• #fourches jouera « #silence_dans_les_champs » à #landerneau ce jeudi 24 septembre avec « Splann ! »
    ▻https://splann.org/fourches-silence-dans-les-champs-landerneau

    Le collectif Fourches jouera son adaptation rock de « Silence dans les champs », ce soir, à Landerneau. « Splann ! » animera un échange autour des conséquence du dérèglement climatique sur l’agriculture à l’issue du #concert. L’article Fourches jouera « Silence dans les champs » à Landerneau ce jeudi 24 septembre avec « Splann ! » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #agriculteurs #agriculture #agroindustrie #Arnaud_Kermarrec-Totorici #changement_climatique #climat #françois_joncour #Jean-François_Glinec #kristen_falc'hon #le_family #musique #nicolas_legendre #Olivier_Glinec #paysans #rock_noise

  • [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour #dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit #maël_de_calan après la perte de son #rsa
    ▻https://splann.org/reportage-video-cecile-maraichere-rsa-finistere

    La date du 15 juin est cochée depuis plus de deux mois dans l’agenda de Cécile Weyer. La maraîchère bio de Guengat, dans le Sud-Finistère, a rendez-vous ce lundi au tribunal judiciaire de Brest. Radiée du RSA, elle s’est portée partie civile contre Maël de Calan dans la procédure pour « harcèlement moral institutionnel » engagée par la #cgt. L’article [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit Maël de Calan après la perte de son RSA est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #agricultrice #agriculture #agriculture_biologique #bimbamjob #burn_out #cécile_rigard #charlie_renaud #confédération_paysanne #ferme #finistère #ludovic_morin #maraîchage #minima_sociaux #nathan_martin #pauvreté #paysanne #précarité #psychologie #souffrance #travail

  • « Splann ! » accompagne la tournée finistérienne du #concert-enquête « #silence_dans_les_champs » du groupe #fourches
    ▻https://splann.org/fourches-silence-dans-les-champs-finistere

    Après « Algues vertes, l’histoire interdite », les musiciens #françois_joncour et #Arnaud_Kermarrec-Totorici adaptent une nouvelle enquête sous forme de concert avec « Silence dans les champs », de #nicolas_legendre. Splann ! est fier d’accompagner leur tournée dans le #finistère, 15 mai au 28 juin 2026. L’article « Splann ! » accompagne la tournée finistérienne du concert-enquête « Silence dans les champs » du groupe Fourches est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculteurs #agriculture #Antoine_Messager_Pasqualini #brest #Châteaulin #crozon #ferme_de_trévarn #kristen_falc'hon #mac_orlan #morlaix #Paul_Le_Galle #paysans #productivisme #rock_noise #Run_ar_Puñs #saint-urbain #sew #Ty_Skol

  • Liberté, égalité, communs : retour sur la guerre des #Paysans de 1525
    ▻https://www.terrestres.org/2025/12/24/liberte-egalite-communs-retour-sur-la-guerre-des-paysans-de-1525

    En Occident, on raconte que la liberté #Politique débute avec les révolutions du siècle des Lumières. A rebours de ce récit, et à l’occasion du 500e anniversaire de la révolte des paysans allemand de 1525, Aurélien Berlan rappelle qu’une conception terrestre de la liberté s’est alors affirmée. 250 ans avant la Révolution française, la paysannerie réclamait déjà la liberté et l’égalité ! L’article Liberté, égalité, communs : retour sur la guerre des paysans de 1525 est apparu en premier sur Terrestres.

    #Histoire #Luttes #Récits

  • L’Alliance écologique et sociale exprime son soutien aux mobilisations paysannes en cours contre la politique brutale du gouvernement

    L’Alliance écologique et sociale exprime son soutien à la mobilisation des paysan∙nes dans un contexte de cristallisation des colères contre la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. La brutalité avec laquelle est menée la politique sanitaire du gouvernement, sans concertation ni construction commune avec les éleveurs et les éleveuses, sans suffisamment accompagner ces dernier∙es face aux pertes subies, est d’une grande violence. Elle met également en danger les agent∙es du ministère de l’Agriculture en première ligne pour la mettre en œuvre, et qui sont pris∙es pour cible de façon inacceptable.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/18/stop-a-labattage-total-appuyons-les-blocages-communique-deleveurs-et-eleveuses-des-soulevements-de-la-terre/#comment-70884

    #paysannerie

  • Cette association transforme une #friche en terre d’#accueil pour les exilés

    Près de l’aéroport de #Roissy, une parcelle arrachée aux ronces est un nouveau laboratoire de l’association #A4. Pensé par et pour les personnes exilées, ce projet part de la terre pour déjouer les violences institutionnelles.

    C’est dimanche et le soleil ne s’y est pas trompé : il est resté couché sous une épaisse couverture de nuages. Dans la grisaille, la bêche plantée dans la terre lourde, Habib s’accorde une pause. 37 ans, silhouette haute, mains posées sur le manche, il laisse son regard glisser sur ce bout de friche situé à #Mitry-Mory, à une minute à vol d’oiseau de l’#aéroport_Roissy_Charles-de-Gaulle : les ronces enchevêtrées, les cabanes mordues par les saisons, les pruniers fatigués. Autour de lui, des volontaires tirent des branches, poussent des brouettes, déterrent des années d’abandon.

    Ici, l’objectif est d’abord de rendre la terre cultivable : installer une serre (presque achevée), lancer les premiers semis et poser les bases d’une activité agricole modeste mais concrète. À terme, sur cette friche de 2 820 m² confiée par la Ville, l’association A4 projette de faire pousser #fruits et #légumes, de tester des cultures adaptées aux #sécheresses, et de dégager de premières ressources économiques.

    A4 pour association d’accueil en #agriculture et #artisanat. Née en 2022, cette structure se donne pour mission de récupérer des îlots de terre pour bâtir un système d’#entraide pensé par et pour les personnes exilées — accueil, #formation, #accès_au_travail, #accompagnement_administratif. Une partie des récoltes pourrait donc être vendue, sur place ou sur des marchés locaux, si la mairie donne son accord, afin de financer le fonctionnement de l’association et permettre à d’autres projets agricoles portés par des personnes exilées de voir le jour. Un projet collégial pour déborder les réponses d’urgence, affronter les violences institutionnelles, desserrer l’étau du racisme, et inventer un espace d’#autonomie où, par la terre, on déjoue les assignations.

    Sous un prunus au feuillage frémissant, Agathe, bénévole au sein de A4 et actuellement en formation de #maraîchage, accepte notre micro avec une timidité inquiète — une réserve forgée par des rendez-vous médiatiques déformés. Très investie sur la parcelle, elle résume la journée : « On veut rendre le terrain cultivable. On vide les cabanes, on trie. » Pour elle comme pour les autres, ce terrain reste une première étape : trop petit pour faire vivre plusieurs personnes, mais précieux pour expérimenter, créer du lien, et préparer des installations agricoles à plus grande échelle.

    Plus loin, un groupe creuse des sillons pour les cassis, groseilles, framboises, mûres. « Ça se plante à l’automne et ça met 2 ou 3 ans avant de produire. Alors, il faut commencer vite. » Là, elle imagine des cultures sous bâches tissées : « Mais l’idée, c’est de voir et de décider ensemble. » Le calendrier se construit au fil de l’avancée du chantier et des envies des personnes impliquées, dans une logique assumée d’expérimentation plutôt que de plan figé.

    Luttes des #sans-papiers

    Ici, chaque geste esquisse un futur collectif. L’association, dont une quinzaine de membres forment le noyau dur, se réunit une fois par mois en visioconférence et tous les trois mois en présentiel. Les groupes locaux — en Anjou, à Grenoble, Lannion, en Île-de-France, à Lyon, en Centre-Bretagne — s’organisent en autonomie. Cinq salariés, bientôt huit. Et déjà des expériences concrètes : tests de #semences sahéliennes en Île-de-France ; enquêtes sur l’agriculture et le travail saisonnier ; des serres montées à Lannion — leur première installation agricole menée par des personnes migrantes avec ou sans papiers, même si le contrat s’est depuis arrêté.

    L’histoire de A4 plonge ses racines dans les luttes des sans-papiers, les foyers de travailleurs immigrés, les files du 115. Tarik, salarié, se souvient des années 2010 : les démolitions de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine), la gentrification, les déboutés du droit d’asile relégués en hôtels sociaux. Ou pire. « La précarité locative et administrative explosait. Beaucoup de personnes non régularisées se retrouvaient à la rue. » C’est là qu’il rencontre Backo, futur cofondateur.

    Lunettes de protection relevées sur le front, la débroussailleuse encore chaude entre les mains, Backo raconte les années d’#errance en Espagne puis en France : les squats, les salaires indigents, la maison qu’il gardait pour 150 euros par mois, quand un salarié « régulier » se voyait proposer 2 000 euros pour un travail équivalent. « Quand t’as pas les papiers, les patrons t’esclavagisent. Ils savent que t’es dans le trou. Ils en profitent. »

    En France, une personne sans titre de séjour n’a pas le droit de travailler… mais doit prouver une activité salariée pour espérer être régularisée. Habib, soudeur-chaudronnier originaire du Soudan passé par le bidonville de Calais puis la zad de Notre-Dame-des-Landes, souffle : « C’est une contradiction volontaire, qui nous rend vulnérables face aux patrons. » Backo enchaîne : « Ceux qui ont les bons passeports peuvent traverser le monde. Nous, non, sauf pour des boulots dont personne ne veut. »

    « C’est nous qui devons porter les solutions »

    Autour d’eux, le chantier se poursuit. Les silhouettes sont fléchies, et la pluie hésitante. Tarik, Backo et Habib se remémorent les visages croisés au fil des combats : retraités usés du bâtiment ou du ménage, jeunes déplacés de centres d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) en hôtels sociaux, tous portés par le même sentiment d’être rejetés, tout juste tolérés comme une simple force de travail.

    Comment bâtir un espace autonome, affranchi de ces stigmates ? De fil en aiguille, l’idée d’un réseau national a émergé. « Dans un contexte de répression et de criminalisation des figures de l’immigré, il devenait urgent de lutter contre un système déshumanisant et de considérer chaque individu comme un sujet politique à part entière », dit Tarik. Pas une structure caritative, donc, mais un outil d’#émancipation. « C’est nous qui savons où on a mal, souffle Habib. C’est nous qui devons porter les solutions. »

    Cela passait, pour eux, par la #terre : nombreux étaient paysans dans leur pays de départ et avaient des savoir-faire à revendre. En France, outre une crise de l’accueil, ils pensent pouvoir répondre à une autre problématique : la disparition des #fermes, l’accaparement #foncier, le manque criant de #paysans. « Dans dix ans, 55 % seront partis à la retraite », cite Habib. « Nous, on est là, on est prêts. » Il marque une pause, la joue sur le bois de sa bêche. Et ajoute : « Mais pas pour prolonger un modèle d’exploitation. »

    Obstacles administratifs

    Car A4 a multiplié les « voyages-enquêtes » dans les vergers, à la rencontre de saisonniers logés dans des baraques insalubres, dépendants de patrons qui tiennent leur avenir administratif. Beaucoup viennent de régions rurales du Sahel ravagées par les sécheresses et l’accaparement foncier. Et, ici, la politique migratoire prolonge leur #dépossession : on ne leur laisse accéder à la terre qu’en forçats.

    C’est précisément pour éviter de reproduire ces logiques que l’association a engagé un travail de #formation_politique interne, encore en construction. Deux axes se dessinent : l’un à destination des personnes concernées par l’exil, pour renforcer leur #pouvoir_d’agir, leur place dans la prise de décision et sortir des logiques caritatives ; l’autre à destination des personnes blanches engagées dans l’association ou ses réseaux, afin de travailler les rapports de pouvoir, les biais racistes et les #postures paternalistes en milieu agricole et militant. « On veut empêcher de reproduire les schémas coloniaux », insiste Habib. « Il faut que les personnes concernées soient décisionnaires, et que chacun apprenne à travailler sur un pied d’égalité. »

    Mais rien n’est simple. Backo, qui a posé la débroussailleuse, déplore les obstacles administratifs rencontrés ces derniers mois. « Récemment, par exemple, on a visité une ferme de 10 hectares. On peut acheter. Ce qui bloque, c’est pas l’argent : c’est les papiers, glisse Backo. Pour beaucoup, la terre, ici, devrait être réservée aux Français. Quand on a demandé des formations, on nous a parfois dit qu’on n’entrait pas dans les cases, car on était un “public migrant”. » L’association se finance principalement grâce aux dons.

    Depuis juillet 2024, A4 porte aussi les stigmates de deux #attaques_racistes subies, deux soirs de suite, à #Lannion, dans les #Côtes-d’Armor : des individus ont brisé les vitres et éventré ses serres, en plein entre-deux-tours des législatives. En plantant quelques aromatiques, Aline, qui faisait partie du groupe local lannionnais, murmure : « Ça laisse des traces. » Habib acquiesce : « Ça a pratiquement détruit la dynamique du groupe local. On a pris cher. » Aline a déménagé en région parisienne depuis, et se réjouit de retrouver ses camarades. « Ça fait du bien de voir qu’on continue de repousser ailleurs, malgré tout. »

    Semences du Sahel résistantes à la #sécheresse

    En fin d’après-midi, autour d’un thermos de thé, les discussions dérivent vers l’avenir. Ici, chacun semble projeter quelque chose : un fournil, un restaurant populaire, des paniers de légumes, une activité de formation. Sambala, 31 ans, le dit ainsi : « A4, c’est aussi mettre en valeur les projets de gens qui ont été trop longtemps ignorés. »

    Koné, 39 ans, passé par l’Espagne, rêve d’un four à pain mobile. Diplômé en boulangerie, il n’a jamais pu exercer légalement. « J’aimerais travailler le pain, mais c’est compliqué tant que j’ai pas les papiers. Donc je fais du bâtiment, du ménage… pour survivre. » Il garde l’espérance : « Si l’association continue de se déployer, peut-être que j’aurai cette chance. » A4 entretient des liens avec d’autres organisations paysannes, comme Terre de liens.

    Sambala, lui, raconte ses dix ans de petits boulots sans contrat, de nuits d’incertitude. Son rêve, c’est d’ouvrir un restaurant « gagnant-gagnant » : qui crée des emplois dignes et nourrit sainement celles et ceux qui peinent à finir le mois. Avant de partir, il tient à dire : « Papiers ou pas papiers, ça ne dit rien d’une vie. Je n’ai jamais compris comment ma valeur pouvait se résumer à ça. Un papier, tu peux le déchirer. Une vie, non. En tout cas en théorie. »

    Un autre volet du projet tient dans quelques sachets de #graines : #mil, #gombo, #bissap, #fonio. Lors de leurs voyages-enquêtes, plusieurs agriculteurs ont confié peiner à cultiver faute d’eau. Ces échanges ont nourri une réflexion plus large, portée par A4, sur la circulation internationale des semences et des #savoirs_agricoles, notamment avec des pays confrontés aux conflits ou aux dérèglements climatiques. Des variétés sahéliennes peu gourmandes en eau, testées sur un terrain à #Villetaneuse, sont donc promises à une nouvelle étape ici.

    « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés »

    Justine, nouvelle salariée de l’association, y voit plus qu’un essai agronomique. « Peut-être qu’on va pouvoir apporter une expertise utile à d’autres paysans », avance-t-elle, après une session bêchage, alors que son fils de 6 ans traverse la friche en riant avec un copain. « Tester ces cultures ici, c’est aussi préserver une #autonomie_semencière et reconnaître que les personnes exilées ont autant à transmettre qu’à recevoir », résume Backo. « Les savoirs du Sud sont dénigrés mais ils sont adaptés ! »

    Lorsque la pluie et la nuit finissent par s’inviter, le chantier s’éteint. On ne voit plus à 3 mètres. Un avion clignote dans le ciel. On range la débroussailleuse de Backo, la bêche d’Habib, les serpes. Par endroits, la friche apparaît dégagée, noire, humide, comme remise en conversation. Entre les pruniers ressuscités et les cabanes rafistolées, quelque chose naît : un laboratoire de #solidarité_paysanne et de #dignité retrouvée, un réseau d’entraide qui ne demande pas des papiers, mais de l’huile de coude et des idées.

    ▻https://reporterre.net/Pres-de-Paris-ce-reseau-agricole-lutte-contre-les-violences-de-l-exil
    #migrations #France
    via @karine4

  • Abattage des bovins : nos larmes de crocodile

    Par Lucie Delaporte

    Les images de l’abattage massif d’animaux , décrété pour éradiquer la dermatose nodulaire contagieuse bovine, nous émeuvent. Voir s’entasser dans des cours de ferme les corps sans vie de vaches prématurément euthanasiées révolte nos sensibilités.

    Depuis plusieurs semaines, les micros se sont tendus pour recueillir la souffrance des éleveurs devant la mise à mort imposée de leurs troupeaux. Comme à son habitude le ministère de l’agriculture a fredonné son habituel couplet gestionnaire sur la « perte du compte d’exploitation » et les « indemnisations à l’euro près »…La litanie bien connue des formules pour chosifier le vivant a repris son cours : « kilos à l’export », « viande », « production laitière ».

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/18/stop-a-labattage-total-appuyons-les-blocages-communique-deleveurs-et-eleveuses-des-soulevements-de-la-terre/#comment-70836

    #paysannerie

  • Stop à l’abattage total, appuyons les blocages ! : communiqué d’éleveurs et éleveuses des Soulèvements de la terre

    Le vendredi 12 décembre, après un brutal assaut nocturne des troupes de gendarmerie mobile et de leurs blindés pour briser la grande vague de solidarité collective avec les éleveurs de la ferme de Bordes-sur-Arize, leurs 207 vaches et dizaines de veaux et velles auront fini par être euthanasiées par les services vétérinaires, sous haute surveillance policière. Leur troupeau était défendu depuis deux jours par plus de 600 paysan-nes

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/18/stop-a-labattage-total-appuyons-les-blocages-c

    #paysannerie

  • UNDROP : 7ième anniversaire – déclaration du groupe de travail des Nations unies

    Genève, le 17 décembre 2025) À l’occasion du septième anniversaire de la Déclaration des Nations
    unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP), adoptée par l’Assemblée générale en 2018, le Groupe de travail des Nations unies sur l’UNDROP réaffirme la pertinence et l’urgence de la Déclaration dans le contexte de l’escalade des crises mondiales, notamment la faim, l’injustice sociale, le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation de l’environnement.

    Les paysan·nes, les pêcheur·euses, les éleveur·euses à petite échelle, les peuples autochtones et les autres personnes travaillant dans les zones rurales jouent un rôle central dans la sécurité alimentaire, la nutrition, les moyens de subsistance ruraux et la résilience des écosystèmes à travers le monde.
    Grâce à divers systèmes agricoles, pastoraux, halieutiques et forestiers, iels produisent plus de 70 % de la nourriture mondiale, fournissent près de 50 % du poisson consommé dans de nombreuses régions, conservent les semences et la biodiversité. Iels appliquent des pratiques agroécologiques et traditionnelles qui renforcent la résilience climatique et soutiennent des systèmes alimentaires durables. Leurs relations étroites et durables avec la terre, l’eau, les forêts et les territoires sont à la base non seulement de leurs moyens de subsistance, mais aussi de leur identité culturelle, de leur organisation sociale et de leurs systèmes de connaissances.

    ▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/09/29/mise-en-oeuvre-de-lundrop-une-etape-cle-pour-parvenir-a-la-justice-sociale-et-climatique/#comment-70830

    #paysannerie

  • Face à l’ornière productiviste, ouvrir la possibilité d’une paysannerie émancipatrice.
    Par Léo Coutellec, Philosophe et paysan - AOC 27/11/25

    Ni les demandes sociales, y compris lorsqu’elles sont contradictoires, ni les normes, ni les critiques ne sont à l’origine de la catastrophe écologique et sociale dans laquelle se retrouve l’agriculture. Le problème n’est pas que l’agriculture doit être plus forte face à la société – vieux mythe fondateur du corporatisme agricole – le problème vient des destructeurs, des accapareurs, des accumulateurs qui dominent aujourd’hui toutes les modalités d’existence agricole, et qui savent tirer à leur profit, faire bon usage de ces demandes sociales, de ces normes, de ces critiques. Ceux-là même qui déplorent la situation de « crise du monde agricole » en sont les principaux vecteurs, des pompiers-pyromanes qui ont mené́ l’agriculture au bord du précipice.

    ▻https://justpaste.it/4f9hm


    #campagne #agriculture #paysan #émancipation

  • Face au pétromasculinisme, une paysannerie écoféministe
    ▻https://www.terrestres.org/2025/11/12/face-au-petromasculinisme-une-paysannerie-ecofeministe

    Pour le philosophe Léo Coutellec, l’agriculture est progressivement devenue une pétroculture patriarcale, caractérisée par la domination masculine et la dépendance aux fossiles. À l’autre bout du spectre, on voit pourtant naître une paysannerie féministe et émancipatrice, qui conteste la subordination des paysannes et renouvelle les pratiques. L’article Face au pétromasculinisme, une paysannerie écoféministe est apparu en premier sur Terrestres.

    #Agriculture #Ecoféminisme #Féminisme #Masculinité #Paysans #Pétrole

  • Deux mains dans la terre. Vers une #transition_écologique

    Un agriculteur, entouré de sa femme et de sa fille, remet son métier en question puis s’engage dans
    une transition vers l’agriculture biologique dans le but de retrouver son autonomie. Au fil de son cheminement, il change de regard sur l’agriculture et découvre que le paysan peut être un véritable “sauveur climatique” et source d’un renouveau territorial.

    ▻https://actes-sud.fr/catalogue/bande-dessinee/deux-mains-dans-la-terre
    #BD #bande-dessinée #livre
    #agriculture #paysannerie #paperasse #PAC #agrandissement #mécanisation #sols #sols_agricoles #agriculture_conventionnelle #réductionnisme_scientifique #rendement #savoirs #uniformisation #agronomie #productivisme #productivité #agroécologie #bactéries #non-labour #engrais #pesticides #fertilisation #stimulation_de_la_fertilité #légumineuses #tricale #mycorhizes #haies #compost #fumier #élevage #prairies #autonomie #diversité #mosaïque_de_cultures #monoculture #diversité_génétique #semences_paysannes #semences

  • Dans le Finistère, les paysans au RSA dans le viseur du Département
    ►https://splann.org/finistere-paysans-rsa

    Entre le plan RSA du Département et la loi dite de « plein emploi », les contrôles se multiplient dans le Finistère. Cela, alors même qu’un collectif, allant de la LDH à Emmaüs, demande au Conseil d’État l’abrogation d’un décret sur les sanctions infligées aux allocataires de ce revenu de solidarité. Une « fabrique de la pauvreté », à laquelle sont déjà soumis nombre d’agriculteurs bio finistériens que « Splann ! »a pu rencontrer. L’article Dans le Finistère, les paysans au RSA dans le viseur du Département est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Libertés_et_droits_humains

    • Des grand-parents qui doivent attester du présent qu’ils ont fait à leur petit-fils. C’est l’une des démarches qu’a dû faire Axelle*, demandant à ses parents de certifier que les 200 euros, versés sur son compte, étaient bel et bien un cadeau d’anniversaire pour son fils.

      En plein été, la paysanne a dû passer des journées à récupérer des 1justificatifs et à fournir des dizaines de pages de documents au Département du Finistère, pour conserver son #RSA. Malgré son activité professionnelle, toucher ce revenu de solidarité active est un droit qui lui évite de sombrer dans la pauvreté.

      Intrusive, cette situation est loin d’être isolée. Justifier de chaque mouvement d’argent sur son compte bancaire, fournir « la copie intégrale de l’acte de naissance de [son] enfant », les statuts de son entreprise, la copie des relevés bancaires professionnels et personnels… Depuis plusieurs mois, le #Département du Finistère, dirigé par Maël de Calan (ex-LR), multiplie les contrôles pour réduire le nombre d’#allocataires RSA, comme l’a récemment documenté Libération.

      Sollicité sur cette politique de #contrôles, la collectivité jure que ces derniers sont réalisés « de manière aléatoire et [que] les demandes de pièces sont raisonnables, avec une antériorité courte permettant de vérifier le juste droit »

      Ainsi, selon les chiffres communiqués par le Département, en 2024, 3.015 contrôles ont été menés, entraînant 1.192 #radiations, dont 547 pour absence de réponse.

      [...]

      Parmi ces bénéficiaires, donc, de plus en plus de #paysans, faisant l’objet de contrôles et de suivis pour « un retour vers l’emploi ». « Alors même qu’on a déjà un travail ! », tempête Marc*, qui cultive des plantes aromatiques et médicinales.

      Le paysan s’est même vu reproché, il y a quelques mois, de ne pas avoir déclaré son crédit d’impôt bio (CIB). Aide à l’entreprise pour les dépenses de certification biologique que le Département classait comme une #ressource. « Or, il s’agit d’une créance fiscale, pas d’un revenu », rappelle l’agriculteur..

      Anne*, agricultrice, a connu la même mésaventure. « On m’a aussi dit que comme mon entreprise était une EARL, selon la loi, j’étais censée me verser un Smic, alors que, dans les faits, je ne peux pas encore me payer, témoigne Anna, qui est aussi salariée. J’ai l’impression d’avoir subi un contrôle fiscal et non un contrôle RSA. »

      [...]

      Animatrice au sein de l’antenne finistérienne de Solidarité paysans, association dont la mission est d’accompagner les agriculteurs en difficulté, Jacquine Gauchet constate que « sur les 80 dossiers que je gère actuellement, pas loin de la moitié concerne des agriculteurs ayant des problèmes liés à l’accès au RSA ». Selon elle, « la problématique RSA s’est exacerbée depuis la loi pour le plein-emploi ».

      le cas des paysans montre à l’envi que le travail ne protège pas même des caisses sociales.

      pour près de la moitié des radiation, si le terme n’était pas chargé d’un sens bien plus tragique, on pourrait parler de disparition forcée : évaporez-vous ! et c’est sans compter l’aspect préventif : ne vous dénoncez pas comme ayant droit à nos services !

      #CAF #MSA #contrat_d’engagement_réciproque #loi_plein_emploi #coach

    • En Bretagne, des journalistes empêchés d’enquêter : « On ressent une méfiance croissante vis-à-vis de la presse indépendante »
      En décembre, le site indépendant « Splann ! » s’est vu refuser l’accès à un événement organisé par le conseil départemental du Finistère. Ses journalistes dénoncent une entrave à l’exercice de leur métier et un climat de défiance qui s’aggrave.
      Par Manon Boquen
      Publié aujourd’hui à 05h30

      Pour faire le bilan de son « plan RSA », qui a fait chuter le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active depuis sa mise en place en 2022 en multipliant les contrôles et les radiations, le président du conseil départemental, Maël de Calan (divers droite, ex-LR), avait convié 200 chefs d’entreprise le 3 décembre.
      Accompagnée de son confrère Kristen Falc’hon, la journaliste Chloé Richard, qui a enquêté sur l’impact de ce dispositif dans le milieu paysan, particulièrement touché, s’y est rendue au nom du média d’investigation indépendant Splann !, « afin de suivre l’actualité de ce dossier », explique-t-elle.
      A l’entrée, les deux journalistes se font refouler de la réunion, où ils s’étaient pourtant inscrits. « On m’a dit que c’était une soirée privée, qu’elle n’était pas ouverte à la presse », relate Chloé Richard. Son collègue Kristen Falc’hon, quant à lui, est escorté vers la sortie par un vigile « qui a bousculé ma caméra et enlevé son numéro de matricule afin de ne pas être identifié », décrit-il.
      Sonnés, ils quittent les lieux. Peu de temps après, ils apprennent que les quotidiens régionaux Ouest-France et Le Télégramme ont pu assister à cette réunion et ont même publié un article sur le sujet. Rose-Marie Duguen, journaliste de Ouest-France à Quimper, confirme : « Ouest-France a bien reçu une invitation pour la soirée. » Chloé Richard n’en revient toujours pas : « C’est illégal ce qu’il s’est passé. On a mis une entrave à notre liberté d’informer ! »
      « Une manipulation »
      Le président Maël de Calan se défend de cette accusation : « C’est à la fois un mensonge et une manipulation. La réunion n’était pas ouverte à la presse, Ouest-France et Le Télégramme étaient conviés en tant que gros employeurs du secteur. » Joint par téléphone le 12 décembre, l’élu qualifie par ailleurs Splann ! de « blog d’extrême gauche » qui répand « une vérité alternative » pour « se faire de la publicité ». Il affirme cependant que le média est invité à « 100 % de ses conférences de presse ».
      Une déclaration qui ne convainc pas l’équipe de Splann !, média d’investigation indépendant né précisément des difficultés croissantes des journalistes à enquêter notamment au niveau local.
      Ce sont en effet les menaces proférées à l’encontre de la journaliste Inès Léraud, après la sortie de sa bande dessinée avec Pierre Van Hove Algues vertes, l’histoire interdite (Delcourt, 2019) dénonçant à la fois les politiques et les intérêts de l’agro-industrie, et la pétition publiée par Libération en mai 2020, pour défendre « la liberté d’informer sur le secteur agroalimentaire », qui ont poussé une dizaine de journalistes à lancer Splann ! en 2020, financé essentiellement par des campagnes de dons (pour un total de ressources de 240 000 euros en 2024). Quatre salariées composent aujourd’hui son équipe, basée à Guingamp (Côtes-d’Armor), avec laquelle collaborent une dizaine de pigistes.
      « Le climat se détériore »
      Les travaux de Splann !, diffusés sur son site et régulièrement repris dans des médias nationaux et régionaux tels que Mediapart ou France 3 Bretagne, s’intéressent aussi bien à l’agriculture qu’à la santé, l’environnement ou la politique. « Mais, depuis un an, le climat se détériore. On ressent une méfiance croissante vis-à-vis de la presse indépendante », remarque Faustine Sternberg, journaliste salariée de Splann !

      Pour faire le bilan de son « plan RSA », qui a fait chuter le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active depuis sa mise en place en 2022 en multipliant les contrôles et les radiations, le président du conseil départemental, Maël de Calan (divers droite, ex-LR), avait convié 200 chefs d’entreprise le 3 décembre.

      Accompagnée de son confrère Kristen Falc’hon, la journaliste Chloé Richard, qui a enquêté sur l’impact de ce dispositif dans le milieu paysan, particulièrement touché, s’y est rendue au nom du média d’investigation indépendant Splann !, « afin de suivre l’actualité de ce dossier », explique-t-elle.

      A l’entrée, les deux journalistes se font refouler de la réunion, où ils s’étaient pourtant inscrits. « On m’a dit que c’était une soirée privée, qu’elle n’était pas ouverte à la presse », relate Chloé Richard. Son collègue Kristen Falc’hon, quant à lui, est escorté vers la sortie par un vigile « qui a bousculé ma caméra et enlevé son numéro de matricule afin de ne pas être identifié », décrit-il.

      Au printemps 2025, c’est ainsi l’influent éleveur porcin Philippe Bizien qui a attaqué la rédaction en diffamation après la publication de l’article « Copains comme cochons : élus, éleveurs ou écrivains, qui sont les lobbyistes du porc en Bretagne ? » La plainte a été annulée en juin par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes pour une série d’irrégularités.
      Cet été encore, plusieurs hôpitaux ont poursuivi les auteurs d’une série d’articles sur l’hôpital public en Bretagne, après que ceux-ci ont saisi le tribunal administratif pour avoir accès aux procès-verbaux des derniers conseils de surveillance.
      Laure Chauvel, la responsable du desk France et Italie de Reporters sans frontières s’alarme : « J’ai des journalistes au téléphone toutes les semaines pour des entraves à l’exercice de leur profession, particulièrement dans des médias locaux et indépendants. »

      Et de citer les 13 procédures de justice en cours intentées contre le média StreetPress, dédié à l’investigation et aux cultures urbaines, « pour épuiser l’argent, le temps et l’énergie » de l’équipe, affirme-t-elle. Ou encore le récent refoulement d’une journaliste de Rue89 Lyon lors d’un meeting du Rassemblement national à Villeurbanne (Rhône). Une « tendance qui s’accentue », remarque-t-elle, et qui serait liée selon elle aux échéances électorales municipales de mars, mais surtout à la présidentielle de 2027.
      L’incident du 3 décembre a convaincu l’équipe de Splann ! de poursuivre ses investigations sur le « plan RSA » du Finistère. « Ces obstacles ne font que renforcer notre envie d’enquêter », confirme Faustine Sternberg. « Depuis cet épisode, je reçois de nombreux témoignages de bénéficiaires du RSA qui ont des choses à raconter, affirme de son côté Kristen Falc’hon. Cela a libéré la parole. »

      ▻https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/01/08/en-bretagne-des-journalistes-empeches-d-enqueter-on-ressent-une-mefiance-cro

  • Albrecht Dürer, Entwurf für ein Denkmal des Bauernkrieges (1525)
    ▻https://germanhistorydocs.org/de/von-den-reformationen-bis-zum-dreissigjaehrigen-krieg-1500-1648/albrecht-duerers-denkmal-des-bauernkrieges-1525
    Il y a 500 ans la guerre des paysans ébranle les principautés et villes allemandes

    ▻https://de.m.wikipedia.org/wiki/Bauernkriegss%C3%A4ule_(M%C3%BChlhausen)

    Die Bauernkriegssäule vor der Kornmarktkirche in Mühlhausen in Thüringen ist ein Denkmal, das im Jahr 2025 aus Anlass des 500. Jahrestages des Deutschen Bauernkrieges errichtet wurde. Die Säule wurde im Jahr 1525 von Albrecht Dürer entworfen.

    Dürer hatte selbst direkte Berührungspunkte zum Bauernkrieg und zum Umfeld des Bauernführers Thomas Müntzer. Beispielsweise gehörte sein Schüler Georg Pencz, der 1532 sein Nachfolger als Stadtmaler in Nürnberg wurde, im Herbst 1524 zum konspirativen Kreis um den Reformtheologen.

    Dürer entwarf im Jahr 1525 die Säule für seine Underweysung der messung, mit dem zirckel un[d] richtscheyt in Linien ebnen unnd gantzen corporen. Dazu schrieb Dürer:
    Wer eine Siegessäule aufrichten will für den Sieg über die aufrührerischen Bauern, sollte sich folgender Elemente bedienen: … [eines rechteckigen Steins, der auf einer rechteckigen Platte steht. In den Ecken liegen gebunden Kühe, Schafe und Schweine. Auf dem oberen Stein stehen auf den vier Ecken Körbe mit Käse, Butter, Eier, Zwiebeln und Kräutern. Darauf setze einen Haferkasten mit Schloss und Deckel. Darauf stürze einen Kessel; auf dessen Boden sich ein Käsenapf befindet. Den decke mit einem Teller zu und stelle ein Butterfass darauf. Mitten darauf setze einen Milchkrug, darin stehen vier Holzgabeln, darum binde man eine Garbe und hänge daran bäuerliches Werkzeug wie Schaufeln, Hacken, Mistgabeln, Dreschflegel und dergleichen. Obendrauf setze man einen Hühnerkorb, stürze darauf einen Schmalztopf und setze einen Bauern darauf, der von einem Schwert durchstochen ist.]

    Beschreibung und Ausführung der Säule

    Die Idee zur Errichtung dieses Denkmals entstand 2019 aus der Mühlhäuser Bürgerschaft und wurde maßgeblich vom Freundeskreis Mühlhäuser Museen und dem Rotary Club Mühlhausen vorangetrieben. Noch im selben Jahr ermöglichten die Einnahmen eines Benefizkonzerts des Thüringer Bach Collegiums die Erstellung eines ersten Modells. Im April 2022 wurde das Projekt Ein Dürer für Mühlhausen vorgestellt. Das Denkmal aus Bronze nach Dürers „Bauersäule“, gefertigt von dem Bildhauer Timm Kregel, wurde dann in Mühlhausen anlässlich der Thüringer Landesausstellung freiheyt 1525 – 500 Jahre Bauernkrieg[1] am 5. April 2025 enthüllt. Den Guss besorgte die Kunstgießerei Altglienicke in Berlin. Die etwa 7 Meter hohe Säule steht auf einem Sockel aus drei übereinandergestellten Pyramidenstümpfen. Von dem von Dürer entworfenen Denkmal wurde nur der Teil vom Teller bis zum Bauern verwirklicht. Allerdings wurde Dürers Inschrift Anno Domini 1525 auf dem obersten Sockelstumpf angebracht.[2]

    Die Gesamtkosten der Bauernkriegssäule beliefen sich auf 250.000 EUR. Etwa die Hälfte davon kam aus Spenden zusammen. Einen Betrag von 100.000 EUR steuerte die Stadt Mühlhausen bei.[3] Den Restbetrag von 25.000 EUR gab Lotto Thüringen dazu.[4]

    Guerre des Paysans allemands
    ▻https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Paysans_allemands

    conflit social et religieux en Allemagne au XVIe siècle (1524-1526)

    Wilhelm Zimmermann, Geschichte des großen Bauernkriegs.
    ▻https://www.projekt-gutenberg.org/zimmerma/bauern1/bauern1.html

    Erster Band., Nach den Urkunden und Augenzeugen., Von
    Dr. Wilhelm Zimmermann, Neue ganz umgearbeitete Auflage., Stuttgart:
    Rieger’sche Verlagsbuchhandlung. (A. Benedict.) 1856.

    HELGE BUTTKEREIT, Von der Freiheyt 1525 zur Freiheit 2025, 1.9.2025, in Multipolar
    ▻https://multipolar-magazin.de/artikel/freiheyt-1525

    #Allwmagne #Thuringe #histoire #lutte_des_classes #paysans #révolte

  • Radio : Silvia Pérez-Vitoria, Les résistances paysannes face à l’industrialisation, 2019

    Silvia Pérez-Vitoria, enseignante en #agroécologie à l’Université internationale d’Andalousie (Espagne), travaille depuis de longues années sur les questions paysannes.

    Dans le cadre de la tournée nationale de conférences-débats organisée par l’#Atelier_paysan sur le thème « La technologie va-t-elle sauver l’agriculture ? La place de la machine dans l’autonomie paysanne. » à l’automne 2019, elle répondra aux questions : Comment les paysans ont failli disparaître ? Comment y a t il eu une ré-émergence des luttes paysannes dans le monde ? Son idée pivot : il faut redonner la centralité à la question paysanne.

    Suivi de quelques éléments sur la Guerre des paysans en Allemagne et alentours de #1525…

    ►https://sniadecky.wordpress.com/2025/06/11/rmu-perez-vitoria

    Avec le PDF qui va bien :
    ▻https://archive.org/download/rmu-096-perez-vitoria-resistances-paysannes/RMU_096_PerezVitoria-Resistances-paysannes.pdf

    #Racine_de_Moins_Un #paysannerie

  • Della Terra riparte dalla “contadinanza” per favorire la giustizia sociale e ambientale

    La cooperativa “#Della_Terra_Contadinanza_Necessaria” gestisce alcuni terreni fra #San_Ferdinando, #Laureana_di_Borrello e #Rosarno proponendo una visione incentrata sull’umanità, sugli animali e sulla natura. Attraverso una rete coesa con le altre realtà del territorio porta avanti progetti che migliorano la vita dell’ambiente e delle persone.

    La seconda tappa del viaggio alla riscoperta della mia terra è più a sud. Autostrada direzione Rosarno, destinazione finale: San Ferdinando. Proprio lì c’è la tendopoli (l’ennesima) dove vivono circa 500 lavoratori migranti in gravi condizioni abitative, senza contare il campo container e gli insediamenti informali sparsi sul territorio. Ma non è lì che devo andare. Sto invece per conoscere la cooperativa Della Terra Contadinanza Necessaria, che si occupa di agricoltura sociale e agro-ecologia proprio in quell’area.

    Ad accogliermi in fondo a una stradina di campagna c’è Nino Quaranta, socio fondatore della cooperativa, o meglio “cantautore e contadino”, come si definisce lui stesso. Mentre mi mostra le coltivazioni e il punto vendita in costruzione sotto il primo sole caldo di questa primavera, mi racconta la storia del progetto.

    La cooperativa affonda le sue radici nelle lotte contro lo sfruttamento lavorativo e della terra nella piana di #Gioia_Tauro. Nata nel maggio 2020, alcuni dei suoi soci hanno fatto parte per molto tempo di #SOS_Rosarno, una rete nata nel 2012 – due anni dopo la rivolta di Rosarno – per sostenere i migranti sia da un punto di vista lavorativo (attraverso l’agricoltura) che abitativo. «Abbiamo sempre detto che la situazione dei migranti non va trattata come un fenomeno emergenziale, ma come un fenomeno strutturale», dice Nino, che denuncia le mancanze delle istituzioni nell’affrontare la questione.

    Negli anni, infatti, sono state costruite ben quattro tendopoli, mentre circa 34.000 abitazioni nei 33 comuni della Piana rimanevano sfitte. «Quello che invece noi abbiamo cercato di fare è una goccia in mezzo ad un mare di indifferenza e cattiveria: pensare ad una società diversa, partendo anche dall’economia e quindi dall’agricoltura».

    Grazie a Della Terra, ad esempio, i migranti assunti dalla cooperativa hanno potuto avere un’abitazione in cui vivere e sono sostenuti nelle spese con i fondi del progetto Liberiamo gli schiavi di Rosarno. Spartacus, che fa capo alla cooperativa Chico Mendes. Al momento, i lavoratori sono 6 (fra migranti e non) e fra loro c’è I., senegalese, che mi racconta come si trovi bene in questo contesto, dove ha trovato un po’ di stabilità dopo aver vissuto per circa due anni in una tendopoli. Si tratta dunque di un piccolo passo verso la costruzione di qualcosa di diverso, che non riguarda però solamente la questione dello sfruttamento lavorativo.

    Tutto questo, infatti, è strettamente intrecciato al rapporto con la natura: a Rosarno non sono sfruttate solo le braccia dei migranti, ma anche le terre, sottoposte a metodi colturali intensivi e devastanti. La cooperativa invece vuole portare alla ribalta il ruolo centrale della terra: «L’agricoltura spesso è considerata di basso livello, ma in realtà è proprio lei che porta nutrimento ed è da qui che bisogna partire: vediamo già da ora le conseguenze negative di un’agricoltura intensiva che non fa altro che contribuire alla distruzione del pianeta», continua Nino.

    «Per questo noi parliamo di agro-ecologia e di agricoltura resiliente». Tradotto nella pratica questo significa coltivazione naturale e diversificata, non intensiva o monoculturale, e nel rispetto dei cicli stagionali. Nei loro campi in questo momento ci sono fave, insalate, sedano, cipolle, peperoncini, ora persino piante di avocado. Da alcuni di questi, poi, danno vita a dei trasformati naturali e genuini.

    Nel frattempo arriva Germana Loiacono, altra socia fondatrice della cooperativa. Germana ha dato in comodato d’uso il terreno su cui ci troviamo in questo momento e gestisce il villaggio turistico Porta del sole, grazie al quale sostiene la cooperativa e promuove un turismo sostenibile anche attraverso l’alimentazione e i prodotti di Della Terra. In questa lotta, infatti, la cooperativa non è sola: «Ci sono altre persone che stanno facendo il nostro stesso discorso: piccoli e grandi produttori con cui collaboriamo, che producono eticamente e senza sfruttamento alcuno».

    E questo è il punto di partenza per creare sinergie positive, che portano verso un lavoro collettivo e non della singola realtà. Ad esempio, grazie al Consorzio Macramè di cui la cooperativa fa parte, Nino e gli altri hanno preso in gestione un terreno di Rosarno confiscato alla ‘ndrangheta: lo hanno rimesso in sesto e ci hanno creato un parco della biodiversità, rendendolo realmente un bene comune. O ancora, le cooperative del consorzio si sostengono in maniera reciproca, commercializzando quando possibile i prodotti le une delle altre. E poi c’è una finestra aperta sul mondo: Della Terra è rappresentante regionale dell’#Associazione_Rurale_Italiana e questo le permette di essere parte del #Coordinamento_Europeo_Via_Campesina, organizzazione europea di base di agricoltori, e di confrontarsi all’interno di un network internazionale.

    Grazie alla distribuzione nei #GAS (#Gruppi_di_Acquisto_Solidale), presidi di consumo equo e sostenibile, Della Terra riesce poi a raggiungere anche alcune città del Nord Italia e in alcuni casi dell’Europa. E ora si sta attrezzando per costruire un punto vendita proprio nel terreno in cui mi trovo: per adesso è solo una struttura vuota, ma presto si riempirà dei colori dell’estate. È arrivato il momento di andarsene. Si è fatta ora di pranzo, per loro arriva la pausa e io devo tornare verso nord. Prima di partire, Nino mi regala una cassetta di fresco: cipolle, sedani e fave appena raccolte. Ne assaggio una: sono dolcissime. E, con questa sensazione che mi pervade i sensi, saluto tutti e metto in moto.

    ▻https://www.italiachecambia.org/2021/05/della-terra-contadinanza-giustizia-sociale-ambientale
    #contadinanza #Calabre #agriculture #coopérative #biens_confisqués #confiscation_de_biens_à_la_mafia #Nino_Quaranta #paysannerie

  • En #Algérie, la France coloniale a aussi détruit la #nature

    L’accaparement colonial de la terre en Algérie a détruit des modes d’organisation et de gestion de la terre en commun. Le développement des monocultures et d’une agriculture d’exportation a aussi bouleversé l’environnement.

    Après avoir été suspendu de RTL début mars pour avoir évoqué les massacres français en Algérie au XIXe siècle, Jean-Michel Apathie a décidé de quitter la station. En pleine surenchère du ministre Bruno Retailleau avec l’Algérie et face à une extrême droite qui clame les bienfaits de la colonisation, le flot de réactions hostiles aux propos de l’éditorialiste rappelle que nombre de Français ne connaissent pas l’ampleur des crimes coloniaux commis par la France en Algérie.

    Face aux tentatives de révisionnisme historique, Reporterre s’est intéressé à un pan méconnu de la colonisation française en Algérie : ses dégâts sur la nature. À l’aube de la colonisation, le socle de la société algérienne reposait sur la paysannerie, l’agriculture était la principale source de richesse et rythmait la vie des populations qui alternait entre le travail de la terre et les transhumances saisonnières. Mais de 1830 jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, l’accaparement des terres par les colons a complètement bouleversé cet équilibre.

    « L’arrivée des colons en Algérie signe l’accaparement des ressources environnementales et celle du foncier. C’était une pratique d’expropriation sans explication, sans excuse et avec une grande brutalité. Pour les Algériens, c’est un monde qui s’effondre littéralement », relate Antonin Plarier, maître de conférence à l’université Lyon 3 et spécialiste de l’histoire environnementale des sociétés coloniales.

    Au total, d’après ses calculs, plus d’1,2 million d’hectares ont été transférés aux Européens entre 1830 et 1917 : soit l’équivalent de 1 000 fois la superficie de Paris, et trois fois celle de la Belgique.

    Pour réquisitionner des terres algériennes, la France a développé un arsenal juridique légalisant un paradoxe : celui d’une société qui défendait le droit à la propriété et d’une colonisation qui foulait au pied celle des Algériens. L’administration coloniale pouvait ainsi s’emparer de n’importe quelle propriété algérienne, qu’elle soit celle d’un individu comme d’une tribu entière.
    Détruire la paysannerie pour « soumettre le pays »

    La doctrine coloniale et militaire se lit à travers les écrits du maréchal Bugeaud, le militaire qui a permis d’étendre la conquête de l’Algérie. Voici notamment ce que précise cette violente figure de la colonisation, spécialiste des enfumades (pratique consistant à asphyxier des personnes réfugiées ou enfermées dans une grotte en allumant devant l’entrée des feux) : « J’y ai réfléchi bien longtemps, en me levant, en me couchant ; eh bien ! Je n’ai pu découvrir d’autre moyen de soumettre le pays que de saisir l’intérêt agricole ». Il faut donc empêcher les populations « de semer, de récolter, de pâturer », pour les priver des moyens d’existence, souligne l’historien Hosni Kitouni, chercheur en histoire à l’université d’Exeter.

    En filigrane, il s’agissait de punir tous ceux qui tentaient de se révolter, et de dissuader ceux qui en avaient l’intention. En 1838, l’ordonnance royale du maréchal Bugeaud indiquait que toute tribu s’insurgeant contre la domination française pouvait voir ses terres séquestrées. Cette politique monta encore d’un cran en 1871 à la suite d’une insurrection initiée contre la puissance coloniale.

    Cette « tempête des spoliations », selon l’expression d’Hosni Kitouni, a non seulement dispersé les populations, contraintes d’abandonner leurs maisons, leurs cultures, leur bétail, mais a également entraîné leur paupérisation, voire pire, leur famine, puis leur mort. En parallèle, la violence des razzias, ces opérations militaires menées dans des campements, a détruit les habitations et les récoltes. Les arbres fruitiers étaient rasés dans les zones de guerre.
    Spoliation de l’eau et des forêts

    « Devenus des paysans sans terre, sans bétail, sans abris, n’ayant que la force de leurs bras à vendre, ils vont alimenter la masse des candidats à toutes les servitudes », écrit Hosni Kitouni. D’anciens propriétaires algériens sont alors parfois revenus sur leurs terres louer leur force de travail aux colons français. « Des paysans algériens vont revenir cultiver la terre, fournir les semences, et les instruments agraires, en échange de quoi ils vont pouvoir récupérer un ou deux cinquièmes de la récolte, le reste revenant au propriétaire », raconte à Reporterre Antonin Plarier.

    Au-delà des terres, la colonisation s’est emparée des communs que sont les forêts et l’eau. Au XIXe siècle, plusieurs opérations de maîtrise des cours d’eau ont fleuri, toujours dans le but d’irriguer les terres des colons. Dans les années 1860, un projet de barrage a vu le jour dans le département d’Oran. Antonin Plarier pointe ainsi ce qui tient de l’évidence : « Lorsqu’une source en eau est maîtrisée, elle l’est uniquement au bénéfice des colons, et donc au détriment des agriculteurs algériens qui en sont de fait dépossédés. »

    La question de l’eau a entraîné plusieurs conflits, tout comme celle des forêts. Dès les années 1830, l’imposition du Code forestier par les colons a restreint peu à peu aux Algériens l’artisanat, le passage du bétail, le ramassage du bois de chauffe, et la coupe de bois pour les diverses constructions.

    Résultat : entre un tiers et la moitié des ressources économiques de la paysannerie algérienne a été menacée par ce nouveau cadre légal, estime Antonin Plarier. Il faut dire que l’administration coloniale y a très vite vu un filon : l’exploitation des forêts en vue de leur commercialisation.

    Dans la montagne de Beni Khalfoun, dans la vallée de l’Isser, l’administration octroya par exemple une concession d’environ 1 000 hectares de chênes-lièges, un bois cher et prisé pour la fabrication de bouchons, à un exploitant français. Difficile de donner un chiffre précis, mais cet accaparement de ressources essentielles n’a pas été sans conséquences sur l’écosystème algérien.

    « C’est toute une série d’éléments liés à la colonisation qui vont contribuer à dégrader l’environnement algérien. En asséchant les sols via la déforestation, l’État colonial a par exemple favorisé l’érosion des sols », dit l’historienne Hélène Blais, professeure d’histoire contemporaine à l’ENS et autrice de L’empire de la nature. Une histoire des jardins botaniques coloniaux.
    Monocultures et rentabilité

    En Algérie, comme ailleurs, la colonisation s’est accompagnée de l’introduction de nouvelles espèces jugées plus rentables, et d’un bouleversement dans les pratiques agricoles tournées vers une pratique intensive et exportatrice correspondant davantage aux besoins de la métropole.

    Ce qui fait dire à Alain Ruscio, historien spécialiste de la période coloniale, que « la totalité de l’écosystème algérien a été affectée par la colonisation » : « Au fur et à mesure que l’armée française considérait qu’une région était complètement contrôlée, des monocultures étaient rapidement mises en place. D’où aussi la construction de routes servant à acheminer ces marchandises vers la France », nous explique-t-il.

    C’est l’exemple de la vigne et de sa vinification, qui priva une partie de la population d’un accès à la culture de céréales, et entraîna la disparition de terres en jachères — qui fournissaient des pâturages jusqu’ici essentiels pour le bétail des paysans algériens. Mais aussi de l’introduction massive de l’eucalyptus, cette plante endémique d’Australie, dès les années 1860 pour tenter d’assainir les zones humides dans lesquelles le paludisme décimait des colons.

    « Des millions d’arbres ont ainsi été plantés. Dans certains endroits, cela a asséché plus qu’il était nécessaire, au détriment d’autres espèces endémiques qui ont été abattues ou abandonnées dans ce cadre », analyse Hélène Blais. L’historienne a également observé des tentatives d’introduction de moutons mérinos, apporté pour sa laine prisée en Europe.
    Chasses coloniales

    Sans oublier les chasses coloniales qui attiraient des Français originaires de tout l’Hexagone venus traquer hyènes, panthères, lions et autres animaux sauvages. Considérés comme des animaux nuisibles, leurs têtes furent mises à prix via une circulaire du général Bugeaud de 1844 offrant une récompense pour tout animal tué « proportionné à la puissance de chaque bête ». D’après les recherches d’Hosni Kitouni, rien qu’en 1860, ce ne furent pas moins de 61 panthères et 38 lions qui avaient été abattus. Si bien qu’à la fin du XIXe siècle, le plus gros de la faune sauvage avait disparu. Le dernier lion fut abattu en 1958.

    « L’ordre colonial s’accommode peu avec la différence biologique, écologique, humaine qui résiste à sa domination, conclut l’historien auprès de Reporterre. D’où la politique de mise en ordre à force de violence et de juridictions d’exception, empêchant la société autochtone de se développer à son rythme selon ses lois naturelles. »

    Au-delà des crimes commis sur les Algériens, peu d’historiens se sont jusqu’ici emparés des destructions des écosystèmes. L’ampleur d’un éventuel écocide lié à la colonisation française reste à quantifier et est un angle de mort de la recherche.

    ▻https://reporterre.net/En-Algerie-la-France-coloniale-a-aussi-detruit-la-nature
    #destruction #paysage #colonisation #France #France_coloniale #histoire #terres #accaparement_des_terres #communs #agriculture #exportation #monoculture #paysannerie #foncier #expropriation #brutalité #violence #réquisition #droit_à_la_propriété #lois #maréchal_Bugeaud #enfumades #moyens_d’existence #insurrection #paupérisation #famine #razzias #arbres_fruitiers #eau #forêts #forêt #barrage #conflits #Code_forestier #érosion_des_sols #ressources #montagne #déforestation #environnement #érosion_des_sols #rentabilité #routes #vigne #jachères #terres_en_jachères #céréales #pâturages #eucalyptus #zones_humides #paludisme #arbres #laine #chasse #chasses_coloniales #ordre_colonial #animaux_sauvages #écocide
    #géographie_culturelle #géographie_du_droit #legal_geography

  • Qui va nous nourrir ? Au coeur de l’urgence écologique, le renouveau paysan

    C’est l’histoire d’une #hémorragie. Une #saignée entamée au début du XXe siècle, ininterrompue depuis. La #France compte aujourd’hui moins de 400 000 #exploitations_agricoles contre 4 millions de #fermes un siècle plus tôt. À quoi on ajoutera que d’ici à 2030, la moitié des agriculteurs et agricultrices seront partis à la #retraite.
    Dilemme : qui va nous nourrir ? Soit on remplace les partants, soit c’est la mort des paysans annoncée par Henri Mendras, et on laisse définitivement le champ libre à l’agro-industrie !
    Une perspective si sinistre qu’elle devrait être enfin l’occasion de renverser le modèle dominant avec, pour faire face aux départs massifs, l’arrivée de nouvelles personnes, souvent non issues du monde agricole, qui frappent à la porte. #Amélie_Poinssot les a longuement rencontrées. Elles sont dotées de bagages singuliers : une volonté de produire autrement, une conscience aiguë des bouleversements écologiques, une première expérience professionnelle dans un tout autre domaine,
    une ténacité à toute épreuve pour un vrai parcours du combattant…
    Au terme de son livre-enquête – un état des lieux exhaustif –, l’autrice, tout en appelant de ses vœux un sursaut sociétal, nous avertit avec gravité : “Dans les entraves au #renouveau_paysan, il n’y a pas de fatalité, il y a des responsables."

    ▻https://www.actes-sud.fr/qui-va-nous-nourrir
    #alimentation #agriculture #paysannerie #écologie #livre

  • #inès_léraud : « Les cicatrices mémorielles du #Remembrement dans les villages sont très impressionnantes »
    ▻https://splann.org/ines-leraud-les-cicatrices-memorielles-du-remembrement-dans-les-villages-son

    Splann ! a interviewé Inès Léraud, co-fondatrice et membre de Splann ! au sujet de la bande dessinée Champs de Bataille, une enquête historique sur le remembrement. L’article Inès Léraud : « Les cicatrices mémorielles du remembrement dans les villages sont très impressionnantes » est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #bocage

  • L’histoire enfouie du #remembrement

    Après-guerre, en #Bretagne surtout, et dans une moindre mesure dans les zones moins bocagères, les #haies ont été arrachées à coups de bulldozer, les talus arasés, et les vergers réduits à néant. C’est ce qu’on a appelé le remembrement et voici son #histoire oubliée racontée dans une #BD.

    En mai 1978, #Gildas_Le_Coënt, emprisonné neuf mois en hôpital psychiatrique, est libéré. Cette affaire marque un nouvel épisode de la bataille bretonne contre le remembrement. Elle reflète une réalité vécue par des milliers de #paysans à travers la France pendant les décennies de #modernisation_agricole. #Inès_Léraud est journaliste, et lanceuse d’alerte en 2019 face à l’omerta des algues vertes. Elle publie aujourd’hui « Champs de bataille, l’histoire enfouie du remembrement », sa deuxième BD, une enquête avec Pierre van Hove, publiée chez La Revue Dessinée et les Éditions Delcourt.
    Des blessures toujours vives dans la mémoire collective

    Les témoignages recueillis révèlent des traumatismes profonds. Comme le rapporte Jacqueline Goff née en 1953 : "Je revois l’apparition des bulldozers, ce #saccage qui détruit tout, les arbres, les talus. Ce n’était pas un remembrement, un #démembrement, c’était le #chaos." sur France Culture. Cette #mémoire douloureuse se transmet encore dans les villages, où certaines familles ne se parlent plus depuis cette époque.

    Une modernisation imposée qui a divisé les campagnes

    Le remembrement, lancé après la Seconde Guerre mondiale, visait à adapter l’#agriculture française aux enjeux de #productivité et de concurrence internationale. "C’était une #société_paysanne qui n’était pas dans une logique de l’argent" explique Inès Léraud, "il s’agissait de regrouper les #parcelles, d’arracher les #arbres, les #talus, pour avoir des champs facilement cultivables par des machines". Cette politique crée alors des tensions durables, opposant les "gagnants", appelés "profiteurs" et les "lésés" du remembrement.

    Ce qui frappe Inès Léraud et Léandre Mandard en travaillant sur le sujet du remembrement, c’est l’ampleur des #résistances et des #conflits liés à cette question. Un #mouvement_contestataire qu’on aurait difficilement imaginé vu le peu de cas qu’en ont fait les sociologues ruraux et les historiens jusque-là. "Or, dans les archives départementales, les cartons de réclamation, de recours, de lettres, de mécontentement. Il y en avait partout, dans toutes les archives départementales où je suis allée sur le territoire français. Les bulldozers du remembrement ont dû être accompagnés des forces de l’ordre pour intervenir" explique Inès Léraud.

    Un impact environnemental majeur qui persiste

    Les conséquences de cette transformation radicale des #paysages se font encore sentir aujourd’hui. "Il y a 23 000 kilomètres de haies qui disparaissent chaque année, il y en a 3 000 qui sont replantées, donc on perd 20 000 kilomètres de haies chaque année", souligne Inès Léraud. Cette destruction massive du #bocage, associée à la diminution drastique du nombre d’agriculteurs (passé de 7 millions en 1946 à 400 000 aujourd’hui), illustre l’ampleur des changements opérés. "Certains chercheurs parlent même d’#éthnocide, on a perdu 90% des paysans." explique Inès Léraud.

    ▻https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-20-novembre-2024-8473983
    #bande-dessinée #résistance #paysage

  • « Direct Action » après la victoire, lutter dans les contours d’un monde désirable
    ▻https://radioparleur.net/2024/11/05/direct-action-film-documentaire-notre-dame-des-landes

    Le film #documentaire Direct Action de Guillaume Cailleau et Ben Russell, au cœur de l’actuelle Notre-Dame-des-Landes, nous plonge dans le quotidien des habitant·es de l’ancienne zone à défendre contre la construction de l’aéroport Grand-Ouest. Loin des images sensationnalistes dont nous avons l’habitude, loin des affrontements et de la violence, ce sont les gestes au rythme […] L’article « Direct Action » après la victoire, lutter dans les contours d’un monde désirable est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #L'actu_des_luttes #Toujours_en_lutte #Anarchisme #automie #cinéma #Ecologie #Lutte #paysannerie

  • « Les haies ont été plantées pour des raisons économiques, avant d’être détruites pour de nouvelles raisons économiques » | Léo Magnin
    ►https://theconversation.com/les-haies-ont-ete-plantees-pour-des-raisons-economiques-avant-detre

    Si la #haie peut devenir une « cage » efficace à condition d’être conduite, elle est aussi une infrastructure de production végétale. Car s’il faut parler d’édification plutôt que de plantation, il faut aussi préférer le terme d’exploitation à celui d’entretien. [...] Entretenir les haies est la préoccupation de l’agriculteur contemporain qui ne les exploite plus. En miroir, les laisser pousser pour qu’elles accueillent un riche #écosystème est l’idéal du naturaliste. En revanche, pour le #paysan de la fin du XIXe siècle, la haie est avant tout une #culture qu’on récolte. [...]

    Le bois des haies est utile pour se chauffer. Les branches, une fois mises en fagots, alimentent les fours à pain et servent, par exemple, à cuire certains fromages. De plus, la cuisson n’était pas réservée aux mets destinés à l’alimentation humaine : les denrées données aux cochons, aux poules et aux autres animaux de la basse‐cour étaient systématiquement cuites. D’autres ressources sont puisées dans la haie : les feuilles du frêne sont un fourrage délicieux pour les vaches. Les mûrons sont l’ingrédient de base de la confiture et les noisettes de l’huile, sans compter la récolte des noix, nèfles, prunelles et châtaignes. Les bois durs sont utilisés pour la construction de bâtiments et la fabrication d’outils : balais, jougs, aiguillons de bouvier, charpentes, échelles, barrières, piquets, etc. L’écrivain Jean‐Loup Trassard rapporte que les haies fournissaient aussi des jouets pour les enfants : la « canne‐pétouère », sorte de sarbacane faite d’une branche de sureau évidée, ou les toupies cloutées. Quant à la clématite et à l’osier, leurs branches souples sont les matières premières des liens servant à « plisser » les haies et à tenir les fagots, mais aussi de la vannerie : paniers, ruches, meubles. Alice de Vinck rappelle que les fagots étaient indispensables pour cuire la poterie. Christian Hongrois rapporte les usages médicaux et traditionnels des plantes : l’aubépine contre les verrues, le sureau contre les maux de dents, les feuilles de chêne contre la diarrhée, etc.

    Au cours du XXe siècle, l’évolution des #techniques et des circuits de commercialisation frappe peu à peu de caducité les services indispensables que les haies rendaient à l’économie domestique des ménages ruraux. Le barbelé, cette « ronce artificielle », remplace les haies plessées. Avec le fil électrique, la haie achève de perdre sa fonction historique de clôture. L’arrivée et la généralisation des énergies fossiles et de l’électricité relativisent aussi le poids du bois dans la consommation énergétique des foyers. Le pain n’est plus fait à la maison mais peut s’acheter à la boulangerie, la poterie recule face aux ustensiles manufacturés disponibles en magasin : puisque la cuisson du pain et de la poterie est devenue superflue, les fagots s’effacent. Les scieries, puis les enseignes de bricolage fournissent les manches, échelles, planches, lambourdes et chevrons qu’on trouvait dans les arbres. Ce qu’il reste de vannerie s’avoue vaincu face au formica triomphant. L’amélioration de la production du fourrage fait oublier les feuilles jusqu’ici offertes au bétail. La nouveauté des produits vendus à l’épicerie du village, puis au supermarché du bourg, attire davantage que les longues récoltes de baies et fruits secs. La pharmacopée moderne supplante la pharmacopée traditionnelle, qui ne subsiste qu’à l’état de souvenir. Même la « canne‐pétouère » et la toupie cloutée se retirent devant leurs émules de plastique qui ont les faveurs des enfants.

    À bien y réfléchir, les haies ont donc été plantées et édifiées pour des raisons économiques, avant d’être marginalisées et détruites pour de nouvelles raisons économiques. [...]

    La grande variété des produits récoltés fait dire à Patrice Notteghem que les haies paysannes étaient « un véritable système agro‐forestier » et Bernadette Lizet qualifie la haie de « culture intensive »[...].

    Les haies sont devenues une culture fossilisée parce que les rapports économiques ont fondamentalement changé. Ils sont passés de l’exploitation d’une ressource en vue de sa récolte à l’entretien d’une survivance désaffectée. Auparavant source de services et produits pour les ménages ruraux, la haie est devenue un coût dans l’économie des exploitations contemporaines spécialisées. Une recherche récente estime même que l’entretien d’un kilomètre de haies représente une dépense annuelle de 450 euros. Il est alors légitime de se demander pourquoi les haies, richesses faites charges, n’ont pas totalement disparu de l’espace agricole. Après tout, voilà bientôt un siècle que Julien Gracq annonçait leur fin. Là encore, l’attention à l’économie des exploitations agricoles est féconde : si les haies n’ont pas davantage disparu, c’est probablement aussi parce que les détruire coûte cher. Un dessouchage exige des ressources financières et matérielles, ce qui constitue un investissement qui, à terme, ne sera peut‐être pas gagnant dans la trésorerie de l’exploitant.

    Ce constat ne doit pas inviter au pessimisme, mais à interroger la tendance qui, en sciences sociales, promeut l’agentivité des « non‐humains », leur capacité à interférer dans le cours de l’action. Cette agentivité n’est‐elle pas proportionnelle à l’incapacité économique de certains groupes sociaux ? En suivant les péripéties de la vie économique des haies, il apparaît que les objets et les choses en général n’ont pas été ignorés par les sciences sociales, comme l’affirmait Bruno #Latour, mais étudiés de très près par l’#ethnologie des techniques, attentive à l’économie des #fermes. Pourtant, cette #anthropologie de l’environnement a été marginalisée par l’anthropologie de la nature de Philippe #Descola, plus centrée sur les représentations que sur les pratiques. L’histoire économique des haies confirme l’intérêt de ces travaux ethnologiques éclipsés par d’autres traditions de recherche qui, si elles sont importantes, cultivent une rhétorique de la rupture qui néglige l’apport d’études existantes.

    #agriculture

  • La #révolution agroécologique. Nourrir tous les humains sans détruire la planète

    Mûrs pour la révolution agroécologique ? Les échecs de la #révolution_verte des années 1960 et les dysfonctionnements du #système_alimentaire_mondial actuel ne sont plus à démontrer : épuisement des #sols, érosion de la #biodiversité, problèmes de #santé liés aux #pesticides, #carences_alimentaires chez des millions de personnes, sans compter l’#endettement des #paysans, la #privatisation du vivant et la domination des géants de l’#agrobusiness sur les #semences et les réseaux de #distribution_alimentaire… Il est temps de conjuguer #agriculture et #écologie !

    Fort de son parcours d’enseignant et de chercheur en agriculture, #Alain_Olivier nous guide dans cet ensemble de principes scientifiques et de #pratiques_agricoles qu’est l’agroécologie. Il est important de miser sur une gestion appropriée des sols, sur le recyclage de la #biomasse végétale et animale, sur la protection de l’#eau et des #écosystèmes. #Rotations, associations des cultures et #agroforesterie devraient être la norme, tout en intégrant l’#élevage de façon raisonnée. Puisque l’agroécologie valorise le #terroir, le savoir paysan et le rôle des #femmes, il est également crucial que ceux et celles qui nous nourrissent aient #accès_à_la_terre et aux semences.

    À l’ère des #changements_climatiques, les processus écologiques, la #justice_sociale et la #souveraineté_alimentaire doivent se trouver au cœur du fonctionnement des agroécosystèmes ainsi que du #système_alimentaire en général. Vaste #mouvement_social qui cherche à établir des pratiques plus soutenables et plus justes, l’agroécologie est la voie toute désignée pour métamorphoser les liens qu’entretient l’être humain avec sa #nourriture, son territoire et une #nature à bout de souffle.

    ▻https://ecosociete.org/livres/la-revolution-agroecologique
    #agroécologie #alimentation #livre #industrie_agro-alimentaire

    • « Comment parler d’une marouette [oiseau échassier migrateur de petite taille] ? » Cette étrange question m’a récemment été posée par deux amis. Nous sommes dans la Drôme, à 15 kilomètres de Valence, dans une plaine agricole où dominent les étendues de blé et de maïs, sur la ferme du Grand Laval.

      Ici, depuis 2006, un couple de #paysans, Sébastien Blache et Elsa Gärtner, a repris une des exploitations familiales et y a transformé une étendue de maïs uniforme en un paysage d’enchevêtrement de petites parcelles cultivées de céréales, de légumes secs (pois, lentilles, haricots) et d’oléagineux (colza, cameline [ou « faux lin »], tournesol), de prairies fourragères (graminées, luzerne, sainfoin [plante herbacée]) et de vergers extensifs (pommes, poires, pêches, abricots, prunes, figues). Ajoutez des poulaillers mobiles, 120 brebis et leurs agneaux, des interrangs de rhubarbe et de fruits rouges, et vous obtenez un système de #polyculture-élevage parmi les plus ambitieux qui soient.

      La morne plaine est devenue luxuriante et les promeneurs ne s’y trompent pas : tous les jours, la petite route qui traverse la ferme est empruntée par les habitants des hameaux et du village voisin, Montélier. Le travail est enthousiasmant, mais rude. Ainsi, à l’approche de l’été, il se prolongeait la nuit pour presser les foins avant les pluies, les fruits devaient être cueillis d’urgence, les tournesols resemés, car les premiers n’avaient pas pris : dans ce métier, les imprévus sont une constante.

      La grande diversité des productions complexifie le travail mais constitue l’assurance-vie du système : si un atelier échoue une année, comme lors des gels précoces des abricotiers ou des sécheresses estivales qui ont eu la peau des pois chiches et des haricots en 2023, d’autres productions permettent d’assurer la pérennité économique de la ferme. Ici, aucun produit chimique n’est ajouté, sauf contre la cloque du pêcher [maladie causée par un champignon], en bio. Aucun intrant extérieur : la fumure est celle des brebis et des poules, les légumineuses enrichissent les sols en azote. Les poules sont nourries à partir des aliments produits sur la ferme.

      Faire une place au sauvage

      Alors que l’intensification des pratiques agricoles toujours en cours a conduit à une rapide érosion de la #biodiversité, ce type de système produit l’effet inverse. Elsa Gärtner et Sébastien Blache le constataient jour après jour, et de discussions en discussions, en particulier avec le philosophe Baptiste Morizot, est venue l’idée de créer l’association Réensauvager la ferme pour mettre en place un suivi scientifique de la vie sauvage de cette ferme, que je coordonne désormais.

      Des #naturalistes de la France entière viennent nous aider à y explorer le vivant. Le pari : transformer les imaginaires et montrer qu’une ferme nourricière peut être aussi riche en biodiversité qu’une réserve naturelle. Un pari audacieux, qui vient de Sébastien Blache : avant d’être paysan, il travaillait à la Ligue pour la protection des oiseaux. La vie sauvage le passionne et guide ses pratiques paysannes.

      Alors, partout sur la ferme, le #réensauvagement_paysan opère : plantation de haies, division des parcelles par des bandes enherbées, creusement de plus de 20 mares, réintroduction de plantes messicoles [qui poussent dans les champs de céréales d’hiver]… Ce que nous appelons « réensauvagement paysan », c’est faire une place au sauvage au côté du domestique et favoriser les dynamiques des espèces sauvages qui permettent les productions agricoles : faune du sol, pollinisateurs, bousiers, prédateurs…

      Les suivis ornithologiques sont parlants : sur les 17 hectares que comptait la ferme lors de sa reprise (elle en compte désormais près de 50), les populations d’oiseaux sont passées de 66 couples pour 32 espèces, en 2006, à 161 couples pour 49 espèces, en 2023, sur la même surface. Les espèces qui déclinent particulièrement dans les campagnes françaises sont ici en augmentation : bruant proyer, caille des blés, tourterelle des bois, chouette chevêche et effraie…

      Les populations de libellules, de criquets, de papillons sont florissantes et comparables à ce qu’on trouverait dans une aire protégée gérée en faveur de ces espèces. En ce moment, il est possible d’observer, chaque jour, un millier de libellules de 20 espèces en se promenant sur la ferme. Les dizaines de nichoirs et d’abris bénéficient aux oiseaux qui se nourrissent des chenilles, comme les mésanges, et aux chauves-souris, qui chassent les papillons de nuit. En tout, plus de 2 300 espèces d’animaux, de végétaux et de champignons y ont été recensées. La démonstration est puissante.
      Et cette marouette, alors ? J’y viens, après un détour quelques siècles auparavant. A cette époque, la plaine de Valence était une immense #zone_humide. Nous nous trouvons dans le lit majeur du Rhône. Cette vaste plaine alluviale a été progressivement asséchée et drainée par les habitants successifs au cours des siècles, jusqu’au XIXe siècle, avec la chenalisation du fleuve. Comme la plupart des cours d’eau français, l’espace de vitalité du Rhône s’est réduit à son lit dit « mineur ».

      Le lit « majeur », dans lequel les tresses du fleuve divaguent, aidées en cela par les castors, où les marais abondent et stockent les surplus lors des inondations, a été asséché, cultivé, urbanisé, transformé en un espace largement piloté par les humains, dans lequel le #sauvage est toléré sur les marges ou dans les espaces consacrés. A l’époque, les oiseaux des marais devaient abonder. Et la nuit, pour qui savait les entendre, les marouettes chantaient. Nulle trace écrite de leur présence passée. Les marouettes sont telles les Furtifs d’Alain Damasio [en référence au roman de science-fiction du même nom, publié chez La Volte en 2019] : craintives, essentiellement nocturnes, elles circulent toujours à couvert dans les herbes denses des marais en eau. Personne n’eut l’idée de pleurer la disparition d’une espèce si discrète.

      Que sont-elles devenues ? Il en reste quelques-unes en France, dans leurs derniers bastions connus, en particulier les plaines inondables de la Saône et les basses vallées angevines. Ailleurs, elles font parfois une halte migratoire au détour d’un marais, de retour d’Afrique, pour qui a la chance de les détecter. La nuit – un moment propice à leurs migrations –, le réseau de micros déployés ces dernières années à travers l’Europe témoigne cependant d’une présence plus importante qu’on ne le croyait. Chaque soir, ces êtres mystérieux sillonnent le ciel nocturne à la recherche de portions de terre où leur existence serait encore possible.

      Possibilité d’une nidification locale

      C’est dans l’idée de favoriser le retour des espèces des zones humides qui préexistaient dans la plaine de Valence que de nouveaux aménagements ont été effectués, en 2023, sur la ferme du Grand Laval : extension du petit marais, réouverture d’un fossé agricole enfoui pour le transformer en cours d’eau et inondation d’une prairie. Depuis un an, bihoreaux gris, chevaliers gambettes, bécassines sourdes, hérons pourprés, râles d’eau y séjournent quelques jours au cours de leur voyage. Et, le 16 mai, sur le piège photographique placé pour détecter le passage désormais régulier d’oiseaux d’eau dans la prairie inondée du Grand Laval, la surprise est grande : un adulte de marouette ponctuée traverse en nageant une petite zone en eau libre.

      S’il est possible qu’il s’agisse d’un migrateur en retard, à cette date, la possibilité d’une nidification locale nous traverse l’esprit. Les jours suivants, on écoute, on cherche, sans succès. Le 1er juin, un éclair fugace passe de nouveau devant le piège photo : il s’agit vraisemblablement d’une marouette, mais l’image est floue. Le 6 juin, nous n’en revenons pas : c’est un poussin déjà grand de marouette qui vient se promener juste devant l’appareil ! Cet événement n’avait encore jamais été consigné dans la Drôme, de mémoire d’ornithologue.

      Les jours suivants, les photographies nous apprendront qu’il y a, en réalité, deux jeunes qui sont nés sur la ferme. Depuis, entre 6 heures et 6 h 30 du matin, nous parvenons parfois à les observer à découvert, courant derrière les éphémères, avant qu’elles ne repartent se terrer dans la végétation pour le reste de la journée. Les journées n’en sont que plus joyeuses.
      La marouette ponctuée est aux fermes sauvages ce que la médaille du Meilleur Ouvrier de France est aux artisans. Alors, nous avons sorti le champagne. Le Grand Laval a, lui aussi, son Huldufolk [ensemble de légendes et croyances du folklore islandais]. Dans cette fable réelle, la récompense du labeur paysan tient autant dans la récolte des figues que dans l’arrivée de la marouette.

      Le rôle du paysan est double : non seulement, il nourrit le pays, mais il joue également un rôle essentiel dans le retour des espèces sauvages, à l’heure où les indicateurs de biodiversité sont au rouge. Là où la FNSEA et le gouvernement ont choisi d’ériger l’#écologie en ennemie de l’#agriculture pour masquer leurs responsabilités et leurs collusions avec l’industrie agroalimentaire responsable du mécontentement paysan, ce qui se passe au Grand Laval et, plus largement, dans les réseaux des fermes paysannes et sauvages et des paysans de nature, propose une voie nettement plus inspirante. Elle nous apporte l’espoir de lendemains réenchantés, l’espoir de la résistance du petit peuple féerique face aux forces destructrices qui s’étendent.

      Maxime Zucca est ornithologue, coordinateur scientifique de l’association Réensauvager la ferme.

  • « Le Temps des Paysans » sur ARTE : Une exploration des racines de la domination.
    ▻https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2024/05/02/le-temps-des-paysans-sur-arte-une-exploration-des-rac

    La série documentaire en quatre épisodes, « Le Temps des Paysans », de Stan Neumann, diffusée sur la chaîne ARTE, plonge le spectateur au cœur des siècles passés pour lui offrir une vision saisissante de l’avènement des dominations religieuses et seigneuriales. À travers une narration captivante et des images d’archives fascinantes, cette série nous transporte dans un […]

    #Articles_d'intérêt_et_liens_divers #[VF] #Capitalisme #Féodalisme #Histoire #Paysannerie


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