• « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

  • Who Could Stop the .ORG Sale? PIR, ICANN and the Legal Entities
    https://btw.media/en/who-could-stop-org-sale-pir-icann-ethos-capital

    Summary

    – The proposed acquisition did not place one indivisible “.ORG sale” before a single global decision maker. The transaction parties controlled the Equity Purchase Agreement and its termination; corporate bodies controlled their own approvals; #Pennsylvania authorities controlled the proposed conversion of #PIR from a nonprofit corporation to an LLC; #ICANN controlled consent under section 7.5 of PIR’s Registry Agreements; and enforceable post-closing safeguards required a separate contract amendment.
    – Registrants, civil-society organisations, governments and accountability claimants could supply evidence, create political and legal risk, and test ICANN’s procedure. They could not cast ISOC’s corporate vote, issue a Pennsylvania approval, sign a Registry Agreement amendment or deliver ICANN’s contractual consent.
    – ICANN’s leverage came from the registry contracts, not ownership of PIR. Section 7.5 provided that a consummated change of control could not be voided by ICANN, but a reasonably withheld consent could expose the Registry Agreements to termination. ICANN acted before the extended deadline at which silence could have become deemed consent.
    – The enforceable outcome was a contractual refusal followed by private-law termination. ICANN did not cancel the Equity Purchase Agreement, Pennsylvania did not reject the conversion on the merits, the California Attorney General did not issue an injunction, and no reassignment, redelegation or transaction-related root-zone act occurred.

    Quelque chose se passe concernant les domaines .org ... ... ...

    Imogen - Mastodon
    https://mstdn.social/@HopelessDemigod/117093565704523588

    At the end of last week, the Internet Society (#ISOC) announced that it has sold the rights to the .org registry for an undisclosed sum to a #private_equity company called #Ethos_Capital. The deal is set to complete in the first quarter of next year.

    More recent decisions by ICANN also had a significant bearing on the decision to sell the .org registry.

    Decisions like this is why I’ve hated ICANN for 26 years.

  • « On a rayé des cartes les petits cours d’eau, et la #sécheresse s’est répandue »
    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « petits chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les zones humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de pluie.

    [...]

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une loi sur l’#eau et les milieux aquatiques (Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques.

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des épandages de pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    edit c’est assez général, on pense flux et stock, au mépris des trames.

    #hydrologie (et Lumières éteintes) #petits_chevelus

  • Silbernetz: Ehrenamtliche sollen Senioren bei Hitze helfen
    https://www.berliner-zeitung.de/article/silbernetz-ehrenamtliche-sollen-senioren-bei-hitze-helfen-10282612

    12.6.2026 von Cedric Rehman - Der Verein unterstützt ältere Berliner bereits seit Juni am Telefon bei hohen Temperaturen.

    Der nächste kühle Ort war nicht barrierefrei, doch das ältere Ehepaar gehbehindert. Margret Hampel vom Verein Silbernetz erinnert sich an das Telefonat während des ungewöhnlich heißen Wochenendes Ende Juni.

    Hampel leitet bei der 2014 gegen Einsamkeit unter Senioren gegründeten Berliner Initiative den im Juni an den Start gegangenen Hitze-Service am Info-Telefon. Ältere Berliner können sich unter der Telefonnummer 030 544 533 0 533 registrieren. Das achtköpfige Team warnt vor Hitze, sobald der Deutsche Wetterdienst (DWD) eine entsprechende Meldung veröffentlicht. Auch bei Glatteis oder Unwetter erfolgt eine Benachrichtigung durch das Info-Telefon.

    Hampel und ihre Mitstreiter halten auch während einer Hitzewelle den Kontakt mit den bei ihnen registrierten Senioren. Laut Hampel haben sich inzwischen 18 Berliner für den Service angemeldet. Hampels Team berät am Telefon, wie ältere Menschen Wohnungen und sich selbst kühl halten können. Dazu zählen Tipps wie das Auflegen feuchter Tücher auf Arme und Beine. Sie senken wie bei Fieberwickeln die Körpertemperatur.
    Das Team gibt Tipps zum Abkühlen

    Das Hitze-Telefon informiert auch über Regeln fürs Lüften. Die Fenster sollten an heißen Tagen nur am frühen Morgen und am Abend geöffnet werden. „Wichtig ist auch, den Arzt nach der Lagerung von Medikamenten bei Hitze und einer möglichen Anpassung der Dosis zu fragen“, sagt Hampel.

    Die Berater von Silbernetz verließen sich nicht nur auf Schilderungen ihrer Gesprächspartner, sondern versuchten herauszuhören, wie es den Senioren mit der Hitze gehe, erklärt Hampel. Ist etwa am Ende der Leitung ein Keuchen zu hören, könnte das ein Hinweis auf Atemnot sein, erklärt Hampel.

    Die Senioren erfahren in den Gesprächen auch, wo sie bei hohen Temperaturen in der Nähe ihres Wohnorts kühle Räume etwa in Büchereien, Rathäusern oder Kirchen finden. Sie sind auf der Landes-Internetseite „Bärenhitze“ zu finden. Doch wie im Fall des gehbehinderten Ehepaars sind nicht alle auf der sogenannten Erfrischungskarte verzeichneten Orte für Rollstuhlfahrer und andere in ihrer Mobilität eingeschränkte Menschen geeignet.
    Mitarbeiter können Rettungsdienst alarmieren

    „Ich habe an dem heißen Wochenende Ende Juni dann mehrmals mit dem Ehepaar telefoniert und ihnen erklärt, wie sie sich abkühlen können“, sagt Hampel. Sie hätte bei einer Verschlechterung auch sofort die Rettungssanitäter informieren können.

    Der Verein Silbernetz greift auf eine Idee zurück, mit der Frankreich nach dem Jahrhundertsommer 2003 auf eine Katastrophe reagierte. 15.000 meist ältere Franzosen starben in wenigen Wochen. Die Notaufnahmen füllten sich mit unter Hitzeschlag leidenden Patienten meist hohen Alters. Vielerorts mussten Tote in Kühllastern aufbewahrt werden, weil in den Leichenhallen der Platz fehlte.

    Hitze gefährdet ältere Menschen besonders. Sie schwitzen weniger. Damit ist bei ihnen die nach dem Verdunstungsprinzip arbeitende Klimaanlage des Körpers eingeschränkt funktionstüchtig. Zudem trinken ältere Menschen im Durchschnitt weniger. Hohe Temperaturen überfordern ihren Organismus schneller. Hinzu kommen Vorerkrankungen und die Auswirkungen von Medikamenten, die Ältere in der Regel häufiger einnehmen als Jüngere.

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    Margret Hampel von Silbernetz erklärt älteren Menschen aus Berlin, wie sie sich an heißen Tagen zum Beispiel mit feuchten Tüchern an Armen und Beinen abkühlen können. © Silbernetz e.V.

    Frankreich registriert Senioren

    Frankreich reagierte auf die Überlastung des Gesundheitssystems im Sommer 2003. Seit 2004 erfassen die Rathäuser alleinstehende Senioren. Sobald nach dem nationalen Hitzeplan die Warnstufe Orange gilt, rufen Mitarbeiter der Kommunen und ehrenamtliche Helfer die registrierten Senioren an. Sie erkundigen sich etwa danach, ob sie genug trinken und wie sie sich fühlen.

    Wird eine Person nicht erreicht, oder klagt sie über starke Beschwerden, statten die Mitarbeiter oder Freiwilligen einen Hausbesuch ab, um nach dem Rechten zu sehen. Sie alarmieren, wenn es nötig scheint, auch den Rettungsdienst.

    Silbernetz will ein solches Konzept in Berlin umsetzen. Im vergangenen Sommer erprobte der Verein das Info-Telefon in Neukölln. Nun steht es Senioren in ganz Berlin zur Verfügung. Derzeit schult Silbernetz ehrenamtliche Helfer. Sie sollen nach französischem Vorbild Senioren zu Hause besuchen, sich persönlich nach ihrem Befinden erkundigen oder auch Einkäufe übernehmen, erklärt Margret Hampel.

    Der Verein sucht Mitstreiter

    Laut Amt für Statistik Berlin-Brandenburg sind rund eine Million Berliner älter als 60 Jahre. Silbernetz könne natürlich nicht allen Berliner Senioren am Telefon oder voraussichtlich ab Sommer 2027 auch persönlich mit Ehrenamtlichen bei Hitze zur Seite stehen. „Wir versuchen im Moment, uns auch mit anderen Organisationen zu vernetzen“, erklärt Hampel. Ziel seien möglichst wohnortnahe Angebote der Unterstützung bei Hitze, fügt sie hinzu.

    Helfer könnten die Gesundheitsrisiken bei Hitze für Senioren aber nur durch Aufklärung und Unterstützung abmildern, betont die Leiterin des Info-Telefons. Die Verwaltung stehe in der Pflicht, den Ende 2025 beschlossenen Hitzeschutzplan konsequent umzusetzen und voranzubringen.

    Er sieht unter anderem die Klimaanpassung von Seniorenheimen mit Sonnenschutzsegeln, Jalousien und Ventilatoren vor, und das Erstellen von Lüftungskonzepten sowie die Kontrolle der Flüssigkeitszufuhr in den Einrichtungen. In ihnen soll es auch kühle Gemeinschaftsräume geben.

    Politik soll Klimaanpassung voranbringen

    Solche Räume seien auch in größeren Mietshäusern dringend notwendig, findet Hampel. Als es in Berlin fast 40 Grad waren, habe es ein Ehepaar kaum noch in der Wohnung ausgehalten. Es sei ein Notfall gewesen, erzählt Hampel. „Wir mussten ihnen raten, mit dem Aufzug ins Erdgeschoss oder gegebenenfalls in die Tiefgarage zu fahren, weil es in der Umgebung keinen kühlen Ort gab, der rollstuhlgeeignet war. Das hat uns sehr leidgetan“, sagt Hampel.

    Zudem sei alles, was die Stadt bei hohen Temperaturen kühle, zu fördern, erklärt die Leiterin des Info-Telefons. Sie meint damit ausdrücklich mehr Stadtbäume. Der Berliner Verein Baumentscheid äußerte Anfang August Kritik an der Umsetzung des Ende 2025 beschlossenen Baum-Plus-Gesetzes. Es sieht eine Million Straßenbäume bis 2040 vor. Sie sollen bei Hitze stark belastete Kieze um bis zu zwei Grad abkühlen.

    Laut der Initiative verschleppt die Senatsverwaltung unter anderem die Finanzierung des Projekts. Margret Hampel rät der Politik dazu, die Klimaanpassung auch nach dem Ende des Hitze-Sommers in diesem Jahr nicht aus dem Auge zu verlieren. „Die hohen Temperaturen sind nicht für Senioren, sondern für alle zunehmend eine Belastung“, sagt sie.

    #Berlin #canicule #personnes_agées

  • Evaluation des Gesetzes zur Modernisierung des Personenbeförderungsrechts
    https://www.ifv.kit.edu/forschungsprojekte_2103.php

    Ansprechperson:

    PD Martin Kagerbauer

    Pia Tulodetzki, M.Sc.

    Miriam Magdolen, M.Sc.

    Gabriel Wilkes, M.Sc.
    Förderung:

    Bundesanstalt für Straßenwesen (BASt)
    Projektbeteiligte:

    PTV Group

    Rödl GmbH Rechtsanwaltsgesellschaft
    Beginn:

    2023
    Ende:

    2025

    Problemstellung

    Mit der am 01. August 2021 in Kraft getretenen Novelle des Personenbeförderungsgesetzes (PBefG) wurden durch die Einführung der neuen Verkehrsformen „Linienbedarfsverkehr“ und „gebündelter Bedarfsverkehr“ erstmals eigene Rechtsgrundlagen für digital vermittelte Mobilitätsangebote bzw. -dienste und deren Geschäftsmodelle geschaffen (§§ 44 und 50 PBefG). Während Linienbedarfsverkehre in den ÖPNV integriert sind, werden gebündelte Bedarfsverkehre zusätzlich angeboten und gewinnorientiert und eigenwirtschaftlich betrieben. Ziele der Modernisierung des PBefG sind unter anderem die Erweiterung des Mobilitätsangebots und eine bessere Versorgung von Menschen mit flexiblen und passgenauen Mobilitätslösungen. Neben der Einführung der neuen Verkehrsformen beinhaltet die Novelle neue Vorgaben zur Barrierefreiheit bei Taxis und gebündelten Bedarfsverkehren (§ 64c PBefG), um Belange von in ihrer Mobilität oder sensorisch eingeschränkten Menschen zu berücksichtigen. Mit Ablauf von fünf Jahren nach der Gesetzesnovellierung ist das Bundesministerium für Digitales und Verkehr (BMDV) dazu verpflichtet, zu evaluieren, in welchem Ausmaß die angestrebten Ziele erreicht wurden.
    Projektziel

    Ziel des Projekts ist es, dem Deutschen Bundestag fünf Jahre nach der Novelle des Personenbeförderungsgesetzes über die Auswirkungen der neuen Regelungen und die Umsetzung und Wirksamkeit zu berichten. Dabei soll die Sicht der verschiedenen Stakeholder wie bspw. den Anbietenden oder den Kommunen sowie die der (Nicht-)Nutzenden erfasst werden. Die Evaluation zu den neuen Verkehrsformen erfolgt getrennt von der zur Barrierefreiheit.
    Methode

    Im Projekt ist zunächst vorgesehen, die gesetzlichen Regelungen und Bestimmungen der neuen Verkehrsformen aufzuarbeiten und nationale Mobilitätsdaten zu überprüfen, um die Marktdurchdringung der neu eingeführten Verkehrsformen sowie die Umsetzung der Barrierefreiheit zu erfassen. Es werden Interviews aller Stakeholder durchgeführt, die dazu dienen, die Entwicklung und Nutzung der Bedarfsverkehre sowie die Durchsetzung der Barrierefreiheit bei Bedarfsverkehren und Taxis qualitativ zu erfassen. Aufbauend darauf werden quantitative Online-Befragungen von Anbietenden, Erfüllungsgehilfen und Vermittelnden von Linienbedarfsverkehren, gebündelten Bedarfsverkehren und Unternehmen des Taxigewerbes durchgeführt, um einen aussagekräftigen Überblick über die Marktsituation zu erhalten. Eine Befragung von Genehmigungsbehörden dient dazu, die Umsetzung der rechtsrelevanten Vorgaben zu erfassen. Des Weiteren wird eine Befragung von Nutzenden und Potenziell-Nutzenden durchgeführt, die dazu dient, den Bekanntheitsgrad und die Akzeptanz von Ridepooling-Services (Linienbedarfsverkehr und gebündelter Bedarfsverkehr) zu erfassen. Hierbei wird unter anderem ein Stated-Choice-Experiment durchgeführt, das die Abschätzung von Verhaltensänderungen bei verschiedenen Angebotsanpassungen ermöglicht. Abschließend werden die Ergebnisse zusammengetragen, um den Umsetzungsstand und die Wirksamkeit der PBefG-Novelle zu evaluieren. Das Institut für Verkehrswesen ist wesentlich bei den qualitativen und quantitativen Erhebungen beteiligt.
    Institut für Verkehrswesen

    Leitung:
    Prof. Dr.-Ing. Peter Vortisch

    Karlsruher Institut für Technologie
    Gebäude 10.30
    Kontakt

    Otto-Ammann-Platz 9
    76131 Karlsruhe
    Gebäude 10.30

    +49 721 608-42251
    info∂ifv kit edu

    Kontakt und Anfahrt

    #Personenbeförderungsgesetz #PBefG

  • Gutes Leben und langsamer Tod
    https://www.nd-aktuell.de/artikel/1201630.debatte-frankfurter-bahnhofsviertel-gutes-leben-und-langsamer-tod

    Bars und Clubs verstecken sich hinter Absperrungen : Rein darf nur, wer zahlt. Foto : B. Surmann

    A #Francfort la chasse aux #mendiants et #malades s’intensifie. Le racisme ambiant est à son apogée. La distance au programmes d’ #euthanasie n’est plus grande.

    4.8.2026 von Daniel Loick - In alten Westernfilmen ist oft zu sehen, wie ein Fort von »Eingeborenen« angegriffen wird. Diese Darstellung, so schreiben Stefano Harney und Fred Moten in »The Undercommons«, verwechselt Angreifer*innen mit Angegriffenen: In Wirklichkeit ist es das Fort, das in die Umgebung einfällt. Ein ähnliches Bild lässt sich jedes Wochenende im Frankfurter Bahnhofsviertel beobachten. Zahlreiche Bars und Clubs umzäunen öffentliche Gehwege mit Gitterabsperrungen, hinter denen sich nur aufhalten darf, wer zahlt. Ein erfolgreiches Geschäftsmodell: Hipster wie Yuppies genießen es, hier so lange, so laut und so ungezügelt feiern zu können, wie sie es in ihren eigenen Vierteln kaum dürften.

    Ein ganz anderes Bild sieht man, wenn man sich tagsüber im Bahnhofsviertel bewegt. Wer vom Hauptbahnhof in die Innenstadt läuft, stellt sich schnell die Frage, ob er versehentlich in einem Kriegsgebiet gelandet ist. Auf den engen Gehwegen liegen regungslose Körper, fast wie auf einem verlassenen Schlachtfeld. Weil sich hier nicht nur Sexarbeit und Wohnungslosigkeit, sondern auch offener Drogenkonsum konzentrieren, gilt das Frankfurter Bahnhofsviertel seit Jahrzehnten als »Problemviertel«. Durch eine baustellenbedingte Absperrung des Karlsplatzes, der normalerweise ein zentraler Aufenthaltsort für Drogennutzende ist, hat sich die Lage seit April noch einmal drastisch verschärft: Vertrieben von Polizei und privaten Sicherheitsdiensten haben die Drogen-User*innen kaum noch Orte, an denen sie sich ungestört aufhalten können. Der Effekt ist die Produktion dessen, was der Soziologe Zygmunt Bauman als »verworfenes Leben« bezeichnet hat: Menschliches Leben wird wie Müll behandelt. Beides – das exzessive Clubleben der einen und die Dehumanisierung der anderen – hängen zusammen. Wie die Siedlung im Wilden Westen, so sind auch die Clubs im Bahnhofsviertel auf eine Entwertung ihrer Umgebung angewiesen.

    Frankfurter Bahnhofsviertel

    Das Frankfurter Bahnhofsviertel gilt unter anderem wegen der großen Zahl an Drogenkranken bundesweit als Problemviertel, dem nur mit – immer mehr – Polizei beizukommen sei. Der Philosoph Daniel Loick, der zu den Auswirkungen staatlicher Gewalt forscht und selbst im Bahnhofsviertel wohnt, blickt radikal anders auf die Lage. Für ihn ist es die gezielte Vernachlässigung von Nachbarschaften und Menschen, die thematisiert werden muss.

    Zum Teil funktioniert diese Entwertung über die skandalisierenden medialen Darstellungen, deren Gegenstand das Bahnhofsviertel regelmäßig wird. Dazu zählen zum einen die Kampagnen der Boulevardpresse – am extremsten vielleicht der Bericht 2024 der englischen Zeitung »The Sun«, die zur EM anreisende Fußballfans vor dem »Zombieland« Bahnhofsviertel warnte, aber auch regelmäßige Aufmacher in »Bild« und »Welt« sowie Realityformate von RTL und Sat1, die die Einzelschicksale von Drogenkonsument*innen dramatisch in Szene setzen. Zum anderen verwenden rechte Medien wie die »Junge Freiheit« oder der Travel-Blogger Kurt Caz immer häufiger Social Media, um das Bahnhofsviertel als Drogen- und Gewaltmoloch darzustellen. Frankfurt wird hier zum Symbol für alles, was falsch läuft in Deutschland: voll mit Junkies, Ausländern und Kriminellen. Unerwünschte Bevölkerungsgruppen werden so als Störfaktoren konstruiert, gegen die sich »normale Bürger« verteidigen müssen – ein beliebtes Motiv autoritärer und faschistischer Agitation.

    Die Stadt ist nicht nur eine Infrastruktur, zu der jede*r Zugang haben sollte, sondern auch ein todbringender Prozess, den es zu unterbrechen gilt.

    Auch Gewerbetreibende des Bahnhofsviertels versuchen mittlerweile verstärkt, in die Debatte einzugreifen und bedienen sich dabei dehumanisierender Rhetoriken. Besonders häufig werden dabei Menschen symbolisch in die Nähe von Müll und Unordnung gestellt. So veröffentlichte die so genannte »Eigentümerinitiative Bahnhofsviertel«, ein Zusammenschluss verschiedener Frankfurter Unternehmen, auf ihrer Webseite eine Liste von 13 Forderungen zum Bahnhofsviertel, von denen so gut wie alle die Themenbereiche »Sicherheit und Sauberkeit« betreffen: Gefordert wird der massive Ausbau der Polizeipräsenz, Kameraüberwachung und effizientere Müllabfuhr. Noch deutlicher wird die mit viel Presse-Echo neu gegründete Initiative »S.O.S. Bahnhofsviertel«, die unter anderem vom Club- und Pizzeriabetreiber Rusbeh Toussi, dem Ex-Moderator Achim Winter (»Tichys Einblick«) sowie dem wegen Anlagebetrugs verurteilten PR-Berater Jürgen Aha unterstützt wird. Die Bildersprache auf der Webseite der Initiative erinnert an die eugenischen Phantasien der 1930er Jahre. Auf einer Grafik (»Vom Wohngebiet zur Zombie-Area«) etwa ist eine Waage zu sehen, bei der auf der einen Seite eine ganz in Schwarz gezeichnete grimmige Personengruppe mit Messern, Reagenzgläsern und Totenköpfen steht (»Junkies und Dealer«), auf der anderen Seite freundliche Geschäftsleute mit Aktenkoffern und Kindern vor der Frankfurter Skyline (»Betroffene Bürger«). Die Message: »Ein Viertel als Geisel«. Der »Zehn-Punkte-Plan« der Initiative fordert unter anderem die Einhegung der Drogennutzenden in eine »Toleranzzone«, den Einsatz von »Suchtmittelspürhunde[n]« sowie: »wirksame Drohnenbefliegungen (...)! Was sich in der Ukraine längst bewährt hat, fehlt bei uns. Gemeinsam mit Militärs aus unserer Partnerstadt Lviv sollten leistungsstarke Überwachungsdrohnen über den Straßen des Bahnhofsviertels fliegen, und zwar möglichst ganztägig«.

    Während die Vorstellung militärischer Drohnenüberwachung selbst ordnungsliebenden Frankfurter*innen noch übertrieben anmuten mag, findet der Ruf nach mehr Repression durchaus Gehör. Die Stadt Frankfurt und das Land Hessen haben mit der Umsetzung eines »Sofortprogramms« begonnen, das die Eröffnung einer neuen mobilen Polizeiwache, die Einrichtung von Waffenverbotszonen und KI-gestützte Videoüberwachung umfasst. Die Polizeipräsenz auf den Straßen ist massiv: Es ist kaum möglich, einen viertelstündigen Spaziergang durch das Viertel zu machen, ohne Betroffene*r oder Zeugin einer verdachtsunabhängigen Personenkontrolle zu werden. Am Elend im Viertel ändern all diese Maßnahmen natürlich nichts: Weder Drogenabhängigkeit noch Arbeits- und Wohnungslosigkeit lassen sich durch Repression bekämpfen. Im Gegenteil: Für diejenigen, deren Existenz ohnehin durch ständige Vertreibung und Entmenschlichung geprägt ist, bringt die Polizei mehr Stress und im Zweifelsfall einen riskanteren Konsum.
    Soziale Infrastrukturen statt Polizei

    Eigentlich braucht es nicht viel Fantasie, um sich Maßnahmen auszumalen, die den Menschen im Bahnhofsviertel wirklich helfen würden. Zum einen sind dies Maßnahmen, die etwas an ihrer Lebenssituation ändern würden, das heißt vor allem Wohnungen, Gesundheitsversorgung und eine gute Drogenarbeit, für die mit dem akzeptierenden »Frankfurter Weg« bereits eine Grundlage geschaffen wurde. Aber auch eine Hygiene-Infrastruktur mit Toiletten und Duschen, Trinkwasserspender, schattenspendende Bäume sowie Sitz- und Liegegelegenheiten würden der Verelendung entgegenwirken. Allein eine Umverteilung vorhandener Haushaltsmittel von repressiven Maßnahmen in den Ausbau von Möglichkeiten der sozialen Teilhabe würde die Situation entschärfen. Dies wirft die Frage auf, warum Gewerbetreibende, Medien und Politik so eisern an der Fantasie einer Befriedung durch Vertreibung und Repression festhalten – Strategien, die ihre Wirkungslosigkeit seit Jahrzehnten bewiesen haben?

    Gentrifizierung wird häufig als Aufwertung eines Viertels beschrieben: Cocktailbars, Galerien und Bio-Supermärkte machen eine Nachbarschaft attraktiver, verursachen höhere Mieten und zwingen so die bisherigen Mieter*innen zum Umziehen. Dieser Prozess erscheint als unintendiert und »soft«: Verdrängung ist der Kollateralschaden von Hipster-Cafés und Künstlerkneipen. Im Frankfurter Bahnhofsviertel lässt sich aber beobachten, dass Gentrifizierung auch als Abwertung eines Viertels ablaufen kann. Gerade das verruchte und »gefährliche« Image des Viertels macht es für einen Teil der Gewerbetreibenden bezahlbar und bietet den Gästen eine kulturell aufregende Hintergrundszenerie. Viele der Wochenend-Tourist*innen kommen gerade deshalb ins Bahnhofsviertel, weil ihnen hier Verhaltensweisen offenstehen, die im Westend, Nordend oder Kronberg sanktioniert würden – und die auch den regulären Bahnhofsviertel-Nutzer*innen untersagt sind: Sie sind laut, blockieren Gehwege, urinieren an die Wände. Besonders ironisch ist dabei, dass sie auch auf die gleichen Formen der Selbstmedikalisierung zurückgreifen: Alkohol, Nikotin, Kokain. Nur ist der Gebrauch dieser Substanzen in entgegengesetzte soziale Welten eingebunden: Der Gebrauch für die einen wird durchgesetzt durch die Kriminalisierung und die organisierte Vernachlässigung der anderen. Das gute Leben der einen geht mit dem langsamen Tod der anderen einher. Gentrifizierung erscheint so anders als im konventionellen Bild: Die Degradierung des Viertels zur Kulisse für Party-Tourismus wird bewusst vorangetrieben und bedient sich Mitteln der offenen staatlichen Gewalt.

    Die regulären Drogennutzenden des Bahnhofsviertels selbst kommen in der öffentlichen Debatte nur als Kranke oder als Gefahr vor. Sie haben keine oder nur strafrechtlich relevante Handlungsmacht: Sie sind Objekte, über die von anderen bestimmt werden muss. An dieser Objektifizierung wirken nicht nur die Medien und die Politik, sondern auch die privilegierten Bevölkerungsgruppen mit – Gewerbetreibende, gut situierte Nachbar*innen, Party-Tourist*innen. Zum einen müssen sie sich gegenüber dem allgegenwärtigen Leid kalt und indifferent machen und können die Menschen, die sich ansonsten noch auf der Straße aufhalten, nicht als echte Gegenüber wahrnehmen. Zum anderen können sie auch eine Macht über das verworfene Leben genießen – sie wissen, dass sie jederzeit die Polizei rufen können, um souverän über andere Menschen im öffentlichen Raum verfügen zu können. Eine ähnliche Macht üben im Bahnhofsviertel auch viele männliche Freier über Sexarbeiter*innen aus, insbesondere wenn diese schutzlos sind, etwa weil sie Drogen nehmen oder einen unsicheren Aufenthaltsstatus haben. Alles ist käuflich, alles ist wegwerfbar, auch das Leben der Anderen. Das Verhältnis zwischen den Reichen und den Armen, den Yuppies und den Junkies ist also nicht nur ungleich, sondern differenziell: Die einen haben nicht nur mehr Macht als die anderen, sondern auch Macht über sie.

    Im Bahnhofsviertel – eine kleine Nachbarschaft, die nicht mehr als 0,5 Quadratkilometer umfasst – konzentrieren sich wie kaum anderswo in Deutschland die globalen Krisen. Der zentrale gesellschaftliche Gegensatz ist hier unmittelbar sichtbar: Rund um den Karlsplatz Armut und Leid, im Hintergrund Soll und Haben, die glitzernden Zwillings-Wolkenkratzer der Deutschen Bank, die im letzten Jahr einen Umsatz von 32 Milliarden Euro erwirtschaftet hat. Aus dem Zusammenspiel von Gentrifizierung und Staatsgewalt, das sich hier wie unter einer Lupe beobachten lässt, kann man zweierlei lernen. Erstens darf man sich die Produktion von »verworfenem Leben« nicht als etwas vorstellen, das nur an den Grenzen der Gesellschaft geschieht. Diese Prozesse finden in ihren Zentren statt, inmitten der Innenstädte, und zwar zwischen Gemeinschaften, die sich in enger räumlicher Nähe zueinander befinden. Und zweitens wird jeder Versuch, das Elend im Bahnhofsviertel und anderswo zu mildern, humanitäre Geste bleiben, solange nicht die gesellschaftlichen Strukturen verändert werden, die menschliches Leben als entbehrlich definieren. Die Stadt ist nicht nur eine Infrastruktur, zu der jede*r Zugang haben sollte (wie es die »Recht auf Stadt«-Bewegungen fordern) und ein Reichtum, den wir uns aneignen können (wie es in den Vergesellschaftungs-Debatten diskutiert wird), sondern auch ein todbringender Prozess, den es zu unterbrechen gilt.

    #gentrification #extermination #nazis #petitite_bourgeoisie

  • [Info « Splann ! »] En pleine crise sécheresse, les #pêcheurs portent plainte après la #pollution d’un affluent de l’Ellé à #langonnet dans le #Morbihan
    https://splann.org/pollution-roz-milet-langonnet

    L’association de #pêche du Haut-Ellé a porté plainte contre X, lundi 10 août, après la découverte d’une pollution agricole affectant un #ruisseau à Langonnet (56), en Centre Bretagne. La mairie assure que la pollution n’affecte pas la ressource en #eau potable. L’article [Info « Splann ! »] En pleine crise sécheresse, les pêcheurs portent plainte après la pollution d’un affluent de l’Ellé à Langonnet dans le Morbihan est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Pollutions #aappma #agriculture #biodiversité #écosystème #élevage #élevage_bovin #ellé #fédération_de_pêche #lisier #montagnes_noires #OFB #office_français_de_la_biodiversité #rivière #roz_milet

  • MatrAIx : l’IA qui simule 8,3 milliards d’humains virtuels pour les tests - Numerama
    #Persona_BB
    https://www.numerama.com/tech/2308727-ces-chercheurs-ont-cree-83-milliards-dhumains-virtuels-pour-tester

    Avec MatrAIx, des chercheurs ont constitué une population virtuelle de 8,3 milliards de profils. Des modèles d’IA peuvent les incarner pour tester un chatbot, un site ou une application comme le feraient de véritables utilisateurs

    Imaginez pouvoir lancer un produit devant 8,3 milliards de personnes aux âges, régions, compétences et situations très variés. Chacune clique, hésite, abandonne ou accepte de payer. Quelques heures plus tard, le verdict tombe.

    C’est, en substance, la promesse de MatrAIx. Présenté le 4 août 2026 dans un article de recherche déposé sur arXiv, le projet est signé par un vaste collectif de chercheurs affiliés notamment à Harvard et au MIT.
    […]
    Le papier annonce une population de 8,3 milliards de fiches, mais la base publiée et téléchargeable se limite à un échantillon filtré de 999 847 profils : 599 847 sont construits à partir de données humaines et 400 000 sont entièrement synthétiques.

    Ce n’est que lorsqu’une fiche est associée à un grand modèle de langage, à une interface et à une mission qu’elle devient véritablement un « agent persona ». Autrement dit, MatrAIx n’allume pas vraiment une planète virtuelle entière : il pioche les habitants dont il a besoin.
    […]
    Ce résultat doit toutefois être manié avec précaution. Les 400 comportements ont été évalués par Claude Opus 4.8, et non par des humains. Les six évaluateurs humains mobilisés dans une autre partie de l’étude ont jugé la qualité de 100 fiches de personas, pas la capacité des agents à reproduire fidèlement une personne dans la durée.

    Surtout, les réponses dépendent fortement du modèle placé derrière le masque. Face aux mêmes profils et aux mêmes offres de Notion, 75,8 % des agents animés par GPT-5.5 ont choisi une formule payante. Ce taux tombe à 23,2 % avec Claude Opus 4.8 et grimpe à 93,9 % avec Claude Haiku 4.5.

    Sur un test de sensibilité au prix, l’écart est encore plus spectaculaire : 98,3 % des personas sous GPT-5.5 hésitent après l’augmentation, contre 27 % avec Claude Opus et 83,3 % avec Claude Haiku. Le faux consommateur ne reflète donc pas seulement le profil qu’on lui attribue : il conserve aussi une part importante des préférences, des biais et des stratégies de réponse du modèle qui l’incarne.

    • MatrAIx: Simulating the World with 8.3 Billion Persona Agents
      https://arxiv.org/html/2608.04205v1

      Abstract
      Human evaluation of Artificial Intelligence (AI) systems and digital products is costly, slow, and difficult to scale. Offline evaluations are more scalable but often abstract away human diversity and interactive behavior. We therefore introduce MatrAIx, a population-scale simulated-user evaluation infrastructure for testing AI systems and digital products with heterogeneous users. MatrAIx has three core components: First, Persona 8B contains 8.3 billion persona records represented through a schema of 1,290 categorical dimensions. Records are either sampled from a dependency graph that preserves correlated attributes or derived from human-authored profiles. We release a quality-filtered coreset of approximately 1 million personas, comprising 599,847 human-grounded and 400,000 synthetic records. Second, the MatrAIx Playground provides four environments in which diverse users evaluate and interact with digital products: Survey, AI Chatbot, Web, and App. Third, MatrAIx provides 1,010 application tasks spanning more than 25 domains, including Commerce, Software, Finance, and Healthcare. We conducted 18,189 evaluation trials across eight representative tasks. Persona agents were powered by three large language models: Claude Opus 4.8, GPT 5.5, and Claude Haiku 4.5. The resulting feedback captures how decisions and preferences vary across persona backgrounds, including hesitation after a price increase, willingness to continue after an AI assistant fails, and latency tolerance. We conducted two main validation studies: First, a 400-trial controlled study evaluated persona adherence across ten behavioral attributes and all four environments. The declared behavior was expressed or correctly suppressed in 366 trials (91.5%). Second, human and large language model (LLM) judges evaluated the extraction quality of human-grounded personas. Overall, MatrAIx provides an end-to-end infrastructure for evaluating AI systems and digital products with diverse simulated human users.

  • BVTM kritisiert Evaluationsbericht und legt Positionspapier vor
    https://taxi-times.com/bvtm-kritisiert-evaluationsbericht-und-legt-positionspapier-vor

    Dieser Artikel bestätigt unsere Erkenttnisse zu zwei entscheidenden Ursachen der aktuellen Taxikrise. Sie beruht vorvallem auf der Kooptierung des Bundesberkehrsministeriums durch Uber und andere Konzerne. Die Taxiunternehmer und ihre Verbände stehen dem eigenen Untergang hilf- und verstândnislos gegenüber.

    23.7.2026 von Axel Rühle - Die Bundesregierung hat gestern den Evaluationsbericht zur Modernisierung des Personenbeförderungsgesetzes vorgelegt. Michael Oppermann beklagt „wenig Erkenntnisgewinn“ und bilanziert: „Bericht geht an den eigentlichen Problemstellungen vorbei.“

    Das Ende der Fünf-Jahres-Frist zur Evaluation der Novelle des Personenbeförderungsgesetzes (PBefG) ist fast erreicht. Die Bundesregierung hat pünktlich ihren Evaluationsbericht vorgelegt. Dieser bringt nach Einschätzung des Bundesverbandes Taxi und Mietwagen e. V. (BVTM) insgesamt wenig Erkenntnisgewinn. So heißt es dort unter anderem: „Eine zentrale Erkenntnis der Evaluation ist, dass die vorhandene Datenlage zur Bewertung des Umsetzungsstands beim § 64c PBefG derzeit unzureichend ist.“ Positiv hebt der Bundesverband aber hervor, dass in einem Exkurs das Betreibermodell ÖPNV-Taxi Eingang in den Bericht gefunden hat. Dies unterstreiche die große Bedeutung des Taxigewerbes auch im Bereich der Poolingverkehre und zeige auf, dass hier große Potenziale liegen.

    Insgesamt stellt BVTM-Geschäftsführer Michael Oppermann dem Bericht aber mit außergewöhnlich kritischen Worten ein geradezu vernichtendes Zeugnis aus: „Der Evaluationsbericht der Bundesregierung ist ein Offenbarungseid. Auf insgesamt 205 Seiten kommt die Bundesregierung nach fünf Jahren zu der Erkenntnis, dass ihr die Daten fehlen, um die Auswirkungen ihres Gesetzes valide zu beurteilen. An den eigentlichen Problemstellungen im Markt geht der Bericht zudem komplett vorbei, denn das Spannungsfeld zwischen Plattformen auf der einen und dem Taxigewerbe auf der anderen Seite – schon bei der Reform 2021 der wesentliche Punkt der Auseinandersetzung – wird gar nicht beleuchtet.“

    Das PBefG war 2021 nach langem politischem Ringen novelliert worden: Der Bundestag beschloss die Reform am 5. März 2021, ihre wesentlichen Teile traten zum 1. August desselben Jahres in Kraft. Mit der Novelle wurden unter anderem der Tarifkorridor für Taxis, die Möglichkeit kommunaler Mindestbeförderungsentgelte für Mietwagen sowie mit dem gebündelten Bedarfsverkehr eine dritte „Verkehrsart“ eingeführt. Schon zum vierten Jahrestag des Gesetzes hatte der BVTM eine ernüchternde Bilanz gezogen: Außer den Taxi-Festpreisen sei in der Praxis kaum etwas von den neuen Regeln angekommen. Dass die Bundesregierung nun einen Evaluationsbericht vorlegt, ist gesetzlich vorgegeben: Paragraf 66 PBefG verpflichtet das Bundesverkehrsministerium, die Wirkung der Novelle fünf Jahre nach deren Inkrafttreten zu evaluieren.

    Zusätzlichen politischen Druck hatte zuvor bereits das Abgeordnetenhaus von Berlin aufgebaut, der Stadt, die mit München und dem Ballungsraum Köln/Ruhrgebiet am stärksten vom Mietwagenproblem betroffen ist: Auf Antrag der Koalitionsfraktionen CDU und SPD forderte das Landesparlament den Berliner Senat einstimmig auf, sich auf Bundesebene dafür einzusetzen, dass im Rahmen der PBefG-Evaluierung nötige Anpassungen im Gesetz sowie in der Verordnung über den Betrieb von Kraftfahrunternehmen im Personenverkehr (BOKraft) vorgenommen werden. Zu den Forderungen, die die Handschrift von Tino Schopf tragen, zählten unter anderem ein öffentlich einsehbares, zentrales Register konzessionierter Mietwagenunternehmen, eine Konkretisierung der Voraussetzungen für eine Gefährdung öffentlicher Verkehrsinteressen in § 51a PBefG, die Ausweitung der behördlichen Aufsicht nach § 54 PBefG auf app-basierte Vermittlungsplattformen, digitale Übermittlungspflichten für deren Fahrtendaten nach § 54a PBefG, vom Bundesministerium zu erarbeitende „Allgemeine Grundsätze zum PBefG“ sowie die Streichung der Ausnahmemöglichkeit von der Wegstreckenzählerpflicht für plattformbasierten Mietwagenverkehr in der BOKraft.

    Gleichzeitig mit der Vorlage des Evaluationsberichts durch die Bundesregierung hat der BVTM gestern ein Positionspapier für Anpassungen am Rechtsrahmen vorgestellt. Oppermann: „Wir brauchen endlich klare Verhältnisse. Seit der Reform sind fünf Jahre vergangen, und noch immer sind die neuen Regeln auf der Straße nicht vollständig angekommen. Der Gesetzgeber muss nochmal nachsteuern, um seiner Reform von 2021 zu voller Wirksamkeit zu verhelfen.“

    In dem Acht-Punkt-Papier mit dem Titel „Klare Verhältnisse bei Taxi und Mietwagen“ fordert der Bundesverband zunächst eine schärfere Abgrenzung der beiden Verkehrsformen: Wer Fahrgäste ad hoc befördere, benötige eine Taxigenehmigung samt Tarif-, Betriebs- und Beförderungspflicht, alle anderen Geschäftsmodelle seien dem Mietwagen zuzuordnen. Beim Instrument der Mindestbeförderungsentgelte sieht der Verband weiterhin Konkretisierungsbedarf: Zwar erlaube das PBefG deren Festlegung zum „Schutz der öffentlichen Verkehrsinteressen“, doch mache gerade dieser unbestimmte Rechtsbegriff es Kommunen schwer, die Einführung rechtssicher zu begründen. Als Orientierung verweist der BVTM auf ein Urteil des Verwaltungsgerichts Leipzig, wonach es bereits ausreicht, dass „eine nachvollziehbare Tatsachenbasis dafür, dass ohne Tätigwerden mit einiger Sicherheit eine Beeinträchtigung von öffentlichen Verkehrsinteressen eintreten würde“ – dieser Maßstab solle künftig ausdrücklich ins Gesetz aufgenommen werden.

    Zudem fehle bislang ein Referenzwert für die Höhe der Entgelte selbst: „Kommunen haben ein Werkzeug, aber keine Bedienungsanleitung. Sie brauchen einen Regelfall, an dem sie sich orientieren können“, heißt es im Positionspapier. Um die Einführung in der Praxis voranzubringen, soll zudem eine Befassungspflicht für Großstädte verankert werden: „Manchmal hilft es, wenn man weiß, was von einem erwartet wird. Deshalb wollen wir, dass alle Großstädte […] sich obligatorisch mit dem Thema Mindestbeförderungsentgelte befassen müssen und diese einführen ‚sollen‘. […] ‚Soll‘ statt ‚Kann‘ für Großstädte schafft Klarheit.“

    Weitere Forderungen betreffen eine verbesserte Anwendbarkeit der PBefG-Instrumente für kommunale Behörden, eine flächendeckende, verpflichtende Kartenakzeptanz im gesamten Gewerbe sowie einheitliche bundesweite Standards bei Festpreisen.

    Auch zu autonomen Fahrzeugen bezieht der Verband Stellung: „Die Robotaxis kommen. Sie sind keine Bedrohung für das Taxigewerbe, sondern eine Weiterentwicklung – wenn auch die Robotaxis nach den Taxiregeln spielen“, heißt es im Papier; sie sollten kommunal über Kontingente, Tarife und Bediengebiete steuerbar sein.

    Fazit des BVTM: „Es braucht keine grundlegende, weitere Novelle des Personenbeförderungsrechts. Vielmehr muss es jetzt darum gehen, die 2021 beschlossenen Ideen und Regeln so nachzubessern, dass sie auch in der Realität ankommen“, erläutert Oppermann. Wörtlich heißt es hierzu im Positionspapier: „Schon durch wenige, minimalinvasive Verbesserungen ist es möglich, dem Grundgesetz der Mobilität zu mehr Wirkung zu verhelfen. Die vorgeschlagenen Veränderungen verbessern deutschlandweit spürbar das Leistungsangebot für die Fahrgäste, schaffen Klarheit für die Unternehmen und geben den Kommunen mehr Souveränität in der Gestaltung des Mobilitätsangebots.“ ar

    Beitragsbild: Titelseiten eines Teils des Evaluationsberichts (BAST) und das Positionspapiers (BVTM); Collage: Taxi Times

    #Taxi #Uber #Politik #Personenbeförderungsgesetz #Lobbying

  • Why I love Teach to Reach: confessions of a senior global manager, previously based in Geneva
    https://redasadki.me/2026/08/09/why-i-love-teach-to-reach-confessions-of-a-senior-global-manager-previousl

    The author is a now-retired senior manager and leader who spent decades inside an international agency, running programmes and emergency operations across regions and sitting through more Geneva meetings than he cares to count. On 6 August 2026, he attended #Teach_to_Reach_16, where people who work for health meet, connect, and learn. This […]

    #Experiences #brain_health #global_health #health_workers #learning #lived_experience #pedagogy #peer_learning #TGLF

  • #Iran : comment le fiasco des États-Unis contribue à remodeler l’équilibre des forces
    https://lvsl.fr/iran-comment-le-fiasco-des-etats-unis-contribue-a-remodeler-lequilibre-des-forc

    Les objectifs annoncés par l’administration américaine, au lancement de l’opération Epic Fury, semblent bien loin : démantèlement du programme nucléaire iranien, récupération de l’uranium enrichi, destruction des capacités balistiques du pays, voire renversement du « régime »... Au-delà du fiasco diplomatique et militaire pour les Etats-Unis, la séquence - toujours en cours - annonce une recomposition des rapports de force au Moyen-Orient. Et à l’échelle mondiale, l’Iran a rendu au #pétrole son statut d’arme de #guerre, avec une intensité jamais vue depuis les années 1970.

    #International #Les_États-Unis,une_puissance_menacée ? #République_islamique_d'Iran #Sanctions #Trump

  • Man executed for fatally poisoning billionaire who helped bring ‘3 Body Problem’ to Netflix
    https://edition.cnn.com/2026/05/28/china/china-netflix-crime-execution-intl-hnk
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/640-20260528021740902.webp Xu Yao attends the sentencing hearing. Shanghai Intermediate People’s Court/weixin

    Une querelle entre deux riches chinois entraine la mort des deux hommes.

    28.5.2026 by Sylvie Zhuang - Hong Kong — A Chinese lawyer who fatally poisoned the billionaire gaming tycoon who helped produce the Netflix sci-fi hit “3 Body Problem” has been executed, according to Chinese state media.

    Xu Yao killed his boss Lin Qi in 2020 by gifting him what he said were probiotic pills, which in fact contained lethal toxins which he bought off the dark web and mixed in his own lab.

    Earlier that year, the high-flying lawyer had helped Lin secure the rights to adapt Liu Cixin’s celebrated trilogy of sci-fi books, which starts with “The Three-Body Problem.”

    He was executed last Thursday, two years after being sentenced to death for murder by a court in Shanghai.

    The news of execution was first reported on Tuesday by Chinese state media the Economic Observer, citing people familiar with the matter.

    Confirming the report, Three Body Universe, the company once owned by Lin to develop the trilogy’s intellectual property, issued a statement on Tuesday saying “all employees of our company are grateful for the justice served by the legal system.”

    The statement paid tribute to Lin, who was named as an executive producer in the opening credits of Netflix’s “3 Body Problem” when it was released in 2024. A huge fan of Liu’s trilogy, Lin had long dreamed of developing the franchise.

    Just months after Netflix announced its plans to produce the series, Lin was poisoned and killed at age 39.

    On a winter evening in 2020, he was driving home from the headquarters of his company Yoozoo Games in Shanghai when he suddenly felt unwell and checked himself in to a hospital.

    He died 10 days later, on Christmas Day. At least five toxins were detected in his body, including deadly poisons such as mercury and tetrodotoxin, according to reports from Chinese media.

    Xu was quickly identified as a suspect.

    According to the court ruling, Xu had a dispute with Lin over “company management matters” and plotted to poison him.

    The case has been widely reported by China’s heavily state censored media for the gruesome details of how Xu plotted the murder.

    Xu drew inspiration from “Breaking Bad,” the American series about a chemistry teacher who goes into the meth-making business. He set up a lab in a suburb of Shanghai and bought more than a hundred toxins on the dark web to experiment with, often testing mixed poisons on cats, dogs and other animals.

    He also poisoned beverages in the offices of two executives he had disputes with, causing four colleagues to fall sick. Those four survived.

    He set up a trading company in Japan to acquire the hazardous chemicals, and at one point had 160 cell phone numbers.

    Between September and December 2020, Xu replaced the contents of coffee capsules, whiskey bottles and water bottles in colleagues’ offices with methylmercury chloride, an acute toxin that can be fatal if swallowed, inhaled or touched.

    He later made the lethal substances into a pill, before gifting them to Lin.

    #Chine #peine_de_mort #science_fiction

  • #Calenella, il #Gargano che ha scelto la qualità
    https://informareonline.com/calenella-il-gargano-che-ha-scelto-la-qualita

    Tra San Menaio e #Peschici, nel territorio di Vico del Gargano, la pineta sembra quasi accompagnare il visitatore verso il mare. I pini d’Aleppo e i profumi della macchia mediterranea costituiscono l’identità di un villaggio nato quando il turismo sul Gargano stava appena cominciando a scoprire le proprie possibilità. Il Camping Calenella nasce nel 1972 […] L’articolo Calenella, il Gargano che ha scelto la qualità proviene da Informareonline, scritto da Tommaso Morlando

    #Approfondimenti #Attualità #Magazine_Agosto_2026 #Luigi_Damiani

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • De Bruxelles aux Antilles françaises, l’épandage de pesticides continue

    Une enquête du média Deutsche Welle révèle que les ventes de pesticides se portent bien, et que le récent recul de l’UE en matière de protection de l’environnement n’y est pas pour rien. Dans les départements et régions d’outre-mer français, les conséquences de l’exposition aux agents chimiques se font toujours ressentir.

    https://voxeurop.eu/fr/pesticides-antilles-france-epandage-bruxelles

    #pesticide

  • À l’Ehpad de #combourg, en #ille-et-vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances »
    https://splann.org/ehpad-combourg-negligences-maltraitances

    Une #plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « non-assistance à personne en péril » a été déposée en février 2026 par la famille d’une ex-résidente de l’Ehpad de Combourg (35). Une affaire qui entache un peu plus la réputation de cet établissement, déjà épinglé par l’agence régionale de santé en 2023. L’article À l’Ehpad de Combourg, en Ille-et-Vilaine, de nouvelles accusations de « négligences » et de « maltraitances » est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Santé_publique #agence_régionale_de_santé #ars_bretagne #association_clinique_Saint-Joseph #ehpad #jean-pierre_rossé #Joël_Le_Besco #maison_de_retraite #maltraitance #médico-social #personnes_âgées #social

  • The integrity layer: using #assessment to scaffold peer #learning_at_scale
    https://redasadki.me/2026/08/05/the-integrity-layer-using-assessment-to-scaffold-peer-learning-at-scale

    Peer feedback is the engine of #The_Geneva_Learning_Foundation’s learning system. A new screening tool protects that engine, and its design answers three questions education specialists have been circling for decades: what peer assessment is for, how much verification a learning system can afford, and what a certificate can honestly claim. “Ok ok ok […]

    #Learning_design #Learning_strategy #Artificial_Intelligence #certification #formative_assessment #peer_feedback #peer_learning #peer_review #summative_assessment

  • Face aux feux en #Amazonie, les autochtones deviennent sapeurs-pompiers

    Au #Brésil, un réseau de brigades de sapeurs-pompiers s’est créé pour agir contre les feux, brûlant de millions d’hectares de #forêt chaque année. Beaucoup sont issus de communautés autochtones.

    6 h 15 du matin, le Janderson Felipe démarre et commence à remonter la rivière Tapajós. Les hamacs et leurs occupants encore endormis se balancent. À l’étage du dessous, les locataires du dortoir, tout près du moteur, se mettent à vibrer.

    La mission dans laquelle s’est engagée la vingtaine de Brésiliens à bord est organisée par le Réseau de brigades du Bas-Tapajós, comprenant des « brigadistas » (sapeurs-pompiers) volontaires, autochtones, communautaires et institutionnels. Ensemble, ils font le tour des communautés de la réserve extractiviste Resex Tapajós-Arapiuns [1], gérée par l’Institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité (ICMBio). Objectif : faire de la prévention sur les incendies pendant la saison la plus à risque de l’année.

    Au deuxième jour de leur tournée d’une semaine, l’embarcation s’arrête dans la communauté de Cabeceiro do Amorim. À l’ombre des manguiers et des hévéas, la réunion démarre. Maria-Alice Bizam, agente de l’ICMBio, demande aux habitants leurs souvenirs des incendies qui ont touché le territoire. 1998 a été le premier feu marquant. En 2010, un autre est entré dans le village. « Vous vous souvenez de celui de 2015 ? » demande Maria-Alice. Un quart de la Resex, soit plus de 45 000 hectares, avait été réduit en cendres.

    Vivre avec le feu

    Aussi destructeur soit-il, le feu est un élément essentiel du quotidien des habitants de la réserve, qui cuisinent avec tous les jours et l’emploient pour faire leurs cultures sur brûlis. C’est l’un des facteurs des incendies, derrière les feux liés à l’accaparement des terres, la spéculation foncière et les incendies d’origine agricole.

    « On n’est pas là pour vous l’interdire, insiste Tainan Kumaruara [2], brigadière autochtone, mais pour vous rappeler les bonnes pratiques et éviter de perdre le contrôle. »

    Parmi les pratiques rappelées : créer une zone coupe-feu de 3 mètres de large minimum autour de ses cultures, réaliser le brûlis en groupe et en fin d’après-midi quand les températures baissent, faire des départs de feu à contrevent, qui laissent une porte de sortie aux espèces animales… La réunion permet aussi de constater l’évolution des pratiques due au changement climatique : les anciens démarraient le brûlis autour de midi, aujourd’hui, il faut attendre 17 heures quand le soleil est moins fort.

    Le travail du Réseau de brigades du Bas-Tapajós s’appuie sur la gestion intégrée du feu, qui combine les pratiques traditionnelles et modernes pour réduire les risques. « Une partie essentielle de notre travail n’est pas le combat, mais la prévention », insiste Tainan Kumaruara.

    Selon le Panel scientifique pour l’Amazonie (SPA), la gestion intégrée du feu, en impliquant les populations locales, les mieux placées pour connaître le territoire, réduit grandement le risque d’incendies incontrôlables. Sur les 13 sapeurs-pompiers institutionnels de l’ICMBio, 10 ont été recrutés dans la Resex. Dans les autres brigades, tous sont des locaux.

    « L’affaire de tous »

    La majorité des pompiers présents ce jour sont volontaires. Ce qui les anime : « L’amour pour le territoire », répondent-ils chacun à leur manière. « C’est notre maison et nous n’en avons qu’une seule, dit José Martins Da Silva, en battant la terre sous sa botte, la main sur le cœur. Si on la perd, où ira-t-on ? »

    Lui a perdu son grand-père dans les flammes lors d’un brûlis incontrôlé. Tainan Kumaruara, brigadière autochtone, s’engage pour ses enfants, « pour qu’ils puissent grandir sur un territoire préservé ». Ses yeux sont soulignés par un trait noir horizontal et un trait vertical sous la bouche.

    Les habitants prennent la parole pour exprimer leurs besoins et leurs questionnements. Parmi les problèmes relevés, les conflits de voisinage qui débouchent parfois sur des incendies criminels. Le brûlage des ordures (aucun système de collecte n’est mis en place par la préfecture de Santarém dont ils dépendent) peut aussi provoquer un incendie et génère des tensions.

    « Dans ma communauté, c’était comme ça aussi, confie Marlisson Castro. Avant, si mon voisin n’arrivait pas à contrôler son brûlis, c’était son problème. Mais c’est faux, si un incendie démarre, c’est l’affaire de tous. » En filigrane, l’équipe de sapeurs-pompiers tente de motiver les communautés à créer leur propre brigade. L’ICMBio propose des formations gratuites chaque année.

    Dans l’après-midi, trois « brigadistas » partent enregistrer les coordonnées GPS des parcelles qui seront brûlées après la période d’interdiction (le mois d’octobre étant trop sec). Ces données serviront ensuite à l’ICMBio, qui surveille quotidiennement par satellite les points de chaleur apparaissant dans la Resex. « Si cela provient d’un brûlis autorisé, on est plus tranquille », explique Maria-Alice Bizam, agente du ICMBio et responsable de la logistique de cette mission.
    Une réponse mieux coordonnée

    Contrairement aux idées reçues, le sol amazonien, constamment lavé par les pluies, est pauvre en nutriments. Le brûlis produit des cendres qui fertilisent ainsi naturellement une parcelle. Celle-ci est ensuite cultivée 1 ou 2 ans puis laissée au repos huit ans en moyenne, le temps qu’une végétation assez dense repousse.

    De retour sur le bateau, Maria-Alice Bizam regarde son téléphone en se rongeant les ongles. Un point rouge apparaît sur son application de surveillance satellitaire, symbolisant un point de chaleur détecté, mais qui ne correspond pas à un brûlis déclaré. Sa camarade Soeli Nobre Da Costa, qui appartient à la brigade la plus proche de la zone concernée, sollicite ses contacts et trouve un riverain pour aller voir ce qu’il en est. La vidéo qu’il envoie montre un incendie en bord de rivière. Avec le vent sec et chaud de cette saison, le risque est grand que le feu se dirige vers la forêt. Un escadron de sept sapeurs-pompiers est envoyé sur place. Temps de trajet estimé : deux heures en petit moteur.

    Quand ils reviennent de nuit, leur mine fatiguée, mais souriante, indique que l’opération a réussi. « On a créé une ligne coupe-feu préventive à même le sol et abattu un arbre qui avait pris feu », relate Francisca Eloide Lima, de la brigade d’Alter-do-Chão, qui a dirigé l’opération.

    Les deux dernières années ont été mortifères pour l’Amazonie, notamment en raison du phénomène El Niño qui a entraîné une sécheresse intense. En 2023, 10,7 millions d’hectares ont été réduits en cendres dans la seule partie brésilienne, puis 15,6 millions en 2024. C’est plus du double de la moyenne historique enregistrée par MapBiomas, une structure collaborative cartographiant le pays.

    Au niveau local, 2023 a été désastreux. Les pompiers se sont mobilisés lors d’une mission interminable de 49 jours. L’incendie survenu dans la Resex a même nécessité l’envoi d’un hélicoptère. En 2024, bien que le risque était accru, les feux ont été mieux maîtrisés.

    Pour Daniel Gutiérrez Govino, l’un des fondateurs de la brigade d’Alter-do-Chão, cela est dû à la meilleure organisation des différentes brigades locales et à l’implication plus grande des habitants, nécessitant moins de dépenses publiques : « On est passé de 3,3 millions de réais de dépenses publiques en 2023 dans la lutte incendie à 50 000 réais en 2024 », soit de 517 000 à 8 000 euros environ.

    Au troisième jour de leur mission, les « brigadistas » rendent visite à la communauté Cabeceira do Quena. Ici, les habitants se rappellent avec effroi comment un incendie a traversé leur village en 2010. « Une grande dévastation », se désole une habitante racontant comment, avec d’autres villageois, elle a tenté de protéger les maisons et les voisins.

    « Les arbres dont les fruits nourrissaient les poissons ont brûlé, on s’est retrouvés sans rien, se souvient un pêcheur. Si la nature est ravagée, tout est fini. On ne va pas manger de la cendre. »

    Après une matinée de discussions, les sapeurs-pompiers volontaires repartent souriants et plus unis. L’espoir est grand que ces villageois mettent en place une brigade. Une nouvelle équipe qui renforcerait les rangs de ces pompiers, véritables gardiens de leur territoire.

    https://reporterre.net/Face-aux-feux-en-Amazonie-les-autochtones-deviennent-sapeurs-pompiers

    #feu #incendie #peuples_autochtones #auto-gestion #Resex_Tapajós-Arapiuns #prévention #Cabeceiro_do_Amorim #éducation #formation #brûlis #gestion_intégrée_du_feu #réduction_des_risques #ICMBio #volontariat #volontaires #brigades #brigades_locales #Cabeceira_do_Quena

  • « Il a tracé seul son chemin » : les #abandons en montagne, une forme de #violence_conjugale

    En #randonnée, #alpinisme ou #trail, des femmes se mettent à raconter comment leur ancien compagnon les a laissées seules en pleine montagne. Loin d’être anodins, ces abandons relèvent de mécanismes de domination.

    « Je l’ai vu partir de plus en plus loin, s’enfoncer dans la nuit jusqu’à disparaître complètement. » Presque dix ans après, Tina n’a rien oublié de cet ultra-trail de plusieurs jours dans les Pyrénées avec son ex-compagnon. Lors de la deuxième nuit, elle est épuisée tandis que lui accélère, sans se retourner. « Je me suis sentie trahie, je pleurais de rage, je n’ai pas compris comment il a pu faire passer son désir de compétiteur avant le reste. Ce n’était pas de la peur — la montagne je connais. Mais on était partis à deux, on était censé compter l’un sur l’autre », dit-elle.

    Tina poursuit sa course seule et retrouve plusieurs heures plus tard son ex-compagnon sur une base de vie « comme si de rien n’était ». Profondément marquée par cet abandon, cet épisode a pesé dans sa décision de le quitter quelques mois plus tard. « Je me suis rendu compte que ce n’était pas quelqu’un sur qui je pouvais compter, même dans la vie de tous les jours. En montagne, les personnalités se révèlent plus vite, on ne peut plus se cacher derrière des apparences. »

    Comme Tina, une quinzaine de femmes ont répondu à l’appel à témoignages lancé par Reporterre pour raconter des expériences similaires d’abandon en randonnée, en trail ou en alpinisme. Presque toutes expliquent qu’elles étaient à l’époque dans une relation toxique avec leur ex-partenaire et la quasi-totalité d’entre elles estiment que ces abandons s’inscrivent dans un #continuum_de_violences.

    En février, après la condamnation d’un alpiniste autrichien pour avoir laissé sa compagne près du plus haut sommet du pays, où elle est morte de froid quelques heures plus tard, les témoignages de femmes laissées en montagne se sont multipliés sur les réseaux sociaux sous l’expression « #Divorce_alpin » [1]. En les voyant, Mathilde s’est rendu compte qu’elle n’était pas un cas isolé. « Je me suis sentie reconnue, j’ai compris que ce n’était pas moi le problème, que c’était une #violence_systémique », explique la jeune femme.

    Son ex-compagnon l’a laissée à quelques centaines de mètres du sommet du Mont-Blanc alors qu’ils grimpaient ensemble. « J’étais épuisée, transie de froid et il s’est désencordé pour battre un record sur [l’application] Strava en gardant l’eau et la nourriture avec lui », raconte-t-elle. Mathilde est finalement redescendue avec un groupe d’alpinistes qu’elle ne connaissait pas, croisé à ce moment-là. « Cet épisode a été comme un électrochoc d’une relation que je ne voulais pas voir dysfonctionnelle, je l’ai quitté du jour au lendemain. »

    Ce n’était pas une première : « Il nous mettait souvent en #danger parce que seule la #performance comptait. Moi aussi j’aime les sensations fortes, mais je le suivais naïvement car il avait plus d’expérience et dès que je tentais de freiner, je passais pour la relou trop prudente. »

    Les deux avaient déjà été secourus par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) lors d’une sortie et Mathilde ne compte plus les fois où elle se mettait à pleurer tant l’engagement dépassait ses limites. « Je ne sais toujours pas pourquoi je continuais à le suivre. Sans doute l’espoir que, cette fois, ce serait différent, qu’il me prendrait en compte. »

    « J’ai fini par appeler les secours »

    Pour Sophie [2], l’évènement remonte à plus de dix ans, dans les Pyrénées. Son conjoint l’a laissée seule avec leur fils de 9 ans en pleine montagne sans eau, ni carte, en pleine montée. « Le matin, il m’avait annoncé une randonnée de quatre ou cinq heures, mais à midi, il m’a dit qu’il fallait encore marcher quatre ou cinq heures. Comme ce n’était pas ce que nous avions convenu, une dispute a éclaté et il est parti », raconte Sophie, qui n’est pas une grande sportive et n’a pas une grande connaissance de la montagne, contrairement à son mari.

    « J’ai eu très #peur, j’ai fini par appeler les secours pour me géolocaliser. Ils ne pouvaient pas nous orienter et ont proposé de venir nous chercher, mais j’ai refusé, nous n’étions pas blessés mais en détresse émotionnelle. » Avec son fils, elle finit par retrouver son chemin et les deux arrivent exténués après dix heures de marche. « Mon conjoint était là, à nous attendre sans voir où était le problème. » Après ça, Sophie a mis un moment à retourner en montagne avec lui. Depuis qu’elle a recommencé, elle prend bien soin de vérifier l’itinéraire, et d’utiliser une application de randonnée indiquant la difficulté du parcours.

    Laurine, elle, n’a pas ressenti de peur immédiate lorsque son ex-compagnon l’a laissée seule en randonnée dans la montagne en Italie il y a trois ans. « Sur le chemin du retour alors que nous étions encore en haut et sans réseau, il a décidé de tracer seul son chemin à travers le flanc de montagne. Je ne pouvais pas le suivre, c’était ma première activité physique depuis mon entorse à la cheville », se souvient-elle. Sportive, malgré sa blessure, elle réussit à rentrer sans encombre. Mais la nuit qui a suivi, elle a été victime d’un viol conjugal.

    « Cet épisode me fait réaliser aujourd’hui à quel point j’étais dans une relation toxique. Avec le recul et en voyant tous les témoignages de femmes laissées en montagne, j’ai réalisé que cet abandon préparait le terrain pour le viol qui suivrait. Cela fait partie d’un système de violences. »

    Un constat partagé par des associations spécialisées. L’Union nationale des familles de féminicides estime aussi que cette pratique est bien une violence conjugale. « Abandonner sa compagne dans un endroit isolé ne relève pas d’un désaccord sur le rythme, d’une blague. C’est une #mise_en_danger pour punir, humilier ou affirmer sa domination. Ce n’est pas de l’amour. C’est une violence. »

    Une analyse que rejoint la sociologue Johanna Dagorn, chercheuse à l’université de Bordeaux. L’expression « Divorce alpin », largement reprise sur les réseaux sociaux, lui paraît d’ailleurs problématique : « Cela sonne presque exotique, alors qu’il s’agit de quelque chose de dramatique. »

    Mettre en #insécurité pour humilier

    Dans ses recherches, elle identifie des mécanismes similaires au-delà de la montagne : « abandonner sa compagne dans un milieu isolé, que ce soit en montagne ou sur le bord d’une route, c’est la mettre en insécurité pour l’humilier et affirmer une forme de domination, explique-t-elle. Ces comportements s’inscrivent dans une logique de contrôle coercitif, visant à montrer à l’autre qu’elle peut être laissée seule, vulnérable. » Et en montagne, cette violence prend une dimension particulière : « C’est un milieu où l’on est peu de choses, où la solidarité est essentielle. »

    Elle décrit un mécanisme en plusieurs temps : d’abord une mise sous tension — accélérer, distancer — puis l’abandon, avant une phase de #minimisation ou de #déni : « Ne pas donner d’explication, c’est banaliser ce qu’il s’est passé et nier la peur de l’autre. »

    Pour Johanna Dagorn, l’argument de la #performance_sportive ne tient pas : « Si l’objectif est uniquement la performance, on part avec des personnes du même niveau. Ici, il y a une intention de rabaisser, de montrer à l’autre qu’elle n’est pas à la hauteur. » Ces actes s’inscrivent ainsi dans un continuum de violences : « Dans la quasi-totalité des cas d’abandons sur l’autoroute que j’ai étudiés, il existait déjà d’autres formes de violences. »

    L’éternelle seconde de cordée

    Cette lecture en termes de violences conjugales peut aussi être éclairée par une analyse des rapports de pouvoir à l’œuvre dans ces situations. Ainsi, pour la sociologue Rozenn Martinoia, « celui qui décide d’abandonner exerce un pouvoir sur l’autre ». Ce #pouvoir repose autant sur des ressources que sur des perceptions. « Les femmes ont souvent été moins formées et surtout plus amenées à douter d’elles-mêmes », souligne-t-elle.

    Dans ce contexte, l’abandon vient renforcer une #asymétrie déjà installée : « On minore les compétences des femmes et elles finissent par intérioriser une forme d’infériorité. » Et en montagne, cet effet est accentué par l’#isolement, le danger et l’engagement physique, car « c’est un milieu où les personnalités se révèlent vite, parfois sans témoin ».

    Face à ces inégalités, les groupes de femmes en #non-mixité se développent de plus en plus. Lead The Climb, Premières de cordée, Girls in Bleau, Copines de rando, Pyr’elles, Womens mountain club… « Ces espaces permettent de renforcer leur confiance et leur compétence et d’expérimenter le rôle de leader. » Ce qui montre encore une fois que ce sont aux femmes de s’adapter.

    https://reporterre.net/Il-a-trace-seul-son-chemin-les-abandons-en-montagne-une-forme-de-violenc
    #montagne #domination #sexisme #genre #femmes #abandon #humiliation

  • La plus grande victoire de la #mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia

    Aujourd’hui, la mafia semble plus puissante que jamais – il suffit de regarder les chiffres de la #cocaïne pour s’en rendre compte –, mais aussi plus invisible. Comment en est-on arrivé là ?

    Quand j’ai écrit Extra pure en 2020, la cocaïne était déjà partout ; aujourd’hui, elle est partout et coûte moins cher. La production mondiale a plus que triplé et les saisies atteignent des niveaux records. C’est justement là le problème : saisir des tonnes sans faire grimper le prix revient à vider l’océan à la cuillère.

    La structure a changé : on n’a plus de cartels verticaux, mais un système de courtage, des cellules interchangeables, l’Équateur devenu une plaque tournante, l’Europe du Nord avec Anvers et Rotterdam comme portes d’entrée, la ‘Ndrangheta en tant que banquier du système. Et puis les drogues de synthèse, qui n’ont besoin ni de terre ni d’agriculteurs, mais seulement d’un hangar.

    Mais la véritable nouveauté se trouve là où l’on ne regarde pas.
    Quel est cet angle mort ?

    Oliver Bullough l’a baptisé « Moneyland », un pays sans frontières où l’argent sale circule librement tandis que les lois censées le traquer restent nationales. Le criminologue Michael Levi répète depuis des années que, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, on mesure l’activité et jamais le résultat : on compte le nombre de signalements envoyés et non la quantité de crimes qui ont été empêchés.

    Il en résulte que l’on récupère 0,05 % des produits du crime et que les coûts de mise en conformité dépassent de cent fois l’argent saisi
    1
    . C’est le paradoxe du réverbère : nous cherchons les clefs là où il y a de la lumière, dans les formulaires, dans les signalements des banques, dans la bureaucratie de la conformité, alors que les clefs se trouvent dans l’obscurité et que personne ne veut s’y aventurer.
    Quels signaux plus ou moins faibles voyez-vous en France où l’on parle de plus en plus d’une mexicanisation du pays ?

    Chaque fois qu’un jeune meurt à Marseille, la France regarde le cadavre et dit : « Le Mexique ». C’est là que réside l’erreur. Le mort est la seule partie du trafic de drogue qui accepte de se laisser photographier. C’est le résidu, le bilan des erreurs, le coût d’un marché qui n’a pas encore trouvé son équilibre. Un marché qui tue est un marché immature. Quand le système fonctionne vraiment, personne ne meurt : on signe un acte notarié. Le sang n’est pas le signe de la puissance criminelle, c’est le signe de son adolescence.

    Le signal grave, c’est l’autre, et par définition, on ne le voit pas, car sa réussite coïncide exactement avec son invisibilité.

    Commençons par la langue, qui trahit toujours. Les Français parlent de « blanchiment ». En Italie, nous parlons de « recyclage ». Ce sont deux philosophies opposées.
    C’est-à-dire ?

    Le blanchiment promet la purification, la tache qui disparaît, l’argent qui redevient innocent. Le recyclage admet au contraire que la substance reste et ne change que de forme. La France s’est bercée pendant des décennies de l’illusion de pouvoir « laver » ; l’Italie a appris à ses dépens que rien ne se lave, mais se transforme. Ce n’est pas un détail lexical : Tracfin appelle encore aujourd’hui « sociétés lessiveuses » les entités qui blanchissent les fonds du crime organisé. Toute la métaphore de la lessive est présente dans le vocabulaire administratif de l’État.

    Et voici la partie historique que la France refuse de lire. Le trafic qui a inondé l’Amérique d’héroïne pendant trente ans s’appelait la « French Connection ». Le mot « français » figurait dans son nom, les laboratoires se trouvaient à Marseille, et la France a tout de même réussi à considérer cela comme l’affaire des autres : d’abord des Corses, puis des Italiens, ensuite des Maghrébins, aujourd’hui des Slaves et des Albanais.

    Chaque génération a eu son étiquette ethnique, et chaque étiquette a servi à ne pas nommer la structure. Car si les laboratoires étaient marseillais, l’argent ne restait jamais dans le milieu : il passait par des banques, des biens immobiliers sur la Côte d’Azur, des casinos, des chantiers. Le trafic peut être étranger.
    Et le blanchiment ?

    Le blanchiment, non. Le blanchiment est toujours local, par nécessité technique : pour blanchir de l’argent, il faut un notaire, un expert-comptable, un établissement de crédit, un marché public, un cadastre. Il faut donc les institutions de ce pays et les professionnels de ce pays.

    Les chiffres le montrent avec une brutalité que les chroniques n’ont pas. La Cour des comptes européenne a estimé le blanchiment à 1,3 % du PIB de l’Union chaque année, soit environ 38 milliards d’euros pour la seule France. La commission d’enquête du Sénat évalue à 50 milliards le chiffre d’affaires des réseaux spécialisés dans le blanchiment de capitaux d’origine criminelle dans le pays. Le chiffre d’affaires du trafic de drogue français est estimé par les autorités entre trois et six milliards.

    Mettons ces chiffres côte à côte : la drogue n’en représente qu’une fraction. Le Sénat l’écrit sans détours dans son rapport du 18 juin 2025 : le blanchiment d’argent est aujourd’hui le trafic le plus lucratif de France, et il n’existe pas de stratégie cohérente pour le combattre ; le système n’est qu’un assemblage de dispositifs disparates. Le titre du rapport est déjà un verdict : « Ces dizaines de milliards qui gangrènent la société. »
    Qu’en est-il des chiffres sur la supposée origine étrangère du problème ?

    Nous avons un chiffre qui met fin à tout débat sur l’origine étrangère du problème. En 2024, Tracfin a reçu plus de 215 000 déclarations de soupçons, mais le secteur non financier — notaires, greffiers, maisons de jeux — ne représente que 7 % du total. Les avocats n’en ont transmis que quinze. Les agents sportifs, une catégorie à très haut risque, n’en ont jamais transmis une seule.

    Quinze signalements pour toute une profession. Ce n’est pas un problème de frontières : c’est un problème de classe professionnelle. La ligne qui sépare l’argent sale du patrimoine propre passe par les cabinets du centre de Paris, pas par les ports. Le cas le plus révélateur remonte à sept semaines.
    Que s’est-il passé ?

    Le 9 juin 2026, la JIRS de Marseille a démantelé un réseau de blanchiment d’argent en bande organisée : treize interpellations, cinq personnes mises en examen, des sommes réinvesties dans l’immobilier ou transférées à l’étranger. 2,7 millions d’euros, des lingots d’or et quatorze voitures de luxe ont été saisis. Tout avait commencé au printemps 2024 par un simple contrôle fiscal dans la banlieue de Narbonne.

    Les sociétés utilisées comme écrans étaient des entreprises de construction de Perpignan, Narbonne et Béziers, avec une activité économique réelle et un chiffre d’affaires réel. Pas de sociétés fantômes aux Seychelles : des chantiers français qui construisaient réellement. Le président de la fédération du bâtiment des Bouches-du-Rhône admet que ces entreprises remportent les appels d’offres avec des propositions inférieures de 25, 30, voire 40 % au prix du marché, et que le secteur subit des menaces et du racket concernant les embauches sur les chantiers autour de Marseille.

    Autrement dit : l’argent de la drogue remporte des marchés publics français en vendant à perte. Il élimine les entreprises légales pour cette raison même : sa rentabilité, il l’a déjà faite ailleurs. C’est la définition parfaite d’une méthode mafieuse, et personne ne l’a importée de l’extérieur.

    Le nouveau Parquet national anticriminalité organisée a saisi, en cinq mois, près de 990 millions.
    Ce n’est donc pas suffisant…

    C’est un bon début. Mais il faut le mettre en perspective avec les 38 milliards estimés chaque année. Le rapport entre ces deux chiffres résume tout le problème français.

    C’est pourquoi le terme de « mexicanisation » est réconfortant, et doit être rejeté précisément par ceux qui dénoncent ces pratiques. Parler du Mexique revient à dire : « Ils nous importent leur violence. » Cela déplace le centre de gravité vers l’extérieur, vers l’ethnie, vers l’immigration, et transforme un problème de système économique en un problème d’ordre public.

    Les mafias ne se mesurent pas au nombre de morts qu’elles causent : elles se mesurent aux patrimoines qu’elles parviennent à blanchir. Les meurtres, c’est ce que le trafic de drogue perd. Le blanchiment d’argent, c’est ce qu’il gagne. Et aucun État n’a jamais été détruit par ce que les criminels perdent.
    La déstabilisation de certains pays européens pourrait-elle atteindre les niveaux que l’on a connus en Amérique latine ?

    La différence est structurelle, et non de degré. En Amérique latine, le trafic de drogue a érodé le monopole de l’État sur la violence, avec des territoires où l’État ne pénètre pas, des taux d’homicides à deux chiffres pour 100 000 habitants, des forces de police infiltrées jusqu’aux plus hauts échelons, des candidats assassinés en pleine campagne électorale.

    En Europe, ce n’est pas le cas. Ici, les mafias ne défient pas l’État, elles le traversent. Elles achètent des marchés publics, blanchissent des capitaux, s’immiscent dans la logistique portuaire et dans le secteur du bâtiment. Peu de violence, forte pénétration économique. Un modèle opposé, et justement pour cette raison plus difficile à percevoir.
    Quelle devrait être la réponse à adopter ?

    La dérive autoritaire n’est la réponse à aucun de ces deux modèles. Les mafias n’ont jamais eu peur d’un État fort. Elles ont peur de l’État qui contrôle l’argent. Ce qui les touche, ce sont une magistrature indépendante, les enquêtes patrimoniales, les confiscations, la transparence des marchés publics, un journalisme capable d’écrire sans craindre de poursuites abusives. Ce sont les mêmes outils que tout gouvernement autoritaire s’empresse d’affaiblir en premier lieu, car ils peuvent aussi le toucher.

    Deux exemples historiques. Le fascisme s’est vanté d’avoir vaincu la mafia grâce au préfet Mori, mais il n’a frappé que la base et a laissé intacte, voire favorisée, la bourgeoisie mafieuse qui avait rejoint le régime, à tel point qu’en 1943, ce réseau était prêt à se reconstituer. Aujourd’hui, le modèle Bukele, avec ses prisons de masse et son état d’exception permanent, a fait chuter le nombre d’homicides sans toucher au trafic de drogue ni au blanchiment d’argent. On arrête la rue, on laisse le capital intact.

    L’autoritarisme produit une sécurité perçue et une impunité réelle aux échelons supérieurs. Contre les mafias, c’est le contraire qu’il faut. Moins de spectacle, plus de bilans.
    En matière de lutte contre le crime organisé, l’Italie a une certaine expérience (notamment depuis les années 1980). Pensez-vous qu’elle est assez étudiée par les autres pays européens ?

    Absolument pas. L’Europe est à la traîne, le reste du monde l’est encore plus.

    L’Italie possède le meilleur savoir-faire au monde, et c’est un savoir-faire né du sang : l’article 416-bis existe parce que Pio La Torre a été assassiné ; l’article 41-bis et le système des collaborateurs de justice existent parce que Falcone et Borsellino ont été assassinés. Derrière chaque instrument législatif italien se cache un cercueil. C’est une législation écrite dans le deuil, et c’est pour cela qu’elle fonctionne : elle n’est pas née dans un séminaire, mais de l’urgence d’un État qui était en train de perdre pied.

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.
    S’il ne fallait retenir qu’une seule leçon de votre travail et de vos livres, laquelle ce serait ?

    La leçon est simple. On ne peut pas changer ce qu’on ne connaît pas.

    Le capitalisme criminel existe parce qu’il reste indéchiffrable. On ne peut pas le combattre si l’on ne comprend pas son mécanisme, conçu exprès pour passer inaperçu.

    Il est très facile de dire que ce sont les immigrés qui s’en prennent aux villes. La détresse a un corps, un visage, elle est dans la rue, on peut la photographier. L’argent, non. Il passe par des virements, des sociétés écrans, des marchés publics, et ne fait pas la une des journaux télévisés. Ainsi, l’indignation se porte toujours sur le pauvre visible et jamais sur le flux invisible — ce qui est exactement ce que ce flux souhaite.

    Mon travail a consisté à mettre en lumière cette ombre. J’en ai payé le prix. Chaque jour, je me demande si cela en valait la peine.
    Comment comprendre la fascination que suscitent les narcotrafiquants ? Netflix, par exemple, semble en avoir fait son fond de commerce.

    Le trafiquant de drogue ne fascine pas parce qu’il se tient en marge du système. Il fascine parce qu’il incarne le système débarrassé de toute hypocrisie. L’entrepreneur légal doit présenter un récit moral de son enrichissement : le mérite, l’innovation, la valeur apportée au territoire, et aujourd’hui, le bilan de développement durable. Le trafiquant de drogue en est dispensé. Son capital n’a pas besoin de s’excuser. Le spectateur reconnaît une structure qu’il connaît déjà : l’ascension, le risque, le capital réinvesti, l’élimination du concurrent, débarrassée des mots qui la rendent méconnaissable lorsqu’elle revêt une veste. Ce n’est pas le revers de notre monde, c’est notre monde dont on a coupé le son de la justification.

    De là naît un plaisir que j’appellerais gnostique, et c’est le véritable moteur de la série. Celui qui regarde a le sentiment d’avoir été admis au secret, d’avoir enfin vu comment fonctionne vraiment le monde. C’est la face B. Mais c’est un plaisir épistémologique, non moral, et pour cette raison dangereusement compatible avec l’inertie. Comprendre comment fonctionne la machine procure une satisfaction qui ressemble beaucoup à la capitulation.
    Que faudrait-il faire ?

    Il y a une objection à se faire à soi-même, et c’est la partie qui fait tenir tout le reste. Le narcotrafiquant n’est pas du tout dépourvu d’hypocrisie. Il dispose d’un appareil de légitimation extrêmement raffiné : la famille, l’honneur, le terrain de foot construit dans la commune, le pauvre qui se venge de l’oligarchie, la Vierge sur le mur.

    Escobar avait un discours politique, pas seulement une fortune. Il ne dit pas la vérité sur le capital : il raconte un autre mensonge, archaïque plutôt que managérial, et justement pour cela plus séduisant, car il parle le langage du mythe et non celui du communiqué de presse.

    Et là, le piège réside dans le récit lui-même. La véritable face cachée n’est pas spectaculaire. C’est le notaire, la facture gonflée, le transporteur, la société écran à Malte. La série raconte l’exception, le parrain, la fusillade, le charisme, et finit ainsi par protéger la règle, qui est la continuité parfaite entre l’économie criminelle et l’économie légale. Le narcotrafiquant représenté comme un monstre est un alibi. Si le narcotrafiquant était présenté comme un collègue, ce serait alors vraiment insupportable.
    Qu’a pu apporter en plus du livre, selon vous, l’adaptation de Gomorra aux écrans ?

    Je ne pense pas que la série apporte quelque chose : je pense qu’elle enlève. Elle enlève le « je », elle enlève la voix off, elle enlève le témoin. Il ne reste que le monde, sans personne pour le juger à notre place.

    C’est par cette soustraction que Gomorra est devenue une grammaire visuelle mondiale — au point d’universaliser Scampia. PNL tourne le clip Le monde ou rien aux Vele parce que cette banlieue est déjà la leur : Manille, Philadelphie, Paris, Le Caire… toutes les banlieues obéissent à la même logique.
    La légalisation représente-t-elle une solution pour casser les trafics de drogue ?

    Non, la légalisation ne met pas fin au trafic de drogue. Elle en élimine une partie, et il faut préciser laquelle.

    En ce qui concerne les drogues douces, l’expérience a déjà été menée et elle a fonctionné. Après la légalisation au Colorado et dans l’État de Washington, le trafic de cannabis mexicain s’est effondré : les saisies à la frontière ont été réduites à une fraction négligeable. Aucune opération de police n’avait jamais obtenu un résultat similaire. La légalisation a accompli ce que quarante ans de guerre contre la drogue n’avaient pas réussi à faire.

    Le pire modèle est celui qui reste à mi-chemin : une demande tolérée, une offre illégale. Le backdoor problem néerlandais a alimenté pendant quarante ans la filière à partir de laquelle s’est développée la Mocro Maffia. Dépénaliser la consommation sans réglementer la production est le cadeau idéal pour le crime organisé. Les Néerlandais ont reconnu le problème et tentent d’y remédier. Depuis 2023, l’Experiment gesloten coffeeshopketen, la « chaîne fermée », est en cours : dix communes — dont Breda, Tilburg, Arnhem, Groningue, Maastricht et Nimègue — où les coffee shops ne vendent que du cannabis issu d’une production légale, provenant de cultivateurs privés agréés, sous le contrôle de l’Inspection et de l’autorité alimentaire. À partir d’avril 2025, la vente de tout autre produit est interdite. Durée prévue : quatre ans.
    Quel rapport entretenez-vous maintenant avec Naples, vos terres natales mais terres où vous êtes en permanence menacé ? Comment se manifeste chez vous cette ambivalence ?

    Naples m’a chassé. C’est la blessure la plus profonde, car elle ne vient pas de mes ennemis. De la part de mes ennemis, on s’y attend, ça fait partie du jeu. Elle vient de chez moi. D’une partie de ma ville qui a décidé que le problème n’était pas la camorra, mais ceux qui en parlaient.

    Et on m’a chassé sur la base d’une fausse accusation : celle selon laquelle parler du mal détruirait le lieu qui l’abrite. C’est exactement le contraire qui s’est produit. Après ces récits, le tourisme a explosé, les ruelles dont j’avais parlé se sont remplies. Ce n’est pas à moi qu’en revient le mérite. Mais cette théorie, selon laquelle le silence protège et la parole détruit, est le mensonge le plus ancien du pouvoir criminel. Naples en est la réfutation vivante.

    C’est là que réside le paradoxe le plus obscène : ceux qui m’accusent d’avoir diffamé Naples sont très souvent ceux qui ont tiré profit de cette transformation. Ceux qui ont acheté, ceux qui ont vu la valeur d’un bien immobilier tripler dans un quartier que personne ne voulait traverser il y a vingt ans. Ils vivent de ce changement et crachent sur ceux qui l’ont déclenché.
    Si c’était à refaire, écririez-vous et publieriez-vous de nouveau vos livres à cause desquels vous êtes aujourd’hui menacé ?

    Non. Je ne le referais pas. Non pas parce que je renie quoi que ce soit de ce que j’ai écrit, mais parce que je n’ai pas été le seul à en payer le prix. Le livre est vivant et continue son chemin ; moi, je suis resté figé depuis vingt ans et ma famille s’est effondrée.
    Les derniers mots de Gomorra (« Fils de pute, je suis encore vivant ! ») sont-ils devenus, de façon presque performative, les mots qui caractérisent votre vie ?

    Je les ai écrits à 26 ans et ils sont devenus une prophétie sur ma vie.
    Quel est le lieu le plus important pour vous à Naples ? Y avez-vous un beau souvenir ?

    Je répondrais à ces deux dernières questions en citant Dante : « Il n’est pas de plus grande douleur que de se souvenir des temps heureux dans la misère »…

    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-
    #criminalité_organisée #Roberto_Saviano #in/visibilité #drogue #ndrangheta #Moneyland #blanchiment_d'argent #mort #puissance #invisibilité #lessive #vocabulaire #terminologie #mots #Marseille #France #French_connection #trafic_de_drogue #argent_sale #BTP #bâtiment #appels_d'offre #marchés_publics #mexicanisation #économie #pénétration_économique #autoritarisme #loi #législation #patrimoine #argent #Rotterdam #Anvers #capitalisme #fonds_publics #lutte_contre_la_mafia #logistique #narcotrafique #mythe #légalisation #légalisation_de_la_drogue #coffee_shops #Pays-Bas

  • Pour la rupture écologique : écorégions, le projet radical de Mélenchon | Claire Lejeune, Julien Théry
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/pour-la-rupture-ecologique-ecoregions-le-projet-radical-de-melenchon-clair

    Pour rompre avec la logique suicidaire du productivisme, LFI propose un nouveau découpage régional conditionné par l’objectif de la transition écologique. Les éco-régions seront définies en relation avec les équilibres environnementaux

    #Écologie #Politique

    • à 21’

      On n’a pas encore tranché le sujet de la cartographie à ce stade. Et donc la carte qui a été présentée par Jean-Luc Mélenchon, c’est une des hypothèses possibles. Mais il pourrait aussi y avoir une cartographie qui suive les bassins versants de rivières, et donc ça correspondrait davantage à 23-24 écorégions qu’à 13...

      Claire Lejeune est en charge du dossier à LFI

    • Pourquoi Jean-Luc Mélenchon et LFI proposent de « restructurer les régions françaises autour des fleuves » – franceinfo
      https://www.franceinfo.fr/environnement/actions-ecologiques/jean-luc-melenchon-et-lfi-veulent-restructurer-les-regions-autour-des-fle

      Dans le projet imaginé par le binôme, les limites des nouvelles collectivités seraient calquées sur celles des 24 sous-bassins qui structurent la métropole. « Les fleuves, les rivières et les affluents déterminent des formes de paysage et des géologies spécifiques. Mais aussi différents types d’organisation de l’activité et de l’installation humaine, justifie Claire Lejeune. Ça donne donc une cohérence en termes de protection des rivières et des fleuves tout le long de leurs tracés. »

    • Hello ! ah non, je n’ai pas suivi ni étudié leur projet, mais il faudrait que je le fasse et que je confronte leurs idées avec mon petit background de géographie régionale. J’ai passé les 5 années de mes études de géo avec des géographes qui discutaient de la taille pertinent et des paramètres qui faisait une région la plus gouvernable. Et on a fait plu d’une analyse multifactorielle :-) sur cette question, en fait complètement fascinante et qui me donne une idée pour un billet visionscarto d’ailleurs.

      Merci pour l’inspiration !

    • J’essaie de mettre ci-dessous quelques idées, un peu en vrac (veuillez en excuser) et rapidement...

      L’origine de cette idée est intéressante. Le concept de #biorégion (pensé comme #bassin_versant) est né aux Etats-Unis à la fin des années 1970 sous la plume de #Peter_Berg et #Raymond_Dasmann. C’est le texte fondateur du #biorégionalisme (aujourd’hui très à la mode en Italie, par ailleurs, voir notamment #Alberto_Magnaghi) :
      https://cascadiaunderground.org/reinhabiting-california

      Le mouvement biorégionaliste se rattache à la #deep_ecology, qui a connu des dérives racistes... en effet, on tombe vite dans « tout ce qui est de la biorégion est bon, tout ce qui vient de l’extérieur est mauvais », pour la faune et la flore, mais aussi pour les êtres humains.

      Personnellement, je ne pense pas que la solution est dans les « bonnes frontières », je ne pense pas que les « bonnes frontières » existent, les découpages sont toujours arbitraires, toujours « artificiels », la question est politique, et ce qui doit guider c’est le projet commun à l’intérieur du découpage choisi et en lien (de manière non coloniale, non violente, non extractiviste, etc.) avec les autres territoires.

      Des chercheureuses ont fait des analyses critiques intéressantes du concept.

      Meredith fait une critique en 6 points du biorégionalisme, dont le danger des dérives fascistes :

      The micro-regional focus of bioregionalism is a small unit of physical space, typically a watershed region. In bioregional discourse, natural systems become metaphors for cultural coherence. However, when we look for laws embedded in the natural world, those that are found do not then reveal themselves as principles which apply to systems of culture. Further, within most individuals, the sense of regional identity spans several scales because our past narratives and present affiliations span several localities. Humans are not immersed in singular niches, nor is the bioregionalist an existential, primordial localist, for his or her choice has been crafted.

      https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13668790500115755

      Olsen en a également fait une critique dans un autre article scientifique :
      The Perils of Rootedness : On Bioregionalism and Right Wing Ecology in Germany

      https://www.jstor.org/stable/43324334

      Sur les #frontières_artificielles (en Afrique) l’édifiante analyse de #Camille_Lefebvre :
      https://seenthis.net/messages/868129#message868130

      Et aussi cet autre article édifiant de Gonon et Lasserre :
      Une critique de la notion de frontières artificielles à travers le cas de l’Asie centrale

      Depuis la disparition de l’URSS, en 1991, l’Asie centrale est partagée entre cinq États. Complexes, ses frontières sont passées brutalement du statut de frontières intérieures à celui de frontières internationales. Certains auteurs n’hésitent pas à recourir à la catégorie de « frontière artificielle » pour les décrire. Pourtant, ce concept est fort réducteur et contestable, tout autant que celui de « frontière naturelle » : tous les deux renvoient à des représentations très idéologiques des frontières étudiées. Par ailleurs, l’histoire des tracés témoigne des préoccupations qui ont présidé au découpage de l’Asie centrale à l’époque soviétique : elle révèle des critères de gestion qui ne font pas des frontières de l’Asie centrale des tracés ontologiquement différents des autres frontières du monde. Les États nouvellement indépendants d’Asie centrale ont, certes, hérité de frontières complexes, mais la question de leur gestion pacifique relève beaucoup plus des volontés politiques des gouvernements que d’une prétendue nature artificielle des tracés.

      https://www.erudit.org/fr/revues/cgq/2003-v47-n132-cgq720/008090ar

      >> En gros, je pense que c’est une illusion et une idée simpliste celle de croire qu’on peut résoudre les problèmes écologiques (mais également sociaux et politiques) juste en déplaçant les frontières.

      #écorégions

    • Une réponse plus structurée de #Frédéric_Giraut :

      Le géographe Frédéric Giraut réagit aux « écorégions » promues par Jean-Luc Mélenchon : « Le biorégionalisme ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs »

      La proposition du candidat « insoumis » à l’élection présidentielle de redessiner la carte de France autour de 13 nouvelles zones s’inscrit dans une tradition de pensée qui fait primer les données naturelles et de supposés héritages culturels sur les réalités sociales et économiques, estime le géographe dans une tribune au « Monde ».

      La proposition de revoir le gabarit et la taille moyenne des régions françaises n’apparaît pas comme exaltante pour une campagne électorale présidentielle, sauf à la lier à une philosophie du rapport à l’#environnement. C’est ce que propose Jean-Luc Mélenchon en s’inscrivant dans un courant idéologique états-unien, celui du biorégionalisme.
      En effet, c’est dans le contexte américain, c’est-à-dire d’une société de pionniers, qu’a été formalisé dans les années 1970 ce courant de réforme radicale et utopiste, antimoderne et anti-urbain. Il propose de substituer au découpage en Etats fédérés, largement fondé sur des blocs géométriques constitués au fur et à mesure de la conquête, un découpage naturel censé être également plus proche des cadres de peuplement amérindiens.
      Il s’agit, autrement dit, de retrouver une logique territoriale organique pour effacer le cadre abstrait imposé par la colonisation, et fonder une société régionale solidaire, en harmonie avec les cadres de vie à préserver. La figure la plus fameuse d’une telle écorégion est la #Cascadia, qui réunirait des espaces de la côte Pacifique jusqu’au cœur des Rocheuses à cheval sur la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. C’est donc aussi le cadre national qui est remis en cause dans une sorte de panaméricanisme de petites éco-nations.

      Ce courant de pensée utopiste, jamais repris par les grands partis, postule l’#autarcie comme idéal social et environnemental. Il a certainement le mérite de pousser à prendre en compte les #bassins_versants [ensembles naturels drainés par un fleuve ou une rivière avec les crêtes ou les lignes de partage des eaux comme frontières] et les massifs comme des entités incontournables pour une gestion environnementale, au-delà du seul aménagement des fleuves par les grands travaux, et de mettre en débat les logiques productivistes, extractivistes et fonctionnalistes. Mais il ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs. C’est bien là sa limite fondamentale, y compris pour les projets politiques transformateurs, décoloniaux et écologistes.

      En Europe, la #régionalisation, ou division des territoires en régions, a combiné références historiques héritées et aires de polarisation des grandes villes, ceci aussi bien dans les systèmes fédéraux, régionalistes que centralisés. Le biorégionalisme reste cantonné aux questions de gestion des ressources naturelles, avec notamment les agences de l’eau françaises (ex-agences de bassins) qui constituent un modèle et se déclinent au niveau local en périmètres de contrats de rivière ou de milieu.

      Mais vouloir faire du bassin versant l’alpha et l’oméga de l’#organisation_territoriale régionale promeut cette figure « naturelle » hors de sa fonction actuelle. Elle devient alors une alternative radicale à l’organisation territoriale fondée sur des solidarités historiques et culturelles et sur des réalités fonctionnelles (emplois, transports, échanges économiques, fournitures de grands équipements) autour de #métropoles étendues et polarisantes. Ce deuxième point était au centre de la définition initiale des périmètres de régions françaises.
      Les « #métropoles_d’équilibre », dotées de grands équipements aux grandes heures de l’#aménagement_du_territoire, trônaient alors au cœur de régions polarisées, dont les dénominations ne s’interdisaient plus des références aux provinces historiques. L’agrandissement-fusion des régions en 2016 a éloigné le lien systématique à la métropole chef-lieu, mais le cadre de référence reste celui des solidarités historiques qui ont pu construire des bassins économiques couplé aux logiques métropolitaines.

      Dès lors, quel serait l’enjeu de refonder un découpage régional sur le principe biorégional ? Changer d’échelle pour concevoir la #transition_écologique impérative ? Mais cela est plus une question de changement institutionnel que de découpage, et nécessiterait plutôt d’instaurer des sortes de puissantes régions-Länder sur le modèle allemand ou régions-generalidades sur le modèle espagnol. Ceci en supprimant les départements et en instaurant une tutelle sur les municipalités. Ce n’est pas dans le projet mélenchonien.

      La #coopération_métropolitaine dans le viseur

      S’agit-il de mettre les logiques environnementales au cœur des politiques publiques ? Mais la question centrale est la question énergétique et, sauf à croire que l’on reviendra à l’âge des grands travaux hydrauliques et nucléaires de la source à l’embouchure des fleuves comme priorité d’aménagement, les enjeux sont avant tout métropolitains, qu’il s’agisse du logement et des systèmes de mobilités décarbonées.

      Or, dans le découpage esquissé en écorégions, les cadres départementaux subsistent et des espaces métropolitains sont éclatés entre plusieurs régions, comme la métropole lyonnaise et la partie française de l’aire genevoise notamment, ou restent coupés de leur arrière-pays comme Nantes, ou encore sont dissous dans un gigantesque ensemble comme la région parisienne rattachée aux confins normands bien éloignés de la Seine.

      Outre ces aspects liés au découpage, une telle réforme attaquerait avant tout l’idée de gouvernement métropolitain, qui a déjà tant de mal à exister en France. La proposition mélenchonienne rejoint, par cet aspect, la vision territoriale de la droite et de l’extrême droite, qui ont également la coopération métropolitaine dans le viseur. Ceci pour des raisons très différentes : promotion de clubs de communes nanties, refus des solidarités dans l’allocation des ressources et de la localisation des équipements, et plus fondamentalement croyance dans l’idéologie de la fragmentation concurrentielle des aires urbaines par « communautés d’intérêts » avec recours massif aux services privés à la carte.

      A d’autres échelles, on sait la pensée de Jean-Luc Mélenchon adepte de concepts « réalistes », qui expliquent les logiques géopolitiques par les seuls rapports de force et les supposées légitimités culturelles de grandes puissances. Particulièrement celui de « zone tampon légitime » pour certains impérialismes, à condition qu’ils s’appuient sur l’argument de la proximité culturelle et historique.

      Ainsi, le Donbass et une bonne partie des pays baltes pour la Russie ou Taïwan pour la Chine, et leurs millions de citoyens, pourraient légitimement basculer dans les pires dictatures en exercice à l’issue de « conférences des frontières ». Celles-ci étant forcément dominées par ces mêmes concepts réalistes censés fonder les principes de légitimité indépendamment du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. On pense alors aux funestes expériences qui constituent les modèles : Berlin (1885), Yalta (1945) ou récemment Dayton pour la Bosnie-Herzégovine (1995) et ses déplacements de population.

      La campagne sera territoriale à toutes les échelles, et certaines convergences paradoxales sont à noter. A la social-démocratie maintenant de décliner son projet territorial et environnemental loin des facilités simplificatrices qui pourraient dissoudre les rares cadres métropolitains de redistribution et de planification de la transition, et loin du fantasme mortifère des zones tampons impérialistes légitimes.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/22/le-geographe-frederic-giraut-reagit-aux-ecoregions-promues-par-jean-luc-mele

    • Je ne suis pas sur qu’une fois au pouvoir, ils veuillent le faire.

      Et si j’ai bien compris, c’est pas un découpage uniquement selon les bassins versants (t’as vu la gueule des formes que ca fait), ca prend en compte plus de critères (comme les bonnes vieilles distances aux sous préfectures, mais de nos jours, on s’en fout. Et puis on accepte que les gens fassent 200km pour un hôpital, alors ... (troll) ).
      C’est plus dans le cadre d’une grande décentralisation. Si des régions doivent s’auto gérer, alors autant de pas leurs donner de contraintes trop artificielles.
      Déjà, ils veulent garder les départements (pas vu d’avis contraire). Or les départements de Napoléon ont souvent leurs limites sur les courts d’eau, donc ca contredit la création de zone par bassin versant.

      Je suis surpris que ca prenne une tournure fasciste directement. A croire que tout peut devenir fasciste quand c’est utilisé par des fascistes. Limite vs frontière...

      Mais je pense qu’ils vont dérouler tout le programme de la FI au fil des mois avant les elections, surtout pour montrer qu’ils ont bossé.
      Et ils commencent par les sujets sûrement les moins névralgiques. Y’en a au moins 40... on a le temps.
      https://melenchon2027.fr/livrets-2022

    • Pour moi l’objectif 1 de ce projet, c’est de faire rallier EELV rapidement pour enfoncer le clou de « la gauche c’est nous et c’est nous qu’on a une dynamique de rassemblement », pour le vote utile y compris législatives. Objectif électoral à court terme.

      L’objectif 2, c’est de faire sauter les baronnies LR et PS et que LFI (+ verts) gagnent une poignée de régions. C’est un projet qui va pousser encore plus le PS à s’allier avec LR pour les achever. Une telle refonte entraînerait au passage le rebrassage de gouvernance des agences de l’eau, ARS, CA d’hôpitaux, chambres consulaires, PNR, ONF, etc... Sans compter que la redéfinition des compétences régionales entraîne un redispatching de compétences sur les autres échelons (départements : lycées, formation et développement économique par ex...). Objectif électoral à moyen et long terme.

      Le reste c’est les objectifs tertiaires, mais de façade (résilience et régénération, air, santé...) Objectifs politiques. Mise en œuvre et efficacité pas garantie, c’est un euphémisme.

      M’enfin dans le contexte de verrouillage socio technique et politico économique dans lequel nous baignons et qui nous mène à l’extinction, je trouve ça sympa des gens qui veulent faire (un peu) bouger les lignes du business as usual. Pas de quoi sauter au plafond, mais sympa.

  • Nouvelle victoire contre les pesticides : le Conseil d’État inflige un revers définitif à l’Etat

    Le Conseil d’État rejette le pourvoi du ministère et confirme l’illégalité de cinq chartes d’épandage dites de « bon voisinage » du Loiret, du Cher, de l’Eure-et-Loir, de l’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher.

    C’est une victoire totale pour l’Union syndicale Solidaires, Générations Futures, l’UFC-Que Choisir et l’ensemble des organisations qui ont mené ce combat judiciaire contre les chartes d’épandage des pesticides dites de « bon voisinage », élaborées par le ministère de l’Agriculture sous la pression de la FNSEA.

    Par sa décision du 23 juillet 2026, le Conseil d’État met un terme définitif à cette affaire en rejetant l’intégralité des pourvois formés par la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire contre les arrêts rendus le 29 novembre 2024 par la cour administrative d’appel de Versailles. Ces derniers avaient confirmé l’annulation de cinq chartes départementales encadrant l’épandage des pesticides à proximité des habitations.

    Après trois défaites successives devant les juridictions administratives, le Conseil d’État a rejeté tous les arguments du ministère et validé tous les nôtres.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/04/03/pesticides-hors-de-nos-vies-et-de-nos-lieux-de-travail/#comment-75277

    #pesticide

  • Come il #fritz_festival ha riacceso l’entroterra salernitano
    https://informareonline.com/come-il-fritz-festival-ha-riacceso-lentroterra-salernitano

    Senza biglietto, senza plastica e contro lo stereotipo della provincia: così nasce storia del festival musicale che da otto anni trasforma il #vallo_di_diano in un crocevia di #Cultura e resistenza giovanile. Inizia tutto nel Vallo di Diano, un territorio da anni vittima di spopolamento e disinteresse sociale. Eppure, proprio qui, nel cuore di […] L’articolo Come il Fritz Festival ha riacceso l’entroterra salernitano proviene da Informareonline, scritto da Carmen Diana

    #Approfondimenti #musica_indipendente #peppe_luisi

  • [Entretien] Agrochimie, État et #pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale #Hélène_Grosbois
    https://splann.org/interview-helene-grosbois-pesticides

    L’ONG dont Hélène Grosbois est présidente dit tout de son combat. En évaluant la toxicité des pesticides de synthèse achetés en France, entre 2013 et 2023, la carte réalisée par #chemical_interests met à jour plus qu’une « bombe à retardement » : l’ampleur d’une catastrophe provoquée par des produits « faits pour tuer ». L’article [Entretien] Agrochimie, État et pesticides : « Tout est consanguin, là-dedans », alerte l’activiste environnementale Hélène Grosbois est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Santé_publique #loi_d'urgence_agricole #loi_duplomb