• Des plébéiens aux « gilets jaunes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/18/des-plebeiens-aux-gilets-jaunes_5410980_3232.html

    Dans sa tribune au « Monde », Claudia Moatti, professeure d’histoire antique, compare le comportement des sénateurs ­romains du dernier siècle de la République avec les politiciens d’aujourd’hui, qui, tout en reconnaissant l’utilité des révoltes passées, condamnent celles de leur époque.

    Tribune. Le paradoxe est éclatant : nous transformons en patrimoine la Révolution française mais nous tremblons devant les rébellions actuelles. Nous nous comportons ainsi comme les sénateurs ­romains du dernier siècle de la République, qui, tout en reconnaissant l’utilité des révoltes passées (les ­fameuses sécessions de la plèbe du Ve siècle avant notre ère), condamnaient celles de leur époque. Les historiens qui écrivirent sous l’Empire voyaient pourtant plus qu’une analogie entre les deux. Au moment où la situation politique nous met en demeure, à notre tour, de réfléchir et de comprendre l’état de notre société, leur récit a quelque chose à nous apprendre.

    Nous sommes en 494 avant notre ère, au début de ce que nous appelons la République romaine, quelques années après l’expulsion du dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe ; les plébéiens, cette part de la population romaine qui n’avait aucun accès aux charges politiques et religieuses de la cité mais qui n’en était pas moins constamment appelée à défendre la patrie par les armes, réclama l’abolition des dettes. Ce que saisissaient les historiens, c’était à la fois l’état de pauvreté et de nécessité où la plèbe se trouvait, la cruauté des créanciers, et la surdité des sénateurs : une surdité de gens arrogants, hautains, et sans pitié.

    Ce qu’ils tâchaient de faire entendre aussi, c’est qu’un problème qui n’est pas résolu immédiatement est destiné à empirer ; et de fait les plébéiens, excédés, finirent par réclamer non seulement l’abolition des dettes mais aussi des droits politiques, par exemple la création de magistrats pour les défendre. Voici donc que de sociale la requête se fit politique.

    #paywall

    • Ça devient de plus en plus difficile de créditer les images : celles-ci ne figurant pas sur la page web… mais apparait dans l’extrait pris par le bookmarklet ST

      Et donc, ici


      Gaius Gracchus attempted to enact social reform in Ancient Rome but died at the hands of the Roman Senate in 121 B.C.
      sur le site du Smithsonian Institute, dans un article de novembre 2017 au contenu très proche de l’article ci-dessus (même s’il s’agit des Gracques et non de l’apologue des membres et de l’estomac de Ménénius Agrippa à l’époque des Sécessions de la plèbe (494 avant notre ère) où celle-ci décida de se retirer sur les ronds-points euh, non ! sur l’Aventin (je confonds toujours…)

      et donc, peut-être ! :
      Paul Fearn/Alamy

      et l’article illustré par C. Gracchus

      Before the Fall of the Roman Republic, Income Inequality and Xenophobia Threatened Its Foundations | History | Smithsonian
      https://www.smithsonianmag.com/history/fall-roman-republic-income-inequality-and-xenophobia-threatened-its-

      What inspired you to look into this story?
      When I was doing the History of Rome [podcast], so many people asked me, ‘Is the United States Rome? Are we following a similar trajectory?’ If you start to do some comparisons between the rise and development of the U.S. and rise and development of Rome, you do wind up in this same place. The United States emerging from the Cold War has some analogous parts to where Rome was after they defeated Carthage [in 146 B.C.]. This period was a wide-open field to fill a gap in our knowledge.

      One topic you describe at length is economic inequality between citizens of Rome. How did that come about?
      After Rome conquers Carthage, and after they decide to annex Greece, and after they conquer Spain and acquire all the silver mines, you have wealth on an unprecedented scale coming into Rome. The flood of wealth was making the richest of the rich Romans wealthier than would’ve been imaginable even a couple generations earlier. You’re talking literally 300,000 gold pieces coming back with the Legions. All of this is being concentrated in the hands of the senatorial elite, they’re the consuls and the generals, so they think it’s natural that it all accumulates in their hands.

      At the same time, these wars of conquest were making the poor quite a bit poorer. Roman citizens were being hauled off to Spain or Greece, leaving for tours that would go on for three to five years a stretch. While they were gone, their farms in Italy would fall into disrepair. The rich started buying up big plots of land. In the 130s and 140s you have this process of dispossession, where the poorer Romans are being bought out and are no longer small citizen owners. They’re going to be tenant owners or sharecroppers and it has a really corrosive effect on the traditional ways of economic life and political life. As a result, you see this skyrocketing economic inequality.

      par Mike Duncan, à propos de son livre
      The Storm before the Storm, The Beginning of the End of the Roman Republic, New York Times Bestseller, octobre 2017

      http://thestormbeforethestorm.com


  • « Gilets jaunes » : l’inexpérience du gouvernement en matière d’usage de la force fait craindre de nouveaux dérapages
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/20/gilets-jaunes-l-inexperience-du-gouvernement-en-matiere-d-usage-de-la-force-


    Des policiers [en civils,…] équipés de LBD40, le 15 décembre à Paris.
    VALERY HACHE / AFP

    Championne autoproclamée du maintien de l’ordre, la France est régulièrement confrontée au phénomène des violences policières, qui interroge sur sa doctrine de l’usage de la force publique.

    Qu’est donc devenue cette France championne du maintien de l’ordre, qui exportait son savoir-faire et ses matériels aux autres démocraties et aux pays totalitaires soucieux de mater des contestations naissantes ? Il y a encore quelques années, le fabricant français de grenade lacrymogène, Alsetex, qui fournit la police française, déclarait au Monde : « Notre molécule lacrymogène est la plus pure au monde, elle permet d’amener les gars devant le juge en bon état, notre grenade est estampillée démocratie française. »

    Mais la France a pris l’habitude de voir, chaque samedi, des visages et des corps abîmés au terme d’affrontements entre forces de l’ordre et « gilets jaunes ». Les exactions de ces derniers ont conduit des policiers et des gendarmes à l’hôpital. Mais la multiplication des violences imputables aux forces de sécurité conduit aussi à s’interroger sur la capacité de l’Etat à totalement maîtriser l’usage d’une force démocratique, dont les règles semblent fluctuer. Depuis le début de la crise, les pouvoirs publics ont, en effet, fait montre d’une culture toute relative en matière de doctrine sur l’usage de la force publique.

    #paywall

    • D’autant plus que la deuxième partie de l’article frise le blasphème…

      Interrogé ensuite sur l’affaire Benalla, le porte-parole du gouvernement a reconnu des « dysfonctionnements », notamment à l’Elysée. A la veille d’une nouvelle audition de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron par une commission d’enquête du Sénat, Benjamin Griveaux a estimé qu’il fallait régler rapidement ces anomalies, car elles sont « insupportables et incompréhensibles pour les Français ».

      Des #dysfonctionnements !? à l’Olympe !

      B. Griveaux (ex-strauss-kahnien) commencerait-il à sentir le vent et à préparer ses arrières ?


  • La survie des #guépards menacée par la mode des #félins de compagnie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/19/la-survie-des-guepards-menacee-par-la-mode-des-felins-de-compagnie_5411453_3

    Chaque année, selon des experts, autour de 300 félins seraient arrachés à la savane pour finir dans des appartements de Riyad ou d’Abou Dhabi – soit 1 200 à 1 500 guépards sur les cinq dernières années. « Ces chiffres peuvent sembler modestes, comparés aux dizaines de milliers d’éléphants abattus tous les ans, mais ils sont en réalité dramatiques », selon William Crosmary, directeur de programme pour Traffic, un réseau de surveillance du commerce de faune sauvage en Afrique de l’Est.

    La population du félin, connu pour ses sprints à 120 km/h, s’est effondrée, passant de 100 000 individus au début du XXe siècle à seulement 7 100 aujourd’hui, avec une accélération brutale ces vingt dernières années. Autrefois présent du bassin du Congo jusqu’à l’est de l’Inde, il est maintenant confiné sur à peine 9 % de son territoire originel, essentiellement en Afrique australe et orientale, avec des groupes fragmentés ne comptant souvent plus que quelques dizaines d’individus.

    #trafic #biodiversité


  • Freud, Einstein : attention génies !
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270913/freud-einstein-attention-genies


    Photo des 4 sœurs de Freud dont 3 finirent gazés dans les camps, la 4eme la plus jeune Adolphine mourra de faim.

    Einstein a bien abandonné, et par deux fois, le fragile Eduard, son fils cadet. Sigmund Freud, en dépit de leurs demandes, n’a pas ajouté les noms de ses quatre sœurs à la liste de ceux qui pouvaient fuir l’Autriche avec lui, où figuraient pourtant les employées de maison ou le chien. Toutes sont mortes en déportation.

    Au sujet d’Eisenstein le fait qu’il ai abandonné sa première fille et maltraité Minerva, ne sont pas évoqué, le destin d’un fils étant toujours plus interessant que celui d’une fille et d’une femme.

    L’article présente ces livres comme étant à charge, mais on est encore loin du compte.
    #grand_homme


  • Dans la jungle de #Bornéo, des tribus se rebellent contre les bulldozers
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/14/dans-la-jungle-de-borneo-tribus-rebelles-contre-bulldozers_5408689_3244.html

    Dans l’Etat de #Sarawak, en #Malaisie, une poignée de nomades de l’ethnie #penan résiste à l’anéantissement d’une #forêt qui a été détruite à 80 % ces trente dernières années.

    #paywall c’est pas précisé mais #industrie_palmiste #peuples_autochtones

    • Les deux hommes font partie d’un petit groupe de nomades penan, dont le chef Peng et sa famille élargie sont sans doute, au cœur de la jungle de l’Etat malaisien de Sarawak, parmi les derniers représentants de chasseurs-cueilleurs que compte encore cette ethnie. Ils forment aussi le dernier carré de résistance contre les entreprises d’exploitation forestière qui, avec le soutien des gouvernements locaux, ont de longue date mis à sac la forêt primaire.

      En une trentaine d’années, 80 % des forêts pluviales des deux Etats malaisiens de Bornéo, Sabah et Sarawak, ont disparu, détruites par le commerce du bois ou remplacées par d’immenses champs de palmiers à huile.

      Cette industrie florissante, dont on connaît désormais les effets pour le moins négatifs sur les sols et les nappes d’eau souterraines, ne cesse de prospérer en raison d’un appétit global croissant pour l’huile de palme : rien que dans l’Union européenne, la croissance de la consommation de ce produit de plus en plus utilisé dans la confection des biocarburants a explosé ces dernières années : de 14,6 millions de tonnes dans le monde, en 1995, elle est passée à de 61,1 millions en 2015 ! La Malaisie est, après l’Indonésie, le deuxième producteur mondial de ce « carburant ».

      Ici, dans ce lieu-dit de Long Tevenga, au milieu d’une vaste zone de forêt vierge encore épargnée, se joue l’un des ultimes combats des peuples autochtones contre les bulldozers des compagnies d’abattage du bois.


  • Gilets jaunes : six mois de prison ferme pour un message Facebook - Par Juliette Gramaglia | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/gilets-jaunes-six-mois-de-prison-ferme-pour-un-message-facebook

    Il avait partagé un message Facebook appelant à rejoindre le blocage d’une raffinerie... et s’est retrouvé condamné à six mois de prison ferme pour organisation d’une manifestation non déclarée.

    #répression

    • Gilets jaunes : six mois de prison ferme pour un message Facebook - Par Juliette Gramaglia | Arrêt sur images
      https://www.arretsurimages.net/articles/gilets-jaunes-six-mois-de-prison-ferme-pour-un-message-facebook

      Petit portrait d’Hedi, Gilet jaune de la première heure qui filmait à tours de bras les ronds-points de Narbonne, et qui est à ce jour le premier Gilet jaune condamné à de la prison ferme, pour avoir partagé un message Facebook.

      Six mois de prison ferme... pour avoir partagé un message Facebook. A Narbonne, un jeune homme de 28 ans, Hedi, manutentionnaire enchaînant les CDD et Gilet jaune de la première heure, a été condamné ce 8 janvier à six mois de prison ferme. Le jeune homme a été reconnu coupable d’organisation d’une manifestation non déclarée et d’entrave à la circulation. 

      En cause, rapporte L’Indépendant, qui a suivi l’affaire : le blocage d’une raffinerie, dans la nuit du jeudi 3 janvier, à Port-la-Nouvelle, à quelques kilomètres de Narbonne. "Le 3 au matin, il est arrêté par les gendarmes sur place, alors qu’il est encore en train de filmer", raconte la journaliste Laure Memet. Et condamné, donc, quelques jours plus tard. "Le fait qu’il soit con...

      coupure très malencontreuse du #paywall


  • Montagne d’or en Guyane : l’ONU « somme » la France d’écouter les populations autochtones
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/11/guyane-l-onu-s-immisce-dans-la-future-mine-de-la-montagne-d-or_5407578_3244.

    L’affaire de la Montagne d’or était déjà lourde de polémiques, voilà qu’un nouvel acteur s’immisce dans le dossier de cette future mine industrielle dans la forêt de Guyane. L’Organisation des Nations unies (ONU), par le biais de son Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, « somme » la France soit de reprendre son processus de consultation afin d’écouter les populations autochtones sur ce sujet, soit de suspendre ce projet gigantesque.
    Lire aussi : Face aux critiques, le projet de mine « Montagne d’or » en partie corrigé

    Dans un communiqué rendu public jeudi 10 janvier, le Comité défend vigoureusement les droits des peuples amérindiens de l’Ouest guyanais. Or, eux qui sont « les premiers concernés » par les souhaits d’extraction d’or du consortium des multinationales Nordgold (Russie) et Colombus Gold (Canada), ont vu leur opposition être « totalement ignorée » jusqu’à présent.

    Le principe d’une « alerte rapide » adressée au gouvernement français a été décidé le 14 décembre 2018. Elle est censée prévenir lorsqu’une situation risque de tourner au conflit. Elle prend en fait une forme assez pressante, puisqu’il est demandé aux pouvoirs publics de formuler leur réponse d’ici au 8 avril. Il s’agit surtout d’une procédure inédite pour la France.

    « Ce comité traite entre cinq et quinze cas par an, expose Vincent Ploton du Service international pour les droits de l’homme, l’ONG ISHR, basée en Suisse, qui a soutenu la requête des opposants amérindiens. Ce genre d’infractions est malheureusement courant en Amérique du Sud et en Asie, mais c’est la première fois que Paris est rappelé à l’ordre pour un manque de respect des droits autochtones. Il y a eu un précédent avec une affaire d’extraction d’uranium au Niger, mais cela concernait Areva, pas la puissance publique. »

    #paywall #racisme #montagne_d'or #or #droits_autochtones



  • Ultra-droite. Plongée au cœur de l’extrémisme [Vidéo] - France - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/ultra-droite-nous-sommes-entres-en-periode-revolutionnaire-03-01-2019-1

    À quoi ressemble l’ultra-droite ? Le Télégramme s’est invité à l’un des rares grands rassemblements d’une partie de cette mouvance, le 8 décembre dernier. Il y a beaucoup été question du mouvement des gilets jaunes.

    Il y a le rock against communism (RAC). Et il y a la petite musique des Brigandes. Les deux ont leur public au sein de la mouvance de l’extrême droite radicale. Robe rouge et dorée au-dessus du genou pour les choristes, bandeau noir sur les yeux, elles sont quatre à subjuguer quelque 400 à 500 militants et sympathisants réunis aux « tables rondes » de la mouvance identitaire, à Rungis, au sud de Paris. Sous l’œil vigilant de leur escorte de gros bras, les Soldiers of Odin, une milice suprémaciste blanche anti-migrants fondée en Finlande, les Brigandes célèbrent Jeanne d’Arc, Jean-Marie Le Pen, « la femme blonde celtique, notre modèle », et chantent l’obsession de l’ultra-droite : la menace du « grand remplacement ». Le public, éclectique (du jeune nazillon à la famille bon...

    #paywall


  • Bruno Latour : « Faisons revivre les cahiers de doléances » paru le 10 janvier 2019 dans Le Monde

    Passer de la plainte à la doléance exige donc deux épreuves particulièrement pénibles aux Français : pour le « peuple », trouver quelque chose à dire de pertinent sur une situation totalement neuve ; pour le « gouvernement », savoir écouter ce qui sera dit pour refonder l’Etat !

    #paywall #giletsjaunes #debatnational

    Article complet ici :

    Leur rédaction doit permettre aux citoyens d’enquêter sur eux-mêmes pour identifier les injustices qu’ils subissent, analyse le philosophe Bruno Latour dans une tribune au « Monde ». Bruno Latour

    Tribune. Pour l’instant, on ne peut guère espérer d’effet politique de la consultation nationale. Il faudrait supposer d’abord que les « gens du peuple » ainsi convoqués aient quelque chose de pertinent à dire sur la situation présente sous prétexte qu’ils la vivent ; mais il faudrait aussi, chose encore plus improbable, que l’administration soit en mesure d’écouter ce qui est dit et d’en tirer quelque parti.

    En temps normal, bien sûr, il n’est jamais mauvais de recueillir les suggestions des intéressés par le truchement d’une boîte à idées, cela se fait couramment dans les entreprises aussi bien que dans les familles pour améliorer l’ordinaire. Or, la situation actuelle dite des « gilets jaunes » n’est en rien ordinaire. Personne, pas plus les occupants des ronds-points que les experts des ministères ou les cadres des entreprises, n’a d’idée précise sur ce qu’il faut faire pour affronter la crise généralisée du mode de production qui exige de définir à nouveaux frais tous les détails de l’existence matérielle et à toutes les échelles.

    « Les suggestions proposées par ce mouvement aussi bien que les réponses avancées par l’Etat, ne peuvent que répéter les solutions d’avant la crise planétaire »

    Si l’on pouvait attendre du « peuple » et des « experts » qu’ils proposent spontanément des idées sur l’ancien état de choses, nous sommes tous, il faut bien l’admettre, également démunis devant le nouveau régime climatique. Parvenir à lier les injustices sociales et les nouvelles injustices écologiques, c’est une tâche nouvelle qui n’a pas plus de précédent que la crise planétaire qui bouleverse toutes les formes de politique.

    En ce sens, les « gilets jaunes » sont bien les précurseurs des batailles de l’avenir - et c’est tout à l’honneur des Français d’avoir repris, encore une fois, ce rôle historique de précurseurs. Mais on voit bien, en même temps, que les suggestions proposées par ce mouvement aussi bien que les réponses avancées par l’Etat, ne peuvent que répéter les solutions d’avant la crise planétaire et imiter les attitudes, les gestes, les symboles des émeutes ou des répressions de l’ancien temps, ce temps où la question de changer de régime climatique ne se posait pas.

    Une situation totalement inédite

    Penser que, sans enquête préalable, sans analyse méticuleuse de ce qui lie chacun d’entre nous à ses conditions matérielles d’existence, le « peuple » dans sa grande sagesse, spontanément, pourrait se tirer de l’impasse dans laquelle la modernité l’a placé, c’est faire trop confiance à Rousseau. D’autant qu’un « peuple » qui doit soudain se préoccuper de l’énergie, de l’approvisionnement, de la circulation, des façons de bâtir et de se vêtir, du climat comme des maladies, des sols comme des arbres, c’est précisément un « peuple » auquel la politique ne s’est jamais intéressée - et ce n’est plus du tout le même que celui qui prenait la Bastille ou le Palais d’été. C’est un peuple lourdement entravé, tenu, paralysé, par des décisions multiples faites depuis deux siècles et qui ne peut pas aussi facilement « se libérer » que celui de 1789.

    La Grande Révolution pouvait changer radicalement la société, parce qu’elle n’avait pas à changer aussi son infrastructure matérielle. Aujourd’hui, guillotiner le roi ne modifierait pas d’un hectolitre le circuit du pétrole. Les vagues parallèles avec 1789 prouvent assez le décalage complet entre les réflexes conditionnés de la politique à l’ancienne et l’impuissance où nous sommes pour nous extirper de la situation présente.

    « Il ne faut rien attendre d’un simple recueil des opinions »

    L’affaire du Brexit offre une magnifique illustration de ce décalage : il a fallu deux ans au peuple britannique pour passer de la plainte inarticulée sur l’autonomie et l’indépendance, à la réalisation progressive des innombrables liens qui participent, de fait, à son bien-être. Que de temps passé pour dresser la liste, article de loi par article de loi, circuit de production par circuit de production, de tout ce dont les Britanniques dépendent pour prospérer...

    Il a fallu deux années pour que le ministre, pourtant chargé du Brexit, confesse en plein Parlement qu’il n’avait jamais soupçonné que, pour approvisionner les usines anglaises, il fallait que des camions franchissent la Manche ! Deux ans de psychodrames pour commencer à passer des plaintes sur l’identité à la réalisation des attachements qu’ils doivent aujourd’hui apprendre à trier. Comment imaginer que, spontanément, par la simple ouverture d’une boîte à idées dans les mairies, le peuple français, mis devant une situation totalement inédite, trouve d’un coup la solution à cette intrication des économies et des écologies ?

    Description méticuleuse

    Si l’expression de « cahier de doléances » a un sens, c’est justement parce que, en 1789, le roi avait fait appel à ce qui n’était pas encore le « peuple » français en avouant assez naïvement sa complète ignorance des solutions. Et si ce « peuple » s’est mis en effet à exister grâce au formidable travail d’écriture de ces fameux cahiers, c’est parce qu’ils obligeaient, dans chaque commune, à une description méticuleuse des conditions matérielles en lien avec les injustices auxquelles il fallait remédier. Il ne s’agissait pas d’une enquête faite « sur » les communes par des experts, mais d’une enquête « par » les citoyens sur eux-mêmes.

    « La dernière chose à faire est de vouloir limiter les thèmes à débattre et se contenter d’ouvrir une page blanche »

    Il faut lire ces cahiers (en tout cas ceux du Tiers Etat) pour se rendre compte de l’originalité d’une description des territoires qui détaille aussi les injustices commises sur ces mêmes territoires autant que les changements à faire subir à l’assiette des impôts. L’obligation d’un vote à l’unanimité sur chacun des cahiers obligeait à fouiller de plus en plus l’analyse et à aller jusqu’au bout de la confrontation des points de vue. C’est parce qu’une telle description est bien plus difficile aujourd’hui qu’il ne faut rien attendre d’un simple recueil des opinions - et cela vaut pour l’Etat autant que pour le « peuple ».

    Devant une situation où tout le monde est également démuni, la dernière chose à faire est de vouloir limiter les thèmes à débattre et se contenter d’ouvrir une page blanche. Il s’agit plutôt d’accélérer un processus d’autodescription qui ne peut pas être moins conflictuel, moins équipé que le Brexit pour les Britanniques.

    Passer de la plainte à la doléance dans une situation de crise matérielle sans précédent ne peut pas être simplifié. D’autant que ce qui vaut pour chaque citoyen vaut encore plus pour l’administration. Equipée vaille que vaille pour répondre aux anciennes situations de développement économique, elle est totalement perdue pour s’ajuster au nouveau régime climatique.

    Passer de la plainte à la doléance exige donc deux épreuves particulièrement pénibles aux Français : pour le « peuple », trouver quelque chose à dire de pertinent sur une situation totalement neuve ; pour le « gouvernement », savoir écouter ce qui sera dit pour refonder l’Etat !


  • Gilets jaunes : Eric Drouet lance une cagnotte pour les manifestants blessés
    https://lemediapresse.fr/actualites/gilets-jaunes-eric-drouet-lance-une-cagnotte-pour-les-manifestants-ble

    Eric Drouet, une des figures populaires du mouvement des Gilets jaunes, a lancé ce mercredi 9 janvier ne cagnotte pour les manifestants blessés sur la plateforme Paypal. « J’adresse un message a tous les personnalités qui on dit nous soutenir (politiques, chanteurs, humoristes etc ), c’est maintenant qu’il faut agir !! Cette cagnotte dont le montant visé […]


  • Pollution de l’air : de premiers signes d’Alzheimer chez des adolescents - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/pollution-de-l-air-de-premiers-signes-d-alzheimer-chez-des-

    Liée à la pollution de l’air, notamment aux particules fines, la maladie d’Alzheimer pourrait apparaître très tôt chez les citadins les plus exposés, ceux vivant dans de grandes métropoles. Publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease, une étude menée à Mexico révèle même de premiers signes biologiques chez des enfants et adolescents.

    #paywall
    l’étude en question : https://content.iospress.com/articles/journal-of-alzheimers-disease/jad180853
    #Alzheimer #pollution


  • « Gilets jaunes » : l’exécutif mis au défi par la persistance du mouvement et les violences
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/07/gilets-jaunes-l-executif-mis-au-defi-par-la-persistance-du-mouvement-et-les-

    Les mesures prises à la fin de l’année n’ont pas éteint la protestation. Et la mobilisation de l’ « acte VIII », samedi, a été en hausse, avec de nouveaux épisodes de violence.

    #paywall
    (surtout pour indiquer que la presse ne peut que constater la poursuite – la hausse, même – du mouvement)


  • Symboles, provocations et cafouillages : les premiers pas de Bolsonaro à la tête du Brésil
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/07/symboles-provocations-et-cafouillages-les-premiers-pas-de-bolsonaro-a-la-tet

    Deux jours après son investiture à la présidence du Brésil, Jair Bolsonaro a pris soin, le 3 janvier, de faire retirer les chaises rouges du palais présidentiel de l’Alvorada à Brasilia, où il venait d’emménager. A la hâte, les fauteuils de la couleur honnie du communisme ont été remplacés par des chaises d’un bleu jugé plus droitier.

    Les uns n’y verront qu’un détail, les autres un symbole, celui de l’obsession d’un gouvernement déterminé à faire table rase du passé en se cherchant des ennemis imaginaires à défaut d’être en mesure de proposer un véritable programme. Car au-delà du caprice décoratif, la mesure illustre la marque imprimée par le militaire au cours de ses premiers jours d’exercice du pouvoir, mêlant agressivité et improvisation.

    Un début raté, de l’avis de Carlos Melo, professeur de sciences politiques : « Même les plus tolérants admettront que nous n’avons eu que des moments vides de sens. Cela n’a pas fait bonne impression », écrit-il sur son blog.

    Du discours du président à celui de la plupart de ses ministres, les éditorialistes brésiliens ont retenu que le gouvernement était encore en campagne, avec un chef d’Etat d’extrême droite prompt à en découdre avec ses opposants, et des ministres promettant le fer aux « ennemis de la patrie », fustigeant le « socialisme », vouant aux gémonies le « globalisme » et encensant la patrie et les valeurs familiales.

    #paywall

    • Primeira semana: equívocos - 20/01/2005 - UOL Notícias
      https://carlosmelo.blogosfera.uol.com.br/2019/01/05/primeira-semana-equivocos

      Com alguma razão, a base bolsonariana, os esperançosos de sempre e os mais tolerantes de início pedem tempo. Afinal, na primeira semana, é como acordar de madrugada no quarto escuro de uma casa que não se conhece; a pequena distância percorrida até o banheiro compreende tropicões que derrubam enfeites da mobília que fazem barulho e às vezes quebram. Uma natural inadequação do corpo ao espaço; o inevitável desconforto com o calçado novo, até que o sapato se molde ao pé ou o pé se conforme ao sapato.

      Há também, é claro, o deslumbre com o sonho de princesa que há nas posses e transmissões de cargo. As pompas e circunstâncias são incorretamente entendidas como coroamentos da vitória — como se, vencida a guerra, o corpo do guerreiro pudesse relaxar. E ao final as câmeras se afastam para dar a perspectiva do cavalheiro e sua dama cavalgando em direção ao infinito, quando descem os letreiros desfechando a estória: «… e foram felizes para sempre».

      Acontece que inícios de governo não são nada disso. São, mais que tudo, provações e o despertar de novas batalhas. Muito do todo depende do começo, a (primeira) impressão que se deixa é o que fica. Trata-se do momento de dizer, com todo ímpeto, ao que se veio e o que será. A demarcação clara e firme do espaço e dos objetivos. É um «chegar chegando», com medidas, planos, estratégias delineadas, sem espaço para improvisação.

      Os rituais do Poder não podem ser desconhecidos ou desprezados e mesmo que algumas gafes sejam inevitáveis, a imagem da liderança precisa ser afirmada e reafirmada. No presidencialismo, o presidente sabe tudo, controla tudo; arbitra interesses e apazigua conflitos. De modo algum pode ser ele a fonte de confusões pois, no limite, cabe a ele trazer a luz, o esclarecimento, a ordem. Por isso, evita se expor, nomeia porta-vozes e assim ouve muito e fala pouco.

      As decisões, os planos, as estratégias são definidas antes da posse; reuniões que trazem muita visibilidade são apenas formais e servem mais que tudo para sacramentar o que foi definido nas articulações de bastidores. O velho Tancredo Neves dizia, por sinal, que «reunião com mais que três [pessoas] é comício». O presidente, impessoal, pesa, pondera, decide e determina. Os auxiliares cumprem o que, nos despachos fechados, propuseram e ajudaram a construir.

      A primeira semana de Jair Bolsonaro não foi assim, no entanto. Infelizmente, seus primeiros passos parecem se dar mais no escuro do que deveria ser. Confessadamente, foi marcada por «equívocos».

      Seus dois discursos inaugurais olharam mais para o passado da campanha eleitoral do que para o futuro. Embora para muita gente pudessem sugerir o contrário, eles não demarcaram posturas de governo e pareceram confeccionados ainda para os tempos do palanque.

      Houve quem, nos pronunciamentos e gestos de Sua Excelência e seus ministros, buscasse toques de gênio: «os discursos do presidente tiveram por finalidade se comunicar diretamente com a população, demonstrando autonomia em relação ao Congresso Nacional e os partidos, de modo a coagi-los». Pode ser. Com boa vontade, procurei e, no entanto, não encontrei sequer brumas disto ou de um maquiavelismo enrustido.

      Um repórter me questionou sobre a «ofensiva no campo simbólico, cujo objetivo», dizia ele, «seria estabelecer uma cortina de fumaça para as medidas impopulares adotadas». Ele se referia a aspectos do campo dos costumes ou dos discursos, os quais Bolsonaro já havia dito e redito. Todavia, francamente, as cores com que a ministra prefere ornamentar bebês ou o «javanês» que o novo chanceler insiste exibir são poucos relevantes diante do todo e tendem a se perder na dinâmica de uma sociedade complexa. Devolvi a questão: «à quais medidas você se refere?» Ele não soube dizer.

      No campo da Justiça e Segurança, as providências de Sérgio Moro e equipe não teriam o porquê ficar ocultas sob a pretensa «cortina de fumaça» da tal «ofensiva simbólica», de que falava o repórter. Além de necessárias, elas não parecem exatamente impopulares.

      Já o pronunciamento bem alinhavado do ministro da economia, que causou espécie ao mercado e aos agentes econômicos, foi feito de improviso e ainda não permitiu verificar nenhuma estratégia, tempo ou movimento para implementá-lo. O ministro disse o que tem dito há anos. E, no mais, apenas se permitiu esboçar para o Congresso Nacional Planos B antes mesmo de definir e apresentar categoricamente qual, afinal, será o Plano A. Um deslocamento da lógica.

      Mas, não parou por aí: fontes as mais insuspeitas da mídia revelaram que, na primeira reunião de ministros, Bolsonaro e Paulo Guedes divergiram publicamente em relação à reforma da previdência. Ora, presidente e ministros não discutem no meio do salão; há entre eles alguém cuja autoridade é incontestável. Depois, mesmo sem definição, mais tarde, na TV, o presidente preferiu adiantar medidas sem combinar com seu próprio time. Novamente, a lógica se ressentiu.

      Pode ser mesmo muito cedo, mas não aproveitar a largada para ganhar dianteira, forjar impactos e causar a boa impressão que leva aos tais choques de expectativas não é nada bom, mesmo para uma primeira semana. Até os tolerantes admitirão que foram momentos de vazio; o suco que se lhes pode retirar é ralo e um tanto insípido. Não causou boa impressão. E estranho — talvez inovador — foi mesmo ouvir um ministro corrigir seu presidente em rede nacional: «ele se equivocou».

      Disse-me um amigo que «amadorismo é uma palavra que não começa a descrever o tamanho do problema». Com efeito, não foi uma boa semana, o quarto está muito escuro e as vistas não se acostumaram a ele; Bolsonaro deu as primeiras topadas com os móveis. Sé é impossível refazer o começo, ainda dá para recomeçar e fazer um novo fim. Há centenas de semanas pela frente, mas cada uma é menos uma.

      Carlos Melo, cientista político. Professor do Insper

    • Je reprends, tant ce passage me rappelle quelqu’un…

      Os rituais do Poder não podem ser desconhecidos ou desprezados e mesmo que algumas gafes sejam inevitáveis, a imagem da liderança precisa ser afirmada e reafirmada. No presidencialismo, o presidente sabe tudo, controla tudo; arbitra interesses e apazigua conflitos. De modo algum pode ser ele a fonte de confusões pois, no limite, cabe a ele trazer a luz, o esclarecimento, a ordem. Por isso, evita se expor, nomeia porta-vozes e assim ouve muito e fala pouco.

      As decisões, os planos, as estratégias são definidas antes da posse; reuniões que trazem muita visibilidade são apenas formais e servem mais que tudo para sacramentar o que foi definido nas articulações de bastidores. O velho Tancredo Neves dizia, por sinal, que «reunião com mais que três [pessoas] é comício». O presidente, impessoal, pesa, pondera, decide e determina. Os auxiliares cumprem o que, nos despachos fechados, propuseram e ajudaram a construir.


  • Christophe Brusset : « Les grands industriels fabriquent des produits pollués, nocifs et le cachent »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/02/christophe-brusset-les-grands-industriels-fabriquent-des-produits-pollues-no

    Techniques de marketing, tromperies sur les étiquettes, additifs cachés… Christophe Brusset, ancien industriel de l’agroalimentaire, revient sur les pièges à éviter de la grande distribution.

    L’assiette en tête. Ancien industriel de l’agroalimentaire, Christophe Brusset dit avoir fourni pendant plus de vingt ans des grandes surfaces en cèpes pleins d’asticots, en miel composé de sirop de fructose, en piments broyés avec des crottes de rat… Trois ans après avoir écrit Vous êtes fous d’avaler ça ! (Flammarion), il raconte dans un livre paru en octobre, Et maintenant, on mange quoi ?, les coulisses de la fabrication des aliments industriels et analyse pour le consommateur les techniques de marketing, les tromperies d’étiquettes et les additifs cachés.

    Vous avez été industriel de l’agroalimentaire pendant plus de vingt ans. Qu’est-ce qui vous a décidé à quitter ce milieu ?
    Christophe Brusset : J’ai commencé comme ingénieur, puis acheteur, négociateur et directeur des achats. Pendant plus de vingt ans, j’ai acheté des produits alimentaires et des emballages pour les usines qui fabriquent des produits industriels transformés. Cela m’a permis de voir beaucoup de produits différents : miel, épices, surgelés, légumes secs, coulis, produits de pâtisserie, sauces… J’ai essayé de changer plusieurs fois d’entreprise pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs, mais malheureusement non. Je n’avais plus envie de continuer dans ce système. Je ne consommais plus du tout les produits que je vendais. A ce moment-là, il y a eu le scandale des lasagnes, ce qu’on a appelé « l’affaire Findus », où des entreprises ont remplacé du bœuf par du cheval pour baisser les prix. Cette fraude avait déjà été pratiquée plusieurs fois par le passé, notamment avec des raviolis Leader Price, mais il n’y avait jamais eu de retentissement, l’affaire avait été étouffée. Cela m’a fait comprendre que les consommateurs n’avaient plus envie de se laisser faire. Les mentalités avaient changé.
    Il y avait à nouveau une volonté d’étouffer les choses

    Puis j’ai entendu les politiques et industriels dire : « Ça s’est passé à l’étranger, ce n’est pas en France », « Ce n’est pas dangereux »… Il y avait à nouveau une volonté d’étouffer les choses. J’ai eu envie de raconter ce que j’avais vu, ce qu’il se passait, et qu’il y aurait à nouveau des scandales. Effectivement, il y a eu le scandale des œufs contaminés au Fipronil, l’affaire Lactalis maintenant. L’industrie ne se remet pas du tout en cause. Et si des gens comme moi n’en parlent pas, les consommateurs n’ont pas moyen de comprendre ce qu’il se passe en réalité, comment marche le lobbyisme, comment l’industrie place des scientifiques à sa solde au niveau de l’agence européenne de sécurité sanitaire, comment on fait pour corrompre les gens qui sont dans les comités d’évaluation des pesticides et des additifs… Tout ça, personne ne l’explique.

    #paywall


  • L’inscription du PKK sur liste terroriste illégale, faute de #motivation
    http://club.bruxelles2.eu

    Le Tribunal de l’UE a annulé, jeudi (15 novembre), l’inscription du #PKK sur la liste noire de l’#Union_européenne des #organisations_terroristes dont les avoirs sont gelés. Le Conseil entend faire appel de cette décision qui pourrait réduire la liste anti-terroriste à la portion congrue Dans un arrêt particulièrement étayé, les juges de la […]

    #paywall

    L’arrêt en question (affaire T-316/14 — ECLI:EU:T:2018:788) : http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=207801&pageIndex=0&doclang=FR&mode=lst&dir=&oc

    #droit_administratif #justice_administrative #droit_de_l'union_européenne


  • « Accès des femmes aux postes hospitalo-universitaires : il est temps de passer à l’action »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/28/acces-des-femmes-aux-postes-hospitalo-universitaires-il-est-temps-de-passer-

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon ceux du Conseil national de l’Ordre des médecins (consultables en ligne), en 2016, 54 % de la population des médecins de 35-50 ans étaient des femmes. Comparativement, en 2017 et 2018, sur 366 nominations à un poste de professeur des universités – praticien hospitalier (PU-PH), 104 (soit 28 %) concernaient des femmes. Ces mêmes années, sur 298 nominations à un poste de maître des conférences – praticien Hospitalier (MCU-PH), 113 (soit 38 %) concernaient des femmes.

    Dans certaines disciplines, l’écart de nomination entre les hommes et les #femmes est particulièrement marqué : anesthésie, #médecine intensive-réanimation, psychiatrie, rhumatologie, médecine Interne, gastro-entérologie et hépatologie, #chirurgie thoracique, plastique, orthopédique, et vasculaire, ou #gynécologie-obstétrique notamment.

    #paywall #sexisme


  • Kazakhs et Ouïgours dans l’enfer du goulag chinois
    https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/28/au-xinjiang-dans-l-univers-concentrationnaire-des-camps-chinois_5402864_3210


    Une femme tient le portrait d’un de ses proches disparu en Chine, dans les locaux de l’association Atajurt, à Almaty (Kazakhstan), le 4 décembre 2018.
    ROMAIN CHAMPALAUNE POUR LE MONDE

    Le régime chinois déporte en masse ces minorités dans des camps. « Le Monde » a pu recueillir les rares témoignages d’anciens détenus.

    En rangée, deux par deux, ils sont 500 détenus, que des gardes font monter dans des bus, cagoule sur la tête. Au bout du trajet, ils découvrent un nouveau camp d’internement, assez similaire à celui d’où ils viennent :
    « Il y avait des bâtiments neufs, et d’autres qui n’étaient pas finis. Il devait y avoir 3 000 personnes, beaucoup de Kazakhs comme moi, qui étaient nés en Chine et à qui on disait qu’ils n’auraient pas dû changer de nationalité. Des gens qui avaient utilisé WhatsApp. D’autres qui avaient dit “Assalamu alaykum” [“Que la paix soit sur vous” en arabe]. »

    Orinbek Koksebek, 38 ans, a passé cent vingt-cinq jours en détention en Chine début 2018 – mais il est incapable de dire combien dans l’un et l’autre des deux camps où il a été envoyé, à Tarbaghatay (Tacheng, en chinois), une sous-préfecture de l’ouest de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, là où la frontière chinoise avec le Kazakhstan fait un angle droit.

    Lui qui parle très mal le mandarin doit apprendre par cœur trois chansons : La Marche des volontaires (l’hymne national chinois) et deux chants maoïstes, L’Orient est rouge et Sans le Parti communiste, il n’y a pas de Chine nouvelle. Sinon, lui disent ses interrogateurs, il restera cinq ans en détention. A six reprises, il est envoyé au cachot, un espace noir, très étroit, pour vingt-quatre heures, nourri d’un seul beignet, sans eau.

    #paywall


  • Hôpital public : la cote d’alerte
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/12/25/hopital-public-la-cote-d-alerte_5402017_1651302.html

    Analyse. Non-remplacement de départs à la retraite, redéploiement de personnels… La recette des hôpitaux publics pour juguler leurs déficits et récupérer des marges de manœuvre financières est connue de longue date. Mais après des années de mise en œuvre, la potion est devenue trop amère pour les soignants. « Nous sommes arrivés à un point insupportable, écrit la neurologue Sophie Crozier dans une tribune à Libération, le 19 décembre. Nous abîmons nos hôpitaux, nous abîmons les gens, et je ne peux me résigner à voir l’hôpital couler ainsi… »

    Et la situation pourrait se tendre davantage ces prochaines années. Pour répondre à des déficits qui devraient atteindre cette année entre 1,1 et 1,3 milliard d’euros, les plans de suppressions de postes se multiplient. Dans les hôpitaux de Marseille, Nancy et Tours, des centaines d’emplois sont sur la sellette. A Cherbourg, l’hôpital pourrait devoir économiser 190 équivalents temps plein d’ici à 2022, soit 10 % du total de ses effectifs.

    Après avoir réduit 405 postes équivalents temps plein cette année, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé, fin novembre, que 779 postes non médicaux (dont 240 dans les services de soins) allaient être supprimés en 2019 au sein de ses 39 établissements. « Une diminution des effectifs de nature à compromettre la bonne exécution des missions de service public hospitalier », a estimé le conseil de surveillance de l’AP-HP le 17 décembre. « On ne peut pas baisser les effectifs de soignants » car « ces équipes sont sous une énorme tension, et on ne peut pas leur imposer un rythme d’activité encore plus élevé », avait pourtant assuré la ministre de la santé Agnès Buzyn il y a un an.

    Las. Sous le couvert de l’anonymat, un directeur de groupe hospitalier explique que le non-remplacement de quasiment tous les départs en retraite de personnel soignant est sa « seule marge de manœuvre ». « Je redéploie mes effectifs avec deux exigences : la guérison du patient et le respect des contraintes de la Haute Autorité de santé, dit-il. Charge aux équipes de choisir ensuite elles-mêmes ce qu’elles vont faire différemment ou ne plus faire. » Et de confesser : « Depuis dix ans, je fais du cost killing. Partout où je passe, les emplois ont baissé. »

    Ces redéploiements se font généralement très vite ressentir. La disparition du poste d’infirmière-référente chargée de la formation, l’allégement ou la suppression du « pool » de remplacement, le non-remplacement de la secrétaire du service pendant ses vacances fragmentent et alourdissent le travail de ceux qui restent. « On a des tâches saccadées, on n’arrive pas à faire des trucs jusqu’au bout, c’est terrible, témoigne une infirmière de l’AP-HP. On se retrouve à faire plein de choses qui ne sont pas du soin. Ces tâches annexes nous parasitent, nous empêchent d’être au lit du patient. On travaille à flux tendu tout le temps. On est obligé de prioriser nos soins, par manque de temps… »

    #paywall

    • [...] Les syndicats ne cessent de dénoncer cette situation. En mai, ils l’ont fait en s’appuyant sur un document interne du ministère de la #santé où se trouvait détaillée la façon dont devait être menée une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des établissements publics de santé sur la période 2018-2022. « Ce sont 30 000 postes qui seraient supprimés sur cinq ans », en avait déduit FO-Santé. Dans les faits, ce sont aussi des #emplois qui ne sont pas créés.

      Emplois transversaux
      De plan de restructuration en plan de #restructuration, l’#hôpital serait aujourd’hui « à l’os ». « Il y a un moment où on ne peut plus améliorer la productivité. On est en train d’arriver à cette limite », souligne un bon connaisseur du monde hospitalier. Un constat formulé sans détour par Jérémie Sécher, le président du Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS), une structure qui représente des directeurs d’hôpitaux : « A la suite des plans d’économies qui se succèdent depuis dix ans, il y a pas mal de services où on n’a plus de marges de manœuvre pour réguler la masse salariale sans mettre en question la qualité et la sécurité des soins. »

      Face à ces accusations, Mme #Buzyn, comme Marisol Touraine avant elle, oppose des chiffres de la fonction publique hospitalière en hausse régulière. « Contrairement à ce que l’on ressent dans les hôpitaux, le nombre de fonctionnaires de la fonction publique hospitalière augmente tous les ans de 1,5 % pour atteindre 1,2 million de fonctionnaires aujourd’hui car en réalité, il y a des établissements qui se créent », a fait valoir Mme Buzyn le 17 octobre au Quotidien du médecin. En réalité, cette hausse du nombre de fonctionnaires hospitaliers est plus modérée : elle a été de 0,7 % entre 2016 et 2017 (contre 0,4 % l’année précédente), selon des chiffres publiés par l’Insee le 13 décembre. Beaucoup des emplois créés sont transversaux (équipe mobile d’antibiothérapie, équipe d’hygiène, codage des actes, etc.) et ne le sont pas « #au_lit_du_malade », ce qui renforce la perception de ceux qui s’y trouvent de travailler de plus en plus à flux tendu.

      « L’augmentation de l’activité a été décorrélée de l’augmentation des effectifs » , souligne Anne Gervais, hépatologue à l’hôpital Bichat, à Paris, et membre du comité de défense de l’hôpital public. Selon la base Statistique annuelle des établissements de santé (SAE), le nombre de personnels non médicaux (infirmières, aides-soignantes) à l’hôpital a augmenté de 0,7 % entre 2013 et 2017, passant de 765 078 à 770 939 équivalents temps plein. Parallèlement, selon les calculs de Mme Gervais, le nombre de patients suivis pour cancer a augmenté de 10,6 %, le nombre de ceux suivis pour Alzheimer de 9,4 % et de ceux hospitalisés de plus de 80 ans de 17,4 %. Un décalage qui raconte à lui seul l’ampleur de la crise.
      François Béguin

      « L’hôpital public est à l’agonie » , Rémy Nizard , 4 avril 2018 (cité par le papier ci-dessus)

      Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.

      « La #tarification_à_l’activité, qui a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où elle a été initiée, mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe » (Hôpital de la Pitié-Salpétrière).

      Tribune. L’hôpital public est une cocotte-minute prête à exploser. Après trente-quatre ans d’observation de tous les changements, parfois voulus mais le plus souvent subis, il convient de dresser un bilan très préoccupant.
      Je dois constater que le système est à l’agonie, il s’est épuisé, s’est échoué maintenant, sur la tarification à l’activité qui a constitué l’estocade. Ce mode de financement a eu la vertu de remettre un sens économiquement pertinent à l’activité hospitalière, il a permis un #gain_de_productivité nécessaire à l’époque où il a été initié. Mais aujourd’hui à force de pression et d’injonctions paradoxales, il mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe.

      Les tragiques événements dans différents hôpitaux en France, même s’ils ne peuvent être analysés à la seule aune du #travail hospitalier intense, sont des signaux d’alarme à prendre en compte. Comme responsable élu d’une communauté médicale, je vois tous les jours les conséquences de cette course sans fin vers un idéal inaccessible : faire parfait pour tout avec des moyens qui, par la force de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), diminuent.

      Le royaume de l’#injonction_paradoxale
      La catastrophe de l’application des 35 heures a désorganisé un équilibre fragile en limitant les nécessaires temps d’échanges et de lien social. L’hôpital est devenu le royaume de l’injonction paradoxale. Ceci s’exprime à tous les niveaux dans tous les métiers. Les cadres, tout d’abord, pris entre le marteau d’une direction exigeante et l’enclume d’#infirmiers coincés par un travail lourd physiquement et émotionnellement qui leur font remonter leurs difficultés.

      Les infirmiers et infirmières, eux aussi pris entre des patients dont l’exigence est légitimement montée, des cadences accélérées liées aux progrès médicaux qui diminuent le temps passé par les patients à l’hôpital au profit d’une rotation plus rapide, des moyens humains rationnés au plus près. Ces difficultés sont payées au prix fort, l’#absentéisme augmente (au-delà de 8 %), aggravant encore davantage les problèmes financiers, la retombée de cela est une pression accrue sur la rentabilité de ceux en place, le mécanisme infernal est ici enclenché.

      Les directeurs, patrons de l’hôpital, comme l’a voulu la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) [de 2009], réalisent aujourd’hui leur impossibilité d’agir sur le réel sans la collaboration active des #médecins qui ont le pouvoir d’appuyer sur l’accélérateur ou le frein de l’activité. Certaines spécialités ont même le pouvoir de prendre en otage un hôpital entier de par leur activité transversale.
      Les directeurs sont pris entre une administration supérieure, l’Agence régionale de santé (ARS), bras armé du ministère, qui exige une rationalisation, et ces médecins maîtres de leur recrutement et/ou de leur temps de travail. La tentation du contrôle absolu en comptant les heures des médecins a été parfois appliquée, mais là encore c’est une spirale infernale : quand les médecins appliquent avec exactitude la réglementation horaire, cela conduit à diminuer encore davantage les capacités opérationnelles des hôpitaux, car spontanément, dans la majorité des cas, ils ne comptaient pas trop leurs heures.

      Certaines structures doivent fermer
      Les médecins, enfin, ne trouvent plus le sens de leur travail, tout a changé en quelques années : un statut social en berne, une productivité devenue mètre étalon, des patients devenus parfois #clients. Même les hospitalo-universitaires, « les mandarins », sont pressés de toutes parts pour trouver la solution à une équation impossible : la quadruple mission de soin, de recherche, d’enseignement et de conduite des équipes.

      Toutes ces activités sont, une à une, évaluées, décortiquées à coup de nombre de patients vus en consultation ou opérés, de nombre de publications transformées en points SIGAPS (système d’interrogation, de gestion et d’analyse des publications scientifiques), de rendus de notes données par les étudiants ou encore de mesures de bien-être de l’équipe que vous dirigez. Normal direz-vous, c’est le lot des postes « à responsabilité ».

      Mais là, trop c’est trop, le nombre de « blues du professeur » augmente de façon alarmante, conduisant certains à la démission, d’autres au désengagement ou, au pire, au #burn-out.
      Il existe des remèdes à cet état. Il faut les mener de front, accepter d’être politiquement courageux et intellectuellement audacieux. La médecine moderne, de pointe, ne peut se faire partout, elle nécessite compétence, moyens matériels et humains au-delà d’une norme bonne pour tous. Ceci signifie que certaines structures doivent fermer, le nombre d’hôpitaux, universitaires ou non, est trop important et leur rôle trop large.

      Des statuts inadaptés
      Les équipes qui composent ces hôpitaux universitaires, en particulier, sont souvent trop petites et ne permettent pas à ceux qui en ont la responsabilité de remplir les quatre missions de soins, de recherche, d’enseignement et d’animation. Il est certain qu’à l’image de la suppression de la taxe d’habitation les élus locaux se lèveront d’un bond, comme ils l’ont déjà fait, si leur hôpital est menacé de transformation ou de fermeture.

      Le premier employeur du territoire qu’il est souvent s’élèvera sans tenir compte de la qualité de ce qui est fait, de l’isolement de médecins prenant des gardes en nombre indécent, sans égard pour la dépense publique, en engageant des mercenaires à prix d’or. Comme à la SNCF les statuts ne sont plus adaptés à notre nouveau monde, il existe une absolue nécessité d’évoluer ; il va falloir du courage, de l’imagination, de l’audace.

      Des pistes existent.
      Ce sont : l’acceptation qu’un seul individu ne peut pas mener de front les quatre missions ; une nécessaire remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations adaptées ; une modification de la gouvernance hospitalière dans le sens d’une simplification de la prise de décision et une diminution des tâches non liées à l’activité de soin ; une délégation de tâches pour des soignants ayant eu une formation complémentaire avec une rémunération adaptée ; une valorisation du travail collaboratif avec la médecine de ville en ouvrant largement les portes de l’hôpital pour une utilisation optimale des si coûteux plateaux de blocs opératoires ou d’imagerie ; le développement des outils numériques, qui seront, personne n’en doute, source de sécurité et de productivité.

      Sans tout cela, les risques sont que nos soignants soient moins engagés, que notre population soit moins bien soignée, et peut-être, le pire, que notre recherche biomédicale ne soit plus en mesure d’être présente dans la compétition mondiale.
      Rémy Nizard (Chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie, hôpital Lariboisière)

      Les urgences hospitalières confrontées à une surchauffe inhabituelle sur l’ensemble du territoire

      https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/03/17/les-urgences-confrontees-a-une-surchauffe-inhabituelle-sur-l-ensemble-du-ter
      Un dispositif exceptionnel a été activé dans 97 hôpitaux sur 650 pour répondre à un afflux de patients depuis début mars. Faute de lits, beaucoup passent la nuit sur des brancards.


  • « La technologie donne du pouvoir aux mouvements sociaux, mais elle les fragilise aussi »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/19/la-technologie-donne-du-pouvoir-aux-mouvements-sociaux-mais-elle-les-fragili

    Si les « gilets jaunes » ont surgi grâce à Facebook, celui-ci se révèle impuissant pour structurer le mouvement, note la conseillère en communication Claire Gérardin, dans une tribune au « Monde ».

    Par Claire Gérardin, conseillère en communication
    Publié le 19 décembre 2018 à 06h30

    Tribune. On parle beaucoup des infox qui circulent sur Facebook, des pulsions qui y priment sur la raison, ou encore des fausses rumeurs qu’il permet de véhiculer de manière virale. Mais que sait-on de son efficacité pour servir l’activisme social ?

    article sous #paywall, mais…

    • … repris intégralement sur son compte LinkedIn sous un titre différent (probablement l’original de l’auteure).

      Facebook rend-il vraiment service aux Gilets Jaunes ?

      On parle beaucoup des fake news qui circulent sur Facebook, de l’expression pulsionnelle qui y prime sur le rationnel, ou encore des fausses rumeurs qu’il permet de véhiculer de manière virale. Mais que sait-on de son efficacité pour servir l’activisme social ?

      Pour sa défense, on peut dire que, contrairement à ce que l’on entend souvent, Facebook ne favorise pas la propagation de propos d’extrême droite. Selon une étude de chercheurs en science de l’information et de la communication (Les Gilets Jaunes, des cadrages médiatiques aux paroles citoyennes, Rapport de recherche préliminaire, https://fr.scribd.com/document/394250648/Rapport-Gilets-Jaunes 26 novembre 2018, Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales, Axe Médias et médiations socio-numériques - Université de Toulouse) décryptée par Arrêt sur images (Plus politiques que dans les journaux : les gilets jaunes dans le miroir de Facebook, https://www.arretsurimages.net/articles/plus-politiques-que-dans-les-journaux-les-gilets-jaunes-dans-le-miro 27/11/2018), on observe en effet dans les post et commentaires relatifs au sujet des Gilets jaunes une « très faible occurrence du vocabulaire raciste", et une "quasi-absence de terminologie d’extrême droite".

      Par ailleurs, si elle participe à la propagation de rumeurs - comme celles par exemple de la « vente de la France à l’ONU » ou de la venue de « mercenaires sur le sol français  »- la plateforme n’est pas à l’origine de leur lancement. Pour l’historien Jean-Noel Jeanneney, « la rumeur, intox, ou fake news, est un grand classique des périodes de troubles. On n’a pas attendu Facebook et les réseaux sociaux pour les faire circuler » (C Politique https://www.france.tv/france-5/c-politique/c-politique-saison-10/817483-c-politique.html , épisode du 09/12/2018). Il prend pour exemple l’épisode de la « grande peur » de juillet 1789 qui reposait sur une rumeur qui se propagea dans les campagnes et selon laquelle un groupe d’aristocrates allaient imposer de nouvelles taxes aux paysans. Avant que la vérité ne soit rétablie, les réactions furent violentes (pillages, émeutes, et incendies) et leur ampleur telle qu’elles participèrent au déclenchement de la révolution française.

      Par contre, Facebook n’est peut-être pas aussi efficace que l’on pense pour servir les intérêts des activistes. C’est ce que pense la chercheuse et techno-sociologue Zeynep Tufekci qui analyse le rôle des medias sociaux dans les manifestations. Pour elle, la technologie donne du pouvoir aux mouvements sociaux mais elle les fragilise aussi. Les messages des révoltes arabes, du mouvement des Indignés, ou encore d’Occupy ont fait le tour du monde, mais les réponses politiques obtenues n’ont pas été à la hauteur des énergies déployées. Par exemple, en 1955, le mouvement pour les droits civiques en Alabama avait obtenu des concessions politiques majeures car il avait réussi à s’organiser, et à braver les dangers et répressions grâce à la force du collectif et au temps passé à structurer le mouvement. Mais le mouvement Occupy, qui lutte contre les inégalités sociales depuis 2011, bien qu’il ait réussi à organiser des manifestations dans plus de 950 villes dans 82 pays, n’est pas parvenu à faire changer les politiques en place. Pour la chercheuse, cela est dû au fait que ces mouvements s’organisent vite et gagnent en visibilité grâce aux réseaux sociaux, mais ils ne pensent pas de manière collaborative, ne développent pas de propositions fortes, et ne parviennent pas à créer des consensus. Un peu comme les start ups qui se développent rapidement mais qui échouent tout aussi vite par manque de base organisationnelle suffisamment solide pour surmonter les obstacles.

      L’un des bénéfices des réseaux sociaux est de faciliter l’organisation logistique d’un mouvement. Mais c’est aussi sa faiblesse. En raccourcissant les délais d’organisation et en minimisant les réunions physiques, elle ne permet plus aux individus de forger une pensée collaborative et innovante, de construire des fondations solides qui leur permettront de résister aux obstacles – notamment ceux de la gestion des différences d’opinion - et de trouver l’endurance dont ils ont besoin. Car tout cela prend du temps, et implique de faire de la politique - au sens de Politeia, qui a pour vocation de structurer une somme d’individualités au service, notamment, d’une réflexion et action sociale. « Les mouvements d’aujourd’hui ne veulent pas d’encadrement institutionnel ni se mêler de politique par peur de la corruption et de la cooptation. Mais en opérant de cette manière, il leur est difficile de durer dans le temps et d’influencer le système ». (Zeynep Tufekci, TEDGlobal 2014, Online social change : easy to organize, hard to win https://www.ted.com/talks/zeynep_tufekci_how_the_internet_has_made_social_change_easy_to_organize_hard_to_win/transcript ),


    • @colporteur : c’est largement un portfolio, voilà le texte :

      Les gueules cassées du Flash-Ball Près de trente gilets jaunes ont eu le visage meurtri par des tirs non-réglementaires. Entre traumatisme et incompréhension, ils essaient de se reconstruire.

      23 déc. 2018 - par Paul Conge / Photos : T.Biju-Duval et P.C

      David court comme si le diable était à ses trousses. Les Champs-Elysées ne sont plus qu’un enfer de gaz et de déflagrations ce 1er décembre. Le trentenaire en gilet jaune zigzague à l’aveugle, loin de cette « guerre », et le voilà rue Paul-Valéry, nez-à-nez avec des CRS. Il prend la main de Laure, sa compagne, ils avancent vers eux en douceur et les bras en l’air. David, formel : « Il n’y a pas eu de sommation. » Juste ce bruit sourd, cette cartouche tirée à toute vitesse, cet uppercut foudroyant dans sa bouche. David s’écroule, Laure crie, David crache du sang et quatre de ses dents.

      Pendant qu’il est sonné, David a quelques flashs : l’air épouvanté d’un pompier à la vue du trou dans sa lèvre, la spatule en bois qu’une infirmière glisse dans sa bouche, la « soucoupe de lumière » du bloc opératoire à l’hôpital Saint-Joseph... « J’ai cru que j’allais y rester », remet-il.

      Quinze jours d’ITT plus tard — le médecin lui en a prescrit 45 — David se terre maintenant dans son salon carrelé, à Bouafle (Yvelines), un gros sparadrap sur la lèvre pour cacher le trou. Ce tailleur de pierre à la gueule d’ange ignorait tout des armes à feu. Il sait à présent que son visage a été buriné par une cartouche en caoutchouc propulsée à 330km/h par un lanceur de balle de défense (LBD, ex-Flash-Ball). « C’était un tir pour blesser, de la violence gratuite », estime cet Yvelinois de 31 ans accro à sa moto.

      26 blessés au visage
      Os de la mâchoire éjectés, multiples fractures, gencive arrachée, sinus défoncés, de même que les dents, « de la canine à la première molaire »... « J’ai l’impression de ne plus avoir de mâchoire », dit le jeune gilet jaune, en cherchant ses organes disparus avec sa langue. On lui a un peu rafistolé la lèvre, mais il en manque un morceau. Sous morphine, codéine et antidépresseurs, il attend ses futures opérations, ainsi qu’une greffe d’os, qu’on lui extraira de la hanche. Mais il a toutes les chances de rester défiguré à vie.

      David
      Opposant pas très farouche à la loi CPE en 2006, David était venu défiler à Paris pour montrer à sa petite-amie « ce que c’est une manif ». Et par solidarité : « Je suis intérimaire. Les chantiers sont super loin. Les impôts nous saignent. On se sent tous concernés. »

      Avant qu’il ne fasse les frais de ce tir non-réglementaire. Car les cartouches de LBD 40 ne sont en aucun cas censées percuter le visage. La notice d’utilisation enjoint bien au contraire à viser « sous les épaules ». Pourtant, beaucoup de balafres similaires ont été relayées sur les réseaux sociaux. Thomas, 20 ans, de Nîmes, a eu la joue déchiquetée. Maxime, 40 ans, d’Avignon, a eu la mâchoire fracturée. Fiorina, 20 ans, d’Amiens, a perdu un œil... Selon le décompte d’Explicite, parmi les centaines de blessés, au moins 26 ont eu le visage touché.

      LBD 40, plus dangereux que le Flash-Ball
      « Le visage agit comme un pare-choc de voiture, il se casse pour protéger la boîte crânienne », relève Ludovic Bénichou, chef du service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital Saint-Joseph, où furent hospitalisées plusieurs des victimes du LBD 40. « Quand le projectile est lancé à haute vélocité, il emmagasine une forte énergie cinétique, absorbée ensuite par l’impact, ce qui fait des dégâts : la maxillaire peut partir en miettes, l’orbite peut casser, il y a des pertes de tissus... Quand ça atteint la bouche, ça emporte pas mal de dents. »

      « Le LBD40 fait évidemment plus de dégâts »
      Le chirurgien poursuit : « Pour les soigner, on utilise la traumatologie faciale, qui a été inventée pendant la Première Guerre mondiale pour réparer les ’gueules cassées’ » - ces « poilus » dont le visage a été massacré par les balles allemandes. Chirurgie reconstructrice, chirurgie esthétique, greffes osseuses... « Au bout, ce ne sera pas comme s’il n’y avait rien eu, mais ça améliore les choses », poursuit le médecin.

      Comment expliquer un telle quantité de blessés au visage ? Par deux phénomènes au moins. D’abord, le remplacement progressif du Flash-Ball par des lanceurs de balles de défense 40mm, ou « LBD 40 » dans le jargon. « Le LBD 40, plus précis, fait évidemment plus de dégâts, puisque la cartouche est plus fine », note Guillaume Verney-Carron, directeur général de l’entreprise qui fabrique le Flash-Ball.

      D’autre part, un glissement dans la doctrine du maintien de l’ordre : « Avant, le Flash-Ball était utilisé pour se sortir d’une situation délicate, embraye le directeur. Maintenant, on en a changé la doctrine d’emploi : le LBD 40 est utilisé à toutes les sauces, et à plus grande distance. » Ainsi, rien que sur la journée du 1er décembre, quelque 776 cartouches de LBD 40 ont été tirées, preuve de leur utilisation massive.

      Réveils en sursaut et libido à zéro
      « Cette arme ne devrait pas exister. J’en vois pas l’intérêt. Les policiers ont des matraques et ils savent très bien s’en servir », s’agace David qui souhaite désormais leur disparition de l’arsenal de la police. « C’est du maintien de l’ordre, pas la guerre ! » Comme certains blessés militaires, David se réveille en sursaut de ses cauchemars, la nuit, persuadé d’avoir entendu des bruits de déflagration.

      Il y a d’autres séquelles post-traumatiques. Sa libido est à zéro, il a perdu 10 kilos, il ne peut plus se moucher et prend pour seul repas des boissons protéinées. Devant une glace, il n’accepte pas son visage déformé. « On m’a enlevé une partie de moi-même, énonce David en fondant en larmes. J’ai failli prendre ma moto et me foutre en l’air. » Son visage se clôt : « Ce tir a détruit beaucoup. Des années de ma vie. Je veux qu’on me rende ma mâchoire. »

      Le monde à travers le trou de la serrure
      Les traumatisés, tels des animaux blessés, se terrent dans leur tanière. Ainsi, Jérôme, éborgné par un tir de LBD 40, le 24 novembre dernier, ne quitte plus trop la pénombre de l’appartement familial de Chartres (Eure-et-Loire). « Je supporte mal la lumière », confie-t-il, un bandeau de pirate sur l’œil gauche. Alors le salon est tristounet à quelques jours de Noël, stores baissés de moitié et lampadaires tournés vers les murs.

      Jérôme
      Il faut le voir, ce costaud au crâne rasé, ancien agent de sécurité, les 40 ans marqués, qui s’est petit à petit replié sur lui-même. « Il a changé, s’attriste son épouse en voyant son regard viser le sol. Avant c’était un ’bonhomme’, comme on dit. Maintenant, il est fragilisé, son visage n’est plus éclairé, ses épaules sont rentrées... »

      « Une des seules choses que j’aimais chez moi, c’était mon regard »
      Cet ancien maître-chien était à la recherche de sa femme sur les Champs-Elysées lorsque c’est arrivé : « Ça a juste fait boum dans ma tempe ». Cette cartouche fatale a chamboulé sa vie. « J’ai l’impression de regarder le monde par le trou de la serrure », déplore âprement Jérôme. Son champ de vision s’est rétréci comme peau de chagrin. Le drame pour cet homme qui adorait piloter sa vieille Audi GT 80 et les séries de science-fiction. Aujourd’hui commercial, il n’est pas sûr d’oser affronter le regard des clients. Dans la rue, il est reluqué. « Le regard des gens n’est pas évident », souffle cet ancien parachutiste.

      Jérome et son épouse
      Pour Jérôme, qui jure qu’il n’était pas hostile, cette blessure est une énième injustice et un énième couperet. Lui qui, déjà, vilipendait ce monde « dominé par une poignée d’individus milliardaires », quand lui devait se résoudre « à prendre des crédits à la consommation pour payer les loyers en retard ». Pour que ses filles puissent se nourrir, « des fois, je ne mangeais rien pendant trois jours », dit-il. Et les fins de mois sont toujours aussi ric-rac.

      Maintenant, il souffre de terribles maux de tête, et le traumatisme l’a rendu plus anxieux. « J’ai peur qu’il m’arrive le moindre truc à l’autre œil, et que je devienne aveugle. Quand je me regarde, je me sens diminué. Je me suis jamais trouvé très beau.. mais une des seules choses que j’aimais chez moi, c’était mon regard. C’est celui de mon oncle », dit-il. Une larme s’échappe soudain de son œil de pirate, dernier signe de vie qui émanera de cet organe mort.

      Un mauvais tir ?
      Jérôme, entraîné aux armes quand il était militaire, ne croit pas à l’erreur de tir : « Je pense qu’il a visé la tête intentionnellement. Certains y prennent presque du plaisir. » Avocat de flics, maître Laurent-Franck Lienard n’est pas tendre à ce sujet avec ses clients : « Lorsqu’ils disposent d’armes intermédiaires, [les policiers] ne sentent pas la même inhibition et montrent une tendance très nette à y recourir, y compris lorsque la situation ne le justifie pas. (…) On ne compte plus les usages de cette arme en dehors de tout cadre légal, pour ’faire du bruit’, ’faire courir les jeunes’ ou ’se faire plaisir’… des notions bien éloignées de l’action policière ! »

      « Comme à la chasse, vous pouvez faire un mauvais tir », nuance le fabriquant du Flash-Ball. Habilitée au LBD 40, une source policière lui emboîte le pas : « On n’est pas tireurs d’élite et ça n’est pas une arme de précision. C’est comme à la boxe : ne pas viser la tête, ne pas viser la colonne… On fait toujours, toujours, au mieux. Mais on n’est pas infaillible. Ça dépend si la personne court, de la distance, des conditions climatiques, s’il y a du vent... »

      « Comme à la chasse, vous pouvez faire un mauvais tir »
      Seul hic, beaucoup de ces gueules cassées ne présentaient aucun danger immédiat. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent au contraire des personnes pacifiques percutées de plein fouet par des tirs de LBD. Sollicitée, la place Beauvau n’a pas donné suite à nos demandes.

      « Tout ça alors qu’on défendait des droits... », conclut Jérôme. « Je ne regrette pas malgré tout. Je ne regrette rien, parce qu’il y a eu une prise de conscience collective... et je souhaite du plus profond de mon être qu’il se passe quelque chose. Je suis content d’avoir participé à ça, même si je l’ai payé très cher. »

    • Dans une interview à #Chasse_Passion de septembre, Guillaume Verney Caron pleure pour être soutenu par la france dans la fabrication d’armes à tuer des humains.

      Interview Guillaume Verney-Carron au sujet du VCD10
      https://www.youtube.com/watch?v=GLKmCoNyH4M

      Jamais mieux servi que par soi même, il écrit des articles à sa gloire dans la tribune.


      https://acteursdeleconomie.latribune.fr/debats/opinion/2016-09-16/la-fin-du-famas-pour-l-armee-francaise-et-maintenant-qu

      Le Famas, produit à Saint-Etienne et qui équipait depuis 1979 l’armée française sera bientôt remplacé par un modèle allemand HK 416. Son fabricant Heckler und Koch ayant remporté l’appel d’offres de l’Etat. Le sentiment d’amertume passé, Guillaume Verney-Carron, directeur général de l’entreprise stéphanoise éponyme, qui avait postulé pour maintenir la production de l’arme française sur son territoire historique, lance un appel pour que la filière française puisse continuer à vivre, et qu’elle retrouve ses lettres de noblesse.

      A quoi travaillent les lobbys de chasse à l’assemblée nationale ?

      #industrie_de_l'armement

    • La violence est une tradition française à préserver

      Verney Carron
      Verney-Carron Security. Since back in 1650, and then again the watershed year 1820, the family-run business has demonstrated wisdom, intelligence and level-headedness needed to navigate the transition from expert craftsmanship to cutting-edge, avant-garde industrial expertise, enabling us to carve out a position as trade-leading pace-setter.
      [Search domain www.verney-carron-security.com/en/] https://www.verney-carron-security.com/en


  • L’asphyxie des parquets dégrade la qualité des enquêtes judiciaires
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/12/21/l-asphyxie-des-parquets-degrade-la-qualite-des-enquetes-judiciaires_5400863_

    Les procureurs de la République n’ont plus les moyens de remplir leur mission de contrôle des services enquêteurs de police ou de gendarmerie.

    sous #paywall

    • billet d’un blog de magistrats du 4/05/12

      Je crains (!) que la situation ne soit pas améliorée, et plus ça va, plus les procureurs héritent d’activités supplémentaires.

      TTR m’a tuer... - Le blog de fomagistrats
      http://fomagistrats.over-blog.com/article-ttr-m-a-tuer-104601981.html

      Le #TTR dans le jargon des juridictions c’est le traitement en temps réel.

      Pour parler simplement, il s’agit du procédé relatif à la prise de aux décisions de justice par les substituts et vice-procureurs de la République présents dans les parquets qui reçoivent des appels téléphoniques qui leur parviennent des services de police et de gendarmerie (et plus largement les services d’enquête).

      Le TTR a sonné le glas de la maîtrise des enquêteurs par les Procureurs.


  • Magouilles, nazisme et violence : un policier repenti se livre

    A lire absolument.
    Pas tant par rapport au nazisme mais surtout dans la propension à l’ultra #virilisme, gourdin couillu dans lequel se projettent les flics, et particulièrement la BAC pour se motiver en intervention...

    Nicolas a récemment quitté la police. Il venait de commencer sa carrière dans une unité de la gare du Nord, à Paris. Entre références à Hitler et ultravirilisme, il raconte un quotidien marqué par l’ennui, les magouilles et la violence. Et comment la sensation de devenir « violent et raciste » l’a fait renoncer au métier.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/211218/magouilles-nazisme-et-violence-un-policier-repenti-se-livre #police #milice #militarisme #violencespolicieces


  • Egalité femmes-hommes : le rapport que le CESE a refusé - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/201218/egalite-femmes-hommes-le-rapport-que-le-cese-refuse

    Le bureau du Conseil économique, social et environnemental a voté contre la diffusion d’une étude sur « Les temps de vie des femmes », pour cause de désaccords, notamment syndicaux, sur sa rédaction. Mediapart la publie en intégralité.
    ...
    il y a eu un lobbying intense les quinze derniers jours dans les couloirs du CESE contre le texte, et ça a payé. »

    « Dès le début, nous avons senti des clivages forts avec le groupe Entreprises et les professions libérales, rapporte encore cette membre de la délégation sur le droit des femmes. Le fait qu’on aille sur la dimension du travail n’était pas très apprécié. » Alors que certains regrettent aussi que les « progrès accomplis » ne soient pas assez mis en avant dans les travaux, d’autres déplorent l’aspect « victimaire » du compte-rendu et le risque sous-jacent d’alimenter la « guerre des sexes », selon le récit de membres de la délégation. « Oui, les choses ont beaucoup progressé en faveur de l’égalité, mais cela reste très inégal, et entre les lois et leur application, il y a encore beaucoup de chemin à faire, et de nombreux freins à lever, souligne Véronique Séhier. C’est cela que nous avons essayé de décrypter. »

    « Nous n’avons pas assisté à la totalité des travaux en délégation, confesse Carole Couvert, et nous avons donc choisi une abstention disons bienveillante… Mais il y avait aussi des stéréotypes dans cette étude qui ne nous convenaient pas. Par exemple, que les femmes assumaient la totalité des tâches ménagères, mais aussi du bricolage aujourd’hui. » Nulle trace, cependant, de pareille caricature dans le rapport, même si l’étude cite plusieurs enquêtes qui confirment que les femmes accomplissent encore une large part des tâches ménagères et du soin des enfants, même lorsqu’elle ont une activité professionnelle.

    Si t’es pas content·e de la température t’as qu’a cassé le thermomètre.
    #femmes #discrimination #sexisme #invisibilisation #travail