• Basque Police Beat Global Sumud Flotilla Torture Survivors In Spain
    ▻https://ahmedeldin.substack.com/p/spanish-police-beat-global-sumud

    The video from Bilbao Airport today is as brutal as it is bewildering. Six Basque activists walk through arrivals, fresh from being intercepted, detained, and abused by Israeli forces while attempting to deliver humanitarian aid to Gaza. They carry physical and psychological scars from their encounter with the Israeli military.

  • Julien Milanesi, co-réalisateur du documentaire « L’intérêt général et moi » (2016) et co-auteur de « Résister aux grands projets inutiles et imposés » (Textuel, 2018), a étudié depuis quelques années les alternatives locales et le militantisme du #Pays_Basque, et a présenté ses résultats dans une conférence : « Comment ils s’auto-organisent pour changer le monde ».
    Il explique comment ce modèle se déploie à l’identique de ce qui est fait depuis deux siècles dans l’Economie Sociale, en articulant trois types d’actions :
    I. S’auto-organiser en créant des entreprises démocratiques. (à 9:08)
    II. Garder le cap de son projet politique. (à 24:53)
    III. Gagner du terrain pour construire progressivement une société nouvelle (à 40:35)
    ▻https://inv.nadeko.net/watch?v=kx68HZPmqUI
    #ESS #économie_sociale_et_solidaire #coopératives

  • #Accueil et #solidarité à la frontière basque

    #Ongi_etorri ! Bienvenu-e-s, comme on dit au Pays Basque. A #Bayonne, l’accueil des personnes réfugiées s’organise tant bien que mal à contre-courant des politiques migratoires nationales.

    L’accueil sur le territoire français de femmes, d’hommes et d’enfants en quête d’une vie meilleur n’est pas à la hauteur du "Pays des droits de l’Homme" avec sa politique migratoire criminalisante et mortifère. Heureusement la #société_civile s’organise au Pays Basque comme avant à Besançon et dans la Vallée de la Roya pour accueillir avec fraternité et sororité cex celles et ceux qui ont survécu aux guerres, à la faim, aux crises économiques et climatiques, aux persécutions politiques, familiales, religieuses ou sexuelles, aux tortures, aux viols, aux naufragés.

    La #place_patxa est un haut lieu de résistance et de construction d’alternatives, autogérée, des années 80. Sur les murs couverts de #murales, on peut lire « #Ongi_etorri_errefuxiatuak » bienvenue aux réfugié-es"

    A l’automne 2018, arrive à Bayonne une première vague de réfugiés d’Afrique subsaharienne. Ils ont transité par le Maroc et l’Espagne. Des bénévoles prennent en charge en toute improvisation leur accueil : hébergement, distribution de nourriture, de vêtements,.. Ils se regroupent dans une association, #Diakité (du nom de la première famille accueillie – voir cette rubrique). Cette mobilisation citoyenne obtient de la mairie de Bayonne l’ouverture du foyer « #Pausa ». Au départ simple centre de transit installé dans d’anciens locaux militaires dans le quartier Saint-Esprit, il devait offrir un accueil et un #répit de trois jours.

    ▻https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/contre-vents/contre-vents-du-samedi-16-aout-2025-1510350
    #Pays_Basque #frontières #migrations #réfugiés #France #Espagne #graffitis
    #audio #podcast

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  • #Eusko basque : quand utiliser une #monnaie_locale déclenche un réflexe coopératif

    Lancée en 2013, l’#Eusko_basque est la principale monnaie locale en Europe. Une étude menée à #Bayonne montre que son usage ne favorise pas seulement les #circuits_courts, mais il semble aussi rendre les utilisateurs… plus coopératifs.

    Alors que la guerre des monnaies fait rage, entre le dollar, l’euro ou même le yuan, la question des monnaies locales revient sur le devant de la scène. Les monnaies locales complémentaires, ou monnaies locales convertibles, sont des dispositifs monétaires mis en place à l’échelle d’un territoire pour favoriser l’#économie_locale. Échangeables à parité avec l’euro (1 eusko = 1 euro), mais utilisables uniquement au sein d’un réseau restreint d’acteurs – commerçants, associations, institutions –, elles visent à réorienter la consommation vers des circuits courts.

    Si leurs dynamiques ont largement nourri la réflexion théorique, les monnaies locales complémentaires font l’objet de bien moins d’analyses empiriques sur leurs #retombées concrètes. Elles n’en demeurent pas moins un phénomène significatif au sein des initiatives d’#innovation_sociale. Plus de 4 500 expériences de ce type ont été recensées dans la littérature au cours des trente dernières années.

    En France, l’Eusko, lancée en 2013 au Pays basque, est souvent citée comme un modèle. Avec plus de 5400 utilisateurs, 4,4 millions d’euskos en circulation et un volume de transactions de 6,5 millions d’euskos en 2024, il s’agit de la première monnaie locale d’Europe. Mais l’usage de ces monnaies peut-il avoir un effet sur les comportements individuels ? Notre étude menée à Bayonne montre que l’usage de l’Eusko ne favorise pas seulement les circuits courts, il semble aussi rendre les utilisateurs… plus coopératifs.
    Lab-in-the-field

    Pour explorer cette hypothèse, nous avons conçu une expérience de type « lab-in-the-field », c’est-à-dire un test comportemental inspiré des méthodes expérimentales classiques mais réalisé dans un cadre naturel. Ici, les cafés et librairies du centre-ville de #Bayonne.

    Nous avons recruté plus de 300 volontaires pour jouer à un jeu dit de « l’ultimatum », une expérience bien connue en économie comportementale. Le principe est simple : un joueur, le « proposeur », propose une partition d’une somme d’argent avec un autre joueur, le « répondant ». Ce dernier peut accepter ou rejeter l’offre. En cas de refus, aucun des deux ne gagne. Dans cette version de l’expérience, chaque participant prend sa décision avant de connaître celle de l’autre. Cette méthode permet d’évaluer les préférences de manière isolée, ainsi que les seuils d’acceptabilité de chacun.

    Mais cette fois, la nouveauté résidait notamment dans la monnaie utilisée pour jouer : certains participants jouaient avec des euros, d’autres avec des Euskos. Nous voulions savoir si la seule présence de cette monnaie locale, qui incarne un engagement collectif, pouvait influencer les choix des joueurs.

    Déclencheur de coopération

    Les résultats sont frappants. Les utilisateurs réguliers de l’Eusko se montrent significativement moins enclins à rejeter les offres lorsqu’ils jouent avec la monnaie locale plutôt qu’en euros. Autrement dit, face à une offre jugée imparfaite, ils choisissent plus souvent de l’accepter quand l’interaction se déroule en eusko. Ce comportement reflète une baisse de la réciprocité négative, c’est-à-dire une moindre tendance à « punir » une proposition perçue comme « injuste ».

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=65s6UKa9khI

    En revanche, un tel effet n’est observé chez les non-utilisateurs de l’Eusko, les échantillons ayant été randomisés. Nous en concluons que c’est bien l’usage régulier de la monnaie locale, et non une quelconque différence individuelle préalable, qui déclenche ce réflexe coopératif.

    #Valeurs communes

    Pourquoi une simple monnaie aurait-elle ce pouvoir ? Notre étude avance une interprétation théorique : l’Eusko active des intentions collectives déjà présentes chez ses utilisateurs. Autrement dit, en manipulant la monnaie, les participants se reconnectent à un engagement latent envers la solidarité locale. La monnaie devient un marqueur de valeurs communes, à la fois symboliques et morales, qui influe sur la manière dont les joueurs interprètent la situation.

    Ce mécanisme peut être éclairé par la théorie dite des « buts-cadres » ou goal-framing theory), selon laquelle notre comportement est façonné par des objectifs activés de manière contextuelle. Trois types de cadres coexistent : le cadre hédonique avec la recherche du plaisir/bien-être immédiat, le cadre de gain avec la recherche d’un intérêt personnel matériel à long terme et le cadre normatif avec l’adhésion à des règles et valeurs collectives.

    Dans ce contexte, l’Eusko ne crée pas de nouvelles motivations. Elle semble réactiver un cadre normatif préexistant chez les utilisateurs réguliers : un rapport au collectif, à la solidarité et à la coopération. En rendant ces objectifs saillants, la monnaie infléchit leur comportement de manière moins compétitive, plus conciliante.

    Relocaliser l’économie

    Le changement de monnaie dans cette expérience n’a pas modifié le comportement des « proposeurs », qui ont dans l’ensemble proposé une répartition équitable. Sans doute en raison du caractère public de l’expérience et d’un biais de désirabilité sociale ? L’effet observé concerne uniquement les « répondants », ceux qui acceptent ou refusent une offre. Les résultats confirment une intuition partagée par de nombreux acteurs de l’économie sociale et solidaire : les dispositifs alternatifs comme les monnaies locales ne sont pas neutres.

    L’Eusko, comme d’autres monnaies locales en France, a souvent été défendu pour sa capacité à relocaliser l’économie et à renforcer les circuits courts. Cette étude montre qu’elle pourrait aussi jouer un rôle plus subtil mais tout aussi important : renforcer les normes de coopération au sein d’une communauté engagée. Ces résultats relancent les débats sur le rôle des outils monétaires dans la transformation sociale. Ils suggèrent une voie prometteuse pour la recherche : analyser non seulement les effets économiques directs de ces innovations, mais aussi leur capacité à façonner les représentations mentales et les comportements collectifs.

    Si des dynamiques identitaires liées au contexte basque sont parfois évoquées pour expliquer le succès de l’Eusko, celui-ci semble toutefois davantage porté par un contexte socio-politique fertile façonné par des décennies de mobilisation territoriale et de construction de la #confiance.

    ▻https://theconversation.com/eusko-basque-quand-utiliser-une-monnaie-locale-declenche-un-reflexe
    #Pays_Basque #économie #relocalisation

  • Pacte 2026
    ▻https://pacte2026.bizimugi.eu

    6 thématiques, 19 mesures

    Conscient·es de la nécessité absolue d’agir avec force et détermination aux niveaux de notre commune et de l’agglomération alors que nous sommes sur une trajectoire de réchauffement global de +3°C, désireuses et désireux de garantir un avenir vivable à la population tout en améliorant le bien-être et la santé de nos concitoyen·nes, nous nous engageons, si nous sommes élu·es en mars 2026, à ce que notre liste mette en œuvre sur le mandat 2026-2032 les mesures suivantes :

    HABITER

    1. Créer de nouveaux logements accessibles pour tout le monde sans consommer de nouveaux espaces.

    2. Construire et rénover des logements confortables et adaptés aux extrêmes climatiques.

    3. Aménager un cadre de vie plus végétalisé et convivial.

    SE NOURRIR

    4. Protéger les terres nourricières pour une agriculture paysanne, bio, locale et diversifiée.

    5. Garantir une alimentation saine, locale et accessible dans les cantines scolaires.

    6. Assurer à chaque habitant·e l’accès à une eau potable en quantité suffisante et de bonne qualité.

    SE DÉPLACER

    7. Développer des transports en commun plus pratiques et adaptés pour tou·tes.

    8. Relier les principaux lieux de vie et d’activités par des aménagements permettant à tout le monde de se déplacer en sécurité à pied et à vélo.

    9. Aménager un partage de l’espace public plus équitable et prioriser les piéton·nes, cyclistes et transports en commun.

    RELOCALISER L’ÉCONOMIE

    10. Généraliser l’utilisation de la monnaie locale.

    11. Développer une économie circulaire – par la réparation, le réemploi et la réduction des déchets – au service de l’emploi local.

    12. Protéger la population de la publicité extérieure.

    Réduire sa dépendance énergétique

    13. Réduire la consommation d’énergie de la collectivité pour diminuer les dépenses.

    14. Produire une énergie locale, citoyenne et renouvelable pour tendre vers la souveraineté énergétique.

    SE DONNER LES MOYENS D’AGIR

    15. Attribuer des moyens humains suffisants pour assurer la coordination des politiques écologiques (a minima un·e adjoint·e).

    16. Accorder une véritable place aux habitant·es dans les décisions impactant leur cadre de vie.

    17. Mettre en place un budget vert dès la première année de mandat.

    18. Former élu·es et agent·es aux enjeux écologiques et sociaux dès la 1ère année de mandat.

    19. Planifier son action pour un territoire à la hauteur des défis écologiques et sociaux.

    Chaque mesure du Pacte 2026 est déclinée en une série d’actions concrètes, avec des niveaux d’ambitions adaptés à la taille de la commune.

    ▻https://pacte2026.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2025/05/Pacte_2026-complet-fr.pdf

    #écologie #éco-socialisme #élections_municipales #2026 #programme_politique #politique #Bizi #Pays_Basque

  • L’Etat doit cesser d’entraver la #solidarité avec les personnes exilées aux #frontières

    Alors que la protection des personnes exilées par l’Etat français ne cesse de se dégrader et que 2024 connaît déjà un nombre record de morts dans la #Manche, le rapport « Au mépris des droits. Enquête sur la répression de la solidarité avec les personnes exilées aux frontières », de l’Observatoire des libertés associatives (►https://www.lacoalition.fr/Au-mepris-des-droits-Enquete-sur-la-repression-de-la-solidarite-avec-les) documente les multiples #entraves auxquelles font face les acteurs solidaires aux frontières françaises.

    L’enquête de l’Observatoire des libertés associatives dresse un état des lieux préoccupant de la situation de la solidarité aux frontières de la France avec le #Royaume-Uni, l’#Espagne et l’#Italie. Au lieu de soutenir et de protéger les actions de solidarité envers les personnes exilées, les pouvoirs publics (collectivités locales, forces de police, autorités administratives…) prennent des mesures, toujours plus répressives, pour empêcher ces initiatives ou les décourager.

    Le rapport recense de nombreux exemples d’entraves à la solidarité, qui ont un impact direct sur l’#accès_aux_droits fondamentaux des personnes migrantes et contribuent toujours plus à la dégradation de leurs conditions de vie. À #Calais, des arrêtés préfectoraux interdisant la distribution de #nourriture par les solidaires dans certains endroits se sont succédés pendant plusieurs années. Aujourd’hui, des #barrières physiques, comme d’énormes #rochers, ont été installées. Le seul endroit proposant aux personnes de laver leurs vêtements a été fermé par un arrêté municipal. Dans ce territoire frontalier du Royaume-Uni, comme à la frontière franco-italienne, l’#accès_aux_soins est régulièrement entravé, rendant difficile voire impossible d’apporter une #aide_médicale aux personnes exilés vivant dans les campements du littoral nord ou perdues dans les montagnes briançonnaises.

    À cela s’ajoutent un #harcèlement_policier et des entraves juridiques aux associations : des multiples contrôles d’identité ou des véhicules, des contraventions à outrance ou injustifiées, des procédures et #poursuites_judiciaires. Ces entraves découragent les initiatives citoyennes solidaires, ont un impact matériel sur les associations et un fort impact psychologique sur les personnes ciblées.

    Dans la #vallée_de_la_Roya et à #Menton, près de la frontière franco-italienne, des citoyens solidaires rapportent craindre d’accompagner des personnes exilées vers un lieu d’accueil ou une administration (par exemple pour déposer une demande d’asile), alors que cela est tout à fait légal, car ils savent qu’ils seront immédiatement suspectés de les avoir aidées à franchir la frontière. Au #Pays_basque, à la frontière franco-espagnole, plusieurs solidaires ont été convoqués par la police ou placés en garde-à-vue pour avoir accompagné des personnes en voiture vers un lieu de répit. Sans nécessairement être suivies de poursuites judiciaires, ces actions visent avant tout à décourager d’autres personnes de faire de même.

    Le rapport démontre également que les associations sont fréquemment mises en cause par les représentants administratifs et politiques, jetant ainsi le discrédit sur leurs actions : les accusant d’encourager l’installation de personnes exilées en France, de mettre ces personnes en danger ou pire d’être complices de passeurs et de trafiquants d’êtres humains. Pourtant, les actions des associations sont essentielles et servent souvent à pallier l’absence de réponse adaptée et efficace de l’Etat. Dans plusieurs territoires, ce sont souvent elles et les citoyens solidaires qui apportent les services minimums pour garantir la survie et la dignité des personnes exilées.

    Face aux constats préoccupants dressés par ce rapport de l’Observatoire et l’ensemble des témoignages recueillis par nos associations et leurs partenaires, nous demandons aux pouvoirs publics de mettre fin aux entraves qui empêchent l’action quotidienne de centaines de citoyens, collectifs et associations de la solidarité de venir en aide aux personnes exilées.

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=2kamg92ljws&t=5s

    ▻https://www.lacimade.org/presse/letat-doit-cesser-dentraver-la-solidarite-avec-les-personnes-exilees-aux-f
    #France #criminalisation_de_la_solidarité #Hautes-Alpes #frontière_sud-alpine #Alpes_Maritimes #Briançonnais

    • Au mépris des droits. Enquête sur la répression de la solidarité avec les personnes éxilées aux frontières

      La nouvelle enquête de l’Observatoire des libertés associatives sort ce 18 novembre 2024. Ce quatrième rapport met l’accent sur les répressions subies par les associations de soutien aux personnes exilées aux trois frontières franco-britannique, franco-italienne et franco-espagnole.

      La répression qui touche les organisations et militant·es qui portent assistance aux personnes exilées est de plus en plus dénoncée publiquement, comme en témoignent les débats autour du « délit de solidarité » ces dernières années. Ce quatrième rapport de l’Observatoire des libertés associatives a cependant souhaité dépasser l’unique criminalisation juridique en s’intéressant à toutes les formes ordinaires d’entraves.
      En se concentrant sur les frontières franco- britannique, franco-italienne et franco-espagnole, ce travail cherche à saisir la variation des relations avec les pouvoirs publics selon les territoires. A partir d’une vingtaine d’entretiens semi-directifs et d’archives associatives il permet d’établir une typologie des différents faits d’entrave à la solidarité aux frontières :

      1 la criminalisation et les entraves juridiques à l’aide aux personnes exilées,
      2 les attaques discursives et atteintes à la légitimité des acteurs solidaires,
      3 le harcèlement et les violences policières,
      4 les atteintes matérielles et financières
      et enfin 5 les tentatives d’ostracisation et les attaques à la capacité d’action collective.

      Ce faisant, ce rapport donne à voir la diversité des entraves, souvent à la limite de la légalité, auxquelles sont confrontées les associations de solidarité avec les personnes migrantes.

      ►https://www.lacoalition.fr/Au-mepris-des-droits-Enquete-sur-la-repression-de-la-solidarite-avec-les

      #rapport

  • Zarzalejos denuncia que Francia «está haciendo #devoluciones_en_caliente»

    De Andrés, líder del PP vasco, ha lamentado «la deslegitimación de instituciones del conjunto de España como la Justicia y los medios de comunicación»
    El Correo, Jesús J. Hernández, 07-06-2024

    avier Zarzalejos ha denunciado este jueves que Francia «está haciendo devoluciones en caliente» y ha asegurado que, además, «está suspendiendo, de manera arbitraria y reiterada, el espacio Schengen». El candidato del PP en las elecciones europeas ha anunciado el envío de una carta a la comisaria de interior Ylva Johansson para informarla de estos hechos y «pedirle que Los investigue y tome las medidas oportunas».

    El PP ha celebrado este jueves su acto de campaña en la avenida de Irun, muy cerca de la frontera francesa, por donde «pasan a diario» los migrantes hacia Francia y Alemania. Y ha aprovechado la ocasión para denunciar allí las políticas fronterizas del país galo. Según la vicesecretaria de Igualdad, Conciliación y políticas sociales del Partido Popular, Ana Alós, «la situación humanitaria con los migrantes que vive nuestro país y la Unión Europea no tendría que ocurrir».

    A juicio de Alós, «la política migratoria necesita de equilibrio entre una protección, que hoy, por parte del Gobierno de España no se está llevando a cabo, y el impulso de las medidas regulatorias de migración». Esa segunda parte se fundamenta en que «también necesitamos a personas venidas de otros países y que vienen a trabajar y buscar empleo», por lo que ha abogado por buscar «soluciones estructurales y una visión integral».

    «Irregularidad sobrevenida»
    Según los populares, «el PSOE entra en contradicción cuando habla de proteger a los inmigrantes pero luego les aboca a una irregularidad sobrevenida». Por eso reclamaron «la puesta en valor del pacto migratorio europeo y el equilibrio sensato que promueve el Partido Popular para acabar con la inmigración irregular en la Unión Europea». También Muriel Larrea, presidenta del PP de Gipuzkoa, ha denunciado «el drama humano» en el que se ha convertido este puente para los migrantes en tránsito que proceden de África.

    ▻https://medios.mugak.eu/noticias/687486/noticia

    #refoulements #migrations #réfugiés #frontières #refoulements_à_chaud #refoulements #push-backs #France #pays_basque #Irun

  • Les conférences d’Euskal Herria Burujabe 2023 – Bizi !
    ▻https://bizimugi.eu/sinformer-formations/les-conferences-deuskal-herria-burujabe-2023

    Quelques heures de confs…

    Retrouvez ici les conférences données les 7 et 8 octobre à Bayonne lors de l’événement Euskal Herria Burujabe 2023.

    Pendant deux jours, une centaine d’intervenant·es ont discuté des enjeux écologiques, sociaux, de l’aménagement du territoire et des manières d’agir justes et efficaces face aux bouleversements qui s’annoncent. Partages d’analyses, expériences inspirantes, et réflexions sur les nouvelles solutions pour mener la métamorphose au Pays Basque ont été au rendez-vous.

    Ces conférences contribuent, au côté des alternatives concrètes qui s’expérimentent au quotidien, à nourrir un horizon soutenable, souverain et solidaire pour le Pays basque, celui d’un territoire qui décide de changer le système plutôt que le climat. Nous vous invitons à les redécouvrir dès à présent. Bonne écoute !

    #Bizi #Pays_Basque #Euskal_Herria_Burujabe #conférence #audio

  • Le numéro 33-34 de la revue #Nunatak (version italophone)


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    ▻https://nunatak.noblogs.org/files/2020/05/n.33.34.inv_.prim2014.interni.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

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    métaliste des numéros recensés sur seenthis :
    ►https://seenthis.net/messages/969908

  • #Pays_basque : le cadavre d’un jeune migrant retrouvé dans la #Bidassoa

    Samedi 18 juin au matin, l’alerte a été donnée depuis la berge française du fleuve Bidassoa, à hauteur du pont international de #Béhobie, pour la découverte d’un cadavre.

    Les pompiers français sont intervenus pour repêcher le corps d’un homme d’origine subsaharienne. Selon le « Diario Vasco », le corps ne présentait pas de trace de violence, ni d’un séjour prolongé dans l’eau, laissant supposer un décès récent.

    Dix morts en un an et demi

    Le corps a été déposé sur les berges espagnoles, à #Irun, où il a été pris en charge par la Guardia Civil. Des recherches ont été menées pour découvrir des éléments d’identification du défunt, qui ne portait aucun document. Le jeune noyé a été identifié ce samedi 18 juin, rapporte le « Diario Vasco ». #Abderraman_Bas était de nationalité guinéenne. Âgé de 25 ans, le jeune migrant était arrivé au Pays basque, depuis l’île de Lanzarote, dans l’archipel espagnol des Canaries, au mois de mai dernier.

    Le 12 mars déjà, trois migrants avaient tenté de traverser la Bidassoa, Deux seulement y étaient parvenus. Un important dispositif de recherche avait été déployé, sans succès

    Ce drame du 18 juin 2022 porte à dix, le nombre de migrants qui ont perdu la vie en un an et demi, alors qu’ils tentaient de traverser le fleuve frontalier, dans l‘espoir d’une vie meilleure.

    « Politique migratoire commune »

    Le maire d’Irun, José Antonio Santano s’est dit profondément attristé par ce nouveau décès et il a assuré « Nous ne pouvons pas nous habituer à cette situation, à ce drame. Nous ne pouvons continuer à vivre cette hémorragie de jeunes vies dans le fleuve Bidassoa. Ils se jettent à l’eau pour éviter les féroces contrôles aux frontières. Si tel est le problème, nous devons trouver une solution. »

    L’élu a insisté sur l’importance, que depuis la France, soit comprise la nécessité « d’établir en Europe une politique migratoire commune pour tous les pays de l’Union qui évitent cette situation. »
    Les associations d’aide aux migrants appellent à manifester dimanche 19 juin à 12 h 30, place San Juan à Irun

    ▻https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/hendaye/pays-basque-le-cadavre-d-un-jeune-migrant-retrouve-dans-la-bidassoa-1133924

    #décès #migrations #asile #réfugiés #mort #mourir_aux_frontières #France #Espagne

    –-

    Ajouté au fil de discussion sur les migrants morts à la frontière pyrénéenne :

    ►https://seenthis.net/messages/928561
    elle-même ajouté dans la métaliste sur les morts aux frontières alpines (même si c’est pas les Alpes... je sais je sais)

    ►https://seenthis.net/messages/758646

    ping @karine4 @isskein

  • À la frontière franco-espagnole, le renforcement des contrôles conduit les migrants à prendre toujours plus de #risques

    Au #Pays_basque, après que trois Algériens sont morts fauchés par un train à Saint-Jean-de-Luz/Ciboure le 12 octobre, associations et militants dénoncent le « #harcèlement » subi par les migrants tentant de traverser la frontière franco-espagnole. Face à l’inaction de l’État, des réseaux citoyens se mobilisent pour « sécuriser » leur parcours et éviter de nouveaux drames.

    Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).– Attablés en terrasse d’un café, mardi 26 octobre, sous un ciel gris prêt à déverser son crachin, Line et Peio peinent toujours à y croire. « On n’imagine pas le niveau de fatigue, l’épuisement moral, l’état de détresse dans lequel ils devaient se trouver pour décider de se reposer là un moment », constatent-ils les sourcils froncés, comme pour marquer leur peine.

    Le 12 octobre dernier, trois migrants algériens étaient fauchés par un train, au petit matin, à 500 mètres de la gare de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure. Un quatrième homme, blessé mais désormais hors de danger, a confirmé aux enquêteurs que le groupe avait privilégié la voie ferrée pour éviter les contrôles de police, puis s’était arrêté pour se reposer, avant de s’assoupir.

    Un cinquième homme, dont les documents d’identité avaient été retrouvés sur les lieux, avait pris la fuite avant d’être retrouvé deux jours plus tard à Bayonne.

    « Ceux qui partent de nuit tentent de passer la frontière vers 23 heures et arrivent ici à 3 ou 4 heures du matin. La #voie_ferrée est une voie logique quand on sait que les contrôles de police sont quasi quotidiens aux ronds-points entre #Hendaye et #Saint-Jean-de-Luz », souligne Line, qui préside l’association #Elkartasuna_Larruna (Solidarité autour de la Rhune, en basque) créée en 2018 pour accompagner et « sécuriser » l’arrivée importante de migrants subsahariens dans la région.

    Peio Etcheverry-Ainchart, qui a participé à la création de l’association, est depuis élu, dans l’opposition, à Saint-Jean-de-Luz. Pour lui, le drame reflète la réalité du quotidien des migrants au Pays basque. « Ils n’iraient pas sur la voie ferrée s’ils se sentaient en sécurité dans les transports ou sur les axes routiers », dénonce-t-il en pointant du doigt le manque d’action politique au niveau local.

    « Ils continueront à passer par là car ils n’ont pas le choix et ce genre de drame va se reproduire. La #responsabilité politique des élus de la majorité est immense, c’est une honte. » Trois cents personnes se sont réunies au lendemain du drame pour rendre hommage aux victimes, sans la présence du maire de Saint-Jean-de-Luz. « La ville refuse toutes nos demandes de subvention, peste Line. Pour la majorité, les migrants ne passent pas par ici et le centre d’accueil créé à #Bayonne, #Pausa, est suffisant. »

    Un manque de soutien, à la fois moral et financier, qui n’encourage pas, selon elle, les locaux à se mobiliser auprès de l’association, qui compte une trentaine de bénévoles. Son inquiétude ? « Que les gens s’habituent à ce que des jeunes meurent et que l’on n’en parle plus, comme à Calais ou à la frontière franco-italienne. Il faut faire de la résistance. »

    Samedi dernier, j’en ai récupéré deux tard le soir, épuisés et frigorifiés

    Guillaume, un « aidant »

    Ce mardi midi à Saint-Jean-de-Luz, un migrant marocain avance d’un pas sûr vers la halte routière, puis se met en retrait, en gardant un œil sur l’arrêt de bus. Dix minutes plus tard, le bus en direction de Bayonne s’arrête et le trentenaire court pour s’y engouffrer avant que les portes ne se referment.

    Guillaume, qui travaille dans le quartier de la gare, fait partie de ces « aidants » qui refusent de laisser porte close. « Samedi dernier, j’en ai récupéré deux tard le soir, qui étaient arrivés à Saint-Jean en fin d’après-midi. Ils étaient épuisés et frigorifiés. » Après les avoir accueillis et leur avoir offert à manger, il les achemine ensuite jusqu’à Pausa à 2 heures du matin, où il constate qu’il n’est pas le seul à avoir fait la navette.

    La semaine dernière, un chauffeur de bus a même appelé la police quand des migrants sont montés à bord

    Guillaume, un citoyen vivant à Saint-Jean-de-Luz

    « Il m’est arrivé de gérer 10 ou 40 personnes d’un coup. Des femmes avec des bébés, des enfants, des jeunes qui avaient marché des heures et me racontaient leur périple. J’allais parfois m’isoler pour pleurer avant de m’occuper d’eux », confie celui qui ne cache pas sa tristesse face à tant d’« inhumanité ». Chaque jour, rapporte-t-il, la police sillonne les alentours, procède à des #contrôles_au_faciès à l’arrêt de bus en direction de Bayonne et embarque les migrants, comme en témoigne cette vidéo publiée sur Facebook en août 2019 (▻https://www.facebook.com/100000553678281/posts/2871341412894286/?d=n).

    « La semaine dernière, un #chauffeur_de_bus a même appelé la #police quand des migrants sont montés à bord. Ça rappelle une époque à vomir. » Face à ce « harcèlement » et cette « pression folle », Guillaume n’est pas étonné que les Algériens aient pris le risque de longer la voie ferrée. « Les habitants et commerçants voient régulièrement des personnes passer par là. Les gens sont prêts à tout. »

    À la frontière franco-espagnole aussi, en gare de Hendaye, la police est partout. Un véhicule se gare, deux agents en rejoignent un autre, situé à l’entrée du « topo » (train régional qui relie Hendaye à la ville espagnole de Saint-Sébastien), qui leur tend des documents. Il leur remet un jeune homme, arabophone, qu’ils embarquent.

    « Ils vont le laisser de l’autre côté du pont. Ils font tout le temps ça, soupire Miren*, qui observe la scène sans pouvoir intervenir. Les policiers connaissent les horaires d’arrivée du topo et des trains venant d’#Irun (côté espagnol). Ils viennent donc dix minutes avant et se postent ici pour faire du contrôle au faciès. » Depuis près de trois ans, le réseau citoyen auquel elle appartient, Bidasoa Etorkinekin, accueille et accompagne les personnes en migration qui ont réussi à passer la frontière, en les acheminant jusqu’à Bayonne.

    La bénévole monte à bord de sa voiture en direction des entrepôts de la SNCF. Là, un pont flambant neuf, barricadé, apparaît. « Il a été fermé peu après son inauguration pour empêcher les migrants de passer. » Des #grilles ont été disposées, tel un château de cartes, d’autres ont été ajoutées sur les côtés. En contrebas, des promeneurs marchent le long de la baie.

    Miren observe le pont de Santiago et le petit chapiteau blanc marquant le #barrage_de_police à la frontière entre Hendaye et #Irun. « Par définition, un #pont est censé faire le lien, pas séparer... » Selon un militant, il y aurait à ce pont et au pont de #Behobia « quatre fois plus de forces de l’ordre » qu’avant. Chaque bus est arrêté et les passagers contrôlés. « C’est cela qui pousse les personnes à prendre toujours plus de risques », estime-t-il, à l’instar de #Yaya_Karamoko, mort noyé dans la Bidassoa en mai dernier.

    On ne peut pas en même temps organiser l’accueil des personnes à Bayonne et mettre des moyens énormes pour faire cette chasse aux sorcières

    Eñaut, responsable de la section nord du syndicat basque LAB

    Le 12 juin, à l’initiative du #LAB, syndicat socio-politique basque, une manifestation s’est tenue entre Irun et Hendaye pour dénoncer la « militarisation » de la frontière dans ce qui a « toujours été une terre d’accueil ». « Ça s’est inscrit dans une démarche de #désobéissance_civile et on a décidé de faire entrer six migrants parmi une centaine de manifestants, revendique Eñaut, responsable du Pays basque nord. On ne peut pas en même temps organiser l’accueil des personnes à Bayonne et mettre des moyens énormes pour faire cette #chasse_aux_sorcières, avec les morts que cela engendre. L’accident de Saint-Jean-de-Luz est le résultat d’une politique migratoire raciste. » L’organisation syndicale espère, en développant l’action sociale, sensibiliser toutes les branches de la société – patronat, salariés, État – à la question migratoire.

    Des citoyens mobilisés pour « sécuriser » le parcours des migrants

    À 22 heures mardi, côté espagnol, Maite, Arantza et Jaiona approchent lentement de l’arrêt de bus de la gare routière d’Irun. Toutes trois sont volontaires auprès du réseau citoyen #Gau_Txori (les « Oiseaux de nuit »). Depuis plus de trois ans, lorsque les cars se vident le soir, elles repèrent d’éventuels exilés désorientés en vue de les acheminer au centre d’accueil géré par la Cruz Roja (Croix-Rouge espagnole), situé à deux kilomètres de là. En journée, des marques de pas, dessinées sur le sol à intervalle régulier et accompagnées d’une croix rouge, doivent guider les migrants tout juste arrivés à Irun. Mais, à la nuit tombée, difficile de les distinguer sur le bitume et de s’orienter.

    « En hiver, c’est terrible, souffle Arantza. Cette gare est désolante. Il n’y a rien, pas même les horaires de bus. On leur vient en aide parce qu’on ne supporte pas l’injustice. On ne peut pas rester sans rien faire en sachant ce qu’il se passe. » Et Maite d’enchaîner : « Pour moi, tout le monde devrait pouvoir passer au nom de la liberté de la circulation. » « La semaine dernière, il y avait beaucoup de migrants dans les rues d’Irun. La Croix-Rouge était dépassée. Déjà, en temps normal, le centre ne peut accueillir que 100 personnes pour une durée maximale de trois jours. Quand on leur ramène des gens, il arrive que certains restent à la porte et qu’on doive les installer dans des tentes à l’extérieur », rapporte, blasée, Jaiona.

    À mesure qu’elles dénoncent les effets mortifères des politiques migratoires européennes, un bus s’arrête, puis un second. « Je crois que ce soir, on n’aura personne », sourit Arantza. Le trio se dirige vers le dernier bus, qui stationne en gare à 23 h 10. Un homme extirpe ses bagages et ceux d’une jeune fille des entrailles du car. Les bénévoles tournent les talons, pensant qu’ils sont ensemble. C’est Jaiona, restée en arrière-plan, qui comprend combien l’adolescente a le regard perdu, désespérée de voir les seules femmes présentes s’éloigner. « Cruz Roja ? », chuchote l’une des volontaires à l’oreille de Mariem, qui hoche la tête, apaisée de comprendre que ces inconnues sont là pour elle.

    Ni une ni deux, Maite la soulage d’un sac et lui indique le véhicule garé un peu plus loin. « No te preocupes, somos voluntarios » (« Ne t’inquiète pas, nous sommes des bénévoles »), lui dit Jaiona en espagnol. « On ne te veut aucun mal. On t’emmène à la Croix-Rouge et on attendra d’être sûres que tu aies une place avant de partir », ajoute Maite dans un français torturé.

    Visage juvénile, yeux en amande, Mariem n’a que 15 ans. Elle arrive de Madrid, un bonnet à pompon sur la tête, où elle a passé un mois après avoir été transférée par avion de Fuerteventura (îles Canaries) dans l’Espagne continentale, comme beaucoup d’autres ces dernières semaines, qui ont ensuite poursuivi leur route vers le nord. Les bénévoles toquent à la porte de la Cruz Roja, un agent prend en charge Mariem. Au-dehors, les phares de la voiture illuminent deux tentes servant d’abris à des exilés non admis.

    J’avais réussi à passer la frontière mais la police m’a arrêtée dans le #bus et m’a renvoyée en Espagne

    Fatima*, une exilée subsaharienne refoulée après avoir franchi la frontière

    Le lendemain matin, dès 9 heures, plusieurs exilés occupent les bancs de la place de la mairie à Irun. Chaque jour, entre 10 heures et midi, c’est ici que le réseau citoyen Irungo Harrera Sarea les accueille pour leur donner des conseils. « Qui veut rester en Espagne ici ? », demande Ion, l’un des membres du collectif. Aucune main ne se lève. Ion s’y attendait. Fatima*, la seule femme parmi les 10 exilés, a passé la nuit dehors, ignorant l’existence du centre d’accueil. « J’avais réussi à passer la frontière mais la police m’a arrêtée dans le bus et m’a renvoyée en Espagne », relate-t-elle, vêtue d’une tenue de sport, un sac de couchage déplié sur les genoux. Le « record », selon Ion, est détenu par un homme qui a tenté de passer à huit reprises et a été refoulé à chaque fois. « Il a fini par réussir. »

    Éviter de se déplacer en groupe, ne pas être trop repérable. « Vous êtes noirs », leur lance-t-il, pragmatique, les rappelant à une triste réalité : la frontière est une passoire pour quiconque a la peau suffisamment claire pour ne pas être contrôlé. « La migration n’est pas une honte, il n’y a pas de raison de la cacher », clame-t-il pour justifier le fait de s’être installés en plein centre-ville.

    Ion voit une majorité de Subsahariens. Peu de Marocains et d’Algériens, qui auraient « leurs propres réseaux d’entraide ». « On dit aux gens de ne pas traverser la Bidassoa ou longer la voie ferrée. On fait le sale boulot en les aidant à poursuivre leur chemin, ce qui arrange la municipalité d’Irun et le gouvernement basque car on les débarrasse des migrants, regrette-t-il. En voulant les empêcher de passer, les États ne font que garantir leur souffrance et nourrir les trafiquants. »

    L’un des exilés se lève et suit une bénévole, avant de s’infiltrer, à quelques mètres de là, dans un immeuble de la vieille ville. Il est invité par Karmele, une retraitée aux cheveux grisonnants, à entrer dans une pièce dont les murs sont fournis d’étagères à vêtements.

    Dans ce vestiaire solidaire, tout a été pensé pour faire vite et bien : Karmele scrute la morphologie du jeune homme, puis pioche dans l’une des rangées, où le linge, selon sa nature – doudounes, pulls, polaires, pantalons – est soigneusement plié. « Tu es long [grand], ça devrait t’aller, ça », dit-elle en lui tendant une veste. À sa droite, une affiche placardée sous des cartons étiquetés « bébé » vient rappeler aux Africaines qu’elles sont des « femmes de pouvoir ».

    Le groupe d’exilés retourne au centre d’accueil pour se reposer avant de tenter le passage dans la journée. Mariem, l’adolescente, a choisi de ne pas se rendre place de la mairie à 10 heures, influencée par des camarades du centre. « On m’a dit qu’un homme pouvait nous faire passer, qu’on le paierait à notre arrivée à Bayonne. Mais je suis à la frontière et il ne répond pas au téléphone. Il nous a dit plus tôt qu’il y avait trop de contrôles et qu’on ne pourrait pas passer pour l’instant », confie-t-elle, dépitée, en fin de matinée. Elle restera bloquée jusqu’en fin d’après-midi à Behobia, le deuxième pont, avant de se résoudre à retourner à la Cruz Roja pour la nuit.

    L’exil nous détruit, je me dis des fois qu’on aurait mieux fait de rester auprès des nôtres

    Mokhtar*, un migrant algérien

    Au même moment, sur le parking précédant le pont de Santiago, de jeunes Maghrébins tuent le temps, allongés dans l’herbe ou assis sur un banc. Tous ont des parcours de vie en pointillés, bousillés par « el ghorba » (« l’exil »), qui n’a pas eu pitié d’eux, passés par différents pays européens sans parvenir à s’établir. « Huit ans que je suis en Europe et je n’ai toujours pas les papiers », lâche Younes*, un jeune Marocain vivant depuis un mois dans un foyer à Irun. Mokhtar*, un harraga (migrant parti clandestinement depuis les côtes algériennes) originaire d’Oran, abonde : « L’exil nous détruit, je me dis des fois qu’on aurait mieux fait de rester auprès des nôtres. Mais aujourd’hui, c’est impossible de rentrer sans avoir construit quelque chose... » La notion « d’échec », le regard des autres seraient insoutenables.

    Chaque jour, Mokhtar et ses amis voient des dizaines de migrants tenter le passage du pont qui matérialise la frontière. « Les Algériens qui sont morts étaient passés par ici. Ils sont même restés un temps dans notre foyer. Avant qu’ils ne passent la frontière, je leur ai filé quatre cigarettes. Ils sont partis de nuit, en longeant les rails de train depuis cet endroit, pointe-t-il du doigt au loin. Paix à leur âme. Cette frontière est l’une des plus difficiles à franchir en Europe. » L’autre drame humain est celui des proches des victimes, ravagés par l’incertitude faute d’informations émanant des autorités françaises.
    Les proches des victimes plongés dans l’incertitude

    « Les familles ne sont pas prévenues, c’est de la torture. On a des certitudes sur deux personnes. La mère de l’un des garçons a appelé l’hôpital, le commissariat… Sans obtenir d’informations. Or elle n’a plus de nouvelles depuis le jour du drame et les amis qui l’ont connu sont sûrs d’eux », expliquait une militante vendredi 22 octobre. Selon le procureur de Bayonne, contacté cette semaine par Mediapart, les victimes ont depuis été identifiées, à la fois grâce à l’enquête ouverte mais aussi grâce aux proches qui se sont signalés.

    La mosquée d’Irun a également joué un rôle primordial pour remonter la trace des harragas décédés. « On a été plusieurs à participer, dont des associations. J’ai été en contact avec les familles des victimes et le consulat d’Algérie, qui a presque tout géré. Les corps ont été rapatriés en Algérie samedi 30 octobre, le rescapé tient le coup moralement », détaille Mohamed, un membre actif du lieu de culte. Dès le 18 octobre, la page Facebook Les Algériens en France dévoilait le nom de deux des trois victimes, Faisal Hamdouche, 23 ans, et Mohamed Kamal, 21 ans.

    À quelques mètres de Mokhtar, sur un banc, deux jeunes Syriens se sont vu notifier un refus d’entrée, au motif qu’ils n’avaient pas de documents d’identité : « Ça fait quatre fois qu’on essaie de passer et qu’on nous refoule », s’époumone l’aîné, 20 ans, quatre tickets de « topo » à la main. Son petit frère, âgé de 14 ans, ne cesse de l’interroger. « On ne va pas pouvoir passer ? » Leur mère et leur sœur, toutes deux réfugiées, les attendent à Paris depuis deux ans ; l’impatience les gagne.

    Jeudi midi, les Syriens, mais aussi le groupe d’exilés renseignés par Irungo Harrera Sarea, sont tous à Pausa, à Bayonne. Certains se reposent, d’autres se détendent dans la cour du lieu d’accueil, où le soleil cogne. « C’était un peu difficile mais on a réussi, confie Fofana, un jeune Ivoirien, devant le portail, quai de Lesseps. Ça me fait tellement bizarre de voir les gens circuler librement, alors que nous, on doit faire attention. Je préfère en rire plutôt qu’en pleurer. »

    Si les exilés ont le droit de sortir, ils ne doivent pas s’éloigner pour éviter d’être contrôlés par la police. « On attend le car pour aller à Paris ce soir », ajoute M., le Syrien, tandis que son petit frère se cache derrière le parcmètre pour jouer, à l’abri du soleil, sur un téléphone. Une dernière étape, qui comporte elle aussi son lot de risques : certains chauffeurs des cars « Macron » réclament un document d’identité à la montée, d’autres pas.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/311021/la-frontiere-franco-espagnole-le-renforcement-des-controles-conduit-les-mi

    #frontières #migrations #réfugiés #France #Espagne #Pyrénées #contrôles_frontaliers #frontières #délation #morts #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #décès #militarisation_de_la_frontière #refoulements #push-backs #solidarité

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    voir aussi :
    #métaliste sur les personnes en migration décédées à la frontière entre l’#Espagne et la #France, #Pays_basque :
    ►https://seenthis.net/messages/932889

  • #Pays_basque : trois personnes sont mortes après avoir été percutées par un train, que s’est-il passé  ?

    Un terrible drame humain s’est déroulé vers 5 heures ce mardi. Un train en provenance d’Hendaye a percuté quatre hommes qui, possiblement, dormaient sur la voie. Le bilan est lourd : trois morts et un blessé grave

    Un terrible accident s’est déroulé ce mardi matin, sur les coups de 5 heures, à 500 mètres de la gare ferroviaire de #Saint-Jean-de-Luz, sur la commune de #Ciboure. Un train en provenance d’Hendaye a percuté un petit groupe de personnes - « possiblement des migrants », selon le parquet de #Bayonne.

    Le bilan humain est lourd : trois personnes sont décédées et une autre est grièvement blessée. Deux des victimes ont déjà été identifiées, indique le maire de Ciboure, Eneko Aldana. Il s’agit de deux Algériens, un âgé de 28 ans et un autre de 36 ans. « Ils étaient allongés sur le bas-côté ou sur la voie, ils ont vu le train arriver et ont essayé de s’échapper mais c’était trop tard », précise l’édile.

    « Allongés » sur la voie

    Un quatrième a été grièvement blessé et se trouve en urgence absolue. Cet homme âgé de 28 ans, selon ce qu’il a indiqué aux secours, a été gravement touché aux membres inférieurs et à l’abdomen et souffre d’une fracture du bassin. Pris en charge par une équipe du Samu sur place, il avait fait l’objet de premiers soins de la part des policiers, qui avaient stoppé l’hémorragie. Il a été transporté au centre hospitalier de Bayonne. Son pronostic vital est toujours engagé.

    Le choc est accidentel, indique le parquet, mais une enquête de flagrance est toujours en cours, menée conjointement par les policiers du commissariat de Saint-Jean-de-Luz et la police judiciaire de Bayonne. L’identité de l’une des victimes reste encore à déterminer. En fin de matinée, la police judiciaire ainsi que la sécurité ferroviaire étaient toujours sur place.

    Des drames qui se répètent

    EH Bai a immédiatement réagi dans la matinée à cette « terrible nouvelle » qui « s’est répétée ces derniers mois ». Le 22 mai dernier, le corps de Yaya Karamoko, un Ivoirien de 28 ans, était retrouvé dans la Bidassoa, près de la rive espagnole. Deux mois et demi plus tard, une autre jeune migrant décédait dans le fleuve frontière. Le 8 août, Abdoulaye Koulibaly, Guinéen de 18 ans, mourrait lui aussi dans une tentative de traversée à la nage, pour éviter les contrôles policiers réguliers entre Irun et Hendaye. Enfin, le 18 avril, à Irun, un exilé erythréen s’était donné la mort.

    Face à un « bilan humain qui ne cesse de s’alourdir », EH Bai veut « en terminer avec la répression persistante qui persécute sans cesse les migrants ».

    La CGT Cheminots, qui a salué la réactivité des salariés intervenus dans les plus brefs délais, s’est aussi ému « que chaque jour, des femmes, des hommes, parfois des enfants, perdent la vie pour fuir les persécutions, les guerres, la famine, les régimes totalitaires ou les crises ».

    Le groupe d’opposition municipal de Saint-Jean-de-Luz, Herri Berri, a tenu à exprimer « son horreur devant la mort de trois migrants ». Avant de rappeler qu’elle ne peut être perçue « sans être placée dans son contexte ». « Voici, s’il en était encore besoin, une nouvelle illustration de la situation de détresse extrême dans laquelle se trouvent aujourd’hui tant de populations. » Herri Berri a aussi une pensée pour les proches des victimes « qui vont apprendre la nouvelle dans les heures qui viennent, à celles et ceux qui – cheminots, pompiers, passagers, policiers – ont été confrontés à une scène d’horreur qui aurait dû pouvoir être évitée ».
    Reprise du trafic

    À 14 heures, la SNCF communiquait sur une reprise du trafic TER : « Le trafic reprend sur l’axe Bayonne-Hendaye, toutefois des retards sont à prévoir sur cet axe ». L’entreprise ferroviaire assure qu’il n’y a pas eu de blessés à bord du train. Les passagers, choqués, ont été pris en charge, ajoute-t-elle. Certains d’entre eux ont pu consulter la cellule d’aide psychologique de l’hôpital.

    ►https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/saint-jean-de-luz/terrible-drame-a-saint-jean-de-luz-trois-personnes-meurent-ecrasees-par-un-

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    ajouté à la métaliste sur les personnes décédées dans les #Pyrénées :
    ►https://seenthis.net/messages/932889

  • #métaliste sur les personnes en migration décédées à la frontière entre l’#Espagne et la #France, #Pays_basque

    Historique des personnes décédées dans la région en 2021 :

    EH Bai a immédiatement réagi dans la matinée à cette « terrible nouvelle » qui « s’est répétée ces derniers mois ». Le 22 mai dernier, le corps de Yaya Karamoko, un Ivoirien de 28 ans, était retrouvé dans la Bidassoa, près de la rive espagnole. Deux mois et demi plus tard, une autre jeune migrant décédait dans le fleuve frontière. Le 8 août, Abdoulaye Koulibaly, Guinéen de 18 ans, mourrait lui aussi dans une tentative de traversée à la nage, pour éviter les contrôles policiers réguliers entre Irun et Hendaye. Enfin, le 18 avril, à Irun, un exilé erythréen s’était donné la mort.

    ►https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/saint-jean-de-luz/terrible-drame-a-saint-jean-de-luz-trois-personnes-meurent-ecrasees-par-un-

    #frontières #migrations #réfugiés #morts #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #asile #décès

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    voir aussi
    À la frontière franco-espagnole, le renforcement des contrôles conduit les migrants à prendre toujours plus de #risques
    ▻https://seenthis.net/messages/935055

  • Pampelune (Pays Basque) : #expulsion de la #gaztetxea_Arrotxapeko
    ▻https://fr.squat.net/2021/09/08/pampelune-pays-basque-expulsion-de-la-gaztetxea-arrotxapeko

    Le matin du jeudi 2 septembre 2021, le squat Arrotxapeko (gaztetxea de Rochapea, au numéro 30 de la calle Artica), à Pampelune, occupé depuis 2016, a été expulsé par la police nationale espagnole et la police municipale de Pampelune. Quelques centaines de personnes ont afflué dès 8h30 du matin pour protester contre cette expulsion et […]

    #Vidéos #émeutes #Espagne #État_espagnol #Pampelune/Iruña #Pays_basque

  • Le corps sans vie d’un homme retrouvé dans la #Bidassoa

    Les secours ont repêché ce matin le #cadavre d’un homme noir dans la Bidassoa, à #Irun. Il s’agissait d’un exilé qui s’est noyé en tentant de rejoindre #Hendaye à la nage. Un autre jeune âgé de 16 ans a été secouru par des Hendayais avant d’être expulsé par les gendarmes.

    Ce samedi matin à Irun, du côté de l’#île_aux_Faisans, les pompiers ont retrouvé un corps sans vie sur les rives de la Bidassoa. Il s’agit d’un homme noir, un migrant qui a péri en traversant le fleuve à la nage pour se rendre sur les rives de l’Etat français, comme l’ont confirmé au site Naiz les pompiers d’Hendaye (▻https://www.naiz.eus/eu/info/noticia/20210522/rescatan-el-cuerpo-sin-vida-de-una-persona-en-el-rio-bidasoa).

    Selon la radio Antxeta Irratia (▻https://twitter.com/antxetairratia/status/1396063752856932359), des kayakistes du club Santiagoarrak ont fait cette macabre découverte vers 11 heures du matin, avant que les secours n’interviennent.

    De plus, Irungo Harrera Sarea (IHS) a signalé qu’une autre personne migrante, un adolescent de 16 ans, a été secouru par des Hendayais à l’issue de sa traversée de la Bidassoa. Selon Naiz, les gendarmes l’ont expulsé dans les deux heures qui ont suivi. Le réseau IHS a appelé à un rassemblement ce dimanche à 11h30 à Azken Portu, où a été retrouvé le corps sans vie du migrant.

    Déjà un décès le mois dernier

    Il y a un mois, un Erythréen avait été retrouvé mort à Irun (▻https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20210419/le-corps-d-un-erythreen-retrouve-mort-a-irun), non loin de la Bidassoa. Selon la police locale, la Ertzaintza, le jeune homme se serait suicidé par pendaison. Le réseau Irungo Harrera Sarea avait alors exigé des institutions qu’elles prennent leurs responsabilités dans cette affaire (▻https://www.naiz.eus/eu/hemeroteca/gara/editions/2021-04-22/hemeroteca_articles/eritrear-baten-heriotzaren-harira-ardurak-eskatu-ditu-harrera-sareak).

    Au #Pays_Basque Nord, l’Hendayais Tom Dubois avait fait part dans un entretien (▻https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20210317/un-jeune-guineen-qui-traversait-la-bidasoa-secouru-par-des-hendayais) à MEDIABASK le 17 mars dernier de son inquiétude qu’un tel drame se produise. Le 13 mars, avec des amis, il a porté secours à un jeune Guinéen qui venait d’arriver sur les rives hendayaises de la Bidassoa après l’avoir traversé à la nage depuis Irun.

    Manifestation le 29 mai

    Les associations Diakite, Etorkinekin, la Cimade et Irungo Harrera Sarea ont appelé à une mobilisation le 29 mai (▻https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20210521/manifestation-a-irun-et-hendaye-pour-les-droits-des-migrants). Deux colonnes au départ des mairies d’Irun et d’Hendaye se rejoindront pour une manifestation commune, pour défendre les droits des personnes migrantes.

    ▻https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20210522/le-corps-sans-vie-d-un-jeune-homme-retrouve-dans-la-bidassoa

    #décès #morts #mourir_aux_frontières #Espagne #rivière #montagne #fleuve #migrations #asile #réfugiés #frontières #France #Pyrénées

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    ajouté à la métaliste sur les personnes mortes dans les Pyrénées :
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    • #Yaya_Karamoko, 28 ans, meurt noyé à la frontière franco-espagnole

      Il avait 28 ans et rêvait de rejoindre la France dans l’espoir d’un avenir meilleur. Yaya Karamoko, originaire de Mankono en Côte d’Ivoire, est mort noyé dans la Bidassoa en voulant traverser le fleuve à la frontière franco-espagnole, le 22 mai. Mediapart retrace son parcours.

      « Il avait l’intention de s’installer en France… Il voulait travailler et sortir sa famille de la galère », souffle Hervé Zoumoul. Depuis deux semaines, cet activiste des droits humains, bénévole à Amnesty International France, remue ciel et terre pour mettre un nom et un visage sur celui qui s’est noyé le 22 mai dernier, à l’âge de 28 ans, en traversant la Bidassoa, un fleuve à la frontière franco-espagnole, dans le Pays basque. Il s’appelait Yaya Karamoko et avait commencé son périple depuis la Côte d’Ivoire, en passant par le Maroc, les Canaries et l’Espagne continentale.

      Selon Xabier Legarreta Gabilondo, responsable chargé des migrations et de l’asile au Pays basque espagnol, c’est la première fois qu’une personne exilée meurt dans la Bidassoa en empruntant cette route migratoire. « La police autonome de l’Euskadi m’a appelé le 22 mai pour m’apprendre que le corps de Yaya avait été retrouvé dans le fleuve. Le gouvernement basque souhaite dire toute sa consternation face à un événement si triste : il est choquant qu’une personne perde la vie en essayant de rechercher une opportunité. »

      Dans les jours qui suivent le décès, les autorités semblent perdues. « C’est moi qui ai appelé les proches de Yaya, avec l’aide de la communauté ivoirienne, pour les mettre au courant de son décès », confie l’écrivaine et militante Marie Cosnay, qui découvre avec surprise qu’aucune « information officielle » ne leur est parvenue en Côte d’Ivoire. La voix brisée et les silences songeurs, elle est encore sous le choc. Usée, aussi, par ses efforts d’investigation.

      « J’ai appelé la police basque et la cour d’Irun, mais ils ne savent rien. Je n’arrive pas à connaître le protocole dans un tel cas, tout le monde est très démuni. Il y a une faillite des États et des institutions légales », pointe-t-elle dix jours après le drame, avant de préciser que le corps du jeune homme était, à ce stade, toujours à l’institut médicolégal de San Sebastián, et que les proches présents sur le territoire français devaient « se constituer parties civiles » pour pouvoir le voir. « Nous avons tenté de faciliter les échanges entre le juge en charge du dossier de Yaya et les membres de sa famille, afin que le contact puisse être établi », assure de son côté le responsable des migrations et de l’asile du gouvernement basque, sans donner plus de détails.

      Au lendemain du drame, alors que la presse locale évoque le corps d’un « migrant » retrouvé dans la Bidassoa, un collectif de soutien aux exilés organise un rassemblement spontané sur le pont Santiago aux abords du fleuve. Près de 1 000 personnes sont là pour protester contre les frontières et les politiques migratoires qui conduisent à la mort les personnes en exil, à la recherche d’un pays sûr ou de meilleures conditions de vie. À cet instant, pour Marie Cosnay, présente dans la foule, l’urgence est aussi de retracer l’histoire de Yaya afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli.

      « Son seul objectif était d’aller en Europe »

      Le visage rond et le regard vif, le jeune Ivoirien rêvait « d’une vie meilleure », confie un ami à lui, qui a partagé sa chambre durant plusieurs mois à Dakhla, au Maroc. « Comme tout jeune Africain, il était passionné de football. Ici, on n’a pas la télévision alors on allait voir les matchs dans un café. Il adorait le club de Chelsea ! », se souvient-il. Et d’ajouter : « C’était quelqu’un de sympa, tranquille, qui ne parlait pas beaucoup. Il était souvent triste, son seul objectif était d’aller en Europe. »

      Originaire de Mankono (Côte d’Ivoire), où il grandit et quitte le lycée en classe de terminale, il travaille un temps comme chauffeur de taxi à Abidjan, puis dans le BTP. « On a grandi ensemble dans le même village, raconte son cousin Bakary tout en convoquant ses souvenirs. On partageait tout, même nos habits et nos chaussures. Il était ouvert aux autres et aimait rassembler les gens. » Souriant, drôle et taquin, aussi. « Il aimait beaucoup jouer au foot mais ne marquait jamais », ajoute-t-il dans un éclat de rire teinté de tristesse.

      Son père décédé, c’est pour aider sa famille qu’il décide de tenter sa chance en Europe début 2021, rapporte Hervé Zoumoul qui a retrouvé un certain nombre de ses proches pour remonter le fil de sa courte vie. Yaya s’envole au Maroc, où il travaille durant plusieurs mois d’abord comme maçon, puis dans une usine de conservation de poissons pour financer la traversée auprès d’un passeur qui lui demande 2 500 euros. À ses côtés, dans la pirogue qui lui promet une vie nouvelle, il prend soin de son neveu, âgé de seulement 11 ans. Ses parents ont fourni à Yaya une autorisation parentale, que Mediapart a pu consulter, l’autorisant à « effectuer un voyage [au] Maroc » en sa compagnie.

      « Il m’a raconté la traversée du Maroc aux Canaries et ce n’était vraiment pas facile, poursuit l’ami de Yaya basé à Dakhla. Ils se sont perdus et sont restés cinq jours en mer. Des personnes se sont jetées à l’eau, il y a eu des morts. Selon ses dires, le capitaine du convoi et plusieurs autres ont été arrêtés parce qu’ils n’ont pas déclaré les disparus aux autorités à leur arrivée [le 16 mars – ndlr]. » Depuis 2020, cette route particulièrement dangereuse via les Canaries s’est réactivée, notamment depuis le Sénégal et le sud du Sahara occidental, faisant gonfler le nombre d’arrivées sur l’archipel espagnol (lire ici notre entretien, ou là notre reportage).

      « L’enfant qui accompagnait Yaya a finalement été pris en charge dans un centre pour mineurs aux Canaries et y est resté », explique Marie Cosnay. « Yaya a poursuivi sa route, enchaîne Hervé Zoumoul. Il était avec un groupe de personnes transféré le 22 avril en Espagne continentale. » Lui et trois de ses compagnons de route arrivent d’abord à Malaga et remontent petit à petit vers le nord, de Grenade à Madrid, jusqu’à atteindre Irun dans le Pays basque le 15 mai.

      Ils sont accueillis dans un centre d’accueil pour migrants de la Croix-Rouge, placé sous l’autorité de la communauté autonome du Pays basque espagnol. Ils quittent les lieux le 16 mai, précise Hervé Zoumoul, également à l’origine de la plateforme « Protégeons les migrants, pas les frontières ». « À partir de là, ni ses amis ni sa famille n’ont réussi à joindre Yaya. Ils ont supposé qu’il avait changé de numéro ou perdu son téléphone... » Jusqu’à la terrible nouvelle.

      Les trois amis de Yaya, avec qui il a traversé l’océan Atlantique depuis Dakhla jusqu’aux Canaries, puis rejoint l’Espagne continentale un mois plus tard, ont tous gagné la France. Contacté par Mediapart, l’un d’entre eux a préféré rester silencieux. « C’est très difficile pour eux. Ils ont été obligés de se séparer pour ne pas être repérés par la police. Yaya n’a pas réussi à traverser, eux ont survécu », résume Hervé Zoumoul.

      Yaya Karamoko laisse derrière lui une mère âgée et plusieurs frères et sœurs sans ressources. « Il représentait tous mes espoirs. C’est grâce à lui que je suis ici, il m’a aidée à fuir mon domicile au pays car j’étais victime de violences conjugales, sanglote Aminata, une cousine de Yaya, actuellement au Maroc. Il devait m’aider pour la suite... Comment je vais faire s’il ne vit plus ? »

      Celle qui avait pour projet de le rejoindre en France se dit aujourd’hui perdue. « Les gens à Mankono n’arrivent pas à croire qu’il est décédé, complète son cousin Bakary. Je ne sais pas si sa mère tiendra longtemps avec cette nouvelle. Je ne pourrai jamais l’oublier. » Faute de moyens, le corps de Yaya ne pourra pas être rapatrié en Côte d’Ivoire. « Sa famille ne peut pas se permettre de payer pour cela. Il sera donc enterré en Espagne », précise Hervé Zoumoul.

      Combien de morts devra-t-il encore y avoir aux portes de l’Europe et de la France pour espérer voir une once de changement dans nos politiques migratoires ? « Il est temps d’exiger des engagements collectifs tant au Pays basque qu’en Espagne et en Europe. Il est temps de revendiquer de l’humanité et des droits dans les politiques migratoires, d’accueil et de transit », conclut Xabier Legarreta Gabilondo. Le gouvernement basque a demandé au gouvernement espagnol l’organisation d’une réunion pour en discuter. »

      ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/070621/yaya-karamoko-28-ans-meurt-noye-la-frontiere-franco-espagnole

  • À la frontière franco-espagnole, la police «#traque» les migrants

    Depuis environ un mois, les contrôles à la frontière franco-espagnole se sont intensifiés. Selon les associations, les migrants, « traqués par la police », prennent de plus en plus de #risques pour atteindre la France. Les humanitaires redoutent un drame, d’autant que certains exilés tentent désormais de rejoindre l’Hexagone en traversant la #rivière #Bidassoa à la nage.

    « #Refoulements illégaux », « traque », « #chasse_à_l'homme », « violation des droits »... Les mots utilisés par les associations locales pour décrire la situation à la frontière franco-espagnole sont forts. Depuis un mois, les humanitaires observent une présence de plus en plus importante des #forces_de_l'ordre. « Il y a toujours eu des contrôles mais à ce point-là, jamais ! On a même vu des #militaires déambuler dans les villages », raconte Lucie Bortaitu de l’association bayonnaise Diakité.

    Début novembre, lors d’une visite dans les Pyrénées, le président Emmanuel Macron avait annoncé le doublement des effectifs aux frontières françaises pour lutter contre la menace terroriste, les trafics et l’immigration illégale.

    À cela s’ajoute la fermeture, début janvier, de 15 points de passage sur les 650 kilomètres de frontière qui séparent l’Espagne de la France pour contenir la pandémie de Covid-19. Cette #surveillance renforcée 24h/24 mobilise 230 #policiers et #militaires.

    Mais pour les associations, le principal enjeu est de limiter l’arrivée de migrants dans l’Hexagone. « Les autorités françaises utilisent l’excuse de la crise sanitaire mais en fait le but premier est le #contrôle_migratoire », estime Ion Aranguren, de l’association espagnole Irungo Harrera Sarea, active du côté d’Irun. « C’est clairement pour lutter contre l’immigration illégale : seuls les Noirs sont constamment contrôlés par les policiers », renchérit Lucie Bortaitu.

    Des refoulements quotidiens

    Depuis plusieurs semaines, selon les humanitaires, les migrants sont « traqués » sur la route, dans les trains et dans la rue. À #Hendaye, les #gendarmes sont même entrés dans le jardin d’un particulier pour y extraire un exilé venu se cacher de la police, rapportent les bénévoles. Des migrants ont aussi été arrêtés au-delà des #20_kilomètres de la frontière, un rayon dans lequel les contrôles d’entrée sur le territoire sont autorisés. Plusieurs personnes ont ainsi été interpellées à #Bordeaux à leur descente du train et expulsées en Espagne.

    D’autres migrants racontent avoir été interpellés, puis envoyés dans les locaux de police avant d’être expulsés à la frontière au beau milieu de la nuit. « L’autre jour, on a appris que cinq femmes avaient été déposées à #Behobia [ville espagnole frontalière située à quelques kilomètres d’#Irun, ndlr] tard le soir. On les lâche là au milieu de nulle part, loin des associations et alors qu’un couvre-feu est aussi en vigueur en Espagne », souffle Lucie Bortaitu. D’autres encore ont été laissés par la police française à #Ibardin, en plein cœur des Pyrénées, du côté espagnol.

    Ce genre de témoignages de refoulement sont recueillis quotidiennement par les associations, françaises et espagnoles. Certains exilés ont déjà tenté six, sept voire huit fois le passage.

    Les mineurs non plus n’échappent pas à ces renvois, malgré la possession d’acte de naissance pour certains, synonyme d’une évaluation de leur minorité et d’une prise en charge par le département.

    Atteindre la France par la rivière

    Ces refoulements, de plus en plus fréquents, inquiètent les humanitaires et les avocats. « Ces #expulsions, qui sont devenues la norme, se font en dehors de tout cadre légal. Ce sont purement et simplement des renvois expéditifs illégaux », signale Me Francisco Sanchez Rodriguez, avocat en droits des étrangers au barreau de Bayonne. Les exilés n’ont en effet pas la possibilité de déposer l’asile, et aucun document de renvoi ne leur est délivré par un juge, comme le prévoit la loi. « On n’avait jamais vu cela à cette frontière », assure l’avocat.

    Malgré la pression policière et les violations de leurs droits, les migrants restent déterminés à continuer leur route. Résultat : ils prennent de plus en plus de risques pour échapper aux forces de l’ordre. Quelques-uns ont même tenté d’atteindre la France en traversant la frontière Bidassoa, qui sépare les deux pays. Un itinéraire jusque-là jamais emprunté par les exilés.

    Tom Dubois-Robin, un habitant d’Hendaye, voit depuis environ un mois des migrants essayer de « passer en France à la nage », en dépit des dangers. Samedi 13 mars, alors qu’il est assis au bord de l’eau avec des amis, il porte secours à un jeune homme venu de l’autre côté de la rivière. Quelques jours plus tard, Tom Dubois-Robin ramasse une doudoune dans l’eau. Dans les poches, il trouve des effets de la Croix-Rouge, dont le centre à Irun accueille des exilés. « Il a dû tenter la traversée et a jeté sa doudoune car elle était trop lourde », pense l’Hendayais.

    Les associations et les citoyens du #Pays_basque redoutent un drame, et se battent pour empêcher que leur rivière ne devienne un cimetière. Tom Dubois-Robin partage ce combat. Cet ancien policier, qui a lâché son uniforme en 2018 en raison justement de ces renvois à répétition, a écrit aux élus de sa région pour « qu’ils tapent du point sur la table et qu’on évite le pire ». Las qu’il est depuis plusieurs années de « ce ping-pong incessant » qui consiste à « renvoyer à la frontière des familles avec enfants ».

    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/31024/a-la-frontiere-franco-espagnole-la-police-traque-les-migrants

    #traque_policière #frontières #migrations #asile #réfugiés #Pyrénées #France #Espagne #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #armée #police

    ping @isskein @karine4

  • Première partie : Une déclaration… pour la vie

    EZLN

    ▻https://lavoiedujaguar.net/Premiere-partie-Une-declaration-Pour-la-vie

    Frères, sœurs et compañer@s,

    Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes femmes, lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, travestis, transsexuels, intersexes, queers et autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cetera qui nous donne une identité.

    Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des ciels, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pour, des contre, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cetera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose. (...)

    #EZLN #zapatistes #Mexique #Grèce #Allemagne #France #Pays_basque #Autriche #Belgique #Bulgarie #Catalogne #Chypre #Ecosse #Slovaquie #Europe #Angleterre #Irlande #Norvège #Portugal #République_tchèque #Russie #Suisse #Togo #État_espagnol #Italie #Argentine #Brésil #Canada #Chili #Colombie #Equateur #Etats-Unis #Pérou

  • #Santurtzi : #manifestation, créer, soutenir et défendre les squats
    ▻https://fr.squat.net/2020/11/17/santurtzi-manifestation-creer-soutenir-et-defendre-les-squats

    Avec ce bref texte, nous aimerions vous inviter à la manifestation le 28 novembre à 12h30, partant de la Kultur Etxea de Mamariga à Santurtzi. A l’occasion de la campagne médiatique contre les squats qui est menée par des médias de désinformation, les mobilisations de quartier anti-occupation à connotation raciste et classiste qui forcent les […]

    #Bilbao #Biscaye #État_espagnol #Kelo_Gaztexea #Mamarigako_Gaztetxea #Mamarigako_Kultur_Etxea #Pays_basque

  • Au Pays basque, les paysans ont créé leur chambre d’agriculture alternative
    ▻https://m.reporterre.net/Au-Pays-basque-les-paysans-ont-cree-leur-chambre-d-agriculture-alterna

    Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG – chambre d’agriculture basque - en euskara, la langue basque) est une association pour aider les paysans créée en 2005. Endossant le même rôle qu’une chambre d’agriculture départementale sans pour autant être reconnue comme un office public, elle encourage une politique agricole différente de celle des chambres officielles.

    #agriculture #chambre_d'agriculture #syndicat_agricole #agriculture_paysanne #Pays_basque coucou @koldobika

  • Bayonne, entre stupeur et tremblements
    ▻https://lemediapresse.fr/societe/bayonne-entre-stupeur-et-tremblements

    Lundi 28 octobre, Claude Sinké, un ancien candidat FN de 84 ans, tentait d’incendier la mosquée de Bayonne et blessait gravement deux fidèles de 74 et 78 ans. Des habitants du quartier et des musulmans de Bayonne mettent en cause les médias et les discours de haine distillés depuis des mois. 

    #Société #Islam #Islamophobie #Pays_Basque #Terrorisme

  • Contre-G7 : retour sur un non-événement
    https://lemediapresse.fr/politique/contre-g7-retour-sur-un-non-evenement

    Depuis l’émergence du mouvement altermondialiste, jamais l’opposition à un sommet mondial n’avait été si faible que lors du #G7 de #Biarritz. En cause, une « neutralisation stratégique » du mouvement #Social par les autorités, mais également une timidité suspecte de la gauche indépendantiste basque dans ses appels à mobilisation.

    #Politique #abertzale #ETA #G20 #Pays_Basque

  • Giraldillas desobedientes
    Retour sur le sabotage institutionnel d’initiatives de désobéissance civile au #Pays_Basque sud, par Jonathan Martinez, chercheur en communication
    ▻https://www.naiz.eus/es/iritzia/articulos/giraldillas-desobedientes

    Le 20 août 1999, deux activistes du mouvement Solidarité avec les PreSOS ont assisté à l’inauguration des Championnats du monde d’athlétisme à Séville, se sont déguisés en giraldillas - la mascotte officielle de l’événement - ont tourné en dérision le dispositif de sécurité de quatre mille policiers et cent caméras de surveillance, et ont marché pendant vingt minutes à travers le stade de La Cartuja avec des drapeaux contre la dispersion des #prisonniers_politiques basques. Une troisième personne a infiltré l’événement avec une caméra, une autre a distribué des tracts dans l’espace réservé à la presse et six autres activistes sont descendus en rappel dans les gradins et ont déployé une banderole en faveur du rapprochement des prisonniers. La police a arrêté un total de dix jeunes d’Errenteria.

    Le prince des Asturies l’a vu. Les soixante mille spectateurs qui ont assisté au gala l’ont vu. Nous étions chez nous devant la télévision entre stupeur et rigolade. Soixante chaînes du monde entier ont retransmis l’événement à un public potentiel de 3,5 milliards de personnes. Dans l’apothéose du trollage, l’une des mascotes de solidarité est venue serrer la main du présentateur, le journaliste Carlos Herrera, qui en a profité pour poser avec devant le public et l’appeler "notre giraldilla". Les deux militants camouflés ont applaudi l’hymne de l’Andalousie et sont restés immobiles sur scène pendant que le groupe sévillan Always Thus interprétait la chanson officielle des championnats. Plus tard, les délégations des pays participants ont défilé jusqu’à ce que les organisateurs détectent la blague et fassent sortir les mascotes.

    Après la manifestation, alors que la presse faisait déjà écho à l’événement, nous avons pu connaître la déclaration qui détaillait les intentions des solidaires. L’objectif n’était pas de boycotter le gala mais d’afficher une performance pacifique attirant l’attention sur la violation des droits de l’homme dans les prisons espagnoles. Igor Ahedo recueille cet épisode dans son livre "Le mouvement démo et la nouvelle cuisine basque (désobéissante)". « Nous avons traité la cérémonie avec respect. Nous aurions pu la couper complètement, mais nous nous sommes bien comportés et ne nous sommes placés que dans deux coins. Ils ont expliqué qu’#Euskal_Herria "compte 508 prisonniers politiques et plus de 2 000 réfugiés et exilés, et que l’État espagnol ne respecte pas ses propres lois pénitentiaires". Dans la tradition du mouvement de pro-amnistie, ils ont exigé la libération des prisonniers malades ainsi que de ceux qui avaient purgé les trois quarts de leur peine.

    Après une longue histoire de non-violence en Euskal Herria, les actions désobéissantes ont connu un rebond il y a vingt ans. Le contexte était bien sûr propice. Le 12 septembre 1998, les syndicats et la majorité politique basques avaient signé l’accord de #Lizarra-Garazi en quête de paix et de souveraineté. Une semaine plus tard, l’ETA a répondu par une trêve. Le modèle de négociation irlandais et le rôle de Tony Blair dans l’accord du vendredi saint ont trouvé leur réponse dans l’exécutif d’Aznar, qui a autorisé le 3 novembre « des contacts avec l’environnement du mouvement de libération basque ». Pendant la durée du gouvernement du parti populaire, il y a eu 311 libérations. Entre 1996 et 1999, le PP a approché 190 prisonniers, accordé 42 libérations conditionnelles et conçu un plan de retour pour 304 exilés poursuivis par la justice.

    Le cessez-le-feu et l’accumulation de forces souveraines ont créé un terreau propice à la #désobéissance_civile et ont placé les abus dans les prisons au centre de l’agenda politique basque. Trois mois après que l’ETA a déclaré le cessez-le-feu, Solidarité avec les PreSOS a planifié une action spectaculaire dans la prison d’Algésiras. À la veille du réveillon de Noël, un olentzero [personnage de la mythlogie basque associé au solstice d’hiver, devenu partiellement un équivalent du Père Noël, NdT] perché sur une fenêtre de la prison s’est enchaîné et a commencé à frapper les murs avec une pointe, tandis que deux autres militants déguisés en fermiers traditionnels déployaient une banderole en faveur du rapprochement des prisonniers. En novembre 1999, plusieurs détenus ont entamé une grève de la faim. Daniel Derguy a atteint 63 jours de jeûne au cours desquels il a perdu une trentaine de kilos.

    Mais la dynamique de la résistance pacifique s’est heurtée à la doctrine du "Tout est ETA" du juge Garzón. Dans un jeu retors d’illusionisme, les médias ont affirmé que la désobéissance civile était une forme de #terrorisme. À la fermeture du journal "Egin" en juillet 1998, s’est ajouté le raid contre la fondation Joxemi Zumalabe en octobre 2000. Le ministère de l’intérieur a porté des accusations aussi tordues que "l’ouverture de voies pour le non-usage de documents d’identité espagnols et français, arbitrant des documents exclusifs à Euskal Herria". Dans un galimatias d’instructions et d’accusations, plus de 250 personnes sont passées devant les tribunaux pour rendre compte de leurs activités dans le monde associatif. Sabino Ormazabal et ses compagnons désobéissants ont été acquittés en 2009, neuf ans après le raid. En janvier 2018, sortait de prison Joxean Etxeberria, dernier détenu de l’instruction 18/98.

    Les giraldillas désobéissantes ont vingt ans et la tentation de la comparaison nous assaille. Aujourd’hui, il n’ya pas de trêve, mais un #désarmement consolidé. Il y a eu beaucoup de négociations, mais le seul #processus_de_paix qui ait abouti est devenu celui dans lequel l’État n’était pas le protagoniste. Aujourd’hui, il n’y a pas d’accumulation de #souveraineté, mais une distribution de parts de gâteau entre le PNV, le PSOE et le PP. Aujourd’hui, on n’entend plus dire que "le Statut de Gernika est mort" et nous continuons à grapiller les compétences d’une loi organique violée depuis quarante ans [loi définissant l’autonomie de la Communauté Autonome Basque, toujours non intégralement respectée aujourd’hui, NdT]. Aujourd’hui, nous nous engageons dans des querelles préfabriquées concernant les ongi etorri [cérémonies de bienvenue aux prisonniers politiques retournant chez eux après leur sortie de prison, NdT], tandis que l’Audiencia Nacional explique que ce ne sont rien de plus que "des expressions de satisfaction, de solidarité et du désir d’une politique carcérale favorable". Nous avons aujourd’hui un représentant du gouvernement espagnol, comme Jesús Loza, qui se permet le luxe de brandir la menace d’une "recrudescence du terrorisme". Nous devrons attendre encore vingt ans pour voir un peu de lumière. Mais vingt ans ce n’est rien, chantait Gardel.

    [EDIT du 02/09, deux petites erreurs de traduction]

  • #G7 : Au #Pays_Basque, l’État montre les muscles
    ▻https://lemediapresse.fr/politique/g7-au-pays-basque-letat-montre-les-muscles

    Le sommet des « dirigeants de la planète », qui se tiendra à #Biarritz du 24 au 26 août, s’annonce comme l’un des plus restrictifs en termes d’ouverture à la société civile. Si la France traverse la période la plus répressive de son histoire récente, les autres États du groupe ont eux aussi durci progressivement, depuis le sommet de #Seattle, les stratégies de maintien de l’ordre pour faire face aux mobilisations altermondialistes.

    #Politique #Social #abertzale #ATTAC #Castaner #Décrocheurs #ETA #G20 #G7_EZ #G7EZ #Hambourg #Hendaye #Irun #Macron