole (une déviance, mais encore trop « scolaire » ?), a sans doute pu - tout compte fait - limiter les dégâts.

      Ajout. Il ne suffit pas d’incarner peu ou prou le stéréotype masculin de la « grande gueule » en devenir. Aimer lire, la compagnie des filles avec lesquelles il n’y a pas cette compétition des petits mecs, parler (ça c’est déjà un manquement) de son ressenti, s’habiller minoritaire, tout est bon pour susciter des rappels à la conformation, être mis à l’amende.

      J’ai vu avec une petite fille dont je me suis occupé que dès la maternelle l’imposition de ces rôles peut être violente : la fille populaire que A. voulait fréquenter, dont elle cherchait la reconnaissance, lui disait « tu es moche, tu portes jamais de robe » et montrait chaque seconde qu’il faut « aimer les princesses » plutôt que de courir ou grimper aux arbres. C’était des injonctions et une disqualification quotidiennes. Fallait ensuite bricoler pour contribuer à détraumatiser. Elle a continuer à faire l’acrobate, le « garçon manqué ». En aimant (un peu, pour partager avec les copines) les princesses.

      #école #masculinité #machisme

  • Polish academics protest ‘fundamentalist’ education minister

    Activists dressed as security guards climbed onto a balcony of a Polish Education Ministry building early Wednesday and hung a banner protesting the appointment of a new minister whom they consider to be a religious fundamentalist and a danger to the nation’s youth and universities.

    Many university academics in Poland are protesting the conservative government’s appointment of #Przemyslaw_Czarnek, who has said that LGBT people aren’t equal to “normal people,” women were created to produce children and who has voiced support for corporal punishment.

    The banner that two activists hung said “Boycott #Czarnek. Homophobe. Xenophobe. Fundamentalist.” Security guards removed it quickly, before the minister arrived at work, and a large contingent of police officers showed up to question the two activists.

    Wearing orange security vests and hardhats, they used a long ladder to climb up to a balcony and hang the banner.

    Rafal Suszek, an assistant professor of physics at Warsaw University who was one of the two, told a police officer who questioned him afterwards that he believed a man with Czarnek’s “backward views” shouldn’t be allowed to have such a position of authority.

    Wearing a mask, Suszek added that Czarnek represents a “virus of hate” more dangerous than the coronavirus.

    Suszek later told The Associated Press that he and his fellow activist were charged with the illegal hanging of banners and not adhering to social distancing rules.

    Suszek is one of 2,700 professors and other academics to sign a petition vowing to #boycott Czarnek, a member of the ruling conservative party, Law and Justice, who was sworn in this week by President Andrzej Duda.

    In his role, Czarnek will oversee the nation’s system of schools and universities. He was named in a recent government reshuffle, but was sworn in two weeks after the other ministers as he recovered from COVID-19.

    Duda said that appointing Czarnek would help restore some ideological balance to academia, which he said has been dominated by left-wing views.

    “In recent years, people trying to achieve higher ranks in scientific development ... have been brutally attacked for not having a worldview that is politically correct, that is, liberal-leftist,” Duda said. He said university life would be made richer by having people with opposing views confront each other.

    The protesting academics, however, view Czarnek, who has also taken part in demonstrations organized by a far-right organization, the National Radical Camp, as an extremist and religious fundamentalist who risks damaging Poland’s educational system. They fear his hostility towards gays and lesbians means he won’t act to protect young sexual minorities, who sometimes suffer from depression and bullying, and that he could seek to suppress academic research into areas like gender studies.

    “Before our eyes a symbolic rape of Polish education and science is taking place,” says the petition.

    The academics’ petition calls on members of the academic community to boycott events that Czarnek takes part in and to refuse to participate in the work of any collegial bodies that could subvert humanistic values. However, they say they won’t take any steps that would hurt their institutions, such as not teaching their students.

    During this year’s summer presidential campaign that culminated in Duda’s reelection to a second term, Czarnek, who worked on that campaign, drew controversy for language against LGBT people.

    He said at the time: “Let’s protect ourselves against LGBT ideology and stop listening to idiocy about some human rights or some equality. These people are not equal to normal people.”

    After those words, broadcast on TV, caused a huge uproar, he insisted they were taken out of context and he later clarified his view, saying: “LGBT people are people, and LGBT ideology is ideology.”

    A professor of law at the Catholic University of Lublin, Czarnek had also called LGBT “deviants” and faced disciplinary proceedings at his university for his statements.

    The 43-year-old father of two has argued that parents — under certain conditions — have the constitutional right to inflict corporal punishment on their children.

    He has suggested that women’s key role is to have children and that they should start early.

    In a lecture last year during a scholarly conference, he argued that modern society’s message that women can first pursue a career “and then maybe a child … leads to dire consequences.”

    “The first child is not born at the age of 20-25, but at the age of 30. When the first child is born at the age of 30, how many of these children can be born? These are the consequences of explaining to a woman that she does not have to do what God has called her to do,” said Czarnek, whose own wife has a Ph.D. in biology and also teaches at his university.

    https://apnews.com/article/andrzej-duda-poland-07763f38fc44826de54104eb1b4169c3

    #éducation #ESR #Pologne #anti-LGBT #homophobie #université #xénophobie #liberté_académique #libertés_académiques #résistance #National_Radical_Camp #fondamentalisme_religieux #femmes #maternité #patriarcat #conservatisme

  • Le problème avec les vieux mâles blancs du vin – No wine is innocent
    https://www.nowineisinnocent.com/2020/12/02/le-probleme-avec-les-vieux-males-blancs-du-vin

    Avertissement préalable : tous les vieux mâles blancs du #vin ne posent pas de problème (je ne suis d’ailleurs pas loin, à 46 ans, d’en être un moi-même), mais tout le problème semble venir de vieux mâles blancs du vin. Surtout, derrière ce titre délibérément provocateur, il y a une réalité qui, si elle est évidemment loin d’être propre au seul milieu du vin, s’y manifeste violemment.

    Ainsi, en France, une caste constituée d’#hommes, tous #blancs, tous âgés de 50 à 70 ans environ, tous pros et critiques de vin, tous affublés d’un bon vieux sentiment de supériorité, fait régner dans le monde du vin ce qu’il faut bien appeler, excuse my french, une ambiance de merde. Quand ils ne se livrent pas tout simplement au dénigrement, aux insultes, au #harcèlement et aux #menaces, notamment à l’égard des #femmes.

  • « Il est complètement largué, en fait » : ces couples qui se découvrent professionnellement en télétravail - Madame Figaro
    https://madame.lefigaro.fr/business/il-est-completement-largue-en-fait-ces-couples-qui-se-decouvrent-ave

    « Il me critiquait beaucoup quand je finissais tard, acceptais des réunions à 18 heures ou répondais aux mails sur mon téléphone. Il m’expliquait comment gérer mes relations professionnelles, poser des limites, mettre mon travail en valeur dans l’entreprise… », énumère Candice. Des préceptes qui volent en éclat aujourd’hui, sous les yeux de la jeune femme. Complètement perdu la plupart du temps, Antoine doit mettre les bouchées doubles sitôt qu’il a compris ce qu’on attendait de lui. « Par moments, il n’ose même plus bouger de sa chaise, ne serait-ce que pour m’aider à monter les courses, m’envoie paître si j’ai le malheur de lui parler pendant qu’il travaille, répond à ses mails même après 20 heures…, s’amuse Candice. Honnêtement, il est assez ch***t. »

    Fiona aussi a découvert que Jean*, son conjoint depuis cinq ans, était hyper organisé, « procédurier, même », insiste cette chargée de communication de 26 ans. Réveil à heure fixe, douche quasi chronométrée, longues plages de travail sans lever le nez de son écran, to-do lists ultra détaillées… « En privé, il saute un petit-déjeuner sur deux, ne supporte pas les routines et veut toujours qu’on bouscule nos habitudes. Et il n’est pas du tout précautionneux, il fait tout trop vite ! » Du genre à secouer vaguement la couette pour faire le lit ou à oublier de réserver une chambre dans le seul hôtel du village quand le couple part en vacances en rase campagne. Très monotâche en privé - « il est incapable de couper un oignon et de répondre à une question en même temps » -, le jeune homme enchaîne les coups de fil professionnels, jongle entre les dossiers, règle les urgences les unes après les autres… « Il se repose beaucoup sur moi à la maison et n’est jamais responsable de rien, ni d’avoir oublié de descendre les poubelles ni de préparer le dîner. Je me rends compte qu’au travail, il donne l’impression d’avoir une énorme responsabilité et de la prendre très à cœur. »

    #hommes #patriarcat #tâches_ménagères #charge_mentale

  • Violences dans le judo : « Un papa ne devrait pas avoir à entendre des choses aussi effroyables »

    https://www.leparisien.fr/sports/violences-dans-le-judo-un-papa-ne-devrait-pas-avoir-a-entendre-des-choses
    Quel "drôle" de titre ! le pbl c’est pas que la gosse ai subit des violences sexuelles, le pbl c’est qu’un papa ai entendu des choses efforyables....

    Une belle illustration de comment on apprend aux survivantes de l’inceste à se taire.
    Ou peut-être une nuit 2/6 : « Apprendre à se taire »
    https://www.youtube.com/watch?v=DjasrY1UvJk