• Il faut supprimer d’urgence les maisons de retraite
    https://www.courrierinternational.com/article/plaidoyer-il-faut-supprimer-durgence-les-maisons-de-retraite

    Ce gérontologue belge explique, point par point, pourquoi les institutions dans lesquelles nous parquons les personnes âgées sont indignes, inadaptées et arriérées.
    Nos services

    À partir du XVIIIe siècle, on a milité pour l’abolition de l’esclavage. Puis certains ont exigé la suppression de la peine de mort et des prisons. Aujourd’hui, d’autres dénoncent la prostitution, le trafic d’êtres humains, la souffrance animale. Le point commun entre ces “abolitionnistes” ? L’indignation contre l’injustice. Or, la crise du coronavirus nous a montré que l’heure d’un nouveau combat a sonné : il y a au moins huit bonnes raisons de fermer définitivement les maisons de retraite.

    1. Ce sont des lieux propices à la propagation des maladies

    Le coronavirus a très lourdement frappé la Belgique, et la grande majorité des victimes sont des pensionnaires de maisons de retraite. Cette situation s’explique notamment par une mauvaise préparation, des mesures prises trop tardivement et un manque de moyens matériels et humains. La raison principale est toutefois à chercher ailleurs : il était impossible de faire appliquer les mesures de précaution dans ces résidences où les pensionnaires vivent dans la promiscuité. Ces dernières ont bien essayé de les isoler dans leur chambre, mais cette méthode, aussi invivable qu’inhumaine, n’était pas tenable sur le long terme.

    2. Les seniors ne veulent pas y aller

    Tous les sondages démontrent que nos seniors ne veulent pas être placés en maison de retraite et préfèrent rester chez eux. Or, la plupart du temps, ce sont les familles qui prennent la décision, faute de meilleure option. Elles se retrouvent alors devant un choix cornélien : le placement de leurs parents ou leurs grands-parents, souvent malades et dépendants, en résidence est synonyme d’exposition à d’autres dangers, comme le nouveau coronavirus.

    Or, moyennant des investissements massifs dans les soins préventifs et les services infirmiers à domicile, nous pourrions leur offrir une deuxième option valable. D’autant plus que les baby-boomers, génération par nature plus “revendicatrice”, seront vraisemblablement moins enclins à accepter leur sort

    #paywall

  • Wajdi Mouawad, dramaturge libanais : « A Beyrouth, cette explosion pose un point final à toutes les mascarades »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/08/08/wajdi-mouawad-au-liban-la-monstruosite-du-point-final_6048455_3232.html

    Bouleversé par la violence sidérante de l’explosion qui a ravagé Beyrouth, le metteur en scène, né au Liban, met en cause dans une tribune au « Monde », une classe dirigeante « qui ne dirige que ses propres intérêts et les intérêts de ceux qui l’ont placée à la tête du pays ».

    #paywall

  • Michèle Delaunay, ex-ministre et médecin : « L’isolement individuel en Ehpad a été une erreur »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/30/michele-delaunay-l-isolement-individuel-en-ehpad-a-ete-une-erreur_6047654_32


    La médecin et ex-ministre Michèle Delaunay à Hossegor (Landes), le 28 juillet.
    MARKEL REDONDO POUR « LE MONDE »

    La crise du Covid-19 est l’occasion de mettre en évidence les insuffisances des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes dans des situations d’urgence et de fin de vie, selon l’ancienne ministre.

    Médecin spécialisée en cancérologie cutanée, Michèle Delaunay, 73 ans, a été députée (PS) de la Gironde de 2007 à 2012, puis ministre déléguée de François Hollande, chargée des personnes âgées et de l’autonomie, de 2012 à 2014.
    Depuis 2016, elle préside le conseil d’administration de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped) de l’université de Bordeaux. Son dernier ouvrage, Le Fabuleux Destin des baby-boomers (Plon), évoque les questions vertigineuses posées par le vieillissement et la perspective de la mort en série des 20 millions de personnes de la génération née entre 1946 et 1973.

    Dès le début du confinement, vous avez alerté sur les dangers du virus dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), appelant à équiper en urgence le personnel, suggérant même aux familles qui le pouvaient de reprendre leurs proches avec eux. Pourquoi ?
    D’abord pour soustraire autant que possible des résidents au chaudron de contamination que pouvait devenir un Ehpad et à l’isolement qui leur était imposé.

    Mais plus structurellement parce que ces établissements ne sont pas suffisamment armés pour faire face à des morts en série. Les Ehpad, où résident 600 000 personnes en France, sont en théorie un lieu de vie et de soins. Mais ils sont de fait un lieu de fin de vie pour la très grande majorité des résidents, ce qui pose clairement la question de leurs moyens humains et matériels pour y faire face.
    Dès le début de l’épidémie, il a été évident que l’âge était un des principaux facteurs de risque de décès. J’ai été frappée par la première annonce, fin mars, d’une vague de décès par Covid-19 dans un Ehpad à Mougins [Alpes-Maritimes]. C’est la presse locale qui a révélé que douze résidents de cet établissement avaient succombé en quinze jours.

    #paywall

  • Anonymat sur les réseaux sociaux : les contre-vérités de Jean Castex et Eric Dupond-Moretti
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/anonymat-sur-les-reseaux-sociaux-les-contre-verites-de-jean-castex-et-eric

    Le Premier ministre, Jean Castex, et son ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, sont tous deux hostiles à l’anonymat sur les réseaux sociaux, qu’ils souhaitent interdire pour "lever l’impunité en ligne". Mais les deux ministres confondent le pseudonymat et l’anonymat, oublient que des lois existent déjà pour punir les propos illicites sur Internet, et ignorent qu’il est tout à fait possible, et assez facile, de retrouver leurs auteurs. Le vrai problème est le temps de la réponse judiciaire, ce qui soulève la question des moyens mis à sa disposition. Explications.

    Le remaniement d’Emmanuel Macron est-il synonyme de retour en arrière sur les sujets numériques ? Au-delà du fait que le chef de l’Etat n’ait pas jugé bon de créer un véritable ministère du Numérique, les positions du nouveau Premier ministre, Jean Castex, et de son ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, sur les réseaux sociaux et l’anonymat en ligne, montrent que leur maîtrise de ce sujet est très approximative.

    Pour Jean Castex, l’anonymat sur les réseaux sociaux est « quelque chose de choquant ", " un sujet dont il va falloir qu’on s’empare ", a-t-il déclaré mi-juillet au Parisien. N’hésitant pas à basculer directement dans le point Godwin -une comparaison avec le nazisme-, le Premier ministre estime que " si on se cache, les conditions du débat sont faussées. [...]. On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes. Dans ces conditions, les réseaux sociaux, c’est le régime de Vichy : personne ne sait qui c’est ! ", s’est-il enflammé. Quelques jours plus tard, rebelote de la part, cette fois, du nouveau ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. Lors de son audition devant l’Assemblée nationale, le 20 juillet, le Garde des Sceaux a révélé l’étendue de son ignorance sur le sujet. " Est-ce que technologiquement on peut intervenir pour interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux ? Si vous pouvez m’aider à résoudre cette question, je suis preneur ", a-t-il demandé, après avoir fait part de son expérience avec un cyber-harceleur qui serait prétendument protégé par son anonymat. Eric Dupond-Moretti n’en est pas à sa première sortie sur…

    #paywall

  • Migrants atteints du #Covid-19, les dessous d’un fiasco sanitaire

    153 cas de contamination au nouveau coronavirus ont été dépistés au sein des communautés migrantes dans la région de Laâyoune Sakia El Hamra. Ces foyers lèvent le voile sur un laisser-aller dangereux des autorités sanitaires dans la prévention et la prise en charge de cette population vulnérable. Le Desk reconstitue le puzzle de cette affaire.

    https://ledesk.ma/2020/06/30/migrants-atteints-du-covid-19-les-dessous-dun-fiasco-sanitaire
    #coronavirus #asile #migrations #réfugiés #Maroc #Laâyoune-Sakia_El_Hamra
    #paywall

    ping @thomas_lacroix

  • Portland, ville symbole de la résistance à Trump
    https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-portland-ville-symbole-de-la-resistance-trump

    Voilà plus de cinquante jours que les manifestations contre le racisme et les violences policières se succèdent à Portland, la plus grosse ville de l’Oregon. Le récent déploiement de forces spéciales du gouvernement fédéral n’a fait qu’envenimer les choses.

    #paywall

    • Cinquante-deux jours consécutifs de #manifestations. Si la #mobilisation contre les #violences_policières à la suite de la mort de George Floyd a fléchi dans les rues des autres grandes villes et des petites villes américaines, à Portland, dans l’#Oregon, « la détermination des manifestants va croissant », rapporte le New York Times.

      Et pour cause, la ville est devenue un #symbole du #bras_de_fer engagé par Donald Trump pour mettre un terme aux troubles et aux manifestations en déployant des #forces_spéciales de #police_fédérale.

      « Flagrant #abus_de_pouvoir »

      Le locataire de la Maison-Blanche a encore dénoncé sur Twitter ce dimanche 19 juillet les « anarchistes et agitateurs » qu’il considère comme « une #menace_nationale » et qu’il désigne comme responsables du « #chaos et de l’#anarchie » qui règne dans cette ville de la côte Ouest. Or « davantage de manifestants sont sortis dans les rues de Portland pour protester contre la #militarisation du #maintien_de_l'ordre », rendue palpable par le déploiement de forces spéciales de police fédérale dans la ville depuis le début du mois de juillet, souligne le quotidien new-yorkais.

      Dans un second article, le New York Times décrit plus précisément ces forces spéciales de police fédérale : « Des #agents_fédéraux vêtus de tenues camouflage et d’équipements tactiques, usant de #gaz_lacrymogène et de #brutalité, et embarquant à l’occasion des manifestants dans des véhicules banalisés », ce que la gouverneure démocrate de l’Oregon, Kate Brown, a qualifié de « flagrant abus de pouvoir ».

      La procureure générale de l’État a également indiqué que ses services avaient ouvert une #enquête à la suite de #violences sur un manifestant et avaient enregistré une #plainte devant un tribunal local contre les méthodes répressives illégales des agents fédéraux.

      Les agents présents à Portland font partie des « équipes à déploiement rapide mises en place par le ministère de la Sécurité intérieure ». Il s’agit d’une demande expresse du président américain auprès de différentes agences fédérales d’envoyer des renforts pour « protéger les #statues, #monuments et bâtiments fédéraux pendant les manifestations ».

      Tout un symbole

      Ces équipes incluent environ « 2 ?000 hommes issus de la #police_des_frontières, mais aussi du ministère des Transports et des #gardes-côtes qui viennent prêter main-forte au #Federal_Protective_Service », une agence fédérale peu connue chargée de la #protection_des_propriétés du gouvernement fédéral sur tout le territoire américain.

      Ces renforts fédéraux « ont été déployés à #Seattle, à #Washington et à Portland », souligne le New York Times. Depuis, les images chocs, les vidéos amateurs et les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias américains pour dénoncer la violence de la #répression à Portland.

      Parmi les images les plus frappantes qui ont fait le tour de la Toile figure cette vidéo d’un groupe de mères casquées venues protester contre la présence des agents fédéraux aux cris de « Feds stay clear. Moms are here ?! » ("Allez-vous-en les fédéraux, les mères sont là !").

      Ou encore les photos et vidéos de cette manifestante nue exécutant un drôle de ballet devant les forces de l’ordre. Une manifestante anonyme qualifiée par le Los Angeles Times d’"Athéna", en référence à la déesse grecque de la guerre, émergeant « telle une apparition au milieu des nuages de gaz lacrymogène lancé par les agents fédéraux et ne portant rien d’autre qu’un masque et un bonnet noir face à une dizaine d’agents lourdement armés et vêtus de treillis militaire ».

      Le symbole même de la « vulnérabilité humaine » face à une répression disproportionnée.

      #résistance #Trump #USA #Etats-Unis #plainte #Naked_Athena #Athena

      ping @davduf

    • A Portland, la « milice personnelle de Trump » à l’œuvre

      Ils jaillissent de voitures banalisées, vêtus d’uniformes kaki tout neufs dignes de la guerre d’Irak, pour interpeller des manifestants, ou, trop souvent, de simples passants soupçonnés d’être de « dangereux anarchistes ». Une vidéo montre un de leurs commandos maîtriser à dix, avec l’aide d’un chien policier, un tagueur devant la cour de justice fédérale de Portland, Oregon.

      Ces forces de l’ordre inconnues, dénuées du moindre insigne déclinant leur identité ou leur administration d’origine, côtoient depuis près de deux semaines la police de Portland pour disperser les rassemblements de militants Black Lives Matter, toujours actifs depuis la mort de George Floyd. S’ils coordonnent parfois officieusement leurs actions avec les policiers locaux, connus pour leur brutalité, ils ne prennent leurs ordres que de Washington. Essentiellement du Department of Homeland Security, l’administration de la sécurité intérieure fondée après le 11 Septembre, aujourd’hui étroitement contrôlée par Donald Trump en personne – au grand désarroi des autorités locales, qui assurent n’avoir jamais demandé un tel renfort. « Ces dizaines, voire ces centaines d’officiers fédéraux qui débarquent dans notre ville ne font qu’envenimer la situation, a déploré Ted Wheeler, le maire démocrate de Portland. Leur présence ne fait qu’accroître les violences et le vandalisme. »

      Pour toute réponse, Donald Trump a annoncé qu’il entendait poursuivre ces déploiements dans d’autres villes, telles Chicago, Detroit, Philadelphie, Baltimore et Oakland (en Californie), ainsi que…New York, qui ne connaît plus de manifestations d’envergure, pour rétablir l’ordre dans des municipalités « mal dirigées par des Démocrates de gauche ».

      Aucune compétence sur la voie publique

      L’offensive de la Maison Blanche, décrite comme une manifestation d’autoritarisme et une crise constitutionnelle par l’Aclu, importante association de défense des droits civils, provoque un choc dans l’opinion. Révulsée, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, demande le retrait des « troupes d’assaut de Donald Trump ». Tom Ridge, premier directeur du Homeland Security Department entre 2003 et 2005, a pour sa part rappelé que cette agence de l’Etat fédéral n’a pas été conçue « pour servir de milice personnelle à Donald Trump ».

      Le maintien de l’ordre est traditionnellement la responsabilité des autorités locales : des Etats mais plus couramment des maires des villes, des shérifs élus et des dirigeants de comtés. Les forces fédérales, tels le FBI, la Drug Enforcement Administration et les agences de lutte contre l’immigration clandestine, ne sont compétentes que pour les crimes et délits impliquant des mouvements entre plusieurs Etats ou dûment inscrits en raison de leur gravité dans une liste approuvée par le Congrès. Hormis pour la protection des bâtiments fédéraux, un prétexte largement utilisé à Portland, ils n’ont aucune compétence sur la voie publique, alors qu’ils quadrillent la ville impunément sans autorisation des autorités locales.

      Donald Trump, brutalisé par les sondages et en mal de démonstration d’autorité, a fait son miel du slogan de Black Lives Matter « defund the police », soit retirer ses financements à la police. Le mot d’ordre appelait à la fin de la militarisation du maintien de l’ordre local et au rééquilibrage des fonds publics vers les services sociaux ou de prévention de la criminalité. La Maison Blanche y voit l’occasion de se présenter comme la championne de la loi et de l’ordre face au prétendu laxisme des élus démocrates, quitte à attiser les conflits locaux avant les élections de novembre.

      Rempart contre le prétendu chaos

      Le Président n’a eu de cesse, depuis trois ans, de stigmatiser les « villes sanctuaires » qui limitent leur appui à ses campagnes d’arrestation d’immigrants clandestins. Il trouve maintenant une nouvelle occasion de monter sa base électorale, largement rurale, contre les zones urbaines, majoritairement démocrates, et de s’imposer comme un rempart contre le prétendu chaos. Donald Trump avait évoqué Chicago et son taux de criminalité terrible dès son discours inaugural apocalyptique de janvier 2017 pour promettre la fin de ce « massacre américain ». Mais on ignore l’impact qu’aura sa centaine d’enquêteurs fédéraux dans une ville qui a connu 62 attaques armées entre gangs le week-end dernier. Le maire de Detroit, comme celui de Philadelphie, demandent quant à eux poliment d’où le Président tire ses informations sur le désordre et la criminalité locale.

      Plus perfidement, Trump profite de la colère des polices locales, notamment à New York, ou le maire, Bill de Blasio, à réduit le budget du NYPD sous la pression de Black Lives Matter, pour tenter de déstabiliser les élus démocrates au moment où, certes, la criminalité augmente depuis le déconfinement sans pour autant renverser vingt ans de progrès spectaculaires dans la sécurité de la ville.

      Le Président a, de plus, accru son emprise sur les forces fédérales usant non du FBI, qu’il déteste en raison des enquêtes sur sa possible collusion avec Moscou, mais des agences qui lui sont dévouées, comme la police des frontières et l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), responsable des arrestations de clandestins. Ces officiers, dénués de toute expérience en matière de contrôle des désordres sur la voie publique, constituent la majorité des troupes en uniforme kaki qui traquent les tagueurs de Portland et pourraient bientôt imposer la marque Trump dans les ghettos du South Side, à Chicago.

      https://www.liberation.fr/planete/2020/07/22/a-portland-la-milice-personnelle-de-trump-a-l-oeuvre_1794940?xtor=rss-450

  • « Les arguments favorables aux “#OGM” sont soumis à très peu d’esprit critique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/18/les-arguments-favorables-aux-ogm-sont-soumis-a-tres-peu-d-esprit-critique_60

    C’est une histoire qui a presque deux décennies, mais elle éclaire toujours, aujourd’hui, la nature des débats sur les #biotechnologies. En 2001, Ignacio Chapela et David Quist, deux chercheurs de l’université de Californie à Berkeley (Etats-Unis) publiaient dans la revue Nature des résultats incommodants : les deux scientifiques assuraient avoir détecté, dans certaines variétés de maïs traditionnels mexicains, des traces de contamination génétique dues aux cultures américaines de maïs transgénique, à plusieurs centaines de kilomètres au nord.

    Au moment même où l’article était publié — et alors que nul n’avait encore pu l’examiner —, un déluge d’indignation s’abattit sur les éditeurs de la revue : les auteurs étaient des militants écologistes déguisés, leur méthode était défectueuse, leurs résultats étaient pourris, etc.

    Quelques mois plus tard, Nature publiait une notice de désaveu, regrettant la publication de l’étude — sans toutefois avoir le moindre élément pour une #rétractation en bonne et due forme. Du jamais-vu. Ces travaux étaient certainement imparfaits, mais sans doute pas plus que la grande majorité de ceux qui sont publiés chaque jour. M. Chapela n’en a pas moins subi, des mois durant, une vindicte si hargneuse, de la part de scientifiques convaincus des bienfaits des biotechs, que son emploi à Berkeley fut un temps menacé.

    Cette bronca était-elle si spontanée ? En novembre 2002, dans une chronique au Guardian, George Monbiot a raconté, preuves irréfutables à l’appui, comment une campagne de dénigrement avait été lancée contre M. Chapela et M. Quist par une #officine dont l’un des clients était une firme agrochimique bien connue. Des années plus tard, le 12 novembre 2008, Nature revenait sur l’affaire dans un bref article d’information : les résultats qu’elle avait désavoués avaient été reproduits par d’autres chercheurs.

    Cet exemple — parmi de nombreux autres — montre l’extraordinaire capacité des industriels à influencer le débat sur « les #OGM » (même si ce terme ne recouvre rien de précis).

    #paywall

    • [...]

      Ce défaut d’esprit critique à l’endroit des biotechno­logies végétales – telles qu’elles sont actuellement utilisées – est général et n’épargne pas le person­nel scientifique au sens large, bien au contraire. Pas plus, d’ailleurs, que l’auteur de ces lignes.

      Dans l’espace de cette chroni­que, il a ainsi déjà été affirmé qu’en #Inde, le #coton #transgénique #Bt (sécrétant une toxine insecticide) avait eu des résultats posi­tifs en termes de baisse du re­cours aux pesticides et d’augmentation des rendements. Cette affirmation est probablement fausse et il n’est jamais trop tard pour manger son chapeau.

      En mars, en pleine crise due au Covid­19, la revue Nature Plants a publié l’étude la plus exhaustive sur les effets de deux décennies de culture du coton transgénique Bt à l’échelle d’un grand pays. Elle est passée complètement inaperçue. Pour ceux qui ont cru au miracle du coton Bt indien, ses conclu­sions sont cruelles.

      Certes, expliquent ses auteurs, Keshav Kranthi (International Cotton Advisory Committee, à Washington) et Glenn Davis Stone (université Washington, à Saint Louis), le coton Bt ne peut être rendu responsable d’une quelcon­que épidémie de #suicides parmi les #agriculteurs indiens – selon une idée répandue chez les détrac­teurs des #biotechs.

      Mais aucun des grands bénéfices que lui attribuent ses supporteurs n’est réel ou n’a tenu sur la durée. Après avoir décortiqué vingt ans de données, M. Kranthi et M. Stone indiquent que l’introduc­tion du coton Bt en Inde s’est bien accompagnée d’une réduction de l’utilisation des #pesticides, mais celle­ci n’a été qu’« éphémère ». Avec l’apparition de résistances à la toxine Bt chez certains #insectes et la prolifération de #ravageurs secondaires non ciblés, « les agri­culteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’intro­duction du Bt », écrivent les deux auteurs. « Tout indique que la si­uation va continuer à se détério­rer », ajoutent-­ils.

      Ce n’est pas fini. Certaines cour­bes fièrement exhibées par les promoteurs des biotechs sem­blent montrer un lien entre l’arri­vée du coton transgénique Bt et l’augmentation des rendements. Vraiment ? Non seulement corré­lation n’est pas causalité, mais une fois examinée de plus près, à l’échelle de chaque région indienne, la corrélation apparaît el­le-même douteuse. « L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur de l’évolution des rendements », expliquent les deux chercheurs. « Les augmentations de rendement correspon­dent plutôt à des évolutions dans l’usage des engrais et d’autres intrants », précisent­-ils.

      Dans les années 1990, lors du lancement des premières cultu­res transgéniques, l’autorité de la parole scientifique a été large­ment convoquée, auprès de l’opinion, pour faire de la pédagogie : ces nouvelles plantes – tolérantes à des herbicides ou résistantes à certains ravageurs – allaient aug­menter les rendements, faire baisser le recours aux intrants et bénéficier à l’ensemble de la société.

      Avec deux à trois décennies de recul, tout cela s’est révélé au mieux indémontrable, au pire complètement faux. La transge­nèse ou l’édition du génome peu­vent apporter des innovations utiles dans de nombreux domai­nes, et peut­ être le feront­-elles. Mais il y a fort à parier que, dans leurs principaux usages agricoles, elles n’ont jusqu’à présent pas tenu leurs promesses.

  • Fakir et Ruffin : opération infiltration - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120720/fakir-et-ruffin-operation-infiltration

    Dans le premier épisode de sa série d’enquêtes multimédia « Le Squale, opérations secrètes », Mediapart est en mesure d’apporter la preuve que la présidence de LVMH a directement demandé, au printemps 2013, à pouvoir « infiltrer » le journal indépendant pour mieux l’espionner en temps réel et prévenir ses actions.

    La requête a été formulée sans ambiguïté par le vice-président d’alors de LVMH, Pierre Godé, le bras droit de toujours de Bernard Arnault, décédé en février 2018. L’opération d’infiltration de Fakir et de François Ruffin a été pilotée de bout en bout par Bernard Squarcini, l’ancien chef des services secrets intérieurs sous Sarkozy.

    L’ex-maître espion, reconverti dans le privé depuis sept ans, n’a par ailleurs pas hésité à mobiliser les services de renseignements ou la police pour essayer de contrer François Ruffin, qui sera l’auteur en 2015 du documentaire à succès sur Bernard Arnault, Merci Patron !

    Bonne écoute.

  • Dans l’Extrême-Orient russe, l’arrestation d’un gouverneur provoque des manifestations massives
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/12/dans-l-extreme-orient-russe-l-arrestation-d-un-gouverneur-provoque-des-manif


    Des manifestants brandissent des portraits de Sergueï Furgal, à Khabarovsk, samedi 11 juillet.
    Igor Volkov / AP

    Avec une justice intégralement aux ordres, difficile de juger de la crédibilité des accusations portées contre Sergueï Fourgal. Durant la semaine, de nombreuses arrestations ont eu lieu dans les rangs de l’opposition.

    La fermeture de la place Lénine, pour une opportune « désinfection », n’a pas découragé la foule de se réunir dans le centre de Khabarovsk, dès les premières heures de samedi 11 juillet. Une foule massive, pour la manifestation la plus importante de ces trente dernières années dans cette ville de 600 000 habitants de l’#Extrême-Orient_russe. La presse locale évoquera jusqu’à 40 000 personnes ; la police, 12 000. Ce à quoi s’ajoutent quelques milliers de personnes dans les villes de moindre importance du kraï de Khabarovsk, coincé entre la Chine et l’océan Pacifique : Komsomolk-sur-l’Amour, Bikin, Amoursk…

    La démonstration de force est impressionnante, les slogans fusent : « Liberté pour Sergueï Fourgal ! » Le gouverneur de la région a été arrêté deux jours plus tôt, accusé de meurtres remontant au début des années 2000. Immédiatement transféré à Moscou, à 7 000 km de là, il a été placé en détention provisoire. C’est en soutien à cet homme politique que les habitants de Khabarovsk déambulent durant des heures dans les rues du centre. Mais, rapidement, d’autres slogans circulent de bouche en bouche avant d’être repris par la foule : « Liberté », « Moscou rentre chez toi », « Poutine, démission »…

    « Le centre rappelle qui est le chef »


    Il s’agit de la manifestation la plus importante de ces trente dernières années à Khabarovsk, une ville de 600000 habitants.
    Il s’agit de la manifestation la plus importante de ces trente dernières années à Khabarovsk, une ville de 600000 habitants.
    ALEKSANDR KOLBIN / REUTERS

    La mobilisation est massive, comparable par son ampleur à celle survenue à l’été 2019 à Moscou en faveur d’élections justes. Difficile pour le pouvoir, ici, de balayer la grogne comme un caprice de la jeunesse éduquée de la capitale… Et la popularité de M. Fourgal, décrit par les habitants comme un gouverneur efficace et ouvert au dialogue, ne suffit pas à l’expliquer.

    Cet homme de 50 ans est l’un des rares dirigeants régionaux disposant d’un poids politique propre : député depuis 2007 du parti nationaliste LDPR, il a remporté l’élection au poste de gouverneur en 2018, en battant le candidat du parti au pouvoir. Tout comme les communistes, le parti LDPR (Parti libéral-démocrate) est loyal au Kremlin, à Moscou, mais peut au niveau local jouer son rôle de force d’opposition.

    Avant d’entrer en politique, M. Fourgal fut médecin, et homme d’affaires, notamment dans le commerce du bois et du métal avec la Chine. Mais, avec une justice intégralement aux ordres, difficile de juger de la crédibilité des charges avancées, comme dans les nombreuses poursuites engagées ces dernières années contre des hauts fonctionnaires ou des élus.

    #paywall

  • Des traces de coronavirus détectées dans les eaux usées de 5 pays avant l’annonce des premiers cas en Chine (Espagne, Italie, Brésil,…)

    Coronavirus : cómo el hallazgo de rastros de covid en aguas residuales de 5 países (antes del brote en China) aumenta el misterio sobre su origen
    https://www.elnacional.com/bbc-news-mundo/coronavirus-como-el-hallazgo-de-rastros-de-covid-en-aguas-residuales-de-

    Investigadores de al menos cinco países, incluyendo Brasil, detectaron la presencia del nuevo coronavirus en muestras de aguas residuales recolectadas semanas o meses antes del primer caso registrado oficialmente en la ciudad china de Wuhan, considerado como el origen de la actual pandemia

    Es un hallazgo que genera muchas preguntas y que podría modificar sustancialmente lo que se conoce hasta ahora sobre el virus causante del covid-19.

    Investigadores de al menos cinco países, incluyendo Brasil, detectaron la presencia del nuevo coronavirus en muestras de aguas residuales recolectadas semanas o meses antes del primer caso registrado oficialmente en la ciudad china de Wuhan, considerado como el origen de la actual pandemia.

    Pero, ¿cómo afectan estos descubrimientos de virus en las heces lo que sabemos sobre el virus SARS-CoV-2?

    Los científicos señalan tres ejes principales:
    • Monitoreo: la detección en aguas residuales puede servir como una herramienta amplia y económica para monitorear el progreso de covid-19. Hay al menos 15 países donde esta estrategia ha sido adoptada o está siendo estudiada.
    • Posible riesgo para la salud: la presencia del material genético del virus en las heces indica que las aguas residuales pueden ser una vía de contagio.
    • Origen de la pandemia: el virus puede haber circulado mucho antes de lo indicado en la cronología oficial.

    En relación con el tercer punto, el estudio que llamó más la atención fue dirigido por investigadores de la Universidad de Barcelona.
    Según ellos, hubo presencia del nuevo coronavirus en muestras congeladas, recolectadas en España, desde el 15 de enero de 2020 (41 días antes de la primera notificación oficial de un contagio en el país) y desde el 12 de marzo de 2019 (nueve meses antes del primer caso reportado en China).

    Pero, ¿cómo un virus con potencial de causar una pandemia podría haber circulado sin llamar la atención o crear una explosión de casos, como sucedió en Wuhan?

    Los expertos citan al menos cinco hipótesis.

    Una es que los pacientes pueden haber recibido diagnósticos incorrectos o incompletos de enfermedades respiratorias, algo que habría contribuido a la propagación inicial de la enfermedad.

    Otra es que el virus no se había propagado con suficiente fuerza como para causar un brote.

    También hay dos posibilidades de problemas en el análisis: una posible contaminación de la muestra o un resultado falso positivo, debido a la similitud genética con otros virus respiratorios o a fallas en el kit de prueba.

    Finalmente, hay quienes hablan de un virus que espera a ser activado.

    Tom Jefferson, un epidemiólogo vinculado al Centro de Medicina Basada en la Evidencia de la Universidad de Oxford, dijo al diario británico The Telegraph que hay un creciente cuerpo de evidencia de que el SARS-CoV-2 estaba muy extendido antes de que surgiera en Asia.

    Tal vez estamos viendo un virus latente que ha sido activado por las condiciones ambientales”, señaló.

    Para Fernando Spilki, presidente de la Sociedad Brasileña de Virología, es necesario esperar más estudios sobre el tema antes de sacar conclusiones sobre la incidencia del virus meses antes del origen conocido de la pandemia, en diciembre.

    Todos estos resultados deben evaluarse con precaución. La característica del SARS-CoV-2 de generar casos de alta gravedad y con una letalidad relativamente alta en la población hace que sea poco probable que este virus circule en una región sin evidencia de casos clínicos“.

    Los hallazgos en Brasil
    En Brasil, un equipo dirigido por investigadores de la Universidad Federal de Santa Catarina (UFSC) analizó seis muestras de 200 ml de aguas residuales crudas congeladas, recolectadas en Florianópolis del 30 de octubre de 2019 al 4 de marzo de 2020.

    El resultado de la investigación se plasmó en un artículo, que aún no ha sido sometido a la revisión de otros académicos, en el que señalan que la presencia del virus se detectó a partir del 27 de noviembre.

    En esa muestra, según ellos, había 100.000 copias del genoma del virus por litro de aguas residuales, una décima parte de la identificada en la muestra del 4 de marzo. Santa Catarina registró oficialmente los dos primeros casos el 12 de marzo, en Florianópolis.

    Según los investigadores, el virus se identificó en las muestras de aguas residuales utilizando la prueba RT-PCR, capaz de detectar la presencia de SARS-CoV-2 a partir de las 24 horas después de la contaminación del paciente. Esta prueba básicamente convierte el ARN del virus (material genético) en ADN para identificar su presencia o no en la muestra examinada.

    Esto demuestra que el SARS-CoV-2 circulaba en la comunidad meses antes de que se denunciara el primer caso” en el continente americano, escriben los autores del artículo.

    La bióloga Gislaine Fongaro, líder de investigación y profesora del departamento de microbiología, inmunología y parasitología de la UFSC, dijo que los primeros resultados despertaron escepticismo en el equipo.

    Por esta razón, se pusieron en contacto con otros departamentos de la universidad para recopilar y repetir todas las pruebas con varios marcadores virales (lo que sirve para para evitar que otros virus similares confundan la detección).

    Según ella, la presencia del virus meses antes del registro oficial puede explicarse, por ejemplo, por el hecho de que las personas pueden o no haberse enfermado o atribuido los síntomas a otras enfermedades.

    Pero, de acuerdo con Fongaro, solo los estudios futuros pueden explicar cómo el virus terminó en la alcantarilla de Florianópolis en noviembre.

    Una secuenciación genética del virus que se encuentra en las aguas residuales podría, por ejemplo, compararse con otras pruebas similares realizadas en todo el mundo para estimar la fecha precisa de origen del SARS-CoV-2.

  • Le gouvernement britannique met la main sur la constellation OneWeb
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/07/04/le-gouvernement-britannique-met-la-main-sur-la-constellation-oneweb_6045198_

    Evincé de Galileo, après le Brexit, Londres veut s’appuyer sur ce système de satellites basse orbite pour disposer d’un GPS plus précis. Le Royaume-Uni post-Brexit va-t-il pratiquer l’interventionnisme industriel ? Alors que le gouvernement britannique évite traditionnellement d’intervenir directement dans des entreprises, il a annoncé vendredi 3 juillet une étrange prise de participation : il achète 45 % de OneWeb, une société qui développe un réseau de satellites en orbite basse, tandis que Bharti (...)

    #Galileo #géolocalisation #GPS

  • Le #Liban précipité dans l’abîme
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/04/suicides-faillites-licenciements-le-liban-precipite-dans-l-abime_6045193_321

    Des fleurs pour un dernier hommage. Des cris de colère et de douleur. Des Libanais se sont rassemblés, vendredi 3 juillet, dans le quartier de Hamra à Beyrouth, après le suicide d’un homme, sur fond de dégringolade économique et financière. Dans ce lieu commercial jadis vibrant, Ali Al-Haq, 61 ans, s’est ôté la vie, en plein jour et en pleine rue, en se tirant une balle. « Il s’est tué à cause de la faim ! », a dénoncé son cousin. Le même jour, un autre suicide a été rapporté par la presse, commis dans une région au Sud de la capitale par un chauffeur de minibus en difficulté financière. Ces morts violentes ont suscité une onde de choc.

    Ce n’est plus une crise que traverse le Liban. C’est une tornade, un déclassement à toute allure, un début d’apocalypse. « On se réveille épuisés le matin, sans aucune certitude », s’exclame Maria, une thérapeute. Au fil des guerres et des crises politiques qu’a connues le Liban, vivre au jour le jour est devenu une philosophie. Mais cette crise, comme jamais auparavant, est marquée par une dépossession du pouvoir d’achat, des licenciements massifs, et une perte de repères. Nul ne sait jusqu’où ira la chute. « C’est un choc énorme, bien pire que la Grèce, que vit le Liban », diagnostique l’économiste Charbel Nahas, l’un des très rares à avoir averti, dès l’automne 2018, du séisme qui guettait le pays.

    A Beyrouth, les rideaux de fer des magasins sont toujours plus nombreux à rester baissés, signe des faillites ou de l’activité au ralenti. « On a réduit les horaires, car il n’y a pas assez de travail : les clients ne peuvent pas faire face à l’inflation. J’ai peur que les propriétaires ferment le supermarché, peur de perdre mon travail », dit Hania, une caissière. Son salaire ne vaut plus grand-chose, mais c’est tout ce qui lui reste.

    Dans certaines boutiques, les prix ne sont plus affichés : il est devenu trop compliqué de les modifier chaque jour. La majorité de ce qui est consommé est importé en dollars, dont le prix ne cesse d’évoluer sur le marché noir, et trois taux se juxtaposent : l’un officiel (1 500 livres pour un dollar), l’autre pratiqué par les banques (3 850 livres pour un dollar) et le dernier en vigueur sur le marché noir (au-delà de 8 000 livres pour un dollar). « On ne sait plus à quel prix vendre », dit Hassan, qui tient une petite épicerie. La viande est devenue un produit de luxe : l’armée a annoncé l’avoir retirée des repas de ses soldats. A certaines intersections, s’ajoutent, aux petits mendiants présents depuis des années, des silhouettes jamais vues, celles de personnes âgées qui vendent des bricoles en échange d’un billet. Pour ne rien arranger, Beyrouth est plongé dans le noir, la nuit, depuis plusieurs jours, faute d’alimentation en électricité.

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    #paywall

  • L’Algérie récupère les crânes de ses combattants gardés au Musée de l’homme
    Alger a solennellement accueilli les restes de ses « martyrs », qui s’étaient opposés à la conquête française.
    Par Adam Arroudj | 3 juillet 2020
    https://www.lefigaro.fr/international/l-algerie-recupere-les-cranes-de-ses-combattants-gardes-au-musee-de-l-homme

    Les honneurs militaires ont été rendus vendredi à l’aéroport d’Alger aux cercueils de 24 résistants algériens à la conquête coloniale française, en présence du chef de l’État Abdel­madjid Tebboune. -/AFP

    Au Musée de l’homme à Paris, où son crâne était gardé dans une armoire métallique fermée, à l’abri des visiteurs et de la polémique, il était un simple numéro : le 5940. En Algérie, Chérif Boubaghla a un statut de héros. En août 1851, il lança « la révolte de Kabylie » contre les forces françaises avant d’être tué par décapitation, trois ans plus tard. Moins connu que l’émir Abdelkader, il avait toutefois été immortalisé sur son cheval, aux côtés d’une autre icône de la résistance à la colonisation, Lalla Fatma N’Soumer, par le peintre français Henri Félix Emmanuel Philippoteaux.

    #paywall
    #FranceAlgérie

    • Crânes de combattants au Musée de l’Homme : l’Algérie demande la restitution
      Sophie Granel -Rédaction Culture - France Télévisions
      Mis à jour le 11/01/2018
      https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/histoire/cranes-de-combattants-au-musee-de-l-homme-l-algerie-demande-la-restitut

      Fin décembre, l’Etat algérien a officiellement déposé une requête auprès de la France pour la restitution des crânes de combattants tués lors des guerres coloniales au 19e siècle actuellement détenus par le Musée de l’Homme à Paris. Lors de sa visite en Algérie le mois dernier, Emmanuel Macron s’est dit favorable à cette restitution, mais la procédure est loin d’être simple.

      C’est en 2011 que l’affaire débute. L’archéologue et historien algérien Ali Farid Belkadi effectue des recherches dans les collections du Musée de l’Homme place du Trocadéro à Paris. Dans les réserves du musée, 18 000 crânes sont conservés à des fins historiques et scientifiques. Certains sont célèbres comme celui de Descartes ou de l’homme de Cro Magnon. Mais d’autres, stockés dans les coffres-forts de l’établissement, ont une histoire bien plus sombre. C’est le cas de ces crânes de résistants algériens à la colonisation française.

      C’est en épluchant les documents qui accompagnaient les têtes lors de leur envoi, que le chercheur parvient à en reconstituer l’histoire. Au milieu du 19e siècle, la France se lance à la conquête de l’Algérie. La résistance, farouche, durera 30 à 40 ans. Parmi les batailles les plus célèbres, celle de Zaatcha reste dans le annales. Pendant plus de 4 mois, le cheikh Bouziane et ses combattants retranchés dans l’oasis de Zaatcha (au Sud de Constantine) tiennent tête aux troupes françaises. La place forte tombe le 29 novembre 1849. 800 Algériens auraient été tués ce jour-là. Parmi eux, le cheikh Bouziane, son fils de 15 ans et son principal lieutenant dont les têtes décapitées furent exposées avant d’être envoyées en France par un médecin militaire. (...)

  • « Les propositions de la convention citoyenne pour le #climat portent davantage sur les obligations des citoyens que sur celles de l’#Etat »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/03/les-propositions-de-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-portent-davantage

    Au lendemain de la vague verte des élections municipales, Emmanuel Macron a reçu, lundi 29 juin, les 150 citoyens tirés au sort et les a chaleureusement félicités pour leur travail. Sans doute s’en est-il aussi félicité, par la même occasion, puisqu’il a avalisé 146 des 149 mesures proposées.

  • Comment Emmanuel Macron s’est aliéné le monde des sciences sociales
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/30/comment-emmanuel-macron-s-est-aliene-le-monde-des-sciences-sociales_6044632_

    Trois semaines après, l’indignation reste vive dans les universités.

    Près de trois semaines plus tard, la pilule ne passe toujours pas dans le monde universitaire. « Honteux », « grave », « intellectuellement stupide », « violent »… L’indignation reste vive chez de nombreux enseignants-chercheurs, surtout en sciences sociales, contre ce qu’ils considèrent comme une « attaque » du président de la République.

    Au point de départ de cette irritation, il n’y a que quelques phrases rapportées dans Le Monde le 10 juin, mais elles ne sont pas passées inaperçues : « Le monde universitaire a été coupable », a estimé en privé Emmanuel Macron, alors qu’il évoquait les mobilisations d’une partie de la jeunesse contre les violences policières et le racisme, intervenues dans le sillage de l’affaire George Floyd aux Etats-Unis. Coupable de quoi ? « Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon, a poursuivi le président. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. »

    #paywall

  • Emmanuel Macron veut renouer avec son « hyperprésidence »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/06/27/emmanuel-macron-veut-renouer-avec-son-hyperpresidence_6044375_823448.html

    Le chef de l’Etat, qui prépare le remaniement attendu dans la foulée des municipales, entend être seul à la manœuvre pour la dernière ligne droite de son quinquennat avant la présidentielle de 2022.

    Le « nouveau chemin » qu’Emmanuel Macron compte emprunter pour la fin de son mandat ne sera peut-être pas tant affaire de changement de ligne que de réaffirmation d’une méthode : celle de « l’hyperprésidence » des débuts. Après avoir envoyé au front son premier ministre, Edouard Philippe, tout au long du débat sur les retraites, puis au cours de la crise due au coronavirus, le chef de l’Etat a l’intention, selon ses proches, de retrouver sa prééminence.
    […]
    « Le président a la volonté, dans les deux prochaines années, de gouverner lui-même. Il veut être maître de son destin et de sa réélection », affirme son entourage, en estimant que la prise de parole à venir du chef de l’Etat équivaudra à une déclaration de politique générale, ce qui est normalement du ressort du premier ministre… En 2019, M. Macron avait renoncé à sa promesse de venir s’exprimer devant le Congrès chaque année, laissant M. Philippe prendre la parole devant les députés. Cette époque semble révolue. « C’est dans sa nature, observe le patron des sénateurs La République en marche (LRM), François Patriat. Emmanuel Macron aime être présent sur tous les dossiers et tient à être informé sans cesse. » Tout sauf un hasard, donc, si les annonces sur le chômage partiel ont été faites depuis l’Elysée, mercredi.

    #paywall, mais c’est pas grave…

    • On peut reformuler les montras des thuriféraires sous une forme plus claire : le Prez’ est totalement hors sol.

      Il n’a pratiquement aucune base politique. Aucun «  poids lourd  » politique ne va se mouiller dans la fuite en avant quasi mégalomaniaque (ne parlons pas de la dérive des institutions qui fait même toussoter Le Monde…)

      Sa volonté délirante de se poser en Jupiter laisse parfaitement indifférent - ou consterne - à peu près tout le monde, sans doute même parmi les courtisans.

      Le bonhomme brandissant ses foudres en carton-pâte pourra néanmoins continuer à déstabiliser la société française en poursuivant frénétiquement ses « réformes  » : retraites, poursuite du démantèlement et de la privatisation de la protection sociale, décentralisation à venir (à tous les coups, on va encore hériter d’une couche supplémentaire dans le mille-feuilles…)

    • On croise les doigts. J’avais peur que LREM mettre vingt ans à se dégonfler mais ces élections locales idéalement placées n’ont pas fait de cadeau aux néo-élu·es et traîtres aux partis qui composent LREM. Petit encouragement aux élu·es de terrain qui font le boulot sans demander à Macaron.

      Après, se débarrasser du néolibéralisme avant qu’il ne finisse de nous priver du strict nécessaire, c’est beaucoup demander puisque le macronisme n’est qu’un épiphénomène de transition du néolibéralisme vers le fascisme.

  • Annexion de la vallée du Jourdain : les problèmes s’accumulent pour Netanyahou
    25 juin 2020 Par René Backmann | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230620/annexion-de-la-vallee-du-jourdain-netanyahou-au-point-de-non-retour-0?ongl

    À moins d’une semaine de la date annoncée par Israël pour l’annexion de la vallée du Jourdain, le gouvernement israélien, l’administration Trump et les organisations de colons ne sont toujours pas d’accord sur les modalités. Pour les Palestiniens, cela serait le point de non-retour. (...)