• Riches, pauvres et classes moyennes : comment évoluent les revenus en France ?
    https://www.inegalites.fr/Riches-pauvres-et-classes-moyennes-comment-evoluent-les-revenus-en-France

    Depuis le milieu des années 1990, le niveau de vie des classes moyennes (apprécié ici par le niveau de vie médian [2]) a augmenté de 16 % une fois la hausse des prix déduite, pour dépasser 2 200 euros par mois pour une personne seule, selon les données de l’Insee. Cela représente 300 euros mensuels de plus qu’en 2004 et 3 600 euros annuels. Contrairement à un discours très médiatisé, il n’y a donc pas d’appauvrissement des classes moyennes. Mais il est vrai que la période 2008-2018 a été marquée par un long palier.

    Le niveau de vie moyen des 10 % les plus #pauvres n’a quasiment pas évolué en 20 ans. Ils gagnaient 850 euros par mois en 2004, ils touchent 830 euros en 2024. (...)

    Les 10 % les plus #riches touchent en moyenne 6 400 euros par mois. Leur niveau de vie s’est accru de 24 %, soit un gain annuel de 15 000 euros (1 250 euros mensuels) au cours de la même période, une fois l’effet de l’inflation pris en compte. Cette hausse représente à elle seule l’équivalent d’un an et demi de revenus au bas de l’échelle. L’amélioration du niveau de vie des plus aisés s’est produite en deux étapes : de 1996 à 2011, puis de 2017 à 2024 (après une période de hausses d’impôts en 2012 et 2013).

    Au total, l’écart entre le haut et le bas de la distribution des revenus annuels a augmenté de 15 000 euros entre 2004 et 2024.

    #guerre_aux_pauvres #revenu

    edit espérance de vie
    https://seenthis.net/messages/1151986

  • Medically tailored meals receipt and healthcare utilization and costs in Massachusetts’ Medicaid demonstration | Nature Medicine
    https://www.nature.com/articles/s41591-026-04407-5

    Abstract
    Smaller quasi-experimental studies and short-term controlled trials of medically tailored meals (MTMs) have shown health benefits for several conditions, but MTMs have not been evaluated in large-scale policy initiatives. Multiple US states are now implementing MTMs in Medicaid, the health insurance program for low-income individuals, yet their impact has not been evaluated. We investigated changes in hospitalizations, emergency department (ED) visits and healthcare costs among 1,866 MTM recipients and 1,372 comparators from 2020 to 2023 across 11 health systems in Massachusetts. Both groups met eligibility criteria for diet-related conditions and food insecurity. We used propensity overlap-weighted generalized estimating equations to compare a 6-month baseline period to the program period. MTM receipt (mean, 6.7 months) was associated with 31% fewer hospitalizations (adjusted incidence rate ratio (aIRR) = 0.69 (95% confidence interval (CI): 0.58−0.82)), 20% fewer ED visits (aIRR = 0.80 (95% CI: 0.72−0.89)) and US$3,433 lower total healthcare costs (95% CI: $−1,215 to −$5,651). Healthcare cost reductions offset 98% of the MTM program costs during the enrollment period. Findings were robust across sensitivity analyses, a negative control test and a secondary comparison group. In stratified analyses, MTM receipt was net cost-saving among participants with cardiovascular disease, chronic kidney disease, depression, diabetes or high comorbidity. This large MTM policy evaluation informs consideration of ‘food is medicine’ therapies in clinical care.

    #alimentation #pauvres #cobayes #alimentation_médicalement_contrôlée #Medicaid #santé

  • Voici la somme qu’il faut gagner chaque mois (après impôts) pour être considéré comme riche en France en 2026
    https://www.cadremploi.fr/actualites-emploi/actualites-de-la-remuneration/193-riche-france

    2 000 euros par mois ? 5 000 euros ? 10 000 euros ? Vous vous êtes sûrement déjà demandé à partir de quel niveau de revenu on pouvait réellement être considéré comme riche. Chaque année, l’Observatoire des inégalités tente d’apporter une réponse à cette question épineuse dans son Rapport sur les riches en France. Et l’édition 2026 vient tout juste de dévoiler ses nouveaux chiffres.

    Pour établir ce seuil, l’organisme indépendant s’appuie sur les dernières données de l’Insee et sur un indicateur bien connu des statisticiens : le niveau de vie médian. Celui-ci partage la population française en deux groupes égaux : « 50% d’individus qui ont un niveau de vie en dessous de la médiane et 50% qui ont un niveau de vie au-dessus. Le niveau médian se situe donc au milieu de l’échelle des revenus », expliquait ainsi Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, dans les colonnes du Figaro Emploi.

    L’Observatoire applique ensuite une règle simple : si le seuil de pauvreté est fixé à la moitié du niveau de vie médian, le seuil de richesse est, lui, fixé au double. Pour être riche, il faut donc gagner le double du revenu médian. Comme le rappelait également Louis Maurin au Figaro Emploi, « ce montant prend en compte l’ensemble des revenus déclarés par cette personne, après déduction de l’impôt sur le revenu. Cela comprend notamment son salaire, les prestations sociales qu’elle touche, ses revenus du patrimoine, par exemple locatifs, ainsi que ceux issus de ses placements financiers ».

    Résultat : en 2026, une personne seule est considérée comme riche lorsqu’elle dispose d’au moins 4 292 euros par mois après impôts. Ce montant était de 4 056 euros en 2025. Ce seuil varie toutefois selon la composition du foyer. Pour un couple sans enfant, il atteint 6 438 euros par mois après impôts. Pour une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans, il s’élève à 5 580 euros par mois après impôts. Pour un couple avec deux adolescents de plus de 14 ans, il grimpe à 10 730 euros mensuels. Selon le rapport, 4,8 millions de personnes vivent aujourd’hui au-dessus de ce seuil de richesse en France. Elles représentent 7,5% de la population. Autrement dit, moins d’un Français sur dix entre dans cette catégorie.

    • Ceux qui entre-eux se cachent :
      De Neuilly à la frontière suisse, ces 20 villes où se concentrent les Français aisés
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/02/de-neuilly-a-la-frontiere-suisse-ces-20-villes-ou-se-concentrent-les-francai

      La commune des Hauts-de-Seine est la ville française qui compte la plus forte proportion de ménages à très hauts revenus, selon une étude de l’Observatoire des inégalités, publiée mardi 2 juin. Le classement est dominé par l’Ouest parisien et les abords de Genève.

      « Vendu. » L’annonce immobilière, publiée en décembre 2025, pour un superbe hôtel particulier de 1925 détenu par le roi du Maroc et sa famille à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) a été remplacée par ce seul mot. La propriété, 1 325 mètres carrés habitables plus un jardin paysager, avec piscine privée, hammam, salle de sport, et un toit-terrasse offrant une vue imprenable sur le bois de Boulogne, a fait l’objet d’un compromis de vente en avril, selon plusieurs sources concordantes. Le roi du Maroc en demandait 20 millions d’euros. Ni l’acquéreur ni le prix final ne sont connus à ce stade. L’affaire devrait être bouclée en septembre.
      Neuilly-sur-Seine, aux portes de Paris. Ses centaines d’hôtels particuliers. Ses boulevards arborés. Ses bonnes écoles. Sa taxe foncière parmi les plus faibles du pays. Son calme presque provincial. Ses caméras un peu partout, avec des dépenses de sécurité de 100 euros par an et par habitant, contre 36 euros en moyenne dans les villes de France. Ses annonces immobilières qui font rêver…
      « Dans un monde qui change, cette ville coche pas mal de cases pour les acquéreurs de biens immobiliers, résume Thibault Gallot-Lavallée, notaire à Neuilly-sur-Seine. Y compris une certaine homogénéité de la population. »

      Homogénéité ? Une litote. C’est ce que montre le classement des villes comptant la plus forte proportion de personnes aisées réalisé par le bureau d’études Compas et publié par l’Observatoire des inégalités, mardi 2 juin. Dans cette étude portant sur les communes de plus de 10 000 habitants, Neuilly-sur-Seine apparaît comme la ville de France où les ménages les mieux nantis sont, proportionnellement, les plus nombreux.
      Les auteurs de cette analyse se sont intéressés aux contribuables dont les revenus dépassent le double du niveau de vie médian, donc 4 300 euros par mois pour une personne seule, 6 400 euros pour un couple sans enfant et 10 700 euros pour une famille avec deux enfants de plus de 14 ans. Près de 5 millions de personnes sont concernées en France, soit 7,5 % de la population . Or, à Neuilly-sur-Seine, ce taux atteignait 49 % en 2023.

      « Près de la moitié des Neuilléens ont un niveau de vie supérieur au seuil de richesse, une proportion 6,5 fois plus élevée que la moyenne nationale », relève l’Observatoire des inégalités dans son rapport. Parmi les habitants de la ville figurent nombre de personnalités, comme Amel Bent, Patrick Bruel, Franck Dubosc, Sophie Marceau, Mireille Mathieu, Mimie Mathy, ou encore Katherine Pancol.
      La suite du classement est dominée par d’autres communes de l’Ouest parisien également très « homogènes », comme Le Vésinet (Yvelines, 45 % de hauts revenus), Saint-Cloud (Hauts-de-Seine, 35 %) ou Croissy-sur-Seine (Yvelines, 31 %), et par les arrondissements les plus cossus de la capitale. La part des personnes disposant de revenus au moins deux fois supérieurs à la médiane atteint 46 % dans le 7e arrondissement de Paris, 45 % dans le 8e arrondissement, 42 % dans les 6e et 16e.

      « Milieu privilégié »
      La surprise est ailleurs. En deuxième position du classement arrive Divonne-les-Bains (Ain). Cette commune compte un taux de personnes aisées (48 %) presque aussi élevé que Neuilly-sur-Seine. Le cas n’est pas à part. Quatre autres villes proches de Genève (Suisse) suivent : Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), Gex (Ain), Saint-Genis-Pouilly (Ain) et Vétraz-Monthoux (Haute-Savoie).

      Au total, les 20 villes où ce « taux de riches » est le plus fort se situent toutes autour de Paris ou à proximité de la frontière suisse, donc dans l’orbite d’une capitale politique et économique, constate l’Observatoire des inégalités. « Les habitants des communes concernées acceptent de payer un montant important pour s’y loger du fait de prix de l’immobilier très élevés, relève le rapport. En contrepartie, ils s’assurent de vivre entourés de populations semblables et notamment de scolariser leurs enfants avec des camarades d’un milieu privilégié. Les élus de ces communes assurent aussi dans le temps l’homogénéité de la population avec un taux le plus souvent faible de logements sociaux. »
      Il faut atteindre la 30e place du classement, avec Bondues (Nord), dans la banlieue riche de Lille, pour trouver une ville située dans un autre territoire.

    • Revenus : 4,8 millions de riches en France selon l’Observatoire des inégalités
      https://www.liberation.fr/economie/revenus-48-millions-de-riches-en-france-selon-lobservatoire-des-inegalite

      L’association publie ce mardi 2 juin la quatrième édition de son rapport sur les plus aisés dans l’Hexagone. Elle fixe le seuil de richesse en revenus à 4 292 euros mensuels après impôts pour un célibataire et à 6 438 euros pour un couple. Aussi, 3,4 millions de ménages possèdent un patrimoine supérieur à 840 000 euros.

      https://justpaste.it/fbiix

      https://www.inegalites.fr/Les-chiffres-cles-sur-les-riches-en-France

      #revenu #patrimoine #fiscalité #inégalités

  • « C’est le travail de la jeunesse modeste qui paie les retraites des riches et vieux Parisiens »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/08/c-est-le-travail-de-la-jeunesse-modeste-qui-paie-les-retraites-des-riches-et

    Il sera désormais impossible de réfléchir à ces questions sans avoir lu le livre de Gilles Postel-Vinay (EHESS-Ecole d’économie de Paris) et Jean-Laurent Rosenthal (California Institute of Technology) sur l’accumulation de la richesse privée à Paris depuis deux siècles (Le capital d’une capitale, 200 ans de richesses et d’inégalités à Paris, Seuil, 544 pages, 26 euros).

    Issu de vingt ans de recherche sur les successions des personnes décédées à #Paris tous les cinq ans de 1807 à 1977 – date après laquelle les sources ne sont plus accessibles –, à partir des archives fiscales (les #successions sont imposées continûment depuis 1798) et notariales, complétées par de nombreuses sources statistiques parisiennes, ce livre articule les vues statistiques globales et les exemples individuels. Il documente très concrètement les origines de la #richesse des #Parisiens (la faveur du prince, l’industrie ou la finance), les conditions genrées de son accumulation et les variations des inégalités de la société parisienne.

    Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’accumulation incroyable de richesse à Paris a lieu au profit quasi exclusif des plus riches, tant parisiens d’origine que provinciaux ou étrangers. La proportion des #pauvres – qui meurent sans laisser aucun #héritage, alors que le fisc compte celui-ci au premier franc – reste constamment des deux tiers, tandis que le sommet de la distribution s’enrichit continuellement et plus vite que l’économie française. Ce constant ruissellement du bas vers le haut n’est pas étranger aux multiples révolutions parisiennes, de 1789 à 1870. (...)

    https://justpaste.it/nipyd

  • Les dessous inquiétants de la future allocation de solidarité unifiée, annoncée comme « indolore »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240326/les-dessous-inquietants-de-la-future-allocation-de-solidarite-unifiee-anno

    « Indépendamment de ce qui est raconté techniquement, le plus dangereux c’est de concevoir une boîte noire dont tous les paramètres importants vont être fixés par #décret, sans possibilité de débat. Ce qui peut transformer la réforme en quelque chose de très protecteur comme en quelque chose de très mauvais pour les plus #précaires. » Sans compter que la mise en œuvre de la réforme incombera au gagnant ou à la gagnante de l’élection présidentielle : « Si on reste sur ces couleurs politiques, la probabilité qu’ils veuillent dépenser plus pour les plus #pauvres reste assez faible. »

    De son côté, Sophie Rigard, chargée de plaidoyer au Secours catholique, est frappée par la légèreté avec laquelle l’exécutif appréhende cette refonte d’ampleur des prestations sociales. « C’est une réforme considérable de notre système de protection sociale qui concerne des dizaines de millions de personnes, comparable à celle de la retraite par points. » 

    D’ores et déjà, l’étude d’impact montre que 20 % des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté devraient voir leurs aides diminuer. Pour Delphine Rouilleault, ce n’est évidemment pas acceptable : « Depuis le début, nous disons que si on veut faire une réforme des prestations sociales, il faut de la justice sociale et fiscale dans le pays, et ne pas demander aux personnes un peu moins pauvres de payer pour les très pauvres. »

    Sophie Rigard s’inquiète également du flou maintenu par le gouvernement sur les détails de la réforme. « Le projet de loi acte l’architecture de l’#ASU mais renvoie à des décrets la fixation de paramètres essentiels : la définition du revenu social de référence, les règles de prise en compte des ressources, les abattements applicables, les modalités de calcul des droits, etc. » C’est pour elle une « réforme cachée des #APL [aides personnalisées au logement – ndlr] » pour en faire une prestation incitative à la reprise d’activité.

    Muriel Pucci abonde dans ce sens. Elle déplore que l’étude d’impact ne donne aucun détail précis permettant de comprendre qui va gagner ou qui va perdre avec certitude. La seule chose certaine est que le gouvernement insiste sur sa volonté que le travail rapporte toujours plus que les allocations diverses. « Dans un contexte de tensions budgétaires, cela signifie aussi qu’il faut que le #RSA ne soit pas trop élevé pour ceux qui ne travaillent pas. »
    L’économiste, sur la foi de l’étude d’impact, pointe le fait qu’il y aura des perdant·es parmi les plus pauvres, dans les premier et deuxième déciles. « Les calculs sur le RSA et la #prime_d’activité ne vont pas trop être modifiés mais le curseur va sûrement être bougé sur les APL. Or, il est très important de ne pas trop déstabiliser les aides au logement. Si elles deviennent aussi instables que la prime d’activité, cela peut vraiment mettre des gens dans la difficulté de payer leurs loyers. » 

    [...]

    L’ancien copilote de cette réforme, Olivier Noblecourt, rappelle à Mediapart que le RUA tel qu’il était pensé à l’époque s’inscrivait dans une stratégie plus globale et pluriannuelle, avec la création d’un véritable service public de l’insertion. « L’approche était équilibrée entre prestations et accompagnement, tout en reconnaissant que les prestations seules ne suffisent pas à réduire la pauvreté mais qu’il fallait améliorer un système trop complexe. Les articulations entre dispositifs sont par ailleurs défaillantes. »

    Au fil des ans, différents premiers ministres relanceront le RUA. En janvier 2024, sous Gabriel Attal, le volet allocation unique est remis sur la table, mais les législatives anticipées de juin 2024 interrompent à nouveau le processus. En dépit de ces contretemps, le sujet persiste, les premiers ministres suivants plaident pour la mise en place de cette #allocation_de_solidarité_unifiée.

    Une mission-flash est finalement conduite à l’été 2025 par les députées Sandrine Runel (Parti socialiste, Rhône) et Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons, Moselle). Lors de la présentation de leur travail en commission des affaires sociales, basé sur des auditions d’une trentaine de personnes, dont Fabrice Lenglart, la tête pensante de la réforme, les deux parlementaires soutiennent l’ASU.

    Leurs conclusions sont les suivantes : en relevant les barèmes de calcul des allocations pour un coût de 2 milliards d’euros, les prestations sociales augmenteraient pour 4,6 millions de personnes et diminueraient pour 3,5 millions d’entre elles. Le taux de pauvreté reculerait de 0,6 point. Les élues ont plaidé pour que soit envisagée une compensation pour les ménages modestes le temps d’une période de transition. « Une rustine », rétorque l’économiste Muriel Pucci.

    Une légitimité politique faible

    Si l’habillage, depuis le premier quinquennat, a changé, l’idée ne fait toujours pas consensus. L’expérience aidant, les acteurs associatifs ont aussi compris que la lutte contre la pauvreté n’est pas la priorité du pouvoir en place. En témoignent les réformes de l’assurance-chômage ou du RSA qui sanctionnent de plus en plus durement les plus vulnérables. Ou la politique sociale, largement absente, sans portage politique. Et ce, même si le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), qui prépare une nouvelle stratégie nationale, doit prendre en compte ce projet de loi et l’insérer dans son plan.

    [...]
    Pour Delphine Rouilleault, et ce n’est pas un détail, la réforme aurait dû être conduite en début de quinquennat et non un an avant l’élection présidentielle. Ne serait-ce que pour « sécuriser le fait que la mise en œuvre corresponde aux objectifs […] fixés initialement ». Elle pointe par ailleurs la lenteur du processus, avec une opérationnalité non attendue « avant 2029-2030 » selon la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) . L’exécutif explique qu’il fallait d’abord mener à son terme la mise en place de la solidarité à la source, entrée en vigueur il y a un an, avant de s’atteler à l’ASU. [donc des décrets trés postérieurs à la loi, ndc]

    Seulement, la manière dont sont menés les discussions et le calendrier interpellent également Sophie Rigard. Pour elle, il y a « un problème démocratique aussi bien que politique » à ce que l’exécutif demande à la représentation nationale et aux acteurs impliqués d’endosser un projet qui sera mis en œuvre… lors du quinquennat à venir : « C’est signer un chèque en blanc au gagnant de la prochaine présidentielle », dit-elle.

    Du côté des syndicats, l’inquiétude est à son comble face au calendrier parlementaire annoncé. « Tous les syndicats, toutes les associations de solidarité sont vent debout contre ce projet, et le gouvernement décide quand même qu’il s’agit d’une priorité, à adopter rapidement. Il répond à une demande de la droite et de l’extrême droite. Où est l’urgence ? », gronde un responsable syndical de haut rang. Mais surtout, les questionnements concernant l’interaction entre les différentes prestations demeurent entiers.

    « À nos yeux, ce projet d’allocation sociale unique est une façon de faire des économies, déclare Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT. On sait que le non-recours aux diverses allocations concerne environ 30 % des bénéficiaires qui devraient y avoir droit. Le gouvernement, qui explique que le but de cette loi est de simplifier les procédures, a-t-il prévu d’augmenter le budget de 30 % ? Bien sûr que non. »
    D’autant plus que la méthode de concertation vantée par le gouvernement est largement surestimée. Si les associations rencontrent régulièrement le cabinet du ministre du travail, Delphine Rouilleault déplore : « Nos demandes de concertation réunissant organisations syndicales, acteurs du logement social, représentants des collectivités locales et mondes associatifs sont refusées par le gouvernement. C’est sidérant pour une réforme d’une telle ampleur. » Autre fait étonnant : si le projet concerne les aides au logement, le ministre dédié à la question n’est pas convié à la table des discussions.

    Le texte prévoit aussi que l’écart entre les revenus du travail et ceux de la solidarité soit fixé par décret. Attention danger, craignent les représentant·es des salarié·es : un nouveau décret pourra facilement faire bouger ce curseur, pour faire baisser les allocations.

    Les acteurs associatifs témoignent aussi d’un désaccord philosophique majeur face aux motivations du gouvernement sur ce point. Ce dernier entend mettre en place cette réforme avec une condition fondamentale : faire en sorte que le travail paye davantage que les prestations sociales.

    Si le ministre du travail ne souscrit pas à la préconisation de Laurent Wauquiez et de la droite d’appliquer un plafond de 70 % du smic aux allocations dans son éternelle croisade contre « l’#assistanat », aucun chiffre n’a été énoncé. « Aujourd’hui, la meilleure façon de sortir durablement de la pauvreté, ça reste encore le travail », a seulement défendu l’entourage du ministre du travail.
    « C’est déjà le cas », tranche la présidente du collectif Alerte. Le gouvernement « joue sur le biais cognitif » qui fait croire aux gens qu’aujourd’hui les minima sociaux rapportent plus que le travail, dit-elle. Olivier Noblecourt juge également que la volonté politique de cette stratégie de lutte contre la pauvreté a cessé, laissant place à un « discours de culpabilisation classique des pauvres ».

    • « Imaginez le petit-fils de Bernard Arnault au RSA » : le Département du Loiret resserre la vis avec les bénéficiaires
      https://www.larep.fr/orleans-45000/economie/imaginez-le-petit-fils-de-bernard-arnault-au-rsa-le-departement-du-loiret-ress

      Les contrôles menés récemment ont mis en lumière des dysfonctionnements. En 2025, environ 3 % d’erreurs ont été détectées sur les versements de la Caisse d’Allocations familiales. « Concrètement, il y aurait environ 3,5 millions qu’on ne devrait pas verser », précise Marc Gaudet. 

      Le Département souhaite revoir certaines situations jugées incohérentes : maintien dans le dispositif après l’âge de la retraite, cumul avec des aides familiales importantes ou orientation de personnes souffrant de pathologies lourdes vers des dispositifs plus adaptés.

      Des efforts motivés par le fait que le #RSA soit, selon Marc Gaudet, "la seule politique sociale sur laquelle on a une marge de manœuvre".

      La charge financière qui pèse sur les départements va aussi motiver des passages du RSA à des pensions de retraite CNAV, à l’#AAH et à l’#ASPA, budgets nationaux qui ne relèvent pas de l’Allocation Sociale Unique (ASU) annoncée (je serais curieux de savoir si le surcout a été évalué lors de la préparation du volet RSA de la Loi plein emploi).

      Pendant ce temps on évoque la refonte des modalités d’attribution de l’AAH, de quoi endiguer une dépense croissante dont la hausse serait accrue par ces mécanismes d’éviction du RSA gérés par les départements ?


      Source DRESS / AAH : la hausse des effectifs dans les territoires https://www.lagazettedescommunes.com/1006285/allocation-aux-adultes-handicapes-aah-la-hausse-des-effectifs-

    • Allocation de solidarité unifiée : vers un nouvel appauvrissement de 4 millions de personnes
      https://www.clcv.org/articles/allocation-de-solidarite-unifiee-vers-un-nouvel-appauvrissement-de-4-millions-

      Aujourd’hui, les APL sont calculées en fonction de critères liés au logement : sa localisation, sa surface et sa qualité. Demain, elles seraient intégrées dans un « revenu social de référence » (RSR), basé uniquement sur les ressources du ménage, à l’image du RSA. Ce nouveau calcul inclurait des revenus et aides sans lien avec le logement, comme les retraites, les aides au retour à l’emploi ou encore les minima sociaux (AAH, allocations pour personnes âgées).

      Ce changement traduit une évolution majeure : l’accès à un logement décent ne serait plus une priorité en soi. Les aides au logement deviendraient un simple complément, sans objectif spécifique. Pire, le ministre du Travail voit cette allocation comme un outil d’insertion et un retour à l’emploi. Les étudiants et les intérimaires pourraient-ils être contraints de prendre plusieurs emplois pour ne pas finir à la rue ? Le retour à l’emploi ne peut passer par une fragilisation accrue des plus précaires, mais par des politiques concrètes : loyers maîtrisés, transports, garde d’enfants, conditions de travail.

      3,7 millions de personnes seront perdantes

      Selon les simulations du gouvernement, la réforme entraînerait des pertes pour la majorité des bénéficiaires :

      629 000 ménages parmi les plus pauvres (moins de 830 € par mois) perdraient en moyenne 40 € mensuels (480 € par an).

      724 000 ménages (moins de 1 275 €) perdraient environ 80 €.

      Plus d’1,3 million de ménages (jusqu’à 1 800 €) perdraient en moyenne 100 €.

      Les petits propriétaires ayant fini de payer leur crédit ne seraient pas épargnés : ceux gagnant entre 1 et 1,4 SMIC pourraient perdre jusqu’à 232 €, malgré l’augmentation de leurs charges et des besoins en travaux.

      Dès 1 800 € brut mensuels, une personne serait ainsi considérée comme trop aisée pour bénéficier d’un soutien, alors même que ces ménages étaient encore aidés récemment face à la hausse des prix de l’énergie.

    • Allocation de solidarité unifiée : le projet de loi ne sera pas présenté en avril

      https://www.lemediasocial.fr/allocation-de-solidarite-unifiee-le-projet-de-loi-ne-sera-pas-presente

      Finalement, le texte n’a pas été présenté devant le CNH, sans qu’aucune explication ne soit avancée. La présidente du conseil, la députée Annaïg Le Meur (Ensemble pour la République), n’a pas non plus indiqué de nouvelle date d’examen. Or, l’avis du CNH est obligatoire sur le volet des aides au logement (APL) de l’ASU avant la saisine du Conseil d’État. Dans ces conditions, le texte ne pourra pas être présenté en avril en conseil des ministres.

      « Au sein du CNH, explique Thomas Gesmond, délégué à l’habitat pour l’Unhaj, qui a participé à cette réunion, _les prises de parole ont été unanimes pour critiquer l’intégration des APL dans l’ASU. Alors que l’objectif principal de cette allocation est le retour à l’emploi, tous les acteurs, y compris les #propriétaires, ont souligné le risque d’une dilution de l’objectif historique des allocations logement, à savoir la solvabilisation des ménages. » Le mouvement HLM se montre également très réservé sur l’ASU.

  • Les logements HLM s’éloignent de leur cible principale, les demandeurs les plus précaires
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/17/logement-le-parc-hlm-s-eloigne-de-sa-cible-principale-les-demandeurs-les-plu


    Des HLM à Thiais (Val-de-Marne), le 21 janvier 2023. GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

    En 2023, 62 % des demandeurs de logements sociaux avaient des ressources inférieures aux plafonds fixés pour les logements dits très sociaux, appelés « #PLAI » (parce que financés par le Prêt locatif aidé d’intégration, largement bonifié) et attribués aux demandeurs les plus précaires, qui étaient 57 % en 2016. Le tout alors que la file d’attente pour un HLM s’est allongée pour atteindre un record de 2,9 millions de postulants en 2025.

    En dépit de cette hausse des candidats les plus #pauvres à un #logement #HLM, « la part du parc très social a regressé en dix ans, passant de 44 % à 41 % », déplore l’étude de l’Ancols. Entre 2014 et 2023, si le parc social a globalement crû de 11 %, la part du « très social » n’a progressé que de 4 %. A rebours, la part des logements destinés aux demandeurs aux ressources plus élevées (les « PLS », financés par le Prêt locatif social, nettement moins aidé), a grimpé de 49 %, pour atteindre 7 % du total. « On observe un effet ciseau : une paupérisation de la population, d’un côté, et une montée en gamme et en prix du logement social, de l’autre », résume Patrice Bueso. « On s’écarte de notre clientèle », alerte Serge Bossini.

    (...) Les programmes de logements très sociaux dépendent largement du Fonds national des aides à la pierre (Fnap), que l’Etat, dans le contexte actuel de restriction budgétaire, a arrêté d’abonder après 2018.

    (...) En 2025, 39 % des logements sociaux autorisés par l’Etat appartiennent à la catégorie la moins sociale (PLS), contre seulement 29 % pour les PLAI.

    https://archive.ph/KEpZm

    #logement_social

  • Zur „Tafelisierung“ der Gesellschaft: Die von der Unternehmensberatung McKinsey geförderte Tafelbewegung in Deutschland ist gescheitert
    https://gewerkschaftsforum.de/zur-tafelisierung-der-gesellschaft-die-von-der-unternehmensberatu

    Mittlerweile gibt es bei uns eine ganze Generation von Menschen, die es nicht anders kennen, dass arme Leute bei den Tafeln um Lebensmittel anstehen.

    Sie denken, eine Tafel ist Teil des Sozialsystems und gehört eben für die „Verlierer der sozialen Marktwirtschaft“ einfach dazu.

    Erzählt man den Menschen dieser jüngeren Generation davon, dass McKinsey, die weltweite Unternehmensberatung, auch der Initiator der „Tafelbewegung“ bei uns ist und ganz viele Unternehmen und Einzelpersonen in sein Tafelkonzept eingebunden hat, mit seinen unzähligen ehrenamtlichen Beschäftigten, bekommt man ungläubige Blicke. Doch die Idee der Tafeln ist ein fester Bestandteil der neoliberalen Politik. Sie soll zeigen, dass „Privat vor Staat“ funktioniert und gleichzeitig ein billiges Konzept für die Abfallbeseitigung für die Lebensmittelunternehmen ist.

    Die riesige Organisation mit ihren rund 1.000 Ausgabestellen, eingebettet in permanenten Finanznöten, trotz üppiger Spenden, scheint ihren Zenit überschritten zu haben.

    Das Tafelkonzept ist nicht nur an seine Grenzen gestoßen, sondern das gesamte Modell wird mittlerweile in Frage gestellt, neuerdings auch von den Tafeln selbst.

    In kurzer Zeit hat sich die Zahl der Menschen, die bei den Tafel-Einrichtungen um Lebensmittel bitten, um 50 Prozent erhöht. Zum Ende des Jahres 2024 hatten die Tafeln 1,5 Millionen „Kunden“, davon waren 28 Prozent Kinder und 20 Prozent der Menschen, die sich bei den Tafeln mit gespendetem Essen versorgen müssen, sind über 63 Jahre alt. Gleichzeitig bekommen die Einrichtungen weniger Lebensmittel als früher.

    Weil die Regelleistungen im Sozialgesetzbuch (SGB II/SGB XII) und Asylbewerberleistungsgesetz (AsylbLG) zu gering sind, rutschen immer mehr Menschen in Armut und Überschuldung ab. Sie können sich die verteuerten Lebensmittel nicht mehr leisten und müssen zu den Tafeln gehen. Hinzu kommen die gestiegenen Kosten für Miete und Energie.

    Seit Beginn der „Tafelbewegung“ in den 1990er Jahren haben die staatlichen Stellen die Institutionalisierung der Tafeln kräftig gefördert, auch um die Leistungsbemessung für die Zahlungen gemäß dem Sozialgesetzbuch möglichst gering halten zu können.
    Höchststand der Armut in Deutschland

    Nach der gängigen Definition ist arm, wer über weniger als 60 Prozent des durchschnittlichen Nettohaushaltseinkommens verfügt. Dies trifft auf aktuell 16,8 Prozent der Bevölkerung Deutschlands zu, das sind 14,2 Millionen Menschen.

    Nach Angaben der Bundesagentur für Arbeit (BA) leben derzeit etwa 5,5 Millionen Menschen in sogenannten Bürgergeld/Hartz-IV/Grundsicherung – „Bedarfsgemeinschaften“, darunter sind fast zwei Millionen Kinder. Rund jeder fünfte Bezieher von Leistungen der Jobcenter arbeitet für einen Niedriglohn und stockt auf. Hinzu kommen mehr als eine Million Menschen, die Grundsicherung im Alter oder bei Erwerbsminderung benötigen, weil ihre Rente zu gering ist, sowie rund 400.000 Bezieher von Asylbewerberleistungen. Letztere erhalten sogar noch fast 20 Prozent geringere Leistungen als Bürgergeld/Hartz-IV-Bezieher. Außerdem arbeiten fast acht Millionen Beschäftigte in Deutschland im sich immer weiter ausbreitenden Niedriglohnsektor.

    Der Regelsatz für Alleinstehende beträgt aktuell 563 Euro. Hinzu kommt noch die Warmmiete. Doch wenn diese die sogenannte Angemessenheitsgrenze übersteigt, müssen Betroffene die Differenz auch noch aus eigener Tasche zahlen. Im vergangenen Jahr musste fast jeder sechste Haushalt im Bürgergeld/Hartz-IV-Bezug einen Teil der Miete selbst zahlen. Im Durchschnitt waren dies beachtliche 93 Euro monatlich und die Jobcenter konnten so fast eine halbe Milliarde Euro einsparen.

    Andere Posten im Regelsatz, vor allem der Energieposten, reichen schon seit Jahren nicht aus, um den realen Bedarf zu decken und führen direkt in die Überschuldung.

    Während der stärksten Preissteigerungen bei Lebensmitteln seit Jahrzehnten lässt die Spendenfreude der Lebensmittelhändler nach und die Zahl der bedürftigen Menschen steigt rapide an.

    Die ausrangierten Lebensmittel, die die Supermärkte andernfalls in den Müll geworfen hätten, reichen nicht mehr für alle Hungrigen, auch weil im Einzelhandel durch die Digitalisierung immer treffsicherer geplant werden kann und daher weniger Lebensmittel zum Spenden übrigblieben. Zwei Drittel der Tafeleinrichtungen haben deshalb die für zwei oder drei Euro ausgegebenen Rationen verkleinert, um möglichst vielen Menschen Lebensmittel mitgeben zu können. Ein Drittel hat bereits einen Aufnahmestopp verhängt und 17 Prozent haben die Abholhäufigkeit reduziert, so dass die einzelnen Personen oder Familien beispielsweise nur noch alle zwei Wochen, statt jede Woche, zur Lebensmittelausgabe kommen dürfen. 60,7 Prozent der Tafeln verzeichnen einen Zuwachs von bis zu 50 Prozent bei denen, die Lebensmittel nachfragen. 22,6 Prozent der Tafeln unterstützen bis zu doppelt so viele Menschen wie vor einem halben Jahr. Zu den neuen Nutzern zählen Geflüchtete, besonders aus der Ukraine, aber auch viele erwerbslose Menschen mit Bezug von Arbeitslosengeld I oder II, Beschäftigte mit geringem Einkommen sowie Ältere im Rentenbezug.

    Die Tafeln „retten“ nach eigenen Angaben Lebensmittel, die nicht mehr verkauft werden können und geben sie an Menschen in Armut weiter, die sich eine ausgewogene Ernährung nicht leisten können. Mit 60.000 Helfern sind die Tafeln nach Verbandsangaben eine der „größten sozial-ökologischen Bewegungen in Deutschland“. Pro Jahr würden rund 265.000 Tonnen Lebensmittel gesammelt und diese an 1,6 bis 2 Millionen Menschen weitergegeben.
    Unternehmensberatungsfirma als Motor der „Tafelbewegung“

    Die Idee der Tafeln ist ein fester Bestandteil der neoliberalen Politik und gleichzeitig ein billiges Konzept für die Abfallbeseitigung, denn schwerpunktmäßig sind die Produkte der Tafeln Waren, deren Verfallsdatum erreicht oder überschritten ist und die deshalb nicht mehr verkauft werden dürfen. Da ist die Entsorgung durch Abgabe an die Tafeln billiger als eine kostenpflichtige Verbringung auf dem Müll. Nicht einmal Transportkosten entstehen, weil die Tafeln die Lebensmittel selbst abholen.

    Erstaunlich ist, dass so eine Bewegung wie die Tafelbewegung mithilfe einer Unternehmensberatungsfirma flächendeckend gewachsen ist. Über die Medien hochgejubelt, wurde auch suggeriert, dass jeder, dem es nicht gut geht, zur Not doch die Tafel nutzen kann und er mit „durchgefüttert“ wird.

    Die hohe Akzeptanz der Tafeln in der Bevölkerung ist das Ergebnis einer Mission, die den Sozialstaat vorführen wollte, um „Sozialromantiker“, die für diesen eintreten, zu diskreditieren.

    Dabei haben staatliche Stellen die Institutionalisierung der Tafeln kräftig gefördert, auch um die Leistungsbemessung für die Zahlungen gemäß dem Sozialgesetzbuch möglichst gering halten zu können.

    McKinsey, die weltweite Unternehmensberatung, hat mittlerweile sehr viel Erfahrung mit dem Sozialsystem in Deutschland. Sie ist auch für die Entlassung Hunderttausender verantwortlich, die in dem von ihr beratenen Unternehmen beschäftigt waren. Auch hat McKinsey maßgeblich am Hartz-Konzept mitgewirkt und war Mitglied der Hartz-Kommission der rot-grünen Bundesregierung Anfang des Jahrhunderts.

    Der Leitspruch lautet dabei immer, dass Sozialleistungen und Unternehmenssteuern abgebaut werden müssen.

    McKinsey war auch der Initiator der „Tafelbewegung“ und hat unzählige Unternehmen und Einzelpersonen in sein Tafelkonzept eingebunden, mit seinen unzähligen ehrenamtlichen Beschäftigten.
    Tafeln als Ergebnis einer verfehlten Sozialpolitik

    Sozialpolitisch gesehen ist das flächendeckende Tafelangebot äußerst problematisch, da

    mit der Ausgabe von Lebensmitteln Armut gelindert werden kann, aber die Armut und deren Ursachen können so nicht beseitigt werden,
    die Tafeln als Nothilfe den Druck auf die Politik reduzieren, die Ursachen der Armut zu beseitigen,
    es verhindert, dass eine armutsfreie, bedarfsgerechte und existenzsichernde Mindestsicherung gewährleistet ist, die die Tafeln und andere mildtätige Angebote in Zukunft überflüssig machen,
    sie nur reine Überlebenshilfe und Notversorgung leisten, verhindern sie eine Befähigung, den Bedürftigen verfügbare Handlungsperspektiven zu eröffnen, die über die Linderung der akuten Not hinauswirken,
    die Tafelarbeit in der Medienberichterstattung und Öffentlichkeit als genügende Absicherung gegen Armut erscheint, ihre flächendeckende Ausbreitung den Eindruck eines kompletten und ausreichenden Hilfsangebots vermittelt, das in der Realität aber nur einen Bruchteil der Bedürftigen erreicht und die eigentliche Armutsbekämpfung in den Hintergrund treten lässt,
    es die Menschen bremst, für Bedingungen einzutreten, die den „Befähigungsgedanken“‘ in den Mittelpunkt stellen und den Anspruch des Sozialgesetzbuches auf „selbstbestimmte Teilhabe“ unterstützt,
    das eingetreten ist, was Vordenker der Tafelbewegung sich wünschten, nämlich, dass sich der Staat mit Hinweis auf die Bürgergesellschaft aus der Daseinsvorsorge seiner Bürger sukzessive zurückgezogen hat und sich weiter zurückziehen wird,
    der Staat als Reaktion auf die Hilfe durch die Tafeln seine Mittel kürzt, weil z.B. § 9 SGB I sagt: „Wer nicht in der Lage ist, aus eigenen Kräften seinen Lebensunterhalt zu bestreiten oder in besonderen Lebenslagen sich selbst zu helfen, und auch von anderer Seite keine ausreichende Hilfe erhält, hat ein Recht auf persönliche und wirtschaftliche Hilfe, die seinem besonderen Bedarf entspricht, ihn zur Selbsthilfe befähigt, die Teilnahme am Leben in der Gemeinschaft ermöglicht und die Führung eines menschenwürdigen Lebens sichert. Hierbei müssen Leistungsberechtigte nach ihren Kräften mitwirken“,
    der Bestand und Ausbau der wohlfahrtsstaatlichen Sicherungssysteme und die Etablierung der beruflichen, fachlich qualifizierten Sozialen Arbeit die Abschaffung von mildtätigen, auf Zufall beruhenden Gaben und einhergehenden Abhängigkeiten für bedürftige Menschen voraussetzt. Den zufälligen möglichen Hilfeleistungen müssen individuelle Rechte entgegengestellt werden, die die Teilhabe aller Gesellschaftsmitglieder sichern,
    dadurch, dass Kosten für Lebensmittel eingespart werden können, Tafeln Bedürftigen den entgeltlichen Konsum von Waren ermöglichen, die eigentlich bei der Regelbedarfsermittlung berücksichtigt sein müssten,
    laut dem Bundesverband Deutsche Tafel e.V. von den ca. 9 Millionen Menschen, die in Deutschland auf Sozialleistungen angewiesen sind, rund 2 Million zur Tafel gehen. Die Tafeln sehen diese 7 Millionen Menschen als „unausgeschöpftes Potenzial“ an und betreiben entsprechende Akquise. Die „Kundenbindung“ bei Tafeln dient alleine der Aufrechterhaltung der Bedürftigkeit und ist das Gegenteil von einer strukturellen Armutsbekämpfung,
    anstelle an einer Abschaffung der Armut mitzuarbeiten, die Tafeln sich an einer Spaltung der Gesellschaft in Reiche und Arme beteiligen. Die langen Schlangen vor den Ausgabestellen signalisieren allen Menschen, dass unser Sozialsystem so etwas zulässt und man selbst schnell zum Tafelnutzer werden kann und dann zu „denen“ gehört,
    fast überall die Sozialämter und Jobcenter Bedürftigen in Not die schnelle Hilfe verweigern. Sie schicken „ihre Klientel“ zu einer Tafel, und zwar ohne die Einrichtung zu fragen, ob diese überhaupt in der Lage ist, zu helfen,
    viele Jobcenter zuvor sanktionierten oder aus anderen Gründen bedürftige Menschen an die Tafeln verweisen, wenn sie in Not geraten sind. Dort gibt es neue Probleme, denn auch Tafeln fordern aktuelle Nachweise über das gesamte Einkommen der Hilfesuchenden. Wer dies nicht hat, muss draußen bleiben. So kommen bei Problemen mit dem Jobcenter und Sozialamt nicht selten Probleme mit der Tafel hinzu

    und der große Zulauf zu den Tafeln das Zeichen einer verfehlten Sozialpolitik überhaupt ist.

    Das ist eine Sozialpolitik, die es zu verantworten hat, dass große Teile unserer Gesellschaft von einer gleichberechtigten Teilhabe ausschlossen werden, die Menschen materiell kurz hält und dann noch mit dem Sozialgesetzbuch II permanent bevormundet, erniedrigt und sanktioniert. Hinter dieser Politik stehen auch diejenigen Honoratioren aus Politik, Kirche, Unternehmen und Kultur, die vor Ort in den Gremien der Tafeln mitarbeiten und sich öffentlichkeitswirksam „sozialpolitisch engagieren“.
    Leben als Tafel-„Kunde“

    Einen Einblick in die Praxis der Tafelarbeit bekommt man aber, wenn die Nutzer der Tafeln zu Wort kommen. Dann ist zu hören, dass

    es etwas ganz Anderes ist, als im Supermarkt einkaufen zu gehen,
    die Menschen meistens in der Warteschlange anstehen müssen, mal eine halbe Stunde, mal bis zu zweieinhalb Stunden lang, dabei kann es vorkommen, dass sie im Regen stehen oder zur Toilette müssen,
    die Reihenfolge mit Nummern geregelt wird,
    wenn die Tafel-Besucher dann an die Reihe kommen, sie nicht selbst auswählen dürfen, sondern die Nahrungsmittel von den Helfern in die Tasche gepackt bekommen,
    die Ware in die Tasche reingeworfen wird – man kann sie nicht anschauen oder Fragen stellen,
    manchmal Waren dabei sind, die die Kunden aus gesundheitlichen Gründen nicht essen können,
    es oft 3 Wochen lang nur die gleiche Gemüsesorte gibt,
    die ehrenamtlichen Tafelhelfer oft als reserviert und unfreundlich beschrieben werden,
    die Helfer auch bestimmen können, wer wie viele Lebensmittel erhält,
    von den Nutzern „Bescheidenheit und Demut“ erwartet wird,
    sie in eine passive und ohnmächtige Rolle hineinkommen,
    sie sich beschämt fühlen,
    die „Bedürftigkeitsprüfung“ schamvoll ist, die Nutzer müssen ihren Bürgergeld/Hartz-IV- oder Rentenbescheid vorlegen, um Essen zu bekommen

    und dass jeder sich darüber im Klaren ist, dass es sich dabei um eine freundliche Gabe handelt, die auch ausbleiben kann.
    Neue Töne von der Tafel Deutschland e.V.

    In den vielen Interviews der letzten Zeit schlug Jochen Brühl, Vorstand der Tafel Deutschland e.V. neue Töne an. Er sagte: „Bürgerschaftliches Engagement darf nicht dazu dienen, staatliches Versagen zu kaschieren. Mit Minijobs oder Niedriglohn klappt es nicht, gesellschaftlich teilzuhaben, auch wenn letzterer jetzt mehr als zwölf Euro betragen soll. Wir fordern stattdessen 100 Euro Zuschuss pro Monat. Auch Regelsätze und Sozialleistungen müssen angehoben werden. Die Versorgung der Menschen ist Aufgabe des Staates. Wir von den Tafeln unterstützen nur, wir sind keine Existenzhilfe. Unser Anliegen ist es, kurzfristig in Not geratene Menschen zu unterstützen.“ Brühl stellte klar: „dass alle Menschen in Deutschland genug zu essen und zu trinken haben, muss der Staat gewährleisten, nicht das Ehrenamt“. Denn „Tafeln sind ein privates Zusatzangebot“. Weiter sagt er: „Die Menschen haben große Existenzängste und Sorgen, wie sie Lebensmittel, Wohnen, Heizen zahlen können. Die Tafeln können aber nicht auffangen, was der Staat nicht schafft.“ Die staatlichen Hilfen seien „unzureichend“ und kämen zu spät. „Menschen, die zu den Tafeln kommen, haben keine Reserven. Armutsbetroffene Menschen brauchen jetzt schnelle Hilfen.“ Er schließt sich auch den Forderungen an, dass die Regelleistungen dringend deutlich erhöht und die Stromkosten aus den Regelleistungen heraus- und in die Unterkunftskosten mit herein genommen werden müssen.

    Der Tafel-Vorsitzende Andreas Steppuhn sieht neuerdings auch in der anhaltenden Armut eine gesamtgesellschaftliche Aufgabe. „Wir brauchen sozialpolitische Maßnahmen, die sich wirklich um soziale Gerechtigkeit bemühen: armutsfeste Löhne, Renten und Sozialleistungen“, forderte er von der Politik. Besonders wichtig sei zudem mehr bezahlbarer Wohnraum, da die Wohnungsknappheit einer der „Armutsbeschleuniger unserer Zeit“ sei.

    So ein Statement war von den Tafeln bisher nie zu hören. Vielleicht ist das Umdenken der aktuellen Lage bei den Tafeln geschuldet, bei der die Preissteigerungen zur Belastungsprobe, die Tafeln an ihre Grenzen stoßen und ihre Stellung und Daseinsberechtigung in der Sozialpolitik offenkundig wird.

    Das Tafelprojekt scheint den neoliberalen Förderern auf die Füße zu fallen. Die wachsende Zahl der armen Menschen kann durch die Tafeln nicht mehr versorgt und ruhig gehalten werden. Momentan wird besonders deutlich, was die Tafeln immer schon waren und noch sind: ein Ort der Konkurrenz an der Resterampe unserer Gesellschaft.

    Quellen: WAZ, WDR, Tafel Deutschland e. V., SGB, junge welt, der paritätische, BA

    Bild: Bundesverband Tafel

    #Allemagne #pauvres #néolibéralisme

  • « Notre système éducatif met de côté les enfants touchés par la grande pauvreté »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/10/notre-systeme-educatif-met-de-cote-les-enfants-touches-par-la-grande-pauvret

    Pendant six ans, l’association ATD Quart Monde, associée à des syndicats, des mouvements pédagogiques et des fédérations de parents d’élèves, a mené avec 12 classes d’écoles primaires une recherche participative baptisée « Cipes » pour « choisir l’inclusion pour éviter la ségrégation ». L’idée était de croiser les regards de chercheurs, d’enseignants et de militants ayant l’expérience de la grande pauvreté pour étudier l’accumulation des mécanismes d’exclusion scolaire. Marie-Aleth Grard, présidente d’ATD Quart Monde, en tire des préconisations pour mieux prendre en compte la grande pauvreté à l’école et souhaite diffuser cette recherche dans d’autres établissements, afin de lutter contre l’orientation « ordinaire » dans les filières hors cursus scolaire des enfants issus de familles pauvres.

    Environ 72 % des élèves de section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) et 80 % des élèves en unités locales d’inclusion scolaire (ULIS) sont issus de milieux défavorisés. (...)

    (...) il y a globalement dans le système éducatif une méconnaissance totale de ce qu’est la grande pauvreté, de ces familles qui vivent dans une grande précarité et subissent une forte maltraitance institutionnelle dans tous les pans de leur vie : logement, santé, emploi…

    https://archive.ph/DW9bF

    #école #pauvres #maltraitance_institutionnelle

  • « Les politiques publiques qui se dessinent confortent le mouvement de financiarisation du logement amorcé il y a deux décennies »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/13/crise-du-logement-le-detricotage-de-la-loi-sru-permet-aux-maires-d-exclure-d

    Déjà affaibli par la baisse des aides publiques en 2017, le #logement_social est à nouveau menacé. Les attaques ne sont pas frontales, ce qui les rend plus dangereuses. La première est sémantique. Elle tente de généraliser la notion de logement « abordable », terme flou sans définition juridique qui s’adresse à un autre ensemble flou, les « classes moyennes ». Certains élus se servent du mot « abordable » pour confondre à dessein le logement social, très réglementé notamment dans ses attributions, avec le logement intermédiaire aux loyers plafonnés, mais dont le fonctionnement se rapproche de la location privée. L’idée en vogue dans la dernière série de gouvernements consiste à défendre la comptabilisation des logements intermédiaires dans les quotas de logements sociaux obligatoires, faisant mécaniquement baisser le taux de logements aux #loyers les plus bas.

    Cette idée, déjà présente dans un texte de juin 2024 effacé par la dissolution, a refait surface dans la proposition de loi dite « CHOC », adoptée au sénat le 20 janvier. Le texte est porté par la sénatrice (Les Républicains) des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi Sassone, fine connaisseuse du logement, qui n’agit pas au hasard. Il contient un article offrant au maire un droit de veto sur le choix des candidats au logement social. S’il fallait un signe de plus que l’offensive est lancée : un décret en date du 29 janvier vient d’autoriser une liste de villes à viser 20 % au lieu de 25 % de logements sociaux, en fonction d’une tension du marché dont rien ne démontre qu’elle soit apaisée.
    Lecture plus politique
    Urbanistes et scientifiques, comme nombre d’associations, alertent sans relâche sur la profondeur de la crise et la menace que constitue le mal-logement pour la cohésion sociale. Tous et toutes recommandent de soutenir et d’accélérer la production de logements sociaux, en répartissant les efforts sur le parc ancien, à rénover ou à transformer, et sur la construction neuve qui demeure nécessaire. Comment comprendre alors ces attaques contre le logement social, qu’elles proviennent des élus ou des habitants et habitantes eux-mêmes ?

    [...]

    (...) au-delà, le mouvement de dilution du logement social dans le logement abordable se prête à une lecture plus politique. Il offre aux #maires une possibilité légale de maîtrise du peuplement, ou plutôt de dépeuplement, par l’exclusion ou l’interdiction d’accès à des ménages considérés comme non rentables ou indésirables, pour le dire clairement les plus #pauvres et les #immigrés.

    https://archive.ph/jtVtk

    #financiarisation_du_logement

  • Préjugés : « Les immigré·es profitent des aides sociales »

    Dans ce mini-podcast, #ritimo revient sur un préjugé courant : les personnes migrantes viendraient en France pour « profiter du système ». Pourtant, la plupart d’entre elles et eux ne bénéficient pas de ces aides, parce qu’elles sont conditionnées, parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit ou par découragement face à la complexité des démarches.

    Le guide pratique ritimo « Répondre aux préjugés sur les migrations » est un outil indispensable pour mieux comprendre la réalité des migrations et leur instrumentalisation, pour répondre aux discours racistes ou de repli sur soi et faire entendre d’autres voix sur le phénomène migratoire.

    –—

    Transcription

    Ils sont pas fous les immigrés de s’installer ici : les soins sont gratuits, ils touchent les alloc’ et les aides au logement et j’en passe... Moi je comprends que le Français qui travaille dur et qui arrive pas à joindre les deux bouts, quand il voit ça, il vrille...

    C’est un préjugé très répandu : les personnes migrantes viendraient en France pour profiter du système. Or, justement, la plupart d’entre elles et eux ne bénéficient pas de ces aides, parce qu’elles sont conditionnées, parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit ou par découragement face à la complexité des démarches.

    La réalité des aides sociales en France
    Depuis les années 2000, environ 10 % des bénéficiaires des prestations sociales en France sont des étranger·ères (que ce soit le RSA, les APL, la prime d’activité, ou les allocations familiales...).
    Pour que les étranger·ères fraudent et profitent du système social français, il faudrait déjà qu’iels puissent y accéder.

    Pour bénéficier du Revenu de solidarité active (RSA), un·e étranger·ère doit avoir un titre de séjour et une carte de travail depuis au moins 5 ans. Pour toucher le minimum vieillesse, iel doit être en France depuis au moins 10 ans. Pour les étranger·ères en situation irrégulière c’est encore plus compliqué. La majorité des sans-papiers qui travaillent payent des impôts et des cotisations sociales mais ne bénéficient d’aucune prestation sociale. Iels n’ont pas l’assurance retraite, pas droit aux allocations chômage et ne peuvent pas faire de demande de logement social.

    Les demandeurs d’asile ne sont pas éligibles aux aides sociales et doivent se contenter d’une aide de l’État de 200 à 425 € mensuels. L’hébergement en CADA n’est pas non plus un « droit » puisqu’il n’y a que 25 000 places pour 80 000 demandes d’asile.
    Si le système social en France est menacé, ce n’est pas à cause des immigré·es mais plutôt des politiques néolibérales qui réduisent le budget des services publics !

    Les enfants, ça coûte énormément !
    L’idée que les migrant·es feraient beaucoup d’enfants pour vivre des allocations ne tient pas non plus la route. Tout d’abord, la fécondité des femmes immigrées (2,3 enfants par femme) n’est que légèrement supérieur à celle des non-immigrées (1,7 enfant par femme).
    Ensuite, toutes les familles immigrées n’ont pas droit aux allocations familiales : il faut que les enfants soient né·es en France ou qu’iels soient venu·es dans le cadre du regroupement familial, et avoir au moins un·e parent·e qui a un titre de séjour.

    Au delà de tout, quand on compare le montant des aides sociales et les dépenses familiales, il est évident qu’élever des enfants coûte bien plus que cela ne "rapporte" entre guillemet !!

    Dans nos HLM
    L’extrême droite dénonce une supposée préférence pour les étranger·ères dans l’accès au logement social. Selon les derniers chiffres, un logement social sur cinq accueille une famille immigrée et seulement 12% des locataires immigré·es sont de nationalité étrangère.
    Concrètement, les étranger·ères sont discriminé·es pour entrer en HLM. Une étude de la Fondation Abbé Pierre en 2023, a montré que seulement 24% des guichets d’enregistrement de la demande de logement social répondent de manière similaire aux candidatures présumées françaises et aux candidatures d’origine présumée d’Afrique de l’Ouest.

    Se soigner, c’est pas gagné !
    La plupart des étranger·ères qui vivent en France travaillent et cotisent pour la sécurité sociale. Pourtant, il est compliqué pour elleux d’accéder aux soins quand iels tombent malades. Par exemple, pour bénéficier de l’Aide médicale d’Etat (AME), il faut attendre trois mois après son arrivée en France avant de pouvoir déposer une demande. Dans la pratique, les caisses d’assurance maladie exigent des relevés d’identité bancaire, des justificatifs de domicile, des preuves d’arrivée... Par conséquent, de nombreuses personnes ne font jamais les démarches pour en bénéficier, soit parce qu’elles ont d’autres priorités (se loger et s’alimenter, par exemple), soit par découragement face aux démarches administratives complexes. Selon Médecins du monde, 87 % des étranger·ères rencontré·es dans leurs centres ne sont pas bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat.

    Dans la pratique, les patients AME sont également discriminé·es. Par exemple, selon une étude de l’Institut des politiques publiques, lorsqu’iels appellent un médecin généraliste ou un ophtalmologue, iels ont 25 % de chances en moins d’obtenir un rendez-vous qu’un autre.
    Certaines personnes très malades, qui n’ont pas accès aux soins dans leur pays, obtiennent la permission de venir se soigner en France. Depuis 1998, il existe un droit à un titre de séjour spécifique, mais il est accordé à de moins en moins de personnes, à peine 4000 personnes par an. C’est moins de 2 % des titres de séjour accordés.

    Ca coûte ou ça rapporte ? Les bons comptes de l’immigration
    Est-il réellement possible de mesurer l’impact budgétaire de l’immigration pour un État ? Aucune estimation ne fait l’unanimité. En 2021, des universitaires lillois affirment que le solde est négatif en moyenne : soit l’immigration ne coûte rien à la France, soit elle coûte 10 milliards d’euros maximum. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) affirme de son côté que l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte et qu’elle a permis à la France de gagner au moins 10 milliards d’euros chaque année en moyenne, du fait des d’impôts et de cotisations que payent les immigré·es. A peu de choses près, donc, l’impact de l’immigration est globalement neutre.

    Ce qui est certain en revanche, c’est que les politiques répressives de nos gouvernements en matière d’immigration coûtent très cher au contribuable européen. Les pays de l’Union européenne ont fait exploser les budgets consacrés à l’éloignement des personnes en situation irrégulière, à la fermeture et la militarisation des frontières (avec la construction de murs, de clôtures, de barbelés et de miradors, le déploiement de dispositifs policiers et militaires, etc.).
    En France, la Cour des comptes estime le coût direct de la politique de lutte contre l’immigration irrégulière à 1,8 milliard d’euros par an - autant d’argent qui ne va pas à l’éducation nationale ou à la santé publique.

    Contrairement à ce que l’on entend souvent, les immigré·es ne coûtent pas cher à la France. Ils et elles bénéficient peu des aides sociales et contribuent au contraire au budget en payant des impôts et des cotisations, quand on les autorise à travailler. Les arguments économiques contre l’immigration ne tiennent donc pas la route, et cachent mal la xénophobie irrationnelle qui les sous-tend.

    https://videos.ritimo.org/w/92RRHiJqjmhrHJyyByUAz3
    #podcast

    –-
    ajouté à la métaliste sur...
    #guerre_entre_pauvres #migrants #classes_sociales #migrations #pauvres #asile #réfugiés #inégalités #discrimination #économie #concurrence #pauvreté #redistribution #dessin_de_presse #caricature #dessin #bouc-émissaire #richesse #riches

  • Faute de bénévoles, les Restos du cœur ne peuvent pas rouvrir à Ernée : « On est un peu catastrophés »
    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/ernee-53500/faute-de-benevoles-les-restos-du-cur-ne-peuvent-pas-rouvrir-a-ernee-on-

    Le recrutement d’une quinzaine de bénévoles était espéré pour pallier le départ des 18 membres de l’ancienne équipe, après un désaccord sur la période d’ouverture. La direction départementale des Restos a demandé que le centre soit ouvert toute l’année, au lieu de novembre à mars les années précédentes. Ils n’ont pas accepté et sont partis.

    L’épicerie sociale, gérée par le centre intercommunal d’action sociale (CIAS), prend le relais le reste de l’année. Il était prévu qu’elle ferme vendredi 14 novembre, avant l’ouverture des Restos du cœur. Face à la situation, une réunion est prévue avec les élus en fin de semaine. « La volonté, c’est de maintenir un service d’aide alimentaire », assure Gilles Ligot, président de la communauté de communes de l’Ernée.
    Les Restos du cœur, comme l’épicerie sociale, comptent plus d’une centaine de bénéficiaires. Pour assurer les commandes, les inscriptions et autres distributions, Odile Leclercq estime avoir « besoin d’au moins une quinzaine de personnes, dont des responsables ».
    Après son appel à bénévoles, elle a reçu « cinq réponses, dont deux personnes de Laval et trois d’Ernée ». Un nombre « insuffisant ». « On est un peu catastrophés, confie-t-elle. En plus, l’hiver, il y a plus de dépenses en chauffage et électricité. »

    fonctionner sans salaire depuis les années 80, sauf pour les sortis d’école de commerce, ça finit par ne plus marcher.

    #alimentation #pauvres #associations_caritatives

    • Restos du cœur : presque 50 % de bénéficiaires en plus cet été
      https://www.republicain-lorrain.fr/social/2025/11/13/restos-du-coeur-presque-50-de-beneficiaires-en-plus-cet-ete

      Si à Jœuf, l’antenne peut compter sur 36 bénévoles [dont certains depuis 19 ans...], elle doit aussi affronter une forte augmentation des bénéficiaires.

      Un flot continu de personnes pousse la porte du centre Michel-Wale de Jœuf, en ce jeudi matin du mois de novembre. À la fraîcheur extérieure répond une douce chaleur à l’intérieur du bâtiment, qui accueille les bénéficiaires des #Restos_du_cœur. Plusieurs tables recouvertes d’une nappe à carreaux rouges et blancs regroupent ces anonymes en attente de légumes, de pâtes et d’un geste amical. Sur une table centrale, des viennoiseries et du café en libre-service. « C’est le premier jour de distribution de la campagne hivernale, mais nous prenons encore les inscriptions », partage Pascal Lecler, responsable de l’antenne jovicienne depuis 2022. Pour celle-ci, il ne peut pas encore donner de chiffres. « Mais clairement, on assiste à une augmentation du nombre de personnes qui auront besoin de nous. » Cet été, une augmentation de 46 % des demandes a même été enregistrée.

      « Des femmes seules avec leurs enfants et des retraités, beaucoup. »

    • Les personnes qui poussent les portes [du Secours catholique] sont de plus en plus souvent en situation d’« #extrême_pauvreté ».
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/20/au-secours-catholique-les-gens-se-restreignent-ils-ont-honte-de-demander_665

      Reportage à #Pornic (Loire-Atlantique), à l’occasion du rapport annuel de l’association caritative, publié jeudi.

      [...]

      « Avec les critiques qu’on entend sur l’assistanat, les gens se restreignent, ils ont #honte de demander. La plupart ne nous appellent que quand ils n’ont plus le choix. » De fait, le nombre de personnes qui sollicitent l’association a peu progressé ces dernières années, tandis que la #pauvreté atteignait des niveaux record : selon les derniers chiffres de l’Insee, 15,4 % de la population, soit 9,8 millions d’habitants, se trouvaient en 2023 sous le seuil de pauvreté , fixé à 60 % du revenu mensuel médian, c’est-à-dire 1 288 euros [ 772e ]

      Les 1,1 million de personnes qui ont demandé de l’aide au Secours catholique en 2024 étaient en plus grande difficulté que celles qui les ont précédées : 74 % étaient en situation d’ extrême pauvreté (40 % du revenu médian ), en hausse de 11 points depuis 2017. Des situations compliquées par le fait que les coûts de l’alimentation et de l’#énergie ont augmenté plus vite que leurs #revenus, du fait de l’inflation. Autre démenti de l’idée de personnes qui « profiteraient », [progrès : ]38 % des ménages qui pourraient bénéficier du RSA ne le perçoivent pas, alors que ce taux de non-recours était de 24,5 % dix ans plus tôt. Par ailleurs, 39 % des personnes aidées sont des enfants, une part bien supérieure à leur poids dans la population.

      [...]

      22,8 % des personnes accompagnées déclarent des problèmes de santé et/ou un handicap, contre 15,3 % en 1999. Sur la même période, la part des celles devenues inaptes au travail a doublé, passant de 7,3 % à 14, 4 %.

      Jacqueline, 47 ans, fait partie des 52,7 % de personnes aidées par l’association qui sont de nationalité étrangère, alors qu’elles n’étaient que 20 % il y a trente ans. Une hausse sans commune mesure avec leur progression dans la population générale (de 5,5 % à 8,8 %). La cause ? Le durcissement des conditions d’accès à un #titre_de_séjour, nécessaire pour travailler : « En 1999, deux tiers avaient un titre de séjour, un tiers était en attente de réponse. En 2024, moins d’un tiers dispose d’un titre de séjour, les autres étant en attente ou sans papiers », indique le rapport.

      https://justpaste.it/lbvx3

      Avis de Vétusté du Collectif. Des décennies de matraquage contre l’assistanat ont abimé l’intelligence collective. Avec le recul des droits, le recul des droits sociaux, le recul de la solidarité, on aura appris au grand nombre à "avoir honte de demander".

      #étrangers

    • L’extrême pauvreté gagne de nouveau du terrain en France
      https://www.alternatives-economiques.fr/lextreme-pauvrete-gagne-de-nouveau-terrain-france/00116937

      La situation des pauvres se dégrade depuis dix ans, alerte le Secours catholique dans un rapport qui analyse la situation des personnes rencontrées par l’association depuis 1994. Les auteurs appellent à un « sursaut ».

      « Les statistiques de l’Insee sur la pauvreté sont intéressantes, mais froides. Au Secours catholique, on a cherché à présenter les parcours de vie cabossés qui sont derrière », affirme Didier Duriez, le président de cette institution caritative. C’est pour cette raison que l’association publie, chaque année, son propre rapport sur l’état de la pauvreté, fondé sur les statistiques fournies par les bénévoles du Secours catholique, à partir du profil des personnes rencontrées dans l’année. Et cela fait trente ans que ça dure !

      La dernière livraison de ce document, publiée ce 20 novembre, est un peu particulière https://www.secours-catholique.org/m-informer/nos-positions/notre-etat-de-la-pauvrete-en-france-2025. Profitant de cette date anniversaire, l’association a compilé trente ans de données pour analyser les mutations de la pauvreté en France sur plus longue période.

      Principal enseignement de cet exercice rétrospectif : la pauvreté s’est intensifiée. C’est-à-dire que les pauvres sont de plus en plus pauvres. L’évolution n’est pas linéaire. Le niveau de vie des ménages accueillis a d’abord augmenté entre 1994 et 2014, passant de 507 euros à 658 euros, inflation déduite. Mais depuis dix ans, il a subi une forte baisse, dévissant jusqu’à 565 euros.

      Résultat : 74 % des ménages rencontrés par l’association vivent sous le seuil d’extrême pauvreté, fixé à 40 % du niveau de vie médian. Une part qui a augmenté de 11 points entre 2017 et 2023. Les statistiques officielles de l’Insee confirment cette évolution : le taux d’ extrême pauvreté dans l’ensemble de la population – et non plus parmi les seuls bénéficiaires de l’aide du Secours catholique – est passé de 2,3 % en 2002 (son niveau le plus bas enregistré depuis trente ans) à 3,5 % en 2017, puis à 4,1 % en 2023.

      Une majorité d’étrangers

      Une dégradation qui s’explique par le fait que le Secours catholique accueille de plus en plus de personnes sans aucune ressource, obligées de composer avec la « débrouille » ou de dépendre de la solidarité de leurs proches ou des associations. En 2024, c’était le cas d’un quart du public qui a sollicité le Secours catholique, contre 10 % en 1994.

      Ce sont majoritairement des personnes de nationalité étrangère sans statut administratif stable qui se retrouvent dans cette situation. 52,7 % des adultes accueillis par le Secours catholique en 2024 ne sont pas français, contre 20 % en 1994. Une progression complètement décorrélée de la légère hausse de leur part en France sur la même période (de 6,1 % à 8,2 %).

      Pour l’association, cette forte hausse est le fruit d’une politique de régularisation de plus en plus restrictive et du traitement ralenti des demandes d’asile, en particulier pendant la période Covid https://www.alternatives-economiques.fr/antoine-math-vingt-ans-ladministration-francaise-fabrique-de/00113888. En 1999, deux tiers des personnes rencontrées avaient un titre de séjour, contre moins d’un tiers en 2024. A l’inverse, les personnes sans-papiers sont passées de 4 % à 32 %.

      De plus, en raison des barrières linguistiques et administratives, le taux de non-recours aux #allocations_familiales ou au revenu de solidarité active (RSA) concerne deux fois plus les étrangers que les ménages français.

      "Le regain du taux de non-recours au RSA est surtout lié à la « multiplication des discours stigmatisants sur les allocataires »"

      Mais les « sans ressources » ne sont pas que des « sans-papiers ». Leur part a également augmenté parmi les ménages français, passant de 3,6 % en 2021 à 8,2% en 2024. « Une hausse qui coïncide avec les réformes de l’assurance chômage et du RSA », souligne le rapport.

      Toutes catégories confondues, les personnes rencontrées font de moins en moins valoir leurs droits. Après une chute de quinze points entre 1999 (42 %) et 2014 (24 %), le taux de non-recours au RSA est reparti à la hausse et concerne, en 2024, 38 % des personnes aidées par le Secours catholique. Pour l’association, ce regain est surtout lié à la « multiplication des discours stigmatisants sur les allocataires » et à la décision du gouvernement de conditionner le RSA à quinze heures d’activité par semaine.

      Le visage féminin de la pauvreté

      Autre enseignement du rapport : le visage de la pauvreté est essentiellement féminin. Les #femmes représentent en effet 56,5 % des personnes secourues en 2024, c’est cinq points de plus qu’en 1994. Une évolution que l’on retrouve dans les chiffres officiels : selon l’ Insee, le taux de pauvreté des femmes (16,1 %) est supérieur à celui des hommes (14,9 %), alors qu’il était équivalent pour les deux sexes en 1994.

      Cet écart est lié en grande partie à la précarité des emplois exercés (comme la multiplication des temps partiels), mais également au coût de la séparation et la charge des enfants, supportée davantage par les femmes, note le rapport. Les mères isolées , particulièrement vulnérables, représentent près de la moitié des femmes aidées, et 24 % de l’ensemble des personnes soutenues.

      Le rapport dénonce aussi la faiblesse des politiques de lutte contre la pauvreté depuis deux décennies, obligeant les associations à pallier ces carences.

      « Il n’est pas acceptable que, dans notre pays riche, près de trois millions de personnes dépendent des associations pour pouvoir se nourrir et nourrir leurs enfants », tonne-t-il, indiquant que 39 % des personnes rencontrées sont des enfants, qui subissent directement la pauvreté de leurs parents.

      Déclarée « grande cause nationale » en 1994, la lutte contre l’exclusion a ouvert la voie à des plans visant à combattre la précarité, qui ont permis de faire baisser le taux de pauvreté jusqu’en 2004. « Quand on lutte activement contre, comme on l’a fait en 1946 pendant la reconstruction, et comme on a commencé à le faire en 1994, on sait qu’on peut faire reculer la pauvreté », juge Didier Duriez.

      Mais trente ans plus tard, « le changement de regard est terrible », estime-t-il. « A cause de certains médias ou de personnalités politiques, comme Laurent Wauquiez qui parle de “cancer de l’assistanat”, de plus en plus de personnes pensent que les pauvres sont des assistés, et les migrants des dangers qui viendraient profiter des allocations. On a besoin d’un sursaut ! »

      On notera le catho-centrisme qui fait citer Wauquiez plutôt que Monsieur « je préfère une société de travail à l’assistance » Jospin (1998), alors même que le rapport cité indique que le taux d’extrême pauvreté avait atteint son niveau le plus bas en 2002, soit peu après que ce même Jospin ai du concéder la création d’un « Fonds d’urgence sociale » (#FUS) à la mobilisation massive des chômeurs et des précaires de 1997/1998.
      https://www.vie-publique.fr/discours/132793-declaration-de-m-lionel-jospin-premier-ministre-sur-le-chomage-d
      Sous couvert de la nécessité de « coordonner les dispositifs », ce fonds sera rapidement transformé en une « commission de l’action sociale d’urgence » (juillet 1998). Supposées donner elles-aussi accès à des secours financiers, ces CASU enterreront progressivement dans les sables mouvants de la bureaucratie préfectorale du social la fonction qui était celle du FUS, distribuer de l’argent, jusqu’à leur suppression en 2004. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006157572

      #demandeurs_de_solidarité #emploi_précaire #mères isolées #enfants

  • Reims : contre la suppression des bons alimentaires |
    https://lutte-ouvriere.org/r/188439

    Dans la Marne, le SIAO 51 (Service intégré d’accueil et d’orientation de la Marne), autrement dit le 115 local, a décidé, à compter du 20 octobre 2025, de mettre un terme à l’attribution de chèques alimentaires de 4 euros par jour, somme déjà dérisoire pour survivre dignement.

    L’essentiel des bénéficiaires, environ 200 personnes, étaient des familles de #réfugiés, #hébergées dans des hôtels du département. Ces 4 euros quotidiens leur permettaient d’acheter de la nourriture et des produits d’hygiène. Cette mesure inique va les plonger dans encore plus de précarité.

    Cette attaque inacceptable est justifiée, selon la Préfecture, dont dépend le SIAO, par la hausse des prises en charge et donc des dépenses. La préfecture précise même que le SIAO s’aligne sur les usages déjà en cours dans la plupart des départements, dont la logique est : « Plus il y a de besoins, moins on donne ! ». Il y a déjà là une application concrète des discussions actuelles autour du budget : pour donner aux plus riches, l’État étrangle les plus #pauvres.

    Sans vergogne, le SIAO propose comme solution aux anciens bénéficiaires de faire appel aux associations comme le Secours populaire ou les Restos du cœur, alors que de l’aveu même de leurs responsables, elles sont littéralement débordées. Elles n’ont plus les moyens de faire face aux demandes d’aide, avec pas moins de dix millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le pays. Selon une étude publiée le 6 octobre par la Fédération des acteurs de la solidarité « 30 % des associations risquent de disparaître d’ici la fin de 2025 ».

    #alimentation

  • L’Allemagne va augmenter le SMIC de près de 14 %
    https://www.lesechos.fr/monde/europe/lallemagne-va-augmenter-le-smic-de-pres-de-14-2195486

    Alors que l’Allemagne est engluée dans la crise et que l’inflation s’est stabilisée, la chose pourrait surprendre. La coalition de Friedrich Merz a décidé, ce mercredi, d’augmenter le SMIC de 13,9 % en l’espace de deux ans.

    Le salaire minimum allemand va passer de 12,82 euros bruts de l’heure, à 13,90 euros l’an prochain, puis à 14,60 euros au 1er janvier 2027. C’est l’une des plus fortes hausses du #SMIC jamais enregistrées depuis la création du salaire minimum en Allemagne en 2015, après celle décidée par Olaf Scholz en 2022.

    En france la chasse aux pauvres continue

  • Des découverts bancaires plus difficiles à obtenir à partir de novembre 2026
    https://www.lemonde.fr/argent/article/2025/10/29/des-decouverts-bancaires-plus-difficiles-a-obtenir-a-partir-de-novembre-2026

    Les règles concernant les facilités de caisse et les découverts bancaires vont se durcir en novembre 2026, obligeant la banque à évaluer la solvabilité du client et s’assurer qu’il est en mesure de la rembourser, comme pour un crédit à la consommation.

    L’ordonnance apportant modification à la réglementation sur les crédits à la consommation est une transposition de la directive européenne relative aux contrats de crédit aux consommateurs (CCD2), qui entrera en vigueur le 20 novembre 2026.

    A ce jour, la facilité de caisse et le découvert sont des crédits, mais ils sont soumis à des exigences différentes selon leur durée de remboursement, a expliqué, mercredi 29 octobre, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, un régulateur bancaire qui dépend de la Banque de France.

    Moins d’un mois, on parle de facilité de caisse, qui n’est pas couverte par les dispositions relatives au crédit à la consommation.

    De un à trois mois, le découvert bancaire est soumis à des exigences allégées des dispositions sur le crédit à la consommation (en matière de publicité, d’analyse de solvabilité…). Il est accordé dans les conditions fixées par la convention de compte à l’ouverture d’un compte courant. Au-delà de trois mois, il s’agit nécessairement d’un crédit à la consommation, entièrement soumis aux dispositions applicables en la matière.
    Changement de régime

    Avec la transposition de la directive européenne, la facilité de caisse et le découvert bancaire basculeront dans le régime complet du crédit à la consommation.

    Concrètement, cela signifie que la banque devra désormais évaluer la solvabilité du client avant d’accorder une nouvelle facilité de caisse, afin de s’assurer qu’il est en mesure de la rembourser.

    L’information précontractuelle est également renforcée : le client devra recevoir une présentation claire des coûts, du taux annuel effectif global (TAEG), qui est le taux tout frais compris d’un crédit, et des conditions de remboursement.

    Toutefois, les facilités de caisse octroyées avant novembre 2026 ne seront pas concernées par le nouveau régime des crédits à la consommation.

    • « On va couper les vivres à des foyers entiers » : les Français précaires inquiets de la fin du découvert automatique
      https://www.liberation.fr/economie/conso/on-va-couper-les-vivres-a-des-foyers-entiers-les-francais-precaires-inqui

      Bassani, 23 ans, mère célibataire, en alternance dans un secrétariat médical à Marseille

      « Clairement, je suis pauvre. J’ai une petite fille d’un an et demi, que j’élève seule et que je pose à la crèche tous les jours. Avant, je ne travaillais pas, je vivais grâce à l’héritage de ma mère, que j’ai perdue. Puis j’ai vécu du #RSA, mais ce n’était plus suffisant avec l’arrivée de ma fille. Alors depuis septembre, je suis en pleine reconversion professionnelle : je travaille en #alternance dans un secrétariat médical où je me plais énormément, et j’ai le statut étudiant. Mais comme j’ai moins de 25 ans, je ne gagne que 53 % du smic, soit environ 900 euros.

      « Je touche mon salaire le 1er du mois, et le 8, il n’y a plus rien. Entre mon loyer à 675 euros (sans APL car la CAF est en train d’analyser ma situation), la crèche à 100 euros, les courses, l’électricité, Internet… Et ça s’arrête là. Il n’y a pas de plaisir, pas de sortie. Et je n’ai plus de famille pour me soutenir financièrement. Donc mon #découvert me sauve, littéralement – je le compte dans mes revenus, avec mon salaire. Je me dis que j’ai ça comme sous à disposition. Je ne le vis pas mal, d’être à découvert tous les mois, parce que pour moi c’est fait pour ça. Quand t’as un enfant à nourrir et un loyer à payer, comment tu gères sinon ?

      « C’est horrible ce qu’il se passe. Déjà, 200 euros, ce n’est pas du tout suffisant à mon sens. En gros, même si on me l’accordait, je n’aurais plus que 1 150 euros, moins que le smic. Etre une mère isolée sans découvert, c’est juste impossible. Le mois dernier, je n’ai pas pu payer la crèche. Heureusement, c’est une association et ils ont été compréhensifs. Je fais déjà mes courses grâce aux paniers alimentaires et j’ai sollicité une aide financière exceptionnelle. Je suis en mode survie avec mon découvert, alors sans, comment je vais faire ?

      « Je n’arrive pas à comprendre : qu’est-ce qu’ils gagnent à nous appauvrir ? Au moment où la loi pour taxer les ultrariches n’est pas votée ! Franchement, j’ai peur. J’ai l’impression que les charges sont de plus en plus chères chaque année et qu’en même temps, toutes les aides disparaissent. J’espère que d’ici novembre 2026, je serai prise en CDI dans mon cabinet, pour enfin sortir la tête de l’eau. »

      « Il faut bien se dire que ce n’est pas non plus une fierté d’être à découvert »

      Imen, 21 ans, étudiante en troisième année de pharmacie à Reims

      « Comme beaucoup d’étudiants, je suis boursière – je touche 550 euros par mois, et c’est uniquement grâce à ce revenu que je peux payer mon loyer. C’est compliqué pour tout le monde en ce moment car il y a eu des retards de versement. Mais je me débrouille mieux que l’année dernière, où je n’avais que 210 euros de bourse. Avec ça, on ne peut pas faire grand-chose, et c’est pourtant comme ça que vivent plein d’étudiants.

      « J’essaye de mieux gérer maintenant, mais j’ai très souvent été à découvert, en général vers la dernière semaine du mois. Je me retrouvais dans le négatif à la fois sur mon compte classique, mais aussi sur Lydia et d’autres banques en ligne. Ce n’était même pas si stressant que ça, pour moi c’était normal ! Je n’ai que 100 euros de découvert autorisé, donc je le dépassais très souvent. Il y a des mois où je pouvais arriver à une vingtaine d’euros de commissions juste parce que j’étais dans le rouge pendant deux jours. Pareil sur Lydia, dès qu’on est à découvert, c’est un euro de frais à chaque fois.

      « Si, comme l’a annoncé le ministre, tous les comptes vont être étudiés et qu’on n’a plus la possibilité d’avoir ne serait-ce que 100 euros de découvert, ça va être beaucoup plus compliqué. En réalité, le problème des étudiants, ce n’est pas qu’on n’arrive pas à gérer notre budget. C’est surtout qu’on est en période d’inflation et que la vie coûte trop cher ! A la fin du mois, c’est pâtes au pesto, pâtes, ou juste pesto. J’en rigole, mais on est vraiment nombreux à connaître ça.

      « Il faut bien se dire que ce n’est pas non plus une fierté d’être à découvert. En tant qu’étudiante, il ne me sera jamais autorisé car je ne gagne pas assez. Si ça arrivait, je paierais mon loyer en priorité, pour avoir un toit sur la tête, mais peut-être que je ne m’autoriserais plus les petites sorties à deux ou trois euros ou mon café noisette à la bibliothèque universitaire. Cela risque de nous isoler encore plus ou d’en obliger certains à prendre un travail à côté – et on sait que cela réduit les chances de réussir son année. Ce serait bien qu’ils réforment nos bourses au lieu de supprimer nos découverts bancaires, qui nous sont indispensables. Cette mesure, c’est pour nous achever. »

      « Si on me le retire, ce sera comme une condamnation »

      Sandra, 50 ans, mère de deux enfants et artiste-autrice-interprète au RSA, à Nice

      « J’ai toujours eu une vie d’artiste avec des rentrées d’argent irrégulières, combinée avec une situation familiale de mère isolée pendant de longues années. J’ai deux enfants, dont un encore à charge. Actuellement, je suis au chômage, non indemnisée. Alors depuis quelques mois, je perçois le RSA, de 852 euros par mois. Mes charges fixes s’élèvent à 800 euros, donc à la fin du mois, je dépasse largement le montant de mon revenu.

      « J’ai eu droit à un découvert autorisé à partir de mes 18 ans et, depuis, je l’utilise. Aujourd’hui, je vis sur mon découvert : je ne suis en positif qu’un seul jour par mois, quand mes revenus arrivent. Ayant eu une carrière avec des fluctuations énormes, en termes de revenus et d’opportunités de travail, le découvert est quelque chose de très familier pour moi, il a toujours fait partie de mon quotidien. Depuis quelque temps, il est d’un montant autorisé de 1 000 euros par mois – c’est largement au-dessus des conventions bancaires : souvent, il ne doit pas dépasser 30 % des revenus, là il est à + 110 %.

      « Si je n’ai plus droit à ce découvert, concrètement, dans mon cas, c’est une catastrophe. Je me retrouve dans l’impossibilité de payer tout ce qui est lié à la survie : le loyer, l’électricité, Internet, l’eau, les transports, l’assurance responsabilité civile, l’assurance vie, et bien évidemment de quoi remplir le frigo. Je ne parle même pas des sorties, puisque je les ai supprimées de mon quotidien depuis longtemps. Et puis psychologiquement, c’est un deuil radical de la prise en compte du mouvement de la vie d’un être humain : n’importe qui peut faire face à un événement imprévu, une perte d’emploi, un souci de santé. Le découvert sert justement à remettre les comptes à flot après des périodes compliquées.

      « Cette réforme brise également une relation de confiance : pourquoi j’ai un découvert autorisé de 1 000 euros avec 850 euros de revenus ? Cela fait trente ans que je suis dans la même banque. Les conseillers bancaires qui se succèdent voient très bien que je suis tout le temps dans le rouge, ils pourraient très bien me retirer mon découvert. Mais grâce à l’historique qu’ils ont de moi, ils voient que je le gère sur le long terme. Si on me le retire, ce sera comme une condamnation – et surtout, l’autoroute vers le surendettement. Ce sont les gens qui ont le plus besoin de ce découvert qui vont être les premiers touchés. C’est d’une absurdité, d’une violence, et d’une hypocrisie insondables. »

      #pauvres #mères_solo

  • #Olivier_De_Schutter, rapporteur de l’ONU sur l’extrême #pauvreté : « La #stigmatisation des #pauvres accroît le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique »

    Dans une tribune au « Monde », le juriste décrit les mécanismes d’une véritable « guerre contre les pauvres plutôt que contre la pauvreté », menée par un Etat-providence qui contrôle plus qu’il ne protège.

    L’économiste juif hongrois #Karl_Polanyi, alors exilé aux Etats-Unis, détaillait en 1944 dans La Grande Transformation, les raisons de la montée de l’#extrême_droite en Europe. Il soulignait que la foi sans limites des élites dans l’#autorégulation_du_marché et l’absence de mécanismes de #sécurité_sociale au moment de la crise économique de 1929 ont plongé une grande partie de la population dans une extrême pauvreté, favorisant la désignation de #boucs_émissaires et la montée des #fascismes. Tirerons-nous les leçons de son enseignement ?

    Les parallèles avec la situation actuelle sont trop nombreux pour pouvoir être ignorés. Depuis les années 1980, l’affaiblissement progressif du #système_social hérité de la période d’après-guerre plonge de plus en plus de personnes dans un état d’#insécurité_économique. Dans un contexte de crise de la croissance keynésienne et de hausse du #chômage, les fondements mêmes de notre système social ont été graduellement remis en cause par les thèses néolibérales.

    L’approche d’une #protection_sociale_universelle, fondée sur l’existence de #droits_sociaux garantis par la Constitution, a été remplacée par une approche conditionnelle. Les dépenses de sécurité sociale sont désormais considérées comme un #coût à réduire plutôt que comme un #investissement nécessaire au maintien de la #cohésion_sociale et à la #lutte_contre_la_pauvreté.

    Dérive dystopique

    En réalité, on a assisté à un grand retournement de la #politique_sociale : du rôle protecteur qui était le sien, l’#Etat-providence est passé à un rôle de #contrôle. Les dispositifs qui le constituent expriment une #méfiance envers des pauvres jugés coûteux, peu méritants, voire #fainéants. Les politiques dites « d’#activation » conditionnent désormais l’obtention d’une #prestation_sociale à une période d’activité, dans le but affiché « d’inciter » les personnes en situation de pauvreté à travailler, suggérant qu’elles sont tentées par l’#oisiveté.

    C’est ce que traduit la récente #réforme du #revenu_de_solidarité_active (#RSA), dont le versement est désormais conditionné à quinze heures d’activité gratuites par semaine. Dans une récente communication au gouvernement français, j’ai mis en garde contre les impacts de cette mesure qui, comme le soulignent la Défenseure des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme et le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, pourrait mener à une augmentation du taux de #non-recours aux #prestations ainsi qu’à des cas relevant de la qualification de #travail_forcé. A ce jour, le gouvernement français n’a pas répondu à nos inquiétudes à ce sujet.

    La #dématérialisation de l’accès à l’#aide_sociale est une autre illustration de cette dérive aux accents dystopiques. Le « #tout-numérique » peut aggraver le phénomène de non-recours aux #aides_sociales et fragiliser les conditions de vie de nombreuses personnes en situation de pauvreté. En outre, les outils algorithmiques permettent d’automatiser #contrôles et #sanctions.

    La #Caisse_d’allocations_familiales (#CAF) a, par exemple, ciblé de manière discriminatoire des #familles_monoparentales ainsi que des personnes en situation de handicap. Cela mène à des retraits rétroactifs de prestations, aggravant ainsi la situation des bénéficiaires. Non seulement ces formes de contrôle constituent un frein au recours aux aides sociales et à la sortie de la pauvreté, mais elles sont souvent vécues par celles et ceux qui les subissent comme une #humiliation.

    Territoires abandonnés

    L’extrême droite prospère sur l’essor des inégalités et la #peur du #déclassement au sein des classes moyennes et populaires. Dans un contexte économique morose marqué par la stagnation des salaires et de nombreuses #délocalisations, la #stigmatisation des pauvres accroît encore davantage le sentiment d’anxiété et d’insécurité économique des classes moyennes paupérisées. Elle risque ainsi de renforcer les #divisions_sociales en opposant les « pauvres » aux « encore plus pauvres », d’une part, et « nos pauvres », jugés dignes d’être aidés, aux « migrants » qui viendraient leur faire concurrence, d’autre part. Ces dynamiques alimentent le discours décliniste des populistes d’extrême droite, qui attribuent l’insécurité économique à des #boucs_émissaires désignés par leurs origines ethniques.

    Pour inverser la tendance, les politiques sociales doivent être refondées sur le principe d’#universalité de la #protection_sociale, qui constitue un droit humain. Ces efforts doivent se doubler d’un plan de #cohésion_territoriale, permettant de garantir une véritable égalité d’opportunités entre populations des zones rurales et habitants des villes, alors qu’aujourd’hui beaucoup de ruraux ont le sentiment de vivre dans des territoires abandonnés, méprisés par les élites urbaines.

    La montée des populismes d’extrême droite est le résultat direct de la refonte néolibérale du modèle social d’après-guerre. Pour enrayer leur progression, la guerre contre les pauvres doit être remplacée par une guerre contre la pauvreté.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/olivier-de-schutter-rapporteur-de-l-onu-sur-l-extreme-pauvrete-la-stigmatisa
    #néolibéralisme #conditionnement #conditionnalité #inconditionnalité #immigrés #populisme

    aussi signalé par @colporteur
    https://seenthis.net/messages/1142934

    –-

    ajouté à la métaliste sur la #guerre_entre_pauvres :
    https://seenthis.net/messages/567127

  • Gefälschte Bettlerzeitung im Umlauf
    https://www.schwaebische.de/regional/tuttlingen/tuttlingen/gefaelschte-bettlerzeitung-im-umlauf-697263

    Les mendiants aussi omr besoin d’une bonme réputation.

    15.4.2015, aktualisiert:24.10.2019, von Marlene Fuchs - Der Verkauf von „Street Worker“ kommt laut Awo keinen Obdachlosen zugute

    An Markttagen wird in der Tuttlinger Innenstadt die Obdachlosenzeitung „Street Worker“ verkauft. Die Verkäufer geben vor, das Geld helfe Tuttlinger Wohnungslosen. Wohin die Spenden aber tatsächlich fließen, könne nicht zurückverfolgt werden, erklärt die Arbeiterwohlfahrt (Awo), die sich in Tuttlingen um Obdachlose kümmert.

    Seit mehr als 20 Jahren ist die Wärmestube der Awo in Tuttlingen eine feste Anlaufstelle für Wohnungslose. Der Förderverein der Wärmestube kümmert sich in Form von Mahlzeiten, Sach- und Kleiderspenden um die Betroffenen. Die Vorsitzende des Fördervereins Wärmestube, Ulrike Cordi , arbeitet seit zwölf Jahren als ehrenamtliche Helferin für die Arbeiterwohlfahrt. Die Einrichtung ist auf die Hilfe Ehrenamtlicher, aber auch auf Spenden angewiesen.

    Vor Ort kommt nichts an

    Am Marktplatz wurde Ulrike Cordi vermehrt auf Verkäufer aufmerksam, die eine vermeintlich regionale Obdachlosenzeitung anbieten. Den Obdachlosen in der Stadt kommt mit dem Verkauf jedoch keine Unterstützung zugute, erklärt Ulrike Cordi: „Viele Menschen glauben, sie tun etwas Gutes, wenn sie diese Zeitung kaufen. Die Spenden verlaufen sich aber im Sand und kommen hier keiner karitativen Einrichtung zugute.“

    Die Zeitung ist auch im Rest von Deutschland bekannt: In Rheinland-Pfalz hat die Aufsichts- und Dienstleistungsdirektion (ADD) den Verkauf des „Street Workers“ bereits verboten.

    Auch das Ordnungsamt in Tuttlingen hat den freien Verkauf auf der Straße ohne Genehmigung generell untersagt. Laut dem Pressesprecher der Stadt, Arno Specht, ist das Ordnungsamt bereits vor einem Jahr gegen die Obdachlosenzeitung „Street Worker“ eingeschritten und forderte die Verkäufer zum Verlassen des Marktplatzes auf. Der erneute Verkauf werde nun überprüft.

    Awo will aufklären

    Das Ziel der Tuttlinger Arbeiterwohlfahrt und des Fördervereins Wärmestube ist es nun, die Bürger über den Irrtum aufzuklären. „Wir erkennen an, dass die Verkäufer der angebotenen Obdachlosenzeitung Not leiden“, erklärt Awo-Mitarbeiterin Doris Mehren-Greuter. Jedoch gehe sie davon aus, dass eine Drückerbande hinter dieser Zeitung steckt und die Verkäufer selbst das Geld abgeben müssen. „Diese unlauteren Mittel der Spendenbeschaffung wollen wir nicht unterstützen.“

    Wer spenden möchte, könne jederzeit Sach- und Kleiderspenden in der Wärmestube abgeben. Auch über den Tafelladen der Diakonie oder den DRK-Kleiderladen kommen die Spenden hier vor Ort bei den Bedürftigen an. Ein generelles Bettelverbot fordert der Förderverein der Wärmestube jedoch nicht, meint Doris Mehren-Greuter. Natürlich seien die meisten Bettler in der Stadt keine Betrüger und dankbar für die Angebote der Wärmestube.

    Was dahinter steckt

    Obdachlosenzeitungen sind Zeitschriften, die von Obdachlosen auf der Straße verkauft werden. Meist kosten sie etwa 1,50 Euro. Das Prinzip der Obdachlosenzeitungen besagt, dass die Verkäufer mindestens fünzig Prozent der Einnahmen behalten dürfen. Wohnungslose und teilweise auch Langzeitarbeitslose können sich so etwas dazuverdienen und bleiben in Kontakt mit der Gesellschaft. In Deutschland werden seit etwa zwanzig Jahren Obdachlosenzeitungen angeboten.

    Die offiziell in Deutschland verkauften Obdachlosenzeitungen werden unter dem Dachverband INSP (International Network of Street Papers) redaktionell hergestellt und vertrieben. Hin und wieder arbeiten auch die Obdachlosen selbst an der Zeitschrift mit. So gibt es in Deutschland zum Beispiel die Magazine „Straßenforum“ in Karlsruhe, „Straßenfeger“ in Berlin, die Zeitung „Trottwar“ in Stuttgart oder „Biss“in München. Die erste Obdachlosenzeitung wurde 1989 in New York gegründet und unter dem Namen „Streetnews“ verkauft.

    #Allemagne #Tuttlimgen #presse #mendicité #pauvres #exploitation

  • #Virginia_Eubanks : « La dégradation de la #protection_sociale produit des expériences traumatiques »
    https://lvsl.fr/virginia-eubanks-la-degradation-de-la-protection-sociale-produit-des-experience

    Après Automating Inequality. How High-Tech Tools Profile, Police and Punish the Poor (2018), consacré à la façon dont, sous couvert d’objectivité, les technologies déployées dans l’État social américain excluent et surveillent les pauvres, la journaliste et universitaire Virginia Eubanks interroge aujourd’hui de manière plus intime l’organisation sociale du #soin. Entre recueil d’histoires orales de personnes […]

    #Mirages_numériques #Société #Validisme

    • La fin des années 1960 aux États-Unis coïncide avec l’émergence d’un mouvement social massif autour de l’accès aux droits, à l’œuvre principalement de femmes noires ou afro-américaines, souvent des mères seules, ces femmes que des règles discriminatoires ont longtemps privées de leurs droits. Le mouvement a accru l’accès aux droits de manière vertigineuse : on passe de 3,2 millions de bénéficiaires des allocations familiales en 1961 à près de 10 millions en 1971. Et c’est là que la technologie entre en jeu. Le « problème » à résoudre par l’automatisation n’était autre que celui de l’égalité. Ce « problème », c’est que des personnes accédaient à leurs droits.

      [...]

      On est passés d’un modèle basé, même si de manière imparfaite, sur le care (le soin, l’accompagnement, l’attention aux personnes) à un modèle de data processing (le traitement d’informations). Les nouvelles générations de travailleurs sociaux ne comprennent même plus leur travail comme un travail de relation humaine, mais seulement comme une tâche administrative, un traitement automatisé de cas. Et les nouveaux outils facilitent cette transformation du travail social.

      #digital_poorhouse #pauvres #mérite #austérité #société_punitive #discipline #soin #numérisation #droits_collectifs #tri #scores_de_vulnérabilité #automatisation #inégalités #dette #indus #technocratie #contrôle_social

  • Vieillir dans une banlieue populaire, une triple peine et un « impensé » politique

    Dans un rapport publié en mars et intitulé « Paroles de #vieux de banlieue : des territoires du mal vieillir », l’association les Petits Frères des #pauvres relevait que la part des personnes de plus de 60 ans dans les quartiers prioritaires de la politique de la #ville (dits « QPV ») était la seule en hausse constante depuis les années 1990, et représente aujourd’hui plus de 18 % des habitants.

    En Seine-Saint-Denis, par exemple, département le plus jeune de France métropolitaine (et qui devrait le rester dans les années à venir), la population prend de l’âge, et rapidement. La part des personnes âgées de plus de 65 ans devrait passer de 12 % aujourd’hui à 17 % en 2040, selon les projections de l’Insee. Une progression particulièrement notable pour les plus de 75 ans : elles étaient 89 000 en 2019, elles seront 145 000 en 2040 (et 165 000 une décennie plus tard), soit une augmentation globale de 61 %.

    [...]

    Logements inadaptés, immeubles hauts sans ascenseurs ou avec ascenseurs régulièrement en panne, cités construites en dédale avec des marches partout, des revêtements de sol glissants… « Vieillir en banlieue, c’est la triple peine », notait le rapport des Petits Frères des pauvres, listant « la pauvreté, l’isolement et la perte d’autonomie » des plus âgés et s’alarmant de la dégradation « dans un silence inquiétant de leurs conditions de vie matérielles et affectives ». Rien, dans les cités, n’a été conçu pour les personnes âgées.

    Les habitations, d’abord. Seulement 5 % des logements sociaux sont adaptés aux personnes en perte d’autonomie, alors que, dans les quartiers prioritaires de la ville, 40 % sont occupés par des plus de 60 ans (contre 36 % dans le reste du parc social), 30 % par des plus de 65 ans (contre 27 %) et 13 % par des plus de 75 ans (contre 12 %), selon les chiffres de l’Union sociale pour l’habitat (USH, qui représente 593 organismes HLM à travers cinq fédérations). Dans dix ans, 50 % des locataires auront plus de 65 ans. « En 2013, 22 % des locataires du parc social global avaient plus de 65 ans, en 1984, 15 % : la progression est très forte », souligne Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales au sein de l’USH.

    Second enjeu : « La ville du quart d’heure. » C’est ainsi que l’on appelle le périmètre de 500 mètres autour du logement dans lequel une personne âgée évolue. Elle ne s’aventure pas, ou peu, au-delà. « Or, dans les quartiers, la question de l’accessibilité et de la mobilité a longtemps été périphérique, raconte Anne-Claire Mialot, la directrice générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Lors du premier programme de renouvellement urbain, on pensait surtout jeunesse, équipements et lutte contre l’insécurité. » Résultat : peu d’espaces verts, peu de commerces de proximité, pas de services ou d’espaces destinés aux personnes âgées, des transports en commun distants et un accès difficile à la santé.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/11/vieillir-dans-les-quartiers-populaires-un-impense-politique_6628042_3224.htm
    https://archive.ph/B6Wfr

    La ville du quart d’heure, c’est moins un constat (relatif aux vieux) qu’une visée, destinée à faire ville à nouveau.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_du_quart_d%27heure

  • Bald 100.000 Wohnungslose in Berlin ? Uns doch egal
    https://www.nachdenkseiten.de/?p=137140

    Bienttôt les injustices sociales en Allemagne et les autres pays capitalistes d’Europe auront craché 100.000 SDF dans rues de Berlin. Les partis politiques des gouvernements fédéraux et municipaux ne proposent pas de solution à la misère programmée.

    8.8.2025 von Rainer Balcerowiak - Der Berliner CDU/SPD-Senat geht davon aus, dass die Zahl der erfassten Wohnungslosen in Berlin bis zum Ende des Jahrzehnts von derzeit 55.656 auf rund 86.000 steigen wird. Zählt man Flüchtlinge mit einem Bleiberecht dazu, die derzeit mangels Wohnraums in Gemeinschaftsunterkünften oder Erstaufnahmestellen untergebracht sind, dann steigt der Unterbringungsbedarf sogar auf rund 114.000 Menschen. Das geht aus der Antwort der zuständigen Senatsverwaltung auf eine Anfrage des Abgeordneten Taylan Kurt (Grüne) hervor, die Mitte Juli veröffentlicht wurde. Von Rainer Balcerowiak.

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    Doch selbst diese Horrorzahlen spiegeln die tatsächliche Größenordnung der Wohnungslosigkeit nur eingeschränkt wider. Denn vollständig erfasst werden nur die diejenigen Betroffenen, die in irgendeiner Form behördlich registriert und untergebracht werden, sei es in Trägerwohnungen, Obdachlosenheimen, Hostels oder dauerhaften Notunterbringungen. Zwar rechnet der Senat bei seinen Zahlen auch informell bei Freunden oder Bekannten ohne Vertragsstatus untergekommene Betroffene sowie Obdachlose dazu, die ganz oder überwiegend auf der Straße leben, doch gerade in diesen beiden Segmenten gibt es riesige Grauzonen bis hin zu illegalen Miet- und Untermietverhältnissen, die keine Wohnsitzanmeldung ermöglichen und faktisch von einem Tag zum anderen beendet werden können. Das betrifft in Berlin auch viele Studenten.

    Wohnungslosigkeit wird in der Stadt vor allem als harte Obdachlosigkeit wahrgenommen, wobei die Schätzungen der Anzahl der Betroffenen weit auseinandergehen und zwischen 6.000 bis 10.000 liegen. Vor allem in innerstädtischen Gebieten begegnet man immer häufiger Menschen, die alleine oder in Gruppen auf der Straße leben – mit Schlafsäcken, provisorischen Zelten und oft einem Einkaufswagen mit den verbliebenen Habseligkeiten. Man sieht sie direkt auf Straßen und Plätzen, in Hauseingängen und Unterführungen, in Parks und U-Bahnhöfen. Viele von ihnen – geschätzt werden bis zu zwei Drittel – sind gestrandete Wanderarbeiter aus Ost- und Südosteuropa, die von behördlichen und anderen Hilfsangeboten kaum oder überhaupt nicht erreicht werden. Gestiegen ist aber auch die Zahl der obdachlosen Kinder und Jugendlichen.

    Dramatischer Wohnungsmangel soll nur verwaltet werden

    Aber diese extreme Form der Wohnungslosigkeit ist „nur“ die deutlich sichtbare Spitze des Eisbergs, während die anderen „geregelten“ oder informellen Formen in der Öffentlichkeit kaum wahrgenommen werden. Der „Einstieg“ in die Wohnungslosigkeit ist in Berlin in den vergangenen Jahren sozusagen immer niedrigschwelliger geworden und beginnt oft mit dem Verlust der Wohnung durch Kündigung wegen Mietschulden oder auch wegen – oftmals vorgetäuschten – Eigenbedarfs des Besitzers. Auch Durchschnittsverdiener haben in Berlin so gut wie keine Chance auf eine neue, bezahlbare Wohnung, für die wenigen entsprechenden Angebote gibt es nicht selten 300 und mehr Bewerber. Und wer vermietet schon seine Wohnung an jemanden, der zuvor Mietschulden hatte. Zwar gibt es ein sogenanntes „geschütztes Marktsegment“ für von Wohnungslosigkeit bedrohte oder bereits wohnungslose Menschen, aber das umfasst einer Kooperationsvereinbarung zwischen dem Senat und den landeseigenen Wohnungsunternehmen zufolge lediglich 1.350 Wohnungen pro Jahr – angesichts von schon jetzt 55.600 Wohnungslosen mit deutlich steigender Tendenz ein eher homöopathisches Angebot.

    Was den Betroffenen bleibt, ist das Ausweichen auf prekäre, informelle und oftmals nur temporäre Unterkünfte, die Inanspruchnahme behördlicher Unterbringungen unter teilweise katastrophalen Bedingungen oder der Absturz in die harte Obdachlosigkeit mit oftmals dramatischen Folgen für die physische und psychische Verfassung. Das alles weiß der Berliner Senat natürlich, doch außer seit über einem Jahrzehnt in steter Regelmäßigkeit veröffentlichten Phantasieplänen zur stufenweisen „Überwindung der Wohnungslosigkeit“ kam und kommt da nichts. Auch in der Antwort auf die Anfrage des Abgeordneten Taylan Kurt kamen da nur ein paar warme Worte und marktübliches Bürokraten-Blabla. Verwiesen wurde auf „aktuelle Vorhaben zur Stärkung des Regelsystems der Wohnungsnotfallhilfe“. So würde die „gesamtstädtische Steuerung der Unterbringung vorangetrieben, deren zentrales Ziel es ist, eine bedarfsgerechte und qualitätsgesicherte Unterbringung für alle von Wohnungslosigkeit bedrohten oder betroffenen Personen zu gewährleisten“. Wichtig sei auch eine „gelingende Präventionsarbeit durch die bezirklichen Sozialen Wohnhilfen bei der Weiterentwicklung hin zu Fachstellen, der Digitalisierung und bei der Sicherstellung einheitlicher Qualitätsstandards in der Präventionsarbeit“.

    Zudem habe man „die niedrigschwelligen Hilfen für wohnungslose Menschen in den letzten Jahren kontinuierlich ausgebaut. So konnten Angebote wie Notübernachtungen, Beratung und Straßensozialarbeit ausgeweitet werden“, denn „Wohnungs- und Obdachlosigkeit zu überwinden ist eine der großen sozial- und wohnungspolitischen Herausforderungen der kommenden Jahre“. Immerhin räumt man ein, dass die sozialpolitischen Maßnahmen wohl nicht reichen: „Größtes Hindernis bei der Überwindung der Wohnungslosigkeit ist der eklatante Mangel an bezahlbarem Wohnraum.“ Und generell setze man auch auf die Bundesregierung, die mit ihrem Nationalen Aktionsplan gegen Wohnungslosigkeit (NAPW) „eine größere Verantwortung bei der Überwindung der Wohnungs- und Obdachlosigkeit übernommen hat“.

    „Housing First“ wäre eine Alternative

    Als besonders zynisch kann man wohl ein spezielles Eigenlob des Senats einstufen: „Housing First“ wird in Berlin seit 2018 kontinuierlich ausgebaut und soll in die Hilfen nach §§ 67 ff. SGB XII integriert werden (was immer das heißen mag). In der Tat ist „Housing First“ ein seit vielen Jahren erprobtes und erfolgreiches Konzept zur Überwindung von Wohnungslosigkeit. Bei „Housing First“ rückt regulärer Wohnraum an die erste Stelle – ein entscheidender Unterschied zum derzeit meist praktizierten System. Darin müssen Betroffene oft ihre „Wohnfähigkeit“ zunächst unter Beweis stellen, die Zurverfügungstellung von regulärem, unbefristetem Wohnraum ist an die Erfüllung von Auflagen und Wohlverhalten gekoppelt.

    Bei „Housing First“ besteht von Anfang an ein normales, unbefristetes Mietverhältnis mit allen Rechten, Pflichten und Regeln. Wohnbegleitende Hilfen werden aktiv angeboten: Betroffene werden dazu ermutigt, Probleme mit Unterstützung anzugehen, aber nicht dazu verpflichtet. Dort, wo Housing First bereits praktiziert wird, sind die Ergebnisse überzeugend – etwa in Helsinki, wo mit Hilfe dieses Konzeptes die Obdachlosigkeit inzwischen fast vollständig überwunden werden konnte. Und Berlin so, wo „Housing First“ laut Senat „seit 2018 kontinuierlich ausgebaut wird“? Bis zum heutigen Tag wurden weniger als 250 Wohnungen über verschiedene Träger nach diesem System belegt.

    Aber offensichtlich hat sich der Berliner Senat längst damit abgefunden, dass die Zahl der Wohnungslosen (also nicht nur der Obdachlosen) weiter rasant steigen wird. Und es wird auch nichts Nennenswertes unternommen, um in den entfesselten Wohnungsmarkt einzugreifen. In keiner anderen deutschen Großstadt sind die Mieten in den vergangenen Jahren so stark gestiegen wie in Berlin. Die selbst gesteckten Neubauziele im Bereich bezahlbarer Wohnraum sind wenig ambitioniert und werden dennoch regelmäßig krachend verfehlt. Natürlich liegt die Verantwortung in vielen Bereichen bei der Bundesregierung, etwa bei der Mietenregulierung. Aber dennoch hätte das Land etliche Stellschrauben, um da einzugreifen. Viele dieser Punkte wurden in den letzten Monaten (in unterschiedlicher Gewichtung) auch von den Oppositionsparteien Grüne und Linke aufgegriffen, die entsprechende Gesetzentwürfe in der Pipeline haben.

    Einige der dringend notwendigen und im Prinzip auch möglichen Interventionen im Sinne von Mietern und Wohnungslosen seien an dieser Stelle mal zusammengefasst.

    Im Neubau braucht es ein umfassendes kommunales Wohnungsprogramm, in unmittelbarer öffentlicher Trägerschaft – also weder in Form von Fördermitteln für „Sozialwohnungen“, die dann nach 15 bis 20 Jahren aus der Mietpreis- und Belegungsbindung fallen, noch über landeseigene Wirtschaftsunternehmen, die ihre Investitionen in den Neubau aus ihren Erlösen auch aus den Bestandsmieten finanzieren müssen. Neubau muss als Teil der öffentlichen sozialen Daseinsvorsorge verstanden und dem Markt so weit wie möglich entzogen werden.
    Im Bestand müssen spekulativer Leerstand, Zweckentfremdung und illegale Mietpreisüberhöhung endlich konsequent erfasst und bekämpft werden. Das seit vielen Jahren versprochene Wohnungskataster wäre ein erster notwendiger Schritt in diese Richtung. Der erfolgreiche Volksentscheid zur Vergesellschaftung großer privater Wohnungskonzerne muss endlich umgesetzt werden, um diese Wohnungen in kommunale Bewirtschaftung zu überführen.
    Zur Überwindung der Obdach- bzw. Wohnungslosigkeit muss das Land deutlich mehr Belegungsrechte für betroffene und gefährdete Personen wahrnehmen können, auch bei privaten Vermietern (gab es in Westberlin früher mal).
    „Housing First“ muss raus aus der Bonsai-Nische und zum Kernelement der Überwindung (und auch Verhinderung) von Obdachlosigkeit werden.

    #Allemagne #Berlin #pauvres #SDF #capitalisme

  • La pauvreté n’a jamais été aussi élevée en France et les inégalités s’envolent | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/pauvrete-na-jamais-ete-elevee-france-inegalites-s/00115481

    Les dernières statistiques publiées par l’Insee dévoilent un accroissement record des écarts de richesse. En cause, les effets de l’inflation et des politiques publiques anti-redistributives du gouvernement.

    L’inflation a fait des ravages dans les rangs des classes populaires, c’est officiellement confirmé. On le craignait, bien sûr, mais on reste surpris devant la violence du choc subi par les Français les plus modestes. C’est ce que montrent les dernières statistiques publiées par l’Institut national de la statistique publique (Insee), qui documentent l’évolution de la pauvreté et des inégalités en France en 2023. Des chiffres qui donnent le vertige et sanctionnent sévèrement la politique économique et sociale mise en œuvre par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron.

    https://archive.ph/6uMTR

  • « On a honte de notre situation, même si l’on n’y est pour rien » : les « travailleurs pauvres » sollicitent de plus en plus les associations de solidarité
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/07/08/les-travailleurs-pauvres-nouveau-public-des-associations-de-solidarite_66199

    La part des personnes en #emploi et #pauvres augmente, selon les données 2023 publiées lundi 7 juillet par l’Insee. Certaines recourent aux associations de lutte contre l’exclusion et aux épiceries solidaires.


    Dans les locaux du Secours islamique France, à Massy (Essonne), le 4 juillet 2025. SAMUEL GRATACAP POUR « LE MONDE »

    « Depuis l’inflation, travailler ne protège plus autant des difficultés », regrette Carole Jacon, 48 ans, qui vit près de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain. Son propos résonne avec les chiffres publiés, lundi 7 juillet, par l’Insee, qui montrent que les « travailleurs pauvres » représentaient 8,3 % des personnes en emploi en 2023, contre 7,3 % en 2021. Elle-même en fait partie : mère isolée ayant connu un burn-out, elle termine un contrat de professionnalisation pour travailler dans la protection de l’enfance et perçoit, avec une fille à charge, 1 426 euros de smic, 250 euros de prime d’activité et 120 euros de pension alimentaire, longtemps versée de façon irrégulière.

    Elle se situe ainsi sous le seuil de #pauvreté de 2023, fixé à 1 932 euros pour une famille monoparentale avec un enfant de plus de 14 ans. Une fois ses charges déduites, dont 640 euros d’emprunt immobilier, 200 euros d’eau, de gaz et d’électricité, et 159 euros de saisie sur salaire liés à une dette contractée par son ex-mari, le reste à vivre ne dépasse pas 20 euros par jour pour deux, ce qui ne suffit pas à se nourrir, à s’habiller, à se déplacer et à faire face aux imprévus.

    « Sans le soutien de mes deux filles [l’aînée travaille], je ne serais très certainement plus là, confie Carole Jacon. On a honte de notre situation, même si l’on n’y est pour rien. » Pour s’en sortir, elle a « osé frapper aux portes et prendre les mains tendues » : elle a accepté les colis alimentaires de l’association d’aide à domicile qui l’emploie, et sollicité ceux du Secours populaire – « on verse une participation, c’est plus facile à assumer ».

    https://archive.ph/jvPr3

    #travailleurs_pauvres

  • La baisse du chômage n’a pas entraîné de baisse de la pauvreté en France, alerte le CNLE
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/09/la-baisse-du-chomage-n-a-pas-entraine-de-baisse-de-la-pauvrete-en-france-ale

    L’importante baisse du chômage entre 2015 et 2022 en France n’a pas fait reculer la #pauvreté, constate le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) dans une étude publiée mercredi 7 mai.
    Tandis que le taux de chômage a reculé de 10,3 % à 7,3 % sur la période, le taux de pauvreté monétaire, défini comme la part des personnes gagnant moins de 60 % du revenu médian, a très légèrement augmenté de 14,2 % à 14,4 %, selon les données recueillies par le comité scientifique du CNLE.
    Le taux de privation matérielle et sociale est, lui, passé de 12,1 % à 13,1 % de la population sur la période. Il mesure la part des personnes qui ne peuvent pas couvrir au moins cinq dépenses de la vie courante sur une liste de treize, comme avoir une voiture personnelle, chauffer son logement, s’offrir une semaine de vacances ou avoir une activité de loisirs régulière.
    La part des personnes se considérant comme pauvres a fortement augmenté sur la période, passant de 12,4 % à 18,7 %. Le sentiment de pauvreté a gagné du terrain chez les 20 % de la population aux niveaux de vie les plus modestes, mais aussi dans le deuxième quintile, relève l’étude.

    #pauvres

  • Où vivent les plus pauvres ? - Centre d’observation de la société
    https://www.observationsociete.fr/revenus/ou-vivent-les-plus-pauvres

    Les pauvres vivent-ils en ville ou à la campagne ? Ce sujet fait l’objet d’intenses polémiques depuis plus de dix ans. De nombreuses études réalisées sur le sujet montrent pourtant toutes que les plus démunis vivent d’abord dans les grandes #villes. Une étude récente de l’Insee, qui décompose le territoire en fonction de la densité de population, apporte de nouvelles informations.

    Le taux de #pauvreté est le plus élevé dans les grands centres urbains, ceux qui se constituent autour d’un pôle urbain comportant au moins 50 000 habitants (on y retrouve toutes les métropoles). Il y atteint 17,6 % alors que la moyenne française est de 15 % en 2022, selon l’Insee1. Le taux est de 16,9 % dans les centres urbains moins denses, constitués autour de pôles urbains de 5 000 à 50 000 habitants (des villes comme Saint-Nazaire, Montauban, Bastia, etc.). Le taux de pauvreté est le plus faible dans l’habitat pavillonnaire périurbain en milieu rural (9,8 %), puis il remonte dans les campagnes isolées (14,4 %) mais demeure bien moins élevé qu’en ville. Au total, les villes rassemblent les trois quarts des personnes #pauvres, dont plus de 40 % vivent dans les grands centres urbains. 12,2 % sont logés dans le périurbain rural et 13,3 % en milieu rural isolé.

    Les données de l’Insee contredisent depuis des années la thèse d’une France abandonnée vivant au loin des villes. C’est surtout au sein de ces dernières que vivent les plus démunis. L’étude des niveaux de vie occulte souvent l’effet de la densité de population. Pour le visualiser, on peut utiliser l’outil mis en place par l’Observatoire des inégalités, qui permet de mesurer le nombre de ménages pauvres à partir de carrés de 200m de côté.

  • « Pourquoi cette colère adolescente d’une génération à l’autre, des émeutes de 2005 à celles de 2023 ? » : découvrez les extraits du « Miroir. Retour dans les banlieues françaises »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/01/pourquoi-cette-colere-adolescente-d-une-generation-a-l-autre-des-emeutes-de-

    Dans son livre à paraître vendredi 4 avril au Seuil, Luc Bronner, grand reporter au « Monde », constate que les émeutes sont d’abord une éruption de jeunesse, et se demande « comment s’effacent les liens qui tissent une société ».

    Disons-le : depuis plusieurs décennies, les banlieues pauvres sont un laboratoire de l’#idéologie_sécuritaire, cette grille de lecture qui domine le débat public, portée par une alliance hétéroclite d’entreprises de sondages, de médias militants, d’intellectuels et de partis politiques. Vingt ans de discours de fermeté, et un échec presque total. Ouvrons les yeux sur ce bilan. Car la France se prépare, lentement, sûrement, à intégrer le camp des nations illibérales, ces sociétés où les citoyens choisissent démocratiquement de réduire les #libertés et les droits en débutant par les plus fragiles, les derniers #immigrés, les plus #pauvres, les moins intégrés, puis en élargissant le profil des victimes et leur nombre. Au nom de la sécurité. (…). Les #quartiers sont un de ces miroirs dans lesquels la France peut se regarder pour se demander ce qu’elle devient lorsque le logiciel sécuritaire l’emporte. (…)

    « Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre », a déclaré Bruno Retailleau, pour ses premiers mots de ministre de l’intérieur, en septembre 2024, au moment où se mettait en place le gouvernement Barnier après la dissolution de l’Assemblée nationale. « L’ordre, l’ordre, l’ordre », avait dit, avant lui, Emmanuel Macron en août 2023 pour donner sa grille de lecture et d’action après les #émeutes. Les mots et les promesses étaient les mêmes en 2005, en 2007, en 2010, en 2015. Comme si le logiciel des politiques s’était enrayé autour de la seule approche sécuritaire, comme si les faits divers l’avaient définitivement emporté sur les faits sociaux. (…)

    (c’est un pro des faits divers, du judiciaire et du journalisme para-policier qui le dit)

    trouvé là https://archive.ph/1I2C7