• La propagation du coronavirus inquiète l’OMS
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/22/la-propagation-du-coronavirus-inquiete-l-oms_6030469_3244.html

    Les autorités sanitaires mondiales s’interrogent sur de nouveaux modèles de transmission du virus.
    […]
    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cache plus son inquiétude. « Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel, s’est alarmé, vendredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général. Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit », a-t-il averti.

    L’OMS s’inquiète notamment de l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé ». «  Nous voyons que la situation évolue », a souligné Sylvie Briand, la directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS : « Non seulement le nombre des cas augmente, mais nous voyons aussi différents modèles de transmission dans différents endroits. » L’OMS ne parle toutefois pas de pandémie. L’organisation internationale considère qu’il y a « des épidémies différentes, montrant des phases différentes ».

    #paywall

  • La surconsommation d’#opioïdes est liée à la #pauvreté
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/20/la-surconsommation-d-opioides-est-liee-a-la-pauvrete-selon-une-etude_6030149

    « Ce résultat valide l’hypothèse des “deaths of despair” [morts de désespoir] américains », commente Mathias Dewatripont, l’un des coauteurs de l’étude, qui n’a pas encore été publiée. Conceptualisée par le Prix Nobel d’économie Angus Deaton et sa consœur Anne Case, cette hypothèse explique la surmortalité liée aux drogues et aux médicaments par le blues de la « working class » américaine, prise au piège d’une économie en berne. Aux Etats-Unis, les antalgiques opiacés ont ainsi causé au moins 200 000 décès depuis 1999. Près de 100 milliards de comprimés ont été distribués pour la seule période 2006-2014.

    #paywall

  • Les milliers de satellites propulsés pour fournir du débit Internet à tous risquent de transformer le ciel en far west
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/02/18/l-espace-sous-la-menace-des-megaconstellations-de-satellites_6029902_1650684

    […]
    Il faut s’obliger à lire cette liste monotone de décollages de fusées pour comprendre que le spatial vient, presque subrepticement, d’entrer dans une nouvelle ère, celle des mégaconstellations de satellites, destinées à fournir, depuis l’orbite basse (moins de 2 000 kilomètres d’altitude), du débit Internet à tous les Terriens, partout, tout le temps. Starlink, filiale de l’entreprise californienne SpaceX du milliardaire Elon Musk, a obtenu l’autorisation d’envoyer 12 000 engins dans l’espace et ne cache pas son intention d’en expédier 30 000 de plus, pour un total ahurissant de 42 000. La compagnie OneWeb, basée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, mise quant à elle sur une flotte de près de 2 000 appareils, qui pourrait, selon certaines sources, être portée à plus de 5 000 satellites.

    Des dizaines d’autres opérateurs ont annoncé leur intention de partir à la conquête de ce nouvel eldorado, et l’on compte dans ce peloton quelques gros poissons comme Amazon ou des organismes officiels russe et chinois. Certains projets ont déjà capoté – tel LeoSat (Luxembourg) – ou sont à l’arrêt – comme celui de Boeing qui prévoyait une constellation de près de 3 000 unités –, mais il n’est pas impossible que l’on dénombre, à la fin de la décennie, plus de 50 000 nouveaux satellites dans le ciel.
    […]
    « On risque de perdre notre ciel simplement pour réduire la latence des jeux vidéo en ligne ou pour s’envoyer encore plus de photos de chats… » Eric Lagadec, vice-président de la Société française d’astronomie et d’astrophysique

    #paywall

  • Sexisme dans le « Masque et la plume » : les réponses de France Inter - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020220/sexisme-dans-le-masque-et-la-plume-les-reponses-de-france-inter?onglet=ful

    L’émission culturelle phare de France Inter, « Le Masque et la Plume », est accusée de sexisme et de misogynie par une partie de ses auditeurs. Mediapart a écouté 96 émissions et recensé une longue liste de propos sexistes et misogynes – et, dans une moindre mesure, des stéréotypes racistes et homophobes –, un traitement différencié des hommes et femmes, et des remarques minorant la gravité des violences sexuelles et de la pédocriminalité .

    –-----suite à-----
    Sexisme et misogynie : plongée dans le « Masque et la Plume », l’émission phare de France Inter
    2 février 2020 Par Marine Turchi
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020220/sexisme-et-misogynie-plongee-dans-le-masque-et-la-plume-l-emission-phare-d

    C’est l’inamovible émission culturelle de France Inter. Créé en 1955, « Le Masque et la Plume » est devenu, pour beaucoup d’auditeurs, le rituel du dimanche soir, à l’heure du dîner. Véritable institution de la chaîne (il s’agit de la plus ancienne émission de la grille), locomotive d’audience (près de 700 000 auditeurs et 610 000 « podcasteurs »), il est animé et produit depuis 1989 par le journaliste de L’Obs Jérôme Garcin. Chaque semaine, il réunit quatre des vingt-trois chroniqueurs, issus de différents médias, pour décortiquer films, livres et pièces de théâtre.

    #paywall
    #1979
    #Jérôme_Garcin

    Le Masque et la Plume, créée le 13 novembre 1955 par Michel Polac et François-Régis Bastide
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Polac#cite_note-38

  • Auftrittsverbot für „Dr.Seltsams Frühschoppen“ im Cafe Subversiv:: Aktion „Sauberes Wohnzimmer“ (neues-deutschland.de)
    https://www.neues-deutschland.de/artikel/311262.aktion-bsauberes-wohnzimmerl.html

    14.06.1991 „Dr. Seltsams Frühschoppen“ - Wort-Variete, Leseshow und 3D-Feuilleton - sei eine jeden-Sonntag-Nachmittag-um-Eins-Einrichtung, die aus dem Cafe Subversiv in der #Brunnenstraße 7 im Bezirk #Mitte möglicherweise nicht mehr wegzudenken sei, schrieb ich vor einer Woche. Nun ist es soweit: Eine Gruppe von Frauen aus dem besetzten Haus Brunnenstr.7 erteilte den „Frühschopp-Boys“ am letzten Sonntag eine halbe Stunde vor der Vorstellung Auftrittsverbot. Begründung: fortgesetzter Sexismus.

    Ganz aus heiterem Himmel kam dieser Schritt allerdings nicht: schon seit einigen Wochen hatte der „Frühschoppen“ das Gefühl, nicht mehr willkommen zu sein, in einem Fall wurde die Vorstellung durch lärmende Hausbewohnerinnen gestört. Zu einer Klärung ist es trotz verschiedener Angebote des „Frühschoppens“ nicht gekommen, der Vorwurf wurde nicht weiter konkretisiert. Das sei auch nicht nötig, erklärte ein Hausbewohne...

    #Berlin #cabaret #Doktor_Seltsam #paywall

  • En quête du « gène juif »
    par Sylvain Cypel

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/en-quete-du-gene-juif,3600

    Derrière cette poussée d’adhésion aux thèses suprémacistes blanches, qui restent limitées en Israël aux cercles coloniaux les plus activistes, se profile un phénomène qui, lui, y est en forte expansion : l’idée de la préservation de la pureté raciale. Cette idée-là est évidemment connectée au désir profond de l’entre-soi, conçu comme un véritable idéal de vie. Le 9 février 2016, Netanyahou annonçait ainsi un « plan pluriannuel pour entourer Israël de clôtures sécuritaires ». Sachant que cette idée recevrait un accueil très favorable de l’opinion, il poursuivait : « En fin de compte, l’État d’Israël tel que je le vois sera entièrement clôturé. On va me dire : est-ce donc ce que vous voulez, protéger la villa ? La réponse est oui. Va-t-on entourer tout l’État d’Israël de barrières et de clôtures ? La réponse est oui. Dans l’environnement où nous vivons, nous devons nous défendre face à des bêtes sauvages
    1
    . » La métaphore de la « villa dans la jungle », d’un Israël seul État civilisé entouré d’animaux sauvages, avait déjà été émise, après l’échec des négociations de paix de Camp David à l’été 2000, par le premier ministre travailliste d’alors, Ehud Barak.
    Épouser une Norvégienne ?

    Cette conception est à la source du repli sur soi exclusif de la présence des autres. Elle peut déboucher sur des propensions racialistes puisées à d’autres motifs que le seul besoin de sécurité, et qui sont, la plupart du temps, d’inspiration religieuse et plus encore dérivées de l’intrication entre le mysticisme et le nationalisme. Dans la religion juive telle qu’elle est pratiquée en Israël, où un rabbinat très traditionaliste s’est vu octroyer par les pouvoirs publics la gestion de toute la vie familiale (naissance, mariage, divorce, décès, etc.) et où le mariage civil est légalement inconnu, les « mariages mixtes », c’est-à-dire les unions entre Juifs et non-Juifs, sont impossibles.

  • L’introuvable explication des cancers pédiatriques en France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/02/04/cancers-pediatriques-l-introuvable-explication_6028351_3244.html


    Marie Thibaud (à g.), du collectif Stop aux cancers de nos enfants, et Lisa King, de Santé publique France Pays de la Loire, à Sainte-Pazanne, le 25 novembre 2019.
    SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

    De plus en plus de parents d’enfants malades signalent de nombreux cas dans des communes dissiminées sur le territoire français.

    Sainte-Pazanne et Ligné en Loire-Atlantique, Igoville dans l’Eure, Saint-Rogatien en Charente-Maritime, Les Rousses dans le Jura… Ces communes de quelques milliers d’habitants disséminées sur le territoire ont un point commun : être l’épicentre de « clusters », avérés ou supposés, de ­cancers pédiatriques. L’épidémiologie définit le terme comme un « regroupement d’enfants de moins de 18 ans souffrant d’une même maladie dans une zone géographique et dans une période données et dont le nombre rapporté à sa population est perçu comme inhabituellement élevé ». Ils ont tous été repérés par un parent ou proche de jeune patient, grâce au bouche-à-oreille. Et ces derniers cherchent désormais sans relâche des réponses à l’inexplicable.

    « Quand j’ai découvert, en discutant dans les couloirs du CHU de Rouen, où ma fille de 5 ans est ­traitée depuis août 2019, que cinq autres enfants de notre petite ville étaient touchés aussi, ça m’a interpellée », raconte Charlène ­Bachelet, qui a finalement signalé « dix cas » concomitants à l’agence régionale de santé (ARS) de Normandie en octobre 2019.

    « Frise chronologique »
    Chloé Fourchon, mère d’une fillette de 4 ans diagnostiquée il y a un an et demi, a, pour sa part, recensé neuf enfants « -principalement nés entre 2012 et 2015_ », vivant dans cinq communes mitoyennes du Haut-Jura, et dont les cancers se sont déclarés entre 2014 et 2019, à partir d’indiscrétions entendues chez des commerçants. Début juillet 2019, elle a adressé une « frise chronologique- » récapitulative à l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté. « _Ça m’a pris un peu de temps, dit-elle, car ces enfants sont suivis aussi bien à Lyon qu’à Besançon, voire à Genève, en Suisse. »

    A Ligné, juste avant Noël, c’est la maman d’un garçon de 5 ans atteint d’une leucémie qui a demandé au maire de saisir l’ARS Loire-Atlantique-Vendée après avoir établi, « à partir d’échange avec les familles concernées », la « cartographie » de « six cas » diagnostiqués dans le « Pays d’Ancenis » entre décembre 2017 et octobre 2018.

    #paywall
    et sans rapport, sans doute, avec mon billet immédiatement précédant…
    https://seenthis.net/messages/824088

  • « Plan de paix américain » pour le Proche-Orient : après l’euphorie de Washington, retour au réel en Israël
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/30/plan-de-paix-americain-pour-le-proche-orient-apres-l-euphorie-de-washington-

    L’idée d’un vote rapide à la Knesset sur l’annexion des colonies dans les territoires palestiniens suscite des réticences au sein de l’appareil sécuritaire israélien.

    Au lendemain de l’annonce euphorique de la « vision » de Donald Trump pour une « paix » israélo-palestinienne, à Washington, Israël a connu un retour au réel accéléré, mercredi 29 janvier. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, avait promis d’acter dès dimanche, en conseil des ministres, l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies de Cisjordanie, sur laquelle la Maison Blanche reconnaît sa souveraineté. En vingt-quatre heures, pourtant, son gouvernement a repoussé par trois fois l’échéance, la suspendant à de « complexes préparations », qui apparaissent surtout comme des obstacles politiques.

    « L’espoir, c’est qu’ils attendent jusqu’après les élections » législatives israéliennes, prévues le 2 mars, affirmait mercredi le gendre de M. Trump et l’un des artisans du « deal », Jared Kushner. L’administration américaine avait exprimé dans la journée un certain agacement face à l’empressement israélien, qui risque de pousser ses alliés arabes à faire entendre leurs doutes sur sa vision : les monarchies du Golfe et surtout le voisin jordanien, gardien des lieux saints à Jérusalem.

    Mercredi soir, les sondages n’indiquaient aucune poussée de la coalition de droite israélienne, et l’annexion ne demeurait soutenue que par une minorité. Ce débat pourrait désormais se déporter au Parlement, dès la semaine prochaine. Le principal rival de M. Nétanyahou, l’ex-chef d’état-major Benny Gantz, souhaite proposer un vote « sur l’intégralité du plan », auquel il a répété son soutien, après sa visite à Washington, lundi. M. Gantz cherche à diviser la droite, en l’obligeant à choisir entre tout et rien, sans distinguer l’annexion de la reconnaissance d’un Etat palestinien. Or, ce dernier point, aussi limité soit-il dans le plan, représente une concession impossible pour les ultranationalistes religieux, alliés de M. Nétanyahou.

    Cycle électoral perpétuel
    Ce débat reflète la vigueur des mécanismes de contrôle de l’Etat, pourtant soumis à de violents courts-circuits par le cycle électoral perpétuel dans lequel Israël s’est enlisé depuis avril 2019, et qui doit l’amener à un troisième scrutin le 2 mars. En premier lieu, la justice : le procureur général du pays et conseiller légal du gouvernement, Avichaï Mandelblit, a estimé publiquement, dès mardi, que l’annexion pourrait éventuellement être actée avant les élections de mars. Mais à condition que ce gouvernement de transition, ne disposant plus d’une major[…]

    #paywall

  • 2020, l’année du jugement (démocratique)
    https://www.latribune.fr/economie/international/2020-l-annee-du-jugement-democratique-836003.html


    Crédits : La Tribune Hebdo 315

    Après les colères de la rue qui ont rythmé l’année 2019, l’heure est au bilan. 2020 verra-t-il l’embrasement ou, au contraire, l’apaisement en France et dans les autres pays confrontés aux révoltes ? Les inégalités d’aujourd’hui n’étant plus les mêmes qu’hier, les solutions à apporter sont encore imparfaites ou en devenir.

    A Gotham City, les travailleurs sont en grève depuis des semaines. Pendant que les notables se divertissent dans les théâtres de la métropole dystopique de Batman, les habitants doivent supporter les immondices qui jonchent des artères embouteillées, des transports bondés, des incivilités, le tout-voiture... Étrange miroir, juste avant la nouvelle année, que celui offert par les scènes du dernier film « Joker » du réalisateur Todd Philips, dont l’histoire se déroule au début des années 1980 ; à l’âge d’or des réformes de dérégulation de Ronald Reagan face au soviétisme.

    Quarante ans plus tard, les revendications sont légions et se font désormais écho entre elles : fronde des « gilets jaunes » en France, mouvements sociaux en Equateur, Chili, Liban, crise démocratique et répressions politiques en Algérie, Iran, Irak, Catalogne, Venezuela et à Hong Kong. Sans oublier la croisade climatique mondiale de Greta Thunberg, élue personnalité de l’année par le magazine Time, qui avait fait une première couverture sur « la planète en danger », il y a trente-et-un ans.

    L’année de l’auto-critique
    2020, l’année miroir, cherchera à révéler les causes à ces maux : est-ce le « système », comme le...

    #paywall

    Le numéro hebdomadaire de La Tribune est consacrée à
    Folle, démocratique, stagnante... l’année 2020 décryptée par LT pour vous

    Titres des articles (vus dans la newsletter)

    Année folle ou année molle ?
    En cas de crise mondiale, partons à l’étranger
    Un monde au bord de la récession… ou au bord du renouveau
    2020, l’année du jugement (démocratique)
    Les marchés en apesanteur, en attendant la crise ?
    Les cinq défis qui attendent les banques en 2020
    Régulation des GAFA : la fin de l’impunité en 2020 ?
    Obstacles en série sur la route des constructeurs
    L’urgence d’un Green New Deal
    Municipales 2020 : l’environnement s’impose aux maires de demain
    La guerre des droites dans la Macronie en vue de 2020
    Afrique, les (nouveaux) visages du pouvoir en 2020

  • Imre Kertesz : « Auschwitz n’a pas été un accident de l’Histoire »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/auschwitz-n-a-pas-ete-un-accident-de-l-histoire_4564126_3210.html


    L’écrivain hongrois Imre Kertesz, à Paris en 2010.
    Olivier Roller/Divergences

    Pour l’écrivain hongrois Imre Kertesz, rescapé du camp d’extermination, «  la démocratie reste impuissante à se défendre  ».
    […]
    Dans Être sans destin, que j’ai mis treize années à écrire, j’ai choisi d’adopter le point de vue d’un enfant qui est le héros du récit, du roman ; parce que, dans les camps de concentration comme dans la dictature, on rabaisse l’homme à un niveau enfantin. Tout, même ce qui ne l’est pas, y devient « naturel ». Jusqu’à aujourd’hui, je me suis appliqué à étudier la façon dont s’élabore la langue de toutes les dictatures.

    #paywall

  • Jacques Rancière : « Les puissants ne veulent plus d’une retraite qui soit le produit d’une solidarité collective »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/23/jacques-ranciere-les-puissants-ne-veulent-plus-d-une-retraite-qui-soit-le-pr

    « Le Monde » publie la déclaration du philosophe, prononcée le 16 janvier 2020 devant les cheminots grévistes de la gare de Vaugirard.

    Tribune. Si je suis là aujourd’hui, c’est, bien sûr, pour affirmer un soutien total à une lutte exemplaire, mais aussi pour dire en quelques mots pourquoi elle me semble exemplaire.

    J’ai passé un certain nombre d’années de ma vie à étudier l’histoire du mouvement ouvrier et ça m’a montré une chose essentielle : ce qu’on appelle les acquis sociaux, c’est bien plus que des avantages acquis par des groupes particuliers, c’était l’organisation d’un monde collectif régi par la solidarité.

    Qu’est-ce que c’est que ce régime spécial des cheminots qu’on nous présente comme un privilège archaïque ? C’était un élément d’une organisation d’un monde commun où les choses essentielles pour la vie de tous devaient être la propriété de tous. Les chemins de fer, cela appartenait à la collectivité. Et cette possession collective, elle était gérée aussi par une collectivité de travailleurs qui se sentaient engagés vis-à-vis de cette communauté ; des travailleurs pour qui la retraite de chacun était le produit de la solidarité d’un collectif concret.

    Démolir pièce à pièce
    C’est cette réalité concrète du collectif solidaire dont les puissants de notre monde ne veulent plus. C’est cet édifice qu’ils ont entrepris de démolir pièce à pièce. Ce qu’ils veulent, c’est qu’il n’y ait plus de propriété collective, plus de collectifs de travailleurs, plus de solidarité qui parte d’en bas. Ils veulent qu’il n’y ait plus que des individus, possédant leur force de travail comme un petit capital qu’on fait fructifier en le louant à des plus gros. Des individus qui, en se vendant au jour le jour, accumulent pour eux-mêmes et seulement pour eux-mêmes des points, en attendant un avenir où les retraites ne seront plus fondées sur le travail mais sur le capital, c’est-à-dire sur l’exploitation et l’autoexploitation.

    C’est pour ça que la réforme des retraites est pour eux si décisive, que c’est beaucoup plus qu’une question concrète de financement. C’est une question de principe. La retraite, c’est comment du temps de travail produit du temps de vie et comment chacun de nous est lié à un monde collectif. Toute la question est de savoir ce qui opère ce lien : la solidarité ou l’intérêt privé. Démolir le système des retraites fondé sur la lutte collective et l’organisation solidaire, c’est pour nos gouvernants la victoire décisive. Deux fois déjà ils ont lancé toutes leurs forces dans cette bataille et ils ont perdu. Il faut tout faire aujourd’hui pour qu’ils perdent une troisième fois et que ça leur fasse passer définitivement le goût de cette bataille.

    #paywall :-(

  • Partout dans le monde, les lesbiennes brûlent pour “Portrait de la jeune fille en feu” - Cinéma - Télérama.fr

    https://www.telerama.fr/cinema/les-lesbiennes-du-monde-entier-brulent-pour-portrait-de-la-jeune-fille-en-f

    Merci @mona pour le signalement

    Sa réservation électronique en main, Laura a les yeux rivés sur le gigantesque écran d’affichage qui la surplombe. Il a tout l’air de ceux qui indiquent aux voyageurs pressés leur numéro de quai ou de terminal, avec son fond noir et ses lettres jaunes lumineuses. « Là ! s’exclame-t-elle, le doigt pointé. Portrait of a Lady on Fire, auditorium 14 ! » La jeune femme de 19 ans a fait plus de deux heures de route, toute seule, pour assister à la séance de 21 heures du quatrième long métrange de Céline Sciamma à l’ArcLight Hollywood, le grand multiplexe en forme de sphère du Sunset Boulevard de Los Angeles. Portrait de la jeune fille en feu ne sortira aux États-Unis que le 14 février pour éviter d’être noyé dans le tumultueux bain des Oscars (le CNC lui a préféré Les Misérables pour y représenter la France), mais son distributeur, NEON, a décidé de le projeter durant une semaine de décembre dans deux cinémas, un à Los Angeles et un à New York.

  • Les #chômeurs, victimes collatérales de la #retraite universelle | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr//chomeurs-victimes-collaterales-de-retraite-universelle/00091537

    Pour les demandeurs d’emploi non indemnisés, la « dimension solidaire » du nouveau régime ne saute pas davantage aux yeux. C’est même tout le contraire. Que se passe-t-il pour les chômeurs en fin de droits, qui touchent l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ? Eh bien, ils cotiseront sur cette base, pardi ! A raison de 16,74 euros par jour (soit 502,20 euros par mois de 30 jours), il leur faudra presque un microscope pour compter les points retraite acquis. Rien à voir avec le dispositif actuel : aujourd’hui, ils peuvent à la fois valider des trimestres (quatre, en régime « normal », mais jusqu’à 20 pour les plus de 55 ans ayant cotisé au moins 20 ans à l’Unédic) et acquérir des points Agirc-Arrco sur une partie de leur ancienne rémunération.

    Quant aux chômeurs qui ne touchent pas la moindre indemnisation, on cherche encore en quoi le nouveau dispositif constituerait pour eux une « avancée majeure ». Ne disposant d’aucun revenu, ils n’acquerront aucun point retraite pour leurs vieux jours. Un recul par rapport à la situation présente. Actuellement, un demandeur d’emploi non indemnisé ne se crée, certes, aucun droit au titre de sa retraite complémentaire Agirc-Arrco. Mais, à condition d’avoir déjà cotisé au régime général ou à la Sécurité sociale des indépendants – un simple job d’été suffit ! –, il peut valider des trimestres pour sa retraite de base. Un jeune qui, par exemple, bosse 15 jours dans un centre aéré, reprend puis termine ses études et entre sur le marché du travail peut valider jusqu’à six trimestres s’il galère à trouver son premier poste…

    • (texte intégral, en accès plus ou moins libre donc)

      Réforme
      Les chômeurs, victimes collatérales de la retraite universelle
      Stéphane Béchaux
      17/01/2020

      Les demandeurs d’emploi font partie des grands perdants de la réforme. Car ils acquerront demain beaucoup moins de droits qu’aujourd’hui. Et gare à la décote pour ceux qui terminent leur carrière au chômage.

      « Une avancée majeure ! » Dans son exposé des motifs du projet de loi, le gouvernement assure que son système universel de retraite sera particulièrement bénéfique pour tous ceux qui connaissent des interruptions de carrière. Une vaste population qui englobe tout à la fois les femmes en congé maternité, les travailleurs en arrêt maladie ou en invalidité et, bien sûr, les demandeurs d’emploi. Si l’on en croit l’exécutif, le nouveau dispositif permettra ainsi à ces assurés « de réellement percevoir la dimension solidaire du système universel de retraite tout au long de leur carrière ».

      Potion amère pour les demandeurs d’emploi indemnisés...

      La « dimension solidaire » ? Les chômeurs aimeraient bien. Mais le futur régime, applicable à partir de 2025, leur prépare au contraire des vieux jours difficiles. Quelle que soit la situation de recherche d’emploi dans laquelle ils se trouvent. Pour les chômeurs indemnisés, la pilule s’annonce particulièrement amère. Car jusqu’alors, le système neutralisait l’impact potentiel de la perte d’emploi sur leur future pension de retraite : aujourd’hui, ils valident à la fois des trimestres au titre du régime de base (à raison d’un trimestre pour 50 jours indemnisés, dans la limite de quatre trimestres par an) et acquièrent des points de retraite complémentaire sur la base de leur ancien salaire.

      Un « âge d’or » terminé. Dans sa rédaction, l’article 42 du projet de loi prévoit désormais d’asseoir le nombre de points de retraite des chômeurs sur le montant de leur indemnité, et non plus sur leur rémunération antérieure. Une sacrée différence. Non seulement parce que l’allocation de retour à l’emploi (ARE) ne représente qu’entre 57 % et 75 % du salaire de référence, mais aussi parce que le mode de calcul de ce dernier va devenir beaucoup moins favorable.

      Le récent décret assurance chômage (https://www.alternatives-economiques.fr/assurance-chomage-une-reforme-sanglante/00090433) prévoit en effet qu’à partir du 1er avril prochain, le salaire de référence servant à calculer l’allocation tienne compte à la fois des périodes travaillées et non travaillées au cours des deux dernières années précédant la perte d’emploi. Ce qui va baisser mécaniquement le montant de l’ARE et donc, par ricochet, la future retraite… L’impact promet d’être conséquent. Selon les estimations de l’assurance chômage, les nouvelles règles devraient pénaliser un allocataire indemnisé sur deux, soit 1,3 million de personnes.

      « Pour les chômeurs, il va y avoir un effet en cascade sur le niveau d’acquisition des points, alerte Jean-Paul Domergue, responsable du plaidoyer chez Solidarités nouvelles face au chômage (SNC). D’autant plus qu’on va tenir compte de toute la carrière pour calculer le montant de la pension, et pas seulement des 25 meilleures années comme actuellement pour la retraite de base. » L’association s’en est ouverte aux organisations syndicales, et notamment à la CFDT, qu’elle a rencontrée fin novembre. Un message entendu. « Nous, on a toujours plaidé pour que les points retraite soient calculés sur le salaire antérieur à la période de chômage. Chez Jean-Paul Delevoye, le principe ne semblait pas poser problème. Mais il a disparu lors de la transcription dans le projet de loi », retrace Frédéric Sève, le négociateur retraite cédétiste.

      … et encore plus indigeste pour les chômeurs non indemnisés

      Pour les demandeurs d’emploi non indemnisés, la « dimension solidaire » du nouveau régime ne saute pas davantage aux yeux. C’est même tout le contraire. Que se passe-t-il pour les chômeurs en fin de droits, qui touchent l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ? Eh bien, ils cotiseront sur cette base, pardi ! A raison de 16,74 euros par jour (soit 502,20 euros par mois de 30 jours), il leur faudra presque un microscope pour compter les points retraite acquis. Rien à voir avec le dispositif actuel : aujourd’hui, ils peuvent à la fois valider des trimestres (quatre, en régime « normal », mais jusqu’à 20 pour les plus de 55 ans ayant cotisé au moins 20 ans à l’Unédic) et acquérir des points Agirc-Arrco sur une partie de leur ancienne rémunération.

      Quant aux chômeurs qui ne touchent pas la moindre indemnisation, on cherche encore en quoi le nouveau dispositif constituerait pour eux une « avancée majeure ». Ne disposant d’aucun revenu, ils n’acquerront aucun point retraite pour leurs vieux jours. Un recul par rapport à la situation présente. Actuellement, un demandeur d’emploi non indemnisé ne se crée, certes, aucun droit au titre de sa retraite complémentaire Agirc-Arrco. Mais, à condition d’avoir déjà cotisé au régime général ou à la Sécurité sociale des indépendants – un simple job d’été suffit ! –, il peut valider des trimestres pour sa retraite de base. Un jeune qui, par exemple, bosse 15 jours dans un centre aéré, reprend puis termine ses études et entre sur le marché du travail peut valider jusqu’à six trimestres s’il galère à trouver son premier poste…

      A tous ces coups de bambou vient s’ajouter un dernier « cadeau », réservé aux seniors qui finissent leur carrière au chômage. Aujourd’hui, ceux-ci peuvent continuer à percevoir leur allocation de retour à l’emploi jusqu’à l’âge du taux plein. Dès qu’ils l’atteignent, Pôle emploi cesse de les indemniser et ils basculent dans la retraite. Mais que se passera-t-il demain pour les intéressés avec l’instauration du fameux âge « pivot » ou « d’équilibre » ? Pourront-ils continuer à percevoir leur indemnisation ou devront-ils liquider leur pension ? La réponse est cruciale. Car plane sur eux la menace d’une décote sur leur pension, s’appliquant pendant toute la durée de leur retraite. « Ce problème, les chômeurs peuvent déjà le rencontrer sur leur retraite complémentaire. Mais au moins, la décote est temporaire. Tandis que là, elle serait définitive, ce qui est très injuste », dénonce Jean-Paul Domergue (SNC). De fait, les demandeurs d’emploi seniors n’ont aucun droit d’option. Eux, ne peuvent pas choisir de rester plus longtemps en poste pour ne pas subir une minoration de pension !

  • « Quand on est borderline, on détruit notre entourage sans s’en rendre compte »
    https://www.nouvelobs.com/rue89/20200112.OBS23352/quand-on-est-borderline-on-detruit-notre-entourage-sans-s-en-rendre-compt

    « Je m’appelle Elodie, j’ai 20 ans, je vis en Suisse, et je suis atteinte du trouble de la personnalité borderline. J’ai fait ma première dépression à l’âge de 10 ans, le diagnostic n’a été posé que sept ans plus tard, j’avais déjà fait une tentative de suicide. Longtemps, les psychiatres et les psychologues, qui disaient que j’étais « une adolescente excessivement sur la défensive », pensaient que j’étais bipolaire [autrefois appelée maniaco-dépression, la bipolarité est une maladie qui provoque des dérèglements de l’humeur, NDLR]. La plupart des gens confondent d’ailleurs souvent les deux troubles.

    #santé_mentale #psychiatrie #borderline #bipolaire #dépression
    derrière #paywall

  • Le CLAQ dénonce l’instrumentalisation de l’homophobie contre la grève ~ Friction Magazine
    https://friction-magazine.fr/le-claq-apporte-son-soutien-aux-trois-grevistes-de-la-ratp-de-vitr

    Suite à des injures homophobes envers un chauffeur de bus non-gréviste, 3 grévistes RATP ont été convoqués par leur direction puis poursuivis par des associations LGBT. Choqué par la décision des assos, le CLAQ publie une tribune de soutien.

    « Macron, on t’encule ! » : quand l’homophobie ordinaire s’invite en manif - TÊTU
    https://tetu.com/2019/12/17/macron-on-tencule-quand-lhomophobie-ordinaire-sinvite-en-manif

    La semaine dernière, une vidéo montrait des grévistes lancer des insultes homophobes à un chauffeur de bus. Mais malheureusement, l’homophobie ordinaire n’est pas nouvelle dans les mouvements sociaux… Pourtant, les choses commencent à changer.

    derrière #paywall

    • Le système pénal, la criminalisation ne sont pas seulement inefficaces pour protéger, donner des ressources et rendre justice aux victimes, ils sont également délétères quand ils frappent nos alliéEs dans les luttes d’émancipation. C’est ce dont il s’agit ici : désigner et punir des individus et les mettre hors d’état de nuire au système, celui-là même qui produit l’homophobie structurelle de notre société, autrement plus ravageuse. (...)

      Nous, suceurs de bites et enculés – et même bouffeuses de chattes – exigeons donc des associations SOS Homophobie, Stop Homophobie et Mousse, qu’elles retirent leur plainte injustifiée et disproportionnée. Si elles veulent vraiment lutter contre l’homophobie dans les mouvements sociaux, comme partout ailleurs dans notre société, nous les invitons à s’investir dans ces mouvements, à descendre dans la rue et à soutenir activement les grèves et les grévistes.

      #Claq Comité de Libération et d’Autonomie Queer, contre la prise de position (et/ou les dépôts de plainte) de Association Mousse, Familles LGBT, le FLAG, FranceTV pour tou.te.s, Le Refuge, Rouge Direct, SOS Homophobie, Stop Homophobie et Urgence Homophobie

      Je signale, au cas où cela n’ai été fait ici, le slogan « Macron, on t’encule pas, la sodomie c’est entre amis » qui réponde régulièrement, et ce samedi 18 janvier encore, au « Macron, on t’encule » entendu dans les manif #GiletsJaunes et d’autres.

      #luttes_collectives #sexisme #homophobie #code_pénal

  • Pesticides SDHI : une audition devant les députés relance la controverse
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/15/pesticides-sdhi-une-audition-devant-les-deputes-relance-la-controverse_60259

    Le compte rendu de l’audition a été adressé jeudi 9 janvier au groupe d’études santé-environnement de l’Assemblée. Pour Pierre Rustin (CNRS), l’un des chercheurs ayant lancé l’alerte sur les SDHI à l’automne 2017, l’intervention contient des affirmations erronées. « Contrairement à ce que dit la presse de façon générale, ce n’est pas un nouveau produit, ce n’est pas une nouvelle autorisation, ce sont des produits qui sont autorisés depuis plusieurs décennies aujourd’hui dans notre pays, a notamment déclaré en préambule Roger Genet, le directeur de l’Anses. Il n’y a pas de nouvelles autorisations qui ont été délivrées dans notre pays, contrairement à ce qui se répand sur les réseaux sociaux et dans la presse. »

    Or, dans son rapport de janvier 2019 sur les SDHI – préparé en réponse aux lanceurs d’alerte –, l’Anses fait un constat différent. Seules deux des onze substances appartenant à cette famille sont autorisées « depuis plusieurs décennies » (1968 et 1992). Une autre a été introduite en 2005, mais les huit autres l’ont été après 2011, les trois plus récentes en 2016, 2017 et 2018. A l’Anses, on évoque un « raccourci » lié à la « vulgarisation » d’un sujet complexe. « L’Anses minimise ou nie l’essor des SDHI dans les pratiques [agricoles] ces dernières années », observe pour sa part le député (LFI) de la Gironde, Loïc Prud’homme, qui assistait à l’audition.

    #paywall

  • Démission du premier ministre russe, Dmitri Medvedev, et de son gouvernement
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/15/en-russie-vladimir-poutine-propose-un-referendum-sur-une-serie-de-reformes-c


    Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, le 15 janvier à Moscou.
    DMITRY ASTAKHOV / AFP

    Cette annonce surprise intervient quelques heures après un discours de Vladimir Poutine annonçant des réformes de la Constitution.

    Dmitri Medvedev a présenté, mercredi 15 janvier, au président russe la démission de son gouvernement, quelques heures après un discours du chef de l’Etat annonçant des réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il pilote depuis vingt ans.

    « Ces changements [ceux annoncés par M. Poutine], une fois adoptés, (…) apporteront des changements significatifs non seulement à toute une série d’articles de la Constitution, mais aussi à l’équilibre du pouvoir, du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif, du pouvoir judiciaire, a expliqué, selon les agences russes, M. Medvedev. -Dans ce contexte, il est évident que nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela (…) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission. »

    Le président a remercié son premier ministre sortant et ses ministres, leur demandant d’expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination d’une nouvelle équipe. « _Je veux vous remercier pour tout ce qui a été fait, exprimer ma satisfaction pour les résultats obtenus (…) même si tout n’a pas réussi », a-t-il déclaré.

    Juste après l’annonce surprise de la démission du chef du gouvernement, Vladimir Poutine a désigné comme nouveau premier ministre le patron du fisc russe, Mikhaïl Michoustine, inconnu du grand public, selon les agences russes citant le Kremlin. En poste à la tête du service fédéral des impôts depuis 2010, M. Michoustine est une nomination inattendue. Il a néanmoins la réputation d’être un haut fonctionnaire efficace. Il a mis en place « le meilleur système de collecte d’impôts au monde », a affirmé la télévision d’Etat Rossiya-24.

    « La Russie doit rester une république présidentielle forte »
    Plus tôt dans la journée, lors de son allocution annuelle devant les membres du Parlement et les élites politiques, Valdimir Poutine a proposé la tenue d’un référendum sur les réformes envisagées. « Je juge nécessaire de soumettre au vote des citoyens du pays l’ensemble des révisions de la Constitution proposées », a-t-il déclaré dans son allocution, sans pour autant préciser le calendrier.
    La principale mesure annoncée vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d’élire le premier ministre que le président sera alors obligé de nommer. Actuellement, la Douma confirme le choix du chef de l’Etat. Selon M. Poutine, il s’agit d’un changement « significatif » pour lequel il a jugé la Russie assez « mûre ». Le président ne semble, cependant, pas prendre trop de risques puisque les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

    Les propositions de réforme exposées par M. Poutine visent aussi à renforcer les pouvoirs des gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges d’avoir des permis de séjour à l’étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie.

    • Mikhaïl Michoustine, spécialiste des impôts et poète à ses heures, désigné premier ministre russe
      https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/16/mikhail-michoustine-specialiste-des-impots-et-poete-a-ses-heures-designe-pre


      Mikhaïl Michoustine lors du discours suivant sa nomination comme premier ministre de Russie, le 16 janvier à Moscou.
      The State Duma, The Federal Assembly of Russian Federation / REUTERS

      Ce haut fonctionnaire sans poids politique propre a succédé jeudi à Dmitri Medvedev, dont la démission a été annoncée la veille

      Encore inconnu du grand public la veille, Mikhaïl Michoustine a pris ses fonctions de premier ministre de la Fédération de Russie, jeudi 16 janvier, après le vote favorable de la Douma. Ce haut fonctionnaire de 53 ans a reçu le soutien massif de 383 députés, avec 44 abstentions et aucun vote négatif, confirmant la subordination complète du Parlement au pouvoir exécutif.

      Une grande majorité de Russes n’ont découvert son visage qu’à la télévision, mercredi soir, lorsque le Kremlin a diffusé des photos de son entretien avec Vladimir Poutine. Ils n’en auront pas appris beaucoup plus dans le discours prononcé jeudi par M. Michoustine, qui s’est contenté de reprendre les thèmes développés la veille par le président dans son adresse annuelle : justice sociale, hausse des revenus des citoyens, défense des « valeurs traditionnelles »…

      Son arrivée à la tête du gouvernement a également pris de court les commentateurs, autant que la démission surprise de son prédécesseur, Dmitri Medvedev, qui occupait loyalement le poste depuis huit ans. De l’avis des observateurs, ces ajustements visent à donner un nouvel élan au président Poutine au moment où il annonce des réformes constitutionnelles destinées à préparer le pays à la fin de son quatrième et théoriquement dernier mandat.

      Devant ces inconnues, et face au fonctionnement byzantin et secret du sommet de l’Etat russe, les observateurs en sont réduits à scruter le CV de l’intéressé pour deviner quels pourraient être ses intentions et son style de gouvernement – sans parler des plans du chef de l’Etat.

      Profil de technocrate
      Mikhaïl Vladimirovitch Michoustine, 53 ans, est né à Moscou, où il a suivi une formation d’ingénieur. Comme son prédécesseur, il est réputé féru de nouvelles technologies, avec un intérêt prononcé pour les techniques de la blockchain (technologie de stockage et de transmission d’informations). Et comme son patron, Vladimir Poutine, il est un grand amateur de hockey, membre du conseil de surveillance du CSKA, le club moscovite de basket-ball. Pianiste et poète à ses heures, M. Michoustine aurait aussi composé des musiques pour plusieurs artistes.
      A l’exception d’un bref passage à la tête d’un fonds d’investissement, UFG, M. Michoustine a fait l’essentiel de sa carrière dans la fonction…

      #paywall

    • Le Monde y consacre son éditorial, mais, apparemment, tout le monde s’en tape…

      Vladimir Poutine : l’obsession du contrôle
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/16/vladimir-poutine-l-obsession-du-controle_6026091_3232.html


      Ecran installé sur la façade d’un hôtel retransmettant le discours annuel de Vladimir Poutine devant le Parlement, à Moscou, mercredi 15 janvier.
      EVGENIA NOVOZHENINA / REUTERS

      Editorial du « Monde ». Comment quitter le pouvoir lorsqu’on l’a occupé sans partage pendant vingt-quatre ans ? En ne le quittant pas. C’est la conclusion à laquelle semble être parvenu le président Vladimir Poutine, si l’on regarde de près les propositions de réformes constitutionnelles qu’il a présentées à Moscou, mercredi 15 janvier, dans son discours annuel devant le Parlement.

      Ce projet d’une nouvelle répartition des pouvoirs au sommet de la Fédération de Russie, à l’issue de ce qui doit être le quatrième et dernier mandat présidentiel de M. Poutine, en 2024, donne le coup d’envoi d’un processus de transition très attendu, puisque la Constitution actuelle interdit au président de remplir plus de deux mandats successifs. Arrivé au pouvoir en 2000 après avoir été choisi comme successeur par Boris Eltsine, M. Poutine avait dû recourir à un artifice en échangeant son poste avec son premier ministre, Dmitri Medvedev, de 2008 à 2012, pour pouvoir se faire réélire président en 2012, puis en 2018.

      Il fallait maintenant trouver autre chose. A 67 ans, Vladimir Poutine peut sans doute envisager de quitter la présidence, mais plus difficilement de lâcher le contrôle d’un pays sur lequel il règne depuis vingt ans – le plus long règne d’un dirigeant russe depuis Staline. A la tête de la Russie, il a établi un système de prise de décisions plus concentré encore que sous la défunte Union soviétique, où le secrétaire général du Parti communiste devait au moins compter avec le bureau politique. En s’assurant l’appui des forces de sécurité, il est parvenu à marginaliser toute réelle opposition politique.

      Une opposition muselée
      Les rivaux potentiels hors système, comme l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, gracié et exilé en 2013 après dix ans de prison, ou l’opposant Alexeï Navalny, resté en Russie, mais rendu pratiquement inéligible, ont été mis hors d’état de nuire. Restent les camps rivaux au sein du système : selon les rares informations issues de ce pouvoir opaque, leurs appétits s’aiguisaient à l’approche de l’échéance 2024. La nature ayant horreur du vide, c’est aussi pour maîtriser leurs ambitions que M. Poutine a souhaité établir dès maintenant un cadre pour la transition. Le fidèle mais impopulaire Medvedev a été, lui, prié de remettre la démission de son gouvernement et placé sur une voie de garage en attendant mieux – ou pire.

      Certains prêtaient au président russe l’intention de créer une Union de la Russie et de la Biélorussie, dont il aurait pris la tête pour se maintenir au pouvoir après 2024. Si cela était le cas, la résistance de l’homme fort de Minsk, Alexandre Loukachenko, a dû le dissuader. Les propositions de réformes de M. Poutine, dont il a indiqué qu’elles seraient soumises à un « vote des citoyens », semblent plutôt lui ménager la possibilité d’évoluer au sein de l’appareil d’Etat de la Russie, soit de nouveau comme premier ministre, mais avec des pouvoirs accrus par rapport à la fonction actuelle, soit à la tête du Conseil d’Etat.

      Quelle que soit sa forme institutionnelle finale, cette « révolution par le haut », comme l’ont surnommée quelques commentateurs russes, a en tout cas un objectif : celui de préserver un pouvoir central fort en Russie. « La Russie devra rester une république présidentielle forte », a affirmé M. Poutine, douchant les espoirs de ceux qui verraient une évolution démocratique dans le renforcement des compétences du Parlement. Au bout du compte, c’est l’obsession du contrôle qui l’emporte.

  • Ces Régions qui veulent se passer de la SNCF avec l’ouverture à la concurrence
    https://www.latribune.fr/regions/ces-regions-qui-veulent-se-passer-de-la-sncf-avec-l-ouverture-a-la-concurr


    Le viaduc de Niolon, près de Marseille. La région Paca entend attribuer les lignes des TER à d’autres opérateurs.
    Crédits : iStock

    En plein blocage sur le sujet des retraites, une révolution se profile dans l’organisation locale des transports publics : des opérateurs alternatifs vont entrer en concurrence avec la SNCF. Les conseils régionaux peuvent peaufiner les appels d’offres sur leurs lignes TER. Un dossier réalisé par les journalistes des rédactions régionales de La Tribune.

    C’était l’une des mesures du nouveau pacte ferroviaire, combattu par les cheminots pendant la longue grève du printemps 2018 et adopté en juin de la même année. Mais elle est passée inaperçue. Depuis le 3 décembre 2019, les Régions, autorités organisatrices, peuvent en théorie attribuer l’exploitation de leurs transports express régionaux (TER) à d’autres opérateurs que la SNCF. Deux conseils régionaux, Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et le Grand Est, ont saisi l’opportunité. Ils publieront en mars de cette année les appels d’offres. Les exploitants alternatifs - pas forcément « privés » au sens figuré si la SNCF est candidate via l’une de ses filiales - arriveront début 2022. 

    De gauche à droite, et dans des contextes de relations plus ou moins tendues entre les collectivités territoriales et la SNCF, les motivations de cette « privatisation » divergent. En région Paca, l’exécutif présidé par Renaud Muselier (LR), a voté le 14 décembre dernier une procédure de délégation de service public pour la desserte Marseille-Nice et pour les lignes de l’étoile ferroviaire de Nice. En conflit...

    #paywall

  • Pas de justice pour Wissam El Yamni.
    Pas de paix.

    Conférence de presse des avocats de la famille de Wissam El-Yamni
    pisté : https://www.youtube.com/watch?v=46XLiB82ow4


    libre : https://invidio.us/watch?v=46XLiB82ow4

    Huit ans après, à la triste date de l’anniversaire de sa mort, l’émotion de Marwa El-Yamni, sa sœur, montre à quel point le deuil est impossible.
    Aucune mise en examen n’a été prononcée par la juge en charge de l’instruction. La police a-t-elle réussi à totalement enterrer sa responsabilité ? N’y aura-t-il donc aucune justice ? Ni pour sa famille, ni pour celleux qui se battent pour l’irruption de la vérité dans la vie politique, pour la reconnaissance et la condamnation des violences systémiques du maintient de l’ordre, pour l’interdiction des techniques d’immobilisation létales...
    La conférence de presse est tombée le même jour que l’annonce du rejet de l’appel des parents de #Remi_Fraisse quand au non-lieu concernant la responsabilité des forces de l’ordre dans sa mort. Sa médiatisation a été limitée par l’annulation forcée, au dernier moment, de la venue de @davduf, gréve oblige. Mais surtout, elle a été parasitée par le bouillonnement quasi quotidien des violences policières de plus en plus documentées à dénoncer encore et encore car niées : cette conférence-information est passée quasiment inaperçue. Double peine de l’invisibilisation...

    Derniers articles sur #Wissam_El-Yamni :

    Affaire Wissam El-Yamni : l’instruction est bouclée, la famille craint un non-lieu - https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/affaire-wissam-el-yamni-l-instruction-est-bouclee-la-famille-craint-un-no & https://seenthis.net/messages/819964

    [#paywall] Violences policières. Vers un non-lieu dans l’affaire Wissam El-Yamni : https://www.humanite.fr/violences-policieres-vers-un-non-lieu-dans-laffaire-wissam-el-yamni-682882

    Affaire Wissam El Yamni : à Clermont-Ferrand, ses proches redoutent un non-lieu : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/clermont-ferrand/affaire-wissam-el-yamni-clermont-ferrand-ses-proches-re

    Article de l’ACAT sur Des gestes d’immobilisation qui étouffent : https://www.acatfrance.fr/app/items/print/actualite/des-gestes-d-immobilisation-qui-etouffent & https://seenthis.net/messages/819923

    Blog : http://www.justicepourwissam.com
    Différents articles du suivi par Désarmons-les : https://desarmons.net/?s=wissam avec en particulier celui qui retrace la soirée et ses suites : https://desarmons.net/index.php/2015/05/06/wissam-el-yamni-assassine-le-1er-janvier-2012
    Pétition (hélas sur change.org) Laissez nous respirer ! Interdiction des techniques policières d’immobilisation mortelles : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-laissez-nous-respirer-interdiction-des-techniques-polici%C3%

    Communiqué au sujet de l’IGPN et du système de protection des policiers datant de juillet 2019 :

    Dans notre affaire, la police des polices a dissimulé des témoignages à la justice.

    Dans notre affaire, la police des polices a couvert un crime.

    Dans notre affaire, la police des polices a filtré des preuves.

    Dans notre affaire, la police des polices a inventé des conclusions d’expertises.

    La police des polices couvre les violences policières et seulement les violences policières.

    Si elle était sévère sur les violences policières, elle avouerait qu’elle n’a pas vu les choses arriver, ça écornerait l’image de la police et ça risquerait de démotiver les troupes qui se mettraient à réfléchir aux conséquences de leurs actes avant d’agir.

    Et ça c’est problématique des policiers qui se posent des questions vous comprenez ?

    La police des polices jauge la limite de l’acceptable pour l’opinion publique et lâche du lest de temps en temps pour faire illusion si la limite est atteinte.

    Par contre, il faut le souligner, lorsqu’il s’agit d’enquêter sur des erreurs d’origine interne à l’institution, c’est à dire des affaires comme des utilisations frauduleuses des outils informatiques, de la carte de police à titre personnel, il est dans son intérêt d’être sévère, ça fixe les limites en interne, ça montre à l’opinion publique qu’elle sait aussi être sévère, ça montre qu’elle sait anticiper.

    Pour en revenir aux violences policières, l’action de couvrir ne revient pas à mentir.

    Vous l’avez compris, la hiérarchie policière dont la police des polices fait partie et dont on elle en a adopté la pensée, elle réfléchit en termes de cout, et le cout du mensonge s’il est révélé est élevé. Non c’est plus subtil.

    L’action de couvrir, avec la police des polices, consiste généralement plutôt à ne pas relever des preuves qui leur tendent les mains et à agir avec une tranquille non nonchalance, à embourber l’enquête le temps que l’opinion publique soit moins réceptive.

    Et au final, à laisser dire que c’est la parole des uns contre celles de policiers assermentés et qu’il n’y a pas assez d’éléments ou que l’utilisation de la force a été rendu légitime :
    – soit par l’extreme agitation quand les faits sont cachés « extreme agitation »qui ne repose sur rien d’autre que sur la parole policière et sur aucune réalité matériel
    – soit à légitimer l’utilisation de la force qu’ils disent légitime (alors qu’elle n’est rien d’autre que légal) par la situation insurrectionnel lorsque les faits sont filmés, têtus. C’est l’exemple du pavé lancé par un policier.

    Et au moment le moins couteux, au moment où on est le plus faible, au moment le plus opportun, il s’agit pour la police des polices de se dépêcher d’enterrer une affaire ni vu ni connu en apportant le coup de grâce pour que l’on ne puisse jamais se relever.

    La police des polices ne cherche pas la vérité, elle a des moyens d’informations indépendantes, les plus efficaces qui soient, elle connait instantanément la vérité en réalité.

    La police des polices étant l’obligée du ministre de l’intérieur, on lui fait comprendre là où elle elle a intérêt de diriger l’enquête et elle s’exécute.

    Quand vous entendez les syndicats policiers majoritaires dire qu’ils n’ont jamais été autant protégé depuis les années 80, vous pouvez sentir la direction que donne le ministre de l’intérieur actuellement aux enquêtes de l’IGPN.

    https://twitter.com/cjvpourwissam/status/1146515763806777344

    #metaliste de @sinehebdo Statistiques sur les assassinats policiers : https://seenthis.net/messages/601177

    #Assassinats_policiers #brutalité_policière #Police #Violence_policière #maintien_de_l'ordre #doctrine

  • L’heure est désormais à un nationalisme économique assumé
    https://www.latribune.fr/opinions/editos/l-heure-est-desormais-a-un-nationalisme-economique-assume-836874.html


    Crédits : Photo by Louis Hansel on Unsplash

    ÉDITO. Face à l’extraterritorialité du droit américain des affaires, à l’écrasante domination du dollar, des Gafa et à la volonté de puissance de la Chine, la France et l’Europe se réveillent enfin et s’apprêtent à riposter sur tous les fronts.
    Par Philippe Mabille, directeur de la Rédaction.

    En matière de souveraineté économique, financière, juridique, numérique et technologique, la France a perdu de nombreuses batailles. La liste des fleurons de notre industrie nationale passés sous contrôle étranger est connue : Pechiney/Alcan, AlcatelAlstom, démantelé et vendu à l’encan, l’un à Nokia, l’autre à l’américain GE, Technip/FMC, Arcelor/Mittal, les exemples sont légion des pépites que malgré l’intérêt national nous n’avons pas su garder dans notre giron. Et il est acquis aujourd’hui que ce véritable gâchis s’explique par une forme de démission intellectuelle, anti-industrie, et un manque de vision à long terme.

    Les signes de notre soumission économique sont nombreux : par le truchement de l’extraterritorialité de leur droit, les États-Unis, qui sont certes notre allié, ont assis leur domination commerciale et financière sur le terrain juridique : avec BNP Paribas condamné à de lourdes amendes par le puissant Department of Justice (DoJ) avec lequel il vaut mieux négocier, avec Total et ses investissements en Iran soumis aux aléas des embargos américains, avec Airbus, le capitalisme anglo-saxon sait employer le rapport de forces.
    Des enjeux dépassant les compétences des...

    L’édito sous #paywall accompagnant la série sur la souveraineté française.

  • « La 5G est-elle vraiment utile ? »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/09/5g-ne-sommes-nous-pas-en-train-de-confondre-ce-qui-est-nouveau-avec-ce-qui-e

    Cela fait maintenant quelques semaines que le processus d’attribution des fréquences nécessaires aux réseaux 5G est lancé. Comme pour beaucoup d’autres sujets « tech », ce déploiement semble aller de soi, sur la seule base de l’affirmation maintes fois entendue qu’il s’agit d’un enjeu stratégique et d’un projet industriel majeur. Mais, ce faisant, ne sommes-nous pas en train de confondre, comme un gamin excité à la veille de Noël, ce qui est nouveau avec ce qui est utile, ce qui semble urgent avec ce qui (...)

    #Huawei #écologie #technologisme #5G

  • De Santiago à Paris, les peuples dans la rue, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, janvier 2020)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/01/HALIMI/61216

    Est-ce déjà la troisième ou la quatrième vague de protestations de masse contre l’ordre néolibéral et ses gouvernants ? De Beyrouth à Santiago, sans oublier Paris, le pouvoir politique paraît en tout cas incapable de rétablir la situation. Y compris quand il recourt à la manière forte.

    #paywall

  • État d’alerte pour l’eau en Israël et chez ses voisins

    « Le lac de Tibériade, au nord-est d’Israël, est la seule étendue
    d’eau douce dans ce pays situé en plein désert. Ce lac d’une
    importance capitale, cité abondamment dans la Bible, approvisionnait
    jusqu’à récemment en eau potable tout l’État hébreu et certains de ses voisins. Cette époque est révolue : le niveau du lac a tellement
    baissé — parfois sous la « ligne rouge » indiquant un seuil critique —
    que le gouvernement a dû fermer les valves.

    Presque du jour au lendemain, Israël et ses voisins se sont trouvés à
    risque de manquer d’eau potable à cause de changements climatiques fulgurants. Les réserves souterraines se sont taries sous l’effet d’intenses périodes de sécheresse et d’une croissance démographique soutenue.

    La crise a été si brutale que le gouvernement israélien a dû mettre en
    place un plan d’urgence, au tournant des années 2000, pour puiser et dessaler l’eau de la mer Méditerranée. Sans cet apport massif venu de la mer, l’État hébreu et ses voisins palestiniens et jordaniens —
    branchés sur le réseau d’aqueduc israélien — n’auraient tout
    simplement plus d’eau potable, confirment des experts.

    La quête de l’or blanc ne fait que commencer dans cette région parmi
    les plus arides du monde : la population augmente à un rythme effréné, tandis que les sources d’eau se tarissent. »

    (…)

    Lire la suite :

    https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/570256/etat-d-alerte-pour-l-eau

    • Un complément, pour signaler la source libanaise, que le Liban ne peut exploiter pleinement, à cause de, je cite le doux #euphémisme de l’IFPO, la « puissance de dissuasion israélienne« (au lieu de « les agissements criminels impunis de l’état sioniste »)

      Atlas du Liban - Les eaux de la discorde - Presses de l’Ifpo
      https://books.openedition.org/ifpo/10917

      Malgré sa situation en amont du bassin versant, le Liban n’utilise qu’une très faible quantité de ses eaux. En effet, jusqu’en 2000, les sources du Hasbani et du Wazzani étaient situées dans la zone occupée par Israël au sud du pays.

      Depuis le retrait israélien, quelques projets ont certes été engagés côté libanais (une station de pompage sur le Wazzani notamment), mais ils ont fait l’objet de menaces de bombardement de la part du gouvernement israélien. Seule l’adduction d’eau potable vers quelques municipalités a été tacitement autorisée par Israël, et le développement de l’irrigation dans la zone reste pour l’instant peu probable. La puissance de dissuasion israélienne sur cet espace, associée à l’occupation continue des fermes de Chebaa et du Golan syrien, assure donc à l’État hébreu le contrôle des principales sources du Haut‑Jourdain.

      #vitrine_de_la_jungle

    • #Palestine #Eau

      Les 3 articles, pour vous éviter de cliquer (semi #paywall) :

      État d’alerte pour l’eau en Israël et chez ses voisins
      Marco Fortier, Le Devoir, le 6 janvier 2020
      https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/570256/etat-d-alerte-pour-l-eau

      Le lac de Tibériade, au nord-est d’Israël, est la seule étendue d’eau douce dans ce pays situé en plein désert. Ce lac d’une importance capitale, cité abondamment dans la Bible, approvisionnait jusqu’à récemment en eau potable tout l’État hébreu et certains de ses voisins. Cette époque est révolue : le niveau du lac a tellement baissé — parfois sous la « ligne rouge » indiquant un seuil critique — que le gouvernement a dû fermer les valves.

      Presque du jour au lendemain, Israël et ses voisins se sont trouvés à risque de manquer d’eau potable à cause de changements climatiques fulgurants. Les réserves souterraines se sont taries sous l’effet d’intenses périodes de sécheresse et d’une croissance démographique soutenue.

      La crise a été si brutale que le gouvernement israélien a dû mettre en place un plan d’urgence, au tournant des années 2000, pour puiser et dessaler l’eau de la mer Méditerranée. Sans cet apport massif venu de la mer, l’État hébreu et ses voisins palestiniens et jordaniens — branchés sur le réseau d’aqueduc israélien — n’auraient tout simplement plus d’eau potable, confirment des experts.

      La quête de l’or blanc ne fait que commencer dans cette région parmi les plus arides du monde : la population augmente à un rythme effréné, tandis que les sources d’eau se tarissent.

      « La météo est devenue folle. Vous avez vu ce qui s’est passé en Europe [l’été dernier], il a fait 43 degrés à Paris, à Londres et à Berlin. Nos experts nous disent que les changements climatiques sont déjà là et que notre région souffrira davantage dans un avenir prévisible. On ne peut plus se fier à la pluie [pour renouveler les sources d’eau] depuis les graves sécheresses du début des années 2000 », dit Yechezkel Lifshitz, directeur général adjoint des infrastructures et de l’eau au ministère de l’Énergie.

      Les périodes de sécheresse risquent de se multiplier et de durer plus longtemps dans la prochaine décennie, prévoit le ministère israélien de l’Environnement. L’évaporation de l’eau de surface s’accélère sous l’effet de la hausse des températures. L’eau salée contamine aussi les réserves souterraines près de la Méditerranée en raison de l’érosion des côtes, qui prend de l’ampleur à cause de la montée du niveau de la mer.

      Prières pour la pluie

      Devant ce tarissement soudain de l’apport naturel en eau douce, le ministère a construit à gros prix, entre les années 2005 et 2016, cinq usines de dessalement le long de la Méditerranée. Pas moins de 80 % de l’eau potable en Israël provient désormais de la mer — une proportion inégalée dans le monde.

      « La crise climatique a frappé fort et vite. Sans les usines de désalinisation, on aurait vécu une catastrophe : on manquerait d’eau courante », dit David Katz, professeur au Département de géographie de l’Université d’Haïfa, au nord de Tel-Aviv, et spécialiste de la gestion de l’eau au Moyen-Orient.

      La pénurie se fait néanmoins sentir du côté palestinien, dans les territoires occupés militairement par Israël. L’approvisionnement en eau potable est aléatoire. Et les agriculteurs palestiniens prient pour un hiver pluvieux qui viendrait remplir les réservoirs de fortune aménagés un peu partout dans la vallée du Jourdain. En attendant, l’inquiétude et la colère grondent en Cisjordanie (voir texte à paraître demain à ce sujet).

      L’hiver dernier a vu naître l’espoir, avec les précipitations les plus abondantes en cinq ans. Le lac de Tibériade (aussi appelé mer de Galilée en anglais et lac Kinneret en hébreu) est revenu à un niveau acceptable. Les pluies sont toutefois devenues l’exception plutôt que la règle dans la région : les deux tiers d’Israël reçoivent moins de 200 millimètres de précipitations par année, et la moitié du pays en reçoit moins de 100 millimètres (Montréal a reçu précisément cette quantité en deux heures lors du déluge du 14 juillet 1987 !).

      Prévoyant le pire, le ministère de l’Énergie a entrepris de presque doubler la capacité de dessaler l’eau de mer d’ici 2030. Deux nouvelles usines sont déjà prévues, à Sorek, près de Tel-Aviv (ce sera la plus grande du monde, à côté d’une usine existante), et dans le nord-ouest du pays, en Galilée.

      Devant l’ampleur de la crise, l’État hébreu a même annoncé un projet d’ingénierie unique au monde : une partie de l’eau de mer désalinisée servira à remplir le lac de Tibériade. Un pipeline de 90 kilomètres est en construction vers le lac mythique où Jésus est réputé avoir marché sur l’eau. L’État hébreu ne croit toutefois pas aux miracles pour sauver le seul lac du pays, considéré comme un véritable trésor national.

      « Le niveau du lac diminue même si on n’y puise presque plus d’eau ! Ça démontre clairement l’ampleur des changements climatiques », dit Yechezkel Lifshitz, du ministère de l’Énergie.

      Sécurité nationale

      Le gouvernement a entrepris de sauver le lac de Tibériade pour des raisons stratégiques, explique M. Lifshitz. L’État a besoin de cet immense réservoir naturel pour pallier des défaillances des usines de dessalement ou des attaques contre le système d’approvisionnement en eau — sabotage, attaques informatiques, au missile ou à l’explosif, tremblement de terre ou tsunami.

      Au-delà des considérations géostratégiques, l’État hébreu a le devoir moral de protéger le seul lac du pays, fait valoir Yechezkel Lifshitz. C’est un lieu historique, culturel, naturel et touristique crucial.

      Pour les mêmes raisons, Israël et la Jordanie élaborent des plans communs pour sauver la mer Morte, qui porte bien son nom : le niveau de ce vaste plan d’eau salée baisse d’un mètre par année depuis 30 ans. Quand on arrive par la route 90 qui longe la frontière avec la Jordanie, le spectacle est saisissant. On dirait une cuvette géante qui se vide. Des touristes japonais se prennent en photo devant un panneau indiquant : « Le point le plus bas sur Terre, -430 mètres. »

      Il fait 41 degrés Celsius sous un soleil de plomb en cet après-midi du mois d’août. On aperçoit au loin le « fleuve » Jourdain, qui alimentait jadis la mer Morte. Le mot « fleuve » n’a pas le même sens que chez nous. Oubliez le majestueux Saint-Laurent, le Jourdain n’est plus qu’un semblant de ruisseau à moitié vide. Un barrage a été construit à la sortie du lac de Tibériade, ce qui a asséché le pauvre Jourdain. Près de là, le lieu où Jésus a été baptisé par Jean le Baptiste est fermé aux visiteurs. On raconte qu’il serait ardu de faire un baptême aujourd’hui dans ce lieu saint transformé par la sécheresse.

      Pipelines en vue

      Pour sauver la mer Morte, qui se trouve à cheval sur la frontière entre Israël et la Jordanie, les deux pays travaillent sur deux possibles projets de pipeline, explique le géographe David Katz, de l’Université d’Haïfa.

      Le premier, surnommé « Red-Dead », remplirait la mer Morte à partir de la mer Rouge, au sud. La Jordanie construirait une usine de désalinisation pour produire de l’eau potable à Aqaba, sur la rive de la mer Rouge. L’eau salée rejetée par le processus de désalinisation serait acheminée par pipeline vers la mer Morte, au nord.

      Une solution moins coûteuse consisterait à aménager un pipeline « Med-Dead » qui alimenterait la mer Morte à partir d’une usine de désalinisation située près de la Méditerranée, en Israël.

      Israël fournit de l’eau potable à la Jordanie en vertu de l’accord de paix de 1994 entre les deux pays. L’État hébreu vend de plus grandes quantités d’eau que ce qui est prévu dans l’accord, mais cela reste nettement insuffisant, notamment à cause de la croissance démographique dans la région. Israël prévoit d’alimenter en eau 16 millions de ses citoyens en 2050, comparativement à 9 millions à l’heure actuelle. L’arrivée de centaines de milliers de réfugiés syriens en Jordanie — et d’environ un million de juifs d’origine russe en Israël une décennie plus tôt — a fait augmenter la demande en eau potable.

      Tout un défi, au moment où les sources se tarissent. Le pays a ainsi cessé au cours des derniers mois de puiser de l’eau dans sept sources importantes, explique Yechezkel Lifshitz, du ministère de l’Énergie. Il est même question de remplir ces sources avec de l’eau de mer désalinisée en cas de besoin.

      Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat–Le Devoir.

      Israël en bref :
      Capitale : Tel-Aviv
      Population : 8,7 millions
      Enjeu : L’État d’Israël, les territoires qu’il occupe et ses voisins sont dépendants de l’eau de mer dessalée afin d’alimenter villes et agriculteurs. Les changements climatiques amplifient cette dépendance, et il y a un risque de manquer d’eau potable.
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      En Palestine, l’eau sous occupation militaire
      Marco Fortier, Le Devoir, le 7 janvier 2020
      https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/570289/l-eau-sous-occupation-militaire

      Le village d’Al-Auja était autrefois le grenier de la Palestine. Oranges, citrons, tomates et concombres abondaient dans cette région jadis irriguée par une source abondante. Les changements climatiques ont toutefois bouleversé la Palestine depuis deux décennies. Les champs d’Al-Auja ont été désertés. Il n’y a plus grand-chose qui pousse dans ces terres pierreuses.

      À la limite du village, une plantation de bananes détonne au milieu d’une terre aride. Un couple et son fils s’activent parmi les bananiers, sous un soleil de plomb. Il fait 41 degrés Celsius. « C’est la première fois depuis des années qu’on réussit à faire pousser des bananes. C’est une culture qui nécessite beaucoup d’eau, mais de l’eau, on en manque terriblement », dit Taghrid Naji, 49 ans, mère de sept enfants et agricultrice.

      Elle, son mari, Abdullah, et leur fils de 10 ans, Mosa, nous reçoivent dans leur champ. L’hiver dernier a été pluvieux — une exception, après cinq années de sécheresse record —, ce qui a permis aux agriculteurs du village de remplir les étangs qu’ils ont aménagés un peu partout dans la région.

      Abdullah a bricolé un système de pompes et de tuyaux rouillés qui crache un filet d’eau sablonneuse. « C’est de l’eau dégueulasse, qu’il faut filtrer, mais c’est de l’eau », explique l’agriculteur.

      La récolte de bananes s’annonce bonne, mais le couple ne se fait pas d’illusions. Il semble loin, le temps où le village exportait ses agrumes, ses melons d’eau et ses légumes jusque dans les pays du golfe Persique. Les agriculteurs palestiniens se sont tournés vers la culture de dattiers et de palmiers, qui nécessitent très peu d’eau. De nos jours, seul un hiver pluvieux peut mener à la culture de bananes ou d’agrumes dans la vallée du Jourdain. Et les hivers pluvieux se font rares.

      La faute des militaires

      La sécheresse est bien réelle, mais elle n’explique pas à elle seule la pénurie d’eau. Quand on leur demande la raison du manque d’eau, les Palestiniens parlent tous de l’occupation militaire de leur territoire par Israël. « Notre problème, c’est Israël, pas les changements climatiques », affirme sans détour Deeb Abdelghafour, directeur général à l’Autorité palestinienne de l’eau. On le rencontre à son bureau de Ramallah, capitale de la Cisjordanie.

      Comme à peu près tous les enjeux dans cette région trouble du monde, le partage des ressources en eau est d’une complexité extrême. Les réserves d’eau de la région prennent leur source au Liban et en Syrie, passent sous la Cisjordanie et débouchent en Israël. La gestion de ces aquifères a fait l’objet d’une entente en vertu des accords d’Oslo, au début des années 1990. Cette entente devait encadrer la gestion commune de l’eau par Israël et la Palestine pour une durée de cinq ans, mais n’a jamais été renégociée. La population a augmenté. Le climat s’est déréglé. L’eau devient plus rare. Et la colère monte en Palestine.

      « On est pris depuis plus de 20 ans avec un accord qui nous empêche d’exploiter nos ressources. Il est temps de dire assez ! », lance Deeb Abdelghafour.
      Photo : Jacques Nadeau Le Devoir Une Palestinienne évoque avec découragement les difficultés de cultiver des fines herbes dans les collines au nord-est de Ramallah.

      Les deux parties ont un droit de regard sur les projets de l’autre. Avant de creuser une station de pompage, tant Israël que la Palestine doivent obtenir la permission de l’autre. Le problème, c’est que ça ne se passe pas tout à fait ainsi, affirme le gestionnaire palestinien.

      « En réalité, Israël fait à peu près tout ce qu’il veut et bloque la plupart de nos requêtes », affirme Deeb Abdelghafour. Il rappelle que 61 % du territoire de la Cisjordanie se trouve en zone C — sous contrôle israélien — en vertu des accords d’Oslo.

      Le gestionnaire palestinien montre une carte de la Cisjordanie accrochée au mur de son bureau : « On sait exactement où pomper pour trouver de l’eau, dit-il. C’est là, là et là. Mais quand on demande un permis à Israël pour pomper notre eau, on se fait répondre que c’est impossible, que c’est une zone militaire interdite ou que c’est une zone protégée contre l’exploitation des ressources. »

      Résultat : les Palestiniens ont creusé des dizaines et des dizaines de puits illégaux, dénonce l’État israélien. Deeb Abdelghafour admet que c’est « vrai à 100 % ». « Il y a des puits illégaux, mais c’est à cause d’Israël : ils nous empêchent de creuser ! »

      Deux poids, deux mesures

      Les stations de pompage palestiniennes, légales ou illégales, sont généralement en mauvais état, paralysées par des bris mécaniques (à cause du manque de pièces de rechange), situées dans une zone où l’on trouve peu d’eau, ou simplement trop peu profondes pour atteindre la nappe phréatique, explique-t-il. C’est la triste réalité en Palestine : faute d’argent, les infrastructures tombent en décrépitude.

      Dans le village d’Al-Auja, une station de pompage financée par l’aide internationale a été construite il y a cinq ans, mais elle ne fonctionne pas. Les résidents du village sont frustrés. Ils ne se gênent pas pour critiquer l’Autorité palestinienne. « Il y a de la turbidité dans l’eau. On a besoin d’un filtre qu’on doit importer de l’étranger. On prévoit de lancer l’appel d’offres prochainement. On a un autre problème majeur : on n’a pas le personnel qualifié pour faire fonctionner la station de pompage », explique Deeb Abdelghafour, de l’Autorité palestinienne.

      Tout un contraste avec les puits creusés par Israël un peu partout en Cisjordanie pour approvisionner les colonies juives. À Al-Auja, les résidents notent que la demi-douzaine de colonies israéliennes du voisinage ont assez d’eau pour cultiver leurs champs. La multiplication des puits israéliens a contribué à tarir les sources de la Palestine, dont celle qui a fait la renommée d’Al-Auja, remarque Jihad Shabanat, ingénieur hydraulique pour la municipalité.

      Il vient d’une famille d’agriculteurs qui a cessé de cultiver ses terres, faute d’irrigation. Deux de ses frères ont fait comme des dizaines de Palestiniens : ils sont allés travailler dans les champs des colonies israéliennes. « C’est frustrant, dit-il. On n’a pas assez d’eau pour cultiver nos terres, alors on doit travailler pour les Israéliens qui occupent notre territoire et qui, eux, ne manquent pas d’eau. Tu peux imaginer comment on se sent. »

      La souveraineté d’abord

      Autre source de frustration, les Palestiniens dépendent presque entièrement de Mekorot, le distributeur national israélien, pour leur approvisionnement en eau potable. L’État juif a beau fournir plus d’eau que ce qui est prévu par les accords d’Oslo, tout le monde convient, des deux côtés du « mur de séparation », que c’est insuffisant pour répondre à la demande. Les municipalités palestiniennes — et les Palestiniens eux-mêmes — ont appris à stocker l’eau potable pour pallier l’approvisionnement sporadique du réseau israélien.

      « L’entente est jugée insuffisante pour les besoins des Palestiniens, entre autres à cause de la croissance de la population. Par habitant, les Palestiniens obtiennent environ le quart de ce qui est alloué aux Israéliens », explique David Katz, professeur de géographie à l’Université d’Haïfa.

      L’occupation militaire de la Palestine par Israël vient brouiller les efforts de coopération entre les deux nations, souligne le professeur. L’État juif est prêt à vendre davantage d’eau potable aux Palestiniens, mais ceux-ci refusent : ils réclament d’abord la souveraineté sur l’eau qui se trouve dans leur sol, pour répondre eux-mêmes à leurs besoins.

      Les Palestiniens rechignent à participer à des projets communs de dessalement de l’eau de mer avec Israël pour les mêmes raisons. Cette coopération avec les responsables de l’occupation illégale serait considérée comme une forme de renoncement à la souveraineté palestinienne.

      Les eaux usées restent non traitées en territoire palestinien pour des raisons similaires. « Israël a proposé l’aménagement d’usines régionales de traitement des eaux usées. Les Palestiniens disent qu’ils ne veulent pas d’usines qui serviraient les colonies, parce qu’ils font valoir que les colonies sont illégales. Il n’y a rien qui se construit, et les égouts polluent les aquifères », résume David Katz.

      Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat–Le Devoir.
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      Là où « chaque goutte compte »
      Marco Fortier, Le Devoir, le 8 janvier 2020
      https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/570340/au-pays-ou-chaque-goutte-compte

      Soucieux de limiter l’immigration juive en Palestine, les Britanniques préviennent en 1939 que les maigres réserves d’eau de la région peuvent suffire à deux millions de personnes tout au plus. La population de la Palestine sous mandat britannique (l’équivalent d’Israël, la Cisjordanie et Gaza) était alors estimée à 834 000 personnes.

      On connaît la suite : 80 ans plus tard, l’État hébreu alimente en eau potable près de 13 millions de personnes (8,7 millions en Israël, plus de 4 millions en Palestine), en plus de distribuer de grandes quantités d’eau en Jordanie en vertu de l’accord de paix de 1994. Mais Israël a dû prendre les grands moyens pour faire mentir les Britanniques. La quête de l’eau et la préservation de cette ressource plus précieuse que le pétrole sont depuis toujours une priorité nationale.

      « L’histoire d’Israël est une histoire de gestion de l’eau. Ce pays souffre depuis ses débuts de manque d’eau et de périodes de sécheresse », dit Yossi Yacooby, chef de cabinet du président-directeur général de Mekorot, la société nationale de l’eau en Israël. Il nous accueille à son bureau, au centre de Tel-Aviv, en nous offrant un pichet d’eau fraîche : « C’est de l’eau du robinet », précise-t-il en souriant.

      Le défi du climat

      Comme l’a rapporté Le Devoir, la croissance démographique et les changements climatiques compliquent l’approvisionnement en eau en Israël et ailleurs au Moyen-Orient. L’État hébreu a dû construire en toute hâte cinq usines de dessalement de l’eau de mer, entre les années 2005 et 2016. Sans cet apport d’immenses quantités d’eau potable, il n’y aurait plus d’eau courante dans cette région parmi les plus arides de la planète. Les deux tiers du pays sont en plein désert.

      Ironiquement, la ville côtière de Tel-Aviv a été le théâtre d’un véritable déluge au cours des dernières heures. Les experts ont attribué ces pluies d’une rare intensité aux changements climatiques. Pourtant, le bouleversement du climat mène habituellement à la sécheresse dans cette partie du monde.

      « Avec les changements climatiques, on se prépare au pire, mais c’est ce qu’on a toujours fait. C’est pour ça qu’on est un peu en avance sur les pays qui commencent à considérer ça comme un problème », dit Shmuel Assouline, directeur des relations internationales au Centre Volcani, le laboratoire de recherche du ministère israélien de l’Agriculture.

      L’eau a rapidement été nationalisée après l’indépendance du pays en 1948. Toutes les formes d’eau sont tarifées — pour l’agriculture, l’industrie et la consommation des ménages. L’eau n’est jamais gratuite en Israël. Et un des premiers grands projets d’infrastructures de l’État naissant a été l’Aqueduc national, qui relie depuis 1964 le nord du pays, traditionnellement plus riche en eau, au sud désertique.

      Plus important encore, devant la rareté des réserves d’eau, le gouvernement israélien a pris une décision radicale : investir massivement dans le recyclage de ses eaux usées pour les réutiliser en agriculture. Selon le ministère de l’Énergie, le pays réutilise pas moins de 86 % de ses eaux usées (de pluie et d’égouts) — le taux le plus élevé du monde, loin devant l’Espagne, qui réutilise 17 % de ses eaux usées.

      Plus de 60 % de l’agriculture est issue de l’eau recyclée, selon Shmuel Assouline. Deux réseaux d’aqueduc distincts traversent le pays pour éviter que l’eau potable entre en contact avec l’eau vouée à l’agriculture, qui est de moindre qualité.

      Goutte à goutte

      En plein désert du Néguev, près de la frontière avec l’Égypte, un aqueduc de couleur rose longe la route 2357. « Danger, eau d’égout recyclée. Interdit d’en boire !!! » indique un autocollant apposé sur le tuyau.

      Une oasis apparaît tout à coup dans l’immensité aride. Un village verdoyant bordé d’arbres et de fleurs. Une fontaine trône en face des bureaux de la municipalité. Et tout autour du village, des champs cultivés s’étirent au loin dans la plaine.

      Cette éclosion de verdure au milieu du désert n’est pas le fruit du hasard. Tout ce qui pousse ici a été irrigué. Et nous sommes un peu dans la Mecque de l’irrigation : c’est ici, au kibboutz Hatzerim, qu’a été inventée en 1965 l’irrigation au goutte à goutte — une technique qui a révolutionné l’agriculture en milieu aride.

      Avec les changements climatiques, on se prépare au pire, mais c’est ce qu’on a toujours fait
      — Shmuel Assouline

      Netafim, l’entreprise qui a fait breveter le « goutteur », est aujourd’hui milliardaire, avec 4300 employés dans 110 pays. La Mexicaine Mexichem a acquis en 2017 80 % des parts de l’entreprise au coût de 1,5 milliard $ US. Le siège social de Netafim est ici, au kibboutz Hatzerim. La multinationale est le principal employeur du village de 1000 âmes.

      « L’irrigation au goutte à goutte a été inventée par accident », raconte Natan Barak, cadre de haut rang chez Netafim, en nous faisant visiter les champs de jojoba qui entourent le kibboutz. Un chapeau de paille le protège du soleil qui frappe fort, en cette fin d’avant-midi.

      Au milieu des années 1960, les résidants du kibboutz ont vu grandir avec stupéfaction un « arbre miraculeux » dans cette terre désertique. Ils se sont rendu compte qu’un vieux tuyau laissait fuir des gouttes d’eau près des racines de l’arbre.. Le « goutteur » était né. Aujourd’hui, en Israël, en Palestine et dans pratiquement tous les pays où l’eau devient rare, l’agriculture se fait au goutte à goutte.Cette technique requiert une fraction de l’eau consommée par l’irrigation traditionnelle, explique Shmuel Assouline, du ministère de l’Agriculture.

      Industrie de l’avenir

      Les chercheurs du Centre Volcani, dans une vaste plaine en banlieue de Tel-Aviv, développent désormais ce qu’ils appellent « l’agriculture de précision » : ils recourent à des données obtenues par satellite ou par drone pour connaître la couverture végétale, le type de sol, la quantité d’eau souterraine…

      Des capteurs à distance permettent de détecter les fuites d’eau, les tuyaux bouchés et même les mauvaises herbes. Le système émet des herbicides uniquement là où il le faut, et ferme automatiquement le tuyau en cas de fuite d’eau, explique Shmuel Assouline.

      Les chercheurs israéliens ont aussi développé des plantes tolérantes à la sécheresse, à la salinité et à la chaleur. La simple installation de filets au-dessus des cultures réduit l’effet du vent ainsi que l’évaporation, ce qui permet d’économiser de grandes quantités d’eau.

      L’eau a donné naissance à une véritable industrie qui regroupe 300 entreprises dans l’État hébreu, souligne Aviv Berkovich, gestionnaire à l’Institut d’exportation d’Israël. Le traitement des eaux usées et la détection des fuites, par exemple, représentent un marché d’avenir à cause des changements climatiques et de la croissance démographique. « À peu près 30 % de l’eau potable produite dans le monde est perdue à cause des fuites dans les aqueducs. Ça n’a aucun sens. Même les pays riches vont réaliser que l’eau est une ressource précieuse dont il faut prendre soin », dit-il.

      Contrer le gaspillage

      Malgré les prouesses techniques, l’approvisionnement en eau reste plus fragile que jamais en Israël et dans tout le Proche et le Moyen-Orient, prévient David Katz, professeur au Département de géographie de l’Université de Haïfa. Après une enquête nationale sur la gestion de l’eau potable et la construction en toute hâte de cinq usines de dessalement de l’eau de mer, le gouvernement israélien a clamé il y a cinq ans que « la crise de l’eau est réglée ». Ce fut une erreur magistrale, estime le professeur Katz.

      « Quand les gestionnaires de l’eau disent qu’il n’y a plus de pénurie, c’est de la foutaise ! », lance cet économiste spécialisé en gestion de l’eau.

      « Nous sommes des meneurs en dessalinisation, en traitement des eaux d’égout, en détection des fuites. Tout cela est vrai. Mais nos aquifères sont épuisés, nos rivières sont asséchées, nos milieux humides ont été détruits et le niveau de notre unique lac est constamment sous la ligne rouge qu’il est censé ne jamais atteindre », ajoute David Katz.

      Durant la première décennie du millénaire, le gouvernement a mis en place des campagnes très efficaces pour économiser l’eau. Les tarifs ont doublé entre les années 2000 et 2010. La consommation des aqueducs municipaux a diminué de 20 % entre 2007 et 2009, souligne David Katz.

      Des campagnes publicitaires de choc ont rappelé aux citoyens que « chaque goutte compte ». Après cinq années de sécheresse record, les ménages ont reçu en mai 2018 une alerte du ministère de l’Énergie : « Économisez l’eau, réduisez votre temps de douche de deux minutes ! » Les enfants apprennent dès la maternelle à fermer le robinet pendant qu’ils se lavent les mains. En arrivant en Israël, les visiteurs étrangers sont frappés par l’accumulation de poussière sur les voitures. Ici, on ne gaspille pas l’eau pour nettoyer un tas de tôle.

      Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir

  • « Quand les seins tombent, je refuse la consultation. » Sur Facebook, des médecins violent leur serment
    https://www.nouvelobs.com/notre-epoque/20200105.OBS23047/quand-les-seins-tombent-comme-ca-je-refuse-la-consultation-sur-facebook-1

    Sur le groupe Facebook privé « le Divan des médecins », regroupant plus de 11 000 praticiens, sont publiées des photos reconnaissables de patients et des commentaires à caractère pénal. Contacté, l’Ordre des Médecins promet une analyse juridique de ces contenus « effarants ».

  • Le Prix Nobel d’économie Angus Deaton : « Quand l’Etat produit une élite prédatrice »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/27/angus-deaton-quand-l-etat-produit-une-elite-predatrice_6024205_3232.html

    L’économiste britannique appelle ses collègues, dans une tribune au « Monde », à rompre avec les préceptes de l’école de Chicago, pour renouer avec les objectifs de justice de l’économie politique.

    Tribune. Nombreux sont ceux qui ne font plus confiance au capitalisme, ni, par conséquent, aux économistes, considérés comme ses thuriféraires. Pourtant, lorsque je suis devenu économiste, à Cambridge (Royaume-Uni), voici cinquante ans, les économistes et les philosophes parlaient les uns avec les autres, et l’économie de la protection sociale était enseignée et prise au sérieux. L’ouvrage majeur de John Rawls, Théorie de la justice, publié en 1971, était largement débattu, et Amartya Sen, Anthony Atkinson ou James Mirrlees, tous alors à Cambridge, avaient en tête la justice et sa relation avec les inégalités de revenu.

    Sen, marqué par le livre de Kenneth Arrow Choix social et valeurs individuelles, qu’il avait lu lorsqu’il était en licence, à Calcutta, écrivait lui-même sur la théorie du choix social, la pauvreté relative et absolue, l’utilitarisme et par quoi il était possible de le remplacer. Mirrlees avançait une solution pour résoudre la question de la réconciliation entre la préférence pour l’égalité et la nécessité de respecter l’incitation. Quant à Atkinson, il montrait comment intégrer la conception des inégalités à leurs instruments de mesure.

    Pendant ce temps, aux Etats-Unis, l’école de Chicago empruntait une voie différente. Nul doute que Milton Friedman, George Stigler, James Buchanan et Robert Lucas apportèrent d’importantes contributions intellectuelles à l’économie et à l’économie politique, tout comme Ronald Coase et Richard Posner au droit et à l’économie. Il est difficile néanmoins d’imaginer un travail plus antithétique à la réflexion sur les inégalités et la justice. De fait, dans les conclusions les plus extrêmes de l’école de Chicago, l’argent devient la mesure du bien-être, et la justice n’est rien de plus que l’efficience.

    Quand je suis arrivé aux Etats-Unis, en 1983, et qu’on m’a qualifié d’« amateur » parce que je me souciais des inégalités, j’ai repensé à ma première réaction lorsque j’avais lu la phrase de Stigler, qui affirme qu’« en étudiant professionnellement l’économie, on devient politiquement conservateur » : j’avais cru à une coquille ! Je n’avais auparavant jamais rencontré d’économiste conservateur.

    Libres marchés et élite prédatrice
    L’influence des travaux de l’école de Chicago et des arguments de Milton Friedman est encore extraordinairement forte. Friedman considérait les inégalités comme un problème mineur car naturelles, traduisant les choix de gens dont les préférences différaient. Il croyait en l’égalité des chances, mais s’opposa avec véhémence à l’impôt sur les successions : un « mauvais impôt », qui « pénalise un comportement vertueux » et « encourage le gaspillage ». Plus de 700 économistes ont récemment repris ces affirmations (An Open Letter from Economists on the Estate Tax), et nous entendons aujourd’hui les mêmes arguments contre un impôt sur la fortune. Pour Friedman, qui encourageait aussi la concurrence fiscale entre les Etats, les tentatives de limiter les inégalités de revenus étoufferaient non seulement la liberté mais déboucheraient sur plus d’inégalités. De libres marchés produiraient à la fois liberté et égalité.

    #paywall

    • https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel

      En 1968, avec l’accord de la fondation Nobel, la Banque de Suède a institué un prix en économie, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, communément appelé « prix Nobel d’économie » bien que n’étant pas formellement un prix Nobel[4]. Il est financé par la banque centrale de Suède, et il est décerné chaque année par l’Académie royale des sciences de Suède, comme les prix de physique et chimie. En 2007, il a été attribué à Leonid Hurwicz, âgé de 90 ans, qui devint ainsi le plus vieux lauréat, jusqu’à 2019, ou il fut remplacé par John Goodenough, Nobel de chimie âgé de 97 ans.

      Depuis 1968, il a été décidé de ne plus ajouter de nouvelle catégorie de prix, bien qu’ait été suggérée la création d’un prix consacré à l’écologie et à l’environnement[4].