• À #Roubaix, cinq fois plus de bénéficiaires de l’#aide_alimentaire au #Secours_populaire  ?

    Dans la ville aux mille cheminées, la #crise_sanitaire liée au #Covid-19 aurait fait exploser le recours des habitants à l’aide alimentaire - c’est ce qu’affirme un médecin généraliste roubaisien sur Twitter. Mediacités a vérifié le chiffre avancé.

    (#paywall)

    https://www.mediacites.fr/verifie-pour-vous/lille/2021/09/28/a-roubaix-cinq-fois-plus-de-beneficiaires-de-laide-alimentaire-au-secours-populaire%e2%80%af/?mc_cid=69d730af7e&mc_eid=623bab7b87
    #pauvreté #alimentation

  • « J’ai froid toute la journée. Je m’habille comme si j’étais dehors »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270921/j-ai-froid-toute-la-journee-je-m-habille-comme-si-j-etais-dehors?onglet=fu

    Le gouvernement vient d’annoncer la hausse de 100 euros du chèque énergie pour permettre à six millions de foyers modestes de payer leurs factures de gaz ou d’électricité. Un coup de pouce bienvenu, mais insuffisant pour les foyers les plus modestes.

    Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).– Dans le salon de son pavillon, Amany se réjouit un peu. Elle ignorait qu’elle et sa famille allaient bénéficier d’une aide supplémentaire pour s’acquitter de leur facture d’électricité. Il y a dix jours, le président de la République a annoncé l’octroi de 100 euros supplémentaires aux 6 millions de foyers en difficulté qui bénéficient du chèque énergie.

    Cela pour compenser la hausse des prix de l’électricité, du carburant et du gaz, un sujet sensible. Les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 10 % en juillet, de 5 % en août et de 8,7 % le 1er septembre. Les tarifs réglementés de vente de l’électricité ont quant à eux augmenté de 1,6 % en février, puis de 0,48 % en août.

    Pour Amany, son époux Aly et leurs cinq enfants, 100 euros d’aide, c’est quelque chose, mais c’est loin de répondre à leurs besoins. Le profil de cette famille peut surprendre. Le couple, propriétaire de cette maison de 130 m2 à Saint-Denis, vit une situation de précarité importante.

    Ils n’ont pas de chauffage, en dehors des deux souffleurs électriques à roulettes, simplement branchés sur les prises. Ce sont des trouvailles de brocante, et, voraces en électricité, ils sont allumés le moins possible. La voisine a donné à Amany des rideaux pour isoler un peu les fenêtres, qu’elle doit bientôt installer alors que les températures commencent à baisser.

    Le réfrigérateur, acheté sur Le Bon Coin, comme tous les meubles et l’électroménager, ne fonctionne pas bien. Tous les mois, le couple doit débourser au moins 250 euros pour payer l’électricité, le gaz et l’eau.
    Amany et Aly, qui ont cinq enfants de 6 à 19 ans, sont appuyés pour leurs démarches par une assistante sociale. Ils perçoivent le RSA couple, environ 1 200 euros comme ils sont parents. Aly, 56 ans, ne travaille plus depuis 2016. Ce n’est pas faute d’essayer, mais il ne trouve rien, pas même sur les chantiers, rapporte-t-il. Pôle emploi le suit, mais sans succès.

    Pour avoir plus chaud, Amany installe sur le sol un tapis, acheté lui aussi en brocante et pour le moment enroulé contre l’escalier, sur lequel se serrent les petits, face au chauffage. Le soir, la mère embarque l’un des souffleurs dans sa chambre, là où dorment également les deux plus jeunes. L’autre est installé dans le couloir, à équidistance entre les deux chambres des aînés, pour tenter de chauffer ce qui peut l’être. Les petits ne déambulent jamais en tee-shirt ou en short dans la maison au carrelage froid. Le dernier se cramponne à son plaid à l’effigie de Spiderman.

    Comme cette famille, 12 millions de personnes ont froid chez elles ou dépensent trop d’argent pour se chauffer, relève la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel publié en début d’année. Cent mille coupures ou réductions de puissance supplémentaires pour impayés ont été relevées en 2019 par rapport à 2018, soit une hausse de 17 %.

    Les chiffres de 2020 ne sont pas encore disponibles, mais avec la prolongation de la trêve hivernale et la suspension des coupures, ils ne seront pas forcément significatifs. « Depuis, les périodes de confinement n’ont fait qu’aggraver le phénomène, dans un contexte inquiétant de crise sanitaire, économique et sociale durable », peut-on lire. Des télétravailleurs ont dû s’accommoder des défauts d’isolation de leur logement.

    Aly et Amany se sont installés en 2007 dans cette maison de Saint-Denis, qu’Aly a agrandie au fur et à mesure. Les prises sont inachevées. Les combles ne sont pas fermés. La cave sert à entasser de nombreux objets accumulés au fil des ans. Jusqu’à la perte de son emploi il y a cinq ans, tout ce qu’Aly gagnait servait à améliorer la maison et à rembourser son crédit. À la même époque, son père décède en Égypte.

    Mon fils tousse sans cesse. Arrivé à l’université, tout le monde lui a dit qu’il avait le corona, alors qu’il est malade comme ça depuis trois ans à cause de la maison

    Amany, victime de précarité énergétique

    De son vivant, il l’aidait en lui donnant 2 000 ou 3 000 euros. Ce qui a permis de solder le crédit. La famille a certes un toit sur la tête et pas de loyer ni de mensualités à honorer auprès de la banque. Mais tout s’effondre. Aly a tout construit de ses mains, avec les moyens du bord.

    Leurs fils adolescents préfèrent rester dehors avec leurs amis plutôt qu’à la maison. Avec pudeur, Amany évoque l’impossibilité pour les plus jeunes d’inviter leurs amis à jouer dans cet environnement froid. Ils ont honte d’afficher leur dénuement.

    Ici, l’eau chaude reste une denrée rare. C’est l’autre lutte familiale. Impossible, en effet, pour deux personnes de prendre une douche. « C’est la bagarre le samedi, c’est la bagarre le dimanche. » Cela fait bien longtemps, par ailleurs, qu’Amany a renoncé à faire la vaisselle autrement qu’à l’eau froide.

    Voilà pourquoi l’assistante sociale qui suit la famille l’a orientée vers l’association Shakti21, nommée en hommage à la déesse hindoue de l’énergie créatrice et financée en partie par le département. Ses membres interviennent dans les villes de Plaine Commune pour proposer « un diagnostic sociotechnique » aux foyers identifiés par les CCAS et les services sociaux. 250 ménages ont ainsi déjà été sensibilisés.

    Ce mercredi matin de septembre, Florian Gougeon, responsable de l’association, frappe à la porte des foyers qui l’ont sollicité avec un grand sac bourré d’ampoules LED et autres thermostats. Dans un premier temps, il aiguille les familles dans leur chasse aux économies d’énergie, puis, dans un second temps, il les accompagne pour lancer des travaux structurels.

    Chez Amany et Aly, Florian Gougeon commence par poser des questions pour cerner les besoins et les possibilités de la famille. Puis il remplace la pomme de douche de la baignoire par une autre qui consomme moins. Il installe aussi des mousseurs sur les robinets de la maison, toujours dans l’optique d’économiser de l’eau. Mais c’est un expédient et il le sait, vu l’ampleur des besoins et la gravité de la situation. La famille a besoin d’une chaudière, ce qui reviendrait à dépenser au moins 10 000 euros, une somme qu’elle ne possède pas.

    Dans la chambre de l’aîné, le mur arbore une peinture beige rosée. Aly vient de le peindre pour masquer les taches de moisissure. Il ne se fait aucune illusion, ce « coup de propre », comme il dit, sera vite inutile, elles reviendront d’ici quelques mois sous l’effet de la condensation. Il y a beaucoup à faire ici pour rendre la maison agréable à vivre.

    Assis sur le canapé beige, Florian Gougeon remplit un dossier pour déterminer quelles aides la famille peut obtenir. Avec pédagogie et douceur, il explique qu’il ne faut pas boucher les grilles d’aération. C’est certes contre-intuitif, mais les obstruer avec des chiffons provoque un surplus de condensation et augmente ce qu’on appelle l’inconfort thermique.

    Comme tous ceux qui souffrent de précarité énergétique, plusieurs membres de la famille doivent composer avec des soucis de santé récurrents. Amany a différents problèmes à guérir et mal au dos. Le froid aggrave la douleur. Son fils aîné, lui, traîne une toux chronique. « Il se gratte tout le temps le nez, il tousse sans cesse. Arrivé à l’université, tout le monde lui a dit qu’il avait le corona, alors qu’il est malade comme ça depuis trois ans à cause de la maison. »

    Ce coup de pouce du gouvernement sur le chèque énergie est toujours bon à prendre mais cela reste un geste insuffisant
    Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre
    Florian Gougeon explique au couple que même si des travaux étaient engagés pour installer une chaudière, ceux-ci n’aboutiraient pas avant début 2022, lorsque l’hiver sera déjà bien entamé. Un thermicien doit déjà apporter un diagnostic. Dans l’intervalle, il propose à la famille de lui donner des radiateurs à bain d’huile, financés par l’association.

    Le foyer accuse des difficultés financières importantes, documents à l’appui. Il faut financer les études et la chambre du Crous du fils aîné, à l’université en province. À partir du 20, confie Amany, les comptes sont à sec. Alors le Secours populaire est d’une grande aide, pour les courses mais aussi pour les sorties des enfants. Le paiement de la taxe foncière, environ 2 000 euros, est un casse-tête. Pour régler celle de l’année dernière, Aly a vendu sa voiture. Cette année, il n’a pas d’idée ni de solution. Il doit payer avant le 15 octobre. Alors, Shakti21 va essayer de les soulager sur le plan des travaux.

    Les chauffages d’une famille en précarité énergétique. © FZ
    De son côté, Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, estime que le geste du gouvernement est « toujours bon à prendre » mais que cela reste « un geste insuffisant ». Pour lui, cette « dépense sociale palliative ne va pas changer la vie » des six millions de ménages bénéficiaires, qui ont reçu 200 euros d’aide en moyenne cette année. Or, une famille dépense environ 1 600 euros par an pour l’énergie. « Ce chèque est bien fait, on le reçoit automatiquement et la dépense est fléchée. Seulement les plafonds sont très bas pour l’obtenir. » 

    Le problème de fond réside dans l’absence de volonté forte pour s’attaquer aux passoires énergétiques et financer les travaux nécessaires. « Il y a un succès quantitatif mais, dans le détail, ce ne sont pas les éléments les plus performants qui sont corrigés. On va isoler les combles ou les fenêtres ou changer la chaudière, alors qu’il faudrait souvent faire les trois à la fois. Mais il n’y a pas suffisamment d’argent. » Les associations qui aident les personnes en précarité énergétique partagent ce constat.

    L’accompagnement public est insuffisant et mal conçu. Pour réussir à rénover son logement, il faut par exemple réussir à dénicher un artisan qui saurait pallier plusieurs problèmes ; et qui accepterait de travailler avant d’être rémunéré, puisque les aides de l’État ne sont débloquées qu’a posteriori, une fois le chantier achevé.

    L’urgence se fait sentir, car la précarité énergétique touche toutes les zones et différents publics. Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre, souligne que les personnes qui peinent à se chauffer développent davantage de dépression, d’anxiété et de pathologies respiratoires. « Avoir froid chez soi, le nez qui coule en permanence, de l’humidité partout, des champignons et moisissures sur les murs, ça provoque une usure au quotidien. On sait aussi que si on rénovait toutes les passoires énergétiques à la location, on sauverait dix mille vies. »

    Toujours à Saint-Denis, Florian Gougeon va rencontrer Espérance. Elle n’a pas froid dans son 60 m2, ni de problèmes d’eau chaude. Au contraire, elle ne supporte pas trop le chauffage central qui lui donne des maux de tête. En revanche, elle a des difficultés à payer ses factures d’électricité.

    Une succession de difficultés et de coups durs – la maladie et un divorce conflictuel qui s’est soldé par des dettes écrasantes à rembourser – ont ébranlé la pimpante quinquagénaire, qui les énumère assise sur son canapé, vêtue d’un flamboyant boubou orange. Elle n’avait pas entendu parler du coup de pouce gouvernemental, elle qui a bénéficié du chèque énergie cette année.

    En 2018, elle a dû cesser son travail pour raison de santé. Elle distribuait les repas des patients dans un hôpital parisien. Elle a eu du mal à payer son loyer, le temps que les versements de la Sécurité sociale arrivent. Aujourd’hui, elle se retrouve avec 1 100 euros de revenus et 650 euros de loyer pour un logement social. Il reste à la femme seule environ 350 euros pour vivre. C’est déjà trop pour bénéficier d’aides des associations, pense-t-elle.

    Pour des ménages très, très modestes qui n’ont pas assez d’argent, la rénovation, c’est le parcours du combattant.
    Christine da Costa, des Compagnons bâtisseurs
    Surtout qu’en raison de son traitement encore agressif, elle a besoin de bien manger. D’où son congélateur-coffre bien garni installé sur le balcon, et son réfrigérateur américain qui trône dans sa cuisine parfaitement ordonnée. Parfois, raconte encore Espérance, elle n’a pas la force physique de sortir faire les courses. Elle est rassurée de savoir qu’elle a de quoi se nourrir.

    Mais ses 79 euros mensuels d’électricité pèsent beaucoup trop pour son budget. Dans son cas, Florian Gougeon n’a comme alternative que de changer les ampoules pour des LED qui consomment moins, d’installer des mousseurs et de baisser la température du congélateur de − 24 à − 18. Espérance est heureuse de cette aide car pour elle, « un euro de moins, c’est déjà un euro de gagné ». Dans six mois, Florian Gougeon la recontactera pour savoir si ces réglages ont permis de faire baisser sa facture.

    Christine da Costa, animatrice et chargée de mission précarité énergétique chez les Compagnons bâtisseurs, déplore que la prévention ne soit pas mieux développée par les services publics car la précarité énergétique est « un puits sans fond ». L’association organise des ateliers d’auto-réhabilitation accompagnée, en partenariat avec la CAF et les bailleurs sociaux.

    Elle regrette aussi que des propriétaires n’aient pas la capacité d’engager des travaux. « Pour des ménages très, très modestes qui n’ont pas assez d’argent, la rénovation, c’est le parcours du combattant. Ils ont peur d’engager de l’argent pour quelque chose qui ne marche pas ou de se faire arnaquer. »

    Sonia*, 55 ans, est dans ce cas. Elle refuse de recevoir chez elle, mais accepte de témoigner de sa situation. Elle vit dans une maison de 100 m2 depuis 13 ans. Elle et son époux l’ont achetée pour y vivre avec leurs cinq enfants. Les deux aînés sont partis, le troisième est sur le départ. Le père de famille est enseignant et elle est sans emploi.
    Tout récemment, elle a décidé de se lancer en indépendante, mais les revenus restent aléatoires. Le couple n’a jamais touché le chèque énergie, en raison de ses revenus trop élevés. En réalité, Sonia ignore même l’existence de ce dispositif.

    Elle explique que la maison n’est pas isolée. « Ni de l’intérieur, ni de l’extérieur. Quand on a acheté la maison, on a fait les travaux avec des amis et l’aide de l’entourage, mais ce n’est pas suffisant. » Ils se chauffent avec une chaudière au fioul, un gouffre financier. Tous les mois, la famille dépense au moins 300 euros. Parfois, la bourse de sa fille sert à payer la facture. Alors la famille « fait attention » en permanence.

    « J’ai froid toute la journée. Je m’habille au maximum comme si j’étais dehors, parfois il fait plus clément dehors. Chaque marche de l’escalier est plus froide que l’autre. On reste très peu au rez-de-chaussée. Si on mettait en marche tous les chauffages, on consommerait tout le fioul, alors j’allume seulement la chaudière le soir pour la douche et quelques autres choses. » Avec une fille asthmatique, Sonia est parfois désespérée de cette situation.

    Régler le problème par les travaux coûterait environ 25 000 euros, somme que le couple ne possède pas. Alors Sonia examine les aides disponibles comme Ma prime rénov, mais « c’est tellement compliqué qu’on a envie de lâcher l’affaire. Je n’ai toujours pas trouvé l’entreprise sérieuse et qui accepte les aides de l’État ».

    C’est pour cette raison qu’elle s’est tournée vers les Compagnons bâtisseurs. Sans compter que la facture de fioul n’est pas la seule à arriver et Sonia ne sait pas comment faire. « On doit aussi payer la taxe foncière et la taxe d’habitation, ça fait environ 3 000 euros, soit le double du salaire. Quand on a commencé à être propriétaires, on ne savait pas tout ça. »

    #électricité #chauffage #chèque_énergie #pauvreté

  • Dans le sud du Mexique, Tapachula, « ville prison » pour les migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/25/dans-le-sud-du-mexique-tapachula-ville-prison-pour-les-migrants_6095986_3210

    Dans le sud du Mexique, Tapachula, « ville prison » pour les migrants. Après un périple dans plusieurs pays latino-américains, les Haïtiens restent souvent bloqués dans cette ville pauvre du Chiapas.
    C’est sur un vieux carton qu’Ernst Cadet, Haïtien de 34 ans, a passé la nuit, juste à côté de la Commission d’aide aux réfugiés (Comar) de Tapachula, ville du Chiapas, dans le sud du Mexique, adossée à la frontière guatémaltèque. « Je suis bloqué ici depuis juin », soupire cet électricien, en débardeur, parti du Brésil dans l’espoir de rejoindre le sol américain. Comme lui, des dizaines de milliers de clandestins voient leur périple stoppé net dans cette petite ville, transformée par les autorités mexicaines en goulot d’étranglement migratoire. Le soleil n’est pas encore levé. Mais une longue file s’est déjà formée devant le grand hangar de la Comar. La plupart sont haïtiens, les autres centraméricains. Tous espèrent un statut de réfugié ou un visa humanitaire leur permettant de traverser le Mexique, sans se faire arrêter par les militaires qui contrôlent les principaux axes routiers, sous peine d’être expulsés au Guatemala. L’anxiété et la frustration se lisent sur les visages. La chaleur est étouffante. « Mon rendez-vous vient d’être déplacé à fin novembre », peste Ernst, qui a dormi sur place dans l’espoir d’accélérer ses démarches. Mais les agents de la Comar sont débordés. « On n’avait jamais vu ça ! », confie Alma Delia Cruz, responsable locale de l’institution gouvernementale. Depuis huit mois, 77 559 demandes d’asile ont été déposées au Mexique, contre 41 223 sur l’ensemble de l’année 2020. Sept sur dix au Chiapas. « Seul un tiers des dossiers a pu être examiné », soupire cette trentenaire épuisée et consternée par « un manque cruel de moyens ». Seuls huit traducteurs de la Comar interrogent les Haïtiens, qui ne parlent pas espagnol.
    Les autorités évaluent entre 30 000 et 40 000 le nombre de migrants à Tapachula. Mais l’organisation de défense des clandestins, Sin Frontera, assure que près du double sont dans cette ville de 350 000 habitants. La moitié serait des Haïtiens. Ils s’agglutinent par centaines autour de la place principale, où la mairie a placé des barrières métalliques pour les empêcher d’y dormir. « Ce cercle infernal d’attente rend fou », soupire Jackner Casimir, à la silhouette longiligne. Ce maçon haïtien de 29 ans est arrivé là en août, avec son épouse, Génésis, et ses deux enfants de 3 et 5 ans. « Personne ne veut nous embaucher. » Le Chiapas est l’Etat le plus pauvre du Mexique, où près d’un habitant sur deux est démuni.La famille Casimir partage avec trois amis un minuscule appartement sans climatisation à la périphérie, loué 4 000 pesos (170 euros) par mois. « Je dors sur le sol », dit Jackner Casimir. Beaucoup d’autres s’entassent dans des hôtels miteux, dont les prix ont décollé. « Sans l’argent que m’envoie mon frère de Floride, on mourrait de faim. » A une rue de là, ils sont plus d’une trentaine à faire la queue devant la succursale de la Banque Azteca, spécialisée dans les transferts de fonds. Tous n’ont qu’une idée en tête : « partir » vers le nord. « Mais pas sans les documents de la Comar », répète Jackner, en rajustant sa casquette rouge effilochée. Il se félicite de ne pas avoir participé, le 28 août, à une caravane de centaines d’Haïtiens qui a été démantelée, quelques kilomètres plus loin, par les agents de l’Institut de la migration (INM), épaulés par l’armée. « Ils les ont chassés comme des bêtes à la matraque, frappant même des hommes avec des enfants dans les bras. » Trois autres caravanes ont subi ensuite le même sort.Pour Irineo Mujica, à la tête de l’ONG Pueblo Sin Fronteras, « le gouvernement a militarisé sa politique migratoire pour faire le sale boulot, d’abord de Trump, puis de Biden ». M. Mujica avait organisé ces caravanes dans l’espoir de les sortir de « cette ville prison ». Aux frontières sud et nord du pays, 28 000 militaires et gardes nationaux ont été déployés ; 147 033 clandestins ont été arrêtés au Mexique, entre le 1er janvier et le 31 août, dont plus de 50 000 au Chiapas, selon l’INM. C’est trois fois plus qu’un an plus tôt.
    Mi-septembre, environ 14 000 migrants, en majorité haïtiens, sont pourtant parvenus à rejoindre Del Rio au Texas, formant cet immense camp improvisé, sous un pont frontalier, qui fait la « une » des journaux américains et mexicains. Comment ont-ils passé les barrages autour de Tapachula ? « Il y a deux types de migrants, répond Brenda Ochoa, directrice de l’organisation de défense des droits de l’homme Fray Matias de Cordova, hébergée dans une maison coloniale du centre-ville. Ceux qui ont les moyens de payer des passeurs de mèche avec les autorités, et les autres qui restent bloqués ici. » Mme Ochoa dénonce « la corruption au sein de l’INM ». Les représentants de l’institution ont refusé de répondre aux questions du Monde.La pression migratoire s’est légèrement relâchée sur Tapachula. Mais des centaines d’Haïtiens et de Centraméricains continuent d’affluer. « On manque de médicaments, s’inquiète Sofia Keller, coordinatrice administrative des services municipaux de santé. Les migrants sont très vulnérables aux maladies intestinales et respiratoires, dont le Covid-19. Sans parler des chocs post-traumatiques après une traversée souvent faite d’extorsions ou de violences sexuelles de la part des mafias. »
    Un peu plus loin, dans un petit parc, l’avocat Luis Villagran aide des clandestins à constituer des recours juridiques. « Nous avons déposé des centaines de plaintes contre le gouvernement, qui retarde illégalement leur procédure et les réprime pour les dissuader d’aller plus loin », dénonce-t-il. Le président de centre gauche, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), préfère le terme « contention », jurant vouloir « protéger les migrants du crime organisé, très présent au nord du pays ». « Des foutaises ! », réagit M. Villagran, qui l’accuse d’« instrumentaliser la vague migratoire pour obtenir des fonds américains ». « AMLO » a appelé Joe Biden à « agir » pour désamorcer la crise. « Rien n’est arrivé ! », insiste le président, en référence aux quatre milliards de dollars promis par son homologue américain pour développer le sud du Mexique et l’Amérique centrale.
    En attendant, les descentes de l’INM ont repris dans des hôtels de Tapachula, selon la presse locale. « Elles finissent par de rapides expulsions au Guatemala sans procédure légale », s’indigne M. Villagran. Sur la place principale, les Haïtiens ne parlent que de ça. Beaucoup sont rivés à leur téléphone portable, qui les relie, sur des groupes WhatsApp et Facebook, à leurs compatriotes bloqués au Texas. Beaucoup s’inquiètent des premières expulsions vers Haïti réalisées par le gouvernement américain. « Pas question pour moi d’être renvoyé là-bas, confie Wisline Merine. La crise a beaucoup empiré avec l’assassinat de notre président, et le tremblement de terre d’août », qui a fait plus de 2 200 morts. Cette couturière quadragénaire avait quitté Port-au-Prince pour le Chili après le séisme ravageur de 2010 (200 000 morts). Mais les autorités chiliennes n’ont pas renouvelé son statut, l’obligeant à partir. « Mon dur voyage, passé par neuf pays, s’arrête ici », confie Wisline, qui espère « vivre légalement au Mexique ». Mais la plupart des autres Haïtiens interviewés veulent continuer. « Rien ne m’empêchera d’aller aux Etats-Unis », assure l’un d’eux, âgé de 26 ans, qui refuse de donner son nom par peur de représailles dans l’obtention, encore hypothétique, de son laissez-passer pour le rêve américain.

    #COvid-19#migrant#migration#sante#mexique#etatsunis#haiti#chili#guatemala#politiquemigratoire#expulsion#migrationirreguliere#pauvrete#vulnerabilite#violence#crise

  • Dans les hôpitaux d’Idlib, en Syrie, des médecins débordés par la pandémie de Covid-19 et des patients désespérés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/23/syrie-les-hopitaux-d-idlib-sont-debordes-par-la-flambee-des-cas-de-covid-19_

    Dans les hôpitaux d’Idlib, en Syrie, des médecins débordés par la pandémie de Covid-19 et des patients désespérés. La poussée épidémique survient alors que les bombardements de l’armée ont repris. Le système de santé, qui ne tenait déjà plus qu’à un fil, s’effondre.
    Dans l’unité anti-Covid de l’hôpital de campagne de Kafr Takharim, dans la province d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, le personnel soignant est au bord de l’épuisement. « Parfois, je suis désespéré face au manque de moyens pour faire face à l’épidémie », confie au téléphone, la voix éteinte, le docteur Ahmad Saado, mercredi 22 septembre. Depuis deux mois, le Syrien de 29 ans, huit autres docteurs et vingt infirmiers se relaient jour et nuit pour accueillir et prendre en charge un flux continu de malades du Covid-19. Après avoir été relativement épargnée par les précédentes vagues épidémiques, la poche rebelle d’Idlib connaît depuis l’été une flambée de cas de contamination, alimentée par la forte contagiosité du variant Delta.Le système de santé ne tenait déjà plus qu’à un fil dans l’enclave surpeuplée, théâtre de combats meurtriers entre les forces loyales au président Bachar Al-Assad, soutenues par la Russie, et l’insurrection armée, appuyée par la Turquie. La moitié des hôpitaux et des centres de soins ont été endommagés, systématiquement ciblés par le régime syrien et l’aviation russe. Une grande partie du personnel soignant s’est jointe au flot de réfugiés. En dépit de la trêve décrétée en mars 2020 entre Ankara et Moscou, les 4 millions d’habitants de l’enclave (dont 2,5 millions de déplacés) vivent sous la perfusion de l’aide internationale, qui arrive au compte-gouttes par la frontière turque. Les autorités locales, sous le contrôle du groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham (HTS), peinent à répondre à la crise économique qui sévit à Idlib, comme dans le reste du pays.
    Les structures anti-Covid mises en place depuis le printemps 2020 par les soignants syriens, avec le soutien à distance d’ONG étrangères et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ne suffisent plus. Le 21 septembre, les provinces d’Idlib et d’Alep ont enregistré 1 312 cas de Covid-19 et 8 morts. Les experts jugent les chiffres officiels sous-estimés. Avec quelque 2 470 tests effectués ce jour-là, le taux de positivité s’établit à plus de 50 %. Les mesures prises par le « gouvernement de salut national » emmené par HTS – report de la rentrée scolaire, fermeture des marchés – sont insuffisantes aux yeux des soignants. Le syndicat des médecins d’Idlib a alerté cette semaine sur la catastrophe sanitaire en cours : à défaut d’une aide d’urgence internationale, il a estimé que le système de santé s’effondrera. A Kafr Takharim, les 10 lits dotés de respirateurs de l’unité de soins intensifs et les 25 lits du centre d’isolement, installés avec le soutien de l’Association médicale des expatriés syriens (SEMA) basée en France, sont déjà tous occupés, en permanence. « Plus de cent malades se présentent chaque jour. On envoie des malades ailleurs dans l’attente qu’un lit se libère. On a reçu une fois un malade de Ariha, une ville à 55 kilomètres d’ici. Du fait du manque d’hôpitaux dans la province, les malades sont pris en charge quand ils sont déjà dans un état très critique. Et on manque de médicaments et d’oxygène pour les prendre en charge », déplore le docteur Saado, qui dénombre entre un à trois morts par jour dans sa structure.« Le taux d’occupation de la plupart des structures de santé dépasse 100 %. Dans la province d’Idlib, il n’y a que six hôpitaux dotés d’unités de soins intensifs et une quinzaine de centres d’isolement. Il y en avait trente-deux en 2020, la moitié a fermé par manque de financement. Les hôpitaux manquent de tout, et surtout d’oxygène. L’OMS a du mal à trouver de nouveaux financements », explique le docteur Nasser Mhawish de l’Assistance coordination unit (ACU), une ONG basée en Turquie.Or, le pic épidémique pourrait ne pas être encore atteint. Du fait de la forte transmissibilité du variant Delta, toutes les classes d’âge sont touchées, dont de nombreux enfants. Le nombre de morts grimpe en flèche – 34 ont été répertoriés dimanche.
    Situation alarmante dans les camps de déplacés. La campagne de vaccination marque le pas. Seuls 2,5 % de la population ont été vaccinés, selon l’OMS. Quelques centaines de milliers de doses de vaccins AstraZeneca et Sinovac ont été livrées dans la province d’Idlib, dans le cadre de l’initiative Covax. « Les équipes de vaccination sont confrontées à l’hésitation de la population et à des antivax actifs. Certains arguent des effets secondaires de l’AstraZeneca, d’autres du manque de recul sur les vaccins ou de leur inefficacité face au variant Delta », indique le docteur Mhawaish. Les mesures de distanciation sociale et le port du masque sont peu respectés par la population. Un confinement est inenvisageable pour une majorité d’entre eux, obligés de travailler pour assurer leur subsistance.
    La situation est encore plus alarmante dans les camps de déplacés, où le nombre de cas commence à exploser. « C’est impossible pour les gens dans les camps de respecter les mesures de distanciation sociale et les gestes d’hygiène, par manque d’eau. Il y a une extrême pauvreté, les gens sont laissés à l’abandon et se fichent pas mal de mourir du Covid-19 ou d’autre chose. Ils sont désespérés », décrit Farid, le photojournaliste. Tous craignent une nouvelle vague de déplacement massif. Les médias du régime de Damas annoncent une nouvelle offensive pour reprendre le dernier bastion rebelle après la rencontre prévue le 29 septembre entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et ses homologues russe et iranien, Vladimir Poutine et Ebrahim Raïssi. Depuis plusieurs semaines, les bombardements de l’artillerie syrienne et de l’aviation russe ont repris le long de la ligne de front, entraînant un nouveau flot de réfugiés du djébel Al-Zawiya vers les camps proches de la frontière turque.

    #Covid-19#migrant#migration#syrie#turquie#sante#personnedeplacee#camp#crise#pauvrete#violence#vulnerabilite

  • Vivre avec moins de 5 dinars par jour, cartographie de la pauvreté en Tunisie

    Dans plusieurs délégations du gouvernorat de Kasserine, un·e habitant·e sur deux vit sous le seuil de pauvreté. À El Menzah, banlieue huppée de Tunis, sur un groupe de 500 individus, seule une personne est considérée comme pauvre.

    Comment expliquer de tels écarts ? Pour comprendre, inkyfada a analysé et cartographié les données de la pauvreté en Tunisie. À travers ces chiffres, il est possible d’établir une répartition des #inégalités au sein de la population.

    Ces inégalités peuvent être causées par d’autres indicateurs, comme le #chômage, le #niveau_éducatif ou encore l’#accès_aux_services_publics. Inkyfada a ainsi dégagé des corrélations significatives en comparant les différentes données.

    https://inkyfada.com/fr/2021/08/18/vivre-moins-5-dinars-jours-carte-pauvrete-tunisie
    #pauvreté #Tunisie #cartographie #visualisation #statistiques #chiffes

    via @fl
    ping @_kg_

  • "L’#insécurité et la #guerre en #Afghanistan à quoi ça mène ? Ça mène a beaucoup de #pauvreté qui entraîne de l’#immigration illégale"
    Dixit #Roland_Kobia, envoyé spécial de l’UE en Afghanistan dans le documentaire « Les Afghans, sacrifiés au nom de la paix » :


    https://twitter.com/CDB_77/status/1437849425754402818

    Les Afghans, sacrifiés au nom de la paix

    Le 15 août 2021, Kaboul est tombée aux mains des talibans : une victoire éclair des islamistes, mais aussi un échec cuisant des Américains. En 2020, la réalisatrice Alexandra Jousset a réalisé ce documentaire, qui dresse le bilan éloquent d’une guerre pour rien.

    Ce poignant voyage dans une terre ravagée par dix-neuf ans de guerre commence aux portes de Kaboul, dans le Wardak, à la rencontre des miliciens taliban qui tiennent la zone. Après avoir contraint Donald Trump, en février 2020, à négocier un accord de désengagement militaire, les combattants islamistes, qui contrôlent de fait une large partie du territoire, espèrent bientôt reprendre la totalité du pouvoir en Afghanistan. Après 250 000 morts, des centaines de milliers de blessés, des déplacements de population massifs, que sont devenues les promesses brandies par George W. Bush quand, au lendemain du 11 septembre 2001, il a lancé l’offensive qui allait chasser Al-Qaïda du pays sans jamais venir à bout de la résistance de ses alliés locaux ?

    Amertume
    De la capitale ceinturée par les campements de réfugiés aux environs de Djalalabad, où le taux de malnutrition ne cesse de grimper, Alexandra Jousset (Avortement, les croisés contre-attaquent) capte le dénuement et l’amertume d’une population exsangue, tout en disséquant les termes d’un accord qui n’a prévu aucune garantie pour préserver les fragiles acquis de deux décennies de présence occidentale. Alternant entretiens officiels (avec l’ancien président Hamid Karzaï, le porte-parole des taliban au Qatar Suhail Shaheen, le très critique inspecteur général américain pour la reconstruction de l’Afghanistan John Sopko…) et éloquentes rencontres de terrain, elle dresse un bilan sans ambiguïtés de ce faux accord de paix, auquel le peuple afghan, une fois de plus, a été sacrifié. Une enquête aussi fouillée que sensible, portée par de splendides images, dont les photographies de la reporter Véronique de Viguerie.

    https://www.arte.tv/fr/videos/090634-000-A/les-afghans-sacrifies-au-nom-de-la-paix

    #mots #migrations #illégalité #migrations_illégales #réfugiés #réfugiés_afghans #terminologie #vocabulaire

    ping @isskein @karine4

  • Consommation : les Français ne croient pas aux promesses écologiques des industriels Par Julien Da Sois
    https://www.lefigaro.fr/conso/consommation-les-francais-ne-croient-pas-aux-promesses-ecologiques-des-indu

    Une large majorité juge que les entreprises ne sont pas suffisamment impliquées dans les enjeux écologiques, sociaux et sociétaux.

    Des Français sensibles aux enjeux environnementaux et sociaux dans leurs choix de consommation, mais critiques envers les efforts des entreprises dans ces domaines. C’est ce qui ressort du Baromètre de l’engagement des entreprises, réalisé par l’ObSoCo (Observatoire Société & Consommation) et Trusteam Finance, dévoilé mardi 7 septembre.

    Les sondés sont en effet une majorité à affirmer que l’impact environnemental (62%) et social et sociétal (52%) est un critère d’achat important entre des produits concurrents. Si le prix reste, de loin, le premier critère de choix, près d’un quart des personnes interrogées (24 %) indique avoir renoncé à un achat au cours des 12 derniers mois en raison d’une insuffisance de la marque ou de l’enseigne sur le plan environnemental, social ou sociétal.


    Près d’un quart des personnes interrogées affirme avoir renoncé à un achat au cours de l’année écoulée en raison d’une insuffisance de la marque sur le plan environnemental, social ou sociétal. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

    Et à en croire ce sondage, effectué auprès d’un échantillon de 2.000 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans, les Français sont cependant sévères vis-à-vis des efforts entrepris par les sociétés. Ils sont en effet environ sept sur dix à juger qu’elles ne sont pas suffisamment impliquées dans la réponse à la crise écologique et dans les grandes questions sociales et sociétales de notre époque (discriminations, pauvreté, équilibre territorial...).

    Soupçon de « greenwashing » et de « social washing »
    Plus de huit sur dix (84%) sont même incapables de citer spontanément la moindre entreprise particulièrement engagée. Ils sont malgré tout plus nombreux à observer une évolution positive sur ces sujets : 21% estiment que l’engagement des entreprises a eu tendance à progresser au cours des 12 derniers mois, contre 13 % à penser qu’il a reculé.

    Les campagnes de communication des entreprises autour de ces problématiques sont par ailleurs jugées peu crédibles par les consommateurs. En effet, 68% sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle « les engagements des entreprises en faveur du bien commun (respect de l’environnement, lutte contre le gaspillage, les discriminations ou en faveur du pouvoir d’achat…) ont pour seul objectif d’améliorer leur image ».

    Le baromètre montre également que la méfiance est plus importante entourant les grandes entreprises. Lorsqu’elles mettent en avant des actions en vue de réduire l’impact environnemental et sociétal de ses produits, une majorité de sondés (56%) disent considérer qu’il ne s’agit que « de belles paroles et que rien de significatif n’a changé en réalité ». Une proportion qui tombe à 39% dans le cas d’une petite ou d’une moyenne entreprise.

    #écologie #agriculture #industrie #promesse #publicité #publicitaires #greenwashing #social_washing #croyances #multinationales #sociétal #engagement #discriminations #pauvreté #promesses #enjeux_écologiques

  • Une étude analyse le profil des familles qui éprouvent le plus de difficultés financières à la rentrée scolaire : « Elle dévoile des choses étonnantes »
    https://www.lalibre.be/belgique/enseignement/2021/08/31/il-y-a-un-manque-de-volonte-politique-sur-la-question-de-la-gratuite-scolair

    J-1 avant la rentrée des classes. Une rentrée marquée par le coronavirus, mais aussi par un coût qui reste encore élevé pour de nombreuses familles. Dans son émission, Maxime Binet a fait le point ce mardi avec Maxime Michiels, chargé d’étude et d’action politique pour la Ligue des familles.

    « On a un premier pas qui a été fait avec la gratuité dans l’enseignement maternel mais il ne faut certainement pas s’arrêter là »

    Sur le coût de la rentrée des classes pour une famille francophone, l’invité explique que pour l’an dernier, il avait été calculé que cela revenait à « 250 euros pour l’enseignement primaire et environ 400 euros pour l’enseignement secondaire. Mais on peut parfois monter jusqu’à 500 euros. » Plus discriminant encore, la différence de coût entre les écoles. « Certains établissements peuvent décider d’être gratuits parce qu’ils mettent des moyens en place pour fournir le matériel scolaire. D’autres au contraire vont exiger de nombreuses marques, exiger de nombreux manuels scolaires. Et donc vont faire gonfler la facture des parents », détaille Maxime Michiels. « Alors je ne sais pas si c’est une volonté de faire le tri entre les élèves, mais au final ce qu’on voit c’est que ça le fait. »

    Il faut sortir de l’école payante et avancer vers la gratuité
    Mais pourquoi le coût est-il parfois si élevé alors que la gratuité est inscrite dans la Constitution ? « Je pense qu’il y a un manque de volonté politique sur cette question », répond le chargé d’étude et d’action politique pour la Ligue des familles. « C’est pour cette raison d’ailleurs que la Ligue des familles se bat depuis de très nombreuses années pour faire émerger cette volonté politique parce que c’est grave que l’école soit payante et que ça met des familles en difficulté au quotidien. Il faut donc avancer vers la gratuité. On a un premier pas qui a été fait avec la gratuité dans l’enseignement maternel dans le cadre du Pacte mais il ne faut certainement pas s’arrêter là ».

    Concernant la différence de prix dans les écoles
    Maxime Michiels est ensuite revenu sur l’étude qui analyse quel type de famille souffre le plus de cette rentrée scolaire. « Cette étude dévoile des choses étonnantes parce qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’il y ait un profil type de famille mise en difficulté par les frais scolaires, or ce n’est pas du tout le cas. On voit qu’il y a de très nombreuses familles avec des profils très variés : des familles nombreuses, des familles monoparentales, des personnes qui travaillent, qui ne travaillent pas, qui sont en maladie etc. On a vraiment de tout mais il y a un point commun : c’est l’école qui coûte trop cher et qui met ces familles-là en difficulté. »

    Et l’impact du corona ?
    Pour Maxime Michiels, le coronavirus a évidemment eu un effet néfaste sur l’école. « On a vu clairement que dans la crise, on avait un problème avec l’enseignement hybride qui n’a pas permis l’apprentissage de tous les élèves. Selon une enquête que l’on a menée, il y a pour 40% des élèves plus de difficultés à apprendre. On a également beaucoup d’élèves qui ont eu des difficultés techniques (problèmes d’ordinateur etc) qui se mettaient entre eux et l’apprentissage. Donc plein d’élèves se sont retrouvés en situation de décrochage. Et on a noté aussi la situation inverse, avec des élèves surchargés de travail et qui se sont retrouvés complètement épuisés et à genou à la fin de l’année scolaire. Ces deux situations là, il faut absolument les éviter cette année. »

    La digitalisation, source de discrimnation
    Si Maxime Michiels ne se dit pas contre l’enseignement numérique ou l’utilisation d’un ordinateur à l’école, il veut que l’on parte « de la réalité des parents ». « Cette réalité que l’on a pu voir dans le cadre de la crise était double : d’abord de nombreuses difficultés d’apprentissage pour les élèves, difficultés avec l’outil (problèmes techniques) mais aussi difficultés à prendre distance avec l’enseignant au travers d’une interface digitale. L’autre réalité est celle de l’appauvrissement à travers laquelle les parents ont dû passer pour s’équiper en matériel numérique. » La volonté de la Ligue des familles est à présent que les autorités francophones de l’enseignement subsidient un peu plus les parents d’élèves par rapport aux outils informatiques à avoir pour suivre ces cours en digitalisation. Car de plus en plus d’écoles se tournent vers ce type d’apprentissage dit numérique. « Et souvent, les écoles en profitent pour s’équiper sur le dos des parents », confie notre invité.

    #Ecole #discrémination #pauvreté #gratuité #apprentissage #décrochage des #élèves #appauvrissement #digitalisation #numérique #big_data #inégalités #belgique

  • Do Re Mi - Woody Guthrie - 1940
    https://www.youtube.com/watch?v=-qCpFn1iIqk

    Voilà une chanson d’actualité

    [Verse 1]
    Lots of folks back East, they say, is leavin’ home every day
    Beatin’ the hot old dusty way to the California line
    ’Cross the desert sands they roll, gettin’ out of that old dust bowl
    They think they’re goin’ to a sugar bowl, but here’s what they find
    Now, the police at the port of entry say
    “You’re number fourteen thousand for today”

    [Chorus]
    Oh, if you ain’t got the do re mi, folks
    You ain’t got the do re mi
    Why, you better go back to beautiful Texas
    Oklahoma, Kansas, Georgia, Tennessee

    California is a garden of Eden
    A paradise to live in or see
    But believe it or not, you won’t find it so hot
    If you ain’t got the do re mi

    [Verse 2]
    You want to buy you a home or a farm, that can’t deal nobody harm
    Or take your vacation by the mountains or sea
    Don’t swap your old cow for a car, you better stay right where you are
    You better take this little tip from me
    ’Cause I look through the want ads every day
    But the headlines on the papers always say
    [Chorus]
    If you ain’t got the do re mi, boys
    You ain’t got the do re mi
    Why, you better go back to beautiful Texas
    Oklahoma, Kansas, Georgia, Tennessee

    California is a garden of Eden
    A paradise to live in or see
    But believe it or not, you won’t find it so hot
    If you ain’t got the do re mi

    https://en.wikipedia.org/wiki/Do_Re_Mi_(Woody_Guthrie_song)

    “Do Re Mi” is a folksong by American songwriter Woody Guthrie. The song deals with the experiences and reception of Dust Bowl migrants when they arrive in California. It is known for having two guitar parts, both recorded by Guthrie.
    Background

    Written by Woody Guthrie, the song is included on his 1940 folk album Dust Bowl Ballads. It takes the form of a warning to would-be migrants to stay where they are (places of origin mentioned include Texas, Oklahoma, Kansas, Georgia and Tennessee). The argument is made on the basis that there are already too many migrants, and not enough money or work available to make the hardships and expense of the trip worthwhile.

    The message of the song parallels a theme of John Steinbeck’s seminal novel The Grapes of Wrath, wherein the Joad family makes a dangerous, expensive trip from their home in Oklahoma to California. They encounter a fellow Dust Bowl migrant at a roadside rest-stop who tells them to turn back, echoing the cautionary tone of the song. He cites his own loss and misfortune (he mentions the trials of his dead wife and his underfed children ’moaning like pups’) as a warning to others to avoid the same fate. Continuing on in spite of this, the Joads arrive in California nearly penniless, and having buried the two oldest members of the family. There they find there is indeed not enough work or pay to make ends meet.

    The song appeared on the album Dust Bowl Ballads and was later released on the compilation Bound for Glory. It is heavily referenced in AJJ’s song “Survival Song.”

    “Do Re Mi” was covered by Cisco Houston, Ry Cooder on his self-titled debut album in 1971, by Nanci Griffith on her 1993 album Other Voices, Other Rooms (duet with Guy Clark), by Ani DiFranco on her 2000 EP Swing Set and on the Woody Guthrie tribute ’Til We Outnumber Em, by Dave Alvin on his live CD Interstate City, by Bob Dylan in The People Speak documentary in 2009, and by Dan Crary on the album Flatpicking Guitar.

    À ne pas confondre avec ...
    https://www.youtube.com/watch?v=drnBMAEA3AM

    #USA #musique #folk #migration #pauvreté

  • La Cour suprême américaine lève le moratoire sur les expulsions de locataires
    https://www.letemps.ch/monde/cour-supreme-americaine-leve-moratoire-expulsions-locataires

    L’extension du moratoire jusqu’au 3 octobre a été prise, début août, par les autorités sanitaires américaines. La Cour suprême s’est rangée du côté des propriétaires qui se disaient victimes de mesures injustifiées

    La Cour suprême des Etats-Unis a levé, jeudi soir, le moratoire sur les expulsions de locataires prévu jusqu’en octobre, mettant fin aux protections accordées à des millions de personnes en difficultés financières en pleine pandémie.

    La plus haute cour américaine s’est rangée du côté des propriétaires qui se disaient victimes de mesures injustifiées et a argué que toute nouvelle reconduction d’un moratoire devait être décidée par le Congrès et non par les autorités sanitaires - qui étaient jusqu’ici à l’origine de ces mesures.

    Un moratoire passé en force
    Un premier moratoire sur les expulsions de locataires avait été décidé en 2020, lorsque les Etats-Unis étaient frappés de plein fouet par la pandémie, et un taux de chômage vertigineux. Lorsque le moratoire avait expiré fin juillet, l’administration du président Biden avait exhorté les parlementaires américains à légiférer en urgence pour le prolonger. Ce que les élus n’étaient pas parvenus à faire avant que le Congrès ne cesse ses travaux pour la pause estivale.

    Sous pression de l’aile gauche de son parti, - une élue de la Chambre, Cori Bush avait campé plusieurs jours devant siège du Congrès - les autorités sanitaires de l’administration Biden avaient fini par décréter de par elles-mêmes un nouveau moratoire. Elles s’étaient appuyées sur les risques pour la santé publique pour justifier leur décision.

    « Si un moratoire d’expulsion imposé par les autorités fédérales doit se poursuivre, le Congrès doit l’autoriser spécifiquement », a balayé la Cour suprême, à majorité conservatrice, dans un argument d’une quinzaine de pages.

    La Maison-Blanche s’en remet aux villes et aux Etats
    La Maison-Blanche a immédiatement fait part de sa « déception ». « A cause de cette décision, des familles vont devoir faire face à des expulsions douloureuses, et des communautés à travers le pays vont être confrontées à un risque accru d’exposition au Covid-19 », a déploré la porte-parole du président américain, Jen Psaki.

    « Le président Biden appelle une fois de plus toutes les entités qui le peuvent - des villes et des Etats aux tribunaux locaux, en passant par les propriétaires et les agences ministérielles - à agir de toute urgence pour empêcher les expulsions », a-t-elle ajouté.

    L’exécutif américain s’attendait à ce que ce moratoire soit contesté en justice mais espérait ainsi laisser du temps supplémentaire pour verser aux locataires des fonds alloués pour les aider à payer leurs loyers, mais dont les versements avaient été considérablement ralentis - notamment à cause de la bureaucratie.

    #usa #moratoire #logement #expulsions #inégalités #pauvreté #précarité #chômage #répression #covid-19 #Bush

  • 150 ans d’immigration italienne à Lausanne

    Longtemps pays d’émigration en raison d’une #pauvreté endémique, la Suisse voit son solde migratoire s’inverser dès le début du 20e siècle.

    Dès 1946, la croissance requiert une #main-d’œuvre considérable dans les secteurs de la #construction, de l’#hôtellerie - #restauration, du #commerce et de l’#industrie. En un quart de siècle, jusqu’à la crise de 1973, des millions d’Italien·ne·s contribuent à l’éclatante #prospérité de la Suisse.

    Confronté·e·s à la #xénophobie d’une partie de la population, endurant les sévères conditions d’existence que leur impose le statut de #saisonnier, ils·elles vont pour autant laisser des traces d’une importance majeure.

    Au-delà des clichés, l’#italianità se répand et imprime durablement sa marque dans toutes les couches de la société via l’#alimentation, la #musique, le #cinéma, les #sociabilités, le #sport, le #patrimoine, la #langue….

    C’est l’histoire passionnante de cette présence à Lausanne ‑ rythmée par les précieux récits de nombreux témoins ‑ qui est dévoilée ici.

    https://www.lausanne.ch/vie-pratique/culture/musees/mhl/expositions/Losanna-Svizzera.html

    #exposition #Lausanne #musée #migrations #immigration #Suisse #migrants_italiens #Italie #immigrés_italiens #saisonniers #italianité

  • 10 maps to understand #Afghanistan

    Al Jazeera visualises Afghanistan – a mostly mountainous country of 38 million people – which has suffered decades of war.

    https://www.aljazeera.com/news/2021/8/12/10-maps-to-understand-afghanistan-interactive

    #cartographie #cartes #Afghanistan #visualisation #cartographie

    #IDPs #déplacés_internes #réfugiés #réfugiés_afghans #talibans #opium #pauvreté #alphabétisation #illettrisme
    ping @visionscarto

  • Bédouins et Israéliens d’origine éthiopienne : L’Etat manque à ses obligations
    https://fr.timesofisrael.com/bedouins-et-israeliens-dorigine-ethiopienne-letat-manque-a-ses-obl

    Les Israéliens d’origine éthiopienne souffrent de surflicage et de discrimination, tandis que les communautés bédouines du sud vivent avec un manque choquant de services et de gouvernance, selon un rapport cinglant publié mercredi par le contrôleur d’État Matanyahu Englman.

    « La population bédouine du Néguev est la plus pauvre d’Israël et souffre d’un manque d’infrastructures et d’une éducation de qualité », accuse le rapport. « Le gouvernement israélien est responsable de l’amélioration de la gouvernance dans le Néguev ». 


    Une communauté bédouine vivant à côté de la plus grande décharge d’Israël, près de la ville de Rahat dans le sud d’Israël, le 10 août 2016 (Crédit : Yaniv Nadav/Flash90).

    Le rapport a souligné le manque d’infrastructures dans les communautés bédouines et le fait que neuf de ces communautés figurent dans un classement des onze localités les plus faibles d’Israël sur le plan socio-économique, sans qu’aucun changement significatif ne soit intervenu dans le classement depuis plusieurs années. 

    L’absence de données précises sur le nombre de personnes vivant dans les communautés bédouines a empêché les autorités d’établir un budget, selon le rapport. Malgré cela, il est clair que les normes de base acceptables ne sont pas respectées. 

    Le Contrôleur a constaté que dans la plupart des communautés de deux conseils régionaux, il n’y avait pratiquement aucune infrastructure publique d’eau, d’égouts, d’électricité, de routes, de communications, d’éclairage public et de trottoirs. 

    De nombreuses maisons sont donc raccordées illégalement au réseau électrique ou ne le sont pas du tout, une situation dangereuse qui a conduit à un certain nombre d’incendies mortels dus à des raccordements défectueux ou à l’utilisation par les familles de chauffages dangereux.


    Des villages bédouins non reconnus autour de la zone industrielle de Ramat Hovav, dans le sud d’Israël, souffrent d’un niveau élevé de pollution atmosphérique due aux bassins d’évaporation de produits chimiques situés à proximité et à une centrale électrique d’Israel Electric Corporation,le 28 décembre 2017. (Crédit : Yaniv Nadav/FLASH90) 

    Les élèves sont emmenés à l’école dans des conditions dangereuses dans de vieux bus sur des routes non pavées et de nombreux membres des communautés bédouines vivent dans des zones où il n’y a pas de système d’alerte à la roquette, indique le rapport. 

    Il traite également de l’augmentation de la criminalité et du manque d’application de la loi dans les localités bédouines. 

    La communauté bédouine « est fortement impliquée dans le non-paiement des impôts, la polygamie, les paiements de protection et les dommages causés aux infrastructures civiles et militaires », indique le rapport. 

    Selon le rapport, les postes de police promis n’ont pas été créés et le maintien de l’ordre dans les communautés n’a pas été renforcé. 

    En outre, sur une période d’environ cinq ans, 177 enquêtes criminelles sur l’extorsion de l’argent de la protection dans la région du Néguev ont été classées sans suite ou abandonnées, et seules 87 ont été transférées au bureau du procureur de l’État pour un examen plus approfondi. 

    Englman a fait remarquer que ces statistiques ne concernaient que les cas signalés à la police, et a déclaré que le problème de l’extorsion était beaucoup plus répandu que les chiffres ne semblent le suggérer.


    Le contrôleur d’État Matanyahu Englman assiste à une conférence de presse à Jérusalem annonçant une enquête sur la tragédie du Mont Meron le 3 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

    L’audit a également révélé qu’entre 2017 et février 2020, des actes d’accusation n’ont été déposés que dans 18 cas de polygamie, tandis que 345 affaires ont été classées, ce qui signifie que des accusations n’ont été portées que dans environ 5 % des cas. 

    Selon le rapport, environ 14 000 femmes vivent dans des ménages polygames en Israël.

    Les relations polygames sont illégales en Israël depuis 1977. Cependant, les autorités ferment largement les yeux sur ce phénomène très courant chez les Bédouins, même s’il a été démontré que la polygamie conduit souvent à des violences domestiques et à une pauvreté inéluctable. 

    Le rapport souligne également le danger sur les routes du sud du pays et le taux élevé d’accidents. Il indique que 399 mineurs ont été pris en flagrant délit de conduite illégale dans la région du Néguev entre 2016 et 2020, tout en précisant qu’ils n’étaient pas tous bédouins. 

    En outre, les communautés bédouines étaient confrontées aux dangers des stations-service dites pirates et de l’incinération illégale de déchets.


    Des hommes bédouins déplacent un réservoir d’eau dans le désert du Néguev, le 06 juin 2014 (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

    Un ciblage disproportionné 
    Le contrôleur a également détaillé un certain nombre de façons dont les Israéliens d’origine éthiopienne sont ciblés de manière disproportionnée par la police, et sont confrontés à la discrimination et au racisme sur le lieu de travail. 

    Selon le rapport, les enquêtes policières sur les membres de la communauté ont été menées chez les mineurs à un taux 3,8 fois supérieur à leur part relative dans la population (1,7 %), et à un taux de 1,9 fois chez les adultes.


    Des Israéliens éthiopiens protestent à Tel Aviv le 30 janvier 2019 contre les violences policières, après le meurtre de l’adolescent Solomon Tekah. En utilisant le nom de la communauté, le Beta Israël, les affiches disent « La police assassine le Beta Israël ». (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

    Dans le même temps, la confiance dans la police et la satisfaction de ses actions ne sont que de 13 % dans la communauté, selon les enquêtes menées par la police, indique le rapport. 

    Depuis des années, la communauté dit être victime de brutalités policières et de discrimination, les tensions ayant atteint un pic à la suite du meurtre par la police, en 2019, de Solomon Tekah, 19 ans, lors d’une altercation à Haïfa. La mort de Tekah a déclenché plusieurs journées de manifestations dans tout le pays, dont certaines ont tourné à la violence et ont suscité de nouvelles accusations de brutalité policière et de racisme envers les personnes d’origine éthiopienne.


    La police détient des manifestants lors d’un rassemblement contre la violence policière suite à la mort de Solomon Tekah, 19 ans, à Tel Aviv, le 3 juillet 2019. (Crédit : Neuberg/Flash90)

    n réponse au rapport du Contrôleur, la police a déclaré à Kan news qu’elle travaillait « constamment à protéger et à servir fidèlement tous les citoyens israéliens, et à leur fournir des services de police égalitaires, indépendamment de leur origine, de leur religion ou de la couleur de leur peau. » 

    En ce qui concerne l’intégration des membres de la communauté d’origine éthiopienne, le rapport a révélé qu’environ 75 % d’entre eux ont déclaré avoir été confrontés à des remarques racistes sur leur lieu de travail, tandis que 14 des 22 ministères n’ont pas atteint l’objectif gouvernemental de représentation adéquate de la communauté, qui ne représente elle-même que 1,7 % de la population active. 

    En outre, le rapport aborde un certain nombre de questions relatives au manque de transparence en ce qui concerne les travaux de la Knesset, et indique qu’il n’est toujours pas clair si les ministères fonctionnent selon les directives réglementant l’utilisation de l’informatique en nuage, avec un avertissement émis à la lumière d’un certain nombre de piratages à grande échelle au cours des derniers mois, à la fois en Israël et à l’étranger.

    #israel #racisme #discriminations #pauvreté #bédouins #discrimination #polygamie #flicage #brutalités_policières #éthiopie

  • “Des ateliers cuisine pour éduquer les pauvres ? Stop, la coupe est pleine”
    Pour Christine Mahy, secrétaire générale du RWLP, vouloir "éduquer" les pauvres pour les aider à sortir de la précarité est d’une violence institutionnalisée extrême.

    https://tchak.be/index.php/2021/04/07/ateliers-cuisine-pauvres-precarite-alimentation-qualite

    S’il y a une violence ultime qui peut être infligée aux personnes, aux ménages, qui vivent dans le trop peu de tout, c’est de les considérer d’abord comme des #incompétents à éduquer avant de leur garantir la sortie de la pauvreté par l’accès aux droits.

    Dans ce type d’approche, la gestion de la pauvreté bénéficie d’un boulevard pour une multitude d’initiatives publiques, privées et associatives, qui cherchent à convaincre qu’il est toujours possible de faire plus avec moins par l’éducation. Une éducation qui permettrait de combler le revenu qui s’écrase, le #mal-logement qui mange le budget, le stress qui épuise, la monoparentalité brutalisée, l’#endettement impossible à éviter, le report de soins par manque de moyens, le temps consacré à la débrouille de survie, la course à la justification pour arracher ou ne pas perdre du droit !
     Quand, à l’économie que l’éducation pourrait soi-disant générer dans le portefeuille, les mêmes acteurs ajoutent les arguments de la prévention santé :
     « Ils sont obèses ou malades parce qu’ils mangent mal… » ; 
    celui du frein à l’évolution vers une autre économie en faveur du climat « Ils vont tous dans les grandes chaînes bon marché… »  ; 
    celui de la méritocratie individuelle  « Ils ne font pas d’efforts pour sortir de leurs conditions… d’autres l’ont bien fait… ».  
    Et, cerise sur le gâteau « Bien manger ne coûte pas plus cher car la quantité de mauvaise qualité bon marché est comblée par une disette de bonne qualité qui rassasie davantage… » … Eh bien tous les ingrédients de la recette de l’abandon de la lutte majeure contre la réduction des inégalités et les injustices sociales sont réunis !

    Ils sont cernés… les pauvres ! 
    Pour les plus de 25 % de ménages en Wallonie qui tirent le diable par la queue, et dramatiquement bien plus encore à Bruxelles, qu’ils vivent avec des revenus sous le seuil de pauvreté ou juste au-dessus, qu’ils travaillent ou pas, la coupe est pleine… pleine de rage ! 

    Quand ce n’est pas le CPAS qui propose, lorsqu’il n’impose pas, la fréquentation d’ateliers cuisine, c’est parfois l’associatif qui perd la boussole en versant dans l’éducation des pauvres au bien-manger ; quand ce n’est pas une grande chaîne de magasin qui propose publicitairement des recettes dites « à prix écrasés » avec leurs produits industriels et la collaboration de certains CPAS, c’est la fierté des porteurs de l’aide alimentaire de mettre parfois des produits frais de qualité dans les colis qu’il s’agit d’apprécier. 

    Quand ce n’est pas le jugement de valeur qui fait mal pour longtemps lorsque l’école pointe du doigt ce que l’enfant n’a ou n’a pas dans sa boîte à tartines, c’est le dépliant de luxe en papier glacé d’un acteur de la santé qui laisse penser que ce n’est pourtant pas si difficile ; quand ce ne sont pas les multiples émissions télés et radios qui magnifient le bien-manger, le plus souvent de luxe, comme une évidence et la concurrence comme une stimulation saine, c’est la publicité du marché du terroir au plan local comme le lieu vertueux à fréquenter !

    Impossible que leur échappe le fait qu’ils sont piégés dans la malbouffe, qu’ils sont le portefeuille et le marché de la #malbouffe, qu’ils sont la poubelle des #invendus et des riches, qu’ils sont nourris par l’#aide_alimentaire cache-sexe de l’illégitime et violente #pauvreté_institutionnalisée. Et, finalement, qu’ils sont sans doute incompétents tant en gestion budgétaire qu’en choix alimentaire, qu’en capacité culinaire, et qu’ils sont donc à éduquer quand ce n’est pas à rééduquer.

    La nourriture, variable d’ajustement

    Et pourtant ils savent… que pour eux la nourriture est une des variables d’ajustement du ménage pauvre. Les propos suivants sont légion : 
    • « Je paye l’indispensable et puis on fera comme on peut pour se nourrir avec le reste…
    • On ira au colis ce mois-ci, on ira au resto du cœur, je passerai à l’épicerie sociale…
    • Faut que je garde pour le train pour aller au colis sinon on ne finira pas la fin du mois…
    • Ce mois-ci il y avait des gâteries pour les enfants dans le colis, ouf pour les collations de l’école même si c’est pas celles que l’école demande…
    • T’as vu les prix dans les magasins, même au moins cher…
    • Je connais les prix au centime près, va demander ça à un riche…
    • Ceux qui avaient les moyens se sont rués sur la pub, ils ont tout emporté…
    • J’aimerais bien lui acheter des bonnes chaussures, impossible de sortir l’argent en une fois, il faut être riche pour être pauvre… » [1].

    Et pourtant ces mamans savent… comment inventer, solutionner, contourner, donner l’illusion :  « Je servais le repas à mes filles et moi à table. Je trouvais une excuse pour ne pas manger en même temps qu’elles de façon à remettre ma part dans la casserole une fois qu’elles avaient quitté la table pour allonger le repas du lendemain ».

    Ou encore : « J’ai vite compris que je ne devais plus prendre mes enfants avec moi pour faire les courses quand je me suis rendu compte que je devais leur dire non à tout, même à des trucs de base qu’il aurait été normal d’acheter ». 

    Et aussi :  « Ils sont ados, ils ont faim tout le temps. Maintenant je cache parce que quand ils me vident le frigo en se relevant le soir ou quand je ne suis pas là, je ne sais pas aller racheter dans le mois ».

    Et encore :  « Je le sais bien que c’est mieux de manger de la soupe et des légumes, mais je vous jure qu’un hachis parmentier avec une grosse sauce et beaucoup de pommes de terre, ça les calle pour la journée ».

    Et toujours :  « Les restes, les colis, oui ça aide… mais à un moment donné t’en peux plus de devoir faire avec ce qu’il y a. Et tu dois souvent aller chercher à plusieurs endroits pour arriver à composer des repas complets… c’est dur d’aller demander partout ».

    Et aussi :  « Les collations à l’école, ça doit être des fruits, des produits laitiers, ou des choses sans emballage… Mais les fruits à la maison, c’est parfois quand le budget va un peu mieux ; les produits laitiers, ça, ça va encore parce que dans les colis alimentaires, tu reçois souvent beaucoup de yoghourt, t’a intérêt à aimer ; les collations sans emballage, ben ça c’est la m… parce que le bon marché sans emballage tu peux courir… et l’emballage de toute façon tu l’as à la maison ! » ; 

    Et encore :  « T’as déjà essayé de faire bien à manger avec deux taques électriques et un compteur à budget ? Ben moi, ce que je fais, je me prive la semaine pour garder de quoi recharger ma carte le week-end quand j’ai les enfants pour arriver à leur faire mieux à manger… » 

    Et toujours :  « J’en ai marre qu’on me dise que je vais m’en sortir parce que je ferai un légume avec le blanc de poireau et de la soupe avec le vert… Ils pensent qu’on est con ? S’ils croient que c’est avec ça que j’arriverai à boucler la fin du mois, ils se foutent de notre g… »

    Et aussi :  « Je n’allais plus au marché près de chez moi le dimanche. L’odeur des poulets rôtis me donnait une envie folle et j’étais incapable de me faire ce plaisir. Maintenant que mes revenus ont augmenté, de temps en temps, je me fais ce plaisir… Et encore, il y a ceux de qualité et les autres… »

    Et enfin ; « Quand le potager communautaire donne bien, on a des légumes régulièrement et gratuits… Mais bon, il faudrait cela tout le temps et pour tout le monde… » ; « Qu’est-ce qu’elles pensent les assistantes sociales ? Qu’on ne sait pas ce qui est bon… » [2]

    Une violence institutionnalisée extrême

    Et pourtant, ils ont su, ils ont oublié, ils ont voulu oublier ! La perte de mémoire des savoirs est parfois devenue le meilleur moyen de tenir et de continuer à sauver sa peau !  Car oui la pauvreté durable abîme, fait perdre des forces, des moyens et des compétences. Lorsqu’il s’agit de concentrer son énergie et sa créativité pour la survie du #quotidien tout le temps, la broyeuse impitoyable des potentiels est en route ! 

    Oui la pauvreté durable peut conduire à un estompement de la norme qualitative en toute matière… car comment vivre dans le regret de l’impossible ! Le refuge dans la satisfaction de ce qu’est le quotidien répétitif, de semaine en semaine, de mois en mois, d’année en année, même dans le trop peu de tout, est devenu vital ! 

    Et puis l’habitude, l’habituation sournoise, et les pratiques de débrouille s’installent, parce que c’est vital… la spirale de l’appauvrissement de toutes les ressources est en route ! Laisser une partie de la population dans cette #pauvreté_durable, et en organiser la gestion en y ajoutant la couche éducative, plutôt que de s’attaquer aux #inégalités qui en sont la source, est d’une #violence_institutionnalisée extrême. 

    Alors, la moindre des choses, écoutons-les, et agissons à partir d’eux et avec eux !  Car les savoirs se réveillent s’ils sont respectés, les compétences s’acquièrent si elles sont en phase avec les choix et les temporalités des personnes, le droit à l’aisance se conquière pour toutes et tous si collectivement nous nous fédérons avec les abandonnés dans la pauvreté durable. 

    Parmi les acteurs investis dans le combat pour une alimentation saine et durable, en faveur du climat, de l’environnement et de la biodiversité, certains s’inscrivent aujourd’hui dans cette dynamique-là. Alors ils n’éduquent pas, ils font de l’éducation permanente, de l’éducation populaire, de la politique avec la population pour construire un rapport de force qui rende la gestion de la pauvreté tout aussi illégitime que l’est la pauvreté. C’est donc possible, certains étant déjà en train de le faire. 

    En sus d’un investissement permanent de terrain, les témoins du vécu/militant.e.s et le RWLP se proposent d’amplifier à travers une rubrique permanente dans Tchak ! ce mouvement, qui doit devenir viral. Rendez-vous au prochain numéro.

    [1] Extraits de témoignages de témoins du vécu/militant.e.s au sein du RWLP.
    [2] Ibidem.

    #éducation #ré_éducation #pauvreté #femmes #pauvres #hypocrisie #Bien_pensanse

  • Des millions d’Américains menacés d’expulsion, en pleine flambée du variant Delta
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/07/31/des-millions-d-americains-menaces-d-expulsion-en-pleine-flambee-du-variant-d

    Des millions de familles américaines qui n’ont pas pu payer leur loyer depuis des mois à cause de la crise risquent d’être expulsées de leur #logement à partir de samedi 31 juillet, alors qu’expire le moratoire qui les protégeait.

    Selon le Center on Budget and Policy Priorities , un institut de recherche indépendant, ce sont plus de 10 millions d’Américains qui sont en retard sur le paiement de leur loyer. Et quelque 3,6 millions de locataires estiment qu’ils risquent de se faire expulser dans les deux mois, selon une étude du bureau des statistiques (Census) réalisée au début de juillet auprès de 51 millions de locataires.

    Aide financière bloquée

    Cette suspension des #expulsions avait été mise en place en septembre 2020, par les centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), la principale agence de santé publique des Etats-Unis, puis prolongée à plusieurs reprises.
    « Garder les gens chez eux et hors des lieux surpeuplés ou de rassemblement – comme les refuges pour sans-abri – en empêchant les expulsions est une étape-clé pour contribuer à arrêter la propagation du #Covid-19 », argumentent les CDC sur leur site Internet. Mais une décision de la Cour suprême, en juin dernier, stipule que la reconduction devra être adoptée par le Congrès, et non plus décidée par les centres.

    Ce moratoire succédait à celui prévu en mars 2020 par l’administration Trump, pour éviter aux millions de personnes qui avaient perdu leur emploi à cause de la pandémie de se retrouver à la rue. Mais, selon les CDC, il « ne concernait pas tous les locataires ».

    Pour ajouter à cette situation kafkaïenne, l’argent prévu par le gouvernement fédéral pour aider les #locataires en difficulté à payer leur #loyer peine à arriver sur leurs comptes en banque. Il est versé aux Etats et collectivités locales, chargés ensuite de distribuer l’aide aux ménages. Or, cela nécessite la mise en place de systèmes complexes pour recueillir les demandes, vérifier les situations, verser l’argent… Ainsi, sur les 46 milliards de dollars prévus par le gouvernement, dont 25 milliards déboursés au début de février, 3 milliards seulement sont arrivés à destination.

    • Etats-Unis : face aux protestations, Joe Biden fait promulguer un nouveau moratoire sur les expulsions locatives
      https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/04/etats-unis-face-aux-protestations-joe-biden-fait-promulguer-un-nouveau-morat

      L’administration Biden s’est montrée incapable de distribuer les 47 milliards de dollars d’aides réservées aux locataires en difficulté avant l’échéance du moratoire, le 31 juillet. Celui-ci a finalement été prolongé en raison de la propagation du variant Delta.

      Ce mardi 3 août, Anne Wright, qui gère un observatoire sur les expulsions locatives dans le comté d’Allegheny, qui abrite Pittsburgh, ancienne cité sidérurgique de Pennsylvanie, a fait son décompte : il y a eu la veille 73 demandes d’expulsion déposées au tribunal. Quatre fois plus qu’en moyenne la semaine précédente. Explication : le moratoire fédéral est arrivé à échéance le 31 juillet et la machine judiciaire a pu se remettre en place. Dans l’agglomération de 1,2 million d’habitants, c’est la panique. « Nous voyons chez les gens une augmentation du désespoir, de la colère, de la peur de perdre leur logement, alors qu’ils n’en sont pas nécessairement responsables », déplore son collègue, l’avocat Kyle Webster, secrétaire général d’Action Housing, une société de logements locatifs pour les plus modestes de la ville.

      Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’Amérique avait évité le cortège des expulsions qui accompagne habituellement les crises. En raison d’une interdiction totale décidée par le Congrès sous l’égide de Donald Trump jusqu’en août 2020, puis, à partir de septembre 2020, par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), qui ont estimé qu’il s’agissait d’un sujet de santé publique et avaient prolongé ce moratoire.

      Lire aussi Aux Etats-Unis, les parlementaires démocrates vent debout contre les risques d’expulsions massives
      La donne a changé en juin : saisie par une association de propriétaires, la Cour suprême des Etats-Unis a décidé qu’une prolongation ne pouvait pas se faire sans un vote du Congrès. Ce dernier n’a pas agi, et laissé passer la date du 31 juillet. L’affaire a suscité un tollé à gauche du Parti démocrate. La représentante du Missouri, Cori Bush, a mené la contestation. Cette pasteure, qui fut, comme de nombreuses mères afro-américaines seules, sans domicile dans sa vie, occupe, jour et nuit, les marches du Capitole : « Il est 2 heures du matin dimanche. Nous n’avons pas dormi depuis jeudi soir. Le moratoire sur les expulsions a expiré (…). Onze millions de personnes risquent désormais de perdre leur logement à tout moment. La Chambre doit se réunir et mettre fin à cette crise », a twitté Mme Bush dans la nuit du 1er août.

      8,2 millions de ménages américains en retard

      Elle a reçu le soutien des figures de gauche, comme le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, ou la représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez, alors que 8,2 millions de ménages américains étaient en retard de paiement de loyer début juillet et, donc, susceptibles d’être expulsés. En réalité, la voie du Congrès était impraticable. Comme l’a concédé sur la chaîne CNN le représentant démocrate de New York Hakeem Jeffries, si un vote de la Chambre était possible, il semblait quasi impossible de convaincre dix sénateurs républicains pour atteindre la majorité requise de 60 %.

      C’est donc une autre voie qui a été utilisée : le variant Delta qui a permis mardi soir aux CDC d’invoquer de nouveau des raisons sanitaires. Le moratoire de soixante jours couvrira les comtés à haut degré d’infection, à savoir 80 % du territoire et 90 % de la population, selon le Wall Street Journal, jusqu’au 3 octobre. La décision des CDC ne concerne pas les régions qui avaient décidé d’elles-mêmes un moratoire, comme les Etats de la côte Pacifique, New York ou le New Jersey. Deuxième argument invoqué par les CDC, le besoin d’un nouveau délai pour distribuer l’aide aux locataires en difficulté.

      Car ce nouveau moratoire vise surtout à pallier l’incapacité de l’administration Biden à apporter l’aide promise aux populations. Deux plans votés par le Congrès, l’un en décembre 2020 pendant l’interrègne entre les présidents Trump et Biden, le second en mars 2021 sous Joe Biden, ont alloué 47 milliards de dollars (39,6 milliards d’euros) pour l’aide aux locataires en difficulté. Mais l’argent est resté bloqué : seuls 3 milliards de dollars avaient été distribués fin juin, selon un rapport du Trésor.

      A Pittsburgh, ce sont Kyle Webster et Action Housing qui se sont vu déléguer par les autorités locales le soin de distribuer les aides pour rembourser les arriérés. Les sommes à disposition sont immenses : « En rythme annuel, les aides sont habituellement de l’ordre de 2,5 millions à 3 millions de dollars. Là, nous avons reçu 80 millions de dollars », explique M. Webster. « Les Etats, les comtés devaient mettre en place les infrastructures pour les distribuer. Nous avons distribué près de 20 millions, dont la moitié en juillet, cela fonctionne assez bien », ajoute-t-il. « Si on avait eu un mois de moratoire en plus, cela aurait été bien », espérait-il mardi matin, avant la décision des CDC. Depuis cet hiver, M. Webster a reçu 12 400 demandes d’aides, qui ont conduit à un versement de fonds dans 27 % des cas : 5 400 dollars en moyenne, soit près de cinq mois d’arriérés.

      Les femmes afro-américaines en première ligne

      La loi prévoit de rembourser jusqu’à douze mois de loyers, d’en avancer trois, ainsi que les factures d’eau et de chauffage. Mais il faut prouver que l’on a perdu du revenu, que l’on est menacé d’expulsion et, surtout, que l’on gagne moins de 80 % du revenu médian de la région. « C’est ce qui s’est révélé le plus difficile à montrer, il a fallu aller chercher les déclarations d’impôts 2020 », poursuit Kyle Webster. Sous pression, la Maison Blanche assure qu’elle a simplifié le système. « Nous avons entendu les inquiétudes [des collectivités locales et de la communauté du logement]. Le 7 mai et le 24 juin, nous avons publié des directives pour avoir des formulaires simplifiés. Vous n’avez plus besoin d’avoir de justificatifs de revenus (…) ou de prouver vos difficultés », déclarait, lundi 2 août, Gene Sperling, responsable fédéral du programme d’aide.

      Comme le montre Anne Wright sur les cartes de Pittsburgh, qui valent pour toute l’Amérique, les expulsions frappent avant tout les zones où vivent des femmes afro-américaines élevant seules une famille. Dans le détail, les demandeurs de Pittsburgh sont des femmes (71 %), des Afro-Américains (58 %, alors qu’ils représentent 13 % de la population du comté), des personnes âgées de 25 à 45 ans (59 %), gagnant 1 450 dollars par mois (contre 5 000 dollars de revenu médian).
      La crise financière de 2008 avait été marquée par les expulsions de propriétaires incapables de rembourser leur emprunt immobilier (1,17 million de maisons saisies en 2010). Mais en réalité, les expulsions locatives, elles, sont une constante : 14 000 demandes sont déposées chaque année dans le comté d’Allegheny, soit un ordre de grandeur comparable à celui des personnes actuellement en difficulté. « L’expulsion est un business model », confie Anne Wright. Avant crise, quelque 2,4 millions d’expulsions étaient demandées chaque année aux Etats-Unis, selon l’Eviction Lab de l’université de Princeton, et près de 1 million étaient mises en œuvre. Le but est d’éviter ce retour à la « normale ».

       ».

  • “Les personnes précarisées sont la poubelle de l’agro-industrie” Jeanne (prénom d’emprunt) | Militante au sein du Réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP).
    https://tchak.be/index.php/2020/03/23/les-personnes-precarisees-sont-la-poubelle-de-lagro-industrie

    « Je participe, en tant que bénévole, à une structure qui distribue des colis alimentaires. J’ai pris mes distances par rapport à la distribution. Je préfère m’occuper de l’accueil où on peut être plus proche des personnes, avec un vrai contact humain. C’est plus convivial, plus chaleureux.

    On y liquide une partie des aliments par les colis : ce sont les gens précarisés qui reçoivent les surplus de l’agro-industrie, ce qui est quasi ou carrément périmé. Et pourtant, ces gens-là, ils font déjà l’effort de venir, de se lever tôt pour faire la file, ils ont été obligés de passer par le CPAS, de mettre leur vie à nu, de rendre des comptes… Toutes ces démarches sont déjà humiliantes. Et en plus, parfois ils sont jugés, il y a des commentaires : « yaka ».

    

En août, on distribuait encore des œufs de Pâques en chocolat, des surplus d’usines aussi, via la banque alimentaire : on a eu des Tic Tac en quantité gigantesque, des chips en édition limitée qui n’avaient pas été bien vendus. Tout ce dont les autres ne veulent pas. En fait, on liquide par cette « filière », vers les personnes précarisées, la surproduction, la surconsommation. Elles sont la « poubelle » de la surproduction.

    Ça ne devrait pas exister, un réseau de précarité : quelque part, c’est du business autour de la misère


    Des parents viennent avec leurs enfants. Cela me désole quand je pense à l’image de la société que ces derniers reçoivent. […] J’ai une amie qui a refusé d’aller chercher des colis. Elle me disait ne pas vouloir se voir coller une étiquette, ou être reconnue dans la petite ville où elle habite. Elle disait : « Je ne veux pas rentrer dans ce réseau de précarité ».

    Ça ne devrait pas exister, un réseau de précarité : quelque part, c’est du business autour de la misère, une économie parallèle… Les gens deviennent invisibles. Ils ne sont plus considérés comme des êtres humains à part entière. Et ça ronronne ! Ce système n’est pas remis en question… Le gouvernement se décharge de sa responsabilité. Les structures qui aident, c’est nécessaire pour l’instant car ça pallie les insuffisances. Mais il y a de grosses failles dans le système. La population devrait avoir accès au logement, à l’énergie, à l’alimentation. Cela devrait être accessible à tout le monde, c’est aussi une question de démocratie.

    Si c’était moi qui étais dans la dèche au point de devoir aller chercher des colis, je crois que je n’irais pas. Je sais qu’il vient un moment où on n’a plus d’issue, on n’a plus de choix. C’est mieux que rien, mais quand même… 

    Quand on n’a pas assez de revenus, qu’on est contraint de faire des choix, l’alimentation devient la variable d’ajustement. On prêche de manger sain. On est bien conscients qu’une bonne alimentation entraîne une bonne santé physique et mentale. On est mieux dans sa peau quand on mange bien et quand on mange ce qu’on veut. Mais ce n’est pas si évident quand on doit se serrer la ceinture.

    Le consommateur finit par acheter un prix, pas de la qualité, pas des aliments, mais un prix.

    Avant, j’étais une cliente du Delhaize. Maintenant, je vais dans les discounts. J’essaye de manger sain, je cuisine beaucoup, je n’achète jamais de plats préparés. J’aimerais bien aller chez les maraîchers… Mais actuellement, en plus sans voiture, je fais comment ? Si je dois aller à un endroit puis à un autre, ça fait trop de kilomètres, ça prend du temps aussi : il faut l’avoir. On a quand même toujours tendance à regrouper ses achats, par habitude et par facilité. 

    On dit souvent que le bio, c’est pour les bobos. C’est un peu vrai, c’est pour une élite, ce n’est pas accessible à tout le monde. Quand le budget est trop serré, ce n’est juste pas possible. C’est dommage, ça devrait l’être. Il faut un certain niveau de revenus pour pouvoir se dire qu’on va s’organiser et manger autrement. J’essaye de manger sainement, pas bio mais sainement. De temps en temps, je m’accorde un petit plaisir et j’achète un produit local. Je comprends que les producteurs doivent être justement rétribués, et je trouve ça normal. Aussi, je soutiens leur cause. La grande distribution a sa part de responsabilité : elle fait la loi des prix… 

    Finalement, tout le circuit de l’alimentation est pervers : les agriculteurs n’arrivent plus à vivre de leur travail, les prix sont compressés, mais au profit de quoi ? De qui ? Le consommateur finit par acheter un prix, pas de la qualité, pas des aliments, mais un prix. Et celui qui ne peut pas mettre le prix n’aura pas la qualité. Il devra se contenter des discounts, des banques alimentaires, du surplus… »


     Christine MAHY | Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté
    ” Les colis de nourriture, les Restos du cœur et autres épiceries sociales qui reposent sur les banques alimentaires répondent à une urgence sociale. Mais le développement exponentiel de ce système de récupération de vivres n’est-il pas en train d’institutionnaliser un circuit parallèle d’accès conditionné à l’alimentation pour pauvres à partir des déchets des riches et des surplus de la production agroalimentaire et industrielle ?

    L’urgence sociale, en principe provisoire et pour le plus court terme possible, est vue comme structurelle, en totale contradiction avec la garantie du droit à l’alimentation, ou plutôt du droit à une alimentation saine et autonome. Or ce dernier va de pair avec le maintien et la création d’emplois qui font du bien à celles et ceux qui les exercent (agriculteurs, transformateurs locaux, etc.), ainsi qu’au climat, à l’environnement et à la biodiversité.

    Et si la justice sociale assurait à tous ce droit à une alimentation saine, comme premier pas vers la réduction des inégalités, la protection de la santé et donc une sécurité sociale moins sollicitée, vers une juste rémunération des producteurs locaux, vers une politique à la hauteur des défis climatiques et environnementaux ? “

    #pauvreté #alimentation #banques-alimentaires #restaurants_du_coeur #agriculture #faim #économie #spéculation #banque #agrobusiness #capitalisme #solidarité

  • Jeux Olympiques de Tokyo : des "Jeux de riches" dans un pays de plus en plus pauvre
    https://www.rtbf.be/info/monde/asie/detail_jeux-olympiques-de-tokyo-des-jeux-de-riches-dans-un-pays-de-plus-en-plus

    Le budget faramineux des JO de Tokyo passe mal auprès des millions de Japonais que la pandémie a fait basculer dans la précarité.

    Dans son petit studio du centre-ville, Masako Sasaki, 82 ans, ne suivra que d’un œil les Jeux olympiques à la télé. Cette retraitée a pris en grippe l’événement à cause de son coût faramineux : plus de 13 milliards d’euros, ce qui fera de ces JO les Jeux d’été les plus chers de l’histoire olympique.

    "Pour nous, les petites gens, ces Jeux de riches, c’est vraiment un autre monde" , commente la vieille dame.


     »Moi, par exemple, ma pension de retraite est si peu élevée qu’elle ne me permet pas de manger trois fois par jour. Et puis, j’ai allumé les néons aujourd’hui pour votre venue mais, d’habitude, pour réduire ma note d’électricité, je ne m’éclaire qu’à la lumière du jour et, le soir, grâce à la télé. Le moindre yen économisé compte…"

    20% des Japonais âgés pauvres
    Keiko Kobayashi, 79 ans, peine tout autant à joindre les deux bouts. "Ma pension de retraite ne me suffisant pas pour vivre, j’en suis réduite à nettoyer des cages d’escalier dans des copropriétés" , explique-t-elle.

    "C’est dur, à mon âge, de monter et descendre sans arrêt de lourds seaux d’eau, mais je n’ai pas le choix : sans ce petit boulot, je ne m’en sortirais pas. Au Japon, 20% des seniors vivent sous le seuil de pauvreté. Bon nombre sont donc, comme moi, obligés de travailler. Tout cet argent dépensé pour les JO, on aurait dû le consacrer à l’augmentation des petites pensions de retraite… "

    Ce qui passe mal aussi auprès des Japonais précarisés, c’est le train de vie des hauts dirigeants du Comité international Olympique (CIO) qui assisteront aux Jeux. Ils occuperont des chambres d’hôtel qui coûteront parfois jusqu’à 300.000 yens (plus de 2000 euros) la nuit.

    Or, en vertu du contrat d’attribution des JO, l’essentiel de ces factures hôtelières sera payé, non par le CIO, mais par les contribuables tokyoïtes.

    Les associations caritatives débordées
    "Des nuits à 300.000 yens alors que tant de Japonais ne mangent plus à leur faim, c’est indigne" , s’irrite-t-on dans une ONG qui offre des plateaux-repas aux personnes dans le besoin.

    Elle en distribue "trois fois plus qu’avant l’apparition du virus : certains soirs, les gens doivent faire la queue pendant deux heures avant d’être servis tellement il y a du monde."

    Parmi ces nouveaux pauvres, figurent beaucoup de femmes. Car au Japon, elles occupent deux fois plus souvent que les hommes des emplois précaires. Ils sont mal payés et, en plus, donnent rarement droit aux allocations de chômage quand on les perd.

    Or, les secteurs professionnels qui ont le plus licencié en raison de la pandémie (l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, etc.) avaient très souvent recours à des salariées sous-statutaires.

    En raison de l’envolée du taux de pauvreté depuis l’apparition du virus, on estime que, désormais, 35% des ménages nippons les plus défavorisés n’ont plus les moyens d’acheter toutes les denrées alimentaires dont ils ont besoin.

    #japon #pauvreté #jo #jeux_olympiques des #riches , de l #oligarchie, de la #nomenclatura des #trés riche aux frais de la #pauvreté
    Bientôt en #France à #Paris avec la star du #ps est des #beaux_quartiers , #anne_hidalgo

  • L’#espérance_de_vie des Américains a chuté d’un an et demi en 2020 - France 24
    https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20210721-l-esp%C3%A9rance-de-vie-des-am%C3%A9ricains-a-chut%C3%A9-d-un-an-

    L’espérance de vie des Américains s’est réduite d’un an et demi en 2020, la plus forte chute depuis la Deuxième guerre mondiale, selon la principale agence fédérale de santé publique qui en attribue grandement la cause à la #pandémie de #Covid-19.

    Cette tendance inquiétante est nettement accentuée pour les minorités ethniques noires et hispaniques, selon les statistiques publiées mercredi par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

    L’espérance de vie des Américains à la naissance est passée de 78,8 ans en 2019 à 77,3 ans en 2020. Cette durée de 77,3 années est la plus courte depuis 2003.

    Pour les #Afro-Américains, l’’espérance de vie chute de 2,9 ans, de 74,7 ans en 2019 à 71,8 ans en 2020. Pour les #Latinos, elle chute de trois ans, de 81,8 ans en 2019 à 78,8 ans en 2020.

    Le plus fort déclin concerne les hommes d’origine hispanique, qui perdent 3,7 années d’espérance de vie à la naissance, une situation qui s’explique à 90% par les ravages du Covid-19.

    Un autre facteur important est la hausse des décès par surdose médicamenteuse, une crise qui existait avant l’apparition du coronavirus, mais qui s’est aggravée : plus de 93.000 personnes sont mortes par overdose aux #Etats-Unis en 2020, un niveau jamais atteint lié à une hausse de la consommation des #opiacés pendant la pandémie.

    De 2014 à 2018, l’espérance de vie aux Etats-Unis a baissé sous l’effet des overdoses par opiacés, en particulier les opiacés de synthèse, comme le #fentanyl.

    • Usbek & Rica - Aux #USA, la peur du déclassement social fait déjà chuter l’espérance de vie
      https://usbeketrica.com/fr/article/us-declassement-social-esperance-de-vie

      Les Américains n’ont pas attendu la pandémie de Covid-19 pour être en mauvaise #santé. Si, dans les années 1960, ils avaient encore l’espérance de vie la plus élevée au monde - supérieure de 2,4 années à la moyenne des pays de l’OCDE – en 2019, l’#OMS estimait que les Etats-Unis étaient tombés à la 41ème ou 42ème position mondiale. Les citoyens américains peuvent désormais s’attendre à vivre à peu près aussi longtemps que les Péruviens ou les Thaïlandais. Ils sont ceux qui vivent le moins longtemps parmi les démocraties dites à hauts revenus. Cette mauvaise performance est d’autant plus remarquable que les dépenses de santé par américain et en pourcentage de leur richesse nationale sont un record mondial absolu. 

      Mais il y a pire encore. Alors que, jusqu’en 2020, la santé et la durée de vie moyenne s’amélioraient dans la plupart des pays du monde, elle se détériorait aux Etats-Unis, de façon nette depuis environ 2010. A cette date, l’espérance de vie avait atteint un plateau puis elle a diminué trois années de suite (2015, 2016, 2017).

      Anne Case et Angus Deaton, tous deux chercheurs à Princeton, ont étudié en profondeur le phénomène. Ils ont d’abord montré qu’une bonne proportion de l’augmentation de mortalité était liée à un petit nombre de causes : alcool, overdoses aux médicaments opioïdes et suicides. On réalise immédiatement que ces causes sont exclusivement d’origine humaine. Cette mauvaise santé américaine est due aux Américains. Case et Deaton ont ensuite cherché à déterminer les causes des causes, c’est-à-dire les raisons qui poussaient ces américains – majoritairement des #blancs, non hispaniques et sans diplôme – à attenter à leur santé. Ils ont observé que ni les revenus, ni les données économiques en général n’étaient suffisants pour justifier ce comportement. L’économie ne pouvait notamment pas expliquer la divergence entre les blancs non hispaniques et les autres communautés. Les auteurs ont émis l’hypothèse que c’étaient plutôt les circonstances sociales qui étaient en cause.

      Certains changements sociaux ayant commencé il y a longtemps – plusieurs décennies – auraient créé ce que Case et Deaton ont appelé « un désavantage cumulatif ». Ce désavantage se répercute sur la #mortalité et ce, dès le milieu de la vie puisque ce sont les blancs d’âge moyen qui meurent plus qu’avant (les seniors continuent de voir leur santé s’améliorer). Le marché du travail, sensible à la #concurrence internationale pour ces non diplômés, mais aussi un déclin social dont peuvent témoigner par exemple les indicateurs de mariage, se sont associés pour produire ce désavantage cumulatif.

      Les Américains blancs non hispaniques et non diplômés ont progressivement perçu cet avantage et l’ont interprété comme détruisant leurs perspectives. Ce mix les aurait amenés à mener une vie moins saine.

  • #Bruxelles : Mauvaise querelle Mathieu - pave-marolles.be

    En septembre dernier, durant quelques jours, le quartier de la Querelle était le terrain d’affrontements violents entre la police et des jeunes Marolliens.  La Capitale rapportait les propos du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, P. Close peu après les événements :  “Les délinquants des Marolles ont besoin d’une bonne leçon”. Tandis que M. Goovaerts, le chef de la police bruxelloise, interrogé par Het Laatste Nieuws , accusait quant à lui les parents des jeunes présents ces soirs-là : “Ces garçons doivent apprendre les bonnes manières (…). Actuellement, ce sont de vrais petits princes qui font la loi eux-mêmes ”. 

    Comme bien souvent, la plupart des journalistes ont traité les événements en se référant uniquement, ou presque, aux témoignages des pouvoirs publics et de policiers. Pour ceux-ci, la violence exposée n’est qu’une preuve supplémentaire de l’incivilité des jeunes des quartiers populaires. Peu d’articles se référant à ces affrontements parlent explicitement, voire tout court, de ce qui a embrasé le quartier. 

    Le 5 octobre 2020, Andrzej rejoint Wendy, qui a travaillé dans le quartier dans le passé et qui avait donné rendez-vous à la place de la Querelle aux jeunes qu’elle connaît et leurs amis pour qu’ils et elles s’expriment sur ce qui s’y était déroulé les dernières semaines. 8 garçons entre 12 et 20 ans et deux filles de 16 ans prennent la parole. “Ils disent des trucs alors que c’est pas ça. Ils mentent, ils mettent ce qu’ils veulent en fait”, commence A. à propos des articles qu’il a pu lire dans les médias. « Ça ne me choque pas les médias. Ça a toujours été comme ça. [Les journalistes] modifie[nt] pour faire le buzz, pour genre… enfin, comme d’hab quoi ça modifie les choses. Mais d’un côté ça ne me choque pas parce qu’ils disent aussi une part de vérité. Il y a les preuves en plus”, explique-t’-il en montrant les dégâts causés lors de ces quelques jours. ”Ce qui s’est passé, ils ont dit ce qu’il y a mais ils ajoutent leur petit piment. C’est ça qui nous énerve en fait. Ils vont jamais parler de ce qui est à l’origine des faits. Il faut pouvoir se mettre à la place des jeunes.”

    KEZY ET LES AUTRES
    A l’origine des faits, il y a cette tension entre la police et les jeunes qui préexistaient à la Covid, et qui est encore montée d’un cran durant le confinement. Aboud et Bruno sont deux travailleurs d’une association travaillant avec les jeunes des Marolles. Nous les rencontrons dans leur association. Pour Aboul : “Il y a eu Kezy et on en a parlé parce que ça a été filmé. Mais des Kezy, il y en avait tous les jours. C’était une semaine après Adil.” Kezy, c’est le nom d’un jeune des Marolles qui, mi-avril, subissait une intervention pour le moins musclée, suite à un simple contrôle d’identité. Les images relayées de l’arrestation avaient fait le tour des réseaux sociaux et avait une nouvelle fois mis en débat le sens des contrôles Covid et le rôle de la police. 

    Quelques jours plus tard, une rencontre avait été organisée entre P. Close, le chef de corps de la police de Bruxelles Capitale/Ixelles et deux associations, le Foyer des Jeunes des Marolles (FJM) et Jeune Ambition Marolles (JAM)… mais aucun jeune du quartier. La police et le bourgmestre s’entendaient pour juger la rencontre constructive, les acteurs associatifs, légèrement moins complaisants, étaient tout de même “ravis d’entendre le bourgmestre rebondir sur la nécessité d’adopter une approche préventive et participative dans le quartier”.

    Mais depuis cette rencontre, aucune suite n’a été donnée par les autorités publiques. Pire, l’affaire Kezy a été médiatiquement l’arbre qui cachait la forêt. A discuter avec les habitants et travailleurs, l’événement n’est pas un fait isolé. Tous les habitants du quartier avec qui nous avons discuté mettent en avant des contrôles abusifs et décrivent un quotidien de violences et de harcèlement policier. 

    Quand B. raconte sa journée type pendant le confinement, “On sortait pas. On restait à la maison, on s’amusait, on jouait à la Play. On regardait des films. Et voilà”, A. nuance tout de même : “Il y avait quand même des jeunes qui étaient dehors. Ça se passait bien et mal, on se faisait contrôler pour rien. On recevait des amendes, gratuit, 250 euros.” Aboul est plus explicite encore : “Il y a eu des tabassages non justifiés. Plein de jeunes ont reçu des amendes de 300, 600, 1000 euros et l’apprenaient par après. Il y avait des faux PV.”

    MAIS QUE FAIT LA POLICE ?
    Au-delà des amendes, certains faits rapportés mettent en lumière des pratiques policières sans cadre, sans garde-fou. Les humiliations subies sont nombreuses et les cicatrices profondes. Comme celle-ci, glanée lors d’une de nos rencontres : “Au début du confinement, au Radis, des jeunes ont été alignés, il leur a été demandé de poser leur téléphone et un policier a mimé un peloton d’exécution. Ils les ont mis en joue en mimant une fusillade : “On va faire comme aux États-Unis, on va tirer dans le tas”. “ 

    Ou bien celle-là : “Certains jeunes ont été emmenés au Bois de la Cambre et tabassés. Certains [les policiers] se réfèrent verbalement aux nazis. Ils mettent leur genou sur le thorax. Aucun travail pédagogique n’est effectué. Ils sont formés comme ça. Il n’y a pas d’encadrement, de règles d’arrestation. Au lieu de faire une arrestation, ils font une tentative de meurtre. Ils montrent des photos de morsures de chiens comme des trophées. “

    Et encore : “Ils nous embarquent. Ils font une vérification au commissariat, ils nous frappent – dans la camionnette ou au commissariat – et ils nous relâchent. Juste pour nous faire chier. Comme ça on fait le trajet tout ça. “

    Ces agissements, plus que de simples écarts de conduite, sont révélateurs du comportement du corps policier et des dysfonctionnements structurels à l’institution. Selon un rapport de Police Watch, observatoire des violences policières en Belgique, paru en juin 2020, 70% des abus policiers ont eu lieu dans les quartiers du croissant pauvre. Par ailleurs, il semble non seulement que les abus soient plus fréquents dans les quartiers pauvres mais qu’ils présentent un degré de gravité plus élevé : 77% des coups et insultes rapportés se concentrent dans les quartiers du croissant pauvre.

    “Il n’y a pas de loup isolé mais un problème institutionnel à la police. Du racisme. Tout passe”, nous disent Aboul et Bruno. “Ils viennent de loin et arrivent comme des cowboys. Pour certains jeunes policiers, c’est comme un jeu de choisir d’aller à Molenbeek ou dans les Marolles pour avoir de l’action. (…) Dans leur tête, tout ce qui est habillé de la même manière est un délinquant. Ils stigmatisent une partie de la population. Si tu résistes, c’est directement outrage et rébellion. “ Selon le rapport évoqué précédemment, 70% des abus rapportés concernent des jeunes et 40%, des personnes racisées.

    Bruno et Aboul nous expliquent les difficultés des jeunes à emprunter des voies légales pour se défendre face à ses attaques : “Les policiers ne sont pas identifiés, on ne voit pas leur matricule. Un jeune s’est fait casser le bras par la police. Il n’a pas déposé plainte parce qu’il pensait qu’il n’y aurait pas de suite. Il y a une impunité. Le Comité P, c’est la police, des pairs qui jugent des pairs.” D. continue et donne ces exemples d’impunité policière : “Ils mettent des caméras. Et quand c’est la police qui frappe, ils disent que la caméra ne fonctionne pas. Et quand nous on fait quelque chose, eh ben, ils peuvent l’utiliser. La caméra ici, elle prend tout. Et comme par hasard quand on dit : « vous avez frappé », ils disent que la caméra ne fonctionne plus, qu’il faut la réparer. C’est faux. Ils sont protégés par des hauts placés.”

    Trop souvent, les comportements violents de la police sont ainsi tus. L’accumulation de ces déviances policières, plus importante encore depuis le début du confinement, que ce soit par leurs nombres ou leurs gravités, a contribué irrémédiablement à créer un climat vindicatif. La brutalité policière a une fois de plus été l’étincelle qui a mis le feu à la plaine.

    JETS DE CAILLOUX, POLICE PARTOUT
    Le vendredi 4 septembre, une voiture de police patrouille dans le quartier. Les voyant arriver, sans doute effrayés par les conséquences d’une arrestation et la possibilité de subir de nouvelles violences, plusieurs jeunes se mettent à courir. L’un d’eux est rattrapé et pris à partie par des policiers.  “Il se prenait des coups, alors son oncle a voulu intervenir », témoigne un jeune. L’homme, d’une soixantaine d’années, est mis à terre et frappé par les policiers.

    “Après, la nuit, ça a dégénéré.” relate A. “[Les jeunes ont] commencé à jeter des cailloux. [Les policiers ont]  commencé à gazer et tout.” Ce soir-là, deux mineurs seront interpellés après le caillassage de 4 véhicules de police, la vandalisation de l’éclairage public et le caillassage de la crèche des Petits Pas. Les 2 mineurs, jusqu’ici inconnus de la justice, seront mis à disposition du parquet, un juge de la jeunesse sera saisi pour des faits de rébellion armée et de port d’arme prohibée. “A ce stade, ils ne nient pas avoir été présents sur les lieux mais nient le jet de projectiles. Le juge de la jeunesse a décidé de leur maintien en famille, avec surveillance du SPJ et sous conditions.” À entendre les accusations, A. s’indigne : “Ils disent que ce sont des auteurs de ce qui s’est passé à la Querelle. En fait, ils veulent coller des jeunes qui n’ont rien à voir dans tout ça. (…). Ils vont coller quelqu’un qui a rien fait, qui va prendre un dessaisissement, aller en prison, j’sais pas combien des amendes… ça peut être un demi-million. La crèche, les voitures, les lampes…”.

    Les jours suivants, la pression policière se fera plus intense encore que ce qu’elle n’était. Dès le samedi, M., un jeune habitant près du quartier relate : “Samedi soir, des petits étaient en train de jouer au foot. Ils sont arrivés avec des gazeuses et des matraques, ils ont commencé à taper et là, toutes les lumières se sont éteintes… et tout le monde est sorti”. La crèche est de nouveau caillassée. Une camionnette et des poubelles ont ensuite été incendiées. Les pompiers mobilisés ont été pris pour cibles avec des cocktails Molotov. La police, elle, déploie une autopompe, des policiers anti-émeute arrivent en renfort, un hélicoptère survole le quartier, comme il le fera les soirs suivants. À David répond Goliath.

    Dimanche, la nuit est sensiblement identique. Des heurts ont de nouveau lieu. Mais au cours de ces affrontements, une voiture prend feu, et roule jusqu’à terminer sa course sur la façade de la crèche, Les Petits Fleuristes, rue Saint Thérèse. Si la répression était déjà importante, désormais, les politiques et les médias, dans un scénario déjà écrit, accableront les jeunes. Dès le lendemain matin, P. Close déclare « Rien ne peut justifier de tels actes de violence”, avant de continuer : « Nous appelons à la plus grande fermeté et nous espérons que la justice sera dure vis-à-vis des fauteurs de troubles. La police continuera à être très présente aux côtés des habitants, ce sont eux les premières victimes de ces débordements. “ Par “débordements”, P. Close n’évoque bien sûr pas ceux du fait des policiers, et par “habitants”, il n’évoque bien entendu pas les jeunes hommes du quartier. 

    PAS DE FUMÉE SANS FEU ?
    Pourtant l’intentionnalité des jeunes de brûler la crèche n’est pas si claire aux yeux de plusieurs habitants rencontrés. E. témoigne “Ils n’ont pas attaqué la crèche, ils ont brûlé une voiture, et la voiture elle est descendue. Donc la fumée de la voiture, elle a touché une partie de la crèche. Parce que s’ils avaient vraiment voulu brûler la crèche, elle ne serait plus là. “ B. pense, quant à elle : “Et la crèche, maintenant ça veut dire, si moi j’ai mon enfant, et je le ramène à la crèche, du jour au lendemain, je peux plus le ramener à la crèche, il y a un gros problème. C’était un accident. C’était une voiture qui est partie sur la crèche, mais quand même… la crèche elle est brûlée. “

    La crèche, pourtant, a pu, dans le passé, être la cible de la rancœur des habitants envers les politiques communales. À discuter avec certains habitants, attaquer la crèche aurait pu trouver ses raisons. “La crèche est une cible parce qu’il manque d’infrastructures et qu’elle accueille très peu d’enfants du quartier […] On a mis la crèche là sans vision d’ensemble, sans tenir compte des besoins” , explique ainsi Mohamed. Attaquer la crèche, cela aurait donc pu être une manière de s’attaquer à un symbole des dysfonctionnements des politiques publiques.

    Quelques jours plus tard, le mardi 8, P. Close présentant sûrement le bon coup médiatique, décide d’organiser une rencontre avec les habitants des Marolles. Les journalistes ne sont pas conviés à la réunion et attendent le bourgmestre à la sortie. “Des mamans y ont dit que ce qui s’était passé était de la faute des policiers”, explique Abdel.

    Parmi les personnes avec lesquelles nous nous sommes entretenues, si certains remettent en question la légitimité de la violence des jeunes, tous arrivent à un constat : la violence des jeunes est en partie le produit de la violence sociale qu’ils subissent. Ces violences s’exercent non seulement à travers les logiques sécuritaires et les pratiques policières à l’œuvre dans le quartier mais également à travers les politiques publiques mises en place en ce qui concerne l’aménagement, le logement, l’offre de services publics, etc… 

    POLITIQUES PUBLIQUES AU RABAIS
    Quelques jours après les émeutes, le bourgmestre confiait à des journalistes de la RTBF, : “On a un travail de long terme dans les Marolles qui a plutôt assaini ce quartier, même s’il reste – je ne les minimise pas – des poches de criminalité et de pauvreté.” Des investissements importants en équipements publics, et au niveau de la rénovation des logements sociaux ont été réalisés ces dernières années dans le quartier, jure-t-il la bouche en cœur à des journalistes approbateurs. La désillusion quant aux promesses politiques se discerne pourtant dans toutes les conversations que nous avons eues. “Il y a de l’argent pour tout, sauf pour rénover.” , juge ainsi Abdel. Pour A.,  “c’est toujours la même histoire. Oui, on va faire un centre, on va faire ça nanana”, avant que D. continue : “c’est que des blabla. Ça fait des années qu’il dit oui on va réparer, c’est toujours la même.” 

    La suite (gratuite) : http://www.pave-marolles.be/mauvaise-querelle

    #Marolles #pauvreté #violences_policières #police #violence_policière #racisme #répression #maintien_de_l'ordre #violence #justice #brutalité_policière #violences_policieres #bourgmestre #confinement #arbitraire #violence_sociale #logiques_sécuritaires #pratiques_policières #affrontements # Police_Watch #impunité

  • Extension du passe sanitaire : les 10 points d’alerte de la Défenseure des droits | Défenseur des Droits
    https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2021/07/extension-du-passe-sanitaire-les-10-points-dalerte-de-la-defenseu

    L’évolution rapide de l’épidémie de Covid-19, portée par le variant Delta, a conduit le gouvernement à présenter hier soir en Conseil des ministres un projet de loi relatif à « la gestion de la crise sanitaire ». Ce texte proposant des transformations profondes pour l’exercice de droits et libertés qui sont au fondement de notre pacte social et républicain, la Défenseure des droits, malgré des délais extrêmement contraints pour l’examiner, a souhaité rendre public un avis au Parlement ce jour.

    Tout en reconnaissant l’importance de la vaccination dans la lutte contre la pandémie, la Défenseure des #droits s’interroge tant sur la méthode que sur la proportionnalité de la plupart des dispositions et restrictions présentes dans le texte.

    1. La nécessité d’un débat démocratique

    [...]

    2. Sur l’intelligibilité du texte : de nombreuses zones d’ombre

    Le texte contient des zones d’ombre sur plusieurs dispositions qui pourraient donner lieu à de nombreuses interprétations de nature à restreindre les droits et libertés au-delà de ce que prévoit le projet de loi. De nombreux points, pourtant essentiels, sont renvoyés au pouvoir réglementaire ou font l’objet de différences de traitement difficilement compréhensibles au regard de l’objectif poursuivi. Il ressort des éléments prévus pour l’application de la loi que l’espace public sera découpé en lieux accessibles et non accessibles, des personnes privées étant chargées de contrôler la situation sanitaire des individus, et donc leur identité, remettant en cause des principes de liberté de circulation et d’#anonymat pourtant longtemps considérés comme constitutifs du pacte républicain.

    [...]

    La Défenseure des droits insiste sur la nécessité d’une réévaluation régulière du dispositif au regard de la situation sanitaire afin que les restrictions ne durent que le temps strictement nécessaire à la gestion de la crise, et que des mesures adoptées dans l’urgence ne se pérennisent pas. La Défenseure des droits indique en outre qu’elle a d’ores et déjà été saisie de nombreuses réclamations depuis l’annonce de l’instauration du « passe sanitaire », qui toutes illustrent que la précipitation et la difficile lisibilité de certaines dispositions sont susceptibles d’entraver l’exercice de droits et libertés de manière non proportionnée à l’objectif poursuivi.

    #passe_sanitaire #Covid-19 #vaccination #précaires #droits #liberté_de_circulation #pouvoir_réglementaire #surveillance #vaccination_obligatoire #pauvreté #données #droits_de_l’enfant #discriminations #contrôle #anonymat #libertés

    • 1. La nécessité d’un débat démocratique
      2. Sur l’intelligibilité du texte : de nombreuses zones d’ombre
      3. Sur les restrictions d’accès aux transports publics et aux biens et services
      4. Mise en œuvre des restrictions d’accès : le contrôle d’une partie de la population par une autre
      5. Les risques de discriminations dans l’emploi
      6. Des risques considérables d’atteinte aux droits de l’enfant
      7. Les personnes en situation de pauvreté pourraient être doublement victimes
      8. Des mesures d’isolement étendues
      9. Les risques liés au traitement des données
      10. La vaccination obligatoire pour certaines professions

      EDIT : ah, ben j’ai eu la même idée :-)

    • Cet avis est critique sur des points importants mais une chose reste obscure dans le projet de loi, et comme ils sont covidiots au point d’autoriser l’absence de masque en lieu clos (avec des PCR- en période d’incubation hautement contagieuse...) : qu’en est-il de l’accès aux services de santé pour qui n’a pas son passe, reste-t-il limité aux seules urgences ?

      #santé_publique (pour mémoire...)

    • La CNIL s’inquiète que le fichier des dépistages covid devienne un fichier policier
      https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/la-cnil-s-inquiete-que-le-fichier-des-depistages-covid-devienne-un-fichi

      (...) avec le nouveau texte du gouvernement et c’est ce qui inquiète la CNIL et désormais les sénateurs. « L’article 3 du projet de loi vient compléter les finalités du « SI-DEP », ainsi que les personnes ayant accès à ce fichier pour permettre le contrôle des mesures de quarantaine et d’isolement notamment par les agents de #police judiciaire et les agents de contrôle. C’est la philosophie même du traitement de données qui s’en trouve modifiée, » a alerté la présidente de la CNIL. En clair, les forces de l’ordre auront accès à ce fichier, pour connaître les personnes testées positives au covid et leur faire respecter l’obligation de dix jours d’isolement à domicile, l’autre nouveauté du projet de loi.

  • Prises électriques verrouillées : une mesure anti-SDF dans la Gare centrale de Bruxelles Philippe Carlot

    Dans la salle des pas perdus de la Gare Centrale de Bruxelles, l’ensemble des prises électriques installées dans les murs ont été verrouillées. A l’exception d’une seule, probablement victime de vandalisme. Nous parcourons les lieux en compagnie de Jose Parades, membre de l’Union bruxelloise des SDF et constatons, en effet, que les prises électriques sont inutilisables en l’état. Reste à savoir pourquoi. 

    Une mesure anti-SDF ?
    Jose Parades a sa petite idée sur la question : "J’ai découvert ça récemment et j’ai trouvé ça scandaleux. Pour moi, mais je peux me tromper, ce dispositif a été imaginé pour éloigner les SDF de l’intérieur de la gare. Avant qu’il n’y ait ces clés, je voyais des SDF charger leur GSM, leur seul moyen de communication pour trouver un logement. C’est très important pour garder un contact familial, envoyer des SMS, pour communiquer, même avec son assistant social. En période de Covid, on leur a dit d’utiliser leur GSM et de communiquer via WhatsApp ou d’envoyer des SMS pour contacter leur assistant social. Mais s’il ne peut pas recharger son téléphone, le SDF ne peut plus contacter son AS. 
     
    La SNCB confirme
    A l’entrée de la gare se trouvent quelques employés de la SNCB chargés d’informer les voyageurs. Nous posons la question à l’un d’entre eux : pourquoi les prises électriques ont-elles été verrouillées ? La réponse confirme les craintes de Jose Parades. Il s’agit bien d’une mesure destinée à empêcher les personnes sans-abri d’utiliser les prises de courant, parce que cela posait des problèmes de sécurité, nous explique l’employé. Ces prises servent essentiellement au personnel d’entretien et aux engins utilisés pour nettoyer les sols de la gare. 

    L’intégralité de l’article : https://www.rtbf.be/info/regions/detail_prises-electriques-verrouillees-une-mesure-anti-sdf-dans-la-gare-central

    #sdf #sans-abris #pauvreté #sans-abri #sans-abrisme #Bruxelles #anti-sdf #Belgique #sans_domicile_fixe #espace_public #guerre_aux_pauvres #électricité #énergie #GSM #smartphone

    • En réponse, la gare centrale de Bruxelles se lance dans l’éloge des obscénités inutilisées !

      Le salon royal de la Gare Centrale bientôt ouvert au public ArBr avec Belga – Photo : A. Dumarey via M. Louyest
      https://bx1.be/categories/news/le-salon-royal-de-la-gare-centrale-bientot-ouvert-au-public

      Le lieu est méconnu, mais se situe pourtant au coeur de la Gare Centrale, à Bruxelles : le salon royal, conçu en 1952 dans un style Art Déco. Lors de l’Expo 58, c’est là que seront reçues les délégations étrangères. Le lieu est un vrai petit bijou, avec des éléments de tannerie conçus par les artisans de la maison Delvaux, et des murs en marbre. Si aujourd’hui, ce salon est un secret bien gardé, il ouvrira ses portes cet été.


      En effet, du 23 juillet au 19 septembre s’y trouvera l’installation artistique “Voyage au bord du mon de“, réalisée par l’artiste Myriam Louyest, et conçue tout spécialement pour le lieu. “Elle établit une relation étroite entre l’esprit du lieu et les sculptures qui y sont exposées. Le salon est comme une bulle de tranquillité dans l’agitation de la gare, un écrin à la préciosité d’un autre temps. Il est un monde à la frange du nôtre, tout en en faisant partie“, expliquent les organisateurs.

      “Certaines réalisations évoquent la figure du Roi Baudouin, alors que d’autres parlent de l’idée d’un périple. Toutes révèlent en creux la fragilité de l’humain, qu’il soit puissant ou simple passant. On y découvrir des interventions discrètes (savon de marbre dans la salle d’eau, petites météorites de verre, cailloux dorés), et d’autres plus spectaculaires, comme à la fin du parcours un jardin de verre“, ajoutent-ils.

      L’événement est organisé par TrainWorld, et est gratuit du jeudi au dimanche, sur réservation via le site de TrainWorld.

    • La famille royale de Belgique connait bien les voitures automobiles, et les avions, pour ses déplacements.

      A quoi servent ces salons inutilisés ?
      A rien.
      Le principal, c’est qu’ils ne puissent servir à personne.

  • The Human Side of China’s Poverty Alleviation
    https://jerry-grey2002.medium.com/the-human-side-of-chinas-poverty-alleviation-71ba469b8df6


    Cave homes I saw in 2014 were no longer occupied in 2019

    27.5.2921 by Jerry Grey - It shouldn’t be, but it is a controversial subject. The World Bank, WHO, US State Department and pretty much every government in the world has a different definition of what poverty means. In China, absolute poverty is defined as 11RMB a day, this is about $1.70. The World Bank disagrees and sets a higher number. In 2011 the USA considered people to be in poverty if their consumption was less than $21.70 a day. If that were the case, allowing for inflationary adjustment, almost all Chinese people outside of a few well-known cities would be in poverty. But living in China is an entirely different situation. Living in Urban China changes things greatly to living in Rural China too.

    China doesn’t claim poverty eradication, it has a poverty alleviation program. The aim of this is to lift every Chinese person into a category they call: “moderately prosperous”. So the idea of putting a monetary value on poverty has no meaning. Instead of a monetary amount, we can consider a statement: Where a person’s resources are insufficient to meet their daily needs, and surely, everyone can agree that this is a good definition, a place where none of us would like to find ourselves. Since different governments, economists, journalists and academics all have different views on how to define poverty, China has taken a slightly unusual step of making a statement to: “Eliminate the “two worries” of hunger and clothing and fulfill the “three guarantees” of health care, housing, and education”. Based on these five categories, no one should need to worry about their basic life needs. In 2015 Xi Jin Ping gave a challenge to his government — go and find every family living in absolute poverty and lift them out of it — they did; and, with one or two minor exceptions which are being dealt with at a local level, have achieved the goal he gave them.
    ...

    #Chine #pauvreté #économie

  • Mise à mort de l’État-providence
    https://laviedesidees.fr/Mise-a-mort-de-l-Etat-providence.html

    À propos de : Darren Barany, The New Welfare Consensus : Ideological, Political, and Social Origins, State University of New York Press. L’Etat-providence américain a connu un recul majeur depuis un demi-siècle. Et c’est un président démocrate qui s’est chargé de le liquider, sous l’hégémonie du #néoconservatisme. Qu’en sera-t-il de l’administration Biden ?

    #Société #État-providence #États-Unis
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210712_etatprov.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210712_etatprov.pdf

    • (...) le démantèlement de l’État-providence a permis aux travailleurs exploités de se retourner contre les #allocataires sociaux afin de leur reprocher leur propre exploitation.

      [...]
      Le courant néoconservateur trouve ses porte-paroles dans le champ intellectuel des années 1960, notamment chez les apostats de la gauche radicale new-yorkaise reconvertis dans l’anticommunisme. Ces individus structurent un champ intellectuel, en s’ouvrant les pages de leurs journaux respectifs, en se citant mutuellement dans leurs ouvrages et, occasionnellement, en se coalisant pour assourdir les critiques inopportunes – comme lorsque le sociologue Nathan Glazer refuse d’accueillir des recensions négatives de Seymour Lipset dans sa revue The Public Interest. Positionnés au cœur des publications les plus récentes, ils s’emparent de certaines notions pour leur injecter une nouvelle signification, malgré leurs auteurs. C’est le cas, par exemple, de la notion de « culture de la #pauvreté ». Développé par l’anthropologue Oscar Lewis, ce terme ambitionnait d’expliquer comment les pauvres s’adaptent rationnellement à leur condition et la gèrent au quotidien, via certaines pratiques communes. Son directeur de collection, le néoconservateur Daniel Moynihan, auteur du fameux rapport The Negro Family, emprunte l’expression – mais cette fois-ci, pour qualifier les déviances, les illégalismes et l’immoralité des bénéficiaires de l’aide sociale, sensément entretenus par les versements réguliers.

      (...) l’hostilité aux allocataires est transformée en revendication identitaire positive, soudant les partisans du néoconservatisme autour de la fierté de ne pas recourir à leurs droits ni solliciter d’aide. Le néoconservatisme n’est donc pas qu’une offensive envers les autres, mais aussi une affirmation positive de soi.

      #militants_patronaux #politique_du_stigmate