• Les nouveaux #pauvres - Quand travailler ne suffit plus | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/078202-000-A/les-nouveaux-pauvres-quand-travailler-ne-suffit-plus

    Partout en #Europe, le constat est le même : de plus en plus d’actifs et de retraités à la carrière en pointillés vivent dans la #précarité. Confrontée à des conditions d’existence dégradées, une part de plus en plus large de la classe moyenne – et pas seulement les plus modestes – manifeste sa défiance grandissante envers les partis de gouvernement par un vote pour les #extrêmes, quand elle ne laisse pas exploser sa colère dans la rue à la manière des « gilets jaunes » français. Mise en lumière au travers d’une palette de situations personnelles difficiles, cette #insécurité_sociale, qui touche un tiers des Européens, est analysée par des spécialistes, parmi lesquels le géographe Christophe Guilluy (auteur de No Society – La fin de la classe moyenne occidentale) et l’économiste Guy Standing (Le #Précariat – Les dangers d’une nouvelle classe). Malgré l’émergence d’initiatives correctives, notamment en Espagne, où plus de la moitié des jeunes de moins de 30 ans occupent un emploi précaire, et en Suède, où une expérimentation sur le revenu universel de base est menée avec des chômeurs, ce documentaire brosse le portrait édifiant d’une société au bord du précipice.

    #emplois #travail

  • Crise, choix et priorités
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29579-crise-choix-et-priorites

    Par #Charbel_Nahas

    En arabe le mot crise, “azma”, signifie morsure violente, insupportable, et suggère l’impossibilité d’attendre et l’obligation de réagir. Dans les langues européennes, la crise est le moment du choix, qui conduit soit à la guérison, soit à la mort. Tout le monde semble convenir que le #Liban est en crise. Mais de quelle crise s’agit-il ?

    Il y a une crise dans la rue : l’explosion de la colère populaire est persistante depuis le 17 octobre. Il y a une crise financière qui s’amplifie tous les jours, les banques, sans l’avouer, ne peuvent plus honorer les échéances de leurs déposants, ni financer les importations et l’économie.

    Il y a une crise du système politique : les chefs communautaires ne peuvent plus constituer un gouvernement d’“union nationale” suivant les règles de leur jeu et ont dû se cacher derrière un soi-disant cabinet de technocrates, sans projet politique.

    Il y a aussi une crise du modèle social : le #communautarisme reste la règle, freinant la libération du débat politique et faisant peser la menace de la #violence.

    Ces quatre crises se manifestent toutes ensemble. Leur coïncidence serait-elle fortuite ? Ou bien y a-t-il des liens de causalité entre elles, qui imposent de hiérarchiser leur traitement conjoint ?

    Certains se sont appliqués à proposer des causalités aberrantes (comme si les manifestations avaient provoqué la crise financière) ou à invoquer des actions externes (comme s’il n’y avait jamais eu d’interventions extérieures).

    La réalité est plus simple, mais non moins inquiétante : les crises ne sont pas perçues au moment de leur occurrence effective, mais décalées, et se manifestent dans des télescopages, comme celui que nous vivons actuellement. Le décalage est d’autant plus long que les enjeux de la crise sont graves et ses causes profondes.

    Si le soulèvement populaire dure depuis trois mois, la crise financière était déjà là depuis au moins 2016, sans quoi les fameuses “ingénieries” n’auraient pas eu lieu. Le modèle politique instauré après la guerre était en échec depuis 1996-97 du fait de l’effondrement des paris sur le “processus de paix” et sur la reconstruction par la #dette qui le sous-tendaient ; sinon les chocs de 1998, de 2000 et de 2004 n’auraient pas eu lieu. Ce modèle politique est lui-même le produit des transformations sociales du tournant des années 1960-70 qui, n’ayant pas été prises en compte (se souvenir de la lettre de renonciation de Fouad Chéhab en 1970), ont occasionné la guerre civile et produit l’arrangement de Taëf.

    Sans aller jusqu’à exiger que “gouverner, ce soit prévoir”, les Libanais sont en droit d’attendre que ce soit, plus humblement, de constater et de reconnaître.

    La fameuse “#résilience

    La question centrale devient celle du temps, du rapport au temps. C’est cet effet de décalage que certains thuriféraires ont appelé “résilience” et ont rattaché à un prétendu “exceptionnalisme libanais”.

    Pour que les crises aient pu être esquivées, reportées, il a fallu un mélange de trois ingrédients : des faits du hasard, une habileté et une ruse certaines, et surtout un fatalisme de la société qui s’est laissé transformer en variable d’ajustement du système.

    Deux faits inespérés d’abord : l’annonce de l’invasion américaine de l’Irak en 2001-2002 qui a rassemblé dans la même crainte Français, Saoudiens et Syriens, et qui a permis la tenue de la conférence de Paris II ; puis, à partir de 2006, la montée des prix du pétrole qui a fait se déverser sur le Liban un flux de dollars considérable.

    La ruse et l’habileté, mais aussi l’appétit pour les gains à court terme ont conduit à ériger une gigantesque pyramide de Ponzi et à créer une illusion monétaire sophistiquée : le dollar libanais. Une devise qui n’a pas de cours vis-à-vis des autres devises, et qui tient au mirage longtemps entretenu qu’un dollar libanais est un dollar américain, qui n’a pas d’institut d’émission, mais qui peut être détenu en réserve nominale de valeur par la Banque centrale et par les déposants, et qui se multiplie par les effets de crédit.

    Enfin, ces #illusions n’auraient pas pu se déployer sans le fatalisme que la guerre, puis la domination des chefs de guerre ont imposé à l’ensemble de la population le sentiment de vivre en sursis. Dès lors le fait de repousser les échéances devient un objectif en soi.

    Prouesse ou tragédie

    Ces prouesses ont eu un coût effroyable. Un coût financier bien sûr. Les agrégats financiers ont atteint des niveaux inouis : les emplois domestiques des banques représentent cinq fois le PIB, les #intérêts perçus par les créanciers atteignent la moitié du PIB et la dette publique, incluant le passif net de la BDL, deux fois le PIB.

    Un coût économique aussi. Les prix domestiques ont augmenté de près de 200 % par rapport aux prix internationaux comparés à leurs niveaux historiques respectifs, les exportations de biens et de services se sont étiolées, le déficit des opérations courantes est devenu structurel, atteignant 25 % du PIB, le pays est devenu otage de l’attraction permanente de capitaux extérieurs.

    Un coût social surtout. L’émigration draine la moitié des effectifs de chaque cohorte d’âge, les travailleurs immigrés et les réfugiés représentent près de la moitié de la population active hors secteur public, les Libanais #pauvres se retrouvent aux mains des patrons clientélistes, les modes de comportement ont aussi été profondément affectés, la société est devenue anomique, prise entre #prédation et #ostentation, violence et #fatalisme.

    Face au séisme, le déni a d’abord prédominé. Il ne pouvait durer indéfiniment. Depuis quelques semaines, certains “politiques” se plaisent à jouer les opposants, essayant de fuir leurs responsabilités. D’autres se cachent derrière les “technocrates indépendants” du gouvernement de Hassane Diab, avec l’ambition de retarder l’effondrement inéluctable, non sans espérer un miracle.

    Dans ce jeu, les “technocrates” et “#experts” ne sont pas en reste. Ce sont en général ceux-là mêmes qui défendaient le système, restreignant leurs critiques à la dénonciation facile de la “#corruption”. Ils se reconfigurent habilement pour adapter leurs offres aux groupes d’intérêts en place ou, plus astucieusement, aux groupes d’intérêts dont l’entrée en scène est attendue (FMI, fonds d’investissement, repreneurs d’actifs divers, etc.). Ils ont en commun de restreindre leurs propositions au volet financier.

    La politique et les priorités

    Or la crise et les choix auxquels le Liban est confronté sont éminemment politiques.

    Pour le pouvoir encore en place, les priorités se déclinent comme suit : pas de défaut de l’État sur sa dette en devises, pas de faillite formelle des banques, pas de décrochage “formel” (et factice) du taux de change et le maintien de l’approvisionnement minimal en denrées de base (blé, carburants et médicaments).

    Cette séquence répond au souci majeur de gagner un sursis et fait payer à la société un coût exorbitant.

    L’alternative que propose le mouvement “Citoyens et citoyennes dans un État” consiste à inverser les priorités : assurer la cohésion sociale et lutter contre l’émigration, conduire la transition économique, restructurer les créances et allouer les pertes, bien réelles, de la manière la plus juste possible.

    Il n’est pas vrai que tout le monde serait d’accord sur le “programme des réformes”, et cela pour une raison simple : parce qu’il ne s’agit pas de problèmes techniques. Tout projet politique exprime des choix de société. Veiller à ce qu’une émigration massive et qu’un effondrement des institutions et des entreprises susceptibles de générer des emplois ne handicapent la société pour plusieurs générations qui doit figurer en tête des objectifs. Dès lors, tous les aspects financiers ne relèvent que de considérations de moyens.

  • #update #7
    Selon #Oxfam, en France #sept #milliardaires possèdent autant que les 30% les plus #pauvres
    https://www.franceinter.fr/economie/selon-oxfam-en-france-7-milliardaires-possedent-autant-que-les-30-les-pl

    Les #inégalités ne cessent de se creuser : c’est le constat d’Oxfam à la veille du 50e Forum économique mondial, à Davos en Suisse. L’ONG met à jour les dernières données sur les inégalités dans le monde et chaque année, les richesses se concentrent un peu plus. C’est encore le cas en 2019 : les 1% les plus riches de la planète possèdent désormais plus du double du reste de l’humanité, soit 92% de la population mondiale. « Une minorité d’hommes blancs se taille la part du lion » résume l’ONG, et le rythme de réduction de la pauvreté est deux fois inférieur à celui de 2013. Des disparités de revenus en constante augmentation, alors que les gouvernements les favorisent.

  • La place des pauvres dans la mondialisation est souvent oubliée ou expliquée de manière simpliste. Or les pauvres portent “discrètement” la mondialisation… tout en la subissant #mondialisation #pauvres #inégalités

    https://sms.hypotheses.org/22125

    There is more to globalization than successful multinationals and the wealth of an affluent minority. Other actors are involved, but they remain inconspicuous, mostly invisible, in often unknown or unexpected spaces.

    Globalization does produce inequalities, but the way it affects the poor often tends to be explained rather inadequately. It is either analysed as inevitable or as the consequence of the obscure force of the market which will eventually gradually turn the poor into a global middle class while others claim that the poor are definitely left behind. On closer analysis, these populations characterised as « poor », indeed suffer globalisation. But our approach aims at complementing this basic observation by trying to understand how the poor also participate, support and call for this globalization (...)

  • Billionaires’ wealth surged in 2019 - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/en/articles/2019/12/28/pers-d28.html

    On Friday, one day after all three major US stock indexes set new records, Bloomberg issued its end-of-year survey of the world’s 500 richest people. The Bloomberg Billionaires Index reported that the oligarchs’ fortunes increased by a combined total of $1.2 trillion, a 25 percent rise over 2018. Their collective net worth now comes to $5.9 trillion.

    To place this figure in some perspective, these 500 individuals control more wealth than the gross domestic product of the United States at the end of the third quarter of 2019, which was $5.4 trillion.

    #riches #pauvres #milliardaires #inégalités

  • Dans les quartiers populaires, la « débrouille » au cœur de la survie, Louise Couvelaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/12/26/dans-les-quartiers-populaires-la-debrouille-au-c-ur-de-la-survie_6024056_322

    Garages à ciel ouvert, ateliers de réparation, gardes d’enfants, rénovations de logements… permettent aux exclus du marché du travail de nourrir leurs enfants.

    Elles sont dix. Dix femmes qui ne se connaissaient pas avant de se croiser dans le salon de coiffure « low cost » de Maryam (le prénom a été modifié), à Roubaix (Nord). Certaines sont mères célibataires, d’autres sont battues par leur mari depuis des années, toutes vivent sous le seuil de pauvreté et peinent à nourrir leurs enfants. Jusqu’à ce que ce qu’une petite boîte en carton vienne – un peu – alléger leur quotidien.

    C’est là qu’elles déposent, chaque semaine, leurs maigres revenus, qu’elles ont décidé de mettre en commun, soit 200 euros en moyenne. Repassage, ménage, garde d’enfants (qu’elles facturent entre 3 et 7 euros de l’heure), coiffure à domicile (15 euros la coupe et le brushing)… Depuis deux ans, Maryam (la seule à posséder une voiture), 47 ans, récupère ensuite l’argent gagné – non déclaré – et se rend au supermarché pour acheter en gros, après avoir traqué les promotions les plus avantageuses dans toutes les grandes surfaces du coin.

    C’est elle qui gère les finances du groupe. « Si on veut s’offrir un kebab – c’est arrivé une fois – on l’appelle pour savoir si on peut se le permettre, raconte Isabelle, ancienne coiffeuse de 43 ans, mariée et mère de trois enfants. Pour la première fois de ma vie, je ne me sens plus seule. Et c’est grâce à ce système que mes enfants peuvent désormais manger équilibré. »

    Qu’on l’appelle système D ou solidarité de proximité, dans les quartiers populaires, cette économie de la débrouille constitue parfois le seul moyen de survivre. « L’entraide fait partie des logiques de la classe ouvrière », rappelle Nawal Badaoui, 46 ans, ancienne directrice de l’association Solidarité, une institution roubaisienne qui a fermé ses portes en septembre.

    « Le travail de subsistance est partout »

    Sauf qu’elle prend de plus en plus de place. « Dans la forme, cette économie existe depuis longtemps, explique Cécile Vignal, maître de conférences en sociologie à l’université de Lille et membre du collectif Rosa Bonheur, qui rassemble six chercheurs. Mais elle était “à côté”, en complément du salariat. Aujourd’hui, ce travail “à côté” a pris une place centrale à mesure que la protection sociale est devenue insuffisante et que le revenu salarial ne remplit plus tous les besoins, soit parce qu’il est trop faible, soit parce qu’il n’y en a pas. »

    Avec 75 % de son territoire classé quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) et plus de 44 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, Roubaix (95 000 habitants) se classe parmi les villes les plus pauvres de France. Ici, le taux de chômage dépasse les 30 % de la population active, soit près de quatre fois la moyenne nationale. « Ce qui ne signifie pas que ces habitants ne travaillent pas », souligne Cécile Vignal.

    Dans l’ouvrage La ville vue d’en bas. Travail et production de l’espace populaire (Editions d’Amsterdam, 240 pages, 18 euros), le collectif Rosa Bonheur raconte « le quotidien de ceux dont on dit qu’ils ne font rien ». A tort. « La concentration d’une population exclue du marché du travail formel fait produire des ressources et des activités propres, explique Yoan Miot, géographe et urbaniste à l’Université de Paris-Est Marne-la-vallée, membre du collectif. C’est un paradoxe fondamental : au nom de la mixité sociale, il faut déconcentrer la pauvreté, mais au risque de perdre les liens sociaux qui permettent à cette population de survivre. »

    Petites entreprises informelles à domicile, garages à ciel ouvert, ateliers de réparation d’électroménager, gardes d’enfants, rénovations de logements… « Dans les rues, le travail de subsistance est partout, dans les hangars et les parkings, sur des affichettes collées aux fenêtres… », développe Cécile Vignal.

    Mécanicien « aux mains en or »

    Fariza, 37 ans, a trois enfants, un mari handicapé qui ne peut pas travailler et 1 000 euros par mois d’allocations. Insuffisant pour s’acquitter de toutes les charges. Elle cherche depuis des années un poste de femme de ménage, sans succès. Alors elle enchaîne les petits boulots. Elle s’est improvisée traiteur pour fêtes et mariages – 100 euros en moyenne le couscous pour 200 personnes – avant de renoncer l’an dernier. « Il n’y a plus de clients, les gens n’ont plus les moyens, ils font eux-mêmes », raconte-t-elle.

    Elle a aussi fabriqué du pain pour les revendre à la boulangerie du coin, 2 euros la galette de semoule. Avant d’y renoncer aussi, faute de clients. Depuis, elle s’occupe du petit jardin potager de sa tante. Elle plante courgettes, pommes de terre, salades, patates douces, tomates, oignons, poireaux et artichauts. En échange, elle récupère une partie de la récolte.

    « C’est grâce à ce système que mes enfants peuvent manger des légumes », sourit Fariza, en pointant du doigt les deux patates douces posées sur le sol de la cuisine et les trois cagettes de pommes de terre empilées dans un coin du modeste trois pièces qu’occupe la famille, dans le quartier du Cul-de-Four.

    Ryslène (le prénom a été modifié), 51 ans, n’est pas peu fière de sa petite épicerie. Elle a économisé pendant près de quinze ans avant de pouvoir obtenir un prêt. Le tout, grâce aux activités informelles de son mari, mécanicien « aux mains en or », dit-elle tout sourire, qui répare les voitures pour la moitié du prix d’un garage « officiel ». « On ajuste le tarif en fonction des revenus de la personne », précise-t-elle, debout derrière son comptoir. On appelle ça un « garage de rue » ou un « garage à ciel ouvert ». Une activité très répandue dans les quartiers populaires. « Moi, j’ai longtemps été au RSA [revenu de solidarité active], j’étais vue comme un cas soc’ [cas social], personne ne voulait nous prêter de l’argent », souffle Ryslène.

    « En échange d’un service reçu »

    Pendant des années, son mari, Anthony, a opéré dans la rue, mais après plusieurs plaintes émanant de voisins et une amende de 135 euros, le couple a décidé d’investir en 2018 dans une petite arrière-cour de 20 mètres carrés où il gare tantôt la camionnette de l’épicerie, tantôt les voitures à réparer. « On a pu acheter tout le matériel de l’épicerie avec cet argent : d’abord une vitrine réfrigérée, en vente sur Leboncoin, quelques années plus tard, un petit camion… Qu’est-ce qu’on a galéré… », se souvient Ryslène.

    « Il n’est pas rare que des réparations soient effectuées sans contrepartie financière pour rendre service ou en échange d’un service reçu », écrit le collectif Rosa Bonheur dans son livre. De ces « liens de réciprocité et d’interdépendance » parfois « démarchandisés », Alain Lamourette a voulu en faire le cœur de son action. Au sein du projet Utopiats, dans le quartier Piats, à Tourcoing, il a lancé un Repair Café tous les troisièmes vendredis de chaque mois, un lieu où les habitants peuvent venir réparer leurs objets (four à micro-ondes, grille-pain, télévision, aspirateur…), et le dispositif « 1+1 = 3 », un système d’échanges de services entre résidents.

    Ici, chaque service rendu est crédité non pas en monnaie sonnante mais en temps sur un compte personnel. Aide aux démarches administratives, baby-sitting, bricolage, déménagement… Un étudiant a par exemple besoin d’utiliser une machine à laver – les tarifs de la laverie automatique étant trop élevés pour son budget –, il offre en échange une aide aux devoirs. Ou encore Aurélie, une jeune femme qui veut se lancer dans le maquillage pour enfants lors des fêtes d’anniversaire, qui a besoin d’un cours de dessin pour perfectionner son coup de crayon. C’est Angélique qui va l’aider pendant deux heures. Cette dernière voit donc son compte-temps crédité de deux heures.

    « Tout est égal en temps, une heure de ménage vaut une heure de physique quantique », précise le coordinateur du projet, M. Lamourette, qui parle d’« une forme de troc ». « On se rend vite compte qu’il y a beaucoup de savoir-faire et de compétences », insiste-t-il.

    Près de 300 résidents disposent aujourd’hui d’un compte-temps. Le bémol : « J’aimerais croire qu’on n’est pas en train d’inventer un modèle d’économie et de consommation pour les pauvres, dans lequel tout se recycle et s’échange, parallèle à celui des riches, où tout se paie, se jette et se rachète. »

    #travail #pauvres #survie

  • À #Lagos, les pauvres n’ont plus droit de cité

    En se développant à un rythme effrené, la mégalopole nigériane exclut les plus pauvres. Le quotidien britannique a suivi une famille de pêcheurs qui a été expulsée de son quartier. Nous publions ce reportage à l’occasion de l’opération “10 jours pour signer”, organisée par Amnesty International, dont Courrier international est partenaire.


    https://www.courrierinternational.com/article/droits-humains-lagos-les-pauvres-nont-plus-droit-de-cite
    #exclusion #pauvres #pauvreté #droit_à_la_ville #Nigeria #urban_matter #villes #géographie_urbaine #expulsion #destruction #logement

    https://www.courrierinternational.com/article/droits-humains-lagos-les-pauvres-nont-plus-droit-de-cite

  • #Hart_Island l’ile où reposent un million de New Yorkais, pauvres et aux indigents était interdite au public _ AFP - 5 Décembre 2019 - AFP
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_new-york-prete-a-faire-revivre-son-ile-des-morts-longtemps-inaccessible?

    New York City’s Island of the Dead

    C’est une des îles les plus méconnues de New York : Hart Island, surnommée « l’île des morts » pour ses fosses communes où reposent près d’un million de New Yorkais, devrait bientôt ouvrir au public après avoir été quasi inaccessible pendant des années.

    Depuis 1869, cette île de 50 hectares à l’est du Bronx, sert de tombe aux pauvres et aux indigents, y compris des centaines de milliers d’enfants, mais aussi à de nombreux malades du sida morts au début de l’épidémie dans les années 80, à une époque où ils étaient souvent rejetés par leurs proches ou refusés par d’autres cimetières.

    Quelque 1200 personnes sont encore enterrées à Hart Island chaque année, la plupart du temps par des prisonniers amenés depuis la prison de Rikers Island toute proche, moyennant une rémunération limitée à un dollar de l’heure.

    Car l’île était jusqu’ici gérée par la direction des prisons new-yorkaises, qui n’autorisait les visites qu’au compte-gouttes, et seulement depuis 2007 : c’est à compter de cette date que les proches des personnes inhumées sur l’île ont pu s’y rendre, même si elles ne pouvaient observer les tombes que de loin.

    Après une plainte au civil, leurs droits à des visites plus régulières avaient été reconnus en 2015. Mais ils restaient dépendants d’un calendrier fixé arbitrairement par la direction des prisons, limité à deux jours de visites par mois.

    Le public, lui, était banni. Seuls les journalistes pouvaient participer à des visites organisées sous étroite surveillance, deux fois par an.

    Elaine Joseph, infirmière retraitée de 65 ans, fait partie de ceux qui se battaient pour se rendre librement sur cette île où est enterrée sa fille, morte en janvier 1978 à l’hôpital, quelques jours seulement après sa naissance prématurée.

    Son bébé est décédé en pleine tempête de neige : coincée chez elle faute de transports, Mme Joseph n’a su qu’une semaine après que l’hôpital l’avait fait enterrer sur Hart Island, dont elle ignorait alors l’existence.

    « Je ne veux pas qu’on me dise à quels moments j’ai le droit de me rendre sur la tombe de mon bébé, je veux pouvoir y aller quand je veux », explique cette infirmière retraitée.

    La décision entérinée mercredi par le maire de New York Bill de Blasio est pour elle, comme pour beaucoup d’autres, une grande victoire : elle transfère la gestion de Hart Island à la direction des parcs new-yorkais, et prévoit l’ouverture de l’île au public et des ferries réguliers pour la desservir, dans des conditions qui restent à préciser d’ici 2021.

    « C’est une étape majeure dans le combat pour faire de Hart Island un cimetière digne […] et alléger le fardeau de ceux qui veulent rendre hommage à leurs proches », s’est félicité le président du conseil municipal Corey Johnson.

    Le texte devrait permettre de « lever les stigmates liés aux enterrements municipaux », s’est aussi réjouie Melinda Hunt, qui se bat depuis 30 ans pour rendre le cimetière plus accessible.

     

    #Hart_Island #New_York #charnier #pauvreté #USA #prisons #mort des #pauvres

  • « Défaire les confusions servant l’ordre dominant » Jacques Rancière, Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/031219/jacques-ranciere-defaire-les-confusions-servant-l-ordre-dominant

    Quelles sont les racines de la crise démocratique actuelle ? Comment comprendre la simultanéité des révoltes contemporaines ? Quinze ans après la publication de son ouvrage analysant les contours de la « haine de la démocratie », éléments de réponse avec le philosophe Jacques Rancière.

    Alors que des révoltes s’emparent de plusieurs pays sur tous les continents ; que la France s’apprête à un mouvement social contestant, au-delà de la réforme des retraites, l’accentuation des réformes d’inspiration néolibérale ; et que la politique traditionnelle ne semble guère offrir qu’une fausse alternative entre des « progressismes » et des « autoritarismes » dont le dénominateur commun est leur subordination aux intérêts financiers, le philosophe Jacques Rancière revient pour Mediapart sur ces basculements politiques et intellectuels pour tenter de « défaire les confusions traditionnelles qui servent l’ordre dominant et la paresse de ses prétendus critiques ».

    Quinze ans après la publication de La Haine de la démocratie (La Fabrique), quel tour a pris la mutation idéologique que vous décriviez alors ?

    Jacques Rancière : Les thèmes du discours intellectuel « républicain » que j’avais analysés alors se sont diffusés largement et, en particulier, ils ont alimenté l’aggiornamento de l’extrême droite qui a bien vu l’intérêt qu’il y avait à recycler les arguments racistes traditionnels en défense des idéaux républicains et laïques. Ils ont également servi de justification à un certain nombre de mesures de restriction des libertés comme celles qui proscrivent tel habillement et demandent à chacun d’entre nous de s’offrir à visage nu au regard du pouvoir.
    On peut dire à la fois que ces thèmes ont étendu leur empire et qu’ils ont plus clairement laissé voir leur obédience par rapport aux puissances dominantes. La haine intellectuelle de la #démocratie s’est de plus en plus montrée comme le simple accompagnement idéologique du développement vertigineux des #inégalités en tout genre et de l’accroissement du pouvoir policier sur les individus.

    Le terme de populisme, dans son emploi péjoratif, constitue-t-il le nouveau visage principal de cette haine de la démocratie qui prétend défendre le gouvernement démocratique à condition qu’il entrave la civilisation démocratique ?

    Populisme n’est pas le nom d’une forme politique. C’est le nom d’une interprétation. L’usage de ce mot sert à faire croire que les formes de renforcement et de personnalisation du pouvoir étatique qu’on constate un peu partout dans le monde sont l’expression d’un désir venant du peuple, entendu comme ensemble des classes défavorisées. C’est toujours la même grosse ficelle qui consiste à dire que, si nos États sont de plus en plus autoritaires et nos sociétés de plus en plus inégalitaires, c’est en raison de la pression exercée par les plus #pauvres qui sont bien sûr les plus ignorants et qui, en bons primitifs, veulent des chefs, de l’autorité, de l’exclusion, etc. On fait comme si Trump, Salvini, Bolsonaro, Kaczyński, Orbán et leurs semblables étaient l’émanation d’un petit peuple souffrant et révolté contre les élites. Or ils sont l’expression directe de l’#oligarchie_économique, de la classe politicienne, des forces sociales conservatrices et des institutions autoritaires (armée, #police, Églises).

    Que cette oligarchie s’appuie par ailleurs sur toutes les formes de supériorité que notre société laisse à ceux qu’elle infériorise (des travailleurs sur les #chômeurs, des Blancs sur les basanés, des hommes sur les #femmes, des habitants des provinces profondes sur les esprits légers des métropoles, des gens « normaux » sur les pas normaux, etc.), c’est certain. Mais ce n’est pas une raison pour mettre les choses la tête en bas : les pouvoirs autoritaires, corrompus et criminels qui dominent aujourd’hui le monde, le font d’abord avec l’appui des #nantis et des #notables, pas avec celui des déshérités.

    Que vous inspirent l’inquiétude affichée par beaucoup vis-à-vis de la fragilité des institutions démocratiques existantes et les nombreux ouvrages annonçant la fin ou la mort des démocraties ?

    Je ne lis pas trop la littérature catastrophiste et j’aime assez l’opinion de Spinoza pour qui les prophètes étaient d’autant mieux placés pour prévoir les catastrophes qu’ils en étaient eux-mêmes responsables. Ceux qui nous alertent sur la « fragilité des institutions démocratiques » participent délibérément à la confusion qui affaiblit l’idée démocratique. Nos institutions ne sont pas démocratiques. Elles sont représentatives, donc oligarchiques. La théorie politique classique est claire là-dessus même si nos gouvernants et leurs idéologies se sont employés à tout embrouiller. Les institutions représentatives sont par définition instables. Elles peuvent laisser un certain espace à l’action des forces démocratiques – comme cela a été le cas des régimes parlementaires au temps du #capitalisme_industriel – ou tendre vers un système monarchique. Il est clair que c’est la dernière tendance qui domine aujourd’hui.

    C’est notamment le cas en France où la Cinquième République a été conçue pour mettre les institutions au service d’un individu et où la vie parlementaire est entièrement intégrée à un appareil d’État lui-même entièrement soumis au pouvoir du capitalisme national et international quitte, bien sûr, à susciter le développement des forces électorales qui prétendent être les « vraies » représentantes du « vrai » peuple.

    Parler des menaces pesant sur « nos démocraties » a alors un sens bien déterminé : il s’agit de faire porter à l’idée démocratique la responsabilité de l’instabilité du système représentatif, de dire que si ce système est menacé, c’est parce qu’il est trop démocratique, trop soumis aux instincts incontrôlés de la masse ignorante. Toute cette littérature travaille finalement pour la comédie réglée des seconds tours de présidentielle où la gauche « lucide » se serre autour du candidat de l’oligarchie financière, seul rempart de la démocratie « raisonnable » contre le candidat de la « démocratie illibérale ».

    Les critiques sur les désirs illimités des individus de la société de masse moderne se sont accentuées. Pourquoi ? Comment expliquez-vous qu’on retrouve ces critiques sur tous les bords de l’échiquier politique ? S’agit-il de la même chose chez Marion Maréchal-Le Pen ou chez Jean-Claude Michéa ?

    Il y a un noyau dur invariant qui alimente des versions plus ou moins de droite ou de gauche. Ce noyau dur a d’abord été forgé par les politiciens conservateurs et les idéologues #réactionnaires du XIXe siècle, qui ont lancé l’alerte contre les dangers d’une société où les capacités de consommer et les appétits consommateurs des pauvres se développaient dangereusement et allaient se déverser en torrent dévastateur pour l’ordre social. C’est la grosse astuce du discours réactionnaire : alerter contre les effets d’un phénomène, pour imposer l’idée que ce phénomène existe : que les pauvres, en somme, sont trop riches .

    Ce noyau dur a été récemment ré-élaboré « à gauche » par l’idéologie dite républicaine, forgée par des intellectuels rancuniers à l’égard de cette classe ouvrière en qui ils avaient mis toutes leurs espérances et qui était en train de se dissoudre. Le grand coup de génie a été d’ interpréter la destruction des formes collectives de travail commandée par le capital financier comme l’expression d’un « individualisme démocratique de masse » issu du cœur même de nos sociétés et porté par ceux-là mêmes dont les formes de travail et de vie étaient détruites.
    À partir de là toutes les formes de vie commandées par la domination capitaliste étaient ré-interprétables comme des effets d’un seul et même mal – l’individualisme – auquel on pouvait, selon son humeur, donner deux synonymes : on pouvait l’appeler « démocratie » et partir en guerre contre les ravages de l’égalitarisme ; on pouvait l’appeler « libéralisme » et dénoncer la main du « capital ». Mais on pouvait aussi rendre les deux équivalents et identifier le capitalisme au déchaînement des appétits consommateurs des petites gens.

    C’est l’avantage d’avoir donné le nom de « libéralisme » au capitalisme absolutisé – et, par ailleurs, parfaitement autoritaire – qui nous gouverne : on identifie les effets d’un système de domination avec ceux des formes de vie des individus . On pourra donc, à son gré, s’allier aux forces religieuses les plus réactionnaires pour attribuer l’état de nos sociétés à la liberté des mœurs incarnée par la PMA et le mariage homosexuel ou se réclamer d’un idéal révolutionnaire pur et dur pour faire porter à l’individualisme petit-bourgeois la responsabilité de la destruction des formes d’action collectives et des idéaux ouvriers.

    Que faire face à une situation où la dénonciation d’une façade démocratique dont les lois et les institutions ne sont souvent que les apparences sous lesquelles s’exerce le pouvoir des classes dominantes, et où le désenchantement vis-à-vis de démocraties représentatives ayant rompu avec toute idée d’égalité donne de l’espace à des personnages de type Bolsonaro ou Trump qui accroissent encore les inégalités, les hiérarchies et les autoritarismes ?

    Ce qu’il faut d’abord, c’est défaire les confusions traditionnelles qui servent également l’ordre dominant et la paresse de ses prétendus critiques. Il faut, en particulier, en finir avec cette doxa héritée de Marx qui, sous couleur de dénoncer les apparences de la démocratie « bourgeoise », valide en fait l’identification de la démocratie avec le système représentatif. Il n’y a pas une façade démocratique sous le masque de laquelle s’exercerait la réalité du pouvoir des classes dominantes_[je vois pas comment on peut faire de ce voile-là -attesté, jusqu’à Lordon aujourd’hui- l’entièreté ni même l’essentiel de l’analyse de l’État chez Marx, d’autant plus si on prend au sérieux les fruits les moins blets de cette critique, L’État et la révolution de Lénine ne propose rien d’autre que la destruction de l’État et les operaïstes italiens caractérisent après Marx l’État comme #capitaliste_collectif. La phrase qui suit n’est dans la période qu’une irréfutables évidence qui invite à prendre en compte les contradictions des dominants et de tous les #militants_de_l'économie, ndc]_. Il y a des institutions représentatives qui sont des instruments directs de ce pouvoir.

    Le cas de la Commission de Bruxelles et de sa place dans la « Constitution » européenne aurait dû suffire à éclairer les choses. On a là la définition d’une institution représentative supranationale où la notion de représentation est totalement dissociée de toute idée de suffrage populaire. Le traité ne dit même pas par qui ces représentants doivent être choisis. On sait, bien sûr, que ce sont les États qui les désignent mais aussi qu’ils sont en majorité des anciens ou de futurs représentants des banques d’affaires qui dominent le monde. Et un simple coup d’œil sur le périmètre des sièges de sociétés dont les immeubles entourent les institutions de Bruxelles rend tout à fait inutile la science de ceux qui veulent nous montrer la domination économique dissimulée derrière les institutions représentatives.
    Encore une fois, Trump pourrait difficilement passer pour un représentant des paumés de l’Amérique profonde et Bolsonaro a été immédiatement adoubé par les représentants des milieux financiers. La première tâche est de sortir de la confusion entre démocratie et représentation et de toutes les notions confuses qui en sont dérivées – du genre « démocratie représentative », « populisme », « démocratie illibérale », etc. Les #institutions démocratiques ne sont pas à préserver contre le péril « populiste ». Elles sont à créer ou à recréer. Et il est clair que, dans la situation actuelle, elles ne peuvent l’être que comme des #contre-institutions, autonomes par rapport aux institutions gouvernementales.

    La haine de la démocratie est-elle comparable quand elle prend la forme de la nostalgie dictatoriale d’un Bolsonaro ou l’apparence bon enfant d’un Jean-Claude Junker expliquant qu’il ne peut « y avoir de choix démocratique contre les traités européens » ? Autrement dit, doit-on et peut-on hiérarchiser et distinguer les menaces qui pèsent sur la démocratie, ou bien la différence entre les extrêmes droites autoritaires et les technocrates capitalistes prêts à réprimer violemment leurs peuples n’est-elle que de degré et pas de nature ?

    Il y a toutes les nuances que l’on veut entre ses diverses formes. Elle peut prendre appui sur les forces nostalgiques des dictatures d’hier, de Mussolini ou de Franco à Pinochet ou Geisel. Elle peut même, comme dans certains pays de l’Est, cumuler les traditions des dictatures « communistes » avec celles des hiérarchies ecclésiastiques. Elle peut s’identifier plus simplement aux incontournables nécessités de la rigueur économique, incarnées par les technocrates bruxellois. Mais il y a toujours un noyau commun.
    Juncker n’est pas Pinochet. Mais on s’est rappelé récemment que les puissances « néolibérales » qui gouvernent au Chili le font dans le cadre d’une constitution héritée de Pinochet. La pression exercée par la Commission européenne sur le gouvernement grec n’est pas la même chose que la dictature des colonels. Mais il s’est avéré que le gouvernement « populiste de gauche », spécialement élu en Grèce pour résister à cette pression, a été incapable de le faire.

    En Grèce comme au Chili, comme un peu partout dans le monde, il s’est avéré que la résistance aux oligarchies ne vient plus que de forces #autonomes par rapport au système représentatif et aux partis dits de gauche qui y sont intégrés. Ceux-ci raisonnent de fait dans le cadre de la logique du choix du moindre mal. Ils y subissent débâcle sur débâcle. On serait tenté de s’en réjouir si cette débâcle continue n’avait pas l’effet d’augmenter le pouvoir de l’oligarchie et de rendre plus difficile l’action de ceux qui cherchent vraiment à s’y opposer.

    Comment regardez-vous les embrasements planétaires de cet automne ? Peut-on repérer des causes et des motifs communs dans les différentes révoltes qui se produisent sur plusieurs continents ? Par rapport aux mouvements « des places », qui réclamaient une démocratie réelle, ces révoltes partent davantage de motivations socioéconomiques. Est-ce que cela raconte quelque chose de neuf sur l’état de la planète ?

    La revendication démocratique des manifestants de Hong Kong dément une telle évolution. De toutes façons, il faut sortir de l’opposition traditionnelle entre les motivations socioéconomiques (jugées solides mais mesquines) et les aspirations à la démocratie réelle (jugées plus nobles mais évanescentes) . Il y a un seul et même système de domination qui s’exerce par le pouvoir financier et par le pouvoir étatique. Et les mouvements des places ont précisément tiré leur puissance de l’indistinction entre revendications limitées et affirmation démocratique illimitée . Il est rare qu’un mouvement démarre par une revendication de démocratie. Ils démarrent souvent par une réclamation contre un aspect ou un effet particulier d’un système global de domination (un trucage électoral, le suicide d’une victime de harcèlement policier, une loi sur le travail, une augmentation du prix des transports ou des carburants mais aussi un projet de suppression d’un jardin public).

    Quand la protestation collective se développe dans la rue et dans les lieux occupés, elle devient non pas simplement une revendication de démocratie adressée au pouvoir contesté mais une #affirmation de démocratie effectivement mise en œuvre (democracia real ya). Ce que cela raconte, c’est essentiellement deux choses : premièrement, la politique prend de plus en plus le visage d’un #conflit_de_mondes – un monde régi par la loi inégalitaire contre un monde construit par l’action égalitaire – où la distinction même entre #économie et politique tend à s’évanouir ; deuxièmement, les partis et organisations jadis intéressés à la démocratie et à l’#égalité ont perdu toute initiative et toute capacité d’action sur ce terrain qui n’est plus occupé que par des forces collectives nés de l’événement lui-même. On peut toujours répéter que ça manque d’organisation. Mais qu’est-ce qu’elles font, les fameuses organisations ?

    Une certaine forme de routinisation de l’émeute à l’échelle mondiale dessine-t-elle un contre-mouvement important ?

    Je n’aime pas trop le mot de routinisation. Descendre dans la rue à Téhéran, Hong Kong ou Djakarta ces temps-ci, ça n’a vraiment rien de routinier. On peut seulement dire que les formes de la protestation tendent à se ressembler contre des systèmes gouvernementaux différents mais convergents dans leurs efforts pour assurer les profits des privilégiés au détriment de secteurs de la population toujours davantage paupérisés, méprisés ou réprimés. On peut aussi constater qu’elles ont obtenu, notamment au Chili ou à Hong Kong, des succès dont on ne sait pas le lendemain mais qui montrent qu’on a là tout autre chose que de simples réactions rituelles de désespoir face à un ordre des choses inamovible.

    Il y a quinze ans, la perspective de la catastrophe écologique était moins prégnante. Cette nouvelle question écologique transforme-t-elle la question démocratique au sens où certains expliquent que la sauvegarde de la planète ne pourra pas se faire dans un cadre délibératif ?

    Il y a déjà un certain temps que nos gouvernements fonctionnent avec l’alibi de la crise imminente qui interdit de confier les affaires du monde à ses habitants ordinaires et commande de les laisser au soin des spécialistes de la gestion des crises : c’est-à-dire en fait aux puissances financières et étatiques qui en sont responsables ou complices. Il est clair que la perspective de la catastrophe écologique vient à l’appui de leurs arguments. Mais il est clair aussi que la prétention de nos États à être les seuls capables d’affronter des questions globales est démentie par leur incapacité à prendre, individuellement et collectivement, des décisions à la mesure de cet enjeu. La revendication globaliste sert donc essentiellement à nous dire soit que c’est là une question politique trop compliquée pour nous, soit que c’est une question qui rend l’action politique traditionnelle caduque. Ainsi entendue, la question climatique sert la tendance à absorber la politique dans la #police .

    En face, il y a l’action de celles et ceux qui affirment que, puisque la question concerne chacun[e] d’entre nous, il est aussi au pouvoir de chacun[e] de s’en occuper. C’est ce qu’ont fait les mouvements du type Notre-Dame-des-Landes qui s’emparent d’un cas bien précis pour identifier la poursuite d’un objectif concret déterminé avec l’affirmation d’un pouvoir de n’importe qui. L’annulation d’un projet d’aéroport ne règle évidemment pas la question du réchauffement à l’échelle planétaire. Mais elle montre en tout cas l’impossibilité de séparer les questions écologiques de la question démocratique entendue comme exercice d’un pouvoir égalitaire effectif.

    Dans son dernier livre, Frédéric Lordon se démarque de ce qu’il nomme une « antipolitique » dans laquelle il range notamment une « politique restreinte à des intermittences » que serait en particulier le « repartage du sensible ». Que vous suggère cette critique adressée à certaines de vos manières de définir ce qu’est le politique ?

    Je ne tiens pas à m’engager dans des polémiques personnelles. Je me limiterai donc à souligner quelques points qui ne sont peut-être pas clairs pour tout le monde dans ce que j’ai écrit. Je n’ai pas dit que la politique n’existait que par intermittences. J’ai dit qu’elle n’était pas une donnée constitutive et permanente de la vie des sociétés, parce que la #politique, ce n’est pas seulement le pouvoir, mais l’idée et la pratique d’un pouvoir de n’importe qui . Ce pouvoir spécifique n’existe qu’en supplément et en opposition aux formes normales d’exercice du pouvoir. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe de politique que dans l’extraordinaire de moments de fête collective, qu’il ne faut rien faire entre-temps et qu’il ne faut ni organisation ni institutions. Des organisations et des institutions, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

    La question est de savoir ce qu’elles organisent et ce qu’elles instituent, quelle est la puissance qu’elles mettent en œuvre, celle de l’égalité ou celle de l’inégalité. Les organisations et #institutions_égalitaires sont celles qui développent cette puissance commune à tous qui, de fait, ne se manifeste que rarement à l’état pur. Dans l’état actuel de nos sociétés, il est clair que ce ne peuvent être que des contre-institutions et des organisations autonomes par rapport à un système représentatif qui n’est plus qu’un ressort du pouvoir étatique.

    On peut aisément constater que dans les deux dernières décennies, un peu partout dans le monde, les seules mobilisations contre les avancées du pouvoir financier et du pouvoir étatique ont été le fait de ces mouvements qu’on qualifie de « spontanéistes » bien qu’ils aient témoigné de capacités d’organisation concrète très supérieures à celles des « organisations » de gauche reconnues (n’oublions pas d’ailleurs que beaucoup de celles et ceux qui y ont joué un rôle étaient des militant[e])s déjà formé[e]s par des pratiques de lutte de terrain). Il est vrai que c’est très difficile de maintenir dans la durée cette puissance commune. Cela suppose de créer un autre temps, un temps qui soit fait de projets et d’actions autonomes, qui ne soit plus rythmé par le calendrier de la machine étatique. Mais on ne peut développer que ce qui existe. On ne peut construire dans la durée qu’à partir des actions qui ont effectivement changé, si peu et si brièvement que ce soit, le champ du possible.

  • La police municipale verbalise un camion du Secours Populaire pendant une distribution de repas La Rédaction - 28 Novembre 2019 - La Dépêche
    https://www.ladepeche.fr/article/2017/11/28/2693789-pleine-distribution-repas-police-municipale-dresse-pv-secours-popu

    C’est certainement du jamais vu. Ce dimanche 26 novembre au matin, les bénévoles du Secours Populaire distribuaient un petit-déjeuner gratuit aux personnes dans le besoin, sur la place du Salin, comme l’association le fait depuis plus de 30 ans.

    La police municipale est alors intervenue pour indiquer à l’association qu’elle occupait illégalement l’espace public. Un procès verbal a été dressé, ainsi qu’à l’association le Camion Douche, qui s’était jointe au Secours Populaire pour proposer une douche aux plus démunis.
    . . . . . . . .


     #guerre_aux_pauvres #pauvres #pauvreté #france #Toulouse

  • Quand la #Suisse internait les pauvres et les marginaux

    Jusqu’en 1981, aux quatre coins du pays, les autorités ont fait interner des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sans procédure judiciaire. Une commission d’experts a récemment effectué des recherches sur ces « internements administratifs ». Les résultats écornent l’image que la Suisse se fait d’elle-même.

    La « justice administrative » fait partie « des choses les plus révoltantes qu’on puisse imaginer ». Ces mots ont été écrits en 1939 par l’écrivain bernois réformiste Carl Albert Loosli, cité 80 ans plus tard par la Commission indépendante d’experts (CIE). Tandis que les criminels ont droit à un procès, les personnes mises à l’écart par les autorités d’assistance et autres instances administratives en sont privées, se révoltait Loosli. Les institutions suisses abritent entre leurs murs des « esclaves de l’État, livrés corps et âme à l’arbitraire des autorités ». Et le plus étonnant, souligne-t-il, c’est que « personne ne s’en offusque ».

    Carl Albert Loosli, fils illégitime d’une fille de paysan, avait lui-même été placé dans une maison de rééducation durant son adolescence. Les voix critiques comme la sienne ont longtemps rebondi sur le système. Ce n’est qu’en 1981 que les cantons ont abrogé leurs lois sur l’internement et que la Confédération a révisé le code civil. Entre-temps, le domaine social s’était professionnalisé et la société était devenue plus libérale après 1968. Mais l’avancée fut surtout due à la pression internationale : la pratique suisse consistant à priver de leur liberté des adultes jeunes et moins jeunes d’un simple trait de plume n’était pas compatible avec la Convention européenne des droits de l’homme que la Confédération avait ratifiée.

    La « Maison d’une autre Suisse »

    Les personnes concernées, qui avaient été incarcérées alors qu’elles étaient innocentes, n’ont pas été réhabilitées à cette époque. La honte les rendaient muettes, elles aussi. « Nous portions les stigmates du temps passé en « taule » alors que nous n’avions commis aucun crime », relate Ursula Biondi. Aujourd’hui âgée de 69 ans, elle a dans sa jeunesse été « internée administrativement » – selon le langage bureaucratique (voir p. 14) – au pénitencier de #Hindelbank à des fins de #rééducation. Au début du XXIe siècle, des personnes courageuses comme elle ont commencé à raconter leur histoire. Relayé par les médias, le sujet a fini par entrer dans l’agenda politique. Entre 2011 et 2016, le Conseil fédéral a présenté deux fois ses excuses, une loi sur la réhabilitation a été adoptée et le Parlement a décidé de verser une contribution de solidarité à toutes les victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance. À côté des internés administratifs, d’autres personnes ont également exigé qu’on reconnaisse leur souffrance et qu’on les réhabilite : les anciens enfants placés et les personnes stérilisées de force (« Revue Suisse » 5/2018).

    Le Conseil fédéral a mis sur pied la CIE pour étudier en particulier les internements administratifs. Plus de 30 chercheurs se sont mis au travail. Après quatre ans d’activité, la CIE a publié dix volumes ces derniers mois, avec notamment des portraits de victimes. Elle a présenté son rapport final cet automne et recommandé de nouvelles mesures de réhabilitation allant du versement de prestations financières supplémentaires aux victimes à la fondation d’une « Maison de l’autre Suisse » comme lieu d’information sur ces événements. La ministre suisse de la justice, Karin Keller-Sutter, a reçu ces recommandations. Il s’agit aussi de décider si l’on prolongera le délai expiré de dépôt des demandes pour la contribution de solidarité, qui s’élève à 25 000 francs par personne. Dans ce cas, d’autres victimes pourraient se manifester. Y compris des personnes vivant à l’étranger qui n’ont pas pu déposer une demande dans les délais.

    #Répression dans un État de droit

    Le rapport de la CIE comporte 400 pages d’histoire et tend un miroir à la Suisse. On ne peut le dire autrement : pour les personnes en marge de la société, pauvres ou ne répondant pas à l’idée qu’on se faisait de la conformité, la Suisse était, jusqu’à il y a peu, un lieu inhospitalier, voire répressif. Il existait un droit de seconde classe, et peu nombreux sont ceux qui s’en sont émus. Voici un bref résumé des principaux résultats de la CIE :

    Au XXe siècle, au moins 60 000 personnes ont fait l’objet d’un internement administratif dans 650 institutions. Ce chiffre est plus important que prévu. L’internement en dehors du cadre pénal ne constituait pas simplement une bizarrerie du droit suisse, il faisait partie du système.
    La justice administrative visait surtout les couches sociales inférieures : les pauvres et les marginaux sans emploi fixe ni liens sociaux ou familiaux. Mais des membres de minorités comme les #Yéniches ont aussi été arrêtés et, après la Seconde Guerre mondiale, de plus en plus de jeunes « rebelles ».
    Ce sont des autorités de milice qui décidaient de l’internement : conseils communaux, commissions d’assistance communales, autorités tutélaires. Le soir, après leur travail, le commerçant, la femme au foyer et le comptable scellaient le sort de leurs concitoyens. Des conseillers d’État et des membres du gouvernement le faisaient aussi, sous prétexte de porter assistance, d’éduquer ou de protéger la société. Jugements moraux et clichés sexistes teintaient les avis : on reprochait aux hommes – qui constituaient 80 % des personnes internées – leur « fainéantise » ou leur alcoolisme, aux femmes leur « inconduite ».
    Quelques-unes des nombreuses institutions suisses servaient plusieurs objectifs à la fois. Il arrivait ainsi que des internés administratifs soient incarcérés avec des criminels condamnés. Ils étaient aussi placés dans des établissements de travail forcé, des colonies de travail, des foyers d’éducation, des asiles pour buveurs et des hospices de pauvres. Dans les institutions mal pourvues et peu surveillées, les hommes devaient fournir un travail physique en plein air, et les femmes, des tâches ménagères. Le travail forcé n’était pas ou peu rémunéré.
    L’expérience dramatique de l’internement poursuivait les victimes même après leur libération, souvent pour la vie. Certaines ont été brisées, d’autres ont choisi d’émigrer. Beaucoup vivent aujourd’hui encore dans la précarité. Les autorités ont échoué dans leur objectif de réinsérer dans la société des « personnes en danger ». Dans les faits, les internements ont aggravé les problèmes et l’#exclusion.

    Déjà une #injustice à l’époque

    Aujourd’hui, ces atteintes à la liberté individuelle paraissent clairement disproportionnées et ces méthodes d’assistance, brutales. Mais l’époque était différente, et les internements s’appuyaient sur des lois. Sont-ils devenus injustes a posteriori ? Non, répond la CIE, pour qui les lois d’internement enfreignaient les droits fondamentaux et les principes de l’État de droit. Les personnes internées l’étaient souvent pour une durée indéterminée, sans décision juridique valable, et n’étaient pas auditionnées. En maints endroits, elles n’avaient pas la possibilité de faire recours auprès d’un tribunal indépendant. En outre, les lois étaient floues, et les autorités pouvaient les interpréter à leur guise. Au début, les internements représentaient pour l’État un moyen de gérer les pauvres à peu de frais. Au cours du XXe siècle, ils sont devenus des instruments de contrôle social. Dans tout le pays, on savait que quitter « le droit chemin », c’était s’exposer à « être bouclé ». Et les autorités n’étaient pas les seules à s’activer. Il n’était pas rare que la mesure fût appliquée en s’appuyant sur les dires de la famille, du voisinage, du pasteur ou de l’enseignant, notent les auteurs du rapport, qui parlent de « pratiques de marginalisation bien ancrées dans la société suisse ».

    Il s’agit probablement d’une des raisons pour lesquelles les lois d’internement se sont maintenues aussi longtemps. Le retard de la Suisse en matière de politique sociale a aussi joué un rôle : les piliers de la protection sociale y ont été plantés plus tard que dans d’autres pays européens. Quoiqu’il en soit, les faits sont à présent avérés, et l’image que la Suisse a d’elle-même, avec ses géraniums, sa prospérité, sa liberté et sa démocratie directe, doit désormais être complétée par une facette moins reluisante. D’après l’historien Thomas Huonker, membre de la CIE et pionnier dans l’étude des mesures de coercition, le travail de mémoire sera capital : « Tout comme on raconte sans cesse la belle histoire de Guillaume Tell, il faudra raconter aussi sans cesse le chapitre sombre des mesures de coercition à des fins d’assistance. »

    Un combat pour la justice

    Ursula Biondi a 17 ans lorsqu’elle arrive au pénitencier de Hindelbank. Elle n’a rien commis de répréhensible, mais l’office des tutelles zurichois l’a envoyée dans un « foyer d’éducation fermé » pour être tombée enceinte alors qu’elle était mineure. Avant, la joyeuse adolescente avait été placée provisoirement dans un foyer de jeunes filles dont elle s’était échappée plusieurs fois. À la maison, elle se dispute avec ses parents au sujet des sorties, de la mode, de la musique. Son père, un Italien en phase de naturalisation, ne veut pas faire mauvaise impression. Les parents donnent donc leur accord pour un nouveau placement de leur fille. Ils ignorent que le « foyer d’éducation » est une prison pour femmes qui accueille aussi des criminelles. Ursula ne peut pas y suivre de formation. Après son accouchement, les autorités lui enlèvent son bébé et la contraignent à le donner en adoption. Elle s’y oppose, et récupère son fils trois mois plus tard. Après une année à Hindelbank, où elle effectue du travail forcé à la blanchisserie, elle est libérée en 1968. Elle déménage à Genève, fonde une famille, fait une carrière d’informaticienne dans une organisation de l’ONU, s’engage dans le social. « J’ai eu de la chance, dit-elle, et j’ai travaillé dur. » Car le traumatisme subi est lourd. La crainte qu’on découvre qu’elle a fait de la prison la poursuit longtemps. L’injustice endurée la tourmente. En 2002, Ursula Biondi publie l’histoire de sa vie. La revue « Beobachter » s’en fait l’écho. Elle se bat ensuite pendant des années pour qu’on étudie les « internements administratifs » – une expression qui, d’après elle, banalise la gravité des choses et cache le terrible arbitraire des autorités – et pour que les victimes obtiennent réparation. Elle trouve le rapport de la CIE réussi. Mais une chose dérange toujours cette femme engagée à qui l’Université de Fribourg a remis en 2013 le titre de docteur honoris causa : à cause de la réhabilitation bien trop tardive des anciens « internés », la nouvelle génération n’a jamais pris conscience des libertés qu’il a fallu conquérir. « Nous avons été sanctionnés et enfermés pour des manières de vivre qui, aujourd’hui, sont largement acceptées. » Pour que les jeunes restent vigilants contre l’arbitraire de la justice, Ursula donne des conférences dans les écoles.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/quand-la-suisse-internait-les-pauvres-et-les-marginaux-1
    #internement_administratif #Suisse #histoire #détention_administrative #justice_administrative #pauvres #marginaux

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    v. aussi cet article publié dans La Cité en 2017 :
    Les heures sombres de l’internement administratif helvétique
    https://seenthis.net/messages/575589

    • Just 10 per cent of workers receive nearly half of global pay

      An ILO assessment gives the first global estimates of the distribution of labour income, and shows that pay inequality remains pervasive in the world of work. The findings are drawn from a new database which includes national, regional and global data.

      Ten per cent of workers receive 48.9 per cent of total global pay, while the lowest-paid 50 per cent of workers receive just 6.4 per cent, a new ILO dataset reveals.

      What’s more, the lowest 20 per cent of income earners – around 650 million workers – earn less than 1 per cent of global labour income, a figure that has hardly changed in 13 years.

      The new dataset shows that overall global labour income inequality has fallen since 2004. However, this is not due to reductions in inequality within countries – at the national level, pay inequality is actually increasing. Rather, it is because of increasing prosperity in large emerging economies, namely China and India. Overall, the findings say, income inequality remains pervasive in the world of work.

      The Key Findings show that, globally, the share of national income going to workers is falling, from 53.7 per cent in 2004 to 51.4 per cent in 2017.

      Looking at the average pay distribution across countries, it finds that the share going to the middle class (the middle 60 per cent of workers) declined between 2004 and 2017, from 44.8 per cent to 43 per cent. At the same time, the share earned by the top 20 per cent of earners increased, from 51.3 per cent to 53.5 per cent. Countries where these top earners saw their share of national pay rise by at least one percentage point include Germany, Indonesia, Italy, Pakistan, the United Kingdom and the United States.

      “The data show that in relative terms, increases in the top labour incomes are associated with losses for everyone else, with both middle class and lower-income workers seeing their share of income decline,” said Steven Kapsos, Head of the ILO’s Data Production and Analysis Unit. “However, when the labour income shares of the middle or lower income workers increase, the gains tend to be widespread, favouring everyone except the top earners.”

      Poorer countries tend to have much higher levels of pay inequality, something that exacerbates the hardships of vulnerable populations. In Sub-Saharan Africa, the bottom 50 per cent of workers earn only 3.3 per cent of labour income, compared to the European Union, where the same group receives 22.9 per cent of the total income paid to workers.

      Roger Gomis, Economist in the ILO Department of Statistics, said: “The majority of the global workforce endures strikingly low pay and for many having a job does not mean having enough to live on. The average pay of the bottom half of the world’s workers is just 198 dollars per month and the poorest 10 per cent would need to work more than three centuries to earn the same as the richest 10 per cent do in one year.”

      https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_712234/lang--en/index.htm

    • In un anno i ricchi guadagnano quanto i più poveri in tre secoli

      La maggior parte della forza lavoro globale sopporta salari bassi e le occupazioni dove è impiegata non bastano per sopravvivere. Il 10 per cento dei lavoratori più poveri dovrebbe lavorare per più di tre secoli per guadagnare lo stesso reddito del 10 per cento che guadagna di più. Lo sostiene la ricerca dell’Organizzazione internazionale del lavoro (Ilo) intitolata «The global labour income share and distribution» che analizza la più grande raccolta mondiale di dati armonizzati per l’indagine sulla forza lavoro in 189 paesi.

      TRA IL 2004 E IL 2017 il reddito della cosiddetta «classe media» è diminuita, mentre è aumentato il salario della parte meglio retribuita dei lavoratori collocati nella parte alta della gerarchia sociale e produttiva. L’immagine scelta per rappresentare l’evoluzione della distribuzione del reddito da lavoro è un «bastone da hockey»: i redditi della classe media e medio-bassa – con queste nozioni di solito si allude a coloro che per vivere devono lavorare, indipendentemente dalle classi e dai ceti di riferimento – si assottigliano mentre si allargano i guadagni di chi è collocato in corrispondenza del termine del bastone chiamato «spatola» o «paletta». Questo significa che la quota destinata alla classe media (il 60 per cento medio dei lavoratori) è diminuita tra il 2004 e il 2017, passando dal 44,8 per cento al 43 per cento. Allo stesso tempo, la quota guadagnata dal 20 per cento dei lavoratori più pagati è aumentata, passando dal 51,3 per cento al 53,5 per cento. Su scala mondiale la disuguaglianza globale del reddito da lavoro è diminuita dal 2004. Ciò non è dovuto a una maggiore giustizia sociale. A livello nazionale, infatti, le disuguaglianze salariali sono aumentate. Questo calo è dovuto all’aumento della prosperità nelle grandi economie emergenti: Cina e India. Nel complesso, invece, la disuguaglianza di reddito rimane pervasiva nel mondo del lavoro. La ricerca conferma che l’Italia è uno dei paesi dove gli alti salari sono aumentati di almeno un punto percentuale insieme a Germania, Indonesia, Pakistan, Regno Unito e Stati Uniti, mentre tutti gli altri continuano a diminuire. I paesi più poveri tendono invece ad avere livelli molto più elevati di disuguaglianza retributiva, elemento che aggrava le difficoltà delle popolazioni vulnerabili. Nell’Africa subsahariana, ad esempio, il 50 per cento dei lavoratori guadagna solo il 3,3 per cento del reddito da lavoro, rispetto all’Unione Europea, dove lo stesso gruppo riceve il 22,9 per cento del reddito totale pagato ai lavoratori. «La maggior parte della forza lavoro globale sopporta salari sorprendentemente bassi e per molti avere un lavoro non significa avere abbastanza per vivere – sostiene Roger Gomis, economista del dipartimento di statistica dell’Ilo – La retribuzione media della metà inferiore dei lavoratori del mondo è di appena 198 dollari al mese e il 10 per cento più povero dovrebbe lavorare più di tre secoli per guadagnare la stessa cosa che il 10 per cento più ricco fa in un anno».

      «I DATI MOSTRANO che, in termini relativi, gli aumenti dei redditi da lavoro più alti sono accompagnati da perdite per tutti gli altri – ha detto Steven Kapsos, capo dell’unità di produzione e analisi dei dati dell’Ilo- Tuttavia, quando aumenta la quota di reddito da lavoro dei lavoratori a reddito medio o basso, i guadagni tendono ad essere ampiamente distribuiti, a vantaggio di tutti i lavoratori, eccetto per gli alti salari». Questo significa che un aumento generalizzato della parte bassa o mediana della forza lavoro comporterebbe una maggiore redistribuzione della ricchezza prodotta. Ciò non avviene perché la piramide è rovesciata: il progressivo calo del reddito da lavoro comporta un aumento per chi già guadagna di più. È una vecchia legge del capitalismo, sempre più attuale: avrà di più chi ha già di più. Chi ha di meno oggi, ne avrà ancora meno domani.

      https://ilmanifesto.it/ilo

  • « Les plus #pauvres décrochent à toute vitesse » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/07/les-plus-pauvres-decrochent-a-toute-vitesse_1761857?xtor=rss-450

    Les bénéficiaires de l’action du Secours catholique sont pourtant de plus en plus éduqués : 45 % ont fait des études secondaires, 16,6 % ont le bac ou plus, soit 10 points de plus en dix ans pour ces deux catégories. Parmi ceux qui ont un emploi, un quart sont en CDI à temps plein. Les trois quarts de ceux qui travaillent mais qui ne sont pas en CDI sont souvent des femmes : 25 % sont des actives occupées à temps partiel (contre 17 % chez les hommes), soit une augmentation de 5 % en dix ans.

    Les femmes, qui constituent le gros des troupes des familles monoparentales, peinent à s’en sortir. « Elles ont la charge des enfants et se débattent comme des diables avec trois francs six sous pour chauffer, vêtir, nourrir leurs enfants », soupire Jean Merckaert. Parmi les étrangers, de plus en plus de femmes seules se présentent aussi au Secours catholique. « En général, la première demande qui nous est faite est une demande d’écoute et d’accompagnement, observe le responsable associatif. On est dans une société qui culpabilise énormément les personnes en difficulté sociale, donc le fait de pouvoir en parler, de ne pas être seul et éventuellement d’être accompagné dans la reconquête de leurs droits, c’est important. »

  • No Go World. How Fear Is Redrawing Our Maps and Infecting Our Politics

    War-torn deserts, jihadist killings, trucks weighted down with contraband and migrants—from the Afghan-Pakistan borderlands to the Sahara, images of danger depict a new world disorder on the global margins. With vivid detail, #Ruben_Andersson traverses this terrain to provide a startling new understanding of what is happening in remote “danger zones.” Instead of buying into apocalyptic visions, Andersson takes aim at how Western states and international organizations conduct military, aid, and border interventions in a dangerously myopic fashion, further disconnecting the world’s rich and poor. Using drones, proxy forces, border reinforcement, and outsourced aid, risk-obsessed powers are helping to remap the world into zones of insecurity and danger. The result is a vision of chaos crashing into fortified borders, with national and global politics riven by fear. Andersson contends that we must reconnect and snap out of this dangerous spiral, which affects us whether we live in Texas or Timbuktu. Only by developing a new cartography of hope can we move beyond the political geography of fear that haunts us.

    https://www.ucpress.edu/book/9780520294608/no-go-world
    #livre #peur #géographie_politique #marges #désordre #inégalités #pauvres #riches #pauvreté #richesse #drones #fermeture_des_frontières #insécurité #danger #chaos #militarisation_des_frontières #espoir
    ping @cede @karine4 @isskein

  • « Les Pays-Bas bâtissent un Etat de surveillance pour les pauvres » - Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/paysbas-batissent-un-surveillance-pauvres

    La démonstration semble anodine. Mais elle fait sursauter Tijmen Wisman dans son bureau de l’Université libre d’Amsterdam. « A eux seuls, les compteurs intelligents, d’eau ou d’électricité, prennent une mesure tous les quarts d’heure. Cela fait 96 par jour, et cela suffit à vous offrir une vue très détaillée de la vie d’une personne. » Or, le système ne s’arrête pas là. « SyRI peut puiser dans une gamme incroyablement étendue de données. Nous sommes très loin de la simple recherche d’« anomalies ». Ce système ouvre la porte à un Etat de surveillance généralisée. »

    Tijmen Wisman sait de quoi il parle. Il a consacré son doctorat au droit européen en matière d’objets connectés. Il est l’un des derniers habitants d’Amsterdam à ne pas posséder de smartphone, et peste à chaque fois qu’il doit introduire sa carte d’abonnement numérisée pour entrer dans le métro qui l’amène à l’université. Il est conscient de chaque trace numérique qu’il laisse, et c’est à ce titre qu’il est devenu l’une des principales chevilles ouvrières de l’opposition qui s’est développée face à SyRI.

  • Le Syndicat des immenses | I.M.M.E.N.S.E.S : Individus dans une Merde Materielle Enorme mais Non Sans ExigenceS

    http://syndicatdesimmenses.be


    Dans le cadre des "24h du droit a un toit" lancé les 10-11 mai 2019 par le mouvement DROIT À UN TOIT (https://droitauntoit-rechtopeendak.brussels) pour une fin du sans-abrisme à Bruxelles, le "Syndicat des immenses" a été officiellement lancé. "Immense" est l’acronyme de "Individu dans une Merde Matérielle Enorme mais Non Sans Exigences" (http://syndicatdesimmenses.be). Contact : syndicatdesimmenses@gmail.com.
    Merci à Karine pour la vidéo.

    https://www.youtube.com/watch?v=fSMn_jhU0dY

    Exemples :
    Une petite centaine d’immenses poussent quotidiennement la porte de cette association. En devenant immense, du jour au lendemain, j’ai perdu beaucoup d’amis. S’il n’y a pas assez de sandwiches, priorité aux immenses ! OK, je suis immense, mais de là à me manquer de respect ! Comment faire entendre la voix des immenses ? Si l’activité n’intéresse plus aucun immense, on y met fin. Votre public est constitué exclusivement d’immenses ? On compte quelques immenses parmi nos bénévoles. Les immenses seraient plus forts s’ils se regroupaient. Les immenses sont de plus en plus visibles dans la ville. Encore une immense qui a retrouvé un logement ! La seule différence entre vous et nous, les immenses, c’est qu’on est dans une sacrée merde matérielle ! Le Syndicat des immenses a été officiellement lancé le 10 mai 2019 en face du Parlement européen, square Léopold, à la faveur des « 24 heures du droit à un toit »organisé par le mouvement bruxellois DROIT ÀUN TOIT (www.droitauntoit-rechtopeendak.brussels).

    Avantages :
    • Fin de l’hypocrite euphémisme qui ne trompe personne (« usagers », « bénéficiaires », « gens », « public » voire « clients ») : on spécifie le problème matériel de la personne.
    • Fin de la stigmatisation(« SDF », « sans-abri », « sans-papiers », « précaires »...) : on ne réduit pas les personnes à leur problème matériel, et, partant, on a moins la détestable tentation de les mettre toutes dans le même sac.
    • Fin de la pirouette faussement non-négative (« habitants de la rue ») : qui veut d’un trottoir en guise de salon ?
    • Le nom immense est clairement positif, valorisant, enviable.Une proposition du Syndicat des immenses − #Bruxelles, 31mars 2019

    Fondé en mars 2019 dans la foulée de la première Assemblée ouverte du mouvement Droit à un toit / Recht op een dak https://droitauntoit-rechtopeendak.brussels , le Syndicat des immenses (SDI) s’est d’abord appelé « Les précaires en colère », mais précaire, comme SDF, sans-abri ou sans-papiers, est stigmatisant. A surgi alors l’appellation immense , acronyme de Individu dans une Merde Matérielle Énorme mais Non Sans Exigences. Le SDI est un groupe de pression et d’action, non un groupe de parole. Il porte des revendications http://syndicatdesimmenses.be/wp-content/uploads/2019/09/Revendications-SDI.pdf , défend les droits des immenses et intervient chaque mois dans l’espace public. Il a un logo, une bannière, un site http://syndicatdesimmenses.be , un compte bancaire, un groupe Facebook https://www.facebook.com/login/?next=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fgroups%2Fsyndicatdesimmenses.be%2F , une adresse mail, des cartes de membre, des cartes de visite, et bientôt des statuts.

    Le 20 mars 2020 aura lieu la première « Université d’été des immenses ».

    #pauvreté #SDF #inégalités #femmes #hommes #enfants #précarité #chômage #logement #pauvres #logement #sans-abri #pauvreté 
    #sans-abris #hébergement #guerre_aux_pauvres #espace_public #stigmatisation #sans-papiers #précaires

  • Africa is a Country sur Twitter : “” The rich and the poor don’t share the same morals. The Bible and the Koran can’t serve in the same way those who exploit the people and those who are exploited. There will have to be two editions of the Bible and two editions of the Koran." — #Thomas_Sankara." / Twitter
    https://twitter.com/africasacountry/status/1160892185333686272

    #lecture #interprétation #riches #pauvres

  • En Inde, des ablations de l’utérus forcées
    https://www.courrierinternational.com/article/violences-faites-aux-femmes-en-inde-des-ablations-de-luterus-

    Les autorités viennent de découvrir dans le centre de l’Inde une proportion excessivement élevée d’ablations de l’utérus (hystérectomies) pratiquées sur les coupeuses de canne à sucre, afin d’améliorer leur rendement aux champs.

    Scandale médical dans les plantations de canne à sucre du Marathwada, une région du centre de l’Inde. “Au mois d’avril, une ONG du nom de Tathapi a tiré la sonnette d’alarme après avoir eu vent d’un nombre disproportionné d’hystérectomies dans le district de Beed”, raconte le site d’information Firstpost dans son édition du vendredi 14 juin.

    Après deux enquêtes de terrain réalisées par le gouvernement régional en 2018, il s’est avéré que “36 % des femmes” travaillant aux champs avaient subi une ablation de l’utérus, “alors que la moyenne en Inde s’établit à 3,2 %”. Depuis le début de 2019, le recensement de ces interventions chirurgicales se poursuit et sur les cinq premiers mois de l’année, la proportion a atteint 21 %, “un chiffre à nouveau très élevé”.

    En trois ans, ce sont 4 500 ablations qui ont été réalisées à Beed et aux alentours. Dans la plupart des cas (85 %), “ce sont des cliniques privées qui pratiquent les opérations”. Elles sont une dizaine et l’une d’entre elles, où 24 hystérectomies ont eu lieu l’an dernier, ne compte même pas de gynécologue dans ses équipes. Une nouvelle effrayante pour les coupeuses de canne à sucre, “qui subissaient déjà des discriminations en termes de salaire, de conditions de travail et de harcèlement sexuel”.

    Ce sont leurs employeurs qui les poussent apparemment à se faire enlever l’utérus, “dans le but que leurs ouvrières n’aient plus leurs règles et puissent ainsi travailler sans discontinuité”. Avec la complicité du corps médical : certains témoignages de victimes indiquent que des médecins instrumentalisent la peur du cancer du col de l’utérus pour arriver à leurs fins.

    Pendant la moisson, les coupeuses de canne à sucre “commencent leur journée entre 2 heures et 4 heures du matin”, pour gagner “30 000 à 35 000 roupies” sur toute la saison (de 380 à 450 euros). Les victimes d’hystérectomie abusive disent avoir payé l’intervention forcée “entre 20 000 et 40 000 roupies” (entre 250 et 500 euros), sans bénéficier d’aucune assurance-maladie pour couvrir ces frais.

    source originale :
    Beed: High hysterectomy rate among sugarcane cutters signals unethical medical practices, poor work conditions
    https://www.firstpost.com/india/beed-high-hysterectomy-rate-among-sugarcane-cutters-signals-unethical-med

    #violences_faites_aux_femmes #violence_patronale #violence_masculine #stérilisation #travail #mutilation_sexuelles #femmes #patriarcat #domination_masculine #capitalisme

  • Un rapporteur de l’ONU met en garde contre le risque d’« apartheid climatique »)
    https://reporterre.net/Un-rapporteur-de-l-ONU-met-en-garde-contre-le-risque-d-apartheid-climati

    Dans un nouveau rapport, révélé lundi 24 juin, Philip Alston, Rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême #pauvreté et les droits humains, lance un avertissement : « le changement climatique menace de défaire les progrès des 50 dernières années (...) en matière de réduction de la pauvreté ».

    Dans ce rapport sur les conséquences sociales du réchauffement climatique, présenté la semaine prochaine au Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu, Philip Alston souligne que les disparités entre les plus riches et les plus pauvres vont être accentuées en raison du changement climatique.

    Selon lui, le monde est face à un risque d’« apartheid climatique », avec d’un côté les plus #riches, qui peuvent grâce à leurs moyens financiers s’adapter aux changements climatiques, et de l’autre les plus #pauvres qui subissent ces changements de plein fouet. Il s’appuie sur les travaux de chercheurs qui estiment que le changement climatique pourrait laisser 140 millions de personnes sans abri dans les pays les plus pauvres de la planète d’ici 2050.

    Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants qui ne s’expriment pas au nom de l’#ONU. En revanche, ils communiquent les résultats de leurs recherches aux Nations Unies.

    #climat

    • UN expert condemns failure to address impact of climate change on poverty

      Climate change will have the greatest impact on those living in poverty, but also threatens democracy and human rights, according to a UN expert.

      “Even if current targets are met, tens of millions will be impoverished, leading to widespread displacement and hunger,” said the UN Special Rapporteur on extreme poverty and human rights, Philip Alston, in a report released today.

      “Climate change threatens to undo the last 50 years of progress in development, global health, and poverty reduction,” Alston said. “It could push more than 120 million more people into poverty by 2030 and will have the most severe impact in poor countries, regions, and the places poor people live and work.”

      Even the unrealistic best-case scenario of 1.5°C of warming by 2100 will see extreme temperatures in many regions and leave disadvantaged populations with food insecurity, lost incomes, and worse health. Many will have to choose between starvation and migration.

      “Perversely, while people in poverty are responsible for just a fraction of global emissions, they will bear the brunt of climate change, and have the least capacity to protect themselves,” Alston said. “We risk a ‘climate apartheid’ scenario where the wealthy pay to escape overheating, hunger, and conflict while the rest of the world is left to suffer.”

      Climate change has immense, but largely neglected, implications for human rights. The rights to life, food, housing, and water will be dramatically affected. But equally importantly will be the impact on democracy, as governments struggle to cope with the consequences and to persuade their people to accept the major social and economic transformations required. “In such a setting, civil and political rights will be highly vulnerable,” the Special Rapporteur said.

      “Most human rights bodies have barely begun to grapple with what climate change portends for human rights, and it remains one on a long laundry list of ‘issues’, despite the extraordinarily short time to avoid catastrophic consequences,” Alston said. “As a full-blown crisis that threatens the human rights of vast numbers of people bears down, the usual piecemeal, issue-by-issue human rights methodology is woefully insufficient.”

      Sombre speeches by government officials at regular conferences are not leading to meaningful action. “States have marched past every scientific warning and threshold, and what was once considered catastrophic warming now seems like a best-case scenario,” Alston said. “Even today, too many countries are taking short-sighted steps in the wrong direction.”

      States are failing to meet even their current inadequate commitments to reduce carbon emissions and provide climate financing, while continuing to subsidise the fossil fuel industry with $5.2 trillion per year.

      “Maintaining the current course is a recipe for economic catastrophe,” Alston said. “Economic prosperity and environmental sustainability are fully compatible but require decoupling economic well-being and poverty reduction from fossil fuel emissions.”

      This transition will require robust policies at the local level to support displaced workers and ensure quality jobs. “A robust social safety net will be the best response to the unavoidable harms that climate change will bring,” Alston said. “This crisis should be a catalyst for states to fulfil long ignored and overlooked economic and social rights, including to social security and access to food, healthcare, shelter, and decent work.”

      Although some have turned to the private sector for solutions, an overreliance on for-profit efforts would nearly guarantee massive human rights violations, with the wealthy catered to and the poorest left behind. “If climate change is used to justify business-friendly policies and widespread privatisation, exploitation of natural resources and global warming may be accelerated rather than prevented,” Alston said.

      “There is no shortage of alarm bells ringing over climate change, and an increase in biblical-level extreme weather events appear to be finally piercing through the noise, misinformation, and complacency, but these positive signs are no reason for contentment,” Alston said. “A reckoning with the scale of the change that is needed is just the first step.”

      https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24735&LangID=E

      #pauvreté

      #Rapport:

      Climate change and poverty

      Climate change will have devastating consequences for people in poverty. Even under the best-case scenario, hundreds of millions will face food insecurity, forced migration, disease, and death. Climate change threatens the future of human rights and risks undoing the last fifty years of progress in development, global health, and poverty reduction.
      Staying the course will be disastrous for the global economy and pull vast numbers into poverty. Addressing climate change will require a fundamental shift in the global economy, decoupling improvements in economic well-being from fossil fuel emissions. It is imperative this is done in a way that provides necessary support, protects workers, and creates decent work.
      Governments, and too many in the human rights community, have failed to seriously address climate change for decades. Somber speeches by government officials have not led to meaningful action and too many countries continue taking short-sighted steps in the wrong direction. States are giving only marginal attention to human rights in the conversation on climate change.
      Although climate change has been on the human rights agenda for well over a decade, it remains a marginal concern for most actors. Yet it represents an emergency without precedent and requires bold and creative thinking from the human rights community, and a radically more robust, detailed, and coordinated approach.

      https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/RegularSessions/Session41/Documents/A_HRC_41_39.docx
      #pauvreté
      ping @reka

  • Inde : des travailleuses des champs privées de leur utérus « pour améliorer leur rendement »
    RTBF, le 18 juin 2019
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_inde-des-travailleuses-des-champs-privees-de-leur-uterus-pour-ameliorer-

    Beed : High hysterectomy rate among sugarcane cutters signals unethical medical practices, poor work conditions
    Meena Menon, First Post, le 16 juin 2019
    https://www.firstpost.com/india/beed-high-hysterectomy-rate-among-sugarcane-cutters-signals-unethical-med

    Voir des histoires analogues de par le monde sexiste ici :
    #contraception_forcée

    #Inde #femmes #pauvres #stérilisation #hystérectomie #utérus #discriminations #sexisme #classisme #capitalisme