• En #Turquie, la #dissidence a une voix de femme

    Alors que le régime du Président #Recep_Tayyip_Erdogan réprime les avocats, les médecins, les journalistes, les Kurdes, la communauté LGBT… les femmes donnent de la voix dans la rue, les médias et sur les réseaux sociaux.

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    Invisibles sur le marché du travail, elles sont quantité négligeable au gouvernement, avec deux ministres femmes sur seize, et, à peine plus visible au Parlement, avec 17 % de députés femmes. Fortement incitées à mettre au monde trois enfants minimum, mariées à leurs violeurs, harcelées, trainées devant la justice, régulièrement emprisonnées et rouées de coups pour un tweet, le régime fait tout pour étouffer leur désir d’émancipation.

    Elles ont beau être systématiquement qualifiées de terroristes dès lors qu’elles expriment un avis contraire à celui du gouvernement, les gaz lacrymogènes ne les font pas taire. Elles sont à la pointe de la dissidence qui dépasse les clivages entre religieuses et laïques, et inclut dans ses rangs des femmes conservatrices, ayant voté ou non pour l’AKP. Zynep Duguy témoigne du ralliement toujours plus nombreux de femmes de toutes catégories sociales et religieuses dans les manifestations : “Auparavant, les femmes musulmanes ne participaient pas aux manifestations, mais maintenant on en voit de plus en plus. Il y a aussi des femmes de différentes classes sociales qui y viennent. C’est devenu un lieu où même les femmes de ménage sentent qu’elles ont leur place. Alors, elles viennent manifester, parce que désormais, avec la crise, la charge économique pèse encore plus sur les épaules des femmes. La crise économique ainsi que toutes les politiques prohibitives ont poussé les femmes à se rassembler. Elles sont de plus en plus nombreuses aux opinions et aux identités différentes, issues de tous les milieux sociaux.”

    Ipek Bozkurt, explique l’importance de ces manifestations pour les femmes : “L’espace public donne aux femmes et à toutes les minorités une chance de se connecter, de discuter de leurs problèmes et de produire de la solidarité. Face à ce système qui veut nous faire croire que nous sommes seuls face à nos soucis individuels. L’occupation de l’espace public est certainement la condition nécessaire à l’émancipation des femmes. “

    Peut-être est-ce pour cette détermination infaillible que les femmes font peur aux hommes au pouvoir en Turquie. Cette peur expliquerait la décision du président Recep Tayyip Erdogan, décrétée en mars 2021 de faire sortir la Turquie de la Convention d’Istanbul, un traité international qui engage les signataires à prendre des mesures contre les violences faites aux femmes.

    Une décision de se retirer de la Convention qui est très politique pour Ipek Bozkurt :"Le taux de féminicides est en corrélation avec celui des inégalités de genre. Les hommes turcs savent qu’ils peuvent s’en tirer avec peu ou pas de punition s’ils tuent ou blessent une femme, et que ce ne sera pas la fin de leur vie. Cette confiance dans le système vient de ces politiques qui ne protègent pas les femmes. En décidant de se retirer de la Convention d’Istanbul ils rendent possible la violence et la favorisent. Voilà pourquoi c’est politique”.

    Des dizaines de milliers de manifestantes sont alors descendues dans la rue pendant plusieurs semaines à travers la Turquie pour protester contre cette décision. Depuis, la mobilisation continue et leurs combats transversaux se rejoignent sur la place publique pour dénoncer les politiques économiques, sanitaires, les violences faites aux femmes, et la répression envers les minorités kurdes ou LGBT.

    Ensemble elles crient, elles rient, elles pleurent, elles chantent face à la Police. Et ce mouvement puissant et courageux fait peur aux hommes comme l’explique Zeynep Dupuy : “Il fait peur à Erdogan, à l’ensemble du parti de l’AKP et au-delà à la majorité des hommes hétérosexuels. Ils craignent les femmes turques en Turquie. Même dans les périodes les plus dures où personne n’avait le droit de sortir dans la rue, les organisations de femmes n’ont pas cessé de manifester. Malgré de multiples intimidations, les femmes sont encore dans la rue et je suis sûre qu’ils ont peur des femmes, car ils nous voient comme dangereuses”.

    Une affirmation que soutient aussi Fatma Cetinkaya : “Le gouvernement a très peur des femmes, et c’est tant mieux. Qu’il tremble ! Si les femmes font entendre leur voix, croyez-moi, ce gouvernement patriarcal ne tiendra pas.” Néanmoins, elle rappelle que le combat est loin d’être fini : “Nous devons crier plus fort encore pour nous faire entendre. Si les femmes font entendre leur voix, elles ne seront plus persécutées à la maison. Si les femmes font entendre leur voix, elles ne seront plus tuées. Si elles se taisent, elles seront reléguées au second plan. Les femmes doivent faire entendre leur voix. Et je serai de tous les endroits où les femmes feront entendre leur voix”.

    Un documentaire de Pauline Maucort, réalisé par Julie Beressi.

    Avec :

    #Zeynep_Duguy, féministe musulmane, militante des droits humains, activiste sur tweeter et dans la rue

    #Ipek_Bozkurt, avocate pour la plateforme Stop aux féminicides

    #Fatma_Çetinkaya, mère de famille dénonçant la vie chère et harcelée sur les réseaux sociaux

    #Filiz_Demiral, mère d’une jeune femme victime de féminicide

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/en-turquie-la-dissidence-a-une-voix-de-femme-9890171

    #femmes #résistance #répression #religion #féminisme #Erdogan #liberté #dette #pauvreté #inégalités
    #podcast #audio

  • Au Royaume-Uni, des antivols apparaissent sur les produits alimentaires
    https://www.lessentiel.lu/fr/story/au-royaume-uni-des-antivols-apparaissent-sur-les-produits-alimentaires-83

    Face à l’inflation, des Britanniques sont tentés de dérober des produits alimentaires. Certains supermarchés ripostent en posant des antivols sur les emballages.

    Alors qu’on avait plutôt l’habitude de les voir sur du matériel électronique ou sur des habits, des antivols ont fait leur apparition, au Royaume-Uni, sur des emballages de fromage ou de beurre. Des côtelettes d’agneau sont même désormais protégées par des boîtiers identiques à ceux qui renferment les jeux vidéo.

    Certains supermarchés ont pris cette mesure au coup par coup, face à une recrudescence des vols à l’étalage. Ainsi, un porte-parole de la chaîne de magasins ASDA, cité par le site Business Insider, confirme qu’il n’y a pas de « règle générale », que les magasins individuels peuvent « ajouter des étiquettes aux produits qui ont disparu ». « Nous ne considérons certainement pas cela comme un quelconque changement dans le comportement des clients ou un effet secondaire de l’inflation. Un seul magasin s’est probablement fait voler certains de ces produits, récemment, et a décidé de placer des étiquettes sur le reste pour s’assurer qu’ils ne soient pas également volés ».

    Articles volés pour un demi-milliard
    Pourtant, les Britanniques, confrontés à la crise économique, avec une hausse du prix de l’électricité ou de l’essence, doivent également faire face à une nourriture de plus en plus chère. Selon le Mirror, les chiffres des analystes Kantar montrent que l’inflation des prix des produits alimentaires a atteint « 8,3% au cours des quatre semaines précédant le 12 juin ». Le même quotidien précise que les Britanniques ont admis avoir volé, rien que cette année, pour près de 500 millions de livres sterling (plus de 597 millions d’euros) d’articles de toilette, de produits frais et de lait maternisé.

    Une étude a même révélé que 34% des adultes avaient volé quelque chose en utilisant une caisse à lecture automatique dans un supermarché , contre 22% avant 2022. Julian House, directeur général du site Internet à l’origine de l’étude, estime que ces résultats « soulignent la situation dramatique dans laquelle beaucoup se sont retrouvés pendant la crise du coût de la vie ».

    #Faim #pauvreté #inflation #Angleterre #vol #supermarchés

  • https://www.liberation.fr/politique/au-nom-de-la-valeur-travail-les-senateurs-restreignent-la-prime-exception
    Au nom de la « valeur travail », les sénateurs restreignent la prime exceptionnelle de rentrée – Libération

    Dans la nuit de mardi à mercredi, les sénateurs ont privé 4 millions de foyers pauvres d’une prime de rentrée de 100 euros. Ils souhaitent concentrer les aides sur les seuls travailleurs modestes.

    [...]

    Au lieu de l’aide de 100 euros, majorée de 50 euros par enfant à charge, qui devait être versée à la fin de l’été aux bénéficiaires des minima sociaux, comme le RSA ou les APL, le dispositif privilégié par le Sénat réserve le versement de 150 euros aux personnes éligibles à la prime d’activité. En clair, seuls les travailleurs aux ressources modestes seront aidés. Les auteurs de l’amendement souhaitent « recentrer l’aide sur les travailleurs pauvres plutôt que les bénéficiaires des minima sociaux qui ne travaillent pas. La valeur travail doit être encouragée ».

    [...]

    Les sénateurs ont déjà droitisé la copie de l’Assemblée en y ajoutant de vieilles marottes de LR, comme la monétisation des RTT ou la pérennisation du plafonnement à 7 500 euros de la défiscalisation des heures supplémentaires. Le maintien ou le retrait de la transformation de la prime exceptionnelle de rentrée en majoration de la prime d’activité sera un bon indicateur sur l’état du rapport de force entre les deux chambres.

    #pauvreté #précarité #chasse_aux_pauvres

  • Pays-Bas : … Sur quoi débouchera le mouvement de colère des agriculteurs ?
    https://www.rtbf.be/article/pays-bas-soutenu-par-des-organisations-complotistes-sur-quoi-debouchera-le-mouv

    Jusqu’où ira la colère des agriculteurs aux Pays-Bas ? Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte évoquait jeudi soir sur Twitter des « actions dangereuses » auxquelles il demandait aux agriculteurs de « mettre fin ».

    Les actions des agriculteurs ont en effet pris une nouvelle tournure ces derniers jours : jeudi ils ont bloqué des routes importantes du centre et de l’est du pays avec des ballots de foin enflammés, du sable, du fumier mais aussi des déchets. https://www.rtbf.be/article/plan-azote-aux-pays-bas-les-agriculteurs-toujours-en-colere-bloquent-une-autoro. Dont des déchets amiantés.


    La présence d’amiante et le risque accru d’accident pour les automobilistes ont mené le Premier ministre néerlandais à commenter, sur Twitter : « les manifestations d’un petit groupe d’agriculteurs sur les autoroutes hier et ce matin sont inacceptables. Mettre sauvagement les autres en danger, endommager nos infrastructures et menacer les gens qui aident à déblayer est au-delà de toutes les limites ». Mark Rutte poursuit : « ces actions dangereuses doivent s’arrêter. Il y a de nombreuses manières d’exprimer votre mécontentement dans la légalité ».

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    La source de la colère : le « Plan azote » néerlandais
    La colère des agriculteurs a éclaté lorsque la Ministre chargée de la Nature et de l’azote, Christianne van der Wal, a communiqué le "plan azote" du gouvernement néerlandais.

    L’azote est un fertilisant indispensable pour les cultures : on le trouve dans le lisier et le fumier, fertilisants naturels. Ou dans les engrais chimiques, les engrais dits « azotés ». Mais épandus en trop grande quantité, l’usage de ces fertilisants en arrive à altérer la biodiversité, la qualité des eaux de rivière notamment. Et ils libèrent un gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote qui contribue au changement climatique.

    Ce sont les grandes exploitations d’élevage intensif qui sont les plus grandes émettrices d’azote, comme les grandes porcheries intensives, nombreuses aux Pays-Bas : le pays de 17 millions d’habitants compte 12 millions de porcs. Les Pays-Bas, deuxième exportateur agricole au monde après les Etats-Unis, sont un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en Europe – et d’azote en particulier.

    Le gouvernement néerlandais, par son plan, a pris la mesure du dérèglement climatique et du déclin de la biodiversité. Mais ce faisant, il impose au secteur agricole un changement drastique : réduire de 40% les émissions d’azote des fermes, ce qui impliquerait une baisse de 30% du bétail.

    La baisse des émissions doit même atteindre 70% dans 131 zones, là où les fermes se situent à proximité d’une zone classée "Natura 2000" : cette baisse revient à fermer des exploitations. D’où la colère d’un secteur déjà en mal de rentabilité et sous pression depuis des années.

    Mais cette colère prend donc une tournure qui inquiète les autorités néerlandaises.

    Sorties de route
    Ce n’est pas la première fois que les agriculteurs en manifestation épandent du fumier, font paître leurs vaches dans les parterres du parlement ou bloquent les routes avec leurs tracteurs.
    Mais le déversement actuel de détritus et d’obstacles sur les routes a déjà provoqué 4 accidents, l’un d’eux ayant coûté la vie à un motard, au mois de juin. Et il devient plus difficile de trouver une société pour déblayer des monticules, d’abord parce que certains contiennent de l’amiante, mais aussi parce que les gérants de ces sociétés appréhendent d’éventuelles répercussions de ce nettoyage : selon une enquête de la télévision néerlandaise NOS, un petit groupe d’agriculteurs radicaux se communique les numéros de téléphone des entreprises de déblaiement et multiplie les appels d’intimidations.

    Intimidation aussi de la Ministre qui a communiqué « Plan azote » gouvernemental. Un homme a été interpellé pour avoir circulé avec un camion tagué d’un message menaçant. Le message mentionnait les noms de Pim Fortuyn et de Theo van Gogh flanqués de leurs dates de mort, deux Néerlandais assassinés dans les années 2000. Et sous leurs noms, celui de la ministre avec un point d’interrogation en guise de date.
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    #Pays_Bas #Hollande #agriculteurs #paysans #agriculture #manifestation #pollution #police #violence #violences_policiéres #manifestations #wef #davos #répression #alimentation #globalisation_4.0 #klaus_schwab #économie

  • Inflation en France : 10% depuis Janvier ! Intermarché, hausse massive (environ la moitié des produits) début juillet Le web grande conso - Olivier Dauvers
    https://www.olivierdauvers.fr/2022/07/18/inflation-le-serieux-coup-de-chaud

    Vague de chaleur sur les prix, la suite… La semaine dernière, le panier de 150 références star que nous suivons avec A3 Distrib depuis le 1er janvier a pris un sérieux coup de chaud : + 0,9 pt. Un rythme qui s’accélère depuis la fin du mois de juin (+ 2,1 pts vs le 27 juin). Tout s’explique : les renégociations entre marques et enseignes se signent désormais à bon rythme et les nouveaux tarifs “descendent” en magasins. Sans compter qu’une enseigne (en l’occurence Intermarché) vient de mettre un gros coup d’accélérateur avec une hausse massive (environ la moitié des produits) début juillet. Certes Intermarché ne peut expliquer seul le mouvement d’ensemble. Par contre on connaît déjà l’enseignement principal de la prochaine vague DISTRI PRIX… Mais, ça, ça sera pour le mois prochain. D’ici là, l’inflation sur notre panier aura évidemment dépassé les 10 %. Il y a quelques mois, lorsque j’évoquais ici même cette perspective (en toute honnêteté je l’envisageais plutôt pour septembre), certains me riaient au nez. “Oiseau de mauvaise augure” disaient-ils ! Je savais juste me servir d’une calculette… Le temps est hélas venu !

    #Inflation #France #économie #pauvreté

    • - 8% sur l’argent sur votre livret de caisse d’épargne, après le doublement de son taux d’intérêt.
      La France n’a jamais été aussi riche, elle figure même au troisième rang mondial des millionnaires.
      Coté pile, la richesse en France a explosé, les patrons du CAC 40 gagnent en moyenne 200 fois le Smic, 5 % de la population possèdent plus de 50 % du patrimoine, et les 10 plus grosses fortunes possèdent à elles seules 15 millions d’années de Smic.
      Mais coté face, ce sont huit millions de pauvres, trois millions de précaires, trois millions de temps partiel, cinq millions de chômeurs, et des salaires de misère pour la majorité des salariés…

      La France est #EnMarche

  • Révélations sur la clique qui a conduit la préfecture de police à sa perdition | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170622/revelations-sur-la-clique-qui-conduit-la-prefecture-de-police-sa-perdition

    « Le #préfet #Lallement et #Marsan se rejoignent sur des pratiques très musclées du maintien de l’ordre », déplore un commandant de police qui a régulièrement participé aux opérations les samedis de rassemblements des gilets jaunes. « On a toujours craint le pire, c’est-à-dire qu’il y ait un mort. Lorsque Lallement est arrivé en 2019 à Paris, il a trouvé son alter ego avec Marsan. Il faut “aller au contact des manifestants”, les “impacter” comme ils le disent, voire les “percuter”. Il suffit de voir le nombre de blessés parmi les gilets jaunes. C’est honteux », ajoute-t-il.

    « Impactez-les fort », « mettez-les minables »
    Si ce commandant accepte de témoigner aujourd’hui, en préservant son anonymat, « c’est que les événements du Stade de France ont été la goutte d’eau ». « On doit se préparer aux JO et avant il risque d’y avoir des manifestations à la rentrée. Qu’allons-nous faire ? Gazer, matraquer, mutiler ? », s’interroge-t-il, avant d’égrener les surnoms attribués à Alexis Marsan par ses détracteurs : « le boucher », « l’opportuniste », « le courtisan sans foi ni loi ».

    Dans le cadre d’enquêtes sur les violences commises par les policiers lors des manifestations des gilets jaunes, certains magistrats se sont interrogés sur la nature des ordres donnés, sans que cela n’entraîne de poursuites. Pourtant, les retranscriptions de certains échanges radio entre la salle de #commandement de la #préfecture de #police et le terrain mettent en lumière la violence des consignes.

    [...]

    Un « rappel à la règle » pour avoir matraqué un manifestant au sol
    Entré dans la police en 1994 comme inspecteur, il est le frère de #Michel_Tomi, considéré comme le dernier des parrains de l’Île de beauté. Lui-même surnommé « Tomi le Corse », il était notamment apparu dans un procès-verbal dans lequel un lieutenant de Michel Tomi avait affirmé à la police judiciaire effectuer des versements annuels de 25 000 euros en liquide au policier, alors commissaire à la #DCRI (renseignement intérieur).

    #Paul-Antoine_Tomi a gagné des galons à la préfecture de police après l’arrivée de Didier Lallement en 2019 – il dirigeait alors la « division régionale motocycliste » devenue un élément clé dans les stratégies de maintien de l’ordre, et régulièrement mise en cause pour ses méthodes violentes. À l’été 2019, il fait partie des fonctionnaires décorés de la médaille de la sécurité intérieure pour ses services lors des manifestations de gilets jaunes.

    En janvier 2021, le commissaire Tomi est identifié, notamment grâce au patch en forme de drapeau corse qui orne une poche de son uniforme, comme l’auteur d’une dizaine de coups de matraque sur un manifestant au sol lors d’une manifestation contre la loi « sécurité globale ». À l’époque, face au tollé suscité par une vidéo vue des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, le préfet Lallement annonce l’ouverture d’une enquête administrative à l’issue de laquelle le commissaire a eu un simple rappel à la règle.

    Pire : malgré cette affaire, Paul-Antoine Tomi a été promu au poste stratégique de chef d’état-major adjoint, et c’est à ce titre qu’il pilotait, aux côtés de son acolyte Marsan, les opérations très sensibles du Stade de France.

    « Une autre équipe aurait été à la manœuvre au Stade de France, cela ne se serait pas passé de la même façon, sur les choix tactiques et sur le recours à la force », estime un ancien de la DOPC, où règne une certaine inquiétude, à deux ans des Jeux olympiques de Paris. « Le maintien de l’ordre, ça ne s’invente pas, il faut avoir la fibre et c’est de plus en plus compliqué. On manque de gens d’expérience », lâche un policier de la DOPC, qui souligne que trois quarts de la soixantaine de fonctionnaires de la « salle de commandement » ont quitté leur poste depuis l’affaire Benalla et l’arrivée de la nouvelle direction. « La finale de la Ligue des champions, c’est un avertissement. On a l’opprobre, mais au moins il n’y a pas eu de morts », lâche un officier.

    Certains policiers expriment aussi un profond malaise face à la nouvelle doctrine d’emploi de la force instaurée par le préfet Lallement, devenue une norme : « Ça me tord les boyaux de voir ça… On n’est pas là pour gazer des honnêtes citoyens, crever des yeux et arracher des mains, le #maintien_de_ l’ordre doit être républicain et au service de la démocratie... Eux, ils font n’importe quoi », souffle un ancien de la #PP, rappelant à ce titre la lettre que le préfet Grimaud avait envoyée aux policiers après Mai-68 au sujet des « excès dans l’emploi de la force » documentés lors des #manifestations étudiantes. Le 29 mai 1968, le haut #fonctionnaire y écrivait notamment à ses troupes que « frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même ».

  • Une brève histoire des inégalités par Piketty ou comment ne pas attaquer le problème à la racine Henri Houben
    https://www.investigaction.net/fr/une-breve-histoire-des-inegalites-par-piketty-ou-comment-ne-pas-atta

    L’économiste Henri Houben analyse le dernier livre de Thomas Piketty, Une brève histoire des inégalités. Dans la lignée de ses ouvrages précédents, Piketty apporte quantité d’informations éclairantes sur l’écart riches-pauvres. Il situe utilement le tout dans un contexte historique. Manque hélas une analyse rigoureuse des mécanismes d’exploitation, si bien que ses appels à plus d’égalité prennent des allures de voeux pieux. Explications. (IGA)

    Bref est généralement une notion peu usitée par l’économiste français Thomas Piketty. Ses ouvrages majeurs, que ce soit Les hauts revenus en France au XXème siècle publié en 2001, Le Capital au XXIème siècle sorti en 2013 ou le dernier Capital et Idéologie paru en 2019, avoisinent chacun le millier de pages, voire les dépassent. De quoi rebuter plus d’un lecteur qui aurait pu être intéressé par ses propos.

    Sur ce plan, la Brève Histoire[1] permet de corriger ces longueurs, utiles pour approfondir un débat, mais qui peuvent se révéler peu accessibles au grand public. Le livre se présente clairement comme une synthèse des trois « briques » livrées précédemment. De fait, il se parcourt aisément et permet de se faire une idée précise des thèses avancées par Thomas Piketty. Il en a les qualités, mais aussi les défauts.

    L’œuvre de l’économiste, centrée sur les inégalités sociales, se décompose habituellement en deux parties liées, mais qu’on peut facilement séparer. Il y a d’abord son analyse, la plupart du temps précise, détaillée, émaillée de nombreuses preuves chiffrées, de tableaux évocateurs montrant l’évolution des revenus et des patrimoines depuis la fin du XVIIIème siècle. Il est évident que l’auteur est dépendant de la qualité des sources statistiques, qui s’améliorent avec les périodes, mais qui doivent donc être prises avec prudence pour les époques les plus anciennes.

    Il en tire un portrait qui paraît assez réaliste de la situation en Europe et aux Etats-Unis : un enrichissement global et progressif des catégories sociales les plus fortunées au cours du XIXème jusqu’à la Premier Guerre mondiale ; ensuite, une chute des avoirs en particulier pour ces strates à cause des guerres et de la crise des années trente ; une stabilisation de cette situation durant les Trente Glorieuses ; enfin, une remontée des inégalités depuis la fin des années 70.

    A partir de là, il souligne deux facteurs qui expliquent cette évolution, notamment après la Révolution française, ce qui pourrait paraître paradoxal, puisque cette dernière affichait sa volonté égalitaire : le colonialisme et l’esclavagisme. « La répartition des richesses en vigueur aujourd’hui entre pays du monde comme à l’intérieur des pays porte la trace profonde de l’héritage esclavagiste et colonial » (p.138). Dans ce capitalisme libéral, il ne pouvait y avoir, tout du moins au début, de libération pour ceux qui étaient enchaînés. Sur les quinze présidents américains qui ont précédé l’élection d’Abraham Lincoln en 1860, onze étaient propriétaires d’esclaves (p.119-120).

    Et Thomas Piketty de rappeler le cas emblématique de cette ancienne colonie française Haïti. Au moment de la Révolution française, il y avait environ 450.000 esclaves à Saint-Domingue du côté français[2]. Cela représentait 90% de la population de ce territoire (p.105). En 1789, environ 40.000 Africains arrivaient dans les ports antillais pour remplacer la force de travail qui mourait des conditions de travail épouvantables infligées. Cela montre le degré de surexploitation des travailleurs à cette époque sur l’île.

    Avec les événements à Paris, les Noirs demandent à participer à la nouvelle démocratie qui s’installe dans la métropole, notamment à travers le droit de vote. Cela leur est refusé. Ils se révoltent donc à partir d’août 1791 et la France envoie immédiatement des troupes pour mater les insurgés. Deux ans plus tard, les révolutionnaires de la métropole acceptent de décréter l’émancipation des esclaves, mesure étendue à l’ensemble des colonies en février 1794 (p.107). Mais ils n’ont pas réellement les moyens de faire respecter cette décision. En 1802, Napoléon rétablit l’esclavage. Mais il ne peut l’appliquer à Haïti, qui se déclare indépendant en 1804. Toutes les interventions militaires pour reconquérir la moitié de l’île échouent. Aussi, en 1825, Charles X reconnaît cette souveraineté (p.109).

    Mais il y a une condition que le nouveau gouvernement haïtien se doit de respecter : l’indemnisation des propriétaires d’esclaves. Cela implique pour le nouvel Etat un endettement de 150 millions de francs-or, soit 300% du revenu national du pays en 1825 (p.110). Entre 1840 et 1915, celui-ci doit verser annuellement 5% de ce produit pour rembourser les créanciers français. La dette représentait en données actuelles 30 milliards d’euros (p.111). Pour un pays qui affiche un PIB[3] de 13,6 milliards d’euros en 2020. Cette créance ne sera soldée qu’en 1950. Mais, là, d’autres problèmes surgiront qui maintiendront Haïti dans une situation de dépendance.

    Les propos de Thomas Piketty sont clairement accusateurs et à raison. Il estime à 5% le revenu supplémentaire par an obtenu par la France grâce aux placements internationaux et près de 10% pour la Grande-
    Bretagne avant la Première Guerre mondiale (p.208). Des montants sans doute sous-évalués. Pas étonnant que ces deux pays ont pu s’enrichir largement durant le XIXème siècle.
    Mais l’auteur est aussi un des rares économistes qui reconnaissent l’importance des luttes sociales dans les réalités économiques. Il écrit ainsi que « l’inégalité est avant tout une construction sociale, historique et politique » (p.20). Il ajoute qu’il y a une tendance lente, non linéaire vers l’égalité, en fonction des combats politiques, idéologiques et sociaux : « Cette marche vers l’égalité est la conséquence des luttes et des révoltes face à l’injustice, qui ont permis de transformer les rapports de force et de renverser les institutions soutenues par les classes dominantes pour structurer l’inégalité sociale à leur profit, afin de les remplacer par de nouvelles institutions, de nouvelles règles sociales, économiques et politiques plus justes et émancipatrices pour le plus grand nombre. » (p.20-21).

    C’est là que l’analyse de Thomas Piketty, qu’on peut trouver excellente jusqu’à maintenant, montre une lacune non comblée. Le spécialiste des statistiques et de l’inégalité arrive à un constat justifié, mais il semble un peu démuni lorsqu’il s’agit d’examiner les rapports du travail. Tant qu’il reste au niveau des chiffres, des données, il est brillant et déteint par rapport à bon nombre de ses confrères. Mais la tradition économique d’en rester à la surface et de ne pas approfondir les relations structurelles, qui se cachent derrière ces statistiques, reste prégnante et Piketty ne s’en est pas complètement détaché.

    Ainsi, le concept d’exploitation lui est quasiment étranger, car il ne ressort pas directement des données chiffrées. Ce qui apparaît, ce sont les inégalités sociales et il en reste à ce stade. Sans voir que ce sont justement ces relations dans le processus de production, entre des propriétaires d’entreprises, d’une part, et des salariés, d’autre part, qui provoquent ces discriminations humainement inacceptables. Ce sont les détenteurs de titres, comme le montrent très bien les livres de Piketty, qui s’enrichissent. Ce sont les ouvriers et employés qui fournissent le travail de production, sans en tirer les profits, à quelques rares exceptions près.

    De là réside le problème que posent les propositions de l’économiste français. Sa perspective centrale est d’étendre la tendance vers l’égalité qu’il a remarquée à travers l’histoire. Pour lui, « l’Etat social et l’impôt progressif constituent bel et bien une transformation systémique du capitalisme » (p.225). Il poursuit : « Poussés jusqu’au bout de leurs logiques, ces institutions représentent une étape essentielle vers une nouvelle forme de socialisme démocratique, décentralisé et autogestionnaire, écologique et métissé, permettant de structurer un autre monde, autrement plus émancipateur et égalitaire que le monde actuel. » (p.225)

    Mais ceci relève de la profession de foi. Il est évident qu’un univers où les riches paient de lourds impôts en regard de leur fortune, les mécanismes de sécurité sociale sont approfondis, la lutte contre les discriminations scolaires est poursuivie avec acharnement, l’égalité démocratique est recherchée, les dérives environnementales sont éliminées, serait infiniment plus acceptable que la situation actuelle où les inégalités s’accentuent et où la guerre et le conflit se trouvent régulièrement à nos portes. Mais ceci est-il possible sans changer les structures du capitalisme ?

    Thomas Piketty partage, sur ce point, les vues qui circulent, dans les partis socialistes ou sociaux-démocrates, en rejetant les expériences dites « communistes ». Il relève : « Historiquement, le mouvement socialiste et communiste s’est construit autour d’une plateforme sensiblement différente, à savoir la propriété étatique des moyens de production et la planification centralisée, qui a échoué et qui n’a jamais été véritablement remplacée par une plateforme alternative. Par comparaison, l’Etat social et surtout l’impôt progressif sont souvent apparus comme des formes « molles » de socialisme, incapables de remettre en cause la logique profonde du capitalisme » (p.225).

    Le problème est qu’il n’apporte pas vraiment dans ces écrits les éléments qui montreraient que la « plateforme communiste » a échoué, comme il l’affirme. Sur ce plan, il partage les analyses de ceux qui se sont ingéniés à diaboliser les Etats dits socialistes comme l’URSS, la Chine ou Cuba : « n’en parlons plus, cela n’en vaut pas la peine ». Au contraire, un examen scientifique plus sérieux serait de voir ce qui a fonctionné et ce qui a coincé.

    Traiter ces expériences d’échecs n’a tout simplement pas de sens sur le plan économique, quand on sait que l’URSS était un pays arriéré et techniquement attardée en 1913 et est devenue en cinquante ans la seconde puissance industrielle du monde, que la Chine a depuis 1949 une des croissances les plus fortes dans le monde, malgré toutes les péripéties qu’elle a connues, que Cuba assure à sa population un enseignement et des soins de santé gratuits, malgré le blocus américain. Haïti, par exemple, aurait sûrement bien aimé connaître des échecs pareils.

    Maintenant, l’opposition que Piketty reprend des conflits entre le mouvement socialiste et communiste, entre « réforme » et « révolution », entre « socialisme dit démocratique » et « socialisme nécessairement autoritaire » n’est pas aussi catégorique que présenté. Dans la situation présente de l’Europe et des Etats-Unis, un programme aussi radical que celui avancé par l’économiste français, qui détonne clairement par rapport à ce qu’avancent les partis socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes, européens, peut tout à fait faire l’objet de batailles justifiées de la part des travailleurs et des simples citoyens.

    Certaines revendications fondamentales sur l’imposition des patrimoines, la démocratisation de l’enseignement, celle de la vie politique, le développement de la sécurité sociale et des services publics, le réchauffement climatique, peuvent rassembler tout le monde. La divergence ne porte pas sur ce plan, mais sur le caractère qu’on donne à ces luttes justifiées : apportent-elles en elles-mêmes la possibilité de s’émanciper du capitalisme ou montrent-elles qu’il faut aller un pas plus loin et déstructurer ce système pour le remplacer par un autre ?
     
    Notes :
    [1] Thomas Piketty, Une Brève Histoire des inégalités, éditions du Seuil, Paris, 2021, 351 pages. Les indications de page dans le texte se réfèrent à cet ouvrage.
    [2] L’île est partagée entre la France et l’Espagne. La partie française formera Haïti et l’autre la République dominicaine.
    [3] Le Produit intérieur brut (PIB) est la richesse marchande et monétaire créée en un an dans un pays.

    #inégalités #économie #piketty #thomas_piketty #capitalisme #france #Haïti #esclavage #capital #riches #travail #economie #dette #ue #pauvreté #austérité #fiscalité #politique #Russie #Chine

  • La Grève féministe se mobilise à nouveau dans les rues de Suisse
    https://www.rts.ch/info/suisse/13171619-la-greve-feministe-se-mobilise-a-nouveau-dans-les-rues-de-suisse.html

    La Grève féministe anime les rues de Suisse en ce 14 juin 2022, qui devient désormais un rendez-vous annuel, avec une mobilisation particulière contre la réforme AVS 21. Des actions sont organisées toute la journée et des cortèges sont prévus en début de soirée dans tous les cantons romands.

    Sur la Place Fédérale, à Berne, « les femmes ont interpellé les passants et les parlementaires pour attirer leur attention sur la pauvreté des femmes à l’âge de la retraite. Celles-ci touchent un tiers de rente en moins que les hommes. Ce sont donc les salaires trop bas et les rentes des femmes qu’il faut augmenter, pas l’âge de leur retraite », a indiqué le syndicat Unia.


    Les femmes travaillent « souvent à temps partiel, sans l’avoir choisi, dans des professions mal rémunérées, pourtant reconnues comme essentielles, comme les soins, la vente ou le nettoyage. Et ce sont elles qui, encore et toujours, assument la plupart des tâches ménagères et familiales, sans aucune rémunération ni reconnaissance », a ajouté le syndicat.

    Grande grève en 2023
    Les femmes se mobilisent donc aujourd’hui, mais se préparent aussi pour une nouvelle grande grève en 2023, a ajouté Unia.

    Des actions et des manifestations ont lieu dans plus de 30 communes suisses. A Soleure, les femmes ont partagé un pique-nique féministe en musique. A Berne, elles ont écrit leurs revendications à la craie sur le sol, pour se réapproprier l’espace public. A Genève, Zurich, Bâle, Lucerne, la Chaux de Fonds, Neuchâtel ou encore à la Vallée de Joux, les femmes se sont également mobilisées.

    Manifestations en soirée
    Cette année, les cortèges débuteront en début de soirée en Suisse romande, entre 17h00 et 18h00, pour que celles et ceux qui travaillent puissent rejoindre le mouvement. Plusieurs actions sont aussi organisées tout au long de la journée par les collectifs locaux et les associations, notamment des ateliers et des stands.

    A Lausanne, les festivités ont été lancées lundi soir devant la cathédrale."Plusieurs centaines de personnes" se sont réunies entre 22h00 et minuit sur l’esplanade pour chanter, danser et discourir au micro, a déclaré à Keystone-ATS Vanessa Monney, militante du collectif vaudois de la Grève féministe.

    Atelier d’initiation à la boxe, performances, exposition de linge sale ou encore chorale anarchiste ont lieu tout l’après-midi. Un défilé partira à 18h30 de la place de la Riponne. Dans la plupart des villes, les manifestations auront lieu aussi à ce moment-là. L’Union syndicale suisse tirera un bilan de l’ampleur des défilés vers 19h.

    Pétition européenne déposée
    Feminist Asylum, une coalition européenne qui regroupe 261 organisations de 18 pays d’Europe, a choisi aussi cette date symbolique du 14 juin pour adresser une pétition féministe européenne pour une reconnaissance effective des motifs d’asile propres aux femmes, aux filles et aux personnes lgbtiqa+ au Conseil fédéral et au Parlement.

    Le texte a déjà été déposé le 18 mai à la Commission européenne des pétitions à Bruxelles, munie de 39’063 signatures récoltées en ligne (35’482) et sur papier (3581) entre novembre 2021 et mai. Il demande aux élus « une attention renforcée à l’égard des personnes victimes de violences fondées sur le genre et un engagement concret et systématique pour la mise en œuvre effective des dispositions du droit international qui garantissent le droit à une protection et à l’asile aux personnes vulnérables »

    La pétition rappelle que les femmes qui prennent la route de l’exil - seules ou avec leurs enfants- pour fuir un mariage forcé, éviter des mutilations génitales, se protéger d’un compagnon violent ou échapper à des menaces de mort en raison de leur orientation sexuelle, subissent souvent des violences lourdes aux frontières de l’UE. Elles sont exposées au trafic d’êtres humains, sont refoulées illégalement ou réorientées en vertu d’accords iniques vers des pays qui ne reconnaissent pas les violences sexistes.

    #Femmes #Gréve #Suisse #pauvreté #Salaire #Retraite #travail #manifestation #lgbtiqa+ #commission_européenne

  • Conditionner le #RSA à une activité ? « Il faudrait que Macron vive la pauvreté pour savoir ce que c’est »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230322/conditionner-le-rsa-une-activite-il-faudrait-que-macron-vive-la-pauvrete-p

    Six bénéficiaires du RSA réagissent à la proposition avancée par le candidat Macron de lier le versement du revenu de solidarité à un minimum …

    #Solidarité #Pauvreté #Économie

  • « Bébés Coca » : dans les Hauts-de-France, les ravages méconnus du soda sur les très jeunes enfants
    Médiacités - Virginie Menvielle
    https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2022/06/10/bebes-coca-dans-les-hauts-de-france-les-ravages-meconnus-du-soda-sur-les-

    Dans les Hauts-de-France, un certain nombre d’enfants en bas âge ne consomment que des boissons sucrées.

    Des bébés aux dents de lait tachées, noircies, dont il ne reste que les racines. Des bambins de trois ou quatre ans exhibant déjà des prothèses dentaires ou des dents de travers, qui poussent trouées comme du gruyère… Ces enfants, les professionnels de santé et de la petite enfance qui les reçoivent ou les côtoient au quotidien les surnomment parfois « les bébés Coca ». Les descriptions qu’ils en font semblent sorties d’un livre de Dickens. Cela ne se passe pas à l’autre bout de la planète mais bien ici, dans la métropole lilloise et toute la région.


    La dentiste Angéline Leblanc a exercé à Roubaix et soutenu, en 2020, une thèse au CHU de Lille sur les caries précoces portant sur 50 enfants originaires de la métropole européenne de Lille (MEL). « On parle de caries précoces quand elles surviennent chez des enfants de moins de six ans », explique-t-elle. Dans certains cas, les premières taches sur les dents se manifestent bien avant. « Nous voyons parfois des patients d’un an qui ne possèdent que quatre dents, toutes cariées, déplore la professionnelle de santé. Il ne reste alors plus que les racines et nous n’avons pas d’autre solution que les extraire. »

    « On a plutôt tendance à retirer les dents qu’à les soigner »
    Au CHU de Lille, les interventions de ce type sont monnaie courante, constate Angéline Leblanc. « Il est très compliqué de soigner de si jeunes enfants : quand ils arrivent au service d’odontologie, c’est souvent trop tard. Cela fait trop longtemps qu’ils ont mal. On a alors plutôt tendance à retirer la ou les dents en question qu’à les soigner… »

    Les dentistes ne sont pas les seuls à faire ce constat. « On accueille des enfants aux dents tellement fines qu’elles se cassent très facilement », confie Stéphanie Leclerc, responsable du pôle petite enfance de la métropole lilloise au sein de l’Établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer (EPDSAE) de Lille. Âgés de quelques mois à six ans, ils subissent des interventions chirurgicales lourdes et enchaînent les rendez-vous médicaux plus ou moins traumatiques. À cela s’ajoutent les craintes des familles, totalement dépassées par les évènements.

    « Nous accompagnons des parents en grande précarité sociale, qui ne savent parfois pas lire. Ils pensent bien faire et n’ont pas conscience que ce qu’ils font consommer à leurs enfants peut être nocif, observe Stéphanie Leclerc. Certains ne reçoivent que des biberons de Coca ou d’Ice tea… » Les équipes de Stéphanie Leclerc, composées notamment d’éducateurs et d’auxiliaires de puériculture, font de la pédagogie. Elles demandent aux parents d’assister aux rendez-vous médicaux pour qu’ils prennent conscience des dangers que ce type de boissons représente pour leurs enfants.

    Pas tous égaux face aux biberons marron
    « On considère que 20 % de la population française concentre 80 % des problèmes de dentition », souligne Angéline Leblanc. Autrement dit, ceux-ci sont très corrélés au niveau de vie. Mais dans toutes les classes sociales, c’est la méconnaissance des dangers liés à l’ingestion des boissons sucrées pour les plus jeunes qui domine. « Les parents s’amusent à voir leurs bébés faire la grimace à cause des bulles. Ils leur en redonnent donc », raconte Stéphanie Leclerc.

    Devant la grille des écoles, des enseignantes interloquées voient passer des bébés avec des biberons marronasses dans leurs poussettes. « La première fois, ça m’a saisie, ça me paraissait assez surréaliste comme scène », se souvient Marie, enseignante en maternelle en REP+ dans le Pas-de-Calais. Elle en parle autour d’elle et découvre une pratique bien plus courante qu’elle ne l’imaginait. « J’ai noué des relations avec plusieurs familles – je suis notamment allée plusieurs fois chez une maman qui faisait goûter du Coca à son nourrisson avec une petite cuillère… »

    « Les familles les plus aisées ne se retrouveront pas avec des enfants en grande souffrance à qui il faut arracher des dents »

    Face à un tel fléau, les professionnels disent se sentir souvent impuissants. Jeune enseignante, Marie s’est retrouvée démunie face à une situation qui ne relevait pas de sa compétence. « J’essayais de créer un lien avec les familles. La meilleure manière de le faire n’était pas de leur tomber dessus en jugeant la façon dont elles élevaient leurs enfants. Mais j’ai quand même fait des allusions lors de voyages scolaires ou rappelé que boire de l’eau était indispensable. »

    Ces notes aux parents avant les sorties scolaires pour leur indiquer que l’eau est la boisson à privilégier pour tous les enfants, les enseignants et animateurs de centres de loisirs ont presque tous l’habitude de les faire. Et pas seulement dans les quartiers prioritaires. L’engouement pour les boissons sucrées touche toutes les classes sociales. Dans les réunions parents-profs, le sujet revient régulièrement sur la table. Parmi ceux qui ne jurent que par le bio, beaucoup oublient que dans les jus de fruits… il y a du sucre et en quantité ! Reste qu’à l’apparition des caries, les incidences ne sont pas les mêmes dans ces familles. « Les plus aisées vont aller chez le dentiste dès la première tache et ne se retrouveront pas avec des enfants en grande souffrance à qui il faut arracher des dents », confirme Angéline Leblanc.

    Vers une meilleure prévention ?
    Au regard de la gravité de la situation, certains professionnels de santé continuent d’enrager en passant dans les rayons de produits infantiles des supermarchés qui proposent notamment de petites bouteilles de concentré de fruits. « Ça devrait être interdit », lâche Angéline Leblanc, agacée. Elle n’est pas la seule à le penser. « On milite pour que des étiquettes “interdit aux moins de 6 ans” soient apposées sur les bouteilles de soda », annoncent les parents les plus impliqués. Mais ces coups de gueule sporadiques ne dépassent pas les conseils d’école et ne peuvent à eux seuls faire bouger les lignes. Ceux des dentistes non plus.

    « On essaye d’expliquer aux parents, mais bien souvent ils nous répondent qu’eux-mêmes ne boivent pas d’eau et ne voient pas où est le problème »

    Lancées en France en 2017, les étiquettes nutri-score pourraient devenir obligatoires fin 2022. Mais ces indications ne semblent pas suffire – d’où l’idée de créer d’autres marqueurs pour signaler les produits « interdits aux enfants », sur le modèle du logo « déconseillé aux femmes enceintes » sur les bouteilles d’alcool. Certains pays se sont déjà emparés du sujet. Deux États mexicains interdisent par exemple la vente de boissons sucrées aux moins de 18 ans depuis le 8 août 2020 https://elpais.com/mexico/2020-08-08/oaxaca-inicia-la-carrera-contra-los-productos-azucarados-con-el-apoyo-del-go . Une première mesure avait déjà été appliquée en 2014, qui imposait une taxe sur les boissons sucrées. Le Mexique est à ce jour le seul pays du monde à avoir pris de telles dispositions, principalement pour lutter contre l’obésité infantile. D’autres, comme le Chili, tentent d’inciter à la précaution au moyen d’ étiquettes choc . 
     
    Dans l’Hexagone, il n’existe rien de semblable pour le moment. Pourtant, une étude nationale sur l’état de santé des enfants de 5-6 ans dans les différentes régions de France https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/er250.pdf , commanditée par le ministère de la Santé à l’aube de l’an 2000, faisait déjà état d’une situation d’urgence. Une vingtaine d’années plus tard, rien n’a changé. Désabusés, certains professionnels de la petite enfance finissent par abandonner. D’autres continuent à se mobiliser, avec des initiatives personnelles : des enseignants en maternelle distribuent des flyers sur l’importance de l’hygiène dentaire ou la nécessité de restreindre la consommation de boissons sucrées… « On essaye d’expliquer aux parents, mais bien souvent ils nous répondent qu’eux-mêmes ne boivent pas d’eau et ne voient pas où est le problème. »

    Faute de réponse massive et coordonnée des autorités sanitaires sur le sujet, leurs actions individuelles restent un minuscule pavé dans une immense mare de… Coca.
    #sucre #dents #santé #obésité #enfants #bambins #cola #coca_cola #pepsi_cola #alimentation #caries #dentistes #pauvreté #publicité #multinationales #écoles #ARS #prévention
    J’ai découvert l’existence des « bébés Coca » à l’entrée en maternelle de mon propre enfant. L’institutrice distribuait aux parents des flyers sur l’hygiène dentaire ; j’ai été interloquée par les préconisations qui y étaient imprimées. Il me paraissait évident qu’il ne fallait pas donner de sodas et de boissons sucrées aux plus jeunes avant de dormir, par exemple. J’en ai parlé avec l’enseignante : elle était très surprise que j’ignore l’existence de ces « bébés Coca » et m’a dit ce qu’elle en savait. Au fil du temps, d’autres personnes (éducateurs, auxiliaires puéricultrices…) que j’ai rencontrées lors de différents reportages ont mentionné ce qu’ils désignaient parfois aussi sous le nom de « syndrome du biberon ».

    Ces rencontres ont eu lieu dans l’Aisne, le Pas-de-Calais et le Nord. J’ai compris qu’il y avait un problème de santé publique et décidé d’enquêter. La rencontre avec Angéline Leblanc, dentiste qui a fait sa thèse sur le sujet, a été déterminante. Elle m’a permis de prendre conscience de l’ampleur du phénomène même s’il est impossible d’obtenir des chiffres sur le nombre d’enfants concernés. Pour l’heure, il n’existe pas de données, mêmes approximatives, sur le sujet. Contactée, l’Agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France n’a pas souhaité apporter son éclairage à Mediacités et nous le regrettons, dans une région réputée pour ses indicateurs inquiétants en la matière…

    Au Mexique, depuis début octobre 2020, de nouvelles étiquettes sont apparues sur les emballages alimentaires. Il s’agit de grands octogones en noir et blanc collés sur tous les aliments où il faut signaler un excès de gras, de sucre ou de sel. Une obligation contraignante puisqu’elle concernerait 80 % des produits mis à la vente, d’après l’Institut national de santé publique mexicain. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est convaincue de l’intérêt d’une telle initiative et a remis un prix au pays pour cette initiative ambitieuse. Le Mexique n’est pas le seul pays à avoir mis en place ce type d’étiquetage. Le Chili l’a fait il y a trois ans et les résultats vont dans le bon sens https://observatoireprevention.org/2020/09/02/le-chili-un-exemple-dintervention-agressive-de-letat-pour-co . Le Pérou, Israël et le Canada travaillent sur des systèmes similaires.

  • Pauvreté, autoritarisme : le nouveau monde de #Macron
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/pauvrete-autoritarisme-le-nouveau-monde-de-macron-oxy5RGgCQMeUI5e1CrKMIg

    Quatre-vingt dix auteurs. Il n’en fallait pas moins pour faire l’analyse de ces 50 dernières années d’une France devenue foncièrement néo-libérale et autoritaire. L’idée de réaliser un ouvrage si conséquent - intitulé le « Nouveau Monde » et publié aux…

    #Pauvreté

  • #Paul_Reclus
    https://www.partage-noir.fr/paul-reclus-1105

    Le membre de sa famille le plus proche d’Elisée Reclus, après son frère aîné Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, né le 25 mai 1858 à Neuilly-sur-Seine. Elisée semble avoir considéré le fils aîné d’Elie et de Noémi Reclus (avec lesquels il vivait en communauté) comme son propre enfant, du moins c’est l’impression que l’on a quand on lit ses lettres à d’autres parents. Nous allons bien ici. Notre bébé se développe en intelligence et en force, son gazouillis qui n’est pas encore devenu langage nous réjouit le (...) #Itinéraire_-_Une_vie,_une_pensée n°14/15 : « Elisée Reclus »

    / #Élisée_Reclus, Itinéraire - Une vie, une pensée, [Source : @narlivres], Paul (...)

    #Itinéraire_-_Une_vie,une_pensée_n°14/15 :« Elisée_Reclus » #[Source :_@narlivres]
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_reclus2.pdf

  • #MDR : Baisse de la consommation deux fois plus rapide que l’inflation ! Olivier dauwers
    https://www.olivierdauvers.fr/2022/05/20/inflation-degats-deja-en-vue

    Il y a encore quelques mois, dans les états-majors, l’inflation était regardée avec intérêt. Après tout, les quelques pourcents attendus étaient… bienvenus pour compenser le retour à la normale de fin de pandémie (transfert de volumes vers la restauration et les “cantines” notamment). Fatal error ! Car c’était considérer que l’inflation s’applique toutes choses étant égales par ailleurs, ce qui n’est jamais le cas (les lecteurs de VIGIE GRANDE CONSO connaissent mes convictions / analyses sur le sujet depuis plusieurs mois…). Il était impossible que le comportement des consommateurs ne s’en trouve pas modifié. Ce qui est donc le cas et, ce, dans une proportion rendue extraordinaire par le niveau d’inflation (et le bruit ambiant autour du sujet).

    Les effets sont donc là et bien là. Et les dégâts prévisibles car un marché (et ses acteurs) ne peut sortir indemne d’une telle tempête. Le bilan d’IRI pour le mois d’avril est éclairant. Il y a certes des effets d’historiques mais le recul des volumes est violent : – 6,8 %. Ce qui revient à constater que l’inflation ne compense pas la baisse attendue des volumes (le scénario auquel voulaient donc se raccrocher les retailers en début d’année) mais… l’accélère.

    Second phénomène que j’ai déjà chroniqué : le “trading down” (ou descente en gamme en meilleur français). Confronté à des prix qui augmentent, les consommateurs changent de strate. Là où ils achetaient des MN, ils se contentent des MDD. Et ceux qui préféraient déjà les MDD regardent davantage les premiers prix. Là encore, les observations d’IRI sur avril le confortent (voir infographie). La conséquence est connue : une baisse du chiffre d’affaires à l’unité de besoin. Sur les MDD cœur de marché, le niveau de marge peut représenter une compensation. Mais c’est oublier que, dans ce métier plus qu’ailleurs, le chiffre d’affaires est un diviseur de charges. Et que toute baisse est dangereuse. Voilà pourquoi l’inflation est finalement une menace. Et non une opportunité.

    #inflation #consommation #pauvreté #France #commerce #hec

  • Opinion | Crashing Crypto: Is This Time Different? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/05/17/opinion/crypto-crash-bitcoin.html

    By now, we’ve all heard of them, but what exactly are cryptocurrencies? Many people — including, I fear, many people who have invested in them — probably still don’t fully understand them. Saying that they’re digital assets doesn’t really get at it. My bank account, which I mainly reach online, is also a digital asset, for all practical purposes.

    What’s distinctive about cryptocurrencies is how ownership is established. I own the money in my bank account because the law says I do, and the bank enforces that legal claim by requiring, one way or another, that I prove that I am, in fact, me. Ownership of a crypto asset is established through what’s known as the blockchain, an encrypted (hence the name) digital record of all previous transfers of ownership that supposedly obviates the need for an external party, such as a bank, to validate a claim.

    In the past, cryptocurrencies kept going up by attracting an ever-growing range of investors. Crypto was once held by a small clique that often had the feel of a cult, motivated in part by a combination of libertarian ideology and fascination with the clever use of technology. Over time, rising crypto prices drew in large numbers of additional investors and some big Wall Street money.
    Editors’ Picks
    All Those Celebrities Pushing Crypto Are Not So Vocal Now
    Rescuing the Cuisine of Besieged Mariupol, Recipe by Family Recipe
    Leave the Sweatshirt at Home. Dining Dress Codes Are Back.

    And in the past year or so, crypto marketing has gone really mainstream, with endorsements from celebrities — including Matt Damon, Kim Kardashian and Mike Tyson — not to mention political figures like Mayor Eric Adams of New York and the (unsuccessful) Republican Senate candidate Josh Mandel, who declared his intention to make Ohio “pro-God, pro-family, pro-Bitcoin.” Given all this, it’s hard to see who else there might be to recruit into crypto investing.

    One disturbing aspect of this marketing push, by the way, is that those who bought cryptocurrencies relatively recently — and have therefore lost a lot of money in the crypto crash — probably consist disproportionately of the kind of people most likely to be influenced by celebrity endorsements. That is, they are probably poorer and less sophisticated than the average investor and badly positioned to handle the losses they’ve taken over the past few months.

    As it is, cryptocurrencies play almost no role in economic transactions other than speculation in crypto markets themselves. And if your answer is “give it time,” you should bear in mind that Bitcoin has been around since 2009, which makes it ancient by tech standards; Apple introduced the iPad in 2010. If crypto was going to replace conventional money as a medium of exchange — a means of payment — surely we should have seen some signs of that happening by now. Just try paying for your groceries or other everyday goods using Bitcoin. It’s nearly impossible.

    And then there’s El Salvador, which tried to force the process by making Bitcoin legal tender and heavily promoting and subsidizing its use, in an attempt to make it a true medium of exchange. All indications are that the experiment has been an abject failure.

    #Cryptomonnaires #Monnaie_numérique #Paul_Krugman

  • France périphérique
    https://topophile.net/rendez-vous/france-peripherique

    Exposition photographique Un témoignage poignant sur la précarité et la pauvreté en France depuis 2015 par le photographe, Pierre Faure. Pierre Faure sera à la galerie FAIT & CAUSE les samedis 4 et 25 juin 2022 de 16h à 18h, pour vous servir de guide. " Le titre « France Périphérique » est emprunté à... Voir l’article

  • Inflation et #pauvreté : « L’augmentation est nette, elle est sévère », s’alarme Henriette Steinberg, secrétaire générale du Secours populaire
    https://www.francetvinfo.fr/economie/inflation/inflation-et-pauvrete-l-augmentation-est-nette-elle-est-severe-s-alarme
    https://www.francetvinfo.fr/pictures/gE9m8FXEFoBn8WlLCe_b7wWwt-M/1500x843/2022/05/13/phpExMfOX.jpg

    « Quand on a deux salaires et qu’on ne s’en sort pas, imaginez ce qui se passe pour une mère célibataire. »
    Henriette Steinberg, secrétaire générale du Secours populaire

    à franceinfo

  • DÉFENDRE NOS SPECIFICITÉS
    DANS LE FUTUR SYSTÈME DE RETRAITE

    #rions_un_peu

    reperes227mars2019.pdf
    https://ligue.auteurs.pro/wp-content/uploads/2019/03/reperes227mars2019.pdf

    Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes-auteurs
    Défendre nos spécificités professionnelles dans le futur système de retraite8 |#2
    REPÈRES# est une publication gérée par le bureau des publications
    et de la communication de l’IRCEC. Ce numéro a été finalisé le 27 mars 2019.
    Reproduction autorisée sous réserve de la mention des sources.

    Les augmentations de charges sociales pesant sur les artistes- auteurs ne se répercuteront pas de la même manière dans le secteur culturel que dans d’autres marchés concurrentiels, par exemple ceux qui dépendent des professions indépendantes. Le risque, en appliquant le même taux de cotisation sur leurs revenus que sur ceux des salariés ou des indépendants, est d’entraîner la paupérisation d’une grande partie des artistes-auteurs qui ne pourront pas répercuter cette augmentation sur les « clients finaux » ou les sociétés de production, diffuseur ou éditeurs. Cette situation irait à l’encontre de l’objectif de la loi du 31 décembre 1975 qui rattachait les artistes-auteurs au régime général pour leur retraite de base, pour leur assurer un niveau de couverture sociale convenable. L’exonération pour leur retraite de base, de l’équivalent d’une part patronale sans diminution des droits à la retraite devait permettre, « dans le cadre d’une juste répartition des charges, d’assurer à un groupe peu nombreux mais essentiel au rayonnement de notre pays, une protection sociale élargie et unifiée, et d’éviter que des règles administratives conçues pour d’autres professions n’aboutissent à entraver ou à écraser l’action de la création (Loi n° 75-1348) ». L’adoption d’un régime universel aveugle aux spécificités professionnelles de ce secteur d’activité risque de remettre en cause l’équilibre auquel était parvenu la loi de 1975. Ce système n’avait pourtant plus jamais été discuté. Les accords de l’Organisation mondiale du commerce eux-mêmes reconnaissent à la culture une place spécifique dans l’économie. La culture n’étant pas une « marchandise comme les autres », elle se trouve exclue des accords commerciaux internationaux, au titre de « l’exception culturelle ». Si, à l’échelle mondiale, chaque pays reste libre d’appliquer des règles autonomes pour gérer ce secteur économique particulier, constitutif de sa propre identité, sans avoir à se plier aux accords internationaux régulant tous les autres types d’échanges, il semble possible de mettre en place un système de retraite adapté aux artistes-auteurs en France, se distinguant pour certains aspects du système applicable à l’ensemble des salariés. Nous attendons une décision politique forte, visant à maintenir la création et la diversité culturelle dans notre pays.

    #auteurs #IRCEC #retraite #ubérisation #paupérisation #macron #arnaque

  • Lego Star Wars: The Skywalker Saga has led to extensive crunch at development studio TT Games - Polygon
    https://www.polygon.com/features/22891555/lego-star-wars-the-skywalker-saga-has-led-to-extensive-crunch-at-tt-games

    late 2017, development studio TT Games began work on Lego Star Wars: The Skywalker Saga at a time when dozens inside the company were at odds with management. Citing frustration over tight development schedules, the company’s crunch culture, and outdated development tools, more than 20 current and former TT Games employees tell Polygon that calls for change over the years had largely been ignored.

    More TT Games Employees Speak Out After Skywalker Saga Report
    https://www.fanbyte.com/?p=124963

    In late January, roughly 30 current and former TT Games employees spoke anonymously to Polygon (and myself) about the culture of crunch and mismanagement at both its Knutsford and Wilmslow offices. The final report highlighted instances of premeditated crunch, mishandled projects, and allegations of sexual harassment that occurred under the company’s former management, in addition to complaints of micro-management under the new leadership that had arrived from Sony. Former employees claimed these factors were responsible for a large turnover of staff over the last few years, with at least forty people leaving the two studios since the beginning of 2021, though that number has since grown considerably.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #tt_games #ressources_humaines #crunch #harcèlement_sexuel #environnement_toxique #culture_toxique #sony #trouble_de_stress_post_traumatique #santé #jeu_vidéo_LEGO skywalker_saga #jeu_vidéo_lego_star_wars_the_video_game #giant_interactive #jon_burton #warner_bros #ea #electronic_arts #traveller_s_tales #david_dootson #paul_flanagan #rémunération #jeu_vidéo_lego_jurassic_world #jeu_vidéo_lego_city_undercover #jeu_vidéo_lego_the_incredibles #lego #assurance_qualité #tt_fusion #console_wii_u #unreal_engine #unreal #ntt #tom_stone #jeu_vdidéo_lego_marvel_superheroes #jeu_vidéo_god_of_war #michael_denny #martin_palmer #paul_flanagan #10_10_games #eric_matthews #mark_green #arthur_parsons #light_brick_studio #jeu_vidéo_lego_builder_s_journey #red_games #jeu_vidéo_lego_brawls #gameloft #jeu_vidéo_lego_legacy_heroes_unboxed #jeu_vidéo_lego_star_wars_castaways #leon_warren, #james_lay #robert_nicholds #népotisme #jeu_vidéo_gotham_knights #funko

  • Face à des #Caf devenues des monstres numériques sans humanité, un collectif s’organise - Basta !
    https://basta.media/Face-a-des-CAF-devenues-des-monstres-numeriques-sans-humanite-un-collectif-

    Les personnes aux minimas sociaux témoignent de dysfonctionnements multiples dans les Caf, qui ont des conséquences dramatiques. Dans le même temps, les allocataires sont de plus en plus contrôlés. Un groupe d’associations veut que ça change.

    L’administration accuse les allocataires de fraude, mais c’est souvent aussi elle qui se trompe. « Catherine, 40 ans, handicapée, a une valve au cœur et vit avec l’allocation adulte handicapée (AAH). Elle a subi cinq contrôles de la Caf en 15 mois et demi. Elle découvre que ses droits sont suspendus sans aucune information préalable, ni information sur le motif de cette suspension.

    Chaque contrôle dure environ trois mois. Il faut trois mois supplémentaires pour rétablir les droits et verser un rappel, car la Caf est mal organisée et ne répond pas aux appels. Pendant toute cette durée elle ne perçoit aucune allocation et n’a aucune ressource. Elle doit se débrouiller en empruntant aux voisins et allant au Resto du cœur mais risque l’expulsion de son logement ».

    Mme X comprend que la Caf ne la reconnaît plus

    Quand on est allocataires du RSA ou de l’AAH, on peut aussi se retrouver sans aucune ressource parce que la Caf ne reconnaît plus votre nom. « Mme X bénéficie de l’AAH et des aides au logement, à deux ans de la retraite. En janvier 2019, le versement de toutes les aides de Mme X est suspendu sans explications. Grâce au travailleur social qui l’accompagne, Mme X comprend que la Caf ne la reconnaît plus.

    En effet, ayant divorcé, elle a repris son nom de jeune fille et la Caf pense verser l’AAH une mauvaise personne. Mme X a déjà fourni le document à sa Caf, mais celle-ci l’a égaré. Mme X envoie à nouveau le document. Ces démarches n’ont aucun effet sur les délais d’instruction et il leur est impossible d’obtenir un versement des aides, ne serait-ce que partiel. Mme X se retrouve sans ressources, contrainte à vivre de la mendicité autour de la Maison relais où elle est hébergée.

    Ce n’est que 12 mois après l’arrêt des versements que sa Caf valide finalement le document fourni par Mme X et procède à un rappel de tous ses droits. » Ce sont deux témoignages parmi les dizaines de ceux recueillis en quelques mois par le collectif citoyen « Changer de cap », qui se bat pour un service public plus humain et qui dénonce la numérisation à marche forcée des caisses d’allocations familiales (Caf).

    #Droits_sociaux #dématérialisation #allocataires #RSA #AAH #APL #classes_populaires #services_publics #contrôle #pauvreté

  • Les plus pauvres ne votent pas toujours pour Marine Le Pen

    D’une élection à l’autre, le cliché est tenace. Les plus pauvres voteraient en masse pour Marine Le Pen. Or, expliquent les spécialistes du sujet, ce présupposé est à nuancer, même si les résultats électoraux établissent que plus le revenu fiscal est faible dans une commune, plus elle vote Le Pen. En réalité, ces électeurs du RN ne sont pas parmi les plus démunis.

    L’image est devenue virale. Au soir du second tour, le 24 avril, deux électrices de Marine Le Pen venues assister au résultat du scrutin présidentiel dans le bureau centralisateur d’Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) s’emportent sitôt la défaite de leur candidate connue.
    Le doigt d’honneur et les insultes proférées témoignent de leur déception. Sitôt diffusées sur les réseaux sociaux par les journalistes présents (lire le billet de Khedidja Zerouali), ces images ont attiré pléthore de commentaires et de moqueries notamment sur la pauvreté supposée des deux femmes.

    Les journalistes de La Voix du Nord sont revenus sur cette séquence dans un article et affirment avec fermeté que les analyses sont fausses. « Même des gens de gauche ont dit de faire attention au mépris de classe, parce que ces femmes souffriraient de leur condition sociale. Mais pas du tout ! Des internautes les perçoivent comme des “cassos” alors qu’elles-mêmes disent vivre bien. »

    Le cliché est tenace, et bavard quant aux représentations des classes populaires dans l’imaginaire. Forcément, eu égard à leur origine géographique, ces femmes, supportrices du Rassemblement national, seraient fatalement pauvres.

    Car les plus précaires voteraient forcément pour Marine Le Pen et ses électeurs seraient forcément précaires. Ils la soutiendraient par désespoir de leur condition, un présupposé non attesté scientifiquement, expliquent les spécialistes du sujet.
    Et ce même si les résultats électoraux démontrent une corrélation entre le revenu fiscal de référence moyen dans une commune et le candidat arrivé en tête au second tour. Plus ce revenu diminue, plus la candidate du RN est plébiscitée.

    Selon une enquête Ipsos, Marine Le Pen ne devance Emmanuel Macron que parmi les foyers disposant d’un revenu mensuel net inférieur à 1 250 euros. Et dans un mouvement inverse, plus ce revenu augmente, plus le président sortant séduit.
    De la même manière, les personnes qui se disent satisfaites de leur vie vont voter Macron au contraire des insatisfaites qui vont choisir Marine Le Pen. Laquelle a tout fait pour s’adresser aux plus précaires en mettant en avant des mesures en faveur du pouvoir d’achat.
    Seulement, la question est plus complexe dès lors qu’on y plonge dans le détail. La sociologue Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’extrême droite, considère qu’il convient de prime abord de définir la réalité recouverte par la pauvreté des électeurs et électrices du Rassemblement national : « Parle-t-on de niveaux de vie, d’écart au revenu médian ? Peut-on se contenter de raisonner en termes de pauvreté matérielle ? L’indicateur de précarité me semble être davantage pertinent. »

    Il s’agit d’un indicateur constitué de onze questions auxquelles les sondé·es répondent par oui ou non qui permettent de déterminer, par exemple, si les sondé·es ont des fins de mois difficiles, s’ils sont en lien avec une assistante sociale, s’ils partent en vacances, s’ils ont dans leur entourage sur qui compter en cas de coup dur. « C’est encore plus important car on peut être pauvre en revenus mais avoir ses parents ou des amis derrière, donc on voit bien que la notion de pauvreté, en plus d’être stigmatisante, n’a pas grand sens quand elle est isolée de son contexte. »

    Bien sûr, poursuit-elle, « il est sûr que le Front national hier, le Rassemblement national aujourd’hui réalise ses meilleurs scores à mesure qu’on descend l’échelle des revenus. Mais ce sont des gens qui ne sont pas forcément en dessous du seuil de pauvreté. En réalité, il y a une dimension subjective à la pauvreté. Il y a des gens qui objectivement ne sont pas pauvres mais qui se sentent pauvres ou en déclin. Il y a tellement de manières de l’être ».

    Nicolas Duvoux, sociologue spécialiste de la pauvreté et professeur à l’université Paris 8, relève de son côté que les jeunes, une frange de la population plutôt possiblement en difficulté sociale, ont largement voté pour Jean-Luc Mélenchon.
    Ce qui prouve que la dimension économique ne saurait expliquer à elle seule le vote RN parmi les catégories sociales les plus pauvres.

    L’adhésion au discours raciste et identitaire, qui a essaimé par ailleurs à d’autres partis, ne peut être un élément évacué de l’analyse. Il s’agit aussi pour ces soutiens de Marine Le Pen de se distinguer des catégories sociales stigmatisées et racisées.

    De fait, pour Nicolas Duvoux, sans être riches non plus, « les électeurs du RN ne sont pas les plus démunis, ce ne sont pas ceux qui sont dans une détresse totale et sans perspective. En réalité, ils ont plutôt peur de ressembler à ceux qu’ils assimilent à des cas sociaux. Ils cherchent à mettre à distance ces figures repoussoirs, c’est un mécanisme absolument fondamental pour comprendre les ressorts de ce vote ».

    Violaine Girard, sociologue et maîtresse de conférences à l’université de Rouen-Normandie et autrice du livre Le Vote FN au village : trajectoires de ménages populaires du périurbain (éditions du Croquant), a enquêté dans les espaces périurbains du Bugey, région à une quarantaine de kilomètres à l’est de Lyon. Ce territoire a abrité des ménages des classes moyennes ou populaires, qui accèdent ensuite à la propriété.

    À la lumière de ses travaux, la sociologue confirme qu’il est compliqué d’imputer le vote RN des classes précarisées à leur seule condition économique. Le désespoir ne saurait l’expliquer en totalité.
    « Quand j’ai commencé à travailler sur ces questions-là, notamment entre 2009 et 2012, il y avait quand même aussi beaucoup de résultats d’enquêtes sociologiques qui montraient qu’il y a une part des électeurs du Front national qui venait des classes populaires et des catégories précarisées. Mais il y a aussi une proportion non négligeable d’indépendants ou de professions intermédiaires qui votaient pour Marine Le Pen, même s’ils sont moins nombreux que les ouvriers dans la société. Ces électorats sont composites et hétérogènes. »

    Violaine Girard insiste sur le fait que ces ménages populaires ou des catégories intermédiaires qui accèdent à la propriété dans des quartiers récents ne sont pas les plus pauvres. Le chômage de masse n’existe pas dans les zones qu’elle a étudiées. Ces personnes aspirent à une élévation sociale pour leurs enfants qui occupent des emplois stables grâce à leurs études, souvent en bac pro ou BTS.
    La chercheuse Nonna Mayer souligne qu’une des notions clés du vote en faveur de Marine Le Pen réside dans le niveau de diplôme. Moins on a fait d’études, plus il y a des chances qu’on vote pour elle. Ne pas avoir de diplôme dans une société de la connaissance peut engendrer beaucoup de frustration.

    Comme la peur du déclassement, forte chez les jeunes actifs parmi lesquels Marine Le Pen enregistre le meilleur score. « Il y a chez eux cette vieille idée tenace que les “assistés”, dans leur esprit les personnes issues de l’immigration, vivent mieux qu’eux et que tout leur est plus facile. » 

    Sortir d’une analyse nourrie de schémas misérabilistes

    Le sociologue Nicolas Duvoux voit aussi derrière le vote RN une occasion pour ces catégories populaires de se sentir privilégiées et d’obtenir une forme de reconnaissance symbolique. « Derrière le vote RN, il y a aussi une manière d’essayer de conjurer la crainte d’être déclassé ou d’être relégué. Elles se disent : on vaut mieux que ceux qui sont tout en bas et les étrangers, notamment par le truchement de la préférence nationale. » Ainsi pensent-elles, malgré le caractère antisocial du programme de Marine Le Pen, qu’il leur sera plus facile d’obtenir un logement ou un travail. Ce qui est faux. [c’est ne pas avoir lu le programme du RN que de dire cela, ndc]

    Divers travaux sociologiques ont exploré ce sentiment dont se nourrit l’extrême droite. « Le sociologue Robert Castel avait beaucoup travaillé sur la manière dont les aides sociales créent énormément de frustration et de concurrence au sein des pauvres, développe Nonna Mayer. Un autre sociologue, Olivier Schwartz, a écrit là-dessus et disait que les classes populaires ont une espèce de strabisme. Ils se définissent à la fois contre le haut et contre le bas de la société. Il montrait qu’il y avait la classe sociale objective mais aussi la classe sociale subjective et qu’elle était même plus importante. »

    Enfin, l’un des ressorts à ne pas négliger dans ce vote RN, pour Nicolas Duvoux, est ce sentiment de mépris des élites envers les classes moyennes et populaires. Ce qui explique pourquoi, dans les zones rurales, les personnes éloignées des centres de pouvoir et de décision peuvent opter pour l’extrême droite. « Les principaux représentants de la classe politique sont extrêmement distants socialement. Dans les anciennes professions des députés, il n’y a pas d’ouvriers », ajoute Violaine Girard.

    Il convient également d’observer les trajectoires de #politisation pour mieux comprendre ce qui se noue ici. De fait, les communes étudiées par Violaine Girard ne sont pas imprégnées par le militantisme, syndical ou politique, qui favorise plutôt le vote à gauche.
    D’où leur ancrage plutôt marqué à droite. « Les habitants du Bugey vivent parfois dans des déséquilibres financiers importants, ont des crédits sur trente-cinq ans, ont une seule voiture, ce qui complique leur vie. Face à la transformation du monde du travail, où les personnes se disent qu’elles doivent individuellement faire leurs preuves pour décrocher un CDI, par exemple en ne comptant pas leurs heures supplémentaires. Ce qui débouche sur des formes de politisation à droite. Puis, progressivement, les habitants de ces zones périurbaines se sont orientés vers le FN/RN. »

    Violaine Girard considère donc qu’il faut sortir d’une analyse nourrie « de schémas misérabilistes ». Elle explique à l’inverse que des personnes peuvent être au chômage et avoir gardé au contraire des formes de politisation à gauche pour différentes raisons, « parce qu’elles ont grandi dans une mairie communiste par exemple ».
    Ce que Nonna Mayer a également observé. « Il n’y a pas une fatalité qui ferait que systématiquement quand on est précaire on vote à l’extrême droite. Ça dépend du contexte politique. En 2012, plus on était précaire, plus on votait pour François Hollande, car ces personnes espéraient que la gauche s’occupe de leurs problèmes. Elles ont été très déçues et en 2017, à ma grande surprise, les plus précaires ont voté pour Marine Le Pen. Le vote dépend vraiment du contexte. »

    L’autre élément tendant à prouver que le vote RN n’est pas un vote cantonné aux classes les plus basses reste l’abstention. Le phénomène est massif chez les très pauvres, ceux qui sont en très grande précarité et échappent à tous les radars. « Il y a un gradient social très fort : plus vous êtes jeune et pauvre et moins vous votez. Et cette réalité s’est exprimée avec une très grande brutalité lors de cette élection », constate Nicolas Duvoux. 
    Une analyse partagée par Nonna Mayer qui rappelle que « le premier impact de la précarité, c’est de détourner du vote ». Dans les enquêtes que la chercheuse a menées lors des élections présidentielles de 2012 et 2017, elle a pu relever que les plus précaires ont tendance à se replier sur eux-mêmes et être démoralisés au point que cet exercice démocratique n’a plus de sens pour eux.

    D’autres font face à un obstacle matériel. Ils ne sont pas ou mal inscrits sur les listes électorales. « On a vu que plus de 50 % des précaires se sont exclus du vote d’une manière ou d’une autre à l’élection présidentielle de 2017, et ils font partie des rares abstentionnistes constants parce que, contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les mêmes qui s’abstiennent d’un tour à l’autre. »

    Faïza Zerouala
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280422/les-plus-pauvres-ne-votent-pas-toujours-pour-marine-le-pen

    #abstention #extrême_droite #RN #précarité #pauvreté

    • sur ces politisations fascisantes, on ne dira jamais assez la responsabilité d’une gauche qui a réintroduit la hiérarchie des salaires (individualisés) et excité la #concurrence entre les diverses figures du précarait (Jospin, 1998 déclarant préférer une « société de travail à l’assistance »). un point évacué par l’article qui ne cite à ce titre qu’une mécanique structrurale des « aides sociales » (sous couvert de Castel dont l’article à ce sujet évoquait le cas U.S, montrant que le welfare y est considéré comme profitant aux Noirs) et des contextes politiques locaux.

      instaurer ce type de concurrence, comme d’autres, tel est le rôle de l’État. il s’agit de rendre les ressorts de la domination immanents à la population elle-même.

  • 5 questions à Roland Riachi. Comprendre la #dépendance_alimentaire du #monde_arabe

    Économiste et géographe, Roland Riachi s’est spécialisé dans l’économie politique, et plus particulièrement dans le domaine de l’écologie politique. Dans cet entretien, il décrypte pour nous la crise alimentaire qui touche le monde arabe en la posant comme une crise éminemment politique. Il nous invite à regarder au-delà de l’aspect agricole pour cerner les choix politiques et économiques qui sont à son origine.

    https://www.carep-paris.org/5-questions-a/5-questions-a-roland-riachi
    #agriculture #alimentation #colonialisme #céréales #autosuffisance_alimentaire #nationalisation #néolibéralisme #Egypte #Soudan #Liban #Syrie #exportation #Maghreb #crise #post-colonialisme #souveraineté_nationale #panarabisme #militarisme #paysannerie #subventions #cash_crop #devises #capitalisme #blé #valeur_ajoutée #avocats #mangues #mondialisation #globalisation #néolibéralisme_autoritaire #révolution_verte #ouverture_du_marché #programmes_d'ajustement_structurels #intensification #machinisation #exode_rural #monopole #intrants #industrie_agro-alimentaire #biotechnologie #phosphates #extractivisme #agriculture_intensive #paysans #propriété_foncière #foncier #terres #morcellement_foncier #pauvreté #marginalisation #monoculture #goût #goûts #blé_tendre #pain #couscous #aide_humanitaire #blé_dur #durum #libre-échange #nourriture #diète_néolibérale #diète_méditerranéenne #bléification #importation #santé_publique #diabète #obésité #surpoids #accaparement_des_terres #eau #MENA #FMI #banque_mondiale #projets_hydrauliques #crise_alimentaire #foreign_direct_investment #emploi #Russie #Ukraine #sécurité_alimentaire #souveraineté_alimentaire

    #ressources_pédagogiques

    ping @odilon

  • « Avec Marine Le Pen, des millions de personnes basculeraient dans la pauvreté » Nicolas Duvoux
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/nicolas-duvoux-avec-marine-le-pen-des-millions-de-personnes-basculeraient

    Le programme de la candidate d’extrême droite saboterait le principe même de protection sociale et de solidarité. Sa mise en application créerait davantage de misère, analyse le sociologue.

    Marine Le Pen, candidate du « social » ? Pas pour un sou, selon Nicolas Duvoux, professeur de sociologie à l’université Paris-VIII Vincennes Saint-Denis et spécialiste des questions de #pauvreté. Non seulement, les mesures sociales prônées par la leader d’extrême droite n’opèrent pas de changement radical avec les réformes libérales entreprises par Emmanuel Macron et ses prédécesseurs, mais elles y ajoutent, en plus, un principe de #discrimination contraire à l’idée même de #solidarité.

    Face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen joue à plein la carte du social. Qu’en est-il réellement ?

    On entend effectivement cette musique dans le programme de Marine Le Pen et sur laquelle elle n’hésite pas à s’appuyer. Lors de son discours le soir du premier tour, elle a ainsi mobilisé les termes de « fracture sociale », de « solidarité » et de « fraternité ». Néanmoins, son programme vise à construire et à financer une solidarité par l’exclusion d’une partie de la population. Elle propose de réserver les aides sociales aux seuls Français et de conditionner à cinq années de travail l’accès aux prestations de solidarité. Pour augmenter le pouvoir d’achat des Français, elle entend leur « rendre de l’argent », tout en faisant des économies en « réservant les allocations familiales exclusivement aux Français ». On a là une rupture radicale avec le contrat social tel qu’on le connaît aujourd’hui.

    C’est ce qu’elle appelle la « préférence nationale ».

    Cette priorité nationale se décline aussi dans les conditions d’accès au logement social et à l’emploi. Il ne faut jamais perdre de vue que derrière le discours de Marine Le Pen qui prend en compte la dureté de la vie économique et sociale, il y a un programme politique qui opère un traitement différentiel des citoyens et instaure, de fait, une forme assumée de discrimination, contraire à la Constitution. C’est une solidarité dont le fonctionnement et le financement reposent sur l’exclusion de millions de personnes. Or sans cette solidarité, ces dernières basculeraient mécaniquement dans la pauvreté. Paradoxalement, le programme social du RN aurait pour effet de créer davantage de misère sociale. Il faut préciser que ce traitement inégalitaire entre les citoyens n’est en rien comparable à certaines propositions du programme d’Emmanuel Macron qui peuvent paraître elles aussi « antisociales » au point de braquer une partie de l’électorat de gauche, en particulier sur sa volonté de conditionner le versement du RSA à une activité.

    Pour augmenter les salaires, elle partage la même méthode qu’Emmanuel Macron : l’exonération fiscale pour les entreprises.

    Pour inciter les employeurs à augmenter la rémunération de leurs salariés, elle propose en effet d’exonérer de cotisations patronales les entreprises qui revalorisent de 10 % le salaire des travailleurs gagnant jusqu’à trois Smic. Cela reviendrait en réalité à assécher les ressources de financement de la protection sociale. De même pour sa proposition d’exonération d’impôt sur le revenu des jeunes de moins de 30 ans ou de baisse de la TVA, qui consisteraient à supprimer des prélèvements obligatoires et donc à saper encore un peu plus les moyens attribués à la protection sociale. De telles mesures conduisent non seulement à un appauvrissement des sources de financement de la solidarité mais aussi à une restriction de la population éligible aux mécanismes de protection. C’est un programme à front renversé de l’idée même de solidarité.

    Au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen est arrivée en tête chez les 25-49 ans. Comment l’expliquez-vous ?

    Sa candidature a trouvé un fort écho chez les personnes d’âge intermédiaire comme chez les employés et les ouvriers. On peut interpréter ce solide ancrage électoral à la fois dans ces deux catégories socioprofessionnelles et dans cette tranche d’âge comme l’expression d’un sentiment de mépris et d’une revendication de dignité bafouée. Ce vote reflète une posture défensive face aux contraintes liées au pouvoir d’achat et que des mesures de très court terme comme la baisse de la TVA peut séduire. A contrario, le vote des plus 60 ans, largement dominé par Emmanuel Macron, incarne une frange de l’électorat qui a déjà pu acquérir une forme de sécurité économique et sociale après sa vie active. Tandis que Jean-Luc Mélenchon s’est emparé du vote de 18-24 ans qui représente une partie de la population encore en âge de nourrir des espoirs de changement.

    Le principal atout de Marine Le Pen reste donc le départ progressif à la retraite face au projet impopulaire de retraite à 65 ans défendu par Macron ?

    Oui car mis à part quelques coups de pouces envers des catégories de population spécifiques, comme le doublement de l’allocation accordée aux mères isolées ou la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapée, il n’y a pas de réelles mesures sociales dans le programme du RN. Concernant l’imposition des foyers les plus fortunés, le RN propose de remplacer l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) par un impôt sur la fortune financière (IFF), dont seraient exonérés la résidence principale et les actifs professionnels. Elle revendique ainsi un choix inverse de celui fait par Macron afin de favoriser « l’enracinement », dit-elle. Cela conduit à une négation du rôle du logement dans les inégalités et leur reproduction. Enfin, elle veut créer un ministère de la lutte contre les fraudes dont on comprend aisément qu’il s’agit avant tout de contrôler les familles qui bénéficient des prestations sociales.

    Comment qualifier idéologiquement le volet social du RN ?

    Son programme ne remet pas en cause les réformes libérales adoptées par Macron et ses prédécesseurs. Elle ne souhaite plus supprimer la loi Travail qui a assoupli le code du travail, ni abroger les ordonnances travail qui ont plafonné le montant des indemnisations en cas de licenciement. Son volet social s’accommode de ce qui a été fait précédemment tout en se contentant de cibler de sous-catégories de populations, comme on l’a vu avec les mères isolées ou les personnes en situation de handicap, et en y ajoutant une composante d’exclusion sur le critère national. C’est une conception dévoyée et excluante de la solidarité, profondément dangereuse. Certains politistes parlent d’ailleurs de « welfare chauvinism » pour conceptualiser une politique de limitation d’accès à des droits sociaux aux « natifs » d’un pays par opposition aux « étrangers ». Cela correspond bien à son projet et à la conversion que Marine Le Pen a fait adopter à son parti.

    #RN #présidentielle #étrangers #préférence_nationale #travail #droits_sociaux #contrôle_des_pauvres #impôt #salaire #AAH #mères_isolées (deux mesures spécial drague des GJ)

    • Ce qui est sans doute le plus effrayant, c’est le fait que cet argument est peut-être bien « contre-productif », c’est-à-dire justement séduisant pour une bonne partie de la population :

      financer une solidarité par l’exclusion d’une partie de la population

      Exclure « les arabes et les noirs » des prestations, des soins, etc., et leur envoyer la bac dès qu’ils mouftent, et ainsi espérer avoir un système « qui fonctionne » pour les souchiens, puisque de toute façon c’est le sous-texte des politiques gouvernementales (pas officiellement fachotes) depuis des décennies, j’ai bien peur que ça ne soit plus un repoussoir. Et même : au moins avec les fafs c’est clair.

    • 3,5 millions de personnes risquent de perdre l’emploi qu’elles occupent
      https://www.nouvelobs.com/election-presidentielle-2022/20220415.OBS57184/avec-marine-le-pen-au-pouvoir-des-centaines-de-milliers-d-etrangers-et-de

      la préférence nationale est déjà partout, depuis longtemps. en 1988, parlement et sénat quasi unanimes adoptaient un RMI qui n’aurait été accessible au étrangers qu’après 3 ans de séjour légal si les socialistes n’avaient pas dû composer face à une mobilisation contre le projet de loi (2 ou 3000 personnes à Paris) et réduire cette durée de séjour préalable à un an. depuis, avec le RSA Hirsch Sarkozy 2007, cette durée préalable a été fixée à trois ans.

      chaque marche franchie nous empêche davantage de respirer.

      il y a beaucoup de sans papiers qui mettent 10 ans (ou plus) à être régularisés, et en plus d’avoir bossé comme un âne une partie de sa vie il faut atteindre une durée légale de séjour pour accéder à la solidarité nationale. parait que le travail est devoir qui ouvre des des droits.

      on ne nait pas raciste, on le devient
      priorité nationale, c’est bien trouvé.

      #racisme

    • MLP a abandonné le libéralisme FN pour un programme « social-populiste »

      Le Rassemblement national, historiquement méfiant vis-à-vis d’un Etat supposé faire « plus mal et plus cher que n’importe qui », est devenu le défenseur des services publics et des fonctionnaires, promoteur d’un agenda redistributif, protectionniste et interventionniste, explique le spécialiste de l’extrême droite Gilles Ivaldi, qui parle de « welfarisation ». Le cœur idéologique reposant sur la préférence nationale est intact, mais la priorité est de protéger les Français en leur réservant des aides sociales, en promettant des hausses de salaires et une retraite à 60 ans, et en mettant en place différents types de contrôles aux frontières pour préserver l’emploi et la production nationale.

      Cette évolution d’un ancrage économique libéral vers ce que Gilles Ivaldi a nommé le « social-populisme » a permis au parti d’extrême droite d’accroître fortement sa présence auprès des catégories traditionnellement acquises à la gauche comme les ouvriers, puis, plus récemment auprès des employés, alors que le FN des années 1980 était bien représenté dans des populations plus favorisées comme les industriels, les commerçants, ou les professions libérales.

      https://justpaste.it/5596m

  • #Pétition #CAF - Changer de cap
    https://changerdecap.net/petition-caf

    #Dématérialisation et #contrôles_discriminatoires :
    "Nous demandons le démantèlement des pratiques illégales des CAF"
    Le collectif Changer de Cap a initié un appel par le biais d’une tribune publiée le 5 avril 2022 par Basta ! 

    Cet #appel peut être signé par tous. Vous pouvez également le télécharger au format PDF.

    La #numérisation à marche forcée des #services_publics contribue à faire des #Caisses_d’Allocations_Familiales (CAF) un instrument de la mise en place d’une société de surveillance et de #pénalisation des plus #pauvres. Alors que la protection sociale est un droit universel depuis le Conseil national de la Résistance, les CAF développent une politique de plus en plus dure de contrôle des personnes en situation de précarité.

    Tous fichés…
    Plus de 1 000 données par personne sont collectées pour 13 millions de foyers[1], grâce à l’interconnexion de dizaines de fichiers administratifs (impôts, éducation, police, justice…) Les contrôleurs ont en outre le pouvoir de consulter nos comptes bancaires, nos factures de téléphone et d’énergie… Toutes ces données sont traitées à notre insu.

    Chaque allocataire fait l’objet d’un profilage établi par un logiciel, mais selon des variables définies par des décisions humaines. Des algorithmes déterminent des « scores de risque » de fraude, qui débouchent sur un véritable harcèlement des personnes en difficulté. Sont qualifiés de « risque » les variations de revenus, les situations familiales atypiques, la naissance hors de France… Il en résulte un ciblage des contrôles sur les personnes précaires, handicapées ou vulnérables.

    Plus de 32 millions de contrôles automatisés ont été réalisés par les CAF en 2020. Les témoignages collectés confirment la concentration de ces contrôles sur les femmes seules avec enfants, les chômeurs, des personnes handicapées, d’origine étrangère….

    Des contrôles indignes et illégaux
    Les méthodes de contrôle sont tout aussi inacceptables. La plupart de ces contrôles sont déclenchés automatiquement, sans en informer les allocataires et parfois sans notification, ce qui est contraire à la loi. Juridiquement la fraude doit être intentionnelle, mais ici les incompréhensions, les difficultés face au numérique, les erreurs, y compris celles des CAF, sont assimilées à de la fraude[2].

    Les procès-verbaux sont remplacés au mieux par des notifications sommaires, qui ne précisent ni les modalités de calcul de l’indu, ni les délais de réponse, ni les voies de recours. Dans de nombreux cas, les allocations sont suspendues pendant toute la durée du contrôle, sans respect du reste à vivre légalement imposé à tous les créanciers. Les contrôleurs sont pourtant dotés de larges pouvoirs juridiques et d’investigation, mais le calcul de leur prime d’intéressement dépend du montant des indus frauduleux détectés.

    Ces dérives sont amplifiées par la désorganisation des CAF, suite à la numérisation et aux réductions d’effectifs. Les allocataires connaissent de nombreux retards, des erreurs, des versements à tort, des absences de réponses, l’impossibilité de trouver un interlocuteur. On imagine le mal-être et la dégradation des conditions de travail des agents soucieux de défendre un service public humain.

    Les conséquences de telles orientations sont dévastatrices sur le plan social. La Fondation Abbé Pierre montre comment des familles ont été expulsées suite à des recouvrements qui ne tenaient pas compte du reste à vivre[3]. Rappelons que 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, que 12 % des Français souffrent de difficultés psychiques. L’action présente de la CAF y contribue, comme le montrent les témoignages recueillis.

    Une police et une justice parallèles
    Ainsi, à la faveur de la numérisation, une police et une justice numérique parallèles se mettent en place, insensibles à des situations humaines parfois dramatiques. Ces pratiques ne respectent pas les principes fondamentaux du droit, et sont entachées d’illégalité[4]. Elles découlent de la convention d’objectifs et de gestion 2018-2022 de la CNAF qui assimile les CAF à des entreprises et considère les prestations sociales comme des coûts à réduire. Tout en pratiquant en permanence le double langage, le pouvoir politique considère toujours « qu’on met un pognon de dingue dans des minima sociaux ».

    Transparence, légalité, solidarité
    On ne peut que s’inquiéter de l’intention de l’actuel président, s’il est réélu, de généraliser le versement automatique des aides sociales. S’il s’agit d’étendre ce type de pratiques, ce projet de maltraitance institutionnelle est inacceptable et monstrueux.

    *

    C’est pourquoi nous demandons le démantèlement des pratiques illégales qui se sont développées, l’instauration de sanctions contre ceux qui les ordonnent délibérément et un retour aux missions fondatrices de la Sécurité sociale et des services publics, dans une logique de confiance et de solidarité.

    Toute la transparence doit être faite sur la récolte et le traitement des données personnelles des allocataires par la CAF, ainsi que sur le rôle des logiciels et des algorithmes dans la prise de décision.

    Il est indispensable de remettre les humains au cœur du service public, tout particulièrement dans les CAF, et de faire du numérique un outil pour rendre effectif l’accès de chacun à ses droits sociaux, tout en respectant son intimité.

    [1] Vincent Dubois, Contrôler les assistés, Raisons d’agir, 2020, p. 257.

    [2] Comme le soulignait le Défenseur des Droite dès 20217 : lutte contre la fraude aux prestations sociales : à quel prix pour les usagers ? Voir ici

    [3] Fondation Abbé Pierre, 2020, Prestations sociales de la CAF et logement. Enquête sur les freins rencontrés 2020. Voir ici

    [4] Cabinet DBKM. Incompatibilité des mesures nationales de lutte contre la fraude aux prestations sociales avec le Pacte des droits civils et politiques. Rapport au comité des droits de l’homme des Nations unies (voir ici)